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Connecting Histories La Bibliothèque Centrale abrite de singuliers agitateurs d’idées p. 3 Les échos du
Connecting Histories
La Bibliothèque Centrale abrite de
singuliers agitateurs d’idées
p. 3
Les échos du monde
M é m o i r e s

Avril 2008

Birmingham

« Jumelles et pourtant si différentes » (…)

Birmingham « Jumelles et pourtant si différentes » (…) Lyon « Dans 5 ans, Birmingham sera,
Birmingham « Jumelles et pourtant si différentes » (…) Lyon « Dans 5 ans, Birmingham sera,

Lyon

« Dans 5 ans, Birmingham sera, peut être, la première ville Noire du pays » (…)

P o l i t i q u e
P o l i t i q u e

Trevor Philips

40 ans de polémique

Le Président de la Commission pour l’Égalité revient, sur les lieux du discours sur l’immigration qui enflamma le pays

p. 22

M e d i a sB

u s i n e s sS

BBC WM
BBC WM

Plus de deux millions d’auditeurs

chaque jour, ce qui représente une

bonne part de l'audience nationale,

et un public très diversifié.(…) p. 9

The Drum

C u l t u r e
C u l t u r e

Notre but est l'excellence et nous

racontons une autre histoire de la

Grande Bretagne(…)

p. 11

Radio XL
Radio XL

Tous les consultants que l'on a inter-

rogés nous ont dit de laisser tomber

(…)

p. 15

ACMC

rogés nous ont dit de laisser tomber (…) p. 15 ACMC o c i é t

o c i é t é

En tant que Centre AfroCaribéen du Millénaire, nous sommes au service

de notre communauté (…)

p. 19

LYON - BIRMINGHAM

Jumelées depuis plus d’un demi-siècle, Lyon et Birmingham ont de nombreux traits en commun.

La création d’une liaison aérienne régulière entre ces deux cités resserre les liens les unissant.

La capitale des West Midlands se distingue toutefois par le fait qu'elle abrite les principaux "ethnic medias" (médias communautaires) du Royaume-Uni.

De nombreux journaux, sites web, chaînes de télévision, radios dédiés aux multiples communautés composant sa population.

sont en effet

L'expansion des NTIC ayant, de plus, entraîné un abaissement significatif du coût de production et de diffusion, ceci renforce l'affranchissement vis à vis de la capitale administrative du pays.

La ville de Lyon, fortement inscrite dans le secteur du numérique, pourrait légi- timement s'en inspirer.

Le projet porté par l'association EchoMundi vise à la création d'une plate- forme numérique d’échanges d'informations entre tous les acteurs (institutionnels et associatifs) travaillant sur les relations internationales.

La première phase a consisté à mener une série d’entretiens avec des per- sonnalités significatives dans ce domaine à Birmingham.

Cette mission, rendue possible par le soutien de la Direction des Relations In- ternationales de la Ville de Lyon, nous amène à envisager un certain nombre de développements tels que :

- favoriser l'émergence de nouveaux opérateurs en métropole lyonnaise

- promouvoir les opportunités créées par un dialogue soutenu avec l'Ou- tre-Manche

- prévenir les multiples attentes des futurs lyonnais d'adoption

- et encore bien d’autres à imaginer

La mission à Birmingham a été effectuée du 17 au 20 avril 2008 par Christophe Amany et François Caruso pour l’association EchoMundi echomundi@yahoo.com. +33 6 83 49 80 12

Remerciements à la Ville de Lyon et tout particuliè- rement à Juliette Cantau.

de Lyon et tout particuliè- rement à Juliette Cantau. Tous les contenus, images et textes présentés

Tous les contenus, images et textes présentés dans ce fascicule sont sujets à copyright. Nous contacter

Connecting Histories

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« Connecter les mémoires pour mieux vivre ensemble »

La Bibliothèque Centrale de Birmingham a initié un projet intitulé « Connecting Histories » visant, à recueillir la mémoire de ses habitants de toutes origines.

Entretien avec les deux responsables du programme : Andy Green et Izzy Mohammed

« Quand le projet "Connecting Histories" a débuté, il n'y avait pas encore de réflexion à l'échelle municipale sur ces su- jets.

Les responsables municipaux n'étaient pas convaincus car pas très à l'aise avec ce sec- teur de l'industrie qui est le nô- tre et que nous désignons comme "Héritage et Cons- cience".

Il nous a fallu aller à contre- courant, et nous emparer de la situation plutôt que d'attendre que les conditions soient ré- unies pour démarrer.

que les conditions soient ré- unies pour démarrer. Dr Andy Green et Izzy Mohammed C'est l'aspect
que les conditions soient ré- unies pour démarrer. Dr Andy Green et Izzy Mohammed C'est l'aspect

Dr Andy Green et Izzy Mohammed

C'est l'aspect social qui nous a motivé dés le départ, la possi- bilité de créer de la participa- tion.

Et c'est bien un secteur écono- mique de l'industrie culturelle, car il y a une activité intense, et de l'argent qui circule

Le fait que ceci se passe à Bir- mingham n'est bien sur pas le fruit du hasard, puisque cette ville est devenue, ces 20 der- nières années, l'une des gran- des capitales multiculturelles du monde avec Toronto au Ca- nada.

« Cette ville est deve- nue ces 20 dernières années l'une des grandes capitales multiculturelles du monde avec Toronto ».

Il y a la communauté Asiatique, la communauté Caribéenne, les nombreuses communautés Africaines

On ne peut pas réellement le quantifier, car il y a une multi-

Connecting Histories

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Connecting Histories 4 tude d'approches possibles, on pourrait par exemple dire que Birmingham est "la ville

tude d'approches possibles, on pourrait par exemple dire que Birmingham est "la ville aux

« Nous travaillons dans ce secteur de la Mémoire, qui com- prend aussi bien des aspects personnels, que des aspects pro- fessionnels, et il est impossible de séparer les deux ».

cent langages" ou bien qu'elle compte 40 ou 50 groupes eth- niques

Mais nous avons commencé par examiner l'histoire de cette ville, et le fait est qu'elle a tou- jours été une ville de migra- tions

Nous avons ainsi établi le fait que des populations de toutes origines sont venues vivre ici, et ce depuis les temps an- ciens, tordant ainsi le cou aux mythes répandus par les mou- vements racistes qui affirment que ces étrangers sont sortis

de nulle part pour nous envahir dans les années 50 et 60

Nous sommes donc très inté- ressés par la perspective anti- raciste dans notre travail, car on pourrait bien sûr se conten- ter de célébrer les mérites de la Diversité, ce qui est impor- tant aussi, mais il s'agit d'abord de comprendre les inégalités sociales, les inégalités de Gen- res, les réseaux de Pouvoir

Nous travaillons dans ce sec- teur de la Mémoire, qui com- prend aussi bien des aspects personnels que des aspects professionnels, et il est impos- sible de séparer les deux.

Nous vivons dans un monde où l'on est sensé pouvoir sépa- rer complètement la vie profes- sionnelle et la vie privée, ce qui est totalement illusoire.

Quand vous faites cela, vous vous contentez de masquer la réalité.

Je l'ai expérimenté personnel- lement, puisque j'ai beaucoup d'amis activistes depuis des années, et je sais que leur mili- tantisme est une part margi- nale de leur vie, car ils ont

presque tous des emplois nor- maux et leur militantisme pro- gressiste ne leur prend que 4 ou 5 heures par semaine !

J'ai décidé pour ma part d'y consacrer tout mon temps.

