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Etude de cas Dimension : Engagement citoyen Thème : Volontariat En Collaboration avec ISTS Institut
Etude de cas Dimension : Engagement citoyen Thème : Volontariat En Collaboration avec ISTS Institut
Etude de cas
Dimension : Engagement citoyen
Thème : Volontariat
En Collaboration avec ISTS
Institut Supérieur des Travailleurs Sociaux

Sommaire

RESUME EXECUTIF

3

I. CONTEXTE

6

II. HISTORIQUE

7

III. INTRODUCTION

8

IV. METHODOLOGIE

11

V. RESULTATS DE L’ETUDE

13

Motivations à devenir bénévole ou volontai re

16

Les impacts du bénévolatvolontariat

18

Les limites et/ou les freins au bénévolat (volontariat)

18

Diagnostic des OSC de la région Vatovavy Fitovinany

19

a. Les forces des OSC

19

b. Les faiblesses des OSC

20

c. Les opportunités

21

d.

Les menaces

21

VI. RECOMMANDATIONS

2 3

VII. CONCLUSION

28

ANNEXES

29

RESUME EXECUTIF

Le projet « Détermination de l’Indice de la Société Civile à Madagascar » initié par CIVICUS Alliance Mondiale pour la Participation Citoyenne, financé par le PNUD par le biais du programme Droits Devoirs et Cohésion Sociale – DDCS et mis en œuvre par le consortium MSIS CNPC a permis de connaitre l’état de la Société Civile à Madagascar à travers cinq dimensions qui sont : Engagement citoyen, Pratique des Valeurs, Niveau d’organisation, Perception des impacts et Environnement Extérieur.

Les enquêtes quantitatives menées sur terrain ont permis de construire le diamant de la société civile. Mais pour avoir plus d’information, plus de connaissances sur des thématiques jugées pertinentes par la société civile malgache représentée par le Comité Consultatif National – CCN et surtout pour affiner les résultats de ces études quantitatives, des études de cas, pour appréhender le côté qualitatif desdites dimensions, ont été entreprises. C’est le cas pour la dimension « Engagement citoyen » qui a été focalisée plus particulièrement sur les concepts de bénévolat et de volontariat.

Cette thématique porte sur deux volets :

l’engagement social qui fait référence à la participation des citoyens dans les activités sociales des organisations ;

et l’engagement politique qui fait référence à la participation des citoyens aux manifestations politiques et toutes les formes de défenses de droits.

Le choix de ces concepts est important pour Madagascar, car il est très primordial de savoir comment fonctionnent les OSC pour pouvoir les renforcer, surtout en termes de ressources humaines. D’autant plus que le résultat des enquêtes quantitatives sur cette dimension montre un score assez faible.

Cette étude a permis de mesurer aussi bien l’engagement social que l’engagement politique de chacun.

Les questions majeures, qui ont été posées, sont :

Quelle est la conception du bénévolat/volontariat à Madagascar ?

Quelles sont les motivations à devenir des bénévoles/volontaires ?

Quel est l’impact du volontariat sur la société ?

Quelles sont les limites du bénévolat/volontariat ?

Les hypothèses d’étude sont :

Les OSC malgaches n’engagent jamais de volontaires.

Les membres des organisations actuelles, comme ceux d’autrefois, font preuve d’un engagement fort (profond et étendu) dans l’exercice de leurs devoirs.

Tous les groupes sociaux sont représentés dans les instances sociales.

La promotion de bénévolat s’avère nécessaire pour que la population entière s’engage dans une organisation.

La méthodologie adoptée est basée sur la participation de tous les acteurs du monde associatif allant de l’équipe de l’ONC jusqu’aux bénéficiaires en passant par les différents types de membres des OSC sans oublier les partenaires techniques et financiers.

L’étude a commencé par l’exploitation des ressources documentaires puis l’établissement des questionnaires et l’élaboration des grilles d’entretien. Les entretiens étaient semi dirigés et les

enquêteurs laissaient les personnes enquêtés s’exprimer librement sans les couper pour ne pas troubler le fil de leurs pensées afin d’avoir le maximum d’informations.

