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Royaume du Maroc Secrétariat d'Etat chargé de l'environnement

Projet PNUD/PNUE RC MDP Maroc

Etude sur les possibilités d'investissement au Maroc en matière de certificats de réduction de l'émission de gaz à effet de serre

Rapport final

Hassan Rifki

Edesa

Janvier 2004

Sommaire

Avant propos……………………………………………………………………2

L'autorité Nationale MDP……………………………………………………….3

Cadre économique de la commercialisation des certificats MDP……….…

Segment n°1 :

Achat des certificats en tant qu'opération commerciale………………….….… 6

…3

Segment n°2 :

Achat des certificats en tant qu'opération de placement financier……… ….….6

Segment n°3 :

Achat des certificats en tant qu'opération de transition financière………

……7

Segment n°4 :

Achat des certificats en tant qu'opération de tiers payant…………………….…8

Cadre juridique de la commercialisation des certificats MDP………………… 9

Exportation de certificats ……………………………………………………… 9

Réglementation de change en matière d’exportation………………….……

13

Financement des opérations d'achat de certificats MDP……………………

13

Le cadre réglementaire de la vente des certificats MDP……………….………13

Le cadre juridique de l’entreprise au Maroc………………………….……… 15

1- Création d’une agence commerciale ………………………… 2- La représentation commerciale……………………………………

3- La création d’un cabinet de courtage…………………………………….….22

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……20

…………

Annexe 1 : Données géographiques du Maroc …………………………….… 24

Annexe 2 : Avantages accordés a l'investissement au Maroc………………

27

Annexe 3 : Fonds de dépollution industrielle « FODEP »…………

………

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Avant propos

La présente étude porte sur le cadre réglementaire et financier de l'investissement au Maroc en matière de réduction de gaz à effet de serre. Il s'agit d'une analyse du cadre légal et juridique qui a pour but de motiver en amont la décision de réduire les GES et en aval celle, d'investir dans l'achat des certificats MDP.

Les aspects traités dans le cadre de cette étude sont volontairement ceux en relation directe avec le thème des certificats MDP. S'agissant d'une pratique nouvelle au Maroc, il est nécessaire d'approfondir la réflexion pour la mieux situer dans son contexte légal.

En effet, la livraison des certificats et leur commercialisation ne repose à l'heure actuelle sur aucune base juridique solide. La matérialité de la créance justifiée par le certificat est encore fragile. L'Autorité Nationale chargée du MDP ne peut elle-même en l'état actuel des choses assurer une quelconque garantie de bonne fin aux transactions en matière de certificats MDP.

Plusieurs facteurs favorisent encore la fragilité de ce système nous en citerons notamment :

- La non ratification totale de l'accord de Kyoto,

- Prix fluctuant de la tonne de carbone économisée,

- Marché jeune et manquant d'expérience,

Aussi, l'intérêt du présent travail est de mettre en place les jalons d'une réflexion juridique et économique à propos des conditions de commercialisation et de promotion des activités du programme MDP au Maroc.

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L'Autorité Nationale MDP

L'autorité nationale MDP est un comité interministériel présidé par le Secrétaire d'Etat chargé de l'Environnement. Ce comité fonctionne de manière autonome et fait office d'institution légale habilité d'attester de la conformité des projets au protocole de Kyoto.

Le cadre juridique de l'Autorité Nationale MDP

Bien que sur le plan du droit administratif, l'Autorité Nationale peut agir en tant que mandataire légal du gouvernement marocain en matière de MDP, il serait souhaitable à ce que cette légitimité soit confirmée par un arrêté du Secrétaire d'Etat chargé de l'environnement.

Cet arrêté est d'autant plus nécessaire de par le fait que l'activité du MDP est appelée à manipuler des fonds et à signer des accords.

Le fonctionnement de l'Autorité Nationale MDP

Afin d'assurer la pérennité des actions du programme MDP, l'Autorité Nationale qui en a la charge doit disposer de ressources permanentes. A ce titre il serait souhaitable à ce que 2% de la valeur des certificats vendus soit versée au compte de l'Autorité Nationale.

Cette participation de 2% alimentera un fonds de fonctionnement de l'Autorité et contribuera au financement d'une partie des programmes de formation et de recherche en matière de changement climatiques.

La contribution de 2% doit être instituée par arrêté du Secrétaire d'Etat chargé de l'environnement et doit être publiée au Bulletin Officiel. Toutefois, il est nécessaire d'étudier les modalités pratiques de versement de cette contribution de 2% qu'il est possible de percevoir directement de l'opérateur international plutôt que du bénéficiaire local.

Les taxes liées aux certificats MDP

Les certificats MDP ne sont pas soumis à la TVA parce que ce sont des produits destinés à l'exportation.

Les bénéfices dégagés au titre de l'achat et la revente de certificats MDP sont similaires à ceux dégagés par toute activité commerciale destinée à l'export. C'est-à-dire que les entreprises exportatrices de certificats MDP peuvent

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bénéficier de l'exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant une période de cinq ans et d'une réduction de 50% dudit impôt au-delà de cette période.

Cadre actuel régissant l’investissement au Maroc des points de vue législatif, réglementaire et financier

Le principal cadre qui régit l'investissement au Maroc est le code de commerce publié par le Dahir 1-96-83 du 1 er Août 1996 portant promulgation de la loi

n°15-95.

Cependant, le Maroc a mis en place plusieurs instruments pour la promotion de l'investissement. Nous en citerons la charte de l'investissement, le programme de mise à niveau et les Centres régionaux d'investissement.

Les Centres régionaux d'investissement

Les CRI sont en place au niveau de toutes les régions économiques en vue d'assister les investisseurs en matière de procédures d'investissement. Ces centres actuellement érigés en SEGMA c'est-à-dire en établissements gérés de manière autonome sont l'interlocuteur privilégié des investisseurs au niveau local.

Le programme de mise à niveau propose une série de mesures en vue d'aider les entreprises en matière d'amélioration des méthodes de production et de gestion. Le volet de la protection de l'environnement et de la production propre bénéficie

dans ce cadre de multiples actions. Voir

www.miseaniveau.gov.ma

Cadre économique de la commercialisation des certificats MDP

L'opération d'achat et de revente de certificats MDP est une opération qui peut s'apparenter à une simple transaction commerciale ou au contraire à une opération de placement financier ou stratégique.

