Montesquieu, Charles-Louis de Secondat (1689-1755 ; baron de La Brède et de). Lettres persanes...[- Supplément aux Lettres persanes.

Par Montesquieu]. 1754.

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LETTRES

PERSANES, I..

TOME

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CQLOG~Ë~

Chez Fierre Ma r t e aA tj ImpriïKeiiE^ Libraire pr4s le Collège des Jéfuites. près Collége féfuites. M. DCÇeXlVï J

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P E R S A N E S. JE ne fais point ici d'Épître dédicatoire & je ne demande point de pfotecHon pour ce livre on le lira, s'il eft bon & s'il eft mauvais, je ne mefoucie pas qu'on le life. J'ai détaché ces premiereslettres, pour effayer le goût du public j'en ai un grand nombre d'autres dans mon porte-feuille, que je pourrai lui donner dans la fuite. Mais cjeft à condition que je ne ferai pas connu car, fi l'on vient à fçavoir mon nom, dès,ce moment je me tais. Je connois une femme qui marche aiîez bien, mais qui boite dès qu'on la regarde. C'eft affez des défauts de l'ouvrage, fans que je préfente encore à la critique ceux de maperfonne. Sil'onfçavoit qui je fuis, on diroit Son livre jure avec fon caractère il devroit employer fon tems à quelque chofe de mieux cela n'eft pas digne d'un h ommegrave. Les critiques ne manquent jamais ces fortes de réflexions parce qu'on les peut faire, fans éiTayerbeaucoup fon efprit. Tome1, À

Lettres

Les Persans qui écrivent ici, etoient .logés avec moi nous paffions notre vie enfemble. Comme ils me regardoient comme nn homme d'un autre monde ils ne meca?choient rien. En effet, des gens tranfplantés de fi loin, ne pouvoient plus avoir de feçreîs ils me communiquoient la plupart de leurs lettres je les copiai J'en furpris même quelques-unes, dont ils fe fercient bien garelles étoient des de mefaire tant mortifiantes pour la vanité Se la jaloufie Per' iane. Je ne fais donc que l'office de traducteur toute ma peine a été de mettre l'Ouvrage à nos mœurs. J'ai foulage le le&eur du langa& l'ai fauge Afiatique autant que je l'ai pu ve d'une infinité d'expreffions fublimes, qui l'auroient ennuyé jufques dans les nues. Mais ce n'eft pas tout ce que j'ai fait pour retranché lés longs complimens,9 complimens longs îui. lui. J'ai e dont les Orientaux rie font pas moins prodinous & j'ai paffé un nombre infini gues que de ces minuties qui ont tant de peine à foutenir le grand jour 8c doivent toujours qui mourir entre deux amis. Si la plupart de ceux qui nous ont donné 'des recueils de Lettres avoient fait de même, ils auroient vu leur ouvrages'évanouir. Il y a une chofe qui m'a fouvent étonné ç'eft de voir ces Perfans quelquefois auffi inf ruits que moi-même des mœurs 8ç des mapjeres de 1,~ngtio:n jufqu'à en connoître IC6

1

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S

plus fines circonftançes & à remarquer des chofes, qui je fuis fur ont échappé à bien des Allemands qui ont voyagé en France. J'attribue cela au long féjour qu'ils y ontfait fans compter qu'il eft plus facile à un Afiatique de s'ihftruire des mœurs des François dans un an, qu'il ne l'eft à un François de s'inftruire des mœurs des Afiatiques dans quatre parce que les uns fe livrent autant que les autres fe communiquent peu. L'ufage a permis à tout Traducteur 8c même au plus barbare Commentateur, d'orner la tête de fa verfion ou de fa glofe, du panégyrique de l'original, 8cd'en relever l'u-» tilité le mérite <kl'excellence. Je ne l'ai point fait on en devinera facilement les raifons une des meilleures eft que, ce feroit une chofe très-ennuyeufe, placée dans un lieu déja très-ennuyeux de lui-même je veux dire une Préface..

s P e r S a n-1 s.'

LETTRE
Usbek à fort ami

I.
Ru s tan,

A IJpahàn.

Nous n'avons féjourné qu^unjour à Gomi lorfque nous eûmes fait nos dévotions fur le tombeau de la Vierge, qui a mis au monde douze Prophètes nous nous remîmes en chemin Se hier, vingt-cin<pierrtejour;ïdejnotEa

,i,x A ij Ij

S Lettres départ d'Ifpahan, nous arrivâmes a 1 auns. Rica & moi fommes peut-être les premiers ait parmi les Perfans, que l'envie de fçavoir fait fortir de leur pays, & qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieufement la làgeiTe. Nous fornmes nés dans un royaume floriffant ;maisnous n'avons pas cru que fes bornes fuiTentcelles de nos connoiifances, 8c que la lumière.Orientale dût feule nous éclairer. Mande-moi ce que l'on dit de notre voyafiar ge ne me flatte point je ne compte pas un grand nombre d'approbateurs. AdreiTeta lettre à Erzeron, où je féjournerai quelque tems. Adieu mon cher Ruftan fois affûté qu'en quelque lieu du monde ou je fois, tu as un ami fidèle..
De e Tauds,le 15 de la s Lune deSaphar s-ji-*»

LETTRE
USBEK au A PREMIER fon ferrait

II.
EUNUQUE d'Iffahan. NOIR.

Tu es le gardien fidèle desplus -belles femmes de Perfe; je t'aiconié ce que j'avois dans le monde de plus cher tu tiens en tes mains les clefs deces portes&tales, qui ne s'ouvreïit que pour moi. Tandis que.tu veilles fur ce dépôt précieux de mon éœur il fe repofe 8c jouit d'une fécurité entière. Tu fais la garde dans le iilence de la nuit, comme dans le tu*

Fers

à

n

e ss.

tnmte du jour; ~r~r~<f@ms tes infatigables fçutieri^ nent la vertu lorfqu'elle çhancellevSiles fem7 pies que tu gardes vouloient fortir de leut devoir tu leur en ferois perdre l'efpérance tu es le fléau du vice, 8cla colomne de la fidélité. Tu leur commandes Sz. eur obéis tu exél cutes aveuglementtoutes leurs volontés, 8c leur fais exécuter de même loix duferrail: les tu trouves de la gloire à leur rendre les fervices les plus vils tu te fournets,avecrefpéâ:8c avec crainte, à leurs ordres légitimes tu les fers comme l'efclave de leurs efclaves. Mais, par un retour d'empire, tu commandes en maître comme moi-même quand tu crains le rel~chemt>i- des fA;1", la pudeur 8c .dA relâchement ;1" loix de .1" de la modefiie. Souviens-toi toujours du néant d'où je t'ai fait fortir, lorfque tu étois le dernier de mes efclaves, pour te mettre en cette place, 8c te confier les délices de mon cœur tiens-toi dans un profond abaiffement auprès de celles qui partagent mon amour; mais fais-leur en même tems fentir leur extrême dépendance procure-leur tous les plaifirs qui peuvent être innocexis trompe leurs inquiétudes amufeles par la mufique les danfes les déboiflbns licieufes perfuade-leur de s'afTemblerfouvent. Si ellesveulent aller à la campagne tu peux les y mener mais fais faire main-baiTe fur tous les hommes qui fe préfenteront devant elles. Exhorte-les à la propreté, quiet A •
Àiij

& ne te trouvant jamais. qui me rappellant fans ceifemes plaifirs paffe's irritoient tous les jours mes defirs avec une nouvelle violence ? J'errois d'appartemens en appartemens.où pour la première-fois de ma vie je te reçus dans mes bras tantôt dans celui. Comment atirois-je pu vivre. te cherchant toujours. Nous avons ordonné au chef des Eunuques de nous menerà la campagne il te dira qu'aucun accident ne nous eft arrivé.maisrencontrant par tout un cruel fouvenir de ma félicité pafTée. où tu décidas cette fameufe querelle entre tes femmes Chacune de nous fe prétendoit fupérieure aux autres . dans ton ferrai! d'Ifpahan dans ces lieux.Tauris. De. & nous échappâmes à tous les regards.IL E T T R E S 1 1de la netteté de l'ame louage parle-îeûî quelquefois de moi. Quand il fallut traverfer la riviere & quitter nos litières. Tantôt je me voyois en ce îieu. nous nous mîmes félon la coutume dans desboëtes deux efclaves nous porterent fur leurs épaules. USBEK. LETTRE Zachi l à A Tauris. III. le 18 de la Lune de Saphar 1711. cher llfoeic. Je voudroisles revoir dans ce lieu charmant qu'elles embelliflenté Adieu.

Je mevis infenfiblement devenir la maîtrefle de ton cœur tu me pris.une pafflonencore plus vive que l'ambition. qui t'étoient devenus incommodes. Je te l'avoue. après avoir épuifé tout ce que l'imagination peut fournir de parures <k d'ornemens tu vis avec plaifir les miracles de notre art tu admiras jufqu'où nous avoit emporté Pardeui: de te plaire: mais tufisbientôt céder ces charmes empruntés à des graces plus naturelles. nous fûmes en un moment toutes couvertes de tes baifers tu portas tes curieux regards darjs les lieux les plus fecrets tu nous fis paifer en un inflant dans mille fituations différentes toujours de nouveaux commandemens ôc une obéiffaiice toujours nouvelle. UfbeK. Heureux UfbeK que de charmes furent étalés à tes yeux Nous te vîmes longtems errer d'enchantemens en enchantemens ton ame incertaine demeura longtems fans fe fixer chaque grace nouvelle te demandoit un tribut. tu mequittas tu revins à moi. il fallut paroitre â ta vue dans la fimplicité de la nature Je comptai pour rien la pudeur je ne penfai qu'à ma gloire. & je fçus te retenir le triomphe fut tout pour moi.PE r. A iv . 9 -A 'N E en beauté: nous nous préfentâmes devant toi. & le défefpoir pour mes rivales il nous fembla que nous fuffions feuls dans le monde tout ce qui nous entourât ne fut plus digne de nous occuper. me fit fouhaiter de te plaire. tu détruifïs tout notre ouvrage il fallut nous dépouiller de ces ornemens.

UibeK. elles auroient fenti la différence qu'il y a de mon amour au leur elles auroient vu. Tu nous quittes. Se tu n'en jouis pas il femble que l'amour refpire dans le ferrail. ÏL n fin ce monftre noir a réfolu de me defefpérer il veutà toute force m'ôter mon efclave Zélide Zéllde qui me fert avec tant d'affedion & dont les adroites mains porfent partout les ornemens 6c les grâces i| . le 21 de la Lune de Mah. fuis-je'? Où m'emmène ce vain récit ? C'efl: un malheur de n'être point aimée mais c'efl un affront de ne l'être plus. pour aller errer dans des climats barbares. il tu fçavois être heureux E Du ferrail de Fatmé. &: ton infenfibilité t'en éloigne fans ceffe Ah mon cher UfbeK.ra 1711. que fi elles pouvoient difputer avec moi de charmes. L e t TR« s I" L E T T R E I V. Zephis i Usbek.Plût au ciel que mes rivales enflent eu le courage de refler témoins de toutes les marques d'amour que je reçus de toi Si elles avoient bien vu mestranfports. elles ne pouMais où i^oient pas difputer de fenfibilité. qui ne font point entendus mes larmes coulent. Quoi tu comptes pour rien l'avantage d'être aimé? Hélas tu ne fçais pas même ce que tu perds ? Je pouffe des foupirs. A Erzeron.arra.

A Erzeron. f Lune de Màharrarn 1711. R'IÎSTAH à U S B E t. j'ai trop de refpecl pour moi-même pour defcendre jufques. ni ma vertu. 8c ils ne persuadent perfonne ë on ne peut comprendre que tu puifles quitter tes femmes tes parens. que le mien &s'il faut te le dire. Non. il ©fefuppofeïqu'il a entendu ou vu des chofes que }ë ne f^ais pas même imaginer. errail dfPatiné le 29delit. les autres à quelque chagrin tes amis feuls te défendent. tes amis ta patrie pop aller dans des climats inconnus auxPer- Av . Du. cher IHbeK que mes larmes. ne fçauroieftt me mettre à l'abri de fês foupçons extravagans un viî efclave vient m'attaquer jufques dans ton cœur. Je fuis bien malàéureafe Ma retraite. 1 L E T T R E V. & il faut que je m'y défende.à desjuftifications je ne veux d'autre garant de ma conduite que toi-même. Le traître veut regarder comme criminels les motifs de ma confiance 8c parce qu'il s'ennuye derrière la porte où je le renvoie toujours. que ton amour. TU es le fujet de toutes les converfatîong d'Ifpahan on ne parle que de ton départ les uns l'attribuent à une légéreté d'efprit.P t r s a k s s» bne lui fuffitpas que cette réparation foit donloureufe il veut encore qu'elle-foit déshonorante.

mon cher UlbeK je me fens naturellement porté à approuver tout ce que tu fais mais je ne fçaurois te pardonner ton abfence & quelques raifons que tu m'en puiiTes donner. Pour moi. D'I/pahan le 28 dela Lune deRebiab". quand j'ai perdu la Perfe de vue & que je me fuis trouvé au milieu des perfides Ofmanlins. fe font préfentés à mon efprit.LëttriS . dit-elle enlevé. La mere de Ripa eft inconfolable elle te demande fon fils que tu lui as.mon cœur ne les goûtera jamais. NESSIR. ma tendreffe s'eft: réveillée. 1 LETTRE Usbek à fon ami VI._11 =_r_f. Ma patrie ma famille. Il faut que |e te l'avoue. il me fembloit que je devenois profane moi-même. Adieu aime-moi toujours. une certaine inquiétude a achevé de nie troubler 8c m'a fait connoître que pour mon repos j'avois trop entrepris. A UNE journée d'Eriyan nous quittâmes la Perfe pour entrer dans les terres de l'obéiffance des Turcs douze jours après nous aroù nous féjournerons rivâmes à Erzeron trois ou quatre mois.u=-. A Ifpahan. fans. Neffir j'ai fenti une douleur fecrète. A mefure que j'entrois dans les pays de ces profanes. 1711. mes amis.1. .

le 10 de la Lunfi kn. D'Errer on R SAM ' ES. s'ils ne le.171 1.. mon cœur ce font mes femmes. j'ai prévenu l'a-' mour 8cl'ai détruit par lui-même mais de ma froideur même il fort une jaloufîe fecrète qui me dévore: Je vois une troupe de femmes laifées prefque à elles-mêmes je n'ai que des ames lâches qui m'en répondent. 2. Ce n'eft pas Neffirque je les aime je me trouve à cet égard dans une infaillibilité qui ne me laifle point de defirs. J'aurois peine à être en fureté fi mes efclaves étoient fidèles que fera-ce. 'r'YL. font pas ? Quelles trifles nouvelles peuvent m'en venir dans les pays éloignés que je vais parcourir ? C'eft un mal où mes amis ne peuvent porter de remède c'eft un lieu dont ils doivent ignorer les triftes fecrets 8c qu'y pourroient-ls faire ? N'aimerois-je pas mille i fois mieux une obfcure impunité qu'une correction éclatante ? Je dépofe en ton cœuï tous meschagrins mon cher Neffir c'eft la feule çonfolâtion qui me refte dans l'état où jefuis. je ne puispenfer à elles.E Mais ce qui' affligeJe plus. que je ne fois dévoré de chagrins. . T deRéiab. Dansle nombreux ferrail où j'ai vécu..

Quand je compare !a beauté de ton vifage avec la difformité du leur. que les charmes enchanteurs de ta perfônne. Que veux tu que devienne une femme qui t'aime qui étoit accoutumée à te tenir dans {esbras. mon chef UfbeK. Je te le jure Ufbcç: quand il rce feroit permis de fortir de ce lieu. dedans l'abattement où je fuis. jfiation ne me fournit point d'idée plus raviffante. comme û tu y e'tois je ne -fuis point défabufée. A Erzeron. je ne puis m'empêcher de m'eftimer heureufe mon imagi-. dontla-moin^ dre imperfection eft de n'être point hommes. IL y a deux mois que tu es parti. Je cours: tout le ferrail. où je fuis enfermée par la néceffité de ma condition Les femmes erfanes femmes urques & lès P T font beaucoup étroi. je ne puis pas me le perfuader encore.femmesndiennes» I plus tement gardées «}ue les .X Ë T T BL E g LETTRE VIL FaTMI* à USBEK. qui n'étoit occupée que du foin de te donner des preuves de fa tendreffe libre par l'avantage de fanaiffance efclave par la violence de fon amour? Quand je t?époufai mes yeux n'avoient point encore vu le vifage d'un homme tu es le feul encore dont la vue m'ait été permife car je ne compte pas au rang dee hommes ces Eunuques affreux.

Ne penfe pas que ton abfencé m'ait fait négliger une beauté quit'élit chère quoique je ne doive être vue de perfonne & que les ornemens dont je me pare foietit inutiles à ton bonheur. mon imagination le perd dans fes defirs comme elle fe flatte dans fes efpérances:je penfe quelquefois que. je cherche cependant à m'entretenir dans l'habitude de plaire je ne me couche des point que je ne me fois parfumée effences les plus délicieufes. 1 à 1 la .enchantemens 8c rappelle mes efprirs je me trouve pour lors fi animée. où tu venois dans mes bras un fonge flatteur. qui meféduit me montre ce cher objet de mon amour. Tu ne le croiroispas. difllpe lui-même ces.P B garde qui ifuâncîje pourrois me dérober m'environne quand il me feroit permis de choifir parmi tous les hommes qui vivent dans cette capitale des nations UfteK je te le jure.il eft im*poiïible de vivre dans cet état le feu coule dans mes veines que ne puis-je t'exprimer ce que je fens fi bien 8c comment fens-je fi bien ce que je ne puis t'exprimer Dans ces S AS < 'f. dégoûté d'un pénible voyage tu vas revenir à nous: la nuit fe pafle dans des fonges qui n'appartiennent ni à la veille ni au fommeil je te cherche à mes côtés & il me femble que tu me fuis ennn le feu qui me dévore.isque toi il ne peut 7 avoir que toi dans le monde qui mérite d'être aimé. Je me rappelle ce teins heureux. je ne choifiro.Ufî>eK.

de .il 'ifpahatt. n'ayant rien qui faut qu'elle vive dans l'habitude des foupirs fie dans la fureur d'une paffion irritée que bien loin d'être heureufe elle n'a pas même l'avantage de fervir à la félicite' d'unautrejornement inutile d'un ferrail gardée pour de l'honneur. que nous ne puiffions pas fatisfaire: finous étions infenvous nous traitez comme nous le fibles. u delà. feront irrités à votre vue.ee. Qu'une d'avoir des defirs fi femme eft malheureufe violens. & vous feriez bien fâchés que fufllons vous croyez que nos defirs fi longteins mortifiés. il me. lorfqu'elle eft privée de celui qui feulles fatisfaire que livrée à elle-mêpeut puilTela diftraire. bien loin de te faire oublier animeroit mon ginour s'il pouvoit devenir plus violent. d Lune ReHdbi. & ton abfen. que vous n'ofezefpérer de Adieu mon cher Ufbes adieu compte amed je ne vis que pour t'adorer mon que toute pleine de toi. le Du ferra. Il y a de la peine à fe faire aimer il eft plus court d'obtenir de notre tempérament ce votre mérite.L E T T: & ES 1 donnerois t Tempire au lïiomens >UibeKje monde pour un feul de tes baifers. iju. & non pas pour le bonheur (on époux Vousêtes bien cruels vous autres hommes Vous êtes charmés que nous ayônsdes defirs.

Je m'étois bien douté que mon départ feroit du bruit: je ne m'en fuis point mis en la peine. Mais ce parti même avoit fes inconvéniens je yeftois toujours expofé à la malice de mes ea- . je ne me foutenôis plus que par une foible vertu je réfolus de la quitter. ¿ ï Us b e k àfon ami l u s ta w<s A Ifpahan. Dès que je connus le vice.s a w E -$l LETT R É VII I. & j'étonnai en mêmetemps les adorateurs 8c l'idole. je m'en éloignai. Mais quand je vis que ma fincerité m'avoitfait des ennemis que je m'étois attiré la jaloufie des miniftres. fans avoir la faveur du prince que dans une cour corrompue. Je portai la vérité jufques aux pieds du trône j'y déparlai un langage jùfqu'alors inconnu je concertai la flatterie. Je feignis ua à grand attachement pour les fciences & force de le feindre il me vint réellement. j'ofai y être vertueux. Ta lettre m'a été rendue à Erzeron où je fuis.F E r. Que veux-tu que je fuive? prudence de mes ennemis ou la mienne ? Je parus à la cour dès ma plus tendre jeuneffe je le puis dire mon cœur ne s'y cordefrompit point je formai même un grand fein. Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires 8c je me retirai dans une maifon de campagne. mais je m'en approchai enfuite pour le démafquer.

J'allai au Roi je lui marquai l'envie que j'avois de m'inftruire dans les fciences de l'Occident je lui infînuai qu'il pourroit tirer de l'utilité de mes voyages je trouvai grâce devant les yeux je partis» & je dérobai une vi&ime à mes ennemis. à Ibbi. Quelques aVis fecrets me firent penfer. 1711. z. E 1 X. 8c quemes amis. r ôte les moyens nemis &: je m'étois prefque D'Eritron le ze de la Lune deGemmadi.Laiffe parler Ifpahan ne devant ceux qui m'aiment laiffe à mes que ennemis leurs interprétations malignes je fuis trop heureux que ce foit le feul mal qu'ils me puiffent faire. LETTRES . L Li premier ETT R Eunuque A Erzéron. Tu ges fuis tu ton parcoàis ancien les maître provinces dans 8c fes les voyaroyau- . Voilà.de m'en garantir. Ruftan le véritable motif de mon me défens voyage. fur la je compte fur leur fidélité comme tienne. On parle de moi à préfettt peut-être ne ferai-je que trop oublié.¡.à moi férieufement je résolus de m'exiler'de ma patrie 8c ma retraite même -de la cour m'en fournit un prétexte plaufibfe. Non Ruftan je ne veux point me livrer à cette trifte penGée je leur ferai toujours cher.

qui. que pour me défoler:: pour comble de. enfermé dans une affreufe prifon fuis toujours environné des mêmes objets. 8c un moment tranquille. Lorfque mon premier maître eut formé le cruel projet de me confier fes femmes. Malheureux que j'étois mon efprit préoccupé me faifoit voir le dédommagement & non pas la perte j'efpérois que je ferois délivré des atteintes de l'amour. J'entrai dans le ferrail où tout m'infpiroit le regret de ce que j'avois perdu je me fentois animé à chaque inftant mille graces naturelles fembîoient ne fe découvrir à ma vue. Hélas on éteignit en moi l'effet des paffions fans en éteindre la caufe. 8c dansle cours d'une longue vie je ne puis pas dire avoir eu un jour ferein. 8c m'eut obligé* par des fédu&ions foutenues de mille menaces de me féparer pour jamais de moi-même las de fervir dans les emplois les plus pénibles je comptai facrifier mes paffions à mon repos 8c à ma fortune. 8c dévoré des mêmes chagrins. . Il n'en eft pas de même de moi. 8c bien loin d'en être foulage je me trouvai environné d'objets j qui les'irritoient fans celle. par l'impuiffance de le fatisfaire.P tu s a s t n Iftïes les chagrins ne fçauroient faire d'îmdes preffion furtoi chaque inftant te montre chofes nouvelles tout ce que tu vois te récrée. je gémis accablé fous le des poids des foins & inquiétudes de cinquante années. 8c te fait païîer le tems fans le fentir.

yeux un s malheurs. de mon maître je ne l'ai jamais deshabil-. le'e. condefcendances qui m'ont expofé mille fois à perdre la vie. Je crus à la premiere réflexion que ce jour étoit le dernier de niés jours je fus pourtant affez heureux pour échapper à mille morts: mais la beauté que j'avois faite confidente. & un affreux défefpoir dans l'aine. ont Enfin les feux de la jeunefTe paffé je fuis vieux 8c je me trouve à cet égard dans un état tranquille je regarde les femmes %jET f RE 9 19 devant les . de ma foibleffe. que je ne fois rentré chez moi la rage dans le cœur. je me fentis fi tranfporté. il me les falloit dévorer: & ces mêmes femmes. je n'ai jamais conduit une femme dans le lit. & que j'ofai porter ma main dans-un lieu redoutable. Charge' d'ennuis & de chagrins. me vendit bien cher fon fîlence je perdis entiérement mon autorité fur elle 8e elle m'a obligé depuis à des. Voilà comme j'ai paffé ma miférable jeunèfle je n'avois de confident que moi-même. je ne les envifageois qu'avec des regards féveres j'étois perdu fi elles m'avoient pénétré quel avantage n'en auroient-ell&g pas pris ? Je me fouviens qu'un jour que je mettois une femme dans le bain. que je perdis entiérement la raifon. Dans ce tems de trouble. que j'étois tenté de regarder avec des yeux fi tendres.j'avois toujours homme heureux.

de vertu de pudeur de modeftie. &." SVêcindifférence 6c je leur rends bien tous leurs méprisj & tous les tourmens qu'elles m'ont fait fouffrir je me fouviens.je les défefpere en leur parlant fans ceifede la foibleffe de leur fexe 8ç de l'autorité du maître je meplains enfuite d'être obligé à îant defévérité. Quoique je les garde pour un autre. Je les hais depuis que je lès envifage de fens froid. .oiije fuis.f E!-RSAM E S. lesarrête foudain je m'arme de refus je me hériffe de fcrupules je n'ai jamais dans la bouche que les mots de devoir. 6c que ma raifon me laiffe voir toutes leurs foibleffes. la feule paffion qui me refle.& je femble vouloir Imt . fe fatisfait un peu. le plaifir de me faire obéir me donne une joie fecrète quand je les prive de tout. Je vois avec plaifir-quetout roule fur moi 8ç qu'à tous les inilans je.affaireà un ingrat elles me trouvent au-devant de tous leurs plaifirs les plus innocens je me préfenfe toujours à elles comme une barrière inébranlable elles forment des projets 8c je. & il m'en revient toujours une fatisfaëtion indirecte je me trouve dans le ferrail comme dans un peîit empire.fuisnéceffaire je me charge volontiers de la hainede toutes cesfemmes.toujours que j'étois ne' pour les commander. dans les oecafions où je leur commande encore.qui m'afn'ont-eJfermit dansle pofte. & il me "fembleque je redeviens homme. il me femble que c'eft pour moi.mon ambition. Auffi les pas.

& que leurs fantaifies fe fuccédent fouvent ellesfe plaifent à me faire redoubler de foins.. d'emplois. & m'y enchaînent nuit & jour elles fçavent bien feindre des maladies des défaillances. 8e elles rient de ce trouble elles font charmées de me voir ainfi me tourmenter moi-même.L~ "A.¿.8c que tous les jours ces femmes vindicatives ne cherchent à renchérir fur ceux que je leur donne elles ont des revers terribles. qu'on a entendu du bruit. &run grand attachement pour elles. elles me font faire de fauffesconfidences tantôt on vient me dire qu'il a paru un jeune iomme au tour de ces murs une autre fois. Une autre fois elles m'attachent derriere leur porte.J. foumiflîon elles font toujours tomber fur moi les emplois les plus humilians elles affectent un mépris qui n'a point d'exemple 6c fans égard pour ma vieilleffe elles me font lever la nuit dix fois pour la moindre bagatelle: je fuis accablé fans ceiTed'ordres de commandemens.L E T t -rfït s faire entendre. Ce n'eft pas qu'à mon tour je n'aie un nombre infini de défagrémens. ou bien qu'on doit rendre une lettre tout ceci me trouble. des frayeurs elles-ne manquent pas de prétexte pour me mener au point oîi (filesveulent il faut dans ces occafions une . Il y a entre nous \iV comme un flux & un reflux d'empire 8c de ""V"A. que je n'ai d'autre motif que leur propre intérêt. de caprices t il femble qu'elles fe relayent pour m'exercer.

qu'avois-je fait ? Je laiiTeune femme dans les bras de mon maître dès qu'elle le vit enflammé elle yerfa un torrent de larmê^ elle fe plaignit . . de leurs foupirs.Persanes. Ce n'eft pas tout je ne fuis jamais fûr d'être un inftant dans la faveur de mon maître ô j'ai autantd'en nemiesdans fon cœur. obéiffance aveugle & une complaifance fans bornes un refus dans la bouche d'un homme comme moi. Combien de fois m'efb-ilarrivé de mecoucher dans la faveur 8c de me lever dans la difgrace ? Le jour que je fus fouetté fi indignement autour du ferrail. elles feroienten droit de nus châtier: j'aimerois autant perdre la vie. feroitune chofe inouïe 6c fi je balançois à leur obéir.que de defcendre à cette humiliation.mon cher Ibbi. de leurs embraffemens & de leurs plaifirs mêmes ellesfont dansle lieu de leurs triomphes leurs charmes me deviennent terribles les fervices prëfens effacent dans un moment tous mes fervices paiTés & rien ne peut me répondred'un jnaître qui n'eft plusà lui-même. qui ne fongent qu'à me perdre elles ont des quartsd'heure ou je ne fuis point écouté des quarts-d'heure où l'on ne refufe rien des quarts-d'heure ouj'ai toujourstort jeméne dans le lit de mon maître des femmes irritées crois-tu que l'on y travaille pour moi 8c que mon parti foit le plus fort } J'ai tout à craindre de leurs larmes.

E S fi t:1~t. cher Ibbi. Du ftrra. Voilà. l'état cruel dans lequel j'ai toujours vécu. A .v bien qu'elles au& ménagea de l'amour qu'elle faigmentoient. de R ami E X.il d'Ifpahan le dernier de la Lune Saphar'. Tu étois le feul qui pût me dédommages de l'abfence de Rica & il n'y avoit que Rica Tu nous pût me confoler de la tienne. qui de notre manques UfbeK tu étois l'ame fociété qu'il faut de violence pour rompre les engagemens que le eœur& Fefprit ont formés ` Nous difputons-ici beaucoup nos difputes roulent ordinairement fur la morale. Que tu es heureux! tes foins fe bornent il t'eft uniquement à la perfonne d'Ufbeiî facile de lui plaire 8c de te maintenir dans fa faveur jufques au dernier de tes jours. 171. ou par la pratique de la vertu I .%i r E T T R.1. Hier on mit en queflion fi les hommes croient heureux par les plaifirs & les fatisfactions des fens.Erzeron. à mefure foit naître. L Mir-za E T à T fon U s b e k. Comment aurois-pu me foutenir dans un moment fi critique ? Je fus perdu fus la lorfque je m'y attendois le moins je vi£time d'une négociation amoureufe 6c d'un traité que les foupirs avoient fait. fes plaintes .

J'ai parlé a des MoIIaics qui me défefpecar je rent avec leurs paffages de l'Alcoran ne leur parle pas comme vrai croyant. mi«Tn Hfi /Mil .de perfuader. XI. Pour remplir ce que tu me prefcris. Explique-moi./ < t'ai fouvent 4* oui dire-> que les hommes Je etoient nés pour être vertueux & que la juftice eft une qualité qui leur eft auffi propre que l'exifience. Peut-être que ce morceau d'hiftoire te touchera plus qu'une philofophie fubtile. mais comme homme.P E R S AN ES. TU renonces à ta raifon.17ix. appelle Troglodite qui decendoit de ces an- .. mais qu'il faut encore faire fentir telles font les vérités de morale. comme aln ~omiSlr~ de' père famille. ce que tu veux dire.P11 'r D'Ifpahan. LETTRE USBEK à A Ifyahan. je te prie. A~. Adieu. Il y avoit en Arabie un petit peuple. pour eflayer la mienne tu defcends jufqu'à me confulter tu me crois capable de t'inftruire. je n'ai pas cru devoir employer des raifonnemens t fort abftraits II y a de certaines vérités qu'il ne fuffit pas. Mon cher Mirza il ya une chofe qui me flatte encore plus que la bonne opinion que tu as conçue de moi c'eil ton amitié qui me la procure. MlRZA. comme citoyen.^4i+* «11/» I (3 .le dernierdela Lune ditS2phar.

t' fi nous en croyons ciens Troglodites. ils s'affemblerent pour choifir un gouvernement 8c après bien des diffentions. ne confulta plus que fon naturel fauvage tous les particuliers convinrent qu'ils n'obéiroient plus à perfonne que chacun veilleroit uniquement à fes intérêts. vu . le tuerent.Ce peuple libre de ce nouveau joug. & exterminerent toute la famille Royale.mes befoins ôc pour- Lettres T. Ils difoient Qutai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont je ne me foucie point? Je penferai uniquement à moi je vivrai heureux que m'importeque les autres le foient? Je me procurerai tous. Ceux-ci n'étoient point fi contrefaits ils n'étoient point velus comme des ours ils ne fiffloient point ils avoient deux yeux mais ils étoient fi méchans &fî féroces qu'il n'y avoit parmi eux' aucun principe d'équité. fans confulter ceux des autres. qui. ni de juftice. les hiftoriens reffembloient plus à des bêtes qu'à des hommes. les traitoit févérement mais ils conjurèrent contre lui. qu'ils leur devinrent insupportables 8c ils les maifacrerent encore. ils créérent des magiftrats mais à peine les eurent-ils élus. Le coup étant fait. Cette réfolution unanime flattoit extrêmement tous les particuliers. Ils avoient un Roi d'une origine étrangère qui voulant corriger la méchanceté de leur naturel.

avoit. i. Cette année la fécherefTefut trèsgrande.& des coups.] & de montagneufes. Pavoient té é eux-mêmes. L'année d'enfuite fut très.les peuples des montagnespe'rirent prefquetous defaim^. Les terres de ce . nature 1'1. ils convinrent de s'en remettre à is| n-' T' Tome I.aVcQl il y en.1 en.R S AKÈ Si tyuque je les aye je ne mefoucie point que tous les autres TrGgloditesfbJentmifér|bîes. Un des principaux avoit une femme fort belle fon voifîn en devint amoureux 8c l'enleva il s'émut une grande querelle. de maniere que les terres qui étoient dans les lieux élcvc's manquèrent abfolument. qui leur refuferent de partager la récolte. & d'autres qui. par la dureté des autres. Je ne lâboutërai mon champ que pour qu'il mefourniffe le bled qu'il me faut pour me nourrir une plus grande quantité me feroit inutile je neprendrai point de la peine pourrien.pluvieufe les lieux élevés fe trouvèrent d'unefertilité extraordinaire ôcles terres baffes furent fubmergées. & après bien des injures .ç.. B .f.E..petit royaume n'étoierit pas de même JJCU.YJ. tandis que celles qui purent être arrofe'es furenttres-fertilcs ainfï. dans un terrein bas étoient arrbfées de plufieurs ruiffeaux. La moitié du peuple cria une Secondé fois famine mais cesmiférables trouverent des gens auffidurs qu'ils. On étoit dans le mois où l'on enfemence les terres chacundit. d'arides es ~an.

négligerai les miennes je vous prie de rne laifler en repos.bien davantage. Il y avoit un homme qui poffédoit un champ affezfertile. Que m'importe dit cet homme que cette femme foit à vous ou à vous? j'ai mon champà labourer je nuirai peut-*» eue pas employer mon tems à terminer vos différends.-&s'en alla travailler fes terres. Ils allerent à lui 8c voulurent lui dire leurs raifons. jura qu'il mourroit plutôt que de rendre cette femme êc l'autre pénétré de l'injuftice de fon voi^fin & de la dureté du juge s'en retournoit défefpéré Idrfqu'il trouva dans fon chemin une femme jeune & belle.Lettres décifion d'un Troglodite qui. Là-deflus il ks quitta . occuperent fon champ ils firent entr'eu? une union pour fe défendre contre tous :ceux qui voudroient Fufurper & effectivement ils fe foutinrent par4à pendant plufieurs mois mais undei '<h . qu'il cuitivoit avec grand foin deux de fes voifîns s'unirent enfemble. 8c à travailler à vosaffaires tandis que je.9 le chafferent de fa i-naifon'. lorsqu'il apprit que c'étoit la femme de celui qu'il avoit voulu prendre pour juge 8c qui avoit été û peu fenfible à fon malheur il l'enleva. 8c de ne m'irn*portuner plus dé vos quefëlles. & l'emmena dans fa maifon. & elle lui plut . Le ravifleur qui étoit le plus fort. celle-là lui plut. pendant que la république fubfiftoit avoit eu quelque crédit. qui revenoit de la fontaines il n'avoitpîus de femme.

& donna fes remèdes fi à propos. fon falaire mais il ne trouva que des refus vt Persanes^ si Pij11. Naturellement je ne devrois efpérer de ma laine qu'autant d'argent qu'il en faut pour acheter deux mefures de bled. dufliez-vous crever de faim. dit le marchand j'aurai du bled à préfent. 8c je vous donnerai «ne mefure de bled car je ne veux pas m'en défaire autrement. Je fuis bien aife. & devint feul maître du champ.: deux autres Troglodites vinrent l'attaquer il fe trouva trop foible pour fe défendre. . il en demanda le prix: le marchand dit en lui-même. 8c payer le prix demandé. Un Troglodite prefque tout nudvit de la laine qui étoit à vendre. mais je la vais vendre quatre fois davantage. Son empire ne fut pas long. Queditesvous reprit l'étranger ? vous avez befoin de bled ? J'en ai à vendre il n'y a quele prix qui vous étonnera .peut-être car vous fçaurez que îé'bled cil extrêmement cher & que la famine règne prefque par-tout mais rendez-moi mon argent. qu'il guérit tous ceux qui fe mirent dans fesmains. Cependant une maladie cruelle ravageoît la contrée un médecin habile y arriva du pays voifin. afin d'avoir huit mefures. Il fallut en pafîer par-là. & il fut maffacré. Quand la maladie eut ceffé il alla chez tous ceux qu'il avoit traités demander.lieux ennuyé de partager ce qu'il pouvoit avoir tout feul tua l'autre.

E S 1_ r ô-s»<! ri dans fon pays 5c il y arriva acil retourna cablé des fatigues d'un fi long voyage. . Allez. z.z* A Ifyahan. Il y avoit dans ce pays deux hommes bien finguliers ils avoient de l'humanité ils connoiffoient la iuftice ils aiînoient la vertu autant liés par la droiture leur <J% cœur que par la corruption de celui J. leur dit-il hommes injuftës vous avez dans l'ame un. & n'attendirent pas qu'il vînt chez eux. parce que vous n'avez point d'huinanité. Tu as vu. Vs b e k au msrn. & furent les vïaimes de leurs proinjuitices. A Erieron h î dela Lune deGemmadi.ijiu E T T R E XII. Mais bientôt après il apprit que la même maladie fe faifoit fentir de nouveau. poifon plus mortel que celui dont vous voulez gue'rir vous ne méritez pas d'occuper une place fur la terre.L È T T F. mon cher Mirza comment les méchanceté Ttoglodites périrent par leur roême. 8c affligeoit plus cette terre ingrate ils allerent à que jamais lui cette fois. & que les régies de l'équité vous font inconnues je croirois pffenfer les Dieux à la jufqui vous puriiiTent fi je m'oppôfois tice de leur colère. il n'ea pres ïéfta que deux qui échappèrent aux malheurs de la nation. Detant de familles.

qui eft d'avoir des enfans qui leur reflemblent. l'union fut riages bien loin de . c'étoit le motif d'une union" nouvelle. /r r t . ils voyoient. Ils aimoient leurs femmes. 8c ils en étoient tendrement chéris. Le jeune peuple qui s'éleva fous leurs yeux s'accrut par d'heureux male nombre augmenta.l'intérêt commun que vouloir s'en féparer c'eft vouloir fe perdre que la vertu n'eft point une chofe ne faut point la qui doive nous coûter qu'il & que regarder comme un exercice pénible la juftice pour autrui. Ils eurent bientôt la confolation des pères vertueux.f E S fles autres.joujours la même &la vertu B iii A 1 h "i E S-. que ceux qu'une douce & tendre amitié faifoit naître & dans l'endroit du le plus écarté féparés de leurs compays ils mepatriotes indignes de leur préfence ïioientune vie heureufe & tranquille la terre fembloit produire d'elle-même cultivée pat ces vertueufes mains.la delolation générale & ne la reffentoient que par la pitié i.Toute leur attention étoit d'élever leurs enfans à la vertu ils leur fefans celle les malheurs de leurs préfentoient Ôc leur mettoient devant les compatriotes cet exemple fi touchant ils leur faiyeux foient fur-tout fentir que l'intérêt des parti^culiers fe trouve toujours dans. eft une charité pouf nous. Ils travailloient avec une follicitude commune l'intérêt commun ils n'avoient de difpour férends.

On alloit au temple pour demander les faveurs des Dieux ce n'étoit pas les richeffes.+n~a E S v\lt'1F . la joie ne regnoit pas moins que la frugalité. fut fortifiée a$ contraire par un plus grand nombre d'exemples. Ils inftiîuerent des fêtes eri l'honneur des Dieux les jeunes filles ornées de fleurs Ôc les jeunes garçons les célébroient par leurs danfes 8c par les accords d'une mufique champêtre on faifoit enfuite des feftins ou. Dès qu'il ouvrit les yeux pourles connoître il apprit à les craindre 8c la religion vint adoucir dans les mœurs ce que la nature y avoit lailTé de trop rude. 8c une ônéreufe abondance de pareils Souhaits étoient indignes des heureux Troglodites ils ne fçavoient les defîrer que pour leurs compatriotes ils n'étoient aux pieds des autels que pour demander la fanté de leurs peresj l'union de leurs frères 9latei^ X E T T IL ~*t~ 1.s'affciblir dans la multitude. C'étoit dans ces aifemblées que parloit la nature naïve c'eMà qu'on apprenoit à donner le cœur & à le recevoir c'eft-là que la pudeur virginale faifoit en rougiffant un aveu furpris mais bientôt confirmé par le confentement des pères & c'eft-là que les tendres meresfe pîaifoient à prévoir par avance une union douce 8c fideïle. Qui pourroit repréfenter ici le bonheur de ces Troglodites ? Un peuplefi jufte devoit être chéri des Dieux.+.

& fa félicité ils chantoient enfuite les grandeurs des Dieux.ï* I R S A K É S. Dans ce pays heureux la cupidité étoit étrangère ils fe faifoient des préfens où celui qui dormoit croyoit toujours avoir l'avantage le peuple Troglodite fe regardoit comme une feule famille: les troupeaux étoient prefque toujours confondus la feule peine qu'on s'épargnoit ordinairement.ma.h r' ~i9- P iv . 8c leur colere inévitable à ceux qui ne les craignent pas ils décrivoient enfuite les délices de la vie champêtre. leurs faveurs toujours préfentes aux hommes qui les implorent." tfféffe de leurs femmes. l'amour 5Cl'obéiffance de leurs enfans. ils chantoient les injuftices des premiers Trogîodites 8c leurs malheurs la vertu renaiffanteavec un nouveau peuple.8cdans un repas frugal. ils s'alTembloieiit.di 171 » z 1 1 . & que les bœufs fatigués avoient ramené la charrue. & le bonheur d'une condition toujours parée de l'innocence. lorfque les troupeaux quittoient les prairies. Bientôt ils s'abandonnoient à un fommeil que les foins 8cles chagrins n'interrompoient jamais. Le foir. que celle de pouvoir rendre un Troglodite heureux.. La nature ne foumiiToitpas moins à leurs defirs qu'à leurs befoins. c'étoit de les partager. fi'Efieron le de la Luns deGein. Les filles y venoient apporter le tendre facrifice de leur cœur ôc ne leur demandoient d'autre grâce.

Lettres L E T TRE XI II. que je vouloisoffrir aux Dieux.' car il y avoit unegénifle toute blanche. Ou bien II ya un champ qui touche celui de mon pere & ceux qui le cultivent font tous les jours expofés aux ardeurs du foleil il faut que j'aille y planter deux arbres afin que ces pauvres gens puiffent aller quelquefois ferepofer fousleur ombre. dit-il. Un jour que plufieursTroglodites étoient aflemblés un vieillard parla d'un jeune homme qu'il foupçonnoit d'avoir comrnif . • On vint dire à un autre que des voleurs avoient enlevé fon troupeau j'en fuis bien fâché. JE ne fçaurois affezte parler de la vertu des Troglodites. a recouvré la. & que je le détermine à faire ce mariage. Un d'eux difoit un jour Mon pere doit demain labourer fon champ je me leverai deux heures avant lui & quand il ira à fon champ. Un autre difoit enlui-même Il me femble que ma fœur a du goût pour un jeune Troglodite de nos parens il faut que je parle à mon père. On entendoit dire à un autre Il faut que j'aille au temple remercier les Dieux car mon frere que mon pere aime tant ÔC que je chéris fi fort. fanté. Usbek au même. il le trouvera tout la` bouré.

1 . Mais nous jurons. qui leur parlerent ainfi. Tant de profpérités ne. Nous ne croyons pas qu'il ait commis ce crime. nousfommes juftes 8c nous craignons les. répondit-il je: founajterois que les Dieux leur en donnaiTentunpiusîongufage qu'à moi. S'ils n'étoient pas injuftes. Desque cette réfolution fut connue les Troglodites enf voyerent au-devant 4^euxdes arnÎDaiïadeurs. dérobé vos beiliaux-. par ce qu'il y a de plusfacré «queû vous entrez dans nos terres Gommeennemis nous vous regarderons comme un peuple înjulîe 8s des que nous vous traitero|is comme bête^ ifarouchesj in. s'il l'a fait puiiTe-t-ilmourir le dernier de fa famille On vint dire à un Troglpdite que des étrangers avoient pillé fa maifon 8c avoient tout emporté.furent pas regardées fans envie: les peuples voifins s'affemblerent 8c fous un vain prétexte ils réfolurent d'enlever leurs troupeaux.P è n s a n ê s» lui îîtie mauvaife aétion >8ç en fit des t eproches. Que voulez-vous donc de nous? Voulez-vous de îa laine pour vous faire des habits ? voulezvous du lait pour vos troupeaux ? ou des fruits de nos terres? Pofez bas les armes venez au milieu de nous 8c nous vous donnerons de tout cçla. Dieux. Que vous ont fait les Troglodites? Ontils enlevé vos femmes. dirent les jeunes Troglpdites mais. ravagé vos campagnes? Non.

8c ils cédèrent à la vertu des Troglodites* même fans en être touchés. celui-ci pour fes frères. D'Eriefon. celui-là pour fes amis. tous pour le peuple Troglodite la placé de celui qui expiroit étoit d'abord prife par un autre. avoit encore une mort particuliere à venger.Ces paroles furent renvoyées avec ffie^ pris ces peuples fauvages entrèrent armé» dans la terre des Troglodites qu'ils ne croy oient défendus que par leur innocence. lé s>de Lur~~ D'Er~ëron.el tt E T t r_ H E S LETTRE XIV. n'eurent pas même honte de fuir. le g'de la ULune de Gemmadi z } 17 il- . Usbïk au même* tous les jours j3 C o mme le peuplegrofliïToit les Trogîodites crurent qu'il étoit à propos de fe choifîr un roi ils convinrent qu'il faîloit déférer la couronne à celui qui étoit Iç . Mais ils étoient bien difpofésà làdéfenfe? ils avoient mis leurs femmes & leurs enfans au milieu d'eux ils furent étonnés de l'irrjuftice de leurs ennemis. qui. Tel fut le combat de Pinjuftice & de la vertu. qui ne cherchoient que le butin. 6c non pas de leur nombre une ardeur nouvelle s'etoit emparée de leur cœur: funvouloit mourir pour fon pere un autre pour fafemme 8c fes enfans. outre la caufe commune. Ces peuples lâches.

A ces mots.ttis. difoitil 8c pourquoi ai-je tant vécu ? Puis il -s'écria d'une yoix. acquérir des richeffes & languît dans une lâche volupté 8c que pourvu que y°u§ évitiez de tomber dans les grands criB vj\ 3BvJv P E K S ArN E S.plus juite oç ils jefterent tous les yeux fur un vieillard vénérable. Il n'avoit pas voulu fe trouver à cette affemblée.par fon âge & pat une longue vertu. que l'on puifle croire qu'il n'y a perfonne parmi eux de plus jufte que moi.févere Je vois bien ce que c'eil. d'avoir vu en naiffant les Troglodites libres & de les voir aujourd'hui affoje. que je faffe ce tort aux Troglodites. n'ayant point de chef il faut quevousfoyez vertueux malgré vous fans cela vous ne fçauriez fubfiikr & vous tomberiez dans le malheur de vos premiers peres. Mais ce joug vous paroît trop dur vous aimez mieux être fournis à un prince & obéir à fes loix moins rigides que vos mœurs vous fçavez que pour lors vous pourrez contenter votre ambition. 1 . il s'étoit retiré dans fa maifon le cœur ferré de trifteffe. Malheureux jour. Lorfqu'on lui envoya des députés pour lui apprendre le choix qu'on avoit fait de lui A Dieu ne plaife. Vous me déférez la couronne & fi vous le voulez abfolument il faudra bien que je la prenne mais comptez que je mourrai de douleur. il fe mit à répandre un torrent de larmes. ô Troglodites votre vertu commence à vous pefer: Dans l'état où vous êtes. dit-il.

lui qui la feroit tout de même fans moi. A Coin.. comme tu te couvres de nuages. 17.LETTRES mes. Ta fcience eft un abyfme plus profond que l'Océan ton efprit eft plus perçant que Zufagar. Hali^ au Mollah Mehemet Gardien des trois Tombeaux'. lî s'arrêta un moment &feslarmes coulèrent plus que jamais. i vis tu dans les tombeaux 9 Pourquoi divin MollaK? Tu es bien plus fait pour le féjour des étoiles tu te caches fans doute de peur d'obfcurcir le foleil tu n'as point lui. mon îang eïl glacé dans mes veines. de taches comme cet aftre mais. vous n'aurez pas befoin de la vertu.11. & que je fois obligé de leur dire que je vous ai laiffésfous un autre joug que celui de ta vertu? D'Er*erons le 10 de la. & par le feul penchant de Tanature ? 0 Troglodites je fuis à la fin de mes jours. quiavoit deux . Lune de Gemmadi. je vais bientôt revoir vos facrés ayeux pourquoi voulez-vous que je les afflige. cette épce d'Hali. Et que prétendez-vous que je faffe? Comment fe peut-il que je commande quelque chofe à un Troglodite ? Voulezvous qu'il faffe une a&ion vertueufe parce que je la lui commande. LETTRE SJsbek XV.2.

. 8c permets que je mette fes plaies à tes pieds. J E ne puis divin MollaK.prophète & lorfque tu trouves quelque paffage abfcur un ange par fon ordre déploie fes ailes rapides. k avec les Je pourrois par ton moyen avoir une intime correspondance car fe'raphins le centre enfin treizième Iman n'es-tu pas oïl le ciel 8c la terre aboutiffent..moi de tes conseils prends foin de mon ame enyvrela de l'efprit des prophètes nourris-la de la fcience du paradis. 0JK Mï~Ë'.~BR S J:r. tu fçais ce qui fe paffe dans les neufs jointes chœurs des puiflances céleftcs tu lis î'alco'ran fur la poitrine de notre divin.fublime . LETTRE USBEK XVI. 8c le point de communication entre Fabyfme 6c l'em- ASËS< 1 r pirée? PerJe fuis au milieu d'un peupleprofaner mets que je mepurifie avectoi fouirre que tourne mon vifage vers les lieux facrés que je tu habites: diflingue-moi des rnéchans.calmermon im* patience je ne fjaurois attendre ta. Adreffetes -lettres famois.1.çréesà Erzerçn où je relierai quelques D'Er^eronle i de la hum de Gemmait zy 1711. & defcend du trône pour t'en révéler le fecret. comme on diftingue au lever de l'aurore le filet blanc d'avec le filet noir aide.

ni impures je ne puis concevoir aucune qualité inhérente au fujet. ôc de toutes les viandes qu'il appelle immondes? D'où vient qu'il nous défend de toucher un corps mort? &que. il nous ordonne de nous laver fans ceife le' corps ? Il me femble que les chofes ne font en elles-mêmes ni pures. que parce qu'elle bîefle notre vue. foudroie avec ta plume divine les difficultés que je vais te propofer fais-moi pitié de moi-même.LETTRES '< r 9 les fixer }4 ïéponfe. elle ne l'eft pas plus que l'or & les diamans: l'idée de fouillure contractée par l'attouchement d'un cadavre. D'où vient que notre îégiilateur nous prive de la chair de pourceau. raméne-îa le droit chemin viens m'éclairer fcurcede lumiere. ne -nous eft venue que d'une'certaine répugnance naturelle que nous en avons fi les corps de ceux qui ne fe lavent point ne bleflbient ni l'odorat. 6c rougir de la queftion que je vais te faire. pour purifier notre ame. doivent donc être les feulsjuges de la pureté. Laboue ne nous paroît fale. . qui puiffe les rendre telles. divin MollaK. ou de l'impureté deschofes? Mais comme les objets n'affectent point les hommes de la même manière que ce qui donne une fenfetion agréa- . ou quelqu'autre de nos fens t mais en elle-même. ni la vue comment auroit-on pu s'imaginer qu'ils fuffent impurs? Les fens. J'ai des doutes il faut dans fens que ma raifon s'égare.

n'avez jamais regar-* dé d'un œil fixe celles du ciel. & qui révérez la condition des MollaKs. ferviteur des frophétes» iUSBEK. fans. produit unedégoûtante ches les autres. Mais cela même. ni Femîjraffer ni la fuivre. triode la Luai deGemmadij 1711. A Erzeron.ofer. nerenverferoit-il pas les diftin&ions établies par notre divin prophéte ôc les points fondamentaux de la loi qui a été écrite de la main des anges ? D'Er^ron. Que ne liiez-vous les traditions des do&eurs ? Que n'allez-vous à cette fource pure de toute intelligence ? Vous trouveriez tous vos doutes réfolus. f ë Rs Àiî i 'Éi 1 T y en LETTRE XV IL Mehemet Ali.. "VotfS nous faites toujours des queftiom qu'on a faites milk fois à notre faint prophète. pour ce qui le concerne. 2. Malheureux qui toujours ernbarrafles des chofes de la terre.fcîeaux uns. il fuit que le témoignage des fens ne peut fervir ici de regle à moins qu'on ne dife que chacun peut à fa fantaifie décider ce point. facré Mollax. Profanes qui n'entrez jamais dans les fe- . ôcdiftinguer. les chofes pures d'avec celles qui ne le font pas.

s ï t h n 'é

crets de l'Eternel, vos lumieres reffeniDlenÊ aux ténèbres de l'abyfme;8cles raifonnemens de votre efprit font comme la poufliere que vos pieds font élever, lorfque le foleileft dans fon midi dans le mois ardent de chahban. l Auffi.e zénith de votre efprit ne va pas au nadir de celui du moindre des Immaums*: Yotre vaine philofophie eft cet éclair, qui annonce l'orage & l'obfcurite' vous êtes au milieu de la tempête, 8c vous errez au gré des vents. Il eft bien facile de répondre à votre diffi'culte: il ne faut pour cela que vous raconter ce qui arriva un jour à notre faint prophéte, forfque tenté par les Chrétiens éprouvé pat les Juifs, il confondit également les uns ôc |es autres. lui demanda Le Juif Abdias îbefaîcn de pourquoi Dieu avoit défendu de manger la chair de pourceau. Ce n'efl: pas fans raifon, reprit le prophéte c'efl:un animal immonde &je vais vous en convaincre. Il §t fur fa main avec de la boue la figure d'un liomme il laf|etta à terre Selui cria, Levezvous. Sur le champ un homme fe leva §£ dit: Je fuis Japhet, fils de Noé. Avois-tuîes cheveux auffiblancs quand tu es mort, lui dit le faint prophète? Non, répondit-il: maïs truand tu m'as réveillé, j'ai dru que le jour du Ce mot eft plus en TraditionMâhoiséufage chez lesTurcs^ue tane. l chez,esPerfans.

P e r S A N es;
jugement etoit venu 6cj ai eu unefi grande frayeur que mes cheveux ont blanchi toutà-coup. Or çà, raconte-moi, lui dit l'envoyé de Dieu, toute l'hiloire de l'arche de Noé. Japhet obéit, & détailla exactement tout ce qui s'étoit paffé les premiers mois; après quoi il parla ainfi Nous mîmes les ordures de tous les animauxdans un côté de l'arche ce quilarltfî fort pencher, que nous en eûmes une peur mortelle furtout nos femmes, qui fe lamentoient de la belle manière. Notre père Noé ayant été au confeil de Dieu, il lui commanda de prendre l'éléphant 8c de lui faire tourner la tête vers le côté qui penchoit. Ce grand animal fit tant d'ordures, qu'il en naquit un cochon. Crqyez- vous UfbeK que depuis ce tems-Ià nous nous en foyons abflenus &que nous l'ayons regardé comme ur* animal immonde ? Mais comme le cochon remuoit tous les |ours ces ordures il s'éleva une telle puanteur dans l'arche, qu'il ne put lui-même s'empêcher d'éternuer & il fortit de fon nez un rat, qui alloit rongeant tout ce qui fe trouvoit devant lui ce qui devint fi infupportable à Noé qù'itcrut qu'il étoit à propos de confulter Dieu encore. Il lui ordonna de donner au lion un grand coup fur le front, qui éternua auffi & 6t fortir de fon nez un chat. Croyez-vous que ces animaux foient

Le t t r e
encore immondes ? Que vous en femblef Quand donc vous n'appercevez pas la ràtfon de l'impureté de certaines chofes, c'efi que vous en ignorez beaucoup d'autres & -que vous n'avez pas la connoiffance de ce qui s'eft paffé entre Dieu, les anges 8c les hommes. Vous ne fçavez pas l'hiftoire de l'éternité vous n'avez point lu les livres qui font écrits au ciel; ce qui vous en a été révélé n'eft qu'une petite partie de la bibliothèque divine 8c ceux qui comme nous en approchent de plusprès tandis qu'ils font en cette vie font encore dans l'obfcurité & les ténèbres. Adieu Mahomet foit dansvotre cœur-. dela A Com ledernier Lum
de Chaliban 1711.

LETTRE XVIII. Usbek à fon ami Ru s t an» A Iffahan. Nous n'avons féjourné que huit jours a Tôcat après trente-cinq jours de marche, nous femmes arrivés à Smirne. DeTocatà Smirne on ne trouve pas une feule ville qui mérite qu'on la nomme. J'ai vu avec étonnement-la foibleïTede l'empire des Ofmanlins ce corps malade ne fe foutient pas par un régime doux & tempéré mais par des remédes violens, qui l'épuifent êc le minent fans ceffe. Les bâchas? qui n'obtiennent leurs emplois

1* s n s â h es;

^u a force d'argent, entrent ruinés dans les provinces, & les ravagent comme des pays de conquête. Une milice infolente n'eft foumife qu'à fes caprices les places font démantelées, les villes défertes, les campagnes défolées la culture des terres 8c le commerce entiérement abandonnés. L'impunité règne dans ce gouvernement févere les Chrétiens qui cultivent les terres, les Juifs qui levent les tributs, font expofés à mille violences. La propriété des terres eft incertaine; & par conféquent l'ardeur de les faire valoir 1 ralentie il n'y a ni titre, ni pofleffionqui vaille contre le caprice de ceux qui gouvernent. Ces barbares ont tellement abandonnéles arts, qu'ils ont négligé jufques à l'art militaire pendant que les nations d'Europe fe rafinent tous les jours ils reflent dans leur ancienne ignorance 8c ils ne s'avifent de prendre leurs nouvelles inventions qu'a>près qu'elles s'en font fervi mille fois contre eux. Ils n'ont nulle expérience fur la mer, nulle habileté dans la manœuvre on dit qu'une • de Chrétiens fortis d'un rocher poignée font fuer tous les Ottomans, & fatiguent leu* empire. Incapables de faire le commerce, ils fouffrent prefqu'avec peine que les Européens deMalthe. les Cefontapparenuiient. Chevaliers

entr-ep-r,enans >vierte toujours nent le faire ils croient faire grace à ces étrangers, que de permettre qu'ils les enrichilTent. Dans toute cette vafie étendue de pays que j'ai traverfée, je n'ai trouvé que Smirne qu'on puiffe regarder comme une ville riche 6c puiffante; ce font les Européens qui la rendent telle, & il ne tient pas aux Turcs qu'elle ne reffemble à toutes les autres. Voilà, cherRuftan, une jufteidëede cet empire qui avant deux fiéclesfera le théâ* tre des triomphes de quelque conquérant. A Smirne le z de la Lune
de Rahma^an & 1711,

Lettres .® Q,. laborieux &

LETTRE
Usbek à Zachi

XIX.
/« femme.

Au ferrait d'Ifpahan* Vo u s m'avez offenfé Zachi 8c je fens idans mon cœur des mouvemens que vous ,devriez craindre fi mon éloignement ne vous laifïbit le temsde changer de conduite, & d'appaifer la violente jaloufie dont je fuis tourmente'. J'apprends qu'on vous a trouvée feule avec Nadir, eunuque blanc, qui paiera de fa tête fon infidélité'& fa perfidie. Comment vous êtes-vous oubliée jufqu'à ne pas fentir qu'il ne vous eft pas permis de recevoir dans votre chambre un eunuque blanc tandis

a vous f|ue vous fervir? Vous avez beau me dire que des eunuques ne font pas des hommes, & que votre vertu vous met au-deffus des penfées que pourroit faire naître en vous une reifemblance imparfaite ? Cela ne fuffit, ni pour vous, ni pour moi pour vous, parce que vous faites une chofe que les loix du ferrail vous défendent pour moi en ce que vous 1 mt. uioîcz l'honneur, en vous expofant à des regards que dis-je à des regards? peut-être aux entrepf'fes d'un perfide qui vous aura i fouillée par tes crimes, & plus encore par fes regrets, & le défefpoir de fon impuiflance. Vous me direz peut-être que yéus m'avez été toujours fidelle. Eh! pouviez-voiïâ ne l'être pas ? Comment uriez^ vous trom-R. a pé la vigilance des eunuquesïioirs qui font îî furpris de la vie que vous menez? Comment auriez-vous pu brifer ces verrouils & ces portes qui vous tiennent enfermée ? Vous vous vantez d'une vertu qui n'eft pas libre: & peut-être que vos defîrs impurs vous ont ôté mille fois le mérite & le prix de cette fidélité que vous vantez tant. Je veux que vous n'ayez p'cint fait tout te que j'ai lieu de Soupçonner que ce perfide n'ait point porté fur vousfes mains fa* criléges que vous ayez refufé de prodiguet à fa vue les délices de fon maître que, couverte de vos habits, vous ayez laifle cette foible barrière entre lui ôc vous; que.

P ER 9 A S E S. ~'t1 avez ~4~ ~tr~ ~<3~<~ en ~TrO~de nous deitines

Lettre

s

u -ait frappé lui-même d'un laint reipect, îjaiifé les yeux que, manquant à fa hardieiTe, il ait tremblé fur les châtimens qu'il fe préil ne pare Quand tout cela feroit vrai, Feft pas moins que vous avez fait une chofe qui eft contre votre devoir 8c fi vous l'avez violé gratuitement, fans remplir vos inclinations déréglées, qu'euffiez-vous fait pour les fatisfaire? Que feriez-vous encore Il vous pouviez fortir de ce lieu faeré qui eft pour vous une dure prifon comme il eft pour vos compagnes un afyle favorable contre les atteintes du vice un temple facré Où votre fexe perd fa foibleiTe & fe trouve invincible malgré tous les désavantages de la nature? Que feriez- vous,fi, laiiTéeà vousmême, vous n'aviez, pour vous défendre, que votre amour pour moi qui eft fi griévement ofFenfé ôc votre devoir, que vous avez fi indignement trahi? Que les mœurs du pays où vous vivez font faintes, qui vous arrachent à l'attentat des plus vils efclaves Vous devez me rendre grace de la gêne où je vous fais vivre, puifque ce h'eft que par-là que vous méritez encore de vivre. •' Vous ne pouvez fouffrir le chef des eunuques, parce qu'il a toujours les yeux fur votre conduite, & qu'il vous donne fes fages çpnfeils. Sa laideur, dites-vous eftfi gran^ de que vous ne pouvez le voir fans peine commefi, dans ces fortes de portes on met£oit de plus beaux objets. Ce qui vous afflige^

èft de n'avoir pas à fa place l'eunuque blanc qui vous deshonoré* Mais que vous a fait votre première efclave ? Elle vous a dit que les familiarités que vous preniez avec la jeune Zélide étoient contre labienféance voilà la raifon de votre haine. Je devrois être Zaclii -un juge févere; je ne fuis qu'un époux qui dheïche à vous trouver innocente. L*àKïoui" l'ai pour que toute Roxane, ma nouvelle ép oufe,' m'a^lâifie la tendreiTèque fe dois avoir pour vous qui n'êtes pas moinsbelle je partage mon amour entre vousdeux 8cRoxane n'a d'autre avantage que celui que la vertu peut ajouter à la " <beautés M ASmirm> 12 dela Lune h
. • de^Zilcade ,1712.

t~Yt$ANE1~ rt~ 11 1

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LETTRE XX. USBEKau PREMIER EUNUQUE ELAN C* \f qjjs devez trembler à l'ouverture de cette lettre ou plutôt vous le deviez lorfl que vous fouffrîtes, a perfidie de Nadir, Tous qui, dansunevieiliefle froide 6c ianguiffan-. te, ne pouvezfans crime lever les yeux fur les redoutables objets de mon amour vous à qui jl h'e# jamajspermis de mettre un pied facrilége fur la porte du lieu terrible qui les dérobe à tous les regards vous fouffrez que ceux,, dont la conduite vous eft confiée,

quine refpirez qu'autant que mon bonheur. ma jalouse mêmeont befoin de votre baffeffe. 8c par Hali le plus grand de tous que. & vous n'àppercevez pas la foudre toute prête à tomber fur eux & fur vous? Et qui êtes. la. mon amour.d'autre ame que mes Volontés d'autre efpérance que ma félicité ? Je fçais que quelques-unes de mes femmes fouffrent impatiemment les loix aufteres du devoir. Je jure par tous les prophétes du ciel. je le fçais Mais vous qui vous prêtez à ce défordre. fi vous vous écartez de votre devoir. qui ne pouvez avoir d'autre partage que la foumiffion. vous ferez puni d'une maniere à faire trembler tous ceux qui abufent de ma confiance. ou pour mourir dès queje l'ordonne. &:enfin. que la préfence continuelle d'un eunuque noir les ennuie qu'elles font fatiguées de ces objets affreux. que pour vivre fous mes loix. je regarderai votre vie comme celle des infectes que je trouve fous mes pieds.£ TTRES la ayent fait ce que vous n'auriez pas temen-. qui n'êtes dans le monde. A Smirne le u de Liini deZilcade J ¡¡u. té de faire. qu'autant que vous fçavez obéir. qui leur font donnés pour les ramener à leur époux. LETTRE .vous que de vils inftrumens que je puisbrifer à ma fantaifie qui n'exiiez.

> A Smirne* Nous fommes arrivés à Livourne 4§ns quâïante jours de navigation. la ville d'Italie la plus floriflante. qui les accompagnent n'ont qu'un voile teurs bcaufretes leurs oncles leurs neveux peuvent les voir. lu .elle eft untémoignage du génie des ducs de Tofcane qui ont fait. Nous partirons demain pourMarfeille notre féjourn'y fera pas long le defleinde Rica êc le mien. jufques dans les moindres bagatelles. eft de nous rendre ihceflamment à Paris qui eft le fiége de l'empire d'Europe. C'efl:un grand fpe&aclepour un Mahométan. quelque chofe defingulier que je fens c^: queje ne fçais pas dire.- ET TRE XXL U s u s k à [on ami Ils s s n. C'cft uneviile nouvelle. d'un village marécageux. Les voyageurs cherchent toujours les grandes LesPerfanesn ontquatre* e T v* ïtome I. Les femmesy jouiCent d'une grande libera té elles peuvent voir les hommes travers certaines fenêtres qu'on nomme jaloufîesi elles peuvent fortir tous les jours avec quelelles ques vieilles.Pi r •« a » s i. Je ne parle pas des chofes qui la frappent d'abord tous les yeux. comme différence des édifices des habits des principales coutumes: il y a. âe voir pour la première fois une ville Chrétienne. fans qmÏQ mari s'en formalife prefquejamais.

