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FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation

Des clés pour comprendre la mondialisation

Introduction I - La globalisation financière en trois étapes II - Mondialisation libre-échange et logiques productives III - Mondialisation et nouvelles configuration Nord Sud

Introduction
L’appréhension de la mondialisation n’est pas dissociable d’une analyse conjointe du capitalisme notamment concernant les rapports qu’il entretient avec les sphères politique et sociale et d’une mise en perspective historique. La mondialisation se traduit par une inflexion profonde des rapports de force entre les marchés et les Etats, entre les lois de l’accumulation du capital et celles qui régissent les sociétés. Cette inflexion est d’autant plus frappante qu’elle intervient à l’issue d’une période dite « keynésienne » caractérisée par un encadrement institutionnel de l’activité économique au sein de chaque Etat. Cette période, qui débute aux Etats-Unis avec le New Deal en 1933, prend fin avec l’effondrement du système de Bretton Woods que signe la suppression de la convertibilité or du dollar le 15 août 1971. L’ensemble des réponses « rassurantes » apportées durant ces quarante années par l’Etat providence aux effrayants bouleversements induits par la révolution industrielle, l’irruption du machinisme et la soumission du travail, de la terre et de la monnaie aux mécanismes du marché va être balayé en quelques années. Mais cette période d’interventions s’inscrivait à contre courant d’une évolution historique amorcée il y a environ mille ans par l’émergence, en Europe, de ce que Braudel appelle « l’économie-monde ». Enfermée initialement dans le social et le politique, l ‘économie s’en échappe progressivement en investissant l’espace ouvert par l’échange entre les territoires sous contrôle des Etats. Les Cités-Etats de la Méditerranée (Venise, Pise, Gênes) et de la Mer du Nord (Lübeck, Hambourg) libérées de toute tutelle impériale inventent, à partir du X e siècle un mode de domination et d’accumulation de richesses qui fonde ce que Adda appelle le pré-capitalisme médiéval1. L’expansion des réseaux marchands qui en

1 Apparition des premières lettres de change au XIIème sur les grandes foires régionales
en Europe. « Elles permettent d’éviter les transferts physiques de fond en donnant au vendeur un titre de créance payable en une autre monnaie en d’autres lieux. D’instrument de paiement, elles se transforment rapidement en instrument de crédit et même de spéculation, délais de pimente cours des monnaies faisant l’objet de négociations spécifiques. » (J. Adda La mondialisation de l’économie 1. Génèse, Coll. Repères La Découverte, 2002, p.17) « La fréquentation des foires de Champagne était telle qu’on stipulait payable à l’une

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résulte est à l’origine du grand désenclavement planétaire des XVe et XVIe siècles et du démantèlement progressif des réglementations qui protégeaient jusque-là les corps sociaux. Cette expansion passe par l’alliance entre les classes marchandes et les Etats (époque mercantile). En mettant leurs réseaux et leurs capitaux au service des Etats, les milieux d’affaires s’assurent d’une double victoire. Sur le plan international en bénéficiant d’une protection royale qui va donner à leurs entreprises commerciales la forme d’une expansion coloniale. Sur le plan national en obtenant le concours des pouvoirs étatiques pour supprimer toutes entraves à l’unification du marché national. Les forces gigantesques déchaînées par la dynamique d’accumulation qui en résulte vont priver de défense les corps sociaux tant dans les nations centrales que périphériques. Les affrontements qui vont en résulter seront à l’origine de l’assujettissement tragique des mondes périphériques et des catastrophes sociales et politiques des XIX et XX siècles. Cette alliance « contre nature » des pouvoirs économique et politique provoquera l’exacerbation des rivalités inter impérialistes responsable du premier conflit mondial. La réaction keynésienne qui vise à mettre la dynamique de l’accumulation sous contrôle institutionnel va ouvrir la voie à de nouvelles logiques fondées sur des compromis sociaux stables. L’institutionalisation des relations économiques internationales matérialisée par la création des institutions de Bretton Woods en témoigne. Elle sera contemporaine du mouvement de décolonisation donnant un temps l’illusion aux sociétés périphériques de pouvoir échapper à la violence qu’elles avaient subie jusque-là. Le phénomène de mondialisation apparaît ainsi comme une revanche de l’économique sur le politique et le social visant à mettre à bas les compromis sociaux élaborés par l’Etat-providence keynésien justifiant la qualification de « restauration du pouvoir de la finance » par laquelle Gérard Duménil2 le qualifie. La grande vague de déréglementation qui va sévir à partir de la fin des années soixante-dix aura pour conséquence de mettre en concurrence les Etats entre eux pour la localisation des investissements et l’allocation de l’épargne.

I - La globalisation financière : un processus en 3 temps
1 - Sortie massive et incontrôlée de capitaux des Etats-Unis dans les années soixante 1.1 Un contexte issu de Bretton Woods batî sur le compromis keynésien Le système financier mis en place après la seconde guerre mondiale à Bretton Woods est un système de financement public bilatéral et multilatéral des déséquilibres de paiement internationaux. Deux organismes l’incarnent : - le FMI finance les déséquilibres temporaires des balances de paiement et dispose de ce fait d’un droit de regard sur les politiques économiques.
d’elles la majorité des obligations passées en Europe, même celles que contractaient les princes et tous les grand personnages laïques ou ecclésiastiques […]. Toutes les places financières étaient en relation avec les foires champenoises, il naquit dans le comté un système d’extinction de dettes par compensation, faisant de ces foires les clearing houses de tout l’Occident ». (G. Fourquin, La chrétienté latine occidentale désenclavante, 1977, p. 368) 2 G. Dumesnil et D. Levy, Economie marxiste du capitalisme La Découverte, Coll. Repères

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Il en résulte un surplus cumulé des échanges courants dans la zone OPEP de 360 milliards de $ en 8 ans (1974-81).L’investissement massif des entreprises américaines en Europe. . opèrent en toute liberté. . ces marchés des eurodollars vont devenir le foyer de la finance internationale avec les chocs pétroliers des années soixante-dix. Pour faire face ) cette situation (déséquilibre de la balance des capitaux américains). Phénomène marginal dans les années soixante. Il s’investit en dépôt liquide dans les banques occidentales (40%). La concurrence entre les banques pour capter ces dépôts et rechercher des emprunteurs est acharnée.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation . en 1963.2 Emergence du marché des eurodollars qui entre en concurrence avec ce système inter étatique dépossédant progressivement les Etats de leurs prérogatives en la matière L’émergence de ce marché est essentiellement lié à une sortie massive de capitaux américains qui s’opère dans la seconde moitié des années soixante. Pourquoi ces marchés des eurodollars sont-ils aussi attractifs ? Parce qu’ils ne sont soumis à aucune réglementation. Sur ce marché. l’offre en dollars provient des sociétés et des institutions américaines (faible taux aux USA) et des banques centrales du reste du monde venues y placer leurs réserves de change en dollars. l’IET (Interesting Equalizing Tax). Pourquoi ? Trois éléments concourent à cette situation : . est prêté à d’autres PED (15%) ou avancé aux organisations internationales (5%). 2 .Les effets de la réglementation Q (plafonnement des taux) qui encourage les emprunts étrangers sur le marché américain et décourage les dépôts aux EtatsUnis. Ainsi ces eurobanques (banques travaillant en dollars sur le sol européen) et autres xénobanques (banques travaillant en toutes monnaies hors celle de leur territoire d’implantation) ne sont pas contraintes de constituer de réserves obligatoires et peuvent alors offrir des taux très compétitifs à leurs déposants. Le Federal Reserve Board (FED) n’y exerce aucune tutelle et les banques centrales des pays européens où sont installées les eurobanques n’ont aucun pouvoir d’intervenir sur des opérations réalisées dans une monnaie qui n’est pas la leur. les autorités américaines mette en place.Le financement de la guerre du Vietnam. non soumises à ces réglementations. les déficits restent contenus en dessous de 1% du PIB 1.Chocs pétroliers dans les années soixante-dix (1973 guerre du Kippour et 1979 révolution iranienne) Le quadruplement des prix du pétrole en 73 et le triplement en 79 vont bouleverser la configuration des flux financiers internationaux. De ce fait. une taxe sur les emprunts étrangers.La BM (BIRD) finance la reconstruction des pays détruits et le développement des pays nouvellement indépendants Il n’y a pas de marché international des capitaux significatif et les seules possibilités de financement extérieur pour les pays en déficit consistent à exercer leur « droit de tirage » sur ou à contracter un emprunt auprès de la Banque Mondiale. La faiblesse des taux rend les emprunts particulièrement attractifs pour les PED surtout ceux dotés de ressources naturelles importantes vers lesquels les banques concentrent leurs -3- . Cette taxe va avoir pour effet de détourner la demande de financement en dollars vers les euromarchés où les filiales des banques américaines.

