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NOTE POLITIQUE

NOVEMBRE 2011

1

SOMMAIRE

SOMMAIRE

 

2

1.

L’indice la société civile à Madagascar (ISC)

3

2

La société civile malgache

4

2.1 Engagement social et politique

4

2.2 Niveau d’organisation

5

2.3 Pratique des valeurs

6

2.4 Perception des impacts

7

2.5 Environnement socioéconomique, politique et culturel

8

3

Plan d’action pour le renforcement de la société civile

9

3.1.1

Défi n-1 : Mise en place d’un cadre d’intervention propice aux actions de la SC

10

3.1.2

Défi n-2 : Renforcement des capacités techniques et organisationnelles pour améliorer la

13

3.1.3 Défi n-3 : Renforcement des capacités en communication, de mobilisation sociale et de

gouvernance interne des OSC

15

3.1.4 Défi n-4 : Développement des capacités d’interpellation et de recours ainsi que de

protection des interpellateurs et témoins contre les représailles

3.1.5 Défi n-5 : Disposition de financement à travers une capacité de mobilisation de fonds et

un soutien coordonné des Partenaires Techniques et Financiers

plaidoyers

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19

2
2

1.L’indice la société civile à Madagascar (ISC)

Le concept de la société civile a toujours existé à Madagascar. Il a commencé à se formaliser avec le fokonolona, une organisation communautaire sous-tendue par la culture du Fihavanana qui a traversé l’histoire de la vie associative malgache, et dans le cadre de laquelle les sujets de préoccupations de la société tels que l’organisation collective du travail, les achats collectifs, le règlement de conflits, la gestion de périmètre villageois, ont été traités. Depuis, ce concept n’a cessé d’évoluer et des formes d’institutionnalisations rendues possibles par des mécanismes légaux plus appropriés comme les Associations (par l’Ordonnance 60-133) ou les ONG (par le décret 90 036) sont actuellement répandues.

La société civile malgache est considérée comme une des composantes de la société qui contribuent au développement de Madagascar. Elle est reconnue comme principal outil permettant aux citoyens de participer à la vie démocratique et socio-économique du

la société civile n’a pas toujours tous les moyens pour jouer et assumer

pleinement ce rôle. Et même si elle a déployé des efforts considérables dans ce sens, rares sont les informations qui permettent d’apprécier son état, ses forces et faiblesses et ses impacts ainsi

que ses besoins en renforcement de capacités.

Le projet ISC (Indice de la société civile) Madagascar a été une opportunité de combler cette insuffisance d’information sur la SC malgache. Ce projet d’étude orienté action, initié par CIVICUS, l’Alliance mondiale pour la participation citoyenne et mis en œuvre par le consortium MSIS-CNPC avec le financement du PNUD a démarré en octobre 2010 et a duré une année. Il a comme principaux objectifs de créer une base de connaissances fiables sur la société civile ainsi que de favoriser l’engagement dans des initiatives visant à la renforcer. Plus de 180 organisations, près de 1800 personnes, ainsi qu’une quarantaine d’experts ont été enquêtés pour les besoins des trois types d’enquêtes respectifs (auprès de la population, au niveau des organisations et des perceptions) menés dans le cadre de l’étude. Par ailleurs, 5 études de cas relatives aux cinq dimensions de l’ISC (engagement citoyen, niveau d’organisation, pratique des valeurs, perception des impacts, environnement extérieur) ont aussi été conduites. Mené de façon participative, l’ISC a été piloté par un comité consultatif, des focus group régionaux, ainsi qu’un atelier national pour l’identification d’un plan d’action en vue du renforcement de la société civile. Les principaux produits de l’ISC sont le rapport analytique pays et cette note politique.

pays

Cependant,

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La société civile malgache

2.1 Engagement social et politique

36,4% des malgaches sont membres actifs dans une organisation à vocation sociale

43,1% font du bénévolat dans une organisation sociale

7,4% sont membres actifs dans une organisation politique 1

9,5% sont bénévoles dans une organisation politique

31,9% ont fait du militantisme à titre individuel (signature de pétition, participation à une manifestation, boycott)

L’engagement des citoyens dans les organisations à vocation sociale est assez substantiel particulièrement dans les organisations traditionnellement plus fréquentées liées à une confession, les associations familiales, les associations de natifs et les organisations liées au sport, culture et loisirs. Viennent ensuite les organisations des femmes et des jeunes. Les principales motivations à s’engager fréquemment évoquées sont la conviction religieuse, l’extension des réseaux de relation, l’acquisition d’expérience, mais également et surtout la recherche d’avantages personnels à travers les différents projets mis en œuvre au sein de la SC.

