Vous êtes sur la page 1sur 161

DRUG CITY

.

Vincent Kaufmann Prof.DRUG CITY Un espace de consommation de stupéfiants en ville de Lausanne Marco Neri Prof. Hani Buri Expert Fred Hatt . Yves Weinand Prof.

.

Tables Des maTIeRes Politique suisse en matière de drogue histoire politique des quatre piliers acteurs politiques Place dans la société mise en œuvre syndrome de nimby capacité d’action espaces de consommation espaces publics histoire situation Suisse exemple de Genève exemple de Bienne situation lausannoise contexte politique cantonale ville de lausanne projet municipal de 2007 Toxicomanes définition consommateurs de drogues illégales art de vivre Conclusion projet .

.

PROblemaTIQUe .

ils n’en demeurent pas moins existants. dans un environnement protégé. non seulement. a dès lors permis. On dénombre en Suisse près de 30’000 toxicomanes. Et bien que toutes les villes soient touchées par le phénomène. Ces espaces ont ainsi réduit considérablement les coûts liés aux soins ainsi que les frais de justice. la Suisse est dépassée par les problèmes de drogues. mais aussi. de réduire les dommages associés aux drogues intraveineuses.Problématique 10 Les locaux d’injection sont des centres légalement approuvés. d’améliorer de manière significative l’état de santé des toxicomanes. si les problèmes liés aux drogues sont moins visibles que dans les années 1980. les locaux d’injection présentent également des atouts non négligeables. par exemple. dont font partie les locaux d’injection. où l’on permet aux consommateurs de drogues intraveineuses de s’injecter. D’un point de vu économique. Ces structures ont vu le jour au milieu des années 1980. sous supervision médicale. seules quelques municipalités ont aménagé un local d’injection. La création du quatrième pilier (réduction des risques) dans la loi des stupéfiants (LStup). Actuellement. Lausanne. . A cette époque. compte près de 1’500 toxicodépendants mais aucun local d’injection. hygiénique et moins opressant que la plupart des lieux publics.

morales et sociales d’une telle situation et. de comprendre les raisons politiques. au contraire. Comment doit être conçu un édifice destiné à la consommation de drogue ? Quel rapport entretient-il avec la ville ? Où se situe-t-il ? Doit-il être dissimulé ou. éthiques. d’autre part. de déterminer le rôle que l’architecture peut y jouer. clairement visible ? Quels sont les différents services qu’il doit proposer? Est-ce que seuls les consommateurs de drogues peuvent bénéficier de ses services ou doit-il être un espace de rencontre et d’intégration ? . d’une part.Problématique 11 Il est question dans cette étude.

.

chapitre I POlITIQUe sUIsse eN maTIeRe De DROGUe .

2 Pénalement. la drogue va se populariser et toucher un nombre chaque fois plus important de personnes. La loi alourdit les peines infligées aux trafiquants mais allège celles qui touchent les toxicomanes. cela se traduit par des propositions de thérapies et de traitements pour dépasser la dépendance et ramener les toxicomanes sur la « bonne » voie. il y aura une distinction entre les consommateurs et les trafiquants. Cette convention établit la prohibition de produits stupéfiants à un usage autre que médical.Politique Suisse en matière de drogue 14 Histoire La politique Suisse en matière de drogue se fonde. La répression n’est de mise que lorsque les individus déviants refusent d’intégrer les thérapies. l’héroïne. elle applique les mêmes sanctions juridiques aux trafiquants et aux consommateurs. mais d’offrir également un traitement thérapeutique aux consommateurs de drogues tout en effectuant de la prévention. répression) est alors élaboré pour prévenir les problèmes de santé liés à la toxicomanie. Il est aussi un moyen pour maintenir le respect des lois. comme dans la plupart des pays industrialisés. Le but n’est plus seulement de punir.1 Le gouvernement réagit en 1975. la Suisse va adopter la première loi fédérale sur les stupéfiants et interdire ainsi la consommation de substances tels que l’opium. Dans les années 1970. Toutefois. la morphine et la cocaïne. la loi n’est pas bien définie. Le modèle des trois piliers (prévention. Cette loi va subir des révisions partielles en 1951 et 1968 et avoir une approche plus répressive pour combattre le fléau de la drogue. l’intégrité de la société et de forcer les toxicomanes à prendre le chemin de l’abstinence. Les infractions à la loi sur les stupéfiants se multiplient et en 1972 un consommateur d’héroïne meurt d’une surdose à Zurich. sur la Convention de la Haye de 1912. En effet. . En 1924. thérapie. Concrètement. La loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) va subir une nouvelle révision et intégrer la prévention et la thérapie dans la politique nationale.

Spinatsch et Hofer 2004:29 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 2004 2000 2002 2003 1994 1999 1990 1992 1995 1997 2001 1996 1998 1988 1993 1989 1991 . les scènes ouvertes font leur apparition.3 Pourcentage des personnes ayant le droit de vote qui considèrent les drogues comme l’un des cinq problèmes majeurs de la Suisse Source : gfs. guerrir. prévenir » La politique Suisse en matière de drogue Cette politique basée sur l’abstinence de substances psychotropes a néanmoins peu de succès auprès des personnes dépendantes. La situation en Suisse est de plus en plus difficile et la drogue devient un problème de société majeur. L’opinion publique est alors choquée par l’état effroyable dans lequel se trouvent les personnes dépendantes. A leurs yeux cela représente un des problèmes majeurs de la Suisse. Certaines villes suisses sont dépassées par les problèmes liés aux stupéfiants et à partir de 1987.Politique Suisse en matière de drogue 15 « punir.bern 2004 .

En effet. à cause de la pratique très répandue du partage de seringues.Politique Suisse en matière de drogue 16 Avec l’apparition du virus du sida.4 Nombre de décès liés à la consommation de drogue et de décès liés au sida chez des personnes pour qui la voie d’infection présumée était l’injection de drogue. En l’absence de vaccin. pour lesquels on estime que c’est l’injection qui en est la cause . il devient urgent de trouver une solution pour diminuer la propagation du sida dans le milieu des consommateurs injecteurs. Les professionnels de la santé craignent un rapide essor de la maladie par l’intermédiaire de la prostitution des personnes toxicomane que le virus se propage dans la population globale. Les toxicomanes injecteurs sont fortements touchés par l’épidémie. le nombre de décès liés à la consommation de drogue ne cesse d’augmenter. Sources : données FEDPOL et OFSP 500 400 300 200 100 0 2004 2000 2006 2002 1984 1994 1990 1992 1996 1986 1998 1980 1988 1982 1978 décès liés à la drogue décès liés au sida. la situation des toxicomanes se détériore encore.

Ces actions doivent fonctionner sur la base de l’anonymat (actions à bas seuil) et dans les lieux de vie des consommateurs. la plupart des toxicomanes intensifient leur consommation de drogue et se retrouvent toujours plus en marge de la société. Ces coalitions locales vont mener un véritable bras de fer avec les autorités pour développer ces projets pionniers. des locaux d’injection et développer la réinsertion sociale. Ils vont non seulement distribuer des seringues stériles. ils ne fréquentent plus les services médicaux et leur situation et ainsi que leur état de santé ne cesse de se détériorer.Politique Suisse en matière de drogue 17 La politique mené jusque là. Les professionnels de la santé souhaitent pouvoir encadrer les consommateurs de drogues et leur permettre d’avoir accès à des seringues stériles. les professionnels de la toxicomanie et l’office fédéral constitueront un soutien financier aux services à bas seuil. des logements. basé sur l’abstinence et la répression. ne fait qu’aggraver la situation des consommateurs. Cette solution est soutenue par les militants du travail social. et en désaccord avec la politique nationale répressive. Par crainte de se faire dénoncer puis enfermer. mais aussi développer des activités sociales. Berne et Bâle. le secteur médical et thérapeutique.5 . Des mesures à tous les niveaux vont être prises et désormais. Cela va permettre de contribuer à stabiliser la situation et favoriser la réduction des risques. Les premiers projets sont financés avec les moyens des associations privés. Ils vont mettre à disposition des dortoirs d’urgence. Les résultats sont là : cet encadrement a permis de réduire de manière significative les contaminations par VIH et les décès dus à la drogue. des services d’emploi. les cantons. En effet. Ces actions seront menées localement dans les villes les plus touchées tels que Zurich. Ils permettent de démontrer l’utilité de l’encadrement médical et social des consommateurs actifs. Mais cela a surtout permis de faire pression sur le gouvernement pour qu’il adopte cette nouvelle approche en matière de toxicomanie.

Politique Suisse en matière de drogue 18 « La drogue et l’abus de drogues seront encore longtemps présents dans notre société. La réponse au problème de la toxicomanie (…) doit être double.7 . Ces deux initiatives sont finalement rejetés pas le Conseil fédéral. le rapport préconise la lutte contre les trafiquants et le blanchissement d’argent. Selon eux. Anmerkungen zur schweizerischen Drogenpolitik 1992 En 1989. Mais la “société“ n’est pas un être anonyme. il faudra admettre que la drogue et le sida sont des phénomènes sociétaux. le gouvernement suisse adopte un nouveau programme en vue de diminuer les problèmes de drogue appelé « ProMeDro ». au contraire. il faudra une politique de santé qui agisse contre les dépendances au sens large. » Huber. Ils craignent qu’une politique basé sur la réduction des risques ne mette en danger les thérapies. la répression et la réduction des risques.6 Deux ans plus tard. La répression à elle seule ne saura résoudre ce problème. tout comme la libération. En 1993. Des partis politiques sont encore sceptiques quand à cette nouvelle politique. la Commission fédérale publie un rapport dans lequel elle recommande les mesures visant à prévenir la consommation de stupéfiants et préconise également les mesures de prévention du sida qui n’implique pas l’abstinence pour le toxicomane. Irrwegewe und Auswege. que les toxicomanes ne soient plus motivés à entreprendre de cures. D’autre part. quelle que soit sa forme. Ce programme s’étend à l’échelle nationale et prévoit l’introduction du modèle des quatre piliers : la prévention. et ce avec une aproche positive et dynamique. c’est nous tous – y compris les toxicomanes. D’une part. Une autre partie du gouvernement pense. la thérapie. que la solution aux problèmes sera trouvé avec la légalisation de tous les stupéfiants. Mais cela ne signifie pas que nous devons capituler face à ce phénomène. les consommateurs de drogues ont avant tout besoin d’une main forte qui les dirige. une première initiative populaire revendique une politique axé sur l’abstinence et en 1994 une autre initiative demande la légalisation de tous les stupéfiants. Cette nouvelle approche ne va pas faire l’unanimité. En ce qui concerne la répression.

8 Initiative populaire « jeunesse sans drogue » votations du 28 septembre 1997 Sources : Office fédéral de la santé publique (OFSP) oui : 545’713 non : 1’314’060 Initiative populaire « pour une politique raisonnable en matière de drogue » (Droleg) votations du 29 novembre 1998 Sources : Office fédéral de la santé publique (OFSP) oui : 453’451 non : 1’290’070 .Politique Suisse en matière de drogue 19 Cette politique sera aussi indirectement aprouvée par la population en 1997 et 1998. En effet. cette dernière rejette consécutivement deux initiatives populaires « Droleg » et « Jeunesse sans drogue » à plus de 70%.

Les délits liés à l’acquisition de drogue régressent. on estime à 30’000 le nombre de toxicomanes mais leur consommation a changé depuis les années 1980. La consommation de drogues « récréatives » liés au milieu « techno » fait aussi l’objet de préoccupations. la situation sociale et sanitaire se stabilise. ProMeDro continue de faire face à des problèmes tant au niveau individuel que collectif.9 . médicaments) ne cesse d’augmenter. les scènes ouvertes diminuent et les contaminations par VIH ainsi que les décès dus à la drogue baissent fortement. la prise de héroïne stagne alors que la cocaïne. Ainsi. et la polyconsommation (alcool.Politique Suisse en matière de drogue 20 Grâce à cette nouvelle politique. En effet. drogues. Toutefois.

Politique Suisse en matière de drogue 21 .

réduction des risques et répression. car c’est elle qui énonce les grandes lignes de la politique en matière de drogue.Politique Suisse en matière de drogue 22 Politique des quatre piliers La politique suisse actuelle en matière de drogue a comme ossature le concept développé par l’office fédéral de la santé public qui naît dans les années 90 et que l’on nomme les quatre piliers : prévention. thérapie. les communes et d’autres acteurs.10 Toutefois. Il existe ainsi des relations verticales entre Confédération et les divers acteurs et des relations horizontales entre les cantons. Ces différents secteurs travaillent aujourd’hui ensemble. . tous travaillent sous la tutelle de la Confédération.

Pour lutter contre l’augmentation du nombre de toxicomanes. Actuellement. Depuis les années 1990. les problèmes liés aux drogues et aux dépendances ont changé. il ne s’agit plus de se concentrer uniquement sur l’environnement des toxicomanes mais d’élargir le champ à un maximum de gens. comme auparavant. Mais la prévention fonctionne mal et le nombre de consommateurs de drogues continue d’augmenter sérieusement. La prévention est donc renforcée et son approche change. ce changement d’attitude ne doit pas être perçu comme une amélioration étant donné que la prévention consiste en priorité à prévenir les problèmes de santé. les responsables de la prévention ont élaboré une stratégie qui intègre la prévention dans le quotidien. Désormais. le gouvernement fédéral va utiliser la prévention primaire. l’environnement et les produits. Pour y parvenir.11 Cependant. la consommation d’héroïne est en baisse mais par contre les jeunes consomment de plus en plus d’alcool. les professionnels de la prévention ont élaboré une approche dite triangulaire se basant sur la personne. . etc. En renforçant les facteurs de protection. Ils sont en outre aidés dans leur mission par des acteurs naturels tels que les parents. les professionnels utilisent tous les réseaux de la vie sociale. Pour s’adapter aux nouvelles dépendances. l’état souhaite ainsi éviter que de nouvelles personnes ne sombrent dans la consommation de stupéfiants. la drogue est un problème qui touche de plus en plus de gens. Le but n’est alors plus seulement d’empêcher une première consommation de drogue. En effet. mais aussi de prévenir les problèmes de santé et d’intégration sociale et d’éviter que les problèmes de consommation se répercutent sur la société en prenant bien soin que les toxicomanes ne passent d’une simple consommation à une consommation dite abusive ou dépendante.Politique Suisse en matière de drogue 23 la prévention Dans les années 1970. les professeurs. les formateurs. de tabac et de cannabis.

les conditions de logement. Cette nouvelle approche a permis de réduire les décès dus aux drogues jusqu’à près de 200 personnes par an. Deux alternatives leur sont alors proposées : commencer une thérapie ou se retrouver en prison. les autorités tentent de convaincre les toxicomanes à entreprendre des thérapies. La prescription de buprénorphine est un traitement peu utilisé car elle coûte très cher. la réinsertion sociale en fait aussi partie. Un tel traitement dure en moyenne entre six et douze mois. mais offrent également des prestations variées aux personnes qui nécessitent de l’aide. Les thérapies les plus utilisées sont les sevrages et la prescription de traitements de substitution. Seul un petit groupe peut en jouir. . le chômage et l’endettement. les thérapies ne consistent plus en un simple traitement standardisé basé sur l’abstinence.12 Les autres ne désirent simplement pas arrêter ou reprennent leur consommation une fois le traitement fini. Depuis cette époque. Mais les taux de réussite sont faibles et seulement 20% des toxicomanes arrivent à reprendre une vie basée sur l’abstinence.13 En Suisse. A cette époque. Désormais. il existe une vaste palette de thérapies adaptés aux différentes personnes et à leur type de consommation. Elles peuvent par exemple prendre les clients entièrement à leur charge et les traiter hors de leur milieu de vie ou leur offrir des mesures complémentaires. les thérapies prennent en compte la précarité sociale.Politique Suisse en matière de drogue 24 la thérapie La thérapie a été intégrée dans la révision de la loi sur les stupéfiants en 1975. Les centres de sevrage proposent près de 2’000 places dans différentes institutions. La dépendance n’est plus le seul objectif des traitements. Un traitement leur offre la possibilité de s’acquitter de leur dépendance.

On a observé une baisse massive de la délinquance liée à la drogue.Politique Suisse en matière de drogue 25 Le traitement avec prescription d’héroïne est réservé aux personnes gravement dépendantes en butte à d’importants problèmes de santé et d’intégration social. Le traitement est ancré dans la loi depuis octobre 1998 et fait désormais partie des thérapies reconnues. La prescription de méthadone existe depuis le milieu des années 1970. Près de la moitié des consommateurs actifs suivent un traitement avec prescription de méthadone. Les résultats montrent que les traitements avec prescription d’héroïne ont une influence positive sur le consommateur. On dénombre aujourd’hui en Suisse un total de près de 16’000 consommateurs de drogues en traitement.14 Nombre de traitements à la méthadone en Suisse Source : OFSP/act-info 2002 20’000 18’000 16’000 14’000 12’000 10’000 8’000 6’000 4’000 2’000 0 2004 2000 2002 1984 1994 1990 1992 1996 1986 1998 1988 . mais ce n’est que à la fin des années 1980 qu’elle va être accessible dans les associations à bas seuil et devenir le traitement le plus utilisé par les toxicomanes. Cette thérapie leur permet de combler le manque mais avant tout de mener une vie « normale » et d’être mieux intégrer dans la société.

Pour certains consommateurs. réduire les préjudices sociaux à l’égard de la société. Elles acceptent l’idée que certains consommateurs de drogue sont incapables. Des institutions « à bas seuil » vont être crées. La population toxicomane est fortement touchée et on craint le pire. ect. le réintroduire dans la société et. Les consommateurs de drogues dures vivent dans des conditions physiques. ils sont en proie à des maladies infectieuses telles que le sida et les hépatites B et C et risquent sans cesse une surdose mortelle. seuls ceux qui désirent franchir le pas et atteindre l’abstinence acceptent cette aide.15 Il existe alors des services d’aide tels que les thérapies mais ils sont très peu fréquentés car ils ne correspondent pas à la demande des consommateurs de drogue. psychiques et sociales déplorables. Le taux de décès par overdose bat tous les records et l’arrivée du virus du sida n’arrange en rien cette situation préoccupante. faire en sorte qu’il ne contracte pas de maladies. momentanément ou durablement. Il s’agit d’organisations qui accueillent les consommateurs sans aucune contrepartie. hygiène insuffisante.Politique Suisse en matière de drogue 26 la réduction des risques Au milieu des années quatre-vingts. Les mesures de réduction de risque n’influencent donc pas la consommation. ceci afin que les toxicomanes qui le désirent puissent en finir un jour avec leur dépendance. leur état de leur vie est constamment en danger. nous assistons à une situation sans précédant dans le milieu de la drogue. la toxicomanie représente une phase délicate. Ils évoluent dans des conditions déplorables (manque de nourriture. .). C’est l’époque des scènes ouvertes. indirectement. de stopper leur consommation. En fait. Leur but est de prendre contact avec le consommateur. elles baissent uniquement les risques et évitent les marginalisations. En effet.

consultations à l’attention des enfants de toxicomanes et. Ce refus du voisinage peut retarder ou parfois même mettre en péril certains projets. mise à disposition de locaux bénéficiant de bonnes conditions d’hygiène. dans certains cantons.Politique Suisse en matière de drogue 27 Afin de rendre la vie des toxicomanes plus digne. toutefois certaines propositions sont confrontées à la critique du voisinage immédiat. Ils ont permis en outre de réduire les coûts sociaux engendrés par les drogues et de rendre les problèmes moins visibles pour la population.16 Ces différentes opérations sont souvent acceptées par le grand public. offre d’emplois et de logement.17 Ces différentes actions ont considérablement amélioré le niveau de vie des toxicomanes. les institutions « à bas seuil » vont développer de nombreux projets : distribution de seringues propres. laquelle cultive souvent un certain mépris mêlé d’effroi et d’incompréhension à l’égard des toxicomanes. .

