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COMPARAISON DES APPROCHES HYPOELASTIQUE ET HYPERELASTIQUE POUR LA METHODE SPH. Par Marc ODUNLAMI Léo STUDER
COMPARAISON DES APPROCHES HYPOELASTIQUE ET HYPERELASTIQUE POUR LA METHODE SPH. Par Marc ODUNLAMI Léo STUDER

COMPARAISON DES APPROCHES HYPOELASTIQUE ET HYPERELASTIQUE POUR LA METHODE SPH.

Par

Marc ODUNLAMI Léo STUDER

Responsable de projet : Jean-Paul VILA

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

INTRODUCTION

 

3

1-

PROBLEME PROPOSE :

4

1.1-

INTRODUCTION :

4

1.1.1-

Préliminaires :

4

1.1.2-

Rappels sur les équations de la Mécanique des Milieux Continus :

4

1.2-

PRINCIPAUX TENSEURS, INDIFFERENCE MATERIELLE ET ISOTROPIE :

5

1.2.1-

Principaux tenseurs :

5

1.2.2-

Principe d’indifférence matérielle :

6

1.2.3-

Isotropie :

6

1.3-

HYPOELASTICITE ET HYPERELASTICITE :

6

1.3.1

Hypoélasticité :

6

1.3.1.1-

Cas de l’hypoélasticité pure :

6

1.3.1.2-

Modélisation de la plasticité :

7

1.3.2

Hyperélasticité :

7

1.3.2.1

Cas de l’hyperélasticité pure :

7

1.3.2.2

Modélisation de la plasticité :

8

1.4-

MISE EN EQUATION FINALE DU PROBLEME :

9

2

LA METHODE S.P.H. (SMOOTH PARTICLE HYDRODYNAMICS)

11

2.1-

ORIGINES :

11

2.2-

GENERALITES :

11

2.3-

PRINCIPES DE LAPPROXIMATION PARTICULAIRE :

12

2.3.1-

Approximation particulaire de fonctions :

12

2.3.2-

Approximation particulaire d’un modèle aux dérivées partielles :

14

2.3.2.1 Dérivation classique de l’approximation :

14

2.3.2.2 Comment garder la conservation :

15

2.3.2.3 Consistance :

16

2.3.3-

Application à un exemple - les équations d’Euler :

18

2.4-

DISCRETISATION TEMPORELLE DE NOTRE PROBLEME

20

2.4.1-

Application de la méthode SPH :

20

2.4.2-

Schéma en temps :

22

2.4.3-

Condition

22

2.5-

REMARQUES :

22

3.

PARTIE INFORMATIQUE :

24

3.1-

CISPH :

24

3.2-

SPH :

25

3.3-

EXPLOITATION DES RESULTATS :

25

4.

PROBLEMES RENCONTRES :

26

4.1-

PROBLEMES LIES AU MODELE :

26

4.2-

PROBLEMES LIES A LAPPROCHE HYPERELASTIQUE :

26

CONCLUSION

 

27

BIBLIOGRAPHIE

28

2

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

INTRODUCTION

Dans le cadre de notre cinquième année du département de Génie Mathématique et Modélisation de l’INSAT, nous avons réalisé un projet portant sur la comparaison des approches hyperelastique et hypoélastique pour les impacts de matériaux à grande vitesse.

Notre projet consistait à comparer ces approches pour la modélisation des équations de conservation de la Mécanique des Milieux Continus (MMC) dans le cadre des méthodes « meshless » et plus précisément de la méthode Smooth Particles Hydrodynamics (SPH). Dans cet exposé, nous allons donc nous attacher à présenter les principales étapes de notre travail, et à développer les résultats que nous avons obtenus.

La première partie de notre projet décrit les équations de la MMC et définit les approches hyperelastique et hypoelastique. De cette étape résulte une discrétisation du problème par la méthode SPH : nous allons présenter cette méthode et les raisons de son choix. Enfin au cours de la dernière phase nous avons réalisé l’implémentation informatique du schéma numérique mis en place.

