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actualité | forum lundi 3 octobre 2011 15 TROU D’EAU DOUCE Pas d’eau au lotissement

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lundi 3 octobre 2011

15

TROU D’EAU DOUCE

Pas d’eau au lotissement Bosquet

JCC

Cela fait deux semaines que des habi- tants du lotissement Bosquet à Trou d’Eau Douce font face à une sévère pénurie d’eau potable. Le réseau de distribution n’ali- mente pas en contrebas plusieurs familles lésées on ne sait pour quelle raison. Des représentations ont été faites à la Central Water Authority sans que celle-ci ne remé- die à cette situation des plus pénibles. Des employés de la CWA ont bien constaté de visu la situation ; des compteurs ont fait l’objet d’un monitoring sans doute pour vérifier les dires de ces habitants mais

aucune action n’a été entreprise et aucune réparation n’a été faite au réseau dans ce lotissement.

Les habitants en question ne compren- nent pas l’attitude, l’indifférence de la CWA

à leur égard. Pourtant, ils paient régulière- ment leurs factures et ont beaucoup de mal

à accepter que la CWA puisse leur infliger

un traitement aussi inhumain. Sont-ils des citoyens de deuxième catégorie ? Des jours et des jours sans eau : les carences, l’incurie de la CWA font souffrir ces familles délais- sées, à leur triste sort. Avec des bébés et des enfants sur les bras, ces ménages doivent quotidiennement aller quémander un peu d’eau à leurs voisins mieux lotis…

PEUPLE, RENDORS-TOI !

Scandales à feuilleton, feuilleton à scandales

AMILCAR VEERAPEN

Vue d’en haut, la Terre est bleue et j’aime à croire que l’île Maurice est un point grisonnant tant cela grouille sur les 1 865 km2 ici-bas. Il y a d’abord les honora- bles qui, passée la fashion week, défilent encore, fou- lant leurs catwalks bien à eux – les institutions légales du pays. Parmi celles-ci, l’ICAC et le CCID sont les mieux cotées ces jours-ci. Ac- cueillant ministres en fonc- tion, ministres démission- naires, leader de l’opposition et bien d’autres de moindre rang, elles font le plein tous les jours et atterrissent en couvertures de nos journaux. Il faut dire que le scénario autour duquel se déroule ce ramdam est bien pensé. Il s’agit d’une clinique familia- le qui cache d’innombrables secrets qu’on ne finit pas de découvrir et qui engendre des multiple subplots : de la syncope ministérielle au pré- sumé complot contre l’état, en passant par la stratégie échouée du lev pake reste. De quoi alimenter les Unes de- puis le début de l’année. On bouffe du Medpoint matin, midi et soir. Parmi les institutions les moins cotées mais tout aussi mal fréquentées, on retrouve les cours et tribunaux de notre bon vieux système judiciaire. Un député doit répondre d’une accusation d’entente délictueuse dans un braquage et de détourne- ment de mineur. C’est une certaine chambre 216 qui était au centre d’une télé no- vela d’un genre assez spécial et pas très conventionnel il y a un an. Et un autre élu est, lui, poursuivi pour avoir par- ticipé à une manifestation illégale devant les locaux d’une radio privée. A tout cela, est venu