Ainsi, les facteurs qui pousseraient un entrepreneur à investir dans l'achat des certificats MDP varient selon son statut juridique et son style de management. En effet, les quatre segments de marché suivants peuvent être proposés pour les certificats MDP :

- Segment n°1 : L'achat des certificats MDP en tant qu'opération commerciale,

- Segment n°2 : L'achat des certificats MDP en tant qu'opération de placement financier,

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- Segment n°3 : L'achat des certificats MDP en tant qu'opération transition financière.

- Segment n°4 : L'achat des certificats MDP en tant qu'opération de tiers payant

Segment n°1

L'achat des certificats MDP en tant qu'opération commerciale

Dans ce cadre, l'investisseur n'est motivé que par l'achat et la revente de ce titre de reconnaissance de réduction de carbone. Pour ce faire, il agirait comme collecteur grossiste qui commercialiserait ses certificats auprès d'un Etat ou d'un opérateur international.

Profil des investisseurs dans ce segment de marché

Il s'agit de négociants internationaux qui sont à la recherche d'opérations ponctuelles d'intermédiation commerciale entre un vendeur et un acheteur. Le vendeur étant l'entrepreneur marocain ayant investi dans l'installation d'équipements réducteurs d'émission de carbone. L'acheteur final étant le pays qui cherche à justifier son quota de réduction de l'émission de GES.

Démarche promotionnelle :

L'autorité nationale aura à éditer et diffuser la liste des ces opérateurs internationaux en matière de certificats MDP notamment en indiquant leur représentants au niveau du Maroc.

Segment n°2

L'achat des certificats MDP en tant qu'opération de placement financier

Les opérateurs qui seraient intéressés dans ce cas sont ceux qui disposeraient d'une épargne financière et qui chercheraient à la rentabiliser dans l'achat d'un produit financier au même titre que l'achat d'obligations en bourse ou de bons de trésor.

Cependant, cette hypothèse suppose la garantie pour l'investisseur de pouvoir récupérer dans le futur à la fois sa mise de départ augmentée d'un bénéfice. Pour cela, la décision d'investir dépendrait de l'importance de ce bénéfice et de la certitude de pouvoir récupérer sa mise de départ.

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Ainsi, les certificats MDP devraient disposer d'une garantie de l'Etat pour une valeur à définir au préalable en fonction de la quantité de carbone certifiée réduite. Cette garantie doit être si elle ne l'est déjà, convenu entre l'Etat financeur et le Gouvernement du Maroc (Etat réducteur de carbone).

Profil des investisseurs dans ce segment de marché

Les investisseurs institutionnels tel que les organismes de prévoyance sociale et qui sont d'ailleurs les plus sensibles au développement durable, du fait qu'ils opèrent à long terme, seraient les plus indiqués pour ce segment de marché.

Démarche promotionnelle :

A défaut d'une cotation en bourse des certificats MDP, l'autorité nationale doit

assurer cette garantie de l'Etat et créer les mécanismes de sécurisation de l'investisseur institutionnel. Il serrait recommandé à ce propos, de prendre

attache avec le Comité de Déontologie des Valeurs Mobilières (CDVM), pour avis technique et d'étude d'opportunité d'une telle approche.

Segment n°3

L'achat des certificats MDP en tant qu'opération de transition financière

Dans ce segment, l'achat des certificats MDP pourrait être encouragé dans le cadre de la reconversion de la dette publique du Maroc. C'est-à-dire que celui qui achèterait une certaine quantité de certificats MDP se verrait bénéficier d'un bonus à l'entrée.

Concrètement, si un investisseur français décide d'acheter des certificats MDP pour une valeur X dont le niveau minimum pourrait être défini par l'autorité nationale du MDP et le Ministère des Finances, cet investisseur ne paierait que X-5%. Sachant que l'investisseur en question, doit payer cette somme réduite au

Trésor français et en contre partie, il dispose en vertu des accords entre la France

et le Maroc, d'une somme en dirhams de X à condition qu'il l'investisse au

Maroc.

Cet investissement pouvant lui-même faire l'objet de l'achat d'autres certificats MDP ou dans d'autres activités comme celle d'installation d'équipements de réduction de gaz à effet de serre.

D'une manière générale, le segment n°3 pourrait être développé avec les entrepreneurs issus de tous les pays avec lesquels le Maroc a signé un accord de reconversion de la dette (France, Espagne, Italie….).

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Profil des investisseurs dans ce segment de marché :

Ce sont des investisseurs étrangers institutionnels ou privés qui souhaiteraient réaliser un double gain. Un premier bonus au niveau du rachat de la dette sur le Maroc à un prix inférieur à la valeur nominale. Un deuxième bonus au niveau de la revente des certificats sur le marché international.

Démarche promotionnelle :

L'autorité nationale du MDP devrait éditer des brochures explicatives des procédures d'achat des certificats MDP dans le cadre de la reconversion de la dette. Ces brochures doivent démontrer la rentabilité de l'opération dans l'optique de l'investisseur. L'autorité nationale MDP devra également faire inscrire, auprès du Ministère des Finances, le rachat des certificats comme opération d'investissement.

Notons par ailleurs, que l'étude justificative de l'impact positif que jouerait le projet sur l'économie nationale, que le Ministère des Finances demande pour agréer tout projet à l'éligibilité au financement dans le cadre de la reconversion de la dette, peut être dévolu à l'autorité nationale MDP.

Segment n°4

L'achat des certificats MDP en tant qu'opération de tiers payant

Plusieurs projets éligibles au MDP peuvent être réalisés au Maroc notamment dans le domaine de l'exploitation des décharges publiques grâce à la mise en place de procédure dite de tiers payant.

Pour expliciter ce concept, nous prendrons un exemple concret : celui de la décharge publique d'Al Hoceima. Cette ville a réellement besoin d'une décharge publique respectant toute les normes de protection de l'environnement. Les ordures actuelles sont en partie jetées par le vent et autres facteurs dans la mer qui les rejette à son tour dans certaines plages de la ville. Une usine de traitement des ordures s'impose.

Cette usine devrait être agréée MDP. Un investisseur potentiel pourrait installer une telle unité pour le compte de la municipalité d'Al Hoceima et des communes avoisinantes et se faire payer par les certificats MDP et par le différentiel d'économie, de propreté et de qualité qu'induirait un tel projet. L'équipementier peut se suffire de sa mission technique ou s'engager jusqu'au niveau même de la gestion effective de la décharge.