Dés le XVIIIe siècle des mou- vements de pensée se sont développés ici, qui étaient très influencés par la Révolution Française, et ceci fut détermi-

par la Révolution Française, et ceci fut détermi- « Nous nous sommes dit, d'accord nous avons

« Nous nous sommes dit, d'accord nous avons cette énorme bibliothèque qui re-

cèle d'incroyables ar- chives, des collec- tions historiques, des photographies, des documents sonores,

, si nous ne parvenons pas à relier ceci avec les intérêts de ces nombreuses commu- nautés, à quoi bon ? »

et

des manuscrits

Connecting Histories

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Connecting Histories 5 quoi bon ? Si nous n'en dégageons pas la pertinence commune, qu'est ce

quoi bon ?

Si nous n'en dégageons pas la pertinence commune, qu'est ce qui nous autorise à parler de migrations ?

Notre premier travail a été la publication d'un livre qui mettait en lumière les documents rela- tifs à la communauté noire, en présentant les moments clés de l'histoire de ces arrivants, transformant ainsi ces archives en instrument de connaissance sociale.

Nous avons rendu possible l'accès de ces gens à leur pro- pre histoire, et nous avons créé un site Internet en numéri- sant des quantités considéra- bles de documents, en perme t- tant leur consultation en ligne, et d'ouvrir le débat sur le Multi- culturalisme

nous

avons organisé une grande exposition sur l'Histoire Noire, car il n'y avait encore jamais eu de travail de fond sur les liens entre l'es- sor de la ville et la traite esclavagiste.

Auparavant, tout tour-

L'an

dernier,

« Permettre aux gens d'affronter leur passé est un bénéfice social évident ».

nait autour de Liverpool, (car c'est un port), et de Londres, (en tant que capitale), mais ja- mais rien sur Birmingham, qui est pourtant située juste entre les deux !

Alors nous avons décidé d'écrire cette histoire, et nous avons lancé une campagne de levée de fonds pour financer ce projet, car cette ville est es- sentiellement industrielle et a toujours été impliquée dans le commerce des métaux, et sin- gulièrement dans l'industrie de l'armement, en fabriquant des fusils qui étaient échangés dans le commerce d'esclaves.

Tout cela faisait l'objet d'une puissante censure, mais l'en- thousiasme soulevé a été in- croyable.

patent

C'était

d'amnésie

Cette amnésie est bien com- préhensible, car ce sont des

donc

un

cas

nant pour l'avenir de cette ville, car ils étaient aussi des indus- trialistes.

Et ce qui motive principalement notre travail est l'idée de justice sociale en permettant au plus grand nombre de raconter leur propre histoire, en donnant ac- cès à de la documentation.

Nous nous sommes dit, d'ac-

« Nous avons ainsi rendu possible l'ac- cès de ces gens à leur propre histoire, nous avons créé un site Internet en nu- mérisant des quanti- tés considérables de documents, permet- tant leur consulta- tion en ligne, et ainsi d'ouvrir le débat sur le Multicultura- lisme… »

cord nous avons cette énorme bibliothèque qui recèle d'in-

croyables archives, des collec- tions historiques, des photo- graphies, des documents so-

, nous ne parvenons pas à relier ceci avec les intérêts de ces nombreuses communautés, à

nores, des manuscrits

et si

, nous ne parvenons pas à relier ceci avec les intérêts de ces nombreuses communautés, à

Connecting Histories

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Connecting Histories 6 sujets sensibles et douloureux, et très délicats politiquement, comme la question des rela-

sujets sensibles et douloureux, et très délicats politiquement, comme la question des rela- tions interraciales.

Tout ceci rendait notre travail très suspect, mais c'était ridi- cule car il y va de notre res- ponsabilité sociale de raconter cette histoire.

Car quand on commence à parler ouvertement de ces su- jets, cela permet aux gens de s'exprimer sur toutes sortes de choses, plutôt que d'en arriver à des émeutes violentes

Permettre aux gens d'affronter leur passé est d’un bénéfice

social évident.

L'an dernier, il y a eu cette gi gantesque e x- position municipale au- tour du Bicentenaire de l'aboli tion de l'escla- vage, et tout ceci a été extrêmement positif.

plan du finance-

ment, la Bibliothèque a

levé

considérables au-

près

Nationale.

Au

nes et d'horizons très divers.

Izzy était le coordinateur, il y avait cinq archivistes, deux agents de recherches, et bien d'autres profils.

Le processus de travail fut fas- cinant et complètement inno- vant, car auparavant, chacun travaillait dans son coin, et soudain, tout le monde s'est

des

de

fonds

son coin, et soudain, tout le monde s'est des de fonds mis à discuter et à

mis à discuter et à travailler en équipe. Il ne s'agissait pas si m- plement de permettre l'accès à des documents, mais bien d'apprendre les uns des au- tres, et tout cela a contribué à forger la crédibilité de notre tra- vail.

« Soudain, tout le monde s'est mis à discuter et à travailler en équipe, et il ne s'agissait pas simple- ment de permettre l'accès à des docu- ments, mais bien d'apprendre les uns des autres, et tout ce- la à forgé la crédibilité de notre travail. »

Le projet a commencé en 2005 et s'est poursuivi jusqu’à l'au- tomne 2007.

Depuis, nous avons lancé

la Loterie

Nous avons déposé des dossiers auprès de leurs multiples organismes de sub- ventionnement.

C'est pourquoi nous n'hésitons pas à parler d'industrie, car en fin de compte, nous ne serions pas là s'il n'y avait pas d'argent pour ce projet !

Et la réussite de notre premier projet éditorial nous a permis par la suite d'obtenir un finan- cement permanent auprès de la collectivité.

Cela a été un processus gra- duel de changement d'optique de la part de l'institution, car nous avons réussi à faire ad- mettre que la nécessité de ce travail ne pouvait s'envisager que dans la longue durée.

On peut toujours bâtir un projet isolé sur 2 ou 3 ans, mais nous voulions installer définiti- vement ce département.

Un des facteurs de réussite de ce projet est que nous avons réussi a faire travailler ensem- ble un grand nombre de per- sonnes provenant de discipli-

Connecting Histories

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d'autres pistes et de nouvelles

ensemble

dans

notre

recherches.

cité.

Mais l'élément déclencheur, notamment auprès des autori- tés municipales, a bien été la sortie du livre.

C'était une tentative d'engager le débat autour du Multicultura- lisme de notre cité, et de l'im- portance de partager l'Histoire.

Nous avons ainsi pu prouver que la demande existait, et qu'elle était très forte.

Car comme vous le sa- vez, les choses évo- luent actuellement dans certaines directions qui ne sont pas forcément celles que nous souhai- terions.

Nous avons été particu- lièrement choqués par la vision conformiste et académique qu'avaient, dans l'ensemble, les gens qui travaillaient sur l'Histoire.

Or nous devons élargir nos points de vue, cela est vital pour la collec- tivité, mais aussi pour chaque individu, car cela permet de se sen- tir beaucoup plus à l'aise sur tout un tas de sujets, et aussi avec soi-même

« Nous savons perti- nemment que désor- mais, les ressources et le temps nous sont comptés, et qu'il faut désormais travailler dans l'efficacité, dans le but de faire vivre au mieux les gens ensem- ble dans notre cité. »

L'époque ou l'on pouvait se permettre de réaliser des étu- des pour la beauté de l'Art est révolue.

