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DECLARATION DE POSITION Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts

DECLARATION DE POSITION

Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD) dans les pays en développement – prise de position de l’UICN à la CdP 15 de la CCNUCC

Quinzième session de la Conférence des Parties à la Convention- cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CdP 15), 7-18 décembre 2009, Copenhague, Danemark

Résumé des recommandations

Portée et objectifs

L’UICN exhorte les Parties à trouver un accord sur un mécanisme REDD-plus reconnaissant que le but ultime est d’éviter les émissions de gaz à effet de serre résultant du déboisement et de la dégradation des forêts comme élément nécessaire pour obtenir des réductions importantes de toutes les sources d’émissions d’origine anthropique en vue d’atténuer les effets des changements climatiques.

L’UICN exhorte en outre les Parties à faire en sorte qu’un mécanisme REDD-plus recouvre :

La réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts par des d’actions visant à protéger les forêts existantes contre des menaces immédiates et/ou à moyen terme par :

- La préservation : actions visant à protéger les forêts existantes, en particulier les forêts primaires, y compris celles qui ne font pas face à une menace immédiate de déboisement et de dégradation mais qui pourraient, à l’avenir, subir des pressions d’utilisation des sols créées par des fuites aux niveaux national et international, en particulier pour les pays qui ont une couverture forestière étendue et un faible taux de déboisement.

- La gestion durable des forêts : actions visant à empêcher le déclin à long terme et, au besoin, à accroître les stocks de carbone existants dans les forêts exploitées par les collectivités locales ou au niveau industriel, en particulier les forêts où il y a déjà une exploitation commerciale et une agriculture itinérante, tout en veillant à assurer l’approvisionnement économiquement, écologiquement et socialement durable en biens et services écosystémiques associés.

- Le renforcement des stocks de carbone forestiers : actions allant au- delà de « l’augmentation de la couverture forestière par le boisement et le reboisement » pour comprendre la restauration des écosystèmes forestiers à l’échelle des paysages. La restauration de plus d’un milliard d’hectares de terres forestières dégradées permettrait d’accroître considérablement les stocks de carbone et améliorerait la résilience et la santé d’écosystèmes aptes à fournir les multiples biens et services dont les populations ont besoin, à maintenir la diversité biologique et à renforcer l’intégrité écologique.

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :

Stewart Maginnis Director Environment and Development Group IUCN Headquarters Tel: +41 (22) 999 0264 stewart.maginnis@iucn.org

Carole Saint-Laurent Senior Forest Policy Advisor IUCN 70 Mayfield Ave Toronto Ontario M6S 1K6 Canada Tel:+1(416) 763-3437 carsaintl@bellnet.ca

Siège mondial de l’UICN Rue Mauverney 28 1196 Gland Suisse Tél.: +41 22 999 0000 mail@iucn.org www.iucn.org/unfccc

Principes – Mesures de sauvegarde

L’UICN exhorte les Parties à :

Décider de « garantir » plutôt que de simplement « promouvoir » les mesures de sauvegarde pour renforcer la confiance dans le régime REDD-plus et augmenter la capacité de ce dernier d’atténuer réellement les effets des changements climatiques.

Appuyer le maintien d’une mesure de sauvegarde contre la transformation des forêts naturelles et les écosystèmes naturels en plantations.

Décider que les activités REDD-plus doivent d’une part, être en harmonie avec la préservation de la diversité biologique et y contribuer et d’autre part, préserver et fournir des coavantages pour la diversité biologique et les services écosystémiques.

Prévoir la participation de toutes les parties prenantes en veillant à un équilibre entre les sexes, à la conception et à la mise en œuvre d’activités REDD-plus et en tenant compte de l’expérience des plates-formes pluriacteurs établies en appui à laréforme de la gouvernance forestière.

Inclure explicitement les femmes, les populations autochtones et les collectivités locales dépendant des forêts pour garantir une participation pleine et entière de tous les acteurs concernés aux processus de prise de décisions et aux activités REDD-plus.

Reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, y compris leur droit au consentement libre, préalable et en connaissance de cause, reconnaître et garantir la sécurité des droits fonciers relatifs aux ressources et soutenir leurs connaissances et leur systèmes de gestion traditionnels.

Moyens d’application

L’UICN exhorte les Parties à :

Garantir des flux financiers adéquats, prévisibles, durables et additionnels provenant de fonds publics pour les deux premières phases et des financements sur fonds publics et/ou marché pour la troisième phase.

