Vous êtes sur la page 1sur 10

Giorgio Agamben

http://www.entretemps.asso.fr/Badiou/Agamben.htm

Alain Badiou Intervention dans le cadre du Collège international de philosophie sur le livre de Giorgio Agamben : la Communauté qui vient, théorie de la singularité quelconque.

(transcription de François Duvert)
Badiou : Tout d’abord, je suis extrêmement content d’avoir à parler, ici, du très beau livre de Giorgio Agamben. Quand je dis beau (nous discuterons plus tard de la question de savoir dans quelle mesure exacte beau est vrai !), mais quand je dis beau, c’est qu’il y a une réelle beauté dans ce libre. Une beauté, qui est aussi une beauté d’écriture. Il y a une sorte d’ampleur brève, je l’appellerai ainsi, ie une chose qui coupe droit vers des propositions essentielles, et essaie de les fragmenter ou de les démultiplier. Et puis c’est livre beau dans ses formules. C’est un livre formulaire. C’est presque un formulaire – un recueil de formules pour notre temps. Et ses formules arrivent à conjoindre une sorte de vivacité transparente, de rapidité extrêmement claire, et aussi quelque chose comme un mystère, qui gît dans cette transparence et qui est, pourrait-on dire, le mystère de la présentation comme telle ou plutôt, peut-être, le mystère de l’exposition. Non pas exactement le mystère en pleine lumière, mais l’exposition du mystère à sa propre clarté. Mon contentement est aussi – et alors là, permettez moi d’être plus narcissique – le fait qu’un certain nombre de thèses de Giorgio Agamben sont, au moins à mes yeux, dans une connexion très grande, dans une sorte d’intimité et de familiarité distante, avec un certain nombre de mes propres thèses - que je soutiens, par ailleurs, dans un propos très différent. Et je crois que cette communauté, cette connexion, plutôt que dans les résultats se donne dans la procédure de pensée, dans la manière dont Giorgio Agamben pense, agence ou effectue sa pensée. Cette manière, j’aimerais l’appeler diagonale. Je me sens un grand apparentement à ce point. Il y a une constante diagonalisation dans la manière dont procède ou chemine dans ses éclairs et en même temps dans sa cohésion le propos de Agamben. Cette diagonalisation opère sur tout un système d’oppositions traditionnelles, reçues ou acceptées, dont le propos du livre est de montrer qu’on peut passer entre ou passer outre, ie qu’il n’y a pas lieu, sauf à entériner une figure à la fois précise et oublieuse, de s’installer dans ces oppositions ou de les manier dialectiquement, mais, la pensée peut s’établir au regard de ces oppositions dans un régime diagonal, qui à la fois les vivifie et les réactualise. Enfin, dernier point, je suis en un certain sens très sensible à la radicalité du propos de Giorgio Agamben, y compris sa radicalité politique ou pré-politique, ou sous condition d’une politique possible. Radicalité qui est qu’on a plaisir à retrouver dans ce livre une position subjective, qui est sans compromission avec les figures mondaines qui nous sont aujourd’hui données. Quelque chose comme une fidélité à ce qui, en philosophie, a été le plus opposé à la réception de ce monde : une fidélité, disons, à la fois, à Guy Debord, à Mai 68 et aussi bien à la place Tienanmen. Quelque chose qui engage et soutient avec la plus grande fermeté une lutte contre l’Etat – et quand je dis l’Etat, c’est en fait l’état des choses, l’état de la situation ou la situation comme état, et non pas simplement l’Etat dans son sens institutionnel. Quelques exemples de la procédure diagonale de Agamben : L’idée que la singularité (tout ce livre est une méditation sur la singularité) si elle est prise dans son être tel quel, ie si elle est exposée telle qu’elle est, alors la singularité n’est rien d’autre que le quelconque. Cette conjonction vectrice dans le propos de l’auteur entre la singularité et le quelconque : la singularité comme le quelconque que la singularité est s’avère extrêmement forte, et je dois, ici, dire mon accord, en quelque manière, stratégique avec cette thèse, qui assigne la vérité à la singularité, ie au quelconque que dans mes propres concepts j’ai nommé le générique. Mais entre le quelconque de Agamben et le générique tel que je l’utilise, il y a évidemment beaucoup plus qu’une simple analogie. Et alors, dans l’idée que la singularité

