FONDATION LE RELAIS

Rapport annuel

2010

Note : dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le présent document utilise parfois le masculin pour désigner des personnes de l’un ou l’autre sexe.

Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

Sommaire

2 3 5 6 8

La Fondation

Mot du Président

Mot du Directeur

Secteur Direction & coordination

Secteur socio-éducatif

18 26

Secteur insertion socioprofessionnelle et formation

Résultats financiers

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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

La Fondation
Foyer SPI SECTEUR SOCIOÉDUCATIF ASEMO Relais-Contact Relais 10 Rel Aids
ORGANE DE REVISION

CONSEIL DE FONDATION
BUREAU DU CONSEIL
SECTEUR FORMATION ET INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE

DIRECTION
COMPTABILITE

Entreprises d insertion CEFIL Impulsion ELAN

ORGANE DE REVISION

SECRETARIAT COMMUNICATION

SECTEUR COORDINATION

Rel ier

Le Relais en 2010 c’est :
11 structures réparties dans les cantons de Vaud et Genève Un financement des 3 niveaux institutionnels suisses

Plus de 2’100 personnes bénéficiaires d’une prestation de la Fondation

Plus de 60 places de travail de réinsertion

10 entreprises d’insertion qualifiantes dans 14 métiers

66 appartements de transition

14 lits dans un foyer résidentiel

Une centaine de collaborateurs, 30 intervenants extérieurs, 27 apprentis et 20 stagiaires HES et UNIL

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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

Jean-Pierre Lador Président du Conseil de Fondation

La Fondation Le Relais, ex-Association du Relais, fête cette année ses 40 ans d’existence ! On dit volontiers que 40 ans, c’est « l’âge de raison » . Mais c’est aussi la « force de l’âge ». Finalement peu importe ! Il n’en reste pas moins que le 15 décembre 1971, grâce à l’Office du Tuteur général, au Service vaudois du patronage et à l’Office vaudois antialcoolique, sorte de pionniers particulièrement visionnaires, l’Association du Relais, de même que le Foyer du Relais, ont vu le jour. Il s’agissait alors d’offrir à toute une frange de population particulièrement déshéritée, une alternative à l’emprisonnement et une possibilité de se réinsérer dans la vie active tout en bénéficiant d’un accompagnement socio-éducatif. Au fil des années et pour répondre à de nouveaux besoins, cette Association s’est particulièrement étoffée par la création de nouvelles structures telles que, par exemple, l’ASEMO (Action socio-éducative en milieu ouvert ) en 1979, la Boulangerie St-Louis à Morges en 1983, l’Atelier d’ébénisterie CARROM, la Brocante St-Louis, le Service Traiteur « Aux Bons Plats » et le « Service Déménagement » en 1986 et 1987 préfigurant la création des actuelles « Entreprises d’insertion », le CEFIL (Centre d’études et de formation intégrée du Léman) en 1995, REPÉRAGE d’abord à Renens puis à Payerne et à Yverdon-les-Bains, structure destinée à la réintégration sociale et professionnelle des personnes au bénéfice du Revenu Minimum de Réinsertion (RMR), respectivement en 1998, 1999 et 2000, Impulsion à Renens entre 2001 et 2002. A cette liste de stuctures, qui n’est de loin pas exhaustive, il convient d’ajouter tous les programmes de formation et autres projets-pilote que sont Alamo et A-Tics (2005), FORJAD et Cours pour « Responsable d’immeubles » en 2006, ELAN et VALORE en 2008. N’oublions pas non plus la création du Tea-Room PLAN B, de NET-SERVICES et d’un secteur pâtisserie-confiserie en 2007 ! C’est volontairement que j’ai abrégé cette liste, mais elle nous donne indéniablement une idée du dynamisme impressionnant de notre Association, aujourd’hui Fondation Le Relais, dont le rayonnement n’est plus à démontrer. Nous pouvons être fiers de ce formidable « outil de travail » et je ne peux que lui souhaiter longue vie. C’est l’occasion de remercier tous les acteurs anciens et actuels qui ont contribué et contribuent à l’essor de notre institution, tout en rappelant que sans l’engagement responsable de nos collaborateurs, la mission confiée par nos autorités ne serait pas possible. Que la fête soit belle !

40 ans de dynamisme

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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

« Les bâtiments dénoncent  aussi une société qui se  cache, se voile la face derrière du béton, refusant sûrement de se rendre à une  triste réalité sur le logement  et sur ses difficultés.

Oubliant que l’accès au logement est un droit pour chacun. Les gérances ont des critères  qui sont de plus en plus pointus. Un dossier parfait est très  rare, il suffit d’un rien pour  qu’un logement vous passe  sous le nez ».
        Aurèle

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Jean-Claude Pittet Directeur

La Fondation entre dans sa 40e année d’existence, le Foyer du Relais a été la première structure de la Fondation qui en compte aujourd’hui plus de 10. Ces structures sont actives dans le travail social résidentiel et ambulatoire, la formation professionnelle de jeunes adultes et la formation continue d’adultes momentanément sans emploi, la coordination de programmes fédéraux ou cantonaux, ainsi que dans la conduite de recherches en travail social. En remontant l’histoire de notre organisation, on s’aperçoit aussi que le Relais a participé à la création de plusieurs autres institutions qui ont trouvé leur place dans le dispositif cantonal. Quelle est donc l’origine de cette créativité ? En tout premier lieu, il y a l’élan vital de tout organisme : une propension naturelle à se développer. Il y a également la prise de risques, sans laquelle il n’y a pas de croissance, mais une prise de risques soucieuse de la performance économique. Cette croissance n’aurait pu se faire sans le militantisme à tous les étages de l’organisation et le souci de documenter les problèmes rencontrés au quotidien par les acteurs du terrain. Il en a été ainsi de l’aide aux personnes atteintes dans leur santé par des maladies virales, aux jeunes sans formation ou en situation d’illettrisme et, plus récemment, aux personnes sans logement. C’est aussi, je crois, la défense d’une vision humaniste qui met l’homme au centre de notre action et qui n’a pas failli tout au long de ces quatre décennies. La question de l’accès au logement est plus que jamais au centre des préoccupations des résidents du Foyer, des jeunes en formation dans nos entreprises d’insertion, des personnes orientées sur nos structures ambulatoires et également des personnes au Revenu d’Insertion (RI) qui bénéficient des mesures d’insertion du CEFIL ou d’Impulsion. Ces derniers ont produit récemment une publication ayant pour titre « Objectif logement : un regard de jeunes adultes sur le logement 1». Les expériences contées et illustrées par ces jeunes adultes montrent comment le logement est devenu la pierre angulaire de tout projet d’insertion professionnelle mais aussi sociale et nous avons choisi de produire des extraits de ces histoires douces-amères dans notre rapport d’activité 2010. A l’heure où la Suisse n’a probablement jamais été aussi riche, où les records de croissance économique se combinent avec une forte progression démographique, à l’heure où l’arc lémanique n’a jamais autant attiré d’entreprises étrangères et d’expatriés et créé autant d’emplois, il est tout de même paradoxal que le nombre de personnes qui doit recourir au dernier filet de protection sociale explose littéralement. Le paradoxe est encore plus criant quand on sait que ce phénomène concerne également la jeune génération dont le coût de l’exclusion, tant social qu’économique, sera très élevé. Tous ces éléments réunis laissent entrevoir que le développement d’organisations telles que le Relais n’est pas terminé et je formule l’espoir que notre société saura à l’avenir concilier capitalisme débridé et préoccupation du bien commun.
1

