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Lecture conseillée : Grammaire des civilisations. Fernand Braudel.

1 chapitre consacré à la
civilisation européenne.
Permanence : Tous les mardis de 15h30-16h30

Examen oral sur critique historique

Questions de critiques : Mercredi au R10 13h30-15h30

Pas cours 25

Examen le 22 : soit groupe de 9h, soit groupe e 13h, il faut être à l’appel.

Questions ouvertes, répondre spontanément, questions de développement. Ex : parler de la


croissance de 1000 à 1300. Beaucoup à dire. Ex : Parler du règne de Charles Quint. Ex :
Parler des grandes découvertes maritimes.

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Plan du cours, introduction.

Décomposition de l’empire romain, structure impériale. Cela a marqué l’Europe dans tous les
domaines. Géographique, spatial, culturel et politique.

Le moyen âge s’en suit. Terme dévalorisé. ‘Moyen’ = médiocrité alors que c’est une période
féconde, c’est la matrice de la période qui suit. Age d’entre deux. Entre l’antiquité et la
renaissance.

Cela conduira à l’époque contemporaine.

Mouvements longs. Ex : Culture chrétienne est un des aspects permanents de l’histoire de


l’Europe.
-ex : Situations provoquées par les grandes révolutions.

• Révolution agricole. 1000-1300 : On assiste à une croissance de la population


européenne et à une modification des techniques agricoles et augmentation de la
production.  Dynamique révolutionnaire qui brise le monde clos, fermé sur lui-
même, dans lequel se trouvait l’Europe depuis la chute de l’empire romain. Europe
sur la défensive après la chute de l’empire romain. Après cette révolution, elle n’est
plus sur la défensive. Technique de croissance interrompue par une grande
catastrophe continental : la peste noire. 1347-1352 tuera 1 européen sur 3. Cela ne
fera que retarder la seconde grande révolution. Après la peste, il y a apparition
d’œuvres avec des squelettes dansants pour ironiser la mort.
• Révolution commerciale. Mouvement d’expansion. Avec les grandes découvertes
maritimes de la renaissance, l’Europe devient expansive, expansionniste. Elle se
déploie sur la toute la terre.
• Révolution française, politique. Elle fonde l’époque contemporaine. 1789.

Vision macroscopique. Celle qui voit un grand ensemble.


Vision microscopique qui braque sa vision sur un lieu précis.

L’Europe est une terre de confrontations. L’union européenne a pris le contre-pied de la


logique de l’ancienne Europe. Au 17ème et 18ème siècle, les états européens qui se font la
guerre. Les guerres épuisent les vainqueurs comme les vaincus. Comment établir la paix ? A
18ème siècle, la théorie de l’équilibre européen est créée. Pour créer une équilibre en Europe, il
faut que les grandes puissances s’organisent entre elles au dépends des petites nations pour
trouver un équilibre. Les grandes puissances doivent se mettre d’accord.

Le ressort constitutif de l’Europe a été nécessaire après les 2 guerres. On ne pouvait aller plus
bas, on voulait donc reconstruire quelque chose de solide. Organisation des nations unies dans

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le contexte de la guerre froide, par exemple. La paix, c’est le partenariat de toutes les nations.
Nous sommes encore sur cette dynamique de paix.

L’histoire connaissance dépend des sources. Plus il y a de sources, plus le passé est connu.
Cela ne veut pas dire que là où il n’y a pas de source, il n’y a pas d’histoire. Il existe beaucoup
de sources sur l’histoire de l’Europe.

Pendant plus de 1000 ans, la culture européenne a reposé sur la bible. L’histoire européenne
est une production tournée vers la bible.
Et puis la pensée scientifique, à partir du 17ème siècle apporte d’autres manières d’appréhender
le réel. Il y a interpénétration des deux manières.

Nous allons retrouver les usages communs de l’Europe. Quels sont les éléments qui relient les
européens en dehors de leur spécificité, de leur originalité, de telle manière qu’on parle de
civilisation européenne ?

Explication de la dénomination du cours :

Civilisation :

Mot chargé, actif, utilisé parfois pour donner une explication globale d’une explication. Mot
récent, fabriqué sur base de ‘civilisé’ au sens civil du terme. ‘Civil’ est un domaine de justice
(tribunal civil). Au 18ème siècle, c’est un terme qu’on utilise pour décrire un individu en
société. Quelqu’un de civil est agréable, poli. 1756 : le terme ‘civilisation’ apparaît pour la
première fois. Dans un ouvrage (traité de la population) par MIRABEAU. Il apparaît en plein
cœur du siècle des lumières. VOLTAIRE n’a jamais utilisé ce terme mais il en a traduit la
notion dans un ouvrage (Essai sur les mœurs et sur l’esprit des nations). A travers sa critique,
il fait l’éloge de ce que doit être une société moderne et caractéristique. Il l’envisage à
contrepoint de la notion de barbarie. Le barbare est celui qui n’est pas civilisé, celui qui n’a
pas encore connu les effets bénéfiques des lumières. ‘Civilisation’ est un mot rassurant pour
les européens qui ont conscience qu’ils vont dans la bonne direction. Ce mot apparaît chez les
gens qui veulent montrer le bon exemple. Ils ne méprisent pas le barbare, il a même un regard
attendri de l’homme des lumières sur l’autre. Le mythe du bon sauvage que ROUSSEAU
développe, le bon sauvage n’est pas corrompu mais il faut le civiliser. Le mot civilisation ne
peut être utilisé qu’au singulier car c’est un modèle. Le pluriel apparaît au 19ème siècle. (Sauf
en Angleterre où il est traduit plus tôt). Le terme voyage en ayant un contact avec le mot
culture. Ces mots seront souvent mêlés. Avec le marxisme, le mot va désigner les valeurs
matérielles d’une société, incluant son degré de technologie, son niveau de performance
économique, sa productivité. Le mot culture sera vacant sur l’expression artistique, les valeurs
culturelles d’une société, les rhétoriques. La société est donc qualifiée par ces deux termes.
Lorsque le mot civilisation prend le pluriel, 19ème siècle, la porte est ouverte à une définition
autre du modèle.
La performance existe parce qu’un savoir et un acquis ont été transmis dans un contexte
particulier. Ce sont les performances qui permettent la survie des individus dans un groupe ou
dans la société. Les esquimaux ont au moins une dizaine de mots pour désigner le blanc. Cette
détection, c’est ça une performance. Les civilisations ne peuvent être hiérarchisées car les
performances sont liées à leur contexte, à leur savoir-faire.
On n’entre pas dans le piège de la comparaison ni d’une vision de l’Europe à la racine des
maux du monde.

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Europe :

Pourquoi l’Europe s’appelle t’elle l’Europe ? Terme d’origine grecque hérité des assyriens qui
distinguaient le pays, l’espace du soleil levant et l’espace du soleil couchant. L’espace du
soleil levant c’était ASU, l’orient, l’Asie. L’espace du pays du soleil couchant c’était EREB.
Dans la lointaine antiquité, le soleil sépare le monde. Ces deux espaces n’existent qu’en
relation chacun l’un avec l’autre. EREB se définit comme tel car il y a ASU et vice versa.
Cette bipolarisation se poursuit dans le mythe fondateur, c'est-à-dire le mythe qui engage un
personnage de la mythologie qui s’appelle EUROPA. C’était une princesse qui vivait dans la
ville de TYR et la légende veut qu’elle fasse un rêve. Dans ce rêve, deux terres avaient pris la
forme chacun d’une femme, et se querellaient à son sujet. Terre d’Asie et la terre d’en face.
Les femmes qui se querellent incarnent ces terres. La femme qui incarne la terre d’Asie veut
garder Europa et la protéger, contrairement à la terre d’en face qui veut la capturer pour la
ramener à Zeus, qui est tombé amoureux d’Europa. Finalement la princesse se réveille et Zeus
revient sous la forme d’un taureau et arrive à convaincre Europa de monter sur lui. Zeus
l’emporte alors, se dévoile en lui avouant son amour. Le mythe renvoie à un rapt d’une
princesse mais le kidnappeur c’est ZEUS en personne. Le motif est la passion amoureuse.
Retour à l’antiquité dans un contexte où le christianisme domine.

Noé avait 3 fils, il attribua à chacun de ses fils un territoire. Afrique, Asie et Europe. Le fils
qui reçu l’Europe s’appelle JAPHET. Le concept d’Europe repose sur le concept de division
de l’espace. Les limites géographiques sont dictées par les limites naturelles (fleuves, chaînes
de montagne, …)

La place de la méditerranée occupe une place centrale. C’est la mer des échanges, des
interactions. C’est aussi le socle des expériences impériales. En particulier romaines. Quand
on distingue Asie et Europe, on opère cette distinction dans un certain cadre où la
méditerranée est un lien de ces distinctions. La méditerranée est le repère du monde. A la fois
lieu d’échanges, de confrontations et surtout l’ignorance et l’inconnu est partout au-delà de
ces terres de proximité. Au 2ème siècle après JC, on pensait que la Scandinavie était une île.
Les limites géographiques naturelles de l’Europe ont été posées de la manière suivante :
• A l’est : Chaîne de montagnes OURAL
• A l’ouest : Océan Atlantique ainsi que les îles. Islande, pas le Groenland, les îles
britanniques mais aussi Madère et les Açores
• Au nord : Océan glacial arctique.
• Au sud : Méditerranée

Le Caucase et la mer noire séparent l’Asie de l’Europe

Répartition des terres :

Europe : 7%
Asie : 30%
Amérique : 28%
Afrique : 20%

Entre la Crète et le pôle nord, il y a 4000 km.


Entre Lisbonne et l’Oural (en Russie), il y a 5000 km
Cela représente la longueur de l’Argentine.

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La vision de l’espace agit sur la représentation qu’on a du monde et donc agit sur la vision de
l’histoire qu’on a du monde.

Se trouver dans un espace sans fin et dépeuplé influence la vision du temps. Un espace plus
comprimé a des effets inverses. La vision que l’on a sur la durée a des influences sur les
comportements humains, sur les permanences et les accélérations de l’histoire.

Entre New York et Buenos aires il y a 8500 km


Entre Istanbul et Tokyo il y a 9000 km
Espace ouvert entouré par des mers et si l’on exclut la Russie, on n’est jamais éloigné de plus
de 700 km d’une mer lorsqu’on se trouve en Europe.

 L’Europe est un continent de marins, les mers auront une importance incroyable dans
l’histoire.

Des vents de zones polaires et de zones tropicales se rencontrent en Europe


 Climat tempéré de l’Europe.

L’Europe est petite et tempérée, elle ne connaît donc pas les déserts de sable ou de glace, les
forêts tropicales infranchissables, les montagnes infranchissables. Aucun obstacle
infranchissable à l’intérieur du continent. L’Europe est poreuse, toute forme d’obstacle est
fluide, l’Europe est un obstacle ouvert. C’est un continent favorable à l’implantation des
hommes mais aussi qui leur offre la capacité d’exploiter les ressources pas seulement pour
eux même, pour leur survie immédiate, mais en faisant des réserves, en produisant du surplus
et donc en commercialisant ce surplus.
Les fleuves européens que sont la seine, le Rhin, l’Elbe, la Volga, le Danube, sont des voies
des communications.

1. Rome : de l’unité à la décomposition.

Etre un citoyen romain fut un jour le statut le plus enviable du monde. Cet empire avait été
construit pour être éternel. Le romain ne pouvait concevoir la fin de Rome. L’historien
POLYBE pense que Rome a tracé les concours de monde, c’est la fin de l’histoire. Si Rome
s’effondre, le monde s’effondre.

Mais la situation de l’empire commence à se dégrader pour différentes raisons :

• Epidémie de peste frappe l’Europe


• L’empereur voit son statut vaciller.
• Guerres civiles, guerres internes où des légions romaines vont s’affronter au profit
d’un prétendant à la couronne impériale. Après la mort de l’empereur COMMODE en
192, les légions romaines commencent à se mettre sur la gueule.

 Redistribution de l’espace Européen. Mouvements de populations. Invasions germaniques


à partir de 3ème siècle. Vagues successives de germains au fil des siècles. Infiltrations massives
viennent ébranler la structure de l’empire. L’empire est devenu trop grand pour contenir tous
ces flots sur toutes ses frontières. Les rapports avec ces germains ne sont pas que belliqueux

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mais aussi commerciaux. Rome importait des fourrures, de l’ambre, des esclaves. Pénétration
lente. Ces invasions s’étalent dans le temps.
En 251, pour la première fois, un empereur romain est tué en combat par des germains.
L’empire essuie donc des défaites militaires sur le champ de bataille et la figure qu’est
l’empereur en est maintenant physiquement victime. Hors l’idée de Rome repose sur la force
militaire. Si Rome est devenue si puissante c’est parce qu’elle a eu la meilleure armée du
monde. Une légion romaine de 6000 hommes est une force extraordinaire où chaque homme
est surentraîné, motivé, efficace, professionnel. Mais un empereur qui meure au combat, c’est
du jamais vu. Les dévastations que les invasions provoquent. Les ruines, le pillage de
certaines villes (surtout en Gaules), mais aussi jusque dans les régions du Danube et jusqu’en
Grèce
 Climat d’insécurité. Les habitants qui vivaient sous la PAX ROMANA n’y sont plus
habitués.

Conséquence de ce climat :

- Tendance des individus à se fermer, à ériger des palissades et des murailles pour
protéger leurs exploitations agricoles.
- Ils cachent l’or et l’argent, la monnaie, qui circule beaucoup moins. Les échanges sont
dont moindres.

En 260, la Gaule se transforme en Empire Gaulois.

Rome se voit diminuée de son espace, et le repli territorial s’accompagne d’un repli sur soi,
repli monétaire. Thésaurisation. Les populations se replient. Si elles sont dans les compagnes,
elles cherchent à se placer sous la protection d’un grand propriétaire de villas ou cherchent à
se réfugier dans des villes qui se protègent en érigeant de nouvelles enceintes. Ce qui est à
l’extérieur de l’enceinte sont des faubourgs. Angoisse, peur du lendemain, perte de confiance,
défaitisme. Ce sentiment d’une perte de repères n’est pas sans importance pour comprendre
comment le christianisme va se diffuser, comment ce qu’offre le christianisme sera entendu.
Nous sommes déjà 3 siècles après la mort de Jésus mais encore dans une époque où être
chrétien dans l’empire c’est faire partie d’une minorité, d’une secte, c’est sentir l’hostilité des
autorités.