Nous savons pertinemment que désormais, les ressources et le temps nous sont comptés, et qu'il faut désormais travailler dans l'efficacité, dans le but de faire vivre au mieux les gens

dans le but de faire vivre au mieux les gens « Acquérir ce type d'information, cela
dans le but de faire vivre au mieux les gens « Acquérir ce type d'information, cela

« Acquérir ce type d'information, cela aide à se construire une identité, à vaincre ce sentiment d'im- puissance si répandu parmi les adolescents… »

groupes ethniques. L'arrivée des Européens de l'Est, par exemple, a créé de nouvelles rivalités pour l'emploi, donc du ressentiment, plutôt que d'es- sayer de comprendre comment ces processus se répètent à travers le temps, et qu'il est si

Acquérir ce type d'in- formation, cela aide à se construire une identi- té, à vaincre ce senti- ment d'impuissance si répandu parmi les adoles- cents…

Ce n'est plus seulement l'af- frontement classique entre les minorités et la communauté blanche, mais il y a aussi de fortes tensions entre la com- m u nauté afro - caribéenne et des arri- vants plus récents, ou au contraire avec des groupes plus instal- lés

Certains quartiers tra- ditionnellement liés aux migrations ont commencé à être l'ob- jet de dispute entre

Connecting Histories

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« Qu'il est si facile de désigner un bouc émissaire, générale- ment le dernier arrivé… »

facile de désigner un bouc émissaire, généralement le dernier arrivé

Ceci nous a amené à étudier comment l'histoire coloniale britannique est à l'origine de nombreux problèmes sociaux

« La Diversité que l'on retrouve ici est directement issue de l'histoire coloniale et l'on retrouve le même phénomène en France… »

Notre collection d'archives peut être un instrument contre le discours débilitant et consumé- riste des mass médias, en pré- sentant de façon positive l'ap- port indiscutable des migra- tions successives au dévelop- pement de notre Cité, en per- mettant aux gens de mettre leur histoire personnelle en perspective avec la grande

« Vous avez choisi une autre route en France. On verra bien à l'arrivée ».

Hi s toire

Mais le fait nouveau, c'est qu'il y a un vrai déficit de cons- cience sociale et de connais- sance historique chez ces jeu-

cience sociale et de connais- sance historique chez ces jeu- nes générations, ce qui peut conduire

nes générations, ce qui peut conduire à un certain fata- lisme

Le Multiculturalisme n'a jamais été une politique décrétée en tant que telle.

C'est plutôt une période où on

a essayé un certain nombre de

combinaisons, qui indéniable- ment, n'ont pas fonctionné

Vous avez choisi une autre

route en France. On verra bien

à l'arrivée.

http://www.connectinghistories.

org.uk/

choisi une autre route en France. On verra bien à l'arrivée. http://www.connectinghistories. org.uk/ © EchoMundi

© EchoMundi

Jeremy Pollock (BBC WM)

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« Notre mission de service public n’est pas de diviser l’audience en niches »

Rencontre avec Jeremy Pollock, Rédacteur en chef Adjoint de la radio BBC West Midlands, lors de son intervention aux ateliers municipaux “ Media Skills”, visant à la professionnalisation des acteurs des médias communautaires locaux.

« Notre station est l'antenne radio de la BBC pour les West Mi- dlands, ce qui comprend Birming- ham et la région de Wolverhamp- ton, le « Black Country ».

Nous desservons ainsi 2,2 mil- lions d'auditeurs, ce qui repré- sente une bonne part de l'au- dience nationale, et un public très diversifié.

BBC WM est une station généra- liste, dont l'objectif est de servir tout le grand public, et non pas de diviser l'audience en niches spé- cifiques.

A Birmingham, par exemple, il nous faudrait une cinquantaine de programmes différents si nous voulions nous adresser à cha-

différents si nous voulions nous adresser à cha- Jeremy Pollock, assistant editor BBC WM « A

Jeremy Pollock, assistant editor BBC WM

« A Birmingham, par exemple, il nous faudrait une cinquantaine de programmes différents »

de

musiques

de

Bollywood

et

destiné

à

une

audience

jeune,

et

qui

cune en particulier ! Donc nous avons choisi de créer une station pour tous, ce qui est un pari diffi- cile, car chaque communauté a ses propres intérêts.

Nous avons tout de même un pro- gramme pour la communauté Asiatique appelé "Midlands Mas- sala" le vendredi soir, composé

traite aussi de grands sujets, au gré de l'actuali- té. Nous avons également un pro- gramme pour la communauté Afro-Caribéenne, présenté par un évêque d'une Église Noire, et une émission de Gospel, mais qui n'est pas ciblée ethniquement, même si cette dernière commu- nauté est la plus concernée

Chaque communauté produit sa propre information, comme par exemple pour Vaisakhi (le «Noël » des Sikhs ; ndlt). Chaque association participante cherche- ra à nous contacter pour faire la promotion de son événement, mais nous en parlons si c’est un événement significatif.

Pour cela, nous avons des jour- nalistes-enquêteurs dont c'est le métier, par exemple "Midlands Massala" est animée par un pré- sentateur Asiatique, et il a un pro- ducteur qui prépare l'émission

Jeremy Pollock (BBC WM)

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Jeremy Pollock (BBC WM) 10 Page Accueil du site de la Radio Noire de la BBC

Page Accueil du site de la Radio Noire de la BBC « 1Xtra »

toute la semaine en consultant les médias spécifiques, mais le plus importante est que les gens qui travaillent sur ce genre de programmes aient des contacts enracinés dans la communauté, car c'est de loin la meilleure source

C'est faire un sacré pari que de vouloir s'adresser à une commu- nauté restreinte, car les annon-

mais c'est là un domaine très complexe et nous ne sommes pas sur ce créneau à la BBC, car nous ne sommes financés que par la redevance, qui est payée par chaque citoyen du pays.

Techniquement, nous émettons en FM, en DAB, et en Grandes Ondes.

Le format Multiplex DAB s'adresse aux auditeurs équipés d'un récepteur adé- quat, qui donne un

signal plus clair, bien que son rayon d'émission soit plus restreint.

La majorité de nos auditeurs nous capte en FM, car notre cible est sur les plus de 50 ans, et ces personnes ne sont pas aussi équipées en gadgets numériques que les jeunes. Mais cela change progressivement, et l'écoute sur Internet prend de l’importance.

Actuellement, il y a un grand dé-

« Des contacts enracinés dans la communauté, c'est de loin la meilleure source »

ceurs vont porter une attention toute particulière à la composition de votre auditoire, avant que de vous acheter de l'espace publici- taires.

Par exemple sur une radio musul- mane, les annonceurs vont sou- peser sérieusement les éventuel- les retombées… Toutefois ces médias répondent à des besoins particuliers, comme par exemple des projets d'insertion sociale

bat dans nos métiers pour savoir si le DAB va survivre, ou s'il sera remplacé par quelque chose d'autre, car les récepteurs se vendent bien timidement, mais nous avons deux plates-formes multiplexes de diffusion, une à Birmingham, et l'autre à Wolver- hampton, ce qui couvre l'essentiel de notre zone d'activité.

Sur la FM, nous avons énormé- ment de problèmes avec les ra- dios pirates, qui jouent un rôle déterminant, car elles ciblent prin- cipalement les communautés eth- niques, les jeunes Asiatiques, les jeunes Noirs, nous occasionnant au passage de sérieux problèmes de perte de signal. »

Asiatiques, les jeunes Noirs, nous occasionnant au passage de sérieux problèmes de perte de signal. »

© EchoMundi

The Drum

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« Nous envisageons des connexions avec des artistes de Lyon »

Le Drum est un centre culturel dédié aux cultures noires présentant une programmation éclectique de très grande qualité. Installé dans un quartier sensible de Birmingham, ses créateurs sont parvenus à l’imposer comme un lieu incontournable de la scène artistique. Entretien avec Mukhtar Dar (Direction) , Oluwatoyin Odunsi (Programmation) et Samantha Bowen. (Relations extérieures.)

« Après la Seconde Guerre Mondiale, le Royaume-Uni s'est tourné vers ses anciennes colo- nies pour aider à l'effort de re- construction. La majorité des membres des communautés Afro-Caribéennes et Asiatiques de Birmingham sont ainsi arri- vés dans les années 50 et 60. Nos propres parents sont arri- vés dans ce cadre. La région était très industriali- sée, particulièrement dans la métallurgie et l'automobile. Nos parents ont donc travaillé dans ces secteurs, puis une fracture est apparue dans les années 80, avec la récession.

est apparue dans les années 80, avec la récession. Mukhtar Dar et Oluwatoyin Odunsi « Nous

Mukhtar Dar et Oluwatoyin Odunsi

« Nous continuons d’utiliser le terme « black » au sens politique comme signe de reconnaissance unitaire. »

Ceux qui s'étaient battus pour les conditions de travail et la di- gnité ont été les premiers frap- pés par le chômage, en même temps qu’on assistait à l'émer- gence de mouvements fascis- tes, qui ont désigné nos commu- nautés comme bouc-émissaires, en déclarant qu'ils s’étaient ac- caparé tous les emplois.

