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ET

DE

LA

DE

SA

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'tI

,

DO CTRIN E OE,L ESTE;

D'après ce qu'en a entepdu dû Ciel

~MANUEL Baro~de SW~'DENB9RQ~

FIDELE

SERViTEUR

••

DU SEIGNEUlt.

j

,

précédé d'une brêve Dl S S E R T

~ T ~p;t

TOUC~ANT

f,-e Tout ~dèlement rendu du LAT 1 N en FR~NÇAI~ dans l'unique vuë que la V .E'RITE~puiffe devenir

1

.

,

,

-.

l1uffi familière au Monde? qu'il h~i iu,tporte qu'elle le dev~enne~

.'

l

.

LON DR E S:

M pCC LXXXlf'

~mprjmé, et vendu par R. HAWES, ~o~ 40, .pQr:ftt:8~reci,

.

'.

Spita!fielJs ~ -

Et

aulfi

fhez

p. E1-MSLEY, yis-à-vis SO(4tham/Jto'l-Stmt,

.

et

Fils,N o. 2,

New

StrafIJ;

J. DENI~.

Bridge-StrCft,' pfè~

l'ObeJiiqut' di;

Fleet-Street;

CRlBTIE, No. 2, Sidney's-4ilry, Lriafler-Firlds.

Et chez les prip~ipau~ Libra~res ~;;Il au.trt:1i gra!}dell Yille~

de l'~urope•.

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BIBLIOTRECA

RF.GlA

MON'\GEN8IS.

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E'P ITRE

DE'DICATOlkE

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ROI de

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F RA NeE.

~""""~~~~

Sire,

Q UAND l'Auteur de toutes vérités dei-

gna venir habiter parmi la Race dé-

. chuë d'Adam, ce ne fut ni aux Grands,

ni aux Puiffans de la Terre <iu'il cop,des. cendit d'abord de fe commumquer, mais de puis que par un effet de fa Mifériéorde infinie, et de fes tendres compaffions pour le Genre humain, Ce Dieu d'amour et de paix veillant fans ceffe au bien réel de fes Créatures a permis que les Grands et les

Puiffans reçuffent auffi fa Doarine et fa Vé- rite, au moins à l'Extérieur,' il eil devenu dès-lors de leur devoir /. effentiel de la pro· téger et de la faire aimer aux hommes par leur exemple. Falloit il des motifs plus pu- iffans que cette confidération, pour enga- ger le Traduaeur de ce petit Traité ou Sommaire et Expofé clair et précis de cette

t

ÎV

]

éE;,tES-rE

à reclamet VbTIli

'1l01'.aCTItlN iDY ALE pour un ouvrage, qui hiérite à tant d'égards celle de tous PR t NeES

Certes.il, feroit.à, r~nhaiteipour

b6c'huNE~

YER

TUEUX.;

le bIen de Illuri1amte f-n general que cet btivrage, qui ramène les homIhes au point central de toutes vérites, fut dans les mains Hé tdus leurs fujeb, et bientôt bn verroit ~effer totites ces Divifion~, tous Ces Efprits

bnt

tléchire le fein de l'Eglife Chtétienhe; d'au.:.

de partis qui

tant plus qu'il' efi· incomefiabie, que qui ~6hqlie Padoptera, ceffera de. dire; Je .fuiS

depuis

tant

de

Siecles

de, Paul,

ou Je .fuis

de

Céphas, ou je

fuiS

f],'Apollo, et s'emptelfera de fe montrer en réalité le Difiiple de Chrijl, qui efi de Dieu. Deignez donc, Sire, nonorer cette Traduc- tion de votre faveur royale, en ly. laiffant libreqient circuler dans vos Etats, ~ns l'af fU,raIlée que quiconque. aura confelJé l~ Sei·

lpteùr devant

les hommes,. Le filS -die l hom;.

me; Je conf~lIè.ra ao/ft

depant

l~s Anges

de

Dzeu,. et PuilTe 'Votre Regne

~ué di.u:ée, pour le bien de nôtre éhere Pa~ trie, et fe montrer jufqu'à la fin, .tE REGNE

etre

de

lon-

bE L;.'\ JUSTICE

ET DE LA VE'RITE'.

.

_

.'

Préfad~.

l

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A

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E.

Humblement adrejfle par le 'J'raduEleur ad Clergé de France en particulier, et à cet lui de tout le Monde Chrétien en général.

1. S'IL importe extrémement à tout être raifon-

k nable de parvenir à la connoiffance de la vérité, en Matières de Religion, plus encore qu'en toute autre Matière, c'eft fur tout à ceux qui pat état doivent diriger leurs femblables à cette fu- petlativement importante connoiffance, à faire hu,;.

mai'nement tout ce qui eft en leur pouvoir pour y a'triver eux mêmes, afin d'éviter l'accident fi'; cheux, qùi n'eft que trop commun parmi la Rac~ corrompuë d'Adam, de n'être que les AveugleS

des aveugles, et de tomber enfin aveci

ronduétears

eux dans la foffe,

ter; accident qui de. Siecle en Siecle n'a rendd

que trop applicable à l'Eglife cette parole du Seigneur en fon Prophête Efaïe, ch. iii. v. 12.'

qu'ils

devroient leur faire évi i

Man

Peuple,

ceux

qui

te guident

te

font

égarer"

et

t'ont fait perdre

la route de tes Chemins.

 

'

, 2. Depuis la Création du Monde jufqu'à ce jour, l'Ecriture nous prouve inconteftablement, que le Seigneur a conftament eû une Eglife fur la terre, c'eftà dire une Société d'hommes des quels il étoit plus intimément connu que des autres, et qui l'adoroient et le fervoient en efprit et en vé- rité, come l'Etre aU quel feul ils étoient rede. vables de tous les biens dont ils jouiffoient, tant

ri

p

R.

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A

C

~

au matériel qu'au Spirituel. En leur Principe toutes ces Eglifes ont toujours été en la plus parfaitte Charité, et par conféquent en la plus parfaine

Vérités qu'il leur

était le plus néceifaire [avoir'; et vie que

tous les Membres de cette Société fpirituelle, ditte Eglife, menaient à lors étant en tous points La

par

une .fuite de conféquences toutes naturelles, une Copie réelle et exaél:e de toutes les Vérités de

l'Ordre Divin: Tellement que parmi eux il ne pouvait y avoir aucun Défordre, et qu'à bien dire

Perception

interne

de

tOtites

les

;tIJIÏf

de

la

Charité et

de

l'Amour,

était

auffi,

J

~

Ciel étoit pour lors

come defcendu

fur

la terre.

Mais come fur cette terre rien n'eft encore arrivé à un état de fixité, et que par des Loix fagement établies f et dont 110US voïons journellement l'exécution, il f~ut abfol~cnt que le jour faffe place à la nuit ~t la chaleur au froid, auffi par d'autres loix fpirituelles, auxquelles les naturelles correfpon- ~el1t, dl-il arrivé, par une fuite du renverfement de l'Ordre primitif, que l'Eglife de Die\l a pa" ~ei1lementpa{fé, de la chaleur de fa primitive Cha- rité au refroidiffement, Etat au quel [es Mem- bres perdant fucceffivcment Cette Perception interne

cornmence-

rent à raifonller entre eux fur ce qu'il fallait croire

ou ne pas ~roire, et ce parce que leur cœur refroidi et comme engourdi ne fentoit plus in timérnent cette douce infiuance du Dieu d'amour et de vérité, cette fecrette VOIX qui était chez Içurs pères un Inftinél: infaillible qui leur faifoit furernent diftinguer au premier afpeél: ce qu'il était 'bon de faire ou de ne pas faire.

de

tout

ce

qui

t}l

vrai, jvjle

et bon,

3. L'Hiftoire des Siec1es paffés nous prouve fuf- fifcmmt qu'il en cft ainfi arrivé aux Eglifcs qui ont précède la Chrétienne; Or come ces Eglifcs ont

PRE'FACE

ont leur commencement et leur fin, leur jour

et leur nuit, leur Printems

même la Chrétienne a-t-elle auffi eu fon matin glorieux, fon miqi fervent, la fraicheur de fa foirée, et cft enfin venu à l'épaiffe obfcurité de fa nuit. ~i voudroit nier, ou qui pourroit douter de la vérite du fait, n'aurroit qll'à jetter un coup d'œil impartial fur ces Divifions ~xtraordinnaires qui ont déchiré fon fein depuis plufieurs fiecles, et

furtout fur ce Manque univerfel de Charité, d'A-

mour paternel, fraternel, conjugal, et filial, fe def-

et leur hivers, de

faut géf1lral de probité,

de bonne foi et de Candeur

qui prévalent univerfellement parmi tous fes Membres, de quelque Seél:e ou branche qu'ils puiffent être; Suite fatale, mais inévitable, de Cette

qu'i.1&

~ommencerent à étflblir vers le refroidiffement de

leur amour, cet J\mour Célefte, qui jadis avoit fait les Païens s'écrier, .Ah! come ces Chrétiens

.'aiment!

lirange Divifion

entre

la

foi

et les œuvres

4- S'ep f~rojt dOlle fait de l'Eglife aux jours nous vivons, et par tant bien-tôt du monde entier, (car l'Eglife du Seigneur eft au corps fo- cial, ou au gros de l'Efpece humaine en général~ ce que le cœur eft au corps animal) Si le Dieu tout-pui1fant, par la Parole du quel tout a été créé, tout eft maintenu et préfervé, ne rétabli[~

foit fes Brêches et ne relevoit lui même [es Mu.,. railles abbatuës; Mais come ce Dieu d'amour, Le Seigneur Jefus Chrift n'a jamais eû et ne peut jamais avoir en vuë que le Bien de fesCréatures, c::'eft à dire le Salut des hommes, auffi n'a-t-il ja- mais totalement abandonné fon Eglife, et a-t-il prévû et pourvû à ce qu'une nouvelle fucceda tou~ Jours à l'ancienne, avant même que celle':"ci fe [oit tQtale~ent détruite, par lç Déluge ou l'Inl" cendie

viii

,p

1t.

Ir

;p

ACE.

tend le éqorme de res Erreurs. A l'Effet ~e q'uoi~ lors qu'il l'"a trouvé indifpenf!1blement néceffaire, il ~ toujours envoyé aux hommes des Prophêtes et de [aints Perfonnages qu'il infpiroit lui même

pour qu'ils leur enfeigna1fèq~ les Vérités q~i s'~toient

t:ffacées de leur cœur, et pour les ramener peu à Pf'U au Droit Chemin dont ils s'étaient fourvoyés;

Ce que ces Saints Prop~êtes ont toujours fait en leur montrant, Celon la portee du peuple au quel ds étai-

ent

Mais come le Vice et l'Erreur font toujours beau~

cœur humain que la Vertu

ct la Vérité, aufli ces faints Perfonnages qui in- fifioient fur tout. fur le renoncement abfolu aux premiers, et la pratique et recherche affiduë des clernières, ont' toujours trouvé beaucoup d'ob11:a.

envolés, Le Véritable Ehrit 'de Ja Sainte Parole.