3

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

1- Problème proposé :

1.1- Introduction :

1.1.1-

Préliminaires :

- On note :

t

t

et

Pour φ

Pour φ

d

t

et

et

v

v

d

dt

;

d

d

:

:

L φ

()

=∂ +

φ

vt

()

*

L φ

= ∂ +

φ

vt

d

l

= 1

d

v

l = 1

l

l

(

v

l

)

φφ

=∂ +

t

div

(

φv

)

()

φφ

= ∂

lt

φ

+ ⋅∇ =

v

- Résultat (1) :

Si a vérifie

Alors pour b et

v

L

En effet :

(

a

)

= 0

v

d

tels que :

db = ∂ b + v ⋅∇b , on a :

t

t

ad

t

()

b

= L

v

(

ab

)

L

v

() ()

ab

= ∂

t

ab

+

= a

⎡∂ ⎣

t

()

b

div

(

v

ab

)

+ v ⋅∇ ⎤ ⎦ +

b

= ∂

bL

a

v

t

()

b

()

a

= 0

+ ∂

b

t

()

a

+

div

(

v

a

)

b

+ ⋅∇ b

v

a

= ad

t

()

b

1.1.2-

Rappels sur les équations de la Mécanique des Milieux Continus :

;

d

φ .

t

On utilise de manière classique les équations générales de la mécanique des milieux continus, qui s’écrivent sous forme vectorielle :

d

⎪ ⎪

t

ρ ρ

d

ρ

t

d

ρ

t

()

(

E

v

)

+

div

()

v

= 0

div

div

()

(

σ

σ

=

v

)

f

ρ

+=

q

div

()

ρ

(

fv

)

+ r

conservation de la masse

conservation de la quantité de mouvement

conservation de l'énergie

Avec ρ la masse volumique, le vecteur vitesse, le tenseur des contraintes

, et

v

σ

de Cauchy, les forces extérieures, E l’énergie totale du système :

u l’énergie interne associée. On néglige le flux de conduction thermique

volumique fourni par l’extérieur (par exemple les effets radiatifs).

f

E = u +

2 v
2
v

/ 2

q , ainsi que

r , taux de chaleur

On

peut

noter

au

passage

que

ces

équations

sont

écrites

sous

conservative. On peut appliquer le résultat (1) dans ces relations de conservation à

à

(

ρd E

t

) , car

L

v

(

)

ρ = 0

.

forme

ρd v et

t

4

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

Le système devient :

L

v

L

v

L

v

(

(

(

)

ρ

ρ

= 0

v

E

ρ

)

)

div

div

()

()

σ

σv

=

ρ

=

ρ

f

(

fv

)

Sous ce formalisme, on constate bien que les variables qui se conservent sont ρ , ρ v et ρ E . Afin de modéliser l’évolution spatio-temporelle des variables mises en jeu par ces équations, nous nécessitons :

- d’une part des lois d’état reliant pression et énergie interne à la température et à la masse volumique ;

- d’autre part de lois de comportement qui lient contraintes et déformations. Afin de traiter l’aspect relatif aux lois de comportement dans le cadre de la mécanique des structures en grandes déformations, nous allons concentrer notre étude sur deux démarches de modélisation : l’approche hypoélastique et l’approche hyperélastique. Mais avant d’introduire ces deux points de vue il nous faut dire un mot sur le principe d’indifférence matérielle, la notion d’isotropie, et présenter les principaux tenseurs que nous allons utiliser.

1.2- Principaux tenseurs, indifférence matérielle et isotropie :

1.2.1- Principaux tenseurs :

On définit à t=0 la configuration de référence. On désigne par ξ la position

d’un point dans cette configuration de référence et x(ξ ) désigne la transformation reliant la configuration déformée (au temps t) à la configuration de référence. x(ξ)=ξ+ d

Avec d représentant le déplacement. D ξ x est le gradient de déformation :

D

ξ

xFI=

= +

D

ξ

d

(ξ,t) constituent les coordonnées de Lagrange.

(x,t) constituent les coordonnées Eulériennes.

