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Construction

Métallique

TECHNIQUE ET APPLICATIONS

FLAMBEMENT PAR TORSION ET PAR FLEXION-TORSION D’UNE BARRE COMPRIMÉE

par A. BUREAU

1 1

1. – INTRODUCTION

Dans le domaine de la construction métallique, le flambement d’une barre simplement comprimée est un phénomène bien connu du projeteur. Le phénomène auquel on se réfère le plus souvent est le flambement dit «par flexion» car le mode d’instabilité fait apparaître de la flexion dans la barre.

Dans certains cas particuliers, la résistance au flambement d’une barre peut être gou- vernée par un mode d’instabilité beaucoup moins connu : il s’agit du flambement par torsion ou par flexion-torsion.

Pour chacun des trois modes d’instabilité, la figure 1 montre le déplacement de la sec- tion droite à mi-longueur d’une barre soumise à un effort de compression supposé appliqué au centre de gravité, selon le type de section pour lequel le mode concerné peut représenter un mode potentiel de flambement.

concerné peut représenter un mode potentiel de flambement. Fig. 1 – Modes de flambement d’une barre

Fig. 1 – Modes de flambement d’une barre simplement comprimée

A. BUREAU – CTICM : Département Construction Métallique

CENTRE TECHNIQUE INDUSTRIEL DE LA CONSTRUCTION MÉTALLIQUE

Domaine de Saint-Paul, 78471 Saint-Rémy-lès-Chevreuse Cedex Tél.: 01-30-85-25-00 - Télécopieur 01-30-52-75-38

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Face à un phénomène qui peut sembler complexe pour le projeteur, cette note tech- nique a pour principal objet de présenter les expressions qui permettent de calculer la charge critique de flambement par torsion et par flexion-torsion. Ces expressions sont accompagnées de commentaires quant à leur application pratique, ainsi que d’exemples. Précisons que le domaine d’application de cette note technique se limite aux barres à section constante, soumises à un effort axial de compression constant sur leur longueur.

Le lecteur intéressé par le fondement théorique de ces expressions pourra se reporter à la littérature spécialisée, en particulier à la référence [6].

2. – PRINCIPALES NOTATIONS

A : aire de la section transversale

E : module d’élasticité longitudinale (E = 210000 N/mm 2 pour l’acier)

G : module d’élasticité transversale (G = 80770 N/mm 2 pour l’acier)

i y , i z

I y , I z

I t

I w

I 0

N cr.y

N cr.z

N cr.T

: rayons de giration par rapport aux axes principaux de la section

: moments d’inertie de flexion par rapport aux axes principaux de la section

: inertie de torsion

: inertie de gauchissement

: inertie polaire par rapport au centre de cisaillement

: effort normal critique de flambement par flexion / yy

: effort normal critique de flambement par flexion / zz

: effort normal critique de flambement par torsion

N cr.TF : effort normal critique de flambement par flexion-torsion

y 0 , z 0 : coordonnées du centre de cisaillement par rapport au centre de gravité.

3. – PRÉSENTATION DE LA FORMULATION

3,1. – Flambement par torsion

La figure 2 donne des exemples de sections sujettes au risque de flambement par tor- sion.

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Fig. 2 – Exemples de sections sujettes au flambement par torsion L’effort normal critique de

Fig. 2 – Exemples de sections sujettes au flambement par torsion

L’effort normal critique de flambement par torsion N cr.T d’une barre à section supposée indéformable est obtenu par :

 

A

π 2 EI w

 

N cr.T =

I 0

GI t +

L 2

k.T

(1)

où :

I 0 est l’inertie polaire par rapport au centre de cisaillement de la section :

I 0 = I y + I z + (y 0 2 + z 0 2 )A

y 0 et z 0 sont les coordonnées du centre de cisaillement S (ou centre de torsion) de la section par rapport au centre de gravité (voir fig. 3). Pour une section doublement symétrique, le centre de cisaillement S est confondu avec le centre de gravité G, on a alors :

y 0 = 0

et

z 0 = 0

de gravité G , on a alors : y 0 = 0 et z 0 =

Fig. 3 – Coordonnées du centre de cisaillement S par rapport au centre de gravité G

L k.T est la longueur de flambement à considérer pour le flambement par torsion

En posant :

et

i y 2

= I y /A

et

i 2 z = I z / A

i 0 2 = i y + i z + y 0

2

2

2 + z 0

2

i y et i z sont les rayons de giration par rapport aux axes principaux de la section.

