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MACROECONOMIE MONETAIRE M1 2007 – PI/TD2

Université de Paris X Nanterre


UFR SEGMI
Master 1ère année
TD de Nicolas Gobalraja
Cours de Olivier Musy
Année universitaire 2007-2008

PARTIE I : L’EQUILIBRE DES MARCHES EN ECONOMIE OUVERTE


TD n° 2
L’équilibre comptable des marchés

Dans ce TD, nous devons faire correspondre les éléments de la comptabilité


internationale (analysée sous l’angle de la balance des paiements) avec les variables
macroéconomiques de la comptabilité nationale pour faciliter l’interprétation économique. Il
s’agit donc de trouver un équilibre comptable des marchés en économie ouverte.

I- RAPPEL DE COURS : l’équilibre comptable des marchés

I.1. La comptabilité de la dépense et du revenu

En économie ouverte, l’offre et la demande s’égalisent tel que :

Y+J = Cs+I+G+X où :

Y est le PIB,
J représente les importations,
Cs est la consommation,
I est l’investissement,
G est la dépense publique,
X représente les exportations.

Ce qui donne, après manipulation :

Y = (Cs+I+G)+(X-J) où :

(Cs+I+G) est la demande intérieure Di,


(X-J) est la demande extérieure nette.
Nous avons donc :

Y = Di+(X-J)

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Par ailleurs, l’expression du PNB nous est donnée par :

PNB = PIB + revenus de capitaux


→ PNB = Y+U où :

U représente les revenus nets de capitaux.

D’où
PNB = Y+U = Di + X-J+U où :

X-J+U est le solde des transactions courantes B.


Nous avons donc :

PNB = Y+U = Di + B où :

Remarque : si l’on néglige le compte de capital (C), B représente l’épargne financière nette.

Après manipulation on trouve :


PNB-Di = B
→ PNB-Cs-I-G = B
→ PNB-T-Cs-I-G+T = B
→ (PNB-T)-Cs-I+(T-G) = B où :

(PNB-T) est le revenu disponible.


(T-G) est l’épargne publique nette.

On a alors :

(PNB-T-Cs)-I+(T-G) = B où :

(PNB-T-Cs) = S est l’épargne privée.

Dès lors :

(S-I)+(T-G) = B

C’est l’équilibre épargne-investissement qui fait correspondre un déséquilibre de la balance


des paiements (ici par le compte des transactions courantes) à un déséquilibre
macroéconomique (épargnes publique et privée). Ainsi, si un pays connaît un excès de son
compte courant, cela peut être dû à un excès d’épargne publique et/ou un excès d’épargne
privée.

Rappel : B = X-J+U

Le taux d’ouverture :
Pour avoir une idée de la taille de la demande extérieure, on utilise généralement le taux
d’ouverture qui est le rapport des exportations (X) sur le PIB (Y). Ce rapport est faible
pour les grandes espaces économiques la zone euro (15%) et fort pour les petits pays
(Belgique = 80%).
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I.2. La comptabilité des flux de capitaux

On rappelle que l’équilibre théorique de la balance des paiements donne:

B+C = ∆F+∆R

Pour mieux comprendre, faisons d’abord l’hypothèse que ∆F = 0 (c’est-à-dire, que le pays en
question se tient à l’écart des marchés de capitaux mondiaux). On a alors :

B+C = ∆R

Interprétation : lorsque l’épargne financière nette augmente (B+C augmente), le pays exporte
plus qu’il n’importe, donc il accumule des réserves de monnaies étrangères (∆R doit
augmenter pour équilibrer la balance des paiements) et sa masse monétaire augmente.

Or, selon la théorie quantitative de la monnaie (se reporter à l’équation de Fisher), un pays
dont la masse monétaire augmente voit ses prix augmenter, ce qui coïncide avec une baisse de
sa compétitivité (ses prix relativement aux prix étrangers augmentent), une baisse de ses
exportations et finalement une baisse de l’épargne financière nette. Cette approche est appelée
approche monétaire de la balance des paiements. Elle est exprimée par Hume dès le XIXe
siècle en réaction contre les économistes mercantilistes, selon lesquels un excédent
commercial se traduit mécaniquement par un enrichissement.

Cas particulier : si le pays exprime un besoin de financement (B+C<0), qu’il n’a pas accès
aux capitaux mondiaux (∆F = 0) et qu’il ne dispose plus d’avoirs de réserve (R = 0) , alors il
connaît une crise de la balance des paiements.

Faisons maintenant l’hypothèse que ∆F ≠ 0 (le pays est inséré dans le marché mondial des
capitaux) mais que ∆R = 0 (les avoirs de réserves sont très faibles par rapport aux flux de
capitaux). Dès lors :

B+C = ∆F

Et d’après l’équilibre épargne-investissement:

(S-I)+(T-G) = ∆F

Donc, dans une économie ouverte, les capitaux internationaux financent l’économie.

Le problème dans ce cas de figure est celui l’instabilité des flux de capitaux (∆F). Si le pays
exprime un besoin de financement (B+C<0), qu’il a accès aux capitaux mondiaux ∆F ≠ 0) ,
mais que les investisseurs rechignent à financer totalement le besoin de financement (B+C-∆F
<0) et que les réserves ne suffisent pas à combler ce déficit, alors il connaît une crise de la
balance des paiements et une crise de change (chute du taux de change).

