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Méthodologie et politique de la e-formation - Fiche de synthèse

et politique de la e-formation - Fiche de synthèse Université Paris III – Sorbonne Nouvelle Année

Université Paris III – Sorbonne Nouvelle

Année 2007 – 2008

Etat de l'art de l'e-formation en Egypte

Dina El Kassas et Anne-Charlotte Chaput

Plan

1. Contexte politique et économique

2

2. Différents acteurs de l’e-formation en Egypte

2

2.1.

Secteur éducatif

3

2.1.1.

Le secteur public

3

2.1.2.

Le secteur privé

5

2.2.

Secteur commercial

5

2.2.1.

Une plate-forme d’apprentissage de l’arabe moderne en ligne proposée par

l’entreprise égyptienne Arab Academy

5

2.2.2.

Un partenariat entre le Ministère de l’Education (MOE) et l’entreprise Centra

Software, partenaire égyptien de la société Siemens

6

2.2.3.

eKnowledge, fournisseur de solutions en gestion des connaissances et e-formation

 

6

2.3.

Organismes internationaux

6

2.3.1.

AUF (L’agence Universitaire de la Francophonie)

6

2.3.2.

UNESCO

6

3. NELC et ELEG

7

3.1. NELC (National E-Learning Center)

7

 

3.2. ELEG

8

4. Bilan et perspective

8

4.1.

Difficultés

8

4.2.

Perspectives

8

5. Liens

9

Méthodologie et politique de la e-formation - Fiche de synthèse

1. Contexte politique et économique

Avec 75 millions d'habitants, l’Egypte représente un enjeu géostratégique majeur au Moyen-Orient ; c’est un partenaire incontournable du monde arabe. Néanmoins, son poids économique est en retrait. Son PIB par habitant est assez bas par rapport à la grande majorité des pays de la région, puisque 40 % de sa population vit avec moins de 2 USD par jour. Parlant de la situation économique paradoxale que vivent les Egyptiens, le grand journal égyptien Al Ahram dit : « de longues files devant les boulangeries et devant les coopératives de consommation que l'on croyait oubliées depuis des années ; mais d'autres queues se forment devant les musées et les sites touristiques ; images contradictoires d'une économie qui ne cesse d'intriguer. » Les enseignements scolaire et universitaire témoignent malheureusement de cette disparité, avec d’une part des établissements privés bien chers pour la grande majorité de la population ; d’autre part des établissements publics à prix abordable mais qui n’offrent pas une éducation de bonne qualité. Le gouvernement se trouve face à des difficultés de taille : la détérioration du niveau économique et professionnel des professeurs, ce qui accroît le recours aux leçons particulières y compris au niveau des études universitaires ; les classes surchargées, les prix relativement élevés des ouvrages pédagogiques, un réseau et des moyens de transport insuffisants.

Conscient de l’essoufflement de son modèle de développement qui persiste depuis plusieurs décennies, le gouvernement entreprend dès 2001 de mettre en œuvre un ambitieux modèle réformateur. Cette volonté de réforme a été réaffirmée par les orientations du nouveau gouvernement établi en 2004. La nature des réformes envisagées semble tout à fait suivre la conjoncture régionale et mondiale. Dans le domaine de l’enseignement, une politique de réforme de l’éducation a été mise en place visant à faire évoluer la situation alarmante du pays en matière d’éducation. La question de l’utilisation des TIC dans l’enseignement et plus particulièrement de la mise en place de plate-formes d’enseignement à distance au niveau national s’inscrit dans cette politique.

C’est à la place de l’e-formation dans le système éducatif égyptien que nous nous intéresserons dans cette étude. En particulier, quelle est la vision du gouvernement en matière de FOAD au niveau scolaire et universitaire ? En parallèle des programmes nationaux, quelle place tiennent le secteur privé et les organismes internationaux dans le domaine de la FOAD ?

2. Différents acteurs de l’e-formation en Egypte

L’Egypte se classe sur l’échelle mondiale comme un pays émergent. Dans le domaine de la FOAD, l’Egypte fait ses premiers pas. Parmi les réformes proposées par le gouvernement, l’Egypte a adopté une politique d’introduction des TIC dans l’enseignement. La carte ci-dessous montre les différents types d’acteurs de l’e-formation en Egypte. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de tous les acteurs de l’e-formation en Egypte, travail qui nécessiterait davantage de temps. Nous présenterons ici les projets et les acteurs que notre recherche a révélés comme significatifs par rapport à d’autres.