Les toxicomanes sont totalement marginalisés et l’opinion publique en a peur. les organes de contrôles aux frontières ont recensé plus de 4800 cas de contrebande de drogue. Cette collaboration permet non seulement d’aider les consommateurs mais aussi de lutter plus efficacement contre les problèmes liés aux stupéfiants. En effet. la loi a été modifiée et la lutte contre le trafic.19 . En quatre ans. La police traque donc en priorité les passeurs. Tout rassemblement de toxicomanes est ainsi rapidement appréhendé par les forces de l’ordre afin de prévenir un quelconque trouble à l’ordre public et de ne pas nuire à l’image de la municipalité. certaines peines sont suspendues pour donner lieu à des mesures thérapeutiques. les trafiquants et les producteurs. Parfois. le crime organisé et le maintient du calme public apparaissent à présent comme les objectifs prioritaires en matière de drogue. Tous deux étaient mis au même niveau sur le plan pénal.18 La police a également comme tâche de faire respecter l’ordre en milieu urbain pour éviter que les problèmes de drogues ne deviennent trop visibles. Depuis. Les toxicomanes qui ne respectent pas la loi sur les stupéfiants font l’objet de poursuites pénales mais on privilégie une approche pondérée. la loi ne faisait pas de différence entre consommateurs et les trafiquants. l’accent est mis sur la santé publique et non plus sur la répression.Politique Suisse en matière de drogue 28 la répression La répression est le plus vieil outil utilisé par le gouvernement pour lutter contre le fléau de la drogue. Avec les problèmes des années 1990. des organisations se rendent compte que la répression telle qu’elle est menée n’est pas une solution. Les autorités signalent les toxicomanes aux services sociaux pour qu’ils reçoivent un traitement adéquat. On les chiffre aujourd’hui en dizaines de milliers de francs par an. Au début. Cela permet de faire des saisies d’argent très élevées.

20 Nombre de de saisies d’héroïne et cocaïne en kilogrames Sources : données FEDPOL 400 cocaïne 300 200 100 héroïne 0 2000 2004 2006 2002 2007 2005 2003 2001 1999 1998 .Politique Suisse en matière de drogue 29 Cette lutte est mené par les cantons mais est secondée par la Confédération qui s’occupe principalement des problèmes à une échelle internationale.

Elle crée.21 « 1 La Confédération encourage. les causes et les conséquences de leur abus et les moyens de le combattre. son rôle dans la politique nationale est principalement d’encouragement. 2 Le Conseil fédéral définit les modalités relatives à l’octroi et au calcul des subventions et en fixe le montant. l’interdiction de drogues et se charge de la collaboration internationale. Toutefois. 3 La Confédération prête ses services aux cantons et aux organisations privées pour l’exécution de la loi. En plus de ces trois acteurs. notamment. » Loi fédérale sur les stupéfiants et les substance psychotropes. il existe une multitude d’organisations et d’institutions actives dans le domaine de la drogue. La confédération assume des tâches en rapport avec la santé public. Les acteurs utiles à faire fonctionner cette loi appartiennent aux trois niveaux de l’état : Confédération. d’information et de coordination et encourage la formation du personnel spécialisé dans le traitement de personnes dépendantes. la recherche scientifique sur les effets des stupéfiants. Le Conseil fédéral en règle les modalités. d’animation et de coordination vis-à-vis des autres acteurs. Sa position structurelle lui permet d’avoir une vue d’ensemble national et une perspective internationale. LStup . art. 15c. par l’octroi de subventions ou par d’autres mesures.Politique Suisse en matière de drogue 30 les acteurs La politique en matière de drogue se base sur la loi sur les stupéfiants (LStup) de 1975. cantons et communes. un office de documentation.

29. Ils en supportent financièrement les charges. par les cantons sous la surveillance de la Confédération. 4 Les cantons peuvent interdire l’acquisition de stupéfiants. Ils assument concrètement les mesures relatives aux questions policières. Celui-ci en informe les autorités sanitaires des autres cantons. ils s’occupent aussi des problèmes de prévention et de réduction des risques. la dispensation et l’administration des stupéfiants destinés au traitement des personnes dépendantes. 3 Les autorités compétentes peuvent déléguer certaines tâches et attributions à des organisations privées. à l’intérieur du pays. art.Politique Suisse en matière de drogue 31 Les cantons sont les principaux acteurs en matière de toxicomanie. art. le service qui en a connaissance avise l’office compétent en la matière.22 « 1 Les stupéfiants sont soumis au contrôle institué par la présente loi. transit et exportation) et dans les entrepôts douaniers et dépôts francs sous douane. » Loi fédérale sur les stupéfiants et les substance psychotropes. LStup .12 à la frontière (importation. 2 Ce contrôle est exercé: 1. Ils notifient leurs décisions à l’Office fédéral de la santé publique. 2 Les cantons pourvoient à la protection des personnes dont l’état requiert un traitement médical ou des mesures d’assistance en raison d’un abus de stupéfiants et favorisent la réintégration professionnelle et sociale de ces personnes. Les cantons ont énormement de responsabilités mais ils disposent d’une grande autonomie dans la mise en œuvre de leur politique. une personne pourrait constituer un danger pour la circulation publique. 5 Les cantons soumettent à une autorisation spéciale la prescription. 2. De plus. LStup « 1 Pour prévenir l’abus des stupéfiants. à l’intention des médecins et des pharmaciens. judiciaires mais aussi de la santé public. par la Confédération. 15. » Loi fédérale sur les stupéfiants et les substance psychotropes. du fait de sa dépendance. les cantons encouragent l’information et les consultations et créent les institutions nécessaires à cet effet. 6 Lorsque. La Confédération surveille tout de même leurs actes.

Leur réussite est fortement dépendante de l’harmonisation du groupe. Elles travaillent avec les acteurs étatiques qui leur délèguent des tâches. il existe depuis les années 80 une multitude d’organisations qui travaillent dans le domaine de la toxicomanie.23 . des cantons et des communes. Toutefois. Les communes sont les premières responsables de l’implantation et du fonctionnement de services pour les toxicomanes. En plus de la confédération. il ne faut pas oublier que c’est la société entière qui doit faire face aux problèmes de consommation de drogues. Tous ces acteurs mènent à différentes échelles une lutte commune contre les dépendances. le canton et la commune mais aussi de bonnes relations horizontales entre les différents acteurs du même niveau. Les plus actives sont souvent les villes parce qu’elles sont les plus touchées par les problèmes de drogue. Elles travaillent avec les cantons qui leur lèguent certaines tâches. Ces acteurs sont d’une grande importance pour lutter contre les problèmes de dépendances. Elles en assument d’ailleurs une grande charge financière. Il est donc indispensable d’avoir de bonnes relations verticales entre la Confédération.Politique Suisse en matière de drogue 32 Les communes n’ont pas un rôle explicitement défini dans la loi des stupéfiants.

Politique Suisse en matière de drogue 33 .

.

chapitre II PlaCe DaNs la sOCIeTe .

Il s’agit d’aider les personnes dépendantes en leur proposant des services de réduction de risques. Ils acquièrent ainsi un « droit à l’espace urbain 1» et ne sont plus considérés comme des vagabonds. En effet. en acceptant que des locaux soient construits dans la ville. de juger les clients sur leur apparence et leurs pratiques de consommation. Ce modèle a aussi été plébiscité par le peuple qui adopte ainsi une politique d’aide sociale. Quant aux locaux. on consent que les consommateurs de drogues cohabitent avec le reste de la population. l’équipe d’un service de réduction des risques doit respecter trois règles de base : l’anonymat. médicale et de mesures d’aide à la survie des toxicomanes.3 . le principe du non jugement et le principe du respect de l’autonomie des clients. Pour le bien être de ces derniers. Ces espaces permettent aux toxicomanes d’être progressivement admis dans la société. les responsables des services de réduction des risques se doivent d’informer les clients potentiels de leur existence.2 Ainsi. Ces espaces permettent aux toxicomanes de se retrouver dans un lieu où ils se sentent en sécurité. ils éviteront de demander des coordonnées personnelles. la Confédération applique le modèle des quatre piliers. ceux-ci doivent être clairement visibles dans le milieu fréquenté par les consommateurs de drogues. Les centres à bas seuil sont aussi l’occasion pour les médecins et les professionnels du social de travailler avec les toxicomanes. mais aussi du regard désobligeant de certaines personnes. Il s’agit de les protéger non seulement contre le froid ou l’insécurité urbaine. Et il faut en outre être aussi proche que possible du mode de vie des consommateurs de drogue.Place dans la société 36 mise en oeuvre En Suisse. Si ces principes ne sont pas respectés les clients risquent de ne plus utiliser les locaux. Pour une bonne fréquentation. De leur côté les toxicomanes doivent eux aussi respecter des règles à l’intérieur des locaux.

les scènes ouvertes étaient des lieux « libres » ou les toxicomanes se réunissaient spontanément. le Platzspitz semble être une solution acceptable – même s’il n’est pas certainement la solution idéale. Même avec un investissement modeste en personnel.5 « Après des années d’odyssée de la « scène de la drogue » à travers les quartiers de la ville. . Déjà dans les premiers projets pionniers de la fin des années 1980. Pour la prévention du sida et les prestations de santé. Il était aussi plus facile pour les autorités de surveiller les toxicomanes et éviter les débordements dans l’espace public. En effet. on peut susciter un grand effet.4 Cela favorisait l’accessibilité de leurs prestations à un maximum de gens.6 Il faut dire que les scènes ouvertes de la fin des années 1980 ont fortement marqué l’opinion publique et certaines images sont aujourd’hui encore gravées dans la mémoire collective. ces locaux sont occupés par des personnes que l’on dit « marginales » et que la société ne souhaite ni voir ni avoir dans son voisinage. La concentration de toxicomanes dans un endroit précis de la ville permettait ainsi une meilleure efficacité des services de réduction des risques et évitait que les toxicomanes n’occupent toute la ville. le site où ils se trouvent doit être adéquat. outre les problèmes sociaux. les travailleurs sociaux allaient à la rencontre des toxicomanes et les services de réduction des risques étaient installés sur les lieux même de consommation. En effet. il est important que ces espaces soient proches spatialement des lieux de vie des toxicomanes. » Das Zürcher Interventions-Pilotprojekt gegen Aids für Drogenabhängige Reste que la concentration de toxicomanes dans l’espace urbain peut provoquer un vif rejet de la part de certains citadins. la concentration des personnes sur le Platzspitz est un avantage.Place dans la société 37 Pour une utilisation efficace des services à bas seuil. Les services de réduction des risques qui incarnent le « droit à la ville » et l’intégration des toxicomanes dans la société déclenche souvent des réactions hostiles. En effet.

» Président de l’association des intérêts de la place du Molard . soit s’adapter aux normes soit disparaître. parce qu’ils sont en manque ou en extase ? On sait comment ils sont.Place dans la société 38 À présent. et d’autre part à l’image de la ville. Les services de réduction des risques qui représente ce groupe « marginal » sont ainsi confrontés à la résistance de la société « normale » qui définit ce que l’on a le droit de faire et ne pas faire dans l’espace public. d’une part au système de valeur de la société. Ils ont l’aspect un peu bizarre. Les toxicomanes sont des déviants et doivent. la présence de ces gens-là. certains secteurs de la société craignent que l’implantation de services pour consommateurs actifs ne favorise la criminalité dans les quartiers où ils sont établis. Et on les voit. Les relations dans la ville entre les personnes « normales » et « marginales » est problématique. il y en a un qui s’endort devant une vitrine. Mais les craintes sont plus grandes. De temps en temps. Je sais pas tellement pourquoi ils s’endorment . Ca donne toute une agitation sur la place. Il s’agit de deux secteurs dont les pratiques relatives à l’espace urbain sont diamétralement opposées. les drogués.7 « On la remarque. La simple présence de toxicomanes représente une nuisance.

Place dans la société 39 .

Celles-ci défendent leurs droits et leurs intérêts. Pour lutter contre ce climat d’insécurité. les services de réduction des risques se confrontent souvent à des oppositions.Place dans la société 40 syndrome de NImbY Bien qu’approuvés par les autorités suisses. les associations vont jusqu’à publier des articles dans la presse locale. Les commerçants sont les plus fervents opposants aux services de réduction des risques. Pour y parvenir. ils se regroupent et forment des associations de quartier. Pour y arriver. les adversaires des projets ne sont pas contre la réalisation de services pour toxicomanes actifs mais ils s’opposent à leur localisation. Le rôle de ces associations est de prendre en compte le mécontentement des habitants et de faire pression sur les responsables du projet et notamment sur la Municipalité. ils craignent que l’implantation de ces espaces ne modifie l’image du quartier et que cela se répercute sur leur chiffre d’affaire. Pour s’opposer à ces projets. elles exercent une certaine pression sur les responsables des services afin de modifier l’emplacement de ces projets ou simplement stopper leurs activités. des habitants et d’autres associations proches des locaux. En effet. les commerçants expriment leur mécontentement dans le cadre d’associations dans lesquelles ils sont auparavant insérés. les habitants des quartiers s’opposent également à l’implantation de nouveaux services pour toxicomanes. Ils craignent que ces locaux attirent un grand nombre de toxicomanes dans le voisinage. Ce refus provient essentiellement des commerçants. Pour avoir un plus fort impact. La plupart du temps. Sans parler de la peur de tomber sur des seringues usagées. contrairement aux associations de commerçants. . provoquant ainsi une hausse de la criminalité. Les revendications ont lieu à l’échelle du quartier et parfois même au niveau de l’îlot. les associations de commerçants n’hésitent pas à s’allier avec d’autres groupes. Toutefois. En principe. Cette réaction a les caractéristiques du syndrome de NIMBY (not in my backyard). les habitants sont ouverts à la médiation et au dialogue.

amitiés. et de faire des revendications concrètes. clubs de loisirs. Elles donnent aussi la possibilité à des acteurs de s’exprimer sur la question des problèmes de drogue.8 . ect. elle vise à mettre la pression sur les instigateurs des projets. Ces différentes structures influencent de manière significative la réalisation et l’implantation de services de réduction des risques dans un quartier. Ce groupe de gens est souvent formé à partir de connaissances et de réseaux sociaux déjà existants : réseaux professionnels.Place dans la société 41 Il existe un dernier type d’association qui est souvent crée pour une courte durée et uniquement en réaction à l’installation de services de réduction de risques dans le quartier. Tout comme les deux groupes précédents. Pour mener à bien leur combat. la crainte des toxicomanes et les problèmes de sécurité. elles formulent les mécontentements de leurs membres qui sont souvent en relation avec l’image de la ville.

Afin de rassurer cette dernière. La drogue est un sujet qu’ils connaissent peu et qui les dérange.9 Les procédures administratives non contentieuses consultent le public avant le prononcé en première instance. Pour éviter que les projets ne soient trop contestés. il existe un ensemble de règles et de procédures qui permettent aux gouvernés de s’opposer aux gouvernants quand leur libertés individuelles ou intérêts privés sont mis en danger. Mais comme le thème est sensible.10 Toutefois. On constate que les citoyens réagissent souvent par crainte. En effet. il faut travailler avec main dans la main avec la population et la tenir informer à chaque instant de l’avancée du projet. Mais leurs interventions ont des effets relativement limités. les responsables de ces projets pratiquent une stratégie ouverte.Place dans la société 42 Capacité d’action Les citoyens et les associations peuvent en vertu du droit administratif se protéger contre l’action de l’état. les quartiers concernés sont consultés et le public a ainsi la possibilité d’intervenir avant la décision finale. . des entretiens entre les deux parties sont fréquemment organisés. En effet. En principe les autorités ne sont pas obligées de publier les projets de mise en place de services de réduction des risques. Selon Thierry Tanquerel. certains groupes continuent de s’opposer à ces initiatives et utilisent le plus souvent des moyens tels que la pétition pour arriver à leur fin. il existe deux procédures distinctes prévues par le droit administratif : les procédures administratives non contentieuses et les procédures administratives contentieuses.

En effet. En effet. Cette opposition constitue un moyen important pour les acteurs de modifier une décision déjà prononcée. Elle permet de suspendre ou d’empêcher le début des travaux jusqu’à l’octroi d’un permis de construire légal.11 L’utilisation de procédures juridiques est un moyen relativement facile à utiliser. l’emploi de procédures juridiques est devenu un outil essentiel à l’heure de retarder la réalisation d’actions pourtant confirmées par le gouvernement. Pour les opposants. le problème prend alors une dimension plus importante. le permis de construire est généralement délivré aux initiateurs des services mais avec des retards considérables. certains services ont été modifiés. ces deux catégories d’acteurs ont en commun leur système de croyances : empêcher le développement de services de réduction des risques. la seule condition juridique requise est d’être concerné par le service mis en place. Toutefois. et parfois même par le peuple. retardés ou tout simplement abandonnés. En effet.12 . plus général. les riverains peuvent contester l’octroi d’un permis de construire ou de rénovation devant les instances compétentes. Cette instance peut durer parfois plusieurs années et constitue un moyen efficace pour contester la mise en place de services de réduction des risques. sur la politique en matière de drogue. c’est à dire habiter dans le voisinage. la coalition pour l’abstinence profite de ce conflit local pour relancer un débat.Place dans la société 43 Les procédures administratives contentieuses sont aussi un moyen de protester contre l’implantation d’un service de réduction des risques. En effet. Ces alliances ont une influence significative sur le résultat de conflits. Ainsi. Avec la constitution d’une telle alliance. L’opposition du public a lieu après le prononcé officiel d’une décision et implique la construction ou le réaménagement de locaux. tout en s’assurant du soutient des habitants du quartier. Il arrive que les différents acteurs évoqués plus haut forment des alliances avec des groupes politiques qui plaident pour une politique d’abstinence.

. Ces locaux n’ont jamais aidé un toxicomane à arrêter sa consommation. 1993 Tous ces conflits démontrent que la question de la réduction des risques est un problème central dans la politique en matière de drogue. elle porte atteinte aux propriétaires immobiliers et aux commerçants. dont la propriété subit une perte de valeur suite à la présence d’immondices.Place dans la société 44 « La création d’un local d’injection est contraire à nos lois. Le succès des services pour toxicomanes est en définitive fortement conditionné par les alliances stratégiques entre le voisinage et la coalition pour l’abstinence. » Tract du comité d’opposition contre le lieu d’accueil avec local d’injection à Lucerne. En effet. De plus. de la misère et de la criminalité. et ils posent un immense problème aux voisins. l’accès à l’espace urbain pour les consommateurs de drogue se heurte à un système de croyance qui privilégie la sécurité des citadins et une bonne image de la ville.

Place dans la société Conflits d’implantation pour les services de toxicomanes Sources : Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé 45 Fixerstübli néant Spritzenbus Gassenzimmer I Gassenzimmer II Anlaufstelle I Anlaufstelle II BIPS retard PRIM Antenna Icaro ABID MAPLU Bienehüsli Spritzenbus abandon Lila-Bus Seilergraben Neufrank. Oerlikon Brunau Gassenhotel déplacement .

.

chapitre III esPaCes De CONsOmmaTION .

