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Ottawa

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XIII.

La Force

et la

Tempérance.

COMMENTAIRE FRANÇAIS LITTERAL

SOMME THÉOLOGIQUE
SAINT THOMAS D'AOUIN

Droits

de

Iradudion

et

de

reproduction
pays.

réservés

pour

tous

Copyright by Edouard Privât, 1919.

R.

P.

Thomas PÈGUES. 0.
MAÎTRE EN THÉOLOGIE

P.

MEMBRE DE l'aCADÉMIE ROMAINE DE

SAIN T-T H O M

A S-D A Q L
'

I

N

PROFESSEUR DE SAINT THOMAS AU COLLEGE ANGELIQUE (ROME)

COMMENTAIRE FRANÇAIS LITTÉRAL
DE LA

SOMME THÉOLOGIQUE
SAINT THOMAS D'AQUIN

XIII

LA FORGE ET LA TEMPERANCE

IItiYT, yvcoÇEcoi;.
(S<lin(

Jean

l>uiiiit!>rone)

TOULOUSE ÉDOUAKI) PRIVAT
LIIIRAIHK-KDITKI R

PARIS
1

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l.llintlRK-KUlTIit'R

1

I^,

HVV.

DES AUTS,

1

\.

8*

.

m

i:

HONAl'AIITK.

8j.

I9.SI

NfHIL

OBSTAT

:

Fr.

Ceslas m.

PABAN-SEGOND,

Des Frères-Prècheurs, Maître en Sacrée Théologie,

Fr.

EDOUARD HUGON,
Des Frères-Prêcheurs,

Maître en Sacrée Théologie.

IMPRIMATUR
Fr.

Albertus LEPIDI, 0.
S. p. A. Magister.

P.

Ronoe,

3 juillet

1919.

Fr.

Léonard LEHU,
Mag.
g'", 0.

Vie,

P.

Toulouse,

i5 juillet 1919.

F.

SALEICH,
Vie. gén.

AUG

3

105:

AVANT-PROPOS

Le présent tome XIII de notre Commentaire comprend
les

deux vertus de Force

et

de

Tempérance. Avec

lui,

s'achève ce qui a trait à Tétude des vertus considérées dans
le détail

de leurs espèces.
la 2'-2''^ la

Il

va de la question

128 à

la

question 170 de

Pour occuper
ces

dernière place dans l'ordre des vertus,

deux

vertus,

de Force

et

de Tempérance, avec leurs

multiples annexes, n'en demeurent pas moins d'une importance extrême dans
le

perfectionnement de

l'être

moral
morale

humain.

Elles regardent directement la perfection
la

de l'homme en ce qui touche au domaine de
les passions. Si l'on voulait,

raison sur

d'un mot, préciser leur objet,

on pourrait

dire qu'elles

nous donnent de maîtriser nos

passions afin que ces passions ne nous détournent jamais

de ce qui
la

est notre devoir. Telles

de leurs parties,

comme
et la

patience, dans l'ordre de la force,
l'ordre de
la

ou l'humilité

modestie, dans

tempérance,

peuvent être
morale de
il

d'une application presque continuelle dans
l'être

la vie

humain.

Il

est aisé

de

voir,

par suite, combien

est
st»it

nécessaire de les bien connaître soit en elles-mêmes

dans

les vices

qui leur sont opposés.
sur une matière plus

Celles d'entre elles qui portent

particulièrement

difficile

ou

délicate,

comme

la force,

ou

VIII

AVANT-PHOPOS.
les

la

tempérance, dans
et

deux principales espèces de

l'abs-

tinence

de

la

chasteté,

peuvent avoir une influencé
la vie

décisive dans

toute

l'économie de

humaine. Leur

étude sera donc,
Ici,

elle aussi,

de

la

dernière importance.
titre spécial,

nos lecteurs goûteront, à un
et l'exquise délicatesse

la

sûreté

de doctrine
des choses

qui caractérisent l'exposé
l'a

de

la

morale

tel

que nous

donné

saint

Thomas. Nul de ceux qui auront

suivi pas à pas cet
si

exposé

du

saint

Docteur ne

nous contredira

nous affirmons

qu'on éprouve une sorte de ravissement
ffénie
ferait

à voir ce puissant
le

nous

fixer les limites

du bien

et

du mal, comme

un ange venu de Dieu dans ce monde de nos pasoù
la

sions,

raison de

l'homme

a tant

de peine à
être

établir,
le

d'une manière parfaite, l'empire
Aussi bien, dans cet exposé, hauts
«

qui doit

sien.

comme

dans celui des plus
toujours
l'Eglise

mystères,

saint

Thomas

demeure-t-il

l'homme

suscité par Dieu, dans ce but, afin
la «

que

eût

un maître de
».

doctrine qu'elle suivrait par excellence

en tout temps*

Rome,
en
la

7

mars

19 19,

fête

de saint

Thomas d'Aquin.

I.

Bref de Sa Sainteté Benoît X.V, au sujet de
tous les fidèles.

la

Somme

théolagiqiie en

forme de caléchisme pour

LA SOMME TIIÉOLOCtIQUE
SECONDE PARTIE
SECONDE SECTION

QUESTION CXXIII
DE LA FORCE

«

Poursuivant
le

»

notre étude détaillée des choses delà morale,
le

selon que
la

plan en a été tracé dans
«

prologue de

la

Partie de

Somme
:

qui nous occupe,

après la justice, nous devons
Et
»,

considérer ce qui a

trait à la force.
la

à ce sujet,

nous

traite-

rons

«

d'abord, de

vertu de force elle-même (q. 123-127);

secondement, de

ses parties (q.
(q. iSg)
;

128-188); troisièmement,

du

don qui
qui
s'y

lui

correspond

quatrièmement, des préceptes
sujet de la force elle-même,
:

rattachent (q. i4o).

Au

nous aurons
elle-même
le

à considérer trois choses

premièrement,

la force

(q.
(q.

128); secondement, son acte principal, qui est
124)
;

martyre
.

troisièmement,

les vices

qui lui sont oppo-

sés »

1/étude de la force elle-même, qui va faire l'objet de
tion première,
i" Si la

la

ques-

comprend douze

articles

:

force est

2° Si elle est S" Si elle

une vorliii* une vertu spécial^»?

4" Si elle

porte sur les craintes et les audaces? porte sciilemenl sur la craiiitf^ de la mort? Si elle a Heu seuloinent dans les choses de la yucne?

Mil.

— Ln

Forer

el In

Ti'inin'rdiiri-.

1

2
6" Si tenir est
7° Si elle agit

SOMME THEOLOOIQUË.
son acle principal?

8" Si 9' Si
io° Si

pour son propre bien? elle a du plaisir dans son acte? la force consiste surtout dans les cIio'jos soudaines? elle use de la colère dans son acic.'
sa

n"
13"

Si elle est

De

une vertu cardinale? comparaison aux autres vertus cardinales?

De ces douze

articles, les
la

deux premiers considèrent
son acte;
les articles la

la

rai-

son de vertu dans

force; les

articles 3-5 considèrent
1 1

son

objet; les articles 6-io, le
sa dignité

mode de

et 12,

ou son excellence.

Touchant
:

raison de vertu,
si la

saint
est

Thomas examine deux choses une vertu; secondement, si elle
l'objet

premièrement,

force

est

une vertu

spéciale.

Le premier point va faire

de

l'article

premier.

Article Premier.
Si la force est

une vertu?

Trois

objections veulent prouver que « la force n'est pas

une vertu».


:

La première en appelle au mot de «l'Apôtre»
«

saint Paul, qui

dit,

dans

la

seconde épître aux Corinthiens,
»

ch. XII (v. 9)

La vertu a sa perfection dans l'infirmité
«

ou
à la

dans

la faiblesse.
«

Or, la force s'oppose à l'infirmité
force n'est pas
si

»

ou

faiblesse.

Donc

la
«

une vertu

».

objection dit que

la

force était

une vertu,

La seconde elle serait ou
nest

théologale, ou intellectuelle,
se

ou morale

»; car toutes les vertus
la force

ramènent à l'une de ces
les

trois espèces. « Or,

point contenue parmi
tus
intellectuelles,
(i''-2"% q.

vertus théologales, ni parmi les ver-

comme

on

le

voit par ce qui a été dit plus

haut

57, art. 2; q. 62, art. 3). Elle

ne semble pas non
le dit,
il

plus être une vertu morale. Car, selon qu'Aristote
livre 111 de V Éthique {ch
.

au

viii;

de

S.

Th.,

leç.

16,

17),

en est

qui paraissent être forts, en raison de leur ignorance, ou aussi

en raison de leur expérience,
tient

comme

les soldats, et ceci

appar-

plutôt à

l'art

qu'à la vertu morale. D'autres aussi sont

ou par espoir. selon que la rectitude elle-même de raison est établie dans les choses humaines . à autre chose par quelque chose la que ce que c'est la rectitude de raison icquiert. est c'est cette rectitude à établir choses hu- d'une double manière que la volonté humaine empêchée de suivre rectitude de la raison. 22). D'autre part. 5 en raison de certaines passions. de laquelle nous consiste à être selon la rai- parlons. n. à cause de quelque chose de dif- qui incombe. du corps. Aristote. xv). d'oiî il suit que la vertu deVhomme. la vertu est ce qui constitue bon celui qui la rend son acte bon. mais par choix. au livre de VElhique (ch. dits êJre forls. Au corps de l'article. Par conséquent. bien de l'homme son. Pour enlever cet empêchement. D'une preest attirée. ( une bonne qualité q. leç.QUESTION CXXlir. la Ensuite. or la vertu morale n'agit point il par passion. faire que l'homme se et son opération soient selon la Chose qui produit d'une triple manière. 2 . 59. La troisième objection observer que « : la humaine consiste surtout dans l'âme elle est. empêchement. ou par colère. A KoKCE. selon que sont enlevés les dans la les empêchements de maines. Donc il semble que de la force une vertu L'argument sed contra apporte au les l'aulorilé « saint Augusla tin ». vertu de tempérance qui de ce ficile D'une autre manière. Th. Or. art. Noms Divins (de la Th. de le sprit ^ comme il a été dit plus haut 1-2'"'. comme a été vu plus haut ». compte force parmi vertus ». par cela qu'elle d'agréable. en elTel. vi. ce qui se par les vertus intellectuelles. « livre des Mœurs de CEglise (ch. ou encore par tristesse. et cet l'enlève. en tant que fait la raison elle-même est rendue droite . il appartient à vertu humaine de raison. Or. est celle le qui fait l homme bon et rend bonne son action. saint II Thomas rappelle que « selon i. q. i). d'après saint Denys. leç. ce qui appartient à la justice. 55. de et S. au chapitre iv des S. la mière manière. Enfin. par ce qui repousse la volonté qui est selon la raison. la force semble consister dans le corps... ou à tout le moins suivre la complexion n'est pas )). D'abord. Donc fait la force n'est pas une vertu vertu — (\). G). qui. comme par la peur des menaces ou du déshonneur. — DR I. art. (l'-a". est requise .

dont les ser être ou à empêcher ce empêché d'agir selon mouvements sont de nature à favoribien humain l'homme. s'il sagit de l'ordre pratique.4 la SOMME THKOLOGIQL'E. peut : la raison dans ses rapports avec auses sens. dans sous leur dépendance. « mot de que Ce n'est point dans l'infirmité ou la faiblesse de l'âme. : discipliner les mouvements des facultés appétitives senlaisse ce en telle sorte que jamais l'homme ne le qui est de la raison pour aller après le bien sensible qui presse ou l'Apôtre. dans les facultés appése trouve le bien où titives sensibles. par la prudence. qu'elle fait que l'homme est selon la raison ». ensuite. en effet. qui résiste à ces soties de ditTicuUés. et que cependant elles ont. mais dans rinhrmilé ou faiblesse de la chair. Et. Dès ce premier qui ouvre les deux grands traités de la force et de la Icmpérance. par la force corporelle. Toute raison de vertu. puis. Il est donc manifeste que la même que force est une vertu. est fait proprement humain. en la le caractère propre de ces deux vertus. triomphe des empêchements corporels et les repousse. en tant article. et sous l'action même de la prudence. trui. le l'attire ou pour se déiober au mal sensible qui explique le menace. dans la volonté selon qu'il s'agit des rapports avec autrui. la que la vertu trouve sa perfection. dans bien : les facultés appétitives qui ont pour objet le d'abord. la En deçà des la vertus théologales raison. la raison de vertu. tant quelles se distinguent des vertus intellectuelles et de vertu de justice. notamment. droiture de Ihomme. de l'homme. s'il s'abandonne indistinctement à ce qui agit sur le El voilà précisément rôle propre de la force et de la tempé- rance sibles. ce qui appartient à la vertu de patience ou . dans l'homme. car l'homme pour le vivre ensemble. se dit par ordre à la droiture de la raison. citait l'objec- Vud pr'unum tion. elles aussi. d'un mot. à prendre d'ailleurs cette droiture dans son sens complet ou selon qu'elle implique tout ensemble et Tordre naturel et et l'ordre surnaturel. saint Thomas nous marque excel- lemment. de supporter vaillamment l'infirmité de la chair. sera constituée dans la raison elle-même par les vertus intellectuelles. dont parlait l'Apôtre. force de l'âme. en etï'et. il ap- partient à la force de l'esprit.

pensant que par leur art tre ils de la pourront se défendre conla eux. ou de la tristesse qu'il ou aussi de D'une troisième manière. l'homme coup de veut repousser accomplit la la l'acte : de la force sans avoir la vertu. mais non par choix de la lin voulue. celle la éviter. et c'est ce que i) : dit Vegetius. Vad secandum doit être noté avec le plus grand soin la vraie . LA FORCK. au livre (endroit précité dans lobjection). que l'homme reconnaisse propre infirmité. cela arrive par ignorance. cela appartient à la perfection qui s'appelle l'humilité ». Aussi bien Aristote. l'affliction. lorsqu'il a expérimenté den avoir sou- vent triomphé. ». — raison c'est le d'une certaine science d'un certain art. — ou aussi de quelque désavantage à déshonneur. dits forts » ou courageux de la force par mode de comme ayant l'acte sans avoir la vertu même. au livre Des choses de la guerre (liv. comme ^honneur. si parce qu'ils se portent à ce qui est difficile. De même. — D'une autre manière. Et ceci se divise comme ce en trois modes.. n'était pas difficile.QCESTIOX CXXIir. Cela peut se produire d'une triple manière. mus par quelque autre cause où la vertu n'a III point de part. en vue plutôt de quelque avantage temporel à acquérir. — D'autres cela arrive parce que l'homme a bon espoir de vaincre D'autres. en ce sens que fois. par le énumératiou. ch. ou le gain . sous le . nature du viai courage ou de vertu de Innom- brables peuvent être ceux qui en ont l'apparencesans en avoir . comme cas des soldats qui. — Quel- quefois. C'est qu'en est parfois qui accomplissent l'acte extérieur de la vertu sans avoir la vertu. par choix. I. Nal ne redoute de faire ce qull a con- fiance d'avoir bien appris. sa de force. — DE. par perçoit pas la grandeur du péril. en eft'et.fois aussi cela arrive en et les exemple. le dommage il — par exemple Nous voyons. en raison de leur science des armes et les périls de leur exercice. — D'abord. de VÉthiqiie marque cinq « différences de similielle- ceux qui sont tude. passion colère. pour en apprendre à distinguer vertu de force de ce qui peut effet « il n'en avoir que l'apparence trompeuse. ne tiennent point pour graves guerre. l'homme ne périls. le plaisir. combien est facile la vraie de se méi)ren(lre sur forcL*.

Article Si la force est II. 63. vni et la (v. La seconde objection apporte un texte de qui < saint Ambroise dil au livre I des Devoirs (ch. q. Vad terlium répond que à la « la force de l'âme appelée vertu se dit à la manière ou ressemblance de la force corporelle. pour être honnêtes. o. ainsi qu'il a été il marqué (au corps de l'article). Puis donc que il nom de vertu commun à toutes les vertus. — Mais peut-on dire que cette est une vertu spéciale. C'est ce qu'il nous faut mainte- nant considérer. en ce qui mérite le est de son agir humain. Car la vertu de force n'existe que le si l'homme. car elle tient contre les choses difficiles la ou ardues qui détourneraient volonté de ce que vertu de force raison prescrit. le mot une vertu est mis est pour la /ortr. nom de vertu. d'end'être selon la lever les obstacles qui empêcheraient l'homme la raison dans ses actions humaines. semble que la force est vertu générale u — )). consla cient du danger. la justice et lu vertu. dans ce le texte. en est ainsi de la force. xxxix) : .SOMME THEOLOGIQUE. oij est a dil que sagesse enseigne et. ou ne devrions-nous pas piulot la con- sidérer comme une sorte de vertu générale s'appliquant à la matière de multiples vertus. n'est point contraire à la raison de vertu. i). que l'homme ait une inclination naturelle naturelle. art. ». en vue du bien de vertu les autres motifs. Et tel est rol)jet de l'article qui suit. soit selon il la raison. ainsi quil a été à la veriu en raison de sa complexion vu plus haut faire » (i''-2". la réalité. en effet. — La il première cite le livre la de «la Sagesse ». la sobriété prudence. au surplus. Elle a pour objet. 7). : brave sans faiblir. une vertu spéciale? Trois objections veulent prouver que « la force nest pas une vertu spéciale ch. Tout ce qui contribue à Or. que l'homme. doivent être su- bordonnés à celui-là. El.

XI. qui soutient contre tous les vices une lutte sans merci. petite. ». liv). leç. est requis pour la vertu qu'on agisse d'une mcmière ferme et immuable. Elle — DE LA FORCE. et que la force consiste à affronter les consciemment sorte. dans des autres vices. forte contre les périls.. cela ne peut pas convenir à force n'est pas fait une vertu ». un double sens. Aussi bien. au livre II de VÉthique (endroit précité). — Dune autre manière. — D'abord. Or. selon d'une façon absolue. selon qu'elle implique la fermeté de l'âme dans il le fait de contenir ou de repousser Us de demeurer ferme. que quelqu'un peut au livre à ce qui le corrompt.QUESTION CXXIII. iv. ». comme on V des Métaphysi- . art. défend et les ornements de toutes vertus et garde juge- ments. Donc la une vertu spéciale « le — La troisième objection la il remarquer que au nom de force semble avoir été pris de fermeté. il condition de toute vertu . met la force au nombre des autres vertus Au corps il l'article. Et dit la même chose. n. au XXII de de ses Morcdes (ch. 1 du se n. dans su Rhétorique (liv. Donc livre la force est une vertu générale i). ou plucar. II. 7 de S. une vertu spéciale. une certaine fermeté de l'âme. est dit /'e^/e/^/'e/'me appartient à chaque vertu. selon le voit qu'il est principe d'action.. dure contre les voluptés. de cette la force est dite ». de la sorte. saint Thomas nous 6i. et. livre II de VÉthique (ch. 4). Or. « comme nom de la force peut se prendre dans qu'il implique. à elle les nesl point le propre d'une âme seule. Infatigable à la peine. on peut prendre la force. 26). que le a été dit plus haut {i^-i"". les périls à soutenir fatigues. spéciale. au livre . 3 de S. la force. puissance. comme leç. Or. Et. explique que « d'après Aristote. la force est tôt la une vertu générale. q. elle chasse r avarice il comme une certaine tache qui efféminé la la suite. vertu. . les 7 qui. avertit 3. la Th. choses dans lesquelles est le plus difficile savoir certains périls graves. le la nom de la vertu rapporte au terme de dit. d'une autre manière. comme ayant une matière déterminée Lad primum Ciel (ch. Th. Et. ch. . selon qu'Aristote le dit.selon puissance naturelle se résister d'une première manière. Cicéron dit. Ix). (( L'argument sed contra oppose que saint Grégoire.

i). n. n'est pas autre chose que Vhabitus qui liv. mot puissance. quelle est-elle bien? Nous devons maintenant considérer. liv. n. est une vertu effet. — du la On remarquera. qui a pour objet de tenir ferme- ment contre célèbre tout ce qui pourrait détruire ou corrompre ». làs'il dessus. saint Thomas se demande d'abord soit faut l'entendre au sens de quelque chose qui elle dans le sujet lui-même. qnes (de S. selon qu'elle implique la fermeté d'âme à l'en- droit de tout ce qui nous combat. i4. la force qui au premier sens et qui désigne. Mais. prise dans un sens strict. — Celte matière déterminée et lui et spéciale.. 6). Th. de le vient telle que nom de vertu. fait que quel- qu'un peut bien agir. Did. xii. les vices. prise commu- nément. cette lumineuse explication : d'Aristote définissant la vertu le terme de Vacl secundum dit que « saint Ambroise prend la force dans un sens large. ix. Et parce là que cette le seconde acception est plus commune. (Arist. Et. qui peut tenir fermement dans soutenir sera choses qui sont les plus difficiles à apte à résister aux autres conséquemment choses qui sont moins difficiles ». ou si ne désignerait seulement que quelque chose d'extérieur. spéciale.8 SOMME TIIKOLOGIQUE. ch. selon qu'il ch. même selon qu'elle est une vertu spéciale. et selon que nous l'enten- dons ici. Celui-là. — Et cependant. car la vertu. en d'affermir l'àme pour qu'elle tienne et ne les faiblisse point dans choses où il est le plus difficile de tenir. procède de effet. leç. parce qu'elle a la une matière : déterminée.. savoir dans les périls plus particulièrement graves. selon qu'il implique terme d'une puissance. qui distingue le la vertu de force donne sa place à ])ait dans nombre le des vertus. IV. implique est le terme de la puissance prise au il premier sens. ajoute la réponse.. I. distincte de matière des autres vertus elle a pour objet. est général ou commun . ayant sa la force aide à résister matière déterminée. Rhétorique. est attribué à une vertu spéciale. en vertu. « l'objection Vad se dit tertium répond que ». qui un mode plus spécial. la force. . au passage. une des con- ditions générales requises pour toute La force. aux attaques de tous les en effet.

Est-ce sur les passions de l'âme que la force ces passions. S. qu'il appartient à la force d'aller et au-devant des périls de soutenir les fatigues. — La première (cli. quand i. Th. L'argument sed contra en appelle à livre II et Icç. dit. ou viii. 2 la . art. 23. tloit Q s'exerrer ici . comme il a été vu plus haut q. /i5. Th. 18). éteindre plaisir de la vie présente.. et ch. force porte 8. quelles sont-elles et les devons-nous assigner crainte et d'audace passions ou les l'objet mouvements de — C'est de l'article suivant. vn. — : DE LA FORCE. art. — dans La sa seconde objection s'autorise de « Cicérou Rhétorique (liv. (|ui « dit. est un texte de Grégoire. 2. saint 11 Thomas va justifier excellemcucnl cette parole i). ou ix). il s'est 2"'"}. agi des passions (l'-a"". Or. qui « dit La force des Justes coiisislc à vaincre la chair. que sur la crainte et l'audace Au (art. sur les craintes et les audaces « — La troisième objection déclare qu' à la crainte ne s'oppose pas seulement l'audace.. ne pas le suivre ses propres voluptés. mais aussi l'espoir. ARTinr. d'Aristote. n. «Si la force porte sur les craintes et les audaces? Trois objections veulent prouver que « la force ne porte point sur les craintes et les audaces « saint ». lix). les Donc il semble que la force porte sur les délectations ou les ». rappelle que « comme il a été dit à la vertu de force appartient ce qui est d'écarter l'obs- . n. au livre VII des Morales : xxi. de ». ad Donc la force ne doit pas être plus au sujet de l'audace qu'au au sujet de l'espoir ». II. plaisirs plutôt que sur les craintes et audaces qui « ». de S. leç. corps de l'article. q.QUESTION CXXIII. de VÉthique (ch. mais l'homme qui sont i)énibles ou aux choses qui offrent du danger. au livre III ix. i .E III. « Aristotc ». ceci ne semble oii pas se référer à la passion de la crainte plutôt aux actions de extérieures de l'audace. Donc ia force ne porte pas ». ch.

Et voilà pourquoi la et faut que force porte immédiatement sur les périls d. comme on voit par la définition de Cicéron (cité dans l'objection seconde). trait à la tempérance. en cet endroit. le le du la côté de l'objet. comme il a été dit plus la haut (endroit cité dans l'objection). cela quelqu'un détourne d'une chose appartient l la raison de la crainte. Ei voilà pourquoi la force a principalement pour objet les crain- certain éloignemen! tes des choses difficiles qui peuvent détourner la la volonté de suivre être raison. les selon qu'elle est une vertu spéciale. l'assaut de ces choses difficiles doil la il soutenu avec fermeté. C'est cela que les la force a pour objet et les craintes et les les audaces. El ceci paraît se rapporter à la raison de l'audace. Et parce que les force regarde proprement le maux temporels là qui détournent de la vertu. monde en raison des récomles penses éternelles Lad secanduni fait observer que « choses où il y a péril la et les actes pénibles ne détournent la volonté de la voie de il raison qu'autant qu'on les craint. sur les médialemcnl sur ou comme objets des passions précitées Vad terliuni rappelle que l'espoir s'oppose à la crainte. et crainte sur le mal. Lad priinum répond que de toute vertu . qui implique un du mal où se trouve de la difficulté. audaces. L'audace. selon qu'elle se réfère et c'est communément il à pour cela qu'il parle d'abord de certaines choses ayant l'objection) . quand il s'agissait des passions (i*-2*% q. comme il a été vu plus haut. savoir quand pour faut les exterminer pour assurer la tranquillité à l'avenir. et s'oppose à elle selon le fait de s'approcher au lieu de s'éloigner. détournerait se la volonté de suivre la raison. parce que l'espoir porte sur bien. de vient que la force a proprement pour matière la crainte . non pas seulement en réprimant crainte. « les craintes et les les fatigues. art. la force des justes. Toutefois. réprimant premières modérant secondes ». Or. quand dit : aimer choses ardues de ce ».tO lacle qui SOMME THEOLOGIQUE. « saint Grégoire parle. /|i. a même objet que la crainte. mais aussi en attaquant avec mesure. comme a été dit (dans mais il ajoute certaines choses qui apparticnnen! en propre à il la force. 2). que difficile. au contraire.

Si la force porte seulement sur les périls de mort? Trois objections veulent prouver que « la force ne porte pas est seulement sur les périls de mort ». 2). — La seconde objection déclare qu' « il faut que toutes les passions il de l'àme soient ramenées au milieu par quelque vertu. l'assaut du mal (jui — Ces choses quand difficiles à supporter.' C'est ce qu'il nous faut maintenant considérer avec l'article d'après. et tel est l'objet de l'article sui\ant. w). au livre Mœurs de la l'Église (ch. . — La première ». .QUESTION CXXrir. non l'espoir. Voyons tout de suite l'article IV. au livre VI de Musique (ch. art. quelles sont-elles proprement. faisant fléchir sous le poids des choses difficiles que l'on redonic ou en l'entraînant de façon désordonnée qu'on veut supprimer. formée d'un double texte de des « saint Augustin qui. directement et imméen la passions de crainte et d'audace. Akticle IV. « dit. achèvera de nous la préciser ce point fort déiicat et très important de matière ou de l'objet propre à la vertu de force. 1 I laudace . que dit la force est un amour supet. a pour matière ou pour les objet. et — DE LA FORCE. mais aussi au sujet de toutes les autres choses adverses ». Or. il que la force est un sentiment qui ne redoute aucune adversité. xv). portant facilemenl toutes choses pour ce qui est aimé. si il ce n'est pour autant » qu'il se rat^5. la il s'agit de la matière dv' vertu de force? Devons-nous les limiter aux périls de mort'. tache à l'audace. qui. qui peuvent agir sur la volonté et la détourner du bien de à la vertu. Donc la au sujet des périls de mort. ou ces choses ardues qu'il peut appartenir à l'audace d'attaquer. peuvent être l'objet de îa crainte agissant sur la volonté. q La force diatement. non pas force n'est pas seulement même la mort. comme a été vu plus haut (i'-2".

cela aussi appartient à la raison de vcrin.). c'est la y a de plus terrible parmi tous les maux . doit logiquement demeuicr ferme contre des pas. difficultés moindres. comme leç. mais l'inverse ne vaut extrême » du reste. ce quil corporels. attendu qu'aucun bien corporel né(iui\aut au bien de force de lànie devra se dire la raison. mais aussi sur Cette objection nous vaudra une réponse troisième objection fait extrêmement remarquer qu' crainte de la intéressante. L'argument sed contra « dit cite un texte d' « la Andronicus ». précéd. « -- La n'est aucune vertu est dans . On remarquera la : variante de cette nouvelle formule résumant les doctrine déjà exposée dans la précédents articles le rôle de vertu de force (et nous devrons en dire autant de la tempéelle) la rance pour sa matière à nous est dépeint comme « proté- geant » la volonté que la crainte du mal corporel pourrait délouijieidii bien de raison. que à émouvoir par les force est une vertu de la l'irascible difficile craintes qui portent sur mort ». qui (dans son traité Des affeciiom). saint dit plus haut (art.T^ SOMME THÉOLOGIQUE. n. il tant tenir le bien de la rai- son contre nimpoile quel mal corporel. Th. Et saint : Thomas d'ajouter. Au corps de l'article. la de toutes les craintes. Il suit de là quand elle retiendra la que fermement lu la volonté de l'homme dans : le bien de raison à rencontre des maux les plus grands celui-là. terme ou l'extrême de puissance. et. la mort dans un extrême car c'est la plus grande livre III de VÉfhiqae. Thomas part de ce qu' il a été quà la vertu de force il appartient <( de protéger la volonté afin quelle ne se détourne pas du bien la crainte de la raison par la délicieuse d'un mal corporel ». est la : quelle porte sur ce qui le on « la définit. i4). en effet. Or. de S. les extrêmes.. en ellet. VI. » il est dit au (ch. mort. 6. point d autre vertu qui puisse être assignée pour ramener les n est au milieu autres craintes. dans son magnifique langage (( Or. les craintes Donc de la la force doit porter non les pas seulement sur autres craintes ». Donc vertu de force ne porte point sur les craintes périls (' causées par les menaces ou les de mort ». qui demeure ferme contre les difficultés plus grandes. D'autre part.

offre de l'amour.ifs dont elles s'occupent. c'est la peine et la douleur est sous mais le s'il est menacé d'être enlevé et d'être détruit. en dehors de ces diverses vertus. fort Au sujet des autres choses. Il même. au livre des Mœurs de il l'Église (ch.QUESTION CXXIII. quand il s'agit de l'amour de sa proCet amour n'a pas besoin d'une vertu spéciale pour le est réglé par la nalure elle-même. Mais cepenfî. Il donc pas à requérir une vertu qui ait spéciale.objet de régler les craintes qui « porteront sur il les biens respoc'. régler. . même une vertu qui les réprime et qui les règle. xxii). Mais». toute vertu qui règle l'amour de quelque bien doit régler par conséquent la crainte des ainsi maux contraires. qui enlève tous les biens corporels aussi bien saint Augustin lien dit. la pourquoi la vertu de force est nécessaire.il dant support de n'inniporte quelles choses contraires ne pas que n'est l'homme s'il soit réputé fort purement et simplement les . presque irrésistible souvent qu'elles entraînent à l'encontre du bien de la raison. n'en va plus de pre vie. » — raison profonde qui ou les périls de mort. dans cettç réponse. s'il n'y a volonté. — DE LA FORCE. . El sera la facile. « C'est fallu pour cela qu'il a une vertu spéciale qui règle et modère les craintes de la On a. Et et la même chose se voit dans n'y a la tempéiance dans les autres vertus ».sa propre vie est chose naturelle ». pour. et pourquoi explique elle ne porte à proprement parler et directement que sur les mouvements de crainte ou d'audace molivés par la menace mort. nous l'avons déjà tionnel. L'ad secundum. I'3 mort. l'âme coup de la crainte de la mort. l'homme n'est dil que dans un sens diminué. il <( Aimei. Il s'ensuit que la ». D'oîi suit que c'est naturellement il aussi très que les craintes de la mort agissent sur nous. que le du corps. la par voie de conséquence. ce les que supporte comme il convient même maux plus grands. crainte de sa perte. quand . vorlu de force doit porter sur L'ad primum être fait les craintes des périls de niorl observer que « les la force est ce qu'elle doit dans le le support de toutes choses contraires. est atteinl ou froissé. ou à certains égards». Sainl un intérêt excepThomas répond que «parce que la crainte naît dit. C'est que la libéralité qui règle l'amour de l'argent règle aussi.

Article V. la — La première arguë de ce que « choses de les martyrs surtout sont loués pour leur force et leur courage. Or. Gicéron dit aussi. — La seconde objection en au livre la I appelle à « saint (ch. « se prend selon que de la raison droite ». l'article et tel est qui suit. au livre du Devoir . I des Devoirs XX xv). les martyrs ne sont pas loués pour les la guerre. ». Les craintes ou les audaces que la force a pour objet de maîtiiser poitent proprement sur les périls de moit . — Mais la mort et ses périls peuvent dire affecter la l'homme de bien des manières. c'est-à- dire selon ce qui dépasse la « Il mesure fixée par la droite raison. Ambroisc la qui « dit. Si la force se trouve proprement autour des la périls de mort qui sont dans guerre? Trois objections veulent prouver que « la force ne se trouve point proprement autour des périls de mort qui sont dans j^uerre ». Devions-nous vertu de force les atteint sous l'un de leurs faut-il modes déterminés. Vad cet lertium dit que le « l'extrême dans les vertus ». les s'ensuit )) si quelqu'un subit plus grands périls là selon que « la raison » le la détermine. cai- il n'est le besoin d'une vertu spéciale à ce sujet cfuen ce qui toucbe mal suprême dans et ce l'ordre corporel qui puisse a flecler l'iiomnie. à prendre extrême dans sens des vices qui s'opposent au milieu de l'excès la vertu. Donc la force ne se trouve point proprement autour des périls de mort qui sont dans les choses de la guerre ». En d'autres termes. « ce n'est point chose contraire a vertu ».14 SOMME THEO LOGIQUE. que force se divise en choses de guerre et en choses domestiques. force réserver la vertu de la gnerre!* pour de les péiils de mort qui se rencontrent dans C'est ce l'objet que nous devons maintenant considérer. mal que n'est autre que la mort.

|<( T. Donc la force n'existe point proprement ». de S. car saint Augustin xii).QUESTION CXXIIf. n. parce que la force est une vertu. il ne semble pas que l'homme doive s'exposer au péril de la mort pour la paix temporelle de la république. D'autre part. les périls de mort qui viennent de la maladie. au livre la Cité de Dieu (ch. la 10. une telle paix étant l'occasion d'une foule de jouissances désordonnées. Toutefois. Donc il semble que art.>5. 2. celle dans 29. la déclare que de les guerres sont ordonnées à conserver paix lemporL'lle de la chose publique. qui sont les périls de mort. » sed contra apporte l'autorité d' « Aristote III ». la vertu de force ne se trouve point autour des périls de mort la propres à guerre.). vi. ne semblent point fait qu'il menacer quelqu'un directement du » poursuit quelque dans l'ordre de la vertu « tandis qu'au contraire les . autour de la mort qui se présente dans la guerre — La XIX troi- sième objection. choses de la ville. au livre de VÉthique (ch. ifi). c( d'un intérêt tout particulier.. et qu'il est de la raison de la vertu qu'elle tende toujours il au bien. ad :?"'"). faudra une plus grande force. poursuite d'un bien. où trouvent des choses plus grandes. leç. question de guerre et aussi dans de la paix (q. saint Thomas les rappelle d'abord que comme « a été dit (art. xxii). ou de la tempête sur la mer. IJ qu'alors qu'an grand nombre pe/t. la force conlirme » ou afier- mit l'esprit de l'homme contre plus grands périls. poursuit ici l'objection. du se même Cicéron Que armes le cèdent à il la toge. il il faut raconvient. est beaucoup de choses de que celles qui sont plus grandes pins illustres de la guerre : Et l'on connaît l'autre les mot tant cité « Or. et battre celte opinion il car si nous voulons Juger comme la ville ». « Or. surtout autour de mort qui se ren- contre dans la guerre Au « corps de il l'article. dit. Nous avions déjà souligné la cette belle doctrine. que c'est en vue de la paix qu'on Jait les guerres la ».senl (jue les choses de la guerre sont plus grandes que . s'ensuit que c'est dans la ou de l'incursion et de l'attaque des voleurs et des brigand. Largument « dit. précéd. genre. que la force est ». que rhomine ne doit pas fuir les périls de mort. ou de toute autre cause du bien même . — les DE LA I r. (cil. qui Th.

Et voilà pourquoi leur force choses de est louée entre toutes. qui peut être appelée du nom commun ou de tout autre de guerre. s'agit des prendre ces dernières selon qu'il guerres générales . il de mort qui sont dans les choses a guerre menacent l'homme directement en raison d'un certain bien » et même « d'un bien souverainement excellent. sous juste. airuée. malgré la crainte de contracter une maladie qui est mortellement infectieuse. parlant d'eux. \f. Vad à secunduni explique que la cité se les choses de la famille ou les choses de distinguent contre les choses de la guerre. ou lel celui qui ne laisse pas d'entreprendre d'une affaire pieuse à frage un voyage en vue poursuivre. Or. l'homme qui a la vertu de même à à l'endroit des périls de quelêtre.l6 I^M-ils SOMME THÉOLOniOLK. . ajoute saint force est ce qu'il faut être Thomas. D'abord. 1. sous se bat : comme quand on dans une forme de guerre particulière tel un juge menace ou même toute autre personne privée. car c'est dans une en guerre particulière qu'ils résistent. les périls il faut concéder que la force porte la proprement sur de mort qui se rencontrent dans guerre. Aussi bien est-il dit. Il apparlieiit donc à la force de donner la fermeté d'âme contre les jXM'ils de mort. non seulement quand ils se trouvent dans une guerre générale. qui ne se détourne le ))oint d'un jugement juste par crainte du glaive qui péril.')'|). N. quand même il soit mortel. dans ce sens. la Elle n'est d'ailleurs pas en dehors du genre de la force qui s'exerce dans les guerre « » . mais aussi quand ils se trouvent dans une attaque particulière. Mais.' pour autant c'est qu'il défend ])ien commun par une guerre juste. Ensuite. d'une double manière qu'il peut y avoir ainsi g-uerre l'orme de j^uerre générale. Vad prinuun répond que « les martyrs soutiennent les atta- ques contre leurs personnes en raison du souverain Bien qui est Dieu. pour une raison de vertu tel celui qui ne do porter secours à son ami malade. la guerre » {aux Hébreux. malgré la crainte du nau» ou des brigands. (levrnus forts dans cil. alors surtout que autre genre de mort que ce puisse que l'homme peut laisse pas être exposé n'importe lequel de ces autres : genres de mort. El.

bonne en elle-même. la chair. serait-ce mêine de la part de personnes ayant autorité dans la famille ou dans la cité. Et maintenant examiner le mode de son parce que cet acte est double. « Aussi bien. à des poursuites ou des attaques qui vont jusqu'à menacer sa vie. C'est qu'alors manifestement vertueuse.QUESTION CXXIII. ou encore de parti à parti dans un la même civile. celui qui est le principal. même dans ou dans les choses de la cité peuvent mort sous guerres particulières ». Et. choses de famille se trouver des périls de l'attaque de quelques personnes. et selon qu'elle se trouve à État. les tels les homicides et les sacriles- lèges. Il le péril de mort est encouru en raison d'une lin pourrait l'être aussi en d'autres cas plus ordinaires qui se rencontrent dans le la vie. qui en usent bien. d'ailleurs. en effet. qui suit. la du même coup. Il en est beaucoup d'aulies. déclare saint Thomas. vertu de force. nous nous demanderons. que ne sont maux dont elle peut être l'occasion. Nous devons acte. — DE LA les I OllCE I7 la OU d'ensemble. et ce sont alors des comme il a été dit. d'abord. — Le premier point va fnire l'objet de l'arliclc XTTT. État plus ou moins guerre mais aussi d'homme à homme. le fait de soutenir relèvera lui aussi de la — Nous connaissons l'objet propre de vertu de force. » quels appartiennent plutôt aux vices de A parler de la guerre juste. l'un portant sur la crainte elle. ^ . — La Force et In Tempérnnrr. La paix de la chose publique. puis. il faut dire que la vertu de force se rencontre proprement et a pour objet propre de s'exercer dans les périls de mort qu'on trouve dans la guerre. Toutefois. elle empêche dos maux bien autrement graves. en ces choses-là peut se trouver la force proprement la dite Vad (( tertium n'accepte pas la mauvaise raison que donnait est l'objection pour se désintéresser du bien de paix publique. quel de ces deux actes. et. sur l'audace pour régler son mouvement est. du fait que quelques-uns en usent mal. quand un homme qui fait son devoir est exposé. les caractères (|ui ou les modalités les accompagnent. non pas divisé et seulement d'État bouleversé par au sens de guerre étrangère. et elle n'est point rendue mauvaise. l'autre pour tenir malgré d'attaque. même ».

leç. leç. se qu'il ne craint pas.. de S. Au l'article. Or. Th. dit comme il est au il livre II de VÉlhiqae (ch. désigne la demeurer imnmable. au lieu de poursuit. et « l'article 3. saint Thomas va s'appuyer sur le point l'au- de doctrine exposé à torité d'Arislote. n. leç. n. Si tenir est l'acte principal de la force? Trois objections veulent prouver que l'acte principal « tenir n'est iJOini it de la force ». Or. la force au contraire.lo SOMME THEOLOGIOun. seniblc qu'il api)ar». Aristote le dit au livre III de V Éthique (ch. 18) les que hommes sont corps de dits forts sarlout quand Us supportent choses tristes ». les craintes qu'à modérer les audaces. Th. de S. Or. C'est qu'en prouve à nouveau . « s'il s'agit d'un consim- contraire en est plus éloigné que ne : l'est la ple né^ûiion » c'est ainsi « que le noir est plus distant du blanc que le simple non blanc. 3). cité). de S. attaquer est est agir sur un autre. que de difiée mo- par une autre. plus difficile d'attaquer que de tenir. car Il meut d'un fuir. — La première déclare que u vertu porte sur ce qui est difficile et qui est bon. 2 . ix. la force a surtout pour effet déloigner l'âme de quil lui appartient d'alla- quer plus que de au livre les tenir. tienne davantage à la force d'attaquer que de tenir — La troisième objection traire. n.. Donc tenir n'cbl point l'acte par excellence de « il lion dit qu' semble appartenir à La seconde ol)jecune puissance plus grande. de VÉthiqae (ch. celui qui tient a seulement ceci. la force consiste plus à réprimer effet. Puis donc que il perfection de la puissance. semble donc. in. tenir. 18). est lo. » est L'argument sed contra III un texte d' « x\ristote ». ix. tandis que celui qui attaque contraire à celui qui craint. qu'il il confirme encore de Comme a été dit plus haut (article pré1 . (jui « dit. Articie VI. Th.. la force ». l'autre fait remarquer que. mouvement « il ». n'être pas — qu'une chose puisse agir sur une autre. puisque la crainte.

Aussi bien Aristote dit. Or.. . n. au contraire. les périls et qui une fois dans prennent la fuite . le — DE L\ FORCE. a le péril est plus difficile comme chose à venir. d'où il suit qu'elle ne cède pas à passion corporelle déjà imminente. vu. Or. soi . « que de se porter d'un mouvement subit contre une chose pénible et ardue. dit que « tenir implique une passion du corps. attaquer et tenir. voir qu'il est plus difficile de tenir que d'attaquer. la parce que péril.QUESTION CXXITI. l'objet de et cela. celui qui il allaque. leç. Or. qui est l'audace et de crainte. — D'abord. s'ensuit que tenir. il est plus difficile de' réprimer le la crainte. suit de la répression de la crainte. est l'acte plus Lad primam l'article. Il au contraire. complétant encore cette admirable doctrine. et insiste sur le point essentiel touclié la au corps de sa- que première objection niait expressément. le de rester inébranlable sous coup des choses présentes que dans la prévision des choses futures. Or. appartient à la force modère l'audace. parce que tenir implique la longueur du temps ou un mouvement subit. prend le rôle difficile du plus fort. une tri- ple raison nous le prouve. Th. tandis qu'il produit l'aug- mentation de selon qu'elle la crainte. au contraire. attaque. il est plus difficile de demeurer longtemps immobile » sous le coup du péril qui persiste. 1 C) saint Docteur. que de modérer l'audace. parce que celui qui tient est déjà sous la pression du péril qui l'entoure . L'm/ secundam. tandis que l'attaque peut se faire en i de S. Qu'il en soit ainsi. diuturnité. les périls. i5). qu'iV en est qui volent au-devant des périls. un acte qui fait adhérer la fortement au bien. tandis que les forts agissent en sens contraire ». porte avec soi quelque chose qui va à réprimer l'audace. « qu'il soit plus difficile de tenir que d'attaquer. Et est plus de combattre contre un plus faible. — Troisièsa mement. que de combattre celui qui il contre un plus — Secondement. parce que tenir sem- ble viser qu'on subit l'action d'un plus fort que fort. c'est-à-dire dela force meurer inébranlable dans encore qu'attaquer ». du côté de l'àme. mais la cela très implique. >. la vertu consiste dans l'ame plus que dans le corps ». au livre HI de VÉlhiqae (ch.

Venons tout de suite à son texte. comme si fin. procède de cet habitus. « Or. puisqu'il le fort Donc il ne se peut pas que agisse pour le . pour le bien ou pour la fin de cette vertu et de cet habitus. Lad alors ])éril lertiam appuie sur la seconde raison » marquée à Vad pri- niuin et l'oppose à l'objection. m la force ». l'exercice même u de sa vertu de force. mais autre chose. dans l'exécution. Saint AUTICLE VIL Si le fort agit pour le bien de son propre habitus? Trois objections. mais l'adversaire sent. que la cause de la crainte est déjà présente » là et savoir le qui est qui déjà le presse. » : cette cause n'est p )iMt présente pour celui qui attaque ce n'est qu'au le il va bien au-devajit et du danger. quer.20 SOMME THEOLOGIQUE. en relatifs elfet. se demande si l'homme qui a la vertu de force. Celui qui tient ne craint pas. l'acte de la force. cependant la dernière dans l'exécution. agit. — La première dit que elle dans les choest est la première dans l'intention. . ses à accomplir. Or. veulent prouver que «le fort n'agit pas pour le bien de son propre habitus ». est La force. quand il produit son acie. est un habitus opératif. son acte. c'est-à-dire qu'il ne se [)ropose pas. La lecture même de l'article nous fera mieux comprendre la portée de la question. vient après l'habitus de en procède. qu'il s'agisse de l'acte de tenir ou de l'acte d'atta- Thomas. la fin. comment. l'acte de tenir demande l'acte de part du sujet une plus grande force d'âme que aux actes de courage d'attaquer. — tes cours de l'attaque le péril quand lui prend dessus que devient pour très fine des pré- On aura remarqué celte analyse et deux ac- de la la force. après Aristote et à l'occasion de l'enseignement de ce dernier. parce qu'elle et une vertu. Tous les faits et de force confirment ce saint lumineux enseignement d'Aristote et de Thomas.

. La position que saint Augustin prend che de de la est la position diamétralement opposée la à l'opinion la y kan- tienne. saint u II Thomas dit-il. prochaine.. et la fin de l'architecte est d'introduire la simir tion. de S. alors que nous n'aimons pas ce pour quoi seul nous la les aimions. pour fort la force est le bien . en faisant cela. ». Or. comme seconde. au (pie livre III de {'Éthique (ch. à béatitude. mais l'acte de force ne doit pas êtie rapporté à elle-même. « Aristote dit ». — La seconde objection dit. voulant que toute moralité consiste dans recher- la seule loi morale en elle-même ou dans l'autonomie encore un mot de l'Église volonté. Dieu même faut de mais quelque chose de meilleur. fort n'agit point pour le bien de son propre habitus la Cette troisième objection. que nous mions pas la béatitude elle-même. Th. telle en est qui persuader en sorte. la fin prochaine de tout la être qui agit est de causer litude de sa ou d'introduire en un autre propre forme c'est ainsi que la fin du : simi((ui le feu chaufte est d introduire sujet la similitude de sa chaleur dans la a< I où il agit . Or. disant n'ai- qu'elles doivent être aimées pour elles-mêmes. au livre des Mœurs de (ch. — DE LA FORCE. Puis donc que le la force est une vertu. L'argument sed contra son cite le texte d'Aristote. qui xv). n. bien de son propre liabitus texte de (ch. litude de son « art le dans matière » la soumise à son si Mais n'importe bien qui est suite de cet acte. 6. pour Dieu. » leç. qui « au livre XllI de la Trinité Les vertus. y compris la est La troisième objection a saint Augustin ». « — que l'exclusion de toute autre fin. que nous aimons pour voudraient nous les la seule béatitude. qui est la rai« même du le présent article. viii) « ». et l'autre. et c'est là sa fin Au corps de l'article. QUESTION CXXIII. comme il que le la fin soit meilleure que ce qui est ordonné à cette fin. agent . Donc ». nous cessons d'aimer ces vertus. vn. nous une double lune. force est l'amour qui fait supporter facilement n'est pas l'habitus toutes choses la force. 21 est un il saiT»t : Augustin ». à la béati- tude On aura remarqué caractère particulièrement inté- ressant de celte objection. Or. éclaire d'un « mot fin : toute cette question. en clïet. est en opposition di- recte avec la théorie kantienne. y a ». dernière. i5). la dit.

et comme si l'essence même non pas sa similitude dans l'acte. en introduisant l'article. voulant opposer. C'est ce que nous allons examiner à l'article Article YIII. dans chaine. la mal'art. — La première appuie sur ce que nous dision. nous l'avons son acte qui suit.22 SOMME THEOLOGIQUE. comme il a été dit. même est dans de pâtir ou de tenir. forme de la loi morale. Nous dirons donc que propose. principal. Or. fin éloignée est la béatitude ou Dieu ajoute saint la par là. Et les deux autres procédaient de la fin dernière ». est un plat- . agit. l'acte y a lieu de demander. trouve. la les actes humains le fort se la sont disposés par prudence. comme de son fin prochaine. dans les choses de l'action du sujet. demande. Puisque. le l'ordre de la fin pro- le fort agit pour le bien de son habitus de force. dit. Si le fort a du plaisir dans son acte? Trois objections veulent prouver que « le fort a du plaisir dans son acte ». comme la seule était bonne et que les autres dussent corrompre. d'exprimer dans son acte il similitude le habitus. dans son si le fort. tière extérieure est disposée par de même aussi. et que propre de l'habitus il est de faire qu'on prend plaisir à se l'acte il qui en procède. La solution que nous venons de formuler amène tout de suite une question nouvelle.s elle n'est tout à l'heure. — Car première procédait la fin. pourra être dit dans les la fin éloignée de cet agent. Ce dernier mot nous montre la grande confusion et de l'habitus était — la grande erreur de la pensée kantienne. on voit la réponse aux objec- tions. quand pas empêchée. et c'est que « iopéralioii d'un habitas connaturel. Thomas. qui. il se le propose. quand lui aussi. car entend agir selon que cet liabilus )>. du plaisir acte. Mais sa Et. toutes les autres fins à la seule si celle-ci dans l'ordre de la moralité. de même que choses qui se font au dehors.

x\ni. leç. n'éprou- vant que du plaisir dans l'acte qu'il accomplit. agi des passions (i"-2'". sir. art. X. qui suit le ou psychique. l'autre animale plus haut. v (v. comme de S.son. 5 n. comme. du de nature. « qui suit toucher corporel. ch. le fort agit totalement avec plaisir ». C3 dernier mot la nous montre jusqu'où pouvait aller conclusion de Il l'espiil argumentant à faux sur vrait le point qai nous occupe. q. — La sième objection déclare que plus fort. remarquer que « sur cette parole de : — La se- l'Épître Galales.. les fruits de l Esprit sont la efmrité. livre li\ . parce qu'en elles on considère rai. la saint Ambroise que les œuvies des vertus de V homme par sont appelées fruits. saint Thomas se rapporte à la doctrine exposée dans la question de la délectation ou du plaisir et nous résumer en quelques mots très nels.ï/ra est.. 3i. le au livre de VÉfhique (ch. Th. l'opération fort procède d'un habitus qui agit en mode fort a conde objection aux pair fait du plaisir dans son acte ». . il y a : )i la perception de l'âme. Or. parait n'avoir rien de l'ordre du plaisir. dit. de S. Donc il il a du plaisir dans son acle ». Th. cl". le que l'homme en qui la la se trouve la vertu de force aime bien de vertu plus que son propre corps qu'il expose aux périls de mort. n. leç. parce quelles refont l'esprit une sainte et sincère délectation. 12 au . dit la Joie. le plaisir du bien de la vertu chasse la douleur corporelle. L'argument d' « Aristote ». 3).. le fort accomplit des œutroile vres de vertu. 3. — de la FORCK. III le mot très formel qui 18). . 23 VII. « au contraire. G). X de VÉthiqae iv. il est dit leç. C'est proprement celle-ci qui suit le les la œuvres des vertus. de Th. l'acte principal bien de de la la force est l'acte de tenir contre certaines choses tristes selon perception de l'a nie. dans son acte. que n fort. (li\ .QUESTION r. Donc le Or. Au coips qu'il va de l'article. S. ch. 3. set/ co. ix. « Comme il a été dit quand il s'est. s'ensuil'exulta- que quiconque éprouverait autre chose que de tion sous le la coup même des plus terribles périls n'aurait pas vertu de force. pour autant. « le plus faible est vaincu par Et a précisément ceci. Il suit de là que Et. xii. une double déleclalion l'une corporelle. Or. 22) . n. indispensa- bles à la solution de la question présente. ch.

dit. ch. cl les choses qui s'y rattachent. le ressente. au 18) livre III de YÉtliique (ch. sentir de la douleur la perte mais. tandis qu'il marchait nu-pieds sur des charbons ardents. C'est pour cela qu'Eléalisons au livre 11 zar.. mais il ne satiriste point L'ad primum répond que la véhémence de l'acte ou de la passion d'une puissance empêche l'autre puissance dans son . la doudu corps fait qu'on ne sent pas la délectation animale » ou psychique» delà verfu sauf. de fort ^u[^\i Th. votre crainte fait que je les soujjre volon- tiers ». De vient qu'Aiislole S. mais aussi parce qu'elle un les est nécessaire pour actes des vertus). en raison d'une surabondanle grâce de Dieu qui élève lame aux choses la vertu qui est leur sensible . que l'homme perd corporelle (aimée par qu'elle est l'homme verUicux. du ii août). d'un autre côté. peut-être.. dans mon âme. vi (v.?/» SOMME THKOLOGIQLE. non pas seulement parce bien naturel. « qu'il ç{\x il ail du plaisir. put dire qu'tV Actes. à produire surtout l'acte principal de « Or. divines où elle se délecte d'une manière plus forte qu'elle n'est afl'cclée par les peines corporelles : c'est ainsi que le bienheu- reux Tiburco. 3 et suiv. en raison de il l'acte de res- vertu et de sa fin.quoi et dans son âme. : a de . Voilà donc deux sortes de sentiments ou d'impressions aflectives qui se trouvent dans l'âme de l'homme fort et s'y com- battent. Icç. nidis. là comme sont les blessures et les coups. n. 3o). Quant » animale ou psychique. savoir selon « délectation animale » ou psychique. et Office la raison n'est à la tristesse la lui semblait marclier sur des roses (cf. qu'on ne requiert pas de l'homme en ce sens qu'il n. comme nous : des Machabées. quand il est la amené sienne. Toutefois la vertu de force fait que pas absorbée parles douleurs corporelles. ix. La vie par exemple. disait Je soujjfre de cruelles douleurs dans mon corps. et aussi de tenir contre certaines choses douloureuses dans l'ordre du louIl cher corporel. et le dans son corps. « elle est surmontée par préfère le bien délectation de la vertu. ajoute saint Thomas. en tant que la l'homme de là vertu à la vie corporelle et à tout ce qui s"y rattache. tandis qu'il considère de sa vie. suit de la que le fort a d'un côté de quoi se réjouir.

Et c'est pour cela que la douleur du sens la délectation attachée à d'il empêche de ressentir son opération propre V ad sec unduni lectation tristes œuvres des vertus ont de la désurtout en raison de la fin. si ce n'est en tani qu'elles atteignent Vad ment tertiuni a un mot vraiment d'or. 18) que d'agir avec plaisir ne se trouve pas leur dans toutes fui ». au livre III de VÉlhique (ch n. force. est vain- cue dans l'homme fort par la délectation Mais parce que sous la douleur corporelle est plus sensible et que la perception sensible est plus à découvert la pour l'homme. de S. mais elles peuvent être que « les la de leur nature. Aussi bien Aristote dit. n.acte principal qui est l'acte de tenir. ^5 l'esprit ».QUESTION CXXIII. C'est pour lavoir mé- connu que la philosophie moderne. qui explique excellem- la doctrine exposée à la fin « la tristesse du corps de » l'article. Le saint Docteur \a nous répondre à l'article (pii suit. . » porte sur la fin de vertu s'évfuiouil en quelque mot est d'Aristote. leç. connais- sance elles affections d'ordre sensible. de la la là vient que grandeur de (Le la douleur corporelle délectation spiri- tuelle qui sorte. — Mous avions déjà Thomas. et eu maintes fois l'occasion de souligner ce grand point de doctrine sur lequel reviennent sans cesse Aristote et saint et qui consiste à reconnaître la part première en quelque sorte prépondérante qu'ont dans la notre vie d'ordre spéculatif et d'ordre pratique. surtout si la philosophie kantienne. « Nous accordons que animale ou psychique de la vertu. Th.. Et ceci arrive surtout dans vertu de ix. — DE LA FORCE. les vertus. 5. à l'endroit tout à l'heuie pré- cité. C'est de savoir trouve surtout dans les la force consiste choses subites ou lorsqu'un se présente soudain et à l'improviste. 3). Toujours au sujet de l'acte de la force. . acte. se sont perdues dans des doctrines peu humaines. saint si notamment de son Thomas se pose une ou se i)éril nouvelle question.

Cicéron ch. Article IX. dit. Th. et ceci répugne à la raison de chose subite « » . A ce L'homme titre. leç. 1 . et. imds d'alau-decanl . texte de — La seconde qui a dit. Donc (( la force ne consiste pas surtout dans objection est les choses subites » ou imprévues. qui « i4). que force est surtout à l'endroit de tout ». — La troisième objecJion au livre III un mot d' « 1 Aristote ». n. vn. — L'une. regarde l'élection la ou trouve dans son acte. par une pensée prévoyante. de S. vi. qui k dit. du qu'elle arrive d'une (liv. xxxviii) Le propre de l'homme fort de ne point dissimuler quand quelque chose menace. saint Au la corps de il Thomas nous à avertit que « dans force. au est ler li\ re I des Devoirs (ch. y a le deux choses choix ([ui se considérer. un autre texte.ses subites. Donc l'acte de la force ne porte pas sur les choses subites est L'argument sed contra d' « Aristote ». pour n avoir pas à dire dans la la suite : fcd eu mallieur. Or. choses futures. — La première arguë de l'ait une chose paraît que la être subite dit.. n. Si la force consiste surtout dans les choses subites? Trois objections veulent prouver que « la force ne consiste pas surtout clans les choses subites ce qu' (( ». au la livre 111 de YÉlhique (ch. que le fort est Or. Or. comme de les tel r observatoire de l'âme. l'espoir attend quelque chose à venir. car ce qui est subit n'est pas attendu. ce qui porte mort. de prévenir. (ch. arrivant à l improviste l'article. en choisit délibérément de prévoir les périls qui peuvent . un beau suint : Ambroise ». tout à fait exprès. force ne porte point sur les cho. parce que je ne pensais pas que il chose pût arriver. liv). lo. ». Icç. façon inopinée. où Pou a une chose subite. de V Éthique de bon espoir.. II. i5). effet. la.2 6 SOMMT IIIÉOLOGIQUE. Donc l'aclc de la force ne s'exerce pas à cite l'endroit des choses subites ». n'y a pas prévision de l'avenir. de S. dans sa RJiélorique les périls et force consiste à accepter à subir les fatigues en pleine connaissance. Th. fort.

au livre S. D'oià la suit que si quelqu'un la néces- fait sans préméditation ce qui est de vertu. « El. Saint Thomas demande force. agit par mode de nature. El. n. car. de VElhigue (ch. Un dernier |)oint nous reste à examiner au sujet de l'acte de la force. afin de pouvoir leur résister ou de le dit subir plus facilement. notamment en dans son ce qui regarde son second se acte. la force se manifeste il L'habitus. si nous sommes prémunis contre eux par le bouclier de la prescience. (jue nous savons éUe si la l'acte d'attaquer. cela montre au la for''e est plus haut point que affermie dans son àme ])ar mode de la d'habitus. temps par ajoute saiul permet ». d'après Aristote. XXXV. la force consiste surtout dans les III choses subites . les périls soudains l'iiabilus de en elTet. Thomas. à ce tilrc. selon que taine saint Grégoire dans : une cer- homélie (Honi. quand là. — L'autre chose à considérer la dans l'acte de la force. i5. le dans plus. ne ticle manque pas d'intérêt. nous sera l'ésolue à l'ar- Talions voir. AnTiCLi: X. le — DE LA FOncn. qui suit. f^lle La question. Tandis que force peut en y pensant les périls. use de la colère. Si le fort use de la colère dans son acte? Trois objections veulent prouver que la « le fort n'use pas fait de colère dans son acte ». lement les nous-mêmes nous supportons plus facimaux du monde. et sur l'Evangile) les traits qui sont prévus frappent moins. quand sité le demande en raison de périls soudains. 17). leç.. — La première observer que « nul ne doit prendre comme instrunienl de son action ce ilont . de Th. vin.QUESTION CWIII. les 27 menacer. les objections se trouvent résolues ». c'est quant à manifestation de l'ha- bitus verlueux. même celui qui n'a pas l'habilus esprit longuement préparer son contre Toutefois le l'homme le lui fort U5^e aussi de cette pré- paration. parce que. acte.

concupiscence et de là marque au que li- III de V Ethique (ch. qui « dit. au livre de Colère ch. pour même raison.. ii. ce qui est sain à ce qui est malade? ». viii. le lont en raison de la tristesse ou vient quArislote 1 1 . que fureur aide les Jorts Au de corps de l'article. c'est aussi suffit. de S. Donc u le fort ne doit point prendre ». Th. 28 il SOMME THÉOLOGIQUE. de même de vre la il en est d'autres qui . leç. les i)cles faroac/ies sont excitées à aller au-devant des périls en ratla tristesse son de ou de la douleur. au livre Mémoire de S. quand passion corpoielle est excitée. xvi) : n'est pas seulement à l'effet de pré- voir. leç. Et voilà pourquoi Sénèque (liv. car. force ne la prend ni la tristesse ni la concupiscence. et ier des Péripatéticiens. ce qui est fidèle à ce qui est sans foi. Les . la est un mot très expressif d' « Aris- au livre 111 » de YÉIhiqae (endroit piécité). même la suffît à accomplir l'œuvre de Ce la force. ne peut pas user à discrétion. Or. L'argument sed contra tote ». colère » et faire appel à elle pour son opération qui se suffît à — La seconde objection déclare que « celui lui-même par elle- pour faire quelque chose ne doit pas appeler à son secours ce la raison qui est plus faible et plus imparfait. en effet. la colère se trouve en défaut.. 8). l'homme ne peut pas user la colère à discrétion. selon (ch. quand de la veut. que la raison par elle-même la voir Et qu'y a-t-il de plus insensé que de demander du secours à la colère. dès que la l'homme le veut. cl les adultères accomplissent la de nomlireuses actions d'audace. Th. autre a été la manière déparStoïciens. q. il de en il telle sorte qu'il puisse la prendre quand la veut. la laisser. elle doit pas prendre la colère ». Donc la force ne doit pas prendi'e la colèie — La troisième la objeclion dit que « comme il en est qui en laisiui de les colèie accompli sschl avec plus de vigueur œuvres de la force. art. 17). comme il a été dit plus haut (i"-2"". Jie Donc. que le dit Aristote. saint Thomas rappelle qu' « au sujet la colère et des autres passions de là me. en quoi dit. I. n. jnus par la concupiscence. et. une chose stable à ce qui est incerlcdn. Or. et autre celle des Les Stoï- ciens. excluaient de l'âme du sage de l'homme vertueux et la colère et toutes les autres passions de l'âme. Or.. 2). l'y. elle ne s'apaise point aussitôt. à l'effet d'exécuter.

dont vertueux chef fut Arislote. langueurs ou maladies quoi ils les séparaient entièrement de la la vertu On sait que sur ce point.QUESTION CXXIII. « ». Péripatéticiens appelaient passions de l'âme l'appétit sensible. mouvements de il comme a été vu plus haut (endroit précité) et parce (jue l'appétit sensible est à mû par la raison pour qu'il coopère ils rendre lacté plus prompt. tel le marteau i)ar rapport à l'artisan. tifs le hommes vertueux en les commandement de la raison. ou non réglés de réglant ou les niotléiaiit Les Stoïciens. il comme use aussi des membres du corps. à cause de cela. (( Vad secundam répond que en vue de son acte. . Il n'en irait même de la colère immodérée la qui n'est point soumise lempire de la raison. théorie .. que Kant exclut de l'ordre de la moralité. à cause de cela passions de l disaiejit que soit la colère. Et peut-être (ju'au fond ne différaient pas entre eux les mais seulement quant au mode de parler. soit les autres âme devaient être prises par les selon traire. nompour- maient. mais réglées par ils la raison. le 29 allri- au contraire. raison ne prend pas était aidée titre la colère comme si elle par elle. kantienne a été bien plus loin que passions celle des Stoïciens car c'est de la façon la plus absolue. » ajoute saint Thomas. n'\ a au- cun inconvénient à ce que l'instrument soit moins parfait que l'agent principal. Quant à Sénèque. — la DE LA FORGE. affec- excessifs l'appétit sensible. » La colère modérée selon la raison est soumise à l'empire de la raison. ou selon qu'il lui plaît. huaient aux hommes colère et toutes les passions de rame. . D'autre part. qu'ils . a il suivait l'enseigne- — a ment des Stoïciens. D'oii il suit que l'homme mais non ]jad en use à discrétion pas de à ». conclut saint Tho- mas. Péiipaléliciens. au con- appelaient passions de l'âme certains mouvements et voilà ». quels qu'ils pussent . primum applique cette distinction à la difficulté que faisait l'objection première. et les d'ailleurs la plus anlihumaine. Car Ions les èlre. la colère immodérée ». l'homme prend pour son acte une colère modérée. fort — « Ainsi donc. mais parce qu'elle use de l'appétit sensible à elle d'instrument. et c'est directement contre Aristote (lu'il écrit les paroles précitées ».

au livre 111 de VÉthique (ch. suc- combe sous (jucjle le mal qui l'acte l'afTecte. C'est qu'en dit plus effet. soit la tristesse. s'il ou du véritable ». le plus de vraie force. peu do hasarder ma tête. ce n'est qu'accidentellemen! : coopère à d'attaquer soit en tant qu'elle est cause de la colère. : courage qui proviennent de rtre celui qui a le plus naturel paraît pour principe la la colère » cet acte est celui qui se rapproche vertu . en tant que l'homme s'expose au péril pour fuir Pareillement aussi la concupiscence. n. ainsi qu'il a été dit plus haut (i'-2^% q. selon sa nature propre. dans VlUusion.. est si un véritable acte de force — Ce point de Thomas. parce qu'il appartient à la colère de se porter contre la chose qui contristc. leç. 6). 3). 17) que parmi les actes de force ou de la passion. de Corneille fois Enror une donc tu veux que je te die Qu'auprès de mon amouï. acte de la « en telle sorte il que suit le vrai choix et s'il tend à la fin de la vertu. au contraire.Ik) SOMME theologiolt:. Pour craindre dont et. plutôt que les autres passions. L'ad lerfinm explique de quel acte il s'agit dans la question il qui nous occupe. et pourvu doctrine. art. savoir : tenir et attaquer. selon sa raison propre.je méprise Mon âme est trop atteinte. tend au bien qui cause à ce bien d'aller du plaisir. ce n'est point pour l'acte de tenir quelle colère. mis en vive lumière par Aristote et saint nous explique pourquoi dans une guerre juste . mais. quelquefois elle aide à attaquer. je suis Ma passion m'aveugle. vni. Acte V. Croit tiasarder trop pour cette conquête. pour l'acte d'attaquer. blessé. en tant que l'homme encourir connaît le péril qu'être privé de l'objet qui lui plaît ». 12. et les périls ma vie. 3. elle prend de préférence la colère. Et pour cet acte-là. et de soi il répugne préfère au-devant des périls. 47. : On les vers de Clindor. Or. mon cœur trop menacé. comme fait a été haut (art. pav où elle coopère directement à la force dans l'acte d'atta- quer. « la force. (' Aussi bien Aristote dit. accidentellement. C'est appel à la parce que la raison par elle-même suffit à cet acte. Th. de S. scène ni. a deux actes. La tristesse.

ni. — La troisième objection déclare que « vertu cardinale a pour objet les choses sur lesquelles roule le plus la vie humaine. précéd. Si la force est une vertu cardinale? Trois objections veulent prouver que « la force n'est pas une verlu cardinale ». A si ce sujet. affi- comme il a été dit (art. saint la force est Thomas se pose deux questions : d'abord. le 'à l qu'on demeure dans la vérité. la force ne doit pas non plus être assignée verlu « la cardinale — La seconde objection dit que la force n'est vertu est ordonnée au bien. Jaligues. pour objet les périls de mort.QUESTION CXXIII. chefs ont droit d'animer : leurs soldats en excitant contre l'ennemi une légitime colère ceci peut être du plus grand secours pour l'obtention de la victoire. l'audace. la comme force a la porte roule sur le gond (en latin cardine). savoir « et les comme la Gicéron le dit {Rhétorique. Or. la ])assion princii)ale. une vertu cardinale. dans sa raison de vertu.A l'OUCE. point directement ordontenir contre les périls née au bien. L'argument sed rouira en appelle à ce que h saint Cirégoirc. DE les I. sur . Article XT. c la colère. Or. el sain! Ambruise. ensuite. ne nous reste plus qu'à étudier sa dignKé ou son excellence. colère n'est point donnée comme une non plus. Le premier point va faire l'objet de l'article qui suit.?"'"). et dans son acte. aans sa il matière ou son objet. Il. qui appartient à la force. Après avoir étudié la force. ch. i). liv). Donc la force ne doit pas èlre assignée vertu cardinale ou principale ». — La première rappelle que ad . liv. dans le livre XXII de ses Morales (cli. a la plus grande nité avec la force. Donc ». quelle est sa place parmi les vertus. Donc force n'est pas une la vertu cardinale».. qui se présenlenl rarement dans la vie humaine. Or. mais plutôt au mal.

q. art. (inc (ch. qu'il faut conserver contre du mal. choses raison. et saint Augustin. Vad primum répond que point à la force « la colère et l'audace ne coopèrent pour son acte qui est de tenir. leç. Mais la poussée de la douleur corporelle dit. g fa ainsi qu'il a été vu plus haut » (i*-2". IV.. Or. xxxvi) // n'est personne qui ne que nous fuie plus la douleur qu'il ne recherche le plaisir: alors voyons par/ois leur donnent les le même les bêtes les plus féroces laisser les choses qui plus de plaisir par crainte des douleurs. contre les- l'homme qui que la a la vertu de force tient fermement. on ap- pelle vertus cardinales ou principales. est une passion principale. la t\). v. au livre des Qaalre-vingf-lrois questions (q. xv). Et il est vrai que l'homme est poussé à se désister de c qui est selon la raison et par le bien qui plaît et par le mal effet. qu'elle se propose de conserver lertium fait observer que « si les mort se pré- . il la vraie vertus cardinales. Lac (ch. en redonnant. 61. et au bien de périls de comuïc l/(u/ à la fin. qui. k). par cet acte la l'homme fort réprime crainte. L'ad secundum explique que vertu est ordonnée au bien les assauts de la la raison. l'une consiste à agir avec fermeté comme on le voit au livre II de VÉlhipour ce qui appartient . elle comme aux ». Thomas va nous notion des préciser. Or. contraires auxquelles résiste. n. ceux qui sont la plus redoutés sont ceux qui conduisent à quels il mort. Et parmi le douleurs et les périls qui affectent l'âme. dans le livre des Mœurs de V Église (ch. la louange qu'en de fermeté est surtout revendiquée par celui qui la force. énumèrent saint la force parmi les verlas cardinales ou principales ». parmi les autres conditions communes de la vertu. C'est demeure ferme un plus grave effort le poussant à tomber ou à se retirer. Th. art. 3. elle. force est ordonnée aux maux corporels. vi. D'où suit force est une vertu cardinale ». est d'autant plus loué qu'il a à tonir contie ' qui alîlige. Car saint Augustin . celles qui retiennent communément aux vertus. est plus forte que colle du plaisir. Daulre part. Au nous « corps de la l'article. 4). Gomme elles a été dit plus haut (i^-2'% q. 3. la Or. de S. 26. 20).32 saint SOMME THÉOLOGIQL'E. dans lequel sur- tout brille sa fermeté.

de S. — DE LA FORCE. et tel est l'objet de l'article qui suit. Or. Si la force l'emporte en excellence parmi toutes les vertus? Trois objections veulent prouver que « la force l'emporte est en excellence sur toutes les vertus ». en la ne brille. 3). — la La première dit. effet. C'est ce qu'il nous faut maintenant considérer. -^ . remportant sur toutes en excellence. leç. ». la justice. 33 sentent rarement. de plus ditïicile. Donc la force est la ». cependant les occasions de ces périls se ren- contrent fréquemment cités des : alors qu'à l'homme se trouvent sus- ennemis mortels. xxw) ». à cause de fait ». parce qu'une des grandes conditions qui caractérisent toutes les vertus lui appartient en pro[)re sous sa raison la plus haute. liv. la . noble condition de fermeté dans l'acte de tenir conlrc d'aussi vertu car aucune autre vertu n'a à redoutables assauts. un les « la mot suggestif de « saint Ambroise est qui « au livre des De- voirs (ch. En aucune autre vertu. le « la personne de l'homme de les est la force porte sur la personne de l'homme. ch. la justice qu'il suit ou des autres biens qu'il La force est une vertu cardinale. — Devons-nous en conclure que la force est la plus grande de toutes les vertus. que la sujet expose au péril mort pour le bien de la vertu.. : La force comme plus élevée parmi autres vertus — n. et autres vertus morales portent sur autres choses exté- rieures. Or. la force a pour jjIus objet ce qu'il y a ». Donc elle est la grande des vertus — La troisième objection déclare que plus digne que ses biens. plus im|)ortantc parmi toutes les vertus morales XIII.QUESTION CXXIII. II. Th. comme dans la la force. lo. Article XIï. les au contraire. III. La seconde objection arguë de ce que vertu porte sur ce qui est difficile et a raison de bien (Éthique. — Ln Force et la Tempérance.

après elle. le bien de la raison. s'ensuit que parmi trième lieu. Il suit de qu'une vertu le d'autant plus grande qu'elle est meilleure. appelle à « Au les corps de Tarticle. qui « dit. n. Quant à la justice. être grand est là la même chose guêtre meilleur. qui est la perfection raison. Th. Les autres vertus sont destinées à le conserver. 22). la prudence est la première. Le second diYgun\QT\i sed contra s'appuie sur « Arislole : qui dit.34 SOMME THÉOLOGIQUR. qui sont plus utiles aux autres. vin). pour autant qu'elles règlent les passions. la force tient la la crainte des périls première place. comme nous présente. et que son tour l'emporte sur ce qui se dit par mode de conil servation. leç. puis. Le premier est formé d'im beau texte de " Cicéron ». ce qui se dit par sur ce ceci à mode d'attribution essentielle l'emporte qui se dit par mode de production au dehors. parmi les autres choses. Nons avons ici deux arguments sed contra. Et ce bien convient essentiellement à de la prudence. vient la justice. ». les 6) Ces rertus-là doivent être les plus grandes. est Donc une plus grande vertu ». attendu que tout ce qu'il y a de mort est de plus efficace pour faire que l'homme du bien de la raison. d'après saint Denys. Thomas en la saint Au- gustin qui « dit. ix. et en quala tempérance. la libéralité semble être plus utile que la force. elle Or. Or.. « ^a^ ons noté dès premier article de la question Dans l'ordre de ces autres vertus. la splendeur de la vertu est la plus grande : : cesl en raison d'elle que les hommes sont appelas bons a ». en ce sens qu'il lui appartient d'établir l'ordre de la raison dans^ toutes les choses humaines. elle travaille à le réaliser. — Ce second argunitnl sed contra Il ne sera pas accepté de nous. que dans est la choses qui ne sont point grandes par masse. saint ». la force. au livre VI de la Trinité (ch. au livre I de la Rhétorique (ch. au livre I du Devoir Dnns la justice. aura sa réponse. vient la tempérance. en troisième lieu. parce que les plaisirs du toucher empêchent le plus. Et. bien de raison constitue le bien de l'homme. les vertus cardinales. afin la qu'elles ne détournent point l'homme du bien de le raison )>. au chapitre iv des Noms Divins (de la S. en raison de l'éloignement de l'obstacle. Comme. Les autres vertus se rangent après . d'autre s'éloigne part.

laquelle. — r»F. Vad pri/num répond que « Ambroise met la force au-dessus des autres vertus en raison d'une certaine utililé générale. 6). Nous avons déjà Nous concédons qu'un des deux arguments sed contra premier demanderait une réponse. sous coup des plus grandes craintes. traitons de force. composé d'une double la nature. Aussi bien saint Ambroise la au livre I" des Devoirs (ch. n. 35 — On ama remarqué cette justification si profonde de elles l'ordre traditionnel assigné et aussi à l'égard aux vertus cardinales entre saint des vertus qui les suivent.QUESTION CXXin. « le ». Et.'(Hier. Et voilà pourquoi la gran- deur de ditficile vertu ne doit la raison i)as tant se ». livre I" et voilà pourquoi Aristote dit. ce n'est la jus- par suite. L'homme dont doit tout étant ce ([u'il est. car plus a de puissance. au utilité contraire. « mesurer sur la raison de que sur de bien L'ad lertium fait observer que si Tliomme n'expose point pour conserver « sa personne aux périls de mort. que elle la force sans jus- lice est elle est une matière dlniquitr. selon qu'elle est utile dans les choses de la guerre. empêchatil que l'homme ne déserte « Et le devoir ou le le bien de la raison en n'importe quel ordre. plus prompte à opprimer dit celui qui est inférieur.. plus élevée et celle qui être régir chez ne laisse pas (juc de pouvoir . porte sur les choses de la qucrre et sur les « choses domestiques la raison ». de la Rhétorique (ch. au ix. pour être lui. que ceux qui sont Justes le forts sont le plus aimés. elles ». et dans les choses de la cité et dans dit-il les choses domestiques. a la une générale pour conserver tout l'ordre de justice ». si « Au second. parce qu'ils sont la plus utiles et dans la guerre et dans pair ». la louange la » ou le mérite de la force dé- pend en quelque dit sorte de justice. nous répondons que la libéralité est utile. la Aussi bien d'abord lui-même: Maintenant. c'est à l'endroit de certains bienfaits particuliers. xxxv). en quelque sorte au-dessus des autres. Vad dans le secundu/n déclare que bien que dans la de vertu consiste plus le dinicile. La force. tice.A . T. la partie raisonnable.

elle ne donne point. Une en tel vertu spéciale a pour objet de faire que la partie affective sen- mode dans l'ordre de la raison que ces sortes de mouvements ne s'y élèvent jamais de manière à détourner l'homme de son devoir. que partie atîective sensible soit tellement la modelée et maîtrisée par raison. à Teffet de la rester toujours digne de lui-même et vraiment homme. la force est En raison de l'importance de son objet. raison et qui constitue pour lui les devoir et la Parmi raient mouvements de la partie affective sensible qui pourainsi détourner l'homme du chemin de la vertu ou le l'empêcher de produire cet suivre. Ce sont directement et de soi les dangers immédiats de mort au cours d'une guerre juste à soutenir contre un ennemi mortel. qu'il s'agisse d'ennemi du dedans et du dehors ou même d'ennemi sous forme de persécution particulière. faire appel à une juste colère qui est de nature à l'aider puissamment dans cet acte.36 SOMME THEOLOOTQUE. Mais elle a ceci de particulier. que perfecplus sou- tionnée par elle la partie affective sensible demeure ce qu'elle doit être en face des dangers les plus dains. Et. a besoin. qu'elle-même ne soit susceptible d'aucun à détourner ment tendant par la l'homme de ce qui lui est le mouvemarqué vertu. justice et avant la tempérance. fàclipusemeiit impressionnée par la partie sensible en contact immédiat avec si les réalités concrètes d'une action si puissante et vive sur le fond même de notre être. toutefois. On l'appelle la vertu de sible soit disposée force. de plaisir que tout acte de vertu implique essensa raison fait tiellement. en raison du côté qui atteint la partie sensible. ceux qui seraient le plus de nature à etîet sont les mouvements causés par et ce qu'il y a l'im- de plus grand dans l'ordre du péril du danger. comme de vertu les autres vertus. savoir minence d'une mort qui menace alors qu'il s'agit d'accomplir son devoir ou de faire ce que la raison et la vertu demandent. une vertu cardinale. dans l'ordre des vertus. qui est l'acte d'aller au-devant même du foncer sur lui pour l'écarter. imprévus et les quand il lui faut vaquer à son acte péril et de secondaire. qui vient. immédiatement apiès la . que dans l'accomplisseaftlictif ment de son la sensation acte. Elle peut d'ailleurs.

directement. — DE LA FORCE. il 3^ Parmi ^ les actes de la vertu de force.QUESTION CXXni. en est un qui et demande a être étudié en lui-même spécialement et il qu'il est d C'est une excellence l'acte du martyre. parce d'une importance exceptionnelles la va taire l'objet de question suî- vante .

Or. comme on i) le voit dans les saints Innocents qui furent tués pour dit. Nous n'avons pas non plus à nous attarder pour souligner l'importance de cette question. De sa cause. desquels saint Hilaire sur saint Mathieu (ch. martyre est un acte de vertu? Cet article est spécial à ailleurs. le n'est pas volontaire. De bien entendre.OLESTlOiN CXXIV DU MÂKTMIE Cette question 1° comprend cinq artic les *. le Christ. qu'ils étaient portés au sein de l'éter- . AuTicLii Si le PuonER. Si le L'ordre de ces articles apparaît de lui-même. nous ne trouvons prouver ». 2" 3" /i° 5" martyre est un acte de vertu? De quelle vertu est-il l'acte? De la perfection de cet acte. la Somme Ihéologique. De la peine du martyre. Qu'il suffise de faire remarquer seulement que la son intérêt s'augmente encore du r(Me qu'elle joue dans canonisation des sainis. — Trois objections veulent que que fois « le martyre n'est pas un acte de vertu de vertu — La première dit martyre quelque- « tout acte est volontaire. là une nécessité toute spéciale de la — Venons tout de suite à l'article premier. Nulle part dans les œuvres de saint Thomas. d'article correspondant. Elle apparaîtra dans tout son éclat à mesure que nous la lirons.

mais « question posée. la n'a que deux mots. selon cette parole que nous lisons en saint : (v. ainsi propre. a été dil (endroit précité. et leur martyre se célèbre dans l'Église catholique le par un nombreux concours de vénération. comme dans son objet propre. dans la vérité. Et cepen- dant par dit. Or. T(miI ce que nous ^n aurons à dire du martyre s'y trouve déjà contenu en rme. xxvi). art. — il La seconde objection déclare que rien un acte de vertu. nité — DU MARTYRE. et aussi q. 5). le il Gomme il a ii3. la que l'homme bien de soit conservé dans bien de raison. v tion . Saint Augustin en au livre de la Cité de Dieu (ch. saint Thomas qui tranchent excellemment été dit. Or. ch. art. se tuer a été » soi-même est chose comme effet. le 89 par la gloire du martyre. lo) : Bienheureux ceux qui souffrent persécule pour la Justice parce que Royaume des deux ». mais plutôt cela semble être présomptueux et dangereux. il n'est pas louable que quelqu'un s'offre lui-même au martyre. que l'homme demeure ferme dans les la vérité et la justice contre le assauts des persécuteurs. est à eux. d'illicite n'est illicite. est il s'ensuit manifestement que martyre celle Retenons dès maintoiiaiil un acte de vertu ». là se réalise quelquefois I"' le martyre. vu plus haut « (q.QUESTION CXXIV. 64. — La troisième objection observer est louable que quelqu'un s'offre lui-même spontanéest ment à accomplir ce qui un acte de vertu. au temps de la persécution. notion du martyre que sainl Thomas vient de nous préarticle : — ciser dans ce premier demeurer ferme dans la vérité ri la justice contre les assauts des persécuteurs. Donc pas un acte de vertu qu' « il martyre n'est fait ». Puis donc quil appartient à raison de martyre. . que certaines saintes femmes. Or. Donc le martyre est un acle de vertu Au corps de l'article. Donc martyre n'est pas un « acte de vertu ». le la raison consiste la justice. pour éviter ceux qui en voulaient à leur pudeur. « L'argument sed contra oppose que la récompense de la béatitude n'est due qu'à ce qui est acte de vertu. 12). 109. la 2). Or. appartient à la vertu. et dans comme dans son effet qu'il ressort de ce qui art. se précipitèrent dans et le fleuve y périrent . Donc le martyre n'est pas un acte de vertu ». rappcUe-l-il (q. elle est due au martyre Matthieu. 1.

De même donc que pour la les enfants baptisés l'effet le mérite du Christ agit. dit.^ . que nul ne peut qu'il n'agisse donner ne se la mort à lui-même sans péché. à vrai dire. 5. mais il dispose de sa vie selon qu'il plaît à Dieu qui en est le iMaître. qui estime utile baptême du Christ ne peut être aux enfants. l'effet martyre du Christ agit à phanie (ch. de le même. mais vous aviez une chair dans laquelle siez la passion pour le Christ qui devait subir la sienne — On remarquera Thomas. Aussi bien. saint Augustin. que nous avions établi à se la question 64. par mérite du grâce baptismale. III. parce que ceci n'est il point confirmé par l'autorité des Écritures. en qu'eux aussi auraient subi le martyre volontai- rement. vous subis». « est possible que par certains témoignages ait dignes de foi la divine Providence les saintes persuadé lÉglise d'honorer dont il s'agit ». à de leur assurer la gloire. C'est qu'en effet répandre le Christ tient la place du baptême. sur divers passages de saint Matthieu. Vous n'aviez point Vâge de croire au Christ qui devait subir sa Passion . un sermon de V Epi: comme s'adressant à eux le Celai-là doutera de votre couronne dans votre passion pour aussi que le Christ. Vad '«i- tertium explique quelle doit être l'attitude de l'âme à . l'usage du libre arbitre avait été avancé par miracle. ad 2""». il donne pas mort. et alors. d'où était pris le texte l'objection citait. Uad primum lies déclare que « quelques-uns ont dit (cf. Homeparmi saints les œuvres de telle sorte saint Jean Glirysostome). « le dit Gomme saint Auque gustin au même il endroit ». — Mais. hom. dire est mieux de que du martyre que été les autres la méritent par leur propre volonté a son sang pour accordée par grâce de Dieu à ces petits enfants mis à mort pour le Christ. dans ceux qui furent tués pour le Christ.'iO SOMMF THEOLOGIQUR. XXVII. la gloire reprend saint Thomas. de leur assurer la palme du martyre. — Cette réponse suppose ce art. dans ni). ce qu'a de particulièrement Ihéologique cette belle et profonde raison donnée ici par saint Augustin et saint V ad sec undum répond culté si encore avec saint Augustin à la ditïi- délicate que soulevait l'objection. que dans les Innocents. la à moins sans une motion spéciale de l'Esprit-Saint.

raison par lui. qu'alors mis et souverainement louable d'aller au martyie même avec un les saint enthousiasme. qu'ont agi tous grands saints martyrs dont l'Église célèbre la mémoire. 4. aller soi-même au-devant du la loi martyre. a été dit plus haut (l'-a'^ q. et de l'article suivant. le pour sa vérité ou sa justice. qu'on serait et heureux de cette de donner sa vie en témoignage de cette justice il faudrait bien se garder de souhaiter d'avoir à subir telle martyre en occasion et de la part de telles telle personnes. Est-ce à vertu de force? C'est ce qu'il nous faut maintenant examitel est l'objet ner. certaines choses 1 appartiennent à acte de la vertu selon la préparation de l'âme. que l'homme devra être prêt à faire ceci ou cola. — Si donc il est même excellent de nourrir dans son cœur un et et amour pour Dieu vérité. io8. en effet. Bien que un acte de vertu que nous devions spontanément accomplir ne s'ensuit pas que l'on doive effet. . Mais <^"'"). en effet. la vérité et la malgré les assauts les plus terribles de la persécution. qui consiste dans le fait de soutenir comme : il con- vient les tourments infligés d'une manière injuste l'homme. Ce n'est l'occasion ello-mêiue se sera per- présente. Et.QUESTION CXXIV. pareillement. car il consiste en ce : que en l'homme demeure fidèle au bien de la effet. la loi ad que certains préceptes de la divine sont don- nés par rapport à c'est-à-dire si préparation ou à la disposition de l'âme. Et c'est ainsi. l'endroit et il — le DU MARTYRE. et entièrement contre notre gré. l'occasion s'en présente. l'homme se maintient inébranlable dans justice. préceptes de portent sur des vertus. occasion contre et la car ce serait souhaiter du même coup que si qu'en soit de la part de telles personnes un crime commis il vérité ou la justice. Or. martyre soit \l du martyre. Le martyre est un acte de vertu. à quelle vertu appartient-il. — Mais la cet acte de vertu. C'est qu'en les actes art. mais le souffrir s'il l'autre agit injustement. en ce sens que tel cas survenant l'homme agira conformément à la raison. « les il les actes de vertu. ne doit pas donner à un autre l'occasion d'agir injussi tement. ceci paraît surtout devoir être observé dans le martyre. alors lui-même doit permis tel est comme il convient ».

— Trois objections veulent prouver acte de la force». dans il un sermon de saint Maxime. Vous serez mes témoins à Jérusa- lem. 3) : Si Je livre Jhimmes que je n'aie point est plutôt la charité. nous avons un article qui est entièrement propre à la Somme théologiqiie . Or. ch. Or. selon cette parole du livre des Actes. Et saint Maxime : (de Turin) dit. xv de donner sa le : jSuI n'a de plus grand amour que première vie pour ses amis.k^ SOMMF THÉOLOGIQUE. qui est manifestée par lui. suivant ce mot de F. eh. Or. qui « : dans un sermon sur et saint Cyprien le CCCXI) // est facile de vénérer un martyr en vertu dont la louant. — ». aussi bien. une parole de Augustin (serm. la foi (v. (v. dans il tout acte de vertu. est dit (serm. la Donc force le ». que «le martyre arguë de ce que n'est pas « un — La première le té- martyr. est surtout louée est l'acte. De même. XYI) : La charité la du Christ a triomphé dans ses martyrs. en l'un de ses sermons martyre (sermon LXXXVIII) que est plutôt La mère du martyre est la foi catholique' les illustres athlètes ont signée de leur sang. pareillement. sans la charité la martyre n'a aucune valeur. martyre est un acte de la force? Ici encore.pître aux et (jjrinthiens. xiii (v. 8) : moignage est rendu à i du Christ. selon cette parole du Christ en saint Jean. signifie témoin. — La seconde objection dit que cette vertu et « l'acte louable appartient surtout à qui incline à il le produire. sans laquelle n'a pas de valeur. nvds c'est chose grande d'imiter sa foi la sa patience. cela ne mon corps aux me sert de rien. Et. martyre est plutôt l'acte de patience que de . La troisième objection dit. en grec. Article Si le II. c'est surtout la charité (jui incline au martyre. ch. qu'un acte de « saint Donc le martyre un acte de la charité est la force ». etc. i3) c'est charité qui est le plus manifestée par lacté du martyre. Donc le un acte de la foi qu'un acte de la force ».

à et les serviteurs du Christ demeurés fermes la dans D'oii la lutte. La seconde fermeté elle-même. appartient à force de confirme)' l'homme dans la le bien de la vertu contre les périls. en une proposition. dans l'épître aaa? aux Conjesseurs (ép. aux Hébreux. VIII) bienheureux martyrs. Et voilà pourquoi l'Eglise au sujet des cf. le avec un admirable w. 34) : de Ils la messe des mart>rs. Aussi bien saint Cyprien dit. Gomme on le voit. ch. .QUESTION CXX[V. ni (v. alors qu'il les périls n'abandonne point imminents de mort. la par ce qui a été montré plus haut. il que martyre est un acte de la Au « il corps de la l'article. martyrs (dans xi. il la voix libre. Or. ch. La première est le fort s'alTermit. de le et en cela consiste même cœur de l'Iiomme dans il la justice que la humaine. qui fait que quelqu'ur\^ ne cède pas aux . a Vad primum répond que dans do l'acte la force. pour force civique affermit la conser- vation de laquelle tient contre les périls de mort. ép. saint Thomas résume la d'abord. pareillele ment aussi la force dans l'ordre de la grâce affermit le cceur la de l'homme dans de Jésus-Christ . bien de il la justice de Dieu qui est par foi comme est dit aux Romains. 43 à-pro- L'argument sed contra apporte pos. doctrine exposée à question précédente. DU MARTYIU^ ici. Or. quelles louanges vous donner ai-je? force. qui dans une sorte proviennent même de combat particulier. et plus encore contre il les périls de mort le ([ui est dans la guerre. -^i). de le ont été forts dans la guerre ». à l'âme incorruptible. surtout contre les périls de la mort. l'acte. malgré de l'action des persécuteurs : vu le céleste combal. et ceci est la fin la la bien dans lequel force. dans un La niullltude des ussistanls u de ses sermons (endroit précité) la foi et la justice. l'épître v. deuv est choses sont à considérer. témoignage du grand Martyrs et « saint Cyprien qui « : dit. à le vertu divine. dit-il. suit manifestement que lil martyre est l'acte de la force. par quel éloge résistance? Puis soldats si pleins de ma voix expliquera-t-elle Cénergie de votre est loué le donc que chacun s'ensuit pour la vertu dont il accomplit force ». causes contraires qui luttent contre ce bien l'essence de la force. est le manifeste que dans la martyre l'homme est affermi dans bien de vertu.

comme méri- de vertu qui produit. Et parce que la patience sert la force du côté de son acte principal. — iNous devons soigneusement retenir cette Nous y voyons que l'acte d'attaquer n'appartient pas à la raison du martyre. 6). par mode de et Il il vertu qui le produit. il Quant au charité fait d'être le tient de la charité. patience est louée dans les marréponse. et à la à comme l'habitus qui produit l'acte » de demeurer ferme. Et par l'acte d'attaquer. que nous venons de Faut-il dire tion:' préciser. Et c'est pour cela que sans n'a aucune va- leur ».^l\ SOMME THÉOLOGIQUE. i23. il faut entendre ici tout mouvement Le martyr térieure. le Et ainsi laquelle » force. et principal motif. art. Et de là la vient aussi que martyre est l'acte de la charité la vertu qui la le commande. par mode de commande le tandis que la force incline à cet acte à de motif propre. et c'est à cet acte l'acte principal de la force est l'acte de tenir. sans que sa volonté fléchisse. le est l'acte de comme de force. Elle forme l'objet l'article suivant. non à secondaire. . martyre appartient. martyre se compare à la foi comme à la fm dans ou en vue de laquelle « l'homme s'affermit. l'action d'un ennemi qui en veut à sa volonté bonne et qui pour en venir à bout ne recule devant aucun méfait. Vad que le terllam rappelle que « comme il l'acte a été dit (q. qui est l'acte d'attaquer. Il (jui fait qu'on se porte contre un ennemi en vue d'en triompher et de le mettre dans l'impossibilité de nuire. une nouvelle question de la que le martyre esl est l'acte plus grande perfec- La question de du plus haut intérêt. qui par tyrs est l'acte la de tenir. Tout de suite. L'ad secunduni explique que « la charité incline à l'acte du martyre à vertu qui titre titre de premier . suit de là aussi qu'il manifeste l'une et l'autre de ces deux vertus. comme du la reste tout acte de il vertu. et en raison même de cette nature du martyre se pose. toire. esl essentiellement passif dans l'ordre de l'action ex- subit. de là vient aussi que mode de concomitance ». Saint Thomas va la résoudre avec un surcroît d'éblouissante lumière.

du martyre ». et fessse sa foi par ses épître de saint Jean. que Vobéissance est préférée à tous les sacrijices de victimes.QUESTION CXXIV. — La première dit que cela le semble appartenir à conseil. parce que cela n'est point de nécessité pour nécessité le salut. de VÉthique (ch. ou x. qui enseigne d'enseigner l'acte et utile à beaucoup. 8. Donc ». . que nous devons donner notre pas à la vie pour nos frères. 45 Article HT Si le martyre est l'acte de la plus grande perfection? Trois objections veulent prouver que « l'acte (( le martyre n'est point de la plus grande perfection la ». préfère le maisotn- tyre à la virginité. seconde objection déclare qu' « il semble qu'il y ait une plus grande perfection à donner à Dieu son âme. pour : le salut. Or. a au livre de la sainte Virginité (ch. aux Romains. — DU MAinvUE. au livre dernier de ses Morales (ch. ce qui se fait par l'obéissance. celui. ou xn). Von con- ch. X (lo) On croit dans son cœur pour paroles pour il la jusiice.. le martyre n'appartient La une chose de surérogation. selon Aristote. ch. de Th. xlvi). . — le La troisième d'être utile objection fait remarquer qu' se semble meilleur aux autres que de que le conserver soi-même dans le bien . et c'est n'est pas l'acte de la plus grande perfection « il ». Donc le martyre le martyre. dans la première est dit. xiv. m (v. l'acte Or. L'Apôtre en effet. n. et. 2). xlv. qui le tombe sous non sous précepte. qui appartient à la perfection. ble Donc il que le martyre appartient le plus à la perfection ». qu'à lui donner son propre corps. Donc est de gouverner des sujets plus parfait que qui. au livre leç. le martyre paraît être de dit. et perfection de la vertu. parce bien de la nation est meilleur que I bien d'un seul ii. i6). homme. le salut. ce qui se fait perfection qui est — par pourquoi saint Grégoire dit. S. celui qui subit le martyre n'est utile qu'à soi est au contraire. L'argument scd contra en appelle à « saint Augustin ».

selon que TApôtrc de la le dit. Et c'est surtout de ce chef qu'un acte donné a d'appar- tenir à la perfection de la vie. observer qu' le conseil. on considérer l'acte est de vertu selon qu'il se compare au niolif premier. ch. D'ori il suit chose meilleure. ne tombe sous précepte. i3) : Nul n'a une plus grande charité que s'il donne sa vie (( pour il ses amis ». car. le martyre. parmi tous le les actes vertueux. chose louable en soi. le plus par- fait actes de Gest qu'en sui)poiter la mort que que n'est pas cela est la vertu. Vu corps de l'article. Il. la nécessité que saint Augustin ch. marquée en fait xv (v. comme dit. c'est la vie elle-même que l'homme lui aime le plus. Vad primum tion. saint Thomas nous avertit que « nous pouvons parler d'un acte de vertu d'une double manière. dont plus grandes voluptés le dit saint (q. d'après cette saint Jean. aux tion. la charité est le lien perfec- Or. étant de nécessité de salut. précisément. en certain cas. n'est aucun acte de perfec- tombant sous le qui. même animaux sans le que Augustin au livre des Quatre-vingt-trois Questions XXXYl). de tous les biens delà vie présente. De cette le ne peut pas être que la marlyio. et qu'il choisit de soutt'rir une chose plus odieuse. au que l'homme tombe dans de gaixler lu . que pour elle il méprise une chose plus aimée. qui l'amour de charité. est ])eut — D'une autre manière. if\). selon l'espèce de l'acte lui-même. elle se la c'est la mort qui est le plus odieuse. xix). est le plus martyre. ch. convient. Et par là on voit que autres actes humains. surtout quand les présente avec les doucrainte détourne des raison. par contre. parce qu'il est la fin. comme parole étant le signe de la plus grande charité. m (v. tant qu'il — se lo D'aboid. mais seulement en tant ordonné à quelque bien qui consiste dans l'acte de ])ar ovemple la foi et l'amour de Dieu. en compare sorte. C'est qu'en l'homme montre d'autant plus qu'il aime une chose. c'est ainsi livre des Mariages adultérins (liv. qui consiste dans il de supporter de tous les mort comme vertu. comme aussi. fait il à la vertu qui le produit immédiatement. selon leurs des tourments corporels. soit ctt'et. Et.46 SOMME THEOLOGIOUE. parmi tous les parfait selon soft genre. Colossiens. cet acte de vertu. démontre ou manifeste effet plus la perfection de la charité.

abstraction faite charité dont il du genre qui De ce chef. El donc il n'est pas contre la perfection du martyre. DU MARTYHPJ. -àVad 3""' de premier. . des cas. se doivent entendre de la préparation de l'ùme en ce sens qu'il faut toujouis être prêt à donner sa vie pour la vérité et la justice. la foi et Ceci ne contredit pas ce . il s'agit d'occasions oii l'auteur du martyre est déjà dans l'acte du mal et où l'on s'offre soi-même pour empèclur tel un autre mal. en vient de il n'a pas d'exceller au-dessus de tous les actes des vertus la force n'est la pas plus que plus excellente parmi toutes les vertus ».QUESTION CXXTV. au contraire. mort. Par où l'on voit que martyre en lui-même ». la nax Philipplens ch. Ici. Il est. à » de son ad primum. si l'occasion de le faire nous était « imposée. soit obéissant la mort. en effet. unile quement pour balancé par le bien que le martyre assure. comme nous lisons du Christ. cependant suppor- . ou la fin et le scandale de — Saint Thomas ajoute. car ce bien est mal que commet l'auteur du martyre.qui a été dit l'article plus haut. si en quel- que cas qu'on il est de nécessité de salut. la foi. ne Bien que supporter la soit pas. n fait (v. Vad secundam répond que ])eut le martyre comprend ce qu'il y avoir de plus élevé dans l'obéissance. 8). de ceux qui s'offriraient ainsi au martyre. que qui étaient conte« ces préceptes dont parlait l'objection de saint Paul et nus dans les textes de saint Jean. serait-ce d'ailleurs au milieu des plus cruels tourments et de la façon la plus héroïque. lit souvent que de saints martyrs se sont offerts deuxpour raêmes spontanément au martyre par zèle pour la charité fraternelle ». s'agis- en effet. savoir que l'on jusqu'à . de soi. c< que la mort du prochain. aller au-devant du martyre. ». le plus grand acte de vertu. ^7 continence en raison de l'absence ou de linlirnulé desa femme. qu'on ne doit pas de Il soi-même spontanément sait là. » de la la vertu de force. « sa propre espèce d'acte lui effet. le qu7/ s'est fait obéissant jusqu'à mort. est plus par- que l'obéissance prise d'une façon absolue lerllum déclare Vad que « cette raison » dojinée par l'objec- tion « procède du martyre selon est le signe. où c'est ainsi subir le martyre n'est point de nécessité de salut.