Comment remédier à cette instabilité sans renoncer au financement par les capitaux ? Peut-
être en décourageant les investissements à court terme (taxe Tobin, par exemple)…

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Prenons l’exemple de la Thaïlande en 1997. La Thaïlande exprime un besoin de


financement …
B+C < 0
… auquel répondent largement les capitaux étrangers.
B+C - ∆F = ∆R >0
On constate alors une forte accumulation de réserves, qui entraîne une forte augmentation de
la masse monétaire, une politique de crédit facile, donc une hausse de l’investissement
(notamment dans l’immobilier), puis une bulle spéculative/surcapacité. Lorsque la bulle éclate
elle entraîne une faillite bancaire, un retrait massif des capitaux étrangers, donc une crise de la
balance des paiements et de change (le cours du baht chute).
La Thaïlande aurait peut-être dû stériliser l’augmentation de ses réserves en devises (c’est-à-
dire, faire varier la contrepartie interne de la base monétaire en sens inverse de la contrepartie
externe _ face à l’augmentation des réserves il pourrait s’agir de revendre des bons du Trésor
ou restreindre le crédit aux banques commerciales).

II- EXERCICES : équilibre épargne-investissement et paradoxe de Feldstein-Horioka

II.1. L’équilibre épargne-investissement

Répondez aux questions suivantes en examinant le tableau ci-dessous:

- commentez l'opposition entre les pays anglo-saxons et les pays d'Europe continentale;
- commentez l'évolution de la contrainte macroéconomique en Italie;
- commentez l'incidence de la récession japonaise;
- commentez la dynamique récente de l'épargne privée aux Etats-Unis.

Balance courante Soldes des adm. publiques Soldes du secteur privé


Pays 1996-2000 2001 2003 1996-2000 2001 2003 1996-2000 2001 2003
USA -2,7 -4,1 -4 -0,1 0,6 -0,6 -2,7 -4,7 -3,4
UK -1,2 -1,8 -2,2 -0,6 1,1 -0,7 -0,6 -2,9 -1,5
AUS -4,4 -3 -3,7 -0,1 0,1 0,5 -4,3 -3 -4,1
NZ -5,8 -3,1 -3,8 1,4 1,3 -0,3 -7,2 -4,5 -3,5
ISL -5,4 -8 -4,8 0,7 -0,2 -0,9 -6,1 -7,7 -3,9

JPN 2,3 2,1 3,5 -5,6 -6,4 -6,6 7,9 8,5 10,1
CAN 0,1 3,7 2,5 0,5 2,8 2,2 -0,4 0,9 0,3
COR 3,1 2,2 2,6 3,9 5,7 5,5 -0,8 -3,4 -2,9
SWE 3,4 2,3 2,3 0,6 3,8 1,8 2,8 -1,5 0,5
DAN 1 3,2 3,3 1,3 2 1,7 -0,3 1,2 1,6
NOR 5,9 14,2 14 7,7 14,3 11,7 -1,8 0 2,3

Zone
euro 0,8 0 0,4 -2 -1,2 -0,9 2,8 1,2 1,3

FRA 2,2 1,6 1,6 -2,6 -1,5 -1,4 4,7 3 2,9

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ITA 1,6 0,1 0,7 -2,9 -1,4 -1,1 4,6 1,5 1,8
NED 4,5 3,6 4 -0,2 1,1 0,7 4,8 2,5 3,3
BEL 5 3,3 4,1 -1,4 0 0,2 6,4 3,3 3,9
FIN 5,7 6,6 6,5 1,1 3,7 2,1 4,7 2,9 4,3

ALL -0,6 -0,7 -0,3 -1,7 -2,5 -1,8 1,2 1,8 1,6
ESP -1,1 -2,4 -2 -2,4 0 0 1,4 -2,3 -1,9
AUT -2,8 -2,5 -1,5 -2,3 0 0,1 -0,5 -2,5 -1,6
POR -7,1 -9,2 -8,8 -2,5 -1,7 -1,4 -4,5 -7,5 -7,4
GRE -4,5 -5,2 -5 -3,4 0,2 1,3 -1,1 -5,4 -6,3
IRL 1,2 -2 -1,6 2 3,2 1,9 -0,9 -5,1 -3,5

MEX -2,5 -3 -3,5 7,4 7,7 8,3 -9,9 -10,7 -11,9


TUR -1,5 2,4 2,2 -4,7 -2,6 -3,2 3,2 5,1 5,3
POL -5,2 -6,2 -5,7 -2,4 -4,4 -4,9 -2,8 -1,7 -0,8
CZR -4,6 -5,1 -5,4 -3,2 -6 -5,8 -1,4 1 0,4
HUN -3,7 -2,9 -2,3 -5,9 -4,9 -4,5 2,2 2 2,2
SLO -7,7 -7,8 -8,4 -4,3 -4,4 -4,7 -3,4 -3,5 -3,7

Equilibre épargne-investissement des pays de l’OCDE (source : OCDE)

II.2. Le paradoxe de Feldstein-Horioka

Graphique : L’étude de Feldstein-Horioka sur données contemporaines

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Répondez aux questions suivantes :

1- Rappeler le lien en économie ouverte, entre l'épargne, l'investissement, et la balance


courante.

2- Pourquoi la constatation de Feldstein et Horioka, formalisée par la graphique ci-dessus,


constitue-t-elle un paradoxe?