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El Watan

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 21 janvier 2012

CONSTANTINE ORPHELINE DE SON DOYEN

liste

Décès du journaliste

Aziz Rahmani ni

LIRE EN PAGE 28

Décès du journaliste Aziz Rahmani ni LIRE EN PAGE 28 ÉDITION DU CENTRE N° 6462 -

ÉDITION DU CENTRE

N° 6462 - Vingt-deuxième année - Prix : Algérie : 15 DA. France : 1 . USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

LE MAE MAROCAIN, SAÂD-EDDINE EL OTHMANI, À ALGER LUNDI

PHOTO : DR
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Des relations moins tendues

Il s’agit de la première visite officielle à l’étranger du nouveau chef de la diplomatie marocaine. Saâd-Eddine El Othmani sera reçu par le président Abdelaziz Bouteflika

La visite confirme une tendance au réchauffement des relations entre les deux pays amorcée depuis quelque temps malgré la persistance de nombreux contentieux.

LIRE L’ARTICLE DE SAÏD RABIA EN PAGE 3

VIE POLITIQUE

LE RND, AHD 54 ET LE FFS, ANIMATEURS DU WEEK-END

Rebaïne, président de Ahd 54,

à Bouguirat (Mostaganem) :

«50 ans de supplice, ça suffit !»

Ils interpellent Ahmed Ouyahia :

Des «militants RND» dénoncent Seddik Chihab

Ali Laskri à Boumerdès :

«Tout démontre que les élections seront incontrôlables»

Le conférencier Ammar Belhimer :

«Le déficit démocratique, un obstacle au changement»

LIRE LES COMPTES RENDUS EN PAGE 2

PHOTO : H. LYES

STÉPHANE GALOUSTIAN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE RENAULT ALGÉRIE

GALOUSTIAN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE RENAULT ALGÉRIE «NOS RÉSULTATS DE 2011 SONT PLUS QUE SATISFAISANTS» ■

«NOS RÉSULTATS DE 2011 SONT PLUS QUE SATISFAISANTS»

Avec pas moins de 75 042 ventes réalisées pendant cette période, le groupe Renault Algérie, qui rassemble les marques Renault et Dacia, a terminé l’année 2011 en beauté.

LIRE L’ARTICLE DE NADIR KERRI EN PAGE 28

ÉTRANGERS DIPLÔMÉS EN FRANCE

LE SÉNAT INTERPELLE LE GOUVERNEMENT

DIPLÔMÉS EN FRANCE LE SÉNAT INTERPELLE LE GOUVERNEMENT ● La circulaire Guéant relative à l’employabilité

La circulaire Guéant relative à l’employabilité des étrangers titulaires de diplômes français continue de faire des vagues

Le Sénat juge «essentiel» de favoriser «l’emploi» des diplômés étrangers et a voté mercredi une proposition de résolu- tion pour interpeller le gouvernement.

LIRE L’ARTICLE DE NADJIA BOUZEGHRANE EN PAGE 8 Arts & lettres LES MAÎTRES DE LA
LIRE L’ARTICLE DE NADJIA BOUZEGHRANE EN PAGE 8
Arts & lettres
LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE
OUSE
EXPOSITION
La chaîne de la «Nouba»
ba»
Lire le supplément en pages 11, 12, 13, 14, 15 et 16
, 14, 15 et 16
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PHOTO : B. SOUHIL

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El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 2

L’ACTUALITÉ

LE CONFÉRENCIER AMMAR BELHIMER INVITÉ DU FFS

«Ledéficit démocratique, un obstacle au changement»

L e changement, les réfor- mes, des mots qui re- viennent avec insistance

pour dire combien le besoin de voir la situation actuelle évoluer vers le meilleur se fait pressant et fort. Il se trouve toutefois que les conditions re- quises pour mettre sur les rails tout projet de changement ou de réformes sont compromi- ses par l’absence de démocra- tie. C’est en tout cas l’avis de Ammar Belhimer, docteur en droit, enseignant à l’université d’Alger, invité hier par le Front des forces socialistes à dissé- quer «les grands indicateurs de la situation économique et sociale, en Algérie». Lors de cette conférence entrant dans le cadre de l’association par le FFS «des personnalités de la société civile afin d’élargir et d’éclairer la réflexion pour la préparation de la conven- tion nationale prévue le 11 février à Alger», M. Belhimer estime que deux obstacles majeurs ferment la voie au changement. Il s’agit, dit-il,

du «déficit démocratique et de la prise en otages des intérêts économiques locaux par des facteurs extérieurs». Malgré les moyens financiers impor- tants dont dispose le pays, le conférencier souligne que l’absence de transparence et de règles de gestion saine des deniers de l’Etat fait qu’il est impossible de sortir de l’économie de comptoir dans laquelle on s’est engouffrés pour servir des puissances étrangères. Parler de réformes dans ces conditions relève de la pure fantaisie, le mal étant plus profond et nécessitant des réponses politiques appro- priées. «Le déficit démocrati- que s’exprime par la préémi- nence de la violence politique. Nous nous trouvons devant une démence du système face à un peuple pacifique», note Ammar Belhimer qui relève que la violence employée par le système comme mode de

fonctionnementpolitiques’ex-

prime sous différentes formes,

dont l’absence d’alternance

au pouvoir.

«Les suc-

ces s i ons

s’ordon-

nent de ma-

nière opa- que par le

cabinetnoir

ou conclave

déci-

e u r s … chan-

d

le

de

le cabinetnoir ou conclave déci- e u r s … chan- d le de ce évoquée

ce évoquée

par M. Bel-

est

liée

au mode de

régulation

institu-

tionnelle.

«Corrup-

tion, clien-

et

compromis-

sion» sont

les maîtres-

d’un

de

régulation

des institu- tions dans le cadre d’un contrôle policier de ces dernières. Le conféren- cier souligne en outre que la violence s’exerce aussi dans l’encadrement de la société à travers la matraque qui s’ex- prime davantage en temps de crise. La violence comme référent culturel est aussi, note le conférencier, mise à contri- bution dans l’opération de

himer

celle

télisme

mots

mode

g e m e n t

des chefs d’Etat ne se fait pas de manière

pacifique, ils sont soit faits prisonniers, soit assas- sinés, soit poussés à démis- sionner», dit-il en notant que chaque président concocte sa propre Constitution prouvant ainsi l’absence de contrat so- cial négocié autour duquel tout le monde se retrouve. Une succession de violences qui traduit on ne peut mieux la nature d’un pouvoir de préda- tion. L’autre forme de violen-

«TOUT DÉMONTREQUELESÉLECTIONSSERONT INCONTRÔLABLES», ESTIMEALI LASKRI

P our le moment, tous les indices lais- sent penser que les prochaines élec-

tions seront incontrôlables», a déclaré le premier secrétaire national du FFS, hier à Boumerdès. S’exprimant lors d’une rencontre tenue avec les militants dans le cadre des préparatifs de la convention nationale du parti, prévue à Alger le 11 février prochain, Ali Laskri a soutenu que «rien de concret n’est encore fait pour assurer le bon déroulement de ces joutes décisives pour l’avenir du pays». «Il n’y a que des promesses. Les tenants du système parlent de l’invitation d’ob- servateurs étrangers et de la désignation de magistrats pour y assurer le contrôle, alors que tout le monde sait que ces derniers ne sont pas indépendants», a-t-il encore noté, avant de réclamer un changement démocratique pacifique en Algérie. Poursuivant, l’orateur soutient qu’«il n’y a pas eu de réformes en Algé- rie». «Elaborées suite à un processus de

consultations qui, dans le fond comme dans la forme, a frisé le ridi- cule, ces réformes n’ont pas intéressé les Algé- riennes et les Algériens. Elles n’ont même pas suscité leur curiosité», a-t-on écrit dans le do- cument de préparation de la convention natio- nale. Des copies de ce document ont été remi-

ses aux militants, hier, en vue d’approfondir le débat lancé autour de la question portant sur la participation du FFS ou non aux prochaines joutes électorales. Le parti de Hocine Aït Ahmed indique que celles-ci «s’annoncent dans un contexte de fermeture et mettent en- core une fois le parti devant un choix difficile au vu de sa situation et de la

devant un choix difficile au vu de sa situation et de la situation du pays». Evo-

situation du pays». Evo- quant cette question, Ali Laskri a souligné que «la décision qui sera prise par la convention na- tionale émanera de la base». «Nous avons en- trepris des contacts avec des spécialistes et des représentants de syndi- cats autonomes pour que la décision finale ne soit pas contraire à l’avis des

militants du parti, aux attentes de nos sympathi- sants et de la majorité des Algériens et des Algériennes», a-t-il encore annoncé, avant de rappeler la complexité du choix en raison de la complexité des enjeux. Le premier secrétaire du parti s’est longue- ment étalé sur la nécessite «d’engager un débat libre et cohérent pour aboutir à une véritable décision». R. Koubabi

contrôle de la société et elle s’exprime par la violence à l’égard des femmes, la violen- ce dans les écoles, etc. L’autre obstacle au changement lié aux intérêts économiques du pouvoir et de sa clientèle sert, selon l’invité du FFS, des inté- rêts étrangers. «Nous n’avons pas construit une économie nationale, mais une économie de comptoir, une économie de brique, selon l’expression espagnole ou de tchipa, se- lon l’expression algérienne», note M. Belhimer. Ce dernier précise que l’économie de comptoir se caractérise par une grande fuite de capitaux, mais aussi de cerveaux. «Ces fuites, qui ont un coup farami- neux, hypothèquent l’avenir du pays», dira M. Belhimer en indiquant que l’Algérie a dépensé pas moins de 11 mil- liards de dollars en 2010 au ti- tre des services. «Le port d’Al- ger est géré par Dubai Port, le métro par la RATP fran-

çaise, l’eau par la Seaal filière française, l’aérogare d’Alger est gérée par les Français», précise le conférencier qui s’interroge sur le devenir de l’encadrement algérien. Am- mar Belhimer estime qu’on se trouve devant «un pouvoir de janissaires qui agit pour les intérêts étrangers et qui ne peut gérer que dans la violen- ce… On est dans le pompage des ressources naturelles. En termes de démocratie repré- sentative, on a eu droit à une Assemblée élue à seulement 15% et ose légiférer. Et en termes de démocratie partici- pative, toute association qui n’est pas alliée au pouvoir est exclue». Le dramaturge Slimane Benaïssa interviendra pour dire : «On peut repré- senter ce système de voyous en le comparant à une équipe de football dans laquelle on fait jouer cinq joueurs invisi- bles. La problématique qui se pose maintenant est de savoir comment dégager ces joueurs invisibles qui en fait gèrent

N. B.

tout.»