La deuxième génération s'est donc élevée contre le racisme ambiant, et c'est dans ce context e

qu'est né le Drum. Les artistes de nos communa u- tés ont pris part aux luttes socia- les en organisant des événe- ments rassembleurs pour faire front contre ces attaques issues du colonialisme et du racisme.

Il s'agit de l'Indian Workers As- sociation, l'Afro-Caribean Self- Help Association, l'Asian Youth Movement, et des Black Sisters.

Toutes ces associations ont fo r- mé un collectif, l'Asian AfroCari- bean Artists Network, qui avait pour but de construire enfin une base solide, car nos communa u- tés étaient alors considérées comme des peuples en dehors de l’Histoire, et chaque fois que l'on faisait un pas en avant, on retombait immédiatement après au point de départ.

Ces artistes ont donc estimé que si l'on voulait progresser ef- ficacement, il leur fallait un lieu permanent de diffusion spécifi- que. Il y avait déjà eu quelques tenta- tives dans de petits lieux, et l'ac- cueil avait été enthousiaste,

The Drum

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The Drum 12 « avec des compagnies de danse africaine, de tambours, et aussi le mouvement

«

avec des compagnies de danse

africaine, de tambours, et aussi le mouvement HipHop qui était apparu, et de

nombreux artistes

ont

émergé,

comme

Apache

Indian, et le tout le mouvement Bang- hra

Et c'est ainsi que le Drum est appa- ru.

exotisme, et dans toute notre programmation, nous continuons

d’utiliser le terme

»

(« Noir », c’est à dire Non-Blanc ; ndlt) au sens po- litique, comme signe de reco n- naissance uni- taire.

Black

Il faut insister sur le fait que le Drum est ouvert à tous les pu- blics, et ceci se ressent aussi dans la programmation, que l'on souhaite la plus diverse possi- ble.

Il y a de la comédie, de la musi- que, de la danse, de la poésie, des expositions, ce qui nous dif- férencie des lieux centrés sur une seule forme d'art. Notre rôle est de faire émerger, développer et produire de no u- veaux artistes, et on avertit le public que ce n'est pas un « Cabaret Exotique »; ces artis- tes le sont à part entière, venez en juger par vous-même.

Ce qui est magnifique ici, c'est que nous avançons ensemble, nous ne sommes pas du tout dans une démarche Séparatiste et la Diversité est notre force, car nous apprenons énormé- ment les uns des autres, nota m- ment au travers de pratiques ar- tistiques qui mélangent des ar- tistes de toutes origines .

Notre but est l'Excellence, et il y a toujours un message sous-jacent : nous racontons une autre histoire de la Grande Bretagne, car ce pays fut constitué grâce aux apports des diverses com- muna utés, et c'est ce qui nous donne l'énergie de cé- lébrer cet Héritage.

Notre expérience passée en tant qu’agence artisti- que rend ce lieu si unique, et du- rable, car les ini- tiatives précé- dentes ont to u- jours très éparpil- lées, et divisées ethniquement.

Ce sont les gra- ves émeutes de 1981 et 1985 qui ont permis cette

unité, et ceci demeure un fait

unique

dans

l'histoire

de ce

pays.

« Nous ne sommes pas dans une démarche séparatiste, la diversité est notre force car nous apprenons beaucoup les uns des autres. »

Pas seulement grâce à des sub- ventions municipales, mais aus- si à travers la Lutte pour les Arts Noirs, et c'est ainsi que le nom du lieu a été choisi, car le « Drum » (« tambour » ndlt) est reconnu comme un instrument réellement universel.

Nous avons ainsi acquis une grande confiance, loin de tout

» ndlt) est reconnu comme un instrument réellement universel. Nous avons ainsi acquis une grande confiance,

The Drum

13

The Drum 13 Le public aussi nous donne une un vrai sujet de réflexion pour cofinancée

Le public aussi nous donne une

un vrai sujet de réflexion pour

cofinancée

par

le

Gouverne-

énergie considérable, surtout

les politiques.

ment.

lorsqu’il à l'impression d'assister à un moment exceptionnel.

Comme tous les centres cultu-

Cet argent a servi à l’origine à la

rels, nous avons le choix quant

construction du bâtiment, et de-

Quand des jeunes, qui n'ont pas

à

nos modes de financement : Il

puis, nous faisons appel à eux

eu l'occasion de voir souvent des Noirs à la télé-

y

a des aides publiques, à tous

plus ponctuellement, sur cer- tains sujets patrimo-

vision nationale, viennent assister à une pièce de théâ- tre d'un auteur Noir, mise en scène par un Noir, sur une musique d'un compositeur

noir, ils réalisent alors soudaine- ment qu'ils peuvent, eux aussi, prétendre à ces carrières, et c'est réellement très émouvant.

« Nous croyons que pour bâtir l’unité et la confiance il faut affronter le passé pour permettre à chacun d’exprimer sa personnalité culturelle »

les niveaux administratifs : Na- tional, Régional, Local, Munici-

pal

pas cumulables, donc nous avons développé un service de location d'espaces pour des événements privés, et nous fai- sons régulièrement appel à du mécénat privé ou à des spo n- sors thématiques

mais ces aides ne sont

jet

Au niveau national, tout cela ressort du Arts Council, qui est une des multiples Fondations de la Loterie Nationale, également

niaux, comme par exem- ple pour le Bicentenaire de l'Abolition de l'Escla- vage

Mais nous gardons to u- jours une perspective cri- tique, quel que soit le su-

Nous sommes issus des migra- tions entraînées par l'histoire co- loniale, soit, mais nous estimons que nous avons des droits, dont le droit de vivre ici.

Nous ne croyons pas en ces grands principes moralisateurs que sont l'assimilation ou l'inté- gration, nous pensons que pour vivre sainement dans cette so- ciété, les citoyens doivent re- connaître le passé colonial de

Les statistiques montrent que dans 5 ans, Birmingham (à moins que ce ne soit Leices- ter ?) sera la première ville Noire du pays, c'est à dire que les Européens y seront en mino- rité, ce qui assez intéressant car tout le challenge est là :

« Comment valoriser la Diversité en tant que telle ? » , ce qui est

The Drum

14

ce pays, afin de trouver un te r- rain d'entente commun.

Nous ne sommes pas une organi- sation Séparatiste, nous accueil- lons toutes les composantes de la communauté, Blancs ou Noirs, mais nous croyons que pour bâtir l'unité et la confiance, il faut af- fronter le passé, et permettre aux gens d'exprimer leurs propres personnalités culturelles.

Le danger à éviter, c'est la tenta- tion de l'exotisme, en isolant une culture de ses racines profondes.

Ici à Birmingham, nous avons pleinement mesuré le risque lors- que les communautés commen- cent à se séparer les unes des autres, notamment à la suite des grandes émeutes de 2004, et le Drum a joué en cela un rôle cru- cial de pacification, dans le rap- prochement des uns et des au- tres, en disant "Nous avons une Histoire et un Héritage en com- mun".

Le système de subventionnement d’Etat, en s'adressant à des com- munautés de plus en plus particu- lières, à conduit à la division.

Nous-mêmes pouvons parfois être accusés de renforcer la sé- grégation, mais je crois ferme- ment que le Drum joue un rôle majeur dans la résolution de conflits, en apportant une vision historique sur la constitution de ce pays.

