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Antonini, Paul. Paul Antonini. Les Chinois peints par un Français. 1886. 1/ Les contenus accessibles
Antonini, Paul. Paul Antonini. Les Chinois peints par un Français. 1886. 1/ Les contenus accessibles

Antonini, Paul. Paul Antonini. Les Chinois peints par un Français. 1886.

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Les

un

:F,A."iyfï£i

•A.asrTOxriwx

Chinois

peints

par

Français

PAUL.

PARIS

OLLENDORFF,

ÉDITEUR

28"*, RUE DE RICHELIEU, 28^s

1886

Tous droit*réserves.

Les

par

Chinois

un

peints

Français

DU MEME AUTEUR

:

LE SERMENT, son histoire et son utilité.

TROISCONFESSIONS: Saint Jlugustin (Montaigne—Jean- Jacques 7{ou$sejn,

L'ÉGLISEET

toire décrétée par les conciles) (épuisé), LE DIMANCHE JOUR DE REPOS (êpuisi).

L'INSTRUCTION (l'instruction gratuite et obliga-

MARIAGEET CELIBATDESPRÊTRES {épuisé),

MARIAGEET DIVORCE (épuisé).

Les

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Chinois

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par

Français

PARIS

OLLENDORFF,

ÉDITEUR

23B», RUE DE RICHELIEU, 2801*

1886

Tous droits réservé».

,

 

/Mi"r»/ir

T Vf;

|

I

Î

AVANT-PROPOS

Se livrer à une élude consciencieuse

la langue

des moeurs de ce

peuple

d'un peuple; apprendre pour mieux connailrc

s'efforcer

ses institutions;

ensuite d'exposer

entendu

toire

possible ce (pie l'homme

sincèrement

ce que l'on

a vu,

peu d'his-

que

il vil,

ou appris; et de religion,

parler quelque

dire aussi exactement

pense, comment

à l'autre extrémité

du vieux monde

n'est-ce pas

folie

aujourd'hui?

Ne sommes-nous

pas, pour

la

de grands pourvu

plupart,

comme

cieux d'être instruits,

enfants

sou-

peu qu'on nous amuse,

aimant les histoires Que le lecteur

vérité aux fictions, tretenir des Chinois

plus que l'histoire?

nous pardonne

de préférer

la

et qu'il nous permette et de la Chine.

de l'en-

Un voyage en Chine

n'est déjà plus « un voyage

Kuropc les propor- On n'admet pas encore

à la lune»; le Chinoisprenden tions d'un être raisonnable.

quïl puisse jamais hommes d'Occident,

devenir parfait

mais

à l'instar

des

on concède

que peut-

1

II

AVANT-PROPOS

être il atteindra

l'échelle

du bien:

un degré il est

assez honorable

candidat

aune

dans

manière

de civilisation

restreinte,

Yoilà certes un grand encouragement

mulera l'ardeur

des Chinois!

et qui sti-

Cependant la Chine—qui

ne s'appelle pas Chine,

qu'à une époque où l'Europe

par

des tribus déjà d'une

à demi

pourrait

répondre

était à peine peuplée vages, elle-même

sau- 1res réelle

jouissait

civilisation. Ce furent

les Portugais nommèrent

et les Espagnols China « l'Empire

qui, du Mi-

»

les premiers,

lieu » Tchong-Koué,

Hoa-Koué,

le « royaume

des Fleurs

le pays qui est sous le ciel ai laftturdu

milieu.

