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Titre : La levée de l’anonymat du donneur au profit de la reconnaissance d’1 droit aux origines Introduction

 Sujet amené : Le droit aux origines dans le cadre du don de gamète et la levée de

l’anonymat du donneur
 Sujet posé :

- Problèmes soulevés dans le texte
  On ne s’attardera pas aux particularités du droit à l’information génétique du donneur, on l’abordera dans le contexte général du droit des origines On va voir la fécondation in vitro, mais de façon générale. On ne s’attardera pas à faire la différence entre don de gamètes1 et don embryonnaire2, entre don de gamète et don croisé3 Il y a absence de consensus au niveau de la qualification du droit aux origines 1 tel droit pour l’enfant issu du don de gamète s’avère difficile à faire reconnaitre au Québec

 

- Concepts - Question :
 La reconnaissance d’1 droit aux origines issus du don de gamète remettrait t-il en question le respect de l’anonymat du donneur ?

- Procédures et méthodes adoptées - Prise de position :
 La reconnaissance d’1 droit aux origines aux enfants issus du don de gamète ne remettrait pas en question le respect de l’anonymat du donneur

 Sujet divisé
Les dimensions du droit d’accès aux origines Les limites à la reconnaissance du droit d’accès aux origines Les enjeux constitutionnels associables au droit d’accès aux origines

Développement
1.

Les types de qualification entourant le droit d’accès aux origines (10 pages) - Idée directrice à 1.1 : Il y a absence de consensus au niveau de la qualification du droit aux
origines et du don de gamète, il nous faut donc présenter les qualifications existantes et ensuite trancher afin de sélectionner la qualification applicable au Québec

1. Qualification du don de gamète (5 pages)
1 2

Voir glossaire en annexe Ibid. 3 Ibid.

2007. (Coudoing. Le contrat de donation n’est pas applicable en droit québécois. (Ibid. car ce serait assimilé un prélèvement humain (gamètes) à une chose C’est pourquoi Stéphane Prieur dit qu’il serait plus approprié de qualifier l’acte d’«autorisation en vue d’une utilisation» puisque le prélèvement humain (gamètes) exige le consentement du donneur.  Argument 2 (Théorie du corps comme objet de droit vs théorie du corps comme sujet de droit) : Certains auteurs sont d’avis que : «La figure contractuelle n’est pas acceptable pour qualifier juridiquement l’acte de disposition d’une partie du corps humain». le donneur de gamètes aurait un droit de regard. p. (Commission Baird. je fais une analogie au don de gamète en disant que l’anonymat du don de gamètes empêche au sens de l’article 8 l’intégration de l’enfant dans sa famille ni en fait. p43). Nous en venons à la conclusion personnelle que le respect de l’anonymat du donneur représente selon la définition contractuelle énoncée si haut une des charges qu’assume le donataire. p.1 Qualification du droit d’accès aux origines (5pages) o Argument 1 (au niveau international) : Vasseur –Lambry dans la son livre «la famille et la convention européenne des droits de l’homme » sur l’accouchement sur x.Université de Neuchâtel. p44)  Application des théories au don de gamète et à l’obligation d’anonymat dans le cadre canadien et québécois (2 ½ pages) Argument 1 : Le régime des biens et de la propriété est inapplicable en droit canadien. (Institut de droit de la santé. ce qui crée la gratuité du don. (Institut de droit de la santéUniversité de Neuchâtel. Réflexions…) 1. 707) Par contre. 42) «C’est une donation à charge à titre gratuit dans lequel le donataire (receveur du don) a des obligations de s’abstenir de faire quelque chose » (Ibid. 2002. Argument 2 : Le don de gamètes est une aliénation à titre gratuit en vertu de l’article 25 CcQ. 2002. p.236) . ni en droit. Argument 1 (Théorie du corps comme objet de droit vs théorie du corps comme sujet de droit) : Certains auteurs (Tercier) définissent le don de gamètes comme relevant du contrat de donation parce qu’il y a «attribution de biens» et «absence de contre-prestation». Beaulne. 43)L’acte de disposition ne peut pas relever du contrat. p. (p. 245.

