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Une étude
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en partenariat avec

Une étude en partenariat avec SECTEUR MINIER COTÉ ET RISQUES ESG DE L’INFLUENCE DES ONG SUR

SECTEUR MINIER COTÉ

ET RISQUES ESG

DE L’INFLUENCE DES ONG SUR

L’ACTIVITÉ ET LA RÉPUTATION

DES ENTREPRISES MINIÈRES

Septembre

2011

Auteurs

Cécilia de Foucaucourt et Juliette Van Wassenhove (BeLinked) Thomas Lafarie et Anne-Catherine Husson-Traore (Novethic)

© Novethic 2011 Toute reproduction intégrale ou partielle des contenus de ce document doit faire l’objet d’une autorisation de Novethic. Toute citation ou utilisation de données doit s’effectuer avec l’indication de la source

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© Novethic 2011. Secteur minier coté et risques ESG

IntroductIon

Les grands groupes miniers génèrent un chiffre d’affaires annuel colossal à l’échelle planétaire (plus de 386 milliards d’euros pour les 23 entreprises du panel de cette étude). Ils extraient des matières premières dans de nombreux pays et sont, plus que d’autres, confrontés à des enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) très importants. Ils sont régulièrement mis en cause, au plan local et international, par de nombreuses organisations qui dénoncent dégâts environnementaux, captations des richesses et manquements aux droits des populations locales. Ce contexte ne compromet pas, au premier regard, les performances économiques exceptionnelles de ce secteur qui attire de nombreux investisseurs. Cette étude, focalisée sur la vingtaine de groupes miniers importants cotés sur des marchés européens, a pour objet d’examiner leur communication sur leur politique de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE), les problèmes ESG qu’ils affrontent, leurs modes de collaboration avec la société civile, la gestion de leurs conflits avec les ONG ainsi que le mode opératoire des diverses organisations qui interpellent le secteur minier sur ses responsabilités. Elle permet ainsi d’alerter les investisseurs sur les risques ESG qui peuvent peser sur les activités de ces entreprises à moyen et long terme. Ils sont d’autant plus importants que leur incidence financière peut être non négligeable. Or la faible médiatisation des groupes miniers, contribue à rendre ces risques peu lisibles pour les investisseurs. Et pourtant…

Information insuffisante

L’extraction de matières premières est souvent la source principale de revenus dans des pays à faible gouvernance, et les populations locales peuvent en payer le prix fort sans forcément toucher les dividendes des richesses ainsi produites. La cotation d’entreprises minières fait entrer en lice, dans un univers déjà complexe, les attentes d’actionnaires de toutes sortes. Elle les soumet, en théorie, à des exigences de transparence auxquelles elles sont loin de se conformer toutes. Or pour investir en toute connaissance de cause et à long terme dans une entreprise, il faut être à même de pouvoir évaluer les risques qu’elle court pour les mettre en balance avec les profits qu’elle génère. L’étude, réalisée par Be-linked et Novethic, permet de montrer que l’information fournie par ces entreprises n’est pas à la mesure des problèmes et des conflits qu’elles doivent affronter et constitue en soi un risque.

L’introduction en mai 2011 sur la bourse de Londres de Glencore, géant minier domicilié en Suisse, jusque-là relativement préservé des feux médiatiques, symbolise le paradoxe du secteur minier. Elle a permis à l’entreprise de lever 7 milliards d’euros

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en très peu de temps. Mais la société, mise en cause au plan comptable, fiscal, social et environnemental par de nombreuses ONG, est aujourd’hui attaquée pour manquement aux principes directeurs de l’OCDE et fait l’objet d’une enquête de la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que d’une exclusion systématique de

tous les portefeuilles de la fondation suisse Ethos. Elle peut donc apparaître comme

un titre à risque pour des actionnaires de long terme, compte tenu de l’opacité de sa

communication.

Pouvoir d’influence des ONG

Pour mieux comprendre comment les entreprises travaillent sur ces enjeux, il est important d’analyser non seulement leur communication mais aussi la nature des relations qu’elles entretiennent avec leurs parties prenantes externes. L’étude

a permis d’établir une cartographie des organisations de la société civile qui

interagissent avec le secteur minier. Ces organisations protéiformes (groupements communautaires, organisations non gouvernementales, syndicats, organisations de populations autochtones, organisations caritatives, organismes confessionnels, associations professionnelles et fondations privées) seront regroupées tout au long de l’étude sous le terme d’ONG.

De plus en plus vigilantes sur les impacts environnementaux et sociétaux de l’extraction grâce à leur expertise technique, les ONG constituent une force de frappe médiatique qui peut au minimum nuire à la réputation des entreprises. Leur action coordonnée peut aussi présenter un risque opérationnel pour les entreprises minières, qui peuvent voir leurs activités locales menacées. Sans oublier les éventuels risques juridique et financier générés par des procès intentés aux entreprises pour leur demander réparation de dommages dont le coût est estimé en centaines de millions, voire milliards, de dollars.

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Panel

L’étude analyse la communication de 23 entreprises minières cotées sur les marchés

européens (17 le sont à la bourse de Londres et 6 à la bourse de Paris). Ce panel

représente la diversité de l’activité extractive en termes d’origine des entreprises et

de zones géographiques d’implantations ainsi que du type de minerais (industriels,

métaux précieux, terres rares, diamants…).

   

sièges

cA 2010

présence

sièges sociAux

opérAtionnels

(M€)

internAtionAle

AngloAmerican

Londres

Royaume Uni

23

228

19

pays

AngloGold Ashanti

Johannesburg

Afrique du Sud

3

889

10

pays

Antofagasta

Londres

Royaume-Uni et Chili

3

227

9

pays

ArcelorMittal

Luxembourg

Rotterdam

54

985

60

pays

Areva

Paris

France

9

104

43

pays

BHP Billiton

Melbourne

Royaume-Uni et Australie

37

194

25

pays

Boliden

Stockholm

Suède

4

093

7

pays

ENRC

Londres

Kazakhstan

4

652

20

pays

Eramet

Paris

France

3

576

8

pays

Evraz

Luxembourg

Russie

9

433

12

pays

Fresnillo

Mexico City

Mexique

 

993

1

pays

Glencore

Jersey

Zoug, Suisse

102 081

30

pays

Imerys

Paris

France

3

347

47

pays

Kazakhmys

Londres

Kazakhstan

3

417

1

pays

Lonmin

Londres

Afrique du Sud

1

126

5

pays

Norilsk Nickel

Moscou

Russie

5 947*

5

pays

Randgold

Jersey

Afrique

 

357

7

pays

Rio Tinto

Londres

Londres et Melbourne

39

855

40

pays

Severstal

Russie

Russie

9

560

9

pays

Rusal

Jersey

Russie

7

728

19

pays

Vale

Rio de Janeiro

Brésil

31

887

38

pays

Vedanta

Londres

Royaume-Uni et Inde

5

583

4

pays

Xstrata

Zoug, Suisse

Suisse

21

473

21

pays

* Chiffre d’affaires 2009

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l es enjeux et rIsques du secteur mInIer mIs en exergue Par les ong L’étude

les enjeux et rIsques du secteur mInIer mIs en exergue Par les ong

L’étude recense des ONG particulièrement actives sur les thématiques minières. Cet échantillon, représentatif sans être exhaustif, permet de dresser un tableau des enjeux environnementaux, sociétaux et de gouvernance du secteur extractif tels que les ONG les dessinent, mais aussi, à travers l’analyse des modes d’action et des stratégies de ces dernières, de qualifier les risques que leur action fait peser sur l’activité des entreprises minières. Cette analyse a été complétée par un recensement des relations que les entreprises du panel entretiennent avec les ONG. Le constat qui s’en dégage est celui d’une difficulté des entreprises minières à répondre aux attaques des ONG, à anticiper et à gérer les risques créés par ces structures, mais aussi à quelques exceptions près, à coopérer avec elles et à utiliser leur expertise, notamment dans le domaine sociétal.

l es enjeux envIronnementaux Les ONG qui répertorient les impacts environnementaux sont souvent soit des

les enjeux envIronnementaux

Les ONG qui répertorient les impacts environnementaux sont souvent soit des organisations à ancrage local émanant des communautés directement affectées par l’implantation d’une mine, soit des ONG nationales ou internationales. L’expertise des permanents de ces organisations, qui se partagent entre assistance technique et plaidoyer, est comparable à celle des ingénieurs de l’industrie extractive, dont certains sont parfois issus. De même, les impacts recensés vont d’une ampleur locale, aux environs d’un site d’exploitation, à l’échelle mondiale.

Pollutions

Le traitement insuffisant des résidus de l’extraction est la première cause de pollution mise en exergue par les ONG. Ces pollutions varient selon les types de mines et de produits extraits. Les principaux types de pollution relevés sont ceux liés aux minerais radioactifs, comme l’uranium ou le thorium, et la pollution au mercure et cyanure liée à l’exploitation de l’or et de l’argent. La plupart des processus extractifs produisent également des résidus toxiques, notamment du fait de la présence de métaux lourds ou d’autres éléments qui se dégradent peu (arsenic, plomb, chrome…) ainsi que des produits chimiques utilisés pour la séparation des minerais et de la gangue.

Pollution de l’airutilisés pour la séparation des minerais et de la gangue. La pollution peut se faire par

La pollution peut se faire par l’air, directement (dispersion du radon, un gaz radioactif provenant de la désintégration de l’uranium, par exemple, ou de la poussière de bauxite quand les mines sont à ciel ouvert), ou indirectement lorsque le vent disperse des particules arrachées aux terrils ou que des panaches de vapeur d’eau et de poussières toxiques se forment au-dessus des piscines de stockage des boues d’extraction.

Pollution de l’eau et des solsau-dessus des piscines de stockage des boues d’extraction. La pollution de l’eau est l’un des impacts

La pollution de l’eau est l’un des impacts les plus documentés par les ONG, que ce soit par infiltration dans les nappes phréatiques ou par rejet des eaux d’exploitation dans les cours d’eau. Ces deux types de pollution contaminent à leur tour les sols dans un périmètre plus ou moins important autour des sites.

Dépollution/décontamination des sites miniersSelon la réglementation et les contrôles mis en place par les institutions du pays d’extraction

Selon la réglementation et les contrôles mis en place par les institutions du pays d’extraction et leur niveau d’application par les entreprises, les niveaux de pollution liés à l’activité minière peuvent être plus ou moins bien maîtrisés. Il n’en reste pas moins un problème pointé du doigt par de nombreuses ONG, celui des sites exploités et fermés avant la mise en œuvre de telles régulations, ou pour lesquels la restauration des sites et le traitement des déchets n’avaient pas été provisionnés. Souvent documenté et dénoncé par des organisations locales, alliant des associations d’habitants, des mouvements écologistes et des organisations confessionnelles locaux, ce point de fixation se retrouve tant dans les pays en développement que dans les anciennes républiques soviétiques ou aux États-Unis. Seuls les moyens et la volonté politique de traitement diffèrent. Le Superfund américain, créé en 1980, reste l’un des exemples les plus notables de législation nationale permettant soit d’obliger les industries responsables à financer la décontamination des sites les plus dangereux pour l’environnement et la santé (miniers et chimiques), soit à l’Etat de se substituer aux entreprises insolvables (30% des cas).

Destruction de la biodiversité

L’exploitation minière peut potentiellement affecter la biodiversité tout au long du cycle de vie d’un projet. En raison de la demande croissante de métaux et de minerais et de l’amenuisement des ressources dans les zones facilement accessibles, l’exploitation minière est de plus en plus souvent développée dans des écosystèmes isolés et riches en biodiversité, qui demeuraient jusqu’alors inexploités. Cette situation touche particulièrement les pays en développement, qui ont encouragé les investissements directs de l’étranger et accueilli de nombreuses entreprises minières sur leurs territoires, au prix parfois d’une dégradation des forêts, des cours d’eau et de la faune et de la flore que ceux-ci abritent.

Déforestationd’eau et de la faune et de la flore que ceux-ci abritent. Le développement des activités

Le développement des activités minières est une des causes principales de la déforestation, qui touche des régions riches en forêts et en biodiversité comme l’Indonésie. On peut notamment citer le développement des activités de BHP Billiton dans le « cœur de Bornéo », une région connue pour abriter de nombreuses espèces menacées, et particulièrement des orangs-outans pour la défense desquels l’entreprise se serait engagée. Ce comportement a suscité la critique de nombreux experts environnementaux et d’ONG, parmi lesquelles Mines and Communities et le

WWF (de façon plus modérée) qui accusent BHP Billiton d’avoir fait pression sur le gouvernement pour que le statut d’aire protégée de la région soit levé.

que le statut d’aire protégée de la région soit levé. Atteintes à la biodiversité terrestre et

Atteintes à la biodiversité terrestre et aquatique

De nombreuses espèces de la faune sont fortement dépendantes de la végétation. Toute activité qui détruit les forêts ou la végétation près des cours d’eau et des marécages réduit ainsi la qualité et la quantité de l’habitat essentiel pour les espèces terrestres et aquatiques. Il est intéressant de noter que c’est dans ce domaine que l’on trouve le plus de collaborations entre ONG et entreprises minières. Rio Tinto et BirdLife International se sont ainsi récemment associées pour protéger les habitats des oiseaux dans certaines zones aux Etats-Unis et en Afrique. Autre exemple, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a signé en 2002 un partenariat avec le Conseil international des mines et métaux (ICMM), dans le cadre duquel l’organisation (largement considérée comme une ONG) participe au dialogue sur l’extraction minière et la biodiversité. L’UICN a par ailleurs mis en place un groupe de travail intitulé « Extractive Industries and Biodiversity » afin de mettre en lien les intérêts des organisations de conservation et ceux du secteur minier.

Concurrence pour l’accès à l’eau

L’eau est une ressource unique aux usages concurrents. Elle est particulièrement indispensable à l’industrie minière, qui a besoin de quantités d’eau importantes pour le traitement des minerais.