La biodiversité pour une atténuation efficace des changements climatiques

Le mécanisme REDD-plus devrait permettre la préservation, la gestion et la restauration des forêts et des services qu’elles procurent à l’humanité de manière à atteindre les objectifs d’atténuation des changements climatiques, à aider à assurer des moyens d’existence durables et à maintenir l’aptitude de tout écosystème de fonctionner de façon saine pour continuer de fournir des biens et services. Pour ce faire, il importe de comprendre la relation entre la diversité biologique et l’atténuation des changements climatiques. Non seulement le

maintien et la restauration de la diversité biologique favorisent la résilience des forêts aux pressions anthropiques et aux effets des changements climatiques mais ils contribuent à assurer la stabilité à long terme des stocks de carbone. Vu sous cet angle, préserver la diversité biologique devrait être considéré comme une condition préalable indispensable à la réduction des risques associés aux activités REDD-plus. Les forêts primaires sont généralement plus riches en carbone, plus diverses en biodiversité et plus résilientes et ont une plus grande capacité d’adaptation que les forêts naturelles modifiées ou les plantations. Dans des paysages forestiers essentiellement intacts, où il n’y a que très peu de déboisement et de dégradation, la préservation des forêts

existantes, en particulier des forêts primaires, est vitale pour empêcher des émissions futures de gaz à effet de serre liées à la perte des stocks de carbone. Pour protéger les paysages forestiers intacts, il est une mesure de gestion qui a fait ses preuves : l’expansion et l’amélioration des réseaux nationaux d’aires protégées. Grâce à la gestion durable des forêts exploitées et à la restauration à l’échelle du paysage des écosystèmes forestiers dégradés, les écosystèmes sont plus résilients et plus adaptables que les plantations forestières en monoculture. Les politiques et les mesures qui favorisent la diversité biologique apportent donc des avantages en matière d’atténuation des changements climatiques qui viennent s’ajouter à toute une gamme de services écosystémiques et autres avantages sociaux.

Portée et objectifs

L’UICN félicite les Parties qui ont ajouté le « plus » aux négociations sur la REDD comme souligné dans le Plan d’action de Bali. Pour optimiser l’atténuation des changements climatiques au moyen de la REDD tout en apportant d’autres avantages issus des forêts dont les peuples et les sociétés ont besoin, il faut définir la portée de la REDD-plus. En inscrivant l’application pratique de la REDD-plus dans une perspective à l’échelle du paysage, il est possible de négocier un ensemble optimal de biens et services pour chaque site en particulier. C’est un moyen utile d’intégrer les services écosystémiques d’envergure mondiale (p. ex., atténuation des changements climatiques) aux services écosystémiques de portée locale (c.-à-d. préservation de la diversité biologique, approvisionnement en eau et qualité de l’eau, produits forestiers ligneux et non ligneux), une démarche nécessaire pour garantir le fonctionnement de la REDD-plus dans la pratique.

L’UICN exhorte les Parties à trouver un accord sur un mécanisme REDD-plus qui recouvre :

La réduction des émissions liées au déboisement et à la dégradation des forêts au moyen d’actions visant à protéger les forêts existantes contre des menaces immédiates et/ou à moyen terme de transformation des forêts et de nouvelle dégradation.

La « réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts » peut être réalisée par des moyens tels que :

- Clarification du régime foncier et des droits relatifs à la terre et au carbone

- Adoption et application de lois pour réduire le déboisement et la dégradation des forêts

- Établissement d’aires protégées ou de réserves forestières gérées par les collectivités locales

- Plans de paiement pour les services écosystémiques

- Activités en dehors du secteur des forêts pour réduire la pression sur les forêts (p. ex., agriculture durable certifiée, suppression des subventions qui encouragent l’expansion agricole dans des forêts naturelles intactes).

La préservation : actions visant à protéger les forêts existantes, en particulier les forêts primaires, y compris celles qui ne font pas face à une menace immédiate de déboisement et de dégradation mais qui pourraient, à l’avenir, subir des pressions d’utilisation des sols créées par des fuites aux niveaux national et international. Cela vaut tout particulièrement pour les pays qui ont une couverture forestière étendue et un faible taux de déboisement.