XS ou fommes à Paris depuis un mois. qu'on ait trouveles gens qui on «ft adrefïë $t qu'on fe foit pourvudes chofes toutes à la fois. i c a i Ibbes. delaLuns deSaphar}i7iz. A Smirne. Adieu. Pour moi qui ne fuis point fait à ce train. Tu ne le croirois pasp eut-être depuis un mois que je fuis ici je n'yai encorevumar* cherperfonne il n'y a point de gens au monde. qui tirentîmieux parti de leur machineque les François ils courent ils volent les voitures lentes d'Âfie. foisperfuadé que ]&t'aimerai toujours» leia A Livourne. il fautbien des affaires avant qu'on à iôitlogé. eil extrêmement peuplée 8c que.L E T T R 1 g >nt efpece patrie villes qui font une efpece de pati commua ne à tous les e'trangêrs. Tu juges bien qu'une ville bâtie enl'air. quand tout le monde eu defcendu.ks feroîent tomberen fyncope. ne'cefTaires r qui manquent Paris eftauffî grand qu'Ifpaîian 1 les mai-> fons y font il hautes qu'on jureroit qu'elles ne font habite'es quepar des aftrologues. $è nous ayons toujours été dansun mouvement continuel. qui a fix ou fept^maifonsles unesfuries autres. L E T T R E X X I L B. ôc qui . le pas re'gle'de nos chajnfeaux.dans la rue il s'yfait u^ bel embarras.

qui vient après moi & qui me paife.qui me croife de l'autre côté. me fait faire un demi tour & un autre. car encore paffequ'on m'e'claboufledepuis les pieds jufqu'à la tête mais je ne puis pardonner les coups de coude. Le roi de France efl le plus puiffant prince del'Europeriln'a point de mines d'or. & je n'ai eu à peine que le tems de m'étonner. comme le roi d'Efpagne fon voifin mais il a plus de richeffes que lui. parce qu'il lestire de la vanité de fes fujets plusinépuifable que les mines on lui a vu entreprendre ou foutenir de grandes guerres. ce roi éfl:un grand magicien î il exerce fon empire fur l'efprit même de fes fujets il les fait penfer comme il veut. n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre &. r 1 «-J 1T .par un prodige de l'orgueil humain. S'il n'a qu'un million d'écus dans fon tréfor 8c qu'il en ait befoin de deux. que je reçois régulièrement & périodiquement un homme. quant à préfent te parler à fond des moeurs & des coutumes Européennes je n'en ai moi-même qu'une légère idée. me remet foudain où le premier m'a voit pris & je n'ai pas fait cent pas. j'enrage quelquefois comme un Chrétien. fes troupes fe trouvoient payées fes places munies. D'ailleurs. que je fuis plusbrifé que fi j'avois fait dix lieues. & fes flottes équipées. Ne crois pas que je puiffe.vais Couventà pied fans changer d'allure. il n'a qu'à leva Cij P B 1t S A N E S.

êc qu'il n'ait point d'argent. Ce que je dis de ce prince >nedoit pas t'é* tonnera il y a un autre magicien plus fort que lui. Il réuflit à l'égard du prince. 6c dirent qu'ils ne vouloient rien croire de tout ce qui étoit dans cet écrit ce font les femmes quji ont éié les rjaouicies 4etome cette rivoltc q& . Il ya deux: e'erit qtt'il apan*qu'il lui envoya un grand pella Confiitutiou &>voulut obliger îous de grandes peines ce prince êcfes fujets de croire tout ce qui y e'toit contenu. Ce magicien s'appelle le Pape tantôt il lui fait' croire que trois ne-font qu'un que le pam qu'on mange n'eft pas du pain.. qui fe fournit auffitôt & donna l'exemple à fes fujets mais quelquesuns d'eatr'eux fc révolterent. -S'il. qu'il l'eft lui-même de celui des autres.Le t t re s periiiader qu%n écu en vaut deux & ils lé croient. Seils en font auffitèt oonvaincus il va même jufqu'à leurfaire croire qu'il les guérît de toutes fortes de maux en les tourchant tant . qui n'eft pas moins maître defon efprit.efprits. il lui donne de tems en tems pour l'exercer de certains articles de croyance.eft grande la force ck la paiffance qu'il a fur4es.aune guerre difficile àfoutenir. Et pour le tenir toujours eniiaîéine &-ne point lui laiffer perdre-i'habitude de croire.. ou queie via qu'on boit n'eft pas du vin & mille autres eîiofes de cette efpece. il n'a qu'à leur mettre dans la tête qu'un morceau de papier eft de l'argent.

qui s*e'toïent tous ligués contre lui.<II faut qu'il ait été irrftruiî des principes dé notre fainteloi car. if avoit dans fon royaume un nombre innombrable d'ennemis inyHiblés quil'en»touroient on ajoute qu'il les a cherchés pené&it plus de trente ans. puifque les femmes font d'une création inférieure à la nôtre y Ô£que no* prophètes nous dirent qu'elles n'entreront point dans le paradis.L "U r~"LLC&LIL faut pourtant avouer que ce moufti ne raifonne pas mal 8e. dans fes troupes. 8s toutes les familles. 8c que malgré les foins infatigables de certains dervis. qui ont fa confiance il n'en a pu trouver un feul ils vivent avec lui ils font à fa cour dans fa capitale.c'eft proprementleur Alcoran..P #îvrfe toute la cour. dans fcs tribunaux 8ç cependant on dit qxi'll aurale ch&~ Ciij E R ? A N" E 1 1 .-ontmis les hommes de leur parti. qui n'efl. tout le royaume.fait que pour apprendre le chemin du paradis? J'ai oui raconter du roi des chofes qui tiennent du prodige & je ne doute pas que tu ne balances aies croire* On dit que. Cette Conititution leur défend de lire un livre que tous les Chré-* tiens difent avoir été apporté du^eiel. ïl Il UVV"WW-. indi* gnées de l'outrage feit à leur fexe foulevent tout contre la Conflitutjon elles.pendant qu'il faifoitla guerre à fes voifins. pourquoi faut-il qu'elles fe mêlent de lire un livre. qui dans cette occa* fion ne veulent point avoir de privilége. parle grand Hali .Les femmes.

puifqu'il lui en donne d'invifibles & dont le génie ôç le deftin font au-deiTus du rien. J'ai reçu une lettre de ton neveu Rhedif il me mande qu'il quitte Smirne. 8c je t'apprendrai des chofesbien éloignées du cara&ere & du génie Perfan C'eft bien la même terre qui nous porte tous deux mais les hommes du pays où je vis. Sans doute que le ciel veut punir ce prince de n'avoir pas été affezmodéré envers les ennemis qu'il a vaincus. Je continuerai à t'écrire. & ceux du pays ou tu es. De Paris h 4 i$ la Lune de Revia~ z. Je te félicite d'avoir un neveu qui fera quelque jour la confola» tion de ta vieiilefTe. mais point de membres. Rica t'écrit une longue lettre il m'a dit qu'il te parloit beaucoup de ce pays-ci la vi* . eft de s'inftruire & de fe rendre par-là plus digne de toi.dans le deffein de voir'l'Italie que l'unique but de fon voyage. 1-7 z 1 LETTRE Usbek A à Ibb XXIII. Smirne. font des hommes bien différeris.Lettre s grinde mourir fans les avoir trouvés ondi-* roit qu'ils exiftent en général ôc qu'ils ne font plus rien en particulier c'eft un corps. li/V »w.

USBEK à ROXANE. généreux Ibben. LE TTRE XXIV.Pi r s a v h s. S£ u e vous êres heureufe Roxane d'être dans le doux pays de Perfe.·r · deRebiab 2. & retrouver avec toi ces jours heureux qui coulent fi doucement entre deux amis Adieu. ôc non pas dans ces climats empoifonnés oh l'on ne connoît ni la pudeur. Puiifes-tu. Auferrail d'Ifpahan. 171-2. vache de for\efprit fait qu'il faifit tout avec promptitude pour moi qui penfe plus lentement. trouver par-tout des amis auffireconnoiffans ôc aafil fide'ïesque nous Puis-je te revoir bientôt.. je ne fuis pas en état de te rien dire. ni la vertu i Que vous êtes heureufe Vous vivez dans mon ferrail comme dans le féjour de l'innocence. Tu es le fujet de nos converfations les plus tendres nous ne pouvons affezparler du bon accueil que tu nous a fait à Smirne 8c des fervices que ton amitié nous rend tous les jours. De Paris le 4 de la Lune r_ r r · . C iv . inacceffible aux attentats de tous les humains vous vous trouvez avec joie dans une heureufe impuiffance de faillir jamais homme ne vous à fouillée de fes regards lafcifs votre beaupere même) dans la liberté des feilins.

pour arrêter lesfureurs de mon amour? Vous fouvient-il lorfque toutes l'esreiïbur* ces vous manquèrent de celles que vous trouvâtes dans votre courage? Vous mîtes le poignard à la main. s'il continuoit à exiger de vous ce que vous chériiïïez plus que votre époux même. qui ont marché devant vous. vous employâtes l'autorité de votre niere. Vous fouvkntil de ce jour. de ne pas vous voir Et quelle impatience quand je vous eus vue Vous ne la fatisfaifiez pourtant pas vous l'irritiez au contraire par les refus obftinés d'une pudeur allarmée vous me confondiez avec tous ces hommes à qui vous vous cachez fans ceiTe.Lettres n'a jamais vu votre belle bouche vous m & vez jamais manqué de vous attacher un bandeau facré pour la couvrir. qui vous -trahirent. & vous dérobèrent à mes recherches ? Vousfouvient-il de cet autre où voyant vos larmes impuiffantes. quelle peine b n'ai-je pas eue pour me rendre maître de ce tréfor que vous défendiez avec tant de confiance!! Quel chagrin pour moi. Deux mois fe pa&e- 9 i fi i 1 . pour donner la mort à tous les téméraires qui n'ont pas fui votre vue. & menaçâtes d'immoler un époux qui vous aimoit. vous avez toujours eu des eunuques. Heureuse Roxane quand vous avez été à la campagne. Moi-mênae à qui le ciel vous a donnée pour faire movraonheur. ou je vous perdis parmi vos efclaves. dans les premiers jours de notre mariage.

à laquelle iLeft impoffi> We de s'accoutumer. elles fe préfenten* devant les hommes. ~l. onvoir uns impudence brutale.t a~a l~nmnnr ïent dans ce combat de l'amour Se de la vertu vous poufsâtestrop loin vos chaftes ferapules vous ne vous rendîtes pas même après avoir été vaincue vous défendîtes jufqu'à la derniere extrémité une virginité mourante vous me regardâtes comme un ennemi qui vous avoit fait un outragea non pas comme un époux qui vous avoit aimée vous£û>tes plus de trois mois. que vous n'ofiez -me regarder fans rougir votre air confus fem* bloit me reprocher l'avantage que j'avois pris je n'avois pas même une pofféfllontranquille vous me dérobiez tout ce que vous pouviez de ces charmes 8c de ces grâces 8c j'étois eny vré des plus grandes faveurs fan* avoir obtenu les moindres Si vous aviez été élevée dans ce pay-s'-c'f' vous n'auriez^pas étéfi troublée les femmes y ont perdïr toute retenue. i. elles les cherchent de leur-sregards elles les voient dansles mofquée^ tes promenadesv chez elles-mêmesj l'ufage de ferfaire ferrir par des eunuques leufeft inconnu*: Au lieu de e ette noblefîm-plické8s de cette aimable pudeur qui règne parmi vous.PÉÉ'ÈA' 114 ES.à vifage découvèrtvcom> me fi elles vouloient demander leur défake^. Roxane frvous étiez ici vousrou^ fentiriez outragée dan&l'affreuf® ignommi© mhvotre fexeeildefcendu "rvous-fuiriez: œs> tfT*' € . Oui.

je ne puis pas rn'imaginer que vous ayez d'autre objet que celui de me plaire 8ç quand je vous vois rougir modeûefnent que vos regards cherchent les miens.eÉ . jepenfe qu'elles que pouffent râttentat auffi loin qu'une pareille conduite devroit le faire oroke ôc qu'elles B. chant. de douceur ôc d'enjouement. que vous vous ïnfînuez dans. quand vous vous parfumez tout le corps des effences les plus pré'cieufes quand vous vous parez de vos plus beaux habits quand vous cherchez à vous diflinguer de vos compagnes par les graces de la danfe 8c par la douceur de votre. mais l'amour que vous me devez. moncœur par des paroles douces 8c flatteufes je ne fçauïois Roxane douter de votre amour. Ce n'eft pas^Hoxane. où vous trouvez l'innocence. où enfin vous pouvez m'aimer fans craindre de perdre ja-. Quand vous relevez l'éclat de votre teint par les plus belles couleurs. ou vous êtes fure de vous-même. & d'outrages à leur époux.abominables lieux & vous foupireriez pour cette douce retraite. où nul péril ne vousfait trembler. que vous combattez gracieufement avec elles de charmes. Mais que puis-je penfer des femmes d'Europe? L'art de compofer leur teint lesornesanensdont elles fe parent les foins qu'elles prennent de leur perfohne lé defir continuel de plaire qui les occupe font autant de taches faites à leur vertu.· i'i'RE n r ° .

Il y a bien. Auffi quand nous vous enfermons fi étroitement que nous vous faifons garder par tant d'efclav?s que nous-gênons fi fort vos defirs. De Paris deRegebs ijiz* le 7 de la Lune 19 Cff . qui fait fre'mir de violer abfolument la foi conaffez abanjugale.c'eft que nous fçavons que la pureté ne fçauroit être trop grande.peu de femmes données. Je vousplains Roxane: votre chafieté û long-tems éprouvée méntoit un époux qui ne vous eût jamais quittée. 8c que la moindre tache peut la corrompre. lorfqu'ils volent trop loin ce n'eft pas que nous craignions la derniereinfidélité mais. mais ne détruit pas elles peuvent bien fe relâcher des devoirs extérieurs que la pudeurexige mais.Persanes. pour porter le crime fi loin elles portent toutes dans leur cœur un certain caïaclere de vertu. qui y eft gravé quela naiffance donne 8c que l'éducation affoiblit. portent la débauche à cet excès horrible. & qui pût-luimême réprimer les defirs que votre feule fgxtu fçait foumettre. quand il s'agit de faire les derniers pas la nature fe révolte.

je lui donne de mes nouvelles. que s'il étoit à Ifpahan & moi à Gom.quis'aflFoiblit me tourne vers ma patrie. J'envoie mes lettres à Marfeille d'où il.. part continuellement des vaiiTeauxpour Smirne de-Ià il envoie cek les qui font pour la Perfe par les caravanes d'Arme'riieas qui partent tous. rlous fommes à préfent à Paris. le mettent au-deiïus dit toutes les épreuves.Lettres LETTRE TJsbbk à Nessiiu XXV. Mais pour-moi yjene me porte pas bien â mon corps & mon efprit font abattus î je me îivre à des réflexions qui deviennent tous les fours plustriées ma fanféj. ou il y avoit quelques préfens pour toi tu recevras cette lettre par la même voie. A Ifpahan*. Rica jouit d'une fanté parfaite îa force de fe conftitution fa jeuneffe Se fa gaieté naturelle.les jours pour Kpafean. Quoi* qu'éloigné de lui de cinq ou fîxcent lieues. 6cme rend ce pays-ci plus étranger* Ifpah«r#» . Lorsque je partis de Smirne je chargeai mon ami Ibben de te faire tenir une boëte. & je reçois des fiènnes aulïï facilement. cette fis* perbe rivale de la ville du foleil.

1y^'J'4 Mm A^ v J u* jrmt v« j* Mais. 1712.autrÊ?a. Pèrfe.Chahban-. v De. qui exd%& prime £a langueur itaia. L E T T R E XXVI. Rica à JE vis hier une chofe affezfinguliere quoiqu'elle fe paffé tous les jours à Paris Tout le peuple s'afTemblefuxla fin de l'a-près-dînée. fais err forte que mes femmes ignorent l'état où je fuis fi elles m'aiment je veux épargner leurs larmes êc fi ellesne m'aiment pas je ne veux point augmenter leur hardiefFe.tôtiUn©. qui font en ufageen notre Tantôt c'eft une amante affligée. & va jouer mneefpéce de fcène quej'ai entendu appeller comédie le grand mouvement eît uï une efîrade qu'on nomme le théâtre* faux deux côtés on voit dams: de petits réduits r qu'on nomme loges. kLt ^f\. desSommes & des femmes^ qui jouent enf€mbîedes fcènes muettes à peu près comme celles. Si mes eunuques mecroyoient en danger.vee . Neffir j'ai dupMïït à te donner èos marques de maconfiance.Paris /te s de la hum de. s'ils pouvoient efpérer l'impunité d'une lâche complaifance il&cefferoient bientôt d'êtrelourds à la voix flatteufe de ce fexe qui fe fait entendre aux rochers & remue les chafes inaniméesAdieu. cher NefFtr je te conjure.f E R S A M E S.

qu'on prend pour cet effet dans un âge peu avancé. Enfin on fe rend à des falles où l'on joue une comédie particulière ï on commence par des révérences on conti^» nue par des embraffades on dit que la confioiffance la plus légère met un homme en 4roit d'en étouffer unautre. Là les acteurs ne paroiiTentqu'à demi. Mais ceux qui prennent le plus de peine. pour ainïl dire on les perd. marchent. qui par un prodige qu'on n'auroit ofé efpéter de leurs béquilles. font quelques jeunes gens. Il femble que le lieu infpire de la tendréffe en effet on dit «pie les ptinceifes qui y regnent ne £qiï£ rys 8 p . £c exprimées avec une éloquence qui n'en eft que plus vive.LETTRES yeux vifs 8c un air paflîonné dévore des yeux fon amant. & ces derniers tient à leur tour de ceux qui font en bas.9 en bas dans toutes les loges ils plongent. fcène. & vont jouer dans un autre on en voit même. corps. qui fe moquent de ceux qui font en haut fur le théâtre. ils reparoiilent: fouvent ils quittent le lieu de la. qui la regarde de même toutes les paillons font peintes fur les vifages. pour être muette. pour foutenir à la fatigue ils font obligés d'être partout ils paffent par des endroits qu'eux feuls connoiflènt montent avec une adreffe furprenante d'étage en étage ils font en haut. 8c ont ordinairement un manchon par modeflie. & vont comme les autres. Il y a en bas une troupe de gens debout. pour cacher leurs bras.

Monsieur.Persanes. TpuLee que je te dis ici fe rJtffe à peu près de même dans un autre endroit. où elles font affez fauvages. Cependant je fais fi grojfe que je n'ofe plus me préf enterfur le théâtre^ car je fuis fur le"chapitre de l'honneur d"unedélie atefa inconcevable & je foutiens toujours qu'à ane fille bien née il aft plus facile de faire perdre la vertu que lamodefiie. j'ai toujours été la plus vsrtueufe aBrice de l'opéra: il y afept ou huit mon • qtiej'étoisdans la loge ou yous me vîtes hier comme jeni'habillois en frêtreffe de Diane un jeune abbé >vïntTri1y trouver & fans refpeBpour mon habit blanc->mànvoile& mon-bamdeau. Un de mes amis me mena l'autre jour dans la loge où fe deshabilloit une des principales a&rices nous fîmes fi bien connoiffànce que le lendemain je reçus d'elle cette lettre. Avec cette délicateife vous jugez bien que ce jeune abbé n'eut jamais jétijp. s'il ma . qu'on nomme l'opéra toute la différence eft que l'on parle à l'un & chante à l'autre. il me ravit moninnocence. on peut dire que le refte du tems elles font traitables. point cruelles & fi on en excepte deux ou trois heures par jour. ôc que c*eft une yvrefTe qui les quitte aife'ment. fat beau lui exagérer le fatri fice que je lui ai fait il fsmet à rire & me foutient quil m'a trouvée très-profane. JE fuis lapins malheur eufe fille du monde.

indigned&vos. par fa venu & conduite. If ctoit autrefois1 redoutable aux princes mê* ifies car il. car à préfeut que j'avance en âge &" que je perds du côté des charmer? mapen~ jîon-yqui eft toujours la mêmœ. q»7on appellç-faiîîîPiesf c ôà . Rica A Smirne. L ETT REE XXVII? à Ib b en. Il fe dit foeceffeur d'un des premiers e*èJl€Jireti§ns.m' accorder votre proteBionr Ô" m emmener avec vous àansce pays-là rvovs: auriez.' JjE Pape eft fe cRefdfes Chrétiens c'èffimevieille idole. J'ai apprisrparun homme de votre fuite. ontés* Jefuh DtParis le z dela Luœ deChahniLj 1-712. oii en*trevous & m$ l'on ne me donne guéres de quoi vivre.de*faire dit Hemà unefille 9 fa qui. qu'on encenfe par habitude.petites formalités ordinaires & commencer far où j'aurais définir* Maïspiifquefon in fidélité m'a déshonorée je ne veux plus vivre à l'ogérœ.t ETI SE$ immé* tnfavoit promis de fe marier avec mot tiffi légitime msfit pafter fur les.V'avamage.femhiediminuer tous les jours.les dépofbit auiS facilement que 310smagnifiques fultans dépotent les rors d'ffimette & dëGéotgie r mais on ne le craint plus.infini dans fat votre pays d'une bonne danfeufe & que. nzfe rendroip b f as. que Von. fi fé– tois à Ifpàhan'y ma fortune feroit aujfitôt faite* Si vous vouliez. foii un-cas.

on va àl'évêque ou au pape. de royaume où il y ait eu tant de guerres ci?» yiksj.fi on ne'veut pas faire le lahmazan fron ne veut pas s*affujettir aux fo^alkésdes mariages. comme lui. Car tufçnuïas que la religionChrétienne eft chargée d'une infinité de pratiques très-difficiles & comme on a jugé qu'il eft moins aifé de remplir fes devoirs. qui lui font fubordofinés 6c ont fousrfon autorité deux fondions bien différentes. des articles de foi. que d'avoir des évêques qui en di£« penfent on a pris ce dernier parti pour l'utilité publique ainfi. ils font. fi on veut rompre fes vœux fi on veut fe marier contre les défenfes de la loi quelquefois même£î on veut revenir contre fon ferment. Quand ils font-en particulier. qui donne auiîi-tôt la difpenfe. A P H I S» Certainement une riche fucceffion car il a des tréfors immenfes. • .celui de ChùLh. ils n'ont guéres d'autre fonction que de difpenfer d'accornplk îa toi.F E K S1. Les évêques font dès-gens de lof. & un grand pays fous fa domination. Les évêques ne font pas des articles de foi de leur propre" ouvement m il"yaun nombreinnni de doéieurs la plupart dervis qui foulevent entr'eux'mille quêtions nouvelles fur îa religion on les laiCë difputér longtems.puis-je t'aflurer qu'il n'y a jamais en. que dans. cela guerre dure jufqu'à ce qu'une décifion vienne la terminer^ Auffi. Quand ils font affemblés.

Dans le doute. qui a porté fur lui deux morceaux de-drap attachés à deux rubans. donner cufent d'héréfie 8c quelle que foit la diflinction. intelligible ou non elle rend un homme blanc comme de la neige &il peut fe faire appeller orthodoxe. Quand on tombe entre les mains de ces gens-là heureux celui qui a toujours prié Dieu avec de petits grains de bois à la main. . Ce que je te dis eft bon pour la France oc l'Allemagne car j'ai oui dire qu'en Efpagne & en Italie. il y a de certains dervis qui n'entendent point raillerie & qui font brûler un homme comme de la paille.Lettres Ceux qui mettent au jour quelque propofition nouvelle. on pourroit bien ne pas demeurer d'accord des qualités 8c le brûler comme hérétique il auroit beaudonner fa diftin&ion point de diftin&ion. pour ceux qui y font engagés comme le mot de ralliement. font d'abord appellés héré* tiques. qui eil.mais n'eft hérétique qui neveut: il n'y a qu'à partager le différend par la moiune diftin&ion à ceux qui actié. il feroit en cendres avant que l'on eût feulement penfé à l'écouter. Chaque héréfie a fon nom. Les autres juges préfument qu'un accufé eft innocent ceux-ci le préfument toujours eoupable. ils tiennent pouï _1. 8c. & qui a été quelquefois dans une province qu'on appelle la Galice fans cela un pauvre diable eft bien embarrafle quand il jureroit comme un païen qu'il eft orthodoxe.

A Paris le 4-de la. A Smirne. abhorrent le fang. Lorfque j'arLes Perfansfont. . elle n'a point befoin de ces moyens yiolens pour fe maintenir. Les fcabitans de Paris font d'une curîoflté qui va jufqu'à l'extravagance. qu'ils font doux.les plus toleransde tous les Mahoraétans.Lune de Chalval. de ceux qui exercent une profeffion infâme. & font au défefpoir de les avoir condamnés Mais pour fe confoler ils confifquent tous les biens de ces malheureux à leur profit. ï^ii» S A N E S. Rica au même. des femmes de mauvaife vie. ils en ont fi bonne opinion qu'ils ne les jugent jamais capables de mentir car ils reçoivent le témoignage des ennemis capitaux.8c qu'ils. apparemment parce qu'ils croient les hommes mauvais mais d'un autre côté. La fainte religion que les anges y ont apportée fe défend par fa vérité même. Heureufe la terre qui eft habitée par les enfans des prophétes ces trilles fpe&acles y font inconnus*.P ER régie de fe déterminer du côté de la rigueur. Ils forit dansleur fentence un petit compliment à ceux qui font revêtus d'une chemine de foufre 8c leur difent qu'ils font bien fâchés de les voir fi mal habillés. 1 LETTRE XXVIII.

tous vouloient me voir fï je fortois. les femmes ïhêmes faifoient un arc-en-ciel nuance de îïiille couîeurs^quim'entoaroit fi j'étais aux fpe£tacles je voyois auffitôt cent lorgnertes dreflees contre ma figure enfin jamais lïomrne n'a tant été vu que moi. Tant d'honneurs ne îaîfTent pas d'être à charge: je ne me croyois pas un homme fi curieux & fi rare: &: quoique j'aie très-bonne opinion de moi. Cela me fit réfoûdre à quitter l'habit Perfan & à en endoifer un à l'Européenne.Ë Y R-"£ $ fi rivai je fus regarde comme j'avoîs étéetP voyédu ciel vieillards. je ne me ferois jamais imaginé que je duffetroubler le repos d'une grande ville ou je n'étais point connu. Je foufiois quelquefois d'entendre des gens qui n'étoient prefque jamais fortis de leur chambre. pour voir s'il refteroit encore dans ma phyfionomie quelque chofe d'admirable. Cet effai mefit connoître ce quejevafois réellement libre de tous les ©memeïis étrangers. tout le monde femeîfoit auxienêtres û jJé-> fois aux thuiîleries je voyois auflkôt uiï cercle fe formerautour de moi.difoient entr'eux Il faut avouer qu'il a l'ai* bien Perfan. femmes^ enfans. Il . je me vis apprécié au ' plus Julie: j'eus fujef deme plaindre de moi. hommes. qui . Chofe admirable je trouvois de mes portraits par-tout je me voyois multiplié dans toutes les boutiques fur toutes les cheminées tanton cratgnoit de ne m'a-^ voir pas affezvu.

Je fui* à pre'fent à Venifç mon cher UfbeK^ On peut av©iïwvl outes les villes du anonde. 1712.'P-»B" . A Paris.I.taffreux jedemeusois quelquefois une heure dans une compagnie fans qu'on m'eût regardé êc qu'on m'eût mis en oeca£on d'ouvrir la touche mais fi quelqu'un par hafard apprenait à la . le 6 dela Lune de Chalval.oir-qu€despoif» fons. ^XIX. Maisette urilleprofane manque dutre'fojt c le plusprécieux qui foit aai mon^e c'eft-àîdire. cat l'entrai fout. fcg:T T^tE.& il .ophéte.dans unendroit.a tJSBEK. d'eau vive il eft impoffible d'y acscomplir une feule ablution. t fera & être jfurpris en arrivant ^à Veniie von toujours e'tonné de voâruîieville des tours & des mofquéesfortir de deflbus l'eau 8ç dé trouver un peuple innombrable . « t tailleur qui m'ayoïtfait perdreen «« imitant l'attention &l'eftimepublique..à-coup dansun néan.pr.£ AParis. légale.tendoi~ auffitôt autour de moi on bourdonnement-? 1 eft fûi'i ah î monfîeur Perfan? C'eft unechafe bien extraor4inaire j Cp^mmeAt eut on p éî.c~u~ Il ~Perfan -ex..cùail ne devroit y av.reJPerfan. S A' S S &. îlH-E:D. Elle efl e» abomination à notre iaint .9 compagnie que j'ptpk ferfan j'entendoig ~ompagrl:ie.

de la formede leur gouvernement je ne néglige pas même les fuperftitions Européennes je m'applique à la médecine. car l'églife ni pauvrement. ou à d'autres jeux que je ne connois point. à la phyfïque à Taftronomie j'étudieles arts enfin je fors des nuagesqui couvroient mes yeux dans le pays de ma naiffance.lv 1712al XXX. des intérêts des princes. mon cher UibeK je ferois charmé de vivre dans une ville ou mon efprit fe forme tous les jours. 8c me fauva adroitement des carrofes 8c des voitu- . Comme je fortois. *> Le t t r e s 1 LETTRE Rica J'allai l'autre jour voir une maifohoù l'on entretient environ trois cent perfonnésaflez j'eus bientôt fait. Il me mena à merveille. un de ces hommes fortoit auffi êc m'ayant entendu demander le chemin du marais. Ceux qui font dans-cette maifon étoient afTêz gais plufieurs d'entr'eux jouoient aux cartes. me tira de tous les embarras. Je m'inftruis des fecrets du commerce.ciei qu avec ne la regarde jamais du haut cm colere. fuivez-moi.quieft le quartier le plus éloigné de Paris. « Sans cela. les bâtimens ne méritent pas d'être regardés. J'y vais medit-il & je vous y conduirai. AVenifele 16dela Lune deCha.

E T T K E X X X L IIsbèk à Rhedj.Persane . je vous jure. j'embarraiTeraiplus les gens.lWNl~sG4H s. lui dis-je. Lorfgue je penfe aux funefîeseiïets de cette liqueur. me répondit-il. Comment. vous êtes. A Venife* ILE vin eft fi cherà Paris par les impôts que l'onymet. qu'il femblequ'on ait entrepris d'y faire exécuter les préceptes du divin alcoran. lé 17 la la Lune de Çhalval. De Paris. quand la curiofité meprit Mon bon ami.aveugle ? Et que ne priiez vous cet honnête homme qui fouoit aux cartes avec vous de nous conduire ? Il eft aveugle aufli me reposdit-il il y a quatre cent ans que nous fommestrois cent aveugles dans cette maifonoii vous m'avez trouvé Mais il faut que je vous quitte voilà la rue que vous demandiez je vais me mettre dans la foule j'entre dans cette églife où. je ne puis rri'empêcher de la regarder commele préfent le plus redoutable que la nature ait fait aux hommes. qui défendd'en boire. c'eft . ne pourrois-je point fçavoir qui vous êtes ? Je fuis aveugle.. Si quelque chofe a flétri la vie & la réputation de nos monarques. lui dis-je. monfieur. qu'ils ne ïiï'embafrafferont.+n ~l~w~. c'a étéleur intempérance. 1712. AI tes. Nous étions prêts d'arriver.

ôc de charmer le fouvenir de fes peines. cet ufage^auc©Jitraire. &*on ne remarfaute. que pas qu'il leur faffe faire aucune L'efprit humain eft la contradiction même dans une débauchelicentieufe. Il n'y a rien de fi affligeant que îesconfoîa^ tion-stirées de la ïiéceffité du mal de l'inutilité des remèdes de la fatalité du deftùi de l'ordre de la providence. c'cft fe moquer de 1 ET T. je ne damne pas de mêrne ices boiffons qui l'égaient. &meilleurs phyfîciens en cela.eftpermis aux princes Chrétiens..E ï. &: il-s en boivent avec un excès qui les dégrade de l'hujr*anité même. Mais quand je défapprouve l'ufage de cette conliqueur qui fait perdre la raifon. onfe révol-te avec fureur contre Içs préceptes &la loi -faite pour nous rendre plusjjsftes nefeïifojiYent qu'àaous rendre plus coupables. C'eft la fageffe des Orientaux de chercher des remèdes contre la triftefie.l irrjuiK la fourcea plus empoifonnéede tices & de leurs cruautés. qu'on appelle Séneque mais les Afiatiquës plus fenfés qu'eux.R. avce autant de foin que contre les maladies les plus Lorfqji'il arrive quelque maldangereufes. & du malheur de la condition humaine.prennent des breuvages capables de rendre l'homme gai. beur à un Européen 'il n'a d'autre reffource que la lecture d'un philofophe. Je le dirai à la honte des Sommes la loi interdit à nos princesl'ufage du vin.W L leurs vouloir .

&meilleurs phyfîciens en cela.E-SLu_r~ a:. &*on ne remarfaute. Mais quand je défapprouve l'ufage de cette conliqueur qui fait perdre la raifon.r. & du malheur de la condition humaine. Il n'y a rien de fi affligeant que îesconfoîa^ tion-stirées de la ïiéceffité du mal de l'inutilité des remèdes de la fatalité du deftùi de l'ordre de la providence.. onfe révol-te avec fureur contre Içs préceptes &la loi -faite pour nous rendre plusjjsftes nefeïifojivent qu'àaous rendre plus coupables. beur à un Européen 'il n'a d'autre reffource que la lecture d'un philofophe. c'cft fe moquer de vouloir . &: il-s en boivent avec un excès qui les dégrade de l'hujr*anité même. ôc de charmer le fouvenir de fes peines. Je le dirai à la honte des Sommes la loi interdit à nos princesl'ufage du vin. C'eft la fageffe des Orientaux de chercher des remèdes contre la triftefie.R. la plus empoifonnéede leurs rrrjuiK la fource tices & de leurs cruautés. que pas qu'il leur faffe faire aucune L'efprit humain eft la contradiction même dans une débauchelicentieufe. avce autant de foin que contre les maladies les plus Lorfqji'il arrive quelque maldangereufes.eftpermis aux princes Chrétiens. je ne damne pas de mêrne ices boiffons qui l'égaient.L ET T.prennent des breuvages capables de rendre l'homme gai. cet ufage^auc©Jitraire. qu'on appelle Séneque mais les Afiatiquës plus fenfés qu'eux.

Lettres la vie reglée que les femmes y rnenent ëllei ne jouent. ce doux engagement M cœur qui fait ici la douceur de la vie. qui ne pique point. que comme des marques d'autorité 8c de dépendance. ni ne veillent elles ne boivent point de vin. l'amitié. les plaifirs mêmes y font graves 8c les joies féveres 8c on ne les goûte prefque jamais. & ne s'expofent prefquejamais à l'air. où ils trouvent toujours une comchapagnie qui les attend de maniere que des que famille eft. Il faut avouer que le ferrail eft plutôt fait pour la fanté que pour les plaifirs c'eft "ne vie unie. leur e£t prefque inconnue: ils fe retirent dans leurs maifons. pour ainfî dire ifoléeautres. Cette gravite des Afiatiques vient du peu de commerce qu'il y a entr'eux ils ne fe voient que lorfqu'ils y font forcés par la cérétnonie.. tout s'y reffent de la fubordinationôc du devoir. que je trouve ici dans tous les états & dans toutes les conditions. Un jour que je m'entretenois là deflus avec un homme de ce pays-ci il medit Ce qui 1~00 Îen f-OmrtlGn tr HeAt~ . depuis la fondation de la monarchie. Les hommes mêmes n'ont pas en Perfe la même gaieté que les François: on ne leur voit point cette liberté d'efprit 8c cet air content. où de pere en fils per* fonne n'a ri. C'eft bien pis enTurquie où l'on pourroit trouver des familles.

tirant de fon imperfection. Dij1J . n'eftcfiimé que parce qu'il. il a exercé toute fa bailefle?. de fa laideur 8c de fa difformité tout l'éclat de fa condition. A Paris. & s'enorgueillit du plus vil emploi qui foit parmiles humains.le 14dela Lune deZilhagé} 1713. qui eftme'prifable par fa fidélité même.eft. qui fait concilierfon honneus à garder les femmes d'un autre.ri-» vé pour jamais à la porte ou il ett attaché g plus dur que les gonds ôc les verrouils qui la tiennent fe vante de cinquante ans de vie dans ce pofle indigne.P E R 8 A V E Éi tne choque le plus de vos mœurs cefi que vous êtes obligés de vivre avec des efclaves. Car enfin défaites-vous des préjugés que peut. par jaloufie & par de'fefpoir qui brûlant de fe venger des deux fexes dont il eft le rebut confent à être tyrannifé par le plus fort pourvu qu'il puifTe défoler le plus foible qui. chargé de la jaloufie defon maître.indigne de l'être qui enfin. qui eft la feule de fes vertus parce qu'il y eft porté par envie.on attendre de l'éducation qu'on reçoit d'un miférable. dont le cœur & l'efprit fe fentent toujours de la baffelfede leur condition ces gens lâches affoibliïfent en vous les fentimens de la vertu. où. que l'on tient de la nature & ils les ruinent depuis l'enfance qu'ils vous obfedent.

fublime dett vis ? Crois-tu qu'au jour du jugement ils feront comme les infidèles Turcs. dervk. Ils ne reflemblent point à ces infidèles. que le grand Hali n'efi point venu pour Mais parce qu'ils n?ont pas été affez heureux pour trouver des mofquées dans leur pays.$ erois-tu qu'ils foient condamnésà des châtimens éternels? & que Dieu les puniffe pour n'avoir pas pratiqué une religion. que nos faint? prophétes faifoient paffer aufil del'épée. 6k feront rrrene's eux au par n'i-s grand trot en enfer ? Je fçais bien qu'ils ront point dans le féjour des prophètes 8ç eux.Lettres L E T T R E Usbek à 4u brillant monajiere XXXIIL coujîn de Tquris. vidage 4? notre grançf prophète. G e m c h i r> fon Que penfes-tu des Chrétiens.qui fervironB d'ânes aux Juifs. qu'il ne lewe a pas fait connaître ? Je puis te le 4ire j'ai fouvent examiné ces Chrétiens je les ai in-f idée terrogés pour voir s'ils a voient quelque étoit le plus beau de tour du grand Hali qui les hommes j ai trouvé qu'ils n'en avoient jamais oui parler. . parce qu'ils refufoient de croire aux miracles du ciel ils font plutôt comme ces malheureux qui vivoient dans les téné-? bres de l'idolâtrie ava.pt que la divine lu-^ miere vînt éclairer le.

oii ils goûteront mille délices par le moyen de la re'furreêtiondes corps ils ont. On a beau faire la vérité s'échappe 6c perce toujours les ténèbres qui l'environnent. comme ous.dans lequel il eft prouvé que la polygamie eft ordonnée aux Chrétiens leur baptême eft l'image de nos ablutions légales. qui femble les avoir voulu préparer par-là à la converlîon générale. intitule' l'a Polygamie triomphante. & fe me'fientdes mauvais î ils ont unefàihfe" crédulité pourles miracles que Dieu opere par le miniftere de fes fervi^teurs ils reconnohTent. qui confume tout. J'ai fouvent admiré les fecrets de la providence. comme nous des jeûnes marqués des mortifications avec lefquelles ils ëfpereht fléchir divine ils rendent un culte la mife'ricorde1 aux bons anges. rinfufn fifance de leurs mérités & le befoin qu'ils ont d'un intercêffeUrauprès de Dieu. 8c les Chrétiens n'errent que dans l'efficacité qu'ils donnent à cette premiere ablution. s fl l'on examine de D'ailleurs û l'on examine de tprès leur re- . Il viendra un jour où l'éternel ne verra fur la terre que de vrais croyans le tems.à Â s î s. détruira D iij f E R.quoique je n'y trouve point Mahomet. on y trouvera comme une Semence de nos dogmes. J'ai oui parler d'un livre de leurs docteurs.ligion. qu'ils croient devoir fuffire pour toutes les autres leurs prêtres & leurs moines prient comme nous fepf fois le jour ils efperënt de jouir d'un paradis. Je vois partout le Mahome'tifme.

LETTRE USBEK tf tXXIV. il n'y a perfonne qui ne croie qu'il en a quatre fois plus que lorfqu'il y eft entré. A Paris.Lettrés les erreurs mêmes: tous les hommes feront étonnés de. le20delaLune 1 de Zilhagé. les divins exemplaires feront enlevés de laterre. dont depuis deux mille ans on ignore la patrie. auffibien que le tems de fa morte . fe voir fous le même étendard tour. Dans quelques-unes de ces maifons on dit des nouvelles. L E caffé eft très en ufage à Paris il y a un grand nombre de maifons publiques où on le di. êc portés dans les céleftes archives. Mais ce qui me choque de ces beaux efprits. je les trouvai échauffés fur une difpute la plusmince qu'il fe puiffeimaginer: il s'agiffoit de la réputation d'un vieux poëte Grec. c'eft qu'ils ne fe rendent pas utiles à leur patrie & qu'ils amufent leurs talens à des chofes puériles par exemple lorfque j'arrivai à Paris. dans d'autres on joue aux échecs il y en a une où l'on apprête le caffé de telle maniere qu'il donne de l'efprit à ceux qui en prennent au moins de tous ceux qui en fortent. RHEDI. fera confommé. 713. A Venife. jufques à la loi.ftiibue.

D iv . difois-je en moi-même. ajoutois-jé Dieu me garde de m'attirer jamais l'inimitié des cenfeurs de ce poète que le féjour de deux mille ans dans le tombeau n'a pu garantir d'une haine fi implacable ils frappent à présentdes coups en l'air. s'embraferoit d'une bonne maniere pour défendre celle des vivans. qui fe fervent d'une langue barbare qui Semble ajouter quelque chofe à la fureur & à l'opiniâtreté lies combattans il y a des quartiers oii Toa. Elle étoit bien vive car on fe difoit cordialement de part 8c d'autre des. injures fi groffieres. on faifoit des plâifanteries fi arriéres que je n'admirois pas moins la manière de difputer que le fujet dela difpute.devant un de ces défenfeurs du poëte Grec. étoit affezétourdi pour aller. attaquer la réputation de quelque honnête citoyen. Si quelqu'un. mais que feroitce fi leur fureur étoit animée par la préfence d'un ennemi ? Ceux dont je te viens de parler. Chacun en vouloit donner le taux mais parmi ces distributeurs de réputation 5 les uns faifoient meilleur poids queles autres voilà la querelle. il ne feroit pas malrelevé & je crois que ce zèlefi délicat fur la réputation des morts. difputent en langue vulgaire & il faut les diflinguer d'une autre forte de difputeurs.Les deux partis avouoient que clétoit-un poète excellent il n'étoit queftipn que du plus ou du moins de mérite qu'il falloit lui attribuer. Mais quoiqu'il en foit.¥ E R S A N E -£.

A Paris j le dernier de la Lunt de Zilluigéjij 13. Ii E roi de France efl vieux nous n'avons point d'exemple dans nos hiftoires d'un monarque qui ait fi losigtems régné? On dit qu'il poflede à un très-haut degré le talent defe faire obéir il gouverne avec Je même gérât. pour parer de aux rnéceffités la vie. '1' :Il E 'S" voit comme une mêlée noire &epaiffe de cas fortes de gens ils fe nourriffent de diftinctions ils vivent de raifonnemens obfcurs 8c de fauffes conféquences. & une maîtrefle qui en a quatre-vingt il aime fa religion. fon e'tat on lui a fouvent entendu dire que de tous les gouvernemens du monde. traverfer les mers. Adieu. Ce métier. h E T TR E XXXV* US BE KMI BBEN. lui plairoit le mieux tant il fait cas de la politique Orientale. &il %$ . J'ai étudié fon caractère ôc j'y ai trouvé des contradi&ions qu'il m'eil impoflibîe de réfoudre par exemple. il a un mïnlftre qui n'a que dix-huit ans. A Smkne. qu'un redoutable talent pour la difpute. Cafamille. fa cour. ou celui de notre augufle fultan. pour s'établir en France n'emportant avec elle.L E T _A9s. où l'on devroit mourir de faim ne laiffe pas de rendre on a vu une nation entière chafféede fon pays. celui des Turcs.

Ps H. qu'un prince n'en fçauroif cfpérer. Il n'eft je crois jamais arrivequ'àlui d'être en même tems comblé de plus dericheffes. Il aime à gratifier ceux qui le fervent mais ïl paye auffi libéralement les affiduités ou plu. qu'un par-. que les campagnes laborieufes de fes capitaines fouvent il préfère un homme qui le déshabille ou qui lui donne la fervïetfe lorfqu'il fe-met à table t à un autre qui lui prend des villes ou lui gagne des batailles il ne croit pas que la gran-^ deur fouveraine doive être gênée dans la dif-tribution des graces & fans examiner fî celui qu'il comble de biens eft homme de méti-* te > il croit que fon choix va le rendre teï âuffilui a-t-on vu donner une petite penfion à un hommequi avoit fui deux lieues & uit beau gouvernement à un autre qui en avoit" fui quatre. Il eft magnifique fur-tout dans fes bâtimens il y a plus de ftatues dans les jardins é& fon palais que de citoyens dans une granfe P f S A N ~·r f" r S. 'f t .ôt I'oifi vetéde fes courtifans. f iculier nepourroit foutentr. il n'eft occupé depuis le matin jusqu'au foir qu'à faire parler de lui il aime les trophées àc les victoires mais il craint autant de voir un bon général à la tête de fes troupes qu'il auroit fujet de le craindre à la tête d'une arinée ennemie. & accablé d'une pauvreté. giêutfouffrir ceux qui difent qu'il la faut obferver à la rigueur quoiqu'il fuie le tumulte des villes oc qu'il fe communique peu.

Si on leur dit que le grand nombre des femmes enfermées eft embarraffant. 1713. n'y a pas de ge'nérofîtéà rendre malheureufes les perfonnes que l'on aime. A Smirne. qui fuit toujours les paffionsfatisfaites que nos fem-mes font trop à nous qu'une poifefflon iî . de fçavoir s'il eft plus avantageux d'ôter aux femmes la liberté que de la leur laiffer il me femble qu'il y a bien des raifons pour & contre. nos Afiatiques répondent qu'il y a de la baflefle aux hommes de renoncer à l'empire que la nature leur a donné fur les femmes. Que s'ils objectent à leur tour que les Européens ne fçauroient être heureux avec des femmes qui ne leur font pas fidelles on leur répond que cette fidélité. Sa garde eft auflî forte que celle du prince devant qui tous les trônes fe renverfent fes armées font auffi nombreufes. a LETTRE Rica 0 XXXVI. embarraffent moins qu'une qui n'obéit pas. fes reifources auffigrandes. ils répondent que dix femmes qui obéiflent. 8c fes finances aufi ine'puifables. n'empêche point le dégoût. qu'ils vantent tant. Ibben.LïTT R I S ville. Si les Européens difent qu'il. C'est une grande queftion parmi les hom mes. A Paris le 7 de la Lune ] de Maharram.

~y._ ne nous lahTe rien à . • Non me difoit l'autre jour un philofophe très-galant. Peut-être qu'un homme plus fage que moi. fi les Afiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmer leurs inquiétudes les Européens font fort bien auffide n'en point avoir. fi nous avions été raifonnables la leur ont fait perdre.defirer. que parce qu'elles ont plus de douceur que nous. ni à tranquille craindre qu'un peu de coquetterie eft un fel qui pique &prévient la corruption. Or. ces avantages qui dévoient fans doute leur donner la fupériorité. feroit embarraffé de décider car. parce que nous ne le fommes point. Après tout. Pour qu'un homme pût fe plaindre avec raifon de l'infidélité de fa femme. la nature n'a jamais diété une telle loi l'empire que nous avons fur elles. nous troude verions toujours moyen nous dédommager en qualité d'amans. eft unevéritable tyrannie elles ne nousl'ont laifle prendre. s'il eft vrai que nous n'avons fur les femmes qu'un pouvoir tyrannique il neTell pas moins qu'elles ont%r -nous un empire naL P vj Y P~RSAN~s. ôc par conféquent plus d'humanité ôc de raifon. quand il y en aura quatre. difent-ils quand nous ferions malheureux en qualité de maris. C'eft une autre queflion de fçavoir fi la loi naturelle foumet les femmes aux hommes. il faudroit qu'il n'y eût que trois perfonnes dans le monde ils feront toujours à but.

Le prophéte a décidé la queftion.Xi S ¥ T K E 9 iurel.& à réduire tout en paradoxe. A Paris»e z6deigjLuas Gemmadi. Tu verras. mais celui de la beauté eHuniverfel. doivent honorer leurs maris leurs maris les doivent honorer jaaaisiis ont l'avantage d'un dégré fur elles. quoique cela choque nos mœurs chez les peuples les plus polis les femmes ont toujours eu de l'autorité fur leursmaris elle fut établie par une loi chez les Egyptiens. en l'honneur d'Ifis ck chez lesBabyloniens en l'honneur de Sémiramis. Le nôtre n'eft pas de tous les pays. qui étoient véritablement dans la fervitude dufexe ils étoient trop barbares pour que leur exemple puiffe être cité. mon cher Ibben que j'ai pris le goût de ce pays-ci. iyisl . de 2. qu'ils commandoient à toutes les nations mais qu'ils obéifïbient à leurs femmes. Nous employons toutes fortes de moyens pour leur abattre le courage les forces feroient égales fi l'éducation l'étoit auffi: éprouvons-les dans les talens que l'éducation nra point affoiblis <k nous verrons fi nous fommesfi forts. à qui rien ne réfifte. On difoit des Romains. & a réglé les droits de l'un &de l'autre fexe Les femmes dit-il. Je ne parle point des Sauro mates. où l'on aime à foutenir des opinions extraordinaires. Pourquoi aurions-nous donc un privilége ? Efr-ce parce que nous fommes les plus forts ? Mais c'eft une véritable injuftice. Il faut l'avouer. celui de la beauté.

. Ce fot auflîà caùféde ce même prophe'te y que Dieu rie voulut pas qu'aucun enfant fût rïe conçu.È S. & îa joie parut fur fon vifage dès fa naiiTaiïce la terre tr. pour enchaîner Satan. S A.em^Hagi efttfHbommê afaitlepélerjaage e h d p. ï)ieuy qui. créa une lumière deux mille ans avant Adam qui paffant d'élu en élu. S . d'ancêtre en ancêtre de Mahomet parvint enfin jufquesà lui. II n'y a rien de û merveilleux que la naf£fance de Manomeî. comme un témoignage a:utenti.JE E S.i 2~iec~ue.ordinaires coirime fi la nature fouffroit une efpéce de crife y êc que la puiiïahcè eélefie ne produisît qu'avec' effort. A Smhne. Il vint au monde circoncis. I L me femble Ben Jofué. qu'il y a f oujour* des lignes éclatans qui préparent à la naiffance des hommes extra. .que:qii'iJ étolt (îefceBH du des patriarches. parles de'crefôde fa providence. avoir réfoiu dès ïe eorrisniencement d'envoyer aux hommes ce grand prophète. & que le membre viril ne fût livré àla circoncifîon. que îa nature de la femme ceffât d'être immonde.' LETTRE H a g i I s b i 1 gvofélyte au XXXVÎL Juif B e h J o s y b! Mahométan.

Non non. les générations des oiîeaux. muroient. J'ai envoyé' au monde snon ami fidéle. d'où avec une voix terrible il appella les anges. parce que nous pouvons lui apporter. Les vents mur-. & tous les efcadronsdes anges. des nuées. même toutes les idoles fe profternerent i\s trônes des rois furent renverfés. 5c difoient C'eft plutôt à nous. difoient les nuées non c'eft à nos foins qu'il fera confié parce que nous lui ferons part. qu'il fortit de l'abyfme 8c s'enfuit fur le mont Cabès. Lucifer fui jette au fond de la mer & ce ne fut qu'après avoir nagé pendant quarante jours. à tous les infians de la fraîcheur des eaux. des vents.l>Jatrois fois.fe réunirent pour élever cet enfant & fe difputerent cet avantage. Les oifeaux difoient dans leurs gazouillemens qu'il étoit plus commode qu'ilsl'élevaifent. les odeurs les plus agréables. Selon le témoignage d'ÏÏben Aben hiflorien Arabe.de tous les endroits. Cette nuit Dieu pofa un terme entre l'homjne & la femme qu'aucun d'eux ne put paffer l'art des magiciens& négromans-fetrouva fans vertu on entendit une voix du ciel qui difoit ces paroles. parce qu'ils pouvoient plus facilement rafembler plufleurs fruits de divers lieux. Là-delfus les anges indignés s'écrioient Que nous reflera-t-il donc à faire? Mais une voix du ciel fut entendue qui tet- L E T T RBs _> comme fielle eût . enfante4je-.

parce qu'heureufesles mammelles qui l'allaiteront. il f faut pleurer les hommes à leur naiiTance. & tout l'attirail lugubre qu'on fait paroître à un mourant dans fes derniersmomens les larmes mêmes de fa famille & la douleur de fes amis. 8c les mains qui le toucheront.PERS 1 '1-0 r ANES. LE T T R E XXXV ÏIL Us B E K « ÏBBES. Aprèstant de témoignagesfi éclatans. Vf ili- Inina toutes les difputes II ne fera point ôté d'entre les mains des mortels. ôc non pas à leur mort. 8c la maifonqu'il habitera & le lit où il repofera. Aquoi fervent les cérémonies. O e* s qu'un grand eft mort. qu'à lui exagérer la perte qu'il va faire ? . 8c l'on fait fon oraifon avec funèbre. mon cher Jofué il faut avoir un cœur de fer_pour ne pas croire fa fainte loi. Que pbuvoit faire davantage le ciel pour autorifer fa miffiondivine à moins que de renyerfer la nature 8cde faire périr les hommes mêmes qu'il vou-. le 20 de la Luns deRhegeb31713. qui eft un difcoursà fa louange. Je voudrois bannir les pompesunèbres. lequel on feroit bien embarraffé de décider au jufte du mérite du défunt. loit convaincre ? A Paris. A Smirne. on s'afTembîe dans une mofquée.

8t fe faire pefer comme un bœuf quand fe vois les peuples fe réjouir de ce quece prince eft devenu plus matériel e'efl à dire y moins capable de les. anQuand je vois le Mogol. Le premier eunuque hoir à ÛsbeKV Ismael un de tes eunuques noirs vient de ïnourir magnifique feigneur & je ne puis fîi*empëcherde le remplacer. j'ordonnai que.ïTi3* r z s <tt-<oc n nous fommesfi a~cratia~ac_ n~tlPt'1 LE T T R E XXXIX. on le mît en état de te rendre les Servicesqui flattent le plus tort de cœur 8c vivre comme moi dans ces re^ d«tttabl€? lieux. Comme je vois qu'au bout du compte c'eilfdn avantage je voulus l'autre jour ufer à fon égard d'un peu de rigueur-. qu'il n'ofe pas même rega*- . ôc de concert avec l'intendant de tes jardins p. le DeParis* 20delitturië duB.hegeh. que nous jrons quand nous devons nous affligerou de réjouir nous n'avons prefque jamais que fauffestrifteiTes ou de fauffesfoies.gouverner j'ai pitié f îbben de l'extravagance humaine. Comme les enîïuques font extrêmement rares àpréfent.Nous néiçâaveugles. malgré lui. qui toutes les nées va fottement fe mettre dans une balance. j*a-vois penfé de me fervit d'ûîi efelave noir f que tu as à la campagne mais je n'ai pu jûfqu'ici le porter à fouffrrr qu'on le confacrâtascet emploi.

& évita le fatal couteau. 1713. Je me profterne à tes pieds.I. [on fouverai» feigneùr. S I tu étoisici magnifique felgneur je paroîtrois a ta vuetout couvertde papier blanc. le plus méchant de tous les hommes m'a faites depuis ton départ. foutenant que je n'ai conçu ce deffein. Sous prétexte de quelques railleries qu'il prétend que j'ai faites fur le malheur de fa condition. Fatmé le 7 de la Duferrailde Lum de M&harram. P h Ar a n à-UsBEK.~ ~a. que par un'-defirinfatiabîe de vengeance fur certaines railleries piquantes qu'il dit avoir faites de moi. Je viens d'apprendre qu'il veut t'écrire pour te demander grace. LETTRE ~. . il exerce fur ma tête une vengeance inépuifable il a animé contre moi le cruel intendant de tes jardins qui depuis ton départ m'oblige à des travaux infumiontadans lefquels j'ai penfé mille fois laiCer $>les? . ôc il n'yen auroit pas aifez encore pourécrire toutes les infultes que ton premier eunuque noir.rac. -ra~siw~s XL. Cependant je te jure par les cent mille prophètes que je n'ai agi que pour le bien de ton fer vice la feulechofe qui me foit chère & hors laquelle je ne regarde rien.f 1 ït S A E E Si «fer mais il femit à hurler comme fi on avoit voulu l'écorcher & fit tant qu'il échappa de nos mains.

il y ait fur la terre un malheureux de jplus* Des jardins de Fatmé L E T TRE t 1 un moment 11 . il me deflina à la garde de tes femmesacrées.la vie fans perdre fervir. fï je ne mourois pas de cette barbarie. j'embraffe tes pieds fubliine' feifrlêur sdans une humilité' profonde fais en forte que je fente les effets decette vertu fîrefpectée 8c qu'il ne foit pas dit que par ton ordre. & qu'on m'en prive je mourois de douleur t. J'ai un maître rempli de douceur 8c je fuis le plus malheureux efclave qui foit fur la terre Je te l'avoue magnifique feigneur. l'ardeur de te de Lune Maharram.yi3» i le 7 de la . Il y a quelques jours que de fon autorité privée. je ne me croyois pas deftiné à de plus grandes miferes mais ce traître d'eunuque a voulu mettre le comble à fa méchanceté. fe consolent peut-être fur ce qu'ils n'ont jamais connu d'autre état que le leur mais qu'on me faite defcendre de l'humanité. f c'efl-à-dire à une exe'cution qui feroit pour moi mille fois plus cruelle que la mort. Ceux qui en naiffant ont eu le malheur de recevoir de leurs cruels parens un traitement pareil. Combien de fois ai-je dit en moimême.

1 L y a en France trois fortes d'états. Chacun a un mépris fouverain pour les deux autres tel. RECEVEZ la joie dans votre cœur 8c reconnoiflez ces facrés cara&eres. par exemple. Acquittez-vous devotre devoir. De Paris le 25 de la Lwi9 de Regeb. faites-les baifer au grand eunuque. Aux jardins de Fatmé. LETTRE Usbek 4 Rhedi. fi vous en abufez. que l'on devroit méprifer parce qu'il eft un fot ne l'eft fouvent que parce qu'il eft hom` mede robe. car fçachez que plus mes bontés-font grandes. S A H E S. l'épée ôc la robe. A Venife. Il n'y a pas jufqu'aux plus vils artifans qui ne difputent fur l'excellence de l'art qu'ils ont eholfî chacun s'f levéau-deffus de celui qui 1 . 1713» XLII. l'églife. comme fi vous m'aviez toujours devant les yeux. Usbek à Pharah.P E R. LETTRE XLI. plus vous ferez puni. & à l'intendant de mes jardins je leurdéfends de mettre la main retour: dites-leur d'afur vous jufqu'à mon cheter l'eunuque qui manque.

ayant reçu quelque grâce monarques lui foûfeaitamille fois.C1.fi bon leur femble de ce bas'fy~ :. qfâ'il avoit fait taire toute la terre il croyoit lui. de qui on a dit.cette femme delà province d'Erivan.w A< 11 . Ce prince. Quand le Kan de Tartarie a dîné un he'raut crie que tous les princes de la terre peuyent aller dîner. d'un de nos qui.tÉïfili cft d'une profeffion différente. On les «nenà au roi qui rendoitla juftice à fes fujets fous un arbre il etoit fur fon trôné >c'eft-àdire fur un morceau de bois auffi fier que «'il eut été affis fur celui du grand Mogol il avoit trois ou quatre gardes avec des piques de bois un parafol en forme de dais îe coi*tousfes ornemens vroit débardeur duf6icil@6c ceux de la. dans les bénédi&ions qu'elle lui donna.reine fa femme confîifoienten leur peau noire 8c quelques bagues.à. Les hommes refferhblent tous plus on ï»oîns. plus vain encore que mife'rabïe demanda à ces étrangersfi on parloit beaucoup de lui en France ikrroyoit que fon nom devoit être porté d'un pole à l'autre 8t à la diiférence de ce conquérant. que le ciel le fît gouverneur d'ËrivanJ'ai lu dans une relation qu'un vaifleaû la côte de Guinée François ayant relâché à quelques hommes de l'équipage voulurent aller à terre acheter quelques moutons. s. à propomoS de l'idée qu'il s'eû faite de la fupériorité dé la Éenne.1 iju'il devoit faire parler tout l'univers.

qui ne mangeque du lait. comme'étoîs aulit. Son habillement étoit beaucoupplus que modefle fa perruque de travers n'avoit pas même été peignée il n'avoit pas eu. & je ferai bien ajfe que ce foit avec vous r ilfaut premiérement quç nous allions à la rue faint Honoré parler à un notaire. quifutfoui dain ouverte. regar^ de tous les rois du monde comme fes efclaves».je me fuis arrêté un momentagi fauxbourg faint Germain où j'ai loué un hôLETTRE . par un homme avec qui j'avois lié quelque fppiétçYôcquime parut tout hors de lui-même. En venant ici. le tems de faire recoudre fpn ppurpoirit noir & il a-.\i\i.. XLUI. fc lesinfulte régulièrement deuxfois par jour^ de DeParis le2% ULunt dejlhtgeb. RïCA à USBEK.qui efl char-* gé de vendre une terre de cinq cent mille li* vres je veux qu'il m'en donne la préférence. Levez-vous me dit-il j'ai befoin de vous tout aujourd'hui j'ai mille emplettes à faire. qui n1apa«de piaifon qui ne vit que de brigandage. j'enteri* j dis frapper rudement à ma porte.|e R SAN Eil1 larê. voit renonce pour ce jour-là aux fages pré-* cautions avec lefquelles il avoit coutume de déguiferle délabrement 4e fon équipage. ou enfoncée. A *? 9 Hier matin.

Mais enfin je rompis le filence & le tirant à quartier je lui dis. une grimpons à fon cinquième étage.& ae.L E TTRE S tel deux mille e'cus 8c j'efpere paffer le corw trar aujourd'hui. t'LVULt'L. & par échelle nous nous guindons à un fixiéme qui etoit un cabinet ouvert auxsquatre vents dans lequel il n'y avoit que deux ou trois douzaines de baffins de terre remplis de diverfes liqueurs. Je me fuis levé de grand matin. qui eft d'aller viliter mon œuvre j'ai vu que le grand jout AU 1G 11l. me dit-il venez dans ma chambre je vous montrerai des tréfors immenfes & des richeffes enviées des plus grands monarques mais elles ne le feront pas de vous. Je le fuis. . qui les nous partagerez toujours avec moi. ou peu s'en falloit ïnon homme me fit précipitamment defcendre. En effet. me dit-il & j'ai fait d'abord ce que je fais depuisvingt-cinq ans. Je revois fur tout ceci 6c quand j'examinois cet homme je trouvois en lui une complication finguliere de richeffes & de pauvreté de maniere que je ne fçavois que croire. 8c ne co mptajamais auffi ne de'plaça-t-il pas. qui eft-ce qui payera tout cela? Moi. Dès que je fus habille. z Monfieur. mais auffi pour cent mille francs de marchandifes en moins d'une heure tout cela fe fit promptement parce que mon homjne ne marchanda rien. nous achetâmes non-feulement un carrofle. Commençons par aller acheter un carroffe & établiffons d'abord l'équipage.

Adieu. A Fenife.mon cher UfbeK.. qui qu'hommequi foit fur la terre. Ce fecret que Nicolas Flamel trouva » maisque Ratimontl Lulle & un million d'autres cherchèrent toujours eft venujufquesà moi 8c je metrou-. AParis le dernier dela. tranfporté de cofi 1ère. 171}* fi~°iE.'^toitvenu. J Evois ici des gens qui difputent fans fin fat la religion maisil femble qu'ils combattent en même tems à qui l'obfervera le moins. 3c je defeendis ou plutôt je me précipitai par cet efcalier. Non feulement ils ne font pas meilleurs Chrétiens.1. ve aujourd'hui un heureux adepte. mais même meilleurs citoyens. Lune deRehgeb. <klaiffai cet homme riche dans fort hôpital. ôc . Fafle le ciel que je ne me ferve de tant de tréfors qu'il m'a communiqués que pour fa gloire. quifont de vrai or par leur couleur quoiqu'un peu imparfait par leur pefanteur.~ -1-devoit me rendre pius riche t E T T R E XLIV. Usbe* i Rhebi. Je fortis. Voyez-vous cette liqueur vermeille ? Elle a à préfent toutes les qualités que les philofophes demandent pour faire la tranfmutation desmétaux s j'en ai tiré cesgrains que vousvoiez.J'irai te voir demain & fi tu veux. nous reviendrons ehfembleà Paris.

f Un hommeaifoit tous les jours à Dieucette prière Seigneur. elles ne font bonnes qu'avec égard. dès qu'on en fuppofe une il faut bien que Ton fuppofe auffi que Dieu aime les hommes. car il faut choifir celles d'une religion entre celles de deux mille. en exerçant envers eux tous les devoirs de la charité & de l'humanité.. Oneft bien plus sûr par-là de plaire à Dieu» car qu'en obfervant telle ou telle cérémonie les cérémonies n'ont point un degré de bonté par elles-mêmes. je n'entens rien dans les. ou eft sûrde lui plaire en les aimant auffî c'eft-à-dirè.X E § d c*eftce qui me touche t car ans quelque rer» qu'on vive l'obfervation des loix. difputes que l'on fait fans ceife à votre fujet je . l'agion $nour pour les hommes. puifqu'it établit une les rendre heureux que s'il aireligion pour me les hommes. la piété envers les a&esde reparens. En effet le premier objet d'un homme reà la diviligieux ne doit-il pas être de plaire nité qui a établi la religion qu'il profeffet Mais le moyen le plus sûr pour y parvenir eft fans doute d'obferver les reglei de la fociété» 8c les devoirs de l'humanité car en quelque religion qu'on vive. & dans la fuppofitionque Dieu les a commandées Mais c'êft la matiere d'une facilement s'y grande difcuffion on peut tromper. 3c en ne violant point les loix fous lefquelles ils vivent.trE T T. font toujours les premiers ligion.

l'autre enfin.o.JLOâ~Z. Je ne fçais pas non plus en quelle poftùreje dois memettre l'un ditque je doisvous prier debout l'autre veut que je foisaffis l'autre exige que mon corps porte fur mes genoux.(c) parce qu'il n'e'toit pas poifïbn. l'un (v2%parce ue q cet animal étoit immonde l'autre (&). ger un lapin dans un earavanfera: trois hom> mes.P E È. mefirent trembler ils mefoutinrent tous trois queje vous avois grie'vementoffenfé. ra jamais. Si fait lui dis-je. 5 A N È ~r e e vouarois vous fervir félon votre volonté \q mais chaque homme queje confulte veut que je vous ferve à la fïenne.f~~i ~`~ . c~ . medit. je ne f^ais enquelle langueje dois vous parler.ceaude chair.A . Ce n'eft pas tout il y en a qui prétendent que je dois melaver tous les matins avec de l'eau froide d'autres fouîiennent que vous me regarderez avez horreur. Lorfque je veux vous faire ma prière. Ah 1 vousavez commis une aéliofi abominable & que Dieu ne vous pardonne-. G'. (à) Un Juif. parce qu'il etoit étouffe'. Ilm'arriva l'autre jour de man-. Unbrachmanequi paflbit par-là &: que je pris pour juge.i 4-li y~n. qui e'toient auprès de-ïà. fi je ne mefais pas couper ufi petit mor. me jettent dans unembarras inconcevable je ne puis remuer la tête que je ne aasvcuv. me ait: Ils ont tort car apparemment vous n'avez pas tué vous-mêmecet animal.S^ ~· -`. (b) UnTurc. LçlJJn Arménien.il d'une voix févere que fçavez-vousil l'ame de votre père n'ctoit pas paflee dans cette bête? Toutes ces chofes Seigneur.

viens-y faire ttiom.1t -y& T T:S. 1 L E T T R E XL Z A. Je donnai à ZepMs un grand feftin. où nous efpe'rions être plus nous montâmesfur nos chameaux & nous nous mîmes quatre dans chaqueloge. Le lendemain nous partîmes pour la camlibres pagne. Il ne manque t que toi dans ces lieux où la paix règne viens mon cherUlbex.pour y parvenir. couvertes du fombre nuage de leurs voiles & de leurs habits. Je ne fçais fi je me vie que je tiens de trompe mais je . ôc en bon pere dans la famille que vous m'avez donnée. brusquement. J* a i-urie grande nouvelle it'apprendre je me fuis réconciliée avec Zephis le ferraïl ^partagéentre nouss1eft réuni. & tes principales concubines furent invitées testantes & plufieurs de tes coufines s'y trouverent auffi elles étoient venuesachevai. A Paris.r Il~. .~PY Y"P cependant 56 fais menace de voos oïtenier & •employer à cela la voudrois vousçlaire vous. /13.e.CH.o. A~Pa.I à USB £.y. Comme la partie avoit été faite. B'S crn3.pîier l'amour. où ta mere tes femmes.crois que le meilleur moyen de vivre en bon choyer* .K.ru le s dela Lune. eft dans la fociété où vous m'avez fait naître. deChahban.

toujours induftrieux prit une autre précaution car il joignit à la toile qui nous empêchoit d'être vues un rideau fi épais.£c un nuageftaf-» s freux couvrit les airs.P E R S A K E fî ïîous n'eûmes pas le tems d'envoyer à la ronde annoncer le courouc mais le premier eunuque. qu'on trouva fe baignant tout*ïud furte rivage. Mais écoute le relie de nos aventures. qu'il faut traverfer chacune de nous ferait félon la coutume dans une boëîe* ter dansle bateau car on nous dit que la riviere étoit pleine de monde.même fort Ôpte. eut le. un autre. que nos matelots commencèrent à défefpérer. dont les uns difoient qu'il falloit nous avertir du péril & nous tirer de notre prifon mais leur chef foutint toujours qu'il mourroit plutôt que de fouffrir que fon maître fût ainfi deshonoré & qu'il enfonceroit un poignard dans le fein de celui Eij & fe fit por- . nous nous évanouîmes preTque toutes Je me fouviens que J'entendia la voix & la difpute de nos eunuques. Quand nous fûmes arrivées à cette rivière. Effrayées de ce péril.sHdeleseunuques facrifierênt à ton fconneu-r& au nôtre ces > deux infortunes. fûmesau milieu du fleuve un vent fi impétueux'éleva. que nous ne pouvions abfolument voir perfonne. Quand nous. Un curieux. reçut un coupmortel qui lui ôta pour jamais la lumiere du jour. qui Rapprocha trop près du lieu oii nous étions enfermées.