Dès avant

l'ère chrétienne,

les Romains

avaient eu des relations,

à peine ébauchées

d'ail-

avec les habitants

de

leurs,

cet Empire. pas écrit sur

Depuis la reli-

de la Chine ! Aux

tant de siècles, gion, les moeurs, années

premières

Marco

que n'a-l-on

les industries

du

xvie siècle, son séjour

le Vénitien

Polo raconta

chez ce peuple

« barbare et anthropophage,

de ses ennemis,

qui boit danslccrànc

ses chiens

et dont les

».

qui mange

Polo

poules sont habillées

Le récit de Marco

de poils au lieu de plumes

eut

tout

n'avait

le mérite encore

d'une

aucune

révélation,

car l'Europe

l.Ccs

de Chine dont Marco Polo voulut faire des

deux pattes,

sont des casoars

poules

lapins que l'on trouve sur-

poules, elles sont

ou des chats a

tout dans le

fort belles et très bien

Kouang-si.

Quant aux véritables

cmplumâcs.

AVANT-PROPOS

III

donnée sérieuse

sur la Chine. Cependant

avait

été le premier

comme à voir tant

l'illustre voyageur

de merveilles, tout à étudier, des inexactitudes,

sans doute, mais qui discréditèrent

il avait eu tout à découvrir,

des erreurs, inévitables les Chinois. de nombreux

comme

son travail contenait

des confusions,

chrétiens

et

Des missionnaires

explorateurs

sont allés sur cette

terre

lointaine

furent victimes

d'une haine avant

tortures.

toute

sau-

de

des

beaucoup vage contre l'étranger;

plusieurs,

que

mourir, ont souffert d'indicibles

De telle sorte

qu'en Europe,

particulièrement

sont

il est de foi que

les Chinois

en France,

barbares. Ajoutons

cation absolument

que sans accorder

identique

une signifi-

à ce terme,

les Fils A leurs

du Ciel l'appliquent yeux, nous sommes de la civilisation

n'avons ni l'aménité Passé, ni la déférence de soumission

aussi aux Européens.

privés

de tous

les avantages

telle qu'ils la conçoivent

de moeurs,

; nous

du

ni le culte

pour la vieillesse,

ni l'esprit une so-

sans lesquels, pensent-ils,

ciété n'est pas viable.

iXbus sommes

des barbares.

Sans doute,

à ne prendre

infligé à tant de malheureux

que le fait brutal

du

martyre

Européens, se trouve à l'homme

la mauvaise

bien justifiée. d'examinersans puis d'écouter

renommée

des Chinois

possible

Mais, s'il était

passion

les actes de son prochain,

dans le recueillement

la voix de sa

conscience;

soi-même

s'il consentait la condamnation

à prononcer

des

faits

contre

que

lui

:

IV

AVANT-PROPOS

cette

reproche pouvait obtenir

voix intime;

en un

d'un homme justice

portées contre

même, les accusations

mot, si l'on

lui-

contre

les Chinois

deviendraient

à coup sur moins

sévères.

Hatons-nous

de le

dire : nous de

examen

ne prétendons leurs

même

pas qu'un

puisse en atténuer

soigneux

erreurs

la gravité. Seulement,

l'Europe

parmi a été

il en est dont

ces erreurs,

témoin ; parmi ces fautes, il en est dont les peuples

d'Occident se sont rendus coupables. L'expérience

quotidienne a ses heures

apprend que la majorité

des hommes l'histoire

d'égarement que les nations

individuel;

ont eu aussi leurs jours

qui ternit

enseigne

de folie: folie furieuse, à jamais l'honneur

éphémère, les conduirait

folie sanglante

des peuples

et, si elle n'était

certaine.

à une ruine

Ces maladies

sociales sont de cruelles épreuves

par la Providence,

dont

permises

sont impénétrables;

elles sont aussi

les

dessoins de terribles

que Dieu inflige au monde

indulgent

et qui, à défaut

leçons

d'autre enseignement, à se montrer

devraient engager l'homme

pour

ses semblables

.

comme pour lui-même, ou sévère pour lui-même

comme pour ses semblables

!

Ce que nous venons de dire contient

un aveu:

nous plaidons

pour les Chinois.

