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Droit public

Introduction

Droit → traduction d’un certain nombre de rapport de force → est l’expression d’une réalité. Exemple : le fait qu’un Etat soit indépendant par rapport aux autres, sa traduction en droit se nomme la souveraineté.

La règle de droit porte une idée de justice → essaie d’agir sur la réalité de l’améliorer vers + de justice. Les sociétés modernes sont toutes organisées en Etat.

•Au sein de l’Etat les rapports de relations entre particuliers sont

soumis à des règles de droit privé → relations d’égaux. (CC, droit commercial, droit des affaires…)

•L’organisation

et l’activité de l’Etat, les rapports que l’Etat entretient avec les individus sont des questions régies par des règles spéciales car impliquent l’Etat et parce qu’elles régissent des rapports ≠ d’une autre nature. Ces règles de droit sont règles de droit public donc ≠ de celles régissant les rapports entre particuliers.

Le droit public régit des relations d’inégaux → particulier en situation d’<, d’obéissance par rapport au pouvoir d’Etat. Choisir un gouvernant est choisir celui à qui on accepte d’obéir → assure la cohésion sociale.

Ces règles de droit public sont diverses :
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•Droit constitutionnel •Droit administratif •Finances publiques

Droit constitutionnel est indispensable pour organiser une société dans sa forme la + aboutie soit l’Etat.

Droit constitutionnel est né avec l’apparition de l’Etat moderne.

Section 1 → Définition du droit constitutionnel.

Dans la plupart des Etats modernes l’ensemble des règles fondamentales de l’Etat figurent dans la Constitution.

2 conceptions de la notion de Constitution :

§1 : Les 2 conceptions de la notion de Constitution.
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A) Conception matérielle.

La + ancienne historiquement et se focalise sur la matière, l’objet et le but des règles juridiques fondamentales de l’Etat. Viser la manière dont l’Etat est gouverné → tout Etat a une conception au sens matériel du terme. Exemple : R-U → Monarchie parlementaire France → République démocratique

B) Conception formelle et normative.

Est + récente → apparue au XVIIIème siècle (des Lumières) → Révolution américaine et française. La Constitution formelle est le document écrit dans lequel est décrit le mode de gouvernement de l’Etat. Exemple : France → celle du 4 octobre 1958 instituant la Vème République. vigueur Celle des USA est celle du 17 septembre 1787 toujours en aujourd’hui → le texte le + ancien.

Tout Etat n’a pas forcément de Constitution au sens formel du terme : Exemple : le R-U n’a pas de texte solennel proclamant les règles fondamentales.

La majorité des Etats ont une Constitution au sens formel.
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Cette conception formelle est aussi une conception normative → la Constitution écrite est conçue comme une loi suprême, > ayant un contenu spécifique. Le contenu n’est pas ordinaire car elle est sensée être l’œuvre d’un peuple libre qui s’est donné sa propre Constitution. On est sensé avoir affaire à une société démocratique libérale et pluraliste. En quoi est-ce aussi une loi suprême ?

La Constitution est > → rien au dessus d’elle → s’impose au pouvoir en place → toutes les lois qui vont être faites par les gouvernants devront être subordonnées à cette Constitution.

Elle est au sommet de l’ordre juridique national → conditionne toutes les règles de droit.

La réalité de cette > va dépendre de l’existence d’un contrôle pour assurer le respect de ses règles.

§2 : Les définitions matérielles et formelles du droit constitutionnel.

A) Définition matérielle du droit constitutionnel.

1) L’objet du droit constitutionnel.

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A pour objet de l’observation, la compréhension et l’encadrement juridique de certains phénomènes politiques. ↘ au sens large du terme → remonte à Aristote « l’Homme est naturellement un animal politique ».

Politique → polis = la cité en grec, le groupe social organisé. ↘ Organisation perfectionnée préfigurant l’Etat moderne. ↘ Tout ce qui se rapporte aux individus qui vivent dans un groupe social constitué en Etat. ↘ Chose de tous.

Les phénomènes politiques recouvrent les activités sociales → sciences sociales

Le droit constitutionnel n’étudie que certains phénomènes politiques → rapports entre gouvernants et gouvernés → pouvoir politique d’Etat.

Ses rapports concernent :

•le mode de désignation des gouvernants •l’organisation du pouvoir d’Etat •la conquête du pouvoir •l’exercice du pouvoir •la perte du pouvoir •l’action sur le pouvoir (sur la décision politique) de ceux qui n’exercent

pas le pouvoir

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Le droit constitutionnel ne se limite pas à l’étude de la Constitution mais s’intéresse à l’ensemble des éléments d’un système politique d’un Etat (partis politiques. Seront des rapports de > codifiés et contrôlés par le droit. Le droit constitutionnel a pour objet de soumettre au droit les rapports entre gouvernants et gouvernés → rapports seront soumis à des règles. Il faut dépasser la contradiction des opposés. syndicats. groupes parlementaires…). 2) La finalité du droit constitutionnel. La 1ère tentative de conciliation résulte de textes très anciens sur les libertés : •Grande Charte de 1215 •Habeas Corpus de 1679 → texte précis qui vise les poursuites judiciaires arbitraires → toute personne arrêtée doit être présentée à un juge le + tôt possible •Bill of Rights de 1689 → codification des droits et libertés des individus considérés comme des limites au pouvoir royal Droit constitutionnel (semestre 1) 6 . Le pouvoir politique est une nécessité pour que la collectivité puisse survivre. Au XVIIIème siècle → le constitutionnalisme se développe → la liberté et pouvoir politique sont nécessaires.

Le droit constitutionnel a pour finalité de garantir la liberté en limitant le pouvoir au moyen d’un certain nombre de règles de droit → appelées la Constitution au XVIIIème siècle → mode d’organisation idéal de la société. Combattre tout pouvoir arbitraire des gouvernants. Ces règles de droit sont : •Principe de séparation du pouvoir d’Etat •Degré de participation des citoyens au pouvoir •Droits et libertés reconnus aux citoyens en contrepartie du pouvoir qu’ils acceptent de subir La Constitution apparaît comme étant un pacte entre les citoyens et le pouvoir. Entraine 2 conséquences : Droit constitutionnel (semestre 1) 7 .Au XVIIIème siècle cette problématique va être exploitée → combattre la monarchie de droit divin (en France) → le pouvoir du roi vient de Dieu. Au sommet de la hiérarchie des règles d’un Etat → pyramide des normes. C’est l’ensemble des normes ayant une valeur > à toutes les autres règles. Objet → soumission au droit Finalité → garantir la liberté B) La définition formelle du droit constitutionnel.

par une juridiction constitutionnelle.•Les normes doivent être élaborées selon une procédure spéciale. une cour constitutionnelle. solennelle. •Il faut un contrôle exercé par un organe indépendant. Seule une règle constitutionnelle peut la modifier. La Constitution ne peut pas être révisée de n’importe quelle manière → procédure spéciale. Droit constitutionnel (semestre 1) 8 . Définition : Un Etat de droit est un Etat : •dans lequel existe une hiérarchie des normes avec des normes constitutionnelles qui s’imposent aux gouvernants. Depuis 1958 seulement il y a un contrôle en France exercé par le Conseil constitutionnel contrôlant la constitutionnalité des lois votées par le Parlement. •dans lequel les libertés sont spécialement protégées puisqu’elles sont affirmées et garanties par des normes formellement constitutionnelles → > et suprêmes s’imposant aux gouvernants et cela sous le contrôle d’une juridiction constitutionnelle (tribunal des DDH) Section 2 → l’Etat titulaire du pouvoir politique. Cette définition formelle fait partie d’une théorie reconnue → théorie de l’Etat de droit.

§1 : Le pouvoir politique.Dans tout groupe humain on peut observer une répartition de ses membres en 2 catégories : •Ceux qui commandent •Ceux qui obéissent Traduit le phénomène du pouvoir s’observant dans les relations privées. dans le travail et au sein de la société prise dans sa globalité. L’adhésion du groupe au pouvoir peut venir de la séduction. Le pouvoir politique a la responsabilité de l’intérêt général. A) La notion de pouvoir politique. recherche du bien commun Ceux qui ont le pouvoir ont droit de décisions contraignantes. Lorsque ça concerne le groupe social d’Etat. Pouvoir légitime = pouvoir reposant sur le consentement. Droit constitutionnel (semestre 1) 9 . l’acceptation des membres du groupe. de la peur. Pouvoir politique = pouvoir dans la cité → traduit la relation de commandement et d’obéissance s’établissant entre les commandants et les commandés. dans l’Etat → pouvoir politique Peut s’exercer de ≠ manières → ≠ formes de gouvernement. Pour durer le pouvoir politique doit être légitime.

de la croyance selon les ≠ cultures. La cohésion du groupe repose sur le respect des traditions. B) Les ≠ formes du pouvoir politique. Dépend de l’évolution économique… d’une société → sociologique. On distingue 3 formes de pouvoir politique principalement correspondant à 3 types de légitimité ≠ mis en évidence par Max Weber sociologue allemand dans le savant et le politique de 1919. des coutumes → pouvoir exercé autrefois le patriarche ou le seigneur terrien dans le système féodal. Les besoins économiques et sociaux peuvent inciter les membres du groupe à s’en remettre à un homme providentiel. le + Droit constitutionnel (semestre 1) 10 . culturelle. Pouvoir individualisé → s’incarne dans un homme le + sage. 1) Le pouvoir traditionnel.de la superstition. La légitimité s’acquiert par la tradition. 2) Le pouvoir individualisé et la légitimité charismatique.

•Est incarné dans un homme → disparaît donc avec lui → absence de continuité créant une situation fâcheuse pour le gouvernant dont l’autorité peut être menacée par des rivaux et pour les gouvernés victimes des luttes pour la conquête du pouvoir. Va exercer cette autorité comme une prérogative personnelle → car la doit à ses qualités propres. commandement à obéissance tiennent à Avantages de ce pouvoir institutionnalisé : •Assure une forte cohésion interne sociale autour de l’homme •Affirmation de l’autonomie du groupe vis-à-vis de l’extérieur Inconvénients majeurs : •Peut user et en abuser à sa guise → peut être arbitraire car il n’est soumis à aucune règle de droit. Pouvoir institutionnalisé correspond au charisme (grâce.fort. Il fait lui même la loi. 3) Le pouvoir institutionnalisé et la légitimité rationnelle. Droit constitutionnel (semestre 1) 11 . don particulier). le + habile (peu importe le mode de désignation) Reconnaissance de la capacité de l’individu à incarner un groupe (s’identifie en l’homme). Les relations de l’identité du chef.

Se traduit par des règles de droit → l’institution produit les règles de droit qui régulent la vie politique. Définition : Institution : Création durable issue de la volonté humaine se traduisant par des règles de droit (écrites ou coutumières). Leur autorité n’a plus sa source dans leurs qualités personnelles mais des règles de droit qui découlent de l’institution. Si le pouvoir cesse d’être incarné dans la personne du chef → ne peut rester sans titulaire donc est institutionnalisé. Conclusion : Droit constitutionnel (semestre 1) 12 . Elles s’imposent aux gouvernants eux-mêmes. L’autorité est consenti parce qu’ils ont un titre juridique pour gouverner → légitimité rationnelle (ratio = règle). C’est une personne morale (l’Etat) qui est le titulaire abstrait du pouvoir politique → assure la pérennité du pouvoir politique. On est passé d’un pouvoir personnel à un pouvoir individualisé puis institutionnalisé.Nécessaire dissociation entre le pouvoir et celui qui l’assure. Les gouvernants (agents d’exercice du pouvoir d’Etat) passent mais l’Etat demeure.

Aujourd’hui le président de la République est élu → institutionnalisation du pouvoir . A) L’origine de l’Etat. §2 : L’Etat.Ces ≠ formes de pouvoirs et de légitimité ne s’excluent pas les unes aux autres → peut y avoir des interférences : Le phénomène d’institutionnalisation du pouvoir apparaît sous la monarchie de l’A-R « le roi est mort vive le roi » → idée de continuité de l’Etat. Apparaît au XVIème siècle dans sa forme moderne. mais peut avoir un certain charisme Exemple : De Gaulle Ce charisme peut être recherché en s’appuyant sur les médias. •Résultat d’un processus naturel •Résultat de la volonté des Hommes → 2 courants : volonté exprimée dans un contrat Et volonté donnant naissance à l’état institutionnel Droit constitutionnel (semestre 1) 13 . Notion moderne car forme récente d’organisation sociale.

dislocations d’empires) soit résulte d’un processus pacifique et lent. Thèse formulée la 1ère fois au XVIème siècle par des calvinistes français pour démontrer que le pouvoir d’état ne serait pas une création de la volonté divine mais d’un contrat conclu entre les Hommes → pacte de sujétion → les sujets s’engagent à obéir au roi et ce dernier s’engage à respecter des règles garantissant leur liberté. Thèse reprise et développée au XVII et XVIIIème siècle : •Thomas Hobbes dans le Léviathan de 1651 •John Locke Essais sur le gouvernement civil en 1690 Droit constitutionnel (semestre 1) 14 . Les cités grecques de d’organisation étatique.1) Les thèses de l’origine naturelle de l’Etat. Ne s’appuie pas sur une réalité historique mais a permis de justifier les points de vue politiques de ceux qui la défendaient. Résultat d’analyses d’évènements … sociologiques → suite à une succession Soit résulte d’un processus rapide et violent (conquête. l’Antiquités ont été les 1ers exemples 2) La thèse de l’origine contractuelle de l’Etat.

légitimement les sujets ont le droit de se révolter. Cette thèse de l’institution développée par un jésuite Hauriou Maurice (1906-1929) qui a consacré sa carrière à cette notion. Rousseau → l’état initial de l’Homme aurait été l’Etat de nature ou aucun lien social n’existait entre les Hommes → aucune entrave aux libertés → libres et égaux. Ne s’applique pas seulement à l’Etat. Ce pacte conclu fondant l’Etat a une particularité → le monarque est en dehors de ce contrat (non lié) n’est pas lié aux lois et donc les sujets n’ont pas à se révolter → Monarchie absolue. Les Hommes auraient ressentis le besoin de vivre en société et seraient dès lors devenus inégaux. Comme chacun participe à la confection de la volonté générale en lui obéissant il n’obéit qu’à lui-même. Hobbes → thèse de l’origine contractuelle de l’Etat va lui servir à défendre son point de vue politique de l’absolutisme monarchique. S’il existe un chef → doit exécuter respectueusement la volonté générale. Pour vivre + libres et + heureux → conclusion d’un contrat social → chaque Homme s’engagerait à se conformer à la volonté générale. 3) La conception institutionnelle de l’Etat. Qu’est-ce qu’une institution ? Des individus ont la volonté de se rassembler pour poursuivre un Droit constitutionnel (semestre 1) 15 .•J-J Rousseau dans Du contrat social en 1762. Locke → défenseur de la monarchie libérale → pacte conclu entre le monarque et ses sujets → si le monarque ne respecte pas le pacte.

En droit public il existe beaucoup de ces institutions : •les collectivités locales (communes) → groupe d’individus ayant un intérêt commun pour satisfaire un but.but déterminé → des capitaux pour faire des bénéfices. En tant qu’institution l’Etat détient ce bien commun. universités…) •l’Etat illustrant ce collectif → institution spéciale car ses créateurs ont mis à sa disposition un bien commun à tous → le pouvoir politique. une personnalité juridique → groupe d’individus aura la personnalité morale. L’Etat exerce par des règles de droit son statut → la Constitution. •établissement publics (hôpitaux. 1) Les éléments matériels. Il existe des liens entre ces 3 éléments et ces 3 caractéristiques. B) La définition de l’Etat. Au nom de l’Etat. on a une définition précise de l’Etat à partir de 3 éléments matériels. Droit constitutionnel (semestre 1) 16 . Le droit va donner à l’institution une capacité d’agir. Depuis le XIXème siècle. le pouvoir s’exercera par des gouvernants.

L’Etat est une structure organisée ayant également un territoire définit → élément matériel Définit dès le XIXème siècle → espace fermé par des frontières inviolables. Elle est constituée de tous les individus soumis à l’autorité de l’Etat. Il y a le territoire terrestre. Va affirmer son indépendance et affirme ses compétences vis-à-vis des autres Etats. •C’est un facteur incontestable de cohésion du groupe social (identité nationale) fondée sur l’attachement au territoire.a) Un territoire. La défense de l’intégrité du territoire est une valeur caractérisant l’identité nationale. Il y a plusieurs catégories d’individus : •Les nationaux •Les étrangers → soumis également à l’autorité •Les nationaux → qui vivent un moment sur le territoire + ceux qui Droit constitutionnel (semestre 1) 17 . b) Une population. Ce territoire est indispensable à l’Etat car : •c’est l’assise concrète de l’autorité politique garantissant l’effectivité de l’autorité politique. l’espace maritime (mer territoriale) et l’espace aérien.

Ces règles de droit doivent coller à la réalité → doivent rendre compte de la réalité soit de la nation. Ce qui les caractérise est un lien juridique spécifique qu’est la nationalité. ou religieuse n’a pas empêché l’unité nationale → France/Suisse •Conception française → développée par Ernest Renan à la fin du XIXème siècle. La nation est un sous ensemble de la population. religion. Un Etat ne peut perdurer que si une partie de sa population présente une certaine homogénéité. culture. ce qui fait vivre l’Etat. évènements vécus en commun créant des liens). La nation se définie par une collection d’éléments objectifs → langue. Néanmoins. Formation d’un sentiment d’appartenance → conception subjective et affective. Cette conception a entraîné des conséquences tragiques → est dangereuse car les nazis s’en sont inspirés. Droit constitutionnel (semestre 1) 18 . C’est un phénomène beaucoup + complexe → repose sur la volonté de vivre ensemble (histoire commune. Chaque Etat définit ce que seront ses nationaux → ont une certaine liberté. composée d’un certains nombre de règles : ol’acquisition ol’ensemble de droits et d’obligations à l’égard de l’Etat. Qu’est-ce qu’une nation ? 2 conceptions s’opposent : •Conception allemande → développée au début du XIXème siècle par Hegel et Fichte. Elle a fondé l’épuration ethnique comme en Bosnie. l’absence d’unité linguistique.vivent à l’étranger. impliquant les Serbes.

Cette conception se développe à la fin du XIXème siècle car a été élaboré à des fins politiques → justification du retour de l’Alsace à la France. A chaque nation un Etat exerce un pouvoir légitime. Conséquences juridiques de cette notion de nation : •C’est un élément constituant l’Etat. un moment donné (ça n’est pas intemporel). les morts et les générations futures. A donné naissance à 2 principes juridiques : ola souveraineté nationale (principe du droit constitutionnel) → le pouvoir politique politique. Ne peut renfermer plusieurs nations coexistant. la plus importante d’un point de vue sociologique et juridique est la nation. donc élément objectif. Ce concept d’Etat-nation vient de la révolution française. Droit constitutionnel (semestre 1) 19 . Certains critères objectifs peuvent être pris en compte s’ils sont décents → doivent rester second par rapport à ce qui est premier. d’Etat réside dans la nation → siège du pouvoir le droit de onationalités → les individus d’une même nation ont vivre dans un Etat propre à eux. De ces 3 notions. La notion de peuple est la plus étroite → on ne considère que les vivants vivant sur un territoire donné. La nation et le peuple sont des sous notions de la population.La nation comprend les vivants. A chaque nation correspond un Etat. Des éléments objectifs vont intervenir dans cette volonté de vivre ensemble → passé commun → une culture.

↘ pour se maintenir. •L’affirmation de l’Etat-nation a posé des problèmes → incitations à ne pas respecter les minorités culturelles (minorités hongroises en Roumanie) → uniformisation des individus et gommage des minorités. on peut modifier l’organisation de l’Etat : Exemple : Etat fédéral → Suisse. des cas particuliers. 1861 → unité italienne Après 1870 → unité allemande.Toute nation naissante a le droit de devenir un Etat. doit respecter la diversité. Unité nationale ≠ uniformité. Ce principe a provoqué l’éclatement de l’Empire Austrohongrois. La forme fédérale peut être positive et négative → lorsque le sousensemble acquiert une conscience nationale. Droit constitutionnel (semestre 1) 20 . Pour arranger les choses avec les minorités. la forme fédérale n’est plus efficace. Au XIXème siècle les Etats sont nés. au Canada et en Belgique (1993) La disparition de la forme fédérale en Yougoslavie a réveillé les minorités et entraîné la guerre. (Napoléon III défend ce principe).

Il est nécessaire → va animer la personne morale. Va rendre la justice → application des règles de droit. L’Etat possède des droits. → 3 pouvoirs d’Etat (législatif . mais a besoin d’un appareil juridique.c) L’appareil d’Etat ou politique. ↘ est titulaire du pouvoir politique. a) La personnalité juridique. 2) Les trois caractères juridiques. L’Etat demeure → continuité de l’Etat assurée par la personnalité juridique. l’appareil d’Etat va confectionner les règles de vie et va imposer le respect de ces règles → application. Appareil d’Etat judiciaire). Dans le territoire. Il faut à l’Etat une capacité effective pour exercer son pouvoir. agir en justice. L’Etat a une existence juridique se traduisant par des règles de droit. C’est un élément capital. peut passer des contrats. Cette personnalité confère une volonté propre qui ne se confond pas avec celle des gouvernants. exécutif . Droit constitutionnel (semestre 1) 21 . Il résulte d’une institutionnalisation d’une autorité politique → on dissocie le pouvoir de ceux qui l’exercent.

ce sont les Etats souverains qui sont membres. Concept élaboré par Jean Bodin la République (1576) → pour lui c’est le pouvoir du prince de faire les lois et cela sans le consentement du plus grand nombre qu’il soit → faire la guerre. Elle comporte donc 2 volets → un aspect interne (monopole de la contrainte législative [Max Weber définit la souveraineté]) ainsi qu’un aspect international (expression juridique d’un fait → indépendance de l’Etat. L’Etat est la seule personne juridique qui est souveraine. l’appareil d’Etat exerce la souveraineté. L ’Etat souverain ne tient son pouvoir que de lui-même → a la compétence de la compétence. Droit constitutionnel (semestre 1) 22 . L’Etat est titulaire de la souveraineté. La souveraineté est reliée au territoire → elle s’exerce sur l’ensemble du territoire ↘ liée à son appareil d’Etat. la paix… La souveraineté est un caractère propre à l’Etat. Aucune autre n’a cette particularité.) La souveraineté est reliée à la population → elle s’exerce sur l’ensemble de la population.b) La souveraineté. La CEE est une personne juridique → n’est pas souveraine même si c’est une personne juridique → au niveau international. Souveraineté → pouvoir > qui n’a rien au-dessus de lui. c) La soumission au droit.

mis en pratique le problème c’est que la souveraineté revient au législateur et non à la nation. étatique peut agir selon son bon vouloir. constitutionnelles. puis en 1795. Un Etat qui sera le + parfait possible lorsque le législateur particulièrement devra respecter les règles constitutionnelles. arbitrairement malgré les règles de droit. Avant 1789. les pays ont créés une juridiction constitutionnelle pour surveiller le législateur parlementaire. Le pouvoir exécutif est soumis au respect de la loi → le législatif parlementaire échappe au respect du droit → bénéfice d’une immunité qui s’explique. la division du Parlement en 2 chambres. Depuis la révolution on considère que le législateur exprime la volonté de la nation → la loi est sacrée et incontestable.La souveraineté est limitée par le droit → résultat d’un processus historique long. 1958 → changement de Constitution en France. Il y avait des règles coutumières. Le législateur doit être limité. on a soumis les normes aux normes Pour assurer la > de la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 23 . On passe à un Etat de droit quand tout est soumis à la Constitution. Ca n’a pas suffit. En théorie c’est bien. la France était un Etat de Police → Etat dans lequel la puissance publique. les droits et les libertés. Ça ne protège pas le citoyen contre les lois liberticides. Très tôt les Constitutions révolutionnaires ont prévu des protections comme la séparation des pouvoirs d’Etat. on assiste à une institutionnalisation du pouvoir (dissociation du pouvoir de celui qui l’exerce) → on passe à un Etat légal → une partie du pouvoir politique est soumis au droit. Dès 1789. Dans d’autres pays.

Pour y remédier → 2 modalités : a) La déconcentration.C) Les formes de l’Etat. C’est la forme la plus fréquente d’organisation. Norvège…) → pose des problèmes car un centre unique se trouve loin des problèmes réels de la société. (comme en France. de la population → ne peut toujours prendre des solutions adéquates. Il y a un seul pouvoir pour tout le territoire d’Etat. Droit constitutionnel (semestre 1) 24 . Il n’y a qu’un centre unique de décisions qui émane de l’Etat. Il existe ≠ formes d’organisation étatiques : 1) L’Etat unitaire.

des services implantés sur tout le territoire et constituent des relais locaux au pouvoir central. Il y a un seul pouvoir politique mais on admet plusieurs personnes morales ayant une assise territoriale plus petite → les collectivités locales → collectivités humaines cimentées par des intérêts propres et matériels (vie quotidienne) Elles correspondent physiquement à des sous-ensembles (subdivisions) du territoire de l’état → communes . conseil municipal… Droit constitutionnel (semestre 1) 25 . Ces ≠ portions du territoire sont des circonscriptions administratives de l’Etat (le découpant) accueillant une autorité nommée par le pouvoir central qui lui devront obéissance (pouvoir hiérarchique) + services de l’Etat. b) La décentralisation. représentant partout le territoire. la personne morale Etat → agissent au nom de l’Etat. Idée ancienne défendue par les girondins durant la Révolution française contre les jacobins.On admet dans l’Etat un seul pouvoir politique moral ayant une source territoriale → l’Etat lui-même. Exemple : maire . Le pouvoir central créé des organes. Exemple : préfet du département. départements . Le pouvoir de l’Etat reconnaît une certaine autorité de ces collectivités pour assurer la gestion de leurs intérêts propres. L ’Etat va leur abandonner certaines de ses compétences → transfert Les collectivités ont besoins de représentants qui ne sont pas désignés par le pouvoir central mais élues par la population locale. Ces autorités sont <. régions… et ont une personne juridique de l’Etat.

→ élaboration d’une Constitution. Ils abandonnent une partie de leurs compétences au profit d’une collectivité étatique qu’ils composent ensemble.SCELLE Droit constitutionnel (semestre 1) 26 . Ce principe s’oppose à ce que les collectivités locales puissent décider seules des attributions de compétences → c’et l’Etat qui attribue dans le cadre de la Constitution. L’Etat également dispose de ces compétences. Ils forment une fédération qui est souveraine. Etat fédéral ≠ confédération d’Etats : Regroupement de plusieurs Etats que l’on appelle Etats fédérés qui ne sont plus pleinement souverain. L’Etat unitaire se traduit par le principe d’indivisibilité de l’Etat.Pour préserver l’unité de l’Etat. Compétences administratives → permettent la prise en charge de la population locale (ramassage des ordures…). La collectivité locale détient ces compétences. 2) L’Etat fédéral. Le fédéralisme repose sur la combinaison de 3 principes mis en évidence par un juriste G. le pouvoir central exerce un contrôle non pesant et respectueux sur les collectivités locales.

Autonomie institutionnelle → chaque Etat fédéré va pouvoir se doter de sa propre Constitution (qui doit respecter la Constitution fédérale). Ce principe implique à l’échelon fédéral 3 pouvoirs qui sont distincts des pouvoirs législatif . exécutif . Tout dépend Droit constitutionnel (semestre 1) 27 . Chaque Etat fédéré va pouvoir se doter de ses propres organes (législatif .a) Le principe de superposition. judiciaire). la Belgique. b) Le principe d’autonomie. Cette Constitution va donner naissance à un ordre juridique fédéral qui va superposer à l’ordre juridique de chaque Etat fédéré. 2 formules de répartition des compétences : •La Constitution fédérale peut choisir d’énumérer les compétences de la fédération. l’Autriche. et les USA. Ca n’est pas parce qu’il y a une liste que c’est limité. exécutif et judiciaire des Etats fédérés. Les Etats disposent de leurs compétences propres. l’Allemagne. Formule adoptée par la Suisse. C’est au départ de la Constitution fédérale qui va dépendre des compétences des Etats fédérés (on ne peut parler d’indépendance mais d’autonomie).

Toute révision ne pourra se faire sans l’accord des Etats fédérés. •Cette garantie empêche qu’une révision de la Constitution porte atteinte aux compétences de l’autonomie. Cette intervention est rendue possible par l’existence d’un Parlement fédéral composé de 2 chambres : Droit constitutionnel (semestre 1) 28 . militaire. Les Etats fédérés vont participer à l’exercice de compétence de l’Etat fédéral. Aux USA. Dans les 2 cas. compétence. c) Le principe de participation. •La fédération aura la compétence de principe → liste nominative donnée aux Etats fédérés. c’est la Cour suprême qui a cette compétence. Une juridiction va trancher le problème. Ce principe d’autonomie des Etats fédérés est protégé de 2 façons : •Il peut y avoir des conflits de compétence entre la Fédération et les Etats fédérés. Tout d’abord. de la monnaie. ils participent à la révision de la Constitution de l’Etat fédéral et à l’élaboration des lois fédérales et aux rapports internationaux de l’Etat fédéral. Exemple : Canada.de la liste. les compétences sont données par l’Etat fédéral en matière financière.

↘ ne va pas au delà d’une certaine limite. Ces pratiques favorisent la fédération comme une sorte d’aspiration. élabore les lois et révise la Constitution. acceptant encore de vivre en commun à condition de conserver ses ≠ → fédéralisme par dissociation. Etat fédéral + Etat unitaire peuvent évoluer vers un fédéralisme coopératif → apparition de pratiques de coopération entre l’Etat fédéral et les Etats fédérés au delà de la répartition des tâches. •Collectivités hétérogènes autrefois regroupées. Droit constitutionnel (semestre 1) 29 . Jusqu’à présent. de centralisation.La nation fédérale Les Etats fédérés le congrès aux USA ↘ Cette chambre a beaucoup de pouvoirs (autorise la satisfaction des traités autonomes. S’approfondi à un point où apparaît l’Etat unitaire. Ils travaillent ensemble pour assurer telle tâche. des Etats se regroupent pour une maîtrise commune de leur destin → fédéralisme par association (USA). Etat unitaire → vers une tendance générale à la décentralisation. on part de l’Etat unitaire pour arriver à l’Etat régional → décentralisation.) Les raisons pour lesquelles un Etat fédéral est créé : •Un moment donné. 3) L’Etat régional.

•Autonomie → L’autonomie des entités régionales est plus réduite que celle des Etats fédérés. Comment se situe l’Etat régional par rapport à l’Etat fédéral ? •Superposition → Dans un Etat régional → un seul ordre juridique (une Constitution) comme dans l’Etat unitaire. culture) ayant conduit les Etats à une régionalisation politique. Ils ont une particularité qui explique cette évolution : → Sont marqués par des diversités (géographie. les entités (région. Dans un état régional. le Royaume-Uni et avant 1993 la Belgique → Etats qui évoluent vers ce modèle. province) ont des compétences administratives et bénéficient de certaines compétences législatives → dans certains domaines elles peuvent faire leurs lois. langue. communauté. la protection des minorités. l’Espagne. L’Italie.Région → les entités de l’Etat peuvent être communautés. → régionalisme politique. le Portugal. c’est-à-dire un soucis de prendre en compte les particularités. Comment situer l’Etat régional par rapport à l’Etat unitaire décentralisé ? Les collectivités locales (des Etats régionaux) ne bénéficient que de quelques compétences étant uniquement administrées (satisfaire les besoins au quotidien) → régionalisme administratif. Les régions n’élaborent pas de Constitution puisqu’elles ne déterminent pas leur statut (c’est dans la Constitution de l’Etat régional.) Les entités régionales ont des compétences propres (dans certains Droit constitutionnel (semestre 1) 30 .

domaines). •participation → Les entités régionales participent peu à l’Etat régional. Les Etats fédérés ont des compétences législatives plus vastes → ont leur propre système juridictionnel contrairement aux entités régionales. Etat régional → modèle intermédiaire très répandu en Europe. Vers la fin du XIX ème siècle à 1980 → tend vers un Etat régional. La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française ont des compétences législatives ≠ ou en +. C’est un Etat unitaire décentralisé. leur participation est très faible. Sardaigne…) En Espagne → 17 communautés autonomes + le Pays basque + la Catalogne Royaume-Uni → pays de Galles + Ecosse La France a une tradition d’Etat unitaire. Royaume-Uni On s’aperçoit que le degré d’autonomie des entités régionales n’est pas toujours le même au sein de l’Etat régional (à cause de la géographie) Italie → 15 entités régionales + 5 régions ayant un statut spécial renforcé (Sicile. Exemple : Italie . Droit constitutionnel (semestre 1) 31 .

En Franc e Façon dont les Hommes sont gouvernés. Ces classifications sont modifiées. Sa classification repose sur la nature du gouvernement + principe d’action (du gouvernement) 3 formes de gouvernement : •La république → le peuple ou une partie détient le pouvoir politique. Il existe plusieurs formes de gouvernements possibles. Par Aristote dans la Politique → classification fondée sur le nombre de gouvernements (par un homme. Après l’abdication de LouisPhilippe. 3ème République. A) Les classifications anciennes. 2ème République.§3 : Les formes de gouvernement. 2 variantes de la république : Droit constitutionnel (semestre 1) 32 . Après la fin du 2nd Empire. s’exerce au sein de l’état → système politique . 21 septembre 1792 1848 1870 1ère République. Louis XVI destitué. Le pouvoir politique s’organise. → inspiré d’Aristote. un petit groupe. 1748. tous les citoyens). Par Montesquieu dans L’Esprit des lois. régime politique.

Son principe d’action est la vertu → esprit de renoncement (poursuite de l’intérêt général. Son principe est la crainte. sans respect des règles. Aujourd’hui les classifications sont ≠. Rejet du despotisme. Droit constitutionnel (semestre 1) 33 . Son principe est l’honneur. la défense des libertés. ola république aristocratique → partie du peuple qui détient le pouvoir. Principe de modération.ola république démocratique → le peuple dans son ensemble détient le pouvoir politique. •La monarchie → un seul homme gouverne par des lois fixes établies → hérédité dévolution du pouvoir. le respect du peuple. du bien public. Le despotisme existe toujours mais il est plus redoutable aujourd’hui → élections démocratiques au suffrage universel → va produire des formes nouvelles de despotisme. La république c’est le gouvernement du peuple par des lois fixes et établies. C’est la séparation des pouvoirs et l’Etat substantiel. des lois. La démocratie de nos jours est ≠ → les rapports entre gouvernants et gouvernés reposent sur certains acteurs n’existant pas avant → partis politiques. B) Les classifications contemporaines. •Le despotisme → un seul homme gouverne. de manière arbitraire → volonté dominatrice.

Les règles de droits sont peu nombreuses et ne portent que sur certains aspects de la vie des personnes. oRégime libéral de l’Etat libéral → distinction entre Etats et sociétés civiles (droit public et droit privé). •Régime totalitaire ≠ régime libéral → a pour critère le champ d’exercice du pouvoir d’Etat. Les régimes politiques permettent de prendre en considération les éléments d’un système politique (partis politiques . •Autocratie ≠ démocratie → classification présentée par KELSEN. oL ’autocratie c’est un régime où les lois sont faites par d’autres. un philosophe autrichien. presse . Il n’y a pas de coïncidence entre ceux qui font les lois et ceux qui obéissent. syndicats…) Régime politique = système politique. Un homme est libre quand il se soumet à sa volonté. La liberté des gens est préservée au mieux contre le Droit constitutionnel (semestre 1) 34 . Repose sur le critère de la participation des citoyens à l’élaboration des lois oLa démocratie c’est cette participation. Les acteurs des classifications du XXème siècle utilisent des termes spécifiques. C’est un système de liberté. ou l’étendue des compétences de l’état.2 phénomènes apparaissent au XIXème siècle : •développement de la démocratie •régimes autoritaires On ne parle plus de gouvernements mais de régimes politiques (contenu + large).

Le pouvoir politique est aux mains d’un seul homme qui décide seul. démocratie et régime libéral. Vont régir tous les aspects de la vie des personnes. (exemple de l’Italie de Mussolini . Elle montre qu’il existe une ≠ de nature et de principe d’action. •Monocratie ≠ régime pluraliste → absence de compétition pour l’exercice du pouvoir. Les démocraties n’étaient pas un système de valeur à l’époque. oMonocratie (dictature) → la compétition est interdite. Evolution au XXème siècle ce leader s’appuie sur un parti politique unique et son pouvoir peut se conjurer avec une extension considérable des compétences de l’Etat. Le Totalitarisme : règne d’une idéologie officielle c’est-à-dire la capacité d’explication universelle attribuée à une idée. Principe d’action : la terreur (tout est surveillé) Il n’y a pas de correspondances systématique entre totalitarisme et autocratie . S’immisce dans tout le domaine de la vie des personnes. (exemple du régime impérial de Bonaparte) Totalitaire → le pouvoir du chef se conjugue avec l’Etat totalitaire.pouvoir d’Etat. oRégime totalitaire de l’Etat total → l’Etat envahit la société civile. 2 variantes : Le césarisme (XIXème) → régimes autoritaires. du reich nazi et du stalinisme) oRégime pluraliste → la compétition pour l’exercice du pouvoir Droit constitutionnel (semestre 1) 35 . Pouvoir absolu d’un homme qui est à la tête d’un Etat limité dans sa sphère d’action → la vie économique ne fait pas objet. La philosophie politique du XVIIIème et du XIXème siècle a défendu l’Etat libéral non favorable à la démocratie. Tout sera quadrillé par les règles de droit. → voir Hannah Arendt les origines du totalitarisme.

Au minimum 2 partis se concurrencent. Les rivaux ayant perdu peuvent accéder au pouvoir la prochaine fois. La démocratie même pluraliste n’exclue pas une personnalisation du pouvoir (de type républicain par exemple). La coalition des partis qui détient le pouvoir ne l’a que pour u temps et au terme de ce temps la compétition reprendra.est permise et organisée. Cette distinction ne coïncide pas forcément avec les autres. Droit constitutionnel (semestre 1) 36 .

Vient du grec : demos : peuple cratie : pouvoir Droit constitutionnel (semestre 1) 37 .Partie I : Théorie générale de la démocratie.

« C’est le pire des régimes à l’exception des autres. •finalité → liberté de tous les hommes. améliorer les conditions d’exercice de la liberté. A une certaine conception de la liberté → inhérente à la nature humaine. l’Etat doit être libéral → interdiction d’empiéter sur les prérogatives d’un individu. Caractéristiques : •choix des gouvernants par le peuple. Elément essence de l’humanité → il faut faciliter. Il faut que le pouvoir d’Etat apprenne à la respecter. L’opposition a un rôle essentiel. La liberté repose sur 2 piliers : ol’individualisme → l’individu est une valeur suprême dans l’ordre politique ole pluralisme → reconnaissance. » Winston Churchill. La démocratie a connu 2 variantes : •Conception classique → née de la lutte contre l’absolutisme du pouvoir (idéologie royale) Sources → dans l’œuvre des philosophes (XVIIIème siècle) et des physiocrates. Respect de l’opposition. Dans la démocratie classique. Dans cette conception c’est une fin et un moyen. Droit constitutionnel (semestre 1) 38 . Se manifeste par le libéralisme économique. pluralité des opinions et libre expression de l’extériorisation des opinions.

