méca

ZOOM
Le point sur les pressions
de contact entre les solides
(première partie)
BRUNO LOUARN, CHRISTIAN TEIXIDO
1
Dans tous les mécanismes, la transmission des efforts en
fonctionnement se fait par l’intermédiaire des surfaces
de liaisons. Le problème de la détermination
des pressions de contact au niveau de ces surfaces
est complexe. Il met en jeu leur géométrie et la nature
de la déformation des matériaux en présence.
En pratique, au bureau d’études, on peut se servir
d’un certain nombre de modèles simples qui permettront
d’obtenir des résultats dans le cas d’un contact
où la surface commune est petite (contact étroit) et
dans celui où elle est grande (contact large ou étendu),
l’objectif final restant pour le concepteur
le dimensionnement des liaisons.
LE CONTACT ÉTROIT:
PONCTUEL OU LINÉIQUE (THÉORIE DE HERTZ)
La théorie de Hertz permet de déterminer :
– les dimensions de la surface de contact ;
– le rapprochement des deux solides;
– la pression de contact maximale;
– les contraintes engendrées en surface et en profondeur.
Les résultats de cette théorie ne sont pas sans erreurs, mais
ils donnent un ordre d’idée qui permet avec l’expérience de dimen-
sionner les liaisons ponctuelles ou linéiques, et de choisir les maté-
riaux et les traitements thermiques adaptés (voir annexe).
Deux solides sont en contact ponctuel ou linéique lorsqu’ils sont
tangents en un point ou suivant un segment de droite.
Pratiquement, on rencontre ce type de contact : au contact
came-poussoir, au contact d’un galet sur un rail, aux appuis des
pièces dans les montages d’usinages, dans les engrenages, dans
les roues libres, etc.
Hypothèses
On suppose que (figure 1) :
– l’aire de contact est très petite
par rapport aux surfaces latérales
respectives des solides en contact ;
– les rayons de courbures sont
connus au point de contact ;
– les corps sont élastiques, homo-
gènes et isotropes;
– la surface de contact est plane;
le contact se fait sans frottement
et les solides sont sans mouvement
relatif.
Les matériaux composant les corps sont caractérisés par leurs
modules d’élasticité longitudinale: E1 et E2.
T 2/1
A
Z
A
Z z 0
A
A
{ }
·

¸

1
]
1
1
1
· ⋅
→ →

¸

1
]
1
0
0
0
0
0
1. Professeurs de construction mécanique au lycée Jean-Jaurès d’Argenteuil.
MOTS-CLÉS mécanique, liaison,
modélisation, postbac

z
π
2
1
A
Figure 1.
Exemple de contact étroit
Répartition
elliptique de P

z
(π)
2
1

z
(π)
2
1
Avant chargement Après chargement
Figure2. Déformation et champ des pressions dans un contact étroit
Les résultats
Tout d’abord, rappelons que:
– la surface de contact appartient au plan tangent (π) des deux
surfaces; elle dépend de la nature des surfaces en contact ;
– le rapprochement δ des deux solides est la différence de dis-
tance prise perpendiculairement au plan (π) de deux points situés
loin des zones de déformation, entre la position initiale et la posi-
tion finale ; il dépend lui aussi de la nature des surfaces en
contact ;
– la répartition du champ de pression de contact est modélisée:
– de manière uniforme dans le sens de la longueur et selon une
demi-ellipse dans le sens de la largeur pour un contact linéique,
– selon une demi-ellipse dans n’importe quel sens de regard
pour un contact ponctuel (figure 2).
On définit :
– le rayon de courbure relatif rr : (figures 3 et 4)
signe + pour une tangence extérieure
signe – pour une tangence intérieure;
– le module d’élasticité E pour les calculs:
1
E
1
E
1
E 1 2
· +
¸
¸

_
,

1
2
1
r
1
r
1
r r 1 2
· t
52s TECHNOLOGIE 117 s JANVIER-FÉVRIER 2002
JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 53
Les conséquences
sur les contraintes engendrées
Contraintes en surface
En surface, la contrainte normale est égale à la pression de
contact. Pour dimensionner et choisir les matériaux devant servir
à réaliser les surfaces de contact, la première étape consiste à
comparer la pression maximale à la pression admissible par le
matériau (fournie par les laboratoires d’essais).
p maxi ≤ p admissible
N.B. : cette pression admissible s’appelle aussi pression de
matage.
Valeurs de pressions admissibles
Le tableau ci-dessous donne les pressions limites admissibles
entre deux pièces mobiles ou en mouvement dans des conditions
d’utilisation déterminées.
Figure 3. Contact cylindre-cylindre
Contact réel Répartition de p
r
1

