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Leçons de comptabilité

La comptabilité générale

INTRODUCTION

Une entreprise est une entité économique, dont l'objectif est de réaliser un profit, qui utilise des ressources
humaines et matérielles financées par des capitaux propres ou extérieurs. Cette entité est située dans un
environnement économique qui comprend ses partenaires : actionnaires, banquiers, clients, fournisseurs, Etat,
organismes sociaux …

Pour créer des biens ou des services l'entreprise va :

a) Acquérir des ressources à l'extérieur achat de matériel ou de matières premières, trouver à l'extérieur les
financements nécessaires à ces acquisitions

b) "Consommer" ces ressources : utilisation de la force de travail du personnel, consommation de temps


machine, consommation des matières premières en stock…. pour les transformer en biens ou services,
consommation des marchandises en stock.

c) Vendre sur le marché les ressources (marchandises, biens ou services )ainsi produites.

1.1 Définitions
1.1.1 Une transaction est un flux de ressources entre un " pôle fournisseur " : origine de la ressource et un
" pôle utilisateur " : affectation de la ressource
1.1.2 Une ressource est :
- un bien incorporel (fonds de commerce, créances, valeurs mobilières …), corporel (immeubles,
machines, marchandises, matières premières…) ou financier
- un service
que l'entreprise immobilise ; stocke ; consomme ; produit ; place ; ou utilise comme moyen de paiement dans le
cadre de son activité.

1.2 L'origine des ressources :


1.2.1 origines externes :
1.2.1.1 fournisseurs stricto sensu : titulaire d'une créance conférant un droit sur le patrimoine du débiteur à
concurrence de cette créance.
- de biens
- de services
- de capitaux extérieurs
1.2.1.2 "fournisseurs" liés à l'entreprise par un contrat particulier
- de capitaux propres : les actionnaires
- de la force de travail : les salariés (salaires directs ), les organismes sociaux (salaires indirects ).

1.2.2 Origines internes :


1.2.2.1 ressources provenant de la diminution du patrimoine de l'entreprise
- consommation des avantages économiques attendus d'une immobilisation
- consommation des marchandises ou des biens en stock
- utilisation de la trésorerie comme moyen de paiement
1.2.2.2 Richesse crée par l'entreprise

1.3 utilisation des ressources


1.3.1 augmentation du patrimoine de l'entreprise :
- acquisition d'une immobilisation
- marchandises ou matières premières stockées
- inscription d'une créance client
- remise de chèque en banque ou d'espèces en caisse
1.3.2 Consommations :
La consommation d'une ressource est son utilisation à des fins de vente ou d'incorporation dans un processus de
production. La ressource en tant que telle disparaît.

Jean -Pierre BLOND


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- consommation de marchandises ou de matières premières


- consommation de stocks de produits en cours
- consommation de services
- consommation des avantages économiques attendus de l'immobilisation.

UTILISATION DE LA
DEFINITION COMPTABLE ORIGINE DE LA RESSOURCE
RESSOURCE
Apport de capitaux propres
BILAN Augmentation de patrimoine Constatation d'une dette
Diminution d'un actif
Compte de résultat Consommation de richesse Création de richesse

L'objectif de la comptabilité va être :

1° De retracer chronologiquement chaque transaction en en décomposant l'origine et l'utilisation de la


ressource et en classant cette origine et cette utilisation par nature ( patrimoine actif, dette, consommation ou
création de richesse ). ➡ l'écriture
2° De regrouper par nature et à une date donnée les transactions en terme de patrimoine ➡ Le bilan

3° De regrouper par nature pour une période donnée les transactions consommant ou créant de la richesse ➡ le
compte de résultat.

Afin de :
a) mesurer la création de richesse nette par l'entreprise.
b) connaître le patrimoine de l'entreprise en terme de
- valeur
- consistance
- liquidité / exigibilité

Jean -Pierre BLOND


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THEME 1
LE BILAN

I GENERALITES

Bilan : Le bilan est une représentation des ressources (passif) et des emplois (actif) qui constituent le
patrimoine d'une entreprise à une date donnée.

ACTIFS :
Pour mémoire définition PCG :
Définition : un actif est un élément
a) Identifiable : l'élément est protégé par des droits légaux (propriété), ou, à défaut, est susceptible
d'être vendu, échangé, loué.
b) Contrôlé par l'entité (l'entreprise) : cette notion de contrôle dépasse le simple droit de propriété ; un
élément est contrôlé par l'entreprise lorsque cette dernière maîtrise les avantages économiques de
cet élément, et en assume l'essentiel des risques.
c) L'élément est porteur d'avantages économiques futurs : potentiel à contribuer directement ou
indirectement aux flux nets positifs de trésorerie futurs

Un actif est un élément positif du patrimoine de l'entreprise

Actif immobilisé : Un actif immobilisé est un actif qui procure à l'entité des avantages économiques récurrents
sur une durée supérieure à un exercice.
- Les immobilisations incorporelles : actifs non monétaires sans substance physique ; dont les
avantages économiques attendus seront utilisés au delà de l'exercice en cours ; destinés à être
utilisés par l'entreprise pour la production de biens ou de services (brevet, fonds de commerce),
pour être loués à des tiers( licence de brevet concédée à un tiers ) pour des fins de gestion interne..
- Les immobilisations corporelles : actifs physiques ; dont les avantages économiques attendus seront
utilisés au delà de l'exercice en cours ; destiné à être utilisé par l'entreprise pour la production de
biens ou de services(machine outil …), à être loué à des tiers (immeubles donnés en location..) , à
des fins de gestion interne (sièges sociaux …) ou à un usage non professionnel (immobilisations
hors exploitation).
- Les immobilisations financières : valeurs mobilières (actions, obligations, autres titres ) ; détenues
de façon durable ; dans l'objectif d'exercer un contrôle ou une influence sur une autre entreprise
(titres de participation), de rentabilité (obtention de dividendes ou d'intérêts ). Ou détenues de façon
durable par obligation (titres donnés en nantissement).

Les actifs dont la consommation d'avantages économiques attendus ne sont pas récurrents sont des actifs
circulants ils comprennent :
- des droits sur les biens : stocks.
- des droits sur des tiers : comptes de tiers : créances clients, avances fournisseurs, créances sur l'état
(TVA récupérable, acompte d'impôt société ) ou sur le personnel (avances et acomptes )
- les comptes financiers : valeurs de placement acquises de façon non durable ; disponibilités.

PASSIFS

Dans le vocabulaire courant passif signifie dette. On peut donc s'étonner de voir apparaître dans les bilans,
sous la rubrique passif, les capitaux propres et les dettes qu'elles soient financières ou d'exploitation.
En comptabilité le passif constitue l'ensemble des ressources classées par origines qui permettent à
l'entreprise de financer ses actifs.

Jean -Pierre BLOND


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Passif externe :
a) Définition : Un passif est un élément du patrimoine ayant une valeur économique négative pour l’entité,
c’est-à-dire une obligation de l’entité à l’égard d’un tiers dont il est probable ou certain qu’elle provoquera
une sortie de ressources au bénéfice de ce tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci.
L’ensemble de ces éléments est dénommé passif externe.
b) Le passif externe comprend :
- Des dettes certaines financières (emprunts et assimilés ) ou non financières (dettes fournisseurs,
charges sociales ou impôts à payer …)
- Des charges ou risques dont la survenance n'est que probable : provisions pour risques et charges

Capitaux propres :

Les capitaux propres sont les ressources financières appartenant à l'entreprise mais sur lesquels les
associés ont des droits (droit à la distribution notamment) :
- Capital apporté : capital individuel, capital social, primes liées aux apports (prime d'émission,
prime de fusion).
- Richesse crée par l'entreprise et non distribuée : Réserves, report à nouveau, part du résultat de
l'exercice pour laquelle il n'y a pas eu de décision de distribution ; sous déduction de la richesse
détruite par l'entreprise : pertes reportées.

Jean -Pierre BLOND


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II EXEMPLES D'APPLICATION

Exemple 1 : achat d'un véhicule :


Une personne désire acheter un véhicule qui vaut 8 000 euros et dispose de 3 000 euros elle doit donc
emprunter 5000 euros

Bilan avant achat (on suppose que les fonds appartiennent à la personne).
ACTIF (emplois) PASSIF (ressources)
trésorerie 3000 Capitaux propres 3000
Totaux 3000 totaux 3000

Bilan après achat du véhicule


ACTIF (emplois) PASSIF (ressources)
véhicule 8000 Capitaux propres 3000
trésorerie 0 emprunt 5000
Totaux 8000 totaux 8000
Commentaires :
a) équilibre emplois ressources
b) endettement ne signifie pas appauvrissement : l'actif a une valeur de huit mille, les droits des
créanciers sur cet actif sont de 5000 les droits de la personne demeurent inchangés 3000

Au lendemain de l'achat la cote du véhicule chute de 1000

ACTIF (emplois) PASSIF (ressources)


véhicule 7000 Capitaux propres 2000
trésorerie 0 emprunt 5000
Totaux 7000 totaux 7000

Commentaires : le patrimoine de la personne s'est appauvri (diminution de 1000 ). Cet appauvrissement


impacte les capitaux propres. Les droits des créanciers sont inchangés.

Exemple 2 : l'entreprise ALPHA

Etape n°1 : 3 associés créent une société Alpha. Ils apportent chacun 100 000 euros qui sont déposés
sur le compte bancaire.
Etape n°2 :
- la société achète un bâtiment : 200 000 euros
- un virement de 50 000 euros est effectué de la banque à la caisse
- la société achète 50 000 euros de marchandises mises en stock et payées par chèque.

Etape n°3 : obtention d'un prêt bancaire de 70 000 euros.

Etape n°4 : achat d'ordinateur pour 90 000 euros payés par chèque.

Etape n°5 : achat d'imprimante avec un crédit bancaire : 15 000 euros

Etape n°6 :
Etape n°6 a :
- obtention d'un prêt bancaire de 15 000 euros
- achat de matériel 45 000 euros : paiement comptant (25 000 par chèque, 20 000 en espèces ).
- Achat de marchandises (mises en stock ) pour 40 000 euros crédit fournisseurs à 30 jours.

Etape n°6 b :

- vente de marchandises pour 70 000 euros : un client a réglé 12 000 par chèque, un autre 8 000 en
espèce, le troisième a acheté pour 50 000 qui seront réglés dans trente jours.
- le total des marchandises vendues avait été acheté 55 000 euros.

Jean -Pierre BLOND


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FLUX
BILANS
ACTIF PASSIF

LIBELLES fournisseu résultat


bâtiment matériel stock client banque caisse capital emprunt ACTIF PASSIF
rs

ressource 300 banque 300 capital 300


1 emplois 300
soldes 300 300 300 300
ressources -270 bâtiment 200 capital 300
emplois 200 50 20 stocks 50
2 soldes 200 50 30 20 300 banque 30
total actif 300 caisse 20
total passif 300 300 300
ressource 70 bâtiment 200 capital 300
emplois 70 stocks 50 emprunt 70
3 soldes 200 50 100 20 300 70 banque 100
total actif 370 caisse 20
total passif 370 370 370
ressource -90 bâtiment 200 capital 300
emplois 90 matériel 90 emprunt 70
soldes 200 90 50 10 20 300 70 stocks 50
4
total actif 370 banque 10
total passif 370 caisse 20
370 370
ressources (b) -15 (a) 15 bâtiment 200 capital 300
emplois (b) 15 (a) 15 matériel 105 emprunt 85
soldes 200 105 50 0 10 20 300 85 0 stocks 50 fournisseurs 0
5
total actif 385 banque 10
total passif 385 caisse 20
385 385
ressources (b) -25 (b) -20 (a) 15 (c) 40 bâtiment 200 capital 300
emplois (b) 45 (c) 40 (a) 15 matériel 150 résultat 15
6a soldes 200 150 90 0 0 0 300 100 40 stocks 35 emprunt 100
total actif 440 client 50 fournisseur 40
total passif 440 banque 12
ressources -55 emploi -55 caisse 8
emplois 50 12 8 ressources 70 455 455
6b
soldes 200 150 35 50 12 8 300 100 40 15
total actif 455 la richesse nette créée(solde du compte de résultat) vient s'ajouter aux capitaux propres pour équilibrer le bilan

Jean -Pierre BLOND


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total passif 455


COMMENTAIRES
L'actif brut de l'entreprise est de 300 ; il est financé par 300 de capitaux propres. L'actif brut de l'entreprise lui "appartient " donc en totalité : En cas de cessation d'entreprise les 300 reviendraient
1
aux actionnaires
2 La structure de l'actif change. Sa valeur reste inchangée. Il n'y a pas de changement dans la structure du financement (passif) pas d'endettement, pas de variation des capitaux propres
La structure et la valeur de l'actif changent. Cet accroissement de valeur est financé par un endettement. Endettement ne signifie pas appauvrissement : en effet les droits des actionnaires sur l'actif
3
sont toujours de 300 ; les droits du prêteur sont de 70
La structure de l'actif change. les droits des actionnaires sur l'actif sont toujours de 300 ; les droits du prêteur sont de 70
4
La structure et la valeur de l'actif changent. Cet accroissement de valeur est financé par une sortie de trésorerie et par un complément d'endettement ; cet endettement change également de
Structure.Les droits des actionnaires sur l'actif sont toujours de 300 ; les droits du prêteur sont de 100 ; les droits des fournisseurs sont de 40
5 6a BILAN 6 a
Le matériel a augmenté de 15 45 ACTIF PASSIF
Les stocks ont augmenté de 0 40 bâtiment 200 capital 300
L'entreprise a financé ces augmentations par des prélèvements matériel 150 emprunt 100
5/6a
banque 0 -10 stocks 90 fournisseurs 40
caisse 0 -20 banque 0
portant la variation d'actif à 15 55 caisse 0
Cette variation d'actif est financée par un complément d'emprunt 15 15 440 440
un endettement fournisseurs 40
portant la variation de passif à 15 55
L'accroissement d'actif de 15 correspond à la richesse créée par l'entreprise vente pour 70 d'un stock d'une valeur de 55. Cette création de richesse vient augmenter les capitaux propres qui.
6b
passent de 300 à 315. Les droits des actionnaires dans l'actif sont donc de 315 ; les droits des créanciers sont inchangés

Jean -Pierre BLOND


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III Synthèse du thème 1


A Généralités
Une entreprise utilise des biens et des services pour son activité : cette utilisation constitue l'emploi de ces biens
et de ces services.
Les biens et services acquis par une entreprise sont soit :
- affectés au patrimoine de l'entreprise : achat d'une immobilisation, achats de marchandises ou de
matières premières stockées, constatation d'une créance sur un client, remise de chèques en
banque …
- consommés pour les besoins de l'activité : marchandises sorties du stock pour être vendues,
matières premières ou force de travail incorporées dans un processus de production …

L'entreprise doit financer les biens et services qu'elle utilise : origine de la ressource.
Ces biens et services sont financés par :
- Des apports de capitaux propres.
- Des passifs externes : provisions, dettes financières, dettes fournisseurs, autres dettes..
- Des diminutions d'actifs sorties de stocks, prélèvement sur trésorerie.
- La richesse créée par l'entreprise.

UTILISATION DE LA
ORIGINE DE LA RESSOURCE
RESSOURCE
Apport de capitaux propres
BILAN Augmentation de patrimoine Constatation d'une dette
Diminution d'un actif
Compte de résultat Consommation de richesse Création de richesse

L'objectif de la comptabilité va être :

1° De retracer chronologiquement chaque transaction en en décomposant l'origine et l'utilisation de la


ressource et en classant cette origine et cette utilisation par nature ( patrimoine, dette, consommation ou création
de richesse ). ➡ l'écriture
2° De regrouper par nature et à une date donnée les transactions en terme de patrimoine ➡ Le bilan

3° De regrouper par nature pour une période donnée les transactions consommant ou créant de la richesse ➡ le
compte de résultat..

Afin de :
c) mesurer la création de richesse nette par l'entreprise.
d) connaître le patrimoine de l'entreprise en terme de
- valeur
- consistance
- liquidité / exigibilité

Jean -Pierre BLOND


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B
le bilan

Le bilan est la représentation du patrimoine actif et passif de l'entreprise à une date donnée.
L'actif du bilan est la représentation des emplois patrimoniaux de ressources (hors consommation).
Le passif du bilan explique le financement de ces actifs : le passif se décompose en :
- capitaux propres : capital social, résultats des exercices antérieurs non distribués, résultat de
l'exercice.
- passifs externes : provisions (passif externe probables ) dettes (passif certain).

Le résultat est la différence entre la richesse créée (produits) par l'entreprise au cours d'une période
donnée et les biens et services consommés (charges ) pour créer cette richesse.
Dans l'exemple Alpha on a :
Richesse créée 70
Consommation de ressources -55
Résultat 15

Les variations d'actif ou de passif externe provoquées par cette création et cette consommation de
richesses ont comme contrepartie au passif du bilan un poste unique : le résultat.

En reprenant l'exemple de la société ALPHA : vente pour 70 de marchandises achetées 55 ; ces ventes sont
payées comptant pour 12 (par chèques) et 8 (espèces ) et 50 seront payés ultérieurement.

La richesse créée par la vente est employée en augmentation :


- du poste d'actif banque : 12
- du poste d'actif caisse : 8
- du poste d'actif client : 50

Les biens consommés pour créer cette richesse ont pour origine la diminution
- du poste d'actif stocks pour : 55

La variation d'actif de 15 est ventilée sur les différents postes d'actifs concernés. Au passif le résultat est
mouvementé pour 15.

Jean -Pierre BLOND


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THEME 2
LE COMPTE DE RESULTAT

Le résultat d'une entreprise pour une période ou un exercice donné est égal à la différence entre les richesses
(ressources ) créées par cette entreprise au cours de la période ou de l'exercice et les ressources consommées
(emplois)pour créer cette richesse.
Dans l'exemple Alpha ces créations et ces consommations de richesses étaient enregistrées dans un compte
unique "résultat" la somme algébrique de ces enregistrements permettant d'obtenir le résultat de la période. Si
cette méthode permet d'appréhender le résultat elle ne permet pas d'en analyser la formation.
- Quelles natures de richesses ont été créées (ventes de marchandises, prestations de services, vente
de produits manufacturés …) ?
- Quelles ressources ont été consommées : force de travail, matières premières, services extérieurs ?

Le Compte de Résultat permet de mesurer de la richesse créée et d'analyser la formation de cette richesse.

1. Modèle français
Le compte de résultat enregistre, par nature, les flux de charges et de produits d'une entreprise au cours d'une
période donnée.
Il permet d'analyser la formation du résultat de l'entreprise par cycles :
1.1 Résultat d'exploitation :
a) chiffre d'affaires +/- production stockée (déstockée) + production immobilisée

moins

b) achats de marchandises, de matières et de services entrant directement dans la production de ce chiffre


d'affaires, achats de biens et service frais généraux, impôts (sauf TVA et impôt société), frais de personnel,
amortissements, provisions pour dépréciations, provisions pour risques.

Le résultat d'exploitation est le résultat dégagé par l'activité (ou les activités ) exercée(s) de façon récurrente
( ou habituelle).

1.2 Résultat financier : différence entre :


a) Les produits financiers : dividendes reçus, produits de placement de
trésorerie, intérêts des sommes placées en compte courant.
b) Les intérêts d'emprunt, Les agios bancaires, les escomptes accordés, les
pertes de change..

Le résultat financier a donc une double origine :


a) Des produits et des charges liés directement (dividendes reçus dans le cas d'un holding, escomptes
accordés aux clients, pertes de change d'une entreprise ayant des activités à 'étranger…) ou
indirectement (dividendes reçus dans le cas d'une prise de participation dans une société exerçant
une activité similaire …) à l'activité de l'entreprise ou rémunérant des actifs non liés à l'activité
(produits de placement de la trésorerie …)
b) La rémunération des capitaux empruntés.

1.3 Le résultat exceptionnel : comprend :


a) Les produits et les charges liés à l'activité de l'entreprise mais se produisant de façon inhabituelle
ou non récurrente exemple produit de cession d'immobilisations, perte résultant de la destruction
d'un véhicule accidenté …
b) Les produits et les charges extraordinaires usine détruite par un tremblement de terre, pertes ou
produits résultant d'un changement de méthode comptable. …
1.4 La participation des salariés
1.5 L'impôt sur les sociétés

Jean -Pierre BLOND


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Le compte de résultat modèle en liste

les cycles de formation du résultat Compte de résultat Commentaires


VENTE DE MARCHANDISES
les ventes de biens et de services sont majorées
de l'augmentation de stocks de produits finis ou
VENTE DE BIENS minorées de la diminution de ce stock pour obtenir
VENTE DE SERVICE la production de l'exercice
PRODUCTION STOCKEE
Les produits d'exploitation sont égaux à la somme
de toutes les richesses créées par une entreprise
dans le cadre de son (ses ) activité(s) production immobilisée
récurrente(s) mentionnés pour mémoire à ce stade du cours
subventions exploitation
reprises sur amortissements et provisions
d'exploitation
autres produits

A PRODUITS EXPLOITATION

ACHATS DE MARCHANDISES
Les achats (marchandises ou matières premières
variation de stocks marchandises
)sont majorés de la diminution des stocks ou
ACHATS MATIERES PREMIERES
minorés de leur augmentation pour obtenir les
variation de stocks matières premières
achats consommés
autres achats et charges externes
Les charges d'exploitation sont égales à la somme impôt et taxes
de tous les biens et services consommés par une salaires et charges sociales
entreprise pour créer les produits d'exploitation
dotations amortissement pour mémoire à ce stade du cours
dotations aux provisions

autres charges

B CHARGES EXPLOITATION

Différence entre les produits et les charges


d'exploitation (bénéfice) ou entre les charges et
les produits d'exploitation (perte ) le résultat
RESULTAT D'EXPLOITATION
d'exploitation est la mesure de la richesse nette
créée par les activités récurrentes de l'entreprise.

C PRODUITS FINANCIERS produits de placement, dividendes reçus


richesse produite par les capitaux de l'entreprise -
D CHARGES FINANCIERES intérêts d'emprunt
coût des capitaux extérieurs. Le résultat financier
est très souvent négatif
RESULTAT FINANCIER

produits et charges liés à l'activité mais non E PRODUITS EXCEPTIONNELS


récurrents. F CHARGES EXCEPTIONNELLES
Produits et charges liés à des évènements
"extraordinaires". RESULTAT EXCEPTIONNEL
Corrections d'erreurs ou d'oubli s antérieurs

G participation des salariés non traitée ici

H impôt sur les bénéfices

TOTAL PRODUITS lignes A+C+E


TOTAL CHARGES lignes B+D+F+G+H

RESULTAT

La création de richesse est enregistrée dans des comptes de produits, la consommation de ressources est
enregistrée dans des comptes de charges.

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Fonctionnement du compte de résultat : l'entreprise GAMA

Au cours de l'exercice N l'entreprise Gamma a réalisé les opérations suivantes

Nature de l'opération Montant en milliers euros Commentaires


Achats de marchandises 600 500 non encore réglés
Vente marchandise 1 400 1 000 encaissés
loyers 120 payés
Salaires et charges sociales 200 payés
EDF 40 payé
Annuité emprunt payée 60 20 intérêts, 40 remboursement.
Amende 10 payés
Impôt / bénéfices 120 Calculé

A partir du grand livre journal synthétique ci dessous :

- Etablir le compte de résultat en liste.


- Etablir le bilan synthétique : on supposera que l'exercice N-1 n'a enregistré qu'une opération :
encaissement d'un emprunt de 100 ;et que les opérations ci dessus sont les seules réalisées au cours
de l'exercice N.

