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MATHÉMATIQUES I Filière MP MATHÉMATIQUES I Filière MP

MATHÉMATIQUES I Filière MP

Dans tout le problème I désigne un intervalle non majoré de IR . où α et β sont des nombres réels. Pour tout f ∈ Π , on définit f 1 par la formule
Le but du problème est l’étude des solutions de l’équation différentielle x +∞ – t

E f : y′ – y + f ( x ) = 0
∀ x ∈ IR , f 1 ( x ) = e ∫x e f ( t ) dt

I.C.1) Montrer que la transformation f a f 1 définit une application


où f est une application continue définie sur I et à valeurs réelles ou complexes.
Φ : Π → Π . La linéarité de Φ étant considérée comme évidente, donner la
On verra que l’espace des solutions contient une solution f 1 ayant un compor- matrice de Φ dans la base de Π constituée des fonctions cosinus et sinus.
tement particulier en +∞ .
I.C.2) On munit Π de la norme
Les parties I et II portent sur deux exemples. La partie III met en place l’appli-
f ∞ = sup f ( x )
cation Φ: f a f 1 dans un cadre général. Les Parties IV à VI envisagent diverses x ∈ IR
propriétés de la fonction f et sont largement indépendantes.
Déterminer une constante k > 0 telle que, pour tout f ∈ Π , on ait
Les symboles IR et C I désignent respectivement les corps des nombres réels et
f1 ∞
≤k f ∞
des nombres complexes.
Pour f ∈ Π , on définit par récurrence la suite ( f n ) n ∈ IN∗ où f 1 = Φ ( f ) et pour
Partie I - Étude d’un premier exemple *
tout n ∈ IN , f n + 1 = Φ ( f n ) .
I.A - Pour x ∈ IR , montrer l’existence et donner la valeur des expressions Étudier l’existence de la limite de cette suite relativement à la norme définie sur
suivantes : Π et déterminer la valeur de cette limite.
x +∞ – t x +∞ – t
e ∫x e cos t dt , e ∫x e sin t dt
Partie II - Étude d’un deuxième exemple
I.B - On considère l’équation différentielle On donne, pour x > 0 , l’équation différentielle
y′ – y + cos x = 0 , x ∈ IR 1
y′ – y + --- = 0 .
Déterminer une fonction Y 0 bornée et une fonction g telles que la solution géné- x
rale sur IR de cette équation différentielle puisse se mettre sous la forme
II.A - Montrer qu’il existe sur l’intervalle ]0+∞ [ une unique solution Y 0 bornée
Y λ ( x ) = λg ( x ) + Y 0 ( x ) , où λ ∈ IR quand x tend vers l’infini et exprimer Y 0 ( x ) sous forme d’une intégrale.
Donner sans démonstration le résultat analogue relatif à l’équation différen- Quelle expression donner à la solution générale Y λ , où λ ∈ IR , l’indexation étant
tielle y′ – y + sin x = 0 . telle que pour λ = 0 , on ait la solution bornée Y 0 ? Étudier le comportement de
I.C - Soit Π le plan vectoriel engendré par les fonctions cosinus et sinus dans Y λ ( x ) lorsque x tend vers 0 par valeurs positives.
l’espace vectoriel des fonctions de IR dans IR , c’est-à-dire l’ensemble des fonc- On note C λ la courbe représentative de la solution Y λ .
tions de la forme
x a α cos x + β sin x II.B - Pour tout point m ( x m, y m ) du demi-plan x > 0 , on note Y m la solution de
l’équation vérifiant Y m ( x m ) = y m et C m sa courbe représentative.

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II.B.1) Déterminer l’ensemble H des points m tels que Y′m ( x m ) = 0 . Même III.D - Montrer que
question pour l’ensemble I des m tels que Y″ m ( x m ) = 0 . Donner sans démons- n +∞ u n
* x +∞ ( t – x) –t –u
tration une interprétation géométrique pour chacun des ensembles H et I .
∀ x ∈ I ,∀n ∈ IN , f n + 1 ( x ) = e ∫x ------------------- f ( t )e dt =
n! ∫0 ------ f ( x + u )e du
n!
n
II.B.2) Quelle est la place de la courbe C 0 représentative de la solution Y 0 (on pourra raisonner par récurrence en écrivant f n + 1 = Φ ( f 1 ) et intégrer par
par rapport aux courbes H et I ? parties).
–t
x +∞ e
(on pourra faire des intégrations par parties sur Y 0 ( x ) = e ∫ ------- dt ). III.E - L’application linéaire
x t
II.B.3) Tracer sans explication sur un même dessin des ébauches des courbes Φ: ε→ε, f a f 1
H , I , C0 , Cλ1 , Cλ2 , où λ1 et λ2 sont des réels respectivement négatif est-elle injective ? Montrer que l’image de Φ est l’ensemble des applications
et positif. 1
g ∈ C ( I, C
I ) telles que g ∈ et g′ ∈ .ε ε
Partie III - La transformation Φ
Partie IV - Fonctions bornées
On suppose maintenant que I est un intervalle ouvert de la forme ]a, + ∞ [ , a
pouvant être égal à – ∞ . Soit B l’espace des fonctions continues bornées sur IR à valeurs complexes.
Dans le C
0
I -espace vectoriel C ( I, C
I ) des fonctions continues sur I à valeurs
B étant un sous espace vectoriel de ε
(défini au III), l’application Φ est
définie sur B .
complexes, on considère le sous-ensemble
IV.A - Montrer que pour tout f ∈ B , l’équation différentielle E f a une unique
ε =  f ∃ α ∈ IR,
f ( x) 
lim ----------- = 0 
x → +∞ xα
solution bornée f 1 .
 