Coup plus analogue au

des à furmonter étaient envoïés,

petit nombre,

embraffé

de

la

et

ce

part

de ceux à qui ils

qu'un fort

n'a jamais été

qu'une Poigné~~Fhom;n~qui ~nt

.

--

leur Doél:rine.

. S. ~aRd l'Eglifè Judaïque, par, exemple, en

Fin, come cette fin était de nature

fut venû

à

fa

à

entrainer avec

elle

~a

perte

un~verfdle de tout

le genre humain, et come il ne fallait pas moins que la . Préfence du Dieu même qui avoit créé l'Ùnivers pour prévenir cette Perte g~nérale, auffi ce Dieu qui n'efi qu'amour Miféricorde et Vériré, prit-il fur lui de fe manifefier aux hommes, fous leur propre forme et nature, pour couper l(lr 14 racine tout le mal qui avait f~1Ït tant -de dégat parmi eux. Cette' Source unique de toutes Vérité~ eondefcendit donc à venir elle même enfeigner lux hommes toutes celles qu'il leur importait le plus de [avoir, et qu'ils étoient fufceP.tibles de re~ .cevoir. Cette unique Source de Fie VlOt rendre l'J

-Vie au Monde, qui çtoit fvr It: fQÏn~ 9'~ 1~ P1.

~

-

·

rp

il

efl le. ç'ftlr

PR.E~FAO~

pre pour t~ujours, parce q\le ~e q~i en

Ftoit détruit. Mais comme le Dieu de Gloire c()n! pefcenqit de venir au Monde dans le plu~ g ran abaiffeinent (état d'autant' plus néceffaire, qum ~toit

~'oppo[é diamétral de Fét état ~e SVPERBIi· sui avait ruiné l'EgliCe Jud~ïque) auffi, b.iep que; la venUf: ait été dès longtems apnqncée :,mx h~m:

mes par t0'ts fes [aints Pro.phêtesJ .n~anmQin~·.le~ hommes de [on fiec1e, qU01 que temOlnS Qculaue~ de toute~ f~s ceuvres, q~i leproclilP1Qient le Die}}

t

mais

4

~e l'Univ~rs; n~ voulurent point' ~rqi~e 'en' hli

ils' préférèrent Iles

T~nèbres ~ ~a'Lumifref

~arc~9.~e,~o~~ ï1 ~f;4f Rit hli~mêlTIe'A leurs lfu'Pre{

'etoient mauvaiJes. Ils pquffe.rent meme leur bar:

bare' avcugleme)1t jufqu~à 'vouloir ôter la 'vie de

çel-qi de

q,ui. i~s

t<:l1?ient

~a le\.lr!.

~out cel~ etOlt

conforme a\lX

deffems

rer.mit7il qu~ '~put' ,~~la llrrivi

~;tis ~9me

de

fa:

Sa w

geffe infin.ie, .apffi

(:.(in qzte tou~es tes f:r;tures fpJ!;n~ q(copjplies~ les

quelles

arriveroit ainfi. C~pendant UIf' petit nombre' de gens de peu dé c~mféq\.1ertcècrurent: t;r1 rûi, et cor. vaincus par [a qrace des, Vérit~s d~ fa p<4riI:e~

formerent enfin le? Premiel'~S Piêrres fondamentales

Nou,yelle Eg{ife, Q4'il venoit établir;" Eglifê

de fa

aVOlent

preclfement

pre(h~ que tout cel~

qui; quo~~ue .Qeapc~up,plp,s, G~ori~u,teq~e t~~Irf'

~elles qUl Lavq~ent precede.e, deYOit neanrnOll1S pafiq:

Fomme

régulier ,d,c (.;s di~cren? ~geSJ c:eft' à dire di l'Enf~nce à 1'Adolctccncc J de ceI~c-cia la Viri1itcl .et ternfioer en fil} à la 'çaduql.le Décrépitud~ ou pou~ la' v,?ïons attucllcment, 'afin: qu'auiE toute~

r:et(e' Egl;,A

ftrjJent tarrilletl1ent

elles

avoient 'fait' avant-cHe, par le cours

les

ECritures

qui ont, prédit touchant

{IF,c,~mpli~s~

,"

.".

"

-.

.

6.

Mais,

come

110US

avon~ ,déja

dit,

No.

4

~ue p~r un#:!:t. fI §o.~ !nfi~~jf Yi(I:jfprd~ (t .~~

-

r.'

.

'{J'f

x

PRE'FACE

[on Amour inépuiJable pour le Genre humain, Le Seigneur ne laiffe jamais le Monde totalement des

titué de fan Eglife, auffi a-t-il prévû et pourvû à ce qu'une nouvelle Eglift fucceda encore à cette dernière, La quelle il a même fait voir par avance

a

calypfe, fous l'Emblême d'une nouvelle ville, de la nouvelle Jérufalem, la Ste Cité, aux chapitres) xxi. et xxii. de ce Livre Myftérieux et prophé- tique. Cette Eglife, dont nqus allons donner ici

à St. Jean, et qu'il

lui

fait

décrire en fon Ap~

la Sublime DoElrine, doit fuperlativement furpaffer toutes celles qui l'ont devancée, tant en gloire qu'el'l

Majefté et Excellence,

mens font jettés, fur la Découverte du Sens Spi rituel et CéleJle des Saintes Ecritures, le quel n'a- vait encore jamais été ni même pû être dévoilé

aux hommes, parce qu'ils n'étoient point encore capables d'en fupporter la

parceque fes [olides fonde

,

7.

Les Tems font enfin venu~, où cette Dé~ou­

'lJerte du Sens Spirituel et Célejle de la Parole du Seigneur peut faire fon entrée parmi les hommes ; car tout cft progreffif en la Création, et cela doit s'entendre tant au fpirituel qu'au naturel. Afin donc de la leur faire parvenir, il a plut au Sei-

gneur de fe c;:hoifir parmi eu~ un Serviteur fi- dèle, dont la grande et profonde Erudition put confondre toûs les Savans de ce monde, et '!-U quel il a lui même dévoilé médiatement et im- médiatement les plus Secrets Myftères de fa Pa-

role, Et

cifément ce .qui nous a êté prédit par lui en St. Matthieu, étailleurs, et ç~ qu'ou doit entendre

par

ce ''parce qu'une telle Révélation eft pré

SECOND

°AVENEMENT.

SON

8.

Ce

Serviteur

fidèle,

n9mmé

EMAIH1Er

SWiDENBORÇ

nous a lai1fé

l'Explic:ation

de

pit

ce

S~n$

1

·1

"

PRE'FACE. xi

.

8ens

Spirituel

et

,

Célefte

des

Saintes

Ecriturt!§,'

dt>nt celui de la Lettre n'eft que l'Ecorce ou la Bafe, en huit volumes in 4to, dans les, quels font. expliqués verfet par verfet, et fouvent mot pour mot, tous les Chapitres de la Genèfe et de l'E-x-

forma, qui

comprend' de même toute l'Interprétation de la Révélation, ditte l'Apocalypfe de St Jean. Il nous a auffi laiffé divers autres Traités Théologiques, tous remplis d'une fageffe infiniment au deffus de l'humaine, et qui portent à chaque page la Mar- que évidente de leur célefte infpiration. Nous en

ode, et· un autre volume du même

donnerons une Lifte à la fin de cette Préface.

9. Nous ne tommes pas ignorans du danger qu'il- y auroit de croire trop à la légère à toute nouvelle Doarine qu'il pourroit plaire à quelque Cerveau brûlé de venir débiter parmi nous, et nous fentons toute la Force de cette affertions de St. Paul aux Galates, qui dit,~"nd nous mêmes

'Vous évangéliftrions, lU quand un Ange du Ciel v,ous ivangéliftroit un autre Evangile 'lue celuifJue nous 'lJOUS avons éwngéliJé, qu'il foit anatlme. Mais

nous favons auffi qu'il n'eft pas moins dangereux de refufer avec obftination, come firent jadis les juifs, du tems de l'Incarnation de Dieu fur terre, d'ajouter foi aux nouvelles Révélations et inftruc~ tions qu'il peut plaire au Dieu fait homme d'en~ voïer de tems à autres à fon Eglife, pour la retirer des épaitres ténèbres de l'Erreur où fes membres fe plongent d'eux-mêmes, . par un pen- -chant qui. leur eft, et de toute néceffité leur doit être naturel, vû que L'Imperfeaio" e.fl l'Apana~e

inflparable de toute Etre créé.

.

.

10.

Nous

favons d'ailleurs que fi d'un côte

et Couvent

c

2.

même

il

prefqu'impof-

fib1c

-en fort

difficile,

iii

~

tt

it

r

A c E~

nliie} aU thdins ert: apparenêe, de rien décîdef ~

s'an J

t10rtcer come un nouveau 'Prophêt,e, ;en nous difanq

cet

égard,

ldrsqu'il

plaità

quelqu'un, de

;Ai"fi. à . dit

Jéhovah;

ou

dinfi

,,,

dit.

le

Seigneur f

èle l'autret:ependant,

unique. SOurce. de Vérité

':II. ~à, Loi. et -aû 1'émoign'age~ tome dit tfa'ie, ou

â

~

ayant recours à la. feule et

~ubfifr~ parmi nous

qui

Moire et aux Prophétes, com~ dit Sn Luc; è'eft

dire

à

toute

la

ft

propre évidencej ,et que

le

Sei

:

Parole de Dieu, il devient tr.ès

facile. èt .très pbiéticable de difeerner tiztre la Yé:

te t'Érreur; d'autant plûs que La Y~rité réelle

,.ité

porte aVec foi

gncur

laitTer" eIÎt~èrement dêftitu,ée et dépourvuë de toui les Secours eifetbiels. ddrtt el\e pe,ut avoir befoiri en pareiUe èas; t'e!l:.:.à,:,pire ]YuntPièrre de Touché

a toujours trop aim~e fon Eglife; pdur la

d'u?e efficacité irifaillib. ~e' pou~ ~i~ingu:t en.t!e, ~~

\+rai

tonnoient à fon ,éga~d en, pareilles circ6nftances comment il pouv6it favoir les Eêritûres, .vû, cro'i.

oient

avoit point apprifes, Ma Doélrine n'dl pas miennej

le

Faux; car

Il

a

dIt aux JUlfs, qUl s e-

e~

~t dlfoient~ils alt>~s entre eu1t, qu~i1 ne les

lnaii etlé eji

de

ûlui ,ui m'a

rnvoïJ

SI

Q!!EL':'

~~Ù.N VEUT FAIRE SA VOLONTE', il coiznaitra de

la J)oétrine, Javoir ·,6 elle. efl l

Dieu, ou .ft

iparlt le m~i;'mémt. ,Puis ii ajoute; c9m~ marque

~araaériftique et difrinétive entre la Vérité et l'Erreur~, marque qui ne fauroit jamais décevoir quiconque .veut faire la volonté de Oieu) Celui

de

je

·'gui

parte Je

foi. même;

cherche fa praprë gloire;

· ~~!s cel.ui ~u~. cherche l~

jlJo'i/;

t) 'toltttable,. et

gloir~ ~~. pelui . q~i l~a en:

tl ,n'y iJ pOttlt 'd'znJltJltce en

'lui, Jean·, vii. 16-:-:1;8 flue, nouBjugeons de

·i AtUeur que

C'eft à ces M;ûques 1Cule~ la réalité <le .la mi1tipn de

~e balançons. pomt de declarer V;tItITABLE 'VOYANT ou PRO;'

nous

· hautement, être le

~~HETE de "ce Sietlcl, Uniquement occupé fans

Ceifê

~

"

t

,

.À;

é

a

x~i":

~.efl"e à 1;1 recherch~ de la Gloire du. Seigneur:

~é[us; qu'il prouve être feul Je Dieu du Ciel et

1~

ra

terre,

parceque . c'eft là

lç. principal objet de,.

