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MATHÉMATIQUES II Filière PSI

MATHÉMATIQUES II

Dans tout le problème, n est un entier naturel supérieur ou égal à 1 .


On considère un espace euclidien E de dimension n . On note ( x y ) le produit
scalaire de deux vecteurs x et y et x a x la norme associée.
Pour u ∈ L(E) , on note u∗ son adjoint, χ u son polynôme caractéristique et S p(u)
l’ensemble de ses valeurs propres. On note π u le générateur de l’idéal des
polynômes annulateurs de u dont le coefficient de plus haut degré est égal à 1 .
π u est appelé polynôme minimal de u .
L’endomorphisme u de E est dit antisymétrique lorsque u∗ = – u .
On note, S(E) , A(E) et O(E) les sous-ensembles de L(E) formés respectivement
des endomorphismes symétriques, antisymétriques, orthogonaux.
Si F est un sous-espace de E stable par u , on note u F l’endomorphisme de F
induit par u .
On note P(E) l’ensemble des endomorphismes u de E tels que u∗ soit un
polynôme en u et N(E) l’ensemble des endomorphismes u de E qui commutent
avec leur adjoint, donc :
P(E) = { u ∈ L( E) ⁄ u∗ ∈ IR[ u ] } , N(E) = { u ∈ L( E) ⁄ ( u∗ o u = u o u∗ ) } .
Le but du problème est d’étudier et comparer les deux ensembles P(E) et N(E) .
On note M n(IR) l’ensemble des matrices carrées réelles de taille n et S n , A n et
O n les sous-ensembles de M n( IR) formés respectivement des matrices symétri-
ques, antisymétriques, orthogonales.
Pour A ∈ M n(IR) , on note χ A son polynôme caractéristique et π A son polynôme
n
minimal, c’est-à-dire le polynôme minimal de l’endomorphisme de IR canoni-
t
quement associé à A . On note A la transposée de A .
Deux matrices A et B sont dites orthogonalement semblables lorsqu’il existe
–1
P ∈ O n tel que B = P AP .
t
On note P n l’ensemble des matrices A de M n(IR) telles que A peut s’expri-
mer comme un polynôme en A , donc :
t
Pn = {A ∈ Mn(IR) ⁄ A ∈ IR[ A ] } , et de manière analogue :
t t
Nn = {A ∈ Mn(IR) ⁄ AA = A A }
Les parties I et II sont indépendantes.

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Filière PSI

Partie I - Généralités sur P(E) et Pn


I.A -
I.A.1) Soient A et B les deux matrices d’un même endomorphisme de E rap-
porté à deux bases orthonormales. Montrer que A et B sont orthogonalement
semblables.
I.A.2) Soit u un endomorphisme de E et A sa matrice sur B , une base
orthonormale de E . Établir un rapport entre l’appartenance de u à P(E)
(resp. N(E) ) et l’appartenance de A à P n (resp. N n ).
Dans la suite du problème, on pourra exploiter ce rapport pour répondre à cer-
taines questions.
I.A.3) Montrer que P(E) ⊂ N(E) et que P n ⊂ N n .
I.B -
I.B.1) Vérifier que S(E) ⊂ P(E) et A(E) ⊂ P(E) .
I.B.2) Quelles sont les matrices triangulaires supérieures qui appartiennent
à Pn ?
En déduire que si n ≥ 2 , on a P(E) ≠ L(E) .
I.B.3) Soit u ∈ L(E) admettant, sur une certaine base B de E , une matrice
triangulaire supérieure. Montrer qu’il existe une base orthonormale B' de E ,
telle que les matrices de passage de B à B' et de B' à B soient trian-
gulaires supérieures.
Montrer que la matrice de u dans B' est triangulaire supérieure.
En déduire les éléments u ∈ P(E) qui sont trigonalisables.
I.B.4) On suppose que u est un automorphisme de E ; montrer que u admet
–1
un polynôme annulateur P tel que P(0) ≠ 0 . En déduire que u peut s’écrire
comme un polynôme en u .
En déduire que O(E) ⊂ P(E) .
I.C -
I.C.1) Montrer que si A ∈ P n et A ≠ 0 , alors il existe un unique polynôme
t
réel que l’on note P A , tel que degré ( P A ) < degré ( π A ) et P A( A) = A .
Si A est la matrice nulle, on convient que P A est le polynôme nul.