Tu ne le croirois pas peut.être nous fom* mesre^usagréaî?Ieniéîit dans toutes les çon>3 . VSBEK « Rh E p.une de Rhama^an:. Ceux qui aiment à s'inftruîfe ne font ja* mais oifîfs quo%uéjé néloiéiéha'rgë d'aucudans ne affaire importante je iuïs: cependant vie une oceiapàtioii continuel^ l Jè'paSe ma à examiner j'écrislè fcîl "ce |ùe. c. ou notre vertu.ôMS~ '1' st~164~1~AfaH~' IP1719 Y7le~ &'((~us f11111° _f^· BtT R-ESS P.ddnt lés organes eneore tendres font vivemerit frappés par îé§ moindres objets.t. j'ai rernatdans à^aêi ce que j'ai vu ce qùe^'aïléntenclu la journée tout m'kitereffé .? A Fenife. Que les voyages font embarraffans pourles femmes Les hommes rie fontexpofés qu'aux périls qui menacent leur vie 8c npus fomînes à tous les inftâns dans le péril de perdre notre vie. l. 1- 1»- Pu ftrra.tout m'étonne i je fuis comme un enfant.t quiferoit des proportions fi hardies.il de fatmê. Unede mes efclaves toute hors d'elle courut vers moi deshabillée pour me fecourir mais un eunuque noir la prit brutalement. Adieu mon cher UibeK je t'adorerai toujours. & ne revins à moi que iorfque le péril fut paiTé. 6c la fit rentrer dans l'endroit d'où elle étoit fortie pour lors je m'évanouis. le z de là s.ï7i3' t.

dont la fïmplîcité me plut je m'attachai à lui. il s'attacha à moi. de forte que nous nous trouvions toujours l'un auprès de l'autre. qui fait qu'il recherche tout le monde & qu'il en eft également recherché. lui dis-je plus de curioilté que de politeffe mais je vous fupËjij P E R S A z~ S.furcette foule de gens qui y abordoitfans ceffe dont les caractères me préfentoient toujours quelque chofe de nouveau. Notre air étranger n'offenfe plus perfonne. Je remarquai d'abord un homme'. félon ma coutuime. Etranger que j'étois. Un jour que dans ungrand cercle nous nous entretenions en particulier >laiflant conles verfations générales à elles mêmes Vous trouverez peut-être en moi. je n'avois rien de mieux à faire que d'étudier. nousjouiflbns même de la furprife ou l'on eft de nous trouver quelque politeffe car les François n'imaginent pas que notre climat produife des hommes cependant il faut l'avouer ils valent la peine qu'on les détrompe.je crois pagnies. J'ai paffe quelquesjours dans une maifon de campagne auprès de Paris chez un homme de confédération qui elt ravi d'avoir de la compagnie chez lui il a une femme fort aimable & qui joint à une grande modeflie une gaieté que la vie retirée ôte toujours à nos dames de Perfe. oc riane tnntPC Ipc fociétés danstoutes les fnr't~t . devoir beaucoup à l'efprit vif Se à la gaieté naturelle de Rica.

qu'il ne fait guéres honneur aux gens de qualité & d'ailleurs je ne lui trouve point d'éducation. Je fuis étranger mais il me femble qu'il y a en général une certaine politeire commune à toutes les nations je ne lui trouve point de celle-là: eft. & je vous infiruirai de tout ce que vous fouhaiterez d'autant mieux que je vous crois homme difcret. Qui eft cet homme. s'il pouvoit fe réfoo- . & de vivre avec des gens que je ne fçaurois démêler.ce que vos gens de qualité font plus mal élevés que les autres ? Cet homme me réporidit-il en riant. Vous n'avez qu'à dire me répondit il. qu'il eft au-deffous de tout le monde par fa naiflance il auroit la meilleure table de Paris. & qui parle fi fouvent à vos miniftres qu'on me dit être d'un accès fi difficile? Il faut bien que ce foit un homme de qualité mais il a la phyfionomie fi baffe. Mon efprit travaille depuis deux jours il n'y a pas unfejil de ces hommes qui ne m'ait donné la torture plus de deux cent fois & cependant je ne les devinerois de mille ans ils me font plus invifîbles que les femmes de notre grand monarque. eft un fermier il eft autant au-deffusdes autres par fes richeffes. lui dis-je qui nous a tant parlé des repas qu'il a donné aux grands. & que vous n'abuferez pas de ma confiance. qui eft fi familier avec vos ducs.Lettres S plie d'agréer que je vous faffe quelques queftions car je m'ennuie de n'être au fait de tien.

& qu'on a de grands égardspour lui. Et ce gros homme vêtu de noir.grimaT" E iv . mais plus arrangée que cellf de vos femmes. qui fuit quelquefois des. lui dis-je ». créa ne manger jamais chez lui il eft bien impertinent comme vous voyez mais il excelle par fon cuiiïnier aufîl n'en eft-iïpas in-» grat car vous avez entendu qu'il l'a loué tout aujourd'hui. dis-je ï il parle toujours de quelque chofe. Il me femble dis-je pour lors. dîtes-rn©i qui eft celui qui eft vis-à-vis de nous. Gomment.nn. C'eft rrre répondit-il urï prédicateur. qui eft fi mal habillej.f t 3t f A*Mt É. que cette dame a fait placer'auprès d'elle ï Gomment a-tnî un habit fi lugubre avec uiï air fî gai & un teint fî fleuri ? Il foùrit'grâcieufement dès qu'on lui parle fa parure eft plusmodefte. il en fçaitplus que les maris if co. & qui pis eft un direéteur: tet que vous le voyez.pas toujours. vifites marquées.oit le foible des femmes elles fçaventauiîî qu'il a le ûen. il diffipe un mal de tête mieux qu'homme du monde 9 c'eft un homme excellent. Comment!fi on le diftingue ? C'eft un homme néceffaire il fait ladouceur de la vie retirée petits confeils foins officieux. il parle encore plus volontiers de fa chute il foudroieen public mais il eft doux comme un agneau en particulier. me répon-^ dit-il à l'oreille d'une jolie femme. qu'il appelle la-grace ? Non. Mais fî je ne vous importune pas. qu'on le diftingue beaucoup.

onpoint on verfe fur eux 1êmépris à pleines mains. ajoutat-il. dont nous parlons.dont la bonîé & la politefle ne fe démentent à l'égard de perfonne il fit leur épithalame lorfqu'ils fè marièrent c'eft ce qu'il a fait de mieux en fa vie car il s'en trouvé que le mariage a été auffi heureux qu'il l'a prédit.·~r~ . entêté comme vous êtes des préjugés de l'orient il y a parmi nous des mariages heureux. un poète & le grotefque du genre humain ces gens-là difent qu'ils font nés ce qu'ils font cela eft vrai & auffi ce qu'ils feront toute leur vie. La famine a fait entrer celui-ci dans cette maifon & il y eft bien reçu du maître & de la maîtreffe .ces. goûtent entr'eux une paix qui ne peut être troublée ils font aimés & eftirnés de tout le monde il n'y a qu'une chofe c'eft que leur bonté naturelle leur fait recevoir chez eux toute forte de monde ce qui fait qu'il y a quelquefois mauvaife compagnie-: ce n'eft pas que je les défâpprouve il faut vivre avec les gens tels qu'ils font les gens qu'on dit être de bonne compagnie ne font fouvent que ceux dont le vice eiï plrçs raâné & peut- LETTRES . & a un langage différent des autres qui n'a pas d'efprit pour parler. c'eft-à-dire prefque toujours les plu'sridicules de tous les hommes auffi neles épargne-1. Vous ne le croiriez pas peut-être. Les gens. mais parle pour avoir de l'efprir ? C'eft me répondit-il. 6c des femmes dont la vertu eft un gardien févere.

qui a l'air fi chagrin? Je l'ai pris d'abord pour un étranger car. où il racontera le refte de fes jours mais il n'ira jamais plus loin. me répondît-il d c'_eft e n'élever jamais les officiers dont la FEv v .P b R s a si $«. Mais pourquoi. qui fe rend mémorable à tous fes auditeurs par la longueur de les exploits. que du paffé. 8c n'exige que dans les campagnes qu'il a faites il refpire dans les tems qui fe font écoulés comme les héros doivent vivre dans ceux qui paieront après eux.' -a a r être qu'il en elt comme des poiions dont Jes plus fubtils font auffiles plus dangereux. commela diiîblution de la monarchie &. C'eft un vieux guerrier. lui dis.à la différence de ces philofophes qui difent qu'on ne êc le n'eft rien. outre qu'il eft habille autrement que les autres il cenfure tout ce qui fe fait en France. 6c n'approuve pas votre gouvernement. le chemin des honneurs lui eft fermé. lui dis-je ? Nous avons une maxime en France. Il ne peut ïbuffrirquela France ait gagné des batailles où il ne fe foit pas trouvé ou qu'on vante un fie'ge où il n'ait pas monté à la tranchée il fe croit fî néceflaire à notre hifloire qu'il s'imagine qu'elle finit où il a fini il regarde quelques bleffures qu'il a reçues. Et ce vieux homme. dis-je a-t-il quitté le fervice? Il ne l'a point quitté me répondit-il mais le fervice l'a quitté on l'a employé dans une petite place. jouit que du préfent que paffé il ne jouit. Et pourquoi cela. au contraire. me ditil.je tout bas.

pour le font auffi. ne les aura jamais: que celui qui n'a pas ce coup un terrein d'œil qui montre tout d'un coup de plufieurs lieues dans toutes fes fituations différentes cette préfence d'efprit qui fait dans une vi&oire on fe fert de tous fes que de toutes fes refavantages. & le fçait fi bon gré d'être au monde ? C'eil un homme à bonnes fortunes? me T T R e v n 1 s < .ils ne réuffiflent tout au plus qu'à faire ce qu'ils ont fait toute leur vie & il ne faut point commencer aies charger dans le tems qu'ils s'affoibliffenf.par une habitude de petites fes.Le a langui dans les emplois fubakerpatience nés nous les regardons comme des gensdont l'efprit s'eit comme rétréci dans les déchotails &qui. qui n'a pas les qualités d'un général à trente ans. fi vous voulez encore fouffrir celle-ci. & dans un échec Ceft fources. 8c tant d'impertinence ? D'où vient qu'il parle plus haut que les autres. Qui eftee grand jeune homme qui a des cheveux. Un moment après la eufiofîté me reprit & je lui dis Je m'engagea ne vous plus faire de quêtions. font devenus incapables des plus grandes Nous croyons qu'un homme. Dece nombre font ces gens qui ont vieilli dans une guerre obfcure. peu d'efprit. n'acquérera jamais ces talens cela que nous avons des emplois brilpour ïans pour ces hommes grands & fablimes le ciel a partagés non feulement d'un que Se des cœur mais auffid'un génie héroïque ceux dont les talens emplois fubalternes.

je n'ai d'autre emploi quede faire' enrager un mari ou de'fefpe'rer unpère j*aime à allarmer une femmequi croit me tenir. je ne fçais par quel hafard ce jeune hommefe trouva auprès de moi.avec laquelcertaine femle je ne fuis pas mal r il y. monfieur.a bien me dans le monde. on fe leva quelqu'un vint à mon gentilhomme 8c je refiai auffi parler Mais unmoment peu inftruit 'qu'auparavant. vous fâites plus de bruit que le guerrier le plus valeureux c^ vous êtes plus con-fidéré qu'un grave magïïïrat. moniteur faire un tour dans le parterre ? Je lui répondis le plus civilement qu'il me fut poffible. 8c nousfortîmesNenfemble. des gens entrèrent y ^pondit-il. qui peftera un peu mai* qu'y faire ? Je vois les plus jolies femmes de Paris mais je ne mefixe pas à une ôc je leuren donne bien à garder car. entre vous 8c moi je ne vaux pas grand' chofé. &m'adrefv fant la parole II fait beau voudriez-vous. qui vousempêche d'être plusaflidu auprèsd'elles. medit. 8c rintéreiTonsà nosrmoindres démarches.il pour faire: plaifîr à la maîtreffe de la maifon. 6c îa mettre à deux doigts de ma perte mous tommes quelques jeunes gens qui partageons ainfî tout Paris. après. tA ces mots. Apparem-ï ment moniteur lui dis-je que vous avez' quelque charge ou quelque emploi. A ce que je comprens lui dis-je.PE1'tSANES.Non. Je fuis venu à la campagne. d'autres fortirent. Si vousétiez eaP Ferfe? vous ne jouiriez pas dé tous cesavan* VT3' E vji 41 .

fous deviendriezplus propre à gardet tios dames qu'à leur plaire. la perfidie & l'injuftice conduifent à la conlldération l où l'on eftime un homme parce qu'il ôte une fille à fon pere. fur qui le foleiî fouiljette fes premiers regards.tages. pour peu quej'euffe parlé.17131 E T T-R'Ë 8 Il t. je n'aurois pu m'empêcher de le brufquen Que dis-tu d'un pays ou Ton toïerë de pateilles gens & où l'on laiffevivre un homme fait un tel métier ? où l'infidélité. deRabm^n . une femme à fon mari 8c trouble les fociétés les plus douces ôc les plus faintes ? Heureux les enfans d'Hali. Terre natale 8t chérie. . qui les rend femblables aux anges 8c aux puiffances incorporelles. la traqui îiifon le rapt. Le feu me monta au vifage & je crois que. tu n'es point lée par les crimes horribles qui obligent cet âftre à fe cacher dès'qu'il paroit dans le noiï occident.: 'AParis le s de la Lune. qui défendent leurs familles de l'opprobre ôc de la féduélioriÏLa lumiere du jour rt'eft pas plus purs que le feu qui brûle dans le cœur de nos femmes nosfilles ne penfent qu'en tremblant au jour qui doit les priver de cette vertu.

On m'a dit. dans lequel il m'apprit qu'il e'tok homme de me'rite êc de plus capucin. monfieur.voit les pieds uüua C1e CorClC étoitgris groffier. Et que diable me demandez-vous donc ? C*efl: me répondit-il quefi nous avions cet hofpice.capucins du monde.Persanes. nos peres d'Italie y enverroient deux ou trois de leurs religieux. que vous retournez-bientôt à la cour de Perfe. Il me fit d'abord un grand compliment. Mon père. oh vous tenez un rang diftingue' je viens vous demander votre protection & vous prier de nous obtenir du roi une petite habitation auprès de Cafbin pour deux ou trois religieux. tre. 6c je ne troquerois pas ma condition contre celle de tous les. Usbek* l'autre jour dans ma chambre j& Etant vis entrer un-dervis extraordinairement habillé fa barbe defcendoit jufqu'à fa ceinture fon habit î avoit les pieds nuds fon habit de corde it il d. Vous les connoiffez apparemment . pour en faire une fantaifie. h ET Rica TRE à A XLVII. ajouta-t-il. lui dis-je. 6c en quelques endroits pointu le tout me parut fi bifarre que ma premiereidée fut d'envoyer chercher un pein. monfieur me dit-il Je m'en donnerai bien de garde je fuis ici provincial. vous voulez donc aller en Perfe? Moi.

je ne les connois pas. infectes qu^ofent' . monarques voilà ce qui. Si la modeftie eft une vertu rréceiïaire b ceux à qui le ciel a donne de grands talens ç que peut-on dire de ces. ces religieux ? Non.. Voilà les gens que f aime non pas ces fiommes vertueux qui fem> blent être ^tonnés l'être & qui regardent rde ane bonne aélion comme un prodige y dont* fe récit doit fur prendre.a J 'ai vu des gens cBez qui la vertu .etoit & naturelle y qu'ellene fe faifoit pas même fentir ils s'attacHqient à leur devoir fans s'y plier. vos femblables n'êtes point faits pour être tranfplantés &: vous ferez-bien de continuer à ramper dans les endroitsoù. monfieur. & s'y portoient comme par inftina r bien loin de relever par leurs difcours leurs^ rares qualite's il fembîoït qu'elles n'avoienf pas perce jufqu'à eux. < r~li~rri~nrfv AParis fe i s" deTaLumde Rhamti%an) 171ï* E ETTR. s'appelle de belles colonies. & à l' Afie il eft fort néceiTaired'inté-» reffer là-dedans les.L E T T K E ~nt1 S^ t lui dis-je. Allez vous 8c. vous vous êtes engendrés. Eh morbleu que vous ? importe donc qu'ils aillent enPerfe C'eilun beau projet de faire réfpirer l'air de Cafbin à deux capucins cela fera trës-utiîe ckà l'Europe.E XLVIÎIv R i c x.

& ils veulent que l'intérêt qu'ils y prennent les tout fait. lorfqu'elie réfléchit vers le lieu d'où elle part 1 de 11y a quelques jours qu'un homme ce caraâere nous. une fource d'exemples qui ne tarit jamais.$. je fais de la dépenfe mes amis difent que j'ai quelque efprit.accabla pendant deux heures de lui de fon mérite & de fes talens maisv.F E R S A H E . tout penlé ils font un modèle univerfel un fujet de comparaifons inépuifable. mais je ne parle jamais de tout cela I j'ai quelques bonnes . raifon reprit brufqiîement notre difcoureur il n'y a quràfaire comme moi 'tjene me loue jamais j'ai du bien de la naiflance. la converfationjaous Eevint"donc.celfa de parler. qui deshonoreroit les plus grands hommes? Je vois de tous côtés des gens qui parlent fans celle d'eux-mêmes leurs converfations font un miroir qui préfente toujours leur imr ils vous parleront des pertinente figure moindres chofes qui leur font arrivées. faire paroître un orgueil. tout groffiiïe à vos yeux ils ont vu tout dit. Quoi toujours des fors. Un homme quï-paroilblt aCez chagrin commença par fe plaindre de l'ennui répandu dans les converfitions. comme il n'y a point de mouvement perpétuel dans le monde il. Oh que la louange eft fade. ôcnous Is^ primes. qui fe peignent eux-mêmes » & qui ramènent tout à eux ? Vous avez.

AParis le 20delaLune de Rhama^an. dontles intérêts foietît mêlés avec ceux de la Perfe parce qu'il eft ennemi des Turcs comme nous. 1713. 8c ne compromet point fon mérite avec l'orgueil des autres. qui craint ceux qui l'écoutent. celle dont je faisîe plus de cas. Pourquoi faut-il que j'apprenne de tes nouvelles par d'âutres que par toi ? Les ordres du roi des rois the retiennent' depuis cinq ans dans ce pays-ei. Tu fçais que le czar efl:ïë feuî des princes Chrétiens. Son empire eft plusgrand. c'eî ma modeftie. A Paris* O N m'a écrit d'Ifpaliaiï que tu avois quitté la Perfe.queîe nôtre car on compte deux mille lieues depuis Mofcow îufqu'à la derniere place defes états du côté de la Chine. Il eft le maître abfoiu de la vie 8c des . & que tu étois actuellement à Paris.où j'ai termi-. né plufieursiiégociations importantes. J'admirois cet impertinent 8c pendant qu'il parloit tout haut je difois tout bas Heureux celui qui a affezde vanité pour ne dire jamais de bien de lui. Na r g u mj envoyé de Perfe en Mofcoviej « USBEK.Lettresqualités. L E T T R E XLIX.

s'il ne les bat comme il faut une conduiteoppofée de fa part. A voir le climat affreux de la Mofcovie 9 on ne croiroit jamais que ce fût une peine d'enêtre exilé cependant. Ils ont.de foiens tes fujets qui font tous efclaves. à la réfervede quatre familles. ftipulent ordinairement que le mari ne les fouettera pas.dès qu'un grand eft difgracié on le relégue en Sibérie. celle du prince le défendaux Mofcovîtes. qui a marche-pied.point du t&utPerfane. cependant on ne fçauroit croire combien les femmes Mofcovites aiment à être battues elles ne peuvent comprendre qu'elles poffedentle cœur de leur mari. quin'efl. p Quoique les peres au contrat de mariage 'deleurs filles. Voici une lettre qu'uned'elles écrivit derniérement à famere. L&Iieutenant des le ciel pour prophétes le roi des rois. une manière de recevoir leurs hôtes. eft une marque d'indifférence impardonnable. ne fait pas un exercice plus redoutablede fa puiffance. Comme la loi de notre prophète nous défend de boire du vin. MA CHERE MERE» J Efuis la plusmalheureufe femme du monde> il n'ya rien Que n'aie fait gourme faire & je f e ac fnîptc ï s a n e s: mu Çc\r\Y truie e*ft . l'étranger la baife et cela paiTe our une poîitefle faite au mari. Î3ès qu'un étranger entre dans une maifon le mari lui préfentefafemme.

Hier j'avois mille affaires fir. que cefoit je le fer aï fi que prix donne des marquer faudra bien qu'il me qu'il à1 amitié.embraie r ma chm mère. Les Mofcovïtesne peuvent point fortirde • zmh î'empire3quandce feroit pour voyager . qu'on trois que fi quelque voifin venoit aufecoursr rm~ Je votis fupplie ma-chere je Vétranglerais. Ceftce qui larendfîfiere maisjemluiào^r long-tems fujet de me méprifer j'ai neraipas de me faire aimer de mon mari-. Mo* qu'il honnête homme nagifj'oh fere qui eft un fa & il me fouvient lorfquej'ém pas de même fembloit quelquefois qu'il petite fille qu'il. f^T je VL'/lî. & que je vivrai dans la maifon fans qui la moindre chiquenaude qu'il Tonpenfe à moi me donnera.crierai de toute maforce. 4n< & & s'imagine qu'il y va tout de bon. à quelréfolu bien enrager.Ïj E T T R E S irrî. & ÎC> n'ai 'l&W. re. Mafœur efi bien autrement traitée fon mari la roue deelle ne peut pas regarder coups tous les jours. je. Il ne fera pas dit que je ne ferai pas battue.Ù mer de mon mari-. jamais pu y rétif»dans lamaifon. qu'il ne Va$ommefoudain ? ils s'arment beaucoup au(fir & ils vivent de la meilleur te intelligence du monde. me vous aimoit trop. de vouloir bien représenter me traite d'une manière indigne. pas un feul mot. un homme. dehors je &jê demeurai tout le jour iefortis crus à mon retour qu'il me battrok bien fort mais il ne me dit. te vous. a mon mari.

lé De Mq/coM 2de la Lune de Qihalval i.713. & va chercher dans l'Europe d'autresprovinces 8c de nouveaux royaumes. comme s'ils ne pouvoient le contenir. & ne néglige rien pour porter dans l'Europe 8c l'Afie la gloire de fa nation oubliée jufqu'ici. & prefque uniquement connue d'ellemême. Inquiet. Il s'attache à faire fleurir les arts. loix du pays? des autres nations parles 1. Jet'embraffe. ïi les quitte. -4.- . 8c fans cefle agité. féparés ils ont conferve leurs anciennes coutumes avtc d'autant plus d'attachement qu'ils ne croyoientpas qu'il fût poffible qu'on en pût avoir d'autres.: 1. il erre dans fe& vaftesétats biffant par tout des marques de fafévérité naturelle. mon cher UfbeK:donne-moi 4e tes nouvelles je te conjure. Mais le prince qui regne à préfent a voulu tout changer il a eu de grands démêlés avec eux au fujet de leur barbe le clergé & les moinesn'ont pas moins combattu en faveus deleurignorance.P E R S A TU E S.

une de foixante.L"U .4 « Useek. J'allai à cette malheureufe femme de foixante ans & la plaignois dans mon ame lorfqu'elle me dit à l'oreille Y a-t-il rien de fi ridicule? Voyez cette femme qui a quatre-vingt ans.: elle veut faire la jeune 6c elle y re'uffît car cela approche de l'enfance.qui a pour le moins foixante ans qui a pafle aujourd'hui plus d'une heure à fa toilette? C'eft dutems perdu.J mes de tous les âges unedequatre-vingtans. '-1. t.l.) ~:L. bon Dieu dis-je en moi-même. J e*t o i s l'autre jour dans une fociéte.unbon- .j.. Se qui met des rubans couleur de feu.L n TTJlï E i LETTRE Rica . qui me dit Que dites-vous de cette femme . Un moment après je nie trouvai auprès de fa tante.Ily avoit là des fem.à fon âge veut avoir des amans 8£ fait encore la jolie ? Elle a tort. une de quarante.t. Ah. ouï je me divertis affezbien.. ne fentirons-nous jamais que le ridicule des autre*?'C'eft peut être. lui dis-je c'efturi deffein qui ne convient qu'à vous. laquelle avoit une nièce qui pouvoit en avoir vingt ou vingt-deux.. & elle me dit à l'oreille Que dites-vous de ma tante.e fl-. Un certain inftinèt mefit approcher de cette derniere. qui.L. lui dis-je ôc il faut avoir vos charmes pour devoir y fonger.IoV\I.

que vous n'avez certainement pas & ces couleurs vives qui paroiffent fur votre teint Attendez. Ma foi. Madame. F1~ vraiment. F|U" tre devra avoir grand' peur je ne crois pas qu'il y ait d'elle à moideux jours de diffe'ren^ ce.' Ireur difois-je enfuite que nous trouvions âe la confolation dans les foiblefTesd'autrui. je ne crois pas qu'il y ait fix mois de différence. Madame faites^ de moila grâce de me dire fî c'efl:pour rire que vousappeliez cette demoîfelîe qui eft à l'autre table. Bon m'y voilà continuons. & commènçons parla vieille qui eft au fommet. Il faut. Eh 'tTf'a'l"m ent. mais fa jîîeré avôit pour le moins vingt-cinq ans plus que moi nous n'e'cions . dit-elle. fieur. j'ai Qui dire à feue nia . ~A~ l'np'r~yP monâgéesl'une que l'l11trp.F ï R S A H E J.medit-elle lorfque l'une mourra. 8c je dis Nous avons affez monte' defcendons à préfent. mon". Je çlèfcÈncKs encore &j'allai à la femme quarante ans. vous vous reffemblezfi fort cette dame à qui je viens de parler 8c vous qu'il femble que vous foyez deux fœurs & je ne crois pas que vous foyez plus Fautre. votre niècei? Vous êtes auM jeune qu'elle elle a même quelque chofe dans le vifagede paffé.pas de même lit". madame que vous de'cidiez un pari que j'ai fait J'ai gagé que cette dame &: vous lui montrant la femme dé quarante ans étiez de même âge. Quandje tïns cette femme décre'pite j'allai à celle defoixantê ans. me dit-elle je fuis fatante.me divertir. Cependant j'e'tois en train de.

Jam ri'até.t E T T R ES jfœur que fa fille &: moi naquîmes la même & jeF année. Et pourquoi erois.je de-la réfiftance. s-in* t L E T T R E LI. ..êc deTomhre vaine qu'on lui présente? Que veut-elle faire de cet infortuné qui n'aura d'un mari que la jaîoufie qui ne fortira de fa froideur que pour entrer dans un defefpoir inutile qui fe rappellera toujours la mémoire de ce qu'il a été pour la faire 's fouvenir de ce qu'il n'efl. eunuque blanc pour mon efclave Zélide illa demande en mariage avec tant de fureur.plus affligeante de toutes les idées. que je ne puis la lui refufer. AParis le 3 de la Lune de Chdval.plu« A ispafîîon forte é 8cpîusvîve que celle de Cofrou. Je le difois bien madame n'avois pas tort d'être étonné. & pour fe dérober à la . plus qui toujours • . Eh comment ne chercheroient-elles pas. Zelis à Usbek.à tromperles autres? Elles font tous leurs efforts pour fe tromper elles-mêmes. Mon cher UfbeK les femmes qui fe fentent Enir d'avance par la perte de leurs agrémens > ^Qudroientreculer vers la jeuneffe.1:. f lorfque fa mèren'en fait pas &que Zélide elle-même paroîtfatisfaite de ridée de cemariage impofteur. v ". An A Paris.

» maisnon pas d'être fenfible & que dans cet état oneft comme dans un troifierne fens oii l'on ne fait. 8c *S\n Jm donnant jamais. &jamaispour pofîeder? Je cherche l'amour 8t je ne le vois pas. 9 jptet fe trompera. *±>W «-*AaJ* Q-V «^r\ ne fe Ji y-*«^1 à ie donner. pour ainïi dire.1t 9 A'Í1E§. .. que la nature fe dédommagede fes pertes qu'elle a desrefTour-» ces qui réparent le défavantage de leur condition qu'on peut bien ceiTerd'être homme:..eunuques goûtent avec lesfemmesune/orte de volupté.fait uniquement pour garder. que changer de plaiîirs.àia pudeur feinte de mescompagnes^ Je t'ai oui dire mille fois que les.. la tromperafans ceiTe & lui fera effuyer à chaqueinftant tous les malheurs de fa condition? Et quoi être toujours dans les images & .. Si cela étoit je trouverois Zélide moins à plaindre c'efl:quelque chofe de vivre avec desgens moins malheureux. au lieu de répondre à fes foupirs ne répondre qu'à fes <* regrets? Quel mépris ne doit-on pas avoir pour ua hommede cette efpéce. qui nous eft inconnue. Je te parle librement parce que tu aimes manaïveté & que tu préfères mon air libre ôc ma fenfibiiitépour les plaifirs .dansles phantômes? ne vivre que pour imaginer? fe trouver toujours auprès des plaifirs & jamais dans les plaifirs ? languiffante dans les bras d'un malheureux.

fans que quatre jours vieillirent dans ma j'en aie pu faire le moindre ufage fi celacon« tinue je crois qu'à la fin je ferai un fot 11 r 1 1_ femble 1 . Adieu.6c percée en plufieurs endroits de manière qu'on entend tout ce qui fe dit dans la chambre voifine. qui fe promenoit à grands pas.L e t t s. Un homme. difoit à un autre Je ne fçais ce que c'efl mais tout fe tourne contre moi: Il y a plusde trois jours que je n'ai rien dit qui m'ait fait honneur 8c je me fuis trouvé confondu pêle-mêle dans toutes les conversations fans qu'on ait fait la moindre attention à moi 8c qu'on m'ait deux fois adrefféla parole. e s Donne-moi tes ordres la-delius Se faisrnoi fçavoir û tu veux que le mariage s'ao compliffe dans le ferrail. 1713. on l'a efquive' comme je l'avois fait çxprès j'ai quelques bons mots qui depuQ tête. comme tu fçais n'eft féparée des autres que par une cloifon fort mince . A J E' t o 1s ce matin dans ma chambre !aa quelle. J'avois préparé quelques faillies pour relever mon difcours jamais on n'a voulu fouffrir que je les fiffe venir j'avois un conte fort joli à faire mais à mefure que j'ai voulu l'approfi cher. L E T T R E Lit RlCA'à USBEK. \r les deU 1 Du ferrailtflfpahan ~'t"'r1"0C' 1%f~t~P~ Lunsde Cludval.

qui certainement ne m'impofent point. le fil de tous mes difcours. 8c je devois dire les plus jolies chofes du monde je fus plus d'un quart d'heure à diriger ma converfation mais ellesne tinrent jamais un d comme es propos Suivi. Hierj'avôis efpéré de briller avec trois ou quatre vieilles femmes.femble que étoile que je ne puïffe m'endifpenfer. reprit l'autre travailIons de concert à nous donnerdei'ëfprit affocions-nous pour cela nous nous dirons chacun tous les jours de quoi nous devons parler & nous nousfecourerons £ bien. F P B R S N E S. que. Nous nous protégerons par des lignes de tête mutuels tu brilleras aujourd'hui. P Q_ ce foit mon ·m_ & . & elles coupèrent Parques fatales. demain tu feras mon fecond j'entrerai avec toi dans une maifon 8c je m'écrierai en te montrant II faut queje vous dife une réponfe bien Tome I. fi quelqu'un vient nous interrompre au milieu de nos idées nous l'attirerons nous-mêmes 8ç s'il ne veut pas venir de bon gré nous lui ferons violence. Il me vient dans l'idée une chofe. Nous conviendrons des endroits oùil faudra approuver deceux où il faudra fourire des autres oii il faudra riretout^à-fait 8c à gorgedéployée tu verras que nous donnerons le ton à toutes les converfations & qu'on admirera la vivacité de notre efprit 8cle bonheur de nos reparties. Veux-tu que je te dife ? la réputation de bel efprit coûte bien à fouteriir je ne fçais comment tu as fait pour y parvenir.

Mais il faudra avoir une attention c'eft de foutenir leur fortune ce n'eft pas tout que de dire un bon mot il faut le répandre &:le femer par tout. & il ne rêva pas *m moment.on ne dira pas que nous nous étions efcarfnouchés dès la veille. autant de perdu. Il faudra acheter de ^certainslivres qui font des recueils de bons mots compofés à l'ufage de ceux qui n'ont pas. me que nous avons trouvé dans la rue Et je' 2iietournerai vers toi II ne s'y attendoit pas. mon !L E T T R S S Al • ci- .. Voilà. fans cela. il a été bien étonné. Souvent même nous nous raillerons toi 8c moi ôc l'on dira Voyez comme ils s'attaquent. le parti qu'il nous faut sion. Il eft vrai que fouvent il y a une com8c que nous difons auffi bien des penfetion fotifes qui paffent incognito &c'eft la feule chofe qui peut nous confoier dans cette occacher. Mais .plaifante que monteur vient de faireàunhom. &je t'avoue qu'il n'y a rien de fi défolantque de voir une jolie chofe qu'on a dite mourir dans roreille d'un fot qui l'entend..d'efprit 8c qui en veulent contrefaire tout dépend d'avoir des modèles je veux qu'avant fix mois nous foyons en état de teiûr une. comme ils fe défendent ils ne s'épargnent pas voyons comment il fortira de-là à merveille quelle préfence 4'efprit ï voilà une véritable bataille. Je réciterai quelques-uns mes <de vers & tu diras: J'y étois quandil les -|k c'étoit dans un fouper. converfation d'une îieuretpute remplie de bons mots.

1~= & je te prodirai. LETTRE Ri c A a à Ibbe Smirne. prendre mets avant fix mois une place à l'académie c'eft pour te dire que le travail ne fera pas long car pour lors tu pourras renoncer à ton art. c'e. qui disputent le terrein quelquefois des mois entiers 1:il. LIII. A Paris le6 delaLune de ZUea. n. On remarque en France que dès qu'un homme entre dans une compagnie. Fij . tu feras homme d'efprit malgré que tu en aies. il prend d'abord ce qu'on appelle l'efprit du corps tu en feras de même & je ne crains pour toi que rembarras des applaudiffemens.ft qu'elles n'ont rien à perdre mais on fçait toujours chofe honteufe 1 le moment de leur défaite 8cfans confulter les aftres on peut prédire au jufte l'heure de la naiflance de leurs enfans.Persanes* 0fais ce que je te . Les François ne parlent prefque jamais de leurs femmes c'eil qu'ils ont peur d'en parler devant des gens qui le! connoiffent mieux qu'eux. CHEZ les peuples d'Europe le premier quart d'heure du mariage applanit toutes les difficultés les dernieres fayeurs font toujours de même date que la bénédictionnuptiale les femmesn'y font point commjenosrPerfanes.de 17 14.n'y rien de fi plériier fi elles ne a perdent rien.

ce font lesmaris jaloux. au préjudice d'une foeiété entière:. il en a que tout le mondehait. qui s'approprie ce qui ne lui avoit été donné qu'en engagement & qui agit autant qu'il eften lui pour renverfer une convention tacite. Ce ~.lesvoiles qui les couvrent les prifons où ellesfont détenues. qui fait le bonheur de Fun Se de l'autre fexe.6c comme un infenfé qui youdroit jouir de là lumière du foleil à i^exclufioridesautreshommes.E~r.hommes tres-mâlheu« il y a parmi rêux que perfonne ne confole ce font les maris jaloux.cefont Àuffin'y a-t-il point de pays oii ils foient en fi petit nombre que chez les Françoisrleur tranquillité n?eft pas fondée*furla confiance qu'ils ont en leurs femmes c'eft au contraire fur la mauvaife opinionqu'ils en ont toutes les feges précautionsdes Asiatiques. Ici un mari qui aimefa femme eft un hom*: me qui n'a pas aiïez de mérite pour fe faire ai=mer d'une autre qui abufe de lanécefliîé de la loi pour fuppléer aux agrémens qui lui manquent qui fefert de fous fes avantages. la vigilancç deseunuques.Ici les maris prennent leur parti de bonne grâce 8cregardent les infidélités comme des coups d'un© étoile inévitable.il y en a que tous leshomencore les maris jaloux» iBesme'prifenÉ. Unmariquivoudïoitfeul pofleder fa femme.leurparoiffent des moyens plus propres à exercer l'induftrie du fexe qu'àlalaifçr».~c~ i < eux des s . feroit regarde comme un perturbateur dela joiepublique.

iîs ne fe croient plusengagés à la leur.-Persan ~i ~1~t111n~~1. Cen'eft pasqu'il n'y ait des damesvertuèufes & on peut dire qu'elles font diftinguées jnon conducteur meles faifoit toujours remarquer maiselles croient toutes û laides qu'ilfaut êtreunfaintpour ne pashaïr la vertu.on le loue defa prudence il n'y a queles cas particuliersqui deshonorent. Après ce queje t'ai dit des mœurs de ce pays-ci. Quandils promettent^ à une femme qu'ils l'aimeront toujours j ils d'êfuppofentqu'elle de fon côté leur promet tre toujours aimable 8c fi elle manque à fa parole. titré de mari d'une jolie femme qui le cache en Afîeavec tant de foin fe porteici fans inquiétude on fe fent en état de faire diverfîon partout: Unprince fe confolede la perte d'u-* ne place par la prife d'une autre dans le" tems que le Ture nous prenoit Bagdat. n'enlevions-nous pas auMogollà fortereife de Candahor ? Un homme qui en ge'néral fouffre les in*fidélités defa femme n'eft pointdéfapprou. 1714.vé au contraire.r1~lG d es. tu t'imaginesfaeilemëhtque îesFran*çois ne s'y piquent guéres de confiance ils croient qu'il eft auffi ridicule de jurer à une femmequ'on l'aimera toujours que^e&tu* tenir qu'on fe portera toujours bïen. F iiï 0 .ou qu'oiâ fera toujours heureux. AParis i le 7 de la Luné de}Zilcad&.

IEBEN. nir & cette pafFxon autres» Elles veulentruiner leurs maris 8c pour f parvenir.paflîon pour le jeufemble rajeuremplit tout le vuidedei. de probité il met tout homme quile porte au rang des honnêtes gens •fansexamen quoiqu'il n'y ait perfonne qui ne feache qu'en jugeant ainfï. le jeu l'achevé. É T t TU S LETTRE UîBEK à LÏV. J'ai vu fouvent neuf ou dix femmes.•t. depuis la plus tendre jéunefle jufqu'à la viciHefle la plus de'ere'pite: les habits 6cles équipages commencent le dérangement ta coquetterie l'augmente. leur. ou plutôt neuf ou dix fiécles. Les femmes y fontfur-tout très-^données: il eit vrai qu'elles ne s'y livrent guéres dan* leur jeuneffe que pour favcrifer une paffion chère mais à mefure qu'elles vieillifplus fènt. rangées autour d'une table je les ai vues dans leurs efpérances. de bien. A Smirne. la E jeu eft très en ufage en Europe c'efi un état que d'être joueur ce feul titre tient liett de naiffance.* il s'eft trompé très-fouvent ornais on eu convenu d'être incorrigible. dansleurs craintes dans leurs joies furx tout dans leurs fureurs tu aurois dit qu'elles . elles ont des moyens pour tous les âges.

r_ le tems de s'appàifer 8£ n'auroient jamais avant leur défetq e la vie alloit les quitter fi ceux qu'elles'« poir tu aurois été en doute ou leurs?, payoient étoient leurs créanciers,

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S À N É S`:

légataires. Il femble que notre faint prophète ait eu de tout principalement en vue de nous priver ce qui peut troubler notre raifon il nous a interdit l'ufagé du vin qui la tient enfevelie£ il nous a par un précepte, exprès, défendu? les jeux de hafard 8c quandil lui a été irrvpoïïïble d'oter la caufe des paffions ,il les ac amorties. L'amour parmi nous ne pôïfe ni trouble ni fureur c'eiVune pafîion languit fante qui laifle notre ame dans le calme la pluralité des femmes nous fauve'de leur" empire elle tempere la violence de noé defîrs*
A Paris

deZilhagê 1714» L V,

le 16 de la Lutté

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E T T R E
ÙSBEK à Ê.HÉDIV

A Venife. Ijes libertins entretiennent ici un nombre infini*defillesde joie ;• &' dévots un nomles bre innombrable de dervis. Ces dervK font trois vœux, d'obéiflance »de pauvreté 8c de' chafteté. On dit que le premier eft le mieutf obfervé de tous quant au fécond je te répons qu'il ne l'eft point je te iaifle à juger du5 troifu'me. F iv

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Mais quelque riches que foient ces dervis, ils ne quittent jamais la qualité de pauvres; notre glorieux fultan renonceroit plutôt à fes magnifiques & fublimes titres: ils ont raifon car ce titre de pauvres les empêche de l'être. Les médecins 8c quelques-uns de ces dervis, qu'on appelle confefleurs font toujours ici ou trop eiHmés ou trop méprifés cependant on dit queles héritiers s'accommodent mieux des médecins que des confeffeurs. Je fus l'autre jour dans un couvent de ces. dervis un d'entr'eux, vénérable par fes cheveux blancs, m'accueillit fort honnêtement; 8c après m'avoir fait voir toute la maifon il me mena dansle jardiru où nous nous mîmes à difcourir. Mon père lui dis-je quel emploi avez-vous dans la communauté? Moniteur me re'pondit-il avec un air très-content de ma queflion, je fuis cafuifte. Çafuifle reprisjeîDepuisque je fuisen France,je n'ai pas oui parler de cette chargé.Hé quoi vous nëfçavez pas ce quec'efl qu'un cafuifte? Hé bien, écoutez je vais vous en donner une idée, qui ne vous lailTerarien à defîrer. Il y a deux fortes de péchés de mortels, qui excluent ab{blument du paradis; de "véniels, quioffenfent Dieu à la vérité, mais ne l'irritent pas au pointde nous priver de la béatitude Or tout notre art confiRe à bien diftinguer ces deux fgrtes de péchés car,à la réferve de quelques libertins, tous les Chrétiens veulent gagner
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f E R S A N E S. le paradis mais il n'ya,guéres perionne qui ne le veuille gagner à meilleur marché qu'il eft poffible.Quand on eannok bien tes péchés mortels on tâcJie de ne pas commettre de ceux-là ôc l'on fait fon affaire, Il y a des hommes qui n'afpirent pas aune fi grande perfection 8c comme ils n'ont point d'ambifion ils ne fe foucient pas des premières plails ces aufïi- entrent en para<3is plusjufte le qu'ils y foient, cela qu'ils peuvent • pourvu leur leur fuffi-t.: but eH de n'en faire ni plus ni moins. Ce {ont des gens qui raviffent le ciel i plutôt qu'ils ne l'obtiennent ,•&qui difent à Dieu Seigneur, j'ai accompli les conditions à la rigueur vous ne pouvez vous empêcher de tenir vos promeiTes comme je n'en ai pas fait plus que vous n'en avez demandé je vousdifpenfe de m'en accorder plus que vous n'en avez promis. Nous fommes donc des gens néceffaires monfieur. Ce n'elî pas tout pourtant • vous allez,bien voir àiitré.chofe. L'aétion ne fait pas le crime c'eft la connoiffance de celui qui la commet celui qui fait un mal, tandisqu'il peut croire que ce n'en efi pas un eft en fureté de confcience Se comme il y a un nombre infini d'aélions équivoques uncar fuifte peut leur donner un degré de bonté qu'elles n'ont point, en les qualifiant tel-les% & pourvu qu'il puilTe perfuader qu'elles n'ontt pas de venin ilîe leur ôte tout entier. Je vous dis ici h feciet d'un métier oii j'ai F v

vieilli je vous en fais voir les râfinemens îi? y a un tour à donner à tout même aux chofes qui en paroiffent les moins âifceptibles. Mon pere, lui dis-je, cela eftfort bon mais comment vous accommodez -^voas avec le ciel ? Si le grand Sophi avoit dans £a cour un homme comme vous, qui fît à fon égard ce que vous faites contre votre Dieu, qui mît de la différence entre fes ordres &:qui apprît à fes fujets dans quel cas ils doivent les exécuter 8cdans quel autre ils peuvent tes violer il le feroit empalerfur l'heure. Là-deffusje faIuai mon dervis, 8c le quittai fans attendre fa réponfe.
A Paris le 23de la Lune
,.1714. de Maharram

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LETTRE
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Rica à Rhe bi, A Venife. A Paris, mon cher Rhedi il y a bien des métiers. Là un homme obligeant vient pour un peu d'argent vous offrir le fecret de faire de l'or. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les efprits aériens pourvu queï vous foyez feulement trente ans fans voir de femmes. Vous trouverez enfuite des devins fi habiles qu'ils vous diront toute votre vie pourvu qu'ils aient feulement eu un ^quiart-

P E ït s À n i £*'d'heure de converfation avec vos domeiuques. Des femmes adroites font de la virginité une fleur, qui périt & renaît tous les jours, & fe cueille la centiéme fois plus douloureufement que la première. Il y en a d'autres qui réparant par la forée" de leur art toutesles injures du tems, fçavent rétablir fur un vifageunebeautéqui chancel. le 8c même rappeller une femme du fommef de la vieilleiTe pour la faire redefcendre jusqu'à la jeun euela plus tendre. Tous ces gens* vivent, ou cherchent à là vivre, dans une ville qui eft la mere de l'invention. Les revenus des citoyens ne s'y afferment point ils ne corififtent qu'en efprit de en induflrie chacun a la fîenne qu'il fait valoir de fonmieux. Qui voudroit nombrer tous les géhsde toi qui pourfui vent le revenu de quelque raofr quçe, auroitauffitôt covmptéles Tablesde ïâf mer 8c les^efclavesdenotre monarque. Un nombre infini de maîtres de langues"^ d'arts 8c de fciencës enfeignent ce qp'ilsnefçavent pas & ce talent eft bieircorffidérable car il ne faut pasbeaucoup d*efpritpourf montrer ce qu'on fçaif maisil en faut infini*^ ment pour enfeigner ce qu'onignore:On ne peut mourir ici que fubitement ïk1 · mort ne fçaUtoit autrement exercer fort enx; fire car il ya danstous' les coins des gens^u^ Fvj.

L JE T T.ÏL ES S ont des remédes infaillibles contre toutes les maladies imaginables. Toutes les boutiques font tendues de 'filets invifibles où fevont prendre tous les acheteurs l'on en fort pourtant quelquefois à bon marché une jeune marchande cajole un homme une heure entière pour lui faire acheter un paquet de curedents. Il n'y a perfonne-quine forte de cette ville à force plus précautionné qu'il, n'y efl entre de fàire part de Conbien aux autres, on apprend à le conferver feul avantage des étrangers dans cette ville enchantereiïe.
De Paris, le 10 de la Lune 1714. deSaphar,

k E T T R E L V I I.. Rica à Usbek. A où J'e't o 1s l'autre jour dans une rhaifon, il y avoit un cercle de gens de toute efpéce je trouvai la conversation occupée par deux vieilles femmes, qui avoient en vain travaillé tout le matin à fe rajeunir. Il faut avouer difoit uned'entr'elles que les hommes d'aunous jourd'hui font bien différens de ceux que ils étoient povoyions dans notre jeunefe lis gracieux, complaifans mais à préfent je les trouve d'une brutalité infupportable.Tout eft changé, dit pour lors un homme qui paroiiToitaccablé de goutte le tems n'eft-plus

P E R S A.N E S. comme il étoit il y a quarante ans tout lé monde fe portoitbien onm^rchoit, on étoitgai, on ne demandoit qu'à rire Se à danfer à préfent tout le mondeelt d'une triftefle infupporrable. Un moment:après la converfation tourna du côté de la politique Morbleu, f dit un vieux feigneur,l'état n'eft plus gouverné trouvez-moi à préfent un minière comme monfieur Colbert je le connoiiToisbeau-: coup ce moniteur Colbert il étoit de mes amisjil mefaifoit toujours payer de mespenfions avant qui que ce fût le bel ordre qu'il y avoit dans les finances l tout le monde étoit à fori aife mais aujourd'hui je fuis ruiné. Monfieur dit pour lors un eccléfiaftique, vous parlez l~ du teins le pluszzyra~uleil~ Cie VO11Sparlez là dtl t~âyS i~ ~uŸÜS" miraculeux de notre invincible monarque y a-t-il rien de fi grand que ce qu'il faifoit alors pour détruirel'hérefie ? Et comptez-vous pour rien l'abolition des duels, dit, d'un air content, un autre liomme qui n'avoit point encore parlé XLa remarque èft Judicieufe,,me dit queleft qu'un à l'oreille cet homme charmé de l'édif; ôciU'obfervefi bien, qu'il y a fix mois qu'il reçut cent coups de bâton, pour ne le pas vioier. 11me femble, UibeK que nous ne jugeons jamais des chofes que par un retour fecrét que nous faifonsfur nous-mêmes. Je ne fuis pas furpnsque les Nègres peignent le oiable d'une blancheuréblouiiïante & leurs Dielix noirs comme du^charbon;,quela Vénus de

qui lui: certains peuples pendent jufques aux cuiffes 8c qu'enfin tous les idolâtres aient repréfentë leurs Meu^r avec une figure humaine, 8c leur aient fait de toutes leurs inclinations. On a dit fort part bien, que fi tes triangles fàifoïenf unDi'eu,ils lui donneroient trois côte's. Mon cher UfbeK, quand je v-ns des hommes qui rampent fur un atome, c'eft-à-dire la terre qùi n'eit qu'un point de l'univers fe1 de la propropofer directement pour modèles vidence, je ne fçais comment accorder tant' d'extravagance avec tant de petiteffe. DeParis, le14dela Lunf
de Saphar, 17 14.

Lettre sf 1-- mammelles .u ait des

L E T T R E LVIIï^ Usbek à I'b b en. A Smirne.' T V me demandes s'il ya desJuifs en FrSîîce ? Sçaches que par-tout où il y a de l'argent, il y a des Juifs. Tu- me demandesce qu'ils y font? Précifément ce qu'ils font en Perfe rien ne reflemble plus à un Juif d'Afiej qu'un Juif Européen. Ils font paroître chezles Chrétiens cota* îne parmi nous une obfti nation invincible pour leur religion qui va jufqu'à la folie. La religion Juive eft un vieux tronc qui a produit deux branches qui ont couvert toute la terre, je veux dire le Mahomédfme àc ?

en fait de religion. c'efl unemeré qui a engendré deuxelles. ils croient' qu'ils aûroient' été facilement féduits rftais comme il s'ëft fait toutà-coup 8c d'une maniere violente.le Chriftianifmeou plutôt. Mais quelques mauvais traitémens qu'elle eh.P Ë S. Si le changement s'e'toit fait infenfifeiement. rable embraiTetous Tes Les Juifs fe regardent donc comme la fource de toute faint|fe 8c l'origine de toute religion î ils nous regardent au contraire comme des hérétiques qui ont cîîangé la loi oir plutôt comme des Juifs rebéles. On s'eft apperçu que le zéîe . commeils peuvent marquerle jour 6c l'heure de Pùne & de l'autre riaiflance ils fe fçandaîifent de trouver en nous des âges & fe tiennent fermesà une religion quele monde même n'a pas précédée. qui l'ont accablée* de mille plaies car. les plus proches font les plus grandesennemies. On com-? mence à fe délaire. elle ne laiffe pas de fe glorifierde les avoir mifes au monde elle fe fort de l'une 8c de l'autre pour embrafler le monde entier tandis que d'un autre côté fa vieillefle vénéîerns. « A NE S. 8cen France d'avoir fatigué des Chrétiens dont la croyance di:fféroit un peu de celle du prince. lis n'ont jamais eu dans l'Europe un calme pareil à celui dont ils jouiifent. ait reçu. parmiles Chrétiens de cer on efprit d'intolérance qui les animoit s'eftmal trouvé en Efpagne de les avoir chaffés.

envient le bonheur de notre état. pour Faimer 8c l'obfeiver il n'ell pas fiéceflairede haïr ôc d« perfe'cuter eeux qui ne l'obfervent pas.&_ refpecl:. Il feroit à fouhaiter que nos Mufulmans penfaffentaufli fenfément fur cet article. que les Chrétiens. ou bien fousle marche. J'entrai l'antre jour dans une égiife hmeufe qu'on appelle Notre-Dame pendant que fadmiïois ce fuperbe édifice. La quela converfation tomba for la tranquillité de fa me dit. j'eus pecafîon de m'entretenir avec un eecléfiaftique 3. A Venlfe. La plupart des gens. & non pas par. que l'on pût une bonne fois faire la paix entreHali & AbubeKer 8claiffer à Dieu le foin de décider des mérites de ces faints prophètes: jeveudrois qu'on les hode norât par des actes de vénération . ôc ils ont .de vaines préférences & qu'on cherchât à mériter leur faveur ^quelque place que Dieu leur ait marquée foit à fa droite.L_JpT'"M~< T t-R é _~1: û LÎ3L LETTRE tlsBEKi RffEDÏ. eâ différent de l'attachement qu'on doit avoir pour elle 5 &êque.il profeffion.Lé pour les progrès de la religion. euriofîté y avoit attiré comme moi.pied de fon frône* APariPileiîdeldLzm? de Saphar 1714» .

Des que nous y parolÇoûs. Il y a plus une certaine .E JR S A M E .& d'impofec aux libertins non pas par un caraéiere décidé. • Les gens du monde font étonnans ils ne peuvent fouffrir notre approbatioB*.Cen'èft p^tstout» Cet état fi Heureux &fî tranquille y que l'on vante tant'. qui fé livrent à toutes leurs faillies^ qui félon le fuccësles poaffenï pules d&®.. . ni nos cenfures fi nous les voulons corrigerais nous trouvent ridicules fî nous les approuvons y.. Il n'y a rien de fi humi-. liant que de penfer qu'on a fçandalifé les impies mêmes Nous fommes donc obligés de tenir une conduite équivoque . Futilité dela prière à un homme qui ne croit. neutralité eft difficile les gens du monde qui hafardent tout. pas en Dieu la néçefîité du jeûne. nous ne le confervons pas dans le monde. à un autre qui a nié toute fa vie l'immortalité de l'amet. onnousfait difpXitér on nous fait entreprendre par exemple de prouver.$iàûmn$ réu£nf iiflentbîenniïeu^.Sï raifon Cependant il a fes défagremens nous ne fommes point fi féparés dumonde que nous n'y foyons appelles en mille occafions là nous avons un rôle très-difficile à foutenir.P. ils nous regardent comme des gens au-deffous de notre caractère.. mais par rincerti^de oïl nousles mettons de la manière dont nous recevonsleursdifcours il faut avoir beaucoupcf efpritpour cela cet état de. l'entreprife eft laborieufe & les rieurs ne font pas pour nous.

# Vaïfler en faveur de la nature humaine à blanchir le vifage des Africains. à l'état. Nous troublons l'état nous nous tourmentons nous mêmes à faire recevoir des points de religion. Cela eft auffi ridicule. attachée à notre profeffion. refqui ne font point fondamentaux 8c nous femblons à ce conquérant de la Chine qui pouffafes fujets à unerévolte générale pour les avoir voulu obliger à fe rogner les cheveux ou les ongles. que fi on voyoit les Européens tra. Qu'importoit à la reUgiortcu. criayant enfuite fait la pénitence qu'un tel me exïgeoit. évês'alla placer parmi les prêtres le même que l'en fit fortix & en cela il commit l'action d'un fanatique 8c d'un fou tant il eft vrai que Ton doit fe défier de fon zèle. Cet empereur. Un empereur nomme Théodofe fit paffer au fil de l'épée tous les habitans d'une ville.nt eglife un évêque nommé Ambroife lui fit fermer les portes comme àun meurtrier & un facnlége & en cela il fitune adion héroïque'. quece 0 0 tïl'îRES 1 autres dans nos les A- . ayant étç admis dans Péglife. Le zèle même que nous avons pour faire îemplir à ceux dont#>us femmes chargés les devoirs de notre fainte religion eft fouvent dangereux 8c ilnefçauroit être accompagné -de trop de prudence.opinions } envie d'attirer îtous tourmente fans cefTe 8ceft pour ainfï dire. même les ferames & les petits enfans s'étant enfùite préfenté pour entrer dans u.

pour confier aux eunuquesnoirs. LX. qui les condamnant au ferrail plutôt qu'elles ne les y consacrent. j'aï cru qu'il étoit teins de la faire pafTerdans le» ne appartemens inte'riewrs du ferrail. Faut-il tout attendre de la force de la raifon ôc tien de ta douceur derhabitude? C'ett en vain quel'on nous parle de la fubordination ou la nature nous a mifes ce n'eft pas affez de nous la faire fentir il faut. & de la peint* attendre qu'elle ait dix ans. ou n'eût pas.F E R S A S 1Ë S. LETTRE Zelis à Usbek. A Paris. On ne* fçauroit de trop bonne heure priver une jeune perfonne des liberte's de renfance.8c lui donner une éducation fainte dans les facrés murs oii la pudeur habite r Car je ne puis être de l'avis de ces meresV qui ne renferment leursfilles que lorfqu'elles u font fur le point de leur donner n e'poux. une place parmile"» prétres ? là De Paris le i de Lune de Rebiâb 1. T A fille ayant atteint fa feptie'meannée. nous la fake pratiquer afîfiqu'elle nous foutienne dans ce tems critique où les paiTions . leur font embrafferviolemment une manière de vie qu'elles auraient dû leur infpirer. A prince eût. 171+.

fïtuatiori fôit plus heureufe que la mienne. animés de leur félkltéielïe flousa mis dansle feu des panions. Si nous n'étions attachées à vous que parle devoir i nous ourrions quelquefoisl'oublier: p fi nous n'y étions entraînées que pat le pen5*~ chant. Mais quand les lôfac nous nent à un homme elles nous dérobent à tous les autres & nous mettent auffiloin d'euxy cent mille lieues. que fi nous en étions à La nature. ta jaloufïe tes chagrins. j'ai goûté ici mille plailîrs quetu ne connois à pas mon imagination a travaillé fans ceffe m'en faire connoitre le prix j'ai vécu ôe tu N n'as fait que languir. L fi t à naître à naître t s. UfbeK.ne ^imaginé pas gueta. peut-être un penchant plu fort pourdonroit i'affbiblir. ne s'eft pas bornée à leur donner derdefirs elle a voulu que nous en euffioflsnousmêmes & que nous fuflîons des inftrurnërïs. elle noàs a deftinées à les y faire rentrer. s s 8slnous Se-anous . fans que nous état oit faufilons jamais goûter cet heureux nousles ffiëttônsv Cependant.commencent encourager à l'indépendance. que je ne jouiffe de tes inquiétudes & tes foupde çons. pour les fsïre vivre tranquilles s'ils fortent deleur infenfîbtïfté. font autant marques de ta dépendance. induflrieufe en faveur des homr mes. Dans la prifon même où tu me retiens je fuis plus libre que toi tu ne fçaurois redoubler tes attentions pour mefaire garder.

ne fuis plus fl étonne' voit Je dans une maifon cinq où fispfemmes. A# ? JiJ Ç V$ E£. Continue. . que tu y raifonnes tout à ton aife il n'en faut pas davantage pour te faire oubliertout l'univers. 8ëenvoilà quittze que je né tfai vu il eÉ vrai que tu es dans une maifon charmante que tu y trouves une fociétéqui te convient. pas Je le puis dire je ne eonnois les femmes que depuis que je fuis ici j'en ai'plus appris dansun mois.açhes ^ue je ne redoute rien que ton indifférence. en affurantle tien &fç.P E R S A K E S. vie Pour moi je menéà peu près la même que tu m'asvu mener je mere'pans dans le monde & je chercheaie connoître mon efprit perdinfenfiblement tout ce qui lui refte d'Afîatique ôc je plie fans effort aux mœurs de Européennes. Puferrflil d'Ifpahan le z de la Lun& 4e Rebiabjl.1714» E T T R É XXI. avec cinq ou fix hommes *''$% je trouve cela c[ue n?eft mal imaginé. cherUfbeK fais veiller fur moi aux nuit 8cjour ne te fie pas même précautions ordinaires augmente monbonheur. que je n'aurois fait en trente ansdansun ferrail.~40\( J E crois que tu veux jàaïïer ta vie à la campagne je ne té perdais au commencement quepour deux putrois jours. .

fi La diflîmulation cet artparminous pratiqué & fi nécefiaire e# ici inconnue tout parle. qui n'a qu'un langage. tout s'entend le cœurfe montre comme le vifage dans les mœurs. 8c plus fi s'il tuoitfes malades en badinant. on n'entend parler que la crainte. 1. lont tousunitor* Chez nous lles r·~r~t~P4'P. Ce badinage-. naturellement fait pour les toilettes. dans la vertu. tout fe voit.parce qu'ils font forcés: on ne voit point les gens tels qu'ils font mais tels qu'on le? oblige d'être dans cette fervitude du cœur & de l'efprit. pour plaire aux femmes un certain talent différent de celui qui leur plaît en.leio de là Lune ieRebiab.17^- . & non pas la natufe qui s'exprime fi différemment. &qui païoît fous tant de formes.C (fini. dans le vice même on apperde naïf. femble être venu àformerle caractère général de la nation on badine au confeil on badine à la tête d'une arme'e on badine avec un ambaffadeur les profeffionsne paroiffent ridicules qu'à proportion du férieux qu'on y met un médecin ne le feroit feshabits étoient moins lugubres.core davantage il confifte dans une efpe'ce de badinage dans l'efprit qui les amufe en ce qu'il femble leur promettre à chaque inftant ce qu'on ne peut tenir que dans de trop longs intervalles. A Paris .L E T T RE f no caractères.'f mes. çoit toujours quelque chofe Il faut.

par fes richeffes par fon efprit par ton amour & qui ne fafTe valoir quelquestinsde ces titres-ïà pour avoir toutes les préférences je perd-sà chaque infant cette longue patience avec laquelle néanmoins j'ai eule malheur de les mécontenter toutes ma prudence. ont été inutiles. CHEF DES à EUNUQUES Usbsk. Si tu ne me reténois pas la main fi. Il n'y a aucune de tes femmes qui ne fe juge au-deffusdes autres par fa naiffance. magnifiquefeigneur la caufede tous ces défordres? Elle eil toute dans ton cœur ôc dans les tendres égards que tu as pour elles. NOIRS A Paris. que murmures que reproches mes remontrances font méprifées tout femble permis dans ce tems de licence. J E fuis dans un embarras que je ne fçaurois l'exprimer magnifique feigneur le ferrait €&dans un défordtfi & une confufion épouvantable la guerreregne entre tes femmes s tes eunuques font partagés on n'entend que plaintes.¥ E R 8 A H ES. Veux-tu que je te découvre. par fa beauté. au lieu de la voie des re- . L E T T R E LX I I. ht. ma complaifance même vertu fi rare 8c fi étrangère dans le pofte quej'occupe. &je n'ai plus qu'un vain titre dans le ferrail.

Enlevé des l'âgade quinze ans du fond de vendu àl'Afrique ma patrie je fus d'abord .fr.t 1d femmés. Le premier eunuque. l'homme le plus févere que j'aie vu de ma vie y absolu.~oL. tume laifiois celle des chatimens fi. ou concubines.montrances. elles en fortoient au moindre fîgne que nous leur en faifîons le reile du tems. que j'étois propre au ferrail.ai a. . il ordonna que l'on achevât de me rendre tel & me fit faire une opération pénible dans les commencemens mais qui me fut heureufe dans la fuite. Il avoit une tenir dans une regle qui étoit de les faire &il avoit pour cela des grande propreté .~wtW n~i' attentions un maître qui avoit plus de vingt femmes L et t r es8 n.1f. Ayant jugé à mon air grave & taciturne.m . fans te laiiTer attendrirà leurs plaintes & à leurs larmes tu les envoyois pleurer devant moi.a . parce qu'elle m'approcha de l'oreille Ôc de la confiance de mes maîtres.P» je les façonnerais bientôt au joug qu'elles doivent porter 8ç je laflerois leur humeur impérieufe 8c indépendante. elles étoient prefque toujours enfermées dans leurs chambres.n. On n'y gouvernoit avec un empire entendoit parler ni de divifîons ni de querelles un filence profond regnoit par-tout: toutes ces femmesétaient couchées à la même heure d'un bout de l'année à l'autre 6c levées à la même heure elles entroient dans le bain tour à tour. moi un J'entrai dans ce ferrail qui fut pour nouveau monde. qui ne m'attendris jamais.

qui ëtois le dernier des noirs dans ce ferrai! tranquille. 8e nonpas moi qui ne fais que prêter ma main. SA N E S.e"w-.. 8c que je me formai aux maximes d'un gouvernement inflexible Í j'étudiai fouslui le cœurdes femmes il m'apprit à profiter de leurs foiblelTes. il tournales yeux de moncôte': il parla de moi à mon maître comme d'un homme capable de travailler félon fes vues 8c delui focce'derdans le polie qu'il rempliiToit il ne fut point étonne' de magrande jeuneiTe i! y crut que mon attention metiendroit lieu d^expérience. qui eHvotre maître 8c le mien 8cj'ufe du pouvoir qu'il m'a donné fur vous c'eft lui qui vous châtie.' C'eft fous ce grand maître que j'appris l'art difficilede commander. Souvent il fe plaifoit de me les faire exercer même 8c de lit. Quetedirai-je? je fis tant de progrès dans fa confiance qu'il ne faifoit plus difficulté deme conter les clefsdes lieUx terribles qu'il gardoit depuis fi long-tems. Ces femmes^n'entroient jamais dans la chambre de mon maître qu'elc les n'y fuffent appellées elles récevjoient ette grâce avecjoie 8c s'en voyoient privées? fansfe plaindre enfin moi. aw~n. Des que ce grand eunuque eut connu mon" génie.P ES.8c à ne point m'étonncr de leurs hauteurs. efclave mais je le fuis d'un homme. j'etôis mille fois plus refpe&é que je nele fuis dans t le tien où je les commandeous. Je fuis difoit-il. attentions inexprimables le moindre férus d'obéir étoit puni fans mife'ncorûé.n~en a rri~~111 Tome I. G .

Lettre s les conduire jufqu'au -dernier retranchement de i'obéifTance il les faifoit enfuite revenir înienfiblement 8c vouloit que je parure pour quelque tems plier moi-même» Mais il falloit le voir dans ces momens où il les trouvoit tout près du défefpoir entre les priere-s6c les reproches il foutenoit leurs larmes fans s'émouvoir. raagni- .deforamaître fur celles qu'il avoit en vue & cette 4iftin&ion étoit larécompenfe de quelà fon malque fecret révélé il avoit perfuadé tre qu'il étoit du bon ordre qu'il lui laifsât ce choix afin de lui donner une autorité plus graade.eunuquesn'ont commencé par foumettre leur jefprit ? Il avoit non feulement de la fermeté'. difojt-il d'un air content comment il faut gouverner les femmes: leur nombre ne m'embarrafTepas. Comment un homme peutil efpérer de captiver leur eœur û fes fide'le« . Comme elles n'abordoient leur mari que lorfqu'elles ^toient'averties l'eunuque y les yeux appelloit qui il vouloit & tournoit . Voilà. de notre je conduiroisde même toutes celles grand monarque. mais auffi de la pénétration il lifoit leurs penfees ^c leurs difïimulations leurs geftes e'tudiés leur vifage feint ne lui déroboient rien il les plus cachées fça voit toutes leurs avions Scieurs paroles les plus fecrétes il feYervoit des unes pour connoitre les autres & il fe moindre confidenplaifoiîàre'cornpewierla ce. Voilà comjne oegouvernoit.

imiji4- LE T T. le mieux reglé qu'il y eut en Perfe.êc que ta fureté exige. Que vous recommaridaije en partant que la paix & la bonne intelligence? Vous me le promîtes.. que lorfque j'ai tenté tous les autres faites donc en votre confédération ce que vous n'avez pas voulu faire à la mienne. Le premier eunuque a grand fujet de fe plaindre il dit c[uevous n'avez aucun égard pour lui. moyens vio-' ïens. De tonferraildlfpahanle 9 dela . dans crois. t r un ferrai! qui etpit. Je ne fçais me fervir de ces.Lune'de Rebiab. Laifle-moi les mainslibres permets que je me faiTeobéir huit jours rèmettront l'ordre dans le fein de la confufion c'eft ce que ta gloire demande . J'apprehs que le ferrail eft dans le défor-î dre 8ç qu'il eft rempli de querelles & de divifions inteftines. Âu^ferrail d'Ifyahan.Persanes. Comment pouvez-vous accorder cette conduite ayeÇjlci £ modëfiie de votre état? Gij . étoit-ce pouf me tromper1 C'efl:vous qui feriez trompe'es fi je voulois fuivreles confeils queme donne le grand eunuque fi je voulois employermonautorimes té pour vous faire vivre comme exhorde tations le demandoient vous. je fique feigneur.K E LXIII.. U S B E K à S ES V F É MME S.