Un empereur va tenter de restructurer l’empire dans toute cette décadence. DIOCLETIEN est
un des empereurs qui a reçu le pouvoir de ses soldats. Il prend le pouvoir en 284 et il va
progressivement mettre en place une nouvelle organisation de l’empire. Il sait qu’il faut
trouver des formules nouvelles pour restaurer l’empire. Il faut trouver une parade à la
désagrégation de cet empire. Cela passe par une interrogation sur son propre rôle, sur sa
fonction, ce qui est très difficile pour un souverain qui comme tout le monde a tendance à
penser que les problèmes viennent des autres. Alors il va faire une sorte de réforme au
sommet en assignant au pouvoir un deuxième empereur et en prévoyant déjà officiellement sa
succession mais aussi la succession du deuxième empereur.

Innovations de l’empereur :

- Système Tétrarchique, un gouvernement à 4. Système associé à une théologie du


pouvoir. DIOCLETIEN est le représentant de Jupiter tandis que son associé est le
représentant d’Hercule.

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- Administration de l’empire. Rétablir la paix à l’intérieur des provinces et réorganiser
ensuite le système provincial. Une province trop grande, elle est difficilement
gouvernable et si elle est trop petite, il y aura trop de provinces et donc cela sera aussi
difficilement gouvernable. Dans un département il faut pouvoir rejoindre le chef lieu
en une journée de cheval. Cela va définir les contours du département. DIOCLETIEN
veut trouver une formule intermédiaire qui regroupe plusieurs provinces. C’est le
diocèse (=ensemble de provinces administré par un vicaire). DIOCLETIEN n’aime
pas les chrétiens et pourtant ces structures administratives non chrétiennes seront
utilisées comme socles lorsque le christianisme se répandra en Europe.

Il organise des persécutions des chrétiens. Il a le sentiment que cette secte mine les
institutions romaines. Si cette persécution est menée c’est que cette chrétienté progresse. Il
utilise la force pour empêcher ce qu’il considère être une des sources du déclin de Rome. Le
système de DIOCLETIEN va résister jusqu’à ce que lui disparaisse car les césars de
DIOCLETIEN vont se disputer. L’un d’eux s’appelle CONSTANTIN. Lors d’une bataille en
312, il va affronter son rival, MAXENCE, l’autre césar, qu’il va battre. C’est au cours de cette
bataille que CONSTANTIN aurait eu la vision de sa victoire. Vision avancée par deux
symboles chrétiens, les deux initiales du nom du christ. Il ne peut plus persécuter les chrétiens
comme ses prédécesseurs. Il va protéger les chrétiens et va leur donner un rôle fondamental
dans l’empire en faisant en sorte que le christianisme devienne la religion officielle de
l’empire romain. Les chrétiens passent de persécutés à leaders religieux de Rome grâce à
CONSTANTIN. Les chrétiens proposent un message initié par un homme qui revendique être
le fils d’un Dieu d’amour. Il parle de fraternité, d’amour entre les hommes. CONSTANTIN
veut devenir chrétien. Il pourrait ainsi garder un œil sur les chrétiens car il serait à la fois
empereur et à la fois chrétien. Il cherche ainsi à prolonger le lien qui existait entre le pouvoir
de l’empereur et les dieux. Le lien qui existait entre DYOCLETIEN et Jupiter. En devenant
chrétien et en faisant du christianisme la religion officielle, il s’efforce de conserver un
caractère sacré dans la continuité de sa fonction. C’est pour cela que sa conversion est
importante. Il se fait appeler l’évêque du dehors. Un évêque par définition est dedans, et lui
est dehors. C’est un moment clé pour comprendre l’évolution de l’occident. Cette rencontre
qu’incarne CONSTANTIN entre la fonction impériale et la religion chrétienne. Cela va
influencer 1500 ans d’histoire.

Début du 4ème siècle : L’unité des chrétiens est déjà chancelante car le christianisme a une
crise de croissance. Il a atteint un niveau de présence comme jamais, mais il n’a pas encore
complètement assuré sa doctrine, sa théologie. Plus il y aura des chrétiens, plus il y aura
d’interprétations du christianisme. Querelles sur le dogme. Pratique du concile (=réunion
d’évêques, de pères de l’église, pour tenter d’établir un programme, de se mettre d’accord sur
le dogme) Concile en 313, Concile du LATRAN où CONSTANTIN va intervenir. En 314,
Concile à ARLES. CONSTANTIN va y prendre des décisions en ce qui concerne l’attitude à
adopter face à un courrant chrétien et aussi face à une hérésie qui s’appelle l’arianisme, en
condamnant l’arianisme. L’arianisme remet en question les relations entre dieu et le christ,
mettant le christ en position d’infériorité par rapport à Dieu. CONSTANTIN combat
l’arianisme et plaide pour le principe d’un christ consubstantiel au Père. Condamnation de
l’arianisme par la doctrine officielle. L’empereur est le représentant de Dieu sur terre, idée qui
convient à CONSTANTIN. Plus le lien entre les empereurs et Dieu sera fort, et moins son
pouvoir sera contestable et contesté. Une doctrine qui associe à ce point le christ à Dieu est un
atour pour un empereur et est préférable à une doctrine qui met une distance entre Dieu et le
christ. Relation entre le pouvoir temporel (celui des empereurs) et le pouvoir spirituel (celui
de la religion). CONSTANTIN est confronté à la poursuite des migrations, à la rupture de

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l’empire et au déplacement de populations. En 332, CONSTANTIN passe un accord avec des
barbares, avec les Visigoths. Il reconnaît une autre autorité sur son territoire et en échange ils
vont lui fournir des soldats et d’autre part ils vont accepter d’être évangélisés par un prêtre
(ULFILA). Le pouvoir romain accepte les germains qui s’installent dans l’empire et qui
exercent une autorité là où ils sont. Ils acceptent aussi une armée métissée. Ces accords font
aussi partie de la stratégie du christianisme sur le continent. CONSTANTIN se retrouve face
au meme problème que DYOCLETIEN (qui avait choisi le diocèse). CONSTANTIN va
concevoir trois grandes circonscriptions territoriales, trois grandes préfectures dirigées par un
préfet de l’empire.

• Préfecture des gaules (ouest) regroupe la gaule, les germanies, la Bretagne et la


péninsule ibérique (Espagne et Portugal actuel).
• Italie Illyrie couvrait l’ex Yougoslavie et l’Autriche d’aujourd’hui. Cette préfecture
gouverne également les territoires africains d’Europe
• Secteur du Danube et la Thrace (Grèce et une partie de la Turquie actuelle).
Préfecture d’orient

En 324, CONSTANTIN décide de fonder une nouvelle capitale, une nouvelle Rome.
Duplicata de Rome, ne veut pas remplacer Rome. Rome ne suffit plus pour impulser le centre
de l’empire. Architecture, urbanisme et monuments de Rome sont copiés pour construire la
nouvelle capitale. Des basiliques y sont construites (notamment la basilique de St Sophie).
Cette deuxième Rome est érigée à Byzance (Constantinople) = Istanbul aujourd’hui.

A partir de 352, reprise d’offensives et d’invasions germaniques nouvelles contre le territoire


romain avec deux peuples (les alamans et les francs) qui envahissent les régions du Rhin et du
Danube. Ces peuples germaniques subissent des pressions des huns (avec Attila, peuple
asiatique)

En 378, bataille d’andrinople, défaite militaire romaine, confirme le malaise de l’armée et


mène des divisions au sein de cette armée avec un pas franchi lorsque un empereur est mis au
pouvoir par ses soldats mais cet empereur MAGNENCE, c’est un franc, ce n’est même plus
un romain. L’armée est malade et les querelles religieuses entre chrétiens ne sont pas éteintes.
L’aryanisme continue de se répandre en Europe malgré sa condamnation définitive. Se répand
en particulier dans les populations germaniques. L’instabilité perdure. Conséquences
sociologiques sur les habitants de l’empire. Lorsqu’un pouvoir central s’affaiblit, les pouvoirs
locaux s’accroissent, les micro pouvoir se créent. Ce sont des aristocraties urbaines, dans les
villes ou dans les campagnes. Des nobles, des chefs de guerre vont renforcer leur pouvoir
local. Dans les campagnes, de grandes villas (fermes, exploitations agricoles). Ces domaines
ruraux vont avoir tendance à fonctionner en autarcie. Phénomène de repli sur soi qui est aussi
un repli économique. Le statut des artisans et des paysans va se durcir car ces artisans des
villes et ces paysans des campagnes vont être dans une situation de dépendance par rapport à
ces pouvoirs locaux, et vont devoir s’en remettre à ces pouvoirs locaux. Les paysans seront
amenés à ne plus pouvoir quitter le domaine où ils sont installés. Les artisans qui vont divisés
en métiers vont voir leur condition se durcir avec pour conséquence le fait d’être attachés à
leur condition sociale sans pouvoir en changer. Les distinctions entre les nobles et les paysans
vont s’accentuer par les distinctions de fortune, distinctions entre riches et pauvres. D’une
part, les humiliores, les humbles, les pauvres, et d’autre part les puissants, les honestiores. Le
paysage des villes change car de manière généralisée ou en voie de généralisation, les villes se
donnent des enceintes, des murailles pour se protéger. On peut mesurer l’histoire des villes à

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travers les murailles qui s’accroissent puis ne suffisent plus, construction d’une nouvelle
muraille. Agrandissement de la ville. Ce sont des marques d’évolution.
Passage de la société antique à la société médiévale. Cette évolution se fait sans révolution,
sans cassure. Cette révolution illustre les besoins des individus en particulier elle constitue des
réponses à la désintégration de l’empire. L’empire connaît une nouvelle étape dans sa
désintégration, étape majeure, qui est sans doute le point de non-retour, la fin.
En 395, à la mort de THEODOSE (empereur), il laisse la place à la division de l’empire en
deux.

• Empire romain d’orient (Constantinople comme capitale) dirigé par ARCADIUS


• Empire romain d’occident dirigé par HONORIUS

Constantinople va voler de ses propres ailes, alors que Rome va continuer à connaître les
offensives germaniques jusqu’à ce que les germains pénètrent en Italie, jusqu’à ce que
l’essentiel de cet empire romain d’occident tombe entre les mains des chefs barbares et
jusqu’à ce que les germains, conduits par ALARIC font le sac de Rome en 410. St augustin,
évêque et père de l’église, grand penseur de l’histoire occidentale, va tirer les conséquences
de ce sac de Rome dont il mesure la radicalité. St Augustin combat sur 2 fronts intellectuels :

- En réagissant à un renouveau païen (non chrétien). Depuis que le christianisme est


toléré, la décadence de l’empire est toujours plus profonde. Les responsables de la
chute de Rome sont les chrétiens. Avec OROSE, il va produire une histoire pour
illustrer qu’avant le christianisme, des empires se sont effondrés. Donc, si l’empire
chrétien s’effondre, ce n’est pas à cause des chrétiens. Au fond, le sens de l’histoire
indiqué par dieu n’a pas été respecté. Notion de Providentialisme refait surface. Il
instrumentalise le passé pour confirmer le providentialisme.

- St Augustin ne pouvait être que ravi du lien noué entre l’empire et le christianisme. Il
ne pouvait que saluer l’œuvre de CONSTANTIN. Dans sa vision du passé, cette
convergence entre le destin de Rome et le destin du christianisme, marquait une fin de
l’histoire, un aboutissement, une cohérence divine. Le plus bel empire avec la plus
belle des religions. Le destin de l’empire et du christianisme était lié désormais. Si
l’empire romain est fragile et éphémère, le christianisme qui lui est associé sera-t-il
fragile et éphémère aussi ? Ne faut-il pas dégager le christianisme de l’histoire ? Il faut
que le christianisme s’épanouisse au dessus des pertes et fracas des empires des
hommes. Il va développer une théologie du pouvoir où le rôle central est donné au
pape qui lui est le véritable garant de la propension du christianisme. C’est lui qui
conduira le peuple de Dieu, au dessus de la chute des empires. Pour arriver à ce
résultat, il faut forcément des pouvoirs étendus attribués au pape. Il ne lui faut pas
seulement des pouvoirs spirituels, il lui faut des pouvoirs temporels sur la chrétienté.
Le pape doit être supérieur aux empereurs. Les empereurs obtiennent la légitimité de
leur pouvoir dans les mains du pape. Les empereurs sont confirmés dans leur rôle par
le pape. C’est le pape qui sacre les empereurs. Cette philosophie politique est
L’augustinisme médiéval.

En occident, les contacts avec les barbares sont devenus inévitables et constitutifs du
nouvel occident.

2. Brassage de peuples (500-1000)

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L’Europe poreuse, ouverte, continue de subir les invasions pendant ces 5 siècles.
JUSTINIEN et CHARLEMAGNE n’arriveront pas à empêcher l’existence de deux
Europe (une occidentale de culture latine et de forte présence germanique et une Europe
orientale de culture grecque et de forte présence slave). Les tentatives d’unité impériale
vont échouer. Les grandes migrations continuent et jouent un rôle capital dans la
formation de l’Europe. Absence de sources écrites de cette époque. Nous avons presque
uniquement des témoignages d’envahis que d’envahisseurs. C’est relativement obscur, ce
qui rend la mise en lumière des causes de ces grandes migrations très difficile. Causes
possibles :

- Ces peuples se seraient mis en marche en quête de richesses.


- L’appel de terres libres situées dans des environnements favorables.
- Peuples arrivant poussés par d’autres peuples.

Ces mouvements migratoires ne sont pas tous de même nature. Les germains sont semi
nomades. Les cavaliers venant des steppes font des raids. Les lents déplacements de paysans
slaves. Ces mouvements ne sont pas de même nature et ne s’opèrent pas simultanément. Ils
s’étalent sur une longue durée. Du coup, on distingue trois cycles dans les grandes migrations,
distincts dans le temps

- Cycle des germains


- Cycle des slaves et des arabes.
- Cycle des vikings et de hongrois

1. Cycle des germains : Poussée germanique se prolonge. L’Europe de l’ouest


connaît une germanisation et même la Grande Bretagne avec ses îles est
conquise. Les peuples s’installent et impriment leurs marques dans les
territoires qu’ils occupent. Ex : Les angles et les saxons en Grande Bretagne,
les lombards en Italie, les francs en Gaule, les saxons les frisons et les bavarois
à l’est du Rhin, les avars dans le bassin du Danube. Ces peuples migratoires
vont ensemencer les terres nationales dans lesquelles ils s’installent. Ils vont
assurer la transition entre une homogénéité impériale et la grande diversité des
destins nationaux en Europe.
2. Au 7ème siècle, massive progression des peuples slaves. Au N-E, à travers la
taïga, vers le bassin de la Volga. Ils s’étendent aussi en direction de la mer
baltique, vers fleuve Elbe, vers la Bohème, les Balkans. L’islam se développe
et les musulmans entreprennent la conquête de territoires. C’est le premier
choc entre deux monothéismes avec comme premier cadre de fond la
méditerranée. L’empire de Byzance est amputé d’une série de provinces par les
musulmans qui n’arrivent pas encore à conquérir Constantinople qui résiste. Ils
s’emparent au début du 8ème siècle d’une partie de l’Espagne, remonte vers le
nord jusqu’en Gaule où ils sont arrêtés par les francs à la bataille de Poitiers en
732. Cette bataille va conférer aux francs la capacité militaire d’arrêter les
musulmans. Au 9ème et 10ème siècle, les expéditions musulmanes continuent. La
Sicile est conquise par les musulmans au 9ème siècle.
3. Les vikings viennent de Scandinavie et opèrent des opérations de piraterie de
grande ampleur, avec des dizaines de bateaux qui remontent les fleuves et
pénètrent dans les terres. De la Volga jusqu’à l’atlantique, et même en
méditerranée. Ce sont de fabuleux marins sur des fabuleux bateaux, les

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drakkars. Etablissements vikings sur la côte est de l’Amérique du nord, bien
avant Christophe Colomb. Ce sont aussi parfois des mercenaires au service de
… en Angleterre et en Normandie. Au 10ème siècle, les hongrois s’installent en
Europe et cela marque la fin des grandes migrations.