Logement et insertion professionnelle

disponible sur www.relais.ch/impulsion

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Secteur Direction & coordination
ADMINISTRATION - REL’IER - CRIAD
C’est à un rapport d’activité rassemblé et plus concis auquel nous vous convions cette année. Nous voulons avec cette nouvelle présentation, fournir des informations concentrées autour de quatre grands pôles : la Direction générale de l’institution et les mandats de coordination confiés à la Fondation Le Relais; le secteur socio-médicoéducatif qui rassemble la structure résidentielle, les quatre unités ambulatoires et l’équipe de travailleurs sociaux hors-murs de Rel’aids; les structures dont le mandat est l’insertion sociale et professionnelle, soit les Entreprises d’insertion, le CEFIL, Impulsion et Elan et enfin, la gestion financière de l’institution et les états financiers annotés et révisés.
Le pari de cette nouvelle formule est de gagner en lisibilité et en cohérence afin de faciliter la compréhension de nos activités diversifiées, de limiter les redondances liées à certaines problématiques communes rencontrées par les professionnels du Relais et donner davantage de force aux principaux constats effectués par les collaboratrices et collaborateurs de la Fondation. commissions ont été plus nombreuses et ont consisté à traiter des éléments plus techniques autour de la gestion des biens immobiliers, de l’analyse des risques, de la répartition des responsabilités entre le Conseil de Fondation et les membres de la Direction, et des travaux préparatoires liés aux séances de Conseil. Depuis le 1er janvier, les 17 organisations membres de la CRIAD et actives dans le domaine ambulatoire sont au bénéfice du renouvellement du contrat des prestations entre la CRIAD et l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) pour les quatre années à venir (2011-2014). Pouvoir continuer de bénéficier des subventions de l’assurance-invalidité est une excellente nouvelle compte tenu, d’une part, des importantes économies entamées actuellement dans le cadre de la 6ème révision de cette assurance et, d’autre part, des intentions de l’Office qui avait annoncé, il y a quelques années, son intention de ne plus financer du tout les institutions ambulatoires du secteur des dépendances dès 2010.

Gouvernance
La composition du Conseil de Fondation est restée la même qu’en 2009 et compte toujours quinze membres. Le Conseil est bien diversifié avec des représentants de la société civile, des députés et élus communaux, des acteurs de l’action sociale vaudoise et un représentant du monde de l’économie. Compte tenu des liens étroits que nous entretenons avec les entreprises de la région et du développement de nos activités d’insertion professionnelle des publics en situation de précarité, nous pouvons considérer que les acteurs de l’économie sont sous-représentés au sein du Conseil. Nous entendons intensifier nos recherches pour étoffer prochainement le Conseil de Fondation par des représentants de l’économie issus du monde de l’industrie et des régies immobilières. Le Conseil de Fondation s’est réuni à quatre reprises et a traité plus de 50 objets. Les séances du bureau et des

Direction
En plus de la gestion de l’organisation, les membres de la Direction, des membres de l’équipe administrative ainsi que l’équipe de Rel’ier ont poursuivi leur implication dans différentes associations faîtières tant vaudoises que romandes. Notons principalement les vice-présidences de l’Association Vaudoise des Organismes pour personnes en difficulté (AVOP), du fonds de prévoyance des travailleurs de l’action sociale Previva et du Conseil Romand de l’Insertion par l’Economique (CRIEC), plusieurs commissions tant au niveau des comités de pilotage que des groupes de travail (DCIS-T, RPT, DSB, plateformes des TSP, commission de Lausanne Région) et la gestion de la Coordination Romande des Institutions œuvrant dans le domaine des Addictions (CRIAD). La CRIAD créée en 1998, réunit la très grande majorité des institutions résidentielles et ambulatoires actives dans le traitement des addictions. Selon ses statuts, ses buts sont notamment la promotion et la coordination de l’activité de ses membres.

Ressources humaines
Le Relais a franchi le cap des 100 collaborateurs. Nous relevons le départ de 15 collaborateurs et l’arrivée de 19 autres dont 4 pour des nouveaux postes. Durant cette année, 20 stagiaires ont été formés au sein de notre Fondation. Nous avons une pensée toute spéciale pour Dominique Jamaux, la première conseillère en insertion aux entreprises disparue trop tôt à la suite d’une longue maladie.

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Rel’ier
Les activités de Rel’ier s’inscrivent dans le champ de la prévention des toxicodépendances. Rel’ier favorise le travail en réseau, renforce les liens interinstitutionnels et apporte son expertise lors de la mise en place de projets. Rel’ier déploie ses activités sur mandat des trois niveaux institutionnels suisses.
UN MANDAT DE LAUSANNE-RÉGION :

« Qualité de vie pour tous?  Priorités économiques ?  Evolution des quartiers ?  Manque d’espace ?  Le jardin d’Eden  est difficile à trouver !  Et les difficultés  ne font que commencer… » Zdravko

Sur demande de la Commission Dépendances et Prévention, Rel’ier est allée à la rencontre des Municipalités de Lausanne-Région dans le but de mieux cerner leurs attentes en matière de prévention et d’être en mesure d’y répondre de façon ciblée. Outre un retour statistique aux communes qui se fera début 2011, il est prévu de développer un/des catalogue/s de mesures concrètes, directement utilisable/s par ces dernières et par leurs administrés. Par ailleurs, en collaboration avec la Commission, Rel’ier a organisé une journée de réflexion basée sur les principaux résultats de la recherche « Femmes en marge, un genre à part » qui traite de l’accès des femmes marginalisées de la région lausannoise aux réseaux d’aide et de soins. Cette journée, suivie par plus de 120 personnes, a permis de rassembler politiques et professionnels sur la question des femmes marginalisées et de leurs besoins spécifiques. www.relais.ch/relier

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Secteur socio-éducatif
FOYER - SPI - ASEMO - RELAIS-CONTACT - RELAIS 10 - REL’AIDS
Les prestations du secteur socio-éducatif visent l’accès au logement, aux soins, aux revenus, ainsi qu’aux divers services socio-médicaux cantonaux; la collaboration se décline avec tous les partenaires concernés par ces différentes thématiques. Le travail en réseau débute d’abord lors de l’orientation des personnes vers la Fondation Le Relais et se poursuit tout au long de l’accompagnement.