— La seconde un raisonnement assez subtil.F ai bien dit. Nous venons de parler de mort. sur l'Évangile) la : Bien que Voccasion de persécution fasse défaut. Serait-ce donc que la mort essentielle — est la au martyre. en effet. Or. Vierge Mère de Dieu fat aussi mar- quoiqu'elle ait fini sa vie en paix. dans : — La première apporte deux textes qui C'est d'abord u saint Jérôme Paule ». la question est du plus haut intérêt et de la plus grande importance. III Et saint Grégoire dit la (hom. Sï la mort est de la raison du martyre? Quatre objections veulent prouver que la raison le « la mort n'est pas de du martyre ». à tochiam) tyre. la chose que tout être : humain aime le plus en cette vie. car si nous ne mettons pas notre tête sous le tranchant du fer. Saint Thomas va suit. comme on le voit de sainte \gnès et de . mort pour Dieu. parce que c'est là gne du plus grand amour de Dieu. toutefois paix a son martyre. qui motivera. Elle rappelle ce que nous avions déjà vu dans la seconde objection de l'article premier. aimé de l'amour de le charité. pour Lui. (( . du il arrive parfois que l'intégrité de la chair » ou la virginité « est la foi enlevée ou qu'on tente de l'enlever pour la confession de chrétienne. la Donc le martyre peut exister sans qu'on souffre objection propose mort ». et qui Eus- « dit le sermon de l'Assomption que la (ép. en quoi consiste toute perfection on méprise. . donnent à entendre. reste. On lit que pour sauver l'intégrité de la chair. IX. à V intérieur cependant charnels avec le nous atxdtons les désirs glaive de l'esprit.48 ter ainsi la SOMME TIlÉOLOGIQrE.^ Ici encore. une réponse fort intéressante. est de le si- tous les actes de vertu plus grand. et on le fait en acceptant généreusement ce qui inspire à l'homme le plus d'horreur. résoudre à l'article qui Article IV. certaines femmes ont louablement méprisé leur vie et par là il semble que l'intégrité de la chasteté est préférée à la vie corporelle.

xv). 17. comme (pi'il devant être méprisées pour les choses invisibles. que quelqu'un subisse la peine de mort»). que si elle perdait même la pourquoi sainte Lucie dit » « vie cor- porelle. il un acte méritoire. mais dit saint aussi les antres adversités. Hébreux. ad 2""". martyre doive ^9 se dire pluest vio- Donc il semble que lée « quand une femme perd l'intégrité de sa chair)) ou pour la foi du Christ. ainsi qu'on (v. X 34)- aux Hébreux. par celte foi chrétienne. 3). tôt — le DU MAUTVaE. pour la foi du (Ihrist le comme la prison.. Actes de la sainte. — La troisième objection comme la le obser- ver que « à la force. XVI). — La Force el la Tempérance. Augustin. les choses visibles nous sont proposées xi (cf. Or. « Donc il n'est point de nécessité du martyre. (\uil triomphe en mourant pour » alors qu'il serait vaincu en vivant sans la foi Au corps de l'article. le le iSdcc). L'argument sed conlra en appelle encore à de Turin. Et voilà la au juge impie qui violence contre ». la foi. la des biens. la chaslelé me sera une double couronne jointe à celle martyre que et celte violence me fera subir (cf. 2. est — La quatrième objection rappelle que «le martyre a été dit (art. il appartient non seulement de ne pas craindre la mort. ainsi est dit dans l'Epitre aux iv. qui « « saint Maxime » dit. au martyre. art. Dautre part. <|u'il méprise fouies XIII. W Épiive aux Corinthiens. Et ainsi la mort n'est pas de la raison » du martyre )). ch. ch. Aussi bien célèbre-t-on précisément le martyre voit par l'Épitre » (lu Pape saint Marcel. du martyr. Or. que l'homme témoigne en montrant en elï'et et par son acte. déjà faite à l'occasion de l'objection première de l'article savoir que « le martyr est ainsi appelé comme étant le témoin de la foi chrétienne. est une foule d'autres adveisités. faut qu'il existe avant. en deçà de stij)porler l)erle cil. 18). sainte Lucie. QUKSTtON CXXIV. saint Thomas s'appuie sur la remar(iuc u . dans un seiinon (serm. mort. qui cependant mourut dans sa prison et la non pas sous l'action du bourreau. menaçait : Si tu ordonnes qu on me fasse mon du (jré. martyre est un acte de la force. que d'aucuns' peuvent . ainsi qu'il Puis donc que l'acte méritoire ou de l'essence u n'existe pas après la mort. au il li- vie VI de la Musique (ch. vv. 4 . H s'ensuit qu'il appartient sa fui. l'exil. fait son office.

fait Vad secundum perd l'intégrité de observer qu' chair ou est il « au sujet de la femme qui au regard chrétienne. et même vie. Et c'est ce que nous dit expressément saint Thomas à Vad primum. « parlent du martyre par mode d'une certaine non du martyre au sens propre et formel. mais ce ne sera point le martyre proprement cela. — On aura remarqué. au regard des suffisant. 27). de martyre requiert c eut qu'i/.1)0 SOMME THEOLOGIQLE. xxviii. ajoute saint (1 au- près de Dieu. hommes. la vie cor- porelle. tant qu'il demeure à il les et invi- sibles. v. « Et voilà pourquoi cette violence n'a point propre- ment la raison du martyre. il donnera poiw son nme. . C homme corporelle. v. « dit. viii. à l'oc- casion de la foi du Christ. « Les textes que citait l'objection et tous les textes w semblables qui pourraient se rencontrer doivent s'entendre en tant qu'ils similitude ». choses présentes.. si peut lui- être imputée récompense ». n'a pas encore montré par son : qu'il méprise toutes les choses temporelles car les hommes et les ». V. la condamnée pour à la perdre. la dans cette réponse. Mais les ».90i7 raison propre manifeste aux yeux des foi hommes que l'effet précisément en vue de la chrétienne et à de lui rendre témoignage qu'on subit la violence requise d'autre part pour le martyre et qui est la peine de mort infligée en haine de cette foi. tyre. cette violence lo. raison parfaite la et tout ce quila. le au sujet de Job Peau pour peau. pour conserver leur ch. Aussi bien. pour saint Thomas. comme c'était le martyre même. de souffrir douleurs du corps. c'est-à-dire pour sa vie 11 suit de là que pour la du marChrist ». VII. « ainsi que le dit sainte Lucie ». l'homme acte. à aux Romains. ont coutume de tous les biens mépriser » ou de laisser « et leurs proches qu'ils possèdent. II. le pourra y avoir une certaine similitude martyre. 4. que. des n'est point manifeste la foi hommes. g. qui scrute ps. si la femme souffre cela le il et si ce n'est pas plutôt pour mépris de la chasteté. ch. Aussi bien Satan : dans le livre de Job. ch. afin de parvenir aux biens futurs D'autre part. V. cœurs Paralip. est requis que l'homme subisse il mort pour le En dehors de avec dit. n'y a pas là un témoignage Thomas.

ne suffisent pas à donner la raison du marà moins qu'elles n'aient pour conséquence les la effective et directe la mort. se continue ce qu'on (le lui-même durant tout l'ensemble de bien. C'était précisément le cas du pape saint Marcel dont parlait l'objection. ici. l'homme. telle quand tourments sont d'une et qu'ils la nature qu'ils vont à donner si mort donne- raient dans ce une intervention miraculeuse n'y mettait obstacle. force consiste principalement en elle ce qui est les périls de mort. cas on a vraiment la raison du martyre. si ce n'est peutêtre en tant que la mort en est la suite ». bien que la pas été subie. fqipelle si . que ces autres peines. est donc. fa- meux de sainte Thècle. tyre aussi la le mar- ne se dit point proprement du seul fait qu'on subit ou l'exil. saint Thomas qui teruiine cette réponse ne doit pas s'entendre le mot « peut-être » en latin /or/è. dans la langue de l'Église. est Thomas simplement pour marquer une générale ou un cas spécial hors de l'affir: d'une façon dubitative souvent pris par saint exception à la règle mation commune. la — BU MARIYUR. le mérite de l'acte du martyre se continue et aussi pendant tout le leujps que subit ces sortes d'aiTlictions ». des blessures mor- qu'il subit de la part des persécuteurs ou toutes autres tribulations continuées jusqu'à la mort. Vad quartum après la mort. vit longtemps encore. en ce sens que l'homme souffre volontairement qui lui est mort que infligée. les arles du niarlyr. par quelque chose Il que le mérite de l'acte du martyre n'est pas qui consiste en une sorte de point indivisible. pour la foi du Christ. Le sens tyre. mort n'ait On a. Il arrive cependant quelquefois. 128. Et à cause de cela. Par contre. protomartyre la et aussi celui de saint il Jean sorti indemne de avait été plongé à chaudière d'huile bouillante où la Rome devant porte Latine. pour telles. Le mot de prison. par elles-mêmes. Dans cet état. 1 Vad dit plus terliam appuie sur ce dernier point. ou la perle des richesses.QUESTION CWn. le Christ. « Gomme il a été haut (q. après avoir reçu. [\). dans ce sens. l'homme là. — Nous voyons. ne consiste dans les autres choses que par voie de conséquence. l'exemple . a. déclare que « le mérite du martyre n est pas mais dans le supplice même volontaire de la la mort.

Le martyre. Or. — Ce dernier aspect de la question. il géométrie. demande Nous devons examiner le quelle est bien. D'autre part. quer ou d'afïîrmer en passant. ARTfCLE V. en effet. la cause ou quel est motif qui. C'est l'objet de l'article suivant. La seconde objecchrétien. au cours de cet à être directement étudié en lui-même. ce n'est pas par est dit témoignage de toute vérité. au sens propre. l'article 3. Donc seule la foi du Christ donne à ceux qui souffrent » pour elle « la gloire du martyre ». nous l'avions déjà la subit. (ïenlre vous ne souffre comme homicide. c'est si seulement par témoignage la vérité divine. Si la foi seule est la cause du martyre? Trois objections veulent prouver que « la foi seule est la cause du martyre dit. ». le témoignage le n'est rendu qu'à rité. « Martyr se dit comme la vé- l'on disait témoin. ne d'une se dit jamais qu'en fonction mort violente couronnant ou devant naturellement couronner la résistance opposée à l'action impie du persécula foi teur qui s'attaque ouvertement aux choses de chrétienne. du fait qu'il a la foi du Christ. Or. — La première arguë du texte où « il est : dans la première épître de saint Pierre. ch. que nous venons d'indiarticle. ou pour toute autre chose de ce genre mais si comme voc'est comme quau contraire il glorifie Dieu l'homme est dit chrétien. serait martyr. le que l'homme de la martyr. Sans quoi. ce qui ».52 soMMn: theoi. serait Donc la foi seule est la cause du niaityre — La troisième ob- . Car. à proprement. spécifie le martyre. et en ce nom. Est-il donc né- cessaire de dire que seule martyre. ou . — tion appuie sur si le nom même de martyr. la quelqu'un mourait pour confession d'une vérité de science spéculative. i5. iv (v. dit.ogique:. 16) Que nul leur. c'est la fin la pour laquelle on la foi spécifie le qui donne à mort le caractère de vertu qui la distingue. ou de toute autre ridicule. quil n'en rougisse pas.

ch. et cela se réfère la au martyre. 8. était de Th. comme qui étant ses témoins. cette vérité est la vérité ». au livre I de VÉthique (ch. qui meurent pour la les défense de la chose publique. seul. ajoute saint Thomas. semblerait surtout que ceux-là seraient des martyrs. i). car on ne célèbre pas martyres des soldats qui meurent dans une guerre juste. V (v. Aussi bien est-il dit de certains. trerai (v. S. ch. la quelle protestation extérieure consiste paroles par lesquelles on confesse faits la non seulement dans foi. à la \é- de n'appartient pas seulement la croyance intérieure protestation extérieure en fait aussi partie. ils rendent témoignage à la vérité. qui sont ordonnées au bien le commun. non pas à n'importe la piété (à Titc. Thomas répond que comme titre il a été dit (obj. 10) : est dit en saint Mat- Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice. Chose que pratique de l'Église ne reconnaît pas. quelle vérité. mais à la vérité qui est selon V. Lales k-s . et de là vient que tyre l'on dit les martyrs du Christ. ch. Or. la foi seule paraît être la Donc cause du martyre ». à justice appartiennent ». est la cause de tout mar- au sens pur et simple et selon qu'on parle de marlyie dans rité l'Église de Dieu. . comme de le dit la glose en cet endroit. il leç. les 53 remarquer que car « parmi autres œuvres de vertu. bien d'un n. d'après Âristote. art. 2). Au corps de l'article. 18) : mon- œuvres ma foi. Elles nous permettront de fixer avec la dernière précision cette grande doctrine du martyre. « il L'argument sed conira oppose qu' thieu. laquelle nous a été manifestée par le Christ. de la foi. la foi — « Mais. Donc même « les autres vertus peuvent être cause du martyre ». jection fait celles-là DU MARIYRE. semblent l'emporter. à parler non seule- ment dans la foi. — On aura remarqué l'intérêt exceptionnel des objections qui viennent d'être données.QUESTION CXXIV. 2. Si donc quelque autre bien là cause du mar- tyre. mais aussi dans Je ou dans par les les actes qui montrent que l'homme 11 a la fdi Ir selon cette parole de saint Jacques. bien de la nation est meilleur que le ii. i. du cœur. le mais aussi les autres vertus u la justice sens général d'état de justice.. les martyrs sont ainsi appelés à de la témoins : en ce sens qu'en souffrant dans leur corps jusqu'à mort. saint /j). Or.

précisément. parce que. à l'exemple du Christ. non pas pour la négation de » la foi. l'homme appartenir au Christ. voilà unique. 9) lui il : : fait qu'il a la foi du Christ. meurt aux péchés 2/i) : : selon ce mot de l'Épître aux ch. Elle nous montre. Souffrir cl la commoucause rir i)our rester fidèle à l'enseignement du Christ. Or. et encore. au sens plus précis à plus formel de ce mot. ce dernier la foi et des mot dit tout. De remarque saint Thomas. vni (v. le que le motif du martyre. que Dieu demande de nous ces œuvres. Il suit de là que souffre comme la chré- non pas seulement qui se fait celui qui souffre pour confession de fre la foi par les paroles. celui-là ne appartient pas. et la cause du martyre. qui subit la mort. commandé ou défendu par la doctrine du Christ. cli. les vertus. peut être n'importe quel acte (aire ou à éviter. Et. et les ils le nient par leurs suit de là que fait œuvres de toutes effet. Si quelqu'un na pas l'Esprit du Christ. — Cette réponse est et d'une importance extrême. car tout cela appartient à la protestation de la foi ». en qu'il qui nous nous en récompense.54 SOMME THÉOLOGIQUE. du vrai martyre. qu'on célèbre dans l'Église le martyre de saint Jean-Baptiste. Ceux qui appartiennent au Christ ont . mais il aussi mû par l'Esprit du Christ se porte aux selon cette parole de l'Épître aux Romains. complétant expliquant la doctrine le du corps de et l'artiGle. car il prend le double sens de œuvres. pour lequel on souffre et l'on meurt en résistant à ceux qui voudraient nous rendre infidèles : et. i dans VÉpître « (v. non pas seulement du en raison de ce que actions vertueuses ch. sont de certaines protestations de connaîlre. Dieu. selon qu'elles se réfèrent à la foi. Il connaissent Dieu. celui qui est dit appartient au Christ. elles peuvent être là vient. Galates. mais complète. 16) : Ils confessent en paroles qu'ils actes. Et voilà pourquoi . mais pour avoir repris l'adultère Vad primuni déclare qu' « est appelé chrétien. crucifié leur chair avec ses convoitises tien. v (v. Tile. Vad secunduni fait observer que « la vérité des autres scien- ces n'appartient pas au culte de la divinité. mais encore celui qui souf- pour n'importe quelle bonne œuvre à réaliser ou pour n'importe quel péché à éviter en vue du Christ. à ce titre.

martyre. Souffrir et du martyre c'est du Christ nous mourir pour rester : fidèle à son devoir. On que pourrait donc. Le martyre était l'acte principal nous . l'emporte sur bien humain tion. D'où il DO point dite être selon Ui piété. un péché. ne peut pas être dite directement cause la vérité du martyre de ces autres sciences. au sujet de n'importe quelle vérité. — Et nous voyons. peut être cause U'ad tertiam accorde que « le le bien de la chose publique le est plus grand parmi les biens humains. distinctes de l'enle seignement donné par pourraient devenir qu'elles auraient la Christ et gardé par son Église. — « Toutefois. qu'autant cet enseigne- une connexion de nécessité avec ment saint il et que par suite elles en feraient partie. bien divin. est un péché contraire du martyre ». par ce dernier mot. selon est pris et que ce bien est en fonction de la fin dernière surnaturelle. le qui est cause propre Il du martyre. comme le le voulait l'objec- que le seul fait de donner sa vie pour bien de sa patrie dans une guerre juste. persécution de quelque ennemi de ces choses-là. alors qu'on souffre de la force. ne cause directe du martyre. ce qui peut arri- ver surtout pour les vérités philosophiques. comme lorsqu'on le réfère à peut ctie la humain » pour lequel on scuffre et on cause du martyre. révèle et nous le tel ([uc la foi le commande. non » : plus. ce qui conset proprement spécifiquement raison bien divin. parce que vu plus haut tout mensonge est a été (q. ou pour assurer n'importe quel bien. d'ordre surnaturel. elle n'est DU MARTYRE. comme menen tant que le men- songe à la loi divine. parce que humain peut devenir n'importe quel bien meurt. à Dieu titue le « divin. selon ({u'il est rapporté la ». Mais la ». proprement spécifiquement l'acte du martyre. : définir ainsi le martyre un la acte de la vertu de force qui inorl l'ait même sous le le coup de on no se désiste poini des la choses qui sont propre du chrétien. qui spécifie le suffise à constituer la cause ou le le motif bien Dieu. — « Mais. et la force. 3).QUESTION CXXIV. suit que sa con- fession. art. ne s'ensuit donc pas. au terme de cette lumineuse (jueslion. le fait d'éviter le songe. ajoute Thomas. iio.

00 SOMME THEOLOGIQUE. nous traiterons ». 127) l'aire L'étude de crainte va l'objet de la . a pour objet propre de réprimer les mouvemenl de crainte ou de modérer sent dans péril de les mouvements d'audace qui surgis l'homme en présence du péril. 126). C'est pourquoi. que l'homme pourra péchei' contre : la vertu de force d'une double manière être du côté de la crainte. Du côté même de la crainte. la crainte (q. ayant trop de crainte. ment de (q. l'avons vu. secondement. mal le gré l'action de ces périls sur raison. n'en a pas assez. de l'audace (q. ou en n'étant pas ce qu'il doi: ou en n'étant pas ce qu'il doitctn du côté de pécher s'il l'audace. troisièmement. premièrecraint' 1. plus spécialement di mort dans une guerre suit de là juste. i25). soit il pourra soit par excès. afin que l'homme. ne déserte jamais bien de l. « par défaut. du manque de question suivante. 11 lui. devant maintenant : traiter des vices opposés à la force.

.is un |)éché». XXX).. au livre III de l'Éthique (ch. immaculée. les il a été vu plus haut (i*-2". crainte est comme est dil psaume (xvni. craindre est naturel à l'homme. vi (v. i ). de vient qu'Aristole dit. comme Or. ni KSTIU. passions ne molivent ni louanges ni v. /i . art. ch. . 'i i . Or. q. de il Th. commandée dans : de Dieu. obéissez à vos maîtres charnels avec crainle cl tremblciiicnl Donc fait la crainte n'est pas « rien un péché ». Uç. IV. 23. au de la Foi Orthoet doxe (ch. 7. n. car est dit aux Épliésiens. Si la crainte est un péché? Trois objections veulent prouver que « la crainte ne si |). vin. il est dit au livre de VEthiqae (ch. ai I. — est La seconde objection la que dans la loi « rien de ce qui est la loi commandé dans Or.")). II observer (pie n'est de ce qui se trouve naturellement dans l'homme un |ié(hé. coninir S.N cxxv DE LA CRAINTE Cetlp question i" comprend quatre articles : Si la crainte est un péché? à la 2" Si elle s'oppose force? 3* Si elle est 4° Si elle un péché morlel? excuse ou si elle diminue le péché? AiriicLE Priîmier.Ican Damascène. la loi divine u il péché. n. . il 8). Puis donc que tout péché motive crainte n'est pas blâme. 5) Escla- ves. car le du Seigneur v . parce (pie le comme là le dit saint . q. semble (pie la ilrrlarc esl un péché ». — La troisième objcclion péché livre est contre nature. 3. — La première dit que les II « la crainte est une passion. le le blâme.

— On le voit : par elle-même. prise en général. la il s'agit ici proprement de l'appétit gouvernement de la raison. la les douleur. menace.sordonné ni non qui plus un péché est ». 109. alors lappétit n'est pas dé. et que et. rappelant un des points même temps que les plus profonds de sa doctrine morale. et ressort de ce qui a été dit (q.5S de S. fuit ce qu'il faut fuir dans son mouvement de crainte. Lors donc que l'appétit fuit ce que la raison dicte qu'il faut supporter afin de ne pas laisser d'autres choses qui doivent être recherchées plutôt. 28) il Ac craignez point ceux qui tuent 11 corps. plus haut comme q. il comme aussi. Icç. il parmi les choses à fuir. dans cette mesure-là il là vient mal contraire. Elle sera l'un que dans son mouvement elle soumise à raison ou qu'elle agira contrairement à Et c'est ce que nous explique encore saint Thomas à l'ad primum. n'est ni bonne ni mauvaise moralement. « La crainte. Et. Lorsque.. art. que l'appétit » sensible « soit soumis au part. 2. en saint Mathieu. 2). le bien de il l'acte humain se trouve dans un certain ordre. fi) : A'^ les crains pas ne redoute point leurs discours Thomas. d'autres doivent être recherchées. c'est qu'en effet. ni inondations . SOMMF THEOLOr. dans Ézéchiel. ni les tremblements de terre. dans . et dans la recherché. au contraii'e. art. parmi les choses à rechercher. cl elle a la raison de péché. ch. ch. et est dit. en est dont elle dicte qu'il faut les fuir plus que d'autres. Donc la crainte n'est pas un poché que c ». D'autre raison dicte qu'il faut fuir certaines choses. la crainte. L'argument sed contra se réfère à ce . un mouvement de Tappétit tendant ou l'autre. ne craint rien. en est dont elle dicte qu'il faut les rechercher plus mesure où un bien doit faut fuir le être que d'autres. c'est là l'ordre voulu. Or. fait observer qu' « une chose est dite péché dans les actes humains pour une raison corps de l'article. selon la raison. Th. x le (v. saint Au les plus lumineux et les plus essentiels en de désordre . dit-il. dans ce cas la crainte est désordonnée l'appétit. selon la à s'éloigner du mal qui demeurera elle. 11^. lo) que V homme sera idiot ou privé du sens de s'il . De que la raison dicte que certains biens doivent être recherchés plus qu'il ne faut fuir certains maux. implique. ». (v.IOLE. le Seigneur rlil.

Si le péché de la crainte s'oppose à la force? Cet article. — Trois objections veulent prouver que . mais seulement ceux qui là-dessus ou en cela sont ou ne sont pas selon la raison ». Vad secundum répond que l'Apôtre est en « cette crainte à laquelle invile : ou l'esclave harmonie avec la raison le serviteur. en pareil cas. La crainte l'être n'est pas cas. Article II. est l'objet de l'article qui suit. la fuite : 5 Ç) son concept. se produisant contrairement aux ordres de Tel sera le cas de la quiconque fuira. le les fait de quel- principes même de la nature. Mais peut arriver. elle pcul en certain qu'elle soit désorla raison. donnée. elle n"a ni la raison de bien ni la raison de mal. à quelle vertu s'oppose-t-il Faut-il dire qu'il s'oppose à la verlu de et tel force? C'est ce que nous devons maintenant considérer. disait Aristote serait. doivent être évités. doit craindre pour ne pas manquer aux égards el ». en du reste. — DK h\ CR MNTK. Il un péché par elle-même. de Il ce chef. ce il que raison ordonne de supporter ou contre quoi faut tenir pour ne pas abandonner des biens d'ordre supéil rieur. Et c'est pour cela qu'Aristote dit que les passions ne sont ni louables ni blâse mables . en effet. Au le contraire. Et par suite la crainte de tels maux n'est pas un péché ». en ce sens qu'on ne loue ni ne blâme ceux qui mettent en colère ou qui craignent. par son mouvement de crainte. ne pas craindre. quand ? existe. d'une façon universelle. au témoignage de la raison. comme dans le que dépravation dans texte cité par l'objection.QUESTION CXXV. en eflci. — Mais ce péché de crainte. pour bien. aussi bien. comme aussi l'article suivant. de toutes les autres passions. de supporter. au service qu'il doit rendre à son maître Vad tert'mm déclare que « les maux auxquels l'homme ne le peut pas résister et qu'il ne servirait à rien. sont propres à la Somme thélologîqae. est ainsi.

ne s'oppose point à force L'argument sed contra s'appuie sur livre II (ch. la force ». de Caton. crainte. en effet. Arislote ». comme 4). : 3. La glose : en eflel. « au vn. 8) et au livre III (ch. qui. saint « s'oppose à la force ». art. THEOLOGIOUE. n. la n. la crainte de r humiliation. la « il a été\ le vu plus haut (q. péché. redisant mêmes crainte paroles. se donna la mort. alïirme que timidité ou le fait de craindre indûment l'article. c'est ce que saint Augustin raconte. la force. toute le ciainte procède de l'amour nul ne craint. tout homme vertueux aimant le propre bien de la vertu. pour ne pas tomber sous la servitude de César. vu. : Et. q. art. Donc le péché de crainte ne s'oppose pas à elle ». il a été vu plus haut Or. et l'amour désoidonné est compris en tout . xxiv). psaume (cxxvii. art. (q. Donc ». car c'est de l'amour désordonné que procède la convoi- . » de S. à l'espérance. que la crainte humaine les périls nous fait craindre de soujjrir les de la chair ou de perdre biens du monde. l'amour n'est pas déterminé à un genre de vertu ou de vice mais l'amour ordonné est compris en chaque vertu. i. le péché de la ciainle ne regarde pas toujours sur ce verset du le les périls de mort. i'-2"% q. li). xxvi (v. 1) Bienheu- reux Ions ceux qui craignent est celle qui Seigneur. le désespoir ne s'oppose pointa la force. comme (lit. péché de qui.. non plus. sur cette parole de saint les Mathieu. le péché de la ci ai nie « ne s'oppose point à la —La pre- mière rappelle que force porte sur les périls de mort. que contraire de ce qu'il aime. i5) de VÉthique. au livre I de la Cité de Dieu (ch. v. art. Donc péché de la crainte fait ne s'oppose pas à la force ». Or. mais plutôt à de dit la (( ressemblance avec tout désespoir j)io- — La troisième objection que vient de quelque crainte. « Au corps de Thomas rappelle que comme i). i''-2^'. il a été dit plus haut (q. art. quelquefois. leç. l'homme s'expose mort par crainte de la servitude ou de l'ignominie. le — La second objection observer que « ce c'est qu'elle s'ex- qui rend plus la force digne de louange. Th. 12. 44) Il pria une troisième fois. Or. 128.MMi. la glose dit qu'il y a trois espèces de : mauvaise et la crainte de la mort. 4o..6o (( SO. 2 . leç. ch. le la crainte de la douleur. mais plutôt 20. 19. Or. Th. de S. la pose aux périls de à la mort. 43.

et de même pour (ch. Or. i. de s'exposer aux périls de la périls de la mort en vue du bien. en s'oppo- ser aux diverses vertus Vad secLindum répond que « les actes sui' la fin. Celui. comme Th. » Aussi bien est-ce par antonomase qu'on dit que la timidité ou le fait de craindre et d'avoir peur indûment « est opposé ». textes dont parlait l'objection visent eflet. de l. lise — ». homme nous en ejjel. l'intempérant. Aussi bien. vu.v cp. ArisS. i4) vivant craint plus dans l'ordre que tout être des maux opposés aux biens c'est là ce le temporels. s'entend de la peur de ce la qui peut donner la crainte.. que nous avions souligné nous- mêmes « 11 plus haut dans le traité Ml. suit de là que pareillement : crainte désordonnée se liouve comprise en tout péché la |)orle c'est ainsi que l'avare craint de son argent les . p.QUKsrroN cxxv. au contraire. appartient à celui qui a la vertu de force. la perte du plaisir. lote dit. ce (jui est livre 111 contraire de la force.aimr. 6). i3. vertu de force qui a pour objet de réprimer dit Vad prlmum la que « ces ». « Et c'est pour cela que la désordre d'une telle crainte s'oppose à force qui porte sur les périls de mort. au de VÉlhique (ch. humains il se jugent |)rincipalement plus haut comme il ressort de ce qui a été dit (i''-2''% q. mort. le est vaincu par la ciainle. ou qui se donne la mort lui-même. crainte prise au sens général. Mais la crainte principale est celle dés périls de mort. il est prouvé au » : livre 111 deVElliique 6. i8. le point de doctrine important. s'oppose à cette crainte. yO). la peur. si Oi désordonnée et coupable Nous retrouvons admira- blement résumé en ce qui les et précisé. i5). Il s'ensuit et que le péché de peur ou la dans son sens pur simple. art. leç. que mourir pour peureux. de ffuir le besoin Ih. ou l'amour de ce quoit ne peul avoir ou quelque chose qui allrisle n'est pas d'un fort. autres péchés. est de l'universalité de l'amour s'étendant à toutes des passions (tome la espèces d'actes humains. n. un manque ici d'énenjie de ce (jue fuir ce qui esl dur Nous trouvons confirmé . 3. n. prise dans son sens la pur de et simple ou par antonomase. ». ici. qui s'expose aux mort ». « poui' fuir la servitude ou quelque chose de pénible. art.. m(ds d'un c'est. VI. q. laquelle peut. à la vertu de force La crainte. de S. le leç.

qu'il est toujours il une lâcheté. Or. 'iS. de même que le l'espoir est le principe de Taudaco. D'où l'objection « ne vaut pas ». que «comme a été dit plus haut (i'-2*% art. la crainte n'est pas un péché mortel — La seconde objection . Article Si la crainte est ITT. qui use de l'audace selon qu'il convient. les fuyant indûment. faut présupposer l'espoir. — Trois objections veulent prouver que ». et tel est l'objet de l'article qui suit. 2). comme Donc il vu plus haut (i''-2'"'. comme il il a été dit plus haut f|it (i'-2''% q. comme elle. force les attend et les subit est-il — Mais ce péché de crainte un péché mortel? C'est ce que nous devons étudier maintenant. car. la question de riioniicide (q. alors que selon qu'il convient. des périls de mort. V ad fer fiani décldive q. 28. que ce nouvel article était. qui partie de la sensualité. à propos de l'article précèdent. art. dit avons art.62 SOMME THEOLOGIOUE. plus liaut. « la crainte n'est pas un péché mortel — La première fait obser- ver que « art. la crainte. Il suit de que comme pour il fort. est dans l'irascible. il a pour objet la les périls de mort. ad 5'"" . art. pris dans son sens pur et simple ou par antonomase. dans au sujet du suicide. lui aussi. 3. n'est point nécessaire que tout désespoir procode de toute crainte. i). pareillement là la crainte est le principe du désespoir. 5). un péché mortel '1 Nous avons déjà fait remarquer. 6/|. ». il pose à la vcitu d'espérance se rapporte à : un crainte qui est opposée à la force dans le premier s'agit des choses divines il . D'autre part. de même inversement il le désespoir procède de quelque crainte. q. a été n'y a que le péché véniel. propre à la Somme théologu/ne. dans la sensualité. suit que la raison donnée par Le péché de crainte ou de peur ou de lâcheté. Or. s'oppose à la vertu de force . 4). le désespoir qui s'opautre genre que la cas. mais de celle qui est du même genre que lui. 74. dans » le second.

la Si. la perfection . car. il le consentement de être Dans ne peut pas un péché la mortel. i). le 63 que « tout péché mortel détouinc la Dieu. la crainte Thomas répond que « comme il est un péché selon qu'elle est désorfuit ce qu'il donnée . une telle crainte est un péehé . cœur la XX (v. crainte ne fait pas cela (v. ce crainte parvient jusqu'à l'appétit rationnel. la crainte ne fait pas qu'on laisse le ])récepte.QUESTION CXXV. Donc la crainte n'est pas un péché mortel ». etc. D'autres fois. 8). et quehiuel'ois. c'est-à-dire en tant qu'elle ne faudrait pas fuir selon la raison. la loi de telle sorte qu'il quelque chose de défendu ou (|uil laisse quelque chose de commandé dans divine. car. leur et part sera dans Cétang de feu de soufre : c'est là la seconde Donc la lâcheté est un péché mortel ».. sur ce cœur tolalement de mot du livie que des Juges. mais seulement cil. « L'argument sed contra déclare que seul est pour le péché mortel due la . il laisse aussi le précepte. sur ce mot du Deuléronome. l'appétit rationnel. pas effrayé dans son cœur et il peut ranimé. ch. cette peine est due à ceux (v. la glose dit peureux . Donc la crainte n'est pas un péché morle — La troisième objection arguë de ce que « la péché mortel ne laisse pas seulement perfection . s'il craint encore d'être dépouillé des richesses de la terre. : quel est t homme peureux et d'un craintif. il est quehiu'un i)éril en raison de crainte qui fait fuir devant un soit disposé de mort ou devant lasse tout autre mal temporel. Or. peine de l'enfer. qui désordre de s'appelle la volonté. ce désordre de la crainte existe quel- quefois dans le seul appétit sensible. Or. sans que survienne ce cas. vu le Celai qui a peur. dit — DE LA tlRMME. xxi Pour mort. mais seulement véniel. les lâches et pour les incrédules et pour les maudits. la glose dit la // enseigne que nul ne peut acquérir perfection de contemplation ou de ta milice spirituelle. laquelle pai- un jugement libre fuit et la abandonne (quelque chose contre la crainte. queh|nefois est un péché mortel péché véniel. Ce désordre de . Or. saint a été dit (art. 8) : qui craignent selon cette parole de V Apocalypse. 3) : . (jui un en elVet. le raison. ch. est celui qui il au premier aspect redoute l'approche du n'est mal mais cependant être refait et tel ». Au corps de l'article. Or.

peut-elle ou être un péché et même considérée comme diminuant de l'article comme excusant le péché. juger de sa culpabilité il de sa gravité. Une telle crainte n'est pas un péché mortel a . cue irréparablement par Or. s'est agi da péché de sensualité (i'-2'% q. comme un motif raisonnable de crainte ». art. La doctrine ici que vient de nous donner tion nouvelle de la il saint Thomas. Uad prinuwi répond que « l'objection procède de les la crainte. nant considérer.ah SOMME TUKOr. est parfois la qu'il fait laisser ou du mal — Mais crainte. C'est ce qu'il nous faut maintequi suit. mieux.^. (pie celui-là est terrilié dans tout son cœur. qui a lame vaincrainte. mortel. quel- Le péché de crainte. l'homme cependant avec une telle obstination qu'il la ne puisse être ramené par persuasion. est une confirma- grande doctrine exposée plus haut. Elle dit d'abord « celte glose. — C'est donc d'après ou de ce qu'elle lait nature de ce dont la crainte détourne et faire. peut s'entendre de la crainte et qui dans la sensibilité. 7. Toute- pour la qu'il y ait faute grave. et tel est l'objet . — la Ou bien on peut dire. selon qu'elle reste dans limites de la sensibilité ». Sinon elle sera la un péché véniel ». dont nous venons de dire qu'elle un péché mortel.ocroijR. Il il existe. il peut arriver que même si la crainte est ne soit pas tellement terrifié et un péché mortel. par le consentement nature du bien la la volonté. S'il passe jusqu'à la raison. elle aussi. consentant au péché de concupiscence. mais de perfection de conseil. alors il peut être mortel. c'est ainsi que quel- quefois celui qui pèche mortellement. est ramené en telle sorte qu'il ». Vad que existe seciuidum donne une double réponse. quand /j). quand mortel. selon qu'il fait faire. peut être ou véniel ou reste n'est jamais mortel. faut aussi qu'il y ait adver- lance de raison et consentement de la volonté. n'accomplit pas en œuvre ce qu'il s'était proposé L\id ierthim explique que « cette glose parle de la crainte qui détourne l'homme du bien qui n'est pas de nécessité de précepte. qu'il faut fois. mais cela est quelquefois un péché si vé- niel. Quelquefois aussi qu'un elle n'est pas un péché. lorsqu'il dans les limites de de la sensualité.

Or. que la crainte en aucune manière n'excuse du péché ».Question cxxv. parce que. 4. 65 Articlf IV. 3). car elle ne porte pas au péché. Th. ne faut pas craindre dénuement. mais l'aggrave plutôt. Donc il sembh q. selon le dit il qu'Aristote leç. la raison juge qu'il y a des maux qu'il faut fuir plus les que maux qui d'autres. ne semble pas ». le péché n'exla cuse pas du péché. crainte de la mort. celui-là n'a pas de péché. le vi. ne fuit pas les maux qui son! moins à Xîir. que 3). Si la crainte excuse du péché? Trois objections veulent prouver que pas est « la crainte n'excuse « la du péché ». crainte du mal spi- ne peut pas excuser le péché . pour fuir sont plus à fuir selon la raison. « Au corps comme il de Tarticle. saint Thomas i. Il suit de là que quiconque. — La seconde objection déclare que serait surtout la quelque crainte excusait du péché. ce cette crainte excuse. f» . ni maladie. la crainte a été dit plus haut (art. Or. i4). qu'elle soit à craindre. Or. Donc la crainte « la n'excuse pas du péché crainte porte sur un la — La rituel troisième objection dit que mal temporel ou sur un mal spirituel. Constat) tre il les Décrets. — La première arguë de ce que i. C'est ainsi qu'il faul — La Forer cl la Temiu'rnnre. crainte un péché. Donc crainte n'excuse pas du péché u si ». n. part de ce principe. La crainte du mal temporel non plus n'excuse pas du péché. ni quoi que ce soit qui ne provient pas de notre propre malice. il ne semble pas que parce que il la mort étant chose qui est pour tous une nécessité. mais plutôt en détourne. est dit : Celui qui ayant souffert violence et conles hérétiques son gré a été ordonné par a la couleur de Vex-^ cuse ». i L'argument sed contra oppose que « dans (can. au livre 111 de VÉlhlque (ch. fuir. de la S. Or. qui est dite tomber sar l'homme ferme. a raison de péché dans la mesure où elle est contre l'ordre de la raison. — dk la crainte. ainsi qu'il a été dit (art..

en les maux du corps. les quelqu'un encourt fuyant les s'il maux de l'âme. i. Il quera. par crainte de mort. au passage. — On la aura remarqué aussi. fuyant. Thomas poursuit u Mais si quelqu'un. ce point de doctrine de saint peut avoir son application assez fréquente dans de chaque jour. serait excusé du péché qu'il il sans cause légitime délaissant les bons à qui plutôt. des maux qui sont moins à fuir selon la raison. » ne sont pas volontaires d'une façon pure sens pur de ce simple ou au et mot (cf. parce qu'une telle crainte serait désordonnée. ch. On remarThomas. n. dans cette seconde partie de l'article. tels que les coups. toutes choses égales d'ailleurs. $i plus que les maux des choses extérieures. c'est aux borfs plutôt qu'aux méchants que l'on doit faire ses largesses. les les maux . par crainte. attendu que ce qui est fait par crainte est moins volontaire il y a. du péché. livre III. Éthique. leç. de Th. . Or. Si donc quelqu'un. une certaine nécelui-là n'est pas excusé totalement péché est : cessité qui est faite à l'homme d'accomplir une chose sous le le coup de dit la crainte qui menace. subit les maux du corps comme une perte d'argent. fuir la mort plus que le la perte la des biens extérieurs. en ce sens que pour éviter des la vie même maux plus grands on * doit quelquefois faire des largesses à des gens qui le mériaussi tent peu. « mais sont un composé de volontaire Aristote. tels que péchés. Mais retenons qu'agir de la sorte. lumineuse gradation des biens et. promettait quelque cliose il aux voleurs ou commettrait faudrait si leur donnait. Et voilà pourquoi Aristote que ces choses-là qui se font sous le coup de et la crainte.. i). Toutefois son diminué un peu. il donner donnait aux pécheurs «. et des maux dans l'ordre de la crainte a avoir. serait un péché . et seulement par une sorle de fausse crainte. de l'âme doivent que maux du corps et les maux du les corps. ou maux des choses extérieures. encourt des maux qui sont davantage à fuir selon la raison.^t> SOMME ÏHÉOLOGIQUË. Par conséquent. d'involontaire » S. sans une raison vraie. il Saint : ne pourrait pas être craints plus être totalement excusé de péché . ou pour éviter un dommage d'argent. 6. car. en particulier. en effet. ou la mort. suivant le beau mot de saint Thomas.

n'éprouve pas. lU pro eis recedalur ab eo naod est bonuin secundam est virtuleni ».. II. au livre : : non lamen niallani. Il s'ensuit que les choses qui leur .V. être méprisé. ne serait pas indispensable notre vie ou à celle de ceux qui nous entourent. chose à craindre — Et de là vient sans doute que le mourant qui voit finir sa vie au terme normal de sa course ici-bas. du reste. le péché de crainte soppose directement à la force. par conséquent. Vad secundam nécessité tain : accorde que « la mort est pour lous une mais et. Il est de déserter le bien de la vertu ou le bien supérieur pcts- ([ue raison et la foi devrait. et même .QUESTION CXX. Toutefois. que « h'ad' terlium déclare pour les Stoïciens. Mais. et comme ce mal est surtout la mort. mais du coté où elle est involontaire ». (jj comment vie riel. Ce péché sera même un péché ([ui grave. même quand il y a péclié. qui disaient que il les biens temporels n'étaient point des biens pour l'homme. ordonnent de garder. en telle sorte ([u'il faille pour eux abandonner ce qui est le bien de la vertu et que par ne fallait craindre. d'ailleurs. pour saint Augustin. on le suppose. la diminution du Icmps de la vie est u\\ cer». DK LA (UUMl:. ch. ajoute saint Thomas dans une réflexion exquise. les Péripatéticiens enseignèrent aussi. ces sortes de biens temporels sont les moindres de nos biens. Il sible la donc possible de pécher par excès de crainte. mal. cette répugnance instinctive qu'éprouve de vie qui se voit tout d'un coup tionnelle et l'homme plein par une rencontre excep- menacé de mourir. si le hien qu'on déserte à son occasion est une chose de précepte.sont contraires sont vraiment à craindre pas beaucoup cependant. par crainte d'un mal mis en regard de ce bien supérieur. il ne serait pas sans péché de lisqucr sa santé ou sa uniquement pour la conservation de quelque bien matéqui. à Vad primum fait observer que « la crainte n'excuse pas du péché du côté où elle-même est péché. xix). à l'endroit de la mort. Ce que. s'ensuivait que les maux temporels n'étaient point des suite il maux pour l'homme aucunement les du Libre arbitre (liv.

la péché grave. aussi possible de pécher contre elle par manque de crainte. parce qu'elle entraîne avec elle une certaine raison d'involontaire dans l'acte accompli par l'homme. crainte qu'implique ce péché. «ui vante. Et ce sera l'objet de la question . diminue d'autant se trouvant la raison de péché dans cet acte. C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner. — Mais s'il est possible est-il de pécher contre la force par excès de crainte.68 SOMME THÉOLOGIQUË.

mort est ce quily a de plus terrible.QUESTION CXXVÏ DU VICE DU MAWQUE DE CRAINTE Celte question cnniprend 1" Si le 2" Si deux articles : manque de crainte est un pcché? ce péché s'oppose à la force? Article Premier. Or. Si le manque de crainte est un péché? Cet article et le suivant sont propres à la n'est pas — Trois objections veulent — La première dit que « ce qui un péché ». 12) : Qui es-tu pour avoir peur d'hommes qui vont mourir? Donc n'avoir pas de crainte n'est pas un péché 2). i) : n'est pas dit. cette : parole que nous lisons en saint Matthieu. de S. ». (v. Or. art.. d'une confiance de Donc n'avoir pas de crainte n'est pas un péché « la — vi. n'aimer rien de ce qui est au vertu. d'après Aristote. au livre III de V Éthique (ch. les lion. — la La troisième objection rappelle ainsi qu'il a été dit que haut (( la crainte naît de l'amour. dans Proverbes. sera sans ». il est ch. Le juste. Th. la mort. La seconde objection déclare que n. Somme théologiqac. prouver que « le manque de crainte est donné comme une qualité de l'homme juste. 6. comme éloge de l'homme juste. selon cette parole marquée dans Isaïe. selon ch. craignez point ceux qui tuent le 28) Ne corps ni non plus quelque chose qui puisse être infligé par l'homme. leç. 125. ch. li (v. un péché. X (v. i4). plus (q. car. XXVIII (erreur. monde appartient à la perfection de comme le dit saint . il ne faut pas craindre même . Or.

la mort font cela en vertu de l'amour qu'ils ont pour leur chair qu'ils veulent délivrer des angoisses de la vie présente On peut en dire aillant. Or». qu'il peut arriver qu'il que quel- qu'un craigne moins ne doit la mort ou les autres maux du temporels. Il suit de il là que quelqu'un maïuiuc à l'amour voulu de ces choses. c'est pour soumettre qui chair à l'esprit. daimer sa propre vie lui sont choen ce qui ordonnres. D'autre part. pour- Thomas. v 29). Au corps de être porté de Thomas fait observer que « la crainte naissant de l'amour. l'incli va contre nation naturelle saint Docteur. des : âmes elles saintes qui crucifient leur chair ses convoitises si font cela. 2). ajoute le n'arrive jamais que quelà qu'un soif complètement en défaut par rapport dit. qu'il ne craignait point Dieu el n'avcdt aucun souci des hommes l'article. Et voilà pourquoi l'Apolre aux Éphésiens. dans avec leur un autre sens. et il par conséquent il pèche. exposant revient le si à auquel il souvent et qui est d'une nouveau un point de doctrine si grande impor« tance dans tout domaine des choses morales. chacun porto et les : en ses soi. « Il suit de la doctrine exposée. naturellement gravé. afin de s'assurer pour leur esprit pour leur chair les joies de la résurrection glorieuse. ch. comme y mettant mais selon si qu'il faut en user pour la fin dernière. que personne jamais n'a pris en haine sa propre chair. Vamoiir les de Dieu jusqu'au nir pris de soiftdt citoyens de la cilé céleste. se De vient que même ceux qui donnent ». 5("(i co/i//'a oppose qu' il du juge d'ini- quité. Toutefois. xvin (v. le même jugement semble devoir il l'amour la et de la crainte. car ce qui est de la nature ne peut pas totalement se perdre.70 SOMME THEOLOCIQCE. s'agit maintenant de suit saint crainte qui porte sur les maux temporels. à la Passion du Christ. là . parce qu'il aime moins qu'il ne faut lo biens . mais dans un certain ordre sens qu'on ne doit pas aimer ces choses-là sa fin. la Cité Augustin. un tel amour (v. saint ». en saint Lnc. Donc ne craindre être rien de ce qui est au monde ne semble pas « est dit un péché Largu ment ». ch. laquelle provient de l'amour des biens temporels. au livre XIV de de Dieu (ch. ou encore pour achever en elles ce manque t S. xxviii).

soit qu'elle s'en trouve qu'elle s'en trouve dans le manque de s'il <r mais cette der». QUESTION CXXVI. 7I même ordre. par extension. lui soit poui. le regarde en face tout ce qui est élevé. Mais qu'il ne craigne rien ni cela ne peut p. le mot crainte. en ce sens qu'on s'éloigne de la justice à cause de cette crainte. parce qu'ils n'ont pas (|ue sentiment ou ». même tel qu'il est dans Vul- gate et où l'on effet. — DU VICE DU MANQUE DP) CRAINTE. raison : est chose vicieuse. soit que la cause s'en trouve dans manque soit d'amour. du manque de raison.is arriver du fait qu'il aucun de ces maux. Mais cependant on doit les craindre en tant les que par là l'homme se trouve empêché d'accomplir bien qui les : œuvres vertueuses soit pour autres.le il en revient aux pourquoi est dit dans Proverbes. 111 et c'est au livre de YÉlhique (ch. Toutefois. nière cause excuse du péché n'y a pas de remède L'ad prinium déclaïc que crainte qui rait le le juste est loué de manquer de la détournerait du bien. (v. mais aussi mal du péché . xiv i6) : Le sage craint le doute. selon de Job. Et voilà (v. ch. semble devoir s'enten- du Seigneur. dre de la crainte Vad secunduni dit que « la mort ou toute autre chose p<ju- vant être infligée par un homme mortel ne doit pas être un objet de crainte. dit. n. est vrai a. 28) 11 Celui qui n'a pas de crainte ne tijic ». on peut l'entendre comme le fait ici saint Thomas. dans l'orgueil du cœur. cela vient aussi ainsi S. ainsi que nous l'avons vu au corps de l'article. dans V Ecclésiastique pourra pas cire jusla ch. cela ne peut venir qu'il estime que de ce gueil que les maux soi et opposés aux biens qu'il aime ne pourront pas qu'il est dit foi/ l'atteindre. manquerait totalement damour dans l'ordre des biens opposés. de Th. Et ceci vient parfois de l'or- du cœur qui pjésume de dans le livre : méprise (v.'^ans et évite le mcd » mal physicpie dont la raison peut faire un devoir de se garanlir-. Qiiekpicfois. que les Celtes le ne craignent rien. vir.. 7. L'ad tertium accorde que <i les biens temporels doivcn* èli . : est dit. mais Il non de ce qu'il n'au- aucune I crainte. les autres . sens du danger. en effet. eh. xli il 2^. i5). Par où le l'on voit « ne rien craindre au sens absolu ou excessif du mot. que en ce texte. aô) : Il a é(é pour ne rien craindre quAristote leç..

— La première fait remarquer que . Elle n'a rien de commun avecla vérité chrétienne. l'article et tel est l'objet suit. en ce qui est de leur la raison et de la foi sur l'attitude à avoir à l'endroit des biens tem- amour ou de la crainte de les perdre. Ce n'est et donc pas d'une manière absolue sujet. xxxiv (v.'* Est-ce un péché contre de qui vertu de force. Et. il peut arriver que l'homme pèche par ainsi Quand l'homme pèche manque de crainte.-* C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner. les même en ce qu'elle de plus austère. aucune crainte a des Stoïciens. que Dieu Lui-même a ordonnés à la fin de soutenir vir d'instruments à la vie présente ou encore de ser- l'obtention de la gloire future. du point de vue à leur sujet. par suite. i6) Celai ne redoutera rien. Ce serait une erreur de croire que la perfection pour l'homme consiste à mépriser d'une façon absolue toutes les choses de la vie présente et qu'il ne doit jamais éprouver. méprisés pour autant qu'ils nous détournent de la Tamour et de ciainle de Dieu. Cette erreur fut celle de la vertu.Mi: TUtOLOGIQLE. par manque de crainte. El les pour autant aussi on ne doit point craind'oii : dre maux qui leur sont opposés. . sans doute. quel péla — ché commeltra-t-il. n avoir pas de crainte s'oppose à la force? Trois objections veulent prouver que « n'avoir pas de crainte ne s'oppose pas à la force ». mais ce sont pourtant des biens véritables. des choses qui appartiennent à l'amour et à la crainte de Dieu — Cette distinction lumineuse résume tout l'enseignement de porels. Oui. en eux-mêmes que l'homme doit mépriser ces sortes de biens et n'avoir aucune peur et à leur mais selon que la raison ou la foi déterminent règlent leur usage en vue de sa fin supérieure et dernière. biens d'ordre temporel. Mais les biens temporels ne doivent pas être méprisés en tant qu'ils nous aident comme instruments en vue ». sont des biens d'ordre infime pour l'homme. Article Si de II. il vient qu'il est dit qui craint Dieu dans V Ecclésiasliqae eh.73 SOM.

Th. « Or. dit que manque de crainte s'oppose à la force ». s'il l'être peut se trouver gâté ou corrompu par excès. Vad primiim répond que la « l'acte de la force est de tenir contre crainte ou d'attaquer avec audace. les 3). leç. force ». saint Thomas rappelle que a été dit (q.QUESTION CXXVI. s'en- suit qu'à la force appartient la crainte modérée ou réglée selon qui fait que l'homme craint D'autre part. faut. de même aussi manque de crainte s'oppose à la force par défaut de crainte. Et c'est ce que ne pas celui manque de ». un même mimême côté qu'un seul extrême. laS. n'avoir pas de crainte ne s'oppose pas à rappelle que u vertu de force — La seconde objection n'avoir pas de crainte est chose vicieuse. l'homme tient fer- mement et attaque avec audace. vu. ainsi qu'il a été dit à précédent. . toute vertu morale établit la raison mode ou Il mesure de la raison. « au de S. . la « comme la il force a pour objet le les craiiilcs et audaces. toute crainte écartée.. i5). art. non de quelque manière fait que ce qui mais selon crainte la raison. les actes. la Donc ». acte de la force qui soit empêché par le fait il n'est aucun que l'homme n'a pas de crainte. ce ce qu'il laut. peut aussi par défaut. mode ou cette quand il mesure » de la raison. n. manque de l'amour qui de sens ou par orgueil. « Aristote ». à la prudence ou à la sagesse.'ére :^ui est la sienne. car. dans la mal. Or. à l'humilité et le manque de sens. Et puisque à la il force s'opposent d'un côté la crainte et de l'autre l'audace. semble que le manque de crainte ne peut plus s'y opposer ». Donc le vice du manque de crainte ne s'oppose pas à la . au sens où nous l'avons expliqué. Or. ou par manque l'article ». — La troisième objection dit qu' « à la vertu les vices s'opposent lieu n'a d'un comme les extrêmes au milieu. le manque de l'amour qui est dû s'oppose à la charité l'orgueil. 78 nous jugeons des habitus par Or. soit. ou par est dû. qui. 7 le . et la lâcheté « De même donc que à la force la timidité ou la peur s'oppose par excès de crainte. L'argument sed contra s'appuie sur livre III de VÉlhique (ch. et ainsi du reste. « — DU VICE DU MANQUE DE CRAINTE. en ce senscjuc rhoniino ne craint pas ce qu'il faut qu'il craigne ». Au corps de l'article. en ce sens que l'homme craint ce qu'il ne faut pas le ou selon qu'il ne faut pas.

de crainte. de son à cause de cela. Et. déclare que « le le manque force. « rien n'empêche qu'il s'oppose le comme notait l'objection. nous devons maintenant examiner quels vices lui sont opposés en raison de l'audace. ne consiste pas à n'avoir jamais de crainte mais à ne pas quand la raison ou la foi disent. selon ses causes ou en raison de ce qui à d'autres vertus ». . soit qu'il y ait excès. Nous avons vu quels sont les vices opposés à la force en rai- son delà crainte. Le manque de crainte. craindre. craindre. Or. et.74 SOMME THÉOLOGIQUE. s'oppose à elle selon le défaut de crainte. c'est manla quer directement à vertu de force et pécher contre elle. soit qu'il y ait défaut. force établit le milieu dans l'une et l'autre ses de ces deux passions. il corrompt milieu de la s'oppose directement à cette vertu. le produit. de ne pas Ne pas craindre en dehors de ces limites. c'est à la vertu de force vertu de force que l'homme manquera. Lors donc que ces mouvements ne seront pas selon la raison. C'est l'objet de la question suivante. le L'ad terliam explique que « vice de l'audace » ou de la témérité « s'oppose à la force selon l'excès de l'audace. la vraie . Le propre de la force est de régler selon la raison tous les mouvements de crainte qui peuvent être dans l'homme. ». en effet. la au contraire. Rien n'empêchera donc que selon matières diverses elle ait divers extrêmes ». par suite. Mais. Vad secundum espèce.

:>. La seconde objection fait observer (pie livre de Job.. . qu il marche avec audace à la rencontre des hommes d'armes. XXXI. ainsi qu'il a été vu plus haut. il n'est aucun vice dont on fasse un éloge pour quelqu'un. 2). l'espoir ou l'espérance péché un péché. au livre VT de Y Ethique (ch. dans le xxxix (v. 8). il faut être dans le conseil. Donc l'audace non plus ne doit pas être donnée comme un ». Donc l'audace n'est pas un péché.OUKSÏ10i>i CXXVII DE L'AUDACE Cette question coinprciiri deux aiiidcs 1° Si l'audace est un pt-ché? la 2" Si elle s"opposc à force? Article Premier. mais plutôt une vertu. — La première arguë de ce qu' « il est dit. Donc être audacieux n'est pas un péché ». d'après saint Grégoire dans ses Morales (liv. le fié — « comme S. mais prompt dans l'accomplissement de ce qui a été résolu. leç. n. de Th. ch. cette promptitude de l'action est aidée par l'audace. art. du cheval. mais plutôt queUjue chose de louable « ». ou xi ou xix). . le dit Aristote. 21). n'est pas /j5. — La troi- sième objection rappelle que l'audace est une certaine pas- sion qui est causée par l'espoir. par lequel est signibon prédicateur. Or. Si l'audace est un péché ? Trois objections veulent prouver que « l'audace nest pas un péché ». XXIV. Or. ch. lent ix. quand il s'est agi des passions (i'-2*% q. Or.

Or. l'audace est prise en tant que réglée par la raison. de là . saint Thomas prend que acte de ce qui vient « d'être rappelé. avant point là voulait se hâter d'agir. i8) : « ÏEc- rlésiasfiqae » oij le dit. elle appar- ou d'excès dans l'audace est tient à la force ». Car si quelqu'un. sinon est pour une raison de péché. Vad aecundain explique que « l'action prompte est chose le louable. et aussi. de crainte que peut-être il ne te charge de ses maux. opposé à la comme a été dit plus haut art. et la précipitation est il un (q. Il suit l'action. Uad primum répond que « dans le passage cité. la passion est quelquefois réglée selon la raison . ce ne serait : chose louable. comme on . L'argument secl il contra cite est « un texte fort expressif de (v. soit est par excès. après conseil. à l'objection 3% savoir l'audace est une passion. mais chose vicieuse ce serait. L'ad tertium <ans observer que a certains vices demeurent le voit nom spécial. D'autre part. un homme de — lement dire de quelqu'un très facilement et qu'il est audacieux peut impliquer même assez ordinairement l'idée de témérité le mouvement de l'audace. nom de colère. non point qui excède et nimporte quelle mais celle qui est vicieuse. Et. viii Ne va point dans il chemin avec l'audacieux. certaines vertus. Et c'est aussi de cette manière que l'audace. se précipiter dans son action prudence. en effet. soit par défaut: vicieuse. Au corps de l'article. dès lors. n'y a à éviter la société de personne. vice 53. Donc l'audace un péché ». passion quelquefois. ainsi la appelée en raison de l'excès ou de être surabondance. n'est que l'audace qui aide louable que dans la mesure fait à être prompt dans ordonnée oii elle est par la raison ».7^ SOMME THÉOLOGIQUE. pareil- un péché ». ch. noms des passions se tirent de la surabondance » ou de l'excès ainsi que Ton appelle du colère. qui est le conseil. 3). un acte de la raison. mais quelquefois aussi la la elle* manque du mode ou Or. C'est en ce sens que un péché. de et les : la mesure de pour autant « c'est raison. est dite De même que si l'on dit dun homme qu'il est colère ou en colère. on entend désigner par là ordinairement un excès dans la passion de la colère.

pour désigner dont de îa ces passions mal . comme du . : . à quelle vertu qui suit. il a fallu user du nom de les vices. la crainte. faudra-t-il dire qu'il s'oppose est-ce à la vertu l'article de force? Saint Thomas va nous répondre à Article II. la colère et aussi l'audace » s'agit là du mal physique.. Donc l'audace s'oppose à l'humilité plutôt force ». L'audace. — de l'audace. précisément. tandis que les autres ont gardé ordinairement une acception bonne. mais.Question cxxvii. même dans l'ordre moral. S. reste le précédent. au livre IV de VÉthique (ch. le (I au contraire. à cause de cela. iv etsuiv. A cause de cela. ^7 Th.^. qui s'op- pose à l'humilité. parce que fout de c'est ] même un mal. un péché la raison. et l'amour ont pour objet bien. Si l'audace s'oppose à la force ? Cet article. de leç. qui dépasse les limites marquées par — Ce péché. comme on : le voit il pour haine. ces passions étaient tout indiquées our être prises en mauvais sens. entendue dans est un sens d'excès et de surabondance. parce qu'elle implique un mouvement de pas- sion dans l'appétit irascible. Or. qu'à la présomption appartient à l'orgueil. pour désigner certains vices l'objet est le et certaines ver- nous nous servons surtout. certaines passions tus. est propre à la Somme « théologiqne — Trois objections veulent prouver que ». — La seconde objection dit que « l'audace ne . Or. l'audace ne soppose pas à la force « la superfluité la — La première la déclare que de l'audace paraît venir de présomption du cœur. Et voilà pourquoi nous prenons leurs noms pour désigner des ». 12 et sui\>. vertus — On les aura remarqué cette raison exquise et profonde : de la diversité de l'usage de la langue parmi les hommes et pourquoi noms de certaines passions ont pris une accep- tion mauvaise. par Aristote.. L'espoir.

est 7. Th. art. Donc l'audace. ceci paraît appartenir à l'injustice. Or. un autre vice op- posé à la timidité selon le défaut de crainte. implique s'ensuit un excès de la passion qui s'appelle l'aula vertu manifestement qu'elle s'oppose à force. 128. 126. comme il a été la vu plus haut peur y a (q. parce que la timidité » ou et la lâcheté « il s'oppose à la force selon l'excès de la crainte. 3). n. les un La péché. Il n'est donc pas nécessaire que l'audace s'oppose à même vertu à laquelle ».7^ SOMME THÉOLOGIOUE. au sujet lui-même qui s'expose au danger d'une maen nière indue. appartient à vertu morale d'observer la sienne. Mais ce vice n'existe doit pas être Donc l'audace non plus ne donnée comme un et vice opposé à la force Cette objection est fort intéressante très délicate nous vaudra une réponse de saint Thomas. d'audace. vn.. 2 . à « Aristote ». l'audace. pour autant qu'elle dit un de sens vicieux. mais à — troisième objection rappelle que « la force a pour objet tes et les crain- audaces. au de Th. 12. ou aussi aux autres qu'il attaque par son audace ou les précipitant. au elle même en rai- y aura quelque autre vice qui s'opposera à son du défaut ou du pas. vu. dans les périls. selon qu'elle est la justice ». 8) et III (ch. manque ». affirme que l'audace .^ oppo- sée à la force ». saint Thomas répond que il a comme la il a été dit plus haut le (q. 3). i5) de Y Éthique. Il suit mode de là la raison dans la matière qui est de que tout vice qui implique un manque matière de quelque vertu morale s'op- de mesure touchant la pose à cette vertu morale comme à ce qui est mesuré ce qui manque de mesure. dace. leç. n. leç.. se réfère S. Si la donc l'audace s'oppose à litre il force en raison de l'excès de l'audace. qui. 2). s'oppose la présomption qui est cause de l'audace . art. Il Or. ainsi qu'il a été dit plus haut » (q. 128. Au corps de l'article. ne s'oppose pas à la force. art. qui a pour objet ou pour matière fait les craintes et les ïju- daces. du mais selon l'espèce même du la vice. Or. être semble blâmable qu'autant que d'elle provient un certain dommage qu'il jette. « L'argument sed contra livre It (ch. de S. h\td prbïuun observer que « l'opposition du vice à la vertu ne se considère pas principalement selon la cause vice.

n. effet. un effet de ce vice. les . le audacieux vont de l'avant avant danger mais ». le seul ait manque d'audace le se produise. 12. à vrai dire. « seconde se De même que l'opposition directe du vice ne effet. C'est que (l'audace consiste à attaquer ce qui est contraire à ([tioi mouvement l'homme à : la nature incline.QUESTION CXXVn. manque de timi- qui est Si. Il appartient à la force de régler selon la raison les mouvc- meiils de crainte périls. tout être s'atta- quant naturellement au mal qui menace afin de s'en défenfait le manque le vice de timidité ou de peur ne pas qu'on toujours de l'audace. pour qu'ils puissent coexister ensemble. ou d'audace qui portent sur les plus grands La force est donc une vertu qui établit cl qui garde le milieu dans ce double ordre de mouvements de l'appétit sen- . considère point du côté de sa cause. cédaiit lui-même au vice de la peur. dès que ce péril presse il s'enfuit. en l'audacieux manque de peur avant le d'être en face du péril. leç. ils s'en vont. Ce n'est donc point à ce litre que se détermine l'opposition de l'audace dit. pareillement. i5). vice de l'au- dace est assez rapproché du vice contraire au dité. la 79 L'ad secundum applique une distinction analogue à objection. de et pleins d' entrain Th. l'excès lui soit d'audace voulue. qui ne peut pas avoir de vice qui proprement opposé. au livre 111 de VEthique (ch. elle ne se considère pas non plus du côté de son qui provient de l'audace est Or. sauf dans la mesure où une telle incli- nation est empêchée par la crainte de souffVir ce chef. dans le le danger même. Car. vu. en raison de la peur Si à vice de timidité correspond. Mais l'audace n'accompagne pas toujours manque seul de limidilé » ou de peur. « parce que. comme le S. lerlUun. — DE L AUDACE. le dommage ».. offre Vad cial. le vice de la peur. par mode de la vice opposé. dit Aristote. nous l'avons déjà la force un intérêt tout spé- H nous explique pourquoi nous ne marquons pas un douopposé à fait ble vice du côté de l'audace « comme nous le luvons du côté de la crainte. Et voilà pourquoi le vice un dommage de qui excède du côté de l'audace si na pas de défaut ou de manque contraire ce n'est la timidité le seule. attendu que ce nature elle-même empêche que dre.

sinon en raison du péril qui le : du ce manque d'audace ne se vice contraire à la crainte modérée en effet. sans cela. que l'homme n'a jamais trop de crainte. 129-138). et dans son acte par excellence qui est les vices martyre « après avoir étudié aussi qui lui sont opposés. que la crainte excessive. force n'a. mais : elle ne fait point qu'il ne craigne jamais il est des cas où le manque de crainte serait contraire à la vertu de force. Kl le fait SOMME THÉOLOGIQUÈ. Après avoir étudié et l'audace excessive. nous devons maintenant venir nous considérerons . Et à ce sujet. De même. la il peur outrée de ce péril pourra l'empêcher Et de là vient que la d'agir comme le doit. . à l'étude de ses i)arties. : d'abord. quelles sont les parties de à déterminer sur chacune d'elles » la force puis. le que de crainte voulue. seule. et la qui est la crainte excessive ou la peur. comme man- vices qui lui soient opposés. la vertu de force donne à l'homme de modérer l'audace qui qui à -à le le porterait à affronter hors des conditions voulues le péril menace afin de l'écarter. Le premier point va faire l'objet de la question suivante. Mais la vertu de force n'a pas prémunir l'homme contre ce qui serait un manque d'audace l'endroit menace produit jamais. ce qu'il y a (q. suffit à la nature seule : incliner le l'homme dans le sens de l'audace voulue le car nature porte à écarter le péril qui menace.^O sible. la force le en elle-même .

Toutes ces objections veulent prouver que « force ne sont pas les parties la énumérées comme il convient (liv. dès la première. 6). et il la libéralité. la libéralité est n. leç. •> . — La seconde objection arguë de ce que confiance ne semble pas être autre chose que l'espérance. D'autre part. de Et l'objection septième. cette assignation ne convient pas. art. car l'une et l'autre a l'argent soit libéral. à l'eftet discuter et de la passer au crible. que c'est à Icnu- mération de la faite par Gicéron. ch. la il magnificence ta semble que effet. L'objection sixième la compare avec l'énumération faite par Macrobe et A. de S. 1 17. avec l'énumération faite par Arislole. savoir confiance. lo. en semble appartenir à objet. Th. ». justice. que saint Thomas s'attache.. liv). — La Force el la Tempérance. au IV de VÉlhique (ch. Si les parties de la force sont convenablement énumérées? Les objections elles-mêmes nous diront de quelle énumération il s'agit. l'espérance ne semble pas appartenir à la force. dans sa Rhétorique : II. assigne quatre parties à la force. Nous voyons. mais la elle est assignée comme une vertu par elle-même. Les quatre objections suivantes s'y appliquent directement. ii. — La pre- mière dit que « Gicéron. La patience el la persévérance.^ CXWIH DES PARTIES DE LA FORCE AiaiCLE UNIQUE. ainsi qu'il a été vu plus haut (q. . Donc que confiance ne doit » pas être assignée comme partie de la force — La troisième est ce qu'il objection rappelle que « la force luit Lhomme XII [. La magnificence. Donc « la la magni- ficence ne doit pas être assignée comme partie de la vertu de force ». Or.ndronicus. pour le dit faut que l'honinie magnifique livre comme la Aristote. une partie de 5).OIIESTIO. Or.

support choses difjlc'ib's et il lui-même la cela à la force. Or. « Macrobe {Songe de Scipion. la magnificence. I. ch. la floitêlrc à l'endroil des |)érils.. i6. mue par co- lère. au livre de Th. la constance. à propos qu'on les assigne me parties observer de la vertu de force — La quatrième objection attribue fait que le « la patience. tnaguificence et la con- fiance ninripUqiienl point dans leur concept périls.. chapitre xxiv la fui. l'anclragalhie la (nous expliquerons tout à l'heure. dans tion. un rapport aux conri Donc c'est mal ». la cinf|nième est la force qui agit fortement par périls. Donc ces aucune des énuénumérations ». surtout la force qui agit fortement. de res de force. Donc la patience est la même chose que force et non une de (( ses parties ». la confiance. La sixième objection cite deux autres énumérations faites par Macrobcet Andronicus. la persévérance. qui. magnificence. Donc persévérance ne doit pas être marquée comme une partie de la force ». la magnani- mité. la la sécurité. Or. il est dit. les ignorance des mérations précitées ne des parties de la contient. fermeté. dune manière insulTisante les parties de ». affections) marque la lènie. Donc il semble que Cicéron a énuméré force « ». seconde de est la force militaire. implique . vni). énumère se[)l — parties de la force. cclui-ln i3) : Celai qui aarn persévéré jusqu à la sera sauoé. savoir : la magnanimité. — La cinquième objection déclare que toute verlii ne doit pas être assigné la ce qui est requis en pailie de comme rance Tune des vertus spécialement. la troisième est passion. les réponse à cette et objec- noms de ces vertus qui sont tirés du grec la demeurent pour nous insolites). vni. liv. : persévé- est requise en ton le vertu (v. la la quatrième est celle qui agit fortement par riiabilude de victoire. assigne cinq maniè- La première est la force politique « qui opère fortement par crainte la » ou civile. d'après (les Cicéron (endroit précité). la virilité. ces diverses forces. leç. en saint Matthieu. la tolérance. S. 17). force ne sont point ce qu'il faut . — La sepIII tième objection en appelle à « Aristote VÉthique (ch. sept la vertus annexées à qui sont l'eapsychie. De même Andronicus {Des la force. Or.^3 SOMME TIIIvOLOGK)t E. en effet. la qui agit fortement en raison de la la l'art et la pratique des choses de guerre. du déshonneur ou de la peine .

comme partie intégrale de la force. pour l'attaque. liv) que la conjlance pour quoi animé de confiance en et honnêtes. liv. saint Au « il corps il de l'article. en telle sorte que l'homme son cœur tout dispose Gicéron marque II. savoir attta- quer. même vertu. lui se porte avec a liait ardeur aux choses grandes à l'exécution La seconde chose de l'œuvre. partie potentielle de cette même la suite vertu. « comme il a été marqué plus haut : (q. sous un autre rapport. quand il s'agit de la force. C'est ce que va nous expliquer saint Thomas dans nous dit-il.servent à l'endroit d'autres matières moins les difficiles : lesquelles vertus s'adjoignent à la force la comme vertus secondaires à vertu principale ».QUEh-TlON CXXVIII. des parties potentielles. les périls de mort dans parties l'acte les combats d'une guerre juste. de son lumineux corps d'article. — l'acte d'attaquer. la confiance. « Mais on lui assigne : des parties quasi intégrales. en telle sorte cpie l'homme ne vienne (jnil a C(^niniencées pas à TTiniujucr dans l'exécution de? choses . et les parties potentielles. des selon les choses qui doivent concourir à de la force. 3. et tenir. deux choses sont et tout prêt re- quises. DKS PAIUIES DE LA FORCE. 83 Nous n'avons pas ici d'argument sed conlra. Thomas nous pour une : rappelle que comme a été dit plus haut (q. 48). un double Pour ait acte de la force. de la force. l"]lle ne se divise pas. 6). Mais par une chose toute spéciale à cette vertu. la force se comporte à l'endroit des choses plus qui sont les périls de mort. ii3. à la prendre sous sa rai- son de vertu spéciale. selon que les la manière diffi- dont ciles. De il ce chef. « 11 y a n. peut y avoir trois sortes de parties S'il s'agit subjectives. intégrales et potentielles. et des parties potentielles intégrales. parce que sa matière très spéciale » : propre « est ce sont. en plusieurs vertus » spécitiquemeiit distinctes. qu'à nous enquérir de deux sortes de parties les parties intégrales. comme nous l'avons vu. certaines autres vertus l'ob- . Nous n'avons donc. nous allons voir que cela même qui sous un certain rap: port devra être assigné sera. en eflet. El voilà pourquoi est ce dit {Rhétorique. on ne peut pas lui assigner des parties subjectives. art. La première regarde la préparation de l'âme. l'esprit ch.

Cicéron marque patience. la force. matière propre de poursuit saint Tliomas. iv. IV.O-l SOMME THEOLOGIQUÉ. L'autre chose est que l'homme par souffrance prolongée des choses diflîciles ne se fatigue pas se désister. en ce sens que l'adoiinistration ne manque pas au vaste projet que l'on a conçu si et résolu.. seront la comme les par- intégrales de celte vertu. savoir la magnificence ^t la magnanimité. selon cette parole : au point de vos cœurs. mais qui cependant s'ad- joindront à elle comme ce qui est secondaire s'adjoint à ce qui est principal. il Cicéron marque la persévérance. elles seront des vertus distinctes de la force dans leur espèce. Mais si on les rapporte à certaines autres matières dans lesquelles la dKficullé est moindre. la magnificence. défaillant dans la De ce chef. c'est-à-dire qui les exécute. i . sans lesquelles force ne saurait être. Et la voilà |)ourquoi dit que persévérance est fixation stable et perpétuelle dans les choses de la raison bien considérées.. c'est-à-dire ties on les limite à la aux périls de mort. même nom. pori: grands honneurs liv. — Ces deux choses. chapitre XII (v. comme portant sur les frais somptueux. n. La première la difficulté que soit l'esprit. qui est l'acte est de deux choses sont aussi requises. Cicéron assigne Aussi bien les dit-il (au même endroit) que la magnificence dans choses grandes et élevées qaon s est proposées. De ce chef. avec un esprit large et splendide. — Ainsi donc. la et la magnanimilé.. qui semble être tant sur les même chose que [Ibid. de ce chef. leç. ch. nous avons deux qu'on désigne du parties intégrales et deux : parties potentielles. ïh. par Arislote. Il) ». déclare saint Thomas. même u pour de la force. Et voilà le pourquoi il dit (endroit précité) que la patience est support volontaire et prolongé des choses ardues et difficiles pour une cause d'honnêteté ou la d'utilité. comme la force. ne pas brisé par la tristesse et qu'il ne vienne pas à déchoir de sa la grandeur. de l'Épître aux Hé- breux. c'est ainsi que la magnificence n. 6). 3) A^e vous fatiguez point. — Ces deux choses-là aussi. si on les limite à . la confiance. Et. est. l'autre acte De tenir. leç. une pensée qui les administre. avec confiance. n. est assignée S. de qui S. de Th. au livre IV de ïÉl/iique (ch. pour cet acte de est l'acte d'attaquer. -SOUS des maux qui le menacent.

— Prise en tant qu'elle a pour objet de mort. nous avons encore deux parties potentielles. l'homme a bon espoir en lui-même. suit de là que la magnificence et la confiance. qui cependant s'adjoindront à elles ». Il en défaut à leur endroit est chose très nuisible. comme des vertus secondaires à la vertu principale Et donc pour cet autre acte de force. sur lesquels porte la force. bien qu'on les dise par rapport à n'importe quelles autres choses grandes à ou à attaquer. les périls ». de ce chef. art. sans se laisser accabler par la tristesse. Mais tières on les rapporte à n'importe quelles autres maseront des vertus spécifiquement dis- moins difficiles. « L'espérance qui fait que l'homme se confie en Dieu. se rattache à la raison la force a une certaine grandeur. ne semble pas aller sans péril se trouver car. la force.QUEST10> CXXVIII. la vertu de l'espérance le et confiance dont nous parlons. qui intégrales et est l'acte de tenir. au suiet de la matière de la libéralité. Et c'est à ce titre qu'elle est donnée comme vertu adjointe à la force. ». Vad tertiam déclare qu' entreprendre des choses grandes. 3) Mals. . qui l'irascible. ont une certaine affinité avec la force. et en tout. la — DES PARTIES DE LA FORCE. ne faudrait pas confondre. toutefois. quelles qu'elles soient. par la confiance que nous disons maintenant être une partie de la force. en la effet. ja_2ae^ g g2. elle est partie intégrale de la force elle-même . pour quatre parties intégrales quatre par- ties potentielles. objet de pour rôle principal de perfectionner. comme voulait l'objection. ce tinctes. Et. est une vertu théologale. (pic de chose ardue. 11 elle appartient à la force h'ad secandum formule une distinction bien intéressante. en raison du péril qui s'y trouve menaçant ». en se « subordonnant à Dieu ». mais aussi contre toutes autres choses difficiles ou périlleuses. Vad quartum dit que « la patience n'a pas seulement à faire s'exercer en tenant contre les périls de mort. savoir la patience et la persévérance. selon qu'il a été vu plus haut (q 17. Vad prinmm fait observer que « la magnificence ajoute. désignées par les deux parties : mêmes noms . seront ses parties quasi-inté- grales. art. 5. Ce qui nous donne. 85 matière propre de si la force.

en deux. Quelquefois. et la magnanimité. La troisième chose qu'il ajoute. Macrobe détaille davantage. savoir la magnaniinilé qui sont comprises sous la confiance assignée par la Cicéron. plus haut (i'-^". c&lïil en telle sorte qu'on la d'i^c perséet qui ne se désiste pas en raison de longueur. qui exclut la crainte. qu'il la. en elTet. . Et dit appartenir à la Iratiori pourquoi Cicéron magnificence. non pas seulement l\ulnnnisou l'exécution de grcmdes choses. Seulement. en effet. savoir : la confiance. la tolérance. la que l'espoir présuppose l'amour de chose qu'on espère. S'il s'agit de « Macrobe ». pcul être une circonstance qui accompagne toute vertu. à la grandeur de chose qu'on espère. peut être comprise sous la magnificence. lu : met est à la place de là patience et fermeté. et la sécurité. ad i""*). Or. et le désir q. il assigne les quatre parties en . : il a été dit. 7). prisé en tant qu'elle dit la continuation de l'œuvre bonne jusqu'à la fin. art. l'espoir ne peut pas être ferme à moins que l'on n'écarte ce qui esi con- l'homme. appartient à Ou mieux on la peut dire encore que la confiance la certitude de l'espoir. mais l'espoir est entraire. V'id quiniam accorde que « la persévérance. Mais elle est assignée comme partie de la force dans le sens qui a été dit )) (au coips de l'article). qu'il met à la place de la persévérance. Et voilà pourquoi Macrobe ajoute la sécurité. dans les choses que l'homme accomplit magnic'est fiquement avoir une âme constante. h' ad sexliim et va expliquer les deux énumérations de Macrobe a d'Andronicus. A] faut. Il. il Quant aux autres trois qu'il ajoute. il comme a été savoir la constance. car la crainte s'oppose en quelque sorte à vu plus haut (endroit précité. D'autre part. en ce qui est de lui. mais aussi la vaste les conception de l esprit gui ordonne. et ceci appartient à la mal\o. gnanimité art. l'espoir d'une chose quelconque présuppose désir tendu vers ce qui est grand.c>() SOMWE THÉOLOGIQUE. question déjà marquées par Cicéron magnificence. en effet. La constance peut appar: tenir encore à la persévérance vérant. levé par l'empêchement de l'espoir. la crainte. Car fiance implique l'espoir de con- l'homme à l'endroit des choses le grandes. aurait bon espoir à l'endroit d'une chose.

que toutes ces soilcs de parties se ». la Veupchose ou bonne disposition d'âme. donc pas à nous en occuper autrement dans Inssigim- lion des parties de la force. Aussi bien Andro- nicus dit que Vandragathie est la vertu de Choiinne qui fait trou» ver les cJioses qui conviennent dans les œuvres à accomplir. il din'èrcnt cependant en ce qui (q. Macrobe. nuances qui viennent d'être marquées « De même ». mais n'y a comme modes de cette vertu ». Aussi bien ne sont-elles pas données comme Il parties de la force. en deçà de la vraie raison de vertu l'acte parce que. art. C'est qu'eu eflet il appartient à la magnificence. qui appartient à Van- drag(dhie ou la sollicitude dont nous parlons. en etl'et. ce qui est le fait de la constance. 123. avec Macrobe. saint Thomas conclut : « On voit donc par là. 07 constant. comme a été vu plus haut ad 2"'"). dit. que c'est une force de l'âme pour parfaire être la les œuvres qui sont hi les siennes. en eflet. Quant à la patience c'est la effet. non seulement que Ihommc tienne bon dans l'exécution des œuvres grandes. et la magnanimité. — DES PARTIES DE LA FORCE. en et eflet. les que la virilité est un habitas faisant que l'homme Il se suffit dans choses de la vertu. joint à la magnificence Yandraonlhie. chose de nature à à répugner ou Nous aurons les appuyer nous-mêmes sur ces diverses vertus avec ici. du motif. la ra Hacher aux parties indiquées. i. Après ces explications. ramènent aux quatre principales marquées par Cicéron Vadseptimum répond que lote restent (ju'elles d ces cinq choses marquées par Aris. la « les parties qu'assigne Il Andronicus paraissent marque. avec Cicéron la lème. celui qui ne se désiste pas en raison de quelque autre à faire obstacle ». mais aussi qu'il les exécute avec une certaine prudence virile et un certain zèle alerte.')UBSTION CXXVIII. : La virilité semble même chose que confiance il dit. comme une bonté qui chez nous peut s'aj)pcler ou l'empressement prudent et alerte. et qui est le zèle. ajoute saint se Thomas. paraît être : même que la sécurité il dit. . virile. même la il chose que est ou la tolérance : il en que lème un halAtus rendant prompt à faire la effort comme sychle convient et la à supporter ce que raison prescrit. bien elles conviennent dans est de la force. persévérance et magnificence.

par elle-même. de 1 . la magnanimité. ni. nous traimagnanimité elle-même (q. La force n'a pas de parties subjectives : elle constitue. — question suivante. troisièmement. secondement. de persévérance patience (q.88 SOMME THÉOLOGIQUE. de la magnificence (q. traiterons donc la premièrement. i38). savoir et la la magnanimité magnificence. leç. : — Nous (q. patience persévérance. la confiance. ^ . Th. ï35). de magnanimité 129-133). de la magnanimité. C'est surtout de ces dernières que nous aurons les à nous occuper maintenant. i36). IV. Mais elle a des parties quasi-intégrales et des par- ties potentielles. de S. qui ne se subdivise pas en d'autres espèces. une espèce ultime. ch. 8 et suiv. iSy. nous comprenions toutes les autres sauf qu'à la place de . 29) ensuite. en telle sorte cependant que sous les quatre principales qu'indique Cicéron.. « Nous devons maintenant. des vices qui lui sont opposés (q. Ainsi donc l'étude de la magnanimité en elle-même va faire l'objet de la (q.). : ramenant et la à quatre vertus prinla cipales. quatrièmement. i3o-i3/i) ». déclare saint Thomas. la — Pour la terons rii'abord. i34. considérer chacune des parties de la force. dont la traite aussi Aristote {Éthique. nous mettrons liv.

en passant. Ce qui ressort de son nom . c'est-à-dire le concupiscible et l'irasci- On remarquera. . de ses rapports à certaines autres choses annexes. désir et Vàme. articles 6-8. où il dit (jue dans l'appétit sensible on trouve ». Caria magnanimité se dit en place de grandeur d'âme et ïâme se met pour l'irascible. au ble livre 111 de le VAme. comme on le voit par Aristote. — La première dit que nimité est dans l'appétit irascible. les deux premiers s'enquièrent de l'objet les magnanimité. celte terminologie d'Aristote. de sa raison de vertu. Article Premier. les articles 3-5. l'objet de magnanimité : s'il consiste dans les honneurs? Saint Thomas va nous répondre à l'article premier.QUESTION CXXIX DE LA MAGNANIMITE Celle question comprend huit articles : 1° Si In 2" Si la 3° Si 4° Si 5° ft" Si magnanimité porte sur les honneurs? magnanimité porte seulement sur les grands honneurs? elle est une vertu ? elle est une vertu spéciale!' elle est une partie de la force? est 7" Quel Quel 8" son rapport à la confiance? son rapport à la sécurité ? Comment se comporte-t-cUe à l'endroit des biens de est la fortune? De de la ces huit articles. la — D'abord. même. Si la magnanimité porte sur les honneurs? magnanimité ne « la magna- Trois objections veulent prouver que « la porte pas sur les honneurs >^.

quelqu'un use de cette chose excellem- . certain bien l'honneur pense de S. récom- la verla (Âristote. n. mais plutôt de ce qu'ils les les fuient. saint Thomas arguë. comme tendant hommes vertueux sont loués. la matière. de la vertu se détermine principalement en raison de c'est donc surtout par là qu'un et homme sera dit magnanime. ni.- 90 qui SOMME THl5oLOGIQUE. Un acte peut être dit granl proportionnellement. ch. in. « la Donc il semble que magnanimité ne fait obseï poiiepassur ver que honneurs ». un du concupiscible. Donc la magnanimité ne porte pas sur à c honneurs L'argument sed contra en appelle au le Aristote ». Et puisque l'honneur n'est pas une passion. les à ce qui est latin magna). ce qu'ils désirent les honneurs. du nom même dit-il. : même s'il consiste dans l'usage d'une chose petite si ou médio- cre. Or. en grand (en effet. Or. par exemple. étant liv. de magnanimité et de magna- La magnanimité. est : ainsi appelé. Élhiqae. étant une vertu morale. sur rapport de la vertu vise deux choses : laquelle elle porte. n. « Or. leç. Au corps nime. 9). Or. les IV. elle ne porte pas sur les opérations. secondement. 17. Th. ou d'une façon absolue.. il s'ensuit que la magnanimité ne porte pas sur les honneurs ». poursuit l'objection. car elle serait une partie de donc qu'elle porte sur les passions. de la Thomas. demande évidemment remplacé est ici à être expliquée. l'acte propre. qui consiste dans l'usage voulu d'une telle matière. Et parce que l'habitus l'acte. — La seconde objection la justice. Il magnanimité. leç. être mot âme devrait la plutôl par celui de cœur. implique dans son nom même une certaine extension de l'âme aux choses grandes. 8). qui « dit. de S. doit porter faut sur les passions ou les opérations. un acte peut être dit grand d'une double manière proportionnellement. comme le faisaient les objections. surtout dans l'acoii le ception de notre langue fiancaise. D'autre part. livre IV de VÉlhiqae (ch. et que magnanime s'occupe des lionnenrs des opprobres ». le d'abord. La troisième objection déclare que « la magnanimité semble appartenir à la poursuite plutôt qu'à la — fuite : le magnanime. qu'il a son esprit ou son âme son cœur (en latin animas) appli- qué à quelque grand acte. « do l'article. i5. non de ».

f\). Or. ils appartiennent à l'irascible. Et voilà pourquoi passion de l'espoir. 2). qui tend au bien ardu. suit magnanimité le se trouve à l'endroit des honneurs — On aura remarqué beau mot de saint Thomas dans ce les corps d'article. pour avoir l'honneur mettent tout le reste et éviter le parce que les homblâme de l'opprobre. de la force. l'hon- l'homme sont les choses extérieures. qu'elle la porte sur les périls de mort en tant qu'ils sont objet de crainte et de l'audace ». magnanimité porte immédiatement sur la cl médiatement sur l'honneur. Puis donc que quelqu'un magnanime en et raison des choses qui sont grandes et purement est il simplement que la d'une façon absolue. q. soit aussi mes. les chose la plus choses qui viennent à l'usage de lesquelles. vu plus haut io3. « Vad secundam passion.QUESTION CXXIX. art. et 2. savoir : l'honneur. l'acte est dit la grand. à art. 3. savoir que de toutes choses extérieures qui la peuvent se référer à est l'homme ou et motiver son acte. selon qu'il a été dit aussi. l'objet art. étant le témoignage donné (q. mais en tant qu'on ajoute la raison de chose ardue. à la vertu de quelqu'un. parmi neur est purement et simplement ce qu'il y soit a de plus grand : parce qu'il est le plus près de la vertu. Vad prlnmm répond que « le bien ou le mal. i^-a"". comme sur {([. appartiennent à l'irascible. qui consiste dans l'usage excellent de grande. ou plus encore mériter. considérés dune façon absolue. est dit de côté. est cependant l'objet d'une l'espoir la ou l'espérance. X . c'est de cette manière que la la magnanimité re- garde l'honneur : en tant qu'il a déclare que raison de chose grande et ardue ». ce qu'il y a de plus grand dans l'ordre de la vie humaine et sociale. en raison des choses qui sont le plus difRcilcs. art. ad 2"'". et QI ment.V MAGNANIMITE. SMais d'une façon pure simple absolue. s'en». c'est tout. — et DE L. de l'espoir. soit parce qu'il est aussi rendu Dieu aux meilleurs. c'est-à-dire l'hommage rendu par à la vertu à l'excellence le hommes du sujet : recevoir hommage. plus les grande autres cet l'honneur. ainsi qu'il a clé i. bien qu'il ne soit pas une passion ou une action. et ne jamais rien faire qui en rende indigne. comme quelqu'un dit fort. Et. précisément. plus haut i2'A.

qui d'ailleurs ne estiment point au-delà de ce qui convient. La magnanimité. dont nous aurons à parler dans suite de notre traité.93 SOMME THÉOLOGTQUC. où se trouve l'espoir. en et que pour les les obtenir ne font rien qui soit déplacé.^ C'est ce que nous allons examiner à l'article qui suit. Trois objections veulent prouver que « la magnanimité n. si sont dignes de louange. Ces} donc directement la — passion de l'espoir que règle est la magnanimité. et dépression de l'âme de l'autre. la magnanimité estimer se rapporte aux honneurs en telle sorte qu'elle s'applique à faire ce qui est digne d'honneur. parce qu'elle implique une âme tendue vers ce qui est grand. qui est sujet à tant d'erreurs et à tant tices. mais ce qui tranche. Mais devons-nous aller plus loin encore. et faut-il dire que la nimité. sans toutefois comme Cette chose bien grande l'honneur humain de caprices ou ». magnanimité a dans son concept de porter sur un grand honneur. en telle sorte qu'il ne se soucierait en rien de faire ce qui est digne d'honneur. cela serait chose blâmable. matière par excellence de la passion de l'irascible qu'est l'espoir. la présomption. qui seraient. une vertu subjectée les Vad ce sens tertiiim dit que « ceux qui méprisent ils honneurs. Mais quelqu'un méprisait les hon- neurs. n'a pas dans son concept de porter sur un grand honneur — La . Et voilà pourquoi elle dans l'irascible. doit avoir pour objet l'honneur. Elle assigne sa vraie place à la vertu entre la vices opposés. Article Si la II. dans son concept. Or. dans l'honneur lui-même. même d'injuset — remarque de saint Thomas confirme la fin com- plète encore celle que nous présentions à de son lumi- neux corps les d'article. magnanon pas un honneur quelconque. l'abjection ou et sa vilité. par son caractère de grandeur. d'un côté. implique d'avoir pour objet. la l'ambition et la vaine gloire.

D'autre part. Il suit de là qu'il diffi- raison de vertu. qu'elle porte sur un bien est dit comme au livre II de YÉihique (ch... Or. 6). la magnaniil l'honneur. DE LA MAGNANTMITÉ. 8. 10. d'être grand ou n'est pas chose accidentelle pour l'honneur. D'autre part. vu. magnanimité qu'elle porte sur dit un la grand honneur sur les la — La seconde objection les que « comme magnanimité porte sur honneurs. par suite. l'article. elle l'est aussi à l'endroit des petits honneurs. n'est pas Donc. Th. leç. licile Ou du côté de la raison. « comme on Th . inais dans celle de ses opérations qui implidilTiculté . que ne l'est le refus d'honneur ou l'opprobre. si imparfaite soit-elle. grands honneurs « le qu'elle porle sur de ». la perfec- tion de la puissance ne se considère point en n'importe laquelle en eflet. dans le de la vertu peut se considérer d'une délermiiici dans double manière. 3). appartient à cile. Th. Th. n. la au livre II de l'Éthique (ch. qui ne puisse proet duire quelque opération petite la il faible. leç.. Or. Et cela ». » s'entend de « la perfection de la puissance ou de la faculté. 25). il n'est pas non plus de l'essence de la magnanimité. aucune puissance. — La troisième objec- moins dislant du grand honneur. de S. de S. l'acte le difficile et le grand. Donc de l'essence de ». n. de S. ainsi il la mansuétude porle de l'essence de mouvements de colère. elle n'est pas ». de ses opérations. 9). que la vertu est une certaine perfection. la il qS première arguë de ce que milé est « matière propre de a été dit (art. leç. que quelque grandeur ou quelque il n'est.QUESTION CXXIX. qu'elle porte sur des colères grandes ou petites. la magnanimité est ce qu'elle doit être même à l'endroit du tion fait observer que petit honneur est refus d'honneur. « dit saint Thomas en appelle encore à (t. les que niagnanmiité porte sur grands honneurs )>. de S. qui revien- nent au même. n. Et. xi. Donc. 7. leç. dont la vertu constitue le point dernier dans l'ordre qu'elle l dit à l'acte second. le voit au livre du Ciel et du Monde (ch. en tant qu'il est difla de trouver milieu de raison et de le . seulement à l'endroit des d' « Aristote ». petit est comme la préc). mansuélude. Or. Au (( corps de ». Aristote qui au livre VII des Physiques XVIII. ni. grands honneurs L'argument sed contra <( est le mot formel qui dit.

Pareillement aussi. Cette tre difficulté se tire dans l'acte des vertus intellectuelles et aussi dans lacté de la justice. où sont les passions. L'au- du côté de la matière.94 SOMME THÉOLOGIQUE. qui sont Yamour de Vhonneur du grec phi- . et l'au- portant sur grandes sommes. il Il suit de là : que par rap- port à l'amour de l'argent les y aura deux vertus l'une. En ces sortes de passions. qui de soi peut avoir la répugnance au mode de rales. au contraire. i5). raison qu'il y faut établir. De là vient que les vertus qui portent sur ces sortes de passions ne sont assignées qu'en raison de ce qui est grand dans ces passions-là et les : c'est ainsi que la force porte sur les grandes craintes les la grandes audaces. savoir les la libéralité. l'homme. celte vertu n'a pas reçu de nom : toutefois. les pareillement. si elles n'étaient véhémentes. car les choses extérieures. d'autres. parmi passions. les Or. la tempérance. sur et. on la désigne « par ses extrêmes. savoir il la magnificence. qui sont les objets cause des choses extérieures elles-mêmes : de ces passions tel l'amour ou de l'argent ou de l'honneur. Mais il est « d'autres passions. Celte autre diflicullé se considère surtout dans les autres vertus qui portent sur les passions. car l'appétit sensible. (< L'une a pour objet les y aura deux verhonneurs médiocres » ou ordinaires. ». tus. portant choses petites et ordinaires. au cliapi- des Noms Divins (de S. parce que les passions mocom- battent contre la raison. Icç. principalement du côté des choses qui sont les objets des passions Les passions elles-mêmes n'auraient pas une grande force de rJ'pugner à la raison. parce la vie de que nécessaires à sur tre. mais aussi par rapport à ce qui est mé- diocre ou moindre et tout petit. Th. à l'égard des honneurs. qui ont à une grande force de la cupidité il répugner à la raison. ditriculté seule se trouve une matière donnée. sur grandes colères.. mansuétude. faut considérer la raison que quelquesprincipalement unes ont une grande force de résistera du côté de la passion. tre IV (( comme il le dit saint Denys. concupiscences des grandes délectations. sont très aptes à être désirées. non pas seulement par rapport à ce grand en si elles elles. faut que qui se est trouve une vertu. même sont petites. est naturellement soumis à la raison.

car il : regarde les grands honneurs comme ce ce dont il il est ou même comme moindres la il que dont est digne ne se peut pas que elle vertu soit sufest fisamment honorée par l'homme. Aussi bien ne grands honneurs. la quelquefois de ce qu'il n'en l'un et l'autre se fait point souci. à qui dû d'être s'élève-t-il les pas en raison des estime pas au-dessus de mais les il les méprise plutôt. comme ce l'es! pour vertu (huit nous avons parlé au corps de l'article. Et à plus forte raison méprise». C'est simplement une conséuuence de son attitude à l'endroit de ce nui est son objet . mais ce sont choses qui font une grande différence. l'homme et est loué quelquefois de ce qu'il a aime l'honneur. Quelle merveilleuse analyse que ce corps d'article! Où trou- ver plus de finesse. lotimie. Aussi bien nous est-il agréable d'entendre Cajétan parler ici du « divin génie » de notre saint Docteur. qui sont des choses existant hors de l'âme u celui qui use bien des grandes choses peut beaucoup plus encore bien user des petites. on a la magnail nimité. honneurs. à cause de cela. dans mesure où convient.. Mais la raison est autre pour L\id lerlium déclare que les richesses et les ». Nous dirons donc que le magnanime digne. Et. et c'est là seulement que vertu est requise. la-t-il honneurs moindres ou infimes Seulement. plus d'éblouissantes clartés sur ces choses si délicates et ral si complexes de l'ordre mo- humain. à l'endroit modérément ou comme il des grands honneurs. selon qu'on les compare dans les à la raison. honorée par Dieu. ce sont les grands honneurs. Vad primum dit que « le grand et le petit sont choses accidentelles par rai)port à l'honneur pris en lui-même. plus de profondeur. la magnanimité. ceci la n'est pas son objet propre. parce qu'il ne lui.QUÈSlION CXXIX. la colère et grands honneurs que dans « L'ad secundum rappelle que tres matières. : QO c'est V aphUoibnie ou manque d'amour de l'honneur qu'en effet. : dont il faut garder la se mesure dans l'usage des honneurs et celte mesure garde bien plus dilficilement les petits ». Mais. il dans dans les au- n'y a à présenter de ditFiculté notable la que ce qui est grand. faut dire que la matière propre et le de magnanime tend aux choses qui sont dignes d'un grand honneur ». et — DE LA MAGNAMMITL.

et tel de l'article Article Si la III. la réglant dans les choses de grande importance. La première dit que « toute vertu consiste dans le milieu. contre son mérite qu'on — Cette attitude du n'est pas le magnanime milité. Faut-il dire que la magnanimité est une vertu.96 SOMME THÉOLOGIQUÈ. mais dans ce qu'il y a de plus grai. l'autre. Nous venons de parler de vertu au sujet de la magnanimité. réglant cette passion dans choses moindres et ordinaires. Il l'appétit sensible de nature à s'opposer à matière et s'ensuit qu'autour de cette il de la passion de l'espoir qu'elle peut provoquer : faudra deux vertus distinctes les l'une. car le magnapas une vertu — nime 11' estime digne de lai que ce qu'il y a de plus grande comme . la magnanimité ne consiste pas dans le milieu. savoir les propre à grands honneurs. que lons. Mais en — avions-nous le droit. Et voilà pourquoi elle porte proprement sur les grands honneurs ou sur la passion qui les a pour objet. Or. comme {ml 4"'"). lui. n'est point contraire à la vertu chrétienne d'hu- dont nous aurons à parler plus tard. qui suit. le « bres et aux refus d'honneurs. magnanimité est une vertu? Cinq objections veulent prouver que « la magnanimité n'est ».J. saint Thomas va nous ' l'expliquer à l'article suivant La niagiianiniité porte sur une matière qui par elle-même est apte à provoquer des mouvements de la raison. C'est ce est l'objet que nous devons maintenant examiner. La magnanimité est cette seconde vertu. considérant que les lui inflige ». mais il magnanime ne c'est Quant aux oppros'en émeut sans raison et les méprise.ici : de Dieu dans le magnanime a les sentiments dont nous par- c'est en restant dans la vérité de ce qui est de Dieu en lui et que ceux du dehors méconnaissent injustement. car ce est en s'élevant contre Dieu ou contre ce qui prochain. point.