ILS INTERPELLENT AHMED OUYAHIA

Des «militants RND» dénoncent Chihab

D es jeunes militants du RND adressent une lettre ouverte au secrétaire général du parti, Ahmed

Ouyahia, dans laquelle ils dénoncent «le comporte- ment» de Seddik Chihab, responsable du bureau de la wilaya d’Alger. Cette lettre est accompagnée d’une longue liste de signataires avec le numéro de leurs cartes d’iden- tité nationale. Certains se réclament militants de la circonscription de Gué de Constantine, d’autres de Birkhadem. Les signataires disent vouloir attirer l’attention du premier responsable du parti sur la manière avec laquelle est géré le bureau de wilaya d’Alger. «Cette gestion, marquée par des atteintes incalculables aux règles et normes élémentaires de la pratique partisane, a touché notre instance dans ses fondements, donnant lieu à des dissensions fréquentes entre les militants les plus fidèles et à la marginalisation de la jeunesse», est-il écrit dans

la lettre dont nous détenons une copie. Ils s’estiment ainsi exclus. «Cette marginalisation d’une res- source humaine, dont la jeunesse et la vitalité constituent l’un des pi- liers fondateurs du parti, aura des conséquences sans doute catas- trophiques à l’orée des échéances électorales décisives qui pointent à l’horizon, si le maintien de Seddik Chihab au poste de secrétaire gé- néral du bureau de wilaya d’Alger est confirmé», est-il ajouté. Les signataires reprochent également

à M. Chihab son «insensibilité à la large contestation interne et aux messages qui lui sont transmis par un électorat habituellement fidèle aux idéaux du RND». D’un ton ferme, ils

fidèle aux idéaux du RND» . D’un ton ferme, ils disent être «résolus à engager toutes

disent être «résolus à engager toutes les actions militantes en vue du salut du parti», appelant par là même Ahmed Ouyahia à «ouvrir les portes du parti aux jeunes intel- lectuels et intègres». Pour Seddik Chihab, cette lettre ne date pas d’aujourd’hui. D’après lui, elle a été l’œuvre d’«un déséquilibré exclu des rangs du RND en 2006 pour avoir utilisé à des fins personnelles le label du parti». « je peux vous assurer que la majorité des noms sur la

liste n’ont rien à voir avec le parti. D’ailleurs, la commission jeunes du parti a porté plainte contre cet individu auprès du tribunal de Chéraga», a précisé M. Chihab. M. A. O.

REBAÏNE À

BOUGUIRAT

«50 ans de supplice, ça suffit»

F ace

un

parterre

«50 ans de supplice, ça suffit» F ace un parterre d ’ u n e de

d ’ u n e

de

venus

Chlef,

centaine

sympathi-

sants

de

M a s c a r a ,

Oran et Mos-

t a g a n e m ,

Mo h a me d Fawzi Rebaïne, responsable de Ahd 54 a commencé par rappeler son par- cours de «fils de chahid ne recevant qu’un dinar de la part de l’Etat». Face à une caméra de l’ENTV dé- pêchée à Bouguirat (une bourgade située à 30 km au sud de Mostaga- nem) pour couvrir son meeting, il a dénoncé sa mise à l’écart par ceux qui détiennent le pouvoir, comme pour justifier ses épisodiques apparitions

lors des trois dernières élections pré- sidentielles. Des élections dont il dira qu’«elles ont été truquées», appelant

à «une limitation à deux mandats et à

un changement radical du personnel politique». Parlant des réformes engagées par le président Bouteflika,

il dira qu’«elles sont tout juste desti-

nées à l’opinion publique internatio- nale». Evoquant le fonds de soutien

à l’agriculture et sa gestion, l’orateur souligne avec force «que l’effacement de la dette des fellahs n’a bénéficié qu’aux puissants» ; ensuite, par- lant d’un haut responsable qu’il ne nomme pas, il rappelle que ce dernier avait bénéficié de 3000 milliards de centimes au titre du FNDRA et que

jamais il n’a eu à justifier l’usage qu’il en a fait, précisant toutefois que

cet argent aurait été englouti dans des

projets situés dans les hautes plaines steppiques. Abordant la fameuse dé- claration de patrimoine, M. Rebaïne dira que sur les 60 000 cadres et élus soumis à cette déclaration, seuls 5 l’ont effectuée, ajoutant que même le premier magistrat du pays ne s’est pas soumis à cette règle. Quant à la ges- tion opaque des recettes pétrolières «qui sont les richesses de l’ensemble du peuple algérien», l’orateur a an- noncé que «50% des ces recettes ne sont pas déclarées et échappent, de ce fait, au Trésor public», ajoutant «que ce pays possède dans son sol et son sous-sol de quoi faire vivre un demi-milliard d’habitants» et que «ce pouvoir ne survit que par la fraude» . Abordant les prochaines législatives,

il dira sa «crainte des quotas prépa-

rés d’en haut». Et d’ajouter : «J’ai peur que ces gens ne soient en train de préparer une fraude, car ils ne respectent aucune institution», n’hé- sitant pas à mettre en garde contre «ce qui se passe en Libye et en Syrie». En rappelant que l’année 2012 est celle du 50 e anniversaire de l’indépen- dance, il dira avec force que «cela n’a pas profité aux patriotes, mais que ce sont les traîtres et leurs enfants qui en ont profité», appelant à «leur mise à l’écart définitive de la sphère politique». «Ceux qui sont au pouvoir sont venus pour se venger de ce peu-

ple», dira-t-il en guise de conclusion, ajoutant que son parti projetait de donner du travail à tous les Algériens,

qui pourront tous accéder aux soins et

aux voyages touristiques et qu’«après 50 ans de supplice, ça suffit, il faut qu’ils partent». YacineAlim

PHOTO :D. R.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 3

L’ACTUALITÉ

LE MINISTRE MAROCAIN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES À ALGER

Des relations moins tendues

L e ministre des Affaires étran- gères et de la Coopération du royaume du Maroc, Saâd-Eddi-

ne El Othmani, effectuera à partir de lundi une visite de deux jours en Al- gérie à l’invitation de son homologue algérien, Mourad Medelci, a indiqué hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, à l’Agence presse service (APS). Cette visite, affirme la même source, s’inscrit dans le cadre de «la dyna- mique constructive engagée par les deux pays à travers l’échange de vi- sites ministérielles et la concertation pour raffermir les liens de fraternité et de coopération qui unissent les deux peuples frères». Selon Amar Belani, outre les rela- tions bilatérales, les deux ministres «examineront les voies et moyens susceptibles de relancer l’Union du Maghreb arabe en réorganisant certaines de ses institutions et de ses mécanismes en vue d’une meilleure efficacité». Les deux parties évoqueront égale- ment «les questions régionales et internationales d’intérêt commun», ajoute le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. En effet, il s’agit de la première visi- te officielle à l’étranger du nouveau chef de la diplomatie marocaine, et la première aussi à ce niveau-là de- puis longtemps entre les deux pays. Le chef de la diplomatie marocaine sera également reçu par le président Abdelaziz Bouteflika, précise le mi- nistère des Affaires étrangères ma-

précise le mi- nistère des Affaires étrangères ma- rocain. Arriver à ce stade d’échan- ges laisse

rocain. Arriver à ce stade d’échan- ges laisse entrevoir une espèce de réchauffement des rapports entre

les deux voisins. Y aura-t-il un dé- gel des relations bilatérales comme souhaité par les deux pays ? Même

si les contentieux sont importants, on a assisté ces derniers temps, de part et d’autre, à des déclarations de bonnes intentions. Le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, avait, lors de son discours prononcé le 14 janvier dernier à Tunis, mis en relief la ferme détermination de l’Algérie à relancer l’Union maghrébine. Le souverain marocain avait lui aussi, à maintes reprises, réitéré l’appel sans pour autant s’empêcher d’envoyer des piques, qui ont d’ailleurs rendu Alger insensible à ses insistantes demandes de rouvrir la frontière dont le royaume chérifien a été beaucoup concernant la fermeture. Si Alger a toujours refusé d’accéder aux sollicitations marocaines, c’est parce que les raisons sont claires et évidentes : la frontière ouest est plus une source de problèmes qu’une panacée pour la relance des relations entre les deux voisins. Cette visite de deux jours à Alger du chef de la diplomatie marocaine ouvrira-t-elle donc une nouvelle page

SAÂD-EDDINE EL OTHMANI S’ENTRETIENT AVEC UN RESPONSABLE AMÉRICAIN

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Saâd Eddine El Othmani, et le sous-secrétaire d’Etat adjoint américain chargé du Maghreb, Raymond Maxwell, ont discuté hier à Rabat du partenariat stratégique et de la coopération bilatérale, a rapporté l’agence d’information MAP. L’entretien a également porté sur la situation dans la région du Maghreb, a ajouté l’agence marocaine. Les relations économiques, le

commerce et les investissements ont été également abordés, ainsi que les stratégies à suivre en vue de consolider les relations bilatérales entre le Maroc et les Etats-Unis, a-t-on ajouté. Cette visite du responsable américain «s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique et des consultations régulières menés par les responsables des deux pays», selon le ministère marocain des Affaires étrangères. AFP

dans les relations entre les deux pays ? Les derniers échanges développés dans le domaine économique pour- raient constituer un nouveau départ, du moins les prémices d’un début de décrispation des relations bilatérales. Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, déclarait récem- ment qu’il était temps «de se mettre à table pour parler sérieusement de l’Union du Maghreb arabe». Mais la fixation marocaine sur l’uni- que objectif d’ouvrir la frontière sans traiter des questions de fond qui empoisonnent les rapports algéro- marocains pourrait s’avérer néfaste pour le projet de relancer l’UMA comme pour les relations bilatérales qui risquent d’être maintenues au stade où elles sont aujourd’hui. Les responsables marocains donnent en tout cas l’air d’aller vite en besogne. C’est le cas surtout du nouveau chef du gouvernement marocain, issu du parti islamiste, Parti pour la justice et le développement(PJD), Abdeli- lah Benkirane, qui avait appelé en décembre à un rapprochement avec l’Algérie, susceptible, selon lui, de résoudre le problème du Sahara occi- dental. «Si nos différends avec l’Al- gérie sont réglés avec l’ouverture de la frontières, le problème du Sahara sera résolu. La fraternité avec l’Al- gérie résoudra tous les problèmes», avait-il déclaré. La visite du chef de la diplomatie du royaume chérifien aura à traiter de toutes ces questions. Quelles réponses donnera Alger aux demandes de Rabat ? Saïd Rabia