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Énoncer le résultat correspondant pour u ∈ P(E) .
I.C.2) Déterminer les matrices A de P n pour lesquelles P A est un
polynôme constant.
I.C.3) Déterminer les matrices A de P n pour lesquelles P A est du premier
degré. On rappelle que toute matrice carrée s’écrit comme somme d’une matrice
symétrique et d’une matrice antisymétrique.
I.C.4) Soient A et B deux matrices orthogonalement semblables.
Montrer que si A ∈ P n alors B ∈ P n et P A = P B .
I.D - Décrire les éléments A de P2 et calculer les P A correspondants.
I.E - Soit
A1 0
A = avec A 1 ∈ Pn 1
, A2 ∈ Pn 2
.
0 A2

I.E.1) On suppose que π A1 et π A2 sont premiers entre eux. Montrer l’exis-


tence de deux polynômes U et V tels que :
P A – ( P A – P A )U π A = P A + ( P A – P A )V π A .
1 1 2 1 2 1 2 2
m
Calculer A pour m entier positif quelconque, puis P( A) pour
P = P A – ( P A – P A )U π A .
1 1 2 1

En déduire que A ∈ P n1 + n2 .
I.E.2) Expliciter π A en fonction de π A1 et π A2 .
Comment trouver P A connaissant π A1 , π A2 , et le polynôme P défini par :
P = P A – ( P A – P A )U π A ?
1 1 2 1

I.F - Soit
1 0 0 0
A = 0 1 0 0 .
0 0 0 –1
0 0 1 0
Vérifier que A ∈ P4 et calculer P A avec la méthode précédente.

Partie II - Étude de N(E) et Nn


II.A - Montrer que si u ∈ N(E) et P ∈ IR[ X ] , alors P(u) ∈ N(E) .
2 2
II.B - Soient u ∈ N(E) et x ∈ E . Montrer que u(x) = u∗( x) . En déduire que
u et u∗ ont le même noyau.

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II.C - Soit m un entier, m > 0 . On suppose donné un endomorphisme f antisy-
m
métrique inversible de l’espace IR muni de son produit scalaire canonique.
II.C.1) Comparer les déterminants de f et f ∗ . En déduire que m est pair.
m 2
II.C.2) On considère les applications n et g définies sur IR par n(x) = x
2
et g(x) = f (x) et l’application
2
m f ( x)
q : U = IR \ { 0 } a IR définie par q( x) = ----------------- .
2
x
1 m
Montrer que n et g sont de classe C sur IR et que leurs différentielles en x
fixé sont les formes linéaires
h a 2 ( x h ) et h a 2 ( f ( x ) f ( h ) ) .
1 m
Montrer que l’application q est de classe C sur IR \ { 0 } et déterminer sa dif-
férentielle en x , en calculant dq(x) ( h ) au moyen de produits scalaires et de nor-
mes.
On note S = { x ∈ U ⁄ x = 1 } .
Montrer que l’ensemble des valeurs prises par q sur S coïncide avec l’ensemble
des valeurs prises par q sur U . Montrer que la fonction q admet un maximum
m
sur IR \ { 0 } et que ce maximum est atteint en un point x 0 ∈ S .
2
Montrer que, pour tout h , on a ( f ( x 0 ) f ( h ) ) = f ( x 0 ) ( x 0 h ) . En déduire que
Π = Vect ( x 0, f ( x 0 ) ) est un plan stable par f .
Donner une base orthonormale de Π et exprimer la matrice de f Π relative à
cette base.
m
II.C.3) Montrer qu’il existe une base orthonormale B de IR telle que :
τ1 0 … 0
0 τ2 O M 0 –bi m
M B( f ) = avec τ i = et b i ≠ 0 pour i = 1, …, ----- .
M OO 0 bi 0 2
0 … 0 τm
-----
2

II.D - Soit u ∈ L(E) et E 1 ⊂ E un sous-espace stable par u et u∗ . On note E 2 le


supplémentaire orthogonal de E 1 .
II.D.1) Montrer que E 2 est stable par u et u∗ .
II.D.2) Montrer que ( u E )∗ = u∗ E .
1 1
II.D.3) Montrer que si, en outre, u ∈ N(E) , alors u E1
∈ N(E1) et u E2
∈ N(E2) .
Jusqu’à la fin de la partie II, u désigne un élément de N(E) .