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Notons par ailleurs, que cette notion de paiement sur la base des certificats MDP

et d'une partie du gain suite à la réduction des coûts qu'engendrerait un nouvel

équipement peut concerner également plusieurs projets privés.

Profil des investisseurs dans ce segment de marché :

Ce sont des investisseurs nationaux ou internationaux fournisseurs d'équipement utilisant des technologies réductrices d'émission de Gaz à effets de serre.

Démarche promotionnelle :

La charte communale est un excellent cadre à exploiter pour promouvoir des projets dans un tel segment. Les projets dits d'économie mixte (communes - privés), le cadre juridique des syndics des communes et les possibilités de financement qu'offre le Fonds d'équipement des Collectivités Locales (FEC), devraient être exploités pour développer le côté institutionnel de ce segment.

Cadre juridique de la commercialisation des certificats MDP

Exportation de certificats de réduction d'émission de gaz à effet de serre

Le Maroc a adopté le libéralisme économique et a adhéré à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Sa politique en matière de commerce extérieur

s'articule autour de la promotion des exportations et l'allègement des procédures

et des charges pour les exportateurs.

La vente de Certificats MDP est une exportation. Sa particularité réside dans le fait que le vendeur (exportateur marocain) et l’acheteur (importateur-étranger) peuvent ne pas se connaître.

A cet effet, le système du commerce extérieur repose sur des mécanismes qui

assurent à chacune des deux parties la certitude du paiement et la bonne

réception de la marchandise.

Traditionnellement, l’import-export met en jeu, du côté du vendeur et de l'acheteur, à la fois, la banque, le transporteur, le transitaire et la douane.

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Banque Banque Relation commerciale Vendeur Acheteur (Courrier, fax, internet, visite, téléphone, foire, )
Banque
Banque
Relation commerciale
Vendeur
Acheteur
(Courrier, fax, internet, visite, téléphone, foire, )
Transitaire
Transitaire
Douane
Douane
Transporteur

LES DOCUMENTS D’EXPORTATION :

Le terme "documents" signifie à la fois les factures, et les formulaires spéciaux fournis par l'autorité Nationale MDP.

L’ensemble de ces documents ouvre le droit de propriété du Certificat MDP. L’acheteur doit les présenter pour pouvoir disposer du Certificat proprement dit.

Pour ce faire, le vendeur exige la garantie de paiement avant la remise des documents à l'acheteur. Ce rôle est joué par la banque.

LES SYSTEMES DE PAIEMENT EN MATIERE DE CERTIFICATS MDP

Le paiement d’une opération d’achat de certificat MDP peut être réalisé selon l’une des modalités suivantes :

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Paiement par chèque, en espèces ou par carte de crédit.

Paiement par virement

Paiement par traite

Paiement par lettre de crédit.

LE PAIEMENT PAR LETTRE DE CREDIT :

La lettre de crédit est un document par lequel l’acheteur donne ordre à sa banque de payer le vendeur selon des conditions précises.

Ces conditions portent sur la nature et la valeur convenue pour le Certificat MDP, les modalités de livraison, les délais à respecter et les documents à transmettre.

La lettre de crédit est notifiée au vendeur par l'intermédiaire de sa banque. Si celui-ci accepte les termes de la lettre de crédit, il engage la procédure d’expédition des Certificats. Dans le cas contraire, il demande à l’acheteur d’apporter toutes modifications qu’il juge nécessaires.

Types de lettre de crédit Crédit Crédit Paiement documentaire à documentaire à contre terme vue
Types de lettre de crédit
Crédit
Crédit
Paiement
documentaire à
documentaire à
contre
terme
vue
documents

CREDIT DOCUMENTAIRE

Le crédit documentaire doit être toujours irrévocable et confirmé. C’est-à-dire, que l’acheteur s’engage de ne pas revenir sur sa décision et qu’en outre la banque émettrice confirme cet engagement.

Le crédit documentaire est dit, à terme, lorsque le paiement s’effectue à une échéance définie entre les deux parties.

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Selon la réglementation marocaine, les exportateurs ne peuvent accorder de délai de paiement supérieur à 150 jours (sauf autorisation de l'Office des Changes).

Le crédit documentaire est dit, à vue, lorsque le paiement doit être effectué dès la remise à la banque des documents d’expédition du Certificat MDP.

. PAIEMENT CONTRE DOCUMENTS

Le paiement contre documents est un mode risqué car le client ne paiera qu’à la réception des documents.

La responsabilité de la banque n’est pas forcément engagée dans ce cas .

Réglementation de change en matière d’exportation :

Les opérations d'exportation de marchandises doivent donner lieu à la souscription d'un titre d'exportation. Toutefois, l'Autorité Nationale MDP peut demander à dispenser la vente de certificats MDP de cette obligation :

b) Rapatriement des recettes d'exportation :

L'exportateur (vendeur de certificats), est tenu d'encaisser et de rapatrier, au Maroc, le produit intégral de sa vente dans un délai maximum de 150 jours, à compter de la date de la remise du certificat, sauf autorisation préalable de l'Office des Changes.

Certificat d'origine :

Pour bénéficier des préférences prévues par les conventions et accords bilatéraux ou multilatéraux, les exportations, effectuées dans ce cadre, doivent se conformer aux critères d'origine exigés par l'Administration des Douanes et Impôts Indirects.

Les certificats d'origine, attestant la conformité aux dits critères, sont établis sur des formulaires visés par l'Administration des Douanes et Impôts indirects.

Les exportations vers l'Union Européenne doivent être couvertes par le certificat d'origine établi sur les formulaires «EUR 2» pour les expéditions par voie postale, ou «EUR 1» pour les autres modes d'expédition.

Les exportations, effectuées dans le cadre du Système Généralisé des Préférences (SGP), doivent être accompagnées du formulaire (APR), pour les

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expéditions par voie postale, ou du certificat d'origine «Formule A» pour les autres modes d'expédition.

Le "Formule A" n'est pas exigé pour les exportations à destination des Etats-Unis d'Amérique. Une déclaration est établie par l'exportateur et présentée uniquement à la demande du Receveur des Douanes du District (District Collecter Custom).

FINANCEMENT

MDP

DES

OPERATIONS

D'ACHAT

DE

CERTIFICATS

Les projets d'investissement relatifs au secteur de l’import-export, peuvent être financés par recours à une banque marocaine ou étrangère.

Pour bénéficier du financement, le dossier, à présenter à la banque, doit comporter une étude de faisabilité détaillée et tous les éléments susceptibles de démontrer la rentabilité du projet.