OCLA, Barrick Gold et l’eau des Andes

L’Observatoire latino-américain des conflits environnementaux (OCLA) observe depuis le milieu des années 2000 le déploiement des opérations minières de Barrick Gold dans la région de Pascua Lama (Chili et Argentine) concernant un gisement d’or (mais aussi d’argent et de cuivre) important entouré de cinq glaciers.

L’un des principaux problèmes soulevés par l’OCLA est celui de la concurrence entre les activités pour la ressource en eau. La région, surtout agricole, est en stress hydrique (demande en eau excédant les ressources disponibles), et 50 % des réserves d’eau dépendent non pas des glaciers de surface mais des glaciers de roche, situés en profondeur, pour lesquels le plan d’exploitation ne semble pas prévoir de dispositions particulières. OCLA rapporte que depuis 2009 l’eau disponible pour l’agriculture a diminué, voire quasiment disparu. Or les procédés d’extraction envisagés requerraient l’usage de 370 litres d’eau par seconde une fois le site en activité…

Emissions de gaz à effet de serre

Beaucoup de projets miniers sont développés dans les zones fortement boisées des régions tropicales qui sont cruciales pour l’absorption de CO 2 . Or, en plus de la perte d’absorption de CO 2 liée à la déforestation des sites d’implantation, l’exploitation minière et la transformation des minerais figurent parmi les activités les plus émettrices de gaz à effet de serre (GES).

Xstrata devant la justice australienne

Xstrata Coal Queensland souhaite ouvrir une mine australienne visant une production annuelle de 30 millions de tonnes de charbon qui devraient, lors de leur utilisation, représenter environ 0,15% des émissions mondiales de GES. Friends of the Earth Australia et dix éleveurs propriétaires de terrains situés à proximité du projet ont donc intenté une action judiciaire en annulation. Pour la première fois, l’argument évoqué est le changement climatique et l’impact qu’aurait cette exploitation sur la grande barrière de corail qui reçoit chaque année un million de visiteurs. La justice australienne doit dire, d’ici quelques mois, si les impacts environnementaux et économiques sont suffisamment négatifs pour annuler l’ouverture de cette mine.

négatifs pour annuler l’ouverture de cette mine. l es enjeux socIétaux Comme pour les enjeux

les enjeux socIétaux

Comme pour les enjeux environnementaux, les ONG qui travaillent sur les enjeux sociaux et sociétaux sont soit très locales, soit d’envergure internationale, mais liées aux ONG locales par des activités d’appui et de renforcement des capacités. Les impacts sociaux des projets miniers qu’elles étudient sont controversés et complexes. Certes, l’activité minière peut potentiellement créer des richesses (création d’emplois, de revenus, d’infrastructures, développement économique d’une région pauvre ou enclavée), mais elles sont souvent inégalement partagées. De nombreuses ONG dénoncent notamment l’appropriation des terres des communautés locales et leur déplacement forcé, les impacts sur la santé, la modification des rapports sociaux, la destruction des moyens de subsistance et des modes de vie des populations, la désagrégation sociale, ainsi que les tensions et conflits parfois violents liés à l’activité minière.

Impacts sur la santé

Les substances dangereuses et la pollution de l’eau, de l’air et des sols mentionnées précédemment peuvent, lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées, avoir des répercussions graves sur l’environnement, mais aussi sur la santé des travailleurs et des communautés situées à proximité des sites d’extraction.

situées à proximité des sites d’extraction. Effets directs Le travail dans les mines est dangereux, et

Effets directs

Le travail dans les mines est dangereux, et les conditions de travail y sont souvent très difficiles. Les risques d’accidents du travail sont multiples : éboulements, explosions, inondations, incendies…

Effets indirects: éboulements, explosions, inondations, incendies… Les effets indirects de l’exploitation minière incluent

Les effets indirects de l’exploitation minière incluent l’incidence accrue de pathologies chroniques et de maladies respiratoires (silicose, pneumoconiose) liées à la poussière ou à la pollution de l’eau. Les villes minières improvisées et les camps menacent également la disponibilité et la sécurité alimentaire, augmentant le risque de malnutrition.

alimentaire, augmentant le risque de malnutrition. Prostitution et propagation de maladies sexuellement

Prostitution et propagation de maladies sexuellement transmissibles

L’arrivée en masse de main-d’œuvre essentiellement masculine et célibataire dans une région minière crée des conditions très favorables pour la prostitution, phénomène synonyme en général d’une augmentation de la prévalence des maladies sexuellement transmissibles. Cet enjeu commence à être pris en compte par les entreprises minières, notamment en Afrique, où certaines d’entre elles développent des programmes de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA.

Impacts sur l’agriculture

En dehors des possibles pollutions déjà évoquées, le démarrage d’un projet minier sur un territoire agricole prive la communauté de la possibilité de l’utiliser pour la culture ou le pâturage du bétail. Les compensations financières, lorsqu’elles existent, suffisent rarement, d’après les ONG, à compenser la destruction des moyens de subsistance et les postes de travail perdus dans l’agriculture ou la pêche.

Atteintes aux droits humains et aux droits des travailleurs

Le secteur minier est régulièrement accusé par les ONG d’enfreindre les droits humains et, dans certains pays, les droits des travailleurs. L’ONG International Rivers et la Confédération syndicale internationale en donnent une illustration récente :

en octobre 2010, alors que des centaines de mineurs zambiens participaient à une marche de protestation en direction de la mine de charbon de Collum (détenue et dirigée par des investisseurs chinois), deux contremaîtres chinois ont tiré sur 13 mineurs zambiens. Si aucun tir n’a été fatal, la décision des procureurs zambiens d’abandonner les charges contre les deux contremaîtres – qui, ne parlant pas la langue, n’auraient pas compris les revendications des mineurs – a été ressentie comme un outrage par la population zambienne.

Alimentation des conflits

Les ONG, et notamment World Rainforest Movement, soulignent le nombre croissant de mercenaires, anciens soldats et officiers de l’armée recrutés dans les services de sécurité des entreprises minières – la présence accrue de ces « professionnels de la guerre » participant au climat de violence et de tension.

Les conflits liés aux « diamants du sang » (notamment au Liberia et en Sierra Leone pendant la guerre civile, mais aussi en République démocratique du Congo) illustrent également le rôle que peut tenir l’exploitation minière dans l’alimentation de la violence. Les logiques économiques et politiques de tels conflits peuvent devenir difficilement maîtrisables pour les entreprises minières, d’où la remise en question du processus de Kimberley (voir page 34) par l’ONG qui l’avait initié, Global Witness.

Droits des peuples autochtones

La découverte de ressources minières dans les sous-sols de territoires habités par des peuples autochtones peut entraîner le déplacement et le déracinement de ces populations, dans des conditions de consultation préalable et de dédommagement dénoncées comme rarement satisfaisantes par les ONG. L’exploitation minière entraîne également le remplacement des économies de subsistance spécifiques aux peuples autochtones par une nouvelle économie de marché, qui peut conduire à la détérioration ou à la disparition des valeurs et des coutumes traditionnelles de ces peuples.

Si de plus en plus d’entreprises minières se penchent sur la question des relations avec les communautés avoisinant les sites miniers, il est opportun d’avoir une politique adaptée pour ces communautés qui nécessitent un traitement spécifique. Leur peuplement est bien souvent dispersé et enclavé, leur langue est souvent différente de la langue nationale et leur culture peut être à l’origine du rejet d’un projet d’infrastructure (route, mine, barrage…). Le droit spécifique des peuples autochtones est encadré par une déclaration des Nations Unies.

Un consentement « préalable, libre et éclairé »

« Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs terres ou territoires. Aucune réinstallation ne peut avoir lieu sans le consentement préalable – donné librement et en connaissance de cause – des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour ». Article 10, Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée en 2007.

Droit à la terresur les droits des peuples autochtones adoptée en 2007. L’accaparement des terres est un phénomène de

L’accaparement des terres est un phénomène de plus en plus dénoncé par les ONG. Si traditionnellement les terres appartiennent aux communautés paysannes locales qui les cultivent, le sous-sol est propriété de l’Etat dans la plupart des pays, ce qui lui permet de l’attribuer à différentes entreprises minières. Or il est impossible d’exploiter le sous-sol sans occuper le sol, ce qui entraîne le déplacement des communautés locales ou des peuples autochtones qui l’occupent. On peut citer un exemple de co-entreprise entre AngloAmerican, Xstrata et BHP Billiton autour d’une mine de charbon dans la région de Cerrejon (Colombie), qui a donné lieu à de vives critiques de la part d’ONG depuis 2006. Friends of the Earth Australia, PressurePoint et le Mineral Policy Institute accusent en effet les trois entreprises minières d’avoir exproprié les peuples autochtones, de les avoir déplacés sans consultation préalable, puis de leur avoir versé des compensations inadaptées. Elles ont déposé une plainte auprès du point de contact national australien de l’OCDE.

Protection des pratiques culturelles En bouleversant les modes de vie traditionnels des peuples autochtones, les entreprises minières mettent également En bouleversant les modes de vie traditionnels des peuples autochtones, les entreprises minières mettent également en péril leurs pratiques culturelles. Certaines, comme Vale, s’engagent ponctuellement à protéger ces pratiques qui font l’identité des peuples autochtones, mais c’est encore rarement le cas.

l es enjeux de gouvernance Les ONG concernées par ces enjeux sont assez spécifiques. La

les enjeux de gouvernance

Les ONG concernées par ces enjeux sont assez spécifiques. La problématique de l’extraction est souvent venue dans un second temps pour des ONG qui historiquement s’intéressent au niveau mondial à la critique des institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale), aux flux financiers, à la dette, aux paradis fiscaux… Ces ONG de plaidoyer, professionnelles du lobbying, sont d’ailleurs à l’origine des campagnes et des efforts de régulation les plus remarquables au niveau du secteur, comme la campagne « Publiez ce que vous payez » et l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Récemment, l’institut associatif Revenue Watch, a développé le « Revenue Watch Index », qui mesure le degré de transparence de 41 gouvernements dans leur gestion des activités liées à l’extraction du pétrole, du gaz et des minerais. La question de la transparence du montant des revenus liés à l’extraction et de leurs modes de redistribution est l’un des leviers cruciaux identifiés par la société civile pour améliorer les impacts locaux de l’extraction pour les populations locales.

Financement

Pauvres en capitaux, les pays en voie de développement riches en gisements miniers ne peuvent se passer de la coopération avec des groupes miniers internationaux pour financer l’exploitation minière. Mais plusieurs ONG estiment qu’au travers de la promotion du développement économique via la libéralisation du marché, l’ajustement structurel et l’augmentation du volume des investissements directs à l’étranger (IDE), la Banque mondiale, le FMI ou même les instances bancaires européennes ont contribué au développement de l’exploitation minière par des entreprises étrangères au détriment des populations locales.

Glencore et l’exploitation du cuivre en Zambie : une campagne active

Cinq ONG, parmi lesquelles Sherpa et les Amis de la Terre, ont récemment engagé une plainte auprès de l’OCDE contre Glencore, au motif que sa filiale zambienne, Mopani Copper Mine, aurait privé l’État zambien d’environ 550 millions de dollars de recettes fiscales entre 2005 et 2008, en manipulant les prix de transfert. Mopani Copper Mine aurait vendu une partie importante de sa production de cuivre à un prix très inférieur à celui du marché à sa maison mère, basée en Suisse, qui l’aurait ensuite revendue au prix du marché. Ainsi, Glencore ne réalise aucun profit imposable en Zambie, mais seulement là où est situé son siège social, dans le canton de Zoug, un paradis fiscal selon les ONG.

Les ONG interpellent également la Banque européenne d’investissement (BEI) sur le rôle qu’elle a joué dans l’affaire, lui reprochant d’avoir accordé un prêt de 48 millions d’euros à Glencore en 2005, alors même qu’il n’est pas du rôle d’une banque publique d’aider une multinationale privée basée dans un paradis fiscal et réalisant d’importants bénéfices.

Corruption

L’exploitation minière devrait générer, sous forme de droits d’exploitation et d’impôts, une rente financière utile à tout pays en développement pour investir dans l’éducation, l’agriculture et l’industrie de base. Malheureusement, ce modèle de développement demeure théorique et on assiste au contraire à l’émergence d’une économie reposant uniquement sur un secteur dominant ainsi qu’une captation de la manne financière par

l’oligarchie locale. L’octroi de permis d’exploitation, la fixation de leur montant ou du taux d’imposition des revenus miniers, la suppression de contraintes réglementaires (sociales ou environnementales) sont autant d’occasions offertes aux dirigeants locaux pour monnayer leur pouvoir de décision auprès des groupes miniers. Par exemple en 2008, selon la Banque mondiale, pour une production minière nationale estimée

à 2 milliards de dollars, seulement 26,7 millions de dollars de recettes fiscales ont été réellement versés sur les comptes bancaires de la République démocratique du

Congo. Le taux réel d’imposition (droits, redevances et impôts divers) y est pourtant

C’est pourquoi l’ITIE incite gouvernements et entreprises

à communiquer l’ensemble des flux financiers générés par l’exploitation minière,

officiellement égal à 46%

tandis que le réseau d’ONG « Publiez ce que vous payez » encourage les entreprises extractives à publier ce qu’elles versent aux États, afin que toute corruption soit aisément décelable par les ONG et les citoyens.

Législations concernant les activités extractives

Plusieurs ONG ont choisi de se concentrer sur les problématiques liées à la législation concernant les activités extractives, soit au travers de la dénonciation des atteintes à la loi existante, soit au travers du lobbying pour la promulgation de lois plus contraignantes.