3

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L’effort normal critique de flambement par torsion peut s’écrire :

 

1

π 2 EI w

 

N cr.T =

i

2

GI t +

L 2

k.T

(2)

0

Note : Pour le calcul des propriétés des sections, en particulier celles qui concernent la torsion (position du centre de cisaillement, inertie de torsion, inertie de gauchis- sement), le lecteur pourra se reporter à l’Annexe G de l’EC3-DAN [3] ou bien à des notes techniques parues dans la revue Construction Métallique [ 7, 8, 9].

Conditions aux limites et longueur de flambement L k.T

Tout déplacement latéral des sections d’extrémité de la barre est supposé empêché (u = 0, v = 0). Les sections d’extrémité sont supposées bloquées en rotation autour de l’axe de la barre (φ = 0).

La longueur de flambement L k.T pour le flambement par torsion s’apparente à la lon- gueur de flambement par flexion des fibres les plus éloignées de l’axe de rotation de la barre. Si l’on doit considérer que le gauchissement des sections d’extrémité n’est pas empêché, la longueur de flambement L k.T doit être prise égale à la longueur d’épure. En revanche, si l’on peut admettre un encastrement parfait des deux sections d’extrémité vis-à-vis du gauchissement, la longueur de flambement L k.T peut être prise égale à la moitié de la longueur d’épure. Il est rare de pouvoir se placer dans ce dernier cas, et sauf justification étayée de telles hypothèses, on se placera généralement dans le pre- mier cas.

Remarque

Il faut noter que pour certains types de section, dans l’expression de l’effort normal cri- tique de flambement par torsion, le terme de gauchissement (π 2 EI w /L k.T 2 ) peut être très faible par rapport au terme de torsion uniforme (GI t ). Dans ce cas, l’effort critique varie peu avec la longueur de flambement L k.T , ce qui n’est pas le cas du flambement par flexion. Pour des barres de faible longueur, le flambement par torsion peut donc devenir déterminant.

À longueurs de flambement égales pour les 2 modes d’instabilité, le flambement par

torsion est d’autant plus à craindre que la longueur de flambement est faible.

Le mode de flambement par torsion «pure» ne peut apparaître que pour des sections dont le centre de cisaillement est confondu avec le centre de gravité. Dans les autres cas, le mode d’instabilité de la barre combinera la flexion et la torsion (voir § 3.2).

Le flambement par torsion peut-il représenter un mode d’instabilité prédominant pour un profil en I ?

À longueurs de flambement égales, l’effort normal critique de flambement par flexion

par rapport à l’axe de faible inertie N cr.z d’un profil en I est généralement plus faible que

pour le flambement par torsion. Pour des longueurs de flambement relativement

faibles, l’effort normal critique

mais cela correspond à une gamme d’élancements faibles. À titre d’exemple, la figure 4 présente l’évolution de l’effort normal critique d’un profilé HEA 200 pour les 3 modes de flambement, en fonction de la longueur de flambement. On constate que le mode de flambement par torsion devient prédominant pour des longueurs de flambement infé- rieures à 1,40 m. Cependant dans ce domaine, l’écart entre les courbes de N cr.z et de N cr.T reste très faible. Ces courbes ont été tracées à partir de la formule d’Euler pour N cr.y et N cr.z et de l’expression (1) pour N cr.T .

N cr.T

peut toutefois prendre des valeurs inférieures à

N cr.z ,

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Fig. 4 – Effort normal critique pour un profilé HEA 200 En revanche, si l’on

Fig. 4 – Effort normal critique pour un profilé HEA 200

En revanche, si l’on considère le cas d’un maintien latéral à mi-hauteur d’un poteau s’opposant au déplacement transversal de la section, sans s’opposer à sa rotation autour de l’axe du poteau, le flambement par torsion peut devenir déterminant. Selon la représentation schématique de la figure 5, la longueur de flambement par torsion est la longueur de la barre, alors que la longueur de flambement par rapport à l’axe de faible inertie est la moitié de la longueur de la barre.

