Chapitre II

Les villes et le DD

Introduction :
La vie de l’homme a changé d’échelle, surtout avec la mondialisation des capitaux, des échanges, de la communication. Les nombreux avantages de la modernité et de l’évolution technique ont été accompagnés par des conséquences négatives, notamment concernant l’environnement. C’est ainsi qu’il y a eu une prise de conscience du risque écologique menaçant la planète et ses habitants. Au-delà de nouvelles stratégiques et de l’introduction d’une démarche environnementale dans la planification et la conception de l’urbain et des bâtiments, il faudra faire à un vrai choix de société, adopter une meilleure rationalité et équité.

1. La ville :
La ville naît avec le besoin de protection : lorsque l’homme s’est sédentarisé ; l’acte de sédentarisation implique la définition d’un lien protégé par une barrière entre l’homme et ce qui l’agresse ou encore peut l’agresser. Dés leur apparition, les villes se caractérisent par trois (03) éléments :  un mur d’enceinte.  une grande superficie.  une concentration de la population.

1.1 Définition de la ville :
La ville ; un terme qui est devenu si familier qu’il peut induire en erreur, en conduisant à croire à une relative facilité du thème alors qu’en réalité il est d’une complexité immense. A la recherche d’une définition propre à nos villes, on peut avancer ce qui suit : « La ville est le lien privilégie de structures, de processus et de flux internes et externes de matières, d’énergie et d’information, enfin d’échanges multiples » (1) La ville est un écosystème ouvert, pour preuve voici ce qui est nécessaire au métabolisme quotidien d’une ville d’un million d’habitants :  les ressources : o 11 500 tonnes de fuel fossile o 320 000 tonnes d’eau o 2 000 tonnes de nourriture  les rejets: o 300 000 tonnes d’eau usées o 25 000 tonnes de co2 o 1 600 tonnes de déchets divers Pour PIERRE GEORGES (géographe) « la ville est un groupement de population agglomérée, défini par un effectif de population et par une forme d’organisation économique et sociale » 1 Enfin, la ville peut être définie par rapport au critère du minimum de la population ; ce critère varie beaucoup, selon les pays : En France : le seuil est de 2 000 habitants agglomérés En Espagne le seuil est 10 000 habitants, au japon il est de 30 000 à 50 000 habitants.

1.2 Les acteurs de la ville : Pour une bonne gestion de la ville, la présence et l’existence
concomitante de (04) acteurs s’avère indispensable, il s’agit de :
(1): http : www.ecolu-info-unig.ch

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1.2.1/ l’administrateur : un acteur privilégié :
S’attache à l’administration une tradition de respect et de toute puissance. C’est l’administrateur qui fait la ville

1.2.2/ l’industriel :
Un spectateur actif : L’industriel apparaît préoccupé par le fonctionnement de son entreprise il perçoit alors la ville comme le lien de sujétions nombreuses qui perturbent plus au moins son activité. L’industriel se considère comme un spectateur mais qui à l’occasion sait donner la réplique et intervenir dans le « jeu urbain ».

1.2.3/ le maire : un arbitre engagé :
Il est le seul acteur de la ville à disposer d’une légitimité directe il est l’élu, donc à lui que doit revenir le pouvoir. Le rôle du maire parait en pleine transformation, par l’importance et la diversité des problèmes de la ville auxquels il se trouve confronté certes mais aussi par le comportement des autres acteurs institutionnels.

1.2.4/ l’usager : un second rôle :
Les théoriciens prennent la peine de penser pour les autres, ils savent quel type de logement est adapté à l’usager, ils savent quel type d’organisation de la cité serait idéale pour l’usager, ils savent quel type de famille devrait habiter dans le logement ils savent tout, à ce rythme rien ne reste pour l’usager.