Jean -Pierre BLOND


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Jean -Pierre BLOND


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compte de résultat bilan


actif passif
Libellés charges produits
charges charges impôt sur produits produits impôt à
exceptionnel exceptionnel stocks clients trésorerie emprunt fournisseurs personnel
exploitation financières les bénéfices exploitation financiers payer
les s
achat marchandises 600 -100 500
vente marchandises 1 400 1 400
encaissement clients -1 000 1 000
loyers 120 -120
salaires 200 -200
EDF 40 -40
Annuité emprunt 20 -60 -40
amende 10 -10
IS 120 120
TOTAUX 960 20 10 120 1 400 0 0 0 400 470 -40 500 0 120

TOTAL PRODUITS 1 400 total mouvements actif 870 total mouvements passif 580
TOTAL CHARGES 1 110
RESULTAT 290 solde mouvements actif - passif
290

Le solde positif des mouvements actifs / les mouvements passifs correspond à la


richesse nette créée par l'entreprise et va venir accroître les capitaux propres.

Jean -Pierre BLOND


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BILAN N-1
ACTIF PASSIF
banque 100 emprunt 100
totaux 100 100

BILAN N
ACTIF PASSIF
clients 400 résultat 290
banque 570 emprunt 60
fournisseurs 500
impôt à payer 120
totaux 970 totaux 970

COMPTE RESULTATschématique N
ventes marchandises 1 400
produits exploitation 1 400

achats marchandises 600


autres achats 160
salaires 200
charges exploitation 960

résultat exploitation 440

résultat financier -20

résultat exceptionnel -10

impôt société 120

résultat 290

Jean -Pierre BLOND


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Problématique des stocks :

Position du problème : ce sont les ressources consommées qui constituent des charges :
- dans le cas d'une entreprise de négoce les ressources consommées sont égales au prix d'achat des marchandises vendues
- dans le cas d'une entreprise de production les ressources consommées sont d'une part :
a) le coût des matières premières incorporées au processus de production
b) le coût de production des produits finis vendus. (On suppose ici qu'il n'y a jamais de produits en cours d'achèvement à la clôture d'un exercice ).

Pour chacun de ces éléments le circuit économique est le suivant :

ENTREPRISE DE NEGOCE
Bilan : stock de marchandises Compte de résultat consommation de marchandises
+Stocks en début de période
+ achats de l'exercice
- marchandises vendues +marchandises vendues
Stocks clôture Consommation de l'exercice

ENTREPRISE DE PRODUCTION
Bilan : stocks Compte de résultat consommation produits finis
Matières premières Produits finis
+Stocks en début de +Stocks en début de
période période
+ achats de l'exercice
-matières premières +matières premières
incorporées incorporées
+ Autres charges de
production
- coût de production des
+ coût de production des produits vendus
produits vendus
Stocks clôture Stocks clôture Consommation de l'exercice

Ce suivi des flux des consommations est très difficilement réalisable.

Par mesure de simplification la comptabilité retrace différemment ces mouvements :

- Les flux d'achats sont portés directement dans les comptes de charges.

Jean -Pierre BLOND


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- Les stocks (bilan) ne sont mouvementés qu'en fin de période pour le montant de la variation (stocks fin de période - stocks début de période)..
- Cette variation de stocks vient augmenter ou diminuer :
a) Les comptes d'achats de marchandises ou de matières premières ( variation stocks de marchandises ou de matières premières ).
b) Les comptes de produits "production stockée" pour les stocks de produits finis ou en
Cours.
Les tableaux ci dessous schématisent ce traitement comptable.

ENTREPRISE DE NEGOCE
Bilan : stock de marchandises Compte de résultat consommation de marchandises
+Stocks en début de période Achats de marchandises
- stocks début + stocks début
Variation de stocks +/- variation de stocks
+ stocks fin - stocks fin
Stocks clôture Consommation de l'exercice

Au cours de la période l'entreprise a consommé : les marchandises qu'elle a achetées durant la période + celles qu'elle possédait au début de la période - celles qui lui restent à
la fin de la période.

Jean -Pierre BLOND


18
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

ENTREPRISE DE PRODUCTION
Bilan : stocks Compte de résultat
Matières premières Produits finis Charges produits
Achats matières premières
+Stocks en début de +Stocks en début de
+autres charges Vente de produits
période période
production
-stocks -stocks + stocks - stocks
début Variation de début Variation de début +/- variation début +/-Variation
stocks MP stocks PF stocks MP de stocks PF
+stocks fin +stocks fin -stocks fin +stocks fin
Matières premières
Stocks clôture Stocks clôture consommées +autres Production de l'exercice
charges production

- Au cours de la période l'entreprise a consommé les matières premières qu'elle a achetées au cours de la période + celles qu'elle avait en stock au début de la
période - celles qui lui restent en stock à la clôture de la période.
- Au cours de la période l'entreprise a :
a) vendu des produits qu'elle avait en stock au début de la période
b) vendu des produits qu'elle a produit au cours de la période
c) stocké l'excédent de production de la période
La richesse brute créée par l'entreprise de production au cours de la période n'est donc pas égale aux ventes de produits mais aux ventes diminuées de la
production vendue produite antérieurement et majorée de la production de la période non vendue.

Jean -Pierre BLOND


19
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Synthèse et exemples chiffrés

Jean -Pierre BLOND


20
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Entreprise de négoce

STOCKS DEBUT PERIODE 150


STOCKS FIN PERIODE 100
ACHATS DE LA PERIODE 400

FLUX ECONOMIQUE TRADUCTION COMPTABLE


bilan stocks marchandises compte de résultat : consommation marchandises bilan stocks marchandises compte de résultat : consommation marchandises
stock début période 150 stock début période 150 achats de marchandises 400

achats période 400 achats période stocks fin 100


stocks début 150
marchandises vendues -450 marchandises vendues 450 marchandises vendues variation de stocks -50 50
variation de stocks -50
stocks fin de période 100 coût achat marchandises vendues 450 stocks fin de période 100 coût achat marchandises vendues 450

Les achats sont portées en charges de l'exercice et corrigés en fin d'exercice de la variation
Les achats de marchandises sont stockés. Seules les marchandises vendues (consommées) de stocks (stocks fin exercice - stocks début exercice).
sont sortie du stock et portées en charges Dans l'exemple cette variation est négative : on a donc consommé une partie des stocks
d'ouverture en plus des achats de l'exercice.

Exemples : les exemples ci dessous synthétisent les trois cas possibles de variation des stocks de marchandises.
Par simplification dans ces exemples les stocks sont valorisés au seul prix d'achat ; ce prix d'achat est invariable au cours de l'exercice et de l'exercice précédent.
Premier cas : au cours de l'exercice N une entreprise a réalisé les opérations suivantes

désignation Quantité Prix unitaire total


achats 4000 100 400 000
Vente 4000 150 600 000
Stock début exercice 0 100 0
Stock fin exercice 0 100 0

Jean -Pierre BLOND


21
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

L'entreprise a vendu la totalité des marchandises qu'elle a achetées au cours de l'exercice. Les marchandises consommées sont égales à celles achetées.
Le compte de résultat s'établira comme suit :
Ventes de marchandises 600 000 Produits exploitation
Achats de marchandises 400 000 Charges d'exploitation : coût d'achat des marchandises
Variation de stocks 0 vendues
Résultat d'exploitation 200 000

Deuxième cas : au cours de l'exercice N une entreprise a réalisé les opérations suivantes

désignation Quantité Prix unitaire total


achats 4 000 100 400 000
Vente 4 500 133.33 600 000
Stock début exercice 1500 100 150 000
Stock fin exercice 1 000 100 100 000

L'entreprise a vendu plus de marchandises qu'elle n'en a acheté au cours de l'exercice. Une partie des marchandises consommées a été puisée dans le stock existant à
l'ouverture de l'exercice.
Le compte de résultat s'établira comme suit :
Ventes de marchandises 600 000 Produits exploitation
Achats de marchandises 400 000 Charges d'exploitation : coût d'achat des marchandises
Variation de stocks 50 000 vendues : 450 000
Résultat d'exploitation 150 000

Extrait des bilans N et N-1


Exercice N Exercice N-1
Stocks marchandises 100 000 150 000

Jean -Pierre BLOND


22
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Troisième cas : au cours de l'exercice N une entreprise a réalisé les opérations suivantes

désignation Quantité Prix unitaire total


achats 4 000 100 400 000
Vente 3 500 171.43 600 000
Stock début exercice 500 100 50 000
Stock fin exercice 1 000 100 100 000

L'entreprise a vendu moins de marchandises qu'elle n'en a acheté au cours de l'exercice. Une partie des marchandises achetée a été stockée.
Le compte de résultat s'établira comme suit :
Ventes de marchandises 600 000 Produits exploitation
Achats de marchandises 400 000 Charges d'exploitation : coût d'achat des marchandises
Variation de stocks -50 000 vendues : 350 000
Résultat d'exploitation 250 000

Extrait des bilans N et N-1


Exercice N Exercice N-1
Stocks marchandises 100 000 50 000

Jean -Pierre BLOND


23
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Entreprise de production

stocks matières premières début 150 autres charges production 150


stocks matières premières fin 120 stocks produits finis début 50
achats matières premières 200 stocks produits finis fin 90

FLUX ECONOMIQUES TRADUCTION COMPTABLE


Bilan : stocks Compte de résultat Bilan : stocks Compte de résultat
Produits Charges Matières Produits
Produits Charges Produits
finis premières finis
Matières
premières Autres
Matières Coût de Matières Production
charges de
premières production premières stockée
production
stocks début période 150 50 stocks début période 150 50
achats de l'exercice 200 achats de l'exercice 200
mat prem incorporées -230 230 mat prem incorporées
autres charges prod. 150 autres charges prod. 150
coût produits vendus -340 Consommati 340 coût produits vendus
on période
stocks déb 150 -50
stocks clôture 120 90 340 stocks clôture 120 90 stocks fin -120 90
variation de stocks -30 40

Consomma
La charge de l'exercice correspond au seul coût de production des produits vendus 340 tion 230 150 40
période
dans la présentation comptable on aura la présentation suivante

production stockée 40
produits exploitation 40

achats matières premières 200


variation stock matières premières 30
autres charges de production 150
charges d'exploitation 380

soit coût des produits vendus 340

Jean -Pierre BLOND


24
Leçons de comptabilité
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Le Plan Comptable français considère que la variation de stocks de produits en cours ou fini augmente ou diminue la production vendue et non les consommations
de l'exercice. Pour les entreprises de production de biens ou de services on aura donc :

Consommation de l'exercice Production de l'exercice


+ Achats de matières premières + Production vendue
+/- variation stocks matières premières +/- variation stocks produits
+ autres charges de production

Exemple 1 : opérations de la société BETA (société de production de machines outils ).

Vente de produits finis 500 000


Achats de matières premières 200 000
Charges de personnel 100 000
Loyers 50 000
Intérêts des emprunts 20 000
Stocks produits ouverture 50 000
Stocks matières premières ouverture 150 000
Stocks produits clôture 90 000
Stocks matières premières clôture 120 000

1. Le stock de matières premières a diminué : l'entreprise a donc puisé dans son stock existant pour réaliser sa production. La variation de stock s'ajoutera aux achats de
matières premières pour calculer le coût des matières premières consommées.
2. Le stock de produit augmente : l'entreprise a produit plus qu'elle n'a vendu. La variation de stock s'ajoutera aux ventes de produits pour le calcul de la production de
l'exercice.

COMPTE DE RESULTAT N
Ventes de produits 500 000
Production stockée 40 000
Produits d'exploitation 540 000
Achats matières premières 200 000
Variation stock matières premières 30 000
Autres achats et charges externes 50 000
Charges de personnel 100 000
Charges d'exploitation 380 000
Résultat d'exploitation 160 000

Jean -Pierre BLOND


25
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

EXTRAITS DES BILANS N et N-1


N N-1
Stocks matières premières 120 000 150 000
Stocks produits finis 90 000 50 000

Exemple 2 : opérations de la société BETA (société de production de machines outils ).

Vente de produits finis 500 000


Achats de matières premières 200 000
Charges de personnel 100 000
Loyers 50 000
Intérêts des emprunts 20 000
Stocks produits ouverture 50 000
Stocks matières premières ouverture 150 000
Stocks produits clôture 10 000
Stocks matières premières clôture 120 000

1. Le stock de matières premières a diminué : l'entreprise a donc puisé dans son stock existant pour réaliser sa production. La variation de stock s'ajoutera aux achats de
matières premières pour calculer le coût des matières premières consommées.

2. Le stock de produit diminue : l'entreprise a produit moins qu'elle n'a vendu. La variation de stock viendra diminuer les ventes de produits pour le calcul de la production
de l'exercice.

COMPTE DE RESULTAT N
Ventes de produits 500 000
Production stockée - 40 000
Produits d'exploitation 460 000
Achats matières premières 200 000
Variation stock matières premières 30 000
Autres achats et charges externes 50 000
Charges de personnel 100 000
Charges d'exploitation 380 000
Résultat d'exploitation 80 000

EXTRAITS DES BILANS N et N-1


N N-1
Stocks matières premières 120 000 150 000
Stocks produits finis 10 000 50 000

Jean -Pierre BLOND


26
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La comptabilité générale

Synthèse des thèmes 1 et 2


Articulation bilan compte de résultat.

Le résultat d'un exercice est égal à la différence entre les produits et les charges de l'exercice.

Les produits (création de richesses ) ont pour effet d'augmenter l'actif de l'entreprise :
- encaissement d'une vente comptant : augmentation de la trésorerie
- vente à crédit : augmentation du poste client. Attention l'encaissement ultérieur de cette vente ne
constituera pas un nouveau produit mais un transfert d'un poste d'actif (créance client diminuée )
à un autre poste d'actif ( trésorerie augmentée).

Les charges (consommation de ressources ) ont pour effet soit :


a) de diminuer l'actif de l'entreprise : paiement d'un achat comptant, sortie de stock.
b) D'augmenter le passif externe de l'entreprise : achat à crédit augmentation d'une dette fournisseur.
- Attention le paiement ultérieur de cet achat ne constituera pas une nouvelle charge mais un
transfert d'un poste passif externe (dette fournisseur diminuée ) à un d'actif
(trésorerie diminuée ).

L'actif net d'une entreprise est la différence entre son actif total et son passif externe.

- La variation d'actif net entre le bilan d'ouverture et le bilan de clôture d'un exercice N, corrigée
des augmentations / réduction de capital et des distributions intervenues au cours de l'exercice, est
égale au résultat de cet exercice.
- C'est le poste résultat de l'exercice qui enregistre au bilan cette variation d'actif net hors variation
de capital et distribution.

Exemple chiffré : l'entreprise GAMMA.


Bilan d'ouverture de l'entreprise GAMMA au 01/01/N

01/01/N-1
BILAN
ACTIF PASSIF
terrain 300 capital 500
constructions 400 réserve 100
matériel résultat
stocks 100 capitaux propres 600
clients 100 emprunt 300
trésorerie 100 fournisseurs 100

dettes sociales
total 1 000 total 1 000

Au cours de l'exercice N, les opérations suivantes ont été effectuées. Etablir le bilan et le compte de résultat au
31/12/N
. les créances clients de décembre et les dettes fournisseurs de décembre sont réglées en janvier N.
. 400 000 euros d'achats de marchandises dont 150 000 euros ne sont pas encore réglés.
. 900 000 euros de ventes de marchandises dont 400 000 euros ne sont pas encore encaissées.
. 50 000 euros d'achat de matériel de bureau qui ne sont pas réglés.
. 100 000 euros de salaires dont 10 000 euros restent à payer aux salariés.
. l'emprunt a été remboursé pour 30000 euros et 3000 euros d'intérêt ont été payés.
. Des fournitures de bureau ont été achetées et payées pour 5000 euros.
. le stock au 31/12/N est de 60000 euros après inventaire physique.
. En banque, on a 272000 euros au 31/12/N.
. Au cours de l'exercice il a été distribué 50 000 euros
. Il a été procédé au cours de l'exercice à une augmentation de capital de 100 000 euros

Jean -Pierre BLOND


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Jean -Pierre BLOND


29
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COMPTES DE BILAN
actif passif COMPTE DE RESULTAT

LIBELLES frais
construc trésoreri résultat fournisse dettes var autres
terrain matériel stocks clients capital réserves emprunt achats salaires financier ventes
tions e exercice urs sociales stocks achats
s

ouverture 300 400 100 100 100 500 100 300 100
règlements clients ouverture -100 100
règlements fourn ouverture -100 -100
achat marchandises -250 150 400
ventes marchandises 400 500 900
achat matériel 50 50
salaires -90 10 100
annuité emprunt -33 -30 3
fourn bureau -5 5
inventaire -40 40
distribution -50 -50
augmentation capital 100 100

mouvements actif 0 0 50 -40 300 172


482
mouvements passif 100 -50 0 -30 100 10
130

352

totaux actif 1 482 300 400 50 60 400 272


totaux passif 1 130 600 50 0 270 200 10
352
totaux produits 900 400 40 5 100 3 900
totaux charges 548
résultat 352

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30
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ETATS FINANCIERS
N-1 N
BILAN BILAN compte de résultat
ACTIF PASSIF ACTIF PASSIF ventes 900
terrain 300 capital 500 terrain 300 capital 600 total produits exploitation 900
constructions 400 réserve 100 constructions 400 réserve 50
matériel résultat matériel 50 résultat 352 achats marchandises 400
stocks 100 capitaux propres 600 stocks 60 capitaux propres 1 002 variation de stocks 40
clients 100 emprunt 300 clients 400 emprunt 270 autres achats 5
trésorerie 100 fournisseurs 100 trésorerie 272 fournisseurs 200 salaires 100
dettes sociales dettes sociales 10 total charges exploitation 545
total 1 000 total 1 000 total 1 482 total 1 482 résultat exploitation 355

frais financiers 3

résultat 352

Conclusions :

Le résultat de l'exercice est égal à l'accroissement d'actif créée par l'entreprise accroissement actif 482
dont accroissement financé par accroissement capitaux propres 50
dont accroissement financé par accroissement dettes 80
dont accroissement financé par richesse créée par l'entreprise 352

Cet accroissement d'actif créée par l'entreprise est égal à la variation des capitaux propres corrigés des apports en capital et des distributions
calcul à partir des capitaux propres calcul à partir de l'actif net
Capitaux propres ouverture 600 actif ouverture 1 000
capitaux propres clôture 1 002 passif ouverture 400
accroissement capitaux propres 402 actif net ouverture 600
distribution 50 actif clôture 1 482
augmentation de capital -100 passif clôture 480
résultat de l'exercice 352 actif net clôture 1 002
variation actif net 402
distribution 50
augmentation capital -100
résultat exercice 352

Jean -Pierre BLOND


31
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

THEME 3
Les comptes
et
la partie double

1. Définitions
L'écriture est la traduction en terme monétaire d'un flux économique élémentaire (transaction
économique).
1.1 L'écriture permet de retracer (chronologiquement ) et d'analyser :

a) chacune des transactions passées entre l'entreprise et son environnement extérieur (fournisseur,
personnel, état, actionnaires, banquiers, clients …)
et / ou

b) chacune des transactions affectant la valeur ou la structure du patrimoine de l'entreprise pour des
raisons
- liées à la consommation des avantages économiques d'un actif immobilisé, au temps ou à
l'obsolescence (amortissements, provisions pour dépréciation)
- intrinsèques à l'entreprise telles qu'erreurs commises par elle(provisions pour risques et charges ),
structure du personnel (provisions pour retraites), cycles de productions ( stocks, travaux en
cours…)
- liées à l'évolution économique générale (réévaluation de certains éléments d'actif ou au contraire
provisions pour dépréciation d'actif … ).

1.2 Pour ce faire, chaque transaction économique retracée par une écriture individualise par nature chacun des
deux éléments (Emploi / Ressource de la transaction). Cette individualisation par nature de ressources ou
d'emploi se fait grâce aux comptes.
1.3 Un compte comptable est une rubrique sous laquelle sont regroupés :
- Tous les emplois ayant la même affectation : ex: matériel de chantier, salaires, achats de fournitures de
bureau …
- Toutes les ressources ayant la même origine : capital, emprunt, dettes fournisseurs, ventes …
- Ces regroupements par affectations ou origines homogènes constituent un regroupement par nature.

1.3.1 Définitions
- Un compte comporte un débit et un crédit.
- Le solde d'un compte est la différence entre :
a) La somme des mouvements débiteurs et la somme des mouvements créditeurs de la période ou
de l'exercice (compte de charges et de produits ).
b) - Le total formé par le solde d'ouverture débiteur de l'exercice et les mouvements débiteurs de
l'exercice ou de la période d'une part et la somme des mouvements créditeurs de ce même exercice
ou de cette même période d'autre part (comptes d'actif ).
- Ou le total formé par le solde d'ouverture créditeur de l'exercice et les mouvements créditeurs de
cet exercice ou de cette période d'une part et la somme des mouvements débiteurs de ce même
exercice ou de cette même période d'autre part (comptes de passif).

1.3.2 Conventions :
- Le débit d'un compte est sa partie gauche le crédit est sa partie droite
- Les emplois sont comptabilisés au débit les ressources au crédit.
- Par conséquent les comptes d'actif et de charges augmentent par le débit et diminuent par le crédit ; les
comptes de passif et de produits augmentent par le crédit et diminuent par le débit.

Les deux tableaux ci dessous constituent une synthèse de la traduction comptable des grands types de
transactions économiques pouvant être effectuées par une entreprise.

Jean -Pierre BLOND


32
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

2. Synthèse des principaux types d'emplois

Nature du compte Conséquence du


Type de flux Objet du flux Nature du flux
mouvementé flux
Acquisition
bien acquisition immobilisation Accroissement actif
immobilisation

Inscription facture Obligation active Créance


affectation Accroissement actif
en compte client (droit de créance) d'exploitation
Remise en banque
Instruments
d'effets ou de dépôt trésorerie Accroissement actif
financiers
chèques
Achat marchandises
Achats biens et Augmentation de
biens ou services Biens ou services Consommation
services charges
non stockés
Avantage
Utilisation Dotation Augmentation de
économique lié à consommation
immobilisation amortissement charges
l'immobilisation
Utilisation de la Salaires et charges Augmentation de
service consommation
force de travail sociales charges

Consommation Augmentation de
Paiement de l'impôt contribution Impôt
obligatoire charges

Rémunération Rémunération Augmentation de


Instrument financier Frais financier
capitaux empruntés d'avantage charges

Rémunération des Rémunération


Instrument financier Capitaux propres Diminution de passif
capitaux propres d'avantage

Règlement d'un Obligation passive Extinction de la


Passif externe Diminution de passif
passif dette dette

Jean -Pierre BLOND


33
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

3. Synthèse des principaux types de ressources

Nature du compte Conséquence du


Type de flux Objet du flux Nature du flux
mouvementé flux

Souscription au Augmentation de
Instrument financier Apport en capital Capitaux propres
capital en espèces passif

Mise en réserve du Augmentation de


Instrument financier affectation Capitaux propres
résultat passif

Provision pour Obligation passive Constatation d'une Passif externe Augmentation de


risques et charges (provisions) Obligation passive (provision) passif

Souscription Obligation passive Constatation d'une Passif externe Augmentation de


emprunt (dette) dette (emprunt) passif

Inscription dette Obligation passive Constatation d'une Passif externe (dette Augmentation de
fournisseur dette dette exploitation) passif
Actif circulant
Encaissement d'une Extinction d'une
Obligation active (créance Diminution actif
créance créance
exploitation)
Vente de biens Augmentation des
Biens services produit vente
services produits

Le Plan Comptable général

Le Plan Comptable Général a été établi par des règlements du Comité de Réglementation Comptable.
Beaucoup plus qu'un simple plan de comptes le PCG constitue un véritable "Code de la Comptabilité
"comprenant l'ensemble des définitions et des règles d'évaluation et de comptabilisation s'imposant à toutes les
entreprises industrielles et commerciales.
Le plan de comptes en lui même ne relevant que de l'article 432-1 "liste des comptes ".
Les comptes sont répartis en 7 classes.