Méthodologie et politique de la e-formation - Fiche de synthèse Les acteurs de l’e-formation en
Méthodologie et politique de la e-formation - Fiche de synthèse
Les acteurs de l’e-formation en Egypte
Secteur Educatif
Secteur commercial
Organismes internationaux
− Fournisseurs
− AUF
de logiciels
− UNESCO
− Fournisseurs
de CD-ROMs
Privé
Public
− AUC
− Ministère de l’éducation
− GUC
− UFE
− Ministère de
l’enseignement supérieur
o ICTP>NELC
ELEG
TEMPUS (EU)
o
Banque mondiale

Obéissant à des motivations diverses, chacun des acteurs tend à exploiter les moyens technologiques et les appliquer dans le domaine éducatif et pédagogique. Certains des projets entamés ont abouti à des résultats concrets, d’autres pas.

2.1. Secteur éducatif

2.1.1.

Le secteur public

Le Ministère de l’éducation

Le Ministère de l’éducation 1 a pour ambition la conversion des livres scolaires en des CD-ROMs interactifs ainsi que la mise en place de classes virtuelles et de plate-formes éducatives. Pour atteindre ce but, le Ministère a fait appel à des fournisseurs 2 de solutions d’e- formation en ce qui concerne l’aspect technologique. Mais les résultats effectifs sont décevants. D’une part, le lien du portail de l’e-formation proposé sur le site du ministère ne fonctionne pas. D’autre part, les sites Internet des écoles qui ont été créés, et dont les liens figurent sur la page du ministère, se contentent de donner quelques informations sur le gouvernorat, l’école, ses corps administratif et professoral. En revanche, aucune activité pédagogique n’est proposée : ni sous forme de cours, ni sous la forme d’espace d’échanges entre enseignants et étudiants ou de forums pour les étudiants. Quelles questions de fond les responsables de ce projet se sont-ils posés, concernant le contenu et la gestion d’un site. Ils se sont apparemment arrêtés à la phase de la construction d’un site Web informatif, sans répondre à des objectifs pédagogiques clairs.

1 Il existe en Egypte deux ministères chargés de l’éducation : le ministère de l’éducation chargé de l’enseignement scolaire et le ministère de l’enseignement supérieur chargé de l’enseignement universitaire 2 Nous avons trouvé que le ministère de l’éducation a eu recours à deux entreprises: Siemens Solution et EMS Solution (Egyptian for Modern Systems) selon une présentation trouvée sur le net. Mais nous doutons de la fiabilité de cette présentation, vu qu’on n’a pas trouvé de trace effective de certains sites et projets signalés.

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Quelle est l’utilité de plate-formes éducatives pour les écoles compte tenu du fait que ni les étudiants ni les professeurs dans la grande majorité des gouvernorats ne sont pas familiers avec la technologie et n’ont pas les moyens de s’équiper d’un ordinateur personnel et d’Internet ? Nous pensons qu’un projet d’e-formation en Egypte doit impérativement être accompagné par la mise en place d’espaces numériques où les professeurs et les étudiants peuvent travailler ainsi que de la mise en place de tout un programme garantissant un accompagnement efficace des enseignants et des étudiants vers une meilleure utilisation des outils technologiques.

Le Ministère de l'enseignement supérieur

la

reconstruction et du développement (IBRD) afin de financer le projet HEEP (Higher Education Enhancement Project) visant la promotion de l’éducation supérieure.

Dans le cadre de ce projet, le Ministère de l'enseignement supérieur a fixé six projets prioritaires 3 :

En

Avril

2002,

l’Egypte

obtient

un

crédit

de

la

banque

internationale

de

HEEPF (Higher Education Enhancement Project Fund)

FLDP (Faculty-Leadership Development Project)

ICTP (Information and Communication Technology Project)

FOEP (Faculties of Education Enhancement Project)

ETCP (Egyptian Technical Colleges Project)

QAAP (Quality Assurance and Accreditation Project)

Dans le cadre du projet ICTP, le ministère a défini cinq projets parmi lesquels la construction des centres nationaux d’e-formation regroupés sur une plate-forme commune intitulée NELC (National Elearning Center). En parallèle, un projet visant la consolidation du centre d’e-formation de l’Université du Caire se développe en collaboration avec des partenaires français et italiens et le soutien de l’Union Européenne dans le cadre des projets TEMPUS : il s’agit du projet ELEG.