F1/2
r2
2b
2b

p
max
1
2
F rr ⋅
b = 1,52
E⋅l

F E ⋅
pmax = 0,418
rr ⋅l

Figure 4. Contact sphère-sphère
Contact réel Répartition de p

F1/2
r2
2 r
2 r
p
max
2
1
F rr ⋅
r = 1,11
E
→ 3
F ⋅ pmax = 0,388

3
2
rr
E
( )
Contact entre pièces fixes
Pression
admissible (en MPa)
Sur acier ou fonte sans matage 80 à 100
Sur acier ou fonte avec léger matage (ou sur béton) 200 à 250
Contact entre filets (ex. : vis d’assemblage) 15 à 30
54s TECHNOLOGIE 117 s JANVIER-FÉVRIER 2002
Contraintes en profondeur
Une deuxième étape serait de vérifier que les contraintes en pro-
fondeur ne dépassent pas les limites admises par le matériau.
Nous ne rentrerons pas dans cette étude car elle nécessite des
connaissances en mécanique qui sortent du cadre de l’analyse
(théorie de L’élasticité et critère de Tresca entre autres).
LE CONTACT EN GRANDE SURFACE
(LARGE OU ÉTENDUE)
Lorsque l’étendue de la surface nominale devient importante, le
contact entre les pièces se fait de manière aléatoire sur les
aspérités. Quantifier avec précision les pressions réelles reste
un problème non résolu.
Pour pallier ce manque de connaissances, le concepteur du bureau
d’études utilise certains modèles simples, la validation de ses résul-
tats se faisant souvent à partir d’essais.
Le premier modèle: pression uniforme
Les hypothèses et les résultats
Ce modèle suppose que la répartition des pressions de contact
est uniforme sur toute la surface de contact.
p(M) = p
0
= constante
Ceci impose:
– une géométrie parfaite des surfaces en contact (les défauts macro
et micro-géométriques sont négligés) ;
– des solides indéformables;
– une liaison sans jeu;
– un mode de chargement qui donne un torseur à résultante
parfaitement centré.
L’avantage de ce modèle réside dans le fait que la pression p
0
se calcule aisément puisqu’elle est égale au quotient de la force
appliquée par l’aire de la surface de contact projetée sur un plan
perpendiculaire à cette force (figure 5).
Pour dimensionner et choisir les matériaux devant servir à
réaliser les surfaces de contact, on compare la pression de
contact p0 à la pression conventionnelle de matage (fournie par
les laboratoires d’essais).
p
0
≤ p
matage
(p
adm.
)
Le cas des paliers lisses
Un palier lisse est un organe mécanique dont le rôle est de:
– supporter les charges appliquées à un arbre;
– permettre la rotation de l’arbre autour d’un axe fixe.
On rencontre deux types de solutions réalisant des liaisons pivot
ou pivot glissant.
Premier cas
La liaison est réalisée à partir de deux paliers «courts». Pour
les valeurs usuelles de jeu, le rapport L/D est pris pour chacun
inférieur à 0,8 de manière à pouvoir leur associer un compor-
tement de rotule ou de linéaire annulaire. De plus, les deux
paliers sont séparés par une distance importante.

p
Surface projetée
0
·
F2 1 /
Contact entre pièces mobiles
Pression
admissible (en MPa)
Contact entre filets (mobiles en fonctionnement) 2 à 6
Articulation en porte-à-faux 0,5 à 8
Articulation en chape (ou fourchette) 1 à 25
Paliers rigides avec flexion de l’arbre; acier/fonte 1 à 1,5
Paliers à rotule,
acier sur bronze à graissage intermittent
1,5 à 2,5
Paliers acier trempé/bronze;
lubrification sur film d’huile
2,5 à 4
Paliers rectifiés de bielle;
graissage normal ou sans pression
6 à 9 ou 9 à 15
Paliers de moteur (automobile, aviation) ;
rotules de coussinets
10 à 25
Figure 5. Exemples de contacts en grandes surfaces et à pression uniforme
Surfaces Couronne Demi-cylindre Demi-sphère
Action
mécanique
Pression p
0
π(R2
2
– R1
2
)
F2/1

p
0
=
D⋅1
F2/1

p
0
=
πR
2
F2/1

p0 =
R2
Surface protégée Surface protégée
2
1
R1
p0
p0
p0
O
O O
R

F2/1

F2/1

F2/1
2
1
2
1
D
l

y
L L
φD

x

z
O
D
L
< 0,8
En appelant G le centre géométrique de chaque liaison
arbre-palier, les efforts appliqués par l’arbre sur le palier sont
Figure 6.
JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 55
représentables par un torseur qui s’écrit dans le repère (G,

