Directeur de publication : Jean-Pierre GILQUIN - commission paritaire : 0711 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre

-Dame - Montbonnot
UDFO ISERE - bourse du travail - 32 avenue de l’Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - Tél. 04.76.09.76.36 - Fax 04.76.22.42.55 - courriel : udfo.38@laposte.net
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N° 127 - Décembre 2011
L’équipe ESRF
tourne bien
p. 5
La rigueur
pour les travailleurs
p. 6
Bulletin d'information de l'Union Départementale des Syndicats Force Ouvrière de l'Isère
Sommaire
Du mieux pour les métallos !
L’équipe de
l’Union départementale
FO Isère
vous souhaite
de bonnes fêtes
de fin d’année.
Les derniers résultats d’élections dans la
fonction publique d’Etat confirment la
bonne forme de FO : notre organisation est
à la première place dans ce secteur.
En Isère, nous enregistrons soit un main-
tien à un niveau élevé, soit des progres-
sions sensibles dans les deux secteurs
appelés à voter (lire en page 5).
Le positionnement de FO, indépendance
et action au plus près du terrain, a été très
bien perçu par les salariés. Hors de
l’Intersyndicale permanente (en voie d’ex-
plosion), nous maintenons le cap. C’est
sur nos positions que nous avons participé
à un rassemblement devant la préfecture
le 13 décembre en réaction aux plans
d’austérité adoptés par le gouvernement.
C’est également sur nos positions que les
syndicats FO de la FNEC (Fédération
nationale de l’Education et de la Culture)
ont pris leur place dans la manifestation
du 15 décembre pour obtenir le retrait du
projet de notation par les chefs d’établis-
sements.
Et c’est en expliquant que seul un appel
unitaire à une grève interprofessionnelle
nationale sur des revendications claires
peut permettre de gagner.
En cette période de pré-campagne des
élections présidentielles, alors que la
situation économique et sociale se
dégrade du fait d’une crise qui n’en finit
plus, FO, fidèle à ses principes, se tiendra
à l’écart du débat partisan mais rappellera
ses revendications.
Les solutions porteuses d’avenir doivent
s’imposer, notamment la mise à sa place
de la finance. Celle qu’elle n’aurait jamais
dû quitter : concourir au développement
de l’économie et au financement des
investissements pour créer de l’emploi au
lieu de spéculer contre les Etats.
Le combat pour obtenir une plus juste
répartition des richesses entre le capital et
le travail reste la « mère » des revendica-
tions, car tout est lié emploi/salaire et
protection sociale.
Jean-Pierre GILQUIN,
Secrétaire général.
Editorial
Remettre la finance
à sa place
Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127 2
Noël avant l’heure chez GE
C’était un peu Noël avant l’heure, en octobre
dernier, chez GEG. Noël parce que la fameuse
« prime de 1 000 € », celle que le gouverne-
ment avait mise sur la table, histoire de montrer
à quel point il était soucieux d’assurer l’équili-
bre entre actionnaires et salariés, a presque
atteint le niveau annoncé.
Résultat : 700 €(plus 220 €en cas de place-
ment de la somme sur le plan épargne maison)
et les sourires ravis des représentants du
personnel qui ont négocié cela le plus aimable-
ment du monde en… mettant le pied dans la
porte.
C’est une réelle avancée qui vient d’être obte-
nue dans la convention collective de la métallur-
gie de l’Isère et des Hautes-Alpes, concrétisée
par la signature d’un avenant relatif à la mise en
place d’une mutuelle.
Il a été ratifié le 19 octobre par les cinq organi-
sations syndicales représenta-
tives (FO, CGT, CFDT, CFTC et
CFE-CGC). A partir du 1er
janvier, les salariés des entre-
prises adhérentes au syndicat
patronal Udi mec ( Union
des Industri es métal l ur-
gi ques , él ect r i ques et
Connexes) bénéfi ci eront
d’une mutuelle dont la cotisa-
tion sera prise en charge pour
moitié par l’employeur.