permettant aux banques d’accélérer leur désengagement à l’égard des PED -4- . Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel un emprunt a été contracté. Se rendant compte alors des risques auxquels elles s’étaient exposées les banques créancières ferment les robinets provoquant ainsi la cessation de paiement tant redoutée. Elle implique une perte de valeur de l’argent puisque à terme. Tandis que les Etats-Unis se substituent aux économies en développement comme premier pôle débiteur sur les marchés financiers mondiaux.…) les banques délaissent l’intermédiation classique pour se tourner vers les marchés financiers internationaux en pleine expansion. taux d’intérêt. En août 1982. suite à l’élection de Reagan. 3 . Contraintes de réduire leur exposition au risque (taux de change. Compte tenu du poids de l’économie américaine. d’un gonflement spectaculaire du déficit budgétaire américain. De 0.Endettement massif des Etats-Unis et crise de la dette des pays du Sud Le revirement de la politique monétaire américaine après 1979 va avoir un impact d’autant plus profond sur le système financier international qu’il s’accompagne. ce qui signifie un triplement de la charge d’intérêt pour les pays qui se sont endettés sur les euromarchés. Pour briser l’inflation et restaurer le profit des créanciers victimes des taux d’intérêt réels négatifs dans les années soixante-dix. Le financement par émission et placement de titres sur les marchés financiers devient la règle. le Mexique fait part le premier de son incapacité d’honorer ses engagement ouvrant le premier ce que l’on va appeler la crise de la dette. l’Allemagne prennent la place de l’OPEP comme premiers pourvoyeurs de fonds. le déficit passe à 3. le besoin de financement qui va en résulter va recentrer la finance internationale sur les flux financiers Nord-Nord au moment même où la crise de la dette des PED les détourne du Sud.5% du PNB en moyenne sur la période 19771981. Taux d’intérêt et inflation L’inflation est une hausse cumulative de l’ensemble des prix et des salaires. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation. il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donnée. Près de 20% pour les taux courts en 1980/81.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation efforts. actions internationales – est décrite par la notion de titrisation. euroobligations libellées dans une monnaie différente de celle de la place où elles sont émises. A ce choc monétaire s’ajouta la récession provoquée par l’effet simultané du second choc pétrolier et du resserrement monétaire aux USA. Cette dynamique (accroissement de la dette des PED) va se heurter au retournement de la politique monétaire américaine lors de la « seconde révolution d’octobre » (1979). Paul Volker porte les taux d’intérêt à des niveaux sans précédent. Cette restructuration s’accompagne d’un vaste mouvement de désintermédiation bancaire. Contraction des marchés d’exportation et chute des cours des MP interviennent au moment ou les charges d’intérêt explosent ne laissant d’autre choix aux pays endettés que l’ajustement récessif ou la fuite en avant dans l’endettement à court terme. Cette prépondérance nouvelle des émissions de titres – obligations internationales classiques émises pour le compte d’un emprunteur étranger sur la place financière et dans la monnaie du pays prêteur.5% du PNB de 1982 à 1986. S’y ajoute la transformation d’anciennes créances bancaires en titres négociables. le Japon. L’attrait des euromarchés est d’autant plus grand qu’il permet de courtcircuiter l’intermédiation de la BM.

marchés d’options négociables. Contrats à terme pour se prémunir du risque de change.Flottement des monnaies et libre circulation des capitaux En 1945.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation après l’irruption de la crise de la dette. contrats de taux d’intérêt pour se protéger du risque de variation des taux. la sortie de capitaux américains dépasse les besoins de financement des autres pays industrialisés. Cette déréglementation consiste au niveau national à libérer la concurrence entre les différentes catégories d’institutions (banques de dépôts et banques d’affaires) et à limiter les contrôles et règlements concernant leurs activités. En 1960. pour la première -5- . les engagements extérieurs des Etats-Unis dépassent. de la part des banques centrales qui les détiennent. Diffusion numérique tout d’abord puisque le risque de défaut des emprunteurs n’est plus concentré sur un petit nombre de banques internationales.… Cette prolifération des instruments financiers et des marchés dérivés donne aux marchés internationaux des capitaux l’allure d’une foire aux risques (Charles Goldfinger 1986) qui n’aurait pas été rendue possible sans la vague de déréglementation des marchés financiers partie de GrandeBretagne et des Etats-Unis. Les demandes de conversion vont alors s’accélérer entraînant la baisse des réserves américaines. A la fin des années cinquante. les Etats-Unis possèdent les trois-quart des réserves mondiales en or. La titrisation a pour effet premier la diffusion du risque. 4 . Au niveau international . Ils sont alors le seul pays à pouvoir assurer la convertibilité de leur monnaie en or. Diffusion qualitative ensuite puisque tous les compartiments du risque présent sur chaque titre peut donner lieu à la protection d’instruments spécifiques de protection négociables sur le marché. il s’agit de lever toutes entraves à la libre circulation des capitaux et aux opérations en devises. Cette capacité va faire du dollar la monnaie internationale par excellence. Les sorties de capitaux des Etats-Unis s’accroissent de façon modérée dans les années cinquante (aides bilatérales et IDE) fournissant à l’économie mondiale les moyens de la reconstruction. d’une demande de conversion or. Le déficit de la balance de base (agrégation du solde courant et du solde des mouvements de capitaux à LT) qui en résulte ne pose pas de problèmes puisque les dollars en excès ne font pas l’objet.