1 sur 10

2011-09-15 09:01

on trouve ceci : « sens et référence n’épuisent pas la signification linguistique.entretemps. Nous avons une diagonale du couple immanence / transcendance. chez Agamben. qui est l’opposition entre le caractère ineffable de l’individualité et le fait que l’intelligible relève de l’universel. qui est que l’exposition de la puissance comme puissance est précisément le fond de la singularité.htm est le quelconque comme tel.Giorgio Agamben http://www. la diagonale. à savoir la diagonale immanence / transcendance. je crois comprendre ce thème que l’idée est tout simplement l’avoir eu lieu de la chose. un outrepassement de la pensée dialectique. C’est la signification même de la théorie platonicienne des idées ». ie l’acte de l’homme est précisément d’être sa propre puissance. toujours adhérente. à la fois bref et d’une extraordinaire ampleur. Il y a là. Nous avons là une très forte diagonale de l’acte et de la puissance. Et c’est à cette exposition du quelconque comme tel que. par conséquent une communauté non identitaire. à mon avis. A ce propos.asso. immédiatement et de façon immanente co-présent dans l’opposition des 2 termes primordiaux. mais en même temps d’actualité illimitée ou comme il le dira « [le propre de l’homme est] d’avoir à exposer en chaque forme sa propre amorphie et en chaque acte sa propre inactualité ». qui se donne nécessairement dans l’opposition des 2 premiers termes. de même que nous avions une diagonale du couple individualité / universalité. Une communauté du quelconque. Agamben dira dans la poétique qui lui est propre. Il y aurait à relever quantité d’autres exemples. ie que ce qui doit s’exposer dans chaque acte est essentiellement son inactualité. Page 110. la méthode d’Agamben montre qu’est toujours requis un 3 ème terme lorsqu’on a affaire a une disposition de ce genre. la réception de sa pure possibilité est très exactement ce qui lui tient lieu d’absence de fondement. est la pure retenue exposée de l’autre terme. Ie l’idée est cela même ce par quoi la singularité s’expose dans la figure de son avoir lieu. comme la diagonale entre le commun et le propre. le tiers terme comme résultat. plus généralement. le tel quel. 3 ème terme qui n’est pas le supplément des 2 autres et encore moins leur résultat dialectique. et cela renvoie à un thème important chez Giorgio Agamben. sa divinité. finalement. ou « divin est l’être pierre de la pierre ». Un 3 ème terme est nécessaire : la chose même. l’être tel quel. et pour montrer ce que veut dire cette acception du 3 ème terme non dialectique dans son rapport aux 2 autres. . une diagonale d’un couple diabolique de l’histoire entière de la philosophie. mais la communauté qui vient ne peut être que la communauté où s’expose la non identité du quelconque. Il me semble donc que la pensée d’Agamben s’établit dans tout l’espace entre 2 énoncés. Ce croisement avec la thématique de l’idée et. Et je comprends. Agamben va donner le nom de communauté. la communauté qui se dessine. Cette croix permanente de la pensée philosophique est diagonalisée du biais de l’assignation de la singularité au quelconque. et de la coappartenance de l’un à l’autre. finalement ce 3 ème terme est en dernier ressort l’idée. nous reviendrons sur ce « à venir ». mais le tiers terme comme le ainsi. Disons aussi que la méthode de la diagonalisation est. et ceci oriente la question de la vérité vers celle de l’exposition du quelconque comme tel. il y a diagonale au regard d’une opposition tout à fait fondamentale. quelque chose comme « divin est l’être vers l’ouvert ». Avec cette bascule platonicienne. l’idée que l’être propre de l’homme. Et c’est ce ainsi qui est finalement l’idée. cette diagonale se dira primordialement à la fois du monde et du langage. directement à propos du langage. Nous avons là une diagonale qui est.fr/Badiou/Agamben. Et puis. Le 1 er vous le trouverez page 79 : « ce qui reste là sans nom est l’être 2 sur 10 2011-09-15 09:01 . la diagonale entre le bien et le mal. en tant qu’elle n’est rien d’autre que le ainsi. qui n’est lui ni la référence ni le sens.plus essentielle encore – entre le nommé et l’innommable. Il n’y a pas l’advenue synthétique d’un tiers terme. ie que le pur avoir lieu d’une chose est proprement ce qui en elle est le transcendantal de l’idée. un bilan. parce que la transcendance n’est finalement rien d’autre que l’exposition de ce qui est en tant qu’il est dans son avoir eu lieu. Agamben soutiendra que l’avoir lieu d’une chose est. Avec cet exemple. est évidemment qch qui me touche très profondément. ou le ainsi de toute saisie. une idée extrêmement forte. c’est le laisser être tel de ce dont il est question dans les 2 autres. métaphoriquement. à savoir l’idée que la communauté qui vient. au sens où l’un des termes : l’acte. y compris dans ce qu’elle reçoit de ce qui organise la politique. le singulier platonisme d’Agamben. au fond. qui traversent ce livre. qui est peut-être tout le problème. pour remonter aux catégories d’Aristote. 3 ème exemple. Ultimement. Autrement dit.

ni par l’absence de toute condition d’appartenance (une communauté négative. communiste). mais l’appartenance prise en elle-même comme exposition quelconque. l’appartenance à une communauté ou à une identité nationale. ceci me comble par la radicalité sans concession du propos. De ce point de vue là. mais c’est simplement pour marquer la connexion d’intimité de pensée avec Agamben. telle que Blanchot l’a récemment proposée). à savoir que l’Etat n’a jamais d’adversaire véritable en terme d’identité. Agamben esquisse la définition de la politique qui vient. qui clôt le livre : « comment est le monde. ie la distribution contrôlée d’une classification. c’est tout cela qui est Idée et qui fonde ce platonisme essentiel. c’est. exige et compte des identités Et on pourrait dire aussi que la politique qui vient. J’indique au passage que l’autre nom de cet avoir eu lieu ainsi. Je cite Giorgio. y compris les identités qui se donnent en apparence dans la figure antagoniste de la revendication étatique. c’est que le quelconque s’exprime. ce n’est que l’être dans le langage ». qui est la singularité quelconque.fr/Badiou/Agamben. « cela est absolument irréparable et du monde et de la langue que le nom soit le sans nom et que … l’avoir lieu du monde soit hors monde ». ie précisément la communauté de ce qui s’expose en tant qu’il s’expose dans la figure du quelconque. mais c’est très proche véritablement de ce qu’il pense pour son propre compte.htm nommé.asso. non pas l’appartenance à ceci ou à cela. l’appartenance elle-même. Sur ces attendus. dira toujours Agamben. et qu’au cœur du monde l’avoir lieu du monde soit la transcendance. tout ce prédique dans la clôture de l’identité. disjonction irrémédiable des singularités quelconques et de l’organisation étatique » (page 88). dans un élément entièrement autre.entretemps. ce qui est soustrait à l’autorité de la langue. Cette condition première de l’exposition du quelconque. plus dans mon langage. page 115 : « l’avoir lieu des choses n’a pas lieu dans le monde ». page 87 : « quelle peut être la politique de la singularité quelconque. c’est le quelconque dans son exposition communautaire. mais comme lutte entre l’exposition de la singularité quelconque dans la figure de l’être ainsi et l’Etat en tant que l’Etat c’est l’état des choses. que l’avoir lieu du monde soit proprement ce qui est hors du monde. c’est qu’elle ne sera plus une lutte pour la conquête ou le contrôle de l’Etat. toutes. c’est le conflit de l’exposition de la singularité quelconque et du régime étatique identitaire et classificateur. par quoi la lisibilité de l’idée n’est absolument rien d’autre que ce que j’appelle le quelconque. le communisme des singularités.cela est en dehors du monde ». de Agamben. Ou encore.Giorgio Agamben http://www. innominabile) . Et. par le caractère quelconque de la singularité. c’est que le nom est proprement le sans nom et que l’avoir du lieu du monde est proprement ce qui est hors du monde. lui. je pense qu’Agamben énonce clairement en philosophie des conditions générales de ce que j’avais proposé de nommer. car évidemment. donc le venir de la communauté du quelconque se fait en quelque sorte par soi-même. Il écrit et souligne au chapitre 19 sur Tienanmen : « car la nouveauté de la politique qui vient. Et je crois que cette idée très profonde et très important. la distribution contrôlée des nominations réglées dans la figure de la classe ou du prédicat. Je suis dans un profond assentiment avec cet énoncé de la politique qui vient. page 119. ou vient à soi-même au défaut de la classification de l’Etat. et non pas tant d’ailleurs peut-être l’appartenance que le pouvoir appartenir. ie que l’Etat est en capacité d’absorber toute identité. l’Etat. dernière formule. mais par l’appartenance 3 sur 10 2011-09-15 09:01 . mais une lutte entre l’Etat et le non-Etat (l’humanité). le nom même (nomen. 2 ème énoncé. Et encore une fois. non plus comme lutte autour ou à propos de l’Etat. et qui est donc l’Idée. En réalité. ie l’être comme tel comme condition de la politique possible. ie le hors monde. Que le nom soit le sans nom. si je puis dire. quelque chose de la stylistique de Wittgenstein. si bien que la politique qui vient c’est au fond la lutte sans merci entre l’exposition comme telle et l’assignation de cette exposition à une prédication classifiante. et j’ai été frappé de voir à quel point cette sentence fait résonner. autrement dit. à savoir ceci qu’au cœur de la nomination le sans nom soit le nom. . Encore une citation. ie là où et dans les conditions où la prédication étatique peut être suspendue. Il y a finalement peut-être 2 thèses essentielles soutenues. Identitaire – Agamben dit généralement national ou à des fins nationales. Ou encore. d’un être dont la communauté n’est médiatisée ni par une condition d’appartenance (l’être rouge. l’Etat est compatible avec toute identité. la seule chose avec laquelle il n’est pas compatible. ceci que le devenir générique d’une vérité. c’est le très beau nom qu’Abamben donne à cela : l’irréparable. italien. Et il souligne à très juste titre qu’une seule chose est intolérable à l’Etat. qui renvoie au régime de l’identité.