COOPÉRATION «DENSE ET DIVERSIFIÉE» AVEC L’ALLIANCE ATLANTIQUE

L’armée algérienne invitée du comité militaire de l’OTAN

D e l’art du discours paradoxal. L’état-major de l’Armée na- tionale populaire (ANP) a participé, jeudi, à la 166 e réunion

du comité militaire de l’OTAN, à Bruxelles, confortant ainsi la politique des «petits pas», en œuvre depuis une décade, de la col- laboration active mais non assumée publiquement avec l’Alliance atlantique. Passée étrangement sous silence par le gouvernement algérien – aucun communiqué du MDN –, la participation de l’armée algérienne à ce conclave prend, à contresens, le discours officiel et sa rhétorique faussement anti-atlantiste. Consacrée essentiellement aux questions de coopération militaire, la réunion, présidée par le général Knud Bartels, ancien chef d’état-major des

armées du Danemark, a vu la participation des chefs militaires des 28 pays de l’OTAN élargie aux délégués des pays membres du «Dialogue méditerranéen» (avec l’OTAN), à savoir l’Algérie,

l’Egypte, Israël, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie et la Jordanie. L’Algérie est, pour rappel, partie prenante depuis le 14 mars 2000 du Dialogue méditerranéen instauré en 1994 à l’effet de «renfor- cer la sécurité et la stabilité» dans la région méditerranéenne. Durant la réunion de jeudi, le général Bartels a indiqué que «les pays membres du Dialogue méditerranéen ont exprimé leurs in- quiétudes sur les bouleversements dans la région, que ce soit au Maghreb ou au Proche-Orient». «Mais, en aucun cas, il n’a été discuté d’une intervention militaire (en Syrie)», a-t-il répondu à la question d’un journaliste. L’inclusion (volontariste ?) de l’Algérie dans le dispositif atlan- tiste et la coopération de plus en plus dense et diversifiée avec les structures de l’Alliance sont plus qu’un secret de Polichinelle. Après les deux visites du président Bouteflika au siège de l’OTAN

à Bruxelles (2001 et 2002), en mai 2006 c’était au tour du général- major Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l´ANP, d’effectuer une visite au même quartier général, sur invitation du général Raymond Henaut, ex-président du comité militaire de l´OTAN.

M. Gaïd Salah avait pris part à la 4 e réunion du comité militaire en session des chefs d´état-major de la défense des pays de l´OTAN avec ceux du Dialogue méditerranéen. Officiellement, cette réunion s’inscrivait dans «le cadre de la poursuite du renforcement des relations de coopération entre les pays de l´Alliance et les pays du Dialogue méditerranéen». Depuis, la Marine algérienne participe assidûment à l’opération Active Endeavour (surveillance et escorte des bateaux en Médi- terranée) aux côtés d’Israël et des autres pays de la rive sud de la

Méditerranée.

Mohand Aziri

bateaux en Médi- terranée) aux côtés d’Israël et des autres pays de la rive sud de

PHOTO : D. R.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 4

L’ACTUALITÉ

UNION EUROPÉENNE ET PROCHAINES LÉGISLATIVES

Une mission à Alger fin janvier

L aura Baeza, chef de la dé- légation de l’Union euro- péenne (UE), a mis à profit

sa participation à une conféren-

ce-débat, jeudi dernier, à l’Ecole nationale supérieure de journa- lisme et des sciences de l’infor- mation (ENSJSI) pour faire une série d’annonces. Sur le volet politique, elle rend publique la visite «d’une mission de précur-

seurs de l’UE qui sera à Alger fin janvier pour discuter avec l’ad- ministration algérienne de l’en- voi d’observateurs des prochai- nes élections législatives». Elle prend soin de préciser que cela

a été envisageable suite à «une

demande officielle introduite par

le gouvernement algérien auprès de l’UE pour l’envoi d’obser- vateurs européens lors des élec-

tions législatives». Cette mission élaborera un rapport préalable à la signature d’un mémorandum d’entente consignant les condi- tions dans lesquelles évolueront les missions d’observation. Par ailleurs, des rencontres ex- ploratoires sont prévues ce mois-

ci pour discuter du souhait ex-

primé par l’Algérie de participer

du souhait ex- primé par l’Algérie de participer Laura Baeza, chef de la délégation de l’Union

Laura Baeza, chef de la délégation de l’Union européenne

à la Politique européenne de voi- sinage rénovée. Elle a souligné, dans ce contexte, que le souhait du gouvernement algérien «ne me surprend guère car il répond aux aspirations du citoyen al- gérien. Nos sondages montrent que l’Algérien connaît l’Europe, connaît l’étendue de nos rela- tions et souhaite encore plus. Nous sommes à l’écoute pour ré- pondre à ces attentes». Question-

née sur la repentance vis-à-vis de la guerre d’Algérie, M me Baeza

répond qu’«il ne faut pas confon- dre l’UE avec la France», avant d’ajouter, quelque peu irritée :

«L’UE est le principal donateur pour la région, cela n’est-il pas une forme de repentance ?» La stratégie nouvelle à l’égard d’un voisinage en mutation pro- pose notamment de développer des partenariats avec les sociétés civiles en complément de ceux déjà mis en œuvre avec les gouvernements. Il s’agit en par- ticulier du soutien à l’émergence

de la société civile, en réponse

aux revendications de démo- cratie et de liberté des peuples de ces régions. Sur les ques-

tions économiques, il faut savoir que la Commission européenne

a déjà adopté un programme

d’action annuel en faveur de l’Algérie de 58 millions d’euros, réparti comme suit : programme d’appui à la protection et à

la valorisation du patrimoine

culturel (21,5 millions d’euros), programme d’appui au secteur des transports II (13 millions d’euros) et programme d’appui jeunesse-emploi (23,5 millions d’euros). Concernant les visas, l’oratrice a évoqué «le partenariat pour la mobilité» que veut établir l’UE avec des pays partenaires de la

Politique européenne de voisi-

nage, le but étant de renforcer

la

coopération dans le domaine

de

l’immigration. Il vise notam-

ment à faciliter les procédures d’octroi des visas pour certaines catégories de personnes, no- tamment les étudiants, les cher- cheurs et les hommes d’affaires. Kamel Benelkadi

CONSEIL DE L’EUROPE : «L’ALGÉRIE, UN ACTEUR-CLÉ EN MÉDITERRANÉE»

L’importance de l’Algérie pour la sécurité et la stabilité économique de l’Europe a été soulignée, hier, par la représentante à Rome des relations extérieures du Conseil de l’Europe. «L’Europe, qui agit à deux vitesses vis-à-vis de pays tiers, notamment ceux d’Afrique du Nord, ne comprend pas l’importance de l’Algérie pour sa sécurité et sa stabilité économique», a affirmé Silvia Francescon, chef du bureau de Rome des relations extérieures du Conseil de l’Europe, lors d’un débat sur le projet de Politique européenne de voisinage (PEV) rénovée, qui a reçu l’intérêt d’Alger.

La responsable européenne a déploré que «depuis plusieurs mois, les débats en Europe sur la situation dans la région de la Méditerranée du Sud sont focalisés sur la Tunisie, la Libye, l’Egypte et la Syrie, occultant l’Algérie qui est, sans conteste, un acteur-clé dans cette zone». Dans le cadre de ce projet, le bureau de Rome avait présenté, à la mi-décembre 2011, un rapport sur la situation politique, économique et sociale de l’Algérie, en prévision de la conclusion d’un partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Union européenne.

LA REVUE NAQD FÊTE SES VINGT ANS

«Le défi démocratique» et le Printemps arabe

L a revue d’études et de critique sociale Naqd fête

ses vingt ans. Et c’est avec un numéro spécial

sur «Le défi démographique» que la publication

dirigée par l’historien Daho Djerbal marque cet anniver- saire. Il y a de cela 20 ans, le numéro inaugural relevait que dans «l’espace maghrébin ou oriental, le Monde arabe est confronté à une grave crise. Il est en proie à

de sérieux problèmes d’ordre économique, social, po- litique, culturel et éthique», est-il rappelé dans le texte présentatif de ce 29 e numéro. Et 20 ans après, la région méditerranéenne, l’Afrique et ce que l’on appelle plus généralement le «Sud global» vivent toujours dans la

tourmente, accentuée par le Printemps arabe et cette va- gue de soulèvements populaires, qui ont été, peu ou prou, couronnés de succès. «Qu’est-ce qui est vraiment en train de se jouer aujourd’hui dans notre monde ? Quels en sont les enjeux ? Sommes-nous vraiment en train de vivre une période historique de défi démocratique ?», sont les questions directrices auxquelles participent à répondre les auteurs de cet ouvrage. Il se dégage «une triple in- trication entre la corruption, la rente de monopole et la constitution de réseaux clientélaires, tant à l’échelle interne qu’au niveau international», analyse M. Djerbal dans un «récapitulatif» de ces deux décennies d’ouvrage.