Les investissements effectués en devises, peuvent être réalisés librement, sans l'accord préalable de l'Office des Changes.

Les opérations de capitalisation, de comptes courants et de créances, sont également considérées comme apport en devises.

Garanties de crédits :

La Caisse Centrale de Garantie (CCG), située à Rabat, et Dar Addamane, située à Casablanca, ont pour rôle de garantir à hauteur de 50% les crédits contractés par les entreprises créées au Maroc. Pour cela, un dossier doit être préparé et remis à l’un de ces organismes en même temps qu'à la banque.

Le cadre réglementaire de la vente des certificats MDP

La vente des certificats MDP est considérée comme cession de créances professionnelles. Elle peut être alors analysée à la lumière des articles 529 à 536 du code de commerce.

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En effet, selon l'article 529 du code de commerce, "Toute personne physique, dans l’exercice de son activité professionnelle, ou toute personne morale, de droit privé ou de droit public, peut céder, par la seule remise d’un bordereau à

un établissement bancaire, toute créance détenue sur un tiers, personne physique dans l’exercice de son activité professionnelle, ou personne morale de droit privé ou de droit public.

La cession transfère à l’établissement cessionnaire la propriété de la créance cédée soit en contrepartie de l’avance de tout ou partie de son montant, soit en garantie de tout crédit que l’établissement a délivré ou délivrera au cédant".

A ce titre les certificats MDP sont considérées comme un titre de créances

cessible. Le problème qui se poserait alors est d'identifier le tiers sur lequel la créance est détenue. Autrement dit qui doit payer cette créance. A défaut d'un débiteur identifié, le certificat serait un simple titre au porteur transmissible par voie contractuelle.

A ce niveau se pose bien entendu toute la force juridique du certificat MDP est de la garantie qu'offre l'Autorité Nationale quant à la certitude de pouvoir percevoir l'équivalent monétaire de la réduction d'émission de gaz à effet de serre.

Cependant le certificat MDP pourrait être interprété à la lumière de l'article 530 du code de commerce comme étant bel et bien une créance cessible même résultant d’un acte à intervenir et dont le montant et l’exigibilité ne sont pas encore déterminés.

La cession des certificats MDP doit toutefois faire l'objet d'un bordereau signé et

daté par le cédant et par le cessionnaire.

Ce bordereau doit comporter les énonciations suivantes :

1) la dénomination « acte de cession de créances professionnelles » ; 2) la mention que l’acte est soumis aux dispositions du chapitre VII du code de commerce ; 3) le nom ou la dénomination de l’établissement bancaire bénéficiaire ; 4) la liste des créances cédées avec l’indication, pour chacune d’elles, des éléments susceptibles de permettre son individualisation, notamment par la mention du nom du débiteur, de son lieu de paiement, de son montant ou de son évaluation, de son échéance, et, éventuellement, du numéro de la facture.

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Toutefois, lorsque la transmission des créances cédées est effectuée par un procédé informatique permettant de les identifier, le bordereau peut se borner à indiquer outre les mentions visées aux 1°, 2°, 3°, le moyen par lequel elles sont transmises, leur nombre et leur montant global.

En cas de contestation portant sur l’existence ou sur la transmission d’une de ces créances, le cessionnaire peut prouver, par tout moyens, que la créance objet de la contestation, est comprise dans le montant global porté sur le bordereau.

Le titre qui n’est pas signé du cédant ni daté par le cessionnaire, et dans lequel une des mentions indiquées ci-dessus fait défaut ne vaut pas comme acte de cession de créances professionnelles.

Article 532 : La cession transfère au cessionnaire les sûretés qui garantissent la créance. Le cédant est garant solidaire du paiement de la créance cédée.

Article 533 : Le bordereau peut être établi à ordre. Il n’est alors transmissible qu’à un autre établissement bancaire.

Article 534 : La cession prend effet entre les parties et devient opposable au tiers à la date portée sur le bordereau. A compter de cette date, le cédant ne peut, sans l’accord du cessionnaire, modifier l’étendue des droits attachés aux créances énumérées dans le bordereau.

Article 535 : Le cessionnaire peut, à tout moment, interdire au débiteur de la créance cédée de payer entre les mains du cédant. Le débiteur ne se libère alors valablement qu’auprès du cessionnaire.

Article 536 : Sur la demande du cessionnaire, le débiteur peut s’engager à le payer directement ; cet engagement est constaté, à peine de nullité, par un écrit intitulé « acte d’acceptation de la cession d’une créance professionnelle ».

Dans ce cas, le débiteur ne peut opposer au cessionnaire les exceptions fondées sur ses rapports personnels avec le cédant, à moins que le cessionnaire, en acquérant la créance, n’ait agi sciemment au détriment du débiteur.

Le cadre juridique de l’entreprise au Maroc

Il y a six formes juridiques d'exercice d'une activité commerciale au Maroc :

1. Créer une société (sarl, Sa, Snc, Sca, Association en participation)

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2.

Créer une entreprise individuelle en s’inscrivant, à titre personnel, à la patente et au registre de commerce.

3. Exercer une profession libérale : C’est-à-dire un métier réglementé tels que médecins, avocats, pharmaciens, architectes …etc.

4. Créer une coopérative.

5. Créer un groupement d’intérêt économique. C’est le moyen qui permet à des sociétés de se regrouper pour agir de manière unifiée pour réaliser un marché public ou une opération d’envergure.

6. Créer une association d’intérêt économique. Cette appellation existe dans les faits mais pas de manière officielle. Elle concerne les associations qui exercent des activités qui génèrent des revenus destinés à assurer la continuité et le développement de l'association.

Entreprise

individuelle

Activité libérale

Société
Société
Entreprise individuelle Activité libérale Société Groupement d'intérêt économique Association
Entreprise individuelle Activité libérale Société Groupement d'intérêt économique Association
Entreprise individuelle Activité libérale Société Groupement d'intérêt économique Association

Groupement d'intérêt économique

Association d'intérêt économique
Association d'intérêt
économique

Coopérative

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L'achat au Maroc des certificats MDP et leur commercialisation sur le plan international peut être effectué par (1) la création d'une agence commerciale, (2) la représentation commerciale ou (3) la création d'un cabinet de courtage.