donc. dans l’être quelconque de l’exposition. de la décision ou de l’indécision de l’appartenir. En fait. Donc je suppose que quelque chose soit exigé en plus de l’appartenance pour que le quelconque puisse advenir. et qui est proprement ce dont le régime d’appartenance est indécidable. La compréhension en un tout M des objets singuliers distincts m n’est autre que le nom. qu’aucune « inepte théorie des types » ne peut prétendre réduire. ni cela. en effet. en effet. Point sur lequel nous aurions un voisinage direct.mais ce dont l’appartenance est suspendue à un nom. et donc. les singularités en membres d’une classe. Je suis obligé de dire 3 mots. Il n’est pas. de ce à quoi il appartient. signifie le terme d’appartenance. Les paradoxes définissent. C’est en ce point que peut-être – mais ce que je dis là est. à savoir ce que j’appelle un événement. je le répète. . en tant qu’il substitue sa propre signification universelle aux arbres singuliers ineffables (terminus supponit. ie l’appartenir délivré.fr/Badiou/Agamben. ou générique. ce qui étatiquement prescrit et enclot l’identité.htm même ? ». les communistes). et qui est tout simplement l’appartenance elle-même. c’est simplement à l’indifférence de l’exposition multiple comme telle. Il transforme. D’où les paradoxes inextricables des classes. ou la singularité quelconque. à sa singularité. Il n’est pas l’appartenance comme telle. l’être en tant qu’il est. ie le signe même de l’être en tant qu’être dans sa pure donation en multiplicités indifférentes. je la déterminerais par 3 traits : . dont le sens définit la propriété commune (la condition d’appartenance €) Le succès extraordinaire de la théorie des ensembles dans la logique moderne est dû au fait que la définition de l’ensemble est simplement la définition de la signification linguistique. singulièrement. à ce qui découpe. ie dans la figure du multiple pur. l’appartenance est le signe de l’exposition multiple. je ne crois pas que l’appartenance comme telle puisse fonder le quelconque ou renvoyer à des singularités quelconques. c’est fondateur. ie à ce qui fait partie. doit advenir. Vous voyez.ni l’appartenance telle que soustraite et à l’appartenir à ceci et à la non appartenance . au régime fondamental de l’éloge. mais quelque chose de diagonal au regard de l’appartenance à ceci ou à cela et de la non appartenance. afin que ce terme soit clarifié collectivement. l’appartenance. le lieu 4 sur 10 2011-09-15 09:01 . je soutiendrais que le fondement dernier du quelconque : .entretemps. si l’on peut dire.l’inclusion est le signe de la prise étatique. ie. en effet. venir. pour moi. à savoir sur ce que propose Giorgio Agamben sur l’appartenance comme ce terme essentiel qui supporte une diagonale entre l’appartenir à ceci et la pure et simple non appartenance. significatum pro re). ce qui advient ou survient supplémentairement dans des conditions telles que la question de savoir s’il appartient ou n’appartient pas est proprement suspendue à l’acte d’une nomination. les français. nous retrouvons évidemment le cheminement diagonal entre la thématique d’une communauté. en effet. l’être quelconque. autrement dit. ie la communauté de ceux qui ont tels traits prédicatifs en commun (les italiens. Je prends cela pages 15-116. par une torsion singulière. Par csqt. parce que ce à quoi l’appartenance renvoie. donc à la figure de l’être. et finalement du renvoi de la singularité quelconque à l’appartenir comme tel. tel qu’il est.enfin. mais ce qui met en suspens l’appartenance. Autrement dit. Le mot arbre désigne en effet indifféremment tous les arbres. partitionne la donation multiple comme telle . c’est tout au début du livre : « L’antinomie de l’individuel et de l’universel tire son origine du langage. en tant que tel. ni non plus l’absence de toute appartenance. et donc. n’est pas plus assigné ou assignable au quelconque qu’il n’est assignable à la détermination ou à l’identité. ce qui est événementiellement tel. Mais l’être tel qu’il est supporte conjointement la figure du quelconque et la figure de la détermination. littéralement 3 phrases. Pour moi. la communauté inavouable de Blanchot.asso. Je rappelle tout cela très schématiquement pour instruire la discussion et pour examiner ce que dit précisément Agamben sur la question de l’appartenance.ne peut pas être le nom comme tel en tant qu’innommé . de ce que. de l’intimité et de l’amitié – va pivoter vers le régime des question. . sans que l’état de la situation ou la prédication identitaire en dispose la ressource. qui serait médiatisée par les conditions d’appartenance. au moins directement. et c’est là que les questions vont commencer. il est retiré en deçà de l’opposition entre le quelconque et le prédiqué.Giorgio Agamben http://www. Et ce nom par quoi va être décidé que la supplémentation événementielle appartient n’est pas un nom prédonné ou un nom disposé. mais un nom qui est convoqué dans le vide qui sépare l’événement de la situation. qui est la loi de la situation et la nécessité de la pensée.l’appartenance s’oppose à l’inclusion. en effet. l’inclusion est le référent identitaire ou catégoriel. en effet.