«Dans les pays ex-socialistes comme dans les sociétés

post-coloniales, ce que l’on pourrait appeler la ‘tran- sition’ a été accompagnée d’un effondrement de l’Etat donnant lieu à une crise économique et politique où les frontières entre public et privé, national et international, individu et communauté sont devenues mouvantes et poreuses», poursuit-il. La part belle est donnée, dans cette publication, à ce «moment historique» qu’est le Printemps arabe. Transition, mécanismes, origines, répercussions, propa- gation dans la région, succès et échecs, luttes des classes, récupération islamiste, place de la femme, différents as- pects sont abordés et analysés par plusieurs spécialistes et auteurs. Et ils sont nombreux à mettre en garde contre un trop grand optimisme quant à cette «gigantesque émeute surgie en de nombreux points du Monde arabe». Car l’on peut considérer qu’il y a eu «la démocratisation comme antidote au mal absolu – la révolution». «Au final, ces bouleversements-là, de quoi sont-ils les annon- ciateurs ? Ne sont-ils pas communs aux autres régions du monde, dans ce qu’on appelle le ‘Sud global’, un Sud qui n’est plus géographique mais social et politique ?», s’interroge Naqd. Ghania Lassal

ELECTIONS LÉGISLATIVES 2012

Un député «exclusif» pour les Algériens du Canada

Canada De notre correspondant

D ans la foulée de l’annonce par le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, de l’augmen-

tation du nombre de sièges à l’Assemblée popu- laire nationale en prévision des législatives de

mai 2012, il est prévu que celle-ci touchera aussi

le nombre de députés représentant les Algériens

vivant à l’étranger, a-t-on appris de source proche

faveur d’un député «exclusif» au Canada. La loi qui définit le nombre de députés, l’ordonnance 02-04 du 25 février 2002, fixe le nombre de dé- putés à 389, dont 8 pour la communauté nationale établie à l’étranger. Elle se base globalement sur le principe d’un siège pour une tranche de 80 000 personnes. Sur les trois députés qui ont repré- senté la zone 6, deux vivent au Canada. Le der-

nier, contre toute attente, vit aux Etats-Unis. La loi du nombre suggère qu’il vienne du Canada.

de

ce dossier.

D’ailleurs, dans les faits, les Algériens de Mon-

LE CANADA CONTRE !

Le Canada, faisant partie de la zone 6 regroupant les pays d’Amérique et d’Asie-Océanie, aura son propre député à la faveur de ce changement. Le reste de la zone 6 aura un député qui lui sera propre. Le poids démographique des Algériens du Canada justifie largement ce siège exclusif au pays de l’érable. «62 000 Algériens sont immatri- culés à Montréal», affirme Abdelghani Amara,

tréal, où vivent plus de 95% de la communauté algérienne du Canada, n’ont pas eu l’occasion de le voir les cinq dernières années. Comme en 2002, à l’occasion de la dernière augmentation du nombre des sièges, le président Bouteflika devrait légiférer par ordonnance pour apporter les changements nécessaires à la loi, environ 60 nouveaux sièges. Elle sera soumise au Parlement

consul général d’Algérie à Montréal. Si on leur rajoute ceux qui résident ailleurs au Canada et inscrits à la section consulaire de l’ambassade algérienne à Ottawa, le total grimpera à près de

pour approbation au mois de mars, pendant sa dernière et courte session de printemps. Celle-ci durerait juste un mois. Il sera aussi nécessaire de modifier le décret exécutif 02-87 du 5 mars 2002

70 000. Ceci, sans parler de ceux qui ne sont pas immatriculés, dont le nombre dépasserait les 100 000, selon différentes estimations. Il dépasse de loin le nombre de tous les Algériens résidant dans

qui détermine la répartition des sièges des dépu- tés de l’émigration.

le

reste de la zone (Etats-Unis, Amérique latine

Le Canada, qui compte des citoyens venant de

et

Asie-Océanie). A lui seul, ce chiffre milite en

tous les pays du monde, commence à montrer

des signes d’exaspération quant aux élections qu’organisent différents Etats sur son sol. Parti- culièrement quand il est considéré comme une circonscription électorale. Une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a af- firmé à El Watan que depuis 2008, «le Canada a mis en œuvre une politique visant à refuser toutes les demandes des Etats étrangers d’inclure le Canada dans leurs circonscriptions électorales extraterritoriales respectives. Cette politique fondée sur des principes a été appliquée de façon uniforme depuis sa création en 2008. La politique ne cible pas un pays ou une région en particulier». Lors de sa visite au Canada, Halim Benatallah, secrétaire d’Etat en charge de la communauté nationale à l’étranger, avait abordé ce problème avec le ministre canadien de l’Im- migration, Jason Kenney. Il a «souhaité que des aménagements y soient apportés afin de permet- tre à nos ressortissants de participer activement aux futures échéances électorales». Une doléan- ce à laquelle aucune suite n’a été donnée par les Canadiens. L’Algérie n’est pas seule dans ce cas. Récemment, les Tunisiens et les Marocains n’ont pas été autorisés à organiser leurs élections en de- hors des locaux diplomatiques. Les Français, qui éliront, en juin, pour la première fois des députés pour l’émigration, ont eu la même réponse. Abdelghani Amara soutient qu’il aurait souhaité

«mettre en place des bureaux itinérants pour per- mettre à un maximum d’électeurs de voter». A l’ambassade algérienne à Ottawa, on rappelle que «depuis plusieurs années, le Canada a fixé comme règle que quelle que soit l’élection orga- nisée au Canada par un pays étranger, le scrutin doit se dérouler uniquement dans les locaux diplomatiques et consulaires». En septembre dernier, «le Canada a informé l’ensemble des missions diplomatiques des nouvelles mesures restrictives concernant l’organisation sur son territoire de scrutins étrangers où le Canada est intégré dans une circonscription électorale étrangère». Comme la date des élections algé- riennes n’est pas encore connue, «l’Algérie n’a pas demandé formellement l’accord pour l’orga- nisation du scrutin législatif de 2012». Par ailleurs, la porte-parole du ministère cana- dien des Affaires étrangères a souligné aussi que «le Canada n’autorise pas les gouvernements étrangers à tenir des campagnes électorales sur son territoire ni à y créer des partis ou des mou- vements politiques». Quoi qu’il en soit, comme dans le cas de la Tuni- sie et du Maroc, les électeurs algériens pourront toujours voter au consulat ou à l’ambassade pour choisir leur député qui, cette fois-ci, sera sûre- ment du Canada et non parachuté de Washington. Samir Ben

PHOTO : B. SOUHIL

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 5

L’ACTUALITÉ

CEVITAL BÉJAÏA

Grève suspendue après des promesses du groupe

Une fois rassurés par l’engagement de la direction de répondre à leurs doléances, les grévistes, qui ont dénoncé des conditions de travail détestables au sein de l’usine de Béjaïa, ont consenti à reprendre le travail.

L es travailleurs de Cevital

ont repris le travail après

avoir débrayé durant toute

la journée de mercredi dernier pour revendiquer publiquement – pour la première fois de l’histoire de ce groupe privé, leader dans l’agroalimentaire – une revalo- risation salariale et surtout leur droit de se constituer en syndicat. Les unités sucre, huile et marga- rine, se trouvant à l’arrière-port de Béjaïa, ont été mises complè- tement à l’arrêt par la force de ce mouvement de grève inattendu, avant de reprendre leur fonction- nement en fin de journée. Partie pour durer, la grève avait fait planer le risque d’une pénu- rie de sucre et d’huile sur le mar- ché national dans lequel Cevital détient de grosses parts. C’est une fois rassurés par l’en- gagement de la direction de répondre à leurs doléances que les grévistes, qui ont dénoncé des conditions de travail détestables au sein de l’usine de Béjaïa, ont consenti à reprendre le travail. Un responsable et actionnaire du groupe a été dépêché sur place

et actionnaire du groupe a été dépêché sur place L’entrée du complexe Cevital à Béjaïa pour

L’entrée du complexe Cevital à Béjaïa

pour «engager un dialogue avec les collaborateurs», annonce un communiqué de presse du grou- pe, qui assure en outre que «la grève n’a pas eu d’impact sur la disponibilité des produits».

«L’arrêt de travail de 8 heures était une action de protestation animée par la volonté d’attirer l’attention de la direction gé- nérale du groupe sur certaines préoccupations des employés»,

précise le communiqué, qui ne s’étale pas sur les doléances exprimées. Les employés grévistes ont ex- primé leur refus de continuer à accepter autant la grille des salai- res en vigueur que les disparités salariales auxquelles ils font face ; ils dénoncent aussi les obstacles qu’ils accusent la direction de les mettre sur leur chemin, les empêchant de créer leur syndicat d’entreprise. Dans son communiqué de presse, le groupe inscrit le déplacement, mercredi dernier, d’un de ses actionnaires à Béjaïa dans une démarche visant à «instaurer une communication ouverte, saine et sereine, avec l’ensemble des employés». Pour désamorcer la crise naissan- te, il informe que «l’engagement d’étudier les doléances des em- ployés a été pris et le retour sera fait d’ici la fin du mois». En reprenant le travail, les gré- vistes semblent ainsi accepter ce rendez-vous pris pour la fin janvier tout en espérant obtenir gain de cause. K. Medjdoub

PROTECTION DES PERSONNES ÂGÉES

Le rôle de la justice mis en exergue

protection des personnes âgées par leur prise en charge au sein de

famille est une obligation et non un choix. C’est ce qu’a confirmé,

hier, Nouara Saâdia Djaâfar, ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine en marge d’une séance plénière du Conseil de la nation. Toute atteinte à une personne âgée est passible d’une peine de 6 mois à 3 ans de prison, assortie d’une amende allant de 20 000 à 500 000 DA, selon le cas. C’est en tout cas ce que prévoit la loi relative à la protection des personnes âgées adoptée en 2010. Jusque-là, rien de nouveau dans la mesure où ces peines sont les mêmes que celles que prévoit le code pénal, notamment les articles 314 et 316. Agression, violence ou maltraitance d’une personne – âgée ou pas, surtout lorsqu’il s’agit d’un ascendant – ont toujours été condamnées par la loi. La nou- veauté dans le texte adopté en 2010 est l’abandon, la marginalisation ou l’exclusion des personnes âgées du milieu familial. Ces formes de châtiment ne reflètent en aucun cas la souffrance des personnes âgées. D’ailleurs, aucun chiffre sur les condamnations pour abandon d’un as-

L

a

la

cendant n’a été communiqué depuis l’adoption de ce texte. Si l’intention est bonne, reste à vérifier l’application réelle du texte sur le terrain. La ministre met en exergue le rôle de la justice dans l’application de cette loi. Comment identifier les personnes ayant failli à leur devoir ? Excepté les personnes qui placent leurs parents dans des maisons de repos et cel- les qui les jettent à la rue, aucune autre modalité ne peut identifier ceux qui traitent mal leurs parents. Des centaines de personnes âgées (malades mentaux, mendiants…) dorment sur les trottoirs au su et au vu des auto- rités. Il n’y a pas eu d’enquête jusque-là qui révèle les raisons qui les ont

contraintes à quitter le foyer familial ; elles subissent des atteintes physi- ques et morales sans que quiconque ne bouge le petit doigt, comme la loi le stipule. Pourtant, la ministre souligne que la protection des personnes âgées «constitue un engagement national, la personne âgée jouissant du droit de vivre parmi les siens». Une question s’impose : comment peut- on savoir si une vieille personne est maltraitée lorsqu’elle demeure dans

Djedjiga Rahmani

le foyer familial ?