1- Création d’une agence commerciale

L’agence commerciale est un contrat qui met en relation les trois intervenants suivants :

- L’entreprise

- L’agent commercial

- Le client

L’agent commercial représente localement l’entreprise moyennant une rémunération dite "commission".

L’agent commercial peut être chargé d'un secteur géographique ou d'un groupe de personnes déterminé.

Dans ce cas, l'agent commercial a droit à une commission pour toute opération conclue directement par l’entreprise, pendant la durée du contrat, avec un client appartenant à ce secteur géographique ou à ce groupe.

L'agent commercial peut représenter plusieurs entreprises. C'est ce qu'on appelle un agent "multicartes".

Cependant, l'agent commercial ne peut représenter des entreprises concurrentes. L'agent commercial et l'entreprise employante sont liés par une obligation réciproque de loyauté et d'information.

Le contrat d'agence commerciale peut être conclu pour une durée déterminée ou pour une durée indéterminée.

Le contrat à durée déterminée, que les parties continuent à exécuter après l'expiration de cette durée, devient un contrat à durée indéterminée.

La rémunération de l'agent commercial

L'agent commercial a droit à une rémunération fixée par la convention qui lie les deux parties. Si la convention ne spécifie pas cette rémunération, celle ci est fixée en fonction des usages de la profession.

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Cette rémunération peut consister en une commission calculée sur le volume des affaires traitées par l'agent.

En l'absence de clause du contrat ou d'usage de la profession, le montant de cette commission est fixé par le tribunal, compte tenu de l'ensemble des éléments de l'opération.

Pour toute opération commerciale, conclue pendant la durée du contrat, l'agent commercial a droit à une commission.

La commission est exigible lorsque l'opération a été conclue grâce à l'intervention de l'agent commercial.

Pendant la durée du contrat

L'agent commercial a également droit à une commission pour toute opération conclue pendant la durée du contrat, avec une personne appartenant à son secteur géographique ou au groupe de personnes dont il est chargé.

Après cessation du contrat

Pour toute opération commerciale conclue après la cessation du contrat d'agence, l'agent a droit à une commission lorsque :

- l'opération est principalement due à l'activité qu'il a déployée, au cours de l'exécution du contrat et qu'elle a été conclue dans un délai d'un an, à compter de la cessation du contrat,

- l'ordre du client a été reçu par l'entreprise ou par l'agent avant cette cessation.

L'agent commercial n'a pas droit à la commission si celle-ci est due à l'agent commercial précédent, à moins que les circonstances ne rendent équitable de partager la commission entre les deux agents commerciaux.

La commission est acquise dès que l'entreprise a exécuté l'opération ou devrait l'avoir exécuté, en application de l'accord conclu avec le client, ou bien encore dès que ce client a pour sa part exécuté l'opération.

La commission est payable au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre au cours duquel elle a été acquise.

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L’agent commercial a toujours droit à la commission sauf s’il est démontré que le contrat entre le client et l'entreprise ne sera pas exécuté et que cette inexécution n'est pas imputable à l'entreprise.

Dans le cas d'une telle perte, l'agent commercial restitue les avances qu'il a pu percevoir sur la commission.

La non concurrence

Le contrat peut imposer à l'agent commercial une obligation de non concurrence après la cessation du contrat.

Cette clause de non concurrence doit concerner le secteur géographique ou le groupe de personnes déterminé, ainsi que le type de biens ou de services pour lesquels il exerce la représentation en vertu du contrat.

L’agent commercial n’est soumis à la clause de non concurrence que pendant une durée maximale de deux ans après la cessation du contrat. Ceci est valable même si le contrat établi mentionne une période plus longue.

L'annulation du contrat d'agence commerciale

Chacune des parties peut mettre fin au contrat d'agence commerciale en donnant à l'autre un préavis.

Le délai de préavis est comme suit :

- d'un mois pendant la première année du contrat,

- de deux mois pendant la deuxième année,

- de trois mois pendant les années suivantes à compter de la troisième.

Au cas où un contrat à durée déterminée serait devenu à durée indéterminée, le calcul du délai de préavis tient compte de la période à durée déterminée qui s'est écoulée. La fin du délai de préavis coïncide avec celle d'un mois civil.

L'entreprise peut résilier le contrat sans préavis en cas de faute grave de l'agent commercial.

Le contrat prend également fin, de plein droit, par la survenance d'un cas de force majeure.

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En cas de rupture du contrat, l'agent commercial, malgré toute clause contraire, a droit à une indemnité compensatrice du préjudice qu'il subit par l'effet de cette rupture.

L'agent commercial doit notifier à l'entreprise, qu'il entend faire valoir ses droits à cette indemnité dans le délai d'un an à compter de la rupture du contrat. Les ayants droit de l'agent commercial bénéficient du même droit à réparation lorsque la cessation du contrat est due au décès de leur auteur.

L'indemnité compensatrice n'est pas due :

- lorsque la rupture du contrat est provoquée par la faute grave de l'agent commercial;

- lorsque cette cessation est le fait de l'agent commercial à moins qu'elle ne soit justifiée par des circonstances imputables aux mandants

- lorsque la cessation est due à l'impossibilité pour l'agent commercial de poursuivre son activité pour des raisons autres que le fait de son âge, d'une infirmité ou d'une maladie;

- lorsque après en avoir convenu avec l'entreprise, l'agent commercial cède à un tiers ses droits et obligations contractuels.

2- La représentation commerciale

Parfois, au lieu de se lancer dans un projet d’investissement, on peut louer ses services en tant que représentant commercial ou commissionnaire indépendant. C’est ce que l’on appelle un Freelance et qui est désigné par le droit commercial marocain par le vocable de commissionnaire.

La commission est le contrat par lequel le commissionnaire reçoit pouvoir pour agir, en son propre nom, pour le compte d’un commettant.

Les intervenants dans une opération de commission sont les suivants :

- Le commissionnaire

- Le commettant

- Le client

Le commettant est la personne ou l'entreprise qui charge un commissionnaire, moyennant une rémunération, de travailler ses intérêts auprès de clients.

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Les droits du représentant commercial

La rémunération du représentant commercial (commissionnaire) est due dès que la tâche dont il a été chargé, a été réalisée.

Il arrive que le représentant commercial tombe en conflit avec son commettant en ce qui concerne la commission. Dans ce cas le représentant dispose d'un privilège (priorité) sur les marchandises en sa possession et sur les sommes qu'il percevrait des clients.