et je la crois profondément indifférente à la langue. ie qu’il n’y a pas de transition directe possible.asso. qu’en réalité. je penserais que le signe d’appartenance.entretemps. ou comme nom innommé. ce que je lis dans ton propos.l’exposition de l’être multiple .htm de l’être linguistique ». là. comme celle que propose Agamben. Je dois dire – au fond c’est ma 1 ère question – que je ne suis pas tout à fait convaincu par ce développement.Giorgio Agamben http://www. est-ce la venue de la singularité quelconque en communauté. Par voie de conséquence. qui est une inappartenance première. je me tourne vers Agamben à qui je poserais 3 questions : 1° ma 1 ère question est la suivante : si la singularité quelconque est donnée structurellement et non événementiellement. parce que pour moi. c’est cela ma question : si réellement la singularité quelconque est déjà toujours à l’œuvre dans la langue comme innommée du nom et dans le monde en tant qu’avoir lieu du lieu. et je me demande si ce n’est pas là que Agamben commence ou initie ce qui à mes yeux est une sorte de suture. il ne tisse que le vide. que peut bien signifier sa venue ? Faut-il alors penser qu’il est en quelque manière du destin de l’être de venir à soi ? Et ce sera le cas de mes 3 questions : tout ceci tourne dans ta pensée actuelle autour de ce que j’appellerais les traces ou le tracé heideggerien. Ou encore : il me semble que la singularité quelconque n’est pas transitive à l’être tel quel. Donc. que fait défaut. A partir de là. il n’expose comme être multiple que le vide. A propos du signe mathématique €. l’imprésentable pur et la question de l’infini. ie la communauté 5 sur 10 2011-09-15 09:01 . Ce que nous dit ce texte. le signe € dans son fonctionnement intelligible n’est vraiment déployé que dès lors qu’on comprend que c qui appartient ou co-appartient n’est tissé que d’imprésentable dans la figure de l’ensemble qui n’a aucun élément. le repérage de ce que la défection du sens. demeure fondamentalement étranger à la signification linguistique. exige absolument que soit convoqué le vide comme tel et. ou quelque chose qui éradique la nécessité intercalaire d’une contingence pure. ou encore entre l’indécidable et le générique. il me semble que c’est d’un autre point que procède la singularité quelconque. C’est une supplémentation dont le régime de donation est précisément d’inappartenir à la situation pour laquelle il y a événement. non pas du tout la médiation du sens. comme idée. A partir de quoi. plus fondamentalement encore. puisque pris dans sa rigueur. si la singularité gît déjà dans la ressource du monde et de la langue. au fond. et donc n’est en donation d’aucune assignation du sens. c’est qu’il y aurait dans la pensée de l’appartenance une figure du nœud entre exposition et langue. que peut bien signifier sa venue ? ou. Et c’est cette inappartenance. pour ma part. ou comme être dans le langage de l’être ou de la chose. Il est le signe de l’être multiple indifférent. Mais c’est au point de l’inappartenance que la nomination est exigée comme retenue de l’inappartenance dans l’appartenance même. De sorte que je soutiendrais. au fond. elle n’est pas transitive au tel quel. mais qu’elle se dispose comme processus laborieux entre le vide. mais le signe même du hors sens. qui va suspendre le régime général de l’exposition multiple et exiger une nomination. il n’y a pas de transition directe entre cela et la singularité quelconque. ce à partir de quoi il passe de ce signe comme signe du multiple pur à ce signe comme signe qui renvoie à l’autorité du nom. l’appartenance ne délivre rien d’autre que l’exposition multiple. nœud dont l’énigme et le point de donation est l’appartenance. Je ne suis pas sûr que cette conjonction soit la bonne. en tant que signe ontologique. le mode propre sur lequel la singularité du quelconque émerge en diagonale du sens ou désidentité signifiante. il assigne à ce signe la médiation du sens et c’est. ie si la singularité quelconque est donnée en tant qu’avoir lieu du lieu. Mais on peut éventuellement soutenir que le signe mathématique € est justement exclusif de tout sens. entre l’appartenance comme telle.la singularité quelconque Comme si la singularité quelconque était déjà en advenir dans un certain nœud entre l’exposition de l’être multiple et la langue. Il faut quelque chose d’un tout autre registre – ce que je nomme l’événement. ie l’appartenance diagonale entre appartenir à ceci et ne pas appartenir. et donc. Agamben parle de « médiation du sens » (page 16). d’où résulterait le secret de la singularité quelconque. ie malgré tout quelque chose comme une figure destinale maintenue. pour le dire autrement. Donc.fr/Badiou/Agamben.la langue . de conjonction infondée entre 3 termes : .