Les jeunes adultes en difficulté : une population en augmentation
L’orientation par le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) des jeunes juste après leur majorité est passée de 1% en 2008 à 7% en 2010. Ce passage du réseau mineur au réseau adulte n’est pas sans poser des questions. En effet, avoir la majorité ne signifie pas être préparé à vivre en appartement. En conséquence, l’accompagnement doit prendre en compte, à travers une approche spécifique, tous les éléments liés à l’apprentissage des compétences nécessaires à gérer sa vie qui, dans les situations non problématiques, se déroulent habituellement dans le cadre familial. La question de la souffrance psychologique de ces jeunes doit être soulignée. Etre en rupture totale avec sa famille tout en devant faire face à toutes les questions se posant quant à son propre avenir représente un poids certain pour ces jeunes.

Accès au logement et montant des loyers : deux problématiques majeures
Le taux de vacance des appartements étant particulièrement bas, les difficultés à trouver un logement sont majeures. En effet, les gérances ayant un large choix de candidats n’accordent 8

quasiment plus de baux aux personnes dont les revenus dépendent de l’aide sociale. Depuis bien des années, la Fondation prend des baux à son nom et plus de 60 baux sont gérés aujourd’hui. Cette prestation assure une garantie de paiement régulier des loyers ainsi qu’un suivi en appartement permettant de prévenir et de gérer les problèmes. Il faut également souligner que l’augmentation importante des loyers ces dernières années dépasse largement les normes cantonales d’aide sociale et freine l’accès au logement pour les personnes précarisées. Cette situation a pour conséquences de prolonger la durée des séjours au Foyer, de maintenir des personnes dans des logements de transition gérés par la Fondation, de pousser à la fréquentation des lieux d’accueil d’urgence pour la nuit avec, pour corollaire, une présence dans la rue pendant la journée et l’augmentation des situations de grande précarité. Pour exemple, le Rel’aids a rencontré cette année cinquante personnes sans domicile fixe. En outre, le grand nombre de personnes à la recherche d’un logement d’urgence a entraîné une diminution drastique des places disponibles dans les hôtels et pensions. Dès lors, il arrive que des personnes qui auraient droit à une chambre payée par les services sociaux dans ce type d’établissement se retrouvent à la rue. Pour illustrer ce fait, il faut préciser qu’ une recherche d’appartement ou d’une solution d’hébergement provisoire demande plus de vingt heures de travail par collaborateur, cela malgré les

contacts déjà établis avec les gérances par la Fondation. Bien que le monde politique et les milieux économiques commencent à prendre conscience de la gravité de la situation, il est nécessaire de rappeler qu’il y a urgence à la mise en place de solutions concrètes ! Une modeste et première expérience – en regard de la problématique précitée - a été mise en place cette année dans le Nord-Vaudois : l’ouverture d’un appartement communautaire pour trois jeunes en situation de grande précarité. Vivre en communauté n’est pas sans poser de problèmes de régulation entre les locataires qui, n’ayant pas d’autre possibilité de logement, se trouvent obligés de partager le même toit. Bien qu’un règlement de cohabitation ait été signé par les trois personnes concernées, il est à relever que les interventions de la part de l’équipe socio-éducative se doivent d’être fréquentes afin de faire rapidement face aux difficultés. Cette expérience va être poursuivie en 2011.

Le secteur socio-éducatif gère aujourd’hui 66 baux d’habitation sur les 459 pers. suivies,16% vivent chez des proches, 6% sont logés à l’hôtel ou au camping

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« Les anciens quartiers ouvriers sont-ils  devenus des endroits prisés ? Ce qui paraissait normal il y a 100 ans (avoir un  jardin) est-il devenu un luxe ?».
Zdravko

« Galère de devoir trouver un logement surtout quand on a 18  ans, endetté et au social qui nous donne une certaine somme  d’argent pour trouver un logement plus ou moins convenable. C’est sûr, faut pas faire son difficile ou bien, faire de la «coloc». Moi j’ai eu de la chance, appartement 1 pièce bien placé sur  Lausanne, mais j’ai été pistonné. Parce qu’on n’est pas en priorité sur les listes d’agence, ils ne  font pas confiance et ont de mauvais a priori sur les gens qui  sont au social, mais c’est pas notre choix d’y être, c’est une  question de survie ».             Alan

Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

« Habitant les rangs des malheureux sans logement je suis  déposé là, dans une file d’attente, maladroit et un peu honteux au milieu de mes compagnons du même rang. Indolence et attente pour ce lieu d’espérance, le guichet  numéro 4; j’ai pour l’endroit la vénération muette d’un communiant, avec cet espoir dû aux déboires d’un citoyen sans  moyen, d’un être sans âge, juste debout face à une fonctionnaire, face  à son sourire maintenu durant 6 heures 15 les  jours ouvrables, face à l’étrange pouvoir que semble détenir  cette vestale ».  
            Arnaud

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FOYER - SPI - ASEMO - RELAIS-CONTACT - RELAIS 10 - REL’AIDS

La formation et le programme Forjad*
Parmi les 255 personnes suivies par l’ensemble des structures socio-éducatives (excepté Rel’Aids), seules 56% ont terminé leur scolarité obligatoire, 15% ont obtenus un CFC et un peu moins de 6% ont suivi une formation supérieure ou académique. Ces quelques chiffres permettent de saisir le long chemin à faire, tant pour les personnes concernées que pour les professionnels qui les accompagnent, pour pouvoir accéder à une formation ou à un travail. Au cours de cette année, dix jeunes ont été inscrits au programme Forjad destiné à favoriser la formation des 18-25 ans.

Accès aux soins : de la Perspectives 2011 difficulté à trouver un PROJETS LOGEMENT, URGENCE ! médecin généraliste ou Pour répondre au problème de logement et en collaboration avec le Canton un psychiatre et les communes concernées, des
Favoriser et soutenir l’accès aux soins est une des préoccupations des équipes. Bien que les réseaux institutionnels mis en place par le Canton de Vaud et les régions pour les questions d’addictions permettent de prendre en charge les personnes concernées, des lacunes sont constatées. En effet, par exemple dans le Nord-Vaudois, la relève des médecins installés en pratique privée n’est pas assurée, ainsi de nombreuses personnes rencontrent des difficultés majeures pour bénéficier d’un suivi médical de base. Quant à la question de l’accès aux médecins psychiatres, nous relevons le même manque dans tout le canton. projets de logements transitoires vont être développés. A Yverdon-les-Bains, la mise à disposition d’une maison de cinq chambres va permettre d’accueillir cinq jeunes en formation dès l’été 2011. Cette nouvelle expérience de logement communautaire est une des réponses à la crise. Elle demandera un suivi très rapproché de la part de l’équipe de Relais-Contact qui mettra l’accent sur le soutien à la formation et sur les questions liées à la vie en communauté. Dans la région nyonnaise, une offre de logements accompagnés va être développée avec l’ARAS**. Tandis qu’à Morges, la réflexion sur cette question se poursuit. Les équipes seront renforcées et des protocoles de collaboration seront mis en place avec les partenaires concernés. QUALITE La plupart des structures de la Fondation sont déjà certifiées depuis plusieurs années. En complément, l’année 2011 verra la mise en place de la certification pour le secteur socio-éducatif.
*Jeunes adultes bénéficiaires d’un programme  d’insertion par la formation professionnelle * *Association Régionale pour l’Action Sociale du  District de Nyon

73% des clients ont été orientés par le réseau socio-sanitaire 27% sur le conseil de leur famille et amis
A ce travail de soutien dispensé tout au long de la formation, il est nécessaire de rappeler qu’un travail conséquent est effectué en amont par les équipes socio-éducatives pour accompagner le jeune dans un choix de projet professionnel adapté et réaliste et l’amener à acquérir les compétences sociales et scolaires nécessaires à l’entrée en formation. Ce type d’accompagnement se développe bien évidemment avec les partenaires spécialisés dans ces questions. Dès lors, de nombreuses démarches et rencontres avec le réseau ont été effectuées.