statut qui offre aux Etats-Unis le privilège exorbitant de financer son déficit extérieur dans sa propre monnaie ! Cette situation n’est plus acceptable par les autres puissances industrielles maintenant reconstruites. Ce qui est loin d’être vérifié même dans une économie de plus en plus intégrée. les USA décident unilatéralement de la suppression de la convertibilité-or du dollar. la PPA est vérifiée si lorsque la hausse des prix aux Etats-Unis est de 10 points supérieure à celle de l’UE.La dynamique des 3 «D » Si la déréglementation a été l’un de moteurs de la globalisation financière. Les tensions monétaires internationales mettent en lumière la contradiction entre la gestion nationale de la monnaie américaine et son statut de monnaie « de réserve » . L’évolution du rapport de force qui s’en suit entre les Etats-Unis d’une part. Le taux de change se déduit alors d’un simple rapport entre les indices de prix. Le 15 août 1971. la PPA est vérifiée si le pouvoir d’achat d’une monnaie nationale est identique sur le marché intérieur et à l’étranger. les obstacles à la libre circulation des capitaux vont commencer à tomber d’autant plus que les Etats sont preneurs des capitaux que les investisseurs étrangers peuvent leur apporter. La hausse des prix dans un pays étant compensée par la baisse du taux de change de sa monnaie. Enfin. Dans sa version relative. Ainsi. La « désintermédiation » et la « décloisonnement » ont été les deux autres. Cette décision met fin au système de parité fixe des monnaies.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation fois. Cette version établit donc une relation entre variations des taux de change et écarts d’inflation. Largement excédentaire dans les années cinquante. les deux monnaies gardent le même pouvoir d’achat. la valeur d’une monnaie est déterminée par son pouvoir d’achat relatif (domestique par rapport à étranger). il devient négatif en 1971. 5 . le démantèlement des systèmes nationaux de contrôle des changes en Europe met en place le marché unique des capitaux en 1990 . L’une des plus ancienne théorie explicative de la détermination des taux de changes est la Parité du Pouvoir d’Achat des monnaies (PPA). Par « désintermédiation » on entend le recours direct des opérateurs internationaux aux marchés financiers (placements et emprunts) @sans passer par les intermédiaires financiers et bancaires. la valeur de leur stock d’or. La spéculation se déchaîne contre la monnaie américaine dont la parité-or ne pourra être défendue qu’avec le soutien des autres banques centrales. Désormais chaque pays est libre de laisser fluctuer le taux de change de sa monnaie au gré de l’offre et de la demande. Cette théorie formalisée en 1914 par Cassel (économiste suédois) a deux versions : Dans sa version absolue. Les EtatsUnis contraignent le Japon (1983-84) à ouvrir son système financier avant que la France ne fasse de même en 1989. Dans sa version relative. elle n’en a pas été le seul. le dollar se déprécie de 10 points par rapport à l’euro. Selon la PPA. Dès lors. C’est la raison pour laquelle on parle souvent de la règle des 3 « D ». -6- . et le Japon et l’Europe d’autre part se matérialise par la dégradation du solde des échanges. la PPA implique que les variations du taux de change sont égales à l’écart entre les variations des prix domestiques et étrangers. La PPA souffre toutefois d’importantes limites dues notamment au fait qu’elle repose sur la loi du prix unique. Elles refusent de continuer à accumuler des réserves dans un dollar largement surévalué. taux de change et pouvoir d’achat Les monnaies circulant à l’échelle mondiale. Valeur d’une monnaie. elles sont comparées en permanence les unes aux autres. L’administration américaine ouvre la voie à la fin des années soixantedix suivie par Margaret Thatcher au début des années quatre-vingt.

la spéculation. non seulement les Etats ont accepté de supprimer les entraves à la circulation de masses considérables de capitaux mais pour tenter de les attirer sur leurs territoires. marché financiers. Vers l’extérieur l’intérieur par un éclatement des compartiments monétaire (court terme). marché terme. loin d’avoir modéré l’instabilité intrinsèque du régime des changes flexibles.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation Le « décloisonnement » des marchés correspond à la (réglementaires) entre les marchés. dérégulation. ils ont aussi renoncé à la majeure partie de leurs prélèvements fiscaux sur les revenus du capital. Flottement des monnaies : vices et vertus Pour Milton Friedmann. Mais ces vertus stabilisantes n’ont pas été au rendez-vous depuis 1973 et. -7- . le flottement des monnaies restitue à la politique monétaire son autonomie ce qui signifie. • le niveau général des prix et par là la politique économique du gouvernement et encouragent les comportements spéculatifs. décloisonnement) fleurons de la globalisation financière témoignent du recul en ordre dispersé des Etats face à la dynamique de l’intégration financière lancée dans les années soixante. facilitée par la globalisation financière l’a poussée à son paroxysme. disparition des frontières d’une part mais aussi à existant entre marché des changes. dans son esprit. 95 % des opérations réalisées sur les marchés des changes correspondent à des mouvements financiers indépendants des opérations sur biens et services. marchés à Les 3 « D » (désintermédiation. • la compétitivité de l’offre nationale et dons l’activité et l’emploi . L’effet stabilisant tiendrait au fait que les spéculateurs. Selon les monétaristes. agents supposés rationnels. Ce faisant. L’autonomie théoriquement restituée aux politiques monétaires par le flottement des monnaies suppose que celles-ci puissent se désintéresser d’une variable stratégique comme le taux de change dont les fluctuations affectent : • l’incertitude sur les prix des biens et des services en devises ce qui est préjudiciable aux échanges avec l’extérieur . l’autre avantage du flottement des monnaies est qu’il libère les vertus stabilisantes de la spéculation. achètent quand les cours sont bas et vendent quand les cours sont hauts. donner la priorité absolue à la lutte contre l’inflation.

deux compartiments : • Le marché interbancaire • Le marché monétaire élargi (1985-1987) : 4 TCN créés pour collecter et investir du très court terme (1J) au long terme (7 ans) Le Marché Hypothécaire Titrisation des créances en 1970 aux USA.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation LES MARCHÉS DES CAPITAUX Le Marché Monétaire Depuis 1985. Loi de 88 en France Le Marché Financier • • • • • • Marché primaire et marché secondaire Premier Marché Second Marché (1993) Nouveau Marché (1996) Marché hors côte Marché des Produits Dérivés MATIF (1986) contrats à terme MONEP (1987) -8- .

écrivait Marx en 1860. maintenant des tarifs douaniers peu élevés. enfin celle de l’intégration. Mais Ricardo ne précise pas comment le surplus résultant au niveau mondial d’une spécialisation respectueuse des avantages comparatifs se répartirait. ne porte son regard sur l’économie internationale que dans le but de 3 Karl Marx Critique de l’économie politique. c’est la comparaison des coûts absolus de production. Au niveau national. C’est donc le libre-échange et la spécialisation internationale qui vont permettre à chaque nation d’exploiter au mieux son potentiel productif. le critère de la spécialisation internationale optimale est simple . Au niveau international en revanche.Mondialisation libre-échange et logiques productives “ La tendance à créer un marché mondial est incluse dans le concept même de capital ”3. Tome 2. autorisant la libre circulation des monnaies et laissant à ses marchands. une allocation optimale des ressources. le droit de commercer avec l’ennemi4. 4 Pierre Deyon. en pleine guerre. Adam Smith et David Ricardo. Cette position qui s’expliquait aussi par l’exiguité du marché intérieur de la Hollande l’obligeant à exploiter au mieux les possibilités offertes par la division internationale du travail. D’où l’importance d’une division du travail à l’échelle internationale. Œuvres complètes.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation II . Dans La Richesse des Nations. Si la mondialisation est inhérente au capitalisme elle a pris successivement des formes différentes précise Charles-Albert Michalet. ensuite celle de la multinationalisation. il n’en a pas moins intérêt à délaisser cette dernière si son avantage de coût est plus grand dans la production de vin. l’économie politique classique dont Ricardo est le représentant le plus éminent. Dans son Principe de l’économie politique et de l’impôt. L’augmentation de la productivité passe par la spécialisation des tâches qui conditionne l’introduction des machines. dans chaque pays. La Pléiade. qui dominaient alors l’économie-monde européenne. Pour Smith. En fait. Cette conclusion n’est valable toutefois que dans un contexte d’immobilité des facteurs de production. fût adoptée par l’Angleterre après avoir été théorisée par les pères fondateurs de l’économie politique classique. Se spécialiser selon ses avantages comparatifs signifie donc le faire dans la production dans laquelle son handicap relatif est le moins grand. Smith fait de la division internationale du travail la source de tout progrès économique véritable. capital) se forment désormais sur des marchés concurrentiels. «Entreprise mercantiliste et dynamisme urbain» dans LEON [1997-1978]. ceux-ci ont tendance à s’égaliser. des écarts de prix subsistent du fait de l’immobilité des facteurs de production et de l’inégalité des techniques de production. David Ricardo conteste ce point de vue en montrant qu’un pays qui dispose d’un avantage absolu de productivité a tout de même intérêt à l’échange. tome 2 : Les Hésitations de la croissnce : 1570-1730. A. autrement dit pour lesquelles son avantage comparatif est le plus grand. p. Mais encore faut-il que la taille du marché le permette. les Provinces unies. en se spécialisant dans les productions pour lesquelles les coûts relatifs sont les plus bas. Une spécialisation internationale du travail fondée sur le principe des avantages comparatifs permet en théorie. notamment parce que les prix des facteurs de production (terre. travail. se faisaient l’avocat inconditionnel du libéralisme. D’abord celle de la spécialisation.La spécialisation (1860-1913) Au XVIe siècle. il montre que si le Portugal est plus efficace que l’Angleterre dans la production de vin comme dans celle de drap. 1 . -9- .258. Dans un exemple fameux. entre les différents partenaires de l’échange.