Les démocraties classiques d’occident ont cherché à se perfectionner par des emprunts au modèle opposé → corriger les inégalités : Apparition de nouveaux droits économiques et sociaux pour réduire les disparités → instruction. Née avec Jean-Jacques Rousseau qui va être reprise dans la Constitution française de 1793. santé… Droit constitutionnel (semestre 1) 39 . éducation.•Conception populaire → marxiste de la démocratie. La liberté est une fin. Cette conception va s’épanouir dans le Marxisme et s’opposer à la conception classique → développe une autre conception de la liberté → la liberté qui existe est le privilège d’une minorité donc l’Etat n’a pas à la respecter. Repose sur 2 valeurs opposées : oprimas du appartenance groupe sur l’individu → n’existe que par son orejet du pluralisme → il faut forcer la minorité à se rallier à la majorité pour tendre à l’unanimité → forcer les hommes à être libres. L’Etat doit créer des conditions de libertés futures par des contraintes (même l’oppression) → dictature du Prolétariat. Chacune de ses conceptions arrive à des catastrophes. Rôle de l’Etat : L’Etat doit concilier liberté et égalité en intervenant en matière économique pour établir l’égalité des chances. La liberté véritable est à conquérir.

Quelle est sa source de souveraineté ? (de l’Etat) Cette source va fonder la légitimité des gouvernements et ses gouvernants permettant l’acceptation des citoyens du pouvoir qu’ils subissent. L’origine de son pouvoir d’Etat est fondée sur un contrat passé entre le monarque et le peuple. Un pouvoir d’état aménagé de telle sorte qu’il transforme en action la volonté du citoyen. Droit constitutionnel (semestre 1) 40 . Souveraineté de sources → 2 grandes explications de l’origine du pouvoir : •Modèle anglais → après la Révolution de 1688. l’Angleterre a connu une monarchie constitutionnelle (défendue par Locke) → concrétise l’anti-absolutisme. Cette monarchie réalise une co-souveraineté entre le monarque et le peuple. d’où un pouvoir organisé de telle sorte que la liberté soit garantie. Ça implique un pouvoir d’Etat limité doublement par sa fragmentation (séparation des pouvoirs) et par sa soumission au droit (Etat de droit substantiel). Titre 1 : La participation du citoyen au pouvoir. L’origine donne le pourquoi de la légitimité.Démocratie effective (authentique) → régime politique se caractérisant par une participation libre et éclairée des citoyens au pouvoir.

Louis XVI n’est plus le représentant de Dieu mais de la nation. Le roi de France devient le roi des français. « L’Etat c’est moi » → Louis XIV Le roi = source de souveraineté de l’Etat. Contestation de la théocratie (→ on l’oppose à la démocratie) La légitimité du pouvoir ne peut être obtenue par des croyances mais par la participation sans partage. la France était une monarchie absolue de droit divin → identification du monarque à l’Etat. Droit constitutionnel (semestre 1) 41 . 1789 marque le passage brutal d’une légitimité exclusive à une autre. 2 conceptions de la souveraineté démocratique → chacune donnant lieu à une participation des citoyens ≠. titulaire et son pouvoir vient de Dieu. exclusive du citoyen au pouvoir → souverain = ensemble des citoyens.•Modèle français → avant la Révolution française. 1791 → 1ère Constitution écrite de la France → désigne la nation comme la seule titulaire de la souveraineté → monarchie constitutionnelle. Charles X) 1830 → Monarchie de juillet → constitution à l’image de celle de 1791 →Louis Philippe → dernier roi. Exception : Charte de 1814 : rétabli la monarchie de droit divin → règne de la Restauration (Louis XVIII.

il y a eu une opposition entre 2 conceptions : Droit constitutionnel (semestre 1) 42 .Chapitre 1 : les conceptions de la souveraineté démocratique. Avant la Révolution française.

A) Le principe de la souveraineté populaire. Dès le XVIème siècle.Opposition qui d’un point de vue doctrinal (théorique) est radicale. §1 : Théorie de la souveraineté populaire. Section 1 → L’opposition de la théorie de la souveraineté populaire et de la souveraineté nationale. La souveraineté de l’Etat appartient au peuple (ensemble des individus vivant à un moment donné. Amalgame de ces 2 théories → aucune ne sera appliquée.) Les hommes sont libres et égaux et possèdent tous une part = de souveraineté. Contrat social → chaque homme met en commun la part de souveraineté qu’il détient. liés entre eux par un lien solide [c’est le contrat social selon Rousseau]. La volonté du peuple souverain est la volonté générale → chaque Droit constitutionnel (semestre 1) 43 . et formulée avec + de précision au XVIIIème siècle par Rousseau en 1762. Du Contrat social. sur un territoire donné. Titulaire de la souveraineté → peuple né du contrat social.

Ce dispositif se vaut que si l’unanimité se réalise. Droit constitutionnel (semestre 1) 44 . Electorat → qualité d’électeur → ne doit pas être une faveur accordée à quelqu’un. Dans son article 7 → « le peuple souverain est l’universalité des citoyens. c’est un droit de tous. Donc la seule opinion majoritaire exprime la volonté générale mais tout le monde ne peut être d’accord → donc la minorité s’est trompée (est erronée) → doit se rallier à la majorité pour tendre à l’unanimité par tous les moyens → il faut forcer l’homme à être libre selon Rousseau. chaque homme se soumet à lui-même → préserve sa liberté. à concourir à la même formation de la volonté générale.homme contribue à l’élaboration de la volonté générale. Cette conception va avoir des conséquences assez graves → cela justifie l’omnipotence de l’Etat et le totalitarisme. Chaque citoyen a un droit personnel et égal à son voisin. » B) Les conséquences de la souveraineté populaire. 3 conséquences : 1) La conception de l’électorat de droit. Cet électorat va signifier un suffrage universel (droit pour tous) et facultatif (liberté d’exercer ou pas ce droit). En s’y soumettant. Se manifeste par son droit de vote. Rousseau va influencer les révolutionnaires et les rédacteurs de la Constitution du 24 juin 1793 (2ème Constitution révolutionnaire).

Démocratie directe → système de participation dans lequel les gouvernants = gouvernés eux-mêmes sans représentation ni délégation → pratique dans la cité grecque antique. La souveraineté populaire est inaliénable → votent directement pas de représentants. Dans cette démocratie. Dans les Etats modernes du XVIIème siècle. Rousseau imagine donc des aménagements : Démocratie semi-directe → souveraineté du peuple inaliénable.2) Un certain mode démocratie directe et démocratie semi-directe. d’exercice de la souveraineté : D’après cette théorie de la souveraineté populaire. Organes ne tenant leur pouvoir que du peuple et devant l’exercer conformément à sa volonté. cette souveraineté est impraticable matériellement. c’est le peuple qui exerce le pouvoir (réalité physique). Pour être sur que ces organes respectent cette volonté → ≠ moyens de contrôle : Droit constitutionnel (semestre 1) 45 . Les citoyens sont réunis dans une assemblée populaire pour voter les lois qui sont l’expression de sa volonté. il y a des organes indispensables au peuple → Assemblée législative qui fait la loi + un gouvernement → organe exécutant respectueusement l’application de la loi + les juges.

Les fonctions législative et judiciaire reviennent à appliquer la volonté générale. autorités → Rousseau appelle sa de la non cumulation des pouvoirs. La démocratie semi-directe se caractérise par la confection des lois. 3) Une certaine organisation du pouvoir dans l’Etat. •Ces ≠ fonctions doivent être distribuées entre ≠ organes. Ainsi il y aura des députés commis. La fonction essentielle qui est > au 2 autres est la fonction législative. Ce mandat garanti le caractère inaliénable de la souveraineté.•Tous les organes spéciaux procèdent de l’élection. Il y a une hiérarchie. La loi est l’expression de la volonté du peuple. •Ces organes seront spécialisés et hiérarchisés. La souveraineté se manifeste entièrement dans la loi. Rousseau fait partie de ceux qui revendiquent une séparation des pouvoirs. de très courte durée (remis en cause •Mandat des élus = un mandat impératif → élu doit obéir aux instructions de ses électeurs qui peuvent révoquer l’élu au cours de ses mandats. Sa conception : •Les 3 fonctions (législative . exécutive . Subordination du Droit constitutionnel (semestre 1) 46 . •Mandats électifs régulièrement). judiciaire) ne sont pas à mettre sur le même plan.

Ça ressemble à une organisation pyramidale → la peuple va élire une Assemblée législative qui exerce la souveraineté du peuple en faisant les lois. Théorie formulée pour combattre l’absolutisme royal et populaire. Prééminence de l’Assemblée législative qui n’a pas de contrepoids → confusion des pouvoirs au profit de l’organe législatif → négation de la séparation des pouvoirs §2 : Théorie de la souveraineté nationale. A) Le principe de la souveraineté nationale. Le peuple la contrôle par l’élection et le mandat impératif. L’Assemblée législative va contrôler et élire les gouvernants. et juges. Apparue dès la Révolution française → que l’on doit à Emmanuel Sieyès. Droit constitutionnel (semestre 1) 47 .judiciaire et de l’exécutif au législatif.

L’électorat est une fonction sociale → exercice d’une compétence au nom de la nation (fonction publique). Le roi sera dorénavant un représentant de la nation → exprime sa volonté. » On la retrouve dans la 1ère Constitution (révolutionnaire) → 3 septembre 1791. Seuls les plus clairvoyants raisonnables sont sélectionnés pour être électeurs. Autorise le suffrage restreint → seuls quelques uns votent. les décédés et la génération future → intemporel. Vont opérer une sélection. Cette théorie s’exprime dans la DDHC du 26 août 1789 → article 3 : « le principe de toute souveraineté réside dans la Nation. La nation ne s’identifie pas au peuple → collectivité dans sa permanence. Un intérêt général qui dépasse les intérêts particuliers → la France et non les français.Le titulaire est la nation → entité abstraite à la personnalité juridique propre. La souveraineté appartient à la Nation « aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. » Cette théorie est pratique → elle marque une cassure avec l’Ancien Régime → séparation de l’Etat et de la personne du roi Propose une monarchie constitutionnelle. c’est ceux qui vivent maintenant. A une volonté qui lui est propre. Droit constitutionnel (semestre 1) 48 . la nation est la seule souveraine. 1) L’électorat fonction. La loi détermine les conditions auxquelles l’électorat est accordé. En France. Il n’est pas question de république. distincte des individus qui la composent. Il ne s’agit pas d’une monarchie de type anglais.

2) Le choix du système représentatif. C’est le choix de la Constitution « la nation de qui émane tous ses pouvoirs ne peut les exercer que par délégation. Si c’est une fonction sociale. Pourquoi faire ce choix ? En 1789. La Constitution de 1791 met en place ce suffrage. Cette conception n’interdit pas le suffrage universel.Au XVIIIème siècle. c’est le bourgeoisie qui fait la Révolution. Les cas de votes obligatoires sont rares. Ce suffrage est destiné à faire en sorte que ce soit une élite qui exprime le choix de la nation entière. La nation étant une entité abstraite ne peut exercer sa souveraineté que par l’intermédiaire des représentants. le vote devrait être civique (entrainer le suffrage obligatoire). Le montant peut être augmenté (peu de citoyens peuvent voter) ou baisser (+ de citoyens peuvent voter). représentants → doivent être capables de gouverner. » Peu importe le mode de désignation (élection. hérédité) des Droit constitutionnel (semestre 1) 49 . le droit de vote est conditionné à une condition de fortune appréciée selon le montant de l’impôt le cens payé par le citoyen.

1791 (Constitution) prévoit 2 sortes de représentants → le roi et le corps législatif (composé d’élus) Dans une démocratie semi-directe → les élus ont un mandat impératif Dans un système représentatif → les élus sont titulaires d’un mandat représentatif (mandat collectif et libre) → ne peut être confisqué par le peuple. 3) Une certaine organisation du pouvoir dans l’Etat. Une fois désigné. ↘ les représentants élus représentent la nation toute entière et non ses électeurs. •Il faut que l’Etat se dote d’une Constitution écrite → texte déterminant les organes représentatifs et ce qu’ils peuvent faire. Sa pensée en 4 propositions : Droit constitutionnel (semestre 1) 50 . •Séparation des 3 pouvoirs. La conception retenue sera celle qu’a Montesquieu dans la séparation des pouvoirs → 1748 L’esprit des lois. •La Constitution doit être rigide → ne peut pas être modifié. Les tenants de la souveraineté nationale sont des libéraux → ont peur de l’absolutisme royal et populaire. Représentent l’indivisibilité de la souveraineté nationale. Ses représentants ne peuvent agir. révisé à la guise des représentants. il sera libre de ses électeurs qui l’ont désigné.

La seule Constitution sans ambigüité est la 1ère. il n’y a pas de spécialisation : les co-législateurs peuvent assurer une autre fonction dans l’Etat. Droit constitutionnel (semestre 1) 51 . de 1791. •collaboration entre les ≠ organes en présence. §1 : La distinction du peuple et de la nation. La Constitution de 1791 → application Le corps législatif + roi → confection des lois → équilibre.•Distinction des 3 fonctions avec subordination des 2 dernières à la 1ère. •Balance des pouvoirs → préconise un équilibre entre plusieurs organes qui vont exercer la Fonction législative. Chacun se voit attribuer une faculté de statuer et d’empêcher l’autre. Ils devront s’entendre. Section 2 → La théorie de la souveraineté nationale et de la souveraineté populaire à l’épreuve de l’histoire constitutionnelle française. Dans ce système. •Ses fonctions sont distribuées entre ≠ organes. Dès la 2ème Constitution (1ère de la Ière République) du 24 juin 1793 tout se complique.

le peuple ou la nation ? En 1793. Un procédé de démocratie semi-directe → permet la participation du peuple à l’élaboration des lois → referendum. La nation se manifeste à travers le peuple. Constitution du 24 juin 1793 → contient des conséquences de la souveraineté populaire. la distinction n’a pas plus d’importance → le roi n’est plus là. Nul besoin de faire appel au concept de nation → il n’y a plus de monarchie. » Qui est titulaire. » article 3 §2 : Les conséquences retenues. Exemple : Constitution du 4 novembre 1848 (de la II ème République) « les membres de l’Assemblée nationale sont les représentants » Exemple : Constitution du 27 octobre 1946 → IVème République Exemple : Constitution du 04 octobre 1958 → Vème République → « La souveraineté nationale appartient au peuple. Droit constitutionnel (semestre 1) 52 . Exemple : la Constitution du Directoire du 22 août 1795 → peuple et nation sont équivalents.La Constitution pose problème car « chaque député appartient à la nation entière.

Spécialisation des organes selon Rousseau avec prédominance du corps législatif. Fonction législative partagée entre l’Assemblée nationale et le président de la République. La Constitution de la IVème et de la Vème République → 27 octobre 1946 et 4 octobre 1958 : Consacrent universel. Le suffrage est pleinement ↘ même s’il est repris dans son essence. un empreint est fait à la démocratie Semi-directe (referendum) l’article 3 de la Constitution l’exprime Droit constitutionnel (semestre 1) 53 . Prévoit le suffrage universel. Se réfère au système représentatif et à la balance des pouvoirs selon Montesquieu. « aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple tout entier. » Constitution de 1848 → combine les règles de ces 2 théories. le système représentatif. Dans le texte de 1793 → condamnation du mandat impératif.

Chapitre 2 : Le système de participation. Droit constitutionnel (semestre 1) 54 . §1 : Le système de la démocratie directe. Section 1 → L’opposition de la démocratie directe et du système représentatif.

Il existerait des limites à la capacité politique. A) Les justifications. Le choix de ce système est de bon sens. Faire la loi demande des connaissances. Les citoyens seraient aptes à désigner les représentants mais les citoyens ne seraient pas capables de gouverner eux-mêmes. 1) Les justifications pratiques. Ce système fonctionne autour du mandat représentatif. une formation juridique qui est non partagée par Droit constitutionnel (semestre 1) 55 . La décision politique exige une grande rapidité d’intervention. La démocratie directe est une aspiration continuelle.Système de participation dans lequel le peuple exerce directement sa souveraineté. On ne peut pas rassembler le peuple dans son ensemble. §2 : Le système représentatif. 2) Les justifications philosophiques. idéale que l’on veut atteindre. Système de participation dans lequel la participation du citoyen au pouvoir se limite à l’élection des représentants.

L’exercice de la souveraineté est confié aux représentants → toutes les fonctions de l’Etat ne sont pas remises en cause : Il n’y en a qu’une → la fonction législative car la loi est l’expression de la Droit constitutionnel (semestre 1) 56 . Ce système représentatif à la fin du XVIIIème et tout au long du XIXème siècle correspond à une méfiance de la bourgeoisie envers les mouvements populaires. Système représentatif → le citoyen élit les représentants.tous. Le titulaire de la souveraineté est une personne morale. 3) Les justifications politiques. Ce système représentatif va permettre d’amortir la démocratie. 1) L’objet du mandat représentatif. B) Le mandat représentatif. Rapport entre les représentants (mandataires décisions prises sont sensées exprimer la volonté du représenté) et les représentés (les mandants).

suite à la guerre franco-prussienne. les élus d’Alsace et de lorraine ont démissionnés → ça a été refusé car ont été élus pour représenter la nation française.volonté générale du souverain. avant l’indépendance. b) le mandat libre. il y avait des députés représentants en Algérie. En 1871.) Il ne représente pas que ses électeurs. Le représentant → élu dans une circonscription électorale (par les habitants du département par exemple. Produit 2 conséquences : •Seuls les organes législatifs ont la qualité de représentants du souverain. En 1962. Droit constitutionnel (semestre 1) 57 . •Toutes les autorités législatives sont considérées comme représentants du souverain (quelque soit leur mode de désignation) 2) Les caractères du mandat représentatif. a) le mandat collectif.

Pas de révocation en cours de mandat. La participation du citoyen au pouvoir se réalise par 2 voies : •Voie de l’élection → le peuple souverain élit les ≠ organes d’Etat et les contrôle par le mandat impératif. Section 2 → La réalité des systèmes politiques contemporains : de la démocratie semi-directe à la démocratie semi-représentative. Toutes les Constitutions françaises ont condamné le mandat impératif. §1 : La démocratie semi-directe. A) La définition de la démocratie semi-directe. → mandat doit être libre. La démocratie directe fut l’objet d’une adaptation à la démocratie semidirecte et à la démocratie semi-représentative.Les électeurs ayant élus les représentants n’ont plus prise sur lui. Système de participation mixte intermédiaire entre la démocratie directe et le système représentatif. Droit constitutionnel (semestre 1) 58 .

Ces procédures sont déclenchées à l’initiative des citoyens. 4 phases : Droit constitutionnel (semestre 1) 59 . B) Les techniques de la démocratie semi-directe. Il est difficile de greffer des emprunts de la démocratie directe à une démocratie représentative. Procédures de votation. La démocratie semi-directe est mal vécue par les parlementaires (atteinte à leurs prérogatives). Les Etats pratiquant cette démocratie le font depuis longtemps. On peut les présenter de ≠ manières : 1) La participation du citoyen à l’élaboration des normes. L’activité normative → élaborer une Constitution ou une loi → le processus d’élaboration est toujours le même.•Voie de la votation → terme qui désigne un ensemble de procédures permettant aux citoyens de décider eux-mêmes des questions les + importantes.

Droit constitutionnel (semestre 1) 60 . •Il peut avoir l’initiative d’un texte → intervenir dès le début → initiative populaire. selon le moment et la phase → la participation est + ou décisive dans la confection de la norme. •Le peuple peut intervenir au moment de l’adoption du texte. Il ne reste plus qu’à promulguer le texte. Le poids du citoyen est important → référendum. Selon le moment où il intervient → intervention momentanée. a) Le veto populaire. •Le peuple peut intervenir juste avant l’entrée en vigueur du texte. L’intervention est limitée car la loi a déjà été votée par l’Assemblée législative. Cette procédure permet au peuple par un vote d’empêcher l’entrée en vigueur de la loi. les citoyens vont intervenir différemment à un stade ≠. La procédure de votation s’appelle le veto populaire.•Phase d’initiative → projet •Phase de discussion •Phase d’adoption → vote •Phase de promulgation → conférer au texte force exécutoire. Selon la procédure de votation.

oSi à l’expiration du délai prévu par la Constitution. 3 possibilités : oLe corps se prononce en majorité contre le texte voté par les Assemblées → loi n’entre pas en vigueur (caduque). Si ce nombre est atteint. •Le corps électoral sera invité à se prononcer sur le texte de loi. Pour que la pétition soit recevable. En France. on passe à une seconde phase. elle entrera en vigueur. A l’étranger. une pétition peut être formée par un groupe de citoyens qui réclament un vote contre la loi. en Suisse et aux USA. on le retrouve. à l’échelon fédéral contre les lois et les traités internationaux. la Constitution de 1793 prévoyait le veto populaire en matière législative.2 phases : •Délai entre le vote de la loi et son entrée en vigueur (précisé par la Constitution) dans ce délai. elle doit recueillir un nombre minimal de signatures fixé par la Constitution. En Suisse. les citoyens n’ont pas demandé que le texte soit soumis au vote → loi ne pourra plus être contesté. Droit constitutionnel (semestre 1) 61 . oElle entrera en vigueur si le peuple appelé à voter sur la loi n’a pas dégagé de majorité contre.

C’est la procédure de votation avec laquelle le peuple est appelé à se prononcer en faveur d’un texte. car ça revient à participer à l’adoption d’un texte. b) Le référendum. 3 classifications : •Fondée sur le caractère obligatoire ou facultatif du référendum. Le rôle du peuple est + significatif dans l’élaboration de la norme. Il est pour des textes importants. ≠ moments durant lesquels sont organisés des Fondée sur le caractère obligatoire ou facultatif du référendum. •Référendum obligatoire → imposé par la Constitution → + fréquent en matière constitutionnelle car il est rare (organisation assez lourde). à l’échelon des Etats fédérés.Aux USA. •Envisage les référendums. on trouve des principes de démocratie semi-directe. Les référendums sont variés. •Sur l’objet du référendum → vérification de la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 62 .

oLa Constitution prévoit que le référendum facultatif peut être déclenché à la demande des minorités : Exemple : En Autriche les parlementaires demandent qu’il y ait une révision d’un texte approuvé par la majorité. Le référendum de ce type se fait au détriment des parlementaires → on donne aux parlementaires la décision de déclencher un référendum → c’est pour ça qu’il est rare car il va contre les parlementaires. Mais qui va avoir la faculté de décider du référendum ? Plusieurs possibilités pour l’initiative : oLa Constitution prévoit Assemblées législative : qu’il intervient sur demande des Exemple : Constitution autrichienne prévoit cela. Droit constitutionnel (semestre 1) 63 . Danemark. Autriche. Certains référendums constitutionnels sont obligatoires → lorsque l’initiative émane des parlementaires. Irlande. oA la demande des citoyens eux-mêmes → référendum d’initiative populaire → se distingue difficilement du veto populaire car c’est une pétition également soit la même procédure et le même résultat. oA la demande de l’exécutif Exemple : En Grèce et en France →le chef peut prendre la décision de déclencher le référendum. Espagne et France → article 89 de la Constitution de la Vème République.Exemple : en Suisse. •Référendum facultatif → Constitution confère la liberté de consultation.

Pour le référendum qui vise la Constitution → article 89.Procédure faite dans 2 cas : Pour le référendum législatif régi par l’article 11 de la Constitution. •Référendum législatif → prévu pour l’adoption de lois ordinaires et lois organiques. Exemple : Constitution de la Vème République adoptée par référendum → 80% des voix environ. Exemple : La Suisse utilise beaucoup les procédures de votation. Fondée sur l’objet Constitution… du référendum → vérification de la •Référendum constituant → prévu pour l’adoption d’une nouvelle Constitution ou pour la révision ponctuelle. •Référendum local → utilisé dans le cadre d’une collectivité locale → sur une question d’intérêt local (administration de la vie 64 Droit constitutionnel (semestre 1) . article 11→ énonce les matières dans lesquelles le référendum législatif est possible. La Constitution délimite le domaine dans lequel le référendum législatif intervient.

Exemple : Irlande. ce dont on tiendra compte ou pas sur une réforme que les pouvoirs publics envisagent. La phase d’adoption est entièrement prise en compte par le peuple. Exemple : 1945 après le régime de Vichy → organisation politique provisoire demanda au peuple s’il voulait ème Ré revenir au régime de la III publique ou élaborer ème Républi une nouvelle Constitution → IV que. Les Assemblées législatives vont être contraintes d’adopter la réforme. Droit constitutionnel (semestre 1) 65 . Les pouvoirs publics peuvent ne pas en tenir compte d’un point de vue politique. Parlement n’intervient pas → le peuple intervient à sa place. Suède. Le poids du peuple est considérable car il participe directement à l’adoption du texte. Cet effet politique explique pourquoi le référendum est peu utilisé car difficile à manipuler.quotidienne…) Fondée sur le moment du référendum → plusieurs cas : •De consultation → recueillir l’avis de quelqu’un. Danemark et Norvège. Avis → d’un point de vue juridique. n’ont pas encore adopté → a lieu avant le vote de la loi par le Parlement. S’est appliqué en matière constitutionnelle et peut intervenir en matière législative avant le vote du Parlement. •De substitution → donne + de poids au peuple dans l’adoption du texte. l’opinion électorale n’a que la valeur d’avis du corps électoral. Il est bon de s’intéresser à la vie.

Avec l’abrogation la loi abrogée cesse de produire ses effets juridiques pour l’avenir. L’initiative des lois ou révision de la Constitution appartient aux parlementaires. •D’abrogation → peuple adopte une loi qui a pour objet d’abroger une loi + ancienne. Rôle du peuple beaucoup + important. Exemple : est prévu dans la Constitution italienne sur les lois sur le finance ment des partis politiques. Dans l’hypothèse du référendum de ratification. Ce référendum existe en France en matière constitutionnelle. des modes de scrutin… c) L’initiative populaire. Droit constitutionnel (semestre 1) 66 .Prévu par l’article 11 de la Constitution → procédure permettant au président de la République de faire appel au peuple pour connaître rapidement sa parole se posant également en arbitre entre le Parlement et le Président. Veto populaire : adoption = vote du Parlement. Adoption = vote du Parlement + ratification populaire. Permet au peuple de se prononcer après le vote d’un texte par le Parlement → ne doit pas être confondu avec le veto. chef de l’exécutif → initiateurs de réforme. il est prévu quand le vote du Parlement ne suffit pas à l’adoption (n’est pas achevée et sera complète que si la majorité des citoyens de prononcent pou)r. •De ratification → concerne l’adoption mais à un moment ≠.

Les Parlementaires interviennent dès le départ avec le Peuple. L ’initiative se trouvera donc partagée entre le peuple. va le discuter et le voter. le Parlement. Cette initiative pratiquée en Suisse (en matière constitutionnelle).Procédure qui reconnaît le pouvoir accordé à un nombre déterminé de citoyens pouvant présenter un projet soumis à la discussion des Assemblées parlementaires. Pour la France. Le Parlement discutera le Droit constitutionnel (semestre 1) 67 . La tâche du Parlement varie selon le degré de précision du texte : •Non-formulée → démocratie par laquelle de nombreux citoyens proposent le principe d’une réforme → c’est un vœu. en Autriche. Le Parlement est contraint d’examiner le texte et mettre un vote à son sujet. Ce texte de plus en plus finalisé est soumis aux Assemblées pour discussion. •Formulée → un projet est complètement rédigé et annexé à la pétition d’un certain nombre de citoyens. le 23 juillet 2008 → révision qui ajoute une disposition à l’article 11 qui montre l’initiative populaire → proposée par ⅕ des membres du Parlement et soutenue par 10% des électeurs. Le Parlement élabore un texte de loi. et le Président. en Italie (en matière législative) et dans certains Etats fédérés aux USA et au plan d’administration locale dans des villes des USA.

L ’initiative populaire n’est jamais obligatoire mais ce pouvoir doit être strictement encadré pour éviter les dérives démagogiques (manipulation de votes). Rapport entre le référendum et l’initiative populaire (qui peut être complétée. Référendum → peuple est appelé par les pouvoirs publics à se prononcer pour un texte → donne + de poids au peuple. La Constitution prévoit une procédure complémentaire → référendum de ratification obligatoire pour être sur que les citoyens soient ok avec la modification. La Constitution pourrait aller loin dans l’aménagement de ses procédures. déboucher sur un référendum). Le veto populaire et le référendum ne se confondent pas : •Par le veto populaire (après l’adoption de la loi) c’est le peuple qui a l’initiative de prendre la parole (par le biais d’une pétition). Cette initiative populaire est soumise par référendum. les parlementaires étant exclus → application presque parfaite de la démocratie directe. La démocratie semi-directe peut aller loin. •Par le référendum (dans la hase d’adoption) le peuple va prendre la parole soit par sa propre initiative. soit par le pouvoir public. Par le veto le peuple se prononcera contre une loi nouvelle. c’est-à-dire se rapprocher le + de la démocratie directe. Par le Droit constitutionnel (semestre 1) 68 .texte mais peut le rejeter ou le modifier. Ne se confondent pas → le veto populaire prend la parole + pétition → se prononcent contre un texte adopté par le Parlement.

•Dans le cadre de la démocratie semi-directe. les députés ont un mandat impératif → garantie du caractère inaliénable de la souveraineté du peuple → empêche la confiscation du pouvoir au peuple. •Principe d’élection de tous les organes (députés à l’assemblée législative. juges). 2) Le contrôle sur les élus. Ce mandat permet aux électeurs d’exercer un contrôle étroit des élus. Rapports entre initiative populaire et référendum : Initiative populaire référendum → peut éventuellement déboucher sur un Le référendum → peut avoir lieu en dehors de toute initiative populaire les 2 techniques peuvent se combiner mais existent indépendamment l’une de l’autre.référendum. De manière générale quelque soit le référendum → donne une place + importante au peuple dans la confection de la loi que le veto. le peuple est appelé à se prononcer pour un texte. a) Les conditions de contrôle. fonctionnaires de l’administration. Droit constitutionnel (semestre 1) 69 . •Courte durée des mandats électifs → élus retournent fréquemment devant les électeurs pour être réélus ou non.

aux emplois publics. aux gouverneurs de l’état. Moyen de défense → représentation à la nouvelle élection. se faire réélire. toute entière → Procédure rare existant seulement dans certains cantons suisses → Droit constitutionnel (semestre 1) 70 . désigné → Permet par un vote populaire de démettre de sa charge un responsable public avant le terme de son mandat. Si recueil d’un certain nombre de signatures → élu sera obligé de quitter ses fonctions et une nouvelle élection sera organisée. Elles varient selon que le contrôle individuel ou collectif : •Contrôle individuel sur un élu : Abouti à la révocation d’un élu nommément conséquence directe du mandat impératif.b) Les conséquences du contrôle. Cette procédure peut s’appliquer à l’assemblée législative de l’état fédéré. Cette procédure est utilisée aux USA à l’échelon de certains Etats fédérés (16 Etats) → RECALL → faire circuler une pétition contenant une proposition de révocation. En France ce procédé avait été proposé sans succès en 1945 lors de l’assemblée constituante par les communistes. •Contrôle collectif sur une assemblée d’élus : Peut aboutir à révoquer une assemblée conséquence directe du mandat impératif.

Si un certains nombre de citoyens le demandent. •Moyen de rendre l’élu davantage responsable (responsabilité politique étant intimement liée au principe démocratique).à l’échelon des entités fédérées. L’élu doit rendre des comptes aux électeurs. Si le référendum abouti à un vote favorable à sa révocation → nouvelles élections législatives → procédure conférant au peuple un droit de dissolution de l’assemblée. C) Bilan de la démocratie semi-directe. •Meilleur moyen de lutter contre le risque d’une assemblée législative qui confisquerait la souveraineté du peuple→ respect du caractère inaliénable de la souveraineté. Défendu par des juristes apportant des arguments favorables : •Conformité au principe de suffrage universel → les électeurs auront librement choisis leur candidat et déterminés le programme politique de leur mandataire. 1) L’appréciation du mandat impératif. Droit constitutionnel (semestre 1) 71 . Cette responsabilité est déjà assurée par la réélection ou la non réélection de l’ancien élu afin qu’il puisse ou non répondre de ses actes. les autorités publiques doivent organiser un référendum pour le maintien ou la révocation de l’assemblée en question au cours de la législature.

Responsabilité politique existe tout au long du mandat → est continue par le mandat impératif. Le mandat impératif est très rare dans les Constitutions. Ne serait pas adapté à la prise de décisions politiques. 2) L’appréciation et la valeur de l’initiative populaire. •L ’obstacle à la prise de décisions. Peut à tout moment être révoqué. Aucune possibilité de solutions de compromis. Le texte est proposé par les citoyens sous le patronat d’un parti politique : •Soit il est important et a des élus au Parlement → un de ses députés Droit constitutionnel (semestre 1) 72 . L’initiative populaire est peu répandue → on peut s’en passer aisément. d’éviter l’évolution des opinions. à la possibilité de dégager une majorité → le mandat impératif bloquerait la conduite efficace des affaires publiques. •Ferait des élus des porte-paroles de simples intérêts catégoriels → pas prise en considération de l’intérêt général. Arguments hostiles : mandat impératif ne serait pas adapté à la réalité politique : •Le mandat impératif retirerait la possibilité de délibérer pour l’Assemblée.

pas de détournement de la fonction électorale.déposera une proposition de loi en ce sens. •Si d’initiative du chef de l’état → risque de dénaturation de cette procédure : Droit constitutionnel (semestre 1) 73 . Il présente la qualité de corriger le décalage entre la volonté des parlementaires (peuple légal) et celle des citoyens (peuple réel). •Si d’initiative populaire ou d’initiative parlementaire → référendum présente des garanties démocratiques. sujette à caution. 3) La valeur du référendum. N’est pas forcément très démocratique. •Soit il est faible et n’a pas d’élus → + de difficultés à faire voter ses textes. Il n’est pas sur en réalité qu’il soit sur → tout dépend de son aménagement et de qui en a l’initiative. C’est un progrès de la démocratie car le peuple peut s’exprimer. C’est le + répandu et le + consacré dans la Constitution. a) Une qualité authentiquement démocratique.

Représente une personnalisation de la consultation. La question de confiance signifie que le référendum devient le choix d’une personne sous l’apparence du choix d’un texte. Droit constitutionnel (semestre 1) 74 . On parle de dérive plébiscitaire du référendum. de Pinochet (au Chili). Exemple : pratique référendaire d’Hitler (en Allemagne). DANGER Technique du faisceau d’indices convergeant → requalification de la procédure de référendum en plébiscite : Indices ne sont pas cumulatifs : •Procédure déclenchée par un homme → favorise le plébiscite.Exemple : 2 référendums de Napoléon → asseoir la légitimité du coup d’état. de Franco (en Espagne). •Objet de la question posée → risque de dérive plébiscitaire lorsque le peuple est sollicité pour répondre à une question de confiance → pour obtenir une légitimité démocratique incontestable. Exemple : de Saddam Hussein en Irak ou Vladimir Poutine pour la Tchétché nie. •Formulation de la question → de manière complexe ou qui se présente comme une dramatisation du texte → chantage. ! Procédure qui devient un instrument de légitimation d’un pouvoir d’un homme.

•Conditions du déroulement de la campagne référendaire → dérive quand la liberté d’opinion et expression non garanties pleinement. Exemple : France → 1981. le non l’aurait emporté. Cette technique n’est pas incontestable. L’objet des questions posées peut susciter une forte abstention favorisée par le non intérêt des citoyens sur certains sujets : Exemple : réforme du mandat du président de la République → quinquennat. Le référendum n’est pas du tout un vecteur de réformes → peut confirmer les tendances conservatrices → le peuple n’a pas les audaces réformatrices des parlementaires. Droit constitutionnel (semestre 1) 75 . l’assemblée nationale a voté l’abolition de la peine de mort et selon les sondages s’il y avait eu un référendum.Exemple : les 2 Napoléon → menace du pays de la guerre civile. Exemple : les 2 Napoléon → les opposants étaient mis en prison pendant le plébiscite b) Les autres inconvénients. Exemple : Suisse → dernier pays d’Europe a été le dernier pays à autoriser le droit de vote aux femmes sur le plan fédéral (référendum du 7 février 1971) après plusieurs tentatives de référendum. Abstention favorisée par la fréquence des consultations populaires → sentiment de lassitude.

de l’éducation politique. Cette situation n’évolue pas pendant longtemps.La valeur démocratique et authentique de ce procédé référendaire dépend de la maturité. le représentant exerce la fonction suprême qui rend compte de la souveraineté de la nation. Résultat d’une évolution qui permet de dégager les ≠ caractéristiques de ce système de participation : Droit constitutionnel (semestre 1) 76 . Dans le système représentatif. On commencera à parler de démocratie semi-représentative dès la 2ème moitié du XIXème siècle qui connaitra d’importantes crises chroniques. on va améliorer la démocratie en faisant des emprunts à la démocratie semi-directe. Théorie de la représentation justifie des formes ≠ de gouvernement comme la Monarchie (1791). la qualité de représentant du législateur est indépendante de son mode de désignation. de l’instruction du corps électoral → doit libre et éclairé. Système choisi par la Constitution de 1791 → justifier la prééminence de la fonction législative → en exerçant le pouvoir législatif. §2 : L’évolution du système représentatif. Pour y faire face. Démocratie semi-représentative après la 2nde guerre mondiale. A) La démocratie représentative.

la loi a pour auteur principal une ou deux chambres issues du suffrage universel. une crise → ont le mandat représentatifs et sont libres. des intérêts catégoriels.•Tout représentant est désigné par l’élection → disparition de la Monarchie type 1791 (monarque intervenant dans la fonction législative). S’explique par le développement du socialisme qui s’appuie sur un mouvement ouvrier structuré. Il faut faire évoluer le système pour redonner la voix au peuple. La concentration du pouvoir législatif entre les mains d’une ou deux chambres élues. Droit constitutionnel (semestre 1) 77 . A la faveur du jeu des partis politiques. les élus vont perdre de vue l’intérêt général de la nation entrainant une grande instabilité politique. •Touche l’organisation des pouvoirs publics. Certains appelleront cela la démocratie sans le peuple. L’élection des représentants au suffrage universel fait que le peuple devient l’acteur déterminant du système politique. •Création des grands partis politiques modernes qui émergent à la fin du XIXème siècle → découle de l’avènement du suffrage universel. •Avènement du suffrage universel établi en 1848 en France (suffrage masculin) et en 1918 au Royaume-Uni. Seront tentés et confisqueront la souveraineté de la nation. L’opinion → antiparlementarisme exacerbé. Le pouvoir des parlements est considérable → les assemblées législatives sont le symbole de la démocratie représentative car procèdent du suffrage universel. A la fin du XIXème. Le corps électoral devient massif → + de participation. Le jeu politique change → il n’est plus réservé aux notables.