L’action politique intéresse peu de gens car d’un côté, la majorité des organisations de la société civile malgache n’admet pas encore que leurs leaders se positionnent sur des sujets politiques bruyants ou épousent/contrent les idées d’un parti politique. D’ailleurs, les hommes politiques n’ont pas une bonne image aux yeux du plus grand nombre. De l’autre côté, les mouvements syndicaux sont rares et peu influents et les associations professionnelles et les associations de défense des consommateurs sont aussi peu mobilisatrices et peu efficaces.

Trop attachés à aux valeurs traditionnelles telles que le Fihavanana et le Firaisan-kina, les malgaches ont tendance à tolérer des situations même celles entravant les droits humains (Cas d’abus perpétrés par des proches résolus à l’amiable). La culture du militantisme comme l’exigence de la redevabilité sociale des gouvernants n’est pas encore assimilée. Plus de la moitié des gens déclarent qu’ils ne signeront jamais de pétition et ne participeraient à une manifestation

1 Ce sont les organisations telles que les partis politiques, les syndicats, les associations professionnelles, les organisations écologistes, les associations de défense des consommateurs.

ou à un boycott. Les femmes sont sous-représentées dans les actions politiques, tandis que les personnes issues de la classe sociale inférieure le sont dans les actions sociales. De façon générale, ce sont les plus jeunes, les plus instruits et les personnes vivant en milieu urbain qui sont les plus impliquées dans les actions sociales et politiques. Il existe des disparités régionales dans les engagements social et politique. Parmi les principaux freins à l’engagement citoyen, on peut citer la méconnaissance de la population de ce qu’est la société civile (rôle, objectif et importance) même surtout dans les milieux reculés et la méfiance des gens envers les autres qui les empêche de s’associer sauf dans des cadres où les niveaux relationnels sont très étroits (Organisations confessionnelles ou familiales/des natifs)

2.2 Niveau d’organisation

55,6% des OSC ont un comité / conseil de direction

61% des OSC sont affiliées à un réseau ou fédération

61,3% des OSC ont en moyenne eu des réunions ou des échanges d’informations avec d’autres organisations travaillant dans le même domaine qu’elles

18,7% des OSC ont des ressources humaines stables (dépendant peu du bénévolat)

51,4% des OSC ont un accès régulier aux ressources technologiques comme les ordinateurs, l’internet, le téléphone, le fax.

9,7% des OSC ont connu une évolution favorable de leurs revenus relativement aux dépenses, comparativement à l’exercice précédent

Plus de la moitié des OSC sont dotées d’un conseil / comité de direction. Cependant l’effectivité d’une bonne gouvernance interne des OSC ne se mesure pas uniquement sur l’existence d’un comité / conseil de direction qui est de toute les manières une procédure obligatoire exigée par les lois sur les associations et les ONG. Les conseils ou comités érigés sont souvent non fonctionnels et se limitent à quelques personnes voire même une personne. En outre, la plupart des petites organisations du milieu rural demeure généralement informelles car elles trouvent les procédures de formalisation contraignantes. La proportion d’organisations appartenant à un réseau ou fédération est assez élevée. Ceci résulte en partie de la forte concentration des OSC dans la région de la capitale. Mais, la question sur la plus grande efficacité des organisations affiliées à des réseaux demeure ouverte.

Les enquêtes ont révélé que la grande majorité des OSC malgaches dépendent fortement du bénévolat (en tant que staff opérationnel) du fait de leur manque de moyens. Ceci est à relier avec le faible impact général des OSC car les compétences des bénévoles ne coïncident pas n’nécessairement aux besoins des interventions. L’accès aux ressources technologiques a été favorisé par l’extension substantielle des réseaux téléphoniques de ces dernières années, ainsi

que de la baisse régulière des prix des produits des nouvelles technologiques comme les ordinateurs et les téléphones portables. Toutefois plusieurs localités demeurent sans l’électricité ou ne sont pas couvertes par les réseaux téléphoniques.

Quelques grandes organisations sont capables de mobiliser de grandes sommes d’argent pour la réalisation de leurs activités. Mais ces dernières sont peu nombreuses et la plupart des organisations malgaches subit encore l’aléa du manque de financement.