Nous ne cherchons

pas à atténuer

leurs fautes;

mais nous

bien connaître.

estimons

qu'on De là viennent

les accuse

sans

deux erreurs

première

est que

l'on en dit beaucoup

plus

 

les

:

la

de

AVANT-PROPOS

V

mal qu'il n'est

l'on passe sous silence louable de leur caractère.

d'en dire;

la seconde,

juste

que et le côté

leurs qualités

Cette mode d'appeler au lieu de le dénommer inconnu, a été combattue

la Chine un pays barbare

plus justement

un pays

par des esprits sérieux.

Voltaire voulut

réagir contre

quelques points, il se rencontra

celte mode; avec la vérité, sur

sur

il dépassa le

but. C'est'quc Voltaire obéis-

réelle, née d'étu-

systé-

circon-

d'autres,

sait bien moins à une conviction

des attentives,

matique

qu'à cet esprit d'opposition

en maintes

dont il fit preuve

stances. Il adopta l'avis des missionnaires

seule raison que cetavis en faveur.

était contraire

du P. Gaubil

par la aux idées

généralement Les travaux

curent une portée autrement considérable

et ceux du P. Amiol

que la

fantaisie de Voltaire, car il forcèrent l'admiration

du monde savant pour des institutions

savait à peine l'existence,

mérites chez des hommes auxquels on n'attribuait

dont

on

ils révélèrent de grands

généralement que des défauts.

11 y a peu d'années,

Abcl de Itémusat,

Stanislas encore les

de la

et le

Julien, Pauthier firent mieux connaître

chefs-d'oeuvre

Chine. Enfin de nos jours,

11. P.Perny ont expliqué le mécanisme

gue chinoise. Ces deux derniers, appartenant

littéraires

et philosophiques Le H. P. Zoltoli

de la lan-

l'un

à la Société

de Jésus,

l'autre aux Missions étran-

gères,

ont plus

que tous

autres,

par de remar-

VI

AVANT-PROPOS

quablcs

travaux,

facilité l'étude

des textes

chi-

nois. Nous avons

dents défenseurs dcsChinois sont les missionnaires

été frappé

d'un

fait:

les plus

ar-

chrétiens,

c'est-à-dire ceux des Européens

le plus souffert

en Chine.

Ce fait

devrait

qui ont à lui

seul guider l'opinion de la vérité.

publique dans sa recherche

Pour faibles

que soient

nos

joindrons

à ceux que des hommes

les

efforts, éclairés consa-

nous

crent à la réhabilitation

Nous exposerons

des Chinois. d'oii viennent

les habitants

du Céleste Empire, mode d'existence,

chez

leur

ce qu'ils comment

et

quel est

sont,

ils se comportent

eux et au dehors,

à la maison au tribunal

et à la ville, les

de cé-

au foyer domestique enrobe

peindrons rémonie. Dans cet examen,

louer — non pas que « louer toujours

comme

; nous et en habits

de chambre

nous n'aurons

à

»

pas toujours soit banal

l'a dit

un courtois

— mais

mandarin,

la perfection L'hommage des Chinois

n'est point que nous rendons sera une preuve

le

fait

de

parce

l'homme. lides vertus

apprécions

taines

que

aux so- que nous

cer-

leur génie et que nous respectons

idées.

de leurs

Sans tarder plus longtemps,

nous allons

donc

entrer

des jardins ample moisson

en Chine.

Nous savons à

qui

fleurs.

que ce royaume

la

faire

fournit

de

sait

une

Si nous

manquons

AVANT-PROPOS

VII

d'habilité

espérons du moins que, poursuivant

en lier

forte gerbe,

une

nous

pour

nos recher-

ches, nos lecteurs pourront

nombre: fleurs de l'esprit, écloses depuis des siècles

brillantes

en cueillir fleurs du coeur,

un bon fleurs

et cependant

toujours

deux génies tutélai-

parce que, comme

rcs, deux vertus ont jusqu'ici

chinoise du souffle des tempêtes

préservé la Nation qui a renversé

tant et de si grands institutions. Ces deux vertus filiale.

empires,

tant et de si grandes •

sont l'Obéissance

et la Piété

PEINTS

LES

CHINOIS

PAR

UN

FRANÇAIS

HISTOIRE

CHAPITRE

ET POLITIQUE

PREMIER

LES ORIGINESDU PEUPLE CHINOIS. LES TARTARBS. HISTOIREPE LA Natte.