faible inertie est la moitié de la longueur de la barre. Fig. 5 – Section à

Fig. 5 – Section à mi-hauteur maintenue vis-à-vis du déplacement latéral

5

6

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3,2. – Flambement par flexion-torsion

3,21. – Cas général

La figure 6 donne des exemples de sections sujettes au flambement par flexion-torsion.

de sections sujettes au flambement par flexion-torsion. Fig. 6 – Exemples de sections sujettes au flambement

Fig. 6 – Exemples de sections sujettes au flambement par flexion-torsion

L’effort normal critique pour le flambement par flexion-torsion N cr.TF est la plus petite racine de l’équation cubique en N suivante :

où :

I 0

A

(N N cr.y )(N N cr.z )(N N cr.T ) – N 2 y

2

(N N cr.z ) – N 2 z (N N cr.y ) = 0

2

0

(3)

0

N cr.y est l’effort normal critique pour le flambement par flexion /yy : N cr.y =

N cr.z est l’effort normal critique pour le flambement par flexion /zz :

N cr.z =

π 2 EI y

L 2

k.y

π 2

EI z

L 2

k.z

N cr.T est calculé par l’expression (1) donnée au paragraphe précédent.

L’équation (3) montre que dans le cas particulier où le centre de cisaillement est confondu avec le centre de gravité (y 0 = z 0 = 0), les racines de l’équation sont : N cr.y , N cr.z et N cr.T . Le problème se ramène simplement au cas du paragraphe précédent.

L’équation (3) peut aussi s’écrire sous la forme :

I y + I z

N 3 +

A

 

2

(N cr.y z 0

I 0

I 0

+ N cr.z y 0 ) (N cr.y + N cr.z + N cr.T ) N 2

2

+ (N cr.y N cr.z + N cr.z N cr.T + N cr.T N cr.y )N N cr.y N cr.z N cr.T = 0

3,22. – Cas d’une section symétrique /yy

(4)

En supposant que l’axe yy soit l’axe de symétrie de la section (voir fig. 7), l’effort normal critique de flambement par flexion-torsion peut être calculé à l’aide de l’expression sui- vante :

N cr.TF =

I 0

2(I y + I z )

N cr.y + N cr.T – + I y I z + N 2 –
N cr.y + N cr.T –
+
I y
I z
+
N
2
(N cr.y
cr.T )
4N cr.y N cr.T
I 0
I 0 2( I y + I z ) N cr.y + N cr.T – +
I 0 2( I y + I z ) N cr.y + N cr.T – +
I 0 2( I y + I z ) N cr.y + N cr.T – +
I 0 2( I y + I z ) N cr.y + N cr.T – +

(5)

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Fig. 7 – Exemple de section symétrique /yy Dans ce cas, le flambement dans le

Fig. 7 – Exemple de section symétrique /yy

Dans ce cas, le flambement dans le plan de symétrie, donc ici le flambement par rapport

à l’axe zz, est déconnecté du mode d’instabilité par torsion. Il y a lieu de retenir le mode

d’instabilité le plus défavorable entre le flambement par rapport à l’axe zz et le flambe- ment par flexion-torsion.

Ce cas ne doit pas être considéré comme un cas particulier du cas précédent. L’expres- sion (5) ne peut être retrouvée à partir des équations (3) ou (4). Le problème de bifurca- tion d’équilibre doit être repris au niveau de l’écriture des équations différentielles, pour faire apparaître le découplage du flambement par flexion vis-à-vis des autres modes.

Lorsque l’axe de symétrie n’est pas l’axe yy mais l’axe zz, il suffit de remplacer N cr.y par N cr.z dans l’expression (5), voir l’exemple d’application du § 4.2.

3,3. – Calcul de la résistance au flambement

On peut admettre que la vérification de la résistance au flambement par torsion ou par flexion-torsion d’une barre comprimée peut être effectuée selon les règles de calcul uti- lisées pour l’ouvrage étudié (règles CM66 [1], EC3-DAN [2]…), bien que les formules de résistance de ces règles aient été établies et calibrées pour le flambement par flexion. En effet, les méthodes de vérification de résistance au flambement par flexion utilisent généralement la charge critique élastique comme référence, par exemple :

– l’effort normal critique N cr pour l’EC3-DAN (§ 5.5.1),

– la contrainte critique σ k pour les règles CM66 (§ 3,4).