La société se fait une fausse idée concernant les origines des consommateurs de drogue. » Daniel Kübler. Ces derniers proviennent en effet de tous les milieux sociaux et de toutes les catégories socioprofessionnelles. Si des consommateurs de drogues en situation de marginalité sociale sont contraints à consommer dans les lieux publics. l’utilisation de l’espace publique pour se droguer est conditionnée par le contexte social auquel le toxicomane appartient. Cette pratique n’est pas un choix mais une solution pour les personnes les plus touchées par la désinsertion sociale. surtout quand celle-ci a lieu dans l’espace public. Il faut dire que les images des scènes ouvertes des 1990 hantent encore considérablement l’imaginaire collectif de la population.1 « Les trajectoires spatiales des consommateurs de drogues sont (…) en relation étroite avec leurs trajectoires sociales. On a tendance à envisager les toxicomanes comme un groupe social avec des pratiques uniformes.Espaces de consommation 48 espaces publics La consommation de drogues illégales pose de nombreux problèmes. Ils ne forment donc pas un groupe social homogène et leurs pratiques urbaines varient considérablement. Raisons et déraisons de la ville. c’est un effet de la structuration socio spatiale d’une ville : les individus en situation sociale marginale manquent de « repères urbains ». ville et santé . Ainsi.

au domicile et au cercle d’amis.) Source : raisons et déraisons de la ville. Ils permettent à une population socialement désinserée de pouvoir s’injecter dans de bonnes conditions sanitaires et humaines.Espaces de consommation 49 Lieux de consommation et degré d’intégration sociale (Le degré d’intégration sociale est mesuré sur la base d’informations relatives à la stabilité de l’emploi.2 . la consommation dans les espaces publics est synonyme d’injection problématique. En effet. C’est dans ce contexte que l’utilité des locaux de consommation légaux est fortement ressentie. approches du champs urbain 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 Chez vous/des amis intégration sociale faible Dans la rue/toilettes publiques intégration sociale forte L’utilisation de l’espace urbain pour la consommation de stupéfiants influence les pratiques des toxicomanes. Le consommateur s’injecte dans des conditions d’hygiène déplorables et n’hésite pas à recourir au partage de seringues si celles-ci venaient à manquer.

être accueilli et orienté. Aucun produit stupéfiant ne lui est remis. En suisse. de santé. 1989).4 . Elles offrent aussi aux toxicomanes un service d’accueil. dans laquelle un toxicomane peut venir. votation communale du 8 juillet 2007 Les premiers locaux d’injection ont été mis sur pied dans les années 1970 aux Pays-bas par des fournisseurs locaux de soins de santé. Mais la situation des toxicomanes ne cesse de s’aggraver. En effet. de restauration. seul du matériel propre (seringues) et des conseils sanitaires et sociaux lui sont fournis. du point de vue juridique la mise en place d’un tel espace est légale (Avis de droit du Professeur Schultz. Elles permettent aux utilisateurs de drogues intraveineuses de s’injecter leur propre drogue sous supervision médicale dans un environnement protégé. hygiénique et moins stressant que la plupart des lieux publics et privés. vitré et ventilé. les toxicomanes se concentrent dans les parcs et dans certains endroits précis de la ville. » Tract. ils sont toujours plus nombreux à vivre dans un état physique et psychique misérable. Ces scènes ouvertes sont des endroits où la consommation des drogues est partiellement tolérée par les autorités. etc. « Un espace de consommation de stupéfiants est une structure tout d’abord sociale. de distribution de seringues et de préservatifs. dans le local d’inhalation.Espaces de consommation 50 Histoire Les locaux de consommation sont des structures à bas seuil légalement approuvés. Ils ont été créés pour apporter une solution aux problèmes liés aux drogues de l’époque. En effet.3 Pour éviter la répression exercée par la police en ville. puis s’inscrire au moyen d’un ticket pour aller faire lui-même son injection dans une pièce prévue à cet effet. sous la surveillance d’un professionnel. ils sont apparus une dizaine d’années plus tard. Il peut aussi inhaler ou fumer son produit illicite. mais également sanitaire.

ce n’est pas si simple. documentaire de Bernhard Giger Des coalitions locales vont alors se mobiliser et offrir de l’aide aux toxicomanes en développant différentes actions. les responsables du café en question décident alors de mettre à disposition des toxicomanes une petite salle attenante où l’on pourrait se piquer. « Pour nous.Espaces de consommation 51 « C’était hyper bruyant. fixeorte.5 Jusqu’à l’avis de droit du professeur Schultz en 1989 qui permettait « la mise à disposition d’une consommation hygiénique de drogues comme légale si elle était sous contrôle médical » ces locaux n’étaient pas légaux. le trafic. la scène de la drogue va changer. Ils se confrontaient souvent à la répression de la police. Visuellement. Si nous l’appliquons à la lettre le drop-in ne fonctionnerait pas. Au fil du temps. Beaucoup vivaient des filtres qui traînaient ou des gouttes de produits qui restaient. Un lieu où ils pourraient se retrouver. Je me souviens de la puanteur à cause de ceux qui vomissaient. c’était terrible. tout en gardant l’autre ouvert. » ancien toxicomane. nous fermons un œil. l’une de ces initiatives consistait dans l’ouverture d’un café qui accueillerait les toxicomanes. boire un café et manger. (…) Donc. fixeorte. Bien que l’objectif n’ait nullement été d’en faire un local d’injection. Nous tolérons “un trafic de fourmi“. Certains consommateurs de drogue qui fréquentaient le café n’hésitaient pas à se piquer dans les toilettes. la possession et la consommation sont interdits. Selon la loi. l’attitude des force de l’ordre envers les toxicomanes. (…) L’argent était en priorité pour la drogue. » Policier de bern. Pour éviter les overdoses. parler. La nourriture n’arrivait qu’à la troisième ou quatrième place. À Berne. documentaire de Bernhard Giger .

En effet. Une dizaine d’année plus tard c’est l’Espagne. Dans le monde. trois ans après l’ouverture du local pour toxicomanes de Berne.7 Nombre de locaux d’injection selon les années Sources : European Monotorin Center for Drugs and Drug Addiction 30 25 20 15 10 5 0 2000 2002 2003 1997 1999 1994 2001 1989 2004 1986 1987 1988 1990 1991 1993 1995 1996 1992 1998 Suisse Allemagne Espagne . l’Autriche. Dans les années 1990. c’est la ville de Zurich qui ouvre à son tour son propre espace de consommation. l’Australie. de tels centres vont se développer dans d’autres grandes villes. Ainsi. le Canada et le Luxembourg qui ont adopté les espaces d’injection. il existe entre 50 et 60 locaux officiels. le problème existe toujours et les espaces de consommation offrent la possibilité aux toxicomanes de prendre leurs drogues en toute sécurité.Espaces de consommation 52 Par la suite. L’Allemagne et les Pays-Bas ont ouvert leurs premières structures au début des années 1990. la fermeture des scènes ouvertes6 tels que le Platzspitz à Zurich va contribuer à l’augmentation du nombre de locaux. bien que les scènes ouvertes soient fermées. Les espaces de consommation se sont aussi développés dans d’autres pays d’Europe. Bienne et Genève sont d’ailleurs les dernières villes a s’être dotés de tels espaces.

si des surdoses arrivent parfois. Elles ont en outre permis une réduction des infections liées au manque d’hygiène. on peut consommer dans de bonnes conditions d’hygiène. En effet.8 La construction d’une telle structure permet de réduire partiellement les décès par overdose. aucun décès n’est à signaler dans les espaces légaux de consommation. documentaire de Bernhard Giger . Ainsi. d’établir un contact entre les toxicomanes et les services sociaux et d’améliorer les problèmes d’ordre public. ici. La consommation de drogue est alors l’unique objet de leur « visite ».Espaces de consommation 53 Le but d’un tel espace est avant tout de réduire les risques de mortalité chez les consommateurs. Il faut dire que l’intervention des professionnels présents sur place permet de rapides mesures de réanimation. Toutefois. Différentes études ont été menées pour déterminer l’impact de ces structures sur les consommateurs et la société.10 « J’aime bien venir parce que c’est un espace protégé. Contrairement à ce que l’on vit dans la rue.9 Une grande partie des utilisateurs des locaux de consommation sont connus des services sociaux et suivent un traitement. Je sais aussi que en cas de problème. Ces structures semblent également avoir ont un effet positif sur l’état de santé des toxicomanes. Ils y trouvent refuge et ont ainsi accès à des services sociaux. En effet. les risques associés à une injection sont plus faibles dans un local d’injection que dans tout autre contexte de consommation. certains toxicomanes plus marginalisés socialement utilisent d’avantage les différentes offres de la structure qui les accueille. Ici. » toxicomane de bern. fixeorte. On n’a pas peur d’être vu ou d’être arrêté. quelqu’un risque de passer. A tout moment. C’est désagréable. on me conseillera. Ces recherches ont permis de démontrer une réduction des risques et des méfaits associés aux drogues sans toutefois pouvoir les chiffrer. la distribution de matériel stérile dans les locaux d’injection a contribué nettement à la baisse de nouvelles infections par le VIH chez les consommateurs de drogue.

bien que ces nouveaux espaces demandent un budget supplémentaire se situant entre 1’500’000 et 2’000’000 de francs11. Ces espaces permettent de ce fait des réductions de coûts au niveau des soins de santé et du système de justice pénale. En cas d’acquittement. les toxicomanes ont tendance effet à diminuer leur consommation dans les lieux publics et abandonner leurs seringues n’importe où. les frais de justice peuvent facilement varier entre 5’000 et 20’000 francs. Apres leur mise en place. la facture est supportée par des aides sociales.12 Comme la situation économique des toxicomanes est souvent précaire. . cette réduction est souvent jugée insuffisante de la part du voisinage. les structures d’accueil évoquées plus haut offrent également des avantages non négligeables. Pour une affaire simple jugée par un Tribunal correctionnel. En effet. Économiquement parlant.Espaces de consommation 54 Les structures de consommation contribuent de manière significative à la réduction de problèmes d’ordre public. ils permettent d’effectuer des économies considérables sur le long terme. Toutefois. Le prix d’un traitement d’une hépatite C est compris entre 25’000 et 50’000 francs et celui d’un traitement du VIH varie entre 20’000 et 30’000 francs par patient. c’est en revanche l’état qui passe à la caisse.

Espaces de consommation

55

Espaces de consommation

56

situation suisse
En suisse, sept villes accueillent 12 locaux de consommation de stupéfiants (3 à Bâle, 4 à Zurich, 1 à Genève, 1 à Bienne, 1 à Schaffhouse, 1 à Soleure et 1 à Berne). Onze d’entre eux sont emplantés dans des villes alémaniques. Le fait que ces villes aient connu des scènes ouvertes à la fin des années 1980 explique aisément cette tendance.13
Localisation des 12 locaux de consommation en 2008
Source : Christophe Mani

Schaffhouse Bâle [3] Zurich [4] Bienne Soleure Bern

Genève

Espaces de consommation

57

exemple de Genève
Le projet du local d’injection dans la ville de Genève prend forme en 1999 sous l’instigation du Groupe sida Genève qui propose la réalisation d’un espace d’accueil intégrant une salle d’injection. En 2000, le Parlement genevois demande au gouvernement la permission pour l’ouverture d’urgence d’un local d’injection.14 Celui-ci accepte l’initiative et confie alors le mandat au Groupe sida Genève. Le local, baptisé Quai 9, a ouvert ses portes à la fin du mois de décembre de 2001. Le Quai 9 est situé dans le quartier des Grottes, un endroit réputé populaire, marginal et alternatif. La population y est composée de familles avec enfants, de personnes âgés, de squatters et de commerçants. Mais suite au déplacement de la scène de la drogue vers la gare, le quartier a été envahi par des toxicomanes. Il y a une vingtaine d’années, ces derniers avaient déjà investi le quartier mais les commerçants étaient parvenus à leur faire quitter les lieux. La présence des consommateurs de drogues dans le quartier provoque inévitablement de nombreux ennuis avec le voisinage. Outre les traditionnelles seringues usagées abandonnées sur la voie publique, les habitants se plaignent régulièrement de vols, de vandalisme et de bagarres.15 « Des gens viennent sous nos balcons se piquer. »
Habitant des Grottes, évaluation du Quai 9 « espace d’accueil et d’injection » à Genève

(…) Comme il y a 20 ans quand il n’y avait que des toxicomanes. le regroupement des toxicomanes dans un espace clos et protégé permet non seulement l’amélioration de la sécurité du quartier mais aussi l’état de santé des consommateurs. La ville de Genève a ainsi mis à disposition un terrain dans l’îlot de la Pépinière. avec les travaux de la ligne de tram CornavinMeyrin-CERN tous les bâtiments de l’îlot ont été détruits excepté le local d’injection. « Un no man’s land de la drogue. Des séances d’information ont en outre permis de rassurer les commerçants et les habitants et de maintenir de bonnes relations avec les associations de quartier. En effet. il a fallu réunir les différents acteurs et trouver des réponses adaptées à toutes les parties impliquées.Espaces de consommation 58 Il s’agit du premier projet de ce type à avoir vu le jour en Suisse romande.16 . Le voisinage du local avait été informé avant la réalisation du projet par la presse et par les responsables de lieu d’accueil. le Quai 9 acquiert alors une nouvelle visibilité urbaine. En 2006. La crainte de voir le quartier envahi par les drogués et les dealers subsiste toutefois au sein du voisinage sans parler de la détérioration de l’image du quartier. » Habitant des Grottes. Avec ce changement de configuration. Il faut dire qu’il n’était guère aisé de trouver un nouvel emplacement aussi idéal que l’actuel en ville de Genève. Pour être accepté. le rendant à présent parfaitement réel dans l’esprit des citadins. Certes. Il faut dire que le projet est considéré par le voisinage comme une solution concrète aux ravages de la drogue. la possibilité de le déplacer avait été tantôt évoquée avant d’être finalement abandonnée. l’objectif était d’être proche de la scène de la drogue genevoise et donc de la gare. Un emplacement parfait pour soustraire le local aux regards des passants. situé à deux pas de la gare entre deux bâtiments et un parking. évaluation du Quai 9 « espace d’accueil et d’injection » à Genève En ce qui concerne l’implantation du projet.

Espaces de consommation Affaires de stupéfiants 2003. nombre d’évènements à l’adresse Source : Journal Police 59 Gare de Cornavin Quai 9 50 100 200 1-2 2-6 6-29 Le Quai 9 est caractérisé par une architecture provisoire et précaire. D’autre part. Ils peuvent ainsi facilement être déplacés et modifiés. En effet. le Quai 9 n’est pas le reflet d’un monde luxueux. . le terrain appartient à la ville de Genève et celle-ci peut à tout moment ordonner le déplacement des locaux. Cette architecture permet en outre de s’adapter à un changement du mode de consommation et à un éventuel déplacement de la scène de la drogue. ceci afin de répondre à un éventuel changement géographique dans la ville. les modestes subventions octroyées au projet ne permettaient évidemment pas un aménagement trop coûteux et au fond. En effet. les locaux sont composés de modules.

Quant au nombre moyen journalier il varie entre 94 et 106 injections. des prestations sociales personnelles. 30’417 injections ont été réalisées dans les locaux. Les usagers du Quai 9 sont en grande partie des hommes domiciliés dans le canton de Genève.18 Nombre de consommation dans la salle d’injection du Quai 9.Espaces de consommation 60 Les locaux sont composés d’une salle d’accueil où l’on trouve un café. évaluation de l’espace d’accueil et d’injection “Quai 9“ à genève 4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 janvier février mars avril juin juillet mai août septembre octobre novembre décembre . L’espace d’injection peut accueillir au maximum six personnes simultanément. des WC et ont même la possibilité de prendre une douche. un espace d’injection et un espace administratif au niveau supérieur. La première année. les toxicomanes peuvent aussi avoir accès à des soins. par mois. Ils sont en moyenne âgés de 33 ans et 85% d’entre eux possèdent un logement fixe. Seul 33% des usagers ont une activité professionnelle. L’accueil permet aux consommateurs d’avoir accès à des seringues stériles et de boire un café en attendant d’accéder au local de consommation. Au Quai 9.17 Leur source de revenu est principalement assurée par les aides sociales. 2003 Source : IUMSP.

19 Cela représente en moyenne 310 seringues par jour. 820 personnes ont consulté le médecin en place et 2’040 ont eu recours à des prestations sociales individuelles. En 2002. La première année. 2002-2003 Source : IUMSP. évaluation de l’espace d’accueil et d’injection “Quai 9“ à genève 14’000 12’000 10’000 8’000 6’000 4’000 2’000 0 février janvier juillet avril mars juin mai septembre février janvier juillet mars avril août juin mai septembre octobre décembre novembre août octobre novembre décembre Seringues distribuées Seringues rendues Comme nous l’avons souligné plus haut. Nombre de seringues distribuées et rendus dans les locax du Quai 9. .Espaces de consommation 61 La distribution de seringue mise sur pied par le centre a permis de compléter l’offre déjà présente dans la ville. par mois. Ces derniers peuvent désormais consommer des drogues dans de bonnes conditions d’hygiène et avoir accès à des professionnels de la santé. les usagers profitent également des soins médicaux et sociaux du Quai 9.20 Ces différentes mesures ont permis d’améliorer de manière significative l’état de santé des toxicomanes. Le taux de retour de matériel usagé (80%) a par ailleurs été considérablement amélioré. le Quai 9 a échangé 80’420 seringues.

22 En fin de compte. il faut souligner que ceux-ci n’ont pas totalement disparus avec la création du Quai 9. En ce qui concerne les troubles de l’ordre public. les responsables du Quai 9 effectuent des interventions dans le voisinage. ect). Cela est dû en partie à la mise en place du programme « Task Force Drogue » par la police. L’accueil leur permet de se rencontrer et de discuter entre eux et avec les intervenants.21 Pour améliorer la situation et l’intégration du local dans le quartier. L’insertion sociale des toxicomanes ne peut ainsi être que meilleure. évaluation du Quai 9 « espace d’accueil et d’injection » à Genève . l’occupation massive du quartier par les dealers et les toxicomanes que l’on craignait tant n’a pas eu lieu. Des seringues continuent d’être trouvés dans l’espace public. En revanche. travail dans le café. » Habitant du quartier des Grottes. on en a marre du non respect des usagers par rapport à la population. le voisinage trouve que le local d’injection est globalement bénéfique pour la collectivité même s’il considère parfois l’attitude de certains toxicomanes comme irrespectueuse. « Il faut reconnaître qu’on nous met à disposition des moyens pour éviter les accidents. le Quai 9 est devenu un lieu de référence pour les toxicomanes. mais sur le fond.Espaces de consommation 62 En peu de temps. Ils peuvent également effectuer des petits jobs pour la structure (ramassage de seringues. Ils réapprennent à vivre en société avec des valeurs retrouvées. La création d’une équipe de ramassage de seringues constitue l’une d’entre elles.

Espaces de consommation 63 .