45% des clients sont bénéficiaires du RI et 28% d’une rente AI 75% sont célibataires, 3% sont mariés Seuls 15% des clients ont obtenu un CFC, près d’un tiers d’entre eux ont moins de 25 ans

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Secteur socio-éducatif
FOYER - SPI - ASEMO - RELAIS-CONTACT - RELAIS 10 - REL’AIDS

Au Foyer
Parmi les 29 personnes accueillies en 2010 (4 femmes et 25 hommes), deux groupes se dessinent à parts égales, soit les 18-25 ans et les plus de 25 ans. Ces derniers, pour la plupart, sont confrontés à des problématiques liées à la consommation de produits psychotropes. Tout en assistant à une baisse du nombre de personnes accueillies, nous relevons une augmentation du taux d’occupation et un allongement de la durée de séjour, ceci en raison de la difficulté majeure à trouver un logement à la sortie. Elaboration d’un projet professionnel ou occupationnel, recherche de formation, de logement, apprentissage des démarches administratives et de la gestion financière, gestion du quotidien et du temps libre sont les domaines travaillés avec les résidents. Avoir une activité professionnelle est une des exigences du Foyer. Ainsi, les postes proposés par les Entreprises d’insertion (EI) permettent à chacun de s’exercer aux contraintes du travail, de reprendre un rythme de vie régulier et de développer des compétences sociales. La collaboration entre les EI et le Foyer a été protocolée de manière à assurer un suivi régulier et coordonné. Cette année, le dispositif d’indication et de suivi pour les personnes toxicodépendantes (DCIS-T) a été mis en oeuvre. La procédure d’admission a donc été ajustée dès le mois de septembre. Les personnes concernées doivent consulter une des instances prévues à cet effet afin qu’une indication à un séjour résidentiel soit posée. Elles peuvent ensuite s’adresser au Foyer.

Relais 10
Parmi les quatre structures travaillant en milieu ouvert, le Relais 10 à Lausanne est la seule à s’adresser spécifiquement aux personnes porteuses du virus du SIDA et/ou des hépatites. Durant cette année, quatre d’entre elles sont décédées et 10 autres ont pu être admises au Relais 10. La majorité des personnes suivies est particulièrement précarisée et rencontre de multiples problématiques : addictions sévères, troubles psychiatriques, difficultés liées à la migration ainsi qu’une désinsertion sociale prononcée. Plus de la moitié d’entre elles (46) sont au bénéfice de l’Assurance-Invalidité (AI), 3 sont en attente de réponse et 21 vivent du Revenu d’insertion (RI). L’accent soutenu mis sur les questions de santé, d’accès aux soins et de suivi des traitements a amené à effectuer 121 réunions de réseau et 114 visites à l’hôpital. 36 personnes sur les 79 suivies cette année ont fait un séjour en milieu hospitalier ou en milieu résidentiel pour des problèmes d’addictions. Comme dans les autres structures, la gestion des dossiers administratifs (y compris l’assurance maladie) ainsi que la gestion des revenus représentent une part importante du travail des équipes.

Rel’aids
Cette année, des permanences régulières ont eu lieu à la Soupe populaire (Fondation Mère Sofia) et au Passage (Fondation ABS) à Lausanne et ont permis de renforcer le contact avec un public précarisé rencontrant des problèmes comme, absence de logement, problème de permis de séjour, perte de repères et isolement social. Un nouveau projet a pu être mis en place à travers la création d’un groupe de mères toxicodépendantes. Cette démarche a permis à ces femmes de se retrouver dans un espace sécurisant et non jugeant. La question du lien avec les enfants, dont bien souvent elles n’ont plus la garde, a été largement débattue. Libérer la parole dans un espace respectueux et solidaire les amène à prendre conscience de leurs ressources et améliore leur propre estime d’elle-même. ETUDE EN VILLE DE NYON Intéressée à mettre en place une politique jeunesse prenant en compte les réalités et les besoins des personnes concernées, la Ville de Nyon a approché la Fondation et l’équipe du Rel’aids et lui a confié une étude à ce sujet. La démarche s’est déroulée tout au long de l’année. Les propositions d’actions concrètes seront réalisées en 2011.

Foyer 86% des résidents sont des hommes 24% ont été accueillis après un séjour en milieu carcéral

Relais 10 Sur la totalité des clients, 2 seulement ont moins de 30 ans

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« …quand je pense que  beaucoup de gens se sont  fait jeter de leur appartement, faute de paiement,  comme ça m’est arrivé avec  ma famille… »

«C’est vraiment horrible de se  faire jeter de son propre foyer  avec sa famille. Cette expérience  a complètement bouleversé ma  mère. Aucun logement de secours  n’était disponible donc nous avons  dû nous «loger» dans la voiture  pendant deux semaines.»

Rel’Aids : quelques chiffres
Nombre de situations Genre Femmes Hommes -18 ans 18 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 39 ans 40 à 49 ans 50 à 59 ans 204 83 145 2 41 24 58 72 7

Âge

Bryan

Origine (lieu de vie)

Lausanne 72 Ouest lausannois 25 Nyon 15 Morges 14 Jura - Nord vaudois 12 Lavaux - Oron 6 Broye - Vully 4 Riviera - Pays d’Enhaut 4 Gros-de-Vaud 2 Aigle 1 SDF / sans papiers 50

Tableau I : statistiques de la structure Rel’Aids. Ce tableau donne un aperçu de la répartition des prises en charge par âge, genre et lieu de vie. Ces chiffres ne sont pas inclus dans les statistiques globales du secteur socio-éducatif. On remarque que sur 204 personnes prises en charge, 38 % ont plus de 40 ans. La majorité d’entre elles vivent dans les districts urbains (Lausanne et Ouest lausannois, Nyon, Morges, Yverdon).

