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Forum du Manager Création d’entreprise Quels moyens de financement? Presque tous les mécanismes de financement

Forum du Manager

Création d’entreprise

Quels moyens de financement?

Presque tous les mécanismes de financement existants au niveau mondial sont aujourd’hui présents au Maroc. Mais ils sont méconnus et souffrent d’un déficit de communication. L’entrepreneur doit donc se faire conseiller et accompagner par des spécialistes pour identifier les bonnes sources et accéder au financement.

L a caravane du Forum du Manager poursuit son che- min. Après le thème de la

création de l’entrepreneur abordé en janvier, a suivi pour le mois de février le débat autour des clés de succès de la start-up. Notre futur entrepreneur est-il bien outillé pour se lancer? Pas si bien que cela! Il reste encore un autre point très important: le financement! C’est un point clé, car si détenir la poule aux œufs d’or (cette idée de génie qui a toutes les chances de cartonner) et avoir les qualités de business nécessaires, il n’en reste pas moins que c’est le capital qui fait l’entreprise. Aussi, combien

sont-elles les belles initiatives qui n’ont pu jamais voir le jour, sim- plement parce que le porteur du projet n’a pas su relever le défi du financement? Où trouver le capi- tal pour financer son «Eurêka»? Comment y accéder? Quelles sont les mesures d’accompagne- ment qui n’existent pas et qu’il faut mettre en place? Quelles sont les mesures qui ont fait leurs preuves dans un secteur donné et qu’il faut déployer vers d’autres? Voilà autant d’interrogations que

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le Forum du Manager de ce mois a tenu à éclaircir, comme l’a si bien souligné Reda Idrissi, Senior Ma- nager chez Capital Consulting et co-animateur du débat. Levant le rideau du débat, Nawal Houti, directeur général de Success Pu- blications, avance que, «quand il

général de Success Pu- blications, avance que, «quand il Nawal Houti, Essor veut se faire financer,

Nawal Houti, Essor

veut se faire financer, habituelle- ment l’entrepreneur voit d’abord la banque. C’est seulement lorsque celle-ci est inaccessible qu’il pense à chercher ailleurs». Un point de vue appuyé par Rachid El Amrani, directeur général de Original In- vest. Selon ce dernier, même dans

les pays où l’esprit de création s’est bien développé, les starters ont toujours le réflexe de ne son- ger qu’à la banque lorsqu’il s’agit de rechercher un financement. Et d’ajouter: «Aux Etats-Unis par exemple, seul 45% du financement des start-up est financé par des ban- ques». Poursuivant son analyse, Rachida El Amrani émet égale- ment l’hypothèse selon laquelle la prédominance du financement bancaire peut causer des pro- blèmes car il n’est accessible que sous garantie. Beaucoup de pro- jets risquent ainsi d’être inéligi- bles au financement. Souscrivant à cette réflexion, Fayçal Chraïbi, membre de la commission PME de la CGEM et jeune créateur d’entreprise, évoque les expérien- ces de ses débuts d’entrepreneur:

«Après mes études à l’étranger, je suis revenu au Maroc avec l’idée de créer une entreprise dans les technologies GPS. J’ai été voir les banques, mais je n’ai pas été financé à défaut de ga- ranties». C’est ainsi qu’intervien- dra Ali Iben Mansour, directeur général de Actival Finances pour nuancer les propos. Il focalise son analyse sur le rôle et le degré d’ap-

pui du système bancaire dans le processus de financement de la start-up. Pour lui, la «frustration» des porteurs de projet est surtout due au fait que ces derniers ne connaissent généralement pas le vrai métier des banques. Etayant son point de vue, il souligne que «la logique de l’activité bancaire fait que la banque ne peut prêter de l’argent sans l’implication financière du demandeur et la présentation de garanties». Puis c’est au tour de Khalil Azzouzi, directeur général du Fonds Dayam de prendre la parole pour zoomer sur un type d’intervention des banques, à sa- voir le conseil financier, «toutefois, fait-il remarquer, il est nécessaire de recourir à la banque pour ce qu’elle sait faire, à savoir aider l’entrepre- neur à mieux ficeler son montage financier».