24 Les responsables politiques vont acheter cet immeuble et louer le rez à « Yucca » et la partie supérieure à des particuliers. le « Zukunft ».23 Réalisé en 2001. Il s’agit d’un vieil immeuble de logement pourvu d’un café au rez de chaussez (le « Gärbi »). . la commission « Drogues » de la ville a proposé la réalisation d’un espace de consommation de stupéfiants. Si la ville de Bienne prévoit au départ d’installer les locaux dans un ancien café. le projet consiste à la fois en un espace d’injection (le Cactus) ainsi qu’en un restaurant (le Yucca). Le choix d’un tel emplacement est logiquement déterminé par la proximité avec la scène de la drogue locale (celle-ci est établie dans le centre de la vieille ville). les toxicomanes de la région avaient pour habitude jusqu’à peu de fréquenter le restaurant « Cardinal ». Une autre alternative.Espaces de consommation 64 exemple de bienne A Bienne. elle réalise vite que le bâtiment se trouve dans un mauvais état et qu’une réhabilitation des lieux demanderait un trop grand investissement. s’offre alors à la ville. Le bâtiment en question se situe en bordure immédiate de la vieille ville en face d’un terrain vague. Il faut dire que c’est la première fois en Suisse qu’un espace médical est associé de la sorte à un restaurant privé. Ils y trouvaient des drogues et utilisaient les toilettes comme local d’injection improvisé. Après sa fermeture. situé à environ 200 mètres du restaurant Cardinal.

pour éviter certaines crispations avec le voisinage direct. d’une part. soutienne les petits commerçants et. le choix du site a été accepté par le voisinage. Finalement. Par ailleurs.Espaces de consommation Localisation de « Cactus » et « Yucca » dans la ville de Bienne 65 Cactus et Yucca Cardinal Zukunft 50 100 200 Pour que le site soit accepté. la ville ne fera rien et le terrain vague servira longtemps de parking.25 Malgré l’accord. mais ce dernier souhaita en contrepartie que la ville de Bienne. il a fallu réunir les différents acteurs et trouver des compromis entre toutes les parties. d’autre part. aménage le terrain vague évoqué plus haut. . l’accès aux locaux sera situé de l’autre côté de celle des logements. Les locataires de l’immeuble évitent ainsi soigneusement de fréquenter les toxicomanes.

d’une part. l’espace de consommation est aménagé de manière à offrir. Il faut en outre souligner que cet espace ne doit pas être trop grand afin d’éviter tout débordement. Les toxicomanes peuvent également y trouver un accès à des services sociaux et médicaux. et peuvent nouer des liens non seulement entre eux mais aussi avec les responsables de l’établissement.Espaces de consommation 66 Le bâtiment qui accueille « Cactus » et « Yucca » fait partie intégrante du tissu historique de la ville de Bienne À première vue rien ne le distingue du bâti environnant car les travaux liés aux changements de programme n’ont été effectués qu’à l’intérieure de l’édifice. Celui-ci est en effet occulté derrière les délicates apparences de l’édifice censé accueillir les toxicomanes. L’objectif étant de proposer un espace convivial et décent où les marginaux pourraient bénéficier d’un bon accueil à un prix abordable. C’est un lieu où marginaux et toxicomanes sont acceptés. rien ne le différencie d’autres établissements du même genre pleinement intégrés dans la société et la ville. L’architecture intérieure se caractérise par une certaine simplicité et la sécurité. le restaurant est également aménagé dans un style que l’on pourrait définir comme « populaire ». Bien que la clientèle soit différente. la meilleure surveillance possible aux responsables du site. d’autre part. . Par ailleurs. En effet. Cet espace sert d’accueil social et de salle d’attente. Le rez-de-chaussée est occupé par le restaurant Yucca. le maximum d’hygiène aux consommateurs et. De part son implantation en marge cette réalisation semble visiblement nier le problème de la drogue.

Chaque personne doit ainsi se laver les mains avant chaque consommation et nettoyer sa place convenablement. L’objectif d’un tel espace est. Cactus propose cinq places dans le local d’injection. Pour y accéder les consommateurs doivent passer par le restaurant.27 L’injection apparaît comme le mode de consommation le plus plébiscité par les habitués du local : 56 injections par jour contre 24 inhalations (près de 70% des consommations).26 Les usagers se disent globalement satisfaits de pourvoir fréquenter un lieu paisible. d’autre part. agréable dans lequel ils se sentent en sécurité.Espaces de consommation 67 L’espace médicalisé se trouve au premier étage. Durant sa première année d’activité Cactus a été fréquenté par plus de 500 toxicomanes et a enregistré 26’917 consommations. Le profil des usagers est très variable. Près de la moitié travaille. Nombre de consommation dans les locaux de Cactus Source : Suivi Cactus 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 août septembre janvier février mars avril juin octobre novembre décembre juillet mai août Total Local d’injection Local d’inhalation . Le tiers d’entre eux ont des enfants et la majorité possède un logement fixe. quand au reste il vit essentiellement de l’aide sociale. Ils sont principalement des hommes âgés entre 18 et 55 ans. de réduire les risques en mettant à disposition du matériel propre et. d’une part. quatre dans le local d’inhalation ainsi qu’un espace médicalisé où le personnel peut soigner des blessures légères. d’inculquer aux usagers de bonnes habitudes en matière d’hygiène.

Les toxicomanes doivent par exemple attendre leur tour et respecter scrupuleusement le temps qui leur est accordé pour consommer.Espaces de consommation 68 Encourager les usagers à se responsabiliser constitue un des principaux objectifs des responsables du Cactus. Ces derniers ont ainsi établi un règlement interne plutôt basique. les effets de Cactus et Yucca sont clairement perceptibles.28 Les responsables offrent également aux usagers la possibilité d’exercer un emploi temporaire dans la structure. Quant aux déclarations de vol et de cambriolage. Les forces de l’ordre ne baissent toutefois pas la garde et ont placé le quartier sous haute surveillance afin d’éviter un accroissement du trafic de drogue ainsi que l’apparition de la prostitution liée aux stupéfiants. celles-ci n’ont guère augmenté depuis la création des locaux. Il faut par ailleurs souligner que la police n’a reçu aucune plainte de la part du voisinage. . Ils peuvent ainsi nettoyer les locaux ou emballer des boites « flash ». À Bienne. la situation actuelle est stable et contraste indubitablement avec la scène de la drogue qui était présente auparavant. En effet.

en 2000 et 2002 Source : Voirie 200 175 150 125 100 75 2000 50 25 0 juin février juillet mars avril mai 2002 . Et on remarque même une augmentation de matériel abandonné par rapport à l’année précédent la réalisation de l’espace de consommation. les locaux n’ont pas résolu complètement les problèmes liés à l’espace urbain. Des seringues sont encore abandonnées dans la rue ou les parcs.Espaces de consommation 69 Cependant. Nombre de seringues trouvées dans les lieux publics à Bienne.29 L’augmentation de la consommation de cocaïne semble expliquer le phénomène.

.

chapitre IV sITUaTION laUsaNNOIse .

Leur mode de consommation a évolué ces dernières années. il y a en Suisse environ 30’000 toxicomanes parmi lesquels 2’500 se trouvent dans le canton de Vaud. la pratique de l’injection est encore largement répandue.4 .Situation lausannoise 72 Contexte Actuellement. 50% des personnes en traitement s’étaient injectées de la drogue lors des six derniers mois.2 Consommation d’héroïne ou de cocaïne pour l’année 2006 Source : toxicomanie dans le canton de Vaud 2004-2006 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 Suisse multi-consommateurs Vaud héroïne seule cocaïne seule Parmi les consommateurs vaudois de drogues dures. un nombre élevé d’entre eux continue de consommer des produits illicites. En 2006. ils sont plus de la moitié (53%) à avoir utilisé cette méthode. La prise d’héroïne stagne et se situe proche de la moyenne Suisse. En 2006.1 Ils sont ainsi plus nombreux à prendre de la cocaïne et à favoriser une consommation multiple (polyconsommations).3 La moitié des toxicomanes fréquentent des centres à bas seuil et suivent un traitement de substitution à la méthadone. Ces chiffres sont sensiblement inférieurs à la moyenne nationale (74%). Toutefois.

Les relations sexuelles non protégés avec des partenaires occasionnels constituent l’autre grande cause de la transmission de maladies. on considère qu’il y a eu 8 cas positifs. Malgré un net recul de la pratique. L’hépatite C est une maladie liée à l’injection de drogues.6 Les tests positifs de VIH chez les consommateurs de drogues par voie intraveineuse ont aussi considérablement diminué.Situation lausannoise 73 Le partage de matériel d’injection est l’une des causes de transmission de maladies infectieuses. Il n’est par conséquent guère étonnant que les toxicomanes représentent plus de 60% des cas d’hépatite C dans le canton de Vaud. plus de 1’700 consommateurs avaient été atteints par la maladie. En 2006.7 Décès dus à la drogue par canton 2007 (pas d’information pour BS) Source : FEDPOL 60 50 40 30 20 10 NW OW AR AG UR ZH GR VD SG SH SO SZ VS BS TG ZG NE GE GL BE BL FR AJ LU JU TI . En 2005. certains toxicomanes n’hésitent pas à utiliser du matériel usagé. Le nombre de décès liés à la drogue a diminué et est aujourd’hui inférieure à 25.5 L’évolution de l’état de santé des consommateurs dépendants s’est améliorée depuis les années 1990. Il faut dire que lors des 6 derniers mois seulement 44% des consommateurs de drogues dures ont utilisé un préservatif.

Situation lausannoise 74 La situation sociale des consommateurs de drogues dures est précaire. les personnes en traitement à la méthadone sont dans une situation plus stable. Toutefois. Ils sont plus nombreux à avoir un travail. un logement fixe et parfois même une famille.8 . La plupart d’entre eux ne possède pas de travail et survit grâce à l’aide sociale et aux assurances (AI. chômage).

Situation lausannoise 75 .

la ville a proposé principalement des améliorations s’inscrivant dans le troisième pilier. Pour améliorer la situation globale le conseil d’état a donc décidé de soutenir un ensemble de projets et de structures en accord avec la politique nationale. .Situation lausannoise 76 Politique cantonale La Municipalité de Lausanne a toujours exprimé la volonté de mener une politique de solidarité avec les habitants les plus défavorisés. Elle développe l’offre de repas gratuits et a renforcé les structures d’hébergement d’urgence nocturne. Pour y parvenir. La politique en matière de toxicomanie s’inscrit dans cette ligne. Une telle politique permet indirectement pour la société de diminuer les problèmes individuels et sociaux. c’est-à-dire la réduction des risques.9 La municipalité propose aussi des mesures de base pour améliorer la prise en charge de toutes les personnes fragiles ou marginalisés. Il s’agit de contribuer à la diminution des conséquences négatives de la consommation des toxicomanes.

quatre axes ont été développés pour améliorer la prévention primaire et maintenir la prise en charge secondaire et tertiaire : adéquation entre les offres et les besoins. Ils essaient de répondre aux problèmes de consommations de cannabis et de drogues dans les milieux festifs.10 La prévention des dépendances dans les écoles et les milieux des jeunes représente un outil important des autorités. . ceci afin de mettre sur pied un cadre cantonal pour la prévention. Parfois la situation sur le terrain devient difficile car il y a un manque évident de coordination. prévention auprès de jeunes. C’est un thème qui touche autant le champ social que politique et qui s’adresse à l’ensemble de la société. les soins de santé primaire. La prévention est mise en œuvre par un grand nombre d’intervenants individuels et collectifs. Ainsi les prestations seront globalement améliorées et mieux adaptées aux besoins. L’état de santé est le résultat de nombreux facteurs tels que le mode de vie. l’éducation et les systèmes de soins. prévention contre les risques de maladies et l’insertion sociale. En effet. « Supra-F 11» et « Départ 12» sont des institutions spécialisés qui prennent en charge les enfants et les adolescents en difficultés. Pour améliorer l’impact. Certains intervenants proposent les mêmes prestations. Cette commission a pour objectif de définir une politique de prévention et de suivre l’évolution de l’état de santé de la population vaudoise. Dans le domaine des drogues illégales. cette jeune population doit être informée dès leur plus jeune âge pour éviter des problèmes de santé graves et de dépendance.Situation lausannoise 77 Prévention Le canton de la Vaud est doté d’une commission cantonale de prévention qui est composé de représentants de l’Etat et de partenaires impliqués dans le domaine. il faut dimensionner l’offre en fonction des besoins. développer des collaborations et des échanges de connaissance entre les différents services.

. Celle-ci implique l’accès à du matériel d’injection stérile pour éviter le partage de seringues.Situation lausannoise 78 La prévention contre les risques d’extension de maladies infectieuse tels que le Sida ou l’hépatite B ou C est aussi développé. est par conséquent le risque de contagion.

Supra-F en fait partie.ch Liestal Delémont Wintethur (2) Zurich (2) Bern Moudon Lausanne (3) Fribourg Genève .admin. la Confédération va développer un programme de prévention primaire. www.13 Le programme de prévention concerne principalement les adolescents en situation difficile. Cette dernière comprend actuellement douze programmes de prise en charge pour les jeunes en Suisse dont trois se situent à Lausanne.Situation lausannoise 79 supra-F Afin de diminuer les problèmes de drogue en Suisse. les associations de jeunes. Localisation des 12 programmes supra-f en 2008 Source : Office fédéral de la santé publique. le domaine sportif et les communes.bag. Il est déployé dans les écoles.

Il existe quatre centres spécialisés dans le canton de Vaud : l’Unité ambulatoire spécialisé. le Centre Saint-Martin. le Foyer du Relais et Bartimée. Ces institutions permettent aux consommateurs de drogues qui le désirent d’entreprendre une cure à long terme et d’être soigné par des professionnels. Actuellement. En effet. un préalable est requis pour entrer dans un traitement résidentiel. Le Calypso travaille dans ce domaine et offre à ses patients des programmes personnalisés de sevrage physique qui durent deux semaines.Situation lausannoise 80 Thérapie Dans le canton de Vaud. Le traitement à la méthadone a été suivi par presque 1400 toxicomanes en 2005. il existe deux types de thérapies possibles : les résidentielles et les ambulatoires. des structures souhaitent que les patients aient effectué un sevrage physique avant de commencer un traitement résidentiel. Entrée de secours et Zone bleu. trois institutions sont spécialisées dans les problèmes de toxicodépendances : la Fondation du Levant. Les traitements ambulatoires ont pour objectif de prescrire des programmes de substitution à la méthadone.14 . Parfois.

Situation lausannoise Localisation des institutions thérapeuthiques dans le canton de Vaud 81 Fondation Bartimée Foyer du Relais Unité Calypso Centre St-Martin Fondation du Levant Unité Ambulatoire Spécialisé .

Situation lausannoise

82

Fondation bartimée La fondation Bartimée est un centre de postcure résidentiel situé à Grandson qui existe depuis 1997. Elle a pour but d’aider les toxicomanes à venir à bout de leur dépendance sans aucun produit de substitution. La fondation essaye en outre de donner à l’existence des toxicodépendants une nouvelle orientation basée sur la redéfinition des liens familiaux. En effet, dans cette fondation le soutient familial est considéré comme hautement thérapeutique. Toutefois, le centre offre également d’autres types de traitements : prise en charge socioprofessionnelle, d’accompagnement et développement personnel. Ces différentes thérapies visent l’intégration du patient dans la société, une meilleure autonomie personnelle et le développement d’un réseau social.15 Les personnes admises doivent être âgées de 18 ans au minimum et être médicalement sevrés. Leur séjour dure en moyenne entre dix et douze mois et se compose de six étapes durant lesquelles le patient réfléchira à ce qui l’a conduit à devenir dépendant, parlera de son vécu et confirmera son engagement dans la cure. Chaque année, il y a en moyenne 16 personnes qui intègrent la fondation. Ils sont en moyenne âgées de 30 ans et ont une situation assez stable.16 Certains ont des enfants et un logement fixe. A la fin de leur séjour, la fondation se charge de les mettre en lien avec d’autres structures tels que des services de placement, de patronage ou encore d’associations de loisirs.

Situation lausannoise

83

Unité de sevrage Calypso L’unité de sevrage Calypso existe depuis janvier 1998 et est rattaché administrativement au département universitaire de psychiatrie adulte du CHUV. Son objectif est d’accueillir des personnes toxicodépendantes désireuses d’entamer un sevrage. Il leurs propose une prise en charge médicale mais aussi des traitements thérapeutiques basé sur trois dimensions: physique, psychologique et socio-éducative. Les sevrages sont personnalisés. Il existe 4 types de sevrages qui permettent d’affronter le problème par étapes. Il est ainsi possible de commencer uniquement par un traitement de substitution à la méthadone et d’entreprendre un sevrage complet ultérieurement.17 Pour être admis dans le Calypso il faut être déterminé, motivé et avoir un intervenant extérieur qui confirme l’engagement du toxicomane. Chaque année près de 150 personnes sont admises dans ce service. Ils ont tous des problèmes de drogues dures et souffrent parfois de troubles psychiatriques. Plus de la moitié des patients sont âgés de plus de 30 ans. En revanche, et la proportion de femmes est inférieure aux autres centres de traitement résidentiel. La durée du traitement dure en moyenne entre 10 à 20 jours mais peut aller jusqu’à 1 mois. Une fois le sevrage terminé, l’unité compétente travaille avec d’autres structures pour un suivi du patient. Toutefois, le résultat du sevrage n’est pas toujours positif et certaines personnes rechutent ou interrompent le traitement avant la fin.18

Situation lausannoise

84

Fondation du levant La fondation du Levant a ouvert ses portes en 1971. Elle a pour mission d’offrir des cures de désintoxication aux toxicomanes et un lieu résidentiel pour les personnes atteintes par le VIH. La fondation travaille dans le but d’améliorer la réinsertion sociale, affective, économique et professionnelle de ses patients. Pour y arriver, elle dispose de cinq structures : le CAP, CTR, le Soleil Levant, Puissance L et la Pichoulette.19 Le CAP est un centre ambulatoire. Il est composé d’une équipe pluridisciplinaire, composée de psychologues, psychothérapeutes et intervenants en dépendance et en prévention. Le centre offre des prestations variées et ciblées à toute personne concernée par les addictions. Le CTR est un centre de traitement et de réinsertion. Ils proposent un suivi de 10 à 12 mois et une post-cure ambulatoire. Ils ont pour objectif d’aider les toxicomanes à atteindre une autonomie des drogues, financière et affective. Le Soleil Levant est un lieu de résidence pour les personnes touchées par le virus du sida. La durée du traitement varie selon les cas. Puissance L est une structure de soutien à l’insertion professionnelle. Elle accueille les résidents de la fondation du Levant qui ont terminé leur cure afin de les aider à retrouver un emploi.

La plupart d’entre eux a en moyenne 28 ans.20 Seul la moitié des résidents parvient à suivre la cure du début jusqu’à la fin. Pour être admis dans une cure. La Pichoulette admet 70 patients par année.Situation lausannoise 85 La Pichoulette propose des séjours résidentiels avec des cures d’abstinence et offre un traitement thérapeutique. La deuxième étape est en rapport avec la problématique de la dépendance et les relations avec la famille des patients. Il s’agit ainsi d’éviter qu’ils ne retombent la spirale de la drogue après leur sortie. consomme des drogues dures depuis une dizaine d’années et souffrent de problèmes psychiatriques. certains patients arrêtent leur traitement par une interruption irrégulière et n’arrivent donc pas au but final qui consiste dans l’intégration sociale et l’abstinence. La dernière étape est la réinsertion sociale et professionnelle. Après cela. les résidents accomplissent un grand travail personnel de prévention. La première étape consiste en une réflexion sur soi-même. Le traitement se réalise en quatre étapes qui durent chacune environ quatre à six mois. . le séjour dure en moyenne entre douze et dix-huit mois. les toxicomanes doivent retracer leur parcours dans un entretien et s’engager à renoncer à toute consommation de stupéfiants pendant leur séjour. Au final. En effet.

toxicomanie. La durée du séjour dure entre 3 et 6 mois mais les patients peuvent en plus avoir un accompagnement en milieu ouvert. le Foyer ne possède pas de médecins et travaille essentiellement pour un retour à l’autonomie des patients. afin que ces derniers puissent à nouveau se confronter à la réalité de la société. Ceux-ci sont. Il propose 14 à 17 places en résidence pour toxicomanes adultes qui souhaitent se réinsérer dans la société et devenir indépendants. Les thérapies offertes par la résidence sont de types socio-éducatives. Chaque toxicomane a ses propres objectifs et bénéficie d’un soutien moral et psychologique de la part des membres du foyer. parfois multiples: exclusion sociale. les toxicomanes doivent expliquer formellement leurs motivations et leurs problèmes. difficultés juridiques ou professionnels.Situation lausannoise 86 Foyer du Relais Le Foyer du Relais a été crée en 1971 à Morges. En effet. Cette structure accueille entre 20 et 40 personnes par an dont un tiers sont des femmes. On y constate également une forte proportion de jeunes de moins de 20 ans par rapport à d’autres structures du même type. etc. Le traitement est totalement individualisé.22 . nous l’avons vu.21 Pour intégrer l’internat du Foyer-Relais.