La méthode d’analyse FFOM – Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces a été adoptée pour diagnostiquer l’état de l’engagement citoyen à travers les concepts volontariat et bénévolat dans les OSC.

L’étude a été mené dans la de la région Vatovavy Fitovinany et à cause du temps imparti qui est assez limité, seules cinq OSC ont pu être approchées et ont répondu aux enquêtes :

Association Internationale des Charités (AIC) ;

Ravinala ;

Mahavagnona ;

Trano Aro Zo.

Les raisons du choix de ces OSC reposent sur les critères suivants : l’existence de tous les répondants au sein de l’organisation (dirigeant, membres bénévoles ou volontaires, membres salariés, bénéficiaires), ensuite, ces OSC ont déjà participé aux enquêtes quantitatives et enfin, ces OSC œuvrent dans le domaine de développement.

L’étude a fait ressortir qu’il n’y a pas de véritable volontaire au sein des OSC mais de volontaire bénévole ceci est la conséquence directe de l’absence de cadre légal régissant le volontariat.

Par ailleurs, il a été constaté qu’il n’y aucune politique de gestion de ressources humaines au sein des OSC enquêtées et les règles élémentaires contenus dans les textes régissant le travail ne sont pas respectées.

Les motivations des bénévoles, sans qui les OSC ne peuvent pas fonctionner, sont :

En premier lieu, « l’union fait la force » ;

Puis la conviction religieuse ;

Le fait d’avoir un travail

La correspondance avec les études effectuées

l’entraide

la réputation de l’OSC

les relations ;

le « fihavanana ».

Quant aux bénéficiaires, ils affirment que l’existence des bénévoles est bénéfique tant pour les OSC que pour eux mêmes car ils apportent, de par leurs actions, des changements positifs au niveau de la société, tels : le respect des droits humains, les secours palliatifs (lors des différents évènements), la scolarisation, le développement rural, l’esprit de solidarité entre les membres et ceux qui ont le même lieu d’origine, bref une amélioration des conditions de vie des populations cibles.

Il en ressort aussi que les principales faiblesses des OSC sont :

l’insuffisance matérielle et financière ;

le manque de compétences.

Les résultats de l’étude permettent entre autres de constater que les concepts de volontariat et de bénévolat sont encore mal compris voire méconnus au sein de ces OSC.

Le développement et l’épanouissement du volontariat sont grevés par le manque de fonds. Ceci est normal du fait que le pays même est dans une pauvreté extrême. L’efficacité manque aussi car on favorise plutôt le relationnel que les compétences.

En résumé, l’étude a permis de constater que le volontariat à Madagascar s’apparente plutôt au bénévolat mais à la différence que le volontaire bénévole perçoit parfois des indemnités dans l’accomplissement de ses missions et des tâches qui lui sont confiées.

L’étude a par ailleurs prouvé qu’il est urgent et nécessaire d’entreprendre des actions pour « professionnaliser » le volontariat à Madagascar en mettant en place le cadre légal nécessaire et l’environnement propice à son développement. C’est pour cela que la mise en place et l’opérationnalisation d’un centre de volontariat est plus que nécessaire.

I.

CONTEXTE

L’Indice de la Société Civile » ISC est un projet d’action recherche destiné à évaluer l’état de la société civile dans les pays du monde. Il s’agit d’un outil qui aide à renforcer le dynamisme et la stabilité de la société civile pour lui permettre de contribuer activement aux évolutions sociales positives.

Au titre de l’exercice 2010/2011, le Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD à

Madagascar a initié un programme intitulé « Droits, Devoirs et Cohésion Sociale » DDCS, à travers trois principaux objectifs :

- Réduire les violations majeures des droits humains ;

- Réduire les actes d’incivisme ;

- Réduire les risques d’aggravation de la violence, des conflits et de l’insécurité.

La Société civile sera des partenaires privilégiés du programme par le biais de la signature des contrats d’objectifs. En effet, cette dernière a un rôle d’interpellation, de « watchdog » et de mise en œuvre d’action de développement. Pourtant, on assiste actuellement à Madagascar à un manque important d’informations sur la Société Civile permettant d’apprécier cette contribution et de prendre les décisions adéquates pour renforcer de manière effective et pérenne ses capacités.