2.3 Pratique des valeurs

78% des organisations ont des prises de décision démocratique (impliquant un conseil / comité)

63,1% déclarent avoir une politique en matière d’égalité de chances et de salaires entre hommes et femmes

13,2% des personnels des OSC sont syndiqués.

34,4% des OSC ont donné une session de formation (ou plutôt d’information) sur le droit du travail à leurs personnels

38,6% des OSC déclarent avoir une politique en matière de standards de travail

55,7% des OSC déclarent avoir un code de conduite pour le personnel

34,4% se déclarent favorable à une libre consultation de leurs comptes

39,2% des OSC déclarent avoir une politique en matière de standards environnementaux

54,1% des OSC en moyenne ont une perception favorable des OSC en matière de non- violence, la promotion de la démocratie interne, le degré de corruption, l’intolérance, le poids de groupes faisant preuve d’intolérance et sur la promotion par les OSC de la non- violence et de la paix

Même si une majorité d’OSC déclarent impliquer les comités / conseils de direction dans leur prise de décision, il s’avère que généralement les comités et conseils sont surtout impliqués à titre informatif. Quand les organisations déclarent avoir une politique en matière d’égalité des chances, en matière de standards de travail ou en matière de standards environnementaux; il s’agit le plus souvent de prise en compte ou de préoccupation envers les domaines précités, mais les OSC malgaches ont rarement des politiques inscrites et consultables sur ces sujets. Le mouvement syndical est faible et la plupart des travailleurs ne pensent pas vraiment à intégrer les syndicats existants par peur de perdre leur travail. L’insuffisance des emplois formels à Madagascar diminue la marge de manœuvre des employés. La perception de valeurs telles que la non-violence, la prise de décision démocratique, la tolérance obtient un score mitigé. Il est à

remarquer que seulement le quart des organisations enquêtées perçoivent la corruption comme rare au sein de la société civile.

2.4 Perception des impacts

Respectivement 37,3% et 44,6% des OSC pensent que la SC a eu un impact significatif sur la redevabilité sociale et sur le comportement civique. S’agissant des experts, les chiffres correspondants sont 45,2% et 50%.

53,8% des OSC et 48,8% des experts pensent que l’impact social en général de la société civile est au moins tangible.

28,7% des OSC et 32,6% des experts trouvent que la société civile en général a eu un impact tangible sur les politiques locales / nationales menées dans le pays

39,7% des organisations ont milité en faveur de l’adoption d’une politique et 53,6% de ces organisations ont eu du succès dans leurs actions

Il n’y a pas de différence marquée entre membres et non membres de la société civile en matière de confiance mutuelle, tolérance et esprit civique.

84,4% de la population accorde leur confiance aux organisations de la société civile.

La redevabilité sociale (ou l’obligation de rendre des comptes) et le comportement civique sont les deux sujets de préoccupation choisis par le comité consultatif. La perception par les OSC et les experts sur les impacts de la société civile sur ces sujets est mitigée.

Près de la moitié des OSC et experts pensent que l’impact social de la société civile est au moins tangible. Les domaines où ces impacts sont perçus comme les plus significatifs sont le développement social, l’éducation et la santé. On peut prendre les exemples de l’importance des interventions de l’église catholique dans l’éducation, ainsi que les multitudes d’intervention d’organisations œuvrant dans le développement social et la santé.

En revanche, peu d’experts et d’OSC ont mentionné des impacts significatifs dans les domaines du logement, de l’alimentation et celui de l’emploi. Moins du tiers des experts et des OSC ont perçus des impacts politiques notables de la société civile. Ceci est à relier à la faiblesse de l’engagement politique des citoyens.

Les comportements des membres de la société civile ne sont pas significativement différents de ceux des non-membres de la Société civile, en matière de confiance, tolérance et d’esprit civique. Cependant, malgré la faiblesse constatée, une forte majorité de la population fait encore confiance aux OSC. Cela pourrait être traduit en une reconnaissance de l’utilité des interventions des OSC.