Dénonciation du non-respect de la législation en vigueurlobbying pour la promulgation de lois plus contraignantes. Sherpa, dont la mission est « d’accompagner les

Sherpa, dont la mission est « d’accompagner les populations victimes de crimes économiques dans leur quête de justice », est l’ONG la plus active sur cette question. L’association apporte actuellement son soutien juridique aux travailleurs des sites miniers d’Areva au Gabon et au Niger ainsi qu’au collectif des anciens travailleurs de la COMILOG - une société minière gabonaise appartenant à la multinationale française Eramet.

Lobbying pour la promulgation de lois plus contraignantesappartenant à la multinationale française Eramet. L’ONG Développement et Paix a mis en place une campagne

L’ONG Développement et Paix a mis en place une campagne de plaidoyer pour améliorer le projet de loi canadienne sur « l’exploitation minière responsable » (notamment à la suite d’un rapport sur les impacts sociaux et environnementaux dans les mines d’or au Honduras), devant la Chambre des Communes au Canada.

Panorama des relatIons ong / entrePrIses sur Internet à lété 2011

Les ONG mènent de multiples campagnes liées à la diversité des enjeux, mais peuvent aussi collaborer avec les entreprises.

EntrEprisEs

ong

typE dE rElation

 

Conservation international

earthwatCh institute (europe)

Collaboration

Fauna & Flora international

aCtionaid

angloamErican

earthworks

Friends oF the earth uk

dénonCiation

natural resourCes deFenCe CounCil

war on want

 

Conservation international

paCt

Collaboration

aCtionaid

CaFod

CCFd terre solidaire

anglogold ashanti

déClaration de berne

Ghana Coalition oF nGos in health

dénonCiation

GreenpeaCe suisse

human riGhts watCh

les amis de la terre

waCam

 

Conservation international

Collaboration

Cee bankwatCh network

european Coalition For Corporate JustiCe

FranCe nature environnement

Friends oF the earth international

Global witness

arcElormittal

Green salvation

Groundwork (Friends oF the earth south aFriCa)

dénonCiation

one world trust

oxFam

sandbaG

southern aFriCa revenue watCh

sustainable development institute liberia

vaal environmental JustiCe allianCe

 

habitat For humanity

partenariats pour les CompétenCes et l'emploi des autoChtones

Collaboration

alhak-n-akal

arEva

brainForest

Commission de reCherChe et d'inFormation indépendantes sur la radioaCtivité (Criirad)

dénonCiation

déClaration de berne

réseau des orGanisations pour la transparenCe et l'analyse budGétaire

EntrEprisEs

ong

typE dE rElation

 

Fauna & Flora

international

GreeninG australia

Collaboration

arbeitsGruppe sChweiz-kolumbien

 

Bhp Billiton

Friends oF the earth australia

Friends oF the earth international

dénonCiation

international rivers

 

brainForest

EramEt

Coordination de déFense du sud

dénonCiation

les amis de la terre

 

aCtion de Carême

déClaration de berne

 

glEncorE

les amis de la terre

dénonCiation

pain pour le proChain

sherpa FranCe

KazaKhmys

Global witness

dénonCiation

norilsK nicKEl

bellona

dénonCiation

randgold

Fédération internationale des liGues des droits de l'homme

dénonCiation

 

birdliFe international

 

Conservation international

earthwatCh institute (europe)

Fauna & Flora international

Collaboration

the royal botaniC Gardens, kew

rio tinto

union internationale pour la Conservation de la nature

Friends oF the earth uk

 

national wildliFe Federation

dénonCiation

oyu toGloi watCh

rusal

elora

Collaboration

valE

Fédération internationale des liGues des droits de l'homme

dénonCiation

sandy pond allianCe

 

aCtion For southern aFriCa

 

aCtionaid

vEdanta

amnesty international

dénonCiation

peuples solidaires

suvival international

 
 

aurum

Collaboration

Xstrata

les amis de la terre

 

northern land CounCil

dénonCiation

rhéébù nùù

Antofagasta, Boliden, ENRC, Evraz, Fresnillo, Imerys, Lonmin et Severstal ne figurent pas dans ce tableau non exhaustif, dans la mesure où elles ne font l’objet d’aucune campagne de dénonciation visible sur Internet à l’été 2011.

les rIsques lIés à lactIvIté des ong

Il existe un nombre considérable d’ONG qui s’intéressent aux enjeux de l’industrie extractive, les répertorient, les analysent. Dans leur grande majorité elles sont hostiles aux entreprises du secteur. Quelques-unes ont une position neutre parce qu’elles se focalisent sur l’appui au développement des communautés locales, et une minorité d’entre elles collaborent de manière plus ou moins ponctuelle avec les entreprises.

Cette hostilité est un facteur clé qui détermine les modes d’action des ONG, fait peser un certain nombre de risques sur l’industrie minière, et influence l’environnement normatif de l’activité extractive.

l’environnement normatif de l’activité extractive. d es angles d ’ attaque multIPles Pour des enjeux de

des angles dattaque multIPles Pour des enjeux de Plus en Plus Intégrés

Les ONG s’inscrivent dans une analyse globale des enjeux de l’extraction, popularisée par l’expression « la malédiction des ressources ». Celle-ci désigne, dans les travaux économiques académiques ou des institutions internationales, le paradoxe par lequel les populations des pays riches en ressources naturelles et dépendants des industries extractives, ne profitent pas de cette manne et restent pauvres. Dans ce mécanisme, les bénéfices financiers sont accaparés par les firmes multinationales qui exploitent ces ressources, les gouvernements des pays producteurs et certains groupes d’intérêts aux dépends d’une redistribution vers le développement, l’éducation et la santé de toute la population.

Un travail en réseau sur des échelles géographiques variées

L’activité de l’industrie minière, notamment en ce qui concerne les multinationales du panel, se déploie de l’échelle locale, celle du site minier, à une échelle internationale, en particulier pour ce qui concerne l’accès aux financements publics et privés. Les ONG interviennent à tous ces niveaux, qui impliquent des modes d’actions spécifiques.

L’efficacité des ONG face au secteur minier réside dans celle des réseaux auxquels elles collaborent. Par leurs dimensions géographique, thématique, militante, personnelle, ils permettent la circulation de l’information, soutiennent l’organisation des contestations locales et organisent les actions plus larges. De nombreuses coalitions ont même désormais un statut d’ONG comme « Publiez ce que vous payez » dont le secrétariat est basé à Londres. Elle regroupe aujourd’hui des ONG membres dans une soixantaine de pays.

Typologie des modes d’action critiques des entreprises minières

des modes d’action critiques des entreprises minières Plaidoyer C’est l’un des modes d’action classiques des

Plaidoyer

C’est l’un des modes d’action classiques des ONG, et sans doute le plus visible. Les ONG de plaidoyer prennent au nom de l’intérêt général la défense d’une cause, d’une politique ou d’un groupe de personnes, au service desquels elles mettent en œuvre une variété de techniques de communication, notamment de campagnes médiatiques globales relayées par les membres de leurs réseaux. Elles agissent alors comme un groupe de pression qui tente d’influencer les pratiques des entreprises, l’élaboration des lois, des réglementations et des normes (industrielles par exemple).

Renforcement des capacités des communautés et ONG localesréglementations et des normes (industrielles par exemple). C’est un mode d’action généralement peu connu du grand

C’est un mode d’action généralement peu connu du grand public, par lequel des ONG, souvent de stature nationale ou internationale, contribuent (par la formation, la diffusion de procédures, l’information, etc.) au processus d’amélioration des compétences des individus et au renforcement institutionnel d’une ou plusieurs organisations locales afin de rendre leur action plus efficace.

Ces deux modes d’action sont majoritaires au sein des ONG du panel, toutes échelles confondues ; quasiment toutes font l’un, l’autre ou les deux, en combinaison avec les modes d’action suivants :

deux, en combinaison avec les modes d’action suivants : Action judiciaire Les ONG portent une action

Action judiciaire

Les ONG portent une action en justice devant les juridictions du site minier ou du siège de l’entreprise ou s’y associent. On assimile à l’action judiciaire les plaintes devant les points de contact nationaux (PCN) pour les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, bien que leur rôle soit essentiellement un rôle de médiation entre les entreprises et les ONG ou syndicats qui les alertent.

Le recours en justice, s’il est minoritaire, a un impact médiatique important et peut avoir des impacts financiers considérables.

Gabon : COMILOG contre ONG et collectif d’habitants

En avril 2011, la justice gabonaise a considéré comme recevable la plainte d’un collectif d’habitants, de quatre ONG dont Brainforest et d’un député de l’opposition contre la COMILOG, filiale d’Eramet au Gabon, pour la pollution présumée due à l’exploitation du minerai de manganèse à Moanda dans la Province du Haut- Ogooué. Ce collectif réclame 490 milliards de francs CFA (746 millions d’euros) de dédommagements.

de francs CFA (746 millions d’euros) de dédommagements. Diffusion d’information Les ONG produisent de

Diffusion d’information

Les ONG produisent de l’information en continu, sous la forme d’agrégation d’informations locales ou de travaux d’enquête sur les impacts ESG des entreprises et du secteur minier. Ces rapports de recherche, études, lettres d’information forment le socle des actions judiciaires ou des campagnes médiatiques.

Typologie des modes de collaboration

L’étude d’impactcampagnes médiatiques. Typologie des modes de collaboration C’est l’un des savoir-faire des ONG les mieux mobilisés

C’est l’un des savoir-faire des ONG les mieux mobilisés par les entreprises, qui font réaliser des études d’évaluation en amont de l’exploitation d’un site, mais aussi des études d’impacts environnementaux sur des sites actifs et polluants, ainsi que des études d’impact social. Les modalités contractuelles sont diverses, mais impliquent souvent une publication totale des résultats par les ONG, ce qui garantit leur indépendance et leur crédibilité.

ce qui garantit leur indépendance et leur crédibilité. Appui à la gestion des impacts De nombreux

Appui à la gestion des impacts

De nombreux partenariats sont centrés sur la valorisation de la biodiversité et l’intégration de celle-ci dans les processus de management de l’entreprise, mais on trouve également des partenariats concernant la dépollution à petite et grande échelle ainsi que la réhabilitation de sites en fin de vie. Il existe encore peu de travaux communs sur la gestion des impacts sociaux. On peut citer quelques rares cas comme les observatoires pluralistes de la santé entre Areva, Médecins du Monde et Sherpa et le travail de l’ONG CDA Collaborative Learning Projects.

d u rIsque oPératIonnel local au rIsque de réPutatIon global Les pratiques de réseau des

du rIsque oPératIonnel local au rIsque de réPutatIon global

Les pratiques de réseau des ONG, décrites précédemment, fonctionnent sur le mode d’une chaîne militante liant les ONG locales (parfois animées par une poignée seulement de gens engagés) et les ONG globales, au sein de laquelle les informations, les savoir-faire et les types de mobilisations circulent. Par ailleurs, si les campagnes des ONG ont pour objectif de faire changer une situation locale, l’idée sous-jacente est aussi de faire évoluer les pratiques d’un groupe ou d’une entreprise dans son ensemble. Tant au niveau des objectifs des campagnes que de leur fonctionnement, l’action des ONG imbrique risques local et global pour les entreprises extractives.

On peut citer l’exemple de la campagne menée par CEE Bankwatch Network (réseau international basé en Europe de l’est) contre ArcelorMittal. En mai 2008, elle a publié un rapport au moment de l’assemblée générale d’ArcelorMittal intitulé « Dans le sillage d’ArcelorMittal : les impacts locaux du géant global de l’acier » . Son avant- propos résume la philosophie dans laquelle s’inscrivent bon nombre d’ONG qui combattent le secteur minier : « Les défis que doivent affronter les communautés vivant près des installations d’ArcelorMittal que nous décrivons ne sont pas seulement les problématiques environnementales “sexy” qui font la une des médias, tels que le changement climatique ou la fonte des calottes polaires. Ils consistent plutôt, comme nous le présentons ici, en des luttes au quotidien pour une justice environnementale et pour un environnement dépourvu de pollution et qui ne soit pas dangereux pour la santé. Pendant que le monde se préoccupe des impacts globaux, n’oublions pas que tout commence au niveau local – les entreprises qui ont des impacts locaux ayant invariablement des impacts à l’échelle mondiale – et que sans une forte mobilisation qui part du terrain, nos réponses globales n’ont aucun effet. C’est ce que nous présentons ici aujourd’hui, une mobilisation mondiale concertée qui part de la réalité de terrain ».

Les risques provoqués par les ONG

réalité de terrain ». Les risques provoqués par les ONG Risque opérationnel Outre les problèmes de

Risque opérationnel

Outre les problèmes de fonctionnement et les surcoûts occasionnés par une forte mobilisation locale des populations locales, l’action sur les sites miniers eux-mêmes des ONG peut entrainer le blocage de la construction ou des opérations, ce qui peut avoir des conséquences financières importantes.

Risque juridique Il peut se matérialiser devant les juridictions nationales des pays d’implantation et par

Risque juridique

Il peut se matérialiser devant les juridictions nationales des pays d’implantation et par le dépôt de plaintes auprès de PCN de l’OCDE. La tendance actuelle est plutôt au développement d’actions collectives devant les juridictions des pays développés qui le permettent contre des maisons mères qui y ont leur siège. La condamnation financière potentielle est alors accompagnée d’un risque médiatique pour l’entreprise beaucoup plus conséquent.

Risque Investisseurmédiatique pour l’entreprise beaucoup plus conséquent. Des grandes ONG de plaidoyer (Amnesty International,

Des grandes ONG de plaidoyer (Amnesty International, Greenpeace, les Amis de la Terre, etc.) font de l’activisme actionnarial ou des actions spécifiques pour toucher les investisseurs et les convaincre de faire pression soit directement soit en se retirant du capital des entreprises dont elles estiment les comportements irresponsables. Vedanta, ArcelorMittal ou Rio Tinto ont été confrontés à ce type d’actions. Rio Tinto fait par exemple partie des entreprises exclues par le fonds du gouvernement norvégien.

entreprises exclues par le fonds du gouvernement norvégien. Risque de réputation Lorsque que plusieurs risques se

Risque de réputation

Lorsque que plusieurs risques se conjuguent, les pratiques dénoncées par les ONG finissent par constituer une menace sur les actifs intangibles de l’entreprise, qui constituent une part importante de la valorisation d’une entreprise cotée (sa marque globale, la fierté d’appartenance des salariés, la facilité à recruter…) mais aussi sur sa capacité d’accès aux financements.