Les sources de financement appropriées

La vocation d’une banque n’est donc pas de faire de l’amorçage. Les participants ont ainsi suggéré aux entrepreneurs de recourir à d’autres sources de financement

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beaucoup plus habilitées à soutenir la formation de leur capital. Ces sources sont aujourd’hui nom- breuses au Maroc. Dans ce pay- sage financier, on retrouve les bu- siness angels, les capital-risqueurs, les fonds d’investissement, mais aussi des programmes gouverne- mentaux tels que Moukawalati… L’objectif de tous ces acteurs est de détecter et financer des projets porteurs. Comme l’explique Ra- chida El Amrani: «Le crédit jeune entrepreneur par exemple a financé 12.000 dossiers qui n’ont généré que 17% de créances en souffrance». Il en est de même pour le programme Moukawalati qui prévoit la créa- tion de 30.000 PME dont le mon- tant d’investissement peut attein- dre jusqu’à 250.000 dirhams avec une garantie de l’Etat à hauteur

de 85%. S’inscrivant ainsi dans la politique nationale d’incitation à la création d’entreprise, ces méca- nismes de financement s’adressent aussi bien aux Marocains de l’in- térieur qu’à des RME. C’est le cas par exemple de la Banque Al Amal, dédiée principalement au finance- ment des RME. Selon les mana- gers du forum, presque l’ensemble des mécanismes de financement existants à l’échelle internationale est aujourd’hui présent au Maroc. Marc Capronnier, directeur de l’agence Viseo à Casablanca, ins- tallée au Maroc depuis quatre ans, témoigne également de ce fait, «Le Maroc a beaucoup changé en peu de temps. Aujourd’hui, presque tout est possible pour développer du business. C’est donc aux entrepreneurs d’être plus dynamiques». Les mécanismes

entrepreneurs d’être plus dynamiques» . Les mécanismes Reda Idrissi, Capital Consulting de financement sont

Reda Idrissi, Capital Consulting

de financement sont presque com- plets comparativement à ce qui se pratique à l’international. Seul bé- mol, beaucoup de ces acteurs sont méconnus des entrepreneurs. En effet, comme l’affirment les mana- gers du forum, «les sources de finan-

cement appropriées communiquent très peu. Ce qui réduit les chances des entrepreneurs de recourir à ces dernières, pourtant bien disposées à appuyer la création d’entreprise». Toujours est-il que, accéder à un financement nécessite l’adoption d’une bonne démarche.

Les bonnes recettes pour se faire financer

C’est dans cette logique que Ali Iben Mansour, business angel, évoque l’attitude que doit adop- ter l’entrepreneur pour relever le challenge du financement. «Vou- loir entreprendre est un acte valeu- reux. Mais il faut que l’entrepreneur comprenne que c’est à lui d’ouvrir toutes les portes pour développer son business, au lieu d’exiger qu’on les lui

lui d’ouvrir toutes les portes pour développer son business, au lieu d’exiger qu’on les lui Essor

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lui d’ouvrir toutes les portes pour développer son business, au lieu d’exiger qu’on les lui Essor
Safaa Tajeddine Bureau Veritas Ali Iben Mansour Actival Finances ouvre» , souligne-t-il. Une posi- tion

Safaa Tajeddine

Bureau Veritas

Safaa Tajeddine Bureau Veritas Ali Iben Mansour Actival Finances ouvre» , souligne-t-il. Une posi- tion sur

Ali Iben Mansour

Actival Finances

ouvre», souligne-t-il. Une posi- tion sur laquelle s’aligne Hicham Smad, directeur du réseau Maroc Entreprendre. Ce dernier estime que «l’entrepreneur gagnant est ce- lui qui se dira: j’ai une idée et je me battrai pour la concrétiser». Affi- nant son raisonnement, il énonce les critères d’éligibilité auxquels se réfère la majorité des program- mes de financement destinés aux start-up. Il s’agit, avant tout, ex- plique-t-il, des qualités person- nelles de l’entrepreneur, de la va- leur de l’innovation apportée par le projet et, surtout, de sa capacité à engendrer de l’emploi. Concer- nant ce dernier critère, le réseau Maroc Entreprendre privilégie les projets capables de générer au minimum cinq à dix emplois. La création d’emploi est toute aussi importante pour Khalil Azzouzi, directeur du club Sherpa qui zoo- me également sur d’autres critères plus quantitatifs tels que le po- tentiel de croissance et le taux de rentabilité interne (TRI). «La mo- délisation financière dans la démar- che du capital-risque établit un TRI de 30% quand il s’agit d’amorçage et