La fureur de la plupart des François. Mais ces mépris que vous lui témoignez font une marque faire vique ceux qui font chargés de vous vre dans les loix de l'honneur.pour me fouvenir feulement v que je fuis votre époux.'' L E T T R E Rfca à LXIV. ' t fimal imagine s Cependant il n'y a rien de U nature fembîoit avoir fagemerit pourvu à . mais je ne fçais fi on eft fort fçavant.L E T TRES S 'N'eft-ce pas à lui que. cet homme ontradi^oire eft toujours eénterlt de lui pourvu qu'on conviehne des qualités. vous font à charge. c'efl d'avoir de l'efprit 8c la fureur de ceux qui veulent avoir de Fefprit. votre vertu eft confiée? Ç'eft untréfor facré. Celui n'ofë qui doute de tout comme philofophe.pendant mon abfence. je vousprie. c'eft de faire des ' livres.nx^> ". AParis le 5 dela Lune de Chahban. dont il eft le dépoiitaire. ON s'attache ici beaucoup aux Sciences. & faites enforte que je puifle une autre fois rejetter les proportions quel'on nie fait contre votre liberté 6cvotre repos. c rien nier comme théologien. Changez donc de conduite. Car je voudrois vous faire^ublier que je fuis votre maître.

qt:1'ils plaquentdanslesleurs.te que paiiageres. qui combinés ehfemble.eque. il n y en a point que je méprife plus que les compilateurs.atio11. Quand un homme a~a rien à dire de nouveau que ne fe tait-il ? Qu'a-t-on affaire de ces doubles emplois?Maisje veux donner un nouvel ordre. qui vont des de tous potes chercher desflambeaux oùvragesd>è$aqt~~s. les livres les immortalifent. Se en haut ceuxqui font en bas vous avez fait unchef-d'ceuvre. dont il auroit pu jouir comme du tombeau il veut que la poftérité fcit informée qu'il a vécu 8c qu'elle fÇacheà jamaisqu'il a été un fot. comme des pièces degazon dans un parterre: ils ne font point ag-deffus de ces ouvriers d'imprimerie.de tirer les pièces quilles compofent du fanctuaire ou elles font.font unlivre. où ils n'ont fpurni quë.~ les fotifes des hommes fuirent G11) . qui rangent des caractères. je 1 r~ i5 E1t S ANE S. Je t'écris fur ce fu~et . Vous êtes un habile homme: c'eft:-à-dire que vous venez dans ma bibliothèque vous mettez en bas les livres qui font en haut. pour les exposer à unmépris qu'elles ne méritent point. Un fot devroit être content d'avoir ennuyé. tous ceux qui ont vécu avec lui il veut encore tourmenter les races futures il veut que fa fotife triom'phe dé l'oubli.la main<Je voudrois qu'on refpeGme femble que tat les livres originaux il e'e~uneefpéce de pfofan. ~w.w_r. De tous les auteurs.

IBBEN4USBEK. En quelque pays que j'aie été. . la même eflime pour ceux que la prospérité n'a point aveuglés.# nue je qui eft fi gros.ou plutôt la même tendreffe pour les malheureux.contenir la fcién-~ ce univerfelle mais il m'a rompula tête fans m'avoir rien appris. je meehoiûrai des amis. P~YtS. que fera-ce au milieu de la Perfe oc dansle fein de ta famille Mais peutêtre que je me trompe: tu es âifez apmable pour trouver par-tout des amis le cœur e~ citoyen de tous les pays. .LETTJtE:S t~ viens de iuis outré d'un livre quitte?. C'eft mon caractère. de~`Cha~ban 1'7 4. Es-tu malade ? ou te plais-tu à m'inquiéter? Si tu ne m'aimes pas dans un pays ou tu ri' eslié à rien.> ~4P~rï~S~~I. Adieu. Uf6eR partout oh je trouverai des hommes. comment une an~e bien faite peut-elle s'empêcher déformerdes les engagemens ? Je te l'avoue je respecte anciennes amitiés mais je ne fuis pas fâché d'en faire partout de nouvelles. .qu'il fembloit. L E T T R E LXV. vaiffeaux font arrives ici fans m'aT Il OIS voir apporté aucune de tes nouvelles. j'y ai vécu comme fi j'avois dû y paffer ma vie j'ai eu le mêmeempreiïement pour les gens vertueux la mêmecompaffioI1.

~e' a crois. que mon amour. Tutrouverasici tes principales aventures quelque répugnance qu'il eut !es écrire. 8c je vois déjaque tuas un anu qui t'eftinconnu. trouvait baignés de larmes chaque jour n'augmentoit pas plus mon âge. Mon pere étonné d'une û tbrtc fymGiv . 8e elleles relorfqu'elle me quittoit un moment. tt IS'T' ÔIR'E B'APHERÏDON 8C D'AsTARTE'J 9 fuis né parmi les Guebres. après toi=~. Je lui ai parle mille ibis de toi. II y a ici un Guebre qui. it n'a pu les refufer à mon amitié" &jè les cos£c à la tienne. Sa. je lui mort" tre toutes tes lettres je remarque que cela lui fait plaiûr. J'avoisàpeineHxans que je ne pouvois vivre qu'avec ma fœur: mesyeuxs'attachoient toujours fur elle. Je fus fi malheureuxque l'amour mé vint avant la raifon. Des raisons partis culieres l'ont obligé de fe retirer dans cette ville ou il vit tranquille du produit d'un trafic honnête avec une femme qu'il aime.Ps R S A N Ë S. d'une religion qui eft peut-être la plus ancienne qui foit au monde. la premiereplace -dansmoncœur? c'eR rame de la probité même. vie eft toute marquée d'actions genereufes & quoiqu'il cherche ta vie o'6fcure il y a plux d'béroïfmedansfoJ.1coeur que dans celui des flus grands monarques.

introduit par Cambyfe mais lacraintedes. qu~i1 auraitét. outre que je n'efpérois plus de la revoir. Je ne v ousdirai point quel fut le défefpoir de cette féparation j'embraffai ma fœur toute baignée de larmes. fousle joug defquels nous vivons.é danT. fait entrer ma ibeur dans lebeiram du roi ou elle éroit au fervice d'une fultane. mais qui étair déja à ton dernier période il prétexta un voyage. laiffant ma foeur entre a les mains d'une de fes parentes car mimele étoit morte depuis deux ans. maisje n'en verfai point car la douleur m'avoit rendu comme infenfible.pathie. 8~ 11'l'~mmena vec lui. Mahométans. iny fié mon laiffa & s'en retourna chez lui. Nous arrivâmes à Te~Ris & mon pere ayant conéducation à un de nos parens. par le crédit d'un de fes amis. fon entrée dans le beiram l'avoit rendue Mahométane &elle ne pouvait plus) fuivant LETTRESS · . je n'en aurois pas été plus frappé car. & qui font des images fi naïvesde l'union déja formée par la nature.r_9_? Z_ marier auroitbien'Ibuhaitéde nous . empêche ceux de notre nation de penfer à ces alliances faintes que notre religion ordonne plutôt qu'elle ne permet. felon l'ancien ufage des Guebres.iitRrŸnpP_re~~rwatHrtc~(_'sf' laûengereux de fuivre mon inclination & tie réfolut d'éteindre une flamme qu'il croyoit naiffante. Quelque tems après j'appris qu'il avoit. ensemble. Si l'on m'avoit appris fa mort.

dtane qtge' .j) devint jal~ maria.la~. ~oyana~t.Û.~tla'i'on~~ de ces re~ doiHablesl~eU~.ce me~ÿe:n aJœur fottjt du ferrail m & prit avec ~bn! eunuque une: maifon à Iipahan. Mes premieres paroles furent ameres à mon pere je lui reprochai d'avoir mis faillie en un lieu. .e.)l. ces/mots je fortis pendant deux ans. avec ~. p Vous avez attiré'fur votre famille.u~uque. lé préjugé de cette religion me regarder qu'avec horreur.aetre. 'la colère de Dieu 8c du Soleil qui i7ouséclaite vous avez plus fait quefi vous aviez fôuillé les élémens puifque vous avez fouillé l'ame de votre Elle qui n'cft pas moins pure j'en mourrai de douleur 8ç d'amour: mais puiffema mort être la feule peine que Dieu vous faife feritir A. je paHai mavie à allerre~ garder les murailles du beiram. E~nj'entrai dans fc~ri beirari2.er~.oy. Je fus plus/le trois mods {an's pouvoir lui lé de tous Ie~ parlér J.rs~-`rnille à A égorgé1 parles tou~ses JOU1i'n.e-s..égorge par les >fais autour eU1}uqu. je retournai àlfpahan..ir~a fçri~te f..'1 E R 1 S A N E S..P .o~a~ croîl:és jours tre'» 19é'9:~t'~(1.}quifo.l1~' jaloux } h9ml1)~s. . lai dis-je.0' Gy .11P-V.111etèw~tctaf)t toujours fous divers pîétextes.g.. §e éonfidérer îe lien p~ma?f(&urpouvoit être m'éxpofant l tous tes jou. las de moi-même Se de la vie.e'Qls.qui ~fouh~t~it avec pafron. ou l'on j~ie eut entrer qu'en changeant de religion. Cependant ne pouvant plus vivre à TeiRis. Par .~<ff1~n i~o~pe$e ~Q~rut {~li1.

Quant à elle il me parut qu'elle verfa quelques larmes. 8~je ne la pus reconnoitre qu'au fon de fa voix.dit-elle. Hélas. car j'étois examiné. tous ? Mon frère . eft-il vraique vous avez quitte la religion de vos pères? Jef9aiqu'entrant au beiramvous avez du faire profeiEon du Mah ornétifrne mais ~dites-moi votre cœur a-t-il pu confentir comme votre bouche. quihousdoit être 6 chère? pour un miférable encore Hetri desfers qu'il aporde (ëroit le dernier tés qui. mafoeur. s'il étoit homme.y LET TRE S -1 ~j! fitlui parler au travers il me lui . tant elle étoit enveloppée d'habits 8c de voiles. lui dis·je. eft mon mari il faut que je l'honore tout indigne qu'il vous'paroît & je feAh rois aufcila derniere des femmes fi ma foeur lui dis-je vous êtes Guebre il n'eil ni v~tre époux ni nepeut l'être: 6 vous êtes Rdéfëcomme vos pères. Quoi. Il fut bienembarraffé quand il vit que je parlai à mafoeurune langue qui lurétoit inconnue. Son mari voulut me faire quelques mauvaifes excufes.ja:Iou6ê: -des yeuxde lynx ne l'auroient pas pu découvrir. &fi éloigné d'elle! Je me contraignis. vous ne devez le regarder que comme un montre. Quelle fut mon émotion '11' quand je me vis fi près. mais je le traitai comme le dernier des efclaves. cet hommedont vous parlez. e'étoit l'ancien Perfan qui eft notre langue facrée. à quitter une religion qui mepermetde vous aimer ? Et pour qui la qttitte`z-vous-cette religion.

ne m*e& liere & que j'ai toutes les peines du monde à m''Cxprimer: mais comptez que-le fouvenir de notre enfance me charme toujours que depuis ce tems-là je n'ai eu que de fauffesjoies qu'il ne s'eâpaspàHe de jour que je n'aie penfé à vous que vous avez eu plus de part que vous ne croyez à mon mariage y Se que je n'y ai été déterminée que par l'espérance de vous revoir.i~. que je vous parle..- dit-elle que e'ëfte religion fe montreà moi de loin A peine en fcavois-je les pjéceptes. qu'il ne fqavoit lui rien refufer. Maisque ce jour qui m'a tant coûté. rage & de jalouner jenevous verrai plus je vous parlefans doute pour la derniere fois de ma vie H cela étoit. accompagnée de deux efclaves ce qui me fit avoir recours à notre langue particulière.G vj . Vousvoyez que cette plus familangue..3. . Je la vis encore dans le même lieu Se dans le même. que les autres. qu'il les fallut oublier.elle me quitta le plus désoléde tous les hommes. mon frere. il aimoit fi éperduement mafœur. va me coûter encore Je vous vois tout hors de vous même mon mari frémit de. équipage. ~r. Trois ou quatre jours après je démandai à voir ma fœur lebarbare eunuque auroit bien: voulu m'en empêcher: mais outre que ces fortes de maris n'ont pas fur leurs femmes la même autorité. A ces ~ôt's elle s'attendrit Se ~ë voyant hors d'état dé tenir la conversation . Ma fœur. elle ne feroit pas longue.E 9.

refpedez la religion que j'ai embraffée felon cette religion je n'ai pu vous en^ tendre. vous la croyez donc véritable cette religion? Ah! feroit avantageux qu'elle ne dit-elle qu'il me le fîit paf. ma fœur lui dis je tout transporté. qui fait l'honneur de votte fexe. Mais ce qu'il y a de pis encore. votre bonheur. Quoi. 8c cette précieufe égalité. c'eH que vous êtes non pas la femme car vous ne pouvez pas l'être mais l'efclave d'un enclave qui a été dégradé de l'humanité.1Je fais pour elle na trop grand far crifice. & fi mes doutes Oui. ces verrouils & ces grilles ces miférables gardiens qui vous obfervent. qui étoidi chafle. En perdant votre religion. vous avez perdu votre liberté.\fI"" L e . vos doutes. Ah mon frere dit-elle respectez mon époux. ne donnoità fon mari pour garant de fa vertu que fa vertu même: ils vivotent heureux l'un 8c l'autre dans une confiance mutuelle & la fimplicité de leurs mœurs étoit pour eux une richeffe plus précieufe mille fois que le faux éclat dont vous femblez jouir dans cettemaifoa fomptueufe. ma fœur:}font bien fonder .me mettent en fureur: comment avez-vous perdu ladouce liberté dont joui-ffoientvos ancêtres ? Votre mère.T T R E S lui dis-je d'où vient que je ne puis vous voit fans me trouver dans une fituation affreufe? Les murailles qui vous tiennent enfermées. pour que je puifiène la pas croire A ces mots elle fe tût. ni vous parlerfans crime.

comme des ouvrages ôc des. Tranfportezvous dans ces fîéçles reculés tout vous parlera du Magifme & rien de la feéle Maho*rnétane qui i plufietïrs milliers d'années après. dit-elle. dont les commencemens ne font point connus. ma fœurj que vous avez appris parmi les Muful-mans à calomnier notre fainte religion.vous a une religion qui vous rend malheureufedans ce monde-ci &ne vous laiffe point d'efpéraiïce 'ppur l'autre ? Songez que la nôtre eft la plus ancienne qui foif au mondé qu'elle a^ toujours fleuri dans la. Mais. n'étoit pas même dans fon enfance1. quels qu'ils foient.f 1 R S A H È S. non par la voie de la perfuafion mais de la conquête fî nosprinces naturels n'avoient pas été foibles vous verriez régner encore le culte de ces anciens Mages. que ce n'eft que le hafard qui y a introduit le Muho*métifrae que cette fecte y a été établie.mani*à déflations de la divinité. Je vois. Qu'attendez. mais inférieur. elle eft au moins plus pure puifqu'elîe n'adore que Dieu au lied que vous adorez encore le foleil les étoiles le feu. Mais. quand mareligion feroit plus moderne que la vôtre. Nous n'adorons ni les aftres ni les élémens & nos peres ne les ont jamajs adorés jamais ilsjie leur ont élevé des temples jamais ils ne leur ont offert desfacrifiees ils leur ont feulement rendu un culte religieux.Perfe & n'a pas d'autre origine que cet empire. ôc mêmeles éiémens. ma f&ur <m .

E T T ~~·9po B S r~P nom de Dieu qui nous éclaire. de fortune. je la'quittai tout'tranfporté. Vous êtes aimé mon frere me dit-elle. la premiere fois que je pourrai vous etnbrafifer je crois que je mourrai dan~ vos bras. par la promptitude avec laquelle vous m'ac< cher. & par une Guébre g j'ai long-temps combattu mais Dieux que l'amour léve de difficultés! que je fuis fouÏagée Je rie-crains plus de vous trop aimer je puis ne mettre point de borner à monamour ? l'excès même en eâ légitime.que ceci convient bien à l'état de mon coeurl1 Mais vous qui avez fçu rompre les chaînes que monefprit s~étoit forgées. recevez-ce livre facré que je vous porte c'eft le livre de notre légillateur Zoroaâre lifez-le fans prévention recevez dans votre cœurles rayons de lumière qui vous éclaireront en le lifant fouvenez-vous de vos peres qui ont fi longtems honoré le foleil dans la ville fainte de Baix oc enfin fouvenez-vous de moi qui n'efpere de repos. ou de ma mort. J'y retournai deux jours après. Ah > .L n . Je n'exprimerois jamais bien la joiéf que je fentis à ces douces paroles je me cru! ri J:CI. eft cepterez combien ce p Mon frere. je ne lui parlai point j'attendis dans le SIencel'arrêt de ma vie. . 8c lalaiHaifeuledécider la plusgrande affaire que je puffeavoir de ma vie. quand romprez-vous celles qui me lient les mains? Dès ce moment je me donne à vous faites voir. que de votre changement.m. de vie.

Je paffai quinze -nuitsentières fans voirperfonne. Je . je la vis qui attachoit la corde elne le fe £al-71la iiiilfa 7dansmes bras.PEU. me vis en effet en un mitant le plus heuje acreux de tous les hommes je vis prefque formés en complir tous les defirs que j'avois ans de vie & évanouir tous les vingt-cinq rendue fi laborieua. que je tout à coup.51us'dorenavant toutes les nuits fous fa fenêtre attendre qu'elle pût exécutetfonde:ffeÍl1.verro1s.. Enfin la fëiziéme j'entendis unefcie qtti travailloit: de temsen tems l'ouvrage étoit interma frayeur rompu. Enfin après de travail. chagrins qui me l'avoient fe mais quand je me fus un-peu accoutumé fi à ces douces idées. S AN ES. pour fcier les jaloufies de fa fenêtre qui donnoient dansia rue.une horloge. Nous convînmes cruelle quede le 'm'enverroit demander . qu'elle metfôn. 8c dans~ces intervalles une heure étoit inexprimable. parce qu'elle n'avoit pas trouvé le tems favorable. je vis que je n'étais pas mYétoisfiguré près de mon bonheur. Il falloit furprengrand dre la vigilance de fes gardien-s je n'ofors confier à perfonne le fecret de ma vie il falloit que nous fiffionstout elle & moi: fi je manquois mon coup.. je couroisjdfqued'être de empalé mais je ne voyois pas peine plus manquer.pèrelui avoitlaiËée Se que j'y que trois dedans une lime. quoique j'euffe Surmonté le plus de tous les obûacles.8c une corde nocée pour defcendre que je ne > mais que 1 irais la.

jufqu'â ce que le bruit de notre évafion fe fût diffipé. j~ connus plus le danger.fafainteté de l'Hdfeorafpe. Nousy ye'cûmesun an. vâmes avant le jour chez un Guébre. . & nous fouhaita mille fois toute la vigueur de Guftafpe & . Ma fœuï lui disje.fans bouger de-là je la conduifis hors de lfa ville où j'avois un cheval toutprêt--t.prêttje Guébre pûtfake laCerlâftraniê dpmariag"ef>re£ crite par nos livres facre's. Bientôt après nous quittâmes laPerfe où nous n'étions pas en sûreté'.dans un lieu défert où il étoitretiré.je la mis en croupe derriere moi. lieu Nous arriqui pouvoit nous être fi funefle. repétant fans ceiïequienous noils^imeEÎonstouque jours. que cette union eu fairyte:!^nature nous unir avoitunis. atten dantl'o e cafiQà que"|fue. inlpatience amoureufe? Ilifiâdaivsïa mâifon du payfan toutes lescéréfftoniêsidu mariage it nous bénit. tous les jours plus chàrme'sl'tin de l'autre mais comme mon argent alloitfinir & que' je eraighols la miferë pour iaa f^ur ? ^0ivpas> LE T x R' S.& nous nous retirâmes en Géorgie. Se nous nous mîmes dans le creux d'urî vieux chêne. & m'éloignai avec toute la promptitude imaginable d'un.viyant frugalement du travail de fesmains nous ne jugeâmes pas à propos de refter chezlui ôcp^r fon confeil nous entrâmes dans unee'paiffe forêt. Enfin unprêtre vintiièaîineriioti'e. & je reftai long-tenïs . notre fàinte loi ^a%nous encore. Nous vivions tous deux dans ce féjour écarte fans téftiçiks-fious.

Quoi 1 . & je puis vous embraffer voilà cinq tomans que je vous porte j'ai du regret q~on ne m'ait pas acheté davantage. maisfunefle nos car ayant trouvé d'un c6té<tous biens confifqués. r_ _rr_ moi je la quittai pour aller chercher pour quelque fecours chez nos parens. que je n'avois pas encore vue. & n'e fe relâcherent jamais d'un teuî. vous vous êtes vendu? Oui. de lautre mes parens prefque 9an~ l'impuHfancede me fécourir. avoir imploré la protection des prêtres Turcs & Chrétiens. Mais quel fut mon défefpoir je ne trouvai plus malœur quelques jours avant mon arrivée desTartares avoient fait une in curfiondans la ville où elle étoit & Gomme ils la trouverent belle ils la prirent. Après m'être adreifé à tout le monde. Je fuivis ces Juifs. 8cles joignis à trois lieues de-là mes prières mes larmes furent vaines ils me demandèrent toujours trente tomans. & ne laifferent qu'une petite fille dont elle étoit accouchée quelques mois auparavant. ma fœur. je ne rapportai d'argent précisémentque ce qu'il falloit pour mon retour. Jamais adieu ne fut plus tendre. Mais mon voyage me fut non-feulement inutile.P E 1l S A N E s. Se me vendis auffi pour trente-cinq tomans j'allai aux Juifs je leur donnai trente tomans & portai les cinq autres à ma foeur. Vous êtes libre lui dis-je. je m'adreilai à un marchand Arménien je lui vendis maElle. luidis- . & la vendirent à des Juifs qui alloient en Turquie.dit-elle.

& votre efclavage va me mettre au tombeau.je. Ah. qui fut touché de nos malheurs. Servez-moi Fun & l"autreavec fidélité & avec zèle. payez-moi. lorfque vous ferez libres vous êtes 1 LETTRES 1 . as-tope~ fé que je puffe accepter ma liberté aux dépens de la tienne? Seigneur vous voyez deux infortunés qui mourront fi vous nous réparez je me donne à vous. & je vous promets que dans un an je vous donnerai votre liberté je vois que vous ne méritez ni l'un ni Fautrejes malheurs de votre condition fi. qu'avez-vous tait ? n etois-je pas airez infortunée fans que vous. travaillaffiez à meta rendre davanragé? votre liberté me confoloit. Enfin j'allai trouver mon maître. L'Arménien étoit un homme doux. Malheureux. vie. Ce fut alors qu'il fefit un combat qui arracha les larmes des yeux de mon maître. Nous fondîmes tous deux en larmes & n'eûmes pas la force de nous rien dire. & ma foeury arriva que prefque an1litÔt moi elle fe jetta à fes ge: noux. Je vous demande. Ah malheureux. dit-ellé.. dit-elle la fervitude comme les autres vous demandent la liberté: prenez-moi vous me vendrez plus cher que mon mari. lui dis-je. peut-être que cet argent &mes fervices pourront quelque jour obtenir de vous ce que je n'ofe vous demander il eude votre intérêt de ne nous point féparer comptez que je difnafe defa. mon frere quevotre amour eft cruel Et ma fille je ne la vois point? Je l'ai vendue auffi.

P E R S A N B S. 8t j'y je m'étapfis j'y vis -depuis jouis de la plus aimable 8c de la plus douce focieté dumonde runion règne dans mafamille. oc lui ai rendu des ServicesËgna~es. Quelques oH affaiTesm'appellerent enfuite en Smirne. avec lequel je 6s quelque négoce.171~ . oï: je ne chaMgerois ma pas condition pour celle de ~ous~to~d~m~ affez heureux pouï. notre maître tint fa parole &nous délivra. Nous nous foulagionsl'un &l'autre dans les travaux de la fervitude. qui excr~oit avec fuccés la médecine dans cette ville i1. .' Nous rnbrafsâmes tous deux fes genoux. il la tortu3uffiheureux que ne vous rit je fuis certain que vous me fatise ferez de la perte que je fouffrirai.retrouver le marchand Arménien. 1 vous le mentez. La nn de l'année arriva. & le fuivîmes dans fon voyage.~4~mirncr. dela ~r~~ 1~3~ <feG~7ïma~t ~z.rnê'prê~a.qt1elque argent. a~ùije dois tout. & fëtois charme Mquepavois pu faire l'ouvrage quiétoit tombéà mafoeur. aIis. Nousretournâmes à Te&is là je trouvaHunancienâmi de monpere..

ce n'eJt qu'un amufemerit. il me paroit que votre métier eft bien pénible. Aprèsavoir 'parlé de bien des chofes je lui dis Monneur. ne me laiffa que mon livre de raifon.Quand je vis qu'il prenoit la< que chofe d'une maniere fi dégagée je continuai. car nous nous y intéreffons ri peu que rien cela même fait que le métier n'eit pasfi fatiguant. Ce n'eix pas nous je les regrette nous autres juges.volumes de l'oix . j'eus mes provifions je vendis gent pour payer ma bibliotheque & le libraire qui la prit d'un nombre prodigieux de volumes. qui m'en avoit prié plufieurs fois.en ai point. befoin d'arQuand je pris cette charge. & lui dis Monfieur je n'ai point vu votre/ cabinet.ne que enflons point d'une vainefcience qu'avorsnous affaire de tous ces. vous dite-s. J'ALLAI l'autre jour dîner chez un homme de robe.LETTRES S L E T T R E LXVIÈ Ri ÇA à USBEK. répondit-il: de le faifons. Pas tant quevousvousimala'maniere dont nous ginez. Mais €omment? N'avez-vous pas toujours la tête remplie des affaires d'autrui? N'êtes-vous de chofes qui ne font pas toujours occupé avez raifon ces ? point intérefl7antes Vous chofes ne font point intéreffantes. Je le crois car je-n'.

1 G_ ~~e~M!7ï4-' LET T ~:$BEK RE CG LXVH. parce que vous les p~s en faites fortir ? car enfin pourquoichez tous les peuples du monde y auroit-il des loix. T U ne te ferois jamais imaginé que je fufia devenu plusmétaphyficien que je ne l'étois cela eft pourtant. fi on ne les fçait Si vous co~noitliez le palais reprit le pas? magivrât. 8c fe chargent de nous ineruire. A Paris lè ï3 3de.ce monfieur. Li Yen~f'e. Lune la 1 . qui font les avocats ils travaillent pour nous. lui mal de. vour ne parleriez pas comme vous faites nous avons des livres vivans. fi elles n'avoient pas leur application? Se comment peut-on les appliquer. quand tu auras eiïuyé çe débordement dç ma philofophier . Maisne fèroit.. prefque tous les cas font hypothétlques.P E R S-A N E S. oc fortent de la regle générale. RHEDI. Et ne fe chargentils pas auffiquelquefois de vous tromper. repartis-je? Vous ne feriez donc pas vous garantir de leurs embûches ils ont des armes avec lesquelles ils attaquent votre équité il feroit bonque vous en euifiezauffi pour la défendre &:que vousn'allaffiez pas vous mettre dans la mêléehabillés à la légere.. lui dis-je. parmi des gens euiraffésjusqu'aux dents. 8e tu en fera convaincu.

dont il fit un tout pour à la plus belle de toutes les Déeffes. il auroit paffé qu'elle étoitdouce Be 6erc. Si un homme en avoit conclu qu'elle étoit blonde & brune. pour ridicule. mais dans leschofes relatives Se c'e11:'la raifon pourquoi il ne peut pas changer leseffences.idée: Ils ont fait une énumération de toutes les perfections différentes que l'homme eft capable d'avoir 6e d'imaginer. il n'y a point fujet des'étonner. Se en ont chargé ridée de la Divinité. qu'elle avoit les yeux noirs & bleus. ni tromper les hommes Souvent même l'impuiffance n'eft pas dans lui. ont dit qu'il étoit un Etre fouverainement parfait mais ils ont extrêmement abufé de cette.. fe détruire.r. que de nos dodeurs aient ofé nier quelques-uns L 1 E T T R 1 6 -S r_ r! . fubi i cr Les poëtes d'Occident difent qu'un peintre voulu faire le portrait de la Déeffe de ayant la beauté affemblales plus belles-Grecques & prit de chacune ce qu'elle avmixde plus reffembler gracieux. .1dans un même fujet fans etruire. Souvent Dieu manque d'une perfeaioa qui pourroit lui donner une grande imperfection maisil n'eft jamais limité que par luimême il eft lui-même fa néceüité ainfi.t~infi.Les philosophes les plus feniês qui ont réfléchi fur la nature de Dieu. il ne peut pas quoique Dieufoit toutpuifant violerfes promets. & qu'ils ne peuvent "r. fans fonger queauvent ces attributs s'entr'empêchent. r t!l1.

Selon fes principes il n'eft pas poffible que Dieu prévoie les chofes qui dépendent de la détermination des caufes libres.s lgeionq gç lç s -objets font furelle.}nfi1'1i~ oa bien il lesverroit~qm)11. parceque ce qui n'eH point arriv~ n'dl point 8c par c. Quelque hardie quefbit cette idée. ne peut être apperçu: Dieu ne peut point lire dans une volonté qui n'eft point.~a prefcience infinie dé Dieu fur cefbnde~ent. ÇommeDieu pourroit-iiprevoir les èhofes qui dépendent de la.onféquentne peut être connu car le rien qui n'a point de propriétés. Souvent me.id~ân. qu~ellenef~aitpas même de quel côté fe déterminer.ede5ffets.qu'ell~ eft incompatible avec fa juflice..ce qui eitencorc :PERSANES. 8c voir dans Faméttne chofe qui n'exige point en elle Car jufqu'à ce quelle fefoit déterminée.'efcienée. la metaphyfique s'y prête merveilleufement.. ni dans l'ac" tion de rame. cette action qui ia détermine n'eft point en elle. où elle eHtellement indéterminée.néceûaires qui e fuivroient 1nfai~liblementQ:~llnecat1~ qui lesproduiroitde tn~1U~. 9n. ~m "'r' . L'âme eiH'ouvriere de fa détermination mais H y a des occaËons. déterminationdes caufes libres î Il ne pourroit les voir quede deux manières par con~e~ure ce qui eft contradictoire aveciapt.me elle ne le fait que pour faire ufage de fa liberté de manière que Dieu ne peut voir cette détermination par avance.

Ne crois pas pourtant que je veuille bornée la fcience de Dieu. .lorfqu'elle eft poufféepar une autre.fbh ambaffadeur fera dans une affaire importante s'il le veut de fe comravoir. parce qu'il n'a qu'à vouloir qu'elle rive comme illa voit et déterminer les créatures conformément à fa volonté.L B T T Il E S libre par plus contradictoire car l'ame feroit la fuppofition dans le fait elle ne le feroit pas plusqu'une boule de billard n'eH libre de fe remuer. C'efl:ainfi tire ce qui doit arriver du nombre des qu'il chofes purement poffibles en fixant parfes décrets les déterminations futures des efprits. comme il la projette. Comme il fait agir les créatures à fa fantaifie il connoît tout ce qu'il veut connoître. L'alcoran 8~les livres des Juifs s'élevent fans celle contre le dogme de la prefcience _Lr ~a· abfolue . il n'a qu'à lui ordonner d'une telle maniere & il pourra affuporter rer que la chofe arrivera. Mais quand il veut ravoir quelque chofe il le fçait touarjours. Sil'on peut fefervir d'une comparaifon dans une chofe qui éi~au-deffus des comparaifons. Mais quoiqu'il puiffe voir tout il ne fe fert pas toujours de cette faculté il laiffe ordinairement à la créture la faculté d'agir ou de ne pas agir pour lui laiffer celle de mériter ou de démériter c'eit pour lors qu'il renonce au droit qu'il a d'agir fur elle 8c de la déterminer. & les privant de la puiffancequ'il leur à don< née d'agir ou de ne pas agir.un monarque ignore ce que.

à condition qu'il ne mangera pas d'un certain fruit: précepte abfurde dans un Etre qui connoitroitles déterminations futures des ames car enfin un tel Etre peut-il mettredes conditions à fësgrâces. .accompagnée le.c¿9~x~f~rlXeIRtj}~ çoutu~Í.abfolue! Dieu y.T t -1 -1-i P B R. Dieu met Adamdans le paradis terreilre./fJ. fans les rendredérifoires ? C'eft comme fi un homme qui a-u'roitf~u la vous prife de Bagdat. -Pa~is:: Son 1 ivi A 14 que. Ne feroit-il pas là une bienrnauvaife plaisanterie? E! P~ris .t' "en défefpéréd'u1'l ' affront qu''il vient de recevoir. Hier. Un jeune étnurdi nomméSuphis recherchtsit depuis trois mois fa fille en mariage il paroiHbitcontent de la Rgurede la fille fur le rapport 6c la peinture que lui en avoient fait les femmes qui l'avoiént vue dans fon enfance on étoit convenu de la dot &tout s'étoit paifé fans aucun incident.Ë Bagdatn'eft pas pris.J. avoit dit à un autre Je donne mille ecus.~e dërnië~'d°~la Lune . àro"t par-tout ignorer la détermination future desesprits & il femble ait que ce foit la premiere vérité que Moïfe enseignée aux hommes.la&llelbrtitàcheval. S AN E S.Us-~K.1nuque~~w~tW~tt~ 3*4 -. :~9Îî2 . de fon ~M~M~tM~~ ~./f?t L 'Ë:~L~I~ E ZB~S.7:d.l" n. après les premieres céï€monies.

y d'expofer d''une famille auT: caprices d'un fou. # J E plairrsSoliman. il lui Et fermer la porte.' Les pères bien malheureux d'être expofés à de tels aïfronts: ~pareiltraitementarrivoitàmaMey de je crois que j'en mourrois douleur:..J. Les parens accoururent de gmentoit 9~ côté &d'autre pour accommoder l'affaire-Rrent la réûAance & après bien de Taréfü~ance ils firent convenir Sollman de faire un petit préfent àfbïï gendre. on conduifit allez de violence mais une heure après cet étourdi fe leva furieux. Adiet~~ 1 I. 0~ ne peut pas être plus frappé qu'iiréA de cette injure: il y a des perionnes qui foutienneM {ont: que cette fille eu innocente.. Je ainfi l'honneur cette loi biendure. Luné'ïté Gémmadi~m. jura la dot.Ë 9- me depuis la tête juiqu aux pieds: maisdèsl maison Ïbn' devant' la majfon de fo qu'elle 'elle fut arrivée "la mari prétendu.e9de:la 1)ufernailde° <arriié. on a i~di:~es beau dire "lueFoh a c1e`s pout ce.. lui coupa le vifage en plufieurs endroits foutenant qu'elle n'étoit pas vierge ce la renvoya à fon pere. & if. Enfin les cérémonies du mariage acla fille dans lelit avec complies. fi on n'auqu'il ne la recevroit jamais. 171 T 1 T R>É' -9- L E TT R E ~$$$7~ G~G Z E L 1 S~ LXIX. d'autant plus que le mat t il fans reméde & que fon gendre n'a fait trouve que fe fervir de la liberté de la loi.tains .

Dieu veuille que fonmarila trouve auffibelle Se au~ipure que Fatima qu'elle ait. P E R S A N ~:n~>ârifÂ~1~9P9~~ une vieille vérité." fa tête que des lambris dores.4es.~r~ ~~4ttPN u ferra . e ®(~ du qu'elle n'aitfm.Pâris. Îe ~e là ~u~. Dans un quart-d'heure il décida trois ueftions de morale quatre problèmes hiflodq. J E me trouvai l7autre jour dans une comprsgnie où je vis un homme bien content de lui.. ou la condamnation de tôutes les fiues.e N'de~halval i7i9. Il n'y a ne les regardent pas jufqu'aux Chrétiens qui comme ch1méIiques" quoiqu'elles. dix eunuques pour la garder quelle foit l'honneur Se l'ornement N'lû~P1(P t~f~~ait:y. e~eSfmPw~!<* LETT RICA R E à -!toIt' 14 -1C LXX. J'apprens avec plaifir îe foinque tu te donnes de l'éducation de la tienne.v h. 6e ne marche que fur des tapis fuperbes & pour comble de fouhaits puifent mes yeux la voir dans toute fa@gloire 4: . Ô€ que leur ancien Iégiflateur en ait fait dépendre l'innocence. foient clairement établies par leurs livres facres.erreur ~-OMoitïeîa dont on eft aujourd'hui revenu parmi nous &nos médecins donnent des raifbns invincibles de l'incertitude de ces preuves.. &cinq points de phyfique je n'ai ja-7 . US19EX.

bon Dieu dis-je en moi-même. fon erprit ne fut jamais fufpendu par le moindre doute.mais vu un décmonnaireit univer&l. qu'il me donna deux démentis. Je voulus l'attraper & je dis en moi-même Il faut que je me mette dans mon -fort je vais me réfugier dans mon pays. je le lajjfai pa~ler & A Ÿaris te 8 delaLune de. Je lui parlai de la Perfe mais à peine lui eus je dit quatre mots. Ah. il décide encore. . quel homme eH-ce là ? Il connoitra tout à l'heure les rues d'Ifpahan mieux que moi Mon parti tut bientôt pris je me tus.idead~~ zs·. On laiffa les fciences on parla des nouveltes du tems Il décidafur les nouvelles du tems. ~'`cra~ ~'11V d~ ~~efinie~`. fondé fur l'autorité de meffieurs Tavernier & Chardin.

Imprimeur* Libraire. près le Collègedes Jéfuite.LETTRES PERSANES. ~0 ME & $ tfe COLOGNE. Pierre Marteau.fifiQ LIV* .. Kl.

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9 un bâtard. le peuple qu'il caffe -fesarrcts lui impsfe 'des loix qu'il ei obligé de fuivre. Sc~Itot qu'ils font initiés dansfes myile~ re~ la fureur du panégyrique vient les faifir" ne "les quitte. qui avoit déjà paru. Ceuxqui le compofentn'ont d'autre fono. 1-1 a quelque tems que pour fixer fon auy tor~ë .t légitime.L ET T R E LXXL RICA J'A oui parler d'une efpece de tribunal~ qu'on appelle l'Académie Françoife il n'y en a point de moins reîpe<3:c ans le monde.L E T T R ES P E RS ANE S. 'tion que de jafer fans ceffe l'éloge va fe pla. d car on dit jqn'au~Htot a décidé. Ce corps a quarante têtes -toutes remp'H€§ J Aij .~1 donna un code de fes jugemens cet enfant de tant de peres étoit prefque -vieux quand il naquit & quoiqu'il fu. . cer comme de'lui-même dans leur'babil éternd. plus. -l'avoit prefque étouffé dans fa naiffance.

I. 4t ~4'. liers & bifarres nous cherchons toujours la nature dans nos coutumes amples Se nos ma~ nieres naïves. E T T iR 'E '.s ce figures de métaphores & d'antifhefes~ t~r. que l'on ne' voit point dans notre ~Perfe. & je laiffe décider cela à ceux qui le gavent mieux que rnoi. 1 L y a quelques jours qu'un hommede Mac connoiffance me dit Je vous ai promis de vous produire dans les bonnes maifons de Paris je vous méile préfent chez un grand feignel1r quieâ un tes hommesduj:oyaums qui repré&nte le mieux. Pour les yeux il n'en efhpas. l'ébranle~ tous les inftans & détruit tout ce qu'il a fait.A Paris le 27 de la Lu~e 171~.. Ri ÇA à USEE~9. d~ Zilhag~ fit. nous m'avoniS point l'efprit porté à ces établiiferoens fingu.t de bouches ne parlent prcfque que par exclamation fes oreilles veulent toujours être frappées par la cadence .1. Il'n'eil point ferme fur fes pieds car le tems. bîe qu'il foit fait pour parler.. On a dit autrefois que les mains étoient avides. E 'T R E LXXII. Voilà des bifarreries.& l'harmonie.que~ion ilfem. & non pas pour voir. qui eftfon fléau. . . je ne t'en dirai rien.

Il fallut pourtant marcher ic vis un petit homme fi fier il prit une prife de tabac avec tant de hauteur il fe moucha fi impitoyablement. Ah bon Dieu! dislorfque j'étois à la cour je en fi. plus affable qu'un Ce n'eft pas cela. il:. _tcela veut-il dire. de Perfe je repréfentois ainit. a fur tou-s ceux qui rapprochent je n'ai que faire d'y aller je prens déja condamnation.&.eit-ce Que' autre ? qu'il eft plus poli. UiLeK i~e nous euffions eu un bien ruauvars nature!. N'ayant rien à faire pour nous faire respecter. moniieur? . 'pour aller faire cent petites infaltes à des gem qui venoient tous les jours chez nous nom témoigner leur bienveillance: ils~f~~~roiŸr~t bien que nous étions ati-deffus d'eu. Ah j'entens il fait fentir à tous les initans la fupériontë yz'ü fi cela :1. il caréna fes chiens d'une maniere fi o~enfante pour les hommes que je ne pouvois me laffer-de l'admirer. il cracha avec tant de flegme. nous faiuons tout pour nous rendre aimables nous nous communiquions aux plus petits au milieu des grandeurs.: &: s'ils l'avoient ignoré~nos bienfaits le leur auroient appris chaque-jour. me dit-il. & je la lui paife toute entiere. je repréfentois un grand fbt Il auroit fallu. qui endurciffent toujours. nous trouvoient fenfibles ils ne voyoient nouslefcenque notre cœur au-ddfus d'eux dions jufqu'à leurs besoins. Mais lorf~n'iI fallait foutenir fa majefté du prince dans le~ Aîij F -<j:SA.

qui fe trouve parmi les ~Mufuîmans il y a bien loin chez eux de la profeffio à la croyance. de la croyance à la 1n conviétiron de la conviction à la pratique~ La religion eft moins un fujet de lan~iâcation. dàBsIesotca~ons périlleufes. qu'uni~ujet de disputes. remontionscent fois plus haut que nousn'étions descendus nous :ramenions la fierté fur ~s~t~~ vifage &: î'oa s-ouvoit Tielquefois que nous repréfentions x&zbieB. lesgensde guerre. 8c l'ont fecouéavar~tde- .nation aux étrangers lorfelu"ta:fin. L E T T RE LXXIII: ~s~ ï~ ~~â~â~ A FeuiTe. Ce n'cft pas qu'ils fe foient détermines par raifon. s'élevent contre m les eccIé&dUques.c~I~as a~ ~c~ ~g. les femmes êmes.miner la vérité on la f~uffeté de cette religion qu'ils rejettent ce font' des rebéles qui ont fenti le joua.1-1:n~1"\ T 'r-.L-B f'u. nous. il falloit animer les foldats. 1 J! i t eéremoniespubliques îorfqu'H jfaîîoit~îr~ refpeaer la. i3c.J't.P<syM. qui appartient atout le monde les gensde cour. L fau~ qneje te l'avoué je n'ai point t~ marqué claez les Chrétiens cette petËmËca vive de leur religion.8c leur demandent de leur prouver ce qu'ils font réfolus de ne-pas croire. &qu'ils aient pris la peine d'exa.

impie ou dévot. que l'air je q7ue retire eft fubtil. ligion de m'aSiger "'1-_&. Catholique. le conteneur me trouve à fon avantage. Il eft vrai que cet. e veux bien m'y lir.1. de la. parce qu'ils abaiffoient par-là les feigrieurs. dans des pays ouils ont vu qu'il leur ëtoit avantageux d'avoir des efclaves ils ont permisd'enacheter & d'en vendre publiant ce principe 1. conquêtes.ou gïcRier que lesviandes dont je me nourris font légères ôa Ib-' lides je fuis Spinofifie. aéte de religion leur éfoit très-utile. tousles efclaves de leurs états parce. ~re`r. Quand le médecin eft auprès de mon lit. A ~v . Auffine font-ils pas plus fermes dans leur incrédulité que dans leur foi ils vil vent dans un flux & reflux. Un d'eux me difoiru11C jour Je crois l'immortalité dé l'ame par fe1l1eflre mes opinions dépendent abfolurnent' de la conftitution de mon corps felon que j'ai plus ou moins d'efprits animaux que mon eflomac digere bien ou mal. Socinien. puiffance defquels ils retiroient le bas peuple Ils ont enfuite fait des:. Je fçais bien empêcher la reJl1 ~'rJ. m me porte b~H quandj'e r mais je lui permetsde me confoler quandle fuis malade lorfque je n'ai plus rien à efpérer d'un côté la religion fe préfente me j gagne par fes pron~effes:.. qui les porte fans ceffe de l'un â l'autre. que le Chriftianifme rend tous les hommeségaux.c~ moarfr du côté de I'ef~érar~eëd Il y a longtems que les princes Chrétiens affranchirent.P t ERS <v< r }¡ N n ~I S~ voit connu. difoient-ils.

& me priLesMahométans trouveraientpoint d'eau. de ce que je pr ofeffeune religion qui fe fait préférer à. lé z 3 ~e la Lun~ de Saphar.de mépris. C~ue veu~ tu que je te dife? Vérité dans un tems erreur dans un autre. 3L E s loix forit furieufes en Europe contre ceux qui fe tuent eux-mêmes: On. Ibben.1E E T T 1l i S de religion qui les touchoit tant.' nefe Foucienc deprendrepour levrspurifications. dont elle eft defcéndue..feJoules principes du faint alcoran. USBEK â fon aani I~B~N= S~irne. qui a envoyé Hali fon grand prophète. tous les intérêts humains. on les note d'infamie on confifque leurs biens. une feconde fois ils font traînés indignement par les rues. pourquoi veut-on m'empêcher de mettra iin à mes peines. & qui eft pure COID' me le ciel. parce que l'eau n'y eft pa'saffez pure pour nouslaver. J 1715'. point Venife) parcequ'ils n'y. De Paris. Je rends graces au Dieu'toutpuuïant. .les fait mourir pour ainfi dire.. que ces loix font bien injufies-: Quand je fuisaccablé de douleur. Que ne faifons-nous comme les Chrétiens ? Nous fommes bien fimples de refufer des établiilemens & des conquêtes faciles dans des climats heureux4. Il me paroît. de 111ifere. LETTRE LXXIV.

Que veut dire cela Troublai-je l'ordre de' la providence lorfque je change les modii?cations de la anatiere. veut-il me condamner à recevoir des graces qui m'accablent? Je fuis obligé de fuivre les Ïoix. quarree' une boule que les premieres loix du mouve3r. & que je rend. Dieu a uni votre âme avec votre corps & vous l'en féparez vous vous: lui réoppofez donc à fes deffeins vous Snez.irnt. c'e~-à-diïe les Ioix de la création c~ cle Av .ils dé~4ei ce partage inique de leur utilité & de mondé" fefpoir 1 Dieu différent de tous les bienfaiteurs. vous troublez l'ordre de fa providence.. lorsqu'elle ne l'eft plus la caufe celle l'effet doit donc ceffer au~. quand je' vis fous les loix mais quand jé n'y vis plus y peuvent-elles me lier encore? Mais) dira-t-on.~~R~`~i~ ver cruellement d'un remede qui ei~eiï'mes mains ? Pourquoi veut-on que je travaillé pour sne fociété dont je confens de n'être plus ? que je tienne.quand f : je ne retire point les avantages de la iujétion~ Mes concitoyens peuvent. Le prince veut-il queTeois~fo~:fujet. malgré moi une convention qui s'eâ faite fans moi? La fociétéeft fondée fur un avantage mutuel maislorsqu'elle me' devient onéreufe quim'empêclie d'y renoncer ? La vie m'a été donnée comme une faveur je puis donc la rendre.

y aura-t-il moins d'ordre Se moins d)arranfIement dans l'univers-?Croyez-vous que cette nouvelle combinaifon fÓit moins parfaite. Nous nous imaginons que ranéantiffêment d'un être auHiparfait que nous. un ver. fublimc? Toutes ces idées. Bler à ma fantaine toute la nature fans qu~ à ron pui'ffedire que je m~oppofë la providènce. & moins dépendante des loix gêné-' ralês ? que le mondey ait perdu quelque chofe ? & que les ouvrages de Dieu foient moins. mon corps. je puis trou. Lorfque mon âme fera féparéé de.enfest grands-. un. monc1ÍerIh6en. 1'un4ver-s y figurer" ce y être un objet important-. dé-graderoit toute la nature r nous ne concevons pas qu'an homme de plus ou moins dans Je monde que-dis-je ? tous les hommes enla semble cent millions de têtes comme nôtœ ) ne font qu'un atome fubtil 6~délié qu. ou-pLutôt Croyez-vous que mon corps dévenu'un.= 'épi de bled.n'oJ1t. gazon.L2 TT RË t la con[ervation" avoient fait ronde < ~o~~ fans doute je ne fais qu'ufer du droit qui m'a été donné 6e en ce fe. moinsimn~.er= · .. dégagée de tout ce qu'elle avoit de terreHre~Ibu devenuemoins. foit changé en un ouvrage de la nature. d'autre fource que notre orgueil nous nefentons point notre petitefré malgré" qu'on en ait nousvoulons être comptés dans.ns.moinsdigne d'elle ? & que mon ame.

a~Pa~ris-. ce indépendamment de<conféquences quoique pourtant on ne laiffe pas d'en tir~r fouvent de gœndei utilités ~pour e l . Ii It 9' ~¡( g~ _r_ ca~Ie 'J_I'~0A4. T P.~eu rr'apperç0it qu'à (escosnomances.quetu feras bie. à-un tel point quefa vues'en~ eâ airbiblie 8~ toûfnea. Pour la mouHache. LXXV.& je vis parmi des peuplerqui jr les ïneprifant tou& autres. JE t'envoie la Gopied'un&Ïettrequ'un Fra~ 'CMi~ çois qui eA en Efpagne a écrite i~ ..aife dola voir~ J E parcoursfdepuis tx rt1ôiS' l'Espagne 86 IcrPortt:1gal.171$. font aux feuls ~ran-~oi~rhonneur de ~es haM'. La gravité eft le caraaere brillagt des deux natioiig elle fe manifefle principalement de deux manières par les lunettes.&enfêveli dans deprof0ndesl~aures.4'" 4~ de i'immemM . moui~aehe. de~aphar. elle eit refpe'~abîepap elle-même. Les lunettes font voir demortfiratÍvement: que celui qui les porteeft un homme confommédanslesfciences. L E'-T T R E RICA '¡¡¡¡¡' à USBEX. quien ca orné oa clargé peut pafer fans contredit pour le nez <~ungavant. ix par la.le a.ti.g dela Lun.

il fe coupa une de fes.ne travailleroit pas ne f~ !:spour tous les tréfors du monde Jeande baflr T" n_1~1- T ? _B 3 . c'eH-à-direy qu'ils ne fÓ}1tpas originaires de ceux à qui Finquintion a perfuadé dans ces derniers fi des d'embrafferla religion Chrétienne. Ceux qui vivent dans le continent de l'Efpagne & du Portugal. mouAaches. extrêmement-élevé. Il n'y a jamais eu dans le ferrail du grand feigneur de fultane fi orgseilleufe de fa beauté. peuvent avoir de la vanité auffi en ont-ils. Ils la fondent ordinairement fur deux chofes bien con-* fidérables. afrisfur fa porte les bras croifés. On conçoit aifément que des peuples graves &: flegmatiquescomme ceux-là.L B fervice du prince Se l'honneur de la rÍ~tÍOl1. Ceux qui font dans les Indes ne font pas moins flatxés y lorsqu'ilsconfiderent qu'ils ont le fublime mérite d'être. Un homme de cette conséquence 'T une créature fi parfaite. lorfqu'ils font ce qu'ils appellent de vieux Chrétiens. fe-fententle cœur. Se envoya demander aux habitans de Goa vingt mille pifloles fur ce gage 4 eUes lui furent prêtées d'abord y 8e dansla fuite il retira fa mouâache avec honneur.hommes de chair blanche. comme ils difent. lorfqu'il eft dans une ville du Mexique. que le plus vieux & le plus vilain matin ne l'eft de la blancheur olivâtre de ton teint. comme le fit bien voir un fameux général car ? fe trouvant Portugais dans les Indes avoir befoin d'argent.

ils n. C'elui qui refle affisdix heures par jour. obtient précifément la moitié plus de confidération qu'un autre qui n'en reâe que cinq parce que c'eft fur les chaifes que la nobldfe s'acquiert. ou un fobuûe ~`rancifcain qui les éleve.ou d'un magirrat décrépit mais ils les enfermeront avec un novice fervent qui baille les yeux. par une vile a mecilanique induflrie de compromettre l'honneur & la dignité de fa peau. Ils fontpremiérement dévots. Ils connoilent mieux queles autres le fo~ . & fecondement jaloux. Car il faut fçavoir que lorfqu'un homme a un certain mérite en Efpagne comme par exemple quand il peut ajouter aux qualités dont je viens de parler.reposde fes membres. Mais quoique ces invincibles ennemis du travail failent parade d'une tranquillité philofoph~que.e l'ont pourtant pas dans le Ils coeur. carils ~bnt toujours amoureux: font les premiers hommes du monde pour mourir de langueur fous la fenêtre de leurs maitrelfes & tout Efpagnol qui n'eâ pas enrhumé se fçauroit paffer pour galant. priétaire d'une grande épée. ou pris de fon pere Fart de faire jurer une difcordante guittare.PE RSÀ'M E '3é foudroit jamais. celle d'être le prod'avoir ap. il ne travaille plus fon honneur s'ÍntéreÍfe aut. Ils fe garderont bien d'expoier leurs femmes aux entreprifes d'un foldat criblé de coups..

& qui font fi dévots. unparoitroient mal placées par exemple. fans lui en demander permMion & L'inquisition ne fait jamais brûler un Juif fans lui. é~ teinte.. M Les Efpagnoîs qU~0n brûle pas. & là on étoit quelque&isavert~ d'avance. qu'ils font à peine Chrétiens. 8c-qu'on les furprenne par le bout des pieds ils gavent que l'imagination! va toujours. 8c Vous-pourrez trouver de 1"efprit~ du bon.faire fes' excuies. Ils-ont dé petites politeffes qui en France.ontcruelles elles le font encore plus pour les Espagnols les femmes les guénilent d& icurs peines mais elles ne font que leur en f~i~rechanger & il leur refle toujours unï-ong Se fâcheux IbuVeniEd'une paûlon. mais contre les héréfiarques.ens-. point dans leurs livres voyez une de leurs .]L E T T R B ble des femmes ils ne veulent pas qU'on[eut voie le talon. mais n'en cherchez. fens chez les Efpagnols. adorent tout qu'ils vénèrent. capitaine ne bat jamais fon foldat. qui attribuent à de petites pratiques monaehales la même efficacité ce qui qu'aux feptfac~rerr. P3fOiffenfu attachéarà l'inqui~tioB /~il y aurolt de la mauvalfe humeur de la Ïeut otcr: Je voudrois feulemerit qu'on en établit une autre non pascontre les hérétiques. que rien nePamufe en chemin elle artive. On dit par-tout que les ri~ueûrs de l'amour {.

faifûnr fa courfe il ne rencontre que des ca~pagnes ruinées & des contrées d~ certes. extrêmementdécriés chezicur~voifia~~ . E ne ferois pas fâché UfbeK. & ils ne connoiffent pa~ encore leur propre continent il y a fur leurs:: rivieres tel port qui n'a pas encore été découvert. fe & Ils difent que le foleil'u 1-éve fe couche dans leur pays mais il faut dire auffi qu'en. Il y a ici une mai (on on l' 0ftmet les fous on croiroit d'abord qu'elle eft la plus grande de la ville. non 1~6 remède eft bien petit pour le mal~ Sans~dbute que les François.ex les de ~ciiolaHiques l'autre vous diriez que les parties en ont été faites & le tout raffem" blé par quelque ennemi fecret de la raifon humaine. ont Ils fait desdécouvertes immenfesdans le nouveau monde. & dansleurs montagnes des nationt qui-leur font inconnues. qui< voyageroit en France je crois qu'il vengeïoit bien fa nation quel vafte champ poc~t un homme ftegmatiq~ue penfif! Je m'imat~ gine qu'il commenceroit ainfi la description de Paris.R s~~r Ev a: tMbhotJheques. eft celui qui a fait voir le ridicule de tous les au" tres. de voir une lettre écrite à Madrid par un Espagnol. les romans d'un cote9. Le feul de leurs livres qui foit bon.

mon cher UfbeK. Il femble qu'ils aient méconnu la. que le hazard a mis à la tête des? autres. mais décrédités auprès des -gens de bon fens.grandeuï d-e |te la dignité même leur ouvrage ils fefonf amufés à faire des inflitutions puériles avec îefquellesils fe font à a vérité conformés aux petits efprits. \a A plupart des lëgiflaîeurs ont été âes îîom» mes bornés. qui ne voit les chofes que par parties. potiï perfuader que ceux qui font dehors ne le font pas.. 8c n'embraffe rien d'une vue générale. Je laiffe làmon Efpagnol. De Paris le 17 de la Lune e de Saphar. Quelques-uns ont affe&é de fe fervir d'une autre langue que la vulgaire. & qui n'ont prefque confultë que leurs préjugés & leurs phantaiîiës. Adieu. chofe abcomment furde pour un faifeur de loix peut-on les obferver.LETTRES ferment quelques fous dans une maifon. 71 i 5 LETTRE Usbek à LXXVL Rhedi. A Venife. Ils fe font jettes dans des détails inutiles ils ont donné dans les cas particuliers ce qui marque un génie étroit. fi elles. ne fontpascon-* nues ? .

Quelles due foient les loix. 8c les regarder comme laconfcience publique à laquelle celle des particuliers doit fe con-. Mais le cas eH rare ~& lorfqu'il arrive. <8c ont fuivi des idées logiciennes~~lutôt ue 1" a quité naturelle. rien enan ne répand plus de tranquillité dans un état~ .IL.L. que quelques-uns d'entr'eux ont eu une attention qui ont marque beaucoup de fageife c~eH:qu'iIs donné aux peres une grande autorité fur leurs enfans rien ne foulage plus les magiftrats rien ne dégarnit plus les tribunaux.~ Il eft vraique. Danslaluite. que le peuple en conclue naturellement que lés loix font bien faintes.'Y.V. inséparables des changemens.qu'ils ont trouvées établies c'eft-â-dire~ qu'ils ont jetté les peuplesdans les défo-rdros.mes.Ll~111U"'a. & apporter tant de précautions.&VUA. on a cru devoir s'en écarter mais ce reméde étoit un nouveau mal. elles ont été trouvées trop dures Scpaï'unelpritd'équi" té. il faut toujours les fuivre. par unebizarrerie qui vient plutôt de la nature que de l'efprit des hom. puifqu'il faut tant de formalités pour les abrogerSouvent ils les ontfaites trop fubtiles. il eft quelquefois néceifaire de changer certaines loix.L-" 'JJ . vaa .I.1p P.w. il n'y faut toucher que d'une main tremblante: on y doit observertant de fblemnités. former toujoursï Il faut pourtant avouer. X SAN E Ils ont fou-vent aboli fans necemte celles .

celle dont on C'e~ de toutes les puiSa-nces abufe le moins c'eS:la plus facrée de toutes les magiftratures :~eIUaIëul€ qui ne dépend les a même pré. ~j'~aris~ le 18 de la Lune.1 E T T'B'4' .. qui. -On xemarqueque. quoiqu'il puiffe conduire les hemmes.p~c f~n amour. qu'elles ont établie comme larp-x~ ~i~~amodt~tégkime. & même pis & ils n'ont pas pris d'elles la puiffance paternelle.t <cu'les mœursont toujours de mei`llcu~~if toyensquelesloix.ol1t mieux du créateur de réglées les peres font l'image l'univers. Je ne finirai pas cette~e~tre~ansteiaipe red marquer-la bifarrerie de 1"efpr~t es François. pas des convcntioR&~jScqtn eedjees. ne laiffe pas de fe les attacher encore par 1'£fpérance & delà crainte. dans les pays où l'on met danslu mains pate~eHes plus de récomFcnfes&de pnnitions. On dit ~u's Qpt retenu des loix Romaines un nombre infini de chofes inutiles.-JesÆamillesf. &~har~t7i~ a .

Quel plaide pour toi de trouver. Une pudeur virginale fetnbloit vouloir lesfd érobeï à ma vue je vis tout ce qu'il lui en coûtoit pour obéir elle roMgîffokde fe voir nue même devant moi. je bai£-.fuisinaniméfous l'empire de ce fexe '8c qui miniftre de la jnodeftie dans les avions les plus libres. Jî i®k des Arméniens menèrent au ferrait une jeune efclave deCirçaflîej qu'iIs vouaient vendre* J<eia£s entrer dans les appartemens fecrets je la deshabillai je l'exami- nai avec les regards d'un juge & plus je l'e*xaminai. ne porte que de chaftes regards.f'-m S. -SA S fi S- LETTRE JLe grand jïyNUQUjs A Paris. Dès que je l'eus jugée digne de toi. plus je lui trouvai de grâces. à ton retour tout cç que la Perfe a de plusxaviffant & de vak #aas ton ferrail i$aaitr$ les glaces ? à mefutç . à Usbek. qui exempt des paffionsqui peuvent allarmer la pudeur. rer que l'innocence. j& ne puis infpi?«. late je lui misau doigt un anneaudfor je meprofternaîà fes pieds je l'adorai comme Arméniens i la ceine de ton cœur je payaiî^es je la dérobai à tous les yeux.Heureux Uibeicî tu poffédes plus de beautés que n'en enferment tous les palais d'Orient. (ailes yeux: jeiui jettai un manteau dJécar>. LXXVII.

Compte. mon cher Rhedi.171~. Si dans un gouvernement doux. TRE USBEK à RHEDI. Il m'a femblé que le plus parfait ~0: celui qui va à fon but à moins de frais & qu'ainfi celui qui conduit les hommes de la maniere qui convient le plus à leur penchantes à lem-inclination cri. A Yeni e. Dans les pays où les châtimens font modérés. pour ravoir quel de tous les gouvernemens étoit le plusconforme à la raison. SoU . 1~.LETT1l'E. J'ai fouvent penfé en moi-même. mon cher Rhedi. A" 2 jT~fV* LET LXXVIII. on les craint comme dans ceux oixils ~~pn~ tyranni" Quesc~a&enx~ #. le plusparfait. que. ou les régIes de la politique fe trouvent partout les mêmes. le peuple eft auifz foumis que dans un gouvernement (evere.u ferrail de ~'atmé le i de ltt Lune de ~biab.'j'ai vu bien des gouvernemens ce n'eit pas comme en Afie.j que le tems & la polisson travaillent a le~ detruirel détruire ~. les peines plus ou moins cruelles ne font pas que l'on obéiffe plus aux loix. dans un état. f DEPUIS que je fuis en Europe. puifqu'il eft plus conforme à la raifon 6c que la Sévérité €&un motif étranger. le premier eft préférable. 1.

?.E N. de Venife. :'jetle vois pas qu'on y commetterhoins de crimes 8c que les hommes.appe~nt=autai~t-1'éfprit d'un Européennourri ~dans. on punit toujours par grés on inflige un châtiment pîus ou moins grand à un crime plus ou moins grand.. gui eft la loi ailleurs. L'imagination j[e plie d'elle-mêmeaux mœurs du pays où l'on vit huit jours de prifon.s Je remarque au contraire une fource d'injuitice ce de vexations au milieudc ces '1( ?mêmes t a 5.' memes e Je trouve même~j~ptince.' = quar.emPè!.un pa~ys de douceur. moins tnaître~quepa~-atout Je vois que dansées ~t~mensrigoureux il y a toujou. S X ë s 44 ioit deux. où perfbnne ï~eHle cher': oc que. ~fr.te Mog01.gquverl1eJ:n~nt déqu'il foit cruel.¥~fé)i'ihf"plp. quand une fois l'autorite violentecjCtméprifée il n'ea r_'F_ B ~ome ~I~ .~è(1fi~ttie. Ils attachent un certain degré de crainte àuri ce rtain degré de peiné. que la perte d'un bras intimide un Afiatique. ue q dans les républiques de Hollande.rs~ees m emenstumultueux. même.ted~heure/deifdn'tJ!11ei:Và la p juftice &: réquite~ fbiént mieux ôbfeTvées en Ttirqùie. qui n'ôteroit pas. ion: Soit que Ie. ou une légère àme:nde. un un Turc. Se chacunla de partage à fa far~on:: ~le'déféfpc3iie rinfamie vient défblerun François qu'dn vient dccondâmner à une peine. l châtiri1"~ns.P . i~imi~és par Ia grandeur des fOlÚi1isauxoix..fe('êhè~. & QansJ"AngJeter.

. ¡~0indte accident produit une gratlder~V:91~tio. 3e fou..rt.}.it(0.\1~'1quicommire1)1!cetat.-i~ le~z 'dela Lune L BT TR BS 11 . Jo~e~~¡.fortit de la foule par fard le nom de MuHapharut prononcé.d.1pe'J.etif¡.at.ir~é-ri~e-de firme le défordte -& le rend pl~s grand Que dans ces états il ne fé forme point de petite révolte 8e qu'il n'y a jamais d'inférition-: tervallé entre 1e wurn~ure.fouvent au~Mnprévue de ceux qui la font que de ceux quilit louant. qu'on haCL'a jamais çO:l1nuè.revenir l'impunité conQue 'le dé:fefp4. -°~ë. leur fit jufii:cefur quelquegrief une voix.r.de' caufes: g:rarides au centr~.$~3.ï'ï)l7ï~ .F.J.TeUeplu~ a~ez perfbnne pour la. tentat ne inngpoit & commettre dequ'on snal)dQi~Qtfet:11en'lel!):tenfupplians.faire..a Qu'il ne &ut point que les grands événetn~~sy.é12at!éslp. futdéLor~u'Ofïïïan empeMur des Taures ~ofé aucun de c:eJ.M.in MU~~fhafúteD.y~ .

I]tile:eJ). il a donne furla terre des marques de fa pui. NAIlG. il n'y ena pas qui ait furpaffécelledes Tarares.:Í'ls fris a. 1 cul "s c'ei Et pour ~arle~.Spl'usrecules. Ils d0n1h1én.tfu~ te$vâae~'Faysqt1ifbr'ment l'empired~'1V1~gdlFL\ ont Maîtr{.$ dèJa:Pcl1fç.dë ten~. rs. Se ils la tiemnënt encore fous leur obéif-~ ` r-: .Beils dominent ur ces trois parties de 1'.P E R S ANE S. il. S~lenom'deT!'Urcs'.1 ance.le'r':a:l' 'do teur de l'univers tous les autresfëmblent être faits pour le' fervir il eiï également le fondateurScle deftruéteur des empires :daMstous les tems.. ni en gloire ni dans Itt'g-randeur d"At'\l"IU:'tJHL ... que Qu'eŒ~ce les conquêtesd'AlexaMre 1 can c-ncoii2paràifà d eéelltësde' Ç~ycn-.a été le fléau des nations. LE T T R ELXXTX. furIe"trône deefrús:~2~e.u.r Af fie&t'At\tiq1!ié.¡afp~ills:oritfoUmis'¡a Mofcovie.ilsontfait : des conquités ÍrrÜhèl1Íes'dal'Ísl'Europe. D E toutes les nations du monde.t1 ~M~e P~ 6% ~O~'O~ JA. c'eâ d'eu~que fén-tlfôrtisprévue tous les peuple$ qui ont renverfë l'empire Romain.~1Paris. Les Tartares ont conquis deuxfois la Chine.tousles âges. monchef UfbeK. USB E K.ghn Bjj . .C'-Jt1e..Œanc~dans.

Ri CA à 1BBEN. il y€H a de bien plus finguliers que ceux-là. qu'on appelle Chartreux on en dit qu'ils fe coupent la-. 4dea Lureé le l d<R<'H~i3i7i!' ï .4etvis feretran*chaffentde même leur tout ce que ~eu.1~ng-ue entrant dans fouhaitcroitibrt quetous. 0 'IQUE iès François parlent beaucoup. le. ï.x LET .. Que d'avions immortelles ont été enfevilies dans l'oubli! que d'émpires par. ë~ qui ont un talent bien extraordinaire. ne fongeoit point à fe ~fignale'r .ans rayenir par la mémoire de tes conquêtespafi~es. couvent .8t.r profeHion rend inutile.eux fondes.Rn. u de deril y a cependant parmi eux une efpece vis taciturnes. ni de retenir un mot de ce qu'ils QRt~it- .if~orièns pour célébrer là mémoire defes merveilles.'De Mo/èou. dtêtr~ leur plagiaire. les autree. A propos de gens taciturnes.éfente.1 T R E LXXX.. fans qu'il ~bitpôniblede les déceler. Smirne. fure de vaincre dails tous 4 les tems. dont nous ignorons l'origine! Cette belÏiqueufe nation uniquement occupée de fa gloire pr. Ce font-ceux amuqui fçavent parler fans rien dire & qui fent une conversation pendant deux heures de tems.L E T T R E 6 Il n'a manqué à cette viétorieufenation que des h.