ε
Autrement dit, est l’ensemble des fonctions f négligeables en + ∞ devant une
IV.B - On munit
f ∞
B de la norme
= sup { f ( t ) , t ∈ IR }
α
certaine fonction puissance x a x ( α dépendant de f ).
L’application Φ est-elle continue pour cette norme ?
III.A - Montrer que ε est un sous-espace vectoriel de C ( I, C
I)
0

ε
Étant donné f ∈ et x ∈ I , on considère l’équation différentielle
IV.C - Soit L (resp. L 0 ) le sous-espace de B des fonctions ayant une limite
(resp. une limite nulle) en +∞ , K le sous-espace des fonctions constantes.
E f : y′ – y + f ( x ) = 0 Montrer que L 0 et K sont des sous-espaces supplémentaires de L .
III.B - Montrer que E f admet une unique solution f 1 ∈ ε définie par la formule Montrer que ces sous-espaces sont stables par Φ .
x +∞ – t IV.D - Montrer, à l’aide du III.D, que pour tout f ∈ L , la suite ( f n ) converge
∀ x ∈ IR , f 1 ( x ) = e ∫x e f ( t ) dt .
uniformément sur tout intervalle [ a, +∞ [ vers une constante que l’on précisera
On définit l’application Φ: ε → ε par Φ( f ) = f 1 ; elle est évidemment linéaire. (couper l’intervalle d’intégration en exprimant que f a une limite en +∞ ).
n
III.C - Soit Φ la composée n fois de Φ avec elle-même. Pour f ∈ , on pose
n 0
ε IV.E - Montrer que l’application linéaire Φ : f a f 1 est une injection de B dans
1
f n = Φ ( f ) (avec f 0 = f = φ ( f ) ). Montrer que les conditions suivantes sont le sous-espace des fonctions bornées de classe C sur IR .
2
équivalentes : L’application x a sin ( x ) est-elle dans l’image de Φ ? Préciser l’image de Φ .
(i) la suite ( f n ) converge uniformément sur tout compact de I ,
(ii) la suite ( f n ) converge uniformément vers une constante sur tout compact de
I,
(iii) la série ∑ f n′ converge uniformément sur tout compact de I .

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Partie V - Fonctions périodiques VI.B - Soit une suite de fonctions polynomiales de FPd
d d–1
Soit P l’espace des fonctions continues 2π -périodiques. x a f n ( x ) = a d, n x + a d – 1, n x + … + a 0, n

V.A - Montrer que pour tout f ∈ P , l’équation différentielle E f a une unique Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
solution périodique f 1 . (i) la suite ( f n ) converge simplement sur C I ,
Cette fonction f 1 est-elle somme de sa série de Fourier ? (ii) la suite ( f n ) converge uniformément sur tout compact de C I ,

V.B - Quel lien a-t-on entre les coefficients de Fourier complexes c k ( f ) et c k ( f 1 ) ? (iii) il existe d + 1 nombres réels distincts ξ 0, …, ξ d tels que, pour tout indice
0 ≤ i ≤ d , la suite ( f n ( ξ i ) ) converge.
V.C - Soit P0 le sous-espace des f ∈ P dont la valeur moyenne
(iv) chacune des d + 1 suites numériques ( a i, n ) n ∈ IN , pour 0 ≤ i ≤ d ,converge.
1 2π
c 0 ( f ) = ------ ∫ f ( t ) dt VI.C - Pour tout f ∈ FP d , montrer que l’équation différentielle E f a une uni-
2π 0
que solution f 1 = Φ ( f ) dans FP d .
est nulle et K le sous-espace des fonctions constantes. Montrer que P 0 et K
sont des sous-espaces supplémentaires de P . On note encore Φ: f a f 1 ; Φ est considéré ici comme un endomorphisme de
Montrer que pour tout f ∈ P , la suite ( f n ) converge uniformément sur IR vers
FPd .
une constante que l’on précisera. VI.D - Pour f fonction polynomiale de degré d , on forme la suite de fonctions
n
polynomiales ( f n ) où f n = Φ ( f ) . Cette suite vérifie-t-elle les conditions équiva-
V.D - Montrer que l’application linéaire Φ : f a f 1 est une bijection de P sur le
1
lentes de VI.B ?
sous-espace P 1 des fonctions 2π -périodiques de classe C .
V.E - On considère sur P et P1 les normes N 1 et N 2 suivantes : ••• FIN •••
2π 2π 2
N 1( f ) = ∫0 f ( t ) dt , N 2 ( f ) = ∫0 f ( t ) dt
–1
Les applications Φ et Φ sont-elles continues pour la norme N 1 ? Même ques-
tion pour la norme N 2 .

Partie VI - Fonctions polynomiales


Soit d un entier naturel et FP d le C
I -espace vectoriel de dimension d + 1 des
fonctions polynomiales de IR dans C
I à coefficients complexes de degré inférieur
ou égal à d .
VI.A - Soit une famille ξ = ( ξ 0, …, ξ d ) de d + 1 nombres réels distincts. Pour tout
f ∈ FP d , on pose
N ξ ( f ) = sup f ( ξi )
0≤i≤d

Montrer que c’est une norme sur FPd .

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