Classe 1 Capitaux (propres et empruntés )


Classe 2 Immobilisations
Comptes de bilan Classe 3 Stocks et travaux en cours
Classe 4 Comptes de tiers
Classe 5 Comptes financiers
Classe 6 Comptes de charges
Comptes de résultat
Classe 7 Comptes de produits

Chacune de ces classes étant elle même subdivisée.

Chaque division et subdivision correspond à une nature d'emploi ou de ressource.

Jean -Pierre BLOND


34
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Les documents comptables

1. Schéma général d'enregistrement des transactions par la comptabilité :


1.1 Enregistrement chronologique des opérations : le journal : il enregistre chronologiquement chaque
transaction en indiquant pour chacune d'elle :
- sa date
- sa nature
- son montant
- la nature de l'origine de la ressource (compte crédité).
- La nature de l'emploi de la ressource (compte débité )
1.2 Regroupement par nature d'emploi et de ressources de chacun des éléments des transactions : le grand livre
1.2.1 Le grand livre est le documents regroupant l'ensemble des comptes utilisés par l'entreprise
1.2.2 Fonctionnement
1.2.2.1 Chaque compte enregistre :
- à son débit : les emplois de ressources de même nature de chaque transaction
- à son crédit : les origines de ressources de même nature de chaque transaction
1.2.2.2 Ces enregistrements sont effectués chronologiquement et en détail.
Cependant en cas d'utilisation du système centralisateur (généralité des comptabilités ) seuls les totaux
mensuels débiteurs et créditeurs de chaque compte sont reportés.

1.3 La balance générale : la balance générale peut se définir comme un grand livre résumé.
C'est un document arrêté à une période donnée (fin de mois, clôture d'exercice) qui donne pour chaque
compte le total des mouvements débiteurs, le total des mouvements créditeurs et le solde.

2. Le système centralisateur.
2.1 Historique
2.1.1 Origine : l'utilisation d'un journal unique et le report détaillé des éléments des transactions dans les
comptes du grand livre, constituait, à l'époque des comptabilités manuelles, un travail considérable.
La pratique comptable a subdivisé le journal général en journaux divisionnaires qui regroupaient les
transactions de même nature : achats de biens et services, ventes, opérations de trésorerie. ..
2.1.2 Exemple d'un journal divisionnaire d'achats mois M année N

Crédit Débit achats de


Autres
Libellés Matières Immobilis
fournisseur biens et
premières ations
services
01/M Martin 1000 1000
02/M Durant 5000 5000
- - -- - - - - - - -- - - - -
Totaux M 25000 18000 2000 5000

A la fin du mois N seuls les totaux du journal sont reportés (centralisés ) dans les comptes :

- Le compte fournisseur est crédité de 25 000


- Le compte achat matières premières est débité de 18 000
- Le compte achat autres biens et services est débité de 2 000
- Le compte achat immobilisation est débité de 5 000

2.1.3 L'utilisation des moyens informatique a supprimé la difficulté des reports ; cependant des reports
détaillés dans les comptes conduiraient à avoir des grands livres très volumineux.
Le système centralisateur permet d'avoir un détail des transactions regroupées par nature d'opérations
(journaux divisionnaires ) et un grand livres où le report des mouvements est limité à une centralisation
mensuelle.

2.2 Les journaux divisionnaires (ou journaux auxiliaires )

Jean -Pierre BLOND


35
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

2.2.1 Chaque journal divisionnaire enregistre les transactions ayant une même nature.
Important : on parle ici de nature de transaction et non pas de nature d'emploi ou de ressource.
Par nature de transaction il faut entendre toutes les opérations ayant un même objet :
- vente de bien ou de service
- achats de biens ou de services
- opération de trésorerie
2.2.2 Compte de contrepartie :
2.2.2.1 Chaque journal divisionnaire enregistre des transactions dont une des composantes (emploi ou
ressource) est commune à toutes les transactions :
- dans un journal d'achat tous les emplois (achats matières premières, achats services …) on une même
ressource le compte fournisseur
- dans un journal de vente toutes les ressources (ventes de biens, de services … ) ont un même emploi le
compte client
- dans un journal de trésorerie tous les emplois (règlement d'un fournisseur, paiement d'une annuité
d'emprunt, achat au comptant.) on une même ressource la diminution de trésorerie et toutes les
ressources ( encaissement, d'un client vente au comptant, versement du capital, libération d'un
emprunt.) ont un même emploi l'augmentation du compte de trésorerie.
2.2.2.2 Le compte de ressource et/ ou d'emploi commun à toutes les transactions comptabilisées sur un journal
divisionnaire s'appelle le compte de contrepartie

2.2.3 Tableau de synthèse : ce tableau n'est pas exhaustif d'autres journaux peuvent être utilisés (effets à
remettre à l'encaissement, effets à payer …) ; des journaux peuvent être subdivisés (ventes de
marchandises, vente de services …)

Pièces comptables
Journal Nature d'opération Compte de contrepartie
enregistrées

Tout achat de biens et de Factures ( et/ ou avoirs) en


achats fournisseur
services provenance d'un tiers

Toute vente de biens ou de Factures (et / ou avoirs)


Ventes Clients
services émis par l'entreprise

Toute opération
Chèques, virements, effets
Banques d'encaissement et de banque
échus
décaissements

Toute opération
Caisse d'encaissement et de Caisse
décaissement d'espèces
Toute opération ne se
rattachant pas à un des
Opérations diverses aucun
autres journaux
divisionnaires utilisés

Remarque : cas des achats et des ventes au comptant : le plus souvent ces opérations sont enregistrées
directement dans les comptes de trésorerie (caisse ou banque ). Les factures émises ou reçues servent de
justificatif. On peut alors utiliser des subdivisions de journaux divisionnaires (banque Y ventes comptants )

Jean -Pierre BLOND


36
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

EXEMPLE L'ENTREPRISE MARTIN

Balance d'ouverture au 01/01/N


Libellés débit crédit
capital 100 000
emprunt 200 000
Constructions 250 000
Stocks 28 000
Banque 15 000
Caisse 7 000
TOTAUX 300 000 300 000

Détail des opérations du 01/01/N au 10/01/N


Modalité
Date Détail des opérations Montant
règlement
02/01 Achats marchandises 6 000 Comptant chèque
03/01 Vente marchandises 12 000 Comptant chèque
04/01 Règlement électricité 1300 Comptant chèque
05/01 achats marchandises 6 500 crédit
06/01 Vente marchandises 3 400 crédit
07/01 Entretien local 800 Comptant chèque

Le 10/01/N l'inventaire montre qu'il reste 15 000 de marchandises en stocks.

Jean -Pierre BLOND


37
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

JOURNAL du 01/01/N au 10/01/N BALANCE GENERALE au 10/01/N


date compte libellé débit crédit CAPITAL 100 000
2-janv 607 achat marchandises 6 000 EMPRUNT 200 000
2-janv 51 banque 6 000 CONSTRUCTIONS 250 000
STOCKS 15 000
3-janv 51 banque 12 000 FOURNISSEURS 6 500
3-janv 70 ventes 12 000 CLIENTS 3 400
BANQUE 18 900
4-janv 606 achat électricité 1 300 CAISSE 7 000
4-janv 51 banque 1 300 ACHATS MARCHANDISES 12 500
VARIATIONS DE STOCKS 13 000
5-janv 607 achats marchandises 6 500 ACHATS ENERGIE 1 300
5-janv 40 fournisseurs 6 500 AUTRES BIENS ET SERVICE 800
VENTE 15 400
6-janv 41 clients 3 400
6-janv 70 ventes 3 400

7-janv 615 entretien 800


7-janv 51 banque 800

10-janv 6037 variation stocks 13 000


10-janv 37 stocks marchandises 13 000
TOTAUX JOURNAUX 43 000 43 000 TOTAUX 321 900 321 900
GRAND LIVRE
100 CAPITAL 160 EMPRUNT 213 BATIMENT
mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN 100 000 100 000 AN 200 000 200 000 AN 250 000 250 000

37 STOCKS MARCHANDISES 51 BANQUE 53 CAISSE


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN 28 000 28 000 AN 15 000 15 000 AN 7 000 7 000
10-janv 13 000 15 000 2-janv 6 000 9 000
3-janv 12 000 21 000
4-janv 1 300 19 700
7-janv 800 18 900

41 CLIENTS 40 FOURNISSEURS 607 ACHATS MARCHANDISES


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN AN 2-janv 6 000 6 000
6-janv 3 400 3 400 5-janv 6 500 6 500 5-janv 6 500 12 500

606 ACHATS ENERGIE 615 ENTRETIEN 70 VENTES


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
4-janv 1 300 1 300 7-janv 800 800 3-janv 12 000 12 000
6-janv 3 400 15 400

6037 VARIATION STOCKS


mouvements soldes
débit crédit débit crédit
10-janv 13 000 13 000

Jean -Pierre BLOND


38
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

COMPTE DE RESULTAT
VENTES 15 400
TOTAL PRODUITS EXPLOITATION 15 400

ACHATS MARCHANDISES 12 500


VARIATION STOCKS 13 000
ACHAT NON STOCKABLE 1 300
AUTRES BIENS ET SERVICES 800
TOTAL CHARGES EXPLOITATION 27 600

RESULTAT D'EXPLOITATION -12 200

BILAN AU 10/01
ACTIF PASSIF
CONSTRUCTIONS 250 000 CAPITAL 100 000
ACTIF IMMOBILISE 250 000 RESULTAT -12 200
CAPITAUX PROPRES 87 800
STOCKS 15 000
CLIENTS 3 400 EMPRUNTS 200 000
BANQUE 18 900 FOURNISSEURS 6 500
CAISSE 7 000
ACTIF CIRCULANT 44 300 DETTES 206 500

TOTAL ACTIF 294 300 TOTAL PASSIF 294 300

Jean -Pierre BLOND


39
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La comptabilité générale

ENTREPRISE MARTIN AVEC SYSTEME CENTRALISATEUR

JOURNAL BANQUE ENCAISSEMENT JOURNAL BANQUE DECAISSEMENT


débit crédit date crédit débit
libellé achats ach achats
date libellé vente banque marchan énergie services
banque client emprunt dises

3/1 ventes comptant 12 000 12 000 2/1 achat march 6 000 6 000
4/1 électricité 1 300 1 300
7/1 ENTRETIEN 800 800

12 000 12 000 0 0 8 100 6 000 1 300 800

JOURNAL ACHATS JOURNAL DE VENTE


crédit débit débit crédit
date libellé achats date libellé vente
fournisse ach achats ventes ventes
marchan clients marchan
urs énergie services biens services
dises dises
5/1 achats march 6 500 6 500 6/1 ventes 3 400 3 400

6 500 6 500 0 0 3 400 3 400 0 0

OPERATIONS DIVERSES

date libellé compte débit crédit

10/1 variation stocks 6037 13 000


10/1 stocks 37 13 000

GRAND LIVRE
100 CAPITAL 160 EMPRUNT 213 BATIMENT
mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN 100 000 100 000 AN 200 000 200 000 AN 250 000 250 000

37 STOCKS MARCHANDISES 51 BANQUE 53 CAISSE


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN 28 000 28 000 AN 15 000 15 000 AN 7 000 7 000
OD 13 000 15 000 banque 12 000 8 100 18 900

41 CLIENTS 40 FOURNISSEURS 607 ACHATS MARCHANDISES


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
AN AN banque 6 000 6 000
vente 3 400 3400 achats 6 500 6 500 achats 6 500 12 500

606 ACHATS ENERGIE 615 ENTRETIEN 70 VENTES


mouvements soldes mouvements soldes mouvements soldes
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
banque 1 300 1 300 banque 800 800 banque 12 000 12 000
vente 3 400 15 400

Jean -Pierre BLOND


40
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La comptabilité générale

6037 VARIATION STOCKS


mouvements soldes
débit crédit débit crédit
OD 13 000 13 000

Jean -Pierre BLOND


41
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

THEME 4
les opérations courantes

Introduction

Les thèmes précédents ont permis d'aborder les principes de la comptabilité, la notion d'état financiers, les outils
comptables et l'organisation comptables.

Il reste à étudier les opérations enregistrées par la comptabilités.


Pour la facilité de l'exposé ce dernier thème a été divisé en :

- opérations courantes : celles enregistrées de façon récurrente et courantes par la comptabilité au cours
d'un exercice (thème 4)
- opérations d'inventaires : celle que la comptabilité n'enregistre qu'à l'occasion de l'arrêté des comptes
annuels ou d'une situation provisoire (charges à payer, produits à recevoir, régularisation actif /passif,
provisions pour risques et charges provisions pour dépréciation des actifs autres que les immobilisations
inventaires physiques et chiffrés des stocks ) (thème 7).
- opérations liées aux immobilisations (acquisitions, amortissements, dépréciations, production
immobilisée, subvention investissement, cession d'immobilisations, provisions pour grosses réparations
) (thème 5)
- opérations non récurrentes : produits et charges exceptionnelles, augmentation de capital ( thème 6).

Le thème 4 étudiera les principales opérations courantes effectués par une entreprise et retracées par la
comptabilité au cours d'un exercice : Les produits, les charges, les opérations de trésorerie.

1. Produits et charges/ Recettes, dépenses.


1.1 Les concepts de produits / recettes et charges / dépenses sont parfois difficile à distinguer pour des étudiants
débutants en comptabilité.
1.2 Un produit est une richesse créée par l'entreprise. Cet accroissement de richesse doit être constaté dès sa
survenance. Le fait générateur de la naissance de ce produit est le plus souvent bien antérieur à la recette
(rentrée de trésorerie )qu'il générera. La richesse créée peut constituer en :
1.2.1 Des produits fabriqués mais non encore vendus : stocks de produits finis. Pour fabriquer ces produits
l'entreprise a consommé des ressources qu'elle a transformées en produits destinés à être vendus : cette
création de richesse sera enregistrée au compte de résultat et aura comme contrepartie un accroissement
du patrimoine constaté dans le compte de stocks de produits en cours ou finis.
1.2.2 Des produits, des services, ou des marchandises vendues mais non encore réglés par le client. Le
produit est né doit donner lieu à l'inscription d'une créance au bilan de l'entreprise. L'encaissement
ultérieur de la créance ne créera pas un produit supplémentaire mais aura pour effet d'éteindre cette
créance et d'accroître la trésorerie.
1.2.3 Cas particulier des ventes au comptant. Dans ce cas il y a comme au 1.2.2 naissance et extinction d'une
créance. Mais compte tenu de la concomitance de ces deux événement la contrepartie du produit est, le
plus souvent une écriture d'encaissement.

1.3 Une charge est la consommation par l'entreprise d'une ressource (achats de matière premières, salaires,
honoraires , amortissement) ou le prix du droit d'utiliser une ressource ne lui appartenant pas (loyers des
biens meubles ou immeubles pris en location, intérêts des emprunts qui sont la rémunération de la mise à
disposition des fonds prêtés ), la dépréciation d'un élément d'actif ; les charges peuvent également résulter de
l'obligation pour une entreprise de réparer pécuniairement ses fautes ou ses erreurs (indemnités) ou résulter
d'un appauvrissement dû à des éléments exceptionnels ou extraordinaires. Les charges sont constatées dès
qu'elles sont certaines (dettes ) mais également dès qu'il existe une probabilité suffisante de leur survenance
(provisions pour risques et charges ou pour dépréciation).
1.3.1 La constatation de la charge va donc intervenir très en amont de son décaissement.
1.3.2 Cas particulier des achats au comptant. Dans ce cas il y a naissance et extinction d'une dette. Mais
compte tenu de la concomitance de ces deux événements la contrepartie de la charge est, le plus souvent
une écriture de décaissement.

Jean -Pierre BLOND


42
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

2. Les produits :
2.1 Les produits d'exploitation
2.1.1 Les ventes de produits, de services ou de marchandises.
2.1.1.1 La créance est, le plus souvent constatée par une facture. Cette facture constitue un titre qui est
comptabilisé à l'actif du bilan chez le fournisseur (compte 411 client ) et au passif du bilan chez le client
(compte 401 fournisseur)..
2.1.1.2 La TVA : la TVA ( Taxe à la Valeur Ajoutée ) est un impôt recouvré par le vendeur de biens ou de
marchandises ou le prestataire de services auprès de son client. Le montant recouvré est obtenu en
appliquant un taux proportionnel au montant total (avant TVA ) des produits marchandises ou services
vendus. L'impôt ainsi recouvré sera reversé au Trésor selon des modalités qui seront expliquées au 4 ci
dessous.
2.1.1.3 La créance de l'entreprise sur son client aura donc comme contrepartie.
a) un compte de produits pour le montant de la richesse créée
b) un compte de dettes pour le montant de la TVA collectée qui devra être reversée à l'Etat.

2.1.1.4 Exemple soit la facture simplifiée suivante :


FACTURE
ENTREPRISE DUPONT
CLIENT Société Martin
désignation quantité Prix unitaire Prix total
armoire 2 500 1000
TVA Taux 19.6% 196
TOTAL facture 1196

L'entreprise DUPONT a vendu à la société Martin des biens d'une valeur de 1000 ; l'entreprise DUPONT détient
une créance sur la société Martin de 1 196 euros dont 196 euros qu'elle devra reverser au trésor.
L'enregistrement comptable de cette opération sera le suivant :
N° compte Compte débit crédit observation
41 client Client MARTIN 1196 Constatation de la créance / Martin
701 Vente de produits finis 1000 Constatation de la richesse créée
4457 TVA collectée 196 Constatation de la dette envers l'ETAT

2.1.1.5 Les avoirs : il peut arriver qu'une prestation ou une livraison facturée ne soit pas conforme à la
prestation ou à la livraison convenue (articles manquants, non respect du cahier des charges, défauts de
certains produits ) ou que des remises soient effectuées en fin de mois ou d'année pour quantités
achetées. Dans de tel cas le fournisseurs est redevable d'une dette envers son client. Cette dette sera
constatée par un avoir (ou facture d'avoir).
Cette facture d'avoir sera enregistrée chez le fournisseur au crédit du compte 41 client (diminution de la
créance) et chez le client au débit du compte 401 fournisseur (diminution de la dette ).
2.1.1.6 Exemple

Avoir
ENTREPRISE DUPONT
CLIENT Société Martin
désignation quantité Prix unitaire Prix total
portes manquantes 2 50 100
TVA Taux 19.6% 19.60
TOTAL en votre faveur 119.60

La livraison de l'entreprise DUPONTétait incomplète ; l'entreprise DUPONT diminue sa créance sur la société
Martin de 119.60 euros : elle va diminuer ses produits de 100 et sa dette envers le Trésor de 19.6
L'enregistrement comptable de cette opération sera le suivant :

N° compte Compte débit crédit observation


41 client 119.60 Diminution de la créance / Martin
701 Vente de produits finis 100 diminution de la richesse créée
4457 TVA collectée 19.6 diminution de la dette envers l'ETAT
2.1.2 La production stockée : sera traitée dans le thème 7

Jean -Pierre BLOND


43
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

2.1.3 La production immobilisée : sera traitée dans le thème 5


2.1.4 Subventions d'exploitation : aides versées par des collectivités ou par l'ETAT à des entreprises pour leur
permettre de compléter leurs recettes d'exploitation. De telles opérations s'inscrivent dans des projets de
politiques économiques des collectivités ou de l'Etat : maintien d'un service public déficitaire en zone
rurale, subvention de complément de recettes versées à certaines entreprises délégataires de services
publics.
Le produit est enregistré dès la signature de la convention et que l'entreprise remplit les conditions pour
avoir droit à la subvention ; s'agissant d'une subvention d'exploitation le produit n'est constaté qu'au fur
et à mesure de l'accomplissement de l'activité subventionnée.
Exemple : une entreprise fait valoir que, pour maintenir son service de livraison de pain dans un hameau
reculé elle est astreinte à des charges supplémentaires de carburant qu'elle ne peut répercuter sur un si
petit nombre de clients. Soucieux de maintenir le service de distribution de pain dans ce hameau la
Commune accorde à l'entreprise une subvention d'équilibre (d'exploitation) annuelle de 1 200 euros.
Chaque mois l'entreprise constatera un produit de 100 euros.
Comptabilisation :

N° compte Compte débit crédit observation


4417 Subvention exploitation 100 Constatation de la créance sur la collectivité
74 Subvention exploitation 100 Constatation du produit
Ecriture du mois M

2.2 Les produits financiers :


Ils comprennent deux grandes catégories de produits :
- Les produits liés à la mise à disposition de fonds à un tiers sous forme de prêts : prêts, obligations,
escompte pour délais de règlements accordés.
- Les produits liés au risque de l'entreprise : dividendes des actions détenues : ces derniers seront plus
particulièrement étudiés dans le thème 7.

Comme tous les autres produits les produits financiers doivent faire l'objet d'une comptabilisation au fur et à
mesure de leur acquisition : prorata temporis pour tous les produits de la première catégories. Ils sont
cependant le plus souvent (pour les entreprises non financières ), et par simplification comptabilisés lors de
leur encaissement et donnent lieu, en fin d'exercice, à des opérations de régularisation qui seront étudiées
dans le thème 7.

2.3 Les produits exceptionnels (cf thème 6)

Jean -Pierre BLOND


44
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

3. Les charges
3.1 Les charges d'exploitation
3.1.1 Achats et charges externes (comptes 60 ; 61 ; 62). Ces postes sont la réciproques de ceux traités au
2.1.1.
3.1.1.1 La dette est, le plus souvent constatée par une facture. Cette facture constitue un titre qui est
comptabilisé à l'actif du bilan chez le fournisseur (compte 411 client ) et au passif du bilan chez le client
(compte 401 fournisseur)..
3.1.1.2 La TVA : la TVA ( Taxe à la Valeur Ajoutée ) est un impôt recouvré par le vendeur de biens ou de
marchandises ou le prestataire de services auprès de son client. Le montant recouvré est obtenu en
appliquant un taux proportionnel au montant total (avant TVA ) des produits marchandises ou services
vendu. L'impôt ainsi recouvré sera reversé au Trésor selon des modalités qui seront expliquées au 4 ci
dessous.
3.1.1.3 a) La TVA acquittée par le client sera imputable sur la TVA que lui même aura collectée. Le client
reversera au Trésor la TVA reçue de ses propres clients sous déduction de celle qu'il aura acquittée à ses
fournisseurs. Elle constitue donc pour lui une créance sur le trésor.

3.1.1.4 La dette de l'entreprise envers son fournisseur aura donc comme contrepartie.
a) un compte de charges pour le montant de la ressource consommée ou un compte d'immobilisation.
b) un compte de créance pour le montant de la TVA facturée qui sera imputée sur celle qui devra être
reversée à l'Etat.