La vitesse d’une particule est déterminée par :

On a également :

v =∂ x

t

(

ξ t

,

)

(

ξ v =∂ F ξ ,

D

t

t

)

;

C

E =

=

T

(

FF

1 C I) : tenseur des déformations de Green Lagrange ;
2

: tenseur des dilatations ;

D (

,

xt

)

=

(

v

2 x

1 D

D

x

+

(

t

E

(

)

ξ t =

,

F

T DF

;

v

)

T )

: tenseur des taux de déformation ;

R (

,

xt

)

=

1 D

(

(
2

x

v

D

x

v

)

T )

: tenseur des taux de rotation ;

-1

Π = F σF

-T

F
F

: second tenseur des contraintes de Piola-Kirchoff.

5

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

1.2.2- Principe d’indifférence matérielle :

Pour un milieu élastique matériellement simple le tenseur des contraintes de Cauchy est donné comme :

σ= G ξ,F ξ,t

(

(

))

Le principe d’indifférence matérielle impose que pour une même configuration de référence du solide la fonctionnelle G soit la même si l’on observe le mouvement dans deux repères différents R et R . On a le résultat suivant :

Théorème (A) Formellement, le principe d’indifférence matérielle est vérifié si et seulement

si :

P

(i)

(ii) Il existe une fonctionnelle

GGξ,,ξ

PF

=

F

(

)

()

P

T

∀ ∈

F

S

(

M

ξ,

F

3

+

,

T

contraintes de Piola-Kirchoff.

1.2.3- Isotropie :

P

3

+

O

F

)

donnant le second tenseur des

Un matériau élastique est considéré comme isotrope au point ξ de la configuration de référence si la réponse en contraintes du matériau à une déformation donnée est la même dans toutes les directions.

1.3- Hypoélasticité et hyperélasticité :

1.3.1 Hypoélasticité :

1.3.1.1- Cas de l’hypoélasticité pure :

Les matériaux hypoélastiques sont définis par une loi de comportement du type :

d σ = fx , ( σ∇v , ) t αβ αβ
d
σ
=
fx ,
(
σ∇v
,
)
t
αβ
αβ

Ou encore

On veut vérifier le principe d’indifférence matérielle, on a donc :

D

t

σ

αβ

=

hx ,,

αβ

(

σ D R

,

)

, avec

P

h

P

T

= h

.

D σ = C D

t

αβ

αβγ

l

γ l

Avec C tenseur du 4 ème ordre dont les composantes sont des fonctions de x , t et des contraintes σ . Dans le cas de l’élasticité isotrope, on se réduit à :

D σ =λD + μD

t

αβ

γγ

2

αβ

En introduisant le déviateur des contraintes :

obtient encore :

D

t

⎝ ⎜

1

SDD γγ

αβ

=

2

μ

αβ

3

αβ

δ

6

⎠ ⎟

S

αβ

= σ

αβ

1

3

tr

(

σ δ

)

αβ

, on

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

Et en explicitant la dérivée corotationnelle à l’aide du tenseur taux de rotation :

On a :

 

R =

αβ

1

2

v

x

α

β

v

⎟ ⎠

β

x

α

d

t

S

αβ

=

2

μ

⎜ ⎝

D

αβ

1

3

δ

D

αβ γγ

⎠ ⎟

+− R

αγ γβ

αγ γβ

RS

S

1.3.1.2- Modélisation de la plasticité :

R αβ

des

En hypoélasticité, on peut modéliser la plasticité en effectuant une correction e pression par l’algorithme du retour radial. Cette méthode repose sur le critère de Von Mises, à savoir que l’on est en régime plastique si et seulement si :

2 S ≥ Y ., 0 3
2
S
Y
.,
0
3
- avec Y valeur dépendant du matériau (the « static yield stress ») ; 0
- avec
Y
valeur dépendant du matériau (the « static yield stress ») ;
0
1
T
- et
S
tr
(
SS
)
2
= ⎣ ⎡
⎦ ⎤
Le retour radial est défini par :
2
2 Y
0
f = min
1,
2
3
S
σ
+
=−
p
f S
αβ
δ αβ
αβ

Avec la pression p = p(ρ,u) fonction que l’on se donne selon le

matériau.

