Chapitre I

compréhension de la notion du développement durable

Introduction
La prise de conscience des limites d’une forme déséquilibrée et irrationnelle du développement de façon générale à donner naissance a un nouveau mot d’ordre international. Cette notion recouvre de nombreuses idées et des approches plus globales et surtout plus respectueuses de l’environnement et de l’homme. En contrepartie, elle ouvre le champ à de multiples interprétations, une ambiguïté et une confusion de son cadre de référence ainsi que de son application sur terrain. Ce cadre conceptuel qui reste à bien des égards à préciser et décliner en termes de moyens, semble prétendre à une valorisation de la ville existante, en améliorant son cadre et sa qualité de vie. La gestion de l’eau et des déchets l’aménagement des espaces, La réhabilitation du patrimoine publics, la promotion de transports collectifs et de nouveaux moyens plus respectueux de l’environnement, rependre aux besoins des générations contemporaines et futures…etc. L’ensemble des ses objectifs rentrent dans le cadre des considérations du développement durable. Par rapport à tout cela, la démarche du développement durable semble être difficile a mettre en œuvre. Dans cette partie, on va essayer d’abord de comprendre ce qu’est le développement durable, son apparition, ses ^principes et objectifs, mais aussi comprendre la relation de ce dernière avec la ville.

1/ Définition du développement durable :
La notion de développement durable a été institutionnalisée pour la première fois en 1972 lors de la conférence de stokholm sur l’environnement. Mais c’est le rapport Brundtland qui éclaire d’avantage la notion. Ce dernier a été demandé par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement et publié en 1987 ; sous l’intitulé de ‘Notre avenir commun’. On définit le développement durable de la manière suivante : « Le développement durable est le développement qui satisfait les besoins de la génération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins ». L’idée de développement durable se fonde sur une notion d’éco- développement, c’est-àdire sur un développement qui vise à améliorer le niveau de vie de l’homme, sans compromettre l’environnement naturel, sans en épuiser les ressources. Ainsi, les générations futures ne seront pas pénalisées par une planète appauvrie, incapable de répondre à leurs besoins et aspirations. Lors de sa communication à ‘ L’International symposium on urban planning ‘ (Seattle, 1994), breheny définit la relation entre planification et environnement à travers la notion de capacité d’accueil du milieu, selon les pressions qui s’exercent sur lui et sa sensibilité à les supporter : « La planification de la capacité de l’environnement exige que l’on détermine le niveau maximal de développement qu’un milieu local (ville ou région) peut supporter indéfiniment tout en sauvegardant un capital naturel déterminant et constant et un capital culturel précieux dans l’environnement » (1)