3.1.1.5 Exemple soit la facture simplifiée suivante :

FACTURE
ENTREPRISE DUPONT
CLIENT Société Martin
désignation quantité Prix unitaire Prix total
armoire 2 500 1000
TVA Taux 19.6% 196
TOTAL facture 1196

La société MARTIN a acheté à l'ENTREPRISE DUPONT des biens d'une valeur de 1000 ; la société MARTIN
a une dette envers l'entreprise DUPONT de 1 196 euros dont 196 euros qu'elle imputera sur la TVA à reverser
au TRESOR. Nb la société Martin a acheté ces armoires pour les revendre.
L'enregistrement comptable de cette opération sera le suivant :

N° compte Compte débit crédit observation


607 Achats marchandises 1000 Constatation de la charge
4456 TVA déductible 196 Constatation de la créance sur le trésor
401 Fournisseur 1196 Constatation de la dette envers
DUPONT

3.1.1.6 Les avoirs : il peut arriver qu'une prestation ou une livraison facturée ne soit pas conforme à la
prestation ou à la livraison convenue (articles manquants, non respect du cahier des charges, défauts de
certains produits ) ou que des remises soient effectuées en fin de mois ou d'année pour quantité
achetées. Dans de tel cas le fournisseurs est redevable d'une dette envers son client. Cette dette sera
constatée par un avoir (ou facture d'avoir).
Cette facture sera enregistrée chez le fournisseur au crédit du compte 41 client (diminution de la créance
) et chez le client au débit du compte 401 fournisseur (diminution de la dette ).
3.1.1.7 Exemple

Avoir
ENTREPRISE DUPONT
CLIENT Société Martin
désignation quantité Prix unitaire Prix total
portes manquantes 2 50 100
TVA Taux 19.6% 19.60
TOTAL en votre faveur 119.60

Jean -Pierre BLOND


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Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

La livraison de l'entreprise DUPONTétait incomplète ; l'entreprise DUPONT diminue sa créance sur la société
Martin de 119.60 euros. La société MARTIN va diminuer ses charges de 100 et sa créance sur le Trésor de 19.6
L'enregistrement comptable de cette opération sera le suivant :

N° compte Compte débit crédit observation


401 Fournisseur 119.6 Diminution de la dette / DUPONT
607 Achats marchandises 100 diminution de la ressource consommée
4456 TVA déductible 19.60 diminution de la créance sur l'ETAT

3.1.2 Les impôts (comptes 63) : ne sont concernés ici que les impôts constituant des charges d'exploitation.
Sont donc exclus :
- la TVA qui ne constitue pas une charge pour les entreprises assujetties à 100%
- l'impôt sur les bénéfices qui constitue une charge frappant la totalité du résultat et non le seul résultat
d'exploitation

3.12.1 Trois grandes catégories d'impôts sont concernées ici :


- les taxes assises sur les salaires : taxe sur les salaires, formation professionnelle ; taxe d'apprentissage,
investissement construction.
- Les impôts locaux : taxe professionnelles et taxe foncières.
- Divers :TVTS, droits d'enregistrements …

3.12.2 a) A l'exclusion des droits d'enregistrements qui frappent ponctuellement certaines opérations ces
impôts sont dus annuellement.
b) Ils sont recouvrables :
- au vu d'une déclaration établie par l'entreprise qui calcule elle même l'impôt dû : taxes assises
sur les salaires.
- après réception d'un rôle émis par l'administration et indiquant le montant de l'imposition :
taxe professionnelle, taxe foncière.

3.12.3 Comptabilisation : en théorie dès établissement de la déclaration ou de la réception du rôle l'entreprise


devrait enregistrer une écriture :

N° compte Compte débit crédit observation


63 Impôt XXX X Constatation de la charge
44xxx Impôt XXX X Constatation de la dette d'impôt

Dans la pratique le paiement de l'impôt étant concomitant avec l'établissement de la déclaration et


quasiment concomitant avec la réception du rôle la charge d'impôt est enregistrée au moment de son
règlement.
Des écritures de charges à payer ou de charges comptabilisées d'avance pouvant être comptabilisées au
moment des opérations d'inventaires (cf thème 7).

3.13 Variations de stocks marchandises, matières premières et autres approvisionnements : thème 7

Jean -Pierre BLOND


46
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

3.14 Salaires et charges sociales


3.14.1 L'employeur doit à ses salariés deux types de rémunérations :
3.14.1.1 Une rémunération directe proportionnelle au temps de travail effectué (ou assimilé congés payés),
majorée de certaines primes.
3.14.1.2 Une rémunération indirecte représentée par sa contribution aux différentes caisses sociales (maladie,
retraite, chômage …). Participation proportionnelle aux salaires versés.
3.14.2 Le salarié est pour sa part redevable de cotisations personnelle aux différentes caisses sociales. Ces
cotisations étant proportionnelles au salaire qu'il perçoit.
3.14.3 A partir d'un exemple simple nous allons expliquer la finalité du système puis son fonctionnement réel.
3.14.3.1 Les données : on suppose une caisse sociale unique couvrant l'ensemble des risques des salariés
(maladie, retraite, chômage). Cette caisse est financée par une contribution de l'employeur égale à 10%
des salaires versés et par une cotisation des salariés égale à 5% des salaires reçus. Pour le mois M le
salarié S reçoit un salaire de 100.
3.14.3.2 Fonctionnement théorique : dans ce schéma l'employeur verse au salarié l'intégralité de son salaire. Le
salarié fait son affaire du paiement des cotisations.
3.14.3.2.1 La charge de salaire direct et indirect de l'employeur sera pour le mois M et le salarié S de :

Salaire 100
Contribution à la Caisse Sociale 100*10% 10
Total à la charge de l'employeur 110

3.1.4.3.2.2 Pour le salarié :

Salaire reçu de l'employeur 100


cotisation à la Caisse Sociale 100*5% -5
Total restant au salarié 95

3.14.3.3 Fonctionnement réel : un tel système comporterait des inconvénients graves pour les salariés
(complexité des taux, nombreuses caisses, formalités de déclaration) ; et des risques d'impayés
important pour les caisses sociales. C'est donc l'employeur qui collecte les cotisations sociales auprès
des salariés et les reverse aux caisses
L'employeur versera donc :

Salaire versé au salarié 95


Cotisations salariales retenues et versées à la Caisse 5
Contribution de l'employeur à la caisse sociale 10
Total à la charge de l'employeur 110

3.14.3.4 Schéma comptable :


3.14.3.4.1 Le bulletin de paie : pour le mois M et pour le salarié S le bulletin de paie simplifié se présente
ainsi

Salaire brut 100


Cotisations sociales -5
Salaire net à payer 95

3.14.3.4.2 Pour sa part l'employeur est redevable d'une contribution de 100*10%= 10


3.14.3.4.3 Comptabilisation de la paie du mois M

N° compte Compte débit crédit observation


641 salaire 100 Charge de salaire brut
43 Charges sociales à payer 5 Cotisations retenues : dette envers les caisses
sociales
421 Net à payer 95 Dette envers le salarié
645 Charges sociales 10 Contribution patronale aux caisses sociales
43 Charges sociales à payer 10 Contribution patronale : dette envers les caisses
sociales
La charge de personnel pour l'entreprise est bien de :
- 641 salaires 100
- 645 charges sociales 10
- TOTAL 110

Jean -Pierre BLOND


47
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

3.1.4.4.3 a) règlement de la paie et des charges :

N° compte Compte débit crédit observation


421 Net à payer 95 Extinction de la dette envers le salarié
Extinction de la dette (cotisations retenues +
43 Charges sociales 15
contribution employeur )
51 Banque 110 Sortie de trésorerie

3.14.3.4.4 Les acomptes : il peut arriver qu'en cours de mois des acomptes soient versés aux salariés, soit
de façon systématique soit individuellement. L'acompte ainsi versé ne constitue pas un supplément de
charge salariale pour l'entreprise mais une avance qui sera imputée au moment du règlement du salaire.
3.14.3.4.5 En reprenant l'exemple ci dessus : un acompte de 10 est versé au salarié le 15 du mois. Les
Salaires sont établis le 30 et réglés le 1 du mois suivant. Les charges sociales sont payées le 15 M+1.
3.14.3.4.6 Bulletin de paie :

Salaire brut 100


Cotisations sociales -5
Net imposable 95
Acompte -10
Salaire net à payer 85

3.14.3.4.7 Comptabilité

Date N° compte Compte débit crédit observation


15M 425 acomptes 10 Constatation d'une créance sur le salarié
15 M 51 Banque 10 Paiement de l'acompte
30 M 641 Salaires 100 Comptabilisation paie salaires brut
30M 43 Charges sociales à payer 5 Comptabilisation paie retenues salariales
30M 425 Acomptes 10 Comptabilisation paie retenue de l'acompte versé
30M 421 Net à payer 85 Comptabilisation paie : dette envers le salarié
30M 645 Charges sociales 10 Comptabilisation paie : charges patronales
30M 43 Charges sociales à payer 10 Comptabilisation paie : dettes de charges patronales
01/M+1 421 Net à payer 85 Règlement des salaires
01/M+1 51 Banque 85 Règlement des salaires
15/M+1 43 Charges sociales à payer 15 Règlement des charges
15/M+1 51 Banque 15 Règlement des charges

Synthèse

Charges pour Décaissements pour


N° compte Intitulé Reçu par salarié Reçu par les caisses
entreprise entreprise
425 Acompte 10 10
641 salaires 100
645 Charges sociales 10
421 Net à payer 85 85
43 Charges à payer 15 15
Totaux 110 110 95 15

Jean -Pierre BLOND


48
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3.2 Les charges financières : intérêts d'emprunt, agios de découvert, escomptes d'effets de commerce.
C'est la rémunération versée par l'entreprise pour les fonds qui lui sont prêtés

Comme toutes les autres charges les charges financières doivent faire l'objet d'une comptabilisation au fur
et à mesure de leur constitution : prorata temporis.. Elles sont cependant le plus souvent (pour les
entreprises non financières ), et par simplification comptabilisées lors de leurs décaissement et donnent lieu
à des opérations de régularisation qui seront étudiées dans le thème 7.

4. Les mécanismes de la TVA :


4.1 Principes
4.1.1 La TVA est un impôt qui frappe au taux proportionnel la valeur ajoutée des entreprises : salaires et
charges + impôt + amortissements+frais financier + marge.
4.1.2 La charge de la TVA est supportée par le consommateur final (cas le plus général où toutes les
entreprises participant à la chaîne de production d'un bien ou d'un service et à sa distribution sont des
assujettis à100%).
4.1.3 La logique de ces principes voudrait que la TVA ne soit acquittée que par le consommateur final au
moment de l'achat du bien ou du service.
4.1.4 La mise en place d'un tel système de recouvrement serait impossible : comment déterminer qui est le
consommateur final ? Problème des assujettis partiels dans une chaîne de fabrication et de distribution.
Lenteur du recouvrement.

4.2 Les modalités d'application.


4.2.1 Principe : chaque entreprise participant à la chaîne de fabrication et de distribution d'un produit / service
facture à l'entreprise à qui elle vend ce produit/ service ou un élément de ce produit/ service la TVA sur
sa valeur ajoutée et la reverse au trésor. La TVA est donc perçue par le Trésor à chaque étape de la
chaîne économique. Lors de la vente au consommateur final c'est bien la totalité du prix du
produit(somme de toutes les valeurs ajoutées) qui a été taxé et cette taxe est acquittée par le
consommateur final.
4.2.2 Fonctionnement : le calcul de la valeur ajoutée à chaque étape de la chaîne économique entraînerait de
nombreuses complications. Par simplification chaque entreprise de la chaîne facture à l'entreprise
suivante la TVA sur la totalité de son prix de vente mais ne reverse au Trésor que la différence entre
cette TVA facturée et celle qu'elle même a réglé à ses fournisseurs
4.2.3 Schéma simplifié :
Le prix de vente d'un produit P se décompose comme suit :

achats et charges externes 300


frais de personnel 400
impôts 50
amortissement 100

Il est vendu 1500.


Valeur ajoutée par entreprise : frais de personnel : 400
Impôt 50
Amortissements 100
Bénéfice 650
Valeur ajoutée 1200

Le taux de TVA est de 20%.

TVA sur le prix de vente : 1500 *20% =300. Reçue du client


60 TVA sur achats et charges externes : 300*20%= 60. payée aux fournisseurs
Taxe sur la valeur ajoutée par l'entreprise 1200*20% =240.Payée au trésor

L'entreprise facture à son client la TVA sur la totalité du prix soit 300 ; elle reverse au Trésor cette TVA sous
déduction de celle qu'elle a payée à ses fournisseurs : 300 -60= 240.
Elle a donc bien reversé au Trésor la TVA sur sa propre valeur ajoutée : 1200*20% =240.

Pour une entreprise assujettie à 100 % à la TVA cet impôt est donc complètement neutre :

Jean -Pierre BLOND


49
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TVA payée au fournisseur -60


TVA reçue du client +300
TVA reversée au Trésor -240
Solde de l'opération 0

4.3 Déclarations recouvrement


4.3.1 Le caractère global des déclarations :la TVA est acquittée par les entreprises à partir d'une déclaration
qu'elles établissent périodiquement.
Cette déclaration a un caractère global : elle récapitule le chiffre d'affaires de toutes les opérations
taxables de cette période .
La TVA collectée est calculée en appliquant le (les ) taux de TVA à ce chiffre d'affaires .
La TVA collectée est reversée au Trésor après déduction de la TVA récupérable ayant grevé les achats
de la période .
4.3.2 La périodicité : les déclarations sont en principe établies mensuellement (entre le 15 et le 21 du mois
M+1 pour les opérations relatives au mois M). Pour les plus petites entreprise cette déclaration est
établie trimestriellement.
4.3.3 Le fait générateur :
4.3.3.1 De l'exigibilité de la taxe : la TVA collectée (TVA facturée au client) est exigible au titre du mois de
livraison(par facilité facturation) pour les opérations de livraison de biens et au titre du mois
d'encaissement de la facture pour les prestations de services.
4.3.3.2 Du droit à récupération : la TVA récupérable (TVA facturée par les fournisseurs ) est récupérable le
mois de livraison (par facilité date de facturation) pour les livraison de biens , le mois de règlement de
la facture pour les prestations de services .

Jean -Pierre BLOND


50
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4.

Jean -Pierre BLOND


51
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4.4 Schéma général simplifié


MECANISME GENERAL DE LA TVA
Trésor
entreprise
Public
résultat compte trésorerie
taux TVA 19,60%
TVA
prix de vente facture à usine 1 000,00 196,00 1 196,00
valeur ajoutée reversement TVA -196,00 -196,00 196,00
SCIERIE
prix de revient marge charges internes -800,00 -800,00
800 200 soldes 200,00 0,00 200,00 196,00
prix de vente facture scierie -1 000,00 -196,00 -1 196,00
valeur ajoutée charges internes -1 900,00 -1 900,00
MEUBLES GUITTON mar
(usine) prix de revient facture à distributeur 3 000,00 588,00 3 588,00
ge
prix d'achat ch interne reversement TVA -392,00 -392,00 392,00
1 000 1 900 100 soldes 100,00 0,00 100,00 392,00
prix de vente facture usine -3 000,00 -588,00 -3 588,00
valeur ajoutée charges internes -600,00 -600,00
CONFOMEUBLES
distributeur prix de revient Vente consommateur 4 000,00 784,00 4 784,00
prix achat ch internes marge reversement TVA -196,00 -196,00 196,00
3 000 600 400 soldes 400,00 0,00 400,00 196,00

consommateur pour le consommateur final la charge est égale au prix payé toutes taxes comprises -4 000,00 -784,00 -4 784,00 0,00

TVA totale versée -784,00

TVA encaissée par le trésor 784

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53
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4.5 Exemple de comptabilisation

Au cours du mois M une entreprise a réalisé les opérations suivantes :

Mois de règlement
libellés Montant ht TVA 20% total
ou d'encaissement
Achats matières
1000 200 1200 M+1
premières
Honoraire avocat 100 20 120 M
Achat véhicule 2000 400 2400 M+1
LOYERS 200 40 240 M+1
Ventes produits finis 5000 1000 6000 M+2
Prestation étude 400 80 480 M
Prestation étude 600 120 720 M+1

Opérations taxables / récupérables en M

libellés Montant ht Taxable mois Récupérable mois commentaires


Achats matières
1000 M Achats de biens
premières
Honoraire avocat 100 M service
Achat véhicule 2000 M immobilisation
LOYERS 200 M+1 service
Ventes produits finis 5000 M Ventes de biens
Prestation étude 400 M services
Prestation étude 600 M+1 services

Déclaration chiffres d'affaire du mois M

Décompte de la TVA à payer


TVA brute Base HT Taxe due
Opérations réalisées au taux de 20% 5400 1080
TOTAL TVA brute due 1080
TVA DEDUCTIBLE
Biens constituants des immobilisations 400
Autres biens et services 220
Total TVA déductible 620
TVA due 460

Jean -Pierre BLOND


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Journal grand livre du mois M

JOURNAL GRAND LIVRE


61/62 21 706 44566TVA 44562 TVA 4457 TVA 4455 TVA à
401 601 achats 701 vente
411 clients 51 banque services immobilisatio prestations de déductible/A déductible collectée décaisser
Libellés Débit crédit fournisseurs mat premières produits finis
extérieurs ns services BS /immo
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
Achats mat premières 1000 1000
TVA récupérable 200 200
Fournisseurs 1200 1200
Honoraires 100 100
TVA récupérable 20 20
Fournisseurs 120 120
immobilisation 2000 2000
TVA sur immo 400 400
Fournisseurs 2400 2400
Loyers 200 200
TVA récupérable 40 40
Fournisseurs 240 240
client 6000 6000
Vente produits finis 5000 5000 1000
TVA collectée 1000
Clients 480 480
Prestation étude 400 400
TVA collectée 80 80
Clients 720 720
Prestation étude 600 600
TVA collectée 120 120 120
Banque 120
Fournisseur avocat 120 120
Banque 480 480
Client prestation 480 480
TVA collectée 1080 1080
TVA / immo 400 400
TVA /ABS 220 460
TVA à décaisser 460

Totaux 13080 13080 120 3960 7200 480 480 120 1000 300 2000 5000 1000 260 220 400 400 1080 1200 460
Soldes 3840 6720 360 1000 300 2000 5000 1000 40 120 460

Jean -Pierre BLOND


55
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Synthèse :

COMPTABILISATIONDE LA DECLARATION DE TVA DE M


TVA collectée : ce compte est débité de la TVA exigible TVA sur ventes de produits finis de M 5000*20%=1000
au titre de M 1080. La dette envers le trésor est diminuée
TVA sur prestation de service encaissées en M 400*20%= 80 ou TTC 480/1.2*0.2=80
de ce montant
TVA sur immo ce compte est crédité du montant
récupérable au titre de M 400. La créance sur le trésor TVA récupérable sur immobilisation acquise en M 400
est diminuée d'autant
TVA sur autres biens et service ce compte est crédité du TVA sur livraison matières premières M 200
montant récupérable au titre de M 220 TVA sur prestation services payées en M 20
TVA à décaisser crédité de la TVA restant à payer après TVA brute due (TVA collectée exigible en M) 1080
imputation de la TVA déductible 460 .Cette dette de TVA déductible en M -(400+200+20)
l'entreprise sera réglée en M+1 TVA restant à payer 460

Jean -Pierre BLOND


56
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5. Les opérations de trésorerie


5.1 Définition : les opérations de trésorerie , recettes ou dépenses constituent la dernière phase des transactions
économiques réalisées par l'entreprise :
- encaissement d'un emprunt , paiement de dividendes ….
- mais également transactions plus complexes : achats , règlement du fournisseurs ; production , vente ,
règlement effectué par le client.
5.2 Les outils :
5.2.1 Le chèque est l'écrit par lequel le tireur effectue un règlement au profit d'un tiers le bénéficiaire en
prélevant des fonds portés sur son compte ouvert chez le tiré (sa banque ).
L'émission d'un chèque suppose l'existence d'une provision suffisante au jour de son émission.
5.2.2 Les effets de commerce : les effets de commerce sont des titres de créances à court terme négociables
(transmissibles à un tiers sans formalités de cession de créance signifiées ).
Ce sont à la fois des moyens de paiement et des instruments de crédit.
- moyen de paiement : l'effet de commerce éteint la créance commerciale d'origine sous réserve du
règlement de l'effet à l'échéance .
- instrument de crédit : pour l'émetteur de l'effet c'est un moyen de régler sa dette à une échéance
ultérieure . Pour le bénéficiaire de l'effet c'est un moyen de mobiliser les sommes dues avant l'échéance
grâce à l'escompte .
5.2.2.1 Différents effets de commerce :
- la lettre de change (ou traite ): écrit par lequel le tireur donne l'ordre à un tiré (le plus souvent sa
banque ) de régler à un bénéficiaire une somme d'argent à une date postérieure à l'émission de la
traite: l'échéance
- Le billet à ordre : est l'écrit par lequel un tireur promet de payer une certaine somme à un
bénéficiaire à une certaine échéance .

5.2.3 Autres outils /


- Les virements
- Cessions ou nantissement de créance professionnelles .

5.2.4 Les comptes bancaires : les comptes bancaires ordinaires des entreprises sont des comptes courants
(fusion des opérations actives et passives ) . L'entreprise enregistre au débit du compte ses encaissements
(actifs ) et au crédit du compte ses dépenses (passifs). Si le solde est positif le compte est débiteur chez
l'entreprise (créance sur le banquier ) et créditeur chez la banque (dette de la banque envers l'entreprise ).

5.3 La comptabilisation des effets de commerce :


Les effets de commerce sont des titres de créance (effets à recevoir ) ou de reconnaissance de dettes (effets à
payer ) qui ne se transformeront en trésorerie qu'au moment de l'échéance .
Jusqu'à cette date ils constituent une catégorie spéciale de créance clients (effets à recevoir ) ou de dettes
fournisseurs (effets à payer ) .

5.3.1 Comptabilisation d'un effet à recevoir : la société A vend le 01/M un bien à la société B pour 2000
(exonéré TVA ) ; le 15/M la société B accepte une traite de 2000 au bénéfice de A à échéance du 15/M+1. Le
12/M+1 A remet l'effet à l'encaissement :
- la banque lui crédite la somme le 15/M+1
- variante : le 16/M+1 la banque informe A que l' effet est revenu impayé .

Jean -Pierre BLOND


57
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COMPTABILISATION chez A avec règlement à l'échéance


Journal Grand livre
413 EFFET à
411 CLIENT 51 banque 701 VENTE
Libellés Débit crédit RECEVOIR
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
1/M 411 Vente à B 2000 2000
1/M 701 Vente à B 2000 2000
Facture à B
15/M 413 Lettre de change B 2000 2000
15/M 411 Lettre de change B 2000 2000
Enregistrement lettre de change B
12/M+1 51 Remise effet en banque 2000 2000
12/M+1 413 Remise effet en banque 2000 2000

A la date de réception l'effet est transféré du compte clients créances (ordinaires ) au compte clients effets à
recevoir .Quelque jours avant l'échéance il est remis en banque .

COMPTABILISATION chez A avec retour impayé


Journal Grand livre
413 EFFET à
411 CLIENT 51 banque 701 VENTE
Libellés Débit crédit RECEVOIR
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
1/M 411 Vente à B 2000 2000
1/M 701 Vente à B 2000 2000
Facture à B
15/M 413 Lettre de change B 2000 2000
15/M 411 Lettre de change B 2000 2000
Enregistrement lettre de change B
12/M+1 51 Remise effet en banque 2000 2000
12/M+1 Remise effet en banque 2000 2000
Remise en banque
16/M+1 411 Retour traite B impayée 2000 2000
16/M+1 51 Retour traite B impayée 2000 2000

L'encaissement est annulé (banque créditée ) et la créance redevient une créance client ordinaire . IL y aura lieu
de plus d'envisager de "rétrograder" cette créance ordinaire en créance douteuse et de constituer une provision
pour dépréciation.