DISTRIBUTION DES HUILES POUR MOTEURS

Des mesures en vue pour juguler la pénurie

pénurie des huiles pour moteurs trouve son

origine dans la fermeture de la raffinerie d’Ar-

zew, l’épuisement du stock du groupe Naftal ainsi que l’incapacité des importateurs privés à appro- visionner le marché national, selon Youcef Yousfi, ministre de l’Energie et des Mines. La mise à l’ar- rêt de cette raffinerie vise le renouvellement de ses infrastructures et l’élargissement de sa capacité de production, a expliqué le ministre, jeudi dernier, en réponse à la question d’un député du Conseil de la nation, Lamri Lekhal, sur les dysfonctionnements enregistrés l’été dernier concernant la distribution des huiles pour moteurs. Pour mettre un terme à cette pénurie, la raffinerie d’Arzew, implantée dans la wilaya d’Oran, devrait reprendre son activité à partir de février prochain, après l’achèvement des travaux de maintenance, a indiqué M. Yousfi, pré-

L a

cisant que sa capacité de production permettra de

du

carburant qui affecte plusieurs régions du pays.

satisfaire les besoins du marché national en huiles

Interpellé sur la mauvaise qualité des huiles impor-

pour moteurs. La pénurie de ce produit pétrolier

tées par des opérateurs privés, à l’origine de panne

n’a pas seulement pour origine la fermeture de

de

plusieurs véhicules, M. Yousfi a répondu que le

ladite raffinerie. Le ministre a relevé, à ce titre,

contrôle de la qualité ne relève pas des prérogatives

l’épuisement du stock du groupe Naftal en huiles

de

son ministère, jetant la pierre à son collègue

pour moteurs, engendré par la forte demande sur

chargé du Commerce.

ce produit enregistrée l’été dernier et l’incapacité

A

en croire le ministre, ses services travaillent

des importateurs privés à approvisionner le marché

actuellement en coordination avec le ministère du

national en quantités nécessaires. Outre la réouverture prochaine de la raffinerie, le groupe Naftal, chargé de la distribution des dérivés

Commerce pour l’élaboration d’un nouveau dispo- sitif réglementaire, qui aura pour but de réorganiser l’activité du marché national via le durcissement

pétroliers, a été destinataire de consignes pour

du

contrôle et la définition des normes de pratique

l’importation de quantités supplémentaires d’hui-

de

l’activité de stockage et de distribution sur le

les pour moteurs en vue de constituer un stock na- tional de produits pétroliers, a fait savoir M. Yousfi. Celui-ci n’a pas soufflé mot sur l’autre crise, celle

marché national. Désormais, la responsabilité incombera au distributeur en cas de dégâts enre- gistrés par les utilisateurs. H. Lamriben

LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT D’ARGENT

5000

déclarations de soupçon

depuis2005

Q uelque 5000 déclarations de soupçons de blanchiment d’argent ont été enregistrées

depuis 2005 auprès de la Cellule de traitement du renseignement financier

(CTRF), a déclaré, avant-hier au Sénat, le ministre des Finances, Karim Djoudi, repris par l’APS. Répondant à une question d’un membre du Conseil de la nation sur les moyens de lutte contre les transferts illégaux des fonds en Algérie,

le ministre des Finances a ainsi indiqué

que la CTRF, qui travaille à travers l’échange d’informations avec les cellules étrangères dans le cadre de la réciprocité, a enregistré 11 déclarations

de soupçons de blanchiment en 2005, avant que le nombre de ces déclarations ne passe à 3302 en 2010 et 1398 en 2011. En cas de non confirmation du soupçon, a-t-il tenu à préciser, le dossier n’est pas soumis à la justice et restera en instance de traitement. Le phénomène du blanchiment d’argent est exacerbé par le marché parallèle et

le recours accru aux liquidités plutôt

qu’au traitement bancaire des transactions, a admis le ministre des Finances, ajoutant que l’Etat n’a pas traité nombre de questions liées au blanchiment d’argent, car ce

phénomène, comme celui du financement du terrorisme, constitue un nouveau concept en Algérie.

A noter que la CTRF, qui a été créée en

vertu du décret exécutif 02-127 d’avril 2002, a pour rôle de collecter et de traiter les déclarations de soupçon de blanchiment pour soumettre ensuite les dossiers au procureur de la République territorialement compétent, si nécessaire. L’ensemble des institutions financières, les banques, les services d’Algérie Poste et toute personne physique ou morale exerçant des missions de consulting ou des opérations induisant des dépôts et des échanges, notamment les professions libérales réglementées, sont tenus de se soumettre à ce système de déclaration de soupçons de blanchiment, a encore indiqué le

ministre.

Akli R.

DÉCÈS

La famille Boulba- daoui, parents et alliés, ont la douleur de faire part du décès de leur mère

BENGUELLA RABIÂ survenu le 18 janvier

2012 à l’âge de 86 ans. L’enterrement a eu lieu jeudi au cimetière de

Blida. «A Dieu nous appartenons et à Lui nous re-

tournons.» ---oOo---

CONDOLÉANCES

Le directeur et l’ensemble du personnel

d’El Watan, très touchés par le décès de

la mère de leur collègue et ami Boulbadaoui Sid Ali, lui présentent leurs sincères condo- léances et l’assurent, en cette pénible circons- tance, de leur profonde sympathie.

présentent leurs sincères condo- léances et l’assurent, en cette pénible circons- tance, de leur profonde sympathie.

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El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 6

DOCUMENT

COMMISSION DE STRATÉGIE POLITIQUE

Préparation de la convention

PRÉAMBULE Chers camarades, Le caractère particulier du contexte politique dans le cadre duquel se tient ce débat n’échappe à aucun militant. Même les citoyens qui se sont méfiés de l’action politique, ces dernières années, expriment - de nouveau - une inquiétude envers les questions qui concernent «tout le monde». C’est-à-dire les questions politiques. Notre mission se trouve aujourd’hui

facilitée par ce cadre global et l’ac- cumulation de l’expérience. Mais notre mission se trouve grandement compliquée par la complexité des enjeux.

Il ne suffit plus de s’opposer au ré-

gime pour faire du bien à la société

et au pays ! Il ne suffit plus de dire

«non» pour être sur le chemin de la fidélité à nos idéaux démocratiques

et

patriotiques.

Il

faut en plus le faire en toute

connaissance des tenants et des aboutissants de chacune de nos po- sitions, de chacun de nos gestes. Le débat s’impose donc plus que jamais. Nous allons devoir défendre un point de vue et son contraire dans

zizi en Tunisie, véritable détonateur des révoltes populaires dans les pays de la région, ces élections

n’auraient constitué qu’une forma- lité banale pour le pouvoir algérien. Une opération technique ordinaire, un rituel exécuté les yeux fermés. Sans ce bouleversement géostraté- gique, les décideurs auraient fraudé avec toujours aussi peu de scrupules

et

toujours avec autant d’arrogance

et

de mépris.

Mais le changement en Tunisie, la chute d’El Gueddafi en Libye,

les manifestations en Egypte, les affrontements meurtriers en Syrie

et au Yémen, amèneront-ils les dé-

cideurs algériens à faire preuve de

clairvoyance, de sagesse et d’esprit de responsabilité ?

Leurs compatriotes seront-ils enfin en mesure d’exercer leur droit de désigner leurs représentants dans la

liberté et en toute transparence ?

Rien n’est moins sûr, en tout cas et, pour le moment, rien ne le laisse présager. Malgré les dangers qui menacent notre pays, les décideurs refusent toujours toute issue politique, pa- cifique et démocratique. Ainsi, le verrouillage des champs, politique

QU’EN EST-IL DANS LA RÉALITÉ ? Elaborées, suite un processus de consultations, lequel, dans le fond comme dans la forme, a frisé le ridicule, ces «réformes» n’ont pas intéressé les Algériennes et les Algériens, elles n’ont même pas suscité leur curiosité. Matérialisées par une batterie de lois qui n’ont pour finalité que de

donner l’illusion que quelque chose

bouge, elles ne font que confirmer

que la machine est bel et bien immo- bile, que le système est verrouillé. L’architecture institutionnelle, po- litique et judiciaire, va garder les

aspects d’un décor en trompe-l’œil

et tout continuera de se faire au

détriment des intérêts de l’Etat. Il

est vrai que les décideurs sont trop obsédés par leur détermination à maintenir le peuple loin du politi- que, dans une attitude de méfiance

et de rejet de la classe politique. Al-

lant même, pour cela, jusqu’à user

et abuser, à leur profit exclusif, des

valeurs et symboles de la révolution algérienne.

A travers ces réformes, une fois de

plus, le pouvoir s’inscrit en marge

de l’histoire.

Force d’opposition radicale à la

une démarche constructive. Il s’agit

et

médiatique, les restrictions aux li-

dictature, mais surtout, parti de

d’évaluer chacune des hypothèses

bertés fondamentales, les violations

propositions, le Front des forces so-

à

partir de la situation actuelle, du

des droits de l’homme et la corrup-

cialistes (FFS) rejette cette énième

bilan des participations passées et

tion font courir au pays des risques

fuite en avant et rappelle l’urgence

d’une solution politique, pacifique

des boycotts antérieurs. Nous ne devons pas hésiter à pointer

les défaillances, le confort intellec- tuel, la légèreté et les calculs étroits qui peuvent influer sur la prise de décision autant que sur le dévoie- ment de la décision. Cette convention devra se donner une mission d’instruction publique. Le parti doit, avant tout, disposer d’une vision claire de ses objectifs, des moyens de les réaliser ainsi que d’une alternative en cas d’échec ou

réels de désintégration. Les besoins fondamentaux de pans entiers de la population, véritable

ciment de la cohésion sociale, ne sont pas assurés. Les révoltes de citoyens à travers tout le territoire national pour ex- primer des revendications légitimes ne reçoivent comme réponses que répression et humiliation. Les Algériennes et les Algériens sont privés de tout recours face à l’arbitraire quand, dans le même

et

Les militants du FFS peuvent se féliciter et tirer fierté d’avoir su et

pu rester autonomes. Le FFS est l’un des rares partis, sinon le seul, à n’être l’otage ni d’un clan du pou- voir ni d’un quelconque groupe de pression. C’est donc dans un contexte de fermeture que s’annoncent les pro- chaines élections législatives. Elles mettent une fois de plus le FFS

démocratique.

de

bouleversement de l’agenda.

temps, règne l’impunité pour les

devant un choix difficile au vu de sa

Au printemps de l’année 2012, les

tenants du pouvoir et ses démem-

situation et de la situation du pays.