Négociateur avec Joëlle
Ferretti et Franck Chapays,
Salvatore Réale, délégué
syndical FO chez Socamel, a participé
pendant plusieurs mo i s a ux di f f é r e nt e s
r e nc o nt r e s . Cet avenant est un signe fort
par les temps qui courent ; cela prouve que l’on
peut obtenir des avancées. L’objectif, désor-
mais, est que cet accord soit étendu à toutes les
entreprises de la métallurgie.
Métallurgie : du plus dans
Une équipe FO très en forme et qui sait s’amuser…
3 Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
G !
Un meilleur emploi,
c’est possible…
Elle avait été ouverte par le prési-
dent de la SEM (syndicat d’éco-
nomie mixte) (un élu de la ville
de Grenoble) qui, devançant le
vote de la loi et croyant régler la
question, avait décidé d’augmen-
ter de 450 € la prime d’intéres-
sement.
Puis la loi a été votée… et il a
bien fallu inviter les syndicats à
une réunion de négociation sur
cette prime. Les représentants
du personnel ont donc simple-
ment fait savoir qu’ils n’avaient
rien négocié et qu’il convenait de
parler du montant de cette
prime !
Finalement FO a signé à 250 €,
acceptant de considérer que la
somme qui serait finalement
versée était d’un montant hono-
rable.
Pour une vision plus large des
montants de cette prime dans
diverses entreprises iséroises,
l’article « Prime de 1000 € : le
plus souvent, une arnaque… » sur
fo38.fr
Fabienne travaillait à Voiron dans une PME familiale du
secteur du jouet. Une salariée comme une autre, au
SMIC, et qui n’arrivait plus à boucler sereinement ses
fins de mois. Obligée de réfléchir à chaque euro de
dépense pour permettre à sa fille de manger tous les
jours. Les privations étaient nombreuses et quotidien-
nes… Séparée, elle n’a plus personne avec qui parta-
ger les charges de la vie.
Face à ces difficultés quotidiennes, on ne parle pas ici
d’achats superflus mais du strict minimum. Elle a pris
la vie à bras le corps, a refusé de subir plus longtemps.
Elle a utilisé ses heures de Dif (droit individuel à la
formation) pour faire un bilan de compétence, et
comme sa hiérarchie n’était pas conciliante, elle a été
obligée de le faire sur des jours de congés… Mieux
informée sur de nouvelles possibilités professionnelles,
elle a ensuite utilisé le congé individuel de formation
(Cif) pour se former.
Devant changer de logement, alors qu’ils deviennent
rares et que les prix grimpent, elle s’est tournée vers le
logement social… mais les files d’attentes sont
longues. Grâce à Amalia (ex Epergos) un organisme qui
gère le 1 % Logement, elle a trouvé un logement
décent en une semaine. Inespéré !
Enfin, parce qu’elle n’a pas cessé de croire qu’un autre
avenir était possible, elle a cherché et trouvé un autre
emploi. Un emploi qui lui offre un 13° et un 14° mois
de salaire, versés en juin et en décembre. Et les pres-
tations du comité d’entreprise équivalent à un 15ème
mois.
Dans son entreprise précédente, son patron rigolait
quand on lui parlait de 13° mois : il faut bien récom-
penser l’actionnaire, même si celui-ci n’est que fami-
lial, et puis il n’y a que douze mois dans une année
non ?
Pour Fabienne, comme pour tant d’autres salariés de
l’Isère et d’ailleurs, un autre avenir a été possible.
Fabienne ne le savait pas, mais tout ce qu’elle a pu
obtenir, que ce soit avec le Dif, avec le Cif, avec le
1 % Logement, ou avec les aides apportées par son CE,
tout cela a été gagné par les salariés se battant pour
défendre leurs intérêts et ceux de leurs collègues.
Enfin, parce que cela a aussi son importance, depuis
que Fabienne travaille à Grenoble, dans un groupe de
protection sociale, elle est plus détendue, et sa fille ne
crie plus après sa mère… Comme si les enfants rece-
vaient le stress de leurs parents.