2003. Le problème qui préoccupe réellement Ricardo c’est la lamination des profits du capital découlant de l’augmentation de la population qui contraint à mettre en culture les terres les moins productives accroissant la rente des propriétaires fonciers et augmentant le coût de reproduction de la force de travail donc des salaires. renonce à la préférence impériale en faveur des produits des colonies (1845) et abolit les Corn Laws (1846) ainsi que les Actes de navigation5 (1849). coll. 6 Suzanne Berger : Notre première mondialisation. Dès 1840. Du Seuil. . lui-même identifié au libre-échange. en réduisant le coût des produits nécessaires à la reproduction de la force de travail permet de réduire les salaires et de restaurer les profits du capital. Celui des hommes d’abord7. mais surtout celui des capitaux. Il s’agissait de placement à long terme qui n’ont rien à voir avec les 5 Acte britannique de 1651 destiné à contenir la puissance maritime des Provinces unies en limitant l’entrée des ports anglais aux navires étrangers. Pour Ricardo. Ricardo n’avait pas prévu que cette “ première mondialisation ”6 allait s’accompagner d’importants mouvements de facteurs de production. Toutefois. supprime toute prohibition à l’importation (1842). La République des idées..FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation satisfaire les intérêts spécifiques d’un capitalisme confronté à une baisse tendancielle du taux de profit dans l’industrie et non pas pour satisfaire on ne sait quelle quête d’un optimum mondial. éd. En 1913. Cela implique l’abolition des Corn Laws qui protègent l’agriculture anglaise de la concurrence depuis la fin des guerres napoléoniennes. l’épargne française placée à l’étranger – essentiellement en Russie – représentait 20% du PIB avec des flux nets annuels d’à peu près 3% du PIB (la moitié du chiffre observé en 2000).10 - . 7 Entre 1880 et 1915 l’émigration européenne vers les “ pays neufs ” représente 33 millions de personnes. L’Angleterre réduit unilatéralement ses droits de douane sur les produits manufacturés. la solution réside dans le commerce international et plus particulièrement dans la libre importation du blé qui. les intérêts du capitalisme anglais pourront être assimilés à l’intérêt national britannique. Dès lors.

le plus simple est d’installer une filiale chargée de produire et de vendre au sein du marché protégé. Revue de l’OFCE n° 82. Pour contourner ces barrières. 2 -La multinationalisation (1950 1980) C’est avec l’essor des firmes multinationales que commence cette “ deuxième mondialisation ” à la fin des années cinquante. Ce n’est plus l’avantage comparatif de Ricardo ou la dotation de facteurs (modèle HOS) qui déterminent la spécialisation internationale d’un pays. L’économie des variétés l’emporte sur l’économie de spécialisation. la plupart des économistes continuait de professer que le libre échange demeurait la solution optimale. d’une vision idéologique. mais sa capacité à attirer les multinationales. les taux de change étaient stables. Cet essor des multinationales doit beaucoup à la “ concurrence imparfaite ” qui est devenue la règle. L’approche néoclassique revient à un explication de l’échange fondée sur la rareté relative donc la complémentarité et non plus sur l’efficacité productive comparée. . Toutefois l’hypothèse ricardienne s’appuyant sur l’immobilité des facteurs de production devenait contestable dès lors que l’un des facteurs ou a fortiori les deux – capital et travail – devenaient mobiles. juillet 2002. Malgré les négociations poursuivies dans le cadre du GATT. p 55. Ce qui compte c’est que le produit final réponde exactement aux spécifications du donneur d’ordre. à la mise au point (recherche-développement) et empoche les profits découlant de l’exploitation de 8 “ Les relations commerciales entre la France et l’Europe depuis 1850 ” par Philippe Guillaumet. En ce sens. aux barrière commerciales. d’abord Eli Heckscher et Bertil Ohlin dans les années 20 puis Paul Samuelson dans les années 50 (modèle HOS) ne prenaient pas en compte cette mobilité. même s’il est réalisé par intégration d’une série de sous-ensembles confiés à des producteurs éventuellement dispersés dans le monde entier. C’est la stratégie du marché. A la période d’ouverture croissante (1860 1885) succéda un regain de protectionisme entre 1885 et 1913 “ qui n’a pas empêché le retour à la fois de la croissance économique et (de) l’augmentation du taux d’ouverture dans les dernières années du siècle ”8. Mais à l’époque. Les coûts des transports et le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont aboli sinon réduit les distances au point que les firmes sont devenues “ nomades ”. S’y ajoutent celle de la minimisation des coûts (outsourcing) et celle issue de la combinaison des deux précédentes (stratégie globale). 3-L ’intégration (depuis 1980) Depuis le début des années 80 nous sommes entrés dans l’ère de la mondialisation au sens propre du terme. s’ajoutent les barrières monétaires et réglementaires. Pourtant. La notion de spécialisation devient caduque. car rétrospectivement les faits ne permirent pas d’établir une corrélation entre ouverture commerciale et vigueur de la croissance économique. on est loin du libre-échange et. Même les perfectionnements apportés par les économistes néoclassiques du XXe siècle. on serait presque tenté de la qualifier de pré-ricardienne. Mais il s’agissait. Le donneur d’ordre se réserve les fonctions essentielles liées à l’image (marketing).FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation capitaux volatils qui alimentent aujourd’hui les mouvements spéculatifs et les variations des taux de change. donc la concurrence.11 - . chaque multinationale s’efforçant de développer des biens “ proches mais différents ”. en partie. Ces grandes firmes disposent d’un avantage concurrentiel lié aux économies d’échelle (production mondiale) aux brevets détenus ou à leur notoriété.