C’est pour contribuer à pallier à cette situation que le projet portant sur la Détermination de l’Indice de la Société Civile a été initié par le PNUD, afin de permettre d’analyser les forces et faiblesses des OSC malgaches et d’identifier les actions de renforcement de capacités nécessaires.

Le Consortium MSIS CNPC constitue l’Organisation de Coordination Nationale dont les principales attributions sont de gérer et de coordonner la mise en œuvre de l’ISC à Madagascar. Le Consortium a fait appel à l’Institut Supérieur du Travail Social ISTS pour réaliser l’étude de cas sur l’engagement citoyen basé sur le volontariat et le bénévolat afin d’avoir une meilleure connaissance sur l’influence de ces concepts sur cette dimension.

II.

HISTORIQUE

Depuis les temps immémoriaux, le volontariat à Madagascar s’exprimait plus particulièrement à travers l’entraide qui faisait partie intégrante de la culture et de la mentalité des malgaches, c’est la forme la plus courante du Fihavanana. Beaucoup de dictons, de proverbes et autres contes s’en étaient illustré. Les mots tels « asa tana maro » ou « asa vadi drano », qui signifient à plusieurs, une tâche se réalise facilement.

Le fokonolona, expression primitive de la société civile se base sur le fihavanana. Les gens s’entraidaient volontairement. En ce temps, volontariat impliquait solidarité.

Durant la colonisation, le volontariat était l’apanage de la frange aisée de la population à travers les actions sociales de charité et des missionnaires qui avaient accompagné la conquête coloniale ; volontariat signifiait alors charité ou activité pour se faire bonne conscience. C’étaient les engagements forcés qui prévalaient auprès de la population « indigène » (Service de la Main d’œuvre pour les Travaux d’Intérêt Général SMOTIG).

Après l’indépendance jusqu’à la fin des années 80, c’était le service national qui était synonyme de volontariat et c’était le bénévolat qui prédominait dans les associations durant cette période.

Ce n’est que vers la fin des années 90, que la société civile malgache a commencé à se structurer, que le volontariat dans son visage moderne est aussi apparu mais très timidement avec les premières accords de siège octroyés aux ONG internationales. Le sens de volontariat a aussi évolué et est devenu appui au développement humain, il est alors indissociable du monde associatif.

L’objectif de cette étude est, comme il est stipulé dans les termes de références, donc de connaître un peu plus la situation du volontariat, de son influence et son impact sur la vie, cela sur tous les plans, de la population malgache.

III.

INTRODUCTION

La crise politique et son pendant, la perte de confiance envers les institutions, la crise économique et son principal corollaire, le chômage, l’irruption dans le discours des uns et des autres de notions plus ou moins bien définies (transparence, redevabilité, gouvernance, équité, …), tout cela concourt à forger une nouvelle conscience collective des citoyens et à donner à certains d’entre eux, notamment aux plus jeunes, l’élan mobilisateur nécessaire et suffisant à un engagement volontaire au service d’une cause, certes idéalisée, mais également traduite dans des faits. Alors, accompagnant ce mouvement, vont éclore des dizaines d’associations. Le volontariat est alors considéré comme étant la seule voie d’expression de cet élan de solidarité surtout dans les pays du Nord.

L’impact des médias aidant, les thèmes se rapportant à la solidarité envahissent une opinion publique toujours plus informée et plus active. Celle ci évolue sensiblement sous l’effet conjugué de la formation et de l’information. Avertis de la précarité et de la détresse qui touche certaines franges ou chez des groupes entiers au sein de la société, des individus de plus en plus nombreux s’engagent dans le processus associatif pour essayer de combler les lacunes laissées par l’État et les organismes traditionnels, tels les syndicats, les partis politiques et les Églises.

Le volontariat à Madagascar se trouve encore actuellement dans sa phase embryonnaire, malgré quelques tentatives de mise en place de cadre légal au début des années 2000, aucun texte ni aucune loi spécifique n’est jusqu’à maintenant sorti ; le volontariat reste donc soumis à des textes d’ordre général principalement le code du travail et les textes y afférents et les textes sur les associations et les ONG. L’absence de ce cadre légal rend possibles toutes les interprétations de la relation entre volontaires et associations, au détriment des uns comme des autres.