Joëlle Ferreti (Cotherm). A la Une Franck Chapays (Vicarb), Salvatore Reale
(Socamel) et Pierre Pernot (Soïtec).
la convention
Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
La notion de pénibilité a été introduite dans la loi du
9 novembre 2010 sur les retraites. Les entreprises
peuvent subir une pénalité en l'absence d'accord sur
ce thème. Ces négociations sont donc à l'ordre du
jour.
La pénibilité est définie dans les articles L. 4121-
3-1 et D.4121-5 du code du travail. Cette défini-
tion recense un certain nombre de cas où le salarié
travaille dans des conditions pénibles : contraintes
physiques, environnement et rythme de travail…
L'employeur doit désormais prévenir les conditions
de pénibilité et assurer la traçabilité des exposi-
tions. Celles-ci sont suivies par la médecine du
travail et le salarié quittant l'entreprise se voit
remettre une copie de sa fiche de pénibilité. La
pénibilité subie est une des conditions pour
permettre un départ anticipé à la retraite.
Il est important de souligner que la prévention de la
pénibilité est l’une des missions du CHS-CT.
Seules les entreprises de plus de 50 salariés (ou
appartenant à un groupe de plus de 50 salariés)
sont concernées, lorsque 50% des salariés sont
exposés à la pénibilité. Un accord ou un plan d'ac-
tion soumis au comité d'entreprise est requis avant
le 31 décembre 2011.
A défaut, l’inspection du travail met en demeure
l’entreprise de respecter ses obligations dans les
6 mois. Sinon l’entreprise se verra contrainte de
payer une pénalité (maximum : 1% des rémunéra-
tions).
L'accord doit commencer par un diagnostic qui
listera les salariés exposés à la pénibilité. Le
contenu minimum de l'accord est défini par le code
du travail aux articles mentionnés en début
d’article.
La question
La pénibilité, sujet complexe
• Un diagnostic sur la pénibilité doit être établi par l’employeur. Le premier point sera la négociation des situations
de pénibilité et des seuils. Si des facteurs sont définis dans le code du travail d’autres peuvent être ajoutés. De
même, des seuils plus favorables aux salariés que ceux légaux sont possibles.
• Si les critères sont objectifs et quantitatifs, ils faciliteront la détermination et le suivi des objectifs.
• La durée maximale de l’accord est de 3 ans.
Négocier un accord
Cars Faure
Victoire pour FO qui présentait des
candidats pour la première fois aux élec-
tions chez les cars Faure à Valencin. Le
18 novembre, les salariés ont élu leur
délégation unique du personnel. Sur 70
voix exprimées pour 194 inscrits, FO a
obtenu 68,57 % et 4 élus, la CGT avec
43 % et 2 élus. Alain Vichera devient
délégué syndical.
Carrières de Satma
Al’Isle d’Abeau FO a obtenu 100 % des
voix sur les deux collèges et 6 élus le 25
novembre, à l’élection de la délégation
unique du personnel. Aucune autre orga-
nisation n’est présente sur le site.
Formation 2012
Le programme des formations syndicales
Isère 2012 est disponible sur le site :
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Ces stages permettent aux adhérents et
militants de se doter d’outils pour assu-
rer leurs mandats, participer efficace-
ment aux négociations, connaître le droit
du travail, etc.
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sociale et syndicale est ouvert à l'ensem-
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5 Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
Christophe Jarnias, délégué syndical à
l'ESRF, est content des résultats des élections
du 8 novembre. FO est sortie en tête avec
plus de 38% des voix, devant la CFDT et le
syndicat interne de l'ESRF. Un seul tour.
« Actuellement il y a des restrictions sur le
budget. Celui-ci à été diminué de 6%, ce qui
a impliqué un gel des salaires et le non recru-
tement d'une vingtaine de personnes. Or dans
le même temps une remise à niveau impor-
tante du site est engagée représentant un
quart de budget en plus... Les salariés sont
donc désemparés et voient leur charge de
travail augmenter. Force Ouvrière a la réputa-
tion de se battre, ce qui nous a visiblement
servi.»