x,

y,

z ) :
– dans le cas de la liaison linéaire annulaire parfaite:
– dans le cas de la liaison rotule:
N.B. : Dans le cas de la rotule, la composante XG est suppor-
tée par une surface latérale du palier et non par sa surface cylin-
drique (voir cas de la couronne).
Comme le chargement est centré et appartient au plan de
symétrie du palier (G,

y,

z ), pour les deux liaisons précédem-
ment citées, la pression en un point M est égale à:
Ce mode de détermination de la pression de matage est uti-
lisé par les manufacturiers de bagues.
Second cas
La liaison est réalisée à partir d’un seul palier «long». Pour les
valeurs usuelles de jeu, le rapport L/D est pris supérieur à 1,5
pour conférer à l’ensemble le comportement d’une liaison pivot
ou pivot glissant.
p M
W
D
padm ( ) . ·

≤ +
1
sachant que W= Y Z
G
2
G
2
T Arbre/Palier
G
X
Y
Z
G
G
G
{ }
·

¸

1
]
1
1
1
0
0
0
T Arbre/Palier
G
Y
Z
G
G
{ }
·

¸

1
]
1
1
1
0 0
0
0
Si le chargement est excentré, alors M0 ≠ 0 et N0 ≠ 0. La
répartition des pressions de contact n’est plus uniforme: p(M)
≠ constante. Ce cas sera développé dans le prochain numéro.
Le deuxième modèle:
pression fonction de la déformation
Ce modèle suppose que l’un ou les deux solides se déforment et
qu’il existe une relation entre la déformation δ(M) en un point
de la surface de contact et la pression p(M) en ce point.
Cette relation s’écrit : p(M) = K

δ(M)
α
.
K : coefficient lié à la rigidité des matériaux en contact.
α: coefficient qui traduit le comportement des matériaux en
contact.
α =1 pour les matériaux métalliques.
α > 1 pour les matières plastiques.
Ceci impose que:
– les surfaces en contact sont globalement parfaites;
– les solides sont globalement rigides à l’exception de la zone
située au voisinage immédiat de la surface de contact ;
– la liaison se fait sans ou avec jeu.
Le cas du contact plan
On ne prend en compte que la déformation locale d’un des deux
solides ; ainsi la surface plane avant déformation reste plane
après déformation (figure 8).
On adopte α = 1, d’où p(M) = K

δ(M)

y
L
φD

x

z
O
D
L
> 1,5
Figure 7.
Soit O le centre géométrique de la liaison, les efforts appliqués
par l’arbre sur le palier sont représentables par un torseur qui
s’écrit dans le repère (O,

x,

y,

z ) :
– dans le cas de la liaison pivot glissant :
– dans le cas de la liaison pivot :
N.B. : Dans le cas du pivot, la composante XO est supportée par
une surface latérale du palier et non par sa surface cylindrique
(voir cas de la couronne).
Si le chargement est centré (cas très rare), on a alors:
– W=

(YO
2
+ ZO
2
qui appartient au plan de symétrie du palier
(O,

y,

z ) ;
– M0 = N0 = 0.
On se retrouve dans le cas d’un palier «court » ; la pression
en un point M est égale à:
p(M) =
W
≤ p
adm.
D

1
T Arbre/Palier
O
X
Y
Z
O
O
O
O
O
{ }
·

¸

1
]
1
1
1
0
M
N
T Arbre/Palier
O
Y
Z
O
O
O
O
{ }
·

¸

1
]
1
1
1
0 0
M
N

y
M’
M

x

z
O
S2
S1
δ(M) Surface de contact
après déformation
Surface de contact
avant déformation
δ(M) est de la forme: δ(M) = Ax + By + C,
d’où p(M) = K

δ(M) = Kax + Kby + KC = ax + by + c.
La répartition des pressions de contact p(M) est donc linéaire.
La détermination des coeffi-
cients a, b et c s’effectue à partir
de l’expression du torseur
d’efforts transmissibles cor-
respondant à une liaison
parfaite:

