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ExprEsso

Jeudi 11 octobre 2007

E xprEsso Jeudi 11 octobre 2007 Louis Gallois, PDG d’EADS, a pris clairement position contre le

Louis Gallois, PDG d’EADS, a pris clairement position contre le système des stocks-options.

Haro sur les stocks-options

Conséquence directe de l’affaire EADS, le gouvernement adopte un prélèvement sur les stocks options. C’est la première taxe de l’ère Sarkozy.

d’EADS, Louis Gallois, avait ouvert la voie à la réforme en assimilant les stock-options, auxquelles il est hostile, à une « loterie. » L’idée de prélèvement sur ces options d’achat à terme avait déjà été évoquée, sans agenda précis, lors de la campagne présidentielle. Puis, lorsque le 24 septembre, Philippe Seguin avait à nouveau mis en avant cette proposition, seul le Premier ministre, François Fillon, s’y était déclaré favorable. Mélange

La lumière sur l’affaire EADS res- te à faire, que déjà le pouvoir en tire les conséquences. Le minis- tre du budget, Eric Woerth, a va- lidé hier la proposition d’établir un impôt sur les stock-options, au nom « d’un capitalisme mo- ral et contrôlé. » Cette nouvelle taxe, qui permet au gouvernement de reprendre l’initiative, s’inscrit dans sa stratégie de réaction rapide en trois temps : un événement déclencheur, une réaction de l’opinion, une loi. Hier, le patron

d’opportunisme et de réactivité, il a désormais le support de l’ensemble de la majorité. Cette taxe de 2,5 %, qui devrait rapporter plus de 200 millions d’euros aux Caisses de la sécuri- té sociale, peut être aussi perçue comme le premier volet d’une série de réformes visant à réé- quilibrer les comptes sociaux. Etunsignalquelegouvernement semble bien décidé à prendre à bras le corps le problème des déficits budgétaires. Pierre Gourdain

Gustave Courbet en majesté PAGE 4
Gustave Courbet
en majesté
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La Cité de l’immigration en catimini

La polémique sur les testes ADN perturbe l’ouverture de lancien musée colonial de la Porte dorée.

 

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Le Pacs hétéro toujours plus plébiscité

Huit ans apres sa creation, le pacte civil de solidarité ne concerne plus que 7 % d’homosexuels.

 

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France-Russie,

l’entente

cordiale

En visite a Moscou, le président francais s’est montré plus conciliant que pugnace.

 

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Pac Man,

toujours

glouton

Le pionnier japonais des jeux vidéo souffle 29 bougies. Nostalgie.

 

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Rugby,

les héros

reconduits

« On ne change pas une équipe qui gagne », un proverbe franco-anglais.

 

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actualité

BREF

Pédophile

En détention provisoire pour pédophilie depuis le 15 juin, un animateur de colonie de vacances âgé de 22 ans est soupçonné du viol de onze enfants. L’interpellé a travaillé pendant deux ans dans des centres de loisirs pour enfants, avant qu’une de ces victimes ne le dénonce en mai.

Police

La gendarmerie nationale serait « en deçà des objectifs annuels » de lutte contre l’immigration clandestine, selon le quotidien «L’Humanité». Le directeur général de la gendarmerie Guy Parayre demande à ses subordonnés un « réel […] effort ».

Pollution

Les autorités savaient le Rhône pollués depuis vingt ans, selon un document révélé par le site internet du «Nouvel Observateur». En quantité « massive », le pyralène empoisonne les poissons et les rend impropres à la consommation.

France CiTé DE L’iMMiGRATiON

à la consommation. France CiTé DE L’iMMiGRATiON L’inauguration citoyenne reste à la porte La Cité

L’inauguration citoyenne reste à la porte

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a ouvert ses portes hier, sans inauguration officielle.

Entre les colonnes du Palais de la Porte Dorée, on a bien entr’aperçu le maire de Paris, Bertrand Dela- noë, ou l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Mais, lors de la première matinée d’ouverture de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, aucun membre du gouvernement n’a fait le dé- placement. Seule Christine Alba- nel, ministre de la Culture, était annoncée pour le soir-même. Face au musée, un enfant en si- tuation irrégulière coupe un ru- ban tricolore : en l’absence de cé- rémonie officielle, une trentaine de manifestants ont organisé sur le trottoir une inauguration « ci- toyenne ». « Nous soutenons la création de cet espace, qui donne une image positive de l’immigra- tion. Ce que nous contestons, c’est le silence assourdissant des plus hautes instances de l’Etat au sujet de ce musée qui est en contradiction avec les politiques menées en matière d’immigra- tion » explique Eric Lafon, militant de la Ligue des droits de l’homme, à l’initiative du rassemblement. Présente à ses côtés, l’historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard était membre du conseil scien-