5.3.2 Comptabilisation d'un effet à payer : même exemple avec écriture chez B .

COMPTABILISATION chez B
Journal Grand livre
401 403 EFFET à
51 banque 601 ACHATS
Libellés Débit crédit fournisseur PAYER
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
1/M 601 Achat à A 2000 2000
1/M 401 Achat à A 2000 2000
Facture A
15/M 401 Lettre de change à A 2000 2000
15/M 403 Lettre de change à A 2000 2000
Enregistrement lettre de change B
15/12M+1 403 Avis de débit 2000 2000
15/12M+1 51 Avis de débit 2000 2000
Avis de débit

Jean -Pierre BLOND


58
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La comptabilité générale

5.4 L'escompte des effets de commerce .


5.4.1 L'escompte est un moyen pour l'entreprise de mobiliser les créances représentées par des effets .
5.4.2 Lorsqu'une entreprise escompte un effet le banquier prête à l'entreprise la somme portée sur l'effet pour une
période qui va de la date de remise à l'escompte jusqu'à la date de l'échéance . Ce prêt est consenti moyennant un
intérêt qui est prélevé au moment de la remise à l'escompte .
5.4.3 A l'échéance :
- l'effet est payé par le client : le banquier encaisse l'effet au lieu et place de son bénéficiaire et l'opération
est soldée .
- l'effet n'est pas payé par le client :le banquier contrepasse l'effet sur le compte du bénéficiaire

5.4.4 Exemples : en reprenant l'énoncé précédent la société A remet le 15/M son effet sur B à l'escompte . Par
simplification le taux de l'escompte est de 12% (1% par mois ) ; Pas de frais de banque

COMPTABILISATION chez A avec règlement à l'échéance


Journal Grand livre
413 EFFET à 66 charges
411 CLIENT 51 banque
Libellés Débit crédit RECEVOIR financières
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
15/M 413 Lettre de change B 2000 2000
15/M 411 Lettre de change B 2000 2000
Enregistrement lettre de change B
15/M 51 Remise à l'escompte 1980 1980
15/M 66 Intérêts sur escompte 20 20
15:m 413 Remise escompte traite B 2000 2000

Si à l'échéance l'effet est impayé

COMPTABILISATION chez A avec règlement à l'échéance


Journal Grand livre
413 EFFET à 66 charges
411 CLIENT 51 banque
Libellés Débit crédit RECEVOIR financières
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
15/M+1 411 Retour traite B impayée 2000 2000
15/M+1 51 Retour traite B impayée 2000 2000

5.5 Les comptes de virements internes : les opérations de compte de trésorerie à compte de trésorerie
entraînent l'émission de deux pièces comptables comptabilisées de façon identique .

Exemple : la remise d'un chèque tiré sur la banque B pour alimenter le compte de la banque C donne lieu à la
comptabilisation du chèque (crédit de la banque B ) et à celle du bordereau de remise (débit de la banque C).

COMPTABILISATION du chèque B remis sur C sans compte de virement interne


Journal Grand livre
5121 banque 5122 banque
Libellés Débit crédit B C
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
01/M 5122 Chèque XXX en faveur banque C 1000 1000
01/M 5121 Chèque XXX en faveur banque C 1000 1000
Emission chèque en faveur de C
02/M 5122 Remise chèque banque B 1000 1000
02/M 5121 Remise chèque banque B 1000 1000
Enregistrement de la remise

La comptabilisation de chacune des deux pièces donne lieu à une écriture de même sens et de même montant.
Pour éviter ce double emploi on utilise comme contrepartie pour chacune des écritures un compte 58 virement
interne

Jean -Pierre BLOND


59
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La comptabilité générale

COMPTABILISATION du chèque B remis sur C avec compte de virement interne


Journal Grand livre
5121 banque 5122 banque 58 virement
Libellés Débit crédit B C interne
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
01/M 58 Chèque XXX en faveur banque C 1000 1000
01/M 5121 Chèque XXX en faveur banque C 1000 1000
Emission chèque en faveur de C
02/M 5122 Remise chèque banque B 1000 1000
02/M 58 Remise chèque banque B 1000 1000
Enregistrement de la remise

Le compte de virement interne est soldé .


Ce compte permet d'éviter les écritures en doubles mais également de déceler des malversations éventuelles .Un
compte de virement interne débiteur signifie que des transferts de fonds (le plus souvent retrait d'espèces ) n'ont
pas été déposés sur le compte auquel ils étaient destinés .

Jean -Pierre BLOND


60
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

SYNTHESE DES QUATRE PREMIERS THEMES

1. Les principes :
1.1 Une entreprise utilise des biens et des services : emplois
1.2 Ces biens et services utilisés doivent être financés : ressources
1.3 Les emplois sont les utilisations que fait l'entreprise de ces biens et services :
1.3.1 Emplois accroissant le patrimoine de l'entreprise : actifs
1.3.2 Emplois de consommation des biens ou services : charges
1.4 Les ressources :
1.4.1 Le passif
1.4.1.1 Passif externe : élément de patrimoine négatif qui se traduira de façon certaine (dette ) ou probable
(provision) par un flux de trésorerie négatif .
1.4.1.2 Capitaux propres : contrepartie des biens ou fonds mis ou laissés à disposition de l'entreprise par les
associés .
1.4.2 Les produits : richesses crées par l'entreprise .

1.2 Bilan :
1.2.1 le patrimoine actif est financé par :
1.2.1.1 Les capitaux apportés
1.2.1.2 Les dettes
1.2.1.3 Les capitaux laissés à disposition

1.2.2 Le résultat : différence entre la richesse créée par l'entreprise au cours d'une période et les biens et
services consommés pendant cette même période pour créer cette richesse .

La richesse créée a pour conséquence une augmentation d'actif (créances clients , trésorerie si vente
comptant ) .
La richesse consommée a pour contrepartie : une diminution d'actif (sortie de stocks , sortie de
trésorerie si achats comptant) ou une augmentation de passif externe (dettes fournisseurs , dettes envers
le personnel ou les caisses sociales ).

Le résultat est donc la ressource nette finançant les différentes variations d'actif et de passif
consécutives à de la création ou de la consommation de richesse.
C'est un compte de capitaux propres figurant au passif du bilan.

1.2.3 Ecritures et premier bilan d'une entreprise :

Compte libellé débit crédit


Résultat Achats marchandises 1000
fournisseur Achats marchandises 1000
clients Ventes marchandises 2000
résultat 2000

ACTIF PASSIF
Client 2000 résultat 1000
fournisseurs 1000

Total actif 2000 Total passif 2000

Le résultat finance l'accroissement de richesse nette créée par l'entreprise au cours de l'exercice

1.3 Les comptes de produits et de charges , le compte de résultat .

1.3.1 Position du problème : la richesse créée pourrait être passée au crédit du compte de bilan 12 résultat la
richesse consommée au débit du même compte 12 . A la clôture de l'exercice le solde de ce compte 12
serait égal à la richesse nette créée pendant cet exercice .
Une telle méthode aurait comme inconvénient d'empêcher toute analyse de la formation de ce résultat .

Jean -Pierre BLOND


61
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

1.3.2 Comptes de charges et comptes de produits :


1.3.2.1 La création de richesse sera enregistrée par nature de produits dans différents comptes de la classe 7.La
consommation de richesse sera enregistrée par nature de charges dans les comptes de la classe 6.
1.3.2.2 La synthèse , pour une période donnée de ces comptes 6 et 7, se fera dans le compte de résultat de cette
période . C'est le solde positif ou négatif de cette synthèse qui sera reportée au passif du bilan pour
équilibrer ce dernier . Le résultat positif (bénéfice) s'ajoutant au capitaux propres ; le résultat négatif
(perte ) venant en diminution de ces capitaux propres .

1.3.3 La périodicité du calcul du résultat : il ne suffit pas à une entreprise de savoir qu'elle s'est enrichie il lui
faut savoir comment elle s'est enrichie( voir 1.3.2) mais également à quel rythme elle s'enrichit et
comment évolue cet enrichissement à périodes identiques : le compte de résultat présentera
l'enrichissement de l'entreprise (ou son appauvrissement ) avec une périodicité au minimum annuelle.

1.4 Date d'arrêté des comptes


1.4.1 Le bilan est un état du patrimoine de l'entreprise à la date de l'arrêté des comptes .
1.4.2 Le compte de résultat permet d'analyser la formation de la création de richesse entre la date de début
d'exercice et la date d'arrêté des comptes

1.5 Produits et recettes , charges et dépenses

1.5.1 Tous les flux de trésorerie ne proviennent pas de l'activité de l'entreprise


1.5.2 Les flux de trésorerie générés par l'activité (conséquence des flux de charges ou de produits ) ne sont
pas tous concomitants avec la réalisation de ces charges et de ces produits .
1.5.3 C'est le rôle des comptes de tiers d'enregistrer "en temps réel" la contrepartie des flux de charges et de
produits qui ne donne pas immédiatement lieu à un encaissement ou à un décaissement .

1.5.4 La problématique des stocks

1.5.4.1 Le stocks (compte de bilan ) correspondent :


- aux marchandises achetées non vendues
- aux matières premières achetées non consommées
- aux produits fabriqués non vendus .
Il s'agit de comptes de bilan

1.5.4.2 La variation du stocks correspond à l'augmentation ou à la diminution de ces stocks entre le début et la
clôture de l'exercice . Ces augmentations et/ ou ces diminutions vont venir s'ajouter ou se soustraire aux
achats et/ ou aux ventes de l'exercice .

BILAN COMPTE DE RESULTAT


Nature du stock
Sens de la variation Traitement comptable Résultat obtenu
Soustrait aux achats marchandises
augmentation
Compte variation stocks négatif Coût d'achat des marchandises
marchandises
Ajouté aux achats marchandises vendues
diminution
Compte variation stocks positif
Soustrait aux achats mat premières
augmentation
Compte variation stocks négatif Coût des matières premières
Matière première
Ajouté aux achats mat premières consommées
diminution
Compte variation stocks positif
Ajouté aux ventes
augmentation
Compte variation de stocks positif
Produits finis Production de l'exercice
Soustrait aux ventes
diminution
Compte variation de stocks négatif

Jean -Pierre BLOND


62
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

THEME 5
I Les Immobilisations

1. Définition d'une immobilisation


1.1 une immobilisation est un actif (élément positif du patrimoine ) dont l'entreprise attend qu'il lui procure des
avantages économiques (flux de trésorerie positif ) sur une période supérieure à l'exercice ; ces avantages
étant le plus souvent procurés de façon récurrente..

2. Les grandes catégories d'immobilisations


2.1 Immobilisations incorporelles
2.1.1 Définition : une immobilisation incorporelle est un actif non monétaire sans substance physique
2.1.2 Exemples :
- fond de commerce
- clientèle
- brevet

2.2 Immobilisations corporelles

2.2.1 Définition une immobilisation corporelle est un actif physique destiné :


- à être utilisé dans la production ou la fourniture de biens ou de services
- à être loué à des tiers
- à des fins de gestion interne

2.2.2 Exemples :
- machine outil , véhicule de transport
- immeubles

2.3 Immobilisations financières


2.3.1 Définition : le Code Comptable ne donne pas de définitions de ces immobilisations . Pour être classé en
immobilisation financière un actif doit répondre à deux sortes de critères :
2.3.1.1 Nature de l'actif : sont classées dans les immobilisations financières si elles répondent de plus aux
critères 2.3.1.2 ci dessous :
- les valeurs mobilières :actions , obligations,(également certificats d'investissement, titres participatifs et
droits détachés de ces titres ).
- Les autres titres : parts sociales , prêts et placements à long terme
2.3.1.2 Durée et objectifs de détention :
Le second critère de classement est le caractère durable de la détention (ce caractère durable peut être
intentionnel ou subi).
Les objectifs de détention durable peuvent être :
- Utilité à l'activité de l'entreprise détentrice par l'influence ou le contrôle que les titres permettent
d'exercer sur la société "détenue": on parle alors de titres de participation.
- Une rentabilité (intérêts ,dividendes ) sans participation à la gestion : titres immobilisés de l'activité
de portefeuille
- L'intention de conserver durablement peut être subie par l'entreprise (exemple titres donnés en
nantissement) : autres titres immobilisés

3. La perte de valeur des immobilisations .


3.1 Perte de valeur liée à l'utilisation de l'immobilisation.
3.1.1 Position du problème : l'utilisation de l'immobilisation entraîne - elle une consommation des avantages
économiques qu'elle comporte et donc un appauvrissement de cet actif ?

3.1.2 Avantages économiques déterminables / non déterminables .


3.1.2.1 Les avantages économiques liés à une immobilisation sont déterminables lorsqu'ils sont limités par

Jean -Pierre BLOND


63
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La comptabilité générale

- l'utilisation : machine ayant une capacité de production de X unités , véhicule ayant un kilométrage au
delà duquel il convient de le changer ou de réaliser de grosses réparations qui prolongeront sa durée
d'utilisation.
- l'usure du temps : bâtiment
- l'obsolescence due au progrès technique

3.1.2.2 Les avantages économiques sont non déterminables lorsque , à environnement économique constant,
l'utilisation de l'immobilisation procurera des avantages économiques pendant une durée illimitée.
Exemple un fonds de commerce doit pouvoir apporter un chiffres d'affaires constant tant que des
facteurs économiques extérieurs à l'entreprise ne s'y opposent pas ( phénomène de mode : le produits
vendus est remplacé par un autre , transformation de la voie piétonne sur laquelle est situé le fonds de
commerce en voie rapide …).

3.1.2 Lorsque les avantages économiques attendus d'une immobilisation sont déterminables l'entreprise devra
constater la diminution de valeur de cette immobilisation due à la consommation des avantages
économiques qui lui sont liés : amortissement
3.1.3 Lorsque les avantages économiques attendus d'une immobilisation ne sont pas déterminables il n'y a pas
lieu de constater de diminution de valeur de l'immobilisation liée à son utilisation . L'utilisation de
l'immobilisation n'entraîne en effet pas en théorie de consommation d'avantages économiques puisqu'ils
sont présupposés illimités .

3.2 Perte de valeur non liée à l'utilisation. .


3.2.1 L'immobilisation peut perdre de la valeur indépendamment de son utilisation :
- Perte de valeur due à des causes externes à l'entreprise : fond de commerce situé dans une zone touchée
par des modification d'urbanisme importante (passage d'une voie à grande vitesse , installation d'une
usine polluante …)
- Perte de valeur due à des causes internes à l'entreprise : l'entreprise arrête ou diminue fortement une
production à laquelle était dédiée une machine .
- Perte de valeur due à l'immobilisation : immobilisation endommagée ou techniquement obsolète.

3.2.2 L'entreprise doit constater cette perte de valeur de l'immobilisation : dépréciation ou amortissement
exceptionnel.

Jean -Pierre BLOND


64
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

II Les Amortissements

1.1 Le principe : l'amortissement doit constater la dépréciation de l'immobilisation au fur et à mesure de


la consommation des avantages économiques attendus de l'immobilisation.
1.1.1 Exemples :
1.1.1.1 Consommation d'avantages économiques liée à des quantités produites ou consommées :
- Machine outil
- Véhicule
1.1.1.2 Consommation d'avantages économiques liée à l'écoulement du temps :
- Construction

1.1.2 Définitions :
- La constatation des avantages économiques attendus d'une immobilisation consommés au cours d'une
période constitue une charge de la période et s'appelle : une dotation aux amortissements .
- Le cumul des avantages économiques attendus d'une immobilisation consommés depuis sa mise en
service constitue un sous compte d'immobilisation négatif venant en diminution de la valeur
d'acquisition de l'immobilisation : amortissement .

Une dotation aux amortissements est un compte de charge


Un compte d'amortissement est un compte d'actif négatif

1.1.3 Conséquences : l'amortissement devrait être calculé selon des unités d'œuvre différentes selon les
immobilisations et leur utilisation.

1.2 Les règles :


La très forte immixtion de la règle fiscale dans les principes comptables amène à considérer que la dépréciation
des immobilisations amortissables est proportionnelle au rapport temps d'utilisation écoulé / temps d'utilisation
totale .
En pratique le temps d'utilisation total d'une immobilisation est fonction de la nature de l'immobilisation et de
son type d'utilisation . Toutes ces données relèvent des usages professionnels .
En définitive les consommations d'avantages économiques d'une immobilisation sont ramenées en unités
d'œuvre temps en fonction de l'utilisation théorique que chaque profession fait d'une immobilisation donnée.

1.3 Les modes d'amortissement.

1.3.1 Calcul de base : la dotation aux amortissement d'une période P est égale à :
valeur de l'immobilisation / durée d'utilisation totale *durée de la période P
1.3.2 Amortissement linéaire : l'amortissement linéaire réparti de manière égale la dépréciation de
l'immobilisation sur la durée de vie du bien ; il est calculé au moyen de la formule 1.3.1 ci dessus
.En pratique l'amortissement linéaire se calcule en appliquant à la valeur de l'immobilisation un taux
d'amortissement linéaire : ce taux est égal à : 12 / durée de vie du bien en mois *100.
La dotation annuelle d'un bien dont la durée de vie est de cinq ans se calculera en appliquant à la valeur
de ce bien un taux de 20% (12/60 *100)
1.3.3 Amortissement dégressif : Les dotations sont calculées en appliquant un taux constant à une valeur
dégressive .
1.3.3.1 Taux constant : c'est le taux linéaire multiplié par un coefficient qui varie selon la durée de vie du bien.
1.3.3.2 Base dégressive :
- premier exercice valeur du bien ,
- exercices suivants : valeur résiduelle du bien (valeur d'origine - amortissement cumulés )
- lorsque la valeur résiduelle du bien divisée par le nombre d'années restant à courir devient
supérieure à la dotation théorique calculée comme ci dessus les dotations de chacun des exercices
restant à courir sont égales à la valeur résiduelle divisée par le nombre d'années restant à courir.
1.3.3.3 Exemple : immobilisation d'une valeur de 1000 amortissable selon le mode dégressif en 5 ans
- taux linéaire 20%
- coefficient 2 (bien supposé acquis avant le 01/01/2001)
- taux amortissement 40%

Jean -Pierre BLOND


65
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La comptabilité générale

Tableau amortissement
Valeur résiduelle/ nb années
années valeurs résiduelles dotations
restant
1 1000 400 200
2 600 240 150
3 360 144 120
4 216 108 108
5 108 108
A partir de l'année 4 la dotation n'est plus calculée en appliquant le taux à la valeur résiduelle

1.4 La comptabilisation de l'amortissement :


L'utilisation d'une immobilisation est la consommation d'une partie de ses avantages économiques par
l'entreprise : l'origine de la ressource est la diminution des avantages attachés à cette immobilisation
(diminution de la valeur de l'immobilisation) l'emploi de cette ressource est la consommation qui en est
faite.
Le schéma d'écriture est donc :
Emploi/ ressource Libellé Débit crédit
Emploi : compte de charge Dotation aux amortissements X
Ressources : compte de bilan immobilisation X

En réalité la valeur d'origine de l'immobilisation reste inchangée sa dépréciation cumulée est constatée dans un
compte "amortissement " qui vient diminuer cette valeur d'origine le schéma d'écriture est donc :

Emploi/ ressource Libellé Débit crédit


Emploi : compte de charge Dotation aux amortissements X
Ressources : compte de bilan Amortissement immobilisation X

Si l'on reprend l'exemple ci dessus à la clôture de l'exercice 2 on aura


N° COMPTE Libellé Débit crédit
21 immobilisation 1000
28 Amortissement immobilisation 640

1.5 L'amortissement par composants :


1.5.1 Position du problème : il existe des immobilisations complexes composées d'une structure et d'un ou
plusieurs composants : exemple un avion comporte une structure : la carlingue et des composants : le
moteur , les sièges . Cette structure et ces composants n'ont pas la même durée de vie. L'application du
système classique d'amortissement conduit alors à utiliser une durée de vie moyenne pour le calcul de
l'amortissement .
1.5.2 L'amortissement par composants conduit à décomposer le prix de l'immobilisation en ses divers
composants et à amortir chacun d'eux selon un rythme qui reflète sa propre durée de vie .
1.5.3 Ce mode d'amortissement est celui retenu par les nouvelles normes IFRS ; c'est aussi celui en vigueur
en France depuis le premier janvier 2005 .
"Cependant, si dès l’origine, un ou plusieurs de ces éléments ont chacun des utilisations différentes,
chaque élément est comptabilisé séparément et un plan d’amortissement propre à chacun de ces
éléments est retenu. "(PCG art 322-3 modifié deuxième alinéa ).
Ce mode d'amortissement ne trouve à s'appliquer que pour les immobilisations complexes .

Jean -Pierre BLOND


66
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La comptabilité générale

1.5.4 Exemple :

exemple amortissement par composants

Une entreprise acquiert un avion pour 160 000 en début d'année 1

Cet avion est composé des éléments suivants


la structure : carlingue d'une valeur de 140 000 durée de vie 16 ans
les autres composants (les sièges)
d'une valeur de 20 000 ; durée de vie 8 ans . Le renouvellement des siège ne prolonge pas la durée de vie de l'avion
les sièges renouvelés auront une valeur de 30 0000 dans huit ans

exercice base avion amort base sièges amort sièges n°2 prov gr impact
anciennes règles comptables
avion n°1 sièges entretien résultat

1 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750


L'entreprise amorti l 'immobilisation 2 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
sur 16 ans et constitue une provision 3 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
pour grosse réparation renouvellement
4 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
avec une dotation annuelle de :
30 000 / 8 = 3750 5 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
6 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
7 160 000 10 000 0 0 3 750 13 750
le renouvellement est porté en charges 8 160 000 10 000 0 0 30 000 -26 250 13 750
0 110 000
9 160 000 10 000 0 0 10 000
10 160 000 10 000 0 0 10 000
11 160 000 10 000 0 0 10 000
12 160 000 10 000 0 0 10 000
13 160 000 10 000 0 0 10 000
14 160 000 10 000 0 0 10 000
15 160 000 10 000 0 0 10 000
16 160 000 10 000 0 0 10 000
80 000
total impact résultat 190 000

exercice base avion amort base sièges amort sièges n°2 impact
nouvelles règles comptables
avion n°1 sièges résultat

1 140 000 8 750 20 000 2 500 11 250


2 140 000 8 750 0 2 500 11 250
3 140 000 8 750 0 2 500 11 250
4 140 000 8 750 0 2 500 11 250
5 140 000 8 750 0 2 500 11 250
La carlingue est amortie sur 16 ans ; 6 140 000 8 750 0 2 500 11 250
les sièges sur 8 ans .Lors du 7 140 000 8 750 0 2 500 11 250
renouvellement des sièges les anciens 8 140 000 8 750 0 2 500 11 250
sièges sont sortis pour leur valeur
résiduelle : 0 .Les nouveaux sièges 90 000
sont immobilisés et amortis sur 8 ans 9 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
10 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
11 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
12 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
13 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
14 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
15 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
le renouvellement est immobilisé 16 140 000 8 750 0 0 30 000 3 750 12 500
100 000
total impact résultat 190 000

Jean -Pierre BLOND


67
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

III Les Dépréciations

1. Les différentes valeur d'une immobilisation

1.1 Valeur nette comptable : La valeur nette comptable d'un actif correspond à sa valeur brute diminuée des
amortissements cumulés et des dépréciations
.
1.2 Valeur d'usage : valeur des avantages économiques futurs attendus de l'utilisation et de la sortie de cet actif.
Dans la généralité des cas elle est égale à la valeur actuelle (au sens mathématiques financières ) des flux
nets de trésorerie attendus
1.3 Valeur vénale (ou valeur de réalisation) : valeur qui pourrait être obtenue, à la date de clôture, de la vente
d'un actif à des conditions normales de marché diminuée des coûts de sortie (coûts directement attribuables à
la sortie de l'actif à l'exclusion des charges financières et de l'impôt sur le résultat de sortie).
1.4 La valeur actuelle est la valeur la plus élevée de la valeur vénale ou de la valeur d'usage

2 Position du problème :
2.1Une immobilisation peut voir sa valeur se déprécier en dehors de toute utilisation par l'entreprise . Cette
dépréciation peut être due à :
- Une modification de l'environnement économique : changement de l'environnement urbain d'un fonds
de commerce.
- Une modification de l'état des techniques : obsolescence d'un brevet
- L'arrêt total ou partiel d'une production par l'entreprise
2.3 Dans de tels cas la valeur d'usage de l'immobilisation va se trouver diminuée .
2.4 L'entreprise devra se poser la question de la nécessité de la dépréciation de l'immobilisation.
3 Calcul des dépréciations :
3.1 Si la valeur actuelle de l'immobilisation est inférieure à la valeur nette comptable l'entreprise devra
déprécier l'immobilisation.

