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Critique de Monsieur GIULIO ENRICO PISANI , écrivain luxembourgeois d'origine italienne. De sa naissance jusqu'à 1951, il vit à Rome.

Après deux ans à Winterthur, neuf à Bruxelles et deux à Troisdorf, il s'établit en 1964 au Grand Duché et entre à l'ARBED, dont il est aujourd'hui retraité. Distingué au Concours Littéraire National en 1998 et 2002, il obtient en 2003 et 2005 le Hans-Bernhard-Schiff Literatursonderpreis.

François Lassere ou l’harmonie volcanique
Au coeur des montagnes de l’Auvergne, entre les puys qui défient le ciel, les lacs volcaniques sans fond et les sources qui sourdent entre les anciens magmas, jaillit une fontaine de création artistique d’une luminosité sans pareille. Réunissant dans ses tableaux et ses sculptures fraîcheur, originalité et hardiesse, François Lassere, génie de ces geysers bouillonnants, vient aujourd’hui éclabousser de l’écume de sa créativité l’espace enchanté de Claude Truchi, patron de « La Galerie ».(1) Et voilà que celui-ci peut offrir aux amateurs d’art du Luxembourg l’une de ses plus belles expositions à ce jour. il pratique en autodidacte différentes techniques artistiques. Il aurait également suivi pendant de longues années un cheminement hyperréaliste, pour aboutir – façon de parler ; rien n’est jamais abouti en art – à ce qu’il appelle « l’Oppositionisme ». Présenté en 2004 au Salon des Indépendants à Paris, ce nouveau concept fait l’objet en 2005 du livre de Lassere, « L’Oppositionisme ». Bien accueillie, sa création est répertoriée en 2006 au Livre des records et en 2007 au Livre des inventions. Médaille d’or de l’Académie de Rome dès 1998, Lassere est en outre référencé depuis l’an 2000 dans les guides internationaux de cotations et présent dans de très nombreuses galeries et expositions de par le monde. Sans vouloir entrer dans le détail du processus générateur de l’Oppositionisme, qu’il vous suffise, amis lecteurs, de réaliser tout d’abord l’émerveillement de l’autodidacte face à la multiplicité des styles et formes artistiques créées par la main et l’esprit l’homme depuis les chasseurs cavernicoles. Cela nous fait plus de trente millénaires. Or, rien que durant les mille années écoulées, on peut compter en peinture une bonne centaine de courants, mouvements ou écoles. Représentées dans leur majorité par des maîtres universellement admirés, nombre d’entre elles éblouissent sans doute l’artiste en herbe. Ne s’est-il pas demandé pourquoi tant de voies, tant de possibilités différentes, de choix souvent divergents dans le rendu du corps et des sentiments de l’être humain, de ses réalisations et des spectacles offerts par la nature ? Qui a-t-il vu juste ? Qui at-il fait le bon choix ? Mais aussi, qu’est-ce qui oppose leurs points vue ? Autant de questions que maint autre peintre et sculpteur, ou historien de l’art s’est déjà posé, bien sûr ! François Lassere aurait-il trouvé les réponses ? Probablement non ; et qui le pourrait ? Mais qu’importe ! Dans sa vision libre de préceptes et de préjugés les opposés ne se contredisent point. Hors toute école et usant d’une certaine manière de la piste d’envol surréaliste, qu’il n’abandonnera d’ailleurs pas tout à fait, Lassere court plusieurs lièvres à la fois, accorde les antagonismes et marie les opposés. Au vu du carton d’invitation au vernissage, je me suis dit « Holà-là, voilà que Claude Truchi expose un maître de la Renaissance ! ». Mais une seconde plus tard, je pensais plutôt au néo-classicisme, puis, une fois sur place, devant les tableaux originaux, à l’impressionnisme, ensuite au romantisme, à l’art nouveau, au cubisme, au surréalisme... En fait, aucun de ces rapprochements ne me satisfaisait. C’est qu’en chaque tableau de Lassere je voyais réalisée une harmonie rare ; et ce grâce à des techniques mixtes et à une subtile symbiose de styles commandée par la forte et omniprésente personnalité de l’artiste. Le spectateur peut dès lors sentir vibrer cette vigoureuse présence aussi bien dans l'?uvre contemplée que dans son propre subconscient, ce qui lui permet d’intérioriser l’esprit esthétique de l’artiste comme nul autre, et fût-ce l’artiste lui-même. « Freud ne limite pas l’esthétique à la théorie du beau mais la définit aussi comme celle des qualités liées à notre sensibilité », nous rappelle-t-on sur le site de Lassere.

Symphonies optiques incomparables, composées, interprétées et dirigées par un maestro aussi exigeant que virtuose, ses natures mortes et ses vues urbaines, tout comme ses nus et ses sculptures, allient finesse et bon goût, ainsi qu’une esthétique très sûre à une élégance rare. La puissance et la précision du dessin, une maîtrise parfaite de la perspective et une scénographie aussi intelligente qu’imaginative l'apparente, sans même qu’il ait fréquenté l’académie, à ces créateurs qui la transcendent sans la rejeter. Il n’y a dès lors rien d’étonnant, que le fait de caresser l’une de ses peintures ou sculptures de l'?il en passant soit un régal. Et que dire du plaisir profond que l’on ressent à s’y arrêter, à y pénétrer !? C’est que Lassere possède une manière bien à lui d’inviter l’esprit du visiteur à s’arrêter devant une table mise, à flâner dans un Paris magique, ou à caresser lentement des yeux les courbes sensuelles d’un nu. Il peint à la manière d’un directeur d’orchestre dirigeant ses musiciens et guidant ses auditeurs dans un concert comme les « Tableaux d’une exposition »(2), mais composé par lui-même. Compositeur, interprète et directeur tout à la fois, il sait découvrir l’extraordinaire dans l’ordinaire, l’en extraire et le magnifier. Notez, je parle bien d’orchestration et non de juxtaposition, de sensations et non de raison, et rejoins en cela Patrice de la Perrière, Directeur de « L‘Univers des arts » à PARIS, lorsqu’il affirme que « ...les toiles de François Lassere reflètent un univers vaste ou chaque élément, choisi par l’artiste, trouve sa véritable place avec authenticité et spontanéité. En effet, malgré l’apparence d’un travail minutieux, rien n’est intellectuel dans l’oeuvre peint de François Lassere ; bien au contraire, le message qu’il nous donne, est empli de sensualité et d’émotion et la vision qu’il nous offre est totalement habitée par une poésie... » Stop ! Vous pouvez lire la suite de ce texte sur le site de l’artiste, car ma perception à moi de cette exposition et, par conséquent son exposé dans ces colonnes, n’exige plus qu’un seul mot : poésie... Bon, bon, si vous y tenez vraiment, à avoir les points sur les « i », ajoutons encore sublime et inoubliable. Un must !