1.3.2 Hyperélasticité :

1.3.2.1 Cas de l’hyperélasticité pure :

Un milieu hyperélastique est défini par certaines propriétés thermodynamiques qui permettent de déduire sa loi de comportement. Ainsi, on suppose que l’énergie libre d’un matériau hyperélastique n’est fonction que de la température et du tenseur E : ψ =ψ (T , E) .

La donnée de cette énergie libre fournit la loi de comportement du matériau :

σ

=ρ

F

E

(ψ

(,)T

F

)

F

T

s’explique par égard envers le principe d’indifférence

matérielle. En effet, si l’on exprime la loi de comportement uniquement en fonction de F , on obtient :

Le choix de ψ

7

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

σ

=ρ

F

(ψ

(,)T

F

)

F

T

D’après le théorème (A), on en déduit que le principe d’indifférence

, ce qui

matérielle est satisfait si et seulement si

se traduit sur ψ par :

σ

(

PF

)

=

Pσ FP

,

(

)

T

P

3

O +

ψ (

F

PF

)

=∂

P

ψ (

F

F

),

∀∈

P

O

démontrer

siψ =ψ (T , E) , d’où le choix deψ .

On

peut

alors

que

+

3

,

∀∈

F

M

cela

est

+

3

satisfait

si

et

seulement

Cependant dans la pratique on ne connaît pas la forme exacte deψ , on

doit donc se donner une loi de comportement plus exploitable. Pour cela on ajoute l’hypothèse d’isotropie au matériau, sachant que :

Pour un matériau élastique dont la réponse est isotrope en un point

ξ ∈Ω et qui vérifie le principe d’indifférence matérielle, le second tenseur des contraintes de Piola-Kirchoff est donné par :

Π Σ

(

==

ξ, γξ,iiγξ,

M

I

+

01

MM

)

(

)

(

)

M

+

γξ,,i

2

M

(

)

MM

2

3

S +

,

γ ,γ ,γ étant des fonctions réelles des 3 invariants principaux

012

i M

de la matrice

De plus, si les fonctions

constantes π (ξ ), λξ( )et μ (ξ ) telles que :

M

.

γ ξ

α

(

, .)

sont dérivables, alors il existe des

Σ

λ (ξ )et μ (ξ )sont appelés les coefficient de Lamé du matériau.

( ξ,

C =−

)

()

πξ

I +

()

λξ tr

(

)

EI +

()

2μξ

2

E +

o

(

ξ,

)

E C = I + E

,

2

3

S

+

Pour notre étude, on va donc utiliser donc le modèle des matériaux élastiques isotropes de Saint-Venant Kirchoff :

Π=Σ=

λtr() 2μ ,

EI +

E C =+I

2

E

3

S +

Le calcul de Π nécessite la connaissance de

déterminer

F par le biais des relations suivantes :

Soit :

(

F ξ

t

, t

)

=

D ξ

v

F ( ξ , t ) = DD x v ∂ t x ξ F
F
(
ξ
,
t
)
=
DD x
v
∂ t
x
ξ
F
(
ξ
,
t
)
=
D
v F
∂ t
x

E . Nous allons pour cela

1.3.2.2 Modélisation de la plasticité :

Le modèle de Saint-Venant Kirchoff s’avère insuffisant pour rendre compte des effets de plasticité, et des études montrent que l’application retour radial est inadaptée dans le cadre hyperlastique. En effet, la représentation de ces derniers nécessite l’introduction du tenseur plastique des déformations de

Lagrange :

p . On a donc dans ce cas que l’énergie interne du matériau - la

E

8

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

considération de l’énergie interne est équivalente à celle de l’énergie libre – est

donnée par :

donnée de cette énergie interne fournit une loi de comportement pour le

. Comme pour le cas de l’hypoélasticité pure, la

uu=

(

E E

,

p

,T

)

matériau. On sait que

E p

vérifie l’équation différentielle suivante :

E

p =

dev ( Π C p ) 3 p λ 2 abs ( det F )
dev
(
Π C
p )
3
p
λ
2
abs
(
det F
)
S

-

-

-

avec λ fonction connue dépendant du matériau ;

p

C

Π

p

tenseur plastique de Cauchy-Green : on a

tenseur plastique de Piola-Kirchoff :

Π

p

C

p

= 2

(

E

p

+

=

(

ΠC C

p

) 1

I

)

;

On peut en déduire le tenseur logarithmique des déformations élastiques :

e

L =

1

2

log

(

(

C

p

)

1

C

)

Enfin, on peut obtenir l’expression de σ :

σ

=− p + 2μdev

I

(

e

FL F

-1

)

Ce modèle rend compte des effets plastiques en hyperelacité et à l’avantage de pouvoir également représenter la simple élasticité. Par contre, il est plus contraignant à mettre en œuvre que le modèle de Saint-Venant Kirchoff.

