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Nous auteurs et réalisateurs travaillant dans les régions, qu’avons nous à dire

sur le projet de loi du gouvernement concernant le “nouveau service public


audiovisuel “ ?

Le rendez vous raté de la décentralisation Nous


considérons que la télévision de service public est un bien commun qui
appartient au peuple français tout entier dans le respect de sa diversité.
A ce titre, comme la scam et comme toutes les associations de réalisateurs nous
partageons la même inquiétude sur ce plan de casse du service public de
télévision.
Si la suppression de la publicité est une mesure qui permet d’etre moins
dépendant des annonceurs et d’aller vers plus d’indépendance et de création,
nous y souscrivons volontiers. Force est de constater que c’est désormais le chef
de l’etat qui nommera et révoquera directement le président de France télévision
et que le financement du service public sera fragilisé car dépendant, chaque
année, des recettes provenant d’autres usages : taxe sur la publicité diffusées par
les chaînes de tv et et taxes sur communications électroniques. Cela conduit à
une conception du service public où l’etat n’est plus seulement une autorité de
tutelle qui finance un bien commun mais un service sous contrôle direct de l’etat,
privé des moyens de construire dans la durée et l’indépendance ses offres de
programmes.

A propos de la suppression de la publicité , nous remarquons que seules les


antennes nationales sont concernées puisque , au chapitre 4, le projet de loi
précise que “la publicité reste autorisée sur les décrochages régionaux de France 3 ainsi que
sur les autres services de communication audiovisuelle édités par la société et leurs sites
internet.”
Le projet de loi renforce la centralisation
Malgré les propositions entendues au sein de la commission Copé, le projet de
loi ne reprend pas le projet de décentralisation des chaînes régionales
organisées en sept ou huit grands pôles régionaux. A l’inverse de ce que
pratiquent nos voisins Européens, la télévision publique française accentue
encore sa centralisation en organisant une politique de “média global “ et en
allant vers la constitution d’une entreprise unique. La centralisation jouera au
niveau des unités de programmes, au motif de réaliser la mutualisation des
moyens mais avec le danger de supprimer la nécessaire diversité éditoriale.
Pour nous, la décentralisation passe par la constitutions de télévisions régionales
de plein exercice fonctionnant en réseau pour favoriser la production de films de
création. Nous soulignons qu’ aujourd’hui, les avancées réalisées au début des
années 90 dans les antennes régionales sont remises en cause : réduction des
budgets de co production ,réduction des espaces d’antenne, réduction des
moyens techniques régionaux au sein des URP.
Nous alertons la Scam sur le fait que le danger principal n’est pas seulement
dans la mise sous tutelle des antennes régionales par les élus ( voir texte de
laScam sur le projet de loi) mais bien l’asphyxie pure et simple dans la production
de films de création. et une recentralisation de ces antennes à qui on ne laisserait
plus que de l’info de proximité.
Nous pensons qu’il est temps que la SCAM prenne position pour défendre la
diversité de la création dans les régions et prenne en compte l’existence
professionnelle des auteurs hors Paris.
La bataille pour le maintien de ce bien commun qu’est la télévision publique
passe par une défense commune d’un véritable projet de décentralisation
audiovisuelle .

. Note : rappel texte de la Scam - pour le maintien de la dimension régionale de


France3. La chaîne des régions ne doit pas devenir la tribune des élus locaux,
une télévision régionale d’Etat qui, via le sponsoring, proposerait des magazines
et des documentaires faisant état des dernières réalisations du conseil
régional ou départemental, comme cela est parfois déjà le cas.