(1) Yves Condé: Développement durable, santé publique et décision publique. P8

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D’autres définitions du développement durable existent. Le concept donne lieu à nombreux débat, parfois antagonistes. Cela est apparemment due à sa traduction quelque peu maladroite de l’anglais ; en revanche, duurzame ontwikkeling (néerlandais) et baeredygtig udvikling (danois », au français « développement durable », ce qui à réduit sa compréhension à la seule dimension du temps. En plus de cela, il prétend englober des préoccupations concernant à la fois : l’environnement, l’économique et l’aspect social, auquel s’est récemment ajoutée l’idée de gouvernance (ou l’art d’organiser l’exercice des pouvoirs), ce qui pose de sérieux problèmes pour concrétiser l’ensemble de ses aspirations, et ce à différents niveaux : spatialement parlant, mais aussi dans les politiques nationales, locales… etc. et ce même si plusieurs initiatives et actions sont entrain de voir le jour à travers le monde. Ces difficultés de mise en œuvre sont liées aussi aux modes de penser et de faire les institutions et les organismes de gestion qui ne favorisent pas le plus souvent une approche globale et intégrée des phénomènes et des actions. Ainsi, il sous-tend un nombre diversifiés de principes et d’objectifs, et une articulation de tout cela entre le court, moyen et long terme ; pour éviter l’écart qui se passe très souvent entre les actions projetées et celles qui se concrétisent sur terrain et remédier aux limites des logiques, outils et pratiques d’aménagement et de planification utilisés jusque là. Le développement durable s’attache également à réduire toute forme d’oppositions : traditionnelles entre les pays développés et les pays en voie de développement, entre le penser et le faire, entre l’environnement et l’économie…, que traduit de manière universelle le message principal du rapport Brundtland, mais dont la traduction concrète sur le terrain s’avère plus difficile : « penser globalement et agir localement » Les 5 dimensions de la durabilité ou de L’écodéveloppement sont : La dimension sociale (autre croissance, autre vision de la société), économique (meilleure répartition et gestion des ressources, plus grande efficacité), écologique (minimiser les atteintes aux systèmes naturels), spatiale (équilibre ville-campagne, aménagement du territoire), culturelle (pluralité des solutions locales qui respectent la continuité culturelle). Revenons à la définition la plus courente, celle du Rapport Brundtland : “ un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”. L’énoncé est simple et la durabilité ne semble trouver sa légitimité que dans la relation intergénérationnelle de satisfaction des besoins. Une étude plus approfondie de cette définition est nécessaire ; elle fait apparaître trois composantes à la durabilité. - La Satisfaction Des Besoins Peut Etre Envisagée De Manière « Elargie » : elle comprend alors, outre la consommation de biens et services, l’ensemble des « biens primaires » et droits auxquelles aspirent les personnes, qu’il s’agisse de la participation aux décisions politiques, du désir de relations sociales de la vue d’un beau paysage...Autant d’éléments qui concourent à « être bien ». - La Capacité Des Générations Futures A Satisfaire Leurs Propres Besoins pose le problème de la transmission, d’une génération à l’autre, des ressources disponibles: ressources naturelles, infrastructures, capitaux de toutes sortes. Si les ressources naturelles sont épuisées, l’environnement pollué, l’appareil de production en mauvais état, les systèmes sanitaire et éducatif déstructurés, le tissu social déchiré... (Tout cela en raison de catastrophes -8 -

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ponctuelles ou de politiques inappropriées..), il est probable qu’il sera difficile de répondre aux besoins du futur d’une manière équivalente à ce qui est fait aujourd’hui. Mais il est difficile d’aller plus loin dans ces affirmations compte tenu des incertitudes sur l’avenir. - La Question De L’équité, notamment entre générations. L’attitude des générations actuelles en matière de production, d’accumulation, de consommation, conditionne le bienêtre des générations futures. Mais il demeure difficile de prévoir avec précision les besoins, tant matériels qu’immatériels des générations futures. Tout au plus peut-on décider de ne pas priver les générations futures de ce qui fonde le bien-être actuel ; si ce principe est insuffisant, il permet néanmoins l’établissement de normes pour guider les politiques publiques. A ce niveau on peut mettre en évidence trois critères constitutifs de la durabilité : 1- L’accessibilité De Tous A L’ensemble Des Biens Et Services 2- Le Renforcement Des Capacités De Toutes Sortes 3- L’équité Face A L’ensemble Des Ressources Disponibles Et Transmissibles

Figure n° :01

(2)

Modèle de Jacobs et Sadler datant de 1990 (ARPE 2001)
Chacun des cercles définit un ensemble de buts qui justifient les actions humaines. La durabilité du développement exige des synthèses au regard des priorités : cela suggère un traitement équilibré des valeurs et des intérêts. Aucun des buts (écologique, économique ou social) ne doit être sciemment favorisé ou dévalué au détriment des autres.

2/ Historique et définitions du développement durable : 2-1/ La rencontre de deux courants : la notion de développement et la prise de conscience écologique :
Historiquement, on peut dire que le développement durable correspond à la rencontre de deux courants de réflexion déjà anciens.