2.5 Environnement socioéconomique, politique et culturel

Contexte socio-économique – score moyen = 58,9/100

Contexte sociopolitique – score moyen = 48,3 /100

Contexte socioculturel – score moyen = 58,9

L’indice des capacités de base (Social watch), fait la moyenne des pourcentages d’enfants atteignant l’âge de 5 ans, le pourcentage d’enfants atteignant la cinquième année du primaire et le pourcentage d’accouchements effectués par un personnel spécialement formé. La valeur pour 2010 est de 76%. Soit une situation relativement bonne. Mais les réalités de la scolarisation primaire, de la santé maternelle et de l’enfant sont encore préoccupantes et beaucoup reste à faire pour améliorer la situation de l’éducation, par exemple.

L’indice de corruption (Transparency international) dans le secteur public est évalué à 2,6/10 (10 correspond à une absence de corruption). Soit une situation de corruption pratiquement endémique. La situation est de nature à entraver la bonne marche et limite aussi l’impact des activités des OSC. L’inégalité mesurée par le coefficient de Gini (0,403 en 2010, d’après l’INSTAT) est en augmentation par rapport à 2005.

Même si l’indicateur retenu par l’ISC pour évaluer la situation économique (ratio dette publique / Revenu national brut : 25,9%) n’est pas un très mauvais chiffre, il s’avère que la situation économique est en régression depuis l’entrée en crise en 2009. A titre d’exemple, beaucoup d’emplois ont été supprimés avec la fermeture de la plupart des zones franches.

Les droit et libertés politiques sont en net recul depuis l’entrée en crise. Le droit des associations et des organisations peut être considéré comme moyennement satisfaisant. Enfin l’encadrement légal est perçu généralement comme non contraignant.

Le contexte socioculturel peut être résumé par une forte proportion de personnes ayant un esprit civique, une proportion moyenne de personnes tolérantes envers les autres et une faible proportion de personnes faisant naturellement confiance à leurs semblables.

3 Plan d’action pour le renforcement de la société civile

Lors du séminaire national sur l’ISC, des groupes de travail par dimensions ont discuté des résultats obtenus. Partant des forces et faiblesses relatives aux cinq dimensions, des actions qui visent à la fois à promouvoir l’engagement des citoyens dans des initiatives sociales et politiques, à mieux organiser la société civile et à améliorer ses participations et impact dans la vie socio- économique et démocratique du pays ont été identifiées. La vision est à la fois pour la SC, d’être un acteur capable de mobiliser la base et de représenter les intérêts des citoyens et en même temps de jouer les rôles de force de proposition, de balise ou de contre-pouvoir de l’Etat dans son exercice du pouvoir et sa réalisation des programmes de développement du pays. Celle-ci ne pourra se réaliser que si les défis suivants, érigés en axes prioritaires d’intervention de la présente note politique, sont réalisés :

Un cadre d’intervention propice aux actions de la SC est mis en place

La SC s’organise et se regroupe de manière professionnelle pour étendre ses champs d’intervention (thématique et zone géographique)

Les OSC ont des capacités en communication, de mobilisation sociale et de plaidoyers pour représenter les intérêts des citoyens

Les OSC sont capables, par ses interpellations, de contrôler les dérives et les injustices subies par la population

Ces quatre axes prioritaires doivent être soutenus par un cinquième axe transversal important :

Les OSC disposent de financement garantissant l’effectivité de ses interventions et leur autonomie à travers une meilleure capacité de lever de fonds et un soutien coordonné des partenaires techniques et financiers.

3.1.1 Défi n-1 :

Mise en place d’un cadre d’intervention propice aux actions de la SC

L’étude sur l’ISC a révélé des lacunes et des faiblesses de différents ordres :

- La caducité et l’insuffisance des textes régissant les OSC et la faible connaissance ou même l’ignorance des OSC de ces textes et valeurs fondamentales

- La faiblesse de la mobilisation citoyenne et de l’engagement civique : les concepts de civisme et de citoyenneté sont pratiquement méconnus par la plupart des OSC et par la majorité de la population. Or elle doit être appropriée dès le plus jeune âge. L’école ne devrait-elle pas devenir le premier espace d’exercice et d’expression de la citoyenneté ?

- Le manque de collaboration entre l’Etat, la société civile et les autres acteurs de développement : D’un côté, l’infantilisation de la population (y compris les OSC) à tous les niveaux devrait cesser tant de la part de l’Etat que des PTF ; de l’autre côté, la population ne devrait plus attendre que l’Etat ou les PTF fassent tout à sa place. Parfois, n’est-il pas légitime de se demander si vraiment les PTF et l’Etat veulent vraiment impliquer les OSC ou leurs ouvertures ne sont-elles seulement que des mascarades pour faire passer certains programmes stratégiques sectoriels ou se dorer d’une fausse image de promotion de bonne gouvernance et de démocratie?