Marie-Claude Blanc-Chaléard était membre du conseil scien- tifique du musée. En mai, elle a démissionné avec

tifique du musée. En mai, elle a démissionné avec sept de ses col- lègues. « Nous étions attachés au projet, mais voulions nous distan- cer des positions officielles : un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale nous semblait incompatible avec les missions du musée ». Elle regarde les policiers aux grilles du Palais : « C’est triste

et révélateur qu’un musée d’Etat ouvre dans ces conditions. » Jean-Louis, visiteur français d’origine ivoirienne, ne regrette pas l’absence de ministres : « C’est un lieu d’ouverture et de réflexion. Le gouvernement ne réfléchit pas quand il reste sur ses positions en matière d’immigration ». Julien Girault

ses positions en matière d’immigration ». Julien Girault Tentative de regroupement familial de la gauche

Tentative de regroupement familial de la gauche

L’amendement sur le recours aux tests ADN lors du regroupement familial remobilise et ressoude la gauche.

Rebond. Six mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, la gauche s‘unit contre les projets de loi sur l’immigration de Bri- ce Hortefeux d’utiliser les tests ADN pour le regrou- pement familial. Mardi, le Conseil national du Parti Socialiste (PS) a de- mandé « unanimement »

le retrait du texte. En moins d’une semaine, une pétition lancée par « Charlie Hebdo », « Libé- ration » et Sos-Racisme a recueilli plus de 150 000 signatures. Les partis de gauche appellent à un rassemblement « Touche pas à mon ADN » diman- che. Pour Dominique Sopo, président de SOS- Racisme, cette initiative met fin à « l’anesthésie morale » du pays. Mais ces retrouvailles annoncées de la gauche arrivent un peu tard, quatre mois après le dé-

but de la polémique. Un retard à l’allumage qui jette une ombre sur la mobilisation. Ségolène Royal et de Bertrand De- lanoë n’ont pris position dans « Charlie Hebdo » que mercredi… soit une semaine après Domini- que de Villepin. « Comme toujours, le PS se mobilise très lente- ment », accuse Roberto Villard, porte-parole de la Ligue communiste ré- volutionnaire (LCR). « Peu importe si c’est tardif », tempère Patrick Henry, président de France

Terre d’Asile, « l’essentiel, c’est la mobilisation des citoyens ». Le mouvement s’étend même jusque dans les rangs du gouverne- ment. Fadela Amara a jugé « dégueulasse » « l’instrumentalisation de l’immigration ». Mais le Premier Ministre Fran- çois Fillon a déjà tenté de désamorcer la bombe en renouvellement ostensi- blement sa confiance à la secrétaire d’Etat.

Alexander Knetig et François Becker

France SOCiéTé

Régimes spéciaux :

France SOCiéTé Régimes spéciaux : Les hétéros font les beaux jours du Pacs Le Pacs, entré

Les hétéros font les beaux jours du Pacs

Le Pacs, entré en force dans la société française en 1999, est de plus en plus plébiscité par les couples hétérosexuels, qui représentaient l’an dernier 93 % de ces unions civiles.

Qui sont les pacsés ? Cette question restait sans réponse depuis 1999, date de la création du Pacte civil de solidarité, par souci de discrétion. Pour la première fois, le ministère de la Justice a rendu public les données concernant les signataires de ce nouveau type d’union.

Les couples de même sexe ne représentent que 7 % des 77 300 Pacs enregistrés l’an dernier. ils étaient plus de la moitié il y a huit ans. C’est une mesure de 2005 rapprochant les régimes fiscaux du Pacs et du mariage qui a changé la donne et entraîné une explosion du nombre de signataires. Les pacsés bénéficient en effet d’une imposition commune dès la première année de leur union.

Xavier Bertrand précise le menu

« Principes communs d’harmonisation ». Xa- vier Bertrand, ministre du Travail, a présenté aux partenaires so- ciaux les principes de sa réforme des régimes spéciaux de retraite. En 2012 au plus tard, les salariés de la SNCF, de la RATP ou d’EDF cotise- ront, comme les autres, 40 années pour toucher l’intégralité de leur re- traite. Les dirigeants des en- treprises publiques concernées veulent dis- cuter « le plus vite possi- ble ». Mais le document fait grincer des dents. FO prévient qu’elle est dans une logique de confrontation. Les syn- dicats se sont donnés rendez-vous pour une journée de grèves et de manifestations le 18 octobre.