Compromis entre la démocratie représentative et la démocratie semi-directe. les (parlementaires) sont le chef du pouvoir législatif. Le citoyen fait plus qu’élire les représentants. représentants Sous la Vème République. Le chef de l’exécutif est élu en France au suffrage universel direct depuis 1962 → porte un nom ≠ selon les pays : •Aux USA : président •En Allemagne : chancelier •Au R-U : 1er Ministre Dans une démocratie semi-représentative. le président est élu au suffrage universel Droit constitutionnel (semestre 1) 78 . La démocratie semi-représentative donne aux citoyens un rôle + important dans le jeu politique et entraine une certaine dépendance de l’élu vis à vis des citoyens.B) La démocratie semi-représentative. a) La désignation du chef de l’exécutif. Il y a des procédés pour accroitre le rôle des citoyens. 1) Une participation accrue des citoyens.

Cette désignation a des conséquences institutionnelles importantes.direct (depuis 1962). Ils se comportent comme titulaires d’un mandat impératif (mais n’en n’ont pas). Il faut que celui qui est élu par le peuple soit son représentant et exerce la Droit constitutionnel (semestre 1) 79 . Ils s’engagent jusqu’au bout. Quand les électeurs votent. le président est élu par de grands électeurs qui sont euxmêmes élus par le peuple ensuite. la Roumanie . la Russie. ils désignent le leader comme futur chef de l’exécutif. le président est élu juridiquement au suffrage universel indirect mais tout est fait pour que ce soit comme le suffrage universel direct. C’est aussi le cas pour les démocraties de l’Europe centrale → la Pologne . Donne une légitimité équivalente (voir + importante) que celle des parlementaires. le peuple va désigner le chef de l’exécutif qui est le chef du gouvernement par les élections législatives : Au moment de l’élection de la chambre basse → partis politiques en concurrence ayant un chef. Aux USA. Si un de ces partis remporte les élections → chef de ce parti sera désigné comme chef de gouvernement. Dans d’autres démocraties. Au R-U. le parti vainqueur désigne le futur 1er Ministre. à l’issue de l’élection législative. en Allemagne. tiennent leurs idées. A travers ces élections. une majorité se dégage au sein des assemblées. Dans d’autres Etats.

Peut être employé lors de la révision de la Constitution + adoption du texte législatif + adoption de certains textes législatifs. L’intervention des citoyens est renforcée par une procédure de votation → le référendum devenu fréquent dans les Constitutions dans de nombreux pays occidentaux depuis 1945. b) procédures de vota- Le choix sélectif et l’aménagement de tion. Pouvoir considérable entre les mains du chef de l’exécutif → donne les grandes orientations politiques du pays. Dans une démocratie semi-représentative. Le référendum est une procédure qui peut ne pas être déclenchée par les citoyens. C’est ≠ dans une démocratie semi-directe → peuple a l’initiative Droit constitutionnel (semestre 1) 80 . Technique empruntée par la démocratie semi-représentative. Aménagement de ces procédures de votation. Va avoir un rôle important dans la fonction législative → participe intensivement à l’élaboration des lois. Le référendum a eu du succès → est aménagé de telle sorte que seuls les pouvoirs publics peuvent le déclencher. Ce choix sélectif de procédure permet d’éviter les procédures qui réservent aux citoyens la décision d’intervenir → il ne faut pas de veto populaire et d’initiative populaire. on pioche dans les démocraties semi-directes.plus haute fonction.

Sa portée sera limitée s’il s’agit d’un référendum de consultation déclenché par le Parlement. Les parlementaires ont l’initiative de l’initiative. la tradition représentative est ancrée. Procédure mis en place lors de la révision constitutionnelle de 2008 : Un référendum portant sur un objet déterminé peut être organisé à l’initiative d’⅕ des membres du Parlement (182 Parlementaires) et l’initiative est soutenue par 10% des électeurs (+ de 4 millions d’électeurs) inscrits sur les listes.de son intervention alors que dans une démocratie semireprésentative le peuple ne décide pas. Droit constitutionnel (semestre 1) 81 . Article 89 de la Constitution → référendum de ratification. le président de la République la soumet à référendum. C’est un point important car au R-U. Cette procédure ne débouche pas forcément sur le référendum (si le Parlement n’a pas examiné) Si la proposition n’a pas été examiné → référendum Si examen mais rejet de la proposition → pas de référendum c) Les moyens modernes de communication. Le référendum législatif de l’article 11 de la Constitution → référendum de substitution →le peuple peut remplacer le législateur. Prend la forme d’une proposition de loi → si elle n’a pas été examiné par les 2 assemblées dans un certain délai.

2) La dépendance de l‘élu. L ’élu est dépendant des électeurs et du parti politique. a) Dépendant des électeurs. •Durée courte des mandats électifs (aux USA. Droit constitutionnel (semestre 1) 82 . Le ⅓ du Sénat de la chambre des Etats est renouvelé tous les 2 ans. Dans une démocratie semi-représentative → prohibition du mandat impératif. Il y a des facteurs non cumulatifs qui vont inciter les représentants à respecter ses engagements et à défendre les intérêts de sa circonscription : •Suffrage universel. •Droit de dissolution → on ne le retrouve pas dans toutes les démocraties semi-représentatives car intervient parmi le régime parlementaire → fréquent en Europe occidentale. celui de la chambre des représentants est de 2 ans). Durée qui favorise les électeurs → échéance des élections suivantes.En raison des recours à la technique des sondages → représentants sont plus attentifs à l’opinion des citoyens et ont tendance a ajuster leur politique en conséquence.

b) L’élu dépendant d’un parti politique. aux Au cours de la campagne électorale → débat entre partis politiques → électeurs se prononcent à raison des programmes des partis politiques apportant un soutien financier et médiatique du parti → dépendance du candidat. 1 jeu sa responsabilité politique. la dépendance continue → au sein du Parlement. l’intéressé (président de la er ministre) met en République. Ce droit de dissolution donne au peuple un pouvoir > pour 2 raisons : oL ’exécutif peut déclencher les élections législatives. Après l’élection.Pouvoir exercé par le chef de l’Etat pour mettre fin au mandat des parlementaires avant son terme légal → organisation de nouvelles élections législatives. oPermet à l’exécutif d’appeler les électeurs à se prononcer sur une question fondamentale pour le pays. les Droit constitutionnel (semestre 1) 83 . En décidant de dissoudre la ou les 2 chambres législatives. sa légitimité démocratique. Chef de l’exécutif se met en situation de dépendance vis à vis des électeurs car procède aussi de l’élection. Les partis politiques apportent un soutien indispensable parlementaires au moment de la campagne électorale. La dissolution rapproche l’élection de la votation qu’est le référendum. Exemple : R-U → faite par la reine qui est saisit par le 1er Ministre. Droit de dissolution détenu par le chef de l’exécutif rapproche les élus. Le peuple se retrouve en position d’arbitre. Pseudo référendum.

Organisation du travail parlementaire tient compte très largement des groupes politiques au sein de chaque assemblée (temps de parole…) L’élu devra respecter la discipline de vote de son groupe parlementaire. Chapitre 3 : L’organisation de la participation. Malgré les défauts de l’élection on n’a pas trouvé de meilleurs moyens. des compétitions électorales. Section 1 → les conditions de participations des citoyens à la compétition électorale. Exemple : Au R-U. les députés à la chambre des Communes sont très surveillés et peuvent faire l’objet de sanctions s’ils ne respectent pas les règles des partis.principaux partis politiques sont présents. Cette compétition va supposer le choix d’un système électoral. Il y a des acteurs principaux → les partis politiques. Démocratie pluraliste implique des élections disputées pour la désignation des élus. L’élu va appartenir au groupe politique parlementaire qui correspond à son appartenance. Droit constitutionnel (semestre 1) 84 . La dévolution du pouvoir se fait par l’élection.

Qui est titulaire de ce droit ? §1 : L’octroi du droit de vote. Le suffrage universel est récent dans l’histoire constitutionnelle des démocraties occidentales. Le droit de vote est universel et légal. Il n’échappe pas à des critiques. C’est le fruit d’une évolution : suffrage restreint → suffrage universel masculin → suffrage universel féminin. A) L’universalité du suffrage. Droit constitutionnel (semestre 1) 85 . La jouissance de ce droit est soumise à certaines conditions.Déterminée par la reconnaissance du droit de suffrage → droit pour tous les citoyens de participer au choix des gouvernants (varie selon les époques. les pays et les individus).

Droit constitutionnel (semestre 1) 86 . •Suffrage capacitaire b) Le suffrage censitaire. Son instauration correspond à une période de prépondérance de l’aristocratie et de la bourgeoisie dans la société. Electorat → fonction sociale.1) Du suffrage restreint au suffrage universel masculin. Dans le passé. Caractéristique du système représentatif → fondé sur le principe de la souveraineté nationale (expliquée par l’abbé Sieyès. niveau d’instruction 2 suffrages : •Suffrage censitaire → droit de vote subordonné à 2 conditions de fortunes. la fortune est le gage du niveau d’instruction. a) Le suffrage restreint. La jouissance du droit de vote subordonné à une condition de fortune appréciée par le montant de l’impôt payé par l’intéressé. publique qui ne peut être exercé par n’importe qui → privata lex (privilège) : •conditions de fortune •conditions d’éducation.

Garanti l’opinion conservatrice du corps électoral. Cette condition peut être + ou .restrictive.30% Restaurati population on → → 90 000 électeurs retour de la Monarchie Cens encore + restrictif Charles X Charles Refus d’élargir le Corps Louisélectoral Philippe Droit constitutionnel (semestre 1) 87 . Suffrage censitaire rétabli en 1802 → Constitution du Consulat à vie. •Constitution du consulat du 13 décembre 1799 (Constitution de l’an 8) de Bonaparte consacrant le suffrage universel masculin mais son aménagement est tel que tout est fait pour rendre son caractère universel inefficace. Il suffit de payer un impôt quelque soit son montant par électeur → suffrage du contribuable. Le cens est de + en + élevé : 1791 1814 Louis XVI 1814 1830 1848 Corps électoral : 16% population → 4 millions d’électeurs Louis XVIII Corps électoral : 0. Cette pratique en France de 1789 à 1848 est sous réserve de 2 exceptions : •Constitution montagnarde du 24 juin 1793 prévoyant le suffrage universel masculin → ne sera jamais appliquée puisque sera mis en place le régime de la terreur de Robespierre.

Le suffrage capacitaire est utilisé : •Dans le cadre du suffrage restreint (suffrage censitaire) → élargir Droit constitutionnel (semestre 1) 88 . b) Le suffrage capacitaire. Ça pose problème car le suffrage censitaire va subsister très longtemps dans des Etats du Sud avec le système des poll taxes → impôts électoraux de certains Etats des USA sont supprimés par la révision de la Constitution en 1964 → suppression par le XXIVème amendement à la Constitution fédérale. USA → législation électorale relève de la compétence des Etats fédérés pour l’élection locale ou fédérale. Le pouvoir de voter est subordonné à l’exigence d’un certain niveau d’instruction → posséder des diplômes.R-U → suffrage censitaire est maintenu jusqu’en 1918.

Droit constitutionnel (semestre 1) 89 . Il faut admettre que l’électorat → fonction sociale assurée par tous les citoyens.l’électorat. Il n’est limité ni par la fortune ni par la capacité. pour reconnaître le droit de vote aux infortunés ayant des diplômes. Exemple : aux USA en raison du suffrage électoral de certains Etats fédérés →1870. L’électorat → droit inhérent à l’Homme et la souveraineté nationale ne s’oppose pas au suffrage universel. Exemple : en France → durant la Monarchie de Juillet de LouisPhilippe. •Dans un contexte de suffrage universel → restreindre l’électorat en imposant des conditions de capacité. Les Etats du Sud imposèrent dans leur législation électorale l’obligation de savoir lire la Constitution pour avoir le droit de voter → restriction du vote des noirs jusqu’en 1965. Une loi fédérale interdira toute pratique discriminatoire en la matière → Voting Rights Act. b) Le suffrage universel masculin. Caractéristique de la démocratie semi-directe → fondée sur le principe de souveraineté populaire. le suffrage universel consacré dans la Constitution (avec le XVème amendement) → condamne l’esclavage et la servitude.

Droit constitutionnel (semestre 1) 90 . Au XIXème → pour des raisons religieuses et d’ordre social n’ont pas de capacité juridique autonome → ne sont pas de vrais sujets de droit. •R-U → début du XXème siècle mouvement des suffragettes qui aboutit à la reconnaissance du droit de vote des femmes en 1918 à partir de 30 ans. Devaient demander l’accord à leurs maris. 1928 → au R-U droit de vote des femmes à partir de 21 ans comme les hommes. Les pays anglo-saxons sont les 1ers à avoir reconnu le droit de vote aux femmes : •USA → dans certains Etats fédérés → l’état du WYOMING en 1869 1920 → se généralise par l’adoption du XIXème amendement à la Constitution fédérale.Application → établi en France effectivement définitivement le 5 mars 1848 par un décret adopté par le gouvernement provisoire (avant la Constitution de la II ème République). Le nombre d’électeurs passe de 240 000 à + de 9 millions → la France a 50 ans d’avance sur les autres pays : Au R-U → 1918 En Allemagne → 1919 En Belgique → 1921 Aux USA → 1965 2) Le droit de vote des femmes.

en 1991 → droit de vote des femmes reconnu par tous les cantons. Notre Constitution a dans son texte des dispositions : Préambule de la Constitution de 1946 alinéa 3 → la loi garantie à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux des hommes. Dans les années 1890 -1905. Droit constitutionnel (semestre 1) 91 . on a peur qu’elles soient soumises au Clergé et votent à droite.•France après la 2nde guerre mondiale → par l’ordonnance du 21 avril 1944 adoptée par le Général De Gaulle à Alger en sa qualité de président du gouvernement provisoire. En Suisse. L’article 3 de la Constitution de 1948 « sont électeurs tous les nationaux des 2 sexes ». oLes forces de droite et l’Eglise → hostiles à la république et proches de l’Eglise. le Sénat est divisée en 2 groupes : oLes forces de gauche et le centre → républicains → s’est toujours opposé à la reconnaissance du droit de vote aux femmes. 1ère application en 1945 → chute du régime de Vichy.

Des théoriciens socialistes du XIXème siècle comme Proudhon ou encore Blanqui pensent qu’il faut une démocratisation de l’instruction pour que ce suffrage soit vecteur de progrès social : La loi du 16 juin l’enseignement. •Canalise les mouvements revendicatifs → apparaît comme un mode d’expression légitime de la volonté nationale. 3) La critique du suffrage universel.Les femmes représentent 53% du corps électoral → vote conservateur pendant longtemps et personnalisation du pouvoir mais ne l’est plus maintenant. En France dès 1849 → suffrage a permis d’élire une assemblée à majorité monarchiste. Droit constitutionnel (semestre 1) 92 . 1881 → Jules Ferry et la gratuité de La loi du 9 mars 1882 → instruction obligatoire et laïque. Même résultat en 1871 (assemblée ayant mis + de 4 ans à élaborer la Constitution). L’instruction publique une fois instaurée ne modifiera pas l’orientation politique du corps électoral → effet conservateur du suffrage universel pour 4 raisons : •Il favorise et légitime l’élection des notables (piliers de la démocratie représentative). A un effet conservateur depuis son avènement.

leur pouvoir lorsqu’ils ont à faire face à des troubles sociaux graves. B) L’égalité du suffrage. Il s’oppose à l’adoption de toute règle de droit qui lui serait contraire et s’oppose aux inégalités juridiques. •A permis l’accès au pouvoir des dictateurs les + redoutables. Il rend compte du vœu de stabilité de la vie sociale du corps électoral. Son respect peut être compromis dans les faits. Principe juridique d’égalité des citoyens face au scrutin → un homme = une voix. 2 formes de vote inégaux : Droit constitutionnel (semestre 1) 93 . 1) Les inégalités juridiques. Le suffrage universel conforte leur légitimité.•Les gouvernements veulent conforter leur légitimité → s’appuient sur le suffrage universel quand ils doivent faire face à des problèmes.

il est utilisé jusqu’en 1948.. Un même électeur possède plusieurs voix s’il a des critères particuliers. •Favorise les chefs de familles nombreuses → suffrage familial pratiqué en Belgique relatif au nombre d’enfants dans une famille. En France.. le Conseil constitutionnel a confirmé sa prohibition le 17 janvier 1979 → décision relative à l’élection des membres des Conseils de Prud’hommes. C’est une pratique des Etats occidentaux. ceux qui possèdent des diplômes → au R-U. Droit constitutionnel (semestre 1) 94 . Un électeur peut voter dans plusieurs circonscriptions ≠ pour une même élection (de la résidence secondaire.a) Le vote plural.) En France comme dans la plupart des Etats il est interdit → inscription sur une seule liste électorale. du lieu de travail. Dans un contexte de suffrage universel : •Ce vote favorise les plus fortunés. b) Le vote multiple.

La principale électorales : inégalité → Découpage des circonscriptions Certaines élections se déroulent à l’échelle du territoire national (considéré comme une seule circonscription) : France → élection du chef de l’état + députés français siégeant au Parlement Européen de 1977 à 2003. Pour les autres élections chaque circonscription désigne 1 ou plusieurs élus : France → élections législatives. Certains départements du centre de la France ont .d’habitants. sénatoriales. 2) Les inégalités de fait. Depuis 2003 → découpage du territoire de la république en 8 circonscriptions. Ce découpage doit garantie l’égalité de la représentation nationale → les circonscriptions doivent avoir le même poids démographique → difficile à réaliser car : •l’exode rural fait que les campagnes sont surreprésentées. Pour se faire. •Si on divise la population totale par le nombre de députés → 1 député pour + 100 000 habitants.En France cette liste est établie dans chaque commune. l’autorité compétente devra opérer des modifications Droit constitutionnel (semestre 1) 95 .

•France. Passe au Conseil des ministres → devient projet de loi et soumis au Parlement le soumettant au contrôle juridictionnel (en Allemagne et aux USA) du Conseil Constitutionnel lui a posé le principe de l’équilibre démographique. ont recouru à cette technique dans le Massachussetts. Pratique douteuse occidentales : observée dans beaucoup de démocraties •USA → début du XIXème siècle. du découpage des circonscriptions → GUERRY (gouverneur du Massachussetts) MANDERING (MANDER → salamandre [forme torturée représentant le découpage)). Selon le Conseil Constitutionnel le législateur ne peut s’écarter de ce principe pour motifs d’intérêt général et à condition que cette dérogation au principe soit limitée et précisément justifiée.favorables à la majorité au pouvoir en majorant le poids des électeurs qui sont favorables → il suffit parfois d’un léger découpage. Le Conseil ne censure le découpage que si les disparités de population Droit constitutionnel (semestre 1) 96 . La cour suprême a mis fin à cette pratique en disant que la législation électorale devait respecter l’égalité. oLe découpage doit respecter le principe d’égalité représentation de la population de chaque circonscription. ce projet est concocté par le ministère de l’intérieur et examiné par une commission des sages puis soumis au Conseil d’Etat qui rend un avis motivé. 3 décisions de 1985 et 1986 → précise les règles juridiques > que doit respecter la loi sur le découpage : oDélimitations des circonscriptions se font sur bases de démographique.

C) Les conditions de jouissance du droit de vote. S’est appliqué dès les élections municipales de 2001. soit la majorité civile → 18 ans. Il y a des aménagements en vertu du traité de Maastricht du 7 février 1992 → les européens s’ils résident en France depuis un certain temps.ne sont manifestement excessives ou si elles sont inspirées par des motifs manifestement étrangers à l’intérêt général. La reconnaissance de la qualité d’électeur est subordonnée à des conditions minimales : •Nationalité → réservé aux nationaux. •Majorité électorale → il faut un minimum de maturité et de conscience civique pour être électeur. En France en 1848 → majorité civile et politique est de 21 ans abaissée à 18 ans depuis la loi du 5 juillet 1974. Au R-U → 18 ans depuis 1964 Aux USA → 18 ans depuis 1971 → XXVIème amendement Constitution fédérale. Sur 63 millions de français → 40 millions d’électeurs → 70% de la population Le droit de vote n’est pas un droit de l’homme mais un droit du citoyen. Droit constitutionnel (semestre 1) 97 . de la •Etat mental → les aliénés ne sont pas tous privés du droit de vote seuls les majeurs sous tutelle ne peuvent voter. peuvent participer aux élections municipales → Article 88-3 de la Constitution. Il y a des conditions de vote.

•Fonction → certains pays ont dénié le droit de vote aux militaires. Certaines condamnations pénales privent les accusés temporairement ou définitivement. §2 : L’exercice du droit de vote. → est Droit constitutionnel (semestre 1) 98 . Soumis à des conditions garantissant la régularité du scrutin pour éviter la fraude. L’exercice du droit de vote est subordonné à l’inscription de chaque électeur sur les listes électorales dressées dans chaque commune → y figurent tous les citoyens appelés à voter pour toutes les élections. Permet par la vérification d’identité d’éviter les votes multiples. de voter ceux qui font la loi. A) L’inscription sur les listes électorales.•Dignité → personnes qui enfreignent la loi faisant l’objet d’une condamnation ne sont pas dignes d’élire la loi. Seule une décision de justice d’une juridiction pénale décide de cette suspension. L ’inscription se fait dans la commune du domicile obligatoire → garantie du principe d’égalité des citoyens. Cet état de droit pris fin en 1945. En France l’armée était appelée la « grande muette ».

les citoyens ont le devoir civique de voter (amende légère pour ceux qui ne votent pas) pour lutter contre l’abstentionnisme (Belgique . C’est le cas pour la + grande majorité des Etats dont la France. Dans certaines démocraties. d’utiliser une enveloppe et de ne pas marquer le bulletin par un signe particulier sinon Droit constitutionnel (semestre 1) 99 . 1) L’exercice facultatif du droit de vote. Pays-Bas). Le secret est garanti par l’obligation de passer par l’isoloir.B) Le déroulement du scrutin. Le droit de vote ne pose pas d’obligations → consacre une liberté du citoyen. La liberté est garantie par le secret du vote → un citoyen n’a pas à dissimuler ses opinions mais peut subir des pressions extérieures notamment dans les régimes totalitaires. 2) La liberté de l’électeur.

En France. 3) La sincérité du scrutin. graisser les bulletins pour les annuler [bout de lard]…) Droit constitutionnel (semestre 1) 100 . on admet le vote par procuration établie devant une autorité publique) prévu dans des cas limitativement énumérés par le code électoral.ce bulletin est nul. •L ’électeur doit émarger la liste électorale → une seule fois (on ne peut revoter). a) Les règles juridiques pour garantir la sincérité du scrutin. •Le bureau contrôle le déroulement comptabilisation les résultats. En France : •L ’électeur doit voter en personne → le vote par correspondance n’est + autorisé en raison des irrégularités (existe aux USA). Evite la fraude → il existe un contentieux électoral. du scrutin et la •Le dépouillement des bulletins a lieu en public et en présence de délégués de ≠ candidats (éviter la fraude → double fond de l’urne.

Le Conseil constitutionnel doit juger les irrégularités commises → déterminantes. Jusqu’en 1958 → assemblées parlementaires elles-mêmes vérifiaient → exerçaient le contrôle politique (élections législatives. des Droit constitutionnel (semestre 1) 101 . Selon le système retenu.Une commission de contrôle est présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire (commission départementale) qui vérifie les résultats dans chaque département. b) Le contentieux électoral. Section 2 → Les systèmes électoraux. sénatoriales…). A un moment donné. Si le Conseil constitutionnel constate des irrégularités déterminantes. le résultat de l’élection peut être ≠. le Conseil annule les suffrages exprimés de certains bureaux de vote et corrige les résultats. Ce qui pose un problème de souveraineté parlementaire. Depuis 1958 → contentieux des élections législatives et sénatoriales relève du juge constitutionnel et par conséquent du Conseil Constitutionnel saisi par un candidat ou un électeur. Le Conseil constitutionnel n’a pas beaucoup de moyens de vérification → peut choisir de reformer les résultats → proclamer et élire un autre candidat que celui déclaré vainqueur (réformation). c’est-à-dire de nature à entacher les résultats. Il y a incontestablement un effet sur la nomination du représentant. S’il constate des irrégularités → élection annulée et une nouvelle élection se doit d’être organisée dans les 3 mois. L’élection non contestée ne fera pas l’objet d’un contrôle et sera considérée comme valable. C’est un choix éminemment politique.

Droit constitutionnel (semestre 1) 102 . Un système. c’est-à-dire comment départager les candidats lors d’une élection ? Et la réponse fait la différence entre scrutin majoritaire et représentation proportionnelle. ou non ? Et cette question va amener la distinction entre suffrage direct et suffrage indirect. •Quel sera le mode d’attribution des sièges. et en général toute modification apportée au système électoral n’est pas du tout pour chercher à représenter au mieux le corps électoral. sans intermédiaire. c’est un ensemble de règles techniques qui vont se combiner entre elles.pour constituer un ensemble cohérent. C’est en fait pour garantir à ceux qui ont le pouvoir qu’ils vont le garder aux prochaines élections. Sous-section 1 : Suffrage direct et suffrage indirect. par l’ensemble du corps électoral.modifications/aménagements du système électoral en place seront faites. Destiné à répondre à trois questions : •Les représentants doivent-ils être désignés directement. •Quel est le nombre de candidats à élire ? Et la réponse fait la différence entre scrutin uninominal et scrutin de liste.

membres des conseils régionaux. aux messages données par les électeurs. •Le suffrage direct est très démocratique alors que le suffrage indirect a un effet de filtrage. c’est ainsi qu’est élu le Président de la République. §2 : Leurs effets respectifs. membres des conseils généraux. Les candidats de l’opposition sont marginalisés → dégage des assemblées modérées. Le suffrage indirect dégage des assemblées pondérées assez conserva trices ne reflétant pas l’opinion publique. sans intermédiaires. Exemple : il peut y avoir ≠ degrés de suffrage indirect → le suffrage indirect à deux degrés pour le président des USA et pour les membres du Sénat.§1 : La distinction. les représentants Exemple : France → les députés de l’Assemblée nationale sont élus ainsi et depuis révision constitutionnelle de 1962. paisibles. Droit constitutionnel (semestre 1) 103 . Suffrage direct → les citoyens élisent immédiatement. France → collège électoral du Sénat français est composite (députés AN. Ce suffrage favorise la réélection des notables en place. Suffrage indirect → les citoyens se contentent d’élire des grands électeurs qui vont à leur tour désigner les grands représentants. Exemple : en France pour l’élection des sénateurs → suffrage indirect. mem bres des conseils municipaux et ceux-là sont en grande majorité).

Nouveau Mexique → 5 électeurs. Au sein du collège. Quand les constituants veulent élaborer un régime ou le chef de l’état ne doit pas avoir beaucoup de pouvoir → suffrage indirect pour diminuer son prestige (ne peut s’appuyer sur la légitimité populaire. •Le suffrage direct fait toujours représenter la nation.) Exemple : Sénat des USA → a des pouvoirs très importants. En 1958 → constituants élargissent le collège Droit constitutionnel (semestre 1) 104 . être élu prési Il y a 538 électeurs et il faut obtenir 270 voix pour dent. La Constitution des USA décrivant le mode d’élection du président affirme que c’est au suffrage indirect choisi pour donner un poids aux Etats fédérés. Le suffrage indirect est utilisé pour désigner un chef d’état que l’on ne veut renforcer. •Le suffrage universel direct donne une légitimité + forte à celui qui est désigné. la circonscription électorale étant chaque Etat fédéré.Cet effet s’accentue lorsque l’on a affaire à un suffrage à 3 voir 4 degré comme sous le 1er et le 2nd Empire. chaque Etat fédéré compte un nombre de grands électeurs. L suffrage indirect peut permettre la représentation d’une autre réalité sociologique que le peuple ou la nation. Origan → 7 électeurs. Est élu pour 4 ans par un collège de grands électeurs élus euxmêmes par le peuple au scrutin de liste majoritaire à un tour. le peuple. Exemple : sous la 5ème République → avant 1958 avant la Constitution (sous les 3 et 4ème Républiques) → président = personnage effacé. Etait élu par les 2 chambres du parlement réunies pour cette circons tance en Congrès. Exemple : Sénat français représente les collectivités locales (+ particulière ment les communes.

électoral → collège + large sur le modèle du collège électoral des sénateurs (élus de la chambre basse. président au cohérente. Sous section 2 → Le nombre de siège à pourvoir ou nombre de candidat. Droit constitutionnel (semestre 1) 105 . En 1962 → révision de la Constitution → élection du suffrage universel direct → Constitution Doit avoir l’assentiment populaire que seul le suffrage universel direct accorde. Hypothèse de l’élection d’une pluralité de personnes → élections législatives (577 députés à l’Assemblée nationale). La Constitution donne des pouvoirs très forts au président de la République ce qui s’oppose au suffrage indirect → Constitution un peu bancale. représentants des collectivités territoriales…). Ça reste une élection au suffrage indirect. Hypothèse d’une seule personne à élire pour l’ensemble du territoire national → élection du président de la République : Chaque citoyen vote dans sa commune mais la circonscription électorale est le territoire national entier.

Chaque parti politique présente un candidat : Exemple : Aux USA pour l’élection de la chambre des représentants (435 membres) élus dans le cadre de local →uninominal majoritaire à un tour → mandat de 2 ans.Il n’y a qu’une seule circonscription → chaque parti politique présente une liste nationale comportant un nombre un nombre de noms = au nombre de sièges à pourvoir. Il y a un siège à pourvoir par circonscription. Renouvellement par 1/3 tous les 2 ans et le mandat est de 2 ans. Pour rendre les choses + simples on divise le territoire national en ≠ morceaux (circonscriptions électorales). Droit constitutionnel (semestre 1) 106 . Ce dispositif rapproche les candidats des électeurs et permet un choix + éclairé. 2 solutions : Soit il faut désigner un député par circonscription → scrutin uninominal Soit il faut désigner plusieurs députés par circonscription → scrutin de liste. Les résultats seront calculés séparément pour chaque circonscription. §1 : Le scrutin uninominal. Sénat américain → 2 sénateurs par Etat fédéré et la circonscription électo rale est l’état fédéré. Chaque circonscription a un certain nombre de sièges à pourvoir.

•Du point de vue des partis politiques : Le scrutin uninominal avantage en principe les partis qualifiés de peu organisés (organisation souple) → partis ayant une idéologie peu marquée et représentés par des notables locaux. Droit constitutionnel (semestre 1) 107 . •Du point de vue du découpage des circonscriptions électorales : Puisque chaque circonscription n’élie qu’un seul représentant les circonscriptions doivent être équilibrées du point de vue démographique. Exemple : En France sous la 5ème République → élection des députés de la chambre basse → scrutin uninominal majoritaire à 2 tours. Devront être révisées très régulièrement pour tenir compte des mouvements de population. On s’attache – au programme politique du candidat. Ce scrutin risque de ramener la compétition électorale à des luttes de personnes. Les effets du scrutin uninominal à un tour : •Du point de vue de la représentation : L’électeur va voter avant tout pour une personne à qui il accorde sa confiance → scrutin personnalisé car les circonscriptions sont petites donc meilleure connaissance des candidats des ≠ partis politiques se trouvant en compétition.Scrutin uninominal majoritaire à 1 tour Exemple : au R-U pour l’élection des membres de la chambre des communes → scrutin uninominal majoritaire à un seul tour.

Cette règle fut celle des élections législatives de la 4ème République en France. La représentation des opinions est favorisée par le scrutin de liste (ça n’exclu pas que l’électeur soit influencé tout de même).Ces redécoupages peuvent favoriser les manipulations électorales. Droit constitutionnel (semestre 1) 108 . un programme du parti politique. Exemple : le Nord peut désigner 8 sénateurs. le Bas Rhin 5 sénateurs. La circonscription de référence est le département. Les effets du scrutin majoritaire de liste : •Du point de vue de la représentation : Il correspond à une autre conception de la représentation → électeur vote pour des idées. Utilisé en France sous la 5ème République pour l’élection des sénateurs (entre 2 et 8 selon les circonscriptions). •Du point de vue du parti politique : Il favorise les grands partis politiques très structurés avec une idéologie bien marquée. Plusieurs sièges sont à pourvoir par chaque circonscription → chaque parti politique présente une liste de candidats dont le nombre est = au nombre de sièges à pourvoir. §2 : Le scrutin de liste.

On cherche à combiner les avantages et à éliminer les inconvénients. •Du point de vue du découpage électoral : Le problème du découpage ne se pose pas trop. Chaque circonscription désigne plusieurs élus → nombre des élus par circonscription doit être proportionnel à la démographie.Exemple : UMP en France. •Panachage → dans le cadre du scrutin de liste car l’électeur va composer sa propre liste en piochant des noms dans ≠ listes. •Vote préférentiel → dans le cadre d’un scrutin de liste mais par ce vote l’électeur va avoir le droit de modifier le classement des candidats proposé dans la liste. •Double vote → ≠ du vote plural → tous les électeurs en bénéficient. Dans la loi électorale allemande pour les élections à la chambre basse Droit constitutionnel (semestre 1) 109 . §3 : La combinaison du scrutin uninominal et du scrutin de liste.

Elle est organisée par des règles de droit garantissant l’égalité des chances entre les compétiteurs. Section 3 → Les partis politiques. Les partis politiques sont à ce moment là des petites formations composées de notables parlementaires avec très peu d’adhérents → structure souple et peu disciplinée → partis de cadre ou partis de notables. ≠ affinités politiques en France. Exemple : R-U → parti libéral. France → parti radical socialiste (IIIème République) Sous la Vème République → UDF Droit constitutionnel (semestre 1) 110 . Sont ainsi nés les groupes parlementaires. Dès la période révolutionnaire on a pu voir des partisans.(Bundestag) → ont le droit à 2 voix : oVotent pour un candidat dans le cadre d’un scrutin uninominal oVotent pour un parti politique présentant une liste de candidats par parti et par Land de la république fédérale. Vont rentrer en compétition pour la conquête du pouvoir. Au cours du XIXème siècle le jeu politique demeure réservé aux notables par l’effet du suffrage restreint et les partis politiques portent la marque de ce suffrage.

§1 : Les fonctions des partis politiques. Le PC.La plupart des grands partis politiques se présentent de manière ≠ → par opposition des partis de masse (la plupart sont une émanation du syndicalisme ouvrier → partis de gauche) Exemple : en Allemagne le parti social démocrate Au R-U → Parti travailliste fondé en 1900 le Labour En France → la SFIO → né d’une fusion de ≠ courants socialistes en 1905. l’UMP sont des partis de masse + PS. Ils assurent le lien entre les électeurs et le pouvoir → courroie de transmission entre les Droit constitutionnel (semestre 1) 111 . Dans une démocratie libérale pluraliste les partis doivent assurer 3 fonctions essentielles : •Au nombre des corps intermédiaires qui Contribuent à l’éducation politique des citoyens garantie du caractère pluraliste de la démocratie. On distingue les régimes à parti unique → régime totalitaire Les régimes à partis multiples → démocraties libérales et pluralistes. Les partis politiques peuvent être l’instrument par excellence d’un régime totalitaire → organisation partisane d’un pays est intimement lié à la nature du régime politique. •Organisent la conquête du pouvoir politique par la désignation des candidats et par l’organisation des campagnes électorales des candidats. •Interviennent dans le fonctionnement des institutions. Se développent avec l’avènement du suffrage universel.

Loi de 1995 → dispositif anti corruption → prévoit un financement permanent. En France → article 4 de la Constitution « les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Financement public et indispensable pour éviter que les partis ne servent des intérêts personnels. Ils se forment et exercent leur activité librement et doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ». Chaque parti qui a un groupe au sein du parlement reçoit chaque année une subvention de l’état dont le montant dépend du nombre de voix aux élections. Il n’y a pas de structure juridique propre aux partis politiques. C’est le régime de l’association qui est choisi pour les partis politiques. Ce statut juridique pose la question du financement des partis politiques. Dans la Constitution des partis politiques rien est indiqué sur les partis politiques et au R-U il n’y a pas de Constitution écrite. La plupart des Etats ont adopté un statut législatif qui leur reconnaît la personnalité juridique. public et direct des ≠ partis politiques pour leur permettre d’accomplir leur fonction de la manière la + indépendante possible.électeurs et le pouvoir politique §2 : Le statut juridique des partis politiques. Droit constitutionnel (semestre 1) 112 . du nombre d’élus au Parlement. Révision de l’article 4 « les partis contribuent à la mise en œuvre de la parité ». Cette reconnaissance constitutionnelle est très répandue dans les Etats occidentaux depuis la 2nde guerre mondiale → combattre les régimes à parti unique.

Le montant global de tous les partis est inscrit dans la loi de finance de l’année. Droit constitutionnel (semestre 1) 113 . •Possède une organisation interne très structurée. Exemple : URSS de 1917 à 1989 Exemple : Italie fasciste de 1922 à 1943 Exemple : Allemagne nazie de 1933 à 1945 Caractéristiques du parti unique : •Est porteur d’une idéologie officielle → fonction d’oppression des masses et non d’éducation. très hiérarchisée → discipline militaire qui ne tolère aucune discidence. Les partis multiples sont très diversifiés. §3 : Les systèmes de parti politique. Apparus au XXème siècle → pour établir une dictature totalitaire dont l’instrument est ce parti unique. L’identification des ≠ systèmes de partis repose sur une classification fondée sur le nombre de partis politiques → parti unique + pluralité de partis. A) Les systèmes de parti unique.

Le parti impose l’unité de candidature → les élections deviennent plébiscites. La vie politique est dominée par 2 grands partis rivaux qui émergent. Ça fonctionne en principe sans l’appoint d’un tiers parti mais ça peut Droit constitutionnel (semestre 1) 114 . B) Les systèmes de pluralité de partis. a) La définition. 2 grands systèmes de partis se dégagent : •Le bipartisme •Le multipartisme D’autres facteurs apparaissent et agissent pour compléter cette grande division. Déterminés par un certain nombre de facteurs : le mode de scrutin. 1) Le bipartisme. L’un d’eux va détenir le pouvoir pour une période + ou – longue mais toujours en alternance. •Maitrise tous les pouvoirs d’Etat → assure la confusion des pouvoirs.•Accapare la représentation du peuple → représentation ne doit exister que par le parti unique.

Il faut pendre d’autres facteurs en compte → clivage idéologique (du programme porté par les partis politiques) + l’organisation interne des partis politiques en présence. l’organisation interne des partis politique est très structurée → s’illustre par le rassemblement de très nombreux Droit constitutionnel (semestre 1) 115 . c) Les 2 formes de bipartisme : le rigide et le souple. Dans ce cas. •Rigide → au R-U → idéologie partisane très marquée opposant les conservateurs et travaillistes chacun proposant un choix de société ≠. C’est le mode de scrutin majoritaire à un seul tour qui n’empêche pas l’émergence d’un tiers parti mais garanti la prépondérance des 2 grands. Le tiers parti le labour a pris une importance considérable et a remporté les élections législatives de 1945 détrônant le parti libéral. Exemple : au R-U jusqu’à l’entre 2 guerres → parti conservateur (Tories) et parti libéral (whigs). b) Sa cause déterminante. Il serait mieux de parler de duopole car d’autres partis existent à côté.arriver. Exemple : le R-U et les USA. La nature du fonctionnement du bipartisme au R-U et aux USA varie.