'9'tiaif'ie-flè cours: & quand l'exorde eft beàu itrénd fupportâbles toutes les lotites qui viennent enfuite. De Pâris le 6de.p Ê e S A N ES. . Ces fortes de gensfont adores des~mmes. mai~qui par bonheur arrivent trop tard. J'en con.'b" 'Í~h trouves d'introduire dans les'conve~Rtion's les chofes i'nanimees. Mais ils font au comble deTeiprit.!='. 8c d'y faire parler leur habit brode. o Jeté prometsque ces petits iale'ns1.Ù:<M( .t .8cqu'un hommede bon fens ne brille guére& devantces fortes de gens. Ú'i' d"aüt'rés "q.6. qui ont reçu de la'nature l~âimabletaà lent de fourire à propos.eft"7"dire.~ niais ifsne le ~'ontpourtant pas tant que d'autres. leur perruque btàn~de leur tabatière.la Lune~ de Re~iavz. leur canne.h.i')"fè"Í. lorf qu'ils gavent entendre fineA'e tbut $~ ~â trouver mille petits traits gutiie ans les chofeslesI'lûsco1'ïlmu~s. c~Ièur~ sand~ Il eft bon de commencer de la'tue à fé faire écouter par le bruit du carroH~ Se du marteau qui frappe rudement'la porte: cet avant*propos prévient pm.n6ig@ '. dont n ne fait aucun cas cheznous. fervent bien ici ceux qui font aiïëz heureuxpour les avoir . chaque infiant & qui portent la grace d'urie joyeufe approbation fur tout ce qu'elles dt> iehr. z xs: B iij ..u.{.

quelque Etre qui le confdere foit quece foit 33ieu foit que ce foit un ange ou enfin que ce foit un homme. 'U' s B i~ RHEbI. mon cher Rhedi. La juaîcc cil un rapport de convenance. 1 Jo y a un Dieu. La juftiçe éléve.. trouve réellement entre deux chofesr ce rapport efl toujours le même.L'E T T R t S ET T RE LXXXÏ. C'eA toujours par un retour fur euxmêmes qu'ils agiilcnt nul n'eft mauvais gratuitement il faut qu'il y ait une raifon qui détermine & cette raifon eft toujours une raifon d'intérêt. les auqu'ils aiment mieux fe fatisfaire "que tres. Maisil n'eH pas potl'~bleque Dieu Meja- . fa voix mais -elle a peine à ~'e laire entendre dans le tumulte des paffions. ils s'en éloignent & intérêt eft toujours ce qu'ils voient le mieux. Les hommes peuvent faire des injufticesr 8e parce qu'ils ont intérêt de les commettre. S.. il faut Ilécefl'airement qu'il (bit juite ca~.a. s'il ne l'é-toit pas il feroit le plus mauvais & le plus impa~it~e tous les Etres. qui fe. A Yeni fe. Il eft vrai que les hommesne voient pas toujours ces rapppïts fouvent même lorileur qu'ils les voient..

faire nos e~bftspourre~mbléràcet Etre. cequi1fi~afaitpenfer que la juûicc eHéterneHe 8e ne dépend point des conventions humaines 8c quandelle en dé– .Sans cela nous deyrtons être dans une frayeur continuelle . noue Ain6. nous n~devriü~n°s:~pas=.cfu Se ta relijoug 'wt!(tebtide gion.ffousferiÓn5. Voilà.1'ê`tte 1'équité. comme il n'abefoin de rien Se qu'il fe fu~it à lui-même il feroitle plus méchant de tous les Etree-~P"Uifq-u'i-1 le~fe~ro-it~fa-ni. det1:-àdire. dont nous av~ns un:ë ~eMe i~ee.quandil n'y auroit pasde I~"iéuy devrions toujours aimer la Jpftfçc.~'ais rien d'injure dès qu'on fuppofe qu'il voit la juf&ice."feroit ter. feroitnéceHairemen~Ae. 1 B. qU~f. faut néceIÏairementqu'il là il fuive car.nouspafferions devant leshommes comme devant les lions 8c nous ne ferions jamais affuré~un momentde notre vie de'notre bien ni-de notre honneur. . faudroit fe Nous (ôrtlmes¿ntourehttlfôthnres. 8c nous met à eouvert de leurs entrepri{es? . ? B It..pIl1$£ort!J que nous ils peuvent nous nuire de mille manières diiïërentes les trois quarts du tems ils peuvent le faire impunément Quelrepo~ pour nous de ravoir qu'il y a dans le coeurde tous ces hom~$'1[i:principe intérieur qui combat en notre faveur. 9 A14 BS.Fendroit ce. Libres. intérêt. Rhedi. 8s qui s'il exilloit.

Rhedi fi j'étois fur de gres fùivre toujours inviolablement cette équité le j'ai devant les yeux je mecroirois que crémier des hommes.Lettres7. qaellefatii» Quand Utt. qui le font agir dontnous ne voudrionspas agir nous-mêmes.. Toutes ces penfe'es m'animentcontre ces un docteurs qui repre'fentent Dieu comme de fa Etre qui fait un exercice tyrannique d'une manière puiCance. qu'il fe voit au-deffusdes 8c desours.hôffltffie faction pour loi de trouver qu'il a le cœur ju£ te Ce plaifir. Oui.i7lS' Lune .• •-• punit:• tfexàmkie-. de peur de l'offenfer qui le chargent de toutes les imperfectionsqu'il pùriit en nous 8c dans leur opinions contradictoires le repre'fentent tantôt comme un Etre mauvais un Etre qui liait le mal 8c le tantôt comme . A Paris Jet de la deGemmadi}i. tout févere qu'il eft doitle ravir il voit fonêtre autant au-dtffus de ceux tiqui ne l'ont pas.

c~e~ d cherleurderriièréfaliS'fâé1:~i dn'daîYscette imaleur ge de la guerre & partage. J E fus hier aux Invalides j'aimeroisautantavoir fait cet établiiîément. On y trouve par-tout la maind'un grandmonarque.a~.devoirs de la relig. fuHentécrits. dan~désrëgiHresqu~ furent comme foarce ~glo-M-e'& de la la 1l0Dle!f~ ~PMy. Hj'étpis Prince.io.n8~"ceu~ derarî'militaireP m~rr.ne'fe plaignent que de l'ims puiitance ou elles font de fe facrifier encore pour elle Quoi de plus admirable. qui ne respirent que pour ta défendre. Je la crois quec'eftlelieu le ptus'refpe:ctacble4e terre~ Quel fpeétaél'e que de voir dans un même fieu rafïemblées toutes ces vi~imes de la patrie.P "'Í! R S A N E. L E T T R E LXXX IL . observer exa€beques*tls y étoienï' nne drfcipline~auHI contr~i~nts--i~ar Ia préi'er°ce 'uner~neri~i. & non pasla même force .t~Mœss' ~0e3aRïï~i~-ï'7~ ]tPf" . que d'avoir gagné trois batailles. _Ri c i~ -1t 1t~.S.8s co'n'tervés dans les temples..r-fetir cœu¥& efpdt entre les.r Je vDudrois queles noms de c-eu-xqu1 yent pout la patrie. 8e qui fefèntantle même cœur. que de voir ces: guerriers débiles dans cette retraite.

n'en connurent les conséquences le hafard 6t roNice de la raifon & de la politique.. En profcrivantlës Arménieny. écoutée. tes. ou fë dans la penfée que notre empire feroit toudansforu jours pollué. T U fçais. les artifans du royaume. cette occafion l'aveugle dévotion avoit été. ter le royaume. on penfadétruire en un feul jour tous les négocians.Je fuis fûr que~e grand Cha-Abasauroit mieux:: aime fe gai~ecouper les deux bras. 'de de fe faire Mahométans le royaume. Mirza. USBEK à MIRZA: A j~p~~M. de lagrand que celui qu'il auroit pu courir deux perte de trois brailles & de laprife de villes.L1tTTRES.. & fauva l'empire d'un péril plus~. C'étoit fait de la gran3eur Pérfane H dans. a~omcM te~' jets. tandis qu'il garderoit fein ces infidéles.pareil 8c qu'en -envoyantau gner :Lès Se auxautres rois des Indes~~ fu. On ne fgait comment chofe manquanB l'a ceux qui firent la propontion.mdaârijeux. que quelques miniâres de' Cha Soliman avoient formé le deffein de d'obliger<tousles Arméniens de Perfe quit-Mahomëtans. . que de Hun ordre. Mog@l\. ni ceuxqui la rejetterent. & presquetous. plus. L E T T R E LXXXIII.

tl e& bon qu'eUes.l'l'fl' .pouivan-t'fe d 'lit~14-guéÉque par leur'opulencë' ~'lëurs'~i~ ils' font portés à en acquérir par leur travaif. & avec lui par une mite néc. On remarque que ceux quivi~eïft'darRrde~ r'digionstolé~é\es.'d'u11if'}e coup à J:¥". S'il faut raifonner fans prévention je ne u fçais Mirza s'il n'eft pasbonque d'al'n's rij état il y ait plu~ears reHgt6ns.tss Les perfécutions que nos Mahon~i~m'xélés ont faites aux Guébres. plus utiles à leur patti\e'i'èJ:ue'te.fi appli' quée au labourage. étoit~en étatdevaincïela Serilitede nos terres. les ont obligés de paffer en foule dans les Indey Scont privé la Perfe de cette laborieufe natiô'11'.t1j&¡-'C}Jii~:viven1f: dans la religion domii~nte parce qu~éloi-gnés des honneurs. qui feule par fon travail.P donner lamoitié de feséta.ên'dènt'6rdinait'emej-t~ .on vouloit rendre noriHante. 8~ à embraser e MI rt pén~ibles: ` D' aillèut"$'fC'(1mme"tbu~es"è's"rengÍ tiennent~des préceptesutiles à là fociéfé. ne~.¿~40 moyennant quoi rempire tomboitde lui-jhême.cSairc cette même religion..tI!JV'iI ~-&n~ Ji '1jJ E' R '1 S A N' E" . Il ne refloit à tadevotion qu'an fécond de ""l'n::er'. fe: t. qu.foientobfeÍvéês~a\7ec zèle: Ofy. oe ~u'a~-il~àeJ?lÎ1s'capable' d~aRime~ ~€ «1!1e leur111ulfipl1clt'é?l' ~~s~j[e:p~b'ajs~~ r.

aux Mahométans & aux Chrétiens. cela ne lui porteroit aucun préjudice parce qu'il n'y en a aucune qui ne prefcrive'1'obéilfance. dont les progrès ne peuvent être regardés que -comme une éclipfe entiere de la raison humaine.chofes quideshonoj-eroient fori parti. abus de l'ancienne.~oitrauc\l1+ mauvais L E T T R E S aln" r!~fff<n<~fnfnm'at 1 .ndjufqu7aux particuliers chacurifë tient furfes gardes.rien. dqfce. remplies des.di2.Uoires. étoit le moien le plus fûr pour corriger tous les. &I'expoferoient aux mépris ce aux cenfures impardonnables du parti contraire. qui d'eux eft.profélytifrne. &pane. Quand toutes les fe4~les monde viendroient s'y rafiembler. c'éfi: l'èfprit d'intolérance qui animoit. La jaloufie. &craint défaire des. On a beau dire qu'il n'eftpasde l'intérêt du prince de fouffrir plusieursreligions dans fon du état. C'eft enfin cet efprit de vertige. que les C'eft ce~t~-çfprit juifs~ont.. Maisqu'on y prenne guerres de religion bien garde ce n'eH.. Car enfin" quand il-n'y auroit pas de 1'mbumanité à amiger la c~n~cienee des autres des quand il n~en'~éfalte. celle qu4îe croyoit la dominante.pointla multiplicité dey religions qui a produit ces guerres. font J'avoue 4ue-les h'i.peis. Auffia-t-on toujours remarqué qu'une fecte nouvelle introduite dans un émt. ne prêche la ~bumi~on. de.Egyptieng. c..s.cerbe unemalade épidémique 8c populaire.

.ntm&°. fe J'allai l'autre jour èam le lîeûvOÙ rend la'juilice. AParis.ehagtiri le maître mcomrnode.P E K S" A K E S..fb. peut-être pouf l'empire du monde. effets qui en germent à milliers Il fâtfdfoit être fou pour s'en avifer.. i. qu'il ne feroit pas lui-même. obfe révèlent tous les fecrets des famiî-r kjs & où les actionsles pluscaehé€s. fesaugïandjpuE.le pcrefur fes enfans le maître fur fes efchves Bcfois fur qu'elle ell toujours contre le marijaloux le père.L femble ici queles familles fe gouvernent? toutes feules le marin'a qu'une ombre d'autoritéfur fa femme. Enfin on entre dans le lieu facré. 1715» LETT LXXXTV: RE Rica à **K I.re2 6dèlaLuHF de Ggmmadi. Celui qui veut me ne le fait fans faire changer de religion doute que parce qu'il ne changeroir pas la fienne quand on voudrait l'y forcer il trouve donc étrange que je ne faire pas une chofe. Avant que d'yarrÎFer il faut paffcr fous les armes d'un nombreinfini de jeunes marchandes qui vous appellent d'une voixtfempeufe.Cefpeélaelé d'ab®rd eft afîeariant :maisil dcvientlugubre lorfqu-'onentre dans les grandes foies oh l'on ne voit que des gens dont l'habit eft encore plus grave quela figure.

autre' vient dire qu'elle eft laife de porter le titre de femme."IY"1.' Là.1~A-4 T T ar K n 6?Y1 J't. qu'elle menace eft fi. Il y en a même qui ofent. de filles abufécs. fans en jouir elle vient révéler les elmyf1:erescachésdans la nuit du mariage le veut qu'on la.befoins-.tout enfant ?0 pendant le mariage CEfenfé être au mail a beau avoir de Sonnesrations pour se lie gs~~loire. peu toujours d'une défaite prochaine. une fille modefte vient avouerles tour-mens d'une virginité trop long-tems gardée... la p lui). . que pour le mari qui yfuc combe. qu'une fentence là réiabliffe dan~tousles droits de la virginité.. Avec une"modeftie pareille une . tes combats.&fa doulourcufe réH~ance elle fiere de ~victoire.. Un nonibre infini defilles ravies ou ~ëduites font les hommes beaucoup plus mauvais ce tribuqu'ils ne font. d'amany infidéles 8~de maris chagrins. Parla 10i'1uÎ' yeftob1ervéè.L 1- Ir ". 8s pour que fon pere n'ignore plusfes. Une femm:eeffrontéè vient enfuite expofer les outrages Qu'ellea faits à fon époux. comme une raifon d'en être féparée. &.défier leurs maris 8c leur demander en public un combat-que les témoins rendent 6 difficile épreuveauffi fi' > triffante pour la femme qui la~butient.elle lesexpofe à tout le peuple. L'amourfait retentir nal on n'y entend parler que de pèresirrités.livre aux regards des experts les plu's habiles'.

mais font1 eux-mêmes la fociétéuniverfelle. Pa~ de Gxmmadi 2. peud'efprits jufles ~c'tout le ïnondeeonvient qu'il y en a une infinité defaux. Mais j'ai remarqué parmi eux des gens s qubnon feulement font fociables. ilmeparoît que le Franl'homq çois eR plus. de.. foulage de rexarhen 8c des icrupuies. Sur ce pied-là. ~1~Cont toujours emprei~és. pourroient réparer aux yeux desétrangers les ravages de là peilé ou de la famine. On demande dans les:.17 yS. LET T' R E RiC'A~ LXXXV. Dans ce tribunal. écoles y Cun corps-peut être en un inüant en plufie\1rs lieux ils fontune preuve de ce que ° res pHilofbpResmettent en queflion.P-E R S Il. uniquement pour la loGiéte. 8c peuplent ear' un infant les quatre quârtiers-d'une ville cent Hommes e cette efpeceationd'ent--plus~ d ils que deux mille citoÿ5ens~. -€) N dit que l'homme eft un animât fociablé. Ils fe mulriplienr4ans tous les coins.on prend les voix à la majeure mais on a reconnu par expérience à la miqu'il vaudroit mieux les recueillir neure r8c cela eft bien naturel~caril y a très.R°rf~uf1te. demandert~ à .fm77!<ïdt~2~i7ï!.i tte EMne? ~eG. parce ~qu'il~ 1'aËaMe itn . hommeu'un autre: e'€~ me par excellence car il femble être fait j.r N S.

Le roi ne fait point de gratification^à en coûquelqu'un de fés fujets qu'il ne leur te une voiture pour lui en aller témoigner leur joie*Enfin ils reviennent chez eux. bien fatigue's fé repofer.Lettres' 1 ceux qu'-ils voient. ils fatiguent plus les portes des maifons f temcoups de marteau. On ne leur ôteroit jamais delà tête qu'il eft de la bienféance"de chaque jour le vHïtgr en détail. que les vents & les pêtes. Les penfions dont il a félicité fès amis. Si l'on alloit examiner la liite de tous les portiers. eftrdpié de mille manieres en caraéteres Ils "SuifTes. Il s'eii réjoui de la naiffance de deux mille-fixcent quatre-vingt enfans. on y trouveroit chaque jour leur nom. Un d'eux mourut l'autre jour de'laffitudev êcon mit cette épitaphe fur fon tombeaux C'eft ici que repofe celui qui ne s'eft jamais enà repof'^îl s'eft promené cinqcent trente î«rréniens. où ils vont. 8c d'où ils viennent. pour pouvoir reprendre le lendemain leurs pénibles fonctions. toujours en dïes^ermesdifférent montentà^deuxmil-li©a^Ha: ceat mùh livres j ie^heiaiia cpir'St* . paffent leur vie à la fuited'un enterrement? dans des complimerrsde condo'léancei ou dans des folUckafions de-maria«ge. fans compterles v'iûtesqu'ils public font en gros dans les lieuxou l'on s'affèmble: mais comme la voie en eft-trop abrégée y elles font comptées pour rien dans les règles de leur cérémonial.

es ancêtres. Sa converfation étoit amufante (il avott un fonds tout fait detrois-centfoixarite-1cin-q contes il pofféctoird'ailleurs depuis fon jeune âge cent dix-huit apophthegme~ tifes des anciens qu'il employoit dans les occafions brillantes. Il eft mOltenf1jàla foixantiéme année de fon âge. quelquebrÍllalltqÙ~it1oi't~nefau"e' pas un hommede la foule dans laquelle il confondu. voyageur.yenife.être le plus heureux de tou~. 1 =__r ~m. AP A R 1s règne la liberté & l'égalité. S'il peut avec cela cacher fon oifiveté par un air emprcfl'é. Je me tais.p t fait fur le-pavé à neuf mille fix cent tlades celui qu'il a fait dansla campagne.dela Lun~ dë Gemmadi. La naiffance la vertu le mérite même de 1~: guerre. leshommes R SA N E S. à trentefix. z. La jaloufie des rangs y eft inconnue. L E T T 'R E LXXXVL USBEV ~D n_ A. des dettes &des penfions.I~If.. I: . ou par un feint attachement pour les plaifirs il croit . On dit que le premier de Paris eft celui qui a les meilleurs chevaux à fon carrôffé. Un grand feigneur eft un homme qui voit d le roi qui parle aux m-iniftres qui a. car commentpourrois-Je achever de te dire ce qu'il a fait ce qu'il a vu3 Paris te3..

Le minifirëeft le grand-prêtre. qui lui offre bien des victimes Ceuxqui l'entourent ne font point habilles de blanc tantQtïacri'ficateurs. lorfque nous pouvons le porter dans la mémoire des autres*: c'eil une nouvelle vie que nous acquérons & qui nous devient auffi précieuse que celle que n nous avons reçue du ciel. iln'y a de grand. pour exécuter leurs ouvrages.ïI3dl~t.riers' abiles.le que nous augmentons notre être. Il femb.. divinité des Fraai. APdrïs !e9<fe~Ï<MJM de~~?iT. maisils iont fans crédit. ~`S'xnâ~^ne:.' cet iniiinél que toutes les créatures ont pour leur confervation.. 2~t71 LXXXVIY~ Us~E K 1 BBEN..que ceux à quï le monarque donne quelque part au gouvernement. h b qui.~E T T R B S EnPerfe. fë Servent toujours des machines les plus Rmples. Cette noble paffion eft bien toujours gravée dans leur: LET TRE . La faveur e~ rande ~ois. Les rois font comme ces OU\7.&tan-t'tfacr 0 ils fe dévouent eux-mêmes à leuridole avec tout le peuple. Ici il y a des gens qui font grands par leur naiffance. de L E cfe~u~ la gloire n'eil point différent de. Mais comme tous les hommes ne font pas également attachés à la vie ils ne font pas auffi égalementfënfibles à l'agloire.

ia cœur mais l'imagination modinent de mille manières. Un homme de bon fens me difoit l'autre jour Oneft en France àbien des égards plus libre qu'en Perfe auffiy aime -1 on plus la. parce qu'il ne peut l'être fans choquer fes intérêts. parmi nous le prince eft-il jaloux de l'honneur du dernier de fesfujets.compof¿es d'efclaves naturellement lâches ne fur montent la crainte de la mort. Cette différence qui fe trouvéd'homme à homme. Ay l'éducation & I~Pli!à . foit par quelque préférence foit par la moindre marque de mépris. < Auffi. fe fait encore plus fentir de peuple à peuple. & diminue avec elle la gloire n'eft jamais compagne de la fervitude. 8cfë retire chez lui. Cette heureufe fantaifie fait faire à ce que François. un fujet fe trouve bleffé dans fon honneur. fon fervice. On peut pofer pour maxime que dans chaavec la lique état le defir de la gloire croît berté des fujets. que par celle P 'E 1l 1~n4mri A N E S. c'eft que les unes . Ainfifi. il quitte fur le champ fa cour fon emploi. La différence qu'il y a des troupes Françoifes aux vôtres. pardon prince. qu'en leur mettant fans ceffedevant les yeux les f1!pplicesoclesrécompenfes. 11ya pour le maintenir des tribunaux respectables c'elî le tréror facré de la nation & le feul dont le fouverainn'eft pas le maître. votre fultan n'obtient defes fujets. avec plaifir & avec goût. un gloire.

ou une ville prife. Maisle fanduaire de l'honneur de la réputation & de la vertu. Tout homme e:ftcapable/de faire du 'bien à un homme mais c'eft reÍfembleraux Dieux. Une pouvait voir un de fes compatriotes qu'il ne reffentît le plaifir d'être fon bienfaiteur il comptoit le nombre de fes Services par celui de fes concitoyens. Se dans les pays où l'on peut prononcer le mot de patrie. 8~ bannüfentla crairtte par une Satisfactionqui lui eft fupérieure. ce qui produit dans l'arüè uh nouveau genre de terreur qui la rend comme f cupide au lieu que les autres fe préfentent aux coups avec délice. que de contribuer au bonheur d'une Sociétéentière. chez qui les emplois8c les dignités ne font que des attributs de la fantaiffe du fbuverain? La réputation & la vertu y font regardées comme imaginaires.t BLË S du châtiment. fi elle's ne-font accompagnées de la faveur du prinec. un ge. étoit une récompenfe immenfe pour une bataille gagnée. femble être établi' dans les républiques. Là un homme qui avoit fait une belle action.Une couron élone de chêne ou de laurier. fe trouvoit füffifalllment récornpenfé par cette action même. à Lacédémone. avec laquelle ellesnattent & meurent (le . -A Rome 1. à Athènes. l'honneur payoit feul les Servicesles plus fignalés. Mais cette noble émulation ne doi~~ elle point être errtiérement éteinte dans le cœur devosperfans.

cette paffion générale que la nation dans Francoifë a pour la gloire il s'eft formé l'efprit des particuliers un certain je ne fçais quoi. fans une peine plus cruelle que la mort. JL E TT R E L XXX VIII. que celui d'avoir fait un bon ragoût. Un homme qui a pour lui i ei-urne blique'3n'cR jamais fûr de ne pas. pumême. . Il me'fe fentir ce quec'eR car nous n'en avônspoint précifément d'idée. je ne dis pas les enfreindre-emais en éluder la plus petite dilpofition. ne fuivoientguéres d'autres loix que c. le 15de la Litne ~Gcm77!2~71~. Autrefois les François. & c'efl le point d'honneur par excelbien difficile de te faire' lence. le 15 dela Lune P Paris.PERSAN ES. j46*~r~.être deshol-01 noré demain Le voilà aujourd'hui général d'armée peut-être que le prince le va faire fon cuifinier & qu'il n'aura plus à efpéter d'autre éloge. U~SBEKau méme. qu'on appelle point d'honneur c'eit proprement le cara~ere de chaque proieffion mais il eff plusmarque chez les gens de guerre.ellesde ce point d'honneur elles regloient toute la conduite de leur vie &elles étoient fi févéres qu'on ne pouvoit. fur-tout les no-* bles.E1 aris. .

Pour peu qu'un-homme fût connu d'un autre. qui étoit le duel. ne faifoit aucune diaicultc d'aller rifquer pour lui mille fois fa vie. quand il a été offenfé mais d'un la juilice le punit des plus cruelles peines lorffe venge.E 1. lui & toute fa famille. Mais*ce qu'il y avoit de mal c'eft que fouvent le jugement fe rendoit entre d'autres parties que celles qui y ctoientintéreflées. elles ne prefcrivoient'guéres qu'une maniere r de décifion. il falloit qu'il entrât dans la difpute oc avoit s qu'il payât de fa perfbnne comme'il été lui-même en colere. Aufi les rois l'ont-ils défendue fous des peines très-févéres mais' c'ef1:en vain l'honneur. qui tranchoit toutes les difficultés.-t-~t-- S . qui veut toujours régner. fe révolte. Il fefentoit toujours honore d'un tel choix & d'une préférence fi Ëatteufe & tel qui n'auroit pas voulu donner quatre picoles à un homme pour le fauver de la potence. Si l'on fuit les loix de l'honqu'il fi l'on fuit neur on périt fur un'échafaud LE _·rr_ T TR. Cette manière de décider étoit affez mal étoit plus imaginée car de ce qu'un homme adroit ou plus fort qu'un autre. & il rie reconndit point de loix. il ne s'enfûivoit pas qu'il eût de meilleures raifons.Quand il s'agifibit derégler les différends. Ainfi les François font dans un état bien violent :'car les mêmesloix d~~rhonneur' un honnête homme de fe venger obligent âutre côté.

A. Chacun a penfe' à fes affaires & à prendre fes avantages dans ce changement. de la . Ce prince habile a été au parlement. Àinfi mourutle grand Cha-Abas après avoir.rempli toute la terre de fon nom. banni LETTRE Usb ek LXXXIX. parler des genspendant plus fa vie tout le monde s'eft tû à fa mort. Le roi arriere petit-fils du monarque défunt. à Rh.emmaii. 0 P*E R S A H «. voulant fe furvivre à luile ï Umouritf i fepteiuke 1715» . ou d'être indignede vivre. z 1715.belles juftice pour jamais de la fociété deshommes il n'y a donc que cette cruelle alternative ou de mourir.r~n. Le feu roi avoitlalt un ieftament qui bornoit l'autorité' du çéffjnt. il a paru ne céder qu'au defiin. un prince fon oncle a été déclare régent du royaume.S. Ne crois pas que ce grand événement n'ait fait faire ici que des re'flexionsmorales. f f ^pofanttous les droits de fa naiffance il a fâit cafer la difpofition du monarque." on efl L.eDi» A Venise. Ferme tk courageux dans ce\dernier moment. L E monarque qui a fi lorig-tems regné n'efi: Il a bienfait.Paris le 1 de la Lune de G. n'ayant que cinq ans. qui.

L P. des moeursqui a tout affoibli à l'autorité fuprême quLa tout abattu. Ces grands corps ont fu. 9 1_- même. àla corruption. Ils ne fe mêlent guéres plus que de rendre la juftice & leur autorité eft toujours languiflante. l AParisy le $ deIg. fembloit avoir prétendu régner mcore après fa mort. il a voulu qu'on les regardât comme de la monarchie & le fondement de l'appui toute autorité légitime. 715» LETTRE . Maisle régent qui a voulu fe rendre agréable au peuple a paru d'abord refpe&er cette image de la liberté publique &: comme s'il avoit penfé à rélever de terre le temple &l'idole.. Les parlemens reflemblent à ces ruines que l'on foule aux pieds. à moins que quelque conjoncture imprévue ne vienne lui rendre la force & la vie. mais qui rappellent toujours l'idée de quelque temple fameux par l'ancienne religion des peuples.une 1 deRhegeb.ivi le deftindes chofeshumaines: ils ont cédé au temsqui détruit tout. T T R -E -I.

. qui fe réfugierent à milliers dans les-dé[ertsaffreux de la Thébaïde 1 & eurent. qu'i! Semblequetu aies le cœur de notre faint prophéte tes. racré Santon. afin que leurs mortifications &leurs prieres ferventes fufpendiffe~l. Ta fainteté eft fi grande. dé du fommet de la gloire.moï qui ai appris de nos dodeurs.pour chefs. cC je me profterne le regarde les veftiges de tes pieds. . dans tous les coins de.(tere de Cusb:Î~o J E m'humilie devant toi.la terre.fa-colere prête à tom~ beri'urtantdepeupLesrebeIes? Les Chrétiens difent desmerveilles de leurs premiers Santons. que les dervis même infidéles ont toujours un caractère de Sainteté.P B R S A N E LETTRE XC. & vole autour du trône 7 qui eH fbutenu par les nuées ? .auflérité.eft-il encore fur la terre. des âmes plus pures que les autres. qui Ies.rendl'efpe~âbles aux vrais croyans &que Dieu s'e~ choiH. qu'il a féparc-osdu mondeimpie.Comment. & ont dit. leurs vies font auffipleines de prodiges.s étonnent le ciel même les anges t'ont regar-. Antoine & Pacôme. Paul. comme la prunelle de mes yeux. Et comment net~honorerois-jepas. puifque fon efprit eft avec nous. T0 U SBEX à frr~ frere S AN N au mona. Si ce qu'ils en difent eft vrai. que celles de 7'omell.

Si tout ceci eft vrai.. ils les trouvoient à table jamais d'afyle contr'eux. En vain cherchons-nous dans le defërt'un état tranquille les tentations nous fuivent toujours nous 1 d nos pali'~ons ~gurées pa_r _es é_m__ons. . nos pa:rl()vS figurées par les démons. ces illufions de Tefprit. ne du quittent point encore ces monfires coeur.: il a purifié autrefois pleine de fon empire & l'a rendue digne duféjour des anges & des pr-ophétes.t E T T RES' Ils nos plus Sacrés immaums. c'e~-à< 1' dire jufques dans notre force même. qui nous peut fervir à nous faire fentir le malheur de la condition humaine. il faudroit avouer que perfonne n'auroit jamais vécu en plusmauvaife compagnie.r~~clris le ."ar ces efprits malins ils les trouvbient au Ut. ces vains fantômes de l'erreur 8c du menfon~é~ montrent toujours fe à nous pour nous déduire & nous attaquent jufques dans les jeûnes & les cilices. paiipient quelun quefois dix ans entiers fans voir feul homme mais ils habitoient la nuit & le jour avec des démons: ils étoient fans ceffe tourmentés . Pour moi.9dela Lun~ deGhat~ban 7a5· ~ . Les Chrétiens fenfés regardent toutes ces hifloires comme une allégorie bien naturelle. Santon vénérable je fçais que l'envoyé de Dieu a enchaîné Satan. Santon vénérable. & l'a préla terre cipité dans les abyfmes.

Rhedi. ne. &d'en tirer des conféquences La puifiànce illimitée de nos fublimes fultan. Us B'P' Y. ç . pour endurcir leur confcience mettre l'iniquité en Même. eft une fcierice quiapprend aux princes jufqu'à quel point ils peuvent violer lajuftice. tel qu'il eHaujourd'hui. A Yeni e. Si les hommesn'en fcrmoient point s'ils fe quittoient 6c fe fuyoient les uns les autres. f J E n'ai jamais oui parler du droit public. gneufement quelle eft l'origine des focictés ce qui me paroit ridicule. Quel defrein..s qui n'a d'autre régie qu'elle-même. de vouloir. d'en donner des régles d'en former des principes. Le droit public eft plus connu en Europe qu'en Afie: cependant on peut dire que les paffionsdes princes. RHE D1.JJ LETT RE XCI. if faudrait en demander la raifon & chercher pourquoi ilsfe tiennent réparés mais ils nailront tous liés les uns aux autres un fils eft né auprès de fon pere & il s'y tient voilà la fociété & la caufe de la fociété. 41' Ce.droit. fans choquer leurs intérêts. la flatterie des écrivains erlont corrompu tous les principes.1»g lt SAN Jl. la patience des peuples. qu'on n'ait commencé par rechercher foi-.9.

qui régne dans le droit ç'w vil l'autre qui régie les différends qui furviennen. qu'il y a deux juftices toutes différentes Tune qui re'gle les affaires des particuliers. # De peuple à peuple. dela AParis le premier Lum AeZilhagè. Je t'expliquerai dans âne autre lettre mes penfçes î|-deffus. L E s magiftrats doivent rendre la juflice de citoyen à citoyen chaque peuple la doif rendre lui même de lui à'uà autre peuple.Lettre Nie At» tsnn-n&rpc s nne> produit pas plus de monftres.1716» LETTRE Usbek X. Dans cette féconde distribution de juftice on ne peut employer d'autres maximes que dans la premiere. il eft rarement befoin de tiers pour juger. qui veut faire plier la jufljce toute inflexible qu'elle eft.eilr au même. Rhedi. Les intérêts de deux nations font ordinairement fi féparés qu'il ne faut <j»'a& .t de peuple à peuple qui tyrannife dans le droit public comme file droit public n'étoit pas lui-même un droit civil non pas à la vérité d'un pays particulier mais du monde. parce que les fujetsde ditfont prefque toujours clairs 8c faciles à putes terminer. que cet art indigne. On diroit.

c'eft la guerre puifque fon but c nj p . < . ou parce qu'on aura eu quelque procédé peu convenable à l'égard de fes ambaffadeurs.mer la juflicepour. La raifon en e:ftque comme la déclaration de guerre doit être un. Il n'en eft pas de même des différends qui arrivent entre particuliers. leurs intérêts font f mêlés & fi confondus. Comme ils vivent en Société.E K> 9 A 'Ê N$. il y en a de tant de fortes différentes. Il n'y a que deux fortes de guerres juiles les unes qui fe~ font pour repoufferun ennemi qui attaque les autres pour fecourir un allié (lui eft attaqué. ou du peuple qui l'a commis. & autres chofes pareilles non plus qu'un particulier ne peut tuer celui qui lui refufe le pas. parce qu'on lui aura refufé un honneur qui lui eft du. Dans le droit public l'acte de justice le plus févere. Il n'y auroit point de juftice de faire la guerre pour des querelles particulieres du prince. a moins que le cas ne fi grave. c'efl vouloir le punir dé mort. -actede juflice. on ne peut guéres fe prévenir dans fa propre caufe. qu'il méritât la mortdu prince. qu'il eft néceifaire qu'un tiers débrouille ce que la cupidité des parties cherche à obfcurcir.. Ainfi un prince ne peut faire la guerre.dans laquelle il faut toujours que la peine foit proportionnéeà la faute il faut voir fi celui à qui on déclare la guerre mérite la mort. Car faire la guerre à quelqu'un. la trouver.

Mais pour que l'alliance nous lie il faut qu'elle foit jufle: Ainfi une alliance faite entre deux nations pour en opprimer une troiSème. eft de priver un prince des avantages qu'il peut tirer de nous proportionnant toujours la peine à l'offenfe. que de la contrader. C'eft une loi que les tribunaux n'ont pu s'empêcher d'obferver. de mefurer la peine par le crime. Il n'eft pas même de l'honneur & de la did ~nit~ du prince. qui doit être le plus fréquent. Il n'y a rien parmi les hommes qui leur foit plus glorieux. & même plus utile. eft la Les repréfailles font dufecond degré.r<_·r~· -? deKruction de la fociété. que d'en voir d'autres toujours attentifs à leur confervat. On ne peut pas faire de plus grand affront à un prince. à l'alliance duquel nous renonçons. des'&llier&vecun t~ra~ az~ t!'TT1lE"S t_ . efl la renonciation à l'alliance du peuple dont on a à fe plaindre. Un troifiéme a6te de juftice. n'eft pas légitime & on peut la vio~ ler fans crime. Le quatrième acte de juftice.ion. eH retranché par-là de notre fociété. Cette peine répond à celle da bannifièment établie dans les tribunaux qui. Be n'eit plus un de nos membres. que de renoncer à fon alliance ni lui faire de plus grand honneur.-retranche les coupables de la fociété. Ainfi un prince.

cher Rhedi. iTn£fCCi&é peut être fondée que fur la vone lonté des affociés fi elle eft débite par la conquête le peuple redevient libre il n'y a plus de nouvelle focie'té ôc fi le vainqueur en veut former ceft une tyrannie. qu'il en arrive un mal plus grand que le bien que 1l'onen doit retirer. ce que j'appelle le droit public voilà le droit des gens ou plutôt celui de la-jaifo. Le droit de conquête n'eft point un droit. & le fomma de s'en corriger comme il ne le fit pas. A l'égard des traités de paix. E R S A 1. il lui envoya dire qu'il renonçait à fon amitié & à fon alliance.J" dit qti'un monarque d'Egypte avertir le roi de Samos de fa cruauté & de fa tyrannie.n. • A Paris le4 d~laLune yle4 de la Lune deZilhagé 1716. 1. ils ne font jamais légitimes lorfqu'ils ordonnent une ceffion ou dédommagement plus confidérable que le dommage caûfé autrement c'eft on une pure violence contre Facmelle peut toujours revenir à moins que pour ravoir ce qu'on a perdu on ne foit obligé de fe fervir de moyens fi violens.- 3 S~ -hl' fit Çiy . Voilà.

qui m'envoya il y a un mois fon commandement fublime oc cent tomans. négociant d'Ifelle fe pahan la marchandoit avec moi mais déroboit dédaigneufement à fes regards. Le premier eunuque d'un. IL pi arrivé ici beaucoupde femmes jaunes du royaumede Vilapour j'en ai acheté une pour ton frere le gouverneur de Mazenderan. 9 LET T 11 E LE PREMIER EUNUQUE ~l6YtSs XCIII. Je me connois en femmes. Se qu'en moi les yeux ne font point troublés par les mouvemens du cœur. commefi elle avoit voulu me dire qu'un vil marchand n'étoit pas digne d'elle & qu'elle étoit devinés à un plus illufire époux. d'autant mieux qu'elles ne me furprennent pas. Je te l'avoue je fens dans moi-même une de joie fecrette quand je penfe aux charmes cette belle perfônne il me femble que je la vois entrer dans le ferrail de ton frere je me plais à prévoir rétonnement de -toutes tes . Je n'ai jamais vu de beauté R régulière oc fi parfaite fes yeux brillans portent la vie fur fon vifage & relevent l'éclat d'une couleur qui pourroit effacer tous les charmes de la Circaffie. & fembloit chercher les miens.E T T R P. à UsBEK.

c~ . Il S A N 2. Que dis-je ? elles irritent fans cefÏete maître contre leurs rivales & eIles ne voient pas com~ bien elles fe trouvent près de celles qu'on pUïUtj.1pP. des tentives fur les démarches autres il femble que. dans le trouble du dedans. elles travaillent à fe rendre plus dépendantes elles font prefquela moitié de notre office.S. plus d~exemplesdefbumifHon tout cela leur forme des chaînes les unes font fans cefe at-. moins de facilité de s'unir. _r. Nous remarquons que plus nous avons de femmes fous nos y eux. & nous ouvrent les yeux quand nous les fermons. & l'ambition irritée de celles qui efperent encore. des autres la confolation maligne de celles qui B'efperent plus rien. toujours contrainte de paroîtrc. & les régIesmoins inflexibles la douceur. fortira du fond même du défefpoir. moins elles nous donnent d'embarras. de concert avec nous.r aen la douleur impérieufe des unes 1 aifemmes fliaiOn muette. Je vais d'un bout du royaume à l'autre faire changertout un ferrail de face. Une plus grande nécefïite de plaire. Que de paffionsje vais émouvoir que de craintes Be de peines je prépare Cependant. le dehors ne fera pas moins tranquille les grandes révolutions feront cachées dans le fond du cœur les chagrins feront dévorés & les joies contenues l'obéiffance ne fera pas moins exade. mais plus douloureuse.

J efpérances plus abfolu quand que tu ne l'es quand tu menaces.. fost cela n'eft rien fans la présence du maître. 8c rendre le devoir même aimable viens enfin foulager tes fidèles eunuques d'un fardeau qui s'appefantit chaque jour. dont l'efprit curieux brille de tant de connoifiances. Il y a ici des philofophes qui.t ï ï TS8 f Maïs tout cela. LETTRE Ûsbek XCIV. lede laLutti ( Duferrail Tlfpahan de Zilhagé 1716. fage dervis. dervis de la mo& à Hasseik . magnifique feignent. O toi. Reviens donc magnifique feigneur y reviens dans ces lieux porter par-tout les. Viens ôter tout prétexpafïions défefpérées viens te de faillir viens appaifer l'amour qui murr mure. écouté ce que je vais te dire. adoucir des marques de ton empire.tagne de Jaron. tu temperes la crainte par les tu careffes. Toi. Que pouvons-nous faire avec ce vain fantôme d'une autorité qui ne fe communique jamais tosre entiere ? Nous ne repréfentons foiblement la moitié de toi-même nous que ne pouvons que leur montrer une odieufe féVerité. n'ont point atteint jufqu'au faîte de la fageffe Orientale ils n'ont point été' ravis jusqu'au trône lumineux ils n'ont ? ni entendu les pa- . à îa vérité.

tu vas être étonné par la fublimité des myfteres tu renonces par avance à comprendre tu ne te propofes que d'admirer. privés des faintes merveilles. Et que crois-tu. Mais tu changeras bientôt. Ils ont débrouillé le chaos 8c «nt expliqué. par une méchanique fimple de TarchiteSure divine. que aous voyons dan? l'univers. .rune régularité. èc une promptitude infinie dans l'immenfîté des efpaces. éternelles qui s'obfervent fans aucune exception avec un ordre . homme divin.Fersan es. ils fuivent dans le filence les traces de la raifon humaine. que l'efprit de ceux qui les propofent9 êc des peuples qui les obfervent: ceux-ci ne nous parlent que des loix générales immuables. Tu ne fçaurois croire jufqu'ott ce guide les a conduits. Que les législateurs ordinaires nous propofent des loix pour régler les fociétés des hommes des loix auffi fujettes au changement.1 UjUlt:: h nature a donné du mouvement à la matière il n'en a pas fallu davantage pour produire cette prodigieufe variété d'effets.de penfee: elles n'ébiouilTerit point par un faux refpe£t ô Cw'ï C vj . que foient ces loix ? Tu t'imagines peut-être qu'entrant dans le confeil de l'éternel. lailTésà eux-mêmes. tôles ineffables dont les concerts des anges retentiffent ni fenti les formidables accès d'une fureur divine mais. L'auteur de ~UVUI\ l'ordre ut:: 1 al\"lUL~LUJ.

La premiere eft. que tout corps tend à décrire une ligne droite. que tout ce qu'on nous raconte de nos faints prophetes. La connoiHance de cinq ou fix vérités a rendu leur philofophie pleine de miracles 8t leur a fait faire plus de prodiges & de mera veilles. qu'on en a connu toute la fécondité 6e toute l'étendue.¡eût' implicite les a fait long-tems méconnof. comnie je te le ferai voir dans une lettre particuliere. fi on lui eût dit de pefer dans une balance tout l'air qui eHautour de la terre. à moins qu'il ne ren. tre & ce n'eft qu'après bien des réflexions. combien de t0tj[esH y a «ici à fatame quelle cil LETTRES ~« e 1 . Voilà fublime dervis la clef de la nature voilà des principes féconds'1 dont oa tire des conféquences à perte de vue. tend à s'en éloigner parce que plus il en eft loin plus la ligne qu'il décrit approche de la ligne droite. ou de mefurer toute l'eau qui tombe chaque année fur fa Surfois 1 face & qui n'eût penfé plus de quatre avant de dire combien de lieues le fon fait dans une heure quel tems un rayon de lurniere empl ~ieà venir du [vieil ànous. contre quelque obftacle qui ren détourne & la Seconde qui n'en eft qu'une fuite c'eâ que tout corps qui tourne autour d'un centre. qui n'eût été embarraffé. Car enfin je uns perfuadé qu'il n'y a aucun de nos docteurs.

par un admirable caprice. quoiqu'elles foient relevées'par la for. & les idées des hommes comme il. il auroit fait un bel ouvrage. Tu diras peut-être que je parle trop librement de ce qu'il y a de plus faint parmi nous tu croiras que c'eH le fruit de l'indépendance. dans nos livres faints on trouve le langage de Dieu. Il femble que les livres inspirésne font que les idéesdivines rendues en langage humain au contraire. t~ndis l'efprit n'a pas corrompu le cœur prophéte. t PEUSA~BS.. 1. qui n'auroit cédé qu'au faint alcoran. graces au ciel. Dieu y avoit dicté les paroles & que'l'homme eût fourni les penfées.1 _t. Cependant. que je vivrai Halï fera mon ° Pari~. pour être le meilleur voilier qu'il foit `' pénible. je ne m'accommode guéres du flylefiguré. .le 1 de la L~~n~ aQ deChahbanx7. s'il te faut dire ce que je penfe. Peut-être que fi quelquehomme divin avoit' orné les ouvrages de ces philofophesde paroles hautes & fublimes s'il y avoit mêlé des figures hardies ce des allégories myftérieufes.' Il y a dans notre alcoran un grand nombre de chofes puériles.n!< felon laquelle un vali1eallnoit être la courbe taillé.–.·é. d'abord ce & la vie de l'expreiïion. qui me paroifent toujours telles. où l'on vit dans ce pays. Non.

1 L n'y a point de pays au monde où la fortune foit fi inconftanfe que dans celui-ci. On vient d'établir une chambre leur qu'on appelle de juitice parce qu'elle va ravir tout leur bien.L-EiT -f -R. qui enléprécipitent le riche dans la mifere. Iî arrive tous les dix ans des révolutions.E S LETTRE XCY. l'aveugle fatalité dudeftin. & vent le pauvre avec des aîles rapides au comble des richeffes. Celui ci eft étonné de fa pauvreté celui là l'eft de fon abondance. ni cacher leurs effets car -on les de oblige de les déclarer au jufte fous peine la vie: ainfi on les fait paifer par un défilebien étroit je veux dire entre la vie 8c leur ar- . onles eftime affez auffi ne négligent-ils rien pour acquérir de l'eftime. USSEK à I B BEN. A Smime. Ils commencent pourtant ce métier par la derniere mifere ils font méprifés comme de la boue pendant qu'ils font pauvres? quand ilsfont riches. Ils ne peuvent. Ils font à préfent dans une fituation bien terrible. Le nouveau riche admire la fageffe de la providence le pauvre. Ceux qui lèvent les tributs nagent au milieu des tréfors: parmi eux il y a peu de Tantales. ni détourner.

des gentilshommes tués dans les. On ne trouve pas tous les jours des miniftres difpofés à faire rire le peuple & l'on doit fçavoir bon gré à celuici. Ceux qui le compofent prennent la place des grands malheureux. ils relevent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles qui font comme une efpéce de fumier qui engraiffe les terres montagneufes & arides. Er. Je trouve.K?sc yI~I~o~E~'lahcinran'2 . t A~ S7. 14z comble d'infortune y a un mi~en~. des magiftrats ruinés. fureurs de la guerre & quand ils ne peuvent pas fuppléer par eux-mêmes. :eo1JI Biûre connu par fon efprit qui les honore de fes plaifanteries 8~badine fur toutes les délibérations du confeil. ~P~~3~l<ïde!<ïZ.. de l'avoir entrepris. dn-neles auroit pas affezdiflinguées de la vertu-. la providenee admirable dans la manière dont elle a diftribué les. xicheifes fi elle ne lesavoit accordées qu'aux gens de bien.r. Mais quand on examine qui font les gens qui en font les plus chargés à force de méprifer les riches. on vient en~ à méprifer les richeliës. & on n'en auroit plusfenti tout le néant. Ibben. Le corps des laquais eft plus refpcâabte CK France qu'ailleurs e'efi un féminaire de grands feigneurs il remplitle vuidedes aurres états.

pour aller aufli paflèr fix mois à la campagne. tout. pour mettre fa femme à la mode. Quelquefois les coëffures montent infenfiblement & une révolution les fait defcendre tout à coup.L g Y y 1 E i XCVI. tout feroit changé. ou que le peintre a voulu exprimer quelqu'une de fes fantaifles. tant l'habit avec lequel elle eft peinte lui paroît Améétranger: il s'imagine que t'dl quelque ricaine qui y eft représentée. Que me ferviroit de te faire une defcription exacte de leur habillement Sz deleurs parures? Une modenouvelle viendroit détruire tout mon ouvrage. étonnans. . commecelui de leurs ouvriers 8z avant que tu euffesreçu ma lettre. Le fils méconnoit le portrait de fa mere. on ne fçauroit croire combien il en coûte à un mari. 11 a été un temps que leur hauteur immenfe mettoitle vifage d'une femtneau mtlieu d'elle-mérne dans un autre . It 1 C A « RHEDI. JE trouve les caprices de la niodej cliez les François. LETTRT.AYB~2ZfP~. Ils ont oublié comment ils étoient habillés cet été ils ignorent encore plus comment ils le feront cethyver mais fur. en revient antique que fi elle s'y étoit oubliée trente ans. Une femme qui qukte Paris.

Le monarque pourroit même parvenir à rendre la nation grave s'il l'avoit entrepris. & les régIes de leur art ont été affervies à ces fantaifies. 8e d'élargir leurs portes. félon l'âge de leur roi.S'A N21:gio.lesFrançois changent de mœurs. Qui pourroit le croire ? les ar~ chitedes ont été fouvent obligés de hauffer.c'étoit les pieds qui occupoient cette place les talons faifoient un piéde~al.1717- lé 9 de la Lutz~ . quoiqu'en dife le critique. Autrefois les femmes avoient de la taille. de bailler. qui les tenoit en l'air. & des dents. L'âme du fouverain eft un moule qui donne la forme à toutes les autres. comme des modes :. Le prince imprime le caradere de fon efprit à la cour. aujourd'hui il n'en ei~ pas queilion. la cour à la ville. les filles fe trouvent autrement faites que leurs meres. c deSaphar. Il en eft des manieres Bede la façon de vivre. felon que les parures des femmes exigeoient d'eux ce changement. p-px. De Paris. la ville aux provinces. Dans cette changeante nation. On voit quelquefois fur un vifage une quantité prodigieufe de ïnouches Se elles difparoiffent toutes le lendemain.

Ils avouent de bon cœur que conpeuples font plus fages pourvu qu'on vienne qu'ils font mieux vétus ils veulent bien s'affuiettir auxloix d'une nation rivale. Cependant il eft inconcevable à quel point ils en font entêtés c'eft la regle avec laquelle ils jugent de tout ce qui fe fait chez les autres nations: ils y rappellent tout. jufqu'à fe degra-.L1!1'TJtÉi L E T T R E XCVIL RI CA au a~aéme. je ne te parle que des bagatelles. les autres der.$ pourvu que les perruquiers François décident en légiflateurs fur la forme des perruques étrangères. Quand je te dis qu'ils méprifent tout ce qui eli étranger. car fur les chofes importantes ils femblent s'être méfiés d'eux-mêmes. ce qui eft étranger leur paroît toujours ridicule. Scies ordonnances leurs coëffeufesportées dans toutes les toilettes de l'Europe. Rien ne leur paroît fi beau. que de voir le goût de leurs cuifiniers régner du de feptentrion au midi. JE te parlois l'autre jour de FinconHancs prodigieufe des François fur leurs mode?. que leur iss- . Avec ses nobles avantages. Je t'avoue que je ne fçaurois guéres ajufler cette fureur pour leurs coutumes avec l'inconilance avec laquelle ils en changent tous les jours.

foit gouverné depuis plus de dix Socles par des loix qui ne font pas faites pourlui ? Si les Franne feroit pas çois avoient été conquis ceci difficile à comprendre mais ils font les conquérans. adoptées t 8c pour ainli dire naturalifées eH fi grande qu'elle accable également la jufHcc & les juges. Cette abondance de loix.uGemparailen de cette armée effroyable d@ . qu'ils ont ~npartie faites & en prifes à la place. ~Ky~?'É`~v partie rédigées par des empereurs contemporains de le urs!@giflatel. le plus ancien & le plus puisant de l'Europe. Il eft vrai que. faites par leurs premiersrois dans les ailemblées Se ce qu'il y a de fingénérales de la )n q¡¡It gulier. c*eH les loix Romaines. Mais ces volumes de loix ne font rien 9. oit rédigé par écrit quelques flatuts des villes Os des provinces mais ils fontprefque tous pris du droit Romain.P E R S ANB S. Et afin que i'aequifition fût entiere &: que tout le bon fens leur vînt d'ailleurs ils ont adopté toutes les conflitutions des papes.fdans les derniers temps. porte que le bon fens leur vienne (rameurs & qu'ils aient pris de leurs voifins tout ce qui concerne le gouvernement politique c~ civil ? Qui peut penfer qu'un royaume. & en ont fait une nouvelle partie de leur droit nouveau genre de fervitude.1l!. Ils ont abandonné les îoix anciennes.

LsTZa~s ON parle toujours ici de la'eonftitutiort. Je le crois di. 1'7 lac le de I.1 de commentateurs. ~7~~aris. de compila gloirateurs. Il feroit affez difficile de décider fi la forme s'ca rendue plus pernicieufe. dit-il en portant la main fur le front j'ai eu befoin de toute ma domine & il m'a fallu lire bien des auteurs latins. Ce n'efi pas tout ces loix étrangeres ont introduit des formalités qui font la honte de la raifon humaine.M?te i ~eSaphar. . LET T R E ÜSB~~ XCVIII.7i.ce mandement & vous verrez que j'y ai réfolu tous vos doutes. qui difoit d'une voix forte J'ai donne mon mandement je n'irai point répondre à tout ce que vous dites mais Iifez-le. que fous le large chafi dans l'une elle a peau d'un médecin & n'en a tué dans plus ruiné de gens qu'elle l'autre. ou lorsqu'elle s'cft logéedans la médecine fi elle a fait plus de ravages fous la robe d'un jurifconfulte. 11m'a fallu bien tuer pourle faire.1 où je J'entrai l'autre jour dans une maifon vis d'abord un gros homme avec un teint vermeil. l6rfqu'elle eit entrée dans la jurifprudence. de teurs gens auai foibles par le peu jufleffe de leur efprit qu'ils font forts par leur nombre prodigieux.

il difoit d'abord Cela eft certain. qui vient ft ouvrage fouvent vous voir. je reconnois que vous avez grand be&ind'êlp Jre éclairé. & de commettre fa fuffifance. c ~eParis. quefi je vous en avois parlé deux heures. lui répondis-je car de la ma. Et comment. lui dis-je pour lors êtes-vous des juges infaillibles ? Ne voyez-vous pas. d'en faire un meilleur. reprit-il. niere dont voûs avez parlé tout aujourd'hui. z i 7. Mais comme il fe vit preHe. quele faint efprit nous éclaire Cela eft heureux. Et bien lifez-le donc reprit-il 8t vous ferez inilruit fur ces matieres dans un quartplus d'heure.un homme qui fe trouva là car c'eft un bel & je défie ce jéfuite.ic x s dela Li~~ 'deRebiabI. foute-' nu d'un dervis qui les lui rendoit très-refpecdeux hommes qui étoient tueufement. nous l'avons jugé ainf & nous femmes des juges infaillibles. Voilà comme il évitoit d'entrer en converfation. Quand là lui nioient quelque principe.~ E R s n x~Es~ . il fut obligé de foitir de les retrsnchemens & il commença à dire théologiquement force fottifes.

frayeur.C'e~ état vicient. . La plupart des gouvernemens d'Europ~ font monarchiques. princes. L'Italie. les marprinces de la fouveraineté.'des rois de France. à proprement parler. ou plutôt font ainfi apcar je ne fçais pas s'il y en a jamais eu pelles véritablement de tels. au moins eft-il irnpofun iible qu'ils aient fubfiité long-temps.A Smir~e.z(' L1tre le être également partagée peut jamais 8c le prince l'équilibre eft t~op diffipeuple cile à garder il faut que le pouvoir diminue . ÏJBS plus puiffansétats de l'Europe font ceux de l'empereur. d'Efpa& une grangne. ou en république La puiffance7. pendant qu'il augmente ùe l'auto .t P.L 2 T'T~ 1. -Nosglorieux fultans tyrs ont plus de femmes que' la plupart de ces Ceux d'Italie qui princes n'ont des fujets. USBEK àlBBEN.. &d'Angleterre. leurs ne font pasf~w:nis. L E TT R E XCIX.d'un côté.font plus à plaindre états font ouverts comme des caravanferas. qui dégénère toujours en defpo: tifme. oh ils font obligés de loger les premiers qui viennent il faut donc qu'ils s'attachent aux faffent part de leur. font partagées en de partie de i un nombre infini de petits états dont les font. & leur grands plutôt que de leur amitié.

1.Persane s.: il ne court 4onç paç plu» . Un Perfan qui par imprudence ou par malheur s^eflatt-iré la difgrace du prince. porter iî loin. que cet immenfe pouvoir qu'ils exercent fur eux: rien ne les foumet plus aux revers ôc aux caprices d$ la fortune. parcequ'ils ne veulent point . térêt de '1~ le .1.. qui efl. premiérement. Aufli le pouvoir des rois d'Europe eft-il bien grànd 6c on peut dire qu'ils l'ont tel qu'ils le veulent mais ils ne l'exercent point avec tant d'étendue que nos fultans.à la tête des armées. Mais s'il ayoit attenté à la vie de fon fouverain s'il avoit voulu livrer fes places aux ennemis. Rien ne rapproche plus les princes de ï? condition de leurs fujets.s fautes 6c les peines qui eft comme l'ame des états i'ck l'harmonie des empires.choquer les mœurs $c la religion des peuples fecondement. L'ufage oh ils font de faire mourir tout ceux qui leur déplaifent au moindre figne qu'ils font. & cette proportion ^crtipulertfement gardée par les princes Chrétiens kur donne un avantage: Infini fur nos fultans. renverfetla proportion qui doit être entre le. mais l'avantage eft ordinairement du côté àm prince.s eft fur de mourir: la moindre /aute ou le moindre caprice le met dans «ette néceffité.Io-+~1:.0. parce qu'il n'eftp^s de leur in. il en ferojt aufBquitta pour perdre la yie.

pe. AuHi. ils ne vivroient pas un jour . dans la moindre disgrâce. Si dans cette autorité illimitée qu'ont nos ils n'apportoient pas tant de préprinces. contre Fumage de ces temps-là. qu'un petit prince d'Ane avoit envoyés pour le faire pérïr jufques-là les rois avoient fujets.craignent d'y tomber. feule refou'rce qui lui reHe< Il n'en eft pasde même des grands d'Euro" rien que la bien. Siècles qu'un n'y a que quatre ou cinq roi de France prit de~ gardes. ils. quille & des avantages Comme on ne les fait guéres périr que pour le crime de léze-majeiM. par la considération de ce qu'ils ont à Perdre 8c du peu qu'ils ont à gaec qui fait qu'on voit peu de révol" gner mprt tes & peu de princes morts d2"U-nç yiolente. pour fe garantir des affaffins.L 2 T T R 9 9 de rifque dans ce dernier cas que dans le pfe" mier. vécu tranquilles au milieu dç leurs ~*<tfnm« commio. . Ils fe retirent de la cour. & ne fongent qu'à jouir d'une vie trande leur naiffance. caution pour mettre leur vie en fureté. il fe à troubler l'état. 8e à porte naturellement confpirer contre le fouverain. tets. voyant la mort certaine. leur empire ne fub~ileroit pas un mois. à qui la difgrace n'ôte veiilance êc la faveur.& s'ils n'avoient à leur folde un nombre innombrable de troupour tyrannifer le refle de leurs fu-1 ces. & ne voyant rien de pis.

volci à peu près ce que me difoit l'autre jour un f Européen a.ffe-zente: Le plus mauvélispaqiqu~rle~-i1~i~c~s.ur~o le deRebia$ 2. ~l.'àutre .ço. e~toujours la mênie pourle peuple.he~.mme ils font. Ces monarques font com? ms le oui porte par tout la chaleur Se la vie. c'eRde fç. (1~c.1. il fuffit qu'un homme ait été allez heureux pour voir l'augutle vifage de fon prince pour qu'il ceffe d'être in digne de vivre. Bien loin queles rois de France puiHent de leur propre mouvement ôter la vie à un de leurs fujets. 1717. comme nos fultans. U S B E K ~M MÏ~MC.tomme des peres au milieu q. ils portent au contraire toujours avec eux la grace de tous les criminels.eleul'"6.enfans. qu'il né conns~itque de nom égorgés Fun après 1.a non pas le roi Se attachent l'efprit des Sujets à uncertain trône & non pas à une certaine jperfonne. De~Par£s de lâ i. . -Ouoique dix rois. 1> D: R ~<jf~t- ~1 E E T T RE C. >J foient `~oŸYI~ 14 -D.d'Afle aiént pu pren~ïre. fuivre ridée ds maderniete lettre. Cette pui~ncs invifible qui gouverne. Ilsveulent le rendre plus i'efp~éta-' blés: maisils font jreJpè~e1T royauté 8~ l. Fous.

fans qu'un feul homme eû~ penfé à t~clanicf fon tpi. il auroit pris tranquillement les rêne§ de l'empire. ils ont tout ce qu'ils peuvent avoir. qui auroit femblé amaÍfé pOU! lui. le temps lui manque. fans!' On s'étonne de ce qu'il n'y a.~gï~ comme s'if fent aucune différence avoit été gouverné fucceelvemetit par des écrits. s'ils chan?geoientquelqueçho&~ ce ne pourrpitt re y qu'à leur préjudice. ro! Quant -aux-fujets.cela fi ce n'eft de ce qu'il ~i~tyrannique & af1 freux?1 Les çpangernens ne peuvent être faits que par le prince ou par le peuple Mais là les princes n'ont garded'en faire parce que. fi quelqu'un d'eux rnequelque réfolutiôn il ne fçauroitl' exé~ cuter fur l'état il faudroit qu'il contrebalançât tour-à-coup une puiffance redoutable. toujours unique comme les moyens Mais il n'a qu'à aller & la fouree de ce pouvoir1 &il nelui fautqu'ut\ . Si le déteâable parricide de notre grand toi Henri IV avoit porté ce coup fur un roi des Indes maître du tceau royal & d'un tréfor immenfe. i~~~efl1~prtriermonte fur le tïçne. fa famille &fes enj. dans un fi haut dégré de puiffance. 8e d'où vient . pend 1e 'c'e~ .prefque ja<nais de changement dans le gouvernement: des princes d'Orient.~)ras8cqu'un inilant.

defcend. L E T T R E C I.2. étonne. Un mécontent en Afie va droit au il en effaprince. que pourindiquer au premier ambitieux rendroit ou il la trouvera toute entiere. tombe. une femme.Rebiab. un pere & un fils. Malheureux le roi qui n'a qu'une tête il fémble ne réunir fur elle toute iapuijfïance. 1717. USBEK~MM~H~. ils difent là-deÍfus des choses bien extraordinaires Se" l'on eux. renverfe ce jufqu'à l'idée dans un inftant l'efclave 8c le maître dans un infant usurpateur & légitime. l'humeur impatiente des l~ngl~is ne laiffe guéres à leur roi le temps d'appefantir fon autorité la foumiffion & l'obéiffance font les vertus dont ils fe piquent le moins. il n'y a qu'un lien qui pùi~é attacher. à exciter quelques vains murmures parmi les Sujets. frappe. €xp!reràfespieds. va que le monarque en . ne font > Dij . DeParis.P E x 8 A N E S. à fe faifir de Quelque place. le 17de la LMK9 de. qui eft celui de la gratitude un mari. Un mécontent en Europe fonge à entretenir quelque intelligence fecrette. à fe jettet chez les ennemis. les hommes. Tous les peuples d'Europe ne font pas ega" lement fournis à leurs princes par exemple.

E T T \l E. font l'o.qui ordonne de fe~ foumextre aux puiltances n'eft pas bien dif9 âcile à fuivre y puifqu'illeur ca impo~ible .y. bien loin de faire vivre fçs fujets heureux. fur la terre un tel pouvoir. déclara-t-il de lèse-majeflé à un Prin que c'eft un ce de faire la guerre à fes fujets. quand ils difent que le pré9 cppte de leur alcoran. 1. félon eux. que le crime que le plus foible. rien ne les attache à lui & ils rentrent dans leur liberté naturelle. ou par les bienfaits qu'ils fe procurent & ces motifs divers de reconnoiifance. parcequ'il pu avoir d'origine légitime.auro. commet contre le plus fort en lui défobéifi fant -de . veut les accabler & les dé9 truire le fondement de l'obéiifance çe. Car nous ne à un autre pouvons pas. concluent-ils. Ils ont donc grande raifon. qui fe trouva le plus fort contre un de leurs rois..itêtre légitime. 9 liés entr'eux quepar 1 amourqu'ils le portent. < Le crime de Ièse-majeflé n'eË autre chofe.. nous ne pouvons pas nousôter la vie perfonne n'a donc.1sfoutiennent que tout pouvoir fans bornes ne n'a jamais f~.rigine de tous les royaumes Se de toutes les iociétése Mais fi un prince.exemple.fiè rien ne les lie. difent-ils donner n'en avons plus de pouvoir fur nous que nous nous-mêmes or nous n'avons pas fur nousmemesnnpouvoir fans bornes par.quelquemaniere qu'il lui defbbéi~ Auffile peupled'Angleterre.

z ~717.rtië nele pas obferver d'autant que Ce n eit les oblige de pas au plus vertueux qu'on fe Soumettre. mais à celui qui eit le plus fort. & croyant qu'il n'y a pas de loi là où il ne voi t point de juges. des fciences & des arts' cultivés en Occident.les caprices du hafard & de la fortune. ? E Il 9 Alq i~'S. A Paris: Tu m'as beaucoup parlé dans une de tes lettres. comme des arrêts du ciel. prince infortuné. J'ai oui dire que la feule invention des bombes avoit ôté la liberté à tous les peuples D iij .. qui avoit vaincu & pris prifonnier un prince qui s'étoit révolté & lui difputoit la couronne. L E TT R E CIL RHEm USBBK. dédommage les hommes du mauvais ufage que l'on en fait tous les jours. il fait révérer. De Paris le 2d de la Lunt de Rehiab. ayant voulu lui reprocher fon infidélité & fa perfidie Il n'y a qu'un moment. dit le qu'il vient etre eClCle lfilortune. de Les Anglois difent qu'"Ltt1 leurs fois. Un u~urpateur déclare rèbéles tous ceux qui n'ont point opprimé là patrie comme lui. Tu me vas regarder comme un barbare mais je ne fçais fi l'utilité que Fou en retire. qu IL Vlcnt d'être décide Î?ïlÏlt:~ lequel de nous deux eflle traitre.

depuis l'invention de la poudre. la famine. la pelle. iice Je tremble toujours qu'on ne parvienne à la fin à découvrir quelque fecretqui fourniffe une voie plusabrégée pour faire périr les hom3nes détruire les peuplesles nations en. Uibex..à-dire. qu'il n'y a plus d'afyle fur la terre contre i'_iy°tj-û & la violence. qui à la premïe-rebombe fe feroient rendus. prefque toutes les Monarchies n'ont été fonn'ont été dées que fur l'ignorance des arts 8c détruites que parce qu'on les a trop cultivés. ont eu un prétexte pour entretenir de gros corps de troupes réglées avec lefquelles ils ont dans la fuite oppriméleurs fumets. Que nous a fervi l'invention de la boulrole. c'eft. tieres.LETTRE! d'Europe. Il n'y a pas long-temps que le fuisen Europe mais j'ai oui parler à des gens fenfés des ravages de la chymie il femble que ce foit un quatrième fléau qui ruine les hommes & les détruit en détail mais continuellement tandis quela guerre. Les princes ne pouvant pîtrs coafier la garde des places aux bourgeois. qu'~ nous communiquer leurs maladies plutôt g. Tu as lu îeshiHorien§:iais-y bienattention. & la découvente de tant de peuples.les 'détruifen t en gros mais pat intervalles. il n'y a plus deplaces imprenables.u~ rvr~wlW t~ we-11I\l7ff~11 . L'ancien empire de Perfe peut nous en foux~ nir un exemple domeHique. Tu fçais que.