ie au multiple indifférencié. en tant qu’il nomme une chose. Et alors. Et tu identifies cette occasion au fait que l’exposition du quelconque est. Et si toute situation est infinie. dont. Le nom. ie de la langue en général. il n’y a de singularité quelconque que dans le futur antérieur de son infinité. puisque je pense que. ce qu’ont perçu de longue date les philosophes radicaux. Ils ont vu aveuglément qu’il y avait une corrélation inéluctable entre le fait que l’être soit exposé comme multiple indifférencié et l’infinité d’un tel multiple. ie que toute pure donation indifférente est infinie. de la finitude. ie non pas pour le nom en général. je pense que le nom est ce que tu dis qu’il est. 3° ma 3 ème question porte sur le langage. de ce que l’être présenté comme tel est d’abord livré à l’appartenance. Ou encore : je pense que fondamentalement le fini est par soi-même livré à l’identité. ie l’idée que la singularité quelconque est dans l’exposition finie. est-ce que le venir de ce venir est. ou encore : toute finitude est étatique. chez toi. il y a là un point de butée. alors là. mais sous conditions. éventuel. mais aura. Faut-il vraiment à ce point croire ou penser que l’être tel ou l’être tel quel est dans la garde ou l’abri du langage dans la figure précise de l’innommé du nom ? Cette corrélation d’un destinal langagier dans l’exposition de l’être « selon la tautologie platonicienne qui reste encore et toujours à penser : l’idée d’une chose est la chose même. Mais alors qu’est-ce qui autorise la pensée de ce redoublement ou plus précisément dans l’avoir lieu de l’avoir lieu : y a-t-il homogénéité de sens entre les 2 avoir lieu ? Ou. pour une poser une dernière fois cette question.entretemps.Giorgio Agamben http://www. Et je ne pense pas qu’on puisse détenir ou maintenir le thème de la singularité quelconque dans une corrélation ou dans un compromis avec la thématique. mais pour le nom tel qu’il procède de la nomination post-événementielle. mais il ne l’est que sous condition. telle que tu la reprends de Guy Debord. D’où provient que l’exposition de la singularité quelconque demeure dans l’assignation de la finitude ? Le point s’avère à mes yeux essentiel. en son fond. Je vois bien la puissance du détour de cette assertion. il résulte que toute situation est infinie. Autrement dit. qu’une occasion telle qu’elle nous ait ouverte ou proposée par la figure même de l’oubli de l’exposition de l’être ? Cette 1 ère question porte sur le rapport.fr/Badiou/Agamben. en particulier les épicuriens. malgré tout. Je ne dis pas sera infinie ou est infinie. qu’est-ce que cela ajoute ou adjoint au fait que la singularité quelconque est déjà par elle-même la venue de l’être tel ? Il me semble que la communauté qui vient est chez toi qch comme la venue du venir ou l’avoir lieu de l’avoir lieu. problématique. ne serait-elle pas éternelle ? ou encore pourquoi la destruction ne serait pas inévitable ? Alors la destruction. mais je l’admettrais aussi. dans ce cas. l’élément d’événementialité décisoire dans lequel tout ceci se trouve convoqué reste non précisé. entre téléologie ou destinal de l’être dans la figure du retournement exposé et occasion à saisir. C’est même comme cela que je définirais : le fini est ce qui est livré à l’identité. 2° ma 2 ème question est la suivante : il me semble que tu maintiens une thèse de finitude. Je dirais : les noms d’une vérité sont etc… mais je ne le dirais pas du nom en général. en un certain sens. Et où je trouve quand même. Si tel est le statut du fini. ou est l’écart entre avancée et destruction ? et qu’est-ce que c’est.htm qui vient. comme un écho de l’idée que c’est au comble de la détresse que nous sommes convoqués au retournement. identique à ce venir ? ou y a-t-il 2 gestes ? Mais. qu’est-ce qui est au principe de leur écart ou de leur différence ? Ou encore : pourquoi l’aliénation spectaculaire. la promesse du quelconque ou la promesse de la singularité est liée à une thèse de rupture avec la finitude. Autrement dit. l’envers immédiat de la radicale avancée de la destruction que représente la petite bourgeoisie planétaire. Je ne suis pas du tout d’accord avec cela. n’est rien d’autre que la chose en tant qu’elle est nommée par le nom » (page 79). Moi je suis dans cette filiation là. au futur antérieur. A mes yeux. dans la communauté qui vient comme venir du venir même de l’être. à vrai dire. que celle-ci ne doit à aucun prix laisser échapper ». si nous sommes dans l’avancée de l’humanité vers sa destruction et si ceci est une occasion. à avoir été cette infinité d’être. et cette condition contient ou détient une part de 6 sur 10 2011-09-15 09:01 . Mais.asso. ajoutes-tu : « cela signifie aussi qu’elle représente dans l’histoire de l’humanité une occasion inouïe. l’advenue de la singularité quelconque aura à avoir été l’infinité de l’être. pages 66-67 : « cela signifie que la petite bourgeoisie planétaire est vraisemblablement la forme sous laquelle l’humanité est en train d’avancer vers sa propre destruction ». la singularité générique de la situation.