23 Une grande partie d’entre eux ont plus de trente ans. d’une équipe médico-psychologique. Tous sont spécialisés dans le domaine psychiatrique. En 2001. de prévenir des problèmes physiques et de les orienter vers d’autres structures existantes. En effet. Chaque toxicomane a toutefois des soins adaptés à son état et des entretiens réguliers sont organisés pour redéfinir les objectifs du traitement. 180 patients ont fréquenté les locaux de l’unité ambulatoire. Elle a pour objectif d’accueillir la population toxicomane. La plupart pour des problèmes de consommation de drogues dures (85% des patients). L’équipe de l’unité ambulatoire est composée d’un médecin psychiatre. mais aussi médicale. le traitement à la méthadone est souvent complété par un suivi psychiatrique. présentent des problèmes psychiatriques tels que des troubles de la personnalité et du comportement et n’ont pas un travail régulier. . Elle propose à ses patients non seulement une prise en charge psychiatrique. d’infirmières et d’un médecin assistant.Situation lausannoise 87 Unité ambulatoire spécialisée L’unité ambulatoire spécialisée pour toxicodépendants a ouvert ses portes en 1998 à Montreux. de leur offrir des traitements.

La majeure partie des admissions concerne les drogues dures (90%). Il existe quatre programmes de prise en charge du bas seuil au haut seuil : un programme de soutien. assurer leur suivi en traitement et favoriser la recherche dans le domaine des dépendances. ce local est un moyen pour les personnes les plus marginales d’avoir accès à différents services internes. En effet. tels sont les trois principaux objectifs du centre Saint Martin. un programme de développement des ressources.Situation lausannoise 88 le centre st-martin Le centre Saint-Martin se définit comme un centre d’accueil. Inutile de dire que cette prévision a été largement dépassée.25 Le passage d’un programme à un autre peut intervenir en cours de traitement.26 Or. Il existe depuis la fin septembre 1996 et est rattaché au département universitaire de psychiatrie adulte (DUPA). Les autres seront orientés vers d’autres structures mieux adaptés à leur situation.24 Il a été ouvert pour s’occuper des personnes toxicodépendantes les plus démunies et pour travailler de façon complémentaire avec les structures déjà existantes. Accueillir et orienter de nouveaux patients toxicodépendants.27 . un programme standard et un programme d’autonomie. le nombre de patients est toujours supérieur aux 400 prévus initialement. malgré une diminution intervenue les années suivantes. En 1998 Saint-Martin comptait 542 patients. d’orientation et de traitement ambulatoire pour toxicomanes. Le centre avait été prévu pour recevoir entre 300 et 400 toxicomanes en 4 ans. Tous les toxicomanes sont reçus mais seuls les plus démunis seront suivis à moyen ou long terme.

28 Ils proposent non seulement une prise en charge médicale avec prescription de méthadone. d’infirmiers. de collaborateurs socio-éducatifs. La moitié d’entre eux est âgé de plus de trente ans et près de 80% n’ont pas d’activité professionnelle.Situation lausannoise 89 Les toxicomanes qui fréquentent le centre souffrent souvent de troubles de la personnalité et du comportement. de psychiatres. . de psychologues et de secrétaires. l’équipe de Saint-Martin est composée de médecins. mais aussi une prise en charge socio-éducative dont le but ultime est la réinsertion sociale. Pour résoudre ces différents problèmes.

29 Outre des services de réduction des risques. Toutefois. il existe trois centres à bas seuil dans le canton : Zone Bleue Entrée de Secours et Action communautaire en toxicomanie.Situation lausannoise 90 Réduction des risques La réduction des risques ne fait pas officiellement partie de la politique vaudoise en matière de dépendances. Localisation des centres à bas seuil dans le canton de Vaud Zone Bleu Entrée de Secours ACT . Zone bleue et Entré de Secours proposent une prise en charge thérapeutique. Tous sont financés par le canton.

Grandson.Situation lausannoise 91 Zone bleue La Zone bleue a ouvert ses portes en 1997 dans la région d’Yverdon. Orbe. La Zone bleue accueille plus de 50 personnes par jour. .31 Les usagers sont principalement des consommateurs de drogues dures de la région d’Yverdon. ainsi que d’une prise en charge psychiatrique et médicale. St-Croix ou Payerne. Tout comme Entrée de Secours. c’est un moyen de réapprendre à vivre en société.30 Les toxicomanes peuvent bénéficier de repas. se laver et apprendre les règles de la vie à plusieurs. Pour les toxicomanes. Ils ont accès à un espace où ils peuvent discuter. de matériel d’injection stérile. La méthode de travail de la Zone bleue consiste à soutenir et informer les personnes en difficulté tout en leur offrant un cadre de socialisation. Ces habitués ont en général une situation assez stable et possèdent un logement fixe. de reprendre confiance en soi et de discuter avec l’équipe de soutien au sujet d’une éventuelle poursuite du traitement dans d’autres structures. ce centre a pour mission principale l’accueil de toxicomanes actifs et un accompagnement individualisé. Chaque usager est ainsi « reconstruit » grâce à des principes tels que le respect et le partage.

Il s’agit pour la plupart de consommateurs de drogues dures âgés d’environ trente ans. repas à bas prix et consultations médicales font également parti des prestations offertes par le local. Le travail du centre est donc basé sur l’accueil et la discussion.32 En effet. Mise à disposition de matériel d’injection stérile. A noter qu’un tiers des clients sont des femmes.33 D’autre part. Il a pour objectif d’accueillir les toxicomanes de la région de Morges et Aubonne et de les orienter vers d’autres établissements dans le domaine de la toxicomanie.Situation lausannoise 92 entrée de secours Le centre d’accueil Entrée de secours a ouvert en 1997. Entrée de secours est une plaque tournante entre les usagers et les institutions médicales et sociales extérieures. une grande partie des patients a déjà suivi des traitements en rapport avec la toxicomanie qui se sont soldés par une rechute. Entrée de secours leur permet aussi de devenir plus autonomes et entreprendre des démarches administratives afin qu’ils puissent trouver un logement ou un emploi. L’institution soutient psychologiquement les toxicomanes pour que ces derniers parlent de leurs problèmes et demandent de l’aide. . Entre 25 et 30 personnes se rendent quotidiennement dans la structure.

se doucher et manger.Situation lausannoise 93 action en communautaire toxicomanie La structure de l’Action en communautaire toxicomanie (ACT) a pour objectif de couvrir l’est Vaudois dans le domaine de la prévention et l’accompagnement des toxicomanes dans un réseau de soins. ils peuvent aussi avoir des entretiens individuels avec les professionnels du social et discuter de leurs problèmes.34 C’est un moyen de faire connaître la structure et la prise en charge de nouveaux toxicomanes. Quand ils désirent. C’est aussi l’occasion pour eux de côtoyer d’autres personnes et de réapprendre à vivre ensemble.35 Ils viennent dans ce centre pour avoir accès à du matériel stérile. Les usagers sont principalement des consommateurs de drogues dures. Pour y arriver elle développe l’accueil des consommateurs de drogue dans ses locaux mais va aussi à leur rencontre sur le terrain. .

le trafic de rue et les filières d’approvisionnement. Ils peuvent de cette façon obtenir des informations sur les trafiquants et discuter des différents moyens pour venir en aide aux toxicomanes.Situation lausannoise 94 Répression La répression dans le canton de Vaud est menée par la brigade des stupéfiants. Le travail sur le terrain est aussi un moyen de détecter de nouveaux consommateurs et de rentrer en contact avec eux.36 Ces actions permettent de déstabiliser les trafiquants et de garder la maîtrise de la situation. la simple présence d’inspecteurs sur le terrain a un effet dissuasif. Dénonciation pour infraction à la loi sur les stupéfiants par canton 2007 Source : FEDPOL 14’000 12’000 10’000 8’000 6’000 4’000 2’000 0 NW OW AR AG UR ZH GR VD SG SO SH SZ VS BS TG ZG NE GE GL BE BL FR LU JU AI TI . Dans le domaine de la prévention. Elle permet de rendre l’accès aux drogues plus difficile et d’éviter ainsi des scènes ouvertes. Elle a trois objectifs principaux : la prévention.

Si ses mesures rendent le trafic plus difficile.Situation lausannoise 95 Le trafic de rue est contrôlé par le groupe CELTUS (cellule de lutte contre le trafic urbain de stupéfiants). les inspecteurs de la brigade des stupéfiants doivent surveiller. observer.37 Ce sont six policiers en civil qui luttent principalement contre la visibilité du trafic. ils surveillent la ville et les toxicomanes pour interpeller les trafiquants en flagrant délit. Pour y arriver. elles sont toutefois incapables de faire disparaître véritablement la source d’approvisionnement. TI . En effet. écouter des appels téléphoniques pour espérer interpeller en flagrant délit les fournisseurs et démanteler une filière. mener des filatures. Dénonciations pour trafic par canton 2007 Source : FEDPOL 1’200 1’000 800 600 400 200 0 NW OW AR AG UR ZH GR SG VD SH SO SZ VS BS TG ZG NE GE GL BE BL FR LU JU AI Les filières d’approvisionnement représentent le travail le plus long et le plus délicat.

Ce rassemblement fut sujet à des débats passionnés et des mesures furent prises. Certains ont des problèmes psychiatriques associés à la dépendance et sont victimes d’exclusion sociale. On assiste donc dans les centres urbains à une concentration de toxicodépendants. Le sentiment d’insécurité est désormais moins présent mais les commerçants et les habitants du quartier demeurent mécontents de la situation. quelque peu élevé par rapport au reste du canton de Vaud. Les problèmes de drogues sont ainsi plus présents et visibles en centre ville que dans le reste du canton.39 En 1994. ils étaient installés devant l’église Saint-Laurent. s’explique aisément par le fait que le trafic de produits stupéfiants s’effectue essentiellement en ville.Situation lausannoise 96 lausanne Le nombre de toxicomanes dans la ville de Lausanne est estimé entre 1000 et 1500. mais se sont révélés impuissantes à l’heure de dissoudre la présence des marginaux. L‘église fut l’un des premiers à réagir. De nombreuses approches répressives se sont succédées pour essayer de garder le contrôle de la zone de Saint-Laurent et éviter ainsi que celle-ci ne devienne une scène ouverte. Elle organisa en outre des distributions de repas hebdomadaires pour d’une part gagner la confiance des consommateurs et d’autre part améliorer l’état de santé de ces derniers. Néanmoins. Ces approches policières ont certes permis de lutter efficacement contre le trafic de drogue.38 Ce chiffre. Si la majorité des toxicomanes suit un traitement efficace et mène une vie relativement « stable ». Elle mis sur pied « un groupe de travail des escaliers de Saint-Laurent » qui favorisait le dialogue pur afin de trouver des solutions collectives. Une telle situation occasionne des perturbations de l’espace urbain et des problèmes d’ordre sanitaire. aucune solution n’a été satisfaisante. . une minorité demeure cependant dans une situation précaire.

la police décide d’investir le site durablement. l’UnISET est parvenu à bénéficier de la confiance des toxicomanes et de celle. Pour essayer de calmer la situation. En effet. L’UnISET est elle aussi troublée par ces changements et ne parvient plus à installer avec les marginaux un dialogue aussi constructif qu’auparavant. du voisinage. de prendre contact avec les personnes. ils craignent de voir leur chiffre d’affaire diminuer. Les toxicomanes doivent à présent se déplacer pour s’installer à quelques mètres de l’église SaintLaurent sur un carrefour proche de la circulation et inapproprié à un regroupement de la sorte. Les toxicomanes ont de la difficulté à s’acclimater à leur nouvel espace et le font clairement savoir.41 . Dès le départ. une unité d’intervention socio-éducative de terrain (UnISET) a été crée pour trouver une solution aux problèmes engendrés par la concentration de toxicomanes.Situation lausannoise 97 En 2002. Quant aux commerçants. Son objectif est de maintenir le calme dans les espaces publics. non moins importante. de les informer et de les orienter dans des institutions existantes. les toxicomanes et la police.40 L’UnISET a deux axes d’intervention : un axe socio-éducatif et un axe public. La Municipalité va par conséquent inciter les marginaux à se déplacer vers la place de la Riponne qui semble être à priori un endroit plus adapté à de tels rassemblements. la place de SaintLauren va s’effondrer et bouleverser la situation. un équilibre avait enfin été trouvé entre le voisinage. Or suite aux travaux du métro M2.

Situation lausannoise Localisation de la scène de la drogue 98 Place de la Riponne St-Laurent 50 100 200 L’autre grand problème est d’ordre sanitaire. Pour y remédier la remise gratuite de matériel stérile a été mise en place dès 1996 dans différentes structures.42 . ces dernières ont distribué plus de 920’000 seringues à Lausanne. les toxicomanes qui s’injectent sont plus susceptibles d’être contaminés par certaines maladies. Nous l’avons vu. De 2001 à 2005.

on se rend compte facilement que cela est insuffisant. Néanmoins. le soir et pendant les week-ends. A Lausanne. Il faut dire qu’il n’est pas toujours aisé d’avoir accès à du matériel. En effet.Situation lausannoise Nombre de seringues remises entre 2001 (2ème semestre) et 2005 Source : Commune de Lausanne. c’est même l’éloignement des lieux de remise qui devient un problème. Parfois. le Rel’aids. si l’on prend la moyenne de seringues remises quotidiennement dans la région lausannoise (240). La Soupe populaire et Fleur de Pavé) proposent des seringues stériles avec des horaires complémentaires. ces espaces sont fermés et l’accès à du matériel propre devient difficile. les pharmacies et cinq structures (Le Passage.9). et que l’on compare ce chiffre avec le nombre de toxicomanes qui pratiquent l’injection (entre 500 et 800 consommateurs) ainsi qu’avec la moyenne d’injections hebdomadaires (8. l’UnISET. . rapport préavis 2006/66 99 350’000 300’000 250’000 200’000 150’000 100’000 50’000 0 2002 2003 2001 2004 2005 Cette situation n’est pas satisfaisante.

Ces structures reçoivent toutes des subventions de la part de la ville. les toxicomanes s’injectent parfois dans des espaces insalubres et inadaptés tels que les WC publics. Cela pourrait même entraîner leur mort. Ce phénomène d’injection dans l’espace public est peu apprécié de la part de la population qui ne se sent manifestement pas en sécurité. Outre le risque évident d’infection dû au manque d’hygiène. mais aussi d’offrir les besoins élémentaires à une population fragilisée.43 Dans le domaine de la toxicomanie et de la marginalité. En effet.44 Subventions perçues par les associations (en francs) pour l’année 2007 Source : Commune de Lausanne. rapport préavis 2006/66 1’400’000 1’200’000 1’000’000 800’000 600’000 400’000 200’000 0 Sleep In Atelier Caritas Sport’Ouverte Le Parachute Béthraïm Fleur de Pavé La Marmotte Le Passage Point d’Eau Rel’aids La Soupe populaire Tandem Abri PC Rel’ier Carl L’Eveil Colis alimentaire UnISET . Elles travaillent dans des secteurs différents mais n’ont pas d’autre choix que de collaborer ensemble. Leur mission est non seulement d’améliorer la réduction des risques. trois personnes se sont ainsi fait piquer accidentellement.Situation lausannoise 100 Une autre difficulté concerne les injections sauvages. il existe dans la région lausannoise une quinzaine d’associations à bas seuil. En 2005. une telle pratique peut laisser les toxicomanes totalement démunis face un éventuel malaise. Car les toxicomanes abandonnent parfois leur matériel usagé sur place ce qui provoque parfois des accidents.

rapport préavis 2006/66 101 Béthraïm Manger Atelier Caritas Carl Fleur de Pavé L’Eveil La Marmotte Dormir La Soupe populaire Colis alimentaires Le Parachute Le Passage Point d’Eau Réduction des risques Rel’aids Rel’ier Sleep In Sport’Ouverte Tandem Abri PC UnISET Autres .Situation lausannoise Activités effectuées par les associations Source : Commune de Lausanne.

47 L’abri de protection civile de la Vallée de la Jeunesse mis a disposition par la municipalité peut recevoir lui entre 25 à 30 personnes. Celles-ci offrent aux sans domicile fixe non seulement un lit pour la nuit. Cet abri est ouvert chaque année de décembre à avril. En effet. Elle est principalement fréquentée par des hommes et affiche la plupart du temps complet. Il est aussi très fréquentée mais par contre sa clientèle n’est pas la même que celle de la Marmotte. Il est principalement fréquenté par des immigrants en situation irrégulière. Une troisième structure a ouvert ses portes en 2001. Ces trois structures que nous venons d’évoquer collaborent ainsi de façon satisfaisante.46 Le Sleep In a une capacité d’accueil de 22 places.45 La Marmotte permet d’accueillir 31 personnes. Un abri de protection civile permet en outre d’accueillir 25 personnes pendant les périodes froides de l’année.48 Localisation des logements d’urgence dans la commune de Lausanne Sleep-In Abri PC La Marmotte . une stratégie a été mise en place pour recevoir principalement des femmes et des personnes en mauvaise santé. mais aussi des douches et un petit déjeuner.Situation lausannoise 102 logement d’urgence Le logement d’urgence nocturne est pris en charge par deux structures depuis 1993 : La Marmotte et le Sleep In.

50 La Soupe populaire prépare tous les soirs des repas dans les locaux de la rue Saint-Martin.Situation lausannoise 103 aides alimentaires Des aides alimentaires et des repas sont proposés dans sept différentes structures.49 La CARL (Centre alimentaire de la région lausannoise) reçoit des denrées alimentaires qu’elle stocke ou distribue dans le réseau lausannois. Localisation des structures d’aide alimentaire dans la commune de Lausanne Colis alimentaire Soupe Populaire Carl Colis alimentaire Le Passage Colis alimentaire Le Parachute .52 Le Parachute.51 La structure Colis alimentaire distribue quant à elle de la nourriture à des gens qui vivent dans la précarité. le Passage et les structures d’hébergement nocturnes de Lausanne proposent elles aussi des repas à leurs usagers. Cela permet d’une part de rentrer en contact les personnes en difficulté et d’autre part de chercher une solution durable à leurs problèmes. Près de 120 personnes y viennent quotidiennement prendre un repas chaud.