LES ACTEURS DU MONDE ASSOCIATIF

Les volontaires constituent une population mal connue du grand public et souvent confondue avec d’autres catégories de personnel du monde associatif. Il faut, en effet, reconnaître la grande diversité des acteurs intervenant dans ce domaine. À défaut d’une classification unanimement acceptée, il est néanmoins possible de dégager quatre grandes catégories au sein d’une OSC :

- les donateurs, adhérents, membres bienfaiteurs : ils soutiennent les projets de l’association par une participation financière ;

- les bénévoles : ils apportent leur concours gratuit aux activités de l’organisation. Ils peuvent être membres du conseil d’administration, participer au fonctionnement de l’association et/ou à des actions de mobilisation pour des campagnes de solidarité ;

- les salariés permanents: ils travaillent au siège de l’association pour en assurer le fonctionnement;

- les volontaires: indemnisés ou rémunérés, ils constituent le personnel expatrié de l’association.

Volontaire, bénévole, salarié … les termes varient selon les circonstances et le contexte. Dans les faits, le bénévole est, le plus souvent, celui qui travaille au siège de l’association, de manière ponctuelle, à temps partiel. Il n’est pas rémunéré et garde son statut social initial (étudiant, salarié, retraité, fonctionnaire, …).

Le volontaire, quant à lui, s’engage dans des actions de solidarité. Il travaille sur le terrain, à temps plein, souvent pour une mission de durée correspondant à la durée de vie du projet ou du programme d’appui. Il est indemnisé par l’ONG qui l’emploie et perd son statut initial.

Par rapport au salarié, le volontaire ne «vend » pas son travail, et ne perçoit donc pas de salaire mais des indemnités qui sont une compensation financière destinée à subvenir à ses besoins. Du reste, le montant des indemnités versées au volontaire ne dépend ni de la fonction qu’il exerce, ni de l’activité qu’il pratique, ni du niveau de compétence demandé.

LES CONCEPTS DE VOLONTARIAT ET DE BENEVOLAT

Le concept de volontariat, « professionnellement » parlant, est encore méconnu à Madagascar. Il y a souvent confusion avec celui de bénévolat. Il est donc primordial de différencier ces 2 notions avant de parler de ce qui fait l’objet de cette étude.

Nous allons commencer par le concept de bénévolat. Nous allons tout d’abord essayer de le définir puis d’expliquer son essence.

Le bénévolat est un geste de solidarité mais il peut être également utilisé comme tremplin dans la vie active. L’entrée de plus en plus tardive sur le marché du travail, due à l’allongement des études et à la difficulté de trouver un premier emploi, est un facteur qui peut inciter les jeunes à s’investir, en marge de leur formation principale, dans des expériences associatives propices à enrichir leur parcours. En revanche, pour les moins jeunes et ceux qui ne travaillent pas (mère au foyer, personne à la recherche de travail), le bénévolat permet de continuer à jouer un rôle social, d’avoir des responsabilités, de transmettre un savoir faire et des compétences et en définitive de se sentir toujours utile.

Les domaines de prédilection de l’engagement bénévole sont les sports; les loisirs, l’éducation populaire, le tourisme social; la culture; l’action sociale; les associations d’opinion, d’expression, de défense des intérêts; l’éducation et la recherche ; l’environnement, les églises, les associations professionnelles, les actions caritatives et humanitaires et la santé.

Il est à noter que s’engager bénévolement c’està dire gratuitement pour une association humanitaire n’a pas la même signification qu’adhérer à une association sportive ou culturelle. Dans ce dernier cas, il suffit de s’inscrire et de cotiser pour être membre et pour ainsi profiter de certains services. En ce qui concerne une organisation humanitaire, la motivation est différente, puisque être membre implique de s’investir pour les autres, de faire siens les objectifs de l’association, d’adhérer à ses valeurs, d’en défendre les idées et de les diffuser si besoin. Cela relève, pour ainsi dire, du militantisme, de l’engagement politique.