L’être dans le langage est cet événement qui n’est ni propre ni impropre ni appartenance ni inappartenance. L’idée était que ce qui est la langue propre de l’événement est événement dans le langage. qui conditionne dans le langage tous les types d’événements. Une chose d’abord. il me semble que quelque chose de ta pensée reste pris ou captif du thème du langage comme ressource ou condition de la pensée ou de l’idée.entretemps. et je te retourne la question : est-ce possible dans le champ de ta théorie de penser l’événement en pensant aussi le langage comme événement.asso. à savoir…. puisque la loi d’exception proclame le suspens de l’ordre juridique mais. le problème est d’essayer de diagonaliser le propre et l’impropre. que je récapitule pour conclure : .la condition du quelconque c’est le suspens événementiel de l’appartenance. qui parle de l’être blanc de la neige.avant de prononcer sur le statut des noms. nom linguistique comme une espèce d’archi-événement. ces noms là sont eux-mêmes dépendants d’autre chose qu’eux. . Autrement dit.htm contingence irrémédiable. mais le nom lui-même dépend de l’événement. qui est ainsi inclus sous la forme de la suspension même de la loi. C’est dans l’événement au-delà du propre et de l’impropre qu’il faudrait penser le problème de l’appartenance et de l’inclusion en tant que différent de l’appartenance. ie de ce qui est exclu. Agamben : ta lecture me semble vraiment porter sur le noyau interne de mon travail. c’est pourquoi je me heurte au pb de l’appartenance.le contenu réel de l’appartenance est le vide multiple. le langage comme logique de l’événement ? Je pense au philosophe autrichien qui a influencé Wittgenstein. comme le fait Schmitt. au retour de son voyage en France. . mais je crois que tu n’as pas vu quelle était pour moi la réponse à cette difficulté. mais aussi de ce qui tout en étant exclu est par là même inclus dans l’état des choses par l’Etat. Or. 7 sur 10 2011-09-15 09:01 . par le pouvoir de décider sur l’état d’exception. et c’est l’événement. Mais l’idée était de penser le langage non plus comme une grammaire. même si je sais bien que l’ontologie n’a pas rien à savoir avec la politique. non plus comme une langue avec des propriétés linguistiques. il y a la probtique de la diagonalisation des concepts opposés. à savoir qu’ils nomment les choses en tant que els choses mêmes. que sont ce que tu dis qu’ils sont. je pense qu’une telle ressource est plus aléatoire et qu’en réalité le nom ou les noms. il relève de l’ontologie. au-delà de l’appartenance même. Moi je dis : l’être pierre de la pierre. nous sommes astreints à poser la question toujours singulière qui est : d’où viennent les noms ? Voilà ce que je voulais dire. Finalement. Tu dis : il faut. Au fond. de penser. pour moi le quelconque n’est pas du tout synonyme d’indifférent. ie en se référant à ce qui est exclu. Peut-on penser cela comme événement et pas comme appartenant à l’état des choses ? L’être tel d’une chose relèverait du régime de l’événement pur. j’essaie d’esquisser une théorie de l’événement dans le langage. peut-être un quadruple litige en dispute.fr/Badiou/Agamben. moi. Au cœur du problème du propre et de l’impropre et de l’appartenance et de la non appartenance gît le problème de la souveraineté. en même temps. C’est encore une figure extrême de l’état des choses. Au cœur de ce que tu as dit.Giorgio Agamben http://www. ou captif que quelque chose du langage est le lieu même où l’exposition du quelconque est en jeu. comme une espèce d’acte transcendantal.il faut rompre avec la finitude . elle s’applique en ne s’appliquant pas. il oppose le propre et l’impropre et précise que l’usage libre du propre est ce qu’il y a de plus difficile. Pour moi. qui est totalement étrangère ou extérieure à la structure ou à la donation de la langue en général. une langue qui soit au-delà du propre et de l’impropre. Et comme tel il ne prescrit pas immédiatement la singularité. Pour moi. la singularité quelconque dépend du nom. il faut aussi inscrire l’appartenance dans cette thématique diagonalisante du propre et de l’impropre. définie. Finalement trois questions. car je me sers de ces catégories en pensant à l’usage qu’en fait Hölderlin quand. aussi bien en logique qu’en politique. Je suis totalement d’accord avec ton objection. une chose en plus. à savoir penser la singularité quelconque en tant que pure ontologie. C’est peut-être une tâche impossible et pas très claire dans le livre. mais mon livre n’est pas du tout conçu comme immédiatement politique. mais comme événement. à savoir l’être dit dans le langage. C’est là que je verrais le point de passage vers une pensée politique.