10). Th.sed réponses du plus haut intérêt. lent (n. non un homme magnanime. S. qu'il a. la magnania été mité n'est pas une vertu u la — La troisième objection rappelle l'esprit. l'homme peut Aristotedit. Donc la Mil. au livre IV de V Éthique {ch. m. n. leç. 8). qu'il possède plutôt des biens qui ne rapportent pas que des biens qui rapportent (n. 34. il — DE LA MVCWMMllÉ.. magnanime mémoire des de bienfaits (endroit préest oisif et cité. 27). 28. Or. C5). 4. 10). 3. leç. objection déclaie que ainsi qu'il a été a une vertu les vu plus haut (i'-2^% q.. que un qui est digne de petits honneurs et qui s'en contente est homme que tempérant. la Donc magnanimité n'est pas une vertu ». de S. Th. 18) la : chapitre xiv et Nicanor. de S. m. — Ln Force el lu TemjM'rnnce. 8. Th. la magnanimité s'oppose à l'humilité. n. a certaines dispositions corporelles l'Éthique (ch. qu'il ne peut vivre avec autres (n. vertu est une bonne qualité de (i''-2*% q.QUESTION CXXIX. 97 est dit .ui livre la IV de VÉlklqae (ch. de S. La quamagnanimité n'est pas une vertu ». secondement. art. est dit au livre IV de {"Éthique (ch. sans avoir la elTet. Cette dernière objection et complète excellemment les précédentes nous vaudra conjoinlouange de tement avec elles des . magnanimité que le a certaines propriétés dignes de n'a pas la blâme : d'abord. m. 7 . apprenant la vertu des compagnons de Juda grandeur d'(\me il qu'ils avaicid.. Aristote dit. n. Or. dans les combats pour lapcdrie. Or.. ^}. leç. quelques-uns. ne s'oppose trième objection fait remarquer qu' « aucune vertu Donc la — à une autre le vertu.. Donc ». mouvement lent. qu'il l'ironie à l'endroit d'un grand nombre les (n. 29). et car magnanime s'estime digne de grands honneurs il méprise les autres. au second livre des Maciiabées (v. etc. celui qui de ». n. n'y a d'œuvres louables (^ue les uMivrcs de vertu. : comme il vu plus haut Or. 8). la magnanimité effet. de S. « il L'argument contra oppose qu' est dit à la . 10) lui le que magnanime la locution semble avoir pour stable. 33). leç. la voix grave. Th. 55. Donc luagnanimilé n'est pas une vertu u — : La seconde a toutes. cinquièmement. comme ». Th. quatrièmement. 28). avoir quelque vertu. 25. troisièmement. en leç. 9. Donc la magnanimité n'est pas une vertu « — La cinquième objection arguë de ce que la les propriétés de toute vertu sont digues de louanges. Or. en au livre IV de le m. (('lui magnanimité n.

en ce sens qu'il il plus grandes. joints par De là vient qu'à la se trouvent mode de conséquence certains accidents déterminés mouvements corporels. mais seulement aux grands. qui est les autres le le bien propre de l'homme. est une vertu ».9^ SOMME THÉOLOGIQUE. ou en ce sens qu'il con- vienne à chacun d'avoir bien l'acte les actes de toutes les vertus.. c'est-à-dire qu'il ne tend pas à de il plus grandes choses que celles dont est digne ». ou d'une façon actuelle. Et c'est ainsi la disposition d'avoir l'acte de la que celui à qui il ne convient pas magnanimité peut cependant avoir l'habiaccomplir tel tus de cette vertu. grandes selon que que (le il la raison le est veut : ne s'estime digne. au sens des habitus existant tous simultanément dans l'âme. « les observer que mouvements magnanimité corporels se diversifient selon les diverses perceptions et les diverses affec- tions de l'âme. Aussi de la magnanimité ne convient-il pas à tout homme vertueux. qui sont la prudence et la grâce. est une vertu Vad primum livre explique qu' « au témoignage d'Aristote. IV deVÉthique (ch. leç. la ni. Mais. la vélocité du mouvement provient de ce que l'homme a l'esprit à beaucoup de choses qu'il a hâte d'accomplir or. le magnanime n'a touchant les : . n. 8. ainsi été dit (art. soit conservé bien de la raison. ou dans prochaine. 8). i). Au corps de l'article. il magnanimité. selon les principes des vertus. Th. car il il tend aux choses plus effet. à qui appartient davoir une grande âme ou appar- un grand cœuF. toutes les vertus sont connexes. la raison à l'endroit des grands honneurs. jqui établit mode de ». que dans les choses le humaines humaines. Or. lequel le dispose à acte s'il lui convenait selon son état L'ad tertium fait ». le magna- nime va à l'extrême dans tend aux choses ce les grandeur. Uad secundam nous avertit que « la connexion des vertus ne doit pas s'entendre au sens des actes. Par exemple. en digne. saint Thomas répond tient à la raison qu' n il de la vertu humaine. parmi les choses extérieures qu'il a honneurs tiennent de là premier rang. mais il se tient au milieu. au de S. en les qaily tend comme ce dont convient. Et le vient que la magnanimité. c'est vrai.

La magnanimité fera donc que l'homme s'estime digne de grandes choses selon la considération des dons qu'il tient de Dieii. comme s'ils étaient supérieurs ce serait là. l'acuité de la voix. qu'elle regarde en eux quelque chose des dons de Dieu qu'elle et compare ce qui.QUESTION CXXTX. au contraire. « sujet où elle se trouve. et sa rapidité. en tant ». q. la la vertu. qu'il Thopossède par le don de Dieu. sil a comme une grande force d'âme. et. 3. pour eux. comme ou de la fortune extérieure. pécheurs s'il : comme s'ils étaient des ou même s'agit d'inférieurs. « L'humilité. l'esprit — DE LA MVGNAMMITl^. i6i. Pareillement aussi. lesquelles sont peu nombreuses. magnanimité méprise les autres. Vad cette quartiim répond à la difPiculté tirée de l'humilité. elle n'a point. tient pour supérieurs. selon qu'ils sont en — défaut par rapport aux dons de Dieu. art. chose qui ne convient pas aux ma- gnanimes. les au contraire. Et de même que nent aux atleclit's. les traiter hommes vertueux. se trouve quelque chose de grand. honore et les du désordre. Elle est comme un saint pré- lude du magnifique article sur l'humilité que nous verrons plus loin. qui ne s'occupent que de ce qui est grand. proprement. . fait s'estime » que l'homme aussi la peu de chose selon la considération de ses propres défauts « Pareillement ou de ses propres misères. Qt) qu'aux choses grandes. en effet. qui lui con- viennent en raison de l'infirmité de sa nature. et aussi des défauts ou des indigences. et c'est pour cela qu'il a ses mouvements lents. demandent une grande attention. de traiter les tels égards. « Dans l'homme. en plus. dans psaume (xiv. ces dispositions des mouvements corporels convienleurs magnanimes selon le mode de mouvements semblablement aussi en ceux qui sont naturellement disposés à la magnanimité de telles conditions se trouvent na- turellement ». par exemple. Notons le réponse avec plus grand soin. convient surtout à ceux qui veulent dis- puter à l'occasion de tout. a le trait à ses Aussi bien. magnanimité Et il fera qu'il tende aux œuvres parfaites de en faut dire autant de celui de la science l'usage de n'importe quel autre bien. explique mas. du côté du propres défauts. qu'elle veuille faire à cause d'eux » : (pielque chose qui ne conviendrait pas et. L'humilité.

quand est dit. etl'et. il SOMME THÉOLOGIQUE. qu'il ne leur en fasse lui-même de plus grands. mais seulement aux choses grandes et qui soient dignes de » lui. surtout devant la multitude des inférieurs. en troisième qui a lieu. disant de lui des choses viles qui ne sont pas ou niant des choses grandes qui sont. sinon avec ses amis. dans lactc de laquelle il veut exceller au-dessus de tous des autres vertus. ^). cela s'entend qu'il ne lui est pas agréable de recevoir des bienfaits des autres. il appar- au magnanime d'être grand avec ceux qui sont élevés en dignité ou riches en biens de la fortune. que la magnanimité et l'humilité ne sont point con- traires. nime. et ceci a l'honneur rendu par l'homme humble. bien qu'elles semblent tendre à des choses contraires. il que le magnanime n'a pas dans sa mémoire ceux dont a reçu des bien/ails.ÏOO V. selon qu'elles appartiennent au magnanime. en elTct. C'est qu'en pre des petites âmes. car. « non selon que ce serait contraire à la vérité. c'est-à-dire traiter avec il eux familièrement. petits et grands. qui sont le pro11 vit cependant avec tous. — Il est dit aussi. ce qui se rapporte au mépris du magnaEt l'on voit. — Et. aO). est dit de l'homrne juste . ». mais parce qu'il ne montre ou n'étale pas toute sa grandeur. — par là. mais cela veut dire qu'il ne s'entremet pas en toutes sortes de choses qui pourraient lui convenir. selon qu'Aristote le dit tient au même endroit (n. — Il est dit. . Le méchant a été tenu pour rien en sa présence. Et ceci appartient à fection de la gratitude la per- ou de la reconnaissance. Il déclare que « les propriétésdont parlait l'objection. mais sont au contraire souverainement dignes de louanges il : superexcedenler laudabiles. évite entièrement l'adulation et la simulation. d'abord. ne sont point dignes de blâme. lieu. parce quelles procèdent selon des considérations diverses L'ad (juinlum couronne excellemment toutes ces lumineuses réponses. sont de condition moyenne. qu il ne peut pas vivre avec les autres. ne signifie pas qu'il soit lui en dé- faut quand il s'agit d'accomplir ce qui convient. ce qui est dit en second cela qnilest oisif et lent. mais trait à il glorifie ceux qui craignent le Seigneur. et modéré avec ceux qui en quatrième lieu. — comme dans les actes Pareillement. qu'/7 use d'ironie ou qu'il ne dit pas tout ce trait à ce qui le regarde.

Car. ce la charité. Or. ce magnanime de ne pas se qui est un acte de la {)iiila dence. de ne pas se plaindre . QUESTION CXXIX. au Il magnanime on atUibue eh effet. 8). les vertus. aucune verlu spéau livre IV de de diverses vertus. m. est l'objet l'article Article IV. i5). parce qu'elle l'endroit des affections de est établit l'ordre les de la raison à riiomme pour grands honneurs. 24. qu'il appartient au détourner de ceux qui l'avertissent. au livre IV de VÉthique (ch. Aristote S.. il est dit enfin vise plutôt à ce qui ne rapporte point ce soit. ce qui est un acte de tice. (n. — La première qu'il au- cune vertu spéciale n'agit en toutes dit. de S. ce la vérité. préfère l'honnête à l'utile. lo). A' être leç. comme il a été dit {ad — Cinquièmeet qu il non en quelque ordre que ment. comme chose plus grande : et. en toutes choses. 28). — Il eût été difficile de mettre en plus vive lumière ces beaux textes d'Aristote qui nous don- magnanime un portrait si achevé. mais dans l'ordre du bien il de l'honnête. La magnanimité. selon qu'il le — DE LA MAGNANIMITE. VÉthique (n. la de donner volontiers d'èho rériitii/iie (n. leç. qu'au magnanime appartient ce y a de grand en chaque vertu. Or. suit. jus- prompt à répandre des qui est un acte de qui est un acte de qui est un acte de bienfaits (n. de qui — Mais est-elle une vertu spéet tel cialc^» C'est ce qu'il nous faut maintenant considérer. spéciale ». ce libéralité. 2"'"). 26). n. lequel recherchées pour subvenir à quelque manque ou répugne à nent du la magna nimilc ». de ne pas faire d'injustice. de diverses vertus. Si la magnanimité est une vertu spéciale? que Trois objections A'eulent prouver « la fait magnanimité observer qu' n'est « pas une vertu spéciale ». les choses utiles sont défaut. TOI faut. en effet.. Th. Donc la magnanimité n'est pas « une vertu à — La seconde objection dit qu' ciale les actes les actes on n'altribue est dit. manifestement une vertu.. i4. de Th.

32): ce SOMME rHEOLOGIQUE. Comme. comme i. Et l'on voit par là le sens profond du beau mot d'Aristote (jue l'objec- tion voulait nous opposer. — La troisième objection déclare que toute vertu est un certain (v. ». dans l'ordre de n'importe quelle vertu. ainsi qu'il a été dit plus haut (art.. 1. saint i). Or. qu'elle étaraison en une matière déterminée. *leç. de S. chapitre lxi revêtu des vêtements du salut. en raison de sa matière. il Thomas rappelle que « comme il a été dit blisse le appartient à la vertu spéciale. Or. . au livre IV de VÉlhique la m. est que la magnanimité. pris en lui-même. et il Le Seigneur m'a : ajoute ensuite comme une l'ornement épouse ornée de ses joyaux. mais à l'endroit de l'hon- neur qui est grand. plus haut (q. toujours aux choses qui sont dignes d'un grand honneur — Son objet formel c'est l'honneur qui excelle. prise en elle-même. ornement de l'âme. 9) distingue magnanimité des autres vertus Au corps de (art. d'autre part. Donc « magnanimité qui. s'ensuit est un certain bien spécial. au V Éthique (ch. on voit par ce qui a été dit là ad 5"'"). de vient que. par voie de conséquence. n. pareillement l'honneur qui est acte de vertu. la magnanimité est de toutes (ch. savoir à l'endroit des honneurs. 10) : selon cette parole d'Isaïe.2). comme il est dit 8). n. Mais parce que l'honneur le est la récom- pense de chaque vertu. art. l'article. de même que l'honneur vertu. o est une vertu générale \i\re II de la L'argument sed contra s'autorise d' 7. une cer- taine vertu spéciale. Donc la magnani- mité n'est pas « une vertu spéciale ». k la magnanimité regarde n'est pas à l'en- L'ad primum répond que la magnanimité droit de n'importe quel honneur.. vu. les vertus. toutes les vertus ». io3. porte oii tout ce qui est de nature à mériter cet honneur. Th. la magnanimité établit mode de la raison à l'en- droit d'une matière déterminée. préle mode de la cisément. il et. Th. se proil pose d'accomplir ce qui est grand en chaque vertu car tend ». par suite. qui est un acte de la patience. 16. S. Et c'est à cause de cela grand le est est dû à la dû au grand que magnanime . Et. leç.I02 (n. s'y que cela soit. de ». il Thonneur. Aristote ».

elle se porte à tout ce qu'il y a de plus grand en chaque vertu. que le magnanime tend une conséquence qu'il tende surtout aux choses qui portent avec elles une certaine excellence. par grandeur. sous une certaine raison spéciale. 1 o3 Uacl secundum. en cela. Pareillement. m. le les évite. c'est est . pour autant quella sont contraires à l'excellence ou à grandeur qui cons- tituent son objet propre. Or.. parce c'est qu'il laisse les choses qui ont trait il au manque et au défaut. la de S. une chose ayant trait au manque et au défaut. vient aux autres vertus de là. Vad que la tertiiim dit que « toute vertu a un certain éclat et se trouve ornée en raison de son espèce. Par contre. est une vertu spéciale. De même. — DE LA MAGNANfMITÉ. appuyant sur ce qui vient d'être dit et l'ex- aux grandes choses. que l'homme d'estime pour certains biens extérieurs ou même pour certains maux. tout déguisement de la vérité une chose ayant trait au manque et au défaut car cela semble provenir de la crainte. — Mais à .QUESTION GXXIX. C'est la propre de La magnanimité son objet propre. i6. que l'homme se du en bien cela et qu'il soit large et (ju'il rende avec surcroît. que l'homme se plaigne. C'est pour à faire ces que la le magnanime montre prompt choses : tant qu'elles ont la raison d'une certaine excellence. qui rend toutes vertus p/a5 grandes. n. Th. l'esprit semble succomber sous maux extérieurs. tes les vertus. car. fasse appartient à une certaine excellence. qu'il se détourne de la justice ou de toute autre ait tant vertu à cause d'eux. magnaa nimité effet — la Nous voyons. et pour mériter ou s'en rendre digne. comme il est dit et ceci au IV de l'Éthique (ch. que la magnanimité pour vertu propre de rendre tout grand dans l'homme. et ceci est propre à chavertu. 8). les magnanime ». Mais il s'y ajoute un livre autre ornement en raison de les grandeur de l'œuvre de vertu. ». bien qu'en raison de et intéresse tou- elle affecte en quelque sorte car elle a pour objet propre les grands honles neurs . chose ayant trait au manque les et au défaut. mais non sous c'est raison où ce sont des actes d'autres vertus. lec. et pliquant encore. Et voilà pourquoi toutes ces choses et autres choses semblables. « déclare que.

Th. c'est-à-dire ami du de appartient à celui qui est fort. au contraire. Sénèque.( Donc la magnanimité n'est pas une « partie de la ». force ». être la magnanimité semble en effet. Elle n'est donc pas une partie de cette der- L'argument sed contra invoque « l'autorité de « Macrobe » et Andronicus ». . si elle est La magnanimité. de est la inagnaniinité Dette œuvre rangée parmi : les œuvres de Sénèque. — il La seconde objection en appelle à IV de Y Éthique (ch. tu vivras en grande confiance. la force. dans ton âme. m. que •ùéril. La force. le magnanime philokindin. qui « font de la magnanimité une partie de la force ». xix) . Or. regarde ce qui est grand dans quer. dit même chose que la force. de s'exposer aux la périls. Donc magnanimité ne convient pas avec être dite l'une de ses parties ». saint Thomas part de la notion de vertu . Et livre i Cicéron nous les dit. manière à pouvoir sième objection ce qui est fait — La troi- remarquer que les les « la magnanimité regarde à craindre ou à attale grand dans biens à espérer. sans appelle aussi la toutefois être de lui) force. — La première arguë de ce la même chose n'est point partie d'elle-même. quelle vertu se rattachera-t-elle Faut-il dire comme à la vertu principale. au livre des Quatre Vertus (ch. voulons magnanimes. la magna- nimité est une vertu qui raison de vertu principale par rapporta nière ». qu'on du Devoir (ch. Au corps de l'article. que ce soit à la force? Saint suit. 23. livre S. leç. au Les hommes forts. la force.. . amis de la vérité. au Or. Puis donc que le maux bien remporte sur a mal.I04 SOMME THÉOLOGIQUE. lo). étrangers à tout iiensonge. de n'est point Âristote qui dit. Si la magnanimité est une partie de la force? Trois objections veulent prouver que « la magnanimité n'est pas une partie de qu' « une la force ». Thomas va nous ré- pondre à l'article qui Article V. n.

force et la mamagnanimité peula vent se prendre pour une même chose. au sens d'avoir atteint ses. Or. il lesquels la magnanimité l'homme aime par-dessus tout les périls de la mort. car. tout la vie. manquer d'un mal se prend au sens d'un suit de là que n'être pas vaincu par un mal grave. n. n. comme la vertu secondaire à la parce qu'elle vertu i)rinci- pale ».. 11 s'ensuit que plus il sera difficile de de- meurer ferme en une chose ardue. pr'unam explique. Il Th. S. à la gnanimité. et la seconde. Toutefois. ch. dans lesquelles est très difficile de demeurer ferme. l'Éthique (ch. en ce qu'elle confîime ou elle reste oii il mit l'âme à l'endroit d'une chose ardue. d'une certaine manière. i. Or. de S. car. 6i. Vad dit. 3. 1 . V de 5). m. comme il est dit au livre II de ÏÉlhique (ch. Or. /i). iv. ceci est particulièrement digne de louange dans il les vertus f[ui tendent à des choses ardues. raison de la difficulté n'est point même la de part et d'autre. de même la que fuit aussi par-dessus On voit donc. les périls est hi de garder la fermeté de l'âme dans de mort. parce que la i . Toutefois. Comme il a été dit plus haut il la vertu principale est celle à qui appartient modes généraux de la vertu en une certaine matière principale. plus l'âme sur ce point aura pins difficile la vertu qui affermit il la raison de vertu principale. 3 . comme sont les périls de mort. dans lesquels der dans les la force établit cette fermeté. est plus pour autant qu'elle alTermit l'âme en des choses facile la fermeté. Io5 (i''-2"'". mais de garder en deçà. que magnaaffer- nimité convient avec la force. Selon qu'Aristote au livre leç. principale déjà précisée. de la ces deux cho- première appartient Et.QUESTION CXXIX. DE LA MAGNANIMITE. à nroDrement i). avec Aristote. ^). parmi les autres modes généraux de la vertu. art. « q. à la force.. à cause de cela. par là.irl( maananiinilc est assi- . i5. la un très gran^ bien. Th. demeurer d'établir l'un des ferme est chose requise en toute vertu. leç. de bien. que de la gar- plus grands biens à espérer ou à conquérir. n. lo. comment peuvent « se le dire les paroles que citait l'objection. dans aiVoimit l'âme. Et c'est pour cela que la magna- nimité est assignée s'adjoint à elle comme partie de la force. pour autant. il en est un qui est la fermeté de l'âme. se prend.

car nul ne s'exposer aux périls pour une chose. C'est pour les choses qui sont vraiment grandes. Le bien. 9). en tant qu'il faut supporter mal que pour conserver le bien. par soi l'emporte toujours sur ce qui est par accident. qui rende Vâme craintive. et s'il faut lui résister « le mal. 7. doit être recheret s'il faut le laisser. fait Vad péril. c'est-à-dire allant au péril pour de grandes choses. n. 8. en tant que doit être ou tenir contre lui. liv. ne les comme celai qui en ejjel. car s'il que le bien l'emporte purement . Or. Et Sénèque dit.ir)6 SOMME THEOLOGIQUE. au livre des Quatre Vertus (endroit précité) si tu : Tu seras magnanime. mais mégalokindin. ce n'est le ché en raison de lui-même. de S. au contraire. giiée comme une vertu distincte de la force » {Éthique. à la fermeté d'âme. ce qui Il comme est dépassant la faculté de celui qui le désire. leç. car il agit ce qui est grand dans l'acte de la force comme dans les actes des autres vertus. par occasion ou accidentellement. il téméraire. Th. que ardu dans Et voilà vertu et pourquoi l'emporte sur la magnanimité est vrai comme principale. si ce nest parce l'estime considérable. que le magnanime s'expose avec le plus grand empressement aux elles étaient grandes sans distinction est le contraire périls. 2. si ta ne t'exposes point aux périls crains pas comme k a peur. L'«d terlium déclare que fui. Aussi bien Aristote dit (à l'en- droit cité par l'objection) kindin. ch. irrépréhensible devant les hommes et devant Dieu. en tant qu'on considère Or. si ce n'est la cons- cience d'une vie répréhensiblc ». estimer ainsi toutes choses si comme du magnanime. c'est accidentelle lement ou par occasion. il est en parfait accord avec sagesse chré- tienne : rien ne rend plus fort et ne dispose mieux à n'avoir pas le de crainte. que de porter en soi témoignage d'une bonne conscience. tel. Ce qui sem- ble se rapporter à celui qui indistinctement j)rend beaucoup semble qu'il de choses comme si toutes étaient grandes. la sagesse — Retenons ce dernier mot de la antique. et n'est rien. c'est-à-dire allant que au le magnanime pour de n'est pas micro- péril petites choses. par Âristote II. vu.. secanduni observer que « celui-là est dit aimer le qui s'expose aux périls sans discernement. suit de là que ce qui la force est ardu dans ce qui est le mal répugne davantage le bien.

chapitre m (v. Si la confiance appartient à la magnanimité? Trois objections veulent prouver que tient ])as à la « la confiance n'apparfait magnanimité ». 2) J'agirai avec confiance. Or.NVMMFTÉ. la deuxième Épîlre Nous avons confiance par de nous-mêmes. 4. et je ne craindrai point. selon cette parole d'Isaïe. propre est d'affermir La magnanimité. à la . confiance et la sécurité ou — Le premier point va iRTICLE VI. faire l'objet de l'article qui suit. mais aussi en un autre. confiance appartient à la magnanimité — La troisième objection la déclare que « la récompense due qu'à vertu. — Pouvait-on mieux vice de l'argument. toutefois mal l'emporte sur bien sous la raison spéciale dont s'agit ». non que nous soyons capables dr penser quelque chose de nous-mêmes cela comme semble être contre la raison de la magnanimité.QUESTION CXXIX. selon cette parole de aux Corinthiens. est une vertu spéciale. Jésus-Christ auprès de Dieu. force plutôt qu'à la Donc n'est la ». la Donc la confiance n'appartient pas à objection dit magnanimité ». le IO7 le simplement sur montrer le le mal. ces la tran- deux choses qu'on appelle quillité d'âme. en quelque ordre soit que ce de humaine. la maintenant exami- ner dans quels rapports avec la magnanimité. — La : seconde la que « la confiance semble être opposée à crainte. — Nous devons se trouvent. 5) : non seulement en soi. qui intéresse se au plus haut point toutes les vertus. chapitre xii (v. mais qui range elle- même fidèle sous l'étendard de la force. et la solidité de la doctrine d'Aristote que nous faisons nôtre pleinement. dont qu'elle le l'âme pour les diffi- n'abandonne pas l'activité les grands espoirs. — La première remar({uer que « l'homme peut avoir confiance. — il HK L\ MAr. malgré cultés inhérentes à leur réalisation. Or. dont le propre est d'aftermir les l'âme dans choses où la il est le plus difficile de demeurer au bien de raison. Oi'. n'avoir pas de crainte appartient plutôt à la force.

non pas là vient ment du fait un autre. par- fois. Puis donc que la confiance implique une certaine force de l'espérance due à quelque considération qui donne une le opinion véhémente qu'on obtiendra de là vient bien que l'on poursuit. qu'elle est dite par qu'on conçoit seuleraila une opinion véhémente au sujet d'une chose. la force du mot par — . i. tant. haut » (q. chapitre in (v. au contraire. dans quil a dit plus sa Rlicto- ch. parce que la foi se et qu'il arrive une opinion véhémente. saint Thomas remarque que tiré « le mot de confiance (en latin fiducia) semble avoir été {fuies). semble mettre la confiance à la place de ainsi été magnanimité. mais encore en . D'autre part. la que la confiance appartient à Nous aurions voulu pouyoir rendre toute magnanimité ». la Donc la confiance est ». selon celte parole du livre de Job. appartient à l'espérance. Mais. 128. comme si quelqu'un. et la gloire si nous gardons ferme jusqu'à confiance de l'espérance. une certaine la vertu distincte de magnanimité — Et l'objection ajoute condi\ ise que à la « c'est aussi ce qui paraît du fait que Macrobe magnanimité (liv. que la ma- gnanimité porte proprement sur l'espoir de quelque chose qui est ardu. 11. ». V argument sed contra rique la oppose que « Cicéron.Io8 SOMME TJIÉOLOGIQUE. 6""'"). a été dit plus haut (art. ad 5"'"). ayant conçu ton espoir. de la foi Or. a la confiance de vivre longtemps. D'où il suit que nom de confiance paraît surtout signifier. à la foi il appartient de croire à quelqu'un et de croire quelque chose. que quell'espoir. la confiance est due récompense : il est dit. (v. d'autres si en un autre. dans la rÉpître aux Hébreux. son de ce que l'on considère en quelqu'un confiance peut se dire aussi du ])oii- de que fait que quelqu'un conçoit : l'es- d'une chose sur ce qu'il a considéré quelque chose en lui-même. a confiance d'être aidé par lui. chapitre xi iS) le : Tu auras confiance. se voyant bien porfois. 6). liv). ad Au corps de l'article. en effet. comme il quelqu'un considérant que il tel autre est son ami et qu'il est puissant. qu'un conçoit de quelqu'un dit au<si lui proineltant du fait qu'il croit aux paroles de du secours. La confiance. que nous sommes la fin la maison du Christ.

Il quoddain robur spei im- s'ensuit qu'elle s'oppose à la crainte comme aussi à l'espoir. la selon le mode humain et voilà pourquoi le . Uad secundum quand art. l'homme étant » naturellement un animal sociable ou un être vivant fait poui- vivre en société. q. est chose qui dépasse homme a d'abord besoin du secours divin. en raison de la conil trariété des objets. parce que la force la contre les maux. comme (i''-2''*. déclare que « n. effet. Uad prinuun VÉthkjue (clî. de S. appartient au magnanime de n'avoir besoin de personne. il a été dit plus haut. rappelle que confiance qu'il peut avoir en autrui. dans la mesure oii peut quelque chose. Or. ou presque. nous ne disons pas une espérance robuste.QUESTION GXXIX. qui i)orte sur le même objet. en secours. savoir le bien. Toutefois. la confiance comme nous l'avons souligné. Pour autant donc qu'il a besoin des autres. 2. ». besoin d'absolu- ment personne ou d'aucun l'homme. [\). 26. tandis que proprement affermit l'homme magnanimité l'alTermil dans la . secondairement. /|0. il sous il la main lui- ceux qui peuvent confiance en soi opposer. dont l'objet est le « mal. il s'agissait des passions q. lequel saint la DE LA MAGNANIMITE. du secours humain. une foi robusle. : im- plique une certaine vigueur d'espoir portât.. Mais. « parce qu'il ne peut se suffire en ce qui re- garde sa vie. leç. il au livre de m. car cela ait même même est de l'excellence de l'homme. l'espoir s'oppose directement au désespoir. Car tout et aussi. mais. 10). ici IO9 Thomas caractérise et définit en quelque sorte : quand il l'appelle (juoildam robar spei mais nous n'avons rien pour traduire ce robiir si expressif. N'avoir. car. qui demeurent bien confiance. quil l'aider. nous n'avons même pas la ressource de traduire une espérance robuste. 23. : pâles auprès de ce superbe robur spei. car c'est là le propre de celui qui est dans chose doit s'entendre Aristote ajoute : manque ou le défaut. s'o[)pose à la crainte. Th. il ne nous reste que les mots (V espérance ferme ou de force d'espérance. appartient au magnanime d'avoir l'objection voulait la — C'est donc à tort que (i comme indigne du magnanime. si nous disons. il appartient au magnanime d'avoir confiance en eux. ». dans notre langue. Mais. comme le dit Aristote. art.

une vertu. par voie de conséquence ^énie de saint On aura admiré avec quelle souplesse le Thomas se joue au milieu de ces mutuelles déelles et — pendances des passions entre ce qui apparlicnt à comme il a su distinguer soit chacune ou à plusieurs ensemble. là vient que la confiance appartient proprement à la magnanimité plutôt qu'à la force. c'est de la matière Il s'ensuit que la confiance ne peut pas. l'es- sans pourtant exclure secours d'autrui. mais ce n'est point par là que le mouvement affectif ou de l'objet. . fondé sur ce de ce qu'on peut soi-même. : si si Comme d'espoir il la confiance implique un mode : en effet. aux diverses délicate et Vad terUum complète lumineuse. poir.rQUE. non à prise titre de vertu annexe le moins qu'elle soit pour la magnanimité comme Cicéron). désigner une vertu la vertu. reçoit son espèce de vertu. l'espérance fortifiée par quelque ferme persuasion opinione. et faire qu'il soit méritoire. de cause de cela la ». 128). à proprement parler. parce que l'espoir cause l'audace. une condition ou une qualité de vertu. — pour objet de porter à son plus haut Que penser maintenant de la sécurité? . qui appartient à la force. à proprement parler. Toutefois. de partie intégrale. confiance appartient à la force. soit dans leurs rapports vertus. est proprement mouvement que la magnanimité a point d'excellence. certain a toute cette doctrine a été dit. Or. elle est.IIO SOMME THÉOLOC. mais à » (q. C'est confiance n'est pas autre chose qu'une augmen- tation d'espérance ou d'espoir causée par tirée surtout le la persuasion intime qu'on a d'espérer. à poursuite des biens. le spes roborata ex allqiia firnia mode d'un mouvement affectif peut bien appartenir à la recommandation de ce mouvement. Et la vertu dont qu'en elle est ainsi la condition qui en augmente directement l'excellence et le prix est la vertu de la effet la magnanimité. et l'espérance ou que l'on peut soi-même avec tous le les moyens affectif d'action que l'on possède. Et voilà mais elle peut désigner une condition de pourquoi titre elle est mise au nombre des parties (à fait de la force. selon qu'il a été dit La confiance Elle est n'est point. dans leurs actions propres.

mité? Saint magnani- Thomas va nous répondre à l'article qui suit. xx). ni sous les coups de fortune. art. D'autre part. parait cire la du trouble que causé la Donc la la sécurité même chose que force. ». au du Devoir (ch. à la II î Devons-nous dire qu'elle appartient.. chapitre l'iniquité. selon cette parole de l'Apôtre. sécurité. elle aussi. qu'il appartient le au magnanime. lettre S). Si la sécurité appaï'tient à la magnanimité? Cet article est propre à la tions veulent prouver Somme « théologiqae. implique crainte. Or. Or. de vertu. X. Donc la sécurité n'appartient pas à la magnanimité ».QUESTION GXXIX. Donc n'appartient pas à la magnanimité. — La troila sième objection déclare que vertu ne sont pas une la vertu et la récompense de la sécurité est même la chose. Si lu éloignes de tes mains tu te coucheras en sûreté. c'est en cela que . dans sa seconde épître à Timothée. i^. Cicéron qui de partie ». qui doit se préoccuper des choses honnêtes. assignée comme récompense de Job. la force n'appartient pas à la magnanimité. comme un il a été vu plus haut (q. — Trois objecà que la sécurité fait n'appartient pas u la la magnanimité ». ceci parait être contraire à la vertu. certain repos à l'endroit Or. — La première observer que r. ni sous l'action d'un la homme. qui au que quelrjaun est appelé sûr {secaras)y comme pour marquer qu'il n'a pas de souci ou de préoccupation {cura). ainsi qu'on le voit au livre 18) : xi (v. Or. « — La dit. — DE LA MAGNANIMITE. seconde objection en appelle à « saint Isidore livre des Étymologies (liv. L'argument sed contra livre I se réfère à « ». qui accom- plit ce qu'il y a de grand en toutes « les vertus ». ceci est l'œuvre par excellence de la force. i5) : plus grand soin de la sécurité te montrer digne de l'approbation de Dieu. ch. Aie le 11 (v. 128. ad 6). mais c'est plutôt l'inverse. Donc la sécurité n'apparà litre tient pas à la magnanimité. ni à quelque autre vertu. de ne succomber ni sous trouble de l'âme. « dit. AirncLE Vil.

Toutefois. mais seulement lorsque quelqu'un laisse tout souci les comme ait il le doit et dans choses qui ne demandent pas qu'on de la crainte. de même que l'espoir appartient directement à la magnanimité. s'ensuit que la sécurité la implique un certain parfait repos de l'âme à l'endroit de comme la confiance implique une certaine force ou vigueur d'espérance. par voie de conséquence. ainsi qu'il a été vu plus haut. à la Donc la sécurité appartient magnanimité corps de ». 2). faut consi- dérer que comme l'espoir est cause de l'audace. la crainte appartient directement à la force. de même il que la con- fiance appartient directement à la rité magnanimité. en tant qu'elle use de l'audace. V. art. Et comment Il pourront échap- la sécurité se dit par l'éloignement de ce souci que crainte. Or. mais en tant qu'elle implique une certaine fermeté dans sions. l'article. de rité aussi. « primum déc\dve que la force n'est point louée surtout de ce qu'elle ne craint pas. appartient à la force. li'ad mais elle est une certaine condition de « cette vertu. la la sécu- par voie de conséquence. même. pareillement. en tant qu'elle repousse le désespoir — : Nous ferons même remarque que pour l'article précédent et il serait difficile de trouver une analyse plus approfondie tous ces multiples rapports souvent si plus complète de si délicats et complexes qui unissent entre elles h" ad les diverses passions et les diverses vertus. la dans livre de sa Rhétorique crainte fait les hommes en quête de moyens. ce qui appartient à la sécurité.ï'2 SOMME THÉOLOGIQUE. de même la crainte est cause du désespoir. quand il s'agissait des passions (r-2*% q. consiste la sécurité de riiomine. magnanila mité. saint le Thomas nous second avertit qu' « au témoignage d'Arlotolt n. » » secundam répond que « ce n'est pas toute sécurité ou toute tranquillité qui est digne de louange. ainsi la sécu- appai lient directement à la force. Il s'ensuit que comme la confiance. une condition de magnanimité . appartient à ». ils pour autant qu'ils ont souci de savoir per à ce qu'ils craignent. Et c'est la de cette manière qu'on dit force et de la la sécurité être ». Par conséquent. la crainte produit. 45. i/(). D'oij la il les pas- suit que la sécurité n'est pas la même chose que force. Au (cli.

De la vie heureuse. la magnanimité rend grandes dit (art. ainsi qu'il a été à une certaine participation de la béatitude vu plus haut (1^-2". la homme vertueux ne méprise les choses qui lui servent.\ .7"'"). — La première la arguë i. 69. de que les richesses. au livie I du Devoir (ch. s'agit de savoir dans quels rapports se trouvent. Article YIII. « — dit. le pouvoir. bien que a pour objet directement elle intéresse plutôt la force. condition de à la bien que vertu ». soit la cause de cela. LA MAGNANIMITE. 3). rien n'empêche qu'une certaine sécurité la vertu. La seconde objection déclare qu' aucun Or. — Un dernier point nous reste à considérer. Il s'ensuit qu'indirectement la sécurité ou la tranquillité intéresse la rriagnanimité. et le reste même la nature. xx). Cicéron effet. qui la propre de régler passion de la crainte en d'elle le telle sorte qu'on n'abandonne point en raison bien de Il la vertu. — La Force cl la Tcinpcraiicc.QUESTION CXXIX. objet pro- pre et direct de la magnanimité. Et. ch. Ce va être l'objet de l'article qui suit. '\. xvi). qui s'oppose à l'espérance ou à l'espoir. le dernier de question présente. DF. la tranquillité de l'âme implique un certain repos à l'endroit du trouble ou de la préoccupation que cause D'autre part. que grand se recom- XIII. 8 . ». il Il 3 Vad (erfium rappelle que « dans y a une cer- taine similitude et à venir. les biens de la fortune ne servent pas à la magnanimité les elle ne saurait en avoir besoin. q. Si les biens de la fortune servent à la magnanimité? les Trois objections veulent prouver que « biens de la for- tune ne servent pas à la magnanimité ». art. « au livre de Colère (ch. magnanimité méprise en l'esprit choses qui ont trait à la fortune extérieure. « Sénèque qui. dit que la vertu se sajfii. les vertus. les amis. la sécurité parfaite appartienne récompense de la La sécurité ou la crainte. comme il a été ad . la crainte est de nature à causer le désespoir. Donc ». avec la magnanimité. d'une parole de cf. ce qu'on appelle les biens de la fortune tels ou les biens extérieurs à l'homme. Or. toutes les vertus.

9). s'ensuit qu'elle rend un plus grand honneur à ceux qui ont ces biens extérieurs de la fortune. ». à la — des biens extérieurs de la fortune. non pas seulement par la les hommes pour mais aussi par multitude : et la multitude il tient grands ces sortes de biens extérieurs. iS. du sage. pour les actes des vertus. les biens de la fortune servent à titre d'instruments. qu'il ne s'écarte en rien de l'état de la nature.Il4 SOMME THÉOLOGIQUE te mande par mépris des choses exlérieures les biens de sui* « la Donc d la magnani- mité n'est point aidée par fortune ». L'honneur. accomplir. — « La troi- sième objection s'appuie encore Gicéron qui ajoute. la foi- les cboses dures et l'infortune s'opposent aux biens de et tune. de S. dans sa réalisation extérieure. au en même telle endroit. les sur quelque Or. au livre IV de fortune paraissent servir à texte et 19). biens de la fortune sont d'un fée\ secours et d'une réelle efficace. Et ceci est grandement aidé par le concours d'agir. la h'ad primum ce précise lui-même remarque que nous venons de faire. en rien de la dignité tote dit. car les richesses et la puissance et les amis nous donnent la faculté Il est donc manifeste que les biens de la fortune servent magnanimité ». Pareillement aussi. saint Au il Thomas nous rappelle que «comme magnanimité porte sur deux et a été dit plus : haut (art. un certain apparat de pompe extérieure. que Thomas corps de a posé le présent article. la choses sur l'honneur. chose de grand à et comme sur sa matière. pour l'une pour l'autre de ces deux choses. n. très hommes vertueux. extérieurs de la fortune ne servent L'argument sed contra tt est un la autre texte d' VÉlfiifiuc (n c A\rislote ». qu'il appartient à l'esprit grand de supporter les manière choses qai paraissent dures. comme sur sa fin. en effet. l'article. que magnanime s'attriste n'est point triste dans l'infortune. Or. le iri. S'il est dit que la vertu se suffit. La magnanimité. implique un certain éclat. Tb. leç. est rendu aux sages. que les biens de magnanimité — Cest même en raison de ce saint pour le mettre dans tout son jour. qui dit la expressément. Et Aris- au livre IV de VÉthigue (cb. c'est parce qu'elle .. chacun de la perte des choses qui lui sont un secours. i). la pas à Donc les biens magnanimité ».

des vices qui lui sont opposés par mode la d'excès. que « le magnanime méprise les biens extérieurs. d'abord. ni ne se réjouit beau- coup quand les il l'a. Et de là vient que magnanime. toujours dans le même répond que « celui qui ne tient pas une chose pour grande. de la pusillanimité. en ce qui la constitue essenliellement.QUESTION CXXIX. en affermissant les grands espoirs contre tout assaut de la désespérance. ne s'enorgueillit pas beaucoup à leur sujet s'il les a. : savoir : la présomption. sur cette les terre. « nant nous occuper de ces vices opposes à Nous devons maintela magnanimité. à l'endroit des grands actes de vertu qui ne peuvent avoir de digne récompense. « sans ces soiies de biens extérieurs. la parce qu'il n'estime point si biens extérieurs de fortune comme s'il c'étaient de grands et biens. coutume d'admirer et — Mais précisément parce qu'elle est cela. Vftd secundum répond. elle est exposée à avoir ou à rencontrer de multiples défauts ou de mnlti|)h's vices qui lui seront opposés. ([ui est opposée à magnanimité par défaut l'objet — — Chacun de Vo\ons d'abord ces vices formel a le ])iemier. Toutefois. Elle est excellence et proprement vertu des grands. la ». de ceux que la multitude a d'exalter. des riches. ils sont liois Puis. Mais il ne les méprise pas en ce sens les actes qu'il les considère la comme inutiles pour accomplir sens. ni ne s'attriste le beaucoup quand il la perd. en tant qu'il ne les tient pas pour de grands biens au point de rien faire de non conforme voir à la vertu pour les avoir. dans le même sens. des puissants. ce qu'est la de la raison. vaine gloire. C'est l'objet question suivante. ne se laisse point abattre non plus vient à les perdre ». que par plus grands honneurs. Et. elle en a besoin pour pou- mieux déployer son action ». IIO peut être ». dont le rôle est d'établir le mode ou la mesure tion. Tout est grand. de vertu ». la nous traiterons de d'une question. Elle est une vertu annexe à la vertu de force. . Nous voyons nettement. LVw/ lerliam. l'ambition. en la elle. au terme de cette lumineuse quesmagnanimité. DE LA MAGNANIMITE.

péché « dit. ii).somption. est plutôt quelque chose de louable — La troisième objection la revient à « l'Apôtre » saint Paul. n. ». mais qu'elle ». pas un péché dit. Âristote qui au X deVÉlhique l'être (ch. cela paraît être de présomption. ni r homme mortel. — La seconde objection livre en appelle à .MI'TION Celte question 1° comprend deux présomption s'oppose à est la articles : Si la un péché? par excès? 3° Si elle magna tiimilé Article Premier. sont au-dessus de I). de S. l'Apôtre qui « aux Pfdlippiens. les choses divines et les choses immortelles semblent être au plus haut point au-dessus de l'homme. leç. Or. 9. Donc la présomption (( n'est pas un ». il dit que l'homme doit s'élever aux choses divines autant qu'il le peut. je me porte aux la choses qui sont en avant.. 3). 10 . Th. i3) : Oubliant ce qui est der- rière. II. leç. qu'iV ne faut pas que humain s'inspire de pensers il humains . I des Métaphysiques n. m (v. vni. Or. qui « dit.QUESTION CWX DE LA PRESO. Th. que Ton tende à ce qui est au-dessus de soi. que quelqu'un tende aux choses qui lui. semble que la présomption n'est pas un péché. de pensers mortels. — La première argue du mot de cli. 8 de S. Si la présomption est un péché? présomption « Trois objections veulent prouver que la u n'est ». mais doit agir selon quil convient à ce qui est immortel. Et. au livre (ch. Et puisqu'il est de l'essence de la il prc. dans seconde .

que quelqu'un entreprenne de faire ce qui l'emporte sur sa vertu. ch. comme allant contre l'ordre naturel. qui commande toute la morale la Thomas formule ce magnifique humaine « Parce : dit-il. au-dessus. Non et certes. corps de l'article. tout ce qui procède de la racine de la mauvaise volonté est péché. Appliquant la son lumineux principe à ajoute les : question actuelle. s'efl'orce donc présomption. et du verbe sumere. saint « Or. il semble que l'iiomme ne pourra mémo pas avoir une bonne pensée licitement chose qui répugne. composé de préposiil tion prœ. nous trouvons ceci la Thomas communément dans toutes la choses de nature. comme le nom la même l'indique (en latin prœsumptio. d'où donc as-lu clé créée ? Et la glose la créature. D'où présomption est suit manifestement que la un péché ». que raison la quoi que ce soit qui se fait selon raison humaine doit imiter. qui aille contre cet ordre. les choses qui sont selon la nature ont été ordon- nées par la raison divine. Au que. prendre). 3) : présomption mauvaise. ce qu'il faut penser de raison morale auto- nome tant prônée par Kant et ses disciples. épître — m DE LA PRÉSOMPTION. soi-même.QUESTION CXXX. Et jamais elle ne faire. répond : De la mauvaise volonté de Or. et qu'aucun agent naturel ne ac- complir ce qui dépasse sa et faculté. Tout son rôle naturel s'imposant à elle est d'imiter la raison divine se manifestant même des choses de la nature. II7 aux Corinlhicns. ch. de concevoir Si 5) : Nous ne sommes pas capables par nous-mêmes quelque chose comme la venant de nous. selon laquelle on d'atteindre est quehjuc chose qu'on ne peut atteindre un péché. la raison morale humaine dans l'ordre peut rien n'est pas indépendante. : L'argument sed conlra oppose qu' lique. — Pou- vait-on aller chercher raison plus haute ou plus profonde et . Donc la présomption est un péclié d. licitement. (v. Donc la présomption n'est pas un péché ». Il suit de là qu'il est vicieux que c'est un péché. tout cela est vicieux et péché communément dans les choses de ». humaine et qui est contre l'ordre qui se trouve la nature. que chaque action est mesurée à s'efl'orce à vertu de l'agent. à la lumière la de ce principe. saint principe. « il est dit si dans V Erclés'ws- xxxvii (v. Chose qui appartient à la raison de présomption. On voit.

. qui dit au livre \l\àQYÉlliique{ch. peut se joindre anx choses immortelles ce sens Et c'est en s'élève qu'Aristote dit qu'il faut que et divines : aux choses immortelles qui est le faire. nous pouvons en qucL^r. Lad secundiim met aussi dans sa vraie lumière le beau mot d". eut la hardiesse de vouloir réaliser tout de suite ce qui appar- tient à la vertu parfaite. i3. que nous citait mériterons vraiment d'être appelés des dieux par participation. de le Th. fait voir excellemment que le la mot de TApôtre cite par l'objection ne va pas contre de l'article. Saint (( Thomas en appelle à S. L'«(/ /e/'/t«m la explique l'autre parole de saint Paul que troisième objection. Ladprlnium. par l'ordre de la nature. cependant. « doctrine exposée au corps Rien n'empêche. par la foi. qui est l'intelligence. aussi plus péremptoiie et pour établir ce quil y a de désordonné de peccamineux dans l'acte de la présomption.e . dans la sublime élé- vation de la béatitude. que ce que nous pouvons par nos amis. serait vicieux et présomp- tueux. c'est ainsi que l'Apôlre se portait aux choses de un progrès continuel ». n. qu'une la chose soit au-dessus de puissance active d'une chose natu- relle. m ArisLote ». qu'elle — pourra se réaliser un jour au ciel. mais. que quelqu'un existant dans l'état delà vertu imparfaite. qui à avoir l'action et fait qu'il peut être transformé feu. selon des proportions telles.IIO SOMME THEOLOCIOUE. 8). et amené puis- mouvement du Ainsi donc il qui excèdent la sance active de l'air. leç. mais si quelqu'un tend à s'avancer vers la vertu parfaite. Cette union à Dieu par l'intelligence et la volonté que déjà le génie d'Aristote avait su marquer comme l'objet vraiment digne de l'effort humain. présomptueux ni vi- Or. passive » ou réceptive le « c'est ainsi qu'il est dans l'air une puissance passive. l'homme non pour accomne convient et plir ce propre de l'action de Dieu et qu'il qu'à Lui de la mais pour s'unir à Lui par l'intelligence Volonté ». se trouve une certaine puissance laquelle il naturelle. par et divines. m. nous savons. déclare saint Thomas. Nous accordons que « les choses divines et immortelles sont au-dessus de l'homme selon l'avant. dans l'homme.\ristote que ci lait l'objection. laquelle cependant ne sera point au-dessus de sa puissance . ceci n'est point cieux.

1). Il réponse.QUESTION . la ne s'oppose point à magnanimité. Il si quelqu'un s'applique à si faire quelque action dans cette y aurait présomption. où le secours de la grâce est absolument indispensable. elle agit contrairement à tout l'ordre de nature oii nous voyons reluire la sagesse de la raison divine que notre raison a pour unique devoir d'imiter. péché. n. mais plutôt dit qu' « Donc mité la ». la faculté naturelle peut sulTire. q. La présomption la est un péché. présomption. 109. ili. magnanimité par excès? présomption ne Trois objections veulent prouver que « la s'oppose pas à la la observe que « magnanimité par excès ». eh.s'or/e ( XX\. le la péché contre le Saint-Esprit à la charité. — DE lA PRESOMPTION. Article Si la présomption s'oppose à la II. 1^-2'^*'. du bien et de l'acte de vertu dans l'ordre surnaturel. à ce qui rend digne de grands ni. art. q. ne s'oppose pas à magnanila — La seconde objection IV de il appartient à magnanimité que l'homme tende honneurs (Aristote. il avec le s'ensuit que cela n'excède pas totalement il notre faculté ou notre pouvoir. YÉthùjue. non plus. et faire le bien. « Puis donc que nous pouvons concevoir secours divin. à quelle vertu s'oppose-t-il et s'oppose-t-il à cette vertu ? — Mais. Or. ». vertueuse. liv. non pas toutefois sans le secours de la cet ordre. le art. comme chose surajoutée à Dans l'ordre naturel. quelqu'un tendait à cela s'agit surtout. la natuie. La première présomption est donnée comme une espèce Saint-Esprit. motion divine proportionnée à qué dans le traité comme il a été expli- de la grâce. Car se portant à des choses qui dépassent sa vertu. 21. Et voilà pourquoi n\ a point de présomption. de . i . sans se confier au secours divin ». Nous aurons la par mode d'excès ? réponse à l'article qui suit. 3. ainsi qu'il a été vu plus haut — du péché contre (q. ce Est-ce à la magnanimité. et IIQ par nous-mêmes nos amis nous ne faisant qu'un.

i^f). Cette préet somption. comme étant le péché contre la le Saint-Esprit. L'adprimuni explique que « ce n'est point toute présomption. en . S. sa même la vise à de petites dignités. — La troisième objecextérieurs livre IV de V Éthique tion déclare que de le magnanime leç. prise quelque chose de divin. mais seulement par défaut ce estimant grand que la magnanimité estime II petit. 11) de l'Éthique.aju-oç.. elle se trouve au milieu selon proportion à la propre faculté on n'y le tend pas. s'il T!Ii:OLOr. Ce n'est donc point directement à magna- nimité que présomption s'oppose « ». Et c'est de cette manière que la présomption s'oppose à la ma- gnanimité par excès qui est donnée ». la présomption ne s'oppose pas ». SOMMK Th. comme Donc tenant pour quelque chose de grand biens extérieurs. il tend. Or. de Th. n. d'après Aristole. nous. au don de crainte.. à qu'il y a de plus grand .. Th. 35. car on y tend à ce effet. la présomptueux Au siste corps de l'article. qui a pour objet de révérer Dieu. Or. S. 9). leç. en culté des choses plus grandes que sa propre fail ne le permet. m. 3. la III. livre (I l'autorité . quand cela dépasse propre faculté. parfois. deviennent méprisants injurieux pour les les autres. S. L'argument sed contra apporte qui. les tient les biens pour peu de chose.. magnanimité conmais : dans le milieu. art. présomptueux. car. pour autant qu'on y méou plutôt iMais. 1'""). au la reste bien en deçà. 21 . 7 de leç.IOUE. en raison de sa matière. c'est-à-dire le le ou le » plein de vent. n. à ce à quoi il il n'excède pas magnanime. 8). au IV (ch. on dit de quelqu'un qu'il est présompla tueux. leç. dit qu'au magnanime s'oppose par excès hors de lui le /. Mais le excède selon propor- tion de sa faculté. n. vu. à la magnani- mité par excès. relativement contraire. saint Thomas ad la comme il a été dit plus haut (q. 120 S. non selon la quantité de ce à quoi l'on y tend. rappelle que. d' « Aristole ». que nous appelons. Th. en vue de et fortune extérieure. que magnanime ne dépasse point. 9) et au livre (ch. Quant au présomptueux. mais celle oij l'homme méprise la divine justice en se confiant d'une manière désordonnée à divine miséricorde. s'oppose à la charité. au (eh.

de même grand aussi la présomption semble tendre à quelque chose de : et. de S. ainsi qu'il a été Uad tertium répond que « nul n'entreprend quelque chose si au-dessus de sa propre faculté.. quelquefois se trouve être véritablement chose grande d'une façon pure se proposait et simple : comme on le le voit pour Pierre. à ce sujet. on n'a guère coutume d'appeler présompon veut l'appeler de à la tueux celui qui outrepasse ses propres forces en de petites choses. Dabord. « Aussi bien Sénèquedit. ce nom. en raison du genre de lu tel chose: celui qui s'estime le grand et digne de grands hoiuicius. tant il — la DE LA PRESOMPIION. tel vn en raison de ses richesses ou des biens de fortune puisle sance. au livre IV de l'Éthirjue (ch. par exemple. n. « Et ceci appaitient à la vérité magnanimité. de mépriser traitant de son l'excès de la les autres ». 12 1 qu'un tel mépris excède la proportion de sa propre faculté. Si. 20. chose qui était au-deésus de sa vertu propre. toutefois. qui de mourir pour Christ. ce n'est pas une chose grande purement et simplement : » ou en elle-même et d'injurier « mais seulement porter des vêles au jugement des sots comme. en raison de ce qui ne mérite pas. 9). par exemple. que la magnanimité. Or. art. peut aussi s'opposer à L'ad secLimlani fait magnanimité « observer que. et autres choses de ce genre. ou de quelque autre chose de ce genre. si quelqu'un pense avoir plus de vertu. Th. 2). De la modération de la force . «car selon qu'Aristole dit. en effet. de tements précieux. rangé parmi les œuvres de Sénèque). leç. ce à quoi tel sujet tend au-dessus de ses forces. au livre des Quatre Vertus (ch. si elle s élève au-dessus selon l'opinion . ». mais à cette vertu qui a pour objet les honneurs moindres. non selon » de la chose. ou de science. haut et avec arrogance. comme la magnanimité. une telle présomption ne s'oppose point dit » (q. in. mais du sujet. l'erreur peut produire d'une double manière. sa faculté plus se ce n'est en tant qu'il estime grande qu'elle n'est. ni ne sont appelés justement nies. Pareillemet aussi. magnanimité. ni ne s'estiment à bon droit niiijn(uii- dignes des grands honneurs. amis. ceux qui ont de tels biens sans In vertu. 129. comme la s'il se croit ». qu'il n'en a. D'une autre manière. Quelquefois. dans l'ordre seul la de quantité.QUESTION CXXX.

et prompt à se porter à tout ce qui met en vue dans les paroles ou dans voit les actions. selon dépasser. la vertu. le présomptueux les en deçà du magna" nime de le mais. — Une autre Nous devons question se pose au sujet des vices opposés à la magnanimité par mode d'excès. C'est la question de l'ambition maintenant l'examiiicr . Elle veut faire grand sans en avoir effet. superbe. sans avoir aucun égard à Ihonnêtetê. apparences. brouillon. El parce qu'en tout état de choses. inquiet. il s'ensuit que la présomption s'oppose proprement à la magnanimité par excès. a l'air d'être en delà et — a On ne pouvait mieux expliquer l'objection signalait.[22 SOMME THÉOLOGIQUE. l'appa- rente contradiction que La présomption dépasse les forces pour trait essentiel. qu'il s'agisse de ce qui est vraiment grand. on y tend vers le grand plus qu'on n'en a les moyens. de sa mesure. en ou qu'il s'agisse de ce que le sujet considère lui-même comme tel. Par où Ton se trouve parfois il que . de se porter à ce qui du sujet. rend l'homme arrogant.

de l'honneur. l'honneur est de soi un certain plus grand des biens extérieurs : est et aussi Il bien l'on blâme ceux qui n'ont aucun souci de l'honneur. n. Si l'ambition est un péché ? Trois objections veulent prouver que « l'ambition n'est pas un péché que bien il ». les leç. au livre VIII (ch. suit s'en- que l'ambition n'est pas un péché. Or. auprès de qui courage ne reeoirenl <uirun honneur tandis que les hommes sans hommes coura- . Or. de S. xiv. de S. Or. n. les hommes sont provoqués à faire le bien et à éviter le mal comme Aristote dit. leç.QUESTION CXXXI DE L'AMBITION Cette question coiiipiend 1° Si deux articles : l'ambition est s'oppose à 2° Si elle un péché? la magnanimité par excès? Article Premier. par l'honneur.. 6. comme récompense. l'honneur comme Aristote le dit au livre I i8) et (ch. que ceux-là paraissenl les plus forts. vin. n. Donc l'ambition de l'honneur un péché ». selon qu'il bien ». — livre 111 de VElhique (ch. 16). 1. 2 . Icç. i4) de l'Éthique. mais « plutôt quelque chose de louable. est louable de désirer ce qui est un — La seconde objection déclare que lui est chacun peut dési- sersans vice ce qui est la dû récompense de la verlu. La troisième objection dit que « ce par quoi l'homme est provoqué au bien ou détourné du mal n'est pas un péché.. Th. XII. au n'est pas . Th. — La première arguë de ce que même le (( l'ambition impli- le désir . de S. Th..

— elle On pourrait dite de l'ambition. saint Thomas évoque dabord « la il notion a été de l'honneur. Donc l'ambition est un péché Au corps de l'article. que ce par quoi l'homme pas de lui-même. que l honneur nourrit ». dans la pre- mière Epitrc aux Corinthiens. veut pour soi l'honneur. i). Or. io3.ter à Dieu. sans le rappor. . art. rien ne répugne à ce n'est le péché. Et parce que l'ambition implique neur. D'abord. Troisième- ment. à vouloir : pour soi un honneur qui ne nous appartient pas soit que nous ne le méritions pas. ii). » Et après avoir formulé cette double remarque. Aussi bien.1^4 SOMME THÉOLOGIQUE. il s'ensuit un amour désordonné de que l'ambition est toujours un péché une nous venons de le l'honn. . le par cela que quelqu'un désire qu'il n'a pas : témoignage d'une excellence cela qu'il ce qui est désirer l'honneur au-dessus de la projDar portion qui lui est due. par cela que son désir sans rapporter cet honneur s'arrête à l'honneur en lui-même. dit plus Comme haut (q. de ce chef. voir. en effet soit que nous refusions d'en faire hommage à Dieu. soi. mais cest excelle. si ». afin là il soit utile que par par aux autres ». deux choses sont à considérer. ou que nous en . que nous connaissons déjà. Donc l'am- bition n'est pas un péché L'argument sed contra oppose qu' n'est « il est dit. au livre des Questions Tiiscules arts. et Cicéron dit. chapitre xin que la charité pas ambitieuse. Premièrement. « C'est donc d'une triple manière que désir de l'honneur est désordonné. Il suit de là que l'honneur mesure où rendu par là lui les autres à l'homme la doit lui plaire dans la est fravéc voie d'être utile aux autres. D'une autre manière. l'honneur implique une certaine révérence rendue à quelqu'un en témoignage de son excellence. éblouissante de lumière divine. saint qu'il arrive Thomas le ajoute . touchant l'excellence de l'homme. ce n'est pas à lui que l'hon- neur est ce en quoi dû principalement. ch. (v. I. en effet. à l'utilité et au bien des autres. l'homme ne l'a comme quelque chose de divin en lui. qui le mérite tout d'abord. il faut considérer que l'homme excelle est donné à l'homme par Dieu. 5). Or. Secondement. : geux sont honorés lanes (liv. ne cherche pas ce qui esl à la charité. qu'elle est sorte de vol consiste.

être l'ordre vrai et parfait de la . Quant à l'honneur. pour saint Thomas. c'est de cette manière que chose vicieuse. quand ils n'évitent pas ce qui est contraire à l'honneur Vad secundum mas. ce quil healUudlnem. qu'un ordre à le Elle de mérite ou de disposition. veilleuse doctrine ! le bénéfice. pas une a raison pour elle-même. savoir ». Et soit qu'il le dédaigne. au contraire.QUESTION CXXXI. qui est la fin de la vertu est Jinis virtutis sed pro praemio expelit ». est. l'objection. c'est devient vicieux. « il comme récompense. le piétisme être du philosophe de Koënigsberg récompense de elle n'est la doit n'est vertueux pour fin la vertu. et s'il tran«!gresse cette règle. Voilà donc. la de la vertu. et toujours. — DE T. ceux qui ne prennent pas soin de leur honneur selon que la raison le commande. : c'est la béatitude. quelle mer- Vad primiim la déclare que « le désir du bien doit il être réglé par raison. quae propose pour récompense. et la mérite est pour la récompense. récompense de non . La vertu la (In. Et précisément. 120 gardions pour nous tout au profit du prochain. dont est dit être la la béatitude. morale : l'homme doit l'ont vertueux mais non pour la vertu elle-même et. L'honneur. la béatitude. n'est pas la a une parole vraiment c d'or. il Le tout est de ne pas mettre cette où ne faut pas. Et l'on blâme. Or. A>[BITrON. fin de la vertu. que quelqu'un désire l'honneur sans garder l'ordre de la raison. soit qu'il cherche autre chose. Ici alors qu'il doit tourner — encore. en ce sens qu'il doive se proposer cela pour récompense. il cesse d'être vertueux par le fait môme. cela que Dieu veut recherche poursuive en chacune de ses actions. il était la question dans vertu ». se- jamais être lon la vertu elle-même. pour la fin la forme qui doit parfin faire définitivement. par une sorte d'orgueil transcendant et fou. Or. comme : voulu à tort tant de faux mystiques. nous -venons de vérité de la foi. qui ne peut le dire. que nous ne sau- rions trop souligner au passage. disposition. au plus haut degré il d'erreur. C'est pour cela que l'homme ses doit agir. L'homme qui est la vertueux se propose. C'est à cela C'est que doivent qu'il être ordonnés tous et ([u'il actes. dit saint Thovertu pour récompense de se la l'homme ver- Ineux lui-même.

— Ce péché de l'ambition. parce qu'elle vise aux grands hon- neurs. L'ambition est un péché . . mais ces actes n'émanent pas de vertu elle-même. — Toutefois.. lence qui motiverait ces honneurs soit qu'il retienne il indû- ment Dieu à la ces et honneurs pour de lui. leç. » : où dit que ceux-là ne sont pas véritablement vertu qui accomils plissent des actes de force en vue de l'honneur peuvent la avoir les actes de la . est ce qu'il doit être. y tend par ruse et tromperie. ne sont pas » véritablement « vertueux comme on le voit par Aristole. qui est le bien de la vertu elle-même. que l'honneur au n'esl pas une récompense saffisanle. il faut qu'ils et intrin- de la fin immédiate fin sèque. Th. côté « du a mais 1 du sujet lui-même. n. le coimnandemenl sont désirés également par lliommc . il par l'amour de l'honneur. qui n'ont rien de meilleur à rendre . de S. 3. en delà des limites ou du soit mode que la raison prescrit : que le sujet manque de l'excellence ou du degré d'excel. 16). comme S. que l'honneur. ceux-là même qui font le bien et évitent mais seulement en vue de l'honneur. est dit livre IV de VÉlhique » (ch. est-ce s'oppose . vm. r/ionneur. savoir l'homme bon. 17 de Th. ni. vertu magnanimité et le fait-il . forls. pour qu'ils soient faits pour la fin émanent de vertu : la vertu. dans son Catilinaire (ch. quand cet amour l'aire désordonné. i. parce que moyens Justes lui font déjaut. 9). leç. ajoute saint le Thomas. dont qu'il la grandeur vient Par où l'on précisément de ce voit il rend témoignage à la vertu. médiate et ultime. que la gloire. Lad quand est terfiam répond il que « si. il peut être pour l'homme l'occasion de beaucoup de choses mauvaises. au . xi). n. car ce serait trop peu pour lui du c(Mé des autres. alors qu'il ne se met point en ])eine du mode dont il acquiert les honneurs. bon et le par l'inu/iie mais celui-là. mal.120 SOMME TIIEOLOGIDUE.. qui est la béatitude. homme vertueux. en est qui sont provoqués au bien et détournés du mal pareillement aussi. livre il III de VÉlhique (ch. y les tend par bon chemin . . l'inique. C'est pour cela que Salluste dit. au contraire. quand qu'il devrait les rapporter à au bien du prochain.

23). l'ambiaux dignités. c'est-à-dire grande pompe (v. l'apparat extérieur. au plus luiaf point. 2). ch. La troisième objection déclare qne « l'amtion semble se référer — bition semble appartenir à l'apparat extérieur effet. art.QUKSTION CX\XT. ? Trois objections veulent prouver i- l'ambition nt dit s'oppose pas à la magnanimité par excès qu' (( — La première à un seul milieu ne s'oppose d'un seui côté la qu'un seul extrême. xix). la magnanimité ne porte point sur rambition ne s'oppose pas à la Donc magnanimité L'argument I «^ed contra est un texte de « Cicéron ». le premier de tous veut être seul. 7). Or. « Comme a été dit (ait. « Or. car il est dit.). qu'Agrippa Bérénice entrèrent au prétoire avec une grande ambition ». Arficle Si l'ambition s'oppose à la If. à tion. Donc l'ambition ne s'oppose pas à la magnanimité ». du Devoir (ch. iv (v. comme que (( il a magnanimité s'oppose par excès la présompété dit (q. au livre Au corps de l'article. i3o. i/j). qui « dit. l'ambition implique la l'amour désordonné de l'honneur. Or. l'2'j mode . ])av — DD T-'\Nf BITION'. Or. que Jason ambUionnait le souverain sacerdoce. et en en au livre des Acles. de même. xxv au (v. Puis donc que mité porte sur les magnaniil honneurs et en use selon qu'il convient. saint il Thomas fait ce simple raisonne- ment. . \vi que sur le corps d'Asa mort on brûla des aromates et ». cb. Donc l'ambition ne »>. s'oppose pas à elle par excès pelle la — La seconde objection rap- magnanimité porte sur les bonneurs. . magnanimité par excès que ». : il est dit. c'est-à-dire des parfums avec une ambition extrême avec une grande prodigalité. i)réc. a et livre II des Paralipomènes. ((ue comme chacun excelle pur la grandeur dame. ». ch. d'excès? C'est ce que nous devons mainlenanl con- sidérer et tel est l'objet de l'article qui suit. ceci appartient à lanibition. Donc l'ambition appartient à un excès de magnanimité ». dans le second livre des Machabées.

désordonné s'oppose « à l'ordonné Lad ses : priimun explique que la magnanimité poursuit : vise comme la fin qu'elle et ceci est le grande action ou quelque grand œuvre. au-dessus de sa faculté. L'autre chose que vise mité. etc. en ce qui louche à l'amour et à la recherche des dignités. que l'honneur . c'est magnaniet ceci est la comme la elle use bien l'honneur. Uad secandam apporte une Thomas à ce fuit distinction bien intéressante. en raison de l'excellence de leur état. magnanîdeux choquelque comme Tune. que l'ambition s'oppose à ma- gnanimité par excès. la présomption. c'est de l'ambi- tion les briguer pour elles-mêmes ou pour c'est l'office remplit. serait les présomptueux ». Et. l'amour désordonné des dignités appartient à l'amsi bition. On le voit charges pour les honneurs qu'on y . de manière disproportionnée h'ad lerliuin extérieur licnl à rer fait quand on le moyens ou à ses forces. et que vous lui disiez là vous. quelque grand œuvre la : au-dessus de ses moyens. Or. Saint observer que « l'honneur est dû à ceux qui sont constitués en dignité. ii (v. C'est de ce chef. qui tente matière dont magnanimité s'oppose. il « et cela il ne serait plus : ambitieux . qu'autant )'. Aussi bien a-t-on coutume d'honoceux en qui l'on trouve cet éclat. observer que « la solennité même du la présomption. en raison de choses diverses ». litre. de la non en raison de l'honneur. 2. De ce chef. ch.1 20 SOMME THEOLOGIQUE. asseyez-vous ici. la ». que tente selon ses magnanime moyens. Mais quelqu'un recherchait d'une façon indue la dignité. manifestement que l'ambition s'oppose à le s'ciisuil rnilé. à ses qu'on y fait d'une culte » ou l'éclat et l'apparat dont on s'entoure « apparun certain honneur. mais pour l'usage même dignité » ou pour les actes éclatants qu'elle implique. 3) : Si entre dans votre assemblée un homme portant un anneau d'or : et un vêtement de blanc. qu'il y ait plusieurs excès il n'y a pas d'inconvénient à ce par rapport à un même milieu. — briguer les dignités et reçoit. Il suit que l'ambition ne porte sur cet éclat se réfère à cet éclat extérieur. à la par excès. Et c'est ce que nous voyons signifié en saint Jacques.

Un troisième vice opposé à la magnanimité. est celui de la vaine gloire. du côté des à recueillir. XllI. encore par excès. en ce sens qu'elle recherche ces honneurs. Il va faire l'objet de la question — — suivante. de même. — Im Force ci la Tempérance . du côté de l'œuvre à accomplir.QUESTION CXXXr. au delà de son mérite ou de leur objet et de leur fin. — DE L^AMBITIOiV. 12fj De même que la présomption s'opposait à la magnanimité par excès. en ce sens qu'elle se porte à ce qui dépasse sa faculté et ses moyens. honneurs l'ambition s'oppose à la magnanimité par excès.

plication est dit. ch. — La première déclare que « nul ne pèche il en ce qu'il ressemble à Dieu. i) : Soyez les imitateurs de Dieu. la gloire n'est Donc l'amoui. Or. xliii (v 7) l'ai Quiconque invoque mon nom. les — un péché. 7) : A ceux qui vivent dans pa- tience des bonnes œuvres. 11). que tous sont excités à l'ap- par la gloire. la gloire cette parole la de l'Epître aux Romains. v fils très chers. Je recherche de la gloire « créé pour ma gloire. qui cherche de la part : des hommes. la comme gloire. par l'amour de Gicéron I. Donc la objection dit que n'est pas ce un péché ». (v. la gloire et l'honneur. du fait que l'homme cherche la gloire semble imiter Dieu. promise pour les Dans la Sainte Écriture bonnes œuvres. selon 11 aussi.QUESTION CXXXU DE LA VAL\E GLOIRE Cette question 1" comprend cinq articles Si l'amour de a" Si la vaine gloire s'oppose 3" Si elle est /j" un péché? magnanimité? un péché mortel? la gloire est à la Si elle est un vice capital ? 5" De ses filles. aussi bien est-il dit dans Isaïe. au des ch. l'Epître est ordonné. — La troisième objection I .de cite un péché ». ch. Si l'amour de la gloire est un péché? « Trois objections veulent prouver que n'est pas l'amour de la gloire un péché ». bien plus. ch. pas (v. Article Premier. des il Or. Questions Tusculanes {Uv. hommes livre sont provoqués au bien. dans aux Éphésiens. La seconde par quoi l'homme est provoqué au bien n'est pas la gloire. en effet.

au sujet de quelqu'un. . ou encore du sujet lui-même tout seul. la seul. fréquente qui se fuit H. la manifestation. : est dit dans Tite-Live La gloire ne s'acquiert le pas à l'égard d'un sens plus large. de ce qui les hommes est tenu pour donner un certain lustre. la clarté em- de que le raoi gloire implique pro- prement parmi rituel. « préciser d'abord ce gloire. qu'il s'agisse de quelque bien corporel ou de quelque bien spivient que Et parce que ce qui est clair purement et simplement. ch. auquel sens liv. 17) : à ce qui les est non seulement devant Dieu. clarifié. II et à cela revient ce que écla- Ambroise (ou plutôt III. un Au fie corps de l'article.QUESTION CXXXII. qui « dit. que la gloire est tante accompagnée de louange. L'argument sed contra en appelle au livre saint Augustin ». à prendre mot gloire dans la un la gloire ne consiste pas seulement dans connaissance de multitude. comme le dit saint Augustin. qui : V de la Cité de Dieu (ch. Lv. aimer renommée : louable n'est ])as un péché et . que quelqu'un conun péché. dit-il. être glorifié est la même chose qu'être (tr. ch. et peut être aperçu d'un grand nombre par le de loin. une connaissance la ou ch. — Or. là civ). de là mot gloire il est signifié proprement que et à le bien de quelqu'un parvienne XXII. ce n'est pas Thomas. c'est bien plutôt chose louable (v.. de quelqu'un en y mêlant des louanges dit saint liv. alors que l'homme considère son propre bien comme digne de louange. c. Donc l'amour de dit. xii (v. poursuit saint naisse son bien et l'approuve. DE LA VAINE GLOIRE. signi- qu'il faut entendre par le » mot La un certain éclat ou « une certaine clarté. Il suit LXXXI. xxxix) à la connaissance il l'approbation d'un {Hist. ou même d'un seul. que la gloire est l'évocation . ch. aux Romains. grand nombre. ch. bien. mais aussi devant la gloire n'est pas hommes. Toutefois. un péché à « ». qui connaît que C amour de la louange est aussi vice ». Il est dit. xli i5) : Aie soin d'avoir un Veillant bon nom. sur saint Jecm bellit et fait voir. aussi bien. saint Thomas va gloire. — ». dans sa Rhétorique. selon cette parole de V Ecclésiastique. mais aussi dans la connaissance d'un petit nombre. Or. Or. saint Augustin contre Maximin. l3l encore un texte de « Cicéron liv. xiii). xiii) Celui-là voit plus scdnement.

l32 SOMME THÉOLOGIQUÊ. afin de connaître les dons qui nous ont été donnés par Dieu. C'est qu'en effet. qui est l'honneur de Dieu ou le salut du prochain — On aura remarqué ces trois il caractères distinctifs de la vaine gloire. par oii est aisé de se le rendre compte que la gloire. sur . a comme quand on incertain. ch. gloire ne dit pas. que si Dieu veut être connu des homil mes. ch. selon cette la chose vicieuse de rechercher ce qui parole du psaume le (iv. Et. cherche près de l'homme. quand n'ordonne pas l'amour de sa gloire à voulue. est dit. si Lui- même qui seul se connaît ne se livre ». v (v. personne ne connaît. ce n'est pas un péché. du il côté de celui qui recherche la gloire. Dieu ii (v. qui implique un vice. Augustin. par ce beau texte de saint Augustin. 3) : Pourquoi aimez-vous la gloire vanité et cherchez-vous mensonge? Et la peut être dite vaine: la gloire : d'abord du côté de chose où l'on cherche tel. ne s'ensuit pas que l'homme puisse indistinctement désirer aussi être connu des . LVIII) : Vous m'appelez Maître Seigneur. et vous dites bien. brille devant les en saint Matthieu. première Épître aax Corinthiens. qui un jugement la fin ». i3 tr. celui qui cheiche la gloire en une chose qui n'est pas. ch. 16) Que votre lumière hommes. Nous voyons. côté de celui près de qui l'on cherche la gloire. Quant à Celui qui Il est au-dessus de tout. L'ad prinium répond que « cette parole comme le dit saint du Christ en et saint Jean. mais . soit que l'homme veuille que son bien car il approuvé par : les autres. 12) : Pour nous. Troisièmement. et chose profita- pour nous. dans la en effet. C'est l'amour de c'est la gloire vide ou vaine. l'amour de la de soi. — se à complaire en soi est chose périlleuse pour celui qui doit veiller ne pas s'enorgueillir. le telle qu'on la recherche dans monde. quelque louange quil se donne. c'est te nous connaissions Dieu. dont saint Thomas vient de nous dire qu'elle est toujours un péché. quelque chose de vicieux. et si l'homme doit imiter Dieu. non pour Lui. non point l'esprit de ce monde. ou qui n'est pas digne de gloire. comme du s'il s'agit dune chose la fragile et caduque. nous avons l'Esprit qui vient de reçu. Secondement. car est vain. par conséquent. v. que ble ne s'élèvera jamais trop haut. xni (v. est au sens plus précis la vaine gloire. Pareillement aussi.

nous-mêmes car tout notre bien en lui à nous consiste à l'utilité le connaître rendant gloire. ch. est qu'Us glorifient votre Père qui dans les cieux ». iG) el Quils volent vos œuvres bonnes. l33 hommes. Toutefois. v (v. ajoute saint Thomas. qui est approuvé. Or. xii) la le . c'est cette gloire promise aux bonnes œuvres dit comme récompense. Pour que l'homme ne pèche pas en connu des hommes. ch. Dieu n'ayant Lui. mais connu par et. mais celai que Dieu loue. s'applique à y persévérer et à faire de . qui accomplit comme (ch. qu'il en est qui sont provoqués aux œuvres des vertus par l'amour de la gloire humaine. il faut qu'il le désire dans désintéressé qui est celui de Dieu. « Dieu ». » cherche non pour Lui ». ou à cette fin. (v. x le 17. terrestres. DE LA VAINE GLOIRE. « absolument besoin de rien en dehors de mais pour nous ». pour le bien qui nous en revient à . se « Il appartient l'homme. par de la but que les hommes aient leur profil du bien qu'ils connaissent en un autre. œuvres de vertu en vue de la gloire humaine. en sa gloire. ou dans même. ceci n'appartient pas à sa là perfection par suite. ou afin que l'iiomme luiles biens que lui fait connaître en lui le témoigunge louange d'autrui. on peut l'aimer en tant que quelque chose . question précédente {ad Vad tertium formule une distinction lumineuse la et d'une grande portée dans à la perfection de qu'il soit : question qui nous occupe. ou pour le bien qui peut lui en re- venir. connaisse. — Il est vrai. est : dans la seconde Épître aux Corinthiens. l'homme peut des autres. qu'il se glorifie en car ce n'est pas celui qui se loue lui-même. prouve saint Augustin au livre V de la Cité de Dieu » et comme nous le notions déjà à l'article premier de 3"'"). 18) Celui qui se glorifie. ce n'est point chose à aimer pour c'est utile à elle-même. désirant être le même but effet. le que Dieu soit glorifié par les hommes. : d'une façon louable désirer sa gloire pour selon cette parole marquée en saint Matthieu. Seigneur. que lui-même les autres. a Et pareillement aussi. D'elle. comme les ils le sont aussi par l'amour des autres biens mais celui-là n'est pas vraiment vertueux.QUESTION CXXXII. Vad secundum Dieu fait observer que « la gloire qu'on tient de qui est il n'est point vaine mais vraie.

ou qui n'est pas le ordonnée à sa véritable fin. Or. L'amour de et louable. qu'il suit. ce qui relève de les ou dans la choses terrestres et caduques. et qu'tV veille à ce qui est bien devant les hommes. — !* Mais ce péché de la vaine gloire. la gloire. ces divers vices ne s'opposent point à « la magnanimité. — Où trou- un plus la beau programme de pureté d'intention. à quelle A^ertu s'oppose-t-il c'est à la Devons- nous dire que magnanimité l'article s'oppose? Saint Thomas va nous répondre à qui * Article 11. nouveaux progrès. ou dans le témoignage des la hommes dont le jugement incertain. soit et mépris indu déraisonnable de l'estime de l'appréciation des autres hommes. ce peut être même c'est chose bonne la Ce qui . comme la pusillanimité. l'amour de vaine gloire c'est-à-dire de la gloire qui est sans objet. même de la gloire humaine.i34 SOMME TIIEOLOGIQUE. ce qui appartient à l'imprudence. choses qui ne sont pas. comme on le y voit éga- lement écarté et soit l'excès vaine gloire. Donc la vaine gloire ne s'oppose pas à cette vertu ». « appartient à la a été dit qu'il les vaine gloire. — La seconde objection déclare })ar que vaine gloire ne s'oppose pas à la magnanimité défaut. n'est pas chose mauvaise en elle-même. que quelqu'un se glorifie dans la fausseté . ce qui appartient à cupiest dité. ou qui n'a pas de valeur. — La première s'appuie Il sur la doctrine exposée à l'article précédent. est mauvais et péché. mais sans que cependant il se délecte d'une façon vaine dans ver la louange des hommes et ». louange et dans l'amour de de de la gloire la . savoir la gloire de Dieu et bien des hommes. qui s'oppose à la vaine gloije. Si la vaine gloire s'oppose à la magnanimité? Trois objections veulent prouver que « la vaine gloire ne s'oppose point à la magnanimité ». . Et c'est à ce titre qu'il est louable que l'homme ait soin de son bon renom.

2). — De . Or. 2 . Et parce que magnanimité porte sur l'hon(q. ce qui convient en propre au magnanime. s'opposent à la magnanimité la présomption et l'ambition. Vad primum applique. parmi eux. desquelles la vaine gloire difla fère. art. que « la gloire est un de l'honneur et de la louange car. Ni. Donc cette la vaine gloire ne s'oppose pas à est magnanimité la ». m. par excès. aussi bien est-il dit. pouvoir ou le autres choses qui sont recherchées en laison de riioiinciir qu'elles procurent. leç. 2). Donc « dit. la vaine gloire cite non plus texte de « : ». neur. de sentiments opposés. use suit la également. L'argument sed contra au livre I un il Cicéron ». . : ch. que pour les lui l'honneur est peu de chose. et glose 11 ». art. en telle sorte elle que D'où comme elle il use de l'honneur dans la la mesure qui convient.QUESTION CXXXII. Au art. de YÉthique (ch. que l'homme apprécie tellement les pe- — tites choses qu'il s'en glorifie . il s'en- suit qu'elle porte aussi sur la gloire. effet ad 3"'". — La troisième objeclion par contention u^ur un mot de « parole de TÉpitre aux Philippiens. devient signalé dans la connais- sance des autres. . 18 de Th. comme le les richesses. inquiets. dès là il que quelqu'un la est loué. « Cela même répugne à la grandeur d'âme. lont cela est tenu pour peu de chose par magnaiiiuic. la contention ne s'oppose pas à la magnanimité. par mode de contrariété. (q. io3. 9). art. q.. savoir. Il (v. comme il a été dit i3o. corps de l'article. (ch. ou qu'on lui témoigne du respect. xx) // faut prendre garde à l'amour avide de car fait perdre la liberté de l\une. qui du Devoir la gloire . i3i. qui. quelques-uns. l35 non plus. saint Thomas se rapporte d'abord à ce qui a été dit plus haut. Et pareillement aussi. la gloire. pour la laquelle doit être toutVefJort des vaine gloire s'oppose à la hommes magnanimes. puisque. Donc magnanimité ». 3) Ne faites rien vaine gloire. dans ffue même mesure. — DE LA VAINE GLOIRE. aux trois aspects de la vaine gloire que rapportait l'objection. n. du magnanime. ainsi qu'il a été dit plus haut 129. 1. au livrr IV S. dans I. le traité de la religion. dit : en était. q. disputant pour cause de vaine gloire. de la sorte. de l'amour désordonné de la gloire s'oppose directement à magnanimité ».

Aristote 10). comme s'il une grande chose. selon la vérité de la chose. n'en vaut vraiment pas la peine. en défaut par rapport au . que quelqu'un si propose la contention car nul ne dispute ce n'est pour une chose Aussi S. au livre IV de V Éthique (n. bien leç. le — On aura remarqué. et qui. de Th. préc). « comme il haut 127. (n. 10). Et de là vient qu'il est dit du magnanime. il s'oppose au en ce sens que la gloire qu'il recherche. en réalité. rien n'empêche qu'elles s'opposent aussi à la madans l'estimait — gnanimité. Th. tertium rappelle que 2"'"). magna- nime car il se glorifie en ce que le magnanime estime peu magnanime par excès : de chose. est petit » : magnanimité est le grand partout où il L'ad secundum répond que « celui qui aime est. que quelqu'un il se est glorifie en des choses qui ne sont pas. quelque chose de grand. « Et l'effet ». de S. mais en raison de l'espèce se cependant. Thomas jusqu'en ses dans toutes merveilleux accord qu'il y a entre l'enseigne- ment formulé plus délicates ici par saint nuances les et l'enseignement donné par Aristote. . au il IV de VÉihiqae d'à me. au IV de YÉthique 34 . cela même du même s'oppose . ad l'opposition des vices ne se prend pas en raison de vice. qu il na cure d'être loué. qu'il considère dit. Par où l'on voit que les choses qui s'opposent aux autres vertus. gnanime n'est point contentieux. Et voilà pourquoi livre du magnanime. qu'tV cherche la vérité plulot que roplnion.. 28 . la vaine gloire. ajoute saint Thomas. que ma». ainsi qu'il a été dit (rép. 2. art.l36 SOMME THÉOLOGIQUE. 3i). selon qu'on y tient pour grand ce qui car l'objet propre de la se trouve. Mais à considérer son appréciation intime. pour le commun de ces disputes. aussi il même dit leç. — De même se glori- aussi fie répugne le à la grandeur que quelqu'un témoignage de la louange humaine. le comme livre grande et importante. répugne à la grandeur d'âme. y tend au delà de sa a été dit plus dignité » ou de son mérite. est estimée par lui et qu'il comme Vad (q. à la grandeur d'âme. (n. lui qui n'estime rien de grand c'est-à-dire rien de ce pour quoi les hommes disputent entre eux. ces réponses..

Et saint Chrysostome dit aussi. seul. — La première arguë de ce que si n'exclut la récompense éternelle. Or. sur saint Mathieu. : Je ne donnerai point à ma ch.QUESTION CXXXII. car fait que l'homme l'effet s'élève au-dessus de la en ce qui regarde de l'honneur qu'est — Mais ? quelle est bien la nature de ce péché. ch. i). Timothée. au verset que la vaine gloire pénètre d'une façon . ch. 4) : A : Dieu qui éprouve nos cœurs. en effet. la glose de saint Augus- tin dit La puissance de nuire qu'a l'amour de la vaine gloire. ii péché qui plus dangereux et tel est le plus nuisible semble la être un péché mortel. nul . en saint Mathieu. au point la de vue de la gravité. i) : Veillez à ne pas accom- plir votre Justice devant les la hommes. est très difficile de ne pas s'y quand on cli. est dit. honneur Donc vaine gloire est « ce un péché mortel est le — La troisième objection le dit que car. (hom. Il est dit. 187 Le péché de sa proportion gloire. 8) et. pour ». un péché mortel? Trois objections veulent prouver que « la vaine gloire est « rien un péché mortel ». Or. Or. — DE LA VAINE GLOIRE. être vus d'eux. l'homme s'attribue ce qui est car il propre de Dieu. ce n'est le péché mortel. gloire I à un autre. sur cette parole de la première Épître aux Thessaloniciens. par lamour de le la vaine gloire. Faut-il dire que vaine gloire est un péché mortel qui suit. ch. i']) : dans la première Épître et gloire. vi (v. (v. A Dieu. ». dans Isaïe. vi l'offre. xlii (v. la vaine gloire exclut la récompense éternelle. C'est ce que nous allons considérer à l'ar'icle Article Si la vaine gloire est 111. péché de vaine gloire . la (v. XIX. ne s'il le sent si ce n'est celui qui lui a déclaré la guerre facile à chacun de ne pas désirer il parce que la est la louange quand on délecter lui refuse. Donc vaine gloire est un péché mortel — La seconde objection déclare que « quiconque prend pour soi et s'arroge ce qui est le propre de Dieu pèche mortellement. la vaine gloire s'oppose directement à la magnail nimité par excès.

XIII) que vices trouvent place dans les esclaves les du démon du . : Mais que connaître. que charité. hom. 7) si Qu'as-tu donc. pourquoi t'en glorifier comme si tu ne l'avais pas le reçu? Ou encore. dans sa force ni le riche. il comme : celui qui préfère à Dieu bien tem- porel dont se glorifie. — la D'une autre manière. et tu as Je suis Dieu. chose qui est prohibée dans Jérémie. IV (v. moi. la l'-a"'. insensiblement elle les enlève. n'est pas il n'y a point de péché mortel. art. la en ceux-ci. la vaine gloire peut être contraire à la la — D'abord. 2 4) Que sage ne se glorifie point dans sa sa. art. pour l'obte- . Donc « la vaine gloire est un péché mortel est ». contre quelques-uns. 23. occulte. dans ses richesses. Or. en raison de si matière dont on tire gloire. 3 est mortel. et dans la première Epître aux Co: rinthiens. ne semble pas être contraire à la charité. saint Thomas . 72. péle du fait qu'il est contraire à la charité. du côté du sujet lui- même qui se gloi ifie et qui comme vers sa fin dernière œuvres de vertu porte son intention vers la gloire : ordonnant à cette fin. 35. comme quelqu'un se glorifie de quelque chose de . en saint Jean. ch. eh. ni le fort. faux qui est contre d'Ezéchiel. « comme un il a été dit plus haut (q. Donc vaine gloire un péché mortel Au ché corps de l'article. Quant à ce qui est de l'amour de Dieu. le ch. mais la gloire trouve encore place dans serviteurs Christ. ». L'argument sed contra sostome ». Or. la vaine gloire peut être contraire à charité. celui qui se glorifie. auquel sens il est xii (v. et ne laissant pas. dû à Dieu Ton cœur selon cette parole s'est élevé. c'est d'une double manière. même les qu'il accomplit. rappelle que q. IX (v. comme si quelqu'un préfère le témoihommes au témoignage de Dieu. dit : le respect 2) : xxviii (v. en ce qui est de l'amour de Dieu. en ce qui est de l'amour du prochain. un autre texte de « saint Chryautres vaine qui dit (mais c'est plutôt l'auteur anonyme de les Vouvrage inachevé sur saint Mathieu. 5).IdO SOMME THEOLOGIQUE. péché de vaine gloire considéré en lui-même. gesse . ch. se glorifie en ceci me savoir et me gnage des dit Ou encore. que tu ne raies reçu? Et tu l'as reçu. et toutes les choses qui sont à V intérieur. 43) : Ils ont plus aimé la gloire des hommes que la gloire de Dieu.

la alors même que cette gloire est vaine. perdre la récompense de car. ni du charité. Jean. v. Le péché véniel fait perdre la récompense de la vie éternelle. savoir la l'amour de pieuse. ch. en péchant. si on la fait lorsque quelqu'un perd purement et simplement la récompense éternelle à cause de la vaine gloire. vaine gloire est un péché mortel. « nul. — Et. vie purement et pour autant qu'il demeure. (en S. est la propre à Dieu. qui désire pour soi l'excellence effet. xiv). mais seulement pour un acte déterminé. Autre. au sujet de la récompense éternelle à ne pas mériter ou à perdre. que ce vice. et la vaine gloire. et non plus seulement pour un péché moitel » du péché véniel et du péché morVoilà donc tel. de cette sorte. Mais éternelle. ni du côté de la côté de l'intention de celui qui cherche sa gloire. iSq de faire même ce qui est contre Dieu. ennemi de le dit. de la vaine gloire. Vad secundam a aussi une précieuse distinction pour nous faire saisir la différence de gravité qui peut affecter le péché simplement. réle pugne point à glorifie.QUESTION CXXXTI. Comment croiriez-vous attendant lu qui vient de la gloire qui vient de vous. Le péché mortel éternelle. v. la par l'œuvre vertueuse perd la vertu de mériter vie même par vaine gloire. » une parole lumineuse pour nous expliquer la différence qu'il y a entre le péché véniel et le péché mortel. louange humaine. quand bien cette vaine gloire ne soit pas un péché mortel. Et. ajoute saint Thomas. « Ce n'est point tout homme qui est avide ou désireux de seul. ne mérite la vie élci- nelle. mais un péché véniel. en ce qui est de la vie éternelle à ne pas mériter ou à perdre. et ne cherchant pas la gloire Dieu seul? gloire — Mais si. alors la vaine gloire est la différence — l'acte qu'il vicie et fait dont il enlève la le mérite. que /i^) : Seigneur pouvait dire . Il est certain que suite. l'amour de ne chose dont on humaine. Ihomme est dans un état qui le voue à la damnation éternelle. non d'une manière pure et simple. la — DE LA VAINE GLOIRE. ce n'est pas Uad primum a un péché mortel. est tellement la foi quand le désir avide de la gloire l'emporte dans le cœur sur la crainte ou l'amour de Dieu. Aussi bien saint Augustin au livre V de la Cité de Dieu (ch. en gloire qui est due à Dieu autre celle qui est due à l'homme vertueux ou au . nir.

non du côté de l'intention du sujet qui reste habituellement ordonnée à vouloir à la fin dernière voulue. ou en raison de l'intention du sujet. et. soi il la gloire de l'homme vertueux ou de la n'y a rien là qui soit directement contre charité. péché dangereux. qui sort la toujours d'un autre ne semble pas être un vice capital. C'est aussi par que peu à peu vaine gloire dispose l'homme à être privé de ses biens intérieurs ». matière s'oppose car elle n'est pas de soi contraire à la charité.l4o SOMME THÉOLOGIQUE. Or. quand il met sa fin deinière dans la vaine gloire qu'il recherche. observer que si la vaine gloire est dite un elle. ce n'est pas tant pour sa gravité à parce qu'elle dispose aussi à des péchés graves. Lors donc que le péché de la vaine gloire consiste seulement dans un désordre du côté de la chose désirée. Elle peut l'être cependant à en raison de sa matière. à qui « aucun mal. Par gloire. quand cette Dieu. en voulant pour soi une gloire semblable à h'ad tertlum tait la sienne. Il ne nous reste plus qu'à examiner ce qu'il en est de la vaine gloire par — rapport aux péchés capitaux. n'est pas la vaine gloire fait un péché capital — La seconde objection ob- . — Le premier point va faire l'objet de l'article qui suit. fiant en que con- la vaine l'homme est rendu présomptueux là et trop la lui-même. ni en ce l'on ne fait qu'elle regarde l'amour du prochain. Si la vaine gloire est un vice capital ? Trois objections veulent prouver que pas « la vaine gloire n'est « le vice un vice capital ». ni en ce qu'elle regarde l'amour de Dieu. vaine gloire naît toujours de l'orgueil. — La première dit que Donc ». elle le puisqu'en le disposant au péché grave. en effet. et que ce désordre consiste indûment pour l'homme riche. si oui. la dispose à tout peidie dans l'ordre de grâce. riche ». La vaine gloire n'est pas de soi un péché mortel. quelles seront ses filles? En fait-elle partie. Article IV.

font de l'orgueil un des parmi vices capitaux. A les cause de cela. . il l'affirme raisonnablement ajoute saint un vice capital. l'ambition qui est capital. Ceux-là ne poles vices sent point la vaine gloire capitaux. ». ou xvii. Au en corps de l'article. Or. Or. que sont les vices capitaux. et qu'il ne doit pas être compté parmi principes spéciaux de vices. il en reçoit une une certaine excellence. d'une double manière. sur les semble qu'il a une certaine causalité générale autres vices. effet. Donc la vaine gloire n'est pas un vice capital ». i. en il saint Docteur. ou xxxi). I ^1 I l'honneur paraît être quelque chose de plus imla gloire. au livre XXXI de ses Morales (endroit précité). saint Thomas nous avertit que « l'on a parlé des vices capitaux. 2). de l'orgueil le roi de tous les vices et la vaine gloire. médiatement de poursuit notre l'orgueil. au XXXI de ses Morales (ch. Il s'ensuit que sont ordonnées à la fin de tous les vices il de l'orgueil. Mais saint fait Grégoire. ni même quant à la raison de bien désirable. ch. CLXii. car la gloire humaine paraît être quelque cliose de fragile et qui existe hors de l'homme. « L'orgueil. car c'est naturellement que le bien est aimé et honoré la gloire par tous. D'autre part. c'est surtout la gloire qui semble avoir cetefiet. la vaine gloire ne « l'est pas non plus — cer- La troisième objection déclare que Or. v. quelque principauté n'est pas toujours L'argument sed contra oppose que livre la « saint Grégoire. de tout bien certaine perfection et les fins que l'homme désire. : le vice capital a une la vaine gloire ne semble pas avoir ni quant à la raison du péché. que par 2). comme sera dit plus loin (q. Aussi bien. qui sort imcela. Et Thomas. xlv.QUESTION CXXXII. art. Quelques-uns. n'est pas un vice Donc l'amour de taine principauté. autant qu'elle implique la manifestation de la bonté de quel- qu'un . server que w — DE LA VAINE GLOIKE. car elle un péché mortel. de tous les biens qui apportent à l'homme quelque pour excellence. implique un amour désordonné de l'excel- lence. effet. de même aussi par la <jloire des ho/nmes . portant que qui est son effet. compte les sept vaine gloire parmi péchés capitaux ». l'amour désordonné de l'honneur. même iv. ». qui est auprès l'homme obtient l'excellence dans les choses divines. de de Dieu {aux Romains.

84. et que de son amour désordonné il sortent beaucoup de vices. pour autant que péché véniel dispose au mortel vice capital. secLindum rappelle que « la louange et l'honneur se à la gloire. v. l'on aime. xii. — . Lad primum pugne point été dil plus déclare que « le fait de sortir de l'orgueil ne ré- à la raison de vice capital. 4. SOMME THÉOLOGIQUE. pour raison déjà expliquée (au raison de vice capital. art. la gloire se en effet. l'orgueil est le roi et le père de fous les vices ». que l'objet de vaine gloire est souverainement recherché parmi les hommes et qu'il peut donner naissance à une multitude de vices.1^2 (S. pour cela là compare à eux comme une fin que l'on aime d'être loué et honoré. selon qu'il a haut (au corps de l'article. comme et l'excellence est au fond de tout s'ensuit ce la que l'homme désire recherche. comme des causes d'où la gloire suit. corps de l'article) et cela suffît à la Mais il n'est pas requis . art haut (art. même. car même du le péché véniel le péché mortel peut ». D'où suit que la vaine gloire est un par vice capital ». comparent io3. l'homme acquiert l'excellence dans les choses humaines » en ce sens. puisque. ainsi qu'il a été dit plus i. étant ce qui touche de plus près à l'excellence. vaine gloire a une raison prinla que . à cause de cela. du moins. : Par conséquent. qu'il est tenu pour excellent dans l'esprit ou l'estime des autres. c'est. que les hommes désirent au plus haut point. dont là récherché et devient. que le vice capital soit toujours un pé- ché mortel sortir. « Et. L'amour de la gloire est donc la et cause de l'amour de la louange L'ad tertium répond que « cipale de chose la de l'honneur. le vice capital n'étant pas autre chose qu'un l'objet est très vice ou un péché. puisqu'aussi bien elle censée la supposer et la fait être du moins dans il l'estime et pensée des autres . La gloire. Vad q. 2). en tant que par la Ion pense devoir être placé avec éclat dans connaissance des autres ». en raison de sa proximité à l'excellence. en La vaine gloire est la est un effet. ad 4'"'"). ad 3"'"). 2. ch. c'est une conséquence que la gloire soit chose très recherchée . l'occasion ou la source de nombreux autres péchés. et i''-2''% q. Jean.

Donc la jactance ne ». l'orgueil tôt l'inverse. hommes. la l'hypocrisie. la discorde. et qui. ne vient pas de vaine gloire. art. Donc semble filles « que la les contentions et discordes ne sont point les de vaine gloire — La troisième objection en appelle ». à ce titre. xlv. à saint Jean Ghrysoslome qui « dit. Si c'est à propos que sont assignées vaine gloire ? les filles de la Trois objections veulent prouver que « c'est mal à propos que sont jactance. mais surtout dans philan- c'est-à-dire dans la miséricorde existe : laquelle cependant la une chose nouvelle mais la dans coutume des ». au livre XXXI La se- des Morales (ch. Or. le dit est au nombre des espèces de la gueil.> Sera-t-il possible d'assigner ces vices diiectement les filles? de la vaine gloire. Article V. la que partout thropie. saint Au Thomas 8). les (ch. doit pas être ou xxxi). où ». en sont appelés C'est ce qu'il nous faut maintenant considérer. la vaine gloire. rappelle que « comme à la il a été dit plus haut (q. et tel est l'objet de l'article qui suit.QUESTION CXXXII. ii8. au il XXXI des Morales (endroit précité). sur saint Matthieu (hom. qui iiaissciil l!i. ou xvii. la colère est un vice nombre avec les ». assigne les filles de la vaine gloire qui ont été dites corps de l'article. ou vu). présomption des nouveautés — La première arguë de ce que au livre XXllI des Moral'or- « la jactance. LXXl). c'est plu- comme encore saint Grégoire. ». conde objection capital qui fait marquée dit que fille de la vaine gloire — il « les contentions et les discordes pa- raissent venir surtout de la colère. peiiinacité. ou IV. Donc être assignée présomption des nouveautés ne doit pas spécialement comme fille de la vaine gloire L'argument sed contra livre est « l'autorité de saint Grégoire. la dites filles de la vaine gloire la : la désobéissance . la contention. n'est pas la vaine gloire est un mal. d'après saint Grégoire. — DE LA VAIXE GLOIUE. VI. ces actions et liabiludes être vicieuses qui sont faites de soi pour ordonnées fin de . Or.

l44

SOMME THÉOLOGIQUEc

quelque vice capital sont appelées filles de ce vice. Or, la fin de la vaine gloire est la manifestation de sa propre excellence,

comme
Et,

on

le

voit par ce qui a été dit plus haut (art.

i,

4).

à cela,

Thomme

peut tendre d'une double manière.
:


la

D'abord, directement
jactance
;

soit

par paroles,
si

et

de ce chef, on a

soit

par actions, qui,

elles

sont vraies et provoquent

l'admiration ou l'étonnement, constituant la présomption des
nouveautés,
tage
;

que

les

hommes

ont coutume d'admirer davan-

et,

si elles

sont feintes, constituent Vhypocrisie.

— D'une
un
autre.

autre manière,

l'homme tend
se

à manifester son excellence in-

directement, en montrant qu'il n'est pas inférieur à

Chose qui peut
linacité,

produire par rapport à un quadruple chef.
et,

Premièrement, quant à l'intelligence;
qui
fait

à ce titre,

on a laper-

que l'homme s'appuie trop sur son sentiment,

ne voulant pas croire à un avis meilleur. Secondement, quant
à la volonté; et,

ce

de ce chef, on a la discorde, qui consiste en que quelqu'un ne veut pas renoncer à sa propre volonté pour
autres.

être d'accord avec les

Troisièmement, quant à

la

pa-

role

;

et,

à ce titre,

on a

la contention, qui fait

que quelqu'un
Quatrièmeprécepte du
désobéissance,

dispute en paroles bruyantes contre

un
on

autre.
a
la
le

ment, quant au
alors

fait

;

et,

à

ce

titre,

que

le
».

sujet

ne veut pas accomplir

supérieur

L'ad prinuun répond que
(q. i32, art.
i,

«

comme

il

a été dit plus haut

w/

2"'"),

la

jactance est marquée fille de l'orgueil,

quant à
tance

sa cause intérieure, qui est l'arrogance. Mais la jac-

elle-même extérieure,
;

comme
de
S.

il

est dit
leç.

au

livre

IV de

YÉthiquc (ch. vu, n. ii, i3

Th.,

i5), est

ordonnée
:

quelquefois au lucre

et le

plus souvent à la vaine gloire
».

au-

quel

titre elle sort

de
fait

la

vaine gloire

L'od secundum

remarquer

très

judicieusement, que

«

la

colère ne cause la discorde et la contention,

que

si

elle est

jointe à la vaine gloire

:

en ce sens que quelqu'un estime glo-

rieux pour lui de ne point céder à la volonté ou aux paroles
des autres
».

L'ad tertiuni dit que «

la

vaine gloire est blâmée dans l'aucharité, qui

mône en

raison

du manque de

semble se trouver

Question cxxxii.

de la \ai>e gloiue.

i^^

en celui qui préfère
faisant ceci

la

vaine gloire à rulililé du prochain,

pour

cela.

Mais nul n'est blâmé
titre

comme
Et
il

s'il

présu»•

mait de
D'oiî
vrai,
la
il

faire

l'aumône à

de quelque chose de nouveau

suit

que l'objection ne porte pas.

demeure
l'article,

très

au contraire,

comme

il

a été dit

au corps de

que
des

présomption des nouveautés, non seulement dans l'ordre

des actions, mais aussi dans l'ordre des doctrines, est
effets les

un

plus constants de la vaine gloire.