La « préservation » peut être réalisée par des moyens tels que :

- Création et gestion d’aires protégées et de corridors de connectivité

- Reconnaissance des initiatives de préservation prises par les collectivités locales dépendant des forêts et soutien à ces initiatives, y compris dans les aires conservées par les populations autochtones et les collectivités locales

- Accords pour la gestion des terres et dédommagements pour la préservation

- Paiements pour la fourniture de services écosystémiques générés par les écosystèmes forestiers protégés, y compris stockage du carbone, approvisionnement en eau, habitat pour les espèces sauvages, entre autres.

La gestion durable des forêts : actions visant à empêcher le déclin à long terme et, au besoin, à accroître les stocks de carbone existants dans les forêts exploitées par les collectivités locales ou au niveau industriel, en particulier les forêts où il y a une exploitation commerciale et une agriculture itinérante, tout en assurant

l’approvisionnement économiquement, écologiquement et socialement durable en biens et services écosystémiques associés. Ces actions devraient s’inscrire dans des cadres politiques nationaux porteurs qui englobent aussi de façon coordonnée les activités de préservation et d’accroissement des stocks de carbone.

La « gestion durable des forêts » peut être obtenue par des moyens tels que :

- Production de bois certifiée de manière indépendante

- Production durable de produits non ligneux

- Faible impact de l’exploitation en vue d’atténuer les dommages collatéraux causés aux arbres, à la couverture du sol et aux sols

- Interventions actives en matière de sylviculture pour protéger les forêts contre la modification destructrice, d’origine anthropique, du régime naturel des incendies, les ravageurs, les maladies et les espèces exotiques envahissantes

- Amélioration des pratiques de culture en rotation pour maintenir l’intégrité des forêts et l’étendue du couvert forestier.

Le renforcement des stocks de carbone forestiers : actions comprenant la restauration des forêts comme l’on proposé plusieurs délégations. Cela va au-delà de

« l’augmentation de la couverture forestière par le boisement et le reboisement ». Par

« restauration » l’UICN entend une

restauration des écosystèmes forestiers à l’échelle du paysage qui accroît considérablement les stocks de carbone et les stabilise et grâce à laquelle des écosystèmes résilients et en bonne santé sont aptes à fournir les multiples biens et services dont les populations ont besoin, maintenir la diversité biologique et renforcer l’intégrité écologique. De nombreuses Parties ont déjà une expérience bien établie en la matière. On estime que plus d’un milliard d’hectares de terres dégradées offrent des possibilités de restauration des paysages forestiers qui pourraient piéger environ 140 gigatonnes de CO 2 e d’ici à 2030. 1

« Le renforcement des stocks de carbone forestiers » peut être obtenu par des moyens tels que :

1 GPFLR : A World of Opportunity. November 2009.

- Zones que l’on laisse se régénérer naturellement ou qui sont régénérées par des plantations

- Zones restaurées pour la gestion des bassins versants

- Plantations commerciales et communautaires bien gérées établies sur des terres dégradées

- Forêts de protection restaurées pour servir de garde-fous contre les inondations, l’érosion et d’autres phénomènes catastrophiques

- Plantation d’arbres sur des terres agricoles et autres systèmes durables d’agroforesterie.

Principes et mesures de sauvegarde

Pour renforcer la contribution éventuelle des forêts à l’atténuation des changements climatiques, il faut des mesures de sauvegarde, faute de quoi les forêts pourraient être considérées comme des solutions à haut risque, moins attrayantes pour les investisseurs. En outre, l’adoption de mesures de sauvegarde adéquates s’impose pour éviter les conséquences non voulues de l’application de termes définis et de l’interprétation de termes non définis, comme par exemple, le remplacement de forêts primaires et/ou de forêts naturelles par des cultures d’arbres pérennes.

L’UICN exhorte les Parties à :

Décider de « garantir » plutôt que de simplement « promouvoir » les mesures de sauvegarde pour renforcer la confiance dans le régime REDD-plus et augmenter la capacité de ce dernier d’atténuer réellement les effets des changements climatiques.

Appuyer le maintien d’une mesure de sauvegarde contre la transformation des forêts naturelles et autres écosystèmes en plantations.

Décider que les activités REDD-plus doivent être en harmonie avec la préservation de la diversité biologique et préserver et fournir des coavantages pour la diversité biologique et les services écosystémiques. Cela suppose de veiller à protéger les forêts naturelles intactes contre le déboisement ou la dégradation, d’agrandir les réseaux d’aires protégées et de renforcer leur intégrité.