Alors bien sûr, la question de no- tre futur est importante.

Nous célébrons cette année notre 10ème anniversaire, ce qui nous donne le record de longévité en tant que Centre Culturel Noir en Grande Bretagne

Et comme le dit notre slogan :

"Que le Rythme continue ! "

Aujourd'hui, nous envisageons des connexions internationales et

nous envisageons des connexions internationales et notamment au niveau européen, comme par exemple avec des

notamment au niveau européen, comme par exemple avec des ar- tistes de la Ville de Lyon, car les Etats-Unis dominent culturelle- ment le monde, et un nouveau dialogue doit s'installer entre par- tenaires ayant d'autres ambitions. Comme, par exemple, créer un réseau Afro-Caribéen en Europe, sur des bases communes prenant en compte l'importance de l'His- toire et des Arts pour ces commu- nautés, tout en se demandant comment exporter ces savoirs dans le monde, et même en Am é- rique, car honnêtement, les Afro- américains ne savent pas vrai- ment ce qui se passe en Europe, et qu'il y a des Noirs ici aussi !

C'est intéressant de réfléchir aux moyens de nourrir, supporter et

pli ici, et gardent le contact, pour être en mesure de reprendre le flambeau.

C'est aussi une question d'amour et de compréhension mutuelle, et de répéter qu'il ne faut pas avoir peur de la Diversité, apprendre à connaître d'autres cultures est une telle source de beauté et de connaissance Et cela a permit à Birmingham d'exister culturellement ! Et de prouver qu'il y avait une vie artisti- que en dehors de Londres, ce qui pourrait être le cas aussi pour Lyon, pour montrer qu'il y at une vie artistique en dehors de Paris, que des choses de grande qualité sont produites sur tout le terri- toire, et notamment dans des Centres d'Excellence comme le

«

cela

a permis à Birmingham d’exister culturellement et de prouver qu’il existe une vie artistique en-dehors de Londres. »

diffuser ces sujets sur tous les continents : comment allons nous travailler en partenariat avec l'Eu- rope ?, comment accueillir tous ces artistes en gardant notre exi- gence d'excellence, pour les diffu- ser auprès du grand public ?, mais aussi pour garder une trace du travail, l'aspect archives et do- cumentation est très important pour nous : comment enregistrer, contrôler puis évaluer ce que l'on fait ?Il faut que les futures géné- rations voient ce qui a été accom-

nôtre

http://www.the-drum.org.uk/

?Il faut que les futures géné- rations voient ce qui a été accom- nôtre http://www.the-drum.org.uk/ ©

© EchoMundi

Radio XL

15

« La Radio comme point de contact entre communautés »

Le Docteur Arun Bajaj fait partie des 50 personnalités influentes de la ville de Birmingham.

Itinéraire d’un serial-entrepreneur, de la chirurgie dentaire au monde des médias, en passant par le commerce des automobiles

des médias, en passant par le commerce des automobiles Le Docteur Arun Bajaj , directeur de

Le Docteur Arun Bajaj , directeur de Radio XL

« La radio XL est née le 1er mai 1995. Notre première demande remontait à 1993, mais nous n’a- vons pas obtenu de licence avant 1994. Elle nous a été

accordée pour 8 ans.

A l'époque je n'avais

jamais vu fonctionner une station de radio, et

le délai était de 3 mois pour la création. Ce fut donc un cours accélé-

ré ! Tous les consultants que l'on

avait interrogés nous avaient dit

de laisser tomber, car il nous fau-

drait au moins 6 mois. Et dire

qu’ils nous ont facturé 20.000 Li- vres pour ce grand conseil

faire

Mais

décidé

quand même ! Je suis donc allé

ami m'a demandé "Mais qu'est-ce que tu fais ?" Je lui ai dit : "je dresse une liste, car c'est la pre- mière fois que je vois cela".

Tout ce que je savais faire, c'est de la chirurgie dentaire, ou de la vente d'autom obiles !

Alors avec ma liste, j'ai été voir les ingénieurs et je leur ai demandé comment on branchait tout ça ensemble, en partant de la console, j'ai fait un schéma de tcâblage, ce qui m'a

on

a

de

le

«Tout le monde écoute la radio pour réagir aux sujets d’actualité et réfléchir aux moyens de faire évoluer la communauté. »

voir un ami qui avait une radio à Leic ester et j'ai pris des notes « voilà un lecteur de CD, voilà une platine vinyle… », et mon

:

Radio XL

16

pris environ 2 mois.

père et moi avions cette vision que ce serait le moyen idéal. Nous traitons donc tous les grou- pes religieux avec impartialité, Musulmans, Sikhs, Hindous, per- sonne n'est lésé, et même les Chrétiens nous ont rejoint récem- ment. Nous donnons un temps d'antenne égal à chacun. Nous diffusons 80% de musique et 20% de parole. La langue commune à

tous est l'Hindustani, donc la moi- tié de nos program-

mes est dans cette langue, et l'autre en Anglais. Car vous avez des gens du Bengale, du Sri Lan- ka, du Gujarat, du Pakistan, de l'Inde mais ils comprennent tous la langue des

films de Bollywood, ce qui explique notre choix. Nous avons surtout des émissions spé- ciales pour les fêtes religieuses. Par exemple pour le Ramadan, nous offrons une heure par jour aux Musulmans, en cadeau. En- suite pour les Sikhs, qui ont dix Gurus, une heure chacun, plus une spéciale pour Vaisakhi, leur Noël, les Hindous ont Divali, nous traitons tout le monde à égalité, et c'est ce qui fait notre succès.

Nous avons une trentaine d'ani- mateurs, dont certains sont très populaires, notamment ceux qui

Ils diffusaient bien les publicités de nos clients, mais ils n'encais- saient pas l'argent corres- pondant ! Ils n'étaient pas très doués commercialement. Alors j'ai décidé de m'en occuper personnellement, et ça m'a pris environ 5 ans à remonter le tout. Je n'avais pas le choix.

La station s'adresse à la popula-

Alors j'ai demandé à l'ingénieur si on ne pouvait pas simplifier tout cela à l'aide d'un ordinateur. Il a réfléchi un moment puis il m'a ap- prouvé. Je lui ai donc demandé pourquoi on devait acheter tout ce matériel, mais il m'a avoué que la vente était déjà actée.

A l'époque, bien peu de stations étaient automatisées, et je me suis procuré les pro- grammes adéquats aux USA, mais j'ai tout de même conservé le matériel conventionnel.

Un de mes camarades de la faculté de Médecine faisait de la radio pirate. Je l'ai ap- pelé à l'aide et il est venu de Londres, et on réussi à tout bou- cler pour le 1er mai ! C'est une belle leçon de ténacité : il ne faut jamais abandonner. J'ai alors em- bauché quelqu'un qui avait une expérience certaine pour faire tourner la radio, puis un commer- cial, pendant que je continuais à vendre des voitures au rez-de- chaussée.

Nous avons entré environ 5000 Livres sur notre compte, mais en 6 mois, tout a disparu

Si on ne s'implique pas vraiment avec les communautés, elles ten- dent à se replier sur elles-mêmes, puis à se séparer, et les problèmes surviennent

tion Asiatique. A l'époque, il n'y avait d'équivalent qu'à Londres, Leicester et Bradford. Il manquait juste la deuxième ville du pays ! Nous savions donc qu'ils allaient nous accorder la licence. Une ra- dio est très importante pour l'évo- lution d'une communauté : on y lance des sujets de discussion, et il y a beaucoup à en apprendre. J'avais remarqué cela à Londres, où tout le monde écoutait la radio et réagissait en direct aux sujets d'actualité, et aux moyens de faire évoluer la communauté. Mon

la radio et réagissait en direct aux sujets d'actualité, et aux moyens de faire évoluer la

Radio XL

17

Radio XL 17 font les émissions de Banghra, pour les jeunes et des femmes également, pour

font les émissions de Banghra, pour les jeunes et des femmes également, pour les émissions du matin Nous avons toute une gamme d'annonceurs, depuis les grosses

sociétés privées, ou l’Armée, qui, d'ailleurs, recrute beaucoup d'Asiatiques en ce moment, jus- qu’à la petite bouti-

que du coin

communauté Asiatique est an- noncé à notre antenne. Comme par exemple la fête de Vaisakhi, pour les Sikhs, qui va rassembler 80 000 personnes dans un parc la semaine prochaine. Nous som- mes impliqués dans tous ces évé- nements.