Le privilège garantit les prêts, avances ou paiements relatifs à l'ensemble des opérations faites avec le commettant, sans distinguer suivant qu'elles se rapportent aux marchandises encore détenues ou à celles qui ont été précédemment expédiées, déposées ou consignées. Si les marchandises ont été vendues et livrées pour le compte du commettant, le commissionnaire se fait rembourser ses créances à partir du produit de la vente.

Le

commissionnaire

est

prioritaire

par

rapport

aux

autres

créanciers

du

commettant,

le

montant

de

sa

créance

par

préférence

aux

créanciers

du

commettant.

Ce privilège existe sur les marchandises qui sont en la possession du commissionnaire, même si ces marchandises ne sont pas à l'origine de la créance.

Le commissionnaire est réputé avoir les marchandises en sa possession :

1- lorsqu'elles sont à sa disposition à la douane, dans un dépôt public, dans ses magasins ou lorsqu'il les transporte par ses propres moyens ;

2- si, avant qu'elles ne soient arrivées, il en est saisi par un connaissement ou par tout autre titre de transport équivalent;

3- si, les ayant expédiées, il en est encore saisi par un connaissement ou par tout autre titre de transport équivalent.

Les obligations du représentant commercial

Le représentant commercial doit exécuter lui-même les ordres qu'il reçoit. Il ne peut se faire remplacer par un autre commissionnaire que si ce pouvoir est stipulé dans le contrat, pratiqué par l'usage ou les circonstances.

21

Le commissionnaire est tenu de révéler à son commettant le nom des tiers avec lesquels il a contracté.

Il est à signaler que le commettant peut exercer directement contre les tiers toutes actions nées du contrat passé par le commissionnaire.

3- La création d’un cabinet de courtage

Le courtage est la convention par laquelle le courtier est chargé par une personne de rechercher une autre personne pour les mettre en relation, en vue de la conclusion d'un contrat.

Offreur

Demandeur

en vue de la conclusion d'un contrat. Offreur Demandeur Courtier Même lorsqu'il n'est chargé que par

Courtier

la conclusion d'un contrat. Offreur Demandeur Courtier Même lorsqu'il n'est chargé que par l'une de s

Même lorsqu'il n'est chargé que par l'une des parties, le courtier est tenu, envers chacune d'elles de présenter les affaires avec exactitude, précision et bonne foi et de les renseigner sur toutes les circonstances relatives à l'affaire.

Le courtage est la convention par laquelle le courtier est chargé par une personne de rechercher une autre personne pour les mettre en relation, en vue de la conclusion d'un contrat.

Même lorsqu'il n'est chargé que par l'une des parties, le courtier est tenu, envers chacune d'elles de présenter les affaires avec exactitude, précision et bonne foi et de les renseigner sur toutes les circonstances relatives à l'affaire.

Lorsque la vente a eu lieu sur échantillon, le courtier doit conserver l'échantillon de la marchandise vendue jusqu'à ce que la marchandise ait été définitivement agréée ou l'opération terminée.

Le courtier n'est pas tenu de conserver les échantillons si les deux parties l'en dispensent.

Le courtier est garant de l'authenticité de la dernière signature apposée sur les documents qui passent par ses mains et qui se rattachent aux affaires, qui sont traités par lui, lorsque cette signature est celle de l'une des parties qui ont traité par son entremise.

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Le courtier est garant de l'identité de ses clients.

Le courtier ne répond, ni de la solvabilité de ses clients, ni de l'exécution des contrats passés par son entremise, ni de la valeur ou de la qualité des objets sur lesquels portent ces contrats.

Le courtier répond de l'accomplissement de l'obligation, solidairement avec son

client, lorsque indépendamment de sa rémunération il a un intérêt personnel

dans l'affaire.

Pour cela, le courtier qui a un intérêt personnel dans l'affaire est tenu d'en prévenir les parties contractantes ; en cas de manquement, il est passible des dommages-intérêts.

La rémunération du courtier est due dès que le contrat a été conclu par son entremise ou par suite des indications qu'il a fournies aux parties.

La rémunération du courtier

Lorsque le contrat est conclu sous condition suspensive, le courtier n'a droit à rémunération que si la condition se réalise.

Si la rémunération promise est hors de proportion avec le service rendu, la

réduction peut être demandée, sauf dans le cas où cette rémunération a été stipulée ou payée après la conclusion du contrat.

Lorsqu'il a été convenu que les dépenses du courtier lui seraient remboursées, elles lui sont dues si, le contrat n'aurait pas été conclu.

Si le contrat est annulé par la suite, le courtier ne perd pas le droit de réclamer sa rémunération et il ne doit pas restituer celle qu'il a déjà reçue, le tout à moins de dommage ou de faute lourde qui lui incombent.

A défaut de convention, coutume ou d'usage contraire, la rémunération du

courtier est due par celui qui l'a chargé de traiter l'affaire.

Quand plusieurs courtiers travaillent sur la même opération, ils sont

solidairement responsables de l'exécution du contrat de courtage, à moins qu'ils

ne soit précisé que chacun d'entre eux agit séparément.

Lorsque le courtier a été chargé par plusieurs personnes pour une même affaire commune, chacune de ces personnes est tenue solidairement envers lui de tous

les effets du contrat de courtage.

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Annexe 1

DONNEES GEOGRAPHIQUES DU MAROC

Pays de l'Afrique du Nord, le Maroc est baigné par deux mers :

- la Méditerranée au Nord et l'Atlantique à l'Ouest. -12 km seulement le sépare de l'Europe.

Superficie : 710.850 Km 2

Population : 29 millions d'habitants en 2003

Taux d'accroissement annuel : 1,7%

Climat : Le Maroc est doté d'un climat favorable, tempéré sur l'Atlantique et la Méditerranée, désertique au Sud (tourisme en toute saison)

Langues : Arabe (langue officielle), Français, Espagnol, Anglais.

INFRASTRUCTURE

Réseau routier : 60.449 km dont 30.374 revêtus.

Réseau ferroviaire : 1.907 Km

Réseau portuaire : 24 ports, dont 11 de commerce et de pêche.

Les principaux ports sont : Casablanca, Tanger, Kénitra, Safi, Mohammedia, Agadir, Nador, Beni-Enzar, Jorf Lasfar, Al Hoceima, ports sahariens

Réseau aéroportuaire : 27 aéroports, dont 11 internationaux. Agadir, Al Hoceima, Casablanca-Mohammed V, Fès-Saïs, Marrakech, Rabat- Salé, Tanger, Tétouan, Oujda, Laâyoune

Barrages : 86 barrages en exploitation; 3 en construction.