1.4- Mise en équation finale du problème :

En résumé, notre étude va se limiter aux matériaux élastiques homogènes et isotropes dans le cas de grandes déformations. Nous allons résoudre :

1)

Le système différentiel des équations de la mécanique des milieux continus :

⎧ L ⎪ ( ρ ) = 0 v ( ρ v ) − div
⎧ L
(
ρ )
= 0
v
( ρ
v
)
− div
()
= ρ
⎨ ⎪ L
σ
f
v
⎪ ⎩ L
( ρ
E
)
− div
()
σv
= ρ
(
f
⋅ v
)
v

2)

Pour le cas hypoélastique, une équation différentielle supplémentaire sur σ :

d

t

 

S

αβ

= 2 μ

⎝ ⎜

αβ

3

αβ γγ

⎠ ⎟

αγ γβ

αγ γβ

D

1

δ

D

+− R

RS

S

⎛ D − 1 δ D ⎞ +− R RS S
⎛ D − 1 δ D ⎞ +− R RS S

9

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

3)

Pour le cas hyperélastique, une équation différentielle supplémentaire sur F :

(

F ξ t

t

,

)

= D v F

x

Il faudra éventuellement tenir compte des effets de plasticité en considérant l’équation

en temps vérifiée par

p

E

:

E

p =

dev ( Π C p ) 3 p λ 2 abs ( det F )
dev
(
Π C
p )
3
p
λ
2
abs
(
det F
)
S

Enfin, on adjoint à ces équations la loi d’état :

p = p(ρ,u)

Pour résoudre ce problème nous choisissons de le discrétiser à l’aide de la méthode SPH.

10

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

2 La méthode S.P.H. (Smooth Particle Hydrodynamics)

2.1- Origines :

Ces dix dernières années, de nouvelles méthodes particulaires pondérées pour les équations aux dérivées partielles ont été introduites. Il existe de nombreuses applications dans le domaine de la dynamique des fluides, citons les méthodes vortex et pseudo vortex pour les équations d’Euler (fluide parfait) et de Navier Stokes. Les méthodes P.I.C. (Particle in Cell) bénéficient d’une certaine popularité dans le domaine de la dynamique des gaz compressibles. Avec les méthodes vortex, elles utilisent une méthode numérique spécifique ou semi analytique pour calculer les termes différentiels tels que les termes de pression :

- Noyau de Green pour les méthodes vortex.

- Couplage de grilles de particules pour les méthodes P.I.C.

Dans ce papier nous nous occupons d’une classe de méthodes qui utilise la seule approximation particulaire pondérée pour évaluer les termes différentiels. C’est la méthode S.P.H. (Smooth Particle Hydrodynamics). Elle a été présentée en 1977 par Lucy un astrophysicien britannique. A cette époque, son calcul ne faisait appel qu’à 100 particules. Le développement effectif de cette méthode revient à J. Monaghan, un chercheur australien en mathématiques appliquées. Jusqu’en 1985, la méthode S.P.H. était utilisée uniquement pour des applications astrophysiques. W.Benz (encore un astrophysicien) est l’un des premiers à l’avoir utilisée pour des applications complexes telles que les impacts à haute vitesse couplés à des modèles d’endommagement. Aujourd’hui, de nombreux centres de recherche utilisent les méthodes S.P.H. comme une alternative efficace aux codes d’éléments finis lagrangiens dans le domaine des impacts à haute vitesse. Des codes industriels utilisant la méthode S.P.H. commencent seulement à être disponibles. C’est du en partie aux compétences théoriques et numériques requises pour jouer avec les conditions aux limites

2.2- Généralités :