II1iffionj de ce ,Dieu qui l'a envoie pour diffi.

,eer ,l~s.épaiifes, tênèbres qui offufquerit}e dkmde ChretleI1) on nê l'obferve en aucun cout aucune ligne de fes volumineux Ecrits, chercher fa prOOt

mals marchant exaétement fur la trace'

de tous les Prôphêtes qui l'ont devancé il infiftè fans ceife fur l'indifpenfable néceffité où font tout

çeux qui veulent être fauv~~, à prener à la Loi Divine du Déëalogue et de l'Evangile l'Obei1rance la plus exaéte, en rendant leur vie tint Copie ex.

'aéie des J't2ints préceptes de cette Loi et de cet Evan.

gile; montrant par tous fes écrits que c'eft vie pr'ali'lue de l'homme et non fa profefiion fi- térieure, toute ,fainte qu'elle puiife paroitre, qui ie difpofe pour la jouiifance de la Félicit,é éternelle, et qu'amoins que l'amour du. Ciel, c'eft à dire l'amour de la vertu et de la Vérité ne foit pro- rondémetii: enraèinhé dari~ le cœur del'homme,toutes res prétentions à. une fainteté extérieure ne fauroi- .'ent abfolument lui fervir de rien, parceque c'eft cet Amour qui conftituë en l'homlJ?e l'Ordre tl"

que nul ne peut venir au Ciel, que celui

.Çiel~ et

,tians le cœur du quel le ciel eft déja établi, et nont la vie fe trouv~ en ~ous point~ confoifue ~

.'ce que nous avonsdéja indiqué cideifus, n: 2.

. 1 n te ~eigneur nou~ dit en Sr~ 1ean, Il tfl

. pre gloire;

'même écrit dans,. vôtrt Loi 'lue le crémoi~agt de deux hommes e.fl digne dè Foi, ce qui 'èft eifed:ive- ment écrit au ch. xvii. du Deuteronome, v. 6• .Nous pourrions donc; coni~ par confirmation des Ecrits de l'Auteur, dont le petit Traité fuivant "eft un Echanti1lon~ ~ue nous foumettons à 'la ré- \1.eufe contidératiÔll de tout efprit folide et raifon- nable,

sJV :

?:"

R.

il:

~. A

~

~

Da'9le, 'de toçt

~andonné . toute Prétention au Titre d'Etre pen~

oomme qui n'a point

ab[ol\lmcrit

pnt et agijJantpar

des

Supérieures

à

celles

L~

tjlÛ dirigent la Brute; Nous pourrions, dif-je, ajou- ter ici qu'un grand nombre des Vérités qu'il nous c.léclare lui avoir étérévèllées de par le Dieu du

la terre, nous avaient au1li été intéri-

~rement révèlêes plufieures années avarit que nous ayons eû la moindre connoiffance. de l'Exiftance d'un tel Auteur; Mais que feroit le Témoignage d'un. inconnu au près des grands Efprits de N 0- ~re fiecle et de quel pois pourroit être fon fuf. frage auprès de fes femblables, pour les déter- miner à fe tourner .du côte de la Vérité? Nous aimons donc beaucoup miemc rénvoÏer toute ame

Ciel. et de

altérée de la Vêrité à

la Marque caraétériflique fus-

~itéel~p~ la .quelle nous invitons fétieufement tous les ,Membres du Clergé et des Univerfités de Nô- tre chere Patrie en particulier, ainfi que tous ceux du refie de l'Univers en général, fans en excepter ;celui qu'une partie du monde chrétien eftime être

du

.Le Chef réèl de l'Eglife Chrétienne, Le Vicaire

Dieu fait homme;, Nous les invitons, dif-je, touS à examiner avec toute la Candeur et toute l'lm- 'partlali~ poffible, le fuivanfAbrégé DE LA Doc-

TRINE.

Ct LESTE

DE

LA

NOUVELLE

JE'RUSALEM

.que nous n'avons entrepris de rendre en notre Lan- gue, "que pourque les Troupeaux [oient aujJi à

porté, que leurs Pafleurs de Juger par, et pour eux-

'mêmes, d~ la· Vérité· qu'il repferme, et de l'em-

nous leur offrons,

eft fid~ll~, m,ais littérale, parce que. nous. n'avons ,pas cru d,evmr nous permettre de nen changer ou ,altérer foit au Sens, foit au Stile de l'Auteur, en un

.braffer.

Cette'. Traduétion. que

Ouvrage

d'une

auffi

grande' importance

que ce.

lui

ci.

.

 

12. Nous

11. Nous ne croïons pouvoir mieux termine!! cette Préface qu'en obfervant d'abord, que fi, (come nous n'en avons pas pour nous mêmes le moin- dre doute, ou la plus légère incertitude,) que fi, dif-je, la Dotl:rine fuivante eft en réalité· Gelle dt

tout

Etre Raifonnable ne faurroir trop s'empteffer de l'a- dopter pour lui-mçme ; Et enfin qu'après avoir trouvé que cette potl:rine eft réellement Ce Tréfbr cach! dau

un champ, le quel, nous dit le Seigneur, en St. Mat-

la ,plus pure et

de

lq plus

incontejlable vlrit!)

thieu, xiii. 44.

Un

homme

ayant

trouvé)

l'a

ca-

ché, puis de

la joie

qu'il

en

a,

il

s'enva,

et

vend

tout ce qu'il a, et achette ce champ;

fi,

dif-je, cette

Dotl:rine eft ce Tréfor, ou plus-tot ce Champ, où le Trefor eft caché, toute Ame altérée de la Juftice, et qui a à cœur le bien d'autrui autant que le fien propre, doit faire tout fon poffible pour rendre l'acquifition de ce champ, dans toute fon ~tanduë, facille à fes femblables, c'eft à dire, en

quittant la Métaphore, pour facilliter la publica~ tion Frallçaife ou Anglaife; ou même la républica- tion Latine de .tous les Ouvrages Théologiques du même auteur. Nous avons rendu en cette Langue tous les autres traités, qui en la Lifte que nous allons donner 'ci-après feront marqués d'vne Etoile, ~t nous offrons de les donner à tout Libraire qui .en voudra prendre la Publication fur fon compte, ne lui demandant d'autre récompenfe qu'une vin- gtaine d'exemplaires de chaque ouvrage rendus franc .de port à notre adreffe No. 62, Tottenham-Court Raad, à Londres; nous prions quiconque pour- roit avoir contmiffance de que} qu'autre Traité du même ~uteur, de voulQir bie~ IlQUS en faire parr.,

, var

un

mot de lettre,

A Dieu, A Letl:eurs fincères et bénevoles, Veuille

Spprçme Jéhovah

Ji/us feut et unique Dieu du

Cill

"

%Yi

C-iel et

r

w ,

Q

St

~

~-

de la terre,. qui a l4i ~ême infpirée la poc~

nine fuivante (come nous l~ croÏons fermement) la rendre auffi falqtaire ~ vos ames, que nous le pouvons fouhaiter pour nous mêmes~ veuille enfill t:e Dieu d'amour· et de Miféricorde infinie, vous

garder eIl fa fainte Baix, et· vous fttire profpèrer

en tQutes VQS entrepûfes raifQnnabl,ysf

à· 1!honeur

feul de fan faint NQm, au quel fait

rendu par

toute Créature vivante hornage honeur et Gloire,

maint~nant et à perpétuité, amen. Et l~E[prit et

l?Eglife dijènt, 'Vien; que

celui 8Vjfi .qui l'eritend di~

,R, 'Vien; et quiconque peut de L'EAU VFE en prenne

fans qu'elle

lui coute rien! De rechef Leaeurs trè~

Jefpettés,

§<Je

la

Grqce

deIJotre, Seigneur

Jéfus

ChrijJ Jôit aWf POU$ tçus, ou}, avec nous taus f AI11en r

Fin de If' fréface~

"

-

A La Généreufe

.?

.

-$

Nobleffe

Ct

ic

b :

::=

BJlITANNIQt1t,

~i

pAR.

PURS MOTIFS DE BONTE',

avolt deigné l'an

paJP Jottfcrire ou pro11uttre de JoflJctfre à la V'ra.

duéfion Françaife de ~atre Traités T'h!()I(1gi9u~s d'Emanuel Baron de Swédenborg, dOlSt la Pu/lliCl;l. lion était alors projettée dans le dejJein de fub'lJtnir aux prejJans beJoins de la reu·vi de leur Penfiomulin

NICIlOL/>S D;E LA PI~~IlE.

.

.

L E Traduét:eur du {uivant petit Ouvràge prUente fes très humbles refpeét:s, et prend la Libért6

de les informer, que faute d'avoir rencontré les En. couragemens néce1faires pour conduire fon premier Plan à fa fin détirée, il s'eft trouvé dans la dure n~. ··ceffité de l'abbandonner, mais qlle ddirant arclement .que la Veuve de Son ami ne fe reffentit pas de cc manque de Succès, et aïant été aidé d'aileurs à met. tre au Jour cette petite Brochure, La Traduétion de, la quelle le dit Sieur de La Pierre avoit auffi ébauchee 'luelque tems avant fOIl Décè$; il prend la Libert6 de . l'offrir en échange à ceux qui avoient deigné favarifer fon premier deffein, et ofe efperer, que tot/. jours guidés par les mêmes motifs de bonté et de CHA-

RITt VRAIMENT CHRE'TIENNE, qui les avaient por.

tés à accepter fe5 premières propofitions, ils voqdnmt bien encore accepter cet échange. Il prend d'ailleurs fur lui de leur obferver qQ'à certains égards ils ne fe-

d'autant plus

ront que gagner en un pareil marché,

'tue le Traité qu'on

bien dire le Précis et la Maëlle de tous l~s Ouvrages

Théologiques ~u même auteur (ce qui en téalit6 fait

~'.'obj~ de r1\lf q~ ~o V"lumes in. quarto) Sommaire

leur offre aétueHemenr, cft ,

\.