Bougainville : du risque opérationnel local au risque juridique global

Entre 1972 et 1989, via sa filiale Bougainville Copper, le groupe Rio Tinto a exploité une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert à Panguna en Papouasie Nouvelle- Guinée. Le comportement du groupe (dégradation massive de l’environnement, discrimination raciale…) a provoqué une rébellion des habitants de l’île et conduit à la fermeture de la mine en 1989. D’après plusieurs ONG, relayées par le London Mining Network, l’entreprise aurait joué un rôle important dans la guerre civile qui a suivi, fournissant à la police et à l’armée des hélicoptères de combat, des pilotes, de l’essence et des baraquements pour les soldats, et poussant le gouvernement à la répression. L’objectif aurait été d’obtenir la réouverture de la mine avec le soutien du gouvernement en place. Le groupe est actuellement visé aux États-Unis par une plainte collective (class action) menée par les habitants de Bougainville, qui l’accusent d’avoir participé au conflit ayant fait entre 10 000 et 15 000 morts lors de la guerre civile qui a duré de 1990 à 1997, et d’être indirectement responsable de crimes contre l’humanité. Si Rio Tinto dément ces accusations, l’action judiciaire pourrait lui porter un sérieux préjudice si elle donnait raison aux habitants de Bougainville, soutenus par leur actuel gouvernement.

de Bougainville, soutenus par leur actuel gouvernement. F aIble réPonse PublIque des entrePrIses sur leurs rIsques

FaIble réPonse PublIque des entrePrIses sur leurs rIsques avérés

Si les conflits opposant les ONG et les entreprises du panel sont nombreux, seule une minorité d’entre elles communique sur ces conflits et les éventuelles actions judiciaires qu’ils provoquent. Antofagasta, BHP Billiton, Vale et Xstrata y font notamment référence dans leurs rapports, mais la plupart sont muettes sur la question et préfèrent évoquer ce qu’elles font pour les communautés (voir tableau p.17).

On peut citer Vedanta qui pousse cette stratégie à l’extrême : malgré le conflit très médiatisé qui l’oppose à la tribu des Dongria Kondh depuis plusieurs années, Vedanta parle des Dongria Kondh dans ses rapports 2010 uniquement pour insister sur toutes les actions positives que l’entreprise mène en leur faveur (amélioration de leur qualité de vie, aide à la conservation de leur culture), sans faire aucune allusion au conflit qui les oppose. Il a pourtant fait l’objet d’un débat lors de son assemblée générale en 2010 et conduit au gel du projet par le gouvernement indien.

Vedanta, les ONG et la montagne sacrée

Le conflit remonte à 2002, date à laquelle Sterlite, filiale indienne de Vedanta, avait obtenu une licence l’autorisant à installer une usine pour transformer la bauxite en aluminium dans l’État d’Orissa. Vedanta comptait en effet exploiter des gisements de bauxite se trouvant dans le Niyamgiri, une montagne constituant le territoire de la tribu des Dongria Kondh, et transformer directement la bauxite dans l’usine située à proximité. La Cour suprême indienne a confirmé en août 2008 le droit de Sterlite d’exploiter la montagne sacrée des Dongria Kondh, ce qui a suscité une forte mobilisation des ONG, et notamment de Survival International qui a relayé l’histoire des Dongria Kondh sur la scène internationale. Les Dongria Kondh veulent empêcher Vedanta d’exploiter la bauxite située dans la montagne, vénérée comme un temple car elle abrite pour eux l’esprit du dieu Niyam Raja. Le 24 août 2010, le ministère indien de l’environnement a pris la décision de « geler » le projet.

La pression exercée par Survival International et d’autres ONG, comme Amnesty International, a conduit l’Église d’Angleterre à se retirer du capital de Vedanta (elle en detenait environ 6 millions de dollars en actions), suivie par d’autres investisseurs. Enfin, l’usine construite au pied des collines est loin d’être amortie par Vedanta.

a nalyse de la communIcatIon des entrePrIses mInIères 2 6 © Novethic 2011. Secteur minier

analyse de la communIcatIon des entrePrIses mInIères

méthodologIe

La communication de 23 entreprises minières cotées a été passée en revue pour analyser ce qu’elles disent des enjeux ESG auxquelles elles sont confrontées et de leurs rapports avec la société civile.

Recherche dans la communication des entreprises

Ont été passées en revue les sources publiques de communication des entreprises sur Internet uniquement (rapports annuels 2010 ou 2009 quand la version 2010 n’était pas encore disponible, rapports consacrés au développement durable ou à la responsabilité sociétale d’entreprise, sites internet de l’entreprise, en français et en anglais).

Recensement des enjeux de l’extraction minière mis en exergue par la société civile

Ont été passées en revue des sources publiques sur Internet, uniquement en français et en anglais entre mars et août 2011. Les problématiques liées à l’industrie extractive et les initiatives sectorielles ont été systématiquement recensées sur les sites Internet des ONG et réseaux internationaux d’ONG (WWF, Friends of the Earth, Oxfam…) faisant référence dans le secteur, ainsi qu’au sein des Forums sociaux mondiaux et régionaux.

Recensement des relations entre les entreprises minières du panel et la société civile

Recherches croisées sur Internet à partir de mots clés (ONG, société civile) et du nom de l’entreprise ou du groupe, en français et en anglais.

Les organisations qui travaillent sur les impacts de l’industrie extractive sont de taille hétérogène, de la petite organisation communautaire autour d’un enjeu très local à l’ONG internationale reconnue qui utilise son capital médiatique pour mener des campagnes sur les enjeux globaux du secteur. Leur nombre important, les relations qu’elles entretiennent entre elles et avec les entreprises, la diversité de leurs modes d’action et des thématiques qu’elles traitent, forment un paysage complexe.

Les travaux de la société civile dans certaines zones, russophones en particulier, se sont révélés peu accessibles.

Le mode de recherche ne permet pas d’appréhender certaines organisations locales mais très actives du fait de leur absence de visibilité sur Internet (dans les pays en voie de développement notamment).

Grille d’évaluation

Pour évaluer la transparence des entreprises minières sur leurs enjeux ESG et qualifier leurs relations avec les ONG, une grille de 18 critères listant les éléments requis dans leur communication a été établie. Les questions posées sont classées en quatre catégories : Réglementations et initiatives sectorielles, Parties prenantes externes, Environnement et Société. Elles recouvrent les points essentiels de relation entre ONG et entreprises du secteur minier. Elles sont détaillées de la page 32 à la page 46.

Le questionnaire initial comptait deux autres questions dont les réponses ne figurent pas dans l’étude : L’entreprise a-t-elle un poste dédié aux relations avec les ONG ? L’entreprise collabore-t-elle avec des ONG spécialisées dans la lutte contre la corruption ? L’absence d’informations sur ces deux sujets a conduit à les retirer de l’analyse mais ces points sont pourtant clés. Dans le premier cas, l’existence d’un poste dédié aux relations avec les ONG est souvent le signe visible d’une stratégie de relation spécifique avec la société civile. Dans le second, l’absence d’une communication spécifique sur la lutte contre la corruption en partenariat avec des ONG illustre la difficulté pour ces entreprises à aborder de front dans leur communication le sujet de la corruption.

classement des entrePrIses

c lassement des entrePrIses C OMMUNICATION ET DIALOGUE AngloAmerican Vale BHP Billiton Rio Tinto Xstrata Lonmin
c lassement des entrePrIses C OMMUNICATION ET DIALOGUE AngloAmerican Vale BHP Billiton Rio Tinto Xstrata Lonmin

COMMUNICATION ET DIALOGUE

AngloAmerican Vale BHP Billiton Rio Tinto Xstrata Lonmin
AngloAmerican
Vale
BHP Billiton
Rio Tinto
Xstrata
Lonmin

COMMMUNICATION

PARTIELLE

AngloGold Ashanti ArcelorMittal Areva Fresnillo Antofagasta Norilsk Nickel Randgold Vedanta Eramet Rusal Boliden
AngloGold Ashanti
ArcelorMittal
Areva
Fresnillo
Antofagasta
Norilsk Nickel
Randgold
Vedanta
Eramet
Rusal
Boliden
Imerys

OPACITÉ

ENRC Kazakhmys Evraz Glencore Severstal
ENRC
Kazakhmys
Evraz
Glencore
Severstal

entreprise AyAnt entre 15 et 10 réponses positives

On retrouve dans cette catégorie les meilleures entreprises du secteur en termes de communication. Elles font régulièrement référence aux ONG dans leurs rapports annuels et développement durable et les ont intégrées comme parties prenantes à part entière dans leur stratégie de RSE. Les six entreprises de ce groupe (AngloAmerican, BHP

Billiton, Lonmin, Rio Tinto, Vale, Xstrata) répondent positivement à plus de la moitié des questions listées dans la grille d’évaluation mais restent lacunaires sur certains enjeux ESG clés comme la lutte

contre la

sur certains enjeux ESG clés comme la lutte contre la AyAnt entre 4 e ntreprises réponses
sur certains enjeux ESG clés comme la lutte contre la AyAnt entre 4 e ntreprises réponses

AyAnt

entre

4

entreprises

réponses positives

Cette catégorie regroupe des entreprises qui communiquent sur leurs relations avec les ONG et ont pu mettre en place des partenariats intéressants (ArcelorMittal, Areva), mais aussi des entreprises qui, si elles mentionnent très peu les ONG, ont une stratégie de RSE développée (Boliden en étant la meilleure illustration), sans oublier, en bas de tableau de cette catégorie, des entreprises qui communiquent peu non seulement sur leur stratégie de RSE mais aussi sur leur relation aux ONG.

et

9

de RSE mais aussi sur leur relation aux ONG. et 9 AyAnt entre 1 e ntreprises
de RSE mais aussi sur leur relation aux ONG. et 9 AyAnt entre 1 e ntreprises

AyAnt

entre

1

entreprises

réponses positives

et

2

Cette dernière catégorie réunit des entreprises franchement opaques (ENRC, Evraz, Glencore, Kazakmys, Severstal) qui ne mentionnent quasiment pas les ONG et ont une stratégie de RSE balbutiante, voire inexistante. Elles n’ont aucun rapport de développement durable et les chapitres « Responsabilité

sociétale de l’entreprise » du site ou du

rapport

pauvres.

annuel sont particulièrement

» du site ou du rapport pauvres. annuel sont particulièrement © Novethic 2011. Secteur minier coté
» du site ou du rapport pauvres. annuel sont particulièrement © Novethic 2011. Secteur minier coté

© Novethic 2011. Secteur minier coté et risques ESG

29

a retenIr

Les grandes multinationales communiquent mieux que les entreprises de taille plus réduite…

Parmi les entreprises qui répondent positivement à plus de la moitié des critères identifiés, on retrouve 5 des 7 entreprises aux chiffres

identifiés, on retrouve 5 des 7 entreprises aux chiffres d’affaires 2010 les plus élevés (AngloAmerican, BHP
identifiés, on retrouve 5 des 7 entreprises aux chiffres d’affaires 2010 les plus élevés (AngloAmerican, BHP

d’affaires 2010 les plus élevés (AngloAmerican, BHP Billiton, Rio Tinto, Vale, et Xstrata). La taille et la diversité d’implantation de ces entreprises minières les exposent en effet davantage. Il paraît donc logique qu’elles aient des éléments de réponse plus nombreux. Certaines entreprises de taille modeste peuvent malgré tout, à l’image de Lonmin, communiquer de façon satisfaisante sur leurs enjeux et leurs risques.

…mais Glencore est l’exception qui confirme la règle.

Le n°1 du secteur minier se classe dernier ex-æquo pour sa communication sur les enjeux ESG, en obtenant une seule réponse positive et 17 négatives. Basé en Suisse, coté à Londres et générant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 100 milliards d’euros, présent dans de nombreux pays, le groupe ne publie paradoxalement, à l’heure actuelle, ni rapport annuel, ni rapport de développement durable.

ni rapport annuel, ni rapport de développement durable. Les entreprises du panel ont des relations floues
ni rapport annuel, ni rapport de développement durable. Les entreprises du panel ont des relations floues

Les entreprises du panel ont des relations floues et limitées avec les organisations représentant la société civile.

En dehors des entreprises qui ne mentionnent jamais le terme même d’ONG, les relations entre les entreprises et les organisations

de la société civile s’inscrivent dans un large éventail qui va d’une simple interaction pour certaines, jusqu’au partenariat stratégique de long terme pour d’autres. La qualité de l’information sur ces dimensions est par ailleurs inégale. Si plusieurs entreprises analysent les préoccupations des parties prenantes (notamment des ONG) en fonction des impacts que celles-ci ont sur leurs activités ou dressent des descriptions circonstanciées des partenariats mis en place avec elles, d’autres se contentent de se référer aux ONG de façon générique sans donner de précisions.

Les entreprises françaises ne se différencient pas. Depuis dix ans, les entreprises françaises cotées ont
Les entreprises françaises ne se différencient pas. Depuis dix ans, les entreprises françaises cotées ont

Les entreprises françaises ne se différencient pas.