Le volontariat est par contre défini comme suit :

Les volontaires sont des citoyens engagés . Acteurs et témoins, ils participent au sein d’une OSC à une action de solidarité de développement ou d’urgence humanitaire. Pour un temps déterminé, ces volontaires mettent leurs compétences, de façon désintéressée , au service d’une population qui en a exprimé le besoin.

En résumé, être volontaire, c’est donc travailler avec une OSC :

- pour une action de proximité ;

- dans un engagement solidaire ;

- dans tous les domaines d’intervention : urgence / réhabilitation / développement.

Le CEIV (Centre d’études et d’information sur le volontariat), plutôt que de différencier les deux termes, préfère les réunir autour de cinq fondements principaux: « Le bénévole ou le volontaire est celui qui s’engage (notion d’engagement) de son plein gré (notion de liberté) de manière désintéressée (notion d’acte gratuit) dans une action organisée (notion d’appartenance à une structure) au service de la communauté (notion d’intérêt commun).

A Madagascar, le volontariat s’apparente plutôt au bénévolat mais à la différence que le volontaire perçoit des indemnités dans l’accomplissement des tâches qui lui sont confiées.

Il faudrait par ailleurs différencier 2 types de volontaires qui ont des traitements complètement différents :

- le volontaire malgache ;

- le volontaire étranger.

IV.

METHODOLOGIE

L’étude de cas sur le volontariat à Madagascar s’est reposée sur une démarche qualitative s’appuyant sur les points de vue des différents acteurs que sont les volontaires euxmêmes, les OSC où ils travaillent, les partenaires techniques et financiers (PTF) et les bénéficiaires des projets ou des programmes d’appui dans lesquels les volontaires interviennent.

La méthodologie adoptée est la suivante :

Séance de travail avec le mandant pour avoir une compréhension commune des Termes de Références et surtout pour connaître ses attentes ;

Elaboration de l’offre d’intervention :

Etablissement du calendrier de l’étude ;

Proposition de la méthodologie d’intervention : élaboration des grilles d’entretien, échantillonnage ;

Détermination des conditions de réalisation.

Présentation de l’offre et demande d’approbation de l’approche méthodologique proposée ;

Réalisation de l’étude et collecte des informations ;

Compilation et analyse des résultats ;

Rédaction et remise du rapport pour validation ;

Intégration des remarques et finalisation du rapport.

Calendrier

L’étude a démarré par une séance de travail avec l’ONC pour le cadrage de départ et la validation de la méthodologie. Pour la cohérence globale des analyses et des recommandations, un canevas commun de rapport a été également discuté.

L’étude a été réalisée dans la région de Vatovavy Fito Vinany et s’est déroulée du 15 juillet au 15 septembre 2011.

Elaboration des grilles d’entretien

Afin d’analyser le dispositif de volontariat et son évolution, trois grilles d’entretiens ont été élaborées, proposées et validées par le consortium MSIS CNPC, organisme national de coordination, à savoir :

(1) la grille d’entretien destinée au volontaire en poste qui vise à collecter les informations sur le volontaire lui même afin d’en déterminer la typologie, la description de sa mission, ses tâches et responsabilités, sa motivation, ses conditions de travail, ses attentes ;

(2) la grille d’entretien auprès des OSC d’accueil : leur motivation, la qualité du travail du volontaire, leur perception de l’impact du travail du volontaire par rapport aux bénéficiaires, les conditions de travail offertes au volontaire ;

(3) la grille d’entretien auprès des bénéficiaires des actions des OSC : la qualité de travail du volontaire, leur perception de l’impact du travail du volontaire.

L’analyse Gestion des Ressources Humaines GRH concerne l’évaluation des pratiques en gestion de personnel dans les OSC surtout des conditions de rémunération et de travail en général.

L’objectif de cette analyse est de déterminer la pertinence, l’efficacité et l’adéquation des pratiques de GRH au sein des associations et des ONG.

L’évaluation des pratiques en GRH s’est déroulée en plusieurs étapes :

Premièrement, le recueil et l’analyse des données secondaires (documents sur des études déjà entreprises en la matière) ont permis une imprégnation des terrains d’étude et le ciblage des aires de questionnement ;

Deuxièmement, des entretiens avec les volontaires et les dirigeants des OSC ont été organisés pour recueillir leurs opinions sur le sujet ;

Troisièmement, la comparaison des résultats obtenus avec les résultats de l’étude quantitative.