La magnanimité étant une vertu qui a pour objet d'affermir l'espoir de l'homme vertueux, afin qu'il se maintienne à la hauteur de ce que la raison prescrit

ou approuve dans

l'ordre des
les

grands honneurs, que méritent ou dont rendent digne grands actes des vertus,
la
et

qui sont de nature à porter avec eux
triple

gloire,

il

s'ensuit

que l'homme pourra, d'une
:

ma-

nière, pécher par excès contre la

lant faire trop grand, eu égard à ses
c'est la

présomption; ensuite,
enfin, par

magnanimité d'abord en voumoyens ou à sa vertu, et en visant à des honneurs disapprouve dans
cet ordre, et ce

proportionnés à ce que
sera l'ambition
;

la raison

cherchant point, dans l'ordre voulu,

un amour désordonné de la gloire, ne la vraie gloire, mais une
vaine gloire, qui est
le

fausse et vaine gloire, soit en elle-même, soit dans sa fin, et
c'est le vice

même

de

la

premier des
de

vices

ou

des

péchés
de tous

capitaux,

venant immédiatement

l'orgueil, père

les vices.

contre

la

magnanimité par
l'étudier

— C'est ainsi qu'on peut pécher excès. — Mais on peut pécher
est celui
et
il

aussi contre elle par défaut.

Ce péché

de

la pusilla-

nimité.

Nous devons

maintenant;

va faire l'objet

de

la

question suivante.

XIII.

— La Force

et la

Tempérance.

»û

Ql ESTIOxN CXXXIli
DE LA PUSILLANIMITE

Ceti< qupsiion
1

comprend deux
pusillanimité est

articles

:

Si la

un péché?

2^

A quelle vertu

elle s'oppose.

Article Premier.
Si la pusillanimité est

un péché?
« la

Quatre objections \culent prouver que

pusillanimité

n'est pas un péché » La première dit que « tout péché rend l'homme mauvais, comme toute vertu le rend bon. Or, le pusill(u2inie

nesl pas mauvais, selon qu'Aristote
;

le dit

au

livre IV

de VÉthiqae (ch. m, n. 35

de
».

S.

Th.,

leç. ii).

Donc

la pusilla-

nimité n'est pas un péché
autre texte d'
S.
u

La seconde objection

est
;

un
de

Aristote » qui « dit, au

même

endroit (n. 7

Th.,

leç.

8),

que

celui-là

semble être surtout pusillanime, qui,

étant digne de grands biens, ne s'élève pas lui-même

Jusquà

leur

hauteur. Or, nul n'est digne de grands biens, sinon

l'homme

vertueux; parce que,

comme

le

dit

encore Aristote au
il

même

endroit (n. 20; de S. Th.,
seul

leç. 9), selon la vérité,
»
;

n'y a que le

homme

bon qui doive être honoré
«

on remarquera, au pasle

sage, ce

beau mot d'Aristote.
est

Donc, conclut l'objection,
la

pusillanime

bon.

Et,

par suite,

pusillanimité n'est pas
ci

un péché

».

— La

troisième objection déclare que
est l'orgueil,
(v.

le

commen-

cement de tout péché

comme

il

est dit

au livre de

V Ecclésiastique, chapitre x
cède pas de l'orgueil
:

i5). Or, la

pusillanimité ne pro-

car l'orgueilleux s'élève au-dessus de ce

qu'il est; el le pusillanime,

au contraire,

se soustrait à ce

dont

.

QUESTION C\X\rri.
il

DE LA

PUSI IJ, AMMl

II'

T

^|

7

est cligne.

Donc

la

pusillanimité n'est pas un péché
«

».

La

quatrième objection revient à
de V Éthique (n.
7
;

Aristote », qui « dit, au
Icç.

livre IV

de

S.

Th.,
il

8),

que

celui qui tend à des

choses moindres que celtes dont Or,

est

digne est appelé pusillanime.

parfois de saints personnages se tiennent en des choses moindres que celles dont ils sont dignes; comme on le voit
et

pour Moïse
fusait
(v.

Jérémie, qui étaient dignes de

l'office

auquel

ils

étaient appelés par Dieu, et

humblement,
;

ainsi

que cependant chacun d'eux requ'il est marqué dans l'Exode, ch. m
i

II

cf.

ch. IV, V. 10) et dans le livre de Jérémie, ch.

(v. 6).

Donc

la

pusillanimité n'est pas

un péché
si

».

L'argument sed contra oppose que
raux des

« rien

dans

les actes
la

mopu-

hommes

n'est à éviter
Il

ce

n'est le

péché. Or,

sillanimité doit être évitée.
Colossiens, ch.
V irritation, de

est dit,

en

effet,

dans l'Épître aux
la

m (v. 21)

:

Pères, ne provoquez pas vos enfants à

peur quils ne deviennent pusillanimes. Donc

pusillanimité est

un péché

». le

Au
la

corps de

l'article,

nous allons trouver
saint

pendant de
premier
va chercher
raison lumi-

magnifique argumentation déjà notée dans
Ici,

l'article

de la présomption.

comme

là,

Thomas

jusqu'au plus profond de l'ordre de
neuse
et

la nature, la la

infrangible qui

condamne
la

pusillanimité, péchant

par défaut de
('

même

que

présomption péchait par excès,
de
la nature. Or,

Tout

cela,
;

dit-il,

qui est contraire à l'inclination nalu relie,
à la loi

est

péché

parce que c'est contraire
se

en toute chose
l'acte
les

trouve l'inclination naturelle à accomplir
;

proportionné à sa puissance

comme on

le voit

en toules

choses naturelles, soit animées, soit inanimées. Et, précisé-

ment, de

même

que par

la

présomption l'homme

déjiasse la

proportion de sa puissance, alors qu'il tend à dos choses plus

grandes que ce qu'il peut; de

même

aussi le pusillanime reste

en deçà de la proportion de sa puissance, alors qu'il refuse de
tendre à ce qui est à la mesure de sa puissance.
Il

s'ensuit que,

comme
un

la

présomption
ayant reçu

est

un péché,

la

pusillanimité en est

aussi. Et de là vient

que

le servitcui- »,

dont parle l'Évanet le ca-

gile, « qui,

l'argiMit

de son maître, s'en va
r,

che dans

la terre,

ne

le

faisant pas fructirK

i)ar

une cerlaina

ï48

SOMME THÉOLOGIQLE.
est

crainte de pusillanimité,

puni par son maître;
(v.

comme

comme on
Vad
tion.
«

le voit

en saint Matthieu, ch. xxv

i4 et suiv.) et en

saint Luc, ch. xix (v. 22 et suiv.) ».

priinum explique
Aristote appelle

le

mot

d'Aristote,
»,

que

citait l'objec-

mauvais

en cet endroit, « ceux qui
Et,

causent du

dommage

au prochain.

de ce chef,

le

pusilla-

nime
sonne,

est dit
si

n'être pas mauvais,

parce qu'il ne nuit à per:

ce n'est accidentellement

en ce sens qu'il ne vaque
pourrait aider les autres.
(I

pas aux opérations par lesquelles
Saint Grégoire dit, en
etTet,

il

dans son Pastoral
lalililé

p., ch. v),
la

que

ceux qui evilent de pourvoir à
tion, si

du prochain par

prédica-

on
ils

les

juge comme

il

convient,

sont coupables de tout

ce dont
lui ».

auraient

pu

être utiles

au public en venant devant

Vad secundum donne une double
que
« rien

réponse.

Il dit,

d'abord,
la

n'empêche que quelqu'un qui a l'habitus de
:

vertu pèche

véniellement, parfois, l'habitus de la vertu de;

meurant toujours quelquefois
la perte

aussi mortellement, et alors avec

de l'habitus de la vertu gratuite »

ou

infuse. «

Il

peut

donc arriver que quelqu'un, en raison de
grand honneur,
et

la vertu qu'il a, soit

digne d'accomplir de grandes choses, qui sont dignes d'un
que, cependant, par cela
il

même

qu'il

ne

tente pas de faire usage de sa vertu,

pèche, quelquefois vé».

niellement et quelquefois mortellement
réponse.

C'est

une première
est

«

On
en

peut dire aussi que
»,

le

pusillanime

digne

de grandes choses
rale existant

non en raison de
et
le

l'habitus de la vertu

mo-

lui

constituant proprement vertueux,

mais
soit

ce

en raison de

la facilité qu'il a

aux choses de

la vertu,

par une bonne disposition de sa nature, soit par la science,
:

ou la fortune extérieure et s'il refuse d'user de ces choses en vue de la vertu, il devient pusillanime ». L'ftd fertium répond que « même la pusillanimité peut d'une certaine manière venir de l'orgueil selon que quelqu'un
:

s'appuie trop sur son propre sens, qui le
sullisant

fait se

considérer inil

pour des choses à l'endroit desquelles
est-il

ne

l'est pas.
(v.

Aussi bien

dit

dans

les

Proverbes,

ch.
sept

xxvi

16)

:

Le paresseux

se tient

pour plus sage que

conseillers pru-

QtESTION CXXXIII.
dents.

DE LA PUSILLAMMITE.
effet,

1/49

Rien ncmpêchc, en

certaines choses et qu'il se mette très haut
tres »
:

que l'homme se rabaisse pour pour certaines auprésent,
il

c'est ainsi
il

que dans

le cas

déprécie sa vertu

d'agir; mais
«

tient

son propre jugement pour au-dessus de tout.
dit,

Et voilà pourquoi saint Grégoire
viii),

dans

le

Pastoral

(I

p.,

ch.
s'il

au sujet de Moïse,
le

qu'tV eàl été orgueilleux peut-être

avait pris
;

commandement de son peuple sans aucun
aussi
s'il

tremble-

ment
Dieu

et

quil

l'eût été

eût refusé d'obéir à l'ordre de

».
«

L'ad quartum dit que
l'office

Moïse

et

Jérémie étaient dignes de

auquel

ils

étaient élus, en raison de la grâce divine.
le

Mais eux, considérant l'insuffisance de leur propre faiblesse,
déclinaient;

non
».

toutefois avec pertinacité,

pour ne pas tomber

dans l'orgueil

La pusillanimité
à rester,

est

un péché. Parce

qu'elle porte

l'homme
est

dans

ses

actions, au-dessous de ce dont sa vertu

capable, elle est chose contraire à la loi naturelle qui porte tout
être à agir selon la proportion de ses

moyens.

— Mais à quelle
?

vertu s'opposera ce péché
Saint

;

est-ce à la vertu

de magnanimité

Thomas va nous répondre

à l'article qui suit.

Articf^e

II.

Si la pusillanimité s'oppose à la niagnaniiTiité?

Quatre objections veulent prouver que
s'oppose pas à
d'
«

«

la pusillanimité est

ne

la
»,

magnanimité
qui
«

».

— La première
il

un

texte
ni,
;

Aristote

dit,

au

livre
le

IV de YÉthique

(cli.

n. 35;
il

de

S.

Th.,

leç. 2),

que

pusillanime s'ignore lui-même

souhaiterait, en effet, les biens dont

est digne, s'il se connais-

sait.

Or, l'ignorance de soi semble s'opposer à la prudence.
la
la

Donc
pas à
«

pusillanimité s'oppose à

la

prudence »

et

ne s'oppose

magnanimité.

La seconde objection rappelle que,
(v.

dans saint Matthieu, ch. xxv

26),

le

serviteur

rpii
le

par pusillanimité

refusa d'utiliser l'argent est appelé par

1Ï)0

SOMME THIÎOLOGIQUB.
el

Seigneur méchant

paresseux. Or, Aiistote
les

dit,

au livre IV de

VÉthique (endroit précité), que

pusillanimes semblent être
»,

paresseux. D'aulre part, la paresse s'oppose à la sollicitude

ou à

l'action attentive, « qui est

un
».

acte de la prudence, ainsi

qu'il a été

vu plus haut
la
«

(q.

47, art. 9).

Donc

la

pusillanimité

ne s'oppose pas à
fait

magnanimité
la
il

La troisième objection

observer que

pusillanimité semble venir d'une crainte
est
dit,

désordonnée; d'où
Dites
:

dans

Isaïe,

ch.

xxxv
11

(v.

'

4)

pusillanimes, prenez courage et ne craignez pas.
;

semble

aussi qu'elle vient de la colère

selon cette parole de l'Épître

aux
à

Colossiens,

ch. ni (v. 21) »,
:

que nous avons déjà renconOr,

trée à l'article
l'irritation,

précédent
de peur

« Pères, ne provoque: pas vos enfan [.^

qu'ils

ne deviennent pusillanimes.

la

crainte désordonnée s'oppose à la force; et la colère désordonnée, à la mansuétude.

Donc

la

pusillanimité ne s'oppose pas
<(

à la magnanimité

».

— La quatrième objection déclare que
est d'autant plus
la

le

vice qui s'oppose à

une vertu

grave qu'il

est

plus dissemblable à la vertu. Or,

pusillanimité est plus dis-

magnanimité que la présomption. Si 4onc la pusillanimité s'opposait à la magnanimité, il s'ensuivrait qu'elle
semblable à
la

serait
est

un péché
à
3)
(v.

plus
ce
:

grave que

la

présomption
dans

;

ce

qui

contraire

que

nous

lisons

ï Ecclésiastique,

ch.

xxxvH

présomption souverai/iement mauvaise, d'où
la

donc as-tu été créée? Donc

pusillanimité ne s'oppose pas à la

magnanimité ». L'argument sed contra

dit

que

« la pusillanimité et la et la petitesse

maet le

gnanimité diffèrent selon

la

grandeur

d'àme,

comme on
petit

le

voit par leurs

noms mêmes.

Or,

le

grand
la

sont opposés.
».

Donc

la

pusillanimité s'oppose à

ma«

gnanimité

Au

corps de

l'article,

saint

Thomas nous
de
la sorte,
il

avertit

que

la

pusillanimité peut se considérer d'une triple manière.

Pre-

mièremoit, en elle-même.

Et,

est

manifeste que

selon sa raison propre elle s'oppose à la magnanimité, dont
ellediiïcre selon la différence

même chose
d'àme. tend

:

de

du grand et du petit au sujet de la même, en effet, quelemagnanime,pargrandeur
grand; de

à

ce qui est

même

le

pusillanime, par

Ql'ESTIOiN

CXXXIII.

DE LA PUSILLANIMITÉ.
grand.

l5l

petitesse
tre

dame
la

se soustrait à ce qui est

D'une au-

manière.
:

pusillanimité peut se considérer du côté de sa

cause

laquelle,

du côté de
et,

l'intelligence, est l'ignorance de sa
» la

propre condition;
est la

du côté de
sa facultés

volonté ou de

« l'appétit,

crainte d'être en défaut dans les choses qu'on estime à

tort être au-dessus

de

ou de

ses
la

moyens.

<<

D'une

troisième manière,, on peut considérer
à son effet, qui est

pusillanimité, quant

que l'homme
»

se soustrait
lui.

aux choses gran-

des dont
saint

il

est

digne

ou qui sont poui
il

«

Mais, ajoute
art. 2,

Thomas, comme l'opposition du vice à
propre, que selon
la

a été dit plus

haut(q 127,
El voilà
».

ad

2""')

la

vertu se prend plutôt selon l'esiièce
l'etï'et.

cause ou

pourquoi

la

pu-

sillanimité s'oppose à la
L'ac/

magnanimité

primum répond que « cette raison procède de la pusillanimité du côté de la cause qu elle a dans l'inlelligence. Et, cependant, ajoute saint Thomas, on ne peut pas dire proprement qu'elle s'oppose à la prudence, même selon sa cause; car une
telle

ignorance ne procède pas du

manque

de sagesse, mais
»

plutôt de la paresse à considérer sa faculté
(I

ou

ses

moyens,
cité

comme

il

est dit

au
la

livre

IV de VÉlhiqae (endroit
esl

dans
à

l'objection),

ou de

paresse à exécuter ce qui

soumis

son

pouvoir
L'ac?

».

secimdum

dit

que

«.

la

raison » de l'objection « procède

de

la

pusillanimité,

du

côté de l'effet »,
« ia

L'ac? /er/iam

déclare que

raison » de l'objection « procède

du
la

côté de

la

cause. Et cependant, ajoute encore saint

Thomas,
la
il

crainte qui

cause la [)usillanimité n'est pas
Aussi bien,

toujours

crainte des périls de mort.

même

de ce côté,
ta

n'est pas nécessaire qu'elle s'oppose à la force.
lère, selon la

— Quant à
fait
la

co-

raison de son propre

mouvement, qui
elle

qu'on

se porte à la

vengeance,
;

elle

ne cause point

pusillaniniilé,
Si

qui déprime l'àme
à
la

mais plutôt
c'est

l'enlève.

elle
la

porte
colère,
les

pusillanimité,

en raison des causes de

([uc sont les injures faites,

qui dépriment l'âme de celui qui

subit

».

L'rtd

quartuni formule

noter. Et c'est

que

« la

un point de doctrine qui est bien à pusillanimité est un péché plus grave,

102

SOMME THÉOLOGIQUE.
la

selon son espèce propre, que

présomption
;

;

parce qu'elle

fait

que l'homme

se soustrait

au bien

ce qui est la pire des choses,

comme
Que

il

est dit,

au

livre

lY de VÉthiqae (endroit précité).

si la

présomption

est dite

souverainement mauvaise,
procède
».

c'est

en raison de l'orgueil,

d'oii elle

Avec

cette question

de la pusillanimité, vice opposé par dé-

faut à la

magnanimité,
de
la

comme

lui étaient

opposés par excès
et

les trois vices

présomption, de l'ambition

de

la

vaine

gloire,

nous avons terminé

l'étude de celte vertu, la première

des quatre grandes parties potentielles de la vertu de force.


à

«

Nous devons passer maintenant
», la

à

l'étude

de

la

ma-

gnificence
l'étude

seconde des parties potentielles de
vices
la

la force « et

des

qui

lui

sont

opposés

»

(q.

i35).

D'abord, l'étude de

magnificence. C'est l'objet de

la

question

qui

suit.

QUESTION CXXXIV
DE LA MAGNIFICENCE

Cetio question
1° Si la

comprend quatre

articles

:

magnificence est une vertu

?

2" Si elle est

une vertu spéciale? une partie de
la

Quelle est sa matière.
force
?

4° Si elle est

Artici.r

Premier.

Si la magnificence est

une vertu?
la

Quatre objections veulent prouver que
n'est pas

«

magnificence
u

une
i).

vertu ».

La première déclare que

celui qui
(i"-2'"",

a

une vertu

les a toutes,

comme
dit,

il

a été dit plus haut

q. 65, art.
la

Or, quelqu'un peut avoir les autres vertus sans

magnificence. Aristote
II,

en

effet,

au

livre lY de VÉlhiqiie

(ch.

n. 3

;

de

S.

Th.,

leç. 6),

que

tout libéral n' est pas magni».

fique.

Donc
le

la

magnificence n'est pas une vertu
fait

La

se-

conde objection
dans
n.

observer que
il

«

la

vertu morale consiste
II

milieu,

comme

est dit

au livre
excède

de V Éthique (ch.

vi,

i5; de S. Th., leç.

7).

Or, la magnificence ne semble pas
elle
i
;

consister dans le milieu. Car

la libéralité

par
Et

la

gran-

deur (IV Éthique, chap.
s'oppose au petit à
l'égal,
leç. 7
;

ir,

n.

de

S.

Th., leç

6).

le

grand

titre

d'extrême, au milieu desquels se trouve

comme
Did.,

il

est dit

au

livre

X

des Métaphysiques (de
il

S. '\\\.,

liv.

IX, ch. v). D'où

suit

que

la

magnificence
pas une

n'est pas

au milieu, mais à l'extrême. Donc

elle n'est

vertu

».

— La troisième objection dit qu'

«

aucune vertu ne va

contre l'inclination naturelle, mais plutôt la parfait,

comme

l^^
il

SOMME TIIÉOLOOIQUE.
1

a

haut

(q.

to8, art. 2

;

q.

117. art.

1,
11.

arg.
n.

1.

Or,

Aristole
S.

marque, au
leç. 7),

livre IV

de VÉlhique (ch.

i5, de
Iul-

Th.,

que

le

magnifiqae nest pas somptueux pour

même'; chose qui est contre l'inclination naturelle, qui porte

chacune pourvoirsurtoutàsoi-même. Donclamagnificence n'est La quatrième objection en appelle encore à pas une vertu ».

« Aristole »,
S.

qui
3,

dit,

au

livre

VI de l'Éthique (ch,

iv. n.

2

;

de

Th.,
la

leç.

que

l'art est la

raison droite des choses
les

faire.
le

Or,

magnificence porte sur
l'indique.

choses qui se font
est

,

comme
art

nom même
vertu
».

Donc

elle

plutôt

un

qu'une

L'argumen t.sedcortfra oppose

cette belle raison,

que «la vertu

humaine
la

est

une certaine participation de
la

la vertu divine. Or,
;

magnificence appartient à
(lxvii, v. 35)
:

vertu divine

selon cette parole
sa vertu sont au».

du psaume

Sa magnificence
est

et

dessus des nues.

Donc

la

magnificence
saint
le

une vertu

Au

corps de

l'article,

Thomas na qu'un mot,

destiné

simplement à montrer que

nom même
;

de magnificence im«

plique une notion de vertu. C'est qu'en

effet,

comme
leç.
la

il

est

marqué au

livre

I

du

Ciel (ch. xi, n. 7

de

S.

Th.,

26), la

vertu se dit par rapport au point ultime oh

le

pouvoir de

puis-

sance s'étend: et ce point ultime ne se prend pas du côté du
défaut, mais

du côté de
suit de là

l'excès,

dont

la

raison consiste dans

la

grandeur.

Il

qu'opérer» ou
le

faire «

quelque chose, de

grand, d'où se prend

nom

de magnificence, appartient en

propre

à la raison
».

de

la

vertu. El

donc

la

magnificence désigne

une vertu

Vad
fique,

priinum explique que

i<

tout libéral n'est point

magni-

quant à l'acte» de
les

la

maenficence;

«

parce qu'il lui

manque

choses dont

il

faut user
a

pour

l'acte
la

magnifique.

Mais cependant tout

libéral

l'habitus de

magnificence,

ou d'une façon

actuelle,

ou dans sa disposition prochaine,

comme

il

a été dit plus haut,
» (I*-2''^

quand
135,

il

s'agissait de

la

con-

nexion des vertus

q

art.

r,

ad

l"'").

Uad secundum répond que
qui est extrême, à considérer

« la la

magnificence consiste en ce
quantité ou
la

grandeur de
au milieu,
si

l'œuvre qui

se fait.

Mais cependant

elle consiste

QUESTION CXXVIV.

DE LA MAGiNIFICENCE.

l55

l'on considère la règle de la raison,

dont

elle

ne sécarte ni en

moins ni en plus;
mité»

ainsi qu'il

a été dit aussi de la

magnanila

(q. 129, art. 3,

ad

/"'").

L'ad tertiam résout mag-nifiquement, pourrions-nous dire,
difficulté si délicate

que présentait
le

l'objection.

«

Il

appartient

à la magnificence, rappelle

saint Docteur, de faire quelque
la

chose de grand. Or, ce qui regarde
est

personne d'un chacun,
ce qui convient
C'est

quelque chose de
magnifique ne

petit, si

on

le

compare à

aux choses divines ou aux choses publiques. que
le

pour

cela

se

propose point principalement de faire
:

des dépenses pour ce qui touche à sa personne propre
qu'il

non

ne cherche point son bien
touche a de

;

mais parce que ce
si

n'est point

quelque chose de grand.
qui
le

— Toutefois,

quelque chose en ce
le

la

grandeur, cela aussi
les

magnifique

l'ac-

complit magnifiquement; ainsi pour
qu'une Jois,

choses qui ne se font
;

comme

les

noces, ou autre chose de ce genre

ou en-

core les choses qui demeurent,

et c'est ainsi qu'il appaiiieut

au magnifique de préparer une habitation qui convienne,
il

comme
S.

est dit

au

livre

IV de l'Éthique (ch. u, n.

i5, 16

de

Th.,

leç. 7) ».

L'ad quartum formule
«

un point de doctrine bien
qu'il

intéressant.
;

Comme
S.

Aristote le dit, au livre VI de ['Éthique (ch. v, n. 7
leç. 4),
il

de

Th.,

faut

y

ait

pour

l'art

une certaine rertu,

savoir d'ordre moral, qui incline l'appétit à user d'une façon
droite de la raison de
l'art.

Et ceci appartient à

la

magnifi».

cence. D'oii

il

suit qu'elle n'est pas

un

art,

mais une vertu

Nous voyons, par cette réponse, que la magnificence est^ proprement la vertu de l'art, ou ce qui dans l'ordre des dispositions affectives prépare immédialement à l'art tout ce qu'il
lui faut

pour agir

admirable
les

comme il lui convient dans son oidre. Quelle doctrine. Et comme on y voit toutes choses dans
humain. On y
la

rapports harmonieux qu'exige dans son développement
voit aussi,

plein et entier la perfection de l'être

en pleine lumière, pounjuoi
ont eu pour

les

grands Papes de
magnifiques.

Renaissance

les arts cette sollicitude,

presque cette sorte de ten-

dresse, qui les rendait

pour eux

si

l56

SOMME TIIÉOLOGIQUE.
la

Le propre de

vertu étant de porter la faculté à sa plus
se

haute puissance, tout ce qui parle de grandeur ne peut que
rattacher à
la

vertu.

Il

s'ensuit

donc manifestement que

la

ma-

gnificence est une vertu.
soit


un

Mais pouvons-nous dire qu'elle

une vertu

spéciale

;

ou ne désignerait-elle pas plutôt
état

comme une

condition ou

qui se référerait à toutes
la

les

vertus, ou encore une sorte de modalité de

magnanimité,
sa raison

qui, elle aussi,

nous l'avons vu, impliquait dans
de
l'article

quelque chose de grand. C'est ce que nous devons maintenant

examiner;

et tel est l'objet

qui

suit.

Article
Si la magnificence est

II.

une vertu spéciale?
« la

Trois objections veulent prouver que

magnificence n'est
la

pas une vertu spéciale
ficence
il

».

La première dit qu' « à
faire

magni-

semble appartenir de

quelque chose de grand.

Or,

faire
si

quelque chose de grand peut appartenir à chaque
elle est

vertu,

grande

;

c'est ainsi

que celui qui

a

une grande
mais
elle

vertu de tempérance

fait

de grandes œuvres de tempérance.
;

Donc
tion

la

magnificence n'est pas une vertu spéciale

signifie l'état parfait de

chaque vertu

».

La seconde objec-

remarque qu'

«

il

semble appartenir au

même
il

de faire

quelque chose
haut

et d'y tendre.

Or, tendre à quelque chose de

grand appartient
(q.

à la
i).

magnanimité,

comme

a été dit plus

129, art.

Donc

aussi faire quelque chose de
la

grand

appartient à la magnanimité. Et, par suite,
n'est pas

magnificence
».

une vertu

distincte de la
« la

magnanimité


:

La

troi-

sième objection déclare que
à la sainteté.
Il

magnificence semble appaltenir

est dit,
;

en
et,

effet,

dans VExode, ch. xv

(v.

11):
sain-

Magnifique en sainteté
teté et la

dans
le

le

psaume

(xcv, v. 6)

La

magnificence dans

liea

de sa sanctification. Or, la

sainteté est la

même
la

chose que
8).

la religion,
la

comme

il

a été

vu
la

plus haut (q. 81, art.

Donc

magnificence paraît être

même

chose que

religion. Et, par suite, elle n'est pas
».

une

vertu spéciale, distincte des autres

QUESTION CXXXIV.


8

DE LA MAfiMFICENCE.
«

I^'J

L'argument

5ec/

contra s'autoiise d'« Arislole », qui
»

lenuII,

mcre parmi
VII,

les

autres vertus spéciales

{Éthique, liv,
ii,

ch.

n. 6

;

de

S.

Th.,

leç.

;

liv.

IV, ch.

n.

i

;

de

S.

Th.,

leç. 6).

Au corps de
ficence
le
il

l'article, saint

Thomas répond
moi
«

qu'

«à

la

magni-

appartient défaire quelque chose de grand;
l'indique. Or, le

comme

mot même

faire peut s'entendre d'une

double manière. D'abord, d'une façon propre. Ensuite, d'une
façon

commune
mot

»

ou générale.

D'une façon propre, on em-

ploie le

faire

que matière extérieure par exemple,
;

pour désigner une œuvre réalisée en quelfaire une maison, ou toute

autre chose de ce genre. Û'une façon
ral,
((

commune

»

ou en généquelle

on emploie
:

le

mot faire pour désigner n'importe
en une matière extérieure,
;

action
l'acte

soit qu'elle passe

comme

de brûler ou de scier

soit qu'elle

qui agit,
se

comme

entendre et vouloir. Si
l'acte

demeure dans le sujet donc la magnificence
alors

prend selon qu'elle implique
le

de faire quelque chose

de grand, en entendant
la

mol faire dans son sens propre,
spéciale. Et,
l'art.

magnificence
se fait

est

une vertu

en

effet,

l'œuvre

qui
de

de

la sorte est

produite par

Or, dans l'usage

l'art,

peut se considérer une raison spéciale de bonté, en ce
l'art sera

que l'ouvrage accompli par
tions,

grand, dans ses propor;

dans son prix, dans sa destination

et c'est la

magni-

ficence qui fait cela.

Auquel

titre, la

magnificence est une vertu

spéciale ». Cette raison,
ner,
est la

que saint Thomas vient de nous donconfirmation éclatante de la remarque présentée

tout à l'heure, à propos de la dernière réponse
article.

«

Que

si,

ajoute saint

Thomas,

le

du précédent nom de magnice

ficence se

prend de ce qui
le

est faire

quelque chose de grand,

selon que

moi faire

s'entend d'une façon

commune, dans
».

cas la magnificence n'est pas

une vertu spéciale
appartient, en

Vad
({ui

priimimjé&oui

la

première objection par
11

la

distinction
toute vertu
le

vient d'être donnée. «

efîet, à

parfaite de faire ce qui est

grand dans son genre, selon que

moi

faire se

(|nil se

prend d'une façon commune; mais non prend d'une façon propre, car ceci est le propre de

selon
la

luagnificence ».

i58

SOMME THKOLOGIOIE.
seciindum va achever de préciser les vrais rapports soit

Uad

des autres vertus, soit de la magnanimité, soit de la magnificence, en ce qui touche à
la

raison de grand impliquée en
Il

toutes ces vertus, bien qu'à des titres divers. «
la

appartient

à

magnanimité, non pas seulement de tendre à quelque chose de grand, mais aussi d'opérer ce qui est grand dans toutes les
vertus, soit par

mode de

faire » au sens propre,
être,
S.

« soit

par
il
:

mode
est dit

d'agir,

en quelque manière que ce puisse

comme
leç. 8)

au

livre

IV de VÉthique (ch.
la

in, n.

i/j

;

de

Th.,

en

telle

manière cependant que
la seule

cela

que

magnanimité ne regarde en raison de grand. Quant aux autres vertus, qui,
est

si elles

sont parfaites, opèrent ce qui est grand, elles ne diri-

gent point principalement leur intention vers ce qui

grand,

mais vers ce qui
est

est
la

propre à chacune

d'elles; et la

grandeur
grand,

une
il

suite de
lui

perfection de la vertu. Pour la magnifi--

cence,

appartient

non seulement de

faire ce

qui

est

à prendre le

mot

faire dans son sens propre, mais aussi de

tendre, dans l'esprit

ou dans l'âme, à
dit,
la

faire

ainsi ce

qui est
(liv.
II,

grand. Aussi bien Cicéron
ch. liv),

dans sa Rhétorique
pensée
et

que

la

magnificence est
et élevées,

V administration des

choses grandes

avec une certaine proposition de lame
:

large et pleine de splendeur

entendant par pensée l'intention
oià

intérieure

;

et,

par administration, l'exécution extérieure. Par
faut

que comme la magnanimité se propose quelque chose de grand en toute matière, de même la magnificence se le propose dans quelque ouvrage qui est fait » ou
l'on voit qu'il
réalisé à l'extérieur.

Uad
«

tertium complète,

ici

encore

magnifiquement, nous
splendeurs de doctrine,

allions dire divinement,

toutes ces

La magnificence, rappelle saint Thomas, veut faire des ouOr,
les

vrages qui soient grands.
font sont ordonnés à

ouvrages que

les

hommes

une certaine

fin.

D'autre part, aucune fin

des ouvrages

humains
les

n'est aussi

grande que l'honneur de
là vient
ii,

Dieu. Par conséquent, la magnilicence fait surtout ses grands

ouvrages, en
qu'Aristote
n.
Il,
»

ordonnant
leç.

à

l'honneur de Dieu. Et de

lui-même,

« dit,
7),

au livre IV de VÉthique (ch.

ij; de S. Th.,

que

les

dépenses honorables sont

QUESTION CXXXIV.

DE LV MAGNIFICENCE.
:

I09
surtout à

surfont celles qui louchent aax sacrifices divins
elles

et c'est

que s\ipplique

le

magnifique. C'est à cause de cela, conclut
la difficulté
la

saint

Thomas, expliquant
la

présentée par l'objection,
sainteté
:

que

magnificence

est jointe à
la

parce que son

effet est

surtout ordonné à

religion

ou

à la sainteté », c'estcelte explica-

à-dire aux choses saintes.


et

On aura remarqué
appuyée de
nous montrant
à

tion de notre saint Docteur,

l'autorité

philosophe païen Aristote,
la véritable inspiratrice

la religion

même du comme

des arts et de la magnificence. Toute
et,

l'histoire

du genre humain,

un

titre

p'articulièrement

éclatant, l'histoire de l'Église,

confirment cet enseignement.

La magnificence est une vertu spéciale.

Car

elle vise

une
Elle

raison spéciale de bonté dans l'ordre de l'agir

humain.

tend, en effet, à ce que l'œuvre extérieure accomplie par l'art

de

1

homme

soit re\ètue

au plus haut point du caractère de
la

la

grandeur.
vertu Saint
:

Mais quelle sera bien

matière propre de cette
les

devrons-nous dire que ce sont
à
1

grandes dépenses?

Thomas va nous répondre

article qui suit.

Article

III.

Si la matière de la magnificence sont les

grandes dépenses?

Quatre objections veulent prouver que
magnificence ne sont point
frais.

«

la
»

matière de

lu

les

grandes dépenses
u
il

ou

les

grands

La première arguë de ce qu'
la

n'y a pas deux ver-

tus

pour

même
la

matière. Or, sur les frais ou les dépenses

porte déjà la libéralité,
art.
2).

comme

il

a été

vu plus haut
les

(q.

117,
».

Donc
il

magnificence ne porte pas sur
«

dépenses

— La
ral,

seconde objection souligne que
est dit

tout magnifique est libr(cli.
11,

comme
S.

au

livre

IV de VElhique

n. 3, 10;

de

Th.,

leç. G).

Or,

la libéralité

porte plutôt sur les dons que
elle aussi,

sur les dépenses.

Donc

la

magnificence,

ne portera
».

pas principalement sur les dépenses, mais plutôt sur les dons

La troisième objection

fait

remarquer qu'

«

il

appartient à

l6o
la

SOMME THÉOLOGIQUE.
faire

magnificence de

quelque ouvrage extérieur. Or, ce n'est
fait

point par toutes
rieur,
ple,

les

dépenses qu'on

quelque ouvrage exté:

même quand
Donc
les

ces dépenses sont grandes

tel,

par exem-

celui qui dépense

beaucoup

à faire des
la

dons ou des cales

deaux.
la

dépenses ne sont point
».

matière propre de
«

magnificence

— La quatrième objection déclare que
faites

grandes dépenses ne peuvent être

que par
vertus

les riches.
;

Or,

même

les

pauvres peuvent avoir toutes

les

car les vertus

ne requièrent point nécessairement
suffisant par elles-mêmes,
la

la

fortune extérieure, se

comme

le dit

Sénèque, au livre de

Colère (ch. ix

;

cf.

de

la Vie

bienheureuse, ch. xvi).
les

Donc
».

la

magnificence ne porte point sur
qui «

grandes dépenses
de

L'argument sed contra apporte un
dit,

texte très net d' « Aristote »,
ii,

au

livre

IV de VÉthique (ch.

n.

i

;

S.

Th., leç.

6),

f|uc la ntagnijlcence ne s'étend
tent sur l'argent,

pas à toutes
;

les

opérations qui por-

comme
ou

la libéralité

mais seulement aux opéra-

lions somptueuses,

elle excelle

sur

la libéralité,

par

la

grandeur.

Donc

elle

porte seulement sur les grandes dépenses
l'article, saint
il

».

Au

corps de

Thomas

rappelle que «

comme

il

a été dit (art. 2),

appartient à la magnificence de se proposer

de faire quelque grand ouvrage. Or, pour que quelque grand

ouvrage

se fasse selon qu'il
les

convient sont requises des dépenses
se faire

proportionnées; car

grands ouvrages ne peuvent
il

qu'avec de grandes dépenses. Par conséquent,
la

appartient à

magni licence de faire de grandes dépenses pour que soit fait convenablement tel grand ouvrage; et c'est ce qui a fait dire à
Aristote, au livre IV de VÉthique (ch.
11,

n. 10; de S. Th., leç. 6),

que

le

magnifique, en proportionnant

la

dépense, fait un ouvrage

plus magnifique. D'autre part, la dépense est

un

certain
le

abandon
se dire

de l'argent dont quelqu'un peut être détourné par

trop grand

amour
matière

qu'il porte à l'argent.

Il
:

suit de là
et les

que peuvent

de
le

la

magnificence

dépenses elles-mêmes

dont use

magnifique pour
il

faire
se

quelque grand ouvrage;

pour faire ses grandes dépenses; et l'amour de l'argent, que le magnifique modère pour que les grandes dépenses n'en soient pas empêchées ». Vad primum fait observer que « comme il a été dit plus hau.
et l'argent

lui-même, dont

sert

QUESTION CXXXIV.
(q.

DE LA

MAT.

Ml ICK NCE.

iGl

129, art. 2), ces vertus qui portent sur les choses extérieu-

res ont

une certaine
la

difficulté

qui se

lire

du genre

même

de

la se

chose sur laquelle porte
tire

la vertu, et

une

autre difficulté

qui

de

grandeur

même

de

la

chose. Et voilà pourquoi, auil

tour de l'argent et de son usage,
savoir
:

faut qu'il y ait

deux vertus

;

la lihéralité,

qui regarde d'une façon générale l'usage

de l'argent;

et la

magnificence, qui regarde ce qu'il y a de
».

grand, dans l'usage de l'argent

Vad
et le

sec a ndu

m explique

la

différence qu'il y a entre

le

libéral

magnifique pour ce
effet, «

ciui est

de l'usage de l'argent. C'est

qu'en

l'usage de l'argent appartient d'une autre manièie

au

libéral, et

d'une autre manière au magnifique.

Il

appartient

au

libéral, selon qu'il

procède d'un amour ordonné à l'endroit

de l'argent. Et voilà pourquoi tout usage voulu de l'argent, que

rend possible l'amour modéré de l'argent, appartient à
ralité
;

la libé-

savoir

:

et les

dons;

et les

dépenses.

Mais l'usage de

l'argent appartient au magnifique, par rapport à quelque

grand
les

ouvrage qui doit
dépenses ou
spécialement sur

être fait. Or, cet

usage ne peut être que

les frais ».

Et voilà pourquoi la magnificence porte

les frais

ou

les

dépenses.
«

L'ad tertiuin accorde que cependant
des dons ou des cadeaux,

le

magnifique aussi
au
livre IV

fait

comme
Th.,
leç.

il

est dit
7).

de Y Ethi-

que {ch.
la

II,

n. i5;

de

S.

Mais ce n'est point sous

raison de don; c'est plutôt sous la raison de frais ou de dé-

penses ordonnés à quelque grand ouvrage à réaliser, par exemple

pour honorer quelqu'un, ou pour
la cité,

faire

quelque chose qui
de contribuer à ce

tournera à l'honneur de toute

comme

à f/aoi s'applique toute la cité ».

Et c'est ainsi, par exemple,
et Arislotc à l'endroit précité

comme
tion

l'expliquent saint
s'il

Thomas
dans

de YÉlhique, que

se fait

la cité

quelque grande récepont
la

ou quelque grande
et

solennité, ceux qui
la

vertu de

magnificence

peuvent

pratiquer d'une façon actuelle en
les

raison de leuis ressources, arriveront à multiplier
les offrandes,

dons ou
et aussi

pour que tout se passe aussi grandement magnifiquement que possible.
h' ad (juarfum,

répond que

«

le

piincipal acte de la vertu est

l'élection intérieure,

que

la

vertu peut avoir,

même

sans

la

XIII.

La Force

et In

T<'inpi''rance.

n

lG2

SOMME TIIEOLOGIQUE.
titre,

fortune extérieure. Et, à ce

même

le

pauvre peut

être

magnifique. Mais, pour
ments. De ce chef,
de
et
la

les

actes extérieurs des vertus sduI
titre

requis les biens de la fortune, à
le

de moyens ou dinslniexléiioiii-

pauvre ne peut pas exercer Tacte
les

magnificence dans

choses qui sont grandes purement
les

simplement; mais peut-être dans
être fait
;

choses qui sont giandes

par comparaison à quelque ouvrage, qui, bien que petit en

lui-même, peut cependant
disent d'une façon relative,
les

magnifiquement selon
car
le
le pclit et

la

pioportion de ce genre d'ouvrage

le girind

se

comme
2.i).

marque

Arislole dans

Prédicamenls

»

(ch. v, n.

Parce qu'il

est

nécessaire,

grand ouvrage, que
de l'argent,

la disposition

quand on veut du sujet soit

faire

quelque

ce qu'elle doit

être à l'endroit des dépenses
et à l'endroit

ou des

frais ma-tériels, à l'endroit

de l'amour de l'argent, de

vient que

ces trois choses sont toutes trois, d'une façon subordonnée, la

matière de la magnificence, sous

la

raison propre

du

caractère

de grandeur qui

les allecle

en vue du grand ouvrage à réaliser.


de

Il

ne nous reste plus qu'à examiner un dernier point, au
si elle est

sujet de la magnificence; et c'est de savoir
la

une
suit.

partie

vertu de force.

— C'est

l'objet

de

l'article

qui

Article IV.
Si la magnificence est

une partie de
« la

la force ?

Trois objections veulent prouver que

magnificence n'est
u la

pas une partie de la force

».

— La
la

première rappelle que

magnificence convient dans
qu'il a été dit (art.
q. 128, ad
2"'").

matière avec

la libéralité, ainsi art. 3,

3,

ad

i"'",

ad

2"'";

q.

117,

ad

l"""

;

Or, la libéralité n'est pas-une partie de la force,

mais de
de

la justice.

Donc

la

magnificence n'est pas une partie
fait

la force ».

— La seconde objection
la crainte,

observer que

n

la

force porte sur les craintes et les audaces. Or, la magnificence

ne semble en rien regarder

mais seulement

les dé-

QUESTION CX^\Iv^

DE LA M \G MPICTNCE.
Par conséquent,
les

1

G')

(tcnses qui sont de certaines opérations.

elle

semble appartenir
Aristote

à

la justice,
».

qui porte sur

opérations,

plutôt qu'à la force
(V
((


le

La troisième objection

cite

un mot
ii,

»,

qui

«

dit,

au livre IV de V Éthique (ch.

n. 5

;

(le S.
la

Tb.,

leç. 6)

que

magnifique est assimilé au savant. Or,
la

science convient plutôt avec
la

prudence qu'avec

la force.

Donc

magnincence
».

ne doit pas être donnée

comme une
et
»,

partie de la force

L'argument sed contra oppose que « Cicéron, Macrobe Andronicus font de la magnilicence une paitie de la force
(cf. q.

128, arg.

i. G).

Au

corps de

l'article, saint

Tliomas déclare que

la a

magnide
la

ficence, selon qu'elle est

une vertu
»

spéciale, ne peut pas être

donnée
mais

comme

partie subjective

ou

comme
elle

espèce
la

«

force; parce qu'elle
elle est

ne convient pas avec

dans

matière;

assignée

comme

partie de la force, en tant qu'elle

s'adjoint à elle à titre de verlu secondaire à l'endroit de la

vertu principale. Or, pour qu'une \ortu s'adjoigne à une autre

comme
la

à la verlu principale,

deux choses sont requises,
;

ainsi

qu'il a été dit plus

haut

(q. 80)

l'une, qu'elle

convienne avec

principale; raulre, qu'elle soit sur quelque point dépassée
elle.

par

Et,

précisément,

la

magnificentîe convient avec

la

force, en ce

que

comme
dans

la force Iciid à
le fait

quelque chose qui
Mais

est

ardu
quoi

et difficile, la
elle paraît être

magnificence

aussi; c'est aussi pourla force.
la

l'irascible,
la

comme

magnificence est en deçà de

force,

en ce que

cette

chose

ardue à laquelle tend
qui menace
quelle tend
la la

la force a

de

la difficulté à

cause du péril
lala

personne;

la

chose ardue, au contraire, à
de
la difficulté

magnificence,
est

en raison de
le péril

dépense des choses, ce qui
la

beaucoup moins que
la

de

personne. Et voilà pourquoi
».

magnificence est une partie

de la force

Vad

primirn marque d'une façon très précise la difl'éronce
la justice, la libéralité et la

qui existe entre

magnificence, bien

que toutes
considère

trois portent sur les opérations extérieures.

<<

La

jnslice regarde les opérations en elles-mêmes, selon qu'on y
la

raison do dette.

— La libéralité

et la

magnificence

l64

SOMME THIEOLOGIQUÈ.
les

considèrent

opérations des dépenses selon qu'elles se réfèle

rent aux passions de l'âme. Mais elles
différente.

font d'une manière

Car

la libéralité la
(

regarde

les frais et les

dépenses par

rapport à l'amour et à

oncupiscence de l'argent, qui sort
le libéral n'est
;

des passions du concupiscible, par lesquelles

pas empêché de donner l'argent
la

et

de faire

les frais

aussi bien

libéralité

est

dans

le

concupiscible.

La magnificence, au

contraire, regarde les frais elles dépenses par rapport à l'espoir,

visant quelque chose qui est ardu,

non d'une façon pure
«

et

simple

»

et

en quelque matière que cela se trouve

comme

la

magnanimité, mais dans une matière déterminée, qui
être

est celle

des frais et des dépenses.. Aussi bien la magnificence paraît

dans

l'irascible,

comme
que

l'est

aussi la

magnanimité

».

Vad secundum
en
effet,

dit

« si la

magnificence ne convient pas,

avec la force, dans

la

matière, elle convient cependant

avec

elle

dans

la

condition de la matière: en ce sens qu'elle
les

tend à quelque chose qui est ardu dans

dépenses

et les frais,

comme
de

la force
».

tend à quelque chose qui est ardu dans l'ordre
observer que

la crainte

L'«d tertium

fait

«

la

magnificence ordonne

et

règle l'usage de l'art par rapport à quelque chose de grand,

comme
dans
la

il

a été dit (art. 2).

Or, l'art est dans la raison.

Il

suit

de là qu'il appartient au magnifique de bien user de proportion à établir entre
faire.

la raison

les frais

ou

les

dépenses et

l'œuvre qu'il s'agit de

Chose d'autant plus nécessaire,
quelque chose de grand.
attention,
Et,

qu'il s'agit de part et d'autre de

par

suite, si l'on n'y apportait

une grande
».

on cour-

rait le risque

de

très

grands dommages

Il est

aisé de voir, à la suite de cet article,

dans quels rap-

ports sont entre elles les vertus de force, de magnificence, de

magnanimité
et les la

et

de

libéralité.

La force porte sur

les craintes
le péril

audaces, dont l'objet est ce qui est ardu dans

de

personne.

La magnificence porte sur
les frais et les

l'espoir,

dont

l'objet

est ce

qui est ardu dans

dépenses en vue de

grands ouvrages à accomplir,
l'espoir,

La magnanimité porte sur

dont

l'objet est ce qui est

ardu en n'importe quelle

. l'argent — DE LA MAGNIFICENCE. C'est ro])jet de la question suivante. l'amour pur et simple de pouvant Après avoir étudié la magnificence en elle-même. matière. l65 — La libéralité porte sur être dépensé. « nous devons maintenant considérer les vices qui lui sont opposés )>.QUESTION CXXXIV.

de S. 22). qui. la dili- gence du raisonnement paraît être chose louable. — La première dit que de même qu'elle règle ce qui est grand. appartient à l'avarice. même aussi elle les règle ce qui est petit. Donc la petitesse dans ce qu'on fait ». n. ou au manque de libéralité. La seconde au livre IV du objection cite une parole qui de ÏÉlhiqae (ch. car l'homme est d'être selon la ra':on. au IV de VÉthique (ch. que la diligence raisonnement induit à être petit dans ses dépenses. Th. Artîclr Premier. Th. Or. la magnificence est une vertu. qu'on de fait n'est pas un vice ». 21. et de là vient que les libéraux et ma- gnifiques font aussi de petites choses. 7). objection cite encore livre un met ir. petitesse dans ce qu'on fait n'est pas un vice distinct ». des autres L'argument sed contra en appelle au même c< Aristote ». leç. n. 6).. ». Donc qui « dans ce qu'on fait n'est pas vice ». de S. Si la petitesse dans ce qu'on fait est un vice? Trois objections veulent prouver que « la petitesse clans ce « la verln. d' « Aristote ». « en latin pw- vijlceiitia. leç. fait que celui qui est petit dans ce qu'il Or.. leç. — La troisième dit.QUESTION CXXXV DES VICES OPPOSES A LA MAGNIFICENCE Celte question 1° Si la comprend deux articles : petitesse dans ce qu'on fait est un vice? 2° Du vice qui lui est opposé. Or. . ceci Donc la donne l'argent avec tristesse. au la peti- chapitre IV des tesse Noms Div'ns (de S. le bien de comme un le dit saint Denys. ii. Th. vice — dit. 8. « est plutôt une vertu qu'un d' « Aristote »..

au contraiie. se s'ensuit faire que lorsqu'on dit que le petit dans ce qu'il fait vise à petit doit fait. Or. le magnificjue vi. deçà il de ce qui est selon la raison cause Donc . — DES VICES OPI'OSÉS n. qu il cherche comment il il dépensera le moins possible. 6).. . mais le qu'il ne fait pas. Celui qui. Or. Dans cet ordre. fait observer que « comme cho- a été dit plus haut (i"-2'"% q 3. au livre IV de VElhiquc de S. Et ceci a fait dé- encore dire à Aristote. par voie de conséquence. fait de la petitesse ». les ses de la morale tirent leur espèce de le Et de là vient aussi le que de plus souvent elles sont désignées par C'est nom est qui est celui appelé parvi- la fin. de S. comme nous 11. pelit dans ce qu'il fait. le petit parce qu'il vise à faire quelque le chose de les petit. 11 Prédicanienls (ch v. cndroil. tju' il en faisant de grandes dépenses dans ce quelque chose de pel il fait » et qui est toujours eu égard à ce qu'il devrait faire. i8.QUESTION « CWXV. 4 de S. au même petit. « parce qui! ne » . Tli leç. ensuite. ce qui a l'avons déjà vu. A LA MAOMFFCDNCE. qu'il fait secondairement la grandeur des dépenses. la 10. « dire à Aristole ». Th. 6. 8) et au livre IV (ch. n. du côté de l'ouvrage à faire. « Et l'on voit fait reste la donc par là que le pilil dans ce qu'il en deçà de dépense la proportion (lui doit être selon la raison entre et l'ouvrage. de VÉLhiqae. leç. 6). donc pour cela qu'un homme ficas. quelque chose de petit. et. vise à la petitesse ])elile de l'ouvrage. ce qui a (n.. que magnifique. S. 21. faire quelque chose de s'entendre par comparaison au genre d'ouvrage qu'il là. q. quil accepte. art la fin. (ch. de Th. en proporlionnani dépense. pei'd il bien du grand ouvrage car jamiiis ne fait rien de grand. n. fait dire à Aristote. 6). leç. d après Anstole dans disent d'une façon relative. veut pas dépenser. .. rester céi la raison de vice. 167 au livre II II.sc et principalement la grandeur de l'ouvrage. dans ce qu'on fait un vice spécial. dans ce qu'il fait. vir. Th. le petit et le Et grand peuvent se considérer d'une dou!)le ma- nière : d'abord. 7). vise principalement la petitesse de dépense. saint Thomas i. opposé à la magnificence Au il corps de l'article. pourvu qu'il fasse une pense. n. du coté des frais ou des dépenses. 2). art. au le livre IV de l'Éthique (ch. leç. est la fait petit an ouvrage plus magnifique. n'évitera point. pour faire un grand ouvrage. et grand. que le petit dans ce qu'il fait.

v. dans ce qu'il pas dit fait reste en deçà de cette règle. n. à dépenser. d'indigne de ogii- humain dans son moral. n'est petit dans ce qu'il les fait. mais celui qui en réglant de la règle grandes ou : les petites choses reste en deçà la rai- de ». Et c'est pour cela qu'Aristote ii. Pouvait-on mieux montrer ce qu'il y a de défecla raison. les ils sont chose bien moins n'est l'avitri^M' moins honnie parmi hommes. laide et par exemple. en ce que manque . par suite. la raison et c'est en cela que son acte a son de vice L'ftd secundani déclare que « i/j) comme Ici le dit Aristote. /»cx'. Vad nant tertiuni dit que « comme le magnifique convient avec et le libéral en ce qu'il plaisir . au livre IV la de VÉthiqae (ch. 22. qu'il est plus difficile de faire. donne son argent facilement aussi le petit de même dans ce qu'il fait en y preconvient avec celui qui fait ses manque le de libéralité ou qui est avare. dans ce et d'apparence vertueuse aux yeux de plusieurs. la parce qu'il ne dirige point son allection selon raison. la petitesse clans ce que l'on fait est un vice — tueux au point de vue de l'être fait. ni ne sont chose 1res laide ». parce qu'ils et. mais cependant in- famants. de libéralité se considère à l'endroit des dépenses ordinaires fait se tandis que la petitesse dans ce qu'on considère à l'endroit des grandes dépenses. manifeste que ». or. et. dit. fait que sans doute ne sont point ils dans ce qu'on et le vice qui lui est opposé ont ils raison d'habitus mauvais. en ce qu'il tristesse et dépenses avec en lelardant. ne nuisent pas au prochain. leç. que . en effet. Celui-là. au livre II de la Rhétorique (ch. démesurément même là ciiose dans plus petites choses.fei bien n'est-ce point louahie..l68 est SOMME THÉOLOniQUE. 7). Th. « qui est la peur trop grande d'avoir soumettant à la règle L'ad priimim répond que le la vertu règle ce qui est petit en le petit de la raison. mais plutôt applique l'usage de la raison au désordre de son affection ». ou de peccamineux. Mais il en dif- fère. parce qu'il craint perte de ses biens. de S. qui règle les petites choses . c'est crainte fait les le hoawvsen q-ièie de moyens. mais vicieuse et blâmaî>io. Et pour cela que les petit dans ce qu'il fait l-y s'enquiert diligemment. petitesse n.

et. selon qu'il est dit au livre IV de ['Éthique (ch. point de vice opposé à la petitesse dans ce que l'on les — La troisième objection rappelle que « tirent leur espèce choses d'ordre moral de la fin. dans ce que l'on fait s'oppose quelque vice? Trois objections veulent prouver qu' « à la petitesse dans ce fait que l'on fait ne s'oppose « aucun vice le fait ». . comme il est dit. . 169 sordide. Donc point de vice tesse ». art. ceux qui dépensent d'une manière superflue. Et cela appartient à vaine dit à la à la magnanimité. et ce va être l'objet de l'article qui suit. Il n'est fait donc >>. Tb. de S. 7). consisterait seule- ment dans sent surabondance de il la dépense. Or. Or. 8) et au n. se refusant même les choses nécessaires à la vie. ils ont la petitesse quelque chose de dans ce que l'on fait. « (j vice riui s'oppose IjArgameni sed contra invocpie livre II l'aulorilé d'Aristote. 20. ceux qui dépenil beaucoup oà faudrait dépenser peu. ii. Or « magnificence ou la grandeur en ce que Ton à la petitesse n'est pas un vice. (ch. n. Ieç. précéd. n. mais une vertu. — DES VICES OPPOSÉS A LA MAGNIFICENCE. ieç.. gloire. font cela dans le but de montrer leurs ricbesses. au livre la IV de VÉthique (endroit précité). précéd. semble que quek[ue vice il op- posé à la petitesse la dans ce que l'on fait.. An ne LE Si à la petitesse II. petitesse dans ce Donc il n'est aucun que l'on fait ». qui s'oppose (q. 2).QUESTION GXXW. de S. qui.). dans ce que Von fait ne s'oppose « la petiil — La seconde objection déclare que fait il dans ce que l'on étant un vice par défaut. dépensent peu oà faudrait dépenser beaucoup. au livre IV (ch.). si comme était a été dit (art. — La première la obn server qu' au petil s'oppose grand. Il nous reste à mettre en lumière ce — dernier point de doctrine. Tb. par amour de l'argent. par suite. Nous venons de dire que la petitesse dans ce que Ion fait avait un vice opposé. comme il a été 182. vu. ainsi qu'il a été dit (art.

^. ».170 n. en raison de l'espèce de consommateur s'oppose au pclit l'acte. consomption s'oppose à la la petitesse la dans ce l'on en ce qu'il excède.). comme de il a été vu (art. à la manière du feu. s'oppose à la magnificence. dépensant beaucoup oh et il faudrait dépenser peu. il consume inutilement. SOMME de S. Ce tout. saint faite. Aussi bien ce vice peut s'appeler dans nos lanfour. la qui fait la qu'on dé- passe cette proportion et qu'on dépense plus que proportion [iava^aîa. le visant à moins dépenser que le vice la dignilé de l'ouvrage ne demande. la petitesse dans ce que l'on fait L'f«/ secandain répond fjue « le même vice est contraire à la vertu qui se trouve au milieu et au vice opposé. L'«d pr'unum explique que « la magnificence se dit en rai- son d'un ouvrage grand que l'on fait. Th. porte à rester en deçà de la proportion voulue entre les penses et l'ouvrage. pour autant . Et c'est ceci qui appartient au vice opposé à ). s'ensuit maniqui dé- festement qu'au vice de la petitesse dans ce que Ton fait. du côté du grand oule vrage que sens que magnifique a surtout pour but de il réaliser. c'est-à-dire qui manque de bon Jeu. il consume gues conso/np/io/i (en latin consunipiio) ».a. >). 6). de l'ouvrage ne le en grec. « comparaison à l'ouvrage il qui doit être de même aussi : arrive que la dépense est grande par rapport la à cet ouvrage en ce sens qu'elle dépassera proportion qui doit exister Il se- lon la raison entre les dépenses et l'ouvrage. IL valeur ou portée de l'ouvrage.ûoxaÀ. parce que. j^récéd. en ce là ou faut dépenser beaucoup. le pelU et le grand. Et. même qu'il arrive » qu'une dépense fait. leç. dans dépense. non en raison de la dépense qui s'élève au-dessus des proportions de l'ouvrage. s'oppose demande. vice.. Thomas part de celle reniai que qu' c( au petit s'oppose le grand. il ne dépense rien ou ne dépense que très peu h'ad lerlium déclare que « le dans ce qu'il fait. se disent d'une façon est petite i)ar relative. inrarque la magnificence au milieu de deux vices opposés Au déjà corps de Tarlicle. parce que. TIIIÎOLOGIQUE. Et c'est ainsi que que la le \icc de la fait. Or. s'appelle en raison du four. à le manière du fou qui est dans ou aussi à-£.

QUESTIO.N CXXXV.

DES VICES OPPOSES

A L.V MAGNIFICEiS'CE.

I7I

qu'il dépasse la règle de la raison

que

l'autre n'atteint pas »,

dans l'ordre des dépenses à
((

faire

en vue d'un grand ouvrage.
la fin

Mais rien n'empêche qu'il n'ordonne cela à

d'un autre

vice; par exemple, de la vaine gloire,

ou de tout
les

autre. »

La

foi'ce a

pour objet propre de réprimer

mouvements de
limites de
la

crainte et de

modérer ou de contenir dans

les

raison les

mouvements d'audace

à l'endroit des périls

de mort.

Ses d^tux actes sont de tenir et d'aîtaqucr, selon que la raison
le

demande, en

face de ces périh. Toul(3 vertu qui aura
le

pour
en ré-

eiïet

de maintenir l'homme dans

devoir de

la raison,

glant ses espoirs

comme

il

convient dans l'entreprise d'une

chose

difficile,

tout ce

ou en le faisant tenir comme il convient contre qui est dur ou pénible, participera le mode de la
force et sera

vertu

de

avec elle dans

le

rapport de vertu
c'était
le

potentielle à vertu principale.
cas des

Nous avons vu que

deux

belles vertus de

magnanimité ou de magnificence.

L'une

et l'autre

ont pour but de régler

comme

il

convient

les

espoirs de
ficile.

l'homme dans
le

l'entreprise d'une chose ardue et dif-

La première

fait à l'endroit

des grandes œuvres ou

des grands actes de vertu,

quels qu'ils puissent être, et en

quelque matière que ce

soit,

soient de nature à mériter de grands

grande

gloire. Cette vertu se

pourvu qu'il s'agisse d'actes qui honneurs et à donner une tient au milieu entre deux catéparmi
les

gories de vices, très fréquents

hommes. La première
et

catégorie est celle des vices qui

pèchent par excès dans cet
de
la

ordre des grands actes de vertu, des honneurs

gloire.

H

en est qui aspiient à des grands actes de vertu, qui dépassent
leurs
la

moyens ou

leur faculté d'agir. Ceux-là pèchent contre

magnaniniilé, par présomption. D'autres aspirent démesuréles

ment aux grands honneurs,
haitent, ou encore

cherchant où

ils

ne sont pas,
qu'ils souet

ou sans pioportionner leurs mérites aux honneurs
usurpant sur
les droits

premiers

souvela

rains de Dieu à tous les honneurs. Ceux-là pèchent contre

magnanimité, par andjition.
grande notoriété
et la gloire

l-^nfin,

il

en

est (pii

cherchent

!a

d'une façon indue, se préoccude légitime ou de solide.

pant d'une fausse gloire

(|ui n'a rien

172

SOMME THÉOLOGIQUE.
la

Ceux-là pèchent contre

magnanimité, par

la

vaine gloire.
les pusillani-

En

sens opposé, pèchent contre la

magnanimité

mes, qui, restant, dans leur action, au-dessous delà vertu d'agir
qui est en eux, n'ont point à l'endroit de ces grands actes
et

de l'honneur qui leur est dû
riter,

et

de

la gloire qu'ils

doivent mé-

les

généreuses aspirations que

la

vertu requiert.

La

seconde vertu qui a pour but de régler
deçà de
la force, les

comme

il

convient, en

espoirs de

l'homme dans

l'entreprise des

choses ardues

et difficiles, la

magnificence,

fait cela à l'endroit

des grands ouvrages extérieurs destinés à jeter

un grand

éclat

dans l'ordre de
blir

la vie sociale
telle

ou

religieuse.

Son

rôle est d'éta-

dans l'homme une

disposition d'âme qu'il soit tou-

jours prêt à proportionner les frais et les dépenses aux grands

ouvrages qui doivent être

faits.

Et elle se trouve au milieu entre

deux vices opposés

:

l'un, qui porte

l'homme

à rester en desle

sous des dépenses que l'ouvrage requiert; l'autre, qui
à dépenser sans raison au delà de la mesure voulue.

porte

Après avoir examiné ces deux nobles vertus, qui appartiennent à
la force,

du

coté de la hardiesse à entreprendre, nous

devons maintenant examiner deux autres vertus non moins
grandes
et

importantes, qui lui appartiennent du côté de

l'acte

qui consiste à tenir.
persévérance.
la

Ce sont
la

les

vertus de patience et de

D'abord,

vertu de patience. C'est l'objet de

question suivante.

QUESTION CXXXVI
DE LA PATIENCE

Cette question

comprend cinq
patience est

articles:

Si la

une vertu?

2° Si elle est la

plus grande des vertus?

3° Si

on peut

l'avoir sans la grâce?

4° Si elle est
5° Si elle est

une partie de la force? une même chose avec

la

longanimité?

Article Premier.
Si la patience est

une vertu?

Trois objections veulent prouver que « la patience n'est pas

une vertu

».

La première en appelle à ce que

«

les vertus

sont au plus haut point dans la Patrie,

comme

le dit

saint

Augustin, au livre
il

XIV de

la Trinité (ch. ix).

Or, dans la Patrie

n'y a point de patience;

parce qu'il n'y a aucun mal ù
(v.

supporter, selon cette parole d'Isaïe, ch. xlix

io),

et

de

Y Apocalypse, ch. xxi (au ch. xxi, que saint
de mémoire,
il

Thomas
du

cite ici

n'y

a,

au

v.

[\,

que

le

sens

verset reproi6)
ni
:

duit, lequel se trouve textuellement dans le ch. vu, v.
Ils

n'auront plus faim,

ils

n'auront plus soif,

et ni le

chaud

le

soleil

ne
»

les

affligeront plus.

Donc,

la

patience n'est pas une
qu'
la
«

vertu.


Or,

La seconde objection
les

dit

aucune vertu ne

peut se trouver dans

méchants; car
liv.
II,

vertu est ce qui fait

bon lliomme qui Va [Éthique,
leç.
6).

ch. vi, n. 2; de S. Th.,

la patience,

quelquefois, se trouve dans les mé-

chants;

comme on

le voit

dans

les avares,

qui supportent des

maux nombreux pour ramasser de
de VEcclésiusfc, ch. v
(v.
i(l)
:

l'argent, selon cette parole
les

Tous

jours de su

rie,

il

mange
et

dans

les

ténèbres;

il

a beaucoup de soucis, de soujjrance

de

Ijh
Irislesse.

SOMME THÉOLOGIQUE.

Donc,

la

patience n'est pas une vertu.

»

La

troi-

sième objection
tus,

fait

observer que

«

les fruits diffèrent

des ver-

vu plus haut (i*-2^% q. 70, art. i, ad 3"'"). Or, la patience est mise parmi les fruits, comme on le voit dans l'Épître aux Galates, ch. v (v. 22). Donc, la patience n'est
il

comme

a été

pas une vertu

».

L'argument sed contra
« dit,

est

un

texte
1)
:

de

u

saint Augustin

1),

qui

au livre de

la

Palience (ch.

La
»

vertu de lame, qui s'apcelui

pelle la palience, est

un

si

grand don de Dieu, que même en

qui nous l octroie la palience est louée.

Au

corps de

l'article, saint

Thomas repond que
le

«

comme

il

a été dit plus haut (q. 128, art. 12), les vertus morales sont

ordonnées au bien en tant qu'elles conservent
ra'son contre les assauts des passions.

bien de la

Or, parmi les autres

passions, la tristesse a le pouvoir d'empêcher le bien de la

raison; selon celte parole de la seconde Epître cuix Corinthiens,
ch. VII (v. 10)
:

La
ch.
;

tristesse

du
25)

siècle
:

opère

la

mort;

et,

dans
mort

V Ecclésiastique,

xxx
et
il

(v.

La

tristesse

donne
Il

la

à un grand nombre

n'y a aucune utilité en
ait

elle.

suit de là

qu'il est nécessaire qu'il

de

la

raison contre la

une vertu qui conserve le bien y tristesse, afin que la raison ne succombe
fait la

pas sous cette passion. Et, précisément, c'est là ce que

patience. Aussi bien saint Augustin dit, au livre de la Patience
(ch.
les
Il),

que

la

patience de l'homme est ce qui nous fait supporter

maux

avec égalité d'âme, c'est-à-dire sans le trouble de la

tristesse,

de peur que d'une âme inique nous ne laissions

les biens

qui nous conduisent à des biens meilleurs.

Donc

il

est

manifeste

que

la

patience est une vertu. »
déclare que « les vertus morales ne demeurent

Vad primum
point selon
terre
;

le

même

acte,

dans

la Patrie, qu'elles

ont sur

la

savoir par comparaison aux biens de la vie présente, qui
la Patrie;

ne demeurent pas dans
lin,

mais par comparaison

à la

que nous aurons dans

la Patrie. C'est ainsi

que

la justice

ne demeurera pas dans

la Patrie à l'endroit des achats et des

ventes et des autres choses qui touchent à la viç présente;

mais en ce que
de
la

l'on sera

soumis

à Dieu.

Semblablemcnt,

l'acte

patience, dans la Patrie, ne consistera pas dans le sup-

QUESTION CXXXVr.

DE LA P^TIE^CE.
la fiuition

I7Ô

port de quoi que ce soit; mais dans
quels nous voulions parvenir par
saint Augustin dii,

des biens aux-

la

patience. Et aussi bien
ix),

au

livre

XIV de

laCité de Dieu (ch.

que

dans

la

Pairie, la patience elle-niênie nexislerapas, qui

n

est néces-

saire que là oà se trouvent des

maux

à supporter; mais on aura
la

éternellement ce à quoi l'on parvient par

patience

». »,

h'ad secundum en appelle encore
((

à

«

saint Augustin
:

qui

dit,

au

livre de la Pcdlence (ch.

ir,

v)

Ceux-là sont di's prole

prement pallents, qui aiment mieux supporter
mettre que
le le

mal sans

le

com-

commettre

et

ne pas
le

le

supporter. Quant à ceux qui
il

supportent

mal pour faire
patience ».

mal,

n'y a pas à admirer ou à

louer en eux la patience, qui est nulle

:

mais on doit admirer leur

durelé

et nier leur

L'ad lertium rappelle que «
(i''-2^%

comme
1),

il

a été dit plus

haut

q.

II, art.

i; q.

70,

art.

le

fruil,
les

dans

sa noiion.

implique une certaine délectation. Or,
tent avec

actes des veriiis por-

eux
viii,

la

de Ixc talion,

comme

il

est dit

au livre

ï

de VEthiil

que (ch.

n. 11, i3; de S. Th., leç. i3). D'autre part,

est

d'usage qu'on désigne

même

les actes des vertus
la

par

le

nom

des vertus. Et voilà jinuiquoi
est

patience, quant à l'habilus,

donnée

comme

vertu; mais quant à la délectation qu'elle a

dans son

acte, elle est
la

marquée comme
la tristesse.

fruit

:

surtout à cause

de cela, que par

patience, l'esprit est préservé de se voir
»

opprimé ou abattu par
La
i)alience,
la

qui conserve
est très

le

bien de la raison contie

les
Il

coups de

tristesse,

certainement une vertu.

semble

même

qu'elle

occupe une place de choix parmi

les

vertus. Et saint
si elle

Thomas

va jusqu'à poser la question de savoir

n'est pas la plus

grande des vertus. H nous répondra à

l'article

qui

suit.

AllTICI.E II.

Si la patience est la première des vertus?

Trois objections veulent prouver cpic «

la

patience est
«

la

pre-

mière des vertus

».

La première

dit ({ue

le

[)arfait est

ce

17^
qu'il y a de plus

SOMME THÉOLOCrQUE.
important ou de premier en chaque genre.

Or,

la

patience a l'œuvre par/aile,
i.

comme

il

est dit
la

en saint

Jacques, ch.
vertus
».

(v.

/J).

Donc,

la

patience est
fait

premier^ des
«

La seconde objection

observer que

toutes les

vertus sont ordonnées au bien de l'âme. Or, cela semble appartenir surtout à la patience.
Il

est dit,

en

elfet,

en saint Luc,

ch. XXI (v. 19)

:

Dans votre patience, vous posséderez vos âmes.
est
la

Donc,

la

patience

plus grande des vertus

».

La

troisième objection déclare que « ce qui conserve et cause les
autres choses, l'emporte sur elles. Or,

comme
sur
l'

le dit saint

Gré-

goire dans

une homélie (Hom.

XXXV
vertus

Évangile), la patience

est la racine et la

garde de toutes
les

les vertus.
».

Donc,

la paticjice

est la

plus grande de toutes
scjl

L'argument
rée

contra oppose qu' « elle n'est point

parmi

les

quatre vertus,
i)

des Morales (ch.
l'Eglise (ch

et

saint

énuméque saint Grégoire, au livre XXII Augustin au livre des Mœurs de

xv), appellent principales ».
l'article, saint

Au

corps de

Thomas
les

s'appuie sur ce principe,

rappelé tout

à l'heure,
;

que

d

vertus selon leur raison sont
effet, est ce

ordonnées au bien
l'homme qui
l'a et

la vertu,

en

qui constitue bon
est dit

rend son acte bon,
vi, n.

comme

il

au livre

II

de l'Éthique (ch.

2

;

de

S.

Th.,

leç. 6). Il s'ensuit

qu'une

vertu sera d'autant plus importante et excellente ou première
qu'elle

ordonnera davantage

et

plus directement au bien. D'autre

part, ces vertus

ordonnent l'homme au bien plus directement,

qui sont constitutives du bien, par comparaison à celles qui

les vertus

empêchent ce qui détourne du bien. Et, de même que parmi qui sont constitutives du bien, celle-là sera d'autant plus excellente qui établit l'homme dans un plus grand bien,
sont
la foi,

comme
à la

l'espérance et la charité, par comparaison

prudence
les

et à la justice;

de

même

aussi,

parmi

celles

qui

empêchent

choses qui détournent du bien, celle-là sera

plus excellente et l'emportera, qui empêche ce qui détourne

davantage du bien. Or,
force, et les plaisirs

les périls

de mort, sur lesquels porte

la

du toucher, qui sont l'objet de la tempérance, détournent davantage du bien, que les choses adverses
en général, sur lesquelles porte
la patience.

Aussi bien

la

pa-

QtjESTION CXXXVI.

DE LA PATIENCE.
elle est

I77

nce n'est pas
11011
i

la

première des vertus; mais
de
la

en deçà
et

seulement

des vertus théologales et

prudence
dans
le

de

justice, qui établissent directement

Ihomme

bien,

mais

même

en deçà de

la force et

de

la
».

tempérance, qui détour-

nent de plus grands empêchements
cette raison
si

On aura remarqué

profonde de

1

ordre des vertus, qui les met cha-

cune à

sa vraie place

quant au degré de perfection ou d'excelet

lence, entendues

purement

simplement.
patience

Vad

priinum complète celte doctrine, en montrant comment,
la

d'une certaine manière, on peut dire cependant que
l'emporte sur
les autres. C'est
le

que

« la patience est dite avoir

une œuvre
ordre, en

parfaite dans
effet,

support des choses adverses. Dans cet
c'est

ce qui vient d'abord,

la

tristesse,

que

maîtrise la patience; puis, la colère, que maîtrise la

mansué-

tude; puis, la haine, qu'enlève la charité; enfin,
injuste,

le

dommage
du
il

que

la justice

prohibe. Or, enlever en tout ordre »

mal

«

ce qui en est le principe, est chose plus parfaite. Mais

ne suit pas de
ordre
»

que

si

la

patience est plus parfaite dans cet
le

des choses adverses à maîtriser dans
faire
et

mal

qu'elles

peuvent

au bien de

la raison,
».
c la

« elle

soit plus

parfaite

purement

simplement
pour

Vad sec undam dédire que
tranquille. Et c'est

possession implique
est dit

le

domaine
radicale-

cela,

que l'homme

posséder son

âme par
ment
les

la patience,

en tant que

cette vertu arrache

passions causées par les choses adverses qui sont de
».
«

nature à inquiéter l'âme

h'ad tertlum explique que

la

patience est dite la racine et la
si elle les

garde de toutes

les vertus,

non comme
».

causait et

les

conservait directement, mais seulement par

mode

d'éloigné-

ment

»

d'un genre « d'obstacles

La patience n'est point
toutes les vertus, au sens

la

première
et

et la plus excellente

de

pur
le

simple, car elle n'établit pas

directement l'homme dans
ne
le

bien de la raison, ni

même

elle

prémunit contre

les

plus grands obstacles qui s'oppostMit
elle a

à ce bien; mais,

dans un certain sens,

son de perfection et

une certaine raid'excellence; parce que, dans un certain
Tempérance.
ta

XHI.

— La

Force

et la

1~S
ordre,

SOMME THÉOLOGIQLE.
qui est l'ordre des choses adverses à maîtriser pour

qu'elles ne nuisent pas

au bien de la raison, elle occupe le premier rang, enlevant, dans cet ordre, cela même qui s'y trouve
principe du mal.

telle que nous venons de une âme sans la grâce!* Saint Thomas va nous répondre à l'article qui suit, où il nous montrera tout ensemble la vraie nature de la question et l'admira-

le

La patience,

la définir,

peut-elle exister dans

ble solution qu'elle comporte.

Article IU.
Si l'on peut avoir la patience sans la grâce?

Cet article est tout à

fait

propre à
«

la

Somme
très

lliéologirjue.

Trois objections veulent prouver que

Ion peut avoir

la

patience

sans

la
((

grâce

».

La première formule ce

beau principe,
plus raison-

que

ce à quoi la raison incline davantage doit être davantage
la

au pouvoir de
nable que

créature raisonnable. Or,
souffre
il

il

est

l'homme

le

mal en vue du bien qu'en vue
qui souffrent
le le

du mal. D'autre

part,

en

est

mal en vue du
la

mal, et cela par leur propre vertu, sans

secours de

grâce;
les

car saint Augustin dit, au livre de la Patience (ch

m), que

hommes
vicieuse.

soujffrenl

beaucoup de choses en fait de travaux ou de
les

peines et de douleurs pour

choses qu'ils aiment d'une façon

Donc,

à bien plus forte raison,
les

l'homme pourra
la

sou-

tenir

ou supporter

maux

en vue du bien, ce qui
en

est être
».

véritablement patient, en dehors du secours de

grâce

La seconde objection
hors de
les
l'état

fait

remarquer qu'

«

il

est

qui existant
vices

de

la

grâce détestent plus

les
lit

maux des

que

maux

corporels; et c'est ainsi qu'on

de certains païens,

qu'ils ont supporté de
patrie,

grands maux plutôt que de trahir leur ou de commettre quelque autre action déshonnête. Or,

cela est être véritablement patient.

Donc

il

semble qu'on peut
».

avoir la patience sans le secours de la grâce
objection dit qu' «
il

— La troisième
hommes
la

est

manifeste que certains

souf-

frent des choses pénibles et amères pour recouvrer

santé du

QUESTION CXXXVI.

DE LA

PATIIîrSCE.

179

corps. D'autre part, la santé de l'àme n'est pas chose qui soit

son,

moins désirable que la santé du corps. Donc, par la même rail'homme pourra, en vue de la santé de l'âme, supporter

des

maux nombreux,

ce qui est être véritablement patient

;

et

cela sans le secours de la grâce ».

L'argument sed contra
V. 6),

cite

la

parole du «

psaume

» (lxi,


».

«

il

est dit

:

De

Lai, c'est-à-dire de Dieu, vient

ma

patience

Au
que
et

corps de

l'article, saint

Thomas en

appelle à
la

un

texte de
iv),

« saint

Augustin

»,

qui «

dit,
le

au livre de

Patience (ch.

« la force des désirs fait

support des peines ou des faligues
ce n'est

des douleurs; et personne,

si

pour ce qui

plaît,

n ac-

cepte spontanément de supporter ce qui torture. La raison en est,

poursuit saint Thomas, que l'esprit abhorre de soi
et la

la tristesse la

douleur

;

d'oij

il

suit

que jamais

il

ne choisirait de
fin.
Il

subir

pour elle-même, mais seulement pour une
que ce bien pour lequel l'homme veut
davantage voulu
cause
le

faut

donc
soit

souffrir les

maux

et

aimé que ne
les

l'est

ce bien dont la privation

la

douleur que nous supportons. Or, que l'homme préfère
la

bien de

grâce à tous

biens naturels dont la perte peut
la

causer de la douleur, c'est chose qui appartient à

charité

qui aime Dieu par-dessus toutes choses. D'oij

il

suit manifesteest causée

ment que
par

la patience,

en tant qu'elle

est
la

une vertu,

la charité;

selon cette parole de
'-

première Épître aux

Corinthiens (ch. xni, v. 4)
il

La

charité est patiente. D'autre part,
la

est

manifeste que la charité ne peut être possédée que par

grâce, selon cette parole de l'Épître aux Romains (ch. v, v. 5):

La

charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs pcœ l Esprit-

Saint qui nous a été donné. Par on l'on voit

que

la

patience ne
».
si elle était

peut pas être possédée sans

le

secours de

la

grâce

Vadprimum accorde que « dans la
intègre
» «

nature humaine,

ou dans son

état d'inlégrilé selon qu'il était
la

avant

la

chute,

l'inclination de

raison prévaudrait; mais dans
la

la

nature corrompue prévaut l'inclination de

concupiscence,

qui domine dans l'homme. Et voilà pourquoi l'homme est plus
porté à tolérer les

maux

»

en vue des biens

«

dans lesquels

la

concupiscence trouve présentement son

plaisir,

que de sup-

iSo
porter les

SOMME THÉOLOGIQUÊ.

maux

en vue des biens futurs qui sont désirés selon
appartient à la vraie prudence
cette réponse, saint
».

la raison, ce qui toutefois

On remarquera que dans
expliquer
le côté
la

Thomas, pour
la

anormal des appétits actuels de
grâce, oppose l'état de la nature

nature

humaine sans
dans
de
la
le traité

celui de la nature intègre.

corrompue à avons longuement expliqué, Nous
3), et

des péchés (i'-2", q. 85, art.
q.
les

dans

le traité

grâce

(i''-2''%

109),

comment, pour saint.Thomas,

ce

"

que nous appelons

blessures de la nature en raison du péché,

notamment
rapport à
le la

s'il

s'agit

du péché
ici, et

originel, se doit entendre par

l'état

de

la

nature intègre, selon qu'il vient de nous

rappeler lui-même

nature pure.
la vie future,

— De

plus,

non point par rapport à l'état de quand il s'agit de l'amour des biens
la vraie

de

en vue desquels

patience doit supporl'ordre actuel

ter les

maux
il

de

la vie présente, cet

amour, dans

de notre fin dernière, est essentiellement surnaturel. Et voilà

pourquoi
C'est ce

ne peut absolument pas exister sans

la

grâce.

que saint Thomas nous explique lui-même à Vad
et

secundum
«
t-il

aussi à

Vad

tert'mm.

Le bien de la vertu politique » ou civile et sociale, déclareà

Vad secundum,

«

est

proportionné

à la

nature humaine.

Et voilà pourquoi sans le secours de la grâce qui rend agréable
à Dieu
))

ou de
dont

la
;

grâce sanctifiante, «
quoiqu'elle ne
le

la

volonté humaine peut
le

tendre à ce bien

puisse pas sans
est

secours de

Dieu
suit

»,

la

motion préalable
le

exigée pour tout acte de
il

la créature. «

Mais

bien de la grâce est surnaturel. D'où
la

que l'homme ne saurait y tendre par
le

vertu de sa nature.
».

Et voilà pourquoi la raison n'est pas la

même

h'ad tertium répond aussi que «
souffre

support des

maux qu'on
raison n'est

pour la santé du corps procède de l'amour dont l'homme
sa chair. Et voilà

aime naturellement
pas la
turel

pourquoi

la

même
».

pour

la patience,

qui procède de l'amour surna-

Il

est

impossible d'avoir sans
il

la

grâce ce qui suppose

la

cha-

rité.

Et partant où
la

y a

amour

surnaturel, la charité se trouve.

D'autre part,

patience procède d'un

amour

surnaturel. Car,

QUESTION CXXXVI.

DE LA PATIENCE.

l8l
la

en acceptant de subir

la tristesse et la

douleur que cause

perte des biens de la vie présente, en vue
elle

du bonheur du

ciel,

prouve qu'elle préfère ce bien du

ciel à tous les

biens de

la terre.

D'où

il

suit
le

que

la

patience parfaite, qui mérite au

sens pur et simple
vie

nom

de vertu, dans l'ordre actuel de la

humaine

faite

pour

le ciel,

ne saurait jamais exister sans

la

grâce. Les actes de patience qui procèdent d'un
rel

amour

natu-

quelconque,

même

si

cet

amour

est

honnête

et

conforme à

la droite raison,

ne sont jamais que des actes imparfaits de

patience, qui n'ont
la

pour principe que la droiture naturelle de raison, ou une vertu de patience purement naturelle et acoù ne
si la

quise,
(cf.

se

trouve qu'imparfaitement

la

raison de vertu

i'-2'% q. 65, art. 2).

— Nous devons nous demander

main-

tenant

patience est une partie de la force. Ce va être l'ob-

jet de l'article qui suit.

Article IV.
Si la patience est

une partie de

la force?

Trois objections veulent prouver que « la patience n'est pas

une

partie de la force ».

La première arguë de
d'elle-même. Or,
la force. Et,

ce qu'
la

«

une

même
semble
il

chose

n'est point partie

patience

être la

même

chose que

en

effet,

comme

a été dit plus haut (q. 128, art. 6), l'acte propre de la force

est l'acte

qui consiste à tenir. D'autre part, ce
il

même acte appar-

tient à la patience; car

est dit,

au

livre des Senlcnces de saint

Prosper

(cf.

S.

Grégoire,

patience consiste à tolérer
n'est pas

hom. XXXV, sur l'Évangi/e), que la les maux étrangers. Donc la patience
».

une

partie de la force

— La seconde objection rapcomme
elle se

pelle
il

que

« la force porte sur les craintes et les audaces,

a été

vu plus haut

(q.

i23,

art.

3); et,

par suite,

trouve dans l'irascible. La patience, au contraire, paraît avoir

pour objet
dans
le

les tristesses;

et,

par suite,
la
la

elle

semble

se

trouver

concupiscible.

Donc
le

patience n'est pas une partie

de la force, mais plutôt de
objection déclare que «

tempérance

».

La troisième

tout ne peut être sans la partie. Si

l82

SOMME THÉOLOGIQUE.
la

donc
rait

patience est une partie de la force, la force ne pourla

jamais être sans

patience; et cependant quelquefois
les

ie

fort

ne supporte point patiemment
celui qui les cause.
la

même
tie

Donc
que

la

maux, mais attaque patience n'est pas une par-

de

force

».

L'argument sed contra
(liv. II,

dit

«

Cicéron, dans sa Rhétorique

ch. Liv), fait de la patience
l'article, saint

une

partie de la force ».
« la patience

Au
est

corps de

Thomas répond que
secondaire à
la

une

partie de la force quasi potentielle; parce qu'elle s'ad-

joint à la force,

comme
les

la vertu
il

vertu princi-

pale. C'est qu'en effet,

appartient à la patience de soujjrir
des autres,

avec égalité tfâme

maux

comme

le dit

saint Gré-

goire dans

parmi
les
rils

les

une homélie (Hom. XXXV, sur l Évangile). Or, maux que les autres nous causent, les plus grands et
supporter sont ceux qui touchent aux péla force.

plus

difficiles à

de mort, sur lesquels porte

Par où l'on voit que

dans

cette matière, la force tient le principat,

comme

revendi-

quant pour
tière.

soi ce qu'il

y a de plus important dans cette
la

mala

Et c'est pourquoi
la

patience s'adjoint à elle
».

comme

vertu secondaire à

vertu principale
il

L'ad

primum

fait

observer qu' «

n'appartient pas à la force

de supporter n importe quelles choses; mais seulement ce qu'il

y a de souverainement diflicile à supporter, savoir les périls de mort. Tandis qu'à la patience peut appartenir le support de
n'importe quels

maux
dit

».
«

Vad secundum

que

l'acte

de

la force
ie

ne consiste pas
bien malgré
les

seulement en ce que l'homme persiste dans
raison de la tristesse ou de la douleur des

craintes des périls à venir; mais aussi à ne point défaillir en

maux

présents;

et,

de ce chef, la patience a de l'affinité avec la force. Toutefois,
la force porte

principalement sur

les craintes,

qui ont dans leur

raison propre de fuir; ce qu'évite la force. La patience, au contraire, est

surtout à l'endroit des tristesses; car

l'homme

est

dit patient,
est

non pas du

fait qu'il

ne

fuit pas,
les

mais de ce

qu'il

digne de louange en supportant

choses qui nuisent pré-

sentement, afin de ne pas s'en attrister d'une façon désordonnée.
Et c'est à cause de cela que la force est

proprement dans

Tiras-

QUESTION CXXXVI.
cible; tandis

DE LA PATIENCE.

l83

ceci

que la patience est dans le concupiscible. Mais n'empêche point que la patience ne soit une partie de la que l'adjonction d'une vertu à une vertu ne se le sujet, mais selon la matière ou la forme.
n'est pas assignée

force; parce

considère pas selon

La patience, au contraire,
la

comme
le

partie de

tempérance, quoique toutes deux soient dans

concupis-

cible. C'est
tristesses

que

la

tempérance

est

seulement à l'endroit des
telles

qui sont opposées aux délectations du toucher,

que

celles

qui proviennent de l'abstinence de

la

nourriture ou

des plaisirs sexuels; tandis que la patience est surtout à l'endroit des tristesses qui sont causées par les autres.
il

De même,
tristesses,

appartient à
aussi

la

tempérance de refréner ces sortes de
plaisirs

comme

les

ou délectations contraires; tandis

qu'il appartient à la

patience que pour ces sortes de tristesses,

quelques grandes qu'elles soient, l'homme ne s'éloigne pas du
bien de
le

la

vertu

».

On aura remarqué, dans
l'objet

cette réponse,
:

double caractère assigné à

de

la

patience

ce sont

les

tristesses causées

par an mal présent qui nous

vient de l'action des

autres hommes.

Vad

lerlium affirme

que

« la patience,

quant à quelque chose
la force,

d'elle-même, peut être marquée partie intégrale de
contre laquelle procédait l'objection
:

en tant que quelqu'un

supporte patiemment
Et
il

les

maux

qui touchent aux périls de mort.

n'est pas contraire à la raison de patience »,

entendue de
sur cette

la sorte, «
fait le

que l'homme, quand besoin

est,

assaille celui qui
le dit,

mal; car, selon que saint Ghrysostome

parole
est

du Christ en
sainl

saint Matthieu (ch. iv, v. lo;

la citation
les

de l'ouvrage inachevé sur saint Matthieu rangé parmi

œuvres de
quand
il

Chrysostome)

:

Arrière Satan!
c'est

— être patient,
comble de
(\n'\

s'agit

de nos injures propres,
les

chose louable; mais
le

supporter patiemment
piété
».

injures de Dieu, c'est

l'im-

— On

remarquera, au passage, ce beau
la
il

texte,

est la

condamnation péremploire de
plus tolérante d'ordinaire

fausse

tolérance,

d'aulanl

quand

s'agit des injures cpii alloi-

gnent

le

prochain, ou Dieu

et sa Vérité, qu'elle est plus into-

lérante à l'endroit des injures qui regardent le sujet lui-même;

— ce qui est

le

contraire

même

de

la vraie

patience, partie

iiilé-

l84
grale de la force.

SOMME THÉOLOGIQUE.


les

«

Et saint Augustin, observe saint Tho-

mas,

dit

dans l'une de

ses épîtresCon/reMarce//as(ép.

CXXXYIII,

ou V,
traires

ch. n),

que

préceptes de la patience ne sont pas con-

au bien de

la

république, pour

la

conservation duquel
ajoute, en finis-

on

lutte contre les

ennemis.

Saint

Thomas

sant,

que

<(

la patience,

selon qu'elle a pour objet n'importe

quels autres
la force

maux
la

»,

en deçà des périls de mort, « s'adjoint à
»,

comme

vertu secondaire à la vertu principale

ayant alors
intégrale.

la raison

de partie potentielle,

et

non plus de

partie

La patience
laisse

est

une

partie de la force; parce qu'elle
les tristesses

ne

se

point ébranler par

qui proviennent du mal

causé par les autres, en deçà de ce qui serait

de mort.

— Dans un dernier
les

article, saint

imminent Thomas se demande
le péril

quels sont

rapports de la patience et de la longanimité. La
elle

question est fort intéressante;

nous permettra de préciser
la

encore

la

doctrine exposée au sujet de

magnanimité. Venons

tout de suite à la lettre

du

saint Docleur.

AUTICLE V.
Si la patience est la

même

chose que la longanimité?

Trois objections veulent prouver que

«

la patience est la

même
u

chose que

la
»,

longanimité

».

La première en appelle à
i),

saint Augustin

qui, « au livre de la Patience (ch.

dit

que nous parlons de patience en Dieu, non point parce qu'il
souffre quelque mal, mais parce qu'il attend les méchants afin
qu'ils se convertissent
;

et c'est
:

pourquoi

il

est dit

dans V Eccléchose que
«

siastique, ch.

v
il

(v.

4)

Le Très-Haut rend
la

toutes choses avec

patience.
la

Donc

semble que

patience est la

même

longanimité

».

La seconde objection déclare qu'

une

même
sait

chose ne s'oppose pas à deux choses différentes. Or,

l'impatience s'oppose à la longanimité par laquelle
attendre et souffre le retard.

l'homme

On

dit,

en

effet,

de quelqu'un

' ii (v. ou la tristesse. est remis à un temps lointain. et ch. que l'audace. ou la crainte. du côté du lieu on n'assigne pas quelque vertu qui se distingue de la patience. padu retard. espère est de nature à causer Proverbes. saint : volonté de tendre à quelque chose qui se trouve à une longue distance. <( reillement le lieu l'est aussi. Donc. Or. L'argument sed contra oppose que l'Épître sur cette parole de les richesses aux Romains. /i) : Méprisez-vous de sa bonté. que la magnanimité est ainsi appelée de ce que l'homme a l'esprit ou l'âme de tendre aux grandes choses de même. qui se prend du côté du temps. que comme la magnanimité regarde la plutôt l'espérance qui tend au bien. ch. la longanimité prend ce nom de ce que l'homme a l'âme ou l'esprit et Au corps de l'article. il n'y a pas. qui est de voir différé la tristesse . parce que ceux qui pèchent plutôt par faiblesse que de propos délibéré. l85 comme des autres maux. Donc il semble que la patience est la même chose que la longanimité». le Secondement. à assigner la longanimité. non plus. qui regardent le mal . 12) : selon cette parole des L'espérance qui est différée afjligc . facilement. elle peut convenir avec la patience pour une double raison. bien que l'on même xiii (v. tandis que ceux qui avec pertinacité d'esprit se délectent et exultent dans leurs crimes. Thomas commence par nous préciser la nature de la longanimité. semblablement. de même aussi la longa- nimité. qu'il est impatient — DE LA PATIENCE. Aussi bien la longanimité semble avoir plus do rap- port à magnanimité qu'à la patience. et de sa longanimité? la Glose La longcmimilé semble dijjérer de la patience. on tient plus il bien : et si ce bien est attendu si. la parce que tains la patience. — La troisième objection fait observer que comme le temps est une certaine circonstance des maux que l'on supporte. maux qu'il faut supporter présentement sont plus parce que cela diiricilcs à supporter. doi- vent être dits supportés patiemment ». dit : de sa patience. les au contraire. selon que quelqu'un attend longtemps. lient contre cer- maux en vue d'un certain comme prochain. Il suit de là. D'abord. comme aussi la force. comme distincte de la patience « ». dit-il. sont dits être supportés par longanimité. Toutefois. « De même.QUESTION CXXXVI.

le dit (dans sa Rhélhoriqae. conclut saint Thomas. et voilà il est dit que ceux qui pèchent par orgueil sont supportés par la patience ». SOMME THÉOLOGIQOE. [q. quoil'écart que ce voilà soit à l'écart de nous. appartient à difficiles la constance dans le bien ce qui est dit àe?. première et la seconde objection se trouvent résolues L'«r/ tertiuni répond que » ce qui e^t loin par le lieu. la la longanimité et la constance sont comprises sous la patience. de plus. chose qui appartient à la longanimité. et voilà pourquoi il qu'on les supporte par longanimité. liv) que la patience est support volontaire des choses ardues et prolongé. et la peine que l'homme soutient dans l'exécution continue d'une œuvre bonne. a de pénible et c'est ce il que regarde proprement patience quand est dit support pro- longé. ce qui appartient à la constance. Ce qui le est dit des choses ardues . C'est qu'en en ceux qui pèchent par faiblesse. cause de la \i cependant il faut considérer la effet. en vue d'une cause honnête et utile. ch. D'où il suit la que dans patience. Mais cela même pourquoi que quelqu'un pèche par orgueil paraît insupportable. déclare saint Thomas. Le propre de la patience est de supporter en vue du bien de . Et c'est pourquoi Gicéron. le lieu n'apporte de la difficulté qu'en raison du temps parce que ce qui est loin de nous par le lieu ne peut nous parvenir que plus tard par le temps ». Car « bien que nous concédions l'argument » sed contra. Et pourquoi la raison n'est pas la même. — Et. ->. liv. le fait de supporter cette affliction peul se trouver comme dans le fait de soutenir n'importe quelles autres tristesses. ceci appartient à la Icnganiraité. Ainsi donc. patience. et dijficiles. selon que sous la raison de mal qui attriste peut être compris le relard du bien qu'on espère. Nous avons ici un ad quartum. définissant II. ce qui est loin par . cela seul paraît insupportable. en tant qu'elle convient avec la patience. n'est pourtant pas à l'est de la nature des choses comme ce qui est loin par le temps. différence que la glose assigne. qu'ils persévèrent est dit longtemps dans la le mal . » « Et par là. choses appartient à ce que la mal .l86 l'âme.

à la question suivante. qu'elle se rattache aussi et même plutôt à la vertu cette de persévérance."KSÏION CXXXVI. se trouve celle l'on espère. comme objet de cette vertu. parmi causes de tristesses qui peuprésente. elle se rattache plus encore à la du bien que l'on espère. tontes les tristesses qui peu- vent être causées à chaque instant de notre vie présente par les contrariétés les actions inhérentes à cette vie et plus spécialement par des autres hommes être dans leurs rapports avec nous. effet. la longanimité ne vise point directement la tristesse. bien. question. — Mais venons tout de suite à nouvelle . la vie — Dr f. l'une de la longanimité. Toutefois.A PATIENCE. en raison de leur objet prod'une certaine manière. et comme pour la magnaniespérance elle a pour objet propre. comme mité : la patience . 187 fuluie oujeî de la charité. Tout cela donc qui pourra une cause de la les tristesse à un mo- ment de notre vie pourra appartenir à patience. Aussi magnanimité qu'à la pa- Quant à la constance. nous allons voir. vent nous affecter au cours de qui consiste dans celle le délai la vie du bien que et ou encore qui consiste dans la continuation des bonnes œuvres avec tout son cortège de difficultés de peine ou de lassitude. se rattachent la patience. ces deux choses-là relèvent. Or. mais plutôt l'espoir. cependant à elle. Il s'ensuit que ces deux vertus. bien que distinctes de pre. en le délai rôle d'affermir cette l'espoir ou l'espérance pour que cet espoir ou ne fléchisse pas malgré tience. D'autre part. l'autre de la constance.

Or. raison de la persévérance..àcc Article Premier. 4)- Or. le dit encore Aristote. Augustin lui-même. car (liv. liv). 11. de Th. q\je la continence l'emporte sar la persévérance. leç. on le voit au livre II de l'Éthique (ch. la 7). Si la persévérance est une vertu ? Trois objections veulent prouver que « la persévérance n'est d' « Aristote ». comme S. Th. de S. Th. comme qu'il est le dit saint I. en vi). livre comme . vu. tant la vie. continence n'est pas une vertu. vertu est ce par quoi on vit avec rectitude. nul ne peut être dit avoir qu'il n'ait persévérance. 11. La troisième objection déclare que « persister d'une façon immuable dans l'œuvre de la vertu est chose requise pour toute vertu. xix). 8 de ». leç. 17). — n. — La première cite un mot qui leç. 3 ... Cicéron dans sa Rhétorique ch. Donc la persévérance n'est pas une vertu rappelle que « la — La seconde objection (liv. S. n. à moins persévéré Jusqu'à » mort. au livre VII de VÉlhique (ch. au IV de VÉlhique (ch. « dit. que la persé- vérance est la permanence stable et perpétuelle dans la raison bien . [\\ pas une vertu ». ix. la iv.QUESTION CXXXVII DE LA PERSEVERANCE Celte question 1° comprend quatre articles ? ? : Si la persévérance est une vertu 2° Si elle est une partie de la force la 3° Quel est son rapport à constance ? ? 4° Si elle a besoin du secours de la gr. Or. Donc la persévérance n'est pas une vertu. selon saint Augustin. ceci appartient à dit. n. au la livre de la Persé- vérance (ch. au livre du Libre Arbitre ch.