T
z
x y
effort trans
{ }
·
+
¹
'
¹
¹
¹
¹
;
¹
¹
¹

→ →
O
O
Z
L M
Figure 8.
Déformation pour un contact plan

n (M)
O
M
G

y →
z

x
Figure 9.
Il est égal au torseur d’action
de contact, soit : Z

z =

S
– p(M)

n(M) dS
L

x + M

y =

S
O
÷
M

∧ – p(M)

n(M) dS
p(M) = ax + by + c.
La normale au plan de contact s’écrit

n(M) = –

z.
56s TECHNOLOGIE 117 s JANVIER-FÉVRIER 2002
OM= x

y + y

y (si O appartient à la surface de contact)
O
÷
M



n(M) = – x

y + y

x
Z =

S
(ax + by +c) ds = a

S
x dS + b

S
y dS + b

S
dS
L

x + M

y =

S
[(x

x + y

y) ∧ (ax + by + c)] dS
L = a

S
xydS + b

S
y
2
dS + c

S
ydS
M = – a

S
x
2
dS – b

S
xydS + c

S
xdS
En se plaçant au centre de gravité de la surface de contact et
en supposant que celle-ci est symétrique par rapport à l’un des
deux axes (condition qui est vérifiée pour les surfaces de contact
des liaisons usuelles), on a alors:
– les moments statiques

S
xdS =

S
ydS = 0;
– le produit d’inertie

S
xydS = 0.

S
x
2
dS et

S
y
2
dS sont les moments quadratiques de la surface
IGy et IGx. Ce qui nous donne:
Z = c s,
L = b IGx,
M= – a IGy.
L’expression de la pression pour un point M de coordonnées x
et y par rapport à son centre de gravité s’écrit :
Recherchons le point central de cette surface; c’est le point
où l’axe central du torseur d’effort transmissible par la liaison
coupe la surface de contact. Soit Q ce point :
÷
M

(Q) = 0

=
÷
M

(G) + Z

z ∧ G
÷
Q

;
Posons G
÷
Q

= α

x + β

y
÷
M

(Q) = L

x + M

y + Zα

y – Zβ

y;

α β = – = –
M
Z
et
L
Z
p(M) x + y +
Z
S
· – .
M
IGy
L
IGx
Cette condition est vérifiée si le point central se trouve à l’inté-
rieur du losange tracé sur la figure 10.

12 12 α β
a
x
b
y
2 2
1 0 + + ≥ .

y

y

x

x
a
a D = 2 R
6
D
4
b
b
6
Figure 10. Contact plan,
surface rectangulaire
Figure 11. Contact plan,
surface circulaire
D
’A
P
R
È
S
L
E
S
C
O
U
R
B
E
S
É
T
A
B
L
IE
S
P
O
U
R
L
E
S
E
N
G
R
E
N
A
G
E
S
P
A
R
M
.
H
E
N
R
IO
T
Conditions de fonctionnement Mauvaises Moyennes Excellentes
Glissant sous charge 3 à 10 5 à 15 10 à 20
Glissant sans charge 15 à 30 20 à 40 30 à 50
Fixes 40 à 70 60 à 100 80 à 150
ANNEXE
1600
1500
1400
1300
1200
1100
1000
900
800
700
600
500
HB
HB 57 51 43 32 23
700 600 500 400 300 250 200 150 100
P
r
e
s
s
i
o
n

d
e

c
o
n
t
a
c
t

m
a
x
i
m
a
l
e

M
P
a
7
6
5
4
3
2
1
PRESSION DE CONTACT MAXIMALE
SUIVANT LES MATÉRIAUX CAS DES ENGRENAGES
1 Fontes 5 + trempe superficielle
2 Aciers au carbone 6 Aciers de nitruration
3 Aciers alliés coulés 7 Aciers de cémentation alliés
4 Aciers alliés forgés
Ergot dans rainure Vis de pression
Fixe: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150 Mpa Matage nul : . . . . . . . . . . . . . 100 Mpa
Glissant sous charge: . . . . . . 10 Mpa Matage léger : . . . . . . . . . . . . 100 à 250 Mpa
Matage fort : . . . . . . . . . . . . 250 Mpa
Clavettes et cannelures
À partir de cette expression, on peut déterminer la pression
de contact en tout point de la surface, si l’on connaît la valeur
et la position de l’effort presseur.
Dans le calcul du contact plan, deux conditions doivent être
vérifiées:
– le non-décollement des surfaces de contact (cas de liaison
appui plan unilatérale, par exemple) ;
– la résistance de la surface à la pression de contact maximale.
Première condition
Pour avoir non-décollement, il faut que la pression de contact en
tout point de la surface commune au deux solides soit positive.
Ce qui se traduit par la condition, si Z est positif :
x et y représentent les coordonnées du point du contour de la
surface commune où le décollement risque de se produire.
Si l’on connaît la forme de la surface de contact, à partir de
cette inéquation, on peut déterminer un domaine à l’intérieur duquel
doit passer le glisseur Z pour que les deux surfaces restent tota-
lement en contact. On appelle ce domaine le noyau central de non-
décollement.
Exemple 1
La surface commune est plane rectangulaire (figure10). À partir
de l’inéquation précédente et de la forme de la surface, on a:
12 12 1
car S =ab; IGy =
ba
; IGx =
ab
3 3
α β
ba
x
ab
y
ab
3 3
0
12 12
+ + ≥