L'ESRF est issu de l'association de 19 pays,
en conséquence les pratiques et cultures
syndicales sont diverses. Les nouveaux arri-
vants ont une formation sur le fonctionne-
ment français des représentants du person-
nel. Une communication directe permet de
finir l'explication des enjeux. Dans ces condi-
tions le taux de syndicalisation se retrouve
dans la moyenne française.
L'équipe de l'ESRF s'est donc battue sur le
terrain, organisant des assemblées générales
et distribuant des tracts.
Les 600 salariés du synchrotron ont voté pour
défendre leurs intérêts en élisant cinq memb-
res de Force Ouvrière au comité d'entreprise
et six comme délégués du personnel.
Grenoble
Synchrotron :
FO a la réputation de se battre !
Seysinet-Pariset
Motivés chez EASI
EASI est une entreprise où travaillent
80 salariés (Seysinet-Pariset/agglomération
grenobloise), dont une partie sont des
travailleurs handicapés. Oeuvrant dans le
secteur de la sous-traitance industrielle, elle
a notamment dans ses activités la gestion
électronique de documents et la fabrication
de composants pour l’imagerie médicale.
Pour la première fois, une liste Force Ouvrière
a été présentée lors des élections de la délé-
gation unique du personnel, mi-novembre.
C’est l’image positive du syndicat FO qui à
décidé nos candidats à monter une liste Force
Ouvrière.
Avec 30 % des suffrages et quatre élus,
l’équipe FO est satisfaite des résultats obte-
nus après une campagne électorale mouve-
mentée. Les élus sortants, surpris, ne
voyaient pas d’un bon œil une liste concur-
rente se présenter face à eux.
« Nous nous sommes portés candidats pour
redonner du sens aux attributions du comité
d’entreprise. Nous souhaitons vraiment
travailler dans l’intérêt des salariés ; nous
avons tout à découvrir. La tâche s’annonce
importante mais nous prendrons le temps
qu’il faudra pour nous former », explique
Frédéric Serano, élu dans le second collège
(maîtrise/cadres).
Stéphanie Ronda, élue au premier collège
(employés/ouvriers) ajoute : « Nous avons une
grande volonté de nous investir pour repré-
senter tout le personnel de notre entreprise ».
Nos quatre élus ont d’ores et déjà décidé de
participer à des stages de formation en 2012.
Les élus : Magalie Béraldo, Stéphanie Ronda, Frédéric Serano,
Isabelle Goudaillier.
Progression
dans la fonction publique
FO est sortie en pôle position des élec-
tions organisées en octobre et en novem-
bre, pour la première fois sous le régime
de la loi sur la Représentativité, machine
de guerre contre le pluralisme syndical
voulu par la CGT, la CFDT et le Medef :
17,8 % des voix devant la FSU (17 %) ,
la CGT (16,5 %), la CFDT (13,1 %). FO
demeure à la première place, avec
16,6 %, même lorsque les chiffres de
l’enseignement privé sont pris en
compte.
En Isère
La Poste. Sur le périmètre DOTC Isère
Savoie (Direction opérationnelle territo-
riale Courrier) : 35,8 % dans la branche
Courrier et 26,4 % dans la branche
Enseigne.
La Santé. 12,6 %, en progression de
2,8 % :
• Centre universitaire hospitalier de
Grenoble : 5,9 % des voix (plus 0.9 %)
dans un contexte de très large éclate-
ment syndical (7 organisations présen-
tes) ;
• Hôpital de Bourgoin-Jallieu : 26,6 %
des voix (plus 3,6 %) ; FO est seconde
derrière la CFDT (45,5 %).
• Hôpital de Vienne : 29,5 % des voix
(plus 8,5 %) ; FO est seconde derrière la
CGT et la CFDT.
France Télécom. 23,3 % (plus 6,3 %)
dans le périmètre Centre Est (qui
englobe l’Isère). La percée est spectacu-
laire dans les boutiques, secteur où FO a
recueilli 53 % des voix sur le périmètre
Isère Savoie.
Justice. FO a présenté des listes seule-
ment dans les établissements péniten-
ciaires.