Sur le plan technique, nous émet- tons en numérique DAB depuis 4 ans, mais cela prend du temps. Les récepteurs arrivent tout dou- cement sur le marché et cela va prendre encore 4 ou 5 ans. D'ail- leurs à ce jour,, notre audience nous capte en priorité sur les On-

« Je fais partie de nombreux conseils d’administration mais je représente toujours la minorité. »

Nous avons une succursale en Inde, car beaucoup de nos auditeurs passent leurs va-

cances au pays, et nous avons un bu- reau et une régie publicitaire là bas, pour que les annonceurs puissent passer leurs messages.

Je ne

sonnellement favora-

ble

écoles

suis pas per-

aux

élevé,

confessionnelles. J'ai

été

dans

ce

pays,

à l'école publi-

que.

des Moyennes.

Quand on mélange tout le monde, vous apprenez à connaître les cultures des uns et des autres, et donc en grandissant, vous n'avez pas d'a priori ni de préjugés, car vous avez grandi ensemble, et vous vous comprenez mutuelle- ment. C'est particulièrement im- portant pour mon travail ici, car je m'entends bien avec tout le monde, alors que si ça avait été différent, je pourrais penser que certains ont plus raison que d'au-

Nous n'avons jamais touché un penny d'aide publique. Nous som- mes une station commerciale, donc il n' y a pas d'aide possible. Nous diffusons bien des campa- gnes d'information publique, mais c'est une décision commerciale, c'est parce qu'ils veulent toucher une communauté particulière.

Nous couvrons 18 communes, ce qui est un vaste territoire situé au centre du pays, et tout événement

Nous visons également une diffu- sion par satellite, et d'autres pro- jets, car il faut rester constam- ment en veille.

Si on ne s'implique pas vraiment avec les communautés, elles ten- dent à se replier peu à peu sur elles-mêmes, puis à se séparer. Alors les problèmes surviennent. Il faut absolument des points de contact, comme la radio, pour que

Radio XL

18

les

positivement.

choses

évoluent

Radio XL 18 les positivement. choses évoluent pliquer dans la construction de la société de demain.

pliquer dans la construction de la société de demain. Nous avons de plus en plus de Conseillers, des gens à des postes de respon- sabilité, au sommet. Et si ça ne se passait pas comme ça, nous n'aurions pas une ville harmo- nieuse.

Mais c'est un processus très long, car il requiert la participation de chacune des deux parties. Pour la communauté, il s’agit de favoriser l'émergence de personnalités dy-

que sur ces 50 per- sonnes, j'en connais une bonne partie, nous faisons partie des mêmes conseils d'administration, ce sont toujours les mê- mes, et parmi ceux-ci, il n'y avait que 4 Asia- tiques, moi, le Rec- teur de la Grande Mosquée, un promoteur immobilier et un chan- teur. Mais si on regarde les propor- tions, 30 a 40% de la population de cette ville est Asiatique, cela devrait se retrouver, il en man- que ! Cela démontre qu'il y a un gouf- fre, et que nous devons accélérer l'ascension sociale, aider ces gens à gravir les degrés de réus- site, afin que les choses demeu- rent en harmonie.

C'est un processus

à double entrée : le

tort ne peut être que partagé. Mais quel- qu'un doit faire le

premier pas, sinon il

y aura un grave dé- séquilibre.»

En 97, c'était le 50ème anniversaire de l'Indépendance du Pakistan, nous vou- lions organiser une célébration, et tout le monde m'a dit : "seuls les hommes viendront", alors j'ai insisté sur le côté familial de la fête, et tout le monde a été sur- pris, car ça a très bien marché ! Ce type de radio est essentiel pour aborder ces sujets de socié- té, car sinon chacun reste dans son coin. Il faut des médias comme celui-ci, que les gens s'approprient, et le téléphone sonne toute la journée, car les au- diteurs ont le sentiment que c'est leur radio, pas la mienne !

Cela dépend bien sûr des autori-

tés

Council est très ré- ceptif; ils cherchent constamment de nouvelles idées pour progresser. Ils sont à nos côtés, avec le département

City

:

ici

le

« Nous devons accélérer l'ascension so-

ciale, aider ces gens à gravir les degrés de réussite, afin que les choses demeu-

rent en harmonie

»

Diversité qui nous propose sans cesse des choses à expérimenter.

Nous avons aussi une Chambre Consulaire Économique Asiati- que, qui fait partie de la Chambre de Commerce.

Nous organisons un Dîner de Ga- la chaque mois de novembre qui rassemble habituellement 800 membres, mais pour cette année, nous avons déjà 1100 inscrip- tions !

Nous invitons toujours une per- sonnalité du monde des affaires, et la Mairie nous sponsorise. Ils savent que la Ville est en pleine mutation démographique, et qu'ils doivent travailler avec la communauté Asiatique, et les im-

namiques qui désirent s'élever, bien que les freins soient nom- breux. De l'autre côté, il faut une réelle volonté d'ouverture et d'as- sistance.

Je fais partie de nombreux conseils d'administration, mais je représente toujours la minorité parmi une vingtaine d'Anglais ! Et ce depuis 10 ans !

Les choses mettent beaucoup de temps, trop même, mais elles doi- vent changer, sinon nous per- drons l'équilibre

Dans un article du Birmingham Post en août dernier, ils ont dési- gné les 50 personnes de pouvoir des West Midlands, dont je fais partie, et ce qui m'a surpris c'est

Entretien réalisé par l'association EchoMundi dans le cadre de la mission d'étude à Birmingham (UK) le 18 avril 2008 en partena- riat avec la Direction des Rela- tions Internationales de la Ville de Lyon.

http://radioxl.net/

en partena- riat avec la Direction des Rela- tions Internationales de la Ville de Lyon. http://radioxl.net/

© EchoMundi

Dennis Edwards

19

« Nous ne transigeons pas avec nos responsabilités, car nous mesurons pleinement notre influence . »

L’ACMC (Afro-Caribean Millenium Centre) occupe une place prépondérante au sein de la nombreuse communauté Caribéenne des West-Midlands, en lui offrant une large gamme de services dédiés.

en lui offrant une large gamme de services dédiés. Dennis Edwards, Directeur de l'ACMC même si

Dennis Edwards, Directeur de l'ACMC

même si nous diffusons depuis

6 ans, mais c’était en version pi- lote, pour voir si une radio com- munautaire pouvait vivre en bonne har- monie avec

les

autres

radios,

pu-

bliques

ou

privées,

et

ce

surtout

au

niveau

cains récents comme les Soma- liens.

On peut cependant considérer la démarche comme sépara- tiste, et de mon point de vue, une radio ne devrait pas avoir de couleur, car tout un chacun peut s'y brancher et écouter ses programmes, mais les choses se sont passées de cette façon, et nous en sommes là aujourd- ’hui.