L’effort normal critique N cr et la contrainte critique σ k (= N cr / A) peuvent être déterminés

à l’aide des formules présentées précédemment, et il est ensuite aisé de se placer dans le contexte des règles utilisées.

On notera que pour l’Additif 80 aux Règles CM66 [1], le coefficient k 0 dû au flambement est calculé en fonction de l’élancement réduit dont la définition est analogue à l’élance- ment réduit de l’EC3-DAN :

π λ =

σ

Aσ

cr

e

e

λ =

E

N

en reprenant la notation de l’Additif 80 aux Règles CM66 (σ e : limite d’élasticité).

L’Additif 80 utilise les courbes européennes de flambement. On peut admettre que le tableau (A, B ou C) soit choisi en fonction du type de section comme indiqué au § 5,31 de l’Additif 80, comme pour le flambement par flexion.

7

8

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En ce qui concerne l’EC3-DAN [2], la courbe de flambement n’est pas seulement fonc- tion du type de section, mais aussi de l’axe de flambement considéré. Pour le calcul de la résistance au flambement par torsion ou flexion-torsion, on pourra admettre de rete- nir la courbe qui correspond au flambement par rapport à l’axe de faible inertie. C’est d’ailleurs l’option retenue dans le projet de norme Européenne pr EN 1993-1-1 § 6.3.1.4 [5]. On notera au passage, que ce dernier document traite explicitement le mode d’insta- bilité par torsion ou flexion-torsion.

Dans le cas des éléments minces formés à froid, la partie 1-3 de l’Eurocode 3 [4] impose l’utilisation de la courbe b (§ 6.2.3 de la référence [4]).

3,4. – Récapitulatif

TABLEAU 1 Formes de section et modes de flambement

TABLEAU 1 Formes de section et modes de flambement 4. – EXEMPLES D’APPLICATION 4,1. – Cas

4. – EXEMPLES D’APPLICATION

4,1. – Cas de flambement par torsion

Cet exemple a pour objet de déterminer la résistance au flambement d’un poteau de 6 m de hauteur, soumis à un effort axial de compression. Cet élément est constitué de 2

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profilés laminés (IPE 270 et IPE 300) en acier S235 assemblés par soudage de façon à for- mer une section cruciforme comme indiqué sur la figure 8. On admet que la hauteur du profilé IPE 270 après oxycoupage et soudage sur l’âme du profilé IPE 300 est conservée.

La résistance au flambement sera calculée selon l’EC3-DAN partie 1-1 [2].

flambement sera calculée selon l’EC3-DAN partie 1-1 [2]. Fig. 8 – Section cruciforme Caractéristiques de la

Fig. 8 – Section cruciforme

Caractéristiques de la section (voir Annexe)

Le centre de cisaillement S est confondu avec le centre de gravité G.

Aire de la section :

A = 99,76 cm 2

Inertie de flexion / yy :

I y = 8776 cm 4

Inertie de flexion / zz :

I z = 6394 cm 4

Inertie polaire (/G ou /S) :

I 0 = 15170 cm 4

Inertie de torsion :

I t = 36,06 cm 4

Inertie de gauchissement :

I w = 196550 cm 6

Conditions de maintien aux extrémités et longueurs de flambement

Il est admis que les sections aux deux extrémités sont maintenues vis-à-vis du déplace- ment latéral dans toutes les directions. Les sections sont libres en rotation par rapport à leurs axes principaux. Il en résulte que la longueur de flambement par flexion du poteau doit être prise égale à la longueur d’épure :

L k.y = 6 m

L k.z = 6 m

Les sections aux extrémités du poteau ne sont pas libres de tourner autour de l’axe lon- gitudinal du poteau. En revanche, on doit considérer que le gauchissement n’est pas empêché. Par conséquent, la longueur de flambement pour le flambement par torsion doit aussi être prise égale à la longueur d’épure :

L k.T = 6 m

9

10

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Efforts normaux critiques

Effort normal critique pour le flambement par flexion par rapport à l’axe fort :

N cr.y =

π 2 EI y

L 2

k.y

π 2 × 210000 × 8776 × 10 4

=

6000 2

× 10 3 = 5052 kN

Effort normal critique pour le flambement par flexion par rapport à l’axe faible :

