NOUVELLE CIVILISATION – Version 2.

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Nouveau paradigme. Réflexions sur notre civilisation moribonde et sur la nouvelle qui est en train de naître, impasses actuelles, propositions concrètes + sites, articles, vidéos, citations et livres - Version 2.01 (248 000 signes et 68 liens ) publié à l’occasion de la manifestation mondiale
united for global change - http://15october.net/fr/ le 11-10-11.

Fraternité Citoyenne – http://www.fraternitecitoyenne.org
Le club de réflexion Fraternité Citoyenne est une association (loi 1901) qui a pour premier objectif l’élaboration de propositions d'amélioration de la gestion de la cité. Il est ouvert à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté qui ont pour ambition d'améliorer le sort de leur concitoyens. La cotisation annuelle est de 10 €.

Sommaire
Page 2 : Introduction Page 4 : 1 / Nouveau paradigme. Réflexions sur notre civilisation moribonde et sur la nouvelle qui est en train de naître Page 33 : 2 / Impasses du monde moderne ( impasse pétrolière, impasse monétaire de l’argent dette, impasse environnementale et agricole, impasse nucléaire ) Page 39 : 3 / Propositions concrètes ( une démocratie rénové, un contrôle de la monnaie par le peuple, une éducation transformé, une santé de prévention – page 42 ) Page 50 : 4 / Sites 5 / Articles 6 / Vidéos Page 52 : 7 / Citations Page 54 : 8 / Livres Page 56 : Conclusion

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Introduction
Cette publication a pour but de contribuer à la réflexion sur notre civilisation moribonde et de donner des solutions pour la civilisation qui s’envient. J’ai repris, en partie, le livre Nouvelle Civilisation 2012 qui est donc la version 1.01 (livre disponible dans toutes les librairies depuis octobre 2008 pour 10 € - 448pages ). Table des matières et les 380 liens urls du livre : http://www.jutier.net/contenu/alternet.htm

Page facebook : http://www.facebook.com/pages/Nouvelle-Civilisation-2012/142297609119607 (480 personnes aiment ça) Cette publication, que vous pouvez bien évidemment imprimer, n’a véritablement d’intérêt que dans sa version électronique puisse qu’elle comporte de nombreux liens URLs directement accessibles. L’association Fraternité Citoyenne est un lieu de débats afin de proposer des solutions concrètes. Nous vivons dans un pays où il n’y a pas eu de guerre depuis des dizaines d’années. L’efficacité des moyens de production s’est multipliée de façon considérable. Il y a une accumulation de travail humain fantastique dans les usines, les bâtiments, les inventions de toutes sortes et il existe encore des pauvres dans notre pays ! Pourquoi ? La réponse est essentiellement due à la mystification bancaire. L’invention des banquiers : l’argent-crédit a permis l’explosion du capitalisme. Il est temps que cette invention tombe dans le domaine public et devienne un argent-service. L’essentiel de nos problèmes sociaux, le chômage, le stress, la pollution, la délinquance, viennent de cette calamité pour l’humanité qu’est l’argent-dette. On peut transformer le monde par ses actes de tous les jours. En changeant ses habitudes de consommation par exemple. Est-il encore utile de dire, de nos jours, que le bonheur n'est pas dans la consommation ? La sobriété n’est-elle pas plus apaisante pour l’esprit et pour la Terre ? Cela dit, La Politique reste le moyen le plus puissant de transformer nos rapports sociaux ainsi que nos rapports avec la nature. En clair, il vaut mieux parler et débattre de la vision que l'on peut avoir du « vivre ensemble » sur un territoire, de la gestion de la cité, plutôt que de se tirer dessus ! Bref, la Politique est incontournable. Les laudateurs du libéralisme économique-capitaliste s'accommodent très bien de la dictature financière dans laquelle nous vivons. La Politique a été sciemment dévalorisée par l'establishment financier, industriel et médiatique. 2

Au 20e siècle, le communisme a été le projet alternatif au capitalisme. Aujourd’hui, ce mot est légèrement « plombé » par l’Histoire. Au 21e siècle on pourrait parler d’écosocialisme, mais peut importe le mot ! L’important, c’est de définir les grandes orientations de la civilisation que nous voulons construire. Pour ma part, je me retrouve bien dans les termes d'Objecteur de croissance, de Dissident à l'ordre économique, de Résistant à la mondialisation capitaliste. L'homme est fondamentalement mauvais et égoïste et l'addition des intérêts individuels contribue, comme par magie, au bien-être collectif. C’est « la main invisible du marché », tel est l’un des postulats de base du capitalisme, du libéralisme, de l'économisme ou de l'économie (ces termes sont parfaitement synonymes). Je crois que la vérité est plutôt : l'homme est fondamentalement bon et le bien-être individuel découle naturellement de ce que chacun donne au collectif. L'homme est fondamentalement bon ! Cela ne veut pas dire que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Certes, l'esprit est souvent perturbé par des émotions perturbatrices (colère, avidité, jalousie, orgueil...) et les pensées qui en découlent font parfois poser aux êtres humains des actes négatifs, mais la nature fondamentale de l'esprit de tout un chacun est amour, compassion, clarté et sagesse. S'il existait un postulat de base de cette idéologie en construction qui s'oppose donc radicalement à l'économie politique, cela ressemblerait plutôt à ça ! Je suis persuadé que le modèle de société issu de ce paradigme est le seul avenir envisageable pour l'humanité. Le marxisme, une réflexion fondamentale sur l’instrument de manipulation de l’énergie humaine et l’apport de philosophies extérieures au paradigme occidental comme le bouddhisme, sont, entre autres, des réservoirs théoriques et pratiques d'une grande richesse pour ce modèle de société qui est à construire et qui correspond au monde fini dans lequel nous vivons. Soyons clairs ! Le capitalisme est un système, une vision du monde, une idéologie, dont il faut se débarrasser. Depuis le début des années 1990, je suis persuadé que le capitalisme est condamné et qu’il va mourir au cours du 21e siècle. Cette idée, comme quoi le capitalisme est indépassable, est extrêmement récente. Elle s’est installée progressivement au cours des années 80. Il suffit de faire un rapide retour sur l’histoire récente, 1871 et la Commune de Paris, 1920 et l’immense espoir suscité par la révolution russe, les années 30 et la faillite du capitalisme, les années 50 avec la guerre froide, les années 60 avec la révolution cubaine, pour constater que non seulement dans l’esprit des gens mais aussi dans la réalité de nombreux pays, le capitalisme était mort ou agonisant. Bref, ce n’est pas être fou que de croire que le libéralisme économique va s’écrouler d’ici 2020, c’est juste faire preuve d’un peu d’intuition. Que le capitalisme meure cela ne veut pas dire que la propriété, les échanges sur les marchés, les magasins et les petites entreprises n’existeront plus ! Non, bien sûr ! Mais, par contre, croire que les marchés de capitaux, les bourses, le contrôle de la monnaie par l’aristocratie financière et que la plupart des absurdités de notre société de consommation disparaissent et feront partie de l’Histoire, cela n’a rien de fantaisiste. Quand ? Quand une majorité des citoyens seront convaincus de l’absurdité, l’iniquité, la violence, la stupidité et de l’inefficacité de cette idéologie. Les chiens de gardes de la civilisation de la marchandise disent que la démocratie libérale est indépassable. En effet, certains affirment, depuis l’implosion de l’Union Soviétique, que c’est la fin de l’histoire. Fukuyama a écrit en 1989 : « un consensus assez remarquable semblait apparu ces dernières années concernant la démocratie libérale comme système de gouvernement, puisqu’elle avait triomphé des idéologies rivales – monarchies héréditaires, fascisme et, tout récemment, communisme. Je suggérais en outre que la démocratie libérale pourrait bien constituer le point final de l’évolution idéologique de l’humanité et la forme finale de tout gouvernement humain, donc être en tant que telle la fin de l’Histoire ». Quelle prétention de se croire indépassable et immortel ! Comme si la civilisation occidentale était le summum de l’Humanité. Non bien sûr ! La démocratie libérale et le capitalisme qui va avec, est une forme d’organisation humaine parmi d’autres, c’est tout. Elle n’est, ni en progrès, ni mieux que toutes les autres formes d’organisations, de civilisations qui ont existé ou existent encore sur cette planète. Les civilisations naissent, vivent et meurent. La nôtre ne fera pas exception. La vision du monde des marchands qui s’est opposée au pouvoir ecclésiastique et aristocratique a été une contribution essentielle à 3

l’histoire de l’Humanité. Mais cette vision est maintenant caduque. Le capitalisme et l’économisme sont profondément néfastes pour l’humanité et la planète. L’économisme est bien une idéologie, un paradigme avec son histoire, sa naissance, son apogée et sa phase de déclin. Non, le capitalisme n’est pas un état de nature. Non, ce n’est pas la fin de l’Histoire. Notre mission est donc de développer un projet de société, un paradigme qui s’inspire des penseurs, des philosophies, des spiritualités de toute l’Humanité pour imaginer de nouvelles règles du jeu afin de vivre ensemble sur cette petite planète si belle et si fragile. Qu’est ce que l’on peut faire immédiatement ? En ce qui me concerne, j'ai choisi d'être un résistant, un dissident à l'ordre néo-libéral, autrement dit de m'impliquer le moins possible dans la production capitaliste. Le choix de consommer le minimum. L'acte le plus subversif et le plus révolutionnaire, c'est de limiter au maximum sa consommation, de participer le moins possible à ce système. La façon la plus efficace de combattre un système qui ne nous convient plus n’est pas de lutter contre lui, mais de s’en désintéresser et de ne plus l’alimenter. Produire moins, s’agiter moins, travailler moins et consommer le moins possible sont les premiers pas vers la liberté. Prendre le temps de s’arrêter pour penser, réfléchir à ce que l’on fait concrètement de bénéfique pour les autres. Comment on se déplace ? pourquoi faire ? Qu’est-ce que l’on achète ? Acheter au marché des fruits et des légumes de saisons produits, de préférence, dans la région. Manger moins de viande, éviter la nourriture industrielle, le sucre et ses dérivés (sodas, biscuits, etc). Refuser tout produit financier, n’achetez que des revues sans publicité, etc.

1 / Nouveau paradigme. Réflexions sur notre civilisation moribonde et sur la nouvelle qui est en train de naître

Discours prononcé au colloque « Nouveau paradigme pour une nouvelle civilisation » le19-09-2009 à Paris : http://www.dailymotion.com/video/xaphl3__news Aujourd’hui, dire que la civilisation de la marchandise est en train de mourir ne semble plus être totalement hors sujet ! Pourtant, au début des années 90, avec la chute du mur et la fin de l’union soviétique, certain soi-disant philosophe, nous ont promis la fin de l’histoire et le régime démocratie libérale capitaliste jusqu’à la fin des temps. Cela n’a rien de très original, au 13e siècle d’autres nous avaient prédit l’ordre médiéval et le pouvoir du Vatican probablement jusqu’au jugement dernier ! bref, de tout temps, il y a toujours des mecs qui pour se faire bien voir du pouvoir en place, prétendent ce genre de sottises. Pourquoi une nouvelle civilisation ? tout simplement parce que comme tout être vivant et comme tout dans l’univers, tout ce qui naît fini par mourir ! et la civilisation de la marchandise ne fera pas exception. 4

On peut ergoter sur la date de naissance du capitalisme, personnellement, j’opte pour l’an 1492. Certain font remonter le capitalisme à la république de Venise, d’autre considèrent que sa véritable naissance coïncide avec les révolutions américaines et françaises ou encore avec le mouvement des enclosures à partir de la fin du 16e siècle. Quoi qu’il en soit, c’est clair que l’Angleterre du 18e était le pays phare du capitalisme naissant et que la création de la monnaie fiduciaire par les marchands d’or qui sont devenus banquiers est l’élément moteur du capitalisme. En clair, pas de capitalisme sans capital ! Evidemment, les laudateurs du capitalisme font remonter celui-ci avec la révolution néolithique. Pour eux, le capitalisme est un état de nature et tout s’explique par le darwinisme social. Thomas Kuhn a beaucoup utilisé le mot de paradigme en référence à une théorie scientifique qui est une description du monde qui nous propose une structure conceptuelle pour décrire un ensemble de phénomènes. Un paradigme entre en crise lorsqu’une multitude de données empiriques, de faits concrets mettent à mal le cadre théorique global. Donc dans une situation de crise, une théorie alternative, une nouvelle vision du monde se présente forcément. Ce mot appliqué aux théories scientifique au 19e, c’est généralisé pour exprimer le substrat idéologique d’une civilisation. Une révolution paradigmatique institue une structure conceptuelle en complet désaccord avec l’ancien paradigme. Et comme en science, la vision du vivre ensemble, la vision du monde, oscille entre des périodes que l’on pourrait dire « normales » dominées par une théorie au sein de laquelle on cherche à résoudre tous les problèmes et des périodes « révolutionnaires » qui renouvellent le paradigme en réinterprétant tous les phénomènes dans un nouveau schéma conceptuel. Historiquement, les révolutions paradigmatiques sont, pour ne citer que les plus importantes sur notre bout de planète appelé occident : - la fin de l’empire romain et l’émergence de la chrétienté comme religion d’état à la fin du 4e siècle ; (suivi d’une période sombre et de chaos : le haut Moyen Age) - la renaissance, la réforme protestante et son corollaire la rédemption par le travail ; et la plus récente, - les lumières du 18e et les révolutions américaine et française. Je ne vais pas m’étendre sur l’histoire du capitalisme et sur ses doctrines fondatrices, d’autres le font déjà très bien. Je dirais simplement que la crise des années 30 a été sa crise cardiaque, la guerre 39-45 son pontage coronarien qui lui a permis de lui donner un second souffle - il faut se souvenir tout de même que le capitalisme était considéré à l’époque par beaucoup comme mourant - et les 30 glorieuses, que Dumont appelait les 30 désastreuses, comme son sursis avant la lente agonie dans laquelle nous vivons. Au début des années 80, dans l’école d’ingénieur à Montréal ou j’étais à l’époque, n’ai je pas appris que grâce aux biotechnologies et aux NTIC, nous allions, très certainement, connaître la phase ascendante du 5e cycle de Kondratiev ! Pauvre Kondratiev ! économiste russe limogé par le pouvoir stalinien car il prétendait que le capitalisme renaît de ses cendres après une crise grave dans une périodicité de cycles long de 50 à 60 ans liés aux différentes grandes innovations technologiques. Non, non, non, circulez il n’y a rien à voir ! vous ne verrez jamais ce 5e cycle de kondratiev tant attendu ! Evidemment, une civilisation ne meurent pas du jour au lendemain. Alors, allons nous vivre une lente agonie sur plusieurs décennies ? Personnellement, je ne crois pas. D’abord, parce que cette agonie et déjà commencé depuis le début des années 80 et ensuite parce qu’il suffit d’observer honnêtement les événements et l’évolution des mentalités pour constater que la mort clinique du capitalisme est imminente. Sincèrement, je crois que la chute de cette civilisation est pour bientôt. 2015 ? 2020 ? 2025 tout au plus ! Franchement, je n’arrive pas à me projeter dans 30 ans en train de regarder la pub à la télé et le JT de 20h avec des zozos qui ont des tronches de premier de la classe (comme disait Coluche) qui nous parlent de croissance obligatoire pour réduire le chômage et tout le bourrage de crane qui va avec. Je suis ingénieur de père ingénieur et je suis très critique vis à vis du progrès matériel et de la technologie mécanique sans âme. Je n’ai jamais cru que la richesse matérielle pouvait à elle seule venir à bout de la 5

souffrance. Les avancées de la technologie n’ont pas généré beaucoup plus qu’une amélioration linéaire et quantitative. Le progrès n’a pas signifié beaucoup plus qu’un grand nombre de maison confortable dans un plus grand nombre de villes et un plus grand nombre de véhicules qui circulent entre elles. Il y a certainement eu une réduction de certains types de souffrances, mais pas une réduction générale notable. Notre job, c’est de proposer une vision du vivre ensemble alternative à un système qui est devenu hypocrite, stupide et violent basé sur le mensonge permanent (le marketing) et la cupidité. Il suffit d’observer pour constater que ce n’est pas les solutions de remplacement qui manquent. Il vous suffit de surfer sur la toile et de fouiner dans les librairies pour voir à quel point, si le capitalisme meurt demain matin, nous aurions aucun problème pour trouver des solutions afin de vivre sereinement, paisiblement, confortablement, sans se tresser, sans s’énerver, sans trop travailler, tout en mangeant une nourriture saine et ayant accès à une médecine plurielle qui soigne vraiment plutôt qu’à une médecine pognon. Avec la crise, je me réjouis de constater que les socio-économistes, Marx, Durkheim, Weber, Schumpeter, Mauss, Polanyi et Serge Latouche sont de retour car les économistes orthodoxes ou néo-classiques avec toutes leurs équations nous gonflent et se gonflent d’arrogance à vouloir nous démontrer que l’économie est une science avec ses lois – leurs lois – les règles du capitalisme. Pour plus d’information voir l’excellent ouvrage de Serge : l’invention de l’économie. Pour résumer, tout est de la faute à Walras avec son modèle de l’équilibre général qui met l’économie en totale apesanteur sociale. Le premier point essentiel c’est la réappropriation de la création monétaire par le peuple pour le peuple et géré par ses élus et par l’Etat par un retour de la banque de France et la nationalisation de toutes les banques. En clair : tout les intérêts doivent être payé à l’état. L’état souverain doit être le seul créateur de la monnaie fiduciaire et scripturale. Je précise que ces deux termes se confondent si l’Etat contrôle la création monétaire. D’autre part la fonction d’assurance ou mutualiste doivent également être contrôlé par l’ensemble des citoyens et sortir de la sphère du profit. De même que tous les grands moyens de production et de transport qui doivent appartenir à l’ensemble de la collectivité par des processus de direction à inventer comme des directions collégiales issues à la fois d’usagers, d’employés et d’élus ou de représentant d’élus. Bref un nouveau contrat social, avec l’entrée de concept comme la gratuité d’un certain nombre de services et même de biens, un service social à la carte, un revenu d’existence de la majorité à la mort, etc… En fait, c’est vraiment pas difficile d’imaginer une société libéré du carcans du pouvoir financier international et des multinationales, libéré de l’impératif du profit. Avec les moyens technologiques dont on dispose, faites marcher votre imagination cinq minutes et vous visualiserez facilement comment pourrait être la vie si on n’était pas sans cesse obligé de produire toujours plus de marchandises pour que les entreprises puissent payer leur loyer monétaire. Pas besoin d’une imagination débordante pour voir à quel point cette société serait paisible et confortable, à quel point les citoyens pourraient se consacrer à développer l’être plutôt qu’à accumuler de l’avoir. Mais certain ne sont pas d’accord ! devinez qui ? évidemment, ceux qui sont au pouvoir. C’est à dire les bilderbergers, les mecs du CFR, de la trilatérale, chez nous ceux qui se retrouvent un mercredi par mois place de la concorde au sein des sein du pouvoir politique, économique, médiatique, intellectuel et syndical, dans une association qui s’appelle le Siècle et bien sûr les frères la gratouille (c’est Mitterrand qui les appelaient comme ça) des clubs G.O., G.L.N.F. et autre Grande Loge De France ou l’on retrouve une bonne partie de la nomenklatura française. Et, évidemment, tous ces gens là, ils n’ont pas envie de changer le monde et on comprend pourquoi puisqu’ils sont au pouvoir ! et ils font tous qu’ils peuvent pour nous convaincre que le monde a toujours été ainsi et qu’il sera toujours comme ça et la plupart des intellectuels et des journalistes sont là pour continuer à nous le faire croire ! De toute façon, une vision du monde tiens parce que les dominants tiennent les dominés par un discours idéologique et lorsque l’on s’approche de la fin d’une société, ces dominants prétendent que ce n’est pas un discours idéologique et qu’il n’existe aucune autre vision du monde possible ! Mais, les choses ne sont pas si simple ! évidemment il y a ceux qui sont tout en haut de la pyramide mais ensuite, il y ceux qui sont juste en dessous et puis ceux qui sont juste en dessous de ceux qui sont juste en 6

dessous, etc. Et chacun se dit : j’ai un plus ou moins gros bout de fromage et de tout façon je ne vais pas changer le monde et puis après tout, après moi le déluge ! ceux qui sont en haut sont évidemment bien conscient de l’absurdité du système, certain y croit peut être, mais j’en doute ou alors ils sont très cons mais ça paraît difficile, vue qu’ils sont en haut et que pour être en haut c’est qu’ils ne sont pas si con ! pour résumé, il y a beaucoup d’hypocrites ! Et plus on descend, moins les gens sont vraiment conscient, mais c’est surtout qu’il ne veulent pas le voir. On appelle cela : la servitude volontaire. Et, il faut bien le dire, cette servitude est rassurante, pourquoi se poser des questions ? C’est fatigant de se poser des questions ! C’est tellement plus simple de s’avachir sur son canapé et de regarder des talk show et des reality show stupides. Posez-vous cette question : est-ce que ce que je fais dans ma vie professionnel est véritablement bénéfique aux autres ? ou est-ce que ce que je fais est une façon plus ou moins hypocrite de profiter de la seule mine inépuisable : la bêtise humaine ? Est- ce que je mangerais les fruits et les légumes de mon exploitation agricole saturé d’intrants, est-ce que j’achèterais les produits ou les services de l’entreprise pour laquelle je travaille, est-ce que j’ai besoin d’acheter tout ces produits qui me sont si gentiment proposé à la TV pour remplir mon vide intérieur ? Alors, qu’est-ce que l’on fait ? parce qu’il paraît que la reprise pointe son nez ! on-t-il réussi à moraliser le capitalisme ? excusez-moi d’en douter ! c’est la novlangue du libéralisme, c’est orwelien comme formule, moraliser le capitalisme, voyons donc ! c’est du même genre : que la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage ou l’ignorance c’est la force ! donc ne pas se poser de questions, continuer à penser que le capitalisme est là jusqu’à la fin des temps, et surtout de ne pas s’inquiéter, d’ailleurs, le grand gourou de l’économie mondialisé, l’ancien argentier des états unis, l’affreux Greenspan nous dit : « finalement la crise actuelle qui, rassurez-vous, est en train de s’achever, n’est que le fruit d’excès spéculatifs inévitable en période de prospérité ». Soyons sérieux, imaginons ce sur quoi pourrait être fondé cette nouvelle civilisation. Je précise, faisons les choses sérieusement, mais ne nous prenons pas personnellement au sérieux parce qu’il faut bien le dire, les gens qui se prennent au sérieux sont dangereux. Et plus ils ont du pouvoir et plus les dégâts sont considérables. Tout d’abord, il est faux que le monde doit nécessairement être un gâchis et une vallée de misère. Le monde peut être beau et plein de sens ; et la vie humaine est une occasion extraordinaire d’atteindre le plus grand épanouissement imaginable. La vérité de la souffrance signifie qu’une vie dominée par l’ignorance sera toujours insatisfaisante, mais tout ne s’arrête pas là ; elle signifie aussi que nous pouvons acquérir une sagesse et vaincre l’ignorance afin de vivre librement dans la béatitude et de partager cette béatitude avec nos semblables. La guerre et la violence ne sont pas des réalités inéluctables. Lorsque les dirigeants et leur peuple reconnaissent ce caractère précieux de la vie humaine en particulier et de la vie de tout être sensible en général, ils peuvent indéniablement améliorer la nature de leur société et vivre selon une certaine sagesse, en harmonie avec la nature et leur entourage. Etre civilisé signifie faire preuve de sagesse, de bonté, d’amour et de joie de vivre, et toute société qui cultive ces qualités est une véritable civilisation. Il existe sans contredit des exemples de sociétés qui ont réussi à démontrer une grande bonté, notamment dans l’Inde ancienne, au Tibet, en Mongolie et en Chine en certaines époques florissantes. La période que nous vivons actuellement est unique, car grâce à la technologie et aux enseignements de toutes les grandes religions, les êtres humains sont, maintenant plus que jamais, en mesure de s’éveiller massivement à leur véritable potentiel et nous pourrions véritablement réaliser cet ancien rêve de la paix sur terre. J’appelle à la révolution, mais contrairement à l’exemple sanglant de 1789, j’appelle à une révolution non-violente, à une révolution éthique et spirituelle. La bonté, l’amour et l’altruisme sont les clés du bonheur. La compassion n’est pas que sentimentalité ; c’est plutôt une puissante méthode pour arriver à vivre une bonne vie et pour atteindre le vrai bonheur. Il nous faut développer conjointement ces qualités que sont l’empathie et la raison. L’empathie, comme celle d’une personne très honnête ; la raison, comme celle de quelqu’un qui a un esprit très pratique. La grave crise postmoderne à l’échelle planétaire exige cette 7

révolution afin d’éviter les divers scénarios apocalyptiques annoncés et notre monde sera viable pour les siècles à venir. La religion humaine commune d’amour et de bonté a de véritables fondements biologiques dans la nature humaine. Parallèlement à notre aptitude naturelle d’empathie envers nos semblables, nous avons aussi besoin de la bonté des autres qui, comme un fil directeur, traverse toute notre vie. La spiritualité est plus vaste que toute forme particulière de religion ; elle est essentielle tant au bonheur individuel qu’à la viabilité de notre monde. L’éthique est également plus universelle que les prescriptions religieuses particulières. Malheureusement, la foi religieuse n’est pas une garantie d’intégrité morale car, en effet, si l’on regarde l’histoire, nous constatons que parmi les plus grands fauteurs de troubles – ceux qui ont eu recours à la violence, à la brutalité et à la destruction dans leurs rapports avec les autres humains - , nombreux sont ceux qui professaient une foi religieuse, parfois haut et fort. Si la religion peut nous aider à établir des principes moraux de base, il est néanmoins toujours possible de parler d’éthique et de morale sans faire référence à aucune religion. De façon générale, la non-violence est essentielle à la résolution des désastres humains que sont les conflits sociaux et les guerres et ce qu’on appelle l’idéalisme, ou l’utopie, n’est pas nécessairement synonyme d’irréalisme, comme le prétendent certaines théories séculières modernes qui posent un regard cynique sur la psyché et sur la société. Mesdames et messieurs, ouvrez votre cœur, faites marcher votre imagination et en avant vers la civilisation du troisième millénaire. Une civilisation s’éteint, une autre s’éveille… Consommer est le nouveau devoir du citoyen moderne. Mais consommation est-elle synonyme de bonheur ? Tous ces produits nous apportent-ils un authentique bonheur, hors l'image de bonheur véhiculé sur l'écran cathodique télévisuel ? Ce gaspillage des ressources naturelles et des matières premières ne mène t'il pas plutôt à une catastrophe écologique, à un suicide collectif ? La consommation et la production effrénée de marchandises sont des crimes contre l'humanité. Les gens sont conditionnés à penser qu'il faut gagner sa vie à la sueur de son front. Nos ethnologues définissent le travail comme synonyme de progrès. Vous est-il arrivé de vous arrêter sur un pont traversant une autoroute et de contempler le flux des voitures ? Où courent-ils ces hommes et ces femmes dans leur cercueil roulant ? Que font-ils avec leurs téléphones cellulaires, leurs micro-ordinateurs portables? Avons-nous perdu la tête ? Le matérialisme nous mène à la catastrophe, nous le savons fort bien, mais nous ne faisons rien. Les intellectuels de la fin du 19e siècle rêvaient d'une société où l'homme serait affranchi du travail, ils pensaient que la maîtrise des énergies fossiles et de la technologie permettraient un monde meilleur. En moins d'un siècle nous avons réussi à maîtriser l'énergie et à façonner une technologie efficace. Nous possédons les moyens de ne travailler que quelques heures par semaine pour entretenir notre niveau de vie et une qualité de vie bien supérieure à celle d'aujourd'hui. Pourquoi ne pas se réjouir du chômage dû à l'amélioration des moyens techniques de production ? Pourquoi gaspiller autant d'énergie humaine ? Aujourd’hui, au début du 21e siècle, l'humanité n'a jamais autant souffert des famines, des guerres, de la pollution, de la détresse morale et du surmenage, des exclusions, etc, alors qu’il y a tant et plus de gaspillage, de surconsommation, de production d’objets inutiles, de publicités… L'idéologie économique grâce au prodigieux matraquage médiatique n'est plus considérée comme une idéologie, c'est même pour certains, Fukuyama et les néo-conservateurs : "La fin de l'histoire". Selon eux, nous n'avons pas le choix. Nous devons, bon gré ou malgré, nous soumettre à la loi du marché, à la main invisible telle qu'Adams Smith l’a inventée. Hors le capitalisme point de salut ! Ah, la sacro-sainte économie capitaliste, cette nouvelle religion qui impose sa domination à l'ensemble du globe ! Toutepuissante elle détruit la planète: pollution des éléments naturels, déforestation, création d'organismes génétiquement modifié, brevet sur le vivant... Elle asservit et exclut des populations entières. Pour maintenir son dogme, elle donne à chacun un contrat social se limitant à : se plier ou être brisé. Le système éducatif, la publicité et les médias conditionnent les esprits, violent la liberté de pensée et dictent les modes de vie. Le Nord a instauré son modèle comme le seul et l'unique. Les pays du Sud et de l'Est, infériorisés, sont 8

