Vous êtes sur la page 1sur 7

Introduction au

Droit de l’Entreprise
Espeme I

Séance n° 4 :

Les actes de commerce

Intervenants :

Nicole Cocquempot
Virginie Godron
Sandrine Henneron
LES ACTES DE COMMERCE

Règle
permettant de Fondement légal Actes visés par cette règle
déterminer le de la règle
caractère civil
ou commercial
des actes

Actes de Articles L 110-1 et Achat pour revendre ; opérations d’intermédiaire


commerce par L 110-2 CCom. pour l’achat, la souscription ou la vente
nature d’immeubles, de fonds de commerce, d’actions ou
de parts de sociétés immobilières ; entreprise de
location de meubles ; entreprise de manufactures, de
commission, de transport par terre ou par eau ;
entreprises de fournitures, d’agence, bureaux
d’affaires, établissements de vente à l’encan, de
spectacles publics ; opérations de banque, change et
courtage ; opérations de banq ue publique ;
obligations entre négociants, marchands et
banquiers ; lettres de change entre toutes
personnes…
Actes de Jurisprudence Un acte civil par nature devient commercial
commerce par lorsqu’il est accompli par un commerçant ET pour
accessoire les besoins de son activité commerciale
subjectif
Actes de Jurisprudence - Actes commerciaux en raison de leur objet :
commerce par *actes relatifs à une société commerciale (l’achat de
accessoire parts ou d’actions est en principe civil, sauf quand il
objectif opère cession de contrôle de la société, ou quand il
permet à l’acquéreur de conserver le contrôle de la
société ? référence à l’objet de la cession).
*actes relatifs à un fonds de commerce
- Actes accessoires à une opération commerciale :
*billets à ordre et chèque sont commerciaux s’ils
servent à payer une dette commerciale.
*gage commercial s’il garantit une dette
commerciale
*le cautionnement est commercial à la double
condition de garantir une dette commerciale ET que
la caution ait un intérêt personnel et patrimonial au
bon déroulement de l’opération principale.
Actes civils par Jurisprudence Un acte de commerce par nature devient un acte
accessoire civil lorsqu’il est accompli par une personne civile
ET pour les besoins de son activité civile
CAS PRATIQUE

Monsieur Artist, exploitant d’une librairie d’art à Lille, s’était lancé dans l’apprentissage
d’internet en 2004. Mettant à profit ses nouvelles compétences, il avait décidé de braver ses
craintes en passant différentes commandes sur internet avant Noël. Il avait ainsi réussi à
trouver divers cadeaux pour ses petits-enfants en évitant les interminables files d’attente dans
les magasins. Sur le site http://www.Christmas.com, il avait passé commande pour des DVD,
une console de jeu pour ses petits-enfants et une écharpe de marque à prix dégriffé pour son
épouse. Profitant des offres spéciales avant Noël, il avait également commandé un
fax/photocopieur très haute qualité afin de remplacer celui qu’il utilisait jusqu’alors dans son
magasin et qui ne lui donnait plus toute satisfaction.

Les deux commandes séparées ava ient fait l’objet d’un paiement par carte bancaire le 05
décembre pour un montant de 2 600 euros. Or, les cadeaux n’ont pas pu être disposés sous
l’arbre de Noël lors de la réunion de famille le 25 décembre en raison de leur arrivée tardive
... le 31 décembre. En fait, seul le fax avait été livré, mais ne fonctionnait pas.

Furieux d’avoir dû affronter les pleurs de ses petits-enfants ainsi que la réprobation de son
épouse, Monsieur Artist s’adresse à la société Christmas.com afin de se faire livrer au plus
vite les objets manquants, accompagnés d’une juste compensation financière. De plus, il
demande le remplacement du fax/photocopieur défectueux.

Christmas.com s’oppose à toutes ses demandes en lui rappelant les conditions générales de
vente qu’il avait acceptées en double cliquant sur l’onglet correspondant lors de ses achats.
D’ailleurs, ces conditions générales de vente étaient rappelées au dos de la facture de cette
manière :
« Le client ne saurait réclamer à la SARL Christmas.com aucune indemnisation pour retard
dans la livraison, quelle que soit la durée du retard.
La SARL Christmas.com ne peut être tenue responsable des défauts des matériels vendus,
l’acheteur devant exclusivement s’adresser au fabricant.
En cas de litige entre Christmas.com et ses clients, seront seuls compétents les tribunaux du
ressort de Marseille, tribunaux du siège social de Christmas.com ».
Monsieur Artist se demande si ces demandes peuvent aboutir favorablement et s’il est
réellement obligé d’aller jusque Marseille pour faire valoir ses droits.
Il convient au préalable de vous prononcer sur la qualité juridique des parties ainsi que sur la
nature des actes passés.
Aides à la résolution du cas

Méthode de résolution d’un cas en droit :


Résoudre un cas de manière juridique implique une démarche en plusieurs
temps :
- identifier les faits pertinents et les énoncer de manière juridique
(rétablir la chronologie si besoin est)
Par exemple, il convient de déterminer la qualité des parties (associé,
dirigeant, fondateur / le type de société) et les différentes étapes du cas.