L’échantillon

Le choix des critères d’échantillonnage a été conditionné par la durée assez limitée allouée à l’étude (initialement 4 semaines), il fallait alors se cantonner aux OSC choisies aléatoirement selon les critères de localisation : urbaine et rurale, proche et éloignée de l’agglomération principale comme lors des enquêtes quantitatives.

Les conditions de réalisation Les enquêtes se sont généralement bien déroulées et les enquêtés, les volontaires, les OSC d’accueil et les bénéficiaires se sont montrés très compréhensifs, coopératifs et disponibles malgré une certaine réticence voire méfiance par rapport à la finalité de l’enquête car plusieurs enquêtes ont été entreprises sans qu’aucun feed back ne leur soit parvenu.

Le traitement et l’analyse

Le traitement et l’analyse des données ont comporté les étapes suivantes :

Compilation des questionnaires et saisie des données et des informations;

Analyse statistique des résultats : fréquence et moyenne ;

Interprétation qualitative des données calculée et des informations recueillies : pertinence, efficacité et impact ;

Analyse sur la situation actuelle du volontariat et la contribution du volontariat au développement humain avec une mise en évidence des bonnes pratiques.

Bref, l’approche méthodologique adoptée se veut d’être compréhensive et participative.

V.

RESULTATS DE L’ETUDE

Objectif de l’étude

L’objectif de l’étude est de connaître le niveau de perception du volontariat, d’en appréhender les effets et les impacts sur la vie des populations bénéficiaires des programmes d’appui.

L’analyse mettra en évidence aussi les forces et les faiblesses du volontariat ainsi que les opportunités et les menaces qui pourraient survenir. Elle permettra entre autres de faire ressortir les bonnes pratiques qui permettraient de répondre d’une manière adéquate aux enjeux actuels du développement.

Pour une meilleure appréhension de la problématique du volontariat, il est nécessaire de différencier le volontaire malgache du volontaire étranger.

Cas du volontariat malgache

Structure de l’étude

Les répondants

Les répondants sont constitués par des personnes issues du monde des OSC, à savoir :

Les dirigeants ;

Les membres bénévoles ;

Le personnel salarié ;

Les bénéficiaires ;

Les partenaires techniques et financiers.

Les OSC qui ont participées aux enquêtes sont :

- A.I.C (Association Internationale des Charités)

- RAVINALA

- TRANO ARO ZO

- MAHAVAGNONA

- MITSINJO

Résultats

Constat général

Il n’y a pas de véritable volontaire à Madagascar, le travail au sein des OSC est un chômage déguisé, il est pour la plupart du temps informel, il n’y a aucun contrat écrit qui lie le travailleur et l’OSC, c’est une entente verbale, de gré à gré, avec les conséquences que cela implique pour les 2 parties (horaire et charge de travail, rupture de collaboration, etc.).

Il n’y a donc aucune politique de gestion de ressources humaines au sein des OSC enquêtées et les règles élémentaires contenus dans les textes régissant le travail ne sont pas appliquées, telles les déclarations à la CNAPS et aux organismes sanitaires.

Les supposés volontaires travaillent par conviction ou ils n’ont rien d’autres à faire, car c’est çà ou rien.

Ces supposés volontaires n’ont pas non plus de compétences spécifiques, ce sont des généralistes qui peuvent intervenir ou faire n’importe quelle activité tant qu’il y a quelques choses à gagner.

En ce temps de crise, l’économie est au ralenti et les financements des bailleurs se tournent plutôt vers le social et l’humanitaire, ce sont les OSC et les organisations dites intermédiaires qui bénéficient des fonds des donateurs, elles sont alors devenues des employeurs et les actions de ces OSC sont une aubaine pour les personnes qui ont perdu leurs emplois et qui se convertissent en « volontaires » pour gagner un peu d’argent.

Ces supposés volontaires sont issus de toutes les catégories socioprofessionnelles, c’est à dire il n’ya pas de distinction de genre, d’âge, d’éducation, ni de profession, tous les niveaux sociaux sont concernés.