Monde RUSSiE

Pacsés et mariés se ressemblent de plus en plus : l’âge moyen est de 31,5 ans pour les deux modes d’union et les couples choisissent principalement l’été pour se dire oui. C’est à Paris que l’on se pacse le plus :

20 pacs pour 10000 habitants, contre 9,8 en province.

Pour rompre cette union, une simple déclaration au greffe d’un tribunal d’instance suffit, une souplesse qui

faisait redouter les ruptures « kleenex »

à ses détracteurs. En réalité, les Pacs ne

sont pas plus fragiles que les mariages :

depuis 1999, 38 000 au total ont été dissous, soit seulement 14 % des unions signées.

Malgré les violentes controverses ayant accompagnées sa création, le modèle du Pacs a fait école bien au-delà de nos frontières. Une union civile pour les couples du même sexe a ainsi été créé en Croatie, en République tchèque, en Suisse ou encore en Slovénie.

MONDE ARGENTiNE

Julie Robelet

ou encore en Slovénie. MONDE ARGENTiNE Julie Robelet Sarkozy le conciliateur. Pour son premier tête à
ou encore en Slovénie. MONDE ARGENTiNE Julie Robelet Sarkozy le conciliateur. Pour son premier tête à
ou encore en Slovénie. MONDE ARGENTiNE Julie Robelet Sarkozy le conciliateur. Pour son premier tête à

Sarkozy le conciliateur. Pour son premier tête à tête officiel avec le président russe, Vladimir Poutine, il a évité les sujets qui fâchent.

L’acte le plus audacieux de Sarkozy pendant ce voyage était de raconter aux étudiants à Moscou que « c’est tellement mieux de vivre dans une démo- cratie ». Sur les sujets brûlants,

(droits de l’homme, Kosovo, iran), ils ont préféré souligner les points de rapprochement que les désaccords. Le pré- sident français a même noté « une certaine convergence » sur dossier iranien , sur lequel la Russie et la France ont des positions contraires. « Ce qui est important, c’est la volonté de coopérer », a conclu Nicolas Sarkozy.

M.P.

Première condamnation d’un prêtre pour crime contre l’humanité

Condamné à perpétuité, l’ancien aumônier de la police de Buenos

Aires, Christian Von Wernich, 69 ans,

a été reconnu coupable de crime

contre l’humanité. impliqué dans sept meurtres, trente actes de torture et quarante-deux enlèvements pendant la dictature de 1976 à 1983, c’est une première pour un membre de l’Eglise catholique argentine. L’épiscopat s’est contenté d’exprimer son « émotion », après avoir gardé le silence pendant tout le procès. Et rappeler que « si

un membre quelconque de l’église

avait cautionné la répression violente,

il aurait agi sous sa responsabilité,

pêchant ainsi gravement contre Dieu, l’humanité et sa conscience ». Selon les organisations de défense des droits de l’homme, plus de 30000 personnes ont disparu pendant la

dictature argentine

M.P.

actualité

 

BREF

Nobel

Gerhard Ertl,

chercheur alle-

mand de 71 ans,

a

obtenu hier

le prix Nobel de chimie, pour ses travaux sur la chimie des surfaces. L’heureux lauréat empochera au passage un prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,1 millions d’euros).

Libye

La commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale a donné son feu vert hier à la création d’une commission d’enquête sur les conditions de la libération des infirmières bulgares détenues en Lybie. Les députés voteront cette disposition aujourd’hui.

Birmanie

Un membre de l’opposition birmane est mort après avoir été torturé par les forces de sécurité, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Win Shwe avait été arrêté le 24 septembre en raison de son « soutien

actif » et de sa

«

participation »

aux

manifestations.

actualité

CHiFFRE

250 000 gobelets en plastique ont été rappelés par la chaîne de cafés Starbucks. Fabriqués en Chine, ils présenteraient des risques pour la santé. Récemment, deux enfants avaient failli s’étouffer avec des bris de gobelets vendus aux Etats-Unis. Après les jouets et les dentifrices, cet incident s’ajoute à la longue série noire connue par les entreprises chinoises.

Rond comme un ballon, jaune comme un citron

Bien avant Tetris ou Super Mario, il y a eu Pac-Man. Le 10 octobre 1979, un petit personnage en forme de camembert naissait au Japon. Créé par Toru iwatani, ce jeu a laissé une trace durable dans l’inconscient collectif puisqu’il s’appuyait pour la première fois sur un héros « vivant ». Le principe, simple, est de déplacer Pac-Man à l’intérieur d’un labyrinthe hanté par des fantômes et de lui faire ramasser des gommes. Certaines rendent Pac-Man momentanément invincible et lui permettent d’engranger des points en dévorant les fantômes. Sorti au Japon sous le nom « Puck-Man » (dérivé de « pakupaku », action d’ouvrir et refermer la bouche), il a connu un succès planétaire. En France, William Leymergie interprétait « La chanson de Pac-Man », du temps où il officiait sur Récré A2…

O.F.