- La prépondérance de la corruption à tous les niveaux qui mène le pays à la ruine hypothèque gravement l’avenir de nos enfants. Même les OSC qui devraient être un modèle d’incorruptibilité s’y laissent souvent entraîner.

- l’absence de mécanisme permettant de garantir la stabilité des ressources (financières, humaines et technologiques) utilisées par les OSC

Cette situation crée une mauvaise qualité du climat de confiance entre les différents acteurs et ne permet pas l’épanouissement de la Société Civile, en particulier. Or ce climat de confiance est une condition sine qua non de la réussite de toute action de développement ; la transparence et la redevabilité devraient être un état d’esprit.

Tous les acteurs doivent s’armer et redoubler d’efforts pour que cet environnement favorable à la prise en compte et l’implication des citoyens à travers la SC soit réellement en place notamment par l’instauration de cadres légaux et de dispositifs qui facilitent leurs interventions et l’établissement d’un code d’éthique pour la Société Civile. A ce titre, la reforme globale et complète des textes légaux concernant les OSC est à entreprendre. Elle doit être accompagnée de cadres institutionnels clairs favorisant la collaboration entre l’Etat, le secteur privé et les OSC, à différents niveaux et dans tous les secteurs (surtout dans les secteurs stratégiques comme les mines, le tourisme, la santé, l’environnement et la gouvernance élection/décentralisation). Ces textes seront diffusés et vulgarisés à tous les niveaux par des séances d’information voire de formation.

Par ailleurs, les autres facteurs contraignants comme les manques de civisme et d’esprit de citoyenneté fortement liés aux faibles niveaux d’alphabétisation et d’instruction, la corruption ou

à l’influence négative de certaines cultures méritent également des actions particulières à travers un programme d’éducation citoyenne et civique au niveau des écoles ou dans des centres d’éducation communautaires. La culture du civisme doit progressivement devenir un état d’esprit favorisant l’engagement citoyen particulièrement au niveau des jeunes, des femmes et des groupes marginalisés (pauvres et milieux ruraux).

Pistes d’actions et recommandations

Au niveau de la Société Civile

1. Plaidoyer pour une amélioration du cadre légal des OSC

Inventaire des textes existants

Mise à jour des textes existants et instauration de cadre légal et réglementaire adéquat

Etablissement d’un code d’éthique

Diffusion et vulgarisation des textes existants (charte des OSC,…) à tous les niveaux par des séances d’information voire de formation sur les contenus des textes régissant les OSC

2. Programme d’éducation civique et de vulgarisation des actions

sociales

Campagne d’éducation de la population à la citoyenneté

Mobilisation communautaire pour des actions sociales

Médiatisation de toutes les actions entreprises par la Société Civile notamment le concept de redevabilité sociale

Au niveau de l’Etat

Consolidation et renforcement de l’intégration de l’éducation civique et citoyenne dans les programmes scolaires

Formation des élus à l’éducation citoyenne et au civisme

Conduite de reforme de la législation régissant la société civile

Au niveau de tous les acteurs

3. Mise en place d’un cadre de partenariat entre les parties prenantes SP, Etat et OSC

Etablissement de conventions de partenariats clairs entre les acteurs SP,

OSC et Etat

Développement et mise en œuvre d’actions collectives sectorielles (santé, à travers des contrats programmes entre les acteurs (Etat et OSC ou Secteur

éducation,

)

Privé et OSC)

Rapprochement des institutions financières

Organisation d’actions de mobilisation de ressources financières par la création d’AGR ou de basket fund

4. Programme de lutte contre la corruption au sein même de la SC et

3.1.2 Défi n-2 : Renforcement des capacités techniques et organisationnelles pour améliorer la gouvernance interne des OSC

L’ISC a fait ressortir que d’un côté le concept de Société Civile (l’adhésion volontaire pour une cause dans une association par conviction), ses rôles et ses responsabilités, est mal compris voire incompris par la majorité de la population et les OSC elles-mêmes. Ces OSC se créent souvent non pas selon les motivations et besoins locaux mais plutôt en réponse à des exigences imposées par les bailleurs ou les grands projets. Dépourvu de vision claire et d’un réel ancrage à la base, elles ne fonctionnent que de manière primitive et manque de capacités techniques. Cela constitue généralement une menace sur la pertinence et la pérennité de leurs actio ns voire même sur leurs existences et contribue à leurs faibles participations et impacts sur le contrôle des actions publiques.