Depuis dix ans, les entreprises françaises cotées ont une obligation légale d’informations de leurs actionnaires sur des enjeux ESG (article 116 de la loi sur les Nouvelles régulations économiques) mais cela ne

conduit pas les entreprises françaises du panel à faire preuve d’une transparence plus grande que les autres. Les trois entreprises françaises du panel (Areva, Eramet et Imerys) se situent dans la moyenne. Elles communiquent notamment peu sur leur relation aux ONG, Imerys ne les mentionnant pas du tout.

relation aux ONG, Imerys ne les mentionnant pas du tout. Les entreprises minières russes et kazakhes
relation aux ONG, Imerys ne les mentionnant pas du tout. Les entreprises minières russes et kazakhes

Les

entreprises

minières

russes

et

kazakhes

sont

plus

silencieuses.

Les sociétés basées en Russie ou au Kazakhstan communiquent très peu sur les questions de RSE et ne mentionnent quasiment pas

les ONG. En tant qu’entreprises cotées en Europe occidentale, elles devraient pourtant être en mesure de fournir une communication sur ce plan en anglais à destination de leurs actionnaires. Sur les quatre entreprises russes du panel, seule Norilsk Nickel publie un « Rapport sur la responsabilité sociétale de l’entreprise » en anglais, dans lequel des éléments de sa relation aux ONG sur l’année 2009 sont décrits. Il faut noter néanmoins que plusieurs des collaborations mises en place avec les ONG l’ont été sur le site minier de Stillwater Mining Company aux Etats-Unis, dont Norilsk Nickel détient 53 % du capital. Le développement d’opérations dans des territoires autres que les anciennes républiques soviétiques semblerait donc décisif pour pousser l’entreprise à communiquer sur ces questions. Par ailleurs, les grandes sociétés minières russes ont souvent, après leur privatisation dans les années 1990, continué à assurer une fonction sociale importante auprès des communautés (éducation, santé); elles témoignent toutes d’une forme d’engagement sociétal, définis en termes de « philanthropie », de « charity » ou de « mécénat », qui traduisent une approche des relations avec la société civile qui n’est pas d’ordre stratégique.

analyse détaIllée Par thématIque esg

a nalyse détaIllée Par thématIque esg r églementatIon et InItIatIves sectorIelles L’étude se penche ici sur

réglementatIon et InItIatIves sectorIelles

L’étude se penche ici sur le degré d’autorégulation du secteur au travers de l’adhésion volontaire des entreprises du panel à différents standards, initiatives et systèmes de reporting.

L’entreprise encourage-t-elle la mise en place de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) dans ses pays d’implantation (hors OCDE) ?

L’entreprise publie-t-elle le montant des impôts et droits d’exploitation versés dans ses pays d’implantation ?

Si son activité comprend l’extraction de diamants, l’entreprise applique-t-elle les principes du processus de Kimberley ou d’autres standards existants ?

L’entreprise est-elle signataires des Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains ?

L’entreprise applique-t-elle les principes du Pacte mondial ou le référentiel de la Global Reporting Initiative (GRI), notamment les directives du supplément « Mining and Metals » ?

• L’entreprise a-t-elle une position officielle sur le respect des principes, textes et conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ?

Les référentiels d’engagement volontaire

travail (OIT) ? Les référentiels d’engagement volontaire Initiative pour la transparence dans les industries

Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE)

L’ITIE a été lancée à l’initiative du gouvernement anglais. Elle fédère des États, des entreprises, des investisseurs et des ONG, l’une des principales étant Transparency international. Elle a publié en 2003 des principes dont la finalité est d’accroître la transparence des paiements et revenus dans le secteur des industries extractives. Les Etats signataires de ces principes s’engagent à rendre publics les montants des revenus liés à l’extraction qu’ils reçoivent, et les entreprises les montants versés afin

que les populations locales puissent en avoir connaissance. Elle partage l’objectif de la campagne « Publiez ce que vous payez » que les ONG mènent à destination des entreprises afin de permettre aux citoyens d’exiger des comptes quant à l’usage que leur gouvernement fait de la rente extractive afin de réduire les risques de détournement de fonds et de corruption.

L’ITIE a trouvé un prolongement dans Dodd Frank Act, une loi américaine signée le 21 juillet 2010 par le président américain Barack Obama. Celle-ci impose en effet aux compagnies pétrolières, gazières et minières enregistrées auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), de révéler publiquement leurs revenus ainsi que les versements, pays par pays, qu’elles effectuent auprès des gouvernements concernés. Toutefois, les principales compagnies pétrolières cotées à Wall Street font aujourd’hui pression sur la SEC et l’administration américaine afin que des dérogations soient autorisées pour certains pays (Angola, Chine, Qatar…).

Pacte mondialautorisées pour certains pays (Angola, Chine, Qatar…). Le Pacte mondial, ou Global Compact, a été lancé

Le Pacte mondial, ou Global Compact, a été lancé par les Nations Unies. Il comprend 10 principes que les entreprises signataires s’engagent à respecter, dans les domaines de l’environnement, des droits humains, des droits du travail et de la lutte contre la corruption. Elles sont pour cela tenues de publier annuellement une « Communication on Progress (CoP) », c’est-à-dire un document présentant les progrès réalisés au cours de l’année pour le respect des 10 principes.

Global Reporting Initiative (GRI)au cours de l’année pour le respect des 10 principes. Créée en 1997, la GRI a

Créée en 1997, la GRI a pour vocation de définir des standards de reporting de développement durable avec des déclinaisons sectorielles. La GRI publie des lignes directrices, régulièrement mises à jour, qui servent de référentiel aux entreprises pour l’élaboration de leur rapport annuel ou de développement durable. Il s’agit d’une démarche volontaire pour chaque entreprise, mais la vérification du respect de ses lignes directrices par la GRI est facultative.

La GRI comporte un supplément spécifique au secteur minier, « Mining and Metals ».

Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains Ils ont été lancés en 2000

Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains

Ils ont été lancés en 2000 pour répondre à une problématique spécifique du secteur extractif qui concernait les abus commis par des entreprises de sécurité et des armées nationales employées par les entreprises minières pour sécuriser les sites d’exploitation.

Seules 6 entreprises du panel sur 23 ont signé les Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains : AngloAmerican, AngloGold Ashanti, BHP Billiton, Lonmin, Rio Tinto et Xstrata.

Processus de KimberleyAshanti, BHP Billiton, Lonmin, Rio Tinto et Xstrata. Ce programme international de certification, lancé en 2003,

Ce programme international de certification, lancé en 2003, a rassemblé gouvernements, entreprises diamantifères et organisations de la société civile pour éviter que les pierres précieuses ne financent guerres et guérillas, comme cela avait été le cas au Liberia et en Sierra Leone. Il a également permis d’améliorer les rentrées fiscales de gouvernements éprouvés par le trafic illégal de diamants. En Sierra Leone par exemple, suite à l’application du processus de Kimberley, les exportations officielles de diamants « propres » sont passées de 10 millions de dollars en 2000 à 140 millions en 2005. Mais il est aujourd’hui remis en question depuis la certification donnée au Zimbabwe et à la République démocratique du Congo qui vendraient des diamants extraits de mines où l’armée est accusée d’exactions par de nombreuses ONG.

Sur les trois entreprises qui extraient des diamants (AngloAmerican, BHP Billiton et Rio Tinto), seule la filiale d’AngloAmerican, De Beers, fait référence au processus de Kimberley, auquel elle affirme se conformer.

au processus de Kimberley, auquel elle affirme se conformer. Les standards de durabilité sociale et environnementale

Les standards de durabilité sociale et environnementale de la Banque mondiale

Les conséquences environnementales et sociales de l’exploitation minière à très grande échelle, telle que la pratiquent les multinationales, les conduisent aujourd’hui à devoir prendre des engagements de conformité à des standards minimum qui leur permettent d’assurer et de financer leurs projets. Ceux de l’International Finance Corporation (IFC) jouent ce rôle dans le secteur minier.

Institution de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, L’IFC

a mis en place un cadre d’évaluation sociale et environnementale des projets, accompagné de 8 critères de performance. Cette évaluation « constitue un facteur déterminant dans sa décision de financement et définit le périmètre des conditions sociales et environnementales de ce financement ».

Ces standards, qui théoriquement s’appliquent stricto sensu aux projets financés par l’IFC, constituent une référence internationale en matière de maîtrise d’impacts en général.

Les critères, entrés en vigueur en 2006 et mis à jour en 2011, évaluent les aspects suivants de la vie d’un projet et de ses impacts :

1. Système d’évaluation et de maîtrise des risques et impacts sociaux et environnementaux

2. Conditions de travail

3. Optimisation des ressources et prévention de la pollution

4. Santé et sécurité de la collectivité

5. Acquisition foncière et déplacement involontaire.

6. Biodiversité et gestion des ressources naturelles vivantes

7. Populations autochtones

8. Patrimoine culturel

Depuis 2010, les grandes lignes de ces standards sont intégrées aux lignes directrices pour le secteur minier de la GRI, ce qui permet de faire converger en partie les référentiels volontaires d’engagement dans ce domaine.

référentiels volontaires d’engagement dans ce domaine. Principes volontaires sur la sécurité et les droits

Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains

L’ICMM, Conseil international des mines et métaux, a été créé en 2001 et regroupe :

20 entreprises minières et métallurgiques, dont AngloAmerican, AngloGold

Ashanti, Areva, BHP Billiton, Lonmin, Rio Tinto, Vale et Xstrata, qui font partie du panel de l’étude ;

31 fédérations nationales ou continentales d’entreprises minières ou

métallurgiques, parmi lesquelles Euromines, Eurométaux, l’International Copper Association et le World Gold Council.

Sa mission est de promouvoir la mise en place de bonnes pratiques de développement durable parmi ses membres, notamment grâce à des publications concernant les peuples autochtones, les droits humains, la planification de fermeture de mine intégrée ou la gestion des risques liés au mercure. L’ICMM exige par ailleurs une

certification par un tiers du bilan réalisé annuellement par chaque entreprise sur le respect des 10 principes de l’organisation :

1. Adopter et maintenir des pratiques commerciales éthiques et des systèmes rigoureux de gouvernement d’entreprise

2. Intégrer les questions de développement durable au processus décisionnel de l’entreprise

3. Défendre les droits fondamentaux de la personne et le respect des cultures, des coutumes et des valeurs dans les rapports avec nos employés et toutes les personnes touchées par nos activités

4. Mettre en œuvre des stratégies de gestion des risques fondées sur des données valables et des principes scientifiques objectifs

5. Chercher à améliorer continuellement notre performance en matière de santé et de sécurité

6. Chercher à améliorer continuellement notre performance environnementale

7. Contribuer à la conservation de la biodiversité et aux approches intégrées à la planification de l’utilisation du sol

8. Faciliter et promouvoir la conception, l’utilisation, la réutilisation, le recyclage et l’élimination responsables de nos produits

9. Contribuer au développement social, économique et institutionnel des collectivités dans lesquelles nous menons des activités

10. Mettre en œuvre, avec nos intervenants, des dispositions d’engagement,

de communication et de production de rapports indépendants qui soient efficaces et transparentes L’appartenance à l’ICMM repose sur le principe de la cooptation et seules les entreprises

s’engageant formellement à respecter ces principes peuvent intégrer l’organisation.

En conclusion, si ces initiatives et normes volontaires ont un effet d’entrainement incontestable, ils exposent les entreprises à une pression plus forte de leurs parties prenantes. En effet, les ONG contrôlent la réalité des engagements affichés et dénoncent avec d’autant plus de virulence des pratiques qui leur semblent contraires aux dits engagements. Dans le cas des entreprises silencieuses comme Glencore et les groupes russes et kazakhes, leur rôle est axé sur la dénonciation des pratiques existantes et le lobbying pour obliger les entreprises à les changer et à devenir plus transparentes.

Panorama des initiatives sectorielles auxquelles adhérent les entreprises du panel

 

itiE

pactE mondial

gri

Entreprises adhérentes

Entreprises signataires

Entreprises utilisant les lignes directrices

angloamErican

     

anglogold ashanti

     

antofagasta

     

arcElormittal

     

arEva

     

Bhp Billiton

     

BolidEn

     

EramEt

     

Enrc

     

Evraz

     

frEsnillo

     

glEncorE

     

imErys

     

KazaKhmys

     

lonmin

     

norilsK nicKEl

     

randgold

     

rio tinto

     

sEvErstal

     

rusal

     

valE

     

vEdanta

     

Xstrata

     

23

10

12

12

P artIes Prenantes externes : une communIcatIon lacunaIre quI reFlète les dIFFIcultés d ’ Intégrer

PartIes Prenantes externes : une communIcatIon lacunaIre quI reFlète les dIFFIcultés dIntégrer les ong comme des PartIes Prenantes à Part entIère

Ces questions ont pour objectif d’évaluer le degré de reconnaissance des organisations de la société civile par les entreprises minières, en cherchant à savoir si les ONG étaient intégrées comme des parties prenantes stratégiques à prendre en compte dans les politiques et les pratiques de l’entreprise, et si c’était le cas, à comprendre la manière dont cette reconnaissance était formalisée.

L’entreprise a-t-elle mis en place un processus formalisé de consultation des parties prenantes incluant des ONG ?

• L’entreprise a-t-elle mis en place une stratégie de relation aux ONG, incluant toute la chaîne de projet (des études en amont à l’évaluation) ?

• L’entreprise a-t-elle des partenariats avec des ONG sur des questions de RSE ?

Processus de consultation formalisé des ONG et stratégie de relations avec les ONG

11 entreprises sur 23, soit la moitié du panel, ont mis en place un processus de consultation formalisé des parties prenantes incluant des ONG. Une seule entreprise, AngloAmerican, obtient 3 réponses positives en ayant mis en place des partenariats avec des ONG sur des questions de RSE, un processus de consultation des parties prenantes, et une stratégie de relations aux ONG incluant toute la chaîne de projet. Elle a mis en place un processus dit SEAT (« AngloAmerican’s Socio-Economic Assessment Toolbox »), qui définit pour chaque projet les étapes à respecter et inclut la consultation d’ONG.

En revanche, de nombreuses entreprises ont procédé à une forme de consultation des parties prenantes à un moment ou à un autre du cycle de vie d’un projet. Onze d’entre elles développent des exemples ponctuels de consultation des parties prenantes.