Nouvelles entités politiques locales qui ont pour racine la tribu ou le peuple qui s’est installé.
Une tribu est un ensemble de guerriers libres groupés autour d’une famille. C’est le chef de
cette famille qui incarne les valeurs du groupe. Ces entités sont éphémères, aléatoires,
changeantes, en fonction des recompositions de clan et de familles. Ce qui signifie que les
chefs recherchent, outre que leur pouvoir soit personnel, qu’ils deviennent héréditaires et
transmissible pour que le pouvoir reste dans la même famille. La réponse à l’instabilité de ces
entités politique et la quête du pouvoir héréditaire. En règle générale, pouvoir conquis par le
plus fort à un moment donné. Ce qui se produit à l’échelle des tribus, se produit à l’échelle
des peuples. Le roi doit se déplacer en permanence pour se montrer à ses sujets, sinon il
n’existe pas. Nous sommes loin du temps où le seul nom de l’empereur sur un parchemin
suffisait à ce qu’on lui obéisse sans jamais l’avoir vu et sans jamais le voir de toute sa vie. Il
pouvait gouverner sans rencontrer ses sujets. Maintenant, il est impossible qu’une autorité
existe dans se manifester. La nature de l’autorité a profondément changé. Les souverains,
même dans les siècles qui suivent, vont devoir compter sur cette image du roi. Impulsion qui
consiste à exister par sa présence, lorsqu’on est un souverain. Le chef est l’incarnation du
pouvoir. Tout ce qui est incarné est soumis aux aléas du vivant et aux incertitudes du vivant.
Une autorité qui n’est pas soumise aux aléas du vivant est très sécurisante, c’est l’autorité de
la religion et du christianisme qui par ailleurs offre consolation, apporte du baume sur les
craintes, les peurs de cette période incertaine.

2 peuples vont émerger dans les 6ème et 7ème siècle. Les francs en Gaules et les lombards en
Italie.

Le 6ème siècle est celui de l’ascension des francs. CLOVIS


Les francs vont s’étendre au-delà du Rhin. Le centre politique de l’occident va se réorienter
vers le nord entre la Seine et le Rhin. Ce sera le cœur du royaume franc, ce sera le berceau de
la dynastie de Charlemagne (Dynastie carolingienne) La poussée germanique se stabilise en
occident. Occident coupé de Constantinople et de la méditerranée orientale par la progression
des slaves et des arabes. Cet empire de Charlemagne se constitue dans un creuset qui est
germanique chrétien et ex romain. Charles Martel arrête les arabes à Poitiers, c’est de là que
démarre la dynastie de Charlemagne, au détriment des mérovingiens. Pépin le bref (père de
Charlemagne). Berthe au grand pied est la mère de Charlemagne. Il vécu entre 768 et 814.
Charlemagne succède à un père qui a noué une alliance avec un acteur clé : le pape. Ils
veulent devenir les défenseurs de la chrétienté. Les carolingiens ont compris que les liens
noués entre eux et le pape, c’était maintenir le lien entre pouvoir temporel et spirituel et que
cette relation en Europe était indispensable à une conception impériale de l’autorité sur le
continent. Charlemagne va conforter l’alliance. Il va s’emparer du royaume des Lombart en
Italie qui menaçait le pape. Il peut légitimement reprendre le rêve des empereurs romain et de
l’unité impériale. Il établit sa capitale à Aix la chapelle. Il se fait sacrer empereur par le pape
en l’an 800 à Rome, le 25 décembre. Il pose son empire comme un héritage romain.
Rénovatio imperii (= un empire rénové) Renaissance carolingienne. Elle va se traduire par un
immense effort de législation et d’organisation de l’empire dans les institutions. La logique
impériale veut qu’il y ait un centre puissant d’où émane le pouvoir qui irradie dans la
périphérie de l’empire. La féodalité est déjà une réalité, l’empire est morcelé. Les micro
pouvoirs se sont imposés. Charlemagne doit trouver une formule pour dépasser ce stade

31
politique et renouer avec la notion d’état. Sa formule est militaire et combative, ainsi que
politique en utilisant des ‘’fonctionnaires impériaux’’ qui sont chargés de faire appliquer sa
législation dans l’empire. Les obstacles sont aussi économiques et sociaux, vu que la société
est devenue autarcique. Economie circonscrite et limitée à des petits ensembles. Il doit
s’efforcer de briser ce cloisonnement économique et de multiplier les échanges commerciaux.
La monnaie d’or s’est raréfiée. Effort d’ordre religieux et d’un fort soutien à la
christianisation de son empire, par une Eglise qui fournit des cadres évêques abbés moines
tout à fait impliqués dans l’aventure de Charlemagne et notamment dans la rénovation
culturelle où l’antiquité, où le souvenir est présent. Tentative de restauration d’une langue
latine commune à l’empire. Normalisation de l’écriture de cette langue. ALCUIN (membre de
l’entourage de Charlemagne, un érudit qui a participé à cette rénovation culturelle). Le fils de
charlemagne, Louis le pieu, va s’efforcer de maintenir l’unité impériale mais à sa mort en
840, des dissensions rendent impossibles cette unité impériale. Le partage de Verdun en 843
où les héritiers carolingiens partagent en 3 parties l’empire de charlemagne.

• Francie occidentale qui est dans ses contours, le futur royaume de France.
• Francie orientale qui est le futur royaume de Germanie.
• Lotharingie. Partie centrale entre les deux, de l’embouchure du Rhin à l’Italie.

La signification de ce partage c’est que l’idée d’unité impériale se décompose et que les
aristocraties locales, féodales, retrouvent leur mode de gouvernement, leur influence et leur
pouvoir sur l’Europe. La puissance publique, restaurée par Charlemagne, est de nouveau mise
à mal par la réalité féodale. Au 9ème et 10ème siècle, l’occident retourne à son émiettement.
Il reste quelque chose de Charlemagne : le rêve d’un empire chrétien. Le rêve de cet empire
concerne son axe politique, un axe qui relie Aix la chapelle à Rome.

Entre le 5ème et 10ème siècle, il y a une autre tentative d’unification impériale mais qui est
orientale et non occidentale. Constantinople continue à incarner l’empire romain, continue à
endosser ce rôle d’empire romain. Un des empereurs (JUSTINIEN) va chercher à restaurer
cette unité impériale romaine avec comme socle la méditerranée. Constantinople devenant le
pôle d’attraction de cet empire. Pour que la méditerranée soit le socle, il faut que les échanges
soient facilités par une autorité, par la restauration d’une monnaie et que les liaisons entre les
villes de la méditerranée soient régulières et sures. Justinien va entamer une reconquête au
6ème siècle pour restaurer une unité impériale dans l’Europe orientale. (Expéditions militaires
en Afrique, en Italie, pour que la méditerranée soit un lac romain comme autrefois.) Il veut
étendre ses lois à un grand ensemble, il veut renforcer le christianisme à Constantinople
(centre de diffusion du christianisme), il relancer la monnaie grâce au nomisma qui sera un
peu le dollar du M-A. Lui aussi rêve d’un état impérial chrétien en romain. Dès la fin du 6ème
siècle, l’œuvre de JUSTINIEN sera arrêtée par l’invasion slave des Balkans. Cette poussée
slave va conduire ces peuples à se sédentariser, à s’installer massivement dans la péninsule
balkanique et constituer une barrière difficile à franchir entre l’est et l’ouest de l’Europe et
contribuer à séparer un orient de culture grecque et un occident de culture latine. Les flux
entre l’orient et l’occident vont se tarir. Le christianisme va connaître des formes d’évolution
différentes ainsi que des compétitions entre ces formes.

3. L’Europe en voie de christianisation

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La papauté à Rome et Constantinople offre deux modèles de christianisme. Cette ère de
diffusion concerne l’empire romain. C’est un phénomène lent qui s’étale sur plusieurs siècles
et qui n’est pas homogène. La rencontre du christianisme avec l’Europe c’est aussi la
rencontre d’une culture avec une autre. La christianisation a d’abord concerné les villes et
puis les campagnes. Elle s’est réalisée en même temps que l’islam. Il y a des frictions et des
conflits. Ce phénomène sera victorieux vu que vers l’an 1000 l’Europe est en majorité
composée d’états chrétiens.

Structures de la christianisation.

A la fin du 5ème siècle, les structures de l’Eglise se modèlent sur celles de l’empire romain. Le
diocèse devenant le siège d’un évêque qui rassemble autour de sa chaire (la cathedra) à la fois
un clergé et les fidèles. L’évêque est un personnage clé de ce système, c’est le rouage du pape
sur le terrain. Ce sont eux qui participent aux conciles et qui constituent le fer de lance de
cette Eglise. Les diocèses se regroupent en des ensembles qui constituent des archevêchés. Le
prêtre transmet l’enseignement. Le missionnaire est le prêtre qui va vers les zones non
christianisées. Le sort tragique des missionnaires va constituer le canevas des martyrs de la
foi. Dans les campagnes vont fleurir des églises rurales qui vont devenir de véritables centres
communautaires marquant la vie quotidienne des populations et dont la visibilité va
imprégner le paysage. Le tintement des cloches qui rythment les journées sont des repères qui
tracent un réseau, des liens dans ce réseau et qui marquent d’une identité commune des lieux
et des hommes séparés et distincts. Cela crée une familiarité qui rassure.

Les monastères appliquent le principe d’une vie en communauté vouée à la prière, au travail,
à la pénitence. Ce sont aussi des lieux d’économie et des repères pour les populations. Ils
constituent des havres de paix. Ils montrent aux gens que la paix est possible dans la
fraternité. Ils sont des exemples dans un monde incertain. Ce sont aussi des foyers de
conservation de la culture et de transmission du savoir par le rôle des copistes et des
bibliothèques. Les monastères se développant, ils auront tendance à créer des réseaux, à
s’unifier en adoptant de grandes règles communes qui seront à l’origine des ordres
monastiques (ex : les règles de Saint Benoît). La structure chrétienne est comparable à un
quadrillage qui concerne à la fois les villes et les campagnes. Ce réseau est hiérarchisé. Il
s’inspire des structures romaines et il offre un cadre et des repères à la fois dans les paysages
et dans les imaginaires de nature à propager dans des civilisations disparates un sentiment
commun d’appartenance. Cette identité chrétienne est celle qui va toucher à l’intimité du
fidèle. Elle est la promesse d’une vie meilleure, d’une rédemption, d’une vie après la mort.

Culture de livre, de l’interprétation du livre. L’acte d’interpréter va façonner les cultures.


Quand il y a interprétation, il peut y avoir conflit d’interprétation. Pour arriver à une doctrine
partagée, les chrétien auront recourt à des grands conciles qui rassemblent des pères qui sont
chargés d’établir cette doctrine, de décider ce qui est à retenir et à écarter dans les textes qui
composent la galaxie chrétienne. Il faut décider des versions, opter pour des évangiles. Les
pères de l’Eglise sont des théologiens mais aussi des historiens du christianisme. Au sein de
ses conciles et en dehors, la fixation de la doctrine sera source de conflits, d’affrontements, et
des hérésies. Dès l’origine, l’homogénéité doctrinale du christianisme a été remise une
question même si au terme de tâtonnements et d’efforts, une bible, des règles, a été validée
par l’autorité suprême qui est le pape (pour les chrétiens d’occident. A Constantinople, compte
tenu de la séparation croissante, c’est une autre autorité et une autre liturgie qui se mettra en
place. Liturgie latine pour les uns et grecque pour les autres. La séparation en deux langues
est déjà une séparation. Les formes de la piété seront différentes, avec une piété byzantine qui

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fait place au culte des images, au culte de la vierge et avec une piété byzantine om le rôle des
moines est plus fort qu’en occident. Les différences des chrétientés sont les plus marquées,
c’est sur la conception des rapports, des relations entre l’Eglise et l’état. Entre le pouvoir
spirituel et le pouvoir temporel. En occident, le débat est plus profond en ce qui concerne la
situation du pouvoir spirituel par rapport au pouvoir temporel. Cette différence de conceptions
est accentuée par la rivalité croissante entre le pape de Rome et le patriarche de
Constantinople. Le pape de Rome se revendique comme successeur de Saint Pierre. Le
patriarche de Constantinople, fortifié par l’idée impériale, par l’héritage romain, se
considérant comme le défenseur et le promoteur de se christianisme qui doit faire face à
l’invasion musulmane. Le patriarche considère qu’il est le rempart, le vrai défenseur du
christianisme. Il y a une concurrence qui va se traduire sur le terrain par la recherche de zones
d’influences par des concurrences dans la diffusion même du christianisme sur le terrain. Le
message diffusé passe par un effet de séduction produit par le récit même du christ et par son
exemplarité, son destin auquel peut s’identifier le commun des mortels. Cette religion
chrétienne est en prise avec la banalité du réel. (Ex : il n’y a pas plus commun que les
apôtres). L’incroyable destin d’une religion du commun.

Les méthodes de l’évangélisation :

Ce sont les parcours individuels et à coté de ces parcours il y a l’implantation de ces cellules
chrétiennes dans le monde païen. Obtenir la conversion d’un chef entraîne celle de tout son
clan ou de tout son peuple. Convertir un chef peut se faire par la diplomatie, par la force (ex :
charlemagne qui a converti par la guerre les saxon). La conversion se fait aussi par la culture
et par la langue. Les traductions des textes sacrés dans les langues locales obligent parfois à
créer une langue écrite qui ne l’était pas. (Ex : ULFILA qui traduit en langues germaniques et
transcrire en caractère une bible gothique, cela contribue à faire naître une langue). Les papes
veilleront à ce que l’utilisation du latin soit maintenue dans les textes sacrés. C’est aussi par la
langue que des moines grecs vont inventer un alphabet capable de rendre les sons de la langue
slaves pour convertir les slaves. Cela donnera naissance à l’alphabet cyrillique.
Christianisation lente avec avancées et reculs et en cohabitation avec les cultes païens au point
que des transferts s’opéraient des cultes païens vers les cultes chrétiens. En particulier dans les
dates des fêtes religieuses. Les phases de la christianisation peuvent se diviser par étapes.
L’Eglise byzantine mène l’évangélisation des slaves. Au 9ème siècle, cette évangélisation met
les russes et les byzantins en contact. Cela se matérialise par des alliances politiques, des
traités de commerce. L’espace russe, l’espace slave subit l’influence de l’Eglise byzantine.