D'où viennent les Chinois?

Par

suite

de quels

événements et depuis quelle époque occupent-ils

le vaste territoire qu'ils couvrent maintenant

entier?

tout

Problèmes

difficiles à résoudre

et qui déjà, au

très di-

cours dc3 siècles, verses.

ont reçu des solutions

Les Chinois, principaux nous éclaireraient

intéressés

dans

ces que tous

mieux

questions, autres s'ils liaient inoins

la fable à l'histoire.

Antérieurement

à la colonisation

de la Chine

1.

2

LES CHINOIS

par les Chinois,

une tribu importante

presque

un peuple ridionale

était en possession

de la partie

de l'Empire

actuel. Les nouveaux

mé-

arri-

, vanls

eurent

à combattre

celle tribu

qui, malgré

lutte

ardente

une

développée

tumes et même son indépendance.

nue sous le nom de

à-dire

sans cesse renouvelée,

ses moeurs,

s'est

tout en gardant

ses cou-

con-

c'est-

Elle est

Tribu

des

des Miao-tsé, hommes

des Barbares,

sauvages. des Miao- de

la

n'a

Les Chinois reconnaissent

tse, et se sont

question

à

peu de leur propre

l'antériorité

désintéressés

près origine parce qu'elle

pasd'ulilitépratique.

C'est àuu rameau de l'unique

et primitive les ancêtres

famille

humaine

qu'appartiennent Mais quel est ce rameau?

des Chinois.

Au siècle dernier

asiatique,

M. Jones, assura

que

de

la

les

président

Société

Chinois et les Japonais appartiennent

groupe. nie hindoue

les

Hindous,

à un même

par une colo-

militaire,

La Chine aurait

appartenant

été peuplée

à

la casle

caste des Kchalryas.

été proposée

Une opinion contraire

il croyait

avait-

par de Pauw:

les Chinois

issus des Arabes.

De Guignes

prétendit

qu'ils

descendaient des Égyptiens.

Les recherches

tout en Allemagne

continuèrent

et en Angleterre

en Europe, où l'on admet

sur-

PEINTS PAR UN FRANÇAIS

3

généralement colonies mie. L'histoire

Cent Familles

venues

que la Chine

fut peuplée

par

des

de lu Chaldée,

de la Mésopota-

du peuple chinois,

ce « peuple

des

» et le caractère

môme

de son gou-

pas de douter

les

vernement,

émigrants torale exisle

estentroupeaux; se font au moyen

se trouvent cantonnés

ne permettent

que

aient été des pasteurs.

dans

La famille

pas- oit la fortune

le Thibct

encore les transactions

d'échanges.

dans

entreThibétains

Les Miao-tsô

qui

méri-

et du

les provinces du Yûn-nàn

dionales du Koùy-tchcou,

sont aussi des pasteurs.

à 18millions] chacune

pas de monnaies,

de l'Empereur

époque

la colonie

le peuple

Leur nombre

Kouàng-sy,

peut être évalué

ayant ils ne se servent sent pas l'autorité

point d'impôts. A quelle

devait produire de l'Asie centrale?

divisés

leur nom et leur chef;

ils sont

en 82 tribus

ne reconnais- et

ne payent

de pasteurs,

qui

chinois,

émigra-t-elle nous fait cntrei

Cette question

dans le domaine du merveilleux.