π 2 EI z

π 2 × 210000 × 6394 × 10 4

N cr.z =

 

× 10 3 = 3681 kN

=

Effort normal critique pour le flambement par torsion :

 

A

π 2 EI w

N cr.T =

I 0

GI t +

L 2

k.T

9976

80770 × 360600 +

π 2 × 210000 × 196550 × 10 6

× 10 3 = 2659 kN

L’effort normal critique minimal est donc celui pour le flambement par torsion. La figure 9 présente l’évolution de l’effort normal critique de flambement de la barre en fonction de la longueur de flambement. On constate que le mode de flambement par torsion devient prédominant pour une longueur de flambement inférieure à environ 7,40 m.

une longueur de flambement inférieure à environ 7,40 m. Fig. 9 – Effort normal critique en

Fig. 9 – Effort normal critique en fonction de la longueur de flambement pour chaque mode

Classe de la section

En application de l’Eurocode 3 partie 1-1 [2], la résistance au flambement dépend de la classe de la section. La classe peut être déterminée selon le paragraphe 5.3. Il convient de classer chaque paroi qui compose la section, celle-ci étant ici uniformément compri- mée (fig. 8).

L 2

k.z

6000 2

=

15170 × 10 4

6000 2

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Pour l’acier S235,

ε = 1

 

c

135/2

 

Profilé IPE 270

Semelle

= 6,62 10ε

Classe 1

 

t

f

=

10,2

 

Âme

d

106

 

= 16,06 33ε

Classe 1

 

t

w

=

6,6

c

150/2

 

Profilé IPE 300

Semelle

= 7,01 10ε

Classe 1

 

t

f

=

10,7

 

Âme

d

121

 

= 17,04 33ε

Classe 1

t

w

=

7,1

La section est donc de Classe 1

Résistance au flambement

La résistance au flambement est calculée selon l’Eurocode 3 partie 1-1 § 5.5.1 [2] :

N b.Rd = χβ A Af y /γ M1

où : γ M1 est le coefficient partiel de sécurité

γ M1 = 1,1

(EC3-DAN § 5.1.1 (2))

f y est la limite d’élasticité :

f y = 235 N/mm 2

pour les sections de Classe 1, 2 ou 3 :

β A = 1

χ est le coefficient de réduction minimal pour les différents modes de flambement. Il est fonction de l’élancement réduit et de la courbe de flambement appropriée.

La courbe de flambement à utiliser est déterminée selon le tableau 5.5.3 [2]. Bien qu’il s’agisse ici d’une section en croix reconstituée à partir de profilés laminés, nous choisis- sons de rester dans l’hypothèse de profilés laminés en I pour déterminer la courbe de flambement. Avec h /b 1,2 et t f 40 mm, nous avons :

– courbe a pour le flambement /yy

– courbe b pour le flambement /zz.

Nous pouvons retenir la courbe b pour le flambement par torsion, conformément à ce qui est expliqué en 2.3 de cette note.

L’effort normal critique le plus faible étant celui pour le flambement par torsion N cr.T , et la courbe de flambement la plus défavorable étant celle qui correspond aussi à ce mode de flambement, il suffit de calculer le coefficient de réduction pour ce mode :

– élancement réduit :

λ = = = 0,939 0,2

β

A

Af y

1 × 9976 × 235

– coefficient de réduction :

facteur d’imperfection pour la courbe b :

α = 0,34

φ = 0,5[1 + α( λ – 0,2) + λ 2 ] = 0,5[1 + 0,34(0,939 – 0,2) + 0,939 2 ] = 1,066

1

1

χ =

 

=

φ +

φ

2

λ

2

 

1,066 +

1,066

2

– 0,939 2

= 0,636

N

cr.T

2659000

11

12

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

Nous pouvons donc calculer la résistance au flambement par torsion :

N b.Rd = (0,636 × 1 × 9976 × 235/1,1)/1000 = 1 355 kN

La résistance minimale au flambement par flexion est ici de 1547 kN, soit un écart d’environ 12 %.

4,2. – Cas de flambement par flexion-torsion

Traitons le cas d’un élément simplement comprimé à section transversale en Té consti- tuée par 2 plats soudés en acier S235 (fig. 10).