Evangélisation latine :

1ère étape les îles britanniques. L’Irlande comme point de départ. Ils passent en Scandinavie.
Canterbury sera le siège de l’Eglise britannique, l’archevêché de Canterbury.

2ème étape la Germanie : région du Rhin, la hollande, le développement de monastères à


proximité des fleuves.

3ème étape à l’approche de l’an 1000 concerne les germains chrétiens qui prennent le relais
pour évangéliser les peuples voisins et assurer l’évangélisation des peuples scandinaves. La
Pologne, la Hongrie sont évangélisés. Ce sont des zones voisines des espaces d’influences
byzantins. L’expansion de la chrétienté latine rencontre l’expansion de la chrétienté grecque.
Ce n’est pas une rivalité, ce n’est pas une guerre de religion mais il s’agit tout de même d’une
concurrence d’influence.

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L’Europe dans son ensemble est familiarisée avec le christianisme. Les dynastes ont opté pour
le christianisme. C’est donc un succès. Il y aura une tension entre le pouvoir temporel et le
pouvoir spirituel au point qu’il y aura rupture entre ces deux pouvoirs.

Aux alentours de l’an 1000 renaît l’idée impériale. L’axe Aix la chapelle rome. OTTON 1er
(roi de Germanie) renoue avec l’idée impériale. Il s’empare du royaume d’Italie et reçoit la
couronne impériale à Rome en 962. Il reprend le flambeau de Charlemagne et il fonde au
profit de sa dynastie un ensemble : le saint empire romain germanique. C’est une institution
dont la longévité sera exceptionnelle puisque c’est Napoléon au début du 19ème siècle qui
détruira le saint empire romain germanique. A l’aube du 19ème siècle, il était devenu une
mosaïque d’états ingouvernables (plus de 350). OTTON 3, le petit fils de OTTON, et le pape
sylvestre 2 vont incarner cette alliance entre le pouvoir spirituel et temporel, qui est au fond le
vieux rêve romain au moment où la religion chrétienne était devenue religion de l’état romain.
Composition de l’empire romain germanique :

• Le royaume de Germanie issu de la Francie orientale


• Royaume d’Italie limitée au sud par la partie de l’Italie qui appartient au pape.
• Partie de l’ancienne Lotharingie que les rois de Germanie ont fini par attirer dans leur
zone d’influence.

Meuse et Rhône à l’ouest, Elbe à l’est. Mer du nord jusqu'à la toscane au sud.

Les évêques sont les maillons forts du clergé.

Hongrie, Pologne, conservent leur indépendance politique et religieuse.


La Sicile est aux mains des musulmans. Le royaume anglo-saxon est étranger à cette
expérience du Saint empire. Les scandinaves non plus ne sont dans le saint empire. La Francie
occidentale ne reconnaît pas non plus la souveraineté de l’empereur. Elle voit s’établir à sa
tête une nouvelle dynastie à partir de 987, les capétiens.

L’empire byzantin, aux portes de l’an 1000, semble avoir atteint le sommet de sa puissance
militaire. L’empereur à Constantinople est le représentant de Dieu sur terre et Constantinople
est un carrefour d’échanges entre l’orient et l’occident.
Dès la seconde moitié du 11ème siècle, les menaces se précisent contre cet empire. Menaces
des aristocraties contre l’empereur, affaiblissement de l’armée de Byzance, dévaluation de la
monnaie de Byzance en même temps que son empire commercial est mis en concurrence avec
les italiens. Les byzantins subissent de plus en plus rudement les assauts des turcs. Les
relations entre la chrétienté d’orient et celle d’occident ne s’arrangent pas. En 1054, Schisme
entre église catholique romaine et l’église orthodoxe greco-slave derrière le patriarche de
constantinople. C’est la traduction d’une réalité sur le terrain. Ces deux formes sont désormais
en compétition car l’une et l’autre affirment leur prétention à incarner l’Eglise universelle.

4. Europe féodale
Système féodal traversé par un phénomène de croissance et d’expansion qui est au fond la
conséquence de la première grande révolution européenne, la révolution agricole. Entre 1000
et 1300, c’est la fin d’une Europe close, il y a des croisades. L’Europe passe à l’offensive.
Période où les prémisses de cet essor de l’Europe sont permis car d’une certaine manière le

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flux des migrations se tari. Après des siècles de vagues migratoires, l’Europe est à l’abri grâce
à des états chrétiens (Russie, Pologne et Hongrie) qui sont comme des ceintures de protection.

La féodalité caractérise un certain système social et politique qui fonctionne d’une certaine
manière. Il est adapté à cette Europe et micro pouvoirs, de pouvoirs locaux, cette Europe
héritée des seigneurs de guerre, cette Europe des aristocraties que les empereurs ont tjrs eu du
mal à contrôler. La notion d’état central est faible. Caractéristique de l’état centralisé : non
incarnation du pouvoir. A contrario, le pouvoir des aristocraties implique une proximité du
pouvoir et de relations qui reposent essentiellement sur des rapports de force entre les
individus qui sont cadrés conditionnés par le rituel du pouvoir. La clé du système féodal est la
terre. Les domaines, les fiefs (Feodum en latin) est le socle de ce système féodal. La terre est
source de richesse et de pouvoir et donne une certaine image au pouvoir. C’est un bien qui
peut faire l’objet de transactions entre chefs, entre seigneurs. Certains seigneurs sont plus
puissants que d’autre. Il s’établit une relation entre suzerain et vassal. LE suzerain ayant une
autorité sur le vassal. Le suzerain octroie un fief au vassal en échange de la promesse de
service et de fidélité au vassal. Il lui promet alliance. Le lien féodal est matérialisé par la
promesse et une cérémonie (l’hommage). Les rituels sont importants pour conférer à cette
promesse de fidélité un caractère aussi fort qu’un contrat qui serait écrit et signé. C’est une
société de l’oralité. Le parjure est un crime impardonnable.

Origines lointaines de la féodalité. Pratique guerrière, la notion de tribu, de chef de famille, de


transmission du pouvoir par le sang, sont des héritages de la féodalité. La féodalité c’est la
privatisation du pouvoir et le partage de la terre. Le fief étant la source du pouvoir. Fief sur
lequel le château fort en pierre symbolise l’importance du seigneur.

Le seigneur est un chef de guerre ainsi qu’un grand propriétaire qui gère les paysans sur son
fief. Les paysans peuvent avoir des statuts juridiques variés, de l’esclave à l’homme libre qui
possède éventuellement un cheval. Relations entre seigneurs et paysans. Les tenures sont des
portions de terres concédées aux paysans qui lui permettent de subvenir à ses besoins et à
ceux de sa famille. En échange le paysan doit fournir des prestations pour le seigneur,
prestations en argent, prestations en nature ou alors prestation en travail, en corvée (charges
manuelles dans le château par exemple). En échange, le châtelain promet aide et protection à
ses paysans quitte à les accueillir dans son château en cas de danger. Cela inclut une capacité
juridique qu’il exerce sur son fief. Cela permet de maintenir le serf qui ne peut quitter son
seigneur. Cela traduit l’accaparement des pouvoirs publics dans les mains du seigneur.
L’ensemble de ses pouvoirs est le ban. Droits banaux désignent ce qui permet au seigneur de
constituer ses revenus, de constituer l’assise économique de son pouvoir. Les seigneurs entre
eux ont des relations de suzerain à vassal. Société d’ordre, c'est-à-dire une société divisée de
manière pyramidale, très hiérarchique, en trois ordres. La pyramide est la vision de la
cohérence de la société, une vision de la société qui est validée et légitimée par dieu car dans
le monde, chacun occupe une place voulue par dieu. Cette société d’ordres ne peut être
qu’immuable car si les rapports sociaux changeaient, ce serait altérer l’ordre voulu par dieu.
Cela a conféré une très grande force à la féodalité. La société est divisée en trois fonctions. Il
n’est pas envisageable de changer de fonction. Cela s’impose comme une évidence, c’est la
normalité. C’est une société qui ignore la mobilité sociale car dès sa naissance la place de
l’individu est fixée, mais en plus cette place est vécue comme étant la signature du destin
voulu par dieu. Les 3 activités majeures ; prier, combattre, travailler.

PRIER : Pointe de la pyramide. Les clercs, les moines, sont au sommet de la société car leur
rôle est essentiel. Ils assurent le salut des chrétiens. Ils assurent le comportement des hommes

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sur terres pour qu’ils accèdent à la vraie vie. En effet, la vie terrestre est un couloir, une
transition pour monter au ciel. La vie dans l’au delà est la vrai vie. Le clergé est là pour faire
en sorte que les fidèles trouvent le bon chemin pour accéder à la vie éternelle. Dans cette
période de 11ème – 12ème siècle, l’église chrétienne a de l’expérience. Elle a survécu aux débris
de l’empire, dans une Europe balayée et s’est imposée sur l’Europe telle une nappe de
croyance en installant églises et monastères, a fait adhérer des foules. Au 11ème siècle, réforme
grégorienne initiée par le pape Grégoire 7. Il en veut encore plus, il veut imprégner encore
davantage l’Europe du christianisme. Il veut christianiser en profondeur. Ils rassemblent de
grands conciles avec les évêques au latran. Il mise sur de grandes réformes monastiques avec
de grands ordres religieux, comme la fondation de Cluny en 910, la fondation de l’ordre de
CITEAUX en 1098. D’autres ordres fondés par St Dominique et St François prêt à fournir des
moines.
COMBATTRE : Les guerriers doivent assurer l’ordre et la paix. Le rapport d’hommes à
hommes tourne au pugilat durant la féodalité. La raison du plus fort est toujours la meilleure.
La légitimité d’un seigneur se mesurant souvent au nombre de cavaliers et aux hommes
d’armes qui lui sont dévoués. L’Eglise se sent suffisamment forte pour constater le fossé entre
les ordres sociaux et la réalité de l’exercice du pouvoir par des écervelés. Elle va alors
chercher à canaliser la violence des guerriers qui sont violents depuis qu’ils sont nés. Un
noble passe ses journées à manier l’arme, monter à cheval, faire du sport. Le concept de jeune
n’existe pas. Il y a l’enfance et l’adulte. Quand il sait monter à cheval ce n’est plus un enfant.
Ce sont des brutes. L’Eglise va développer au cours de 12ème et 13ème siècle un idéal. Le brutal
cavalier de l’an 1000, à travers l’idéal proposé par l’église, va pouvoir devenir un chevalier
qui obéit à des règles pendant le combat, qui respecte dieu, les misérables, qui protège les
femmes et les enfants. Les chevaliers envahissent la littérature médiévale car il représente un
certain idéal chrétien mis en action. Chansons de geste, romans courtois. La lutte est
règlementée. Les institutions des paix : interdit de se battre pendant certaines périodes de
l’années, interdit de s’étriper le dimanche (jour du seigneur). Les nobles (les seigneurs) sont la
2ème ordre de la société.

TRAVAILLER. La survis des clercs et des guerriers dépend de ceux qui produisent. La notion
de travail est pourtant dévalorisante. Le travail est une nécessité qui fait partie de l’aspect
dégradé de l’homme. Partie basse de la pyramide comme partie base du corps qui est associé à
la putréfaction. Tandis que le haut de la pyramide est comme le haut du corps, le cœur.

Il y a d’autre rôles sociaux comme les artisans, mais ils sont tellement peu nombreux qu’ils ne
sont pas mentionnés. Tout semble immuable dans ce monde féodal. L’espace et la durée
semblent immuables. Pourtant, dans cet univers figé, dans cette société ordonnée, il y a dejà
les prémisses, les éléments qui se mettent en place et qui détruiront cette édifice féodal, qui
détruiront la logique et l’idéologie féodale. La dynamique de destruction sera entamée par un
phénomène de croissance de 1000 à 1300 qui est à la fois une révolution agricole et une
révolution démographique. On mange mieux, le taux de mortalité diminue (surtout celui des
bébés et des enfants). Ce sont des phénomènes concomitants, qui sont liés l’un à l’autre.
Nous avons peu de sources pour mesurer l’accroissement de la population. A l’époque, ils
n’avaient pas la notion de statistique. L’état des paroisses et des feux, en 1328, pour la France.
Domesday book pour l’angleterre. Ce sont des resencements en vue de fixer et de gérer les
impots. Nous avons des informations sur les peuplements. Vers l’an 1000, il y a quelques
poches (terres riches limitées) où les populations sont importantes. Il y a l’ile de France, des
zones en Espagne, en Italie du nord mais d’une manière générale l’europe de l’an 1000 ce
sont des grandes étendues, de grandes forets où il n’y a personne. 70% du territoire du
royaume de germanie est inhabitable (foret broussailles ou marécage). L’Europe reste une

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terre à coloniser. On dénombre 10 habitants au km² en France et en Angleterre. 3 habitants au
km² en Germanie. En 1300, l’Europe est beaucoup plus peuplée. Il y a 15 à 20 milions
d’habitants en France. Jusqu’au 19ème siècle, la France sera le pays le plus peuplé d’Europe.
En Espagne, Allemagne, Italie, environ 8 à 10 millions d’habitants. 5 million dans ce qui est
la Grande bretagne aujourd’hui. Dans des royaumes comme pologne et hongrie, 2 millions
chacune. Il y a des régions très riches comme la Toscane, la Lombardie, comme nos régions,
où l’on trouve parfois des densités supérieures à 60 habitants par km². Des zones peuplées,
denses, riches. Des régions qui vont devenir prospères. L’Europe est plus pleine, les villages
se sont multipliés et il y a des réseaux de liens entre les villages. La carte de l’Europe a
multiplié aussi le nombre de villes populeuses. En 1300, Paris compte 200000 habitants.
Plusieurs dizaines de villes Européennes ont plus de 10000 habitants. Cet essor
démographique est lié à la révolution agricole. Amélioration de l’alimentation et donc des
conditions de vie. Grande diminution de la mortalité infantile. C’est aussi lié à la
généralisation des mariages chrétiens qui repose sur le principe de la procréation comme
fonction de l’acte sexuel, entraîne une plus grande natalité. Créations de céréales qui
nourrissent la population mais surtout permettent de dégager des surplus et donc de relancer le
commerce. Nous quittons la logique de l’autarcie, de la fermeture sur soi. Le dégagement de
surplus stimule le commerce et les échanges. Il est aussi dopé par les croissances des villes
qui ne produisent pas. Les campagnes produisent pour les villes.
Comment l’agriculture s’est-elle tant développée ?