Situation lausannoise

104

Insertion sociale Au niveau de l’insertion sociale, il existe dans l’agglomération lausannoise de nombreuses associations qui proposent différentes activités avec une approche thérapeutique. Comme nous l’avons déjà souligné, leur but est d’introduire ces personnes dans la vie de groupe pour qu’ils apprennent les règles de base de la société. Béthraïm est une association qui propose des camps sportifs. Pour y participer les toxicomanes doivent déjà avoir entrepris une démarche de réinsertion. Cette structure existe depuis de nombreuses années.53 Tandem travaille principalement avec des personnes du milieu de la nuit et principalement des cabarets. L’association propose un suivi individuel et une défense juridique des droits des prostituées.54 L’atelier Caritas a pour objectif la réinsertion sociale et professionnelle. Il propose des activités tels que la confection de repas.55 Il faut souligner que les personnes qui fréquentent cet atelier sont principalement des migrants.

Situation lausannoise

105

L’Eveil est un atelier qui utilise l’art comme moyen d’expression thérapeutique. Celui-ci est principalement fréquenté par des femmes et des personnes atteintes des troubles psychiques qui recherchent un moyen de se relaxer et de côtoyer d’autres personnes.56 Sport’ouverte est quant à elle une structure qui traite les marginaux à travers différentes activités sportives. Cette approche jouit d’ailleurs d’une grande popularité.57
Localisation des centre d’insertion sociale dans la commune de Lausanne

Béthraïm Sport’ouverte Caritas Eveil Tandem

Situation lausannoise

106

Projet municipal de 2007
En 2006, la commune de Lausanne va présenter un projet de dispositif d’aide à la survie des toxicomanes.58 Il s’agit de réduire les risques sanitaires, de diminuer les troubles à de l’ordre public et de « protéger » les habitants de Lausanne. Pour la municipalité, la réussite d’un tel projet passe par l’amélioration de l’accès au matériel stérile, la réduction des risques sanitaires liés à la consommation ainsi que le développement d’actions de prévention pour les consommateurs de drogues dans les milieux festifs. Pour compléter le dispositif de distribution de matériel stérile, la municipalité suggère non seulement d’installer deux automates en ville, mais aussi la mise à disposition d’un bus mobile dans lequel les toxicomanes pourraient venir pour échanger leur matériel usagé.59 En 2005, une action identique avait d’ailleurs été menée à titre expérimental. Cela avait permis de toucher des personnes qui ne fréquentaient pas les institutions existantes et d’améliorer ainsi la distribution de seringues stériles. Cette initiative avait eu un vif succès à la fois auprès des toxicomanes et une fois n’est pas coutume auprès du voisinage. En effet, ils n’avaient pas protesté contre cette action. Avec l’installation du bus, la Municipalité prévoyait ouvertement de remplacer UnISET et d’autres petites structures dans la distribution de seringues. Il faut dire que de part sa mobilité, le bus permettait aussi de mieux s’adapter, à long terme, aux déplacements des toxicomanes.

En février 2006. le Conseil communal adopte la création d’un espace de consommation ainsi que d’un bistrot social. de les soigner et de les renseigner éventuellement sur les autres structures existantes. Déjà en 2003. une salle d’injection. . le Conseil communal lausannois avait reconnu l’importance d’un espace de consommation de stupéfiant (ECStup). celle-ci aurait une salle d’accueil. Ce sont uniquement des raisons financières qui ont empêché la réalisation d’un tel projet. L’espace de consommation viendrait prendre le rôle qu’occupaient le Passage et UnISET dans le réseau existant.60 La structure a été imaginée pour répondre aux besoins et aux modes de consommation actuels.61 La direction des locaux serait confiée au responsable du Passage. Pour l’aider. Une telle restructuration permettrait de compléter l’offre mais sans toutefois exploser le budget. La nouvelle structure proposerait alors les services auparavant fournis par le Passage. Elle pourrait accueillir entre 25’000 et 43’000 visites par an. Celle-ci serait chargée d’accueillir les usagers. un espace d’inhalation et une salle de soins. En effet. il pourrait compter sur une équipe composée de 13 personnes.Situation lausannoise 107 L’ouverture d’un espace de consommation n’est pas une idée nouvelle.

62 Outre les locaux de consommation et le bistrot social. l’immeuble avait une position « centrale » sans être en contact direct avec les voisins. En effet.Situation lausannoise 108 Le projet serait située à la rue César-Roux 16 dans un immeuble que la ville avait expressément acheté pour cette occasion. Le choix du site semblait adéquat. les commerces et les écoles. on y trouverait des logements de secours. Localisation du local d’injection par rapport à la scène de la drogue Place de la Riponne local 50 100 200 .

Il s’agit de la consommation de drogues de synthèse (ecstasy et amphétamines) et cocaïne. Cette consommation touche principalement une population jeune liée à la vie nocturne. . un plan de sécurité avait été développé pour éviter d’éventuelles frictions avec le voisinage. A Lausanne. la commune va proposer un programme de prévention en association avec l’association Prevtech63 et les clubs lausannois.Situation lausannoise 109 Le bistrot social serait un espace de convivialité pour les marginaux et était censé éviter les rassemblements sur la place de la Riponne. Cette association est active dans le milieu « techno » de Suisse romande depuis plus de six ans. Pour éviter une augmentation du phénomène et les effets indirects liés à la consommation. aucune mesure n’avait été prise dans ce domaine. Depuis quelques années est apparu un nouveau mode de consommation lié aux milieux festifs. Ses actions se traduisent par la tenue de stands de prévention et de contrôle de produits (drug checking) lors de soirées. Cet établissement s’autofinancerait en partie mais recevrait en cas de pertes éventuelles une subvention communale. Autour du bistrot.

ou une suppression des subventions pure et simple. une telle restructuration se traduira inévitablement par la suppression de subventions.64 Subventions perçues par les associations (en francs) Source : Commune de Lausanne. cette politique permet de limiter les dépenses tout en améliorant l’offre du réseau lausannois. la Municipalité souhaite renforcer les actions de certaines associations en particulier. Le centre d’accueil Le Passage et UnISET devrait ainsi mettre la clé sous le paillasson et trois associations subiraient une diminution. Des économies substantielles seraient réalisées et le total des dépenses supplémentaires s’élèveraient à 446’000 francs. voire même par la fermeture de certaines structures à bas seuil. Dans les faits. En d’autres termes. D’après la ville de Lausanne.Situation lausannoise 110 La commune de Lausanne prévoit également de rationaliser le dispositif actuel des structures à bas seuil. rapport préavis 2006/66 1’800’000 1’600’000 1’400’000 1’200’000 1’000’000 800’000 600’000 400’000 200’000 0 Sleep In Atelier Caritas Sport’Ouverte Le Parachute Béthraïm La Marmotte Rel’aids ECStup Point d’Eau Fleur de Pavé Le Passage La Soupe populaire Distribus Carl Rel’ier L’Eveil Tandem Abri PC Colis alimentaire Bistrot social UnISET Budget proposé Budget 2007 .

Nous refusons cette approche simpliste et irresponsable. dégradante. votation communale du 8 juillet 2007 . la simple multiplication des institutions à bas seuil n’a eu pour effet que d’ancrer toujours plus les toxicomanes dans leur dépendance. mai 2007 « Partout dans le monde. Bien au contraire. EC STup. elle les laisse consommer de la drogue en toute tranquillité et permettent aux toxicomanes de se « détruire ». Rapport de minorité. mai 2007 « Cette logique mortelle qui les détourne de la seule issue pour eux : une thérapie axée sur l’abstinence et la réhabilitation physique et morale. » Préavis. Et les institutions à bas seuil ne les aident pas. 2006/06. En effet. la société aurait tort de banaliser un tel phénomène.Situation lausannoise 111 Toutefois le programme municipal que nous venons d’évoquer ne fait pas l’unanimité auprès des groupes représentés au conseil communal. mortelle » Préavis. sous peine de favoriser la consommation sous le masque de la légalité. l’UDC et LausannEnsemble qui rassemble le Parti Radical. EC STup. Rapport de minorité. 2006/06. » Commune de Lausanne. affirment les opposants. les éloignant ainsi des institutions qui seules peuvent leur apporter la rémission.66 « la consommation de stupéfiants est mauvaise. dangereuse. De leur point de vue.65 Pour argumenter leur position. le Parti Libéral et le Parti démocrate chrétien sont contre un tel projet. Selon les contradicteurs du projet. Toute autre proposition ne fait que retarder sa décision d’en sortir et la rendre toujours plus difficile. le sevrage apparaît comme l’unique moyen de soigner les toxicomanes. les opposants rappellent que la drogue est destructrice et contraire à la vie.

67 Localisation des écoles par rapport à la scène de la drogue école supérieure en éducation sociale école primaire école du Tunel école public de couture école supérieure de la santé local école sociale de musique 50 100 200 . à leur avis. les opposants désapprouvent complètement l’emplacement du site. Selon la rhétorique habituelle. les locaux d’injection et leurs usagers risqueraient d’inquiéter les écoliers.Situation lausannoise 112 L’implantation géographique est aussi critiquée. Celui-ci se trouve. En effet. trop proche d’établissements scolaires .

mai 2007 La politique cantonale qui accorde dans le domaine de la toxicomanie « toujours plus » aux consommateurs est également sous le feux des critiques. les toxicomanes ne se déplaceraient pas jusqu’au local pour s’injecter avec du matériel stérile. 2006/06.69 . Selon eux. On l’accuse d’être à la base des conséquences dramatiques liées à la toxicomanie et d’éloigner les toxicomanes des vraies solutions que sont les thérapies axées sur l’abstinence. EC STup. Les toxicomanes continueraient de s’injecter dans les rues et les WC publics de la même manière qu’auparavant. les détracteurs du projet prétendent que la réalisation d’un local d’injection ne permettrait en aucun cas d’améliorer la situation sanitaire. la nécessité. Rapport de minorité. Imaginer qu’il puisse se déplacer pour aller chercher une seringue est une dangereuse illusion. avec le matériel qu’il a à disposition. Il le fait là où il se trouve.68 « Un toxicomane se drogue quand il en ressent le besoin. » Préavis.Situation lausannoise 113 D’autre part.

30 voix ont voté contre et il y a eu une abstention.Situation lausannoise 114 Lors d’une séance du Conseil communal qui a eu lieu le 15 mai 2007 57 membres se sont montrés favorables au dispositif communal en matière de toxicomanie. Toutefois.sur le réaménagement du dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. la gauche (PS. Verts et AgT) a pris l’initiative de soumettre la décision à un référendum populaire afin d’éviter et de devancer les menaces de la droite.70 Les votations ont eu lieu le 8 juillet 2007 et se sont soldés par un résultat négatif. Sources : Commune de Lausanne oui : 11’725 non : 14’118 . Votation communale du 8 juillet 2007.

Situation lausannoise 115 Les médias vont saisir le thème et en faire un sujet brûlant. Leur influence sur les résultats des votations ne fait aucun doute. mener une campagne radicale contre l’initiative. un député libéral. Comme à son habitude. le parti de droite va publier des affiches criardes dans la plus pure tradition populiste dans lesquelles on peut voir Guillaume Tell avec une seringue à la place de son arbalète le slogan « un shoot pour nos enfants ? ». En effet. va aussi produire une virulente affiche dans laquelle on reconnaît la ville de Lausanne avec sa cathédrale surmontée d’une seringue. Cette médiatisation à l’extrême va constituer une difficulté pour les partisans du local de consommation. Patrick de Preux. sa cathédrale et bientôt son shootoir » Ces deux affiches utilisent des symboles nationaux et régionaux très forts pour détourner la question de la réduction des risques liés à la toxicomanie. Ce déplacement du champ de la discussion va avoir des répercussions très importantes sur les propos tenus par les opposants. le débat s’élargit et la politique nationale est remise en cause par les opposants. L’opposition va. L’UDC affirme que la répression et l’incitation à l’abstinence sont les seuls moyens pour faire face à la dépendance. Le slogan qui l’accompagne est on ne peut plus imparable : « bienvenue à Lausanne. à l’échelle romande. . son lac.

.

chapitre V TOXICOmaNes .

Le tabac. créant un état de dépendance psychique et physique ». « [C’est] la rencontre d’un produit. les prescrites et les interdites. le café et le chocolat peuvent aussi être perçus comme des drogues. d’un individu et d’une société.Toxicomanes 118 Définition Le toxicomane est une personne qui souffre de toxicomanie. La définition de la toxicomanie ne s’arrête pas aux drogues illicites. Le dictionnaire « Le Robert » définit la toxicomanie comme « Goût et besoin morbides. En réalité. ils peuvent provoquer un état de manque psychique et modifier la conscience et le comportement de l’utilisateur. cette distinction ne répond pas à des critères objectifs. Elle est plutôt le fruit d’une représentation sociale et des changements intervenus au cours de l’histoire. pour les substances ou des médicaments toxiques. C’est elle qui permet de distinguer un usage « normal »3 de la toxicomanie. indépendamment du produit. Les drogues peuvent être distingués en trois classes: les légales. » Pr. Une drogue « légale » peut provoquer tout autant de complications que des drogues dites « illégales » ou « prescrites ».2 Par ailleurs. Claude Olievenstein . prolongés et tyranniques. Elle inclut aussi des substances telles que l’alcool ou les somnifères. la consommation constitue un aspect important de la problématique des dépendances.1 Bien que de tels produits nous soient familiers.

OFSP 119 9’000 8’000 7’000 6’000 5’000 4’000 3’000 2’000 1’000 0 Suicides Acc.Toxicomanes Nombre de décès dus aux drogues et d’autres facteurs en Suisse [Nombre de morts en milliers par an] Source : Office fédéral de la santé publique. de la route Homicides Drogue Tabac Alcool Sida .

En effet. les toxicomanes. l’image des toxicomanes est un mélange de différentes visions. Dans les années 1970. Mais seulement environ 16’000 d’entre eux suivent un traitement. 1986 Dans la collectivité. qu’on les psychanalyse ! Etc. En Suisse le nombre de consommateurs de drogues illégales est estimé à 30’000 personnes. qu’on les emprisonne ! . La notion de risque s’ajoute ainsi à celle de dangerosité. « Il n’existe ni drogué type. victime de sa consommation. » Geismar-Wieviorka. 1998 . Il véhicule une image négative et dangereuse. ou des vagabonds. la vision des toxicodépendants ne cesse d’évoluer en accord avec les changements culturels. Cette vision est influencée par les médias de communication tels que les films ou les livres. avec l’apparition du sida et la mise en place d’une politique de réduction des risques. il est impossible de dresser un profil type des consommateurs. « S’ils sont tous malades. le toxicomane est considéré comme un malade dépendant. ni drogue fixe.6 Actuellement.5 C’est un individu suicidaire qui joue avec la vie et la mort. Seuil.S’ils sont tous délinquants. la perception du toxicomane change. Dans les années 1980. Il passe de malade dépressif à celui de personne en danger de mort.Toxicomanes 120 Consommateurs de drogues illégales On connaît mal cette population.S’ils sont tous névrosés. Les gens qui connaissent la problématique les perçoivent comme des malades en danger tandis que d’autres les considèrent comme des délinquants. » Parlement Européen. qu’on les soigne ! . Les consommateurs passent du statut de coupable de leur addiction à celui de victime du virus du sida. Le reste fait partie d’une « population cachée »4 dont on sait peu.

appelé aussi « récréatif ». les usagers « récréatifs » sont susceptibles de sombrer dans la dépendance sans même s’en rendre compte. Le premier groupe d’usagers a une vie centrée sur la recherche de drogues. Toutefois. il existe deux familles: les individus qui n’ont jamais eu de contact avec les institutions de prise en charge et les personnes qui suivent un traitement.6 L’autre groupe de consommateurs. qu’une nuit. Bon nombre de junkies refusent d’admettre qu’ils sont dépendants. Il est capable de passer des jours et des mois sans la moindre consommation. Ils croient qu’ils maîtrisent l’héroïne. (…) J’étais dépendant de l’héroïne ! Ca a vraiment été la pire prise de conscience de ma vie. fixeorte. Parmi eux.Toxicomanes 121 Malgré le manque d’informations sur le profil des consommateurs. c’est l’inverse. a une relation beaucoup plus libre par rapport au produit consommé. (…) Beaucoup de gens refusent de l’admettre ou ils pensent qu’ils pourront le gérer. Ce n’est qu’après un an et demi passé en prison. on peut tout de même distinguer deux types de toxicomanes : les usagers dépendants et les usagers occasionnels. documentaire de Bernhard Giger . Je ne m’en étais pas rendu compte non plus. j’ai réalisé. « Ils sont nombreux à se voiler la face. » Toxicomane. Alors que dans la plupart des cas.

Toxicomanes 122 Entre les deux catégories de toxicomanes. c’est souvent des gens qui on du blé. » Toxicomane. (…) La plupart des gens que je connais. consommateurs d’héroïne et ou de cocaïne hors traitement médical . Les consommateurs qui prennent uniquement de la cocaïne ont ainsi. (…) C’est déjà pas le même milieu social. En effet. En revanche. pour la plupart d’entre eux.7 Consommation actuelle simultanée par catégorie Source : Consommateurs d’héroïne et/ou de cocaïne hors traitement médical 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 consommateurs « cachés » multi-consommateurs consommateurs « connus » héroïne seule cocaïne seule consommateurs « occasionnels » Cette distinction de consommation est révélatrice des classes sociales et des effets recherchés. qui prennent de la coke. la consommation varie fortement. Les autres toxicomanes consomment de la cocaïne et de l’héroïne ensemble ou parfois l’héroïne. la cocaïne c’est plutôt les riches. les consommateurs d’héroïne proviennent principalement des milieux ouvriers et se sont tournés après leur scolarité obligatoire vers un apprentissage.8 « C’est hyper différent. c’est quand même plutôt les pauvres. L’héroïne. la population dite « cachée » et les usagers occasionnels sont surtout adeptes de cocaïne. suivi une formation supérieure.

l’ecstasy et les hallucinogènes font également partie du quotidien de certains toxicomanes. à voir des gens. T’es bien avec toi-même. ça peut être bien. consommateurs d’héroïne et ou de cocaïne hors traitement médical Leur mode de consommation varie aussi considérablement. Ce n’est pas le cas des autres toxicomanes lesquels fument ou sniffent les drogues.9 Consommation intraveineuse actuelle par catégorie [injections effectuées dans les six derniers mois] 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 consommateurs « cachés » consommation intraveineuse consommateurs « connus » pas de consommation intraveineuse consommateurs « occasionnels » Les toxicodépendants ne consomment pas seulement de la cocaïne et de l’héroïne. Si tu dois baratiner des gens. la nicotine. les calmants.10 . tu supportes mieux l’alcool. Les personnes qui fréquentent les institutions de prise en charge sont nombreuses à avoir consommé des drogues par voie intraveineuse. ça peut être pas mal. L’alcool. ça te pousse à parler. tu vois. le rohypnol. à sortir. t’as envie de rien. C’est pas du tout le même truc : t’as pas envie de parler. les amphétamines.Toxicomanes 123 « Quand tu la sniffes. Tandis que l’héro. tu te fais ton shoot et tu planes. t’es bien et puis voilà. Si t’as des rendez-vous d’affaires. le cannabis. » Toxicomane. C’est exclusif et il n’y a plus que ça.

si les consommateurs de cocaïne ont peu de problèmes de santé et une certaine facilité à s’insérer dans la société les consommateurs d’héroïne ont en revanche plus de difficultés. En effet.11 Etat de santé ressentie par catégorie Source : Consommateurs d’héroïne et/ou de cocaïne hors traitement médical 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0 consommateurs « cachés » très bon consommateurs « connus » bon mauvais consommateurs « occasionnels » .Toxicomanes 124 L’état de santé des toxicomanes qui fréquentent les institutions peut être qualifié de mauvais en comparaison avec les autres consommateurs. Ceci est encore une fois lié au mode de consommation.