0
1
≤ + +

¸

1
]
1
α β
IGy
x
IGx
y
S
.
p M
IGy
x
IGx
y
S
Z ( ) · + +

¸

1
]
1
α β 1
JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 57
Naturellement, on se place dans le cas où la condition de
non-décollement est remplie.
Exemple
Pour la surface de contact rectangulaire:
Pour la surface de contact circulaire:
La figure 12 synthétise la réflexion développée précédemment
à propos de deux cas usuels d’appuis plans. s

p
Z
R R
max
. · + +

¸

1
]
1
π
α β
2
2 2
1
4
(

p
a b
Z
ab
max
. · + +

¸

1
]
1
1
6 6 α β

α β
IGy
x
IGx
y
S
Z p
admissible
+ +

¸

1
]
1

1
Exemple 2
La surface de contact est plane circulaire (figure 11).
S = πR
2
; IGx = IGy =
πR
4
4
Cette condition est vérifiée si le point central se trouve à l’inté-
rieur d’un cercle de rayon R
/
4.
Deuxième condition
On recherche les points de la surface où la pression de contact
est maximale, ainsi on peut la comparer à la pression admissible
par les matériaux (p
max
≤ p
admissible
).

4 4
4 4
α
π
β
π π
α β
R
x
R
y
R
R
x
R
y
4 4 2
2 2
1
0
1 0
+ + ≥
+ + ≥
;
.
Figure 12. Exemples de répartition des pressions de contact
Glissière d’axe (O, x) Appui plan de normale (O, y)
(en P1)
Liaisons
Actions
mécaniques
Répartition
des
pressions
de contact
Pression
maximale

F2/1

F2/1
2
c d
P1 P1
1

y

y

M
0
2/1
2
1


z

x

y
b
O

z

F2/1
2
d
c
L
P1
O
A
1


z

y

x

x
2
1

M
0
2/1

z

x

y
O
pmax
Mo 2/1

6
b⋅1
2
pmaxi =
F 2/1

6
L⋅1
pmaxi = ⋅ 1+ 6
d
1
c
L
+

Pour dimensionner et choisir les matériaux devant servir à réaliser les surfaces de contact. : vis d’assemblage) Pression admissible (en MPa) 80 à 100 200 à 250 15 à 30 JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 53 . Contact cylindre-cylindre Contact réel → F1/2 Répartition de p r1 1 2 2b r2 2b pmax → b = 1. Contact entre pièces fixes Sur acier ou fonte sans matage Sur acier ou fonte avec léger matage (ou sur béton) Contact entre filets (ex.418 F ⋅E rr ⋅ l Figure 4.11 F ⋅ rr E 3 pmax = 0.52 F ⋅ rr E ⋅l → pmax = 0. : cette pression admissible s’appelle aussi pression de matage. p maxi ≤ p admissible N. la première étape consiste à comparer la pression maximale à la pression admissible par le matériau (fournie par les laboratoires d’essais). Contact sphère-sphère Contact réel → F1/2 Répartition de p 1 2 2r r2 2r pmax 3 → r = 1. la contrainte normale est égale à la pression de contact.Figure 3.388 → F ⋅ ( ) E rr 2 Les conséquences sur les contraintes engendrées Contraintes en surface En surface.B. Valeurs de pressions admissibles Le tableau ci-dessous donne les pressions limites admissibles entre deux pièces mobiles ou en mouvement dans des conditions d’utilisation déterminées.