ç

~

(

XVIl1

'U)

«Je toute fa t>oé\:r~né, lluffi êUrieUx p3.r ta Nature c1e~ Tujetsqu;il renferme, que par les TRA1TS RADIEUX de là LyMIU.E SPIlUTU"ELLE dont chaque page ef\:

.-emplie.

,

P. S. Le dit Sieur Nicholas Je la 'pi~rrè àvo~t àu!B

traduit trois autres Traités dù même auteur, des plus curieux et des plus intereffans, par la nature des Ma- tières qu'ils fenferment; le Premiet, l'ft fon TRATTE~ .J)v CI~L K1' DE L'ENFER., où l'immortalité de l'àme eft démontrée de la man ère la plus Satisfâifantë et plùs irnHiftible. Le Second Son TRAITE' DE L'IN- ,i'LlTENCE ou DU COMMERCE E'TABLl ENTRE t'AME tT LE, COR.PS, .où la Diftinétioh entre l'Efprit et la ~Matière~cette Grande Pièrre d'achgpement de tant de ~hi1otophell Modernes, eft des mieux établie, et le

.L~en ~htreY~m,et l'autre parfaittem~ht bien démon-

tre; Le Trodieme enfin eft LE DE VOILEMENT. ou tA MANIFEST ATION DU SENS SPIRITUEL In CE'" LÈSTE DE 1-'ApOCAL YP5E; où chaque chapitre y eft .expliqué d;apr~s le. Sens intérieùr et intime de la Pa•

.f-ole, v~rfc~ par verfet, et de la manière la plus claire ft la plus Satillfaifante. Si les Sujets de ces Traités

pàroiffoient à qu~lques

Leéteurs

dignes de leur atten 4

·tibn la plus férJeufe, on s'offre à les rédiger et à les

publier par foufcription. A çet effet on prie ceux qui. voijc1l1>lent favorifer une telle pllblic~tion,de vouloir bien ~Pmmuniquerleur deifein à çet Qgard par un f:10t dèletp°e addreffée à B. C. No. 61. f/'ot/lnham

Il dt bon· d'obferver que les

Ptiuxpreroic::rs d~ces Trait~5 ayant été puhli6s en ).~glalSil y a quelques années par le Rev. THOMAS

'H.t\l T~U:Y, î9Pt d.éj~ très connus t et avec jufte raifon

Jles plus e~imés parmi

les vrais favans de cette Ifie,

tl\.li lç$ çm~jugfs dignes de l'l phls.grand.e publicité•.

Court-RoaJ, London.

.

,

TABLa

SWE'DENBORG.
SWE'DENBORG.
SWE'DENBORG. T ABLE OU plus tot Line des Ouvragrs Thé.; ologiques et autres d'EMANUEL Baron de

T ABLE OU plus tot Line des Ouvragrs Thé.;

ologiques et autres d'EMANUEL Baron de

1. ARêA~ÈS CEiLESTES ou Recuetl dl!s Myfière. Spirituels et Célelles cachés fous la Lettre de
1. ARêA~ÈS CEiLESTES ou Recuetl dl!s Myfière.
Spirituels et Célelles cachés fous la Lettre de la Pa-
role de Dieu, reniermant paniculièrement l'Explication de la
Gellèr~ et dl! l'E~ode.--S volumes in 4to. Edit. à Londres,
depuis 1147, jufqu'en 1758.
II.
*Trailé du Cid et de
l'Enfer.
-De
la NouvelIe Jé.
r\Jf:dem et Sa Do8rine Célefie. Du dernier Jugement. Du
Che"al blanc. *Des Gluhes terrefies et habités répandus en
l'Univers. Edit. Lundres, 1758.
III. * Doéhine de le Nouvelle J~ru(alem touchant Je Sei. gneur, Sa Parole ou llEfcriture
III. * Doéhine de
le
Nouvelle J~ru(alem touchant Je Sei.
gneur,
Sa
Parole
ou
llEfcriture
(ainte. et
la Foi.
Do8rine
de
vie
pour
la
~uuvelle Jérufalem.
Continuation du Der.
nier Jugement et du Monde Spirituel. Edit. Amfierdam. 1763.
IV. *Dêlicrs de la Sagelfe touchant l'AMOUR CONJUGAL, IIprès quoi viennent les Volllptes d~ la
IV. *Dêlicrs
de
la
Sagelfe
touchant l'AMOUR
CONJUGAL,
IIprès quoi viennent les Volllptes d~ la Folie touchant l'AMOtJll
DE PAl LLAIt DlSE.
Edit. Amfierdam,
1768.

V. *Sapience

gelfe Divine, &c.

Angélique, touchant L'Amour Di.i~ t.a Sa. Edit. Amnerdam, J )bj.

VI. ·Trai~ de l'Inftuentè, oU ,du Commerce de l'Ame et

du Corps.

Edit.

Londres, 1769.

VlI. L'Apocalypfe rEvèlée:

Amfierdam, ~766.

VIII. La Vra'ie Rdigioli ChrétÎeane. ou 'Corpf compter de la Théologie de la Nctuvelle Eglife, prophétiÏçe}Nr le. S.i. gneuren fan Prophête Daniel, ch, vii. 13, J4. et en l·Apo. ,alypfe, xxi. J,~. Edit. Amfierdam. 1771.

IX. Le Couronnement, ou Appt!ndix de ce demier Traité, .uvrage pofiume de l'Auteur, imprimé après fa mort par le SOin' de· fes Exécuteurs Tefiamentaires, chez HAllT et HARIllS, CralU-C#lIrt, FJttt~Sirttl, 1780. Prix %'.'

1 N. B. La plus part des Ouvrages fuf·citét fe vendent chez to

même Libraire, et chez. Mr. TltAPl', No. l, Paltr-NoJitr-RII'W,

prèll

très précieux

St. Paul'

Les

deux Suivans

quoi

que

CD 'Cllx-mêI11CS,

ont précèdé l'époque de fOD illfpiratioD.

Coogk
Coogk

Y.

Du

Culte-et cle

(

xx

l'Amour

de

e'~jtion, 4e laN'itiffanee fil'Adarit,

J

ondres,

1745.

)

Dieu,

eft traité de

la

de' fon -Enfance, lice. Eciit.

XI.

Prodrome

de

la

Philofophie

i'aifonnante fur

l'Infini,

et la Caufe finale

de

la Création. Edit. Leil'fick,

17.3 4,

Les

Sui vans

font

des Ouvrages

une très

~'ftlIIB qui font tiéd- daDII

-bliC).uc

dei lettres.

purement, Philofophiguell\

hautd efiiine dana la Répu-

1

XII.

L~ Règœl\linéral, .5 tomes, foliO;

Leipfick. 1734.

edit. Drefden ~c

XIII. Le

Iftquc:n\ent, él:

,

.

R~gnè Animal examine

Anatomiquement,

Philofophiqliement, edit. à la Haye,

,1

,;

t Hf'

Phy.

XIV. (Economie du Régne Arlimal.'edit. Lornlre1•

US n'en groffi.rons pas ce Volunte, par~e fUI

tl abonde Jont de nature a etrd

far tout leReur français et

elles n'auraient P(lS e~iflefi l'Imprimeur eut plus verp en (ltt~ Langue; mais à ce difaut nous prions

le tefieur de 'VorlZoir bien corriger a'Vlç Ja plumç 1(111f

. aijlintnt,corrighs

-N'0

les (autes dont

çe 9u'illrOu'lJerfi en (J'lJoir bejoin.

.

DE

LA-NOUVELLE JÉR.USALÊ~

~

,

DE

SA

1

~_-

ET"