L'or & l'argent avoient été établis. la tranquillité qui régnoit dans le cœur de nos premiers pères.[7. peres. Heureufe l'ignorance des enfans de Mahomet 1 Aimable fimlici. 8c un gage de leur valeur par la raifon que ces métaux étaient rares 8s inutiles à tout autre ufage que nous importoit-il doncqu'ils de~inffent plus communs? & que.R. e$ de la L~Ke 7 . chérie de notre faint prophète vous merappeliez toujours la naïveté des anciens tem:ps. ri. De~e<tt/e.té.~â~i~K~7 1 . pour être le prix de toutes les marchandiles. Mais d'un autre cote cette invention a été bien pernicieufe auxpays qui ont été découverts. pour marquer la valeur d'une denrée. par une convention générale. J) itf p~' . Les nations entieres ont été détruites & les hommes ont échappé à la qui mort ont été réduits à une Servitude Ë rude que le récit en a fait frémir les Mufulinans. nous euffionsdeux ou trois fignes au lieu d'un ? Cela n'en étoit que plus incommode.E It-' S A N~ ? '§* léuts richeffes?.

i.ft~xrgué me par fa gentilleffe.armées féroces les royaumes les mieux policés Mais prends-y § ont appris les arts ou les ont fq. Il y a encore des peuplesf1. ~232Z fG r ou tu ne penfes pas ce que tu dis ou bien tu fais mieux que tu nepenfes. ni le caractère bizarre il pafferoit metout comme un autre.1t ï Ïr. Te le dirai~e. que ~tzne res avec toi-même. garde . & couvrir de leurs. dans Xmpays où l'on cultive les beaux arts & tu les regardes comme pernicieux. comme des torrens impétueux fe répandre fur la terre. As-tu bien réfléchi à l'état barbare Se malÏieufeux. > Uedi?Je fuis plus d'accord avec toi. chez lesquels un finge paffablement ~tAruit pourroit vivre avec honneur il s'y trouveroit à peu près à la portée des autres ''l1abitans on ne lui trouveroit pointl'efprit iingulier. feroit d.)1: la terre.. Tu as quitté la patrie pour~'in4~rüire. pour te former. où nous entraînerait la perte des arts ? Il n'eH:pas nécefiaire de fe l'imaginer. Tu dis que les fondateurs des empires ont prefque tous ignoreles arts. ïr ït 1 1 L E T T R E CIII. U9BEK dG R H E D Jo. en peut le voir. Je ne te nie pas que des peuples barbares niaient pu.& tu méprifes toute in~rudion tu viens.

les batailles font beaucoup moins fanglantes qu'elles ne l'étoient. Et quand il fe feroit trouvé quelque cas particulier. que la religion quenotre faint prophéte a apportée du ciel foit pernicieufe.ŒeEt pettles '1' E N. elle feroit bientôt prohibée par le droit des gens 8z le confentement unanime des nations enféveliroit cette découverte. Tu te plains de l'invention de la poudre &: des bombes. que depuis l'invention de la poudre. Tu dois avoir remarqué en lifant les hiftoires.~molIi.parce qu'elle fervira quelque jour à confondre les perfides Chrétiens? Tu crois que les arts . & non pas des terres. Non fi une fatale invention venoit à fe découvrir. Rhedi. dis-tu.ëxêrcëif aux peuples vaincus fans cela leur puiffanceauroit paffé commele bruit du tonnerre Sedes tempêtes. tu trouves étrange qu'il n'y ait plus de place imprenable c'ef~à-dire. que l'onn'invente quelque maniere de deftr udionplus cruelle que celle qui eft en ufage.SA N ~s: Dv . !1__n_'pipn~rltdel'intérêtde3 princes de faire des conquêtespar de pareilles voies ils cherchent des fujets. que tu trouves étrange que les guerres foient aujourd'hui terminées plutôt qu'elles ne l'étoient autrefois. Tu crains.où unart auroit été préjudiciable doit-on pour cela le rejetter? Penfes-tu. parce qu'il n'y a prefque plus de mêlée.

Une femme s'eft mife dans la tête qu'elle devoit paroître à uneaffemblée avec une certaine parure il faut que. dès ce moment. . & par-là font cauié de la chute des ea~a pires. eft celui qui amollit le plus le cou-. qui fut l'effet de leur molleffe mais il s'en faut bien que cet exemple décide. puifqu'ils ne font jamais dansl'oifiveté. Pour qu'un homme vive délicieufement. Il n'ef~donc queflion que de ceux qui en jouiilent Mais comme. dans un pays policé. cinquante artifans ne dorment de plus.. ciens Perfes. quilesfubjuguerent. de tous les vices. puifque les Grecs. il faut-quecent autres travaillent fans relâche. qui. 8c n'aient plus le loifir de boire & manger elle commande & elle eft obéie plus promptementque ne feroit notre menas- T'4t'E.~S r_ _1 1. cultivoient les arts avec infiniment plus de loin qu'eux. Paris eft peut-être la ville du mondela plus fenfuelle & ou l'on ranne le plus fur les plaifirs mais c'eft peut-être celle où l'on mène une vie plus dure. Quand on dit que les arts rendent les hommes efféminés. rage. on ne parle pas du moins des gens qui s'y appliquent.. ceux qui joüiffent des commodités d'un art font obligés d'en cultiver un autre à moins que de fe voir réduits à unepauvreté honteufe il s'enfuit que l'oinveté & la molleilë font incompatibles avec les arts.L m r E T pies. Tu parles de la ruine de celui des an.

Rhe3i.~ue. Cette ardeur pour le travail.l.je le foutiens. :court risque d'accour& cir fes jours. ou à la fantaifie-.114'.bl~e y eût an qu'il mondes Quand les habitans auroient afez de courage pour fe paffer de tant dechofesqu~i1$ doivent à leurs befoins. pafféde condition en con. qui travaille (ans L. qu'on ne fouffrÎt\ dans en royaume que les arts qui font abfolumentnéceffaires à la cuture des terres. t9:a ~. Je pourrois entrer ici dans un long détail. Vous voyez à Paris un homme qui a de quoi vivre jufqu'au jour du jugement. & te faire voir que les revenus des particuliers ~e.la. &par conDvj P E 'Il S À11B§. parce que narquede la terre.dition.1fetoient -prefqueabfolument. pour ama~eï dit-il.i"e l'intérêt e&le pitts gïaiidmo- . cette paiSo~ de s'enrichir.~ depuis les artifans jusqu'aux grands perfbnne n'aime à être pluspauvre que celui qu'il vient de voir immédiatement au deifous de lui. en bannit tous ceux qui ne fervent qu'à la volupté. qui font pourtant en grand noni_bre &qu'on. Le même efprit gagne la nation on-n'y voit que travail & qu'induûrie où eft donc ce peuple efféminé dont tu parlestant <* Je fuppofe. le peuple dépériroit tous les jo-urs& l'état deviendroit fi foible y qu'il n'y auroit fi petit puiffance qui ne fut en état dele conquérir. de quoi vivre. cet état feroit le plus v miféra.

De tout ceci il faut conclure Rhedi. Fais bien attention jufqu'oïi vont les revenus de î'induftrie.Un fonds ne produit annuellement a Ion maltre que la vmgtleme ement à fan maître que la' vingtième partie partie de fa valeur.t féquent ceux du prince il n'y aûf oit pretqtf# plus de relation de facultés entre les citoyenss cette circulation dé richeïïesy8t cette prôpa gation de revenus qui vient de la dépendance oh font les arts les uns des autres. '1 1E 1! 1~ É 8 ~1~ t . que. On en peut dire de même des orfe'vres des ouvriers en laine. enfoie. 8c dfc toutes fortes d'artifans. le 14 de la Lunf. Pe Paris 7~ ~€1717. un peintre feraun tableau qui lui en vaudra cinquante.1 fes pour qu'un prince foit puiffant il faut que fujets vivent dans les de'lices il faut qu'il travaille à leur procurer toutes fortes de foperfluite's avec autant d'attention que les nécefïités de la Yie. & qu'il ri'en reftât que la cenfiéme partie. cefleroit absolument chacun ne tireroit de revenu que de fa terre & n'en tireroit précifémertt de que ce qu'il lui faut pour ne-pas mourir faim Mais comme ce n'eft pas la centième partie du revenu d'un royaume il faudroit que îe nombre dés habitans diminuât à proportion. mais avec une piftole de couleur.

mais charmante: un belle éducation femble concourir avec heureux naturel. Sous un jeune prince. font toujeune prince. on doit les croire immortels. L ET RlC T RE A À IBBEU. . 8c pendant qu'ils vivent. Sa phyfionoune mieeftmajeftueufe.t ë x s a ït « i. On dît quel'on ne peut jamais connoitre îe <. ces deux puiffances &zfe jours rivales mais elles fe concilient ïéuniffentfôus un vieux. de leur maîtreffe êç de leur corifefleur on verra bientôt l'un §el'autre travailler à fe faifir de l'efprit de celui-ci & il fe livrera fous un pour cela de grands combats. & promet déjà"un. par les grands troubles que font ia mort pourroit produire. Mais les rois comme les Dieux. CIV- r.grand prince. Lorfquef arrivai en France je trouvai le feu roi absolument gouverné par les femmes: . le dervis a Unrôle bien difficile à foutemais l'aunir la force duroi fait fa foibleffe tre triomphe également de-fa foiblefe & de ia force.araaere des rois dlOccident jufqu'à ce qu'ils aient paffé par les deux grandes épreu« ves.4 Smirne* J'ai vu le jeune monarque fa vie eft bies elle ne l'eft pas moins précieufeà fesfujets à toute l'Europe. Car.

Ibbe» qu^une femmes?avife ËË f<*A '1 t 1\ &6 .1# terre qui en que c'étoit le monarque avoit le moins de befoin» J'entendis unjour une femme qui ddfoit II faut que l'on faïTe fa vaquelque chofe pour ce jeune colonel. leur m'eft connue j'en parlerai au miniftre^ Une autre difok II eft furprenant que ce jeuîae abbé ait été oublié il faut qu'il foit évê-.dans Paris. qui ft'aitunê femme par les mains de laquelle lés mfaÎTent toutes les graces Se quelquefois JuSicesqu'il peut faire. que il eft homme de n:aiffance & je pourïois répondre de fes s mœurs. Crois-tu.ïl ne faurpïs que tu t'imagines que celles qui te*j pourtant inoient ces difeours rui&nt des favorites àw prince: elles ne lui a voientpeut-être pas parlé deuxfois en leur vie. éft comme celui qui voit bien une irtachine qui refjoue mais qui n'en coonoit point les fôrts. Ces femmesont toutes jdès relations les unes avec les autres Se forment une efpéce de république dont les/ membres toujours aaifs fe fecourent 8c fe/_ un fervent mutuellement c'eft comme noU» eft à la eaut*j t Se Vélétat dans l'état celui qui à Paris. dans les provinces.Cïoit $c cependant dansl'âge où Hétoit .je de.ckofe pourtanttrès-facile à faire chezlerprineesEuto^éens. qui voit agir des aniniftres des magiftrats f des prélats s'il ne connoft les femmes qui les gouvernent. Mak c'eft qu'il n'y a perfonne qui ait quelqueemploi à tes la cour. ouTdan® provinces.

là ar. où les femmes en générât gouvernent 8c prennent non feulement ert.ua 4e-p . L y a u-ne~efpec~4e livres quenous ne ~o~r~ noiffons point en Perfe. que les lecteurs font aux abois il lesfait entrer à demi morts dans une matierenoyée au milieu d'une mer de paroles. On fe plaint en Perfe de ce que îe royaume efl gouverné par deux ou trois femmes c'e~ bien pis en France. Ls pareffe fe lent Hattéeen les liCant on eft ravi de pouvoir parcourir trente volume$ en un quart-d'11eut~ Dans la plupart des livres. l'auteur n'a pas) fait les comp!imens ordinaires. la De Pâr~. gros. àrJA la maîtreffe d'un miniftre pour couetre cher avec lui ? quelle idée c'eit pour lui présenter cinq ou fix placets tous les matins & la bonté de leur naturel paroît dans l'em-~ preffement qu'elles ont de faire du bien aune inimité de gens malheureux q-ui Ictu procurent cent mille livres de rente. lé dernier~rt~ Lune ~tee~alval I'~ I J.& quime paroiffent' ici fort à la mode ce -font lesfournamr.1~celw. mais même fe partagent en détailtoutel'autorité.?Í(.P E R s A il F s. L E TT R E U S -B E K CV. Celui-ci veut simmor~al~ferpar un iu-dou.

. Le grand tort qu'ont les journalifles c'eit qu'ils ne parlent que des livres nouveaux. ils s'en impofent une autre qui eft d'être très-ennuyeux. le font fi fort de leurs oumoinvrages. peu jaloux de leurs épaules. Mais lorfqu'ils s'impofent la loi de ne parler que des ouvrages encore tout chauds de la forge. il n'a aucune raifon de leur préférer les nouveaux. garde de les attaquer par un endroit . Il faut donc bien fe donner de Rien. qu'ils ne fçauroient foutenir la dre critique. quelque raifon qu'ils en aient l'homme allez hardi pour vouquel eft loir fe faire dix ou douze ennemis tous les ~nois ? La plupart des auteurs reffemblent aux de poëtes. qui fe tue à réduire ce que l'auteur a pris tant peine à amplifier.8 un autre qui a de plus belles inclin~~ ~!uarto tions vife à l'in f olào il faut donc qu'il étende fon fujet à proportion ce qu'il fait fans pitié.' Il ïïie Semble jufqu'à ce qu'un homme aitlu que tous les livres anciens..LIl TTR~ P. Je ne fçais e e. tant fi je voulois ruiner ma fanté & un libraire. & en effet. comme fi la vérité étoit jamais nouvelle. Ils n'ont garde de critiquer les livres dontils font les extraits. qui fouifrironi une volée de coups bâton fansfe plaindre mais qui. quel mérite il ya à faire de pareils ouvrages: j'en ferois bien au. comptant pour rien la peine du pauvre teneur.

te de lct Lune de Zilcarié. L'UNIVERSITE' fi z:. à tous les fujets du roi de France de prononcer cette lettre à leur fantaifie. On m/a conte quelle. l CL r 1 de Paris a t:1I. Rîle nu âÎn~ des rois de France.tut il y a quelque temps un grand démêlé avec quelques docteurs à l'occafion de la lettre Q e.très-aînée. 1713. . par un arrêt folemnel.la. car elle a plus de neuf cent ans auffirêve-t-elle quelquefois. tout prêts à fe faire faire raifon & à foudroyer à coups de plurne un téméraire ~ournali~e. 8e il accorda permi~on.qu'elle vouloit que l'on prononçât comme lU1Jt. La difpute s'échauffafi fort. que quelques-uns furent dépouillés de leurs biens: il fallut que le parlement terminât le différend. 8c . RICA à ~`~~`. De Paris.1l S A N B ËiMe. Il faifoitbcau voir les deux corps de l'Europe les plus refpe~ade Il veutparlerdela querelle Ramus. premiere fadeur de-là ils paffent aux louanges de l'auteur louanges forcées car ils ont affaire à des gens qui font encore en haleine. _111. 8e les jôiirnaliflesle gavent bien. L E 7C T R E CVI. Ils font donc tout le contraire ils commencent par louer la matière qui eft traitée9.

8~la Ieppl1r~ en Arra9 onois.mieres féances s'employèrent à décider en quelle langue les délibérations feroient conles états i~ee. C'étaiteni~rô-: DëParis.. . les pre.aux v4asufa.que demand-e sine un expédient. qui étoit .. Les grands corps s'attachent toujours fi fort aux minuties aux formalités.l~ez~deÎa ~rCt~: de Zilhagé Z1&! X t B T t AB 1. .irtoncner ott -1t queles têtes des plus grands hommes s'étrécüfent lorfqu'elles font a{[emblées. .~ f çues la difpute étoit vive & toient rompus mille fois 1~l'on n'avoit ima-' giné 'expe ¡ent.bles occupés à décider du ibrt dune lettre de l'alphabet. 8e quey là où il y a plus de fages il y ait aqffi moins de fage~fe. ges.que la demande feroit faite en langage Cata~axi. Humble. J'ai oui dire qu'unroi d'Arragon ayant affemblé les états d'Arragon ce de atalogne. que l'eifentiel ne va jamais qu'après. qui etûlt.

quelle!attention.ât ~A N E S3 LETTR E CVII. pendant qu'elle eHlivrée à l'un & à l'autre â 6cfe rendre médiatrice fur tous les fujets de plainte qu'elle leur donne 1 Quelle occupation pour faire venir partiel de plailir fur parties. Je fus il y a quelques jours d'un fouper. pourvu que l'on puiffe croi~ re qu'elles fe font bien réjouies. au milieu de fes domefliques un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à pla-~ cer fa droite. qu'el. les faire fuccéder & renaître fans ce1fè. & prévenir tous les ace: dens qui pourroient les rompre f Avec tout cela la plus grande peine n'ël~ pas de fe divertir c'eft de le paroître' Ennuyez-les tant que vous voudrez elles vous le pardonneront. concilier fans ceffe les intérêts de deux rivaux pour paroître neutre à tous les deux. le en met à pofler une mouche qui peut manquer. Dans! chef pin elles di~6~i. ou fon corps de réfërve.que' des femmes firent à la campagne.e~aus'êeŒe Au moms. il .Quellegen~d'efprit.. RICA à ~E rôle d'une jolie femme eft beaucoup pîm grave que l'on ne penfe il n'y a rien de plus férieux que ce qui fe paife le matin à fa toilette. pouf. mais dont elle efpere ou prévoit le Íuccè's.

je fais en Europe je lis les hmonens anciens 8c modernes je compare tous les temps j'ai du plaifir à les voir pafer. Comme l'ennui me gagnoit. L E T T R E C VIII. Cependant la trifieife triomphoit toujours des réflexions 8~ quant à moi. P. & me dit Hé bien. ne fommes-nous pas de bonne humeur Oui lui répondis-je en bâillant je crois que je creverai à force de rire.fl Paris.Il faut avouer. .a~~Di â USBBK.ï t T1 Èî ls> faudra bien rire 8c bien nous divertir. Tu n'as peut-être pas fait attention à une chofe qui caufe tous les jours ma furprife. qui finit tous meslaifirs. dit une de ces femmes. PEN DA~T le féjour que. Nous nous trouvâmes affez mal aiïortis~ 6e par conféquent affezférieux. je me fentis conduit de bâillement en bâillement dans un fommeilléthargique. . que nous nous divertifons bien il n~y a pasaujourd'Hui dans Paris une partie fi gaie que la nôtre. une femme me fecoua. p la. pour ainfi dire. ~i.r. & la terre fi peu femblable à elleA même. DeP~r~j i de Lune ~eI~~ahgrram 1718. devant moi & j'arrête fur-tout mon efprit à ces grands changemens qui ont rendu les âges fi différens des âges.

P B R S A NE?. 11y a eu tel citoyea Romain qui avoit dix & même vingt mille efclayes.* tient pas la centième partie de fes ancien? JiabitaHs. II y avoit autrefois dans la Sicile de puif'" fans royaumes.cette ifle n'a plus rie» de confîdérable que fes volcans. elle déja dans fa vieillerie ? Se tomberoit-elie de langueur? J'ai refte' plus d'un an en Italie. Quoique tout le monde habite les villes. 1.< fi . fans compter ceux qui travailloient dans les maifons de campagne t & comme on y comptoit quatre ou cinq cent mille citoyens.Comment le monde eft-il peu<i peuple en e'omparaifonde ce qu'ilétoit autrefois? Comment la nature a-t-elle pu perdre cette prodigieufefécondité des premiers temps? Seroit._J~ ~t . La Gréce eft fi déferte qu'elle ne con. où je n'ai vu que le débris de cette ancienne Italie fi fameufeautrefois. elles font entièrementde'fertes & dépeuple'es il femble qu'elles ne fubfiftent encore que pour marquer le lieu où étoient ces cités puiflantes dont l'hiftoire a tant parlé. révolte. qui en ont difparu depuis:. on ne peut fixer le nombre de feshabitans? fans que l'imagination ne fe. & des peuples nombreux. Il y a des gens qui prétendent \que ïa feule ville de Rome contenoit autrefois plus de peuple que le plus grand royaume de l'Europe n'en a aujourd'hui.

& de Guriel. on verra qu'elle n'a qu'une très-petite partie des habitans qui y étoient fans nombre du temps des Xerxès & des Darius. comme des eilaims. des colovoyer mes6c des nations entières. & un nombrefi prodigieux de grandes villes.. On ne f~auroit trouver dans l'Amérique la deux-centième partie des hommes y forqui ïnoient de fi grands empires. n'en a plus que deux ou trois.É°`~r ~tt~t-f~t ïr <p fi autrefois 4< . Tous ces princes.meilleurétat. ne fait L'Efpagne voir aujourd'hui que des campagnes inhabi~ées & la France n'eû rien. Quant à la grande Afie celle qui eft foumife au Turc n'eft pas plus pleine 8c nos pour celle qui dl fous la domination de rois fi on la compare à l'état floriffant où elle étoit autrefois.T~ remplie. Se d'endehors. Quant aux petits états qui font autour de ces grands empires ils font réellement déferts tels font les royaumes d'Irimette de CircaSe. La Pologne & la Turquie en Europen'ont _prefqueplus de peuples.9 . L'Afie n'eil guéres en .. en comparaifon de cette ancienne Gaule dont parle Céfar. Cette 'Afiemineure qui contenoit tant de puiffantes monarchies. obligés de fe partager. Les pays du Nord font fort dégarnis & il s'en faut bien que les peuples y foient9comme autrefois. chercher de noU7 velles demeures.

Voilà. tinue.on voit qu'elle a extrêmement déchu de ce qu'elle étoit lorfqu'elle etoit province Romaine.elle e~ arrivée infenfiblement 8~ dans le cours d'un grand nombre de uécles ce qui marque un vice intérieur. .Aujourd'hui fes prin. Après un calcul auffi exact qu'il peut l'etre dans ces fortes de choies. j'ai trouve qu'il y â peinefur la terre la cinquantième partie des hommes qui y étoient du temps de Célar. qu'on ~e peut en parler fi précifément que des au. dan dix iiecles.A. mais à peine s'en eH-on apperçu. Enfin je parcours la terrée. ces font fi foibles. comptent à peine cinquante mille fujets. q1. parce qu'. un venin fecret & caché une maladie de langueur. c'eit qu'elle fé dépeuple tous les jours 8c fi cela con. mon cher U~eK.1Í ~~ige la nature humaine. à ne faire attention qu'aux cotes de la Méditerranée connues de tout temps. Ce qu'il y a d'étonnant'. elle ne fera qu'un défert. tres parties du monde mais. Ps YCrix~e le tp de ln Lune de ~j~egeb 1718. la plus terrible catalhophe qui foit jamais arrivée dans le monde. que ce font les plus petites puiffancesdu monde.F E 1lS. L'Egypte n'a pas moins manqué que les autres pays. Seje n'y trouve que délabrement je crois la voir fortir des ravages de la pelte & de la famine~ L'Afrique a toujours été 6 inconnue.E avec de vafles états.j(.

Je ne te parlerai pas de ces cataf4oph-eg particulieres fi communes chez les hifl0' riens. dont la plus petite peut.R C I Xo 6L RHED1.fes principes la mer 8c le conth ment femblent être dans une guerre éternelle. Les hommes. font dans un état auffiin.les détruire. n'ea point incorruptible les cieux mêmes ne le font pas les aftrol1ômesfont des témoins oculaites de tous les changemens. E UsBP. qui ont détruit des villes & des royaumes entiers il y en a dé générales qui ont mis bien des fois le genre humain à deu~ 1 -4oigtsde fa perte. Les biftoires font pleines d~ces pefles unz-: yedeUes~ 3r . La terre eft foumife.* certain cent mille caufes peuvent agir.quifontleseffets bien naturels du mouvement univerfel de la matière. chaque infant produit de nouvelles combi-. naifons. fujette aux changemens. & à plus forte raifon augmenter ou diminuer leu$ nombre.L E T T &B S L E T T R. comme les autres planètes. ~~K~< LE monde. dansune demeure C. aux mêmes loix des mouvemens elle fouffre au-deda:ns d'eUeun combat perpetuel de. mon cher Rhedi.

t-il pas à une feule famille ? Ceux qui connoi1ferîtla nature.incapables de foutenir le poids des charges de la for-i-é't.E R. auroit attaqué la génération même. peuvent-ils comprendre que la matiere & les chofes Ctééesn'aient que fix mille ans? que Dieu ait `~'o~a~I. E . qu'elle brûla jufqu'à la racine des plantes & fe fit fentir dans tout le monde connu. jufqu'à l'empire du Catay un dégré de plus de corruption auroit peut-être dans un feul jour. vetfelles.Î~ . en Afie oc en Afrique elle fit dans trèspeu de temps des effets prodigieux: c'étoit fait des hommes. Il n'y a pas deux Héclesque la plus honteufentir en Euroie de toutes les fit pe. fi l'on n'avoit été aÍfezheureux pour trouver un reméde aulü puiffant que celui qu'on a découvert. Mais pourquoi parler de la deftruaion qui auroit pu arriver au genre humain ? N'eil-elle pas arrivée en effet ? & le déluge ne le réduifi. Elles parlent d'une entr'autres qui fut fi violente. Qu'auroit-ce été fi le venin eût été unpeU! plus exalté? Et il le feroit devenu fans doute. fi elle avoit continué fes progrès avec la même furie. 's A 14 E S.4ils auroient péri miférablêmen t. détruit toute la nature hu-i mine. Accablés de maux dès leur naiffance. qui ont tour à tour défolé 1 univers. Peut-être que cette maladie. ce qui ont de Dieu une idée raifonnable. attaquant les parties de la génération.

différé pendant toute l'éternité fes ouvrages, & n'ait ufé que d'hier ,4efa puiffânce créatrice ? 7 Seroit-ce arce qu'il ne l'auroit pas pu? p ou parce qu'il ne l'auroit pas voulu?Mais, s'il ne l'a pas pu dans un temps il ne l'a pas pu dans l'autre. C'eft donc parce qu'il ne Ta pas voulu mais comme il n'y a point de fucceffiondans Dieu, fi l'on admet qu'il ait voulu quelque chofe une fois, ill'a voulu tout. A commencement. jours ôc dès le"A,¿+. JVU-J. v.. U, II ne faut donc pas compter les années çluinonde le nombre des grains de fable de la mer ne leur eft pas plus comparable qu'un inftant. Cependant tous les friftoriensnous parlent d'un premier père ils nous font voir la nature humaine naiffante. N'efl-il pas naturel de penfer qu'Adam fut fauve d'un malheur commun comme Noé le fut du déluge gc que ces grands événemens ont été fréfur la terre depuis la création du quens monde ? J'ai été bien aife de te donner ces idées générales, avant de répondre plus particuliérement à ta lettre fur la diminution des peuples arrivée depuis dix-fept à dix -huit îlëcles je te ferai voir,dansune lettre fuivante, qu'indépendamment des caufes phyfi»ques, il y en a de morales qui ont produit cet effet.
&e Paris le 8 de la Lune

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L ET T R E CX.
U SB E*K au méme. Tu cherches la raifon pourquoi-la terre €Ë moins peuplée qu'elle ne l'étoit autrefois & fi tu y fais bien attention, tu verras que la' grande différence vient-de celle qui eft arrilesmoeurs. ';7.Wda:l~ Depuis que la religion Chrétienne & la Mahométane ont partagé le monde Romain, les chofes font bien changées il s'en faut bien que ces deuxreligions roient auffi favorables à la propagation de l'efpèce, que celle de ces maitres de l'univers. Dans cette derniere, la polygamie étoit défendue & en cela elle avoit un très-grand avantage fur la religionMahométane -le divorce y étoit permis; ce qui lui en donnoit un autre non moins confidérable fur la Chrétienne. Je ne trouve rien de fi contradictoire, que cette pluralité de femmes permife par le faint alcoran & l'ordre de les fatisfaire ordonné l par le mêmeivre. Voyez vos femmes, dit le prophéte parce que vous leur êtes néce1fai:re comme leurs vêtemens, 8e qu'elles vous font néceffairescomme vos vêtemens. Voilà un précepte qui rend la vie d'unvéritable Mufulman bien laborieufe.Celuiqui a les quatre femmes~iabliespaïlalot, Seulement au-

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tant de concubines & d'efclaves ne doit-il 1ii, pas être accable de tant de vêtemens? Vos femmes font vos labourages, dit encore le prophéte approchez-vous donc de vos labourages: faites du bien pour vos ames; & vousle trouverez un jour. Je regarde un bon Musulman comme un fans à, athlète, defl~iné' -com~biat5tre relâche; mais qui, bientôt.foibl~e & accablé de fes premières fatigues, languit'dans le champ même de la, viaoire & fe trouve pour ainfi dire enféveli. fous fes propres triomphes. La nature agit toujours avec lenteur, 8c pour ainfi, dire, avec épargne tes opérations ne font jamais violentes: jufques dans elle fes produébiO'1ilS:, veut de là tempérance elle ne va jamais qu'avec règle &: melure fi tombe bientôt dans la on la elle elle emploie toute la force qui_ tanguer tui re~eA fe con&rver, perdant absolument fa vertu produdrice & fa puiffance générative~. C'eâ dans cet état de défaNIance, ue nous q tft-t toujours ee grand nombre de femmes, p, 1.1'5:piro:presanons'ep:Uher, qua:t1lous.J.f.!tls1al.. de re. n;eJl:tœè'S~ordinaire,parn1in'(}us" voir un.Jhomm€ dains un lerrail avec un t1';ès.petit'n(j)mb~ d!enf~ns ces enfans mêmesifbntla;plupaitdutempsfbibles8~ mal fains fe fêlent de ta loueur de leur pet.c.

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Ce n'eft pas tout ces femmes obligées a une continence forcée, ont befoin d'avoir des gens pour les garder qui ne peuvent être Se que des eunuques la religion, la jaloufie la raifon même, ne permettent pas d'en laifleï approcher d'autres ces gardiens doivent être en grand nombre, fôit afin de maintenir la tranquillité au-dedans parmi les guerres que ces femmes felenftfans ceffe foit, en-fin pour empêcher les ©ntrepriiesdu déhols. Ainii un homme qui a dix femmes ou concubines,, n'a pas trop d'autant d'eunuques pour les garder. Mais quelle perte pourla focïétë $t*e ce gïand nombre drhommesmôtts dès leur naiiàncë 1 Quelle dépopulation ne doit-il pas s'en ftàvre Lesfilles efclaves qui font dans le ferrai?, pour fervir avec les eunuquescegrand nonibre de femmes;y vieillii'ent presque tpujours dans une affl%eân*tVkgijpté:êllesne peuvent pas ft«aa^»* pendant qu'elles yréflenï; & leurs rriaitfeffes, unefois accoutumées à elles, ne s'en défont jprefquejamais, TôMà comme t*n feul homme occupe lui feul tant de fujets de l'uft & ie l'autre fexe à fes piaifirs'; les fait mourir pour l'état ôc les tend inutiles à la propagation de l'eCpécê. Conftantinople & Ifpafean font les capital les des deux plus grands empires du -monde c'eil-là que tout doit aboutir <8cqueles peuples, attirés demille manières, fe rendent éç
T' 1E' ilj

LETTRES'

toutes parts. Cependant elles perdent d'elles-mêmes; & elles feroient bientôt détruites, fi les fouverains n'y faifoient venir prefqu'à chaque fiécle des nations entieres pouf les repeupler. ]'épuiferai ce fujet dans une autre Iet~re..
De Paris, le 13de la Lunt

deChah~an, i7is.

L ET T R E CX.I.
USBEK GdZGmé~ie:

LES Romains n'avoient pas moinsd'enclaves que nous; ils en avoient même plus: mais ils en faifoient un meilleur ufage. Bien loin d'empêcher, par des voies forcées, la multiplication de ces enclaves, ils la favorifoient au contraire de tout leur pouvoir ils les affocioient le plus qu'ils pou-, v oient par des efpéces de mariages par ce moyen, ils rempliifoient leurs maifbns de domefiiques de tous les fexes., de tous les âges, & l'état d'un peuple innombrable. Ces enfans qui faifoient à la longue la riche~ d'un maître, nainbient fans nombre autour de lui Il étoit feul charge de leur nourriture & de leur éducation les peres, libres de ce fardeau, fuivoient uniquement le penchant de la nature, & multiplioient fans craindre une trop nombreufefamille. Je t'ai dit que, parmi nous, tous les efclaves font occupés à garder nos feinmes c~ à

P E KL S A 'N

S.

tien de plus qu'ils font à l'égard de l'état dans une perpétuelle léthargie de manicre qu'il faut reffreindre à quelques hommes libres, à qûélques chefs de famille; la culture ,des arts & des terres, lefquelsmêmes s'y donnent le moins qu'ils peuvent. Il,n'en étoit pas de même chez les Romains la république fe fervoit avec un avantage infini de ce peuple d'efclaves. Chacun d'eux ayoit ton pécule, qu'il poiîedoit aux conditions que foh maître lui impofbit avec ce pécule il travailloit, & fe tournoit du côté ott le port6it rÓnindtiftrie. Celui-ci faifoit la banque celui-là fe donnoit au commerce de la mer; l'un vendoitdes marchandifes en détail l'autre s'appliquoif à quelque art méchanique, ou bien afFermoit8: faifoit valoir des terres mais il n'y en avoit aucun qui ne rattachât dé tout ton pouvoir à faire profiter te pécule, qui lui procuroit en même temps l'aifartee dans la fervitude préfente &l'efpérance d'une liberté future celà faifoit un peuple laborieux, animoit les arts & l'induftrie. Ces efclaves', devenus riches par leurs foins & leur travail, fe faifoient affranchir s & dévenoient citoyens. la république fe réparoit fans celte, & recevoit dans ton fein de nouvelles familles, à mefure que les ancien-' nes fe détruifoient. J'aurai peut-être, dans mes lettres fuivantes, occaûon de te prouver, que plus il y a
Eiv

commerce y d'homïNe~dansun le feurit je prouverai auffi facilement, que le nomplus te commerce y fleurit plus bre des hommes y augmente ces deuxchoes s'entr'aident, Scfe favorifent n'ceffairement. Si cela eH) combien ce nombre prodigieux d'efclaves toujours laborieux devoit& s'augmenter? 1/induûtie s'accroître ëc rabonda~eles failbit naitre &eux,de leur cote faifoient naître l'abondance 8c t'induHri€< ,I'i,nduïlii,e. l DeParis, le16<fea,Lune deChabban, I~1-$.

L E T T R. ES ,1:

LETT R E CXII. USBEK~MM~M~. H o u s avonsjusqu'ici parle despaysMaho~ 1 ils~ metans ô~cher_r;l~é ~raifon_p,ourquôi etoient moinspeuples que ceuxquiétoient examifournisà la dominafiqn:j,~es:R:0111ain's cons à préfent ce qui a produit cet effetchez Chrétiens. ,,les Le divorce 6toit permis dans la religion, Payenne il fut 'défendu aux Chrétiens. Ce changement qui parut d'abord defi pedesfuitite cO¡t1¡[éque.t)ce infenfiblement ,êtît tés terribles, & telles qu'onpeutà peine les croire. Onôta non feulementtoute la douceur du donna atteinte à fa rpariage mais au1l11'on

fin: envoûtant reiierrer fes nœuds 1Ón les relâcha & au lieu d'unir les coeurs ccmme on le prétendoit, on les fépara pour jamais. Dans une aéHoni.1ibre, & ouïe cœur doit l avoir tant de part,on mit la gêne, la nécdl1té, & la fatalité dudeRin même. On compta pour rien les dégoûts, les caprices, & l'infociabilité des humeurs on voulut fixer le cœur, ,c'eft-à-diïe, ce qu'il y a de plus variable & de plus inconfiant dans la nature on attacha fans retour, & fans espérance, des gens accablés l'un de l'autre, & prefque toujours mal aeortis & l'on fit comme ces tyrans qui faifoient lier des hommes vivaas à des corps morts. Rien ne contribudit plus à l'attachement mutuel, que la faculté du divorce un mari & une femmeétoient portés à Supporterpàtiernment les peines domeâiques, cachant qu'ils étoient maîtres de les faire finir & ils gardoient Couventce pouvoir en-maintoute leur vie fans en ufër,par cette feule eox~fidé-ration, qu'ils étoient libres de le faire. Il n'en eH:pasde mêmedes Chrétiens, que leurs peines préfentes défefperent pour l'avenir ils ne voient, dans les détagrémens du mariage, que leur durée, êc pourainfi dire, leur éternité delà viennent les dégoûts, les difcordes, les mépris; & c'd1:autant de per. du pour la poûérité. A peine a-t-on trois ans de mariage y qu'on ce néglige l'effenticl; on
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P t R S' A N t $-. < 1 /1T*

n'en repréfente tout au plus que les plaifirs. il y en a une qui n'eft pas propre au deflèin de la nature & à la propagation de 1"efpéce foit par fon tempérament. comJ'ofe le dire fi dans-une république. me Lacédémone oit les citoyens étoient fans ceffe gênés par des loix fingulieres & fubtiles & dans laquelle il n'y'avoit qu'une famille qui étoit la république il avoit été établi que les maris changeaient de femmes . fuccefivi2ment dans les mains de plusieurs maris. Bientôt un homme dégoûté d'une femme éternelle fe livrera aux filles de joie commerce honteux & fi contraire à la fociété.8€ la rend âuIEinutile qu'elle eft elle-même. de deux perfonnes ainfi liées. elle enfévelit l'autre avec elle.LETTRES s -1£trente ans de froideur il fe paire enfemble forme des féparations inteâines auffi fortes. Il nefaut donc pas s'étonner Hl'on voit chez les Chrétiens tant de mariages fournir un fi eflabopetit nombre de citoyens Le divorce li les mariages mal affortis ne fe raccommodent plus les femmesne paient plus. fans remplir l'objet dumariage. comtrne chez les Romains. Si. & peut être plus pernicieufes que fi elles étoienr publiques chacun vit & reile de fon côte ce tout cela au préjudice des races futures. qui en tiloient dans le chemin le meilleur parti qu'il étoit poffible. lequel. (bit par fà~ âge.

. De Paris. il brable. ilfemble qu'ils veulent l'en bannir autant qu'ils peuvent Mais c'efl:une image.PERS A NES. 1:718. le 19 de la Lune Paris 191 $ dela1Lune deChahban.. Ils ne le font pas confifler dans le plaifir des fens au contraire. efl:un contrat fufceptible de toutes les conventions 8c on n'en a dû bannir que celles qui auroient pu en affoiblir l'objet: Mais les Chrétiens ne le regardent pas dans ce point de vue auffiont-ils bien de-la peine à dire ce que c'eft. comme je te l'aidéja dit. $~ quelque chofe de myilérieûx. une figure. Evj . Le mariage chez toutes les nations du monde. que je né comprens point. ~<en feroit né un peuple innomtous les ans. Il eil allez difficilede faire bien comprendre la raifon qui a porté les Chrétiens à abolir le divorce.

Je trouve que leurs doreurs fe contredifent manifeflement. Les peres y condamnoient autrefois tes enfans dès le berceau aujourd'hui ils s'y vouent eux-mêmes dès l'âge de quatorze ans ce qui revient à peuprèsàlamêmcchofe. Ce métier de continence a 'anéanti plus d'hommes. Le nombre de ces ~ens faifant profeffioii de célibat eft prodigicux.. a~ ~s. rnes fondamentaux. quand ils difent que le célibat qui le mariage cft faint que lui eft oppofé 1"eflencore davantage fans compter qu'en fait de préceptes & de dog-. On voit dans chaque maifon religieuie.. LA prohibition du divorce n'eH pas la feule caufe de la dépopulation des pays Chrétiens le grand nombred'eunuques qu'ils ont parmi eux n'en eft pas une moins conf. L E T T R E CXIIL US BEK au même.d~érable. ne fçachant ce que c'eit qu'une vertu dontil ne ténuité rien. le bien efi toujours le mieux. qui fe vouent à une continence éternelle c'eft chez les Chrétiens la vertu par excellence en quoi je ne les comprens pas. ir a. Q Je parle des prêtres & des dervis de l'un 8e de l'autre fexe. que les pefies & les guerres les plus fanglantes n'ont jamais fait. une famille .L E T 1 1l IE 9.

Cetfe politique eft bien différente de celle des Romains qui éaablrifoiPntdes loix pénales contre ceux qui fe refufoient aux loix du mariage & vouloient jouir d'une liberté R contraire à Futilitépublique. qui ramenoit tout aux premiers temps. tretient aux dépens de toutes les autres ces maisons font toujours ouvertes. comme autant de gouffres où s'enféveliffent les races futures. ni dervis ocR dans Fe" tablüi`ement de cette religion. Je ne te parle ici que des pays catholiques. & achevé d'otér toute la barrière qui fépare en ce point leNa-~ zaréen 8~lVlahot~et. & qui s enéternelIe. il eN: ertain que la donne aux pxo-teüansun avantage n i fur les catholiques. Dans la religion proteflante tout le monde eft en droit de faire des enfans. elle ne fouffre ni prêtres. .~ il ne faut pas douter qu'après avoir rendu la pratique du mariage universelle. c Mais quoiqu'il en foit.0 ou il ne naît perfonne. fes n'avoient été accufés fansceü'e c~'internpérance. Avant l'abaissementde lapuufTance d'Efpagne. ils n'en euf-fentencore adouci le joug. J'ofe le dire dans l~'étàtpréfent oit el' l'Etlr1cop~ik1'1'eft as pofllble que la religion p catholiquéy Cubfiftecinq cent ans. les catholiques étoient beaucoup plus forts que les proteflans ces derniers font peu à peu parvenus à un équilibrer 8c aujour- PB *< RSA NES.

Dès qu'un homme a cette provifion par devers lui. parce qu'ils augmentent à proportion de -ceux qui les payent Secondement. Ë S d'hui la-balance-commence a. non feulement la culture des terres y eHabandonnée. que les tributs y font plusconâdérables. mais même l'indufirie y eft pernicieufe elle ne confiée qu'à apprendre cinq ou fix mots d'une langue morte.. il faut que tous tombent en même temps. il ne doit plus . Quant aux pays catholiques. Les pays proteAans doivent être & font -réellement plus peuplés que les catholiques: d'où il fuit premièrement. que les terres y font mieux cultivées: Enfin que le commerce y fleurit davantaune ge parce qu'il y a plus de gens qui ont -fortune à faire &: qu'avec pl usdebefoins. i emporterde leur côté. en y a plus de réifources pour les remplir.L E T f R. Quandil n'y a quele nombre de gensfuffifans le pour la culture des terres il faut que commerce périffe & lorfqu'il n'y a que celui qui ea~éceffaire pour entretenir le commerce il faut que là culture des terres manles deux que: c'eft-à-dire. parce que l'on ne s'attache jamais à l'un. que ce ne foit aux dépens de l'autre. Cette fupériorité augmentera tous les jours les proteilâns deviendront plus riches & plus puilans 8c les catholiques plus foibles.

plus de manufactures. DeParis lè 26delâ Lur~e de Châhban I~I$a . plus de commerce. Le commerce ranime tout chez les uns. ils accumulent fans ceffe'desrevenus. pour acquérir des capitaux.S: P E-R S A s'embarrailer de fa fortune il trouve dans le cloitre une vie tranquille qui dans le monde lui auroit coûté des fucuts & des peines. 8c ne rendent jamais. plus d'arts. qui ne levé fur fes peuples dix fois plus d'impôts. pendant que les autres vivent dans l'opulence. en paralyfie plus de circulation. qui prennent toujours. & le monachifme porte la mort par tout chez le~ autres. que le pape n'en leve. Ce n'efl:pas tout les dervis ont en leurs mains prefque toutes les richefes de l'Etat c'eH une fociété de gens avares. Il n'y a point de prince protestant. Tant de richeiïes tombents pour ainfi dire. furfes fujets cependant ces derniers font misérables.

L E T T RE S LETTRE CXIV. les exhalaifons malignes qui enfbrtent. les détruifent fans reiTource.milliers & les travaux des mines où l'on occupefans celte & les naturels du pays ôc les étrangers. No u s n'avons plus rien à dire de l'Afîe & de l'Europe pafïbRs à l'Afrique.elles doivent être furieufement dégarnies depuis deux cent ans. Quant aux cotes de la Guinée . pour les porter dans leurs colonies en Amérique. Us b b k au même. c'eft que cette Amérique. où la religion M&hométane eft établie ne font plus fi peuplées qu'elles étoient du temps des Romains par les raifons que nous avons déja dites. Il n'y a rien de û extravagant que de faire périr un nombre innombrable d'hommes ? . ou chefs des villages. parce qu'on n'en connoît pas l'intérieur. Ce qu'il y a de fingulier. & ne profite point des pertes continuelles de l'Afrique. vendent leurs fujets aux princes d'Europe. Celles de Barbarie. y périiTent à. On ne peut gupres parler que de fes côtes. Ces efclaves qu'on tranfporte dans un autre climat. le vif-argent dont il fautfaire un continuel ufage. que les petits rois. qui reçoit tous les ans tant de nouveauxhabitans eft elle-mêmedéferte.

pour tirer du fond de la terre l'or & l'argent ces métaux d'eux-mêmesabfolumentdnutiles.~ rer un champ. cela ne vient que d'une certaine maniere de penfer car. LA fé~ondiré d'un peuple dépend quelquefois des plus .tout{Js. Les anciens rois de Perfe n'avoient tant de milliers de fujets qu'à caufe de ce dogme de la religion des Mages. 2 labôu.lesfiU'Í1ines.petites. que les aét:es les plus agréables à Dieu que les hommes puiffent faire~ c'étoit de faire un enfant.~ d'y voir naître un roi puisant. Si la Chine a dans fon fein un peuple fi prodigieux. poux le rendre beaucoup plus nombreux qu'il n'étoit. par cette feul€ eC' pérancë' U'onr. & qui ne font des richefes que parce qu'on les a choifis pour en être les fi~nes.circonflances du mon-de de maniere qu'il ne faut fouvent qu'un nouveau tour dans fon imagination. & planter un arbre. Us BE x au mé~ne. qui fera le -maître de la terre. 8c toujours renainans~ ont réparé leurs pertes & leurs dettru~ipns continuelles.pai'mi q eiJx. L E T T R E CXV. comme les enfans te- . DfP~r~e ~grK~r Lune <feG&<th&aH~i7iS. Les Juifs. toujours exterminés.P s Á11 s.

&fi nécei. nous paroiffent quelque chofe d'extravagarit. D'un autre côté. C'eft un efprit de vanité qui a établi chez les Européens Finjuite droit d'aineiï&. les projets qui tendent au-delà d'une vie courte G~paffagere. les pays des Mahométans deviennent tous les jours déserts. reprennent une nouvelle vie chacuneft porté à augmenter une famille fi foumife dans cette vie. ni de cultiver celles qui font en état de recevoir nos foins: nous vivons dans une ini'ënnbilité générale. anéanties dans le Tyen. qui. en ce qu'il porte .1'attention d'un père fur un fèul de fes enfans.L ET TRB9 gardent leurs pères comme des Dieux qu'aS' les refpectent comme dès cette vie. lorfqu'elle efi enracinée dans les efprits. 8e détourne fes yeux de tous les au- .0 faire dans l'autre. Tranquilles pour le préfent fans inquiétude pour l'avenir nous ne prenons la peine. fi défavorable à la propagation. & nous lailons tout faire à la providence. dans lefquels ils croient que leurs ames. ni de défricher les terres incultes. Nous nous regardons comme des voyageurs qui ne doivent penfer qu'à une autre patrié les travaux utiles & durables les foins pour affurer la fortune de nos enfans. toute fainte qu'elle eft. ne laiffepas d'avoir des effets très-pernicieux. à caufe d'une opinion. qu'ils tels les honorent après leur mort par des facrifices. ni de réparer les édifices publics.

qui en fait toute l'opulerice~ DeP~tr~ 4-dela Lurze j deR~M~an\. croyant qu'il n'y a que la chaffe & la. T E T T 11 t4 CX VI. pour rendre iolide la fortune d'un feul de s'oppofer à l'érabliffement de plufieurs.i7ig. Mais comme il y a fouvent des années où la chaife & la pêche rendent très-peu. Cette malhéureufe averfion efl fi forte. que lorfqu'ils font quelque imprécation contre quelqu'un de leurs ennemis ils ne lui rouhaîtent autre chofe. qui puife donner la fubfiflance à un grand peuple parce que les animaux fuient toujours les endroits trop habités. UsBEK au méme. ils font défolés par des famines fréquentes fans compter qu'il n'y a pas de pays fi abondant en gibier & en poî1fon. LES s pays habités par les fauvages font ordinairement peu peuplés par l'élolgnement qu'ils ont prefque tous pour le travail & la culture de la terre. que d'être réduit à labourer un champ.P E R S A N E S. tres en ce qu'il l'oblige. en ce qu'il détruit l'égalité des citoyens. enfin. D'ailleurs les bourgades de fauvages. au .pêche qui foit un exercice noble & digne d'eux.

les accideris mêmes. 11y a ici de*sloix terribles contre ce âéfordre elles vont jufques à la fureur.h pâelaLunt dtRh.jamais. ayant des intérêts auffi féparés que ceux de deux empires. fi fonfruit périt: la pudeurSela honte. Toute fille qui n'a point été décîarer/a groffeffeau magiftrat. De Paris .œm&%&nji7ii*. ne peuvent pas fe foutenir parce qu'elles n'ont pas la relfourcedes grands états dont toutes les parties fe répondent. & fe fecourent mutuellement.Lettres nombre de deux ou trois cent ha&itans ifolées les unes des autres. ne rexcufent. . eft punie de mort. Il y a chez les fauvages rare mitre cootume. qui n'eft pas moins pernicieufe que la première c'eft la cruelle habitude où font les femmes de fe faire avorter afin que leur ne grofTelTe les rende pas défagréables à leuft maris.

L E T T R E CXVII. d'autres qui viennent précifément de ce qu'on en change.c'ef~ un préjugé de quelque vice particulier de la nature da climat: ainfi. chofe que le mépris qu'ils avoient pour ces miférables rendoit très-facile. Le grand Cha-Abas voulant ôter aux Turcs le moyen d'entretenir de groires armées fur les frontières. quand on ôte les hommes d'un ciel heureux pour les envoyer dans un tel pays. Quand un pays e:ft défert. . L<'6. tranfporta prefque tous les Arméniens hors de leur pays. & en envoya plus de vingt mille familles dans la province de Guilan qui périrent prefques soutes en très-peu de temps. Il fallut fe confoler de leur perte. on fait précifementle contraire de ce 1 qu'on fe propofe. F E T ordinairedes colonies eft d'affoiF blir tes pays d'où -on les tire. Les Romains fçavoient cela par expérience ils reléguoienttous les criminels en Sardaigne & ils y faifoient paffer. Us a s Re~umérne. U faut que les hommes relent où ils font: il y a des maladies qui viennent de ce qu'on change un bon air contre un.des Juifs. fans peupler ceux ou on les envoie.mauvais.P £ S A N W S.

refte dans le même état & lï par hafard. & fe confument tous jours. il fe rétablit il faut des -fiécles pour cela. manque un certain point.colonies. les defiruêteursfe détruifênt eux-mêmes. Que fi dans un état de défaillance.T'.E?.S" Tous les trànfports de peuples faits à Con. Les princes ne doivent donc point fonger à peupler de grands pays par des. ~'hepüisla de£tru6èion des Juifs fous A. (tantinople n'ont jamais réùfG. n'ont pu la repeupler.R. L'expulfion desMauresd'Efpagrle fefait encore fentir comme le premierjour bien loin que ce vuide fe rempliffe il devienttous les jours plus grand. dont nous avons parler n'a ppint rempli l'Amé1 rique. drien. Il faut donc avouer que les grandes deftruétions font prefque irréparables parce à qu'un peuple qui. non feulement il ne fe répare pas.~L'E''T. la Paleiline eH fans habitans. Je ne dis pas qu'elles neréuffiffent quelquefois . Ce nombre prodigieux de Negres.. Depuis la dévaluation de l'Amérique les Eîpagnols qui ont pris la place de fes anciens habitans. au contraire. mais il dépérit tous les jours & tend à fon anéantiIrement. la moindre des circonftances dont nous avons parlé vient à concourir. par une fatalité que je ferois mieux de nommer une juflice divine...

au lieu d'augmenter la puiffance elles ne feroient quela partager à moins qu ellesn'euffent très-peu d'étendue. i'Efpagne deviendroit la puiffance de l'Europe la plus redoutable. Les Carthaginois avoient. de grandes iflesdans lefquelles ils faifoient un commerce prodigieux mais quandils virent le nombre de leurs habitans diminuer. J'ofe le dire au lieu de faire paffer les Efpegnols dans les Indes. & ne fervent qu'à faire de l'ombrage Riennedevroit corriger les princes de. dont les branches trop étendues ôtent tout le fuc du tronc. 1 1 .Ia L'auteur parlepeut--être del'Hlede Bourbon. que l'efpéce s'y multiplie toujours témoinces ifles qui ont été peuplées par des malades que quelques y. E R S A N E S. comme font celles pour occuper quelque place que pnxrnie pour le commerce.P il.y a des climats fi heureux. découvert l'Amérique. vaiffeaux y avoient abandonnés qui recouvroient :auffi-tôtla fanté. comme les Efou au moins pagnols. cette fage république défendit à fes ûïjets ce com merce & cette navigation. Mais quand ces colonies réufriroient. il-faudroit faire re paffer tous les Indiens ce tous les métifs en Efpagne il faudroit rendre à cette monarchie tousfes peuples difperfés & fi la moitié feulement de ces grandes colonies fe confervoit. On peut comparer les empires à un arbre.

& prirent chacune pour cela une voie différente.puifque les effets en font tels Car enfin ce reméde affreux étoit retenir unique comment auroient-ils pu tant de millions d'hommes dans l'obéiffance? comment. qui femblerent. prirent le parti de les exterminer. s'ils avoient donne le temps à ces peuples de revenir de l'admiration ou ils étoient de l'arrivée de cesnoù< veaux Dieux. Juges par-là combien les conquêtes font funef1:es. Ces deux nations ayant conquis avec une rapidité inconcevable des royaumes immenfes plus étonnées de leurs viéloires que les peuples vaincus de leur défaite fongerent aux moyens de les cQnferver. On vit un peuple auffi nombreux que tous ceux de l'Europe enfemble difparoître de la terre à l'arrivée de ces barbares. Les Efpagnols dérefpérant de retenir les nations vaincues dans la fidélité. üs prirent une voie toute . en découvrant les Indes. 8c de la crainte de leurs foudres ? Quant aux Portugais.S 1L E T T R Ë fureur des conquêteslointaines que l'exemple des Portugais & des Efpagnols. avoir voulu en même temps découvrir aux hommes quel étoit le dernier période de la cruauté.foutenir une guerre civile de filoin? Que feroient-ils devenus. & d'y envoyer d'Efhorpagne des peuples fidèles jamais deflèin rible ne fut plus ponctuellement exécuté. Par cette barbarie ils conferverent ce pays fous leur domination.

.dcs ftatues qu'il jettoit dans la meE. C'eâ le defHndesnetos de fe rMJMrà conquérir des pays qu'ils perdent foudain ou à foumettre desnationsqu'ils font obligés euxmêmes détruire de comme infenfé. & qui cependant font les plus e peuplés. ils n'employèrent pas les toute oppose cruautés auffi furent-ils bientôt chaues de tous les pays qu'ils avoient découverts. ce. Les Hollandois favoriferent la rébellion de ces peuples.que t~Hb~tv `~'OYitB .deux<plus pays de l'Europe.LI. K .cheter. la Suiiïe& 8 mauvais la Hollande. les autres en iirent des déferts..9 :: plus quetoutes. Quel prince envieroit le fort de ces C011quérans ? quivoudroit de CMconquêtes à ces conditions? Les uns en furent auiffitôt-cliaffés. j8c rendtrent de même !eur propre pays. ToutesJes'. . fi l'on confidère la nature du terrein. ~e Us 13 EK'~Umén~e. au~to~ au1Iitôi PeP<tr"t~t8~e~I. 8c en pronterent. LE T T R E CXylIÏ.M~ ~fR~Ktm~~I~l!. Rien n'attire tplusles étrangers.Ôë des.1 A douceur du gouvernement contnbue mervèil1é~fe111ent à -la..P E R A11I!: S.t.qui font les.àa.r~pub'1îques'en fÕnt1un¿'preu-' ve cQni~anté. glaces qu'il briibit es.é.p'ropagatiqnde?l'efp. qui cet te confumo.

le'. -7' .Of>1"e1 J'avoue que le ra~iqùe ou payfan étant une fois peuplera foit qu'il fbit ~iche. L'égalité même des citoyens. il ne fe maÚéra. & les befoins attirent dans les pays trouve l'autre. 8s*îa répand par tout. qui pourroient achever de déranger fa fortune..s''i1 marie.pa'$'{'Õu. & qui defcehdrdient de la condition. porte l'abondance ce la vie dans toutes les parties du corps politique. ~3'u'ti hdAïme6~ m~là fon aife & qu'il ~ fente qù'ît fera des enfans plus pauvres que fe lui.j. r. S nataœ.ur. r.fbit 'qu'il fbit pauvrey c..1-. Se l'opulence qui fe fait rechercher par elle-même.' .0.il craindra d'avoir un trop grand nombre d'enfans._· la fuit toujours l'une té. II n'en efi pas de même des pays foumis au pouvoir arbitraire le prince.ëtte confidération ne le touche pas il a toujours un héritagefuràlaiilërà tes enfans qui eft fôn hoyau 8~:~ienne l'empêche -ja mais de fuivre aveugle'*mentl'inflinét de 14 LETTRES . qui produit ordinairement de Pégalité dans les fortunes.. les courpoffédent tifans 8c quelquesparticuliers "t"" les toutes `le~ichc per da ~r =~uë autres gémiflènt dans une pauvreté extrême. L'efpece fe multiplie dans un pays où l'abondance fournit aux enfans. fans rien diminuer de la fubfiflance des peres.

ôc même quelquefois dégénere.profperent jamais fpibles &.Persane 1" 1 s. 171S. Les hommesfont commeles plantes qui ne croiflent jamaisheureufement fï elles ne* font bien cultivées Chezles peuples mïféfables l'efpéce perd. que la frilfere Ô£ la mauvaife nourriture produifent toujours ceux qui en échappent atteignent l'âge viril ians en avoir la force. qu'ôtt: ne les enrallât dans la milice. dans un âge trop teWdre & dans le fein de la pauvreté._` roître. & iangùiflerit tojit le refte deleur vie. débiles* ifs meurent en détail de mille manières tandis qu'ils font emportés en gros pat tes fré«-} quentes maladies populaires. De tar& de n mariages ilnaiffoit biendes erifaas '[ùeTon cherche encore en France & que la mifere. Dans les guerres paffées. dans ciel aufîî heureux (dansua royaume aufll ptslice quela France ori^faiÉ de pareilles remarques. qui languiffent dans la mifere? Ils tous à mefurequ'ils naiflent: péri1fent'prefque ils ne.que fera-ce Mrs les autres états? DeParis le 2 3de-aLu~s l âe Rbumaiam. iës'otUigéoltu de fe marier. Fi| . un Que fi.lacrainte oîi étoient tous les enfans de famille. La France peut fournir un grand exemple de tout ceci. la famine& les maladies en ont fait difpa. 1~ Mais à quoi fert dans un état ce nombre d'enfans. . & cela.

Iges des mollacxs? La main Dieu s'eil deux fois appesantie fur tes enfans de la n'éclailoi Ip foleil s'obiçurcit fernble rer plus que leurs défaites leurs armées s'afcomme la ~tnblent. tu pleures le déjk jour fur les enfans du prophète que dévoyés tes entrailles s'é? tcûableOmar à la vue de leurs malheurs tu défi" ~eu~rent les leur converfion (3cnon pas leur perte? tu. 8e elles font ç1iPIpées pouffieref les eft L'empire dçs@Ofmanlins ébranle par re. MOLLACK MEHBMET ALI.dansles montagnes & dans infi~étes~ g az Ji terreur ~i~s pe Paris.t iz T T p.le 1delaLurae ~~hatv~l-~ j. youdrois les voir réunis fous l'étendard les larmes des faints 9 non pas d'Ali-. nous fervent les jeûnes des immaums.~i~ . envoyé pour châtier les fe~a~ colere du ~eurs d'Omar il porte par-tout la leur per~ ciel irrité contre leux rébellion ûaiet nuit Efpritfacré des immaums.0 S L E TT RE CX IX. deux plus grands échecs qu'il ait jamais ne le foutient qu'à çus un moufti Chrétien peine le grand vizir d'AllemagneeR le fléau de Pic:u. ~SBEK gardien des trois tombeaux à CO~z. par les d Çi difperfés. ~~r de cilices 8QC.

On épouvante facilement les mécîigris par une longue îuite de peines. dont on les menace mais pour les gens vertueux on né fçait que leur promettre. J*ai vu des defcrîptions duparadis capa* bles d'y faire renoncer tous les gens de bon fens les uns font jouer fans cefle de la flûte ces ombres heureuses d'autres les condamnent au fupplice de fe promener éternellement d'autres enfin qui les font réver làhaut aux maîtreffes d'ici-bas n'ont pas cru que cent millions d'années fuflent un terme affez long. pour leur 6ter le goût de ces in* quiétudes amoureufes* Je me fouviens à ce propos d'une hiftoire que j'ai oui raconter à un homme qui avoit été dans le pays du Mogol elle fait voir que les prêtres Indiens ne font pas moinsftérile» que les autres. sso e l1J nj .Persane LETTRE Rica s.. CXX. quand il s'agit. à ON eft bien embarrafle dans toutes les reîigions. Il fembleque la nature des plaifirs foit d'être d'une courte durée l'imagination a peine à en repréfenterr d'autres.de donner une idée des jplâiiîrsqui font deftinés à ceux qui ont bien vécu. dans les idées qu'ils oiit ées plaifirs du paradis» 'Ii' F yH.

qui venoit de perdre fon . Voyez. Lorfdu'elle vit fesprières impuiilantes. comme on eH gêné Il ne fera_~ feulement pas permis à une pauvre femme de fe brûler. ce maudit gouverneur. dit-il. düôit-eile.à crier comme un enragé. il fe âch e 9 feme!. Il étoit jaloux. elle (éjetta dansun furieux emportement. furement il . je ne lui ai jamais conparlé mais fi elle m'en croit elle fera une adion sommera fon facr.ifice fera-tagréable au dieu Brama auffi en elle bien réco mpenfée car elle retrouve8e elle ra dans l'autre monde fon mari recommencera avec lui un fecond mariage. on abolit tant qu'on peut cette cruelle coutume. dit la femme furprife? me Je retrouverai mon mari ? Ah je ne brûle pas.mari vint en cérémonie chez le gouverneur de la ville lui demander permiffion de fe brûler mais comme. dans les pays foumis aux Mahométans.LETTRES IlUNB PEMMF. chagrin) & d'ailleurs fi vieux que fi le dieu Braman'a point fait fur lui quelque réforme. Que dites-vous.. quand elle en a envie A-t-on jamais vu rien de pareil Ma mere. il la refufa abfolu-' ment. Il fe trouva là . ma tante mes tceurs fe font bien brûlées 8c quand je vais demanderpermiffion à.parhasard un jeune bonze r Homme infidéle lui dit le gouverneur eftce toi qui a mis dans l'e{prit de cette femme cettefureur? Non.

ï-etirer dH fond des enfers.P~ous. fans en être attendri je fens de l'humanité pour les asas malheuFiv .o)Et..val. `.. Je fuis touche du fort-de ce prince.. 7 je mefai? ¥qbQmÆti¡lA~. qu'on a fait arrè~~r. LE TT R E CXXI. On ajoute oncle du roi.N ES.' me porte fort bien.DeP4r~4~ dé'Châl.n'avoierit garde de me tout dire: mais fi le dieu Brama n'a que ce prêtent àtmefaire. -RI ~-C.]P' B R S A. . Deux vieux bonzes.~A"~-U'SB-! 1 K~.:`ai vous voulez aller. 17IS. quimefeduiloient. & qui f§a voient de quelle maniere je vivois avec-lui. e JE t'attens ici demain cependant je t'envoie tes lettres d'Ifpahan.Ëeur gouverneur. Je te l'avoue. UfbeK.4irecà:i$qns~ari\ ue je q ii.. n'a pas befoin de moi..s.tJé_~ptfnce. qui eitchargé d~foJi>é~1i:c~tion.. ouil eâ très-étroitement gardé &q1J~b1i privé de tous tes l'a honneurs. Me brüler pour feulementle bout du do~gt pôur lui!pas le. ~Mon.. qu'on l'a fait conduire dans un château.7 ditpour elleen r~g9rd~~i-lJ~(:b~R~e 3._p~ot~w~z. Les miennes portent que fainbaffacleur du grand Mogol rea çu ordre de fortir du royaume. je renonce le à cette béatitude. Seje le plains.je n'ai jamais vu couler les larmes de perfonne.

E S < avoit _A comme . dans les paroles d'un prince qui. le De P~rïs-. queje fuis encore votre roi. qu'ont-ils affaire dans ta profpénié d'une inutile tendrefe ? elle approche trop de l'égalité its aiment bien mieux du refpeél. qu'eux qui fuftnt s'iI. Mais fi-tôt qu'ils ibnt déchus de leur grandeur. En effet. à vos larmes. Je trouve quelque chôfe de bien naïf 8s même de bien grand.de-la dureté quand ils font élevés je les aime Ëtot qu'ils tombent.qu~pler roient: Je fensy leur dit-il. qui ne demande point de retour. prêt de tomber entre les-mains de fes ennemis. voyant (es courtifïans autour de luï.n'y hommes & les grands memës~ poudefquels je trouve dans mon coeur.reux.il n'y a que nosplaintes qui puifféntleur en rappeller l'idée. 3dela ~une S~8'laiyRl 17~* 1L E T T R.

& qu'onlui ôté ta bienveillance de celui que la providence a établi pour faire fon bonheur? Je voudrois que les hommes parlaffent aux rois comme les anges parlent à notre faint prophéte.P t R S A 19 3 S. 8~de lui avoir fait perdre la confiance de fon roi forfait qui.rol de Suéde Il affiégeoit une place dans un royaume qu'on nomme la Norwége comme il vifitoit la tranchée L'eu!avecun ingénieur. felon moi) mérite mille morts. On a fait fur le champ arrêter fon premier miniftre les états fe font. 8c l'ont condamné à perdre la tête. Il étoit accufé d'un grand crime c'étoit d'avoir calomnié la nation.aHemblés. A ~mirne. il a reçu un coup dans la tête dont il eft mort. lorfque l'on rtoircit la nation entiere. Car enfin fi c'eft une mauvaife a6Honde noircir dans l'efprit du prince le dernier de fes fujets qu'eft-cé. Tu f~aisque dans les banquets facrés oh le feigneur des feigneurs defcendciu plus fublime trône du monde pour fe communiquer à fes efclaves je me fuis fait une loi févere de captiver une langue indocile on ne m'a ri_ F ~r . TU as oui parler mille fois du fametix. LET TRE X XJrIv P~mA à IBBEN.

l' T P.jamais vu abandonner une. elle a prefque touquelque été fuggérée de maniere que l'ambijours tion des princes n'eft jamais fi dangereuse fes confeillers. épreuve de notre fidélité. ni n'en veut collnoitre.!7tS. a LB.s -1". feule parole qui fes pût être amere au dernier dé fujets. j'ai risqué & jamais ma vertu. par lès défeins: qu'il lui inipire & par les maximes qu'il lui propofe. ' 1 r_ . E. Mais que labaffeife d'arne de comprens-tu qu'un homme qui n'eft que d'hier dans le miniflere. qui peut-être n'y fera demain pu devenir dans un moment pas l'ennemi de lui-même de fa famille de fa & du peuple qui naîtra à jamais de cepatrie. que fon prefque jamais de min 1i:ftrene le foit encore davantage s'il fait action mauvaife. Quand il m'a fallu ceffer d'être fobre je n'ai point ceffé d'être honnête homme & dans cette ma vie. ~eParis lë de la LIme: deSaphar. lui qu'il va faire opprimer? Un prince a des payons le minière les remue c'eâ de ce côté-là qu'il dirige fonminiftere il n'a point d'autre but. Les courtifans le féduifent par leurs louanges 8c lui le flatte plus dangereufement par fes conseils. Je ne fçais comment il arrive qu'il n'y a princefi méchant.

géométrie. Pour luir.u. 6c s'apprirent récifjroq'uement quelques nouvelles littéraires. & queles g^rço^^u ca^ertfeifbiçnf beaucoup plus de cas (pe 4^ ^euXirnQufquetaires qui étoient çlan^JWk coin..avec e^greiîe^nt^.u':I. Ces difcours les menèrent jufques fur la porte d'un caffé où j'entrai avec eux.I. Ilsfe firent tous deuxbeaucoupd'honnêtetés. car il étoit n'y parût d'une réVerie profonde il fallut que mon ami le tisât long-temps par4a manche ôc le fecouât pour le.aUîlhp^rrime fa connoilTançe qu'il medit être ungéométre il n'y v vay . J JE paffois l'autre jour fur le pprit-neuf avec de un de mes amis il ïencqnîr.A à U S B E K. Cepen4atit fçAefprit régulier toifoit tout ce qui fe difoit dansla converfation il refïembïoit à ç^lui qîû rà&munjardin coupon ' Wwji .ours. L E t T R É 4 Ç X XI II.I. corri' me s'il n'avait pas eu la moindre teinture de. iî parutqu'il fe trouvoit dans un lieu agréable car il dé-rida un peu Xon vifage 6c fe mit à rire. faire defcendre jufqu'à lui tant il étoit occupe'd'une courbe qui le tourmentoit peut-être depuis plus de huit j. t. Je remarquai que notre géomètre fut xe-y.. & aa ai ey avpit rien qui aa t'cu. R I G.Persane f. çu dq to^le mpnde.