Il esl toujours

assez difficile

de dégager

par-

faitement

un fait réel

des simples

enfantements

de l'imagination; est mis en lumière,

élrange, si nouveau,

et parfois

ce fait réel,

lorsqu'il

sous

se présente qu'il s'accrédite

un aspect

avec peine.

si

4

LES CHINOIS

Les mylhologistcs

chinois donnent volontiers

des millions

sulter de calculs astronomiques

d'années

à leur race;

chinoise

il semble

ré-

que

très sérieux remonte

cette

de la société

réelle-

l'origine ment à dix-neuf

mille ans. Schlegel

Mais en tenant

croit à cette

dalc pour historique

haute antiquité. vraie on ne touche

pas à la période

!

Le plus

ancien

empereur

au sujet

duquel

on

trouve des légendes

reposant

sur quelques faits sé-

rieux est Foi("hy-chê;\\

avait régné 2852ans avant

l'ère chrétienne

et pendant 115 ans; Chcn-long

et Houâng-ly prince illustre

lui succédèrent.

entre tous, régna

Ce dernier

fut un

100 ans et mou-

rut en 2597. Quatre Yào dont l'avènement

empereurs

le séparent

eut

lieu en

2357

de Ty- et sous

en Chine une terrible inonda-

de

lequel se produisit

tion connue

P. Gaubilestimait

et la civilisation chinoise

antérieure

date.

antiquité semble offrir avec la chronologie

que, elle n'est qu'apparente. aucune donnée certaine doit calculer les périodes

sous le nom du déluge

que l'histoire

mais

Yào. Le

vraie de la Chine

remontent à une époque

il n'en précisait

que

à Yào,

pas la

Quant à la contradiction

cette haute

bibli-

en effet dont

Il n'existe

sur la manière

on et les dates indiquées

dans la Genèse.

PBINTS PAR UN FRANÇAIS

5

Après avoir tout d'abord considéré l'inondation

deYào comme idcntiqnc savants estiment

ment le résultat

de Noé, fut

les

au déluge

seule-

aujourd'hui d'un débordement

fut

qu'elle

considérable — disent

du fleuve Jaune. Ce débordement —

historiens

les

pendant dans son un

re-

chinois

combattu

après quoi le fleuve

sept années,

rentra

lit. L'inondation grand nombre d'hommes

causa

cherches géologiques

culs très sérieux

de grands

désastres; Mais les

et les

périrent. en Chine

faites

cal-

des anciens astronomes

chinois

portent

à croire

que le déluge

de Noé n'atteignit

pas l'extrême Orient. On s'est élevé au nom de la religion

chrétienne

contrecet avis que partagent

fort éclairés.

nous déclinons toute responsabilité

fort obscur de l'histoire.

qu'à nos yeux la religion doit demeurer

tholique, \J universalité sie, restreinte du monde

à l'universalité connues des Hébreux

cependant des prêtres

ni astronome,

sur ce point

la foi ca-

à ce débat.

sans

héré-

des

parties au temps sur d'autres

de

N'étant ni géologue

Nous avouons toutefois

chrétienne,

étrangère

peut

être,

du déluge

Moïse: le cataclysme

s'est étendu

contrées ignorées d'Israël,

toutes atteintes.

il peut ne pas les avoir

que les peuples

Si l'on réfléchit

6

LES CHINOIS

do roxtrèmo

breux, étrangers h leui*s croyances

doutes et à leurs fautes, on conviendra

a pu étendre sa miséricordo

innocents,

Orient se trouvaient éloignés

des lié*

comme à leurs

quo Diou sinon

et très im-

à des hommes

do pardon

du moins dignes

instruits

do la loi divine.

remarquable

parfaitement quo la .diversité

entre les Chinois et tous les autres hommes

preuve do leurlmuto Le peuple chinois

autro;

contente do bien remplir son personnage,

ter lui sans chercher,

Ajoutons

existant

est uno

à aucun et so do res-

encore

antiquité.

no peut se comparer

il est lui, comme

dirait Montoigno,

à se fairo autre.

Les points

do contact qu'il peut avoir avec les Égyptiens

et les

Chaldéens prouvent seulement leur communauté

d'origine.