Le leadership est ≠ du R-U. une direction + collégiale qu’au R-U. D’autres facteurs viennent se greffer → impact fort sur le fonctionnement du régime politique du pays.militants et adhérents. est a posteriori → après l’élection présidentielle le candidat élu président devient leader de son parti politique et non avant. Discipline se traduisant dans la discipline de vote au sein des groupes parlementaires avec une surveillance étroite du comportement des députés. Le leader du parti vaincu se retrouve à la tête du cabinet fantôme (équipe gouvernementale de rechange très organisée pour se préparer à l’alternance). les programmes politiques ne sont pas très opposés. Le militantisme est très faible et partis peu disciplinés → se démontre dans les votes au sein du Congrès → le président peut sur certains dossiers mieux composer avec les élus du parti adversaire qu’avec les élus de son propre parti → peut convaincre les élus du parti adversaire ses réformes. Phénomène tient du leadership incontestable au sein des 2 grands partis impliquant que va devenir 1er ministre le leader du parti vainqueur aux élections législatives. •Souple → aux USA → idéologie partisane peu marquée → faible clivage opposant démocrates et républicains. Les oppositions se font sur des dossiers ponctuels. sont très disciplinés (tentative de scission et de faction sont très rares). et non individuel → une équipe. Leadership n’est pas marqué. Clivage idéologique marqué + 2 grands partis très disciplinés + leadership très marqué. Droit constitutionnel (semestre 1) 116 .

•Scrutin majoritaire à 2 tours → conduit à un multipartisme souple → rend possible des ententes électorales et des coalitions pérennes entre des partis politiques de tendances voisines au sein de l’Assemblée.2) Le multipartisme. 3ème Exemple : France → entre 1951 et 1956 → système électoral de la loi sur les apparentements destinée à marginaliser les extrêmes → multipar tisme centriste. La cause déterminante du multipartisme est le mode de scrutin → peut être généré par plusieurs modes de scrutin. Le nombre des partis varie (entre 3 et 12). Droit constitutionnel (semestre 1) 117 . Selon le mode de scrutin → ≠ types de multipartisme. L’élection du président de la république au suffrage universel direct est un facteur structurel renforçant la majorité de coalition alors que ça entraine une bipolarisation. •Modes de scrutin mixte → effet mitigé : Exemple : Allemagne → 2 grands partis tempérés par une formation de + petite taille jouant un rôle important → système de 2 partis et demi. •Représentation proportionnelle → conduit à un multipartisme rigide relativement limité (représentation proportionnelle approchée) ou très large (représentation proportionnelle intégrale). Coalitions + ou – stables : Exemple : France → élections législatives → scrutin majoritaire à 2 tours. Système de partis multiple comprend + que 2 formations politiques importantes.

Elles prévoient les organes chargés d’exercer le pouvoir au nom de l’Etat. Il n’y a + d’état au sens juridique du terme → il n’y a + de Constitution si ça s’incarne en 1 homme : Exemple : Italie de Mussolini qui avait maintenu en vigueur la Constitution de 1848 mais ces textes n’avaient + aucune portée.Mode de scrutin est une cause déterminante du système politique. L’Etat contemporain est une institution → personne morale qui détient le pouvoir politique. La Constitution est un ensemble de règles juridiques fondamentales qui fixent les conditions d’acquisition du pouvoir. les conditions d’exercice du pouvoir politique de l’Etat. Règles constitutionnelles doivent être respectées par gouvernants et conditionnent l’autorité de ses gouvernants. L’idée d’un Etat s’incarnant dans un homme n’est pas une idée nouvelle → monarchie absolue de l’A-R en France il y avait tout de même quelques règles de dévolution du pouvoir fondé sur l’hérédité. Les systèmes de partis politiques ont des effets déterminants sur le fonctionnement des régimes politiques démocratiques mis en place. Droit constitutionnel (semestre 1) 118 . les Ça vaut pour tout Etat quelque soient ces règles qu’elles soient écrites ou non. L’Etat n’a pas d’existence physique mais juridique → ne peut exister que par son statut juridique → sa Constitution. Titre 2 : L’organisation du pouvoir en démocratie.

Une autorité légale n’est pas forcément légitime : Exemple : entre 1940 et 1944 → le gouvernement de Vichy. •La Constitution fixe le statut juridique des gouvernants → modalités de leur désignation + les compétences qui leurs sont attribuées (avec le terme de compétence → pouvoir reconnu par le droit). La Constitution fait des gouvernants des autorités légales car elles sont investies conformément aux procédures prévues par la Constitution. d’Etat + Les autres fonctions de la Constitution ont été dégagé + tard. légales La légalité → concept juridique La légitimité → concept politique → c’est un fait. Nécessité de mettre en évidence les fonctions par les constitutionnalistes que ce texte peut avoir. soit le peuple adhère ou soit il n’adhère pas. Emergence du concept Etat de droit. selon la Consti tution de 1940 ce gouvernement est légal mais le peuple français n’a pas adhéré. Droit constitutionnel (semestre 1) 119 . les autorités bénéficient en + en même temps du consentement populaire. Ces autorités sont légales et deviennent légitimes. protéger la liberté. C’est assuré par la séparation des pouvoirs représentation. Cette idée est exprimée dans la DDH de 1789 → article 16 précisant « une société n’a pas de Constitution si la garantie des droits n’est pas assurée ». •La Constitution permet surtout de limiter le pouvoir → préserver. •La Constitution fonde la légitimité des gouvernants → quand le texte constitutionnel est accepté par le peuple.Dès le XVIIIème siècle le mot de Constitution apparaît et les 1ères Constitutions écrites font leur apparition (avec le Constitutionnalisme).

La légitimité peut mourir avec le temps → l’assentiment populaire peut se perdre. sur Droit constitutionnel (semestre 1) 120 . La Constitution fait d’une autorité une autorité légale → lui confère une présomption de légitimité → c’est au peuple de retirer sa confiance aux autorités légalement investies. la Constitution n’a pas la même forme → impact sur la manière dont elle est élaborée. •La Constitution est l’expression de la philosophie du régime politique mis en place → la Constitution tient des dispositions technique d’agencement du pouvoir mais aussi un projet d’organisation sociale prenant la forme d’une déclaration des droits. L’organisation du pouvoir en démocratie repose sur une règle aussi fondamentale que la souveraineté démocratique → il n’y a pas de liberté sans séparation du pouvoir d’Etat. la nature du régime politique. La Constitution revêt une importance considérable dans un état démocratique. •La Constitution est la loi suprême de l’ordre juridique national → fondement de validité de toutes les autres normes nationales. Selon l’Etat. Chapitre 1 : La Constitution. d’un préambule précédant les articles les + techniques → Constitution sociale étant l’esprit de l’organisation du pouvoir. révisée.Le gouvernement de Londres n’était pas légal mais légitime. Ce principe juridique donne naissance à plusieurs régimes politiques possibles.

Section 1 → La notion de Constitution. •Formelle et normative → l’acte juridique qui prend la forme d’un document écrit unique et est conçu comme étant la loi suprême dans l’ordre juridique. Tout Etat a une Constitution au sens matériel du terme.la place de la Constitution dans l’ordonnancement juridique. conditions d’acquisition du pouvoir. §1 : Constitution matérielle et Constitution formelle et normative. mode de gouvernement → règles constitutionnelles celles qui déterminent la forme de l’Etat. •Matérielle → Ensemble des règles de droit les + importantes de l’état. La Constitution ne se présente pas toujours de la même manière. Droit constitutionnel (semestre 1) 121 . •Constitution souple + Constitution rigide. forme de son gouvernement (républicain ou monarchique). 3 distinctions : •Constitution matérielle + Constitution formelle et normative. de son exercice. effective de 2 manières : oNe peut être élaborée et révisée que par des procédures spéciales solennelles. •Constitution écrite + Constitution coutumière. Suprématie garantie.

oCensure de toute règles <. •Constitution écrite → consigne dans un document solennel et unique l’ensemble des règles relatives aux pouvoirs publics. celle de Virginie en juin 1776 puis celle des USA de 1787. oStabilité des règles fondamentales qu’elle renferme → implique l’existence d’une procédure spéciale de révision. Opposition devant être relativisée. précision → garantie contre l’abus de pouvoir. Cet Etat de droit formel devient un Etat de droit substantiel dès lors que la Constitution renferme des règles relatives au Droits et libertés fondamentaux. Les 1ère furent adoptées par les colonies anglaises d’Amérique → la 1ère. puis en France en 1791 (précédée de la DDHC de 1789). correspond à la copnception formelle de la Constitution. A) Les éléments de l’opposition. •Constitution coutumière → résulte de la réunion de 2 éléments : Droit constitutionnel (semestre 1) 122 . §2 : Constitution coutumière et Constitution écrite. non conformes à la Constitution → lois votées par le Parlement font l’objet d’un contrôle de constitutionnalité caractéristique du passage d’un Etat légal à un Etat de droit. l’arbitraire. La plupart des démocraties ont une Constitution écrite → présente des avantages : oRigueur.

On ne peut enfermer des gouvernants dans une règle écrite au caractère obligatoire incontestable. Présente des inconvénients : oN’est pas très démocratique → le peuple n’est pas appelé à se prononcer sur son adoption ou sur sa révision. Droit constitutionnel (semestre 1) 123 . Une dizaine d’Etats ont une Constitution coutumière : Exemple : au R-U → régime parlementaire repose sur des règles coutumières (droit de dissolution de la chambre des communes + responsabilité politique du gouvernement). Exemple : Nouvelle-Zélande. Pratique appliquée comme étant le droit. Cependant les Etats n’ayant pas de Constitution écrite n’ont pas + de problèmes politiques et juridiques. oProblèmes de sécurité juridique : incertitude sur l’existence même de la règle de droit → à partir de quel moment la coutume est formée ? jusqu’à quel moment une pratique contraire à la Constitution coutumière sera considérée comme une nouvelle règle ? incertitude sur le contenu de la règle coutumière → approximatif. oPsychologique → répétition créée dans la conscience collective le sentiment d’une obligation juridique. Son avantage est d’être l’exact reflet de l’évolution d’une société politique → s’adapte aux changements.oMatériel → répétition d’une pratique sur une certaine durée.

B) La relativité de l’opposition. La sanction n’est pas juridique s’il n’y a pas de respect → sanction politique. Cette pratique put devenir une coutume. Exemple : rédaction du discours du trône de la reine fait par le 1 er ministre. Droit constitutionnel (semestre 1) 124 . Règles non coutumières car ne correspondent pas aux règles de coutume → résultent d’un seul précédent. 1) L’absence de Constitution exclusivement coutumière. Peut être complétée par du droit écrit ou des accords entre les ≠ pouvoirs publics en présence (accords interinstitutionnels). acte d’établissement de 1701 (règle les problèmes de succession au trône). Exemple : R-U → sa Constitution est composite → droit coutumier + textes écrits (charte de 1215. On constate qu’il n’y a pas de Constitution 100% coutumière ou 100% écrite. Bill of rights de 1689). Ces 2 types de Constitution se révèlent complémentaires. textes sur les pouvoirs respectifs des 2 chambres → loi de 1911 + 1949 + 1999 (chambre des Lords) Il y a aussi des accords interinstitutionnels → conventions constitutionnelles → pratiques suivis par les organes institutionnels auxquels ils se soumettent délibérément.

Une Constitution écrite se trouve enrichie par la jurisprudence du juge constitutionnel. Une Constitution écrite ne peut tout réglementer → réponse à certaines situations ne se trouvera pas dans le texte écrit. Il est + simple de faire intervenir la coutume plutôt que de faire intervenir la révision (procédé lourd). Exemple : Sous la IIIème République → apparition du président du Conseil → on n’en parle pas dans les textes. Pratique reprise sous la IVème république. Est complétée par certaines pratiques pouvant devenir coutumes. a) Le développement de pratiques éventuellement coutumières.Une Constitution coutumière peut être complétée par des écrits. Droit constitutionnel (semestre 1) 125 . Toute Constitution écrite de naissance a des pratiques → texte peut comporter des dispositions ambigües faisant l’objet d’une interprétation par les pouvoirs publics et des dispositions peuvent être inadaptées. 2) L’absence de Constitution exclusivement écrite. Est devenu convention. Est devenu une coutume Exemple : pratique des décrets-lois → le parlement laissait le gouvernement légiférer à sa place (pour des questions qu’il fallait régir rapidement).

le 1 Si parmi ces pratiques l’une d’entre elles est qualifiable de coutume constitutionnelle sa portée ne peut être que relative : •Si on est dans un contexte de Constitution coutumière → la nouvelle coutume émergeante est une révision constitutionnelle. Elle se ≠ e la coutume → peut résulter d’une seule décision de justice. ne peut que compléter la Constitution écrite. •Si on est dans un contexte de Constitution écrite → la nouvelle coutume émergeante ne peut avoir qu’une fonction interprétative.Exemple : sous la Vème République → révocation discrétionnaire du 1er ministre par le président de la République → n’est pas consacré par la Constitution. b) La jurisprudence constitutionnelle. pas de nécessaire répétition. Exemple : en période de cohabitation → président de la République peut refuser la signature de certains textes que lui présentait er ministre. La jurisprudence c’est l’œuvre d’interprétation d’une juridiction. règle de droit interprétée et appliquée. Le juge constitutionnel e présence de dispositions ambiguës devra interpréter le texte constitutionnel. Est devenu convention. supplétive. Si on admettait cela → révision implicite ne respectant pas la procédure solennelle. Droit constitutionnel (semestre 1) 126 .

le juge se donne peu de pouvoirs → est très respectueux du texte. •Méthodes objectives d’interprétation → donnent de grands pouvoirs au juge par rapport au texte → donne au juge un certain pouvoir normatif. le juge va se donner des limites → essaie de trouver une réponse à la question posée qui soit cohérente avec l’esprit de la Constitution. La jurisprudence complète le droit écrit assurant la cohérence des systèmes politiques. Droit constitutionnel (semestre 1) 127 .Lorsqu’il exerce le contrôle de constitutionnalité. Auront tendance à être choisies lorsque le texte est silencieux. On distingue : •Méthodes subjectives d’interprétation → consistent pour le juge à rechercher l’intention de l’auteur du texte. obscur. En utilisant ces méthodes. est amené à regarder. Le Con seil constitutionnel a utilisé cette démarche en partant de l’article 16 de la DDH → droit de toute personne de saisir un juge pour assurer la garantie de ses droits fondamentaux. Exemple : La méthode déductive → on déduit d’une règle une autre. Pour cela il a des méthodes → selon la méthode choisie il s’accordera + ou – de libertés par rapport au texte. Permettent aussi de réactualiser la volonté du constituant aux réalités contemporaines. et à interpréter le texte.

Convocation d’une assemblée spéciale + exigence d’une majorité renforcée. Une Constitution souple se caractérise en principe par l’absence de > sur la loi ordinaire.§3 : Constitution souple. Cette qualification s’applique aux Constitutions coutumières mais aussi à certaines Constitutions écrites → lorsqu’elles ne contiennent aucune disposition expresse pour leur révision. A) Constitution souple. Droit constitutionnel (semestre 1) 128 . Cette qualification va aussi être appliquée à une Constitution écrite prévoyant une procédure de révision extrêmement facile à mettre en œuvre. B) Constitution rigide. Constitution rigide. très proche de celle de l’élaboration des lois ordinaires. Constitution qui peut être révisée par les mêmes organes et par les mêmes procédures que les lois ordinaires. Constitution qui ne peut être révisée que par des organes et selon des organes ≠ et une procédure distincte de celle des lois ordinaires. Exemple : Charte de 1814 établissant la Restauration en France.

Elle intervient pour adapter la Constitution à des réalités nouvelles que le constituant ignorait → pas de bouleversement radical. Section 2 → L’élaboration et la révision de la Constitution. on retouche le texte → abrogation pour l’avenir de certaines de ses règles et le remplacement par d’autres. Les problèmes juridiques qui peuvent apparaitre se posent principalement pour les Constitutions écrites et rigides (formelles et normatives). L’adoption d’une Constitution est un événement important intervenant dans 2 situations → lors de la création d’un nouvel Etat lors de l’apparition d’un nouveau rapport de forces politiques radical détruisant l’ordre constitutionnel ancien. La révision d’une Constitution est sa modification. c’est une Constitution rigide → règle de droit édictée selon des procédures spéciales et ne peut pas être modifiée n’importe comment.La rigidité d’une Constitution traduit 2 choses : •Une méfiance à l’égard des représentants •Caractère presque sacré du texte constitutionnel Dès qu’on a affaire à une Constitution formelle et normative. Droit constitutionnel (semestre 1) 129 . Une Constitution coutumière est souple → caractère coutumier permet de la modifier aisément par une coutume contraire ou par la loi ordinaire.

Cet équilibre devant exister ne sera garanti que si aucun des 3 ne peut s’accaparer le droit de modifier.Ces 2 questions sont régies par un grand principe fondamental de la séparation du pouvoir constituant et des pouvoirs constitués. L’élaboration et la révision de la Constitution concerne l’action du pouvoir constituant mais cela pose des problèmes juridiques faisant intervenir une nouvelle distinction : •Pouvoir constituant originaire → élaboration de la Constitution •Pouvoir constituant dérivé (institué) → révision de la Constitution §1 : L’élaboration de la Constitution : le pouvoir constituant originaire. Sieyès vient garantir ce que défend Montesquieu. Droit constitutionnel (semestre 1) 130 . Pouvoirs constitués → organes d’état (autorités) prévus par la Constitution → exécutif + législatif + judiciaire. d’élaborer la Constitution. Il faut éviter le cumul. Aucun des 3 ne doit s’accaparer le droit d’élaborer ou de modifier la Constitution → seraient tenté de s’avantager. Ce principe a été mis en lumière par Sieyès dans son ouvrage qu’est ce que le tiers Etat ? → 1ère théorie du pouvoir constituant. la confusion des pouvoirs. Pouvoir constituant → pouvoir d’élaborer ou de réviser la Constitution.

•Pouvoir de fait et non de droit. •Pouvoir légitime → d’ordre politique. il tire sa légitimité du succès de la révolution. B) Le titulaire du pouvoir constituant originaire. le pouvoir vient du peuple → transfert de souveraineté du roi au peuple → révolution française et américaine. Le choix du titulaire résulte d’un choix philosophique → le pouvoir souverain a appartenu au roi prétendant venir de Dieu. A) Les caractères du pouvoir constituant originaire. Pouvoir constituant n’est soumis à aucune règle préalable. Le pouvoir constituant originaire présente ≠ caractéristiques : •Pouvoir inconditionné → il n’y a + de Constitution. L’élaboration d’une Constitution manifeste la souveraineté de l’Etat dans sa plénitude. Aujourd’hui. C’est au moment de l’apparition es 1ère Constitutions.Pouvoir qui intervient pour élaborer une Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 131 . revendication d’un peuple.

C) Les modes d’élaboration de la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 132 . Théorie de la souveraineté nationale en France → peuple a été longtemps dépossédé de ce pouvoir d’élaboration → autre manifestation de la souveraineté parlementaire. Résulte de la volonté d’un homme → mode autoritaire d’élaboration de la Constitution : Exemple : charte octroyée de 1814 s’inscrivant dans le cadre de la légitimité monar chique de droit divin par le roi à ses sujets. acceptée par le peuple.Le pouvoir constituant du peuple est garanti par le principe de séparation du pouvoir constituant et du pouvoir constitué. Résulte d’un pacte → contrat passé entre le roi et les élus de la nation → Constitution ne peut être remise en cause que par l’accord des 2 intervenants : Exemple : Charte de 1830 pour la Monarchie de Juillet. Dès que le peuple dit oui au texte → restauration du droit constituant originaire. Selon qui est titulaire du pouvoir constituant originaire il existe ≠ modes d’élaboration de la Constitution → donne des indications sur la nature du régime politique mis en place par le texte. Le roi décide unilatéralement de ne pas concentrer entre ses mains tous les pouvoirs. Il faut attendre 1946 (la IVème République) pour voir apparaître une Constitution ratifiée.

Intérêt → distinguer assemblée constituante et législative et distinguer loi constitutionnelle et loi ordinaire. 1) Le recours indirect au citoyen. 2 modalités envisageables : •Assemblée constituante spécifique. Dans une démocratie représentative → assemblée élue pour élaborer une Constitution. l’assemblée constituante. Cette pratique vient des USA → Constitution de 1787 a été élaboré Droit constitutionnel (semestre 1) 133 . Les citoyens sont associés à cette élaboration à travers l’élection des représentants siégeant dans l’assemblée constituante. ad hoc. une Convention → sa seule fonction sera d’élaborer la Constitution → une fois son travail terminé.Dans une vraie démocratie il faut une pleine association du peuple → peut être associé de manière indirecte en élisant une assemblée constituante ou de manière directe en se prononçant lui-même sur la nouvelle Constitution. Un gouvernement provisoire est mis en place → chargé d’assurer au nom de la continuité de l’état de gérer ses affaires courantes en attendant que des élections soient organisées (désigner des représentants créant une Constitution). cette assemblée sera dissoute.

3ème République 1792 à 1793).de cette manière → Convention de Philadelphie. Droit constitutionnel (semestre 1) 134 . Solution la + retenue. 2) Le recours direct au citoyen. En France → chaque fois qu’il s’agira d’élaborer une Constitution républicaine. Le peuple peut être consulté sur un projet de Constitution élaboré par des représentants élus → référendum constituant. → La part du citoyen est limitée car il ne participe que par le biais de l’élection des représentants. •Assemblée constituante et législative → on est dans un contexte de démarrage d’un nouvel ordre constitutionnel → risque de favoriser la concentration de tous les pouvoirs d’Etat (constituant et législatif et exécutif) aux mains de l’assemblée constituante. Aucun organe n’existe en dehors de cette assemblée organisation dangereuse à cause de la confusion des pouvoirs. Exemple : En France → assemblée constituante de 1789 élabora la Constitu tion de 1791. 2 (assemblée constituante élaborant les lois constitutionnelles de 1871 à 1875) puis la 4ème République (1946). seront élaborées par une assemblée qui concentre entre ses mains tous les ère République (assemblée qui pouvoirs → 1 statue de ème République (1848). Le peuple peut être consulté sur un texte à l’élaboration duquel il n’a pas participé → plébiscite constituant.

Le peuple intervient en amont pour l’élection des représentants et en aval avec le référendum. •Campagne référendaire permettant un débat sur le texte proposé. Exemple : Constitution du 24 juin 1793 a été adopté ainsi → ratification popu laire. •L ’assemblée ne peut pas confisquer la souveraineté du peuple puisqu’elle est soumise à son contrôle a posteriori → pas de risque de souveraineté parlementaire.a) Le référendum constituant. Droit constitutionnel (semestre 1) 135 . Tradition du système représentatif → Constitutions deront échapperont au contrôle du 1946 → référendum constituant → Constitution = acte de la sou veraineté du peuple → la nation existe au travers de ses représentants mais aussi à travers le peuple intervenant par réfé rendum. Le peuple va faire un exercice collectif de son pouvoir → rejet du 1er texte constitutionnel du 19 avril 1946 (référendum du 5 mai 1946). qui se succé peuple. Avantages : •Légitime les autorités désignées selon les procédures prévues par la Constitution.

Constitution du Consulat à vie (1802) Constitution impériale en 1804.Nécessité d’élire une nouvelle assemblée constituante avec une nouvelle répartition des forces politiques élaborant des textes + modérés → Constitution du 27 octobre 1946. Plébiscite pour approuver le texte qu’il aura élaboré en 1852. Comment la Constitution de la Vème République a t-elle été élaboré ? Le peuple et les représentants du peuple ont été exclus de la confection du texte. C’est un détournement du suffrage universel à des fins personnelles : Exemple : Plébiscites de Bonaparte pour imposer la Constitution de l’an 8 (1799) du Consulat. A été préparé selon les directives du général De Gaulle → texte sur Droit constitutionnel (semestre 1) 136 . L’intervention du peuple est limitée à l’approbation du texte → peuple est en réalité appelé à se prononcer pour un homme qui demande la confiance des citoyens pour ses actions passées et futures → façonner l’opinion dans le sens du oui. b) Le plébiscite constituant. Plébiscites de Louis Napoléon Bonaparte → demande une délégation du peuple français lui confiant la rédaction de la Constitution de décembre 1851.

Ces principes sont affirmés dans une loi constitutionnelle du 3 juin 1958 votée par les 2 chambres : oRespect du suffrage universel oPrincipe de la séparation des pouvoirs oResponsabilité politique du Gouvernement devant le Parlement oIndépendance de l’autorité judiciaire •Approbation populaire de la Constitution mais pas d’entraves à l’exercice des libertés publiques (opinions et expressions des opinions). Peut-on le rapprocher des plébiscites napoléoniens ? Oui mais avec des réserves : •Pouvoir exécutif au moment de la rédaction du texte a à sa tête De Gaulle → dernier président du Conseil de la 4ème République (Coty étant président de l République).mesure élaboré dans une période de grands troubles → guerre d’Algérie. Droit constitutionnel (semestre 1) 137 . •Le texte adopté et approuvé par le peuple sera celui d’un régime démocratique libre et pluraliste. Ce référendum qui approuvera la nouvelle Constitution de 1958 donnera 80 % de « oui » → adhésion à l’homme (légitimité charismatique de De Gaulle). Est tenu d’élaborer le texte de la Constitution dans le respect de principes fondamentaux de la tradition démocratique et républicaine → limitation.

A) Les caractères du pouvoir constituant dérivé. pouvoir constituant institué (prévu par la Constitution). Quand il s’exerce en matière de révision il est ≠ de la matière d’élaboration. Dans le cadre d‘une Constitution rigide → révision spéciale déterminant les organes chargées de la révision. la Constitution : le pouvoir Pouvoir constituant s’exerce en matière d’élaboration et de révision d’un texte constitutionnel. Pouvoir constituant se confond avec les pouvoirs législatifs. Révision → abrogation de certaines dispositions du texte et leur remplacement par d’autres dispositions. Dans le cas d’une Constitution souple → révision simple opérée par les mêmes organes et procédures sont les mêmes que les lois ordinaires.§2 : La révision de constituant dérivé. 2 des 3 caractères qu’il présente s’oppose au pouvoir constituant originaire. •Est prévu par la Constitution → pouvoir de droit et non de fait Droit constitutionnel (semestre 1) 138 . Ces organes sont le pouvoir constituant dérivé.

comme le pouvoir constituant originaire.

•Pouvoir conditionné → ne peut pas agir librement, peut agir que dans

les limites (procédurales constitutionnel.

et

matérielles)

prévues

par

le

texte

•Pouvoir légitime → bénéficie d’une présomption de légitimité tout

comme le pouvoir constituant originaire.

B) L’autorité investie du pouvoir constituant dérivé.

Il est habilité par la Constitution → fait partie des pouvoirs constitués.

Ce principe interdit de confier entièrement le pouvoir de révision à un seul des pouvoirs constitués → éviter qu’un des pouvoirs constitués n’accapare le pouvoir constituant du peuple. Le pouvoir de révision a pu être remis entre les mains des seuls représentants : Exemple : sous la IIIème République → révision de la Constitution de 1875 opérée par la chambre des députés et le sénat réunis en une assemblée devant se prononcer selon les procédures spéciales.

A partir de 1946 puis en 1958 les choses changent → on tire toutes les conséquences du transfert de la souveraineté nationale au peuple → article 3 de la Constitution de la 4ème et de la 5ème République disposent que le peuple exerce cette souveraineté nationale par le biais de ses représentants et par la voie du référendum.

Cet article va renvoyer à l’article consacré à la révision constitutionnelle → article 90 de la Constitution de la 4ème république et l’article 89 de la
Droit constitutionnel (semestre 1) 139

Constitution de la 5ème République. Il y a un référendum constituant pour ratifier la révision.

Article 89 de la Constitution de la 5ème République montre que la ratification par référendum est considérée comme la procédure principale de la révision constitutionnelle. Elle fait avant l’intervention du peuple intervenir plusieurs pouvoirs constitués (exécutif + parlement) → pas de risque que le Parlement ou l’exécutif accapare le pouvoir de révision.

C) Les modalités de la révisions.

Attribuer aux pouvoirs constitués une part de responsabilité dans la révision. Pouvoir constituant dérivé = pouvoir conditionné → enfermé dans des règles devant être respectées :

•Limites formelles, procédurales prévues par la Constitution •Limites matérielles → est ce que toutes dispositions constitutionnelles

peuvent elles être révisées ? Ou sont elles intouchables.

1) Les limites formelles.

Peuvent tenir au moment de la révision et à la procédure.

Droit constitutionnel (semestre 1)

140

a) Le moment de la révision.

•Délai dans lequel la révision peut avoir lieu après l’entrée en vigueur de

la Constitution → permettre au régime mis en place de se consolider si la Constitution pose une limite. Exemple : Constitution de 1791 fixait une limite.

•Le

texte constitutionnel peut s’attacher aux circonstances lesquelles une révision n’est pas possible.

dans

Le texte peut prévoir que lorsqu’une partie du territoire est occupée par une puissance étrangère, la révision n’est pas envisageable : Exemple : en 1940 → moment ou la Constitution de la III ème République va faire l’objet d’une révision → les 2 chambres du Parlement déte naient le pouvoir de révision. Elles se sont réunies pour adopter une loi du ème Répu 10 juillet 1940 modifiant la Constitution de la III blique → a pour objet de remettre le pouvoir constituant entre les mains de Philippe Pétain. A eu le pouvoir d’élaborer lui seul une nouvelle Constitution à un moment ou la volonté nationale ne peut pas librement s’exprimer en raison de l’occupation.

b) La procédure de révision.

Procédure spéciale se déroulant en 4 grandes phases :

Droit constitutionnel (semestre 1)

141

•Initiative :

Dans les régimes autoritaires, elle appartient au chef de l’exécutif. Dans les régimes démocratiques, c’est ≠ :
ocertaines démocraties semi directe → initiative au peuple.

Exemple : Suisse
oDans les démocraties représentatives ou semi représentatives ça varie.

Exemple : Aux USA → vient des Etats fédérés ou du Congrès.

Exemple : Dans la plupart des Etats occidentaux le droit d’initiative se trouve partagé entre législatif et exécutif → en Allemagne, Italie, Belgique, France sous la Vème République.

Exemple : France → article 89 de la Constitution donne l’initiative de la révision est au président de la République sur proposition du président de la République et aux parlementaires

•La discussion :

oDans les régimes autoritaires → texte de la révision est élaboré par

l’exécutif et ne donne pas lieu à la discussion.
oDans les régimes démocratiques → discussions aux assemblées élues →

en France dans l’article 89 de la Constitution.

•L’adoption :

oDans les régimes autoritaires → plébiscites oDans les régimes démocratiques → revient au Parlement réuni pour la Droit constitutionnel (semestre 1) 142

circonstance en formation solennelle et statuant en majorité renforcée. Exemple : membres de l’assemblée nationale + Sénat réunis en Assem blée nationale à Versailles.

Exemple : En Allemagne → 2/3 des membres du Bundestag et 2/3 du Bundestrag.

Suite à l’essor de la démocratie représentative, de nombreuses constitutions au stade de l’adoption prévoient l’intervention directe du peuple. Le peuple est appelé à se prononcer lors de l’élaboration et de la révision. Exemple : Suède, Irlande, France, Danemark, Suisse.

Procédure de substitution → article 90 de la Constitution de la IVème République + article 89 de la Constitution de la V ème République et Constitution italienne. Le référendum est prévu dans un certain nombre de cas et a comme alternative une procédure qui vise une majorité renforcée au sein du Congrès des 2 chambres → seul un fort concensus parlementaire (3/5) peut renforcer une légitimation + directe par le peuple. Devait être utilisée comme 2nde solution → procédure principale reste le référendum. Dans la pratique → Constitution de 1958 a subit 20 révisions opérées par la voie du Congrès sauf la révision sur le quinquennat faisant l’objet d’un référendum le 24 septembre 2000.

La révision ne peut s’opérer que selon les règles de compétences exigées par la Constitution → sin ça n’est pas respectée, ça n’est pas concevable en France. Pour ne pas respecter ces limites il faudrait modifier la Constitution, mais pour les modifier il faudra une dernière fois l’appliquer pour la retoucher.

Droit constitutionnel (semestre 1)

143

nature du régime politique mis en place. •Juge constitutionnel en cas de conflit entre une norme supra constitutionnelle et une norme constitutionnelle devrait invalider la 2nde. Un texte constitutionnel peut interdire expressément la révision d’une disposition → forme d’organisation de l’Etat. La République fait référence à des principes → séparation des pouvoirs. Interdiction datant d’une loi constitutionnelle du 14 août 1884 → révision h de la 3ème République adoptée pour éviter tout risque de rétablissement de la monarchie. Ces dispositions échapperaient à toute révision. Exemple : en France → article 89 alinéa 5 de la Constitution → interdiction de la révision de la forme républicaine du gouvernement. Cette disposition doit être interprétée de manière ≠ → pas de risque de rétablissement de la Monarchie.2) Les constitutionnalité. ne pourrait pas abroger. limites matérielles : la question de la supra C’est savoir si parmi les règles contenues dans la Constitution il en existe quelques une ayant une valeur juridique > aux autres en raison de leur contenu. insusceptibles de révision. en dehors de la compétence de ce pouvoir. Implique 2 choses : •L’autorité investie du pouvoir de révision. Droit constitutionnel (semestre 1) 144 . modifier une norme supra constitutionnelle.

d’une remise en causes des libertés publiques. Sanction peut être organisée sous la forme d’un contrôle juridictionnel → un juge examinerait le texte de la révision pouvant voir si ça ne porterait pas atteinte aux principes supra constitutionnels. Ces limites au pouvoir de révision sont elles effectives. Le Conseil entend l’impossibilité de républicain → reconnaît une hiérarchie. La Cour constitutionnelle d’Italie admet des principes suprêmes ne pouvant pas être révisés. porter atteinte à l’héritage Il y a une réserve : La révision peut être approuvée par référendum. En France.Etat de droit substantiel (respect des droits et libertés). le juge constitutionnel contrôle les révisions constitutionnelles → hiérarchie matérielle des normes figurant dans le texte constitutionnel. or le CC a propos d’un référendum antérieur s’était déclaré incompétent pour juger le contenu du texte. Il cible l’impossibilité de réviser lorsque le territoire est occupé mais aussi la forme républicaine du gouvernement. 2003 → décision du 26 mars 2003 → le CC adopte une position ≠ → se Droit constitutionnel (semestre 1) 145 . le Conseil constitutionnel dans une décision du 2 septembre 1992 affirme que le pouvoir de révision est souverain quant au contenu de la révision a opérer mais sous réserve des limites fixées par le texte constitutionnel. En Allemagne et en Autriche . On ne peut pas admettre une remise en cause de la séparation des pouvoirs. infranchissables ? Oui si leur violation est sanctionnée.

Section 3 → L’autorité de la Constitution. Loi du 10 juillet 1940 n’aurait pas été possible. Pas de sanction du non respect du principe >.déclare incompétent pour se prononcer sur une loi de révision constitutionnelles quelque en soit l’auteur (Congrès ou référendum). Les limites matérielles. Dans le cadre d’une Constitution rigide. son pouvoir d’interprétation lui permettrait d’identifier les pouvoirs supra au delà de ce qui est dit → risque de gouvernement des juges. Droit constitutionnel (semestre 1) 146 . Il considère que la Constitution ne lui donne pas compétence pour apprécier de la constitutionnalité des révisions. Si un juge est compétent pour censurer les révisions. La supra constitutionnalité et sa garantie est une construction importante car elle est sensée protéger les pouvoirs constituants du peuple contre les excès du pouvoir constituant dérivé surtout lorsque le référendum n’intervient pas dans la procédure. Cette supra peut être dangereuse. La Constitution n’a pas habilité les juges. l’alinéa 5 de l’article 89 n’est pas garantit par la Constitution. Que devient la > de ces règles ? Si une révision consiste à supprimer l’alinéa 5 du préambule le juge constitutionnel se déclarerait incompétent pour empêcher cela.

L’ordre juridique de l’Etat est construit sur le principe de la hiérarchie des normes : •Constitution •Traité •Loi •Règlement Chaque règle de droit doit être conforme à la règle qui lui est > → principe de la légalité. Droit constitutionnel (semestre 1) 147 . A) La justification ou le fondement juridique du contrôle. La suprématie de la Constitution est le principe de constitutionnalité → tout règle doit être conforme à la Constitution. organiques… Une fois le principe d’un contrôle de constitutionnalité admis comme aménager ce contrôle. Principe qui a eu du mal à s’imposer → a suscité des objections. §1 : Le principe du contrôle de constitutionnalité. Ce principe va marquer le passage d’un Etat légal à un Etat de droit (garanti par un contrôle de constitutionnalité).La garantie de la > réside dans le contrôle de constitutionnalité des lois → contrôle exercé sur les lois ordinaires.

Exemple : En France le juge judiciaire peut être amené à exercé un contrôle de constitutionnalité d’un acte. De très nombreux actes de ≠ niveaux peuvent être contraires à la Constitution. contrôler la loi serait contrôler la volonté du peuple. l’acte qu’il s’agit de contrôler. La Constitution est Droit constitutionnel (semestre 1) 148 . B) Les objections politiques opposées au contrôle. Risque de déboucher sur la toute puissance de l’organe chargé du contrôle. La loi est l’expression d’une majorité parlementaire. Le contrôle de constitutionnalité est organisé de ≠ manières selon la norme. Le juge administratif peut contrôler un acte administratif au regard de la Constitution.Il trouve dans l’Etat de droit son fondement juridique. La loi étant l’expression de la volonté générale. Ce contrôle serait en contradiction avec le principe démocratique → contestation de la volonté nationale. 1) L’infaillibilité de la loi. Ce contrôle va permettre la vérification par l’autorité compétente de la conformité des lois à la Constitution avec sanction de suspendre l’application de la règle ou de l’acte juridique.