• Varces : 39,2 % des voix ; FO passe
devant l’Ufap (Unsa) ;
• Saint-Quentin Fallavier : 12,4 % des
voix loin derrière l’Ufap, même si ce
score fait de FO la seconde organisation
des personnels de la maison d’arrêt.
Education nationale.
• Tous personnels et niveaux confondus :
12.6 % (plus 4%) derrière la FSU
(39,8 %), la CFDT (14,3 %) et l’Unsa
(15 %).
• Crous (Centre régional des Œuvres
universitaires et sociales) : 16,3 %
derrière la CGT (62,3 %) et la CFDT
(21,3 %).
Direction départementale des Territoires.
• Ex-DDE : 33 % derrière une alliance
CGT/FSU (34 %) et l’Unsa (26 %).
• Ex-DDAF : 9,5 % derrière la CGT
(41,2 %) et l’Unsa (25,3 %).
Pour les vêtements, Patricia Compagnon « trouve
des magasins pas chers ». Roxane, 13 ans, sa fille,
apprend et «devient raisonnable». Patricia travaille
30 heur es par semaine, au Smic. La rigueur,
elle connaît, depuis longtemps, très concrètement.
Pour la nourriture, sur les marchés « il y a les lots.
Bon, les dates de péremption sont proches ou déjà
dépassées, mais on congèle ». Puis, les derniers
jours du mois, « on s’arrange. On mélange les
restes et on coupe le lait avec de l’eau ». Et en
achetant une épaule de porc entière, quitte à
passer l’après-midi à la dépecer, cela met le kg de
viande à 11 €. Evidemment, à ce régime-là, les
menus ne sont pas variés et les cinq fruits et légu-
mes par jour, c’est pour une autre vie.
Côté loyer, elle « a un petit appartement pas cher »,
dans une HLM. Le dossier de surendettement a
donné un peu d’air et l’APL (Aide personnalisée au
Logement) a pu être rétablie.
Pour la voiture… évidemment, pour la voiture, ce
n’est pas facile. « Une vieille voiture que l’on m’a
donnée. J’ai mis 30 € d’essence mardi. On est
jeudi et je suis sur la réserve… ».
Il faut bien rouler. Patricia est auxiliaire de vie à
Vienne et « pas de voiture, pas de travail ». Alors,
il faut garder la voiture avec, toujours présente, « la
peur d’une panne ».
La mutuelle, elle vient d’en prendre une. 55 €par
mois. Il faut aussi compter l’assurance, le gaz…
Au final, la vie… «un combat sans relâche. Pour les
gens comme nous, bien sûr ». Cette travailleuse là
s’est portée volontaire pour assurer un week-end
sur deux au lieu d’un week-end sur trois. Elle
travaillera plus pour gagner toujours très peu.
«Mais je ne me suis jamais laissée abattre, au
contraire».
Isère
Patricia, travailleuse, pauvre…
Christian Bernard ne décolère pas : « Quand j’ai
appris que je devais travailler deux ans de plus,
j’étais très en colère, d’autant que j’ai commencé à
17 ans. Maintenant un rajout de quatre mois ? Le
travail revient aux jeunes qui sont de plus en plus en
galère ».
Délégué syndical des Ciments Vicat (400 salariés en
Isère et sur l’Est de la France), il est bien placé pour
savoir combien les métiers de la cimenterie restent
difficiles.
Dans cette entreprise, une partie des salariés
travaillent en équipes 3/8 continues (jour, nuit,
samedi, dimanche et jours fériés), ou discontinues
(matin ou après-midi).
Les horaires sont difficiles à gérer pour la santé. On
emploie des mineurs de carrières souterraines, des
postés en maintenance, des postés avec astreinte.
Ce sont des métiers pénibles dans une industrie
lourde.
« Pour ces salariés qui vont devoir travailler un an
de plus, voire deux, les réformes des retraites
passent mal. Et que dire pour les nouvelles généra-
tions ? Combien de temps devront-ils travailler ? »,
s’interroge le délégué.