la répétition ouvrante de cette origine qui n’est même pas une scène. qui se pense dans la philosophie et qui s’éprouve dans la poésie. comme si le langage était une résidence sans mur où il n’y aurait que l’attention d’un timbre. là. je l’entends dans ce livre.entretemps. entre la poésie et la pensée. était le lieu de la répétition infinie. celui là reprochant à celui-ci ce qu’il appelle l’exposition étonnée de la pure facticité. que Giorgio reprend à son compte en utilisant la correspondance entre Adorno et Benjamin. Mais tout ceci supposerait que tous les locuteurs. Dans son être. Le langage – pas linguistiquement bien entendu – c’est la pensée pensive. ie essayer de penser une chose qui soit ni excluable ni incluable. du moins assignable et du moins connaissable de tous les événement. je la dirais bondissante par-dessus Heidegger directement à Hölderlin. Et c’est comme si la maison dont il était question.Giorgio Agamben http://www. les utilisateurs du langage soient étonnés d’être ainsi au monde dans le langage. peut-être encore davantage dans le Langage et la Mort. l’exposition pure et simple.asso. Là aussi. mais qui n’est pas la fin chronologique de l’histoire. ie dans une herméneutique de l’infini. mais une espèce d’événement transcendantal. La fin advient sans qu’elle soit au régime de la finitude. à chaque fois. propre / impropre. je dirais l’événement comme être dit tel quel du langage et comme événement d’une fin. une philosophie ou une poésie qui accepterait cette exposition étonnée de la pure facticité. à entendre comme un écrivain la réflexion tenue par Giorgio sur le langage. Et Giorgio qui commente cette correspondance souhaite. l’exposition nue avant qu’il puisse y avoir quoique ce soit comme communication. justement. que la communauté qui vient ou qui viendrait ne serait rien d’autre que le peuple du 8 sur 10 2011-09-15 09:01 . Aussi suis-je tout à fait d’accord avec ta démonstration sur l’excès de l’appartenance sur l’inclusion. Et c’est comme si le langage. on peut accepter cette pbtique du langage si on ne prend pas le langage du point d’une linguistique ou grammatical. Qu’il y ait. cette expropriation appropriée. le langage est hors communication. revient à mettre en échec la souveraineté. et c’est peut-être mon héritage heideggerien. je serais même amené à renchérir sur lui à ce sujet. il est le nom de l’exposition pure et simple et dans l’usage du langage il y a ou il devrait y avoir – mais il y a disjonction. Je ne sais pas si tu es satisfait pas mes réponses. non pas la répétition répétitive. ce qui tient que quelque chose soit tenu entre la source et les mots.fr/Badiou/Agamben. il y a dans cette position une sorte de vœu. pour penser l’en dehors exclu : cette appropriation désappropriée. de telle sorte que la ressource est effectivement ce qui re-ssource. sauf que moi j’essaie de penser le langage en tant qu’événement de langage. qui serait. dont le régime de l’exception véhicule une autre figure. au fond. Il me semble que dans sa pensée le langage est bien cette ressource. Je dois dire que je ne suis pas philosophe et que cela m’amène obligatoirement à entendre autrement. le Messie qui met fin à l’histoire. Mais une pensée de l’infini risque aussi de verser dans la mauvaise infinitude. c’est le messianisme. et qui n’est pas du tout la même que celle de Heidegger. Voilà. comment penser un événement final qui ne serait pas un événement du fini ou de l’infini ? Peut-on penser l’événement de la fin ? il est peut-être infini. Ce langage est la répétition de l’origine. mais. à ce moment là. du moins est-ce cela que j’entends. une identité. Bailly : j’interviendrai brièvement à propos du soupçon que semblait avoir Badiou. d’un ainsi. et qu’au fond le langage était à la fois l’opérateur la description du mystère que cela qui est désigné par ainsi soit et que cela soit dit. mais une pure exposition. je répondrai aussi : pourquoi ne pas diagonaliser le couple fini / infini ? Je vois bien la critique que tu fais de la pensée contemporaine comme pensée de la finitude absolue derrière Heidegger.htm Donc penser quelque chose qui déjoue le couple appartenance / inappartenance. Je suis donc totalement d’accord avec ta critique. mais au moins cela fait image. qui est à l’origine. plutôt qu’avec Heidegger. et c’est là qu’on touche le politique entre ce il y a et ce il devrait – mais il devrait y avoir la répétition. Je suis très intéressé par toutes les figures qui mettent en échec le couple propre / impropre. car. je crois que c’est dans Enfance et Histoire. si on doit établir une filiation. qui diagonaliserait le pb de l’appartenance et de l’inappartenance. Sur la finitude. à condition. peut-être de façon un peu brusque. à entendre comme quelqu’un qui tient quelque chose comme un cadavre. Et puis. Le langage est toujours une diagonale. chez Heidegger. Et il me semble qu’on pourrait presque dire. Donc en transposant ton concept d’événement. ie que l’être dit d’une chose n’est pas le nom comme propriété de cette chose. Evidemment. soupçon qui consiste à dire que le langage fonctionne chez Giorgio comme une ressource et qu’on retombe là sur une limitation de la pensée. non connue comme telle. mais je ne suis pas amené à le soupçonner. même pas sous la forme extrême de la souveraineté qui exclut en incluant et inclut en excluant.

comment pourrait venir cette communauté du langage ? Agamben : c’est le problème de l’événement. non pas comme co-appartenance – jamais – mais le langage comme. Pas de la langue. c’est de faire du langage une marchandise. Cela dit. mais qui. formule qui pose un problème. thèse situationniste qui reste juste. Or. Il suffit de penser à la guerre du Golfe. Jamais. les situationnistes ne sont extraits de cela. mais. car si ce n’est pas le centre du livre. et qu’il est lui-même son propre spectacle. non pas comme ensemble. alors un événement comme la venue de la communauté pourrait avoir un sens. encore plus célèbre. en revanche. 9 sur 10 2011-09-15 09:01 . Et pour rester dans le site des résonances hölderliniennes. Quelle était ton autre question ? Bailly : je n’arrive pas à comprendre en te lisant comment. car ce à quoi on assiste en ce moment (91). ce n’est pas le centre du livre. cela signifie malgré tout qu’il y a comme une archi-garantie fondatrice de l’événementialité possible donnée dans la ressource du langage ainsi conçu. le langage.htm langage et non pas le peuple de telle ou telle langue . Or. Mais est-ce qu’on peut penser un événement du langage lui-même. alors un événement peut avoir lieu dans la figure duquel la communauté pourrait advenir comme communauté interpersonnelle. C’est le langage lui-même qui est au centre du procès économique et politique mené par le capitalisme. à ce moment là. est un déploiement à partir de cette formulation. je pense que ceci rattache encore l’événementialité à une figure de l’origine ou de constitution transcendantale. pourquoi. mais utilisable à l’infini. je n’arrive pas à comprendre dans la communauté qui vient. mais l’avoir-lieu de toute chose comme l’être dit du langage. il faut penser l’événement. j’aime à l’appeler comme cela. c’est comment. certes avec talent. Les medias sont un problème politque. je vais enlever cette définition de la petite bourgeoisie planétaire ! Je ne partage pas ta méfiance excessive envers les situationnistes. à mon avis.fr/Badiou/Agamben. mais on peut évoquer aussi « l’habiter poétiquement sur cette terre ». et moi ça me gêne comme une faute de goût de l’utiliser. Je suis d’accord avec Badiou. dont le recours aux situationnistes et au pseudo-concept de société du spectacle ne peut être d’aucune utilité là dedans. Je pense que s’il y a un événement de langage. mais à ce titre il reste inutilisable. en même temps. En quoi dans le site de la détresse absolue y aurait-il ressourcement avec ce qui est perdu ? Je ne parviens pas à le comprendre. cessent même d’être les peuples de leur propre langue dans cette petite bourgeoisie planétaire que tu caractérises. cela signifie qu’il y a un archi-événement. Ce qui m’intéressait était de pousser encore plus loin leur thèse. Agamben : d’abord. mais aussi et avant tout une expropriation du langage. peut-être pas venant de cette bourgeoisie là. qui fait qu’on ne peut pas l’utiliser politiquement. Mais il est vrai qu’alors le langage montre son vide communicant : c’est cela le spectacle. à quel titre. à aucun moment. Car si le fait qu’on parle est comme tel dans la figure de l’événement. Il me semble là qu’il y a une rapidité. au fond.Giorgio Agamben http://www.asso. le suprême argot que l’homme ne connaît pas encore. on assiste à une réidentification et un refus forcenés de l’avenir de l’argot. et ne la délivre pas dans sa proposition contingente radicale. était de dire que le procès que norme le capitalisme contemporain n’est pas seulement une expropriation du travail. d’une autre lignée de la petite bourgeoisie mondiale. La dernière phase de la marchandise. au fond. Tu as évoqué la lettre à Bölhendorff. car il me semble que toute ta méditation. de l’épocal lui-même. Badiou : tu viens de dire : s’il y a quelque chose comme un événement du langage du fait qu’on parle. s’il y a une réédition de ce livre. si cela est possible. Il y a donc un pb sur la caractérisation de la période. émancipée de ses rêves et [ait] fait sienne l’aptitude du prolétariat au rejet de toute identité reconnaissable ». il y a 2 choses plus directement politiques. ie qu’il y a un transcendantal de l’événementialité comme telle. c’est quand même le titre du livre. Il y a une nullité ontologique du situationnisme. le peuple du langage tel qu’il habite disposé en chaque langue et en chacune d’entre elle en chacun de ses mots. La formulation même du situationnisme est dans une situation de langage qui est globalement celle d’un langage entièrement tributaire de la postulation communicante. A l’intérieur de cela.entretemps. Je ne pense pas que la « petite bourgeoise planétaire [se soit]. Je pense exactement le contraire. C’est cela. de quelle manière la déqualification absolue des peuples qui n’ont jamais été des peuples du langage. Il me semble que la politique doit aujourd’hui tenir compte de cette transmutation du langage.