Xstrata, par exemple, fournit une information plus détaillée en s’appuyant sur des données chiffrées. « Le processus de consultation des communautés locales a représenté une activité particulièrement importante ces deux dernières années, puisque nous avons accéléré notre rythme de développement de projets et d’expansion

des installations existantes. (…) Nous avons tenu près de 3000 réunions avec les parties prenantes en 2010, avec plus de 34 000 personnes présentes » (p. 89 du rapport de développement durable 2010).

Partenariats sur des stratégies de RSE

Si quasiment la moitié du panel (11 réponses positives et 12 réponses négatives) affiche l’existence de partenariats de RSE, ils ne sont pas tous de la même envergure. Ceux mis en place par AngloAmerican, Areva ou Vale semblent plus développés que les collaborations moins stratégiques et plus ponctuelles organisées par Fresnillo ou Norilsk Nickel.

AngloAmerican, en plus de programmes de formation et d’éducation à la performance sociale assez novateurs mis en place pour ses employés, travaille en partenariat avec l’ONG Care dans plusieurs régions du monde depuis 2003. Elles collaborent sur des programmes de lutte contre le VIH/SIDA au Lesotho et en Afrique du Sud, les deux acteurs partageant leur expertise en matière de prévention et de lutte contre la pandémie. Care s’appuie également sur son expérience du terrain pour aider AngloAmerican à mieux répondre aux besoins et aux attentes des communautés dans les régions où l’entreprise est implantée.

Le groupe Areva a quant à lui conclu un accord avec les associations Sherpa et Médecins du Monde portant sur la création, en 2009, d’observatoires pluralistes de la santé autour de ses sites miniers au Niger et au Gabon. Bien que contesté par certaines ONG, notamment par la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD), ce dispositif, placé sous l’égide des autorités des pays concernés, est une première mondiale. Il a pour objet l’étude de la santé des travailleurs dans les mines d’uranium d’Areva et de l’impact potentiel de celles-ci sur la santé des populations voisines. Si des cas de maladies imputables à ces activités minières étaient mis en évidence, les soins correspondants devraient être pris en charge par le groupe en respectant le taux de couverture médicale française.

Vale, assisté par des ONG, a développé de nombreuses collaborations avec des communautés autochtones à travers le monde. En Nouvelle-Calédonie, par exemple, l’entreprise a signé un pacte de développement durable avec la population kanake en octobre 2009, qui garantit la participation de celle-ci au suivi environnemental de Vale. Le partenariat porte aussi sur la préservation de la culture kanake en Nouvelle- Calédonie.

e nvIronnement : une communIcatIon déveloPPée maIs Incluant Peu les ong Ces questions permettent non

envIronnement : une communIcatIon déveloPPée maIs Incluant Peu les ong

Ces questions permettent non seulement d’avoir une idée générale de la stratégie de RSE des entreprises en matière de communication sur leur politique environnementale, mais aussi de regarder si elles mènent les politiques de maîtrise des impacts spécifiques à leur industrie en intégrant l’expertise des ONG environnementales, en particulier sur l’évaluation des impacts de leur activité.

L’entreprise a-t-elle une politique de maîtrise de l’eau et de l’énergie sur ses sites en partenariat avec des ONG ?

• L’entreprise a-t-elle une politique de réhabilitation des sites en fin d’exploitation en partenariat avec des ONG ?

L’entreprise réalise-t-elle des évaluations d’impact de son activité sur l’environnement et la biodiversité en partenariat avec des ONG ?

• L’entreprise travaille-t-elle avec des ONG sur le traitement de ses impacts sur l’environnement et la biodiversité ?

Si la communication sur la politique environnementale en général présente des éléments de reporting relativement développés, elle intègre peu les ONG expertes sur le sujet. Le nombre de réponses négatives (79) est six fois supérieur au nombre de réponses positives (13). Seule Vale répond positivement à 3 des 4 questions, suivie par AngloAmerican et Rio Tinto. Dans la mesure où les pratiques environnementales de ces entreprises sont particulièrement dénoncées par les ONG, il n’est pas surprenant de constater que le secteur est très loin de quitter le terrain de la confrontation pour rejoindre celui de la collaboration.

Politique de maîtrise de l’eau et de l’énergie

La plupart des entreprises ont des politiques environnementales définies à leur initiative, mais très rarement avec des ONG. Le meilleur exemple de cette stratégie est l’entreprise suédoise Boliden qui a une attitude proactive en matière environnementale bien qu’elle ne mentionne pas une seule fois les ONG dans son rapport de développement durable. Ceci s’explique sans doute par les conflits qu’elle a affrontés à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Boliden a en effet

été attaquée par le WWF et Greenpeace à la suite de la rupture de barrages liés aux mines que l’entreprise exploitait en Espagne et en zone arctique. Ces accidents médiatisés et leurs conséquences désastreuses (raz de marée de boues contenant des résidus métalliques hautement toxiques) ont incité Boliden à revoir sa politique environnementale et à en tirer les leçons qui s’imposaient.

Sur la question de la maîtrise de l’eau et de l’énergie, ArcelorMittal fait exception puisqu’elle a formé un comité de pilotage sur l’eau, auquel ont participé des ONG engagées dans l’initiative CDP Water Disclosure. Avec l’aide de celles-ci et d’autres parties prenantes clés, ArcelorMittal a pu identifier les axes prioritaires de développement pour sa stratégie de maîtrise de l’eau. Vale fait figure d’acteur particulièrement engagé sur la question de la maîtrise de l’énergie. Avec l’institut Ethos et le Sustainable Amazonia Forum, le groupe brésilien a supervisé la publication d’une « lettre ouverte au gouvernement brésilien pour le changement climatique », dans laquelle, pour la première fois, des entreprises industrielles brésiliennes s’engageaient conjointement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Sous l’impulsion de Vale, 30 entreprises avaient signé le document à fin 2009. Le groupe travaille également avec des ONG sur les questions de maîtrise de l’eau et de l’énergie dans le cadre d’un fonds dédié, le Vale Fund for Sustainable Development.

Evaluations et traitement des impacts de l’activité de l’entreprise sur l’environnement en partenariat avec des ONG

7 entreprises (AngloAmerican, BHP Billiton, Fresnillo, Norilsk Nickel, Rio Tinto, Vale, Xstrata) affirment travailler sur le terrain avec des ONG pour maîtriser leurs impacts sur l’environnement et la biodiversité, mais seulement deux (AngloAmerican et Vale) communiquent clairement sur les évaluations des opérations réalisées en partenariat avec des ONG.

AngloAmerican a inclus une norme de performance en matière de biodiversité au sein de sa politique environnementale (« The Environment Way »), qui requiert de tous les projets et opérations qu’elle mène des évaluations régulières de leurs impacts sur l’environnement. Plusieurs ont été menées en partenariat avec Fauna & Flora International, qui a aidé AngloAmerican à évaluer les risques auxquels ses sites étaient exposés en termes de destruction de biodiversité. Mais c’est surtout Vale qui se distingue sur la question des partenariats environnementaux avec des ONG.

Au travers du Vale Fund for Sustainable Development, Vale mène régulièrement des évaluations d’impacts et développe des programmes de conservation et de protection de la biodiversité avec les organisations locales.

Rio Tinto travaille sur ses impacts directs avec des ONG mais recourt également au système de land swaps (voir encadré). Le groupe a en effet mis en place des partenariats avec les ONG Conservation International, BirdLife International et Earthwatch Institute, qui l’aident à intégrer les problématiques de biodiversité dans sa politique environnementale et à mieux gérer ses impacts directs. Fauna and Flora International doit pour sa part aider Rio Tinto à avoir un «impact net positif » sur la biodiversité.

Le principe controversé des land swaps

Les land swaps reposent sur l’idée de compensation. Cela consiste pour l’entreprise à acheter des parcelles possédant les mêmes qualités en termes de biodiversité que celles qui sont exploitées et à en confier la gestion à une ONG pour compenser la détérioration de la parcelle exploitée par l’entreprise. Ce principe fait débat au sein des ONG environnementales. Certaines n’y voient qu’un subterfuge de la part des entreprises minières pour « verdir » leur image sans avoir à réduire leurs impacts directs sur leurs sites d’exploitation. Pour d’autres, les programmes de compensation comme les land swaps peuvent avoir du sens à condition d’être accompagnés d’un travail parallèle de l’entreprise sur ses impacts directs.

Politique de réhabilitation des sites avec des ONG

Seules 2 entreprises sur 23, Randgold et Rio Tinto, ont mis en place une politique de réhabilitation des sites en partenariat avec des ONG. Randgold, entreprise spécialisée dans l’extraction aurifère et implantée principalement en Afrique, a commencé à développer un projet agricole en partenariat avec des ONG (dont les noms ne sont pas cités dans le rapport annuel 2010), afin de réduire l’impact de la fermeture de la mine de Morila au Mali. Ce projet pilote devrait, d’après Randgold, permettre d’offrir des alternatives économiques intéressantes au travail de la mine et développer le commerce local. Rio Tinto a également mis en place plusieurs partenariats avec des ONG autour de projets de réhabilitation de sites miniers. En plus de travailler avec les Royal Botanic Gardens sur des techniques spécifiques de réhabilitation, Rio Tinto participe à l’«Eden Project», un jardin d’attraction à visée éducative situé dans le sud-ouest de l’Angleterre, dont l’objectif est de promouvoir une utilisation durable des ressources de la planète. Le projet a été développé sur un ancien site minier pour

fournir un exemple de réhabilitation de site après exploitation. L’objectif de ce partenariat est de développer un centre global pour la réhabilitation post mine.

D’autres entreprises (Areva, Lonmin) développent des exemples de réhabilitation de sites menés avec les communautés locales, mais sans préciser si des ONG sont associées ou pas à la démarche.

si des ONG sont associées ou pas à la démarche. s ocIété : une communIcatIon InsuFFIsamment

socIété : une communIcatIon InsuFFIsamment lIée aux ImPacts des actIvItés de lentrePrIse et Incluant Peu

les ong

L’entreprise démontre-t-elle l’existence d’un dialogue social local avec des interlocuteurs identifiés, syndicats ou ONG ?

• L’entreprise a-t-elle une position officielle sur le respect des droits humains (référence aux conventions et textes internationaux standards ou existence d’une charte interne) ? Et/ou sur le respect des droits des peuples autochtones (référence aux conventions et textes internationaux standards ou existence d’une charte interne) ?

L’entreprise réalise-t-elle des évaluations d’impacts de son activité sur les communautés locales (santé, sécurité alimentaire, sites et patrimoines intangibles) en partenariat avec des ONG ?

L’entreprise a-t-elle mis en place une politique de consultation et de compensation en cas de déplacement de population par rapport à la zone d’implantation du site minier ?

• L’entreprise a-t-elle des pratiques d’engagement sociétal avec des ONG ?

L’acceptabilité des activités minières repose en grande partie sur la capacité des entreprises à s’intégrer dans un territoire (respect des lieux, communautés et modes de vie) et à respecter les règlementations en vigueur mais aussi les droits humains et plus particulièrement ceux des populations autochtones. Les questions ci-dessus reçoivent un peu plus de réponses négatives que positives (67 réponses positives pour 71 réponses négatives), AngloAmerican, Areva, BHP Billiton, Eramet, Lonmin, Rio Tinto, Vale et Xstrata étant les entreprises les plus actives avec 4 réponses positives

ou plus sur les 6 questions.

Existence d’un dialogue social

18 entreprises sur 23 déclarent avoir établi un dialogue social mondial et local. La grande majorité des entreprises affirme consulter leurs salariés au travers des syndicats et dialoguer avec eux, et le justifie en s’appuyant sur le taux de syndicalisation. Certaines, comme Areva, font également référence aux cartographies des parties prenantes mises en place pour consulter les interlocuteurs clés, parmi lesquelles les ONG.

Politique de consultation et de compensation en cas de déplacement de population

6 entreprises sur 23 affirment avoir mis en place ce type de politique. Des réglementations nationales existent en matière de consultation et de compensation, mais leurs limites sont souvent pointées par les ONG, notamment en ce qui concerne les populations autochtones. Un quart du panel seulement affirme avoir mis en place une politique de consultation et de compensation en cas de déplacements de populations par rapport à la zone d’implantation du site minier (AngloAmerican, BHP Billiton, Lonmin, Randgold, Vale et Xstrata), alors que ce point est essentiel au regard des impacts sociétaux de l’implantation minière. De plus, il s’agit le plus souvent d’exemples ponctuels de consultation de populations plutôt que d’une véritable politique généralisée. Randgold reste ainsi assez évasif, tandis qu’AngloAmerican détaille dans son rapport de développement durable 2010 un cas unique de consultation des populations en Australie dans le cadre d’un projet d’exploration, sans préciser si la même logique prévaut à chaque fois pour tous les projets.

D’autres entreprises ont une approche globale et affirment calquer leur politique en matière de déplacement des populations sur celle des standards de l’IFC. BHP Biliton affirme ainsi que « dans les cas où le déplacement et la réinstallation de populations sont inévitables, ceux-ci doivent être menés en accord avec le standard 5 de l’IFC sur l’« Acquisition de terres et la relocalisation involontaire » et précise que « le principe du consentement préalable libre et éclairé, qui peut être défini comme le soutien de 100 % de la communauté, est seulement obligatoire là où il est clairement requis et défini par la loi ».

Les questions de l’appropriation des terres, des déplacements involontaires, de la réinstallation et de l’indemnisation des communautés demeurent malgré tout parmi les plus dénoncées par les ONG.