PORTRAiT

du temps où il officiait sur Récré A2… O.F. PORTRAiT Courbet, les origines d’un malentendu Le

Courbet, les origines d’un malentendu

O.F. PORTRAiT Courbet, les origines d’un malentendu Le Grand Palais présente du 13 octobre au 28

Le Grand Palais présente du 13 octobre au 28 janvier, une rétrospective de l’œuvre de Gustave Courbet (1819-1877). De « nouvelles lectures » du peintre polémique.

Une femme allongée, les jambes écartées, un téton pointé ; pour beaucoup l’œuvre de Courbet se résume à cette « Origine du monde ». Audace éphémère, manifeste artistique ? Non, commande discrètement passée par un riche collectionneur ottoman pour orner les murs de sa salle de bain, devenue curiosité à succès du Musée d’Orsay. Le malentendu est presque originel chez Gustave Courbet. il peint des paysages, on le taxe de peintre du dimanche ; il peint des natures mortes, on l’accuse de se plier au goût des acheteurs ; il peint

des casseurs de pierre, on le dit révolutionnaire ; il peint des portraits de duchesses, on lui reproche ses succès mondains. Lui se garde bien de théoriser sa peinture ; seule son « individualité » le guide. il justifie l’éclectisme de ses sujets par le désir de représenter une société vivante et multiple, au-delà des canons classiques ou modernes. Sa ligne directrice : « faire de l’art vivant. » Un grand écart artistique qui lui vaut l’amitié de Proudhon comme l’admiration de Napoléon iii. Mais il refuse au premier d’être chantre du prolétariat et au second de porter la Légion d’honneur. L’homme a des principes mais n’appartient à aucun des courants qui traversent son siècle. Ses toiles prennent la couleur politique que son public veut bien y mettre. Quant aux intellectuels parisiens, ils méprisent ce fils de propriétaire terrien qui parle haut, boit beaucoup et détonne dans les salon. involontairement, il suscite des débats, l’ire ou l’admiration de ceux qui voient dans ces tableaux des messages politiques. il ne s’engage qu’une seule fois lors de la Commune en 1871. il a 52 ans et devient président de la brève Fédération des artistes. Jeté en prison, acculé à la ruine, condamné à l’exil, il paye cher sa prise de position. installé en Suisse, ses tableaux se voient refuser l’accès aux grands salons français. Face à la profusion de toiles et à la cacophonie de critiques, le malentendu persiste. Artisan appliqué ou créateur de génie ? Une dualité qu’il revendique dans « L’Atelier du peintre » : il s’y représente en technicien maniant couteaux et pinceaux et en artiste inspiré qui trace son paysage sans modèle. Elisa Mignot et Esther Delord

France-Angleterre : on ne change pas des équipes qui gagnent

Les entraîneurs français et anglais reconduisent leurs XV victorieux en quarts de finale pour la rencontre décisive de samedi soir.

« il fallait faire un choix, c’était compliqué », a assuré Bernard Laporte. L’entraîneur de l’équipe de France de rugby s’est donc simplifié la tâche :

les tricolores victorieux des All Blacks en quarts de finale la semaine dernière à Cardiff sont reconduits en bloc contre l’Angleterre samedi soir. En forme de revanche de la demi-finale perdue par les Français en 2003, durant laquelle Johnny Wilkinson avait marqué l’intégralité des points anglais. Lionel Beauxis et Damien

Traille sur la pelouse du stade de France, Sébastien

Chabal et Frédéric Michalak

sur le banc des remplaçants.

Encore une fois, ce sont le,

jeu d’occupation au pied et

la défense musclée qui seront privilégiés.

Au

XV français répond le

XV

de la rose. Entendez le

même que celui du quart de

finale gagné face à l’Australie. Pour l’entraîneur anglais, le choix a manifestement été… compliqué. « On ne change pas une équipe qui gagne », un proverbe qui semble avoir

son équivalent de l’autre côté

de la Manche. L’autre demi-finale, qui opposera l’Argentine à l’Afrique du sud, se déroulera dimanche soir.

Elisa Mignot

Un Noah sous les paniers Joakim Noah, 2m11, a fait ses débuts chez les grands
Un Noah
sous les paniers
Joakim Noah, 2m11, a fait
ses débuts chez les grands
de la NBA, à Milwaukee. Le
jeune basketteur de 22 ans,
fils de Yannick, a revêtu pour
la première fois le prestigieux
maillot des Chicago Bulls,
inscrivant 6 points et captant
4 rebonds.