- identifier la ou les règles de droit applicables (il peut s’agir de textes


comme ceux du Code civil ou du Code de commerce, de décisions
jurisprudentielles, ou plus rarement de grands principes)
Vous retrouverez ces règles dans le cours et/ou dans les lectures
conseillées, voire dans le sujet.

- confronter la règle juridique aux faits (ex : les conditions d’application


de l’article 1843 du Code civil sont-elles vérifiées en l’espèce ?)

- donner une solution (il convient parfois de formuler différentes


hypothèses face à un même problème)
Article L110-1 du Code de commerce

La loi répute actes de commerce :


1º Tout achat de biens meubles pour les revendre, soit en nature, soit après les
avoir travaillés et mis en oeuvre ;
2º Tout achat de biens immeubles aux fins de les revendre, à moins que
l'acquéreur n'ait agi en vue d'édifier un ou plusieurs bâtiments et de les vendre en
bloc ou par locaux ;
3º Toutes opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription ou la vente
d'immeubles, de fonds de commerce, d'actions ou parts de sociétés immobilières ;
4º Toute entreprise de location de meubles ;
5º Toute entreprise de manufactures, de commission, de transport par terre ou par
eau ;
6º Toute entreprise de fournitures, d'agence, bureaux d'affaires, établissements de
ventes à l'encan, de spectacles publics ;
7º Toute opération de change, banque et courtage ;
8º Toutes les opérations de banques publiques ;
9º Toutes obligations entre négociants, marchands et banquiers ;
10º Entre toutes personnes, les lettres de change.

Article L121-1 du Code de commerce

Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur
profession habituelle.

Article L210-1 du Code de commerce

Le caractère commercial d'une société est déterminé par sa forme ou par son
objet.
Sont commerciales à raison de leur forme et quel que soit leur objet, les sociétés
en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les sociétés à responsabilité
limitée et les sociétés par actions.

Article L411-4 du Code de l’organisation judiciaire

Les tribunaux de commerce connaissent :


1º Des contestations relatives aux engagements entre commerçants, entre
établissements de crédit ou entre eux ;
2º Des contestations relatives aux sociétés commerciales ;
3º De celles relatives aux actes de commerce entre toutes personnes.
Toutefois, les parties peuvent, au moment où elles contractent, convenir de
soumettre à l'arbitrage les contestations ci-dessus énumérées.
Article L132-1 du Code de la consommation

Dans les contrats conclus entre professionnels et non-professionnels ou


consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer,
au détriment du non-professionne l ou du consommateur, un déséquilibre significatif
entre les droits et obligations des parties au contrat.
Des décrets en Conseil d'Etat, pris après avis de la commission instituée à l'article
L. 132-2, peuvent déterminer des types de clauses qui doivent être regardées
comme abusives au sens du premier alinéa.
Une annexe au présent code comprend une liste indicative et non exhaustive de
clauses qui peuvent être regardées comme abusives si elles satisfont aux conditions
posées au premier alinéa. En cas de litige concernant un contrat comportant une
telle clause, le demandeur n'est pas dispensé d'apporter la preuve du caractère
abusif de cette clause.
Ces dispositions sont applicables quels que soient la forme ou le support du
contrat. Il en est ainsi notamment des bons de commande, factures, bons de
garantie, bordereaux ou bons de livraison, billets ou tickets, contenant des
stipulations négociées librement ou non ou des références à des conditions
générales préétablies.
Sans préjudice des règles d'interprétation prévues aux articles 1156 à 1161, 1163
et 1164 du code civil, le caractère abusif d'une clause s'apprécie en se référant, au
moment de la conclusion du contrat, à toutes les circonstances qui entourent sa
conclusion, de même qu'à toutes les autres clauses du contrat. Il s'apprécie
également au regard de celles contenues dans un autre contrat lorsque la conclusion
ou l'exécution de ces deux contrats dépendent juridiquement l'une de l'autre.
Les clauses abusives sont réputées non écrites.
L'appréciation du caractère abusif des clauses au sens du premier alinéa ne porte
ni sur la définition de l'objet principal du contrat ni sur l'adéquation du prix ou de la
rémunération au bien vendu ou au service offert pour autant que les clauses soient
rédigées de façon claire et compréhensible.
Le contrat restera applicable dans toutes ses dispositions autres que celles jugées
abusives s'il peut subsister sans lesdites clauses.
Les dispositions du présent article sont d'ordre public.

Article 48 du Nouveau Code de procédure civile

Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles de


compétence territoriale est réputée non écrite à moins qu'elle n'ait été convenue
entre des personnes ayant toutes contracté en qualité de commerçant et qu'elle n'ait
été spécifiée de façon très apparente dans l'engagement de la partie à qui elle est
opposée.