Exemple : l’un de ses collègues devait partir début
2011 à 60 ans. Son départ est reporté… « Nous
n’avons pas reçu le nouveau décret ; une incertitude
plane sur la continuité du dispositif des carrières
longues ; on ne peut pas finaliser votre dossier », lui
a indiqué sa caisse vieillesse.
Les salariés en 3/8 continues n’envisagent pas de
partir à plus de 60 ans. C’est très dur pour eux. Ils
sont usés, fatigués physiquement par la pénibilité,
les décalages horaires et auront de la difficulté à
assumer deux ans et peut-être quatre mois de plus
dans leur carrière.
« Les annonces changent semaine après semaine.
Qu’est-ce qui nous attend ? A quel âge allons-nous
partir ? », conclut Christian Bernard.
Retraite : colère chez Vicat
6 Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
Education nationale
Ils ont été 800, jeudi 15 décembre dans
les rues de Grenoble, enseignants de
l’Education nationale, à réclamer le
« Retrait du projet d’évaluation ». Ils
répondaient à un appel à la grève et à la
manifestation de toutes les organisations
syndicales (à l’exception du Sgen CFDT).
« Le projet d’évaluation, c’est le ralentis-
sement programmé, voire le blocage du
déroulement de carrière et la casse du
statut », a relevé FO avant d’appeler à
une grève interprofessionnelle de 24
heures « pour le retrait du plan Fillon ».
Le 13 décembre…
Faible mobilisation, le 13 décembre
devant la préfecture de Grenoble. FO
avait décidé de répondre positivement à
l’appel de l’intersyndicale départemen-
tale en participant à ce rassemblement
tout en réaffirmant sa position : seul un
appel à une journée de grève interprofes-
sionnelle nationale, sur des mots d’ordre
clairs, peut imposer au gouvernement
l’arrêt des mesures aux conséquences
dramatiques pour les salariés.
La Poste
Des milliers de colis. De plus en plus du
fait des commandes en hausse via
Internet… Et les cinq facteurs Colis de
Fontaine qui ont obtenu, en menaçant
de se mettre en grève samedi 17 décem-
bre, la création d’un poste. « Une belle
victoire qui en appelle d’autres ! », a
commenté FO Poste.
CAF
Première le 5 décembre : élection
professionnelle à la Caf Isère, structure
née de la fusion des sites de Grenoble et
de Vienne. La liste commune FO-CFTC a
obtenu 48 % des suffrages.
Le Smic…
Il a augmenté de 2,1 % le 1er décembre
pour atteindre 1393,82 € par mois. Ce
chiffre ainsi que beaucoup d’autres
(minimum Sécurité sociale, minima
sociaux…) sont à consulter sur le site
fo38.fr.
Christian Bernard, délégué syndical central.
7 Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
Le 10 octobre dernier, la direction de Becton
Dickinson, entreprise fabriquant du matériel médi-
cal, a annoncé la suppression de 67 emplois (effec-
tif actuel : 1 700 salariés dont 1 600 à Pont-de-
Claix et 28 000 dans le monde.
Les organisations syndicales, contestant la légiti-
mité du PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi), ont
fait appel à la justice tandis que l’inspection du
travail demandait à la direction de revoir sa copie.
Les élus du comité d’entreprise ont refusé, le 1er
décembre, que le cabinet BPI, auquel a fait appel
la direction pour accompagner les suppressions
d’emplois, s’installe dans les locaux mêmes de
l’entreprise.
L'entreprise invoque "une forte décroissance" des
dépenses publiques de santé. Mais Régis Conilh,
représentant de section syndicale FO souligne
surtout que Becton Dickinson n'échappe pas à la
pratique de suppressions de postes malgré des
bénéfices importants : 224 millions d’euros pour le
dernier exercice.
Pour Régis : "L'entreprise a les moyens d'attendre.
Mais ce qui est dit nulle part, c'est qu’elle a fait un
investissement important dans un nouveau process
de production. Entièrement automatisé, il suppri-
mera à terme presque la moitié du personnel sur
les lignes concernées ».