La méthode S.P.H. est basée sur une méthode d’interpolation, ce qui signifie que toute fonction décrivant une quantité physique en mécanique des milieux continus peut être exprimée par ses valeurs sur un ensemble de points désordonnés, que l’on appellera particules. Les sommes finalement produites par cette méthode sont basées sur le fait que l’interpolant intégral d’une fonction A(r) est donné par :

A

I

(

r

)

=

AW

r

(

')

(

rr

',

h

)

dr

'

Dans cette équation, l’intégrale doit être menée sur l’ensemble du domaine, et W est le noyau d’interpolation dont les propriétés sont :

Et :

W (

r

r

', h)

dr

' =

1

lim

h 0

W

(

rr

',

h

)

δ

(

= rr

')

Dans ces équations,

h représente la résolution, et la limite doit être vue comme la

limite de l’interpolant intégral correspondant.

11

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

Pour des raisons de commodité numérique, l’interpolant intégral est approché par une somme, donnée par :

A

S

()

r

=

b

m A

b

b

ρ

b

W

(

r

r

b

,

h

)

Où les indices de sommation

b dénotent les particules de masse

densité ρ , et vitesse

b

v

b

. La valeur de

A en b est notée

A

b

.

m

b

, position

r

b

,

Si le noyau est différentiable, on peut alors construire un interpolant différentiel d’une fonction, avec les particules qui peuvent être considérées comme les points d’interpolation. Les dérivées sont simplement obtenues par la différentiation ordinaire du noyau, et par conséquent, il n’est pas besoin d’utiliser les différences finies sur un maillage. Par exemple, le gradient de A peut être simplement écrit sous la forme :

∇=

A

r

(

)

m A

b

b

b ρ

b

(

∇−

W

r

r

b

,

h

)

2.3- Principes de l’approximation particulaire :

Soit

v

un champ régulier de vecteurs de

d . Considérons la famille d’équations aux

dérivées partielles écrites sous forme conservative suivante :

F

L

v

(Φ) + div[

( ,t, Φ)]

F x

=

S

d

est le vecteur de flux ( ) de la loi de conservation, et

transport donné par :

L

v

(

Φ

)

=+ ∂Φ

t

i

= 1

d

x

i

(

i

v Φ

)

L

v

(2.1)

l’opérateur de

2.3.1- Approximation particulaire de fonctions :

Pour

obtenir

une

approximation

w

i

( t )

x ( ),

i

t

particulaire

( ))

wt

i

i

P

de

indexé par i P .

(2.1),

donnons

x

un

représente la

nous

ensemble de particules mobiles (

position de la particule et

des courbes caractéristiques du champ en compte les déformations dues au champ

( )

t

i

son poids. On fait se déplacer les particules le long

v

et on modifie les poids de manière à prendre

v :

d

x

dt

x

i

()

0

= vx , t

i

= ξ

(

ii

)

,

⎪ ⎧ d

= div

w

i

dt

w

(0)

=

ii

ω

(( ))

v

x

i

,

t

w

i

(2.2)

Sont les coordonnées lagrangiennes de la particule i . Dans le cas de

particules initialement distribuées sur un maillage cubique d’espacement Δx constant,

on prendra par exemple

. L’approximation particulaire notée Π( f ) d’une

fonction f est définie par :

(

ξ

i

,)

t

w

i

(0)

= Δx

(

) d

Π

(

f

)(

x

)

=

i

P

wtf

( )

(

ii

xx

t δ

( ))

(

x

i

( ))

t

La précision de l’approximation est liée à la formule de quadrature sur

(

x ( ),

i

t

( ))

wt

i

i

P

. On a la formule suivante où J (,)ξ t

est la

d

d’un ensemble de particules

12

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

jacobienne de l’application ( ,

ξ t) (,)x

t

aux coordonnées eulériennes :

de passage des coordonnées lagrangiennes

d

f

(

d

)

xx

=

d

f

(

x ξ

(

,

t

))

J

(

ξξ

)

td

,

i

P

w

i

( )

t

f

(

x

i

( ))

t

(2.3)

t > 0

Cette formule est précise pour tout dès qu’elle est précise initialement et

que les particules et poids évoluent en accord avec (2.2).