Le centre universitaire d’apprentissage ouvert et à distance de l’université du Caire

Le centre universitaire d’apprentissage ouvert et à distance de l’université du Caire a été fondé en 1991. Il offre cinq formations et délivre des diplômes reconnus par l’université du Caire. Comme dans le modèle anglo-saxon, l’université ouverte du Caire est accessible à tous. Elle touche en particulier les adultes en reprise d’études, ayant au moins le baccalauréat. Les Egyptiens n’ont le droit de s’inscrire dans le cadre de la formation ouverte que s’ils ont obtenu leur baccalauréat cinq ans plus tôt au minimum.

L’intégralité de la formation n’est pas dispensée à distance. Il existe en effet un centre à l’université du Caire où se déroulent les cours, et 8 centres régionaux permettant aux étudiants qui n’ont pas les outils nécessaires (ordinateur, Internet, télévision numérique) de suivre les cours et d’étudier dans le centre équipé le plus proche. Le centre universitaire d’apprentissage ouvert et à distance compte des étudiants de six pays du Golfe. Les cours ont lieu le soir pendant la semaine ainsi que le vendredi (jour férié en Egypte et dans les six autres pays), la transmission est faite en vidéoconférence. Plusieurs outils technologiques et multimédias sont mis à la disposition des étudiants : un site Web pour le suivi pédagogique et administratif d’une part, des CD-ROMs, et une chaîne numérique sur le satellite Nilesat qui diffuse les cours en continu. Nous n’avons pas pu vérifier si la plate-forme proposait des

3 Pour plus de détails sur les différents projets consulter le site du HEEP.

développement

http://www.ictp.org.eg/english/projects/ELearning

Pour des détails sur le projet du

l’ICTP :

de

l’e-formation

consulter

la

Rubrique

E-Learning

sur

le

site

de

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cours en ligne (l’accès est réservé aux étudiants), ni si les supports CD-ROMs étaient interactifs, proposant par exemple des exercices et applications du cours, ou bien s’il s’agissait de supports de cours au format électronique. Dans le prolongement de notre recherche, nous pourrons contacter l’université pour le vérifier.

2.1.2. Le secteur privé

Les universités privées en Egypte souhaitent également se doter de plate-formes pédagogiques.

La plate-forme de l’université américaine du Caire

La plate-forme WebCT de l’université américaine du Caire est de loin la plus avancée dans le système éducatif égyptien. Elle est utilisée comme un système de gestion pédagogique fournissant au corps professoral le moyen d’adapter tout ou partie de leur cours au format électronique. De nombreux cours sont accessibles en ligne et l’accès est limité aux étudiants inscrits à l’AUC. Nous n’avons pas pu analyser l’utilisation réelle qui est faite des outils offerts par WebCT, ni si l’usage des forums de cours est répandu. Mais il faut souligner que dans plusieurs facultés égyptiennes surtout celles technologiques, les étudiants ont pris l’initiative de créer leur forum.

Université Française d’Egypte : un centre de ressources de langues et une plate-forme pédagogique.

La première installation d’une plate-forme pédagogique à l’UFE date de 2004. Un séminaire de formation à Moodle proposé par l’UNESCO a eu lieu au début 2004 à l’UFE (voir section II.III.2). Puis au printemps 2006, une journée de formation à l’utilisation de Moodle a été proposée en interne, avec le soutien du Service Universitaire de Formation Continue créé en 2006, dont les statuts prévoient qu’il intègre la notion de formation à distance.

En parallèle, l’UFE a démarré un projet de création d’un centre de ressources de langues pour promouvoir le trilinguisme et offrir aux étudiants un espace et des ressources pour améliorer leurs compétences et performance en langues dans un cadre différent de celui de la classe. Ce centre est en cours de création et s’inscrit dans une démarche d’accompagnement vers une plus grande autonomie des étudiants dans leur apprentissage. Un certain nombre de ressources, d’activités en langues, et un forum sont actuellement en ligne sur Moodle, et sera enrichi au fur et à mesure de la création de nouvelles activités dans le cadre du CRL.

Enfin, l’UFE a nommé une commission Moodle pour mener une réflexion commune au sein de l’institution et mettre en place un certain nombre de bonnes pratiques. La nouvelle commission s’est réunie dimanche 18 novembre 2007 pour la première fois.