déchiré. je ne le vois donc pas comme un archi événement. impossible. Et c’est transcendantal dans ce sens là. il y a l’idée radicale d’une exposition à la supplémentarité du hasard. à savoir qu’effectivement. Non. Et que nous voyons bien que la résurgence identitaire ne dessine que des configurations catastrophiques. y compris la réduction des identités langagières. que le capital effectue pour son propre compte. La diagonale capitaliste est une diagonale indifférente et. le souci de repenser fondamentalement les catégories du possible. Dans l’événementialité. c’est même l’exposition capitaliste qui est proprement la dissolution des identités. du réel. alors il n’y a aucune raison de penser que ce dont tu annonces que ça vient.Giorgio Agamben http://www. entre les catégories du possible. Mais pas du tout de les remettre dans la figure d’une condition transcendantale du possible comme quelque chose qui serait toujours déjà là. le capital lui-même est diagonal. qui ne soit pas au régime de la dissolution des identités. C’est vraiment ce que je pense. Pour moi. ou dans une archi-figure de l’événement. c’est vrai. c’est une diagonale non indifférente. il est indifférent au propre et à l’impropre. La question n’est pas tant celle de la diagonale. parce que ça aura toujours été déjà venu à mesure de ce que il y a un événement en quelque manière originel ou fondateur.fr/Badiou/Agamben. Donc le point est de savoir qu’est-ce qui advient en termes de singularités quelconques. ce que tentes de proposer. Agamben : tout le problème est de savoir comment on conçoit le transcendantal. il n’est pas établi ni dans le site du propre. non pas d’état au sens de l’état structurel des choses. et donc nous sommes de ce point de vue là livrés au hasard. du nécessaire. le transcendantal concerne la pensée de l’être sans aucune implication de philosophie de la connaissance.asso. en effet. nécessaire. Pourquoi l’être se présente toujours partagé. La communauté non identitaire soustraite au régime de l’identité et de la différence. quelque chose qui relève de la philosophie de la connaissance. qui soit affirmative de la singularité quelconque et pas seulement dissolvante de l’identité. Il y a eu une telle déchéance de cette tradition philosophique que le transcendantal est devenu immédiatement synonyme de 2 choses : condition de possibilité. viendra plus que ça ne vient. si l’événementialité est dans la garantie transcendantale de cet archiévénement qu’est l’être tel du langage. telles qu’elles fonctionnent dans la logique formelle. que la question de la diagonale non indifférente. Mais la difficulté n’est pas là. pas même cette garantie transcendantale première que serait le factum…. Face à l’indifférence de l’Etat. Et événement. mais au sens où cet événement de l’être tel quel du langage est toujours déjà advenu. la difficulté réside dans une profonde pensée de Marx contenue dans le Manifeste. le nœud de la question. puisqu’il y en a un régime qui lui-même fait partie de la donation. Il faut casser la position possible / réel. si communauté il y a. diagonale politiquement décisive. Eh bien du langage en tant qu’événement singularisé par son état. qui est celle qui soustrait la politique au registre de l’identité et de la différence. tu as raison de dire qu’il faut penser le quelconque qui ne soit pas l’indifférence.entretemps. qui est précisément en déliement radical de toute figure de la prescription de l’origine. mais il y a. Donc je dirais qu’il n’y a aucune garantie de la venue de la communauté. il est incessante réflexion de l’origine mais alors dans ce cas je pense qu’il n’y a pas d’événement.htm pour moi. Il faut peut-être contracter la possibilité et la nécessité l’une sur l’autre (cf le dernier Schelling). ni dans le site de l’impropre. Il y a donc quelque chose de captif dans ta notion de l’événement. Mais il me semble que tu la retiens encore dans une figure transcendantale. qui ne s’expliquerait pas par les catégories du possible. Et je termine sur un point. mais dans la forme d’un contingent. de sorte que cela désignerait au moins la nécessité d’une pensée de 2 régimes de la dissolution des identités dans la figure de la venue du quelconque. Et. Voilà ! –––––– 10 sur 10 2011-09-15 09:01 . Ce serait plutôt mettre en échec la figure du possible comme étant une hypothèse logique préalable au réel. Au fond. Or. si on suit Bailly. ce sera la communauté délivrée de l’identité. à savoir que le capital lui-même est dissolution de l’identité.