Algériennes et les Algériens seront

brements.

Le

FFS va prendre sa décision dans

appelés à se rendre aux urnes pour

Le pouvoir continue d’ignorer la

la

transparence et en toute auto-

le renouvellement des membres de

l’Assemblée populaire nationale.

Dans quelles conditions, quel climat

et quelle ambiance ce scrutin se dé-

roulera-t-il ? Dans quel contexte historique, po-

litique, social, économique et sécu- ritaire ?

A l’évidence, sans l’acte désespéré,

mais libérateur de Mohamed Boua-

réalité algérienne et continue à ga- gner du temps. Pour coller au contexte régional,

agissant sous la pression de ses partenaires occidentaux, le pouvoir

a initié et mené des réformes cen-

sées rapprocher le fonctionnement de l’Etat des standards en vigueur

dans les Etats modernes et démo- cratiques.

nomie. Elle reflétera les avis des

militants du parti et traduira les at- tentes des sympathisants et groupes sociaux qui se reconnaissent dans son programme.

Nous sommes conscients qu’il n’y a pas de bonnes décisions ; il n’y a que de moins mauvaises. Alors, il nous faudra bien peser les choses,

et pour cela ouvrir un débat qui

soit le plus large possible. L’option de la participation ou du boycott est à déterminer en tenant compte du niveau de préparation de ces élections, de l’engouement de la po- pulation pour la participation et du seuil de l’implication des citoyens dans les discussions tournant autour de la thématique des réformes. Nous devons nous prononcer en traitant en profondeur les questions suivantes :

1) L’Algérie est-elle définitivement épargnée par le vent des «révolu- tions» qui balaie la région ? 2) La population fait-elle complè- tement siennes les réformes présen-

tées par le pouvoir ? 3) Le parti dispose-t-il d’assez de ressources et de moyens pour glaner un nombre élevé de sièges au Parle- ment en vue de pouvoir peser dans l’échiquier et de ne pas subir les cri-

tiques et sarcasmes de la population comme servant de décor, d’alibi et

de caution ? 4) La participation aux législatives ne va-t-elle pas freiner ou tout au

moins compliquer la mise en œuvre du projet de rassemblement des

énergies militantes ? 5) Quels sont les changements ap- parus depuis les élections de 2007 qui pourraient justifier la participa- tion du parti aux élections de 2012 ? 6) Sommes-nous capables de convaincre la population de voter ?

Par ailleurs, et sur le plan juridique, nous constatons que malgré la levée de l’état d’urgence, son esprit de- meure à travers les lois sécuritaires. L’absence d’une justice indépen- dante et d’une administration neu- tre compromet la transparence des élections.

ÉVALUATION DE LA STRATÉGIE ÉLECTORALE DU FFS DEPUIS

1990

Nous devons évaluer notre stratégie électorale depuis les élections loca-

les de juin 1990.

Aucune décision sérieuse ne peut être prise sans une véritable éva- luation basée sur les politiques et stratégies collectives, surtout pas sur les «ego» et autres stratégies personnelles. La crise qui épuise l’Algérie s’est aggravée à un point tel, que nous devons nous focaliser sur le fond, et le fond aujourd’hui, c’est sauver l’Algérie ! De 1990 à

nos jours, l’Algérie a connu 12 scru-

tins : 4 présidentiels, 4 législatifs et 4 locaux. Toutes ces élections n’ont pas réussi à réaliser une alternance au pouvoir. Systématiquement et massivement truquées, ces élections ont été utilisées par le système pour se reproduire. Par sa décision de rejet des élections locales de juin 1990, le FFS a réussi à inculquer la notion de boycott aux citoyens et l’esprit de résistance. Pour le FFS, la priorité était l’élec- tion d’une Assemblée nationale constituante, et non pas, l’élection des maires. Une année plus tard, le parti a pris part aux élections législatives de décembre 1991, des élections avor- tées par un coup d’Etat en janvier 1992 qui a engendré la violence et la dislocation de la société. Aussitôt, le FFS avait opté pour le chemin le plus dur, mais le moins coûteux : celui de la légitimité po- pulaire. Nous avons tout entrepris pour amener les protagonistes de la violence sur le terrain politique, un terrain que rejetait le pouvoir puis- que c’était dans la violence qu’il se renforçait. En 1995, le FFS a boycotté les élec- tions présidentielles, des élections organisées avec le soutien de quel- ques appareils politiques afin de construire une légitimité au général Zeroual et, à travers lui, à un pou- voir illégitime et surtout violent.

PARTICIPATION AUX LÉGISLATIVES DE 1997 : L’APN, UNE TRIBUNE POUR LE FFS Vingt mois après cette mascarade, le FFS a participé aux élections légis- latives de 1997 dans le seul but de garder un espace d’expression – si réduit soit-il – à l’APN et surtout en dehors d’elle, pour continuer à faire entendre les aspirations du peuple algérien. Ce que nous avons fait lorsque les débats étaient retransmis en direct à la télévision. Quelques mois plus tard, le black-out était décidé. Le FFS à la portée des Algé- riens, cela devenait trop dangereux pour les décideurs. Le parti a pris part aux élections locales d’octobre 1997, un scrutin à «mains armées», entachées d’une fraude massive en faveur d’un parti qui, créé trois mois plus tôt, devenait majoritaire dans le pays.

●●●

mois plus tôt, devenait majoritaire dans le pays. ●●● Drilling Foreign Company is lookign for 1)
Drilling Foreign Company is lookign for 1) 5 Mud Loggers 2) HSE Supervisor 3) Purchaser
Drilling Foreign Company
is lookign for
1) 5 Mud Loggers
2) HSE Supervisor
3) Purchaser
4) Customs coordinator
5) Clean Lady
6) Driver
Criteria
1- Degree in geology for the post 1, university de-
gree for 2, 3, 4 and school certificate for 5
2- Fluent english for 1, 2, 3, 4, 6
3- Computer skills for 1, 2, 3, 4
4- Expérience of two years for 1, 2, 3, 4, three years
for 5 and five years for 6
5- Driving licence for 2, 3, 4, 6
Please send your CV in english
with a motivation letter to the following
email adress :
hr.gwdcalg@gmail.com
to the following email adress : hr.gwdcalg@gmail.com Avis Etablissement hospitalier privé «Le Rameau

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Etablissement hospitalier privé

«Le Rameau d’Olivier» Béjaïa Consultation en gynécologie-obstétrique :

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El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 7

DOCUMENT DU FRONT DES FORCES SOCIALISTES

nationale du 11 février 2011

●●●

Des marches de protestation contre

la fraude ont été organisées, à Alger,

par plusieurs partis politiques, mais

le pouvoir restait sourd.

PRÉSIDENTIELLE DE 1999 :

RETRAIT DE SIX CANDIDATS Après la démission du chef de l’Etat, Liamine Zeroual, le pouvoir a orga-

nisé une élection présidentielle anti- cipée en avril 1999. Le président du FFS, Hocine Aït Ahmed, a participé

à la compétition. «Sera-t-elle, en

définitive, une alternance crédible, c’est-à-dire, la première alternance depuis 35 ans ? Donc, la chance d’un vrai changement de système et de personnels politiques ? (…) Je n’hésiterais pas à me dresser contre

toute tentative de détourner de son cours cette élection présidentielle», avait averti Hocine Aït Ahmed dans son message aux Algériens en mars

1999.

Les craintes du président du FFS

étaient réelles et fondées puisque

la fraude a été massive au niveau

des bureaux spéciaux. La veille du

scrutin, le 14 avril, six candidats ont décidé de se retirer de la course en guise de protestation contre la frau- de. Le candidat du pouvoir devenait ainsi candidat unique. En septembre 1999, le pouvoir

a organisé un référendum sur la

concorde civile. Le FFS a estimé, dans une déclaration, que ce réfé- rendum était inutile et «s’annonce

comme un plébiscite», dès lors que «la loi sur la concorde civile est déjà

en

Pour le FFS, ce référendum «parti-

cipe, une nouvelle fois, d’une vo- lonté de normalisation autoritaire de

la société au détriment de la démo-

cratie et du libre exercice des droits

politiques et civiques».

LA RÉSISTANCE CITOYENNE FACE AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2002 Le scrutin législatif de mai 2002 s’inscrivait dans un contexte tota-

lement différent, avec le printemps noir en Kabylie et les sursauts de résistance citoyenne qui ont rendu espoir et confiance en elle-même à notre jeunesse. Dans cette extraordi- naire dynamique, et pour rejeter un scrutin ni propre ni honnête, l’appel

à la dissidence citoyenne nationale

application».

et pacifique était la seule alterna- tive. Il a été parfaitement entendu et compris. Le taux élevé de non-par-

ticipation a été sans précédent. Les manifestations de ras-le-bol et les

émeutes ont gagné l’ensemble du pays et toutes les catégories socia- les, jusque dans les prisons. En face, une répression féroce en Kabylie et des manipulations fascisantes à ciel ouvert menées tambour battant dans l’impunité totale.

LA PARTICIPATION AUX

ÉLECTIONS LOCALES DE 2002

POUR BARRER LA ROUTE À LA MAFIA

Après de larges consultations au sein de nos structures, le FFS a décidé de participer aux élections locales de 2002 pour deux raisons principales :

- Développer la dynamique pacifi-

que citoyenne à l’échelle nationale. La jeunesse, en général, le mou- vement associatif, les syndicats autonomes sont en contestation permanente. Il est possible de tenter

de résoudre les problèmes sociaux en allant à la conquête des munici- palités, au lieu d’être entraînés dans des aventures violentes. Le FFS a conditionné sa participation par la cessation des poursuites contre les élus locaux du parti et la libération

des détenus du mouvement citoyen.

Ces mesures d’apaisement étaient de nature à convaincre les jeunes de ne pas s’exclure du pouvoir local.