Longueur de la barre : 2,40 m

La résistance au flambement sera calculée selon l’EC3-DAN partie 1-1 [2].

sera calculée selon l’ EC3-DAN partie 1-1 [2]. Fig. 10 – Section transversale en Té Caractéristiques

Fig. 10 – Section transversale en Té

Caractéristiques de la section

Aire de la section :

Position du centre de gravité G par rapport à la fibre inférieure :

A = 32 cm 2

 

z G = 112,2 mm

Inertie de flexion / yy :

I y = 673,13 cm 4

Inertie de flexion / zz :

I z = 487,17 cm 4

Position du centre de cisaillement S par rapport au centre de gravité :

 

z S = 32,8 mm

Inertie polaire / S :

I 0 = 1504,57 cm 4

Inertie de torsion :

I t = 10,83 cm 4

L’inertie de gauchissement de ce type de section peut être négligé :

I w 0

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Conditions de maintien aux extrémités et longueurs de flambement

Il est admis que les sections aux deux extrémités sont maintenues vis-à-vis du déplace- ment latéral dans toutes les directions. Les sections sont libres en rotation par rapport à leurs axes principaux. Il en résulte que la longueur de flambement par flexion du poteau doit être prise égale à la longueur d’épure :

L k.y = 2,40 m

L k.z = 2,40 m

Les sections aux extrémités du poteau ne sont pas libres de tourner autour de l’axe lon- gitudinal du poteau. L’inertie de gauchissement étant négligeable, la longueur de flam- bement pour le mode de flambement par torsion n’intervient pas.

Efforts normaux critiques

Effort normal critique pour le flambement par flexion par rapport à l’axe fort (yy) :

N cr,y =

π 2 EI y

L 2

k.y

=

π 2 × 210000 × 673,13 × 10 4

2400 2

× 10 3 = 2422 kN

Effort normal critique pour le flambement par flexion par rapport à l’axe faible (zz) :

N cr,z =

π 2 EI z

L 2

k.z

=

π 2 × 210000 × 487,17 × 10 4

2400 2

× 10 3 = 1753 kN

Effort normal critique pour le flambement par torsion :

L’inertie de gauchissement étant négligeable, l’effort normal critique de flambement par torsion se réduit à :

N cr.T =

A 3200

I 0

(GI t ) =

1504,57 × 10 4

(80770 × 108300) × 10 3 = 1860 kN

Effort normal critique pour le flambement par flexion-torsion :

La section étant symétrique par rapport à l’axe zz, l’expression (5) peut être utilisée en remplaçant N cr.y par N cr.z soit :

On calcule :

I 0

1504,57

=

I y + I z

673,13 + 487,17

= 1,296

N cr.z + N cr.T = 1753 + 1860 = 3613 kN

L’effort normal critique de flambement par flexion-torsion est inférieur de plus de 30 % à l’effort normal critique de flambement par torsion (N cr.T ), et à l’effort normal critique de flambement par flexion (N cr.z ).

N cr.TF =

I 0

2(I y + I z )

N cr.z + N cr.T – + I y I z + N 2 –
N cr.z + N cr.T –
+
I y
I z
+
N
2
(N cr.z
cr.T )
4N cr.z N cr.T
I 0
= I 0 2( I y + I z ) N cr.z + N cr.T –
= I 0 2( I y + I z ) N cr.z + N cr.T –
= I 0 2( I y + I z ) N cr.z + N cr.T –
= I 0 2( I y + I z ) N cr.z + N cr.T –

et :

N cr.TF = 3613 –

1,296

2

4 × 1753 × 1860

(3613)

2

1,296

et : N c r . T F = 3613 – 1,296 2 4 × 1753
et : N c r . T F = 3613 – 1,296 2 4 × 1753

= 1221 kN

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Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

Classe de la section

En application de l’Eurocode 3 partie 1-1 [2], la classe de la section est la classe la plus élevée de celles de la semelle et de l’âme. Il s’agit ici d’une section soudée. La gorge des cordons de soudure est négligée dans le calcul de l’élancement de chaque paroi.

