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MATHÉMATIQUES I Filière PSI

MATHÉMATIQUES I

Notations, définitions et rappels

Si n ∈ IN , soit C I n [ X ] l’espace des polynômes complexes de degré inférieur ou


égal à n . Pour P dans C I [ X ] , soit T ( P ) le polynôme P ( X + 1 ) . L’application T
ainsi définie est clairement un endomorphisme de C I [ X ] . De plus, si n ∈ IN ,
CI n [ X ] est stable par T et on note T n l’endomorphisme de C I n [ X ] induit par T .
Soit ( H i ) i ∈ IN la suite des polynômes de Hilbert, définie par :
i–1
1
H 0 = 1 et ∀i ∈ IN∗ , H i = ----
i! ∏ ( X – k) .
k=0

Si R ∈ IR*+ , soient :
DR = { z ∈ C
I , z < R} , DR = { z ∈ C
I , z ≤ R } et C R = { z ∈ C
I , z = R}

On convient d’autre part que D ∞ = C I . Pour R dans IR*+ ∪ { ∞ } , soit E R l’espace


vectoriel des fonctions de D R dans C
I de la forme :
+∞ +∞

∑ ∑ an z
n n
za a n z , où la série entière
n=0 n=0

a un rayon de convergence supérieur ou égal à R . L’espace E ∞ est appelé espace


des fonctions entières.
On pourra utiliser la formule de Stirling :
n n
si n → +∞, n! ∼ 2πn  --- .
 e

Objectif du problème, dépendance des parties

La partie I étudie les polynômes de Hilbert, ce qui permet notamment de


déterminer les polynômes P de C I [ X ] tels que P ( IN ) ⊂ ZZ . La partie II
est complètement indépendante de I. Elle a pour but d’établir quelques proprié-
tés des séries entières utilisées dans la partie III, laquelle montre que toute
fonction entière vérifiant une certaine condition asymptotique est un polynôme.
Le résultat obtenu est dû à Georg Pólya (1915). La partie III utilise II et la der-
nière question de I.

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Partie I - Polynômes de Hilbert


Soit n dans IN .
I.A - Inversion d’une matrice
n
I.A.1) Écrire la matrice M n de T n dans la base ( 1, X , …, X ) de C
I n[ X ] .
–1
I.A.2) Vérifier que M n est inversible ; expliciter M n .
I.B - Propriétés de la suite ( H i ) i ∈ IN
I.B.1) Montrer que ( H i ) 0 ≤ i ≤ n est une base de C
I n[ X ] .
I.B.2) Si j ∈ ZZ et i ∈ IN∗ , donner une expression simple de H i ( j ) montrant
que H i ( j ) est dans ZZ . On distinguera les trois cas : j < 0, 0 ≤ j ≤ i – 1 et j ≥ i .
I.C - Polynômes de C I [ X ] tels que P ( IN ) ⊂ ZZ
I n [ X ] . On décompose P sur ( H i ) 0 ≤ i ≤ n en :
Soit P dans C
n
P = ∑ ai H i .
i=0

I.C.1) Vérifier l’égalité suivante :


 P(0)   a 
  t  0
 M  = Mn .  M 
   
 P(n)   an 
t
où Mn est la transposée de la matrice M n .
I.C.2) Établir :
i

∑ ( –1 )
i– j j
∀i ∈ { 0, …, n } , a i = Ci P ( j ) .
j=0
i

∑ ( –1 )
i– j j
Si i ≥ n + 1 , que vaut Ci P ( j ) ?
j=0

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I.C.3) Montrer que les trois conditions suivantes sont équivalentes :
a) ∀i ∈ { 0, …, n } , P ( i ) ∈ ZZ ,
b) ∀i ∈ { 0, …, n } , a i ∈ ZZ ,
c) P ( ZZ ) ⊂ ZZ .
En particulier les polynômes P de C I [ X ] tels que P ( IN ) ⊂ ZZ sont les combinai-
sons linéaires à coefficients dans ZZ des polynômes de Hilbert.
I.D - Description des suites de la forme ( P ( j ) ) j ∈ IN où P est un polynôme.
Soit ( u j ) j ∈ IN une suite complexe. Démontrer que les deux conditions suivantes
sont équivalentes :
a) il existe P ∈ C I n [ X ] tel que : ∀ j ∈ IN , u j = P ( j ) ,
b)
i

∑ ( –1 )
i– j j
∀i ∈ IN , i ≥ n + 1 ⇒ Ci u j = 0 .
j=0

Partie II - Quelques propriétés des séries entières


Dans toute cette partie, on fixe : R dans IR*+ ∪ { +∞ } , f dans E R , ω dans D R et
r dans ] ω , R[ . Pour z dans D R on écrit donc :
+∞ +∞

∑ ∑ an z
n n
f ( z) = a n z , où la série entière
n=0 n=0

a un rayon de convergence supérieur ou égal à R .