Les formes de volontariat

A cause des lacunes des textes, il y a une certaine confusion entre les différents acteurs du monde associatif, il n’y a pas de distinction claire entre dirigeant, bénévole, volontaire, salarié etc., un membre peut être tout cela à la fois.

Rares sont les véritables volontaires, la seule forme de volontariat dans la région d’enquête qui a pu être identifiée est un mix bénévolat volontariat. Le volontaire bénévole est un membre de l’OSC qui est rémunéré ou indemnisé à partir des financements obtenus pour réaliser certains projets des PTF.

Le salarié est une personne qui a été engagé pour assurer en permanence le fonctionnement administratif de l’OSC, mais il peut être aussi membre de l’association. Dans la plupart des cas, ces personnes sont employées sans respect de la législation du travail : salaire minimum, prévoyance sociale, etc.

Typologie des volontaires bénévoles

Catégorie sociale Plus de 60% des personnes opérant en tant que membre bénévole ou salarié dans les OSC sont des femmes. 50% de ces personnes ont plus de 55 ans ; la proportion de jeunes de moins de 35 ans est de 30%.

Stabilité Moins de 30% ont des anciennetés de plus de 10 ans dans la même OSC. Environ 40% ont moins de 5 ans d’ancienneté.

Les volontaires bénévoles sont des membres des OSC, plutôt du genre féminin, d’un certain âge et sont plus ou moins fidèles à leurs organisations.

Concernant les salariés, ils sont en moyenne au nombre de 1 ou 2 au sein des OSC enquêtées, ces personnes s’occupent principalement de la partie administrative et des projets gérés par les OSC.

Compréhension des concepts de bénévolat et de volontariat par les acteurs

Selon les dirigeants des OSC , le bénévolat est une vocation. C’est une initiative personnelle et volontaire. Le bénévolat est considéré comme un devoir envers la société. C’est la contribution du volontaire bénévole au développement du pays. Le bénévolat est aussi perçu comme des actes de charité. Mais le bénévolat reste surtout une pratique basée sur l’aide à autrui surtout aux plus démunis et aux plus vulnérables. Les dirigeants interrogés n’ont pas fait de distinction entre le bénévolat et le volontariat, pour eux c’est du pareil au même.

Selon les volontaires bénévoles, être volontaire bénévole nécessite une forte et grande dose de bonne volonté. Il s’agit d’un dévouement pour servir son prochain. La motivation principale des bénévoles volontaires, surtout ceux d’obédience religieuse, est l’amour de son prochain. Pour le volontaire bénévole, c’est donc tout simplement aider mais tout travail mérite « compensation ». Ici aussi, il n’y a pas de différenciation entre bénévolat et volontariat.

D’après les bénéficiaires des actions entreprises par ces OSC, le bénévole volontaire est animé par l’amour de ses semblables. Il réalise un travail qualifié de gratuit. Les bénéficiaires définissent le volontaire comme une personne dévouée. Le volontariat est donc, pour eux, surtout

une action caritative pour le bien commun. En somme, le bénévolatvolontariat se pratique pour servir autrui.

A partir de tout ce qui a été dit, on peut conclure que le concept de volontariat est mal connu voire incompris par les gens, ils le confondent avec bénévolat.

Les résultats des enquêtes ont montré que les OSC sont majoritairement composées de volontaires bénévoles. Rares sont les vrais volontaires ayan des missions clairement définies. D’autant que faute de moyens, les OSC ne peuvent se permettre d’engager des volontaires sauf dans le cadre d’un partenariat avec des OSC du Nord; ce qui confirme l’hypothèse : « Les OSC malgaches n’engagent jamais de volontaires ». Toutefois, quelques ONG internationales présentes dans la région disposent de volontaires.

Lien entre volontariat et activisme social

Un lien fort est surtout constaté au niveau des dirigeants en terme de bénévolat, les OSC sont principalement créées pour combler les lacunes au niveau des prestations publiques et pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population surtout de la frange la plus vulnérable. Les OSC opèrent pour la plupart dans le domaine social. Le problème est qu’il y a parfois des dérives, les actions sociales menées sont utilisées pour faire de la propagande politique dans le but d’être élu à des mandats électifs.