On utilise un noyau régularisant

W (,)x h

h

où , le paramètre de lissage,

caractérise l’échelle de régularisation.

(en un sens approprié) quand h 0 . Ce noyau doit vérifier :

W (,)x h

converge vers la mesure de Dirac

δ(x)

(2.4)

En pratique on obtient un noyau général W à partir d’une fonction auxiliaire

W (,)hd

x

x

=1

1 x θ ( d
1
x
θ
(
d

h

θ dépendant d’une variable scalaire :

h fonction positive de support compact [0;2], par exemple :

W

x h

(,) =

) . On prend en général θ une

θ

(

y

) =

C

3

yy + 3

2

4

y

)

3

× ⎨

1

4

2

(2

1

3

y

∀∈

∀∈ y

[

[

]

0 ;1 ,

]

1;2 ,

⎩ 4 2 (2 1 − 3 y ∀∈ ∀∈ y [ [ ] 0 ;1

On a tracé le graphe de θ dans le cas unidimensionnel. En effet :

⎧ 2 10 1 C = ⎨ 3 ; 7 ; π π ⎩ d
⎧ 2
10
1
C = ⎨
3
;
7
;
π
π
d = 1
dd
==
2

3 selon la dimension de l’espace

d , cela afin de satisfaire la

condition (2.4). Pour régulariser une fonction f , on la convole avec le noyau W :

f () =∗f x W () = x ∫
f () =∗f
x
W () =
x

f ()W (

y

xy

,)hd

y

En appliquant la formule de quadrature (2.3) sur cette dernière équation, on

Π

l’approximation particulaire lissée (ou régularisée) de la fonction f

définit

comme :

h

(

f

)

Π

h

(

f

)(

x

)

(

f

)

W

=

j

P

wf

(

x

jj

)

W

(

x

x

j

,

h

)

Notations :

WW

ij

,

(

x

j

x

i

,

h

)

∇≡W

i

,

j

grad

x

W

(

x

j

x

i

,

)

h ⎤ ⎦

13

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

L’approximation particulaire des dérivées est aisément obtenue par dérivation

directe des approximations particulaires régularisées, ce qui donne au point

=

∇Π

h

()

f

wf

(

x

jj

)

W

i

,

j

i

j

P

x i :

Dans les méthodes de discrétisation classiques comme les différences finies, les volumes finis ou les éléments finis, on se donne un paramètre unique de discrétisation, en l’occurrence Δx la longueur caractéristique du maillage. Ici on se donne un paramètre additionnel définit comme la longueur de lissage, qui est la distance caractéristique du noyau régularisant W . Les effets conjugués de ces deux paramètres peuvent être étudiés précisément. On se reportera au livre de P.A. Raviart pour une analyse détaillée des erreurs d’interpolation dans diverses normes et semi normes de Sobolev. On rappelle juste quelques résultats de qui seront utiles à notre analyse. Nous nous restreignons aux

2 . Il existe alors une

noyaux symétriques à support compact tels que

h

W

C

m + 1

,

m

constante fonction du seul champ de transport (supposé suffisamment

régulier) telle que :

C > 0

v

d p − 1 μ , p d ∀ ∈ u W ( ); s
d
p − 1
μ
, p
d
∀ ∈
u
W
(
);
s
>
0;
μ
=
max(
r
+
sm
,
);
r
=
1,2,
≤ ≤∞ =
p
;
q
m
p
d
(
) m
Δ x ⎞
q
Δ
x
h
r
u
−Π
(
u
)
≤ Chu
+
1
+
u
d
d
d
s
,
p
,
r
+
sp ,
,
m
+
s
m
,
p
,
⎝ ⎜
h
⎟ ⎠
h
Δ
x
h
Notons qu’il faut que le rapport
→ 0
pour que
Π
(
u
)
→ u . Dans ces
h

(2.α )

formules Δx est la longueur caractéristique du maillage. Cela signifie (en supposant

W à support compact) que le nombre de voisins de toute particules, c'est-à-dire le

nombre de particules présentes dans un rayon inférieur à une distance d’ordre tendre vers l’infini quand h et Δx tendent vers zéro.