Fort de ces constats, d’importantes actions sont à entreprendre pour inciter les OSC à se formaliser et à mieux se structurer. Celles-ci pourraient débuter avec une campagne de communication et de mobilisation. Un allègement ou une facilitation des procédures à suivre notamment dans les milieux ruraux et proportionnellement à l’envergure de l’organisation devrait également être envisagé. Mais « être formalisé » signifie-t-il « être bien organisé et professionnel » ? La formalisation doit être accompagnée d’une série de renforcement de capacités techniques et organisationnelles des OSC en vue de développer leur savoir-faire et compétences. Toutes les composantes de structures mises en place au niveau décisionnel comme l’Assemblée Générale, au niveau stratégique telles que le conseil/comité de direction, et sur le plan opérationnel (Secrétariat exécutif ou Direction) devraient fonctionner en conformité avec les missions décrites dans les documents légaux de l’OSC.

Parmi les lacunes organisationnelles citées, l’instabilité des ressources humaines reste un grand défi. La promotion du volontariat et l’opérationnalisation du système de volontariat pourraient résoudre en grande partie l’instabilité des ressources humaines travaillant dans les OSC et amoindrir ainsi les charges financières qui leur incombent.

Pistes d’actions et recommandations

Au niveau de la SC

Conduite de planification (politique de développement, planification stratégique/opérationnelle) traduisant les besoins de la population surtout les plus défavorisés :

Renforcement de la structuration des OSC à travers une formation et accompagnement organisationnels de la Société civile (team building, création d’organisation, accompagnement en formalisation/statut, gouvernance interne/organigramme fonctionnel, …)

Formations techniques et thématiques sur des activités/enjeux sectoriels et

les plaidoyers

Formation des OSC sur la gestion d’une association, le syndicalisme, les droits du travail, la tenue des comptes, le leadership, le civisme et la citoyenneté.

Au niveau de l’Etat

Faire sortir le code de déontologie et d’éthique de la Société Civile ;

Former et informer toutes les parties prenantes sur ce code de déontologie et d’éthique, une sorte de cahier de charges, valant loi devrait être élaboré et sorti pour normaliser le cadre de travail des OSC ;

Accepter la SC comme étant un des piliers du développement durable du pays et lui donner le respect qu’il lui doit en tant que tel.

Au niveau des PTF

Impliquer la Société Civile dans toutes les interventions des PTF.

Au niveau de tous les acteurs

5. Promotion du volontariat

Réglementation des statuts de volontariat

Formation et conscientisation sur le concept de Volontariat

Création et application d’un cadre juridique pour le volontariat

Sensibilisation aux valeurs du volontariat

Promotion et diffusion de bonnes pratiques sur le volontariat

6. Opérationnalisation du système de volontariat

Mise en place d’une équipe de pilotage stratégique nationale, une équipe organisationnelle et de coordination au niveau régional et équipe opérationnelle au niveau des districts).

Elaboration des TDR avec des plans d’actions, des chronogrammes avec des jalons et des indicateurs de suivi et d’évaluation.

3.1.3 Défi n-3 : Renforcement des capacités en communication, de mobilisation sociale et de plaidoyers

Malgré le développement de la nouvelle technologie de l’information au niveau national et dans certaines régions ainsi que plusieurs initiatives de regroupements dans certains secteurs et domaines tels que le droit de l’homme, l’enfance, l’environnement, le genre, le développement rural et la gouvernance, les communications et les échanges internes entre les OSC et entre les OSC et les autres acteurs sont encore défaillantes. Ces défaillances en communication si minimes soient-elles, entraînent souvent des duplications ou des cultures de concurrence entre les OSC et les fragilisent quant elles s’adressent ou font des plaidoyers envers le secteur privé ou l’Etat. Elles provoquent également une certaine confusion (et par la suite une méfiance) envers les citoyens et les communautés bénéficiaires de leurs interventions qui ne comprennent plus quelles directives suivre et appliquer. Il serait donc nécessaire, même urgent de renforcer et de développer, au sein de la SC la culture et l’esprit de « l’unité dans la diversité » où les compétences de l’un fait la force de tous, en mettant en exergue l’importance du maillage (réseautage), du partage et de l’esprit d’équipe pour l’atteinte d’un ou des objectif(s) commun(s).

