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Aux Origines des Civilisations.

Il y a 12.000 ans, l’humanité est entrée dans un âge nouveau, le néolithique. Les
mouvements humains de chaque coin de la planète se sont développés à un rythme et selon
des moyens différents, pourtant aujourd’hui on remarque que malgré la distance qui les
séparent, leurs cultures peuvent être facilement comparables. Le tout est donc de savoir si
celles-ci sont dues à des causes identiques ou non. L’archéologie et l’anthropologie ont donc
proposé deux hypothèses : le diffusionnisme, qui suppose que la civilisation n’avait été
conçue qu’une fois, puis diffusée dans le monde entier, peut-être aussi par des migrations ; la
seconde hypothèse, mieux conservée, s’inspire de la sentence « mêmes causes, mêmes
effets ». C’est alors qu’est né le néo-évolutionnisme, entraînant avec lui des explications dites
« exogènes » et « endogènes ». La première suppose que suite à un déséquilibre entre la
population et ses ressources naturelles, un changement doit s’opérer ; l’homme doit donc
s’adapter. La seconde, plus prisée, affirme que c’est l’homme qui est responsable de ses
propres changements, de par sa volonté de dominer.

L’agriculture est née entre -10.000 et -6.000 selon les emplacements. Les causes de cette
naissance restent encore floues, même si plusieurs théories ont été proposées. En 1870,
Lubbock affirme que celle-là est née à la suite de nouveaux progrès techniques. Cette théorie
fut réfutée, quand on sut que les Aborigènes d’Australie connaissaient des techniques sur le
fait de semer, mais ne les ont jamais développées. Une autre théorie qui fait encore débat
aujourd’hui est celle nommée « théorie des oasis » : suite au réchauffement de la planète
survenu après l’âge de glace est apparue une tropicalisation, ce qui aurait eu pour
conséquence que l’homme aurait intensifier sa production, tous ses besoins alimentaires étant
à portée de main. Mais tous les pays ne respectent pas cette règle : c’est le cas en Chine par
exemple. Pourtant vers -8000, on sait qu’aux abords du Nil, du Tigre et de l’Euphrate, la
population humaine a fortement augmenté, les besoins alimentaires y étant largement
suffisants, entraînant l’apparition des villes.

L’apparition des villes semble donc être du à une innovation agricole. En 1957, Wittfogel
émet la thèse du « despotisme oriental » : il observe que la Chine et la Mésopotamie ont eu
recours à l’agriculture irriguée pour pallier à leurs besoins. De là serait apparu un pouvoir
centralisé capable d’une planification des ressources. Mais on sait aujourd’hui que les cités
shang de Chine sont nées sans avoir eu recours à cette technique, leurs plateaux étant arrosés
par la pluie. En 1970, Carneiro affirme que par la présence du désert, des mers ou des
montagnes, les hommes sont bien obligés de se fixer et d’établir une organisation politique.
Mais cet argument ne vaut pas pour la Chine ni pour les mayas des plaines. Là encore, il reste
donc des incertitudes quant à une cause commune de l’apparition de l’Etat.

Une autre supposition serait la suivante : la guerre aurait contribué à développer une
nouvelle société, dont les vaincus seraient soumis par les vainqueurs. On pourrait ainsi parler
de domination politique résultant de l’application de la force. Cependant un archéologue,
Guilaine, a observé des traces de morts violentes qui avaient eu lieu bien avant la culture du
blé. Pourtant des régularités frappantes sont constatées : celles de la pratique des morts
d’accompagnement, qui pourrait confirmer d’une soumission totale durant la protohistoire.

En conclusion, il reste toujours une interrogation quant à la cause de l’apparition des


civilisations, à savoir si elle est interne ou externe. Une autre solution pourrait alors être
envisageable : le fait de dire que des effets semblables puissent avoir des causes différentes
selon les cultures…

Toute représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, est illicite
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La naissance de l’agriculture.

Dans toute l’Histoire, l’agriculture a toujours été un besoin essentiel pour la survie de
l’homme. A la seconde moitié du XXè siècle, de nombreuses équipes de chercheurs se sont
alors penché sur la question de l’apparition de l’agriculture. Même si la question du pourquoi
pose encore problème, on sait cependant assez bien où, quand et dans quelles circonstances la
culture des plantes et l’élevage des animaux sont apparus.

On est parvenu aujourd’hui à établir six foyers d’origine de la révolution agricole


néolithique : le premier, le foyer proche-oriental, est apparu vers -10.000, viennent ensuite les
foyers centre-américain, chinois, néo-guinéen, sud-américain et nord-américain. Dans les
millénaires qui suivirent, leurs agricultures se sont propagées, formant ainsi trois grandes
aires d’extension : une aire indo-afro-européenne issue du foyer proche-oriental, une
américaine provenant du foyer centre-américain et une asiatique issue du foyer chinois ; et
deux aires plus réduites. Dans ces aires, de nouvelles espèces de plantes et d’animaux ont été
domestiqués. Le réchauffement climatique va aussi avoir des répercussions sur la végétation
et le gibier, tous deux plus abondants, entraînant une sédentarisation des habitants des grottes
dans de petits villages.

Toute une série d’innovations va apparaître, comme les faucilles, les silos servant à
conserver la nourriture, les meules, les haches en pierre polie,… Les hommes vont
commencer à cultiver sur les terrains alluvionnés par les crues des rivières, puis sur les
terrains fertiles et boisés. On assiste alors à un véritable développement de l’agriculture.

Ce développement soudain est sans doute du au fait que la cueillette et la chasse ne


suffisaient plus pour pallier à la nutrition d’un village sans cesse croissant. Cultiver des
plantes et élever des animaux sont donc devenus plus avantageux ; cela réduisait
considérablement le temps de récolte des grains et de capture des animaux. Il fallait cependant
apprendre à préserver la récolte et les animaux des autres groupes, mais aussi répartir
équitablement cette nourriture entre les membres du groupe. De là, il a fallu agrandir l’habitat
et obéir à certaines règles permettant la reproduction des animaux et des plantes. Une langue
serait alors née avec l’agriculture afin de différencier toutes ces choses nouvelles.

Suite à ce développement, de nouvelles terres de culture ont du être cherchées, telles que
des formations boisées ou herbeuses pour les élevages pastoraux. On a découvert que sur
certains sites de chasseurs-cueilleurs, il n’y avait pas de trace d’une transformation
progressive vers une société d’agriculteurs : d’où l’idée que ceux-ci auraient été colonisés par
des sociétés agraires pionnières préalablement constituées, puis assimilés biologiquement par
l’envahisseur ou obligés de se convertir en agriculteurs. Au néolithique, l’agriculture est ainsi
devenue le principal mode d’obtention des subsistances de l’humanité, même si ses débuts
furent fort discrets.

Ce développement a donc eu des conséquences écologiques, techniques (apparition de la


poterie), sociales et culturelles (culte des ancêtres). Par la suite, les cultivateurs et éleveurs
sont partis à la conquête du monde afin de perpétuer leur mode de vie.

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