(2)Frédéric Cherqui : Méthodologie d'évaluation d'un projet d'aménagement durable d'un quartier, Université de La Rochelle,2005, p24

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- Le premier s'est développé dès les années 1950 autour de l'idée de “Développement” qui s'est peu à peu opposé au concept purement économique de “croissance”. Le terme “développement” a surtout concerné au début les pays du Sud : il s'agissait du processus par lequel ces pays cherchaient à sortir de la pauvreté. Sur le plan sémantique, il est beaucoup plus large que celui de croissance. Il intègre en effet des valeurs sociales et culturelles (la santé, l'éducation, la formation…) ainsi que des données non comptabilisées par le calcul économique classique (autoproduction, valeur des biens naturels…) ; il peut prendre en compte aussi de nombreuses consommations intermédiaires (par exemple les prélèvements sur la nature dans le cadre des processus de production) ainsi que les dérèglements ou perturbations des écosystèmes liés à l'activité économique. L'idée de " développement " s'est progressivement généralisée et s'est appliquée aux pays industrialisés pour désigner certains aspects de leur activité économique et sociale. C'est ainsi qu'une réflexion a été menée en France dès la fin des années 1950 autour du " Développement régional " né lui-même de la prise de conscience que certaines parties du territoire national (le Centre, l'Ouest, le Sud-ouest…) risquaient de prendre du retard par rapport à la croissance extrêmement rapide du Bassin parisien et de quelques autres régions. C'est également en prolongement des travaux sur le développement régional qu'est né plus tard le concept de “développement local” qui s'est voulu une réponse aux effets de la crise économique par la mobilisation des ressources des différents territoires. - Le second concerne la prise de conscience écologique. L'idée d'une nécessaire protection de l'environnement et d'une utilisation aussi économe que possible des ressources naturelles s'est imposée à partir des années 1970. Il fallait mettre un frein aux gaspillages et aux dérèglements occasionnés par la croissance extrêmement rapide des années de l'après-guerre. Cette prise de conscience des risques que nous faisons prendre à notre écosystème a conduit à élaborer dans un premier temps des actions et des politiques défensives, protectrices ou réparatrices. Il fallait avant tout préserver la nature contre les risques d'agression du fait des activités humaines. C'est la période de la création, en Europe, des parcs nationaux, des réserves naturelles, du classement des grands sites naturels, des mesures de protection des espèces… Dans ce contexte, protection de l'environnement et activité économique s’opposent. Dans les années 1980, une nouvelle étape est franchie dans la prise de conscience des menaces qui pèsent sur l'environnement. Les atteintes portées par l'homme à son milieu ne concernent pas uniquement les écosystèmes locaux et ne sont pas toutes visibles; les menaces sont également globales et affectent la biosphère ; c'est la découverte du trou dans la couche d'ozone, de l'existence et de l’accroissement de l'effet de serre, du phénomène de désertification… Les politiques simplement protectrices ou réparatrices montrent leurs limites ; le mode de développement de nos sociétés ne peut que susciter de véritables interrogations. C'est de la rencontre de ces deux mouvements que l'idée de développement durable est née. Selon René Passet : "une croissance du PIB accompagnée d'exclusion sociale, de déculturation et d'une dégradation du milieu naturel n'est pas un développement".

2-2/Les conférences concernant le développement durable : A. Le club de Rome :
Les travaux du Club de Rome, à la fin des années 1960, sont souvent cités comme point de départ. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) dénonce dans un rapport publié en 1972 et intitulé “Halte à la croissance», le danger que représente une croissance économique et démographique exponentielle du point de vue de l'épuisement des ressources, de la pollution et de la surexploitation des systèmes naturels.

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B. Conférence de Stockholm 1972 :
Premier rencontre internationale sur l’environnement naturel de l’homme k, au cours de laquelle apparaît pour la première fois la notion d’éco- développement. Considéré jusqu’alors comme une préoccupation réservée aux pays riches, l’environnement prend à l’occasion de cette conférence une dimension mondiale. On y a propose une nouvelle stratégie pour les économies du tiers-monde, fondée sur une utilisation judicieuse des ressources naturelles et humaines, aux échelles locales et régionales.