Le renforcement des capacités en communication constitue une base à la fois de la mobilisation sociale et du plaidoyer en faveur de la SC. Cet aspect doit d’abord partir d’une communication efficace au sein même de la SC même et puis de s’ouvrir pour atteindre la communauté, l’Etat et le secteur privé. Pour ce faire, la mise en relation ou l’intégration du media est vraiment d’une importance capitale.

Des cadres et espaces d’échanges et de concertation sont à organiser à travers des réunions/ateliers périodiques et en fonction des sujets prioritaires dans une zone (Commune, district, région, national) donnée. Les ramifications du réseau qui seront composées par les OSC de base au niveau même des Fokontany constitueront les relais de proximité du réseau connaissant les attentes et les besoins des communautés de base car vivant avec eux. Les échanges doivent se baser sur des informations et connaissances éprouvées à partir desquelles une vision commune aboutissant sur des objectifs partagés ainsi que des activités complémentaires pourrait être développées.

Les réseaux et plateformes qui sont déjà une forme d’institutionnalisation de ces cadres et espaces d’échanges et de concertation nécessitent une certaine redynamisation et de renforcement surtout dans les domaines de la mobilisation sociale et la conduite de plaidoyer. Il s’agit de s’assurer que ces réseaux/plateformes représentent vraiment les OSC dans le domaine et secteur concernés en termes de nombre de membres, de couvertures géographiques ou de thématiques spécifiques et qu’ils ont une légitimité pour les représenter et fournir des avis à leur place. Il s’agit en fait de concrétiser au sein de la SC l’adage malgache de « Firasankina no hery » ou « l’UNION fait la FORCE »

Pistes d’actions et recommandations

Au niveau des OSC

Organisations à multi-niveaux d’ateliers périodiques de réflexion, de sensibilisation, de partage entre les OSC

Mise en place de guichets uniques (centre de ressources et d’écoutes) d’informations et de documentations pour les OSC au niveau des districts et des régions

Redynamisation des réseaux/architectures existants notamment en élargissant leurs bases (nombre de membres et couverture géographique) et en améliorant leurs systèmes de gouvernance/communication

Promotion et facilitation de la création de nouveaux réseaux pour des secteurs clés à travers la facilitation de regroupements d’OSC dans les domaines concernés

Instauration de mécanisme de collecte, de partage d’informations et de connaissances à travers les réseaux (entre les membres et de manière transversale et à multi-niveaux avec les autres réseaux)

Communications des bonnes pratiques des OSC à travers des bulletins d’informations périodiques et la création de sites web/forums d’échanges

Intégration des associations des professionnels des media (journalistes, patrons de presses dans les OSC)

Renforcement de l’utilisation des medias par les OSC

Au niveau de l’Etat

Instauration d’un mécanisme ou d’espace de dialogue et de concertation périodique avec les OSC

Faciliter la communication des bonnes pratiques des OSC dans les media

pubics

Promotion de l’éducation citoyenne surtout dans les régions reculées en

vue de

o

Conscientiser les populations à adhérer à des organisations pour participer à la vie sociale et politique de sa localité et réclamer/valoriser leurs droits.

o

apporter des éclaircissements afin de dissiper la confusion entre les (actions des) OSC, les partis politiques et les autres acteurs

Au niveau de tous les acteurs

Création de mécanisme d’échanges et de concertation entre les OSC, le secteur privé et l’Etat, une déclinaison/composante du cadre global de partenariats entre ces trois entités. (OSC, Etat, SP et PTF)

Promotion de l’utilisation des NTIC (Tel, Internet, Réseau Social) dans les communications entre OSC et entre OSC et autres acteurs à travers une subvention des infrastructures technologiques

Développement de partenariat avec le media

3.1.4. Défi n-4 :

des capacités

d’interpellation et de recours ainsi que de protection des interpellateurs et témoins contre les représailles

Développement

Les citoyens se sentent souvent écartés dans la conduite de la vie publique et ne participent pas assez dans les prises de décision qui affectent leur vie : c’est toujours le top down qui prime dans la plupart des cas. En plus de la non implication, l’insuffisance du mécanisme de transparence est encore flagrante.