Le contrôle deviendra politique si l’organe qui l’exerce exprime avant Droit constitutionnel (semestre 1) 149 . Gouvernement des juges : Exemple : Aux USA → Cour suprême a pris partie dans ses décisions → juges conser vateurs s’opposant aux lois sociales car elles portaient atteintes à l’esprit libéral. Dans les années 1960 → Cour suprême + progressiste → légalisation de l’avortement L’Etat légal → règne de la souveraineté parlementaire L’Etat de droit → règne de la souveraineté juridictionnelle Le risque ne se réalisera pas si le contrôle reste juridique → contrôle reposant sur un raisonnement visant à respecter la lettre et l’esprit du texte interprété.l’œuvre du pouvoir constituant originaire (œuvre du peuple). et recourt à l’interprétation → pouvoir normatif important. Un tel contrôle comporte un risque → l’organe chargé du contrôle ne fera t-il pas prévaloir sa volonté propre ? Le juge lit le texte de la Constitution. Il pourrait se donner un pouvoir considérable par rapport aux lois. 2) Le gouvernement des juges. 1930 → la Cour suprême conservatrice a déclaré inconstitutionnelles les lois du New Deal de Roosevelt. Le Parlement n’est qu’un pouvoir constitué (prévu par la Constitution).

tout ses propres préférences. Solution proposée en France à l’époque révolutionnaire par Sieyès par la création d’un jury constitutionnaire → corps de représentants ayant pour mission de juger les réclamations contre toute atteinte portées à la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 150 . Le juge sera tenté de contrecarrer un texte d’une majorité d’une préférence politique autre que la sienne. Le contrôle de constitutionnalité aura au – un impact politique. §2 : Les formes du contrôle de constitutionnalité des lois. A) L’organe chargé du contrôle : organe politique ou organe juridictionnel. Personne ne peut contrôler l’organe de contrôle → on peut compter sur les modalités du contrôle pour limiter ce risque. Idée reprise dans la Constitution du Directoire de 1795 (An 3) → est prévu la création d’une 2nde chambre (Conseil des Anciens) qui avait une fonction de contrôle de constitutionnalité. Certaines constitutions ont confié ce contrôle à un organe politique. 1) Le contrôle par un organe politique. et d’autres à un organe juridictionnel. Il n’y a pas de solution parfaitement satisfaisante.

Droit constitutionnel (semestre 1) 151 .Inspire la création du Sénat du 1er et du 2nd Empire → Sénat conservateur (de la Constitution) composé d’hommes politiques. N’est pas un contrôle juridique car absence de formation de qualification juridique de ses membres contrôle d’opportunité politique → contrôle de la conformité du texte aux options politiques. Aura tendance à approuver les textes qui lui seront déférés. le président de la chambre basse. 2) Le contrôle par un organe juridictionnel. 4 conditions doivent être remplies : •Est composé de juristes professionnels dont l’indépendance doit être assurée. Inconvénients : L’auteur de la loi est associé à la désignation des membres de l’organe de contrôle de constitutionnalité. Organe prévu par l’article 96 de la Constitution de 1946 → comité constitutionnel → 13 membres (le président e la République. le président de la 2nde chambre 7 membres élus par l’AN et 3 membres élus par le Conseil de la République.

Ce contrôle peut s’effectuer de 2 manières : •Soit ce sont les juridictions ordinaires qui exercent le contrôle •Soit c’est une juridiction spéciale. a) Le contrôle effectué par les juridictions ordinaires. •La décision prise par l’organe de contrôle doit être dûment motivée → peut être rendue sur la base du droit. •La décision sera revêtue de l’autorité de la chose jugée → devra constituer un juste titre d’exécution → la décision ne sera susceptible d’aucun recours et s’imposera aux pouvoirs publics. Cette autorité s’étend la décision et aux motifs et aux arguments juridiques qui en sont le soutien nécessaire (y compris les interprétations formulées).•La procédure suivie doit présenter les garanties d’une vraie procédure juridictionnelle. Le juge judiciaire pénal ou administratif → juridiction pénale et juridiction administrative. à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. notamment le respect du principe du contradictoire. et non pas sur la base dune opportunité. d’arguments juridiques. Les juges de droit commun se prononcent sur les lois qu’ils sont amenés à appliquer au cours du procès → hypothèse ou l’une des parties soulève l’exception d’inconstitutionnalité de la loi applicable au Droit constitutionnel (semestre 1) 152 .

•Cette juridiction spéciale se situe en dehors de l’appareil 153 Droit constitutionnel (semestre 1) . La loi ne disparaît pas mais continue à s’appliquer mais pour ce cas elle sera suspendue. b) Le contrôle par une juridiction spéciale. cette pratique a gagné l’Angleterre.cas d’espèce. d’appel en appel on en arrive à la cour suprême qui va unifier la jurisprudence et à donner telle solution à telle loi. Ce système existe au japon et a Canada →constitutionnalité par juges ordinaires. Les nouveaux requérants (d’une autre affaire) auront intérêt à invoquer l‘inconstitutionnalité de cette loi. Débute en Europe après la 1ère guerre mondiale en Autriche sous l’influence du juriste Hans Kelsen. les juges ordinaires n’auront pas forcément la même prise de position → aux USA. Depuis. L’Italie la France et l’Espagne adoptent cette formule après la 2nd guerre mondiale. Depuis les années 80 → pays d’Europe centrale. Ainsi le juge saisi de l’affaire va examiner la constitutionnalité de la loi → s’il estime qu’elle est inconstitutionnelle le juge refusera d’appliquer la loi à la présente affaire. Comme ce contrôle est diffus. l’Allemagne. Dispositif de contrôle de constitutionnalité diffus est mis en œuvre aux USA → peut être déclenché au cours d’un procès devant n’importe quel tribunal.

l’exclusivité du contrôle de constitutionnalité des lois (uniquement). •Cette juridiction spéciale est en principe inscrite dans Constitution. Cette cour n’est pas au sommet de la hiérarchie → est en dehors du système (n’est pas une Cour suprême). la Les variantes sont nombreuses dans les détails : •Touchent d’abord au nombre de membres composant la juridiction : Etat France Nombre membres 9 de Espagne 12 Italie Allemag ne 15 16 Droit constitutionnel (semestre 1) 154 . •Organe de nature juridictionnelle alors que ses membres sont désignés par le pouvoir politique → par l’exécutif et/ou le législatif. son existence est garantie par la Constitution. •C’est un organe composé en majorité de juristes de formation (hauts fonctionnaires). •Cette cour possède le monopole.juridictionnel ordinaire → il n’y a aucun lien structurel entre le judiciaire.

6 parmi les 16 doivent être des juges de profession choisis parmi les juridictions ordinaires. •5 par le Parlement italien.•Durée des fonctions exercées : Etats France Italie Espagne Allemag ne Autriche Durée des fonctions exercées. Italie •Désignation : Quelles que soient ses modalités. 9 membres choisis par : •le président de la République en choisis 3 dont le président de formation •3 par le président du Sénat •3 par Le président de l’Assemblée nationale 15 membres désignés par : •Le président de la République en choisis 5. •La représentation nationale ne devrait pas devoir être contestée par un organe dépourvu de légitimité démocratique. •5 par les organes politiques (Cour de cassation et CE). Mais 155 Droit constitutionnel (semestre 1) . 9 ans 12 ans Etats : Allemagn e France Désignation des membres des juridictions spéciales pour le contrôle de constitutionnalité des lois : 16 membres élus par le Parlement à la majorité des 2/3 (8 par le Bundestag et 8 par le Bundesrat). ce contrôle de constitutionnalité n’a pas échappé à de nombreuses critiques sérieuses.

l’existence d’un tel organe est prévu par la Constitution → garantie importante puisqu’elle est l’œuvre du pouvoir constituant originaire détenu par le peuple qui l’a voulu comme une protection face à la souveraineté parlementaire. aux juridictions ordinaires. B) La procédure du contrôle. aux autorités politiques. 1) Les détenteurs du droit de saisine. •La décision juridictionnelle à un effet politique mais aussi des motifs politiques conditionnés → juges ne sont pas dépourvus d’attaches partisanes surtout par leur mode de désignation. Elle existe toujours lorsque le contrôle de constitutionnalité est exercé par le juge ordinaire. Lorsque c’est une juridiction spéciale l’action populaire n’est pas toujours prévue. Le droit de saisine peut être ouvert aux citoyens. Mais pas systématiquement dès lors que le juge s’auto limite et s’auto censure en s’obligeant à respecter sa mission impartiale. a) L’action populaire. Avantage : L’action populaire est la forme la + démocratique de saisine en permettant à tout citoyen de prouver l’inconstitutionnalité d’une loi dès lors qu’il y a atteinte à l’un de ses Droit constitutionnel (semestre 1) 156 . Nécessité de faire confiance au juge. Il existe ≠ solutions sachant que selon le pays il peut y avoir une combinaison entre celles-ci.

C’est pourquoi il existe souvent des filtres + ou . Ce recours ne sera recevable que si préalablement toutes les autres voies de recours sont épuisées. on confie la saisine au juge ordinaire qui est là pour saisir le juge spécial en tant qu’intermédiaire et ce dans le cadre d’un procès devant le juge ordinaire où l’une des parties invoque l’inconstitutionnalité de la loi applicable à l’espèce. Une fois la réponse donnée. le juge ordinaire reprendra le procès et trancher le litige. directe et immédiate de l’un des droits fondamentaux alors que la loi à une valeur par principe généra le. Inconvénient : multiplication des recours entrainant l’engorgement des juridictions.droits → meilleures solution pour garantir les droits et libertés. Cette procédure assure une protection efficace des droits et libertés → existe dans la plupart des systèmes européens de contrôle de Droit constitutionnel (semestre 1) 157 . Pour éviter que celle-ci ne soit surchargée de recours directs. b) La saisine par une juridiction ordinaire. Exemple : en Allemagne les recours directs intentés devant la juridiction constitu tionnelle sont examinés pour une commission de 3 juges et le requérant doit faire état d’une violation personnelle. Hypothèse où il existe une juridiction spéciale chargée d’exercée le contrôle de constitutionnalité des lois. les particuliers ne peuvent pas saisir le Conseil constitutionnel directement.difficiles à passer avec des conditions de recevabilité des recours assez sévères. S’il estime ce moyen sérieux il décide de surseoir à statuer et pose la question préjudicielle de constitutionalité à la juridiction spéciale. Exemple : en France.

C’est un filtre → juge va poser la question préalable aux cours suprêmes qui juge rons si le moyen est sérieux pour le transmettre au Conseil constitutionnel. Troisième tentative de révision 23 juillet 2008 a réussi → article 61-1 de la Constitution → à la demande d’un justiciable le Conseil constitutionnel sur renvoi du conseil d’Etat ou de la Cour de cassation pourra être saisi d’une question de constitutionnalité. c) La saisine par une autorité politique.constitutionnalité des lois. le président Droit constitutionnel (semestre 1) 158 . N’a pas abouti car mise en œuvre de la procédure prévue à l’article 89 de la Constitution et le Sénat s’y est opposé. Cette juridiction va transmettre cette question à sa Cour suprême. Il s’agit à tout justiciable de soulever une question de constitutionalité relative a une liberté fondamentale. Exemple : en France. le Conseil constitutionnel peut être saisie par le président de la République. Exemple : en Allemagne. Italie et Espagne. Exemple : en France cela a fait l’objet d’un projet de révision de la Constitution qui a été à l’initiative de François Mitterrand en 1990 pour changer la saisine du Conseil constitutionnel en l’élargissant à la juridiction suprême des deux ordres (Cour de cassation + Conseil d’Etat) avec une limite → seules les lois mettant en cause les droits et libertés des personnes pouvaient être con testées. Saisine motivée pour raison politique n’est pas forcément négatif car elle peut servir à être efficace pour résoudre un conflit inter institutionnel (de compétence entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif) et aussi être un moyen efficace de protéger la minorité parlementaire pour qu’elle puisse faire entendre sa voix.

a) Le contrôle a priori (contrôle préventif). C’est un contrôle abstrait présentant des avantages : Droit constitutionnel (semestre 1) 159 . Il suffit d’un accord entre ces ≠ autorités politiques pour qu’il n’y ait pas de saisine. Cette ouverture à la minorité parlementaire est possible par une révision 29 octobre 1974 de la Constitution. Même si le contrôle s’étend aux dispositions en rapport avec des droits fondamentaux. 1er ministre ou 60 députés ou 60 sénateurs → révision de la Constitution en 1974 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing. 2) Le moment de la saisine. le président de l’assemblée nationale. Toute forme de saisine ne garantie pas la protection des libertés des particuliers. La saisine a lieu après le vote de la loi mais avant sa promulgation → avant l’entrée en vigueur de la loi → contrôle s’exerçant par une juridiction spéciale. Cette action populaire est la plus protectrice des droits et des libertés → est très rarement prévue quand c’est un juge spécial.du Sénat. La révision de 2008 est positive → accorde un complément et complète l’Etat de droit par un contrôle de constitutionnalité de la loi.

•L ’efficacité d’un tel contrôle reste subordonnée à l’habilité des autorités compétentes pour saisir le Conseil constitutionnel. une fois qu’elle entre en vigueur. Une fois la loi promulguée → devient inattaquable. b) Le contrôle a posteriori. Si les dispositions sont déclarées non conformes à la Constitution ça n’est pas grave → agissement de manière préventive → aucune conséquence. •Exclusion de l’initiative populaire car se sont les autorités politiques qui exercent la saisine. Droit constitutionnel (semestre 1) 160 . •Ce contrôle est un procédé satisfaisant car il est rapide → suppression avant que la loi ne produise des effets. Inconvénients : •Censure → au moment où la loi vient d’être votée par la majorité parlementaire → loi peut être déclarée inconstitutionnelle par le juge entrainant une suspicion de prise de position politique de la part du juge et d’hostilité à l’égard de la majorité parlementaire → sa décision a le + d’impact au moment de la censure.•pas d’effets juridiques et pas d’effets de droits. dommage sur la situation juridique des particuliers.

Avantage : ce contrôle a posteriori permet aussi une sanction d’une disposition inconstitutionnelle alors qu’elle se révélerait dangereuse pour les citoyens. Le contrôle a posteriori peut éventuellement être exercé dans certaines conditions par une juridiction spéciale → si le contrôle abouti devant une juridiction spéciale déclarant l’inconstitutionnalité de la loi cette dernière ne s’appliquera pas du tout. compléter ou affecter le domaine Droit constitutionnel (semestre 1) 161 . La loi a produit des effets de droit alors que l’on n’avait aucune certitude sur sa constitutionnalité. elle ne s’appliquera pas au litige en cours devant le juge ordinaire. Inconvénient : Compromet la sécurité juridique des particuliers car les situations que les particuliers ont acquis de toute bonne foi vont être remise en cause suite à la déclaration d’inconstitutionnalité de la loi. mais peut être remis en cause exceptionnellement. Le Conseil constitutionnel a essayé d’étendre son champ d’application en admettant que la constitutionnalité d’une loi déjà promulguée pouvait être discutée lors de l’examen d’une loi nouvelle qui viendrait modifier. Ce contrôle est exercé logiquement par les juridictions ordinaires et s’il abouti à constat l’inconstitutionnalité de la loi. Exemple : en Italie → délai d’1 mois ou de 3 mois en Espagne) pour évité cet effet négatif. Délai de recours après l’entrée en vigueur de la loi peut être bref.Il s’exerce après l’entrée en vigueur de la loi. En France ce contrôle n’est pas admis par principe (article 61 de la Constitution) car ce contrôle est limité avant la promulgation des lois.

Le requérant demande au juge de se prononcer sur l’inconstitutionnalité de la loi et uniquement sur cela → seul objet de la demande. b) Le contrôle par voie d’exception. Si ce ctrl s’exerce a priori la promulgation de la loi est empêchée. le juge préfère alors suggérer au législateur de modifier la loi dans un certain délai. S’il est réalisé par une juridiction spéciale → peut poser des problèmes. Italie et Espagne. Exemple : en Allemagne. Parce que le Conseil constitutionnel jugera inséparable les deux dispositions il pourra contester la constitutionnalité de la loi ancienne dès lors qu’il aura jugé inconstitutionnalité la loi nouvelle. Autriche. a) Le contrôle par voie d’action. Si ce contrôle s’exerce a posteriori → devrait conduire à remettre en cause les situations acquises. Le droit de saisine peut être restreint et l’action populaire sera exclut ou bien elle sera soumise à des conditions de recevabilité très strictes. il est donc soumis à certaines conditions.d’application d’une loi déjà en vigueur. Droit constitutionnel (semestre 1) 162 . 3) L’objet de la saisine. c’est le cas de la France. Belgique. Ce contrôle ne s’exerce pas dans le cadre d’un procès ordinaire. Exemple : en Allemagne.

sa non application au litige → soulève l’exception d’inconstitutionnalité. Belgique. Une partie invoque à un moment donné l’inconstitutionnalité de la loi au cas en présence. •Hypothèse du juge spécial → A ce moment là. Exemple : en Allemagne. A partir de là il reste deux possibilités à envisager selon qu’il existe ou non une juridiction constitutionnelle spéciale → soit c’est le juge ordinaire qui est compétent pour contrôle de la constitutionnalité de la loi ou bien la juridiction spéciale. le juge ordinaire se contente de renvoyer le problème à la juridiction spéciale. Ce contrôle par voie d’exception ne peut s’exercer qu’a posteriori.Le contrôle n’est abordé qu’indirectement à l’occasion d’un procès qui se déroule devant le juge ordinaire.) : •Hypothèse du juge ordinaire → aux USA les tribunaux ordinaires sont compétents pour statuer sur l’inconstitutionnalité des lois mais d’appel en appel la jurisprudence est unifiée par intervention de la Cour suprême. Les juridictions constitutionnelles de ces pays peuvent être saisies à titre préju diciel (par le juge ordinaire). Droit constitutionnel (semestre 1) 163 . Il existe deux modèles de justices constitutionnelles. de modèle de constitutionnalité des lois : •Le modèle américain caractérisé par : oUn contrôle décentralisé car exercé par juridiction ordinaire. Par cette voie la loi ne sera considérée inconstitutionnelle que pour le litige en cours et d’application en application de cette inconstitutionnalité cette loi sera bloquée jusqu'à ce que le législateur abroge cette loi. Italie et Espagne. Autriche.

Droit constitutionnel (semestre 1) 164 .oLes juges statuent par voie d’exception. Les autres démocraties que la France et les USA combinent ces deux modèles → empruntent au modèle Français le contrôle centralisé effectué par une juridiction spéciale mais cette dernière pourra le faire de manière abstraite et concrète puisqu’elle pourra être saisie par voie d’action et d’exception. •Le modèle français caractérisé par : oContrôle centralisé par une juridiction unique et spéciale. Le contrôle dans ce dispositif sera le plus souvent a posteriori. Si tous les juges peuvent apprécier la constitutionnalité de la loi problème d’unité de jurisprudence pouvant être résolu par l’intervention d’une Cour suprême qui procède à une unification de la jurisprudence. oUn contrôle a posteriori car pote sur une loi déjà promulguée. Inconvénients : Le contrôle est a posteriori (problème pour la sécurité juridique). oContrôle a priori car porte sur une loi non promulguée. oContrôle abstrait → le juge statue par voie d’action dirigée contre la loi saisine effectuée par quelques autorités seulement indépendamment de tout litige. Celui-ci est le contrôle par voie d’action dans des délais si courts qu’il se rapproche du contrôle a priori. Si loi est déclarée inconstitutionnelle l’affaire ira jusque devant cour suprême. •Le contrôle exercé par les juridictions ordinaires : Avantage : Celui-ci suppose une action populaire → excellent système de protection des droits et liberté fondamentaux. S’exerce par voie d’exception nuance le problème de le sécurité juridique puisque les effets sont limités.

Droit constitutionnel (semestre 1) 165 . Chapitre 2 : La séparation des pouvoirs. Italie.•Contrôle par une juridiction spéciale : Avantage : Système de contrôle très ouvert car permet la combinaison de plusieurs modalités de contrôle → permet le contrôle a priori protecteur de la sécurité juridique. Inconvénient : mode de saisine par des autorités politiques. Exemple : contrôle par voie d’action = contrôle a posteriori = délais très courts comme en Italie ou Espagne. Le contrôle a posteriori est aussi possible et est d’ailleurs largement consacré en Europe avec des aménagements protecteurs. Belgique et Autriche. Exemple : contrôle par voie d’exception = loi est juste inappliquée seulement aux litiges en suspens et pas au-delà comme en Allemagne. Permet d’exclure l’action populaire qui ne sera pas automatique. Section 1 → La classification des régimes démocratiques selon le principe de séparation des pouvoirs.

Il existe dans ce régime une collaboration entre les pouvoirs → pas de spécialisation fonctionnelle → on se retrouve dans la conception de Montesquieu. 1) organes indépendants. indépendance quant à l’origine de leur Droit constitutionnel (semestre 1) 166 . §1 : Le régime présidentiel. Cette collaboration est limitée → on la constate dans le texte de la Constitution de 1787 des USA → collaboration limitée mais accrue quand on examine la pratique constitutionnelle A) Les données originelles du régime présidentiel. a) mandat. mais traduit le + strictement la séparation des pouvoirs car met en présence 2 pouvoirs indépendants et égaux → Parlement + président Régime américain → séparation rigide des pouvoirs → il n’est pas question d’une séparation absolue mais une indépendance organique. Pas de prédominance du président.Sous-section 1 : Les régimes de séparation des pouvoirs.

2 organes en présence sont désignés séparément → le président + le congrès élus par le peuple. Les Etats fédérés sont morcelés en circonscriptions électorales en fonction de leur démographie. Le président et le vice président sont élus en droit au suffrage universel indirect → par un collège de 538 grands électeurs eux même élus directement par le peuple. Le système américain accorde une place importante aux Etats fédérés dans la désignation du nouveau président car ces grands électeurs sont répartis par Etats fédérés. et se font en même temps que l’élection du président : •Le Sénat qui représente les Etats fédérés est renouvelé par tiers tous les 2 ans → les démocrates ont gagnés les élections → sur 100 sièges → 51 sénateurs démocrates contre 49 sénateurs républicains. •La chambre des représentants est renouvelée dans son intégralité tous les 2 ans → sur 435 sièges → 232 représentants démocrates contre 203 représentants républicains. Droit constitutionnel (semestre 1) 167 . Les Etats les plus peuplés auront plus d’élus par Etat à la chambre des représentants. Chaque Etat fédéré a droit à autant de grands électeurs que de nombres d’élus à la chambre des représentants et au Sénat → 2 sénateurs par Etats. Les 2 chambres du Congrès sont élues directement par le peuple.

7% des voix et obtient les voix de 525 de grands électeurs. oLe 6 novembre 1984 → 58. La majorité relative suffit. •Election de Georges Bush le 8 novembre 1988 → 53% des voix et obtient les voix de 426 grands électeurs. •Election de Bill Clinton : oLe 3 novembre 1992 → 43% des voix et obtient les voix de 370 grands électeurs.7% des voix et obtient les voix de 489 grands électeurs. Bush pour son 2ème mandat le 2 novembre 2004 → 50. oLe 5 novembre 1996 → 49.Dans chaque Etat fédéré il va y avoir une liste de candidats grands électeurs par candidats à la présidentielle.7% des voix et obtient les voix de 286 grands électeurs. toute la liste siègera au sein du collège électoral national → listes minoritaires n’auront aucun siège. Si une liste de grands électeurs dans tel Etat obtient la majorité des voix populaires dans l’Etat fédéré.2% des voix et obtient les voix de 379 grands électeurs. •Réélection de Georges W. Chaque liste se prononce d’avance pour quel candidat ces membres voteront. L ’élection du président revient à une élection au suffrage universel direct car le vainqueur en voix populaires sur l’ensemble est l’élu des grands électeurs. Droit constitutionnel (semestre 1) 168 . •Election de Ronald Reagan : ole 4 novembre 1980 → 50.

95% des afro-américains . 1855ans → majorité . Certains d’entre eux ont remporté la majorité absolue en voix populaire et en voix de grands électeurs comme Ronald Reagan ou Georges Bush. Al Gore avait fait des scores considérables dans certains Etats → il suffit que sa liste dans chaque Etat passe tout juste pour avoir le maximum de grands électeurs.4% des voix et obtient les voix de 266 grands électeurs. 61% des asiatiques et 43% des « purs blancs » → grande légitimité face au Congrès.Depuis 2000 3 exceptions : •Election de Georges W. •Election de Barack Obama le 4 novembre 2008 → 53% des voix et obtient les voix de 365 grands électeurs. La seule responsabilité est pénale → procédure de l’impeachment → le président peut être destitué de ses fonctions sur une mise en accusation (par la chambre des représentants) puis une condamnation (par le Sénat par un vote à la majorité des 2/3) pour trahison. 56% des voix féminines . Le Congrès ne peut pas pour des raisons politiques. corruption ou Droit constitutionnel (semestre 1) 169 . Le candidat qui à tout juste la majorité un peu partout vaut mieux que le fait d’avoir beaucoup de voix dans quelques Etats et peu dans d’autres. 66% des latinoaméricains . Al Gore 48. b) L’absence de moyens réciproques •exécutif → ni le président ni les ministres ne sont responsables politiquement devant les assemblées.9% des voix et obtient les voix de 271 grands électeurs . Bush le 8 novembre 2000 → 47. mettre fin au mandat du président prématurément → ne peut renverser le président et son équipe.

autres crimes et délits. Droit constitutionnel (semestre 1) 170 . Répartition des fonctions législatives et exécutives entre 2 autorités ≠ → pas de cumul des pouvoirs. Sur le plan politique le législatif et l’exécutif n’ont aucun moyen d’action réciproque → doivent cohabiter. Procédure s’appliquant au président. 2) Un équilibre dans une collaboration limitée des pouvoirs. •législatif → le président ne peut clore les sessions du Congrès et ne peut l’empêcher de se réunir. Le président ne peut dissoudre le Congrès ni même une des 2 chambres. Exemple : Bill Clinton en 1999 → 2 chefs d’accusation → parjure + entrave à la justice. Il peut seulement le convoquer en session extraordinaire. A été acquitté par le Sénat. Un président des USA ne peut + faire que 2 mandats consécutifs. vice-présidents et hauts fonctionnaires. Cette procédure n’a pas aboutie. Dans un régime présidentiel. la seule sanction envisageable est la non réélection par les citoyens. si le chef de l’Etat est responsable politiquement. Utilisée rarement : Exemple : contre le président Johnson en 1868 → il a manqué une voix au Sénat pour prononcer la condamnation Exemple : Nixon en 1974 avec l’affaire du Watergate → mise en accusation déclenchée mais a démissionné avant.

Ce veto est suspensif → le Congrès peut écarter. Chaque organe peut empêcher l’autre → pouvoir de blocage permettant de réaliser un équilibre dans cette collaboration limitée des pouvoirs : •Président participe à la fonction législative car cette Constitution lui reconnait un pouvoir de s’opposer à la formation complète de la loi → droit de veto. La Constitution américaine consacre une collaboration limitée des pouvoirs → pas de séparation fonctionnelle. d’une discussion + nouveau vote. L’assure en collaboration avec des ministres qu’il nomme seul et qui sont responsables uniquement devant lui → peut révoquer tel ou tel ministre quand il le veut. •Du Congrès → pouvoir de décision dans la fonction législative mais il n’y a pas de cloisonnement de chaque autorité dans chacune de ses fonctions. Une loi votée par les 2 chambres du Congrès est transmise au président pour qu’il la promulgue (permettant l’entrée en vigueur de la loi). Pour se débarrasser du veto. le texte doit obtenir la majorité des 2/3 en faveur du texte dans chaque chambre. Le président sera obligé de promulguer le texte.Faculté de statuer reconnue à chaque autorité dans les fonctions qui leurs sont attribuées : •Du président → dispose de l’intégralité du pouvoir exécutif. lever le veto présidentiel mais c’est difficile car il faut une procédure lourde : Lorsque le texte revient au Congrès c’est pour faire l’objet d’une 2ème lecture. Droit constitutionnel (semestre 1) 171 . A ce moment le président peut refuser de promulguer la loi en opposant son veto → doit obligatoirement renvoyer le texte de loi au Congrès dans les 10 jours avec un message ou il explique pourquoi il ne veut promulguer la loi en état (expose des motifs).

mais une collaboration minimale. A un pouvoir budgétaire → vote des crédits. Il peut bloquer le programme présidentiel en bloquant le budget. Cette pratique révèle une grande attitude au renforcement de la collaboration entre les pouvoirs. fonctionnelle . Le Sénat représentant les Etats fédérés consentement à ≠ actes du président. doit donner son Exemple : nomination des hauts fonctionnaires. Cette pratique est telle qu’elle conduit à s’interroger sur une éventuelle responsabilité politique du président devant le Congrès. Il n’y a pas de séparation absolue. B) Les données actuelles du régime présidentiel (la pratique institutionnelle). car chacune des autorités a une participation dans la fonction de l’autre. selon ≠ modalités dans ≠ circonstances. Consentement à la majorité simple sauf pour la ratification des traités internationaux les + importants avec une majorité des 2/3. compromis. Exemple : ratification des traités internationaux.•Le Congrès a une faculté d’empêcher l’exécutif. un Droit constitutionnel (semestre 1) 172 .

C’est une responsabilité politico pénale → c’est ambigu car dans la procédure est pénale mais les motifs sont politiques → ça n’est pas une responsabilité politique car la procédure n’a jamais aboutie. Election en 1992 avec programme sociale et avangardiste et s’était retrouvé en 1994 avec un Congrès républicain. 2) Un renforcement de la collaboration entre les pouvoirs. Droit constitutionnel (semestre 1) 173 . Désaccord au niveau de la politique budgétaire → motivation politique en arrière plan. Le contexte politique était tel que l’on pouvait penser que le Congrès voulait régler des comptes. il avait commis des infractions pénales mais il y avait aussi dans le déclenchement de cette procédure. 1996 → Bill Clinton est réélu ce qui a mécontenté les républicains de la chambre des représentants qui a gonflé les choses et a déclenché la procédure. la volonté du Sénat de pousser Nixon à sa démission car était hostile à la politique étrangère du président surtout en ce qui concernait le Viet Nam → Nixon avait pris des initiatives en faisant fi du Sénat. Affaire Bill Clinton → il n’était pas possible de voir dans ses aventures privées une infraction pénale sauf en ce qui concerne le parjure → infraction annexe. La procédure d’impeachment n’y a t-il pas derrière des intentions politiques ? Pour Nixon.1) Une responsabilité politico-pénale du président. La volonté de déclencher cette procédure était en décalé.

•Développement de nécessaires concessions → il serait simple pour le Congrès de paralyser le président en bloquant le budget. La pratique montre que ce droit de message est devenu un droit d’initiative en matière législative. La Constitution reconnaît au président un simple droit de message qui est destiné à informer le Congrès. à lui recommander des mesures. Favorise un droit d’initiative législatif en faveur du président et le développement de nécessaires concessions. le président devra faire des concessions favorisant la collaboration Droit constitutionnel (semestre 1) 174 . •Droit d’initiative législative en faveur du président → la fonction gouvernementale consistant à déterminer et à conduire la politique est faite par le président et son équipe. De nombreux messages sont accompagnés de projets de lois entièrement rédigés. Pour éviter cela. a) Les exigences de gouvernement. réformes. Il bénéficie de 2 atouts : oSa légitimité populaire oAdministration compétente et très structurée → par la connaissance des dossiers le présidents est en position de force par rapport au Congrès et a acquis un droit d’initiative.Le président et le Congrès ont des contacts + serrés que le laisse entendre la Constitution. Le président fait déposer ces projets devant l’une des 2 chambres par un parlementaire de son camp.

b) Le jeu des partis politiques. Si le Congrès tient à ce texte. il faudra attendre la prochaine session parlementaire et recommencer toute la procédure. Les présidents ont voulus renforcer leur position en tirant des textes constitutionnels une interprétation pour apporter + de pouvoir → pratique du veto de poche (pocket veto) : Veto absolu (ne peut être écarté) → le président en s’opposant au texte oppose son veto et renvoie le texte dans les 10 jours au Congrès.entre les pouvoirs. Cette collaboration évite les blocages et les conflits. pose son veto et ne renvoie pas le texte car le Congrès n’est + en session. Les membres du Congrès ne peuvent faire autrement que d’adopter le texte au dernier moment (procédures qui ralentissent le débat parlementaire). Le président n’est pas en position de soumission car il a des moyens aussi de paralyser le Congrès → droit de veto (1/3 + 1 voix en faveur du président pour que le texte ne passe pas). La menace d’utilisation de ce veto suffit à inciter les membres du Congrès à des compromis. Si le Parlement ne promulgue pas. Ce dernier est en situation de surmonter le veto. Le Congrès est amené à faire des concessions sur les dispositions du texte législatif. Ainsi le texte ne rentrera pas en vigueur et le veto devient absolu. Si le texte de loi est transmis au président dans les 10 jours qui précède la clôture de la session parlementaire. Droit constitutionnel (semestre 1) 175 .

oSoit le président et la majorité du Parlement sont de la même majorité politique : •si bipartisme rigide → tendance à la confusion des pouvoirs au profit du président. d’arbitre et tirerait un poids politique important de sa situation. •Si régime présidentiel avec multipartisme → effacement du président ayant du mal à négocier avec une majorité de coalition ou le président joue un rôle de fédérateur des partis. oSoit le président et la majorité du Parlement ou de l’une des 2 chambres sont de couleur ≠ → situation de cohabitation entre les 2 pouvoirs → tout va dépendre de la discipline partisane. militantisme faible. Bipartisme souple → clivages idéologiques +ponctuels et des partis étant peu structurés.Le contexte politique américain. le système joue un rôle déterminant. •Si régime présidentiel avec système de parti unique → le président serait le chef du parti unique et le Parlement serait formé de membres du partis subordonnés au président avec une confusion des pouvoirs. Bipartisme rigide → clivages idéologiques marqués entre les 2 partis → projet de société ≠ + partis fortement disciplinés structurés avec un militantisme fort. peu de discipline de vote. Le bipartisme avec scrutin uninominal majoritaire à un seul tour. •Si régime présidentiel avec un système bipartisan → un des partis détient le pouvoir en alternance avec l’autre. •Si bipartisme souple → prééminence du président. Droit constitutionnel (semestre 1) 176 . Ça ne va pas avec le régime présidentiel.

•Si les partis politiques sont très disciplinés → bipartisme rigide → confusion des pouvoirs au profit du Congrès car il dispose d’une arme absolue qu’est le vote du budget ou blocage total des institutions. Droit constitutionnel (semestre 1) 177 . Même si le président et la majorité sont du même parti. il n’est jamais sur des soutiens des membres de son parti → pas de majorité fidèle et stable mais doit se constituer de majorités d’idées selon les problèmes examinés lui permettant de gouverner. Est constamment à la recherche de soutien. Il manque 1 sénateur. Les clivages entre démocrates et républicains sont faibles donc il n’y aura pas de blocage institutionnel → le président peut obtenir éventuellement l’appui des membres du Congrès appartenant au parti adverse. Le chef de l’exécutif est un homme moins fort que le chef d’exécutif dans un régime parlementaire. •Si les partis politiques sont peu disciplinés → bipartisme souple → les capacités d’action du président sont réduites (à – de marge de manœuvre pour faire passer ses réformes) → nécessaire collaboration des pouvoirs par la faible discipline des partis politiques. donc une voix capitale pour Barack Obama surtout lorsqu’il faut pour certains textes la majorité des 2/3. §2 : Le régime parlementaire. Aujourd’hui le président est démocrate ayant des projets avangardistes qui fait qu’il y a sur ces dossiers des clivages idéologiques très marqués. de l’assentiment d’une majorité quelque soit la composition de la majorité.

On constate qu’il y a des ≠ importantes entre le régime britannique et le régime allemand. A) L’organisation du régime parlementaire. Ce régime a gagné d’autres pays d’Europe au XIXème siècle. Espagne) ou des républiques (Allemagnes. Aujourd’hui ce régime est le régime type des Etats de l’Europe occidentale que ces Etats soient une monarchie (Pays-Bas. Droit constitutionnel (semestre 1) 178 .Un régime de séparation et d’équilibre des pouvoirs comme le régime présidentiel. Il se différencie par 3 caractéristiques garantissant l’équilibre des pouvoirs : •Exécutif bicéphale •Large collaboration des pouvoirs •Pouvoirs ayant des moyens d’action réciproques Ce régime est né dans le cadre monarchique en Angleterre qui s’y est établit progressivement au XVIIIème siècle. Italie). 1) Un exécutif bicéphale. Ce régime a évolué même si ses bases restent les mêmes. entre le régime de la IVème République en France et le régime allemand. Ce régime en France sera transposé en République dès 1875 (dès la IIIème république). la France (en 1814 lors de la Restauration) → monarchie parlementaire. Belgique.

Dans ce régime le chef de l’Etat tient ses fonctions soit de l’hérédité (monarchie parlementaire) soit de l’élection (république parlementaire). Une fois élu. Avec le temps il a réussi à dissocier la personne du roi de celle de ses ministres afin de pouvoir contrôler à travers les ministres l’activité du roi. il est essentiel pour la pérennité du régime que les assemblées n’aient + d’influence sur son maintien au pouvoir (ne peuvent le révoquer) → irresponsabilité politique. •Monarchie parlementaire → l’irresponsabilité du chef de l’Etat est absolue → le roi ou reine est politiquement et pénalement irresponsable. •République parlementaire → une certaine responsabilité pénale peut être prévue par la Constitution mais elle ne pourra être engagée qu’à titre exceptionnel.C’est du aux origines monarchiques du régime parlementaire → en Angleterre le Parlement se trouvait face à un roi héréditaire inviolable sur lequel le Parlement n’avait aucune prise. L’irresponsabilité politique d’un chef d’Etat est absolue. Ce président est élu par les assemblées contrairement au chef de l’Etat dans un régime présidentiel. Droit constitutionnel (semestre 1) 179 . le chef de l’Etat est responsable devant les électeurs après avoir été élu alors que le chef de l’Etat d’un régime parlementaire n’est responsable devant personne → du aux origines monarchiques → le monarque ne peut mal faire. a) Un chef de l’Etat irresponsable. Dans un régime présidentiel.

Chancelier (Allemagne). d’assumer la responsabilité politique de la décision présidentielle devant les assemblées ou l’une des 2 assemblées. la réalité du pouvoir de décision glisse vers les ministres → pouvoir de décision réel est au cabinet ministériel → effacement du chef de l’Etat car n’est pas élu du peuple et parce qu’il n’a pas de responsabilité politique devant les assemblées. Cet ensemble formé par les ministres et le chef du gouvernement est responsable politiquement devant le Parlement. président du Conseil (IIIème et IVème République en France). le contenu de l’acte dépendra des ministres. Le chef de l’Etat n’assume pas son acte politique. b) Le cabinet ministériel. Désignation : Chef de gouvernement est désigné et nommé par le chef de l’Etat et il désignera à son tour les membres du gouvernement.Cette irresponsabilité politique a une expression juridique → règle de droit étant celle du contreseing ministériel → tous les actes du chef de l’Etat doivent pour produire des effets juridiques porter 2 signatures →celle du chef de l’Etat et celle d’un ou plusieurs ministres. soit devant la représentation nationale. l’équipe ministérielle solidaire placée sous l’autorité d’un chef de gouvernement qui peut être appelé 1er ministre (R-U). C’est un moyen pour les ministres d’endosser. Ce contreseing ministériel a un effet systématique → en endossant la responsabilité politique des actes. Droit constitutionnel (semestre 1) 180 . C’est le gouvernement.

•Le gouvernement ne peut être constitué et ne peut exercer ses fonctions que s’il a la confiance du Parlement. va tenir compte de la majorité parlementaire (du résultat des législatives). Si le Parlement n’intervient pas dans ce choix il a tout de même un poids important pour être sur qu’il soutienne le cabinet ministériel. Fonctions : En régime parlementaire ce cabinet est le centre névralgique du pouvoir exécutif → organe de décision politique. Il exerce la fonction gouvernementale → conduit et détermine la politique nationale. •Il fixe le programme de chaque ministre •Assure la coordination du travail ministériel •Peut révoquer un ministre •Peut engager la responsabilité politique du cabinet devant le Parlement Droit constitutionnel (semestre 1) 181 .Cette responsabilité signifie que : •Le cabinet ministériel va répondre de sa politique devant le Parlement. Le chef de l’Etat dans son choix du chef de gouvernement n’est pas libre → il va désigner un homme qui doit avoir la confiance du Parlement. On peut se douter que le chef du gouvernement apparaitra comme étant l’homme fort alors que la Constitution ne mentionne parfois pas son existence.