DOCTRINE

~~~_~~.

CÉLESTE.

c••••_

~.

PRÉ L'IMIN AIRE S,

Touchant le Nouveau Ciel, èt la

Nouvelle

Terre, èt ce qu'il faut entendre par la Nou velle Jérufalem.

.

r~L

1- 1 ~

eft dit en l'Apocalypte,

ch. xxi.' verr.

1,

2.

&

de 12,

à 24·

"Puis je vis un

car le

~ t! premier Ciel &5 la première Terre avaient

Jean, je vis la Sainte

Cité, la nouvelle Jérufalem, qui defcendoit du Ciel, dB

devçrsDieu, parée corne une époufe qui s'efl ornée pour

[on mari. La villç av~Jit une grande et

avec douze portes, et aux portes douze Anges; et des noms

écrits fur elles, qui font les noms des douze Tribus des enfans d' Ifraël. Et la Muraille de la Cité (lvoit douze fondemens, et les noms des douze Apôtres de l'Agneatt etaient écrits d1Jus. Et la Cité était bdtie en carré.

Et fa longueur était aujJi grande que fa largeur. Il me,. lura donc la Cité ave le RoJeau d'or, jus qu'à douzç

. ~ nouveau Ciel &5 une nouvelle 'l'erre;

Et

moi

~.

'-~o>J.r difparu.

haute muraille,

B

mille

(

2

)

mille Stades; lil longueur, la largeur, et la hauttut', étaient égales. Puis il mejura la Aluraille, qui fut dt cent ~uarante-quatre coudées, de la meJure du perfimnage, c'ejl a dire, de l'Ange. Et le bâtiment de la Muraille

était de jafpe, mais la Cité était d'or pur, jemblable il du verre fort t'ranfparent. El les fondemens de la Mu- ,'aille de la Cité étaient ornés de toute pierre précieuJe. Et les douze Portes étaient douze perles. Et la Ru~ Ù la Cité était d'or pur, come du verre le plus tranfparenta La Gloire deDIEu l'a écit;zirée, cs l'AGNEAU ejl Jan flambeau. Les Nations qui auront été Jauvées, !flarche-

ront

ront

à la faveur de Ja lumière; & les Rois y apporte- ce qu' ils ont de plus magnifique et de plus précieux."

la faveur de Ja lumière; & les Rois y apporte- ce qu' ils ont de plus

Qyiconque lit ce Chapitre, ne comprend toutes, les par- ticularités qu'il centient que felon le fens de la lettre; c'efr il dire qu'il entend que le Ciel vifible, et la Terre fur la quelle il marche périront, et qu'un nouveau Ciel viendra à exifter, et que fur une nouvelle Terre la Sainte Cité de Jérufalem defcen~ra;que quand à fes dimenfions cette Cité fera exaél:c:ment felon la defcription fus-mentionnée~ Mais les Anges entendent la chofe d'une tout autre manière; ç'eft à dire que les Anges entendent d'une fa~on fpirituellc tout ce que les hommes entendent naturellement. Or toutes ces particularités fignifient exaél:ement ce que les , Anges entendent qu'elles fignifient; et c'eft là le Sens in- térieur ou fpirituel de la· Parole: En ce Sens intérieur Ott Spirituel, dans le quel font les Anges, par le nouveau Ciel et la nouvelle Terre, t'dt l'Eglife qui eft entenduë, tant dans les Cieux que fur la Terre. Nous parlerons ci après de l'Eglife en l'un et l'autre endroit. Par la Cité de jéru- falem qui defcend du Ciel de devers Dieu, eft entenduë la Doél:rine célefte de cette Eglife; par fa longueur, fa lar- geur, et fa hauteur qui étaient égales,. font entendus tous les Biens et toutes lc:s Vérités de cette Doél:rine, dans leur Complex ou leur enfemble. Par fa Muraille font enten- duës toutes les Vérités qui la deffendent; et la Mefure de la Muraille, qui étoit de 14-4- Coudées, felon la mefure 'd u perfonnage, c'eft à dire de l'Ange, délignent toutes fes Vérités tutélaires dans leur enfemhle; ainli que la qualité de ces vérités. Par les- douze Portes, qui étoient douze

Perles, font comprifes toutes lei vérités qui

introduifent

en

(

3

)

en cette Doéhine: Sem~l~bl~schofes font auffi lignifiée. par les douze Anges qUi etOient fur les portes. Par les Fondemens de la Muraille, qui étoient bàtis de toute pierre

°précieufe, font défignées toutes les Connoiffances fur les

quelles cette Doétrine dl:

raël, fignifient tout ce qui appartient à l'EgliCe; tant en général, qu'en particulier. Pareilles chofes font auffi fi- gnifiées par les douze Apôtres. L'or femblable au verre tranfparent,dont la ruë et la Cité étoient bâties, fignifie le Bien de l'amour, qui rend cette Doél:rine tranfparente avec fes Vérités; Les Nations de la terre qui auront été con- fervées, et les Rois de la terre qui y apporteront leur gloire et leur boneur, ce font tous les Membres de l'Eglife qui ont vécus et font verfés dans les Biens et Jans les Vérités; par Dieu et L'Agneau, c'dl: le Seigneur qu'il' faut entendre, d'abord quand à fa Divinité, et en fuite quand à fa Divine Humanité. Tel dl: le Sens SpIrituel de la Parole, <\u quel Je Naturel, qui dl: celui de la lettre, fert de bafe; et toute fois ces deux fens, favoir le Spirituel et le Naturel, n'en

font qu'un par correfpondances. ~'il Y ait une manière fpirituelle d'entendre chacune des particularités fus-citées, t'di çe que nous n'avons pas le loifir de démontrer ici, d'autant d'ailleurs qu'une telle démonfiration n'eft point du renart de cet Ouvrage; mais on la trouvera en notre Traité des ARCANES ou MYSTERES CE'LESTES*, contenus en l'Ecriture Sainte, où l'on pourra confulter particuliére. ment les Lieux, ou Seél:ions fous-indiqués.

fondée.

.Les douze Tribus d'If-

Vous verrez donc clairement démontré en ce Traité des ARCANES CE'U;STES, ~e le mot TERRoE, en la Parole

de Dieu, fignifie l'Eglife; là particulierement où ce mot défigne ou eft pris pour la Terre de Canaan, n: 662, &c.

B 2

et

-1\0 Ce Traité des Arcanes Célefies eft un Ouvrage en huit vo· lumes, in 4to, écrit par Seétions, numerottées, où l'Auteur explique verfet par verCel, et mot par mot, le Sens Spirituel et C'élefie de Ja Genèfe et de l'Exode, et où au commencement et à la fin de cha- que Chapitre il donne des Relations Spirituelles fur divers Su- jets des plus curieux et des plus interefL1nts; en certaines dei quelles il explique la Correfpondance que chaque partie du. Corps humain a 3\'ec le Ciçl, les loi x de l'Infl.uance fpirituelle, le Commerce établi entre l'Ame et le Corps, la Nature des habi· tans des din:rfcs Planetc9 deO notre Syflême folaire, &c. &c. 1{

(

4

>,

et'c~,parceque dans le Sens fpirituel, par Terre dt: enten duë la Nation ou le Peuple qui habite un païs, et le Culte

Terre

de ce peuple; n: 1262. Q.ye le Peuple de la

fignifieceux qui font de l'Eglife fpirituelle, n: 2928. Que le nouveau Ciel et la nouvelle Terre lignifient quel- que noveauté tant dans les Cieux que fur la Terre. Quand llUX Biens etaux Vérités, et par conféquent quand à ce qui appartient à l'Eglilèen l'un et l'autre endroit, n:

I733,&c. Ce qu'il faut entendre par le premier Ciel et la premiere Terre qui étoient paH"és, fe peut voir en uh autre - petit Traité particulier touchant.le Jugement dernier et la , Babylone détruite, d'un bout à l'autre; mais pilrticulière- ment du n: 65. au 72. ~e par ]E'RUSALEM dl: lignifiée l'Eglife quand à fa Doél:rine, n: 402,&C. Que par les VILLES et CITE's font lignifiées les Doél:rines qui ap. partienent à' l'Eglife, et à la Religion, n: 402. &c. Q.ye par la MURAILLE d'une ville eft lignifié Le Vrai tu- télaire de la Doéhine, n: 6419' ~e les POR'TES d'une ville lignifient les Vérités qui introduifent en la Doél:rine, ' ~t qui par ~lle introduifent en l'Eglife; n: 2943, &c~. Q.ye par les douze TR IBUS d'ISRAEL ont été repréfentés, et par là fignifiés toutes les Verités et tous les Biens de l'Eglife, tant en général qu'en particulier, et par tant' généralement tout ce qui eft du reffort de la Foi et de

l'Amour;

pareillement

NEUR_; n: ~I29, &c. ~e quand à ce qu'il eft dit des

Apôtres qu'ils {i.égeroient [ur 12 trônes,

~ouze Tribus d'lfraël, cela fignifie que tous les homqles feront jugés felon les Vérités èt les Biens de l'Eglife, et par conlequent qn'ils feront tous jugés par le Seigncur, du

quel

n: 3858, &c.

chofes

femblables ont été

DU SElG-

~e

lignifiées par les douze ApÔTRES

et j ugeroient les

tout d'après ce que le ~tdg!lJ:,ur lui en a lui même révèlé, ou ce qi/il a permis à fes Anges de lui montrer 'et de lui enfeigner, pour dilllper les épaiifes ténèbres, qui depuis tant de Siec)es offuf- quoient l'Humanité concernant toutes Matieres fpirituelles. Bien que cet excellent Traité foit devenu extrémement rare l>ar l'arti- ficieufe monopole du Libraire Anglais dans le magazin du quel il a été dépafé, il fe trouve cepennant encore chez ce même Libraire, Mr. HART, et d'autres à Londres, et s'y vend une Guinée le vo- lume: prix tOUle fois encore trop pel! confidérable, confidérant l'ine\iim<ible valeur réelle de l'Ouvrage.

{Nou dit TRADUCTEUR.]

(

S

)

quelle le tGlUt dérive; n: 212.9' QEe le ~otDou~! fignifie toutès chofes dans le complex ou dans 1 enfemble, n: 577, &c. QEe le nombre 144, fignifie cnores femblables, et ce, parceque ce nombre eft une multiplication de I2 par I2; n: 7973' Que douze mille fignifie al.lfii chofes femblables, n: 7973' Q!1'en la Parole tous les Nombres, fignifient. des chofes; n: 482, &c. ~e les Nombres multipliés fignifieni les mêmes chafes que les fimples par les quels ils font multipliés, n: 5291, &c.' QEe le. mat de ME- SURE fignifie la qualité d'une chaCe quand à Con Vrai, et

