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Janvier 2007 : Projet d’euthanasie de l’ostéopathie en France.

Le 18 décembre dernier, le gouvernement dévoilait un projet de décret d’application concernant la


réglementation de l’ostéopathie faisant suite à l’article 75 de la loi relative aux droits des malades et
à la qualité du système de santé, présenté par Bernard Kouchner alors ministre délégué à la santé,
et voté en 2002. La parution des décrets d’application liés à cet article, a été fixée par le conseil
d’état au gouvernement, à l’échéance du 27 décembre 2006.
En ce moment, ce projet de décret, est étudié par le conseil d’état pour avis.

Au cours des discussions des 6 derniers mois, des propositions se sont succédées, mais ce dernier
projet a surpris tous les intervenants par la nouveauté et le changement radical des mesures
proposées. Ainsi, si ce projet était accepté, il dénaturerait totalement le concept même de
l’ostéopathie, et modifierait profondément les soins que nous apportons quotidiennement à nos
patients au point d’en vider presque complètement le contenu.

L’ostéopathie, basée exclusivement sur l’anatomie et la physiologie, pour être très schématique,
observe et analyse les éléments constitutifs du corps humain en 3 champs :
un champ musculo-squelettique, un champ viscéral, un champ crânio-sacré.

Ces 3 champs fonctionnent de manière intriquée d’un point de vue mécanique mais aussi d’un point
de vue réflexe. En agissant sur ces 3 champs, par la récupération de la mobilité des différentes
structures, et par la levée des dysfonctions et perturbations sur les trajets nerveux et vasculaires,
l’ostéopathie permet, dans son concept, un fonctionnement optimal.

Ce projet de décret interdit le traitement des champs viscéral et crânio-sacré !

Les conséquences prévues par ce projet de décret sont :


− Interdiction de l’enseignement relatif à une approche viscérale ou crânio-sacrée,
− donc diminution de moitié de la durée des études telles qu’elles existent actuellement :
o formation prévue par le projet de décret : 2030 heures en 3 ans.
o Formation actuelle des ostéopathes exclusifs : 5000 heures en 6 ans.

Que devient la sécurité de la qualité des soins et du patient voulue par Bernard Kouchner
initialement :
« Je veux que l’exercice de cette pratique soit encadré, que ce soit une profession en tant que telle,
offrant des garanties et en laquelle nous puissions avoir confiance… »

En outre, ce projet de décret :


− limite les manipulations du rachis cervical à la prescription médicale.
− limite les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez les nourrissons de moins de 6 mois à
la prescription médicale. Comment le législateur permet-il les manipulations du crâne, alors que
dans le même temps, il en interdit l’enseignement ?
Nous savons que la croissance des bébés se faisant, il est essentiel que les troubles fonctionnels
existants soient soignés avant l’âge de trois mois pour obtenir le meilleur résultat possible, en
particulier pour ce qui concerne la plupart des déformations crâniennes (plagiocéphalies).
− interdit les soins aux femmes enceintes : pourtant la mobilité optimale du bassin de la maman
permet parfois de gagner quelques précieux centimètres pour le passage du bébé lors de sa
naissance.

En aucun cas, l’exercice de cette profession, ainsi réduite, ne pourrait s’appeler ostéopathie.

Thierry Chatel D.O.


SFDO

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