Cet axe vise principalement à rendre effectif le rôle de balise, de contre-pouvoir (Watchdog) de la SC à travers ses capacités d’interpellation et de conduite de recours. Une fluidité et une meilleure exploitation des informations au niveau des organisations de la société civile mais également entre l’Etat, les bailleurs/PTF et les OSC est à la base de ces initiatives pour tenir, toutes les parties prenantes en particulier l’Etat et le secteur privé, redevables par rapport à leurs engagements respectifs.

La culture de redevabilité et le mécanisme à mettre en place (institutionnaliser et internaliser) pour la concrétiser obligerait les organismes publics/le secteur privé à rester à l’écoute des besoins et des demandes de leurs administrés et à être pertinents/efficaces. Ce mécanisme de redevabilité permettra de suivre, de guider et d’ajuster le comportement de toutes les parties prenantes. Cependant, la redevabilité/la façon de travailler doit-elle s’imposer uniquement à l’Etat ? N’est-il pas judicieux de l’élargir au niveau du secteur privé et surtout de la pratiquer au sein même de la SC ?

Tous ces efforts doivent être accompagnés de différents outils permettant à la SC de suivre, d’observer pour produire des informations et des connaissances fiables afin qu’une réaction à temps sur l’évolution et l’évaluation de la vie publique soit possible. Basées sur ces connaissances, la SC pourrait en effet interpeller et rendre effectif le compte rendu par rapport aux promesses et/ou programmes négociés et annoncés par les gouvernants/Etat ou le Secteur Privé. Cependant, il faut tenir en compte que vu la sensibilité des actions d’interpellation et de recours, la mise en place d’un mécanisme de protection des interpellateurs/dénonciateurs contre les éventuelles représailles est à promouvoir.

Pistes d’actions et recommandations

La recommandation primordiale et transversale valable pour toutes les parties prenantes serait la réinstauration de la confiance mutuelle entre tous les intervenants, population, OSC, Etat, PTF.

Etat

Application et institutionnalisation des outils et mécanismes de redevabilité sociale dans la conduite des affaires publiques afin de promouvoir la participation communautaire y compris le budget participatif

Mise en place de dispositifs de recours

Mise en place de cadre juridique pour la protection des interpellateurs et

témoins

Société civile

Renforcement de capacité en matière de redevabilité sociale en se basant sur les principes de la bonne gouvernance

Mise en place de mécanismes de suivi et d’observations impliquant tous les acteurs par secteur

Renforcement de connaissances des stratégies politiques et économiques

Renforcement de capacités en matière de suivi budgétaire

PTF

Adoption comme critère de conduite de projets la redevabilité sociale en se basant sur les principes de la bonne gouvernance

3.1.4 Défi n-5 : Disposition de financement à travers une capacité de mobilisation de fonds et un soutien coordonné des Partenaires Techniques et Financiers

Une SC mieux organisée constitue déjà un grand pas vers sa professionnalisation. Néanmoins, cela ne suffit pas pour la rendre effective sans les ressources financières nécessaires qui lui permettent d’opérer et lui assurent un minimum d’autonomie. En effet, comment les OSC pourraient-elles influencer (conduire des plaidoyers ou des interpellations) les politiques publiques ou des sociétés privées si ce sont toujours ces dernières qui leur octroient des fonds ? Comment pourraient-elles s’affirmer et engager le plus grand nombre de population à la base que si elles ne fonctionnent qu’au niveau national/régional et que si elles n’ont pas les moyens financiers leur permettant de mener des actions de proximité.

La disposition de financement à travers :

(i)

une capacité grandissante de la SC en mobilisation de fonds et

(ii)

une prédisposition des partenaires techniques et financiers à coordonner leurs efforts pour accompagner les actions de la SC est à la base même des stratégies définies dans la présente note politique.

(iii)

une politique ferme des PTF à exiger une intégration systématique de la SC dans la conception, conduite et suivi-évaluation de tous les programmes sectoriels ou intersectoriels de l’Etat particulièrement ceux relatifs à des secteurs stratégiques.

Pistes d’actions et recommandations

Ces appuis techniques et financiers des bailleurs pourraient prendre plusieurs formes et peuvent intervenir dans les quatre axes prioritaires précédemment exposés.

La subvention au niveau d’une OSC ou de groupements d’OSC par rapport à des projets et activités bien ciblées.

La mise en commun de ressources/basket fund (à l’instar du VIF) pour des appuis organisationnels de la SC en général ou toujours la réalisation de projets spécifiques.

L’insertion systématique et le financement des actions de la société civile dans les programmes sectoriels d’Etat.