s’ajouter un petit nouveau assez mal inspiré, qui a promis favoritisme et nou banisme dans la fonction publique à ses hommes de terrain, sous une certaine contrainte, à ce qu’il paraît. Contraint ou pas, il l’a dit et ceux qui ont tout de suite crié au scandale se sont assez vite retrouvés la queue entre les jambes quand on leur a rappelé que tout mauricien pas né de la dernière pluie sait, hélas, très bien que les rouages de notre système politique sont rouillés, mal huilés et que cela n’est pas prêt de changer. Et au vu de ces intermi- nables scandales, le conseil que j’aurais envie de donner pour faire baisser les 7,8% du taux de chômage – dont les nouvelles prédictions viennent d’être faites – est de créer plus d’institutions chargées de veiller à l’ap- plication de la loi par nos élus. De tels organismes ne risquent pas de chômer. Et avec un peu de chance, les scandales des honorables aideront même à éradiquer la pauvreté, que dis-je ! La solution serait trouvée pour le peuple et pour ce qui est de faire preuve de bienveillance envers nos politiciens dans le pétrin, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, Apollo… va assurer. Pendant ce temps, le peuple qui s’était réveillé et qui était descendu dans la rue pour manifester son mé- contentement et son envie de changement est, semble- t-il, retourner vaquer à ses occupations conformistes habituelles. Il y a néanmoins de grosses circonstances atténuantes qui expliquent ceci. Les bergers de la révo- lution ont, par leurs mots et par leurs actions plus gau- ches qu’à gauche, effrayé et fait déguerpir les moutons. Pour la révolution, il faudra

repasser ! Reprenons donc nos bonnes vieilles habi- tudes, plaignons-nous à la cafétéria, rouspétons sur les ondes des radios, changeons le monde de notre fauteuil en cuir bien ciré acheté à crédit, zéro dépôt. Dépensons, justement ! Quoi de mieux que de mettre notre guilt factor et notre prise de conscience au pla- card et de sortir le feel good factor pour tout oublier ? J’ai presque envie de croire que Bagatelle a été missionné pour nous soulager. Pas le temps de faire le deuil du vert des champs de cannes qui faisait de notre île une carte postale que le plus grand cen- tre commercial de l’île a été inauguré. C’est du beau gros béton de la mondialisation capitaliste qui a remplacé les champs, histoire de séduire les Mauriciens pas encore martyrisés par la société de consommation. La présence d’une enseigne de dholl puris à ce centre commercial ul- tra-design et ultra-moderne est bien la preuve de cette intégration culturelle d’un nouveau genre. On parle là de la culture des gros sous. Mais qu’importe, tout le monde s’en fout. Ce n’est pas parce que le système capi- taliste s’écroule petit à petit dans les pays développés que nous risquons, nous aussi, d’en faire les frais un jour, pas du tout. Et puis, la crise, qu’elle soitfinancière,économique, alimentaire ou climatique, on en entend tellement par- ler qu’on en devient pres- que immunisé. En ce qu’il s’agit de crise politique, on nage déjà en plein dedans. C’est en somme l’excitant et non moins troublant quotidien de ce qui, vue d’en haut, est un point que j’imagine grisonnant, 1 865 km2 d’une île en perpétuel développement.

THE GUARDIAN Government plans to raise speed limit to 130 km/h Roads should be the
THE GUARDIAN
Government plans to raise
speed limit to 130 km/h
Roads should be the arteries of a
healthy economy and cars are a vital
lifeline for many. This government
has already scrapped the bus lane, cut
central government funding for money-
making speed cameras and announced
new measures to crack down on boy
racers and reckless drivers while stan-
ding up for the decent majority.
The existing 115 km/h limit was set in
1965. The government argues that cars
are significantly safer since then, with a
fall of 75% in the numbers of people killed
every year on British roads since then. It
also says that up to 49% of drivers are
currently breaking the top speed limit.
More on zoomdr.blogspot.com

POLITIQUES DE BAS ÉTAGE

Halte à la décadence !