Mais la majorité des acteurs sont quand même convaincus que le développement du pays passe par une société civile forte et active et le font sans aucune arrièrepensée.

Motivations à devenir bénévole ou volontaire

Diverses raisons peuvent pousser une personne à devenir bénévole ou volontaire. Les quelques conceptions du bénévolat/volontariat citées plus haut constituent en elles mêmes des motivations.

1 D’après les dirigeants des OSC les raisons sont :

La conviction religieuse : c’est l’envie et la volonté d’aider son prochain. C’est aussi pour se faire bonne conscience. Pour certaines communautés religieuses, les activités sociales sont un moyen parmi tant d’autres pour asseoir leur religion, le volontaire bénévole fait en même temps de l’évangélisation.

L’ argent (per diem, indemnité): les volontaires bénévoles membres des OSC ne demandent pas explicitement de rémunération, mais ils perçoivent parfois des indemnités ou des per diem pour les travaux accomplis dans le cadre de projets financés par des PTF. L’existence d’indemnité procure une certaine satisfaction et constitue une motivation supplémentaire pour réaliser les actions sociales des OSC.

La relation : les relations interpersonnelles sont des besoins humains parmi tant d’autres. Ces besoins méritent d’être satisfaits, ne seraitce que pour étoffer le portefeuille relationnel en augmentant le nombre de connaissances, une des façons d’avoir beaucoup de relations est l’adhésion dans une OSC.

L’ expérience : les OSC sont des pourvoyeurs d’emplois à travers les activités et les projets qu’elles entreprennent ; le volontariat permet donc à des personnes inexpérimentées d’en acquérir. Certains membres œuvrent dans les OSC avant d’entamer une carrière professionnelle ou en attendant de trouver un emploi.

Ces motifs nous indiquent que les dirigeants voient les motivations des volontaires bénévoles plutôt du côté personnel et pratique.

2 D’après les volontaires bénévoles, leurs motivations sont surtout basées sur :

Le Fihavanana : c’est un concept profond et spécifique de la société et de la culture malgache. Il ne s’agit pas seulement d’entretenir des relations mais c’est aussi un état d’esprit. Le Fihavanana a lien avec beaucoup de choses : la famille d’origine, le lieu d’origine, l’esprit de l’unité, les valeurs morales, et même le bien commun comme le bien familial (rizière).

Le travail : la conjoncture actuelle a entraîné des suppressions massives d’emploi. Le chômage touche une grande partie de la population. L’adhésion à une association en tant que membre volontaire bénévole permet de gagner un peu d’argent. C’est un palliatif à l’oisiveté et cela peut être une source de revenue supplémentaire.

L’ union fait la force : s’unir est considéré comme une force pour entreprendre des choses ou des activités pour le bien être commun .

L’ entraide : c’est une forme de solidarité et cela fait partie du Fihavanana. Les volontaires bénévoles peuvent aider leurs semblables qui sont en difficulté à travers les actions de leurs OSC. La nature de l’aide est très variée. Elle est peut être matérielle, morale, psychologique ou autres selon les besoins des bénéficiaires et en fonction des possibilités des l’OSC.

Les raisons sus évoquées poussent certains volontaires bénévoles à adhérer à plusieurs OSC à la fois. Ceci implique un certain activisme et un certain engagement de leur part.

Ce fait confirme l’hypothèse : « les membres des organisations actuelles, comme ceux d’autrefois, font preuve d’un engagement fort (profond et étendu) dans l’exercice de leurs devoirs ».

Ils voient en cette pratique une meilleure façon de s’exprimer dans la société et pour la société. En plus de ces motifs, l’appartenance à plusieurs OSC peut s’expliquer comme suit :

- L’existence d’activité toute aussi intéressante dans d’autre OSC ;

- Pour avoir plus de relations ;

- L’une pour gagner de l’argent et l’autre pour servir et donner ;

- L’importance de la famille ou l’importance de l’origine ;

- Etre en bonne santé (sport) ;

- La défense des droits ;

- Le partage ;

- L’acquisition d’autres expériences.

Relations entre volontariat et engagement politique

L’engagement politique d’un volontaire bénévole dépend