- Deuxième raison de notre parti-

cipation : ne pas permettre le vide dans les communes de Kabylie et

barrer la route à toutes les catégo- ries de mafia qui les avaient privati-

sées et pillées. Trois ans plus tard, en 2005, le pou-

voir prend la décision de dissoudre les APC gérées par le FFS, résultat d’un accord avec les représentants des «aârch», dont la mission était d’éradiquer le politique pour mieux livrer les communes à la mafia locale. Le FFS a décidé de partici- per aux élections locales partielles «imposées par la révocation scan- daleuse des seuls élus librement, malgré les violences et les exactions des mafias locales dirigées par les forces de sécurité spéciales». Pour le président du parti, «ne pas y par- ticiper, c’est faire le jeu du pouvoir dont la stratégie est de couper le

FFS de l’osmose permanente qu’il

avait établie avec les populations de la région».

PRÉSIDENTIELLE DE 2004 :

BOYCOTT MASSIF ET ACTIF Le FFS a appelé à un boycott massif et actif du scrutin présidentiel de 2004. «L’échéance du 8 avril 2004 est discréditée et décrédibilisée par l’exclusion de l’opposition réelle, la mise au pas de l’administration, le monopole exercé sur toutes les institutions de l’Etat, la dilapida- tion des biens publics, le harcèle- ment exercé sur la presse privée, la fermeture du champ politique et le maintien de l’Etat d’urgence», a dénoncé le parti.

L’expérience de 1997 et la non-par- ticipation aux législatives de 2002 pour les raisons évoquées ont pesé

dans la décision de boycott des lé- gislatives de 2007. Le président du parti, Hocine Aït Ahmed, a qualifié le scrutin législatif du 17 mai de «messe qui fête zawadj el moutaâ». Le FFS a participé aux élections locales de 2007, mais nous n’avons pas toujours su maintenir le lien nécessaire entre les élus et les struc- tures du parti ; cela a entraîné un déficit de lisibilité et de visibilité de la gestion de nos municipalités et parfois même des dérives. Par ailleurs, la déstructuration de nos sections a empêché une réflexion féconde sur nos politiques et notre action locale.

En avril 2009, le FFS a appelé les Algériens à un boycott actif du scrutin présidentiel. Pour le FFS, «le boycott de ce scrutin est un acte révolutionnaire. Les Algériens savent que les élec- tions ne sont d’aucun impact positif sur leur vie. Les élections sont orga- nisées pour le maintien du statu quo». Au terme de ce bilan sommaire concernant notre stratégie élec- torale, essayons de répertorier les arguments qui militent pour la participation comme de ceux qui militent pour le boycott du prochain scrutin législatif.

1 - DE LA PARTICIPATION a/ Les avantages - La participation aux élections enclenchera des débats internes et une dynamique qui permettront un renforcement des rangs du parti ;

- elle permet au parti de toucher et de sensibiliser la société par son

discours, d’élargir sa base sociale, et aux parlementaires de dénoncer les dérives du pouvoir ;

- avoir accès aux médias, notam-

ment les médias lourds pour trans- mettre notre message à l’ensemble

des citoyens ;

événements créés par le pouvoir, sachant qu’aucune élection n’est

honnête ni propre depuis l’indépen- dance ;

- continuer à dénoncer la démarche

du pouvoir qui refuse une solution politique, pacifique et démocrati- que ;

- accompagner le peuple dans son

à travers ses futurs députés, le FFS aura plus de moyens pour s’infor- mer de la situation du pays ;

-

refus des mesures du pouvoir en demeurant à ces côtés, notamment dans sa désaffection de ces légis-

-

des délégations étrangères vien-

latives.

nent rencontrer des parlementaires algériens. Les députés du FFS bri-

mieux exprimer le vécu et les aspi-

b/Les inconvénients

seront la façade démocratique pour

Risque d’absence d’impact sur la société ;

-

rations de la population ;

-

exclusion des médias pour mener

- les députés du FFS pourront briser l’unanimisme que veut imposer le pouvoir à la classe politique ;

- le parti peut apporter la contradic- tion aux choix économiques désas- treux du pouvoir ;

- notre participation peut constituer un rempart devant la montée des radicalismes ;

- participer aidera au développe- ment des ressources humaines et financières du parti.

Pour participer, il faut au préalable :

- conditionner notre participation

par exemple par l’abrogation des lois qui visent à verrouiller davan- tage les champs politique et média- tique ;

- faire un état de lieux réel de nos

ressources humaines et matérielles ;

- choisir de bons candidats, des mi- litants engagés ;

- élaborer un discours politique qui

peut contrecarrer les critiques qui

nous seraient retournées.

b/ Les inconvénients - Une participation peut s’appa- renter à une caution à la démarche visant à consolider une dictature. Le parti risque alors de perdre sa crédibilité en aidant le système à se régénérer de l’intérieur ;

- risque de défection de l’électorat

qui ne croit pas aux élections, car

elles n’ont rien changé à son quo- tidien.

2- DU BOYCOTT a/Les avantages

- Cohérence de nos positions après

le rejet du dialogue initié par le pou- voir dans le cadre des «réformes» politiques ;

- ne pas se rendre complice des

la campagne ;

- le FFS sera, une fois de plus, vic- time du verrouillage du champ po-

litique, sans aucune chance d’accès

aux espaces (salles et autres lieux) pour rencontrer les populations ;

- ne pas bénéficier du statut de

député pour faire passer nos mes- sages vis-à-vis des délégations

étrangères ;

- laisser le champs libre, au pouvoir

et à ses supplétifs, à l’intérieur et à l’extérieur de l’APN.

CONCLUSION Nous avons, dans le parti, accumulé une certaine expérience sur nous- mêmes, sur le terrain politique dans

lequel nous nous investissons, sur le pouvoir auquel nous sommes

confrontés. C’est cette expérience qui doit, en

permanence, éclairer nos discus- sions et guider nos pas vers plus d’intelligence, de force et d’assu- rance dans la fidélité à nos idéaux démocratiques et patriotiques. Aussi, doit-on considérer chacune des propositions des camarades avec sérieux et une considération égale. Chacun de nous doit être en mesure, à la fin de cette convention, de dé-

fendre, avec conviction, l’option qui sera arrêtée en définitive.

Pour toutes vos contributions, vous pouvez nous rejoindre sur facebook http://on.fb.me/zvA8NV Twitter: https://twitter.com/#!/ffs- convention Adresse mail : ffsconven-

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Coopérative El Amel Sebala

Nous, entreprise ETB Benda- hmane Mohamed détenant du projet de l’ensemble immobi- lier de la coopérative El Amel située à Sebala, El Achour, mettons à la disposition des adhérents une équipe tech- nique au niveau du chantier pour éclaircir la situation du projet, et ce chaque samedi, en attendant que l’assemblée générale soit provoquée.

PHOTO : D. R.

PHOTO : D. R.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 8

L’ACTUALITÉ

ÉTRANGERS DIPLÔMÉS EN FRANCE

Le Sénat interpelle le gouvernement

Paris De notre correspondante

interpelle le gouvernement Paris De notre correspondante Pour les sénateurs de gauche, la France doit favoriser

Pour les sénateurs de gauche, la France doit favoriser l’emploi des diplômés étrangers

en agents d’administration de l’ar- bitraire, de l’humiliation et du non- respect du droit». «Votre circulaire n’est pas un malentendu, mais un calcul électoral», a-t-elle poursuivi, estimant que «la deuxième circulaire ne réglait rien». La sénatrice Esther Benbassa (Eu-

rope écologie les Verts) a estimé pour

sa part que «la France était en train

de perdre son excellence dans le do- maine de l’intelligence».

LEVÉE DE BOUCLIERS La circulaire du ministre de l’In-

térieur, Claude Guéant, du 31 mai 2011 restreignant la possibilité pour les diplômés étrangers d’obtenir un statut de salarié après leurs études

a provoqué une levée de boucliers,

notamment dans les universités, mais aussi des réserves au sein du gou- vernement et du patronat. Charles Givadinovitch, secrétaire national de l’UMP chargé de la lutte contre la précarité et la pauvreté, avait demandé à M. Guéant de supprimer cette circulaire qui «va à l’encontre

de toute logique économique puis- que nos entreprises ont réellement besoin de ces salariés qualifiés qui apportent leur double culture, une véritable richesse». Le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, avait affirmé : «On s’est plantés !» Le texte contesté donne instruction

aux préfets d’étudier «avec rigueur» les demandes d’autorisation de tra- vail des étudiants et d’exercer un «contrôle approfondi» des demandes de changement de statut des étu- diants étrangers. Après la publication de cette circulaire, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n’ont

pas pu obtenir un changement de statut (d’étudiant à salarié). A la suite d’une mobilisation grandissante, M. Guéant a annoncé le 4 janvier une nouvelle circulaire qu’il vient d’en- voyer aux préfets. La nouvelle mouture est présentée par le gouvernement comme un «assouplissement» de la délivrance du permis de travail à certains étu- diants étrangers à haut potentiel, notamment ceux ayant «une compé- tence spécifique recherchée» comme «la connaissance approfondie d’un pays ou d’une culture étrangère». Et un titre de séjour pour motif professionnel doit être accordé «dès lors que l’intéressé est pourvu d’un

emploi ou titulaire d’une promesse d’embauche, y compris lorsque cela intervient avant la délivrance de son diplôme». Les étudiants étrangers, réunis dans le Collectif du 31 mai, continuent de réclamer le retrait de la circulaire Guéant car son assouplissement an- noncé mercredi 4 janvier est fondé sur des critères «qui laissent la place à l’arbitraire», ont-ils annoncé lors d’une conférence de presse. Dans un communiqué, la première organisation étudiante, l’UNEF, a «demandé l’abrogation de la circu- laire Guéant» car le nouveau texte revient à faire «beaucoup de bruit pour des évolutions mineures». «Le recul de Claude Guéant sur la circulaire ‘étudiants étrangers’ ne suffit pas. Le gouvernement ne s’engage pas sur les délais de dépôt et de traitement des dossiers et les étudiants déjà renvoyés dans leur pays auront pâti d’un texte regretta- ble», écrivent pour la mairie de Paris Didier Guillot (adjoint chargé de la vie étudiante), Jean-Louis Missika (adjoint chargé de l’innovation, de la recherche et des universités) et Pascale Boistard (adjointe chargée de l’intégration et des étrangers non communautaire). «Les jeunes diplômés étrangers oc- cupent souvent des postes à l’inter- national qui permettent à nos en- treprises de conquérir de nouveaux

«LES 2/3 DES ÉTUDIANTS EXTRA- COMMUNAUTAIRESREPARTENT CHEZ EUX»

La France compte aujourd’hui 285 000 étudiants internationaux, ce qui correspond à un flux annuel de 60 000 nouveaux étudiants étrangers. Parmi eux, 35 000 sont des extracommunautaires. La grande majorité d’entre eux (les 2/3) partent à l’obtention de leur diplôme. Sur les 10 000 restants, 5000 à 6000 obtiennent le changement de statut d’étudiant à salarié. Sur ces quelque 6000 étudiants, seuls 1/3 sont encore

présents sur le territoire français les 10 années suivant leur arrivée, soit 2000 par an. Ces chiffres, donnés par la vice-présidente du Sénat, Bariza Khiari, mercredi, «parlent d’eux-mêmes : l’immigration choisie via des filières étudiantes d’excellence ne concerne que très peu de cas, quelque 2000 par an, sur les 35 000 extracommunautaires. Il est par conséquent faux de dire et de penser que les restrictions visant ces étudiants puissent baisser le

chômage».