Prévoir la participation d’acteurs de tous les horizons, avec un équilibre entre les sexes, à la conception et à la mise en œuvre d’activités REDD-plus et tenir compte de

l’expérience des plates-formes pluriacteurs établies en vue de soutenir les processus de réforme de la gouvernance des forêts pour améliorer les capacités des pays de mettre en œuvre ces activités.

Inclure explicitement les femmes, les populations autochtones et les collectivités locales dépendant des forêts pour garantir une participation pleine et entière de tous les acteurs concernés aux processus de prise de décisions et aux activités REDD-plus. Cette mesure de sauvegarde devrait contribuer à faire en sorte que les collectivités locales dépendant des forêts reçoivent une part équitable des avantages découlant d’un mécanisme REDD-plus.

Reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, y compris leur droit au consentement libre, préalable et en connaissance de cause, soutenir les connaissances et les systèmes de gestion traditionnels et reconnaître et garantir la sécurité des droits et arrangements fonciers et relatifs aux ressources.

Moyens d’application

Une approche en plusieurs phases peut permettre à des pays aux circonstances différentes de piloter et d’intégrer rapidement les activités REDD de façon à satisfaire leurs besoins immédiats et à long terme tout en adoptant une approche fondée sur l’apprentissage pour aborder les moteurs du déboisement et de la dégradation des forêts. L’UICN soutient le consensus émergeant selon lequel un cadre opérationnel pour les activités REDD-plus pourrait être organisé en trois phases : phase de préparation et mise en place, phase intermédiaire et phase finale. Cette approche serait un cadre utile pour examiner comment le financement pourrait aller

vers les pays candidats à la REDD et comment les différentes sources de financement (fonds publics et marché y compris) pourraient être associées.

Compte tenu de l’échelle de l’enjeu, il est nécessaire d’avoir des flux financiers à long terme, garantis, stables et fiables et sous- tendus par une bonne coordination des donateurs ainsi que par des engagements clairs et à long terme tant de la part des pays développés qu’en développement. Pour dépasser le débat « marchés contre fonds publics » et utiliser les deux mécanismes, ainsi que d’autres sources de financement, de manière optimale et coordonnée, on pourrait adopter une approche de portefeuille. En outre, un financement de départ important sera nécessaire, par exemple pour renforcer les capacités, transférer la technologie, procéder à la réforme de la gouvernance de l’aménagement des sols et pour les activités institutionnelles de renforcement et de démonstration. Une fois que les conditions de base sont en place, il est clair que les mécanismes du marché ont la capacité de mobiliser des ressources financières plus considérables et de canaliser les investissements vers les activités les plus efficaces.

L’UICN exhorte les Parties à :

Garantir des flux financiers adéquats, prévisibles et durables, nouveaux et additionnels, dans un portefeuille de sources comprenant des fonds publics pour la première et la deuxième phase ainsi qu’un financement par le marché et/ou les fonds publics pour la troisième phase.

ANNEXE : L’APPROCHE EN PLUSIEURS PHASES : UN CADRE OPÉRATIONNEL POUR LES ACTIVITÉS REDD

L’UICN accueille avec satisfaction les proposes de nombreuses Parties de mettre au point un cadre opérationnel pour les activités REDD-plus afin de disposer de moyens efficaces d’application et de financement en plusieurs phases. Cette approche serait utile à plus d’un titre : pour renforcer la confiance, permettre une action rapide et examiner comment le financement pourrait aller vers les pays candidats à la REDD et comment les différentes sources de financement (fonds publics et marché y compris) pourraient être associées.

Plus précisément, ce cadre opérationnel devrait faciliter :

1. Les progrès de chaque gouvernement au rythme adapté aux circonstances nationales

2. L’établissement de plates-formes pluriacteurs garantissant la participation pleine et entière, efficace et équilibrée, des collectivités locales dépendant des forêts, et l’adoption systématique d’une perspective de parité hommes-femmes

3. La clarification et la reconnaissance des droits des populations autochtones et d’autres collectivités locales tributaires des forêts

4. La réduction et l’élimination des émissions de carbone de manière responsable et fondée sur les résultats

5. La mise au point d’une approche de « portefeuille » pour le financement afin de coordonner et mettre en adéquation le financement provenant d’une diversité de sources

6. Les mesures de renforcement des capacités correspondant aux besoins gouvernementaux et non gouvernementaux pour l’application de la REDD

7. Les réformes juridiques et politiques des fonctions gouvernementales clés nécessaires pour la mise en œuvre de la REDD, en particulier des améliorations des lois et règlements.