Réseau bancaire : 1.404 agences bancaires

Réseau téléphonique : 2.000.000 lignes téléphoniques installées.

Différents services sont offerts : Téléphone fixe, radiotéléphonie mobile, le réseau de transmission de données (Maghripac), réseau Internet

24

UNE ECONOMIE LIBERALE

Le Maroc a opté pour une économie libérale, diversifiée et ouverte sur l'extérieur.

Il offre aux investisseurs les conditions de succès, grâce à ses potentialités

économiques et ses ressources humaines, aux perspectives qui s'ouvrent à lui en tant que trait d'union entre le Magreb et l'Europe et surtout à la volonté des pouvoirs publics d'encourager les investisseurs par l'instauration de la charte de l'investissement, la libéralisation des échanges, la simplification des procédures, l'assouplissement de la réglementation des changes, la promotion des exportations, le développement de l'infrastructure d'accueil et de

communication, l'assistance technique aux investisseurs, etc.

UNE INFRASTRUCTURE D'ACCUEIL APPROPRIEE

En matière de zones industrielles, le Maroc dispose de terrains industriels équipés et opérationnels dans les principales villes du Royaume. Un nouveau programme d'aménagement de sites industriels est en cours de réalisation pour

répondre à toutes les demandes d'implantation d'unités industrielles. les zones dont l'équipement est terminé, sont localisées à Dar Bouazza, Nouacer-aéroport

et ouled saleh (Wilaya du Grand Casablanca), Kénitra. Bir-Rami, Béni Mellal,

Taza, Settat, Marrakech, Safi

Parallèlement, un programme de parcs industriels intégrés, initié par les pouvoirs publics, comprend l'aménagement de plusieurs sites dont l'équipement est mieux adapté aux exigences des unités modernes.

A ce titre, un programme pilote prévoit l'aménagement et le développement de 4

parcs industriels :

Deux parcs sous forme de zones franches à l'exportation situés à Tanger et Nador; la zone franche de Tanger est opérationnelle.

Deux autres en zones industrielles situés à Casablanca et à El Jadida

L'INDUSTRIE, UN SECTEUR PORTEUR

Le secteur industriel constitue un des piliers de l'économie marocaine et offre, de part ses potentialités et performances, d'importantes possibilités d'investissement direct, de joint venture et d'opérations de sous-traitance.

Les exportations manufacturées y compris la sous-traitance contribuent pour

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70% dans les exportations totales du Maroc (38 Milliards de dirhams ). Les branches qui participent le plus à l'exportation sont: la confection (25%)les produits chimiques et para chimiques (23%),les autres industries alimentaires (18%) et les industries du textile et bonneterie (15%).

Le cadre juridique de l'investissement au Maroc

Au Maroc, l'exercice de l'activité économique est libre. Aucune restriction n'est faite pour des raisons de nationalité ou de genre.

L'activité commerciale au Maroc est régie principalement par les textes suivants:

Le code de commerce,

La loi sur les sociétés anonymes,

La loi sur les autres formes de société,

La charte de l'investissement,

Le code fiscal,

Le code de l'enregistrement et timbres,

La réglementation de la conservation foncière,

La réglementation relative aux tribunaux de commerce,

La lettre royale instituant les centres régionaux d'investissement,

Le code des douanes,

Le code du travail,

La réglementation bancaire.

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Annexe 2

LES AVANTAGES ACCORDES A L'INVESTISSEMENT AU MAROC

Les avantages accordés aux investisseurs au Maroc, sont de deux types :

1. Les avantages accordés lors de la réalisation du projet

2. Les avantages accordés lors de l'exploitation du projet.

Remarque : Le bénéfice des avantages prévus est conditionné par la tenue d'une comptabilité régulière.

AVANTAGES ACCORDES LORS DE LA REALISATION DU PROJET

I- Les avantages communs

1.1- Droits d'enregistrement du capital :

A l'occasion de la constitution ou de l'augmentation du capital de la société, les apports (des associés) ne sont soumis qu'à un droit d'enregistrement réduit, d'un taux maximum de 0,50%.

1.2- Droits d'enregistrement du terrain :

Sont exonérés des droits d'enregistrement, les actes d'acquisition des terrains destinés à la réalisation d'un projet d'investissement.

Cependant, cette exonération est accordée à condition de réaliser le projet dans un délai maximum de 24 mois à compter de la date de l'acte d'achat du terrain.

Attention : Les actes d'acquisition des terrains destinés à la réalisation d'opérations de lotissement et de construction ne bénéficient pas de cet avantage. Pour ce genre de terrain, le droit d'enregistrement est de 2.5 %.

1.3- Achat de construction :

La première acquisition, par des personnes physiques ou morales, autres que les établissements de crédit ou les sociétés d'assurance ou de construction issues des programmes de promotion immobilière, sont soumis à un droit d'enregistrement de 2.5%

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1.4- Réduction des droits de douanes :

Normalement, tout produit importé est soumis à quatre taxes :

1. Les droits d'importation

2. Le Prélèvement Fiscal à l'Importation (PFI)

3. La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

4. La taxe parafiscale à l'importation pour le financement de la promotion économique et l'inspection de exportations.

Les biens d'équipement, matériels et outillages destinés à l'investissement sont soumis au droit minimum de 2.5% et les parties et pièces détachées au taux de 10% avec exonération du Prélèvement Fiscal à l'Importation.

A ce propos, il y a lieu de préciser que l'administration des douanes peut décider de relever le montant du prix d'acquisition, si elle le juge anormalement bas.

Certains équipements protégés parce qu'ils sont produits localement ne bénéficient pas de cette réduction des droits de douanes. Pour cela, il est recommandé de s'assurer du taux des droits de douane à payer avant toute importation.

1.5- Exonération du PFI :

La majorité des biens d'équipement, matériels et outillages de même que les parties, pièces détachées et accessoires importés dans le cadre d'un projet d'investissement sont exonérés du prélèvement fiscal à l'importation (PFI). Toutefois, il y a lieu de vérifier au préalable si les équipements à importer figurent effectivement dans la liste exonérée.

1.6- Exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée :

Sont exonérés de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), à l'intérieur du Maroc et à l'importation, les biens d'équipement, matériel et outillages qui sont destinés à servir comme outil de production (c'est-à-dire à inscrire dans un compte d'immobilisation) et ouvrant droit à déduction conformément à la législation relative à la TVA.

Remarque : Les biens d'équipement des produits exonérés de la TVA, sans droit à déduction, sont soumis à la TVA, lors de leur importation. C'est le cas des huileries, minoteries et imprimeries….

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II- Les avantages accordés dans le cadre conventionnel

2.1- Prise en charge par l'Etat de certaines dépenses :

Les entreprises dont le programme d'investissement dépasse 500 millions de Dirhams peuvent conclure avec l'Etat des contrats particuliers leur accordant, en plus des avantages classiques, une exonération partielle des dépenses ci-après :

dépenses

d'acquisition

l'investissement,

du

terrain

nécessaire

dépenses d'infrastructure externe,

frais de formation professionnelle.

à

la

réalisation

de

2.2- Exonération totale des droits d'importation PFI, TVA pour les projets dépassant 500 millions de Dirhams.

AVANTAGES COMMUNS ACCORDES LORS DE L'EXPLOITATION

1- Réduction de l'impôt sur les sociétés (IS) :

Les entreprise qui exportent leurs produits, bénéficient, pour le montant de leur chiffre d'affaires à l'exportation, d'avantages particuliers pouvant aller jusqu'à l'exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant une période de cinq ans et d'une réduction de 50% dudit impôt au-delà de cette période.

2-

développement :

Les

entreprises

qui

s'implantent

dans

les

provinces

à

faible

Les entreprises qui s'implantent dans les préfectures ou provinces suivantes : Al Hoceima, Berkane, Boujdour, Chefchaouen, Essemara, Guelmim, Laayoune, Larache, Nador, Oued Eddahab, Oujda-Angad, Tanger-Asilah, Fahs-Béni Makada, Tantan, Taounate, Taourirt, Tata, Taza, Tetouan, bénéficient d'une réduction de 50% de l'impôt sur les sociétés ou de l'IGR, pendant les cinq premiers exercices, suivant la date de leur exploitation.

3- L'application de l'amortissement dégressif :

Les entreprises bénéficient de l'application de l'amortissement dégressif tel que prévu par la législation relative à l'impôt général sur les sociétés et à l'impôt général sur le revenu.

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4- La constitution de provisions pour investissement en matière d'impôt sur les sociétés et impôt général sur le revenu :

Sont considérées comme charges déductibles, les provisions constituées, dans la limite de 20% du bénéfice fiscal, avant impôt, par les entreprises, en vue de la réalisation d'un investissement en biens d'équipement, matériels et outillages, et ce, dans la limite de 30% dudit investissement.

Remarque : Les terrains, constructions autres qu'à usage professionnel et les véhicules de tourisme ne bénéficient pas de cet avantage.

5- Exonération de l'Impôt des patentes :

Toute personne physique ou morale exerçant au Maroc une activité professionnelle, industrielle ou commerciale, est exonérée de l'impôt des patentes et ce, pendant une durée de cinq années. Cette période de cinq ans commence à compter de la date du début de l'activité du bénéficiaire.

6- Taxe urbaine :

Sont exonérés de la taxe urbaine pendant une période de cinq années, suivant celle de leur achèvement ou de leur installation :

Les constructions nouvelles,

Les additions de construction

Les appareils faisant partie intégrante des établissements de production de biens ou de services,

Cependant, sont exclus de cette exonération : Les établissements stables des sociétés et entreprises n'ayant pas leur siège au Maroc et qui sont attributaires de marchés de travaux, de fournitures ou de services.

7. Provision pour reconstitution de gisement (PRG)

Toute entreprise minière a la faculté de constituer une provision, appelée « Provision pour Reconstitution de Gisement (PRG »), en franchise de l’impôt sur les bénéfices professionnels ou de l’impôt sur les sociétés, à hauteur de 50% de son bénéfice fiscal dans la limite de 30% de son chiffre d’affaires. Cette provision est utilisée à concurrence de 20% de son montant pour l’alimentation d’un fonds social et de 80% pour la reconstitution de gisement.

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Annexe 3

FONDS DE DEPOLLUTION INDUSTRIELLE « FODEP »

Le Fodep a pour objectif d’aider les entreprises marocaines à investir dans les équipements de dépollution et dans les technologies "propres".

Qui peut bénéficier du FODEP ?

Peut bénéficier du financement du FODEP, tout projet d’investissement qui concoure à la protection de l’environnement et à la préservation des ressources naturelles, et ce, indépendamment de l’emplacement, du statut juridique ou de la taille de l’entreprise qui en est la promotrice.

Ces projets peuvent être de deux types :

1. des projets en aval du processus de production, qui permettent de réduire la pollution, à travers la mise en place d’installations de traitement ou d’élimination des déchets liquides, solides ou des émissions gazeuses ;

2. des projets intégrés qui visent, en plus de la réduction de la pollution, à la réalisation d'une économie d'eau et/ou d'énergie et à l’utilisation de technologies propres.

Modalités de financement par le FODEP :

Coût maximum du projet : 30.000.000 DH

Pour les projets en aval :

Don : 40% du coût du projet ;

Fonds propres : 20% au minimum ;

Crédits à moyen ou à long terme : entre 20 à 40% du coût du projet ;

Taux d’intérêt des crédits : taux du marché ;

Durée des crédits : 5 à 10 ans dont 3 ans de différé.

Pour les projets intégrés :

Don : 20% du coût du projet ;

Fonds propres : 20% au minimum ;

Crédits à moyen ou à long terme : entre 20 et 60% du coût du projet ;

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Taux d’intérêt des crédits : taux du marché ;

Durée des crédits : 5 à 10 ans dont 3 ans de différé.

Procédure pour bénéficier du financement Fodep

1. Présentation par le promoteur, d’une étude de faisabilité technique du projet, à la cellule Fodep du Secrétariat d'Etat chargé de l'environnement ;

2. Notification par le Département de l’Environnement au promoteur et à la C.C.G. de son accord de principe ;

3. Présentation par le promoteur de son projet, appuyé de l’agrément du Département de l’Environnement, à la banque pour la mise en place du financement ;

4. Octroi de l’accord définitif du Département de l’Environnement, après acceptation du financement du projet par la banque ;

5. Appel des fonds (don + prêt) par la banque à la CCG ;

6. Rétrocession des fonds par la C.C.G à la Banque ;

7. Mise des fonds, (prêts + don), à la disposition du promoteur par la banque.

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