Après

proprement

avoir parlé des Miao-tsé

dits,

nous devons

et des Chinois arrêter

quelques

instants notre attention

dclagrando

sur un troisième

occupe,

nation

qui nous

Tartare.

élément

l'élément

Vers l'an 250 (avantl'èro chrétienne)

les Chinois

se lassèrent d'avoir sans cesse à repousserai!

de la frontière

delà

nord les Tartarcs,

leurs voisins. était

une pro- le bien d'autrui.

Le défaut capital

do ces voisins

pension fort grande à s'attribuer

PEINTS PAR UN FRANÇAIS

7

Leurs incursions,

étant quotidiennes,

devenaient

onéreuses et difficiles h réprimer;

parfois elles prenaient

en outre, commo

d'expéditions des craintes On résolut

maté-

le caractèro

à main armée,les

sérieuses

donc d'opposer

rielle,

Chinois conçurent

pour leur indépendance.

aux Tnrtares

uno barrièro

uno sorte

do rempart

la

qui protégerait

frontière.

intervalles

cela parait menacée ayant

seurs

Construire

élever

un mur, pour abriter

h certains

les défen-

des tourellos

un travail

facile. Mais la ligne

huit cents lieues

de longueur, cessait d'être

de l o n g u e u r , cessait d'être

on

une

conviendra

oeuvra ordinaire.

que lo mur projeté

Tout autre qu'un

Chinois

eût considéré

do penser

commo

l'accom-

de folio lo seul fait

un signe Mais le Chinois

plir

so trouve

dans l'humanité

un lypo à part : il montre

un grand

esprit

dans toutes une ténacité

dans toutes u n e ténacité

ses

si

des entre-

les plus

comme

actions

constante qu'elle explique

prises les plus longues,

de suite,

l'exécution

les plus ingrates,

contraires

Vers

à l'ordre

lo temps

général des choses.

où les Tartarcs

causaient

tant

hommo de Chine.

du

plus C'était en

d'inquiétude,

grand mérite, devint empereur

246. Environ

Ché-houàng-ty,

dix ans plus tard le m tir était achevé —-

long de 800 lieues,

large autant

qu'il

était néces-

8

LES CHINOIS

sairo pour que 14 personnes marchassent

sur son couronnement.

Tello fut l'origino

do front do la

grande muraille

qui tenait

enclose

do trois côtés

dos Tar-

la Mongolie

tares pondant près do douzo siècles.

actuelle et qui arrêta l'essor

Les Arabes ont coutume

do dire: « Go qui est

quo l'hommo

ne

écrit,

est écrit » — c'est-à-diro

do Diou. Les Chinois ont fait l'ex-

« il était écrit » quo

peut triompher do cetto maximo:

périence les Tartores régneraient

avait mémo décidé que co pays leur serait

par ses habitants naguère battre!

en Chine; la Providence

si empressés

ouvert à les com-

Ce fait surprenant Depuis l'empereur

s'accomplit on 1642.

Houy-tsong,

qui voulut

en

1118 réprimer les nouvelles incursions des Tnrta-

res et qui, vaincu

le désert deCha-mo, tous les souverains

par

eux, trouva

la mort

dans

depuis Hoûy-tsông, prcsquo

qui se succédèrent

eurent

h

lutter contre ces ennemis infatigables. Acceptent-

ils la paix, ils attendent

lentisse et tout aussitôt envahissent l'empire.

d'en respecter

les clauses?

jurent-ils

quo la vigilance

des Chinois

so ra-

Un

jour ils font l'empereur

prisonnier,

sent de lui dans sa capitale

même,

ils so saisis-

qui était alors

dans lo Iïo-nftn.

Co prince, Kon-tscng,

fut

lo

PKINTS PAR UN FRANÇAIS

9

dernier représentant

autre expédition ces et do la flotte

dos

du

Nord,

Uno

Song les rond maîtres

chinoise.

do cinq provin-

C'était

on 1280.