2.2. Secteur commercial

Nos recherches nous ont amenées à distinguer les acteurs du monde de l’entreprise, qu’ils participent à des projets élaborés dans le secteur public, ou bien qu’ils proposent des solutions d’e-formations indépendantes, para éducatives ou professionnelles.

2.2.1. Une plate-forme d’apprentissage de l’arabe moderne en ligne proposée par l’entreprise égyptienne Arab Academy

Cette plate-forme d’apprentissage à distance payante s’adresse à des apprenants adultes et enfants du monde entier, et propose des modules de formation et des tests de compétences. L’évaluation en ligne inclut la présence (le système fournit des rapports d’activités automatisés), la participation (questions posées aux professeurs sur le forum ou lors de

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séances de clavardage) et les examens en ligne. Il existe également un centre de formation en présentiel situé au Caire. Ce produit de e-formation est un des plus aboutis dont nous ayons connaissance en Egypte : il est visible, les objectifs sont clairs, et touche le marché international. D’un point de vue pédagogique et technologique, les moyens de communication synchrones et asynchrones et l’interactivité sont bien exploités, facilitant l’apprentissage, la pratique de la langue et l’évaluation des apprenants.

2.2.2. Un partenariat entre le Ministère de l’Education (MOE) et l’entreprise Centra Software, partenaire égyptien de la société Siemens

Nous avons cité dans la section II.I.1 ce projet de localisation d’ouvrages pédagogiques en CD-ROMs interactifs d’une part, et de création d’une classe virtuelle pilote, sous licence avec le partenaire d’autre part. La société Centra Software a apporté ses compétences technologiques. Mais il ne s’agit pas d’un vrai projet d'e-formation.

2.2.3. eKnowledge, fournisseur de solutions en gestion des connaissances et e- formation

Une recherche sur Google sur le e-learning en Egypte nous a fait découvrir une liste de sociétés proposant leurs services aux entreprises et institutions souhaitant développer des projets s’appuyant sur les technologies du Web. La seule société qui nous ait semblé réellement impliquée dans le domaine de l'e-formation et des systèmes de GED est la société E-knowledge, implantée au Caire, qui compte parmi ses clients de référence l’Université du Caire et l’Arab Open University (Bahrein).

2.3. Organismes internationaux

Nous avons retenu deux grands organismes qui soutiennent les pays du Sud dont l’Egypte par le biais des programmes visant la réduction de la fracture numérique.

2.3.1. AUF (L’agence Universitaire de la Francophonie)

L’AUF développe un programme d’actions en faveur des pays du Sud francophones qui nous intéresse particulièrement : « Soutien des TICs au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

Elle se fixe des priorités pour renforcer les capacités humaines par la formation, et propose ainsi régulièrement des ateliers de formation (Transfert) et favorise la création de formations ouvertes et à distance.

L’AUF contribue ainsi à développer des conditions favorables au développement de dispositifs d'e-formation dans les universités égyptiennes et l'octroi d'allocations d'études dans les universités françaises, mais ses actions ne peuvent suffire à elles seules à l’élaboration d’une offre de formation compétitive et de bonne qualité.

2.3.2. UNESCO

C’est également un partenaire de taille, qui apporte son soutien à des initiatives en Egypte notamment, dans le domaine de l’apprentissage à distance.

À titre d’exemple, un séminaire de formation à l’utilisation de Moodle a eu lieu dans les locaux de l’Université Française d’Egypte du 15 au 19 janvier 2004. Cette formation était proposée par Dr Tarek Shawki, Conseiller régional pour la Communication et l’Information dans les Etats arabes à l’UNESCO, dans le cadre du programme « UNESCO and the World Summit on the Information Society »

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3. NELC et ELEG

Dans cette section, nous présenterons deux projets tenus sous l’égide du ministère de l’éducation supérieure : le NELC et l’ELEG.