Belgique. dès sa naissance. 2007. p.236) o Argument 2 : (au niveau international) : L’article 7 1° de la Convention de l’enfant prévoit que l’enfant a.o Contre argument 1 (au niveau international) : La notion de vie familiale fait référence à 1 vécu. 232) o Argument 3 : (au niveau canadien et québécois) : Puisque le droit à la dignité existe dans nos chartes et dans notre code civil.231) o Contre argument 2 : (au niveau international) : Dit que le terme parents ne se résume pas à 1 lien génétique» «L’expression parents fait référence à la filiation » (Coudoing. qui porte ainsi atteinte à la dignité de la personne (Daniel Gutmann. ignorance serait une «contrainte» apportée par la loi. 2007. 2000 p. 16 Code civil français) (Daniel Gutmann. 2000 p. p. 2000 p. «ce serait permettre l’ignorance par soi-même d’une info que d’autres connaissent» (Daniel Gutmann. cour EDH 13 juin 1979) (Coudoing. 44) . Il dit que le droit a la connaissance des origines serait il une variante de notre droit au respect de la dignité humaine (art. « le droit de connaître ses parents et être élevé par eux » «Ce droit devient dans l’esprit de certains le droit de connaître ses origines» (Coudoing. la reconnaissance d’1 accès aux origines au sens de l’article 8 ne permettrait pas 1 droit à l’établissement de la filiation à un lien de droit (Voir aussi Marx c. 2007. 44) o Argument 4 : C’est possible d’invoquer le non respect de la dignité humaine pour justifier une levée de l’anonymat. p. 44) o Argument 5 : Un tel refus de connaitre ses origines serait insupportable. l’argument soulevé par Gutmann en droit français trouve toute sa pertinence.

15 CCDL) (4 pages) o Argument 1 : On allègue dans Pratten qu’il y a discrimination basé sur la conception. le droit à la vie et la sécurité (Arrêt Gosselin.1 Le droit aux origines et le droit à la vie et à sécurité (art. para . en vertu de l’article 15 CCDL. et ce. (Arrêt Pratten. elle agit pour et au nom tous les enfants issus de don de gamètes afin d’obtenir l’identité du donneur. (Arrêt Pratten. 379 à 381.R. et Marchand v. 2011. qui sera entravé par les stéréotypes (Pratten. para 324 à 357. 81 O. para 248) . et ce.C. (2007)). mais aussi une obligation positive de protéger la liberté. 2011.2 Le droit aux origines et le droit à l’égalité (art. en dissidence. (Cheskes v Ontario (Attorney général. In fine. Para 275)  Argument 3 : La juge Arbour. )  Argument 4 : Les cours de l’Ontario ont rejeté l’hypothèse qu’il existerait un droit constitutionnel de connaître son passé. Au niveau de la sécurité de la personne. para 19 f) o Argument 2 : Enfants issus du don de gamètes sont victimes d’une conception stéréotypée des origines (****Opinion personnelle : «discrimination systémique»).J. il y aurait selon Madame Pratten une obligation positive pour l’État d’agir. (Pratten. 2011. Pratten dit qu’elle agit. Ontario 2006. dans le cadre de son action. la santé de la personne est incluse. dit que l’article ne comporterait pas juste des obligations négatives. (3d) 172 (S.7)  Argument 2 : La juge dans Pratten dit que l’article 7 n’impose pas d’obligation positive à la province .2. qui garantit sécurité. ses origines.7 CCDL) (4 pages)  Argument 1 : Selon article 7. liberté de la personne. L’accès aux origines serait un besoin de l’enfant issu du don de gamètes. malgré le souhait du donneur de demeurer anonyme (sans veto). la rétroactivité de ce droit. Pratten recherche le droit aux origines des enfants issus du don de gamètes. Les enjeux constitutionnels (8 pages) 3. 2011.) 3. de garantir le droit des origines… afin de protéger les droits fondamentaux d’une personne à son autonomie et sa santé.

2006.1 : Une reconnaissance au droit d’accès aux origines ne peut pas se faire sans le consentement du donneur puisque (1) le droit à la vie privée est un droit établi dans notre code civil. p. nos lois sur la confidentialité du dossier médical et les renseignements personnels et (2) ce droit est protégé constitutionnellement par les 2 chartes (québécoise et canadienne). para 17)  Argument 2 : Au Québec. Cela crée une atteinte à la dignité humaine de l’enfant issu du don de gamètes comparé aux enfants adoptés.o Argument 3 : Les enfants issus du don de gamètes subissent le fardeau. le don de gamète est en principe anonyme en vertu de 542(1) CCQ : «Les donneurs de gamètes n’ont aucun droit ni d’obligation à l’égard de l’enfant» «L’anonymat privilégie la vie privée des donneurs et le secret entourant les circonstances de la naissance de l’enfant » (Giroux. para 19 e ) 3.41) . para 248) o Argument 4 : Le fait qu’on traite différemment l’enfant issu du don de gamètes de celui qui est adopté. (Pratten.1 L’exigence d’1 droit de veto pour le donneur (2 pages) Idée directrice à 2. la stigmatisation qui provient du sentiment d’être perçu comme un produit biologique. et que cette différence est créée par la loi. (Pratten. 2011. Un manquement à honorer cet accord tacite datant de longtemps serait manifestement injuste envers le donneur.  Argument 1 :« Les donneurs ont donné leurs spermes volontairement à fin d’aider ceux faisant face à des cas d’infertilité et ce don est basé sur la compréhension claire de la promesse que leur identité demeurerait protégée pour toujours. Les limites à la reconnaissance du droit d’accès aux origines (10 pages) 2. 2011. incapables d’éprouver des besoins humains normaux et qu’il est acceptable de les ignorer. va créé une distinction basé sur la conception. » (Arrêt Rose and another v Secretary of State for Health.