La ; il so

position du prince

Ty-pin était désespérée

dans les flots, non

générale,

précipita

compagnio de l'impératrice Contre l'attente

loin do Canton,, et do toute leur suite.

on

les Tartares

no

su-

rent pas à co moment

de si grands celle des 'Min ra-

avan-

Étal si justement

établie,

quo comme les ils avaient

profiter

tages. La dynastie

menèrent

alarmé;

la paix étaient

fidèles vassaux do l'empereur prêté foi et hommage.

les Tartares

des Yuen et

lo calme dans ce grand

paraissait

reçus

en

si bien Chine

auquel

Tout

à coup

uno

nouvello

surprenanto

vient

troubler la quiétude

tsong

cent en bandes armées.

de cette

vainqueurs,

presque sans trêve pour leur indépendance.

tés contre de leurs

vexations auxTartares.

du chef do l'Empire,

les Tartares

Siuôn-

s'avan-

des traités,

: au mépris

C'était vers 1425. A partir

Tantôt

Irri-

la lutto est incessante.

époque, tantôt vaincus, les Chinois combattent

des voisins succès

si turbulents,

éphémères

ils profitent mille

animé

pour infliger

Le chef de ceux-ci,

d'une sourde colère, demande

aide et assistance

à

ses

aïeux,

leur promettant,

cadeau

vraiment

1.

10

LES CHINOISf'

royal, deux cent mille têtes île Chinois, s'il réussit

dans ses projets. Puis aussitôt,

rable,

à la tôto d'une

la

sous

Chine

armée

considé-

il envahit

!o Loào-tong,

et so fait procla-

par s'en empare lo nom

marcho sur Pékin,

mer empereur

de Tien-Min,

meurt

en 1627.

Il

On no pouvait encore

do l'onlropriso

si hardie

continuait

moins ardente,

prévoir lo résultat

final

des Tartares.

et lo général

La lutte Où-san-

Kouy soutenait

qu'habile.

uno défonso couragouso autant

Mais on comptait

sans les ancêtres lui-même

qui

do Tien-

les

avait

allait so mon- de

siègo

sans Tien-Min ! Au moment des bandes

Min,

rejoints

où la lutte

suprèmo de malfaiteurs

voisines

du

s'engager,

trent

dans les provinces

l'empire. Ces malfaiteurs

énervé

par les exactions

excitent

lo peuple

qui,

do certains

mandarins,

prête la main à la révolte.

Yuôn favorise

Pékin et l'empereur lais. Oû-sàn-koûy,

La trahison du général

ils s'emparent

les rebelles;

do

so lue dans le parc du Pa-

désespérant

de triompher

à

lui seul des révoltés,

ennemis

hier, de faire

propose aux Tartares,

ses

alliance

avec lui. Ils ac-

ceptent

aussitôt

; mais leur chef étant

mort,

ils

PEINTS PAllUlï FRANÇAIS

il

proclament

Chino (1644),

lo fils do ce chof

empereur

do la

Le

rôvo do Tien-Min

était accompli

dynastio tartaro des Ta-Tsin, c'est-à-diro

et

de

la

la

grande clarté,

a su jusqu'à

co jour conserver

lo

Kilo a été illustrée

par des princes

d'uno

pouvoir. grande valour. Aussitôt qu'ils furent Tartares montrèrent

maîtres qu'ils étaient

do l'empire,

les

hommes poli-

tiques autant quo guerriers.

nisation

qui autrefois

Le systèmo

avait

rendu

do colo-

Rome

si

puissante fut celui qu'adoptèrent

les nouveauxsou-

verains

fier les coutumes toutes. Ils eurent

même piété pour les ancêtres,

tion pour Confucius, grandes cérémonies leur habillement.

do la Chino.

Au lieu

do songer

à modi-

des Chinois, lo mémo