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« Chaque pâtisserie a une recette. Chaque film a une bande-annonce. Chaque sport a un échauffement. Chaque logement a un chantier ». Marvin

«...une fois que le chantier est terminé,  que l’on peut habiter dans le logement qui  en résulte, on peut désormais y mettre  le chantier à l’intérieur...chez moi par  exemple, ma chambre pourrait très bien  être qualifiée de chantier de première  catégorie...»         Marvin

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FOYER - SPI - ASEMO - RELAIS-CONTACT - RELAIS 10 - REL’AIDS

SPI
Les personnes suivies par le SPI sont orientées par le Foyer et par des services extérieurs à la Fondation. Cette année, comme les précédentes, le SPI a donc poursuivi une collaboration rapprochée avec le Foyer. Préparation de la sortie, recherche de logement, emménagement et démarches administratives, puis accompagnement en appartement ont occupé l’équipe. En ce qui concerne l’orientation par des organismes extérieurs, notons que 16% des personnes ont été adressées par le SPJ et 40% par des structures spécialisées dans les questions de toxicodépendance. Parmi les personnes suivies, 25% d’entre elles sont en possession d’un CFC et 4 sont inscrites dans un cursus de formation. Plus du 60% sont au bénéfice du RI et une courte majorité est âgée de 30 à 55 ans.

Relais-contact
Plus de la moitié des personnes suivies rencontre une problématique d’addiction et est âgée de 25 à 50 ans. Les 2/3 sont au bénéfice du RI. Comme dans les autres structures, la question du logement est centrale. Le nombre de demandes émanant des moins de 25 ans a augmenté. La majorité de ces derniers vivant encore chez leurs parents, des entretiens de médiation ont pu être organisés. Ce type d’intervention a permis, dans la plupart des cas, un maintien des liens familiaux. Une prise en charge socio-éducative du jeune n’a donc pas été nécessaire. Au cours de l’année, l’équipe a été interpellée par des parents dont les jeunes passaient une grande partie du temps à jouer à l’ordinateur. Cette question a été traitée en collaboration avec le Centre du Jeu Excessif (CJE).

ASEMO
Durant ces dernières années, le nombre de jeunes de moins de 30 ans accompagnés par l’ASEMO a été en augmentation. En 2010, ils représentent le 80% des personnes suivies et nous pouvons relever que 75% d’entre eux ont un problème de logement et sont à la recherche d’une formation ou d’un travail tout en se retrouvant en situation d’isolement social suite à la rupture des liens familiaux. Ce constat est d’autant plus inquiétant que ces jeunes, pour la plupart âgés de moins de 24 ans, sont des femmes et que la moitié d’entre elles présentent une souffrance psychique importante. L’équipe a dû repenser son mode de prise en charge et la thématique de la violence subie par ces jeunes femmes a été largement travaillée.

Secteur socio-éducatif : provenance
100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Foyer SPI ASEMO Relais-Contact Relais 10

Structure résidentielle spécialisée
Autres (progr. Insertion, écoles prof, Services sociaux, SPJ, probation tuteur, indéterminé) Propre initiative

Structures médicalisées

Milieux médicaux initiative Propre StructureAutres (progr. insertion, c. ambulatoire spécialisée (y écoles prof, tuteur, indéterminé) TSHM et seuil bas) Services sociaux / SPJ / probation

L’histogramme spécialisée Structure résidentielle ci-contre montre la diversité et la complémentarité des organismes orienteurs. Par exemple, une majorité des personnes suivies au Relais 10 est orientée par des structures médicalisées alors que pour le Foyer, le SPI, l’ASEMO et Relais-Contact, il s’agit avant tout de structures sociales.

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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

« La sécurité est devenue un mot-clé de notre société, La sécurité est devenue une barrière pour notre société, La sécurité est devenue un accès prisé de notre société, La sécurité est devenue un conflit pour notre société ».
Lionel 16

Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

« Finalement, tout n’est que grandeur  et beauté, la société d’aujourd’hui est  partagée entre luxe et priorité ».
Aurèle

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Secteur insertion socioprofessionnelle et formation
CEFIL - ENTREPRISES D’INSERTION - ELAN - IMPULSION
Les structures de ce secteur ont dispensé des prestations à plus de 1700 personnes sur les 2200 accueillies dans l’ensemble de la Fondation. Ces dernières ont pour la grande majorité été orientées par les acteurs publics, soit les Offices régionaux de placement (ORP) ou ceux de l’Assurance-invalidité (OAI) et les Centre sociaux régionaux (CSR) ou intercommunaux (CSI).
Le CEFIL, à lui seul, a accueilli près de 1400 personnes, dont 900 sur le site de Morges. Il faut toutefois souligner qu’une part significative d’entre elles, soit 58%, vient suivre une mesure de technique de recherche d’emploi. Ce type de prestations va d’un accompagnement de deux heures pour une actualisation du Curriculum vitae à trente-six heures (répartis sur dix jours) pour un cours proprement dit sur les techniques de recherche d’emploi. Alors que le CEFIL accueille une majorité de personnes orientées par les ORP, les trois autres structures prennent en charge davantage de bénéficiaires du Revenu d’insertion ou des prestations de l’AI. Pour l’analyse des données socio-démographiques, nous avons distingué les personnes qui ont bénéficié d’une mesure relative au marché du travail (MMT) au CEFIL de celles qui ont bénéficié d’une mesure de l’OAI ou cantonale (MIS) dans les Entreprises d’insertion, à Impulsion, Elan, ou encore au CEFIL. Le suivi est plus long et s’étend en général sur six mois renouvelable une fois. Il est aussi, dans certains cas, progressif, c’est-à-dire que les personnes augmentent progressivement leur taux d’activité dans le cadre de la mesure. Du fait d’un accompagnement davantage individualisé et des éléments avancés plus haut, ces activités nécessitent davantage de ressources tant matérielles que humaines. En 2010, nous avons accompagné 374 personnes inscrites à l’une ou l’autre de ces mesures. L’analyse des données recueillies auprès de ces structures révèle également que le pourcentage d’étrangers inscrits dans ces mesures est de l’ordre d’un tiers pour deux tiers de suisses. L’âge des participants est bas puisque plus de 40 % des participants ont entre 18 et 29 ans. Cette proportion s’établit même à 50 % dans les Entreprises d’insertion. Autre indication intéressante, seuls 12 % des participants sont mariés. La grande majorité est célibataire (69 %) et plus de 10 % des participants sont divorcés. Enfin, la majorité des participants est sans formation. Par exemple, moins de 20 % des personnes ayant travaillé dans nos Entreprises d’insertion est au bénéfice d’un Certificat Fédéral de Capacité (CFC). Corolairement, plus de 50 % du même groupe de personnes sont au bénéfice du Revenu d’insertion (RI) ou d’une indemnité de l’Assurance-invalidité (AI). Notons encore que 8 % de ce groupe ne bénéficie d’aucun revenu de substitution.