maintenus dans la servitude, par la guerre si nécessaire. Les multinationales y exploitent à leur gré et sans merci, matière première et main-d'œuvre. Le Nord impose ses volontés au reste de la planète, qu’il s’agisse d'économie, d'organisation sociale ou de régime politique. Les écarts de richesses s'agrandissent aussi au Nord. La politique libérale accroît la masse des "exclus" et asservit les salariés par la flexibilité et la précarité. Elle s'étend à tous les secteurs par la privatisation du service public. Face à la peur de l'exclusion, la soumission à la loi du marché devient totale. L'individualisme et la compétition se développent. L'indifférence face à ceux qui sont victimes de la misère grandit. Les détenteurs du pouvoir financier appuyés par leurs relais politiques, intellectuels et médiatiques, et servis par le prodigieux développement de la technoscience, ont entrepris et presque réussi la colonisation de la planète. Ces transnationales imposent à toutes les formes de vie - humaines ou non - une même civilisation qui se teinte des cultures qu'elle absorbe. Partout, des mémoires et des savoirs millénaires sont effacés, des danses et des costumes sont oubliés, des dieux et des temples délaissés, des peuples et des cultures disparaissent pour toujours. Partout des champs sont surexploités et des écosystèmes dévastés. Dans chaque pays, les valets politiques et technocratiques des firmes transnationales trahissent les intérêts de leurs communautés en oeuvrant à la généralisation de la guerre économique et à l'uniformisation du vivant. Contrairement à ce que nous répètent les médias et quelques naïfs, ce n'est pas l'amour entre les hommes qui est le véritable moteur de cette mondialisation-là, mais uniquement la loi du profit. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Comment la technoscience s'est-elle imposée comme croyance dominante ? Pourquoi la vision politique de la caste des commerçants, devenus « économie politique » puis « science économique », s'est-elle imposée comme la pensée unique ? C'est à partir de la Renaissance que l'économie politique (l'expression apparaît en 1615) devient une discipline de pensée. Elle se détache de la philosophie et se préoccupe exclusivement de la création et de la circulation des biens matériels. L'économie politique se transformera en sciences économiques, et cette mutation fut favorisée par le recours de plus en plus fréquent à l'arsenal mathématique, essentiellement l'analyse et la statistique. La "science économique" est une imposture et le libéralisme est une idéologie. La science économique n'a qu'un seul objectif : contribuer à convaincre et soumettre le peuple au choix philosophique et politique qui a été fait au 18e siècle par la caste des commerçants. L'origine de la pensée libérale remonte à la renaissance. Face à l'obscurantisme religieux, la foi en la raison émerge comme idéal et moyen pour comprendre la nature. Contre la recherche d'un bonheur dans l'au-delà, on propose l'optimisme de la science. D'un point de vue métaphysique, l'Occident va basculer progressivement de la croyance en l'existence d'une entité ou d'un soi permanent, unique, indépendant, créateur de l'univers : le judéochristianisme, à sa négation : le matérialisme scientiste. Le libéralisme est un ensemble hétérogène d'idées qui se fondent sur la croyance que l'homme a la possibilité de se rendre maître de l'univers pour le conquérir et en jouir. En 1970, le club de Rome nous avait déjà mis en garde contre les excès du libéralisme. Leurs avertissements sont restés lettres mortes. Pour survivre, la société de consommation se devait d'aller toujours plus loin. La solution n'est ni de type Keynésien, économiste qui a préconisé des dépenses publiques destinées à remplir les poches des consommateurs afin qu'ils se précipitent à consommer, ni de type monétariste, économie qui consiste en la manipulation des taux d'intérêts et de la masse monétaire en circulation ce qui permet d'accroître alternativement le pouvoir d'achat ou l'épargne. Si on réfléchit attentivement, on comprend que l'argent, le capital, symbole d'énergie humaine cristallisé, n'est en soi rien d'autre qu'un instrument permettant de mobiliser les hommes pour l'action, qu'un canal pour utiliser l'énergie humaine et il ne doit être utilisé à des fins productives que s'il contribue au bien-être des hommes. La solution à notre soi-disant problème économique n'est pas de dépanner la croissance ou d'arriver à une croissance zéro, comme pouvait le recommander le Club de Rome. La vraie réponse, à long terme, c'est de sortir du paradigme économique dans lequel nous nous sommes enfermés. Nous devons réfléchir à la notion de croissance. L'augmentation de la production, de la consommation et donc de la pollution ne sont pas synonyme d'un accroissement du bien-être et de la qualité de la vie. Tout système vivant produit une énergie excédentaire et cette énergie doit être utilisée d'une façon ou d'une autre. À ce sacrifice, par manque d'imagination, nos solutions sont pitoyables : la société de consommation ou pire encore la guerre. 9

L’économie et le capitalisme sont nés avec la découverte de l’Amérique. La république de Venise n’en était qu’un avant goût. Le capitalisme convenait pour un monde en expansion, au monde des marchands. Il fallait, sans cesse, trouver de nouveaux marchés à conquérir, de nouveaux territoires à exploiter et de peuples à asservir. La soif de pouvoir de cette nouvelle classe, qui ne réussissait pas à supplanter l’aristocratie, allait s’exprimer dans cette nouvelle aventure de conquête pour imposer sa vision et sa domination aux peuples de la planète. Un des dogmes fondateurs de l’idéologie capitaliste, c’est le postulat d’A. Smith. Une étude attentive de l’histoire des solidarités de toutes sortes démontre, sans contestation possible, que ce postulat est dénué de tout fondement. Croire en ce postulat, c’est nier l’humanité elle-même. Nier les qualités fondamentales de l’être humain. Le capitalisme et la techno-science ont le mérite d’avoir développé des moyens de productions d’une grande efficacité. L’innovation du capitalisme c’est la création monétaire ex-nihilo et donc cette capacité à mobiliser l’énergie humaine par un moyen autre que les moyens coercitifs utilisés depuis la nuit des temps : l’esclave, le servage. Mais la captation de cet outil monétaire par une nouvelle aristocratie non élue et cachée est inacceptable. Le capitalisme est efficace pour répondre à la rareté. En fait, il a rempli son rôle historique : combler notre avidité, notre notion de manque, il nous a submergé de marchandises ! Mais comment s’est installée en occident, au cours de l’histoire, la croyance en la rareté ? Dans nos pays au climat difficile et avant la maîtrise de l’énergie, point de départ de l’ère industrielle, les premiers hommes qui n’avaient que quelques outils rudimentaires avaient beau travailler beaucoup, ils produisaient à peine de quoi survivre. Sans parler d’un hiver trop long, d’un été pluvieux ou d’une épidémie qui venaient ruiner leurs efforts. Cette pénurie de fait fut inséparable de la plupart des européens tout au long de l’histoire au point qu’elle imprima dans leurs esprits une réalité de manque, une conscience de pénurie. De cette croyance, de cette angoisse comme quoi il n’y aurait pas assez pour tout le monde, s’ensuit une peur de manquer, de mourir, si habituelle et si présente qu’elle devient une seconde nature. De cette notion de rareté découle l’économie de marché. L’économie de marché est adéquate tant que la demande dépasse l’offre. La crise des années 30 est une crise de surproduction. En ce début de troisième millénaire, de cette ère du verseau, avec le climat qui se détraque, la démographie qui explose, la finance qui s’emballe, le matraquage idéologique, la guerre économique et militaire permanente, il faut vraiment se cacher les yeux pour ne pas voir que de grands changements sont imminents. Cette idéologie de la marchandise est entrain de mourir et son faire-part de décès se résume très bien dans le slogan alter-mondialiste : « Le monde n’est pas une marchandise ». Il s’agit juste de la pousser un peu plus vite dans la tombe avant qu’elle ne fasse encore plus de dégâts. Ce système est condamné, cette idéologie est moribonde. La durée de vie d’une civilisation est bien longue par rapport à notre courte existence humaine, mais il ne faut pas être un grand visionnaire pour comprendre que cette civilisation de l’argent crédit et de la marchandise est sur sa fin. En fait, les civilisations meurent lorsque la métaphysique qui les soutient n’est plus valide. Comme les penseurs de la Renaissance qui ont projeté la vision marchande et qui sont à l’origine du « monde moderne », il nous faudra bien imaginer la civilisation de demain. Il s’agit, maintenant, de poser les bases de cette civilisation, de ce nouveau paradigme, d’un autre modèle de société pour les siècles à venir. La critique de l’économie politique porté par Marx est incontournable mais l’histoire malheureuse du communisme au 20e siècle a montré qu’elle n’était pas suffisante et viable sur le long terme. Il manque une dimension de transcendance. Cette dimension peut-être trouvée dans une confrontation avec des philosophies orientales. Arnold Joseph Toynbee (1889 – 1975 - historien britannique) a dit que l’événement le plus important de l’histoire récente est l’arrivée du bouddhisme en occident. On peut, en effet, se poser la question de l’influence à long terme de cette philosophie dans la transformation paradigmatique de notre civilisation. L’occident des lumières a réussi à se débarrasser de la vision imposée par l’église catholique et de son pouvoir divin et coercitif mais comme l’explique Skolimowski, nous avons « jeté le bébé avec l’eau du 10

bain ». Il s’agit de remettre l’être humain au centre et en relation harmonieuse avec la nature. Certes le modèle matérialiste est parfois utile, mais il nous faut voir le monde humain avec plus de globalité. Il devient urgent de sortir de la vision purement matérialiste et scientiste vue comme une vérité absolue ou dogmatique. Que nous apprend le bouddhisme, cette science de l’esprit ? La souffrance, l’insatisfaction, dukka en sanscrit, existe parce que nous croyons, nous saisissons un personnage, un « moi » qui n’a pas d’existence intrinsèque. Depuis notre naissance – et même avant ! – nous construisons, nous solidifions sur l’étiquette – le nom – que l’on nous donne un « ego ». En fait, tous nos problèmes, nos souffrances viennent de cette saisie. Il s’agit de lâcher prise (ce travail se fait progressivement !) sur cette construction, sur ses pensées, ses émotions qui semblent nous appartenir. Et l’on comprend que le bonheur, la libération a toujours été là. Il s’agit juste de ne pas prendre au sérieux ce personnage, un peu comme si l’on s’était identifié à un personnage lors du tournage d’un film et que le tournage était fini. Les gens qui se prennent au sérieux sont ennuyeux et parfois très dangereux (les nazis, les intégristes musulmans sont, entre autres, des gens très sérieux !). A partir du moment où l’on prend un peu de distance avec notre personnage, l’espace devient beaucoup plus vaste et l’on ne peut pas s’empêcher de constater que les autres sont souvent toujours prisonniers de leur personnage, de leur ego. Naturellement, on n’a qu’une seule envie c’est de les secouer, un peu, pour les décoller, un peu, de cette saisie égoïste (le but de cet publication n’est pas de donner les bases du bouddhisme pour cela voir : www.jutier.net/contenu/bouddha.htm). Le principal problème d’un matérialiste en général et d’un politique matérialiste en particulier, c’est sa motivation. Pourquoi agir et pour qui ? un matérialiste ne peut agir que motivé par son propre intérêt. La mort vient toujours trop vite ! Sans une perspective plus vaste ou un « égoïsme intelligent » comme dirait le dalaï-lama, on veut tout et tout de suite. Erreur grave ! le bonheur, la libération, passe forcément par l’ouverture aux autres, la compréhension de la souffrance d’autrui, la compassion. L’égoïsme intelligent c’est sur le long terme ! C’est bien ce qui manquait aux communistes. Le socialisme du 21e siècle c’est une partie marxiste et une partie compassion. Dans une vision matérialiste, le capitalisme est triomphant. Au moins, il n’y a pas d’hypocrisie sur la motivation des gens. Tout, tout de suite et après moi … le déluge ! L'alternance entre des systèmes politiques réellement différents est totalement impossible. Si les socialistes français et la droite peuvent se refiler le bébé d'une législature à l'autre, c'est bien parce que sur les principes fondamentaux ils sont d'accord, que l'économie fonctionne de la même façon sous les uns et sous les autres, et que les mêmes règlements internationaux sont respectés. Qu'est-ce que des décroissants, des communistes, des autogestionnaires peuvent bien trouver d'intéressant aux principes "démocratiques" d'un système qui les rejette par principe comme gouvernants ? La gauche aux élections, c'est un peu comme la poule qui se casse éternellement le bec contre la vitre en essayant d'aller de l'autre côté. Elle ne sert que d'alibi au capitalisme pour prétendre qu'il va de pair avec la liberté d'expression, puisqu'il autorise même sa propre contestation. Ce n’est donc pas d’une alternance qu’il faut mais bien d’une révolution. Ce qu’il faut, c’est l'instauration d'un système politique basé sur les Droits de l'Homme, le respect de l'environnement, de la planète et du vivant, la réappropriation de la création monétaire par la collectivité, la gestion des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie par la collectivité, la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen, la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité. La finalité, c’est l'existence d’une société profondément humaine, ce qui conditionne l'épanouissement de chacun des individus la composant. L’appropriation par les citoyens de la « part maudite » ne peut se faire que par une compréhension du processus d’accumulation. La part maudite est captée par la classe dominante. La véritable démocratie c’est de décider collectivement de l’utilisation du surplus. Les intellectuels qui ont le loisir, par définition, de réfléchir à l’absurdité de l’idéologie dominante devraient être beaucoup plus critiques vis-à-vis du capitalisme. Si par lâcheté, par peur de perdre leur poste ou d’être 11

écartés des médias dominants, ils continuent à encenser ce système, ils ne méritent pas mieux que la servitude à laquelle ils sont soumis. Le courage d’un penseur, c’est de dire ce qu’il a au fond du cœur, ce qu’il croit juste même si cela doit être au détriment de sa petite carrière. La dissidence, le refus de coopérer, le sacrifice de son petit confort sont des devoirs lorsque le bien collectif de l’humanité est mis en danger par quelques despotes en l’occurrence l’oligarchie transnationale et financière de l’empire d’occident. Refusez de participer à la guerre économique, limitez sa consommation et encouragez vos proches à faire de même. Les problèmes de toutes Sociétés peuvent se résumer à comment canaliser l'énergie humaine et à comment décongestionner la part maudite ! 1 / Comment produire les richesses ? Grâce à la technologie, ce problème est facile à résoudre ! 2/ Comment donner à chacun l'opportunité de se rendre utile pour la communauté ou, autrement dit, comment donner une activité, un travail à chacun de sorte que chacun se sente intégré, inclus dans la société ? 3 / Comment répartir les richesses produites ? Toutes les révolutions et les mouvements sociaux sont, évidemment, la conséquence d'une mauvaise répartition. Une bonne gestion de la cité doit donc éviter les trop grandes différences de richesses. 4/ Comment utiliser l'énergie humaine excédentaire ? Comment s'occuper ? C'est, en fait, le principal problème de l'humanité ! Pascal disait que tous nos problèmes viennent du fait que nous ne sommes pas capable de rester tranquillement assis dans notre chambre. Heureusement, sinon la vie serait bien triste ! Une fois les besoins de base satisfaits, que faire de notre temps ? La diversité de l'expression de la vie, l'art, la fête et toutes activités non indispensables à la survie en sont des manifestations. Pour bien comprendre ce dernier point, il est utile de revenir à la théorie du potlatch, fête amérindienne, exposée par Mauss dans son « Essai sur le don », forme archaïque de l'échange, paru dans l'année sociologique de 1925 et sur l'essai de Georges Bataille, " la part maudite " écrit en 1949. La notion de « Part maudite », d’énergie humaine excédentaire, est centrale dans cette affaire ! toutes les civilisations, comme l’a si bien démontré Georges Bataille dans l’œuvre la plus importante de sa vie, sont déterminées par la façon d’utiliser cet excédent. En fait dans la plupart des civilisations – et on pourrait définir qu’une civilisation existe à partir du moment où elle dégage un excédent conséquent – il y a toujours des petits malins qui sont bien conscients que cette « part maudite » existe. L’aristocratie faisait la guerre et la fête, mais ne travaillait jamais. Leur fonction sociale était de dépenser cet excédent. Aujourd’hui, les petits malins, se sont les escrocs mentionnés dans le chapitre 2. Nos moyens de production d'énergie et de biens de consommation, nos moyens d'organisation informatique, bref, notre technologie de plus en plus performante entraînent un surplus d'énergie humaine de plus en plus important. La question est toujours la même : comment sacrifier cet excédent ? Cet excès de forces vives, qui congestionne localement les économies les plus misérables, est le plus dangereux facteur de ruine. La décongestion a donc de tout temps, mais au plus obscur de la conscience, été l'objet d'une recherche fiévreuse. Les sociétés anciennes la trouvèrent dans les fêtes ou dans la construction d'admirables monuments. Mais ces dérivatifs ont toujours été insuffisants. Dans l'ensemble, une société produit plus qu'il n'est nécessaire à sa subsistance, elle dispose d'un excédent, et c'est l'usage qu'elle en fait qui la détermine. Ce surplus est la cause de l'agitation, des changements de structures et de toute l'histoire. L‘usage le plus commun de cet excédent est la croissance. L'énergie (la richesse) excédante peut-être utilisée à la croissance d'un système (par exemple d'un organisme). Si le système ne peut plus croître ou si l'excédent ne peut en entier être absorbé dans sa croissance, il faut nécessairement le perdre sans profit, le dépenser, volontairement ou non, glorieusement ou de façon catastrophique. Après un siècle de peuplement et de paix industrielle (1815-1914), la limite provisoire du développement étant rencontrée, les deux guerres ont provoqué les plus grandes orgies de richesses et d'êtres humains qu'eût enregistrées l'histoire. En définitive, c'est la grandeur de l'espace terrestre qui limite la croissance globale. Le potlatch occidental, c'est la société de consommation. Certes, c'est mieux que la guerre mais ne pourraiton pas trouver d'autres moyens de sacrifier l'excédent ? La solution ultra-libérale, c'est la croissance. Les apologistes des "30 glorieuses" prétendent faire revivre cette croissance par la seule application sans 12

restriction du libéralisme et refusent de reconnaître que cette "gloire" se paie trop chère : par la destruction de notre environnement. Ils ne se soucient guère des générations futures, des démunis, des exclus. Nous sommes passés de l'ère du progrès, à l'ère du gaspillage absurde. Dans nos sociétés post-industrielles, nous employons l'excédent à multiplier les services (banques, assurances, etc.), en organisant des processus de vente toujours plus agressifs, en créant de nouveaux objets qui répondent à de nouveaux besoins nouvellement créés. Le travail des artistes et toute la société du spectacle répondent, aussi, à cet impératif. Et bien sûr la guerre, moyen d'une efficacité redoutable ! Mais une vraie bonne guerre n'est plus possible et surtout totalement inacceptable. On va tout de même pas faire un troisième conflit mondial pour sauver le capitalisme ! Désolé, mais nous ne retrouvons plus jamais les trente glorieuses ! Le problème de toute l’histoire de l’humanité c’est qu’il y a toujours des plus malins ou des plus costauds qui profitent de cette accumulation. La critique de Marx est née de son indignation bien naturelle de la captation de l’excédent par la classe bourgeoise. Le communisme réel, l'avatar socialiste soviétique, a été un essai raté de tentative de remplacement du système capitalisme parce que, entre autres problèmes, la récupération de cet excédent l’a été au profit d’une nouvelle classe : les dirigeants du parti communiste. Et aussi, peut-être, parce que leur système était moins efficace pour produire. La création de monnaie ex-nihilo et cette croissance obligatoire pour pouvoir payer le loyer sur l’argent dette est le processus de captation de la part maudite par la bande d’escrocs. Le problème, c’est que ce mode de fonctionnement, outre qu’il est scandaleux, est surtout inefficace, néfaste, violent et destructeur de lien social et de l’environnement. La priorité c’est de se réapproprier sa « part maudite » ou selon le vocabulaire marxiste, devenir maître de sa plus value. La vraie révolution, la véritable émancipation, c’est de devenir maître de sa propre « part maudite ». Et surtout, c’est d’amorcer un vrai changement politique, une révolution non-violente et démocratique, pour remercier – congédier ! – les petits malins d’escrocs qui font marcher le monde sur la tête pour siphonner, gaspiller notre extraordinaire excédent. Le Bazarov occidental a bien appris sa leçon : l'ordre mondial néo-libéral ne doit pas être remis en cause. Pourtant, les jeunes gens de la fin des années soixante critiquaient la vanité de la rationalité occidentale, l'hypocrisie du mode de vie, l'absurdité de la société de consommation. Après avoir fumé quelques joints et faute d'avoir trouvé une autre voie, ils s'empressèrent de réintégrer la société en créant des agences de pub, de communication, de marketing, et/ou en créant de nouveaux objets comblant des besoins nouvellement créés. Aujourd'hui, l'élite de la jeunesse occidentale - les nouveaux Bazarovs (voir connaissances et valeur d’Henryk Skolimowski) - la tête bien pleine de rationalité, ont bien appris leurs leçons. La seule mine inépuisable, c'est la bêtise humaine. Alors ils passeront leur existence à faire consommer et à consommer des GTI Turbo, des brosses à dent triples têtes, des couches super absorbantes avec retensorb (mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?). Ceux qui se croient les plus intelligents font courir les autres avec des diplômes, des promotions, des titres et autres carottes, ou ils leur font peur en brandissant la menace de l'insécurité, du chômage, de l'exclusion et autres bâtons. Essentiellement aveuglés par l'avidité de biens matériels et de reconnaissance sociale, nous avons oublié le sens véritable de la vie humaine, reliée à celui de l'univers : la progression vers l'éveil spirituel. Le problème de l'écoulement des marchandises deviendra même, comme l'a montré Vance Packard dans les années 60, un devoir social du citoyen. Dans les années 2000, les données n'ont pas vraiment évoluées : il s'agit toujours de trouver de nouveaux besoins, d'accélérer le taux de rachat, de trouver de nouveaux marchés. Pourquoi considérer l'avancement d'une société en terme de production, de performance ? Nos technocrates, porte-étendard du sacro-saint progrès, disent qu'on peut toujours aller de l'avant. On pourrait croire que le nouvel ordre mondial néo-libéral ne peut et surtout ne doit pas être remis en cause. Pourquoi ? Par peur du changement et de l'inconnu peut-être ? Et puis surtout parce que, du bas en haut de l'échelle sociale, nous nous sommes trouvés un petit morceau de fromage et bien qu'il ne nous satisfasse pas toujours, nous avons peur de perdre ce territoire. Nous nous efforçons de le protéger de l'agression du monde extérieur. Et, comme disait notre Coluche national : plus il y a de fromage, plus il y a de trous et plus il y a de trous, moins il y a de fromage ! Frère citoyen accroche-toi à ton travail et défends bien ton bout de 13

fromage, car du travail productif, il en aura de moins en moins. Le problème, depuis la fin des « trente glorieuses », ce n’est pas de produire. Comme l’ont dit et répété les écologistes depuis les années 70, le problème : c’est la production de toutes ces marchandises. Le monde est rongé par la vision matérialiste. Suite au totalitarisme de l'église catholique romaine qui a régné sur l'Europe pendant pratiquement un millénaire, il est bien normal que les Européens aient eu envie d'individualisme, de liberté et de confort. La réforme, l'imprimerie, le combat de la science contre les dogmes de l'église, la découverte de l'Amérique au 16e siècle ont donné naissance au capitalisme. Le siècle des lumières a formulé et conceptualisé la vision du monde bourgeois. Le postulat de base du dogme économique est que l'homme est fondamentalement mauvais et égoïste et que l'addition des intérêts individuels contribuent, comme par magie, au bien-être collectif. Adams Smith a appelé cela « la main invisible du marché ». C’était un bol d'air indispensable, après cette société coercitive et totalitaire dont le pire exemple a été l'Inquisition. Ce postulat convenait à un monde où les moyens humains et techniques étaient négligeables par rapport à la grandeur de l'espace terrestre. Au Moyen Age, l'aristocratie, d'essence divine, méprise les activités productrices qu'elle réserve aux paysans. Au cours du 18e siècle, l'échange économique devient le lien social reconnu, par le commerce et le travail. Dans nos pays industrialisés, la valeur sociale de l'emploi salarié (et son corollaire: la consommation) reste ancré dans les mentalités comme l’unique garant de l'insertion. Or la quantité de travail diminue grâce à l’amélioration en efficacité des moyens de production. Cela pousse chacun à une lutte quotidienne pour rechercher ou conserver un emploi, à supporter la flexibilité, la précarité et les humiliations quitte à devenir des esclaves corvéables à merci. Le travail, arme du système, domine, contraint puis broie les individus. Aujourd'hui les lois du marché organisent la vie sociale. Les rapports de proximité déjà détruits par la désocialisation, représentent un gisement pour le profit et l'emploi sous la forme des services. Pour faire accepter la crise, conséquence logique et barbare du système capitaliste, les gouvernements et les multinationales agitent le mythe de la croissance. Cet "espoir" est un leurre. Les taux de croissance sont bel et bien en augmentation mais ils sont déconnectés du progrès social. L'augmentation des richesses ne peut en aucun cas résoudre la non-satisfaction des besoins élémentaires de l'humanité car c'est la confiscation de moyens matériels par une classe qui en est la cause. Le revenu garanti qui sépare salaire et emploi, la gratuité, application matérielle de l'égalité, sont des pistes à suivre pour une autre société. Il est nécessaire de donner sa vraie place au travail : une activité socialement utile, parmi d'autres. Nos rapports sociaux et nos désirs doivent déterminer le processus productif et non l'inverse. Aujourd'hui, la plupart des citoyens confondent environnementalisme et écologie politique. L'environnementalisme, le développement durable, s'enchâsse donc parfaitement dans l'idéologie dominante de l'économie de marché et vise seulement à essayer de limiter les dégâts du productivisme capitalisme. L'écologie politique, l’altermondialisme sera un projet de société radicalement différent de celui défendu par les laudateurs de la démocratie bourgeoise qu'ils portent l'étiquette de droite ou de social-libéral de gauche. Elle est radicale, c'est-à-dire qu’elle porte la critique à la racine même des origines du capitalisme. Il s’agit de réfléchir attentivement aux problèmes qu’engendrent la sacro-sainte croissance, à ce que l’on entend lorsque l’on parle du progrès et qu’est-ce que le bonheur qui découlerait naturellement de la religion de la technoscience ? L'ouvrage théorique fondateur du capitalisme s’intitule : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Il a été écrit par Adam Smith en 1776. Ce livre marque la véritable naissance de la théorie économique libérale. Depuis, à force de statistique et d'analyse, les économistes ont réussi à convaincre une bonne partie des citoyens que les rapports humains se résumaient à des rapports marchands et que ces rapports obéissaient à des lois naturelles : les lois de l'économie. C'est une mystification orchestrée par les financiers qui se sont appropriés la capacité de battre monnaie. Marx est le premier qui ait remis en cause les dogmes du capitalisme, c'est pourquoi il est évidemment pas question de se passer de son analyse et de sa vision si juste sur la faillite inéluctable de ce processus historique. Cela dit, le matérialisme a désacralisé la nature et a coupé l'homme de ses valeurs intrinsèques, ce qu'il l'a rendu froid, calculateur, cynique et à la recherche de son profit individuel. L'une des grandes mésaventures de la pensée occidentale moderne a été le lien des valeurs intrinsèques avec les religions institutionnalisées. La faillite de l'une des religions institutionnalisées fut l'équivalent de la chute de la religion en tant que telle et de ses valeurs propres. Les religions, et surtout les valeurs intrinsèques, ne sont pas que des instruments 14