emploi et inégalités Entre 1970 et 1993. alors qu’il reste constant à 34% au Japon..3% du PIB mondial en 2002 contre seulement 6.7% en 1980. Chine incluse. l’industrie absorbe 40% de la force de travail dans les 4 NPI de la première génération 9 et 20 dans ceux de la seconde vague. Elles jouent de façon croissante de la concurrence entre les territoires entretenant. pour une large part le dynamisme des échanges mondiaux . Singapour. l’industrie assure la majeure partie de la croissance de l’emploi dans les NPI asiatiques. 9 Corée du Sud. Dans la même période. Ces possibilités nouvelles en matière de communication ont fait entrer le secteur des services dans la logique de transnationalisation réservée jusque là au seul secteur industriel. Pour suivre cet essor. . L’accélération des IDE dans les PED depuis le début des années 90 fait planer la menace d’une exacerbation de la concurrence des régions à bas salaires. La vague importante de privatisations et de déréglementations qui traverse les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix va multiplier les opportunités pour les grands groupes internationaux de pénétrer de nouveaux marchés par acquisition d’actifs. Taïwan et Hong-Kong. ou encore par fusion plutôt que par la création. l’emploi industriel dans l’emploi total (mondial) chute de 10%. le CA global de quelques 800 000 filiales contrôlées par 60 000 STN était estimé à 15 000 milliards de dollars à comparer au 7 600 milliards de dollars du commerce mondial de B et S (OMC 2001). en 2000. Cette internationalisation des échanges expliquerait. toujours plus risquée.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation la marque. En passant de 34% à 24% au Etats-Unis et de 40% à 30% en Europe. de nouvelles unités de production.Mondialisation. Ces STN n’ont donc plus guère d’ancrage territorial. Cette accélération des IDE depuis le milieu des années quatre-vingt confère au phénomène d’internationalisation de la production un poids nettement supérieur à celui de l’internationalisation des échanges. le principal indicateur est l’évolution des stocks d’IDE qui pesait 22.12 - . Il sont en fait rendus possibles par le développement des technologies de l’information. un tiers du commerce mondial des biens et des services correspondant à des “ échanges intra-firmes ”. de ce fait des relations de plus en plus conflictuelles avec leur environnement géographique 4 . Au début des années quatre-vingt-dix. Selon la CNUCED. Ainsi cohabitent deux mouvements apparemment contradictoires dans l’organisation des groupes transnationaux : la décentralisation de la production et la concentration des pouvoirs de décision.

2000). Les causes structurelles du chômage devraient donc être cherchées non pas à l’extérieur. car les emplois qu’ils contiennent se vendent plus chers. La raison en est très simple : les produits exportés par les PI contiennent. Paris 1993.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation Entre 1990 et 1996. au Mexique. Si dans le cas de la Chine. Les mesures globales de l’effet indirect du commerce avec les PBS sur l’emploi sur les pays riches. Pour effectuer un bilan d’ensemble. Mais ces statuts « privilégiés » ont des origines différentes. ce sont les taux d’intérêt très élevés pour cause de programmes de stabilisation monétaire qui ont eu cet effet attractif.13 - . il convient aussi 10 Le commerce extérieur français créateur ou destructeur d’emploi ? Economica.. mais à l’intérieur. c’est une croissance exceptionnelle qui a pu provoquer ces flux. Mais l’équilibre des échanges ici évoqué est compatible avec un effet négatif sur l’emploi. A cela s’ajoute un effet indirect par la mise en place de techniques économes d’emploi découlant de la compétition entre firmes globales des PI. . à valeur égale. Claude Vilmont10 estime à 300 000 ces destructions directes d’emploi en 1991. Deux arguments prétendent limiter la portée de ce risque. fondées sur le calcul du contenu en emploi des importations et des exportations. Le deuxième s’appuyant sur le constat que ces exportations s’accompagnent d’une évolution identique des importations. Le premier tiendrait au fait que malgré leur progression rapide les exportations des PED en produits manufacturés ne représentent que 25% des importations et seulement 2% du PIB des pays industrialisés (PI). moins d’emplois que les produits exportés par les pays à bas salaires (PBS). Krugman. dans les formidables gains de productivité permis par les mutations technologiques en cours (P. font apparaître des destructions nettes d’emploi qui restent limitées comparées au nombre de chômeurs. la Chine et l’Amérique Latine ont absorbé à elles seules les trois quarts des apports nets de capitaux privés aux PED (1/3 de ces flux concernant exclusivement la Chine et le Mexique).

FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation de prendre en compte les possibilités de création endogènes d’emploi dans les PI comme une autre conséquence du développement des échanges avec les PBS. Au plan national en subventionnant les “ emplois exposés ” (peu qualifiés) dans la période de transition par redistribution des gains issus des secteurs d’activité à haute productivité. A défaut d’une telle politique. Seul un rythme conséquent de création d’emploi compétitifs dans les PI est en mesure de contrebalancer la destruction des emplois exposés. les NPI ont vu se développer un excédent de la balance de leurs échanges courants qui a provoqué une appréciation de leur taux de change réel réduisant par la même l’écart entre les salaires avec les PI. Cela suppose un effort considérable de formation et d’innovation. donc les rémunérations dans le “ secteur protégé ” devront baisser ! Mais la “ montée en gamme technologique ” des NPI a pour conséquence de ne pas limiter aux seuls emplois “ exposés ” cet effet destructeur. Pour des raisons de taille comme de structures internes. exporter des biens de plus en plus complexe. elles devront être négociées en fonction du droit au développement des pays concernés. de l’Inde. grâce à des politiques de développement volontaristes et protectionnistes. des ex-pays socialistes d’Europe de l’Est et de l’ex URSS . la demande de B et S “ protégés ” devra augmenter plus vite que celles des autres biens. Contrairement aux NPI de la première génération. la pression compétitive des PBSCT se fera sentir pendant des décennies et la tendance à l’accroissement des inégalités dans les pays riches devient par ce fait durable. la Corée du sud. les emplois détruits devront se transformer en emplois protégés et pour cela. Pour cela. . Mais pour que de telles mesures ne soient pas vécues par les pays du Sud comme l’expression d’un néo-protectionnisme.14 - . il ne s ‘agit plus de quelques dizaines de millions d’hommes mais de milliards. Mais cela nécessite un degré de coordination entre gouvernements qui est loin d’exister. Des pays comme Taïwan. Il s’agit de la Chine. du Brésil. du Mexique. trois types d’emploi. Au plan international en agissant sur les conditions de la concurrence par une harmonisation internationale des normes sociales et écologiques afin d’éviter le nivellement par le bas. De quoi s’agit-il ? Grâce à ces exportations. Cette évolution s’est accompagnée d’une conséquence macro-économique qui a eu pour effet d’en limiter la portée et par la même d’alimenter un discours rassurant sur la concurrence de PBS. Autrement dit. A fortiori quand les PI ont utilisé gratuitement jusqu’ici les capacités de d’absorption limitées de la nature et qu’il s’agit maintenant de payer pour réduire les pollutions ou les risques. Les “ compétitifs ” qui produisent des biens et des services que les PBS ne produisent pas ou pas encore. Cela passe par l’élaboration de nouveau compromis sociaux qui seuls peuvent faire figure d’alternative à la déréglementation généralisée du marché du travail. Mais quelle que puisse être la vertu rassurante de cet effet. Singapour et Hong Kong ont su ainsi. les exposés ” qui sont en compétition directe avec les PBS et enfin . les “ protégés ” qui produisent des biens et des services dont la production par nature ne peut être délocalisée. leur prix relatif devra baisser. avec ces pays. En reversant intégralement des droits de douane (mis en place pour protéger les emplois exposés) aux pays exportateurs on soutiendrait une croissance plus « autocentrée » susceptible de produire un développement plus égalitaire des pays du Sud. Face à cette situation deux attitudes permettraient de refuser l’arbitrage entre augmentation du chômage et baisse des salaires. distinguons dans les PI. il n’a pas résisté à l’irruption d’un nouvel acteur d’une toute autre dimension et de structure interne très différente : les pays à bas salaires et à capacité technologique (PBSCT).