2. La ville durable (2)
La ville durable constitue une tentative pour aborder les problèmes urbains dans toutes leurs dimensions ; économiques, sociales, environnementales. La Commission Française du Développement Durable, a définit la ville durable comme : « Une ville dont les habitants disposent des moyens d’agir pour qu’elle soit organisée et fonctionne dans des conditions politiques, sociales et culturelles satisfaisantes pour eux et équitables pour tous.., dont le fonctionnement et la dynamique satisfont à des objectifs de sécurité des conditions de vie, de qualité des milieux et de limitation des consommations des ressources. On peut dire aussi qu’une ville durable est : « Celle qui assure ses fonctions urbaines en optimisant son fonctionnement pour satisfaire les multiples attentes de ses habitants, mais c’est aussi une ville dont le développement se fait en harmonie avec celui des territoires voisins et dans le respect des écosystèmes globaux, les méthodes et outils à mobiliser doivent donc aborder la ville dans ces deux dimensions de durabilité.»(3)

3. Les Villes Dans Un Contexte Durable (4) 3.1. La ville satellite :
C’est une agglomération urbaine de moyenne importance, possédant une administration autonome mais qui entretient des relations étroites avec un grand centre urbain situé à proximité.

(2) Richard Rogers, Philip Gumuchdijian : Des villes pour une petite planete. E1997. P47. (3) http : www.fr.wikipedia.org (4) www.agora21.org

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3. 2. La ville compacte :
Après un étalement souvent excessif, la ville devra dans l’avenir être limitée, aussi bien à partir d’une meilleure organisation que par une moindre consommation d’espaces agricoles ou naturels. Pour ce faire plusieurs principes doivent être retenus : une organisation spatiale qui permet à tous les usagers (habitants, actifs, inactifs…) de pouvoir se déplacer sans utiliser leur voiture individuelle ; organisation spatiale qui sous-tend de développer (ou de créer) des pôles regroupant équipements et services, bien desservis par les transports en commun et où la densité d’habitat est plus conséquente qu’ ailleurs. Au-delà de la ville, les espaces non urbanisés qu’ils soient agricoles ou naturels doivent aussi faire l’objet d’un projet global. Leur fonctionnement et leur pérennité devront être garantis. C’est donc à l’échelle du Territoire intercommunal et infra-communal que la compacité de la ville est à prendre en considération.

3. 3. La ville économe :
La ville économe idéale serait la ville qui ne consomme pas d’énergie ou qui produit autant d’énergie qu’elle n’en consomme, à condition de produire et d’utiliser plutôt des énergies renouvelables que des énergies non renouvelables. Faire la ville économe revient à repenser la ville existante à travers les constructions déjà existantes et à construire de nouveaux quartiers économes plutôt sur des friches urbaines. A l’échelle communale un volet particulièrement important de la ville économe est celle des économies d’énergies des bâtiments existants. Les outils d’urbanisme ne permettant pas d’intervenir sur le bâti existant, ce sont des outils pédagogiques qui peuvent être mis en place : outils vis-à-vis des élus approuvant les documents d’urbanisme locaux ; outils vis-à-vis des propriétaires ou des occupants des constructions pour isoler ces dernières. La ville économe doit se renouveler sur elle-même. Néanmoins la destruction du patrimoine existant doit être bien réfléchie et réalisée avec parcimonie. Il faut donc trouver un équilibre entre destruction et construction afin que la ville continue d’évoluer de manière équilibrée.

3.4. La Ville Sécurisée : • Une stratégie de prise en compte des risques d’inondation • Urbanisme de risques : le renouvellement urbain malgré les inondations • Le développement touristique et gestion agricole d’une zone inondable. 3.5. La ville nature :
• La prise en compte de la biodiversité • Comment développer le végétal? • L’agriculture comme mode de gestion d’un espace fragilisé dans l’agglomération • Un parc pour valoriser l’environnement naturel et technologique dans l’agglomération

4-La gouvernance: (5)
Le terme de « gouvernance » s’est imposé au cours des années 90, comme le symbole d’une nouvelle modernité dans les modes d’action publique. -Que nous disent les dictionnaires à propos de la gouvernance ? Pour le Webster’s New Universal Dictionnary, par exemple, il s’agit à la fois de :  la forme d’un régime politique.  le processus par lequel l’autorité est exercée dans la gestion des ressources économiques ou sociales.
(5) Jacques Theys, la gouvernance : entre innovation et impuissance. « Dossier 2, mis en ligne le : 1nov2003Comme on peut le constater, toutes ces définitions restent extrêmement vagues, larges