permettant au clergé de faire régner l'ordre, même s'il est arrivé qu'il s'en soit servi à cette fin. Ce sont des formes et des structures, élaborées au cours des millénaires d'expérience humaine, qui permettent à l'individu de se transcender et ainsi d'obtenir le meilleur de lui-même. L'erreur matérialiste, marxiste ou capitaliste, c'est de croire que le bonheur se résume à l'accumulation d'objets. Le capitalisme se nourrit de toujours plus de consommation, de produits toujours plus éphémères, pour des citoyens toujours plus isolés les uns des autres. C'est bien une remise en cause radicale de la prétention à l'universalité du projet de civilisation américanoeuro-occidental et de la culture de supermarché véhiculée par les médias qu ‘il nous faut faire. C'est mettre fin à la colonisation culturelle et technologique du monde par la civilisation industrielle moderne et l'idéologie "du progrès", pour que reprenne la progression, l'évolution, c'est-à-dire la poursuite de la différentiation et du perfectionnement de la vie sous toutes ses formes. C’est un mouvement de décolonisation intégral. Il faut vouloir la mort de cette société qui agonise pour préparer celle qui est possible. Un des problèmes clé de l'Occident est la croyance en la religion de la technoscience, le matérialisme scientiste. La science n'est pas une finalité en soi. L'homme n'est pas qu'une machine à commandes chimiques et la société n'est pas une usine ou une mégamachine qui fonctionne selon des lois. La science économique est une imposture. Ce n'est ni plus ni moins que les règles du jeu de l'idéologie marchande qui veut s'imposer en dogme. Les économistes et mêmes les physiciens qui manipulent un langage conceptuel comme les mathématiques sont les sorciers modernes. Les prêtres du Moyen âge, qui étaient les seuls à savoir lire le latin, ou les brahmanes, seuls à connaître par cœur les textes védiques, étaient eux aussi les détenteurs des dogmes de leurs époques. Petite digression quantique La vision quantique, née dans les années 20, a permis le développement d'outils intéressants (entres autres l'ordinateur qui me permet d'écrire ces lignes). Mais son entêtement à prouver l'existence de particules élémentaires est absurde. La dernière invention des physiciens c'est la théorie des supercordes. Selon cette théorie, les particules élémentaires de la matière résultent de la vibration de minuscule "bouts de ficelle" dont la taille est égale à la longueur de Planck. Ce délire de physiciens est né suite au "problème" du mur de Planck et a pour but d'unifier les deux théories du monde phénoménal que sont la mécanique quantique et la relativité. Depuis qu'Edwin Hubble a observé, en 1929, que le spectre d'émission des galaxies était d'autant plus décalé vers le rouge que celles-ci étaient éloignées de nous, on a imaginé que l'univers est né d'une immense explosion d'un point infiniment petit. C’est la théorie du big bang. En 1951, le Pape a même donné sa bénédiction au big bang en le comparent au fiat lux de la Bible. Le problème des astrophysiciens c'est qu'ils ne s'expliquent pas ce qui c'est passé avant 0,000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 1 secondes après l'explosion primordiale, alors que l'univers était des milliards de fois plus petit qu'une particules de talc, la longueur de Planck étant de 0,0... 29 zéros 001 cm ! On est dans la « mousse quantique », selon leur propre vocabulaire ! Je crois que les physiciens se sont fait piéger par le langage mathématique et qu'ils en profitent pour asseoir leur pouvoir de sorcier moderne. Le monde phénoménal, l'univers, n'est pas "né" au sens où il serait passé de l'inexistence à l'existence. Il existe seulement selon notre vérité relative, mais est dépourvu de réalité ultime. La vérité relative, ou conventionnelle, correspond à notre expérience empirique du monde, à la façon ordinaire dont nous l'appréhendons, c'est-à-dire en attribuant aux choses une réalité objective. En ultime analyse, les phénomènes sont dénués d'existence intrinsèque. C'est la vérité absolue. Dans ce cas, le problème de la Création est un faux problème. La Création devient un problème lorsqu'on réifie les phénomènes. Cette position n'exclut cependant pas le déploiement du monde des phénomènes. Il est évident que les phénomènes ne sont pas non existants. Ils existent de façon interdépendante et non pas comme une "collection d'objets" autonomes existant par euxmêmes. Le monde existe à la manière d'un rêve, d'un mirage, il est à la fois apparent et dépourvu d'existence propre. Les phénomènes tirent leur nature d'une mutuelle dépendance et ne sont rien en eux-mêmes. Leur évolution n'est ni arbitraire ni déterminée par un principe créateur, elle suit les lois de cause à effet au sein d'une interdépendance globale, d'une causalité réciproque. Le problème de l'origine de l'univers repose donc sur la croyance en la réalité des phénomènes et de l'existence réelle du temps et de l'espace. Il est à 15

souligner qu'un certain Gabriel Lafrenière a pondu une théorie séduisante – La matière est faite d’ondes – et qui va dans le sens qu'il est absurde de vouloir absolument que l'univers "existe" concrètement avec des "particules élémentaires". En clair on vit dans un champs "de force", "d'énergie", une sorte de rêve collectif dont le conditionnement mutuel fait que l'on croit très fort à "l'existence concrète" du monde phénoménal qui est là devant nous. Du point de vue de la réalité absolue, il n'y a ni création, ni durée, ni cessation. Ce paradoxe montre bien le caractère illusoire des phénomènes. Le point de vue extrême du réalisme matérialiste est erroné, tout comme l'est le nihilisme qui considère que rien n'existe. Le matérialisme est un point de vue réificateur qui postule l'existence d'une matière immuable et de constituants solides de cette matière. Si on s'interroge sur l'existence d'une réalité objective, on ne peut pas dire qu'il n'y a rien ni qu'il y a quelque chose. La science parle d'un univers comme un objet. L'univers n'est pas indépendant de la conscience, mais il n'est pas non plus qu'une projection de la conscience (idéalisme). En fait, le sujet et l'objet, la conscience et les phénomènes se façonnent mutuellement. Ce qui est vrai pour le monde phénoménal l'est d'autant plus pour le monde humain. La science économique n'est qu'une mystification, un dogme avec ses prêtres. Le monde humain est une projection collective de l'imaginaire de chacun. Nous sommes à la fois les créateurs, les réalisateurs et les acteurs de la société. De la compétitivité à la convivialité. Nous vivons, aujourd'hui en Occident, dans un monde d'abondance avec une structure politico-socioéconomique basée sur la rareté. De même que ce ne sont pas ceux qui possédaient de nombreux esclaves qui ont aboli l'esclavage, ce ne sont pas ceux qui sont les bénéficiaires du système basé sur la rareté, qu'est le capitalisme, qui vont l'abolir ! L'utopie, aujourd'hui, c'est de continuer à croire qu'il est possible de gagner sa vie en détruisant le monde et que nous pouvons continuer à fonctionner avec une structure politico-économique qui date du 18 e siècle. L'argent n'est plus produit pour faciliter les échanges de biens et de services, et permettre à la production de satisfaire les besoins de consommation, mais pour satisfaire les besoins solvables et mercantiles et être prêté à intérêt. Quel monde avez-vous envie de laisser à vos enfants ? Dans le système actuel, vos enfants seront soit des assistés soit des exploités. Pourquoi accepter d'être punis ? De perdre son emploi ? Alors que nos parents et nos grands-parents ont été assez géniaux pour créer des machines et des robots qui font et feront de plus en plus de travail à notre place. Et le pire, c'est que nous continuons à faire grève pour le plein emploi ! Cessons de perdre notre vie à la gagner. Depuis l'aube de l'humanité l'homme a utilisé son intelligence pour créer des outils qui rendront sa tâche moins pénible. Les nantis ont toujours profité du travail des autres. Pourquoi, les autres dont le travail ne trouve plus d’utilité aujourd'hui, ne profiteraient-il pas enfin du travail des machines ? Si les États avaient géré leurs biens en bons pères de famille, il y a bien longtemps que nous ne serions plus des contribuables mais des "attributaires". Depuis la Révolution Française et son droit universel, l'État démocratique Français ne se définit plus en opposition aux autres peuples. Les démocraties libérales (capitalistes) ne se définissent plus par leur opposition aux autres États, comme le montre bien la domination des transnationales et la globalisation. Désormais, on le sait depuis Marx, l'opposition ami-ennemi s'est transférée en division intérieure entre classes, entre groupes sociaux. La grande différence est que l'État ne représente plus l'unité de la nation mais les intérêts de la classe dominante, bien qu'il se réclame toujours de l'idéologie de l'unité, de la volonté générale et de l'intérêt national. Dès lors, il devient évident pour la pensée sociologique et marxiste que la politique consiste dans la lutte entre différents groupes sociaux, entre différents "lobbies", entre des intérêts opposés. Chaque parti représente sa base sociale, principalement petite bourgeoisie ou salariés, et, bien que tous aient la prétention de représenter l'intérêt général, c'est bien l'absence d'unité, de cohésion sociale qui dégénère en lutte des classes institutionnalisées, en clientélisme, en corruption et, enfin, en désintérêt pour la politique. Les écologistes pourraient se distinguer justement en restituant la fonction du global, de la totalité, avec pour conséquence de n'avoir pas vraiment de base sociologique puisqu'ils s'adressent à tous ceux qui respirent, à tous les habitants de la planète. L'écologie ne sert pas simplement à limiter les dégâts, elle est la réappropriation de la vie pour tous, l'affirmation de notre communauté humaine.

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Concrètement, en occident, une infime minorité manipule et divise les masses populaires entres artisans/commerçants et fonctionnaires, salariés et chômeurs/rmistes, privé et public, travailleur français et travailleur issue de l’immigration. En fait tous sont esclaves de cette immense escroquerie au bénéfice de quelques financiers, industriels et madarins-technocrates. Ils ont comme chiens de garde, et cela à été dit et répété dans de nombreux ouvrages, des intellectuels, les économistes, les journalistes pour promouvoir la propagande officielle. Tous ces intellectuels, heureusement, ne se sont pas laissés acheter par le système dominant. Mais c’est tellement plus confortable ! Leur raisonnement est simple : ce n’est pas moi qui vais changer le monde. On est révolutionnaire à 20 ans et à 40 ans et bien on fait comme tout le monde et on essaye de voir comment on peut profiter au mieux de la bêtise humaine et gagner un maximum de pognon ! C’est comme ça que cela c’est passé en 1968, on critique, on manifeste et ensuite on rentre dans le rang et on crée sa boite de « Com. » ou son agence de pub ! C’est dommage d’avoir si peu confiance en l’humanité. Le rôle du penseur, du philosophe, du sage, de l’intellectuel, appelez le comme vous voudrez, c’est d’élever le niveau, de parler avec son cœur, de contribuer à alléger le fardeau de ses frères et sœurs humains. C’est pas parce que l’on est, ou que l’on se croit, un peu plus intelligent que les autres que l’on doit en profiter. Les civilisations et les paradigmes qui les soutiennent finissent toujours par être caduques. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas eu leur raison d’être. Le capitalisme a été un système d’une grande efficacité, mais un jour, on constate, en toute objectivité, que ce modèle n’est plus valable. Et les personnes qui sont à la tête, pensent, tout naturellement qu’il faut le sauvegarder. Ils s’auto persuadent, mais ne défendent-ils pas simplement leur confortable place ? Le culturel est bien plus profond que le politique, derrière des politiques apparemment différentes, on retrouve le même fond culturel. Prenons l'exemple de la technique, de l'efficacité. La gauche, la droite, les anciens pays socialistes et les pays dits libéraux, tous ont eu ou ont finalement le même culte de la technique. La culture, c'est l'ensemble des grands choix qui structurent la vision du monde, la vision de la société, la vision des autres hommes. Or, on voit bien que tous ces grands choix sont beaucoup plus profonds que les choix politiques. Pour le dire autrement, la technocratie est l'aboutissement d'une tradition qui n'est pas une tradition seulement politique, mais une tradition culturelle. Depuis le Moyen-Âge, l'Occident a laissé le pouvoir aux marchands qui eux-mêmes se sont énormément servis des ingénieurs et de ce qu'on peut appeler la révolution technique. Cela rejoint presque une sorte de psychanalyse collective. On peut dire que l'Occident a été complètement fasciné et possédé par le mythe de la machine, par le fantasme de la mécanique. Les médecins ont mis au point une sorte d'ingénierie médicale. De même, depuis des siècles, on a conçu la société comme une sorte de grande mécanique. Saint-Simon explique qu'une société est une usine, et qu'il faut la gérer comme une usine. Le peuple, pendant des décennies et des décennies, s'est vu donner des leçons de mécanique et a fini par assimiler toutes les réalités -- que ce soit l'homme, la société, le monde ou la vie en général -- à de la mécanique. Il ne faut donc pas s'étonner que cela donne une technocratie. Technocratie qui peut avoir des formes de gauche tout comme des formes de droite. Ce qui est en cause, c'est une longue tradition culturelle qui conduit à la technocratie. Les grands partis politiques ne font jamais que proposer des variantes de technocratie. Il n'existe pas de partis qui donneraient la parole justement à ceux qui sont peut-être des rebelles, des résistants, qui voudraient inventer autre chose. Le combat écologiste est aussi un combat culturel. Ils ont démontrer que les bases métaphysiques de notre civilisation sont fondamentalement erronées et que si elles ont pu en leur temps avoir une certaine efficacité, elles sont maintenant caduques, absurdes et stupides. Finalement, parmi nos concitoyens, qui sont ceux qui croient encore aux mythes du progrès technologique, de la croissance, du bonheur découlant de la technoscience ? Les citoyens pressentent parfaitement que notre civilisation va droit dans le mur, mais, ils ont peur du changement et ils se demandent ce qui va bien pouvoir remplacer cette civilisation qui aura été finalement bien plus destructrice que glorieuse. Il existe une véritable attente, de la part des Français, pour une nouvelle vision. L'utopie d'hier est l'ordinaire d'aujourd'hui. Le fait qu'une idée soit prématurée ne signifie pas qu'elle ne soit pas réalisable un jour futur. Dans notre civilisation, avoir l'esprit ouvert, c'est-à-dire sans préjugé, est assez rare, non pas parce que l'intelligence en est absente, mais par conformisme socio-psychologique qui veut que l'on soit en accord avec la majorité, faute de quoi on risque de subir l'exclusion du groupe. 17

Si on a une haute idée de l'Homme, on peut se dire que chacun a les moyens d'être critique, que rien ne nous empêche d'ouvrir les yeux. Dans la pratique, cela requiert de l'héroïsme. Et peut-on exiger que tous les gens d'aujourd'hui, pris dans ce système, soient des héros ? Il faut distinguer différents niveaux. Le cas de ceux qui veulent le pouvoir ou qui en profitent mérite d'être examiné de près. Cela ne veut pas dire qu’il faudrait les envoyer dans des camps de travail, quoique pour certains, les Lagardère, Dassault, Camdessus, Seillière, Trichet et compagnie, cela leur ferait le plus grand bien ! Pour les intellectuels qui ont des loisirs, qui ont du temps, qui en principe ont de la culture, ceux-là peuvent être soupçonnés de lâcheté. Mais pour ce qui est de l'ensemble des citoyens, il y a des gens de qualité, au sens humain, littéralement conditionnés par le système. Les civilisations sont mortelles, elles aussi, et la nôtre se meurt, pendant que la nouvelle est déjà en gestation au sein même de l'actuelle. Et pendant ce temps-là, notre monde présente une face de plus en plus uniforme, internationalisée par l'économie, les sciences, les mass-médias et les toutes puissantes transnationales qui règnent en despotes quasi-absolus et pour lesquelles tout est permis. L'histoire de l'humanité sur Terre nous a appris que c'est toujours un petit nombre qui met en doute le schéma mental établi comme dogme absolu, qui ose proposer ce que d'autres - par ignorance et par peurs de toutes sortes, peur du ridicule et de l'exclusion entre autres - n'oseront jamais. Le peuple se doit de mettre au pas les commerçants-financiers nihilistes et cyniques. Ce n'est assurément pas à la politique de se soumettre à la loi des marchés. Cette loi qui n'a bien entendu rien d'une loi mais est simplement une invention des marchands. Il s'agit bien de renverser l'ordre des choses. Certes, les hommes continueront à produire, à échanger et à consommer mais, la politique qui est l'art de gérer la cité se doit de reprendre ses lettres de noblesse. À cause de l'erreur philosophique fondamentale du matérialisme métaphysique que toute notre culture a commise. On a pris, la décision métaphysique qui s'est maintenue depuis le 17e siècle jusqu'à nos jours, d'exclure l'esprit de l'ordre naturel et de traiter tous les problèmes comme étant physiques. La philosophie du 20e siècle a signé sa propre condamnation à mort en arrivant, de diverses manières, à la conclusion que la philosophie était finie, que l'exploration de la réalité n'avait pas de sens, si ce n'était en la mesurant par l'extension des sens que sont les instruments scientifiques. On a oublié que la décision de considérer la réalité comme matérielle a été une décision prise collectivement et non une découverte objective. Tout ceci nous a conduit au dogmatisme actuel, le matérialisme scientifique. Les modèles inventés pour expliquer les phénomènes physiques, chimiques, biologiques et autres ne sont justement que des "modèles". L'arsenal mathématique et donc conceptuel qui sous tend ces modèles ne représente, en aucun cas, une vérité ultime. En clair, la vérité scientifique n'existe pas. Même si le modèle matérialiste est parfois utile et pratique pour expliquer certains phénomènes, il ne faut surtout pas en rester prisonnier. La technoscience s'est instaurée comme la religion, la croyance dominante en Occident. Au nom de cet intégrisme, les gourous de la technoscience se permettent, entre autre, de manipuler le vivant. En fait, aussi longtemps que nos démocraties seront aux ordres des pouvoirs financiers et de leurs gourous les techno-sorciers économistes, physiciens ou biologistes ; aussi longtemps que la croissance et le profit de quelques privilégiés passeront avant le respect de la nature, des êtres vivants en général et des milliards d'être humains en particulier ; aussi longtemps que nous accepterons de travailler, de con-sommer et de vivre sans nous remettre en question ; aussi longtemps que nous aurons peur d'avoir peur du changement ; le matérialisme néo-libéral continuera inexorablement sa destruction des cultures, des peuples, des forêts tropicales, de la couche d'ozone... et de notre propre humanité intérieure. Nous deviendrons alors les rouages parfaitement efficaces, productifs et rentables du nouvel ordre mondial néo-libéral. Les peuples heureux ignorent le Progrès. Ils ignorent la rationalité, le temps calculé et les mathématiques, donc l'économie et le calcul économique. Technique et économie sont enchâssées dans le social. Leurs représentations en témoignent. Celles-ci sont le plus souvent tournées vers le passé, donc anti18

évolutionnistes : l'homme descend des dieux et non des singes... La construction imaginaire du progrès comme du développement est dans ces conditions quasi impossible. Dans beaucoup de civilisations -- peutêtre toutes -- avant le contact avec l'Occident, le concept de développement était tout à fait absent. Ces sociétés traditionnelles ne considèrent pas que leur reproduction soit dépendante d'une accumulation continue de savoirs et de biens censés rendre l'avenir meilleur que le passé. Les valeurs sur lesquelles reposent le développement, et tout particulièrement le progrès, ne correspondent pas du tout à des aspirations universelles profondes. Ces valeurs sont liées à l'histoire de l'Occident, elles n'ont aucun sens pour les autres sociétés. En dehors des mythes qui fondent la prétention à la maîtrise rationnelle de la nature et la croyance au progrès, l'idée du développement est totalement dépourvue de sens et les pratiques qui lui sont liées sont rigoureusement impossibles parce qu'impensables et interdites. Ces peuples traditionnels -d'Afrique, d'Amérique du sud ou d'Asie -- sont heureux car ils ignorent "cette idée neuve en Europe", le bonheur, qui découle du progrès. Revenons aux vraies valeurs, renouons avec notre nature profonde et réconcilions-nous avec notre mère à tous : la Terre. Le moine dominicain Mathew Fox a dit dans un écrit au titre provocateur, " ma dernière déclaration avant d'être réduit au silence par le Vatican" : " la Terre-mère est en danger, à cause de l'anthropocentrisme de la religion, de l'éducation et de la science de ces trois derniers siècles. Nous avons besoin d'un nouveau commencement, axé sur le caractère sacré de la planète... Nous croyons que tous les adultes peuvent toucher l'enfant divin qui existe à l'intérieur d'eux-mêmes." Cela dit, la technique nous est bien utile, et il ne s’agit pas, bien entendu, de revenir à la bougie ! Mais sachons, simplement, utiliser les techniques pour le bien être de l’humanité et non pas de faire l’erreur métaphysique fondamentale qui serait l’instauration d’une « religion » : le matérialisme scientifique. Il faut remettre les choses à leur place, les techniques sont là pour nous rendre la vie plus confortable et plus facile ; point final ! L’imagination au pouvoir ! Il est bien normal que les maîtres, les dominants d’une société fassent en sorte que les dominés ne puissent pas imaginer qu’un autre monde est possible. Après tout, ils n’ont pas envie que ça change, tout baigne pour eux ! Tous les moyens sont bons pour nous empêcher de croire qu’il est possible de vivre autrement : la peur du changement, la carotte de la consommation, on ne peut pas changer le monde, c’est comme ça, etc. Les mass médias et en particulier la télé sont là pour ça ! Mais en fait, le monde n’est que l’addition des représentations individuelles. Le monde change à chaque instant, il renaît à chaque naissance, il meurt à chaque décès. Parfois il change brusquement parce que les vieilles représentations sont éculées, mortes, néfastes, injustes, stupides, absurdes. Il s’agit juste de croire qu’un autre monde est possible, c’est tout ! Toute civilisation repose sur une idée, une vision collective. Alors au boulot, imaginons ensemble le futur. Imaginons le monde que nous voulons. L’absurdité c’est de maintenir une rareté artificielle pour pouvoir continuer à faire du profit sur les biens issus de nos outils de production. L’absurdité c’est de gaspiller les seules ressources véritablement rares que sont les richesses naturelles. L’absurdité c’est de continuer à entretenir l’idée que la répartition de la richesse doit se faire, uniquement, en fonction de notre implication dans l’instrument productif. L’absurdité c’est d’entretenir les nouveaux seigneurs : les financiers qui ne font que brasser des électrons dans des fils de cuivre. L’absurdité c’est de se stresser pour innover et créer sans cesse de nouveaux modèles et gadgets pour vendre plus et gaspiller davantage. Le bon sens nous invite plutôt à produire localement, limiter les déplacements inutiles de marchandises et de personnes, promouvoir les déplacements peu énergivores comme le train, l’autobus, la bicyclette. Se détresser au travail. Pourquoi produire plus et plus vite alors que c’est justement le problème ! établir des processus démocratiques dans les grands entreprises nouvellement nationalisées et les services publiques. Une double direction, une personne nommée par le pouvoir élu et une autre élue par la base de l’entreprise

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Essayons sereinement d’analyser ce que chacun fait de son temps sur une échelle, pour son utilité, de +10 à –10. Quel métiers pour quelle utilité et quelle rémunération ? Vous êtes agriculteur bio : 10 (vous êtes indispensable et vous contribuez à la bonne santé de vos concitoyens). Vous êtes infirmière, professeur d’école, etc : 8 (on aura toujours besoin de vous). Vous êtes ouvrier dans une usine qui fabrique des objets de consommation à l’utilité incertaine : de +5 à –2 ( en fonction de l’utilité ! de toute façon vous avez décidé que vous n’aviez pas le choix et qu’il fallait mieux faire ça que de rester à la maison à picoler !). Vous êtes publicitaire et vous avez en charge de faire la promo de la nouvelle boisson de chez Coca Caca : -5 (vous contribuer à l’embonpoint de la jeunesse et dépensez beaucoup d’énergie et de papier pour cela !). Vous êtes ouvrier, technicien, ingénieur chez un fabricant de missiles : respectivement : -6, -7 et –8 (vous passez votre temps à faire des trucs qui espérons ne serviront jamais !). Vous êtes euro-technocrate ou directeur financier d’une banque : -10 (vous êtes responsable de toutes les bêtises du monde moderne et en plus vous êtes arrogant et très bien payé !). Ne le prenez pas mal, c’était juste un exemple ! Mais vraiment, posez vous la question : qu’est-ce que je fais de mon temps ? Vous travaillez au noir comme artisan. Bravo, on a besoin de vous et de toute façon vous payez assez d’impôt indirect comme ça (TIPP,TVA) ! vous êtes bénévole pour une association d’aide sociale. Deux fois bravo, mais vous devriez être payé si le monde marchait à l’endroit ! Bref, à chacun de voir ce qu’il fait de son temps en dehors du temps passé pour lui et ses proches. Soyez honnête, regardez vraiment les implications de votre activité sociale (rémunéré ou bénévole) et si jamais vous trouvez qu’elle est absurde, inutile ou nuisible… arrêtez et changez d’activité ! comme on dit, il vaut mieux être chômeur que contrôleur dans le métro qui devrait, d’ailleurs, être gratuit depuis bien longtemps ! Une crise économique et financière globale serait la meilleure chose qui pourrait arriver pour sortir de l'absurdité du capitalisme, pour qu'il y ait de réels changements. À ce moment-là, les exécutifs des différents pays souverains pourraient déclarer faillite et se réapproprier la création monétaire. Actuellement en France, les dettes publiques et privées cumulées représentent plus de 60 000 € par citoyen ! Plus personne ne s'étonne de payer des impôts qui servent en grande partie à payer les intérêts sur la dette publique ! Le système bancaire international a le privilège de battre monnaie, c'est lui qui crée l'argent et c'est inacceptable. Les prochaines années seront décisives pour l'humanité, avec l'apparition d'une crise économique mondiale importante pouvant potentiellement aboutir à des changements catastrophiques. À ce moment-là, il va se produire un véritable retour de la politique avec un grand "P" c'est-à-dire que les citoyens vont commencer à se poser de vraies questions, à savoir comment gérer la cité, comment répartir le travail, les richesses, faire attention à notre planète, etc. Cette civilisation est en train de mourir. L'idéologie dominante est fortement remise en cause. Les gens arrêteront de croire l'économiste de service qui leur dit "soyez un bon citoyen, SVP, consommez pour relancer la croissance !" Consommer est devenu un devoir, c'est absurde. Ce système, cette idéologie s'effondrera lorsque les gens arrêteront de croire à ce discours. Parfois on peut se demander de quelle crise on parle. Beaucoup d'événements ont lieu, mais la vie actuelle n'est pas si dramatique, même s’il y a des milliers de gens qui font les poubelles. Dans l'ensemble tout se passe bien. Mais la situation est urgente, il nous faut réagir. Nous avons l'impression en Occident que tout le monde vit bien puisque que presque tout le monde peut consommer à satiété. Mais est-ce que cette surconsommation ordonnée par les instances dirigeantes nous apporte réellement le bonheur, autrement dit, est-ce qu'on est plus heureux de consommer cette nourriture dénaturée, est-ce que les gens sont si heureux que ça ? Dans la plupart des grandes villes occidentales, les gens font 50 km en voiture ou en transport en commun pour se retrouver devant un ordinateur dans un bureau où l'ambiance n'est pas forcément bonne... où finalement tout est basé sur le mensonge, la loi du profit, il n'y a qu'une règle de base : exploiter la seule mine inépuisable, c'est-à-dire la bêtise humaine ! Vendre ! Vendre ! vendre ! Pour relancer la croissance ! Les gens se déplacent de plus en plus et de plus en plus vite, mais finalement est-ce vraiment utile d'aller de Paris à Marseille en 3h pour aller négocier un contrat et revenir le soir même ? Plus les moyens de mobilité sont efficaces, plus les gens se déplacent pour faire marcher l'économie, tout ceci est fondamentalement absurde quand on y réfléchit attentivement. Il suffit de constater l'augmentation du cancer dont l'une des causes est l'augmentation des intrants dans l'agriculture intensive. Le stress de la vie moderne, le fait que les 20

rapports humains ne sont, souvent, plus que des rapports marchands. La dégradation de la qualité de vie dans les cités dortoirs. Aux USA, les nantis qui, bien souvent, font usage d'anti-dépresseurs, s'enferment dans de nouvelles citadelles. Il est donc démontré que la consommation et le confort matériel n'apportent pas le bonheur. En fait, l'essentiel : l'amour, l'amitié, la santé, la beauté, la convivialité, un esprit paisible, la liberté intérieure, l'ouverture aux autres... ne s'achète pas. Le bonheur est intérieur. Réduisons notre consommation de matières premières et d'énergie, diminuons notre agitation frénétique. Si on vivait dans une cité où les liens sociaux sont plus agréables, si les gens se déplaçaient moins et travaillaient près de chez eux, si la nourriture était issue d'une agriculture saine, s'il n'y avait plus de marketing, d'agressions publicitaires, si les gens n'étaient pas toujours obligés d'entretenir un système qui est tout le temps en train de les tromper pour leur vendre toutes sortes de produits et de services plus ou moins inutiles ou jetables. Tout le monde est prisonnier de ce système extrêmement pervers, nous vivons dans la douce dictature capitaliste, la démocratie n'existe pas car le pouvoir politique n'a plus la capacité de battre monnaie. Le monde change parce que de moins en moins de gens croient que la consommation est synonyme de bonheur. Le bonheur n'a pas vraiment à voir avec l'avancement de la technologie. La techno-science ne peut nous apporter qu'un petit plus afin de nous rendre la vie un peu plus confortable et ça s'arrête là ! Cette croyance que le progrès technique nous apporte forcément et toujours le bonheur est un postulat qui nous vient du siècle des lumières en Europe. Dans d'autres traditions, comme le bouddhisme, le bonheur est intérieur. Un yogi (grand pratiquant de la méditation) peut vivre dans le dénuement le plus total et être parfaitement heureux. À l'opposé, un riche américain qui vit dans une maison superbe avec piscine peut parfaitement prendre des anti-dépresseurs tous les jours parce que c'est un tel bouillonnement dans sa tête qu'il n'arrive plus à supporter les autres ni même lui-même. Le bonheur n'a vraiment pas grand chose à avoir avec le confort matériel. Regardez comment vivent les gens de certains pays d’Asie ou d’Afrique dans les cartiers populaires. Ils ont souvent bien plus le sourire que beaucoup de citoyens occidentaux qui se gavent d’anti-dépresseurs pour supporter l’absurdité de notre modernité ! il ne faut pas confondre sobriété, pauvreté et misère. Cela dit, la crise est partout. Il y a 10% de gens qui sont au chômage, beaucoup travaillent au SMIC et n'ont que le strict nécessaire pour payer leur loyer et leur nourriture. Souvent les conditions de travail sont difficiles, d'autres encore ont une situation précaire. Grâce à des moyens de production d'une grande efficacité nous pourrions travailler très peu mais à cause de règles du jeu social profondément iniques, les richesses produites sont mal réparties. Seule la politique peut nous apporter les solutions pour sortir du capitalisme agonisant. Le marché n'ayant pas d'esprit, pas d'état d'âme, il ne peut aller que dans le sens de son propre renforcement, se résorber, se recroqueviller sur lui-même comme un œuf qui pourri. Notre société est basée, d'un point de vue idéologique, sur la révolution du siècle des lumières. La remise en question de la judéo-chrétienté et de leurs prêtres a conduit au matérialisme. Mais on ne peut pas couper l'homme de ce qui le rend profondément humain. Il émerge forcément en nous la compréhension que quelque chose perdure après notre mort lorsque l’on réalise notre finitude physique et le fait que nous ne sommes pas une machine. Pour un matérialiste tout est permis ; car si rien ne perdure après la mort, quoi que l'on fasse dans cette vie, cela ne porte pas de conséquences. "Après moi, le déluge". Le matérialisme c'est l'ouverture au cynisme. Les valeurs spirituelles qui ont été développées par toutes les traditions de l'humanité sont indispensables pour une vie sociale stable et durable. Ce qui est indispensable, c'est cet acte gratuit d'amour et de compassion pour les autres et pour la nature. Un matérialiste s'en fout complètement s'il installe une usine polluante, il se fout d'exploiter les gens ou de détruire la nature puisque la seule chose qui compte c'est le profit immédiat. Une distinction est à faire entre la religion institutionnalisée sous l'ancien régime, par exemple, qui était un instrument de manipulation des masses et la spiritualité. Dans sa lutte contre l'aristocratie, la bourgeoisie a remis en cause la religion car elle représentait une institution sclérosée et décadente, puis la bourgeoisie a été obligée de se réapproprier la religion pour se donner une justification métaphysique à sa domination sur la classe non détentrice des moyens de production. La religion au 18e siècle était vraiment l'opium du peuple. Pour s'attaquer au capitalisme, Marx a été obligé de critiquer le fondement spirituel de la société.

