Vous êtes sur la page 1sur 1

Source: Le Monde

Source:

Le Monde

Thème: Emploi

Date: 29/08/2011

Date:

29/08/2011

Localisation: France

Thème:

Emploi

Localisation:

France

La flambée des priX de l'immobilier freine la mobUité professionnelle et l'emploi

70 % des actifs déclineraient une offre pour éviter d'augmenter leurs dépenses de logement, selon le Crédoc. Pour faire face, des entreprises vont plus loin que les dispositifs traditionnels

:

éménager pour trouver un

Si les salaries précaires (60 %),

meilleur emploi ou ne pas

les jeunes (54 %) et les locataires

1 bouger de peur de plomber encore un peu plus son budget?

Le

poids croissant des dépenses de logement oblige de plus en plus de français â faire des choix, qui se font parfois en defaveur de la mobilité professionnelle.

Une étude réalisée en juillet par

(60%) sont moins rétiŒJltsà dém(i~

nager pour un meilleur emploi que les propriétaires de leur loge~ (80 %), (da majorité ne s'inverse jamais, quelles 'lue ,ço;ent les catégories sOciales", poursuit M"I<Hoibian.

ment

Autf(~ enseignernentde

J'encluê-

le Centre de recherche pOUt l'étll M

compte du

te; en cas de chômage prolongé,

ce

de et l'observation des (ondttions

sont les salariés propriétaires qui sünt les moins enclins à envisager

de vic (Crédoc). l'ourle Medet. met en lumière

les risques

de quittcrleUlheu

de vie. Ce résul-

sur l'emploi de la tlambêe d~ j'immobilier.

Réalisée en jj face à face Il de

décembre2010 à janvierzoll, auprès d'un échantillon représen-

tatif de :il 006 personnes, sélec-

t.ionné(~s sdoTl la- fJldllDdl~ des

des prix

quotas, ce travdH fa'lt apparaitre

que 70 % des actifs déclineraient i une opportunité professio1tnelle

1 pour ne pas avoir à supporter une augmentation de leurs dépenses de logement.

Et ~dans un contexte de chôma-

ge aCCIll, sur les 4,6 milliom; de chô-

meurs inscrits à Pôle emploi, le

Crédnc

estime

qu'environ

1 500000 personnes ont effective-

ment renoncé il. Un poste au {'ours de ces cinq demii.<rcs.aTlllées.

1

Cette problématique

lement d'importance vient au prernier(hef

prend tel~

qu'eUe ~nter-

dans iechoîx

d'un nouvel emploi. • Ne pas dèmè- naqer)) est un crHèr-c« très impor·

tunt~1pours6% des sondés,{{)ntre

48 % pOllr le critère de la rémunéra-

tiOTl. (rl:f?~pérance de gain sel/ariaJ

l1e semble pas compenser fa I

'raint~

de devoir dépenser pltl_~ pour se

logeret.ftnalement, beaucoup prè-

! fêr.ent ne pas bouge"J, analyse San-

dra Hoibian, directrice ad juin te du

dép.artement conditions de vie et aspirations des Français et coauteu-

I"edel'étud~.

tat étaye les êtudcs rnacroeconÜ'" llIiques, notamment des travaux r-écents de l'OCDE montrant que les pays où le taux de propriétai- res est le plus é~evé sont aussi ceux où le taux de chômage est le plu'élevé. - La question de la distance tra-

vail·t:1 npllJi. el itnpJicilcllHmll~e11 e

du temps de transport, pèse aussi beaucoup dans les arbitrages cn mahère de logement. Or la hausse des prix a eu tendance à accroître

les distarlCf 's ~ntrt" le domicile

et le

lieu

de travail. La proximite :avec le

Heu de travail

est ainsi le dcu)(iè~

me nitère d-e choix du logement (41% des suffrage,), jU'le aprè, la qualité de l'habitation (53%).• On

perçoit

bien les limites

de l'étale-

ment urbain et les n·sques en ter-

mes d'emploi d'une poursuite de la

hausse df.!s coûts du logement dans

les centres-villes,,_ expliquent les auteurs de l'étude.

D'ailleurs, 7% des persormes

en

âge de travailler déclarent avoir

f-écemment

renoncé

à un pos.te

nécessitant un temps de transport trop import~nt. Le Crédoc estim-e

quecelil correspond

à un défaut de

plus de zmilHons de candidatures pour les recrutt~urs au cuurs des cinq dernières années, Dans ce contexte, les risq ues de grippage du marché de J'emploi sont bien réels et commencent â inquiéter les entreprises. Ce n'est

d'ailleurs pas un hasard que la principale urganisatjon paLTOtlale sDit à l'origine de la (ommande de l'étude_ Traditionnellement. la ques- tion du logement est traitée dans

les C:l1trc:priscs p[jrle biais d'Action

Logement (ex·l % logement), qui

permet

parc social ou l'obtention

à taux avantageux. Mais, face aux

difficulté~ rencontrées par leurs salariés, beaucoup essaient d'élar-

gir leurs dispositifs, en propm:ant

des aides pOUT les salariés qui ne

peuvent pas fournjrd.e

ou

dans Je

l'accès à la location

dE' prêts

garants

dont les ressources sont sUpétieuR

res Ii ceUes retenues pour accéder

au logement social.

L'Oréal SA (6oo salariés cnn-e~de- France) a ainsi signé, le 13juillet, un accord où elle s'engage à prendre enchargeune ass.urance quigaran· tit le propriétaire contre les risq ucs d'irnpayé5. des locataires. 1. Plu-

sieurs dizaines de collaborateurs

pourront être intéressés par ce dis- positif qui entrera en vigueuren sep- tembre, es.time Pascal Metton, le directeur des affaires sociales de

l'entreprise. Nous avons longfemps axé nos effortsmrl'o1free~l matière de sanü?, aujuurd'htli le logement

~st au cŒurdenatre priorité»

Essentiel dans les zones les

plus tendues, l'accès au logement

peut aussi être un vrai problème dans des régions par manque tout

simplement de logl'fnents adap- tés. Ainsi, pour altirer des jeUfH:'s diplôm-és, Joseph Pu:~w, PDG d'Axon"Cable, une PME de 650 salariés située à Montmirail (Marne), à 100 kilomètres de Pari.s, Joue plusieurs puvilhms

qu'il met à la disposition

de ses

jeunes stagiaires rémunérés, moyennant une cemained'f.'uros. Une fois le contrat de travail signé, ils sont invités à voler de leurs propres aiies. «L'habitat

dam la région n'est pas adapté

pour cerc~ population 11y a peu

d'appartements

libres et les villa,

sont trop grandes et trop chère~

pour des fermes. J'ai frouvé cerre

solution pour lesfaire venirl!t leur donner envie de resferchez nous »,

conclut M_PUlD.

Mais si elles veulent continuerà

aider les: salariés à trouver

un toit,

les entreprises vont sans doute devoir rn~ttre de plus en plus. la

main à la poche. Ironie du sort, les

travaux du Crédoc sont publiés au moment où l'Etat est sur le point de prélever une partie des ressour-

ces d'Action logl:"ment

pour ren-

flouer les caisses de l'Agence pour la rénovation urbaine (ANRU) et de

l'Agence nati()nah~ de l'habitat (ANAH).Une ponctIon qui dimi-

nuera

moyens en faveur du logement

des salarié,s.@

mécaniquement

les

Catherine Rollot