La collaboration se fait principalement entre le cabinet ministériel et le Parlement. Cette fonction est réservée à un Parlement monocaméral ou bicaméral. a) Une collaboration dans la fonction législative. Néanmoins il aura un rôle d’arbitre entre le Parlement et le gouvernement → va rappeler les règles du jeu constitutionnelles. •Le chef de l’Etat → il promulgue les lois (confère force exécutoire à la loi).•Peut demander au chef de l’Etat de dissoudre l’une des 2 chambres ou les 2. A ce stade. L’exécutif est largement associé à cette fonction. le chef d’Etat y étant impliqué dans une moindre mesure. Pas de spécialisation fonctionnelle des organes de l’Etat → les compétences sont réparties de manière diffuse et souple. 2) Un équilibre dans une large collaboration des pouvoirs. Place originale du chef de l’Etat parlementaire qui se retrouve marginalisé avec un rôle particulier → est au dessus des contingences politiques et partisanes. Droit constitutionnel (semestre 1) 182 . c’est une collaboration formelle car le chef de l’Etat est obligé de promulguer la loi → n‘a pas de droit de veto.

donc autorisation du Parlement. Le Parlement se trouve associé aux fonctions de l’exécutif : •Politique extérieure → ratifications des principaux traités internationaux sont autorisés par une loi. La politique extérieure.•Le cabinet ministériel → est l’élément moteur du régime (exerce la fonction gouvernementale). •Contrôle politique que le Parlement exerce sur le gouvernement → Parlement est associé aux grandes lignes de la politique Droit constitutionnel (semestre 1) 183 . Le chef de l’Etat est compétent pour l’exécution des lois (pouvoir réglementaire dérivé) et la direction de l’administration. Va être le principal initiateur des réformes. Il va intervenir de manière intensive : oPartage l’initiative des lois en concurrence avec les membres du Parlement oIntervient au sein du Parlement au moment de la discussion b) Une collaboration dans la fonction exécutive. la diplomatie → intervention du chef de l’Etat représentant l’Etat à l’étranger et a aussi le pouvoir de négocier les traités internationaux et peut engager juridiquement l’Etat par la ratification de traités internationaux.

administrative du gouvernement.

3) Des moyens d’action réciproques.

Le régime parlementaire a pour originalité de prévoir des moyens d’action politique que chacun des pouvoirs a sur l’autre → = des armes.

d’action du

a) La responsabilité ministérielle et les autres moyens Parlement.

Le Parlement a entre ses mains un certain nombre de moyens d’action sur le gouvernement :

Le + radical est la mise en jeu de la responsabilité politique des ministres : Cet engagement permet au Parlement de renverser le gouvernement en cas de désaccord politique avec lui. Ce moyen explique pourquoi au moment de la désignation du chef du gouvernement il faut l’avis du Parlement, pourquoi le chef de l’Etat n’est pas libre. Lorsque le Parlement renverse le gouvernement il signifie qu’il n’a + confiance en lui → se fait par le vote d’une motion de censure (terme utilisé au R-U, sous la IVème et Vème République). Motion de censure = interpellation (sous la IIIème République) et motion de défiance (Italie).

Cette responsabilité ministérielle va viser l’ensemble du cabinet ministériel qui est solidaire même si c’est l’action d’un seul ministre qui est critiquée → assume collectivement.
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La mise en jeu de cette responsabilité peut se faire par des procédures très variées :

•Dans le régime parlementaire de type anglais

procédure pas très réglementée → la chambre des communes peut voter une motion de censure mais ce désaccord peut aussi se déduire d’une simple attitude prise par la chambre vis à vis du gouvernement → opposer un refus au gouvernement demandant l’ajournement d’un débat (expression d’une censure).

•Dans d’autres régimes, la Constitution écrite va prévoir une procédure

très réglementée prévoyant le déroulement de telle phase, une majorité précise contre le gouvernement. Exemple : Constitution de 1946 était très réglementée.

La responsabilité politique des ministres ne conduit jamais à une révocation → les ministres ne sont jamais démis d’office. La mise en jeu de la responsabilité politique est un retrait de confiance → le Parlement ne voteront + ses lois → ce sont les ministres d’eux-mêmes qui démissionnent.

D’autres moyens – puissants mais fréquemment employés garantissent la formation du Parlement lui permettant d’exercer un contrôle continu, effectif, éclairé sur l’action du gouvernement : Exemple : lors des débats budgétaires les membres du Parlement posent des ques tions au gouvernement. Contrôle renforcé par l’existence et l’activité de commissions parlementaires spécialisées chacune dans un domaine (des finances…) et passent au crible les projets de lois du gouvernement avant qu’ils ne soient débattus en séance plénière.
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Les partis politiques auxquels appartiennent les ministres et les parlementaires représentant un canal d’information supplémentaire entre le Parlement et le gouvernement

b) La dissolution et les autres moyens d’action du gouvernement.

Le droit de dissolution → pouvoir de l’exécutif de mettre fin au mandat de la chambre ou des 2 chambres et cela avant le terme normal de ce mandat, prématurément.

Ce droit est la gouvernement.

contrepartie

de

la

responsabilité

politique

du

Lorsque le Parlement est bicaméral, si une seule de ces 2 chambres a le pouvoir de renverser le gouvernement, alors seule cette chambre peut être dissoute par l’exécutif.

Cela marque l’équilibre des moyens d’actions caractérisant le régime parlementaire → = des armes qu’a un pouvoir sur l’autre.

Si les 2 chambres du Parlement peuvent renverser le gouvernement, celles-ci peuvent être dissoutes par le gouvernement.

L ’acte de dissolution (par décret) est prononcé par le chef de l’Etat mais sur demande du chef de gouvernement → ce décret comportant donc 2 signatures.

Dans la pratique la simple menace de la dissolution constitue un moyen de pression très fort sur la ou les chambres visées car la conséquence de la dissolution est l’organisation d’élections → les membres devront se
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retrouver devant les électeurs avec le risque de perdre son siège. Ainsi, le Parlement sera amené à voter le texte du gouvernement sans conflit politique.

Ce droit de dissolution amène à faire appel au peuple pour qu’il tranche un conflit entre exécutif et législatif.

L’exécutif a d’autres moyens d’actions :

•Les ministres ont le droit d’entrer dans les chambres et de

participer aux débats législatifs → reconnu par la Constitution soit parce que les ministres restent parlementaires (R-U) ou soit en temps que ministre (même s’ils ont du abandonner leur siège de parlementaire comme en France → pas de cumul).

•La question de confiance → le gouvernement met lui-même en

jeu sa responsabilité politique devant le Parlement → il lui propose le vote d’une question de confiance sur un texte auquel il tient particulièrement qui risque de ne pas être voté par le Parlement. Si le Parlement ou l’une des 2 chambres refuse de voter ce texte (un article, un alinéa d’article…), le gouvernement se trouvera en désaccord et il démissionnera.

C’est une menace de démission et le Parlement pourra accepter la responsabilité de la crise politique ou voter le texte du gouvernement → moyen de pression énorme sur les parlementaires. La question de confiance n’est pas une subordination du gouvernement au Parlement mais un moyen de pression, un chantage.

Dans le régime parlementaire, la responsabilité politique du gouvernement peut être engagée par les parlementaires avec la
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motion de censure ou par le gouvernement lui-même par la question de confiance.

B) Les modalités du régime parlementaire.

Dans la pratique s’est développée une grande diversité de régimes parlementaires (dans le temps et dans l’espace) avec des variantes :

•Rôle du chef de l’Etat, libertés d’actions. •Modes de désignation du cabinet ministériel. •Rapports entre le gouvernement et le Parlement → aménagement de la

responsabilité politique et du droit de dissolution.

Il existe 2 modalités traditionnelles au régime parlementaire se caractérisant par la place ≠ qu’elles accordent au chef de l’Etat auxquelles s’ajoutent d’autres modalités relatives aux rapports entre le gouvernement et la chambre basse.

1) Les modalités traditionnelles.

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Les 1ers régimes parlementaires ont été dualistes → sont devenus monistes avec le temps se traduisant par un effacement du chef de l’Etat. Ces derniers correspondent à la définition du régime parlementaire vu précédemment → régime abouti.

a) La forme embryonnaire : le régime parlementaire dualiste.

Les circonstances de son apparition :

S’est formé dans le cadre monarchique, en Angleterre dès le XVIIIème siècle et en France, le régime de la monarchie parlementaire de 1814 à 1848 → conçu comme un régime de transition avec cette monarchie limitée à une époque importante puisqu’il représente un équilibre entre les assemblées et le roi (principe représentatif et monarchique).

Ses caractéristiques :

Un régime parlementaire dualiste est ainsi qualifié car 2 pouvoirs sont en présence (le roi et le Parlement). Ces 2 pouvoirs vont collaborer par l’intermédiaire d’un cabinet ministériel qui est responsable politiquement devant les 2 pouvoirs → double responsabilité politique.

•S’illustre par une véritable diarchie au sein de l’exécutif → il y a 2 Droit constitutionnel (semestre 1) 189

éléments actifs au sein de l’exécutif. Intervention active du chef de l’Etat dans les affaires politiques du pays → est très fort. Se manifeste de 2 manières :

oLe droit de dissolution appartient au chef de l’Etat qu’il exerce

discrétionnairement → n’a pas besoin de la demande du chef du gouvernement pour dissoudre, et cela en dehors de toute crise ministérielle (même si le gouvernement n’a pas été renversé par le Parlement)
oLa double responsabilité des ministres → devant le Parlement et

devant le chef de l’Etat → pour se maintenir le cabinet doit avoir simultanément la double confiance des 2. Cette responsabilité résulte de la totale liberté dont dispose le chef de l’Etat pour choisir les membres du gouvernement. Le chef de l’Etat peut révoquer ses ministres quand il veut, même si le cabinet ministériel a gardé la confiance d’une ou des 2 chambres.

•Large collaboration des pouvoirs qui implique largement le chef

de l’Etat → dans la fonction législative le chef de l’Etat ne va pas que promulguer la loi, mais il partage l’initiative des lois avec les parlementaires.

•Moyens d’actions réciproques → le chef de l’Etat a la réalité du droit

de dissolution, et le Parlement peut renverser un gouvernement qui a la confiance du chef de l’Etat.

Les ≠ applications du régime parlementaire dualiste : Exemple : pratiqué en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle jusqu’à la 1ère moitié du XIXème siècle → avant cela régime de séparation des pouvoirs s’ap parentant au régime présidentiel. Exemple : En France le régime parlementaire nait sous la
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Restauration en 1814 et dans le texte de la Charte de 1814 ne figurent pas tous les rouages du régime. Dans la pratique, d’autres éléments vont apparaître → nouvelle Charte de 1830. 1830 → Louis Philippe d’Orléans monte sur le trône → régime parlemen taire dualiste = régime parlementaire orléaniste.

Le régime parlementaire dualiste sera transposé en République en 1875 → IIIème République et dans la Constitution de la Vème République, on retrouve certains aspects du régime parlementaire dualiste.

b) Le régime parlementaire moniste.

Les circonstances de son apparition :

Il est le résultat d’une évolution du régime parlementaire dualiste → a évolué à la faveur de ≠ circonstances :

•A la fin du XVIIIème siècle ce régime doit s’adapter aux progrès de la

démocratie → on passe au XIXème siècle de système représentatif à la démocratie représentative grâce à l’émergence du suffrage universel. Tendance au déséquilibre du pouvoir avec prééminence du Parlement (sensé incarner la volonté générale).

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Pour les régimes républicains. Le roi aura recours à la force ou cédera (désigner un cabinet ministériel qui aura le soutien de la chambre). ce droit va être considéré comme une atteinte à la souveraineté nationale qu’exerce le Parlement (raisonnement pourtant faux car c’est une atteinte uniquement à la souveraineté parlementaire). Caractéristiques : Droit constitutionnel (semestre 1) 192 . •Droit de dissolution → dans ce contexte nouveau. ce qui entraine la dissolution de la chambre ne mettant pas fin au conflit → les électeurs renvoyant la même majorité à la chambre hostile au roi. On va donc encadrer ce droit de dissolution → régime dualiste devenant un régime parlementaire moniste → exemple de la IIIème République en France. le régime dualiste dans un cadre monarchique et lorsqu’il va être transposé en République ça a posé 3 problèmes : •Désignation du chef de l’Etat (il n’y a + d’hérédité) → sera confiée au Parlement. en France.•En Angleterre (régime monarchique) → effacement du roi → une opposition politique apparaît entre le roi et la chambre ce qui fait que la chambre renverse le cabinet ministériel choisi par le roi. •Attributions du chef de l’Etat → il est anormale en démocratie de donner des pouvoirs importants à quelqu’un qui est irresponsable devant le Parlement.

•Une collaboration des pouvoirs entre le cabinet ministériel et le Parlement car la réalité du pouvoir exécutif est exercée par le chef du gouvernement. Les variantes du régime parlementaire moniste : Droit constitutionnel (semestre 1) 193 .•Un exécutif bicéphale → il n’y a + de diarchie → il n’y a qu’une seule volonté politique au sein de l’exécutif émanant du chef du gouvernement → effacement du chef de l’Etat. oLe gouvernement n’est + responsable que devant la ou les 2 chambres → le chef de l’Etat nomme le chef du gouvernement mais il doit e conformer au résultat des élections législatives. Le Parlement ou une des 2 chambres peut renverser le gouvernement qui a le soutien du chef de l’Etat et peut soutenir un gouvernement qui n’est pas conforme aux souhaits du chef de l’Etat. 2 conséquences sur le droit de dissolution : oN’est + exercé par le chef de l’Etat par sa volonté propre → devient une compétence liée car le chef de l’Etat doit se conformer à la demande de dissolution que lui présente le chef du gouvernement. •Droit de dissolution exercé par le chef de l’Etat est une compétence liée → ne peut refuser de dissoudre si le chef du gouvernement le lui demande. Le chef de l’Etat ne peut révoquer le cabinet ministériel. Le gouvernement est une émanation du Parlement → investi avec la confiance d’une ou des 2 chambres.

La responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement sera très rarement mis en œuvre et quasiment + à l’initiative des parlementaires. Le maintien du cabinet ministériel va dépendre de la stabilité de coalition des partis au sein de l’assemblée + ou – fragile. Favorise le cabinet ministériel + déséquilibre des pouvoirs. Le chef du gouvernement est le chef de la majorité parlementaire → c’est le leader du parti vainqueur et a entre ses mains tous les moyens de pressions y compris la question de confiance. oRégime parlementaire moniste et multipartisme → scrutin majoritaire à 2 tours ou la représentation proportionnelle → groupes parlementaires nombreux. Le gouvernement sera formé de l’équipe dirigeante du parti politique arrivé en tête aux élections législatives → le cabinet ministériel sera prédominant (exercera une prééminence su sa majorité parlementaire). Si la coalition est instable → soutien fragile au Droit constitutionnel (semestre 1) 194 . Exemple : le R-U depuis le milieu du XIXème siècle. + grande stabilité de la coalition quand il s’agit du scrutin majoritaire à 2 tours. Politique est le résultat de compromis entre les ≠ partis politiques membres de la coalition.Peuvent dépendre de ≠ facteurs : •Système des partis politiques étant le + important → modes de scrutin : oRégime parlementaire moniste et bipartisme → scrutin majoritaire à un tour → majorité homogène et stable à la chambre.

gouvernement. les coalitions pourront faire et défaire les gouvernements au gré des caprices. ce qui va l’affaiblir. A cette époque se développent les partis politiques modernes très disciplinés et structurés qui vont favoriser l’apparition de majorités stables → parlementarisme majoritaire a) Le parlementarisme rationnalisé. 2) Les modalités actuelles du régime parlementaire. Affaiblissement de l’exécutif. de la chambre. une de ses principa les armes. Après la 1ère guerre mondiale. Exemple : IIIème République en France → pour ≠ raisons l’exécutif renon cera à utiliser le droit de dissolution. en défaveur du gouvernement. On basculera dans un régime parlementaire de fait et non + moniste : Exemple : l’Italie → déséquilibre en faveur du chef de gouvernement. Droit constitutionnel (semestre 1) 195 . Prédominance des partis politiques membres de la coalition. les rédacteurs de Constitutions des ≠ pays d’Europe ont tenté de codifier les principes de relations entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif → codification précise du régime parlementaire aboutissant au régime parlementaire rationnalisé.

•Un délai de réflexion sera prévu entre la demande du scrutin et le vote effectif. Les constituants vont essayer de rétablir cela après la 1 ère guerre mondiale et la 2nde → prévoient des procédures constitutionnelles destinées à renforcer. spécialement sur la confiance. Exemple : la défiance comportement de la chambre.L’évolution dans le cadre de la France (dualisme vers monisme) va essayer de restaurer les bases du parlementarisme classique → rétablissement de l’équilibre avec renforcement de l’exécutif. à protéger l’exécutif face au Parlement. •Restaurer la dissolution. de la Vème République Exemple : Constitution grecque Ces procédures rendent + difficile la mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement en la soumettant à des conditions très précises (qu’il s’agisse de la motion de censure ou de la question de confiance). •Il faudra une majorité absolue ou renforcée contre le gouvernement pour que celui-ci soit considéré comme renversé. Droit constitutionnel (semestre 1) 196 . fédérale d’Allemagne → procédures Exemple : Constitution du 27 octobre 1946. de la IV ème République française Exemple : Constitution du 4 octobre 1958. ne sera pas déduite d’un simple on ne pourra pas déduire •Organisation d’un scrutin spécial portant explicitement. Régime parlementaire rationnalisé : Exemple : Constitution précisément définies. d’un vote anodin une défiance.

Des résultats parfois contre productifs : Exemple : la IVème République en France → échec du parlementarisme rationnalisé à cause du texte de la Constitution dont les règles ont été mal conçues + conditions trop lourdes (droit de dissolution paralysé à cause des condi tions irréalisables) + imperfections du texte. Le mode de scrutin était la représentation proportionnelle → coalitions instables → dérives + crises ministérielles + confusion des pouvoirs au profit du parlement. b) Le parlementarisme majoritaire.Il faut donner au gouvernement les moyens de faire passer sa politique → certaine maitrise de la procédure législative → permettre au gouvernement d’intervenir aux ≠ stades d’élaboration de la loi. rance sous la Vème République. Droit constitutionnel (semestre 1) 197 . Le parlementarisme rationnalisé à très bien fonctionné : Exemple : République fédérale d’Allemagne Exemple : La Vème République. A chaque fois le contexte politique est favorable → majorité stable qui soutien le gouvernement en place. Allemagne. La stabilité gouvernementale dépend de l’existence d’une majorité parlementaire cohérente → bipartisme comme forme emblématique de ce parlementarisme : Exemple : R-U.

Exemple : système partisan de la république fédérale d’Allemagne → système de 2 partis ½ → mode de scrutin mixte → émergence des chrétiens démocrates + socio démocrate + verts ou parti libéral. La particularité par la bipolarisation droite/gauche car l’élection présidentielle est au suffrage universel direct. Si le droit de dissolution est utilisé c’est détourné de sa fonction initiale → ne contre pas le Parlement mais pour renforcer la majorité parlementaire en place → en dissolvant la chambre on va anticiper les législatives dont les sondages prévoient une majorité + large. On arrive à une confusion des pouvoirs car le parti vainqueur détint les pouvoirs mais provisoirement car ça changera à l’alternance. Exemple : R-U Exemple : en France. Droit constitutionnel (semestre 1) 198 .Le parti politique vainqueur aux élections législatives devient le parti majoritaire à la chambre basse. pas de surprises dans les votes. Entraine une stabilité du régime qui fait une majorité de coalition à la chambre basse soutenant le gouvernement qui en est l’émanation et qui a la confiance du président. pas de risques de motion de censure → gouvernement en place pendant toute la législature. En période de cohabitation le 1er ministre retrouve une autorité. Cette élection donne le las de toute la vie politique du pays notamment va conduire les élections législatives. Le gouvernement est composé des membres de ce parti (+ membres de la force d’appoint éventuellement) → majorité très stable disciplinée qui ne le renversera pas. Certaines formes de multipartismes entrainent une très grande stabilité de l’exécutif : Exemple : Vème République scrutin majoritaire à 2 tours → multipartisme souple favorisant des coalitions électorales.

Ce régime peut être établi soit au profit de l’exécutif ou au profit de l’assemblée.Grande stabilité du gouvernement mis en place donc stabilité du régime. dualisme. La prise en compte du texte de la Constitution (de la manière dont la séparation des pouvoirs sont aménagés) ne suffit pas. Le Parlement se trouve renforcé → régime d’assemblée de fait avec cette représentation classique. Exemple : la Vème République dans son aspect parlementaire est un régime parle mentaire dualiste rationnalisé par le texte de la Constitution et régime parlementaire majoritaire. Cette forme du régime parlementaire ne peut émerger lorsqu’il y a une représentation proportionnelle normale car produit beaucoup de petits partis. Il y a confusion des pouvoirs lorsqu’un même organe constitutionnel exerce de manière légale ou arbitraire les principaux pouvoirs de l’Etat. Ces ≠ modalités (monisme. Droit constitutionnel (semestre 1) 199 . rationalisme…) se combinent dans la réalité : Exemple : R-U = régime parlementaire monisme qui se rationnalise par le jeu des partis politiques et est un régime parlementaire majoritaire. Sous section 2 → Les régimes de confusion des pouvoirs.

Assemblée toute puissante complètement soumis. et un exécutif collégial qui lui est 1) Une assemblée toute puissante. A) Les caractères du régime d’assemblée. Ses fonctions : Droit constitutionnel (semestre 1) 200 .§1 : Le régime d’assemblée. Régime qui se rapproche le + de la démocratie intégrale car il postule une hiérarchie des pouvoirs exécutif et législatif avec le peuple contrôlant le tout. Ce régime vient de la Convention qui pratiqua ce régime de 1792 à 1795 en France. Régime d’assemblée ou gouvernement conventionnel → régime qui tente à la confusion des pouvoirs d’Etat au profit de l’assemblée. Sa structure : Assemblée unique détenant tous les pouvoirs d’Etat (régime monocaméral) se justifiant par le fait que la souveraineté est indivisible. la représentation ne peut être divisée → une chambre avec une réserve (dépend de l’organisation de l’Etat car si c’est un Etat fédéral il y aura 2 chambres).

Les membres de ce conseil sont nommés et révoqués librement par l’assemblée → est responsable devant l’assemblée → caractéristique marquant le + la prépondérance de l’assemblée sur l’exécutif. → l’autorité suprême de la par l’assemblée fédérale. un exécutif au sens propre du terme au sens d’exécutant. Ce dernier est sensé la contrôler en permanence (par le suffrage universel et par le mandat impératif et le référendum d’initiative populaire) → démocratie semi directe. chargé de ce quotidien → émanation de l’assemblée. Cette = affaibli l’organe collégial. Exemple : Constitution suisse Confédération est exercée assure le pouvoir législatif. Elle pouvoir exécutif et le Dans ce régime la toute puissance de l’assemblée se justifie par sa totale soumission au peuple souverain. Cette assemblée toute puissante détenant la fonction gouvernementale ne peut pas assumer toutes les taches mêmes secondaires. Il faut donc un organe distinct de l’assemblée mais subalterne. Sa structure : Cet exécutif n’est pas un individu isolé → organe collégial composé de membres = entre eux → pas de chef. C’est un pouvoir commis. Dans un régime parlementaire → équilibre entre les organes se manifestant par une = des armes → responsabilité politique pouvant être Droit constitutionnel (semestre 1) 201 . contrôle le pouvoir judiciaire (nomme les juges). 2) Un exécutif collégial soumis.L’assemblée prend toutes les décisions essentielles pour la vie du pays → exerce la fonction gouvernementale.

déclenchée à l’initiative des parlementaires et du gouvernement. elle n’y arrive + et au sein de l’exécutif peut émerger une personnalité qui va reprendre l’avantage. Dans le régime d’assemblée il n’y a pas d’= des armes → pas de question de confiance et as de droit de dissolution de l’assemblée → dépendance totale de l’exécutif à l’assemblée. L’assemblée ne peut pas assumer toutes les taches secondaires. Cette assemblée a un pouvoir de réformation des mesures prises par l’exécutif → peut se substituer à l’exécutif si les mesures adoptées par l’exécutif ne lui conviennent pas → immixtion dans la fonction exécutive. les querelles partisanes pouvant apparaître peuvent l’handicaper → grande difficulté à prendre les décisions du pays. Son importance. Cette exécution se fera toujours sous le contrôle de l’assemblée. B) Ses applications. Ses attributions : Cet exécutif n’est chargé que de la mise en application des lois votées par l’assemblée → met en œuvre respectueusement les grandes orientations pour le pays décidées par l’assemblée. prendre les décisions rapides et dans la pratique on en arrive à une dictature de l’exécutif : Exemple : s’est produit en Angleterre au XVIIème siècle au moment de la dictature de Cromwell → va préfigurer des années + tard la dictature de Robespierre (au cours de la Terreur). Droit constitutionnel (semestre 1) 202 . Pour prendre des décisions rapides.

Mais il y a dans le texte d’autres éléments qui tempèrent ce diagnostic de régime d’assemblée. qui montrent que l’exécutif n’est pas si faible car il participe à la procédure législative (collaboration à cette fonction) a un droit d’initiative des lois et a le droit d’entrée et de parole au sein de l’assemblée pour y soutenir ses projets de lois. Ce régime n’abouti pas forcément à cette situation : Le régime d’assemblée sera le régime provisoire des ≠ assemblées constituantes françaises avec le même risque de dérives autoritaires qui seront vite éteintes : Exemple : 1848 → tentative du général Cavaignac. Exemple : la Constitution helvétique → éléments de régime d’assemblée → exécu tif collégial élu par l’assemblée fédérale (de 2 chambres) qui exécute les décisions des 2 chambres ayant un pouvoir de réformer les décisions de l’exécutif. Cette collaboration dans un vrai régime d’assemblée n’existe pas. Droit constitutionnel (semestre 1) 203 .Se déroule au moment de la Convention qui va assumer les fonctions de l’Etat de 1792 à 1795 → assemblée nombreuse divisée par ses querelles incapable de prendre des décisions. Exemple : entre 1871 et 1875 → la Constitution de la III ème République va être élaborée → régime provisoire de 4 ans d’assemblée qui va manquer de débouchés vers un régime autoritaire exercé par Adolph Tiers qui démis sionnera. Elle a désigné un exécutif le comité de Salut public contenant une personnalité forte → Robespierre.

Cet organe exécutif assure certaines fonctions de certains aspects de la fonction gouvernementale. Droit constitutionnel (semestre 1) 204 . voir mixte. des monarchies absolues aux dictatures totalitaires. ainsi que confusion du pouvoir politique et du pouvoir religieux. Cette classification est schématique. Les monarchies absolues héréditaires contre lesquelles fut formé le principe de séparation des pouvoirs. dont les dictatures totalitaires. le système des partis politiques et en amont le mode de scrutin → peut dénaturer le régime mis en place. Le régime suisse est original. dans la réalité on constate qu’il existe des régimes intermédiaires. mixtes qui en ce qui concerne la séparation des pouvoirs confond le régime présidentiel et le régime parlementaire. Les théocraties → régimes ou il y a une double confusion des pouvoir → des pouvoirs politiques. La doctrine parle de gouvernement directorial et non conventionnel. §2 : Les variantes monocratiques. On ne peut pas se contenter de l’examen du texte constitutionnel et il faut prendre en compte aussi la façon dont le régime fonctionne. Les dictatures classiques dites autoritaires et les régimes modernes.

a connu beaucoup de régimes très ≠ pour arriver à la Vème République tentant de tirer les leçons du passé. Titre 1 : Les éléments d’histoire constitutionnelle. Ces 2 périodes forment un cycle constitutionnel car les régimes de nature ≠ se succèdent dans le même ordre. le 1er Empire. Grande variété des régimes mis en place à l’exception du régime parlementaire. On peut distinguer 3 cycles d’histoire constitutionnelle : •De 1789 à 1814 → période de la Révolution française avec son prolongement.Partie 2 : Les régimes politiques français. •De 1814 à la Restauration. Droit constitutionnel (semestre 1) 205 . Depuis la naissance des USA il y a la même Constitution de 1787 → l’organisation des pouvoirs publics n’a pas changé. à 1870 (défaite de Sedan) avec la fin du 2 nd Empire → apparition du régime parlementaire en France. •De 1870 à nos jours (1958) → dominée par 2 Républiques (la IIIème et la IVème) séparées par une parenthèse étant le régime de Vichy. Chacune de ces 2 1 ères périodes commence par un régime mixte (Monarchie constitutionnelle) se poursuit en Républiques pour s’achever en Empire. En France depuis 1789 → Histoire constitutionnelle diversifiée.

Droit constitutionnel (semestre 1) 206 . •les monarchistes sont majoritaires mais très divisés : oLes légitimistes → soutiennent la branche des bourbons. oLes orléanistes → soutiennent la branche des orléanistes. Sur le plan politique. républicains. le gouvernement provisoire organise des élections pour élire les membres de l’assemblée constituante : •divisée entre monarchistes.Chapitre 1 : La IIIème République. République ayant eu une naissance difficile → 5 ans pour rédiger une nouvelle Constitution. bonapartistes. Période de grand trouble : •Sur le plan international → défaite de Sedan (faire la paix avec la Prusse) •Sur le plan interne → la répression dans le sang de la Commune de Paris de mars à mai 1871.

En pratique ça sera ≠. Période chaotique. d’élaboration de la nouvelle Droit constitutionnel (semestre 1) 207 . Un gouvernement de défense nationale est mis en place et il assure la continuité de l’Etat en organisant l’élection d’une assemblée nationale constituante qui sera suite à l’élection à majorité monarchiste (sur 645 députés il y aura 396 monarchistes). C’est la fin du 2nd Empire avec la défaite de Sedan. et il faut assurer la continuité de l’état avec un régime politique. La République est proclamée le 4 septembre 1870. en attendant le résultat des élections que l’on ne connait pas encore.Cette Constitution devait être celle d’une Monarchie constitutionnelle et les auteurs de 1815 mettront en place un régime parlementaire dualiste. Section 1 → L’élaboration d’une Constitution pour une monarchie parlementaire. §1 : Les conditions Constitution. Elle aura 2 fonctions : •Celle d’élaborer une Constitution •Celle d’assurer le gouvernement du pays jusqu’à l’entrée en vigueur de la Constitution.

Cette assemblée adopte la loi du 31 aout 1871 → « la Constitution Rivet». Ce chef un pouvoir exécutif désigne à son tour des ministres qui vont l’entourer → reste sous l’étroite dépendance de l’assemblée → est responsable devant elle sans aucune contrepartie. Organisation provisoire des pouvoirs publics en adoptant à titre provisoire le régime d’assemblée. Droit constitutionnel (semestre 1) 208 . Cependant il parvient toujours d’influencer l’assemblée constituante → donc adoption de la loi du 13 mars 1873 « la Constitution De Breuil (Broglie)». Thiers réprimera la Commune de Paris dans un bain de sang → va devenir dangereux. L’assemblée constituante va désigner Thiers avec le titre de président de la République à titre provisoire et cette loi institue des ministres qui vont être responsables devant elle pour diviser l’exécutif (responsabiliser les ministres) → 1er élément du régime parlementaire pour limiter Thiers dans son action. Grands troubles extérieurs et intérieurs de la France → Thiers va réussir à exercer une grande prédominance sur l’assemblée massive et très composite (c’est une faiblesse de l’assemblée car incapable de maitriser la situation). Résolution du 17 février 1871 → l’assemblée désigne Adolph Thiers comme chef du pouvoir exécutif. Une assemblée peut adopter un certain nombre de décisions. adopter des lois et voter des résolutions. Cette loi va tenir compte des talents d’orateur Adolph Thiers et va limiter son accès à la tribune de l’assemblée → le cérémonial chinois (procédure compliquée pour accéder à la tribune).A) Le régime provisoire de l’assemblée constituante.

Il va gouverner le pays avec ses ministres sous le gouvernement de l’assemblée avec le respect des 2 Constitutions. La question de la nature du régime n’est pas réglée → on adopte des solutions transitoires. C’est du provisoire ! Pour les Républicains → 7 ans = délai suffisant pour consolider le régime de manière définitive et empêcher le retour à la Monarchie. B) L’opposition sur la nature du régime. Débat d’interpellation à l’initiative du Duc De Breuil et l’assemblée vote contre ce projet de Constitution ce qui entraine la démission de Thiers le 24 mai 1873.Thiers est un républicain convaincu et va proposer un projet de Constitution républicaine ayant en face de lui une majorité monarchiste. Pour les Monarchistes → 7 ans = durée nécessaire pour résoudre la querelle dynastique (le Comte de Chambord un bourbon n’avait pas de Droit constitutionnel (semestre 1) 209 . Le jour même l’assemblée désigne un autre monarchiste comme président de la République le Maréchal de Mc Mahon. Loi du 20 novembre 1873 est adoptée par l’assemblée → décide que le pouvoir exécutif est confié pendant 7 ans au maréchal de Mc Mahon → septennat personnel. On établi un mandat présidentiel à durée limitée → cette loi en fixant d’emblée un terme au mandat fait du chef de l’état un chef irresponsable devant l’assemblée (autre élément du régime parlementaire).

Un petit amendement d’un article de la future Constitution va être adopté le 30 janvier 1875 va changer le cours des choses → « amendement Wallon » → prévoit que dans la nouvelle Constitution « le président de la République sera élu à la majorité absolue des suffrages par les 2 chambres du parlement. le Sénat et la chambre des députés ». L’assemblée dans sa grande majorité était d’accord sur le régime à mettre en place → régime libéral de forme parlementaire. Amendement voté à une seule voix de majorité. Ce texte est anodin apparemment mais cet amendement précisant aussi que le président est élu pour 7 ans établi un septennat impersonnel. les Orléanistes monteront sur le trône). §2 : Les caractères Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 210 .descendance donc une fois mort. Comme le chef de l’état procède de l’élection et est élu cet amendement fait de la future Constitution une Constitution républicaine. dominants de la nouvelle Texte décousu et Constitution de compromis.

C’est une République de référence car de grandes lois sur les libertés vont être adoptées. Droit constitutionnel (semestre 1) 211 . B) Une Constitution de compromis. •Celle du 25 février 1875 → consacrée à l’organisation des pouvoirs publics. Ces lois constitutionnelles ont été appelées « Constitution républicaine d’attente monarchique » → il suffisait de très peu de modifications à apporter pour que cette Constitution devienne celle d’une monarchie parlementaire → par une procédure de révision très simple avec le vote d’un vœu de révision dans chaque chambre puis il suffit que la majorité absolue des 2 chambres approuve la révision. •Celle du 16 juillet 1875 → consacrée aux rapports entre les pouvoirs.A) Un texte décousu. Ça n’est pas un seul document unique mais un ensemble de 3 lois constitutionnelles peu détaillées : •Celle du 24 février 1875 → consacrée au Sénat (à la future 2 nde chambre à laquelle tenaient les monarchistes). Pas de déclaration des droits en préambule.

Cette situation de compromis va durer jusqu’en 1884 car est adoptée une loi constitutionnelle (de révision de la Constitution) du 14 aout 1884. Cette loi constitutionnelle fait encore partie de notre droit positif → article 89 alinéa 5 de la Constitution de la Vème République « la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision ». Apparaît la 1ère forme de régime parlementaire. d’un régime Les lois constitutionnelles mettent en place un régime dualiste avec l’équilibre des pouvoirs et des rapports entre les pouvoirs. Section 2 → L’organisation parlementaire dualiste. Droit constitutionnel (semestre 1) 212 . La révision qu’elle opère consacre la victoire définitive des Républicains qui sont majoritaires dans les 2 chambres.

a) Le statut du président de la République. Perspective d’une restauration monarchique bien qu’il s’agisse d’une monarchie parlementaire → la nouvelle Constitution s’inspire du régime parlementaire selon les chartes de 1814 et 1830. Au terme de l’article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875. le président de la République est élu pour 7 ans par les 2 chambres réunies en Assemblée nationale pour la circonstance et à la majorité absolue des suffrages → amendement Wallon.§1 : L’équilibre des pouvoirs. 1) Le président de la République. Droit constitutionnel (semestre 1) 213 . Les textes de 1875 réalisent un équilibre entre un exécutif dyarchique et un Parlement et un équilibre au sein de l’exécutif (dyarchique) et au sein du parlement un autre équilibre avec le bicamérisme égalitaire. Ce président est rééligible. A) Un exécutif dyarchique.

•Direction de l’administration •Nomme aux emplois > de l’Etat •Assure le commandement de la force armée •Négocie et ratifie les traités internationaux Les actes qu’il prend dans ce cadre doivent tous être contresignés par le ou les ministres chargés de leur application → manifestation de l’irresponsabilité politique du chef de l’Etat en régime parlementaire. leur mise en œuvre → ce sont des décrets réglementaires (illustrant le pouvoir réglementaire dérivé).Durant la IIIème République. Selon l’article 3 de la loi du 25 février 1875. Il est irresponsable politiquement. b) Les attributions du président de la République. Droit constitutionnel (semestre 1) 214 . Jules Grévy et Albert Lebrun seront réélus. le pouvoir exécutif appartient au président de la République qui est le chef de l’exécutif → attributions exécutives larges : •Pouvoir réglementaire général → prendre des mesures de portée générale pour l’application des lois. Ce président n’est responsable qu’en cas de haute trahison → notion définie nulle part.

Le président de la République qui à titre principal collabore avec les chambres : •A le droit de convoquer et d’ajourner les chambres. •A le droit de communiquer avec elles par voie de message. Conformément au régime parlementaire dualiste. les lois constitutionnelles de 1875 prévoient que les ministres sont nommés et révoqués par le président de la République → sont responsables politiquement devant le chef de l’Etat et sont aussi politiquement responsable devant le Parlement. Les lois constitutionnelles de 1875 l’existence d’un chef du gouvernement. •Participe à l’exercice de la fonction législative (partage avec les parlementaires l’initiative des lois + a la faculté de demander aux 2 chambres une 2nde délibération après le vote et avant la promulgation du texte + promulgue les lois).Le président de la République préside le Conseil des ministres (réunion la + solennelle). Dans la pratique le président de la République choisi seulement le chef du gouvernement. •Partage avec les chambres l’initiative de la révision constitutionnelle → tous les actes pris dans ce cadre sont contresignés. ne prévoyaient pas Droit constitutionnel (semestre 1) 215 . ce dernier soumettant à la signature du président la désignation des autres membres du cabinet. 2) Le cabinet ministériel.