p(M) = p0 = constante Ceci impose : – une géométrie parfaite des surfaces en contact (les défauts macro et micro-géométriques sont négligés) . Premier cas La liaison est réalisée à partir de deux paliers « courts ». la validation de ses résultats se faisant souvent à partir d’essais. acier sur bronze à graissage intermittent Paliers acier trempé/bronze . rotules de coussinets Pression admissible (en MPa) 2à6 0. Quantifier avec précision les pressions réelles reste un problème non résolu. Surface projetée Pour dimensionner et choisir les matériaux devant servir à réaliser les surfaces de contact. – une liaison sans jeu .5 1. Nous ne rentrerons pas dans cette étude car elle nécessite des connaissances en mécanique qui sortent du cadre de l’analyse (théorie de L’élasticité et critère de Tresca entre autres). y φD O → → z x Figure 6. les deux paliers sont séparés par une distance importante. graissage normal ou sans pression Paliers de moteur (automobile. acier/fonte Paliers à rotule.5 à 4 6 à 9 ou 9 à 15 10 à 25 – des solides indéformables . Pour pallier ce manque de connaissances.5 2.5 à 2. Pour les valeurs usuelles de jeu.) Le cas des paliers lisses Un palier lisse est un organe mécanique dont le rôle est de : – supporter les charges appliquées à un arbre . → p0 = F2 / 1 Contraintes en profondeur Une deuxième étape serait de vérifier que les contraintes en profondeur ne dépassent pas les limites admises par le matériau. – permettre la rotation de l’arbre autour d’un axe fixe. On rencontre deux types de solutions réalisant des liaisons pivot ou pivot glissant. le rapport L/D est pris pour chacun inférieur à 0. le contact entre les pièces se fait de manière aléatoire sur les aspérités. lubrification sur film d’huile Paliers rectifiés de bielle . LE CONTACT EN GRANDE SURFACE (LARGE OU ÉTENDUE) Lorsque l’étendue de la surface nominale devient importante. les efforts appliqués par l’arbre sur le palier sont Figure 5. p 0 ≤ pmatage (padm.8 de manière à pouvoir leur associer un comportement de rotule ou de linéaire annulaire. De plus.Contact entre pièces mobiles Contact entre filets (mobiles en fonctionnement) Articulation en porte-à-faux Articulation en chape (ou fourchette) Paliers rigides avec flexion de l’arbre . L L L < 0. aviation) . – un mode de chargement qui donne un torseur à résultante parfaitement centré. L’avantage de ce modèle réside dans le fait que la pression p0 se calcule aisément puisqu’elle est égale au quotient de la force appliquée par l’aire de la surface de contact projetée sur un plan perpendiculaire à cette force (figure 5). le concepteur du bureau d’études utilise certains modèles simples.5 à 8 1 à 25 1 à 1. Le premier modèle : pression uniforme Les hypothèses et les résultats Ce modèle suppose que la répartition des pressions de contact est uniforme sur toute la surface de contact. on compare la pression de contact p 0 à la pression conventionnelle de matage (fournie par les laboratoires d’essais). Exemples de contacts en grandes surfaces et à pression uniforme Surfaces R2 2 Action mécanique R1 1 O D p0 O Couronne Demi-cylindre Surface protégée 2 1 1 R O Demi-sphère Surface protégée 2 l p0 → F2/1 → p0 → F2/1 → → F2/1 → Pression p 0 p0 = F2/1 π(R22 – R12) p0 = F2/1 D ⋅1 p0 = F2/1 πR2 54 s TECHNOLOGIE 117 s JANVIER-FÉVRIER 2002 .8 D En appelant G le centre géométrique de chaque liaison arbre-palier.