C. Rapport Brundtland 1987 :
Intitulé « Notre avenir à tous », le rapport issu des réflexions d’un groupe de travail de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le developpement (CNUED). Pour la première fois, dans un document officiel, le terme de développement durable est affiché. Apres avoir identifié, les problèmes environnementaux qui menacent le développement des pays du sud (déforestation, prélèvement excessifs sur les espaces cultivables, disparition des espèces, modifications climatiques...etc.) Le rapport présente la protection de l’environnement comme une priorité internationale, qui implique elle-même à l’échelle planétaire une redistribution de ressources financières et une réduction des inégalités économiques à l’échelle planétaire.

D. Déclaration de Toronto 1991 :
Cette déclaration a concerné les villes mondiales et leur environnement. A cette occasion 130 villes se sont engagées à mettre au point des plans basis sur l’éco- développement.

E. Sommet de la terre à Rio de Janeiro 1992 :
Cette conférence de la CUNED avait pour ambition d’élaborer un programme mondial de lutte contre la dégradation de l’environnement. Sous la pression des pays en voie de développement et des organisations non gouvernementale (ONG) qui souhaitait avant tous aborder les déséquilibres Nord –Sud et qui soulignaient la nécessité de globaliser les problèmes d’environnement (effet de serre, déforestation, désertification…), le thème di développement durable s’est au centre de la conférence. La déclaration de Rio, proclamée à l’issue de la conférence, mentionne à plusieurs reprises le terme de développement durable dans l’énoncé des 27 principes généraux retenus, on va citer dans ce qui suit deux seulement : Principe01 : »Les être humains dont au centre des préoccupations relatives au développement durable : ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature ». Principe02 : »pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément » On retrouve également ce terme dans l’Agenda 21(pour le XXIe siècle à qui propose un cadre d’action et des recommandations aux gouvernements, aux collectives locales, aux industriels, à la société civiles…etc.

F. Sommet mondial des villes d’Istanbul (dit habitat II) 1996 :
Vingt ans après Habitat II (Vancouver, 1976), et en prolongement de la conférence de Rio de Janeiro (1992) et d’autres grandes manifestations mondiales comme la conférence du - 11 -

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Caire consacrée à la population (1994), La conférence de Copenhague consacrée au rôle des femmes dans la société (1996), Le centre des Nations unies (UN) pour les établissements humains (CNUEH) a organisé Habitat II afin de confronter les démarches et expériences de collectivités locales, au niveau mondial, qui se sont lancées dans la réalisation d’Agenda 21 locaux. Ce sommet s’est organisé autour de deux thèmes : « les établissements humains durables dans un monde de plus en plus urbanisé » et « un logement convenable pour tous ». Il a été l’occasion d’évaluer les enjeux à venir, et de permettre d’établir des plans d’actions, au niveau mondial comme au niveau national.

H. Conference de New York 1997: (Earth Summit Review):
Cette conférence avait pour objet de faire le point, cinq ans après, sur l’application de l’agenda 21 aux niveaux mondial, national et local.

I. Sommet de Bali 2007 (Changement climatique) :
Du 3 au 14 décembre, la communauté internationale se retrouve à Bali (Indonésie) pour la 13e conférence des Nations unies sur le climat. Il faut aller plus loin et de manière plus exigeante dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES), pour éviter une catastrophe annoncée du réchauffement planétaire. Quelque 10 000 participants, parmi lesquels des ministres du Commerce, des Finances et au moins 130 de l'Environnement devront s’y entendre pour définir « l’après Kyoto », un accord international qui expirera en 2012. Pour l’heure, le protocole de Kyoto est le seul dispositif international mis en place pour veiller à la modeste baisse de 5% des émissions de GES des 38 pays les plus industrialisés pour 2008-2012, alors qu’aujourd’hui les scientifiques préconisent une réduction dix fois plus importante.