Dans la pratique il s’avère vraiment avoir une position de > par rapport aux autres ministres •Il veille à ce que ces derniers suivent la politique gouvernementale préalablement définie. Titre maladroit car il prête à confusion car le Conseil des ministres est présidé par le président de la République. Bicamérisme égalitaire dans la fonction législative : La 2nde chambre a d’importantes prérogatives → condition pour les monarchistes . Droit constitutionnel (semestre 1) 216 . Juridiquement il n’a pas de prérogatives propres → il ne sera que le 1 er des ministres. pour assurer leur représentation collégiale au parlement et l’existence de ce chef de gouvernement est apparu comme étant le corollaire de l’irresponsabilité politique du chef de l’Etat. Ce chef sera créé par une coutume constitutionnelle (obligation fait loi) avec un titre maladroit puisqu’il sera dénommé président du Conseil.Dans la pratique il est apparu comme nécessaire → il fallait quelqu’un pour coordonner l’action des membres du cabinet. •Est le chef de la majorité parlementaire. •Sous la IIIème République il a assez souvent la fonction de président du Conseil mais il a aussi la responsabilité d’un ministère de 1ère importance (de l’économie ou des affaires étrangères) B) Le Parlement : un bicamérisme égalitaire. L’article 1er de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 → le pouvoir législatif s’exerce par 2 assemblées respectivement par la chambre des députés et le Sénat.

Le mode de scrutin dominant sera le scrutin uninominal majoritaire à 2 tours. Loi électorale du 12 juillet 1879 → mixte → représentation proportionnelle et… •Sénat : ojusqu’en 1884 il comporte 2 catégories de membres : •225 sénateurs procédant de l’élection élus pour 9 ans au suffrage universel indirect → collège électoral formé de conseillers généraux de départements + représentants des conseils municipaux (élus locaux). oDès la loi du 9 décembre 1884 → suppression des sénateurs inamovibles remplacés par des sénateurs élus au fur et à mesure des décès. Loi de 1884 modifie la composition du collège en renforçant le poids des petites communes → Sénat = grand conseil des communes de France ou chambre du seigle et de la châtaigne. Droit constitutionnel (semestre 1) 217 . •Chambre basse → élue pour 4 ans au suffrage universel direct. Les 2 chambres sont à = en ce qui concerne la fonction législative et en ce qui concerne le contrôle du gouvernement. 2) Les fonctions des assemblées. •75 sénateurs inamovibles nommés à vie par l’assemblée nationale constituante et se renouvelant par cooptation.1) Le statut de la chambre des députés et du sénat.

a) La fonction législative. Pour y parvenir le texte va d’une chambre à l’autre par le système de la navette → durant jusqu’à accord parfait entre les 2 chambres. b) Le contrôle de l’exécutif. Les 2 chambres sont à = dans la mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement → le Sénat peut comme la chambre des députés renverser le gouvernement. Le Sénat peut s’opposer à la formation de la loi sans aucun problème. Droit constitutionnel (semestre 1) 218 . §2 : Les rapports entre les pouvoirs. Egalité des 2 chambres dans la mise en jeu de la responsabilité du président de la République pour haute trahison et égalité pour la mise en jeu de la responsabilité pénale des ministres. Ces rapports se traduisent par une large collaboration des pouvoirs → les ≠ fonctions de l’état sont assurées conjointement. Les 2 chambres ont une compétence législative pleine et entière → l’initiative des lois appartient aux députés et aux sénateurs et l’adoption de la loi exige l’accord des 2 chambres. Se traduisent aussi par des moyens d’action réciproques.

le gouvernement participe aux débats parlementaires et les dirige. Le Président peut demander une nouvelle délibération entre le vote et la promulgation et il les promulgue. B) Des moyens d’action réciproques. Si le Parlement vote la loi. la ratification des traités les + importants est subordonnée à l’autorisation du Parlement. Particularité de la IIIème République → prépondérance du sénat.A) Une large collaboration des pouvoirs. •En ce qui concerne la fonction législative le Parlement et le président de la République ont l’un et l’autre un droit d’initiative et d’amendement. •En ce qui concerne la fonction exécutive. Droit constitutionnel (semestre 1) 219 . Ils ne sont pas parfaitement équilibrés.

2) La dissolution de la chambre des députés.1) La responsabilité politique du cabinet devant les 2 chambres. La pratique dégage 2 procédures : A l’initiative des parlementaires → interpellation A l’initiative du gouvernement → question de confiance Seront consacrées par la IVème et Vème République. Droit constitutionnel (semestre 1) 220 . Le cabinet est responsable devant le chef de l’Etat et devant la chambre basse. Les lois de 1875 prévoient la responsabilité des ministres devant le Sénat qui est renforcé et qui utilisera ce pouvoir → 6 cabinets ministériels mis en cause : •Cabinet de Léon bourgeois en 1896 •Refus d’investiture → 1938 → cabinet proposé par Léon Blum Les textes ne précisent pas la procédure à mettre en œuvre pour engager la responsabilité politique du gouvernement.

Prépondérance du Sénat → si le Sénat peut mettre en jeu la responsabilité politique du gouvernement. Constitution → quand le président de la République dissout la chambre → doit avoir l’avis conforme du Sénat → autorisation. Après l’adoption des lois constitutionnelles de 1875 → élection de la chambre basse → majorité républicaine (non pour le Sénat). Section 3 → L’évolution parlementaire moniste. Mais la pratique a changé la nature du régime. 1877 → majorité des députés de la chambre basse est en conflit avec le Maréchal Mc Mahon. 2 stades d'évolution. il est à l’abri de toute dissolution. Loi du 25 février dans son article 5 → il arbitre les différends entre l’exécutif et la chambre des députés. vers un régime IIIème République → remarquable par la longévité → de 1875 à 1940. Le cabinet ministériel de Jules Simon est renversé → président de Droit constitutionnel (semestre 1) 221 . pendant cette période : §1: L'instauration d'un régime parlementaire moniste: la crise du 16 mai 1877. codécision.

Droit constitutionnel (semestre 1) 222 .la République dissout la chambre des députés en réponse → or la même majorité est élue. 1979 → majorité républicaine au Sénat → démission de Mc Mahon mais le régime a évolué. Il met de côté ses opinions personnelles et s’efface au profit de la chambre. Dérive se manifestant par une instabilité ministérielle + toute puissance du parlement. Le président de la République doit se soumettre ou se démettre → va former un gouvernement issu de la majorité de la chambre (chef du gouvernement républicain va se soumettre). 3 facteurs : A) La désuétude du droit de dissolution ou la « Constitution Grévy » du 6 février 1879. §2 : La déformation du régime parlementaire moniste : son évolution vers un régime d’assemblée de fait.

Dès ce discours la dissolution ne sera + utilisée sous la IIIème République. Alexandre Millerand → président qui en 1924 a tenté de dissoudre la chambre des députés mais le Sénat s’y oppose (droit accordé par les lois constitutionnelles). B) Les défauts du texte constitutionnel. Conséquences : •Affaiblissement du président de la République. On en compte 2 en considérant les lois de 1875 : •En prévoyant la responsabilité du gouvernement devant les 2 chambres → risques de crises sont doublées. Il renonce à utiliser le droit de dissolution → « Constitution Grévy » → on a conscience que la dissolution est à tort anti-démocratique. •Rupture de l’équilibre des pouvoirs → instabilité ministérielle due à la non utilisation de la dissolution (le Parlement ne craint + la dissolution). Ses successeurs vont prendre à leur compte son échec personnel → Jules Grévy le 1er successeur adressant un message aux 2 assemblées → s’engage à ne jamais entrer en conflit avec la volonté nationale (le Parlement).La conséquence de la crise de 1877 est la démission de Mc Mahon. ce qui entraine sa démission de la présidence de la République. •Les lois constitutionnelles sont des textes vagues → pas de 223 Droit constitutionnel (semestre 1) .

rationalisation de la mise en jeu de la responsabilité politique du cabinet ministériel. Exemple : Sur une assemblée de 500 députés. Crises ministérielles provoquées parce qu’un parti de la coalition décide de retirer son soutien au gouvernement en place (peut être le + petit parti). Des alliances électorales se constituent au moment des élections. Droit constitutionnel (semestre 1) 224 . C) Le jeu des partis politiques. 400 présents (majorité absolue = 201) Exemple : sur les 400 présents. Il peut être renversé aussi si un seul des ministres a engagé sa responsabilité sans délibération gouvernementale préalable (en conseil des ministres). Le gouvernement pourra être interpelé à tous moment (aucune condition de temps) et pourra être renversé à la majorité simple (majorité absolue des présents ou majorité absolue des suffrages exprimés). Les élections passées ses coalitions sont instables et ne durent pas longtemps → l’alliance électorale finie par rompre quelques mois + tard. Le mode de scrutin sous la IIIème République est le vote majoritaire àn2 tours pour la chambre des députés → favorise le multipartisme avec tendance pas très nette au clivage gauche/droite avec émergence de partis centristes. 100 ne participent pas au vote (majorité absolue = 151).

1879 → Mc Mahon l’avait refusé au Parlement ayant la même majorité républicaine dans les 2 chambres et avait du démissionner. Cet effacement est constaté au sein même de l’exécutif → les lois constitutionnelles de 1875 donnaient pourtant au chef de l’état des pouvoirs importants devenant dans la pratique purement formels → il ne refusera jamais sa signature au président du Conseil. L’exécutif renonce au droit de dissolution → effacement du chef de l’état vis à vis du Parlement. En 70 ans d’existence la IIIème République connaitra 104 gouvernements. A) La consolidation de la présidence du Conseil.Le gouvernement n’est pas uniquement responsable devant les chambres mais devant chaque parti politique qui compose la coalition qui le soutient au départ. Les personnes qui occuperont cette fonction (de chef de l’Etat) seront Droit constitutionnel (semestre 1) 225 . Durant toute la IIIème République → un parti s’arrange pour se retrouver toujours dans les coalitions gouvernementales est le parti radical. Se manifestent par la consolidation de la présidence du Conseil et par une pratique se développant → pratique des décrets lois. §3 : Les tentatives de renforcement de l’exécutif.

Ses qualités personnelles lui permettront d’en choisir un capable de donner la meilleure garantie de stabilité gouvernementale. Ce Parlement surpuissant est déchiré par ses querelles partisanes → impossibilité de dégager une majorité stable empêchant de légiférer. B) La législation par décrets lois. Le président du Conseil émanera de la majorité parlementaire out en ayant le choix entre plusieurs noms. grande crise de 1930. Droit constitutionnel (semestre 1) 226 . Le président du Conseil a une autorité qui dépendra de la solidité de la coalition qui le soutient et aussi de sa propre personnalité → des personnes politiques de 1er plan apparaissent → Georges Clémenceau. 1934 → Le président du Conseil se voit doter de services propres avec le secrétariat général du gouvernement .des personnalités politiques notables → Raymond Poincaré. Cette personnalité permettra au président d’exercer une véritable magistrature d’influence se manifestant à travers ≠ actes de la vie politique : Choix du président du Conseil → le chef de l’Etat s’est effacé et ne résiste pas à la majorité parlementaire. Aristide Briand. Herriot. Pour faire face à la situation économique très difficile ils vont prendre des décisions rapides dans le domaine économique et social → vote de lois. Sous la IIIème République → 1ère guerre mondial.

Ces décrets-lois entrent eux-mêmes en vigueur dès leur publication avec valeur d’actes réglementaires jusqu’à ce que le Parlement les ratifie (les reprend à son compte). Limites législatives dans la loi de pleins pouvoirs → Ses limites figurent Droit constitutionnel (semestre 1) 227 . Juridiquement c’est inconcevable qu’un acte réglementaire puisse modifier une loi qui est hiérarchiquement > à lui. Ces décrets vont porter la signature du président et le contreseing du président du Conseil et d’un ou plusieurs autres ministres.La France va avoir recourt à la pratique des décrets lois → dès la fin de la 1ère guerre mondiale. subordonnés à la loi → décrets réglementaires pris par le président de la République. Si le Parlement les reprend à son compte ils acquièrent valeur de lois. L’exécutif est habilité à prendre des actes réglementaires → acte de portée générale n’ayant qu’un seul objet de mettre en application les lois → actes dérivés de la loi. Cette délégation est votée par le Parlement sous la forme d’une loi qui va s’appeler « loi de plein pouvoirs ». La loi votée par le Parlement est l’expression de la volonté générale → acte juridique normatif de portée générale. Incursion du gouvernement dans la fonction du Parlement. Décrets-lois → résulte d’une délégation du pouvoir législatif du Parlement au profit du gouvernement. La ratification → le gouvernement dépose un projet de loi de ratification des décrets-lois et ces textes deviendront lois si le Parlement vote pour. Le Parlement autorise le gouvernement à prendre des décrets qui pourront modifier les lois en vigueur.

Le Parlement dessaisit momentanément de sa fonction a tout son temps pour contrôler le gouvernement pour rappeler sa présence → accroissement de l’instabilité gouvernementale. ses moyens d’action → gouvernement met en œuvre sa politique sans avoir à faire à une majorité parlementaire instable. Cet organe n’a pas le droit de déléguer cette compétence de sa propre initiative à un autre organe. Droit constitutionnel (semestre 1) 228 . Sur le plan constitutionnel → la doctrine de l’époque réagit en disant que cette pratique remet en cause la séparation des pouvoirs codifiée par les lois constitutionnelles de 1875. Cette pratique est contraire au principe selon lequel compétences s’exercent et ne se délèguent pas. Remise en cause de cette séparation d’un commun accord.dans la loi de pleins pouvoirs → domaine dans lequel le gouvernement peut prendre des règlements qui vont modifier les lois. D’un point de vue institutionnel ses pratiques renforce l’exécutif en élargissant ses compétences. de prendre Le Parlement y trouve son compte car mes mesures prises par le parlement sont des mesures impopulaires. Les décrets-lois permettent au gouvernement immédiatement des mesures d’urgence. Compétence → pouvoir reconnu par le droit devant être assumé par l’organe désigné par la Constitution pour l’exercer. indique le délai qu’il accorde au gouvernement pour le dépôt d’un projet de loi. La Constitution n’a jamais permis de telles choses → pas d’habilitation constitutionnelle. le délai pendant lequel il va pouvoir faire ça. donc pas de risque électoral.

famille. ne sont pas sanctionnées → pas de Conseil La Constitution de 1946 formulera dans son article 13 « l’assemblée nationale vote la loi elle ne peut déléguer ce droit » cette prohibition.Ces 2 violations constitutionnel. Cette loi est porteuse d’un changement idéologique radical car la République est remplacée par l’Etat français. ceux d’une dictature totalitaire → le pouvoir exercé s’exerce dans la collaboration avec l’occupant et il faudra attendre pour voir apparaitre des ouvrages montrant qu’il y avait une application zélée de la politique allemande. Droit constitutionnel (semestre 1) 229 . Pétain va adopter des actes constitutionnels. §4 : L’abdication du régime. égalité fraternité sont remplacées par travail. Le Parlement va abandonner une de ses compétences → va déléguer son pouvoir de révision (pouvoir constituant dérivé) à Philippe Pétain chef du gouvernement sous réserve d’une ratification par la Nation. La Constitution nouvelle n’ont pas fait l’objet d’une ratification populaire. En 1945 → on s’appuie sur ce fait pour dire que l’état français fut une parenthèse dans notre histoire constitutionnelle. Les valeurs républicaines liberté. La fin résulte d’une transposition constitutionnelle des décrets loi : En 1940 → Parlement vote une loi de révision constitutionnelle → loi du 10 juillet 1940. patrie → changement alors que le territoire national est occupé par une puissance étrangère.

Cet embryon de gouvernement avait pris une ordonnance le 11 avril 1944 accordant le droit de vote aux femmes avant son installation à Paris. Chapitre 2 : La IVème République.Officiellement la IIIème République prendra fin le 21 octobre 1945. à Paris. A la veille du débarquement de Provence de 1944 le comité se transforme en Gouvernement provisoire de la République française. Droit constitutionnel (semestre 1) 230 . Il prendra le nom de Comité français de libération national (CFLN) en 1943 établi à Alger libéré. Le 18 juin 1940 → appel du général De gaulle de Londres → un embryon de gouvernement est constitué à Londres en 1941. Aout 1944 → s’installe en France.

Cette assemblée possède dans sa totalité le pouvoir législatif. qui engage une procédure Section 1 → L’élaboration d’une Constitution républicaine. Droit constitutionnel (semestre 1) 231 .Ordonnance du 9 aout 1944 → rétabli la légalité républicaine → on ferme la parenthèse de l’Etat français + rétablissement de la IIIème République. §1 : L’échec du projet de Constitution du 19 avril 1946. L’assemblée élue est constituante d’élaboration de la Constitution. L’assemblée constituante est élue à la représentation proportionnelle à la + forte moyenne et les ≠ forces politiques sont représentées. Ce texte va réformer les institutions. Le gouvernement provisoire du général De Gaulle demande aux français d’élire une assemblée et de se prononcer par référendum sur l’avenir des institutions (choix entre le maintien de la IIIème République. Le PC et la SFIO obtiennent ensemble la majorité absolue des sièges à l’assemblée → la gauche va imposer ses conceptions constitutionnelles dans le projet du 19 avril 1946. soit la rédaction de la nouvelle Constitution). Ce projet est caractérisé par une chambre unique qui désigne un président du Conseil et un président de la République dépourvu de tous pouvoirs. 21 octobre 1945 → rejet de la IIIème République avec + de 96% des voix → régime responsable de la défaite de 1945.

Ces 3 valeurs vont être développées dans le préambule de la Constitution de 1946 : •Fait référence à la DDHC de 1789 qui développe la liberté et l’égalité. La nouvelle Constitution va avoir pour ambition de poursuivre cette œuvre et l’enrichir. La nouvelle Constitution confirme la restauration de l’égalité républicaine. de 1875 → défense des droits et libertés fondamentaux. l’esprit républicain de la révolution de 1789. égalité (les 2 héritages de 1789) et fraternité (héritage de 1848). la SFIO et le PC.On retrouve la motion de censure. Le nouveau texte émanant de cette assemblée sera un texte de compromis entre le MRP. de 1848. liberté. la question de confiance et la dissolution mais l’exécutif se trouve placé sous l’entière dépendance de l’assemblée → établissement d’un régime d’assemblée. Projet combattu par la démocratie chrétienne (MRP). §2 : L’esprit de la nouvelle Constitution. Ce texte sera adopté par référendum avec 53% de oui → la Constitution de la IVème République est promulguée le 27 octobre 1946. Droit constitutionnel (semestre 1) 232 . Article 42 → rétablissement des valeurs républicaines. par le Général De Gaulle et est soumis à référendum → rejeté par 53% des suffrages exprimés. Une nouvelle assemblée constituante est élue → la gauche perd la majorité absolue en faisant un score honorable et le MRP devient le 1er parti en tête.

•La fraternité désigne les droits de créance que les individus ont sur l’Etat → référence à l’Etat providence. Exemple : droit à la sécurité sociale. Le référendum n’est prévu qu’en matière de révision constitutionnelle → n’est pas systématique car le Parlement peut l’éviter en réunissant une majorité qualifiée et en toute autres matières pas de référendum (en matière législative). La République c’est aussi le gouvernement par des lois fixes et établies → texte organisant le pouvoir d’Etat selon le principe de la séparation des pouvoirs → régime parlementaire. C’est la 1ère fois que des règles de régime parlementaire sont codifiées → 1er régime parlementaire rationnalisé. interventionniste. Droit constitutionnel (semestre 1) 233 . La Constitution de 1946 va renouer avec la pratique de la IIIème République → restauration de la souveraineté parlementaire.•Se réfère au travail du législateur de la IIIème République. •Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République → implicitement fait référence aux lois constitutionnelles de 1875. Les constituants tirent les leçons de la IIIème République en réformant les institutions républicaines. Fraternité = Principes économiques et sociaux particulièrement nécessaires à notre temps. La République est aussi l’idéal démocratique réaffirmé dans la nouvelle Constitution → article 3 de la Constitution de 1946 → « la souveraineté nationale appartient au peuple ».

Droit constitutionnel (semestre 1) 234 . Ça n’est pas un régime parlementaire moniste pur (car pas d’équilibre des pouvoirs). La République c’est aussi un Etat de droit et la Constitution tente de l’instaurer par la création du Comité constitutionnel → organe n’exerçant pas de contrôle de constitutionnalité des lois (texte pas à la mesure des ambitions) → pas d’instauration de l’Etat de droit. Section 2 → républicaines. Parlement bicaméral + exécutif bicéphale. La réforme des institutions La Constitution instaure un régime parlementaire original → moniste avec une prépondérance du Parlement sur l’exécutif. §1 : L’organisation des pouvoirs. La Constitution énumère les pouvoirs publics en commençant par le Parlement.Ce texte ne sera pas à la hauteur des ambitions recherchées → échec du régime. On a affaire à un monocamérisme tempéré + exécutif marqué par une nette prééminence du Conseil.

•Assemblée nationale élue pour 5 ans au suffrage universel direct. le PC et la SFIO. 1) Le statut de l’assemblée nationale et du conseil de la République. D’autres opposants → partisans du Général De Gaulle formant le RPF (Rassemblement du Peuple Français). Dès 1947 → guerre froide éclate entre l’Est et l’Ouest → les communistes français rentrent dans une opposition au régime (les ministres du PC au gouvernement démissionnent).A) Le Parlement : un monocamérisme tempéré. On constate une stabilité au début grâce à une sorte de tripartisme né de l’accord entre le MRP. Etait une des raisons pour lesquelles le projet avait été rejeté par les français. Droit constitutionnel (semestre 1) 235 . Mode de scrutin → représentation proportionnelle favorisant le multipartisme avec risque de coalitions instables. La restauration du bicamérisme dans la Constitution nouvelle n’est qu’une apparence.

Il est dépourvu de toute autorité représentative → article 3 de la Constitution affirme que le peuple exerce la souveraineté par ses députés de l’assemblée nationale. Sont élus au suffrage universel indirect par les représentants des collectivités locales (comme le Sénat de la IIIème République). Par ses fonctions le Conseil de la République se rapproche davantage de la chambre des Lords que du Sénat de la IIIème République. 2) Les fonctions des assemblées.Ces 2 partis ne s’entendant pas deviennent gênants. Aux élections de 1951 → victoire de la 3ème force (de coalitions) → SFIO +MRP + radicaux. Loi électorale du 9 mai 1951 sur les apparentements va être adoptée → a pour objectif politique de laminer le RPF et le PC → limiter leur représentation au sein de l’assemblée nationale. Cette loi donne une prime aux alliances électorales (le PC et le RPF ne pouvant pas coaliser). •Conseil de la République → la 2nde chambre → le nombre de conseiller est fixé par la Constitution (entre 250 et 320) élus pour 6 ans. Article 5 de la Constitution → Le Conseil de la République fait partie du Parlement. renouvelables par moitié tous les 3 ans. En raison de leur poids électoral ils sont capables de s’entendre pour renverser le gouvernement. Droit constitutionnel (semestre 1) 236 . Mode de scrutin → loi du 23 septembre 1948 mettant au point un dispositif selon lequel certains conseillers seront élus à la représentation proportionnelle et d’autres au scrutin uninominal majoritaire à 2 tours.

La Constitution attribue au Conseil une sorte de veto suspensif → lorsque le Conseil de la République est saisi du texte voté en 1 ère lecture. Les Conseillers peuvent faire des propositions en matière législative mais dès que celle-ci est émise ils ne peuvent pas en discuter. Pour le vote de la loi. Distinction de 2 périodes → avant et après une loi de révision constitutionnelle du 7 décembre 1954 → la réformette. Il donne un avis sur chaque texte (voté en 1ère lecture par l’assemblée nationale puis est transmis pour avis au Conseil de la République puis il revient pour une dernière lecture à l’assemblée nationale). au terme de l’article 13 de la Constitution → seule l’assemblée nationale vote la loi. Article 20 de la Constitution → le Conseil de la République n’a qu’un rôle d’organe consultatif. •En vertu de cette révision le Conseil de la République va retrouver les prérogatives traditionnelles d’une chambre haute : Droit constitutionnel (semestre 1) 237 . le texte repasse à l’assemblée nationale qui ne pourra l’adopter qu’à une majorité absolue renforcée (la même ou +) des membres qui la compose.a) La fonction législative. Le Conseil de la République a un veto suspensif. C’est l’assemblée nationale qui discute. •De 1946 à 1954 → l’assemblée nationale est la seule à posséder une compétence législative pleine et entière → en ce qui concerne l’initiative des lois le Conseil de la République ne l’a pas véritablement. s’il émet un avis négatif à la majorité absolue de ses membres.

oRetrouve son droit d’initiative législative → faire des propositions et en

débattre.

oA le droit de voter la loi parallèlement à l’assemblée nationale

→ une navette véritable va être ré-instituée entre les 2 chambres pour que la loi soit adoptée en termes identiques par les 2 assemblées. Si les 2 chambres ne sont pas d’accord → l’assemblée nationale peut passer outre de l’opposition du Conseil de la République au bout d’un certain temps → 100 jours de navette qui est réduit à un mois pour les textes budgétaires et 15 jours pour les affaires urgentes. Au bout de ce délai, l’assemblée nationale aura le dernier mot qui pourra adopter le texte définitivement et dans les termes qu’elle souhaite. Majorité absolue des seuls suffrages exprimés et non des membres qui la compose. Même après 1954 → le Conseil de la République n’a pas les moyens de s’opposer à la volonté de l’assemblée nationale. L’assemblée nationale a le + de pouvoirs car elle a une légitimité populaire que le Conseil de la République n’a pas. b) La fonction de contrôle de l’exécutif.

Responsabilité du chef de l’Etat pour haute trahison est maintenue. Responsabilité pénale des ministres pour crimes et délits est maintenue.

Sous la IIIème République → mise en accusation par la chambre des députés et jugement par le Sénat se réunissant en Haute cour de justice → parfait équilibre entre les 2 chambres.

Sous la IVème République → primauté de l’assemblée nationale → mise en accusation à la majorité de ses membres et le jugement est rendu par une Haute cour de justice qui n’est + la 2ème chambre.
Droit constitutionnel (semestre 1) 238

Elle est composée de membres élus par l’assemblée nationale composée de députés de l’assemblée nationale.

Responsabilité politique du gouvernement → seule l’assemblée nationale investie le président du Conseil et seule l’assemblée nationale contrôle le gouvernement. Le Conseil de la République est dépourvu d’un tel pouvoir contrairement au sénat de la IIIème République.

B) L’exécutif : la prééminence du président du Conseil.

C’est un exécutif bicéphale avec un gouvernement collégial et un chef de l’Etat. La Constitution va constitutionnaliser le président du Conseil et elle affirme sa prééminence au sein de l’exécutif.

1) Le chef de l’Etat.

a) Son statut.

Est élu pour 7 ans par les 2 chambres réunies pour la circonstance en Congrès. Comme sous la IIIème République l’élection se fait à la majorité absolue des seuls suffrages exprimés. Scrutin uninominal à 2 tours en général.

Pour le 1er président de la IVème République Vincent Auriol il en fallait 2 →
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alliances électorales fragiles + opposition du RPF et du PC. 1953 → pour élire René Coty → élu au 13ème tour de scrutin → 2nd et dernier président de la République.

b) Ses attributions.

Sont ≠ de celle de la loi du 25 février 1875 → effacement du chef de l’Etat apparu dans la pratique de la IIIème République est constitutionnalisé dans la IVème République. Il perd sa qualité de chef de l’exécutif et perd donc le pouvoir réglementaire.

Il est informé des négociations internationales et se contente de signer les traité et de ratifier les traités internationaux → article 31 de la Constitution.

Il lui reste es pouvoirs de décisions purement formels → droit de dissolution de l’assemblée nationale → article 51 de la Constitution.

Les actes qu’il prend sont contresignés par le président du Conseil et par un ministre chargé de leur application → article 38 de la Constitution.

Sa collaboration avec les chambres se limite avec un droit de message qui n’est pas assorti d’un droit d’initiative en matière législative. A le droit de demander une nouvelle délibération et promulgue les lois.
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Comment réduire l’instabilité gouvernementale ?

Le chef de l’Etat sous la IIIème République avait le pouvoir de nommer le président du Conseil. Sous la IVème ce pouvoir est amoindri → article 45 → droit de présentation d’un candidat président du Conseil. Ce candidat doit obtenir l’investiture de l’assemblée nationale.

Auriol et Coty auront parfois la possibilité de refuser la démission de certains présidents du conseil. Lorsque leur gouvernement n’aura pas été renversé dans les conditions prévues par la Constitution.

Comme sous la IIIème République, le chef de l’Etat de la IVème République préside le conseil des ministres → exerce une magistrature d’influence. Sera son meilleur conseiller.

2) Le président du conseil.

Est constitutionnalisé dans le texte. Les auteurs de la Constitution veulent s’inspirer du 1er ministre à l’anglaise. Des attributions notables vont lui être reconnues :

Les ministres sont choisis par le président du conseil → articles 45 et 46 de la Constitution. Le président de la république n’a + que le pouvoir formel de les nommer.

En vertu de l’article 47 de la Constitution → président du Conseil à les compétences exécutives de celles du président de la IIIème République.
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A sa qualité de chef de gouvernement s’ajoute celle de chef de l’exécutif (c’est le seul chef de l’exécutif). Sous la IIIème République le président de la République était chef d’Etat et de l’exécutif.

Le président du conseil est le seul titulaire du pouvoir réglementaire (d’exécution des lois). Par ailleurs, c’est le président du conseil qui est le seul chargé de la nomination des emplois > de l’Etat (civils et militaires) sauf exceptions. Il assure la direction des forces armées et coordonne la défense nationale (organisation interne du territoire en cas de menace). Le président du conseil a la compétence pour négocier les traités internationaux avec les représentants étrangers.

Conseil des ministres est dans une situation complexe car cette enceinte reste présidée par le chef de l’Etat. C’est le président du Conseil qui fixe l’ordre du jour du conseil des ministres → est président du Conseil mais ne préside pas ce conseil.

Le président du conseil signe tous les décrets qui sortent du conseil des ministres → le chef de l’Etat présidant la réunion donne un avis sur les décisions qui en sortent.

Exceptions :

•Certaines nominations rares relevant de la compétence du président de

la République.

•Décret de dissolution de l’assemblée nationale relève de la compétence

du président de la République → comporte sa signature.

Ce sont des pouvoirs formels d’autant + que elles sont contresignées par
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La Constitution reconnaît officiellement au président du Conseil un rit d’initiative des lois en partage avec les parlementaires. La collaboration avec le Parlement : Implique que le président du Conseil peut demander au président de l’assemblée nationale sa convocation en session extraordinaire. Ces rapports illustrent ce qu’était le régime de la 4ème République → régime parlementaire moniste avec prééminence du parlement. A) Une large collaboration des pouvoirs qui défavorise l’exécutif. Collaboration dans la fonction législative : Le président du Conseil partage l’initiative parlementaires → article 14 de la Constitution.le président du Conseil. des lois avec les Les projets de loi (initiative venant du président du conseil) sont – bien traités que les propositions de lois (initiative venant des Droit constitutionnel (semestre 1) 243 . Sur l’exécutif → en ce qui concerne la collaboration des pouvoirs et les moyens d’action réciproques. §2 : Les rapports entre les pouvoirs. Les rapports traduisent cette prééminence du parlement sur l’exécutif (et une prééminence de l’assemblée nationale sur la 2ème chambre).

Les projets de loi sont – bien traités car ils auront tendance à être + modifiés par les commissions parlementaires que les propositions de lois émanant des collègues. B) La rationalisation des moyens d’action réciproques. Elle organise les moyens d’action réciproque entre le gouvernement et le parlement → le but est de lutter contre l’instabilité gouvernementale et 2 procédures sont prévues : •Procédure d’investiture Droit constitutionnel (semestre 1) 244 . c’est le président de l’assemblée nationale qui se substitue lui. C’est l’assemblée nationale qui a l’initiative des dépenses publiques et non l’exécutif. Sous la IIIème République → moyens d’action du Parlement sur le gouvernement n’étaient pas régis dans le détail car le président du Conseil n’était pas constitutionnalisé. S’il ne promulgue pas dans le délai prévu par la Constitution. or elles ont le pouvoir de rédiger un texte nouveau (mis en discussion en séance plénière). Se sont les règlements intérieurs des assemblées qui ont précisé les procédures. Une large place est accordée à l’assemblée nationale → autorise la déclaration de guerre. Elle émet un vote pour l’autoriser alors que le Conseil de la République ne donne qu’un avis.parlementaires) → la discussion devant chaque chambre fait intervenir des commissions. Le président de la République intervient dans une moindre mesure → peut demander une nouvelle délibération à l’assemblée ente le vote de la loi et sa promulgation et il promulgue les lois.

L’intéressé ne sera nommé officiellement par le président de la république qu’après avoir obtenu l’investiture de l’assemblée nationale. Pour les constituants l’idée est de renforcer la position du président du Conseil face à l’assemblée nationale : Article 45 de la Constitution → « le président de la République désigne après les consultations d’usage le président du Conseil ». Selon la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 245 . le candidat président du Conseil doit se présenter devant l’assemblée nationale pour obtenir son investiture.•Mise en jeu de la responsabilité politique La Constitution veut éviter les déséquilibres et les abus de l’exécutif → rationalisation de la procédure de dissolution de l’assemblée nationale. C’est pour le président de la République un simple droit de présentation d’un candidat président du Conseil. Sur 627 députés il fallait que le candidat obtienne 314 voix. L’investiture se manifeste par un vote de l’assemblée nationale à la majorité absolue des membres composant l’assemblée nationale → majorité forte → les députés absents et les abstentionnistes sont considérés comme refusant l’investiture. Une fois l’investiture obtenue → décret de nomination par le président de la République. 1) L’investiture.

2) La responsabilité politique. intervenant après un délai de réflexion de 24h après le dépôt de la motion. La Constitution prévoit un délai de réflexion avant le vote → avant la réformette (avant 1954) → un jour franc entre la question posée et le vote (si question posée à 14h. •Question de confiance → la Constitution tient compte de l’expérience de la IIIème République (n’importe quel ministre pouvait engager la responsabilité du gouvernement à n’importe quel moment). Elle est régie par les articles 49 et 50 de la Constitution → pour garantir la stabilité ministérielle. Si la motion recueille la majorité absolue de ses membres composant l’assemblée nationale. En présence du chef de l’Etat qui peut calmer le jeu → donne son avis.Cette exigence de majorité est destinée à garantir le + grand soutien du futur cabinet ministériel. Après 1954 → délai réduit à 24h. 3) La dissolution. le gouvernement est renversé. Désormais seul le président du Conseil peut poser la question de confiance après une délibération en Conseil des ministres → article 49 de la Constitution. La confiance est refusée à la majorité absolue des membres composant l’assemblée nationale. la Constitution définie 2 procédures : •Motion de censure → est déposée par un député de l’assemblée national puis elle fait l’objet d’un vote au scrutin public. on compte demain à 14h + le nombre d’heure qui reste jusqu’à minuit). Article 51 de la Constitution déclenchement : pose des conditions très strictes à son Droit constitutionnel (semestre 1) 246 .

Le président investi par l’assemblée nationale compose son gouvernement et décide de revenir à l’assemblée pour s’exposer. l’assemblée peut être dissoute seulement si au cours d’une même période de 18 mois consécutifs 2 crises gouvernementales sont survenues → 2 gouvernements aient été renversé à la majorité absolue des membres composant l’assemblée. Section 3 → L’échec parlementarisme. Le texte de 1946 est un échec par Paul Ramadier le 1er président du Conseil va établir cette pratique originale. •Passé ce délai de 18 mois. de la réforme du A plusieurs causes : Le détournement des procédures rationnalisées se traduisant par un retour aux dérives de la IIIème République. A) La pratique de la double investiture. pour qu’elle donne son Droit constitutionnel (semestre 1) 247 .•Ne peut être posée au cours des 18 1ers mois de la législature (1 ans ½) le temps que la majorité de coalition se consolide. §1 : Le détournement des procédures rationnalisées.

Réformette du 7 décembre 1954 → nouvelle procédure d’investiture imaginée par un homme politique de 1er plan. Il fallait une majorité absolue pour renverser le gouvernement mais dans la pratique la majorité simple suffit pour que les gouvernements démissionnent. la majorité est simple est de 251 voix). Le texte de loi est considéré comme refusé à la même majorité. Cette réforme n’aura pas d’effets sur les crises. Un texte de loi est considéré comme adopté à la majorité simple (absolue des suffrages exprimés → sur 617 députés. 550 sont présents. B) La pratique de la pseudo question de confiance. Pierre Mendès France. Si texte rejeté à la majorité simple → la loi ne passe pas → constitutionnellement il n’y avait pas la majorité absolue des suffrages Droit constitutionnel (semestre 1) 248 . La réformette prévoyait que l’investiture ne serait accordée qu’à la majorité simple (des présents). donne la composition de sa future équipe → investiture collective. Cette nouvelle procédure consiste à supprimer l’investiture personnelle du président du Conseil → le candidat proposé par le président de la République doit commencer par composer la liste des membres de son futur cabinet et au moment ou il se présente. Le président du Conseil avait l’idée d’une réforme qui risquait de coincer à l’assemblée nationale → engage la responsabilité du gouvernement. 500 s’expriment. Entraine des crises à rebondissement → renversement du président du conseil car certains parlementaires étaient jaloux de ne pas faire partie de l’équipe gouvernementale. Lorsque le président du conseil proposait une loi soumise à la discussion de l’assemblée.avis sur son gouvernement → question de confiance.

Au cours des 12 années 21 présidents du Conseils exerceront leur fonction et une seule dissolution. mais à la majorité absolue. Il fait comme si son gouvernement avait été renversé par l’assemblée nationale.exprimés contre lui. §2 : Le retour aux dérives de la IIIème République. 1er décembre 1955 seule dissolution → 2 gouvernements avaient été renversé à la majorité absolue (celui de Mendès France le 5 février 1955 et celui d’Edgar Faure le 29 novembre 1955). Est due à la paralysie du droit de dissolution → l’article 51 de la Constitution pose des conditions à l’exercice du droit de dissolution. Il en tire les conséquences et remet constitutionnellement rien ne l’y conduisait. sa démission alors que Les gouvernements n’ont pas à être renversés à la majorité simple. Dans la pratique la procédure de la motion de censure n’a jamais été jusqu’à son terme car l’assemblée avait un autre moyen pour se débarrasser du gouvernement : Technique des votes calibrés → en rapport avec la pseudo question de confiance → refus des députés du texte un gouvernement à la majorité simple (absolue des suffrages exprimés) mais surtout pas remplir les conditions posées par la Constitution → conditions non remplies donc impossibilité de dissolution car évitent la crise ministérielle. A) L’instabilité ministérielle. Droit constitutionnel (semestre 1) 249 .

Le gouvernement est cantonné à la compétence réglementaire → l’exécutif prend des décrets réglementaires destinés à l’application des lois. Des gouvernements paralysés et non constitutionnellement renversés → pas de droit de dissolution. Faire du président du Conseil un 1er ministre britannique. Les querelles politiques auront des conséquences négatives au sein du Parlement (coalitions instables) et au sein du gouvernement (démission des ministres). Droit constitutionnel (semestre 1) 250 . C) L’extension des compétences de l’exécutif. Sous la IVème République comme sous la IIIème la définition de la loi repose uniquement sur un critère organique → acte voté par le parlement. Le mode de scrutin → représentation proportionnelle. le Parlement peut légiférer dans toute matière.B) Le jeu des partis politiques. Le domaine de la loi est illimité. Loi des apparentements → ça ne pourra pas donner un parti partisan garant d’une majorité parlementaire solide.