». Or. en raison de la longueur du temps car cela même qui est de persister longtemps en une chose difficile fait une difficulté spéciale.QtJESTION CXXXVII. ïSg considérée. en raison qui se prend selon la raison de D'une autre manière. Il suit de là tre une raison spéciale de spéciale. ce qui également porte en soi de la difficulté de même. des choses qui ne sont ni unes ni autres. les maux que les périls . 3). parmi et les oeuvres d'Andronicus). mais à l'endroit des maux. Th. en soi. de la difficulté. D'après Aristote. D'autre part. Donc la persévérance n'est pas une vertu spéciale. à l'endroit du bien sont . chose qui est difficile les périls . au livre leç.. à la- appartient de soutenir. lo . . porte sur ce qui est dijjîcile et bon.n. là se trouve la une vertu bonté une œuvre de vertu peut avoir de l'acte. Donc persévérance est une Au corps de l'article. Et voilà pourquoi l'objet propre. et difficulté que partout où se renconou de bien. et l'autre les craintes et les audaces touchant de mort. Or. dans toutes nécessaire ». Arislote. saint Thomas « cite d'abord une défini- lion de la vertu donnée par iii. D'abord. la vertu II de S. appartient à une vertu spéciale. une vertu. la longueur du temps selon dans le texte qu'il est Vad priniuni explique qu' « Aristote. longtemps en un certain bien jusqu'à son achèvement. l'habitus qui est nous ordonne à bien faire quelque chose la ou à l'omettre vertu ». qui des choses auxquelles les il « que la persévérance est r habitas faut se tenir et les ne pas se tenir Or. cité par l'objection. l'une les délectations du toucher. — DE LA PERSÉVÉRANCE. dans la définition jointe au livre des AJfecllons. de l'espèce même de d'un double chef. de VÉthique (ch. qui lui permettra de pré- parer tout de suite sa conclusion. en ces œuvres vertueuses et les autres. quelle la il persévérance est une certaine vertu spéciale. De même donc que la tempépersister rance et la force sont des vertus spéciales parce qu'elles modè- rent. prend la persévérance selon que quelqu'un persé- vère dans les choses où il est très dilficile de tenir longtemps. mais une condition de toute vertu L'argument sed contra apporte l'autorité d' « Andronicus dit » (ou plutôt Chrysippe. il n'est pas difficile de tenir.

et qui cependant pos- . qu'il devient parfois nécessaire de supporter long- temps. au contraire. même que nom et la vertu et l'acte de la vertu c'est : ainsi que saint Augustin de dit.i^O SOMME THÉOLOGIQLE. Et c'est la pourquoi ce louange ou n'est point à le sujet qu'eét principale principal mérite de la persévérance. comme n'ayant pas la vertu qui règle si la ces passions. Et c'est : pour- quoi une la telle persévérance peut être une vertu d'autant que perfection de la vertu se considère plus selon la raison de difficile ». la vertu. tels parce que que maux touchent à le manque de ce qui regarde les nécessités de nourriture ou autres choses de ce genre. pour l'homme tempérant. le plus souvent. bien que selon la raison de à — Pouvait-on la aller plus fond de la difficulté soulevée par l'objection et résoudre en une lumière plus vive ? Vad secimdam fait observer qu' « on appelle parfois du . se peut toutefois que quelqu'un : ait l'habitus sans qu'il ait à en exercer l'acte tel. Toutefois. Au contraire. c'est chose souverainement difficile en celui qui est vivement affecté à l'endroit de ces biens. supporter cela longtemps n'est pas chose difficile à ceux qui n'éprouvent pas et beaucoup de tristesse de la sir diminution de ces biens dans il qui ne prennent pas grand plai- les biens comme arrive eux-mêmes opposés à ces privations. persiste d'autre part dans un bien plus parfait. leur ils passent vite. mais quelque chose la d'imparfait dans le genre vertu comme la continence elle- même. ». quoiqu'il éprouve moins de difficulté à persister. sur saint Jean Il (tr. Et de là vient que persévérance se prend en ce sens. i55). parce que. LXXIX) La foi est croire ce tu ne vois pas. Si. du reste. « ainsi que nous aurons à l'expliquer plus tard longtemps en toute (q. n'ont pas d'ordinaire à être soutenus ou supportés longtemps . de mort. en qui ces sortes de passions ne sont pas véhémentes. : l'homme ceci peut convenir même à celui qui a la vertu parfaite lequel. elle n'est pas une vertu parfaite. le pauvre qui n'exerce pas l'acte de la magnificence. Que s'il s'agit des autres maux. ceux qui s'opposent aux délectations du toucher ces sortes de la vie. nous prenons persiste persévérance selon que sorte de biens difficiles. parmi ceux-là les plus notables sont .

qui sont les principales. à l'endroit de vertus. celui IQt sède riiabitus de cette vertu. 4). que l'homme persévère jusqu'au terme de l'œuvre vertueuse par exemple. il appartient à la persévérance. appartient à une vertu et se pelle la persévérance. en raison de il raison de l'habitus au sujet » dans lequel la sorte. ch. Et voilà pourquoi. csl une qualité à enlever » {Catégories. l'autre. C'est dans ce sens-là que saint Augustin ». mais il n'achève pas la tel. la peril sévérance. fois. « Et. eût été difficile d'expliquer d'une manière plus profonde et plus lumineuse le texte de l'objection. « prend ». Et. Mais il est des vertus dont l'acte doit durer toute la vie. jusqu'à l'achèvement de l'ouvrage. D'autre part. celui qui a l'habitus de choisit de persévérer et la persévérance commence même il à exécuter son acte en persistant un certain temps. D'autres qui a l'habitus. entend propose cela la comme compade — D'une autre manière. persister d'une façon immuable ». le comme « rappelait l'objection ». au livre cité par l'objection. sous sa raison d'habilus. est chose qui suit n'importe quelle vertu. Vad terlium dit qu' « à la vertu une chose peut convenir longtemps jusqu'au spéciale qui s'ap- d'une double manière. en tant que toute vertu dijficile ». vi. — D'abord. La persévérance est une vertu spéciale. Elle a. qui est la fin de telle œuvre. l'acte de la persévérance ne s'achève point avant la fin de la vie. parce il ne persiste pas jusqu'à : la fin. : commence à exercer tecte qui commence l'acte. Nous disons donc que nom fait de persévérance se prend quelquefois pour l'habitus qui que quelqu'un choisit de il persévérer. l'espérance cl nière de la vie la charité. parce qu'elles regardent la fin derces humaine. aussi. en raison de l'intention propre de sa fin.QUESTION GXXX. pour . se trouve. en effet. n. laquelle sa fin propre. pour lacté par lequel persévère Quelquefois.V1I. de la vie humaine. de la sorte. et quelquefois. est une douqui est la ble fin fin l'une. que le soldat persévère jusqu'à la fin du combat. pour l'acte achevé de celle vertu Ici encore. : et le magnifique. — DE LA PEUSÉ VÉUAAGE. mais qu'il ne l'achève point. De soi. l'archi- à bâtir une maison sans le conduire au terme. comme la foi. persister terme dans le bien.

per- Donc il semble que la persévérance n'est la pas une partie de la vertu morale. ceci appartient à la tempérance. Or. voilà donc l'objet propre de la persé- vérance. « au livre VII de l'Éthique la vn. en quelque genre d'œuvre bonne que cette durée se trouve. la vertu —A quelle vertu devons-nous la rattacher? Est-ce à ? de force C'est ce qu'il nous faut maintenant considé- rer. de telle sorte que l'œuvre bonne commencée soit poursuivie jusqu'à son terme. de S. — La première est encore un mot (ch. Donc persévérance meilleure que toutes les autres vertus. une partie de la force? Trois objections veulent prouver que « la persévérance n'est pas une partie de la force d' (( ». i . mais plutôt de qui perfectionne la prudence. plus l'homme paraît digne de louanges sévère selon la raison. Tandis que vertus s'appliquent chacune à vaincre la difficulté ou la à assurer le bien qui s'attache à tel genre d'acte particulier. la persévérance n'implique pas une modération de passions. ». car plus les passions seront s'il véhémentes. Article Si la persévérance est II. vi). raison ». rance (ch. Aristote ».A 92 SOMME THKOLOGIQUE. Th. 7). appelle à « saint Augustin qui « au livre de la PersévéOr. dit que persévérance porte sur les tristesses du toucher. que nul ne peut perdre les la persévérance. et tel est l'objet de l'article qui suit.. objet de vaincre une diffîcullé spéciale et d'assurer un ordre spécial de bonté dans la vie morale de les autres l'homme. sévérance force ». qui. Tenir dans le bien et achever. leç. à exercer le persévérance s'applique à vaincre le la difficulté et bien qui consiste à continuer vre bien malgré la durée de l'œu- bonne qu'il s'agit d'accomplir. n. Or. — La troisième objection en dit. la l'homme peut perdre est autres vertus. Et parce que la vertu . Donc la perla est plutôt une partie de la fait tempérance que de — La seconde objection observer que « toute la partie de vertu morale a pour objet quelques passions que vertu morale règle et mesure.

saint Thomas rappelle que « comme !\). tenir contre la difficulté qui provient de la longueur de temps dans l'accomplissement d'une œuvre bonne. qui une vertu la » spéciale. la le persévérance semble convenir davantage avec la force tempérance qu'avec dans sa matière. elle convient davantage avec meté contre la difficulté de la en tant qu'elle garde la ferlongueur de temps dans l'accomc'est plissement de l'œuvre bonne». ch. mode. à ce : titre. II. fait « elle-même la raison de vertu principale L'argument sed contra oppose que sévérance une partie de Gicéron de la per- la force » {Rhétorique. 1^-2^% q. mais elle s'ensuit ». contre quelque chose de Or. savoir dans les périls de mort. i23. il IQS principale est meilleure que ses parties. art. liv).ris- h'ad secundiim dit que « cette persévérance dont parle ne règle point les passions. sévérance n'est point partie a que la perde quelque autre vertu. — DE LA PERSEVERANCE. la la la se- vertu principale ne se considère pas seulement en matière. dans la force. en effet. faudra donc qu'on adjoigne à la force. en fermeté dans les choses le plus difficile de tenir. 6i. toute vertu louange ou le mérite consistera à tenir fermement difficile. art. A. i3 . 3. toutefois. la persévérance s'adjoint à force. Et pour cela qu'on l'assigne comme tole. donne à mérite. « règle la certaines passions. en ce sens qu'elle la pratique à l'endroit de la matière propre oii il est le plus difficile et le meilleur à observer. mais plutôt en raison est en toute chose. du mode. La perséest au contraire. car la Or si. Au corps de l'article.QUESTION CXXXVII. au-dessus de la matière. comme la vertu secondaire s'adjoint à la principale ». 2. savoir la crainte de fatigue ou de XTFf. la vertu principale est celle qui reçoit au premier chef -l'attribution de ce qui appartient à la louange de la vertu. mais elle consiste seulement la en une certaine fermeté de vérance. laison et de la volonté. liv. Par conséquent. par mode de dont la vertu secondaire à la vertu principale. partie à la force et non à la tempérance. et ceci est moins la persévérance sa louange ou son difficile que tenir contre les périls de la mort. il a été dit effet. la que la force est une vertu principale oiî il est Il elle garde. il a été dit plus haut (q. Uad pritnum fait observer que « l'annexion de la vertu condaire à raison de force. — La Force cl la Tcnipi'i'atirc. Et.

la mais seulement dans cence. n. serait contre la raison la perdît. qui appartiennent à magnifi- Donc la constance appartient plutôt à ». être constant dans les petites œuvres ne semble pas la difficile. c{u'elle désigne l'acte de la vertu continué jusqu'à (cli. elle ne durerait plus jusqu'à la fin ». contre la difficulté spéciale qui provient de la durée elle fait même ce de ses actes vertueux. les difficultés — Ce que nous avons déjà de la persévérance nous permet d'entrevoir sévérance et la y a des rapports étroits entre la perconstance. art. leç. Si la constance appartient à la persévérance? Trois objections veulent prouver que « la constance n'appartient pas à la « persévérance ». il Et voilà poujquoi ainsi entendue. de la persévérance qu'on dès lors. non selon qu'elle désigne Thabitus de la vertu. Soutenant l'homme. ni. Th. 5). — La première la fait il observer que a été déjà dit la constance appartient à la patience. car. Or.. r3) Celui qui aura persévéré jusqu'à In fin. V. Or. comme aussi la force ». objection rappelle que la verlu porte sur ce qui est bon {Éthique. la défaillance en raison de cette verki est longueur du temps.4 SOMME THEOLOGIQUE. Aussi bien dans l'irascible. celui-là sera sauvé. en soutenant suprêmes attachées aux dit l'homme dans mort. magnificence qu'à la persévérance — La troisième objection déclare que . La persévérance est une partie de en effet. de S. ch.1[. Il nous faut maintenant examiner qu'il ces rapports directement. ». là Vad terlinin explique que « saint Augustin parle de la persévérance. lo. fait la dans un ordre moindre périls de que force dans un ordre supérieur. Article III. C'est l'objet de larticle qui suit. comme (q. Donc la constance n'appartient pas à « persévérance — La seconde difficile et 3). la patience diffère de la persévérance. mais selon la fin. la force. les grandes. II. selon cette parole : marquée en saint Matthieu xxiv. i36.

persister dans le bien. sur (ristessc porte la patience. Or. malgré la difficulté qui provient de n'importe quels autres empêchements extérieurs. malgré « chements extérieurs. donne le de persister fermement dans bien. Et de là vient que la constance. à la persévé- rance. saintThomas répond que la fin. choses qui causent D'autre part. la persévérance. car la difficulté qui vient de vertu. comme a été dit plus haut ad 6'""). en faire pour propriété de malgré la difficulté que l'homme persiste dans le bien. 128. la qui provient de la longueur l'acte. les dans sa convient avec la persévérance. Nous avons qui vient des empêextérieurs de lu en effet. primum explique excellemment la différence de rapports qui existent entre la constance entre la constance et dit. persister tristesse. « si DR LA PERSE VÉUVNCE. constance n'appartient pas à la persé- vérance constanf. la IQÔ la constance appartenait à persévérance. « Or. Et voilà pourquoi la persévérance est une partie plus imporl'est la tante de la force que ne constance. « la constance persévérance conviennent dans car il appartient à . selon cho- . elles de la constance d'avec il la fermeté. et la patience. comme on (cf. au contraire. L'argument sed'conira remarque que « quelqu'un du fait qu'tV se tient en quelque chose (en demeurer en certaines choses appartient le voit est dit être latin cum stare). ([u'il les empêchements les dans le bien sont surtout la i). Donc la constance appartient à persévé- rance Au et la corps de l'article. l'une et à l'autre de persister elles difl'èrent selon les fermement en quelque bien mais à a choses qui appportent de la difficulté effet. qui désigne (q. même ou de durée prolongée de La constance. Le vertu de persévérance. mais. Donc ». art fin. L'ac? la longueur de celle l'acte est plus essentielle à l'acte de Ta que qui vient des empêchements extérieurs la ». par la définition qu'a donnée Androla nicus art i). car l'une et l'antre impliquent immutabilité diffèrent. elle ne différe- rait d'elle en rien » . ». i36. Or. et persévérance d'autre part. car ou le fait Macrobe divise la une certaine demeurer inébranlable. ainsi a été dit (q. d'une part. que le la constance a pour objet de faire que Ihonnue la difficulté persiste dans bien.QUESTION CXXXVII.

mais cependant elle n'est pas une même n chose avec elle. et c'est de savoir. toutefois persister longtemps morne ou dans la les médiocres. que de la constance appartient encore à patience et magnificence. Nous verrons. à faire que l'homme persiste dans le la bien. constance bien que. texte de l'article. à un titre spécial. par cette réponse. qu'elle a certains rapports de con- venance avec d'autres. — Un de la dernier point est examiné ici persévérance. a aussi sa difficulté. tous autres obstacles pouvant surgir à l'entour do cette œuvre. la . lui tenant de plus près qu'elle ne tient à C'est surtout à la persévérance que la constance se rattache . elle appartienne aux deux. longueur du temps. distinct de cette vertu cela veut dire simplement elle. difficulté. malgré certains empêchements. c Vad secundum dans les petites accorde que persister dans les grandes œu- vres est chose plus difficile. pas dire qu'elle n'ait pas son être à part. que regarde la persévérance. L'ad terliain dit que « la constance appartient à la persévé- rance. mais par saint Thomas. — Lors donc que nous disons d'une vertu qu'elle appartient à telle vertu. la sinon en raison de gnificence. qui ne sont plus durée elle-même ou prolongation de l'œuvre à accomplir. au sujet si. il que la ». qui trouve souvent l'occasion de s'exercer. car elle vise. grandeur de l'œuvre que requiert la ma- du moins en raison de et à l'autre ». en plus et la de la persévérance si cela nous montre l'utilité de cette vertu. en tant qu'elle convient avec elle. elle convient avec s'ensuit la la patience. cela ne veut . Venons tout de au . cette vertu a besoin du secours de la grâce. car elle en diff'ère. appartient plus à persévérance quà patience nous l'avons dit. ainsi qu'il a été dit (au corps de l'article). en suite lisant l'article du saint Docteur. la vraie nature de cette ques- tion et la solution qu'elle comporte. comme la elle. Et parce que la fin la l'emporte.T96 ses (jui appoiteiil la SOMME TIlÉOLOGIQUË. Et voilà pourquoi la constance peut appartenir à l'une Nous voyons.

— DE LA PERSÉVÉRANCE. IS'ous affir- mons un don de Dieu. comme on avant le il voit aux Romains fut ainsi (ch. objection arguë du côté de l'acte de la persévérance. la vertu. ainsi qu'il a été dit (art. dans : la personne des impies. L'argument sed contra tin ». Or. au livre de la Persévérance (ch. donc pas requis pour cela Cette un autre secours qui soit celui de la grâce ». Donc. lui). dans nature. comme le dit xi). u.• Augus- qui « être dit. prévient ad. réparé par la grâce du Christ. Au- gustin. comme par le dit Gicéron. 7) il Nous'uvons marché par des voies Or. l'homme peut persévérer sans est secours de grâce ». en est le (pii persévèrent dans les œuvres du péché la et cela. Donc pareillement. v. — La première rappelle Rhéto- que H la persévérance est une certaine vertu. au livre de la Correction et de la grâce (ch. i""" . Il en sera de « même la de celles qui vont suivre. — D'abord. à La plus forte raison. saint Thomas nous i. dans persévérance qui fait qu'on persévère Jusqu'à la fin le (Christ ». rique (liv.). au livje de la difficiles.QUESTION CXXXVII. . et c'est difficiles que les œuvres de pourquoi il est dit. l'homme formé qiiU saint pouvait persévérer par ce qu avait reçu. . Il sa. ([ue comme on . II. peut persévérer sans le secours d'une nouvelle grâce ». Or. IQy Article IV. art. ch. i). un la texte formel de « saint 1) . dans le œula vres des vertus. v. — troi- sième objection quelquefois plus fait observer que « les œuvres du péché sont la vertu. péché. agit mode de Donc n'est la seule inclination de la vertu suffit pour persévérer. ad. la persévérance se dit d'une double manière. Si la persévérance a besoin du secours de la grâce? Trois objections veulent prouver que « la persévérance n'a pas besoin du secours de la grâce »'. les sans secours de grâce. Au corps de « l'article. v. le voit par ce qui a été dit (arl.)'""). l'homme. S igesse (ch. — La seconde le dit que le don de giâce du Christ est plus grand que le dommage causé par Adam. v. i5 et suiv.

— D'une autre manière. il n'est pas au pou- du même réparé par la grâce. « tombe sous notre pouvoir de non d'exécuter L'ad pi'imam accorde que l'habitus de la vertu de persévé- rance.IQ'^ SOMME THÉOLOGIQLK. ayant usé de son libre arbitre conqui le commandement de Dieu si menaçait. qu'il s'établisse le d'une façon immuable dans voir de le choisir choisir et . ne fut point stable si dans une grcmde félicité. la vie présente. non de per. comme lu voulait l'objection. sans que personne tre le lui fît peur. la il n'est point nécessaire que celui qui a l'habitus de vertu use de cet habitus d'une façon im». par la grâce du Christ est donné non seulement qu'ils puissent persévérer. de cette manière. malgré monde effet le qui faisait rage pour les empêcher de demeurer )). maintenant. Ceux-ci. sans qu'il soit nécessaire d'attribuer à . selon qu'elle est une vertu. il a été dit plus haut. qu'en effet. elle a besoin du don de la grâce comme la aussi les autres vertus infuses. de ce chef. on peut l'entendre pour l'acte de persévérance durant jusqu'à mort. le libre arbitre étant de soi muable en sens contraire. incline à persévérer. pour l'habilus habituelle. parce que l'habitus est ce dont on use quand on veut (Averroès. fut donné au premier homme. aux prédestinés. de rAme. quoiqu'il soit en son pouil car souvent ». au contrcdre. C'est quand et ceci s'agissait de grâce q. autant qu'il est en lui. Mcds. secundiun fait observer que « comme le dit saint il Augus- au livre de La Correction et de la grâce (ch.scrcrer. Toutefois. liv. bien. mais de pouvoir persécérer. même de la persévérance. le premier homme. mais Aussi bien. comme (r''-2". 10). elle a besoin non seule- ment de la grâce habituelle. 109. par voir la ne lui étant pas enlevé grâce habituelle de libre arbitre. Et. stables. par le libre arbitre: parce qu'il n'y avait alors aucune corru|)- tion dans la nature humaine. Et. xii). avec une grcmde le facilité de ne pas pécher. muable jusqu'à la mort Vad tin. texte xvni). aussi qu'ils persévèrent en ejjet. qui fournit une difficulté de persévérer. on peut voir qu'en le don de la grâce du le Christ l'emporte sur dommage causé par Adam. sont de/neurés stables ce- pendant Et. art. 111. par là. mais aussi du secours gratuit de le Dieu conservant l'homme dans bien jusqu'à la il fin de la vie la .

seule grâce habituelle l'effet -î- DE LA PERSEVERANCE. à moins qu'il ne soit délivré le par la grâce de Dieu.QUESTION CXXXVfl. dans l'a avions déjà établi cette vérité. la IQQ de persévérance jusqu'au bout. comme l'article. Il n'en va pas de bien. l'homme dans faire choisir cette continuation le attendu que si la vertu la peut bien par elle-même et avec secours ordinal le de grâce. fait le il ne se constitue pas persévérant dans le bien car. la que nous requérons secours de grâce pour persévérance. se ber dans péché. par lui-même. Uad relever tertiam déclare le que « l'homme peut par lui-même tomne peut point. grâce. saint Il Thomas lui-même nous de la rappelé au corps de ici était nécessaire mentionner de nouveau pour compléter ce qui avait trait à la vertu de persévérance étudiée en elle-même et dans son acte. nous devons maintenant nous enquérir des vices qui lui sont opposés. Et voilà pourquoi par cela seul que liiomnie tombe dans le péché. surtout s'il est la de continuer bien jusqu'au et s'agit de continuation pure simple jus- qu'au terme de la vie. C'est l'objet de la question qui suit. en tant qu'elle se rattachait à la nécessité de la le Traité de la grâce. Et c'est pourquoi [il a besoin pour cela du secours de da grâce ». il faut une grâce spéciale de Dieu aidant . En le raison de l'acte propre de cette vertu. qui bout. soi. il même pour bien. autant qu'il est en lui il se constitue persévérant dans le péché. de persévérer. la elle ne peut pas fixer immuablement Nous la l'homme dans question de réalisation que ce choix implique. De ce que l'homme . Après avoir étudié la per-sévérance sous sa raison de vertu. de a le pou- voir de pécher. C'est le donc à la un titre tout à fait spécial. mais il du péché sans le secours de la grâce. .

vertu portant sur les plaisirs comme S. 7). leç. Donc la ne s'oppose point à la persévérance. La troisième objection qui « dit. a cette explication les sensuels. aimer les délices semblcappartenir à l'intempérance. 9. rité Aristote est au même endroit que du . au livre IV de VÉthique (ch. qui. vu. c'est-à-dire et cela signifie ceux qui cherla chent teté. appelle à un mot . leç. . vni. les mous. 12 de Th. Article Premier. mots de Ni les première Epître aux Corinthiens. la mollesse ». n. Cami du jeu un mou. ni les mous. La seconde objection en qui u dit. qui est ieu. Or.. n. mais à tempérance d'(( — ». Donc la mollesse ne s'oppose point à la persévérance L'argument . aimer démesurément la jeu s'op- pose à l'eutropélie. la pertinacilé. 5 de Th. les jouissances de la femme. ». les vi (v. d'Aristote S. que l'amour des délices est une certaine mol- lesse. au livre VII de V Éthique (ch. ni : fauteurs de péchés contre nature. Si la mollesse s'oppose à la persévérance ? Trois objections veulent prouver que « la mollesse ne s'op- pose pas à « la persévérance ». le 7). mollesse n'est pas un vice opposé à la persé- vérance « — ».. Or. « sur ces cli. cite encore l'auto(n. il est dit 16). — : La première la est un texte de la glose ».9ed contra oppose un autre texte d'(( Aristote ». ceci s'oppose à la chas- Donc )). 3. Or.OUEST10x\ CXXXVIII DES VICES OPPOSES A L\ PERSEVERANCE Celle (juosUon i" comprend deux articles : 2" De De la mollesse. 10) adultères.

6. agit en sens contraire » de ce qu'il devrait. meut meut la tristesse du manque manque de plaisir est un pur Le défaut. qu'une chose. car le plaisir. mais de lui pardonner. « et à Gicéron. vn. art. car même voilà chines qui les frappent. i. — Il eût été difficile de mieux montrer nature de mollesse et ce qui en est proprement la cause. que quelqu'un est vaincu par des délectations ou des tristesses fortes et excessives.. touche. qu'au mou persévérant « Au corps de l'article. la louange » le ou mérite «de la persévérance consiste en ceci. n. Et c'est pourquoi. de son côté.OUEST. Et ceci . est molle. du fait qu'elle cède à ce qui pousse fortement. plus fortement en attirant que ne de plaisir en détournant. Ou ne au contraire. à cela semble s'opposer direcle diflîciles et pénibles. Th. — DES VICES OPPOSES A LA PEBSEVERANCE. au . saint Thomas nous rappelle que comme il a été dit plus haut (q. Th.si livre VII de VEUiiqiie (ch. L'ad prinmm appuie encore sur celte cause de la il mollesse. \x) : ne convient pas que celui qui n'est pas et t)risé par la crainte le soit par l'amour de convoitise . 187. /| . ». s'il il il n'y a pas lieu de s'étonner. raison de mollesse car on appelle le mou cède facilement à laction de celui qui pas. 2). s'il Et murs cèdent aux mapourquoi l'homme n'est les point tenu pour mou. tement que quelqu'un abandonne facilement quelques choses appartient à la l)ien pour ce qui dira difficiles qu'il ne peut pas supporter.. qui abandonne sées par le le bien pour des tristesses cau- manque de délectation. (( D'autre pari. 7). 201 7). (ch. vu. Icç. de S. n. leç. qui «dit. celui-là est dit pro- prement mou. que le l'homme n'abandonne pas choses bien en raison du support prolongé des Or. s'agit est « C'est d'une double manière que la mollesse dont ainsi causée » par les tristesses qui proviennent du manque de la délectations ou de plaisirs.VVni. aussi bien Aifstote dit. d'après Aristote. CXX. à la que celui qui s'est montré invincible peine soit vaincu pcœ le plaisir. RuliweWl de V Éthique s'oppose le de S. — « D'abord. en raison de cou- . au livre 1 que la cupidité des c'est ce Il qui fait dire des Devoirs (ch. comme cédant à un faible la moteur la ». est manifeste que la crainte des périls pousse plus fortement délectations» ou l'amour des plaisirs. lent avec cède à certaines choses qui l'assail- une extrême gravité.

quelle finesse d'analyse. vertu On peut considérer aussi dans une certaine détente ou un certain relâche et à la fatigue. tume lorsque. là De vient que la délicatesse est la une certaine mollesse. Arislote lui- même ainsi avait noté celle ditTérence. et quel tableau. la cause qui empêche la délectation. « double appellation de sexe faible et de sexe fort. de même que ne pouvoii aussi. qui sont avides de délices. et. ou la dé- . quelqu'un est habitué à jouir des plaisirs. Et de là vient que ceux qui ne peuvent sont appelés supporter l'absence ». observer que d dans le jeu. Et c'est de cette manière que les femmes en se comparent aux hommes qu'en général la » : il n'est la pas douteux. 6). Or. est effet. ch. (v. comme devenus efféminés L'ad secundam explique ce que l'objection disait des délicats. en- core. il en effet. du délicat au sens péjoratif de L'ad tertiuni rer fait cette appellation. que certains ont une âme moins constante à cause de la fragilité » ou de la faiblesse u de : leur complexion. à ou repos. — D'une autre manière. de même. pour- quoi les choses laborieuses seules empêchent les plaisirs. qui s'oppose au travail cause de cela. ceux qui ne peuvent soutenir aucunes faou aucuns travaux ni quoi que ce soit qui diminue le aussi bien est-il dit dans : le Deutéronotne. en raison de sa mollesse. trop désirer le relâche pas supporter la les choses pénibles ou laborieuses appartient à mollesse. n. de plaisirs mous. de ce chef. qui n'osait marcher sur la terre ni poser la plante de son pied. xxviii. le la délectation. Toutefois. . tracé en quel- ques mots. délicats. on appelle tigues plaisir. la délicatesse.202 SOMME TIIÉOLOGIQUE. peut plus difficilement supporter leur absence. D'abord. complexion de : femme bien plus faible la que celle de l'homme doù est venue. — Ici. celui la qui aime démesurément d'eutropélie. Et. au livre VII de YÉthique (en- droit précité. ou quelque autre chose du même genre n. jeu s'oppose à celui qui a le jeu. 56) La femme tendre et délicate. parmi nous. comme le travail. on peut considt'- deux choses. ou du tempérament « en ce sens. Déjà. mollesse regarde proprement le manque de délectations et . en raison de la disposition naturelle «. peine ou « Au plaisir corporel s'oppose la et c'est la fatigue et le travail (en latin labor).

tristesse causée comme premier est celle la simple par le manque de de ce satisfaction et de joies vice. elle sera la même chose que . vaine gloire ne s'oppose pas à la la j^ersévérance.. ix. — La première en appelle Grégoire qui a dit. et ne cède point aux difficultés qui peuvent résulter de la longueur même de de cette pratique. Si la pertinacité s'oppose à la persévérance ? Trois objections veulent prouver que « la pertinacité ne à s'oppose pas à « saint la persévérance ». Donc la pertinacité ne s'oppose pas à la persévérance». ou tout autre repos ». 2). — A côté on en désigne un second. Car. et 203 du jeu. ». tente — DES VICES OPPOSES A LA PERSEVERANCE. par ce dernier mot. et laisse bien pour la plus petite difficulté. autres comme on les a si souvent dans monde. Article il. au livre la XXX t de ses Momies la (ch. XLV. délassement quel qu'il puisse être — L'on voit. et c'est ainsi qu'Aiistotc dit. Que elle s'y oppose par défaut. ou bien elle s'y oppose par excès. ou de plaisirs sensibles. ou elle s'y oppose par défaut. la persévérance tient ferme dans pratique du bien. 9). elle ne s'y oppose point par excès. CXXWriI. la mollesse. 3 . livre VII de VÉlhiquc (ch. que pertinacité vient de vaine gloire. C'est celui de la perti- nacité.— La seconde objection dit que « si elle s'oppose à la persévérance. au contraire. car même au se. i32. n.QUEST. qui ne sont qu'une et sans but. le cède tout de suite. qui puisse appartenir à la y a aussi certaines le mollesse. art. Icç. celui eu qui se trouve la pertinacité cède à certaines dé- lectations et à certaines tristesses. quV/v réjoaissenl si du Iriomphe et s'allrisfent si leur avis pnrail J'uiblr. manière de tromper l'ennui d'une vie oisive La mollesse tandis que la est un vice qui s'oppose à la persévérance. de S. Or. qu'il n'y a pas demi-occupations. comme il a été dit plus haut (q. mais plutôt à magnanimité. la ou xxxi). ou XVII. que le jeu et il son amour excessif. Or. Th. Saint Thomas va s'en enquérir à l'article qui suit.

Or. s'ensuit. II. ». i). à cause qu'il persévère dans son sentiment la victoire. ou encore tS'.^oa la SOMME théologique. quand il tient d'une façon impudente^ comme jaqu'à ({ui étant tenace sur toutes choses. en ce sens qu'ils persévèrent le dans leur propre sentiment plus qu'il ne faut. 92. selon la qu'il le faut. mou. que la pertinacité est à la la persévérance ce que la superstition est à la religion. mollesse. ». ce que nous appe- lons du nom de au victoire. ne est l'at- dépassant milieu. Iraire. c'est-à-dire de sentiment propre. dans son livre des Étymolo- (liv.). saint Thomas se contente de nous maril quer ce qu'il faut entendre par la pertinacité. apporte l'autorité de « Cicéron (liv. l'homme persévé- parce qu'il persiste trop en une la chose. C'est qu'en effet. liv). Ces mêmes hommes sont appelés par 2. tenace. et en dégage tout de suite qu'elle s'oppose à la persévérance. — Donc la pertinacité persévé- rance par mode d'excès. Donc la pertinacité ne s'oppose pas plus à ». Et le même sera dit aussi (en latin) pervicax. le que persévérance est comme blâmé comme louée étant au milieu. malgré les plaisirs.). livre VII de VÉthique (endroit précité. malgré les craintes.oYva)(xdv£ç. car les anciens (c'est toujours saint Isidore s'explique) appelaient (en latin) viciani. malgré les tristesses. on le le voit. et celui qui est fort. comme s'oppose à la teignant pas ». le au contraire. et ceci est manifestement faux. rance qu'aux autres vertus L" ai gament sed contra « dit. <T/upoYva)[xôv£ç. n. qui dans sa Rhétorique ch. Donc la pertina». cité ne s'oppose en aucune manière à fait la persévérance — La troisième objection observer que « le comme celui qui est persévérant persiste dans bien. Or. de même celui qui est continent et celui qui est le tempérant persistent dans bien. c'est-à-dire de /or/ sentiment. I comme il a été dit phis à la haut Donc la pertinacité aussi s'oppose per- sévérance Au corps de l'article. malgré la colère. (j'ies « comme le dit saint Isidore. superstition s'oppose à la religion (q. art. au con- persévère moins qu'il ne faut. on dit de quelqu'un qu'il a de la perti- nacité (en latin per^maa. et celui qui est doux. et mou. X. 3) Aristote. . lettie P. . est dit avoir la pertinacité. et Il le persévérant.

Cette vertu aura à s'exercer toujours. la persévérance requiert. ébranler. dans la est une des quatre grandes parties potenSon objet propre est de ne point se laisser pratique du bien. à propos de n'importe quelle œuvre bonne qui se prolonge. il du fait qu'il la désire trop et qu'il s'assimile à l'incontinent et au mou ». ce mérite ou cette louange semble plutôt con- sister dans le fait de vaincre les délectations. INlais elle a à s'exercer tout spécialement en vue de rensenible des œuvres bonnes de- vant se continuer jusqu'à la fin de la vie. car si la vertu. de parce qu'il veut ainsi manifester effet. aux vertus ne prend point en raison de ». Mais i33. 127. art. Soit pour l'une la soit la pour l'autre de ces deux fins. Quant à la louange ou au mérite de la continence. comme aussi le fort et le persévérant. Et voilà pourquoi. art. a été dit plus haut vices (q. bien qu'elles persistent contre l'impétuosité des passions. la pertinacité s'oppose directement à persévérance La persévérance tielles de la force. parce que celte délectation est vicieuse. d'une giâce actuelle toute particulière qui la soutienne ainsi jusqu'au bout.LV/(/ pr'umun explique que c'est « si quelqu'un persiste trop dans pertinacité vient il son propre sentiment. 2. en la vaine gloire comme ad se de sa cause. à un titre spécial. le secours de grâce. mais surtout pour seconde. « observer que le tenace excède en ce désordonnément en quelque chose malgré de nombreuses difficultés. par les craintes de la fatiet gue ou de l'ennui tique de la peine qui peut s'attacher à cette prasa seule continuité et prolongation. la Et c'est pourquoi ». i"'". mais en raison de l'espèce propre h\id secLindum qu'il persiste fait laquelle se tire de l'objet. du bien en raison de Rester fidèle jusqu'au bout de l'œuvre tes ces craintes. c'est là le rôle commencée. fuit la tristesse contraire. mais il a une certaine délectation dans la fin. que l'opposition des la cause. h'ad teriiam déclare que « les autres vertus. malgré tou- ou r<jnice de la persévérance. n'ont pourtant pas proprement leur louange ou leur mérite dans le fait de persister. Toutefois. par elle-même. aidée de la grâce . comme la persévérance. 2). la son excellence. q.

Il opposés pelle la mollesse.. les vertus de patience. nous causent dans les elles consisteront dans les tristesses que les ennuis ou contrariétés provenant surtout les autres le délai de nos rapports quotidiens avec les tristesses hommes. quelque déraisonet nable qu'il puisse être de persister dans sa résolution dans son sentiment. les difficultés consistent dans la crainte de la que cause la seule durée prolongée de la pratique du bien ou encore dans prolonge la crainte des ennuis ou des obstacles qui peuvent entourer cette pratique du bien. Contre ces autres difficultés. ce sera Dieu. peut SOMME r}\v. Le second consistée ne jamais céder. n'est : en telle sorte qu'en effet on persévère jusqu'au bout point chose comnotre libre arbi- prise nécessairement dans l'acte de la vertu tie. d'une grâce toute spéciale de par excès. ou même dans les tristesses que nous causent les divers ennuis pouvant survenir au cours de la pratique du bien. demeure toujours changeant. qui est même son acte premier et principal. Le premier s'ap- — : La vertu de persévérance a deux vices qui l'un. l'effet tant s'il que nous som- demeure ferme lui sont jusqu'au bout. de longanimité et de cons- tance. En deçà de ces difficultés suprêmes. Contre ces difficultés d'ordre moindre. la consiste à laisser la pratique le du bien pour plus petite difficulté ou plus léger obstacle. par défaut: l'antre. mes sur cette terre. nous avons fatigue . Il de résistance. par et manque est absolu de fermeté ou d'énergie la pcrtinacité. d'ordre moindre elles aussi que n'étaient les difficultés suprê- . surtout quand elle se et qu'elle dure. les diffi- suprêmes qui peuvent détourner l'homme du bien de et la raison l'empêcher d'y être qu'inspirent Ces difficultés suprêmes de mort intentés par sont des les craintes les périls hommes qui en veulent au bien de il la vertu.0LOG\qvr. l'exécution de cet acte ou de ce choix. D'autres fois. en est d'autres dans la vie ordinaire de l'homme. est ordonnée à tenir contre fidèle. en effet. La vertu de cultés force. dans l'un de ses actes. Parfois. ou encore apporté à la réalisa- que nous cause tion du bien que nous attendons. amener l'acte vertueux de se résoudre à persé- vérer.2o6 ordinaire. et s'il ne change pas.

— DES VICES OPPOSKS A LA PERSEVERANCE. oii son action a besoin. CXXWIII. si l'ordre surnaturel et divin. Ce va être l'objet de la question sui- . il 207 mes des périls de mort. contre tous les obstacles qui tendent. — Et cela suffirait. de patience et leurs annexes. y a la grande vertu de persévérance. pour achever notre étude de la force. elle et aussi la verlu de conslance. [)Our être pleinement parfaite. vante. la grande commande toutes. à détour- ner l'homme du bien de la l'homme n'était point élevé à raison. qui les mêmes annexes. de l'inter- vention directe et personnelle de l'Esprit-Saint avec le concours de ses dons. qui se rattache à plus encore qu'elle ne se rattncJie à la patience. jointes elles-mêmes aux vertus de magnificence les et de magna- en partie aidées par vertu de force.QUEST. ces vertus de persévérance. considérer le don de l'Esprit- Saint qui se réfère à elle. C'est pourquoi nous devons maintenant. sous forme de chose pénible ou ardue. arme pleinement riiomme. dans l'ordre de la vertu. Avec nimité.

c'est plutôt la tempérance qui s'exerce. Article Premier.QUESTION CXXXIX DU D0> DE LA FORCE Celle question 1" comprend deux un articles : Si la force est don!' les 2^ Ce qui lui correspond dans béatitudes cl dans les fruits. en effet. 6). Or. lesquelles — n'existeront plus dans la Patrie. uu livre de la Doctrine chrétienne (ch. comme il a été vu plus haut (i''-2''% q. Augustin qui « dit. Or. 68. que la force n'est pas et non pas la force. L'argument sed contra oppose que la force est « dans Isaïe. Saint Grégoire dit. les actes de la force ne demeurent point dans la Patrie. — La troisième objection apporte un texte de « saint ». Or. une vertu. au livre I de sçs Morales (ch. xi (v. Au corps de saint Thomas nous la . art. « les actes des dons demeurent dans la Patrie. — La première déclare que la force est « les vertus diffèrent elle dons. qu'il appartient à la J or ce de faire qu'on se séquestre soi-même de tout plaisir mortel des choses qui passent. Donc il semble un don correspondant à la vertu de force ». comptée parmi l'article. les autres dons du Saint-Esprit rappelle que (( ». Donc II la force n'est pas un don ». Donc ne doit pas être La seconde objection rappelle que marquée comme don ». à l'endroit des plaisirs ou des délectations nuisibles. vu). 2). ou xv). xxxii. que la force donne la conjiance à celui qui tremble devant les choses adverses. Si la force est un don? un des Trois objections veulent prouver que « la force n'est pas don ». ch.

ne regardent que les périls qu'il est au pouvoir de l'homme de surmonter ou de subir. notamment quand il s'agit du bien du mal ardus. en raison de sorte qu'il ne se désiste pas du bien en soit la la difficulté soit dune œuvre ardue à accomplir. ce don regarde la la crainte et en quelque sorte l'audace. puis- qu'il lui arrive d'être opprimé par eux à la mort. force est il comme une haut vertu spéciale •?. seul bien supérieur qui compense et les Mil. 20() une certaine fermeté d'âme. les par elle-même. Comme la vertu. — La Furi'(' cl la Tempérance. les dons regardent la motion de l'âme par prit-Saint — Voilà donc l'objet propre du don du Saint- Esprit. ainsi qu'il a été dit plus haut (q. do quelque mal grave assignée dit pins est à supporter. selon son mode propre et connaest lequise et turel. comme a été (q. de ce chef. qui exclut Et c'est à ce Saint-Esprit art. qui s'appelle la force et correspond à la vertu du même nom. Mais. i23. l'esprit de l'homme mû par l'Esprit-Sainl afin qu'il parvienne au terme de toute et œuvre bonne commencée [)érils qu'il échappe à n'importe quels la qui le menacent. la crainte contraire. qui opère cela dans l'homme. laquelle fermeté d'âme l'ordre et dans l'ordre du bien à accomplir et dans du mal à supporter.). titre : que la force est assignée comme un don du l'Es- il a été dit. art. art. I. C'est l'Espiitle Saint. 1^-2"". i23. q. ou générale.E. même revêtue de tous ses comme sont ceux des vertus en fin elï'et. la qu'il n'est j)as au pouvoir de l'homme d'atteindie de son œuvre ou d'échapper aux maux et aux périls. sans donner. que ». L'homme. 2). Or. d'actions con naturels : surnaturelles infuses arrive. 2. en plus. alors qu'il conduit à la vie éternelle. peut avoir cette fermeté dans l'un telle et dans l'autre de ces deux ordres. Et. plus haut. qui est la fin de toutes les bonnes œuvres et l'éva- sion de tous les périls. l'Esprit-Saint répand dans l'âme une certaine confiance. force implique — DU DON DE L\ VOWC. Mais tandis que crainte et l'audace que mo- dère la vertu de force. \'i . 61.QUESTION CXXXIX. 3). De cet effet. art. confiance que des périls ou des la crainte et la domine ou qu'excite le don de force regardent maux (ju'il n'est absolument pas au pouvoir : de la l'homme de surmonter mort d'avec tous le c'est la séparation même que fait les biens de la vie présente. en elTet (i''-2*% q. 68. ceci dépasse principes nature humaine d il ».

nous dit- perfectionne l'âme. au sens parfait absolu de ce mot. Aussi bien n'appartient-il qu'à Lui de mouvoir effectivement l'âme de titution. pour autant que l'action de l'homme. savoir l'obtention effective de la vie éternelle. vainqueur de mort. en triompher. l'homme la vers cette subslui la confiance en telle sorte que l'homme possède en fait ferme et positive qui lui mépriser plus souveraine de toutes les craintes et s'attaquer en quelque sorte à la mort elle- même pour C'est ce sa réponse il. y compris mort elle-même qui les résume tous. le que nous confirme ad primum. à de supporter n'importe quels elle périls et de tenir contre la eux mais ne suffit point à donner ». « saint Docteur lui-même dans est La force qui l'effet . « le don de force regarde la vertu de force. confiance d'échapper à n'importe quels périls y compris celui de la mort . à accomplir n'importe quel elle ce qu'il y bien ardu par où elle peut compiendre sous . non pas seulement en tant qu'elle consiste à tenir ce qui est son objet propre et la constitue dans s'il sa raison de vertu spéciale. surtout « s'agit des périls de inorL mais aussi selon qu'elle consiste ». qu'ils ont sur cette terre la mais ont là-Haut leurs actes autour de tion de la fin. SOMME THEOLOGIQUÉ. Cette substitution effective de la vie éternelle à toutes les misères de la vie pré- sente. les ils Patrie. Aussi bien l'acte » jouissance ou de « la force la frui- du don de y sera de jouir de la pleine sécurité à l'endroit des peines et des maux ». en telle sorte qu'on pourrait assigner comme objet propre Je de ce don.2IO supplée à l'infini. que l'homme est la rendu. malgré toutes les difficultés ou tous les périls qui peula vent se mettre en travers du bien de l'homme. et de tous les maux que don de la mort entraîne ou qui est un don du peut entraîner Saint-Esprit «. dans la observer que les dons n'ont pas . est l'œuvre exclusive de l'action propre de l'Esprit-Saint. y peut participer la victoire sur « Vad secundum fait mêmes actes. « ceci appartient à la force — C'est par le et force. une vertu. Uad lertiuiii répond que contre les périls ». apportant tout bien et excluant tout mal. par mou- vement et l'aspiration de son : âme sous la la motion de mort! l'Esprit- Saint.

sans qu'aucune crainte contraire puisse venir à bout de cette confiance. l'héroïsme dans la tempérance. C'est tout à fait divine. « C'est. 21 dans les autres vertus. Il faut nous demander. quatrième béatitude. dont parlait l'objection. « nous assignerons au don de conseil. qu'aux dons ment le — correspondent certains fruits et certaines béatitudes. que visait le texte de saint Augustin. du reste. a d'héroïque — DU DON DE LA FORCE. 69. à cause de cela. les maux. y compris la œuvres bonnes. qui pour le » diriger. 88. la vie éternelle. C'est l'objet de Article Si la II. de tenir Car. faut. en plus de la force qui perfectionne l'âme à contre tous les périls. q. parce qui a été dit dans la i''-2''". ou à ce que nous appelons biens w. correspond au don de force ? : Trois objections veulent prouver que « tude . et de parvenir à la fin de toutes être. comme dans le fait de re- noncer et qui. qui constitue propre- Mais nous don du Saint-Esprit appelé de ce nom. à tous les plaisirs de La terre. 2) et. appartient à la matière des meilleurs biens ou des conseils. quel fruit et quelle béatitude correspondent l'article suivant. appartient plutôt à « tempérance. qu'il encore une force qui donne y ait confiance de triompher de n'im- porte quels périls ou de n'importe quels mort. la de soi. meilleurs comme . ici. que parmi les dons qui perforce. savoir Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice.1 QUESTION CXXXIX. en effet. même la les périls de mort. au don de force. l'ectionnent l'intelligence et doivent diriger les dons subjectés dans la volonté. la quatrième béatisoif de La justice savoir : Bienheureux ceux qui ont failli el . il a été expliqué dans la question du vœu (q. le don de semble plutôt se rapporter les « aux choses de conseil. savons. La force n'est pas seulement une vertu . quelcette terre que ardues qu'elles puissent commencées sur pour avoir leur terme dans cette dernière force. dans l'ordre surnaturel et divin qui est celui de la foi. art. en effet. elle est aussi l'effet il un don.

au . Mais y a cependant entre eux une certaine convenance. — béatitude appartient force ». avoir faim et avoir soif de la justice appartient à la vertu de justice. c'est chose très fasse les don de force porte sur les choses ardue que quelqu'un non seulement dites œuvres vertueuses qui sont communément œuune sorte vres de justice.. mais plutôt le don de piété. et veulent dé- tourner leur amour des de biens terrestres » « Au corps comme il l'article. lo et suiv. i^i. justice. La première arguë de ce que « ce n'est point le don de force qui correspond à la justice. 45). Donc il n'y a pas non plus quelque béatitude qui lui corresponde ». mais au don de sagesse de raison — La troisième objec- que « les fruits sont la suite des béatitudes. iv) ejjet. qui en préc). Or. ait leç. 2). chose qui peut être signifiée par la faim et la soif de la justice ». à laquelle ne correspond point don de force. La force convient à ceux qui ont faim ils peinent. de Th. en tenant compte toutefois d'une certaine convenance « Et c'est » ou d'un certain rapport. n. qui est celle de faim et de la soif de la il il au quatrième don. plutôt au — La seconde objection et la soif de la justice don de piété fait remarquer que « la faim implique le désir du bien. mais qu'il les fasse avec de désir insatiable. art. dans ne semble pas qu'il L'argument sed contra « est un texte de « saint Augustin o. qui dit. ceci appar- Donc cette quau don de tient le proprement à la charité. saint Thomas nous fait observer que a été dit plus haut (q. « comme S. ardues. ne correspond pas au don de force ». comme il a été vu (q. Or. mais plutôt le don de piété. Or.. saint Augustin attribue les béatitudes aux dons. a pourquoi la il attribue la qua- trième béatitude. selon l'ordre de l'énumération. ^'2 SOMME THÉOLOGIQUË. livre du Sermon du Seigneur sur la Montagne (liv. la parce que la délectation est même de béatitude ». plus haut Donc cette béatitude » ne correspond pas au don de tion dit force. quel- y que chose ayant trait à la force. . I de VÉlhique (ch.. ch. Or. les fruits. I. le Comme été dit. en : désirant la joie que donnent les vrais biens. eflet (art. estdit au livre i3). il viii. est le don de la force. au sens de complément requis essentiellement par il la béatitude.

deux choses qui correspondent sufQsamment au don de force savoir : la patience. i/i. mais aussi pour verselle » justice uni- ou générale. qui consiste à supporter les maux . des vertus.de S. l'attente et la réalisation des biens ». ainsi que nous l'avons racine de tous vu les (q. Il ne nous reste plus qu'une question à examiner au sujet s'y de la force. sur saint Matthieu (hom.. art. pourquoi tout ce qui appartient à aussi à la charité ». . non pas seulement au la sens de la justice particulière. à Vad tertium de l'article précédent. « laquelle dit comprend toutes les œuvres i. prinuini explique que comme « le dit saint Chrysos- tome. et art. comme il est au livre V de l'Éthique (ch. Th. h'ad tertium déclare que parmi les fruits. Et. la force peut appartenir bien qu a un « titre différent. comme 68. ad S""-). la charité est la \Jad secundum rappelle que « dons 23. sont marquées .3 QUESTION CXXXIX. qui peut regarder. ardu n. ce « qu'il y a de » particulièrement âpre et la force est piécisément ce que se propose qui est le don ». — DU DON DE LA FORGE. r'-2^". il a été dit plus haut Et voilà 8. de toutes les vertus. «rf 2'"". a). leç. XV). « 21 Vad ici ». dans ce qu'elles ont de prolongé. q. dans ces œuvres des vertus. et la longanimité. h. la justice peut s'entendre dans le texte de la béatitude. C'est la question des préceptes qui rapportent.

que dans gatifs la loi de force. eh. qui sont les principaux préceptes de loi ». i et suiv. Si c'est à propos que dans la loi divine sont donnés force? les préceptes de la Trois objections veulent prouver que « ce n'est pas à propos que dans la loi divine les préceptes de la force sont donnés fait ». Gi. — La première observer que « la loi la loi nouvelle est plus par- faite que la loi ancienne. dans la loi nouvelle aussi. iiZ. préceptes de la force auraient dû. eux comme ceux de la justice. Or. ainsi qu'il a été art. C'est donc mal à propos divine sont donnés seulement des préceptes néla crainte ». xx (v. 2). aussi «.). les préceptes sont ordonnés aux veitus il comme à leur fin. Des préceptes de ses parties. d'où doivejit leur être proportionnés. défendant rappelle que « — La troisième objecprincipales. i'-2'% q. certains préceptes de la force devaient être donnés — La se- conde objection dit que d les préceptes affîrmatifs semblent remporter sur les négatifs. Article Premier. comme on au Dealéro- nome. art. tion la force est une des vertus ii. Donc. ». Or. « être placés parmi les préla ceptes du Décalogue. vu plus haut suit qu'ils les (q. dans ancienne sont donnés le voit certains préceptes de la force. les préceptes négatifs. Par conséquent. car les affîrmatifs incluent mais non inversement.QUESTION CXL DES PRECEPTES DE LA FORCE Coltc (lucslion cnmpronil i" deux articles : 2" Des prcceples de la force ellc-mèinc. .

faut que préceptes de la soient diversement institués. ce donnés dans humaines — On aura la force reet marqué cette raison transcendante du caractère de la loi de ses préceptes dans l'ordre de trait. et comme. d'un les distingue de tout ce qui est seulement hniHMin la vertu. en soit que Sainte-Écriture ne la fin parfaitement ordonné. dans le Deuléronome. que le >ouvoau le a les promesses ainsi n). selon cette parole (ch. Il dra donc que préceptes de divine. Et c'est pourx. elle divine. /i) : -V<? redoLilez point. IV. xi. — PES PRECEPTES DE LA FOUCE. saint Thomas que le déclare que c les jiic11 ceptes de la loi sont ordonnés à l'intention s'ensuit il du législateur. muniuée en saint Matthieu v. au contraire. de son auteur piincipal Au corps de l'article. autres sont les préceptes démocratiques.QUESTION CXL. parce que Seigneur votre Dieu est au milieu de vous. El voilà pourle quoi il fut nécessaire que dans l'ancienne il peuple fût instruit de la manière dont devrait combattre corporelle- ment. les la hommes devaient être instruits de manière dont la ils parviendraient. au contraire.x. Iradition de l'Écriture-Sainte il ne se peut pas. ch. selon qu'il convient à qui est Dieu. est dit. en combattant spirituelle- ment. le 3. s'autorise de ce qu' « » . à possession de la vie éternelle. autres la fin les préceptes d'un tyran » ou d'un despote. pour acquérir ses possessions terrestres. — Les lois la foi humaines. et II combattra pour vous contre vos adversaires. autres les préceptes royaux. fau- de la loi divine est que les l'homme adhère la loi à Dieu. Aussi bien voyons-nous que même dans les choses humaines. tandis spirituelles éternelles. Dans la loi nouvelle. 12) : Le Royaume des . « Or. ch. sont ordonnées à de certains biens mondains. dans l'ordre de Vad primum ment explique comment et toutefois a l'Ancien Testa- avait des promesses temporelles. les convient à l'ordination de quoi il l'esprit vers Dieu. tant au sujet de la force qu'au sujet des autres vertus. que selon les les diverses fins loi législateur se propose. loi que dit saint Augustin Contra Fauste (liv. 2 10 L'argument sed contra ce qui se trouve dans la on le voit par la elTcl. selon se trouvent la condition desquels les lois les préceptes de ». soient donnés selon quil (v.

préceptes du Décalogue sont donnés dans les comme pour les premiers principes. même sous Testament nouveau. celle de Fallaque la peut varier à selon diversité des cas. « Et voilà pour- quoi préceptes de la foice sont plutôt donnés en négatifs qu'en mode de préceptes positifs. d'ailleurs. les est facile à l'infini. parce que. qui les la loi ajoute saint Tiiomas. art. comme choses à éviter Si. être ra- « Or. qui les périls s'adresse à tous. — Mais. indiquer d'un mot. tous. » ou ou encore par quon triomphe du mal du péché ou mode de préceptes la affirmatifs par fuite. ou générale. parce qu'il ne paraît . i). Aussi bien. les actes la de dans lesquels .iv (v. C'est pour cela que préceptes du Déla jus- calogue durent poilcr principalement sur tice. la tactique de la fuite. se trouve manifestement les actes raison de chose due et non pas sur de la force. fait Vad secundum a observer que » (( la loi. et ce sont les violents qui deux remportent. qui tout de suite doivent être. rôde tout autour. chapitre dernier (v. il fallait aussi le que fussent donnés dans divine ». dans ses préceptes. des périls temporels qui pourraient l'amener. en saint Jacques. une instruction commune dans en à quelque chose de ». tuel à soutenir par le chrétien dans que nous trou- vons saint indiqué d'un mot dans cette admirable réponse de Thomas. 28) ». ch.2l6 SOMME THlÇoLOGIQUE. la loi. surtout l'exclusion de la crainte. soiiffre violence. 8. sublime ici-bas : défi jeté à tous les « maux qui peuvent nous tuent le A^e crai/jnez point ceux qui spiri- corps — C'est tout le programme du combat cette vie. parole oiî » de Notre-Seigneur « en saint Matthieu. 9) : Votre adversaire. et. semblable à un lion rugissant. choses connues. les hommes tendent aux biens spirituels peuvent en être détournés par périls corporels. saint Pierre a également ce précepte. 122. L'ad tertium répond que les a selon qu'il a été dit (q. 7) : Résistez au démon. ch. à l'en- droit du mal. les choses à faire ne peuvent pas de général. dans sa première épître. . C'est. « des préceptes de force pour supporter fortement les maux temporels. cependant. selon celle (v. x si nous trouvons un assaillir ». cherchant qui dévorer \résistez-lui forts dans lajoi. le démon. et il s'enfuira loin de vous. menées les commun ou effet.

Luc. xii. 4. Matth. Donc.. x. sous forme de précepte négatif. il 19 Rom. Or. cb.QUESTION nXL. ch. dans V. paicille- ment ainsi aussi la magnificence et la magnanimité ou confiance. — que C(i « la patience est des la vertu qui est ver lus.. ch. sur VÉrangilc). au sujet de sévérance (S. ch. xxi. étant dit gardienne aidrcs comme saint Grégoire (hom. au sujet de la patience. la 58. v. aussi. 22 I auxCorinlh.V FORCE. la loi . 1:^8). la perv. est invité. ch. Hébreux. y a des préceptes qui sont donnés 11.. la loi divine. les préceptes relatifs que sont donnés dans aux parties de la loi divine la force? Trois objections veulent prouver que « c'est mal à propos que sont donnés dans parties de la force )j. maux temporels. à ne pas et. xv. xn. touchant les autres vertus Il sont donnés des préceptes d'une façon absolue. sous forme de précepte posi- à combattre sans relâche son plus mortel ennemi qui est le démon. surtout dans la loi nou- où tout les est ordonné à fixer l'esprit de l'homme en Dieu. 1 j) . Car. et tel est l'objet de Farticle qui suit. 217 pas aussi manifestement qu'il soit dû que quelqu'un ne redoute pas les périls de mort Dans velle. ch. la pa- tience et la persévérance sont des parties de la force. sont donnés comme il convient les pré- ceptes qui ont trait à la force. : — Que penser des préceptes relatifs aux parties de la force il devons-nous dire qu'eux aussi sont marqués loi comme convient dans la divine? C'est ce qu'il nous faut mainte- nant examiner. — >k DES PRECEPTES DE L. 7). la loi divine les préceptes relatifs aux « — La première dit que comme la ((j. Article Si c'est à propos II. de même . S. divine {Ecdésimluiiie. fallu v. qu'on le voit par ce qui a été dit pins haut il Or. l'homme craindre tif. \ . v. XXXV. eût que fussent donnés certains préceptes touchant la magniLa seconde objection déclare ficence et la magnanimité ». le plus nécessaire. pas fallu que touchant la n'eût donc patience soient donnés des préceptes . pour même raison.

Donc. besoin. 2). ^'8 SOMME THÉOLOGIQUE. au sujet de n'aurait pas fallu patience et de la persévérance. de mort. de et adjointes. tience et préparation de l'âme. par là. xix). il que soient donnes des préceptes ». la comme il a été question 100 de Prima-Secundœ. l'homme a non seulement des vertus principales. qu'il faut toujours compléter. d'un mot. 1. la force. Or. mais seulement des préceptes négatifs L'argument «ed contra s'autorise de ce que « le contraire est ». 128. comme »> dit suint Augustin dans le livre du Sermon sur fait la Montagne — La la (liv. moral bien le est de suivre l'ordre même des comme si faire notre saint Docteur. q. affîrmatifs. pour bien vivre. dans l'ordre de la morale. d'une part. préc. que la méthode la la en même temps que a su plus sûre de donner dans toute sa per- fection l'enseignement vertus. art. Et c'est pourles préceptes même que les actes les sont donnés qui conviennent touchant des vertus principales. art. mais aussi des vertus secondaires quoi. dans la loi divine. Nous voyons plus excellente et la plus facile aussi. saint divine instruit Thomas répond. do même chant aussi sont les actes donnés préceptes qui conviennent lou». magnificence et la magnani- mité. et la patience et la persévérance. 4. entre la la différence qui existe. par ce corps d'article. comme a été dit (q. a été comme mais seulement des préceptes névu plus haut (art. la troisième objection observer que u pail persévérance sont des parties de la force. q. des vertus secondaires et adjointes — iNous voyons. acquis par ce qu'on trouve dans l'Écriture-Sainte Au « corps de Tarticle. dans toute la Secunda-Secundœ Vad primum marque excellemment en ce qui est des préceptes. au sujet de )> ne sont pas donnés des préceptes les périls il affirniatifs en ce qui regarde gatifs. 187.. ad 2""'). les prescriptions marquées formelleles ment dans le Décalogue par de la prescriptions indiquées dans les autres livres Sainte-Écriture et implicitement conte- nues d'ailleurs dans expliqué à la les préceptes du Décalogue. d'autre part. « La magnificence et la magnanimité n'appartiennent au genre . la qui s'entendent selon de ch. Or. la pareillement. i36. que à la perfection de toutes les la loi l'homme choses qui sont nécessaires pour bien vivre.

comme . ont pour objet peines d'ordre moindre.QUESTION CXI. de là rien même aussi les préceptes de la patience les d anoraiai. selon qu'elle se distinguo les de la patience et de la il pe»sévérance. qu'au tiijet persévérance. de la perfection il que sous les préceptes de !a néces- à cause de cela la n'y avait pas et la touchant conseils. en ce sens que l'homme doit être prêt à les accomplir ». — DES PRECEPTES DE LA FORCE. et la persévérance. art. haut les (q. 5. comme portant sur la choses ordinaires de et la vie au sujet. Et parce que sité les choses qui touchent à l'excellence tombent plutôt sous les conseils . il excellemment tout ce patience et de la qu'ils doivent n'y est donné des préceptes. bien qu'ils obligent toujours. au contraire. les adlictions et les ne faut point déterminer en particulier ce qu'il y a à faire. art. « la L'ad tertiam déclare que force. 71. il a été dit plus 10). déterminer ce qui doit être ». 2. quand besoin 11 n'y a donc la patience. 219 de la force qu'en raison d'une certaine excellence de grandeur qu'elles considèrent à l'endroit de leur matière propre. et où La patience. de magnilicence de la niugnauiinilé. sera. moment. il dans lesquels faut agir avec plus de précaution. art. Et voilà pourquoi à on peut davantage. leur sujet. de la les d'ailleurs positifs ou au alfirmatifs. mais les selon les temps et les De même donc que préceptes affîrmatifs qui portent sur les autres vertus doivent être pris selon la préparation de l'âme. magnificence à donner des préceptes magnanimité mais plulôf des : Les afflictions. au contraire. 3. cur. au sujet des parties de la force. contraire. et les peines de la ia vie présente appartiennent à patience et à la persévérance. fait. préceptes affîrmatifs. donnés dans l'ÉcrUure-Sainte. .. porte sur plus grands périls. surtout en général ou d'une manière universeiie Les préceptes. non en raison d'une certaine grandeur considérée en raison mais en persévé- du genre même ». n'oblià tout gent pas cependant lieux. sont être. i''-2''% q. q. « Et c'est pourquoi la ont été donnés des préceptes touchant rance observer que patience et la L'ad secuiidam fait « comme ad 3'"" . elles. » de ces matières. 100. dans préceptes relatifs à comme le supposait à tort l'objection.

nous avions dû traiter. de la tempérance elle-même (q. i4i. les vices qui lui sont 1^2) — Ainsi donc l'étude de la rance elle-même va faire l'objet de la question suivante. i4i). secondement. mais seulement des conseils. de ses préceptes (q. qu'à étudier la dernière des grandes vertus cardinales. — (( Nous traiterons : d'abord. tempé- la (q. i42). troisièmement. . et les parties qui s'y rattachent. ». de ses parties (q. il appartiennent plutôt à l'ordre de la n'est point donné de préceptes. pour clore tout le traité des vertus. la — Au sujet de tempérance elle-même. tempérance elle-même opposés (q. — Nous n'avons plus. maintenant. il faut considérer : premièrement. 170). (jui portant sur des choses perfection. secondement. i43- 169). Après la justice et ses parties.2 20 POMME THÉOLOGIQUE. savoir la tempérance. considérées dans leur détail. dans l'ordre des vertus. de la force et des parties de la force.

Des huit articles qui composent cette première question. les sa matière. Nulle part ailleurs. dans la tempérance. son regard serein. si haut et si précis tout ensemble. si lumineux. son beau Docteur Angélique. articles 7 et 8. les deux premiers étudient les articles /j-5. parmi les docteurs de l'Eglise. — Venons tout do siiile à l'article premier. si pur. la raison de vertu. de suivre le saint Docteur dans sa merveilleuse élude. .QUESTION CXLI DE LA TEMPERANCE Cette question 1° comprend huit articles : 3° 3" 4° 5" t'y 7° 8° tempérance est une vertu? une vertu spéciale!* Si elle porte seulement sur les concupiscences et les délectations ? Si elle porte seulement sur les délectations du toucher? Si elle porte sur les délectations du goût en tant que goût. sa règle. en ces matières par elles-mêmes très délicates et qui occupent une telle place dans l'ordre de la vie husi maine. sa dignité. ne titre lui di' a mérité. l'article G. ou seulement en tant que toucher? Quelle est la règle de la tempérance? Si elle est une vertu cardinale ou principale? Si elle est la plus grande des vertus? Si la Si elle est Le seul énoncé des faire pressentir jusqu'à titres que nous venons de lire peut nous quel fondd'analyse psychologique et phyva porter ses investigations au cours fête siologique saint Thomas du et traité que nous abordons. plus qu'ici. Ce sera une la pour l'intelligence pour raison morale.

(i''-2^% q. i. car on en trouve beau- coup qui sont tempérants. 65. Or. qu'en nous y a une npdlude naturelle à la vertu. Thomas part de cette vérité.. 3). art. 68. . n. il est dit i). Donc la tempérance n'est pas une vertu sième objection rappelle qu'à chaque vertu correspond queli>. n. Ieç. 4). comme on le voit par ce qui a été dit plus haut il (i"-2^% q. 19. la Musique (ch. 139). allant au plus profond de question. VIII. saint (i"-2"''. •». comme ». 3. Donc la tempérance n'est pas une qui : vertu L'argument sed contra « dit » m au la appelle à « saint Augustin ivn' ». dit qu' « aucune vertu ne répugne il à l'inclination naturelle. art. il comme vu plus haut en est qui ont la tempé- rance et qui n'ont pas autres vertus. puisque dans ce que nous avons vu tous 45. Article Premier. et au la livre II de VÉUnque que « » (ch. que don. ne semble pas qu'à la tempérance quelque don corresponde déjà 9. 8. 8. les dons ont 121. m. ieç. bien. été attribués aux autres vertus (q.222 somme tiléologique. 3 de S.. d'incliner l/iomme au la raison. n. fait il que (( les vertus sont connexes entre elles. 52. en ce qu'elle a d'éternel et par conséquent de plus actuel dans les objections que les hommes se feront toujours contre la tempérance. pour ce motif. ch. le bien de l'homme saint consiste à être selon comme le dit Denys au . xv) Cest la vertu qui s'appelle tempérance Au corps de l'article. qu' est de la raison de la vertu. Or. 8). n'est pas Donc la tempérance observer a été une vertu — les La seconde objection Or. la tempérance détourne des délectations auxquelles la nature incline. . que vertu n'est le développement de cette aptitude amenée à sa perfection. i. Si la tempérance est une vertu? la Trois objections veulent prouver que « tempérance n'est la pas une vertu ». expressément. Th. — La première. de S. u Yl de ». il est dit au livre II de VÉ'hique (ch. cornme Th. énon« il cée plus haut q 55. lesquels cependant sont avares ou — La troi*craintifs. art. i).Or.

répondant à (fui Saint Thomas en que « difficulté l'objection. convient. fait elle. voulant ré- gner. son nom même . implique une certaine modération ou un certain lempéramenl est que fait la raison. L'ad secundum. . tempé- mais plutôt de la celles qui sont contre n'est pas con- Par où l'on voit que tempérance traire à l'inclination de la elle. tra du reste. dont manquent tous ceux qui sont vicieux » . il y aura toujours quelque chose à reprendre en conclut. la raison. « La tempérance. une vertu ». étant soumis aux vices opposés. D'antre part. bestiale qu'il non soumise le — les Voilà la grande vérité la importe plus de retenir au début de ce traité de tempérance. en raison d'une certaine disposition natu- au sens où certaines vertus imparfaites sont naturelles . ceux manquent la des autres vertus. Elle est nature humaine. en tant que est rai- sonnable. mais convient avec contraire cependant à l'inclination de la nature à la raison ». s'ensuit que ces délectations conviennent la à l'homme. prétend blâ- mer et condamner ce que la droite raison réclame et bénit au plus haut point. — DE LA TEMPERAKCE. tempérance qui « est une les mais ». Th. Elle coupe court à tous faux reproches et aux protestations intéressées delà mauvaise nature.QUESTION CXLI. et même si elle garde une certaine appaiente con- formité avec la vraie vertu de tempérance. n'est point sans la prudence. qui. n'ont pas vertu . Mais. s'ils en pratiquent les actes. parce que l'homme. quand la la prudence de défaut. s'ensuit la que la vertu humaine est celle qui incline à ce qui est selon il raison. Icc. 22). L'ad prinuun doit êlre noté avec le plus grand soin. Il que que Et donc « la nature incline à ce qui convient à la chaque l'homme recherche naturellement il délectation qui lui tel.. dans l'homme. Et de celles-là. qui sont selon rance n'en détourne point la raison. ils pratiquent actes de cette vertu relle. selon qu'elle a d'une manière parfaite la raison de vertu. c ir est manifeste qu'à cela incline la tempérance. IV des l\oms Divins (de S. sur les ruines de la raison. Il 220 ch. pose le principe qui nous permetet de rejeter ce qui serait une fausse tempérance que par suite la droite raison n'approuvera jamais. Donc la tempérance expliêtre.

sur lesquelles porte la temi3érance. art. 63. — Toutefois. suit. aux hommes. — Celte réponse noiis explique pourquoi. un certain l'homme au tempérament ou une il certaine mesure qui est l'œuvre de la raison. parce que pour éviter d'offenser l'homme a le plus besoin le de la crainte divine pour fuir les choses qui attirent le plus. a été déjà traité de ce don. Vad tertkim déclare qu' « à tempérance aussi répond un certain don. d'une façon secondaire. ad '1""*). et. i). selon cette parole (cxvni. 9. sans comme il a été dit plus haut (i''-2"''. la ad f"'"). Mais. incline à ce qui est selon la raison . la laquelle. art. lui cor- Ce n'est pas que il il la tempérance de Il n'ait pas de don qui responde. et c'est le don de crainte. il correspond à haut (q. comme il l'avait fait pour grandes vertus dans tous les traités qui ont précédé. — même Mais pouvons-nous parler ici de vertu spéciale? La tempérance ne serait-elle pas plutôt une certaine les condition de vertu qui se retrouverait dans toutes C'est ce qu'il vertus? nous faut maintenant considérer. Car elle incline Impliquant.OGIQUE. n'a point la perfection de la raison. en effet. q. art. prudence. Et.22'| SOMME TUKOI. qui est le s'est agi don de il quand ici. par lequel frène les délectations de la chair. ou en raison d'une disposition acquise par Ihahitude. qu'il évite d'offenser. peut regarder tout ce que l'homme Dieu.. V. ainsi /j. à cause de cela don de crainte corres- pond aussi à la tempérance ». 120) les révoltes : l'homme redu psaume moi Que votre crainte achève d'exterminer en de la chair. et tel est l'objet de l'article qui . n'y avait donc pas à en traiter de nouveau La tempérance bien. G8. la vertu d'espérance à laquelle correspond tout d'abord. dans Thomas n'a pas la division du traité de la tempérance. comme fait dit plus il 19. a été il principalement Dieu. est une vertu. q. s'ensuit qu'elle est le vrai et cela bien de l'homme. saint annoncé une partie distincte devant traiter du don qui correspond les autres à celte vertu. mais crainte. qu'il a été dit plus haut » {[bid. la vertu d'espérance. le don de crainte regarde à ce titre.

i. belle vertu. Donc l tempéest rance est une vertu générale de « ». fait de la tempérance une vertu spéciale Au corps de l'article. Donc la tempérance^n'est pas une vertu spéciale L'argument sed contra qui. Augustin ».5 QUESTION CXLl. n. qu'il appartient à la tempérance de se garder à Dieu dans une parfaite intégrité convient à chaque vertu. « se réfère à l'autorité d' a yXrislote ». et tout ce qui est juste est beau. de S. 22 Article Si la If. d De même donc La Force el le nom de tempérance peut se — la Tempérance. quand on la \ ille et veut désigner certains actes pontificaux s'adressant à au Monde. 19). xxvn). Or. au livre des Devoirs (ch. qui « au livre des Mœurs de l'Église (ch. i5 . qui « dit. vu. tempérance est une vertu spéciale^? Trois objections veulent prouver que « la tempérance n'est pas une vertu spéciale « saint ». xlui). Xlll. leç. à son sujet ou au sujet de l'une de ses parties. et c'est ainsi que le mot » : Ville antonomase pour Rome la auquel sens on a encore aujourd'hui formule Urbi et Orbi. Or. que dans et tempérance surtout on attend on cherche la trcuujuillité la de l'âme. saint Thomas nous fait observer que « selon la coutunie du langage humain. Or. 8) cl au livre II (ch. X. Th. — La troisième objection au livre un que texte Cicéron le ». au li- vre m (ch. Et tempérance. le la beau se considère pro- prement dans droit ». ceci appartient à toutes les vertus. ». — DE LA TEMPERiVNCE.. générale broise ». Th. ceci la Donc I tempérance est une vertu — La seconde objection en appelle à « saint Amla qui « dit. — La première arguë d'une parole de dit. et sans corruption aucune. leç. 3. des Devoirs (ch. cerlains noms com- muns sont appliqués par mode de restriclion aux choses qui sont les plus importantes parmi toutes celles qui se trou\cnt contenues sous cette généralité (en latin Urbs) est pris par .. xv). de S. comme « il est' dit au même en- nous-mêmes parlerons de ». que beau ne peut pas être séparé de llionnêle. n. ».

de la force. et par mode — pareillement aussi l'intégrité que saint Augustin ». . parce qu'elles sont essentielles à (art. ce qui est commun à toute vertu mo- rale. tandis que la force pousse à supporter ou à attaquer les clioses qui feraient que l'homme se si détournerait du bien de la raison. I chapiiic ly des Noms Divins (de S. aussi.. au 5. convienne d'une façon quoiqu'elle )). pour une double raison. de la règle de la raison et de la loi divine. Premièrement. à la la tempérance. la prendre d'une double manière. l'homme. du reste. D'abord. commune toutes les Vad tertium dit que « quoique la beauté convienne à chaque vertu. parce que nom de tempé- rance signifie un certain tempérament ou une certaine modération et les mesure que la raison établit dans les opérations et dans passions humaines. la tempérance le une vertu spéciale. selon qu'elle refrène l'appétit à l'endroit des choses qui sont le plus alléchantes alors elle est ciale. 5. en quoi consiste la raison la beauté. Vad primam répond que « l'appétit de l'homme se corrompt surtout par les choses qui attirent l'homme et l'amènent à se détourner de de cela. Et.226 SOMME THEOLOGIQLE. comme on le voit par saint Denys. leç. par mode d'excellence. selon raison commune de de la tempérance. mais générale. Et. la tempérance se considère par antonomase.' Toutefois. même rales. comme ayant une matière spé- comme. selon que toutes deux se prennent comme vertus géné- Car la tempérance détourne des choses qui attirent conla trairement à l'ordre de raison . attribue à la tempérance L'ad secundum déclare que « les choses sur lesquelles porte la tempérance sont le plus de nature à troubler l'âme. par la raison.. la force ». selon sa signification. que le : nom de tempérance peut se prendre d'une double manière d'excellence d'une façon commune. une vertu spéciale. 5). p. 4. comme il sera dit plus loin Et voilà pourquoi la tranquillité de Tâme à est attri- buée à vertus la tempérance par mode d'une certaine excellence. la tempérance difïère. cf. cependant elle est attribuée. Mais. à cause même . q. à laquelle appartient une certaine proportion mesurée et qui convienne. pour l'homme. généralité de n'est pas dans ce sens. Th.

Et. parce que refrène les choses à propos desquelles tempérance mouvements de l'appétit sont ce bas dans l'homme et qui lui convient selon qu'il la y a de plus i"'". prise par antonomase. mais la la modé- ration ou tempérament apporté par raison dans moule vements plus. ifi2. ici que saint Thomas sant.R A>Ci. nous l'avons vu. lettre tempérance. se demande là. H) : On appelle honnête. art. D'oii tout à la tempérance à la suit que beauté s'attribue sur- comme étant la vertu qui s'oppose le plus laideur ou à la souillure dans l'homme.. q. p. les I. [\. et voilà pourquoi l'homme il est le plus de la nature à être enlaidi par ces choses. C'est. 1/12. toute modération ou tout la raison tempérament apporté par fectifs dans les mouvements les af- de l'homme tendant le vers ce qui l'attire. obj. . 7. (q. — 11 affectifs de l'homme tendant vers ce qui l'allire nous faut maintenant examiner d'abord. à revenir plus loin si sur toutes ces remarques profondes pleines d'intérêt. 4). saint si Thomas en ef^el. dans les concupiscences ou par Saint Tho- les désirs et les délectations ou les ])laisirs. X.QUESTION CXLI. elle consiste cette matière spéciale de la vertu de tempérance. à ce sujet. i . de notre Commentaire. si effet. ad art. 227 ad l"'". en effet. — DE LA J EMPl. qu'elle se distingue de la force. t. — Nous aurons. en général. Car elle ne désigne point. C'est pour la est surtout attribué à la même raison. celai qui n'a rien de honteux. nature bestiale. art. 189). la Seconde- ment. (liv.que l'honnête Saint Isidore dit. parce qu'elle repousse les vices qui sont le plus dégradants. 8. est une verUi spéciale. car l'état l'honnêteté se prend comme et cet état se con- sidère surtout dans la tempérance. mas va nous répondre à l'article qui suit. comme en et il sera dit plus loin » 4). art. comme il sera dit plus loin (art. au livre des Étymologies de l'honneur. se contente de nous indiquer en pas- La tempérance.

semble qu'il est plus difficile de tempérer la crainte. les passions de Donc il semble que la tempérance ne porte pas seulement ». Or. et la mesure des choses. le grâce de I la modération. que de mode' rer les concupiscences et les délectations. que l'on méprise en saint (q. ch. ch. les concupiscences et les délecta- L'argument sed contra des Étymologies (cf. Donc tempérance ne porte pas seulement sur tions ». leç. II. Or. tempérance porte seulement sur et les délectations? les concupiscences Trois objections veulent prouver que « la tempérance ne ». qui « dit. que . comme Au- gustin le dit. au livre des Quatre-vingt-trois questions la xxxvi). Isidore ». que la tempérance passion est la domination modérée de la raison sur la et les autres mouveles ments impétueux de rame qui ne conviennent pas. comme dit saint dit. qui u dit. » sur les concupiscences et les délectations tion arguë de la définition de « la vertu — La seconde objec. Article Si la III. mouve- ments impétueux de l'âme désignent toutes l'âme. raison de la douleur ou des périls de mort. Donc il semble que vertu de tempérance ne se considère pas ». surtout à l'endroit des périls de mort. 3). liv). n. porte pas seulement sur les concupiscences et les délectations — La ferme première est un texte de « Cicéron ». surtout à l'endroit des concupiscences et des délectations — li- La troisième objection appartient broise. et qui est bon {Éthique. « à la tempérance.•23 SOMME THEOLOGIQUIÎ. la fait remarquer qu' (ch. il II. de qui est difficile S. Amtout il au livre du Devoir xliii). Th. liv. Et Cicéron au vre I du Devoir (ch. dans sa Rhétorique et (liv. qui « porte sur ce ch. et les délectations. au livre la Du souverain Bien. xxxvii. xxvii) qu'à la tempérance appartient apaisement des troubles de l'âme faut établir la mesure. les non seulement dans concupiscences en mais encore dans les actes extérieurs et la n'importe laquelle des choses extérieures. cite « S.. ni. xlii). lo. Or.

selon comme a été dit quand que il s'agissait des passions (i^-a"^. à la vertu la morale appartient les conservation du bien de la raison. mais plutôt la servent. 12 nous rappelle que . l'appétit sensible poursuit . Le mouvement. tempérance. porte aussi sur l'audace. i). plus haut. art. l'un. con- sidérés selon leur espèce. mouvements de donner de De même donc que la fermeté dans le bien — vertu de force. « comme a été dit plus haut la (q. porte encore sur les tristesses qui proviennent de l'absence de . mais plutôt selon son effet en ce sens que l'homme. à cause de cela. au contraire. par voie de conséquence. q. les à la raison manque mesure. consiste surtout à l'endroit de la passion qui regarde la fuite des . aux choses terribles. maux corporels. passion et la 229 est tempérance refrénée ». savoir et. délectation . art 2). — la DE LA TEMPERANCE. qui itn|)li- que une certaine modération. raison contre des passions qui répugnent à Or. il saint Thomas i23. et. s'éloigne par conséquent de ce bien de la raison lui- même. Le premier de ces l'appétit sensible deux mouvements de par le répugne surtout effet. est ce par quoi concupiscence Au corps de l'article. consiste surtout cence ou le désir.QUKSTIOîN CXLI. qui a dans son concept de donner de savoir la crainte la fermeté. Ils lui la raison. tandis qu'il fuit les maux sensible fuyant les : sensibles et corporels. non pas pour le manque de mesure. qui s'attaque certain bien. 23. Et. art. concupis- par voie de conséquence. i36. de l'appétit maux sensibles. selon qu'il fuit les maux de sensibles et corporels. et la à l'endroit dos la passions qui tendent aux biens sensibles. ou recherche les biens sensibles et corporels l'autre. est surtout contraire à la raison. sert comme sa des instruments dont la raison se pour atteindre propre répugnent surtout selon le que l'appétit sensible y tend sans garder la mode ou il la mesure de la raison. à vertu morale appartient proprement de modérer la ces sortes de passions qui impliquent poursuite du bien. aussi. qui parfois accompagnent le bien de la raison. le mouvement il passions de l'âme est d'une double sorte. de Et c'est pourquoi il appartient à la vertu morale dans la ces sortes de la raison. C'est qu'en biens sensibles et corporels. q. sous l'espoir la dun — pareillement. ne répugnent point à fin.

modérément de sence des choses désirées L'ad secandam désir implique fait observer que « la concupiscence ou le un certain vers la chose qui plaît. contre cela. la suit de là que la tempérance en imposant directement le mesure aux par passions du concupiscible tendant vers bien. passions qui regardent la fuite du mal présupposent les la passions qui regardent l'irascible poursuite du bien . Celui qui. Et voilà pourquoi la tempérance est propreet la ment à l'endroit des concupiscences. son objet doit être surtout . Vad prinmm quand 2).2. à l'endroit des craintes L'ad terl'mm dit que « les actes extérieurs procèdent des pas- sions intérieures de l'âme. les il explique que « comme il s'agissait des passsions (i*-2*% q. de pose les choses terribles . l'homme fermeté d'âme. C'est et directement. une certaine voie de conséquence. par voie de conséquence. ». porte seulement le sur les passions de l'appétit concupiscible qui sont désir et la qu'en effet. Mais la crainte impli- que un certain et retrait de a maux. il que l'ab- des espoirs modérés et s'attristera aussi ». que des désirs modérés. impose.)0 SOMME THEOLOGIQUE. La tempérance. et c'est ce que fait la tempérance. mouvement impétueux de l'appétit lequel mouvement a besoin d'être rel'âme s'éloignant de certains besoin de la fréné. et les passions de Il présupposent les passions du concupiscible. à cause décela. dans l'ordre de la raison. impliquant essentiellement raison les de mesure ou de tempérament. art. proprement le plaisir. n'aura. 24. leur modération dépend de la modération des passions intérieures ». en effet. en ce qui est de leur mode d'agir respectif et des passions qu'elles ont pour objet de maintenir a été dit plus haut. — Il eût été difficile de mettre mieux en lumière de force et le caraclcre propre des deux grandes vertus de tempérance. force. ce que donne la force. allas 25. de même même cette que l'audace présuptristesse provient de l'absence de ces délectations ». Et. : ces sortes de déleclations car. en tant qu'à la modération des premières suit la mon'a dération de celles qui viennent après. i. la mesure à toutes les autres passions.

81 la tempérance porte sur les concupiscences et les délectations du toucher? Cinq objections veulent prouver que « la tempérance ne Augustin le porte pas seulemeut sur les concupiscences et les délectations du toucher qui 'a « dit. Et. mais les désirs des délectations des autres sens. dans première Épître à Tiinothée. dit. tions aussi il n'y a pas que les désirs des délectadu toucher. qui. — DE LA TEMPÉRA^CE. les (v. lo).. nous avons à préciser. au livre des Mœurs de et l'Église (ch. 4. il ou encore delà gloire mondaine la la en raison de quoi chapitre dernier cupidité. l'un des plus importants. . est dit. est m. 23 1 passions qui se portent vers les — Mais. que celui qui digne de petites choses et qui se contente de ces choses est temles oérant. 8). Ahticle IV. — est les La première en appelle à de contenir « saint ». ment. au li- vre IV de VÉthique (ch. les désirs des richesses. — La seconde objection (( apporte le texte. car les passions qui se portent vers les biens sensibles se spécifient selon la diversité de ces objets. que rôle de tempérance d'apaiser les désirs qui nous font lois soupirer après choses qui nous détournent des de Dieu et des fruits de sa bonté. la un peu après. elles aussi. qui nous détournent des lois de Dieu. font partie. des séductions corporelles et. biens sensibles. ». mais n'est pas magnanime. de Th. Icç. que racine de tous maux est la Donc la tempérance ne porte pas seulement sur les désirs des délectations du toucher u ». n. d' Aristote ». les il ajoute que V office de tempérance est de mépriser toutes séductions corporelles et la louange du peuple. petits ou . pareille. De quels objets s'agira-t-il. avec celui qui vien- dra après. déjà connu.QUESTION CXLI. des plaisirs qui portent sur à S'agira-t-il seulement des désirs et l'objet du sens du toucher? Saint Thomas va nous répondre le traité l'article suivant. qui S. honneurs. de tout de la tempérance. Or. ici encore. xix). du reste. sirs ou des plaisirs que règle ou que quand nous parlons des démodère la tempérance. Or.

5). art. l'autorité d' « Aristote ». dont est parlé en cet endroit. mais selon la perception psychique ou « porte pas seulement sur les Donc la tempérance ne délectations du toucher ». Or. elle ne porte point sur toutes. en est de tempérance de la à l'endroit des concupiscences et des délectations comme les force à l'endroit des craintes et des audaces. Il s'ensuit que pareillement fau- . ». ne sont point chose où l'on se délecte selon le sens » du toucher. x. La de l'âme. lois la en qui s'éloignent des de Dieu et de l'état de la vertu . 20). le jeu. 5). précéd. quand il dit Vous serez comme des dieux. et aussi bien fût-ce la science que le démon promit au premier homme. — troisième objection dit que « les choses qui sont d'un même genre paraissent appartenir par la même raison à la matière de quelque vertu. Or. L'argument sed contra oppose « dit. il comme la il a vu plus haut. sachant le bien et le mal. en raison des est désirs des délectations spirituelles.. par exemple. il qui sont les périls de mort. v. quand s'agissait des passions ». n. Or. que la tempérance proprement ». par une même ». leç. il grands. Or. en raison de curiosité de la science. raison. par exemple. la comme a été dit (art. de présente (i'-2*% 3i. dans \di Genèse {ch. sur celles qui consistent dans Donc la les délectations du toucher ne sont pas la matière propre de tempérance de Th. toutes être les délectations des sens paraissent d'un même genre. au livre III de VÉthiqiie (ch. qui . tempérance porterait sur toutes du toucher. saint il Thomas prend il acte de ce que. à l'endroit des désirs et des délectations du toucher Au « corps de Larticle. 9 est S. la Donc. qui détruisent ou éteignent nature elle-même. « si les délectations La cinquième objection déclare que du loucher étaient la matière propre de la les délectations — tempérance.). ni. elles appartiennent à trième objection matière de la tempérance observer que « — La qua- fait les délectations spirituelles sont plus grandes que été les délectations corporelles. la force porte sur les craintes et les audaces par rapport aux la maux plus et grands. Donc la tempérance ne porte pas seulement sur les délec: tations du toucher la ».232 SOMME THÉOLOGIQUE. il parfois. relire à l'occasion « dans un question article qu'on ne saurait trop q.

fait tempérance porte sur les Vad primuin obsrver que « dans ces textes ». de par ailleurs. mais aussi. à la modération des choses extérieures. par et appartient à la tempérance. concupiscences ». cités par l'objection. ces opérations sont la le plus naturelles aux animaux. qui conservent des sexes. condition générale de — Toutefois. — DE LA TEMPERANCE. mais selon qu'à appartient mesure ou modération de appartient à la la raison en n'importe quelle matière. Il que la tempérance est l'enel à l'endroit des délectations qui regardent les opérations sexuelles. Dans les auties animaux. les autres a d'une façon secondaire. Et parce que la délectation les délectations suit l'opération connaturelle. et affections de l'àme.XU. des autres sens ne se délecte à lu la sont causées des délectations que dans l'ordre aux objets sensibles cerf du toucher. on peut dire aussi que celui qui est à • même suite. réfère le nom de tempérance que l'homme tend nées. ces sortes de délectations suivent la le sens délectations du toucher. ce qui la vertu. Gomme. c'est ainsi que le lion ou en entendant sa voix. en cet endroit. « saint Augustin semble prendre la tempérance. principalement propre- ment. non pas selon qu'elle est une vertu elle spéciale ayant la une matière la déterminée.QUESTION C. ajoute saint Thomas. de modérer les concupiscences du toucher. en vue de vue du » nourriture ou de . D'autre part. Vad secundam dit qu' Aristote. s'ensuit nature de l'individu par ce qui nourrit et qui abreuve. et la nature de l'espèce par l'union proprement à droit des délectations attachées au boire et au manger. il demeure que du toucher ». Et. Vnd tertiam nous avertit que « les délectations des autres les sens n'ont point le même rapport dans hommes et dans les autres animaux. seront d'autant plus véhémentes qu'elles suivront des opérations plus naturelles. les 233 les dé- dra que la tempérance porte sur sirs concupiscences ou des plus grandes délectations. alors à certaines choses qui lui sont proportion- non selon que ce nom se lapporte à la modération des laquelle appartient à la vertu de tempé- rance 1). de refréner les plus grandes délectations pourra à bien les plus forte raison refréner il délectations moindres.

L'homme. lui. sont selon raison. mais aussi pour le rapport ou l'harmonie des choses sensi- bles ». tuelles. Et. en une réponse vraiment d'or. contre le le mouvement impéle bien de la raison est conservé par la vertu ». au contraire. non pas seulement pour cela. vertu spéciale dans l'or- dre des plus grandes délectations à maîtriser. non d'une façon principale. la tempérance s'exercera.OGttJUE. dans l'ordre fasse des la délectations se trouvant dans l'homme. lesquelles. (. qui sont plutôt délectations de l'artiste tel et non en la tant qu'animal. Mais en tant que les objets sensibles des autres sens sont chose qui plaît en raison de leur convenance ou de leur proportion. Les délectations spirituelles. ces passions n'ont point ce caractère de chose principale. . en tant qu'elles se réfèrent aux délecta- du toucher. morale ». qui que ». nous dit saint Thomas. la proie que le cerf va être pour se délecte selon les autres sens. étant donné sa nature d'être sensible. D'oii il suit qu'elles n'affectent point avec autant de véhémence tueux duquel l'appétit sensible. — « On peut dire aussi « ajoute les saint Docteur. dans l'homme. prend plaisir dans un son bien harmonisé. bien que selon leur nature elles soient plus grandes que les délectations corporelles. à « de réponse précédente. tempérance prise par antonomase. ne relèvent pas à ou de l'homme raisonnable en tant que proprement et distincte parler de tempérance. sont les délectations du toucher en tant qu'elles servent à la conservation On aura remarqué ce qu'il y a de l'individu ou de l'espèce. à l'article suivant. le retrouverons. se délecte et comme si l'homme cette . de profondeur dans le point de doctrine que vient de nous si- — gnaler saint Thomas. « Il suit de là qu'à l'endroit des délec- tations des autres sens. Nous jour. à cause de la raison qui est en lui et que les sens ont pour mission de tions servir. mais par voie de conséquence. à cause de cela. sous un nouveau que nous L'ad qaartum confirme la remarque la fin et l'explication la soulignions tout à l'heure. à les que délectations spirila prendre en elles-mêmes. cependant elles ne sont point également perçues par les sens.2'6h SOMME THÉOT. les se dise à leur sujet — Ces délectations. délectation n'appartient pas à la conservation de la nature et.

— DE LA TEMPÉRA>'CE. que sur elles toutes il porte la tempérance mais seulement.OUnSTION CXLI. . et. ce n'est d'une façon accidentelle. et ceci ne peut que ce qui intéresse les opérations les plus nécessaires à conservation de la nature humaine soit dans l'individu soit dans l'espèce tout entière. considérée sous sa raison de vertu spéciale par antonomase. comme a été dit. qu'une délectation spiri- une autre meilleure et qu'il faut plutôt vouloir 1). sur celles qui ont trait au boire et au sexes. il n'y a pas à les refréner. faut qu'elle porte sur ce qu'il y a de plus grand dans être la cet ordre-là. vie On pourrait l'appeler l'article par excellence de et du monde. — Un dernier point nous reste à préciser. manger ou à l'union des C'est donc uniquement sur les délectations ou les plaisirs de la table et des sexes. uniquement sous leur raison de plaisirs du toucher. que porte proprement la grande vertu de et tempérance. La question donc de savoir si les plaisirs attachés à ce sens relèvent de la tempérance. ou aussi sous leur raison propre de plaisirs par la môme occasion. Vad quintum répond que Et voilà pourquoi il « toutes les délectations la du sens du la toucher n'appartiennent point à conservation de nature. — Nous allons lire cet article avec toute l'attention qu'il mérite. tuelle fait obstacle à par exemple. Cet article va compléter merveilleusement doctrine de l'article la précédent. Car. nous aurons à redire les plaisirs la du goût un mot plus . C'est qu'en effet le sens du goût a ceci de particulier qu'il a quelque chose du sens du est loucher en même temps que de lui-même. si 235 par suite. en ce qui est de cette matière propre do la vertu de tempérance. fait le de ce qu'il en faut penser touchant ce qni puissent être la en fond. ou de plus véhément. étant dans l'ordre des plaisirs ce qu'est il dans l'ordre des périls. n'est point nécessaire )\ . ex- plicite encore de ce qui regarde des autres sens. Il a trait au sens du goût. dans Tordre de la modération ou du tempérala partie ment à apporter aux mouvements de affective senla force sible. quelques trompeuses qu'en les surface ou apparences. en tant.

plus encore que sur les délectations fait propres au toucher « ». de continence et de ^incontinence . le goût ayant pour de distinguer ce qui est bon ou ce qui est mauvais. sième objection déclare que de VÉlhique (ch. Or. Donc la tem- pérance porte sur les délectations propres au^oût. m. quant à la substance même du de l'aliment ». tempérance l'intempérance parawsen/ peu ou du tout faire usage du goût . plus nécessaires à vie de l'homme que la délectations » ou les plaisirs « des sens. lesquelles appartiennent au goût. le tou- cher parait être sens de l'aliment. de S. Article V. ce les qui plaît ou ce qui déplaît. Th. Th. « la saveur. la tempé- rance porte sur les délectations L'argument sed contra qui « dit que point la cite et un mot ». la tem- pérance porte sur le goût plus que sur u toucher a été dit . « le il Donc ». ch. des tempérance porte sur les délectations » ou les plaisirs « choses qui sont nécessaires à la vie de l'homme. à laquelle appartiennent les délices. aux délices semble appartenir la délectation qui est dans les saveurs. [\.236 SOMME THEOLOGIQUE. n. Or. Donc propres au goût >-. les délectations » et ou les plaisirs « La première dit que du goût consistent dans la — les mets dans les les boissons. leç. k. les comme au iv. de la persé- vérance et de la mollesse. — La seconde objection observer que la tempérance porte sur les pas- sions plus que sur les choses elles-mêmes. dans aliments. vu. très net d' « Aristote ». — La troilivre VII leç.. Si la tempérance porte sur les délectations propres au goût? Trois objections veulent prouver que « la tennpérance porte sur « les délectations propres au goût d. appartenant au toucher. 3. mêmes choses sont la matière ou l'objet de la tempérance et de la r intempérance. distinguant entre l'aliment utile et l'aliment nuisible. i. préc).. d'après ce qui a été dit (art. i de S. est office comme le plaisir des aliments ». n. 7). qui est l'objet propre goût. dit comme il est au livre II de le VAme (ch. 5). au contraire. Or. n.

et. lumineux de piofond. même des choses nécessaires. les Or. tempérance consiste le à l'endroit des principales délectations. la fait que l'usage donne plus de et les plaisir : tels. « Toutefois. recherche des plaisirs attachés à l'usage l'on peut ainsi dire. 207 « Au il corps de (art. parce que goût est plus la rapproché du toucher que les autres sens. est principalement sur attachée à l'usage consiste dans sirs « du toucher. on considère l'usage à la conservation de la vie même de chose nécessaire soit humaine soit dans l'espèce dans l'individu : « par exemple.QUESTION GXLI. si fond essentiel. — A litie de chose secondaire. de la la du goût. et ou l'usage de la la nourriture l'in- de la boisson. y excitent. en ce qui! a de substantiel. — Nous y voyons ce (jni en fait le que ce qui est à la hase c'est la la vie du monde. dont l'usage toucher. Ces . de chose de chose )j ou à titre de chose secondaire. qui appartiennent plus à la conser- vation de la vie humaine soit » dans l'espèce soit dans l'individu. des à la même. deux grandes catégories de biens nécessaires conservation de la vie humaine soit dans l'espèce soit dans l'individu. à lui cause de cela. quelque chose qui par exemple. — le « Nous disons donc que la délectation tempérance porte qui. DE LA TEMPERANCE. Or. à l'endroit de l'un et l'autre usage. de soi. « c'est d'une façon secondaire que reront : tempérance les objets et l'intempérance s'y réfé- pour autant que propres de ces sens servent à l'usage agréable des choses nécessaires appartenant au sens du toucher le ». de vue ». l'usage de la femme. tempérance porte davantage sur que sur de eux ». par suite. de l'ouïe. dans ces délectations ou dans l'usage des choses qui titre titre procurent. « on peut considérer quelque chose à principale. qui est néces- saire à la conservation de l'espèce. se considère. la telle. cet usage môme des choses nécessaires a une certaine délectation essentielle qui lui est adjointe. saint la Thomas rappelle que comme a été dit préc). Tout saint est à souligner si et à retenir et si dans ce corps d'article Thomas. qui sont nécessaires à conservation de vidu. — la A principale. Quant aux délectations » ou aux plail'odorat. beauté les atours de la femme. l'article. la sa- veur agréable dans et le mets ou encore l'odeur » et le parfum fumet.

de . — ne projette pas. ^l sapor deleciahilis clarté cibo. C'est à cela qu'est ordonné .238 SOMME THÉOLOGIQL'E. de ce qui a trait à la double jouissance brutale sens du toucher. tréfonds de du monde.Mais. même en dehors de partie de la vie l'honnête. « L\id priinum déclare que la l'usage lui-même des aliments et délectation qui le suit essentiellement appartient au toucher. ou encore : le fumet savoureux des aliments cherchés — s'il circa iilnunque asiim est alir/uid qiiod facit ad hoc Quelle qaod usas magis deleciahilis in : sicul palc/iriiiido et ornalus fe- niinae . le et la nourriture la vie boisson. en plus de l'animal. par exemple. 3. sur toute la vie du monde. se trouve qu'en fait. étant donné la très la pente de la nature humaine côté impérieux ou tyrannique de grande ses besoins essentiels. dont il apporter ou à immédiatement en cause dans les jouissances les autres sens de l'homme sont de nature à joindre leur appoint pour que les jouissances du sens du toucher soient elles-mêmes plus raffinées et plus senties. suivant le mot et si profond de saint du Tho- mas. n. Car. tend d'elle-même. en ce qu'elle affecte même de plus recherché et de plus raffiné ou de plus exquis dans les arts qui y président. il ce qui fait dire à Aristote au livre de l'Ame (ch. du monde. parce que l'homme. que sur toucher. si on ne la surveille avec le plus grand soin pour la maintenir dans l'ordre de la raison. tout ce raffinement des arts du luxe contribue à rendre plus attrayant l'usage des deux catégories de biens requis pour la conservation de la nature humaine soit dans l'espèce soit « la dans l'individu. ou : même pour ou de servir aux opérations supérieures de la raison le chose qui constitue alors soi toujours côté noble et beau et vraiment exquis la vie lionnête de du monde et le il et de la culture ou de la civilisa- lion qu'on peut voir s'y épanouir. Et. les jouissances de ces autres sens peuvent être recherchées pour elles-mêmes. comme. de la beauté et les atours re- femme. ni. qui projette la vie comme un il rellet d'elle-même jus- de ses sens. s'ensuit qu'en plus du sens du seul s'agit. ce mer- veilleux article de saint Thomas. sans doute. Mais. pos- sède la raison. sortes de biens sont le deux et la rapport des sexes. et etiam odor ». à faciliter et à promouvoir la recherche.

leç. la à être recherchés parmi les hommes? Question s'il en si fut.^ ces plaisirs si essentiels ou tant de nature intéressante. et secondairement dans saveur exquise ou recherchée ». en tant qu'elles sont la signes nourriture qui convient ». que la délectation du toucher appartient de boisson ». l' 289 : Th. son action de vigilance s'étend aussi aux sirs plai- des autres sens. ne porte directement que sur les plaisirs du sens du l'espèce toucher intéressé au plus haut point dans regardent la les opérations qui conservation de la vie humaine pour ou pour l'individu. qui est d'une importance extrême pour l'honnêteté do la vie humaine.. et plus spécialement tant qu'ils se rapportent. soi à l'usage de la nourriture et de la L'ad tertium répond dans le sistent et même sens. « Quant il au de g-oût. 5). — Celte vigilance de tem- pérance. — DE le LA. . eux aussi. « Les délices con- principalement dans la la substance même de l'aliment. ejfet. sous sa raison propre de tempé- rance. par ce qui est chaud et ce qui est froid. TEMPERANCE. à du sens du goût. S. Sur quoi se fondera la tempérance Quelle sera cette règle pour discerner ce qu'il faut prendre et ce qu'il faut laisser dans .QUESTION CXLI. et dont va y la solution complétera excellemment do liine Saint itni)ortante des deux articles que nous venons de liic. en qui est gibles. en titre de complément ou approprié. que le toucher est sens de aliment nous som- mes nourris. lui appartient de discerner les saveurs. demandera une règle qui y préside et la dirige. Thomas répoudre à l'article qui suit. « La délectation de la tandis saveur est quelque chose qui se surajoute. dans la préparation des aliments Bien que la tempérance. si L'rtd secundum complète ces explications déjà précises. aux plaisirs la de condiment savoureux plus fonciers et d'excitant du sens du toucher. qui contriles buent au plaisir de l'aliment. ce humide et ce qui est sec ». et ce sont là les qualités tan- qui appartiennent en propre au sens du toucher.