à fan Bien, n: 31°4, Qye les FONDEMENS d'une Mu- raille fignifient les Connoiffances de la Vérité, fur les quelles les points de Doél:rine font fondés, n: 9642. Qye par la ·FORME QyADRANGULAIRE, ou le CARRE', cft fignifié Perfeaion, ou une chofe parfaitte; n: 9717. 9861. Q.ue le mot LONGUEUR, fignifie le Bien et fan extenfion, et celui de LARGEUR déligne le Vrai' et fon étenduë; n. 9487' Que les PIP.RR E.S PRE'ClEUSES lignifient les. Vérités qui dérivent du Bien; n: 114, &c. Ce que ligni-

étaient dans l'U rim et

le Thumim, tant en général, qu'en particulier, n: 3862, &c Ce que lignifie le JASPE. dont la Muraille était bâ-

d'une Cité eft fignifié le

fiaient les pierres précieufes qui

tie, n: 9872. Qye par RUE Vrai de là doarine qui dérive

du Bien;

n:

2336.

~e

l'OR lignifie le Bien de l'amauI:, g: 113, &c. Q!1e par GLOIR.I' eft lignifiée la Vérité Divine telle qu'elle eft dans

le Ciel, et l'Intelligence et la Sageffe qui en vit"nnent, n: 4809, &c. Qye par N ATIaNS font lignifiés ceux qui dans l'Eglife font dans le Bien, et delà en un Sens abftrait,

n: 1059, &c. Q!1e par

ROIS font fignifiés ceux qui dans l'Eglife font dans les V érités, et delà auffi, au Sens abftrait, les Vérités mêmes de

l'Eglife, n: 1672, &c. Qye les Cérémonies de coutume qui s'obfervent au Couronement des Rois renferment des chofes qui font du reffort de la Vérité Divine. mais qu'au- " jour d'hui la. connoiffance de ces chofes eft perduë. n:

45 8 1. 49 66 .

. 2. Avant d'entrer en matière touchant la Nouvelle Jé- rufalem et fa Doarine, nous allons dire ici quelque chafe touchant le Nouveau Cid et la Nouvelle Terre. Au Traité du Jugement dernier et de la Babylone détruite, -llOUS avons montré ce qu'il faut entendre par le premier

Ciel

les Biens mêmes de l'Eglife,

(

6-

)

Ciel et la premiere Terre qui avoient difparu. ()r dOrl~~ après que ce premier Ciel et cette première Terre eurent difparu, c'eft a dire après que le dernier Jugement eut été fait, un Nouveau Ciel fut créé et formé par le Seigneur. Ce Ciel fut formé de tous ceux qui, dèpuis le tems de l'a- \Tènement du' Seigneur jus qu'à ce jour, ont mené une vie de Ff)i et d'e Charité,' par ce que ceux là étoient des formes

du Ciel; en effet la. f~rme du ciel,. fclon. la 9uelle s'y font toute efpece d'affoclatlOn et'cle commUnICatIOns, dt celle de la Vérité Divine venant du Bien Divin, qui procède du Seigneur; et tout homme fe revêt de cette forme quand l fon Efprit, par une vie conforme à la Vérité Divine. ~e la forme du Ciel vienne de là, c'eft ce qu'on peut voir au Traité du Ciel et de l'Enfer n: 200.-212. & que tous les Anges font des formes du Ciel', cela à été expliqué au même

Traité, n: 51.-58. & 73'-7 7 . On peut favoir de

tout

t:eci de qui le Nouveau Ciel a eté formé,et par là on en peut

connoître la qualité, et voir que c'eft une chofe parfaitte- ment unanime,· ou une unanimité parfaite; en effet celui

qui mêne la vi~ de

la Foi et de là Charité, celui là auffi

aime fon prochain come foi même, et par amour il le con- joint à foi, et ainli la conjonétion devient mutuelle et réci- proque; car au Monde fpirituel l'Amour eft la Conjonc- tian; c'eft pourquoi quand dans une compagnie tous les Membres qui la compofent font de même, alors de plu-

:fieurs qu'ils font, voir même d'un nombre infini de gens a{- fociés ert femhle felon la forme du Ciel, il réfulte un Corps Unanime, qui .devient come ne faifant qu'un; car en un tel Corps il n'y a rien qui fépare ou divife; mais tout en conjoint et réuni les membres.

3. Or come ce Ciel a ~té formé d'efprits qui ont

été teIs

depuis l'avénement du Seigneur juS' qu'au tems préfent, il eft évident qu'il a été formé auffi bien de Chretiens que de Gentils; mais pour la plus part, de tous les Enfans qui font mort durant ce période-fur toute la furface de la terre; tous ceux là, en effet ont été reçus par le Seigneur, et nour- ris dans le Cid, et inftruits par les Ange" et enfuite "ré- fervés pour conftituer avec les autres ce Nouveau Ciel; d'où Ion peut conclure de quelle grandeur eft ce Ciel. Q.ye tous ceux qui meurent dans l'enfance font élevés dans le Ciel, c'cft ce qu'on peut voir au Traité du Ciel, et de

l'Enfer, du n:. 329-34-5.

et

que le

Cicl cft

également

.

rormé

~{

'1

)

#brmé d~sGentils,

cz. n: 318.-328.

4, Au refte q4and à ce qui regarde ce Nouveau Ciel, il efi bon de favoir qu'il eft diftinél: et feparé des Anciens Cieux, c'efi à dire de ceux qui ont exifié avant l'avénement du Seigneur; et toutefois ces Cieux antérieurs font telle- ment arrangés avec celui-ci, que tous enfemble ne forment qu'un Ciel. Si ce Nouveau Ciel eft dilHngué des anciens, c'efi par ce que dans les Ancienes Eglifes ils n'ont eu d'au- tre Doél:rine que celle de l'Amour et de la Charité.; et pour lors ils ne favoient abfolument rien d'aucune Doc- TRINE SOLIFlDIE.NE, c'dl à dire doél:rine de Foi feparée de la Charité; de là vient auffi que les Anciens Cieux for- ment les étenduës fuperieures, au deffus les uns des autres. Ceux qui font appellés Anges Célefies habitent ~es éten- duës fuperieures, et font, pour la plus part, de ceux de la. tres anciene ou Primitive Eglife; or ceux qui conftituent f;e Ciel tirent le nom d'Anges Célefies, de l'Amour célelle qui les anime, le quel efi l'Amour envers le Seigneur. Aux:

tout au1li bien que des Chrétiens" vo1';

Etenduës au deŒous de ceux-ci réfident ceux qui font ap-, pellés Anges Spirit\.lels, nom qui leur vient de l'Amour fpirituel, qui les anime, le quel Amour l'ft la Charité envers le Prochain. Sous ceux-ci en fin font les Anges qui font dam le Bien de la Foi, ce font ceux qui ont vécu la vie de., la foi. Mener une telle vie, c'eft vivre conformément à la. Dodrine de l'Eglife dont on l'fi membre; or vivre c'efr vouloir et faire. Néanmoins tous ces Cieux n'en Jont qu'un au moyen de l'iniluance médiate et immédiate qui vient du Seigneur; mais on pourra fe former un idée plus corn- plette de ces Cieux par ce qui en eft démontré au Traité· du Ciel et de l'Enfer, et particulièrement en l' Article de~ deux Regnes dans les quels ces Cieux font divifés, ce qui y cft expliqué du n: 20-2B. et en l'Article des trois Cieux, du n: 29,-40' Touchant l'Influance médiate et immédi- ate eonfultez ce qui en a été recueilli au Traité des Arcanes Célefres, au n: (>03' et touchant les Eglifes tani la tres Anciene ou Primitive, que l'Anciene, voyez le Traité d~ Jugement dernier et de la nabylone détruite, n: 4-6•

allons auffi dire

quelque chofe de la Nouvelle Terre.

cft entenduë une Nou.veUe }:~lif~ filA li Terre i car quand

. 5. Ceci regarde le

Nouveau Ciel; . nous

Par Nouvelle Terre·

.

1JE.I;~

,.

r

,

}

J'Eglife prEcédenœ ceffe d'être, pourlots le Seigheur'~n(:.

tablit une nouvelle. En effet le Seigneur pourvoit à ce qu'il y ait toujours une Eglife fUf,terre; car c'ef!: par. l'Elife qu'il y a Conjonélion entre le Seigneur et le Genre Humain, et entre le Ciel et le. Monde; car le Seigneur y dl:

connû, et là auffi fe trouvent les Vérités Divines par les- quelles l'homme cft conjoint au Seigneur. On peut voir au Traité du Dernier Jugement, n: 74; qu'une NouveHe E-

glife cft maintenant fondée. Si c'eft une nouvelle Eglife

qui cft lignifiée par une nouvelle Terre, cela vient du Sens Spirituel Je la Parole; en ce Sens en effet nulle Terre ou

pays n'eft entendu par le mot Terre, mais la Nation ou le

peuple même qui l'habite, et le Culte Divin de ce peuple; car c'eft làla chofe fpirituelle lignifiée au lieu de la Terre. d'ailleurs par le mot Terre, quand aucun nom de païs n'y

eft ajouté, dt comprife en la .Parole la Terre de Canaan, et c'eft en cette Terre que l'Eglife fut établie de puis les les tems les plus reculés; d'où il eft arrivé que tous les lieux qui fe trouverent en cette terre, et qui y étoi

ent difperfés par tout aux environs, avec les montagnes et fleuVes qui font nommés dans la Parole, font devenus repré- fentatifs, et fignificatifs de telles particularités qui concer-

nent les Intérieurs de l'Eglife, les quelles chofes font ce

qu'on en appelle les Spiritualités: C'eft donc delà, comme

on a déja dit, que par terre enla Parole, come c'eft la ter- re de Canaan qui eft cOIPprife, c'eft auffi l'Eglife qui eft fignifiée; et il en eft demême ici par l'expreffion de Nou-

velle Terre. Delà vient que c'eft une façon ordinaire de

s'exprimer recuë en PEglife, de. dire la Canaan célefie, et par là de comprendre le Ciel. Nous avons amplement démontré en divers endroits du Traité des Arcanes Céleftes,

que c'eft l'Eglife qui eft comprife par la terre de Canaan, au fens fpiritue1 de la Parole; nous nous contenterous d'en

citer les paŒages fui vans.

primitive Eglife qui a p~écédé le

et l'Anciene qui l'a ü:livi, étaient établies en la

Terre de Canaan, n: 567, &c. Q.u'alors tous les lieux:

devjnr~nt fignificatifs des chofes qui fe trouvent dan's

Royaume du Seigneur et dans fan Eglife, n: J 505, &c.

alIer, par

le

Déluge,

~e la: tres Anciene ou

Q

ue

ce fut pour cela qu'Abraham eut ordre d'y

ce qu'une Eglife reprefentative devoit être établie parmi fa

,poftét'ité deCsendante de Jacob. et que la Parple devoit être

écrit,6

.

.

~

-

.(,~ l

,

$:ri~e p~rmie~, ~e d~rnier fens de.la quelle C9n.fifterolt uniquement en pures repréfentations et fignif\ca.t'io,ns de c~ qui s'y trouvoit, n: 3686, &c. Delà vient que par Terre, et par terre de Canaan en la Parole eft fignifiée l'Eglife, p: 3°3 8 • 3481, ,8l c •