 Argument 3 : «Les articles 7 et 8 (droit à la liberté.Idée directrice à 2. 1989.2 L’intérêt de l’enfant et le droit d’être parent (2 pages) . mais seulement si le donneur ayant réclamé la confidentialité l’accepte (droit de veto ) (Coudoing. à la sécurité et celui protégeant à l’encontre des perquisitions ou fouilles abusives) de la Charte Canadienne ne garantissent pas le droit de donner des gamètes de façon anonyme mais plutôt le droit de ne pas voir la promesse d’anonymat brisé une fois le don effectué. p.2.239) 2. : L’intérêt de l’enfant est principe connu en droit canadien et en droit international . à la vie.Certains disent que ce droit d’être parent s’opposerait à la reconnaissance d’1 droit d’accès aux origines dans le cadre de la PMA . Jones(1986) 2 RCS 284 à la page 318 ) . p. il faudrait apporter une justification en vertu de l’article 1 de la Charte pour lever l’anonymat sans son consentement» (Martha Jackmann. centraliserait et conserverait ces renseignements et communiquerait les informations .Idée directrice 2. (L’arrêt R. P 319 : La juge Wilson soutient que le rapport entre une personne et ses enfants est capitale pour la perception qu’elle a d’elle-même et de sa place dans l’univers.D’autres disent que non o Argument 1 :L’arrêt R.2 :Le droit d’être parent est reconnu constitutionnellement .41)  Argument 4 : Afin d’empêcher que le droit d’accès aux origines prime sur le droit au respect de la vie privée du donneur (son droit à l’anonymat ) on devrait créer comme cela fut fait dans le cadre de l’accouchement sur x en France 1 « Conseil pour la recherche des origines familiales » qui recueillerait les renseignements auprès des établissements de santé et des organismes publics . Jones(1986) 2 RCS 284 à la page 318 : Droit de devenir parent s’inscrit dans le cadre de «la liberté de l’individu de se développer et de réaliser son potentiel au maximum d’établir son propre plan de vie et de faire ses propres choix pour le meilleur et pour le pire». c.» C’est pourquoi on ne pourrait pas lever l’anonymat du donneur sans son consentement. 2007 . D’autres auteurs disent non . c.L’intérêt de l’enfant en vertu de la Convention internationale des enfants permettrait la reconnaissance d’1 droit aux origines en droit canadien et québécois.

Juge conclut que l’anonymat n’est pas dans le meilleur intérêt de l’enfant. Ouellette . Juge soulève qu’il existe un argument psychologique disant que l’enfant qui ignore ses origines souffre de détresse psychologique. dans l’optique du meilleur intérêt de l’enfant. cela entraîne des droits et des obligations qui n’ont pas encore été définis par le législateur.p. ) (arrêt Morgentaler. 2011 Para 247 ) o Argument 5 : Le juge dans Pratten réfute l’argument selon quoi l’enfant issu du don de gamète serait déjà satisfait d’avoir un parent biologique et que les informations recherchées ne seraient pas importantes. en se basant sur l’opinion d’un expert médical (Dr. En l’espèce. 2011. (Pratten.3 Le principe du non rétroactivité des lois en droit canadien (2 pages) . »«L’état de parent est un privilège. Del Valle) (Arrêt Pratten.1985 . In fine. Selon Mme Ouellet. Le législateur réfère plutôt au projet parental d’autrui et contourne avec élégance cette question difficile. La juge Wilson a spécifié que la décision de procréer est l’une des plus fondamentales et des plus personnelles. l’anonymat du donneur serait un obstacle permanent à la connaissance de la vérité biologique.o Argument 2 : Il y a reconnaissance du Droit de devenir parent basé sur l’article 7 de la charte canadienne. le recours à un don de gamète anonyme relève du choix des parents intentionnel qui veulent préserver le contrôle absolu de la connaissance par l’enfant de ses origines.709) o Argument 4 : Il y a preuve qui supporte que les origines de l’enfant issu du don de gamètes sont frappées par le secret et la honte. In fine. p 171 : La juge Wilson) o Argument 3 : «Le droit des parents n’est pas reconnu par le Code civil de manière officielle.» (Le Code civil du Québec et les nouvelles techniques de reproduction. para 250) 2.

