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‘Schweizerische Eidgenossenschalt Confederation suisse Confederazione Svizzera Confederaziun svizra PP.cH-2003 Berne, OF Monsieur S. Nielsen Greffier de Section Cour Européenne des droits de Vhomme Conseil de l'Europe BP.431 R6 F - 67075 Strasbourg Vote référence : CEDH.LFA, 1aGIDARIOM Note référnce :D.2000/20-SCF Berne, le 19 mars 2010 Dépariement édéral de justice ot police DFUP. Office fédéral dela ustice OFS Représentaton de a Suisse deventla Cour exopsenne des Drs de Homme r i ‘Requéte n° 48848/07 — Association RHINO et autres c/Suisse Observations du Gouvernement suisse sur la recevabilité et le bien- fondé de la requéte Monsieur le Greffier de Section, Par lettre du 30 novembre 2009, vous avez porté @ notre connaissance que Vancienne Association RHINO ainsi que trois de ses membres ont introduit devant la Cour européenne des droits de homme une requéte dirigée contre ta Suisse. Vous nous avez invités présenter, par écrit, nos observations sur ta recevabilité et le bien-fondé de cette requéte dans un délai échéant le 19 mars 2010. Nous sommes invités a répondre a la question suivante : “Y a-t-il eu ingérence dans [a liberté d'association des requérants, au sens de I'articl 11§1 dela Convention pour le motif de la dissolution de fice féérl de ajustica OF Frank Sehormann Bundosrain 20, 3003 Bame Tol 41 34 322 41 60, Fax +41 34 322 7864 frank-echuermann@b scin.ch wor fain ch "association? Dans affirmative, cette atteinte était-olle prévue par la loi, poursuivait-elle un but légitime, était-elle nécessaire, au sens de l'article 11927" Dans le délai imparti, le Gouvernement suisse se détermine comme suit: 1 Résumé des faits 1 Le Gouvernement suisse croit utile de préciser et de compiéter sur différents éléments le résumé des faits préparé par la Cour sur la base de la requéte des requérants, 2. Le but statutaire poursuivi par l'association Rhino, & savoir de “s'efforcer de soustraire les immeubles qu'elle occupe du marché immobilier et de la spéculation” était son but essentiel. Selon ses statuts, la qualité de membre de l'association avec droit de vote était réservée aux personnes qui habitaient dans les immeubles que l'association occupait 4 Genéve et ce sociétariat se perdait lors d'un déménagement. Ne pouvait done étre membre actif de l'association qu'une personne occupant un des trois immeubles mentionnés dans ses statuts (cf. Statuts, chiffre Il; Membres, para. 2, annexe 1). Le paragraphe II’3.b) statue en conséquence que « la qualité de membre actif se perd quand la personne quitte de son plein gré les immeubles définitivement » ; selon para. IV4, est « membre passif toute personne n’habitant pas Rhino et souhaitant soutenir les buts de I'Association. » Comme [ont relevé les requérants, la grande majorité des membres de l'association étaient habitants des trois immeubles en question (requéte, p. 4, ch 2). 3. Ces immeubles sont propriétés de tiers et ont été occupés par la force (cf. arrét du Tribunal fédéral du 8 mai 1991, p. 2, A), le 9 novembre 1988. Les représentants des propriétaires avaient immédiatement déposé des plaintes pénales et réciamé Intervention de la police. 4. Développement intervenus aprés I 2007: le Le 14 mai 2007, donc quatre jours aprés 'arrét litigieux du Tribunal fédéral, le chef du Département des constructions et des technologies de information du canton de Genéve a invité les propriétaires 4 se déterminer sur le fait que l'autorisation de construire (délivrée te 6 mai 2004 ; cf. Résumé des faits, 20 p. 2, avant dernier paragraphe) n'avait pas encore été exécutée. Les propriétaires ont répondu que les travaux ne pouvaient étre réalisés sans une évacuation des immeubles, quils essayaient en vain dobtenir depuis des années. Le 24 mai 2007, le chef du département a ordonné aux propriétaires de procéder aux travaux nécessaires pour remédier a I'état de dagradation des immeubles et de rétablir des conditions d'habitabilité et d'entretien acceptables; l'ouverture du chantier devait intervenir dans un délai de quarante-cing jours, sans quoi les travaux seraient exécutés doffice aux frais des propriétaires. Les propriétaires iont pu que répéter que les travaux ne pouvaient étre réalisés sans que les immeubles ne soient évacués. Le 23 juillet 2007, suite une intervention du chef du département auprés de la cheffe de la police cantonale sollicitant assistance dagents de la force publique, les squatters ont été évacués de force par la police. Plusieurs occupants ont recouru contre cette évacuation auprés de la ‘Commission cantonale de recours en matiére de constructions, Sa décision de déciarer le recours irrecevable fut confirmée par le Tribunal administratif (arrét du 26 aott 2008, annexe 2a) et par le Tribunal fédéral (arrét du 12 février 2009, annexe 2t 5. Les propriétaires des immeubles occupés ont entamé’ différentes procédures judiciaires en lien avec cette occupation. ls ont notamment assigné le canton de Genéve, les Services Industriels de Genave et différentes personnes, dont le troisiéme et la quatriéme requérant(e), en paiement de CHF 1419228475, avec intéréts 4 5% dés le 1 janvier 1997, cette somme comprenant entre autres un montant de CHF 1'230'000 au titre des déprédations subies par les immeubles pendant leur occupation (Demande en paiement du 22 juillet 2008, annexe 3). Cette procédure est actuellement suspendue par devant le Tribunal de premiére instance de la République et canton de Genéve, comme dépendant d'une autre procédure opposant les propriétaires de limmeuble 4 Etat de Genéve. 6. Il sera finalement relevé que, selon les informations dont dispose le Gouvernement, les logements en question sont aujourd'hui rénovés et seront lougs des prix tout 4 fait abordables (cf. renseignements de Office cantonal des autorisations de construire, Département des constructions et des technologies de t'information, annexe 4). sno