Cette relation s’écrit : p(M) = K⋅ δ(M)α. – les solides sont globalement rigides à l’exception de la zone située au voisinage immédiat de la surface de contact .5 pour conférer à l’ensemble le comportement d’une liaison pivot ou pivot glissant. K :coefficient lié à la rigidité des matériaux en contact. Ceci impose que : – les surfaces en contact sont globalement parfaites . soit : Z z = S– p(M) n(M) dS → → → → L x + M y = SOM ∧ – p(M) n(M) dS p(M) = ax + by + c. Déformation pour un contact plan { { } } δ(M) est de la forme : δ(M) = Ax + By + C. On adopte α = 1. z ) : – dans le cas de la liaison pivot glissant : 0 0    T Arbre/Palier =  YO MO   ZO NO   O – dans le cas de la liaison pivot :  XO 0    T Arbre/Palier =  YO MO   ZO NO   O N. y. α > 1 pour les matières plastiques. les efforts appliqués par l’arbre sur le palier sont représentables par un torseur qui →→→ s’écrit dans le repère (O. Le cas du contact plan On ne prend en compte que la déformation locale d’un des deux solides . Pour les valeurs usuelles de jeu. → z y Surface de contact avant déformation δ(M) Surface de contact après déformation O φD → z → x S2 O Figure 7. D⋅1 Figure 8. L L > 1.5 D → M’ S1 x M → y Soit O le centre géométrique de la liaison. le rapport L/D est pris supérieur à 1.B. z ) : – dans le cas de la liaison linéaire annulaire parfaite :  0 0   T Arbre/Palier =  YG 0   ZG 0   G – dans le cas de la liaison rotule :  XG 0    T Arbre/Palier =  YG 0   ZG 0   G N. { } ∫ ∫ JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 55 . Le deuxième modèle : pression fonction de la déformation Ce modèle suppose que l’un ou les deux solides se déforment et qu’il existe une relation entre la déformation δ(M) en un point de la surface de contact et la pression p(M) en ce point. – la liaison se fait sans ou avec jeu. sachant que W = YG + Z2 G D ⋅1 Ce mode de détermination de la pression de matage est utilisé par les manufacturiers de bagues. la composante XG est supportée par une surface latérale du palier et non par sa surface cylindrique (voir cas de la couronne). y. – M0 = N0 = 0. d’où p(M) = K⋅ δ(M) = Kax + Kby + KC = ax + by + c. la composante XO est supportée par une surface latérale du palier et non par sa surface cylindrique (voir cas de la couronne). La répartition des pressions de contact p(M) est donc linéaire. d’où p(M) = K⋅ δ(M) → { { } } Second cas La liaison est réalisée à partir d’un seul palier « long ». la pression en un point M est égale à : W 2 p (M) = ≤ padm. pour les deux liaisons précédemment citées. z ) . Si le chargement est centré (cas très rare).B. On se retrouve dans le cas d’un palier « court » . →→ y. x. ainsi la surface plane avant déformation reste plane après déformation (figure 8). b et c s’effectue à partir de l’expression du torseur d’efforts transmissibles corG respondant à une liaison parfaite : O M  →  → Z z  x → Teffort trans =  → → y → O z L x + M y   O Figure 9. alors M0 ≠ 0 et N0 ≠ 0. La détermination des coeffi→ n (M) cients a. z ). α = 1 pour les matériaux métalliques. : Dans le cas du pivot. → Si le chargement est excentré. Comme le chargement est centré et appartient au plan de →→ symétrie du palier (G.représentables par un torseur qui s’écrit dans le repère (G. α :coefficient qui traduit le comportement des matériaux en contact. Ce cas sera développé dans le prochain numéro. Il est égal au torseur d’action → → de contact. La répartition des pressions de contact n’est plus uniforme : p(M) ≠ constante. x. : Dans le cas de la rotule. on a alors : – W = √(YO2 + ZO2 qui appartient au plan de symétrie du palier →→ (O. y. la pression en un point M est égale à : p(M) = W ≤ padm. → → La normale au plan de contact s’écrit n(M) = – z.