•Pratique des décrets lois ressurgissant malgré l’interdiction de l’article 13 → lois de pleins pouvoirs inattaquables car aucun contrôle (pas de Conseil constitutionnel). Article 13 → prohibition de la pratique des décrets lois de la IIIème République → « l’assemblée nationale vote seule la loi. l’assemblée nationale est divisée par ses querelles partisanes et il est nécessaire au gouvernement d’intervenir efficacement pour prendre les décisions qui s’imposent.Sous la IVème République. Le Parlement accepte de retirer le caractère législatif à toutes les lois intervenues antérieurement dans certains domaines. On va imaginer d’autres stratagèmes pour étendre la compétence du gouvernement → 2 procédés : •Loi cadre → le législateur vote des lois concises (qui ne posent que les grandes lignes) en laissant au gouvernement le soin de compléter les dispositions législatives. Contrairement aux décrets lois ces lois ne prévoyaient pas de limite de délai. elle ne peut pas déléguer ce droit ». Avis du Conseil d’Etat du 6 février 1953 donné au gouvernement → il rappelle que les décrets lois sont prohibés par la Constitution (ça ne doit pas être utilisé même s’il n’y a pas de sanctions). Admet la délégalisation est admissible à 2 conditions : Droit constitutionnel (semestre 1) 251 . Ces textes restés en vigueur n’avaient + que la valeur de décret. Le Parlement pouvait récupérer ses domaines mais devait revoter une loi abrogeant. •Délégalisation → loi du 17 aout 1948 loi André Marie (député) que fit adopter le gouvernement. Permet au gouvernement de modifier ces textes par d’autres décrets.

échec du régime du à l’inadaptation des institutions. Les règles posées redonnent à l’exécutif une force notable + restauration du pouvoir de dissolution. •Dissolution décidée en conseil des ministres sur proposition du président du conseil et prononcé par décret du président de la République : Droit constitutionnel (semestre 1) 252 . tradition républicaine Exemple : garantie des libertés fondamentales. Dans ses dernières années.oDès lors qu’elle ne touche pas aux matières qui par nature sont réservées au domaine de la loi par la Constitution. Dissolution facilité par la multiplication de ses cas → 2 procédures ≠ et parallèles étaient prévues pour dissoudre l’assemblée. Pour le vote de confiance devant constituer les nouveaux articles 49 et 50 de la Constitution de la IVème République → lien entre question de confiance et motion de censure. oDoit être précise et limitée. Le législateur peut recourir au procédé de la loi cadre pour les matières réservées par nature à la loi. Plusieurs projets de révision constitutionnelle seront exposés → projet Félix Gaillard déposé en janvier 1958 à l’assemblée nationale et adopté par l’assemblée nationale mais le Conseil de la république n’aura pas le temps de l’examiner car la IVème République aura pris fin avant. Les gouvernements de la IVème République ne respecteront pas l’avis du Conseil d’Etat → la Constitution de la Vème République tiendra compte de ces dérives.

Le président de la République de l’époque. le 13 mai 1958 → partisans de l’Algérie française manifestent à Alger → protestation de sa nomination car Pflimlin avait déclaré vouloir négocier avec le front de Droit constitutionnel (semestre 1) 253 . Texte n’aurait pas marché. La Vème République. René Coty propose plusieurs candidats à l’Assemblée nationale mais ils n’obtiennent pas d’investiture jusqu’à Pierre Pflimlin. Section 1 → Les conditions d'élaboration de la Constitution. §1: Les conditions politiques. Le conflit algérien met en évidence l'inefficacité du régime de la IV ème République. Le jour de son investiture.Attendre l’expiration des 18 mois de législature Ne fallait pas que le gouvernement ait été mis en minorité par l’adoption d’une motion de censure •Dissolution prononcée par décret du président de la République après un simple message à l’assemblée nationale dans 2 cas : oEn cas de 2 crises ministérielles en – de 18 mois oEn cas d’impossibilité de constituer un nouveau gouvernement → plusieurs refus d’investitures successives.

•Vote d'une résolution → les 2 assemblées acceptent de se mettre en congés. 19 mai 1958 → conférence de presse → De Gaulle se présente comme l’homme de la situation + démission de Pflimlin + message de René Coty à l’Assemblée nationale la menaçant de démissionner si elle n’investissait pas De Gaulle président du Conseil. Le nouveau président du Conseil n’est alors pas en mesure d’éviter un risque de coup d’état militaire car son gouvernement n’est pas obéit ni en Algérie ni en métropole → une partie de l’armée et de la police sont pour l’Algérie française → France est au bord de la guerre civile.libération national (FLN). 2 juin 1958 → De Gaulle fait adopter 3 textes : •loi de pleins pouvoirs → permet à son gouvernement de prendre des mesures (par ordonnance) nécessaires pour rétablir l’ordre public dans le pays. •Adoption d'une loi constitutionnelle → modifie la procédure de révision de la Constitution de 1946. Droit constitutionnel (semestre 1) 254 . 1er juin 1958 → De Gaulle et son gouvernement obtiennent l’investiture ce 1er devenant le dernier président du Conseil de la IVème République. Les manifestants (généraux de l’armée française constituant ensuite le comité de salut public à Alger) craignent l’indépendance → marque la rupture avec le pouvoir légal à Paris. 1946 → De Gaulle quitte le pouvoir sortant de sa réserve et se dit prêt à assumer le pouvoir s’il était appelé.

A) Les conditions de fond. La loi de 1958 pose 5 principes fondamentaux : •Le suffrage universel comme source de pouvoir. les conditions de politiques et juridiques de 1940 et de 1958 ne sont pas vraiment semblables : •Conditions politiques → en 1958 → territoire n’était pas occupé par des forces étrangères. En réalité.§2: Les conditions juridiques. •Conditions juridiques → conditions de fond et conditions de forme qui encadrent la marche de manœuvre de De Gaulle dans l’exercice du pouvoir constituant dérivé → pas de délégation mais habilitation (transfert du pouvoir). Droit constitutionnel (semestre 1) 255 . Ce transfert a parfois suscité une comparaison avec ce qui s’était passé en juillet 1940 → loi du 10 juillet 1940. La loi constitutionnelle modifiant la procédure de révision de la Constitution de 1946 est importante adoptée le 3 juin 1958 → loi qui opère un transfert du pouvoir constituant (celui de révision) au profit du gouvernement.

Droit constitutionnel (semestre 1) 256 . B) Les conditions de formes. La Constitution sera révisée par le gouvernement investi le 1er juin → l’habilitation ne vaut que pour ce gouvernement là. Ce comité donne son avis sur le projet de Constitution du gouvernement.•Le principe de la séparation des pouvoirs. Les parlementaires veulent être associés à la révision → création du comité consultatif constitutionnel → Parlement en réduction composé au 2/3 de parlementaires. et 1/3 de personnes choisies par le gouvernement en raison de leurs compétences. •La responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement. •L'indépendance de l'autorité judiciaire pour le respect des libertés. •Association de la République avec les peuples d'outre-mer. Ce projet de révision sera soumis à référendum → association du peuple à la révision. Le principe est de s’engager vers la démocratie parlementaire. Le pouvoir constituant dérivé du gouvernement est limité par la représentation nationale (comité) et par le peuple appelé à approuver ou non la révision proposée par le référendum.

seul souverain en instituant le référendum (pas seulement en matière constitutionnelle mais aussi en matière législative. Ces juristes critiquent la pratique parlementaire que la France connaissait jusqu'ici → la souveraineté parlementaire (parlementarisme absolu) → le combattre en redonnant la parole au peuple. Source la plus ancienne. Quant à son adoption → reprend l’adoption faite en 1946.Section 2 → Les conditions de rédaction et d'adoption de la Constitution. modernisée par un juriste René Capitant → proche du Général de Gaulle et un disciple de Carré de Malberg. Pour éviter le monopole du Parlement → un organe fort capable d'arbitrer entre les pouvoirs → cet organe sera le président de la République. Contrairement à la tradition française. A) Les sources d'inspiration de la Constitution. partagée par d'autres représentants de la doctrine du droit constitutionnel. §1: Une rédaction originale. la rédaction de la Constitution n’a pas été le fait d’une Assemblée constituante. et reprise. 1) La pensée de Raymond de Carré de Malberg. Droit constitutionnel (semestre 1) 257 . → 2 idées que De gaulle va garder.

pour faire face à une grave situation. Droit constitutionnel (semestre 1) 258 . et devra donc être Cela ne sera possible que s'il a une légitimité incontestable → devra être élu par un corps politique plus large que le Parlement. il n'est pas question de remettre en cause le régime parlementaire → défense du régime bicaméral mais imparfaitement égalitaire. Elle fut formulée le 16 juin 1946 au moment de la rédaction de la Constitution de la IVème République durant le discours de Bayeux → De Gaulle y avait indiqué les grandes lignes constitutionnelles qu’il préférait. A l'époque. •Statut → Le président de la République devra être au dessus des contingences politiques quotidiennes indépendant des partis politiques. Pour que cette situation ne se reproduise pas → réformer les institutions → chef de l’Etat fort avec des pouvoirs importants. Pour De Gaulle. A une mission → devra être l’arbitre national garantissant la continuité et l’indépendance de l’état → mission dépendant du statut et des attributions du chef de l’Etat. Ce discours est la trame de la Constitution de la Vème République.2) La pensée du Général de Gaulle. son discours n'avait pas été exploité pour la rédaction de la Constitution de la IVème République. Il faudra un Parlement qui puisse assumer pleinement sa fonction législative et un parlementarisme rationalisé → l’absence d’un chef d’Etat fort expliquant la chute de la IIIème République.

oEst un outil qui illustre l’arbitrage présidentiel → invite à trancher le litige (appel au peuple pour qu’il se prononce). L’exécutif procède exclusivement du chef de l’Etat → le gouvernement pourra s’asseoir sur la majorité parlementaire mais il n’est plus question d’investiture par les 2 chambres. oEst exercé sans demande préalable du chef du gouvernement.•Attributions → il devra appartenir au président de la République de nommer et de choisir le chef du gouvernement → et non aux partis politiques. Le gouvernement émane du chef de l’Etat (en tenant compte du choix du Parlement) → représente le chef de l’Etat et demeure responsable politiquement devant lui. oEst pris sous forme de décret ne comportant que la signature du président de la République → pas de contreseing du ministre. Pour le Général De Gaulle si le gouvernement est choisi par le président de la République et que ce gouvernement est renversé → droit de dissolution doit être un pouvoir propre : oEst exercé librement et discrétionnairement par le chef de l’Etat. Droit constitutionnel (semestre 1) 259 . En période de circonstances exceptionnelles → président de la République est garant de l’indépendance nationale → a des pouvoirs exceptionnels → pouvoirs forts forçant le titulaire de la présidence à rester en place (interdiction de démissionner car est garant de la continuité de l’Etat) → a les pleins pouvoirs en cas de crise pour régler les problèmes + rapidement.

et d’anciens présidents du Conseil de la IVème République → Félix Gaillard. Pflimlin. C’est un régime qui s’inspire du modèle du régime parlementaire dualiste/orléaniste. d’une réduction du domaine de la loi avec dans la future Constitution → distinction entre le domaine de la loi et le domaine du pouvoir réglementaire autonome (règlements pris indépendamment de toute loi → décrets réglementaires par le 1er ministre). Cette répartition repose sur les articles 34 et 37 de la Constitution → délimitation garantie par ≠ mécanismes (comme la procédure d’élaboration des lois) et par le contrôle de constitutionnalité exercé par le Conseil constitutionnel. 3) L'apport des autres membres du gouvernement. Le gouvernement est responsable devant le Parlement et le chef de l’Etat → double responsabilité du gouvernement. Guy Mollet… •Michel DEBRE → à l’origine d’une délimitation sans précédent. Ce gouvernement est investit le 1er juin et comprend des hommes politiques d’expérience → Michel Debré → ministre de la justice (garde des sceaux) . Droit constitutionnel (semestre 1) 260 .Le président de la République dispose donc : •Fonctions d’arbitrage → article 5 de la Constitution •Choix du chef du gouvernement → article 8 alinéa 1er •Droit de dissolution → article 12 de la Constitution •Pouvoirs exceptionnels → article 16 de la Constitution → le président de la République est indépendant du Parlement.

. politique du Nouvelle réglementation de la question de confiance. Projet de loi de Félix Gailliard = source d'inspiration des articles 49 et 50 de la Constitution.. Droit constitutionnel (semestre 1) 261 . Le projet définitif sera adopté en Conseil des ministres → campagne pour le référendum constituant le lendemain. Est transmis au comité consultatif constitutionnel (Parlement en réduction) pour avis et ensuite ce projet sera soumis au Conseil d’Etat pour avis qui proposera des améliorations techniques. au sein du Parlement → mode de scrutin choisit pour la désignation de la chambre basse = scrutin majoritaire à 2 tours. les gouvernements successifs bénéficieront de majorités stables. les élections du chef de l’état au suffrage universel direct vont structurer le visage politique → majorité souple. Est soumis à un organe politique une fois constitué en étant adopté en Conseil de cabinet → ministres du gouvernement en dehors de la présence du président de la République → ≠ u Conseil des ministres. Dans les faits. Le Parlement sera étouffé → non prévu par les rédacteurs de la Constitution.•Anciens présidents du Conseil → contribuent à la réforme des procédures de mise en jeu de la responsabilité gouvernement (réforme du parlementarisme rationalisé). disciplinées car à partir de 1965. avec l'idée que les gouvernements de la Vème République ne bénéficieraient pas d'une majorité stable. de la censure. Avant projet de Constitution est rédigé par un comité d’experts réuni autour de Michel Debré. Ces ≠ mécanismes seront mis au coin. B) L’intervention de divers organes.

Ces élections législatives amènent une majorité composite → parti gaulliste (UNR. Selon ce texte → article 92 de la Constitution → autorisation au gouvernement à prendre des ordonnances qui ont force de loi d’emblée qui auront pour objet la mise en place des nouvelles institutions Organiser les élections de la chambre basse (Assemblée nationale) de fin novembre au scrutin uninominal majoritaire à 2 tours. Le parti socialiste autonome + PC + personnalités de gauches (Pierre Mendès France et François Mitterrand) sont défavorables. Radicaux + radicaux socialistes + socialistes + MRP + Gaullistes sont favorables à l’adoption du texte.§2 : L’adoption par référendum. 15% s’abstiennent. Le PC fait un mauvais score. Promulgation de la Constitution le 4 octobre 1958.Unon pour la Nouvelle République) venant d’être créé dès octobre 1958 + partis non gaullistes favorables à De Gaulle. 28 septembre 1958 → référendum → 80 % des électeurs votent oui . Organisation des élections sénatoriales. Dans les territoires d’outre mer → 90 à 95% de oui En Algérie → 96% de oui. Il s’agit d’approuver la nouvelle Constitution mais consiste ainsi pour le peuple a manifester sa confiance au Général De Gaulle → preuve que celui-ci avait la confiance du peuple. Droit constitutionnel (semestre 1) 262 .

•Prépondérance accrue au sein de l’exécutif du président de la République en période périodes de cohabitation). •Edification d’un véritable Etat de droit substantiel → la primauté de la Constitution n’est + une simple affirmation solennelle mais est garantie par l’instauration du juge constitutionnel → le Conseil constitutionnel. On ne peut parler de régime moniste. Retouches au texte constitutionnel → modification du mode d’élection du président de la République en 1962 → élection du président de la République au suffrage universel direct → emprunt au régime présidentiel. La Constitution de la Vème République va tirer les leçons des régimes précédents en se débarrassant des aspects négatifs. Régime conçu comme parlementaire dualiste avec prépondérance de l’exécutif en 1958 avec un abaissement du Parlement. S’inscrit dans la tradition républicaine et parlementaire et présente des originalités quant à sa nature : •Mode d’aménagement la séparation des pouvoirs → il n’est pas possible de classer ce régime dans les catégories existantes. de coïncidence des majorités (hors C’est un régime hybride → régime présidentialiste (terme de doctrine) mais cette qualification vaut pour la période normale. En période de cohabitation le régime redevient un peu parlementaire (mais sans correspondre exactement à la définition de ce régime).Organisation de l’élection présidentiel → 21 décembre 1958 → élection dès le 1er tour de scrutin de De Gaulle au suffrage universel indirect → 96% des voix et nomme Michel Debré comme 1er ministre. Contrôle au regard des règles constitutionnelles techniques et + tard au regard des grands textes de droits et libertés Droit constitutionnel (semestre 1) 263 .

Droit constitutionnel (semestre 1) 264 . Chapitre 1 : la prépondérance de l’exécutif. Dès 1958 → parlementarisme dualiste largement rénové. Exécutif composé d’un président de la république et d’un gouvernement entretenant des liens jamais vus.fondamentaux qui feront partie du droit positif.

Cet élargissement du collège électoral se rapproche de celui des sénateurs Pour le président de la République → parlementaires + conseillers généraux + représentants des conseils municipaux.Section 1 → Le président de la République. Vu qu’il y a le + de représentants dans cette communauté française. une Droit constitutionnel (semestre 1) 265 . 1958 → ne peut être élu au suffrage universel direct en raison de la communauté française (représentants de l’Empire colonial) étant appelé à devenir indépendants (avec vague de décolonisation en 1960). Comme l’affirme Debré c’st la clef de voûte des nouvelles institutions. 1958 → mode d’élection est ≠ → conformément au discours de Bayeux → collège électoral + large que le seul Parlement chargé d’élire le président de la République → éviter qu’il soit l’otage des partis politiques composant les 2 assemblées. Organe le + revalorisé par rapport au régime précédant ce qui est conforme aux vœux de De Gaulle. §1 : Le statut du chef de l’Etat. A) L’élection du président de la République. Sous la IIIème et la IVème République → élection par 2 assemblées du Parlement.

Les rapports entre le président de la République et le Parlement vont se détériorer au conflit algérien → le Parlement manifeste son désaccord : oDésaccord quant au choix du 2ème 1er ministre → Georges Pompidou (n’appartient pas à la majorité parlementaire. le président n’aurait + de légitimité. 6 novembre 1962 → révision de la Constitution par référendum modifiant les articles 6 et 7 de la Constitution → président de la république élu au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à 2 tours.fois la décolonisation passée. De Gaulle n’a pas besoin de cette légitimité par son charisme et par l’adoption de la Constitution. Ce choix est politique → De Gaulle veut montrer que l’exécutif procède exclusivement du chef de l’état et la majorité parlementaire ne doit pas avoir de rôle à jouer dans son choix. Les parlementaires vont mener la vie dure au 1er ministre. •Exposée par De Gaulle dans une conférence de presse d’avril 1961 → affirme sa volonté d’assurer une indépendance organique absolue de l’exécutif par rapport au Parlement. 1) Les causes de la réforme de 1962. Cette réforme est appliquée pour la 1ère fois aux élections présidentielles de 1965 → conséquences déterminantes sur le système des partis politiques. Droit constitutionnel (semestre 1) 266 . Son élection doit assurer au chef de l’Etat une complète liberté vis à vis du Parlement et des partis politiques. va assurer la solidité des alliances partisanes à l’Assemblée nationale et aura des conséquences institutionnelles considérables. n’est pas sénateur et n’est même pas homme politique).

2) Les conséquences de la réforme de 1962. il faut qu’ils en cas d’assassinat de De Gaulle soient en mesure et obligés d’assurer la charge suprême quelques soient les circonstances. •Série d’attentats sur De Gaulle notamment l’attentat du petit Clamart du 22 aout 1962. Droit constitutionnel (semestre 1) 267 . C’est annoncé par une allocution télévisée du général De Gaulle du 20 septembre 1962 + message au Parlement datant du 2 octobre 1962.oL’Europe → De Gaulle n’était pas favorable à la construction européenne contrairement aux parlementaires MRP qui vont démissionner. donc contestable) → courcicuit du parlement. Militaires menés par le colonel Jean Bastien Thiry ont fait un attentat → va échouer et condamnés à mort. Loi constitutionnelle promulguée le 6 novembre 1962 et De Gaulle rappelle Georges Pompidou pour former un nouveau gouvernement. Ses successeurs n’auront pas son charisme historique. Projet adopté à 62% des suffrages exprimés. L’assemblée indignée a voté une motion de censure et renverse le gouvernement. Projet de révision soumis directement à référendum selon une procédure originale (non prévue par le texte de 1958. a) Les conséquences institutionnelles.

Entre 1958 et 1962. Cette élection va donner tout son sens aux pouvoirs présidentiels prévus dans le texte de 1958. •Pouvoirs partagés (avec le 1er ministre) qui comportent un contreseing. Au delà de la sphère présidentielle. Dès 1962 → avec l’élection au suffrage universel direct → le président de la République va répondre de ses pouvoirs devant le peuple. Cette élection au suffrage universel direct va avoir un impact → le président de la République sera incité à investit ses pouvoirs partagés en laissant peu de place au 1er ministre.Cette réforme entraine un changement de nature du régime de la Vème République → Constitution de 1962 selon la doctrine. il ne pouvait en répondre devant lui. Cette réforme donne au chef de l’Etat une légitimité démocratique propre qui renforce son autorité vis à vis du Parlement et au sein même de l’exécutif → instauration d’une véritable Monarchie républicaine (selon Maurice Du verger). Le président de la République dispose de 2 sortes de pouvoirs : •Pouvoirs propres → dépourvus de tout contreseing et cette élection au suffrage universel direct les justifie pleinement. cette élection va inciter le président de la République a utiliser les attributions que la Constitution donne au 1er ministre. personne n’en répondait puisque pas de contreseing parce que non élu par le peuple. En période de cohabitation il s’appuiera sur sa légitimité populaire initiale pour utiliser à fond les pouvoirs qu’il peut exercer en période de cohabitation pour négocier avec le 1er ministre s’opposer à certaines de ses décisions. Par ce mode d’élection les candidats à l’élection de la république propose un programme de gouvernement aux électeurs → le président de la République une fois élu en assurera la réalisation (et non le 1er ministre). Droit constitutionnel (semestre 1) 268 .

Si la mobilisation au sein d’un camp est insuffisante. Droit constitutionnel (semestre 1) 269 . •Election redonne aux partis politiques une vigueur nouvelle. le candidat soutenu échouera → peu avoir lieu au 1er tour comme en 2002 avec Jospin.b) Les conséquences politiques. ans l’animation et le financement de la campagne électorale et vont continuer à jouer un rôle après l’élection. Les partis majoritaires seront au service du président de la République et de son gouvernement. Rôle certain des partis dans la sélection des candidtas. Les 2 candidats qui arrivent en tête ont intérêt dans la campagne à prendre des distances avec leur formation politique d’origine et a vouloir « ratisser large ». Dès 1962 → élection présidentielle = moment de la vie politique crucial → bipolarisation droite/gauche qui se forme → au moment du 2nd tour que ce regroupement s’effectue. L parti arrivé en tête est renforcé dans sa représentation mais n’est pas assez fort pour remporter à lui seul les élections. •Bipolarisation de la vie politique → 1958 → adoption du scrutin uninominal majoritaire à 2 tous pour les ≠ élections nationales (multipartisme limité) → prime à la majorité. pour contrôler les groupes politiques au Parlement pour faire passer ses réformes. Aura besoin de ces partis pour discipliner sa majorité parlementaire. Ils soutiendront la politique du 1er ministre en période de cohabitation. Bipolarisation = stabilité car permet l’alternance. par leur capacité à présenter un candidat à la présidence. Le candidat qui sera élu à la présidence sera celui qui saura se présenter comme rassembleur au 2nd tour. Les partis politiques n’ont + la place qu’ils avaient avant → les partis n’existent + que par l’élection présidentielle.

La Constitution envisage le cas de l’interruption du mandat présidentiel. Les Républicains ont maintenu le septennat → amendement Wallon du 30 janvier 1875 devenant l’article 2 de la loi du 25 février 1875. Durée de 7 ans fixée dans des conditions particulières il y a 137 ans. 1) La durée du mandat. alors que le président de la République sera dépourvu de réels pouvoirs dès 1879 → Constitution Grévy. 137 ans → loi du septennat du 20 novembre 1873 → septennat personnel de Mc Mahon → pour rendre possible la restauration d’une monarchie parlementaire. Le maintien de cette durée sera confirmé par la suite.B) Le mandat présidentiel. La durée du mandat = 7 ans . Droit constitutionnel (semestre 1) 270 . longue par rapport aux autres démocraties occidentales. a) Le septennat et sa remise en cause.

Septennat contesté à tort → plusieurs arguments contre : •7 ans c’est long avec possibilité d’être réélu plusieurs fois. Elle exige dans une démocratie que le peuple puisse se prononcer à échéance + rapprochée sur l’intéressé. •Septennat aurait été inadapté depuis l’élection du président au suffrage universel direct → émergence d’une responsabilité politique du président devant les électeurs. Sous la Vème République 2 présidents font un septennat. Droit constitutionnel (semestre 1) 271 . Les députés de l’Assemblée nationale comme le gouvernement a en charge le quotidien et le président de la République « est le garant de la continuité de l’Etat » → article 5 de la Constitution. Giscard d’Estaing → 1 septennat complet de 1974 à 1981.Septennat = durée choisie par De Gaulle dans le cadre e la Constitution du 4 octobre 1958 dans son article 6 → le président a en charge les intérêts > de la nation avec à l’appui des attributions notables. Il lui faut la durée pour lui permettre d’atteindre ce but → son mandat dit être + long que celui de l’Assemblée nationale (5ans). Jacques Chirac → 1 septennat + 1 quinquennat. Georges Pompidou président en 1969 → 1 mandat interrompu en 1974 par son décès. Le septennat est conçu comme indéfiniment renouvelable comme c’était le cas sous la IIIème République (sous la IVème République → renouvelable 1 fois). président des USA → 4 ans renouvelable 1 fois. dont François Mitterrand en cumulant 2. Aucun chef de l’exécutif en Europe ne peut exercer le pouvoir aussi longtemps → 1er ministre au R-U = 5 ans .

sans dissolution. Période de 2 ans de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995 → cohabitation Droit constitutionnel (semestre 1) 272 . Aucune obligation → démarche politique volontaire. 27 avril 1969 → question de confiance aux français qui lui retireront → suivi de sa démission. Son 1er mandat aura duré 4 ans → de 1958 à 1962. Le 2ème mandat commence en 1962 et se termine en 1965. Il l’aurait payé en n’étant pas réélu. Les présidents de la République qui ont vécu le septennat ont eu conscience de ce problème de légitimité au cours de ces 7 ans. Pompidou n’a utilisé le référendum qu’une seule fois → défenseur du quinquennat.Le mandat de l’assemblée nationale est de 5 ans → la légitimité présidentielle peut s’essouffler avec le temps et risque de se retrouver devant une assemblée nationale neuve. sans cohabitation. De gaulle a trouvé une parade en testant sa popularité → septennat à géométrie variable → ponctue son mandat de référendum sur des questions graves par lesquels le peuple renouvelait sa confiance → questions de confiance. Le risque est de se voir confronter à une situation telle de celle de la crise du 16 mai 1877. Valéry Giscard sera le seul à pratiquer un véritable septennat sans référendum. Est ensuite élu au suffrage universel en 1965 et se terminera en 1969. François Mitterrand → se sont déroulés de manière particulière : 2 quinquennat de plein exercice → majorité présidentielle et parlementaires =.

Procédure de l’article 89 qui sera interrompu à l’initiative de l’intéressé car elle risquait d’échouer en raison de l’hostilité de certains gaullistes et centristes.avec un 1er ministre de couleur ≠. La combinaison septennat et suffrage universel direct est irréaliste. La Constitution a té révisé sur ce point par la loi du 23 juillet 2008 → nul ne peut exercer + de 2 mandats consécutifs. Droit constitutionnel (semestre 1) 273 . Ses successeurs d’Estaing et Mitterrand ne reprendront pas la procédure interrompue et pourtant Mitterrand en 1981 vait inscrit le quinquennat dans son programme. Loi constitutionnelle du 2 octobre 2000 → quinquennat renouvelable indéfiniment. Chirac → de 1995 à 2002 → 2 ans de pleine présidence + 5 ans de cohabitation déclenchée par la dissolution e l’assemblée nationale (élections législatives anticipées). Cet accord est nécessaire pour que la procédure de l’article 89 soit possible. Révision ratifiée par référendum du 24 septembre 2000 → 73% de oui des suffrages exprimés car 70% d’abstention du corps électoral. b) Le quinquennat. Avril 1973 → révision constitutionnelle. Réforme qui fera l’objet d’un consensus entre droite et gauche mais pas pour les mêmes raisons au cours de la 3ème cohabitation → Chirac + Jospin. le septennat compromettrait la légitimité du président de la République en l’exposant au risque d’une cohabitation.

Inconvénients : •Banalisation de la fonction présidentielle → loin de la conception présidentielle de De Gaule dans son discours de Bayeux → l’arbitre devient très interventioniste dans la vie politique au lieu d’intervenir Droit constitutionnel (semestre 1) 274 . dissolution de l’assemblée nationale (ou pour prévenir la dislocation de l’assemblée parlementaire) La concordance serait rétablie par une nouvelle dissolution consécutive à l’élection présidentielle suivante.Il fut décidé de mettre en place une coïncidence des mandats présidentiels et des députés e l’assemblée nationale avec l’élection du président avant. raréfie les risques de cohabitation → il est impossible que les électeurs élisent un président de telle couleur politiques à quelques semaines d’intervalle. démission du président. •Rationalise le calendrier des élections. Il peut y avoir disjonction des 2 quinquennats pour ≠ raisons → décès présidentiel (nouvelle élection dans les 20-30 jours) . Avantages : •Permettre au peuple d’élire le président de la République + souvent comme dans les démocraties européennes et comme aux USA.

Son attitude personnelle fait partie de l’ancienne génération de la Vème République → ce quinquennat était son dernier mandat. La solution prévue par la Constitution pour remplacer le chef de l’Etat est l’intérim → article 7 de la Constitution. ce changement de statut est inévitable. Le 1er quinquennat de Chirac de 2002 à 2007 n’a pas permis de vérifier cette évolution car n’a pas été un vrai quinquennat → a fait un septennat avant dont 5 années de cohabitation ou il était – impliqué dans le quotidien. Le quinquennat peut conduire le corps électoral à élire une personnalité qui n’aurait pas été forcément élu pour un septennat. Le 1er vrai quinquennat est celui de 2007 → avec Sarkozy. 2) L’interruption du mandat. Il n’est + du tout comme il devrait être au dessus de la mêlée. le président de la République se confond avec le 1er ministre. Est assurée en cas d’interruption temporaire ou définitive du mandat présidentiel. donc attitude politique en conséquence. ce qui jusqu’ici ≠ la fonction présidentielle de la fonction primo ministérielle. L’attitude du corps électoral se cale sur ce mandat réduit. des partis. Dès lors qu’il est élu avant l’assemblée nationale et pour la même durée. Droit constitutionnel (semestre 1) 275 .dans les moments importants.

La vacance est avérée à lors de ces cas.•L ’interruption temporaire → maladie passagère guérissable → empêchement est constaté à la demande du gouvernement par le Conseil constitutionnel statuant à la majorité absolue de ses membres sur la base de l’article 56 alinéa 2 de la Constitution. oLa vacance de la présidence → couvre plusieurs possibilités : •Décès du président → Georges Pompidou le 2 avril 1974. Son remplacement est assuré par l’intérim et le délai de l’organisation de nouvelles élections présidentielles commence. La Constitution distingue : •En cas d’interruption temporaire → le président du Sénat ne peut recourir à l’article 11 (organisation d’un référendum législatif → le Parlement n’intervient pas dans l’adoption de la loi → interdiction non nécessaire) ni à l’article 12 (permettant au président de dissoudre l’assemblée nationale). •Démission → Charles De Gaulle le 28 avril 1969. Article 7 → intérim assuré par le président du Sénat mais il ne peut pas exercer tous les pouvoirs présidentiels. •L ’interruption définitive → couvre 2 cas : oDu à un empêchement définitif → maladie chronique ne permettant + au président d’exercer ses fonctions → constaté selon la même procédure que précédemment. •Destitution sur la base de l’article 68 de la Constitution. Droit constitutionnel (semestre 1) 276 .

L’irresponsabilité du chef de l’Etat est un principe d’origine monarchique. Droit constitutionnel (semestre 1) 277 . En 1969 et 1974 → 2 cas de vacance. le 1 er ministre ne peut remettre la démission de son gouvernement et la Constitution ne peut pas être révisée. Exemple : Aujourd’hui ce principe est confirmé dans des monarchies parlementaires européennes maintenant ce principe absolu → vaut en matière politique et en matière pénale → le roi ne peut mal faire. Conformément à ces 2 constitutions → attributions notables sous la IIIème République mais beaucoup – sous la IVème → toutes ses décisions étaient contresignées par les ministres qui en assumaient la responsabilité devant le parlement.•En cas d’interruption définitive → ne peut recourir aux articles 11 et 12 et le gouvernement ne peut engager sa responsabilité politique devant l’assemblée nationale. C) La question de la responsabilité du chef de l’Etat. Exemple : France sous l’A-R puis au cours des monarchies constitutionnelles. Cette dernière ne peut le renverser. En cas d’empêchement su Sénat → intérim assuré par le gouvernement. Ce principe a été transposé en république parlementaire → les textes des Constitutions de la IIIème et IVème République consacrent l’irresponsabilité politique du président de la république → était désigné par les chambres et une fois désigné par elles celles-ci ne pouvaient pas le révoquer pour des raisons politiques. Par exception à ce principe une responsabilité exceptionnelle était aménagée par ces Constitutions limitée à la haute trahison.

Le texte de la Constitution de la Vème République réaffirme le principe de l’irresponsabilité politique du président en 1958 devant le parlement comme pour tout chef d’Etat parlementaire + instauration d’une exception → responsabilité limitée à la haute trahison qui a été récemment réaménagée. Autant de dispositions constitutionnelles conformes au schéma du régime parlementaire. Article 19 de la Constitution → existence de pouvoirs présidentiels avec contreseing. Cette responsabilité politique devant les électeurs a donné lieu à une pratique fluctuante et au fur et à mesure des années on assiste à une raréfaction de l’engagement de la responsabilité politique du président devant les électeurs. Sous la Vème République la reconnaissance de pouvoirs propres reconnus au président dépourvus de contreseing + instauration d’une démocratie semi représentative avec l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct et le recours au référendum ont multiplié les possibilités d’engagement de la responsabilité politique devant les électeurs. Par compensation l’attention s’est portée sur le statut pénal du chef de l’état. Il y a par compensation les articles 49 et 50 → responsabilité politique du gouvernement devant le Parlement. Des articles de la Constitution sont conformes au schéma du régime parlementaire avec la réaffirmation du principe de l’irresponsabilité politique du président devant le Parlement → articles 67 et 68 de la Constitution. 1) La responsabilité politique du président de la République devant les éle cteurs. Cette logique se trouve contredite par d’autres dispositions de la Constitution qui contribuent à faire du régime un régime original : instauration d’une présidence forte → existence de pouvoirs propres Droit constitutionnel (semestre 1) 278 .

En période de cohabitation → pouvoirs propres demeurent même si certains sont gelés → responsabilité politique devant les électeurs demeure. a) La mise en jeu de la responsabilité politique du République : les mécanismes •A l’initiative du président de la République → couvre 3 cas : oRecours au référendum de l’article 11 → procédure à condition que celui-ci décide de l’utiliser comme question e confiance adressée au peuple. président de la envisageables. Article 6 → élection du président de la République au suffrage universel direct. Droit constitutionnel (semestre 1) 279 . Cette responsabilité politique peut être mise en jeu de ≠ manières.(sans contreseing) → article 19 sur les pouvoirs présidentiels avec les pouvoirs partagés et les pouvoirs propres. oRecours à la dissolution de l’assemblée nationale de l’article 12 → chef de l’Etat organise des élections législatives anticipée encore faut il qu’il en fasse une question personnelle. Responsabilité politique devant les électeurs rattachée à des pouvoirs réels en lien avec une légitimité démocratique. Cette élection populaire de 1962 justifie a posteriori les pouvoirs propres constitués en 1958.

b) Une pratique fluctuante. •A l’initiative de l’Assemblée nationale par le vote d’une motion de censure contre le gouvernement qui a le soutien du président : oEn régime présidentialiste → motion de censure s’adresse indirectement au président → suppose un conflit entre le président et sa majorité parlementaire → 1962.oSa candidature à un nouveau mandat → devra répondre devant les électeurs de ce qu’il a fait au cours de son 1er mandat. oEn période de cohabitation → n’a pas de sens car on voit mal une majorité parlementaire censurer un gouvernement qui émane d’elle. oA utilisé le référendum comme question de confiance Droit constitutionnel (semestre 1) 280 . Responsabilité engagée par le président et par l’assemblée nationale une seule fois → motion de censure votée contre le gouvernement Georges Pompidou renversé en 1962 à propos du projet de révision constitutionnelle. •Période gaullienne → émergence + développement de la responsabilité politique du chef de l’état devant les électeurs. A l’initiative de De Gaulle lui-même → recours aux 3 procédés précédemment : oCandidat à sa réélection en 1965 → fut élu au 2nd tour. •A l’initiative du peuple → lors des élections législatives pour renouveler l’assemblée nationale → peut créer une situation de cohabitation.

La dissolution dans ce genre de circonstances est un moyen – efficace et – probant que le référendum en terme de légitimité → dissolution n’est pas révélatrice à coup sur d’un soutien du peuple au président. Il s’agissait de renverser son pouvoir face à la rue. •Période post gaullienne → évolution des modalités de la responsabilité politique dans sa mise en jeu et dans ses conséquences. Cette période montre l’émergence de la responsabilité politique du président. Il utilisa tout de même le référendum en 1969 qui lui fut fatal. Un résultat négatif aux législatives va atteindre le président mais un résultat positif pour la majorité parlementaire sortante est un soutien à la majorité et pas forcément un soutien au président. Choix tactique venant de Georges Pompidou alors que Charles De Gaulle voulait utiliser le référendum → apparence de soutien au président. Droit constitutionnel (semestre 1) 281 . Conséquences que De Gaulle en tire → la mise en jeu de sa responsabilité politique a comme conséquence évidente sa démission.oDissolution de l’assemblée nationale → a utilisé à plusieurs reprises mais dans des contextes politiques ≠ : •De manière classique → 1962 → suite à une crise ministérielle suite au renversement du gouvernement Pompidou → les électeurs donnent raison au président. •1968 → après les évènements de mai 1968 → dissolution non précédée d’une crise ministérielle → visait une assemblée nationale non hostile au président. Du point de vue institutionnel ce développement de la responsabilité va avoir comme conséquence un effacement de la responsabilité politique du gouvernement face au Parlement après 1962.

Droit constitutionnel (semestre 1) 282 .