— Trois objections veulent prouver que se « la règle de la tempérance ne doit pas présente ». quiconque userait de quelque délectation au-dessus ou au delà de être à la nécessité de la nature.. que « nul ne pèche en atteignant la règle. pécherait contre tempérance. mais d'en n'y rien considérer comme prendre autant devoirs. par exemple pour de la la santé. serait paraît être faux. Si la règle de la tempérance doit se prendre selon de la vie présente? la nécessité Le sens de ces mots « selon la nécessité de la vie présente » nous apparaîtra de lui-même. parce qu'elle une vertu de l'âme. — La troisième objection en sens inverse. de digne en soi de son désir. avec la dité de celui qui qu'il suffit pour la nécessité de cette vie le et de ses l'avi- mesure de qui aime » utilise. L'homme tempérant a dans choses de cette vie la règle confirmée par l'an et Vautre Testament. prendre selon la nécessité de la vie — La première arguë de ce que « le supérieur ne se règle point sur l'inférieur. qui se contente de très peu la de chose. Et ceci encore corporelle n'est pas la règle tempérance. Article VI. propos ». la est tempérance. la règle porelle la vie ou simplement ce et pour la conservation de de l'individu de l'espèce. est un texte de « saint Augustin xxi) : ». quiconque userait de quelque délectation pour la nécessité corporelle. « était la règle de la tempé- rance. indemne de Donc la nécessité » tout péché. Et ceci paraît ne pas dit. de ne rien aimer de ces choses-là. au livre des les Mœurs de l'Église (ch. en lisant le texte du saint Docteur. Si donc la nécessité corporelle était la règle de la tempérance. Or. 2/io SOMME THEOLOGIQUÉ. la règle est supérieure à la nécessité corporelle. Si donc la nécessité corqu'il faut quiconque dépasse ». saint Thomas rappelle ce grand prin- . — La seconde objection déclare que pèche. non avec désir ou Au corps de l'article. la Donc (( de la tempérance ne doit pas se prendre selon nécessité corporelle ». L'argument sed contra qui « dit.

de S. Métaphysique. xi. par ce qui a élé ^Hl que 12). pourquoi Aristole S. vn. leç. liv. bien de l'homme esl dCêire selon la comme le dit saint leç. selon qu'on ap|)elle nécessaire ce sans quoi la chose ne peut pas cire vient (cf. Il s'en- suit que tempérance prend requieit nécessité de cette vie comme ». et liv. liv. que consiste surtout choses qui sont pour bien de la rai- son : le bien. dans les limites de laquelle se trouve ce qui vient à l'usage^ de la ». Denys. — La Force et la Tempérance. première nécessité. la règle des D'autre part.QUESTION CXLt. leç. 5. « comme on le voit déjà dit (q. 7).. à la manièie dont nour- riture est nécessaire pour l'animal . mais paifois la fin de celui qui construit est le gain. DE LA TEMPÉHA>CE. de S. elle considère aussi la seconde. la liv. il conV. 8. ensuite. jg . le bien de la vertu morale consiste surtout dans le l'ordre de la raison. XII. XIII.. tout ordonné à quelque néces- ou à quelque besoin de la comme à sa fin. Nous dirons donc que elle la fin et la règle de la temde pérance elle-même la est la béatitude. règle des choses agréables dont elle use. IV. n. de Th.. leç. et la fin elle-même est la fin. comme Th. la mais la fin et la règle chose dont use est nécessité de la vie humaine. expliqiîc que la nécessité de la vie : humaine peut s'entendre d'une double la manière la d'abord. 22). ch. 6. Th. Th. selon qu'on appelle nécessaire ce sans quoi chose ne peut absolument pas rire. en elïet. La tempérance ne considère pas seulement mais dit. ch. le bien de la raison consiste . tout ce plaisir. art. cipe. i. Gomme vient d'être dit. a raison de fin. XI. surtout en ce que et c'est la raison ordonne certaines choses à la fin le dans cet ordre. et c'est n. laS. en ce sens qu'elle en use autant que L'ad « le la nécessité de cette vie primum appuie sur il cette doctrine du corps de l'article. et autre la fin de la chose même qu'il fait c'est ainsi que la fin de la construc- tion est la maison. v. qu'il y a de choses pouvant donner du cela est cette vie la qui vieiment à l'usage de sité l'homme. la nécessité de cette vie a raison esl la fin. « particulièrement important. au chapitre iv des Noms Or. Divins (de S. de règle en tant qu'elle parfois autre est la fin Or. n. car raison.. 21). il faut considérer que du : sujet qui agit. vie Uad secundam. au livre III de VElhiqnc (ch.

selon que les cir- constances si multiples les et si diftérenles le qui entourent la vie de société parmi constituer hommes du demanderont. De tempé- rant n'use jamais. L'ad terlium complète ce lumineux enseignement. selon le lieu et le moment que le demandent 'es convenances de ceux a\ec qui le il vit. que dans les choses agréables dont usera le lempéranl. ni tible. car ce serait pécher contre D'autres n'y font pas obstacle ». mais qui concourt à l'agré- ment et au charme de 'a vie huuiaine sur celte terre. en effet. Quelques-unes. convenances de aussi selon la Or. ce qui peut un véritable extra. il ne considérera pas seulement qu'elles la ne soient pas un obstacle pour corps. sont un obstacle celles-là le la pour la santé ou pour son parfait état. Aussi bien Aristote dit que tempérant accepte même les autres choses agréables. savoir qui ne sont point nécessaires à la santé ou à son parfait obstacle à cette double fin le strict nécessaire telle. bien qu'elles n'y soient point c nécessaires. les choses agréables. — 'a Ce n'est donc pas simplement quaccepte et vertu de tempérance. peuvent s'y rapporter d'une double manière. et bien plus encore selon les convenances de l'honnêteté. au double sens qui a été dit. cette Convenance ne se prend pas seulement en raison de ce qui convient au corps. — Quelle Comme sagesse et quel températrent de saine raison dans cette admirable doctrine. ou pour son parJaU Quant aux autres choses qui ne sont elles point nécessaires pour cela. qui ne sont pourtant pas un ». contre l'honnêteté. ou pour la santé. le que tempérant recherche état. comme même seulement d'une façon absolue ou irréduc- qui complète utilement ce nécessaire et concourt au parfait état de la vie du corps : mais aussi. santé et le parfait état du c'est-à-dire mais aussi qu'elles ne soient pas en dehors du bien. charges ou les comme les richesses et les emplois. ce état. et qu'elles ne soient pas au- . mais sont convenance des choses extérieures. Et c'est pourquoi Aristote ajoute (à l'endroit précité). De celles-là le et temselon pérant use modérément.'^'V2 SOMME THÉOLOGIOUE. nullement nécessaire même au parfait état de cette vie corps. « il vienl d'être dit. la tempérance regarde la nécessité selon les cette vie. tempérance.

mais encore de tout ce qui peut contribuer à son parfait épanouissement. avec les cela est en opposition. quelque nécessaire que cela si puisse paraître à cette vie du corps. ayant au bien-être du corps. sont la nécessaires à la conservation de vie corporelle de l'homme. la nécessité la dans les plaisirs des autres sens. elle est plus grande des vertus. la nécessité de cette vie. en quelque manière que ce règle dans leur la parfaite honnêteté qui ensemble tous rapports de l'homme avec subordon- Dieu. c'est-à-dire qu'elle n'approuve la recherche ou l'acceptation les de ces plaisirs que dans mesure où opérations qu'ils accompagnent et les biens sensibles qui en sont l'objet. sa — Nous connaissons. Et saint Augustin l'Église (ch. sa règle. Là-dessus. il matière ou son rir objet. nale. c'est-à-dire au-dessus de ses dit. toutefois qu'il ne s'agisse pourvu jamais de franchir les limites de riionnêle ou de ce qui convient à d'être raisonnable vivant rhçmme dans sa nature et très en rapports déterminés avec les autres spé- ciaux soit avec Dieu soit hommes. de ses richesses. quelque utile ou même soit. la vertu de tem- de la vie présente. ou de l'homme avec les l'homme avec lui-même dans autres hommes. Dans tations ce qu'elle doit prendre ou à qu'elle doit laisser des délec- ou des plaisirs attachés à l'usage du sens du toucher la dans les opérations ordonnées la conservation de et vie humaine pour pérance l'espèce ou pour l'individu. ne nous reste plus qu'à nous enqué- de sa dignité. de la tempérance. ou encore de les diverses parties nées qui constituent sa nature. que jamais saine vertu de temtrait pérance n'acceptera quoi que ce soit. par cette réponse. 2/13 substance. l'article — Le premier point va faire l'objet do . se règle notamment du toujours sur sens du goût. saint : Thomas se demande deuv caidi- choses premièrement. au livre moyens ou des Mœurs de la que le tempérant regarde non seulement celle des devoirs ». sa raison de vertu. si si la tempérance la est une vertu qui suit. dessus de la — DE LA TEMPERANCE. mais aussi — Nous voyons. xxi).QUESISON CXLI. en entendant cela non pas seulement de ce qui est absolument indispensable à la conservation de la vie. secondement.

ni la fureur qui éclate. Donc ». ch. Th. 4) : en effet. que refrène dans les mansuétude. 4). qui pourra la supporter? Donc la ». les brutes. saint Grégoire. ses Morales (ch.. aui . la concupiscence. x. 19). celle qui tire sa de ce qu'il y a de piincipal dans l'une des choses requises com- munément pour la raison de la vertu. livre de i). xxxi la cf. « Comme 3. tempérance ne semble pas dit être une vertu la colère. XXII. Or. il haut i23. que tempérance refrène. on aplouange pelle vertu principale ou cardinale. il est dit au la livre III de VÉUiiqae (ch. (v. Or. principale est — La seconde objection que u plus une chose impétueuse. 8 de S. 1^-2'% q. l'humilité refrène la être la présomption de l'espoir immodéré. que que « l'espérance est tant le désir ou la un mouvement de Tâme plus imporconcupiscence. xxvii L. 24. comme il a été vu plus art.a colère n'a point de misé- ricorde. n. ou xxvn. haut (i"-2^% q. ». Proverbes. dans le . Or. Donc l'humilité semble une vertu plus imporlanle que concupiscence » la tempérance. Or. alias 25. saint Thomas nous redonne en quela été ques mots dit plus notion de (q. savoir les délectations qui nous sont communes avec . Article VII. semble la être plus impétueuse que Il est dit. art. met tempérance parmi les vertus princi- pales Au corps de la l'article. 6i. comme leç. — La première déclare que le bien de la vertu morale dépend de la raison. la modération. « L'argument sed contra oppose que second liv. qui refrène ou le désir. xlix. la lem])érance porte sur les choses qui sont plus éloignées de la raison. Si la tempérance est une vertu cardinale? Trois objections veulent prouver que « la tempérance « le n'est pas une vertu cardinale ».244 SOMME THÉOLOGIQUÉ. la vertu cardinale. art. ch. plus la elle est difficile à refréner. ii. mansuétude est une vertu plus importante que pelle la tempérance — La troisième objection rap4). et Vimpétuosilé d'an esprit excité.

Mais les choses qui sont l'objet de la concupiscence et des délectations du toucher. Aussi bien cela même appartient à l'excellence de la tempérance nale ». et voilà pourquoi l'espoir est donné comme une passion principale dans l'irascible. qu'elle peut étendre son action à des choses qui sont plus distantes. 5).QUESTION CXLI. ce mouvement sens elle passe vite. le voit par est ce qui a été dit (art. Aussi bien estil du toucher procède d'une cause plus prolongée et plus générale. Par cela donc la vertu de la raison se montre plus grande. la poussée de la une grande violence. Et c'est la pourquoi la tempérance. parce qu'elles sont plus naturelles. C'est vertu d'un agent apparaît d'autant plus grande. Au concupiscence des délectations du naturelle. qui établit en ». Et voilà pourquoi tempérance assignée comme Vad prlmum retourne excellemment qu'en effet « la vertu principale ou cardinale la difficulté que présen- tait l'objection. est une vertu principale Des (jualre conditions générales qui doivent toute vertu mais qui pourtant sont requises à se retrouver en parti- un degré . Et c'est pourquoi ap- partient au caractère de vertu principale de pouvoir le refré- ner ». est requise les DE LA TEMPERANCE. L'«d terliiim déclare que les choses sur lesquelles porte l'es- poir sont plus hautes que celles qui sont l'objet de la concupis- cence ou du désir. par exem- ple quelque chose qui blesse et qui attriste. quoiqu'il ait contraire. qu'elle peut modérer ou régler même les concupiscences et les délectations qui sont les plus distantes. 4. meuvent l'appétit avec plus de véhémence. est surtout digne de louange dans délectations du toucher sur lesquelles porte la tempérance : soit parce que ces délectations nous sont plus naturelles. et suite il que par est plus difficile soit de s'en abstenir et de refréner le désir qu'elles excitent. et à son caractère de vertu principale ou cardiobserver que « Vad de secundiim fait le mouvement impétueux la colère est causé par quelque chose d'accidentel. encore parce que leurs objets présente. aussi bien. 2/40 en toute vertu. elles mesure. sont plus nécessaires à la vie comme on la ».

plus elle paraît être nécessaire et meilleure. la justice et la prudence. Donc la tempérance est la « il plus grande des vertus ». qui se pré- sentent plus rarement que les plaisirs du toucher. la vertu est louable en tant qu'elle est honnête et belle. telle culièrement marqué en qui donne alors à le la ou telle matière déterminée. des Devoirs (ch. lesquels se la présentent tous les jours . Si la tempérance est la plus grande des vertus? Trois objections veulent prouver que « la tempérance est la plus grande des vertus saint ». qui « dit. et se que dans tempérance surtout se considère l'attention recherche le soin de rhonnêle du beau. la force porte sur les périls de mort. — La seconde objection déclare qu' de refréner les appartient à la vertu plus grande d'opérer ce qui est plus difficile.2^6 SOMME THÉOLOGIQUE. tempérance. C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner tel est l'objet et de l'article qui suit. à la son degré le la plus élevé ou plus dans matière propre de cher. elle doit être et que. xlui). et la . modération on le la mesure. savoir les plaisirs du sens du touquatre grandes s'ensuit que la tempérance est l'une des vertus cardinales. par exemple. Or. troisième objection dit que « plus une chose est commune tempérance est u — La » ou générale et universelle. Article VllI. que de la rectifier les actions extéà la rieures : et la première de ces deux choses appartient seconde appartient à la justice. avec la force. la en en est une. Or. qui difficile.. — Mais. tenue pour la plus excellente plus grande. parmi ces vertus cardinales elles-mêmes. devrons-nous dire que la tempérance occupe une place privilégiée. Or. — La première au livre I cite un texte « de Ambroise la et ». il caractère exceptionnel de vertu principale ou cardinale. tandis que la Donc une plus grande vertu que la justice ». ce vertu dont cette matière est l'objet propre. est requise. d'où il suit que l'usage de tempe- . Il tempérance. il est plus difficile concupiscences et les délectations du toucher.

car justice consiste dans les rap- ports qui nous unissent aux autres. plus elle est excellente.. mais à cause de la laideur ou de la honte du mal contraire dont elle éloigne . » saint « Thomas en au livre I appelle au mot si fameux de d' « Aristote S. Th. Or. corps de l'article. dignité de la la vertu se considère plus selon raison de bien. vertus sont celles qui sont cela. la 247 la rance est plus général que celui de rance est une plus noble vertu que force. Aristote qui « dit. h'ad primuiii observer que « la beauté et l'honnêteté sont attribuées le plus à la tempérance. ^a justice et la force appartiennent plus au bien de la la tude que la tempérance. dit. n. m.. en tant qu'elle mo- dère ou règle les délectations qui nous sont les communes avec brutes ». h'ad secundum répond que a difficile et la II vertu porlant sur ce qui est sur ce qui est bon leç. que selon » la raison de où la tempérance L'«d tertium déclare que « cette néralité (( communauté la la ou cette gé- (|ni fait qu'une chose appartient à multitude des celle f|ui hommes. 2) c[ae le bien de la multitude est chose plus Il divine que bien d'un seul. — un DE LA Tr::MPÉnANCE. tempé- la force ». de sa Rhétorique (ch. et la force dans les périls des guerres que l'on court pour la le salut commun . Donc ».leç. fait plus pour rexcellcncc de bonté que . de VÉthique. prudence et les vertus théologales fait ces dernières oc- cupant 1 même une fait place tout à à part dans l'ordre et "excellence des vertus. 10. a le dessus ». sur elles toutes l'empor». Th. non en raison de l'excel- lence de son bien propre. n. de la S. la (liv. « L'argument sed contra au livre I est texte d' ix. que les plus grandes et. à cause de nous honorons ». le 6). ch. suit de là que plus une vertu multi- appartient au bien de la multitude. et s'en- la justice et la force sont des vertus plus excellentes que tent la tempérance.QUESTIOiV CXLI. tandis que et les déIl tempérance modère seulement manifestement que la les concupiscences lectations des choses qui regardent suit l'homme lui-même. où diiïicile justice l'emporte. n. qui . le plus ceux qui sont forts et ceux qui sont Justes Au n. 8. le de {'Éthique (ch. o). plus utiles aux autres.

tandis que prudence occupe multitude. j)ar la modération de ses appétits sensuels ou sexuels. rharmonie de son Après avoir étudie la tempérance en elle-même. mais le bien de lïndividu. en prévenant que sont. I . la force est purement et sim.^8 SOMME THÉOLOGIQUE. comme étant dans la raison elle-même. considère selon qu'une chose arrive fréquemment la : se et la force l'emporte dans première. elle aussi. plement meilleure soit bien qu à certains égards. est celle qui la parce que. qui sont de nature à troubler en lui être. par exemple. au-dessus non seulement de mais encore de la jus- tice ». mais ce n'est quindirectement ou par voie de conséquence son objet propre nest pas le bien de la multiaffreux : maux tude. « nous deles vices devons maintenant considérer qui lui sont opposés ». tandis que la tempérance l'emporte dans la seconde. C'est l'objet de la question suivante. la tempérance la force. la concourir de la manière plus efficace au bien de multitude. l'alcoolisme ou la dépopulation. première place. la tempérance.2. ces Et. A parler purement et simplement de l'ordre des vertus. la la justice et la force vont directement au bien de le alors que la tempérance ne regarde que bien du sujet lui- même. Aussi. elle peut. sans la doute. parmi vient en dernier lieu la les : quatre vertus cardinales.

d'intempérance est le plus honteux? Ces quatre articles traitent des deux vices opposés à la tem- pérance : l'un. le mot insensible n'a sens. Article Premier.QUESTION CXLII DES VICES OPPOSÉS A LA. au livre de Daniel. marqué les ici. . bien que le sens ordinaire de ce mot. x En ces Jours-là. l'insensibilité est toujours vicieuse. Si l'insensibilité est un vice? « Trois objections veulent prouver que pas un vice ». L'objection poursuit qu' « être ainsi totalement en défaut par rapport aux délectations car il du toucher paraît être chose louable et vcrtneu. ou encore ceux qui demeurent fermes. l'autre. pour plus de ressemblance entre deux. i) . (v. par excès (art. pas tout à fait même le premier sens. ceux qui sont en défaut relativement aux délecta- tions Dans notre langue.sc. nous gardons. Toutefois. ch. par défaut (art. Dans du toucher ». 3) : est dit. ne soit pas celui le le même que du mot latin identique. Il se prend plutôt pour désigner soit ceux qui n'ont pas de cœur et qui sont durs ou sans afl'ection même dans l'inléiieur de la famille. malgré tous les assauts de l'afTection. TEMPÉRANCE Cette question 1° comprend quatre articles : Si l'insensibilité est 2° Si l'inteinpérance est la un péché? un péché d'enfant? 3° De 4° Si le vice comparaison de l'intempérance à la timidité. 2. dans notre langue. l'insensibilité n'est « — le La première fait observer qu' on ap|)cllc insensibles. 2-4). dans le second. elle peut être un comble de vertu.

. mes Dieu donna la science et l'habileté en toute littérature et en Donc l'insensibilité. et au livre xi. d'une façon universelle. ch. n. Or. de S. leç. 3. n'est pas chose vicieuse — La troisième objection déclare que « ce par quoi du péché ne semble pas être vicieux. ils pécheraient comme . Au que corps de Thomas part du grand principe. leç. S. D'où il suit que l'ordre naturel re- quiert que l'homme use de mesure la ces sortes de délectations ou de la plai- dans la oij cela est nécessaire pour la vie humaine. Je ne mangeûi aucun mets délicat viande. leç. Or. 21). Donc l'insensibilité quelque chose de la vertu vicieux ». et je ne sibilité n'est il n'entra dans ma bouche ni l'insen- me livrai ». le moi. Or. ». la nature a apposé la délectation aux opérations nécessaires pour sirs 45oit la vie de l'homme. voit par Aristote. (v. Th. repousse toutes ces sortes de délectations. Th. quen rejetant les délectations. le bien de le livre et c'est ainsi ( que nous lisons. au livre II de VÉfhiqae (ch. que « le bien de f homme consiste à être selon la raison. Si donc lectation en était qui fuiraient la ou le plaisir au point d'omettre ce qui la est nécessaire pour la conservation de nature. . . . « tout ce qui est contraire à l'ordre naturel est vicieux. Donc l'insensibilité est un vice l'article. qu'aux jeunes gens qui usaient de légu- toute sagesse. 8) au livre III (ch. nous péchen'est pas rons moins.25o SOMME THÉOLOGIQUB. ni vin. Daniel. de VÉthique. S. n. de Th. Je fus dans deuil pendant trois semaines de jours. cela surtout est le remède efficace pour s'abstenir du péché. saint ». L'argument sed contra dit que « rien ne s'oppose à que de le vice. au ch. leç. comme on Th. en effet. n. tant de fois évoqué par lui et qui porte toute la morale savoir. qui. à aucune onction. Donc pas un péclié — La seconde objection rappelle Divins (de S. Or. toujours dans de Daniel. 6 . 7. Aristote dit. II (ch. soit quanta il condé- servation de l'espèce.. d'après saint Denys. s'abstenir de tout ce qui regarde les délectations du toula cher promeut au plus haut point l'homme dans raison . quant à conservation de l'individu. 17). iv des Noms 22). ix. l'insensibilité s'oppose à la vertu de tempéle rance. vu. 11). de fuir les délectations ou les plaisirs ce qui appartient à l'inl'on s'éloigne le plus . sensibilité..

il en est qui s'abstiennent de certaines délectations dans le boire et le sexuels.ipj)elU' lumineuse doctrine du corps de l'article. saint Thomas. fait mention. — DES VICES OPPOSES A LA TEMPERANCE. suivant ces est louable fin. Il manger ou dans les rapports en est de même. de beaucoup de délectations.QUEST. — Ici encore. sortes d'opérations. il poursuit Docteur. parfois ou même nécessaire de s'abstenir. Aussi bien es!. qui ont besoin d'un organe corporel. pour l'exécution de leur Pareillement. la «L'homme. hui! de suite après. 8). et toujours. Il comme est il a été vu dans Première Partie donc néces- . de la révélai ion reçue par lui ». primiim explique que « Daniel usait de cette abstinence des choses donnant du plaisir. voudraient de la raison l'esclave des sens les plus grossiers. c'est cela 20 1 s'opposant à l'ordre naturel. non si qu'il abhorrât les délecta- pour elles-mêmes comme elles étaient fin la mauvaises en mais en vue d'une certaine la louable. savoir pour se rendre plus apte à sublimité de contemplation. art. parce que tout cela est selon la raison droite ». Vad tions soi. CXLII. l'établissant également loin de tous excès la : et de . les pénitents. Ni aucune de ces choses n'appartient au vice de l'insensibilité. De même. comme d'une sorte de diète. faut savoir que de ces sortes de délectations. il qui appartient au le saint — Toutefois. comment ne pas admirer cette ferme raison de notre saint les Docteur. la p()ssibl«\ r. l'âme. (q. Et vice de l'insensibilité. si L'ad secunduni éclaire encore d'un jour nouveau. en cet endroit. en vue d'une certaine de la C'est ainsi qu'en vue santé corporelle. ceux qui par austérité outrée iraient jusqu'à violenter et nature de ceux qui méconnaissant cette même nature en ce quelle faire a de plus élevé dans l'homme. en s'absil tenant des délectations corporelles. 7. à l'elfet de recouvrer la santé de usent de l'abstinence de certaines choses agréables. ne peut pas user de la raison sans les [)uissances sensitives. que pour l'exécution ou l'accomplisse: ment de quelque qu'il est nécessaire office ou de quelque devoir les athlètes et c'est ainsi ou les soldats s'abstiennent office. les hommes qui veu- lent vaquer à la contemplation et s'abstraire aux choses divines doivent davantage des choses charnelles. 8/1.

et. la sustentation du corps s'il se fait le par opérations qui donraison ne peut pas les nent du être plaisir.jcnne le corps. est une chose essentiellement vicieuse. à l'intention ou à la volonté de Dieu qui a institué cet ordre. Or. entre double catégorie des hommes. sabstient de toutes choses pouvant donner du de la plaisir. car la est contraire à Tordre de nature. aux choses non moins la terre et importantes. soit — Que penser. son nom du nom de péché .202 saire SOMME THEOLOGIQUE. en entendant la nécessité au double sens dont a dans question précédente. s'abs- tiennent louablement de beaucoup de choses pouvant donner du plaisir. entendue au sens où par haine du plaisir en le lui-même on la vie le fuit où qu'il se trouve et l'on va même pour fuir jusqu'à laisser ce que la nécessité ou les convenances de elle exigent. mais aussi au sens de néces- sité relative ou selon que le les convenances de l'état de chacun ou comportent. de l'intempérance? Qu'elle même l'indique. Toutefois. — Voilà donc nettement le marquée que les la dift'érence essentielle la qui existe. de l'esprit et du Vad pour tertiam précise que (( la délectation doit être laissée totale. que l'homme sou. bien de dans l'homme. savoir non pas seule- ment au l'exigent sens de nécessité absolue. la non d'une façon la mais en telle sorte qu'on ne recherche pas au delà de ce que la nécessité il requiert été parlé ». Et. quand on l'appelle un péché. aux autres bien spiri- comme par une sorte de propagation spirituelle. ceux à qui aux opérations corporelles et à il incombe d'office de vaquer la génération charnelle ne s'abstiendraient pas louablement ». Mais. éviter le péché. selon que dans l'accomil plissement de vertu de la raison aura plus ou moins besoin aussi. desquelles. Et pour- quoi les hommes ou le devoir de vaquer le à la contemplation et de transmettre tuel. certes. user des c'est du corps. par suite. L'insensibilité. pour user de les la la raison. sur grave point qui nous occupe. plus ou moins qui ont assumé l'office choses corporelles pouvant donner du plaisir. et selon autres vaquent d'office du corps. l'acte l'homme. par contre. selon uns vaquent que les d'office aux choses de ciel. par suite. devra.

savoir la concupiscence. au livre leç. le note Aristote. et l'appellation. touchant les concupiscences naturelles. Donc l'intempérance fait pas un péché d'enfant — La troisième objection observer que « les enfants doivent être nourris et soignés. Donc l'intempérance n"est pas un péché d'enfant — La seconde objection en est dit que « les enfants n'ont que des concupiscences naturelles. Jérôme il ». nom ex- de la tempérance aux péchés d'enfant corps de le Au l'article. 253 d'enfant. « sur cette parole de saint Matthieu. 22). xviii (v. etc. — soit D'abord. cite l'enfant ne un il texte de « saint la colère. qui que garde pas frappé ne se souvient et pas. 5) : membres sur la terre. un péché d'enfant? Trois objections veulent prouver que « l'intempérance n'est pas un péché d'enfant ». Or. — DES VICES OPPOSÉS A LA TEMPERANCE. ch. n'éprouve pas du plaisir. est d'Aristote. ch. qui a provoqué cet article. ». — La première. comme de S. doivent toujours être diminuées et extirpées. saint Thomas commence par nous « pliquer « C'est sens de cette expression péèhé d'enfant ». CXLIi. 3). 20). sur lesquelles porte l'intempérance. au livre lll de VÉlhique le de S. — D'une autre ma' i . qu'on peut parler d'une chose d'enfant. et la délectation. Mortifiez vos m (v. à moins que vous ne deveniez comme « dit des enfants ». nous le verrons. de ï Éthique n'est Th. cette à appellation est-elle juste? Saint l'article Thomas va nous répondre qui suit. xii. 3. n. cest là chose contraire à l'intempérance.QLJEST. n. (ch. XI. selon celte parole de l'Épître aux Colossiens. que nous transportons ». Donc l'intempérance n'est pas est L'argument sed con'ra (ch. voyant une belle femme ».. Article Si l'intempérance est II. enfants El. péché d'intempérance chose d'enfant. — le dans un double sens. La concu- piscence. 5. Th. lequel dit. leç. nous dit-il. parce qu'elle c<»nviont aux Aristote n'entend [)oiMt dire (jue de la sorte.. il peu qui pèchent par lll intempérance. un péché d'enfant » le mot même d' « Aristote « ». au contraire.

Pareillement aussi. dans est ni la concupiscence ne distinguent entre ce qui est laid et ce qui est beau. cupiscence. Car l'enfant il rigé par le fait qu'on le réprime. vi. en raison d'une certaine ressemblance. Or. de S. croît dans sa est dit on le laisse à sa propre volonté. en effet. comme est dit livre VII de VÉthiqae (ch. on remède-. ch. leç. Le péché d'intempérance. xxni : i3. la concupiscence . que saint Augustin l'esprit dit. au Musique (ch. ch. « La raison en est que le les choses humaines. la con- cupiscence ressemble à l'enfant par rapport à trois choses. en effet. Et semblablement. — Premièrement. en raison de ce que l'une et l'autre la recherchent. elle prend une plus grande force on ewjcndre et c'est ce fait dire à saint : Augustin dans son coutume. v) la En servcuit la concupiscence. et en ne résistant pas à tombç dans la nécessité. Et..25/| SOMME THÉOLOGIQUE. El c'est de celte manière que les péchés d'intempérance sont effet. — La troisième chose est le qu'on emploie pour l'une et pour (v. — si Une seconde chose où c'est l'enfant et la con- cupiscence conviennent. quant à leur développement. qu'en en l'y suspendant aux choses spirituelles. et tu délivres son si âme con- du séjour des morts. quand on qui la contente. iiqae. et c'est pourquoi dans /es Proverbes. L'enfant. que cela u ait l'ordre voulu à la la raison ou que cela lui la i. Or. de même » aussi concupiscence recherche quelque chose de laid en ce sens que ni l'enfant beau. et voilà pourquoi il dans VEcclésiasintrcdtable : xxx (v. l'enil va à ce qui fant ne prend pas garde à l'ordre de la raison » : lui plaît. au concupiscence n'entend point raison. 8) : Le cheval indompté devient cdnsi. la se prend selon qu'une chose ordonnée d'après I raison . soit contraire. au livre du Devoir (ch. elle se ramène au ce on résiste à la mode voulu de livre de la l'honnêteté. 6). est dits des péchés d'excès d'enfant. en un péché « de concupiscence » ou de désir et de convoitise. Th. est corest dit la cor- livre VllI des Confessions (ch. n. nière. et c'est le pourquoi Cicéron beau est ce qui dit. la coutume. que sliarmonlse à r excellence de r homme en ce oh sa nature diffère des autres animaux. C'est xi). l'autre. volonté. lefds abandonné à lui-même : se précipite. i/i) : IM' épargne pas rection à l'enfant tu le frappes de ta verge. Gomme l'enfant. XX vn). et en l'y fixant et . il de même.

et ce n'est qu'ainsi qu'on pèche à l'endroit de » concupiscence naturelle ou du désir de ce que : la nature re- quiert pour sa conservation à la tel. ainsi f appétit contupiscihle do' r 'ryondre à raison — C'est donc en raison de celte t'iple similitude qu'on a vice de l'intempérance. n. ne requiert que ce par quoi on le désir subvient à choses la il la nécessité de la nature .QUEST. en ellet. Aiistote dit. 22). elle n'est pas envèi-ement na'le. à loccasion de 'a convoitise ou de la con- cupiscence dont l'excès constitue L'ad primiim fait le « observer que cette raison procède selon le mode OTJ l'on dit êlre d'enfant ce qui celte convient aux enfants. désir de l'aliment nécessaire le conservation de l'individu ou encore la désir foncier du rapprochement des sexes pour « conservation de l'espèce. qui se réfèrent à la con- servation de la nature. n. p'as grande. en ejjet. Icy. Elle était. de S. de S. Th. cences naturelles des aliments en effet. et dans de ces n'y a point de péché. et. au sujet dis(|uelU's il . le . au livre III de VÉthique (ch. la — : D'abord. fait allusion à renfaiil. xii. 2 2). est brisée. de la sortC. 8. quand nous elle la suivions. Vad secunduni fournit une explication !rès intéressante de ». l'expression a concupiscences naturelles l'objection.. petit soas te coup de la répression. mais certainement h. ainsi qu'il a été d'I d. sinon en raison de l'excès dans la quantité. tempérance et l'intempérance ont pour objet des concupiselles portent.. CXLII. comme le dit Aristote au livre III de VÉthique (ch. Les aulies choses. l'impétuosité de coutume. il n'arrive pas que l'on pèche beaucoup à l'endroit des concupiscences naturelles. la con- cupiscence charnelle. Et c'est pourquoi du ». 'a '200 maintenant. elle s'éteint. d'une double manière. de la sorte. est moindre quand nous rejr'^nons. El. xir. sur les concupiscences ou des choses sexuelles. 1 mais ce n'est point de manière que inlcnipérance est appelée un péché d'enfant. que comme V fau' que ^'enfca^ vive selon le précepte la pédagogue. c'est-à-dire de à petit. leç. Et. une concupisla cence peut être dite naturelle quant à l'espèce de ce que nature requiert pour sa conservation. selon son genre. — D'une autre manière. La nature. c est en raisoïi d'une certaine similitude. Th. a sur 'aquelle appuyait Une concupiscence peut être dite natureUe. 5 . — DES VICES OPPOSES A LA TEMPERANCE.

à exciter le désir de ture. toujours cède en tout au gré de ses l'enfant. où la nafait au fond.2 56 SOMME THÉOLOGIQUE. qu'a trouvés raffinement. une doctrine de sens et d'applications très riche effet. Le mot d'Aristote. mais corrigé. de nouveau. devient ce qu'il y a lui de plus tyrannique. ou quant aux rapports de l'homme et de la femme. arrive qu'on pèche beaucoup. dans l'endont nous parlons mais ce qui est une impétuosité inconsidérée et non soumise à la raison doit être réprimé et ordonné selon que la raison le à la nature doit être fant. et favorisé les enfants. comme a — On aura remarqué gardé et la sagesse de cette réflexion est et de la distinction qui lappuie. en demeure étrangère à la raison et ne poursuit que son plaisir. comme l'enfant. il Mais ce qui appartient au défaut ou au manque de chez eux^ ne doit pas être favorisé. quand on caprices. néanmoins. par cette remarque de le Thomas. que l'intempérance « sans doute. doit être augmenté ou développé. — Saint Thomas remarquer. elle se comme range et . La concupiscence. contient. ou dans l'homme et la femme comme tels. sont certains excitants de la con- cupiscence. consiste. et aussi conforme dans les désirs sensibles . été dit » (au corps de l'article). mais dans les raffinements du luxe mondain qui s'applique par tous les moyens d'un art corrompu. nous l'avons vu. veut. l'homme à l'endroit de ces choses. pour raison déjà dite » (au corps de larticle). la la le curiosité de l'homme » et son de comme . que principal danger pour vertu de tempé- rance. l'article 5 question précédente « les aliments préparés d'une façon recherchée atours saint ». ces recherches ne conviennent pas beaucoup aux enfants. nous : notions à propos de tels. parlant de péché d'enfant au sujet de la tempérance. qu'il s'agisse de cette vertu quant à l'usage des aliments. non pas dans les aliments comme tels. et. morales. se contenterait de peu. Uad dans terliani accorde que u ce qui appartient à la nature. tandis que. est mais. tout ce qui promu. comme l'enfant aussi. telles aussi les femmes ornées de la leurs Et nous voyons. en finissant. la raison. la appelée un péché d'enfant.

la — La troisième objection arguë de ce qn' * est de raison Xm. qui est vaincue par f il crainte». 0. Th. leç. — Après nous avoir dit ou est. on ne s'en étonne pas.. la timidité s'oppose à la force. 1/I8. — La Force el la Tempérance.QUEST. qui la crainte. 8). Or. la 267 la ré- de la raison. de vaincu par de trop fortes et que l'homme trop excessives délectations ou tristesses. notamment le le péril de mort. 17 . qui suit. dit. nous venons de le dire. le plus grave. 7). se plie à l'ordre — DES VICES OPPOSES A LA.. ni. — La seconde obpour- jection fait observer que « plus est diflicileà vaincre ce en quoi l'homme S. saint Thomas péchés. CXLII. est vaincue par la délectation. caractère le péché d'intempérance. 3). n. q. Or. tempérance. les autres il est plus . • un plus grand vice que l'intempérance? La timidité. i23. la le qui est une vertu plus noble que l'intempérance s'oppose plus haut (q. leç. Donc la timidité est un plus grand vice que l'intempérance le ». et c'est quoi Aristote Th. l'intempérance. et notamment au péché contre l'excès la vertu s'appelle la témérité et se dans la peur dans demande quel de ces deux péchés. faisant fuir le péril. 10. de S. du est — La première fait qu'il s'op- pose au bien de la vertu. — Trois objections veulent prouver que la timidité un plus grand vice que l'intempérance ». défaille. difficile de vaincre les délecII que passions et c'est pourquoi. quand on le mate et qu'on prime. n. se prend ici pour la peur de qui se manifeste sous forme de lâcheté. quand la raison commande « braver. art. moins on au 5t blâme de est défaillir. . vu. mais on tations lui pardonne. à laquelle voit par ce qui a été dit comme on 12. Nous aurons sa réponse à l'article Article Si la timidité est III. déclare qu' « un vice a sa raison de blâme. ou la nature de ce compare aux autres de force. est la Donc un moindre péché que timidité. art. au livre il de VÉthique (ch. qui semble » pourtant « être plus forte que qui la la crainte. est dit qu'il est plus difficile de combattre contre la volupté que contre la colère. TEMPERANCE. livre VII de VÉthique (ch.

Donc ». parce que plus un péché plus il est grave. L'intempéranee. « Anstote S. l'intempérance est surtout droit de certaines délectations ou concupiscences ajoutées » ou recherchées et raffinées. taire volon- que Tintempérance. Or. Or. Donc elle a plus de de péché Au corps de l'article. plus le péché Par conla timi- séquent. ce point nécessaire pour ad la conservation de car. la timidité est plus dépêché.2j8 somme THÉOLOCrQUE. i de leç. Pour une double que les choses qui se font par crainte ont leur principe en quelque . 22). peut se comparer à un autre d'une double manière du côté de la matière ou de l'objet. ce qui appartient à timidité. jettent dans fait la stupeur raison de l'homme. parce que plus celui qui grave. est là en possession de sa raison. chose que ne rance. — Elle l'est aussi du côté de l'homme lui-même qui pèche. l'intempérance a plus du volontaire que raison. point la délectation qui meut à l'intempéest volontaire. et à les fuir induit ou pousse la plus — — grande nécessité de conserver sa traire. qui « dit. La première est la timidité. Et est cela pour une pèche et triple raison. de l'une et de l'autre de ces manières. la timidité fuit les périls de mort. Or. les craintes les périls profondes. du côté de l'homme lui-même qui pèche. ïli le . saint Thomas nous avertit qu' : « un vice d'abord. S"""). plus son péché de vient qu'à ceux qui sont aliénés on n'impute point les et les tristesses péchés. 2. ensuite. Or. n. tandis qu'il en est qui désirent fuir les périls de mort. plus ce qui porte à pécher est léger. xn. l'intempérance est un plus grave péché que la timidité. que l'inlempérnnce a plus tlinidUé. — Secondement. la timidité est un ». car nul ne désire la d'être intempérant. de VÉlhique (ch. semble être chose nécessaire. — D'abord. qu'il soit volontaire. un plus grand péché que la du côté de l'objet ou de matière qui porte à pécher. au conla dont recherche n'est pas à la vie . « Or. porte sur des délectations vie. l'intempérance est dité. D'abord. C'est qu'en effet. selon à l'en- qu'il a été dit (art. plutôt qu'à l'endroit des concupiscences et des délectations naturelles. surtout dans la de mort. de ressemblance avec la raison volontaire que la »). plus grave péché que l'intempérance L'argument sed contra en appelle au livre III à . du côté de la matière.

timidité ou de ».QUEST. est — la table et des sexes. mais cependant l'homme est alléché parles choses particulières qui donnent du plaisir et qui foulque riionime est intempérant. l'homme et il peut s'exercer la pour être tempérant. être intempérant. n. CXLII. mement. ce genre. choses particulière que l'acte consiste. faire diverle en effet. parce que contre l'intempérance on peut plus facilement avoir un remède que contre la timidité. non moins que l'article précé- dent. volontaires. comme : de jeter son bouclier autres choses de tandis que la chose en général est plus volontaire. mais mélangées d'involontaire. au contraire. et — El. sur lesquels porte la tempérance. afin de vaincre ces raisons. remède par excellence. parce qu'elle est purement et simplement plus Troisièun plus grand vice. au contraire. i. dans cet ordre. en effet. se présentent au cours de toute la vie. — au DES YICES OPPOSES A LA ÏEMPEKAXCE. qui se font par plaisir sont volontaires. et. Et de là vient que pour é\ iter l'inticulier et tempérance. comme leç. Nul ne voudrait. à leur sujet sans péril. en elï'et. les choses qui touchent à la Car les choses parliculières qui se sont choses moins et font en présence des menaces de détail. de là vient qu'elles ne sont point purement volontaires. Les périls de est mort. est. Th. et penser à autre chose. La seconde raison est purement sont le que les choses qui propre de l'intempérant sont plus volontaires en par- moins volontaires en général. se présentent plus rarement. par exemple sauver sa vie en fuyant. qui choses particulières ou dans plus volontaire car c'est en ces l'in- le détail. est d'une très haute portée morale. Les choses. et 259 chose d'extérieur qui pousse. le plus grand remède est que l'homme ne : s'attarde pas à la considération des choses parliculières » sion. il est dit livre TU de VÉlhique (ch. une chose est pureest ment dans et les simplement plus volontaire. c'est le contraire. de S. fuir la peur. Les plaisirs de volontaire que la timidité. et contient des ensei- gnements enlièremenl riches en api)licalions de toutes sortes. Or. Vad prinmni explique qur « l'excellence de la force au-dessus . pour toutes l'inlempcranceest purement simplement un péché plus grand que la timidité — Cet article. « Dans timidité. i).. Et voilà pourquoi tempérance. ])lus la dangereux pour l'homme de s'y exercer. 6.

il de ce n'est point nécessaire que la timidité l'emporte ».. et d'un plus grand vice d'être vaincu par quelque chose de plus ble 1). — « D une autre manière. ou à ou à la crainte de certains autres maux ». tempérance peut en ce sens que se de la considérer d'une double manière. nous devons dire que . fin. est beaucoup plus connaturel. de même est d'un moin- dre vice d'être vaincu par quelque chose de plus fort. que n'importe quels table plaisirs de la ou des sexes ordonnés il à la conservation de la vie. De ce côté aussi timidité a : supériorité par rapport à l'intempérance et c'est « que par désistent la timidité » ou la peur et la lâcheté. dans la raison de mal sur le simple fait d'excéder dans les : délectations. chose qui l'emporte. de s'abstenir de certaines choses donnant du chef. il effet. Et. ce qui appartient à la — D'abord. qu'il appartient à une vertu plus grande de ne pas être vaincue par quelque chose de plus fort. un non et le volontaire pur et simple A parler purement simplement. De même. l'amour de conservation de en raison de laquelle on évite les périls de mort. du côté de la difficulté est en ce sens qu'il plus difficile de subir les périls de mort que plaisir.2 00 SOMME TIIÉOLOGIQDE. Et est plus difficile de résister à cette concupiscence la tristesse. en effet. le Et voilà pourquoi en elle est davantage certain rapport. la Vad la vie. de 'a supériorité de la force sur la le tempérance. « sur l'intempérance. Uad tertiuni fait le obser^er que « dans la timidité se trouve . fai- — Dans le second cas. -mais volontaire sous ». on le voit. davantage volontaire en général mais moins en particulier. en aussi. que de résister à la colère. Et voilà pourquoi périls de est plus difficile la de vaincre la crainte des mort que les concupiscence des délectations qu'on trouve dans toutefois il choses de la table et des rapports sexuels. Il n'y a donc pas à conclure. mais au contraire. raison de la force est ordonnée au bien la commun plus une certaine pour autant d'aucuns se que la tempérance. dans la raison de mal. que vice de 'a crainte secuiitUini déc'are le vice d'intempérance soit la moindre que ou de que « peur. du côté de la bien . du bien commun » . les raisons sont inver- ses.

également est due au péché. les péchés d'intempérance sont les plus communs. TEMPERANCE. au même livre (ch. 5). que l'in- tempérance. leç. ([ui dit. n. 10. Or. . est des péchés qui sont plus graves que le tels l'homicide. comme leç. de S. Or. Th. les x. et autres de ce Donc le péché d'intempérance dit n'est pas le « plus hon- teux les ». les et que du La troi- reste la plupart pèchent Donc péchés d'intem»>. parmi ieuse ». CXLII. et 6. passe Justement pour fion- Au corps de l'article. leç. qui s'oppose à la force. blasphème.. — DES VICES OPPOSES A LA. 20). les — Devons-nous ajouter que de tous est celui l'article vices le plus honteux de l'intempérance? Saint qui suit. de VEthique (ch.. au la VII de VÉthique (ch. Or. le a que npérance l'intempérance portent sur il concupiscences et les délectations humaines. — La seconde objeclion que les péchés qui sont communs semblent être les moins honteux. Si le péché d'intempérance est le plus honteux? Trois objections veulent prouver que » le péché dinlempéhonte rance n'est pas « le plus honteux est ». Thomas va nous répondre à Article IV. v.QUEST. n. est certaines concui)iscences et cer- taines délectations plus honteuses les que les concupiscences et délectations Aristote humaines. Th.. autres vices. de S. Donc l'intempérance n'est pas ce qu'il y a de plus honan teux ». l'intempérance: genre. n. 2. 6). saint Thomas déclare que « la ixinte . on le dit les appelle bestiales ou maladives. le L'argument sed contra oppose que livre III même « Aristote dit. Aristote » . les la vie humaine. la 26 1 l'intempérance est un vice plus grand que celui de peur. Th. parce que les hommes rougissent moins. parce qu'ils portent sur plus de ceux-là ce qui est commun dans l'usage de à ce sujet. 3 de S. — La première observe que la comme l'honneur il dû à la vertu. pérance ne semblent pas être plus hontenx « — « sième objection livre cite un texte d' vi.

xii. il ad 5"'". implique un certain éclat i. au contraire. l'honneur est (q. art. parce y a de plus honteux.2()2 SOMME THEOLOGIQUE. art. selon l'opinion des hom». c'est dans les délectations le lesquelles porte l'intempérance. charnels. mais non selon vient que nature des vices eux-mêmes le — Et même dans monde le plus corrompu. et leur est devenu le semblable. semble s'opposer à l'honneur Or. on réserve le nom même vils d'indécence à la désignation de ce qui touche aux plus péchés de l'intempérance. en fait. art. et la gloire 5"'". la raison. art. ou ou xvi). moins digne de l'homme raifait pour la vertu qui n'est qu'harmonie et splendeur de raison. qui se considère surtout en raison de l'indécence de celui qui pèche ». 7. 2 (q. honte. liv. Texcellencede l'homme. prend selon le manque d'ordre à tandis que l'infamie regarde la honte et la laideur. i4i. 182. — Et. s'il s'agit des sont. comme I . qui avait reçu Chonneur. Ce sera donc à un double que l'in- tempérance qu'elle effet. Aussi bien. parce qu'elle répugne qu'en effet. ces mêmes péchés ce qu'on passe le moins aux hommes voués . titre . Elle porte. en effet. V. qui sont contenus sous l'intempérance. ch. sont la faute se d'une plus grande infamie. plus à son sur éclat et à sa beauté. — Secondement. il a été vu plus haut (q. d'où se tire tout l'éclat et toute la beauté de Aussi bien ces délectations sont dites les plus serviles». 102. io3. Vad secundum minue de là fait observer que « la coutume de pécher di- la honte et l'infamie la du péché. 2. L'homme. : ad i""»). 2i) pris . bien qu'ils soient d'une moindre deur de faute. art. mes. dans notre langue. saint Grégoiic {MO' les vices XXXII. q. Vadprimum répond que raies. plus vils et les bêtes elles-mêmes a se satisfont le dit également. comme il a été vu plus haut io3. art. Car la granla lin . où ces sortes de péchés sont. que ces plaisirs grossiers où les hommes les Il — n'est rien de plus bas et de sonnable. dans le l'a psaume pas com- (xLViH. 8.. i). est ce qu'il le répugne D'abord. ne il il s'est comparé aux bêtes sans raison. peu notés d'infamie et de mondains eux-mêmes. comme xi. obj. et à la gloire. i). art. on trouve moins de la lu- mière de la vertu. dû ad à l'excellence. en plus à — sur les délectations qui nous sont communes est dit avec les bru- tes .

et 263 s'agit par état à d'eux. l'être qui va le plus contre l'honneur et l'honnêteté de l'estime humain. on l'entend des vices humains. CMJI. et celui est. le plus honteux. Ce en effet. ou avec d'autres hommes Si ». les hommes. de ses par- en général .QUEST. l'homme qui se délecterait à manger de la chair humaine. vil et le fait descendre au rang de ce qu'il y a de plus plus jusqu'au rang des parmi raison. de chacune de ses parties dans le détail ». bien animaux sans Après avoir étudié la tempérance en elle-même de ses parties et dans « les vices qui lui sont opposés. ou à pratiquer l'union sexuelle avec des bêtes. vérité et à tenir compte de plus opposé au resplendissement de la raison dans l'homme. ceux-là sont encore plus honteux. que l'intempérance est ce qu'il y a de plus honteux. mais en vice. puis. nous devons maintenant ties traiter : d'abord. Mais ces autres vices qui dépassent les bornes ou le mode de la nature humaine. eux aussi paraissent se ramener au pour suprême honte et la Vad tertium explique que « lorsqu'on dit genre de l'intempérance sous forme d'un certain excès : tel. l'intempérance nest point le il plus grave de tous les péchés que l'homme peut commettre. de tous. ravale l'homme au-dessous de lui-même. non point toujours selon des ou l'appréciation ce qui est le hommes. quand il suprême infamie. la pratique de la qu'on tient. Toutefois. — DES VICES OPPOSES A LA TEMPERANCE. la vertu. — La première étude va faire l'objet de la question suivante. sous sa raison de tempérance. qui se prennent selon les passions conformes en quelque sorte à la nature humaine. .

n.. ch. Si les parties de la tempérance sont convenablement assignées? Cet article constitue intérêt sur tout ce un coup d'oeil d'ensemble du plus haut à dire que nous aurons (liv. qu'il ». IX. sdL — Quatre objections veulent prouver que « Cicéron Il. au livre VII de YÉthique (ch. Donc la continence n'est pas une « partie de la tempérance — La seconde objection dit que de la la clémence parait être à l'endroit haine ou de la colère qu'elle mitigé. ch. leç. Or il les actes extérieurs sont la matière de la justice. assigne mal les parties de tempérance. (q. la sions. connue de tous hommes. 4. marque beaucoup plus de parties de la tempérance. i. sur I. viii). comme il a été dit clémence n'est pas une partie de la fait tempérance l'Apôtre soit ». QUESTION CXLIII DES PARTIES DE LA TEMPÉRANCE EN GÉNÉRAL Article unique. dans la Rhétorique ch. 8). les actes extérieurs. tinguée de la vertu. que suivent la tempérance la modestie. 58. dans la suite de notre traité. art. comme a été vu plus haut Donc « la modestie ». Or. 5) : Que votre modestie (q. Macrobe.. 9). les délectations i/ji. tempérance ne porte point sur ces pas- mais sur /j). est i.. et c'est pourquoi aux Philippiens. la tempérance contenue sous la vertu. les iv (v. Il dit. la : . dit être la continence. Or. Donc la du loucher. la réserve. Th. ». Vabstinence. 5 et suiv. n. et la la modestie — La première déclare que continence est disi. ch. en effet. — La troisième objection observer que « la modestie consiste dans dit. est plutôt une partie de la justice que de la tempérance — le La quatrième objection en appelle* à ce que Songe de Scipion (liv. la clémence. liv). art. de S.

deux genres. Andronicus dit encore (Des ajfections) que la tempérance a dans sa familiarité l'austérité. insuffisante les parties delà tempérance Au ici corps de l'article. les conditions qui doivent nécessairement con- courir à l'être de cette vertu. espèces des vertus se diversifient selon la diversité de la matière est à l'endroit ou de l'objet. Les unes. on aura Y abstinence. pour une vertu cardinale. cmbrassemcnts. la modération. D'autre part. 2. pudeur. Parmi elles. comme 8. la tempérance. savoir la réserve. (q. art. (q. C/iumilité. Les autres sont ordonnées à génération.-S PARTIES DE LA TEMPERANCE. Dans pour cet ordre. et Vhonnêteté. 265 la Vhonnêteté. i^a. De il grales de la tempérance. la sobriété. les on ap[)elle ainsi ses espèces. on aura pudeur. chasteté. ad /'"". il appartient à la tempérance de modérer les délectations . en sont ordonnées à la nutrition. quant aux délec- baisers. u vertus. la sobriété. tempérance. q. Or. saint Thomas répond que « — il il sans apporter a été dit plus d'argument sed contra. la mesure. la délectation principale qui regarde l'union tations les « même des sexes relèvera de d'à côté. la continence. les attouchements. le il bon ordre. art. et la turpi- les vices de l'intempérance ont au plus haut point Quant aux parties subjectives d'une vertu. la simle suffisant plicité. — On appelle parties ce chef. : d'une vertu. — comme haut 128).QUESTION CXLIII. 4). D. Donc semble que Cicéron énuméré d'une manière ». les parties subjec- tives et les parties potentielles. i4i. Les parties potentielles d'une vertu principale sont les vertus secondaires. la pour la nourriture. parmi tude. en certaines autres matières où la difficulté moindre. qui se divisent en eff'et. la tenue. liS. art. comme sont les la la chasteté. revendique pour elle un cerlain éclat. qu'on aime beauté de la C'est qu'en effet. : peut y avoir intégrales trois sortes de parties les parties intégrales. a dans les objets. y a deux parties intéqui fait que quella qu'un fuit la honte ou qui fait la turpitude contraire à la tempérance. et la boisson. on le voit sur ce qui a été dit ad les 3""^. qui observent le même mode que de l'observer est la vertu principale observe à l'endroit d'une matière principale. Et la tempérance des délectations du toucher.

d'abord. et Andronicus. de ce chef. les garder ce qui convient clans conversations avec en toutes autres choses choses extérieures. en dehors et en outre Au du mouvement la — point de vue de la concu- piscence. Il faut ensuite que l'homme observe ce qui convient ou la décence en persister ce qu'il fait : et ici vient la tenue. Ensuite. D'abord. mouvement intérieur tendant vers quelque chose est le mouvement de l'espérance et celui de l'audace qui la suit ce mouvement est modéré ou refréné par V humilité. Il faut. tout ce qu'il y a de plus difficile à du toucher. — amis ou Parmi les : il y a à établir une double modération ne recherche pas des choses superflues et inutiles. par la ils sont modérés ou refrénés trois. Il mo- s'ensuit que toute vertu qui met une certaine mesure l'appétit tendant ou modération en quelque matière et refrène vers quelque chose peut être donnée comme pérance.266 SOMME THÉOLOGIQUE. intérieur. Enfin. qui fait que bien que l'homme souffre des concupistrois autres chose. la volonté cependant ne cède point. Et ceci se produit d'une les mouvements intérieurs de mouvements extérieurs et les actes du manière. dans les choses extérieures. Le troisième mouvement est celui de la colère qui tend à la vengeance il est refréné par la mansuétude ou la clémence — Quant aux mou: : vements ou aux actes corporels. Le premier est le cences L'autre immodérées. Ensuite. et dans quel ordre on doit : y fermement ceci est le propre du bon ordre. et faut discerner ce qui doit être fait et ce qui doit être faiVe ce qu'il faut faire. qu'on : et ici vient Vaustérilé. Macrobe Xà simplicité ». on trouve dans l'àme mouvements qui tendent vers quelque mouvement de la volonté mue sous le coup de la passion. les en troisième lieu. suffisant dans les objets. et ce mouvement est refréné par la continence. il qu'Andronicus divise en selon que d'abord laissé. le Macrobe assigne la mesure. eût été diftlcile de mieux légitimer de situer dans un meilleur ordre et qui fût plus harmonieux. que modère et que refrène tempérance. modestie. dans l'âme. à triple titre partie de la tem- de vertu adjointe. et enseigne Il la modération. qui sont dérer. et Andronicus. toutes ces multiples . clans les corps. que l'homme ne recherche : point des choses trop recherchées et de ce chef.

C'est pourquoi la justice. ses parties intégrales. partie de mais comme partie de la tempérance On le auia saint remarqué. dans le boire. qu'elle consiste à mettre est du toucher. ainsi qu'il a été dit » (au mode de corps de l'article). toutes les choses qui touchent à la modération des et des mouvements corporels à l'humilité ». i55. et dans matière. la raison de mesure ou et de disposition harmonieuse en soi toute seule. mais seulement une certaine modération ou elle n'est mesure. car elle porte sur le délectations dans mode. dans le manger. à l'endroit des actes extérieurs. D'aliord. par rapport à raison Vad quatiiirii fait observer que « Cicéron comprend. qui Font la réserve et Vhonnêlelé. — DES PARTIES DE LA TEMPERANCE. mais parce qu'elle convient avec elle dans refréner et de modérer. i) et de cette manière qu'on la met à part convient avec les la vertu. pas donnée comme ». que nous aurons désormais la à étudier dans le détail. la différence assignée la justice par et la modestie. du c'est parfait. qui sont pourtant leur matière à toutes deux la : l'une regarde la raison de chose due. Puis. et aussi la modération de l'espérance. sidère modestie ne con- point.QUESTION CXLin. Et cela. ses parties subjectives. Toutefois. h'ad prinium explique que « continence diffère de la vertu comme de la l'imparfait . l'autre. elle la tempérance. que nous avons marquée appartenir Nous aurons donc à étudier dans le détail trois sortes de parties de la tempérance. et un certain frein. et à l'endroit des choses . choses extérieures. la la justice le considère ce qui est dû à autiui. 267 parties de la tempérance. qui sont : à l'endroit de l'alimentation la sobriété. « h'ad tertiuin dit que dans les actes extérieurs. Aussi bien est-ce la propos qu'elle assignée comme la partie de tempérance Uad secuiidiiin déclare que « la clémence ou mansuétude la n'est point fixée partie de la tempérance en raison de com- munauté de le matière. art. ainsi qu'il sera dit plus loin (q. : V abstinence. sous la modestie. dans Docteur entre cette réponse. parce à ».

que sont de volonté sous l'ébranlement de la convoitise. seront la modestie avec ses diverses espèces. ou le colère. pour ce qui regarde l'acte lui-même à côté essentiel. Enfin. . la clémence ou \di mansuétude. la chasteté. la continence. la pudeur. Vhumilité. fait de ce qui honte.268 sexuelles : SO^TME TMÉOLOGIQUE. seront. C'est l'objet de la question suivante. pour le second. pour le troisième. ou vement de l'espérance et de l'audace. destinées à refréner les mouvements la intérieurs de l'âme. pour le premier. mouvement le moumouvement de la le — "Venons tout de suite à qui est la crainte la première des parties quasi-intégrales. pour ce qui est des alentours ou des de cet acte. celles destinées à refréner les mouvements et actes extérieurs ou tes choses extérieures. ses parties potentielles.

QUiiSTIOiX GXLIV DE LA GRA. lialion attachée à tout ce qui est bas. honteux. n. un aspect plutôt d'ordre inférieur et familier ou trivial. de tel S. Si la crainte de la honte est une vertu 7 Nous traduisons par vergogne. leç. dans un II milieu. de Th. la le de V Éthique (ch. i5 . en exprime tout le notamment le sens plus délicat qui correspondrait assez bien à cet autre mot de notre langue qu'est la réserve. Cinq objections veulent prouver que est la crainte de la honte une vertu ». Th. Donc la crainte de la honte est une vertu ». Aristote au livre de YÉthiqac (ch. donnée Or. i/». vil. Donc il s'agit. Article Premier.. en effet. « grossier. au contraire. Le mot honte. vu. — . : qui n'a pas de correspondant direct dans notre langue le mot qui en est la traduction quasi-littérale. comme on 11. comme on au livre II le voit par la définition de la vertu qui est vi. dans l'acception que nous venons de dire. cette périphrase le mot latin verecumdia. ici. crainte de la honte consiste voit par S. de la peur qu'inspire à toute âme délicate l'humisens. 9).. — La première dit que « se trouver an milieu la selon la détermination de raison est le propre de la vertu . Auprès de qui l'homme éprouve celte crainte. leç. 7). 4° A qui il appartient d'avoir celle crainte. ne donne qu'un aspect du mot verecumdia.LNTE DE LA HONTE Cotte question 1° comprend quatre articles est : Si la crainte de la honte une vertu ? 2° 3" Sur quoi porte cette crainte.

comme on i . l'honnête se confond I comme on le voil par Cicéron. i). ni de la justice. L'argument sed contra oppose Simplement qu' « Aristote x). que : La réserve est la compagne Vamie de la tranqaillilé de V esprit fuyant la hardiesse.. leç. u La seconde objection déclare que honte tout ce qui est louable.. de VÉlhique (ch la n 7 . D'autre part. car et la justice dont les s'agit est une passion. habitas sont semblables livre II comme Th. au livre II ( de la Foi Orthodoxe. i. Or. » — La quatrième objection en appelle il que « tout vice s'oppose à quelque vertu. au livre la Devoir (ch. car elle n'est point une partie de vertu la est : point dans la crainte la raison. Saint Ambroise en effet. la crainte de honte dit. ou appartient à la vertu. n. Donc ». cherche ce qui Donc la réserve ou la crainte de la honte est à ce une vertu. n. 20). ni de la force. Donc aux la crainte modérée de la honte les est une au — La cinquième objection arguë de ce que actes qui les engendrent. ce n'est ni de la prudence. elle est beau. de S. il est dit. Et parce que l'habi- tus d'actes Aristote. par saint Jean Damascène. s'ensuit » que la crainte de la honte est '« une vertu ». pour un vertu )>. il demeure que avec la la crainte de ce qui fait honte est a une vertu — du I La troisième objection remarque que veilu. leç. mais dans l'appétit il . xv). la crainte de honte implique un acte louable. louables est une vertu. ou. 20. xn. leç 18. ni non a plus de la tempérance. concupiscences. des Devoirs (ch. et qu'il s'agit ici d'une crainte. étrangère à tout et luxe. de S. au contraire. il ch. ou bien est une vertu. parce que tempérance pour objet ix. le voit par Aristote. Donc plusieurs actes de cette nature engendrent l'habitus. car il appartient à de tenir et d'attaquer. Th. est des vices qui s'oppo- sent à la crainte dont fait il s'agit : telle la hardiesse que rien ne rougir. 6 . livre I comme on 2. tandis la crainte dont il s'agit est un mouvement la de fuite. la crainte de quelque chose de louable. xliîi). que les ne porte la force point sur passions. xxvii). Or. la tendance excessive à rougir rien. favorise l'honnêteté. . est une certaine au livre et partie de l'honnêteté. Or. de S.. ch.270 SOMME THEOLOGIQUE. au livre IV 17) et de VÉlhiqae (ch. Th. x:ii. Or. n. aime la sobriété. îe voit par au de VÉlhique (ch.

Th. quand il s'agissait des passions (i''-2^% q. art. ni. « Or.QUESTION CXLIV. même Or. 3). 2 q. s'ensuit que tout ce qui répugne à la perfection. n. Et. la de S. art. n'est pas que la crainte de la une vertu elle reste. c'est-à-dire qui puisse agir au le sujet choix » ou dont puisse disposer à son gré. dit que ». lain et crainte de la honte répugne à la perfeceffet. comme chose possible et ardue. comme il a été et honteux à accomplir. que et « la vertu se prend d'une double manière au sens propre d'une commune. c'est- à-dire comme il difficile à éviter. aussi bien saint ta Jean Damascène dit (endroit précité) que rance porte sur un bien possible crainte a pour objet crainte de la honte est la crainte d'un acte vilain. reste en deçà de la raison de vertu. en la crainte de quelque chose de vi- qu'on peut jeter comme un opprobre. d'une façon commune est ». de S. tion. actes « — Mais. lu vertu est une certaine per- fection. mais qui n'obéit pas à procède plutôt de passion impétueuse . il est dit Il si au livre VII des Physiques (texte xviii. en effet. s'ensuit parler. non il plus. leç. leç. ou dans un sens louable dans les on appelle vertu tout ce qui bon et humains et dans les passions. 9) et au livre IV (ch. il faut. large. L'ad primum déclare que « d'être au milieu ne suffit point pour la raison de vertu bien que ce soit un des éléments de . mais une pas- mouvement lu n'est pas à discrétion 1. . Et c'est à ce titre que quelquefois on appelle vertu la crainte de la honte. une certaine passion louable ». parce que celui qui est parfait selon l'habitus ne perçoit point quelque chose qui soit ignominieux . la crainte honte n'est pas une vertu l'article. de et un mal possible vu plus haut. comme leç.. de même aussi la et aidu. Au corps de façon saint Thomas nous : avertit . IX. Elle est. Ai. de plus.. elle est. Th. en : honte. i4. en deçà de la perfection. Au sens propre.. Et ce un habitus. [\2. à propremenl effet. qu'il s'agisse d'un habitas qui soit à discrétion. D'autre part. vri. n. Th. de S. la crainte de la honte ne désigne pas sion. la définition de la vertu. 6). — DE LA CHAIiME DE LA HONTE. même que l'espéardu. 17) de VÉlhlqae. n'accomplit en acte rien de laid ou de honteux dont ait à redouter quelque opprobre. ou au choix. 27! au de livre II I (ch. la cela est bon.

qui tempérance qu'à aucune autre vertu. si la matière de cette crainte se présentait La crainte de le la honte ou des choses houleuses et qui sont plus de nature à faire rougir l'être humain qui car. que de l'intempérance plus honteux la et le plus de nature à faire rougir. mais pour de vertu. Toutefois. non selon l'espèce de passion. « raison de vertu L'ad secundum rappelle que l'article). l'eUronterie. s'agit. Or. « SOMME THÉOLOOTQUE. à proprement parler. Et voilà pourquoi. en écartant les choses contraires à l'hon- nêteté . quant à son origine. de la sorte. la crainte dont nous parlons peut aussi appartenir à ces autres vertus ». la crainte dont nous parlons appartient plus essentiellement à chose honteuse. Et. vrai aussi — Toutefois il est que tout vice s'oppose à quelque vertu. la comme il a été dit (au corps de crainte dont et nous parlons le vice est la crainte il de ce qui est honteux (q. la la qui est est la crainte. en raison du motif. Et voilà pourquoi il n'est point nécessaire que tout ce à quoi s'oppose directement quelque vice soit une vertu. art. Toutefois. en tant qu'elle provient d'un amour ». répugnant à . s'oppose à la tem- pérance Lad fa il qiiintam répond que « des actes répétés de se la crainte dont nous parions produit l'habitus de la vertu acquise. qui que l'homme évite les choses honteuses sur lesquelles porte cette crainte. ce sens qu'elle atteigne à la parfaite rai- son de l'honnêteté L'ad quarlum déclare que tout bien n'est pas suffisant « tout défaut cause la raison un vice. a été dit plus est le haut 1/Î2. tres vertus en tant que les vices opposés aux au- sont aussi chose honteuse et de nature à causer de l'opprobre. cet habitus de la vertu acquise fait il que l'homme craindrait plus encoie delà crainte dont ». mais non que l'homme éprouve dorénavant cette crainte. se respecte. Aussi bien cette crainte reste-t-elle en deçà de la ».272 la raison. la n'est pas une vertu. de nature à faire rougir. L'ad tertium fait observer que la ^ crainte dont nous parlons favorise l'honnêteté. déréglé des choses honteuses. 4). et non pas en ».

Ar'iTCLE ïT.QUESTION CXLIV. ou l'humiliation. : 278 perfection. elle reste en deçà de la raison de vertu l'homme la vertueux. leç. DE LA CT\AT>'TE DE LA HOiNTE. honte ne porte pas proprement sur honteux Or. « Aristote ». va nous l'article suit. Th. mais parce qu'on a pour ainsi dire bu toute honte est et qu'on incapable de rougir. parce que ce sur quoi elles portent n'entve point dans sphère des choses possibles pour lui. : parole du 8) C'est pour vous que Je souffre ces opproest couoerl c'est pour vous que mon visage de la de confusion. a selon cette quelquefois ceux qui ne font rien de honteux subissent le manque de gloire psaume (lxvhi. qui répondre à comme qui châl'ment de cet acte. ou manque de réserve et de délicatesse ou de peur non point parce qu'on est incapable de faire ce qui est honteux. v. l'acte Donc la crainte ». ou sur se le à ce sujet. rougira d'accomplir des œuvres serla crainte Donc il semble que de la honte ne porte pas XIII. bres . 18 . — Mais. l'homme rougit de certaines choses qui ne sont point des péchés. qui dispose à la vertu l'absolu . la crainte du manque » de gloire ou de l'humiliation. en elfet. I .. Si la crainte de la hcnte po^te sur l'acte honteux? Quatre objections veulent prouver que « la crainte de la est ix. préciséla ment. et son contraire. honteux au livre ». honte ne porte point sur l acte dit. Toutefois. vicieux ou honteux. n'a pas à éprouver de ces sortes de craintes. — La seconde objection tel déclare que « ces choses-là la seulement paraissent être honteuses qui ont raison de péché. Saint Thomas elle porte sur l'acte est demande. est une chose soave ainement détesta- ble et qui rend l'être humain capable de les tout dans l'ordre des choses les plus basses et plus dégradantes. la honte Il elle- même. par exemple. de S. nous devons considérer ce suc quoi porte crainte si dont nous parlons. — La première un motd' n. viles. qui 17) a IV de VÉlhique (ch. que la crainte » dont nous parlons « est Oi". celte crainte est une passion louable. — La Force et la Tempérance.

n. xv la facilité à le . leç. à difformité de n'a rien l'acte volontaire. viii. q. i3). q. comme de S. art. la — L'une du est vicieuse. Or. Donc ». c'est ainsi qu'il est dit.. fait opérations des vertus ne sont point choses mais souverainement ÏÉ(/iir/ue (ch. de il i3. Or. 27^ SOMME TIIEOLOGIQUE. n'est point perçu sous la raison de chose terrible ou à craindre. moi el Fils de l'homme rougira de etc. ch. xx) que corps de rougir est » crainte portant sur l'acte honteux ou sur art. tote dit-il. par suite. crainte porte sur le mal ardu. ^2. d'autres péchés qui sont se glorifie. quand de passion de la crainte. mal ardu » ou difficile à éviter. — une autre honte. en ce sens qu'elle consiste dans Celle-là. se- lon cette parole ta du psaume la (li. — La troisième objection belles.comme 2. — la il Nature de l'homme. n.id dans saint Luc. faut savoir qu'il y a une double honte. de mes discours. méfait honteux Au l'article. de la c'est-à-dire sur le il mal difficile à éviter. ch. très graves. au contraire. qui « disent (livre de la Foi Orthodoxe. (^e/. Thomas répond que «. v. ment sur l'acte honteux de L'argument sed contra cite la double autorité de u saint Jean Damascène de la » et » saint Grégoire de Nysse » (ou plutôt NeII mesius). qui consiste dans le blâme de quel- qu'un . ch. 3). là . au sujet honte.. et. l'acte les proprement sur observer que honteuses. Aussi bien Arisv. 3) : Que te glorijies-tu dans malice? Donc crainte de la honte ne porte pas propre)>. parfois en est qui rougissent de faire certains actes de ver- tus. faudrait que l'homme éprouvât d'autant plus seraient plus honteux. saint (i*'-2". proprement « parler. Th. la a il été dit plus s'agissait haut la /ji. 1). le ix (v. 11 que est la crainte ne porte point sur ces sortes de maux. car ce qui consiste dans la seule volonté ne semble pas être chose ardue et élevée au-des- sus du pouvoir de l'homme. livre 1 « honteux ». comme la gloire ou son éclat consiste dans l'honneur . pénale celle-là. parfois celle ciainte que git les actes l'homme rouet il davantage de certains péchés qui sont moindres. la crainte de la honte ne porte pas si sur l'acte honteux la crainte il — La quatrième objection dit que a l'acte de la honte portait proprement sur honteux. il est dit au Or. 26) : qui aura rougi de lui. au livre II de sa Rhétorique (ch.

Que si quelqu'un salllige cl rou- . par peur du blâme. dit. à la crainte de la honte. en telle sorte fait. comme n. l'analyse de nous donner saint fouillée que vient la Thomas de ses tout ce qui regarde les dont nous parlons jusqu'en les nuances plus délicates ou plus diverses.. au « sujet de la difficulté rela que présentait l'objection.QUESTION GXLIV. et la crainte la vertu. sans qu'il les ait mérités : comme Arisni. s'ensuit que le la crainte de la honte regarde d'abord et prin- cipalement blâme la est blâme ou l'opprobre. de S. faute. ^i). Th. 12). n. en telle sorte que quelqu'un cesse d'accomplir les choses vicieuses. qui est La crainte dont nous parlons garde proprement l'humiliation selon qu'elle est due à faute. 17. parce qu'ils avaient été trouvés dignes de soujjrir l'outrage pour le nom de Jésus. et comme est dit des Apôtres. Le premier mode appar- Grégoire de Nysse (ou plutôt Nemesius. L'ad primum a une parole superbe. 12). DE LA CRAINTE DE LA HOTE. vi. Et c'est pourquoi le même auteur ajoute : Celui qui craint la honte. que lltomme rougit surtout des choses dont dont on insulte qu'il la vertu. par peur du blâme. comme l'honneur est dû à cause de cela. 9). c'est double manière qu'elle D'abord. en- droit précité). se cache dans les choses qu'il fait. dit Aristole au livre II de sa RhélorUjue (ch. il est cause. Toutefois. ainsi la — Quand d'une la crainte de la honte regarde le fait. n. Quant aux opprobres l'homme vertueux les méprise. et le second. Il comme l'honneur a raison de bien ardu. à de honte regarde aussi l'action vicieuse. Et c'est pourquoi Arislote vi. ayS a OU l'éloge fait ou rendu par quelqu'un. au livre II de sa Rhétorique (ch. ch. tir (v. leç. qu'i76' allaient pleins de joie au sor- du Conseil. que l'homme rougit moins des défauts qui ne sont point de sa faute. le c'est pour cela. parco en est victime. au livre des Actes. parce que le dû proprement au vice. tote le dit des magnanimes au v livre IV de il V Éthique (ch. Cette sorte de blàine raison de mal ardu. que l'homme. un défaut volontaire. — On crainte aura remarqué. selon saint les choses honteuses qu'il é\ile les regards publics. celui qui a de la facilité à rougir crcdnl de tomber dans l'humiliation si ». dans tient. dans cet article. à la facilité de rougii-. Ou bien. par voie de conséquence.

n'importe quel se font défaut. cela provient de l'imperfection de sa vertu. Aussi bien est-il dit. et L'ad tertium dit que l'on ne rougit point et l'on ne se fait point honte des œuvres vertueuses considérées en elles-mêmes. de honte de la soit parce qu'ils consistent en un certain excès de bien temporel. et c'est ainsi la lâcheté que l'homme dace. bien qu'il ne soit dû . — Nous avons. et suivre son chemin sans aucune peur de cette sorte. en raison d'une certaine . Isaïe. opprobres qu'on lui jette en raison de la vertu. ou en simulant une vertu que l'on n'a pas. les biens ou les : maux extérieui*s. Il est évident que la vraie vertu doit mépriser tout cela. 7) J\e craignez point l'opprobre des hommes fait \Jad secLindiim qu'il a été observer que « comme l'honneur. regarde cependant. li (v. Uad quartam explique qu' « il arrive parfois que certains péchés plus graves sont moins de nature à faire qu'on en ait de la honte ou qu'on en rougisse soit parce qu'ils ont moins l'indication de la triple source — : de la raison de turpitude ou de laideur. la soit dans les œuvres de vertu note de présomption ou de simu- lation ». comme sont les péchés spirituels par rapport aux péchés charnels. ainsi vu plus haut aussi. : du respect humain on a peur de bien faire. le (q. plus il méprise dans ». parce que le jugement des hommes n'approuve pas le bien que l'on fait.276 git des SOMME THÉOLOOIQUË. Toutefois. Et voilà pour- quoi les hommes honte et rougissent de la pauvreté. car plus l'homme est vertueux. en entreprenant quelque chose au-dessus de ses forces. à tout dû proprement le moins selon l'opinion des hommes. art. regarde cependant une certaine excellence de même. ch. ou parce que l'on craint d'être considéré comme voulant indûment se mettre en avant et en vue. bien qu'il soit à la faute seule. 63. de genre ». 3). qu'à la seule vertu. et s'en fait il arrive accidentellement : que quelqu'un en rougit parce que l'homme fuit honte soit parce qu'elles sont tenues pour vicieu- ses selon l'opinion des hommes. ou se fait plus que de l'au- du vol que de rapine. dans ces trois mots de saint Thomas. « la servitude. autres choses de ce du manque de noblesse. déshonneur.

Or. n. étant et principalement il le blâme ou le déshonneur. Or. une crainte. puisqu'elle ne dépend la que de volonté du sujet. déjend pas dans prochain. : quand il sera-ce au regard des personnes qui qui lui tiennent de tel plus près? C'est ce qu'il nous faut maintenant examiner. qui ne sont pas toujours les plus proches. l'homme désire surcite ce texte — La première tout cela des meilleurs. faut que son objet principal soit un mal ardu ou et elle a lieu difficile à éviter. 19). surtout. choses quun homme fait. est de nature à causer ce blâme ou ce déshonneur. peut point tomber sous la crainte de la honte. 2^). Donc l'homme ne ». bien qu'en soi elle ne dise un mal ardu ou difficile à éviter. Toutefois. comme les il est dit au livre de ne le la les Rhétorique (ch. l'homme ne rougit pas de son sait être II il péché auprès de ceux qu'il dans le même péché vi. plus sensible à la honte de la part des personnes conjointes du livre II de la Rhétorique (ch. où « il est dit que les hommes rougissenl le plus auprès de ceux dont ils veulent être admirés. la par voie de conséquence. 277 espèce de puissance » manifestée dans l'audace et dans la rapine. l'homme l'éprouve éprouvera-t-il cette crainte de la honte. le . Donc l'homme ne rougit pas plus au regard de ceux qui lui . — DE LA CRAINTE DE LA HONTE. rougit pas davantage au regard de ses fait proches — La seconde objection observer (juc « ceux-là paraissent être les plus proches et les plus conjoints qui vaquent à des œuvres semblables. n. pour autant que faute volon- au moins quand en public. « Et il en est de même des autres vices ». cette faute. La crainte de la honte regarde d'abord car. l'homme est plus sensible à la honte de la part des personnes conjointes? Quatre objections veulent prouver que u l'homme n'est point ». Article Si III.QUESTION GXLTV. et est l'objet de l'article suit. vi. elle aussi. car. taire. — Mais au regard de qui.

20). que pour pour les hommes ont surtout la peur de se faire honte auprès de ils ceux devant qui la n'ont jamais failli. tous ceux-là sont ceux qui sont ce n'est pas auprès des plus rapprochés moins unis. Il début du corps de l'article. est la sont plus unis ».'2']Q SOMiSIE le THÉOLOGIQUE. surtout faute. comme sont le sont les railleurs et les conteurs de fables. Donc des plus unis. — La troisième objection « encore un Rhétorique texte d' « Arislote (ch. le témoignage de quelqu'un peut en raison de la certitude de effet. au livre II de que Chomme se Jail honte surtout auprès de ceux qui font connaître à beaucoup de personnes ce qu'ils savent. — La quatrième objection dit. l'homme éprouve vi. en appelle toujours à « Aristote ». Or. que soit les hommes redou- tent davantage. en ce qui est de honte. qui dit. de et même la que l'honneur pareillement implique un certain témoignage de l'excellence de quelqu'un. il nous explique que « le déshonneur s'opposant à l'honneur. aussi l'opprobre. ». n. la certitude de la vérité est jointe au témoignage de quella rectitude qu'un. ceux qui seront tou- jours auprès textes si ». comporte. D'abord. être réputé de la vérité qu'il grand poids. qui « au même endroit. en raison de jugement. Donc ce n'est pas auprès d'eux qu'il y a le plus lieu de se faire honte ». ceux qui plus unis n'ont pas coutume de faire connaître les vices des personnes conjointes. Or. dans l'ordre de quelque De là vient que plus le témoile re- gnage de quelqu'un doute s'il est réputé de grand poids. surtout de l'excellence qui est selon vertu . VI. Or. ou de ceux qu'ils sollicitent ils première fois. dont les comme on le voit pour les sages et les vertueux hommes aiment le plus à être honorés et dont ils re- . notés dans la Rhétorique d'Aristote. n'ait que saint Thomas montrer tout Dès le le posé le présent article. 18). sur lequel porte la crainte dont nous parlons. soit soit en raison de son — D'autre du part. la la crainte de la honte encore « L'argument sed contra oppose qu' livre II « il est dit » au de la Rhétorique (ch. — Nul sens. plus on est défavorable. à un double titre. impliquera le témoignage du défaut de quelqu'un. doute que ce ne en raison de ces va nous en pleins d'intérêt. ou de ceux dont recherchent l'amitié le la première fois. que ou ». n.

même autorité et même certitude du jugement. D'une autre manière. Des passants. et à la de ceux qui nous sont tout à connaissance desquels nos actions ne parle viennent pas. Vad secundam déclare que le témoignage de ceux qui nous sont joints dans la ressemblance du péché est moins redouté de nous. Et il y a donc. nous redoutons davantage et jugement fait des personnes conjointes. et ils redoutent davantage d'être honnis par ceux qui peuvent leur nuire. des passants ou des inconnus disparaît en quelque sorte tout de suite » et reste sans importance à nos yeux. des raisons diverses. que le témoignage des meilleurs est réputé plus efficace en raison de la L'ad primum déclare que le connaissance universelle qu'ils ont des choses et de leur avis fondé sur l'immuable vérité . qui'sont plus attentives à nos actions. leç. hommes davantage d'être honorés par ceux qui peuvent les aider. . de S. Th. in. en raison de la con- naissance de ceux qui portent bien ce cia il le témoignage 1. L'ad tertium dit que « nous redoutons ceux qui colportent . ch. — Quant désirent un témoignage est de grand poids selon qu'il peut nous les nuire ou nous aider. nous craignons davantage d'être honnis par les personnes conjointes. 3). C'est aussi à cause de cela que d'une certaine manière ou sous certain rapport. comme s'il provenait de là pour nous un détriment ou un dommage perpétuel. nous ne redoutons en rien à l'effet. Et. même valeur pour nous. que nous redoutons « c'est pour une raison semblable jugement des meilleurs et celui de ceux qui nous tiennent de plus près. jugement. n. 279 doutent le plus la désapprobation. à cause de cela.QUESTION CXLIV. au contraire. de part quoique pour et. De même. car chacun juge 5. inconnus. liv. qui n'ont pas déjugeaient.. Et. le connaît [Éthique. de même aussi le témoignage des personnes familières semble plus efficace qu'elles connaissent en raison de ce davantage les choses particulières qui nous et d'autre. « par suite. — DE LA CRAINTE DE LA HONTE. Ce qui provient. Aussi bien on n'éprouve les aucune honte devant enfants et devant les bêtes. de la sorte. au contraire. concernent ». parce que nous n'estimons point qu'ils tiennent notre manquement pour quelque chose de Jionleux d. en effet.

parce que ce juge- ment est pour nous d'un plus grand poids. c'est en raison obstacle à la du dommage qui s'ensuit. des cause de personnes qui nous tiennent de plus près. que les contraires juxtaposés ressortent davantage ce qui fait que si quelqu'un aperçoit quelque chose de honteux tenait et en quelqu'un qu'il estimait et pour bon. en raison du la dommage « qui en résulte. — Cette crainte dont nous avons vertueux ? parlé peut-elle se trouver aussi dans les hommes Nous avions bien déjà mier. Et. soit parce que nous pouvons souffrir davantage de leur mésestime dans le commerce quotidien ou fréquent q«e nous avons avec elles.28o SOMME THÉOLOGIQUE. de la sorte. et soit à la connaissance plus complète plus exacte que ces personnes ont de nous. la chose lui paraît encore plus répréhensible plus honteuse. — la Quant à ceux desquels nous attendons quelque chose pour fois première ou de qui nous voulons pour la première fois conquérir l'amitié. nous redoutons fait davantage ceux en présence de qui nous n'avons rien mal. Si la crainte dont dans les nous parlons peut se trouver aussi hommes vertueux? crainte dont Quatre objections veulent prouver que « la nous parlons peut se trouver aussi dans les hommes vertueux ». el qui est diffamation auprès d'un grand L'ad qimrlum répond que nombre pareillement. à l'article pre- nous faut maintenant discuter ce point en directement ce qu'il en est. ». . car. et qui est un réalisation de ce que nous voulions ou à l'acquique nous sollicitions ». si nous redoutons davantage leur jugement défavorable. sition de l'amitié Nous redoutons davantage désapprobation et le le jugement défavorable ou la blâme. parce bonne opinion qu'ils avaient de nous. Article IV. nos méfaits. surtout en choses honteuses. lui- même et voir Ce va être l'objet de l'article qui suit. mais il laissé entendre que non. à cause de du dommage la qui en provient. : nous perdons aussi.

8) : Ta l'es fail à rougir ». d'honneur {É'J. « Or. saint Thomas se réfère à ce qu' « a que la crainte dont nous parlons est la crainte de quelque turpitude » ou de quelque chose de honteux. 21). de la Rhétorique (ch. Or.. Or. ch. n. au [ Élhique{ch. ix. la partie ne se sépare point du tout. Donc dans les ». une partie de la tempérance. semble que ». — au La seconde objection livre II est un mot d' « Aristote ». Donc ». 17). vi. il IV.que. selon cette parole marquée en Jérémie. n. qu'un mal ne double raison soit soit pas craint. qui « dit. crainte dont nous parlons doit IV de s'y troaver aussi L'argument sed contra s'auto'ise livre lie ta d' « Aristote ». ceux qui sont inlamés à ou qui souf- frent aussi des opprobres qu'ils n'ont pas mérités. S. leç. ix. Puis il donc que la la tem- pérance est dans l'homme vertueux. comme à possible. hommes vertueux il peut se trouver la crainte de la honte — La troisième objection dit que « la crainte dont est la nous parlons Or. qui « dit. i .. Or. il hon'e n'est point fuit de l'homme attentif Au corps de été dit (art. crainte de l'humiliation liv. La première arguë de ce que contraires provien- nent de choses contraires. i7). « les effets 28l — ch. ou S. arrive que des : hommes vertueux sont privés d'honneur tort. ceux qui surabondent en malice n'ont pas de vergogne. i) l'article. cela : peut se produire pour une tenu pour un mal . c'csl-à-diic titre cpie la comme Ce sera donc un double crainte de la honte jiourra ne pas se trouver en ([uchiu'uu. ainsi qu'il a été dit (q. de Th. de Th. les hommes enfoncés dans les pé- . n. an front de coarlisane: la n'as pas sa rougir. ou d'égards tels. soit parce qu'il n'est pas parce qu'il n'est pas considéré dllficile à éviter.QUESTION CXLIV. Et de cette manière manquent de la crainte de la houle. — DE LA CRAINTE DE LA HONTE. la crainte de la honte peut être dans l'homme vertueux la crainte t— La quatrième objection rappelle que est u dont nous parlons K'i3). « du manque leç. Donc ceux qui sont vertueux doivent être le plus aptes III (v. que les hommes rougissent non seulement des vices mais même des signes » ou des apparences « des vices. ces apparences peuvent se rencontrer même dans les hommes vertueux.que/rt crainte ». Ou bien parce que les choses qui font rougir ne sont point considérées comme choses honteuses. 4 le .

choses qui sont tenues pour mauvaises « les L'ad tertium déclare que infamations et les opprobres étant au- sont chose que l'homme vertueux méprise. vaise. qui loin d'en avoir traire. que l'homme vertueux ses. dit qu' appartient à l'homme vertueux. du déplaisir. trouve dans les pires ainsi qu'il dans honte pour des causes diverses. s'en glorifient au con- pitude D'une autre manière. pourquoi saint Ambroise xun). ». ou de . comme la pour les autres passions de la L'ad quarlum fait observer que « honte n'est dans Et pas une partie de tempérance. 7). : Ahsienez-voas de toute apparence maulivre Et Aristote au IV de l'Éthique (n. Toutefois. au contraire les ou la crainte de se trouve dans hommes qui sont au milieu. 22) dit. parce qu'on ne regarde pas la turou la chose honteuse comme possible pour soi ou ne pouvant être facilement évitée. la crainte les la vieillards et les hommes vertueux manquent de ils de honte ou de l'aptitude à rougir. au livre IV (n. d'éviter les vices. et que cependant ils ne sont pas tout à a il fait à l'abri du mal ». titre comme dit. n'en rougit beause coup. ils sont dans cette que s'il y avait en eux quelque chose de honteux. ch. chés. non pas seulement saloniciens. en rougiraient. et voiià pourquoi Aristote dit. si elle entrait son essence. mais à voilà (ch. mouvement peut la crainte produire qui ». Toutefois un certain prévient la raison. Vad secandum l'apparence . comme de cette sorte. disposition.282 SOMME THÉOLOGIQUE. comme El voilà pourquoi jamais il dessous de lui. » en ce sens ce qui est qu'elle inspire l'horreur de la turpitude vilain et honteux. Et. de V Éthique que la crainte )) de la honte est hypathétique- ment dans C homme attentif L'ad et vertueux. 5). primum appuie sur les cette lumineuse doctrine du corps se de et l'article. « de disposition par rapport à elle. mais d'en éviter aussi selon cette parole de la première Épître aux Thes- v (v. soit les doit éviter soit les choses réellement mauvai». Le manque de vergogne meilleurs. pour autant qu'il y a en eux quelque chose de l'amour du bien. dit. que « la au la livre I des Devoirs vergogne » ou la crainte de la honte jette les premiers fondements de tempérance. vient d'être la « Cette vergogne.

mais qui aspirent à la vertu en même temps que la perfection. 283 est deux sortes d'hommes qui sont ou doivent et être inca- pables de rougir et inaccessibles à toute perspective de honte ou de déshonneur d'infamie . qui ont déjà bu toute honte et les vrais amis de vil et la vertu. tout et veulent en l'éclat. les professionnels du vice. suivante. qui ne sont pas encore entièrement à l'abri avoir. du mal. la se- conde partie potentielle de tenant nous en occuper. La crainte de la honte ne se trouve et ne doit se trouver que dans ces âmes moyennes. sous le nom d'honnêteté. Nous devons mainva faire l'objet de la et elle question .QUESTION CXLIV. la tempérance. . Il — DE LA CRAINTE DE LA HONTE. qui sont trop élevés pour être atteints par rien de de honteux. — Cet éclat de la vertu constituera.

. i3i. pas à la q. n. que nous avions déjà souligné plus haut. de S. ». « Donc l'honnête ne s'identifie vertu — . Article Premier. sont . entière- ment propres à la Somme Ihéologiqiie Nous les lirons donc avec un redoublement d'intérêt. Si l'honnête s'identifie à la vertu? Ce premier article. qui.QUESTION CXLV DE L'HOINNETETE Cette question 1° comprend quatre articles . qui étudiera directement ce qui est l'ob- propre de la question actuelle. vertu n est pas recherchée pour elle: même. dans l'usage 1. en effet. lui). sont comme une pré- paration à jet l'article 4. II. au pas- sage. ». 4° Si l'honnêteté est une partie de la tempérance? Les trois premiers articles. ad S"""]. leç. art. au livre i/j). Th. Comment il se rapporte à l'utile et à l'agréable. que la félicité récompense de la vertu et [Remarquons. est 'a la félicité Aristote dit. quen faisait saint Thomas. mais pour de VÉUnque (ch. dans sa Rhétorique ch. I ix. — Venons tout de suite à l'article premier. dit la que l'honnête est ce qui est recherché pour hii-wcme. 2" 3" Comment rhonnêSe se rapporte à la verKi Comment il se rapporte à la bcaulé. et aussi les deux suivants. dont le titre seul nous fait pres- sentir la haute portée et l'exquise saveur. ce beau mot d'Aristole. Or. 3. Quatre objections veulent — prouver que « l'honnête ne s'identifie pas à la vertu ».. — La première en appelle à « Cicéron (liv. sa fin ».

v). L'argument sed contra oppose que Devoir (ch. art. S. 2. 285 dans son ici La seconde objection apporte une étymologie de saint Isidore. maux . n. teté n. X. comme la Aristote le dit au livre VIII de l'Éthique (ch. La quatrième objection que . celle-ci étant la disposition du parfait à l'excel- comme est dit il au livre VII des Physiques (texte xvn. l'honnête : se dit comme re7a^ de l'honneur (en latin honesfas . Donc l'honnête s'identifie à saint Thomas prend donnée par la vertu acte de l'étymolo- gie de l'honnêteté saint Isidore.. Or. 2. D'autre part. il au livre I de l'Éthique (ch. liv. lettre H. 6 . Et parce que l'excellence de l'homme se considère surtout en rai- son de lent. leç. Th. « l'honnêteté paraît consister dans les richesses extérieures : selon cette parole de V Ecclésiastique. comme il a été dit plus haut l'honnêteté se (q. comme l'état de l'honneur. « dit Au témoignage de saint Isidore. Or. Donc l'honnêteté ne s'identifie pas à la vertu jection fait remarquer que « le — La troisième ob- principal de la vertu consiste dans l'élection intérieure. l'honneur. l'honnê- semble appartenir plutôt à . i/J/». lui).s). l'honnête en quatre vertus principales. conversation ou à la manière de vivre extérieure selon cette parole de la première Epître (v. ad 2'"").. xiii. i4) el les Les biens . de S. Donc l'honnêteté ne pas à la vertu ». ch. aux Corinthiens. dans l'ordre. xiv parmi pas à la vertu Ao) : Que toutes choses se fassent vou^s hbnnêtetnent et ». « Selon saint Isidore. est dû à l'excellence. qui sont aussi sion de la vertu.QUESTION CXLV. xii. dit comme leç. Donc l'honnêteté ne dit s'identifie — . ii. qu'il importe de retenir avec soin. — DE l'hONNÊTETE. io3. i8). honoris s(afu. de ». livre des Étymologies. l'honneur est dû à bien d'autres choses qu'à la vertu car est ce qui est dû en propre à la vertu. c'est la louange. la vertu ne consiste point dans s'identifie richesses extérieures. Th. Or.. 5). leç. Il s'ensuit qut> l'honnête paraît être la même chose que ce qui est digne d'honneur. comme nous le seconde objection. s'ensuit que l'honnête. Au corps de marquait la l'article. à proprement . divise la divi». xi (v. la vertu il . et « Cicéron. . de parler. la vie et la mort la pauvreté et l'honnêteté tout cela les vient également de Dieu. S. ch. au livre I du au livre II de la Rhétorique (ch. q. Th. i3). art.

Et cela suffit à la raison d'honnête — Ce lumineux ad primum conle firme partie la doctrine tant de fois soulignée depuis la début de la morale de Somme. qui sont chaque jour le principe de nos actes. autre bien ne nous arriverait par elles et cependant. ravit qu'il est quelque chose qui nous par sa force nous par sa dignité. « le dit. la science. rapporte à une et même chose avec la vertu ». ». Vad sur le « priniLim va nous apporter encore un surcroît de lumière l'objecI beau mot d'Aristote. leç. D'autres telle qui est la fin dernière. en opposition avec la fausse concep- tion exclurait davantage toute vue de vertu. Aussi bien Cicéron au livre II de attire Idi Rhélorique (ch et lu). ces choses-là ne nous sont point aussi connues. que les vertus dit. tion. d'une morale qui serait d'autant plus parfaite qu'on y bonheur à acquérir par la — Saint Thomas d'or. Seulement. vient de nous redire. on peut vouloir et les rechercher pour autre chose. sont recherchées elles-mê- pour elles-mêmes. Et voilà pourquoi la ». en vertus nous conduisent à . vu. » lui-même de S. g). n'est jamais recherchée pour autre chose mais exclusivement pour elle-même. en plus de quelque chose qui l'emporte sur : la vertu en excellence . il Des autres choses qui sont honorées. que nous soulignions dans tion. la vertu. — Parler de ce qui est honnête parler de ce qui est vertueux est tout un. les unes sont recherchées seulement pour elles-mêmes la félicité. C'est de cette nous conduisent à quelque autre bien plus manière. en tant qu'elles parfait. quand bien même aucun . comme insiste étant le dernier mot de toute perfec- Vad secundam « est encore sur cette vérité essentielle. comme la vertu. une formule vraiment mes. sans doute. que « les un bien qui « plus parfait » qu'elles-mêmes est et ce bien plus parfait qu'elles-mê- précisément (( la félicité » ou la béatitude >•. par l'expérience.286 se SOMME THEOLOGIQUE. savoir Dieu et la béatitude. sont recherchées pour elles-mêmes. que les vertus. des choses qui sont recherchées pour elles-mêmes. vertu revendique davantage pour elle le nom de l'honnête . la vérité.. Comme Aristote 4. 5. et jamais pour autre chose. n. en tant qu'elles ont en mes une les certaine raison de bonté. Th. au livre de VElhiqae (ch.

. Et. C'est à ce dernier titre qu'elle a la raison d'hon- Vad teriium déclare que « comme le il a été dit (au corps de l'article). dans cette remarque la clef et profonde de saint Thomas.QUESTION CXLV. ainsi qu'il a été dit plus haut parce que le témoignage ne de se porte qu'au sujet de choses connues. — « D'autres choses. et de là vient que parfois le nom de Ihonnêleté est transféré àJa prospérité extérii ure ». art. n. 1. — Nous dirons donc qu'à la vertu car la louange se due ». comme lon que 20 . l'honnêteté consiste dans l'élection intérieure. est l'homme est bon par la vertu. ces sortes de choses sont honorées par cer- tains mais en vérité seul l'homme bon doit être honoré. l'honnête implique droit à l'honneur. en tant qu'elle est à rechercher pour elle-même. on tient comme chose plus parfaite pour l'homme de n'agir que par vertu sans tenir aucun compte de la récompense qu'il doit trouver en Dieu. pour une raison de signe. sont la honorées en tant qu'elles aident à l'opération de vertu . mais en vue d'un autre (cf. ni. radicalement. 9). 19. au livre IV de V Éthique (ch. proprement art. qui sont au-dessous delà vertu. en effet. la puissance. se- le dit Aristote.. de . rexcellence des richesses rend l'iioinme digne d'honneur. leç. I. les richesses. Et qu'un. — DE l'hONINÊTETÉ.2). Or. q. L\id (/nartum fait observer que u selon l'opinion vulgaire. selon quelle démontre la rectitude intérieure. de toutes les erreurs ou de toutes les illusions chimériques dangereuses qui vont des théories scotisles aux le doctrines kantiennes en passant par faux mysticisme? Il le semblerait. manifeste à que l'élection intérieure là ne se l'homme que par l'acte extérieur. io3. mais. Th. en tant qu'elle est à rechercher pour autre chose savoir Dieu et la béatitude. à ce . si 287 — Aurions-nous. S. D'autre part. Nous dirons donc que. vient que la vie extérieure a raison d'honnête. donne 91. la noblesse. N'ayant point l'expérience de ce qu'est Dieu et sa possession par l'homme dans la béatitude. l'honneur est un certain témoignage de l'excellence de quel(q. nête ». dans la con- versation ou la manière de vivre extérieure ». ad i"'") « et l'honneur. la louange. qui est bien.

. Donc l'honnête n'est pas . Donc le beau n'est pas dit même « le chose que l'hon- nête ». La pour autant est qu'elle mérite d'être recherchée en et. beau? nous faut maintenant considérer suit. Or. laquelle appartient à la raison de la gloire. vertu. II. comme il a été dit plus haut et le (q.258 SOAIME THÉOLOGIQUE. ad S''"'). à qui il plaît. son dhoiinête « se tire de l'appétit car l'honnête est ce qui est ou de la partie affective voulu pour lui-même {Cicéron. Tu os mis le ta confiance prostituée à la faveur de ton nom. i5) : là vient qu'il est dit dans Ezéchiel. xii. XVI. vue d'elle-même. art. : dans première épître aux Corinthiens (ch. au regarde l'honneur. 23. contiaire à la vertu. qui « dit. V. et de (ch. et tel est l'objet de l'article qui Article Si l'honnête est la II. ch. 24) tenons pour les Ceux de nos membres que nous moins honorables du corps sont ceux que nous . qui n'est pas autre chose que droit à l'honneur. est que « la rai. se confond avec le elle. que beau requiert une certaine clarté. L"'<). L'argument sed contra apporte un l'Apôtre ». même chose que le beau ? Trois objections veulent prouver que « l'honnête n'est pas la même chose que le beau ». Or. — La seconde objection contraire. et tu l'es la . le regard.^ même chose que beau ». entourons de plus d'honneur ont pas besoin. Et « il tandis que nos parties honnêtes n'en appelle ilésiionnêles » selon la moins honorables ou traduction littérale du mot latin in» membres . — La troisième objection rappelle que l'honnêle est la (ait. digne d'honneur. même chose que il comme il a été dit est plus haut préc). Puis donc que l'honneur et la gloire diffèrent. — Dirons-nous C'est ce qu'il aussi que l'honnête se confond avec . liv. texte la fort expressif de saint Paul. L'honnête. il semble que Thonnête aussi la vertu. beau doivent « différer ». Rhébeau interesse plutôt la le torique. — La première ». i. le à ce titre. l'honnête. est une certaine beauté qui en fa beauté. io3. v.