Provenance
100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Entreprises d'insertion CEFIL Genève CEFIL Morges CEFIL Lausanne Impulsion ELAN Offices régionaux de placement Propre initiative

Offices régionaux de placement
Institutions para-publiques (socioOffices cantonaux AI éducatives, ateliers d'insertion, instituts de formation, EVAM, médical) Services sociaux + probation

Services sociaux, autorités d’application et organes délégataires Institutions para-publiques
(EVAM, établisements socio-éducatif, réseau médical)

Offices cantonaux AI Propre initiative

L’histogramme ci-contre montre la diversité des organismes orienteurs et des publics pris en charge par nos différentes stuctures d’insertion professionnelle et de formation. Le public du CEFIL est composé en très grande majorité de demandeurs d’emploi alors qu’Impulsion accueille une majorité de personnes provenant des services sociaux.

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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

« La force de trouver un logement  ne réside pas dans le côté obscur du  contrat de sous-location, mais plus  souvent dans le bouche à oreille ». «Que ton réseau de contacts soit  avec toi ».
Lionel

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« Dans les fenêtres des immeubles, les reflets  qui s’y trouvent montrent les éléments des alentours : les arbres, le ciel, les gens…Qu’est-ce que  ces reflets vous inspirent ? »  « À travers ces reflets, je laisse votre esprit libre  de juger . Derrière leur beauté que se cache-t-il ? Est-ce là qu’une question d’esthétique ou celle d’une société en voie de reconstruction ? »         
Aurèle

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CEFIL - ENTREPRISES D’INSERTION - ELAN - IMPULSION
L’analyse de ces données, tant en termes de bénéficiaires que du profil des personnes concernées, laisse apparaître une grande complémentarité entre les quatre structures de la Fondation axées dans le champ de l’insertion sociale et professionnelle. Par exemple, on trouve davantage de personnes étrangères et de femmes au Cefil-Lausanne et une majorité d’hommes (82 %) au CEFIL-Genève. Davantage de jeunes bénéficiaires du Revenu d’insertion tant dans les Entreprises d’insertion qu’à Impulsion, mais pour un mandat différent. Une majorité de femmes et d’hommes d’âge mûr suivent le programme Elan ou la mesure Tempo, mais avec des problématiques sociales différentes.

Entreprises d’insertion
En 2010, aux Entreprises d’insertion, nous devons souligner la fermeture de notre service de repas à domicile dont la rentabilité, tant économique qu’insertionnelle, n’était pas au rendez-vous. Nous avons opté pour le renforcement de notre service traiteur : dans ce secteur, l’année 2010 a été marquée par les 40 ans de la Tulipe. L’année écoulée a également vu la création de deux nouvelles entités au sein des Entreprises d’insertion caractérisées par un partenariat public-privé : Vélos-services et Insertec. VELOS-SERVICES est un centre d’activités développé avec Vélopass le réseau suisse de vélos en libre-service (VLS) et spécialisé dans la mécanique deux roues cycles. Pour conduire cette micro-entreprise, nous avons engagé un maître socioprofessionnel, mécanicien de précision. L’activité se déroule sur deux sites à Morges et Lausanne afin d’entrenir le réseau VLS de l’Ouest Lausannois. Nous avons créé ainsi quatre nouvelles places en entraînement réservées en priorité pour les personnes du Foyer et nous projetons l’ouverture de places de formations duales qualifiantes dans les domaines de la mécanique sur vélos et de la gestion logistique (gestion des pièces détachées du réseau). Nous participons également à l’installation de nouvelles stations pour la Romandie. INSERTEC a été développée avec l’entreprise CFG SA basée à Morges et est active dans le secteur des microtechniques. A la suite d’une recherche

conduite avec l’appui du Service de Prévoyance et d’aide sociale (SPAS) et du Service de l’Emploi (SDE), nous avons pu développer une mesure de formation pré-qualifiante reconnue tant par les Offices régionaux de placement (ORP) que par l’OAI et le SPAS. Nous allons compléter cette mesure par une activité de production dans les domaines microtechniques. Ce centre d’activités a été mis en place par un tandem formé d’un ingénieur en microtechniques et d’une conseillère en insertion. Nous avons dispensé ce programme de formation à vingt participants en trois sessions sur 2010. Nous espérons lancer dans le courant 2011, une fabrication en petites séries de produits microtechniques.

Entreprises d’insertion 203 candidats ont été accueillis plus de 80% d’entre eux sont de nationalité suisse ou ont un permis C 48% d’entre eux sont âgés de 18 à 29 ans moins de 20% des candidats à l’insertion possèdent un CFC

Des 374 personnes inscrites dans une mesures d’insertion : 40% d’entre elles ont entre 18 et 29 ans seules 12% sont mariées 8% sont sans revenu de substitution

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CEFIL - ENTREPRISES D’INSERTION - ELAN - IMPULSION

Impulsion
En 2010, Impulsion a accueilli 76 participants au sein des programmes ACCORD, Reflets et Valore. L’année écoulée a vu une nette augmentation des demandes de l’OAI pour des mesures de réinsertion adaptées aux personnes présentant des troubles psychiques, ceci principalement dans le cadre de l’espace de création d’images Reflets. En effet, cette mesure semble être particulièrement adaptée pour ce type d’accompagnement tant par l’encadrement offert que par son concept propice à la reprise de confiance en soi et de rythme. Afin d’offrir la prise en charge la plus adaptée à notre public, nous avons renforcé notre travail en réseau et orienté plusieurs participants vers des institutions partenaires tels que La Digue (encadrement psychologique), ou Ressort (Réseau de soutien et d’orientation vers le travail).

Impulsion a également participé à une recherche intercantonale (Vaud, Neuchâtel et Fribourg) portant sur les politiques d’insertion socioprofessionnelle des jeunes à l’aide sociale et a fait partie d’un groupe de travail pour l’élaboration d’un outil d’évaluation des MIS « bas seuil » piloté par l’UNIL. Dans un contexte plus local, nous avons pris part au diagnostic communautaire effectué par Pro Senectute sur les quartiers nord de Renens (Biondes, Baumettes, Bugnon). Cette démarche a permis, notamment, de créer et de vivifier les liens sociaux entre les résidents de ces quartiers.

Dans le cadre des workshops réunissant les participants d’ACCORD et Reflets, soulignons la collaboration avec la structure Bip-jeunes pour un mandat commun : la création de morceaux musicaux ainsi que la production de photographies, le tout matérialisé dans un coffret CD. Dans le cadre de l’atelier Valore, les visiteurs auront pu apprécier un changement de décor dans notre jardin avec la réalisation d’une fresque représentant les quatre saisons sur le mur clôturant le site d’Impulsion. Cette activité a été réalisée en collaboration avec un fresquiste professionnel.

dans un livret présentant plusieurs thématiques dont l’habitat, les transports, les catastrophes naturelles, les technologies et enfin l’écologie. Un deuxième travail a été proposé aux participants : la rencontre de diverses personnalités de la région et l’échange avec ces dernières sur les changements du futur. Parmi les personnes contactées, citons Mme la Syndique de Renens, un adjoint du président à l’EPFL, une comédienne, une professeure de danse. Les participants les ont interrogés sur leur vision de l’avenir de Renens. Ils se sont ainsi nourris d’idées et ont pu se positionner dans cette société qui tend à les marginaliser. Ces projets ont été réalisés avec les participants de la MIS ACCORD. Un livret de 40 pages a été édité en 200 exemplaires et distribué aux partenaires du réseau, des affiches au format mondial ont été réalisées. Un vernissage a été organisé à la salle des fêtes de Renens en juin 2010.

