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Bilan 2011 et prévisions 2012

Chose promise, chose due : l'année 2011 s'est avérée à la fois passionnante et riche en événements.

Force est de constater que la plupart de nos prévisions pour 2011 se sont révélées exactes, au malheur de l'économie mais au bonheur de notre portefeuille. La crise des dettes souveraines, les problèmes de liquidité et d'insolvabilité des banques européennes, les révolutions arabes, et le ralentissement économique chinois ont constitué les points marquants de cette année du lapin. Nos positions long sur les métaux précieux, US treasuries, et short sur les marchés actions ont fourni l'honorable rendement de 10,5% (avant impôt), malgré la brusque chute des cours de l'or et

de l'argent du mois de décembre (restant toutefois dans le positif).

Notre erreur, toutefois sans dommage pour nos placements, consista sans doute de croire en un double dip plus violent aux Etats-Unis. Finalement, le retour à une certaine confiance des consommateurs et l'affaiblissement du dollar ont impacté positivement les statistiques économiques.

A l'opposé de l'année 2011, 2012 s'ouvre sous des cieux bien plus sombres. A notre sens, deux

thèmes devraient prévaloir en cette année du Dragon : la débâcle européenne et le ralentissement de

la croissance dans les pays émergents.

L'euro est plus que jamais sur la sellette et les Etats membres devront générer plus de 800 milliards

d'euros de dettes. Parallèlement, l'Italie devra rembourser 254 milliards d'euros de dettes, ou plutôt

en émettre 254 autres

C'est pourquoi nous pensons que le risque d'éclatement de la zone euro ira en s'amplifiant malgré la défense désespérée des dirigeants actuels qui tenteront d'user de tous les artifices pour sauver la monnaie unique, ou plutôt de gagner du temps face à une inéluctable dislocation. Etant donné la correction actuelle de l'or et de l'argent, il nous paraît judicieux de profiter de cette opportunité pour investir et en prendre physiquement possession. Par ailleurs, nous demeurons fidèles au fonds Fuchs et associés long/short sur les métaux précieux.

Tout un programme, sans compter la perte probable du triple A français.

Du côté des pays émergents et plus particulièrement de l'Empire du Milieu, le ralentissement économique devrait représenter un sérieux frein à la reprise du marché actions. De possibles troubles géopolitiques risqueront encore une fois de se produire dans un environnement toujours aussi instable, où les Etats-Unis peineront de plus en plus à imposer leur hégémonie.

Profitons-en pour aborder la situation de la première puissance mondiale : celle-ci parviendra probablement à maintenir son économie à flot suite aux grands coups de dévaluation monétaire de

sa banque centrale, malgré le fait que cette stratégie ne procure que des gains limités sur le marché

actions et n'apporte aucune solution sur une perspective de long terme. Gageons ainsi que la Fed saura rester active face à la montée du billet vert par rapport aux autres devises et à la menace d'une violente récession européenne.

Du côté de l'immobilier, le prix des biens situés en France restent toujours prohibitif. En revanche, l'immobilier américain s'établit aujourd'hui à des niveaux plus raisonnables, propice à des investissements bien ciblés. Concernant le marché obligataire, la sélection devra se montrer particulièrement drastique et se limiter aux valeurs sûres du secteur, que ce soit pour les obligations étatiques ou corporate (que nous privilégierons).

Face à un risque systémique immense, et plus particulièrement au niveau bancaire, nous jugeons en définitive qu'il est indispensable de disposer de suffisament de cash afin de pouvoir saisir toute opportunité d'investissement.

Bref, les défis ne manqueront pas en 2012 et l'investisseur avisé se devra de gérer à la fois les effets de la déflation des actifs aux prix faussés par des décennies de politiques monétaires accommodantes et les effets de l'inflation importée des pays émergents renchérissant la plupart des produits de la vie courante.