Pour cette première vague de suppressions d'em-
plois la direction explique vouloir privilégier les
départs volontaires. Mais Régis Conilh, à l’instar
des autres représentants du personnel, pressentent
que ce plan sera suivi de beaucoup d’autres.
Pont-de-Claix
BD : la bataille a commencé
Régis Conilh, représentant de section syndicale FO.
Photowatt
Alors qu’un plan social se soldant par la
disparition de 120 emplois est en cours,
l’entreprise a été mise en redressement
judiciaire par le tribunal de Vienne mardi
8 novembre. 441 postes sont très direc-
tement menacés. Dans la logique des
démarches engagées au printemps
dernier, FO a pris contact avec le minis-
tère de l’Industrie.
Voir fo38.fr
Hewlett Packard
Après le départ de managers de Grenoble
pour la Suisse (contrats moins contrai-
gnants), et l’annonce de la disparition de
l’unité PC, les syndicats ont lancé un
droit d’alerte.
« Nous avons demandé : que ces person-
nels restent dans l’effectif, le décompte
des postes en France ; mais le contrôle
reste très difficile. Nous avons obtenu
l’engagement que la branche PC ne
disparaîtrait pas » précise Françoise
Montfollet Duriez, déléguée syndicale
sur le secteur de l’Isle d’Abeau.
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8 Alpes FO - Décembre 2011 - N° 127
Au début, il avait peur de « l’esprit syndicaliste, celui
qui diabolise le patron, avec des énergumènes qui
balancent des fumigènes devant les CRS ».
Maintenant, Sylvain Lambert, 44 ans, responsable
Projet Client pour l’Entrepôt du Bricolage (Groupe
Samse), est délégué syndical. Le genre à user de
douceur (dans le regard) et de moelleux (dans la
voix) : « Bien sûr, il faut forcément, de temps en
temps, dire non. Ce n’est pas simple dans notre
société. Mais j’ai les épaules larges et pas trop peur
des frictions. Et rien à perdre ».
Dans sa besace de syndicaliste, il a mis : « Le
comité d’entreprise, je croyais que c’était pour les
bons d’achat, les sorties. Intérêt limité ! Mais il y a
tout l’autre côté : la situation de l’entreprise et les
messages à faire passer à la direction ».
Alors, il a commencé à potasser le code du travail…
« Après, les collègues se rendent vite compte que
tu peux les aider et moi j’ai pris l’étiquette FO parce
que c’est le seul syndicat pluriel, arc-en-ciel, qui ne
cautionne pas tel ou tel parti politique. Et puis je
voulais savoir comment cela se passe ailleurs, avoir
un espace où échanger les expériences».
« Les gens ne savent pas, pas assez… »
C’est là qu’il a trouvé, bien précieux « cette
solidarité entre des gens qui au départ ne se
connaissent pas forcément. Je suis devenu
conseiller du salarié. On rencontre des gens dans
une peine incroyable. Le syndicat, ce sont des gens
qui répondent à d’autres qui sont dans la merde,
sans poser de question sur l’âge, le sexe, la race ».
La charge est honorable et la complaisance
inutile : « Quand tu t’occupes des autres, tu en
tires une satisfaction, au moins une estime de
toi. Même si cela ne se sait pas, tu sais que tu
as fait quelque chose, que tu as réussi ».
Sylvain Lambert énumèrera « ce qu’on a gagné
dans l’entreprise sans aller au conflit : pas de
travail les jours fériés (sauf un cette année), des
salaires point trop ridicules (embauche à
1 400 €bruts), la défense de cas individuels… »
Ainsi assume-t-il son engagement, sans oublier,
au passage, de rappeler à ses collègues lorsque
c’est nécessaire que tout ce qu’ils ont, collecti-
vement, c’est parce que d’autres l’ont gagné et
le défendent. Parce que lui en est certain :
« Les gens ne savent pas, pas assez ».
Sylvain Lambert, solidaire à la base
Ils résistent, prouvent qu’ils existent
Sylvain Lambert : « Je suis foncièrement opposé à la normalisation et j’ai toujours été révolté ».
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