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Au 18e siècle, lorsque l'on a rejeté la religion, on a jeté le bébé et l'eau du bain ! Les religions mettent en avant les valeurs intrinsèques que sont l'amour, la compassion, la tolérance, la générosité, l'ouverture aux autres, etc, bref, chacun sait quelles sont les valeurs humaines. Si en rejetant la religion nous nous débarrassons aussi de ces valeurs humaines fondamentales, nous faisons une grave erreur. Le marxisme a rejeté la religion et ils ont eu bien du mal à retrouver ces valeurs intrinsèques. Nous ne pouvons pas nier que l'être humain est un être sensible et qu'il possède ces valeurs à l'intérieur de lui-même. À toutes les époques, dans toutes les civilisations et dans toutes les religions ces valeurs intrinsèques sont le fonds commun de ce qui a conduit notre humanité. Beaucoup de gens considèrent que la religion est un enfermement, une belle histoire avec de belles images pour les enfants sages. Cela est dû à l'oppression du clergé qu'ont dû subir nos arrière-grands-parents, nos grands-parents... et cela reste inscrit dans notre inconscient. La religion doit être un remède aux interrogations et aux souffrances fondamentales et non pas un instrument de manipulation des classes dominées par les classes dominantes. L'achèvement, le but de la vie humaine c'est de devenir une bonne personne et non pas de ne penser qu'à soi, à son confort et à sa petite personne. En clair, nous ne pouvons pas nier notre humanité. Les différences métaphysiques entre les différentes traditions spirituelles sont secondaires. La spiritualité, ce n'est pas se couper du monde. Bien qu'il soit parfois bénéfique de se retirer de la vie mondaine afin de méditer pour y voir ensuite plus clair, une vraie pratique spirituelle ne peut être que tournée vers les autres afin de contribuer à l'amélioration des conditions générales d'existence. L'action politique est une bonne façon d'utiliser notre existence au profit des autres puisque nous agissons pour essayer de nous organiser dans la cité pour que tout le monde puisse vivre plus heureux. Je ne fais pas confiance à un politique matérialiste. Pour faire de la politique, il faut être habité par quelque chose de supérieur. Nous sommes là pour servir les autres et il faut, sans cesse, se surveiller afin de ne pas se servir des autres. La politique est une action spirituelle. Il n’y a aucune raison de lier le libéralisme économique et le libéralisme politique comme le fait Fukuyama. La définition de James Bryce dans son ouvrage sur la démocratie qui limite les droits fondamentaux à trois catégories : les droits civils, « exemption de contrôle du citoyen en ce qui concerne sa personne et sa propriété (individuelle et jusqu'à une certaine limite !) » ; les droits religieux, « exemption de contrôle dans l’expression des opinions religieuses et de sa pratique du culte » ; et ce que Bryce appelle les droits politiques, « exemption de contrôle pour tout ce qui ne touche pas au bien-être de la communauté dans son ensemble au point de rendre un contrôle nécessaire », ce qui inclut la liberté de la presse n’est absolument pas incompatible avec un socialisme réel. Il y a un important chantier pour déconditionner les classes populaires que le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme économique – qui sont des expressions parfaitement synonymes – n’est pas indépassable. Les médias dominants ont presque réussi à mettre dans la tête de la plupart de nos concitoyens qu’il est impossible d’imaginer un monde qui soit radicalement meilleur que le nôtre, ou un avenir qui ne soit pas fondamentalement démocratique et capitaliste. Démocratique, bien sur ! Capitaliste, non merci ! le lavage de cerveau est permanent. Parfois cette propagande prend des formes loufoques. Comme dans ces films de SF qui se passent dans plusieurs siècles mais toujours avec une société capitaliste comme toile de fond ! Le capitalisme est une escroquerie, on connaît les escrocs, on comprend bien l’instrument de manipulation à l’usage des escrocs, maintenant il s’agit d’avoir le courage de définir un projet de société qui va remplacer ce système fait pour et par les escrocs ci-dessus mentionnés. Comme nous allons le voir avec Skolimowski, les valeurs humaines, les valeurs intrinsèques, ne sont pas que des instruments permettant au clergé de faire régner l'ordre. Ce sont des formes et des structures, élaborées au cours des millénaires d'expérience humaine, qui permettent à l'individu de se transcender et ainsi d'obtenir le meilleur de lui-même. En fait, toutes les sociétés et les civilisations antérieures au capitalisme ont développés des structures basés sur des valeurs fondamentales de partage et de coopération. Tous les groupes humains et toutes les traditions spirituelles ont encouragé les individus à développer, la vertu, des valeurs de générosité, de patience, de détachement, de sobriété, de tolérance, de persévérance, de discipline et d’éthique. Qu’est-ce que l’éthique ? Sa meilleure définition : ne pas faire au autres ce que l’on ne veut pas que l’on nous fasse ! C’est si simple ! 22

La plupart des « valeurs » du capitalisme sont à l’opposé de ces valeurs intrinsèques. Ce sont les vices du chacun pour soi, de la compétitivité, de la guerre économique, de l’égoïsme, du profit individuel, etc. Les principaux laudateurs du capitalisme, comme Madame Thatcher par exemple, vont même jusqu'à dire que la société n’existe pas que seul l’individu existe ! Quelle ineptie ! Les êtres humains sont grégaires depuis l’aube de l’humanité. L’homme n’est pas un animal solitaire et individualiste. Toutes les études ethnologiques montrent à l’évidence que l’humanité c’est construite par le partage, l’échange et la coopération. L’histoire du capitalisme fera parti de l’histoire de l’humanité. Que l’on estime sa durée à 5 siècles ou plus ou moins, n’a pas beaucoup d’importance. L’objet de cet ouvrage n’est pas d’analyser les aspects positifs de cette histoire. Et il y en a eu certainement quelques uns ! On ne refait pas l’histoire, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est pas la fin de l’histoire. Le libéralisme économique, l’économie de marché n’est certainement pas l’achèvement, le mode ultime d’organisation pour le genre humain. Je doute, de toute façon, que l’humanité aille vers un quelconque « progrès » ou vers une « finalité ultime ». Ce n’est pas parce que Kant, dans la lignée du siècle des lumières, a suggéré qu’il y a progrès et donc finalité que l’on est obligé de croire que l’histoire aurait un point final ! Il n’y a ni progrès, ni croissance inéluctable, ni linéarité, ni cycle dans l’histoire. La base de l’histoire de l’humanité est la représentation majoritaire, collective et inconsciente que l’on se fait de notre vision du vivre ensemble. L’histoire est faîte de confrontations des idées des uns et des autres. Nous sommes tous acteurs et réalisateurs de la grande pièce de théâtre de l’humanité. Connaissances et valeurs. Professeur de philosophie écologique à l'université de lods en Pologne, Henryk Skolimowski a écrit Ecophilosophie en 1971 dont est extrait ce chapitre : Connaissances et valeurs. Il est docteur en technologie et en philosophie, il est né en 1930 et il vit en californie. Il collabore activement à l'Ecologist. Il est indispensable de le lire pour comprendre l'émergence du scientisme et la cause de beaucoup de nos problèmes actuels. Ensuite, aller faire un tour sur son site… Nous commençons cette étude par certaines distinctions, indispensables pour comprendre la vision scientifique du monde. En même temps, elles sont la cause de beaucoup de nos problèmes actuels, conceptuels et autres. L'une est la distinction entre le savoir et les valeurs. Leur séparation fut un événement considérable dans l'histoire intellectuelle de l'Occident, conduisant à l'émancipation des disciplines scientifiques spécialisées du corps de la philosophie naturelle. Ce fut aussi un événement périlleux : à long terme, il entraîna une conception de l'univers semblable à un mécanisme horloger et l'élimination progressive de notre savoir en désaccord avec cette compréhension mécanique, y compris les valeurs intrinsèques, qui furent remplacées par des valeurs instrumentales. Logiquement, deux processus différents semblent avoir eu lieu : d'une part, l'exploration intensive du monde physique, et d'autre part, la lente disparition des valeurs intrinsèques. Cependant, cette séparation logique est trompeuse car nous ne sommes pas en présence de deux processus, mais de deux aspects différents du même mécanisme. De plus, la quête d'explications scientifiques et la forte croissance des sciences physiques coïncidaient avec le déclin des valeurs intrinsèques et s'inscrivaient dans son contexte. L'augmentation des connaissances dans le monde de la physique s'est faite au détriment des valeurs humaines. Quand les unes s'élèvent, les autres chutent. Il s'ensuit que la résurrection des valeurs intrinsèques et leur rétablissement au centre de nos vies peuvent être menés à bien. Ce bouleversement se fera sans doute aux dépens de notre adulation pour la science et les faits physiques que nous avions abusivement promus au rang de divinités. Pour les paragraphes suivants : Les quatre positions historiques originelles ; L'empirisme classique et L'anti-empirisme ; voir : www.jutier.net/contenu/skolimow.htm L'éclipse des valeurs au 19e siècle.

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Bien que les progrès des sciences naturelles au 17e siècle fussent considérables, les valeurs traditionnelles continuèrent à prévaloir. Des empiristes tels que Locke et Hume postulèrent la séparation de la connaissance et des valeurs. Le 18e siècle devait être celui de la transition. Les slogans de l'illumination française furent à la fois libérateurs -- pour ceux attachés aux visions promues par les religions anciennes -- et profondément contraignants, parce qu'ils ouvraient le chemin au matérialisme vulgaire, au positivisme superficiel et à l'effacement des valeurs que connu le XIXème siècle. Le 19e siècle fut marqué par le triomphe de la science et de la technologie et par une extension sans précédent de la vision scientifique du monde. L'imposition agressive du positivisme et du matérialisme (dont le marxisme fut un aspect), de la rationalité scientifique et de l'efficacité technologique, ouvrirent la voie à l'industrialisation qui, hélas, se développa en âge de dévastation de l'environnement. Le cap était mis sur le "meilleur" des mondes, condamnant les valeurs traditionnelles (intrinsèques) à l'oubli. La science ne prit pas son essor dans un vide social, mais dans une culture en voie de développement. La lutte contre les aspects figés des religions institutionnalisées fut menée au 17e et 18e siècle avec presque autant d'intensité qu'au 19e. Mais ce dernier fut plus agressif et réussit mieux à freiner l'influence de la religion sur la pensée. La vision laïque, rationnelle et scientifique du monde se répandit victorieusement à cette époque. Il semble qu'il ne restait plus qu'à l'appliquer ; le paradis terrestre était proche. La lutte entre la science et la religion ne se limita plus à l'intellect, à l'explication du monde qui nous entoure. Ce fut aussi une bataille idéologique et eschatologique car il était question de " fin " de la vie humaine. Représentant le statu quo, la religion était tournée vers l'intérieur ; elle enjoignait l'homme de se perfectionner et de chercher sa récompense ultime dans l'au-delà. La science représentait un processus de changement continuel : tournée vers l'extérieur, elle promettait la délivrance ici et maintenant, sur terre. Dans cette lutte, la religion contractait souvent alliance avec les valeurs intrinsèques, les soutenant et s'appuyant sur elles. La science par contre s'alliait au progrès. Les corollaires de ces deux forces opposées -- les valeurs intrinsèques et le progrès -- devinrent des adversaires. Ainsi, des individus " progressistes " et " révolutionnaires " démystifiaient avec la même véhémence et les religions et les valeurs traditionnelles qu'ils s'identifiaient aux mœurs féodaux et bourgeois, les déclarant indignes des temps nouveaux qui aspiraient à la vigueur, au rationnel et au pragmatisme. Ce climat fut le terrain idéal pour écarter progressivement les valeurs intrinsèques comme les vestiges d'un monde désuet. Il n'est donc guère étonnant que les nouvelles doctrines sur les valeurs s'efforcent de servir la vision scientifique du monde et de justifier sa suprématie. La doctrine utilitariste proclamait que notre éthique et nos actes devaient être basées sur le principe du plus grand bien pour le plus grand nombre. Formulé ainsi, l'utilitarisme ne semble pas soumettre l'éthique aux diktats de la science. Toutefois, le courant fut aussitôt vulgarisé et il en résulta la traduction suivante : la plus grande quantité matérielle pour le plus grand nombre d'individus. Tel est l'éthique sous-entendue par la société technologique ou de consommation. Nous pouvons donc voir que l'utilitarisme est devenu l'allié du progrès matériel, sa justification éthique. Ce progrès lui-même est devenu une part essentielle de la vision scientifique et technologique du monde. L'historien scrupuleux pourrait objecter que cette interprétation fait violence au sens primitif de l'utilitarisme tel qu'exposé par Jeremy Bentham et John Stuart Mill. Les doctrines éthiques sont jugées en fonction de leur application dans la pratique. L'utilitarisme fut " instrumentalisé " et intégré par la société technologique avec tant de facilité, ce qui montre simplement combien il était en accord avec l'homogénéisation croissante du " meilleur " des mondes. Bentham et Mill étaient après tout des empiristes par excellence du 19ième siècle et leurs idéologies incarnaient toutes les limitations typiquement empiristes. D'autre part, le nihilisme et le scientisme proclamaient haut et fort l'évangile de la science, divinisaient les faits et discréditaient tout produit de l'esprit humain en le considérant comme dépourvu de sens et réactionnaire. Sergei Bazarov est l'un des représentants des plus frappants de cette nouvelle pensée. Tel que décrit par Tourgeniev dans son roman Pères et fils, Bazarov est un robuste défendeur exubérant de la science, du matérialisme et du monde qui a adopté les faits et les connaissances positives comme valeurs suprêmes. Il renie l'art, la poésie et les autres " niaiseries romantiques ". Bazarov incarne une synthèse du nihilisme, du matérialisme, du scientisme et du positivisme dominants qui, chacun à sa manière, considéraient les valeurs intrinsèques comme secondaires, insignifiantes ou inexistantes dans un monde où règnent les faits nus, l'objectivité clinique et la raison scientifique. Il en faut peut pour réaliser que la pensée de Bazarov a remporté la victoire ; sa philosophie est incarnée par des sociétés entières. Le Bazarovisme a imposé sa domination, ne serait-ce qu'à titre implicite, dans la société technologique contemporaine, en Orient comment en Occident. Un regard serein est suffisant pour réaliser que l'Union Soviétique était autant dominée par les Bazarovs que la nôtre. La manie de la 24

croissance économique (identifiée à tort au progrès) continue, la pensée endoctrinée appelée analyse des coûts et des profits (considérée à tort comme la méthodologie la plus valable), les efforts considérables pour rationaliser tous les aspects de l'existence humaine, sont tous des pièces du même puzzle, de la même philosophie. Nos universités se sont spécialisées pour produire et former des Bazarovs. Le problème est grave car, même si nous en sommes profondément conscients, nous n'y pouvons rien. Comme courant social dominant, le Bazarovisme a envahi les structures de notre société et de notre enseignement. L'un des aspects des plus alarmants de la situation est que les Bazarovs se considèrent comme les " flambeaux du progrès ", " les pionniers de l'humanité ", " les nouveaux constructeurs du monde au bénéfice de tous ". Ils servent ainsi les intérêts les plus grossiers du statu quo et sont les pionniers des destructions écologiques et humaines. En fait, ils n'incarnent que le conformisme et la servitude. En quelques décennies, les " révolutionnaires " et les " progressistes " sont devenus partisans résolus du statu quo. Au cours de la dernière décade, les vrais révolutionnaires ont tenté de rallumer notre intérêt pour le bien-être d'une humanité unie. Ils n'ont pas été les rationalistes à l'esprit solide qui proposaient de " dégager les décombres de l'histoire " pour tracer des voies nouvelles, mais les " doux rêveurs " qui croyaient aux valeurs intrinsèques, manifestaient des tendances parfois mystiques et se déclaraient hostiles à la science et au progrès. Le résultat de ces changements pénibles quant aux termes " raison ", " déraison ", " libération " et " oppression " fut que les esprits libéraux ne savaient plus que croire. Ils investirent donc en faveur de la raison et du progrès qui devaient logiquement les protéger de l'oppression et de l'exploitation. Mais entretemps, la raison est devenue une sorte d'oppression et le progrès une force mutilante. Dans l'homme unidimensionnel, Herbert Marcuse expose remarquablement ce renversement, ce qui nous dispense d'insister sur ce point. Le climat intellectuel du 20ième siècle -- dans les pays économiquement développés de l'Occident -- n'a pas été qu'un terrain favorable au triomphe des Bazarovs. Il a aussi contribué à décourager les autres penseurs à considérer les valeurs comme l'un des centres de la pensée et de la vie humaine. L'une des grandes mésaventures de la pensée occidentale moderne a été le lien des valeurs intrinsèques avec les religions institutionnalisées. Aux yeux de beaucoup, la faillite de l'une des religions institutionnalisées fut l'équivalent de la chute de la religion en tant que telle, et de ses valeurs propres. Cette identification repose sur une logique défaillante. Les religions, et surtout les valeurs intrinsèques, ne sont pas que des instruments permettant au clergé de faire régner l'ordre -- même s'il est arrivé qu'il s'en soit servi à cette fin --. Ce sont des formes et des structures, élaborées au cours des millénaires d'expérience humaine, qui permettent à l'individu de se transcender et ainsi d'obtenir le meilleur de lui-même. Le climat du 20ième siècle nous a rendu insensibles à notre héritage spirituel, et la philosophie n'a guère remédié à cette situation. Les positivistes logiques ont notoirement manifesté leur insensibilité au problème des valeurs. Même des penseurs éminents et des philosophes équilibrés, tel Karl Popper, réputé antipositiviste, nous apportent fort peu. Il est réellement incroyable, voire embarrassant, que Popper dise si peu de choses sur les valeurs et reste si discret à leur sujet. L'ombre du positivisme nous a tous envahis. L'absence des valeurs a été un sousproduit inévitable du deuil des religions et de l'émergence d'une vision séculaire du monde. Information - connaissance - sagesse. Entre 1700 et 1900, l'homme fut divisé en deux moitiés ! Nous séparâmes la connaissance de l'homme de son essence, de ses valeurs, de ses intérêts transcendantaux. La connaissance fut isolée et placée dans un récipient à part : le cerveau. Ce dernier fut considéré comme un coffre à outils, renfermant tous les objets nécessaires au travail en cours. Ainsi prit fin l'unité de l'homme et de sa connaissance, il n'y a plus que des outils spécifiques destinés à des tâches spécifiques. La connaissance devient information pure. Le processus entier est dépersonnalisé, mécanisé, adapté à l'ordinateur. La séparation des faits et des valeurs, de l'homme et de sa connaissance, du phénomène physique et des " autres " phénomènes, est une conséquence de l'atomisation de la physique aussi bien que du monde humain. Le processus d'isolement, d'abstraction et de séparation (rendre un phénomène étranger aux autres), qui était la condition préliminaire de la pratique efficace de la science moderne, était en fait un processus d'aliénation conceptuelle. Cette dernière devint à son tour une aliénation humaine : l'homme se rendit lui-même étranger à sa connaissance et à ses valeurs. La cause première de l'aliénation contemporaine est une conception erronée de l'univers où chaque chose est séparée et divisée, où l'être humain lui-même est atomisé et " déchiré ". Cette vision actuelle est artificielle. 25

Pour retrouver notre santé mentale et recomposer nos moi divisés, il est nécessaire de revoir certaines prémices fondamentales. Nous devons tout d'abord réaliser que l'état des connaissances d'un individu est une caractéristique importante de l'état individuel. Il s'agit d'une re-formulation de la notion de connaissance telle que Platon, Saint-Augustin et Copernic la concevait. Tous les trois, en effet, considéraient les connaissances non pas comme une réserve d'informations rassemblées dans la mémoire, mais comme une partie intrinsèque de l'être humain. Ils affirmaient que la connaissance est inséparable des actions et des jugements personnels. D'après Saint-Augustin, une connaissance juste est la base d'une conduite correcte et même Newton, considéré comme le meilleur atout des empiristes, fut loin de penser que la connaissance est information pure, sans rapport avec les autres valeurs humaines. De nos jours, cette vision est toujours en vigueur dans les sociétés primitives et en particulier chez les tribus amérindiennes. Déclarer que notre connaissance est un aspect important de notre être, qu'en tant qu'organismes bio-sociaux, nous ne pouvons agir indépendamment de nos connaissances, n'est pas une expression nostalgique d'un paradis perdu. Ce n'est qu'une description de la condition humaine. Comment justifier cette conception à une époque où la connaissance semble être totalement séparée de la vie ? Si l'intégration d'un savoir pertinent est indispensable à la cohérence de la vie individuelle, il est inévitable que la suppression d'une telle connaissance ne puisse que provoquer confusion et incohérence dans la vie. Il n'est pas nécessaire d'être perspicace pour voir ce phénomène se produire de nos jours. Les jeunes gens et les moins jeunes se perdent, sont indécis et aliénés parce qu'ils manquent de connaissance utiles pour les guider. Ils manquent de boussole, d'un centre de gravité pour donner un sens au monde qui les entoure. Ils sont par contre remplis de " bits " et de données d'informatique, ainsi que de connaissances spécifiques qui se révèlent si souvent inappropriées. La problématique est pathologique. Au lieu d'éclairer, la connaissance crée la confusion ; et l'accumulation d'informations ne fait qu'aggraver le processus d'aliénation. Cette pathologie est d'autant plus marquée que jamais encore, dans l'histoire humaine, l'enseignement n'avait été poursuivi avec autant de moyens. Jamais l'homme ne s'est senti aussi éloigné du monde et de son semblable que de nos jours. La cause est sans doute ancrée dans la nature des connaissances que nous recherchons. Une connaissance étrangère à l'esprit et aux valeurs humaines ne peut que désensibiliser et aliéner ceux qui l'acquièrent. Mais soyons très prudents en disant que cette connaissance est "inappropriée", car, dans un certain sens, elle est très appropriée. Elle convient parfaitement au système économique qui s'intéresse avant tout au rendement maximum ; à la société technologique telle que nous la connaissons. Elle convient à un monde conçu comme une usine. Un système qui exploite l'économie, l'environnement et l'homme, ne peut s'intéresser à une connaissance de sagesse pure. Mais l'information et le travail d'expert lui sont vitaux, car son bon fonctionnement est basé sur la compréhension technologique. Voilà pourquoi nous abreuvons et nous nous abreuvons nos étudiants d'informations et de savoirs spécifiques et non de vraie connaissance. La cause profonde de l'éclipse des valeurs. Qu'elle est la cause de cette éclipse des valeurs et donc de tous les maux qui en découlent ? Max Scheler répond ceci : " Concevoir le monde sans valeurs est une tâche que l'homme a soumis à une valeur : la valeur vitale d'une maîtrise et d'un pouvoir sur toutes choses ". Nous comprenons aujourd'hui que cette maîtrise est illusoire, qu'il nous est impossible de soumettre le monde à notre volonté sans nous détruire nous-mêmes. Néanmoins, nous maintenons et perpétuons le même système, destiné à cette grande, mais finalement pitoyable folie. Il convient d'examiner également la question de la relation entre la théorie et la pratique. À un certain niveau, la séparation des valeurs et de la connaissance peut-être vu comme problème philosophique abstrait. Mais cette séparation est partie intégrante d'un processus qui nous transforme en Bazarov pour maintenir la société de consommation et la conception du monde comme une usine. Ne regrettons pas qu'il n'y ait aucune relation entre théorie et pratique. Il y en a une : des théories ingénieuses ont été conçues et développées pour justifier et maintenir des pratiques parasitaires à l'égard des autres peuples et de la nature en général. Notons au passage que le système parasite équitablement les peuples et la nature. Il est capital de comprendre les rapports entre les forces économiques d'une société et sa conception de la nature et de l'univers, entre nos pratiques quotidiennes et le regard que nous portons sur le monde. Les larges visions du monde qui nous sont imposées d'une manière subtile et insidieuse justifient et motivent nos pratiques quotidiennes. Et si nous acceptons la vision scientifique du monde avec sa rationalité sous-jacente et son extension -- la technologie moderne, nous avons perdu d'avance. Parce que cette vision transforme la connaissance en information, les 26

valeurs en produits économiques, les humains en experts, et justifie ces métamorphoses. Les dangers de la science moderne se trouvent dans les conséquences qu'elle entraîne et dans ses exigences implicites à l'égard des individus et de l'écosystème. Il est inutile d'affirmer que ce n'est pas la science qui a tort, mais les gens qui l'appliquent. Connaissances et personnes sont inséparables. La science a formé les esprits tout autant que ceux-ci ont donné forme à la science. Le crépuscule de la raison scientifique que nous observons n'est pas nécessairement celui du genre humain. Quand, après nous avoir étouffés, la raison scientifique nous libérera de ses puissantes tentacules, nous pourrons enfin rétablir la relation étroite entre connaissances et valeurs. La connaissance est donc un aspect inhérent à l'être. La réintégration de la connaissance et des valeurs devra se produire afin d'assurer la survie de l'humanité. Nous ne pourrons faire face aux nombreux problèmes engendrés par notre présent mode d'interaction avec la nature et avec nos semblables, tant que nous n'admettrons pas l'importance de nos connaissances, qui seront étroitement liées aux valeurs et gouvernées par elles. Tout au long des trois derniers siècles, nous avons redéfini le monde autour de nous. Et le résultat est la violation de ce monde et de nous-mêmes ! Abandonnons la majeure partie de notre "sagesse" de prophètes du progrès matériel, car ce dernier nous conduit à l'échec. Éliminons tout un lot de dichotomies et de distinctions parce qu'elles sont souvent les racines de l'aliénation. Nous devons réaliser que la sagesse, qui est une connaissance " illuminée ", est la clé de la vie humaine. Philosophy for a New Civilization, by Henryk Skolimowski www.ecophilosophy.org In 2005 Henryk Skolimowski published Philosophy for a New Civilization in New Delhi, India. This book is an invitation to another kind of philosophy ... not abstract, dry and indifferent to life, but compassionate, holistic, caring and guiding life. Basically it is a book about a philosophy, which may change your life, if you take it seriously. We don’t have to follow the dictates of the stupefying technological system. We are free people. The human race is not forlorn and doomed. We can make the world a fair place to live, for all of us. But we need to think deeper, with consequence, and while inspired by our ultimate destinies. We need to transcend the plethora of plastic gadgets, insatiable greed, and the paranoia of fear that paralyze us. We can do it. We are proposing a New Logos for a New Civilization. The dawn of a New Civilization is on the horizon. But we have to help it to arise. Gandhi et Ruskin, des exemples à suivre… "ahimsa": absence de violence et "satyagraha" : (satya : vérité ; graha : fermeté) sont les mots à la base de la philosophie de la non-violence en action. Gandhi est né en 1869 dans l'ouest de l'Inde. En 1889, il part à Londres faire des études de droit. Après des débuts médiocres comme avocat au Gujarat et à Bombay, il obtient de s'occuper d'une affaire en Afrique du Sud. C'est là qu'il formera sa philosophie et la méthode qu'il nommera satyagraha, l'attachement à la vérité. Vingt ans plus tard, il revient en Inde, accueilli comme un héros. En 1919, il lance les premières campagnes de désobéissance civile sur une grande échelle, exemple encore inégalé dans l'histoire. Après quelque trente années de luttes, pendant lesquelles Gandhi effectue de nombreux jeûnes et séjours en prison, l'Inde obtient son indépendance, sans avoir utilisé la force militaire. Le 30 janvier 1948, il est assassiné par un fanatique hindou. La pensée de Gandhi peut apporter une réflexion nécessaire à l'évolution du monde entier, et des pays occidentaux en particulier. De nombreux auteurs ont déjà montré l'intérêt universel de la philosophie de Gandhi. Déjà en 1924, à l'aube des luttes non-violentes pour l'indépendance de l'Inde, Romain Rolland écrivait que cette philosophie est "le véhicule d'une nouvelle raison de vivre, de mourir, et d'agir pour toute l'humanité" et apporte "à l'Europe épuisée un nouveau viatique". Une partie des problèmes de la société occidentale, comme l'échec de nombreux mouvements révolutionnaires, tient à l'ignorance de l'un des principes fondateurs de cette pensée. La perte de la crédibilité de la politique aujourd'hui découle de l'absence d'un minimum d'éthique dans la conduite et la gestion des affaires publiques. C'est dans ce domaine que la science politique de Gandhi nous serait le plus profitable. En fait, ce n'est pas seulement 27