(k)
Pour k ∈ IN* on note f la fonction définie pour z ∈ D R par :
+∞
(k)

n–k
f ( z) = n ( n – 1 )… ( n – k + 1 )a n z
n=k

(on sait que cette série entière a même rayon de convergence que la série entière
initiale).
II.A - Représentation intégrale de f ( ω ) à partir des valeurs de f sur C r
II.A.1) Si p ∈ IN , prouver :
π it – ipt p
∫–π f ( re )e dt = 2πa p r .

II.A.2) Montrer :
π it
re it dt
f (ω) = ∫–π - f ( re ) ------ .
------------------
re – ω
it 2π

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Indication : on pourra partir de :
it +∞
re ω p
 --------
- =
------------------
it ∑  it-
.
re – ω p=0 re

II.B - Principe du maximum


II.B.1) Justifier la définition de M f ( r ) = Max { f ( z ) , z ∈ C r } .
r
II.B.2) Montrer : f ( ω ) ≤ --------------- M f ( r ) .
r– ω
II.B.3) Montrer : f ( ω ) ≤ M f ( r ) .
Indication : si p ∈ IN∗ , on pourra appliquer, avec justification, le résultat de
p
II.B.2 à f puis faire tendre p vers +∞ .
II.C - Division de f ( z ) – f ( ω ) par z – ω pour f dans E R
II.C.1) Si j ∈ IN , montrer la convergence de la série de terme général
n–1– j
an ω pour n ≥ j + 1 . On pose :
+∞


n–1– j
bj = an ω .
n = j+1

Montrer que, lorsque j → +∞ , b j = O  -----j .


1
II.C.2)
r +∞

∑ b jz
j
II.C.3) Montrer que le rayon de convergence de la série entière est
supérieur ou égal à R . Pour z ∈ D R , on pose : j=0
+∞

∑ b jz
j
g( z) = .
j=0

Vérifier : ∀z ∈ D R , ( z – ω ) g ( z ) = f ( z ) – f ( ω ) .
II.D - Minoration de M f ( r ) à l’aide des zéros de f
On suppose que p ∈ IN∗ , que f s’annule en p points distincts z 1, …, z p de
Dr \ { 0 } .
II.D.1) Montrer qu’il existe F dans E R telle que :
p p

∏ ( z – z j) ∏ (r
2
∀z ∈ D R , F ( z ) × = f ( z) × – z j z) .
j=1 j=1

II.D.2) Si j ∈ { 1, …, p } et z ∈ C r \ { z j } que vaut


2
r – z jz
-------------------- ?
z – zj

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II.D.3) En appliquant II.B.3 à F au point ω = 0 , montrer :
p

∏ zj
p
M f (r) × ≥ f (0) r .
j=1
(k – 1)
II.D.4) On suppose f ( 0 ) = … = f ( 0 ) = 0 où k ∈ IN∗ . Prouver :
p (k)
f (0) p + k
M f (r) × ∏ zj ≥ -------------------- r
k!
.
j=1

II.E - Étude asymptotique d’une fonction entière nulle sur IN


On suppose que R = +∞ , c ∈ ]0, e [ , f est nulle sur IN et que lorsque r → ∞ ,
r
M f (r) = O(c ) .
Montrer que f = 0 .
Indication : on supposera par l’absurde f ≠ 0 , on appliquera II.D.4 avec
(i)
k = Min { i ∈ IN, f ( 0 ) ≠ 0 } , r = p , z 1 = 1, …, z p = p , et on fera tendre p vers +∞ .

Partie III - Théorème de Pólya


Soit f dans E ∞ .
n

∑ ( –1 )
k k
III.A - Majoration de Cn f ( k )
k=0
Soient n dans IN∗ et r un réel tel que r > n .
III.A.1) Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle :
n!
F n = -------------------------------------------------- .
X ( X – 1 )… ( X – n )
III.A.2) À l’aide de II.A.2, prouver :
it n
π n! f ( re ) dt
∑ ( –1 )
n–k k
∫–π it
( re – 1 )… ( re – n )
it
- ------ =
-----------------------------------------------------

Cn f ( k ) .
k=0

III.A.3) Montrer :
n
n!M f ( r )
∑ ( –1 )
n–k k
C n f ( k ) ≤ ---------------------------------------- .
( r – 1 )… ( r – n )
k=0

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III.B - Preuve du théorème
On suppose ici
a) f ( IN ) ⊂ ZZ ,
 2r 
b) Lorsque r → +∞ , M f ( r ) = o  ------ .
 r
On va démontrer que f est polynomiale (théorème de Pólya).
z
N.B. L’exemple de f ( z ) = 2 montre que la condition asymptotique (b) n’est pas
loin d’être optimale.
III.B.1) En appliquant III.A.3 à r = 2n + 1 , prouver qu’il existe N dans IN tel
que
n

∑ ( –1 )
n–k k
∀n ≥ N , Cn f ( k ) = 0 .
k=0

III.B.2) À l’aide de I.D) et II.E), prouver le résultat désiré.

••• FIN •••

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