Sur 35 participants au programme ACCORD : 3 ont été admis dans des écoles d’art 2 ont débuté un apprentissage 3 sont en stage longue durée 1 est en emploi temporaire 9 continuent la mesure
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Vernissage de l’Exposition «Renens 2050 & Portraits» en juin 2010 à la salle des fêtes de Renens.

RENENS IMAGINÉ EN 2050 Quel sera pour vous le visage de la ville de Renens dans 40 ans ? Cette question posée aux participants a suscité un débat d’idées et une réflexion sur les évolutions technologiques, sociales et environnementales possibles. Les participants ont effectué des prises de vue photographiques de lieux qu’ils imaginaient potentiellement stratégiques. Ils ont ensuite construit un «tableau imaginaire et futuriste» au moyen du photomontage. Le tout a été rassemblé

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« ...au fil des années on améliore  les logements et on les rend plus  agréables et confortables mais  en même temps plus chers que  ça en devient un luxe» .
      Alan

ELAN
Après le démarrage sous forme de projet pilote, le programme ELAN a été pérennisé en 2010, ce qui a permis l’engagement d’une assistante du chef de projet. Fin 2010, une spécialiste en insertion a rejoint l’équipe. Le partenariat entre l’OAI et le programme ELAN s’est concrétisé en janvier 2009 par la signature d’un contrat de collaboration. Depuis cette date, les demandes de prise en charge de l’OAI ont été en constante progression et représentent aujourd’hui le 50% des participants. Le programme ELAN s’adresse tout d’abord à des personnes confrontées à des problèmes d’addiction ayant bénéficié de prestations sociales et thérapeutiques dans des institutions résidentielles et ambulatoires. Il conjugue des formations visant à développer des compétences sociales, techniques et culturelles avec des périodes de stage en entreprises privées ou publiques. Ce programme prévoit aussi un coaching continu et individualisé. ELAN
Formation Apprentissage Formation Emploi Apprentissage En cours de Emploi réinsertion En cours de réinsertion
Fin de mesure Fin de mesure Situation sans issue Situation sans Abandon issue / réorientation Abandon, réorientation

En 2010, sur les 33 participants bénéficiaires du RI, 2 ont trouvé un apprentissage (cuisinier et boulanger), 4 ont entamé une formation (éducateur social, auxiliaire de santé, assistant technicien du son et moniteur « Allez Hop »), 3 ont trouvé un emploi (aide-jardinier, aide-menuisier et aide-paysagiste), 10 sont en cours de réinsertion, 1 s’est vu mettre un terme à sa mesure, 2 sont arrivés à la fin du programme dans une situation sans issue et 11 ont abandonné ou ont été réorientés vers d’autres structures.

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« En Suisse, trouver un logement  est devenu un combat. Les agences  immobilières proposent leurs  logements aux plus offrants et  sélectionnent les locataires sur des  critères inconnus ».  Marteens

« J’aime le mélange de la nature à l’acier des barrières agressives qui, soi-disant, repoussent le mal  de chez nous. » « Sommes-nous vraiment à l’abri du mal ? Les  barrières ne sont qu’un petit obstacle aux voleurs  pour pouvoir pénétrer dans notre antre. Elles ne  repoussent pas vraiment les intrus et donc nous ne  sommes pas vraiment à l’abri, contrairement aux  personnes importantes comme le Président des  Etats-Unis dans sa Maison Blanche avec ses gardes  du corps».
           

Alan

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CEFIL - ENTREPRISES D’INSERTION - ELAN - IMPULSION

CEFIL
En ce qui concerne les cours de Techniques de Recherche Emploi (TRE) au CEFIL, le nombre de formations ouvertes a encore augmenté en 2010, puisque nous avons organisé 49 sessions de TRE de cinq ou six jours pour plus de 600 participants. Nous avons également conduit une nouvelle approche individuelle dans les TRE auprès des personnes orientées par les ORP. Cette nouvelle offre individuelle se veut complémentaire aux formations collectives car elle s’adresse aux demandeurs d’emploi concernés par la réalisation, voire, le plus souvent, par l’actualisation de leur Curriculum vitae. Pour cette expérience pilote, nous avons reçu près de 200 personnes. Le volume de formations a considérablement augmenté ces dernières années. Parallèlement, la durée des sessions a été réduite. Cette évolution amène des difficultés de deux ordres. Premièrement, les sessions s’enchaînent à un rythme soutenu, les interactions avec les participants se réduisent et ne permettent plus une approche globale des spécificités du demandeur d’emploi : les formateurs relèvent leurs difficultés à soutenir ces rythmes et questionnent le sens de cette approche. D’autre part, certains participants, principalement les personnes de langue étrangère, n’arrivent plus à réaliser leur dossier de candidature dans ce laps de temps raccourci. Dès lors, les collaborateurs en charge de cette activité estiment être passé d’un acte de formation à une procédure administrative où le dossier de candidature est élaboré, dans le meilleur des cas finalisé, par le formateur, pour et à la place du demandeur d’emploi. L’offre de cours « métiers » du CEFIL s’est étoffée avec, en plus des trois

sessions Responsable d’immeubles dans le cadre de l’assurance-chômage, une première session hors LACI qui a pu s’ouvrir à Morges en début d’année. Mais surtout, c’est au centre de Genève que ces prestations ont pu se développer avec non seulement six sessions Responsables d’immeubles et Praticien en Agenda 21, mais encore avec des offres plus spécifiques : cinq

cours intensifs de Nettoyeur qualifié et un d’Agent de maintenance bâtiment en automne. À Genève toujours, l’ouverture à des prestations de technique de recherche d’emploi, ainsi que du coaching pour stages en entreprise destiné aux participants des sessions Responsable d’immeubles, permet d’augmenter leurs chances de réinsertion professionnelle.