En fait, on n'a pas vraiment choisi notre emplacement, car c'est ce terrain qu'on nous a donné, et nous l'avons accepté, bien que ce quartier ait été dési-

« Il y a 27 ans, un groupe de Caribéens s'est constitué, dans le but de promouvoir les cultu-

res de leurs îles d'origine, en se disant que ceci pourrait être un palliatif aux problèmes sociaux qu'ils connaissaient, créer des emplois etc Tout est parti de la ; un des membres fondateurs a poursuivi ce travail en obtenant des finan- cements du City Council et d'au- tres organismes comme la Fon- dation de la Loterie Nationale, la Direction Culturelle locale, l'Agence de développement

économique

fonds qui ont permis de cons- truire ce Centre, qui accueille de nombreuses activités, ainsi qu'une station de radio, ce qui fut une vraie première, avec pour but de donner une chance aux gens de percer dans leurs domaines, de faire entendre leurs voix.

Il a réuni des

Ce projet a mobilisé des suppor-

« Notre quartier a été considéré comme l’un des quatre endroits les plus défavorisés d’Europe. »

ters dans tout le pays, et ensuite une demande a été présentée auprès des autorités de régula- tion, et la radio New Style était née. En réalité, nous n'émettons offi- ciellement que depuis 1 an,

des revenus commerciaux. Cette expérience fut concluante, donc aujourd'hui on voit appa- raître des projets semblables dans tout le pays, dont trois rien qu’ici, une radio musulmane, et une radio pour les immigrés afri-

Dennis Edwards

20

gné comme l'un des quatre en- droits les plus défavorisés d'Eu- rope, notamment à cause du chômage.

Un programme de redynamisa- tion économique (SRB) a choisi d'aider ce quartier, et y a consé- quemment investi beaucoup d'argent. Juste a coté, il y a une mos- quée, en construction qui fait elle aussi partie du programme.

En tant que Centre Afro- Caribéen du Millénaire, nous sommes naturellement au ser- vice de notre communauté :

nous avons un service d'aide sociale, un service spécial de renseignement sur les migra- tions pour les Jamaïcains, dont une commission vient de Lo n- dres une fois par mois, pour re-

cevoir les gens qui ont des pro- blèmes, de passeports ou a u- tres, ce qui leur

évite de se dépla- cer jusqu’à la ca- pitale.

Nos utilisateurs viennent aussi chercher de l'aide juridique, ou pour

la recherche d'emploi.

Les personnes âgées, elles, viennent chercher du réconfort, car en vieillissant, on se sent

chercher du réconfort, car en vieillissant, on se sent souvent désemparé, et le same- di, ils

souvent désemparé, et le same- di, ils se réunissent pour des séances de gymnastique musi- cale. Nous avons aussi un ce n- tre de formation multimédia, où

Nous avons aussi un ce n- tre de formation multimédia, où les jeunes viennent s'initier à

les jeunes viennent s'initier à l'informatique, ou se connecter au cybercafé, et comme nous avons une station de radio, nous les formons également à ces technologies.

Ils veulent tout de suite passer à l'antenne, chanter ou danser, mais sans fournir le moindre tra- vail de base.

Nous accueillons des jeunes de toutes les communautés, et je me suis ainsi aperçu que les jeunes Asiatiques travail- laient dur, de même que les jeunes Caucasiens, mais la majorité de nos jeunes n'ont pas cette patience.

De ce point de vue, DJ Noel

« Les personnes âgées, viennent chercher du réconfort, car en vieillissant on se sent souvent désemparé. »

Car les jeunes aujourd'hui ve u- lent tous travailler dans les mé- dias ou le spectacle, et nous mettons à leur disposition des studios d'enregistrement et de production.

Ainsi, le jeune garçon que vous avez vu tout à l'heure (DJ Noel), est vraiment remarquable.

Car la plupart des jeunes Afr- Caribéens que nous accueillo ns ici veulent tout tout de suite, et ne sont pas vraiment disposés à étudier tout le côté théorique, et acquérir les bases indispensa- bles à un bon développement personnel.

est vraiment exceptionnel, car au début, on lui a confié des missions fastidieuses, comme des tâches administratives, ou l’accueil à la réception, ce qui peut se révéler très ennuyeux…

Mais il a tout accepté avec le sourire, même s'il venait au dé- part pour faire de la radio, et on a ainsi pu l’éprouver sur toutes sortes de travaux. Il assimile très vite !

Donc il a obtenu une émission hebdomadaire d'une heure, et le succès a été fulgurant. Les gens appelaient en masse pour le féli- citer, et dire que ce garçon n'a que 15 ans, et qu'il va toujours à l'école !

Dennis Edwards

21

Il est vraiment exceptionnel, car il en remontre à beaucoup d'adultes, notamment sur sa fa- çon de préparer ses émissions. Il écrit ses scripts méticuleuse- ment, alors que beaucoup de ses aînés se contentent d'ame- ner quelques disques, de les jouer et de dire ce qui leur passe par la tête au micro. Lui prépare absolument tout. Il a de très nombreux fans, et il va devenir une grande star des médias, j'en suis intimement persuadé.

Et c'est réconfortant, car bea u- coup de nos jeunes sont per- dus : ils manquent d'ambition, ils ne sont pas très bien éduqués, ils ne travaillent pas, et c'est bien la preuve que quand on donne les moyens et les enco u- ragements, on peut en tirer le meilleur. Nous sommes très fiers de lui, car il représente no- tre futur.

Cette semaine, dans l'hebdoma- daire noir The Voice, il y a cette histoire à propos d'un jeune ar- tiste américain de 16 ans no m- mé Soulja Boy, qui a émergé

américain de 16 ans no m- mé Soulja Boy, qui a émergé diffuseur, car nous savons

diffuseur, car nous savons que nous influençons le public.

Il y a deux ans, on a ainsi connu une série de graves émeutes dans le quartier, entre jeunes Asiatiques et Afro-Caribéens. Tout a commencé par une dé- claration irresponsable sur les ondes d'une radio pirate. Et deux personnes sont mortes, juste à cause de cela, sans compter les b lessés.

Nous essayons donc de sensibi- liser les jeunes artistes sur leurs textes, car on sait les effets que cela peut produire.

Nous essayons de leur faire comprendre l'intérêt de positiver leurs paroles, plutôt que le contraire.

http://www.acmccentre.com/

http://www.newstyleradio.co.uk/

Ces artistes devraient faire preuve de plus de responsabi- lité, car ils sa- vent que s'ils propagent de la négativité dans leurs te x- tes, cela aura des consé- quences dans la vie réelle. On se focalise actuellement sur lui car il est très jeune, et il profère pourtant des insultes et des obscénité à foison, et c'est bien la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans notre société, car un jeune gar- çon ne devrait même pas parler de ces choses, comme de faire subir des humiliations à des très jeunes filles

Les radios commerciales pas-

sent ce genre de titres car elles sont enchaînées à leur taux d’audience, et ne sont là que pour faire de l'argent, à n'im- porte quel prix, c'est la loi du genre. Les radios publiques

comme la BBC jouent aussi parfois ces musi- ques, mais à des heures

plus tardives. Ici, a New Style, les choses sont claires : nous ne tolérons a u- cune obscénité, à aucun mo- ment de la journée ou de la nuit.

Ce n'est pas toujours chose fa- cile car nous reposons bea u- coup sur des bénévoles, ils sont près de 80, et ce n'est pas évi- dent de tout contrôler, mais nous faisons de notre mieux, car nous ne transigeons pas avec notre responsabilité en tant que

« Les radios commerciales diffusent des titres obscènes car elles sont enchaînées à leurs taux d’audience »

soudainement, et ce notamment à cause de ses paroles obscè- nes. C'est malheureusement une tendance générale dans le Reggae Dancehall et dans le Hi- pHop, notamment aux Etats Unis : ils parlent des femmes de façon extrêmement dégradante, ils parlent aussi de flingues et de couteaux à tout bout de chant, et leur public, très jeune, est influençable, car pas encore en mesure de faire le discerne- ment

chant, et leur public, très jeune, est influençable, car pas encore en mesure de faire le

© EchoMundi

Yaz Alexander

22

« Notre ville est la plus multiculturelle au monde »

Rencontre avec la chanteuse Yaz Alexander au lendemain de la conférence de presse des groupes UB40 et Steel Pulse, avec lesquels elle collabore.

groupes UB40 et Steel Pulse, avec lesquels elle collabore. Yaz Alexander avec UB 40 et Steel

Yaz Alexander avec UB 40 et Steel Pulse

rance fait des ravages"

C'était un vrai moment histori- que, car c'était la première fois que UB40 et Steel Pulse don- naient une conférence de presse commune, et j'ai eu l'honneur d'y participer.