3.2 Comptabilisation : Si la valeur actuelle d'un actif immobilisé devient inférieure à sa valeur nette comptable
il y aura lieu de constater :

- une dépréciation (susceptible de reprise) si le bien continue à être utilisé.


- Un amortissement exceptionnel (non susceptible de reprise ) si le bien n'est plus utilisé

IV Les provisions pour grosses réparations

1. définition position du problème .


1.1 Les grosses réparations : dépenses d’entretien ayant pour seul objet de vérifier le bon état de fonctionnement
des installations et d’y apporter un entretien sans prolonger leur durée de vie au-delà celle prévue
initialement . Ces dépenses sont d'une importance qui dépasse celles d'entretien courant et ont un caractère
périodique .
1.2 Position du problème : la prise en compte de telles dépenses doit être étalée sur la période d'utilisation de
l'immobilisation qui rend ces dépenses nécessaires . Cette période s'étend de l'acquisition à la première
grosse réparation , puis , le cas échéant de la première grosse réparation à la deuxième …

2. Comptabilisation
Les entreprises ont le choix entre :
a) constitution de provision pour grosse réparation.
b) utilisation de la méthode par composants : pour ce faire
1. le montant estimé des premières dépenses d'entretien est immobilisé comme un composant.
2. l'actif principal est immobilisé pour le prix de revient total diminué du montant estimé des dépenses
d'entretien ; il est amorti sur cette base et en fonction de sa durée d'utilisation
3. le montant des dépenses d'entretien est amorti sur la durée de la période séparant deux révisions
4. lorsque la nouvelle révision intervient le montant des dépenses engagées est immobilisé en
remplacement de celui comptabilisé à l'origine qui est sorti de l'actif pour une VNC nulle.

Jean -Pierre BLOND


68
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La comptabilité générale

Exemple s
Provisions pour grosses réparations , révision , entretien
comparaison des deux méthodes

valeur du bien 100


durée amortissement 10ans
grosse réparation au bout de 5 ans
montant estimé de la réparation 20 il ne s'agit pas d'un remplacement
montant réel de la réparation 20

comptabilisation d'un composant provision pour grosse réparation


dotation total écart
périodes amortisse amortissem amortisse
total provision charges charges charges
libellés ment actif ent libellés ment actif
charges grosse entretien
principal composant principal
réparation
0 acquisition 80 20 acquisition 100
1 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
2 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
3 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
4 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
5 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
VNC composant 0
5 sortie composant 0 rep provision 20 20 -20
5 réparation 20 réparation -20 -20 20
6 dot amort -8 -4 -12 -10 -10 -2
7 dot amort -8 -4 -12 -10 -10 -2
8 dot amort -8 -4 -12 -10 -10 -2
9 dot amort -8 -4 -12 -10 -10 -2
10 dot amort -8 -4 -12 -10 -10 -2
valeur nette comptables 0 0 0 0
0
total charges -120 total charges -120

valeur du bien 100


durée amortissement 10ans
grosse réparation au bout de 5 ans
montant estimé de la réparation 20 il ne s'agit pas d'un remplacement
montant réel de la réparation 25

comptabilisation d'un composant provision pour grosse réparation


dotation total écart
périodes amortisse amortissem amortisse
total provision charges charges charges
libellés ment actif ent libellés ment actif
charges grosse entretien
principal composant principal
réparation
0 acquisition 80 20 acquisition 100
1 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
2 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
3 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
4 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
5 dot amort -8 -4 -12 dotations -10 -4 -14 2
VNC composant 0
5 sortie composant 0 rep provision 20 20 -20
5 réparation 25 réparation -25 -25 25
6 dot amort -8 -5 -13 -10 -10 -3
7 dot amort -8 -5 -13 -10 -10 -3
8 dot amort -8 -5 -13 -10 -10 -3
9 dot amort -8 -5 -13 -10 -10 -3
10 dot amort -8 -5 -13 -10 -10 -3
valeur nette comptables 0 0 0 0
total charges -125 total charges -125 0

Jean -Pierre BLOND


69
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

V Les sorties d'immobilisations :


Cessions
Mises au rebut

Lorsqu'une entreprise se sépare d'une immobilisation elle subit une diminution d'actif égale à la valeur
des avantages économiques non encore utilisés de l'immobilisation dont elle se sépare : la valeur nette
comptable de l'immobilisation .
Cette Valeur Nette Comptable traduit la valeur d'usage que l'immobilisation conserve pour l'entreprise au jour de
sa cession ou de sa mise au rebut.
En contrepartie de cette diminution d'actif il y a une ressource : le prix de cession de l'immobilisation .
En cas de mise au rebut cette ressource est nulle .

1. Pour traduire cette opération la comptabilité va devoir retracer :


1.1 la diminution d'actif due à la sortie de la valeur économique de l'immobilisation :
1.1.1 la diminution d'actif résultant de la sortie de l'immobilisation est égale à sa valeur nette comptable au
jour de la sortie (valeur brute de l'immobilisation - avantages économiques consommés au jour de la
sortie ).
1.1.2 Cette diminution d'actif va donc être égale à la valeur de l'immobilisation brute diminuée du montant
cumulé des amortissements et des dépréciations constatés au jour de la cession.

1.2 la charge entraînée par cette diminution d'actif : cette diminution d'actif constitue une charge pour l'entreprise
. Elle est comptabilisée au débit d'un compte de charges exceptionnelles :
675 : Valeur nette comptable des éléments d'actifs cédés .
1.3 le produit résultant du prix de cession : c'est le prix hors taxe reçu de l'acquéreur de l'immobilisation .Il est
enregistré au crédit d'un compte de produit exceptionnels :
775 : produit de cession des éléments d'actif .
1.2 le résultat de cession : différence entre 775 et 675

2. Exemple :

Une immobilisation acquise 10 000 LE 01/01/N et amortissable selon le mode linéaire en 10 ans est cédée 800
(cession non soumise à TVA)le 30/06/N+9 .

Journal Grand Live


68 dotations
21 28 675 VNC 775 produit
41 clients amortissement
Libellés Débit crédit immobilisation amortissement immo cédées cession actifs
s
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
A nouveau 01/01/N+9 10000 9000

Client 800 800


Produit cession 800 800
Cession
immobilisation

amortissement N+9 500 500


amortissement N+9 500 500
Dotation N+9

amortissement 9500 9500


immobilisation 10000 10000
VNC immo cédée 500 500
Sortie immo
Soldes 0 0 800 500 500 800

Notes :
- la dotation N+9 est calculée du début de l'exercice au jour de la cession.

Jean -Pierre BLOND


70
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Synthèse :
L'opération s'analyse comme suit
Valeur de l'immobilisation 10 000 Valeur d'entrée de l'immobilisation dans le patrimoine de l'entreprise
10 000 /10*9 = 9000 .Avantages économiques consommées pendant
Amortissements au 01/01/N+9 - 9000
les 9 premiers exercices
10 000/10*0.5 . Consommation des avantages économiques de
Amortissements N+9 -500
l'immobilisation du 01/01N à la date de cession
Valeur nette comptable 500 Valeur de la diminution de l'actif liée à la cession
Prix de cession 800
Différence entre le produit de cession (accroissement d'actif) et
Résultat de cession 300
la sortie d'immobilisation (diminution d'actif).

VI La production immobilisée .
La production d'une entreprise est le plus souvent destinée à la vente mais il peut arriver que l'entreprise se
réserve l'utilisation d'une partie de cette production.
Une entreprise de bâtiment pourra ainsi construire un hangar ou un atelier pour l'utiliser pour ses propres besoins
.Une entreprise industrielle peut fabriquer à des fins de production une machine spécifique et non disponible
dans le commerce .
De telles productions constituent pour l'entreprise des immobilisations .
Il appartient à la comptabilité :
1. D'enregistrer la richesse créée par cette production d'immobilisation : pour produire une immobilisation
, comme pour toute autre production l'entreprise a consommé des ressources (main d'œuvre , matériaux ,
temps machine …). La valeur de ces ressources consommées est égale à la valeur de l'immobilisation
produite . Le compte de résultat enregistrera un produit au crédit du compte
72 production immobilisée
2. De constater l'augmentation d'actif qui en résulte . L'immobilisation produite par l'entreprise vient
augmenter l'actif immobilisé ; elle est comptabilisée au débit du compte de classe 2 correspondant à la
nature de l'immobilisation.
3. Exemple : Une entreprise de bâtiment construit pour son propre usage un hangar au cours de l'exercice N ;
il résulte des fiches d'imputation de temps et de consommation que la construction de ce hangar a demandé
X heures de main d'œuvre dont le coût charges sociales incluse est de 5000 , Y m3 de béton pour un prix
d'achat de 1000 , des matériaux de construction prélevés sur le stock pour 10 000. Le hangar est achevé le
31/12/N.
Ecriture à passer par l'entreprise avant de clôturer ses comptes annuels :
N°compte libellé Débit Crédit
2131 bâtiment 16 000
721 Production immobilisée (immo corporelles ) 16 000
Construction d'un hangar

VII Les subventions d'investissement

Il est apparu intéressant de terminer le chapitre consacré aux immobilisations par un court développement sur les
subventions d'investissement.

Définition : une subvention d'investissement est une aide dont bénéficie l'entreprise pour acquérir ou créer des
immobilisations ou pour développer une activité à long terme . Cette aide émane le plus souvent de l'Etat d'une
collectivité ou d'organisme chargés de développer certains secteurs d'activités (exemple agence de l'eau pour des
installations de dépollution).

Nature : une subvention utilisée conformément à son objet est définitivement acquise à l'entreprise qui l'a reçue .
Une subvention d'investissement ne peut donc être assimilée à un prêt. La subvention ne donne à celui qui la
verse aucun droit à distribution ou à nomination des dirigeants , il ne s'agit pas non plus d'un apport en capital.
La subvention d'investissement constitue pour l'entreprise qui la reçoit un produit exceptionnel.

Comptabilisation : le problème est celui de l'exercice de prise en compte du produit. Doit on enregistrer le
produit sur l'exercice au cours duquel la subvention a été acquise (comme pour une subvention d'exploitation) ,
ou étaler la prise en compte de ce produit au rythme de la consommation des avantages économiques de
l'immobilisation qu'il contribue à financer ?

Jean -Pierre BLOND


71
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Les deux modalités sont admises .

a) comptabilisation immédiate : dès que la subvention est acquise de façon certaine :


N° COMPTES INTITULES DEBIT CREDIT
4411 Subvention d'investissement à recevoir X
77 produit exceptionnels X
Organisme YYY subvention d'investissement à recevoir
511 Banque X
4411 Subvention d'investissement à recevoir X
Encaissement de la subvention

b) étalement du produit :
Une subvention d'investissement finance (totalement ou partiellement ) un bien d'équipement dont les
avantages économiques s'étaleront sur plusieurs exercices . La charge résultant de la consommation de ces
avantages économiques sera étalée sur la durée de vie du bien (dotation aux amortissements ); il est donc
logique d'envisager d'aligner la prise en compte du produit résultant de la subvention sur le rythme
d'amortissement.
La subvention d'investissement sera alors inscrite dès qu'elle sera acquise au crédit d'un compte de capitaux
propres 131 subvention d'équipement . Le produit sera réintégré au compte de résultat en créditant le
compte 777 quote part de subvention virée au compte de résultat . Le compte 13 sera diminuée du
montant viré au compte de résultat par l'intermédiaire d'un sous compte 139 subvention d'investissement
inscrite au compte de résultat. Dans ce schéma le compte 131 permet de connaître le montant de la
subvention d'origine le compte 139 la part de ce montant prise en résultat.

Exemple:
Exercice : année civile
Le 01/01/N achat d'une immobilisation 9 000 ; durée d'utilisation 3 ans ; financée partiellement par une
subvention d'investissement de 3000.

Exercice N
JOURNAL GRAND LIVRE
139 681 777 quote
21 28
131 subvention dotation part subv
immobilisa amortisse 51 banque
subvention virée amortisse virée
compte libellé Débit crédit tion ment
résultat ments résultat
débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi
t t t t t t t
51 Encaissement subvention 3000 300
0
131 Subvention investissement 3000 300
0
21 Acquisition immobilisation 9000 900
0
51 Règlement immobilisation 9000 900
0
681 Dotation amortissement 3000 300
0
28 amortissement 3000 300
0
139 Subvention virée résultat 1000 100
0
777 Quote part subv virée résultat 1000 100
0
soldes 300 SC SD 100 SD 900 300 SC SD 300 100 SC
0 0 0 0 0 0

L'impact de l'utilisation de l'immobilisation sur le résultat N est de 2000 (3000-1000) compte tenu de
l'inscription d'une quote part de la subvention au compte de résultat.
La lecture des comptes 131 et 139 permet de voir qu'une subvention de 3000 a fait l'objet d'un virement au
compte de résultat pour un tiers de son montant.

Exercice N+1
JOURNAL GRAND LIVRE
139 681 777 quote
21 28
131 subvention dotation part subv
compte libellé Débit crédit immobilisa amortisse 51 banque
subvention virée amortisse virée
tion ment
résultat ments résultat

Jean -Pierre BLOND


72
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi
t t t t t t t
A nouveaux 300 100 900 300
0 0 0 0
681 Dotation amortissement 3000 300
0
28 amortissement 3000 300
0 Pour
139 Subvention virée résultat 1000 100 mémoire
0
777 Quote part subv virée résultat 1000 100
0
soldes 300 SC SD 200 SD 900 600 SC SD 300 100 SC
0 0 0 0 0 0

Exercice N+2
JOURNAL GRAND LIVRE
139 681 777 quote
21 28
131 subvention dotation part subv
immobilisa amortisse 51 banque
subvention virée amortisse virée
compte libellé Débit crédit tion ment
résultat ments résultat
débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi
t t t t t t t
A nouveaux 300 200 900 600
0 0 0 0
681 Dotation amortissement 3000 300
0
28 amortissement 3000 300
0 Pour
139 Subvention virée résultat 1000 100 mémoire
0
777 Quote part subv virée résultat 1000 100
0
soldes 300 SC SD 300 SD 900 900 SC SD 300 100 SC
0 0 0 0 0 0

THEME 6
les opérations non récurrentes

La comptabilité enregistre des opérations courantes développées au thème 4 et des opérations annuelles
(opérations d'inventaires) développées au thème 5 et surtout au thème 7. Ces opérations peuvent être qualifiées
de récurrentes .
Il en est d'autres qui ne se produisent que rarement dans la vie d'une entreprise . C'est de ces opérations non
récurrentes qu'il est question ici. Il peut s'agir d'opérations constatant des pertes ou des produits exceptionnels ;
d'opérations enregistrant des variations du capital (augmentation , amortissement , réduction) , de dissolution de
l'entreprise .
La variété de ces opérations dépasse le cadre de cette introduction à la comptabilité .

Jean -Pierre BLOND


73
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Jean -Pierre BLOND


74
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

THEME 7
les opérations de clôture des comptes (écritures d'inventaire )

Les entreprises sont tenues , une fois par an , de procéder à un arrêté complet de leurs comptes .
Cet arrêté a pour objet :
1. De déterminer la richesse nette créée au cours des douze mois écoulés et d'expliquer la formation de cette
richesse nette : établissement du compte de résultat .
2. D'établir une situation du patrimoine (active et passive ) de l'entreprise ;chacun des éléments actif et passif
de ce patrimoine étant classé par nature ; les natures d'actif sont classées par ordre de liquidité croissante ,
les natures de passif par ordre d'exigibilité croissante : établissement du bilan.

La comptabilisation quotidienne des opérations courantes est insuffisante pour établir ces états financiers .

Il est nécessaire:
- de constater la perte de valeur des immobilisations due à leur utilisation ou à leur dépréciation .
- d'inventorier et de valoriser les stocks de marchandises , de matières premières , de consommables et de
produits en cours ou finis existant à la clôture de l'exercice .
- de constater les pertes de valeurs éventuelles et/ ou définitives de certains éléments d'actifs.
- de constater les risques de charges éventuelles existant à la clôture de l'exercice .
- de traduire dans les comptes les décisions de l'assemblée relatives à l'affectation du résultat de l'exercice
précédent .
- de s'assurer que sont rattachés à l'exercice tous les produits afférent à cet exercice et seulement ces produits
- de s'assurer que sont rattachés à l'exercice toutes les charges afférentes à cet exercice et seulement ces
charges .
NB : de plus en plus d'entreprises effectuent des arrêtés de comptes intercalaires (semestriels et parfois
trimestriels ) . Elles doivent alors, en principe , accomplir les mêmes opérations d'inventaire que pour la
clôture annuelle .

I
opération concernant
les immobilisations

voir thème 5

II

L'inventaire des stocks

Le mécanisme économique des stocks et sa traduction comptable ont été traités dans le thème 2 . Les
stocks sont physiquement mouvementés (entrées en magasin et sorties de magasins ) tout au long de
l'année . Ces mouvements ne sont pas traduits en comptabilité . Ce n'est qu'à la fin de l'exercice ou de la
période que sont valorisés les stocks existant à la clôture .
Les postes de stocks du bilan sont augmentés ou diminués de la variation de stocks (stocks clôture - stocks
ouverture). Cette variation de stocks vient impacter le résultat (en + ou en - ) par l'intermédiaire des
comptes (variation de stocks , production stockée ).

1. Les opérations d'inventaires


1.1 L'inventaire physique : la première étape de l'inventaire consiste à s'assurer des quantités achetées et non
vendues (marchandises ) achetées et non consommées (matières premières ) produite et non vendues
(produits fabriqués ) .
1.1.1 Stocks de marchandises : comptage des quantités de chaque type de marchandises .
1.1.2 Stocks de matières premières et de consommables : comptage , mesurage , jaugeage …
1.1.3 Stocks de produits :
1.1.3.1 Produits finis : comptage , mesurage , jaugeage .
1.1.3.2 Produits en cours de fabrication : problème de l'évaluation de l'état d'avancement.
1.1.4 L'inventaire permanent : de nombreuses entreprises , surtout dans le secteur de la distribution ,
procèdent à une comptabilité des quantités entrant et sortant de stock : l'inventaire permanent . Les
résultats de cet inventaire permanent sont comparés à ceux de l'inventaire physique qui , dans ce cas

Jean -Pierre BLOND


75
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

n'est pas forcément établi pour la totalité des articles en magasin à la clôture de chaque exercice :
contrôle par épreuve .
1.2 La valorisation des quantités en stocks :
1.2.1 Coût d'entrée en stocks / valeur d'inventaire :
1.2.1.1 Exemple : un commerçant achète 1000 paires de chaussures 20 euros pièces ; ces 1000 paires sont
livrées en une seule fois le transport est facturé 1000 .
Le coût d'entrée des paires de chaussures s'établit comme suit :
Prix achat 20*1000 = 20 000
Coût de transport 1000
Coût d'entrée 21 000
Coût d'entrée unitaire 21 000/1000=21

A la clôture de l'exercice il reste 100 paires en stocks . A quel prix seront valorisé les stocks (valeur
d'inventaire ) dans chacune des deux hypothèses suivante :
a) le prix de marché du modèle en stocks est de 25 euros .
b) le prix de marché du modèle en stocks est de 20 euros .

Dans le premier cas : valeur de marché > coût d'entrée le stocks sera valorisé au coût d'entrée . En raison
du principe de prudence on n'anticipe pas les marges futures sur articles non vendus .
Dans le deuxième cas le stock sera valorisé à la valeur de marché . En pratique il sera valorisé au coût
d'entrée et une provision pour dépréciation égale 21-20= un euros par paire en stocks sera constituée .

1.2.1.2 Le coût d'entrée :

1.2.1.2.1"Le coût d'entrée doit comprendre tous les coûts d'acquisition , de transformation et autres coûts
encourus pour amener les stocks à l'endroit et dans l'état où ils se trouvent" (PCG art 321-19).

Définitions :
a) coût d'acquisition : prix d'achat + frais accessoire d'achats .
b) coût de production : coût d'acquisition des matières consommées + charges directes et indirectes de
production .

Tableau récapitulatif des valorisation des coûts d'entrée :

Méthode de valorisation Coûts d'acquisition Coût de production

Stocks matières premières


Stocks autres approvisionnement
Nature des stocks Stocks marchandises
Stocks de produits en cours
Stocks de produits finis

1.2.1.2.2 différentes méthodes de calcul du coût d'entrée : une entreprise n'achète jamais ses marchandises ou ses
approvisionnements en une seule fois de même elle ne lance jamais une production unique au cours d'un
exercice. Pour une même marchandise ou une même matière première le prix d'achat ainsi que les coûts annexes
varient au cours d'un même exercice. Il en est de même pour les coûts de production d'un même produit. Il va
donc être important de trouver une méthode de valorisation homogènes pour des articles de même nature acquis
ou produits à des coûts différents .

Jean -Pierre BLOND


76
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

La méthode du coût moyen pondéré :


a) Définition : total des coûts d'acquisition / Total quantités acquises .
Exemple : Le tableau ci dessous récapitule les entrées de la matière première MP au cours de l'exercice N.

Date d'entrée Quantité Coût d'entrée


Stock au 01/01N 100 1000
Entrée du 01/03/N 50 550
Entrée du 01/05/N 200 1800
Entrée du 01/09/N 500 4000
Totaux 850 7350

Le coût moyen pondéré d'un article en stock au 31/12/N est de : 7350 /850 = 8,64

b) méthodes de calcul :

b1) En présence d'inventaire permanent le coût moyen pondéré est calculé à chaque entrée selon la
formule :

coût moyen pondéré après l'entrée E =


(valeur du stock avant l'entrée E+ coût de l'entrée E) / quantité en stock après l'entrée E

Exemple :
mouvements stocks
date
nature quantité prix unitaire quantité CMP valeur détail calcul CMP

1/1 Stock initial 100 10,00 1 000,00


2/4 vente -20 80 10,00 800,00
3/8 vente -10 70 10,00 700,00
4/9 achats 100 15 170 12,94 2 200,00 (700+100*15)/170
5/10 VENTE -110 60 12,94 776,40
7/10 vente -30 30 12,94 388,20
6/11 achats 200 20 230 19,08 4 388,20 (388+200*20)/230
9/12 VENTE -130 100 19,08 1 908,00
31 STOCK FINAL 100 19,08 1 908,00

Le coût unitaire est recalculé après chaque entrée en stocks


b2) En l'absence d'inventaire permanent le coût moyen pondéré est calculé sur une période n'excédant pas
la durée moyenne de stockage .

Exemples :

En reprenant l'exemple précédent on a :

nature calcul résultat


Stocks moyen en quantité (Stock initial +stock final)/2 (100+100)/2 100
Quantités vendues 20+10+110+30+130 300
Durée moyenne de rotation du stock 12 mois*100/300 4 mois
Calcul du coût moyen pondéré (100*15+200*20)/ (100+200) 18,33
Avec un taux de rotation des stocks de 4 mois seuls les achats postérieurs au 31 août sont susceptibles de se
retrouver en stock au 31 décembre . On ne prend donc en pas en compte les achats antérieurs à cette date pour
calculer le coût moyen pondéré .
Avec un taux de rotation de 12 mois on aurait intégré le stock initial pour le calcul du coût moyen pondéré :
(100*10+100*15+200*20)400= 16,25

Jean -Pierre BLOND


77
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Méthode FIFO / premier entré premier sorti : les sorties sont valorisées au coût des articles les plus anciens
dans les stocks .Les stocks son valorisés au coût des derniers articles entrés .