h , doit

2.3.2- Approximation particulaire d’un modèle aux dérivées partielles :

2.3.2.1Dérivation classique de l’approximation :

On considère le modèle aux dérivées partielles décrit par l’équation (2.1). En utilisant les techniques développées dans les paragraphes précédents, une façon naturelle de définir l’approximation particulaire de (2.1) serait par exemple :

(2.5)

Dans le second terme de la partie gauche de (2.1) on utilise une approximation particulaire lissée afin d’éviter l’introduction de dérivées de mesures de Dirac, ce qui empêcherait la fermeture du système. Bien que Π(Φ) dans (2.5) (avec Φ supposé suffisamment régulier) agisse directement sur le modèle aux dérivées partielles, cette formulation est aussi liée à une formulation faible des équations aux dérivées

partielles. Par exemple L

L Π Φ +Π

v

(

(

))

(

div

Π

h

(

F

(

,

)))

Φ =Π

S

x t

,

v

(Π (Φ)

) n’a de sens qu’appliqué à une fonction test ϕ :

L v

(

Π Φ

( )),:ϕ

=− Π Φ

(

),

L

v

()ϕ

14

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

L v est l’opérateur adjoint de L , défini comme :

L

v

(

ϕ

)

=

v

d

ϕ

ϕ

+

v

i

= 1

i

t

x

i

On remarquera que pour tout ϕ suffisamment régulier :

d

⎪ ⎪ dt

d

(

(

ϕ

i

w

)

=

ϕ

)

((

dt

=

ϕ

wL

d

x

i

()

tt

,

()

ϕ

))

=

L

v

()

ϕ

i

dt On prouve alors que (2.5) est équivalent au système aux dérivées ordinaires suivant :

ii

i

v

i

(

(

(

(

d

x

i

i

) :

=

v

(

x

i

,

t

)

dt

dw

ii

) :

i

iii

):

dt

d

dt

iv

):

Φ

j

=

(

()

i

div

((

v

x

w

i

0

Φ +

i

0

w

i

(

)

ξ

i

,

t

j

i

)

P

))

w

w

i

j

F

(

x

,

,

j

,, t

x

i

w

i

()

()

0

0

= ξ

i

=

ω

i

)

Φ .

j

W

,

ij

=

w S

i

i

(2.6)

supposée

suffisamment régulière pour que Π(Φ) ait un sens uniquement le long des courbes

caractéristiques situées initialement aux points(

donner un sens plus général à (2.5) seulement en nous restreignant à certaines fonctions, comme nous le verrons dans le paragraphe C.

. Nous sommes donc capables de

On

remarquera

que

le

système

(2.6)

décrit

ξ

i ) iP

une

fonction

Φ

2.3.2.2Comment garder la conservation :

Cette approximation souffre d’un manque de conservation, en effet la solution exacte vérifie :

(2.7)

Or la solution approchée de (2.6) ne vérifie pas cette équation. On peut remédier a ceci en ajoutant une symétrie entre les particules dans le second terme du

membre gauche de . En général le noyau est symétrique, c'est-à-dire

que :

(2.8)

d , cette propriété permet l’annulation des interactions

symétriques entre particules. Cela est vrai pour une approximation particulaire

modifiée de (2.1) définie comme suit :

d

dt

(

d

Φ

d

x )

=

d

S

d x

(2.6)(iii)

Wh()x, =−W ( x, h

En intégrant sur

) . Donc ses dérivées vérifient :

W = −∇W

i, j

j i

,

L

v

(

Π Φ +Π

(

))

div

(

Π

h

(

(

Fx

,

t

,

Φ

)))

+

d

k

= 1

F

k

(

x

,

t

,

Φ

)

∂Π

h

()

1

x

k

⎠ ⎟

S

15

Comparaison des approches hypoelastique et hyperelastique pour la méthode SPH.

∂Π

h

(1)

approche zéro, donc l’approximation est toujours

consistante (voir paragraphe C pour plus de détails). On a maintenant un nouveau

système aux dérivées ordinaires :

Φ +

(2.9)

Le terme ajouté

x

k

d

dt

(

)

w ww

i