POLITIQUES DE BAS ÉTAGE Halte à la décadence ! L ADY O SCAR « Sans doute

LADY OSCAR

« Sans doute en est-il des médicaments comme des politiciens : si on appliquait avec rigueur la règle de l’efficacité, il fau- drait fermer la moitié des pharmacies et la totalité des assemblées parlementaires. » nous dit Philippe Bouvard dans « Mille et une pensées » (2005). Une citation qui vaut son pesant d’or compte tenu de la situation politique actuelle. Des arrestations à la pelle, des excès de zèle, se faire porter en civière, couché sur un oreiller d’accusations, atteint d’une maladie à tort ( ?), se faire admettre dans une institution devenue par la force des choses, aux yeux du citoyen ordinaire, la « One Stop Shop » des vrais-faux malades, le « ti crétin » devenu du jour au lendemain copain, un vieux renard qui ravale son pro- pre crachat, des langues qui se délient (un peu trop), dilettantisme mis au grand jour grâce à un micro espion, homme jadis de confiance devenu « Guignol » et « Poltron » … Ma foi, on dirait bien qu’ils font tous une overdose d’infusion de « verve-haine » ! Bref, bienvenue chez les Ch’tis ! Pire, malgré tout ce cirque médiatique qui dure depuis voilà trois mois, on continue de sourire, et ce même si tout va mal. On se demande en fait, s’ils ne mangent pas tous du cirage tant chacun veut luire aux yeux de l’électorat qui commence franchement à se lasser d’être taxé d’inintelligent. Et on se voile toujours la face quant à l’ampleur de la corruption dans notre pays. Je parle de corruption politique. Depuis la démocratie athénienne à ce jour, la corruption n’a cessé de ronger, tel un cancer, les systèmes politiques. Elle est omniprésente, injurieuse et par moments, comme aujourd’hui, menace le système social. Aucune culture, aucun système de gouvernement, aucun code d’éthique n’a été en mesure d’éliminer la corruption politique. Soyons clairs. Pour que quelque chose puisse être qualifié de corruption politique, il doit avoir un impact public, faire partie d’une

quelconque violation de la confiance publi- que. MedPoint en est un exemple (parmi d’autres) ! Ceci dit, il nous faut bien faire la distinction entre corruption individuelle et corruption systémique. La première renvoie à la faute individuelle. Un titulaire d’une haute fonction pris en flagrant délit, un légis- lateur qui vend son vote, seraient des exem- ples de « pommes pourries ». La corruption systémique est beaucoup plus large, car au lieu des pommes pourries, nous nous retrou- vons face à un système pourri. Le discrédit de la légitimité ou de l’égalité démocratique pourrait bien être un exemple de corruption systémique. Un genre de corruption qui va bien au-delà de la transgression individuelle. Où est le point ? En mettant l’accent sur l’individuel, on a tendance à négliger le sys- témique. Il est beaucoup plus simple, et dans le court terme, beaucoup plus valorisant d’attraper, de punir, et de condamner un individu comme X, Y et Z. Mais qu’en est-il des forces systémiques qui ont amené X, Y et Z à se conduire de la sorte ? « Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes et paraître profond, quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’im- portance des objets : voilà toute la politique ou je meure ! » (Extrait : « Le Mariage de Figaro » – Beaumarchais) Voyez-vous, trop souvent, la politique a été qualifiée de dépendante et subsidiaire, et rarement a-t-elle été acclamée en tant qu’en- tité ayant une vie et un caractère propre à elle. La politique est une préoccupation de l’homme libre et son existence est à l’épreuve de la liberté. Mais au fur et à mesure que les jours passent, ce qui devrait être un art, semble de plus en plus souillé.

KOZELIDIR.BLOGSPOT.COM

Meet The Policy Matrix

SANJAY JAGATSINGH

Which helps you to quickly make sense of the policies that are pro- posed and implemented in Mauritius. Our leaders should obviously try to have most of theirs in cell 1 : those that are good for Mauritius and help make their re-election easier. The selfless leader will not hesitate to execute policies in cell 2 : he might face electoral setbacks and even political death but his policies will be recognised when the dust settles. The selfish policy-maker won’t mind having policies in cell 3 : he could be deriving

mind having policies in cell 3 : he could be deriving substantial personal bene- fits from

substantial personal bene- fits from his position and he couldn’t care less about Mauritius. Could get re- elected but will rapidly be on borrowed political time.

Finally the dumb toxic lea- der will focus on cell 4 : his policies could cause untold misery and his political career will end up just like toxic waste : buried.