3.1. NELC (National E-Learning Center)

Le e-Learning est un des cinq objectifs 4 fixés par le Ministère de l’éducation supérieure pour le projet national de la technologie de l’information et de la communication (ICTP). Il s’agit d’introduire de nouvelles méthodes d’enseignement comme le e-Learning pour faire face au développement scientifique et à la demande croissante de formations au niveau des études supérieures. Le centre national de l’e-formation (NELC) est un des cinq projets faisant partie du projet général de la promotion des TIC. C’est un projet commun du Ministère de l’enseignement supérieur et du Conseil suprême des universités égyptiennes, financé par la Banque Mondiale et visant à mettre en place un dispositif de e-formation commune à toutes les universités gouvernementales égyptiennes d’ici fin 2008. Le NELC a cinq objectifs opérationnels :

1. La mise en place des standards nationaux pour l’e-formation

2. Le développement des politiques de l’e-formation

3. La promotion de la culture de l’e-formation au niveau national

4. La création d’un centre d’e-formation dans université publique égyptienne

5. L’assurance qualité de l’e-formation au sein des universités égyptiennes

Le site du Ministère de l’enseignement supérieur présente les projets faisant partie du vaste programme de réformes et leurs objectifs. Concernant l’aspect e-formation et par conséquent le NELC, nous avons trouvé le cahier des charges détaillé. Il indique notamment que la phase de mise en place du projet devrait s’achever fin 2008 (voir document en Annexe).

Toutefois, en visitant les différents sites des universités publiques citées dans les documents du projet, nous n’avons pas trouvé d’informations tangibles faisant état de l’avancement ou de résultats concrets. Sur le site de l’Université d’Assiout par exemple, les informations présentes sur le site sont des copier coller des pages du site du ministère. On ne trouve pas de réel contenu d'e-formation.

De plus, le site NELC, dont l’objectif est de servir de plate-forme commune à toutes les universités, c’est-à-dire de portail de l'e-formation, ne recense pour le moment que des cours dont les crédits sont attribuables à des universités partenaires à l’étranger. Il est impossible d’avoir une vision d’ensemble du dispositif visé et de la démarche adoptée pour le mettre en place.

Enfin, nous n’avons pas trouvé d’information concernant les équipes de recherche égyptiennes universitaires impliquées dans le projet NELC. Si les objectifs du projet sont assez clairement décrits et documentés sur le site du ministère, l’absence de données

4 Les cinq objectifs sont les suivants :

1)

La mise en place d’une infrastructure du réseau qui vise le développement et l’intégration d’un réseau assurant la connexion entre les universités égyptiennes et le monde entier.

2)

La gestion du système d’information.

3)

L’établissement de bibliothèque électronique

4)

La formation des corps enseignant et administratif dans le domaine des TIC

5)

Le Centre nationale d’e-formation (National E-Learning Center) dont l’objectif est l’établissement de centres d’e-formation dans 17 universités.

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concrètes et le manque de visibilité des acteurs au sein des universités laissent penser que le projet est encore assez loin d’aboutir à un véritable dispositif national d'e-formation.

3.2. ELEG

Le projet ELEG est un projet soutenu par la communauté européenne (TEMPUS MEDA UM-JEP-30013-2002), regroupant l’Université du Caire, UNIMED (Université de Rome Italie), CATTID (Université de Rome Italie) et l’ADEC (L’association pour le développement des entreprises et des compétences, France). D’après les informations disponibles sur le site, ce projet a été finalisé en 2006, et le résultat est une plateforme pédagogique développée sur Moodle (http://eleg.oucu.edu.eg/moodle/) avec quelques cours pilotes uniquement.

L’université du Caire mènerait par conséquent sa propre initiative de mise en place d’un dispositif d'e-formation ? Nous avons cherché sur les sites du NELC et d'ELEG si les deux projets avaient un lien, mais nous n’avons trouvé aucune information y faisant référence.

Ce qui semble montrer que les acteurs d’un même secteur ne travaillent pas forcément ensemble, bien que l’objectif du NELC soit national.

4. Bilan et perspective

4.1. Difficultés

Les autorités présentent l’e-formation comme la solution à des problèmes structurels dont souffre le système éducatif égyptien : classes surchargées, élèves et étudiants ayant recours de façon excessive aux leçons particulières, coût des ouvrages pédagogiques trop élevé, moyens de transport ne répondant plus aux besoins d’une population galopante, absence des infrastructures indispensables permettant aux étudiants à mobilité réduite d’accéder à l’université, etc.