Les marchés oligopolistiques existent. Selon eux. les facteurs de production sont immobiles. Heckscher et Ohlin. le passage de la configuration inter-nationale à la configuration globale va s’opérer avec la mobilité croissante des facteurs de production. Pour Krugman et Helpman la réponse repose sur l’existence de deux nouvelles variables : l’existence des marchés imparfaits et le jeu des économies d’échelle. Ils ne sortent pas des territoires nationaux. elle reflète la dotation en facteurs de chacun des pays.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation En attendant. la spécialisation conduit à réduire l’abondance du facteur qui entre dans la production des biens exportés tandis que les importations augmentent l’offre des facteurs rares intégrés aux produits importés. il y a le constat que les deux tiers des flux commerciaux internationaux se développent entre les économies les plus industrialisées et portent sur des produits similaires. Or. Paul Samuelson reviendra sur ce modèle en 1950 – il deviendra le modèle HOS – pour démonter que le libre-échange doit conduire à l’égalisation de la rémunération de facteurs de production à l’échelle internationale. dans un premier temps. La seconde rénovation théorique est constituée de l’apport de Paul Krugman et de E. ne devrait-on pas d’ores et déjà exiger de toutes les STN qu’elles respectent PARTOUT.15 - . En effet. Mais les prédictions du modèle HOS ne se sont pas encore réalisées. A terme. Cela se situe à l’opposé des attendus de la théorie ricardienne qui par nature est intersectorielle. Dans le paradigme de l’économie internationale. Ricardo a été reprise au début du XXè siècle par deux économistes. Une autre hypothèse des modèles classiques et néoclassique est constituée par les rendements constants . c’est-à- . les uns et les autres étant parfaitement et symétriquement informés. C’est ainsi que la spécialisation établit une allocation optimale des facteurs sur un marché mondial devenu homogène. Non. Au départ de cette réflexion. Ainsi va se développer le commerce intra-branche. les normes sociales et environnementales en vigueur dans leur propre pays ? III MONDIALISATION ET NOUVELLES CONFIGURATIONS NORD SUD La théorie des avantages comparatifs de D. ils ne franchissent pas les frontières. la manipulation des consommateurs et leur asymétrie par rapport à l’information aussi. grâce au libre-échange. Helpman en 1980 avec la publication de la nouvelle théorie des échanges internationaux. nous n’avons pas une myriade de consommateurs rationnels du côté de la demande et une myriade de petites entreprises concurrentes du côté de l’offre. Ces échanges (qui sont alors qualifiés d’intra-industriels ou d’intra-branches) se développent entre des pays dont les dotations en facteurs (y compris la technologie) sont similaires. Les consommateurs français pourront préférer une voiture allemande à son équivalent français que ce choix reflète la saturation de leur consommation ou l’efficacité des publicitaires. Ce modèle n’ajoutera rien à la démonstration ricardienne si ce n’est de pouvoir contourner l’utilisation de la valeur travail. l’égalisation de la rémunération de facteurs dans tous les pays libre-échangistes doit se réaliser. Leur apport a consisté à expliquer ce qui fonde les avantages comparatifs à savoir la différence entre les coûts de production.

les STN vont privilégier deux stratégies : l’innovation technique et/ou l’absorption des concurrents. l’aéronautique. la banque internationale.9% de ces IDE étaient originaires de trente pays. le traitement du marché oligopolistique relève de la théorie des jeux et en aucun cas d’une mécanique cartésienne d’équilibre de l’offre et de la demande. La rupture la plus spectaculaire ayant eu lieu dans la dimension financière. La mondialisation n’est pas planétaire Cette globalisation n’est pas homogène. selon les rapports que publie chaque année la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED).… . En ce qui concerne les territoires. l’électronique. il faut deux fois plus de terre ou deux fois plus de travail.un petit nombre de groupes dépassant rarement la douzaine contrôlent entre 50 et 90% de la production mondiale. La métaphore du marché Le passage de la régulation intergouvernementale à la régulation par le marché s’est opéré par la déréglementation qui a affecté les trois dimensions de la mondialisation (financière. Quant à la seconde. les télécommunications. la pharmacie. Lees acteurs privés dominants dans la globalisation sont les très grandes firmes en situation oligopolistique. Cette « rénovation » de la théorie pure de l’échange international aboutit en fait à la jeter par dessus bord parce que les concepts qu’elle introduit appartiennent à une autre configuration.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation dire que pour produire deux fois plus de vin ou deux fois plus de drap. C’est une situation de marché oligopolistique. la chimie. l’aluminium. le pétrole. c’est une croissance exceptionnelle qui a pu attirer ces flux. La première aboutit à l’explosion des brevets et aux combats qu’elles mènent sur la propriété intellectuelle. trente pays recevaient 93. l’agroalimentaire. la Chine et l’Amérique Latine ont absorbé à elles seules les trois quarts des apports nets de capitaux privés aux PED (1/3 de ces flux concernant exclusivement la Chine et le Mexique). l’équilibre est le résultat concret du rapport de force entre un petit nombre de grand groupes industriels et financiers. au Mexique. elle s’accompagne d’une très forte tendance à la polarisation. Si dans le cas de la Chine.3% des IDE tandis que 98. Entre 1990 et 1996. Pour préserver leur part du marché et améliorer leur résultats. le modèle HOS fait toujours référence dans le discours dominant et même les théoriciens rénovateurs comme Krugman ne reconnaissent pas explicitement cette rupture. les médias. elle se traduit par l’explosion des fusions-acquisitions devenues centrales dans la globalisation. Les listes d’entrée et de sortie étant quasiment identiques. Dans presque tous les secteurs – l’automobile. Une configuration dans laquelle le niveau de l’Etat-nation n’est plus déterminant. Une grande partie des économies nationales sont exclues de cette mondialisation qui ne concerne qu’un petit nombre de pays hors de la Triade. Pourtant. Mais ces statuts « privilégiés » ont des origines différentes. Entre 1996 et 2003. En ce qui concerne la détermination des prix. ce sont les taux d’intérêt très élevés pour cause de programmes de stabilisation monétaire qui ont eu cet effet . celle de la globalisation. la sidérurgie. de nature monopolistique ou oligopolistique.16 - . La référence constante et sans appel aux décisions du marché ne constitue-t-elle pas une vaste métaphore destinée à dissimuler les forces qui sont derrière la gouvernance de la globalisation ? Dans un contexte de marchés imparfaits. productive et de l’échange). Or chacun sait que la productivité croît (donc que les coûts unitaires baissent) avec l’augmentation des quantités produites.

Proche-Orient (Afrique du Nord incluse) et Amérique Latine qui étaient jusqu’à la fin des années soixante-dix les deux régions en développement les plus avancées sur le plan économique ont enregistré des récessions spectaculaires dans les années quatre-vingt. .Afrique subsaharienne (640 millions d’habitants en 1999) où le revenu est pratiquement resté identique à celui des années soixante présente le cas le plus dramatique.3 milliards d’habitants). la résorption de la pauvreté de masse reste son défi majeur .Europe de l’Est (et Asie Centrale) où l’effondrement du mur de Berlin est suivi d’un effondrement de leurs revenus relatifs.17 - . . et lui vaut le soutien accru des organisations internationales et un regain d’intérêt de la part des capitaux privés. .Asie du Sud Est (1.6%/an depuis 1980 qui place cette région au deuxième rang après l’Extrême-Orient. L’éclatement du tiers-monde en régions aux trajectoires différenciées et l’implosion du monde communiste ont remis en cause les représentations cardinales (nord-sud et est-ouest) héritées de la guerre froide et de la décolonisation. .FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation attractif. Commentons le tableau ci-dessous. Chute des prix du pétrole et crise de la dette sont les traumatismes majeurs expliquant la marginalisation de ces deux régions. . Le coût social considérable du passage à l’économie de marché a ramené le revenu réel par habitant au niveau de l’Amérique Latine. Malgré une croissance moyenne du revenu par habitant de 3.