cette pensée et cette oeuvre que nous devons redécouvrir, c'est un ensemble de philosophies, d'auteurs qui montrent que l'approche exclusivement économique des problèmes de société est fondamentalement erronée. John Ruskin est le chef de cette école. L'un des premiers, il a dénoncé le capitalisme qui détruit le tissu social et créé la pauvreté. Nous devons admettre que le colonialisme culturel occidental a propagé une vision uniquement mercantile des problèmes, et abandonner l'idée que "tout ce qui accroît la production de ressources données accroît le bien-être". L'idée que les biens matériels sont importants, et qu'ils sont le point principal dont le bien-être et le bonheur dépendent, est le cœur de notre problème. Par opposition, la pensée de Gandhi repose avant tout sur une éthique, une morale religieuse. Il affirme, "sans la moindre hésitation, mais aussi en toute humilité, que ceux qui disent que la religion n'a rien à voir avec la politique, ne savent pas ce que signifie la religion." Et cette foi est tout le contraire de l'intégrisme qui resurgit aujourd'hui dans certaines religions, dans le christianisme et l'islam en particulier. Rajni Kothari, un auteur indien, écrit : "En définitive, Gandhi avait raison : politique et religion sont étroitement jumelées. Ou bien l'Etat est un instrument de la moralité, ou bien il devient un instrument d'une action – que ce soit le progrès ou la gloire nationale, ou la gloire de la personne qui est censée personnifier le destin de tout le peuple. Libéré des impératifs moraux, l'Etat devient totalitaire, quelle que soit sa constitution." Ceci est également vrai pour nos démocraties. L’article de Kothari montre bien les causes des graves crises du monde moderne : intégrismes contre dictatures militaires, fanatismes religieux contre oligarchies d'Etat… . Il insiste sur l'influence des leaders indiens, et de Gandhi en particulier, pour "imprégner la politique d'un code moral, pour lui associer le concept de service, de devoir". La persistance, consciente ou inconsciente, d'une prétendue supériorité de notre civilisation par rapport à d'autres contribue à maintenir un préjugé défavorable à l'égard de la pensée de Gandhi. Ce préjugé est particulièrement fort contre la civilisation indienne sur le plan économique et social. Il repose sur une méconnaissance de cette civilisation autant que sur un "racisme intellectuel". La persistance de graves problèmes économiques en Inde voudrait montrer la supériorité du matérialisme occidental. Ces mêmes analyses sous-estiment, voire nient, le flux constant de richesses et de personnes qualifiées des pays du Sud vers les pays occidentaux, depuis le début de la colonisation jusqu'à ce jour. On doit souligner que l'indépendance des pays dominés n'a pas arrêté ce flux. Plusieurs auteurs ont bien montré les causes du sous-développement économique de ce pays : la ponction sur l'économie indienne de la puissance colonisatrice britannique, puis des pays capitalistes à cause du prix très bas des produits exportés. Erikson écrit que l'Angleterre, "en dépit de ses lumières et de ses idéaux élevés, a exploité et drainé le subcontinent indien dans quatre domaines de la vie nationale : l'économie, la politique, la culture et l'esprit". L'industrialisation et le développement économique de l'Europe occidentale, en particulier de la France et de l'Angleterre, coïncident avec le développement de leurs puissances coloniales respectives. Au XVIIème siècle, le niveau de vie des paysans indiens était supérieur à celui d'aujourd'hui. Il n'y avait pas de famines en Inde avant l'installation du pouvoir politique colonial. La misère n'est apparue qu'avec la colonisation. Le problème démographique est une conséquence de la misère, et non une cause comme, veulent le faire croire bon nombre d'Occidentaux. Bien sûr, aujourd'hui, un cercle vicieux s'est installé, dont l'Inde a bien du mal à sortir. Enfin, le système social traditionnel de l'Inde n'a pas pour objectif un enrichissement économique, mais un développement spirituel. Le capitalisme comme le marxisme affirme que l'industrialisation des pays du Sud est nécessaire au bien-être de leur population. Ce que réfute totalement Gandhi. La croyance qui tient la possession d'un bien-être matériel comme le but ultime à atteindre est originaire de l'Occident. L'objectif de l'hindouisme est "la fondation d'une société universelle totalement imprégnée de valeurs religieuses universellement reconnues. (…) Chaque individu devrait ainsi associer dans sa vie la quête personnelle de la connaissance de soi à une contribution nécessaire au bien-être de tous dans la société. (…) Chaque 28

membre de la société doit ainsi contribuer au maintien d'un ordre qui constitue la seule garantie de son propre bien-être." La société occidentale est donc caractérisée par une recherche du profit personnel. Ce comportement est le plus souvent inconscient et se révèle à la rencontre d'une société qui a une conception de base différente. Cela explique à la fois la fascination des Occidentaux pour la société indienne et le choc psychologique ressenti par eux à la rencontre de cette société. "Le refus d'une source de moralité et d'autorité transcendante à la personne humaine et la promotion de l'homme comme centre de l'univers ayant là charge de le régenter, sont à la base de la conception occidentale du monde." C'est aussi la base de nos problèmes ! Devant l'impasse dans laquelle nous nous sommes engagés, notre seule possibilité est de chercher des solutions à l'extérieur de notre société. Il est aujourd'hui admis que les ressources de la planète, en particulier énergétiques, ne peuvent soutenir une consommation comparable à celle des pays occidentaux pour l'ensemble de l'humanité. L'air pur, l'eau potable, les terres cultivables ne sont pas inépuisables. Les quantités disponibles d'énergies fossiles sont limitées. La production de déchets met en danger notre futur. Gandhi avait déjà prévu cette situation avant qu'elle fasse l'objet de campagnes électorales : "Si la Terre produit assez pour les besoins de chacun, elle ne produit pas suffisamment pour l'avidité de tous." La pensée de Gandhi s'oppose principalement à celle de Descartes. Pour ce dernier, la morale n'est qu'une des branches de la philosophie, alors que la morale est le fondement absolu de la pensée de Gandhi. Descartes différencie une morale provisoire et une morale définitive, et soutient que le progrès de la science bénéficie à la morale. L'arme atomique, l'expérience des pays communistes et des chambres à gaz nazies nous montrent où cela nous mène : à la négation des Droits de l'Homme qui fondent nos démocraties ou à la destruction de l'humanité. Gandhi, par contre, subordonne tout progrès scientifique ou technique au contrôle de la morale. Si ce contrôle n'existe pas, les découvertes scientifiques ne sont pas utilisées pour une plus grande connaissance de l'être humain, mais comme palliatif des problèmes sociaux ou, pire, comme source de profit aux dépens d'êtres humains ou de la nature. Tout progrès scientifique ou technique qui n'est pas accompagné d'un progrès social et spirituel est une déformation vicieuse de notre capacité intellectuelle. Tenter de résoudre un problème par une avancée de la technique plutôt que par un progrès social et spirituel, conduit à déplacer ce problème dans l'espace ou dans le temps. La technocratie, c'est-à-dire un système où les techniciens ont une influence prépondérante – c'est-à-dire le nôtre – ne peut engendrer une société où l'être humain est pleinement épanoui. La prépondérance du matériel sur l'humain aboutit à des aberrations à tous les niveaux de la société. On fait rouler des véhicules avec du carburant produit avec des végétaux qui pourraient être consommés. On étudie la psychologie humaine grâce à des expériences sur des souris en cage. On oublie que l'homme n'est pas une machine qui fonctionne si on lui fournit un carburant chimiquement adéquat. Le même type de raisonnement conduit invariablement à des conclusions erronées, à des monstruosités qui avilissent l'homme. Pour comprendre la pensée de Gandhi, comme toute pensée d'origine non occidentale, nous devons donc dissocier la notion de culture de celle de civilisation. La civilisation ne peut se définir uniquement par un certain état de la culture, de la science, de la technique, de la politique, de l'économie, du social ou du droit. Si l'idée de civilisation est associée à une idée de valeur, ce ne peut-être que de valeurs morales. Nous déclarons une société positive ou évoluée selon des critères propres à notre civilisation, et qui n'ont rien d'universels. Si nous prenons comme critère l'évolution spirituelle de ses membres, la civilisation indienne, qui a pour leitmotiv la recherche de l'Absolu, ne peut être qu'une "grande" civilisation. Et Gandhi, l'un de ses derniers rénovateurs, ne peut être qu'un homme de morale.

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Les Ouvriers de la Dernière Heure Gandhi découvrit Unto This Last en mars 1904 en Afrique du Sud grâce à un ami rencontré dans un restaurant végétarien. Dans Unto This Last, Gandhi trouva une grande partie de ses idées sociales et économiques. Ruskin était concerné par les mêmes problèmes et apportait les solutions qui ont plu à Gandhi comme si elles étaient les siennes. Ruskin est né à Londres en 1819. En 1842, il obtient un diplôme universitaire à Oxford où il enseignera plus tard. Ses écrits, nombreux et variés, traitent de peinture, d'architecture, et de l'art italien, principalement de Venise et Florence. Il a aussi écrit des contes moraux, des essais de géologie et d'économie politique. Il effectua de nombreux voyages en France et en Italie. Il est mort à Londres en 1900. Ruskin publie les quatre essais en mai 1862. Au début, Unto This Last se vendit mal. En 1910, plus de 100 000 copies avaient été vendues, et le livre avait été traduit en français, en allemand, en italien, et par Gandhi, en gujarati. Le but de Unto This Last est double : définir la richesse, et démontrer que certaines conditions morales sont essentielles pour l'obtenir. Ce n'est pas un essai pour définir une nouvelle théorie économique ou pour proposer des politiques particulières. C'est d'abord et avant tout une critique des croyances et des idées populaires. Les économistes avaient défini un "homme économique" qui agit "invariablement pour obtenir la plus grande quantité de nécessités, de facilités ou de luxe, avec la plus petite quantité de travail et d'effort physique nécessaires dans l'état de connaissance existant". Autrement dit, il ne serait motivé que par le désir d'un gain matériel. Ils n'imaginent pas qu'un tel être existe, mais prétendent seulement qu'il est nécessaire d'isoler l'objet de leur investigation, car "c'est la méthode que la science doit obligatoirement suivre". Leurs buts sont de découvrir comment les lois du marché permettent aux personnes le souhaitant d'acquérir des richesses, et l'homme économique leur fournit un bon modèle. Pour Ruskin, et pour Gandhi, c'est précisément cela que la science ne doit pas faire. Si un tel individu n'existe pas, comment ce modèle pourrait-il être utilisé pour comprendre les actions humaines dans la réalité ? Plus que tout, dans le cas de la nature humaine, comment est-il possible de séparer la compréhension d'une action de son jugement moral ? Ce que les économistes veulent apparemment proposer, c’est que la société dans son ensemble profite de l'avidité et du matérialisme des individus égoïstes. Il semble qu'ils recommandent une telle conduite. Beaucoup de politiciens et d'industriels les comprennent certainement de cette façon, et agissent selon ce qu'ils prennent pour leurs conseils, ce qui suffit à Ruskin et à Gandhi pour démontrer l'irresponsabilité de la méthode. Gandhi, comme Ruskin, a répété tout au long de sa vie que l'être humain est fondamentalement moral. Il ne dénie pas qu'il est capable d'avidité, d'immoralité et de manque de cœur. Il affirme simplement que l'on ne peut comprendre l'humanité, ni même la nature de la richesse ou de l'avidité, si l'on ne reconnaît pas que l'être humain est aussi capable d'abnégation, d'honneur, de justice et d'amour. Ce que les méthodes scientifiques abstraites semblent avoir découvert en lui ne sera pas seulement faux (et donc inutile), mais découragera ses vertus dans l'intérêt du progrès économique. Et l'individu, divisé entre des motifs nobles et vils, apprendra que les plus vils sont bénéfiques à la société, et se sentira en conséquence justifié dans son choix égoïste. Unto This Last est d'abord un cri de colère contre l'injustice et l'inhumanité. Les théories des économistes ont outragé ses plus fortes convictions morales. Il critique des penseurs qui proclament avoir fondé une science. Limiter le message du livre à des sentiments moraux serait accepter ce que lui reprochent ses détracteurs : d'être un sentimental qui ne peut faire face à la réalité. Mais le livre est aussi une attaque des méthodes philosophiques et scientifiques que les économistes tiennent pour acceptées. Ruskin et Gandhi résistent totalement à la tendance de la civilisation moderne d'un point de vue intellectuel autant que moral. Ils contestent la méthode, particulière aux temps modernes, qui consiste à travailler par spécialisation. La réalité est déformée quand on isole l'objet de l'étude et quand on détache les considérations matérielles de la morale. Leur argument peut-être relié avec leur objection à la démocratie libérale, qu'ils décrivent comme l'expression politique d'une pensée qui conçoit chaque homme comme la somme de ses intérêts personnels, détaché d'un contexte social. Ils voyaient la division du travail comme une forme d'esclavage. Ils ne mettent 30

pas seulement en cause une théorie générale, mais des situations spécifiquement économiques. Ce qui nous attire dans Unto This Last est la façon précise avec laquelle, à l'analyse s'ajoute l'ironie, la passion et l'imagination. Le premier essai commence avec une attaque de la notion d'homme économique. Dans la plupart des affaires humaines, il est normal de regarder le gain personnel comme secondaire dans le service désintéressé de son prochain. La même chose doit s'appliquer à l'industrie et au commerce : le travail du fabricant et du vendeur doit être de pourvoir la communauté en biens et en services utiles. Le second anticipe la charge de sentimentalisme. A l'aide de fables simples, il montre que l'honneur dans les affaires commerciales est non seulement désirable, mais essentiel pour une prospérité véritable. Les économistes ne comprennent pas cet argument car ils isolent l'individu de la société. Le modèle proposé pour l'Etat est la cellule familiale où la survie et la prospérité sont profondément interdépendantes. Ce qui conduit naturellement à la considération de la juste récompense du travail dans le troisième essai. Le concept de justice abstraite existe derrière toutes les transactions humaines. Ce concept est inné, et quand il est violé, celui qui en souffre se sent lui-même la victime d'un crime. Un salaire injuste est donc une forme de vol. Dans le dernier essai, sont esquissés quelques-uns des critiques écologistes aux cités modernes. Il définit ce qu'est un objet utile, ce que n'avaient pas fait les économistes du XIXème siècle. Puis vient la définition d'une véritable richesse, à savoir, qu'elle ne se trouve pas dans la possession de biens matériels, mais dans le cœur d'individus "nobles et généreux". Non-violence et Gandhi sur net www.mkgandhi.org A Place to learn about Gandhi, his life, work & philosophy. This comprehensive site is regularly updated & maintained by non-profit Gandhian Organizations in India & has a wealth of information & material for researchers, students, activists & anyone interested in Gandhi. www.mahatma.com Mahatma.com brings to you a complete resource guide on the legendary Father of the Nation 'Mahatma Gandhi'. www.forget-me.net ALTERNATIVES ET NON-VIOLENCE SUR LE NET www.forget-me.net/Ouvriers/ouvriers.pdf Les Ouvriers de la Dernière Heure, traduction de Unto This Last de M. K. Gandhi. http://nonviolence.fr Mouvement non-violent de réflexion et d’action né en 1974, le MAN est une association loi 1901 fédérant une vingtaine de groupes locaux regroupant plus de 230 adhérents. www.arche-nonviolence.eu En 1937 Lanza del Vasto, poète, philosophe, découvrait l' Inde et rencontrait Gandhi. De retour en Europe, inspiré par le mouvement gandhien et ses ashrams, il réunit, avec son épouse Chanterelle, des hommes et des femmes pour former ce qui à partir de 1948 allait devenir la Communauté de l'Arche ; réhabilitation du travail manuel, méditation, action civique y sont à l' ordre du jour. Après plus de 50 ans d' expériences, la Communauté de l'Arche évolue toujours avec la volonté de participer à un changement constructif de la société au niveau local et international.

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J'accepte le contrat tacite de notre monde libre Ce texte est une très « belle » illustration de notre économie de mort. Il a été mis en circulation sur Internet le 11 Septembre 2003 par un(e) anonyme. J'accepte-Le contrat tacite des gens qui dorment. http://www.dailymotion.com/video/x9uhm4_j-accepte-le-contrat-tacite-des-gen_webcam Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'accord tacite d'une sorte de contrat passé avec chacun d'entre nous, dont voici dans les grandes lignes : Quelques penseurs de l’écologie politique : René Dumont : www.jutier.net/contenu/redumont.htm Teddy Goldsmith : www.teddygoldsmith.org et www.edwardgoldsmith.com (english) André Gorz : http://jeanzin.fr/index.php?2007/09/25/112-andre-gorz et www.jutier.net/contenu/andregor.htm Robert Hainard : www.hainard.ch Ivan Illich : www.jutier.net/contenu/ivillich.htm François Partant : www.lalignedhorizon.org Pierre Rabhi : www.pierrerabhi.org et www.mouvement-th.org et www.terre-humanisme.org www.chomsky.info Noam Chomsky a toujours été engagé politiquement. On peut notamment retenir : qu'il pense que le mot terrorisme est une étiquette facile pour des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités ; qu'il déploie un large spectre de critiques bien informées mais parfois impopulaires contre le gouvernement américain ; qu'il développe des points de vue que l'on peut globalement qualifier d'anti-guerre : il fut contre la guerre du Viêt Nam et d'une manière générale contre toutes les guerres menées par les États-Unis depuis, il est membre du Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l'Agent orange ; qu'il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens. Chomsky a largement critiqué d'autres aspects du gouvernement américain, de la société et des médias. www.karlpolanyi.org Karl Polanyi (1886-1964) a élaboré une critique pénétrante des fondements historiques et philosophiques du libéralisme et du déterminisme économique. Dans le sillage de son œuvre, les Notes de l'Institut Karl Polanyi visent à renouveler le débat sur les rapports entre économie et société.

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2 / Impasses du monde moderne
a) impasse pétrolière

www.aspofrance.org ASPO France est une association à but non lucratif poursuivant 3 objectifs principaux : Informer sur les ressources mondiales de pétrole et de gaz naturel et leurs incertitudes. Expliquer la réalité du phénomène de déplétion. Etudier la déplétion et ses conséquences en tenant compte de la demande en énergie ainsi que des aspects technologiques, économiques, sociaux et politiques. www.wolfatthedoor.org.uk/francais Depuis des années les experts nous rendent attentifs aux dangers de la déplétion du pétrole. Ils ont été accusés de crier au loup. Cette fois, le loup est réellement à notre porte. www.oleocene.org Le monde que nous connaissons est appelé à connaître dans un futur très proche des changements radicaux. Notre civilisation est sur le point d'affronter la plus grande crise qu'elle ait jamais connue. Une crise qui ne s'est jamais produite auparavant, et qu'elle ne connaîtra jamais plus. Cette crise, c'est la fin de l'âge du pétrole. Comme tout le monde, vous savez sans doute que le pétrole ne durera pas éternellement et, si vous deviez donner une date, vous diriez sans doute qu'il en reste suffisamment pour quarante ou cinquante ans. Malheureusement, la réalité est toute autre. Dans ce site, vous apprendrez entre autres choses : Pourquoi le pétrole est sur le point de manquer. Quelles seront les conséquences sur notre mode de vie. Comment cette crise explique déjà en grande partie la géopolitique actuelle. http://apres.petrole.online.fr Sommes-nous prêts ? Etes-vous prêts... à bientôt vous passer de pétrole ? www.resornoir.org/doc/tdb/lachutedupremiermonde.pdf La Chute de Premier Monde. Livre au format pdf de 92 pages par Emmanuel Broto (Novembre 2006). Une étude sur le pic de pétrole des pays de l’OCDE avec pléthore de graphiques et un historique de l’OCDE. Le site d’Emmanuel Broto : www.terredebrut.org Introduction : […] Il en existe une qui n'est pas très connue du grand public et qui possède une très grande influence politique dans le monde: l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique). Schématiquement, cette organisation représente les intérêts des pays industrialisés et «milite» pour le développement de l'économie de marché. En d'autres termes, l'OCDE représente les intérêts capitalistes, principalement occidentaux, au niveau mondial. Nous allons dans un premier temps revenir sur les conditions d'émergence et l'histoire de l'OCDE puis de l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) qui est l'organisation de l'OCDE qui s'occupe des affaires énergétiques. Nous donnerons quelques chiffres pour mesurer l'importance des pays de l'OCDE en termes de surface, de population et en poids économique, 33

financier et militaire. Ceci nous permettra de mieux cerner ce que représente l'ensemble des pays de l'OCDE et l'histoire de ce que nous appellerons « Le Premier Monde ». Le Second Monde, correspond aux pays de l'ancien bloc communiste et le Troisième Monde, appelé plus vulgairement le Tiers Monde, est assimilé au reste du monde, à ceux à qui il ne reste plus grand chose une fois que les deux premiers mondes se sont servis dans « l'auge » de notre belle planète bleue. Plusieurs institutions couvrent et régissent les pays du Premier Monde. Cependant, l'OCDE a un rôle moteur, d'arbitre et de guide au niveau économique, social et politique. L'OCDE est l'organisation qui définit les frontières du Premier Monde. Appartenir à l'OCDE, c'est être dans le Premier Monde. L'OCDE est une organisation politique défendant des valeurs idéologiques libérales, c'est à dire les valeurs du pouvoir en place dans le monde occidental. Après ces préliminaires, nous nous intéresserons à la production domestique de pétrole et de gaz naturel de l'ensemble des pays membres de l'OCDE et à la consommation de ses membres. Nous verrons que la situation des pays de l'OCDE est tout a fait préoccupante sur la question de la production de l'énergie. La question de l'énergie pourrait bien être le talon d'Achille du Premier Monde et de son Empire planétaire. Conclusion : Les pays de l'OCDE, dits développés, se trouvent maintenant face au précipice. Il va falloir choisir car l'enjeu est celui de la conservation de la société ultra-complexe qu'est la société industrielle. Il paraît très improbable que ceux-ci arrivent à se sortir de ce mauvais pas qui aurait dû être prévu depuis de nombreuses années. En fait, si des bonnes décisions avaient été prises durant les années 70 suite aux chocs pétroliers, il aurait été encore temps de changer complètement l'orientation prise et de réduire considérablement la dépendance des pays riches envers les énergies fossiles et de sortir de l'idéologie productiviste et capitaliste. Mais cela aurait nécessité qu'un réel processus révolutionnaire massif débouche des événements de 68 et des années 70. Cela n'a pas eu lieu et les années 80 ont sifflé la fin de la récréation et la remise au pas de tout cette jeunesse agitée. […]. Après la fête, après l'exubérance et le profit sans compter, il va falloir payer l'addition. http://non-a-lintox.org/post/2007/07/02/Les-consequences-radicales-du-pic-petrolier-sur-leconomiemondiale Oil smoke & mirrors (Pétrole et écrans de fumée de Ronan Doyle) présente une analyse sérieuse du monde à la lumière des évènements imminents, volontairement occultés, liés aux conséquences prévisibles des contraintes caractérisant le contexte énergétique mondial. Au travers d’une série d’interviews très bien informées et éloquentes, ce film montre que les évènements du 11 septembre et la poursuite de la soi-disant "guerre au terrorisme", peuvent être mieux compris dans le contexte plus large de l’imminence d’une crise pétrolière. b) impasse monétaire de l’argent dette MONNAIE - Histoire, escroquerie actuelle et solution de remplacement + sites, articles, vidéos et citations en 108 000 signes et 108 liens : http://www.scribd.com/doc/66367429 . Cette publication a pour but de contribuer à la réflexion sur le fait monétaire, de faire un petit historique de l’histoire monétaire, d’expliquer le principe de la création monétaire et le fonctionnement du système monétaire mondial pour finalement présenter une solution de remplacement au système actuel, le 100 % Money, adapté à la France et au monde d’aujourd’hui. 1 / Réflexion générale sur le capitalisme et son moyen de manipulation - 2 / Histoire - 3 / La création monétaire actuelle - 4 / La réforme monétaire proposée par Fraternité Citoyenne (Le 100% Money). En abandonnant leur droit de produire la monnaie, les peuples se sont mis dans une situation de servage vis à vis des banques. Une gigantesque escroquerie monétaire met en difficulté les finances des états et diminue gravement le niveau de vie des citoyens. The Money Fix. 1 hour, 19 minutes. Language: English - sous titré français http://dotsub.com/view/38d7177f-869c-4922-8424-9795986de2f2 Comprendre la dette publique (en quelques minutes) http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs&feature=related

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c) impasse environnementale et agricole

Caractéristiques et dimensions de notre vaisseau spatial. Rayon équatorial : 6 378 km. Vitesse : 29,8 km/s. Circonférence : 40 008 km (Méridien). Masse : 5,98 x 10 exp. 24 kilos. Volume : 1,083 x 10 exp. 12 km3. Densité : 5,52g/cm3. Surface : 5,10 x 10 exp. 8 km2 répartis comme suit : 133,6 millions de kilomètres carrés de terre émergée (18 % de terres arables ; 29 % de forêt ; 21 % de steppes et le reste de désert), 15,3 M de km2 de glaces, 361,1 M de km2 d'eau. Température moyenne en surface : 14°C -- en augmentation sensible depuis quelques dizaines d'année --. Composition chimique de la croûte terrestre en % : O : 47,34 ; Si : 27,74 ; aluminium : 7, 85 ; fer : 4,50 ; calcium : 3,47 ; An : 2,46 ; potassium : 2,46 ; magnésium : 2,24 ; Ti : 0,46 ; hydrogène : 0,22 ; carbone : 0,19 ; P : 0,12 ; souffre : 0,12 ; Ab : 0,08 ; Mn : 0,08 .... Rapport succinct des dégâts. Pertes annuelles en forêts et terres cultivables dans le monde (en milliers de km2) : déforestation tropicale (210) ; pertes de terres cultivables par épuisement des sols (200) ; désertification (60) ; salinisation (15). Si aucune mesure de conservation n'est appliquée, en l'an 2020 une superficie égale à l'Europe sera perdue et en l'an 2060 cette superficie sera égale à l'Afrique. L'ozone : chaque molécule de C.F.C. (durée de vie 100 ans) par l'intermédiaire des atomes de chlore détruit 100 000 molécules d'ozone par an. La conséquence de la diminution d'ozone est une augmentation des rayons U. V. qui entraîne des cancers de la peau, des affections de l'appareil oculaire, l'herpès et l'affaiblissement de notre système immunitaire -- qui est déjà bien malmené par bien d'autres facteurs --. L'effet de serre (due au CO2), les pluies acides, les dioxydes d'azote (responsable des smogs photochimiques), pollution des métaux lourds (plomb et Mercure), dioxydes de souffre, pollution des sols (herbicides, fongicides, insecticides) etc. La Planète se meurt d'extraction, se meurt de combustion. La Planète Terre s'enlise, s'ensable, se désertifie. Au cours des 20 dernières années, environ 300 millions d'hectares (six fois la surface de la France) de forêt tropicales, ont été détruits pour implanter des domaines fermiers et des pâturages ou des plantations à grande échelle d'huile de palme, de caoutchouc, de soja, de canne à sucre et autres récoltes. A l'échelle planétaire, ce sont 1370 hectares de sol qui sont désertifiés à 35

jamais toutes les heures, ce qui fait 12 millions d'hectares chaque année, l'équivalent de la moitié de la surface agricole de la France. Au Mexique, la désertification chasse 700 000 paysans tous les ans vers les cités ou vers les USA. En Australie, parler de catastrophe n'est tout au plus qu'un euphémisme. Ce pays se prépare à sa septième année consécutive de sécheresse. L'Australie sera sans doute le premier pays dit "occidental" à être ruiné par les processus de salinisation et de désertification: certaines terres Australiennes ont des concentrations de sel trois fois supérieures à celles de l'océan. Il aura fallu à la société occidentale un siècle et demi d'agriculture et d'élevage intensifs pour transformer l'Australie en un désert. Fast-food and fast-destruction! Faut-il vous l'emballer ou est-ce pour "consumer" de suite? Un record que même les USA n'ont pas réussi à battre: ils n'ont perdu, en 150 ans de colonialisme, que 75 % de leur humus! C'est 150 cm d'humus qui est parti à tout jamais dans les océans. En région tempérée, il faut 500 ans pour produire naturellement 2,5 cm d'humus. Cela veut dire qu'il faudra à la nature 30 000 années pour régénérer ce patrimoine humique aux USA. Eu Europe, le taux moyen d'érosion du sol est de 17 tonnes par hectare et par année alors que le taux moyen de formation du sol est d'1 tonne par hectare et par année. A l'érosion s'ajoute la destruction des sols brûlés par l'agriculture toxique. Ne nous méprenons pas: de nombreuses régions Françaises ne sont peut-être pas des déserts de sable mais elles sont des déserts en gestation. L'agriculture occidentale moderne est une agriculture hors-sol produisant des aliments-poisons. C'est une agriculture qui bombarde le sol de tout un arsenal de produits toxiques. Il faut se rendre à l'évidence: la communauté internationale a décidé de laisser mourir de soif, ou de maladies liées à des eaux souillées, toute une partie de l'humanité. C'est une question de survie pour leur agriculture moderne qui consomme quasiment 90 % de l'eau douce de toute la planète. L'agriculture moderne non seulement désertifie les sols, non seulement empoisonne les humains et les animaux mais en plus, elle épuise les réserves d'eau douce. Les variétés modernes de maïs sont la quintessence de ce délire agricole. Un hectare de maïs requiert, aux USA, au moins 5 millions de litres d'eau mais en raison de l'évaporation, ce sont 8 millions de litres d'eau qu'il faut amener par hectare. Ce qui fait 1000 litres d'eau par kilo de maïs produit. Les variétés de maïs traditionnelles pouvaient croître dans les déserts du Mexique ou de l'Arizona. Les Hopis, par exemple, semaient leur maïs à 30 ou 40 cm de profondeur dans le sable du désert avec des bâtons à semer. C'est l'agronomie moderne qui a fait du maïs une pompe à eau. Et comme les réserves d'eau sont en train de baisser sur toute la planète, les apprentis-sorciers du bricolage génétique nous promettent de nouvelles variétés de maïs chimériques résistantes à la sécheresse. La consommation de viande, au niveau planétaire, rappelons-le, est passée de 44 millions de tonnes en 1950 à 265 millions de tonnes en 2005. Et cette tendance ne fait que s'amplifier. Selon l'Université de Californie, il faut 44 000 litres d'eau pour produire 1 kilo de viande de boeuf, 13 700 litres d'eau pour produire 1 kilo de viande porc et 6 800 litres d'eau pour produire 1 kilo de viande de poulet. Aux USA, 65 % des productions agricoles sont destinées à nourrir le bétail (contre 1 % en Inde). Sur le plan mondial, la production de grains est de 1985 millions de tonnes dont 60 % sont consommés par l'homme, 36 % sont utilisés comme aliment pour le bétail et 3 % sont brûlés comme fuel. Si on raisonne en termes de calories, il faut 50 fois plus d'eau pour produire une calorie de viande qu'une calorie de pomme de terre. Ces quelques chiffres nous aident à mieux comprendre le dilemme de la planète que l'on pourrait (presque) résumer comme un choix entre l'eau pour les pauvres ou de la viande pour les riches. Le dilemme se complexifie, en fait, car les riches, maintenant, non seulement veulent de la viande, et encore plus de viande, mais ils veulent aussi des agro-carburants pour faire rouler leurs voitures. La folie des nécro-carburants est ainsi en train de se répandre comme une peste sur toute la planète. Elle accentue d'autant plus la pénurie de l'eau car il faut jusqu'à 3600 litres d'eau pour produire un litre d'éthanol (à partir de 2,5 kilos de maïs). En 2006, aux USA, 20 % de la production nationale de maïs (à savoir 55 millions sur les 270 millions de tonnes produites) a été brûlée dans les centrales à éthanol. L'irrigation intensive des cultures n'existe que parce que la structure des sols a été complètement détruite et parce qu'aussi, l'industrie a inventé des arroseurs mécaniques. L'irrigation intensive des terres agricoles provoque un énorme problème de salinisation sur toute la planète. Le troisième aspect est lié à la déforestation. Les 300 millions d'hectares de forêts tropicales qui ont été détruits durant ces 20 dernières années, l'ont été en grande partie pour des productions agricoles. C'est une catastrophe planétaire car les forêts sont non seulement un poumon mais une immense réserve d'eau. L'arbre, par essence, appelle la pluie. 36

Et quand la pluie vient, elle percole sans aucun ruissellement. La déforestation chasse la pluie et amène la sécheresse. Et si jamais la pluie vient, elle ne percole plus, elle ne fait que ruisseler et générer des inondations qui aggravent l'érosion des sols. Selon les enquêtes publiées par l'IFEN en 2005 en France, 96% "seulement" de nos cours d'eaux et 61% "seulement" de nos nappes phréatiques sont pollués par "seulement" 230 pesticides: la molécule la plus présente étant l'atrazine qui génère cancers (du sein et des ovaires), maladies cardio-vasculaires, dégénérescences musculaires, lésions des poumons et des reins, etc. Aux USA et au Canada, des études sérieuses ont mis en évidence la présence, dans les eaux, de très nombreuses substances: estrone, ethinylestradiol (venant des pilules contraceptives), des anti-inflammatoires, des remèdes contre le cancer, des tranquillisants, etc. Aux USA, chaque année un million de patients cancéreux sont traités par chimiothérapie. Ces patients génèrent approximativement, chaque année, 650 000 tonnes d'excréments qui sont évacuées dans les égouts. Des chercheurs se sont aperçus que toutes les substances utilisées en chimiothérapie sortaient intactes des systèmes de retraitement d'eau. Toutes ces substances sont mutagènes, carcinogènes, tératogènes et embryotoxiques. En 2005, en Suisse, une thèse de doctorat a porté sur la contamination de l’environnement par les substances pharmaceutiques. (recherche de Tauxe Würsch, Annick ; Tarradellas, Joseph). "Dans la première partie de cette recherche, la présence et le devenir de cinq médicaments très utilisés (Acide Clofibrique, Ibuprofène, Kétoprofène, Acide Méfénamique et Diclofénac) ont été analysés dans trois STEPs durant quatre à sept jours consécutifs. L'Ibuprofène, le Kétoprofène, l'Acide Méfénamique et le Diclofénac sont des antiinflammatoires (NSAIDs). L'Ibuprofène et l'Acide Méfénamique sont les médicaments les plus vendus de cette étude: 17 tonnes par an et par substance en Suisse. L'Acide Clofibrique est un métabolite du clofibrate, de l'étofibrate et du clofibrate d'étofylline. Ces substances hypolipémiantes sont utilisées pour abaisser les concentrations plasmatiques élevées de cholestérol et de triglycérides. La méthode analytique développée pour analyser ces cinq médicaments permet de récupérer généralement plus de 70% de ces composés. Les limites de détection (5-15 ng/l) permettent la détection de ces substances dans les échantillons d'eaux usées. L'eau de boisson, l'eau d'irrigation, est devenue un dangereux cocktail de pesticides, de produits pharmaceutiques et de résidus industriels. Et pour couronner le tout, l'eau, bien précieux et bien collectif de l'humanité, est devenue une affaire privée dans les griffes de quelques multinationales mafieuses. Voleurs d'eau, Voleurs de terre, Pollueurs d'eau, Pollueurs de terre, ce sont les mêmes! Les vers de terre peuvent abonder dans des terres fertiles et saines. Une prairie permanente non traitée peut en compter de 150 à 400 par mètre carré, à savoir d'1,5 à 4 millions d'individus par hectare, ce qui représente une masse d'1 à 3 tonnes de vers par hectare. En comparaison, un vignoble ou un champ de céréales maltraités par l'agriculture industrielle et toxique n'en contient que d'un à trois individus par mètre carré. A savoir 130 fois moins. Les vers de terre sont la clé de la fertilité des sols. Les vers de terre sont de grands percolateurs: toutes les eaux de pluie, y compris de violentes pluies d'orages, (jusqu'à 160 mm d'eau par heure) peuvent être absorbées par le sol grâce au travail d'élaboration de galeries. Les vers de terre sont de grands digesteurs: une biomasse moyenne de vers de terre (environ une tonne par hectare) ingère, en une année, 400 tonnes par hectare de terre et de matière organique (jusqu'à 1 000 tonnes dans les zones tropicales). Les vers de terre sont, ainsi, de grands régulateurs biologiques du sol, grâce à leur grande capacité d'interaction avec les micro-organismes. Ils produisent du mucus (qui est un substrat organique très énergétique) qu'ils mélangent dans leur tube digestif avec le sol ingéré (qui contient des particules minérales, organiques, et de la microflore) et de l'eau. Leur système digestif mutualiste crée ainsi un milieu idéal pour les bactéries dormantes dans le sol ingéré: elles réactivent leurs capacités enzymatiques et digèrent la matière organique. Les vers de terre, source par excellence de fertilité, ont "déserté" les terres agricoles qui sont devenues les poubelles toxiques de l'agro-industrie. Quel pourcentage de vers subsiste dans les terres agricoles françaises, par exemple? Le calcul est simple. Comme l'agriculture biologique ne représente que 2 % des surfaces et que les vers de terre ne survivent pas dans les terres massacrées par l'agro-chimie, ce sont donc 98 % des vers de terre qui ont disparu. Selon la FAO, la surface moyenne de terre arable par habitant était de 0,32 hectare en 1962 (pour une population mondiale de 3,2 milliards), de 0,21 hectare en 1998 (pour une population mondiale de 6 37

milliards) et sera de 0,16 hectare en 2030 (pour une population mondiale estimée à 8,3 milliards). Selon certains experts indépendants, les projections ci-dessus sont hautement optimistes car la surface moyenne de terre arable par habitant dans les pays pauvres sera seulement de 0,09 hectare en 2014. Elle n'était déjà que de 0,08 hectare en 1996 en Chine. Quel est l'état de la production de grains à l'échelle planétaire? L'an passé, l'Australie n'a produit que 10 millions de tonnes de blé au lieu des 21 millions escomptées. En Chine, ces dernières années, la production de blé est tombée en-dessous de 100 millions de tonnes alors qu'elle avait été de 127 millions de tonnes en 1997. Cette baisse est imputable à la pénurie en eau. En fait, les pays grands producteurs de grains, les USA, la Chine, l'Inde, l'Australie, la France sont confrontés à de graves pénuries d'eau. Dans le sud-ouest de la France, des agriculteurs abandonnent la culture du maïs irrigué. Au niveau mondial, les stocks sont au plus bas depuis 35 années. Ils étaient de 57 jours à fin 2006. Les cours des denrées alimentaires flambent. Aux USA, 115 % d'augmentation pour le maïs en 15 mois. Selon des scénarios réalistes, de grandes crises alimentaires vont se profiler d’ici 2010. Le Titanic agricole est en train de sombrer et c'est un tsunami alimentaire qu'il va provoquer. Une civilisation qui détruit ses semences, qui détruit ses sols, qui détruit ses eaux, qui détruit ses enfants, c'est une civilisation en train de mourir. La civilisation occidentale est moribonde. Va-t-elle entraîner le reste de l'humanité et tous les écosystèmes dans son sillage? Dans le passé de l'humanité, de nombreuses civilisations ont émergé et puis disparu, parfois à la suite de la désertification de leurs terres. Ce qui caractérise notre civilisation occidentale, cependant, c'est sa capacité à détruire tout ce qu'elle touche. Elle génère un désert d'amplitude planétaire. Peut-être la mission de l'humanité future et survivante sera-t-elle de réapprivoiser le désert? d) impasse nucléaire www.sortirdunucleaire.org Le Réseau "Sortir du nucléaire" rassemble aujourd'hui 800 associations et plus de 18500 individus. Association libre et indépendante, elle est financée exclusivement grâce aux dons et cotisations de ses membres. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu l'agrément en tant qu'association pour la protection de l'environnement au 1er janvier 2006. Notre rôle : réunir toutes les personnes qui souhaitent exprimer leur volonté d'une sortie du nucléaire. En nous rassemblant autour d'une Charte, nous mettons en place un rapport de force pour obtenir des résultats concrets. Notre objectif : obtenir l'abandon du nucléaire en France grâce à une autre politique énergétique, en favorisant notamment la maîtrise de l'énergie, et le développement d'autres moyens de production électrique. Le Réseau "Sortir du nucléaire" c'est : Un soutien aux actions et luttes antinucléaires, qu'elles soient locales ou nationales. Des pétitions et des campagnes d'information. Un travail d'information pour faire connaître les dangers du nucléaire et les solutions pour en sortir. Publication d'une revue trimestrielle : Sortir du nucléaire. Réalisation de documents grand public. Un travail de sensibilisation auprès des élus, des collectivités, des syndicats, des associations… http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique2 Liste des 806 associations du Réseau "Sortir du nucléaire". www.criirad.org Alors que les services officiels indiquent que la France, en raison de son éloignement, a été totalement épargnée par le nuage radioactif de Tchernobyl, des familles entières consomment, sans le savoir, du lait, du fromage, des légumes frais... gorgés de produits radioactifs. C'est en réaction au manque de prise en considération des conséquences de cet accident pour l'environnement et l'être humain que la CRIIRAD s'est constituée en 1986. La CRIIRAD a pour vocation : de contrôler et d'informer les populations sur les pollutions radioactives et les risques liés au nucléaire, de veiller au maintien, à l'application et à l'amélioration des règles de contrôle et de radioprotection existantes et d'obtenir la mise en place de toutes mesures de protection sanitaire jugées nécessaires. Sa spécificité est d'être indépendante des exploitants du nucléaire, de l'Etat et de tous partis politiques.

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3 / Propositions concrètes

a) une démocratie rénové De nouvelles règles pour une autre cité. L'alternative au capitalisme c’est un vrai service public pour les besoins de base arbitrée par les citoyens et les assemblées élues au niveau national et régional. L'initiative et l'entreprise individuelle trouveront leur place au niveau local. Exercice de la citoyenneté par le peuple par l'instauration d'une assemblée des "états généraux" tous les 10 ans. Depuis deux cents ans, les différentes constitutions et textes fondateurs de la république ont toujours été détournés par les spécialistes de l'exercice du pouvoir ce qui n'a pas rendu favorable les conditions d'une vraie souveraineté du peuple lui-même. L'expérience de la réflexion sur les conditions d'existences et la structure de la société par la réunion des doléances a constitué, avant les états généraux à la veille de la révolution (qu'usurperont des Jacobins fanatiques) un phénomène encore actuellement digne d'attention. La mémoire de cette quête à la source de la république peut devenir un principe actif apte à renouveler notre vision et notre pratique de la vie sociale. Cet événement de notre passé paraît encore aujourd'hui une tentative, assez rare dans l'histoire, pour connaître vraiment ce qui est vécu par tous afin d'y remédier. À présent, nul n'ignore que la plus grande partie des représentants élus établissent un dialogue de propagande, pour justifier leurs positions ou celles de leurs appareils avec leurs prétentions arrogantes, leur petitesse d'esprit, leurs opérations de séduction grossière, leurs clientélismes démagogues. Le système parlementaire est trop pénible pour survivre. Et sa survie est la principale préoccupation de ceux à qui il profite. Et pour éviter la dictature annoncée ou bien la prophétie de "barbarie" : le retour ; inventons à partir des leçons de l'histoire avec la mémoire constante de ce qui peut motiver tout souhait de changement : l'aspiration au bonheur. "Pas de bonheur individuel sans partage", c'est une loi existentielle. Comme les appareils politiques sont des sectes dont les manipulations gèrent les processus d'accession d'élites aux postes de commandements, tentons d'échapper à leur effroyable sens de l'opportunisme. Les crises de société que nous traversons depuis une quarantaine d'années sont les symptômes de l'absence de compréhension entre les instances légitimantes et la grande masse des peuples, qui dans leur majorités souhaitent vivre, aimer, rêver et mourir librement et en paix. Une consultation mutuelle n'est pas établie entre gouvernants et gouvernés. Et cette lacune de relation engendre des souffrances qui a le tragique effet pervers d'alimenter le fond de commerce des charognards médiatiques. Le spectacle du débat médiatisé castre les indignations et les désarme d'implications civiques actives. Les rituels des orgies télévisuelles transforment la révolte en objet consommable, en profit, en accroissement d'influence et de puissance des médias eux mêmes. Le maintient du pouvoir dans notre pays s'exerce comme une tyrannie douce. Pour maintenir et anesthésier les catégories du peuple les plus démunies quelques recettes de plus en plus efficaces. Un petit RMI pour créer une dépendance de survie des plus inadaptés au système compétitif et les inclure dans un système de contrôle, l'instrumentalisation audiovisuelle pour diriger les rêves et coloniser les âmes. La création d'une structure autonome, s'exerçant de manière indépendante de tous les pouvoirs et se dotant de garanties préservant des contrôles abusifs des machineries politiques ou médiatiques serais la garantie d'une vraie démocratie. En bref, un vrai tissus de débats utilisant, mais pas seulement, les nouvelles techniques de communication, permettant de représenter les différentes expressions des nombreuses classes de la société et des âges de la vie. Il est temps de convoquer de nouveaux "états généraux" regroupant les 39

points de vues de tous, les critiques, les aspirations et les revendications. Mais un tel instrument démocratique en vastes réseaux ne deviendra celui de l'épanouissement humain que si il ne connaît pas de terme, est toujours repensé. Il est nécessaire de trouver des formules adaptables aux mieux être des femmes et des hommes par eux-mêmes. C'est pourquoi, nous défendons l'instauration d'une assemblée des "états généraux" tous les 10 ans précédé d'une période de collecte des doléances. Nous devons faire le point sur l'attitude intérieure essentiellement altruiste que nous devons préserver en nous et les méthodes qui en favorise le maintien. Instaurer des référendums d'initiative populaire (RIP). Le référendum est l'expression même de la démocratie, de la souveraineté et de la légitimité du peuple. Sa souveraineté est totale. Un Référendum d'Initiative Populaire annuel pourrait se tenir le dernier dimanche avant le solstice d'été. En fait, ce ne sera pas un référendum mais un multiréférendum. En effet, toute question proposée par n'importe quel citoyen et contre-signée par 10 000 citoyens et ayant le parrainage d'au moins 100 élus d'au moins dix départements différents pourra être soumise à la nation tout entière. Le conseil constitutionnel sera chargé de la réception des questions et des parrainages. Au solstice d'hiver le conseil constitutionnel annoncera les questions retenues lors du prochain multiréférendum. Une transformation du Sénat et une limitation du cumul des mandats. Une élection des sénateurs à la proportionnel intégral sur la base de listes nationales par parti politique pour un mandat de 5 ans non renouvelable. Limitation du cumul des mandats à deux, dont un de faible responsabilité. Favoriser une démocratie de proximité et participative. Il est un espace juste pour exister en plénitude, une distance juste pour être bien ensemble. Trop à l'étroit l'homme s'étiole, dans un espace trop grand il est perdu. En espace confiné les relations sont vite conflictuelles, elles sont inexistantes au sein de la multitude. Les relations de cœur à cœur s'épanouissent dans la proximité. Encourager toutes les formes de participation citoyenne et créer des lieux de débat afin de rapprocher le citoyen des lieux de décision. Multiplier les cercles de réflexion et retrouver la tradition des agoras. Réforme institutionnelle afin de créer les conditions d'une démocratie urbaine à l'échelle des quartiers et des agglomérations urbaines. Création de niveaux de débats et de décisions politiques correspondant aux réalités des solidarités et interdépendances communales. Pour les communes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, il faut des comités de quartier qui ont en charge la gestion des services de proximité. Rédiger une "Déclaration des devoirs de l'homme, envers lui-même, envers ses frères du monde, envers la nature et la Terre". La Déclaration des droits de l'homme a été conçue pour protéger le faible du fort. Mais, insidieusement, elle a renforcé chez tous l'égoïsme et l'envie, au détriment du don de soi et de l'esprit de service. L'homme, devenu trop conscient de ses droits, en a oublié ses devoirs. Il doit reprendre conscience de son rôle, de sa fonction et de sa responsabilité dans le maintien de l'harmonie dans la société. b) un contrôle de la monnaie par le peuple Sur ce sujet voir : MONNAIE - Histoire, escroquerie actuelle et solution de remplacement + sites, articles, vidéos et citations en 108 000 signes et 108 liens : http://www.scribd.com/doc/66367429 c) une éducation transformé Éduquer à la vie, en même temps que préparer à un métier. À côté d'une transmission des savoirs et des techniques qui préparent au métier, une éducation doit préparer à l'art de vivre. Développement du caractère, de la sensibilité, de l'intelligence du cœur -- culture de l'écoute et du respect, de la discipline et de l'effort, de la compassion et de la solidarité -- ouverture à la vie intérieure, à la responsabilité, au don de soi et à l'esprit de service -- doivent compléter l'accumulation des connaissances et l'exercice de la raison. Une éducation qui appuie davantage sur l'enseignement des valeurs humaines. Mettre l'accent sur l'enseignement du partage, de la générosité, de l'éthique, de la patience, de la solidarité, de la compassion, de la sagesse et de la discipline plus que sur les connaissances techniques. Développer que les fondements des 40

relations humaines sont dans la coopération et le soutien mutuel, bien plus que dans la compétition et l'affaiblissement de l'autre. Promouvoir une culture de non-violence. Développer l'attitude à réfléchir et à apprendre par soi-même. Entraîner au discernement par la pratique du débat contradictoire. Armer et protéger les esprits des enfants contre la pollution mentale présente dans la publicité, la télévision ou Internet (violence, racisme, consumérisme, pornographie, mensonge, calomnie, délation...). Remettre en valeur les méthodes pédagogiques comme le compagnonnage. Revaloriser les écoles d'apprentissage et le travail manuel. Restructurer les rythmes scolaires. Développer des pratiques artistiques, ludiques, informelles et non contraintes. Éveiller la sensibilité et l'expression artistique. Utiliser le chant, la danse, la peinture, les arts de la scène, à la fois comme outil d'expression, de créativité et de réalisation personnelle. Éveiller à la conscience de l'intérêt général, par rapport aux égoïsmes privés. Introduire des cours de diététique et d'hygiène de vie dans les programmes des écoles primaires et secondaires. Actuellement, il est inconcevable que l'éducation nationale n'apprenne pas à nos enfants les bases de l'hygiène de vie et de la santé. Pourquoi ne sensibiliserions nous pas les adolescents à une alimentation équilibrée et ne mettrions nous pas en évidence les dangers d'une alimentation comme celle qu'on trouve dans les "fast-food"? La prévention, cela consiste aussi à informer, à apprendre et à divulguer les connaissances en hygiène de vie dans le cadre des cours primaires et secondaires. Plus tôt cette prévention est effectuée, meilleure est la sensibilisation, à un âge où, très heureusement, les mauvaises habitudes ne sont pas encore complètement prises. De nos jours, au lieu de divulguer ces connaissances, malheureusement, que constate-t-on ? : des petits gâteaux ; des sodas ; des bonbons, chewing gums... On voit même dans certains établissements scolaires des distributeurs de bonbons ! Bien des parents, par manque de connaissance, ne peuvent pas, à eux seuls, instruire leurs enfants en matière d'hygiène de vie ; l'école pourrait donc se substituer aux parents et enseigner les règles de base de la santé aux enfants. Enseigner une connaissance de base des différentes religions du monde. Ce qui permettrait la tolérance par la compréhension de la multiplicité des voies spirituelles possibles. Soutenir les grands enseignants spirituels, quelle que soit leur tradition, dans leur mission d'enseignement et d'éveil. Promouvoir les livres et la lecture des vies de sages de toutes traditions. Éduquer aux pratiques de base de toute spiritualité. Méditation, contemplation, pratiques de chants, respect et attitude d'écoute. Service civique. Tout les jeunes citoyens de l'âge de 18 ans à l'âge de 20 ans seront invités à faire un service civique de vingt-quatre mois. Ce service social sera rémunéré au salaire minimum. Durant ces vingt-quatre mois le jeune citoyen pourra expérimenter plusieurs tâches communautaires comme : service de santé (aide soignant dans les hôpitaux), services sociaux (aide aux personnes âgées et aux handicapés), pompiers, armée de paix pour l'aide aux pays défavorisés, services municipaux (voirie, ramassage des déchets, police, etc.), éducation (soutien scolaire et surveillance dans les lycées et collèges). Ce service civique sera donc une excellente façon de rentrer dans la vie active.

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d) une santé de prévention

Le Dr Benjamin Rush, médecin de George Washington et signataire de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis en 1776, avait prévenu : « À moins que nous n’incluions la liberté thérapeutique dans notre Constitution, la médecine installera un jour une dictature que nous sommes incapables de concevoir pour le moment. » Vivre libre Aujourd’hui, tout est permis. Néanmoins, sommes-nous libres ? Dans le domaine de la santé, peut-on se soigner en utilisant la médecine de son choix ? Les professionnels ont-ils encore la latitude de prescrire les traitements qu’ils jugent les meilleurs ? Peut-on se faire vacciner librement et refuser telle ou telle vaccination pour en privilégier une autre ? Avons-nous accès aux informations qui nous concernent, notamment à notre dossier médical ? Pour la majorité d’entre nous, la réponse à ces questions est non. Pratiquement, que faire pour recouvrer notre souveraineté en matière de santé ? Etre libéré des contraintes du temps, de l’espace et du mal, présent partout et toujours, insensible aux coups, aux blessures et aux écrasements, n’est-il pas le but ultime de notre vie, notre objectif, souvent inavoué ? Mais comment faire pour y arriver ? Comment vivre libre ? Difficile, car, depuis la nuit des temps, l’homme cherche à asservir l’homme. Pour nous libérer de nos entraves, nous cherchons des esclaves, le plus grand nombre possible. Ecraser l’autre pour être plus libre est souvent notre ligne de conduite. Ce n’est pas de notre faute, on nous l’enseigne depuis la maternelle. Pour être le premier de la classe, ne faut-il pas passer devant tous les autres ? La course aux premiers rangs est pour beaucoup d’entre nous la principale motivation. En fait, nous serons vraiment libres le jour où il y aura autant de maîtres que d’esclaves, chacun étant le maître et l’esclave de l’autre. En matière de santé, cette liberté passe par une règle existentielle : disposer librement de son corps et de son esprit. Ce droit absolu est de plus en plus bafoué car les puissants marchands se considèrent comme les propriétaires de notre corps, “pour le bien être de l’humanité”. Aujourd’hui, nous sommes les cobayes des laboratoires pharmaceutiques, des multinationales de l’agro-alimentaire et des 42

producteurs d’énergie. Si nous n’y prenons garde, nous allons en devenir les esclaves. Heureusement, nous avons encore la liberté d’aimer ! Après avoir réfléchi ensemble durant plus de huit ans sur l’aspect global de la santé et conclu qu’elle repose sur l’accomplissement de sa personnalité, l’exploitation de ses talents et le développement de relations avec soi-même, ses proches et l’univers, en utilisant pleinement les ressources de son corps et de son esprit, nous ouvrons maintenant le débat des libertés et de la santé. www.votresante.org Pierre Andrillon Vous n’avez plus la libre disposition de votre corps. Par Bernard Herzog, docteur en Médecine, spécialiste en électroradiologie (diagnostique et thérapeutique), licencié ès Sciences (études supérieures en biologie, en physiologie et chimie générales, en physique et en chimie biologique). Ancien chef de travaux de Biophysique, il fut également chef de service du Centre Hospitalo Universitaire de Nantes et professeur à la Faculté de Médecine de Nantes. http://b.herzog.free.fr De plus en plus, on vous impose de nouvelles règles sur la manière de vivre. Vous devez ressembler étrangement et avoir les mêmes dispositions que votre voisin sinon vous êtes considéré comme des ingrédients de mauvais aloi, donc relevant de l’inquisiteur pour être purifiés par le feu du bûcher, du moins de la Justice. Rassurez-vous, ce n’est guère déplaisant, on ne se fait rôtir qu’une fois. Vous pensez que ce que je viens d’écrire est ridicule. Cependant, vous le savez, pour le bien de votre santé, vous devrez suivre des règles bien précises afin d’obtenir des remboursements de votre caisse d’assurance maladie ; à défaut, vous serez désavoué et contraint de payer de votre poche ! Plusieurs patients se plaignaient d’être appelés au téléphone vers 20 heures, par le secrétaire du centre de traitements des cancers, pour avoir à effectuer tel examen systématique, tel contrôle... ou devoir subir une intervention. “Ça me rappelle la Gestapo et les mauvaises heures du passé”, me dirent quelques anciens. Cela a un autre nom désormais, plus “soft” : c’est le suivi médical, on s’occupe en effet très bien de vous ! Le contrôle périodique des véhicules est obligatoire. Eh bien, maintenant, on va vous obliger à faire contrôler régulièrement votre carcasse suivant des dispositions légales, suivant des dispositions précises desquelles peu importe comment vous en sortirez pourvu que vous l’ayez fait. Ainsi vous serez de très bons citoyens. Et ne réfléchissez surtout pas aux conséquences des sauces radiogènes ou autres sur votre organisme... Rassurez-vous, comme disait jadis tout bon seigneur “mes paysans sont taillables et corvéables à merci” ! Sous de nouvelles manières, nous le devenons. Vous n’avez plus la libre disposition de votre corps. On vous rebat les oreilles, on vous inonde la caboche et on vous rabâche que nous vivons dans une société saine, alors qu’elle est polluée en tous points de vues ! La tuberculose est en train de revenir. La revue la Recherche avance le chiffre d’un milliard de tuberculeux dans les vingt années qui viennent. On vous dit que, selon les règles d’hygiène appliquées et décrites dans les beaux manuels administratifs, tout est propre ! Alors que jamais l’alimentation n’a été aussi dénaturée et toxique, comme les champignons radio-actifs importés de Bulgarie, les poulets à la dioxine, le bœuf aux hormones et les céréales aux OGM. Dans tous les domaines de notre savoir humain, un mensonge mille fois répété devient une forteresse imprenable. Que pensez-vous du bon sucre qui dynamise les sportifs ? Sa consommation est vivement encouragée ! Même un professeur de nutrition soutient vivement son usage tandis que, parallèlement, l’OMS tire la sonnette d’alarme sur l’extension, bientôt exponentielle, des maladies immunitaires, des diabètes, bref de maladies ayant rapport avec une nutrition assez aléatoire. Il en est de même pour le bon caramel. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais certains professeurs et nutritionnistes avertis encouragent ces consommations, en ignorant parfaitement ce qui se passe au niveau de la biochimie enzymatique cellulaire. Eh oui, le caramel constitue un véritable bitume qui empoisonne les cellules hépatiques, entre autres. Que faut-il penser du lait pasteurisé qui a été porté à une certaine température avant d’être refroidi brutalement, que sont devenues les protéines dans ce lait ? Je vous le demande. Est-ce que les bactéries sont capables de survivre au-delà de 100 °C ou à moins 30 °C ? Les revues scientifiques nous apprennent qu’il y a des bactéries qui vivent à basse température et d’autres qui survivent parfaitement à des préchauffages qui prétendument pasteurisent mais qui en fait détruisent la tenue protéinique des laits, lesquels, de surcroît, restent en attente dans les chaînes 43

de super-marchés, quelquefois plusieurs semaines. Que faut-il penser des bonnes vaccinations ? Fernand Delarue et bien d’autres ayant une plus grande expérience que moi ont publié à ce sujet (L’Intoxication vaccinale, éditions Le Seuil). Quant aux bons médicaments, le Dr Bruno Donatini leur a consacré un livre (l’Intox et les Vaccinations, éditions MIF). J’ajouterais seulement le fruit de quelques observations personnelles. Les spécialistes de la procréation nous informent : actuellement, une femme sur cinq doit avoir une fécondation assistée pour réussir à procréer. On n’envisage pas les problèmes de culpabilité ou les raisons psychologiques qui ont entraîné cette situation ni les habitudes nutritionnelles désastreuses qui ont entraîné cet abaissement non seulement de la fertilité mais aussi de la résistivité des sujets. On ne pense pas non plus aux risques de la fécondation artificielle. Pour avoir observé quelques mélanomes comme fruits secondaires, je me permets de poser la question suivante : est-il sans risque d’inonder un organisme de protéines étrangères à l’organisme ou d’hormones qui bloquent tout l’axe endocrinien ? La désinformation organisée ou l’absence d’information tout court sont des faits qui s’observent en vieillissant. L’information a été masquée, déformée ou tronquée et on emploie de fausses statistiques. Dans le domaine médical, les études sont financées par les laboratoires et, si on lit un peu en langue étrangère, on s’aperçoit que des chiffres donnant des statistiques opposées n’ont pas été relatés, ou n’ont pas été pris en compte, bref, en fonction des pays et des frontières, on vaccine ou on ne vaccine pas. Le BCG ou certaines vaccinations sont très contestés dans d’autres pays. On retrouve un grand nombre de docteurs à la tête des laboratoires. Le système commercial de désinformation transforme le médecin en un lampiste dont la culture scientifique dérive directement des représentants venus sans cesse lui bassiner la mémoire afin qu’il prescrive correctement. Nos responsables politiques n’ont guère le temps de s’informer. Ils s’en remettent à leurs conseillers qui deviennent ainsi des décideurs. Nous sommes dans un système clos où les lampistes n’ont rien à dire, en l’occurrence les médecins. Certains intellectuels carriéristes supposent que bientôt un grand ordinateur pourra délivrer des ordonnances en fonction des symptômes ! Pour avoir participé à plusieurs jurys d’internat ou présidé l’un d’entre eux, j’ai pu assister à la régression totale du sens clinique, du bon sens, de l’écoute et à la valorisation exclusive des QCM (questions à choix multiples), une mode venue d’outre-Atlantique qui traduit une schizophrénisation aveugle collective organisée. On n’apprend pas à réfléchir en médecine, au contraire ! Le médecin est devenu malgré lui un prescripteur, il suffit d’orienter ses prescriptions en fonction des intérêts de l’industrie pharmaceutique qui affiche des progressions de 25 à 40 % par an. “On casse l’homme, on le détruit et certains en profitent”, nous disent, dans leurs discours, certains dirigeants politiques. Savez-vous que les prescriptions médicales sont comptabilisées chez les pharmaciens ? Bientôt ce sera plus facile quand la Sécurité sociale sera informatisée. Les représentants de laboratoires viennent relancer les médecins pour la vente d’insuline de synthèse qui comporte des molécules d’acides aminés inversés. Elle est très mal supportée par les patients, mais les représentants ont des fiches établies au nom de chaque prescripteur et ils viennent harceler les médecins non prescripteurs. “Vous êtes le seul à ne pas prescrire, dommage parce que... ”, suit la litanie des avantages habituels qui ne seront pas donnés. Il y a pire : “Nous avons les moyens de vous ennuyer.” Aussi on est en droit de se poser la question : il y a donc un Etat dans l’Etat. Que font les écologistes et les sociétés de consommateurs face à cette situation ? Ils dorment et nos responsables élus sont-ils devenus aveugles ? Non contents de boire des eaux plus que douteuses, on ose asphyxier nos terres sous un épais manteau de lisier, de défécations de nos cochons, qu’ils soient sains ou pas peu importe, c’est ainsi qu’on sera sanitraté et sain de bactéries, donc d’épidémies ! Car, en recouvrant la terre sous un épais manteau de déjections animales, au lieu de l’engraisser, on l’asphyxie, on prépare ainsi de petites bactéries qui vont s’enfoncer, se glisser à travers les eaux de ruissellement. Et on les retrouvera ultérieurement dans notre assiette. On va pouvoir décrire de nouvelles épidémies ou des formes mutantes. Alors on pourra devenir de bons cobayes pour nos laboratoires. Nous sommes des capitaux à faire fructifier et, en effet, leurs chiffres d’affaires ne cessent de croître. A ce régime, dans quelques années, on ne sera plus six ou sept milliards d’individus mais peut-être la moitié moins ! Dans son livre « De l’esclavage et de la liberté de l’homme », Nicolas Berdiaev écrivait : “Les atteintes les plus révoltantes commencent toujours 44

par frapper le corps.” On affame, on frappe, on tue avant tout le corps, pour atteindre, à travers lui, l’homme tout entier. Et cela parce que l’esprit ne se laisse ni affamer, ni torturer, ni tuer directement. Quand la science officielle est en échec la révolte devient alors nécessité. Par Monique Beljanski, ingénieur d’étude honoraire au CNRS. www.natural-source.com Dire que seules la science, la technique et l’industrie sont aptes à sauver le monde, comme cela fut orgueilleusement affirmé au sommet de Rio, est en contradiction totale avec la réalité des faits : les pollutions industrielles sont sans précédent. L’industrie chimique a poussé à la consommation inconsidérée d’engrais chimiques ; les sols sont déséquilibrés, l’eau polluée, en particulier par les nitrates d’origine chimique, nitrates qui génèrent des cancérogènes soit sous forme de dérivés chloronitrés (chlore de l’eau des villes), soit sous forme de nitrosamines. En matière de santé, il en va de même : les technocrates de la science ont misé sur le tout-chimique. Résultat : des traitements agressifs, génotoxiques, cytotoxiques. Pratiquement pas un médicament qui n’ait d’effet secondaire engendrant de nouveaux problèmes. Résultat aussi : baisse de l’immunité, maladies iatrogènes, allergies, myopathies, cancers, maladies auto-immunes en pleine expansion, sans que pour autant que les problèmes graves et les maladies graves n’aient encore de traitement efficace. Et pour l’instant, face à ces périls, il y a partout des scandales, des compromissions. Ainsi les scientifiques et médecins impliqués dans le drame du sang contaminé sont toujours ceux qui, aujourd’hui, détiennent toujours dans les commissions décisionnelles, dans les institutions d’Etat, au ministère de la Santé, le pouvoir. Le slogan « J’obéis mais ne suis pas responsable » ouvre sur le crime. La lâcheté, les conseils insidieux au ministre, l’absence de mise en garde publique par tous ceux qui savaient scientifiques et médecins - puis l’absence de sanctions (quand ce n’est pas au contraire des gratifications) illustrent la collusion des intérêts au plus haut niveau. Les connaissances, scientifiques et politiques, sans conscience humaine, ne valent rien : ce sont des «tripotages de système».Lorsqu’une menace pèse sur l’humanité tout entière, tous doivent se donner la main et livrer le même combat. Sinon il faut rompre avec les écoles au pouvoir. Et si le monde politique soutient ces écoles, le combat devient aussi politique. L’intérêt des malades et des soignants, mais aussi celui des bien portants (tout bien portant est, dans ce contexte, un malade potentiel), converge et exige un recentrage dans les rapports entre la recherche, les médias, les ressources financières et la consommation. Seule une pression énorme fera évoluer le système, car jamais un pouvoir ne renonce de lui-même à ses privilèges. Les tenants des sciences biologiques, médicales, y compris ceux qui ont été au pouvoir depuis vingt à trente ans, ont eu tout loisir d’aboutir à régler certains grands problèmes : ils ont eu le soutien financier de l’Etat, les meilleurs laboratoires, l’appui de la presse, l’accès à la technologie de pointe, sophistiquée même, on s’en vante assez ! Et bien, qu’ont-ils à offrir face aux virus, aux cancers, aux aplasies, aux dangers des radiations, à la sclérose en plaques, à la myopathie, etc. ? Dans tous ces domaines, la recherche scientificomédicale n’a pas sorti une seule molécule spécifique et majeure, active et non toxique ! Des hypothèses, des promesses, des schémas, des projets, des milliards engloutis, mais tous ces intellectuels orgueilleux n’ont pas de solution à proposer. Ils préfèrent les rôles de donneurs de leçon, d’experts, d’observateurs, sceptiques et ironiques, parfois même méchants, car il est plus facile de mordre que de comprendre. L’esprit rebelle aux changements se coupe de l’évolution constante qu’impose la recherche vivante et se condamne à l’immobilisation. Cet esprit de domination arrogante est parfaitement illustré par l’expression d’un des promoteurs de l’appel de Heidelberg, André Lichnerowitz : « nous les vrais scientifiques ». Quel mépris dans ces propos ! Et quelle fatuité, car, enfin, les vrais scientifiques sont ceux qui apportent des solutions satisfaisantes et qui sont ouverts aux discussions, aux idées originales et aux changements. Sinon, c’est l’éternel blabla. Ce concept quasi religieux de la suprématie de certains intellectuels (avec hélas un syndrome de démission dans la presse et les médias) est une insulte aux souffrances engendrées par les pollutions chimiques, médicamenteuses ou non, aux médecins condamnés à se battre avec des traitements toxiques et inefficaces dans un environnement saturé de pollution cancérogène. La révolte devient alors nécessité, face à des forces de contraintes autosatisfaites bien qu’incapables d’améliorer les choses, sans être en mesure de répondre aux dangers qui nous environnent. Les écologistes ne sont peut-être pas de «vrais scientifiques», mais ce sont eux qui ont tiré, bien avant tout le monde, la sonnette d’alarme. C’est sous leur impulsion que certaines usines ont été contraintes à prendre des mesures 45

anti-pollutions, et que le grand public a pris conscience des pollutions. Certes, certains d’entre eux ont exagéré, comme le rappelle justement Jacques Robin. Mais le bilan de leur action est globalement très bénéfique pour les humains, très sensibilisateur. L’environnement est un rétro-système fragile et complexe, aussi agressé par une poussée démographique sans précédent, des désertifications croissantes ; la faim, la pauvreté ne cessent d’augmenter dans le monde, ici, à l’est, au sud. C’est le moment où l’on démantelle le monde agricole en raison de «surplus», où l’on rêve d’une Europe étriquée au sein d’une Europe où grandissent le désordre, les divisions (et les convoitises !). Conscients d’un hiatus grandissant entre leur rêve humanitaire et leur science empêtrée dans une technologie ultra-sophistiquée (donc très coûteuse, très dépendante des pressions économiques et politiques), les scientifiques se réunissent en sommets (Rio, Los Angeles) qui laissent tous sur un sentiment de frustration face à la tangible réalité des besoins. La médecine de troupeau, les médias sont-ils les alliés objectifs des marchands de vaccins ? Par Sylvie Simon, auteur de Vaccination, l’overdose, aux éditions Déjà ; la Dictature médico-scientifique, aux éditions Filipacchi ; Exercice illégal de la guérison et, en collaboration avec le Dr M. Vercoutère, Vaccin hépatite B. Les coulisses d’un scandale. Manipulations médicales et financières, aux éditions Marco Pietteur. Radio Vatican et RCF ont diffusé, le samedi 10 mai, une émission sur la vaccination. Etaient conviés à Lyon, le Dr Sebbag, représentant les laboratoires Aventis-Pasteur, et le Dr Martine Gardénal, médecin homéopathe. Michel Georget, agrégé de biologie, et moi-même devions intervenir par téléphone. Le Dr Sebbag a fait l’apologie des vaccins. Il a déclaré que les accidents vaccinaux étaient négligeables. Fort heureusement, Michel Georget et Martine Gardénal ont pu faire passer une information plus nuancée. Mais, lorsque j’ai évoqué le constat publié en 1995 par les laboratoires Smith-Kline Beecham, pourtant fabricants de vaccins, faisant état d’une recrudescence de rougeole à la suite de campagnes de vaccinations aux EtatsUnis, le Dr Sebbag m’a reproché de “faire croire” aux auditeurs que les vaccins étaient inutiles et dangereux. Pourtant, le rapport alarmant de SmithKline Beecham auquel je me référais, publié par Vaccin Action n° 1 (p. 995), est très clair : “Les rougeoles ont été 18 fois plus nombreuses aux USA en 1990 (27 672 cas) qu’en 1983, malgré une vaccination systématique contre la maladie depuis 1978. Ainsi, 18 épidémies ont été recensées parmi les populations scolaires très immunisées (71 % à 99 %) et pas moins de 77 % des rougeoles déclarées sont apparues chez des élèves vaccinés. L’échec d’une vaccination préscolaire se traduit donc par une transformation paradoxale de la rougeole en maladie des vaccinés...” Le 15 janvier 1988, Jama alertait ses lecteurs : “Le record d’immunisation a été signalé dans les écoles de Browning Mount aux Etats-Unis, où le plus grand nombre de cas de rougeole fut recensé, atteignant 98,7 % des étudiants très correctement vaccinés.” En 1990, le 15 juillet, le même journal informait ses lecteurs qu’une proportion de 83 % de malades victimes d’une épidémie prolongée avaient été correctement vaccinés et, en 1994, Archives of Internal Medicine confirmait que la rougeole était en constante augmentation depuis les vaccinations. Déjà, en 1986, au Canada, le nombre de rougeoles était sept fois plus élevé qu’en 1985. Sur 5 575 cas étudiés, 60 % concernaient des sujets bien vaccinés, 28 % des sujets non vaccinés, la situation vaccinale des 12 % restants étant inconnue. Dès 1987, l’OMS considérait que le risque de contracter la rougeole était quinze fois plus important chez les vaccinés que chez les non-vaccinés (cf. le journal belge Le Matin du 8 décembre 1987). Le problème de l’aluminium et du mercure dans les vaccins, évoqué par Michel Georget, fut simplement rejeté par Robert Sebbag qui expliqua que le mercure était l’objet de recherches qui prendraient des années pour étudier ses effets, mais qu’il serait bientôt retiré à cause des consignes européennes. Quant à l’aluminium, les vaccins n’en contiendraient que des quantités infimes et, en injection intramusculaire, il resterait au niveau de la peau, ce qui est totalement faux ! En effet, en août 1998, le Pr Ghérardi a publié dans The Lancet, avec Michèle Coquet, Patrick Chérin et plusieurs collègues, un article sur la myofasciite à macrophages, syndrome relativement fréquent dans les pays développés. Ils ont remarqué des inclusions cristallines dans les macro-phages et l’analyse de ces inclusions par le Pr Philippe Moretto a révélé qu’il s’agissait de cristaux d’aluminium (cf. Ghérardi et all. “Macrophagic myofasciitis : a reaction to intramuscular injections of aluminium containing vaccines”, in Journal of Neurology n° 246, 1999). Les lésions histologiques sont toujours observées dans les sites d’injection vaccinale, c’est-à-dire le muscle de l’épaule chez l’adulte et, dans quelques cas, chez des enfants dans le muscle de la cuisse, sites habituels des 46

injections vaccinales. Les malades se plaignent essentiellement d’une fatigue persistante et de douleurs musculaires et articulaires diffuses, qui deviennent rapidement chroniques et invalidantes. Des troubles digestifs et urinaires, de la toux ou des céphalées sont également observés mais plus rarement. Ces symptômes présentent une grande similitude avec ceux du syndrome de la guerre du Golfe ainsi qu’avec la fibromyalgie et le syndrome de la fatigue chronique. La sous-notification est donc vraisemblablement très importante d’autant que seuls cinq centres de pharmacovigilance (Paris, Créteil, Bordeaux, Nantes et Marseille) recensent cette maladie. Un tiers des malades présentent une maladie auto-immune caractérisée, le plus souvent une sclérose en plaques. Récemment, devant les membres de la mission parlementaire d’information sur le “syndrome du Golfe”, le Pr Romain Ghérardi a expliqué que ce syndrome pourrait être lié à l’injection de certains vaccins, notamment ceux contre les hépatites A et B ainsi que contre le tétanos. En septembre 1999 et en juin 2000, les données recueillies ont été analysées par le Comité consultatif pour la sécurité des vaccins de l’OMS qui “a conclu à un lien de causalité très probable entre l’administration d’un vaccin contenant de l’hydroxyde d’aluminium et la présence de la lésion histologique caractérisant la MFM”. En octobre 1999, l’OMS a réclamé une étude épidémiologique pour confirmer les liens entre les lésions musculaires de la MFM, les symptômes cliniques des malades et les vaccinations. Les journalistes de Radio Vatican ont oublié la pensée du pape Pie XII, qui avait proclamé : “Je m’insurge contre la médecine de troupeau qui asservit le malade aux appétits mercantiles des grands laboratoires et le bienportant aux appétits plus meurtriers encore des fabricants de vaccins.” On comprend mieux cette trahison, lorsqu’on sait que RCF bénéficie d’un “partenariat” avec Aventis-Pasteur. Sans commentaire. Vaccins, mais alors on nous aurait menti ? Ils sont inefficaces, nous rendent malades, détruisent notre immunité naturelle et ils sont obligatoires ! Vaccination l'overdose. http://home.scarlet.be/nomoreillusions/vaccination_overdose.html Les vaccins ont enrayés les épidémies. Réponse : Faux ! http://raforum.info/article.php3?id_article=1565 Liberté thérapeutique et vaccinale par Sylvie Simon www.onnouscachetout.com/themes/medecine/vaccins-mensonges.php Près de 2000 personnes souffrent actuellement de graves maladies neurologiques, ou sont décédés, et les victimes (ou leur héritiers) accusent le vaccin contre l'hépatite B (Eric GIACOMETTI, La santé Publique en otage, Ed. Albin Michel). Des plaintes pour empoisonnement et administration de substances nuisibles à la santé ont été déposées, notamment à l'encontre de ceux qui ont obligé les victimes à recevoir un vaccin tant inefficace que dangereux. Elles sont actuellement centralisée chez un Juge d'Instruction à Paris. Malheureusement, une étude approfondie de cette question, montre que tous les vaccins sont concernés, et pas seulement celui contre l'hépatite B. Le sucre, un produit meurtrier Le Pr Bernard Herzog nous rappelle que l’abus de sucre est dangereux. Outre qu’il est une véritable calamité pour les dents, le sucre de betterave ou de canne, blanc ou roux, est du saccharose pur. Il est très mal supporté par l’appareil digestif, surtout l’intestin, le pancréas et le foie. Mal stocké, mal transporté et mal brûlé dans l’organisme, il est responsable de nombreuses maladies, de déminéralisation et d’irritation des muqueuses et des glandes. L’alcoolisme par le sucre, l’éthylisme des bébés ou des personnes âgées, ne buvant pas une goutte d’alcool, mais faisant des excès de consommation de sucre ou de sucreries, est bien connu. Le sucre industriel est dévitalisé. Après son raffinage, il ne contient plus de calcium ni de sels minéraux et d’oligo-éléments, plus de vitamines ni de ferments ou d’enzymes et plus de cellulose. C’est une substance “morte”, inadaptée à la physiologie humaine. Le Dr P. Carton, qui fut un des pionniers de la diététique moderne, dénonçait déjà les méfaits du sucre blanc, responsable de notre déchéance digestive. Le biologiste P.-V. Marchesseau avait également démontré que ce sucre industriel était dévitalisé et particulièrement toxique. Aujourd’hui, le Pr Bernard Herzog va encore plus loin en préconisant l’interdiction pure et simple du sucre aux enfants. Il nous en expose ici les raisons. P. A.

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Il faut bien distinguer les sucres naturels assimilables des sucres artificiels qui ne le sont pas. Nos enzymes cellulaires sont adaptés au galactose présent dans le lait, au glucose (raisin), au fructose (dans les fruits) et au miel. Le saccharose est un disaccharide (glucose + fructose), un sucre artificiel d’origine industrielle qui apporte une énergie factice car elle ne se consume pas mais se caramélise au niveau des muqueuses intestinales. Il ne peut pas intégrer les cycles du métabolisme cellulaire. Cette union artificielle d’un hexose et d’un pentose constitue un corps étranger qui ne fait qu’encombrer l’organisme. Il modifie les fonctions digestives en les ralentissant et, par la création de spasmes formant un film sur les diastases (comme le pétrole sur les eaux d’un lac), il bloque leur action. C’est un obstacle à la physiologie normale. Il en résulte de multiples déficiences enzymatiques et des carences immunitaires. Le saccharose oblige l’estomac à une sécrétion en hyperchlorhydrie (HCl) accrue qui provoque des aigreurs. L’hyperchlorhydrie est nécessaire pour dissocier le pentose et l’hexose, mais la molécule se reforme aussitôt après le pylore et le pancréas doit tamponner l’excès d’HCl. Il s’y épuise et, secondairement, s’atrophie. Un métabolisme défectueux engendre des carences. Le système génétique va se dévier et axer son développement sur la recherche de cette carence en négligeant tout le reste. Le système immunitaire sera déficient. Les défenses seront affaiblies face à l’invasion bactérienne extérieure. Le monde bactériel interne va être disposé à se marier avec tout étranger apportant une carte génétique supérieure à l’existant. On observera donc progressivement les méfaits secondaires sans en déceler l’origine. Les enfants ou les adultes vont évoluer peu à peu vers une déficience générale. Cette intoxication sournoise et fort mal connue se découvre sur une période de cinq à vingt-cinq ans. Le saccharose ne comble pas les besoins énergétiques et induit des effets secondaires catastrophiques. Il atténue l’odorat, modifie et endort les glandes olfactives comme les glandes salivaires, provoque des caries dentaires. Le système endocrinien lui aussi accuse une bonne partie de cette agression, notamment le foie qui s’encrasse de plus en plus. Cela engendre des méfaits au niveau de la sécrétion biliaire. En posant une allumette sur un morceau de sucre on observe une caramélisation. C’est exactement le type de composé qui se crée au niveau des cellules du foie qui absorbent ce corps étranger, sans pouvoir l’éliminer, jusqu’à s’asphyxier. Le saccharose résulte d’une production chimique artificielle qui utilise la chaux vive, pour l’extraction, et des colles. C’est un faux ami que nous conseillent vivement les publicités alors qu’il faut absolument l’éviter car il fait dégénérer l’espèce humaine. Il affaiblit non seulement celui qui l’ingère mais aussi sa descendance, car il va jouer un rôle important dans l’installation d’une stérilité à long terme. Les cellules germinales vont se trouver toutes asphyxiées par l’apport trop important de carbone. L’excès de carbone enlève la vie même si le carbone est la source de vie. Le saccharose devient une plaie s’il est consommé de façon régulière : il induit une intoxication lente et progressive. Depuis longtemps, des nutritionnistes et des endocrinologues le soupçonnent d’être à l’origine d’un grand nombre de maladies de surcharge, diabète, obésité, mais il faut y ajouter les insuffisances immunitaires, entraînant des infections ORL récidivantes entre autres, mais également des problèmes de plus en plus fréquents de stérilité. La diminution générale de la résistivité de notre population face aux agressions infectieuses en découle pour une bonne part, j’avancerai le chiffre de 30 %. Il faut remplacer le sucre industriel par les sucres naturels. La consommation de deux fruits par jour est excellente. Le miel est un sucre très assimilable, en outre il renferme des oligo-éléments nécessaires et des éléments bactéricides car il ne fermente jamais. Son usage est sans danger, mais il est hyper-calorique. Le saccharose, au lieu d’aider à construire et à renforcer le développement cellulaire, l’arrête par une véritable noyade, une asphyxie qui résulte de sa formule chimique. L’importance du carbone asphyxie et l’apport considérable d’hydrogène fait naître un antioxydant, c’est-à-dire un réducteur. Il engendre l’obésité, notamment chez l’adolescent, avec toutes ses graves perturbations définitives du développement endocrinien (hormonal) et des rétentions hydriques (cellulite...). Le sucre va induire également une fatigue cérébrale parce que le cerveau n’est plus normalement alimenté en glucose. Etant soumis à une drogue permanente, il en résulte une difficulté progressive à l’attention et une baisse de résistance à tous les travaux, notamment intellectuels mais aussi physiques. Il s’installe une véritable toxicomanie doucereuse mais calamiteuse pour l’avenir du sujet... et de l’espèce humaine. Note : La consommation moyenne annuelle en saccharose aux USA est de 70 kg par individu (à comparer avec la fréquence des obèses, des diabétiques, des maladies immunitaires en expansion permanente, des stérilités dans tout l’Occident). Production mondiale du saccharose : 100 milliards de tonnes. Tirez-en les conclusions. L’OMS prévoit 300 millions de diabétiques en 2010, il y en a 80 millions actuellement. 48

Retrouver et respecter le sens sacré de la naissance et protéger la petite enfance. L'équilibre psychologique de l'adulte, son aisance relationnelle et sociale dépendent largement de la qualité de la naissance et de la petite enfance. C'est pourquoi, il faudrait : assurer à la femme enceinte les meilleures conditions de vie ; encourager les naissances naturelles à domicile et en maisons de naissance (la naissance n'est pas une maladie et il n'y a aucune raison qu'un pouvoir médical contrôle cet événement majeur de la vie); favoriser la proximité mère-enfants pendant les 3 ou 4 premières années de vie. Retrouver une vision globale de la santé et accepter une médecine plurielle. L'homme n'est pas qu’une machine dont on répare les pièces défaillantes. La médecine allopathique, d'une certaine efficacité dans l'urgence, manque d'une vision globale de l'homme ; d'où ses résultats très médiocres en termes de santé globale de l'individu. Les dimensions physique, énergétique, mentale, sensible et spirituelle doivent être prises en compte et traitées de façon adaptée par des moyens thérapeutiques diversifiés. Développer et favoriser les systèmes thérapeutiques naturels. Pour une vision globale de la santé et les médecines douces telles que la diététique, l'herboristerie, l'Ayurvéda, la naturophathie, l’acupuncture. Développer la connaissance des conditions de bonne santé : cadre de vie, hygiène de vie, renforcement de l'auto-immunité naturelle, recours aux médecines douces et médecines traditionnelles. Reconnaître la pratique des thérapies naturelles et permettre au patient le libre choix de la thérapie à suivre. La reconnaissance des thérapies naturelles doit passer par la création de registres officiels, agrémentés d'un caducée équivalent à celui des médecins, avec les droits et les devoirs que cela implique. Il serait indispensable d'offrir aux thérapeutes non médecins une place officielle au Ministère de la Santé, à la Direction Générale de la Santé, dans les médias, etc. et de leur permettre de travailler en secteur hospitalier, en parfaite intelligence avec le corps médical. Instaurer un forfait annuel de prévention en hygiène de vie, remboursé par la Sécurité Sociale. En pratique, on peut imaginer que ce forfait permettrait d'accéder à deux consultations par an, d'une heure environ. L'hygiéniste, s'appuyant sur le diagnostic et le suivi du médecin généraliste du malade, pourrait également proposer des conseils en hygiène de vie, des prescriptions à base de plantes, de compléments alimentaires, etc. Enfin, l'hygiéniste en question serait rattaché à la Sécurité Sociale et assermenté, afin de le responsabiliser face à son devoir d'informateur en hygiène de vie. Créer un Observatoire des pratiques de santé naturelle, capable d'évaluer et de reconnaître les découvertes, les avancées et les innovations de ces pratiques. Actuellement, l'enseignement des pratiques de santé est relativement figé, car en fin de compte c'est l'Ordre des Médecins qui en reconnaît la validité. Or cet Ordre est très conservateur, tenant fermement à ses avantages. Ainsi, seules les technologies médicales évoluent, mais en aucun cas les approches thérapeutiques. On en arrive donc au fait que, en marge de la médecine officielle, il existe une assez grande diversité d'approches complémentaires, non reconnues et néanmoins très utiles. Instaurer des diplômes d'Etat en thérapie naturelle. Pour éviter le charlatanisme ou l'incompétence, il serait nécessaire que la reconnaissance des thérapies naturelles s'accompagne de l'instauration de diplômes d'Etat, accessibles à tout le monde, quels que soient les moyens financiers de chacun. L'instauration de diplômes d'Etat permettraient de normaliser les prix des formations. Les cursus d'apprentissage des thérapies naturelles pourraient être établis par l'Observatoire des Médecines Naturelles, qui sélectionnerait les enseignants. Ces cursus déboucheraient sur des diplômes délivrés selon réussite à des examens, lesquels seraient proposés dans les conditions des concours. Il serait absurde de nier la qualité de certains guérisseurs autodidactes, qui pourraient alors se présenter à ces examens sans passer par un cycle de cours. Dans le cas de certaines disciplines, il est difficile d'évaluer la qualité d'un thérapeute par un examen. Cette évaluation pourrait être faite par l'Observatoire des Médecines Naturelles. Supprimer l'Ordre des Médecins et celui des Pharmaciens et les remplacer par des syndicats professionnels, de façon à limiter leur poids sur la politique de la santé. L'Ordre des Médecins est la clef de 49

voûte du pouvoir médical. Il est à noter que la déontologie de cet Ordre interdit la collaboration entre médecins et non médecins, ce qui, in extenso, revient à dire que l'Ordre des Médecins interdit la collaboration entre le médecin et son malade. On comprend alors pourquoi le médecin n'informe pas le malade de la nature et de l'évolution de sa maladie et de l'efficacité de tel traitement ou de telle thérapie. Le simple mot de "patient" est révélateur à lui seul de l'état d'esprit de nombreux médecins. Cette même déontologie offre également de nombreuses contradictions avec la pratique médicale actuelle : par exemple celle concernant certains vaccins rendus obligatoires. La déontologie affirme que le médecin ne doit en aucun cas obliger son patient à suivre tel ou tel traitement, or la vaccination constitue un traitement ; par conséquent, il serait parfaitement illégal de rendre obligatoire tel ou tel vaccin... En cas de délit ou de faute professionnelle grave, la Justice, SEULE, pourrait radier ou suspendre un médecin de l'exercice de ses fonctions. Nationaliser les fabricants de médicaments allopathiques et supprimer les lois d'obligation vaccinales. Si les laboratoires tiennent tant à faire des bénéfices, c'est parce qu'ils sont tenus par des intérêts privés et qu'ils ont avant tout vocation à faire du profit, comme toute société privée. Or cela peut comporter des effets pervers car, un laboratoire, en lançant un médicament sur le marché ou en le fabriquant, devrait d'abord protéger la santé publique avant même que de penser à la notion de bénéfice. Par conséquent, il conviendrait d'intégrer ce laboratoire à l'ensemble des Services Publics, ce qui implique sa nationalisation. Les médicaments allopathiques à fort effet secondaire pourraient alors, en cas de nécessité impérieuse, être délivrés dans les services d'urgence des hôpitaux, via les pharmacies centrales de ces établissements. Et les laboratoires nationalisés pourraient entamer des programmes de recherche médicale, sous l'impulsion du Ministère de la Santé, en fonction des crédits dont il disposerait. De ce fait, l'on pourrait alors mieux connaître les effets secondaires des médicaments et mieux en étudier les conséquences sur la santé des patients, avant de délivrer des autorisations de mise sur le marché (AMM) ; alors qu'aujourd'hui, seules les sociétés qui peuvent s'acquitter des autorisations de mise sur le marché peuvent les obtenir. Réintégrer la vieillesse et la mort au sein de l'existence. Vieillesse et mort font partie de la vie, et permettent d'en découvrir le sens. D'où leur importance et la place qu'elles doivent avoir au cœur de la société. Proposer soins palliatifs et accompagnement des mourants. La mort, comme la naissance, n'est pas une maladie. C'est un événement naturel de la vie ! Il faut que ce passage se passe de la façon la plus paisible possible.

4 / Sites

http://fr.transnationale.org/ 11000 entreprises décryptées et notées, classées par: nom, Dirigeant, Pays, Découvrez la réalité des entreprises et des marques. www.syti.net Vortex, fractals, Tao et Star trek… un peu extrême, mais vaut très largement le détour. 50

www.johnzerzan.net Extrême mais intéressant ! Le New York Times a publié en 1995 une interview pleine page de Zerzan. Un autre événement significatif qui l'a projeté dans la célébrité est l'association de son nom aux groupes anarchistes de Eugene (Oregon) qui sont plus tard devenus l'un des éléments moteur aux États-Unis dans l'utilisation de la tactique des black blocs durant les manifestations d'opposition à l'Organisation mondiale du commerce lors du sommet de Seattle (Washington) en 1999. Les anarchistes qui ont alors utilisé cette technique ont été considérés comme majoritairement responsables des nombreuses dégradations et destructions commises sur les vitrines de magasins de grandes chaînes (Gap, Levi's, McDonald’s) et à l'encontre d'agences bancaires. Zerzan est actuellement l'un des rédacteurs en chef de Green Anarchy et quelques articles de sa main ont été publiés dans des magazines comme AdBusters. www.agoravox.fr AgoraVox constitue l’une des premières initiatives européennes de "journalisme citoyen" à grande échelle complètement gratuite. C’est une plate-forme multimédia mise à la disposition de tous les citoyens qui souhaitent diffuser des informations inédites. D’une manière générale, l’objectif de la politique éditoriale d’AgoraVox est d’essayer de publier des actualités concernant des évènements ou faits objectifs, vérifiables et autant que possible inédits. Nous sommes en effet persuadés que tout internaute est potentiellement capable d’identifier en avant-première des informations inédites, difficilement accessibles ou volontairement cachées. www.voltairenet.org/fr : Réseau de presse non alignée. http://www.les-crises.fr/ Le parti pris de ce blog est de se limiter principalement à des faits, en particulier par la présentation de graphiques originaux. Le but est aussi d'illustrer que la compréhension des crises n'est en rien une affaire de spécialistes, mais plutôt de "possesseurs de bon sens". http://www.oulala.net/Portail/

… 5 / Articles
Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises » http://www.bastamag.net/article1622.html LA PROPAGANDE, C’EST LES AUTRES http://www.voltairenet.org/Comment-la-structure-rituelle-du La construction politique du marché de la dette publique http://www.lacrisedesannees2010.com/article-la-construction-politique-du-marche-de-la-dette-publique85707447.html

… 6 / Vidéos
Les assassins économiques http://www.dailymotion.com/video/xc4n0n_les-assassins-economiques-1-2_webcam Bon résumé de l’histoire du pétrole depuis le premier puits en 1861 jusqu’à la guerre en Irak (8’40’’) et des guerres qu’il a engendré : 100 000 000 morts. www.dailymotion.com/video/x3ejju_100millions_politics Keny Arkana > Autre Monde Possible. Histoire et dégât de la mondialisation. Interview de résistants du monde entier. http://www.dailymotion.com/video/xmeps_keny-arkana-autre-monde-possible_creation COLLAPSE - l'histoire de Michael Ruppert. http://www.dailymotion.com/video/xkboo7_collapse-vostfr-1-2_news http://www.dailymotion.com/video/xkbscp_collapse-vostfr-2-2_news#rel-page-1 Debtocracy - La gouvernance par la dette(vostfr) http://www.dailymotion.com/video/xjuuvr_debtocracy-la-gouvernance-par-la-dette-vostfr-1-2_webcam 51

… 7 / Citations
Chaque réunion du conseil tribal des Iroquois commençait par le rappel de cette obligation : Dans chacune de nos délibérations, nous devons réfléchir aux effets de nos décisions sur les sept générations à venir. Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré. Quand un problème nous résiste malgré de grands efforts de recherche, nous devons mettre en doute ses principaux postulats. L'imagination est alors plus importante que le savoir. Albert Einstein Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s'en délecter. Bertolt Brecht Lorsqu'un seul homme rêve ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité. Hundertwasser Pourquoi tout ce qui est bon pour nos corps, nos communautés, notre monde, notre planète, est-il appelé « alternatif » ? Julia Butterfly En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. Albert Camus La bravoure est encore la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à être regardées en face. Alexandra David-Neel L'homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d'un plus grand nombre d'autres. Diderot L'humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger, et ceux qui bougent. Benjamin Franklin Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun mais pas assez pour la cupidité de tous. Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre. Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. Une erreur ne devient pas vérité parce que tout le monde y croit ! Gandhi Avec nos pensées, nous créons le monde. Bouddha En raison des leçons que nous avons commencées à apprendre, je crois que nous pouvons dire que le siècle prochain (le 21e) sera plus cordial, plus harmonieux et moins nuisible. La compassion et les graines de paix pourront fleurir. Je l'espère profondément. Dans le même temps, je crois que chaque individu a pour responsabilité d'aider à guider notre famille globale dans la bonne direction. Les vœux pieux ne suffisent pas, nous devons assumer nos responsabilités. Les grands mouvements humains jaillissent d'initiatives individuelles. Je crois véritablement que les individus peuvent faire la différence dans la société. Il appartient à chacun de nous d’utiliser au mieux son temps pour aider à créer un monde plus heureux. Les hommes perdent la santé pour gagner de l'argent et, après, dépensent cet argent pour récupérer la santé. A penser trop anxieusement au futur, ils en oublient le présent, à tel point qu'ils finissent par ne vivre ni au présent ni au futur. Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu. Le Dalaï-lama 52

Laissez-vous guider par votre rêve, même si vous devez momentanément le mettre de côté pour trouver un emploi ou payer votre loyer. Et restez toujours ouvert aux opportunités de sortir du cadre pour mener la vie et faire les choses qui vous inspirent profondément… n'ayez pas peur. Jane Goodall Nous ne devons pas attendre que la crise de notre société atteigne un point de non retour. Nous devons agir ! Chaque personne peut agir. Si chacun fait la part qui lui revient, aussi modeste soit-elle, nous pouvons tous ensemble arriver à faire ce qui est nécessaire. Mikhaël Gorbachev Nous devons tirer nos règles de comportement du monde naturel. Nous devons respecter, avec l'humilité des Sages, les limites de la nature et le mystère qu'elles cachent, en reconnaissant qu'il y a quelque chose dans l'ordre du vivant qui dépasse très évidemment toute notre compétence. Vaclav Havel Il n'est rien au monde d'aussi puissant qu'une idée dont l'heure est venue. Victor Hugo Être conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui est le propre de l’homme. Albert Jacquard Le monde déteste le changement, c'est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser. Charles F. Kettering Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé. John F. Kennedy La philosophie a préparé, commencé, favorisé la révolution actuelle, cela est incontestable. Mais les écrits ne suffisent pas, il faut des actions. Jean-Paul Marat (1743 -1793). Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même de cette façon que cela s’est toujours produit. Margaret Mead Le secret de la vie est d'avoir une mission, une chose à laquelle vous donnez tout... Et le plus important, c'est que ce soit une chose totalement hors de portée. Henri Moore Nous n'héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. Il n'y a qu'un problème, un seul, redécouvrir qu'il est une vie de l'esprit, plus haute encore que la vie de l'intelligence, la seule qui satisfasse l'homme. Antoine de Saint-Exupéry Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ? L'homme raisonnable s'adapte au monde, l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable. George Bernard Shaw L'ère du monde fini a commencer. P. Valéry. Nous invoquons la Terre, notre demeure, ses merveilleux abîmes et ses hauteurs fulgurantes, sa vitalité et sa profusion de vie, et tous ensemble nous lui demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin. Nous invoquons les montagnes, les cascades et les Olympes , les hautes vallées verdoyantes et les prairies couvertes de fleurs sauvages, les neiges éternelles, les sommets silencieux et nous leur demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin. Nous invoquons les eaux qui couvrent la Terre d'un horizon à l'autre, qui coulent dans nos rivières et nos ruisseaux, qui tombent sur nos jardins et nos champs, et nous leur demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin. Nous invoquons la Terre qui fait pousser notre nourriture, le sol nourricier, les champs fertiles, les jardins et les vergers abondants et nous leur demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin. Et enfin, nous invoquons ce que nous avons de 53

plus sacré, la présence et la puissance du Grand Esprit d'amour et de vérité qui baigne tout l'univers et nous lui demandons d'être avec nous pour nous enseigner et nous montrer le chemin. Bénédiction Chinook. Il faut savoir que les choses sont sans espoir. Et tout faire pour les changer. Rainer Maria Rilke Tout ce qui n'est pas donné est perdu. Mère Teresa Le problème dans une course de rats est que même si vous arrivez en tête, vous n'en êtes pas moins un rat. Lily Tomlin Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessité d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant. Pierre Rabhi Une croissance indéfinie est impossible, nous n'avons qu'une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible. Les solutions existent, mais l'opinion les ignore car les structures actuelles et les détenteurs des pouvoirs économique et politique s'y opposent. Nos conditions de vie et de travail continuent à se détériorer et les inégalités sociales s'accentuent. De multiples conflits traduisent cette situation de crise. Elle ne peut que s'aggraver. C'est un seul et même système qui organise l'exploitation des travailleurs et la dégradation de vie qui met en péril la terre entière. La croissance aveugle ne tient compte ni du bien-être, ni de l'environnement. René Dumont (1904-2001) Toute personne croyant qu'une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. Kenneth Boulding CELUI QUI NE GUEULE PAS LA VÉRITÉ, QUAND IL CONNAIT LA VÉRITÉ, SE FAIT LE COMPLICE DES MENTEURS ET DES FAUSSAIRES. Charles Péguy …

8 / Livres
"Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations" de Raoul Vaneigem http://arikel.free.fr/aides/vaneigem/index.html Le mensonge global sur le monde, c'est le spectacle. Le spectacle est le discours du pouvoir. Il est l'image du monde que le pouvoir cherche à nous imposer avec l'aide des médias, qui sont tous au service de ceux qui les financent. Il est le mensonge destiné à nous faire réagir selon des façons calculées par le pouvoir. Afin qu'on accepte de prendre le spectacle pour la réalité, le pouvoir va jusqu'à reconstruire la réalité selon le spectacle. Le spectacle reconstruit la réalité, il est le maître du monde, il est le pouvoir. Il commande aux chefs, même les plus hauts placés. "La société du spectacle" de Guy Debord www.jutier.net/contenu/6751.htm http://classiques.uqac.ca/ La bibliothèque numérique « Les Classiques des sciences sociales » est une bibliothèque unique et originale dans la francophonie. Réalisé par l'Université du Québec à Chicoutimi, elle comporte 7 collections disponibles regroupant 4632 oeuvres originales de 1284 auteurs différents (15/10/11). Tous les titres disponibles sont gratuitement téléchargeables aux formats .doc, .pdf et .rtf. Quelques livres à lire : http://ecophilopat.fr/lecture.html L'invention de l'économie, parue en octobre 2005. L’idéologie des escrocs : l’économie. Sur ce chapitre, tout est dit dans cet excellent ouvrage de Serge Latouche: En s'appuyant sur un travail sémantique, l'auteur montre combien l'imaginaire économique est mouvant. Il récuse le caractère naturel, voire une quelconque fonctionnalité, de cette discipline et analyse quelques débats classiques comme la fonction de la monnaie 54

chez Aristote ou l'invention de la notion de travail par la bourgeoisie. La prégnance de l'économie sur la vie des hommes n'est pas plus à démontrer que leur morosité et leur souffrance. Comment s'est construit notre « imaginaire économique », notre vision économique du monde ? Pourquoi voyons-nous aujourd'hui le monde à travers les prismes de l'utilité, du travail, de la compétition, de la concurrence et de la croissance sans fin ? Nous avons inventé la valeur-travail, la valeur-argent, la valeur-compétition, et construit un monde où rien n'a plus de valeur mais où tout possède un prix. Au fil d'une passionnante mise en perspective historicoéconomique, Serge Latouche revient aux origines de cette économie que les premiers économistes appelaient la « science sinistre ». Servi par une brillante érudition économique et philosophique, cet ouvrage montre la manière dont s'est façonnée notre obsession utilitariste et quantitative. Extraits : Quesnay est le premier en 1767 à utiliser l’expression « science économique ». Le développement du capitalisme à la Renaissance donnera une grande impulsion à la vie économique et à la réflexion économique. Auteurs bourgeois, les mercantilistes au 17ème siècles veulent gérer l’Etat et la nation comme une grande maison de commerce et transposer au niveau « macro » les méthodes « micro ». Ils s’efforcent d’étendre à la société les recettes et procédés des marchands qui ont fait leur preuve : comptabilité et bilan. Ils font de l’ « arithmétique politique ». Faisant un pas supplémentaire, les physiocrates (1750-1775), voient la sphère matérielle de la société ou se crée et se consomme la richesse comme un corps vivant avec la circulation sanguine. L’économie est d’abord une science anglo-saxonne. Pourquoi ne pourrions-nous pas émettre l’hypothèse que les crises dites économiques que nous vivons sont en fait des crises culturelles liées à la sortie de l’économique ? Il est tellement difficile d’organiser des rapports sociaux et de produire une culture de l’au-delà du travail dans une société d’abondance qu’on peut penser que les sociétés recréent artificiellement des conditions de pénurie et de pauvreté, replaçant ainsi la question de la subsistance et du travail au cœur de lien social. Nous vivons l’acmé de l’omnimarchandisation du monde. http://www.revuejibrile.com/JIBRILE/PDF/ACTUELLES/LATOUCHE.pdf Histoire de la pensée économique par Henri Denis, puf, Thémis économie,1990. Histoire de l’écologie politique, comment la gauche à redécouvert la nature par Jean Jacob, Albin Michel, 1999. Guide des Alternatives 12000 références et adresses pour un autre futur, 4ième édition, éditions du Fraysse. Vivre et penser comme des porcs par Gilles Châtelet, folio actuel. Les évangélistes du marché, les intellectuels britannique et le néo-libéralisme par Keith Dixon, Raisons d’agir éditions, 1998. Les nouveaux chiens de garde par Serge Halimi, éditions Liber-Raisons D’agir, 1998. Fons de pension, piège à cons ? Mirage de la démocratie actionnariale par Frédéric Lordon, 1998. La fin du Travail par Jeremy Rifkin, la Découverte/Poche, 1997. Le défi du 21ième siècle, une vision écologiste du monde par Edouard Goldsmith, éditions du rocher, Conscience de la terre, 1994. Rééditer en 2002 sous le titre : Le Tao de l’écologie. René Dumont L’utopie ou la mort. Le monde est mal parti : chez les pauvres, la famine ; chez les riches l’asphyxie. L’égoïsme des nantis nous condamne tous à la mort, Seuil collection Politique, 1973. Ouvrez les yeux ! Le 21e siècle est mal parti, Politis, éditions arléa, 1995. Un monde intolérable ; Pour en finir avec la société du gaspillage ; Les Raisons de la colère Cette crise qui n’en est pas une de François Partant, Ed. de l’Harmattan, 1994. Défaire le développement – Refaire le monde. 30 intervenants du colloque de mars 2002 à Paris, Ed. Paragon. Survivre au développement, de la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative par Serge Latouche, mille et une nuits, 2005. La mégamachine de Serge Latouche, Ed. La Découverte/Mauss. 1995. Réédition 2004. Dans le miroir du passé de Ivan Illich, éditions Descartes et Cie, 1995. La grande implosion de Pierre Thuillier, Ed. Fayard, 1995. L’immatériel d’André Gorz, Ed. Galilée, 2003. Le développement – Histoire d’une croyance occidentale par Gilbert Rist, Presses de Sciences - Po, 1996. La civilisation technicienne à la dérive, les rendements décroissants de la technologie, Orio Giarini et Henri Loubergé, Dunod, 1979. Impasse Adam Smith de Jean-Claude Michéa, Climats, 2002. 55

L’industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité & médias de John Stauber et Sheldon Rampton, Ed. Agone, 2004. Les poules préfèrent les cages. Quand la science et l’industrie nous font croire n’importe quoi d’Armand Farrachi, Albin Michel, 1999. Biopiracy, the plunder of nature and knowledge by Vandana Shiva, South end Press Ecologie spirituelle, pour renouer avec la nature par Jim Nollman, editions Jouvence, 1991. L’esprit de la Terre de T.C. Mac Luhan, Ed. du Rocher. 1998. Le pouvoir de la bonté, fondement majeur de la philosophie et de l’action politique du Dalaï-Lama. Textes réunis par Sydnez Piburn, préface de Matthieu Ricard, Marabout, 2006. Passerelles entretiens avec des scientifiques sur la nature de l’esprit, Dalaï-Lama, spiritualités vivantes, Albin Michel. Le Cercle des Anciens, des hommes-médecine du monde entier autour du Dalaï-Lama, Le livre de poche.

… Conclusion
Malgré les catastrophes écologiques, les modifications climatiques, la pauvreté croissante, le renforcement du pouvoir des puissants au mépris de la vie sous toutes ses formes, aucune mesure politique sérieuse n'a été prise par les gouvernements successifs. Si rien ne change, nous courons tout droit à des catastrophes majeures. Il est donc urgent d'agir, si nous voulons sauver ce qui reste de notre environnement et de notre humanité. Nous aspirons à une vie simple dans un environnement sain, convaincus que l'être humain a, en lui même, le potentiel d'accéder au bonheur, et que l'effort pour l'accumulation de biens matériels constitue un obstacle à la réalisation de ce potentiel. Les révolutions arabes, les occupations de Madrid de NY et autres grandes villes sont les signes d'une civilisation qui est en train de mourir. Toutes les sociétés finissent par s'écrouler. La nôtre est un peu comme ces "programmes de recherche" qui finissent par devenir stériles. Il faut alors accepter de nouvelles idées parce que les précédentes n'ont plus rien à donner. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que toutes les autres sociétés ont subi le même sort. L'exemple de la Cité grecque, ou celui sans doute encore plus frappant de la chrétienté médiévale, au 13 e siècle, au temps de saint Louis et de saint Thomas. À cette époque, les gens devaient croire que la chrétienté était une réalité éternelle, et puis elle s'est effondrée relativement vite. L'idée que nous représentons le sommet de l'histoire humaine n'est qu'un préjugé, un mythe parmi d'autres. Le néo-libéralisme, aboutissement de cinq siècles d'histoire du capitalisme, ne peut perdurer éternellement. Les mythes fondateurs de la civilisation occidentale sont en train de s'écrouler. Comme tous êtres vivants, système, empire ou civilisation, le capitalisme a vécu et il va mourir, c'est dans l'ordre des choses. Le commerce et donc la consommation ne peuvent être une finalité. Les financiers ne doivent plus exister et décider, ainsi, de l'avenir des hommes, d'autant plus que la philosophie qui les animent, le plus souvent, est forcément le matérialisme. Il s'agit de replacer l'ordre des priorités. L'homme ne peut pas vivre sans spiritualité, c'est même le sens profond de l'existence humaine, étant donné que l'être humain est le seul être sensible à être conscient de sa finitude. Mais qu'est-ce que la spiritualité ? C'est un ensemble de croyances qui considère que les êtres sensibles sont animés par un esprit qui perdure, d'une façon ou d'une autre après la mort. Elle s'oppose à une vision du monde qui considère l'esprit comme un épi-phénomène de la matière, à "l'homme machine". Toutes les religions en sont des expressions adaptées aux différentes cultures de l'Humanité. Vient ensuite une éthique d'où découlent des valeurs humaines et environnementales. Puis la gestion de la cité des hommes - la Politique - doit s'exprimer en accord avec des valeurs humaines justes, au sein d'une réelle démocratie, et non pas dans une démocratie hypocrite, une dictature des marchés tenue par les financiers, les rentiers. Enfin, après une spiritualité, une éthique et une politique réellement démocratique, le commerce trouve sa place. Une voie existe, ni néo-libérale, ni totalitaire et forcément démocratique qui renoue avec notre nature profonde et notre mère à tous : la Terre. On pourrait s'arrêter de s'agiter, de consommer, de polluer pour réfléchir, parler, partager et peut-être alors redécouvrirons-nous nos vraies valeurs, notre vertu et notre sagesse fondamentale pour repenser nos façons d'agir, notre travail, nos relations avec autrui et avec la nature. 56

Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants ? Face à la crise de l'environnement, face à la crise globale et radicale de la civilisation industrielle, des solutions existent, on peut s'en sortir, il suffit de le vouloir. Mais n'attendez pas que les choses changent toutes seules, vous seuls avez le pouvoir de les changer. Les solutions sont individuelles et demandent un certain courage à s'engager à résoudre les problèmes à la racine. Entre autres ; limiter notre consommation effrénée d'énergie non renouvelable et de matières premières ; s'engager plus activement aux différents niveaux de décision politique en vue de créer des processus véritablement démocratiques pour une meilleure répartition des richesses et du travail. Il est grand temps de changer de cap, de rompre avec le « réformisme anti-libéral » et de développer un autre projet. Les idées que j’ai essayé de rassembler ici, nous offre à tous la perspective d'une société dans laquelle le cœur et l'intelligence, le corps et l'esprit, l'être individuel et l'être social trouvent leur place. Depuis que le pouvoir n’est plus de droit divin, le pouvoir souverain c’est le pouvoir du peuple par le suffrage universel. Et cela veut dire qu’aucune considération macro-économique, financière, monétaire ne peut empêcher une décision politique issue du suffrage universel. Il n’y a pas de « dieu » économie ou de « loi » de la finance. Certains pourraient se décourager en pensant que la mondialisation capitaliste est allé trop loin et que la France ne peut pas décider, seule dans son coin, de changer les « règles du jeu ». Voyons donc ! il y a deux siècles, dans une Europe complètement dominée par une aristocratie décadente, la France a t-elle demandé l’autorisation pour se débarrasser du pouvoir divin de la royauté ? D’autre part, compte tenu de la diversité des luttes alter-mondialistes, comment construire une alternative commune ? La base même, c’est la souveraineté populaire, l’appartenance à un peuple. Ils nous faut partir des l’identités des peuples qui composent les Etats pour défendre l’intérêt général contre celui des transnationales de droit privées. Pour recueillir l’adhésion populaire, il ne faut pas, bien que le combat contre la mondialisation libérale soit un combat international, nier l’identité nationale qui est un repère pour le peuple afin de résister et construire de nouvelles solutions « du vivre ensemble » sur un territoire. Mais gardons-nous, bien sur, de tomber dans l’étroitesse d’esprit du nationalisme qui consiste à caresser dans le sens du poil les idées et les émotions les plus simplistes. C’est au peuple français de trouver les solutions particulières qui correspondent à sa culture, à son histoire, à son territoire. Et de toute façon, il n’est pas possible de lutter contre la mondialisation financière sans un réel pouvoir au niveau de la nation française. Un Etat fort qui puisse s’opposer fermement aux transnationales, aux fonds de pensions, au pouvoir financier mondialisé. Si l’Europe basculait dans ce nouveau paradigme, cela aurait, évidemment, encore plus d’effet. Mais comment se mettre d’accord à 27 pays ? D’autant plus que beaucoup des nouveaux membres de l’Europe sont à peine sortis du stalinisme et qu’ils n’envisagent, pour le moment, qu’un seul horizon : le capitalisme ! Donc, c’est uniquement au niveau national qu’il peut y avoir un changement politique radicale. Cela n’empêche pas, bien entendu, de « travailler » de concert avec les autres mouvement alter-mondialistes européens, sud-américains ou asiatiques. La France pourrait, comme il y a un peu plus de 2 siècles, montrer l’exemple d’un changement radical de régime. La France, terre d'accueil, de tolérance et d'échange, territoire relativement homogène aux niveaux linguistique, historique, géographique et culturel pourrait être le théâtre d'une vraie révolution, mais contrairement à l'exemple sanglant de 1789, elle donnera l'exemple d'une révolution non-violente, d'une révolution profonde des rapports sociaux et de notre relation à la nature. La France et les français sont les mieux placés pour montrer au monde, une autre vision, une autre voie, une autre façon de vivre ensemble. En effet, la France dispose d’un état structuré, d’une administration bien organisée, de fonctionnaires qualifiés et dévoués. Et pour passer du système capitaliste à un nouveau système, il est primordiale d’avoir un état structuré et bien organisé pour que « la révolution paisible » se déroule sans excès de violence et, en tout cas, sans pertes de vies humaines, ce qui est, évidemment, un impératif.

L’avenir nous appartient. L'avenir sera ce que nous en ferons.
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