Leur musique a influencé mes chansons, moi qui suis née ici, je suis fière de dire que j'ai tra- vaillé avec Steel Pulse pendant des années. Mais aussi en tant que femme, car ces milieux sont traditionnellement très mascu- lins.

Donc c'était très important pour moi de pouvoir me tenir au mi- lieu d'eux, en tant que musi- cienne, et en tant que Black Sis- ter de Birmingham.

Mon album "Life begins" est sor- ti en novembre dernier. Je fais partie de l’équipe de la

des

"fleuves de sang" à Birming- ham ! Nous sommes une mer- veilleuse société multiculturelle.

Chaque pays a ses hauts et ses bas, ses bons et ses mauvais côtés, mais il s'agit avant tout de se soutenir et de se com- prendre mutuellement

«Non,

il

ne

coule

pas

De profonds change- ments se sont produits au fil du temps, qui prouvent aujourd'hui qu'Enoch Powell avait tort.

La musique est un très bon moyen pour cela, et UB40, qui a toujours lutté contre le racisme, et Steel Pulse, groupe Noir de Reggae a n- glais, ont vo ulu pro- mouvoir l'Unité et le Partage, et exprimer leur dégoût de ces propos racistes

Il y a déjà 30 ans, sont nés les

mouvements "Rock Against Ra- cism" et "Love Music, Hate Ra- cism" qui existent toujours et or- ganisent nombre d'événements dans tout le pays pour défendre ces idées.

La

confé-

rence

de

press e

d’hier était

donc

un

m o men t

très

partic u-

lier, rassem- blant des artistes d'horizons di- vers qui vivent dans cette ville, et qui veulent donner leur avis.

Ils disent ainsi : " 40 ans ont passés, et nous n'avons pas de

problème avec cela. Bien sûr, il

y a eu des émeutes et il y en

aura encore, mais c’est l'igno-

Il y a tout juste 40 ans, Enoch Powell, un politicien conserva- teur, a tenu des propos publics dévastateurs, dont la presse se fait à nouveau l'écho aujour- d'hui : en résumé, il disait que si on laissait trop d'étrangers s'ins- taller, et il ciblait spécialement les Noirs, il y aurait des soulève- ments terribles, et ce serait pour de bon l'Apocalypse et ses "fleuves de sang"…

Il prônait donc la fermeture, mais comme vous pouvez le constater, 40 ans après, nous

« Bien sur il y a eu des émeutes, et il y en aura encore, mais ce sont les ravages de l’ignorance. »

vivons aujourd'hui dans une merveilleuse société multicultu- relle composée d'Asiatiques, de Noirs, d'Iraniens, Somaliens… des Européens aussi, tant d'ori- gines différentes, ce qui fait de notre ville la plus multiculturelle au monde, grâce à la quantité de nationalités représentées ici.

Yaz Alexander

23

Radio New Style depuis que l- ques années, et la station me sponsorise, le directeur de la ra- dio, est même devenu mon ma- nager !

L'ACMC est un endroit très ami- cal, et grâce à son côté commu- nautaire, il rassemble des gens très créatifs, et je suis reco n- naissante de leur soutien, donc quand je fais des concerts à tra- vers le monde, je sers aussi un peu d'ambassadrice du Centre Pour revenir à l'album, il m'a de- mandé deux ans de travail, en- tre l'écriture, le montage, l'enre- gistrement, la promotion, le mar- keting, etc

J'ai travaillé avec une équipe formidable, mes musiciens, et le disque reçoit un accueil excel- lent partout où il est distribué

Avant cela, j'étais choriste, j'ai travaillé avec des artistes comme Steel Pulse, Pato Ba n- ton, dans le jazz, aussi, car j'adore cette musique, entre au- tres avec notre fantastique Andy Hamilton, un saxophoniste de 90 ans, qui tient une école de musique…

Je collabore à toutes sortes de projets et d'événements, ce qui me donne de l'inspiration pour ma propre musique. J'ai beaucoup appris par moi- même, notamment l'aspect pro- duction

appris par moi- même, notamment l'aspect pro- duction intéressant en soi. Je suis progressivement passée de

intéressant en soi.

Je suis progressivement passée de choriste à chanteuse, puis à

productrice, et ensuite à gérer le marketing, mettre le site internet à jour, bref à utiliser tous les moyen s modernes

de

promo-

tion

Bref, dans

ce métier il

faut

vrai-

http://www.yazalexander.com/

ce métier il faut vrai- http://www.yazalexander.com/ « Quand je donne des concerts à travers le monde

« Quand je donne des concerts à travers le monde je suis un peu l’ambassadrice du centre. »

J'ai ainsi appris à utiliser un grand nombre de logiciels musi- caux, et ça a été un challenge

ment savoir tout faire ! »

© EchoMundi

« Faire entendre la voix de la majorité silencieuse »

Naseema Akhtar est la responsable du « Saheli Women’s Group » , une association citoyenne ayant pour objectif d’accroître la participation des femmes musulmanes au débat public.

« Je suis titulaire d'un Master

en Réhabilitation Urbaine, et je me suis donc engagée dans des forums citoyens, où l'on voulait impliquer plus de fem- mes, et particulièrement des musulmanes, généralement absentes des processus de dé- mocratie locale.

A travers ce projet nous nous sommes adressés à ces fem- mes, et nous avons engagé un dialogue particulier pour qu'el- les se sentent en sécurité.

Nous avons ainsi pu détermi- ner quels étaient leurs besoins et leurs attentes, et leur pre- mière demande a été un Cen- tre de Remise en Forme, tenu par des femmes pour des fem- mes.

de Remise en Forme, tenu par des femmes pour des fem- mes. Naseema Akhtar du Saheli

Naseema Akhtar du Saheli Women’s Group volontaires : plus de 250 signa- tures de femmes du quartier en deux semaines !

Maintenant nous travaillons à les aider à se sentir mieux inté- grées, et à s'engager dans les

« Améliorer les relations de voisinage pour le bien de tous »

Nous avons peu à peu gagné leur confiance, et commencé à travailler ensemble.

Nous nous sommes donc ins- tallées dans un Collège, où nous avons été financées par

« Sport England », et le facteur

déterminant a été l’affluence de

processus de changement, de façon à améliorer les relations de voisinage, pour le bien de tous

La plupart d'entre elles sont ci- toyennes britanniques, mais d'origines diverses.

En raison de la composition du

quartier, 65% d'entre elles sont des musulmanes, Pakistanai- ses , Indiennes ou Bengalies,

20 % sont des Britanniques de

souche, et environ 15% sont Afro-Caribéennes.

Notre but était vraiment de faire entendre la voix de la ma- jorité silencieuse.

Le succès est réel, et nous ac- cueillons de plus en plus de participantes, donc nous envi- sageons de nous agrandir d'ici

2 ou 3 ans, car ce travail

amène une vraie confiance ré- ciproque.

Nous voulons étendre nos acti- vités : nous avons actuellement un jour ouvert aux hommes par semaine, et le mercredi nous recevons les jeunes garçons, pour tenter de les impliquer eux aussi dans le processus, et créer des activités pour eux, car il n'existe rien de tel pour l'instant. »

Le site de l’association :

http://saheliwg.org.uk/

car il n'existe rien de tel pour l'instant. » Le site de l’association : http://saheliwg.org.uk/ ©

© EchoMundi