- Accroissement des surfaces cultivées par les défrichements, assèchements des


marécages.
- Assolement tiénal (idée de partager une terre cultivable en 3 parties). Une partie de la
terre se repose (Jachère). Une partie de la terre où on sème un certain type de semence,
et sur l’autre on va semer un autre type de semence qui appauvrit moins le sol.
L’année suivante, on tourne. Les engrais sont utilisés pour refertiliser les sols.

De nouvelles zones de culture peuvent être mises en valeur et exploitées. Diversifications des
cultures, comme la vigne. C’est aussi de nouvelles inventions techniques et l’utilisation de
nouvelles formes d’énergie. L’énergie des bras, l’énergie des bêtes, et à l’époque l’énergie
hydraulique. Les moulins à eau et puis moulins à vent qui permettent l’utilisation de pressoirs
pour écraser les grains mais qui permettent de faire débuter une industrie du fer, une industrie
sidérurgique et donc une meilleure exploitation du fer pour un meilleur outillage agricole. Les
modes de tractions utilisés par les animaux de traits changent. LA charrue se développe. On
remplace le bœuf par le cheval. Un réchauffement climatique a aussi été propice à un tel
développement.

Entre 1000 et 1300 la population double. Au 14ème siècle, il y a 75 millions d’européens. Les
hommes vont commencer à changer en ayant une nouvelle vision de l’espace et en particulier
la vision des commerçants et des marchands. Un commerce international se développe du
11ème au 13ème siècle et qui constitue le réveil économique de l’occident. 3 faits importants
illustrent le réveil économique international de l’occident :

- L’expansion des italiens de Venise, de Gènes, sur la méditerranée. (SUD)


- L’expansion des allemands sur la baltique mais jusqu’à Bruges, jusqu’à londres. La
Hanse (= des guildes, des corporations de guildes marchandes qui unissent leurs forces
pour commercer). (NORD)
- Dans l’Europe du N-O, les débuts d’une industrie d’exportation où des produits sont
faits et échangés contre d’autres produits. Par exemple, les draps et les tissus flamands

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sont fait à partir de laine d’Angleterre et sont échangés en orient contre des produits de
luxe. L’Europe apprend le goût du confort, du luxe, du raffinement (épices, …)
- Grâce aux italiens, des monnaies fortes sont frappées, des monnaies d’argent et d’or,
qui seront admis sur tous les marchés de l’espace économique. Les monnaies d’argent
(Le florin de Florence est accepté partout). Les monnaies d’or (Ducat de Venise). Des
sociétés commerciales et bancaires apparaissent. Possibilité de ne plus se déplacer
avec des sacs et des bourses mais avec du papier qui a de la valeur. Certains ordres
religieux et militaires, comme les templiers, seront aussi des banquiers.

Arrivée à Pékin de Marco Polo en 1275, vénitien, qui vient négocier avec les chinois

Phénomène d’expansion politique, cohabitation entre cadres politiques anciens et traditionnels


et cadres politiques nouveaux qui apparaissent et se développent. Le cadre ancien, cadre
impérial, c’est le rêve d’empire universel que l’empereur du St empire encadre. Pape et
empereur unis pour défendre une Europe chrétienne. Les cadres nouveaux c’est la monarchie
féodale, et d’autre part la commune.
Dès l’an 1000 se précise une certaine confusion des rôles entre pape et empereur et une
concurrence entre les pouvoirs des empereurs et les pouvoirs des papes. Des tensions
apparaissent pendant ces 3 siècles entre ces deux autorités. Selon les circonstances, soit c’est
l’autorité du pape qui prend le pas sur l’autorité de l’empereur, soit le contraire. Cela se
traduit parfois par des luttes, des conflits armés entre partisans des empereurs et partisans des
papes. Cette lutte s’appelle la lutte du Sacerdoce et de l’empire. Pape et empereur sont soumis
à une tentation. Tentation de la théocratie lorsqu’on est pape, c'est-à-dire l’exercice d’un
pouvoir temporel par le pape. Tentation de Césaropapisme quand on est empereur, qui cherche
à s’attribuer des pouvoir spirituels. Cela constitue le foyer de la lutte du Sacerdoce.
A l’époque des Ottons, c’est plutot l’empereur qui domine la papauté, débuts du St empire.
L4empereur gouverne en s’appuyant sur l’eglise. L’évèque recoit son pouvoir de l’empereur.
L’evêque peut aussi être prince. Prince évêques. Dans un deuxième temps, le pape Grégoire 7
cherche à reconquérir les évêques, à influencer la politique parce que l’une des
caractéristiques des St empire c’est que les empereurs sont élus par quelques grands
seigneurs. Le caractère impérial ne se transmet pas par l’hérédité, ce qui fragilise le statut de
l’empereur et peut profiter à l’église. La querelle des investiture est le premier combat entre
pape et empereur, cela se termine par un compromis, le concordat de WORMS en 1122,
conclut entre le pape Calixte II et l’empereur Henry V. Ce compromis sera provisoire.

A remplir : cours du 14/3 et 21/03

39
1473 : chute de Constantinople. Repaire séparant le Moyen age des temps modernes. Permet
aux russes de se positionner comme les héritiers de la tradition orthodoxe et à partir des
années 1480, L’Eglise russe cherche à devenir un nouveau pole de la chrétienté en endossant
cette légitimité que l’empire byzantin a perdue. Moscou devenant une sorte de nouvelle
Rome.

Augmentation des épidémies, de la disette, de la mortalité, augmentation des prix (denrées


rares). Désertion des campagnes au profit des villes. Les pauvres tentent leur chance dans les
villes en abandonnant leurs champs. Cela va relancer à l’est et au sud de l’Europe, un mode
d’exploitation de la terre où l’aristocrate, le noble, cherche à fixer les paysans dans les grands
domaines. Ils revigorent le principe d’asservissement du paysan, le servage. La condition du
paysan se dégrade. Dans cette crise du 14ème 15ème siècle, les villes se débrouillent bien.
Réorganisation d’un marché urbain, ils gardent contact avec les campagnes pour être
alimentés.

Développement des conflits sociaux, de soulèvements sociaux, de soulèvements paysans, de


révoltes, qui concernent par exemple la classe des paysans ou des prolétaires. Malaise
économique rend le terrain plus favorable à ces types de révoltes. Ce mécontentement
spontané des plus démunis pourra être utilisé par la bourgeoisie des villes dans la quête du
renforcement de leur propre autonomie par rapport aux pouvoirs traditionnels.
Encrage du principe de conflits sociaux en Europe. 14-15ème siècle.

L’Eglise est en crise à cette période. (Chute de Constantinople, mais aussi crise de confiance à
l’égard du monde religieux à partir des dégâts causés par la grande peste et des désordres
causés par la multiplicité des conflits). Elle ne représente plus l’autorité qui ramène l’ordre et
la confiance. Troubles internes, plusieurs personnes veulent devenir pape.
1378 : Grand schisme : séparation qui oppose 2 papes, puis 3 papes. Il y a plusieurs
personnages qui revendiquent la légitimité d’être pape. Pendant les 60 ans qui précèdent ce
schisme, la papauté était repliée à Avignon en France, ayant déserté Rome. Tout cela fait
désordre et donc un autre instrument de l’autorité de l’Eglise, c'est-à-dire les conciles, les
réunions d’évêques, ces conciles vont se sentir investis d’un rôle plus important. Cette tension
entre les papes et les conciles sera l’occasion d’une réflexion sur l’autorité au sein de l’église.
Un pape est désigné par le concile, c’est donc lui qui a l’autorité puisque c’est de lui que le
pape émane. Dans l’optique du pape, puisqu’il est devenu pape il a autorité supérieure au
concile. Problématique de l’autorité et de la représentativité. Qui doit détenir le pouvoir dans
l’Eglise ? Pape ou concile ?
Quelle est l’origine de la vérité ? Disciple de BACON, des théologiens, vont se demander si il
n’est pas possible de se pencher sur la vérité d’une autre manière que celle que dicte la vérité
révélée. Est-ce que toute la vérité se trouve dans l’interprétation officielle de la bible dictée

40
par l’autorité du clergé ? Jusqu’ici, la bible était la matrice de la pensée. La matrice d’une
pensée soumise à une forte pression d’une autorité. Mais à partir du moment où l’autorité se
fissure, cela provoque une réflexion sur la matrice. Cette crise d’autorité conduit certain,
comme WYCLIF, homme du 14ème siècle, à se demander si l’autorité de l’Eglise est vraiment
absolument nécessaire pour comprendre la bible et comprendre ou aborder cette source
première de la foi chrétienne qu’est la bible. Est-ce que l’étude directe de la bible ne suffit pas
finalement à être un bon chrétien ? Pourquoi y a t il une église au dessus de la bible ? Ne peut-
on pas avoir une démarche personnelle vers Dieu qui soit en soi suffisante. Faut-il qu’un
clergé soit vraiment nécessaire pour que s’accomplisse cette démarche personnelle ? Si la
papauté est en crise, l’empire également est en crise.

Le Saint empire romain de la nation germanique est aussi en crise. La nouvelle structure
impériale et unitaire en Europe, une tension s’est créée entre empire et papauté. Ces pôles de
pouvoirs sont en phase. Ils sont en crise tous les deux. 1250-1273 il n’y a plus d’empereur
durant cette période, il y a un vide du pouvoir qui conduira à partir du 14ème siècle, à voir se
développer un système impérial beaucoup plus germanique et qui se replie sur le monde
germanique, qui perd ses ambitions universelles, qui les abandonnent pour limiter ses
ambitions à un espace germanique. Sur les 7 princes électeurs qui choisissent l’empereur, un
seul n’est pas allemand, c’est le roi de Bohème. Ce repli favorise l’émancipation de royaumes
qui étaient sur la tutelle impériale en particulier des royaumes slaves, scandinaves, hongrois et
libère aussi des principautés italiennes de la menace que suscitaient au paravent les ambitions
impériales.

A partir du 16ème siècle, on assiste à un renouveau car une fois encore, les villes européennes
conservent cette source de renouveau qui ouvre la porte à la renaissance.

La renaissance
(Critique historique trouve son berceau à la renaissance)

41
Elle est située au 15ème et au 16ème siècle. C’est la période qui inaugure l’époque moderne.
Période de 2 siècles qui vont profondément modifier les données de la vie en Europe. Le mot
renaissance vient de ‘renaissance de l’antiquité’, il s’agit de se tourner vers le passé antique
pour y puiser les sources d’un renouveau. Il y a trois séries d’évènements qui contribuent à
faire de cette époque une époque de relance de l’histoire européenne et de bouleversements.

• Les grandes découvertes maritimes. Essentiellement les portugais et les espagnols


• Développement de l’humanisme, de la renaissance artistique et d’une interrogation sur
la définition et le statut de l’homme ainsi que de la dignité humaine. Invention de
l’imprimerie. La civilisation du livre devient la civilisation des livres.
• Réforme protestante. Fracture au sein du catholicisme. Catholiques <> protestants.
Cela provoquent de violentes guerres de religions

1. Les grandes découvertes maritimes. L’Europe est un continent de marin. La


mer est partout proche. Les horizons lointains exercent un pouvoir d’attraction
vif car des besoins nouveaux apparaissent. C’est à l’occasion de ces
découvertes qu’apparaît le concept de mondialisation. Lorsque Christophe
Colomb met le pied aux Amériques, le commerce devient mondial. Expansion
de l’Europe à travers le monde. Il n’y a plus un seul groupe de personnes qui
ne verra arriver tôt ou tard des européens. Découvertes initiées à cause d’un
manque, à cause d’une pénurie car l’Europe vient à manquer de métaux
précieux ; l’argent (tiré des mines de l’Europe centrale), et l’or (provenait du
Golfe de Guinée en Afrique). Hors le besoin de métaux précieux est accru à
cause des besoins accrus des villes qui se relèvent et se développent. Pénurie
de métaux précieux mais aussi le fait qu’en Europe, on s’est habitué à une
économie qui procure plus que les simples besoins de subsistance. On est
habitué à une économie de luxe. Quand on a goûté au luxe, il est difficile d’y
renoncer. Ces produits de luxe viennent de loin, comme les épices qui viennent
d’Asie. Ils sont ramenés par des marchands mais il y a toute une série
d’intermédiaires qui font les transactions de ces épices, en particulier les
marchands arabes. Plus il y a d’intermédiaires, plus le produit coûte cher. Par
conséquent ce besoin de métaux précieux, de produits lointains qui améliorent
la vie vont pousser les portugais, après 1460, à se demander comment faire
pour trouver d’autres sources d’or et d’argent mais surtout comment faire pour
trouver de nouvelles routes commerciales qui permettraient de court-circuiter
les voies d’échanges traditionnelles, les intermédiaires. L’esprit de conversion
des infidèles, qui participent à la fois à cet esprit de croisade et à l’esprit de
missionnaire. Cette volonté de conversion va s’activer pleinement dans la
perspective de nouvelles découvertes. Ce sont les missionnaires qui ont
implanté le christianisme durant des siècles. Eglise universelle faite pour tous
les hommes de la terre, il faut aller apporter ce message le plus loin possible. Il
n’y a pas de révolution technique qui bouleverse l’art de la navigation à ce
moment là. On va mettre en œuvre une série de choses qui existent déjà. La
boussole, certains types de gouvernails, la caravelle. Ce bateau est hideux mais
robuste. L’initiateur des grandes découvertes est le prince portugais HENRY le
navigateur qui vécu de 1394 à 1460. Objectif : longer les côtés africaines au
delà de la côté de guinée pour savoir où elle se termine, pour pouvoir la
contourner et atteindre l’Asie par une voie nouvelle. Cap vert atteint en 1445.
Equateur atteint en 1475. Embouchure du Congo atteint en 1482. En 1487,

42
DIAZ, marin portugais, atteint le cap de bon espérance, c'est-à-dire la limite
sud du continent Africain. Il fait demi tour et ne franchit pas ce cap. Il faut
encore 10 ans, en 1497, pour qu’un marin franchisse ce cap, c’est VASCO DE
GAMA qui contourne le continent africain, atteint l’Inde en 1498 et l’année
suivante, il revient d’Inde avec deux caravelles bourrées d’épices.
CHRISTOPHE COLOMB, Italien de Gènes, marchand, est convaincu que la
terre est ronde. C’est lui qui est le plus acharné à en faire l’expérience, il faut
alors entreprendre un voyage vers l’inconnu. Il est sur qu’en navigant vers
l’ouest, vers le soleil couchant, il va immanquablement arriver en Asie. Il ne
savait pas que les vikings avaient des installations en Amérique du Nord.
Isabelle de Castille, reine d’Espagne est sensible à ses arguments et accepte de
financer son expédition de trois caravelles. Le 3 août 1492, les trois caravelles
prennent la mer. Elles naviguent le mois d’août, de septembre, il n’y a pas de
terre, il faut faire demi tour. Ils ont peur de la fin du monde. Colomb est
convaincu et impose son autorité à l’équipage. Le 12 octobre 1492, les
hommes de Colomb saute sur la plage de San Salvador (actuel). Ils ont la
certitude qu’ils ont atteint l’Asie. Colomb inaugure le choc des civilisations,
deux peuples qui s’ignoraient se rencontrent. Colomb revient en Europe et fera
trois voyages en tout dans les Amériques, un aux Antilles et un au Venezuela. Il
meurt en 1506 en étant persuadé que les endroits qu’il a découverts sont en
Asie. C’est AMERIGO VESPUCCI qui aura conscience de cette nouveauté,
nous sommes alors en 1507. C’est un cartographe s’inspirant du voyage
d’AMERIGO qui baptisera cette terre ‘Amérique’. Les expéditions vers l’est se
poursuivent, ils vont contourner le continent pour voir où il s’achève. Les côtes
brésiliennes seront découvertes. Expédition de 1521, le marin MAGELLAN
portugais au service de l’Espagne, atteint le sud de l’Amérique du sud et trouve
un passage, le lieu de contournement du continent. Cap Horn est un point de
passage terrifiant, les marins de MAGELLAN s’engagent dans ce passage, ils
vont au delà de la mer océane. Ils traversent l’océan pacifique, avec ses
nombreuses îles, MAGELLAN continue traverse cet océan et atteint l’Inde. Il
mourra pendant le voyage. DEL CANO, un de ses lieutenants, qui par le cap de
bon espérance recontournera l’Afrique et retournera en Europe,
accomplissement ainsi que le premier tour du monde. Cette nouvelle terre
attire de nouveaux bateaux. Une deuxième période va commencer, création
d’empires coloniaux portugais et espagnols. Après la découverte, la conquête.
La conquista. Le temps des conquistadores. La conquista comprend trois
étapes successives qui de nouveau mises ensembles représente environ 50 ans.