« comme on des paroles de Noms est Divins (de S. harmonise selon raison toutes choses là humaines saint (quelle belle définition de la vertu nous donne Thomas en passant!). 19 . si elle était vue des yeux. dit être la même la chose que la les verlu : celle-ci. et aussi bien saint Denys pour dit au chapitre des Noms Dioins (de S. apparaît beau. (ch. ce qui. selon qu'il a la beauté spirituelle. amours de le — Il y a dans fait. comme les mains. ceci. l'honnête est même : chose que la beauté spirituelle. saint Thomas saint déclare que même chose ». tous. au xxx) J'appelle honnêteté. qui convient ou qui s'harmonise au même. pareillement. — La Force et la Tempérance. à la raison Denys au chapitre iv des du beau concourent Il dit. Aussi bien la beauté du corps consiste en ceci. vingt-trois questions (q. au livre I du Devoir . Th. 9). une chose et. livre des Quatre- C'est ce qui a fait dire à saint Augustin. qui en du même sujet. le beau et le bien sont chose aimable. après. la un certain éclat de la couleur voulue.. la tètebeau semblent être la Donc l'honnête Au peut corps de le tirer l'article. comme harmonie de la clarté toutes choses. perçu. 5). Tu la vois la forme et comme la face de llionnête laquelle.. ou son action nête. est bien proportionnée selon la clarté spirituelle de la raison. il Il y a beaucoup de choses belles d'ordre visible.. Th.NMÎTETÉ. QUESTION CXLV. 2by sont les parties belles et le membres honteux. « les tes (i DE LHO. proprement ajoute : Et. étant la cause de l' en et effet. Or. est rendu désirable. que Dieu de beau. qui sont appelées moins proprement honnêtes le » h'ad primujn explique excellemment petit rapport du beau à Tap ou à la partie afTective. exciterait. ta beauté intelspirituelle. XIII. nous. « L'objet qui meut l'appétit est le bien perçu. commedit Platon. lectuelle. leç. Et voilà pourquoi. concept d'harmonie. leç. la raison même du par là bien. et la clarté et la proportion voulue. la beauté spirituelle cansiste en que conversation de l'homme. v) : Ce qui a fait dire à Gicéron. conclut le saint la Docteur. De là vient que l'honnête lui-même. que nous nommons. coup. est pris comme que chose qui convient et comme iv chose bonne. de merveilleux sagesse ». Or. tandis que les parlies honnêdu corps ». honesta. ceci appartient à la raison de l'hon- que nous avons en effet. que l'homme a les membres du corps bien proportionnés avec Et.

rieux. 17) : elle-même. ou bien devrons-nous. ch. ad . dont immédiat et direct. conséquemment. L'ad secimdum explique que « (ij. on peut dire que beauté spirituelle peut être cause aussi. de ta splendeur L'honnête. I. ta as perverti ta sa». teté en ce sens qu'ils s'enorgueillissent de l'honnêcette parole d'Ezécliiel. la gloire est effet de l'honneur il par cela. pour certains. la faculté d'aimer. qui convient au sujet ou qui s'harmonise avec Ceci le il nous explique. pareillemonl aussi. . consiste en ce que tout dans les vie de la l'homme.?"'"). la on rejoint est ce raison de bien ou de chose bonne : car le bien lui. — Toutefois. de la fornica- tion spirituelle. harmonieusement disposé selon raison. marquer des ditï'érences essentielles ? C'était la dernière des trois questions à élucider avant de et répondre au point précis Saint principal de la question actuelle. aux yeux des autres. est l'objet comme la si bien noté saint Thomas. en effet. s'identifiant à la vertu. doit s'identifier aussi à la vraie beauté. art. aussi — Mais faut-il dire que l'honnête s'identifie à l'utile et à l'agréable. qui est la beauté spirituelle ou la beauté de l'àme. mais aussi. que la faculté beau n'intéresse pas seulement de connaître. xxviii (v.290 SOMME THEOLOGIQUË. selon s'est élevé l'ejfet Ton cœur gesse par à cause de ta beauté. y brille de cet éclat spirituel exigences de que la lumière de la rai- son projette sur tout ce qu'elle harmonise. la Cette beauté. Thomas va l'étudier à l'article qui suit. en effet. même que chose est honnête « Uad tertiam fait observer l'objection procède de la la beauté corporelle. Et que ce qui la est voilà même est honorifique est aussi gloet belle ». mis en vue pourquoi de et reçoit de l'éclat que quelqu'un est honoré ou loué. comme un il a été dit plus haut : io3. sur ce point.

La pauvreté et. S.. vi).. Or. 00) : qui a dit. de ». celui qui se que soi. au ch. livre ch. Et la même chose se voit par saint Ambroisc. Si l'honnête diffère de l'utile et de l'agréable? Trois objections veulent prouver que u l'honnête ne diffè. — La première arguë de ce pour lul-mcnie (Gicéron. de VÉUnqae (ch. : dit. « Donc l'honnête ne H. 2. une chose est dite hon- . — La tioi- sième objection en appelle à ce que Devoir (liv. Gicéron. car \!\) : est dit dans V Ecclésiastique. l'utile au livre des Devoirs (livre pas de l'honnête ». II. •jij \ Article III. DE L IIO. saint Thomas formule cviiv réponse : l'honnête concourt dans un même la r'aison sujet avec l'utile et l'agréa»: i'i>sl-à-dirt' (juc le sujet i« ble.V. non pour sa vertu sa nature.: IF li:. ch. 2) : viennent de Dieu. ce qui plaît est recherché pour lui-même. mais pour la (v. les richesses ont xi raison d'honnêteté. dans le livie du prouve que rien ne peut être utile. notion ou l'aspect diffère. il Or. leç.. Donc ne diffère L'aigument sed contra tin )\ est un texte très net de « saint Augu. le fruit et pour rutilité.-^(q.e pas de qu' (( l'utile et il de l'agréable ». plat/. est voiila Rhétorique. au livre X n. lh) et une chose quon recherc/ie. ch. en au livre de la Rhétorique (ch. et V honnêteté (c'est-à-dire les richesses) (v. diftere pas car semble ridicule de demander pourquoi ainsi rhonime veut ce qui ir. // lui).NN . c'est l'argent. Donc l'honnête ne fait de l'agréable les richesses effet. QIIESIION CM. le dit Aristote. que Th. est dit que V honnête II. 2). est mais le il en dilVèrc par ((ue la le même. qui ne soit honnête. mais etVet. ni). — La II seconde objection le remarGicéIl est quer que ron \ « sont contenues sous bien utile. au livre des Quatre-vingt-trois questions On (jui appelle honnête ce qui est cherclir doit être rapporté pour lui-même: et utile ce à autre cliose » Au corps de « l'article. xni lie // met sur soi un lourd fardeau. Get^t qu'en prouve saint Docteui-. à plus honnête (c'est-à-dire à plus riche) diffère pas de l'utile ». ch.

tandis que l'inverse n'est pas vrai ». on parle de l'honnête... en même il temps. « D'autre part. ce sont ces choses-là dont l'agrément est le plus senti. on peut la les trouver séparés tel. ce qui est ordonné selon la raison. — : Cependant. en tant qu'une chose se rap- porte à une autre. et. en tant qu'elle a un certain de l'ordre de la raison. la rai- son d'honnête. (( la la vertu est tout ensemble utile. 2). la vertu. est —« Il y a également que vertu. poursuit saint Thomas. qui est un être raisonnable. suit de est naturellement agréable à l'homme. . de VÉthique (ch. « la ces choses agréables sont en dehors de ». ressort . l'honnête de le qui n'a pas raison d'utile. de l'utile. non plus. l'utile et l'agréable est plus étendu l'utile et que que l'honnête. . tout Il être a pour agréable naturellement que l'honnête Aristote le ce qui lui convient. ou une certaine beauté qui se tire Or. comme il a été vu (art. ni. Il raison de l'homme. Th. de l'agréable. convient naturellement à l'homme là ».292 nête. qui par elle-même honnête. d'une certaine manière. Th. 7 de S. en opposition avec la raison. un titre tout à fait spécial. . éclat SOMME THÉOLOGIQUÈ. comme la vertu. car le il peut y avoir aussi des choses qui con- viennent selon sens et ne conviennent pas selon la raison » ces choses-là seront donc agréables aussi mais à l'homme. ainsi le notions tout à l'heure. parce que toujours que nous II l'honnête sont en quelque manière chose agréable. qui est la perfection de sa nature s'ensuit qu'elles ne peuvent pas avoir la la raison d'honnête dans l'homme. au livre i3). « Et. n. Toutefois. et voilà pourquoi la félicité. — D'après cela. que l'honnête et c'est ainsi. en tant qu'une chose repose a le mouvement affectif. et selon qu'il est dit au livre leç. même. et l'utile et l'agréable sont une même chose » par exemple. laquelle aura. savoir la félicité ». tel. leç. tout ce qui n'est pas est agréable honnête.. que nête. l'agréable selon sens. I de VÉthique (ch. comme prouve de l'opération de et suiv. vni. se rapporte à autre chose. 10 de S. n. qui n'est ni utile ni nête. agréable et honraison ou la notion n'est pas la Mais même ». à et comme à sa fin. selon qu'une chose une certaine excellence digne d'honneur en raison de la beauté spirituelle. la raison d'utile. 3). hon- en effet.

DE l'hONNÊTETÉ. si ne nous reste plus quà nous demander de la l'honnêteté doit être assignée l'article comme partie tempérance. en vue d'une Mais ils n'entendent point dire que tout ce qui de l'honnête est » . avec beau. ad 2'""). dernière de l'homme. pects. ou bien en tant qu'elles servent. de vertu. la vertu. il comme est nous l'avons considérée sous divers as- une foule de à clioses qui la peuvent être utiles et qui ne parviennent jamais raison d'honnête ou de chose qui la doive être recherchée pour elle-même. quoique peut-être fin parti- cela puisse être utile à certains égards. qui culière. alors cela s'oppose à la raison. tous et les biens d'ordre inférieur et cor]iorel. qu'ils peuvent Nous avons vu le les rapports de l'honnête avec 11 la vertu. 298 Vad la priimim explique qu'il y a une grande différence entre est dit être manière dont l'honnête recherché pour lui-même et la manière dont on le dit aussi de l'agréable. si cela répugne à^l'honnêfin teté. la raison d'objet d'acte en eux-mêmes en dehors de revêtir. ainsi » (art. qu'elle est tout dit. « Vad et terlkim fait remarquer que l'intention de Cicéron et de saint Ambroise est de dire que rien ne peut être purement simplement et véritablement est le utile. C'est l'objet de qui suit. à de moyens « d'instruments qu'il a été dit et pour les actes des vertus. par pris raison : tels exemple. même que parfois L'«d seciindiun déclare que <( les richesses sont appelées du nom nore de l'honnêteté selon l'opinion du grand les nombre qui hotitre richesses » .QUESTION CXLV. utile. parce qu'il faut que cela répugne à la bien selon la raison . ensemble utile et honnête. tandis que l'agréable est recherché pour lui-même par l'appétit sensible » lequel cherche ce qui convient au sens. atteigne de à la raison car s'il est vrai. avec l'utile et l'agréable. qui tend à ce qui convient à la raison. « On appelle rai- honnête. i. pris en lui-même. ce qui est recherché pour lui-même par l'appétit sonnable. selon sont. .

comme Donc il le dit Cicéron. comme il semble quil en est question en cet endroit. lui). comme ait partie de la tempéiance qu'une — La pre- mière le dit qu' Il il n'est point possible même chose sous même est rapport raison de partie et de tout. la tempé- rance une la partie de l'honnête. mais plutôt dit. Si l'honnêteté doit être assignée comme partie de la tempérance. ix. \hticle IV. Or. ni. est dit (ch. surtout pris en abondance et par excès. saint Thomas que « se rapporte à ce qui a été dit plus haut (art. savoir . ch vi nête (v. la Donc rhonncMelé n'appartient la pas à tempérance. 1). au beau s'oppose le D'autre pail. le dit justes livre 1 et les forts sont le plus honorés. au livre II de Rhétorique (ch. Devoir. se rattache plutôt à l'intempérance qu'à la la tempérance. v. beauté spirituelle les Or. n. Trois objections veulent prouver que pas être assignée « l'honnêteté ne doil ». au livre du ». 28) Je subis plein de courage une mort honplus saintes fait ». choses opposées se manifestent plus les unes les autres. la l'honnctetc n'est pas fait une partie de remarquer qu' tempérance au livre III o. — La troisième objection rappelle que est « l'honnête les pour désigner ce qui digne d'honneur. livre II des Aussi bien Eléazar comme : il marqué au les Machabées. savoir. 21) que le vin rend le cœur honnête. 6). — La seconde objection « à'Esdras. justice ou à la force. au de la Rhétorique (ch. De même. Donc l'honnêteté n'est pas une partie de tem- pérance se dit ». Or. saint /\.294 SOMMFî THÉOLOGIQUR. l'usage du vin.mbroise. l'honnêteté est une certaine le laid. pour les lois les plus solennelles et L'argument sed contra oppose que nêteté « Macrobe de l'hon- une I partie de la tempérance. C'est à cause de cela que l'honnêteté semble appartenir tout a les spécialement à la tempérance. comme à est Aristote. Or. attribue spécialement l'honnêteté à la tempérance Au corps de l'article. qui repousse tout ce qu'il y de plus laid et de plus indécent pour l'homme.

non une partie subjective spécifique. selon de l'Apôtre. ». 23) plus d'honneur. en ce sens leur semble qu'ils sont grands et qu'échauffés par dignes d'être honorés Vad justice lerl'mm précise excellemment pourquoi la nous parlons la d'honneur au sujet de tempérance plutôt qu'au sujet de ou de la force. il d'après leur opinion. Aussi bien. est assignée comme mais lune de ou par ses parties. c'est-à-dire (ju'à leur sujet serait le Nos membres dés honnêtes sont ceux qui ont te on éloigne ce qiii plus déshonnête >. dans sa première épître aux Corinthiens : ch. le le HgÔ de tempé- voluptés bestiales. dans ceux qui boivent avec excès. Mais ce n'est pas ainsi ou à ce assigné comme que partie de la tempérance ». dans nom même bien de les rance se reflète au plus haut point le la raison. Uad secuiidani dit « le vin. le vin. parce qu'elle est une de ses conditions Vad prlmuni fait observer que « la tempérance est marquée le comme une partie subjective de l'honnête. en tant qu'elle en soit soit tribue d'une façon spéciale à la tempérance. Mais à rance est dû un plus graiid honneur en raison des honteux qu'elle réprime. sans porter atteinte à la dignité de ces vertus. fait le cœur honnête. tant qu'on prend dans sa généralité l'ordre de la vertu titre qu'il est c'est-à-dire « en tant qu'il désigne en général. et en quel propos de maintenir l'usage établi paimi et Cette dernière réponse nous explique comment sens les il est tout à fait à hommes la justice de parler d'honnêteté et d'honneur la soit au sujet de de la force.. — DE l'hONJNÊTETÉ. QUESTION CXLV. XII (v. ou qu'elle une de et ses vertus adjointes. Et que l'honnêteté. soit au sujet de tempérance. C'est en ce sens la que l'honnêteté s'attribue davantage à cette règle tempérance. C'est qu'en effet « à la justice et à la force est dû un l'excel- plus grand honneur qu'à lence la tempérance. en raison de la du bien plus grand qu'elles procurent. . dont propre est de modérer ou de tempérer c'est ainsi concupiscences qu'elle s'at- mauvaises. mode de partie intégrale. ». en ». ainsi (au corps de l'article et dans toute la tempé- vices plus qu'il ressort de ce qui a été dit question).

i46-i48). dans de la monde. si Dans la justice et la excellemment le bien de la raison en ce qu'il a de l'on peut ainsi dire. i5i-i5/î).296 SOMME THÉOLOGIQUE. . le — Les et premières comprendront l'abstinence. secondement. et 1/49. 1/17). son le troisièmement. vertu de justice ou de le c'est. la pratique la ver!u la vertu de force. la raison. titres divers. L'honneur. vice opposé. qui est le elle-même (q. l'abstinence acte. celles qui portent sur les plaisirs de la table. : nous jeûne aurons à. dans monde. la sobriété. De qu'un voleur ou un lâche sont perdus d'honneur. considérer trois choses premièrement. ou pour autant qu'il n'est point gâté par ce là vient le qu'il y a de plus dégradant pour l'homme. (q. (q. qui porte sur le boire manger le (q. ou de de tempérance. i46). la vertu. mais à des force. nous devons maintenant considérer ses parties subjectives. comme ayant forfait à ce qu'il y a de plus noble et de plus estimé parmi tandis qu'un les hommes de en raison du bien positif de homme mœurs infâmes du est traité comme une sorte de rebut. celles qui portent sur les plaisirs des sexes (q. brille positif. « Après avoir traité des parties intégrales de la tempérance. i5o). puis. i48) ». Dans la vertu de tempérance. qui porte spécialement sur boire (q. — Relativement à l'abstinence. brille plus excellemment encore ce bien de en ce qu'il a de négatif. à peine digne nom d'homme. qui est la gourmandise — L'étude de l'abstinence elle-même va faire l'objet de la question suivante. par excellence. Et d'abord.

Th. ch. ch. Or. — La seconde objec- tion cite un texte de d saint Augustin ». appris à aller prendre les aliments comme on prend la Or. pour mémo raison. la glose dit le la jus- tice n'est ni fait de s'abstenir. aux Romains. s'adressant à Dieu : Vous m'ave: des remèdes. leç. iv (v. qui n'est pas est le fait de l'abstinence. un acte de la vertu. Donc l'abstinence n'est pas une vertu ». régler l'usage des remèdes n'appartient pas à la vertu. 7). Donc l'abstinence n'est pas manque. n'est les iv (v. l'art ». xi). mais dans la vertu. régler ou modérer l'usage des aliments. . mais à l'art de la médecine. La troisième objection déclare que le vertu consiste dans milieu. de S. comme on le le voit au livre de V Éthique (ch. dans l'abstinence ne consiste pas le Royaume : de Dieu. au livre X de ses Confessions (ch.. i5. qui « dit. Si l'abstinence est une vertu? Quatre objections veulent prouver que pas une vertu dit. ni dans celui de manger. car l'Apôtre dit. puisqu'elle tire son une vertu ». l'abstinence ne semble pas con- sister dans de milieu. 17) Le Royaume de Dieu : nest ni le manger dans ni le boire: et. n. mais une opération de « tonte II — vi. Or. Donc. ». mais dans le nom la soustraction.QUESTION CXLM DE L•ABSTI^E^CE CetlP question i" comprend deux articles : Si l'abstinence est Si elle esl 3' une vertu? une vertu spéciale? Article Premier. <( l'abstinence n'est « — La première en appelle à ce que pas dans l'Apôtie : dans la première épître aux Corinthiens. 20) Le Royaume de Dieu discours. là-dessus.

la — D'abord. Or.. l'autre. La quatrième objection en aucune vertu n'exclut une autre vertu. Saint Grégoire effet. au point de vue Mais l'un et la ». que qui pratiquent l'abslinenrc. Et. implique soustraction des aliments. dans la première awx Corinthiens. Que nous ne mangions pas. ch. appartient au Royaume de Dieu Thomas. selon qu'on le jnatique raisonnablement en vertu de foi et de l'amour de Dieu. en et nous ne serons pas en défaut. 298 SOMME THKOLOGIQUE. vni (v. selon la l'homme s'abstienne des aliments autant qu'il il convenance des hommes avec lesquels de sa personne Ij'ad et selon vit et » selon la convenance que sa santé l'exige primum accorde que s'en abstenir. n'en aurons pas davantage. Royaume de épître ture qui nous effet. L'Apôtre en : effet. dans le Pastoral (IIP partie. dans son nom lui-même. au même parfois la faute de l'orgueil transperce les pensées de ceux qui se livrent à l'abstinence. que nous mangions. la vertu. que souvent l'impatience fait sortir da port de Il la tranquillité les âmes de ceux endroit. l'abstinence exclut la patience. selon qu'elle réglée par la raison. C'est donc d'une double manière qu'on peut prendre le nom ou le mot d'abstinence. une vertu dans ». Donc l'abstinence n'est pas « il . selon qu'il désigne. ch. dit qu' « — dit. oîi — On remarquera ces derniers mots de saint nous . ch. Dieu. Et ceci est saint Pierre. sorte. science V abstinence où l'abstinence l'abstinence est est rangée au ». mais quelque chose d'indifférent. dit aussi. deuxième vos soins épître de saint Pierre. l'abstinence soustraction des aliments. « en ce sens que le faut. n'appartiennent pas au dit. oij il marqué dans le précité de l'absti- est dit qu'il faut apporter ses soins à nence dans la science » ou dans discernement. saint Thomas part de ce fait que a l'abs- tinence. à la vertu la science. nous spirituel. nombre des autres vertus. — D'une autre manière. 6) Apportez tous à la pour unir à votre foi . ni un acte de vertu. on est la peut entendre celte soustraction des aliments. 8) Ce n'est point la nourri- recommande à Dieu. i (v. considérés en « l'usage des aliments ou le fait de eux-mêmes. la L'argument sed contra s'autorise de ce qu' est dit. Donc une vertu la Au corps de l'article. ne désigne ni une vertu. xix). de la d'une façon absolue. Et alors elle signifie ou l'habitus de le texte vertu ou son acte. 5.

mesure quint aux mouvements par rapport au bien de la raison » entendu a dans le sens plein que nous venons de préciser. le ou en quelle '/uantité. en tant f[u'elle est selon raison L'ad quartum déclare que lion. par rapport à la la santé du corps. s'agit de la raison raison en dépendance de la foi et de la charité. comme comme appartient à la force. aussi. La raison droite. fait observer qu' « il appartient à la tempérance refréner les plaisirs qui attirent trop l'âme à eux. mais y apporter affectifs intérieurs. QUESTION CXLVI. c'est-à-dire de la dans son sens plein théologique les et selon qu'elle implique toutes lumières. — DE l'aBSTINENCE.. en ce qui est de la quantité et de la qual'art appartient à la médecine. surnaturelles. son nom d'un certain manque. destinées à parfaire notre intelligence dans l'ordre de la vertu en vue et en fonction de la béatitude à conquérir par nos actes méritoires. (( « ces vices o. et c'est de fiu'elle-mêmo et toutes ses parties tirent leur nom. même. d'affermir l'esprit contre les craintes la qui éloignent du bien de la là raison. Vad dans la <i seciindfifn apporte une distinction du plus haut prix (pii question les nous occupe. Et voilà pourquoi l'abstinence. (|ui est tire le une partie de la tempérance. quels aliments prend riionime. appartient à l'abstinence. dont parlait l'objee([u'elle n'est efl'ot. et c'est de que toutes les parties la de la force tirent leur nom. et avant tout. de u Modérer » ou mesurer et régler lité. pourvu quil il fasse selon la convenance des hommes ^sa avec lesquels vit et selon la convenance de personne et selon que l'exige sa santé: mais avec quelle Jacilité et lorsqu'il le quelle sérériifr c'est (Came il est à même d'en manquer. Miilicii. proviennent de l'abstinence. au livie (liv. Toutefois. Il suit de là que louange de la force consiste en un certain excès. 1 1) : Il n'importe en rien. la louange de là tempérance consisle en un certain man- que. Et voilà pourquoi saint Augustin dit. en amène . en tant point à selon la raison droite. de même. Il. aliments. le SQQ voyons expressément que lorsque règle de la raison saint Docteur parle de la il pour les vertus morales. des Questions sur rÉvangilc -savoir q. » faut ou que une nécessité Vad (le il lertium. à la vertu. elle la consiste dans flroite ».

8) : Ayant de . l'abstinence n'est pas louable en Grégoire la dit. et en comme la il convient. — que La première dit que en toute vertu est louable par elle-même. Donc la l'absti- nence n'est pas une vertu spéciale. chapitre dernier (v. non pour L'abstinence est très certainement une vertu. ch. Article Si l'abstinence est II. c'est eu réglant ou en modérant la partie intérieure l'homme à ce sujet.•500 SOMME THKOLOGIQUE. est- — elle une vertu spéciale? C'est ce qu'il nous qui faut maintenant considérer. Or. dictincte de La troisième objection fait — remarquer que « comme l'homme il doit être content d'une nourriture modérée. ceci appartient à la chasteté comme le nom même chasteté ». mais pour le seul châtiment du boire. Saint ». verlu d'abstinence ne se recommcmde saint qu'en raison des autres vertus. selon que la droite raison le demande pour que soit sauvegardé. une vertu spéciale? Trois objections veulent prouver que « l'abstinence n'est pas « une vertu spéciale elle-même. . xui. qui est une vertu. parmi les œuvres de saiul Augustin). un mot de u Augustin ». qui « au livre de la Foi. Donc l'abstinence n'est pas une est vertu spéciale n. nent du manger du créature de Dieu serait que les saints s'abstiennon point parce que quelque mauvaise. pour la gloire de Dieu. etfet. vue de fin qui convient. — et La seconde objection dit. et tel est l'objet d * l'article suit. si elle implique une certaine diminution ou privation affective de à Icndroit des aliments. le vrai bien de l'homme dans son ensemble et en vue de sa fin dernière surnaturelle. doit aussi être la content d'un vêtemeut discret. s'abstenir. car. » de châtiment (en latin castigatio). c'est-à-dire sa propre gloire ». ou promu. Or. rorps. à Pierre (ch. selon cette parole de pre- mière Epîlre à Tiniothée. c'est-à-dire avec la joie de l'âme. dans le Pastoral (iir partie. Mais cette abstinence. « le montre. xix).

'1 1 vertu morale conserve Il bien de raison contre ori se les assauts des passions. ne sera une vertu spéciale L'argument sed contra en appelle de l'abstinence à « Macrobe ». comme le voulait l'objection. de ce que l'abslinence vaut aussi pour la chasteté. 3). saint Thomas répond que 12. \j(id iertuim ex|)li(|uc la diflerence essentielle qu'il y a le vêlement et la nourriture au point de vue de l'iirl. « fait une partie sjîéciale de la tempérance « Au corps de l'article. QUESTION CXLVI. art. qu'elle ne soit pas une vertu spéciale. la le comme i. q. la i23. nexes. art. ainsi qu'il a été dit plus haut (i^-a". 65. qui ». la est rendu plus pour triompher des fortes clles- attaques de gourmandise. Et voilà pourquoi l'abstinence une vertu spéciale (( Vad primum C'est rappelle qu' il faut que les vertus soient con1). non ». pour la mesure dans les vêlements. i36. l'autre ». soit à cause nécessité de vie. 1 il a été dit plus haut (q. fort alors que l'homme 11a s'abstient. plus. Or. cela qu'elle n'empêche pas une vertu spéciale. art. suit de là que partout trouve une la raison spéciale qui raison. les plaisirs de la table : sont de nature à détourner l'homme du pour bien de de la la raison soit à la cause de leur intensité. mais car. nous cela. qui règle les ali- ments. art. Donc l'abstinence. pour cela qu'une vertu est louée et recommandée en rai- son d'une autre. parce qu'une verlu aide entre vertu. la « L'usage des vêtements a élé introduit par tandis que . distincte des autres. Toutefois. n'est point de vertu spéciale. — DE l'aBSïINENCE. « par l'abstinence. nourriture dont l'homme ». Et de même manière vertu d'abstinence se ». recommande aussi en raison des autres vertus Mais cela ne prouve aucunement. L'ad secundum déclare que châtié.. la comme la la justice en raison de la force. a besoin conserver sa chose que l'homme désire est le plus. les le coips est non se ilement contre appâts de il appâts de la luxure. q. q. il fait que la passion détourne du bien de est nécessaire que là se trouve une vertu spéciale. 3o 1 quoi manger et de quoi nous couvrir. sommes il contents de Or. aussi coiitie les la gourmandise. attaques d'autant plus mes que l'homme ne soil leur cède davantage.

c'est l'usage des aliments vient de la nature. C'est l'objet de la question suivante. qu'il faut plutôt une vertu l'effet spéciale à l'eflet de modérer l'usage des aliments qu'à de régler l'usage des vêtements de l'abstinence elle-même. Après avoir traité . traiter maintenant du jeûne ».3o2 SOMME THÉOLOGIQUE. « nous devons qui est l'acte de cette vertu. Et pour cela ».

les l'abstinence (art. f\). lvui Pourquoi (wons-noas jeûné.2).QUESTION CXLVlî DU JEUNE Celte question 1° comprend huit articles : 2° 3° jeûne est un acte de vertu? De quelle vertu il est l'acte S'il tombf sous le précepte? Si le i> 4" Si quelques-uns sont excusés de l'observation de ce précepte ? Q" Du temps du jeûne. du milieu de la vertu. milieu. Des aliments dont il G° Si 7° 8° faut qu'on s'abstienne. 3) : agréable à Dieu. et ne nous avez-voiis pas retjru-dés? acte de vertu ». la raison de vertu dans (art. jeûne n'est pas loujours (v. 7). le jeune 1. Ces huit articles exainiueiit (art. les et. le jeûne s'éloigne effet. selon celte parole d'Isaïe. de toute question. Or. le — Venons tout de suite à la l'article premier. ne prendre qu'un repas est requis pour le jeu ne? De l'heure du repas pour ceux qui jeûnent. en un sens. Donc de la le jeûne n'est pas un — La secontle objection dil (pi' u aucun la acte de vertu ne s'éloigne du milieu Ce la vertu. enfin. 5. l'obligation du jeune le conditions de conditions de temps dans jeûne (art. en dans vertu d'abstinence. o. plus important. Si le jeûne est un acte de vertu? Trois objections veulent prouver que acte de vertu ». se piend de . Article Premier. Or. ch. 8). « le jeûne n'est pas k un — La première fait le observer que tout acte de vertu est agréable à Dieu.

V Eunuque. 6). Au qu' (( corps de saint Thomas fait part de ce principe. dans la chasteté. et aux bons jeûne aux méchants. dans Daniel. Donc i-l le jeûne n'est pas un acte de vertu « — La troisième objection déclare que ce qui est commun à tous. seconde épître aux : où l'Apôtre dit Dans les dans la chas/elé .3 >^ SOMMK THKOLOGIQLE. 5. les — les Premièrement. ceci convient effet. en dans un triple but qu'on a recours au jeûne. » l'article. dans les Jeûne. Jeûne {du Temps. ». et du manger la luxure perd de sa l'es- — Secondement. dans Corinthiens. etc. du que par est or- donné à quelque bien honnête. éteint ardeurs des passions. la sorte. le II (v. scène vers 6) : Pricée de Cérès e^ de Bacchas. au jeûne. v. qu'on subvienne à la sorle nécessité de la nature. pour réprimer concupiscences de le texte la chair. le et al- lume est la lumière de la chasteté. en était autrement. dans précité Dans jeûnes. Or. Et voilà pourquoi il est dit ch. Or. Térence. x 3 et suiv. Vénus se refroidit. ch. chacun. — Par où l'on voit que jeûne > un ^1 . Et. — la Et c'est là ce que saint prière et le le Augustin dit dans un sermon Sur . cf. ceux qui ne jeûnent pas n'auraient pas la vertu d'abstinence. Convertissez-vous à moi de tout votre cœur. élève sens. acte de vertu ». » L'argument sed contra oppose que « parmi les autres actes de vertus. Aussi bien (v. ce qui veut dire que par l'abstinence du boire force. car les jeûnes conservent la chasteté. et par le S'il jeûne on en retranche quelque chose. le la jeûne énuméré Jeûnes. Troisièmement. ccxxx) la Le Jeûne le purifie l'âme. II . afin de sa- pour 12) les les : péchés. C'est. acte IV. avant qu'il mange. liv.). phète reçut tisfaire révélation de Dieu. on a recouis au jeûne pour que de prit s'élève plus librement à la contemplation des vérités sule livre blimes. : Et voilà pourquoi l'Apôtre dit. pleurs et gémissements. disperse les les nuées de la concupiscence. la raison il un acte est vertueux. soumet chair à l'esprit.- n'est pas un acte de vertu. vi (v. Donc est le nest pas un acte de vertu. le jeûne est de est à jeun. en eflet. est-il dit. qu'après la un jeûne de trois semaines ce prodans Joël. ch. fait cœur contrit et humilié. comme le dit saint Jérôme [contre Jovinien.

et comme dans Il l'autre. il n'importe si tu te don: nes la mort en un temps bref ou en un temps plus prolongé » dans un cas. des paroles. est dit 17). de son rendu vicieux par certaines circonstances adjointes. un peu après. juge les richesses chose superjlue. absolument un holo- toujours défendu. vi. ou pour accomplir plus facilement certains exer- cices corporels. qui aj'/Uge démesurément son corps. dit : La volonté se réfère à la le le combat à colère. — La Force et la Tempérance. sachant acte de vertu. la ch. de son côté. et voilà XIII. et qu'il est donne à l'/iomme de se connaître et même. Came que s' abandonnant aux mouvements déjeûne n'aime point V abondance sordonnés se dissipe et se perd. pour éviter maladie. Aussi bien est-il dit. Et saint Grégoire. la raison droite n'ense lève pas à ce point de la nourriture. Et. 3o5 arrive qu'un acte. tel raison juge que pour cçrtaines causes spéciales qu'il homme prenne moins de nourriture ne lui convien- drait selon la condition la commune . Saint Augustin. lui».. c'est le suicide. II le lailicii la do la voiiu ne se mais selon raison droite. C'est donc en vain que si corps est brisé par f abstinence. de Th. le dans le sermon précité. entouré de ces garanlies. io . la Combien plus les la raison droite ordonne cela à fin d'éviter maux la spirituels et d'obtenir les biens de la même de la nature. n. (III partie. qui. i5. 4) '• Cest en vous disputant et vous querellant que vous jeune:. « dit aussi que celui-là offre causte tiré du vol. recommande l'humilité. Toutefois. est vertueux. leç. dit. comme le dit saint Jérôme. Do même. méprise Vorgueil. L'ad primum répond qu' espèce. raison droite n'enlève pas à ce point : nourriture que nature ne puisse pas être conservée parce que. il est ajouté (v. quo l'homme rende impuissant à accomplir les ouvrages qu'il doit faire. est « il — DU JEÛNE. jusqu'à frapper du poing méchamment. dans son Pastoral joie . exposant ces textes. ne soil u\\ L'ad secundum déclare que « la qualité. soit par une trop grande pénurie de nourriture ou de sommeil. soit par un trop grand mampie de vivres. xix). au livre Or. par exemple. au même endroit d'Isaïe citait l'objection : que Voici que dans vos jeunes votre volonté se retrouve. quelque chose de faible de fragile — Nul doute que prend pas selon il le jeûne. la de VÉlhujne (ch. comme S.QUESTION CXLVII.

peu suspect certes de relâ- chement au cent sujet du jeûne. allant em- — prunter à l'auslère saint Jérôme. tandis que le second s'appelle jeûne de celui qui le comme pour marquer que. C'est pour cela qu'on appelle premier : jeûne du jeûne jeûne. consiste dans une pure négation la dans le fait de n'avoir pas pris de nourriture. fait « remarquer que qui fait v le jeûne de la nature » ou est à ». est . dans une certaine limite. dans ce second cas. jeûne naturel. Il est. un acte de vertu. il com [promettre est. sous peine de tomber dans L'ad terliam le plus déplorables excès. quand préfère la chiirité ou les veilles à r intégrité du sens ». contractée envers la justice divine. de diminuer la dette Toutefois. de propos délibéré « pour une fin Si)éciale. ayant péché. et laisser % l'esprit sa liberté la plus parfaite pour les opérations q li lui appartiennent en propre avec ceci encore que l'homme . ces admirables réflexions. pour que le jeûne soit vraiment doit éviter tout excès et ne la un acte de vertu. « Aussi bien ne peul-il pas être assigné n'y a à pouvoir être ([lie comme un acte de vertu. Mais quand jeûne un : acte de vertu. or- donné par la raison à une triple fin en harmonie avec la nature de l'homme où les sens doivent obéir. Le jeûne est. qui tra- les vinies limites o\x doit se mouvoir les et se renfermer le jeûne. On remarquera l'à-propos si délicat de saint Thomas. non commander. c'est-à-dire bonne disposition de son esprit pour le travail. et tel est l'objet de l'article qui suit. par des peines volontaires. simple qu'on dit de quelqu'un qu'il jeun. Il donné comme tel. dit pourquoi saint Jérôme jeune à à la encore (au même endroit). voulue intentionnellement par (luelqu'un qui agit w. d'état. à n'en pas douter. de nourriture ou le : d'ali- meuls. . ni la conservation de ses devoirs vie du sujet ni le parfait le accomplissement de en effet. il que le V homme raisonnable déchoit de sa diynité. que le jeûne qui fait » et quelqu'un s'abstient. jeûne chose de propos délibéré. de est-ce quelle vertu faudra-l-il dire qu'il est l'acte de la vertu d'abstinence? c'est ce que nous devons maintenant considérer.Ot)() SOMME THÉOLOGIQUË. afin il est tenu d'expier. avant qu'il ait mangé.

ceci appartient à toutes les vertus. Si le jeûne est lacté de l'abstir enrp? Trois objections veulent prouver que « l'acte le jeûne n'est pas k de l'abstinence ».QUFSTI(-)\ CXLVll. saint Thomas se contente de faire ob- server que « c'est la il suit même matière pour l'habitus et pour l'acte. et l'abstinence ch. s'ensuit » mani- jeûne est l'acte de l'abstinence. jeûne est un acte de la religion et non pas de l'abstinence ». xix). ce qui semble se rencontrer le plus dans ». ù laquelle appartient de supporter les choses pénibles. est — La troisième objection rappelle que « l'abstinence tempérance. le jeûne. comme il a été dit (q. que ». q. un Donc une i4<J. VI. la tempérance se divise contre la force. mais encore de tous faux plaisirs. dans l'une des Homélies le du Carême (Hom.llNR ^O^ Article II. « le jeûne n'est point spé- cialement appelle à l'acte (( de l'abstinence ». au dens consiste dans l'abstinence des ali- . primum fait une double réponse.. ad il 3"'"). que jeûne quadragéla simal est la dîme de toute l'année. liv. Or. . le milieu dans les jeûne se considère le dans Il aliments. partie de la art. la glose. que tout acte vertueux qui porte sur une certaine le matière appartient à cette vertu qui constitue cette matière-là. Or. 20) : Ce de démons. donner acte de la religion. saint Jérôme dit (cf. UL Jl. 85). I. xvn (v. le dîme est comme il a été vu plus haut (q. — Il dit d'abord que jeûne. Donc ». — La seconde objection en saint Grégoire qui dit. Or. i43. Donc le jeûne n'est pas l'acte de l'abstinence L'argument sed contra « est un texte de « saint Isidore ». au sujet desquels l'abstinence vise festement que L'ad « le le milieu. d'auteur) : etc. — La première arg-uë de ce que sur cette parole (jeiire marquée en saint Matthieu. le Jeûne est la parci- monie du vivre des aliments Au D'oiî corps de l'article. XVI sur lÉvangile). mais sans nom de la Jeûner consiste à s'abstenir non pas seulement les nourriture. Or. qui dit {Étymologies. ch.>roprt.

n'appartient pas de supporter n'importe quel. chose qui convient surtout aux péchés. en tant qu'elle est une les vertu spéciale. qu'il consiste dans une certaine privation affective de est l'acte de la vertu d'abstinence. ainsi qu'il a été dit » (art. parce de nourriture. — On pourrait même jeûne. à la n'empêche que dire qu'il est le jeûne appartienne à la religion. SOMME THl'OLOOIOLË. L'ad secandum déclare que « rien n'empêche que l'acte \ertu appartienne à une autre vertu. Et. parce que loul vice qui lui est adjoint détruit en lui la raison d'acte de vertu. qui a préciséla partie ment pour garde riture la objet de faire que l'homme mesure voulue par la raison dans l'usage de la nour- ou des aliments. que ne l'est le Uad les tertium précise qu' il « à la force. le voit par ce qui a été dit plus haut rien (q. 85. selon qu'il à la fin de celle vertu. il consiste à s'abstenir de tout ce qui est nuisible. — On peut dire encore que même le jeûne proprement dit osl une abstinence de toutes les mauvaises choses. c'est le cas ». que nous devons maintenant considérer et tel est l'objet de qui va compléter excellemment la grande doctrine ^e l'article premier. . — Cet acte de la vertu d'abstinence. et à n'importe quelle autre vertu ». . de ce chef. I l'article suivant. peu d'actes qui soient plus de nature à être ainsi ordonnés à la fin des autres vertus. 3). au sens métaphorique. la Quant à supporter ce qu'il y a de pénible dans privation des plaisirs du toucher. chasteté. facultative. Or y a de pénible dans le pour le support de ce qu'il jeûne Le jeûne. choses pénibles mais seulement celles qui regardent périls de mort. ceci appartient à la tempé- rance et à ses parties. 32. est-il chose à la libre purement . qui s'appelle le jeûne. préc. ad 2""". art. art. laissée est-il disposition d'un chacun ou bien chose de préC'est ce cepte et par conséquent nécessaire et qui' s'impose. q. ad 1'""). est dune ordonné comme on i.3o8 inents. Mais.

Donc le jeûne chose de précepte \u corps de l'article. a constitué un petit nombre la de sacrements souverainement salutaires. . le Donc il semble que l'Église n'aurait pas ». « le jeûne n'est pas de — La première dit que « les préceptes ne portent pas le sur les œuvres de surérogation qui tombent sous le jeûne est conseil. La troisième objection qui « dit. que la sagesse de Dieu Elle-même. c'est-à-dire de la multitude vivant soumise à Dieu. Or. la liberté la du peuple chrétien ne semble jjar le pas moins empêchée par la multitude des observances que multitude des sacrements. que plusieurs ne grètrès petit vent pas moins de fardeaux servîtes notre religion. là donc jeûne de précepte. plus haut intérêt. le Donc le jeûne ne tombe fait pas sous — La seconde objection observer que Si « quiconque le transo^resse était un précepte pèche mortellement. saint Thomas déclare que « comme il . II).QUESTION CXLVII. Et par aux de hommes est inad« une sorte de piège destiné à les perdre » chose qui missible. Jérôme : dans sa lettre à Lucinius. Si ]e jeûne est de précepte? Trois objections veulent prouver que précejite ». « cort//'a oppose un texte de dit. on la le voit. 809 Article III. « saint L'argument 5ed qui. ayant pris notre humanité. Car saint Augustin dit dans livre Aux Inquisitions de Janvier (liv. pécheraient mortellement. et une œuvre de surérogation précepte ». dû jeûne en (orme de précepte L'objection. Nous verrons réponse de saint Thomas. destinés à grouper société libre du peuple chrétien. Or. xvii). est du ». — ». que la miséri- corde de Dieu a voulue libre ne lui donnant qu'an nombre de instituer sacrements à pratiquer qui sont du reste tout ce quil y a de plus manifeste. en parlant du jeûne Que est chaque province abonde dans son sens des anciens et qu'elle tienne les préceptes pour des ». par laquelle nous avons été rendus libres. — DU JEÛ^E. sans quoi partout tou- jours il devrait être également observé. cite un texte saint Augustin au livre de la Vraie Religion (ch. lois venues des Apôtres. tous ceux qui ne jeûnent pas serait jeté .

réservant à l'autorité légitime. l'autie spirituels. celle Ce même le nécessité que qui porte et jusle droit civil. sa raison lui fait un devoir de n'est ici déterminé d'avance ou ne s'impose du dehors. aussi. S'il est des choses qui soient lui nécessaires. Ce jeûne est le jeûne d'Eglise. les » ce qui demeurait indéterminé dans l'utilité il « le droit au sujet de ce qui touche à commune dans choses temporelles. i) que le jeûne est utile et pour effacer la faute » et pour prévenir « qui ruine les biens spirituels. dans l'ordre ou tout au moins en vue des biens — et Appuyé sur (( ce Or. ou par la foi. à user des jeûnes dans saire à la triple fin mesure où ce sera nécesdire. mouvoir en pour Mais rien lui le bien de la vertu. — On temps aura remarqué ce grand principe que vient de formuler saint Thomas.3lO SOMME THÉOLOGIQUE. dit (art. à la lumière de sa raison naturelle. l'une dans l'ordre des biens temporels. il a été lumineux principe. Le jeûne de nature est laissé à l'appréciation d'un chacun — déterminant pour aussi à la soi. que nous venons de le Aussi bien loi le jeûne en général tombe sous Mais la précepte de la naturelle. le soin de déterminer. Il s'agit toujours de déterminer ce que droit naturel ou même droit positif divin a pu laisser indéla terminé. détermination du temps et l'utilité convenance cepte et du mode de jeûne selon la du peuple chrétien tombe sous le pré- du droit positif qui est institué par les prélats de l'Église. soit société dans la société religieuse. saint Thomas poursuil. « pour élever l'esprit aux biens sera spirituels ». de même. pour s'assurer contre mal du péché et pour pros'y tenir. . appartient aux pré- lats ecclésiastiques d'ordonner et de statuer ce qui touche à l'utilité commune des fidèles dans les biens spirituels ». Chacun donc tenu en vertu de la la raison naturelle. le selon les circonstances. lumière de fait sa raison éclairée ce qu'il doit pratiquer en de prixalions dans l'ordre de la nourriture à le prendre. appartient aux princes séculiers de donner des préceptes légaux déterminant ruiturel. et qui est la base ou que la délimitation précise de droit se fonde sur la tifie le le fondement en le même tout droit ecclésiastique. afin d'en vivre plus excellemment. soit dans civile. l'autre est le jeûne de nature ». ce que demandera bien du peuple qui la constitue.

s'agit 3ll d'Église. « dans l'ordre des préceptes de a besoin la loi na- pour quiconque soit parce il d'un la tel remède. mais selon qu'il est si requis pour que le législateur a en vue. Et quelqu'un. une transgiession ne constitue pas un péché mortel. Et parce que d'un la multitude des hommes. Que législateur était telle pour une cause raisonnable. fuit. il comme est dit aux Galates (ch. — On ne saurait trop souligner la portée de . il ne main- tiendrait pas qu'on doive l'observer. méprise son autorité. Vnd primum reclierche. 17). privation des Quand elle est intervenue. mais comme déterminant d'une façon spéciale ou dans le détail ce qui est nécessaire en général » ou pour le commun des fidèles. mais est de nécessité de précepte turelle. de choses.QUESTION OXLVII. dans plupart des cas. Et de là vient que tous ceux qui n'observent pas les jeûnes de l'Église ne pèchent point mortellement 1^. le devoir. de précepte. ou le transgresse ce statut en telle sorte que la fin que a législateur si. ne dit pas quelque chose qu'on mais plutôt quelque chose de pénal il » et que l'on Toutefois. dans l'ordre la des pratiques à adopter touchant l'usage ou aliments. v. en va tout autrement quand il du jeûne l'autorité compétente se prononce sur ce qui lui paraît néces- saire ou utile en vue du bien commun des fidèles. Il DU JEUNE. que nous péchons tous en beaucoup en saint Jacques (ch. Ici. 2). quelqu'un n'observe pas ce qui tué. Ils pour les indi- vidus. non comme rendant de précepte ce qui est purement et simplement de surérogation. considéré d'une façon il absolue. en vue soit empêchée. à est rendu apte à être choisi. Aussi bien. comme que la est dit m. (( précise encore cette lumineuse doctrine. n'est point de nécessité ». v. surtout est sta- dans le cas o\\ si le là. est de se soumettre. s'il en transgressant ce qui est statué. soit il aussi parce chair conspire contre l'esprit. v. « Vad secunduni explique que les préceptes qui sont pro- posés par point de la mode de statut commun le même la fin manière tout » ou de loi. n'ont plus qu'à obéir. selon qu'il osl utile une certaine il fin. il pèche mortellement. « Le jeûne. a besoin tel remède. a été convenable que l'Église établît certains jeûnes devant être observés communément par tous. « n'obligent monde. considéré en lui-môrre.

car sont bien plutôt utiles à empêcher la liberté spirituelle. « ou des prescriptions la Sai/ite- surajoutées. la coutume universelle. — de Ce beau de saint Paul coupe court à tous les mauvais subterfuges de la loi passion pour se soustraire au joug de l'esprit. Il est . sa loi. dans parle des choses ». qui répugne à dans l'Épître aux Gâtâtes. L'une d'elles ». on n'ense tende aucunement mépriser l'autorité du législateur. en n'observant pas cette en ce qu'elle a de prescription matérielle ou littérale. les conciles. Si teur se ou en raison de la fin qu'il se propose en édictant donc il se présente des cas où la fin que le législapropose soit encore atteinte. pourra t >ute suffire.3l2 SOMME THÉOLOGIQUE. la du péché. le caractère de l'obligation attachée à la loi positive. mes frères. toutes autres conditions lemment un acte de vertu. n'y a pas à pré- tendre non plus ils qu'ils soient contraires à la liberté du peuple servitude il chrétien. marquées : avec tant de netteté par saint Au- gustin lEcrilure. Il pouita même. Retenons ces trois sources d'autorité ici dans les cho- de l'Église. requises. ch. dune façon si nette. Il ne S3ra point nécessaire que toutes trois concourent. vjuand bien même la loi ne soit pas malériellemcnl loi observée. ]3) : Pour vous. « Or. seulement. « ont été statues dans les conciles des évêques la et confirmés par coutume de l'Église universelle loi et ». qui précise. qui n'ont pas été établies non plus dans les conciles des éuêques. cette réponse. que l'acte soit excel- Vad que terliam fait observer que « saint Augustin. Il s'en- suit qu'ils ont vraiment force de ne constituent aucune« Il ment l'abus que signalait saint Augustin. et qui ne tirent pas leur force de la coutume de VÉglise universelle ses ». le texte citait l'objection. ne faites pas de cette un prétexte pour vivre selon la chair ». tive n'oblige d'une façon grave qu'en raison de l'autorité du législateur. et que de par ailleurs. les jeûnes qui sont de précepte dans l'Église. liberté dont est dit. ou même plus excellem- ment. texte la vous avez été appelés à la liberté . C'est qu'en effet la loi posi- tout le moins d'une façon grave. v (v. qal ne sont pas contenues dans les textes de Écriture. on ne péchera pas d'un péché grave en ne l'observant pas. et comment il peut y avoir des cas où à même en ne l'observant pas on ne pèche pas.

va nous répondre à l'article qui suit. nous article de la loi nouvelle l'expliquait q. saint Augustin et saint Paul. — loi Mais nous de- vons maintenant examiner de plus près cette saint et si Il dujeûne. Et c'est la loi une précisément qui a du jeûne. Rien de plus souces prescriptions de l'Eglise. elle assure au plus haut point leur en liberté. s'inspirani |)our des besoins actuels du peuple chrétien et des conditions nouvelles de vie qui sont celles des fidèles. dont la Thomas vient de nous montier d'être. loi 3l3 elle que loi la loi nouvelle est une de liberté. . Et cela veut dire que l'esprit n'y est plus embarrassé d'une foule de prescriptions matérielles. frès vrai — DU JEUNE. après parce qu'elle est la loi de l'Esprit. Loi qui n'est d'ailleurs pas dune rigueur inflexible. tous sont soumis au précepte de l'Église en celte loi dujeûne. cela appaiticnt au plus haut point à la loi l'Église faciliter nouvelle. 106. la Mais prescriptions qui sont destinées à asservir chair et à libé- rer l'esprit. qui requérait ces prescriptions pour maintien du peuple juif au milieu des autres peuples en vue du Christ les qu'il devait préparer et dont il était le berceau. mais n'est une comme (i "-2'% saint de liberté que Thomas. comme le dans la loi ancienne. divinement au premier i). si excellemment haute profonde raison Le saint Docteur se demande d'abord. Elle a qui a trait à cela grandement élargi et simplifié ce du jeûne et de l'abstinence. art. Parmi trait à la ces lois de l'Église. Elle la ple et de plus maternel que vient d'en donner une nouvelle preuve dans la loi récente rodili- cation de son droit. Lors taines donc que prescriptions pour juge à propos d'établir cerla au peuple chrétien pra- tique des vertus essentielles au salut. il est vertu de tempérance. bien loin de nuire à la liberté des fidèles.QUESTION CXLVII. c'est-à-dire tout ce qui peut assurer et faciliter la pratique de la vertu.

en raison de làge. selon celle role marquée en x (v. pèlerinage aussi. 7). Or. qui conslitueia une véritable objcc i tion en sens inverse et demandera une réponse. 16).i Corinthiens. (v. les pic(^eptes de |)a- l'Église obligent comme les préceptes de Dieu. à observer les préceptes de Dieu. et. pareillement. seconde épître aux comme on le voit par l'Apôtre. ix (v.3l4 SOxMME THÉOLOGIQUE. À. Puis donc que jeûne donné à l'utilité spirituelle. ch. du fait qu'il est statué par l'Église. n suit : (5) : Publiez an Jeune. Si tous sont tenus aux jeûnes d'Église? Quatre objections veulent prouver que jeûnes d'Église ». Or. et les choses nécessaires. Donc. dans l. et ceux qui sont à la mamelle. en elle!. dit qu' « semble qu aucun juste n'est tenu de jeûner. m'écoute. Or. les œuvres corporelles sont ordonnées au gain temporel. Les préceptes de . — (( c'est surtout les enfants qui sembleraient être excusés du les jeûne. à plus forte raison. ordonné aux choses le spirituelest or- n'est point de nécessité. les est dit. il semble que les jeûnes d'Église ne doi- vent pas être laissés en raison d un pèlerinage ou pour des œuvres corpoii'Ues ».st'(/ contra. ch. tous les autres sont ». aux choses non nécessaires. — La quatrième objection fail observer "• qu" « il vaut mieux accomplir une chose par sa volonté propi que par nécessité. « tous sont Icdus aux «: — La première déclare que saint Luc. en raison du manque' d'aliments. Donc. tous sont tenus. les pauvr -s ont coutume de jeûner -par nécessité. le Or. il Réunissez enfants. bien qu'il soit les. et qu'il est nécessaire. à plus forte raison. Donc. dans Joël. ch. Il enfants ne sont pas excusés. tenus aux jeûnes (( — La troisième objection arguë de ce que les choses spirituelles doivent être préférées aux choses tem- porelles. devraient-ils jeûner par leur volonté propre ». après (v. 16) : Qui vous écoule. L'argument .RTICLE IV. tous sont tenus à observer les jeûnes qui La seconde objection dit que sont institués par l'Église ».

Marc. sujet doit recourir au supérieur. « Toutefois. (v. par . 34. à ». 19). Donc les justes en vertu du précepte statué ».. les ch. L'rtc/ nous inai(|ue la différence essentielle qui existe entre les picccples de Dieu. pas obliger ce sujet à l'observance aiir du précepte qu'il ce serait en effet. n'obligent pas contre la doctrine du S. S. en saint Luc. rituelle. qui. qui arrive communément il et le plus souvent. 3l5 en effet. Et ceci doit être observé titués pouvoir de dispenser en dans les jeûnes ins- par l'Église. i5. ch. Matth. par lui-même.\insi en eux quelque empêchement spécial — donc. que sont ceux du Décalogue cl les préceptes de l'Église. chapi- dernier Voici que Je sais avec vous jusqu'à la consoni- nialion des siècles. qui a pareille matière. 20) : Seigneur en saint Matthieu. « par l'Eglise ae sont pas obligés à jeûner Au (( corps de l'arlicle. l'homme peut : licitement. les statuts ou préceptes la communs suit de là sont proposés selon qu'il convient à multitude. lieu surtout l'usage ou est la coutume le inter- ou encore si le recours au supérieur ne pourrait avoir si que difïîcilemcnt. que les fils » ou amis de iÉpoiix ne peiwenl pas Jeûner tant que l'Époux est avec eux. Thomas rappelle que » comme il a été dit plus haut 96. Il Or. q. moins . Christ. Car. le habitant en eux d'une façon spidit. IX. en raison le d'une cause spéciale. Il que le législateur a en vue. V. ch. aux jeûnes établis par l'Église. cf. tre Aussi bien. que spéciale. « Les préceptes » ou les commancîements « de Dieu sont les préceptes du droit naturel. a une raison priimuii motivant pour lui l'exception ou la dispense. contre le bien même poursuit et qui doit du meilleur effort ou duplus grand bien d'un chacun en harmonie avec lensemble. se trouve quelque chose. Or. auxquels tous sont qu'il n'y ait communément tenus. en cela même. Mais la cause le douteuse. il faut apporter une distinction. si la cause est être la résultante évidente. en quelqu'un. — DU JEUNE. est avec tous les justes. ce Que si.QUESTION CXLVII. tous les fidèles sont communément s'il tenus. v ii. le Seigneur dit. laisser l'obsi servance du précepte vient. 6). quand il les établit. (v. et nul n'a le droit de s'y soustraire. saint (r-a'"'. l'Église. « v. art. législateur n'entend » : qui répugne à l'observance du précepte.

de laquelle il provient qu'ils ont besoin de prendre fréquemment de tité la nom la riture et non en grande quandu sur- chaque fois. qui se fait de nourriture nécessitée par plus de la nourriture. crits. et le droit naluicl aucune exception ne pouvant prescriptions sura- ni aucune dispense il n'est possible. en raison des- ({uels certains hommes si ne sont pas tenus à l'observance de ces ici préceptes le ». que plus ou même pendant le temps ils s'exercent à jeûner moins selon mode de le leur âge. non dans se nier droit naturel. Vnd secunduiii répond que « dans les : enfants est au plus soit en raison de la haut point l'évidente cause de dispense débilité de la nature. ni bêles ne godtenl 7) et : Que les hommes et les aucune nourrilnre quils ne boivent point (Veau ». aussi bien. la raison ni la loi de Dieu ne prescrivait rien c II au sujet de ces choses. même pour les enfants les jeûnes sont preslisons. (v. prises dans leur détermination. et cela veut flire qu'en dehors du commandement de l'Egli-se ou avant suit quelle intervînt. se produit jusqu'à la fin qu'à l'âge de vingt les et du troisième septennat ». dans Jonas. convient cependant. L'arf tertiuni dit qu' « au sujet des pèlerins le et des ouvriers. . puisque.3l6 S0> ME THÉOLOGIQUE. de là qu'il peut se trouver des empêchements. « ils ne sont pas tenus à observer Il jeûnes ecclésiastiques. la raison elle-même. elles ne 'e sont qu'en vertu de l'institution de l'Église » . ajoute encore le saint Docteur. C'est pour cela que tout autant qu'ils l'état sont dans de la croissance. quand on coup d'une grande Iribulation. sont de nécessité de ments ou « les les commande- préceptes statues par l'Eglise portent sur des choses qui ne sont point de soi nécessaires au salul. — Et quelquefois est sous cependant. en signe d'une pénitence plus rigoureuse. ch. le plus souvent. nous au sujet des animaux sans raison. » eux-mêmes. il faut distingiier Car si pèlerinage et l'ouvrage pénible peu- . nen va pas de même dans les joutées du droit positif qui demeurent subordonnées à l'intention du législateur. ce qui. Mais. c'est-à-dire jusun ans. Nous sommes dans dans le droit positif. saint. soit aussi parce qu'ils ont besoin de beaucoup croissance. ajoute saint ce Thomas.

« et qu'on ne l'Églis'^ puisse pas avec cela observer les jeûnes de n'est pas tenu à l'Église ait été. en raison de les la observer jeûnes de l'Église. jmme de là les jeûner. L'«(/ ijuartiun semblent consentir les déclare que pauvres qui peuvent avoir pauvreté. examens. et autres choses de ce genre. nous l'avons ex[)lications. vent être DU JEUNE. ou comme sont aussi les travaux d'étude en vue d'un devoir spirituel à remplir. XXX ou XXXI sar Jils saint Mattfdeu). peut s'entendre d'une triple manière. classes. de grands trafête vaux à l'occasion ou d'une cérémonie religieuse ou même civique indispensable. enseignement. du rien et « dissimulent. « du supérieur. lesquels ne peuvent pas avoir tout d'une fois ce qui est nécessaire à leur nourriture ». vie spirituelle comme d'une pour quelque autre chose nécessaire à la seraient. ne sont pas excusés. Toutefois. nécessite quelques nous avons ici ». d'agir ainsi. pour cela. on est dans la nécessité d'entreprendre tout de suite un pèlerinage de longues journées de marche. (pie citait l'objection. soit ». d'empêcher par il autres devoirs pieux et plus nécessaires. au sens de saint Jean Ghrysostorne. De ces jeûnes toutefois sont excusés ceux qui mendient morceau par morceau de porte en porte. de ne pas snfTisamment ce qui doit être assez pour eux en vue d'un seul repas. ou encore nécessité de la et qu'il faille faire si on est dans la beaucoup travailler. soit pour la conservation de vie corporelle. que les disciples. à il semble faut recourir à la dispense la moins que peut-être fait même que les prélats » ils coutume n'existe ou les supérieurs ne disent ». car il ne semble pas que l'iiitention en instituant les jeûnes. un ad en (luinlnin pour y répondie. qui sont appelés de l'Époux. L'argument sed contra. jeunes de l'Église ne doivent pas être laissés Que si. et u « dit. — D'abord. 817 commodément la vie différés ou abrégés.QUESTION CXLVIt. par exemple. sans détriment c'est-à-dire pour la la santé corporelle et l'état extérieur qui est requis pour conservation de corporelle ou spirituelle ». car. . au contraire. Cette parole du Seigneur elfet. ([n'en pareils cas. qui dil (liom. s'il ne s'agit ne nécessite pas le que de pèlerinages de dévotion ou de travauv que le besoin de gagner sa vie ou de sauvegarder « les bien commun.

Et celui-là ne convient pas aux les fils hommes là parfaits. qui ori sont appelés fils de l'Époux. que les les Apôtres ne devaient pas être retenus dans observances la anciennes. les que enfants ou les jeunes gens jusqu'à l'âge de vingt et un ans révolus. sur ce verset le du psaume (cxxx. en raison de cela. saint Luc marque thieu a : : Les de l'Époux ne peuvent pas jeûner. que le Seigneur parle là vances. liv. à partir de soixante ans . convient davantage à (ju'on accorde des dispenses. saint Mattristes. — Une troisième explication est celle de saint Augustin liv. qui distinguo à Vhamilité de la tribn- un double jeûne. Le premier appartient lation. Les fils de l'Époux ne peuvent pas être Le second jeûne est celui qui appartient à la joie spirituelles . dans les jeûnes. V. de l'esprit attaché et sus- pendu aux choses parfaits ». comme on 2) : le voit dans la glose. qu'exercés dans il du jeune. IL ch. Aussi bien. dans leurs dispositions. xxvn).'6lO SOMME THEOLOGIQUE. II. qu'à ceux qui sont plus anciens et parfaits. Commentaire sur saint Luc. tous ceux qui lui sont soumis. pourquoi. d'où et voilà il riaient encore trop faibles vient la qu'ils sont comparés au vêtement vieux. spirituelles » ne saurait trop être souli- même parmi Tous ne sont pas tenus aux jeûnes commandés par l'Église. C'est ce jeûne qui ajjpartient aux — On aura remarqué ce qu'a de particulièrement de saint Augustin. eux sur qui devait être répandue la nouveauté de grâce. une autre manière. raison de leur baptême. en n'entend pas obliger. aussi bien. — [)lLitôt le cil. à j)iésence corporelle du Christ. ils devaient être plutôt encoul'austérité ragés par une certaine douceur. loi indistinctement. {De la concordance des Évangiles. ceux qui sont soumis aux lois de l'Église en effet. ceux qui sont imparfaits ou novices. on peut dire. En telle sorte que le Seigneur du jeûne des anciennes obsersignifiait. selon saint Jérôme (ou vénérable Bède. à cette jeûne. L'Église. par là. et les vieillards. I) Pareil à un enfant sevré sur sein de sa mère. tels Il du en est qu'elle exclut positivement de celte obligation. Son expression et beau et élevé l'interprétation surtout du jeûne se rapportant à « la joie de l'esprit attaché suspendu aux choses gnée et retenue. y).

Si les temps du jeûne ecclésiastique sont convenablement déterminés? Trois objections veulent prouver que « les temps du jeûne ecclésiastique ne sont pas convenal)lement déterminés ». nous aussi. S'il y a doute. comme je le suis moi-même du le <lhrist. baptême. fasse pour le qu'un repas dans de l'article le jour. en fait. ch. selon iv que le Christ conuncnça son jeûne tout de le suite après le cette (v. soit du côté du temps. nous devons imiter la parole de : première Epître aux Corinthiens. dans . Saint les Et. IV (v. Christ. — Le premier point va faire l'objet qui suit.QUESTION GXLVII. SiQ autres. ils sont tous tenus. les jeûnes fixés à certains mois appartienlu loi . dispense à qui de droit. Si l'opposition est évidente. le temps destiné au jeûne est requis est convenablement jeûne qu'on ne déterminé. minations. en tant que loi faite par l'Église. § 2). nent aux solennités de en elVcl. impliquera nécessairement certaines déterexaminer. le sujet lui-même peut pris entre ces : prendre sur la lui de ne pas jeûner. — La première ch. la loi n'oblige plus eu observant la loi du jeûne on compromettrait un bien plus essentiel. Or. en prindu jeune. nous devons accomplir le il jeûne tout de suite après l'Epiphanie où l'on célèbre baptême du Christ ». Donc. secondement. Nous devons maintenant temps. n'est point — La seconde objection déclare qu' « permis (l'observer dans loi. du côté : du Thomas si se demande. — Cette loi avons dit la parfaite raison d'être et il doit demander du jeûne. Code. Quant aux com- cipe. appel à ce que 2). dont nous l'obligation. Mais. can. s'il là-dessus. commencés (cl". fait I. Article V. - DV JEÛNE. « nous lisons en saint Matthieu. iG) Soyez mes imitateurs. il est dit. à la loi deux limites d'âge. i254. d'abord. soit du côté des aliments. deux choses pre- mièrement. manifestement. la loi nouvelle les préceptes cérémonials de l'ancienne Or.inc''jntip. il peut se rencontrer des ce sont les cas où cas oij.

dans la fête de Pâques. la coutume il gé- Au ses : corps de l'article. 19) : Le je âne da quatrième mois et le . nous sommes enseil [est Christ dans la mort. il pareillement aussi y a le jeûne de la joie ou de l'exultation. à la fin de l'article pré« de même qu'il y a /e jeûne de Cafjliction. cédent {ad 5'""). la que l'Eglise a statué qu'il fallait et. il faudrait que fussent prescrits certains jeûnes ». que le est ordonné le à deux cho- à effacer la faute. . comme dit aux Romains De même. Donc les jeûnes à certains mois. saint Thomas jeûne part de ce qu' « a été dit plus haut (art. Or c'est surtout en raison de la résurrection du Christ. que l'exultation convient aux fidèles. et à élever l'esprit vers les choses d'en- Haut conclut immédiatement saint Docteur. saint Augustin. en le les fautes sont la remises par veille baptême. i. s'élève à la gloire de l'éternité. il que les les jeûnes devaientêtre spécialement prescrits où faut que hommes se purifientdu péchéetque l'esprit des fidèless'élève la vers Dieu par lète dévotion. viii (v. « L'argument sed contra oppose simplement nérale de l'Eglise ». comme nous l'avons vu. au livre de la Concordance des Évangiles (liv. le je âne du cinquième. qui est administré solennellement le de Pâques. Chose qui se produit surtout avant effet. puisque par avec le baptême. alors qu'on rappelle le souvenir de la sépul- ture cclis du Seigneur. jeûne du septième la jeûne du dixième mois et deviendront pour maison de Juda des jours de réjouissance d'allégresse. pour même raison. Il^suit de là. et aussi dimanches de l'année dans lesquels on rappelle le souvenir de cette résurrection. C'est pour cette raison. dans lesquelles à les célébrer nous devons nous préparer dévotement ». qu'on appelle les Quatre-Temps sont indûment observés dans l'Eglise ». rection. 3). des solennités joyeuses. jeûner immédiatement avant la solennité de Pâques. — La troisième objection rappelle que « d'après Il. ch. Donc au jour de du la fêle de Pâques où tous les l'Église célèbre la résurrection Christ. que le Christ a inaugurée par sa résur(ch. la de i*àques. ch. V. Dans cette solennité. VI. la veille des principales fêtes. le SOMME THÉOLOGIQUIî.320 Zacharie. il est le plus nécessaire que l'esprit de l'homme. 4). xxvii) ». par la dévotion.

selon saint est Grégoire (liom. D'où il sait qu'il est Juste que nous affligions quatre la sorte. y a encore. pour ce qui dit-il.QUESTION CXLVII. 12). Car Et à la Créateur est la Trinité. v. vin. xn. fois dix fois cette même chair. ce que saint Ambroise explique en disant ne te convient-il pas de Jaire. en créature d'aimer Dieu de tout notre cœur. il y a une quale trième raison (de Doctrine chrétienne. aJJUgeons pendant trente-six Jours qui sont ceux où l'on jeûne ainsi à Dieu dans la les six semaines du Carême. ch. liv. de Marc. ch. que dans ce corps mortel composé des quatre éléments. dû le nombre trois. « pour l'utilité de qui les Ordres sont reçus. Jérôme les au même endroit (sur saint Marc. Fils et Esprit-Saint. Il nous est ordonné. nous vertu est triple. — . en saint Luc (ch. a prié ? » Saint le Thomas passe ensuite à la justification du jeûne pour « temps du Carême. sur TÉvangile. rassasia quatre mille fiaient Seigneur hommes avec sept pains. quand tu veux entreprendre quelque le devoir de piété. i saint . le nombre dix par quatre donne quarante. et ceux qui doivent être ordonnés. nous sommes contraires à la loi de Dieu manifestée par Il le — Décalogue. comme le dit v. par jeûne. et aussi tout le 1) peuple chrétien. Tandis qu'en nous nous l'annnée comprend trois cent soixante-cinq Jours. Il y a encore que de nous nous efforçons d'offrir à Dieu effet la dime des jours. v. xvi). de toute notre âme. Père. la que Que Seigneur. est du jeûne quadragésimal. vi. 021 Après avoir justifié le jeune des vigiles. saint Jérôme). saint Thomas s'ap- plique à justifier celui des Quatre-Temps. créa- ture invisible est éflel. De le là vient que nous lisons. comme donnant dîme de notre année. tout notre esprit (saint Quanta la XIII. et ceux qui confèrent Ordres. la — Selon saint Augustin. H. se retira sur monta: gne pour prier. — La première l'aide que /a du Décalogue : est rendue parfaite à multiplié des quatre livres de VÉvangile or. — La Force et la Tempérance. devant envoyer ses Apôtres. C'est qu'en eftet. en signe de quoi. n . XVI). — DU JEUNE. se préparent. ch. Or. 3o). avant l'élection des Apôtres. lesquels signi- Vannée da Nouveau Testament. il parmi Œuvres de les faut qu'à la réception de ces le Ordres sacrés. «la coutume de l'Eglise est de conférer les ordres sacrés à le chacun des quatre quarts de l'année. alors que Christ. La raison du nombre.

v. qui est le quatrième mois. i3). jeûnaient aussi. la Prêtrise. . en raison du nombre des Ordres savoir les : sacrés. que du nombre trois assigné pour les jours déjeune à « chacun des jeûnes des trois jours Quatre-Temps comprend en raison du nombre des mois qui convientà chaque temjjs ». « Et ce nombre dix est multiplié par le nombre quatre qui convient et an corps. ch et Deuléronome. Les Juifs. alors on nombre quarante ». nombre quatre qui le froid. la trinito créée. montagne {Nombres. v. . jeûnaient au mois de juillet. donosor (Jérémie.322 visible. qu'alors mont : Sinaï. reçurent l'ordre de ne pas approcher de xiv. l'humide. premier mois de l'année. quand les il s'agit du baptême conféré aux adultes. d'abord par Nabuchopuis par Titus (Josèphe. chez Moïse. qui sont conférés. nombre dix comprend toutes choses » savoir la si Trinité incréée. au cinquième mois. à partir du mois d'avril. — ajoute saint Thomas. elles quatre éléments. selon Jérémie (ch. s'il voulut être baptisé. Aussi bien ne lui convenait il pas déjeuner avant son baptême. . — Saint Thomas ajoute. constituent l'ensemble de tous les Ordres. le Diaconat et le sous-Diaconat. « Ou encore. les Ils murs de le la cité furent alors pour la première fois coupés. tout à fait aux mêmes époques que les Juifs. c'est le SOMME THF. descendant du les Juifs. ch. même mois. v. (jui. ce fut pour nous recommander le baptême. v. anssi. afin de le nous inviter à jeûner avant de recevoir nôtre ». s'espace dans une durée de troisjmois. le chaud. L'w/ prUnuin fait observer que « le Christ n'eut pas besoin du baptême pour Lui-même. en raison des le sec et quatre qualités sensibles. j)<)nr ce motif. ni elle ne les garde pour les mêmes motifs. 42). avait brisé les tables de la loi {Exode. xxxn.^2. 2). chacun des Quatre-Temps. 11. xxxix. le lui est dû. ch. en vue de l'explication chaque période des Quatre-Temps. 19) et que. ch. dans ce lit.OLOGIQLE. parce que. qui s'appelle chez nous parce que. en etfet. L'ad secundam répond que « l'Église ne garde point jeûnes des Quatre-Temps.en ces temps-là ». v. gouverné par Dieu Trinité a le par les esprits. 12. la sédition ils mois d'août. mais après. la ayant éclaté parmi le peuple. Ainsi donc. en effet. avec quatre ordres mi- neurs. au retour des explorateurs.

comme le voulait l'objection. ix). le XXXVI). ch. ou par un principe d'erreur. établis par . sont plutôt de» Jeûnes dafJVLction et ceux-ci ne conviennent pas aux jours de réjouissance. ch. (ép.). dans Qiialre-Temps. C'est pour cela qu'il n'y a point de jeûne institué par l'Église durant tout si le temps pascal. Godolias fut tué. Le carême. Au septième mois. qui doit êlre tenue pour loi. apprit que le temple était renversé V. ni non plus aux jours de dimanche. quel- qu'un voulait jeûner en ces jours-là. en une parole magnifique. que « le jeûne 'l'exultation procède de l'inspiration de l'Esprit-Saint. bien que jeûne. ou la sainte quarantaine. — t)U JEUNE. le temple de Jérusalem fut le brûlé. V. ces jours-là 1* C'est ce qu'il maintenant examiner.QUESTION CXLVlI. [. avec Ezéchiel. que les temps et les jours du jeûne déterminés par lEglise. peuple réduit en captivité. qui est notre mois de janvier. Il s'ensuit que les jeûnes. dans sa lettre à Lucinius » / LXXI) Plut au : ciel que nous puissions jeûner en tout temps Rien de plus sage et et de mieux fondé en raison surnaturelle chrétienne. lo et suiv. pris en lui-même. selon que saint Jérôme le dit. qui liberté. liv. 2. Et c'est est ''Esprit de le pourquoi ce jeûne ne doit pas tom- ber sous précepte. sont les moments par ce qui est excellence où l'homme la doit travailler à se purifier de ses péciel . que nous appelons et le mois d'octobre. est-il nécessaire qu'il fin même — Mais que nous faut suit. : n'y ait qu'un seul repas. ne serait pas exempt de péché. chés et à s'élever en esprit jusqu'aux choses du la ou raison chrétienne du jeûne. les veilles des principales fêtes et les Quatre-ïemps. qui estiment celui-là un tel jeûne néle cessaire. ch. contrairement à la cou- tume du peuple le dit comme saint Augustin (ép. xxxin. à reprocher à l'Église de judaïser. 21). Et chrétien. — Il n'y a donc pas. et tel est l'objet de l'article qui . le Au dixième » mois. 323 de la Guerre juioe. reste du peuple fut dispersé (Jérémie. comme font les Manichéens. le précepte de l'Eglise. pour que l'homme satisfasse à cette loi du jeûne. XLi. VII. les jours marqués par l'Église est-il requis. soit toujours quelque chose de louable. la pratique du jeûne des Vad lei'lium déclare. faut-il. (Ezéchiel.

L\id prinium répond que a la quantité de la nourriture ne peut pas être taxée la môme. on ne peut pas recevoir l'Eu- n'est pas défendu de boire à plusieurs reprises aux diverses heures du jour. en cependant que nature soit conservée. en raison des diverses complexions . 2). Donc plus être taxé ». moins quantité voulue d'aliments que le nombre Or. Or. après le ». que l'homme ne le fasse qu'un seul repas il — La piemière rappelle que « l'acte la jeûne. en diminuant le nombre des repas.324 SOMME THEOLOGIQUË. à cela paraît alors que par là l'homme peut satisfaire au besoin de la nature. Donc l'unité de repas n'est point essentielle L'argument sed contra en appelle. les jours de jeûne. S'il est requis. pour le jeûne. le nombre des repas ne doit pas fait l'est une quantité déterminon observer que a si — La seconde les objection il l'homme est nourri par aliments. générale du peuple chrétien ». il pour rompre jeûne . C'est pour cela qu'il a été statué par la détermination de l'Eglise que ceux qui jeûnent ne fassent qu'un seul repas dans suffire l'unique repas la journée ». Trois objections veulent prouver qu' « il pour est le jeûne. Or. ». Akticle VI. charistie. « repas. et que cependant il soustrait quelque chose à la concupiscence. de la vertu d'abstinence laquelle n'observe pas des repas. née de nourriture. — La troisième objection dit que il « les élecest tuaires sont de certains aliments. à la coutume le Au sorte corps de l'article. ici encore. que l'homme ne fasse qu'un seul repas? n'est point requis. comme : a été dit (art. saint Thomas la déclare que « jeûne telle est institué par l'Église pour refréner la : concupiscence. aussi par la boisle son. Donc il ne doit pas être défendu non plus à ceux qui jeûnent de manger à plusieurs reprises » dans la journée. Et cependant au jeûne en beau- coup qui en prennent. Et voilà pourquoi la boisson suffit ce qui lail qu'après avoir bu. à ceux qui jeûnent. on ne taxe point.

325 des corps. art. — DU JEUNE. Et c'est pourquoi ne rompent pas jeûne. si est permis — Toutefois. i) : est ainsi formulé dans le nouveau Code qu'il i25i. . cependant ne se pren- nent point en vue de la nutrition. la législation de l'Église. d'Église. mais dans privation détermiil née par celui qui jeûne ou par l'autoiité dont dépend. Ce point de pliquer saint (can. i. dit qu' a il y a un double jeûne (cf. Mais la le plus sou- vent tous peuvent satisfaire au besoin de seul repas ». mais le ne défend pas de en gardant Ion- prendre quelque nourriture matin et le soir. peut pécher aussi en quelqu'un use démesurément de perdre le la boisson. qu'il L'autre est le jeune ». qui font que l'un a besoin de plus de nourriture et l'autre a besoin d'une nourriture moindre. qu'on appelle jeûne de celui qui jeûne la en ce sens ne consiste point dans privation pure et simple de ce la qui est nourriture ou boisson. en vue d'une fin qu'on se propose. bien que d'une il certaine manière elle nourrisse. qu'à l'effet de nourrir. à les prît le fait de prendre les autres remèdes ou médela loi moins peut-être que quelqu'un en fraude de en grande quantité par ne mode de nourriture ». serait-ce rompu par n'importe il même de l'eau : après laquelle. pas plus que cines. que vient de nous ex- Thomas. Et celui-là est quelle potion. L'un est celui de la nature. « Celui-là n'est rompu que le par ce que l'Eglise a entendu exclure en instituant l'Église n'entend pas prescrire l'abstinence se jeûne. nourriture au cours de Vad lerlium déclare que « les électuaires. il il et mérite du jeûne. lequel est requis pour la réception de l'Eucharistie. n'est point permis de recevoir l'Eucharistie. ils mais en vue de la digestion le des aliments. Or. Et voilà pourquoi à ceux qui jeûnent de boire à plusieurs reprises.QUESTION CXLVII. nature avec un Vad secundum ad 5'""). qui la prend plutôt pour agir sur le corps et amener digestion des aliments déjà pris. comme la peut le faire prenant d'une façon immodérée de l'unique repas ». § le (( La loi du jeûne prescrit elle n'y ait dans jour qu'un seul repas. bien qu'ayant la vertu de nourrir d'une certaine manière. de la boisson.

Cet — les jours de jeûne. : en effel. — La seconde objection dit que jeûne institué pur l'Église est imposé à tous. selon mode de parler. l'heure dont il s'agit était encore en usage parmi le peuple chrétien. 326 tefois SOMME THÉOLOGIQUE. semble-t-il. Si la neuvième heure a été convenablement fixée pour le repas de ceux qui jeûnent? La « neuvième heure ». quelle sera cette heure!' et la Saint Thomas pose la question résout à l'article qui suit. le Donc. dans le langage de notre l'Église. que du temps de saint Thomas. en dehors du repas proprement dit. et ceci. Trois objections veulent prouver que « la neuvième heure n'a pas été convenablement fixée pour « le repas de ceux qui jeûnent ». le Lévitkjue. par la seule position de cet article. ali- ments ici coutume approuvée en chaque la — Si l'on parle de quantité. § 2). Il est d'ailleurs permis de changer l'intervertir avec la réfection marque expressément le unique repas. le jeûne doit être prescrit « le jusqu'il soir ». que de nos . équivaut à trois heures de l'après-midi. pour nourriture. la question est plutôt d'ordre théorique et symbolique. et. comme nouveau Code {IbkL. xxni (v. Or.. Aujourd'hui. encore plus vrai du temps de saint Thomas. Or. Il cien Testament. dont saint il Thomas nous disait qu'elle ne devait pas être taxée. — La première déclare que l'état du Nouveau Tesest dit. pour ce qui la est de la quantité et de la qualité des lieu ». s'agit de la quantité à taxer pour le matin ou le soir. si oui. marqué pour le la place du repas et de ou la collation du soir. à plus forte raison. on jeûnait jusqu'au ch. tous ne peuvent pas d'une façon précise connaître la était neuvième heure ». 82) et. Nous voyons. dans !i Nouveau Testament. puis. nous le verrons. Article VII. Ce sera pour vous un sabhal il vous afjligerez vos âmes. est ajouté : Du soir au soir vous célébrerez vos sabbats. dans l'Ansoir. doit-il être fait à une heure déterminée. tament dans et est plus parfait que celui de l'Ancien.

3). la neuvième concile de : heure L'argument sed contra en appelle à ce que Châtillon dit le « le (cf. ceux-là ne doivent aucunement être considérés avoir la célébration jeûné qui auront mangé avant lequel. dans Au il corps de l'article. Donc jusqu'à que l'Église. 6). qui se fait maintenant vers midi. le Il jeûne ordonné à effacer et à cher la faute. comme leç. il est dit il au de VÉfhique (ch. ». de S. sous fait statut ou la loi « le du jeûne haut la ». afin que l'on ne prenne point le repas. pour ceux qui jeûnent. avant que les vêpres aient été récitées. de prendre son la repas vers l'heure de midi soit la parce que digestion semble alors achele froid en raison de chaleur ramenée à l'intérieur par de la nuit. pendant le temps du carême. Donc n'y a pas à fixer. ainsi qu'il a été dit plus Or. de midi. n. neuvième heure. même quand il se prend à l'heure chœurs des religieux ou des chanoines tenus à la récitation publique de l'office. 1. les D'autre part.QUESTION CXLVIT. La troisième objection la observer que jeûne est l'acte (art. de l'usage faut . donc en qu'il ajoute quelque chose en plus commun la telle sorte toutefois que par là on ne et charge pas trop nature. can. et que la dilTusion des humeurs à travers les mem- bres est faite aussi. l'usage commun normal vée. parmi : hommes. dist. soit aussi parce qu'à ce moment du corps humain rieure de l'air de a besoin d'être aidée contre la ohaleiii e\lé- peur que les humeurs à l'inlérieur ne se con- .. la se dit après la il neuvième ». conformément à la lettre de cet ancien canon. faut jeûner — fait On sait par respect pour cet ancien usage. 827 il n'y avait point alors d'horloges et de montres. Soient. réciter vêpres avant les le repas. 7 . car (( — DU JEUNE. i. car ce beaucoup pour lan livre II est peu pour un autre. la vertu morale ne prend pas ({ai est le milieu de même manière pour tous. vi. heure. de consecratione) Dans carême. — de 2). saint Thomas est part de ce que. « comme empê- a été dit (art. jours. est. Th. la Donc le il semble que fixation de l'heure ne doit pas tomber vertu d'abstinence. pendant tout le temps du carême. de l'office des vêpres. en raison de la chaleur du jour appoilant surtout la naliire son appoint jusqu'à l'heure où le soleil est au point culniinant de sa course.

La nuit est passée et le jour est venu. l^atth. l'heure . en que ce le chacun peut facile- ment connaître L'ad tertium répond qu' légère diminution ne peuvent pas une légère augmentation ou une beaucoup nuire.. mais par mode d'appréciation en gros. d'un mot. L'ad secundum explique que « pour le jeûne est requise une heure déterminée. « L'état la nuit. v. la tête. . Et aussi bien une telle fixation d'heure ne peut pas pas << beaucoup nuire à quelqu'un. Vad primum se formule. pour ceux qui jeûnent ajoute saint sion est fixée vers la neuvième.328 SOMME THÉOLOGIQUE. v (v. fixée pour le principal repas les jours de jeûne et dont saint ici les Thomas du re- nous donnait n'est plus raisons d'ailleurs excellentes et plausibles.). de l'heure » de midi ou de l'heure de sexte. qui est fixée pour ceux qui jeûnent. il n'y a un grand espace de temps. Or. soit vers trois heures. celui de l'Ancien Testament se compare à du Nouveau ch. « Il suffit. une réponse exquise. oij les hommes ont coutume de prendre leur repas. Et ceci. Or. selon cette parole de l'Epître aux Romains. /JG ayant incliné et suiv. 2li) Ceux qui appartiennent au Christ. — De plus. ». qui fut consommé à la neuvième heure. jusqu'à l'heure de noue. C'est pour cîla que dans l'Ancien Testament. ceux qui jeûnent. ch. de quelque condition être. ch. xxvn. cette heure convient au mystère de la Pas- du Christ. on jeûnait jusqu'à la nuit. Aussi bien. ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences ». quand. la maintenue dans pratique. en affligeant leur chair. du jeûne • ou avancer un tant Cette heure de soit peu l'heure du repas trois none ou de heures de l'après-midi. cela tournait à charge trop lourde pour quelques-uns. 12) compare au jour. Thomas. Il rendit l'esprit (S. xni (v. selon cette parole de l'Épître : aux Galates. il faudrait les dispenser ». non selon une précision mathématique et : subtile."liment. eflfet. En fait. afin que celui qui jeûne éprouve un peu l'heure à propos diiffliction poui' satisfaire à la dette du péché. se conà la Passion forment du Christ. et qu'on ne le fait plus dans le Nouveau ». qu'il puisse l'âge Que si peut-être en raison de la maladie ou de ou de toute autre chose de ce genre.

en raison de la suppression ou de la diminution du petit déjeûner du matin. 6). à ceux qui jeûnent. xx Le vin est chose luxurieuse.QUESTION CXLVII. qui avait motivé l'ancienne discipline. ch. selon cette parole des Proverbes. i) • de la viande. l'abstinence de la des œufs et été dit plus du laitage ». C'est l'objet de l'article qui suit. Si pour ceux qui jeûnent est convenablement prescrite l'abstinence de la chair. Or. car là se trouve luxure. — DU JEUNE. Puis donc qu'on il n'interdit pas. la concupiscence est celui de excitée par le fait de boire . semble fju'on ne doit pas ». (art. Pratiquement donc. « c'est mal à propos chair. et cette autre de l'Épître aux Éph/^- sirns. car. et ne soit avancée. ch. leui- Tusage du vin. . interdire de manger de la viande — La seconde objection déclare que . parlant. Nous dirons tout à l'heure qu'avec le nouveau droit.yer du vin plus que par man(v. — est et Un dernier point nous reste à examiner au sujet du jeûne ou de ses conditions. des œufs du laitage. — La que première arguë de ce qu' le haut jeûne a été institué pour refré- ner les concupiscences de la chair. Article VIII. Toutefois. si 829 tant même. la question trefois. qu'il semble bien qu'on n'avait pas du temps de saint Thomas. la raison d'affliction souffrance. des œufs et du laitage? Trois objections veulent prouver que qu'est prescrite. ne se pose plus avec le texte la même rigueur qu'auet sa jus- Mais lisons d'abord de saint Thomas tification de l'ancien droit. « il a pour ceux qui jeûnent. mise vers onze heu- ou de sensation de légère demeure sous une autre forme. trouvent un retard ou une impression de retard analogue à celle que causait jadis le renvoi à trois heures de l'après-midi. i8) : i\e vous enivrez pas de vin. et c'est de savoir si pour ceux qui jeûnent convenablement prescrite l'abstinence de la chair. ceux qui jeûnent. pas reste aujourd'hui la est qu'elle res. matériellement au contraire. ht v (v. l'effet voulu par l'ancienne discipline se trouve suffisamment obtenu même avec la discipline nouvelle.

pour le jeûne. aux esprits semblent coopérer surtout qui donnent des flatuosités. il a été dit plus hanl que le jeûne a été institué par l'Église pour réprimer la table les concupiscences de la chair. animaux qui le sent sur ia terre et qui respirent les ou qui vivent dans l'air. ces concupiscences portent sur ce qui plaît au toucher.33o SOMME TMKOLOGIQUE. les esprits » vitaux le et l'hu- A la chaleur coopèrent surtout aliments vin et les autres cho- ses qui réchauffent le corps. pou:- même raison. à ceux le qui jeûnent. Ces choses-là.00. Or. comme laitage qui pro- vient des troupeaux. . saint Thomas. et les œufs qui proviennent des oiseaux. « et aliments qui en proviennent. la en usent d'œufs le jeù^ie et de fromage. à la il en reste da\antage qui sert à matière de laquelle. en constitution cflet. Vad meur. comme pour «( les arti- cles précédents. ces aliments qui. excitent davantage Telles sont les chairs des » les hommes aux nais- plaisirs sexuels. mence. parce qu'elles sont plus conformes à la du corps humain. donnent plaisir. donnent plus de : plaisir et sont plus de nature à nourrir notre corps d'où la il suit qu'en les la se- mangeant. s'appuie sur ce qu' (art. s viandes ». en ce qui est de ou des choses sexuelles. « certains poissons se mangent avec autant de plaisir que la chair de certains animaux. mais à l'humeur. i) la Donc. l'usage commun dc-^ Au corps de l'article. 6). de même qu'on n'interdit pas l'usage des poissons. q . primani explique qu' « à : de la génération. et qui. comme il a été vu plus haut (i^-a*'. l'on ne devrait pas interdire non plus l'usage des. Or. en se multipliant. dans ». la concupiscence est la recherche de ce qui plail. qui a été institué afin de refréner concupiscence. Aussi bien est-ce de ces aliments surtout que l'Eglise a statué que ceux qui jeûnent devaient s'abstenir l'acte ». plus de de plus. — il La troisième objection ditqu' « en cerlains joui est qui de jeûne. à l'usage. Donc. coopère surtout l'usage des chairs. est le plus grand excitant luxure. l'homme peut user à a de ces choses fidèles L'argument sed contra en appelle 11. Il s'ensuit que l'Église a dû interdire. lesquelles venteux. art. du carême. trois « choses concourent la chaleur.

QUESTION CXLVII. Il l'usage des poissons. Et désormais. l'altération de chaleur. y a des coutumes diverses selon et divers lieux. du moins certains jours Toutefois. mais. prend garde à ce qui arrive l'usage des chairs le plus donne plus de plaisir. même aux les autres jours do jeûne. Ces coutumes doi- vent être observées par chacun. le jeûne du carême est plus solennel parce qu'on l'observe à l'imitation du Christ. 33 l fournissent une nourriture abondante. C'est pour cela qu'en chaque jour de dans le jeiuie est interdit l'usage de la viaiule. en plus. Or. animaux De même. on interdit. can. en ce qui est de l'abstinence des œufs du laitage. en prenant du poisson et de viande. d'une manière universelle. à ceux qui jeûnent. en tant qu'ils proviennent des anides chairs. et aussi la multiplication des esprits sont chose qui passe vite. communément. § Vad dits à tertium déclare que « les œufs et le laitage sont inter- ceux qui jeûnent. et le laitage. les la DU . inal. Pour être donnée en termes très simples et d'un caractère moins technique. les jours où la viande est permise (Gode. que défendu à ceux qui ».TEÙnE. à même pour la ceux qui jeûnent. l'Église avait interdit l'usage de poisson au viande et du même repas. mais la substance de l'humeur Et voilà pourquoi demeure longtemps. ou celui des légumes qui donnent des flatuosités ». en instituant le jeûne. l'usage de la chair a été permis. bien qu'en certains cas ce soit le contraire. Uad secundiini fait observer que « l'Église. jusqu'à maintenant. selon l'usage de ceux au mi- . Aussi bien. 2). : jeûnes. œufs il Cependant. les chairs de ces les maux ayant parmi soit sont interdites plus encore que les autres œufs et le laitage. l'explication n'en est pas moins d'une vérité et d'une exactitude qui suffisait pleinement des chairs que celui — à justifier les prescriptions de l'Église. on ne va plus contre loi de l'abstinence la les jours déjeune. Or. elle vient la de lever cette défense. plutôt l'usage du vin. Et voilà pourquoi la l'Église a plutôt jeûnent l'usage de chair que celui des poissons est vrai que plus tard. soit encore les parce qu'il nous dispose à célébrer dévotement là mystères de- Rédemption. communément. i23i. Dans son nouveau droit. jeûne ([uadragésiles sont interdits.

qu'il n'est plus nous l'avons viande viande siste la et défendu de prendre de la la du poisson au permise. Aussi bien saint Jérôme. sur les vendredis et les sa- medis du Carême. de les la ou les vigiles et de Toussaint de Noël (Code. Et c'est ainsi que pour ce qu'on appelle le frustulum du matin et pour la collation du soir. Ce que vient de nous dire saint Thomas du respect de la coutume qui doit avoir force de loi selon la diversité des lieux est maintenu dans le nouveau droit. elle se dit. même loi lepas. on le voit. et sur Pentecôte. C'est l'objet de la question suivante. les jours de jeûne où est — La de l'abstinence elle-même conl viande uniquement désormais dans exclusion ou la défense de et du jus de viande. on doit se conformer aux coutumes approuvées en ce qui touche à nourriture à prendre. tenant compte des changements et des modifications très considérables survenus velles loi de la société. : LXXI. les jours de jeûne. il ne nous reste plus qu'à traiter du vice qui lui opposé. la de l'abstinence et l'essentiel de cette grande loi dit. sur veilles les la jours des Quatre-Temps. il lieu de qui dit (ép. la quantité et à la qualité de la — Quant à ce qui est de l'abstinence elle-même. le tinence. . vit. Tout le reste demeure permis. — L'Église. chaque semaine il n'y a plus d'obligatoire que — La loi du jeûne et de l'abstinence réunis porte sur le mercredi des Cendres. à considérer l'abstinence toute indépendamvendredi de ment du jeûne. i25o). la question que nous venons de profonde raison Après avoir étudié la vertu d'abstinence en elle-même et dans son est acte. can. C'est ainsi. graisse dans la préparation des aliments (Code. tout en maintenant dont saint Thomas nous a lire. à Lacimis) lois Que chacun abonde dans son sens et tienne pour apostoliques les préceptes des anciens ». se parmi les hommes dans les conditions noumontre extrêmement maternelle dans la du jeûne. trouve désormais très simplifiée. dans d'être. de l'Assomption. — Et pour ce qui est du temps ou des jours d'absseule. parlant des jeûnes.33 r? SOMME THÉOLOGIQUE. 1262). la y compris can.

xviii). xv ii) : Ce qui entre bouche ne souille point rhomtne. pèche dans choses qu'il ne peut pas éviter Augustin. le xviii. le plaisir est le mêlé au besoin. III. ou xiv. il semble que gourmandise « nul ne un péché les — La seconde objection dit que (cf. De ses filles. Article Premier.P QUESTION GXLVIII DE LA. Ue 5" Si elle est G" un vice capital . tout péché souille n'est pas l'homme. la gourmandise cpnsiste chose que li- un manque de mesure dans l'homme ne peut pas éviter car en : la nourriture. Or. liv. on ne sait ce besoin requiert et ce que n'est pas « plaisir ajoute Donc la gourmanest pé- dise (|u' un péché w. au VI e XXX de ses Morales (ch. Si la gourmandise est un péché? Trois objections veulent prouver que « la gourmandise n'est pas un péché dit. GOURMANDISE ("etio question compiond six articles I" Si la : 2° Si 3° Si a" gourmandise est un péché? elle est un péché mortel elle est le plus grand des péchés? ses espèces. saint Grégoire dit. ch. « Notre- Seigneur dans en saint Mathieu. S. dans le manger. Or. Or. ou xxviii) : Parce que que. ». qui entrent dans l'homme. la gourmandise porte Puis donc que la sur les aliments. premier mouvement ché. le premier mouvement qui porte à prendre de la nour- . ch. la » — La première s'appuie sur ce que (v. du Libre Arbitre. — La troisième objection déclare le en tout genre de péché.

il Comme réglé vient d'être dit. C'étaient contre lesquels parlait ^otre-Seigneur. la lutte qu on ne pas à du combat spîriluel. ou xni. la Il désir non suit de là quantité de nourriture. ceci n'apparlient pas à la gourmandise : c'est un manque de juste appréciation. Donc » la gourmandise la est un péché le ». saint Thomas nous aNertit ou aussi gloutonnerie. auparavant. Cela seul appar- tient à la et gourmandise. mais pensant qu'il en a besooin. mais selon leur propre nature. le. Au corps de gourmandise l'article. mais un désir ou une recherche qui impliquent un désordre. que l'homme les Juifs. xvni. désir ou l'appétit est quelque chose la de désordonné.334 lilure n'est pas (les SOMME THÉOLOGIQUË. du fait qu'elle est contraire à la vertu. qui pensaient que certains mets. u L'ad sec undum Sippuie sur cette première réponse. ne dési- gne pas un désir ou une recherche quelconque de boire ou de manger. que si quelqu'un excède dans la non par amour de l'aliment. est il s'ensuit que manifestement la gourmandise un péché ». que a la péché. à sens la l'effet « de montrer dans son vrai ce qui entre dans parole de l'Évangile. au livre sW'lèoe XXX de ses Morales (ch. (( dit. L'argument sed contra est un texte de « saint Grégoire ». ou xxvi). n'est dompté. à la raison. pris selon sa substance et sa nature. dans bien delà vertu morale consiste. rendaient les hommes impurs. et aussi les Manichéens. non en raison de leur caractère figuratif. savoir Vappétit de yourniandise. l'ennemi intérieur de c'est le l'homme. parce qu'il sort de l'ordre de lequel le raison. par mode de nourriture. ne souille point l'homme spirituellement. par convoitise ou désir plaît. sans quoi la faim et la soif seraient Donc la gourmandise n'est pas un péché ». que quelqu'un. L'ad primum explique. qui péchés. si. D'autre part. Or. qu'il à cause de l'acte moral non conforme implique. un péché. dans . le désir désordonné des aliments l'homme spirituellement». le vice de la la la gourmandise ne consiste pas le dans par substance de l'aliment. car mot latin gula « répond plus encore à ce second mot qu'au premier. mais dans raison. recherche de l'alinTent qui dépasse sciemment. souille — Toutefois. la l'enne/ni qui se trouve au dedans de nous. Et puisque une chose est dite être péché.