Pour l’acier S235,

Semelle

Âme

ε = 1

c (180 – 10)/2

 

= 8,5 9ε

Classe 1

=

t f

10

d 140

t w

10

La section est donc de Classe 3

Résistance au flambement

La résistance au flambement est calculée selon l’EC3-DAN partie 1-1 § 5.5.1 [2] :

N b,Rd

= χβ A Af y /γ M1

où :

γ M1 = 1,1

(EC3-DAN § 5.1.1 (2))

A = 32 cm 2

f y = 235 N/mm 2

pour les sections de classe 1, 2 ou 3 : β A = 1

Le coefficient de réduction χ est déduit de l’élancement réduit calculé avec l’effort nor- mal critique le plus faible (N cr.TF ), et de la courbe de flambement appropriée. Selon le tableau 5.5.3 de l’EC3-DAN, nous devons retenir la courbe c pour une section en Té :

– élancement réduit :

λ = = = 0,785 0,2

β

A

Af y

1 × 3200 × 235

– coefficient de réduction

facteur d’imperfection pour la courbe c :

α = 0,49

φ = 0,5[1 + α( λ – 0,2) + λ 2 ] = 0,5[1 + 0,49(0,785 – 0,2) + 0,785 2 ] = 0,951

1

1

χ =

 

=

φ +

φ

2

λ

2

 

0,951 +

0,951

2

– 0,785 2

= 0,672

Nous pouvons donc calculer la résistance au flambement par flexion-torsion :

N b.Rd = (0,672 × 1 × 3200 × 235/1,1)/1000 = 459,4 kN

La résistance minimale au flambement par flexion est ici de 514,3 kN, soit un écart d’environ 11 %.

=

= 14 14ε

Classe 3

N

cr.TF

1221000

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

53

5. – RÉFÉRENCES

[1]

[2]

Règles de calcul des constructions en acier (Règles CM66 et Additif 80). Éditions Eyrolles.

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale (EC3-DAN) – Partie 1-1 : Règles générales et règles pour les bâtiments. AFNOR. Décembre 1992.

[3]

– Partie 1-1 : Règles générales et règles pour les bâtiments – Amendement A2. AFNOR. Septembre 2002.

[4]

– Partie 1-3 : «Règles générales – Règles supplémentaires pour les profilés et plaques à parois minces formés à froid». AFNOR. Mars 1998.

pr EN 1993-1-1 – Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» – Partie 1-1 : Règles générales et règles pour les bâtiments. Projet Stade 49. Comité Européen de Nor- malisation. Novembre 2003.

S. P. Timoshenko et J. M. Gere – Theory of elastic stability. 2nd edition. McGraw- Hill. 1961.

L. Sokol – Calcul des caractéristiques géométriques de torsion des profils ouverts à parois minces. Revue Construction Métallique n° 1-1989. CTICM

S. Baraka — Caractéristiques torsionnelles des profils à parois minces. Revue Construction Métallique n° 1-1996. CTICM.

S. Baraka et A. Bureau – Calcul des contraintes dues à la torsion. Revue Construc- tion Métallique n° 1-2000. CTICM.

[10] H. Djalaly – Calcul de la résistance ultime des barres au flambement par flexion-tor- sion. Revue Construction Métallique n° 4-1973. CTICM.

[8]

[5]

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale

Eurocode 3 – «Calcul des structures en acier» et Document d’Application Nationale

[6]

[7]

[9]

15

16

54

Rubrique TECHNIQUE ET APPLICATIONS

ANNEXE

Inerties d’une section cruciforme

ANNEXE Inerties d’une section cruciforme Moment d’inertie / yy : Moment d’inertie / zz : Inertie

Moment d’inertie / yy :

Moment d’inertie / zz :

Inertie de torsion :

Inertie de gauchissement :

I y = I y.1 + I z.2

I z = I y.2 + I z.1

I t = I t.1 + I t.2

I w = [t 1 b 1 3 (h 1 t 1 ) 2 + (t 2 b 2 3 (h 2 t 2 ) 2 ]/24

où :

I y.1 et I y.2 : moments d’inertie /axe fort des profils de base

I z.1 et I z.2 : moments d’inertie /axe faible des profils de base

I t.1 et I t.2 : inerties de torsion des profils de base

h 1 et h 2 : hauteurs des profils de base

b 1 et b 2 : largeurs des semelles des profils de base

t 1 et t 2 : épaisseurs des semelles des profils de base.