1.2.1.3 La valeur d'inventaire :

Les stocks sont portés au bilan pour leur valeur d'inventaire : cette valeur d'inventaire est égale au coût
d'entrée sauf si ce dernier est supérieur à la valeur actuelle .
La valeur actuelle à retenir pour les stocks est différente selon la destination du stock.
a) Stocks destinés à être revendus en l'état (marchandises , produits finis ) : la valeur actuelle est égale à la
valeur probable de réalisation nette (prix du marché - totalité des frais restant à supporter pour parvenir à la
vente ).
b) Stocks destinés à être incorporés dans un processus de production (matières premières , approvisionnements,
produits en cours ) : la valeur actuelle est égale à la valeur d'usage (flux net de trésorerie attendus ).

La dépréciation du stock est constatée par la constitution d'une provision pour dépréciation d'actif . Voir
ci dessous pour mécanisme de comptabilisation.

1.2.1.3.1 Stocks destinés à être revendu en l'état :


Une provision doit être constatée si la valeur de réalisation nette est inférieure au coût d'entrée . Cette valeur de
réalisation nette est égale à la différence entre le prix de marché à la vente diminué des frais restant à engager
jusqu'à cette vente :
- prix du marché à la vente : valeur que l'entreprise retirerait de la vente à la date de l'inventaire .
- frais restant à courir : frais d'actes et de timbre taxes et taxes diverses liées à la vente supportés par le
vendeur , frais de distribution , frais de garantie après vente et pour les objets d'occasion frais de réparation.
- Exemple :
Soit un produit fini en stock au 31/12/N : son coût de production (coût d'entrée )est de 100 les frais de
distribution et de garantie restant à engager sont de 30 .

Hypothèses Hypothèse 1 Hypothèse 2


Prix du marché 110 90
Frais restant à engager -30 -30
Valeur de réalisation nette 80 60
Coût de production 100 100
Provision pour dépréciation 20 40

1.2.1.3.1 Stocks destinés à être incorporés dans un processus de production.


La valeur d'inventaire est fonction de leur valeur d'usage . Cette valeur d'usage peut être définie comme es flux
nets de trésorerie dégagés par la vente du produit fini dans lequel ces matières premières et approvisionnements
sont incorporés . Les matières premières seront dépréciées à la clôture d'un exercice si le prix de vente probable
du produit fini auquel elles sont incorporées est inférieur à son prix de revient.

III
Dépréciation des éléments d'actif
non liée à leur utilisation.

Les actifs sont les éléments du patrimoine dont l'entreprise attend des effets économiques positifs en terme de
production (immobilisations ; stocks de matières premières ) ; de ventes (stocks de marchandises ou de produits
finis ) ; de rentrée de trésorerie (créances clients , titres de placements …).
Les actifs sont inscrits au bilan pour leur coût d'entée ou leur coût d'acquisition .Ils sont dépréciés au fur et à
mesure de leur utilisation lorsque les avantages économiques attendus s'étalent sur plus d'un exercice .
La valeur comptable d'un actif est égale à ce coût d'entrée diminuée des amortissements et des provisions
antérieurement pratiqués .
La valeur actuelle d'un actif à la clôture d'un exercice est la valeur des avantages économiques que
l'entreprise espère retirer de cet actif à la clôture de ce même exercice .
Si à la clôture d'un exercice la valeur actuelle d'un actif est inférieure à sa valeur nette comptable il y a
lieu de constater la dépréciation de cet actif par la constitution d'une provision pour dépréciation si cette
perte de valeur n'est pas irréversible .

Jean -Pierre BLOND


78
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

La constitution de ces provisions concerne tous les actifs immobilisés ou circulants .

1. Dépréciation des immobilisations corporelles et incorporelles : on parle ici de dépréciation et non de


provisions pour dépréciation . Ces dépréciations concernent principalement les immobilisations non
amortissables . Sur ce point cf thème 5 .
2. Immobilisations financières voir ci dessous valeurs mobilières de placements.
3. Stocks voir ci dessus .
4. Créance clients : les autres créances du bilan sont également susceptible de faire l'objet de provision ; les
créances clients étant les plus sujettes à dépréciation ce sont ces dernières qui seront traitées ici .
4.1 Fait générateur de la constitution de la provision : la valeur actuelle d'une créance est inférieure à sa valeur
comptable dès qu'il apparaît un risque sur la solvabilité du client .
4.2 Lorsqu'il apparaît qu'un risque de recouvrement existe sur une créance deux opérations comptables doivent
être effectuées .
4.2.1 Constatation du caractère douteux de la créance : la créance est transférée pour son montant total TTC
du compte 411 "client" au compte 416 "clients douteux " .Ce transfert n'a aucun impact sur le résultat
mais il permet d'informer les lecteurs des états financiers du montant total des créances sur lesquelles
existe un risque de non-recouvrementt.
4.2.2 Constatation de la perte probable par la constitution d'une provision pour dépréciation du compte client
4.2.2.1 Détermination de la perte probable : elle peut être évaluée par de nombreux moyens notamment
statistiques . Elle est évaluée sous forme d'un pourcentage de risque de non-recouvrement qui est
appliquée à la créance hors taxe .
4.2.2.2 Comptabilisation de la provision :
La perte probable est enregistrée au débit 'un compte 681 "dotation provision pour dépréciation des
éléments d'actif".
La dépréciation de la créance au bilan n'est pas soustraite du montant brut de la créance mais
comptabilisée au crédit d'un compte 49 "provision pour dépréciation des comptes de tiers "

4.3 Evolution de la provision dans le temps : à la clôture des exercice suivant il est procédé à une nouvelle
évaluation du risque de non recouvrement qui donne lieu à des compléments de dotation ou à des reprises
partielles (compte 781)

4.4 Dénouement :

4.4.1 Créance devenue définitivement irrécouvrable :


- le poste créance douteuse est annulé (crédit 416)
- la TVA collectée est annulée (débit 4457"TVA collectée" si la TVA n'a pas encore été
reversée , débit 44583 "remboursement demandé" si la TVA a été reversée)
- la perte est constatée pour le montant HT au débit du compte 654 "perte sur créances
irrécouvrable .
- La provision créance douteuse est annulée en créditant le compte 781 "reprise sur provision
d'exploitation"
4.4.2 Créance recouvrée partiellement où en totalité : voir exemple ci dessous

4.5 Exemple d'application :


Au cours de l'exercice N un service S est vendu au client C pour un montant de 1000 HT (TVA 20%)
A fin N il apparaît que la solvabilité de C est douteuse : le risque de recouvrement est évalué à 25%.
A fin N+1 la situation de C s'étant améliorée le risque de non-recouvrement est ramené à 15%
En N+2 C règle 960 puis est mis en liquidation judiciaire . Les comptes de la liquidation font apparaître de façon
certaine qu'aucun règlement complémentaire ne sera perçu.

Jean -Pierre BLOND


79
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La comptabilité générale

Jean -Pierre BLOND


80
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

JOURNAL GRAND LIVRE


49 provision 65pertes /
exerci 416clients 4457TVA 681 dotation 781 reprise
411 clients créance 51 banque créances 70 ventes
ce Libellés Débit crédit douteux collectée provisions provision
douteuse irrécouvrables
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
Client C 1200 1200
vente 1000 1000
TVA collectée 200 200
Vente à C
Client douteux 1200 1200
N
client 1200 1200
Extourne client C
dotation provision 250 250
Provision crce douteuse 250 250
Dotation provision
A nouveau 0 1200 200 250
N+1 Provision cr douteuses 100 100
Reprise provision 100 100
A nouveau 1200 200 150
Banque 960 960
Client douteux 960 960
Encaissement C
TVA collectée 160 160
Banque 160 160
Tva/ encaissement C
Perte/ créances irréc. 200 200
N+2 TVA collectée 40 40
Client douteux 240 240
Perte /C
Provision cr douteuses 150 150 150
Reprise provision 150
Solde provision cr
douteuses
Soldes bilan 0 0 0 0 800

Jean -Pierre BLOND


82
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Conclusion : une créance de 1000 HT a été encaissée pour 800 HT générant un produit net de 800 . Le jeu des
provisions et des reprises a permis d'impacter en + ou en- le résultat au fur et à mesure de l'évolution de la
solvabilité du client.

Comptes de résultat simplifiés des trois exercices


N N+1 N+2
Ventes 1000
Reprise provision 100 150
Perte / irrécouvrables 200
Dotation provision -250
Résultat 750 100 -50
Résultat cumulé 750 850 800

5. Immobilisations financières et valeurs mobilières de placement


Pour ces catégories également il y a lieu de constituer une provision pour dépréciation si à la clôture de
l'exercice la valeur actuelle est inférieure à la valeur nette comptable .
5.1 Valeur actuelle .
5.1.1 Titres de participation : c'est la valeur d'utilité qui est retenue . La valeur d'utilité est le prix que
l'entreprise accepterait de payer si elle devait acquérir cette participation. Critères d'évaluation: cours
moyen de bourse du dernier mois , capitaux propres , rentabilité, éléments prévisionnels de gestion,
utilité de la détention de la participation.
5.1.2 Autres titres immobilisés et valeurs mobilières de placement :
5.1.2.1 Titres cotés : cours moyen du dernier mois .
5.1.2.2 Titres non cotés : valeur probable de négociation

5.2 Comptabilisation :
désignation Compte de bilan Compte de dotation Compte de reprise
Dépréciation titres de
296 686 786
participation
Dépréciation autres titres
297 686 786
immobilisés
Dépréciation valeurs mobilières
59 686 786
de placement

6. Synthèse :
6.1 Les provisions pour dépréciation d'actif enregistrent les pertes de valeurs probables de ces éléments non
liées à leur utilisation.
6.1.1 Ces pertes de valeurs probables peuvent être causées par une perte de valeur intrinsèque (baisse des
cours d'un produit en stock ou d'une valeur mobilière ) ou par des évènements extrinsèques
(insolvabilité probable d'un client).
Elles sont créées par le débit d'un compte de dotation et annulées par le crédit d'un compte de reprise .
6.2 Au bilan les éléments d'actif ne sont pas dépréciés directement : le montant de la perte probable est
enregistrée au crédit d'un compte "provision pour dépréciation "
6.2.1
Provision pour dépréciation des titres de participation 296
Provision pour dépréciation des autres titres
297
immobilisés
Provision pour dépréciation des stocks 39
Provision pour dépréciation des comptes de tiers 49
Provisions pour dépréciation des comptes financiers 59

6.2.2 Le bilan présente donc pour chaque élément d'actif sa valeur brute , le montant cumulé des provisions pour
dépréciation et sa valeur nette .
6.3 La reprise totale ou partielle de la provision . La reprise de provision intervient .
6.3.1 Lorsque le risque cesse totalement ou partiellement .
6.3.2 Lorsque l'élément provisionné est retiré de l'actif : créance passée en perte , stock consommé ou vendu ,
titres vendu.

Jean -Pierre BLOND


83
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

IV Provisions pour risques et charges

1. Avis du conseil National de la Comptabilité :


"Définitions d’une dette, d’une provision pour risques et charges et d’un passif éventuel
Une dette est un passif certain dont l’échéance et le montant sont fixés de façon précise.
Une provision pour risques et charges est un passif dont l’échéance ou le montant ne sont pas fixés de
façon précise.
Le critère de distinction entre les dettes et les provisions pour risques et charges porte sur la connaissance précise
ou non du montant ou de l’échéance de la sortie de ressources nécessaire à l’extinction de l’obligation.
Les charges à payer sont des passifs certains dont il est parfois nécessaire d’estimer le montant ou l’échéance
avec une incertitude moindre que pour les provisions pour risques et charges. En conséquence, les charges à
payer sont rattachées aux dettes. Il en est ainsi, par exemple, des sommes dues aux membres du personnel au
titre de congés à payer et des charges sociales ou fiscales correspondantes, qui constituent des charges à payer à
la clôture de l’exercice et non des provisions pour risques et charges.
Un passif éventuel est :
• soit une obligation potentielle de l’entité à l’égard d’un tiers résultant d’événements dont l’existence ne
sera confirmée que par la survenance, ou non, d’un ou plusieurs événements futurs incertains qui ne
sont pas totalement sous le contrôle de l’entité;
• soit une obligation de l’entité à l’égard d’un tiers dont il n’est pas probable ou certain qu’elle
provoquera une sortie de ressources sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci.
Les provisions pour risques et charges ont un caractère éventuel au titre de leur montant ou de leur échéance
mais correspondent à une obligation probable ou certaine à la date de clôture. Le passif éventuel correspond à
une obligation qui n’est ni probable ni certaine à la date d’établissement des comptes, ou à une obligation
probable pour laquelle la sortie de ressources ne l’est pas."

2. Définition :
2.1 Une provision pour risque et charge est un passif dont l'échéance ou le montant n'est pas encore fixé de
façon précise (PCG art 212-4) .
Lorsque des évènements intervenus ou en cours à la clôture d'un exercice rendent probable la survenance
de risques ou de charges nettement précisés quant à leur objet l'entreprise constituera une provision pour
risque et charges .
2.2 Une provision pour risque et charges est donc un passif dont l'échéance ou le montant n'est pas fixé de
façon certaine .
2.2.1 Le risque ou la charge couvert par cette provision doit être nettement précisé . On ne peut constituer
des provisions pour risques généraux .
2.2.2 Ce risque ou cette charge probable doit être lié à des évènements qui se sont produits au cours de
l'exercice ou d'exercices antérieurs ou qui sont en cours à la clôture de l'exercice

3. Distinction avec :
3.1 Les provisions pour dépréciations : ces provisions ne sont pas destinées à couvrir une sortie de ressources
vers un tiers mais une diminution de la valeur d'un actif.
3.2 Les charges à payer : les charges à payer sont des passifs certains mais leur échéance ou leur montant doit
parfois être évalué . Les charges à payer constituent des dettes .
3.3 Les passifs éventuels sont des obligations liées à la survenance d'un événement extérieur (obligation
souscrite sous une condition suspensive: la survenance de la condition rendra la sortie de ressources exigible
.Obligation de caution : la défaillance de la personne cautionnée rendra la sortie de ressources exigible) .Les
passifs éventuels constitue des engagements hors bilan
3.4 Les réserves : "les réserves sont des bénéfices affectés durablement à l'entreprise " . La constitution de
réserves ne résulte donc pas d'une obligation envers un tiers mais d'une décision d'affectation émanant des
organes compétents de la société . Les réserves sont des prélèvements effectués sur le bénéfice de
l'entreprise et non des charges diminuant ce bénéfice .

4. Comptabilisation : les provisions pour risques et charges sont des passifs externes enregistrés au crédit des
comptes 15 . En contrepartie la charge de l'exercice est portée au débit d'un compte : 681 (dotation
d'exploitation), 686 (dotation financière) , 687 dotation exceptionnelles.

Jean -Pierre BLOND


84
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

5. Exemple :

A la suite de malfaçons une entreprise de construction est condamnée à payer 10 000 euros de dommages
intérêts à son client. L'entreprise de construction attribue ces malfaçons à des défauts dans les matériaux de
construction .
Au cours de l'exercice N l'entreprise de construction assigne en justice le fabricant de matériaux pour lui
demander la réparation totale du préjudice qu'elle a subit.
Au cours de l'exercice N+1 un rapport d'expert judiciaire partage les responsabilités entre constructeur
(45%) et fabricant (55%).
Au cours de N+2 un jugement condamne l'entreprise de fabrication de matériaux à verser à l'entreprise de
construction une somme de 4000 euros . Aucune des partie n'interjette appel.
En N+3 le fabricant est mis en demeure de payer sa dette et s'exécute immédiatement.

Suivi dans la comptabilité du fabriquant


Au cours de l'exercice N la probabilité du risque est très faible voire inexistante . Le risque relève plutôt des
risques éventuels . L'entreprise inscrira dans l'annexe l'existence de ce procès et le montant de l'indemnité
demandée .
A la clôture N+1 le risque est nettement précisé et l'obligation est incontestablement une obligation
probable . L'entreprise constituera une provision pour risques et charges à concurrence de sa quote part de
responsabilité telle que définie dans le rapport d'expert.

A la clôture N+2 la dette est certaine (autorité de la chose jugée en dernier ressort)mais l'échéance n'est pas
nettement précisée : la dette ne sera payée qu'après mise en demeure . L'entreprise constatera une charge
exceptionnelle sur opération de gestion (compte 671) et inscrira la dette au crédit d'un compte de charges à
payer (compte 4686).

JOURNAL GRAND LIVRE


exerci 151 provision 4686 charges 671 charge 687 dotation 787 reprise
51 banque
ce Libellés Débit crédit pour risques à payer exceptionnelle provision sur provision
débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit débit crédit
Dotation provision
5500
exceptionnelle
N+1
Provision pour risque 5500 5500 5500
Provision=10000*55%

A nouveaux 5500
Charges exceptionnelles 4000 4000
Charges à payer 4000 4000
N+2 Constatation de la
charge définitive
Provision pour risque 5500 5500
Reprise provision 5500 5500
Annulation provision
A nouveau 0 4000

Charges à payer 4000 4000


N+3
Banque 4000 4000
Paiement de la dette

Conclusion : la provision pour risque a permis d'impacter le résultat du montant probable de la charge dès que le
risque a été suffisamment précisé et sans attendre qu'il soit devenu définitif dans son montant et certain dans son
principe .

Comptes de résultat simplifiés des trois exercices


N N+1 N+2
Reprise provision 5500
Perte exceptionnelle - 4000
Dotation provision - 5500
Résultat exercice -5500 1500
Résultat cumulé -5500 - 4000
NB
La reprise de provision se subdivise en reprise pour charges réelle 4000 et reprise pour provision sans objet
1500. Cette distinction n'est pas traitée par le PCG .

Jean -Pierre BLOND


85
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

V
Les opérations de régularisation

Position du problème : le principe de spécificité et d'indépendance des exercices .


La comptabilité doit rattacher à un exercice tous les produits et les charges y afférents mais elle ne doit lui
rattacher que les produits et les charges lui afférents.

A la clôture d'un exercice tous les documents représentatifs d'une créance ou d'une dette n'ont pas été remis
ou reçus .Si la charge ou le produit représenté par ces titres non émis ou non reçus se rattache à l'exercice il
y aura lieu de les comptabiliser .
A l'inverse des dettes certaines ou des créances acquises ont pu être comptabilisées alors que les produits ou
les charges qui s'y rattachent ne concernent pas (ou pas totalement) l'exercice .IL y aura lieu de neutraliser la
partie de la charge ou du produit en cause .

V
Les opérations de régularisation
A
Tous les produits et les charges
Charges à payer /produits à recevoir

1. Les charges à payer .


1.1 Les charges sont comptabilisées au cours de l'exercice à partir de titres représentatifs de la dette de
l'entreprise envers un tiers :
1.1.1 Factures fournisseurs pour les achats de biens et de services
1.1.2 Rôles pour certains impôts
1.1.3 Bulletins de paie pour les salaires
1.1.4 Avis de débit ou de prélèvement pour les intérêts d'emprunt ou de découvert.
Tous ces documents n'ont pas forcément été reçus ou émis par l'entreprise alors même que les biens ont
été livrés , que les services ont été utilisés ou que des dettes salariales représentatives de charges de
l'exercice existent. Il y a lieu cependant d'enregistrer la charge sur son exercice de rattachement.

1.2 Les caractéristiques des charges à payer .


1.2.1 La dette est certaines dans son principe
1.2.2 La dette représente une charge rattachable à l'exercice
1.2.3 Le montant est connu ou peut être évalué avec une précision suffisante
1.2.4 L'échéance est connue ou appréciée avec une certaine précision
1.2.5 Le titre représentant la dette n'a pas encore été établi ou pas encore été reçu.

1.3 Ces charges doivent être comptabilisées de façon à impacter le compte de résultat de l'exercice .
1.3.1 Néanmoins elle doivent être enregistrée au bilan dans des comptes de dettes distincts de ceux dans
lesquels sont enregistrées les dettes représentées par un titre . Ces comptes distincts étant rattachés
à la nature de dette principale .
1.3.2 Exemple : 40 fournisseurs ; 401 fournisseurs factures reçues ; 408 fournisseurs factures non
parvenues .

Jean -Pierre BLOND


86
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

1.4 Comptabilisation :
1.4.1 Tableau de synthèse
Nature de charges Nature de dettes Commentaires
Des biens ont été livrés , des
services utilisés et les factures n'ont
pas été émises ou pas été reçues .La
408 fournisseurs factures non
60;61;62 achats et charges externes valorisation se fera à partir des
parvenues
devis , des bons de commandes s'ils
ont été chiffrés ou à défaut des prix
catalogue
Rôles non émis ou non reçus (taxe
professionnelle ) ; déclaration
annuelle non encore effectuée (taxe
63 impôts 448 Etat charges à payer apprentissage ) . La valorisation se
fera par le calcul (taxe
d'apprentissage) par une approche
taxe professionnelle
Exemple : à la clôture de chaque
exercice des primes sont versées au
428 personnel charges à payer
64 salaires et charges personnel en fonction de paramètres
438 charges sociales à payer
qui ne sont connus qu'au cours de
l'exercice suivant
65 autres charges de gestion
courante ;67 charges 4686 charges diverses à payer Voir exemple IV ci dessus
exceptionnelles
Les frais financiers représentent le
coût de l'utilisation des fonds d'un
tiers . La comptabilité doit
168 intérêts courus des emprunts enregistrer le coût correspondant à
66 charges financières
5186 intérêts courus découverts la période d'utilisation au cours de
l'exercice . Ces intérêts sont
prélevés par la banque avec un
certain décalage .

1.4.2 Au cours de l'exercice suivant : les comptes de charges à payer seront annulés (débités ) et les comptes
de charges seront crédités .Les charges définitives seront débitées sur les comptes de charges par le crédit
des comptes de dettes (401 fournisseurs ;421 personnel ,435 charges sociales …) . La différence entre la
charge à payer et la charge réelle sera donc corrigée sur N+1et impactera non l'exercice de rattachement
mais celui ou la charge réelle est connue.

1.5 Exemple .

A la clôture de l'exercice N(31/12/N) l'entreprise E constate :

a) Que 100 paires de chaussure livrées par l'entreprise B ne lui ont pas été facturées . L'entreprise B
facture ces articles à l'entreprise E au prix catalogue de 50 euros la paire moins une remise pour quantité
de 2%.
b) Que la prime versée aux commerciaux ne peut être calculée précisément .Cette prime est égale au
montant des salaires de base des commerciaux multiplié par le coefficient progression des ventes entre
N-1 et N chez E moins progression des ventes dans la profession pour la même période .
Pour l'exercice N les salaires de base des commerciaux sont de 200 000 EUROS le taux de progression
des ventes chez E est de 10% , le taux de progression des ventes pour les trois premiers trimestre dans la
profession est de 7% le taux de l'année ne sera connu qu ' la fin du premier trimestre N+1. Le taux de
charges sociales est estimé à 50%
c) Intérêts d'emprunt : l'entreprise a souscrit un emprunt au taux de 12% annuel . Les intérêts sont prélevés
trimestriellement le 30 du mois suivant le trimestre . Au 01/10/N le capital restant dû était de 10 000
euros .

En N+1 l'entreprise E :
a) reçoit la facture de B : prix catalogue moins une remise de 3%.

Jean -Pierre BLOND


87
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

b) obtient le taux de variation des ventes de la profession pour l'année N : 8% . Calcule la prime de vente
des commerciaux , inclut cette prime dans les bulletins de paie d'avril . Les charges calculées sur cette
prime s'élèvent à : 2 020
c) La banque prélève les intérêts de l'emprunt : 300 euros .