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et ne fournissent pas l’explication qu’on attend, en tant qu’urbanistes, aménageurs et gestionnaires des villes. La Commission Européenne a donné une définition plus claire de la gouvernance ; « c’est la somme des voies et des moyens à travers lesquels les individus et les institutions, privées ou publiques gèrent leurs affaires communes, il s’agit d’un processus continu grâce auquel les divers intérêts en conflit peuvent être arbitrés » 1 La gouvernance met en valeur la dimension constructive du pouvoir ; gérer et accroître d’une façon rationnelle les ressources locales dans le but de renforcer la légitimité de la sphère publique et de générer une énergie sociale créatrice de développement bénéfique pour tout le monde, ce qui implique pour la gouvernance locale une multitude d’objectifs: 2 *bien aménager la ville. *fournir aux habitants : logement et équipement adapté à leurs besoins. *améliorer le réseau de transport et de circulation. *s’occuper de l’hygiène, de la santé publique et de l’environnement. *collecter les déchets solides et améliorer le réseau d’assainissement. *créer et gérer des zones industrielles pour accroître la production locale. *élever le niveau de vie des populations et lutter contre le chômage et la pauvreté. *redresser les finances locales en les rationalisant et en luttant contre les déficits. Pour finir on peut dire que la notion de gouvernance ouvre de nouveaux horizons à la recherche sur le local, elle permet de quitter la problématique classique de la domination et d’élargir le champ de l’analyse à des acteurs non institutionnels. La gouvernance est ainsi le quatrième pilier d’un agenda 21 local, objet de nos présentes préoccupations.

5-La citoyenneté: (6)
La participation des citoyens et citoyennes, entre dans le cadre d’une démocratie locale, support de toute action durable établie dans le cadre d’un agenda 21 local. Elle suppose une responsabilisation de la population et des acteurs, élus et techniciens dans l’exercice de leurs droits et devoirs au sein de la société urbaine, afin que les comportements et les pratiques professionnelles et politiques s’inspirent de valeurs communes favorables à la durabilité des villes. Les habitudes actuelles fortement imprégnées d’individualisme et de recherche d’une satisfaction marquée par la consommation de biens, doivent être infléchies dans le sens d’une économie collective de moyens concernant en premier lieu l’utilisation des ressources et production de pollutions et de nuisances (trafic automobile, eau, déchets.) La citoyenneté demande donc à s’acquérir par la formation des actions de sensibilisation du public, la tenue de forums, de comités de quartiers…de manière à encourager cette responsabilisation de la société civile. Il convient également d’amener les professionnels de l’aménagement à redéfinir leurs missions et les valeurs de leurs professions dans une perspective plus fonctionnelle que

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Abdelghani Abou Hani, Enjeux et acteurs de la gestion urbaine, Ed : CODESRIA.2000.

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technique, c'est-à-dire en fonction des défis ou problèmes humains à résoudre plutôt qu’en fonction des moyens techniques mis en œuvre. Les programmes de sensibilisation et de formation destinés aux responsables politiques sont aussi importants que ceux qui s’adressent aux administrateurs et aux techniciens.

6/ Le Concept De Développement Urbain Durable :
Le développement urbain durable est devenu l’un des thèmes majeur de l’agenda 21, adopté au <<sommet de la terre>> en 1992 à Rio Janeiro. Le développement durable trouve son terrain d’application au niveau des villes, en tant qu’un établissement humain, ou l’avenir de ces derniers doit être réfléchi dans le sens de la durabilité, viabilité. Plusieurs textes législatifs évoquent le besoin d’une nouvelle idéologie et culture urbaine, fondée sur le concept de développement social durable intégrant les notions d’équité, de durabilité environnement, et d’efficacité économique.