Toxicomanes 125 .

ô juste. cinéastes. écrivains. ect. de tâches insolubles.Toxicomanes 126 art de vivre Diverses raisons poussent les personnes à se droguer. voler. » Freud. et tu possèdes les clefs du paradis. Le briseur de soucis c’est le fruit de la vigne. elle nous apporte trop de douleurs. Pour y parvenir certains sont prêts à tout : se prostituer. Celle-ci réagit la plupart du temps avec dégoût face aux toxicomanes. subtil et puissant opium ! » Charles Baudelaire. de déceptions. ou une échappatoire aux difficultés de la vie pour d’autres. Celles-ci sont alors vénérées au lieu d’être dénigrées. tu donnes à l’homme ces trésors. La curiosité pour certains. 2004 « Cette chère vie se soucie de donner des soucis. . cette posture moraliste a tendance à s’inverser radicalement quand il s’agit de figures prestigieuses (artistes de tous bords. Pour la supporter. Étonnamment. comme le seraient les habituels toxicomanes que l’on croise parfois au détour d’une rue. les paradis artificiels. « La vie telle qu’elle nous est imposée est trop dure pour nous. nous ne pouvons pas nous passer de remèdes sédatifs. Malaise dans la culture. PUF.12 Un moyen de se réfugier dans un monde idéal. vivre dans la rue. etc. musiciens. » Sorgenbrecher « Toi seul. Edition Librio L’utilisation de drogues comme remède aux problèmes de l’existence est une méthode incompréhensible et immorale pour la collectivité.).

J’en prends pour travailler. Maintenant. Thomas de Quincey. Bon Scott. William Burroughs. pas la drogue. Jean-Paul Sartre. Pete Doherty. » William Blake. L’âme doit gouverner. Jim Morrison. 1994 . leurs propres marches vers Dieu. Janis Joplin. Arthur Conan Doyle. . c’est tout.. comme une marche donnant sur d’autres chemins. on peut citer Charles Baudelaire. infinite. Il n’a pas à s’en vanter. Dover Publications. Diego Armando Maradona.. Carlos Castaneda. Antonin Artaud.Toxicomanes 127 Parmi les grands noms à avoir eu recours aux paradis artificiels. janvier 1998 « If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is. Kurt Cobain. Verlaine. For man has closed himself up. Henri Michaux. Jimi Hendrix. ect. Walter Benjamin. » Johnny Hallyday. « Les drogues sont en général une expérience assez mystérieuse. vers d’autres formes spirituelles. Je les utilise juste pour une chose spécifique. Robert Louis Stevenson. Amy Winehouse. c’est fini. » Jimi Hendrix « Oui la cocaïne. pour relancer la machine. c’est ainsi. The Marriage of Heaven and Hell. Johnny Cash. till he sees all things through narrow chinks of his cavern. Rimbaud. j’en ai pris longtemps en tombant de mon lit le matin. Le Monde. je n’en suis pas fier. Tous les indiens utilisent différents moyens de stimulation. pour tenir le coup. Johnny Hallyday. Klaus Mann.

.

chapitre VI CONClUsION .

Comme nous l’avons vu précédemment. où le local d’injection apparaîtrait comme une utopie urbaine. peuple. Ces structures ont chacune un champ d’action spécifique. d’autres s’occupent davantage des conséquences sociales liées à la consommation de drogue (logements d’urgenge. la ville ne dispose pour l’instant pas d’un local d’injection. Inutile de dire que sa réalisation nécessiterait un changement significatif dans plusieurs domaines : politique. Un espace de consommation de stupéfiants en plein cœur de la ville de lausanne n’est pas une idée nouvelle. ils constituent tout de même une population particulièrement vulnérable au virus du sida ainsi qu’à l’hépatite C. . il est tout à fait judicieux de la part de la ville de Lausanne d’avoir créer un réseau de structures d’aide aux toxicomanes.3 Le présent projet s’inscrit par conséquent dans un contexte quelque peu imaginaire. malgré un tel réseau. insertion sociale. Le présent projet viendrait ainsi compléter l’offre déjà présente. Bien que leur état de santé se soit considérablement amélioré depuis les années 1990.2 Or. distribution de repas.1 Vu les chiffres. ect). implantation et architecture. le Conseil communal de la ville de Lausanne avait soutenu (en vain) la réalisation d’un centre d’injection en 2007. En effet. si certaines offrent essentiellement un soutien thérapeuthique. dont 1’500 rien que dans la commune de Lausanne.Conclusion 130 Projet Le canton de Vaud compte près de 2’500 toxicomanes.

Bien que cet investissement soit relativement élevé (entre 1 et 2 millions)7. soit à mettre à disposition un terrain qui lui appartient soit à acheter un bâtiment. La ville est donc condamnée. Les locaux sont généralement fréquentés par une population précaire. Ces espaces n’ont donc pas un but lucratif et dépendent essentiellement des subventions accordées par la commune. il faudrait que la majorité des acteurs politiques de la commune de Lausanne soutienne le projet. certains partis politiques se sont fortement opposés à la réalisation de l’espace d’injection. Sans l’appui politique des autorités. il faut dire en revanche qu’elle ne fait guère l’unanimité au sein de la classe politique. la réalisation du local serait plus qu’improbable. ce qui a conduit inévitablement à l’abandon du projet. les agences immobilières sont plutôt réticentes à louer leurs espaces pour y accueillir des toxicomanes. Si tel n’est pas le cas. Pour que le « projet » soit réalisé. Le soutien politique se traduit à la fois par un engagement moral et financier. les détracteurs du pilier sous-cité s’opposent à la réalisation d’espaces de consommation de stupéfiants. Genève ou Lausanne.Conclusion 131 Politique Si la politique des quatre piliers a bel et bien permis d’améliorer la situation depuis l’époque des scènes ouvertes.6 A Lausanne. les locaux de consommation de stupéfiants devraient permettre à long terme de baisser les coûts au niveau des soins de santé. à titre d’exemple. En règle générale. « Yucca » et le « Quai 9 » n’auraient jamais vu le jour ou auraient cédé à la pression du voisinage. notamment en ce qui concerne le pilier de la réduction des risques.5 On peut. L’implantation géographique du local est aussi impossible sans le soutien inconditionnel de la ville.4 Généralement.8 . Certains partis souhaitent une politique plus répressive basé sur l’abstinence. analyser les cas de Bienne.

si votre enfant sur le chemin de l’école croisait des dealers et des prostitués en plein jour ? » L’enfer du Kreis 5. Mais ce qui me paraît plus déroutant encore. 1994 Créer un espace « hors-la-loi » où les toxicomanes viendraient se droguer « paisiblement » grâce à l’argent de la collectivité semble à priori déroutant. En outre. au moins de maintenir l’état de santé des toxicomanes. On a encore pu le remarquer lors des votations du 30 novembre 2008 sur la « modification de la loi sur les stupéfiants ». que l’on associe volontiers à l’oisiveté et au vice. c’est l’attitude qui consiste à ignorer. il est habituel que les citoyens directement concernés par un local d’injection (les riverains) s’opposent à ce dernier.10 Mais pour la collectivité. sont touchées. généralement peu au courant des problèmes liés à la drogue. puisque la prise de drogue s’effectue ici sous surveillance médicale. ce malgré les bénéfices évidents qu’en tire à la fois la société et les consommateurs de drogue. c’est les toxicodépendants les plus démunie qui sont touchés.Conclusion 132 Peuple Le peuple soutient fortement la politique Suisse en matière de stupéfiants. sinon d’améliorer.11 « Que diriez vous si votre enfant sur sa place de jeux habituelle. Toutes les classes sociales. le retour de matériel usager et de diminuer les troubles de l’espace public.9 Pourtant. Tell Quel. Mais lorsqu’on refuse la construction d’un espace de consommation. à cacher le problème de la drogue. ces structures permettent d’améliorer la distribution de seringues. sans exception. se voyait proposer des doses d’héroïne ? Que diriez vous. . TSR. Il convient par ailleurs de souligner qu’aucun décès n’a jamais eu lieu dans un local de consommation légal. ou pire encore. les toxicomanes restent des individus potentiellement dangereux. L’exemple de Bienne et de Genève nous a d’ailleurs permis de démontrer que la réalisation de locaux de consommation permettait.

Conclusion 133 Implantation La première partie du présent travail a mis en évidence les problèmes liés à l’implantation des locaux de consommation: le besoin d’être proche des scènes de drogues tout en étant à l’écart des commerces. des écoles et des logements. rien de mieux qu’une île ou une vaste portion de ville qui appartiendrait exclusivement aux toxicomanes. infrarouge. En réalité. la situation ne semblait pas si dramatique qu’on le prétendait quand on la compare avec celle de Genève.13 Dans l’idéal. tsr.ch Le local d’injection tel qu’il avait été proposé en 2007 par le Conseil communal de la ville de Lausanne. aurait dû se trouver dans un ancien édifice situé rue de César-Roux 16 (à environ dix minutes à pied de la place de la Riponne). Ceux-ci estimaient que le projet était trop proche d’établissements scolaires. » Snoopy1291. « Pour moi la Suisse achèterait une île dans le Pacifique.14 Cet emplacement a été fortement critiqué par les partis politiques opposés au projet. (…) on y mettrait tous les drogués (…) et on les laisserait se shooter. . L’objectif du conseil communal était alors d’éloigner les toxicomanes du centre ville.

Conclusion Ecoles à proximité du Quai 9. Genève 134 Ecole des Beaulieu Ecole des Grottes Ecole des Cropettes Ecole d’Ingenieurs Quai 9 Ecole Saint-Gervais Ecole Necker 50 100 200 .

Lausanne école primaire 135 école supérieure en éducation sociale école du Tunel école public de couture école supérieure de la santé local école sociale de musique 50 100 200 .Conclusion Localisation des écoles par rapport au local d’injection.

Cette variante (un petit îlot détaché su reste de la ville) m’intéresse particulièrement car elle accorde aux toxicomanes une place dans la société. Pour l’implantation du projet. Ces derniers semblaient en effet ignorer la raison qui poussait les autorités à créer un local d’injection dans leur quartier. j’ai pris comme référence l’exemple de Genève.Conclusion 136 La levée de boucliers a également eu lieu chez les riverains. alors que la scène de la drogue se trouvait à la Place de la Riponne. Implantation de Genève Quai 9 25 50 100 . Actuellement. les oppositions ont tendance à se faire plus timides. Comme ici les drogués ne sont pas en contact direct avec les commerçants ou les habitants. cet espace est utilisé comme parking mais il pourrait facilement être modifié afin d’accueillir un espace d’injection. La place du Tunnel correspond parfaitement aux critères.15 J’ai donc recherché un espace vide proche de la scène de la drogue qui appartenait à la ville de Lausanne.

Conclusion 137 Implantation du Projet Place du Tunnel 25 50 100 .

. Le Quai 9 est caractérisé par une architecture éphémère et modulable. la rénovation ne me semble pas être la meilleure solution pour répondre aux exigences fonctionnelles et aux problèmes de voisinage. Pour éviter certaines crispations avec les locataires. Les usagers ont ainsi un accès situé à l’arrière du bâtiment tandis que les locataires rentrent par le devant. une image dégradante des toxicomanes. Il faut dire que l’aspect provisoire qui s’en dégage rassure en quelque sorte le voisinage. Le bâtiment peut ainsi facilement s’adapter aux changements de mode de consommation des toxicomanes ainsi qu’à un éventuel déplacement de la scène de la drogue. les riverains acceptent plus facilement ce type d’architecture. Si Le Quai 9 constitue un excellent exemple de local d’injection réalisé avec peu de moyens financiers. Par conséquent. Bien que les usagers soient satisfaits par cet espace. Par ailleurs. si cela devait arriver un jour. les autorités devraient rechercher un nouvel espace d’accueil. En cas d’accident. En effet. lequel ne voit là qu’un projet limité dans le temps. il transmet néanmoins. certaines parties de l’ancien bâtiment sont peu utilisées (la cuisine) et l’accès à l’espace d’injection est difficile (il se situe à l’étage). les problèmes de voisinage sont traités sommairement. à travers l’utilisation des containers (qui renvoient aux déchets). les ambulanciers devraient alors passer par un escalier étroit en forme de « L ». une attention particulière a été accordée aux entrées.16 Le Yucca est situé dans un ancien restaurant. nous avons analysé deux locaux d’injection (le Quai 9 et Yucca) possédant chacun une architecture bien distincte.Conclusion 138 architecture Dans la première partie de cette recherche. L’édifice est aussi incapable de répondre à un éventuel déplacement géographique de la scène de la drogue en ville de Bienne. Par ailleurs.

Il est important que l’édifice soit proche des toxicomanes et du monde dans lequel ils évoluent. L’espace est une illusion passagère. réaliser un bâtiment éphémère. On n’en sort pas dans l’infini. de la destruction et de l’illusion. mais il se peut que l’on n’ait rien à dire. » Rem Koolhaas.Conclusion 139 « Les constructions possèdent à la fois un dedans et un dehors. New York délire. une architecture du chaos. contrairement à la proposition de 2007. Une architecture humaine. L’architecture occidentale est partie de l’hypothèse humaniste selon laquelle il est souhaitable d’établir un lien moral entre les deux. le dehors laissant filtrer sur le monde du dedans certaines révélations que le dedans va corroborer. » Antonin Artaud . Sans parole. à l’extrême recul de lui. je souhaite. La façade « honnête » parle des activités qu’elle dissimule. 2006 Pour ce projet. parenthèses. Je veux dire que cela arrive Mon corps vit par rapport à lui et non par rapport au vide d’un espace autour de lui. « Ah.

.

Ils ont su me donner de bonnes références et m’ont permis de travailler avec beaucoup de liberté. sans toutefois pouvoir être tenus responsables du contenu.RemeRCIemeNTs Ce travail n’aurait jamais été possible sans la collaboration précieuse de mes professeurs. Christian Corredera Pacios a énormément contribué par sa lecture critique du texte. . Eric Moser. Enfin. Michael Jakob et Jean-Pierre Gervasoni ont de multiples façons aidé à la progression de ce projet. Daniel Kübler. Christophe Mani.

.

NOTes

Notes

144

Politique suisse en matière de drogue
1. Office fédoral de la santé publique (OFSP), La politique Suisse en matière de drogue, 2000 2. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, Editions d L’Harmattan 3. Simone Ledermann, Fritz Sager, La politique suisse en matière de drogue, Troisième programme de mesures de la confédération en vue de réduire les problèmes de drogue, ProMeDroIII, 2006, sur mandat de l’office fédéral de la santé publique (OFSP) 4. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, op. cit. 5. Ibid 6. Office fédéral de la santé publique (OFSP), www.bag.admin.ch/themen/ drogen/00042/00624/00625/00791/index.html?lang=fr 8. Infotset, www.infoset.ch/f/MainFrame.shtm?location=http://www.infoset.ch/f/archives/votations/ index.htm&menu=Archives 9. Simone Ledermann, La politique suisse en matière de drogue, op. cit. 10. Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes, LStup 11. Office fédoral de la santé publique (OFSP), op. cit. 12. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, op. cit. 13. Office fédéral de la police (fedpol), Statistique olicière de la criminalité (SPC), Statistique Suisse des stupéfiants, publication de l’Office fédéral de la police, 2008 14. Office fédoral de la santé publique (OFSP), op. cit. 15. documentaire, Le «Platzspitz» en hiver, 10vor10, SF, 14.02.1991 16. Office fédoral de la santé publique (OFSP), op. cit. 17. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, op. cit. 18. Office fédoral de la santé publique (OFSP), Statistique olicière de la criminalité, op. cit. 19. Ibid 20. Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes 21. Ibid 22. Ibid 23. Office fédoral de la santé publique (OFSP), op. cit.

Notes

145

Place dans la société
1. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, Editions d L’Harmattan 2. Sandra Solai, Fabienne Benninghoff, Giovanna Meystre-Agustoni, André Jeannin, Françoise DuboisArber, évaluation de l’espace d’accueil et d’injection « Quai 9 » à Genève, raison de santé, , Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), 2004 (Raisons de santé, 102) 3. Christine Spreyermann, Claudia Willen, Projet pilote Cactus, Evaluation des centres d’accueil et d’assistance de l’association Drop-in de Bienne, 2002, Sfinx 4. Documentaire, Bernhard Giger, fixeorte, production Theres Scherer-Kollbrunner 5. Ibid 6. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, op. cit. 7. Ibid 8. Ibid 9. Office fédoral de la santé publique (OFSP), La politique Suisse en matière de drogue, 2000 10. Groupe Sida Genève, espace d’accueil avec possibilité d’injection, décembre 2000 11. Daniel Kübler, Dominique Malatesta, Dominique Joye, Dominique Hausser, Entre santé public et ordre public, l’impact urbain des services pour consommateurs de drogues illégales en Suisse, Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA - EPFL) 12. Daniel Kübler, Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé, analyse des conflits de mise en œuvre, op. cit.

2 mars 2006 17. Dagmar Hedrich. op. Evaluation de Quai 9 « Espace d’accuieil et d’injection » à Genève. Groupe Sida Genève.02. Sanda Samitca. Programme de prescription d’héroïne. Cédric Gumy. local d’injection. Toxicomanie dans le canton de Vaud.1991 5. André Jeannin. Groupe Sida Genève.geneve. cit.swissinfo. Ibid 20. Thérèse Benninghof. Jean-Pierre Gervasoni. 2006 (raisons de santé. http://www. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Les derniers jours du Letten. Thérèse Benninghof. Sophie Arnaud. Documentaire. 103) 10. Documentaire. European Mon 8. Documentaire. décembre 2000 12. cinquième période d’évaluation 2004-2006. 135) 9. Contribution à la réflexion sur l’apport de mesures de traitement et de réduction des risques en complément au dispositif actuel. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Hugues Balthasar. Raisons et déraisons de la ville. 13. cit. 6. cit. Première ligne. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Ibid 11. 09. La politique genevoise en matière de toxicomanies : vers l’ouverture d’un espace d’accueil pour personnes toxicomanes avec un lieu d’injection. cit 18. European report on drug consumption rooms. Groupe Sida Genève. Françoise Dubois-Arber. local d’injection. production Theres Scherer-Kollbrunner 4. Sfinx . 10vor10. Michel Bassand. SF. Quoi de neuf au Quai 9 ?. Ibid 19. Des toxicomanes devant le Palais fédéral. Extrait du procès-verbal de la séance du conseil d’état. 16. Frank Zobel.asp 22. 2002. Thérèse Huissoud.ht ml?siteSect=301&sid=6449288&cKey=1149229870000&ty=st 14. espace d’accueil avec possibilité d’injection. Evaluation de Quai 9 « Espace d’accuieil et d’injection » à Genève. Sandra Solai. 22. Sandra Solai.ch/fao/2003/20030221. Frank Zobel. Françoise Dubois-Arber. Ibid 21. Frank Zobel. Presses polytechniques et universitaires romandes 2. TSI.1995 7. Sanda Samitca. Bernhard Giger.12/2002. Bernhard Giger. Le Quai 9 à l’épreuve du tram. 2001 15. Claudia Willen. Période 12/2001 . Sanda Samitca. Françoise Dubois-Arber. op. décembre 2001 23. espace d’accueil avec possibilité d’injection.03. approches du champ urbain. Projet pilote Cactus.Notes 146 espaces de consommation 1. 2003 (raisons de santé. Programme de prescription d’héroïne. Thérèse Huissoud. 121) 3. Documentaire. fixeorte. fixeorte. op. numéro 1. Evaluation des centres d’accueil et d’assistance de l’association Drop-in de Bienne.org/fre/politique_suisse/votations/Lausanne_veut_un_local_d_injections. 2007 (raisons de santé. http://www. Christine Spreyermann. Contribution à la réflexion sur l’apport de mesures de traitement et de réduction des risques en complément au dispositif actuel. Françoise Dubois-Arber. Christophe Jaccoud. Martin Schuler. Thérèse Huissoud. Thérèse Huissoud. Françoise Dubois-Arber. FAX. Sophie Arnaud. Sophie Arnaud. op. Thérèse Huissoud.

qui a fait une comptabilité par substance et par sexe dès février 2002. op. Claudia Willen. Suivi Cactus. Les résultats et conclusions concernant la consommation par sexe se basent sur le suivi interne de Cactus. Comptage des seringues trouvées dans les toilettes publiques à Bienne Données Voirie . 147 26. Christine Spreyermann. cit. responsable de « Cactus » 25. cit. op. Projet pilote Cactus. Règlement de Cactus 29. Suivi Cactus. Les résultats et conclusions concernant la consommation par sexe se basent sur le suivi interne de Cactus. 27. entretien. Eric Moser. 28.Notes 24.