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quand il s’agit d’amorçage et 56 - Essor - Mars 2008 Hicham Smad Réseau Maroc Entreprendre

Hicham Smad

Réseau Maroc Entreprendre

- Essor - Mars 2008 Hicham Smad Réseau Maroc Entreprendre Marc Capronnier Viseo de 20% quand

Marc Capronnier

Viseo

de 20% quand c’est un financement en développement», précise-t-il. Et d’ajouter: «On voit bien que cette démarche donne l’avantage au first mover, c’est-à-dire celui qui présente une idée pionnière dans son secteur». Sans interruption, Khalil Azzouzi insère deux autres facteurs clés à considérer par l’entrepreneur. Il s’agit du conseil et de l’accompa- gnement. «Le problème des entre- preneurs en quête de financement, c’est qu’en général ils ne se font pas accompagner par des conseillers spé- cialisés avant d’aller chercher le mode de financement approprié», déplore- t-il. En effet, il existe des cabinets spécialisés qui peuvent apporter une aide de taille à l’entrepreneur depuis la conception de son bu- siness plan, jusqu’au montage fi- nancier, en passant par le choix des modes de financement appropriés et à l’identification des sources de financement les plus accessibles. Ce qui permettra au porteur du projet de maximiser ses chances d’éligibilité. Comme l’affirme Hi- cham Smad, «il est plus utile pour l’entrepreneur d’accepter de payer 5.000 à 10.000 dirhams pour se faire

d’accepter de payer 5.000 à 10.000 dirhams pour se faire Ghizlane Sada Capital Consulting Fayçal Chraibi

Ghizlane Sada

Capital Consulting

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Rachid El Amrani

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Khalil Azzouzi

Fonds Dayam

aider à bétonner son business plan et dans sa recherche de financement que de se lancer dans des démarches hasar- deuses, qui généralement finssent par lui être plus coûteuses». Appuyant ce point de vue, Reda Idrissi apporte d’autres éclaircissements sur les avantages de l’accompagnement pour l’entrepreneur: «Se faire accom- pagner permet aussi à l’entrepreneur de se centrer sur son cœur de métier». Dans le même sens, Khalil Azzou- zi précise que «le conseil et l’accom- pagnement offrent à l’entrepreneur la possibilité de mieux connaître ses be- soins en matière de financement». Et d’ajouter que «c’est dommage de voir des entrepreneurs demander des crédits de fonctionnement pour un besoin en

capitaux propres». Ainsi, l’accompa- gnement permettra à l’entrepreneur non seulement de mieux convain- cre les organismes financiers, avec un préalable de bien cibler son pourvoyeur de fonds, mais aussi de savoir bien gérer les fonds qui lui sont octroyés. Cela passe aussi par l’intégration des réseaux profes- sionnels, comme le suggère Fayçal Chraïbi. Cependant, pour Safaa Tajeddine, responsable marketing du bureau Véritas Maroc, les écoles ont aussi leur rôle à jouer. Celles-ci se doivent d’intégrer des program- mes de formation à l’entreprenariat pour permettre au futur entrepre- neur de mieux s’outiller.

Seydou Souley Mahamadou

Organisé par

de mieux s’outiller. Seydou Souley Mahamadou Organisé par Prochain Forum du Manager L’internationalisation: menace
de mieux s’outiller. Seydou Souley Mahamadou Organisé par Prochain Forum du Manager L’internationalisation: menace
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Prochain Forum du Manager

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Mardi 11 Mars 2008 Hyatt Regency - Casablanca

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