La Turquie. Malaisie. Les économies sont en position d’emprunteurs nets en monnaies fortes et leurs exportations de capitaux sont négligeables. la Corée du Sud. Le troisième cercle est celui des économies marginalisées. La spécialisation (intra-industrielle) de ces économies demeure encore largement le résultat de la délocalisation du Nord au Sud de la production de biens et maintenant des services (exemple des « call centers »). . C’est là que se trouve l’écrasante majorité des sièges des multinationales. la Slovénie. la Hongrie. de la production et des capitaux mais. Il est formé d’économies aux marges des « émergentes » que sont les pays d’Afrique du Nord. Aujourd’hui. en étroite inter-dépendance gravitent les économies émergentes (15) qui sont : . de façon asymétrique. Elles ne peuvent résister aux crises de changes et le blocage des crédits bancaires et la fuite des capitaux financiers y dégénèrent en crises économiques à répétition comme celle qui éclaté en Corée en 1997 pour s’étendre aux autres pays de la région et jusqu’en Russie. . . l’Egypte. D’ailleurs leurs monnaies sont souvent rattachées au dollar selon des modalités plus ou moins rigides qui vont de la dollarisation pure et simple (Argentine) à des systèmes de taux de change variables (Mexique. du Monde Arabe et d’Amérique Latine. des services et des capitaux qui relèvent pour une majorité de . du point de vue économique. Leurs exportations reposent sur les produits primaires (sol et sous-sol). le Mexique. une zone parfaitement intégrée constituant un terrain de manœuvres sans entraves pour les sociétés transnationales. Examinons ces trois cercles au travers de leurs écarts dans leur structure sur les trois dimensions de la mondialisation.Pour les pays dit « en transition » : la Pologne. les économies émergentes sont intégrées au trois niveaux des échanges. La spécialisation des échanges est toujours régie selon le principe ricardien de la spécialisation intersectorielle.pour l’Asie : la Chine. l’Argentine (?) et le Chili. le Brésil. Autour.pour l’Amérique latine . dans la plupart des cas. capitaux financiers) sont impliqués de façon symétrique entre les pays de la Triade. la Russie. Corée. production. Elles doivent être remplacées par l’image des cercles concentriques (ou par les notions de semi-périphéries et de périphéries comme le proposent Braudel et Wallerstein). la Malaisie. Dans le deuxième cercle. Enfin. les 3 dimensions (échanges. où se concentrent les opérations de prêts et d’emprunts en monnaies internationales. l’Indonésie. Taïwan. que se situent les marchés où se concentrent les placements des fonds de pension et des fonds d’investissements. la République Tchèque. Dans le premier cercle.18 - . Un quatrième cercle mouvant et instable peut être dessiné. Leurs importations sont constituées par des produits manufacturés.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation La notion de tiers-monde ou celle de centre et de périphérie qui avaient cours dans les configurations antérieures à celle de la globalisation ne sont plus opérationnelles aujourd’hui. Les économies de la Triade sont au centre. La Triade constitue donc. d’Asie. Singapour et HongKong. Russie). les modalités de l’intégration à la mondialisation revêtent dans les PMA les formes les plus classiques et les plus asymétriques de la configuration inter-nationale. le dernier cercle est celui des Pays les Moins Avancés (PMA) d ‘Afrique subsaharienne.

en Birmanie ou au Vietnam. il n’est guère douteux que la faiblesse des ressources en capital qui caractérise les PED est autrement pénalisante que la pénurie de main d’œuvre peut l’être pour les Pays Industrialisés (PI). b) capacité des organisations de travailleurs à peser sur le partage de la richesse . Ensuite. Les IDE se concentrent sur quelques activités et sur des zones franches. L’amorce d’un processus d’endogénéisation du progrès technique apparaît dès lors comme l’un des critères essentiels de la sortie du sous-développement. Rien n’a changé. Cette inégalité concerne d’abord le capital et le travail. La faiblesse du stock de connaissances et de savoir-faire en matière industrielle découlant notamment de l’absence d’un secteur de production de biens d’équipement interdisant cette éventualité. jamais par la génération locale d’innovations. Aucun outil de régulation comparable n’est à la disposition des PED concernant leurs relations financières avec l’extérieur. A cette dépendance financière s’ajoute une dépendance technologique. Sauf la répudiation de la dette qui vaut exclusion des circuits financiers internationaux.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation l’Aide Publique au Développement (APD). Les conditions historiques dans lesquelles se réalise la diffusion du capitalisme depuis l’Europe vers le reste du monde continuent d’entretenir une inégalité fondamentale entre pôles de diffusion et pôles d’accueil du capitalisme. Les besoins de financement extérieurs (résultant d’une insuffisance d’épargne ou d’une trop faible capacité d’exportation) placent ces pays en situation de dépendance objective vis-à-vis de leurs créanciers. L’autre facteur de différenciation rémunération de la force de travail structurelle a trait aux conditions de Trois facteurs rendent compte de ces écarts : a) excès d’offre de travail liée à l’explosion démographique . Contrairement aux principes avancés par la théorie néoclassique. depuis l’époque coloniale en Afrique subsaharienne comme dans les pays pauvres d’Amérique Centrale ou de la Cordillère.19 - . du point de vue économique. Ces dépendances sont liées au caractère hiérarchisé de l’économie mondiale. que par une appropriation par les acteurs locaux de techniques étrangères. la fermeture des frontières et les mesures d’expulsion sont des pratiques largement utilisées par les PI lors des retournements de conjoncture pour réguler une offre de travail en provenance du sud pourtant infiniment élastique . la diffusion du progrès technique ne s’opérant dans le meilleur des cas. c) pénétration incomplète du mode de production capitaliste créant une .

L'activité industrielle sera soustraitée au mieux-offrant. vive le marketing et la distribution ! Moins de quatre mois après avoir annoncé un vaste plan de désinvestissements industriels. mais aussi des produits alimentaires (jambon d'Aoste. L’enjeu est de sortir d’une spécialisation héritée de l’époque coloniale par ce qu’elle constitue un facteur majeur de blocage du développement.20 - . qui doit permettre de récupérer 3 milliards de dollars (18 milliards de francs). par la cession de tous les sites industriels susceptibles de l'être. le groupe de Chicago fabrique des sous-vêtements et vêtements de sport. Un type de diffusion très en vogue pour les produits du groupe. Playtex. et exigeant donc des dépenses de marketing toujours plus importantes. c'est fini. en rachetant plusieurs entreprises de vente directe ces dernières années.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation situation qui pèse négativement sur la formation des salaires. Dim. Dimanche 11 janvier 1998 Sara Lee cède ses usines pour mieux développer ses marques Pascal Galinier Le fabricant des Dim et Playtex vend 9 de ses 13 sites de production. L'objectif est d'abord financier. En trouvant ses moyens de substistance dans une économie domestique soustraite aux exigences du marché (situation fréquente dans les PED). son PDG John Bryan a annoncé la cession de neuf de ses treize usines textiles américaines à National Textiles.. Annexes Le Monde. sous les marques Champion. est trop diversifié pour rester un industriel dans tous les domaines. au gré des fluctuations monétaires et sociales L'INDUSTRIE. pour stimuler . Bryan annonçait un vaste programme de "déverticalisation". il s'agit d'un virage stratégique majeur. Maison du Café.. le salaire ne rencontre plus aucun plancher qui lui interdise d’être inférieur au coût monétaire de la reproduction de la force de travail. est passé à l'acte. Le groupe avait déjà amorcé un virage vers la distribution. au moins pour partie.7 milliards de francs) de cette cession et en attend une augmentation de son cash-flow de 3. Justin Bridou. M. dont. le numéro un mondial du secteur. Martin Granoff. Benenuts. malgré les bons résultats financiers du groupe. Sara Lee retirera 450 millions de dollars (2. qui réalise 1 milliard de francs de chiffre d'affaires avec 250000 vendeurs à domicile dans seize pays. a jugé son patron. une entreprise créée pour l'occasion par le patron d'un fabricant de sportswear. le groupe américain Sara Lee.). Dans un contexte de marginalisation croissante des matières premières ( ) le véritable problème pour les PED exportateurs de ces matières premières n’est pas de se battre pour la stabilisation de leurs prix par ce qu’elle est inaccessible. Wonderbra.6 milliards de francs en trois ans. Conglomérat de près de 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires. des produits d'entretien (cirages Kiwi) et de soins corporels (Sanex. tant les sous-vêtements féminins que les produits d'hygiène et d'entretien. Lorsque la reproduction de la force de travail peut être assurée.. en dehors du cadre de l’économie monétaire. en décembre 1997. Le géant américain de la grande consommation entend se concentrer sur la distribution. De quoi rasséréner ses actionnaires. non seulement en marginalisant leurs économies dans l’économie mondiale mais en encourageant la formation d’économies de rente. Au-delà de l'effet à court terme. Sara Lee. Cet argent sera réinvesti dans le rachat d'actions. "DÉVERTICALISATION" Le 15 septembre 1997.. Sara Lee gère aujourd'hui "trente et une marques principales réalisant chacune plus de 100 millions de dollars de chiffre d'affaires". Williams).. qui se plaignaient de la stagnation des cours. Nutri-Metics. Mardi 5 janvier.