mot~ ce qui eft en-

,tendu ,en la Parole en fon fens fpiritue1 par le nom dc Jé- rufalem. Par Jérufalem,c'cft l'EgliCe mêmeqùi el!: en- tenduë quand à fa Doétrille, et ce parc~ qu'en cette même Ville, au païs de Canaan, et huIle part ailleurs étoit le Tem-

ple et l' Autel de Dieu, là fe fairoient les facrifices, et a!nfi

Culte pivin y était établi; c'eR pour ,quoi il s'y cé-

le vrai

lebroit aufiÎ trois Fêtes folemnelles !;ous les ans, et tOl\.t mâle de tO,ute la terre étoit enjoint de s'y rendre; c'eft donc

-de là que par Jérufalem au Sens fpirituel eft fignilife l'Eglife, quand à fon Culte, ouce qui revient au nJême, qua'nùàfa 1Joétrine; en effet le Culte eft prefcrit en la Dàél:rine, et

6. Nous allons auffi dire en peu de

le fait conformément à cette doéhin~. S'il

e~ dit

La

Sainie

.cité [a NfJuv e lle JéruJalem,

defcendant du ,Giel de dn'l r-s

Dieu,

~'eftpar ce qu'au Sens fpirituel de la :parole par Cité et pa;r Villeeft fi~ifiée1.'1Doétri,ne, et par Sai rite Cité là poél:rine ,de la Véritc Divine, car c'eft la Véri,té Divinc9ui cft ap- ,appellée le Saint en la Parole ; et s'il eft dit la Nouvelfe Jérufalem, c'ejt pour la ptême raifon pour la quellela Terre ,a au9ï étéditte nouvdlei car come nous avons dit ci de1fus, la Terre figriifie l'Eglite, et Jérufalem cette Eglife quand à [a Doarin,e. S'il eft: dit qu'elle def~endoit du Ciel de

toute y éritç Divine d'où

p,uife la Doéhine defcent du Ciel de devers le Seigneur. Q!.1C par Jérufa:Iem ce ne foit pas une ville réèlle qu'il fau.t entendre, bien qu'elle ca réèllement été vuë come un"e Ci-

ce qu'il dl: dh, que ja hau-

teur' étoit come fa largeur, de 12000 Stades au verfet 16. et

que la meji4re de Ja muraille était de 14+ Coudées, de la me(ure du Perfonnage, e'eJl à dire, de l'Ange, verfet 17. come auffi de ce qu'il eft dit, qu'elle était parie come une EpouJè qui s'eJl ornée pour- fin mari, verfet 2, et en fuite; L'An,f!t dit, vien, & je te montrerai l'Epou(t, qui eJlla femme de l'Agneall, verfet 9, puis verfet 10; II me montra la grande Cité, la Sainte Jéru- }à/cm, qui deJeendoit du Ciel, de devers Dieu. Or c'cft l'E-

glife qui dans la Parole eft appellée l'Epoufe et la femme .du Seigneur; elle en eft: appellée l'Epoufe avant de lui être

dev,ers piltu, e'eft par ce que

té, la choCe eft évidente,

de

B

t;oll~

f

10

)

ê~njo:i'lte, et ta f"emme quand elle lui dl: conjointe. ton. rultez à ce fujet le Traité des Arcanes Céleftes, aux n':

3I03, &c.

.

~. Qyand à te qui regarde la noà:t~ne qui va fuivre en llarticulier, cette Doél:rine vient aufii du Ciel, par ce qu'elle! t:ft tirée du fens fpirituel de la Patole, le quel Sens eft la même

chofe q uela

EgliCe, tout come il yen a uhe Cur la terre; en effet Ils y ont

également la Parole, et une Doarine tir~ede cette Parole, ils ont également des Temples, dans les quels fe font aufii des

Préd.ic.ations ~cat il ya là d.es GoUvernemens E.ccléfiafti~ues t:t Civils, tout come paniu nous, en un mot Il. n·y a d aU 4 tre diff'erence entre les choCes qui font là-haut :lux Cieux,

~t celles qui font ici bas fur la terre, fi

qui- cft aux Cieux cft en un état bien plus parfait, par ce qlle tous ceUx qui y rêfident font des êtres Spirituels, et les thofes Spirituelles furpaffent infiniment les Naturelles en perfeéHon. Qy'il y ait telles chofes dans les Cieux, t'eft tc que Ion peut voir amplement démontré au Traité du Ciel et de l'Enfer, et particulièrement à l'Article du Gou:" 'Vernement établi dans le Ciel, n ~ 2I3--:-220. et à l'Arti~. ~le du Culte Divin qui 5' y obferve, n ~ :22l-227. Il peut donc paraîtte clairement de tout ceci, en qud Sens on doit prendte ce quil eft dit, ~e la Sainte Cité, la Nou- 'Velle Jérufalem lit été vuë defcendànt: du Ciel de devers Dieu. Mais Je vais paffet à la Doétrine même qui doit fervir à la Nouvelle Eglife, (Laquelle t'ft appellée DOCTRINk CE'LEST·E, par ce qu'elle m'a été révèlée du Ciel) car c'eil

doarine qui dl: au ciel; car au ciel il y a uné

ce n'eft que tout ce

le But de cet Ouvrage de donner auxhommei cette Doc- trine

PROLOGUE

PRO

(

Il

)

LOG

U

E

Pour Introduire à la DOCTRINE,

s. G') UE la fin de rEglift dl arrivée purmi les ho",," '" mes 'lors qu'il n'y a plus de Foi parmi eux par. u qu'ils n'ont plus de Charité, c'e.fl ce qu'on a démontr; ~u petit Trdité d~ Jugement dernier et de la Babylonedé-

Iruite, D. 33.-·39. et fuiv. Or come aétuellement toutet les Eglifes du monde Chretien ne je font diflinguées que

par

ce qui

ejl du rejJôrt de la foi, & que cependant III

Foi

efl nll11e là où il n'y a point de Charité, c'efl pour

9uàije vais expofer ici avant la Doétrine même, certains. des points de la Do8rine de Charité telle qu'elle étoi' reçut parmi les anciens. Nous difons les Eglifts du

Monde Chretien, et par là nous entendons celles qui font parmi les Proteflans, Réformés, ou Evangelifles; et no" parmi les Papifles ou Romains, parceque l'Eglife Chrl.

tiènne ne fubftfle point parmi eux; car là où efll'EgliJe1 là aujJi le Seigneur efl adoré, & on y lit fa Parole; mais

parmi eux, puis qu'ils Je font adorer

en place du Seigneur, et qu'ils interdisent au Peuple la LeBw-e de fa Parole, rendant les décrets du Pape égaux

il a!te Parole, les plaçant mime louvent au dej[u! delk,

9. La DoEirine de Charité, qui efi celle de la vie!'!t /{l DoElrine propre des Ancienes Eglifes, touchant les quelles Eglifes, voyez les ARCANES CÉL:f5TES, D.

il en e.ft autrement

1238. 2385. &

cette

DoEirine

conjoignait

tOllles le~

Eglifes, tellement ~ue de plujielfT's elle n'çn faiftit qu~ltne1

,

.

.

En

(.6.

)

tif ~et 'ils reco1tnniffiitnt potr'l fIlemiJus kl'.E#/r'.' tous ceux qui vivaient dans le Bien de la Charité, et ils les appelloient freres, quelque puiJJè être la d~fference de leurs notions dans les Vérités, qu'on appelle au jour d'hui Vé~i~és de ?a Foi _ &5 ils s'injiruiJoient les uns et les .aut!'~sdaJs_ (es :Yérités, ce qui faiJoit aujft partie de leurs Oeuvres de Charité; & d'ailleurs ils ne Je fâ- chaient Jamais lors qu'il arrivait que l'un n'acquiejJtJ point au. Jentiment de l'autre, fachant Bien 'pk chaque homme ne reçoit de vérité qu'en proportion qu'il e.ft dans le Bien. Come 'les Eglifes ancienes étaient telles, c'ejl pour -quoi leurs membres étaient des hommes inttrieurs, et come ils étaient interieurs, auffi en étaient ils plus fa. ges. Car ceux qui font foncés dans le bien de l'amour & de la Charité, font déja dans le ciel quand à leur homme intérieur, et y font quand à cet /.;"."me intéri- I!:ur, en cettt Société angélique qui Je troRve être en UIl kien Jemblable au leur; de là leur vient une élevation tl'eJprit vers les choJes intérieures, &5 de par conJé- fjuent leRr 71ient auffi la SageJJe; en effet la Sage.ffe ne fauroit venir d'ailleurs que du ciel, c'eji à dire du Seig- 1J~~rfar le Ciel: .or la SageJJe réfide au Ci~l, p'arce q~e

SageJJe confijie a vOIr la Ve-

,ité de là. lumière même qui lui eji propre; or la lumiére

de la vérité e.ft celle qui' luit au ciel. Mais par lapJe de

cette Sage.ffe anciene vint à décroître; car en propor-

~ion que le Genre Humain Je départit et s'aliena du Bien de l'atfujur envers le Seigneur, & de l'amour envers le Prochain, léquel dernier amour s'appelle Charité, en pa reille proportion s'alliend-t-il auffi de la SagejJë, par ce qu'il s'écarta en é,ale proportion du ciel. ' C'eji de là que d'intérieur 'lu il étdi/,l'homme devint extérieur, & cela fit .fucceJfi·vemeni & par degré; & quand une fois l.'homme fut devenu extérieur, il devint aujfi mondain &

corporel; et. dès qu'il.eJl tel, il s'embarraJfe fort peff d,'t ce qui concerne le Ciel; car pour lors il ejl tout occupé des plaijirs des amours terrefires,avec les qriels les maux J'emparwl de lui, les quels maux par ces amours lui de";,,

la tl Jont dans le bien. La

lems

'.

.

.

-

.

'l.Jiène'l.,t

(

13

)

.p;ment agrétib7es, ii po'ur fOfs ioüi qil'il iliédl J'til' . autre Vtt dpr~sla '!tort,- du Ciel el de l'Enfer, el en un tnQ't de louf ce ,qui éjJ. choft fpiriluelle, tout cela dis je, tfi come hors delui el non come au de daits de lui tJiêmè~ come cependant cela devrait être. C'ejl auJli de là que 1" DoBrin,e de Çharjtlqui, étoit.d'un fi grand prix parmi les anciens, ej1 tlkjour-d'huy dulitJmbre dés. chbfls peé.- duë s: En ~ffet qui fail aBueliement ce que c'ejl que la Charité, au Sens qui lui. e.ft propre, et ce que c'e.ft propre JlZent 'Jue le Prochain, tandis nlanmoins que cette Doc-

mais!"

de la millième partie

des quelies on n'a pas aujour-d'huy la moindre cannai[-

Ir{bé é1J/èiitlf tion yi/lement l'un 'et flJ.fltre.,

outre une infinité d'autreS chofts,

lance.

.Toute.l'&rilure Sainle.d'un.b~tà l'autr.e n'efl,

Sainle.d'un.b~t à l'autr.e n'efl, autre chofe que la Doélrine de l'Amour et de la

autre chofe que la Doélrine de l'Amour et de la Charité, ainfi que le Seigneur- l'a lui même enfeigné, en difant,

H
H

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toutte ton ame, "&de toutté ta penfée; Celui-ci cft le premier et le grand Commandement; et le fecond femblable à celui là, eft; Tu aimeras ton Prochain come toi même. De ceS' deux Commandemens dé- pendent toute la Loi et les Prophètes." Matt. xxii.