• 1492-1519 : Les îles des Antilles (En particulier Cuba) vont servir de
points d’appuis au début d’une organisation coloniale.
• 1519-1521 : Conquête de l’empire Aztèque par FERNAND CORTEZ
• 1531-1533 : Conquête et destruction de l’empire Inca au Pérou par
PIZARRE.

Pourquoi les européens ont-ils pu détruire ces empires indiens ?

- Les Conquistadores sont des guerriers confirmés, ce sont des hommes qui ne savent
plus faire carrière en Espagne. Ils veulent s’enrichir, aiment l’aventure et sont
brutaux. Ce sont des petites troupes aguerries sans moralité.
-

43
Lorsque Cortez débarque au Mexique, il n’a pas reçu du roi d’Espagne
l’autorisation de le faire car c’est le gouverneur de Cuba de l’époque qui devait
débarquer. Cortez est impétueux avec ses hommes y est allé quand même. Il s’est
mis hors la loi. Le gouverneur espagnol de Cuba va organiser une expédition
contre Cortez et dans ce nouveau monde, une des premières actions sera que des
conquistadores se livreront bataille entre eux. Les hommes de Cortez gagneront.
Ils vont atteindre la capitale, mexico, la capitale des Aztèque, l’empereur des
Aztèques a été prévenu de leur arrivée et a eu une attitude d’interrogation et une
attitude contradictoire. L’empereur ne sait pas interpréter ce qui se passe, il ne sait
pas sur les espagnols sont des amis ou des ennemis. Les espagnols vont vite
comprendre comment fonctionne la société aztèque. Société pyramidale, très
hiérarchique où l’empereur est la figure toute puissante. Cet empereur a soumis
d’autres peuples indiens. Par conséquent les espagnols vont comprendre que pour
désorganiser l’empire il faut atteindre l’empereur, et d’autre part il faut s’appuyer
sur les indiens qui subissent l’oppression de l’empereur. Il faut diviser pour mieux
régner. Cela va contribuer à la décomposition aztèque. L’empereur aztèque mourra
vraisemblablement de la grippe. Les espagnols ont amené des virus et des
microbes inconnus des indiens. Les aztèques étaient fascinés par les
conquistadores. Ils vont utiliser ce capital de confiance pour vaincre les aztèques.

La conquête du Pérou, les conquistadores doivent affronter 40000 indiens. Ils


seront troublés par la facilité déconcertante avec laquelle ils peuvent les battre. Les
incas vont littéralement se laisser massacrer. Les armées incas semblent inhibées,
tétanisées. Dans le monde indien, c’est le ciel et la configuration des étoiles qui
permet d’anticiper l’avenir. Les espagnols sont arrivés à un moment où une grande
catastrophe était annoncée par les étoiles. Les espagnols ne sont venus que valider
leur mode de pensée. Dans une telle situation, cela produit un phénomène de
l’ordre de l’inhibition et de l’acceptation de ce qui arrive. Les ressources pour
réagir sont diluées par la certitude que ce qui arrive devait arriver. Lorsqu’on est
sur d’une défaite, on perd.
La géographie de l’Amérique latine est disproportionnée par rapport à celle de
l’Europe. Les concentrations humaines sont relativement faibles. La conquête se
fait par de longues progressions sans aucun contact.

Enjeux de la conquista :

Or, argent (ils en découvrent en abondance). Cela rentabilise leur entreprise


coloniale. Administration coordonnée avec l’Espagne et exploitent les indiens pour
travailler dans les mines. Ils établissent une féodalité dans le nouveau monde. Ils
règnent comme des seigneurs sur les masses indiennes.

Débat : les indiens sont-ils des hommes ? Ont-ils une âme. Si ils ont une âme, ils
peuvent devenir chrétiens. Ils pourraient donc être convertis. Si ils n’ont pas d’âme
ils peuvent être réduits en esclavage sans contradiction avec la morale.

Bartholomé de LASCASAS, conquistador, rencontre un moine dominicain,


deviendra prêtre et décrit le sort réservé aux indiens en Amérique. L’information
parvient jusqu’à Madrid et le roi d’Espagne fait passer des lois pour protéger les
indiens (vers 1530). Victoire provisoire car un nouveau statut légal apparaît pour

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les conquistadors comme quelque chose de fatal à la nouvelle organisation
économique qu’ils essaient de mettre en place. Ils préviennent le roi que si il les
empêche d’exploiter les richesses du nouveau monde selon leurs méthodes, il verra
combien vont se raréfier les ressources qui enrichissent l’Espagne. Ces lois sont
alors supprimées. Cet échec de LASCASAC ne l’empêche pas de continuer de
dénoncer la cruauté de la colonisation. L’Eglise garde une oreille attentive, si ils
ont une âme ils peuvent devenir chrétiens. Le débat s’enlise et il faut trancher, en
1555, controverse de Valladolid, l’avocat des indiens (Bartholomé) et l’avocat des
conquistadors vont débattre. Bartholomé va développer 3 arguments :

• Lorsque Cortez arriva à mexico, a écrit sur la fascination qu’il a éprouvé


devant le caractère impressionnant de la civilisation aztèque en faisant
référence explicite à l’antiquité gréco romaine. Ce ne sont pas des animaux
si ils peuvent faire référence à l’antiquité.
• Les indiens ne sont pas chrétiens mais ils sont plus mal traités que les
musulmans alors qu’eux n’ont pas conquis de terres chrétiennes. Argument
politico-religieux.
• L’Espagne est un état moderne et centralisé. Lorsque Cortez a débarqué en
Amérique, il n’avait pas l’autorisation du roi d’Espagne. Il s’est mis hors la
loi tout en menant une guerre contre les aztèques. Hors c’est du ressort du
roi d’Espagne de décider d’une guerre, par conséquent la guerre contre les
aztèques a été illégale. Cet argument fait mouche parmi les juristes. Le roi
d’Espagne réactive alors les lois protectrices des indiens. Le pape reconnaît
alors que les indiens ont une âme et peuvent alors être convertis.

Bartholomé dit alors que pour remplacer la main d’œuvre indienne, prenez des noirs africains
comme esclaves. Commerce triangulaire. Des bateaux européens partent jusqu’aux cotes de
l’Afrique de l’est, d’échanger les produits européens à des chefs africains vainqueurs qui
livrent les vaincus aux européens, les bateaux vont les livrer en Amérique et reviennent en
Europe avec des produits exotiques. Des fortunes considérables vont s’établir grâce à ce
commerce très rentable. Anvers devient le plus grand port des pays bas et assure la
distribution de produits coloniaux sur l’ensemble du continent européen.

A la fin du 16ème siècle, le stock d’or a doublé depuis le début de l’histoire européenne. Le
stock d’argent a quadruplé. La richesse ne fait que passer par l’Espagne. L’Espagne ne résiste
pas à la tentation de tout acheter à l’extérieur. Cela va l’affaiblir et sa puissance va diminuer à
partir du 17ème siècle. Toute l’Europe ne profite pas de ces produits exotiques. C’est la
bourgeoisie marchande capitaliste qui profite de cet essor économique. La noblesse a une
réaction de glace et n’entend pas que cette bourgeoisie soit plus riche qu’elle et surtout
présente des artifices de la richesse de manière plus surprenante que la noblesse. Les pressions
sur le monde paysan vont s’accentuer. Les salariés, les classes de travailleurs vont souffrir de
l’augmentation des prix puisqu’il n’y a plus d’argent pour acheter alors que les salaires
n’évoluent pas. Phénomène de paupérisation.

Les humanistes se sentent éloignés de l’époque qui précède, le Moyen age, ils ont une
satisfaction profonde à vivre les changements de leur époque. L’homme est la mesure de toute
chose. IL y a dans le chef de l’humanisme une profonde réflexion sur la nature de l’homme
qui va mûrir au fil du temps et qui trouveront une explication au 18ème siècles, siècle des
lumières. Les érudits parlant latin forment un réseau international. Quelque chose de supérieur
aux spécificités régionales de l’Europe unit les européens, c’est l’humanisme. Jusqu’ici seul le

45
christianisme avait été capable de créer une référence visible au delà des frontières.
L’humanisme néanmoins a agit comme un repère supra national en Europe. L’humanisme
considère qu’il n’y a pas de contradiction avec les fondements du christianisme.

Ce mouvement humaniste naît en Italie et se répand par la suite. Le poète italien Pétrarque qui
vécu au 14ème siècle. L’humanisme s’établit à florence au 15ème siècle, temps de Laurent de
Médicis et d’autres mécènes, des princes qui sont autre chose que des guerriers, qui sont
sensibles à l’intelligence, comme léonard de Vinci. L’imprimerie va démultiplier les effets de
l’humanisme. En 1500, 236 villes d’Europe ont déjà au moins une imprimerie.

Nicolas Copernic, polonais, 15ème-16ème mort en 1543, il est un astronome qui va observer le
ciel et déduire de ses observations quelque chose d’impossible. La terre n’est pas au centre de
l’univers. L’univers ne tourne pas autour de la terre. Copernic est ébranlé car c’est impossible.
Est-ce que Dieu aurait passé son temps à créer des hommes et à les mettre à une périphérie du
ciel ? Les théologiens s’empressent de condamner Copernic. Ils pressentent le danger de telles
révélations et remettrait en cause le message divin mais surtout du statut de l’Eglise.

Les langues et les littératures nationales vont se développer malgré la puissance


communicative du latin. Néanmoins les langues vulgaires continuent à se répandre et à se
perfectionner avec une nouvelle génération de grands auteurs, identifiés à leur patrie.
Serdentez en Espagne, Machiavel en Italie, Montaigne en France, Shakespeare en Angleterre.
Exaltation du beau et du vrai qui touche l’art. L’homme est la mesure de toute chose. Une
floraison de chef d’œuvres apparaît. Beauté, symétrie, perfection. L’art s’ouvre à des sujets
profanes, on peint des paysages, des portraits. Les bourgeois qui s’enrichissent se font tirer le
portrait. Le quattrocento, renaissance florentine entre 1401 et 1500. Renaissance romaine
ensuite entre 1500 et 1530. Temps de Raphaël et du Michel ange. De 1530 à 1580, le
maniérisme. Cette renaissance artistique se répand en Europe et prend des spécificités selon
les lieux d’Europe.

Désir de réforme de l’Eglise. Souvenons nous de l’impuissance de l’Eglise face aux désastres
de la peste pris comme des punitions divines. Beaucoup d’évêques sont absents, des impôts
lourds sont prélevés pour faire fonctionner cette institution. Le bas clergé est parfois
incompétent, certains prêtres ne savent pas lire. Certains rappellent que le message de Dieu
est dans la bible avant d’être haut perché. C’est dans ce contexte qu’un moine catholique,
Martin Luther, né en 1483 et mort du 1546, va acquérir la ferme conviction que le salut
individuel n’est pas à chercher dans les œuvres humaines de l’Eglise. L’institution catholique
et une sorte de surplus qui parasite l’accès de l’homme de foi vers son Dieu. Un accès si
simple à travers les textes évangéliques. Est-ce qu’il faut vraiment une hiérarchie religieuse ?
Selon lui tous les chrétiens sont égaux par le baptême. D’une certaine manière, ils sont tous
prêtres. C’est le Sacerdoce universel. Cette égalité rend illusoire une supériorité spirituelle du
pape et évidemment des autres échelons. (Evêques et clergé en général). La révélation qui est
au cœur du message évangélique est contenue dans la bible. Cela le motive à traduire la bible
en allemand pour donner accès au petit peuple qui ne comprend pas le latin. En raison de cette
conviction qu’il exprime en 1517, ils est excommunié et n’a plus rien à perdre. Il va
développer le protestantisme. Luther rejette le rôle du clergé et les pasteurs qui sont au fond
de simples fidèles et dont la fonction est d’enseigner la parole du christ. Ils ne sont donc pas
soumis au célibat. Il estime que l’Eglise est encombrée par des procédures inutiles. Il ne
conservera que deux sacrements : le baptême et la scène. Il faut alors des disciples comme
MELANCHTHON qui rédige en 1530 la confession d’Augsbourg qui est le rassemblement de
la pensée luthérienne. C’est un défi lancé à l’Eglise, d’autant que le protestantisme va se

46
répandre et faire des adeptes. Une querelles des origines s’organisent : les protestants disent
qu’ils retournent aux sources du message évangélique et sont garants du message évangélique.
L’Eglise riposte en disant que c’est eux les garants du message évangélique pour une bonne et
simple raison, croyez vous que le christianisme aurait survécu pendant 1000 ans sans une
organisation, une structure qui à la foi implante des principes chrétiens et les porte à travers
l’histoire. Sans l’Eglise, ces croyances auraient disparus et le paganisme sera resté. Les
protestants sont démagogues.