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2 2
II.E - Soient λ ∈ IR et x ∈ E ; montrer que u(x) – λx = u∗(x) – λx . En déduire
que u et u∗ ont les mêmes sous-espaces propres et que ceux-ci sont en somme
directe orthogonale.
Si λ est une valeur propre de u , on note E u(λ) le sous-espace propre associé. Soit
F le supplémentaire orthogonal du sous-espace :

⊕ E (λ) , où la somme porte sur l’ensemble des valeurs propres de u .


u
λ
Montrer que F est stable par u et u∗ . En considérant la restriction de u à F ,
montrer que la dimension de F ne peut être impaire. On notera dimF = 2 p .
II.F - On suppose que p est non nul. Soit v ∈ N(F) . On pose
v + v∗ v – v∗
s = --------------- et a = --------------- .
2 2
II.F.1) Justifier que le polynôme caractéristique de s est scindé.On le note :
k
ni
χ s( X ) = ∏ ( λi – X ) .
i=1

II.F.2) Montrer que s o a = a o s et s o v = v o s .


Montrer qu’il existe une base orthonormale B ′ de F telle que la matrice de v
dans B ′ soit diagonale par blocs :
M1 0 … 0
0 M2 O M
M B′(v) =
M O O 0
0 … 0 Mk

avec, pour i = 1, …, k , M i de la forme λ i I ni + A i où A i est antisymétrique.


II.F.3) On suppose en outre que v n’admet aucune valeur propre réelle. Mon-
trer que les A i sont inversibles.
II.G - Montrer qu’il existe une base orthonormale B de E telle que :
D 0 … 0
0 τ1 O M ai –bi
MB(u) = avec D matrice diagonale, τ i = et b i ≠ 0
M OO 0 bi ai
0 … 0 τp

pour i = 1, …, p .
II.H - Donner une caractérisation des matrices A ∈ Nn .
II.I - Préciser la matrice obtenue dans II.G quand u ∈ O(E) .

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Partie III - Relation entre Pn et Nn


III.A - Soit P ∈ IR[ X ] .
III.A.1) Soit
M1 0 … 0
0 M2 O 0
∆ = une matrice réelle diagonale par blocs.
M O O 0
0 … 0 Mk
t t
Montrer que P(∆) = ∆ si et seulement P(M i) = Mi , pour i = 1, …, k .
III.A.2) Donner les expressions de P A , χ A et π A pour une matrice

A = a – b où b ≠ 0 .
b a
t
Montrer que P( A) = A si et seulement si P(a + ib) = a – ib et P(a – ib) = a + ib .

Dans les questions qui suivent, on fixe A ∈ N n . D’après II.H, A est orthogona-
lement semblable à une matrice B telle que celle représentée dans II.G.
t
III.A.3) Montrer que P( A) = A si et seulement si :
 P(λ) = λ pour toute valeur propre réelle λ de A
 .
 P( z) = z pour toute racine complexe non réelle z de χ A
III.A.4) Montrer qu’il existe P ∈ C I [ X ] , de degré minimal, vérifiant les condi-
tions ci-dessus (sur P(λ) et P(z) ) et que ce polynôme est, en fait, à coefficients
réels.
En déduire que N n = P n .
III.B - Montrer que le polynôme P trouvé dans III.A.4 est, en fait, P A .
Retrouver, avec la méthode précédente, le polynôme P A de la question I.F.
III.C - Dans cette question, on suppose n≥3 et on note
C(α 0, α 1, …, α n – 1) ∈ Mn(IR)la matrice circulante
α0 α1 α2 … αn – 1
αn – 1 α0 α1 O M
C(α 0, α 1, …, α n – 1) = M O O O α2 et J = C(0, 1, 0, …, 0) .
α2 O O α0 α1
α1 α2 … αn – 1 α0

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III.C.1) Montrer que J ∈ P n .
En déduire que toute matrice circulante appartient à P n .
III.C.2) À toute matrice circulante non nulle A = C(α 0, …, α n – 1) , on associe les
polynômes
n–1 n–1

∑ αi X ∑ αi X
i n–i
P( X ) = et Q( X ) = α 0 + .
i=0 i=1

Donner l’expression de π J . Comparer Q et le reste de la division euclidienne de


P A o P par π J .
En déduire les étapes d’une méthode de calcul de P A . Détailler le calcul pour
A = C(1, 1, 0) .
2
III.D - Soit P( X ) = a 0 + a 1 X + a 2 X avec a 2 ≠ 0 .
Montrer qu’il existe un entier n ≥ 3 et une matrice A ∈ P n telle que P = P A si
2
et seulement si ( a 1 – 1 ) – 4a 0 a 2 ∈ [ 0, 4[ .
Indication : montrer que, si n et A existent, χ A admet au moins une racine
réelle et exactement deux racines complexes, conjuguées l’une de l’autre.

••• FIN •••

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