cela donnerait lieu à une atteinte à la vie privée. L’Esprit. Le parent donneur qui ne souhaite pas que ses informations divulguées.4 Le droit à la filiation (2 pages) 4 Human Fertilization and Embryology Act (2008).» 6 o Argument 2 : (De-Anonymising Sperm Donors. (mai 2009). mais elle permet par contre à ceux qui ont fait un don avant 1991 sous une base volontaire de lever le secret de leur identité en s’inscrivant sur le fichier de donneurs volontaires qui a été crée et peuvent aussi consentir à enclencher un processus de retrouvailles suivant ainsi l’exemple de la Nouvelle. p. il doit remplir une déclaration de non-contact. 137. 31 ZF . la Adoption Informations Disclosure Act viole le droit à la vie privée et va à l’encontre des principes de justice fondamentaux en vertu de l’article 7 Charte canadienne. section 25. On devrait réviser la loi. Le gouvernement est aussi tenu de tenir un registre des infos concernant le donneur » 5 . art. art. On ne peut permettre l’accès aux informations que dans des circonstances exceptionnelles. Si on souhaite que l’accès aux origines soit rétroactif. après deux ans de consultations la levée de l’anonymat est entrée en vigueur4. Ces deux articles lus en conjonction soulignent la discrimination qui existe sur le régime actuel entre les enfants issus d’AID (comme madame Rose qui est née avant la législation actuelle) et les enfants nés après la législation de 1990 actuelle (comme EM)». L’anonymat des dons d’engendrement est-il vraiment « éthique »?. (Arrêt Rose and another v Secretary of State for Health.gov. Si quelqu’un contrevient à la loi. p. la demanderesse Mrs  Rose s’est appuyée sur les articles 8 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.. 132. 33 A ( 2 ) (h). et cette nouvelle loi devrait inclure des mécanismes de protection pour ceux qui ne veulent pas que leurs informations ne soient révélées rétroactivement. La Loi est en principe non rétroactive. para 15) «Le 1er avril 2005.Idée directrice à 2. 139) Cheskes: Les parents biologiques des adoptés ont un droit raisonnable à la préservation de leur identité. art.legislation. section 24.3 : Le principe du non rétroactivité des lois en droit canadien est un obstacle à l’exercice du droit des origines par les enfants conçus par don gamète avant l’adoption d’une disposition législative reconnaissant l’existence de ce droit  Argument 1 : «Au Royaume –Uni dans l’arrêt.5 6 .138. il faut le consentement du donneur.31 (1) Supranote 5.Zélande. au Royaume-Uni suite à l’arrêt Rose. d’Irène Théry*.uk/ukpga/2008/22/part/1/crossheading/information 5 Supranote 4. 2. en ligne : http://www.

Cependant la levée de l’anonymat menacerait selon certains auteurs la filiation au sein des familles monoparentales et homoparentales (couples lesbiens) o «La filiation se distingue de l’origine : La Filiation est de l’ordre de l’artifice (fiction juridique) tandis que l’origine est de l’ordre du fait. L. p. car l’accès à certaines info contribuent à une plus grande stabilité identitaire de l’individu Tandis que la Filiation ne trouve pas son origine dans la personne de l’enfant mais dans celui du parent » (Gutmann.68) Argument 1 : o « Le droit québécois en matière de filiation qui est d’origine romaniste à la différence du droit germanique favorise la vérité biologique sans pour autant en faire son point central Il prendra en compte d’autres intérêts comme les sentiments moraux. la Cour a accordé au donneur anonyme le statut de parent et le droit d’accès trois fois par semaine parce qu’il a fréquenté la mère pendant un an dix ans avant l’insémination . ni pour l’enfant issu du don de gamète . 100 et 101) Argument 2 : o Argument 3 : S. K and M. l’ordre établi.4 : La reconnaissance du droit des origines aux enfants issus de la procréation assistée au Québec ne débouchera pas sur un droit à la filiation ni pour le donneur de sperme. le donneur et la mère ont continué à être amis par après. : « Dans cette décision. v.124-125).C. le temps qui passe » …. p. la paix des familles.- Idée directrice à 2. [2004] RDF 517 (Sup Ct). 2000. v. (Couple lesbien) o Cas similaire en Nouvelle-Zélande (P. (2002) 22 FRNZ 360) (couple lesbien) . (Malacket.G.» (De-Anonymising Sperm Donors p. 2010. «Le droit à l’origine est un droit a la connaissance de soi».