L’e-formation véhicule incontestablement une image de modernité et le moyen de participer plus activement aux réalisations de la communauté pédagogique internationale. À en croire les rapports et les budgets présentés sur les sites Internet des acteurs concernés, des ressources importantes sont mises à la disposition de ce projet ambitieux, sous la forme de fonds (Banque Mondiale, Union Européenne). Cependant, nos recherches et notre connaissance du contexte égyptien nous montrent que les résultats effectifs ne sont pas à la hauteur des résultats escomptés. En effet, l’existence d'une documentation et d’un cahier des charges détaillés sur le site du ministère de l’éducation supérieure n’apporte pas une preuve suffisante du travail et d’une réflexion efficaces. Nous n’avons notamment trouvé aucune étude de terrain. De plus, l'absence d'informations concrètes sur les sites des universités laissent penser que l'étude, qui a peut-être été menée par des consultants, ne dispose pas d’un réel cadre de recherche adapté au terrain et laisse penser qu’il n’y a pas d’équipes de recherche égyptiennes qui mènent une réflexion autour de l’e-formation, y compris dans le cadre du projet de réforme national.

4.2. Perspectives

Avant de proposer des perspectives pour l’e-formation en Egypte, une étude approfondie du terrain s’impose. Pourquoi une e-formation en Egypte ? Quel est le public cible ? Quelle est sa capacité à manipuler les outils technologiques ? D’un point de vue philosophique et didactique, comment envisager de passer d’un apprentissage s’appuyant en grande partie sur une théorie de l’enseignement béhavioriste où l’analyse et l’autonomie

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notamment ne sont pas valorisées, vers des solutions qui requièrent de la part de l’apprenant une autonomie et une plus grande motivation personnelles ? En effet, l’exploitation des outils technologiques ne saurait à elle seule permettre une amélioration du niveau de l’enseignement en Egypte.

Donnera-t-on les moyens à l’Egyptien moyen, dont le niveau de vie est bas, d’accéder à ce type de formation ? Le public visé par les projets publics NELC et ELEG est bien la classe moyenne égyptienne.

Au niveau du référentiel linguistique, quelle serait la langue de l’e-formation :

l’anglais ou bien l’arabe ? Et une e-formation égyptienne serait-t-elle à même de répondre à un besoin régional ? Ne doit-on pas, en amont d’une réflexion autour de la FOAD en Egypte, développer un travail de recherche terminologique et de mise en commun de corpus linguistique dans les langues majoritaires de référence ?

Nous pensons que ces questions doivent faire l’objet d’une réflexion commune entre les acteurs en présence, avant qu’une politique soit adoptée dans le domaine de l’e-formation en Egypte.

Pour qu’une réflexion et un travail efficaces portent ses fruits, il nous paraît primordial de commencer par former des spécialistes de la FOAD, en localisant une formation en ingénierie pédagogique adaptée au contexte égyptien. Enfin, il est possible d’envisager la création d’une association dont l’objectif serait de communiquer auprès des acteurs des secteurs public et privé, afin de les sensibiliser et de leur faire connaître les métiers du e-Learning.

5. Liens

Agence Française de la Francophonie, programme d’actions « Soutien des TICs ai développement de l’enseignement supérieur et de la recherche » :

http://www.auf.org/rubrique21.html

Arab Academy for Science And Technology And Maritime Transport:

http://www.aast.edu/

Arab Academy : http://www.arabacademy.com/

Arab Open University: http://www.arabou.org/

Centre de l’éducation de l’université du Caire : http://www.ou.cu.edu.eg

Centre national de l’e-formation (NELC) : http://www.nelc.edu.eg

eKnowledge, eLearning solutions - Outsourcing services : http://www.go- eknowledge.com/Consultancy.htm

Electronic Learning Egypt (ELEG) : http://eleg.oucu.edu.eg/

HEEPF (Higher Education Enhancement Project Fund) : http://www.heepweb.org

ICTP (Information and communication technology project): http://www.ictp.org.eg/

Ministère de l’éducation supérieure: www.egy-mhe.gov.eg

Méthodologie et politique de la e-formation - Fiche de synthèse

Ministère de l’éducation : http://www.emoe.org

Portail de l’e-formation du ministère de l’éducation: http://elearning.moe.gov.eg/

Schools Online: http://www.schoolsonline.org/whatwedo/egypt.htm

UNESCO, Communication et Information, « Données sur les TIC et la population, UNESCO, fiche pays Egypte » : http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-

URL_ID=1359&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

Université Américaine du Caire (AUC): http://www.aucegypt.edu

Université Française d’Egypte (UFE) : http://www.ufe.edu.eg/ (Intranet > Moodle)