qui deviendra. comme ironise Alain Rouleau. en annonçant une offensive commerciale en direction de la grande distribution et des marques intégrées. a annoncé. le textile était évidemment en première ligne dans les préoccupations de M. une PME toulousaine de confection. qui lui permet d'écouler ses produits en remettant à la mode. expliquait M. Wrangler) et la corseterie (Vanity Fair. Chez Sara Lee. D'autant que la crise financière asiatique.FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation les cours. Nike. en Extrême-Orient pour l'essentiel. un groupe canadien "appartenant à des hommes d'affaires pakistanais possédant des usines à Dubai". des usines britanniques et irlandaises à Hawkesbay. le groupe DMC tente lui aussi de faire sa révolution copernicienne. Déjà. porte-parole de Sara Lee Corp. s'insurge Patrick Itschert. Chez Sara Lee. Nous avons décidé de réinvestir très fortement dans nos usines européennes. DMC vise la création En France. enfin. Levi Strauss amp. pour sa part. patron de Rouleau-Guichard. du fait des investissements qu'il requiert. les Jeux olympiques ou les équipes de football. va rendre encore plus compétitives les entreprises textiles d'Asie. et sur une échelle bien plus modeste que Sara Lee. la fermeture de onze usines sur trente-six à travers le monde. le jean. rendus aléatoires par la concurrence des pays en développement. à l'automne dernier. le champion du fil de mercerie. présent à la fois dans le jean (Lee. son président du directoire. Levi's est pris en tenaille entre les marques de distributeurs et les grandes marques (Calvin Klein. on ne cache pas que les usines européennes seront elles aussi concernées par le plan de "déverticalisation". le point de croix ! Côté étoffes. peut mieux . d'un tissu de sous-traitants "qui vaut toutes les délocalisations". Une restructuration strictement défensive : sur son marché historique. le numéro trois américain. une fois mixé avec de la limonade. catégoriquement rejeté l'hypothèse d'une "déverticalisation" à la Sara Lee. affirme M. en Italie du Nord. avec son cortège de dévaluations monétaires. à la mi-novembre. Interrogé lors de son passage à Paris. qui a fait de cette marque la plus connue au monde. depuis toujours." Mais Benetton. affirme Jeffrey Smith. fait le labeur industriel et rachète les embouteilleurs pour rationaliser les coûts. "On commence par faire travailler ses anciennes usines en exclusivité pendant un an ou deux. "C'est un problème américain. à Chicago. Et il bénéficie. La firme d'Atlanta se réserve la partie "noble" de l'activité : l'élaboration du concentré. Luciano Benetton avait. "C'est de la délocalisation déguisée". en une société de marketing et de "matière grise". Nous continuons à croire à l'industrie.. et la suppression de près de 6400 postes de travail.. pour que nos coûts de production restent compétitifs face à ceux de l'Asie. Objectif : transformer Sara Lee. du tissu de doublure et de l'étoffe imprimée réduit ou délocalise progressivement la partie industrielle de ses métiers historiques pour se tourner davantage vers la création et la distribution. La firme peut concentrer ses investissements sur la conception de produits toujours plus innovants et sur la promotion de sa marque. Nike sous-traite depuis toujours la fabrication de ses chaussures. l'autre géant américain du textile. désormais. Sous la férule de Jacques Boubal. Un partage des tâches bien rodé : Coca-Cola Company caracole à Wall Street pendant que sa filiale d'embouteillage américaine. Boubal aux actionnaires en avril 1997. "En permettant à National Textiles de travailler pour d'autres clients que Sara Lee. DMC a lancé la chaîne de magasins Loisirs et Création. "nous devons passer de la maîtrise d'une technique d'impression à la conception d'une offre globale de tissus d'habillement.). nous lui donnerons la possibilité de mieux amortir ses investissements industriels". de l'habillement et du cuir (FSETHC).21 - . sous-traitant sa production industrielle au mieuxoffrant. via les contrats passés avec les vedettes des sports américains (Mike Jordan. Armani et même. et le marketing. investit tout aussi massivement dans sa distribution et son image. La FSETHC craint l'onde de choc en Europe de cette mode américaine de "l'outsourcing" (externalisation).. Quant à VF Corp. Coca-Cola Enterprises. le Coke. Le modèle Coca-Cola et Nike Coca-Cola a depuis longtemps laissé à des embouteilleurs qu'il contrôle le soin d'investir dans les usines de fabrication du Cola et de le commercialiser.. Côté fils. de la fédération syndicale européenne du textile.. Le modèle. puis on les met en concurrence avec des sous-traitants asiatiques face auxquels elles n'ont aucune chance".. Lou). au gré des fluctuations monétaires et sociales. Zara ou Benetton. Itschert. Bryan. et dans le développement des marques. il a cédé en 1997. s'appelle Coca-Cola ou Nike. Co. Dior font du jean). à terme. insensible aux cycles". comme GAP.

Ed La Découverte. 1997 (++) Hans-Peter Martin et Hrarld Schumann Le piège de la mondialisation. Ed La Découverte. 2002.Problèmes.Génèse. Coll Repères. (++) Richard Farnetti et Ibrahim Warde Le modèle anglo-saxon en question. Gabriel Kolko Une économie d’apprentis sorciers Le Monde Diplomatique n° 631 octobre 2006 . Service abonnements-fabrication tél. (++) Le numéro hors-série d’Alternatives Economiques sur La mondialisation. Coll. notamment en développant son nouveau concept de grand magasin "Nike Town". Ed Actes Sud. (++) Dominique Plihon La monnaie et ses mécanismes. Repères. Ed La Découverte. Coll Babel. BIBLIOGRAPHIE Lecture facile + Lecture moyennement difficile ++ (nécessite quelques connaissances en économie) Lecture difficile +++ Charles-Albert Michalet Qu’est-ce que la mondialisation ? La Découverte. 2001 (+) Jacques Adda La mondialisation de l’économie .FAC/ cycle des clés pour comprendre la mondialisation maîtriser la distribution de ses chaussures. N° 59 (premier trimestre 2004).22 - .tome 1 . 2004.tome 2 . 03 80 48 10 25. (+++) Jacques Adda La mondialisation de l’économie . Economica. 1997. Coll Repères. 2002.