& un boifort quet barlong de dix arp-ens il auroit fouhaité que les régies de la perfpeaive euifent été tellement obfervées que les allées des avenues euffent paru partout de même inclargeur.ques 8c il n'aSuperbe. Il étoit arrivé ce jour-là de campachâteau gne avec un hommequiavoit vuun des jardiîis magniti.qtiiÉ'élevoient au-deffus des autres martyr de la juâeile.g il voulut en ignorer entiérement le fuccès. Il parut fort fatisfait d'un cadran qu'il y avoit dé~êIé'.~desfi'urÈ. Un homme fe plaignoit d'avoir été ruiné lhyver d'auparavant par une inondation Ce dit que vous me dites-là m'efl:fort agréable. 6e voit vu lui qu'un bâtimerit de foixante pieds de long. commeune vue déeft liC4~e oiienfée par une lumière trop vive. fur trente-cinq de large. pourvu qu'il fût vrai auffifa converfation étoit-elle finla guliere. 8c iî aucoitdonnépour cela une thode infaillible.L Il' T T Il B s 1 ç e~*e avec fon épéela tête edes ileursquis'élevotent -atte. d'une ftrucrure fort finguliere & il s'échauffa fort contre un de moi. il étoit offenfé d'une faillié. qui malfçavant qui étoit auprès heureufementlui demandafi ce cadran marquoitles heures Babyloniennes. Rien pour lui n'étoit indifférent. alors le géométre je vois que je ne me fuis pasarompé dans l'obfervation que j'ai faite .. Unnouvellifté parla'du bombardement du château de & il nous donna foudain les Fontarabie de la ligne que les bombes avoient propriétés décrite en l'air 8~ charméde ravoir cela.

il fut rennéglf~eoit contré direétement par un autre homme: ils fe choquerent rudement & de ce coup ils rechacun dé leur côté en raifon réel. car. reprit l'autre: u c'ef1: ne tradudion de cet ancien auteur. ce ils penfent pour vous? Monteur. Comment! dit le géomètre il y a deux mille ans qu'il y eft. que il y a vingt ans je viens de mettre au jour. jaillirent de leur vîtefFe & de leurs xnatfesé proqué revenus de leur Quandils furent un peu étourdiffernent. la terre cteux tombe fur 1~ au éil . fi voustraduifez toujours.& qu'il pouces d'eau plus que l'année paffée Un moment après il fortit. on ne vous traduira jamais. a Quoi. cet homme portant la main fur le front. moniieur dit te géomètre. croyez-vous que je n'aie pas rendu un grand fervice au public. que je m'occupeà faire des traductions. dit le gavant. de lui rendre la lecture des bons auteurs familiere? Je ne d'is pas tout-à-fai~cela j'eflime autant qu'un autre les fublimes génies que vous trâv~Mez Mais vous ne leur reffemblerez point. y ne vingt àn~ que vo& peniez pas ? Vousparlez pour Jés autres. Vous ne m'entendez pas. dit au géomètre Je fuis bien aife que vous m'ayez heurté car j'ai une grande nouvelle à vous apprendre: reviens de donner monHorace au public. ccnousïeiuivimes. Comme il alloit affez vite Se qu'il de regarder devant lui.Les traductions font comme ces rnonnoies P E R si A Nï! S< n moins~t.

'ils '8' entretiennent projets magniRques~ de grandsintéréts. & même font d'un plus grand ufage pour le peuple...<'j_t_ la valeur. Vous voulez.C R E A lG CXXIV. tres-mécontens l'un de l'autre.)C ~Ete pailerai dans çet~e ~tre ~uneçertay ne narfon.nii}q~1e leur oifiveté eft toujours occupée.ii' ou ~'affemblentdans ijn ja~di-nrp:ag.: traitent La bàfe de le.T. ~Re!)M&~z.ell~fl.de cuivre.T.une U~' C . 9.lis (ont trèsmutilesàFetat. Que ne vous appliquez-vous plutôt à la recherche de tant de belles vérités. S~ .de celui' qu'auMit puproduire un filence auffi long parce cependantils fé croient c-onfW. ott '. mais elles fonttoujours foibles & d'un mauvais aloi. qui ont biea même qu"une piece d'or. qu'un calcul facile nous fait découvrir tous les j~nurs Après ce petit confeil.~s. X.snQ'n~.tyi9. ils fe fépare? r~nt. je crois.E.ell.L..' . DgP~rtïjIe~rnt~de~LunSs.!u...éigbles~. & leurs difeours de cinquan~ te ans n'ont . qt.pas un effet différent-. dites-vous faire renaître parmi nous cesilluftres morts & j'avoue que vous leur donnez bien un corps: Mais vous ne leur rendez pas la vie il y manque tou-jours un efprit pour les animer.ùn:col1veIÍatious.qrx'onappelleJe. de . L E T T ~y.

~.ils gavent combien notre auguite fultan a de femmes y combien iL fait d'enfans toutes les années & quoiqu'ils' ne faffent aucune dépende en efpions ils font infiruits des mefures qu'il pren<d pour humilier l'empereur des-Turcs 8c celui des* Mogôls..' t :Nt0 NSIE U~c JE me troa~fie~y~~yey~nsnC ~âns'es~ co~n~é£~~=° Le ~e~fur les-affaires du ~.nfesdans les &...qu'ils fe~ précipitent dansl'avenir-.~ à A peine ont~-Hs éimi{éle . Il y a un hommeavec qui je 1-àg'e qui re~ ~ut cette lettre d'un nouveIMe: comme' elle ~~apan1.fa préviennent2 toutes les démarches des hommes ils conduifént un général par la main & après l'avoir loué de mille fottifes qu'il n'a pas faites.-s.t" devant de la providence.p-onfs toùte~1-és-riv'icres dess fur.préfent..A." ils lui en préparentmilîe autres qu'if ne fer~ pas.031tes:.: !<? YOIC1i.d'ànsi.1.E1t S v 1qB' «Iln I. anômt~grl~s:9r des magaânsimmë. Ils font voler les.t. trewtoi . prétendent pénétrer ils:ne~auroïentconfëntiic à igno-rer quelque chofe.i1jgu:liere' je' la gardai.1 ~»g. armées comme îeëgruesy. Pc. . & marchant aufu.Ies. routes fectetfes¡\. & tomber les murailîes comme des car~ons~° Us ont de.bles bru~ Sans:ïlnel~urmanquequeIeBonfëns.rioûtê ~°rivole8~ridicule il n'y point de~ cabinet fi myfiérieux qu'ils ne.eaaa~s.

je crus queje ms d'ans ferois moquer de moi. Dès que la guerrefut déclarée entre Vemcherchernos mzfpereur & les Turcs j'allai les fleurs dans tous les coinsdes Tuilleries je ajfemblai près du bajfîny &leur prédis. il eftvrai que commeil feportonfort bien. Enflé de cefuccès j'ajoutai que cetteflotte viciroit débarquer à Final. pourfaire la torieufe du Milanès commeje trouvai de la conquéte voulus réfifianceà faire recevoir cette idée je la foutenir glorieufement j s pariai cinquante & je lesperdis encore car cediable piftoles fa d'Alberoni. J'ai été aff'ezheureux pour que ma prédiction été accomplie. malgré la foi des traités envoya deux flotte en Sicile & trompa tout à la fois m)U gra&ds politiques le due de Savoye & 1717. ait ete accom~lie. lemilisu dufiége.tb e~(twraa vers le rixilieu c~ise. ferait lefiége de Belgrade.Il efi-vraique. ce qui fit que je mefervis de termes.mourvier 1711 je prédis' qu&V empereur Jofeph roit dans le cours de l'année.» "1 1 . L Ë f ? «.ESS >II .unpeu énigmatiques mais les gens bien. Le qui fçavent raifonner m'entendirent 1 7 avril de la mêmeannée il mourut de la petite vérole. qu'on & qu'il feroitpris. fi je m'expliquais manieré bien claire. le iB août il ne fut pris que le lendemain peut-onperdreàfibeaujeu? Lorfqneje vis que la flotte d'Efpagne débarquait en Sar daigneî je jugeaiqu'elle en ferait la conquête je le dis & celafe trouva vrai. je pariai cent pijloles quilferoh fris.

Je fuis. e n'ad voir pas fait d'attention à cette extravagance. A peine ouvrons-nousla bouchepour dire une noud velle qu'un de cesjeunes genspropofe éparier contre. me dit Je parie centpiftolesque non. le plus zélé que le roi ait jamais eu c*eft moi obligeai un de mes amis qui d'exécuterle projet quejiarooisforméd'>un livre® . crit)& accommodons m de cesfanfaronsJaifijfdnt jùftemem l'intervalle du premier mot àu fecond. Je 'vous envoiela 1copie' deux lettres quej'ai écrites auminifire. le fis femblant. & reprenant la parole d'une voix plusforte je dis M. Je vousprie. ne les fouffroitguéres mais depuis quune parmi nous9 troupe de petits-maîtres s'eft mêlée nous neffavons plus oisnousenfommes. le Maréchal de ayant appris me dit-il vous avez toujours Cela eft faux des nouvelles extravagantes il n'y a pas h monfens communà tout cela. da L. Monseigneur. fieur de mefaire le plaifir demaprêter trente m'ont fifloles car je vousavouequecesparis de fort dérangé. y JE fuis le fujet.JP B 1t S A H 1 S* Tout cela monfteur medéroute jt jon que & de ne parier fâi réfolude prédite toujours nous ne eonnoijjtons point aux jamais. Autrefois Tuilleries Vufagedesparis &feu M. &c* Lettres d'un nouvellifte au minîfîre. Vautre jour commej'ouvrms mon manufmeslunettesfur mon nez. le C.

qui fera encoreplus d'honneur à notre nation. Monfeigneur.L E T T R ES Louis le grand ët-oït-tephs pour démontrer que grand de tous lesprinces qui ont mérité le nom de grand.oà.&j'ofe meflatter queje brille fur-toutdans la critique* Je fuis. les.vieilde Roboam. nous avons rrande fois évoqué les ombresde nos héros a gois il faudraque nous. JDEfuis la perte que nousavonsfaite e de MiH C. nous vousfupplionsd'avoir la bonté' de nous permettre$ élire unpréfident.&c» MoHSEI G HEUR.llions teninnoiconfS' . anciens & enfans -•' 'eux > fans -difçtpltm cUftlevéritableconfêil aux. où les. Le défordre fe met dans nos conférences. de L. d la depuis le commencement e monarchie les François n'ont jamais été battus & que ceque. Je travaille depuislong-tempsd un autre ouvrage.& lesaffaila res d'état n y font pas traitées avec mêmedifcujfîonque par lepajj'é nosjeunesgens vivent absolument égardpour. Nous avons beau leur repréfenter que des'ïuilleries nous étions paifibles po(feffeurs vingt ans avant qu'ils nefurent au monde je crois qu'ils nous en chajferontà la fin & qu'otant blizésde quitter ces lieux . Je fuisobligé de les redrejfer enbiendes occafions.fi votre grandeurveut m"accorder unprivilége mondeffeinefideprouver que. jeunes hnpofent lards. leshifioriens ont ditjufqu'ici de nos défavantc^ gesffont de véritables impofiures.

z. Mais la tyrannie de cesprinces devenant trop pefante on fecoua. & du débris de tant de royaumes s'élevereat ces républiques qui firentfî fort fieu^ .ie joug. &: par la fucceffiondes fiécles que les républiques fe formèrent.le 7 de la Lutte de Gemmadi.F E K S A N B S. rentes au jardin du roi. Un e des çhofes qui a le plus exerce ma euriofité en arrivant en Europe c'eft l'hiftoire ôc l'origine des républiques. de nouveauxhabitans vinrent la peupler elle tira prefque toutes fes coloniesd'Egyptey. 1719' h E TTR É Rh e©i à CXXV. Je fuis ne» De Paris. Tu fçais que la? plupart des Asiatiquesn'ont pas feulementd'idée de cette forte de gouvernement. y terre d'autre que le defpotique. Les premiers gouvernemens du monde furent monarchiques ce ne fut que par hafard. & que l'imagination ne les a pas fervis jufqu'à leur faire comprendre qu'il puilTe en-avoir fur lar. les peuplesqui en fortirent furent gouvernés de même. Ri g a. rois. La Gréce ayant été àbyfmée pat un déluge. ou plus écarté. A Paris. & des contrées de l'Afîe les plusvoifines & comme ces pays étoient goiivernés pardea.

On verra bientôt que les peuples du Nord & d'Allemagne n'étoient pas moins libres &fi l'on trouve de des vefil~ges quelque royauté parmi eux c'eft qu'on a pris pour des rois les chefs des armées ou des républiques. Ces colonies Grecques apportèrent avec elles un efprit de liberté. Les villes Grecques trou" verent des alliées dans l'Aue mineure elles y envoyèrent des colonies auffi libres qu'el. Ce n'di pas tout la Gréce peupla l'Italie l'Italie. Ainfi on ne voit guéres dans ces temps reculés de monarchies dans lItalie. & étendit au loin le gouvernement républicain. qu'elles avoient pris dans ce doux pays. étoit au commencement la Gréce un que fes voifins regardoie~ntcomme lèjout de félicité les Grecs qui ne trouvoient l'allerent point chez' eux ce pays heureux. L'amour de la liberté (a haine des rois f €ônj[erva long-temps la Gréce dans Findé" pendance.Ltt1'T'IlES rir la Grèce. l'Efpagne. les Gaules. chercher en Italie ceux d'Italie en Efpaou le gne ceux d'Etpagne. 2l'Efpagne. dans la Bétique. On fçait que cette grande Hefpérie fi fameufe chez les anciens. Portugal de manière que toutes ces régions porterent ce nom chez les anciens. feule polie au milieu des ûa~ bares. Tout ceci fe paifoit en Europe car pout . les" qui leur fervirent de remparts contre les entreprifes des rois de Pérfe. 8c peut-étre les Gaules.

LV" peu que l'origine de celles 'of %lu£ (bit Ë 1. Ôc comment ils perdirent leur. Sela république de Cartha* geenArri~~ Le monde fut partage entre deux puiffan-: tes républiques.$ . tyrannie.(ep¡. '1" A de Carthage. & la fervitude pour celui des peupler ~1'Afe. C'eftenvai~ que les Romains itrirent aux Cappadocieys o ce précieux tréfbr cette nation lâche le refufa Se elle courqtfla'Cervitude~' avec I~ mêmelempmfrement que les.tre les citoyens Romains & les peu? pies vaincus Hl'on . ayoient ét~01>.en~laHbert~ . On ignore abfolument la fuite des princes Africains depuisDidon.P B Rs A N E FAHe&. Il femble que Ïa liberté ~.l'Afrique. puiHance.avoit donné aux gouver' neurs des provinces une autorité moins grande fi les Ipix RMaintes. elles ont toujours été ijÇ-O cablées fous le (lejtpotifm's fi vous en exceptez quelquesvilles de rAfle mineure dont nous apon arlé.8cs'iIfn~s'élolent pas fervis.odigJ~UK Ja r~pÙ1)liqy. pour Ïesfaïre taire des mên~e~tr~for~ que leur inju~ce/avoit aavai~es. celle de Rome & celle de Carthage il n'y a rien de fi connu que les commencemens de la république Romaine.t= anaine s'il n'y avoit pas eu cette diSérence injuj4.ée~ .autres peupler SpuroI..en.pour çmpêchef leur.aitfaite ppur le génie des peuples d'Europe.U & rien qui le. C'eût été un grand bonheurpour le monde queTagran" de Rodiifem~ntpr.

dépofoient leurs rois des' qu'ils n'en étoient pas fatisfaits chez les autres. les . comme lés Turcs &les Tartares.Afrique. Goths en Efpagne. Lorfque les peuples d'Afie. & à établir par les armes fon autorité violente mais les peuples du Nord. & trouvant autant de facilité à faire des conquêtes. qu'à exercer leurs pirateries. Quelques-uns mêmes de ces peucomme les Vandales en. lesdémembrerent. firent des conquêtes fournis à la volonté d'un feul ils ne fongèrent qu'à lui donner de nouveauxfujets. quoique fondés par la force ne Sentirent point le joug du vainqueur.L E T T R B S Ce»'faropprima la république Romaine. les es. 8c en firent des royaumes. Ces peuples étoient libres & ils bornoientfi fort l'autorité de leurs rois. L'Europe gémit long-temps fous un goula douvernement militaire Se violent ceur Romaine fut changée en une cruelle oppreffion. libres dans leur pays s'emparant des provinces Romaines. 6c la founiit à un pouvoir arbitraire. qu'ils n'étoient proprement que des chefs ou des généraux. fe répandirent comme des torrens dans les provinces Romaines. Ainfi ces royaumes. ne donnerent point à leurs chefs une grande autorité. Cependant une infinité de nations inconnues fortirent du Nord. l'autorité du prince étoit bornée de mille manières différentes un grand nombre de feigneurs la partageoient avec lui.

ferres.. quinze mille livres de rente en fonds deterre ëc je mecrbirdis plus heureux fi j'avoisle quart de ce bien-là en argent 8c.&je lerois à l'hôrital. l1hnmmp. Rii c n à :x .S.x JE fus il y a cinq ou ilx mois dans un caS~ J'y remarquai un. aucun impôt en faveur du prince les Idix etoient faites dans lès àilemblees~e là nation. guerresn'êtoient entreprifes que de leur confentement les dépouilles étoient partagées entre le chef Seles ïbidats.P E R S A N E S. J'ai beau preffer mes fèftni~rs. on me fef roit faifir toutes.Rhegeb L Ë T T RE w CX XVI. en elfets portablespar-touf. Jefortis fans avoir fait grande attention a tout ce difcours Mais me trouvant hier'dans ce quartier j'e~trai'd~s h même mailbn . qui fe formèrent des débris de l'empire Romain.crpn. Pn"l. t hl.&:lësaccabIêtdefrais:de jufticë je ne fais queles rendre plus iMbIva-' blés je n'ai jamais pu voircentpiitolësà Ï<t fois. J'ai dit-il.ni.. qui fefailbit écouter parloit du plaifirqu'il yàvoitde vivre à Paris.~ffp'7. il dépl oroit fa fituation d'être obligé de vivre dansla province. de. DeT~enife lezodela Lune 1719. 'Voilà le principe fondamental de tous ces états. Si je devôisdixmLiIIerancs.és.

.«. di&)it. j-e n'ai plus de quoi vivre tuellement chez moi deux cent mille livres en billets de banque créent mille écusd'ar. Tout près dé-là etoit unhomn!i€ très-mal vêtu qui élevant les.JIelll. je croyois fi fort de mes amis que-je lur avais. C'el1 un homme extrémement pauvre.«~tt~ < t L iz *TT X2 9jt?. tournai par hafard la tête d'un autre Je homme ¡allQlt es. g~néalôgi~e Se il e{pefequefon art tous ces.ui1. jefuis car j'ai acruiné.. prêté :perfi~:v ïnon argent 8c il me l'a rendu ~. que.. yeuxau ciel. je fçrois fur devoir de quoi vivre mais je n'ai pas gran4 comme ce chapeau en fonds de terre. 6 les fortunes conti~Mit que . affieuje me trouve dans une fituation sent fe je me£ujscru riche" &.uelle die ho. me auffi a-t-il un pauvre métier il eit dit-on rendra. d'un nouveaux .mr. de poffédé.!puif les aétions à deux mille.omme 'lUI faiïbit des Cote. fi favois feulement une petite terre oujepuiHc me retirer. jufques ace que prenant brusquement la parole Oui. qui au milieu de cinq coureurs paroiilbit morne penRf.risplus riches.a:utre cote.vl~ un autre ~. dit-il enhauHanHavoix. Se je . dan.~ tous fai-jevoir les laquais c. voilà à r :al Au moins.vifage pâfé gz j'y vis unhomme grave ou fix difrallongé.1e?.. J~ vis pn.abeau faiM.que leurs rnaL' très J'eus la curiofité de demander ton no~. qui V~.s mon-efprit il feratou-jours déshonoré. A qui fe fier déformais. grimaces ~ccMoitil? Il y a un traître. menteurs. Dieu béniae les projets de nos minières.

il y a une heure.& n'ai pas dit un feul je mot< mo. le 17de la Lur~_ P B 1 < 8 A If E ?. décraffer leurs ancêtres & orner leurs carrones il s'imagine .i7!~ TotM~fJ~ 'Oc . 6eil eft à craindre que le prince Pio. -1- deR~<!M<ï~m.reifaillït de joie de voir multiplier tes pratiques.t.quali. & présagent toujours les victoires Se les trophées c'étoit au contraire un de ces trembleurs qui n'ont que des nouvelles trifics.nouveaux riches auront bmbm de lui.tc qu'il -voudra & il t. Les affaires vont bien mal du <:6tëd'E~agne. je m'approchaide 1m.etlü~eavant nombre de qu'ilfe fût affis: il n'étoit pas du ceux qui . je vis entrer un vieillard pâle8c fcc que je reconnus pour nouv.qu'il va' faire autant de gensde.ont une affura-nceviétorieufecontre tous les revers. ne fane contribuer tout le Languedoc.. de fafrayeur pour le Languedoc c~moij'appercus hier au foir une tache dans le foleil qui. Il y avoit vis-à-vis de moi un philofophe affez mal en ordre qui prenoitie nouvelli~c~npitié. & il'me dit à l'oreille: Vous oyez que ce fat nous env tretient-. qui en a un gros corps. dit-il: nous n'avons point de cavalerie furla frontière. pour réformer leur nom. fi:elleaugmentoit pourront faire tomber toute la nature en engourd:itfem~eaa. Enfin. ~e Paris. 8c les épaules à meïure que Fautre hauffoit Ia voix.

Bien des gens me font de pareilles queftions mais vous voyez bien que je n'irai pas lire tous ces livres pour les fatisfaire mais j'ai mon bibliothéquaire qui vous donnera fatisfaaion car il s'occupe nuit & jour à déchirer tout ce que vous voyez-la: c'eft un homme qui n'eft bon à rien & qui nous eHtrès à charge. j'habite ici uneterre étrangère je n'y connois personne.Ls T T S. comme moi. difpaïutàmesyeux. I7. De Pari le r delaLutae s deRharna~.T%· . dit-il.am.. doivent être les premiers à tous les exercices. En difant cela. En entrant. mais qui font obligés d'y laiffer entrer tout le monde à certaines heures.qui. J'ALLAI l'autre jourvoir une grande bibliothéa que dans un couventde dervis.qui enfontcomme les dépofitaires. brable de volumes qui l'entouroient. camme. qui fe promenoit au milieu d'un nombre innom. le moine me pouffa dehors~ferma la porte &. Monteur.l'heure du réfectoire qui fonne ceux . je vis un homme grave. J'allai à lui & le priai de me dire quels étoient quelques-uns de ces livres que je voyois mieux reliés que les autres. parce qu'il ne travaille point pour le couvent.s'il eût volé. ES L E TT RE Ri z c Aà CXXVII. Mais j'entens. font à la tête d'une communauté.

& même. me repartit-il. n'ont point cherche dans l'écriturece qu'il faut croire. quels font ces gros volumes qui tiennent tout ce côté de bibliothéque? Ce font me dit-il.P 1 -F. Se fon abord trës-afîable. bon Dieu s'il y ena. merépondit-il Il y en a prefqueautant quede.tous cesauteurs? Ces auteurs. de m'iruilruire. S A N E -6 E T T R E CXXVIIL Ri ÇA c~u~r~érne. les interprètes de l'écriture.cela qu'ils en ont corrompu tous les féris. & bien claire a prêtent. ft. Mon pere. Il y en a un grand nombre lui repartis-je il faut que l'écriture fut bien obfcure autrefois.fpirituelle. Oui. il fe mit en devoir de la fatisfaire. G 1~ . lui dis-je. JE retournai le lendemain 9 cette biblioth que. Sc :u l~. Dès que je lui eus fait connoître macuriofité. refle-t-il encore quelques doutes? peut-il y avoir des points conte~es? S'il y en a. où je trouvai tout un autre homme que celui que j'avois vu la premièrefois. fon air étoit fimple. fa phyIi011omie.lignes. en qualité d'étranger. mais ce qu'ils croient eux-mêmes ils ne font point regardée comme un livre où étoient contenus les dogmes qu'ils devoient recevoir. mais comme un ouvrage qui pourroit donner de l'autorité à leurs propres idées c'efl pour . lui dis-je? Et qu'ont donc fait.

où l'on s'attaque ou l'on s'efcarxnouche de bien des manières. Tout près de-là. (1it~il. '"e la partie. un moment n'allez pas fi per~c y~te. des dévots qui ont le cœur tendre. ter les ouvrages des 111yftiques. qui mettent les fecrets de la nuit qui forment dans leur le démon imagination tous les montres que les produire. 'p~rl~TIp~ de cesI1'lyftiq~es..Monfieur. Cet état le délire de la dévotion Couventil fe perfeaionne. Ah. & lui fait envoyer des eiprits au cerveau cïuï l'échauf~entde même d'où naitfent les exhales &Ies raviffemens. Se parla matiere i eft traitée. bien plus utiles ceux de théologie doublement nintelligibles. p'amour peut en font l'objet éternel de leurs ~9rnpat~l1t. ou plutôt dégénère en quién'eft au~ifmc vous fçavez qu'un quiétifte tre chofe îteun homme ~fou dévot 8c libertin. & ne devient pa~ lu~ . au jour Voyez les cafuiRes. les raffemblent.s LETTRES 1 1-tous les patt~ges C'eft ont donné la torture un pays oh les hommes de toutes les fec-les font des defcentes & vont comme au pillac'eft un champ de bataille où les nations ge ennemies qui fe rencontrent livrent bien des combats. vousvoyez les livres afcétiques ou de dévotion en fuite les livres de rnorale. mon lui dis-je. la dévotton échauffe un coeur difpof~ à la tendreUe. & par la manière de la traiqui y e'eH-à-dire. lk heureux fi leur coeurne fe met pas penses.

8c que je vous dis tout ce que je enpenfe. je ne vous parlerois de tout ceci qu'avec admiration je vous dirois fans celfe. 8~ plus core avec vous qui êtes unetranger. P Ë il S A N B S. De P~rn. Et il en arriveroit de deux chofes l'une.quivoulez fçavoir les choses & les fçavoir telles qu'elles font.d'egaremens ëompÏice de décrits 8c nuemens p~ints j Vous voyez monteur. Nous en reflames~-là une affaire. ou que je vous tromperois. que je penfe li brement. Je fais naturellement nâïf. qui furvint au dervis rompit nôtre converfation jufqu'au lendemain.I! fi naïvement tant 1G-Îij . . ou que je me des'honorerois dans votre efprit. 1 . Si je voulois. le z3 de la Luri~ ~R&<tM<t~M~Ï7!P. Cela-eft divin cela eft respectable il y a du merveilleux.

fciences-là. pas plus mauvais ce qui cil trèscommode pour eux. JE revins à l'heure marquée & mon homme me mena ptécifément dans l'endroit où nous nous étions quittés.a&les commentateurs.. Voici les livres de métaphyfique. ils le peuvent. les orateurs. Mon pere. lui dis-je.qui trailefquels tent de fi grands intérêts dans l'infini fe rencontre par-tout les livres de de merphyfique qui ne trouvent pas plus veilleux dans l'économie du vafte univers. lui dis-je. les grammairiens. dit-il. Voici me dit-il. poursuivit-il. s R ICA au méme. qui ont le talent de perfuader indépendamment des raifons & les géomètres. & même il n'y paroît pas. leurs ouvrages n'en font. les gloffatet~rs. tous ces d'agens-là ne peuvent-ils pas fe difpenfer voir du bon fens? Oui.5. & je connois bien des philofophes qui feroient bien de s'appliquer à ces fortes dé. Voilà.!L B T T & E S LET T R E CXXIX. Cela eft vrai. de nos arque dans la machine la plus fimple tifans Les livres de médecine ces monumens de la fragilité de la nature Be de la puüfance . qui obligent un homme malgré lui d'être peituadé & le convainquent avec tyrannie.

de1¢art qui font trembler quand ils. quand ils parlent de la vertu des remèdes comme fi nous étions devenus immortels.S. & enG iv P E 1t S A N B. ni le malade de fon mal. Voici les livres de fcience ou plutôt d'ignorance occulte. Tels font encore les livres d'afirologie judiciaire. Si cela e~ me dit-il vous vivez fous un joug bien plus dur que celui de la raifon s voilà ce qui s'appelle le plusétrange de tous les empires: je plains bien une famille".traitent des maladies même les plus légères tant ils nous rendent la mort préfente mais qui nous mettent dans une féeurité entiere. tels font ceux qui contiennent quelque efpéce de diablerie exécrables. ils font plus. Voici la chymie qui habite tantôt l'hôpital & tantôt les petites-maifons comme des-demeuresqui lui font également propres. felon la plupart des gens pitoyables~ feIon moi. conçus déterminent dans toutes nos entreprifes les aftrol-ogue s font proprement nos dire~eurs. mon père Les livres d'àflrologie judiciaire repartis-je avec feu Et ce font ceux dont nous faifons plus de cas en Perfe ils règlent toutes les avions de notre vie. ils entrent dans le gouvernement de l'état. Que dites-vous. Tout près de-là l'ont les livres d'anatomie qui contiennent bien moins la defcription des parties du corps humain que les noms barbares qu'on leur a donnés chofe qui ne ni le médeguérit. cin de fon ignorance. 1 1_ 1 .

i c a au C X X X. qui ieïaiffe miner par les pknettes. lui repartisse de î'aftroîogie comme vous vous fervez de l'aîgébre.Lettres S o core plus une «o+«r\n mil Vf îainf! û fort' donation.vous que le concours fortuit des aftres ne foit pas une re'gle auffi fure que les beaux raifonneinens de votre faifeur de fvitême ? Si Foi* comptoit les voix là-deiTusen France & en Perfe ce feroit un beau fujet de triomphe mathémapour 1'aftrologie vous verriez les ticiens bien humilie's quel accablant corollaire en pourroit-on tirer contre eux? Notre dïfpute fut inteirompue &il' fallut nous quitte1. Voyezpremièrement les Bifloriensde Téglife & des papes livres que je lis pour m'édifier^ ôc qui font fouvent ea moiun effet tout couîïaire» . Void les livres d'Biitoire moderne me dit-it. Chaque nation a fa fcience felon laquelle elle regle fa politique: tous les aftrologues enfemble n'ont jamais fait tant de fottifes en notre Perfe. Croyez. qu'un feul de vos algébriftes en a fait ici. 1719* LETTRE R. De Paris le 26 de la Lune' de Rhamaiam. Nous nous fervons. mêwei Dàhs rentrevue fui vante mon fçavant nie mena dans un cabinet particulier.

qui s'étoit formé du débris de tant de monarchies » & fur la chute duquel il s'en forma auffitant de nouvelles. renaître de même. tà ce font ceux qui ont écrit de la décadence du formidable empire Romain. ou l'on voit d'abord la puiffa ncedes rois fe former mourir deuxfois. je crois encore. Vous voyez ici les hifloriens de l'Allemagne. & fonderent tous les royaumes que vous voyez à prétent en Europe. ils ont perdu cette douce liberté fi conforme à la raifon à rhumanite & à la nature. le ravagerent. prenant infenfiblement des forces accrue de toutes parts monter à fon dernier période femblable à ces fleuves qui dans leur rourfe perdent leurs eaux. parurent tout-à-coup. mais qui ea. Ces peuples n'étoient point proprement barbares puifqu'ils étoient libtès mais ils le font devenus depuis que foùmis pour la plupart à une puifrance abfolue. & qui. Voici les hlHoriensde France. laquelle n'eu qu'une ombre-du premier empire. S A È $. auili inconnus que les pays qu'ils habitoient. je crois la feule puiffance qui foit fur la terre. lente à profiter de&fuccès devient indomptable par fes défaites.B R. Un nombre infini de peuples barbares. le dépecerent. que la diviuoa n'a point affoiblie la feule. qui fe fortifie à mefure de fes pertes. l'inonderent. ou cachent fous terre Gv . languir enfuite pendant plufleursfiécles mais.

groSis par les nvieres qui s'y jettent entraînent avec rapidite tout ce qui s'oppofe à leur paifage. & fi formidable en Afie. fi refpe8ée en Europe'. la république de Hollande. Tout près dé-là font les }1ifloriensde cette autre reine de la mer. &fans autre atprinces tribut de fouveraineté qu'une vaine politique. qui. maîtreffe de la mer ( chofe inouie jusqu'alors) mêle le commerce avec l'empire. o~ l'on voit la liberté fortit fans ceffe des feux de~ la difcorde &: de la fédition le prince toujours chancelant fur untrône inébranlable une nation impatiente. Ce font ici les hifloriens d'Angleterre.§ L B T T R E puis reparoiffant de nouveau. ou fes négocians voient tant de rois profternés devant eux. iues hifloriens d'Italie vous repréfentent une nation autrefois snaître~'e du monde 9 aujourd'hui efcîave de toutes les autres fes divifés & foibles. Se ne con~rva que f orgueil de fa premiere puiffance. fage dans fa fureur ~êmé.' Là vous voyez la nation Efpagnole fortir de quelques montagnes les princes Mahornétans fubjugués auffiinfenfiblement. qu'ils avoient rapidement conquis tant de royaumes réunis dans une vafle monarchie qui devint prefque la feule jufqu'à ce qu'accablée de fa 'fauifeelle perdit fa for.ce &fa réputation même. ~oilà îe&hl&o-neM'des~epabË~~s dë~ .

je n'en-fçais rien les connoi1f:eursdifenr qu'on n'en a jamais fait que deux & que îes ~âe>e.P i! n~ E IL S A N B S~ eft 1. ~'AA.-1p ~a:Îi~'1PP l'image de la liberté de Vesuiffe. qui n'eit fuperbe que par fes bâtimens. raifon fous les agrémens.s~on-'d-o-s~e Ions-ae' nom. comme on enféveIiflôia autrefois les femmes fous leurs parures: & leurs ornemens Vous les connoiffez its ne font pas rares chez les Orientaux. ces auteurs dont l'e métier eftde mettre des entrave3au ban fens. Voici ceux du Nord. qui ufe fi mal de fa liberté & du droit qu'elle a d'élire fes rois qu'il Semble qu'elle veuille confoler par-là les peuples fes. MM ?M~6'.. de Châ~val. & entrautres de la Pologne. ya9~ L E T T R E C X X X I~ 1>. He f qu'ejEt-c'e' queles poëmes épiques? En vérité. où le Soleil plus ardent j~mble ecjiaufEëïles ima~1 tons mcmes~ Voilà les poëmes épiques. Ce font ici les poëtes. & de Genes. DeParis.le2dela Lune. qui nife.'J 4!'T' @ vj~ . me ditil. qui ont perdu l'un & l'autre. me dit-il c'eità-dire.: & d'accabler la.Mncrp . 1 CA LE lendemain il me mena dans un autre cabinet. ne le-ÍÓ$l. Là-deilus nous nous réparâmes jt2fqu'a~ lendemain. voifins. qui n'a de reffources qu'en fon économie.

qui font des efle qu'o. de nouveaux nant. qui nous re~t~entfi doucement.as. J'ai vu. qui. font les poëtes par excellence. & la manquent toujours & qui font des :~éros. & qui art une harmonieufe extravagance. Sescomiques. lui dis-je..p. di~ point c~el~ fent de plus qu'il eft impoffible d'en -faire cela eH encore plusfttrpreâ. qui y font auffiétrangers queles dragons ailés& les hippocentaures.Lf 9 Ils auffice que je ne fç~is. & le~ maîtres des paillons Il y en a de d'euxfortes. Vous voyez ici les romans. qui font une plaie profonde & inacceffible aux remédes. les tiagïques.»~4. que je meprife autant font de leur que je fais cas des autres. Voici les poètes dramatiques. felon moi. qui nous troublent eXnous agitent avec tant de viofence. Voici les lyriques. On voit enfuite les auteurs des idylles 8c des églogues.. er-! également peces langage de l'efprit & celui du coeur. qui plaifent même aux gens de cour par ridée qu'ils leur donnent d'une certaine tranquillité qu'ils n'ont pas §€ des qu'ils leur montrent dans la condition bergers. De tous les auteurs que nous avons vu~ voici les plus dangereux ce ÍÔnt ceux qufi aiguifent les épigrammes. quipa~ fent leur vie à chercher la nature. quelques-uns de vos î~ . qui font de petites fléches déliées.

. Cependant les auteurs forcés de faire palier les ledeurs dans ces font ennuyeuxpréliminaires.raans 8c fi vous voyiez les -nôtres vous~n feriez encore plus choqué. De Pdpi~s.. & fbuvent répétées. lé 6 de la ~~cn~ PE& p t~e CÂa~~ï7~. nous font languir & ces prodiges extravagant ROMs révoltent. Or il eft impoffible que les incidens foient variés on a recours à un artincé pire que le mal mêmequ'on vet~~ guérir c'eftaux prodiges Je fuis fur que vous ne trouverez pasbon qifune magicienns faffefortir une armée de déchus terre qu'un héros lui feul en détruite une de cent milfe hommes. Ils font auffi pe~ naturels y 8ë d'ailleurs extrêmement géné~ par nos mœurs il faut dix annéesde paffiony avant qu'un amant ait pu voir feulement le vifage de fa maîtreffe. Cependant voilà nos romans: ces aventures froides.

8c Íâcré aux petits. eulier. de de-Seins miraculeux de fyâemes nouveaux & qu"abibrbes dans les méditations.eft vrai que nous n'y 'mettons pas tant d'efpnt que les Occidentaux r nous croyons qu'il n'y a pas plus de diférence entre 1°adrninülratior~ des<revenusdu prince & de ceux d'un parti-. Il faut que de grands génies travaillent nuit ce ~our g qu'ils enfantent fans ceffe& avec douleur de nouveaux projets qu'ils écoutent les avis d'une infinité de gens. qui travaillent pour eux fans en êt~epries qu'ils îe retirenr & vivent dans. 6'~rK?. Rs&iëNtpsivés non-élément de rufage ds . Il. s'en faut bien qu'il en foit ici de même. Mais il y a ici bien plus de Ënelie & de myRere. f Es s miniarese fucredent 8c fe detrui&nt ici comme lesfaifons: depuis trois ans j'ai vu.en a entrecompter cent milletomàns ou en compter cent. changer quatre fois de fyflêmefur les nnan'~es. qu'il y.e-L. E1* R ES L E T T R E ~oaGA~ CXXXIL GL ÎBBEN. qu'ils aient toujoursla tête remplie de fecrets irnportans. Oh levé aujourd'hui en Perfe Uen Turquie les fubfides de la même manière que les fondateurs de ces monarchies leslevoient il.le fond d'un cabinet impénétrable aux grands.

¡. Quelles fortunes inelpérées. retrancha les chairs inutiles. Mais.f<_bt'Y'> .Je "l'Ul.. Des que le feu roi eut ferme les yeux on! penfa à établir une nouvelle adminiRration. . .j~j. L' Taparole y mais même quelquefois de la pou-* 'ite1fe. vLL a.fif"\à.qui a entrepris cette cure après bien.. ~eu~~ les ont faites Dieu a~~t~e ~as pl~z~ qui ~f~w. On s'etoit mal trouvé de l'autorité fans bornes des minifires précédens on la voulut partager. On fentoit qu'on étoit mal mais on ne fçavoit comment faire pour être mieux.~V. Tous ceux qui étoient riches il y a fir.w. incroyable? mêmeà.i~ y~~ ES:. étoit un corps accablé de mille maux..il.m.fL.I. On créa pour cet effet fix ou fept confeils. 8c ce '[1. avoir rendu Tonembonpoint &il l'a feulement rendue bouSe..wm.:N-1C~ prit le fer à la main.fît. & appliqua quelques remédestopiques. il lemet à l'envers.J"L"J.V .I t'L. s CJl.¡' .des remédes violens il a cru-lui. La France à la mort du feu roi. mois font à préfent dans la pauvreté &: ceux qui n'avoient pas de pain regorgent deux extrémités ne de richeffes. reçoit toujours un vice intérieur à guérir. auffibien quecelle du bien' qu'elle produi..~· · ~·s~. L'étranger a tourné l'état comme un frippier tourne un habit.J. Jamais ces> fe font touchées defi près. il fait pàroitre deifus ce qui étoit deffous & ce qui étoitde1fous. Un étranger ei~venu.' tous qui gouverné la France avec plus de'fens la durée en fut courte.~7~t/1fB "t.

qu1)une .a envoyé aux états une déclaration par laquelle elle fe défitle.. pour applanir toutes les difj&cultés. eu cas qu'il foit élu· II y a fbixante 8t9. 8c peut-être demain par leurs mahfes 1 Tout ceci produit fouvent des chofes bi~ zarres. tout le mépris qu'on avoit pour euxil y a fix mois.M:e D~ Dej~m. vantent aujourd'hui leur t1ai1fance:ils rendent à ceux qui viennent de quitter leur livrée dans une certaine rue.Que (M rapidement valets fervis par leurs camarades.uelque~ années. non feulement dans une femmey mais dans une reine. voulant à toute forceaffoçier le prince fonépoux à la couronne. un grand exemple de la tendre~ Voici conjugale. ils crient de toute leur force" La nobleffe eft ruinée. Scque. 1710. <t ET--t <du néant. dans trente ans. ces gens de qualité feront bien da 1?ruit~ t de I. La feine de Suéde. te c de d~ Lrctae ~~ris de ~ilcadÉ. quel désordredans l'état quelle confufion dans les rangs oh ne voit que des inconnus faire fortune Je te promets que ceux-ci prendront bien leur revanche fur ceux qui viendront après eux.de la régence. < RE 9 T les hommes L E T T R E CXXXIIL R 1 C A. Les laquais qui avoient fait fortune fous le régne paifé. uu sriér~ie.

le quittent comme par une efpéce de d'fertion je iuis cependant frappé de la grandeur d'ame de ces deux prineeffes & de voir l'efde l'une & le cœur de l'autre fupérieurs à prit leur fortune.: L. augu. que pour fon tre tout fon bonheur entre ks de époux.r. L E parlement de Paris vient d'être relègue dans une petite ville qu'on appelle Pontoife. On menace d'un pareil traitement quelques parlemens du roya:urne~ p E 1t S A B s: Chriftine1abdl'lua ia nommée l`'i. chacun fe Quoique j'approuve affez que tienne ferme dans le pofte où la nature l'a & que je ne puiffe louer la foibleffe de mis. . nore le confeil.fle ~7e aris 1~ delaLune P 27 deMaharram. Chriftine a fongé à connoitre dans le temps que les autres ne fongent qu'à metjouir & l'autre neveut jouir. fe trouvant au-deffous de leur état.(~. ceux qui.à là couronne pour fe donnet toute entiere deux Je ne fçais lequel de ces philofophie. RICA à USBEK.nP ~ütre reine. exemples nous devons admirer davantage. I~2Q. Le confeil lui a envoyé enregi&rer ou approuver une déclaration qui le déshonore & il l'a enregülrée d'une manière qui desho-.E T T R E CXXX1V.

S~' L E T T R E CXXXV. Je la trouvai belle. & d'un rang auguile dans le lieu facre où fon ca~ sepofë. & apporter aux pieds du trône les gémi1femens& le~ larmes dont elles font dépofitaires. Ri ÇA ~M M~F. .a. mon cher Ufbex que celui de la vérité lorsqu'il faut la porxex jusqu'aux princes Ils doivent bien-penfer 8e que ceux qui le font. leur & amour.~17~ >T 19 r_ . digne des regards de notre monarque. De Faris te 2r da la 7~une dgGëntm~Lï.7 Ces compagnies font ton jours odieufes r Elles n'approchent des rois que pour leur dire de trilles vérités & pendant qu'une foule de courtifans leur repréfentent fans ce1fe' un peuple heureux fous leur gouvernement. s'ils n'y étoient forcés même leur par leur devoir. elles viennent démentir la. a: a~ J'I R Ate voir fur la fin de la femaine què les jours couleront agréablement avec toi Je fus préfenté il y a quelques jours à une dame de îaeout.3L E . qui avoit quelque envie de voir ma figure étrangers.flatterie. y font contraints qu'ils ne fe réfoudroient jamais à faire des démarches fi trifles &: H affligeantes pour ceux qui les font. C'eft un pefant fardeau.

Je ~s.PERSAN Es~ Elle meEt mille queitions iur les mœurs des Perfans. &fur la maniere de vivre des Perfanes il me parut que la vie du ferrail n'étoit pas de fon goût & qu'elle trouvoit de la répugnance à voir un homme partage entre dix ou douze femmes. fur-tout celle despoëtes & des romans9. & fans pitié la condition des autres.. & je lui envoyai quelques jours après un conte Perfan: peut-être feras-tu bien aife dedevoir travefli. ou les irilruire. une d'elles lus demanda ce qu'elle penfoit de l'autre vie & fi elle ajoutoit foi à cette ancienne tradition- . Comme elle aime la lecture. Elle ne put voir fans envie le bonheur de l'un. Un jour qu'elle étoit avec fes compagnes dans une des falles du ferrail. DuTEMps Cheix-aIi-Can il y avoit en de Perfe une femme nommée Zulema elle fçavoit par cœur tout le faint alcoran il n'y avoit point de dervis qui entendit mieux qu'elle les traditions des faints prophétes les dodeurs Arabes n'avoienfrien dit de t mystérieux qu'elle n'en comprit tou~ les ce~ fens & elle joignoit à tant de cor~noi~'an un certain caraélere d'efprit enjoué. fi elle vouloit arnuferceux à qui elle parloit. qui laiffoit à peine deviner. elle fouhaita que ie lui parlaiîë des nôtres ce elleque je lui en dis redoubla fa curioilte me pria de lui faire traduire un fragment de le quelques-uns de ceux quej'ai apportés.

que nous n'avons point d'ame.& penfes Se comme les hommes qui auront bien vécu. leur dit-érIe: il n'y a rien que l'on n'ait fait pour dégrader notre fëxe.que les nôtres. Il y a même une nation répandue par toute la Perfe. dont Vautre Ces opinions n tes origine que l'orgu'éil des nommes. qui foutient par l'autorité de fes livres racrés. il fe donneroit auffitôt la mort dans l'impatience les d'en jouir au1B femmes vertueufes iront dans un lieu de délices.L E T T R-E S '1 -1!le paradis n'eil-fait qu~ de nos doreurs. dans le de. que ppurïeshommes. C'eft le intiment commun. pour le~ garder .toutes les créatures paroîtront vant Dieu comme le néant. grand jour. qui veulent porter leur fupériorité au-delà même de leur vie 8c ne penfent pas que.. Se des eunuques. oc bien ufe de 1"cm>pi're qu'ils ont ici-bas fur nous. qu'on appelle la nation Juive. fans qu'il y ait enti'cllcs deprérogatives que celles ~uelaveit~ y aura ¡pifes. encore plus 6déles. Dieu ne fe bornera point dans les ré'com. où elles feront enyvrées d'un torrent de voluptés avec des hommes divins qui leur feront fournis dans lechacune d'elle aura un ferrail quel ils feront enfermée. feront dans un paradis plein de beautés célefles & raviffàntes 8c telles que fi un mortel les avoit vues.

qui rajoutât quelque chofe.d'une amitié innocente toutes fes avions prenoien. Il avoit douze femmes extrêmement belles. je ne fouhaiteque Ïa mienne Se ne pouvant efpérer d'être féparée de vous que par-là.eUe l'~ngvQtx moi P E R. qu'un. le fit entrer dans une furieufe colère il tira (on poignard. on trouve toujours auparavant ceux de fe faire Pair. lui reprocha on fon mauvais naturel.ede ta brutalité natJ. Quand cherche fifort les moyens de fe faire craindre lui dit-elle.à la rigueur de leur je~avage.chambre fans qu"elles purent fe voir. ni aux murs de lon ferrail.a~e. Mes cheres com~ l' r pasnes~ d~t. ajouta-t-elle dans un be.fouhaiteroient votremort.t un moindre Hgne.s ma p1. plus hardie que les autres. Be le lui plongea dans le £~in.enfermées dans leur.. -Ce difcours. Nous femmes fi malheureufes.homme nommé Ibrahim étoit '<fune jaloufie infupportable.d'unemaniere très-dure il ne fefioit plus à fes il les eunuques.livre Ararai lu. . que nous ne pouvons nous empêcher de defirer !un changement d'autre.t la teintur.9. il mefera encore bien doux den être feparée. qui auro~t du le toucher. qu'il traitoit . -. s A NE s. tenoit prçfque toujours fousla ~~£. ni fe parler car il étoit même jaloux .ne 'enffeîd les. Un jour qu'il les avoit toutes affemblées r jdans une falle de fop ferrail.1r~J1e: jamais une doujcéparole ne fottit de fa bouche & jamais il ne~.

-vous ferez vengées. D'abord elle vit une prairie riante. Elle entra enfuite dans des bocages çharmans dont le fiî'ence n'étoit interrompu que par le doux chant des oifeaux de magnifiques jardins fe enfuite la nature les avoit orpréfenterent nés avec fa fimplicité & toute fa magnificence. uniquement occupés à lui plaire. elle quitta cette vie infortunée aller dans le féjour des délices >oii les pour femmes qui ont bien vécu jouiffent d'un bonheur qui fe renouvelle toujours. Elle trouva enfin un palais fuperbe cépour elle & rempli d'hommes préparé lefles deftinés à fes plaifirs.I S ciel a pitié de ma vertu. y faifoit un nombre infini de détours.L E T T R. A ces mots. dont les eaux étoient plus pures que le crytlal. Tout fembloit concourir ment de fes fens elle entendoit d'un côté une mufiqued'autant plus divine qu'elle étoit ne voyoit que plus tendre de l'autre elle des danfes de ces hommes divins. Deux d'entr'eux fe préfenterent auffi-tôt la deshabiller d'autres la mirent dans pour le bain. & la parfumèrent des plus délicieufes effences on lui donna enfuite des habits infiniment plus riches que les fens après quoi on la mena dans une grande falle où elle trouva un feu fait avec des bois odoriférans & une table^couverte des mets les plus exau raviffequis. Cependant tant . dont îa verdure étoit relevée par les peintures des fleurs les plus vives un ruiffeau.

Je fuis inquiette. qui renommèrent fbudain. on la porta dans un lit fuperbe. je fuccornbe fous la violence des plaifirs. D'où vient que l'on a' été les flambeaux ? Que ne puis-je à présent votre Mais beauté divine ? que ne puis-je voir. . je vous demande grace. C'en eft trop. 0 dieux que ces ténébres font aimables Quoi je ferai immortelle & immortelle avec vous je fe"rai Non. On l'avoir la mena dans fa chambre apres encore une fois deshabillée. Deux momens de fômmeil réparerent fa la~iitude elle reçut deux baifers. où deuxhommes d'une beauté charmante la reçurent dans leurs bras. s'endormit dans & leurs bras. Je fuis toute hors de moi. leur difoit-elle: je croifois mourir. Après plufieurs commandemens réitères. dit-elle je . pourquoi voir ? Vous me faites rentrer dans mes premiers tranfports.? B RSA M ES. VOU6 rendez un peu le calme à mesfens je commence à refpirer.deplaifirs ne dévoient fervir qu'à la conduire infenfiblement à des plaiurs plus grands. elle fut obéie mais elle ne le fut que lorfqu'elle voulut l'être bien férieufement. C'eft pour lors qu'elle fut enyvrée & que fes rafes viSemens paiferent même defirs. Oui. laiifez-moi. car je vois bien qué vous êtes gens à n'en deman° der jamais. Se à revenir à moi-même. Elle fe repofa lan~uiiiar~Ÿnent. îi je n'ctûis fure de mon immortalité. oc lui firent ouvrir les yeux.

& pales rut d'abord à cette cpur Idolâtre dans charmes d'un deshabillé lîmple. Cette nuit ravoit embellie elle avoit donné de la vie à fon teint. Je fuisdéfabulee. dans lequel elle ne vouloit pasrefter eut-elle avec eux tous les . Se voloit fes deux jeunes héros après quelques pré~2~«<p deux . Ses Ëdëîes tk a3:11)ables trerent dans fa chambre.tion~u ptaiHr de ïna défaite.que par le do~efliq~es enjour. aimé.ES crains que vous ne m'aimiez plus. etoit un doute.3l'ambi. que deuxvieillards ramenèrent dans les lieux 04 ils étoient gardés pourfesplaifirs. Elle ~leva~enfuite.t- 9 -T "1" R. je le confeffe on n'a jamais tant. que feftins. & de l'expre6ion à fes graces. Mais quoi vous vous difputez tous deuxl'honneur de me perfuader Ah R vous vous difputez fi vous jo'igne. oui. que concerts. Tout ceci ne fut interrompu . enfuite couverte des plus fomptueuxornemens. s'écria-t-elle. pardon. Ce ne fut pendant tout le jour que danfes. que jeux que & l'on remarquoit qu'Anaïs fe promenades vers déroboit de temps entemps. je fi4s perdue vous ferez tous moi de deux vainqueurs il n'y aura que vaincue mais je vo~s vendrai bien'cher la yi6toire. & firent lever ces deux jeunes hommes. parfuis fure de vous Vous ne me dites don je mais vous prouvez mieux que tout Ce rien vous que vous me pourriez dire oui.long-temps: ~~ii~ éclairciifeme~ qu'eue pouvait defirer.

P e r s a we s. Les bienheureux ont des plaifirs fi vifs. 6c s'écoute dans le iîlencedes paffions. II y avoit plus de huit jours qu'elle étoit dans cette demeureheureufe que toujours hors d'elle-même elle n'avoit pas fait une feule réflexion elle avoit joui de fan bon-. «leuxinflans d'entrevue elle revenoitvers la troupe qu'elle avoit quittée. & toujours les même?.qui devoient à jamaisvivre avecelle. difoit-elle. admiréed'une troupe brillante.• 6c les jeùxfe préfeôtoient enfouie au-devant. d'elle.. ou bien^aimée d%namant éperdu fouvent elle quittoit un palais enchanté pour aller dans une grotte champêtre les fleurs fembloient naître fous fespas. toujours avecun vifage plus ferein. tantôt dans desplaifirs folkaires. heur fans le connoître ôc fans avoir eu un oîi Tarne fe feul de ces momensranquilles t rend pour ainli dire compte à elle-même. j qu'ils peu vent rarementouir de cette liberté 1'1" 1 TomeI* I H . Elievifita donc les appartenions de ces lieux les plusreciile's8c les plus cîiarmans oîi elle compta cinquante efclaves d^ne beauté miraculeufe: elle eçra toute la nuit de chambreen chambre recevant par tout des hommagestou-< jours dilfôrens. Enfin fur le foir on la • perdit toût-à-fait elle alla s'enferma dans le ferrai! où elfe vouloit. faire connoiflance avec ces captif immortels. Voilà commentrimrriortelle Anàïs paiToit fa vie tantôt dansdes plaifirs eclatans.

Anaïs ne fe tint pas dans .Lettres d'efprit? c'eft pour cela qu'attaches invinciblement aux objets préfens ils perdent endvérementia mémoire des chofes paflees.d'une femme laiffée à elle-même. C'eft cette force d'efprit qui lui avoit fait méprifer la crainte dont fes compagnes étoient frappe'es & la mort qui devoit être la fin de fes peines 8c le commencement de fa féli* cité. Elle fe laifla aller à des réflexions bien doucesfur fa condition paffée. Ainfi elle fortitpeu à peu de Tyvreffedes plaifirs. &c n'ont plus aucun fouci de ce qu'ils ont connu ou aimé dans l'autre vie.les fimples bornes de la compaflion plus tendre envers ces infortunées elle fe fentit portée aies fecourir. & fur fa félicité préfent. & s'enferma feule dans un appartement de fon palais. Mais Ânaïs dont l'efprit étoit vraiment |>refquetoute fa vie à philofophe avoit paiTé méditer elle avoit poufféfesre'flexionsbeaucoup plus loin qu'on n'auroit dû l'attendre . Elle donna ordre à un de ces jeunes hommes qui étoient auprès d'elle de prendre la figure de fon mari.e elle ne put s'empêcher de s'attendrir fur le malheur de fes'compagnes on eftfenfîbie à des îourmens que l'on a partagés. s'en rendre maître de l'en chafler & . de. d'aller dans fon ferrait. La retraite auftere quefon mari lui avoit fait garder ne lui avoit iaifle que cet avantage.

Ilcrie au fe-cours-.. '8c 8~ il auroit reçu la mort mille fois. a qui il s'étoit rendu invüibi~. eunuques tombent à tes pieds il vole vers Iesappartemens ou les femmes d'Ibrahim étoient enfermées. Ey refler à fa place. le. tout lui e~ bu vert. toutes les libertés d'un il maître.ef!uy~bien des difficultés.r. 1LY Hi~ . s'il y eut eu moins de réalité.blereffource c'éft des'en rapporter au jugementdeies femmes. veut que les eunuqueslui aident à tuer c'et impo~eu. J:' Pendant que cesnouveiïe's fcènesife jouent dans le ferrail Ibrahim 'heurté re nomme tempête 8~ crie. L'exécution fut prompte: il fendit les airs. arriva à la porte du ferrail d'Ibrahim. & par la rapidité defes entreprifes. 8c elles l'auroient pris pour un fonge.E P E R SA N S. mais il n'eft pas obéi. mais il jf'ecple arrière 8t tombe comme en d~snúe~<1ûai1d\ilvÓit"lC'f~ux Ibrahim. iequ. Toutes eurent leur parade I'étonnement.pas. Il n'a plus qu'une bien foi. qui n'y étoit. véritable image dans. & jette les eunuques dans à undéfordre extrême: il marche grands pas. Il. fi fon ri. frappe. Aprèsavoir . Il entre 6~ lesfurprend d'abord par ton air doux8c aSable & bientôt après il les furprend davantage par fes emprelièxnéns.. Il eft c11a!fé traîné indignementhors du ferrait. Il avoit en pafant pris les clefs dans la poche de ce jaloux. il entre.à ce qu'elle le rappeM~t. Dans une-heure le faux Ibrahim avoit'fëduit tous les juges.

val n'avoit ordonn qu'on lui fauvât lavitf. Nous jugeons de fon injuftice par la grandeur de notre vengeance. il nous fuffit que vous ayez fi bien mérite de ï'être: vous ê\tes plus Ibrahim en un jour. Pkes. >& T T R. Vous ne refferpbîez pas à Ibrahim. reprirent-elles. dites plutôt que cet impofteur ne me reffemble pas. fj ce que je fais ne fuflit pas? Ah nous n'avons garde de douter dirent Je§ femmes Si vous n'êtes pas Ibrahim. & fe fignala par des rniracles jufqu'alors inconnus. Oui.ï W . difoit le triomphant Ibrahim:î comment faut-il faire pour être votre époux. refté maître du champ de bataille. dirent-elles voix nous vous jurons une d'une commune fidélité éternelle Nous n'avons été que trop longtemps abufées: Le traître ne foupçonnoit çoint notre vertu il ne foupf onnoit les que fa foiblefle Nous voyons t?ien que îaommes ne font poi«t faits comme lui c'ei 1 à vous fans doute qu'ils reffemblent fi vous combien vous nous le faites haïr 1 fçaviez Ah je vous donnerai fouvént çie nouveaux vous fujets de haine. difoient ces femmes. vous avez raifon) 4it fhom*. le nouvel Ibrahim. N'en doutez pas. reprit le faux Ibrahim ne cpnnoiffez point encore tout le tort qu'il vous a fait. qu'il ne l'a été dans le cours de dix années. Vous me promettez donc reprit-il que vous vous déclarerez en ma faveur contre cet impoEeur. Enfin. fe montra 4e plus en plus digne d'un tel choix.

difficile de vous tromper.PBAS ME divin j'ai mefuré l'expiation au crime de je' fuis bien aife que vous foyez contentes ma maniere de punir. Je ne ferai point jaloux je fçaurai m'aifurerde vous. le prit. 0 dieux dans quelle déflation fe trouverent ces femmes dans l'abfence de leur cher Ibrahim Déjà leurs eunuques avoient repris leur févérité naturelle. fi cet impoiteur revient que feronsnous? II lui feroit.-la joie & les femmes plus incrédules que jamais. & le laiffa à quatre cent lieues de-là. que de leur ref~emblance. Enfin le mari défefpéré revint encore les troubler il trouva toute fa maifon dans. ne fbngeoient pas même à fe faire éclaircir ete tant de merveilles. La place n'étoit pas tenàble pour un jaloux il fortit furieux Et un infant après le faux Ibrahim le fuivit. je crois. répondit-il dans la place que j'occupe auprès de vous. que vous n'entendrez plus parler de lui pour lors je prendrai fur moi le foin de votre bonheur. pour croire que vous meferez fidel.les fi vous n'étiez pas vertueufes avec moi. Mais. on ne fe foutient guéres par la rufe ced'ailleurs je l'enverrai fi loin. elles s'imaginoient quelH iij A N 11~ S: . le tran-fporta dans les airs. toute l~ maifon émit 1<~rmes. avec qui le feriez-vous? Cette converfation dura long-temps entre lui & ces femmes. fans vous gêner j'ai a~'ez bonne opinion de mon mérite. dirent ces femmes. qui plusfrappées de la différence des deux Ibrahims.

leur étoit arrivé nequefois que toit qu'un fonge elles fe regardoient toutes les unes les autres &: fe rappellojent les moindres circonftances de ces étranges aventures.L E T T KE S -1_d. Le nouveau maître prit une conduite fi oppofée à celle de l'autre.9 <6c trente-fin eafans. Cependant il ne ferefufoit aucune dépenfe il diffipaavec une immenfe profufion les biens du jaloux.r. de retour trois ans après des pays lointains où il avoit été transporté ne trouva plus que fes femmes. le z6. qu'elle fuKpnt tous les voifins. Il congédia tous les eunuques. rendit fa maifon acceffîrn~me monde 'ble ble à tout le rr~onde il ne voulut pas même ne fouffrir que fes femmes^fevoilaffent. deGemmadi172s»- .. De Paris..tout ce qu.dela Lun. Enfin Ibrahim revint.. c'étoitune chofe finguliere de les voir dans les feftins parmi des hommes auffi libres qu'eux. Ibrahim crut avec raifon que les coutumes du pays n'étoient pas faites pour de&citoyens comme lui. toujours plus aimable il leur parut que fon voyage n'avoit pas été pénible.L. qui.

Il y a plaifir d'avoir du bien. on je mené la vie d'unfçavant. lorfqu'on en fçait faire un bon ufage. Mais depuis je mefuis bien pourvude ces préehufes raretés. Je mefuis défait de toutes les glaces dont mon oncle avôit couvwt prefqae tous les H iv . ni dégoût pour les flatjirs je fuis prejque toujours enfermé dans un cabinet. a Usbek. Il y a quelques jours que je vendis ma vaijfelle d'argent pour acheter une lampe de terre qui avoit fervi à un fhilofophè' Stoïcien. r V o i c ï une lettre que je reçus hier d'un fjavant elle te paroîtra fïnguïiere. ni urnes ni lampes antiques. Cefi dans ce lieu que l'on trouve un curieux amateur de la vénérable antiquité* Lorfque mon o-ncleeut fermé les yeux 9fau~ rois fort fouhaité de le faire enterrer avec les cérémonies obfervées par les anciens Grecs Ô* Romains mais je n'avois pour lors nilâcrymfttoires.F E R S A S E S. IL y afix mois que j'ai recueilli la fuccejfion d'un oncle très-riche qui m'a laijfé cinq oujix cent mille livres & une maifon fufsrbemem meublée. LET T R E Rica A CX XXVI. Monsieur. Je n'ai point d'ambition.

Soi un petit cabinet quoique me tue je &fort chers fort précieux la vue à les lire yf aime eaucoupmieux m'en b ns Jervir. quelque mannfcriîP ev- . milliaires qui bles indices an lieu des colonnes ne les y étaient autrefois je ne doutepas queje rétablir par mes héritiers & queje ne les fajfe Si engage à cette dépenfepar mon teftament. Ce nefi pas tout j'ai acheté cent louis de cuivre qui $or cinqoufix piècesde monnoie mvoitcours il y a deux mille ans. il y a environ douze je vais à ma maifon de campagne. Quoique je ne forte prefque ja~ mais je nelaifiepas d'avair une pajjtondémeancienschi-mins qui furée de connaîtretous les Romains. vous a. que des exemplaires imprimésqui mondea enpasfi corretfs.cléchez mot qu'unproconfuldes cent ans: lorflesfit faire. Il y en a unqui étaient du des Gaueft près. & que tout le font tre les mains.v?zt monfisur. Je ttefçach dans ma maifon un feul pas avoir à préfent meuble qui n'ait été fait avant la décadencede de manufcrits Vempire.L e t -r ji i s murs de f#sappartement pour mon m petit miroir un peufêlé qui fut autrefoisà l'ufage de Virgile je fuis charmé dry voir mafigure au lieu de celle du cygnede Marin repréfentée toue. je ne que trèsmanquejamais d'y pajfer quoiqu'il foi incommode & qu'il mallonge de plus d'une ce Mais qui méfait enrager c'efi qu'on lieue en de y a mis ies poteaux de bots dïfiance dif~ d tance pour marquer Véloignement es villes mifêravoifines je fui* défefpérê de voir ces.

Jevous quittepour une affaire importante quej'ai fur les bras il s'agit de refiituer un beau pajfage de Pline le du naturalise que les copiftes cinquième te fiée •n%étrangementdéfiguré.fan vous me ferez plaijtrde m1en accommoder je vous le paierai tout ce que vous voudrez & je vousdonneraipardejfus le marché quelques ouvrages de ma façon par lefquels vousverrez queje ne fuispoint un membre inutile de la républiquedes lettres.'« pouffiered'une bibliothèque. ou je prouve qu'un petit front étoit une beautétrès-recherchée les Romains. Fous y remar~ je querez entr'autres une dif[brt-ation.étoit de chêne. P E 1l S A t) < Il! < H* .oîi prouve que la couronne dont on fe fervoit autrefois dans les triomphes. Je fuis &c. en forme d'explication d'un vers dujtxiémelivre de FE~ nêïde de Virgile. qui n"avohpoint pa-~ ru jufques ici & que? ai découvert dans . Je vous par enverrai encoreun volumein-quarto.& nonpas de laurier vous en admirerez une autre ouja prouve.&nonpas à là droite une autre. par de doBesconjeBurestirées desplus graves auteursgrecs que Cambifes blejféà fut la jambegauche. Vous ne recevrez tout ceci que dans quelquesjours & quant à préfèntje me contentede vous envoyer ce fragment d'un ancienmythologifte Grec.

. Onâlt& pour mère une nymphe de lui qu'il apprît. Saturne qui régnoit four lors. qui dvoitpour père de Calédonie. & fe monde y en compagnie de V aveugle dieu du Hazard.Vage de quatre ans metinguoitjï parfaitement les métaux. AuJJi-tôt il ouvrit unegrande partie d. une ifle yr.s &il diftribua de entres qu'il «voit apportées . enfant. père lui. il le quitta.&] lajetta par terre. que fa re ayant voulu lui donner une.es des Orcaâes il naquit unEole dieu des.apprit le vents dans une outrerqui\ fecret d'enfermer les •vendoit enfuiteà tous les-voyageurs: mais comme la marchandise riétoit pas fort pyifêe dans mit à courir le fon pays. mais ce dieu dansla terre il d'aller ayant quitté tous les carrefours ouil crioit fans cejfe d'une voix rauque Peuples de Bêtique vous croyez être riches parce que vous avez de l'or & de l* argent votre erreur me fait pitié Croyezmoi quittez le pays des vils métaux venez dans r empire de l'Imagination & je vous promets des rkheffes qui vous étonneront vous-mês mes. f on. tout feul à compter avecfes: il difdoigts & que dès.ventsy. bague de laiton: ernliâu A"uned'or il reconnut la tromperie. Ans d'an ancien Mythojlogiste.t E T T It" 'E 8 Fragment. Dès qu'il fut grand. Il apprit dans fes voyages que dans laBéti*cela fit qu'il que l'or reluifoit de toutes parts Il y fut fort mal reçu de y précipita fes par.

du nombre & de l& penfion de vos mattreffes. dit -Mà ceux de la troupe qui étotent le plus près de lui quant à vous mes shers-enfans: (je puis vous appeller de ce nom y car vous avez reçu de moi uns féconde naijfance ) mon écriteau décidera de la magnificence de vos équipages de la fomptuofité de vos feftins. de Bétique ? je vous aveh' 1 ar · Ht] . Et quant à. A quelques jours de-îà il arriva dans le' carrefour tout effoufflé & tranfporté de colère 9 s'écria. fa marchanàife Le lendemain il revint dans' les 'mêmescarde Bétique refours.P' 7. R A N B S< _1~ à qui en voulut.je vois bien que votre imagination n'eft pasfi vive que les premiers jours laijfez-vous conduire à la mienne je mettrai tous les matins devant vos yeux un écriteau gui fera pour vous la fourre des richejfes vous n'y verrez que quatre paroles car elles' mais elles feront bien fignificatives régleront la dot de vos 'femmes la légitime de vos enfans le nombre de vos domeftiques. Il reparut quelques jours après & il parla ûinfi Peuples de Bétique . vous. & il s'écria: Peuples voulez-vous être riches ? Imaginez-vous que Vêtes beauje le fuis beaucoup & que vous matins dans coup aujfî mettez-vous tous les la Vefprit que votre fortune a doublé pendant nuit l evez-vous enfuite & fi vous avez des créanciers allez les payer de ce que vous aurez imaginé & dites-leur d'imaginer à leur tour. Peuples.

ils riepurentpourtant s'en empêcher ce quifit qu'il s'enretourna bien hazarda eonfus. je vousen rendisfur le champ jours Le lendemainon Vayperçutde loin & on le vit s'infînuer avec une voix douce&fîatteufe: de Bétique. je partie de vos tréfors vous prie faites-les moivenir vous meferez plaifîr. gnation fils ne viennent me Vapporter je les puque nirai févérement.• la réflexion lé rappella fur fes pas. Là-dejfusil les quitta brufquement mais .jmaispour ïor.défaites-vous-en vous je..Lit t ris d'imaginer er le vois que vousne ce confeillé l'ordonpas Eh bien àpréfent je vous faites ne. & je vous en aurai une reconnoïjfance éternelle. Puis il ajouta d'un air toutce à-fait perfuafif: Croyez-vousque foit pour vous les garder ces miférabhs métaux queje demande? une marquede ma candeur. fapprensquevousavez une Peuples dans lespays étrangers.c'eft que. fapprens que quelques-uns de vous font affez déteftabhs or & leur argent: encore pour conferver leur de paffepour l'argent . il a lorfque vous me les apportâtes y quelques ta moitié.-jî vous ne le pouvezpas par vous-mêmesje . Le fils d'Eole parîoit à desgens qui ri avaient pas grande envie de rire.pour Ah cela me met dans une indide l'or Je jure par mes outres-Jacrêes j. Mais reprenant courage il encore une petite prière t Jefcais ue vous avez q des pierres précieufes au nomde Jupiter dérien ne vous appauvrit comme faites-vous-en disces fortes de chofes.

fi vous Que de richejfes vont couler vous profaites ce que je vousconfeille! oui. que mon difcoursvous dé plut extrêmement. & parla ainfi Je m'apperçus hier. car elles ne tiennent pas un gros volume» AuJJt-tet il endifparut les trois quarts. j'ai comparé l'heureux état vous êtes avec celui oh je vous trouvai lorfque de j arrivai ici . Enfin il monta fur un tréteau & prenant une voix plus ajfurée il dit Peuples de Bétidans lequel que.eje vous ôte la moitié de mots d'une aile légère' le fils d'Eole difparuiy & laijfà fus auditeurs dans une confternation le lendeinexprimable ce qui fit qu'il revint main. R S A 1~ E S: T t _. A ces frez qu. il eft vrai 3 prenez que je nevous aie la moitié c'eft trop il n'y a qu'à prendre d'autres expédient pour arriver au but que je me fuis propofé ajjemblonsnos fichejfes dans un même endroit.pour achever votre fortune. nous le pouvons facilement.E vous donnerai des hommes cl affaires excellent* chez vous .je vous. rien dit.outres. DeParis. Ehbien. le 9 dela Lune deÇhahlan 172*.cc_ . foufvos biens.vois le plus riche peuple la terre iMais. je mets tout ce qu'il y aura de plus pur dans mes .