37-40. La Loi et les Prophêtes, c'ejl la Parole, en Joutes et en chacune de ses Parties.

10. En ce qui va juivre, nous ajouterons après cha. que Article, ou Point de
10. En ce qui va juivre,
nous ajouterons après cha.
que Article, ou Point de DoEtrine diS Extraits des AR-
CANES CÉLESTES, parce que ces l11'atières y ont été plus
,Amplement e pliquhs.

DoctRINS

diS Extraits des AR- CANES CÉLESTES, parce que ces l11'atières y ont été plus ,Amplement e

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DOC TRI NEC ÉL EST E '.

D

lt

La NOUYELLÉ JERUSALEM

ARTICLE

Touchant le BIEN

1.

et le VRAI.

!J. TOUT ~n l'Univers ce qui Ce tr.o u. ve co." forme itJ

. l'Ordre Divin, a raport au l!!~n_~.L1!V r~i; il

n'y a rien dans le Ciel, ni même en ce Mon4e, qUI n'ait raport à ces deux Objets; et la raifon de ceci, ceft parce- que l'un & l'autre, taht le Bien que le V rai, procèdent de la Divinité, de qui toat ce que l'Univers renferme procéde fgalemeQ t.

12. De là il eft évident que rien n'importe tant à l'hom- me, et ne lui eft plus néceffaire, que de bien connpître ce que c'eft que le Bien et le V rai, et quel raport l'un a aveè l'autre, et comment ils font conjoint l'un à lautre. Or cela. cft fur tout infiniment nécdfaire à tout membre de l'Eglife, car de même que toutes les chofes du Ciel fe raportent au Bien et au V rai, de même auffi font toutes celles de l'EgI ife, parceque le Bien et le V rai du Ciel eft auffi le Bien et la Vrai de l'Eglife; c'eft pour cette raifon que nous faifons l'article qui les regarde la tête de cette Doarine.

13. C'eft une chofe conforme à l'Ordre Divin,

que

le

Bien et le vrai foient conjoints, et qu'ils

-divifés ou feparés, t.ellemen~ qu'41s doivent n'être qu'un -el:

ne foient

point

(

!~

)

-.non deux.

En elFet ils procèdent de la Divinité en un ~

1:at de ParFaite conjonél:ion, et demeurent en cet état dant le ciel, c'eft pour quoi ils y doivent demeurer aufii danS:

l'EgHfe. La èonjuuél:ion du 'Bien et du Vrai eft au Ciel appellée Mariage célefte, cat tous ceux qui y rélident, font en ce mariâge.C'eIrde là qu'en la Par<?le le Ciel eft t'omparé à un Mariage~ et que le Seigneur yeft appellé l'Epoux et le Mari, et le Ciel l'Epoufe et la Femme; de même aufli l'Eglife. Si le Ciel et l'Eglife font ainfi nom- més, c'eft parceque ceux qui compofent l'une et l'autre re- coivent le Bien Divin dans les Verités.

14., Toute Intelligence et toute Sagefi'e eft dérivée aux:

Anges de te Mariage, mais ils n'en ont aucune qui leur

foit dérivée- du Bien feparé du Vrai, ni du Vrai feparé dw

Bien:

15. D'autant que la Conjonaion du Bien et du Vrai

reff'emble au Lien Conjugal, il eft évident que le Bien doit

aimer le Vrai, et

réciproquement, le V rai à fon tour ai-

mera le Bien, et q.ue l'un defire d'être conjoint à l'autre. he Membre de l'Eglife qui n'a ni tel amour ni tel defir. n'eft point .dans le Mariage ~éiefte, ainfi l'Eglife n'eft point

encore en un tel membre s car c'eft la conj onél:ion du Bien ~ du Vrai qui fait ou conftituë l'Eglife.

et il en eft de' même des Membres de l'Eglife.

,

16. Il Y a des Biens de diverll efpeces; mais en général il yale Bien Spirituel et le bien naturel, et l'un et l'autre font conjoints dan~ le pur bien moral j tels que font les Biens telles auffi. font les vérités, parceque celles-ci ap- partienent au bien, et elles en font la forme.

J7. Il en eft du Mal et du Faux en un (ens oppofé, co- me du Bien et du V rai, c'eft à dire que, come tout ce, en l'U nivers qui fe trouve conforme i l'Ordre Divin, fe ra';' porte au bien et au vrai, de même tout ce qui fe trouve contraire à cet Ordre fe raporte au Mal et au Faux. Pa- reillement que come le Bien aime à. être conjoint au vrai, et que celà eft reciproque entre eux, de même aufii le mat .aime à· être conjoint au faux, et cette amitié cft aufii reci- proque entre eux. On peut dir~ auffi que come toute Intelligence et toute Sapience naiffent de la conjonél:ion du Bien et du Vrai, de même auffi, toute Infanité et toute Folie nait de la conjonélion"du mal et du faux. La Con

]onélion dit mal

et du faux eft appeUée Mariage ~fer~.~~

18. De

f

~~

~

I~. !?e.(jeJ. R.yeJF.MJ~·flt ~I;:fa.;l,1f fOp'-.t opp~(~fou l#,ew

,~ a\l y r~l, y ~Jt evp.,eRJ~ -Roue le vr~~ ~e (a\lrOl,t ~ec~

Joint a),f wal, Jill ~e ~lr!! ~\l~ fa~x du ~~J? Ji le yrt l e.!l ~d-

, jo~.n.ta,up;lal, des Io.rs Il ce~e,Je~revr,al,.e.l: ~ft.r.eeHemer t

[auf' par ce q,u'il q! lf~é; etft .le .~l,e~(e'tro,uyef?:-

un mal reel,

Joint aI,1 faux du m<iJ,

Il n d! pl~s bien,

malS

parc,e ,qu'il ~!l:aMtiéJ,"é :~tg~é. ~ai;sJe fau~qui ~'eJlli~

#u?, du m.J peu.t t,rl;:f> Qle n ,:t.re ,C,?PJql,~t ~u pien.

19' Nul homlpe q~icft plong6 dans ·Je mal; et C{l;1i par là· eft dans le faux, pàr confirmation, :et ,t;arl;1ne yie con':' forme à l'un et à l'autre, ne peut favoir ce que c'eH que Je pien ~,leVrai, parc,e qu'il cro~t qUI;: le Mal .qU# lui eft

pr~r.e€:.ft ~J,eR' ~ .lje là il )'egarde fon f!'-!-Ji 'cqme 'J'ne Vé-

(ite;

mais tout

ho,m~e qu; ei}: dans le ~iepet de là d.an~

le vr:l:i, par c,on~rJIl~ion,et p,ar une vie cp,nforme à l'un e,t

c'eftque le Faux; et la rairon

ë!e éëIa~ é'eft que tout biên e~ fa' vérité cft Célefte en fan etrènce~ et que cellii même qui n'cft pas célefte en fan ef:;. fenee, eft toute fois d'une Céleile Origine; mais tout mal èt fan faux en fan effence cft infernal, et q\le même celui qui n'cft pas tel eo [on eff'ei1ce, eft toute fois d'une iufer:'

11~~ origine.: -9r tout Sujet Céleile ,e~d:lns la LUq:Üèr~ malS tout SUjet l.nfernal cft dans les tenebres.

à l'autre, 'peut fa voir ce q'ue

Extrait des Arcanes Célefies.

JO •. Q' U E gén,éralemen~ t.o~t ce que !.enfèrt~e ce vafi. e Univers

a raport ou au Bien et au Vrai, ou au Mal et au Faux;

'roules les Cq,ofes qui fpnt cpnforlIles "l'Ordre Divin le !"3portllPJ: âu Bien J:t al.l Vrl,\i, ~~ t9Utj:sce11e~ qui foqt con·

.'

~rair~s ~ cet q!dr~,,qJlt leu,r rimon a~ ~a} et au Faùx, p: 245I.

~c. Allm l;n l'homme tout Ce raporte a (on ~nteDqem~l1t el à fil

V olonlé,

p~TF.e que (onenlen,d~menteft 1,<: réclpie~t" du vrai ~t

fl.~'faux, -èt' fa Volqrlté celui du Bien et. du Mal. n: l0I.22.

ce (lue c'eft que

ta Vérité, en fà pure"ert'e'nêe,' parëe q'u'on 'ne fait !!:uere Don plus

te qùe creil: que 'le Bien, et cependant tOlité Vérité vient du :Bien, el toud~ien exille par les Vérllés; n: z 507, &c ~'i1 ya quttre efpecesd!hommes;' I.Qu'il en ell qui font «lans'Ies fauffcrés dérivantes du:rnll\, et d'autres qui fqnt dans lt(S

~:.ael1 éfr bieJ: j peu aGjour-d"hu~F qui Cache

"'~~ .fiui fl~ djrivel}tp.9i~t.d.A ~al. 1I~ ~'il ~~ eft q\li f~nt

",

dans

(

f1

)

~ans les vérités fans bien. III. ~'ily en a d'autres qui (ont dans les 'l"érités, et qui par elles regardent et vifent au bien. rv. Enfin qu'il en eft une quatrièm~ efpece, de ceux <lui font dans les vérités par le Bien j mais nous allons parler de chaque clpece en particulier.

21.

De

rtjui ny .font

teu qui ftnl - dd1l1 Irs J<tltftetlJ par

et J~ ml.'

/J04 par 1In trl prit/dJX, et (tÎ!lfi d," Jaufletù qui 'VÎcnnoÎt

le

"url,

du mtll, ct de alles '1fti ne 'VÎc1I1lenl pas du mal. <l.!:1'i1 y a une infinit!:

innombrable de fauffetés, voir qu'il y en a autant que dé maux; ~t 'Ju'il y a'pw1ieun origines de maux, et, de faulfetés qui en

~'il yale, faux par le mal, ou le faux du

dénvent, n:

1188.

mal, et qu'il y a auffi le mat par le f:!ux, ou le mal du faux, <;t ~ncore le faux qui dérivé de ce de'rnier mal, et ainfi' de fuite par

dérivation, n: 1679' Q!:!e· d'une feule fauffeté ou erreur, fur tout li elle lient lieu de principe, il en découle à'autres fauffutés en une fuite continuelle, n: 1510. Qy'i1 S a le fau;K dérivant des Cupidités de l'Amour propre er de l'amour du monde, et qu'il ya auffi le faux qui dérive des déceptions des fens, n: 1295. QyJily a des faufietés ou erreurs de l'Religion et qu'il y en:1 d'ignorance, n: 472<). Qg'il eft une efpece de faux dans le

quel il y a du bien, et qu'il eo cft une autre efpece dans le quel

y a auffi du falfifié, 7318.

qui.

vient des Cupidités de l'anrour propre di: le propre faux du malt

il, r/y a pas de bien, n: 2863' Q!.!'il

Q.ge tout mal a

du faltx

aV~c foi,

n: 1577.

lefaux

~e

et que .delà· viennent, les

21: 4729'

en à moins· qu'il ne

le ~Bien eft' tourné en

Ciel en enfer, patce

il s'enfonce pour ainfi dire en une Atmofphère groŒère

faUffetéS qui viennent du mal

paroiffent come des nuages et come des eaux impures, flotantcs

et impure,n: 36°7.

qu'ainfi

Mal,

dérive

enfer; qu'il n'en eft

plus

mauvaifes efpeces de fauffetés, .

et tombe de foi mêùle

Q:.!e

le Mal

du

et

mal,

eft chofe

pefa nte ,

pas dé

même du faux,

~t. ~e

en 'tombant

du

n: 8279,

le vrai: en faux,

Qye le

audeffos des enfers,

profèrent

n:

8217.

Qge

des

fauffetés qui

viennent

ceux

qui font en enfer

du mal,

n:

1695,

&<:.

Q.!.le

mêmes, ne peuvent que penfer faux, n: 7437. Divers pani-

d'eux

ceux qui

font

dans

le

mal,

quand

ils

penfent

cularités touchant le

mal du

faux,

n: