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MATHÉMATIQUES I Filière TSI

MATHÉMATIQUES I

Les polynômes intervenant dans ce problème sont des polynômes à une indéter-
minée X sur le corps IR des nombres réels. Un polynôme pourra être indifférem-
ment noté P ou P ( X ) . On désigne par E l’espace vectoriel des fonctions continues
de [ – 1, 1 ] sur IR , par F n le sous-espace vectoriel de E constitué des polynômes de
degré inférieur ou égal à n ( n entier naturel), et par [ n ] la partie entière d’un
entier n .

Partie I -
I.A - ch désignant la fonction cosinus hyperbolique et sh la fonction sinus hyper-
nα n
bolique, on rappelle que : ∀α ∈ IR, ∀n ∈ IN, e = ( chα + shα ) .
[n ⁄ 2]
⎛ n ⎞ ( chα ) n – 2k ( ch 2 α – 1 ) k .
I.A.1) Montrer que, ∀α ∈ IR, ∀n ∈ IN, chnα = ∑ ⎝ 2k⎠
k=0
I.A.2) En déduire, pour tout entier naturel n , l’existence d’un polynôme P n
tel que : ∀α ∈ IR , ch ( nα ) = P n ( chα ) .
Expliciter P 0 , P 1 , P 2 , P 3 et P 4 .
I.B -
I.B.1) Démontrer que pour tout n ≥ 2 :
Pn ( X ) + Pn – 2 ( X ) = 2 X Pn – 1 ( X )

En déduire que la suite ( P n ) n ∈ IN est unique.


I.B.2) Démontrer que, pour tout entier naturel n :
∀α ∈ IR , P n ( cos α ) = cos ( nα ) .

I.B.3) Calculer le terme de plus haut degré de P n . Déterminer la parité de


Pn .
I.B.4) Démontrer que, si x > 1 et n ≥ 1 , alors P n ( x ) > 1 .
I.C - Dans cette question n est un entier naturel non nul fixé.
Démontrer que les racines de P n sont toutes réelles, distinctes, et qu’elles
appartiennent à l’intervalle ] – 1, 1] . Elles seront notées x i , 0 ≤ i ≤ n – 1 de telle
sorte que la suite des x i soit strictement décroissante. On déterminera la valeur
de x i .

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Filière TSI

Partie II -
II.A -
II.A.1) Pour f élément de E , justifier la convergence de l’intégrale :
1 f (t)
∫–1 -----------------2 dt .
1–t
II.A.2) Montrer que l’application Φ de E × E dans IR définie par
1 f (t) g(t)
Φ : ( f , g) a ( f g) = ∫–1 ---------------------2 dt
1–t
définit un produit scalaire sur E . On notera . la norme associée à ce produit
scalaire.
II.B - Pour un entier naturel n , on pose :
1 n
t
In = ∫–1 ----------------- dt .
2
1–t
Établir une relation de récurrence entre I n et I n – 2 , pour n ≥ 2 . En déduire la
valeur de I n .
II.C -
II.C.1) Calculer, pour m et n entiers naturels :
1 P n ( t )P m ( t )
∫–1 ------------------------------
2
dt .
1–t
Que peut-on en déduire ?
II.C.2) Démontrer que
n
1 t Pm ( t )
∫–1 --------------------- dt = 0
2
1–t
lorsque n et m sont deux entiers naturels tels que n < m .
2
II.D - Soit h la fonction de E définie par h ( x ) = 1 – x . Calculer la distance de
h au sous-espace F 4 , c’est-à-dire le nombre d ( h, F 4 ) = inf P ∈ F h – P .
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Partie III -
Dans cette partie, n est un entier naturel non nul fixé. L’espace F n est muni du
produit scalaire défini au II.B.
III.A -
III.A.1) Soit P ∈ F n un polynôme de degré inférieur ou égal à n , dont le poly-
nôme dérivé est noté P′ .
2
Calculer la dérivée de la fonction x → 1 – x P′ ( x ) et en déduire qu’il existe un
unique polynôme Q ∈ F n , que l’on exprimera en fonction de P′ et P′′ , tel que
2 d 2
∀ x ∈ ] – 1, 1[ , Q ( x ) = 1 – x ------- [ 1 – x P′ ( x ) ] (1)
dx
Montrer de plus que l’application ϕ définie dans la relation (1) par ϕ ( P ) = Q est
un endomorphisme de F n .
III.A.2) Dans cette question seulement, on suppose n ≥ 2 . Déterminer la
2 n
matrice M de ϕ dans la base canonique ( 1, X , X , … X ) de F n .
III.A.3) L’endomorphisme ϕ est-il diagonalisable ?
III.B -
III.B.1) Démontrer que ϕ est un endomorphisme symétrique de F n . On pourra
utiliser l’expression (1) de Q obtenue à la question III.A.1).
III.B.2) En utilisant la question II.C.2), démontrer que pour tout entier k ,
0 ≤ k ≤ n , il existe un réel λ k tel que ϕ ( P k ) = λ k P k . En utilisant le terme de plus
haut degré de P k , déterminer λ k .
III.B.3) Retrouver et préciser le résultat obtenu à la question III.A.3).
III.C - Dans cette question, n = 2 .
2
On pose, pour tout polynôme P ∈ F 2 et tout réel λ , q λ ( P ) = λ P + ( ϕ ( P ) P ) .
III.C.1) Montrer que q λ est une forme quadratique sur F 2 .
III.C.2) Discuter selon la valeur de λ la nature de la quadrique définie par
l’équation q λ ( P ) = 1 .

Partie IV -
IV.A - On désigne par x 0 , x 1 , x 2 les racines du polynôme P 3 et par A 0 , A 1 , A 2
trois nombres réels. Pour tout élément f de E , on définit le nombre R ( f ) par :
1 f (t)
∫–1 -----------------2 dt = A0 f ( x0 ) + A1 f ( x1 ) + A2 f ( x2 ) + R ( f ) .
1–t

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IV.A.1) Déterminer A 0 , A 1 , A 2 pour que R ( P ) = 0 pour toute fonction poly-
nôme P élément de F 2 .
IV.A.2) Démontrer qu’alors R ( P ) = 0 pour toute fonction polynôme P de F 5 :
on pourra utiliser une division euclidienne par le polynôme P 3 .
IV.B - Justifier l’existence de l’intégrale
0 5
x
I = ∫–2 --------------------------
2
- dx
– x – 2x
et déduire de IV.A) sa valeur.
IV.C - Pour n fixé non nul, on désigne par ( x j ) 0 ≤ j ≤ n – 1 les racines de P n (défi-
nies dans la partie I).
IV.C.1) Soit x un réel tel que sin x ≠ 0 .
n–1
Exprimer la somme ∑ cos ( ( 2 j + 1 )x ) à l’aide de sin ( 2nx ) et de sin x .
j=0
IV.C.2) En déduire pour un entier naturel k donné, k ≤ 2n – 1 , la valeur de
n–1
Sk = ∑ Pk ( x j ) .
j=0

IV.C.3) Démontrer qu’il existe un réel α , que l’on déterminera, tel que, pour
toute fonction polynôme P de F 2n – 1 , on ait
n–1
1 P( x)
∫–1 ------------------2 dx = α ∑ P ( x j ) .
1–x j=0

••• FIN •••

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