7/ L’écologie Et Le Développement Urbain Durable :
Le professeur allemand EKHART HAHN a été un des premiers militants de l’écologie urbaine. Dans un ouvrage s’intitulant <<planification urbaine écologique>>, il a défini en 1987 les éléments à prendre en compte pour un développement urbain durable et proposé les premières mesures pour y arriver. un projet international associant recherches théoriques et études de cas ont donné lieu au début des années 90 à un rapport <<Rénovation urbaine écologique>> qui met en évidence sept orientations, qui vont dans le sens des principes et objectifs du DUD qu’on a cité précédemment :  Ethique et respect de l’être humain.  Participation et démocratisation  Organisation en réseaux  Retour vers la nature et les expériences sensorielles  Mixité et densité urbaine maitrisée  Ecologie et économie  Coopération internationale Ces sept orientations, associées à une stratégie de développement écologique des quartiers dans trois secteurs d’intervention (économique, environnementale, sociale.) constituant les Outils de l’écologie urbaine.

8/ L’aménagement durable:
Les agendas 21 locaux traduisent un projet territorial de développement durable qui s’inscrit dans le même type de démarche. S’engager en faveur du développement durable, c’est aussi utiliser les meilleures normes disponibles, faire labelliser son projet, certifier une organisation, c’est utiliser les indicateurs disponibles pour aller plus loin dans l’évaluation des projets.

9/ Enjeux De Villes, Enjeux De Société
Aujourd’hui, la moitié des habitants de la planète vivent dans les villes et l’urbanisation ne cesse de s’étaler… Avec la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) et les rénovations successives du cadre législatif et réglementaire, les collectivités territoriales sont en première ligne en matière de développement durable urbain pour réduire les incidences négatives de l’urbanisation sur l’environnement, limiter leurs impacts économiques, maintenir l’équité sociale et créer un cadre de vie meilleur. - 22 -

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Outre les Pouvoirs Publics et les professionnels accompagnent de plus en plus les élus et les acteurs territoriaux dans leurs démarches de développement durable urbain pour améliorer la qualité environnementale de la ville et assurer des conditions favorables au développement économique, à la cohésion sociale et à l’urbanité. Il s’appuie sur ses compétences pluridisciplinaires et sa capacité à mobiliser des expertises couvrant l’essentiel des champs du développement durable.

CONCLUSION :
En 2050, les villes seront d’évidences assez différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. La différence majeure ne se remarquera pas forcément à première vue (compte-tenu de l’inertie du domaine bâti et du système de voirie), mais apparaîtra dans les modes de vie et dans l’usage que les habitants feront de la ville. Voici quelques éléments souhaitables du profil de la ville:  Non seulement les nouvelles constructions ne consommeront plus d’énergie fossile pour leur chauffage ni pour leur rafraîchissement mais elles produiront de l’électricité: architectures bioclimatiques, isolation externe, triple vitrage, etc. Tous les toits seront munis de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, en remplacement des actuelles tuiles. Chaque bâtiment sera systématiquement pourvu d’un garage à vélos.  Les bâtiments anciens et très anciens auront réduit drastiquement leur consommation de chauffage, de façon à ne pas excéder 50kWh/m2/an (ce qui représente la moitié des exigences requises pour les bâtiments neufs).  Toutes les installations de chauffage – quelle que soit leur taille – seront des systèmes de cogénération, c’est-à-dire qu’elles produiront à fois de l’électricité et de la chaleur.  Il n’y aura plus de pénurie de carburant de chauffage du fait du très faible impact des prix de l’énergie sur les coûts globaux du logement.  On se déplacera à pied, en bicyclette ou en transports publics; l’usage de véhicules privés sera réduit au minimum.  La population et les acteurs locaux se trouveront plus étroitement impliqués dans la conception et la réalisation des projets urbains. L’extension d’une culture écologique à l’ensemble de la société aura réussi à transformer le comportement et les pratiques des consommateurs.  La concurrence entre entreprises, aménagistes, architectes etc. se fera sur la base du plus bas niveau de consommation d’énergie et d’émission de CO2.  L’énergie viendra principalement de sources renouvelables (solaire, bois, géothermie, air) ou de récupération (déchets, cogénération). Les activités économiques seront directement liées à la production d’énergie, puisqu’on remplacera l’importation d’énergie par la création d’emplois locaux. - 23 -

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 Après avoir été marqué par l’accumulation de biens matériels (20ème et 21ème siècles), le système de valeurs s’orientera plus vers le bonheur de vivre, l’invention, la convivialité, la culture, etc. La culture du quantitatif et de l’uniformité cèdera la place au qualitatif et à la diversité.

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