3/ Les Quatre Piliers Du Développement Durable :
 Le pilier Économique : l’économie est un pilier qui occupe une place prééminente dans notre société de consommation. Le développement durable implique la modification des modes de production et de consommation en instruisant des actions pour que la croissance économique ne se fasse pas au détriment de l’environnement et du social.  Le pilier social : ou encore le pilier humain. Le développement durable englobe la lutte contre l’exclusion sociale, l’accès généralisé aux biens et aux services, les conditions de travail, l’amélioration de la formation des salariés et leur diversité, le développement du commerce équitable et local.  Le pilier environnemental : il s’agit du pilier le plus connu. Le développement durable est souvent réduit à tort à cette seule dimension environnementale. Il est vrai que dans les pays industrialisés, l’environnement est l’une des principales préoccupations en la matière. Nous consommons trop et nous produisons trop de déchets. Rejetons dorénavant les actes nuisibles à notre planète pour que notre écosystème, la biodiversité, la faune et la flore puissent être préservées.  le pilier de la gouvernance : La Commission Européenne a donné une définition claire de la gouvernance ; « c’est la somme des voies et des moyens à travers lesquels les individus et les institutions, privées ou publiques gèrent leurs affaires communes, il - 12 -

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s’agit d’un processus continu grâce auquel les divers intérêts en conflit peuvent être arbitrés ». La gouvernance constitue le quatrième pilier sur lequel repose l’Agenda 21 local, c’est l’aspect fondamental, qui fait toute la différence entre lui et d’autres formes de planification écologiques.

4/ Le cadre d’action(3) : 4-1. L’Action 21
Constitutive du sommet de la terre (Rio de Janeiro, 1992), l’action 21 recommande aux nations un certain nombre d’actions en matière d’écodéveloppement, invitant les gouvernements à élaborer des stratégies nationales en faveur du développement durable. Elle se traduit par un programme d’actions intitulé agenda21, qui décline les problèmes qui se posent pour l’environnement et le développement, fixe les objectifs a atteindre pour faire de l’écodéveloppement une réalité pour le XXIe siècle, et en précise quelques règles et orientations. L’action 21 n’est pas un accord juridiquement contraignant. Il joue néanmoins un très grand rôle en matière de développement durable, servant comme référence à de nombreuses initiatives prises dans le monde. Une grande partie de l’action 21 revêt un grand intérêt pour l’environnement urbain. Ainsi, par exemple, elle accorde une large place à la promotion de la durabilité en matière d’économie urbaine, d’occupation et de gestion des sols urbains, et elle préconise l’intégration de la planification des transports et de l’aménagement du territoire.

4-2. L’agenda 21 :
la charte des villes européennes pour le développement durable, signée par 330 municipalités européennes a l’issue de la conférence des villes européennes en faveur d’un développement durable Aalborg en 1994, a lancé la compagne des villes européennes durables. Une vingtaine de villes françaises par exemple ont signé cette charte. Les collectivités locales se sont aussi engagées à impliquer dans une démarche partenariale au sein de leurs communautés locales pour élaborer et mettre en œuvre un plan d’action a long terme qui s’inscrive dans un souci de développement durable. En effet, les exigences du développement durable ne concernent pas seulement les états. L’Agenda 21, dans le chapitre intitulé « initiatives des collectivités locales a l’appui « d’action21 », insiste sur le rôle des collectivités locales pour la traduction de l’agenda 21 en termes de programmes d’actions destinés a une localité précise (agenda 21 local) : « c’est parce qu’un grand nombre de problèmes et solutions abordés par l’agenda 21 trouvent leur origine dans les activités locales que la participation et la coopération des autorités locales s’avérera un facteur déterminant dans la réalisation de ses objectifs. Les collectivités locales construisent, exploitent et entretiennent des infrastructures économiques, établissent des politiques et des règlements en matière d’environnement, et aident a leur mise en œuvre sur les plans national et régional. A l’échelle locale de décision, les municipalités jouent un rôle décisif en ce qui concerne la mobilisation de public et les réponses que ce dernier attend pour favoriser le développement durable. Si l’agenda 21 ne préconise pas de recommandations quant au contenu des agendas 21 locaux, il insiste néanmoins sur l’importance de la démarche participative : « il faudrait que toutes les collectivités locales instaurent un dialogue avec les habitants, les organisations locales et les entreprises privées afin d’adopter un programme action 21 a l’échelon de la collectivité.