Vale au Mozambique : un cas exemplaire

Vale a relocalisé 980 familles au Mozambique, dans trois districts avoisinant la future zone d’exploitation minière, et a construit pour cela 300 nouveaux logements ainsi que des infrastructures de santé et d’éducation. Des « Knowledge Stations », des centres pour le développement économique et humain encourageant les activités culturelles, sportives et assurant des formations professionnelles, sont en cours d’implantation dans ces districts. Vale affirme avoir respecté les standards de l’IFC en matière de déplacement de populations (consultation, participation des communautés à tout le processus, recensement économique et social pour identifier les personnes à déplacer et réinstaller, mise en place d’un système pour recevoir les plaintes et y répondre…).

Evaluations d’impact de l’activité sur les communautés avec des ONG

L’étude préalable aux impacts est clé, mais quasiment aucune entreprise ne communique sur la réalisation d’évaluations d’impacts de son activité sur les communautés locales (santé, sécurité alimentaire, site et patrimoine intangibles) en partenariat avec des ONG, à l’exception d’Areva et de Vale. Ces deux entreprises affirment mener des évaluations de ce type avec des ONG mais de qualité différente. Areva le fait au travers de la mise en place d’observatoires de la santé près de ses sites miniers au Niger avec Sherpa et Médecins du Monde. Vale déclare simplement effectuer « des diagnostics socio-économiques » avec des ONG, sans développer davantage.

En revanche, plusieurs entreprises minières, notamment Eramet et Xstrata, mènent des évaluations d’impacts de leurs activités sur les communautés locales sans les ONG. En Indonésie, sur le site de Weda Bay Nickel, Eramet a lancé des études approfondies sur la santé publique, les habitudes alimentaires des populations locales et le patrimoine culturel. Le groupe français développe par ailleurs des études ethnographiques relatives à une population nomade présente sur et à proximité de la concession. Xstrata, de son côté, explique qu’elle « mène également des études initiales et des évaluations de risques pour mesurer les impacts socio-économiques

sur les communautés locales et sur la région à chaque stade du cycle de vie d’un site, et utilise les résultats pour accroître les bénéfices et anticiper et éviter les impacts négatifs ». Néanmoins de telles initiatives ne préservent pas ces deux entreprises des critiques émanant d’ONG.

Position officielle sur les droits humains et les droits des populations autochtones

Les entreprises minières sont souvent confrontées à la présence, dans les sites qu’elles souhaitent exploiter, de populations autochtones que l’exploitation minière peut pénaliser. C’est donc un sujet prégnant. Ceci explique que la majorité des entreprises ait une position officielle sur le respect des droits humains (19 sur 23) et pour 6, d’entre elles une position spécifique sur le droit des peuples autochtones (BHP Billiton, Eramet, Lonmin, Rio Tinto, Vale, Xstrata).

BHP Billiton et Rio Tinto font référence à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, tandis que Lonmin et Xstrata précisent qu’en tant que membres du Conseil international des mines et métaux (ICMM), ils soutiennent le document de prise de position de celui-ci sur les peuples autochtones. L’idéal serait plutôt de s’engager à respecter chacun de ces deux textes…

Engagement sociétal

Une grande majorité des entreprises (17 sur 23) témoigne d’une forme d’engagement sociétal avec des ONG. Les programmes mis en place (le plus souvent avec des ONG) sont assez proches et touchent des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, le développement d’infrastructures, le développement économique local, le sport, la culture, etc. Dans le meilleur des cas, ceux-ci sont mis en place après évaluation des besoins des communautés. On peut classer en trois grandes catégories leur degré d’engagement (voir graphique page 46).

Dans la première catégorie, on trouve les entreprises ne communiquant pas (Glencore) ou très peu sur leur engagement, que l’on peut qualifier de philanthropie classique et peu poussée. Dans la seconde, la plus importante, se placent celles qui ont un engagement philanthropique plus poussé et qui communiquent davantage, avec cependant des nuances importantes, entre les mentions peu détaillées de projets menées avec des ONG (2-), une communication moyenne (2) et une communication précise et chiffrée (2+). Le troisième niveau rassemble enfin les entreprises qui une

véritable stratégie d’engagement sociétal, au-delà de la philanthropie, intégrée à leur politique globale et explicitée dans leur communication. Cela permet aux observateurs de comprendre comment l’entreprise conçoit le lien entre ses actions et ses impacts sur les sites et les populations locales.

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et ses impacts sur les sites et les populations locales. 3   A rcelor M ittAl

3

 

ArcelorMittAl

BHP Billiton

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2

+

 

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Anglogold

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PoInts de vue croIsés sur le jeu dInFluence des PartIes Prenantes

Les enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) mis en exergue par les ONG à propos des activités minières ainsi que l’analyse de la communication des 23 entreprises du panel sur ce sujet permettent de mesurer l’étendue des lacunes à combler sur l’information mise à disposition des parties prenantes. Or cette information est importante pour les investisseurs qui intègrent des critères ESG dans leur gestion financière. C’est le cas, par exemple, des signataires des Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies (PRI). Les ONG qui font des campagnes contre certaines pratiques des entreprises minières s’efforcent de les mobiliser pour faire cause commune.

S’il s’agit encore d’un mouvement embryonnaire, il est intéressant de voir comment fonctionne l’usage complexe d’alliances destinées à inciter le secteur minier à changer de pratiques. Pour mieux le comprendre, l’étude réunit trois témoignages d’acteurs impliqués : une agence de notation extra-financière, EIRIS, une entreprise minière cotée, Eramet, et une ONG qui travaille sur le sujet, SHERPA.

EIRIS

EIRIS est une agence de notation extra-financière créée en 1983 au Royaume-Uni. Elle produit de l’analyse ESG pour le compte d’investisseurs sur 3000 entreprises dans le monde et des outils d’alerte sur les violations des grandes conventions internationales par les entreprises. En juillet 2010, quelques jours avant l’assemblée générale de Vedanta à Londres, EIRIS a publié un rapport sur l’activité de l’entreprise concernant la bauxite dans la région d’Orissa en Inde en partenariat avec Amnesty. Il montrait que l’absence de prise en compte réelle et sérieuse des enjeux ESG auxquels fait face une entreprise finit par peser sur son modèle économique. Il a servi d’alerte pour les actionnaires de Vedanta. Quelques mois plus tard, l’annonce du gel du projet indien a entrainé une chute de 30 % du cours de l’entreprise.

typhAine de Borne

AnAlyste senior

Selon vous, l’extraction minière est-elle un des secteurs les plus risqués pour un investisseur ?

Le secteur minier, comme l’industrie gazière et pétrolière, a la particularité d’être exposé à tous les types de risques environnementaux et sociaux possibles. Certains peuvent d’ailleurs avoir pour un investisseur des conséquences financières graves, notamment entraînées par la fermeture provisoire d’un site, due par exemple à des accidents mortels de mineurs, une pollution accidentelle, une sécheresse restreignant l’accès à l’eau indispensable à l’activité minière, la perte de la licence d’exploitation, etc. Le risque de réputation est également important pour les institutions investissant dans ce secteur, compte tenu des nombreuses violations de normes internationales constatées sur le terrain par diverses organisations.

Quel est le minimum à exiger auprès d’une entreprise minière de la part d’un investisseur pour limiter la prise de risques ?

La mise en œuvre des Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains, de l’Initiative pour la transparence des industries extractives, du Guide des bonnes pratiques de l’ICMM ou des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits humains (cadre de référence « Protéger, respecter et réparer » du représentant spécial John Ruggie adopté en juin 2011) sont un bon préalable pour limiter les risques d’un investisseur.

A quels risques vos clients investisseurs sont-ils les plus

attentifs concernant le secteur minier ?

Les investisseurs semblent correctement cerner les risques que constituent les impacts directs sur les populations voisines d’un site minier : pollution locale, atteinte à la biodiversité, accès à l’eau, déplacement de populations, recours à des forces de sécurité… Sans doute car ce sont ces risques qui sont le plus suivis par les ONG et relayés par les médias.

Un investisseur peut-il se contenter des documents publiquement

disponibles pour décider d’investir dans une entreprise minière ?

S’il souhaite identifier les risques ESG auxquels elle est exposée, mieux vaut l’interroger directement. Prenons un exemple : dans des régions politiquement instables, la sécurité des sites est confiée par les groupes miniers à des entreprises privées. Et les moyens utilisés par ces dernières pour remplir leur mission ne font pas l’objet d’une communication publique. Les interactions avec la sécurité publique (police, armée) non plus. Un investisseur doit donc contacter directement l’entreprise pour consulter les contrats et les procédures mises en place afin de s’assurer que ces gardes armés sont suffisamment cadrés pour éviter toute violation des droits humains. De même, il est préférable qu’un investisseur obtienne directement auprès de l’entreprise les évaluations complètes d’impacts sur l’environnement et notamment la biodiversité ou les détails des relations avec les populations locales.

ERAMET

ERAMET est l’une des trois entreprises françaises du panel de l’étude. C’est un des principaux producteurs mondiaux de métaux d’alliages, notamment de manganèse et de nickel, ainsi que d’aciers spéciaux à hautes performances, utilisés par exemple dans l’aéronautique. ERAMET a aussi d’importants projets dans de nouveaux métaux comme le lithium, le niobium, les terres rares, sans oublier le recyclage. Ce groupe minier coté emploie 14 000 personnes dans une vingtaine de pays sur les 5 continents. Il existe dans son périmètre actuel depuis 1999 et a absorbé des entreprises comme la néo-calédonienne Nickel SLN ou COMILOG au Gabon. Le développement actuel d’ERAMET ainsi que le projet Weda Bay de mine de nickel en Indonésie lui ont donné plus de visibilité et contribuent à attirer l’attention des ONG.

cAtherine tissot-colle

directrice de lA coMMunicAtion et du developpeMent durABle

Quelle est votre stratégie de communication sur votre politique de développement durable ?

Jusqu’à l’année dernière, notre culture d’entreprise était plutôt axée sur la discrétion. Nous ne privilégions pas la communication autour de nos engagements mais plutôt sur des actions déjà réalisées et sans mettre particulièrement l’accent sur la dimension Internet. Nous avons revu notre stratégie. La politique développement durable actuelle date de 2010, année où nous avons aussi adopté une charte éthique. Les mois suivants ont été consacrés au déploiement interne de cette politique. Nous voulions en quelque sorte « faire d’abord et dire ensuite ». Nous avons ajusté notre stratégie et décidé d’avoir plus d’ambition dans notre communication externe. Concrètement nous allons entièrement refondre notre site Internet d’ici le printemps 2012 et lancer des sites thématiques sur les projets qui font actuellement l’objet de campagne d’ONG comme celui de Weda Bay en Indonésie.

Ce projet vous a valu le prix Pinocchio des Amis de la Terre en 2010. Quelle a été votre réaction et comment travaillez-vous avec les ONG sur ce dossier dorénavant sensible ?

Il y a deux dimensions à retenir. La première c’est qu’il s’agit bien d’un projet sur lequel notre décision de lancer ou non ce projet de mine et d’usine de transformation du nickel ne sera prise que fin 2012. C’est un projet d’environ 3 milliards de dollars. Il est donc évident que, pour trouver les financements nécessaires, nous devons respecter les meilleurs standards internationaux sur les dimensions environnementales et

sociales du projet. Nous avons fait auditer le dispositif sur place par la MIGA, une organisation à laquelle collaborent les ONG. Elle nous a accordé sa certification en juillet 2010 mais nous avons sans doute commis l’erreur de ne pas communiquer plus sur cette garantie dont bénéficie le projet de Weda Bay, en particulier sur Internet. C’est un gage important de la crédibilité de nos opérations pour lesquelles nous avions jusque-là choisi d’avoir une communication très locale, en Indonésie même. Le prix Pinocchio nous a semblé injuste puisqu’il « récompense » en principe une stratégie de communication mensongère. Or, nous n’avions rien dit ou presque sur Internet concernant ce projet. Nous avons donc décidé de répondre sur le fond en lançant d’ici la fin de l’année un site dédié qui expliquera tous les programmes que nous avons mis en place localement en trois langues, française, anglaise et indonésienne.

Qu’est-ce que représente votre adhésion à l’ITIE et quels programmes développez-vous en lien avec cette adhésion ?

Elle est récente puisqu’elle date de 2011 mais cette adhésion est parfaitement cohérente avec la stratégie du groupe. Nous sommes prêts à respecter les principes de transparence prônés par cette initiative auxquels adhèrent des pays importants pour nous comme le Gabon. Nous sommes convaincus qu’il faut lutter contre la corruption, ce qui est l’objectif de l’ITIE, pour favoriser le développement et la démocratie. Cela créée finalement un environnement économique plus favorable pour des entreprises comme la nôtre.

Avez-vous des questions de vos actionnaires sur les enjeux ESG liés à votre activité minière ?

Notre conseil d’administration s’intéresse vraiment à cet aspect de notre stratégie. Il a d’ailleurs recruté comme administratrice la directrice développement durable de Total, Manoele Lepoutre. Nous commençons à recevoir quelques questions écrites d’actionnaires sur nos projets sensibles mais c’est encore très marginal. En assemblée générale nous n’avons eu, en 2010 comme en 2011, aucune question sur les volets ESG de nos grands projets. Ceci dit, nous espérons qu’à terme les investisseurs et les marchés feront la distinction entre les entreprises qui respectent les meilleurs standards environnementaux et sociaux de leur secteur et celles qui n’en font rien en donnant une prime aux premières. Ce n’est pas encore le cas, loin de là.

sherpA

SHERPA est une organisation à but non-lucratif créée en 2001 pour protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques. Elle rassemble des juristes et des avocats venus de divers horizons, et travaille en collaboration avec de nombreuses organisations de la société civile à travers le monde. Ses campagnes ont deux axes principaux : la dénonciation de la fuite illicite des capitaux et l’incitation à la mise en place d’un cadre juridique contraignant envers les entreprises transnationales concernant la RSE, c’est-à-dire la façon dont elles intègrent les enjeux sociaux et environnementaux liés à leurs activités commerciales ainsi que leurs relations avec leurs parties prenantes.

sAndrA cossArt

responsABle du progrAMMe gloBAlisAtion et droits huMAins

WilliAM Bourdon

president

Pour une ONG comme Sherpa quels sont les axes d’interpellation d’entreprises minières ?