Françoise Dubois-Arber. cit. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Ibid 5.html 16. Jean-Pierre Gervasoni. Cédric Gumy. Thérèse Huissoud. Frank Zobel. Sophie Arnaud.coste. Jean-Pierre Gervasoni. décembre 2006 10. Jean-Pierre Gervasoni. Thérèse Huissoud. Frank Zobel. Fabienne Benninghoff. http://www. Rachel Geense. op. Office fédéral de la police (fedpol).htm 18.infoset. op. op. Gilles Meystre. Sanda Samitca. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Cédric Gumy.ch/ 20. Fabienne Benninghoff. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. 87) 15.chuv. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Fabienne Benninghoff. André Jeannin. Ibid 3. http://www. Rachel Geense.levant. http://www. André Jeannin. cinquième période d’évaluation 2004-2006. Ibid 9.ch/foyer/ . 21. cit. Jean-Pierre Gervasoni. Françoise Dubois-Arber. http://www. Hugues Balthasar. Ibid 4. op. Sanda Samitca. 8. Françoise Dubois-Arber. Statistique Suisse des stupéfiants.coste. http://www. 2003 (raisons de santé.fondation-bartimee. Rapport-préavis N° 2006/66. Ibid 6.ch/pages/fr/prev/op. 2007 (raisons de santé.ch/psychiatrie/dpc_home/dpc_infos/dpc_infos_organisation/dpc_pco/ dpc_pco_calypso. Toxicomanie dans le canton de Vaud. Fabienne Benninghoff. Françoise Dubois-Arber. Thérèse Huissoud.ch/inst/depart/ 13. Rachel Geense. http://www. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M. Sanda Samitca. Françoise Dubois-Arber. Hugues Balthasar. Jean-Pierre Gervasoni. 14. Thérèse Huissoud.relais. Françoise Dubois-Arber. Sanda Samitca. Sophie Arnaud.ch/pages/fr/prev/ 12. Toxicomanie dans le canton de Vaud. Rachel Geense.Notes 148 situation lausannoise 1. 17. publication de l’Office fédéral de la police. 135) 2.ch/accueil. http://www. Thérèse Huissoud. cit. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. 2008 7. cinquième période d’évaluation 2004-2006. Jean-Pierre Gervasoni. cit. Sanda Samitca. Statistique olicière de la criminalité (SPC). Sanda Samitca. cit. 19. Ibid 11. Thérèse Huissoud.

http://www. Sanda Samitca. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002.ch/psychiatrie/dpc_home/dpc_infos/dpc_infos_organisation/dpc_pco/ dpc_pco_stmartin. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. Sanda Samitca. Thérèse Huissoud. 37. op. Françoise Dubois-Arber. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M. 42. 2004 (raisons de santé. Fabienne Benninghoff. Le réaménagement du dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. 2007 31. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Sanda Samitca. op. Thérèse Huissoud.chuv. cit. cit. Commune de Lausanne 30.lausanne. Rapport-préavis N° 2006/66.htm. Sanda Solai.act-riviera. Françoise Dubois-Arber. Commune de Lausanne 39. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M. cit. http://www. 23. 26. Jean-Pierre Gervasoni.chuv. Ibid . Votation Communale du 8 juillet 2007. Fabienne Benninghoff. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Le réaménagement du dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité.entree-de-secours. Jean-Pierre Gervasoni. 36. Evaluation du projet UnISET. Gilles Meystre. Rachel Geense.ch/psychiatrie/dpc_home/dpc_infos/dpc_infos_organisation/dpc_pco/ dpc_pco_stmartin.htm 25. op.ch/ 33. Thérèse Huissoud. Le réaménagement du dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. Rapport-préavis N° 2006/66. Rachel Geense. Rachel Geense.ch/ 35. Votation Communale du 8 juillet 2007. 29. Jean-Pierre Gervasoni. Ibid 28. cit. cit. http://www. http://www. 43. http://www. Sanda Samitca. Thérèse Huissoud. op. 34. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité.ch/view. Françoise Dubois-Arber. Ibid 40.asp?DocId=25885 38. Fabienne Benninghoff. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Ibid 27. Rapport annuel 2007. op. Ibid 44. Fabienne Benninghoff. Rachel Geense. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Zone Bleue. op. Ibid 24. Françoise Dubois-Arber.Notes 149 22. Thérèse Huissoud. Ibid 32. Jean-Pierre Gervasoni. cit. cit. Votation Communale du 8 juillet 2007. op. cit. Françoise Dubois-Arber. 100) 41. op. Gilles Meystre.

journal 12:45. Ibid 46.html 53.ch/colis-alimentaires. http://www. journal 19h. cit. cit. http://www.org/ 55. Préavis N° 2006/66. Centrale alimentaire de la région lausannoise. Gilles Meystre. (CARL). Gilles Meystre. op. Ibid 61.php?option=com_content&task=view&id=77&Itemid=111 64. http://www. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. 68.html 52.ch/inst/ateliereveil/ 57. http://www. Rapport-préavis N° 2006/66. http://www.ch/soupe-populaire. 49. 27 février 2007 67. Préavis No 2002/43. 59.caritas-vaud. 65.ch/default. EC STup. Ibid 60. Ibid 70.prevtech. Gilles Meystre. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M.ch/jad. Lausanne: Bienvenue à «Dope City». http://www. mai 2007 66. http://www.Notes 45. Rapport-préavis N° 2006/66.infoset. Ibid 69.fondation. http://www. octobre 2002 48. Préavis N° 2006/66. Rapport de minorité. 16 mai 2007 . http://www.. op.asp/2-0-81-6-6-1/ 150 47. Rénovation intérieure. juin 2001 51. op. Tsr. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité.bethraim. . cit.ch/index. Sleep-In du chemin de l’Usine-à-Gaz 10 à Renens. Rapport de minorité. cit.sportouverte.ch/ 58. 15 mai 2007 63. Rapport-préavis N° 2006/66. remplacement du matériel d’exploitation et adaptation de la subvention aux nouvelles charges d’exploitation.fondation. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité.org/ 54. Ibid 62. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M.i-s-v. Préavis no 225. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M.php 56. op. Ibid 50. Infrarouge.tandem91. Tsr..

prevention. .htm 2.ch/latoxicomanie. coll. http://www. Ibid 9. Ibid 3.EPFL) 5.Notes 151 Toxicomanes 1.prevention.cit. Consommateurs d’héroïne et/ou de cocaïne hors traitement médical. Dominique Hausser.htm. économique et politique. http://www. Marie Jauffret-Roustide. avril 2004 6. Ibid 11. Ibid 12. op.ch/latoxicomanie. Rapport de la commission d’enquête sur la politique nationale (française) de lutte contre les drogues illicites 4. approche sociologique. 7. Dominique Hausser. La Documentation française. Les drogues. Ibid 10. Claude Olievenstein. Consommateurs d’héroïne et/ou de cocaïne hors traitement médical. Daniel Kübler. « Les études de la documentation française ». Ibid 8. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . Daniel Kübler. Paris. cit. op.

36 6. Place dans la société. Espaces de consommation. p. Voir chapitre III. Voir chapitre IV. Exemple de Genève et Bienne. p. Voir chapitre II.71 3. p. Situation Lausannoise. cit. Projet municipal de 2007. 11. op. Politique Suisse en matière de drogue. Exemple de Genève et Bienne.Notes 152 Conclusion 1. Voir chapitre III.ch/index-fre. http://abstimmungen. Espaces de consommation. op. Situation lausannoise. Toxicomanes. Espaces de consommation. Lausanne. Espaces de consommation. Voir chaptire IV. non à 32%) 10. Espaces de consommation. à partir de page p. 15. Voir chapitre III. Voir chapitre V. 16. op. Situation Lausannoise.8 5. Voir chapitre III. Voir chapitre IV.swissinfo. Exemple de Genève. capacité d’action. cit. Consommateurs de drogues illégales. à partir de p. .100 4.36 13. Histoire. Prévention . p. Voir chapitre II. p. capacité d’action. cit. cit. op. Situation Lausannoise.34 14. cit. p. Voir chaptire IV. Exemple de Genève. Ibid 9.90 2. Voir chapitre I. 8.51 7. op. Syndrome de NIMBY. Voir chapitre III. Place dans la société.114 12.html (oui à 68%. p. Projet municipal de 2007. Voir chapitre II. Exemple de Genève et Bienne. Place dans la société.

Notes 153 .

.

bIblIOGRaPHIe .

Thérèse Huissoud. 2006 (raisons de santé. Thérèse Huissoud.EPFL) 5. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. André Jeannin. 2007 (raisons de santé. Consommateurs d’héroïne et/ou de cocaïne hors traitement médical. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. 2006 15. Sanda Samitca.EPFL) 3. 2004 (Raisons de santé. Thérèse Huissoud. Trajectoires d’utilisation de services socio-médicaux en milieu urbain. Sanda Samitca. Giovanna Meystre-Agustoni. local d’injection. Fabienne Benninghoff. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP). 2003 (raisons de santé. 1996 16. Jean-Pierre Gervasoni. Dominique Malatesta. Daniel Kübler. Dominique Joye. Frank Zobel. Trajectoires d’utilisation de services socio-médicaux en milieu urbain. Rapport basé sur l’analyse des demandes de traitement de personnes toxicomanes à Genève dans le cadre de l’Etude Multivilles. évaluation de l’espace d’accueil et d’injection « Quai 9 » à Genève. Contribution à la réflexion sur l’apport de mesures de traitement et de réduction des risques en complément au dispositif actuel. Christine Spreyermann. Thérèse Huissoud. Cédric Gumy. Rachel Geense. Sanda Samitca. André Jeannin. Dominique Malatesta. Françoise Dubois-Arber. Villes et toxicomanie.EPFL) 6. 2000 14. 2002 .EPFL) 7. Jean-Pierre Gervasoni. Villes et toxicomanie. Des politques urbaines de prévention du sida en Suisse. Politique communale dans le domaine de la toxicomanie et de la marginalité. Sophie Arnaud. 87) 9. Evaluation du projet Uniset. Frank Zobel. Fabienne Benninghoff. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . Françoise Dubois-Arber. Dominique Hausser. Dispositif lausannois en matière en matière de toxicomanie et de marginalité. Sanda Samitca. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . Dominique Hausser. Dominique Hausser. Françoise Dubois-Arber. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Daniel Kübler. Thérèse Huissoud.Bibliographie 156 Rapports 1. Sophie Arnaud.EPFL) 4. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . l’impact urbain des services pour consommateurs de drogues illégales en Suisse. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . 2003 (raisons de santé. Dominique Hausser. 86) 8. 121) 12. Motion Jean-Daniel Berset et consorts. Des politiques urbaines de prévention du sida en Suisse. Réponse aux motions de Mme Solange Peters et de M. Françoise Dubois-Arber.1997. Dominique Malatesta. Isabelle Renschler. Dominique Joye. Goupe Pompidou. Rachel Geense. Dominique Joye. Sandra Solai. Rapport-préavis 2006/66. Lausanne : Institut universitaire de médecine sociale et préventive. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. 135) 13. raison de santé.EPFL) 2.Giles Meystre. . 100) 10. Isabelle Renschler. Toxicomanie dans le canton de Vaud. Pour la période allant de 191 . Françoise Dubois-Arber. Entre santé public et ordre public. 102) 11. Rachel Geense. 2004 (raisons de santé. Programme de prescription d’héroïne. Préavis 2001/241. Hugues Balthasar. Fabienne Benninghoff. Jean-Pierre Gervasoni. Epidémiologie de la toxicomanie dans le canton de Vaud et évaluation des projets financés par le canton de Vaud : troisième période d’évaluation 2000-2002. Rapport-préavis 1995/119. Institut de recherche sur l’environnement construit (IREC/ DA . Christine Spreyermann. Eléments d’une politique communale dans le domaine de la toxicomanie. Ouverture d’un local d’injection. cinquième période d’évaluation 2004-2006. Sandra Solai. Françoise Dubois-Arber. Etat de situation et renforcement du dispositif de prise en charge.

Claudia Willen. « Les études de la documentation française ». 2000. juin 2001 157 18. Marie Jauffret-Roustide. numéro 1. Simone Ledermann. Suivi Cactus. Statistique olicière de la criminalité (SPC). Les drogues. Rapport de minorité. sur mandat de l’office fédéral de la santé publique (OFSP) 24. Office fédoral de la santé publique (OFSP). EC STup. qui a fait une comptabilité par substance et par sexe dès février 2002. Rapport de la commission d’enquête sur la politique nationale (française) de lutte contre les drogues illicites 28. décembre 2000 29. La politique Suisse en matière de drogue. Centrale alimentaire de la région lausannoise. Quoi de neuf au Quai 9 ?. Groupe Sida Genève. espace d’accueil avec possibilité d’injection. 2000 . Fritz Sager. mai 2007 20. économique et politique. coll. La politique suisse en matière de drogue. Le Quai 9 à l’épreuve du tram. 2008 23. Rapport. Paris. sur mandat de l’office fédéral de la santé publique (OFSP) 22. Les résultats et conclusions concernant la consommation par sexe se basent sur le suivi interne de Cactus. Sfinx 26. 25. 2006. Christine Spreyermann. Sleep-In du chemin de l’Usine-à-Gaz 10 à Renens. octobre 2002 19. avril 2004 27. Le réaménagement du dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité. Première ligne. Rénovation intérieure. Office fédéral de la police (fedpol). 2002. ProMeDroIII. publication de l’Office fédéral de la police (OFSP). Statistique Suisse des stupéfiants. Projet pilote Cactus. Groupe Sida Genève. La politique suisse en matière de drogue. Claude Olievenstein. Préavis no 225. Votation Communale du 8 juillet 2007. (CARL). 2 mars 2006 30. remplacement du matériel d’exploitation et adaptation de la subvention aux nouvelles charges d’exploitation. Préavis No 2002/43. Evaluation des centres d’accueil et d’assistance de l’association Drop-in de Bienne.Bibliographie 17. Préavis N° 2006/66. La Documentation française. approche sociologique. décembre 2001 31. Commune de Lausanne 21. Troisième programme de mesures de la confédération en vue de réduire les problèmes de drogue.

Dover Publications. Barbara Lucas. 2006 6. Malaise dans la culture. Sandro Cattacin. 1994 7. Politique de la drogue dans les villes Suisses entre ordre et santé. les toxicomanes. Paris. Editions d L’Harmattan 10. G. 2004 8. analyse des conflits de mise en œuvre. Charles Baudelaire. La Documentation française. Une comparaison de six réalités européennes. Geismar-Wieviorka. coll. économique et politique. Michel Bassand. Edition New Ed. Edition Librio 5. approches du champ urbain. Les paradis artificiels. Thomas De Quincey. Christophe Jaccoud.Bibliographie 158 livres 1. Edwards. Marie Jauffret-Roustide. William Blake. PUF. avril 2004 9. The Marriage of Heaven and Hell. 1998 . « Les études de la documentation française ». Arif. Modèles de politique en matière de drogue. A. Raisons et déraisons de la ville. Cahiers de la santé public 3. Presses polytechniques et universitaires romandes 2. Les drogues. Sandra Vetter. Les problèmes de la drogue dans leur contexte socio-culturel. Seuil. Editions d L’Harmattan 4. Daniel Kübler. Freud. approche sociologique. Confessions of an English opium-eater. Martin Schuler. contribution à l’élaboration de politiques et de programmes.

1995 8.09. 18.03. Réduire les méfaits et les coûts indirects des drogues. 10vor10. Schweiz aktuell. 16 mai 2007 15. Temps Présent. SF. Le tourisme de la drogue à Bâle. 10vor10. SF.1991 3.03. 15 mai 2007 14. 27 février 2007 . tsr. Journal du matin.02. 09.1991 4. Premier centre de distribution contrôlée en Romandie. Tsr. SF. FAX.Bibliographie 159 Documents vidéo 1..2003 10. Infrarouge. Dope Sick Love. RSR. 24. TSI. HBO Documentary 12.1995 7. Volte-face du Conseil national sur le cannabis. fixeorte. RSR. Le «Platzspitz» en hiver. Tell Quel.1995 6. Tsr.03.02. Des toxicomanes devant le Palais fédéral.. L’enfer du Kreis 5. Journal de midi. Les derniers jours du Letten.03. 08. TSR.2003 11. journal 12:45. journal 19h. Forum.1977 2. .09. Manifestation contre la fermeture du Letten. NYC Heroin Junkies.1999 9. documentaire de Bernhard Giger 13. TSR. Téléjournal. L’héroïne arrive en Suisse. RSR. 14. 14. Lausanne: Bienvenue à «Dope City». 17.09. Toxicomane. 25.1994 5. 03.02. 22.

admin.ch 28. http://www. http://www.swissinfo.ch 21. http://www.premiereligne.org 17. http://www.coste.ch 29.ch 12.ch 18. Prevtech. Ville de Genève. ISV. Fondation.ch 4.Bibliographie 160 sites internet 1. Ville de Lausanne.com 24.fedpol.fondation-bartimee. Office fédéral de la santé publique (OFSP).prevtech. Wikipédia.entree-de-secours. http://www.i-s-v.iumsp.wikipedia. Première ligne.ch 9. http://www.infoset. Infotset. Geoplanète.org 2. Youtube.fondation.ch 22. Caritas.sportouverte. http://www.levant. http://www. TSR.ch 10. http://www. http://www.geneve.lstup. http://fr.bethraim.org 16.ch .ch 26.lematin.ch 15.bag. Fondation Bartimée. Fondation du Levant.ch 6.admin.ch 8. http://www. Tandem. http://www. www. http://www.caritas-vaud. Coste. http://www. http://www.ch 13.tandem91. http://www. http://www. Prevention. Swissinfo. Fondation de Bethraim.ch 7.chuv. IUMSP. Le matin.ch 25. Act.act-riviera.ch 30. http://www. http://www.ch 27.lausanne. http://www. Fondation entrée de secours. http://www. Fondation du Relais. Lstup.prevention.ch 20. www.ch 14. Le Chuv. Sport’overte.ch 11.vd.youtube. http://www.org 23. http://www.ch 5.relais. Fedpol.tsr. http://www. Le temps.ch 19. http://fr.geoplanet. http://www.ch 3. http://www.letemps.

Bibliographie 161 .