Le protestantisme se répand car Luther adapte son message de telle manière qu’il soit audible
pour différentes classes sociales. Les pauvres sont plus proches du christ et sont séduits par
Luther. Les bourgeois sont séduits car « il n’y a pas de honte à s’enrichir par le travail, il ne
faut pas culpabiliser d’être riche ». Le profit n’est pas antichrétien, le luxe acquis par l’effort
ne dénature pas la foi. Perspective qui séduit les nobles : « le protestantisme signifie que les
biens du clergé, si il disparaît, seront des ressources pour le prince » Les princes sont les chefs
spirituels de leur état, pas le clergé. Tout cela va convaincre petit à petit une série de
catholiques à se convertir au protestantisme. En 1536, Jean CALVIN publie « l’institution de
la religion chrétienne » où il étoffe encore la pensée du protestantisme et contribue à sa
propension. Mais très vite cet esprit de réforme inspire dans le sillage du protestantisme de
nouveaux réformateurs qui rêvent d’autre chose. Des sectes multiples et variées se
développent comme l’anabaptisme. Des révoltes paysannes se produisent, les princes
réagissent avec la bénédiction de Luther pour écraser ces rébellions. L’Eglise catholique réagit
à partir de 1540, en commençant la contre réforme qui consiste à dénigrer l’argumentaire
protestant mais aussi à entamer des réformes pour répondre à des critiques. C’est l’objet du
Concile de Trente. Long concile qui se tient entre 1545 et 1563 à l’initiative du pape Paul III.
C’est le lieu où l’on repense l’Eglise catholique. C’est dans ce lieu que la compagnie de jésus
sera créée, c'est-à-dire les jésuites. C’est dans ce lieu qu’on va définir plus clairement les
points de dogmes mis en cause par les protestants. On va y rappeler l’importance de la
tradition à côté de la bible, le caractère sacré des membres du clergé, l’existence de 7
sacrements et non 2. L’importance du culte des saints, en particulier le culte de la vierge. Les
catholiques vont condamner ceux qui font des abus. Maintien du célibat ecclésiastique.
Fondation dans chaque diocèse d’un séminaire pour former des prêtres qualifiés. Au fil du
16ème siècle, le christianisme s’est divisé car de ces tensions entre protestants et catholiques
deviendront des guerres de religion extrêmement sanglantes.

Règne de l’empereur Charles Quint. Son empire va s’étendre au delà de l’Europe puisque
c’est lui qui est l’empereur de la conquista. Le soleil ne se couche jamais sur ses possessions.
Il est né à Gand en 1500. Il est élevé dans la langue française et son nom c’est Charles de
Habsbourg (grande famille dynastique européenne). Il est le roi d’Espagne, maître des pays
bas espagnols, il est souverain de Sicile, de Naples et de pratiquement toute l’Italie du sud,
souverain de l’Autriche, possession des Habsbourgs. Il est maître de régions en France, et n’a
pas encore 19 ans. Quand il a 19 ans il se présente comme candidat pour devenir empereur de
l’Empire romain. La désignation de l’empereur en 1519 se fait par une procédure d’élections
(7 grands princes électeur qui choisissent l’empereur). Il y a trois candidats, le roi d’Espagne,
l’électeur de Saxes et le roi de France, François Ier (24 ans). C’est un souverain très puissant
en Europe, il est le maître de toute l’Italie du Nord. Cela va se jouer entre François premier et
Charles de Habsbourg. Ils mettent en œuvre des achats de voix. Charles a plus d’or grâce au
banquier FUGGER et achète donc les voix des électeurs, il est élu empereur en 1519 sous le
nom de Charles Quint. Toute sa vie ne sera qu’une inspiration à maintenir ce qui est déjà un
immense empire mais à l’agrandir. Il a trois adversaires omniprésents. Il fait la guerre sans fin
à François premier. Il lutte contre les protestants et contre les musulmans car sous son règne

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l’offensive turque va reprendre. En 1555, Charles Quint renonce volontairement à ses
possessions et se retire dans un monastère, il est épuisé et vidé de sa substance. Il partage son
empire au profit de son fils Philippe 2 qui devient Roi d’Espagne et des possessions
espagnoles (c'est-à-dire possessions américaines), des pays bas et de la Franche compté en
France. Au début de son règne il entend récupérer des possessions de Bourgogne et de
Picardie et il entend chasser les français d’Italie du Nord. Couronne du Saint Empire attribuée
à Ferdinand (qui était souverain des domaines autrichiens et roi de Bohème et de Hongrie).
Fin d’un règne où il s’est présenté comme grand défenseur de catholicisme. C’est pourquoi il
aura à combattre sur 2 terrains ; les protestants et les musulmans. (Il va donc avoir pour
principal adversaire François premier qui n’a jamais digéré d’avoir perdu l’élection au titre
d’empereur)

Dès les années 1520, les principautés allemandes sont agitées par les idées de Luther et les
princes protestants allemands vont se regrouper dans la ligue de Smalkalde. Ils vont affronter
les princes catholiques soutenus par Charles Quint. Bataille décisive en 1547 : bataille de
Mühlberg, victoire de Charles Quint mais ne conduit qu’à un compromis, pas vraiment de
perdant : paix d’Augsbourg de 1555 reconnaît les deux confessions et surtout laisse aux
princes protestants les biens de l’Eglise Catholique dont ils s’étaient accaparés en devenant
prince protestants. Les protestants et les catholiques sont tjrs face à face, Charles Quint n’a
pas réussi à vaincre le protestantisme.

Contre les Musulmans : dans les années 1520, l’offensive turque reprend dans les Balkans.
Initiative du sultan Soliman le magnifique dont le règne est très long (1520-1566). Extension
territoriale de l’empire ottoman en direction de Belgrade qui sera conquis en 1521 ainsi que la
plus grande partie de la Hongrie d’aujourd’hui. En 1529, Soliman fait le siège de la ville de
Viennes. Viennes est assiégée par les musulmans. Soliman est allé trop vite et il est contraint
de se replier, Vienne est alors sauvée. L’empire ottoman va connaître une paix intérieure avec
Soliman et Istanbul, avec 400000 habitants, sera la ville la plus peuplée de toute l’Europe sous
le règne de Soliman.

Charles Quint est en lutte contre François premier toute sa vie depuis 1519. François premier
et Soliman s’allient contre Charles Quint. 1525, Bataille de Pavie en Italie. François premier
est fait prisonnier par Charles Quint. Il est emmené à Madrid où il reste pendant près d’un an.
Charles Quint lui propose un marché : sa liberté contre la bourgogne et le nord de l’Italie.
François premier refuse d’exécuter le traité qu’il a signé et le conflit continue. Les deux
hommes s’épuisent mutuellement financièrement. Leurs successeurs respectifs mettront un
terme à ce conflit : Henry 2 et Philippe 2. En 1559 : traité de Cateau-Cambrésis. Par ce traité,
la France est évincée d’Italie qui sera dominée par l’Espagne. Par contre, la France récupère
une série de ville dans le nord de la France. Philippe 2 est un souverain de première
importance. C’est le champion du catholicisme, il le défend. Il est maître des possessions
espagnoles, y compris l’Italie, les Amériques, il deviendra en 1580 le roi du Portugal.
Souverain absolu, très prude, qui a pour but de renforcer l’unité politique et religieuse de
l’Espagne. Il connaîtra une grande défaite navale dans une guerre contre l’Angleterre est
1588, sa flotte l’Armada sera défaite. Ses dépenses sont énormes, il faut entretenir une armée
importante, une flotte considérable. En 1567, des archives témoignent de la modernité de son
état. Son règne 1555 à 1598, il s’inscrit dans le siècle d’or espagnol qui va de 1530 à 1640.
Période féconde pour l’Espagne, éclat de la civilisation, que ce soit dans le domaine religieux,
littéraire, artistique, économique (commerce maritime. Mais c’est une période qui contient
déjà les germes de sa décrépitude. Elle est prise par l’illusion des richesses des Amériques.
Volonté de Philippe 2 de développer la pureté du sang chrétien espagnol. L’état et l’Eglise

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luttent contre les musulmans et les déviances religieuses. Le tribunal de l’inquisition se
développe. C’est un instrument pour purifier le sol national chrétien espagnol de telle manière
que la société espagnole se referme sur elle-même. Dans la littérature de Don Quichotte, on
trouve la déchéance de l’Espagne. C’est dans les pays bas que Philippe 2 va connaître sa plus
grande défaite. Les pays du nord des pays bas vont se révolter et fonder sous la houlette de
Guillaume d’orange la république des provinces unies en 1581, république protestante
constituant ainsi la hollande à coté des pays bas du sud qui restent catholiques. La reine
Elizabeth d’Angleterre. Henry 8, en 1534, avait rompu avec Rome et le pape car il n’a pas
voulu reconnaître son divorce, henry 8 se proclame alors chef de l’Eglise d’Angleterre. La
demi sœur d’Edouard 6 (fils du roi d’Angleterre henry 8) Marie est une fervente catholique.
En 1554 elle parvient à réconcilier Rome avec l’Angleterre et pour marquer cette
réconciliation, elle se marie avec Philippe 2 qui allait devenir roi d’Espagne. Mais Marie
meurt en 1558, laissant le trône d’Angleterre à sa demi sœur Elizabeth qui ne devait pas
régner, une sorte d’oiseau pour le chat, et qui se révèle être une souveraine extraordinaire
après une jeunesse tumultueuse. Elle va devenir un véritable chef d’Etat en épousant
littéralement l’Angleterre. Son règne : 1568 à 1603. Développement économique de
l’Angleterre et religion anglicane, fruit d’une rencontre entre le catholicisme et le
protestantisme. Le parlement vote en 1559 l’acte de suprématie. Cela soumet l’Eglise à
l’autorité de la reine. Cela constitue une rupture avec Rome. En 1563, le parlement vote les 39
articles qui définissent la liturgie nouvelle en Angleterre. Liturgie qui ouvre la porte à des
éléments du catholicisme et du protestantisme. La hiérarchie de l’Eglise d’Angleterre va rester
proche du catholicisme mais l’usage du latin et le célibat des prêtres sont abandonnés. Par
ailleurs, le dogme est nettement protestant avec une autorité conférée à la bible, avec le rejet
des sacrements sauf 2 : le baptême et la scène (les 2 sacrements protestants). Elizabeth sera
excommuniée par le pape en 1570 et devra affronter les fidèles a catholicisme et au
protestantismes. Les puritains sont les opposants protestants à la reine. Les opposants
catholiques sont les papistes. Philippe 2 va la considérer comme son ennemie. Marie Stuart, sa
cousine, était reine catholique d’écosse, chassée par ses sujets devenus protestants, va se
réfugier auprès de sa cousine Elizabeth mais soupçonnée de défendre la cause catholique,
Elizabeth la condamne à mort. Elizabeth combattra les irlandais qui sont opposés à
l’anglicanisme. Ils seront écrasés. Sous son règne la population augmente, les exportations
aussi, on exploite le charbon, on produit des tissus, on travaille le fer. A la fin de son règne,
Londres est une ville de 150000 habitants, c’est une place commerciale. La bourse y est
fondée ainsi que des chantiers de construction navale. C’est là que la puissance navale prend
son envol. Sa marine va rivaliser avec la marine espagnole, projetant les conflits européens
dans des mers lointaines. DRAKE était un corsaire britannique (pirate qui travaille pour un
souverain) emblématique. Il prend un malin plaisir à couler des bateaux espagnols.

La France de la seconde moitié du 16ème siècle constitue un laboratoire terrifiant des excès qui
son suscités par cet alliage entre la religion et la politique. Les guerres de religion en France
seront très meurtrières et très cruelles. Faiblesse de l’autorité royale en France de telle
manière que les aristocraties françaises contesteront l’autorité du roi et dans la compétition
entre ces aristocraties, l’élément religieux deviendra un alibi. Les puissances étrangères vont
soutenir les catholiques ou les protestants français, attisant ainsi le conflit. Cette situation va
créer des difficultés économiques à la France pendant longtemps. Les protestants,
minoritaires, veulent imposer leur croyance aux français dont la majorité est catholique.
L’autorité royale qui aurait pu jouer le rôle d’arbitre est faible. Henry 2, successeur de
Francois premier, meurt en 1559. Son fils, François 2 n’a que 16 ans lorsqu’il monte sur le
trône et en plus il meurt moins de 2 ans plus tard. C’est donc son frère Charles 9 qui est sensé
monter sur le trône mais il n’a que 11 ans, ce qui fait que le pouvoir est exercé par sa mère

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comme régente, la fameuse Catherine de Médicis. Le successeur de Charles 9, Henry 3, ne
parviendra pas à réconcilier les deux confessions. Différents partis, dont catholique et
protestants, François de GUISE et son fils, Henry le balafré, membre du parti catholique. Du
côté des protestants, il y a Coligny et henry de bourbon. Ces partis s’appuient sur des princes,
des aristocrates, qui cherchent l’autonomie par rapport au pouvoir central. L’Angleterre
soutient les protestants, les protestants allemands également. Philippe 2 soutient le parti
catholique. Jusqu’en 1572, la situation est fort indécise. Massacre de la saint Barthélemy le 24
août 1572, les catholiques massacrent les protestants de Paris selon un plan organisé pour les
égorger jusque dans leur maison. Evènement dramatique qui va durcir la haine entre
protestants et catholiques. Henry de Bourbon se profile comme héritier à la couronne et c’est
dramatique pour les catholiques car il est protestant. Henry de bourbon deviendra Henry 4. Il
sera confronté à une contradiction fatale vu que la majorité des français sont catholiques.
C’est là qu’il va décider de renoncer au protestantisme et il abjure le protestantisme en 1593.
C’est l’effarement chez les protestants. Edit de Nantes 1598, il officialise la libre cohabitation
entre catholiques et protestants. La France inaugure une situation nouvelle dans ce paysage
européen. Henry 4 sera assassiné mais l’Edit de Nantes perdurera. C’est Louis 14 qui
supprimera cet Edit. Ce conflit entre catholiques et protestants à l’échelle européenne va
perdurer pendant longtemps et va se muer en guerres d’états et de pays. Le traité de
Habsbourg va s’effilocher et le Saint empire va voir s’affronter diverses ligues. Au début du
17ème siècle, les problèmes sont toujours là, en 1619 est élu Ferdinand 2 qui va vouloir extirper
le protestantisme par la force. Xxx
Cela va déboucher sur la guerre de trente ans au centre de l’Europe. Vaste affrontement
religieux et politique dont le souvenir en Allemagne était encore perceptible dans les siècles
suivants tant elle fut cruelle. En 1634, compris signés mais cela reste un compromis. La
configuration de l’empire et celle d’un empire miné par ses conflits religieux et qui est
dominé par une famille impériale, celle de Habsbourgs. La France récupère, l’autorité
monarchique se redresse et il y a un redressement économique. Henry 4 est assassiné en 1610
et sa disparition brutale laisse le trône à Louis 13 qui est jeune et qui a une régente, sa mère,
Marie de Médicis. Louis 13, lorsqu’il va régner sans sa mère, doit faire face à des
soulèvements qui ne souscrivent pas à la situation nouvelle. Il doit surtout trouver le moyen
pour faire de la monarchie française une force suffisamment grande pour étouffer les
ambitions provinciales. Il fera appel au cardinal de Richelieu. Il sera nommé le chef de son
conseil des ministres et sera le grand animateur politique de cette France de la première moitié
du 17ème siècle. Il viendra à bout des conspirations des nobles et des aristocrates, des rebelles
protestants. Il mènera la guerre contre les Habsbourgs du Saint empire considérant que la
France ne peut devenir une grande puissance que si les Habsbourgs sont affaiblis. Il meurt en
1642 et Louis 13 meurt quelques mois plus tard. Son successeur, Mazarin, qui aura à charge
l’éducation politique de Louis 14. Richelieu n’aura pas le loisir d’assister en 1648 des traités
de Westphalie…

- Guerre civile en France, La fronde (conflit de revendications aristocratiques).