Les entreprises minières ont la caractéristique de cristalliser à peu près l’ensemble des problématiques liées aux enjeux environnementaux, sociaux, économiques et de gouvernance. De par la nature même de leurs opérations et des pays dans lesquels elles opèrent, elles cumulent bien souvent dommages environnementaux, violations des droits humains et faible gouvernance.

Les axes d’interpellation sont donc multiples pour une ONG comme SHERPA dont l’angle est d’utiliser le droit comme outil aux services des victimes. « Les forces innovantes du droit », comme nous avons été surnommés, se doivent donc d’imaginer de nouveaux recours, qu’ils soient judiciaires, extra-judiciaires (appelé aussi « droit mou ») ou hybrides pour contraindre les multinationales à davantage de responsabilité au regard de leur activités.

L’obstacle principal aujourd’hui est celui de l’autonomie de la personne morale invoquée par les groupes pour opposer leur irresponsabilité s’agissant des dommages causés par leurs filiales. Nous considérons que le droit, tel qu’il existe, offre des pistes d’action et nous sommes convaincus que les engagements pris par les maisons mère en faveur du développement durable les rendront de plus en plus comptables des agissements de leur filiales et peut être demain de leurs fournisseurs.

La faiblesse de l’information disponible chez les 23 entreprises de notre panel vous surprend-elle ?

Malheureusement, ce constat ne nous surprend nullement. Nous sommes convaincus, depuis toujours, que tant que la publication des informations extra financières relèvera de la seule bonne volonté des entreprises, et sans réelle sanctions à la clé, nous n’obtiendrons guère plus que ces balbutiements souvent tactiques. Ce manque d’information et de transparence n’est-il pas d’autant plus choquant à l’heure où ces multinationales disposent et mettent en œuvre des moyens de communication encore jamais égalés pour nous persuader qu’ils sont les nouveaux bienfaiteurs de l’humanité ? Cette information, pour être utile, non seulement à l’entreprise mais également aux acteurs de la société civile, doit être pertinente, fiable et comparable d’une entreprise à l’autre et d’une année sur l’autre mais également accessible aux différentes parties prenantes ; cette condition doit permettre de prévenir certains impacts négatifs et réduire le nombre des victimes. Face à la pression et l’organisation de la société civile locale et internationale, les entreprises minières pourront de moins en moins se contenter de constater les dommages sans conséquences sur leurs activités, ainsi que l’illustre le cas de Vedanta en Inde.

En quoi peut-elle constituer un risque juridique et de quelle nature ?

Le risque juridique n’est pas déconnecté du risque financier sur ces enjeux ESG. Par exemple, les risques de blocage d’un projet d’exploitation peuvent ouvrir des droits à compensation pour des partenaires financiers ; les risques en termes de sécurité du personnel peuvent ouvrir des droits pour celui-ci à dommages et intérêts. Les entreprises peuvent également perdre leur droit à opérer dans un pays (« Licence to operate ») et se voir ainsi priver de contrats importants. Plus généralement, le risque d’un procès, sans même mentionner celui d’une condamnation financière, peut représenter un coût financier exorbitant. Pour preuve, la condamnation de Texaco/ Chevron par une cour équatorienne à plus de 8 milliards de dollars de dommages et intérêts (portés à 18 milliards si Chevron ne publie pas d’excuses publiques) dans un procès qui a duré 18 ans.

Or ces risques ne peuvent que s’intensifier dans un contexte économique mondial en crise et de raréfaction des ressources. Les « global managers » doivent donc comprendre que, à terme, le reporting des informations extra financières permet une meilleure prévention des risques, et par conséquent une réduction des coûts négatifs a postériori.

Vous êtes à l’origine d’une saisine du Point de contact suisse contre l’entreprise Glencore ?

En effet, SHERPA, avec 4 autres associations, a déposé une plainte, appelée « circonstance spécifique » dans le vocabulaire de l’OCDE, devant les points de contact national (PCN) suisse et canadien à l’encontre de Glencore et de First Quantum pour les manipulations financières et comptables auxquelles leur filiale zambienne, Mopani, a recours afin de se soustraire à l’impôt sur place.

Les faits dénoncés s’appuient sur les résultats d’un audit réalisé en 2009 à la demande du gouvernement zambien avec l’appui du gouvernement norvégien par les cabinets Grant Thornton et Econ Pöyry. Parmi les anomalies constatées, une augmentation inexpliquée des coûts d’exploitation, des volumes déclarés de production de cobalt étonnamment faibles par rapport à d’autres entreprises minières de taille comparable opérant dans la région, et des manipulations des prix du cuivre dans le cadre des ventes au profit de Glencore, en violation du principe de pleine concurrence tel que défini par l’OCDE.

Ces différents procédés ont permis d’abaisser de plusieurs centaines de millions de dollars les recettes de Mopani pour la période 2003-2008 et par conséquent d’alléger considérablement le montant de son imposition. Ces violations sont d’autant plus déplorables que le consortium Mopani opère dans un contexte fiscal déjà très attractif et favorable à l’investissement étranger bénéficiant notamment d’importants avantages et exemptions fiscales accordés par l’État zambien.

Notre action repose sur le constat que l’évasion fiscale des multinationales représenterait, chaque année en moyenne depuis dix ans, une perte de 400 à 440 milliards de dollars pour les pays en développement.

Que risque l’entreprise ? Quel a été l’impact de ce dépôt de plainte ?

Rappelons qu’il s’agit d’une procédure extra-judiciaire. Nous attendons des PCN saisis qu’ils constatent la violation des principes directeurs de l’OCDE par Glencore et First Quantum, qu’ils s’assurent que ces entreprises rétrocèdent à l’autorité fiscale zambienne les taxes impayées et enfin qu’ils obtiennent des entreprises visées un engagement de se conformer scrupuleusement aux principes directeurs de l’OCDE ainsi qu’aux lois et règlements applicables en Zambie.

Après l’annonce de l’exclusion de Glencore des prêts accordés par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) le temps qu’elle mène une enquête interne, le gouvernement zambien a paru envisager de réclamer à la multinationale suisse les taxes impayées en Zambie. Ce nouveau rapport de force en faveur d’une justice fiscale démontre à quel point il est important que l’Europe soutienne les États victimes d’évasion fiscale, et refuse notamment d’attribuer des prêts de la BEI aux entreprises qui la pratiquent. Enfin, le PCN suisse vient d’accepter le dépôt de plainte et examinera donc l’affaire.

Pour autant, nous sommes conscients des limites de ce ‘droit mou’ qui est insuffisant ; mais pour qu’il y ait contrainte, il doit y avoir pression de la société civile et des consommateurs or les entreprises minières y sont peu sensibles et donc peu réactives au tribunal de l’opinion. Elles seront cependant amener à le devenir de plus en plus, comme nous le prouve la position récente de Glencore.

Pensez-vous qu’une absence de communication RSE est compatible avec la cotation sur les marchés boursiers ?

Qu’une entreprise de la taille de Glencore rentre sur le marché de la cotation sans que les investisseurs ne lui imposent plus de transparence est édifiant et démontre une fois de plus que la valeur pour l’actionnaire reste malheureusement encore uniquement indexée sur la rentabilité financière à court terme. Que la cotation en bourse facilite, dans certains cas, la transparence, ne doit pas occulter que le véritable ressort boursier reste l’augmentation de la valeur cotée.

Force est de constater que les questions de développement durable, de transparence, de respect des droits de l’homme et de l’environnement ne doivent donc pas être laissées exclusivement à l’appréciation des actionnaires et investisseurs, fussent- ils des investisseurs socialement responsables, mais exigent une réglementation nationale, européenne et internationale.

conclusIon

Les impacts environnementaux tout comme les enjeux sociétaux, et notamment les questions de la répartition des richesses, de l’intégration dans les territoires et du respect des cultures locales, sont des sujets qui continueront à nourrir les actions et interpellations des ONG locales et internationales. Ils vont peser sur l’octroi des droits d’exploitation des sites, indispensables aux entreprises minières, et peuvent conduire à remettre en cause ceux déjà accordés. Les gages demandés en termes de respect des populations et de l’environnement devraient aller croissant pour obtenir des financements publics mais aussi garder des investisseurs de long terme qui prennent en compte des critères ESG dans leurs politiques d’investissement.

Les risques que va devoir affronter le secteur minier dans les années à venir vont devenir de plus en plus aigus et complexes à gérer. Les investisseurs ont donc deux options. La première consiste à favoriser le rendement de court terme qu’apportent les cours élevés des matières premières issues de l’extraction. Les profits affichés par les entreprises aux méthodes moins-disantes en matière de gestion des impacts peuvent sembler, au premier abord, plus intéressants. Cependant, la pression des ONG augmentant, cela peut mettre à mal certaines de leurs opérations, leur réputation et donc, in fine, avoir un impact négatif sur leur cours de bourse.

Besoin de transparence

La seconde option pour les financiers consisterait, à l’inverse, à favoriser les entreprises qui peuvent avoir parfois une rentabilité immédiate moins forte mais qui limitent leurs risques ESG. Pour que ce type d’investissement se révèle fructueux à moyen et long terme, il faut pouvoir miser sur les acteurs qui ont clairement identifié ces risques et y apportent des réponses convaincantes. Cela suppose que les investisseurs disposent d’une information de qualité sur les dimensions environnementales et sociales des projets miniers en provenance des entreprises. Quoi qu’il en soit, ils peuvent jouer un rôle important auprès des groupes miniers cotés pour obtenir plus de transparence et de meilleures pratiques sur la gestion des impacts de leurs activités sur les territoires où ils opèrent.

Le mode de relations qu’entretient la grande majorité des entreprises du panel de cette étude avec les ONG montre le chemin qu’il reste à parcourir pour qu’elles développent des stratégies associant ces organisations et contribuant à optimiser la gestion de leurs risques ESG. Les ONG peuvent, le cas échéant, leur apporter des connaissances et des savoir-faire sur des territoires et des populations pour lesquels

© Novethic 2011. Secteur minier coté et risques ESG

57

l’expertise des entreprises reste limitée. Même les partenariats existants sont souvent mal valorisés. Insuffisamment relayés et expliqués, ils ne contribuent pas assez à l’amélioration de la perception des entreprises.

58

L’affichage d’engagements volontaires sectoriels ne suffit pas, bien qu’il constitue une première étape indéniable vers une meilleure gestion des impacts environnementaux et sociaux des activités de l’entreprise. Une fois qu’elle a adhéré à un ou plusieurs

référentiels (ITIE, Principes Volontaires sur la sécurité

compte de ses actions dans le domaine concerné, et les ONG, les États et la société civile seront alors d’autant plus vigilants à ce que ces engagements soient suivis d’actes. Pour mesurer leur progression, il est indispensable que les entreprises se donnent publiquement des objectifs et communiquent sur leur degré d’atteinte. Dans ce domaine, le secteur minier coté a incontestablement une marge de progression tout à fait importante.

l’entreprise doit rendre

),

© Novethic 2011. Secteur minier coté et risques ESG

sommaIre

introduction

3-4

pAnel

5

les enjeux et risques du secteur Minier Mis en exergue pAr les ong

6-25

Les enjeux environnementaux

7-10

Les enjeux sociétaux

10-13

Les enjeux de gouvernance

14-16

Panorama des relations ONG / entreprises

17-18

les risques liés à lActivité des ong

19-25

Des angles d’attaque multiples pour des enjeux de plus en plus intégrés

19-21

Du risque opérationnel local au risque de réputation global

22-24

Faible réponse publique des entreprises sur leurs risques avérés

24-25

AnAlyse de lA coMMunicAtion des entreprises Minières

26-46

Methodologie

27-28

clAsseMent des entreprises

29-31

À retenir

30-31

AnAlyse détAillée pAr théMAtique esg

32-46

Réglementation et initiatives sectorielles

32-36

Parties prenantes externe : une communication lacunaire

37-38

Environnement : une communication développée mais incluant peu les ONG

39-42

Société : une communication insuffisamment liée aux impacts de l’entreprise

42-46

points de vue croisés sur le jeu dinfluence des pArties prenAntes

47-55

Interview de Typhaine de Borne, EIRIS

48-49

Interview de Catherine Tissot-Colle, ERAMET

50-51

Interview de Sandra Cossart et William Bourdon, Sherpa

52-55

conclusion

56

Les études RSE de Novethic

Novethic analyse les pratiques de communication des entreprises sur des thématiques Environnementales, Sociales ou de Gouvernance (ESG) spécifiques, susceptibles d’intéresser les investisseurs par l’impact qu’elles peuvent avoir à moyen, long terme sur les entreprises. L’objectif est de regarder si les stratégies et la communication RSE des entreprises répondent ou non aux attentes d’investisseurs prenant en compte des critères extra-financiers.

Ces études portent sur des thématiques encore émergentes mais déjà suffisamment présentes dans le débat public et susceptibles de concerner un nombre significatif

d’entreprises cotées européennes appartenant à différents secteurs d’activité.

appartenant à différents secteurs d’activité. Filiale de la caisse des dépôts, Novethic est un centre de

Filiale de la caisse des dépôts, Novethic est un centre de

recherche sur l’investissement Socialement Responsable

(ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE),

ainsi qu’un media expert sur le développement durable.

www.novethic.fr

media expert sur le développement durable. www.novethic.fr Be-linked Business & Community Intelligence est un

Be-linked Business & Community Intelligence est un cabinet

de conseil en stratégie et en management totalement dédié

à la relation ONG-Entreprise. Notre mission est d’intégrer

les relations aves la société civile au cœur de la stratégie

de l’entreprise, pour créer, par l’innovation, de la valeur

économique, sociétale et environnementale durable.

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