1.5.1 Calcul des charges à payer à la clôture de l'exercice N .

Nature des charges Calcul charges à payer Comptes débités Comptes crédités
408 fournisseurs factures non
Achats marchandises 100paires*50*.98%=4 900 607 achats marchandises
parvenues
Primes commerciaux 200 000*(10%-7%)=6 000 6413 primes et gratification 428 personnel charges à payer
Charges sociales sur primes 6 000 *50% = 3 000 645 charges sociales 438 charges sociales à payer
1688 emprunts intérêts courus
Intérêts à payer 10 000 *12% /4=300 661 charges d'intérêts
non échus

Jean -Pierre BLOND


88
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

1.5.2 Comptabilisation

journal Grand livre


428 607
408 factures 1688 intérêts 645 661
401 421 Personnel 435 charges 438 charges achats 641
exerci non courus non 51 banque charges intérêts sur
fournisseurs personnel charges à sociales sociales marchandise salaires
ce Libellés Débit crédit parvenues échus sociales emprunts
payer s
débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi débit crédi
t t t t t t t t t t t t
Achat marchandises 4 900 4 900
Facture B à recevoir 4 900 4 900
Facture B non
parvenue
salaires 6 000 6 000
Personnel à payer 6 000 6 000
Charges sociales 3 000 3 000
N
Charges sociales à payer 3 000 3 000
Primes commerciaux 300
Frais financiers 300
Intérêts courus non
300 300
échus
Intérêts 4éme
trimestre
A nouveaux 4 900 6 000 3 000 300
Achats marchandises 4 850 4850
Facture B 4 850 4 850
Facture B 4000
Primes commerciaux 4 000 2 020
Charges / primes 2 020
Personnel à payer 4 000 4 000
Charges à payer 2 020 2 020
Primes commerciaux
Frais financiers 300
Banque 300 300 300
N+1 Factures à recevoir 4 900 4 900
Achats marchandises 4 900 4 900
Annulation FNP N-1
Personnel ch à payer 6 000 6 000 6 000
Charges soc à payer 3 000 3 000 3 000
Salaires 6 000
Charges sociales 3 000
Annul primes à payer 300
Intérêts courus 300 300
Frais financiers 300
Ann intérêts non échus
N-1

Jean -Pierre BLOND


89
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Jean -Pierre BLOND


90
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Conclusion :

a) Lors de l'inventaire N les charges pour lesquelles les pièces comptables n'ont pas été reçues ou émises
sont comptabilisées dans les comptes de charges . Les dettes représentant ces charges sont
comptabilisées au crédit de comptes de dettes particuliers ; le plan comptable identifie ces comptes de
la façon suivante : première et deuxième chiffre identiques au compte de dette principal troisième
chiffre "8".
b)
En N+1 les factures ou pièces diverses sont comptabilisées dans les mêmes comptes de charges les
dettes sont comptabilisés dans les comptes principaux .
c) En N+1 les charges à payer N sont annulées :les comptes de charges sont crédités . Les erreurs
d'appréciation des charges à payer sont donc corrigées sur les charges N+1.
- La facture à recevoir B à été chiffrée à 4 900 au lieu de 4 850 ; le résultat N a été diminué de
50.Le résultat N+1 est lui majoré de 50 (facture reçue 4 850 - annulation FNP 4900)

Jean -Pierre BLOND


91
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

2. Les produits à recevoir.


2.1 Les produits sont comptabilisées au cours de l'exercice à partir de titres représentatifs de la créance de
l'entreprise envers un tiers :
2.1.1 Factures clients pour les ventes de biens et de services
2.1.2 Quittance de loyers émises pour les locaux donnés en location
.
Tous ces documents n'ont pas forcément été émis par l'entreprise alors même que les biens ont été
livrés , que les services ont été fournis . Il y a lieu d'enregistrer les produits dans leur exercice de
rattachement.

2.2 Les caractéristiques des produits à recevoir.


2.2.1 Le produit est certain dans son principe
2.2.2 Le produit représente un produit rattachable à l'exercice
2.2.3 Le montant est connu ou peut être évalué avec une précision suffisante
2.2.4 L'échéance est connue ou appréciée avec une certaine précision
2.2.5 Le titre représentant la créance n'a pas encore été émis .

2.3 Ces produits doivent être comptabilisés de façon à majorer le compte de résultat de l'exercice auquel ils
se rattachent .
2.3.1 Néanmoins ils doivent être enregistrés au bilan dans des comptes de créances distincts de ceux
dans lesquels sont enregistrées les créances représentées par un titre . Ces comptes distincts étant
rattachés à la nature de créance principale .
2.3.2 Exemple : 41 clients ; 411 clients factures émises ; 418 clients factures à établir .
2.4 Comptabilisation :
2.4.1 Tableau de synthèse simplifié
Nature de produits Nature de créances Commentaires
Les produits ont été livrés , les
70 ventes 418 clients factures à établir services ont été rendus mais les
factures n'ont pas encore été émises
75 autres produits de gestion
4687 débiteurs divers , produits à
courante
recevoir
2768 intérêts courus des
immobilisations financières
76 produits financiers
508 intérêts courus des valeurs
mobilières de placement

1.4.3 Au cours de l'exercice suivant: les comptes de produits à recevoir seront annulés (crédités ) et les
comptes de produits seront débités .Les produits définitifs seront crédités sur les comptes de produits
par le débit des comptes de créances (411 clients ; …) . La correction de la différence entre le
produit à recevoir et le produits réel impactera donc non pas l'exercice de rattachement mais celui ou la
produit réel est connu .
1.4.4 Compte tenu du caractère symétrique des charges à payer et des produits à recevoir il n'a pas paru
nécessaire d'illustrer ce paragraphe par un exemple .

Jean -Pierre BLOND


93
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

V
Les opérations de régularisation
B
Seuls les produits et les charges afférents à l'exercice
Les comptes de régularisation actif /passif

1. Position du problème
Les comptes de régularisation actif/ passifs vont permettre de résoudre l'inadéquation entre la date d'exigibilité d'une obligation
active ou passive et la période de rattachement de ses effets .

➡Les produits ou les charges résultant d'une obligation ne sont pas forcément rattachable au seul exercice au
cours duquel l'obligation devient exigible .
Exemples :
N°1
- exercice correspondant à l'année civile
- contrat d'assurance dont la période de garantie va du premier octobre N au 30 septembre N+1 ; prime
payable le premier octobre N :1 200

Lors du paiement de la prime : le compte 616 assurances sera débité de 1200.


Au 31/12/N la situation comptable avant écritures d'inventaire ne correspondra pas à la réalité économique de
l'entreprise :
a) du point de vue du compte de résultat : la charge d'assurance payée en octobre N correspond à une
période de 12 mois allant du 01/10/N au 30/09/N+1.La comptabilité a donc enregistré un excédent
de charges correspondant à la période 01/01/N+1 au 30/09/N+1:
1200/12 mois *9 mois =900 .
Cet excédent de charge doit être neutralisé.

b) du point de vue du bilan : on a enregistré une sortie de trésorerie (diminution d'actif ) de 1200 ; or
cette sortie de trésorerie exigée par le contrat donne à l'entreprise au 31/12/N le droit à une
couverture d'assurance pendant les neuf prochains mois . L'entreprise détient donc sur la compagnie
d'assurance une créance : le droit au remboursement de ses sinistres pouvant survenir jusqu'au
30/09/N+1. Cette créance sera valorisé au minima : la fraction de la prime afférent à cette période
soit 900.

N°2 Une entreprise de chauffage dont l'exercice correspond à l'année civile assure la maintenance des chaudières
sous forme de contrat d'entretien annuels .
Au cours de l'exercice N elle facture à un de ses clients une somme de 1200 correspondant au contrat couvrant la
période 01/07/N au 30/06/N+1.

Cette opération conduit à débiter le compte client de 1200 et à enregistrer un produit (vente de services) de 120.

Au 31/12/N la situation comptable avant écritures d'inventaire ne correspondra pas à la réalité économique de
l'entreprise :
a) du point de vue du compte de résultat : le produit enregistré en juillet N correspond à une période
de 12 mois allant du 01/07/N au 30/06/N+1.La comptabilité a donc enregistré un excédent de
produits correspondant à la période 01/01/N+1 au 30/06/N+1:
1200/12 mois *6 mois =600 .
Cet excédent de produit doit être neutralisé.
b) du point de vue du bilan : on a enregistré une créance client (augmentation d'actif ) de 1200 ; or
cette créance oblige à l'entreprise au 31/12/N à assurer pendant les six prochains mois l'entretien de la
chaudière de ce client. L'entreprise a donc une obligation envers son client : assurer l'entretien de sa
chaudière jusqu'au 30/06/N+1 . Cette dette sera valorisé pour le montant du contrat afférent à cette
période soit 600.

➡ On voit à travers ces deux exemples :


a) que l'entreprise est débitrice d'une dette certaine (obligation de payer la prime ) et titulaire d'une
créance certaine (droit d'encaisser le montant du contrat) .Ces deux obligations doivent être inscrite
au bilan.

Jean -Pierre BLOND


94
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

b) Que l'inscription de cette dette et de cette créance au bilan va entraîner la prise en compte d'un
produit et d'une charge qui ne se rattache pas totalement à l'exercice N.
c) Que ce décalage génère pour l'entreprise des obligations (une obligation active et une obligation
passive ) qui produiront leurs droits au cours de l'exercice suivant.

➡ Le rôle des comptes de régularisation actif et régularisation passif va être :


a) de rétablir, à la clôture de l'exercice l'adéquation produit ou charges / exercice .
b) de constater , à la clôture de l'exercice la créance ou la dette résultant du décalage entre la date
d'échéance de l'obligation et la période couverte par cette obligation.

2. Comptabilisation :

N°1 charges payées avance


- exercice correspondant à l'année civile
- contrat d'assurance dont la période de garantie va du premier octobre N au 30 septembre N+1 ;
prime payable le premier octobre N :1 200
- le premier octobre N-1 la prime couvrant la période 01/10/N-1 au 30/09/N avait été payée pour
1000

journal Grand livre


Exerci 486 charges
ce payées 512 banque 616 assurance
Libellés Débit crédit
N d'avance
débit crédit débit crédit débit crédit
A nouveau 750
ASSURANCE 1200 1200
01/10 Banque 1200 1200
Prime N/N+1
Charges payées avance 750 750
Assurances 750 750
Annulation CPA N-1
invent
charges payées avance 900 900
aire
Assurances 900 900
CPA N
Soldes SD 900 SD 1050

- Au 31/12/N-1 la part de la prime N-1/N correspondant au 9 premiers mois de N (1000/12*9 = 750) a été
portée en charges payées d'avance .
- Au 31/12/N cette créance sur l'assurance a été utilisée il y a donc lieu de l'annuler et de constater la charge
d'assurance correspondant.
- Au 31/12/N on constate qu'une partie de la prime payée en N concerne N+1: créance sur l'assurance et
diminution de charge.
- Le solde débiteur du compte 616 correspond au coût de l'assurance pour l'année N :
Période calcul montant
01/01/Nau 30/09/N 1000/12*9 750
01/10/N au 31/12/N 1200/12*3 300
TOTAL 1050

N°2 Produits comptabilisés avance


Une entreprise de chauffage dont l'exercice correspond à l'année civile assure la maintenance des chaudières
sous forme de contrat d'entretien annuels .
Le 01/07/N elle facture à un de ses clients une somme de 1200 correspondant au contrat couvrant la période
01/07/N au 30/06/N+1.
Au cours de l'exercice N-1 elle avait facturé à ce même client une somme de 1 000 euros pour la période de
01/07/N-1 au 30/06/N

Jean -Pierre BLOND


95
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

journal Grand livre


Exerci 487 produits
706 prestation
ce comptabilisés 411 client
Libellés Débit crédit de services
N d'avance
débit crédit débit crédit débit crédit
A nouveau 500
clients 1200 1200
01/07 Prestation service 1200 1200
entretien N/N+1
Prod constatés avance 500 500
Prestation services 500 500
Annulation PCA N-1
invent
PCA 600 600
aire
Prestation service 600 600
PCA N
Soldes SC 500 SD 1200 SC 1100

- Au 31/12/N-1 les prestations correspondant aux 6 premiers mois de N (1000/12*6) a été portée en produits
constatés d'avance .
- Au 31/12/N cette obligation envers le client a été remplie il y a donc lieu de l'annuler et de constater le
produit correspondant.
- Au 31/12/N on constate qu'une partie de la prestation facturée en N concerne N+1: obligation de l'entreprise
envers son client et diminution de produit.
- Le solde créditeur du compte 706 correspond au produit de l'année N:
Période calcul montant
01/01/Nau 30/06/N 1000/12*6 500
01/07/N au 31/12/N 1200/12*6 600
TOTAL 1100

THEME 8
L'AFFECTATION DU RESULTAT.

A la clôture de l'exercice le résultat de l'exercice figure :


a) au crédit du compte 120 résultat de l'exercice s'il s'agit d'un bénéfice .
b) au débit du compte 129 perte de l'exercice s'il s'agit d'une perte .

Il appartient à l'assemblée générale ordinaire , sur proposition de l'organe dirigeant (conseil d'administration
, directoire ou gérance ) de décider de l'utilisation ( affectation ) de ce résultat.
Cette affectation du résultat doit respecter des règles définies par le Code de Commerce

CODE DE COMMERCE
(Partie Législative)

Article L232-10
A peine de nullité de toute délibération contraire, dans les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés par
actions, il est fait sur le bénéfice de l'exercice, diminué, le cas échéant, des pertes antérieures, un prélèvement
d'un vingtième au moins affecté à la formation d'un fonds de réserve dit « réserve légale ».
Ce prélèvement cesse d'être obligatoire, lorsque la réserve atteint le dixième du capital social.

Article L232-11
(Loi nº 2003-7 du 3 janvier 2003 art. 50 II Journal Officiel du 4 janvier 2003)

Le bénéfice distribuable est constitué par le bénéfice de l'exercice, diminué des pertes antérieures, ainsi que des
sommes à porter en réserve en application de la loi ou des statuts, et augmenté du report bénéficiaire.
En outre, l'assemblée générale peut décider la mise en distribution de sommes prélevées sur les réserves dont elle
a la disposition. En ce cas, la décision indique expressément les postes de réserve sur lesquels les prélèvements
sont effectués. Toutefois, les dividendes sont prélevés par priorité sur le bénéfice distribuable de l'exercice.

Jean -Pierre BLOND


96
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Dans un souci de clarté il nous est apparu opportun de diviser le présent thème en quatre chapitres :
Premièrement :définitions des principaux termes utilisés dans les articles précités .
Deuxièmement : les règles et les mécanismes de fonctionnement des comptes définis ci dessus .
Troisièmement: l'ordre d'affectation.
Quatrièmement : exemples d'application
1.Définition
1.1 Bénéfice distribuable : Bénéfice de l'exercice - dotation à la réserve légale - dotation aux réserves
statutaires - pertes antérieures + report à nouveau bénéficiaire.
1.2 Réserves : les réserves sont des bénéfices affectés durablement à l'entreprise jusqu'à décision contraire
des organes compétents (PCG art441/10).
1.2.1 Réserve légale : dans les sociétés par actions et les SARL une fraction des bénéfices nets annuels
est portée à un compte de réserve ("réserve légale ") jusqu'à ce que cette réserve atteigne 10% du
capital social.. Cette réserve n'est pas distribuable .
1.2.2 Réserve statutaires : à la différence de la réserve légale dont le caractère obligatoire résulte de la
loi , les réserves statutaires sont des réserves dont le caractère obligatoire est régi par les statuts .En
conséquence les statuts ne sont pas obligés de prévoir la constitution de telles réserves ;mais s'ils le
prévoient leur constitution s'impose aux actionnaires ou associés à peine de nullité des décision de
distribution.
1.2.3 Réserves facultatives : réserves dont la constitution est laissée à la libre appréciation de l'assemblée
.
1.3 Report à nouveau : le report à nouveau enregistre la fraction du résultat de l'exercice dont l'affectation a
été renvoyée à l'exercice suivant.
1.3.1 Report à nouveau créditeur ( compte n° 110 ) : bénéfice dont l'affectation est renvoyée à
l'assemblée générale statuant sur les comptes de l'exercice suivant.
1.3.2 Report à nouveau débiteur (compte 119) : pertes cumulées des exercices antérieurs qui n'ont pas
encore été compensées par une imputation sur les réserves ou sur les résultats et qui devront être
déduite du bénéfice de l'exercice suivant ou ajoutées au pertes du même exercice .
1.4 Dividendes : sommes prélevés sur le bénéfice distribuable (le cas échéant majoré d'un prélèvement sur
les réserves ) et distribuées aux actionnaires .
1.4.1 Premier dividende (ou intérêt statutaire ou dividende statutaire): les statuts peuvent prévoir que les
actionnaires recevront ( si les résultats le permettent ) un dividende égal à un certain pourcentage
du capital . Cette distribution (en présence de résultats suffisants) s'impose à l'assemblée elle
constitue donc pour les actionnaires une rémunération minimale garantie de leur capital (d'où
l'appellation d'intérêts statutaire).
1.4.2 Super dividende ou deuxième dividende : distribution laissée à l'initiative de l'assemblée .

2. Règles et mécanismes de fonctionnement


2.1 Réserve légale : la réserve légale est constituée par un prélèvement obligatoire de 5% sur le résultat de
l'exercice diminué des pertes antérieures non encore imputées (report à nouveau débiteur) .Lorsque la
réserve légale atteint 10% du capital social ce prélèvement cesse.
La réserve légale peut être considéré comme un prolongement du capital social et constitue une garantie
pour les tiers .A ce titre elle ne peut être distribuée .
2.2 Les distributions :
2.2.1 Principe : les actionnaires ont droit à l'intégralité de la richesse créée par a société . En conséquence
sont distribuables tous les résultats cumulés de la société et conservé par elle : résultat de
l'exercice , report à nouveau créditeur , réserves (à l'exception de la réserve légale ).
2.2.2 Principe : les actionnaires ne peuvent distribuer plus que la richesse cumulée non distribuée créée
par la société . Les pertes antérieures non encore imputées doivent donc venir en diminution du
montant distribuable .
2.2.3 La notion de dividende fictif : la constatation de l'existence de sommes distribuables implique :
a) un arrêté de compte annuel donnant une image fidèle du résultat , des opération de
l'exercice et de la situation de la société
b) une approbation de ces comptes
c) l'imputation préalable sur les résultats de l'exercice des pertes antérieures s'il en existe.
d) la dotation à la réserve légale
e) le cas échéant la dotation à la réserve statutaire
f) en cas de distribution prélevée sur les réserves une décision spéciale de l'assemblée
indiquant les réserves sur lesquelles les sommes seront prélevées .

Jean -Pierre BLOND


97
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Toute distribution effectuée en violation de ces règles constitue une distribution de


dividendes fictifs entraînant des sanctions civiles et pénales

3. Ordre de l'affectation :
Nature opération calcul
Bénéfice de l'exercice Bénéfice après impôt
Dotation réserve légale (bénéfice exercice -RAN débiteur )*5% - dotation réserve légale
Dotation Réserve statutaires - dotation réserves statutaires
Si RAN débiteur - report à nouveau débiteur
Imputation du report à nouveau
Si RAN créditeur + report à nouveau créditeur
Prélèvement sur les réserves + prélèvement sur les réserves
TOTAL Somme distribuable
Dividende statutaire - dividende statutaire
Dotation réserve facultative - Dotation réserve facultative
Deuxième dividende - deuxième dividende
RESTE REPORT A NOUVEAU DE L'EXERCICE
Notes :
RAN : report à nouveau
Imputation du report à nouveau : Le report à nouveau étant le cumul algébrique des reliquats de résultats
non imputés il est soit débiteur , soit créditeur .
4. Exemples :

Bilan résumé avant répartition de l'entreprise E au 31/12/N


actif immobilisé 5 758 000 capital 5 000 000
réserve légale 330 000
actif circulant 6 242 000 réserve statutaire 80 000
autres réserves 900 000
résultat 387 200
capitaux propres 6 697 200

dettes 5 302 800

total actif 12 000 000 total passif 12 000 000

- les statuts prévoient : une dotation à la réserve statutaire égale à la dotation à la réserve légale , un premier
dividende égal à 5% du capital
- le capital est divisé en 50 000 actions
- l'assemblée décide une dotation de 40 000 euros à la réserve facultative ; une distribution à titre de
deuxième dividende du solde arrondi à l'euro inférieur par action.

Tableau de répartition du résultat


bénéfice à répartir 387 200
réserve légale :387200*5% -19 360

dotation réserve statutaire -19 360


bénéfice distribuable 348 480

intérêt statutaire :5000000*5% -250 000


réserve facultative -40 000
reste pour deuxième dividende 58 480
soit par action 1,17
arrondi à 1 euros -50 000

report à nouveau 8 480

Le report à nouveau sera ajouté au résultat distribuable de N+1 lors de l'assemblée chargée de statuer sur les
comptes de cet exercice .

Jean -Pierre BLOND


98
Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Ecritures :

N° COMPTES LIBELLES DEBIT CREDIT


120 Résultat de l'exercice 387 200
1 061 dotation réserve légale 19 360
1 063 dotation réserve statutaire 19 360
1 068 réserve facultative 40 000
457 dividendes à payer 300 000
110 report à nouveau 8 480
totaux écriture 387 200 387 200

Bilan après répartition :


actif immobilisé 5 758 000 capital 5 000 000
réserve légale 349 360
actif circulant 6 242 000 réserve statutaire 99 360
autres réserves 940 000
résultat 0
report à nouveau 8 480
capitaux propres 6 397 200
dettes 5 602 800

total actif 12 000 000 total passif 12 000 000

Les capitaux propres sont inférieurs de 300 000 à ceux du bilan avant répartition (montant des dividendes
distribués ) ; ce montant vient augmenter celui des dettes .

Le bilan après répartition (bilan de clôture après répartition ) est établi après que la décision d'affectation ait été
prise par l'assemblée . Après la passation des écritures d'affectation et l'établissement du bilan de répartition
l'entreprise peut procéder à la clôture des comptes de l'exercice .
Le bilan d'ouverture d'un exercice est toujours égal au bilan après répartition de l'exercice précédent.

Exemple 2
Bilan avant affectation
actif immobilisé 5 758 000 capital 5 000 000
réserve légale 330 000
actif circulant 6 232 000 autres réserves 980 000
résultat 387 200
report à nouveau -10 000
capitaux propres 6 687 200

dettes 5 302 800

total actif 11 990 000 total passif 11 990 000


NB Report à nouveau débiteur
- le capital est divisé en 50 000 actions
- l'intérêt statutaire est égal à 6% du capital
- l'assemblée décide la distribution d'un deuxième dividende de 2 euros par action ; pour parvenir à ce
dividende il sera prélevé la somme nécessaire sur la réserve facultative .

Jean -Pierre BLOND


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Leçons de comptabilité
La comptabilité générale

Tableau d'affectation
Tableau de répartition du résultat
bénéfice à répartir 387 200
réserve légale :(387200-10000)*5% -18 860
imputation report à nouveau -10 000

bénéfice distribuable 358 340

intérêt statutaire :5000000*6% -300 000

prélèvement sur réserve facultative 41 660

reste pour deuxième dividende 100 000


soit par action 2,00
-100 000

report à nouveau 0

Ecritures
N° COMPTES LIBELLES DEBIT CREDIT
120 Résultat de l'exercice 387 200
1 061 dotation réserve légale 18 860
119 report à nouveau 10 000
1 068 prélèvement réserve facultative 41 660
457 dividendes à payer 400 000

totaux écriture 428 860 428 860

Bilan après affectation

actif immobilisé 5 758 000 capital 5 000 000


réserve légale 348 860
actif circulant 6 232 000 autres réserves 938 340
résultat 0
report à nouveau 0
capitaux propres 6 287 200

dettes 5 702 800

total actif 11 990 000 total passif 11 990 000

Jean -Pierre BLOND


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