(3)Dominique Gauzin-Muller, Archtecture écologique, Ed PUF,paris,2001, P7

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La concertation et al recherche d’un consensus permettaient aux collectivités locales de s’instruire au contact des habitant et des associations locales, civiques, communautaires, commerciales et industrielles, et d’obtenir l’information nécessaire a l’élaboration des stratégies les plus appropriées ». Les recommandations instaurées pas l’agenda 21 concernent de façon générale le respect de l’environnement et une gestion plus rationnelle des ressources naturelles tel que :protection de l’atmosphère – conception intégrée de la planification et de la gestion des terres – lutte contre le déboisement- gestion des écosystèmes fragile – promotion d’un développement agricole et rurale durable – gestion écologiquement rationnelle des substances, chimiques, toxiques des déchets dangereux, des déchets solides des eaux usées et des déches radioactif (a l’exemple des déchets industriels)..Etc.

5/ Les principes générales du développement durable (4)
Les principes généraux qui fondent l’agenda 21 et les stratégies de développement durable ont été arrêtes a rio. Certains sont issus du droit moderne de l’environnement.

 la prévention a la source et la précaution :
Ce principe vise a la prise de mesures de prévention visant a empêcher la dégradation de l’environnement et la pollution, et pas simplement a y remédier une fois apparus. Il vaut mieux prévenir que guérir et ne pas attendre l’irréparable pour agir.

 pollueur-payeur :
Il touche a la responsabilité de celui qui dégrade l’environnement et qui en conséquence doit réparer. Il peut s’agir par exemple, comme cela se fait aux Etats-Unis depuis 1974, d’allouer des permis a des pollueurs et d’en autoriser ensuite l’échange, afin de favoriser une répartition aussi efficace que possible des efforts de dépollution en fonction des possibilités et des stratégies des firmes.

 La participation :
Il s’agit d’organiser une véritable participation des citoyens. Tout acteur, citoyens et tout ceux concernés par une préoccupation collective doivent prendre part a la prise de décision. Le développement durable, pour se traduire dans les faits, implique en effet une adhésion qui exige elle-même en amont information, sensibilisation, actions de formation et débat démocratique. Trois autres principes d’action politique émergent de l’agenda 21.

 La rationalité :
Il ne s’agit pas seulement d’assurer une répartition équitable des avantages et des inconvénients des réalisations, mais de prendre en compte toutes les conséquences sociales des décisions. Cette dimension sociale institue la primauté de l’homme et apparaît comme une des clés pour assurer la conciliation entre l’objectif de développement et celui de protection de l’environnement.

 L’intégration

Il est question au moins de l’intégration dans le processus de développement de la protection de l’environnement. Mais surtout, le développement doit être conçu comme l’intégration d’un développement économique, social (collectif) et humain (individuel). renouvellement des ressources, dans le cas d’une ressource non renouvelable.

(4)Idem : Dominique Gauzin-Muller, .p13

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 La solidarité
Ce principe concerne les générations futures dont il convient de prendre en considération la survie et donc la préservation des ressources naturelles et de l’environnement. Dans cette optique, il s’agit de promouvoir une forme de développement respectant le taux de

 La liberté des générations futures :
Le principe est de ne pas tout verrouiller, de laisser des marges de manœuvre pour le futur.

6/ Les objectifs du développement durable (5) :
Les objectifs du développement durable s’inscrivent dans une stratégie qui doit non seulement les concilier, mais considère qu’il y a synergie entre ces objectifs. C’est la stratégie des 3 E : Equité, Environnement, Economique, auxquels il convient d’ajouter la gouvernance. C’est-a-dire parvenir simultanément a une équité sociale (considérations et droits égaux entre citoyens), une efficacité économique (droit a l’emploi…) préservation et amélioration de l’environnement (naturel et artificiel). Ils ont été formulés de manière à s’appliquer aux territoires habités, et notamment aux territoires urbains. Ils ont aussi comme caractéristique commune de mettre l’homme et les relations entre les hommes a centre des préoccupations de développement des territoires, et ce dans un cadre planétaire.