7’252 heures de prestations des formateurs
1800 1600 1400 1200 1000 800 600 426 400 200 0
Cours métiers Genève Cours métiers Morges Cours TRE Morges Suivis ind. TRE Morges et Lsne Cours de base info. Lsne Ateliers info. de Mesure d'insertion base et espace sociale Lsne entraînement Lsne Divers cours informatiques Morges/Lonay

CEFIL 2010 - 7'252 heures de prestations des formateurs
1578 1470

1062

1003

720

707

286

CEFIL - Lausanne
Au niveau des formations de base en informatique, les présences des participants ont augmenté de 29% par rapport à 2009. Ce sont dans les cours TABLEUR (+52%) et INTERNET (+44%) que la progression est la plus forte. Comme la plupart des participants ont à présent une connexion à domicile, un second cours Internet a été mis sur pied afin de compléter leur apprentissage tout en développant leur maîtrise du français, ceci au travers d’un projet personnel. Le bilan de cette nouvelle prestation est positif. Les participants sont toujours majoritairement des femmes (71,5%) et d’origine étrangère (59%). La part des personnes de plus de 50 ans a augmenté : ce sont le tiers des effectifs, dont 28 retraités qui ont décidé de suivre une initiation en informatique pour continuer à s’informer et communiquer avec leurs proches.
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Fondation Le Relais - Rapport d’activité 2010

LE CONSEIL DE FONDATION
Président : Jean-Pierre Lador, 1 président du Tribunal d’arrondissement, Nyon
er

ASEMO
Gilles Ansermoz | Pauline Grosset - Céline Wiedmer Sébastien Soudière | Andréa Zobel | Nicole Paquier

Vice-Présidente : Claudine Wyssa, Présidente du Grand Conseil vaudois, Syndique, Bussigny Membres : Jacques Baudat, Ancien Chef du Service de la Jeunesse et de la Sécurité Sociale, Morges Nicole Baudet, Municipale, Cossonay François Chanson, Avocat, Lausanne Roland Chaussedent, Agent général de la Zürich assurances, Lausanne Philippe Deriaz, Doyen au Centre d’enseignement professionel, Morges Patrick Forel, Docteur en médecine, Morges Jean-Claude Monnier, Syndic, Moiry Sylvie Morel-Podio, Municipale, Morges Chantal Resplendino, Ancienne Adjointe au Service des Assurances Sociales et de l’Hébergement, Lausanne Georges Zünd, Préfet du district, Morges

Relais-Contact
Anne-Sophie Betschart | Cédric Jecker | Nicolas Roulin Nicole Pochon | Nicole Paquier

Relais 10
Jacqueline de Heller | Aline Gavillet - Telma Tapia Saldivar Marie-Christine Kissling | Pierre-Henri Lenoir | Sabrina Müller Thierry Smeyers | Françoise Badarou

Rel’ier
Valérie Dupertuis | Rachèle Féret | Isabelle Weigand - Christophe Al Kurdi | Marlène Voutat - Barbara Weiss

Rel’Aids
Sarah Bell | Patricia Fontannaz | Jean-Jacques Marro | Lionel Vandel

ELAN
Damien Quaglia, responsable Nathalie Haehlen | Jennifer Ducret | Estelle Panchaud

LA DIRECTION
Jean-Claude Pittet, Directeur Nathalie Christinet, Adjointe de direction Pascal Roduit, Adjoint de direction

Entreprises d’insertion
Patrik Vuillemin-Zollinger, responsable Sandrine Billato | Patricia Gonzalez - Jennifer Ducret | Laurence Frei Jean-Philippe Anken | Philippe Baudère | Jean-Mario Gasparetto Bruno Kuttruff | David Luchinger | Stéphane Maitin | Oliver Dutoit Christophe Perrier | Christian Petas | Richard Raguin | Blaise Roulet Pierre-Alain Sandoz | Aline Sigrist | Marco Spano | Jean-Marc Vauthey - Claude Bonnaud

LES COLLABORATEURS
Administration
Nicolas Weil | Monique Mischler | Giovanna Magnaterra Florence Romanzini | Maria Salvatore | Sonia Zanou

Foyer
Nathalie Christinet, Directrice Corinne Ansermoz | Frédéric Chaiffre - Séverine Beuchat | Milena Bühler | Nicole Clément | Yves Della Valle | Yan-Eric Féret | Carole Hug Christian Petas | Giovanna Magnaterra Latifa Mukladzija | Béatrice Rey-Mermet Ivan Tolic | Cynthia Bertholet | Tsering McKenzie | Guillaume De Buren Isabel Reboh | Cyrille Fauchère | Julien Berguerand

CEFIL
Henri Desplos, coordinateur Jean-Pierre Haenni | Patricia Bellido | Gloria Orizales | Diane Brechbühl Valérie Boudry | Jacques Dozio | Kaya Kolendowski | Manuel Mathieu Lucien Rey | Jean-Marc Quiblier | Annick Vuarnoz | Catherine Aviolat Jean Cevey | Eric Faoro | Tony Grasso | Xiména Kaiser-Morris | Ivo Van Doornik | Kathy Ngoye | Marc Burnand | Alain Etienne | André Grimm | Sylvain Schmidt | Patrice Tschui

Impulsion
Christophe Pittet - Damien Quaglia, responsable Mary-Jo Fahrny | Damien Huber | Loriana Mercuri | Isabelle von Muralt-Rambert | Aline Sigrist | Sonia Zanou | Jennifer Ducret

SPI
Vincent Kerneur | Olivier Graf | Giovanna Magnaterra

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« Le premier jour, j’ai dormi par terre,  mais peu importe j’aurais pu dormir  n’importe où tant que ça n’était pas sous  un pont. Quand on a un logement, on ne  se rend pas compte de la chance qu’on a  d’être au chaud, d’avoir de l’électricité, un  frigo rempli de nourriture, des toilettes et  une douche ce qui m’a énormément manqué dans les pires jours de ma vie. Je me  suis senti en sécurité dès la première minute où j’étais chez moi, une fois la porte  fermée plus rien ne pouvait m’arriver. Mes blessures ne se fermeront peut-être  jamais, mais l’espoir qui m’habite m’aide  à vivre avec ». Nicolas

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Blog Impulsion : Impulsionmedialab. wordpress.com

Site Web : www.relais.ch

La Fondation Le Relais est une organisation d’action sociale pour adultes et jeunes adultes en difficulté active dans le canton de Vaud depuis 40 ans. Elle permet à des personnes momentanément ou durablement exclues des sphères sociale et économique d’accéder au marché du travail, au logement, à la formation, aux soins et à la culture. La Fondation partage l’expertise qu’elle possède dans ses divers domaines d’action en dispensant des conseils et des formations, en menant et publiant des études et en diffusant des informations notamment dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle et des dépendances.

Réseau social Facebook : Impulsion CEFIL-Lausanne CEFIL-Morges

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IMPRESSUM Fondation Le Relais Grand-Rue 82 - 1110 Morges Rédaction : Direction de la Fondation Photographies et extraits de textes : participants au programme ACCORD, Impulsion. Aurèle, Bryan, Marvin, Zdravco, Lionel, Daniel, Arnaud, Nicolas, Marteens. Maquette et mise en page : S. Zanou Corrections : M. Salvatore, N. Rosset Imprimé à : Imprimerie Vallorbe SA Tirage : 500 exemplaires ©2011 Fondation Le Relais

Fondation Le Relais Grand-Rue 82 - Case Postale 1110 Morges 1 T 021 804 88 11 F 021 801 86 02 info@relais.ch www.relais.ch

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