8c je fuis Mahométan c'eii-à-dire . feraisdans un effroi continuel.1. & de tousîes Purs. 8c de la puiflance des talifmans.. miiJe porte toujours fur moi plus de. . médecm LETTRE B. Livourne. une Je portétous ces chiffons facrés par une longue habitude. ils n'emtmt moins. Levi.ica à NathahaelJuif à Tu me demandes ce que je penfe de la vertu des amulettes. font caches en plus* de vingt endroits de mes habits. ceux Cependant je ne désapprouve point qui rejettent cette vertu que l'on attribue $ eft defcertaines paroles il nous bien' plus difIciîe de répondre à leurs raifonmemens qti% eux de répondre à nos expériences. où font écrits les nom® de plus de deuxcent dervis ceux d'Mi. pour me conformer à s'ils n'ont pratiqueuniverfelle je crois que aupas plus de vertu que les bagues 8c les tres ornemens dont on fe pare. de' Fatmé. E f 1? K BTSCXXXVIÏ. tu mets toute ta conpas fiance fur quelques lettres myftérieufes 8e fans cette fauvegarde tu. Mais toi. Pourquoi t'adreffes-tu à moi? Tu esJuif.que nous fommes tous deux bien crédules.deux îe paffages dû faint alcorari j'attache à mes bras un petit paquet.

ils fe font des monflres qui les intimident. n'ont pas un moindre effort &• faire. pour s'ëmpecher d'en voir la véritabler a. pour appaifer les tempêtes avec la poudre à canon. pour en vaincre l'effort avec ce que les médecins appellent l'humeur peccante 8e fa caufe morbiflque des maladies pour les.Persan e s: Les hommes font bien malheureux! Ils.dans la fituation du terrein. dans le nombre ou dansle courage des foldats dansl'expérience des capitaines. pour ne pas trouver. ou des fantômes qui les fëduifent. Tu me diras que de certains preftiges ont fait gagner une bataille & moi fe te-dirai qu'il faut que tu t'aveugles. guérir? Ce qu'il y a d'extraordinaire c'efi quer ceux qui fatiguent leur raifon pour lui fairerapporter de certains évéhemens à des vertus occultes. Quelfeffet veux-tu que produife farrangement de certaines lettres? Quel effet veuxtu que leur dérangement puiffe troubler^ Quelle relation ont-elles avec les vents. des caufesfuffifante& pour produire cet effet dont tu veux ignorer la caufe. Je te pafle pour un moment qu'il y ait des preffiges paife-moi à mon tour pour un moment qu'il n'y en ait point car c-elan'eil . flottent fans ceffeentre de fauffesefpérances & des craintes ridicules & au lieu de s'appuyer fur la raifon. caufe*.

. ne lui fafle pas bientôt abandonner un quatrième? II n'en faut pas davantage pour que le défefpoir de vaincre faififfe foudain toute une armée & la faififfed'au^ tant plus facilement qu'elle fe trouve plus nombreufe. toute la prudence vaine.qui quitte untroifiéme. & tout ïe monde fent.rrca rage . aucune des deux ne puiffe remporter la i victoire? Crois-tu que leur fort reliera iricértaih jufvienne qu'à ce que quelque puiflanceinvifible le déterminer? que tous les coups feront perdus. que tu as tant de peine à expliquer ? Veux-tu que dans une armée de cent mille hommes.que tu me pas impofîibïe. dans certaine occafion particulière ils ont ctaint de la perd*e? . rendue préfente de mille manières ne puiffs terreurs papas produire dans les efprits ces '3 niques. il ne puiffepas y avoir un feul homme timide ? Crois-tu que le découragement de celui-ci. ne puifle pas produire le découragement d'un autre? que le fecond. on fçait cela en ` une général: & on cherche pourquoi. que les hommes comme toutes les créatures qui tendent à cônfetver leur être siment paflionnémeht la vie.nnt. Tout le monde fçait..Jp inutile '1 . 8c tout le cour. dans ces occafions. là.1 Lit Cette conceiiion of t îl è -> f f Pendes-tuque la mort. fais n'empêche pas que deux arme'es ne dans ce caspuiffent fe battre veux-tu que.

IL y avoit dans notre ville un malade qui ne dormpit point depuis trente-cinq jour s fon médecin lui ordonnal'opium maisil ne pouvaitfe réfoudre 'le prendre &il avoit-la coupeà la à 3 main Qu'il étoit plus hulétennmé qitefxmfih. parce qu'elle a du rapport à notre fujet. pour s'affurerqi/un effet. De Paris h 2o de la Luize de Chahban. LETTRE D'un médecin de province à un médecin de Paris.$ A 'S t &' les naQuoique les livres facrësde toutes tions foient remplis de ces terreurs paniques ou turnaturefles. C o mme > finiffois j'ai entendu crier dans la rue une lettre d'un médecin"de province à un médecin de Paris (car ici toutesles bagatelles s'impriment. 1720. P. . fe publient. 8c s'achetent) f aï cru que je ferois bien de te l'envoyer. qui es médecin. S. tu dois entendre le langage de tes confreres.P K £ . il faut avoirauparavant examiné fi aucune de ces caufes n'a agi ce qui cil imjboffibîe. je n'imagine rien de fi frivole parce que. eft furnaturel. Je ne t'en dirai pas davantage. NatJanaëh il mefembïe que ïa matière ne mérité pas d'être fi ferieufement traitée. qui être produit par cent mille caufesnatupeut relles. Il y a bien des chofes que je n'entends pas mais toi.

i -n>r_ '? médecin Monfieur je veuf Enfin il dit a fort demande quartier feulementjufqu' à demain je. connais un homme qui n'exerce pas lamédecine^ mais qui a chez lui un nombre innombrable de remèdes contre l'infomnie fiuffrez que je l'envoie quérir: &fije ne dors-f ascette nuit, je vous vous.' Le médecin que je reviendrai à f remets les rideaux congédié -le malade fit ferme? & dit à un petit laquais Tiens, va-t-en chez vienne dis-lui ~e Anis & ~,ÿ'~ Î4 9 qu'il LBnn.ic v?° me parmonfieur ler. Monfieur Anis arrive. Mon cher monfieur Anis, je me meurs, je ne puis dormir; n'auriezvous point dans votre boutique la C. du G. on bien quelque livre de dévotion compofé par un R. P. J. que vous n'ayez pas pu vendre ? car les remèdes les plus gardés font les fouvent meilleurs. Monfieur dit le libraire j'ai chez moi la cour fainte du pere Caujfin en fix volumes à votre fervïce :je vais vous l'envoyer je: en trouviez bien fi vous. que vous vous fouhaite voulez les œuvres-du révérend pere Rodrigue z, vous en faite? faute Mais, jéfuite Efpagnol,ne au pere Cauffm croyez-moi. tenons-nous-en avec l'aide de Dieu qu'une période du j'ef pere, autant d? effet, qu'un feuilpere Cauflin vous fera let tout entier de la C. du G. Là-dejfus mon& courut chercher le réinéde à fleur Anisfortit, on en fearrive fa boutique. La cour fainte coué la poudre h fils du malade jeune écoil en féntit le prelier commence à la lire mier l'effet à la féconde page il ne pronon-mal articulée 7 & déjà çoitflus. que-voix

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Et

TIt E$ •

tuae la compagnie fentoit aftotbhe un i»/r fe tant après tout ronfla, exceptéle malade, qui é après avoir été long-temps prouvé, s'ajfouphà la fin. Le médecinarrive de grand matin. Hébien, ërt-on pris mon opium? On ne lui répondrien la femme la fille, le petit garçon, toustranfIl fortés dejoie 9 lui montrent le pere CauJJtn. demande ce que c'eft on lui dit ,Five le pere CauJJîn il faut l'envoyerrelier qui Veut dit? qui Vêtit cru? c'efiun miracle Tenez, monfieur, voyez donc le pereCaujfm c'efi ce volume-là qui afait dormir monpère. Et là- deffus on lui expliqua lachofe commeelle s'étoit pajfée* Le médecinétoitun homme fubtïl^r emplide$ myfleresde la cabale,& de lapuijj'ancedespa~ & roles & desefprïts: cela-le frappa; aprèsplufleurs réflexions>il réfolut de changerabfolumentfa pratique. Voilà un fait bienfingulier difoit-il. Je tiens une expérience il faut litpoufferplus loin. Hé pourquoi un efprit ne pourroit-il pas tranfmettre à fon ouvrage, les mêmesqualitésqu'il a lui-même? ne le voyonsnouspas tous les jours? Au moins cela vaut-il Je bien la peinede Vejfayer* fuis las des apotitaires; leurs fyrops, leurs juleps &. toutesles droguesG aléniques ruinent les malades &leur de éprouvonsla verfanté changeons méthode, tu des efprits. Surcette idéeII dreffa une nouvous allez voir par les velle pharmacie comme $efcriptionqueje vous vaisfaiye desprincipaux

Fer

sa n e s:

L E; i t it d 4
têtiiédes qu'il mit enpratique. Tifanné purgative: Prenez trois feuillesde U logiqueàtAriftot* m Grec deuxfeuilles d'an traité de 'théologie du par fcholafiiquele plusaigu, comme exemple une dïAvïcenfubtil Scot, quatre déParacélfè; ne fix d'Avetroës trois de Porphire autant dePlotin; autant de Jamblique:faites infufef le tout pendant vingt-quatre heures & p-enez-^ en quatre frifei fur jour* Purgatif plus violent.' concernantla du C* Prenez dix A des l* laC B*& faites-les difiiller fiu bain-marie; mortifiez une goutte de l'humeur acre &piquante qui en viendra dans uni a verre d'eau comtAwe: valez le tour avec cou?.
fanée,

1?omïti£' Prenez fix harangues; une douzainecforafe Jbns funèbres indifféremment prenant garde M. pourtant de ne point fefervir de celles de de N.; un recueil de nouveaux opéra; cinquante romans trente mémoires nouveaux mettez le tout dans un matras lai{fez-le en digeftion pendant deux jours puis faites-le difiiller au feu de fable*Et ft [toutcelanefu§s
1>1$,

f g R. | A M « fr

Autre plus puiflant. Prenez unefeuille de papier marbré, qui ait fervi à couvrir un recueil desfie ce?des J.F.$ faites-lp infuferVeffacede trois minutes; faiune ` tes chauffer cuillerée de cette infufion,• ^3 ,avalez. Jtenede très-jimple pour gU&frde ï'aftîimé^ Lifez tous les ouvrages du révérend pefé Maimbourg ci-devantjéfuite prenant garde 4e ne vous arréter qu'à la fin de chaquepé~ riode i & vous fentirez la faculté de refprer, -vous revenirfeu a peu [0S qu'il fçit befoin<Jg le remède. < Pour réferver p delaf galk gratëîle teigne farçin des chevaux. Prenez trois cathégorhs d'Ariftote 9 deux dégrés métaphyfiques une diftinBion fixvers (le Chapelain unephrafe tirée des lettres da M. Vabbéde S. Cyran Ecrivez le tout fur tm, morceau de papier, que vous plierez, attsk% gherez à un ruban &porterez au col Miracnlum chymicum, de violenta ferment tatione cum fumo igné 6cflammâ. Mifce Quefuellianam infufionem cum ïn* ? fufione Ltlkmanianà fiat fermentqtio cun%

T R Ég ^f^^t *t ad *M X* L «% si » acidtsfugnammagnâvi imgetu & tomtru tibus & invicem fenétrantWm alcalinos falet: fiet evaporatioardentiwkfykituum. Pons nihil inliqttwem ferment atùm in i alembùo de extrahes,& nihïl inventes rnifi caputmorz s :fuum. Lenitivum, lïT
< Réâpe MoÉinèanoâini eUwrtâs 'âuàs ÈfîïF,

1

!barisrelaxativi paginasfex; Fafqiâi emollien* uhum infunde maquis communis \ti$' folium lib. iiij- Adconfumptionem dimidiœ partis colentur & exfrïmantur; & in exprejfwnedi§oU ve Banni deterfivi à? ïamburiniabltiemis 'foi 'Ha n'}. lia iii. .Fiat.cliftèrî ••il dàïàûm qùamvu gus, jmlli<îos-coîores aut febrim-amatoriam, appellâî. RecipeAretîni figuras quatuor R*Thpmé 'Sanchii de mammomo j^lta't^dantuf:'in r squaçommimïslibrasqupique. '-' Fiatftîfana apéiHehs. Voiîà les drogues que notre médecin mit ïucçps imaginable. Il :e'npratique, avec un ft.1c"è's en me vouloit pas difoit-il, pourne pas'ruiner Cesmalades .employer des remèdesrares 8c qui ne fe trouvent prefque point comme epitre dédicatoire qui par exemple une îi'aiîfait bâiller perfonàè une 'préface trop

es; Persan £ou*te;un mandement fait par un evêque; Se l'ouvrage d'un janfénifteme'prifépar un janféniile ou bien admiré par un jéfuite. 11difoit que ces fortes de remèdes ne font propres qu'à entretenir la charlatanerie contre laquelle il avoit une antipathie infurmon-table.

h E TTRE

CXXXVltl,

U S B £ K à RHEDI.

A Fenife. Y ILya longtemps que l'on a dit que la boni ne foi étoit l'ame d'un grand rhiniflre. Un particulier peut jouir de Fobfcurité oîî il fe trouve il ne fe décrédite que devant quelques gens il fe tient couvert devant les autres Maisun mîniftre qui manque à la pro» bité, a autant de témoins, autant de juges gu'il y a de gens qu'il gouverne. Oferai-je le dire? le plus grand mal que fait un minjfire fans probité n'efl; pas de deflervir fon prince, & de ruiner fon peuple s il y en a^unautre, à mon avis, mille fois plus dangereux c'eft le mauvais exemple qu'il donne. Tu fçais ,quej'ai longtemps voyagé dans les ïndes. J'y ai vu une nation naturellement généreufe, pervertie en un inilant, depuis le dernier des fujets jufqu'auxplus grands, par le mauvais exemple d'un miniflre j'y ai

Ij, E T T R ES
vu tout un f eupJe cnezqui la généralité, la probité la candeur & la bonne foi, ont palïe de tout temps pour les qualite'snaturelles, devenir tout- à-coup le dernier des peuples;le,mal fe communiquer,8tn'épargner pas gieme les membres tes plu? faints;îes hommes les plus vertueux faire des chofes indignes -t Ôcvioler, dans toutes, les occafïons de leur vie les premiers principes de la juflice, fu~ce vain prétexte qu'on la1. leur avoit 1 vioqu'on vain prétexte fuj^çe lée,, 11$appelaient des toix odieufes en garantie des aftions les plus lâches & nommoient ^'ceffité rinjuftice &la perfidie. J'ai vu la foi des contrats bannie, les plus conventions anéanties, toutes les loix Maintes des farnilïes renverses. J'ai vu des débiteurs avares, fiers d'une infolentç pauvreté, infinimens indignes de la fureur des loix 8c 4e la d.es temps feindre un payement au rigueur lieu de le faire, & porter le couteau dans le fein de leurs bienfaiteurs. J'en ai vu d'autres plus indignes encore acheter prefque pour rien, ou plutôt ramaffer *deterre d«s feuilles de chêne, pour les mettre des $ la place de la fubftançe des veuves & r orphelins. J'ai vu naître foudaîn dans tous les cœurs une foif infatiable des richefles. J'ai vu fe former en un moment une détefîable conun honnête juration de s'enrichir, non par & une généreufe indyftrie mais par frjivajl tOI la

Persane

$;.

la futoe du prince, de 1 état, oc des cona« toyens. J'ai vu un honnête citoyen clansces temps malheureux ne fe coucherqu'en difant J'ai ruiné une famille aujourd'hui; j'en ruinerai «ne autre demain. Je vais, difoit unautre avec unhomme giojrqui porte une écritoire à la main ôc un fer pointu à l'oreille, affajftner tous ceux à qui j'ai de l'obligation. Un autre difoit Je vais quej'accommode mes affaires il eft vrai que lorfque j'allai il y a trois jours faire un certain payement je laiiTaitoute une famille en larmes, que je dijïipai la dot de deux honnêtes filles que j'ôtai l'éducation à un petit garçon; lé père en mourrade douleur la mère périt de triftefle mais je n'ai fait que ce qui <eftpermis par la loi. Quel plus grand crime que .ceJui que com-; metun miniffcre,lorfqu'il corrompt les mœurs de toute une nation dégrade les âmes les plus généreufes iérnit l'éclat des dignités obscurcit la vertu même & confondla plus haute naiflance dans le mépris univerfel? Que dira la poftérité, lorfqu'il lui faudra rougir de la honte .defes pères ? Que dira le le peuplenaiffant lorsqu'il comparera fer de fés ayeuis, avec l'or de ceux à qui il doit im« tnédiatement le jour? Je ne doute pas que les nobles ne retranchent de leurs quartiers un indigne degré de nobieffe qui les deshonore '
%om& IL |

CKXXIX. Ajoute à cela ce qui n'efl pas parvenu à*na Gonnoiffance carfurement tu es trahi.-Le T t re s & ne biffentla générationprçfente dansl'affreux néant ou elles'eftmife. paacle plus gfand hàfaro du îïionde unelettre qmje tîenvofe je n'ai jar mais pu de^ouveir à^qui©lteétoit adreflee. t J'ai furpris. laiffa tomber ton voiie. De Paris ale 11 dela Lune ie Rh&m&f&mt 1710. Xi es c!iofe«font venues à un état qui ne fe fe font imapeut plus foutenir tes femmes une impuginées que ton départ leur laifFoit nité entiere il fe paiTe ici des chofes horribles je tremble moi-même au cruel récit que » je vais te faire» Zélis allant il y a quelques jours à la mofquée. à Usbek. J'attends tes ordres 8c jufqu'à l'heureux mosnent que je lesrecevrai.^ parut pr€& tout le peuple» queà vifage découvert devant f'ai trouvé Zachi couchée avec un« de fe~ efdaves chofefi défend par les loix dufeir \raiî. Hier au foir un jeune garçon fut trouvé dans le jardki du €errail & fl fe fauvâ païdeffus les murailles. je vais être dans une . L E T T R E LE gran d eunuque A Paris.

P fi ~a Mais 1". le xxieUJ. Car dès ce momentje mets fur votre tête les moindres fautes qui fe commettront. Je Soupçonne Zélis d'être celle à qui la lettre que vous avez furprife.tu ne mets toutes fituation mortelle. Duferrail d'î/pahan le i de la Lune ~sArrES~! « il am deRhegeb1717. e c e v Ez'par cette lettre un pouvoir fans bornes fur tout le ferrail commandez avec autant d'autorité que moi-même que la crainte ôc la terreur marchent avec vous a en courez dVappartemens appariemens porter les punitions & les châtimens que tout vive dans la coniternation que tout fonde en larmes devant vous interrogez tout le ferrail commencez par les efclaves: n'épargnez amour que tout fiibjlTevotre tribupas. CXL. EUBUqUEi L E T T R E U S B E K au PREMIER Auferraïl d'ffpahan.mon nal redoutable mettez au jour les fecrets les plus cachés: pufiiïejs celieu infâme ôc faites-y rentrer la vertu bannie. ces femmes à ma difcrétion. liJ . s'adreffok ^examinez cela avec des yeux de lynx.um ih™ le nde~~Kn~ deZilhagé17x8.usles jours des nouvelles aufii triâes à te mander. je ne te réponds d'aucune d'elles ôc j'aurai to.

Deux jours aprèsfa mort on m'apporta une 'de tes lettres qui lui étoit adreflee je me fuis bien gardé de l'ouvrir je l'ai enveloppée avec refpe£t & l'ai ferrée jufques à ce que tu m'aies fait connoitre tes facrées volontés. Hier un efclavé vint au milieu de la nuit tne dire qu'il avoit trouvé un jeune homme . A Parti» HiE grand eunuque vient de mourir. . ï7. j'examinai la chofe & je trouvai que c'étoit une vifion. fublimefeigneur Se je te prie de compter fur mon zélé monex* vieilleiTe. j?irience §z ma Pu ferrail (Tlfpdian. I. Narsit rUss ek. le s de 1$ de Èune Gemmadi. magnifique feigneur comme je fuis le plus vieux dé tes efclaves j'ai pris fa place jufques à ce que tu aies fait connpître fur qui tu veux jet* ter les yeux. Jeté baife les pieds.dans le ferrail je me levai.E T-T R E $ LETTRE CXLT.

vous avez dans vos mains deslettres qui contiennent des ordres prompts 8c violens le moindre retardement peut me défefpérer r §c vousdemeurez tranquille fous un vain prétexte Il fe pâlie des chofes horribles j'ai peutêtre la moitié de1 mesefcïaves qui méritent la mort.le is delà Lunt a de Chalval. Au ferrait d'Ifpahan. 1718* il) . Je vous envoie la lettre que le premier eunuque m'écrivit Ià-deiTus avant de mourir. JM alheureux que vous êtes. Si vous aviez ouvert le paquet qui lui éft adrefTé vous y auriez trouvé des ordres fanglans lifez-les doncces ordres ôc yous périrez fi vousne les exécutez pas. Be* .f E R S A N ESè LETTRE Usbek à CXLII. Narsït.

L e t x R e s L E T T R E CXLIII. c'eftque mes de derniers regards aient trouvé les femmes mon maître criminelles. après mamot il manque de vigilance fonge à en avertir ton maître. fi elle avoit été ouverte celle que tu as écrite depuis a été furce prife à trois lieues d*ici je ne fçais^ que f c'eft 2tout e tourne malheureufement. Le crel puiffe le ga-* rantir de tous les malheursque je prévois: puifle. Je ne fçais ce qu'il t'écrivît quelque temps avant fa mort fur la conduite de tes femmes il y a dans le ferrail une lettre qui auxoit porté la terreur avec elle. J'étois le confident-du grand eunuque. Lorsqu'il fe vit près de fa fin il me fit appeîier ôc me dit ces paroles Je me meurs mais le feul chagrin que j'aie en quittant la vie. . après ma mort mon ombre menaçante venir avertir ces perfides de leur devoir. A Paris. le plus fidèle de tes efclaves. de ces redoutables lieu* j va les porterau plus vieux des noirs. Si je gardois plus long-temps le filence je ferois auili coupable que tous ces criminels que tu as dans le ferrail. En achevant ces mots il expira dansmesbras.. Maisfi. & lesintimider encore Voilà les clefs. S OL I M-4 USBÎK.

Le vieux eunuque. 6c pour l'obfervatïon des règles. à une de tes maifonsles plus abandonnées^ Ondit que l'efclave qui en a foin a été' gagné Se qu'un jour avant qu'elles arrivafdans fent il avoît fait cacher deux hommes un réduit de pierre qui eft dansla muraille de îa principale chambre. qui eft à préfent à notre tête. On ne trouve plus corrompre fur le vifage de tes femmes cette vertu mâle & févere qui y régnoit autrefois une joie nouvelle répandue dans ces lieux. fi tes l'w P E R S' n A lï E S. eft un témoignage infaillible ieîoïi moi de quelque fatisfaction nouvelle dans les plus petites chofes je remarque des libertés jufqu'alors inconnues. d'où ilsfortoient le foir lorfque nous étions retirés. que tu me jugeaffescapable de gouverner. qui fembloit animer tout le ferrail. Je fuis agité d'une colere vengerefe contre tant de perfidies & file ciel vouloir pour le bien de ton fervice. qui me furprends ils n'ont plus ce zélé ardent pour ton fervice. g^conferve de la modeftie.auCependant tes femmes ne gardent plus cune retenue depuis la mort du grand eunula que. t '1 . Il règne même parmi tes efclaves une certaine indolence pour leur devoir. On voit les mœurs fe tous les jours. il fembîe que tout leur foit permis: feule Roxane eft reftée dans le devoir. je te promets que. Tes femmes ont été huit jours à la campagne. e# un imbéciiîe à qui l'on fait croire tu** c® qu'on veut.

tu dois avoir des chofes de eonféquence à me fnander. L E T TRE Narsit A Paris.1719. de maniere que la lettre eft perdue.Heureux XJfoeii tu as des femmes les Ôcdes efdavesvigilans je commande en des lieux oii la vertu fernble s'être choifi un afyle. de 9 . car je m'imagine que dans ce changement. 171'. à CXLIV. USBEK. Compte qu'il nesypafera rien qae tes yeux ne puiffent foutenir. Du ferraïldeFatmé le6 deU Lune Rêbiab ï. j'ai envoyé un efcî'ave pour la chercher il a été volé à fon retour. Ecris-moi donc promptement.t Ë t ~r1t S -1 femmes nMtoientpas vertueufesyau moins ellesferoient fidelles. Quelques marchands rtiens nouvellementarrive's à Ifpahan avoient apporté une de tes lettres pour moi. le Duferrail '>d'Iftuhatt 6délaLuM de Rebiab 1. Il' eft arrivé un malheur qui me met es Arme'grande peine. R o x a n e 8c Zélis ont fouhaité d'aller à U campagne je n'ai pas cru devoir le leur reï fidelfufer.

Persanes. Que ne peux-tu pas efpérer de ton maître pour des fervices fi fîgnalés ? Il ne tiendra qu'à toi de te mettre au-deffus de ta condition même 6c de toutes les ^écompenfes queïu as jamais defirées. Entre dans ce nouvel emploi mais n'y porte ni cœur. Il faut que je te doive mon bonheur ôc mon repos rendsmoi mon ferrail comme je Tai laiffé. Ve Paris le 4 de la Lun& deChahbajij 1719* ir . Je te confie ce que j'ai à préfent dans le monde de plus cher* -qui eft ma vengeance. ni pitié.de crimes. LETTRE USBEK à CXLV. Bc fais trembler ceux qui fe propofoient de le devenir. elles tomberont devant tes regards. J E te mets le fer à la majn. Mais commence par l'expier extermine les coupables. J'écris à mes femmes de t'obéir aveuglément dans la confufion de tant . Au ferrail d'Ifpahan. SOLIM.

Puisse cette lettre être comme la foudre qui tombe au milieu des éclairs 8c des tempêtes l Solimeil votre premier eunuque.yo .z7. le 4 de laLum de . que vous regretterez votre liberté 'fi'vous ne re^grettez pas votre vertu. Que tout le ferrail s'abaiffe devantlui. E S LETTRE UîBBK à CXLVÏ. il vous fera vivre fous un joug fi rigoureux.l-ial`Tian 9. De Paris. non pas pour vous garder. SES FEMMES.'JLB T T R. Au ferrail d'Ifçahan. mais pour vous punir. 11doit juger vos aétions paffe'es 6c pour l'avenir.

abferît de tout cé qui m'intéreiïe. J'attens quelquefois fîx mois entiers des nouvelles du ferrail je compte tous lés inftan* qui s'écoulent mon impatience meles allonge toujours & lorfque celui qui a été tant attendu. Une trifteiTefombre me faiût je tombe dans un accablement affreux t il me je fembîe que jeir/anéantis 'y & ne me retrouve moi-même que lorfqu'une fombre faloufîe vient s'allumer. repofe fon cœur au milieu de fa famille. celui qui connoiiTant tout îe H eureux prix d'une vie douce & tranquille. ii tu fçavois monétat déplorable.P E . ôc|e crain» . LETTRE Usbik à Nessir. & enfanter dansmon ame la crainte. & ne conîioît d'autre terre que celle qui lui a donné le jour. A Iftahan.ce qui m'importune. les foupçons la haine 8e les regrets.je la trouve l'état le plus heureux ou je puiiTeêtre. Tu meconnois Nelïîr tu as toujours vi* d dans mon coeur comme ans le tien Je te ferois pitiéy.R S A » E ît CXLVII. Je vis dans on climat barbare y préfentà tout . eft prêt drarriver il fe fait dans mon cœur une révolution foudaine ma main tremble d'ouvrir une lettre fatale cette inquiétude qui me défefpéroit.

Et ne mourrois-je pas tout de même en proie à mes chagrins? J'ai preffé mille fois Rica de quitter cette terre étrangère mais il s'Oppofeà toutes mes réfolutions. Ce n'efl pas."L 6 t R S S « 4 cruel pour ffîol d'en fortir par' un coup plus que mille morts* Mais quelque raifon que j'aie eu de fortir de ma-patrie quoique je doive ma vie à ma retraite. peut-être pour devenir plus malheureux encore Ehqu'y ferai-je ? Je vais rapporter ma tête à mes ennemis. abfence & fi j'y trouve des coupables. il m'attache ici par mille prétextes Il femble qu'il ait oublié fa patrie ou plutôt il femble tant il efl:inqu'il m'ait oublié moi-même {enfïbleà mes déplaifirs.tout j'entrerai dans le ferrai! il faut que j-'ydemande compte du temps funefte de mon. foient des marques éternelles de Hia confufion & de mon défefpoir ? J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y font gardées j'y porterai tous mes foup§ons leurs emj?reffemensne iii*en dérobe^ . je ne puis plus Neffir. Malheureux que je fuis Je fouhaite de revoir ma patrie. qu© deviendrai-je ? Et fi la feule idée m'accable de fi loin que fefa-ce lorfque ma préfencë la rendra plus vive? que fèra-ce. refter dans cet affreux exil. s'il faut que Je voie s'il faut que j'entende ce que je n^ofê imaginer tans frémir? que fera-ce enfin sîl6 faut que des cnâtifnens que je prononcerai moi-même.

Rebut indigne de la nature humaine efclavesvils dont le cœur a été fermépour jamais à tous les fentimens de l'amour. vous ne gémiriez plus fur votre condition . Zachi & Zélis ont reçu dans leur chambre dans l'obfcurité de la nuit. un traitement indigne le facrilége n'a pas craint de p.bras. < dans leurs LETTRE CXLVIÏI. p E ? 1A N E S. dans le ferrail un deuil affreux l'environne un tigre y exerce à chaque inftant toute fa rage il a misdansles fupplicesdeux eunuques blancs. A Paris.& quoique nous 3rfoyons feules. gnent. claves 8c nous a obligées de changer entre nous celles qui nous refioient. il nous y fait vivre fous le voile il ne nous eft plus permis de nous parler.fî vous connoiffiezlr malheur de la mienne* mienne. ce ferc4t . qui n'ont avoué que leur innocence il a vendu une partie de nos ef-. l Vt Parise 4 detatune de Ghakb&n i/tp. II nous tient enfermées chacune dans notre appartement. je ïdnt rien dans mon lit ne jouirai que de mes inquiétudes dans un temps fi peu propre aux réflexions? ma jaloufie trouvera à en faire. la nuit c*c l'épouvante réL'hoîireur. R O X A H E à USBEK.orter fur elles fes viles mains.

que. ?oicf tes malheurs 8ç les miens je ne t'en écris qu'en tremblant. Je jure par tous les proplétes du ciel. 720. 1 LETTRE SoilM CXLIXg À USBEK.«? tt B T r^ ? n: S a JL~ fis T 7}© E p nftm prrirft nous n'il n'avons pîùl un crime de nous écrire rien de libre que les pleurs. Ce qui me confole c'eû que tout ceci ne durera pas long-temps Se que ces peines. cruel UfbeK je ne te donnerai pas le temps tous ces outrages. magnifique feigneuï f# te plains: jamais ferviîeur ficléïën'eâ dèfcëîîdu dansl'affreux défefpoir otrje fuis. finiront avec ma vie Elle ne fera pas longue.fans fortir de monauflérité naturelle. défaire eeiTer '• PuferrtilŒlfpahan. Mais que dis-je ? Pourquoi te vanter ici . :E1P~v~~r. depuis que tu m'as confié tes femmes j'ai veille nuit 8c jour fur elles que je »'ai jamais fufpendu un moment le cours de mes inquiétudes. JE me plains. Une troupe de nouveaux eunuques eft entrée dans le ferrai! où ils nousaffiégentnuit Se jour notre fommeil eft fans celTeinterrompu par leurs méfiances feintes ou véritables. J'ai commencé mon miniftere par les châtimens & je les ai fafpend-us. iefalufle lez deMaharram.

qui.il de ReHabfiiifiof)~i S A N K S.deux coups de poignard.la fuperbe Roxane ô ciel à qui fe fier déformais? Tu foupçonnois Zachi.letie Icz lime le d'IJpahan <dela ï-ace Vufcrra. il m'a donné.·f_9t1__1_i1 . Sublimefeigneur^ tes ordres féveres Tu as mis ta vengeance'en mes mains je ne dois pas la faire langnit. ~< . les eunuques accourus au bruit Pont entouré il s'eft défendu long-temps. c'étoit le voile de fa perfidie. dès qu'il s'eft vu découvert. difoit-il. en a bleffé plufieurs il vouloit même rentrer dans la chambre.P ERS une fidélité qui t'a été mutile? Oublietous mes fervices paffés regarde-moi comme un traître 6c punis-moi de tous les crimes que je n'ai pu empêcher. 'Je l'ai furprife dans lesbra» d'un Jeune homme. pour mourir. & il eft tombé à nos pieds. eft venu fur moi. Roxane. aux yeux de Roxane. Je ne fçaisfî j'attendrai. Mais enfin il a cédé aunombre. 8c tu avois pour Roxane une fécurité entière mais fa vertu farouche étoit une cruelle impoflure. g\1lr .

puifque le feul homme qui me retenoit à la vie n'eft plus? Je meurs mais monombre s'envole bien a<> compagnée je viensd'envoyer devant moi ces gardiens facriléges qui ont répandu le plus beau fang du monde.Le t t. CL.^our m'imaginer que je ne fuffedans le monde que pour adorer tes caprices ? que lé pendant que tu te permets tout tu eufTes droit d'affliger tous mes defîrs? Non: j'ai puvivre dans la fervitude mais j'ai toujoursété libre j'ai réformé tes loix fur celles de la nature & mon efprit s'eft toujours tenu dans l'indépendance. à USBEK. de ce que je me fuis abaiffée jufqu'à te paroître fidelîe de ce que j'ai lâchement gardé dans mon cœur ce que faurois dû faire paroître à toute la terre. créComment -as-tu penféque je fuite alTez dule . Oui je t'ai trompe j'ai féduit tes eunuques je me fuis jouée de ta jaloufie ôc j'ai lieu de délifçu de ton affreux ferrail faire un ces Ô£de plâifîrs. è s LETTRE Rqxake A Paris. Tu devrois me tenait grâces encore du facrifice que je t'ai fait. Je vais mourir le poison va couler dans mes veines car que ferois-je ici. en* .s.

ma force m'abandonne la plume me tombe des mains. Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un cœur comme le mien tétoit foumis Nous étions tous deux heureux tu me croyois trompée & je te trompois. tu y aurok trouve' toute la violence de la haine. Ce langage fans doute te paroît nouveau.douleurs je te forçaffe encore d'admirer mon . en fouffrant qu'on appellât de ce nom ma foumiflion à tes fantaifîes.Persane s. Tu étois étonné de ne point trouver en moi les tranfports de l'amour: fi tu m'avois bien connue. je fens affaiblir jufqu'^ ma fiaine je memeurs.ebiahi?J7Mf . A Il 1 $n de ce que j'ai profané la vertu. 8 dela Lune deB.courage? Mais c'en eil fait. le poifon me confume. le Puferrtil d'Ifpahan. Seroit-il poffible qu'après t'avoir accablé d@ .

SUPPLEMENT AUX LETTRES PERSANES. .

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Jfun autre coté le défordrecroît dans le ferrail d\Ajte à proportion de la d longueurde Vabfence 'UJbekj c'ejî-à-dire À mefure que la fureur augmente & qu$ l'amour diminue.merveilleux& moins bifarre &* ils font plus ou moins frappés de ce bifarre & de ce merveilleux ^fuivdntla différence de leurs çaraBères. Et c'efî Aij .fortes de romans réufJiffknt ordinairement parce que l'on rend comptefoi-même de fa Jïtuation uBuelle ce quifait plus fentir les p offrons quetous les récits qu'on en pourroitfaire. D'ailleurs ces.A mefure. Rien n'a plu davantage dansles lettres perfanes que d'y trouver.QUELQUES REFLEXIONS .qu'ils font un plus longfejour en Europe les mœurs de cette partie du monde prennent dans leur tête^unair moins . fansy penfer une efpèce roman* mvoit le commenOit de cement le progrès la fin les divers perfonnagesfont placés dans une chaîne qui les Me.SUR LES LETTRES PERSANES.

On n'y fçauroit mêler de raifonnemens parce qu'aucunsdes personnagesn'y été ajfembléspour raifonner cela ayant choquttoitle dejfein& la nature de l'ouvrades lettres où les gé. Mais. Enfin dans les romans ordinaires les digrejjîom ne peuvent être permifesque lorf an forment elles-mêrhe nouveau roqu'elles rnan. Mais ce queje viens de dire fuffit pour voir qu'ellesne font fufceptibles d'aufaire cunefuite encoremoins d'àueun mélangé avec des lettres écrites d'une autre main. Ils alloient tirer par la manchetous ceux qu'ils rencontraient Monfieur J difoient-ilsfaites-moi des lettres perfanes.QUELQUES ouvra" une des caiifes du fuccès de quelques les lettres ges charmans qui ont paru depuis perfanes. Les lettres perfahes eurent d'abord un débitfi prodigieux que les libraires mirent tout en ufage pour en avoir des fuites.dans la forme ailleursne font pas chôtfis &ou les fujets d'aucun def quori traite ne font dépendant frirt ou d'aucun plan déjà formé Vauteur donné l'avantage dé pouvoirjoindrede s'eft la philofophiede la politique & de la morale à un roman & de lier le tout par une chaînefecrètt£& en quelque façon inconnue.J REFLEXIONS t .

Et J s'ilstrouventnos quelquefois dogmes fingulier s czttefingularité eft toujaurs marquée ait coin de la A Aiij' . Il y a quelquestraits que bien des gens . Ces traits Jetrouventtoujoursliés aveclefentimentdejurprifi £r d'étonnement J Gr point avec l'idée à: 'examen 6r eucoremoinsavec cellede critique.unfigrand : rôlej.knt .de faire attention à la nature de cet ouvrage. Leurs premièrespeîifées dévoient être Jïngulières il fimblok qu'onn [avoit rien à faire qu'à leur donnerl'efpècede Jïngularité qui peut compatiravec de Vefprit. à in? p térefjtr quelquerincipe de notre religion pn nefejoupçonnoitpaswime d'impiudmce. L. On 'et oit.esPerfans qui doiventy jouer. quelqw 'ingénieufesquellespiiiffent être. Il y avoit un temps où ilfalloit nèceffairementles repréfenterf teins d'ignorance & de préjugés.SUR LES LETRES PERSANES. En.eu à. fi trouvoient tout-à coup4r mfplanus en Europe c'efï-à-dire dansun autre univers. coutumesh"de nos ufages. Mais ilsfant priés .On uar voit à peindreque le J&rttiimmQu'ilsavo.ont trouvés bienhardis. parlant de notre religion ces Perfans ne dévoientpas paroître plus injtruiti que lorfqu'ilsparlaient de nos. Bien loin qjulmpensât. attentifqu'à faire ri voir la génération &le progrès de leursidées.. chaque exchojequi kjttr .(ivoM <p#ru traordinaire.

SUR LÉS L..liaifons tes dogmes & nos autres vérités.qud y a entre yàrfaîte ignorancedes. . Il efî prié de faire attention que tout V agrément conjifloit dans' le contrafte éternel entre les J chofes réellesJ & la manièrefingulière* naïve ou bifarreJ dont elles étaient apperçues. Certainement la nature & le dejfein des lettres perfanes font fi à découvert qu'elles ne tromperont jamais que ceux <pH voudront fe tromper eux-mîme* QûËlQX?E£ RÉf t. 11 H. On prie doncle leBeur de ne pas cejj'erun momentde regarder les traits de des dontje parle comme effetsde la furprife gens qui devoient en avoir. On fait cettejuftification par amour pour du cesgrandes vérités indépendammentrefpeÈ pour le genre humain que Von n'a certainement pas voulufrapper par Vendrait le plus tendre.n "-1" PER& `.. ou commedes paradoxes faits par des hommes qui n'étoient pas même en état d'en faire.

tu m'as cependant fait fentir que j'avois encore un cœur.~ LETTR Le PREMIER eunuque à Jaron. E. 8c. part. pendant que j'étois de bronze pour tous ces enclavesqui vivoient fous mes loix je voyois croître ton ` enfance avecplaiiîr. JE prie le ciel qu'il te ramène dans ces lieux £c te dérobe à tous les dangers. d d Hali.SUPPLÉMENT AUX LETTES PERSANES. A Evzeron. l ( I. Il s'en falloit bien que la nature eût encore parlé lorfque le fer te fépara de la nature. y A Aiy . Quoique je n'aie guère jamais connu cet engagement qu'on appelle amitié & qu« je me fois enveloppé tout entier dans moimême.Page avanta lettre 'UsbekMéhémet 3s. eunuque noir. ( Le temps vint ou mon maître jetta fur toi les yeux. Je ne te dirai point fi je te plaignis.

~ 171. Je crus te voir prendre ime feconde naiCara.. J'appaifaLfes pleurs &: tes cris. Tu me tétois pourtant 5c jeté dirai que jefaïmois comme un père aime fon fils il ces noms de père 8e de fils pouvoient convenir à notre . Je pris foin detone'ducation. La Jévirit. io&et$. u rq.ce? . J)ufsrrélJ^lff<ihcLn.&fortir •d'unefervitude ou tu devois toujours 'obéir. Comment le prophète pourroit-il te regarder au milieu de tant de millions de fes ennemis? Je voudrois que mon maître fît.le ~nec[eGc/n/?ï~dt lunedeGemmeidi ï/ï.deitine'e. à fon retour le péLerinage de la Mecque vous youspurifieriez tous dans la terre des anges.eetols pourtant Je. Il eft impofllbîe que tu n'y contractes bien des fouillures.. Tu vas parcourir les pays habités par les chrétiens qui n'ont jamais cru.te m'étois cher.ou û je voir élevé jyf» plaifir qu'à moi.é toujours inféparable des inftruaions te fit longtemps ignorer que tu T metolsC1ef.1» Supplément 1te à fentîs du . pour entrer dans une fervitude ou tu devois commander.

& nous la haine 6c ent*eles hommes 8c les femmes.'avant la lettre d'Usbekâfon ami Ibben. A mefure qu'IHbek s'éloigne du ferrait 9 tourne fa tête vers fes femmes facrées il foupire. Nous fommes entrés dans le plan d'une nouvelle harmonie nous avons mis. & I'efprit inquiet. 'lue lullui plus cher que luimême. Il va me renvoyer.) A LETTR JaRON au PREMIER EUNUQUE. avec tous les noirs qui l'accompagnent. entre les femmes. il verfe des larmes fa douleur s'aigrit.aux lettres perfanes. de les en avoir retirées 1 -le dëfordre naifloit entre les deuxsexes-. part. Je vais donc vivre fous tes' Ioix/6c parta. (I. Page +9 .ger tes foins. Il veut augmenter le nombre de leurs gardiens.parce que leurs droits étoient re'ciproques. Je Iaiférat tomber des regardsfôitibr es. fes foupçoiis fe fortifient. Mon front va devenir févère. La-joie fuira de mes lèvres. Grand dieu! qu'il faut de chofes pour rendre un feul jhommelieuceuxï La nature fembloit avoir mis les femme? dans la dépendance. Il ne craint pluspour lui il craint pour ce (!. Le dehors fera tranquille. l'amour. Je n'attendrai point les rides d© Ay .equi lui eft mille fois pIuscner.

Je tombe fous tes regards» le DeSmïrne. quand on ne lui permet pas d'être vain commence à devenir fuperbe. & qu'il eft moins aifé d'humilier. que nous n'appercevons pas même fes nuages. S'humilier toujours. 11 vent que je garde fes femmes je les garderai avec fidélité'. que d'anéantir. Nous ne le connoMbns bien que dans fes préceptes. pour en montrer les chagrina. i 2 delafane deZilcadéijn. Supplément dela L âlafin lettre XVII. maître J'aurois eu du plaifir à fuivre mon dans l'occident mais ma volonté eft fon bien. .Page169 alôute~ Mon cher Rhédi pourquoi tant de philo.fophie ? Dieu eft fi haut. Quefa grandeur lious ramène à notre foibleflè. c'eitTadorer toujours.la vieilleffe. qui. part. Je fçais comment je dois me conduire avec ce sexe. Il eft jmmenfe fpirituel infini. '( I.

e deux êtres & que la nécefllté de conferver l'union marque plus la foumifTionaux ordres du créateur.toutes. on en a pu faire uneloi religieufe Si cette néceffité de conferverl'union eft un meilleurgarant des actionsdes hommes on en a pu faire une loi civile. JivJ . Mon cher Uibek. Quefervent .auxlettres perfimesï (II. Page 1 1 avant la lettre de Ricaà U$bek+) L E T T R E. Ibben à Usbek. De Smirne ~~rm~oMrffe~ de lune Saphar1715» . cesImpatiences qu'à faire voir que nous voudrions être heureux indépendamment de celui qui donne les félicités. Ce font des jours bien précieux que ceux qui nous portent à expier les offenfes. C'eft le temps des profpérités qu'il faudroit abre'ger. il me femble que pouruft vrai mufulmàn les malheurs font moins des cMtimens que des menaces. A Paris. parce qu'il eftï* félicité même ? d Si un être eil compofé. part.

dela DeParis. Il appor-te. . Je ne veux pas que nos minières le puniffeht de leur propre imprudence. rice.. Page 43 avant la lem&d'Usbek LE USBEK T T R E. part. par fa lâche ava» telle' des deux-empires. au monarque des François. qui fe joue infolemmgnt des deux plus grands rois du monde.ledernier lunt » de Gemmadi 1 715 z. Il a reçu des honneurs.prétend être le plus poli de l'Europe 8c. qu'il fembloit avoir voulu fe faire refufer lui-même Et comme ii la cour de 'France avpit eu plus à cœur la grandeur perfane que lui. à RuSTAS.il a fait dire en occident que le roi des rois ne domine que fur des barbares.Supplément dRhéii») (II. des preTens que le nôtre ne fçauroit donner à urr roi dlrimette ou de Géorgie 8c. fi. 'r r. & de l'indigne choix qu'ils ont fait. Il paroit ici un perfonnage travefli en am« bafladeur de Perle. elle l'a fait paroître avec dignité devant un peuple dontileil le mépris. A Iffahan. il a -flétri la ma Il s'eft rendu ridicule devant un peuplé qui . a Ne dis point ceci à Ifpahan épargnes la tête d'un malheureux.

elle eft le monument d'une tyrannie. la peut chercher dans la guerre.S.commencemerit. parc. Car la nature.& fi le peu.C'eil aujourd'hui ia modede ne. privée de fa défenfe naturelle pair la paix. Lorfque le peuple fubfifte. s'occuper q^uedeç . pan. Lès traités de paix font fifacrés parmi le* hommes.ple eft détruit. Page« g ayant la lettre Rkédi à Uibe^ J " TET TE E* U'. Page s i à la. ou difperfé.I*B-.. elle effc gage de la paix &: delà réparation du un tort :.r-ègrie-3dù^feu. a encore fouvent égaléla foibleCeàla force par le défefpoir.mes. de (1]. ( II. Ils font tous légitimes lorfque les conditions en font telles que les deux peuples peuvent feconfefver:fans quoi celle des deux fociétés qui doit périr. qu'ils femblentqu'ils foient la voix de la nature qui réclame fes droits. que îâ Gm en avoit fait oubliée Ie. a été à long. qui a établi les différens degrés de force 8c de foibleffe parmi les hom.auxlettres perfanes.pîace des trois derniers alinéa j mettei ceux-ci») La conquête ne donne point un droit par elle-même.BEK à *r roi .

que. Par bonheurpour nousr il ne parle pas bien Vécorehe tellement. J'ai fait choix de quelques voix trhnettes qui fortant de la cavité de certaines émouvront merveilleufe* poitrines très-fortes ment le peuple. Depuis notre défaite^ notre mufique l'a ft Supplément m J m *> . J'ai fix couplets de chanfon tout prêts à mettre au jour qui je m'apure remettront toutes chofesdans l'équilibre. J'efpère qu'avant qu'il (oit huit jours. été r?avec perte fje crois qu'il nousferafapoufl'ées cile de réparer cet échec. il y a quelquesjours. qu'il nefi François il fes affaires ne déclinent.. Si cela ne ftijfit pas nous ferons paroîiYe une eftampe qui fera voir Mazarin pendu. le peuun mot généré pie fera. Noui peuple relevâmes. Voici le difcours qu'un des généraux de la ville de Paris prononça dans un confeil de guerre & j'avoue que je n'y comprends pas grand' chofe. p" celles qui fervent à tirer. e lM jJi. 3Iejfîeurs quoique nos troupes aient. pour exprimer toutes les bétes defomme. Nous paspojjîble que ne manquons pas de faire bien remarquer au le ton ridicule dont il prononce. une faute de grammaire fi gr opère qu'on en fit desfarces par tous les carrefours.événemens arrivés dans fa minorité ôc on ne lit plus que les mémoires de ces temps-là. du nom de Mazarin. Ils font fur un air qui a fait 9 jufqu*à préfent un effettout particulier.

il a été obligé de renvoyer tous fes pages. l alinéa* ) ( II.& foyez fur que nous lui ferons regajfer les monts à couçs de fifflets. part. comme les plantes. ) ( II. reprenez courage. De Paris le 4 dela lune deChahban 1718. Mais toutes les deftru&ions ne font pas violentes. Nous voyons pluiîeurs parties de la terre fe laffer de fournir à la fubfîftance des hommes que fçavons-npiisfi la terre entière n'a pas des caufes générales lentes & imperceptibles.les folides à une certaine difpofîtion tous les deux à un certain degré . de laffitude. nous devenons malades. .auxlettres perfanes. que notre tempérament en eft fixé. Lorfque nous fommes tranfportés dans un autre pays. part*Page113. Page avante dernier 94. pour ne pas voir fes fartifans réduits à la moitié. Il agit tellement fur nous. aprèse fécond L'tiir fe charge.. des particules de la terre de chaque pays. l alinéa.. Les liquides étant accoutumés à une certaine confiftance . furteufement vexé fur le péché originel que. Ranimez-vous donc.

de mouvement n'en peuvent plus ïouffr» d'autres. . ) A Venlfe. d'ailleurs. que je ne melivre à mille réflexions: . { II. Page i z i LETT USBEK avant la lettre de Rica d *» RE.une foule d'idées fe préfente à mon efprit:# me femble quef entends publier cette ©r$oa* nanee. à Rhedj. par la même raifon.p toujours entourés d'hommes avides Se infatiables. Quand je penfe à la fituatioil des princes. Je n'entends jamais parler de leurs libéralités. Quel peut être le motif de ces libéralités immenfes que les princes verfent fur leurs courtifans ? Veulent-âls fe les attacher? ils leur font déjà acquis autant qu'ils peuvent l'être. Et. des grâces §c des penfîons qu'ils accoirr dent. ilfaut bien. part. je ne puis que les plaindre: & je les plains encore davantage lorfqu'ils n'ont pas ïa force de réfiikr à des demandes toujours onéreufes à ceux qui ne demandent rien. qu'ils en perdent une infinité d'autres en les appauvriffanf. 8c lis réfîftent à un nouveau pli. s'ils acquièrent quelques-uns de leurs fujets en les achetant.

tr-e~ré~aité. 3> branlant la tête. depuis noas tre avènement à la couronne de fe trouver » à notre lever que nous les avons toujours 9} fur notre païfage immobiles commedes vus élevés p>bornes $ç qu'ils fe font extrêmement ?3 pour regarder.33 courmoins célèbrepar leurs intrigues.1 ?s . Ils nous ont répré9> fente qu'ils n'ont point manqué..esdu beau sexe. qui nous ont fupplié 35defaire attention qu'il eft notoire qu'elles ?a font d'unentretien très-difficile quelques-unes mêmetrès-furannées nous ont prie. ous av¡onsmem. r-o.Âinfit mdélirant traiter les fupplians avec bonté.1'("T£1I 'n de ~1'¡: ·H~n1-srî s»LE courage infatigable ~~1EP quelques-uns 33 nos fujets à nous demander des penfions de «ayant exercéfans relâche notre magnificence e royale nous avons enfin cédé à la mulwtitude des requêtes qu'ils nous ont préfen?> tées lefquelles ont fait jufqu'ici la plusgranas de follicitudë du trône.pluiîeurs requêtesde la part dequelques-per?3 fonn. fur les épaules les plus hauN ~~te5. Seque fi les généraux leurs m arméesont rendu l'état redoutable par leurs faits militaires elles n'ont point rendu la . de faire attention qu'elles a>-ontfait l'ornement de Ja cour des rois nos de 03prédéceffeurs. Enjoignons aux tie aj pères de famille de faire ia~4iminution -'A .e .aux lettmjRerfaneï. ayant cinq enfans » » retranchera journellementla cinquième par33 du pain qu'il leur donne. ai §cleur accorder toutes leurs prières. nous :» ayonsordonné ce qui fuit =3 Que tout laboureur.re~).yo.

fur chacun d'eux auffi jufte que faire fe mpourra. lefquel» les ne fe font rendues recommandables. jufqu'à ce qu'ayant at9jteint l'âge limité par les ordonnances. à leurs femmes& à leurs enfans. Défendons à » nos magistrats de pourvoir à l'éducation de w leurs enfans ce. d'y » faire aucune réparation. elles 33 viennent à les y contraindre. que de »? quatreans en quatre ans leur interdifons en 33outre très-étroitement ces petites réjouif» fancesqu'ils avoient coutume de faire dans aj leurs familles les principales fêtes de l'an3' née » Et d'autant que nous demeurons aver» tis que la plupart des bourgeois de nos bon» nés villes font entièrement occupés à pour* Mvoiràl'établiffement de leurs filles. que par unetrifle 8c ennuyeufe 33modeftie nous ordonnons qu'ils attendront à les marier.n'achètent déformais d'habits à » eux. =» Défendons jexpreflement à tous ceux qui a»s'appliquent à la culture de leurs he'ritages 03ou qui les ont donnés à titre de ferme. de quelque efpècé » qu'elle foit. dans 33 notre état. » Ordonnons que toutes perfonnes qui *> s'exercent à destravauxvils Scméchaniques. 33 lefquelles n'ont jamais été au lever de notre œrmajefté". de De Paris le premier la lune de Chalval i S 1" SupjÊéntent y l'Y'" _c .

bien appréciée fe réduifoit à ceci: Ce que j'ai dit eft vrai. c'eft fon bien le fécond attaque les opinions des autres & c'eft le bien de tout le monde. La converfation du premier. il y a quelques jours dans uns maifon de campagne où j'étoisallé. Ils cherchent à être fupérieurs & ils ne font pas feulement égaux. Oh mon cher Uibek que la vanité fert mal ceux qui en ont une dôfe plus forte que celle qui eft néceffaire pour la confervation de la nature Ces gens-là veulent être admirés à force de déplaire. parce que je ne l'ai pasdit. part. Vous faites la douceur §c le charme de la vie. USBEKà Rica. mettet les. avant la lettreà'Ushtk d Rica.aux lettres perjânes. parce que je l'ai dit. Vous croyez que vous n'avez rien. J'aimois aflez le premier car qu'un homme foit opiniâtre cela ne me fait abfolument rien. JE trouvai. cela me fait beaucoup. ( II. Page 187. . Leur caractère me parut admirable. Le premier défend fes opinions. Hommes modefles venez que je vous embraffe. La converfation du fecond portoit fur autre chofe Ce que je n'ai pas dit u'eit pas vrai. deuxfçavans qui ont ici une grande célébrité. mais qu'il ibit impertinent. LETTRE.deux lettres fuivantes.

Et quand je vous compare dans mon idée avec ces hommes abfolus que je vois par-tout. Vous penfez que vous n'humiliez perfonne 8c vous humiliez tout le monde.qu'ilne. Sa vue qui fe porte toujours loin lui fait voir des objets qui font à de trop grandes diÛances. Il ruine prefque toujours fa -fortune parce quefon efprit lui fournit pour cela un plus grand nombre de moyens. & les fent mieux. R USBEK à Un homme d'efprit eft ordinairement diffici*le dans lesfociétés. je les précipite de leur tribunal. E.faffe:unp eu fentir foa de'gojjf: Autant d'ennemis. Il choifït peu de pexfonnes il s'ennuie avec tout ce grand nombre de gens qu'il lui plaît appeller mauvaife compagnie il eft impoiEble. Il échoue dans fes entreprifes parce qu'il hafarde beaucoup. Il eft porté à la critique parce qu'il voit plus de chofes qu'un autre. 8c je lés mets à vos pieds. Sans compter que ? . je vousdis que vous avez tout.& moi. 1 Supplément LETTRE. Sûr de plaire quandil voudra # îi^glige très-fouvent de le faire. DeParis. e z2 delalun» l deChahhan720.

. L'approbation univerfelle effc plus ordinairement pour l'homme médiocre.aux lettres perfdnes. . Je fuis un hommequi m*occupe toutes les nuits à regarder avec dés lunettes de trente fieàs cesgrands corpsqui roulent fur nostê~ tes & qnand je veux nie délacer je prends mespetits miierofeofes &j'obferve uncironou une mitte. fi un homme d'efprit a tant de défavantages. On eftcharmé de donner à celui-ci on effc enchanté d'ôter à celui-là. Mais. Il néglige les menus détails dont dépend cependant la réuftîte de prefque toutes les grandes affaires. La voici Monsieur. Pendant que l'envie fond fur l'un & qu'on ne lui pardonne rien on fupplée tout en faveur de l'autre la vanité fe déclare pour lui. 8c qu'il tire de fon propre fonds. dansîa naiffance d'un projet il eft moins frappé des difficultés qui viennent de la chofe que des remèdes qui font de lui. que dirons-nous de la dure condition des fçavans? Jen'jr penfe jamais que je ne merappelle une lettre d'un d'eux à un de fe« amis. L'homme médiocre au contraire cherche à tirer parti de tout il fent bien qu'il n/a rien à perdre en négligences.

que ferai â la fin obligé de le quit~ je ter. parce que j'y tiens mon thermomètre & que la chaleur étrangère le feroit haujfer. quej jamais & que je ne verrai fans doute jamais 7 aveclefquels j'entretiens une correfpondance fi escaBe que je ne laijfe pas fajfer un courr va' fans leur écrire. je ne me dérangeai point. Je me communique f ort peu & de tous le$ gens que je vois je n'en cannois aucun. fxck. Depuis ce temps-là^ dès qu'il s* écarte quelque . un autre à heipvus. t? qui reçut un coup teur qui terrible fur Vasfrontal &occipital dont le fié" ge de fa raifon fut très. femit de la partie. un autre # Londres.ébranlé.Û" n'ai qu unejtsule je fhamhe Je n'ofe même y faire du feu. L'hyver dernier je penfai mourir de froid & quoique mon thermomètre qui étoit au plus bas dégté m'avertît que mes mains alloient fe geler. quoique je vie eonnoijfe perfonnedans mon quartier je fuis dansunejimauvaife répu-r îûtion 1. Et j'ai la confolation d'être iyiêyuit exa&ement des changement de fempsles plus injenfibles de toute l'année paffép. Mais. Il y a cinq ans que je fus rudement infultê es par une de mes -voifin pour avoir fait la diffecîion d'un chien qii elle prétendait lui apparte^ nir. Mais U y a un homme â Stockholm. La femme d'un boucher.Supplément Je ne fuis point riche . Et 7 pendant que celle-là m'aecabloit d'injures celle-ci m'ajfommoit à soups de pierre conjointement avec le doc* et oit §veç moi. quife trouva là i.

elle ne fe fermera jamais bien.\& ne le trouvant crois le pas. Je queje ne ferai jamais délivré de la malice impor* tune de ces femmes qui aves leurs voix glade pjfantes m'épourdijfentans cejfe l'oraifon funèbre de tousles wtomêtesqni font morts à$** puis dix ans. il e(i aùjfitotdécidequil a gaffepar mesmains. Hefuist&Çt Tous les fç&vansetoient autrefois accufés He magie. Je n'en fuis point étonné. trente ans après lui dire modefternent A dieu ne plaife que je dife que ce dont on vous aceufefoit vrai mais vous aves été obligé de vous défendre.: Unadverfaire viendra. par le peuple la plaie eft faite. Une bonne bourgeoife. Chacun difoit en luirï#êine J'ai porté les talens naturels auffi loin qu'ils peuvent aller .thten au boutde la rue. C'eft ainfi qu'on tourne contre lui fa justification même. C'eft toujours pour lui un endroit malade.cependant un certain fçavant a des avantages fur moi: il faut bien qu'il 7 ait là quelque diable? rie. Apréfent que ces fortes d'accufations font tombées dansle décri ona pris un autre tour un fçavan. Il a beau être abfous.tne fçauroit guère éviter le reproche d'irreligion ou d'héréfie. di" qui en avoit perdu un petit qu'elle aimoit foit. aux lettrespérfanes. '9" M A . elle me cita devant magiftrat.elle plus que fes enfans vint Vautrejour s'évanouir dansma chambre.

à deux cent lieues de lui. à prendre toutes leurs impoftures en détail.peuples >fonte-' vivre des droits furanjïés flatte-nt-lé's paffions qui font en crédit de leur temps. JE&core s'il pouvoit espérerd'obtenir quel j. On ira contre lui foulever-le magiftràt fur un fait qui s'eft paifé il y a mille ans. Mais ce n'eft point afflèz. Il voit le jour. Et comment les éviter? Il avok un fentiment il l'a foutenu par fes écrits il ne fçavoit pas qu'un homme. Voilà cependant la guerre qui fe déclare. qui. Il lui attire des querelles de toutes parts. augmentent ceux'd'une autre. cet ouvrage qui lui a tant coûté. ïnfiîttes ce ri'eÉ point afîez.:& qu'il ait de!» nobleffe dans l'efprit & quelque droiture dans le cœur. qu'elle a moins dôdoyens de détruire leur témoignage. & les vices: <|ui font fur le trône impGfânt à lapoûérité. pour un aiiteur. qui abandonnent leur foi pour une médiocre penîïon. que e ~u~pl~~Qv~ i · n· . d'avoir effuyé toutes ces. on lui fufcité mille perfécutions. qui renversent la conftitution de l'empire. pour lui d'avoir été dans une inquiétude continuelle fur le fuccèsde fen ouvrage.S'il écrit quelque hilk>ire. plume foif captivé fi elle n'eft pas vénale. Et on voudra que fa. enfin. e d'autant plus indignement. Plus heureux cependant que ces hommes lâches. donr nent aux princes. avoit dittout le contraire. ôtent aux. diminuent les droits d'une puiffance. ne les vendent pas feulement une obole.

il faut joindre à une réputation équivoque la privation des plaifîrs Se la perte de la fanté.^ue connderation Non. Unphilofo-» phe a un mépris fouverain pour un homme qui a la tête chargée de faits 8cil effc àfo» tour regardé comme un vifionnaire par celui qui a une bonne mémoire. Il n'en. ei&mé que de ceux qui fe font appliqués au m^me genre defciencequelui.n 'l\T__T' B . :par4à. tout auplus. Un homme. Enfin.· Tzuxîettres effaneïl p r. Quant à ceux qui font profeÔioa d'une orguèilleufe ignorance.e~th~any z v: 7. fe -trouve au niveau de celui dont il redoute les travaux. fê dédommage en le méprifant il ôtecet obflaclé qu'il rencontrait entre le mérite St lui &. à qui il manque un talent. ils voudroient que tout le genre humain fut enfeveli dans l'oubli oie ils feront eux-même. DeParis le 20deUlima d.

On m'entendit demandergrace au plus vil de tous les humains. ce châtiment qui met dans l'humiliation extrême. Quand je fuis feule. & tenter fa pitié. î Mon ame d'âbprd ane'antié fdusla honte ^eprenoit le fentiment d'elie-même. pour ainfi dire. Z'AÇHl 0 USBEX. lorfqu'il s'offre à ma vue la fureur me faifit. à l'enfance. Sa préfence. tous les malheurs viennent m'accabler. fes regards. fon am'einfoîente & fervile s'eft élevée fur la mienne. j'ai du moins la confolation de verfer des larmes mais. à mefurequ'il étoit plus inexorable. lorfque me& retentir les voûtes de mes appartemens. Le tigre ofe me dire que tu es l'auteur de .Supplément ( II. je la trouve impuiffante. A Paris* © Ciel! un barbare m'a ouiragee jufques dans la manière de me punir Il m'a infligé ce châtiment qui commence par allarmer là pudeur. fes paroles. ce châtiment qui: ramène. 6c comeris firent mençoit à s'indigner.) L E T T R E. 8c je tombe dans le défefpoir. part» Page zoz avant la lettre deSolimd UJbel^ mem\ les deux lettresfuivantes. Depuis ce temps.

vous fez. J'ai foutenu ton abfence. reviens pour m'aimer reviens. Mais à préfent Non. Zelis à Usbek. Les nuits. pour que j'expire à tes pieds. vous me jugez coume punit pable à mille lieues de moi. A mille lieues de moi. Si je fuis innocente. il agit par votre ordre c'eft le tyran qui m'outrage 8c non pas celui qui exerce la tyrannie. je ne puis plus que mourir. A Paris. tout a été pour toi. les jours. & j'ai confervé mon amour. . Il voudfoit trfoter mon amour. Qu'un eunuque barbare porte fur moi fes viles mains. Quand il me prononce le nom de celui que j'aime. J'étois fuperbe de monamour même 8c le tien me fâifoit refpectèr ici. Du ferraiti'Iïbahanle z dela lunt de Maharram 172:0. je ne puis plus foutenirl'humiliation où je fuis defcendue. fi je fuis coupable. lesmomens.toutes ces barbaries. je nefçais plus me plaindre. & profaner jufques aux fentimens de mon cœur. auxlettrés perfaheK LETTRE. par la force de mon amour.

Je fens déjà une joie fècrette mon ame 8c la tienne vont s'appaifer: nous allons exterminer le crime. &uferraild'ljpakantlezdelaluiie de MAharnim 1720. A Paris. Votre ame fe dégrade.n. Adieu» .. . depuis qu'il ne peut plus vous aimer. R E. J'A pris mon parti tes malheurs vont difparoître je vais punir.Vouspouvez a votre iamailie redoubler vos mauvais traitemens. a f. qui fembïezn'être faites que pour ignorer tous vosfens 8c être indignées de vos defirs même éternelles victimes de la honte êc de la pudeur que -ne puis-je vous faire entrer à grands flots dans ce ferrail malheureux pour vous voir étonnées de tout le fang que j'y vais répandre! le Du ferraild'ïfpahan. '_t. Mon cœur eft tranquille. Page 04 hvclu% deB.1 '1 à Ujbek»J a la lettre §II. ôcvçus devenez cruel* Soyez fûr que vous n'êtes point heureux.oxanne L E SOLIM T à T. Supplément ux lettres perfams. 8delâlw% ^jde > Rébiab)1 >1720e x r ~~$~i~â~ <}y 1 u . 8c l'innocence va pâlir. part. O vous. USBEK.

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