7/ Des enjeux planétaires: (6)
 L'hypothèse scientifique d'un dérèglement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines se confirme. La température moyenne à la surface du globe a déjà augmenté de 0,6°C au cours du XXe siècle, et la tendance au réchauffement devrait s'accélérer : les estimations les plus probables s'établissent dans une fourchette de +1,4°C à +5,8°C d'ici à 2100, selon la capacité des pays industrialisés à réduire leurs émissions…Des événements exceptionnels comme les tempêtes, les inondations et les vagues de canicule que l'Europe vient de connaître pourraient ainsi devenir des phénomènes récurrents.  Certaines ressources naturelles sont menacées d'épuisement : dans l'Atlantique NordOuest, les prises de poissons ont diminué de 25% entre 1975 et 2003. Les sols, les sous-sols, les cours d'eau et l'atmosphère sont affectés par des pollutions de toutes sortes. Entre 1990 et 2000, 90000 km2 de surface forestière ont disparu en moyenne chaque année dans le monde, soit une superficie comparable à celle de la Belgique.  Les écarts de richesse s'accroissent : 20 % de la population mondiale consomme 80 % des richesses produites annuellement dans le monde. En 2001, 21 % de la population mondiale subsistait avec moins d'un dollar par jour. Dans les pays du Sud, de larges couches de population ne peuvent satisfaire des besoins fondamentaux comme l'accès à l'eau potable (1,2 milliard d'individus concernés en 2027), aux soins médicaux, à l'éducation… À ces constats s'ajoutent les perspectives démographiques actuelles. La population de la planète, aujourd'hui aux alentours de 6,3 milliards d'individus, pourrait se stabiliser aux alentours de 9 milliards d'habitants vers le milieu du siècle.
(5) CHENIOUR ADEL, NAIDJI ABDELMALEK : La gestion des villes selon les principes du DD,Centre universitaire Larbi Ben Mhidi , O E B- Institut de GTU.2005/2006 (6) www.agora21.org

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La satisfaction des besoins de cette population nouvelle est un défi supplémentaire. À l’heure actuelle, si chaque être humain consommait autant de ressources qu’un de Européen moyen, il faudrait déjà l’équivalent de deux planètes supplémentaires pour

subvenir manière durable aux besoins de l’humanité… Les atteintes aux milieux. naturels affectent plus durement des zones situées dans les pays en développement  L'étalement urbain anarchique, le productivisme industriel et agricole, l'augmentation continue de la consommation d'énergie comme de la production de déchets pèsent fortement sur les milieux naturels et la biodiversité. Chaque année en Algérie, près de 620 km2 de sols naturels ou agricoles sont "artificialisés", soit l'équivalent d'un grand Une partie de la population est confrontée aux diverses facettes de la précarité, qui se traduit par de graves difficultés d'accès à certains biens fondamentaux et se double parfois d'un processus de ségrégation spatiale.

CONCLUSION :
L'engagement dans une démarche de développement durable est généralement motivé par quatre types de raisons: Une conscience du devoir de faire face à des enjeux internationaux de première urgence. Une volonté de répondre à des enjeux locaux et de satisfaire certaines aspirations profondes d'un nombre croissant de nos concitoyens, La nécessité de répondre aux obligations et incitations de l'État, en particulier pour les territoires de projet que sont les pays, les agglomérations et les Parcs naturels régionaux. La perspective de retirer des bénéfices directs et indirects de la démarche. En premier lieu, une démarche de développement durable est désirable car elle permet d'améliorer la qualité de l'environnement, le développement social et l'efficacité économique à diverses échelles. Si certains sont sceptiques face aux "innovations" et au "changement" que promet l'idée de développement durable, on peut au moins convenir que derrière cette idée se profile une certaine vision de l'intérêt général. Les impacts à moyen terme des démarches de développement durable sont encore difficiles à illustrer globalement compte tenu de leur jeunesse. On verra plus loin de multiples exemples de réalisations ayant permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de créer des emplois, de valoriser un espace naturel ou de rénover une friche industrielle. On voit que le développement durable est à la fois une affaire de conviction personnelle et d'ambition collective…

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