- Les Habsbourgs
- L’Espagne

Une série de conflits s’engage. D’abord avec l’Espagne. Les français utilisent tous les
ennemis des Habsbourgs pour combattre l’Espagne. Le travail de sape des Habsbourgs
s’entame. En 1648, l’Espagne signe la paix avec les provinces unies protestantes. Provinces
du nord des pays bas (regroupant la hollande et la Belgique actuelles sans la principauté de
Liège indépendante.) Ils vont faire sécession et devenir une république indépendante.

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La guerre continue entre l’Espagne et la France mais l’empereur du Saint empire, un
Habsbourg, va signer la paix avec la France. Les traités de Westphalie marque une défaite du
Saint empire, une victoire de la France et un affaiblissement de l’empereur, Ferdinand III
Le saint empire est affaibli car dans les traités il y a réduction des pouvoirs de l’empereur au
profit de pouvoirs plus autonomes accordés aux états allemands qui composent le saint
empire. Surtout en matière religieuse car certaines provinces sont menée par des princes
protestants. Cela affaiblit l’autorité centralisée de l’empereur. Vers 1660, la France aura réussi
à affaiblir les Habsbourgs d’Autriche et d’autre part d’affaiblir l’Espagne qui cesse d’être une
puissance de premier plan. L’effet de la conquista sur la puissance espagnole sont neutralisés
par la politique française. Puisque le Saint empire est une zone dans laquelle les Habsbourgs
ont moins d’autorité, ceux-ci auront tendance à se tourner vers la Bohème et le Danube pour
exercer davantage leur influence sur cette zone à l’est depuis l’Autriche, siège de l’empire. Un
axe Autriche Bohème Danube est créé et est destiné à devenir un ensemble cohérent.

L’Angleterre connaît des troubles internes graves. 1642 1648 : guerre civile.
1649 : décapitation du roi Charles I. Etablissement d’une république. La république de
Cromwell 1649 – 1659. En 1660, Charles II restaure la monarchie anglaise.

La suède exerce sont influence sur la Baltique.

Il y a reconfiguration de la carte de l’Europe dans la première moitié du 17ème que l’on doit à
une politique française bien menée et où Mazarin occupe un rôle important. La France profite
des désordres en angleterre. Quand Louis XIV monte sur le trône, il a une marge d’action plus
importante et c’est pourquoi il sera si puissant.

La puissance française en Europe


1661 : Mort de Mazarin, Louis XIV prend la décision de gouverner seul, c'est-à-dire sans
premier ministre. Il développe alors l’absolutisme. Il devient le modèle du monarque absolu

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de droit divin. Il ne doit rendre des comptes qu’à dieu. Son pouvoir est confirmé et validé par
dieu. Il gouverne seul jusqu’à sa mort en 1715, un demi siècle de monarchie absolue. Il a la
passion de son métier de roi. Il a un sens politique extrêmement aiguisé qui lui vaudra une
idée géniale : il connaît le passé de la France, il sait combien la monarchie française a eu du
mal, notamment durant les guerres de religion et il sait que les aristocraties et les nobles sont
ses pires ennemis. Alors il pourrait faire comme les anciens rois de France, ceux qui se
montraient en permanence. Lui fait le contraire. Il a des traits de génie :

- Pour contrôler les aristocrates, il va faire le contraire. Il fait venir les aristocrates chez
lui, il fait alors construire Versailles. Les nobles vont alors y entrer, où le roi peut les
surveiller, les tenir par la vanité. Louis XIV sera toujours exposé au regard, mais c’est
le prix à payer pour enchaîner les aristocrates.
- Il a besoin de collaborateurs car il dirige seul. Il les choisit en fonction de leur talent et
pas nécessairement en fonction de leur noblesse. Il va s’entourer de roturiers qui
seront aux premières loges, à ses côtés, jouissant de ce privilège qui les fidélise. Ils lui
devront tout et ne seront rien sans lui. Ex : COLBERT ministre des finances
- Surveiller étroitement par des commissaires nommés par le roi les grands corps de
l’état. Le clergé, les parlements. Une série d’agents royaux vont surveiller ce que les
administrations font. Et puis il va vendre certaines charges publiques au plus offrant
comme par exemple les charges de collecteur d’impôt. Il donnait un pourcentage sur
les impôts au préleveur, ce qui l’assure que les collectes se font correctement. Les
révoltes seront baignées dans le sang.

L’édit de Nantes en 1685 est supprimé. La France ne peut être que catholique car il est
catholique. Il n’y a plus de protestants. En attendant, 200000 français protestants prennent le
chemin de l’exil. Il se concilie ainsi l’Eglise catholique comme un ami fidèle. Ce qui motive
la vie de Louis XIV par-dessus tout, c’est la guerre. Toute sa vie ne sera qu’une suite de
guerre. Le coût de la guerre et du train de vie de la monarchie française metront les finances
de la France à sec. Ses successeurs Louis XV et Louis XVI devront vivre avec ces problèmes
de finances épuisées.

Paysage européen alors que Louis XIV est au pouvoir :

Depuis le traité de Westphalie, les princes allemands ont beaucoup d’indépendance. La


famille HOHENZOLLERN est une famille puissante en Allemagne du nord et qui est à
l’origine d’un nouveau royaume qui va apparaître, le royaume de Prusse dont les fondements
sont jetés par Frederik Guillaume entre 1640 et 1688 mais dont les bases sont solidifiées par
aussi un Frederik Guillaume Ier entre 1713 et 1740. Il dote le royaume d’une armée puissante.
Cette Prusse est calviniste, c'est-à-dire protestante. Premier rival de la monarchie autrichienne
catholique des Habsbourgs. Viennes est tournée vers la Hongrie et se heurte aux Turcs. Une
grande Autriche au cœur de l’Europe centrale qui va accueillir les pays bas ainsi que l’Italie
du Nord. Le déclin de l’Espagne va se confirmer, devenant une monarchie de deuxième ordre
bien que toujours détentrice de ses colonies espagnoles. C’est plutôt vers la gestion de ses
colonies américaines que l’Espagne se tourne. En cette fin du 17ème c’est surtout en Angleterre
que les choses vont changer.

En 1660 Charles II avait réussi à faire renaître la monarchie. Charles II a un frère, Jacques II,
qui lui succède en 1685. Jaques II commet une grave erreur en se convertissant au
catholicisme dans un pays où l’anglicanisme est bien enraciné. Il va se heurter aux

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parlementaires, au parlement de Londres. Les parlementaires anglais appellent un prince de
hollande protestant, Guillaume III d’orange, et qui est l’époux de Marie, fille de Jacques II,
protestante aussi. Jacques II va s’enfuir en France. En 1689, Guillaume et Marie seront
proclamés roi et reine d’Angleterre par le parlement. Déclaration des droits qui fixent ….. et
qui souligne dans la monarchie anglaise l’importance du parlement, du pouvoir législatif. Le
parlement a naturellement concocté une déclaration en sa faveur. Les anglais l’appellent LA
Glorieuse Révolution de 1689. La monarchie devient constitutionnelle. Les fondements de la
monarchie parlementaire sont jetés. Ce parlementarisme se développera en Europe surtout au
19ème siècle. Jusqu’ici, jamais son régime n’a été remis en question. Nous sommes encore dans
une Europe monarchique mais les monarchies n’ont pas la même définition. Cette révolution
sera complétée par 3 textes fondateurs

- Le toleration act 1689 (acte de tolérance) Liberté de culte public mais pas pour les
catholiques, ils peuvent l’avoir mais en privé.
- L’acte d’établissement de 1701 écarte tout prétendant catholique à la couronne
d’Angleterre.
- L’acte d’union de 1707 place les royaumes d’Angleterre et d’Ecosse sous un même
roi, le Royaume Unis de Grande Bretagne.

Louis XIV va affirmer sa puissance en menant des guerres. Dès 1672, contre la Hollande car
elle est devenue une puissance économique. Il luttera contre l’Espagne, contre les Habsbourgs
et également contre l’Angleterre. En 1713-1714, une série de traités seront créés. D’après ces
traités il n’y a pas de vainqueur. La théorie de l’équilibre européen part d’un constat, lorsque
les grandes puissances se font la guerre, non seulement l’ordre qui s’en suit reste instable mais
on distingue finalement mal les vainqueurs et les vaincus. N’est-il pas possible pour les
grandes puissances d’être en équilibre entre elles ? N’est-il pas possible de trouver des
accords sur les revendications territoriales ? Des accords entre des grandes puissances peuvent
se nouer si il le faut, sur le dos des petits pays. C’est ainsi que va se développer la théorie de
l’équilibre européen. Le continent continue à évoluer.

La Russie de Pierre le Grand (né en 1672) ,un Tsar qui va tourner la Russie vers l’occident. A
la fois en la modernisant et aussi en essayant d’exercer un pouvoir sur la Baltique et la mer
noire, deux ouverture importantes pour l’influence russe. Il va donc se heurter aux turcs et
s’emparer des provinces baltes sur la Baltique. Il fonde sa capitale à Saint Petersbourg et
occidentalise le pays au point de prendre des mesures sur l’habillement des russes. Il interdira
la barbe et les cheveux longs. Il va développer l’instruction avec des livres européens,
moderniser son armée et son institution. Il développe une bureaucratie importante et intervient
dans la religion orthodoxe et lorsqu’il meurt en 1725, il a créé une Russie puissante tournée
vers l’Europe.

C’est au profit de l’Angleterre qu’il y a aura un changement de prépondérance. Durant tout le


18ème c’est l’Angleterre qui domine. Atout politique (régime parlementaire), puissance marine,
atout économique (à partir de 1740 c’est le berceau de la troisième grande révolution en
Europe, la révolution industrielle.) Pendant le 18ème, France et Angleterre seront en
compétition en particulier sur la mer et sur les colonies et l’Amérique du nord sera l’un de ces
enjeux. La politique internationale de l’Angleterre est très cohérente. A partir des années
1770, en Amérique du nord, la France et l’Angleterre s’y font la guerre. Les 13 colonies
anglaises d’Amérique du nord se posent la question de savoir si vraiment le lien avec la
métropole et avec la patrie sert encore à quelque chose. Pourquoi payer des impôts à
l’Angleterre ? Pourquoi dépendre de l’Angleterre pour tout ? Ces 13 colonies américaines

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anglaises vont s’émanciper à l’occasion de la guerre d’indépendance. Proclamation de la
république d’Amérique. Des libéraux jettent les bases de cette république et la déclaration des
droits accompagne … On peut conduire le destin d’une nation par les mots et les principes et
non par la violence. L’établissement de la première république du monde aura un écho sur le
reste du monde. L’Angleterre poursuit sa révolution industrielle. Domestic system, les
propriétaire de matières premières transformés en objets, le domestic system laisse place au
factory system, ce sont les travailleurs qui vont vers les machines installées dans des endroits
fixes. Les travailleurs se concentrent autour de ces machines, de ces usines et des matières
premières modifiant la conception du travail. L’ère du machinisme peut commencer. Une série
d’inventions techniques permettent l’émergence du machinisme, la plus connue étant la
machine à vapeur de James WATT qui date de 1769. La machine devient le cœur de
l’économie. Les industriels investissent pour la construction des usines et des machines en
vue de retire rune plus-value dans cette production et d’autre part il y a des ouvriers qui
vendent leur force de travail sous la forme de salaire. La croissance du machinisme sera
accompagnée de la croissance en nombre de cette nouvelle classe sociale qui apparaît alors et
qui va se développer au 19ème siècle, la classe ouvrière.

L’Angleterre est en pleine expansion malgré la perte de ses colonies, l’absolutisme en France
bat de l’aile. Les plus riches ne paient pas d’impôts en France. Les tentatives des conseillers
financiers du roi pour faire participer les nobles et le clergé à l’impôt sont vouées à l’échec.
Dans cette France absolutiste, la noblesse est très conservatrice sur ses privilèges. Les hauts
grades militaires, les hautes charges administratives et judiciaires, il faut prouver qu’on est
noble. La bourgeoisie française qui s’enrichit est frustrée de ne pas avoir accès à ces
avantages sociaux et est évidemment frustrée de payer elle des impôts face aux privilégiés.
Cette bourgeoisie va mijoter, durant les règles de Louis XV et XVI et sera le fer de lance de la
révolution de 1789

Civilisation des lumières au 18ème. Son démarrage est déjà au 17ème. La pensée scientifique
s’impose au 17ème avec des personnages emblématiques : Galilée (la terre n’est pas le centre
de l’univers). Descartes (fait triompher et rend pertinent le langage universel de l’univers qui
est propre à toutes les sciences, les mathématiques), Isaak newton (qui participe à la
destruction d’Aristote et du poids qu’il faisait peser sur l’enseignement, qui montre
l’importance de l’expérimentation, outre le fait de découvrir la loi de la gravitation
universelle.

Après la révolution scientifique, il y a la révolution des idées avec les philosophes de lumières
qui vont réfléchir à ce qu’est le pouvoir l’autorité. Montesquieu va séparer les pouvoirs, après
cela la nature du pouvoir sera questionné. Rousseau partira du principe qu’il doit s’établir un
contrat entre gouvernant et gouvernés, c’est le contrat social. Les gouvernants ne doivent leur
pouvoir qu’aux gouvernés, ils les représentent. Il y a aura un travail de sape engagé par les
philosophes contre les pouvoirs traditionnel comme l’Eglise, défense des libertés, de la
tolérance. Voltaire est le plus digne représentant. Il a fait un traité sur la tolérance. Des
systèmes politiques constitutionnels sont répandus sur le continent. Les philosophes des
lumières ont donné une cohérence à une certaine idée de la civilisation européenne.

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