S. xii). La seconde ob- — jcilion remarque que « tout péché mortel est contraire à la . liv. xv . — Mais il est ou à ce désir qu'apun autre appétit. — La première observe que « tout péché mortel est contraire à quelque précepte du Décalogue. ce qui a été dit plus haut. ne peut se trouver le vice ou la Vad est vertu .ce. qui digère. Mais ce péché est-il Il n'est pas douteux que la . l'endroit du boiie et du manger. liv. et qui expulse étnnl du même ordre que ces dernières (cf. 335 la préci- mang^or. sur cette question si délicate et si importante. art. IV. — mortel!* C'est ce tel est que nous devons maintenant considérer. sensible. et qui appartient aux forces ou aux puissances de l'âme végétative. dans la i'-2"% q. elle à gourmandise est un péché car désigne un mouvement désordonné dans l'appétit sensible. contre celle qui retient.orr:siio\ <:\(. l'article e* l'objet de qui suit. Chose qu'on ne voit pas au sujet de la gourmandise. lertiiun fait (|u' « un double désir. ch. d'ordre sensible de et c'est dans l'acte de ce dernier que le vice gourmandise consiste. la coirmandise. de la ilfoinmc. le - Dr. ch. parce que ces sortes de puissances ne peuvent pas être la soumises à se divise raison : d'où il vient que la puissance appétitive ». Si la gourmandise est un péché mortel? Trois objections veulent prouver que « la gourmandise n'est pas un péché mortel ». 7/1. Donc la gourmandise n'est pas un péché mortel ». là. désordre qui n'est point sans péché Cf. 3. Or. D'oij il suit que le premier mouvement de la gourmandise implique un désordre dans l'appétit la ». des premiers mouvements dans la sensualité. la soif.vni. — Ou il aura reuiarqué sion nette de cette dernière formule. AitTICLE II. Jean Damascène (de Foi Ortho- do. « C'est à cet ap])élit paitient la faim et . si la mesure voulue observer ». II. L'un qui est naturel. Nemesius.

art. 5). c'est là le propre de la gourmandise. — )>. la vertu n'est enlevée que par dise est péché mortel. dans ce cas mortel. comme la il ressort de ce qui a été dit plus haut (q. Si donc la désordre de la concupis- cence se prend dans port à la fin dernière.336 charité. gourmandise consiste dans une conc'est d'une double manière que la peut être enlevé l'ordre de cence » raison ordonnant la concupis« ou le désir de l'appétit sensible. ouxni. xvin. 72. le les péchés véniels L'argument sed contra apporte un qui (( texte de « saint Grégoire ». serm. la fin : D'abord. ou xxvi) les Quand vice de la gourmandise domine. » à la fin elle-même en ce sens que : la concupiscence ou désir des choses sensibles le « détourne Ihomme la fin voulue. comme a été dit (art. telle manière qu'elles soient proportionnées à quant le D'une autre de sorte. CIV) le Toutes les Jois que quelqu'un. toutes vertus sont ruinées ensemble. Donc gourmandis-e n'est jamais un est péché mortel « saint ». Au il corps de l'article. . prend plus qu'il nest nécessaire. péchés moindres. c'est-à- parmi dit. la cupiscence désordonnée. 1^-2^% q. Or. 35. le Or. saint Thomas part de ce que. un désordre de concupiscence de l'appétit sen- « seulement dans choses qui sont pour la en ce . l'amour du prochain. art. au livre XXX des Morcdes (ch. dans un sermon du Purgaloire : (Parmi Œuvres de saint Augustin. tandis qu'on ne restreint pas son ventre. quant aux choses qui sont pour en ce sens qu'elles ne sont pas la mesurées de lin. La chose arrive la gourmandise selon l'aversion par rapla gourmandise est un péché quand l'homme s'attache au plaisir de gourmandise comme à une fin pour laquelle il méprise les Dieu. dans boire ou le manger. . la point à charité : ni quant à l'amour de Dieu la gourmandise ne s'oppose ni quant à . préceptes de Dieu pour avoir le — Mais la les si dans vice de la » et gourmandise fin. Or. quil sache que ceci appartient aux péchés moindres. étant prêt à agir contre ces sortes de plaisirs. préc). Donc les la gour- mandise doit dire être rangée parmi ». 3. Donc la gourman« un péché mortel ». s'entend sible. hommes perdent tout ce quils ont pu accomplir de généreux les et. La troisième objection qui « un texte de Augustin les dit. Or. SOMME THEOLOGIQUE.

sens que — DE LA GOURMANDISE. la gourmandise est contraire à l'amour de Dieu fin dernière. i). Et. qu'à cause aussi des vices qui viennent d'elle. précise encore péchés mortels ne sont pas directement contrai. Comme nous l'avions dit à Y ad ce n'est pas en raison d'elle-même. Le vice de gourmandise « a marquée d'èlre un Et. aux préceptesdu Décalogue : mais seulement les les péchés qui contiennent l'injustice parce que préceptes du Décalogue ainsi appartiennent spécialement à qu'il a été la justice et à ses parties. vu plus haut « (q. le ne l'est qu'en raison de l'excès qui amène mépris de Dieu. et non sur la fin elle-même. mais non pas au point cepenfaire la dant qu'il consentît pour cela à quelque chose qui est serait contre la loi de Dieu. 122. Car le mot de saint Grégoire cité « dans l'argument sed conlra a besoin d'être expliqué.. la Alofs que par se détruisent gloutonnerie la le ventre grossit. effet. à péché mortel. sa . précise' la fin dernière. La gour- mandise est dite enlever les vertus non pas tant à cause d'elle- même. art. L'ad secundum déclare qu' « en tant qu'elle détourne de la fin dernière. par voie sanctification la fin le d'une certaine réduction. gourmandise un péché U ad primiim au corps de répond dans « le sens de la distinction la l'article. tous les l'es « C'est qu'en effet.QUESTION CXLVIII. qui doit être aimé par-dessus toutes choses comme de Et c'est de ce chef seulement que la gourmandise est un péché mortel » : le fait de trop s'attacher aux plaisirs il la table n'est point par lui-même un péché mortel. au précepte de sabbat. dans le Pastoral (III part. IJad lerliwn dit que « cette parole de saint Augustin » ou de l'auteur qui l'a écrite « s'entend de la la gourmandise selon qu'elle implique un désordre de les concupiscence qui ne porte que sur choses qui sont pour la fin ». 337 l'homme désire trop » plaisirs attachés à la ou plus qu'il ne convient « les nourriture. mais en raison des consé- XIII. par lequel est la du commandé repos dans dernière». Nous avons un ad c/udi'lam. saint Doc- qui est Dieu. ch. en tant qu'il détourne de cause de cela ». en xix) : saint Grégoire dit. le s'oppose. — La Force et la Tempérance. dans ce cas véniel ». il saint Thomas. les vertus de Came 2"'". par luxure «. teur. alors qu'on ne craint pas d'aller contre ses préceptes pour satisfaire ses plaisirs.

est ce gour- mandise semble parole être la cause des autres péchés. est dit. Donc le péché de la gour- mandise est le plus grand — 10) : La seconde objection qui l'emporte. : du psaume (cxxxv. que mortel. le comme Il a été vu plus haut (q. c'est elle selon cette parole d'Ézéchiel. ». péchés? Saint Thomas va nous répondre Article Si la III. xvi (v. etc. ». (v. la concupiscence. sur qui Cest l'incontinence du ventre qui a chassé Adam du paradis. Or. Saint saint Matthieu) : Jean Ghrysostome en effet (hom. — La première arguë de ce que la « la grandeur du péché se connaît par grandeur de la peine. 26. gourmandise est le plus grand des péchés? gourmandise Trois objections veulent prouver que le « la est plus grand des péchés ». l'or- gueil sont les choses que ventre engendre.338 SOMME THÉOLOGIQUË. Donc la gourmanle dise est le plus grave des péchés fait — se La troisième objection doit s'aimer l^). ch. ta sœur. ch. au moins après ». le péché de gourmandise dit. il l'homme plus lui-même. sur celte v. art. le fit. la glose dit La luxure. 34) : en effet. parmi . Or. par vice de la gourmandise. observer qu' « après Dieu. 49) : Ce fut là l'iniquité de So- dome. l'homme dans cause à lui-même du dommage. dit la que « la cause. « les péchés qui sont contre Dieu L'argument sed contra oppose que vices charnels. l'Ecclésiastique. et le déluge qui eut lieu au temps de Noé. L'intempérance a fait mourir beaucoup de gens. le Lui qui a frappé l'Egypte el ses premiers-nés. doit-il être considéré peut être les comme le plus grand de tous à l'article qui suit. gourmandise est un péché Ce péché qu'est la gourmandise. et dont nous venons de dire effet il qu'en raison de ses conséquences ou de son mortel. XIII. est le xxxvn Donc la les gourmandise plus grand des péchés. en tout genre. est le plus gravement puni. car. la quences de son excès. la saturité du pain. Or.

la question s'en trouve résolue d'un mot. Par conséquent. c'est par accident. la cause en fut la ». bilité ou xi. ou xv). côté des péchés qui viennent de la n'est pas nécessaire s'agit des gourmandise. car le il porte sur choses qui sont ordonnées à soutenir corps. à cause de l'orgueil qui le fit fut passer à l'acte de la gourmandise. — Troisièmement. liv. — Rien de plus lumineux que ces distincces peines » tions. De ce chef. Et. la « la gravité d'un péché peut rement. D'autre si que la cause l'emporte. qu'à effet. Et gourmandise cause par soi de ces sortes de péchés. ou à la racine gourmandise. sont d'une culpa- moindre corps de Au l'article. oSq on compte ». d'après saint Grégoire xir. gourmandise elle-même. la gourmandise. en tant que de gourmandise tirent occasion divers péchés ». à ce titre. XXXIII.QUESTION CXLVIli. Vad « le tertium précise que « le gourmand si » ou le glouton n'entend pas causer du plaisir attaché dommage à son corps. lesquels — t>E LA GOL'RMANblSÉ. Le premier homme. du côté de vice de la la l'effet qui s'ensuit. le gourmandise a une cer- taine gravité. Et. la ce n'est n'est quand point il causes par soi. et se considérer — Premièchoses divile principalement. Par conséquent. mais prendre le aux aliments. cela n'appartient pas . saint Thomas répond que d'une triple manière. dommage du corps s'en- suit. vice de les la gourmandise ne sera pas le plus grand. de ce chef. du côté de celui qui pèche. selon titre. le — Secondela ment. {Morales. Vad primum de la déclare que « dont parlait la l'objec- tion « se rapportent plutôt aux vices qui sont de la conséquence la gourmandise. « et à la peine des habitants luxure qui avait précédé. occa- sionnée par la gourmandise fait Vad secundum il observer que cette raison procède du part. ch. à ce péchés qui sont contre nes sont les plus grands. les matière dans laquelle on les pèche. Quant au déluge de Sodome. péché de cause de gourmandise la est plutôt diminué qu'aggravé : : soit en raison de la nécessité de prendre de la nourriture soit à difficulté de discerner et de déterminer avec mesure ce qui con- vient en ces choses-là. mais plutôt cause accidentelle et par mode d'occasion ». en chassé du paradis.

la faute de la gourmandise aggravée du fait que quelqu'un encourt un dommage corporel le en raison d'un excès dans manger ». dit l'objection. nimis. et — pas d'intérêt c'est la et qui est assez délicate. qu'on distingue les espèces de la gourmandise — ». 34o de soi à la gravité « SOMME THÉOLOGIQUË. c'est. est chose d'à côté. c'est en raison des péUne question chés qu'elle amène ou dont elle est l'occasion. en ejjet. au sujet de la gourmandise. comme nous Talions voir Thomas va : question de ses diverses espèces. d'autres fois. elle veille veut des mets recherchés. où il Cest de cinq manières que : vice de la gourmandise nous tente quelquefois. Toutefois. Ces espèces. elle elle prévient les temps du besoin. La prequi d mière commence par citer fait cette distinction. tres fois. xvni. trop. Article IV. » qu'on peut traduire par ces mots ardemment. spéciale se pose. Le seul côté par oii a plutôt des la gourmandise a une certaine gravité. dépasse elle la mesure de la réfecil dans la quantité même de ce qu prend. laute. ardenler. il être le plus grand des péchés. La gourmandise n'est pas ni la ne peut pas matière. du côté de en est d'autres qui du côté de celui qui pèche. d'au- à ce que les choses à prendre soient préparées elle avec raffinement tion .. de la gourmandise » . il y raisons qui diminuent la faute. XIII. « : avant l'heure. d'autres fois. car. qui ne manque sont beaucoup plus graves. exquis. ou le ou xxvii). en est qui pèchent par l'ardeur même du désir : immodéré de prendre Ces espèces sont contenues dans le vers Praepropere. quelquefois. Saint la traiter à l'article qui suit. se diversifient . Si c'est à propos qu'on distingue les espèces de la gourmandise? Trois objections veulent prouver que « c'est mal à propos ». raffmés. pour ainsi dire. sladiose. le texte de « saint Grégoire a au livre dit : XXX de ses Morales (ch.

Or. le désordre du désir se lui-même de prendre la nourriture soit parce que l'homme prévient le temps voulu pour manger. gourmandise le — La seconde objection le fait observer que « si temps une circonstance. on met une espèce de gourmandise. l'homme veut quelquefois des mets recherchés ou précieux. saint i). il en raison du temps. Donc est ces choses-là ne diversifient pas les espèces de la ». les 34 1 en raison de diverses circonstances. Il. liv. C'est donc d'une double manière que désir désordre du pourra se trouver dans cet acte. — DE LA GOURMANDISE. dans la nourriture. en faudra mettre aussi en raison du lieu et des autres circonstances ». il excède en man- geant trop. n'en diversifient pas pèce. pour ce qui de la quantité. « doit pas les dis- tinguer non plus dans la gourmandise L'argument sed contra s'appuie sur Grégoiie ». Saint Thomas fait remarquer en finissant. quant à la substance. Or. que « saint Isidore (dans le livre du Souverain Bien. pour ce qui est de la qualité. Vad primam explique que « l'altération des diverses circons- . de ce chef. étant l'es- des accidents par rapport aux actes. le texte cité de saint Au corps de l'article. savoir : gourmandise implique un désir de manger le manger. on ne distingue point des espèces en raison des diverses circonstances. il les veut préparés avec trop de soin. dans choses. ou avec est raffinement'. dans les vices qui s'opposent auv autres vertus morales. et au temps ». — D'abord. la Thomas rappelle que « comme il a été dit (art. circonstances. ch. xlii). ce qui est manger avec avidité ». lieu en est une autre. — La troisième objection déclare que les « pérance observe circonstances voulues. Donc on ne ». Si donc. de comme la temmême aussi les autres vertus morales. le man- ducation. au mode. soit parce qu'il ne garde pas le mode ou la mesure voulue en mangeant. à la quantité. fait considère quant au : — res espèces sous une seule. Et. Or. comprend les deux premiè- — D'une autre manière. quand il dit (pic le gourmand excède. du côté de l'aliment est lui-même que l'on prend. se considèrent deux et la le mets lui-même que l'on mange.QUESTION CXLVIII. qui est désordonné. pour ce qui de la substance ou de l'espèce de l'aliment.

espèces des actes moraux. dans notre lan- un aspect particulier du groupe. art 9). diverses espèces de gourmandise. Mais ceci n'arrive pas (cf. au de manger avec trop d'avidité.342 lances sité fait SOMME THÉOLOGIQUE. De même. pour tous. gue. qui sert à designer — — premier point va faire l'objet de l'article qui suit. de motif différent ayant trait ne se trouve pas au manger et constituant une espèce dans cet ordre ». il la nourriture contrairement à l'ordre de espèces de péchés contre Tabstinence. et ainsi des autres « L'od seciindum déclare que circonstances ». la gloutonnerie ou la voracité désignent les espèces qui portent sur le fait de trop manger. ne sait pas attendre. C'est le nom de gloutonnerie ou encore de voracité. Si oui. le désir tire son désordre de l'impatience qui ». il est au moins un autre nom. que la gourmandise désigne plutôt les deux espèces qui ont trait aux mets recherchés on préparés avec raffinement. qui recherche des mets précieux. le désir est excité par la nature même ou l'espèce de l'aliment. 72. Le nous nous demanderons ensuite quelles sont ses filles. . Parce qu'il est des motifs divers qui poussent à rechercher la raison. en celui qui prévient le temps. ainsi qu'il a été dit » 1^-2"% q. ou Il nous reste à examiner. En en effet. dans le lieu et dans les autres « il en dehors de celles qui ont été marquées. ou de prévenir l'heure du repas. s'il doit être compté au nombre des péchés capitaux. sujet de ce vice général qu'est la gourmandise avec ses espèces. y a diverses On en le distingue cinq. Et bien que toutes soient comprises sous nom générique de gourmandise. à cause de la diverles des motifs. L'ac/ tertiiim les répond qu* « en n'importe quels autres vices où il diverses circonstances ont des motifs divers. en effet. qui diversifient celui. faut aussi distinguer les espèces des vices selon la diversité des circonstances.

le plus petit des péchés. art. Si la gourmandise est un vice capital ? Trois objections veulent prouver que pas un vice capital ». la nourriture. Et puisque. Or. compte la la gourmandise au nombre des Au du corps de l'article. 3. mais pour soutien du ». ou xvii. Or. on ne recherche point pour elle-même. en une formule tal ». n'a pas raison de fin . corps. particulièrement précise. quand la d'autres vices en procèdent selon la raison de cause finale. étant nature. de son espèce. du que d'autres : vices en proviennent selon raison de cause finale en ce . vices capitaux ». à l'endroit la Donc gourmandise ne semble pas — des biens qui ont la raison d'utile. en lu effet. et.!"'. saint Thomas évoque d'abord a été dit plus notion (\. l'avarice. gourmandise n'est pas un L'argument sed contra oppose que vre « saint Grégoiie. « le vice capital est ainsi la nommé. et pieniicre objection nous rappelait tout à fait l'heure. vice capital ». ceci ne con- vient pas à la gourmandise. la ne faut assigner aussi qu'un vice capital. Or. 343 Article V. xlv.QUESTION CXLVIII. Donc la gourmandise n'est pas un vice capital — La seconde objection dit que « le vice capital semble avoir une certaine principalilé dans la raison de péché. il Il semble donc qu'à l'endroit des délectations. au li- XXXI des Morales (ch. u lu fifourmandise n'est « — La première argiie de ce que les vices sont appelés capitaux. ou xxxi). qui est l'objet de la la gourmandise. — DE LA GOURMANDISE. oiî luxure est assignée dans cet ordre. « la Gomme il haut le (i"-'. qui paraît être. on n'assigne qu'un seul vice capital. elle est un vice plus grand que la gourmandise. le plus près de ce qui est selon être la un vice capiLa troisième objection remarque. 4) ». et qui porte sur des délectations ou la des plaisirs plus considérables. vice capital. que « le péché se produit du fait que quelqu'un se détourne du bien honnête pour quelque chose d'utile à la vie présente ou agréable aux sens. 84.

tel s'ensuit qu'il n'est pas nécessaire fin que la qui a une extrêmement désirable fin. Th. du côté de l'averle vice capital. c'est qu'elle a quelqu'une des conditions de que l'on désire naturellement. à pécher de multiples Tianières. Or. ce qui i rend une fin particulièrement désirable. u L'ad primiim accorde que la nourriture elle-même est oi. 3.144 SOMME THÉOLOGIQUE. leç. leç.. au li- (ch. L'utile. à autre chose comme à sa fin mais. Et parce que de le plaisir ou la délectation le voit appartient à la raison de la félicité. donnée fin. Et comme le dit saint Augustin. « » et qui est dit en raison de cette vité ». . (( la fin dans le péché se la conversion et la gravité. n.. par ce désir. Et. i3) et la X (ch. la félicité. de vient que la nourriture elle-même est extrêmement désirable et c'est à cela qu'est ordonné presque tout le travail de la vie humaine. de l'homme est pour sa bouche. Th. vni. Vad secundum prend du côté de sion. est point. v. principales entre les vices justement placée parmi capitaux ». lo et suiv. le n. où se trouve que se rassasier. n'a pas de soi la raison de chose qu'on désiie. qui porte sur les délectatoutes. j sens qu'il a une fin ou un objet très désirable. vu. Et pour cela que selon sa diversité et on assigne deux la vices capitaux. car la fin de ce plaisir est de n'avoir plus soif ni faim ». ceux qui ont peu d'égards à le plaisir. lo) de VÉthique délectation ou « il plaisir et la joie étant l'accident propre de la félicité. être plutôt à l'endroit la — Toutefois. et qu'elle ne peut être obtenue sans la nourriture. qui est la conservation de la vie. Il fait remarquer que . plaisir de la c'esl nourriture qu'à l'endroit de nourriture elle-même. an il contraire.. de S. qui sont la gourmandise luxure. vre I comme on » . au livre de la vraie la Religion (ch. selon Tout le travail cette parole de VEcclésiaste (ch. soit le péché qui a plus grande gra- Vad c'est iertium répond que « l'agréable est désirable en soi. est tions du toucher. santé du corps aiment mieux manger. s'en- suit que le vice de la gourmandise. qui fait que les hommes I sont provoqués. celte raison a du fait qu'il est ordonné à autre chose. S. du 7) : la gourmandise semble pourquoi. vi. par . parce que cette désirable au plus haut là . lui).

assignées par saint Gréles comme nous : le verrons à l'argument sed contra. Il faut donc nous demander maintenant si les filles qu'on assigne à la gourmandise ont été convenablement assignées. filles de la gourmandise. Cest ce qui que dans cet ordre on n'assigne qu'un seul vice capital ». fait observer que « . ceu. ch. l'hébétude de l'esprit à l'endroit des choses de l' intelligence filles de la — Trois objections veulent prouver que « ces cinq — La première gourmandise sont mal assignées . bouffonnerie. doit entraîner des plaisirs particulièrement sentis. à très vice capital. il — DE LA GOURMANDISE. suite. XIV (v. les plaisirs de la qui intéressent le sens du toucher en ce qui va à la con- servation même de la vie. désirée par tous naturellement. été assignée comme un — Mais tout vice capital a des fautes qui en déri- vent et qu'à ce titre on appelle ses filles. La gourmandise. parce qu'elle a pour objet table. ce qui est une des propriétés de la félicité. C'est l'objet de l'article qui suit. bon droit.QUESTION GXLVIII. et qui. ». Article VI. 22) : Ils se trompent c'est et sont dans l'erreur. selon cette autre parole des Proverbes. l'impureté. i/j) : tout péché selon cette parole des Proverbes. par suite. il 345 n'y a semble que dans et toutes les choses utiles. Elle a donc. sont la suivantes la Joie ineple. Ils se réjouissent les quand ils ont mal agi. Pareillement aussi l'hébétude de l'esprit se trouve en tout péché. est de nature à le provoquer. propos qu'on les donne comme que filles de gourmandise ou — La seconde objection dit « l'impureté » souillure « qui vient le plus après la . dans les choses plus mauvaises. par désir qu'excite son objet. ch. la Donc la mal ».r qui à accomplissent le mal. qu'une seule fait même raison de chose désirable. Si c'est à propos de que sont assignées la gourmandise? les cinq filles Ces cinq goire. de très nombreux péchés. la joie inepte » ou malsaine et ils exultent d ii accompagne (v. Cintempé- rance de langage.

De ce chef. ou le conseil. ou xxxi). même quelque chose d'utile qui tombe sous - selon cette te parole de Y Ecclésiastique . xxviii (v. afin de me le porter en esprit aux choses de la sagesse. comme . lève-toi de table vomis: ce sera an soulagement pour filles toi. du reste. l'esprit à V endroit des choses de l'intel- en raison des fumées des aliments qui troublent le cerveau. tombe dans par rapport à l'appétit ou à partie affective. ces filles à la gourmandise i). Il n'y a donc pas ». de la luxure [Questions sur à la le Deutéronome. C'est ainsi. qui. xxxi et (v. ch. ch. 3) : mon cœur la ma chair du vin. « semble avoir trait : au vomissement. de priver ii (v. à l'en- son . saint la été dit Thomas rappelle que « comme il gourmandise porte proprement sur le se plaisir Il immodéré qui de là trouve dans le boire et le manger. on assigne la joie inepte. iliébétade de ligence. selon les tables cette parole d'Isaïe. » gourmandise Toutes ceci ou l'excès dans le manger. que par voie de contraire.acuité émoussée par l'excès du boire et du manger. comme n'étant plus gouvernée parla raison qui sommeille. Donc l'impureté ne la doit pas être mise au nombre fiile des de gourmandise ». — Deuxièmement.MME THÉOLOGIQUE. mais une peine. — Du côté de l'àme. droit de la raison. l'article. i)arce la que toutes les autres pas- sions de l'âme sont ordonnées à joie et à la tristesse.3/i6 SQ. Au a corps de (art. 8) . soit du côté du corps. de ce chef. ne semble pas être un péché. selon celle parole de VEcclésiaste. — La troisième objection arguë de ce que « saint Isidore assigne la bouffonnerie comme ». \u\ voit — D'abord. qui désordre de multiples male nières à la suite de l'excès dans le boire et manger. chose se produit d'une quadruple manière. ib) : Si Con force à trop manger. sont couvertes des vomissements immondes Or. donner comme fille gourmandise L'argument sed contra s'autorise de « « saint Grégoire au livre XXXI des Morales (ch. ch. xlv. ces suit qu'on assignera comme filles de la gourmandise ce plaisir fautes qui sont le une conséquence de immodéré dans lo boire et le manger. est assignée comme fille de la gourmandise. ou xvii. soit du coté de l'âme. Je résolus dans l'abs- tinence concourt à la perception de la sagesse. Ces fautes peuvent se prendre. ch. assigne ». de-la xvi). Et.

les paroles. y a Vimpurcfé laquelle peut être considérée. le l'intempérance de' la langue n'était » propre de ceux qui sont adonnés à « qui gourmanfai. ce qui paroles déplacées. ce riche dont parle l'Evangile. 2. de ce chef. Mais ici joie vague et sans ordre. V (v.. vient surtout de l'excès dans le boire et il le manger. — « La joie qui porte sur l'acte du péché le accompagne tout péché. v. 3). oij l'on la sn[)er- fluité. soit selon toute le rejet désordonné de de la superfluité. selon que saint Grégoire si dans le Pastoral (IIP partie. de ce chef. ou les gestes inconsidérés. sur cette parole de l'Epître aux Éphésiens. et toute impureté. — Troisième- ment. du côté des paroles désordonnées. soit spécialement selon l'effusion semence. soit en raison des propos malhonnêtes. ch. Et. la glose dit sots ce qu'on appelle évaporation des ou jovialité. qu'il faut soi- gneusement noter. — Pareillement. fait et qui consiste à rire sans raison ». — Quatrièmement. assigne l'intempérance du langage le dit. Aussi bien.QUESTION CXLVII. 3^7 leç. n'aurait pas été torturé dans sa langue d'une façon particulièrement grave. xix). laquelle est pérance dans siens. il — DE LA GOURMANDISE. aussi. qui inepte. de S. chaque Jour de splendides repas. dans l'Épître aux Éphé(v. Et c'est ce qui est marqué au livre III d'Esdras. la . : sur cette parole 4) : Ou les sots discours. ch. v. m que le vin change toute l'âme en sécurité et en joie. n. La fornication ». Et. est le propre de la bouffonnerie il des : — Du côlé du corps. (v.^ait dise. ce qui revient à la ou au bavardage et et à l'intempérance de la langue. peut pécher soit en raison de multitude des paroles qu' « on peut aussi les rapporter l'un et l'autre au désordre les paroles. 20). une certaine exubérance de mouvements provenant du manque de raison. Aussi bien. ch. est dit. quant aux on assigne la bouffonnerie. Th. là au livre II de VÉthiqae (ch. au sujet de ces deux derniers vices. surtout la quand péché e> l procède de l'habitude. 5). on car. ou sur sa appelée fin. faisant qu'on ne peut pas plus réprimer les gestes extérieurs que le mouvement de la langue et l'intemactes désordonnés. la glose dit : savoir l'incontinence qui appartient à tout mouvement désordonné de quelque nature qu'il soit h'ad prinium formule une double distinction. faut dire que l'hébétude du . — Saint Thomas dans remarquer. ch.

devra se dire. comment saint Thomas ramène tous ces vices qui découlent de la gourmandise. quand cela se fait sur le conseil du médecin pour remédier à quelque — langueur ». Vad secundum utile déclare que si vomissement chcs. en un sens. pour (i raison déjà dite est ». pourquoi elle peut appartenir à l'un On aura remarqué. plus encore. quant au choix qui doit être fait sens. dans ce dernier article. il s'élève de la partie sensible ou même végétative des sortes d'in- fluences ou d'elTluves qui vont à paralyser la faculté royale qui doit tout régir dans l'homme. Du même coup. la — D'abord. de question suivante. et — Mais ce sobriété et !es que nous venons de dire de l'abstinence du vice qui lui est opposé. Mais l'hébétude du sens à len- droit des choses de la spéculation ou de la le la contemplât o i provient surtout de la gourmandise. parla. endormie sous ne tient plus fumées qui montent d'en bas elle gouvernail. nous voyons. la sobriété. il se peut que le vomissement soit provoqué sans qu'il y ait faute. Et l'autre vice ». Toutefois.O'jO SOMME THEOLOCIQUE. savoir la raison. dans l'action. nous faut maintenant C'est l'objet considérer directement. se trruve communément en tout péché. et à tandis qu'elle ne procède pas de l'acte de la luxure. la laison se trouve l'action des le comme la assoupie ou . . c'est néanmoins chose vicieuse que l'homme se mette dans cette nécessité par l'usage immodéré de la boisson ou de la nourriture. de la Il du vice qui s'oppose à elle. mais de son désir. qui prévient de en supprimant leur cause. combien sage est la vertu d'absti- et juste et sainte et digne de toute louange telles suites nence. Suivant le beau mot du saint Docteur. quand on a trop mangé. au fait que par l'usage immodéré de la nourriture. et tout s'en va à dérive dans l'homme. Vad tertium fait observer que « la bouffonnerie » ou la jovialité de mauvais c'est aloi « procède de l'acte de la gourmandise.

mais savoir avec sobriété. aux Romains. 7). et. Si la matière propre de la sobriété est la boisson? Trois objections veulent prouver que « la matière propre de la sobriété n'est pas la boisson ». dans ce texte. la glose dit : avec sobriété. ch. Donc la sobriété la aussi sur la sagesse non pas seulement sur « boisson — La seconde objection rappelle qu' (v. 12) pourquoi il est dit. ch. viii de la sagesse de Dieu. Et. mais aussi sur les aliments et sur les choses sexuelles. — La première arguë de ce : qu' « il est dit. . . la sobriété désigne la tempérance. — La troisième objection que « le nom de les . (v. Donc la sobriété ne porte pas seulement sur dit boisson ». 9). Or. que nous devons garder et voilà mesuie (v. la Justice et la vertu. il est dit : Que les fem- mes soient en vêtements décents. et xii (v. c'est dans toutes la 11 choses qui nous concernent. sobriété semble être tiré de la mesure. ch. qvxeUe enseigne la sobriété et la prudence. dans 11 la pre- mière Épître à Timothée. : Vivons avec sobriété et avec j'uciice et avec piété. la tempérance ne porte pas seule- ment sur la la boisson. dans l'Épître à 77/é?.QUESTION CXUX DE LA S013U1ETE Cette question 1° comprend quatre la articles : Quelle est 3° Si elle matière de la sobMélé? est une vertu spéciale!^ 3" Si l'usago 4° du vin est permis? la V qui surtout convient sobriété? Article Premier. qu'il Jaat savoir. en ce qui est de nous. Or. sur quoi. ch. séparant avec pudeur et sobriété . il est dit au livre de la Sa(jesse. 3) IVe pas savoir plus porte ».

mais à l'endroit de celles qui par leur caractère fumeux sont de nature à troubler vin et tout ce qui peut enivrer. et sobrius. par mode de métaphore. de même aussi. comme il a été mar- qué plus haut. xxxi Une boisson sobre de \ lame et da corps. mais aussi dans celles qui touchent à la tenue extérieure. est d'un grand secours. saint Thomas formule à nouveau celle fois . le la raison. comme le Ton prend le nom la tête. qu'il Il L'homme la en effet. où ». Leur usage. 2 . Vad primum répond que « comme le vin matériel enivre corporellement. Cette matière n'est autre que effet. art. en quand il est mesuré. i23. boissons de nature à enivrer. Or. pour tire délectations du touest cher. i/Ji. revendiquent pour elles spécialement cette matière où : il est le plus difficile et le meilleur de garder cette condition ainsi la en est-il de la force les pour les périls de mort. 87. à propos de 2). la considération ou l'étude de la sagesse est dite un breuvage enivrant. servans brio m). . ch. non pas indifféremment à l'endroit de toutes. xxxi 32). q. de tempérance. grande règle que nous avons déjà retrouvée plusieurs savoir. tandis que coup. « il est dit : La vie juste de f homme est le vin pris avec sobriété Au corps de l'article. ! les querelles et des ruines sans nombre. s'ensuit sobriété aura pour matière où il est le plus louable les de garder la mesure. ch. nom de sobriété se de la mesure. C'est pour cela que la so- briété se considère spécialement à l'endroit des boissons. ainsi.35o SOMME THEOLOGIQL'È- par où l'on voit que la sobriété n'est pas seulement dans ks choses du dedans. — il Que peut si de sobriété d'une façon générale. comme pour marquer elle cette garde mesure que la (en latin briam. 38) le : dans VEccléest la santé siastique. de la nourriture. se dire au sujet de n'importe quelle matière. que « les vertus qui tirent leur nom d'une certaine con- dition générale de vertu. mais vin pris avec excès cause les colères. le dit sobre. art. Aussi bien (v. empêchant l'usage de fait l'excès le plus petit excès nuit beauplus encore que ne est-il dit. la force et de la tempérance » (q. que la matière propre boisson est L'argument sed contra (\ . un texte de VEcclésiasliqae. de la sobriété soit Donc la il n'est pas vrai ».

dans l'usage qu'on en peut aussitôt devenir pour qu'en la raison une cause de trouble. . à n'en pas douter. comme a été dit au corps de l'article. par voie d'une cer- taine similitude. C'est. — DE LA SOBRIÉTÉ. par-dessus garder mesure. 5) : el allèche l'esprit. Mais un léger le reste. 35 f en raison de ce que par le plaisir qu'elle cause elle attire (xxii. la raison de tout. à prendre la sobriété sous sa raison de vertu spéciale est Elle implique. au cerveau. qui est la matière pro- pre de la sobriété. car les le fumées qui s'en ou moins de nature à dégagent montant facilement fait.QUESTION CXLIX. mesure. — Nous venons de parler de Mais est-il vrai la sobriété comme d'une vertu spéciale. il est parlé ». en effet. distinct une vertu qui a son des autres vertus ? Nous devons maintenant effet la sobriété soit nous en enquérir. selon celte parole bien délicieuse est la coupe du psaume Comà oh je m'enivre ! Et voilà pourquoi de sobriété l'endroit de la contemplation de la sagesse. « cialement sur la boisson L'ad tertium est requise fait observer que s'il est vrai que la mesure mais il en toutes choses. g-iier la mesure . c'est quand il s'agit des boissons plus enivrer. ex<îès dans la boisson nuit plus que dans Et voilà pourquoi la sobriété porte spé». plus petit excès. Uad secundum proprement à et leur la dit que « toutes les choses qui appartiennenl à la vie présente. et c'est l'objet de l'article qui suit. ce n'est pourtant pas au sujet de toutes choses que la sobriété se dit la d'une façon spéciale . v. la boisson. il tempérance sont nécessaires excès est nuisible. être propre. la et s'il une chose où l'on doive. ce qui appartient à l'office de Et de là vient que le nom de sobriété sert à dési- tempérance. dans les choses où mesure est plus nécessaire ». C'est pour cela qu'en toutes e?t nécessaire d'apporter la la sobriété.

les mets ou les boissons concourent ensemble à la raison de nour- ou d aliment. de même aussi divers genres de boissons. Or. — La seconde objection précise que dise portent sur les délectations a l'abslinence et la gourman- ou les plaisirs du toucher. car il faut que l'être vivant se nourrisse tout ensemble de sec et d'humide. Donc Au (( corps de il l'article. est nécessaire que là se vertu spéciale pour l'enlever. Donc la sobriété. L'argument sed contra en appelle à « Macrobe ». q. la sobriété.302 SOMME THEOLOGIQUIi! Article Si la sobriété est par elle-même II. art. i36. . i. q. i4i. une certaine vertu spéciale? Trois objections veulent prouver que a lasobiiélé n'est point par elle-même une certaine vertu spéciale fait ». il 46. distincte de l'absLa troisième objection dit que « comme. la boisson se distingue des on distingue divers genres de mets et Si donc la sobriété était par ellecertaine vertu spéciale. 128. dans les tinence. art. saint Thomas 1 part de ce principe. il semble qu'il y aurait même une aussi une vertu spéciale à l'endroit de chaque mets différent et mets . 3). chose qui n'est pas à propos. Or. n'est pas une vertu spéciale ». riture — choses qui ont trait à la nutrition. q. a n'est pas de vertu spéciale qui il pour objet Donc les semble que. pareillement. art. nourriture. appartient à la vertu morale les de conserver le bien de la raison contre Il choses qui pourse raient l'empêcher. de chaque boisson différente. qui porte sur la boisson. art. en tant qu'il est le sens de l'aliment ou de la nourriture. la boisson eni- vrante a une raison spéciale d'empêcher l'usage de la raison. suit de là que partout où il trouve un empêchement trouve une spécial de la raison. n'est pas une vertu spéciale».cf. qui « fait de la sobriété une partie spéciale de la tempérance ». 12. il ne semble pas que la sobriété soit une vertu spéciale ». 2. — ait La première et la la observer que « l'abstinence porte sur il la nourriture boisson. Or. que comme a été dit plus haut (q. qui pour objet boissons.

la une vertu spéciale. Celle-ci. — l.n el In Temprrnnce. ainsi qu'il été dit (au corps de spéciale à cause de cela. elle requiert une vertu Vad secnndam tritifs. est requise le cerveau par son caractère fumeux. apprendre à distinguer le caractère spécial des di: verses vertus partout où se trouve un obstacle empêchement la spécial pouvant faire il au parfait usage de raison dans spé- l'homme. de toute nécessité. de nature à enivrer. Et il en faut dire autant de la diversité des mets ». tandis que la sobriété a pour objet d'écarter très spécial. Et voilà pourquoi. 553 pour autant qu'elle trouble raison. L'ad lertium déclare que « dans toutes suit de là les boissons qui sont raison d'empêdiversité dont la vertu. en termes précis. en l'absorbant par l'excès de la délectation ou chef. cher l'usage de il y a une seule et Et il même que la raison. La sobriété. destinée à enlever cet obstacle. et les d'une Vad primam répond que « les mets façon commune empêcher le boissons peuvent de la bien raison. la- parlait l'objection est chose accidentelle par rapport à Aussi bien n'est-ce point en raison de cette diversité que les vertus se diversifient. manger. Et. pour objet que d'écarter l'obstacle au bien de la raile son. Et voilà pour- quoi il ne faut pas que la raison de vertu spéciale se prenne selon la raison de nutrition ».QUESTION CXLIX. que constitue l'excès de plaisir qu'on peut trouver dans boire et le rol)slaclc. d'une façon la du plaisir. ». mettre une vertu ciale. spécial. n'a même dans Tordre de la tempérance. que constitue l'altrait des boissons eniForcf XIH. et les de ce commune porte sur les mets boissons vertu d'abstinence. fait observer que « la vertu d'abstinence ne porte pas sur les mets et les boissons en tant qu'ils sont nu- mais en tant qu'ils empêchent la raison. en effet. Mais la boisson de nature à enivrer a constitue un empêchement l'article). qui se distingue de la tempciancc. — DE LA SOBRIETE. -j'i . faudra. Et. qui est la sobriété cette belle raison — Nous devrons pour nous retenir soigneusement que vient si de nous formuler à nouveau saint Thomas. est une vertu spéciale. à l'effet d'enlever cet empêchement de ».

de scanscandaliser ses frères. ch. l'usage est dit. Or. ». Car dans ïEcclésiaste. loin. qui Article Si l'usage III. Or. IX (v. dans la première Épître à Timothée. ch. est illicite ». ch. vn Dieu n'aime . (v. le que le vin est les viandes après déluge. laisser le bien de la vertu est chose vi- cieuse . v mais prends de 23) : Ae continue point à ne boire que de l'eau. de vin. que « sans la Il est l'homme ne peut au si du 28) : salut. dit. L'argument sed contra apporte saint Paul qui (v. ma pour transjérer chose universel- mon âme lement Donc boire du vin (v. il semble d'user du ». à cause de ton estomac et tes fréquentes indis- . liv. illicite ». livre de la Sagesse. plus ch.•^>31 SOMME THÉOLOGIQUE. aux Romains. de même. va-t-il falloir le prohiber d'une l'article manière absolue? Saint Thomas nous répondra à suit. xiv c'est Ce qui est bien. ce n'est celai qai habite avec la sagesse : et. vrantes. de ne pas boire du vin. 19) c'est par le il la sagesse qu'ont été guéris tous ceux qui vous ont plu depuis vin commencenieiil. loi chrétienne. fumeux pouvant troubler Mais une ques- — tion se pose tout aussitôt. cJiair du 11. personne. du vin est totalement illicite ? Trois objections veulent prouver que « l'usage du vin est totalement sagesse. de ne pas manger de viande. — La première déclare pas être dans l'état (v. saintJérôme venu avec des siècles la ». en raison de leur caractère le cerveau et empêcher l'usag-e de la raison. — La seconde objection cite « l'Apôtre » saint 21) : Paul. Donc. de ne rien faire qui soit pour ton frère une occasion de chute. être illicite au temps de vin ». ch. 3) fai résolu de priver vers la sagesse. an peu de vin. chose « illicite — . qui dit {contre Jovinicn. en effet. « le texte fameux de « l'Apôtre dit. qui « dit. La troisième objection « Donc user du vin est est un texte de I). Mais la fin le Christ a paru à la fin et // a rappelé au principe. dale ou de faiblesse. empêche : la sagesse. Puisque l'usage des boissons eni- vrantes offre un tel danger.

pour cas où il en est que cela scandalise le ». est soi. en peut être rendu sera. lequel facilement troublé par ou qui par un vœu spécial est obligé à ne pas boire vin. Et. Par où nous voyons que même et à ce second n'y a pas à établir de règle générale absolue. parce qu'on excède la mesure en buvant. est requis. — . pour certains. il ».la priniam fait Vad intéressante. dans V Ecclésiasiiqut est dit » aussi « ch. du ou ». Ce vin. illicite. Vad secundum répond que j)ure et « r\i)ôtre ne dit pas d'une façon . ce sera en raison des autres. selon la sentence II) : du Seigneur. selon les conditions de certaines personnes et de certains lieux titre. de lieux et de personnes. ni aucune boisson. qu'ils s'abstien- nent entièrement du vin. saint ïiiomas débute par celte décla- ration très formelle. Au corps de l'article. à XV (v. ce sera en raison du mode de boire. n'est pas chose Toutefois. en raison de . D'autres fois. « C'est sagesse. et d'autres. cela illicite accidentellela ment ou par occasion. en saint Matthieu. C'est de cette manière la détourne quelques-uns de l'usage du vin. parfois. xxxi vin bu avec (v. selon le mode commun. à l'effet de percevoir la sagesse d'une manière parfaite. Il les considérer en eux-mêmes. selon un certain degré de il perfection. enfin. Et. certaines choses. suit de là que boire du vin. — D'une autre manière. de la sorte. mais qu'il s'abstienne de son usage immodéré. tel est le mesure ». en raison de condile tion de celui qui le boit. Pour que quelqu'un s'abs- tienne entièrement du vin. Hien de ce qui entre dans bouche ne souille rhomnie.QUESTION CXLIX. il 355 p >silions. n'est pas requis suffit au salut. simple que ce le soit chose bonne de s'abstenir du vin mais. et parce qu'ils s'en scandalisent une distinction très d'une double manière qu'on peut avoii. Vad ierliuni fait observer que « Christ nous a retirés de fait illicites. Tout dépend ici des diverses circonstances de temps. D'autres fois. DE LA SOBRIETE. il et en tant qu'il avoir ainsi la sagesse. n'est ciiosc illicite. comme étant tout à comme d'empêchements de la qu'il perfection. 36) : Allégresse du cœur et joie de l'âme. la ch. qui va contre toutes les erreurs de ples hérétiques sur le point qui muii- nous occupe : (( Aucun aliment. — D'abord. disant.

degré le plus excellent. plus lequise dans les personnes qui sont plus excellentes — La seconde objection déclare que le « l'évêque lui. mari d'une seule femme. ch. peifection à acquérir. tandis concédé à ceux qui sont dans . II (v. plus haut rang dans choses humaines. 02) Devant une Or. s conditions spéciales. — Sans aller dite.e u la sobriété est davan- requise chez (( les personnes graves ». que l'usage du vin peut être qu'il le soit jamais. qui suit. prudent. le vin est les aux rois. sobre. 2) : Les vieillards. l'Apôtre dit. Si la sobriété est dans les davantage requise personnes graves ? Trois objections veulent prouver que lat:. n'y jusqu'à l'exclusion absolue ou a-t-il l'illicéité proprement pas des cas où la au sujet du vin ou de toute autre boisson enivrante? C'est ce qu'il sobriété s'imposera d'une façon spéciale nous faut maintenant considérer. selon celte parole de iir première épître à Tiniolhée. comme ». par l'Apôtre. et tel est l'objet de l'article Article IV. blanche lèce-toi. Donc sobriété est le plus requise dans les personnes qui excellent — La troisième objection fait observer que vin. afin qu'ils soient sobres. et personne du vieillard. xix honore la (v.356 SOMME THIiOLOGIQUE. soit (v. que les vieillards doivent être exhortés à la sobriété : selon ce mot de l'épitre à Tile. Donc sobriété est le ». aussi bien l'honneur et le respect sont-ils dus aux : vieillards. dans lÉglise. sans reproche. Et. est occupe. d'une manière spéciale. 2) : Il faut que l'évê- que etc. la ». à le considérer en sans lui-même. selon cette parole tête du LéviUqae. la ch. ch. « la sobriété implique interdit qu'on s'abstienne du qui tiennent (juil est le Or. — La première dit que la vieillesse confère à l'homme une certaine excellence. II en détourne des richesses et autres choses de ce genre Ce n'est donc qu'accidentellement et en raison de certaine illicite. à recommandée la la sobriété.

etc. pris propre. n. 6). aussi. chez Romains. est dans gens et toute sa force le désir ou la concupiscence du plaisir. 4) il . démesurément. chez la raison. — d'une façon s[)éciale. dans les jeunes gens. et après (v. se trouve une pente plus grande aux concupis- cences qu'il faut refréner par doit exclure. ([ni doivent vaquer d'un esprit déxol aux offices doivent par la spirituels. Thomas. ({ui le peuple ([ui leur est soumis. que les sobriéié est prescrite ».QUESTION CXHX. ou n'importe quels minissagesse gouverner la de l'Église. et aux rois. sobriété est davantage requise. . en raison : de la chaleur de l'âge. saint Thomas nous : prévient que « la un rapport la à deux choses d'abord aux vices con- qu'elle exclut et fin à aux concupiscences qu'elle refrène. les liv. Donc la sobriété est davan: tage requise dans les personnes plus excellentes ». Vu vertu traires coi|is (lit de l'article. 'i^-j d'abaissement. comme le étant plus nécessaire à leur oCTice vin. empècho Et voilà pourcpioi. à double être Ce sera donc à un ou pour une double raison qu'une vertu pourra requise davantage en tels ou tels sujets. aux au plus haut point l'usage de vieillards. pareillement. >\ : dit. ch. xx\i (v. dans la première épître à Timothée.\e donnez point du vin aux rois. D'abord. sobres. ch. C'est qu'en elTel. selon Maxime Valère {Dits et faits les mémorables. la sobriété convient le plus aux jeunes aux femmes parce que. il n'y a pas assez de robustesse ou de force dans l'esprit pour qu'elles résistenl aux concupiscences. 6). : ch. L'argument sed contra qui u cite deux autres textes de u l'Apôtre (v. les femmes. ch. il est dit : Les Jeunes gens. dans premiers temps. Et dans l'épître « Tite. la — D'une autre manière. ajoute vin. qui la raison doit garder sa vigueur pour insà truire les autres. dans les femmes. l'état DE LA SOBUltTl^. en eux. C'est pour cela que. en certaines personnes. ii (v. ne buvaient pas de vin. selon cette parole du livre des Proverbes. ajoute saint objections . parce laquelle elle conduit. Donnez des liqueurs fortes à ceux qui sont tristes et du à ceux qui sont dans l'amertume. quelles soient pudiques. et. i. et tres aux évèques. cxliorle-les à être sobres ». titre — que. 5). H. la vertu et aux vices que la vertu A ce litre. u Par oij l'on voit. ni ii) Les femmes. ensuite.

qu'en pourrait-il de- meurer. de lautre. se trouvent résolues ». dans vieillards. et. dans les jeunes gens ou les personnes de les l'autre sexe. hommes d'Église. en effet. mais si profondes et si vraies les unes et les autres. — Et. après un si lumineux corps d'article? On aura remar- qué comment la distinction fournie par le saint Docteur permc l d'assigner. la — Ce va être l'objet de question suivante. et les conducteurs de peuples.358 SOMME THÉOLOGIQUE. Mais la sobriété n"a 11 : pas à être considérée seulement en considérer aussi dans le elle- même. . le devoir d'une sobriété plus stric'e aux personnes de caractère si opposé que signalaient les arguments pour et l'argument contre. opposé nous la faut vice qui lui est vice dont la laideur fera mieux apparaître encore rexcellence et la nécessité de la vertu. En quelques traits d'une merveilleuse justesse et qui forment chacun une sorte de tableau. saint sobriété : Thomas nous a dit le pourquoi du devoir de les la d'une part. pour des raisons diverses.

de peur qu'ils ne deviennent pires on ». Or. vrait (jue les autres à prendre des boissons n. Or. on ne corrige pas ceux qui avec pUir les si Saint Grégoire dit. — il La troi- sième objection déclare que ceux qui invitent quiconque un autre cause s'ensui- de pécher. à l'ébriété n'est opposé aucun péché. Donc l'ébriété n'est pas est le un péché L'argument sed contra mot de « l'Apôtre ». tout péché est volontaire. Si l'ébriété est un péché? l'ébriété n'est j^as « Quatre objections veulent prouver que « un péobé d. . Donc l'ébriété n'est pas « un péché ». pèche. — de La seconde objection dit que . et à la pusillanimité la présomption. à celte habitude.QUESTION CL DE L'EBRIETE • C-U(^ f[iiestion 1" comprend quatre articles : Si l'ébriélé est un péché? 2" Si elle est vin péché mortel? 3" Si elle est le 'j" plus grave des péchés? Si elle excuse du péché? Article Premier. — La première arg'uë de ce que tout péché a un utre péché qui lui est opposé. qui enivrent pécheraient. qui « dil. Donc l'ébriété n'est « pas un péché est à )>. Or. comme à la timidité est opposée l'audace. Chose qui semble bien dure — La quatrième objection s'appuie sur ce que ritent d'être corrigés. Si donc l'ébriété était un péché. « tous les péchés més'enivrent. en elTet. (\n'oii doil abandonner les (/rrac/ie à leur penclianl. nul ne veut être ivre la car nul ne veut être privé de l'usage raison.

— D'autres fois. le que l'on croit (pie INoë s'enivra.36o SOMME THÉOLOGIQUB. « se rencontre peu. Th. xiii (v. Dans ce cas. l'ébriété ne une mais un élat défectueux pénal. se divise ei\ excès dans manger k et en ébriété. dans le traité de la tempérance.. Or. saint Thomas observer que « Tébriété tant prendre d'une double manière. 14 c'est pourquoi. quelqu'un sciemment s'abstenait du vin au point de charger trop la nature. exempt de péché ». d'où il suit que l'homme n'est plus dit point en possession de sa raison. demeurent innomées Aussi bien le si vice qui s'oppose à l'ébriété n'a pas reçu de nom. l'ébriété est tenue pour un péché. De ce chef. si lébriété peut se produire sans qu'il y ait péché. comme nous lisons dans la Genèse. de ». n.Ro:iiains. faute. que l'Apôtre défend dans le texte précité » (arg sed contra). Ici encore. qui provient du fail d'avoir bu du vin en abondance. peut dési- gner qui fait que quelqu'un tombe dans cet état défec- tueux. — Parfois. l'ébriété ([ui est la suite d'une faute. Ce n'est pas que ces vices ne puissent absolument pas exister. Lad primuni répond de VÉlhiqae (ch. ou même n'existent . ix (v. La gourmandise. s'oppose à les (pie comme S. le leç. 21). il nest pas question de vices opposés aux vices qui s'opposent — eux-mêmes à la vertu par mode d'excès. l)cce est comme choses contenue sous son genre. il ne serait pas Retenons soigneusement cette réponse. tant cette insensibilité que toutes ses espèces. ch. Non dans fail les excès de table et les actes d'ébriétc ». surtout la chose arrive. le dit Aristotc. ce sera en raison de la force du vin qui est exces- sive et que relui qui boit ne soupçonnait pas. cet acte peut causer l'ébriété d'une double manière. lo) : atu. en qu'elle désigne létat défectueux de l'homme. au livre 111 xi. l'acte — D'une autre manière. — Dabord. qui la tempérance ou manque absolu d'attrait pour choses qui plaisent au sens du toucher. c'est en raison d'une concupiscence désordonnée et d'un usage immol'es- déré du vin. ch. sans qu'il y ait négligence de la part C'est ainsi du sujet. l'insensibilité. qui s'opposent lUx diverses espèces de l'intempérance. en le effet. Et elle se trouve contenue sous la gourmandise. Nous y voyons pourquoi. Toutefois. 7. 21). -Vu corps |)eut se de l'arlicle.

33. ni par voie de ces choses-là s'enlèvent. excusé de péché — Nous voyons. rité ne doit s'exercer que pour la péché du suite : petit les nombre — la Et raison s'en aperçoit tout de la péchés de multitude prouvent que que les nature elle-même y porte.QUESTION TL. Il faut en agir ainsi avec la multitude des pécheurs. et c'esl là que se trouve la raison de péché « ». prise. en involontaire au sens de chose voulue directement ou que l'on recherche. de peur qu'il n'en devienne pire. été dit plus comme il a haut (q. par cette réponse. est procède de ». plus en avertissant. le La sévé». aussi celui qui s'il ignore que condition du sujet qu'il s'enivrera en prenant cette s'il boisson. Vad qiiarlutn déclare que « parfois la correction du pécheur doit être laissée. dans la lettre à AiireUas évêque (ép. Mais s'en occuper. à plus forte raison. qu'en menaçant. Vad lerlium dit que s'il comme celui qui s'enivre est excusé du péché. ni l'un ni l'autre n'est ». avoir d'excuse que si la boisson elle-même surprcnail . de même du péché. L'ébriété. ni par la manière dure. c'est plus en ensei- commandement. qu'il n'y a pas lieu de Vad secLindum l'état fait observer que « cette objection effet. parlant des excès de : table et des actes d'ébriélé Ce n'est point par la manière àprc. si 36 I pas quelquefois. DE l'ÉBRIÉTÉ. faut-il s'abstenir de provoquera boire à : quelqu'un l'état d'ivresse l'effet d'amener clie/ aucune raison ne saurait légitimer un tel acte. autant que je le pense. que gnant qu'en commandant. telle est la ignore la force invite quelqu'un à boire est excusé du vin. qu'on l'on doit se garder soigneusement d'inviter à boire ceux que prévoit devoir s'enivrer par cette boisson. lequel. tandis péchés du petit nombre accusent une malice toute spéciale. XXII). art. défectueux qui suit. ne pourrait y le sujet. (( Mais l'usage immodéré du vin est chose volontaire. Aussi bien saint Augustin dit. 0). non pas dans l'elfet produit par l'excès de la boisson capiteuse. Mais n'y a pas d'ignorance. ils sont rares. mais pour l'acte excès à celle boisson. est toujours même de se livrer avec il un péché.

elle ne peut pas aggraver le péché à linfini. même avec cette circonstance la — La se- conde objection poursuit (ou TAnonyme). afin de se dégager ensuite en et vomissant. Et de même pour laïque. sermon CIV) si elle esl t'ait ». point passer en une au- par suite. les petits péchés sont les péchés véniels. xli. en dehors de loule prévision raisonnablement possible. ou le diacre. 5). ou prêtre. « aux Canons des Apôle où « on lit (can. qu'il cesse. est-il un féché mortel? Saint Thomas nous répondre à l'article qui suit. dans un sermon du Purgatoire (parmi saint Auguslin. dans ce même citation « même sermon. quand il — Ce va existe. dit : Saint Augustin : Toutes les fois que quelqu'un dans manger ou dans le boire prend plus qu'il n'est besoin. — La première en appelle à un mot de les il « saint Augustin. (i''-2*% comme il ressort si de ce qui a été dit plus haut q. art.362 SOMME THÉOLOGIQUE. Or. ou au chan- qui agit de même. un péché mortel? Trois objections veulent prouver que « rébriélé nest pas un péché mortel ». Donc lébriété n'est pas L'argument sed contra tres ». Or. Donc l'ébriété qui vient du boire immodéré est un péché véniel ». un péché mortel est emprunté ». qu'il cesse. Article Si l'ébriété est II. le dépose. telles peines ne sont in- . le faisant de véniel mortel. le non plus. 88. Donc. qui se livre au jeu de hasard ou à rébriélé. péché. de ce boire excessif provient l'ébriété. rébriélé de par ailleurs n'est pas sera pas un péché mortel. Quant au sous-diacre. xlîi) : L'évêque. Œuvres de « dit Appendice. il saura que cela appartient aux petits péchés. Or. assidue. La troisième objection dit qu' a aucun péché mortel ne doit le — être fait à litre de remède. le ou quon de le prive de la commu- nion. ou qu'on tre. où que rébriélé est un péché mortel. elle ne ». et. l'assiduité implique une circonstance qui ne tre espèce de péché. il en esl qui boivent avec excès sur le conseil de leur médecin. Or. ou au lecteur.

« Ainsi cITet. pour ou quand est cette raison. d'où le sachant et le voulant. l'ébriété est un péché mortel. qui nous met dans V impossibilité d'éviter les crimes. Donc un « péclie mortel Au corps de l'article. non de ce qui arrive accidentelle- ment. et en s'y telle sorte que et celui qui s'enivre « dans l'usage du vin lui en complaisani. en dehors de l'intention. D'où est il que de soi. se prive de l'usage de la raison. — D'une autre manière. ». d'une triple manière. ar les choses que nous évitons. Or. » — D'abord. proprement. Saint Ambroise effet. comprise. en telle sorte sif. lebriélé même sans comme que il a été dit [IbicL). en cas. la ignore que cet acte de boire pour va dépasser peut être mesure pourra l'enivrer. quand nous pratiquons la S(j- briété. El. les actes moraux soi ». le savoir dans l'état d'ébriété. est dit s'enivrer. au livre des Pa<ja'U Irlarches {sur Abraham. le sujet perçoive que son acte de boire est excessoit mais sans penser qu'il l'ébriété de natuie à l'enivrer. fligées DE l'eUI IÉtÉ. elle se produit avec prévision la de soi un péché mortel.QUESTION CL. I. de telle sorte que quelqu'un remarque bien que lacté de et boire pourra être immodéré produire l'ivresse. saint Thomas rappelle que le péché d'ébriété consiste. mais qui ce- pendant veut plutôt encourir C'est celui-là qui. ch. préc). le péché mortel. prise et dans son sens propre. la dans ce l'homme. acceptation délibérée. vertu et se détourner du il suit qu'il pèche mortellcmenl. cas. Dans ce ce péché. comme la il a été dit (art. ou que ce soit accepté délibérément à de conséquence prévue. mais de ce qui voulu par que ce soit directement voulu litre et recherché. vi) Nous disons faut rvUer ( l'ébriété. tirent leur espèce. nous suit les commettons sans l'ébriété. donnée par saint établir que l'ébriété. qui est requis vice : pour pratiquer dit. à la prendre au sens propre un péché mortel On aura remarqué que dans Thomas. dans l'usage immodéré ceci arrive et dans concupiscence désordonnée du vin. peut être avec un péché véniel. — Troisième- ment. Dans ce cas. que par cet acte force de l'argumenl est placée d'être privé di' dans le fait on accepte l'usage . liv. l'ébriété est 303 que pour ». l'ivresse que s'abstenir de Car est boire. s'exposant au en : péril de pécher.

mais parce qu'il ne peut . à cause de cela l'ébriété n'est pas toujours un péché mortel il . — Dans Il question 7 des Questions dispalôos sur Mal. en ce sens que raison.^tat. docla trine dans la Prima-Secimdae. dans un état. autant qu'il est en détourne raison de se porter actuellement vers Dieu. à supposer d'ailleurs qu'on neiit aucune fin honnête ou nécessaire pour agir de la sorte. contrairement à l'honnêteté la la plus immédiate. proprement. Nous avions déjà trouvé cette f|. ne constituerait pas une faute mortelle. semble ne pas dans un effet. raison. de de le caractère de faute mortelle. tant que dure l'ébriété. 88. 4. peuvent être mortels. mais. Et parce que l'homme tourner toujours d'une façon actuelle sa raison vers Dieu. non en raison de la seule répétition de l'acte. même ad /""'. c'est le fait se mettre. ([ui est de garder toujours intact dans sa le plus grande perfection cela cipe de tout bien moral et l'usage de la le même seul qui est pour nous prin: moyen d'éviter le mal. ne peut pas se tourner actuellen'est point tenu de ment vers Dieu. dans l'ivresse. la de raison : avec ceci que le faisant pour le seul motif flu plaisir à prendre. et plus essentielle. Vad priimun répond dans ser. il tel sa raison se tourne vers Dieu. en le sachant et en l'acceptant. de soi. 5. qui. pour du Les deux enseignements ne se contredisent et s'expliquent. art. comme on peut l'avoir dans le cas du souinieil plus ou moins artificiel qu'on se procure ou qu'on accepte en vue d'un mal à guérir. de l'usage de la pour un ccriain temps. « L'assiduité fait le sens que nous venons de préci- que l'ébriété est un péché mortel. art. bien plus. l'ébriété est un péché mortel la : de la sorte. conversion de sa raison vers Dieu. pas. s'exla la L'ébriété. ou d'éviter certains actes qui. tend à nous mettre dans l'impossibilité de nous porter vers Dieu quand il le faut. et. en semle ble qu'il plaisir méprise vin ».36_^| SOMMi: TIIÉOLOGIQUE. Ce qui constitue. saint Thomas appuyait primait ainsi : plutôt sur la conséquence de la privation de l'usage de la raison « que sur cette privation elle-même. on agit sans une fin honnête. quand Ihomnie avoir souci que . en un sens. soi. savoir raison. ils se complètent Nous y voyons que le simple fait de se priver. même délibérément. s'enivre d'une façon assidue. et. elle. le ad i"'".

Toutefois. nourriture boisson doivent être réglées selon qu'il convoilà pourquoi. tel. sur et le conseil de la médecine. marquée au corps de au livre l'article. raison dit. \xxi) Uébriété est loin de moi. force du vin de secanduin fait observer que « prendre plus de nourri- ture la ou de boisson qu'il n'est nécessaire appartient au vice de gonrmaiidisf. en sens con- que ce qui pour un homme si sain soit ce qui convient pour un malade. pareillement aussi. la vient à la santé du corps. Mais la mesure dans un péché mortel ». pas une excuse contre l'ébriété L'ébriété. Quant à certains excès de fable. art. qui n'est pas toujours un péché mortel. pour la dépasser sciemment c'est là la boisson jusqu'à l'ébriélé. . maintes reprises rébriété L'at/ ». G). Et voilà pourquoi cette raison-là ne serait ». et boit quel(|H'un l'elTet mange de pro- beaucoup. Et la de même qu'il arrive parfois que nourriture ou boisson qui sont chose mesurée pour un homme sain se trouvent être superflues il pour un malade traire. ^ï.OLESTIOîV CL. — DE L*ÉBRIÉTÉ. sans qu'il n'encoure alors qu'il a expérimenté à et sa faiblesse à l'endroit sachant et le voulant. 365 pas être que l'ivresse le l'homme la s'enivre assidûment. i Vad la lerfinm déclare et la que comme il a été dit (q. vous aurez pitié de moi pour l'empêcher de m' approcher. au sons que nous avons précisé. De cette sorte. qu'on use d'une boisson enivrante. nous faut maintenant considérer (|ui suit. pour amener l'acte de vomir. à voquer excessif il d'amener l'acte de vomir. est-elle le |)lus est un péché morde l'article — Mais grave des péchés? C'est ce qu'il . est excessif peut arriver. et tel est l'objet . on ne tiendra point pour n'est ou superflu son acte de manger ou de boire. peut le même l'eau tiède provoquer. « Aussi bien saint Augustin : X des Con- fessions (ch. votre serviteur y est tombé quelquefois « ». puisque aussi bien. pas nécessaire.

— La première est un texte de « saint Jean Chrysostome mère de tous (can. ceci. saint Thomas en du le appelle à ce principe. corps de l'article. est plus le mal est grave. ch. qui s'oppose directement péché au bien de la raison hi> maine ». l'ébriété est conleime parmi les vices ». : démon que rébriéié et la lascivrtr. Donc dit l'ébriété est plus grand des pé- chés ». ou XI. que (( selon saint Grégoire (Morafes. Si l'ébriété est le plus grave des péchés ? Trois objeclions veulent prouver que « Tébriété est le plus grave des péchés >>. « Les explique le mot qui faisait difficulté dans l'ob- péchés d'intempérance sont ceux auxquels . Or.366 SOMME THÉOLOGIQUE. Il prive d'un est s'ensuit que plus le le il bien dont est mal prive le grand. lebriété punie de la plus grande peine. Or. Article TTl. ». manifeste que bien divin les plus grand que bien humain. Donc l'ébriété est le plus grand de tous les pochés de la ». péchés qui le sont directement contre Dieu sont plus graves que d'ébriété. s'il n'y avait eu l'ébriété. fait qu'elle qu' « une chose est dite mauvaise. Donc elle n'est point le plus grand des péchés Au bien. — faute est paraît être La troisième objection déclare que « la grandeur montrée par la grandeur de la peine. dist. Par conséquent. lebriété le fait au plus haut point. est dit. clercs écitent Icbriété. les XXXV Ante omnia) Avant toutes choses. Vad primum jection. Or. il Et dans les Décrets. que le rien n'est plus d'accord avec les vices. charnels. XII. LVII sur saint Matthieu). les vices XXXin. Saint Ambroise dit. racine et nourrice — La seconde obfuit jection fait observer qu' « une chose est dite péché du qu'elle exclut le bien de la raison. Or. l'esclavage n'exis terrât point en effet. que de tous les vices ». xv). qui « dit (llom. ou spirituels sont plus grands que les vices charnels. que parmi le les hommes. L'argument sed contra liv.

en tous cas. une chose mauvaise. il peut même quelquefois être un grand lui. si cela n'était joint à un manque de fin honnête. ensuite. les que les biens des vertus qui sont enlevés par cho». Or. celui de raison dans son usage actuel. que ce la pour une heure ou quelques heures enlève l'usage de raison. ce qui est contraire à (|ui la raison a plus de la raison de mal. M)'] l'homme a le plus d'inclination ou de pente et . fréquents paiml 1/rtc/ les hommes secLindum répond que « : le bien de la raison est empêché la d'uiie double manière d'abord. mais parce qu'ils sont plus ». au sens moral « taudis du mot. et surtout gravement mauvaise. |»as moqué de son la directement posait à tort. Et c'est à cause de cela que ces sortes de péchés sont dits les plus amis du démon : non pas qu'ils soient plus graves que les autres. ne constituerait point. même quand si elle a la raison de péché le et de péché grave. d'autres biens l'emportent sur qui . peine de l'ébriété comme l'objection le sup- L'ébriété. dans cette réponse. et à la possibilité intrinsèque de faire manquer à de graves devoirs ou de faire commettre des fautes graves. par ce qui est contraire à raison.QUESTION CL. demeurent toujours des biens la — rela ^'ous trouvons. pour temps que la la réponse qu'il faut lui opposer. et c'est cela que l'ébriété enlève » : d'où il suit qu'elle ne prive pas nécessairement d'un bien. d'une façon occasionnelle. par ce qui enlève l'usage de la raison. ce bien peut n'être pas toujours un bien. C'est qu'en effet l'usage de la raison peut être bon et mauvais. — DE l'ÉBRIÉTÉ. Vad lerlium nous donne le vrai sens de l'objection. pour ce motif ([ue ces sortes de concupiscences de délectations nous sont connaturelles. mal. en que Cham s'être reçut la malédiction de l'esclavage dans sa postérité pour père enivré. en même privation de l'usage de la raison. n'est cependant pas et ne peut pas être plus grave des la péchés : car elle prive d'un grand bien. par elle seule. confirmation des : marques faites à propos de l'article précédent savoir que un temps très limité. au sens moral du mot. Mais l'esclavage ne fut ». et. u L'esclavage a été tant suite de l'ébriété. ses contraires à la raison.

de par Th. S. 1). Article IV. à propos du récit de la Genèse. « est totalement excusé de la rai- et c'est ainsi qu'il en arriva peut-être pour Loth si l'acte [Cenèse. que i homme ivre mérite une double malédiction. 3). Donc elle n'ex- cuse pas du péché qu' « Aristote dit.). du péché livre ». comme étant commis dans son de faute. ii). Au corps de l'article. Or. v. qui précède cet élat défectueux. alors le péché qui suit ». que comme par la la raison de l'homme est liée la l'ébriété. — La troisième objection en appelle à ce II au livre \ de VÉthique (ch. n'excuse pas du péché. mais il dit que le péché n'est pas excusé par s'en trouve plutôt accru. en elVet.5b» SOMME THÉOLOGIQUË. du Si. il faut. l'ébriété s'en est suivie sans qu'il y ait eu péché. Donc l'ébriété n'excuse pas non l'in- plus ^ L'argument sed contra oppose que ». ». Th. Si l'ébriété excuse du péché? « Trois objections veulent prouver que l'ébriété n'excuse pas o Aristote dit leç. qui précède. — le La seconde objection péché. elle l'est aussi concupiscence. de cet acte qui précède. n. » savoir : l'état défectueux qui suit. semble-t-il. xix. comme le dit saint Augustin. saint Thomas le se tout de suite tée texte demande si du saint Docteur. 7 . « Loth est excusé de ceste en raison de l'ébriété.8. 20 et suiv. Lisons y verrons la por- — de la question sa réponse. Contre Fauste ». dans l'ébriété a d'excuser le lequel la raison est liée. péché. l'état d'ébriété. chapitre \ix. concupis- cence. Or. Nous et Dans un dernier article. l'ébriété est un péché.. l'ébriété excuse du péché. distinguer. de S. saint Thomas et fait observer que il <( dans l'ébriété. pour autant qu'elle cause l'involontaire par ignorance.. — La première arguë de ce qu' (ch. côté de l'acte — Mais. sont enlevés par d'autres péchés. comme l'acte a été dit (art. Mais précédent fut cou- . — u Du côté de l'état défectueux qui suit. m. le Donc l'ébriété aggrave péché plutôt qu'elle ne l'excuse ». leç. ch. deux choses se considèrent. au m « déVÉlhique n. v.

qui. La première consiste à dire qu' « Aristote ne marque pas que l'homme ivre mérite une plus grave malédiction. comet où L'adprimMm donne une double réponse au texte d'Aristole. côté de l'étal l'ar- défectueux qui suit. Th. que mérite r inceste. est : qui suit. . seraient punis plus que les autres. Nous voyons par se elles. Et. de S. j4 . Et c'est pourquoi saint Augustin dit. — La Force et la Tempérance. fait ». ConIre Faiiste (ch. à moins peut-être Icllc qu'elle rende l'homme le fou. le observer que « l'ébriété a d'excuser elle est non du côté où un péché. les inju- semble avoir regardé plutôt afin de réprimer res. pable. s'ils Jrappaient quel- ijuun. la passion de la est concupiscence diminue de pécher péché. 36^ l'homme n'est pas totulemcnt excusé du péché effet. que les hommes ivres. par faiblesse que de pécher par malice XHI.QUESTION CL. mais qu'il mérite une double malédiction. selon qu'il est dit livre II des Politiques (ch. « L'rtd tertium dit la que « la concupiscence ne lie pas totalement qu'elle ne soit raison. en rendu volontaire par la volonté du péché précédent en avoir vaqué à une chose ce sens et en tant illicite que l'homme pour tombe dans le péché qui suit. même ii)res. comme l'ébriété. résolvent excellemment la quesvient de nous Thomas tion assez délicate qui était proposée. « qu'Aristote parle selon la loi d'un certain Pittacus. xliv). leç. — On au peut dire aussi ». lequel. Et. l'ébriété. mais selon que put Les distinctions mériter Vébriété — que tant de netteté et marquer avec de précision. quand et jusqu'à quel degré nous devons parler de culpabilité. paice qu'il moins grave ». parce qu'ils sont plus insolents. ainsi qu'il a été dit » (au corps de ticle).. // en cela. mais du . en raison du double péché — qui lui est imputé.. dans ce cas — t)E l'ÉBRIÉtÉ. 17). comme Aristote le dit au l'utilité. toutefois. en raison de dans l'acte peccamineux qui peut mettre durant cet état défectueux que constitue l'ébriété l'on se trouve privé de l'usage de sa raison. que l'excuse qu'il faut accorder aux hommes en raison de ce qu'ils n'ont pas conscience de ce qu'ils font L'ad secundam |)éché. comme est diminuée la raison de volontaire. Toutefois ce péché qui suit est diminué. 9 réponse. ix. endroit. et c'est une autre n. que Lolh saint doit être inculpé le non selon le degré ».

qui conservation et le ont pour objet bien de l'individu . que « nous traiterons le vice premièrement. tempérance. qui porte plus spécialement sur la mesure à établir dans l'usage des boissons capables d'enivrer. cette Avec la question de l'ébriété. nous terminons l'étude de la première des deux parties subjectives de était l'abstinence. i53. Cette seconde partie n'est pas autre que la chasteté. qui est lôlt). de la virginité i52) . avec sobriété. ou plutôt réglant le boire et manla la la recherche du plaisir attaché à ces actes. troisièmement. de (q.370 SOMME THÉOLOGIQUË. opposé » à ces vertus (q. C'est l'objet de question suivante. — : Saint Thomas nous annonce. . chasteté. dont l'objet sera la modération ou abstention à l'endroit des complète l'appétit mouvements de aux sensible portant sur le plaisir attaché actes qui sont ordon- nés à la conservation de l'espèce. avec la virginité qui la couronne. la à ce sujet. de la luxure. secondement. traiter — Nous allons donc premièrement la de la chasteté. — Nous devons la maintenant passer à l'étude de la et parfaite la seconde partie subjective de tempérance. Celle le première partie ger.

i5 . en ettet. remarquer que « les fruits se distinchasteté se trouve placée parmi les • — Doue L*a la aux G(datcs. Or. 28) une vertu ». n'est Donc il semble que la pas une vertu ». Si la chasteté est une vertu ? « la chasteté n'est pas « Quatre objections veulent prouver que une vertu ». Donc la chasteté (juatrième objection fait guent des vertus. il au livre II de l'Éthique (ch. vi. Or. — La première la fait observer que nous parlons se maintenant de d'un certain vertu de l'âme. Or. objection déclare que « la vertu est «n habitas volontaire. 7). CHASTETE Celte qiiL'slion 1" comprend quatre articles :> : Si la cliastelé est une veilu 2° 3° Si elle est 4*" une vertu générale? une vertu distincte de l'abstinence? Dans quels rapports elle se trouve avec la pudeur? Si elle est Article Premier. la chasteté semble rapporter au corps.QUESTION CLI DE LA. v (v. gument sed contra est un texte de « saint Augustin ». car elle peut être enlevée par la violence aux femmes chaslelé ([u'on outrage par la force. leç. ch. la La n est pas une vertu ». n. L'homme est dit chaste. qui voit dans l'Épîlre comme on le chasteté n'est pas . de Th. — La seconde comme S. en raison mode d'agir relatif à l'usage de certaines parties du corps. Or.. (pii est des infiJèles sont chastes. la chasteté ne semble pas être quelque chose de volon- taire. — La troisième objection dit que « nulle il vertu ne se trouve dans les infidèles. Donc est dit la chasteté n'est pas une vertu ». fruits .

saint Thomas trouve dans nom même chasteté la réponse à la question qu'il s'agissait de résou- dre. Et. mais eflet. par lequel même le corps a mérité d'être sanctifié. i). ni aucune autre vertu. qui est la béatitude. la rai- appartient. art. la parce (jue la chasteté est une vertu. même en-] droit. Uadprimum déclare que « la chasteté se elle a sa trouve dans l'âme le comme 11 dans son sujet. q. c'est en cela que la consiste la vertu raison. n'y a ni une vraie chasteté. m) la Alors que tu dois précéder ta Jemrne dans la vertu.372 « dit. SOMME THéOLOGIQUÉ. Or. qui y ait Loin de nous qu'il une vraie vertu dans l'homme à moins nous qu'il soit Juste s'il il qu'il soit juste. m) ne : ». de l'Éthi- que (ch. comme on XII. dit-il (en latin castilas). la dit que ». IX. tant que demeure prola pos de l'âme. violence de la passion d'autrui n'enlève teté pas même au corps sa sainlà que conserve il la persévérance de sa propre continence. tu veux que ta Jemme le soit victo- rieuse Au corps de de la Taiticle. Il s'ensuit manifestement que *- une vertu ». : ch. xviii). leç. n. en appelle encore à « saint Augustin IV contre Julien (ch. même. « pour ce motif. « se tire est châtiée (en latin de ce que par castiijfdur) raison la concupiscence effet. « Le nom . ». Et il conclut que dans infidèles. qu'on le ait une chose réglée selon la chasteté est comme on voit par ce qui a été dit plus haut (i"-2**. en et à la chasteté que par jugement de corporels ». j . da Temps. te au livre I de la Cité de Dieu (ch. ce n'est point par ou les actes . c'est la vertu de l'âme qui a pour compagne les force qui décerne de soujfrir tous maux plutôt que de con- sentir au mal au livre h' ad tertium « dit. 64. selon qu'il le dit. refrénée à la manière de III l'enfant. mais par les fins. au les devoirs. en le voit .. laquelle doit être. son par choix de la volonté l'homme use modérément ou selon qu'il convient de tels membres « h'ad secundum répond que comme le dit saint Augustin. au livre Th. de chasteté la ». 6 de S. par Aristote. humaine. matière dans corps. ou XGVI. 5. et tu tombes foi-même sous poussée de passion libidineuse. Car. au livre des Dix'cordes (serm. Et loin de les vit de la foi. 22). qu'elles ne sont plus rapportées à la fin voulue».

». que . xx). Puis doiic(|i c chaque vertu morale refrène queUiue mouvement de r. SyS prochaine. ceci appar- tient à chacjue vertu. qui dit. Il ne sera pas un acte de vice. chasteté se trouve la Dans le mot compris un caractère essentiel qui la rattache à raison de vertu. en tant qu'elle agit selon la raison. la délectation et la joie. Donc la chasteté est se une vertu générale ». a raison de vertu. chasteté de l'âme est un au livre du Mensonge (ch. morale est la chasteté ». mais en tant qu'elle a dans son acte fruits ». l'acte ne sera pas mauvais en acte soi mais si la fin dernière habituelle n'est pas bonne. que In mouvement ordonné de l'âme qui ne souest met pas ce qui est plus grand n ce qui moindre. Or. et mais il ne sera pas un acte de vertu au sens pur simple. et tel de l'article Article Si la chasteté est II. La il s'ensuit que chaque vertu — . si que les vertus se distinguent des vices — et La fin elle est bonne. Or. ou une condition de vertu qui retrouve en toute veilu.QUESTION CLI. qui suit. tout mouvement de la paitie ap|)rtilive ou affective doit être châtié i)ar la raison. cet ne sera jamais un acte purement simplement bon. o « la chasteté est « une saint vertu générale — La première arguë d'un texte de Augustin ». — comment : faut-il entendre cette raison de vertu dans elle la chasteté trouvé-tet dis- sous forme de vertu générale ou de vertu spéciale tincte? C'est ce qu'il est l'objet nous faut maintenant considérer. DE LA CHASTETÉ. une vertu générale ? - Trois objections veulent prouver que ». Li'ad quartani explique que la chasteté. fera sans doute. étant fait (( dans un état général vicieux. elle est Il — énumérée parmi les n'y a donc pas opposition entre ces deux choses. Car ce mot implique une le certaine action de l'àme sur le corps pour Mais dompter s'y et le soumettre à l'empire de la raison. « le — La seconde objection nous redit que tire nom de la chasteté se du fait de cliàtier.ij>|)ilii.

le nom de chasteté se prend métaphoriquement. Il estdit. sur laquelle porte proprement chasteté et le vice qui lui opposé. i) : Mais loi lu as pratique ainsi la fornication avec une multitude d'amants. ». de à même aussi. au contraire. la fornication semble appartenir à tout 27) : genre de péché. Or. délectations D'une autre manière. ciale. il — — D'abord. De la délecliila même. in (v.'d'jfl SOMME THÉOLOGIQUE. contraire- ment à l'ordre divin. au sens propre. que dans l'union des corps consiste est choses sexuelles. 2) : seconde Épître aux Corinthiens. Au corps de de chasteté l'article. dans le psaume (LXXII. elle est vertu que l'esprit de une vertu générale. saint Thomas nous avertit que «le nom prend d'une double manière. dite métaphoriquement. Et. fait troisième objection remarquer que « la fornication s'op- pose à la chaslelé. en effet. ». Donc la la chasteté est une vertu générale L'argument sed contra s'aulorise de « Macrobe chasteté qui « donne comme se partie de la tempérance ». de la sorte. de celte chasteté » spirituelle charité et les autres consiste principalement dans la vertus théologales. selon cette parole de la (v. car c'est par chacpjc l'homme est empêché de s'attacher avec la raison « un plaisir coupable aux choses défendues. vous donnant comme une vierge chaste au Christ. désigne une certaine vertu spé- qui a une matière spéciale. par lesquelles l'esprit . ch. on parle. ch. Toutefois. en effet. Si. de fornication spirituelle. savoir la luxure. en s'unissant à n'importe quelles autres choses. savoir les concupiscences des attachées aux choses sexuelles. dans ce cas. l'esprit cherche son plaisir. ou aussi une certaine fornication spirituelle. dite également p:\r mode de métaphore. et s'abstient de s'unir avec plaisir aux autres choses contrairement aux exigences de l'ordre divin. — A prendre la chasteté. selon cette parole de Jérémie. dans une certaine union spirituelle de l'âme une certaine délectation sur laquelle porte une certaine chasteté spirituelle. xi à Je vous ai fiancées un seul homme. l'esprit de l'homme se décertaines choses consiste lecte dans l'union spirituelle à ce à quoi il doit s'unir. on parle alors d'une certaine chasteté spirituelle. Si. en lion des effet. v Vous perdrez tous ceux qui commettent la fornication contre vous. c'est-à- dire à Dieu.

concupiscence du plaisir ce molif s'il plus assimilée à l'en- fant. en effet. . oii souvent parlé des choses de l'âme dans ses rapports avec Dieu. ou est si autres auteurs pieux. rel. cela la concupiscence ou désir de ces plaisirs en y consentant. — par là. ordonnées à la conservation de nature le et là vient que si on nourrit nique. du mariage. comme des rapports des époux entre eux dans les choses Et. ayant sa matière déter- précisément. déclarant que l'objection fornication spirituelle. « Uad seciindam est plus spécial et complète la première partie du corps de art. et non d'une manièic les est une vertu spéciale. Aussi bien est-ce à l'endroit de ces sortes de concupiscences que la chasteté se dit pas antonomase. ilxi. pour que l'appétit du plaisir nous de est connatu- surtout s'agit du plaisir attaché la aux choses du toucher. a le plus besoin d'être refréné et corrigé ou châtié. laquelle s'oppose à a été dit » comme il (au corps de l'article). cette concupiscence devient de plus en plus tyran- comme la l'enfant qui est laissé à sa volonté. ce qui. la Gomme il a été dit plus est le haut (q. ici nous allons résoudre tout de suite les diffi- cultés soulevées même « par les objections. prise dans son sens propre métaphorique. ». — Ce lumineux exposé du il 870 corps de nous donne clef d'une infinité de passages dans rÉcriture Sainte et dans des Saints et les écrits des Pères. 2).QUESTION CLI. procède de la chasteté métaphoriquement l'article. choses oii nous avons le plus besoin de la fermeté d'âme L'ad tertiam répond dans le sens de Vad primum a et de la se- conde partie du corps de procède de la l'article. C'est le pour plus que concupiscence de ces sortes de plaisirs a besoin d'être châtiée. de- vons-nous aller encore plus loin distinguer la chasteté de . comme la force à l'endroit des ». de l'homme l'article s'unit à Dieu la — DE LA CHASTETE. phorique. qui est. savoir les plaisirs qu'entraîne l'usage mouvements de concupiscence à du sens du toucher. Uad prise priinam dit que cette objection ». et — Mais. entendue au sens métala chasteté spirituelle. minée. des Docteurs. La chasteté. dans mouvements de l'endroit des la partie affective.

qui sont l'objet de l'abstinence. et c'est l'objet de l'article qui suit. . au comm. SOMME THÉOLOGIQUE. Article Si la chasteté est III. à deux aspects ou à deux rôles divers. pas une autre verlu l'abstinence Aristote. qui appartiennent à l'absti- nence ». C'est ce que nous devons maintenant considérer. Or. et les plaisirs sexuels.. ch. 5. distincte de il semble que la chasteté n'est ». Th. assimile tous les pérance aux péchés des enfants. . une vertu distincte de l'abstinence ? Trois objections veulent prouver que « la chasteté n'est pas une vertu « la distincte de l'abstinence ». leç. qui sont l'objet de la chasteté. 22). « l'Apôtre ». la chasteté tire son nom du fait que sont est la châtiés les vices opposés.376 l'abstinence. délectations ou les plaisirs de la table. puisque l'abstinence réprime il certains vices d'intempérance. semble que l'abstinence « les chasteté ». qui sont l'objet de l'abstinence. énumère chasteté distinctement des jeûnes. xn. 6). Or. « dans la vi (v. distinguent l'une de l'autre la L'argument sed contra en appelle à seconde épître awx Corinthiens. — La première dit que matière d'un les même genre ne requiert qu'une seule vertu. ou ne seraient-elles toutes deux qu'une seule et même vertu. appartiennent au sens du toucher. Et puisque les délectations ou les plai- de la table. 5 et de S. dist. le XLIV. n. qui ont besoin de correction ou de châtiment. — La seconde objection s'appuie vices de l'intem- sur ce qu' suiv. en tant qu'elles sont l'objet ordonnées aux délectations du toucher qui sont les propre de cette vertu. Donc l'abstinence et la chasteté ne sont pas des vertus qui se ». sont ordonnés aux plaisirs sexuels. « au livre III de VÉthiqiie (ch. — La troisième objection déclare que délec- tations des autres sens appartiennent à la tempérance. qui sont l'objet de la chasteté.) Le voisi- nage des organes montre rapport que ces vices ont entre eux. qui. Or sirs choses qui appartiennent à un même sens paraissent être d'un même genre. Donc. aussi bien : saint Jérôme dit (Gratien.

k). qui conservent la na- ture de l'individu.. x) : Je ne sache rien qui fasse davan- tage déchoir de la ciladelle de lànie l'esprit d'un homme. qui a pour objet les plaisirs des choses sexuelles. et les opérations ayant trait à l'usage des sexes. art. 877 « Au corps de l'article. bien que le sens \Jad serundum déclare que « les plaisirs sexuels sont plus et plus opprimants pour la table. saint Augustin 1 au livre des Soliloques (ch. X. concupiscence ou du désir s'en accroît davantage et vertu de l'ànie déchoit. 5 et suiv. la raison que ne le sont de à cause de cela. est dit au de S.. comme a été dit (q. les délectations ou les plaisirs sont chose qui est proportionnée aux opérations. de S. chose qui est. Vad primum explique que les « la tempérance ne consiste point principalement dans délectations ou en les plaisirs du toucher. (ch. là se trouvent diverses vertus comprises sous la temiDérance. véhéments les plaisirs qu'il y ait diverses vertus. dont tout cela VÉthique (ch. du même genre pour tout ce qui appartient à des choses du touchci". est la perfection. quant au jugement du sens du toucher qui relèvent de lui : à l'endroit dos choses effet. — DE LA CHASTETE. porte propreles désirs des délectations ment sur toucher. Th. la raison est toute autre d'user des aliments et des boissons.QUESTION CLI. i4i. qui a les plaisirs pour objet les délec- ou de la table et ». les Il concupiscences ou du faudra donc que là oii se trouvent diverses raisons de délectation ou de plaisir. 6. il s'ensuit que la chasteté. et d'user des choses sexuelles. 7). il mais quant à l'usage livre 111 de VFJliitiuc comme leç. il est dit au livre X de n. Th. D'autre part. force de la la on y consent. 9. ch. Or. iv. v. Et les comme il est manifeste que sont d'un autre genre opéra- tions ayant trait à l'usage des aliments. n. comme . parce que. il saint Thomas fait observer que la tempérance. leç. Donc il faut soit un ». 20). cet ordre. est une vertu tations distincte de l'abstinence. dil. Aussi bien. — si Pouvait-on en moins de mots et de façon plus complète plus profonde mettre en plus vive lumière une vérité qui est de les haute importance dans choses de la morale. qui conservent la nature de l'espèce. i']t. ils si ont davantage la besoin d'être châtiés et refrénés. Que les .

Et il voilà pourquoi. i4i. 4. et comment si toules ces vertus tendent finalement au bien de la chasteté. la n'est point : quelque autre vertu comprise Les plaisirs de la table. femme et ce contact des corps sans lequel Vnsnge du mariage ne peut pas être ». sinon pour autant que tout cela est ordonné aux sous plaisirs du toucher. bien que. au contraire. sont ordonnés aussi cependant par eux-mêmes à voilà pourquoi ils la conservation de la vie de l'homme. ont aussi par eux-mêmes une vertu spéciale bien que cette vertu. à l'endroit de ces sortes de plaisirs. — Nous voyons. veiller à lappétit sensible qui ont le mouvements de et plus de véhémence pour les qui sont le le plus de nature à opprimer la raison. aux plaisirs sexuels. par antonomase. ou châtier les la vertu qui doit. trait aux de la — !a Un dernier point qu'examine saint Thomas. ordonne son acte à la fin de la chasteté ». dans l'ordre des choses du toucher. La chasteté. d'une certaine manière. tempérance et » ils relèveront de la tempérance elle-même « directement de ses diverses espèces. tandis plaisirs que ceux que réprime l'abstinence ont table. art. maintenir sous joug. ils soient ordonnés aux plaisirs sexuels. ainsi que le du toucher soit directefont ou peuvent le faire les plaisirs des autres sens (cf. qui s'appelle l'abstinence. est celui de savoir les rapports Il de celte vertu avec pudicité. car ceux que réprime la chas- ont trait. les L'ad lerliam répond que « délectations ou les plaisirs des autres sens n'appartiennent point à ce qui est de conserver la nature de l'homme. El .SjS caresses d'une SOMME THÉOLOGIQUB. 5). sujet de la chasteté. bien que celle-ci porte sur un genre de mouve- ments analogues teté et très voisins. soit indirectement. va les déterminer dans l'article . elles toutes les vertus comment trait se subordonnent entre qui ont aux plaisirs inléressant le sens ment. par celle réponse. q. est une vertu qui se distingue de l'abstinence. au qui suit. en raison de son rôle parliculièrement délicat et difficile et important.

selon saint . crainte de la honte.QUESTION CLl. membres appar- Donc la pudicité appartient pro- prement à la chasteté ». xn. comme saint Augustin le . l'usage de ces tient en la chasteté. « partient pas plus à la chasteté cju'aux autres vertus — dit. distincte de chasteté ». ». pudicité appartient à loules les la parties et non pas spécialement à chasteté L'argument sed contra apporte un « texte fort expressif de saint Augustin : ». porte sur Vacte honteux. Au se tire corps de saint Thomas prend acte de ce (pii u vient d'être dit à l'objection seconde. Th. c'est surtout des actes que les hommes rougissent. par elle-même. hommes rougissent le plus. qui livre III de VÉthique (ch. 22). ch. xv). l'article. xvni). Donc pudicité n'ap». Or. xx) oreilles Il faut prêcher la pudicité pour entendre n accomplisse rien propre à par les membres qui relèvent de cette vertu. Si la pudicité appartient spécialement à la chasteté? Trois objections veulent prouver que « la pudeur nappartient pas spécialement à la chasteté ». qui paraît être la la la « la pudicité se tire la crainte de la même chose que de honte. une vertu.. 2 de S. DE LA CHASTETÉ. que toute intempérance en général Or. — la La seconde objection remarque que pudeur. donc pas quelque chose appartenant à la chasteté. II. que Elle n'est pudeur est une certaine vertu de l'ànir. — La première I est un de mot de (( saint Augustin ». Or. La au troisième objection cite un mot est la d' a Aristote . Donc de la tempérance. est il souverainement difjne d'opprotjrc semble appartenir à pudicité d'éviter ou de fuir ce qui la digne d'opprobre. ». (liv. savoir que la ijudidlé Il de la pudeur qui signifie la crainte de la honte. qui c dit. les suit de là qu'il faut que la pudicité porte proprement sur choses dont les sexuels. au : livre de la Persévérance afin que celui (jui a des d'illicite (ch. Or. au livre la de la C'ilé Dieu (ch. la mais elle est. 371J Article IV.ïean Damascène de Foi orthodoxe. la chose qui convient à tout acte vicieux. n. leç. qui « dit.

ces comme les porte. tous les vices ont une certaine tur- î)itude. La raison en mou- membres ne sont point soumis à l'empire de la mouvements des autres membres extérieurs. VI. ceux qui sont les plus dignes d'opprobre sont les péchés sexuels : soit en raison de la désobéissance de ces membres. l'autre. tume d'être saisies davantage. mais est prise non comme comme exprimant une cer- taine circonstance de la chasteté. L'ad primum répond que L'ad secundum dit que « si « saint Augustin prend. qui est relevé et orné de l'honnêteté du mariage. au livre XIV de la Cité de Dieu : au point que est même que les l'acte conjugal. 2i). sur ce qui en est comme l'apl'acte alentours. Et parce que ces choses-là ont couà cause de cela la pudicité re. garde encore une certaine honte. Quelquefois cependant l'une pour l'autre ». garde surtout ces sortes de signes extérieurs tandis que Il la chasteté regarde plutôt l'union sexuelle elle-même. SOMME THÉOLOGIQUE. au livre II de la Rhétori- que (ch. n. 1^2. les bai- attouchements. une vertu qui s'en distingue. toutefois ceci appartient d'une façon spéciale aux ntccs de l'intempérance. L'ad tertiam fait observer que « parmi de l'intempc- lance. en cet endroit. et comment qui est les sous ces deux mots sont exprimés deux aspects ou plutôt deux fonctions de la le même vertu : l'une. et les comme sont les regards impudiques. . sers. Le chaste est celui qui a les mouvements de est celui pétit sensible parfaitement ordonnés en ce qui touche à . Et l'homme rougit non pas seulement de l'union sexuelle ellemême. la pudicité pour la chasteté ». (( comme le remarque Âristote. — On ne pouvait préciser d'une façon plus nette les vrais rapports de la pudicité et de la chasteté.38o dit. A) »• comme il a été marqué plus haut les vices (q. portant sur ce fond de son objet. même dune acte des choses du mariage le pudique qui règle façon parfaite jusqu'aux signes extérieurs qui disent à cet un ordre quelconque. La pudicité se considérera donc proprement à l'endroit des choses sexuelles. s'ensuit donc que la pudicité est ordonnée à la chasteté. et surtout à l'endroit des signes de ces choses-là. art. mais aussi de tout ce qui en est le signe » ou s'y rapvements de raison.

A la vertu de chasteté se rattache très étroitement C'est d'elle la vertu de virginité.QUESTION soit CLI. 38 1 parce que ces sortes de péchés absorbent au plus haut point » la raison et la submergent. et elle que nous allons traiter maintenani. . va faire l'objet de la question suivante. — ttE LA CHASTETÉ.

quelquefois. Or. préjudice de la virginité. que la virginité ». Donc la virginité ne consiste pas dans a la chair ». au I de la Cité de Dlea (ch. putlicilé consiste la dans rame. Si la virginité consiste dans l'intégrité de la chair? Toute article. Or. Article Premier. — La seconde objection déclare que la la virginité dit. — La première (( apporte une définition donnée par livre des « saint Augustin ». — au Quatre objections veulent prouver que la virginité ne consiste point dans l'intégrité de la chair ».Ol:ESTlO^ CLii DE LA VIRGIMTÉ Toile question 1 " comprend cinq articles : En quoi consiste la virginité? 2" Si elle est licite? 3° Si elle est 4° " une vertu? De son excellence par rapport au mariage De sou excellence par rapport aux autres vertus. sans dit. saint Augustin au livre de la Cité de Dieu (ch. ce signe ou ce sceau est brisé. la méditation n'appartient pas à la chair. cette question. xvni). xni). imI plique une certaine pudicité. Donc de la la ne consiste pas dans dit le non corruption « l'inlégrilé de la chair — La troisième objection le que chair paraît consister dans sceau ou signe de pudeur livre virginale. Saint Augustin en effet. mais plus particulièrement ce premier et va nous préciser des points de doctrine fort délicats qu'il importe grandement de posséder dans leur exacte « vérité. que la virginité est la méditation perpétuelle de la non corruption dans une chair corruptible. ch. Or. Noces et de la Concupiscence {de Virginité. que ces membres peuvent en divers . xvin). qui la sainte dit.

Or. Saint Augustin eirct. » Au corps de Et de saint Thomas nous avertit que « le nom de virginité semble tiré du fait de verdoyer (en latin virgo. parfois. viii). Lui-même de l'âme et de la chair. lui fil perdre son intégrité en iexaminant. Donc ne consiste pas dans fait a — ou La qualrième objection la perte non corruption de la chair ». ce qui est l'autre. savoir l'émission elle-même de liqueur . se livrent à des opérations qui font horreur. texte de « saint L'argument 5ed contra oppose un autre gustin la ». v). tant que ce n'a pas elle se par surabondance de la la chaleur. que l'on voit être dans perception de plus grande délectation corporelle. au livre de la ch. i)E LA VIROIMTE. une sage-femme appelée à examiner Vintégriié d'une jeune fille vierge. soit pendant somil meil. où se réunit ce qui est de l'âme et la du corps. au livre de la Virginité (ch. les 383 M5 de soiijjnr violence et être blessés : médecins. dans la délectail : tion des choses sexuelles. par la pieuse continence. soit à l'état de veille. savoir la violation du sceau ou du signe virginal. de toute union conjugale. est la part angélique. xni). que l'intégrité virginale et l'immunité. sans l'union conjugale. le que la chasteté virginale est l'intégrité qui n'a pas connu contact contagieux. observer que « la corruption » la la de l'intégrité de chair consiste surtout dans l'émission de l'humeur ou de la liqueur séminale. qu'on conserve. choses sexuelles. Aussi bien saint Ambroise Virginité (livre I. au même livre (ch. bien qu'elle la virginité de ce membre. de même. Mais. telle qu'est la délectation des dit. même qu'on dit demeurer dans été brûlé sa fraîcheur ce qui verla doie. pareillement aussi la virginité implique <|ue perla sonne en qui trouve est indemne de la la brûlure de la concupiscence. chose qui le peat se produire sans l'union conjugale. en vue la santé. dit. y a à considérer trois choses l'une. que la virginité est l'in- continence qui fait qu'on voue. qui est du côté du corps. ne en semble pas que la virginité se perde. la Donc la virginité ne consiste pas dans la non Au- corruption de chair ».OUESTIÔN CLII. qui « dit. qu'on garde tégrité de kl chcdr au Créateur l'article. Et il ajoute : Je ne pense pas quil y ait quelquun perdu qui soit assez dénué de sens soit pour croire que cette vierge ait ait perdu quoi que ce l'intégrité de la sainteté de son corps. viror).

car la méditation désigne ici le propos ou de le dessein de la raison et de la volonté. — Par cela donc que virginité se dit en raison de l'éloignement de l'altération il corruptrice dont a été parlé. ne s'en- tend pas en ce sens qu'il faille que le sujet la virginité soit toujours. perpétuelle. la délectation ou le plaisir sensible. d'une façon actuelle.7f/ priimini dit que « cette définition de saint Augustin touche sous forme directe ce qu'il y a de formel dans la virginité . La seconde a un rapport matériel à l'acte moral. des- ou la volonté de parvenir à cette délectation ou à ce plai- De ces trois choses. qui se tient seulement du côté de l'âme. a raison de chose matérielle par rapport à elle.. mais de matériellement dans Et il en même de la virginité. complétive dans la virginité L' . la troile sième. Quant au propos ou au et dessein arrêté de s'abstenir à tout jamais d'une telle délectation. sir corporel est chose accidentelle par rapporta la la virgi- L'immunité ou l'exemption de la délectation ou du plai- qui consiste dans l'émission de liqueur séminale. parce que actes les passions sensibles sont la matière des la troisième. qui cause SOMME THÉOLOGIQUË. savoir sein sir. mais en ce sens qu'il doit avoir dans son propos ou sa résolution de persévérer toujours dans une telle abstention. la première est chose accidentelle par rapport à l'acte moral. Ce qu'il y a de matériel dans la vir- ginité est touché sous la une forme indirecte quand la difficulté et se il est dit de non corruption dans une chair corruptible.384 séminale. Aussi bien saint Augustin dit. Quant à et moral un rapport formel rales s'achève la d'achèvement. elle dit à l'acte la moraux. Ce qui est ajouté. qui ne se considère de soi qu'en raison de ce qui est de l'âme. il s'ensuit que l'intégrité du membre nité. dans une telle méditation ou dans la formation d'un tel propos. Et ces derniers de la virginité. dans l'âme. il mots sont ajoutés pour montrer car si la chair ne pouvait s'altérer d'avoir la corrompre. « tuelle de la non corruption elle est Vad est secunduni répond que la pudicité est essentiellement la chair. au . ne serait point difficile méditation ou la résolution perpé». c'est cela qui a raison de chose formelle ». car raison des choses mo- en ce qui est de la raison.

QUESTION

CLii.

DE LA VIKCIMTÉ.

385
est conservée

livre de la Virginité (ch. viii),

que

si la

vii-rjiiiité

dans
dant

la chair, et,

parla, est quelque chose de corporel, cepenque voue
et

elle est spirituelle celle

que garde

la

continence de

la piété ».

Vad

tertium rappelle

l'article), l'intégrité

par raj)port à

la

que « comme il a été dit (au corps de du membre coiporcl est chose accidentelle virginité; en ce sens que du fait que quelqu'un
propos de
la

par résolution

et

volonté s'abstient de
le

la délectaIl

tion sexuelle, l'intégrité
suit

demeure dans
»,

membre

corporel.

de

que

si

d'une autre manièie
« il

ou en dehors du pro-

pos de la volonté,

arrive quelque cas oiî Tintégrité

du

membre
que

soit détruite, cela

ne préjudicie pas plus

à la virginité

si c'était le

pied ou

la

main qui fussent

atteints ».

remarquera

la netteté

de celte déclaration de saint

On Thomas et

combien
pation

elle est

de nature à calmer ce qui serait une préoccusujet de la virginité à conserver fidèle-

non fondée au

ment.

Uad quartum complète
si

encore toute cette lumineuse doctrine
le plaisir

précise et

si

importante. « La délectation ou

qui

provient de l'émission de la liqueur séminale peut se produire

d'une double manière.
cède du propos ou de
la

— D'abord, en

telle sorte

que

cela pro-

résolution de l'esprit et de la volonté.

Dans
l'acte

ce cas, la virginité est enlevée,

que

cela se produise

dans

conjugal ou en dehors. Toutefois, saint Ambroise men-

tionne l'acte conjugal, parce que cette sorte d'émission est
causée ordinairement et naturellement en raison de cet acte.

— D'une autre
pos ou de
la

manière,

elle

peut provenir en dehors du pro:

résolution de l'esprit

soit

en dormant;

soit

en

raison d'une violence faite, à laquelle l'esprit ne consent pas,

bien que la chair éprouve le plaisir; ou
la faiblesse de la nature,

même, eu
Dans
telle

raison de

comme on

le voit

en ceux qui soufces divers cas,

frent d'un flux de cette liqueur séminale.

on ne perd pas
point
l'efl'et

la virginité;

parce qu'une
la

pollution n'est

de l'impudicité, que

virginité exclut ».

Ainsi donc, à prendre la virginité dans son sens formel, elle
consiste dans le propos arrêté de ne jamais consentir au plaisir

XIII.

— La Force

el la

Tempérance,

a5

886

SOMME THEOLOGÏQtJÈ.

qui s'attache à l'usage des sexes. Pourvu que ce propos de-

meure, quoi
corps,
la

qu'il puisse se

produire du côlé des sens ou du
intacte.

virginité

demeure formellement

Celte

virginité, ainsi comprise, est-elle chose permise;

ou

faudrait-il

dire qu'elle est illicite? C'est ce

considérer; et

tel

est l'objet

de

que nous devons maintenant article du l'article qui suit
:

plus haut intérêt.

Article

II.

Si la virginité est illicite?

Trois objections veulent prouver que «
cite ».

la virginité est illi-

La première
la loi

dit

que

«

tout ce qui est contraire au
illicite.

précepte de

de nature est

Or, de
la

même
ii

que

le

précepte de la

loi

de nature, par rapport à

conservation de
(v. i6)
:

l'individu, est ce

qui

est

touché dans la Genèse, ch.
dans
le

Mange de

tout fruit d'arbre qui est

Paradis ; de

même

nussi le précepte de la loi de nature, par rapport à la conser-

vation de l'espèce, est ce que nous trouvons dans la Genèse,
ch.
I

(v. 28)

:

Croissez, et multipliez-vous, et remplissez la terre.

Donc, de

même

que

celui-là pécherait, qui s'abstiendrait de

toute nourriture,

comme

agissant contre

le

bien de l'individu;

pareillement aussi pèche celui qui
l'acte

s'abstient totalement de
le

de
».

la

génération,

comme

agissant contre

bien de

l'es-

pèce

On ne
:

dira certes pas que l'objection soit adoucie ou

diminuée

elle est tout ce

qu'on peut présenter de plus

fort

contre la virginité. Nous verrons la magnifique réponse de saint

Thomas.

La seconde objection déclare que u tout ce qui s'éloigne du milieu de la vertu paraît être chose vicieuse. Or,
la virginité s'éloigne

du milieu de

la vertu, alors qu'elle s'abs-

tient

de tous

les plaisirs sexuels. Aristote dit,
11,

en

effet,

au

livre 11

de VÉthique (ch.
de tous

n. 7; de S. Th., leç. 2),

que

celui qui jouit

les plaisirs et

n'en laisse aucun est un intempérant; mais

celui qui les fait tous est

un sauvage

et
».

un

insensible.

Donc

la

viroinité est

quelque chose de vicieux

— La troisième objec-

tion fait observer que « la peine n'est due qu'au vice. Or, chez

QUESTION
les

CLII.

DE LA VIUGI.MTÉ.

3^7

anciens, étaient punis selon les lois ceux qui passaient

toute leur vie dans le célibat,
{Faits et gestes

comme
II,

le dit

Maxime
i).

Yalèrc

mémorables,

liv.

ch. ix, n.

Aussi bien,
(cli.

d'après saint Augustin au livre de la Vraie Religion

m),
s.i

Platon est dit avoir ojjert an sacrifice pour que Jiït abolie sous
raison de péché sa continence perpétuelle.

Donc

la

virginité esl

un péché ». L'argument sed contra oppose qu'
à
le

«

propos sous
conseil.

le conseil.

Or, la virginité

aucun péché ne tombe tombe à propos sous

Il est dit,

en

effet,
:

dans

la

première Épître aux Co-

rinthiens, ch. VII (v. 25)

Au

sujet des vierges, Je n'ai point de

précepte de la part du Seigneur ; mais je donne un conseil.
la

Donc

virginité n'est pas quelque chose d'illicite

».

Au
«

corps de

l'article, saint

Thomas

part de ce principe, que

dans

les actes

humains,

cela est vicieux qui n'est pas selon

la raison droite. Or, la raison droite a ceci,

que dans

les

choses

qui sont pour

la fin,

l'homme en devra user selon
fin.
il

la

mesure
triple

qui est en rapport avec cette
bien de l'homme;
(ch. VIII, n. 2
;

D'autre part,
dit
:

il
I

est

un

comme
Th.,

est

au livre

de l'Éthique

de

S.

leç.

12)

l'un, qui consiste

dans

les

choses extérieures, par exemple
siste

les richesses; l'autre,

qui con-

da