Des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses et diverses, pour clamer que la REDD-plus n’obtiendra des résultats durables que si on peut l’adapter aux circonstances particulières des pays tropicaux et si elle peut satisfaire directement les besoins des populations locales. À cet égard, l’UICN soutient le consensus émergeant selon lequel un cadre opérationnel pour les activités REDD-plus pourrait être organisé comme suit :

Première phase : Préparation et mise en place

Élaboration d’une stratégie REDD-plus avec, entre autres, l’identification de politiques clés et de mesures de renforcement des capacités institutionnelles (tant pour les acteurs gouvernementaux que non gouvernementaux) et l’établissement de priorités, afin de préparer le terrain pour les investissements de la deuxième phase grâce à la mise au point de systèmes MRV (mesure, communication, vérification), à l’identification des protocoles requis et à la planification des activités de démonstration. Cette phase pourrait bénéficier de mécanismes de subvention publics et privés, multilatéraux et bilatéraux tels que le FCPF et ONU-REDD.

Deuxième phase : Intermédiaire

Mise en place ou renforcement de politiques et de mesures permettant la mise en œuvre de la REDD-plus et, selon les résultats, encourageant des investissements publics et privés revus à la hausse dans les domaines suivants : a) capacité institutionnelle, gouvernance forestière et information; b) activités du secteur forestier telles que réformes agraires, gestion des forêts et restauration des paysages forestiers dégradés, gestion des feux à l’échelon communautaire, etc.; c) activités hors-secteur forestier pour réduire les pressions sur les forêts (p. ex., agriculture durable certifiée, approvisionnement durable en énergie de la biomasse et agroforesterie). Les solutions de financement basées sur les résultats pourraient comprendre des contributions

volontaires des gouvernements, des prélèvements internationaux liés au marché et aux transactions, des sources de financement multilatérales concessionnaires, des fonds bilatéraux et privés.

Troisième phase : Finale

Les mécanismes tels que le marché du carbone et les mécanismes reposant sur des fonds devraient, avant la troisième phase, fournir des paiements fondés sur les résultats. La vérification des réductions d’émissions ou du renforcement des stocks de carbone forestiers par rapport à un niveau de référence national devrait être faite par une tierce partie indépendante. Un mécanisme de marché devrait être appuyé par un cadre réglementaire national approprié pour garantir la crédibilité par des mesures claires en cas de non-respect, des règles claires concernant la la gestion des risques et la mise en place d'un cadre approprié pour la distribution équitable des revenus de REDD. Un mécanisme opérationnel est souhaitable pendant la première période du marché REDD pour se prémunir de la l'instabilité des prix. Comme pour les autres phases, le passage à la troisième phase se ferait au cas par cas et serait différent pour chaque pays.

Exécution fondée sur les résultats Le financement de la REDD-plus doit reposer sur les résultats obtenus tout au long des trois phases. Les résultats de la troisième phase doivent être étayés par des rapports sur la mesure et la vérification par tierce partie des réductions des émissions de CO 2 qui sont additionnelles au niveau de référence national. La deuxième phase nécessite des indicateurs supplétifs fondés sur les résultats, en réponse à des moteurs locaux spécifiques du déboisement et de la dégradation des forêts comme, par exemple, des mesures du taux global de déboisement, la mise en œuvre prouvée de politiques ou le renforcement en pratique des droits des populations autochtones et des collectivités locales. Il faudra avoir une bonne connaissance des facteurs de changement dans les stocks de carbone forestier pour agir efficacement contre les moteurs du déboisement et de la dégradation des forêts et cela, à son tour, nécessitera des processus efficaces, participatifs et nationaux.

Les déclencheurs des différentes phases Pour générer une confiance suffisante dans les capacités de la REDD-plus d’obtenir des réductions durables des émissions, le passage des pays d’une phase à l’autre pourrait se décider en fonction de déclencheurs spécifiques, avec l’avis d’un organisme de vérification indépendant. Le passage d’une phase à l’autre pourrait s’appuyer sur l’application de mesures spécifiques associées à chacune des phases, notamment : a) la transparence et la participation réelle de tous les groupes d’acteurs clés (gouvernance des forêts améliorée); b) la viabilité à long terme de la réduction des émissions par la promotion de coavantages sociaux et environnementaux, notamment la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques; et c) la mise en place d’une gestion des risques appropriée, l’attribution de la responsabilité et la mise en œuvre de règlements sur le non-respect.