OM = x y + y y (si O appartient à la surface de contact) → → → → OM ∧ n(M) = – x y + y x Z = S(ax + by +c) ds = a Sx dS + b Sy dS + b SdS → → → → L x + M y = S[(x x + y y) ∧ (ax + by + c)] dS L = a Sxy dS + b Sy2 dS + c Sy dS M = – a Sx2 dS – b Sxy dS + c Sx dS → → ∫ ∫ ∫ ∫ ∫ ∫ 12 α 12 β x + 2 y + 1 ≥ 0. . Dans le calcul du contact plan. à partir de cette inéquation. . . 10 Mpa Clavettes et cannelures Conditions de fonctionnement Glissant sous charge Glissant sans charge Fixes Mauvaises 3 à 10 15 à 30 40 à 70 56 s TECHNOLOGIE 117 s JANVIER-FÉVRIER 2002 D’APRÈS LES COURBES ÉTABLIES POUR LES ENGRENAGES PAR M. . si l’on connaît la valeur et la position de l’effort presseur. Contact plan. . . . – le produit d’inertie Sxy dS = 0. . on a alors : – les moments statiques Sx dS = Sy dS = 0 . . si Z est positif :  α 1 β 0≤ x+ y + . À partir de l’inéquation précédente et de la forme de la surface. . IGy IGx S  x et y représentent les coordonnées du point du contour de la surface commune où le décollement risque de se produire. On appelle ce domaine le noyau central de nondécollement. . . . surface circulaire ANNEXE PRESSION DE CONTACT MAXIMALE SUIVANT LES MATÉRIAUX CAS DES ENGRENAGES 1600 1500 5 7 6 1400 1300 1200 Pression de contact maximale MPa 1100 1000 4 900 800 700 2 3 . . surface rectangulaire D=2R Figure 11. . . . . . . b 6 b a 6 → x → x ∫ ∫ ∫ ∫ ∫ a Figure 10. c’est le point où l’axe central du torseur d’effort transmissible par la liaison coupe la surface de contact. . – la résistance de la surface à la pression de contact maximale. . on peut déterminer un domaine à l’intérieur duquel doit passer le glisseur Z pour que les deux surfaces restent totalement en contact. . . 100 Mpa Matage léger : . → ∫ ∫ ∫ ∫ ∫ y → y D 4 600 Première condition Pour avoir non-décollement. . Soit Q ce point :  → →  →  → → M (Q) = 0 = M (G) + Z z ∧ GQ . . . . il faut que la pression de contact en tout point de la surface commune au deux solides soit positive. . . . . . on peut déterminer la pression de contact en tout point de la surface. Ce qui nous donne : Z = c s. L’expression de la pression pour un point M de coordonnées x et y par rapport à son centre de gravité s’écrit : M L Z p(M) = – x + y + . . . par exemple) . 100 à 250 Mpa Matage fort : . . Contact plan. . . Ce qui se traduit par la condition. . on a : 12 α 12 β 1 ba ab ≥ 0 car S = ab. . . . M L α=– et β = – Z Z  α β 1 p(M) =  x+ y + Z IGy IGx S  À partir de cette expression. . . Si l’on connaît la forme de la surface de contact. . . . . M = – a IGy. . . x2 dS et Sy2 dS sont les moments quadratiques de la surface S IGy et IGx. IGy IGx S Recherchons le point central de cette surface . . 150 Mpa Glissant sous charge : . Exemple 1 La surface commune est plane rectangulaire (figure 10). . . . . deux conditions doivent être vérifiées : – le non-décollement des surfaces de contact (cas de liaison appui plan unilatérale. . IGy = x+ 3 y+ . HENRIOT En se plaçant au centre de gravité de la surface de contact et en supposant que celle-ci est symétrique par rapport à l’un des deux axes (condition qui est vérifiée pour les surfaces de contact des liaisons usuelles). . .  → → → Posons GQ = α x + β y  → → → → → M (Q) = L x + M y + Zα y – Zβ y . . . . . . IGx = 3 12 12 ab ba ab 3 3 500 1 100 150 200 250 300 23 32 400 500 600 700 43 51 57 HB HB 1 2 3 4 Fontes Aciers au carbone Aciers alliés coulés Aciers alliés forgés 5 + trempe superficielle 6 Aciers de nitruration 7 Aciers de cémentation alliés Vis de pression Matage nul : . . 2 a b Cette condition est vérifiée si le point central se trouve à l’intérieur du losange tracé sur la figure 10. . 250 Mpa Moyennes 5 à 15 20 à 40 60 à 100 Excellentes 10 à 20 30 à 50 80 à 150 Ergot dans rainure Fixe : . . . . L = b IGx.

s pmax = JANVIER-FÉVRIER 2002 s TECHNOLOGIE 117 s 57 . πR 4 πR πR 4α 4β x + 2 y + 1 ≥ 0. 2  πR  R  La figure 12 synthétise la réflexion développée précédemment à propos de deux cas usuels d’appuis plans.Figure 12. on se place dans le cas où la condition de non-décollement est remplie. y) → y 2 1 y b d c P1 A O → F2/1 Actions mécaniques O → → → x → x M02/1 z L → z → y 2 1 2 → y → y → z Répartition des pressions de contact O → c P1 → d P1 → → M02/1 x x z 1 pmax → F2/1 → F2/1 Pression maximale pmaxi = 6 Mo 2/1 b ⋅12 → pmaxi = 6 F 2/1 L⋅1 → ⋅ 1+ 6 d 1 + c L (en P1) Exemple 2 La surface de contact est plane circulaire (figure 11). 4 S = πR2 .  α β 1  IGy x + IGx y + S  Z ≤ padmissible   Exemple Pour la surface de contact rectangulaire :  6 α 6 β Z pmax = 1 + + . Deuxième condition On recherche les points de la surface où la pression de contact est maximale. Naturellement. a b  ab   Pour la surface de contact circulaire :  Z  4 1+ (α 2 + β2 . IGx = IGy = πR 4 4α 4β 1 x + 4 y + 2 ≥ 0. x) Appui plan de normale (O. 2 R R Cette condition est vérifiée si le point central se trouve à l’intérieur d’un cercle de rayon R /4. Exemples de répartition des pressions de contact Liaisons 2 1 → Glissière d’axe (O. ainsi on peut la comparer à la pression admissible par les matériaux (pmax ≤ padmissible).

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