N. B.

V oici une circulaire dont les seules conséquences sont qua- lifiées de ‘stupides’, ‘aberran-

tes’, ‘infamantes’par tous les acteurs concernés. Tous dénoncent les rava- ges portés à nos écoles, l’université, la francophonie et à l’économie», a affirmé la vice-présidente du Sénat et sénatrice socialiste de Paris, Bariza Khiari. Cette résolution, dont Bariza

Khiari est l’auteure, a été adoptée par 174 voix contre 139. Seule l’UMP a voté contre.

M me Khiari a contesté les arguments

avancés par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a justifié sa cir-

culaire par le fait qu’il faut réserver l’emploi en priorité aux Français

et aux résidents réguliers ; qu’il ne

faudrait pas encourager le «pillage

des cerveaux» et que cela ouvrirait la voie à une installation définitive sur

le territoire français de ces diplômés

étrangers. L’argument du «pillage des cer- veaux», invoqué par le ministre de l’Intérieur est, selon Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat, «un argu- ment à géométrie variable. La semai- ne prochaine, nous allons légiférer sur la situation des médecins à diplô- mes extracommunautaires. Ceux-là n’ont pas obtenu leur diplôme en France, mais ils exercent dans nos hôpitaux. Parlera-t-on du pillage des cerveaux à cette occasion ?» «En en- joignant les préfets à instruire avec rigueur les demandes de changement de statut, vous leur demandiez en réalité d’appliquer une politique du chiffre aboutissant à chasser du territoire des polytechniciens, des HEC, des centraliens», a accusé M me Khiari. La vice-présidente du Sénat s’est élevée contre l’une «des gran- des indignités de notre République, le traitement des étrangers dans les préfectures». «Il est indigne dans un pays comme le nôtre que des hommes et des femmes soient obligés de se lever au milieu de la nuit pour aller faire la queue devant une préfecture ou une sous-préfecture sans être sûrs d’être reçus par le fonctionnaire en charge des dossiers de titres de séjour.» Et «les agents préfectoraux sont transformés, bien malgré eux,

agents préfectoraux sont transformés, bien malgré eux, M m e Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat

M me Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat

marchés. A l’heure où le gouverne- ment ne cesse de vanter les méri- tes du modèle allemand, il devrait s’inspirer de son récent projet de loi visant à faciliter l’insertion profes- sionnelle des diplômés étrangers», ajoutent-ils. En effet, confronté au vieillissement de la population et donc à l’amenui- sement de la main-d’œuvre qualifiée, le gouvernement allemand a pré- senté, le 7 décembre 2011, un projet de loi pour simplifier très largement l’accès à l’emploi pour les étrangers qualifiés. Pour sa part, Mireille Le Corre, responsable du pôle immi- gration-intégration dans l’équipe du candidat socialiste, François Hollan- de, à la présidentielle, affirmait, dans un communiqué daté du 24 décem- bre 2011, que si le candidat socialiste est élu «il saura repenser l’accueil des étudiants étrangers et redonner une impulsion à l’échange entre les universités françaises et étrangères, dans le respect de l’autonomie des universités». Douze organisations – des syndicats comme la CGT, la FSU et l’UNEF, des associations comme SOS Ra- cisme, Réseau éducation sans fron- tières ou Cimade – ont donné, début décembre, une conférence de presse au cours de laquelle elles ont an- noncé la création d’une plateforme commune exigeant «la régularisa- tion des travailleurs sans papiers et l’égalité de traitement entre Français et étrangers dans les études comme au travail». Une centaine de personnalités, dont le prix Nobel de physique Albert Fert, avaient lancé une pétition de- mandant «le retrait» de la circulaire Guéant qui avait recueilli, fin décem- bre 2011, plus de 18 500 signatures. Nadjia Bouzeghrane

Les médecins diplômés hors UE autorisés à exercer jusqu’à fin 2016

Les députés français ont adopté mercredi, à l’unanimité, une proposition de loi UMP qui proroge jusqu’au 31 décembre 2016 l’autorisation d’exercer pour les professionnels de la santé titulaires d’un diplôme obtenu hors de l’Union européenne. Ce texte reprend une mesure qui avait été introduite dans la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, mais que le Conseil constitutionnel avait censuré, estimant qu’elle n’avait pas sa place. Selon le rapport de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, près de 4000 praticiens, médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et sages- femmes étrangers sont concernés par cette autorisation d’exercer. Le texte a également un effet rétroactif puisque, du fait de la censure de

cette mesure, le dispositif, qui avait été voté en 2007, arrivait à terme au 31 décembre 2011. Le Sénat devrait examiner à son tour cette proposition de loi dans les

Reuter

prochains jours.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 9

INTERNATIONALE

ALORS QUE L’OPPOSITION SYRIENNE RÉCLAME LA SAISINE DE L’ONU

Enième manifestation anti-Assad

IRAK

Nouvelle offensive du Premier ministre contre l’opposition

L e Premier ministre chiite, Nouri Al Maliki, a lancé hier une nouvelle offensive contre le bloc d’opposition Iraqiya en faisant arrêter un élu provincial sunnite pour «terrorisme»,

selon l’AFP citant une source locale. «Les forces de sécurité du bureau du Premier ministre ont arrêté à son domicile à Baqouba (60 km au nord-est de Baghdad) l’adjoint du gouverneur chargé des investissements, Ghadbane Al Khazraji, sous l’accusation de terrorisme», a affirmé Bassem Al Samarraï, en charge des questions techniques au gouvernorat. Elles cherchent également à arrêter Talal Al Joubbouri, adjoint pour les affaires administratives, mais ce dernier a réussi à s’enfuir au Kurdistan, a ajouté cette source. Al Khazraji et Al Joubbouri, tous deux sunnites, appartiennent à la liste Iraqiya de l’ancien Premier ministre Iyad Allawi. La majorité du conseil provincial de Diyala (centre), à majorité sunnite et kurde, a signé un texte le 12 décembre demandant un statut d’autonomie pour leur province, ce qui a provoqué la colère du chef du gouvernement. Selon des membres du conseil, quatre autres mandats d’arrêt ont été délivrés contre deux conseillers provinciaux d’Iraqiya, un membre du Parti islamique (sunnite) et un Kurde. Tous les mandats concernent des «activités terroristes». A la suite de menaces, le conseil provincial et le gouverneur Abdel Nasser Al Mahdaoui ont dû s’installer dans la ville à majorité kurde de Khanaqine, à 150 km au nord-est de Baghdad. S’estimant lésées par la politique du gouvernement à majorité chiite de Nouri Al Maliki, les provinces sunnites d’Anbar, de Diyala et Salaheddine ont décidé ces derniers mois, comme le leur permet la Constitution, de se constituer en régions autonomes, à l’instar du Kurdistan (nord). Option rejetée par le Premier ministre et les partis chiites. Ces nouvelles poursuites judiciaires interviennent alors que l’Irak est enlisé depuis plus d’un mois dans une grave crise politique opposant Al Maliki à Iraqiya, dont les leaders accusent le Premier ministre d’autoritarisme et s’estiment persécutés par ses forces de sécurité. Le bloc Iraqiya refuse de participer depuis la mi- décembre aux travaux du Parlement. AFP

D es milliers de manifes- tants sont descendus hier dans la rue en

Syrie pour réclamer une

saisine du Conseil de sécurité

de l’ONU comme le souhaite

l’opposition. Les manifestants

ont appelé aussi à la chute du régime et à la libération des détenus dans les provinces d’Alep au nord, d’Idleb et Lattaquié au nord-ouest, à Deraa au sud et à Hama (centre), selon l’AFP citant l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Comme tous les vendredis, les forces du régime étaient déployées dans la plupart des localités pour empêcher ces manifestations. A Idleb, des soldats ont ouvert le feu pour disperser les protestataires,

a ajouté l’OSDH. Dans un

communiqué rendu public le même jour, le Conseil natio- nal syrien (CNS), groupe d’opposition, a réclamé le transfert du dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, et la mise en place d’une zone d’exclusion aé-

rienne pour protéger les civils des «crimes» du régime. La Ligue arabe a envoyé en Syrie des observateurs, et le chef de cette mission, Moham- med Ahmed Moustapha Al Dabi, doit présenter demain

au Caire un rapport sur la base

duquel l’organisation déci- dera du sort de la mission. Le CNS a demandé que le rap- port en question «qualifie les actes du régime» de «crimes de guerre» et de «génocide». De son côté, l’organisation des droits de l’homme Human

PHOTO : D. R.
PHOTO : D. R.

Pour sensibiliser l’opinion internationale, les Syriens n’ont que la rue pour s’exprimer

Rights Watch (HRW) a appelé hier la Ligue arabe à rendre public le rapport de ses obser- vateurs en Syrie et exhorter le Conseil de sécurité de l’ONU à imposer des sanctions à Damas.

HUMAN RIGHTS WATCH COMME LE CNS «La Ligue arabe devrait faire paraître de façon publique l’intégralité du rapport final de sa mission d’observation en Syrie», a indiqué HRW dans une lettre ouverte adres- sée à La Ligue arabe et aux ministres arabes des Affaires étrangères. HRW appelle aussi ladite organisation à «deman- der au Conseil de sécurité des Nations unies d’imposer des sanctions ciblées pour mettre fin aux tueries incessantes». Se basant sur des chiffres de militants syriens, HRW note que 506 civils ont été tués et 490 personnes arrêtées depuis

le 26 décembre, date du début de la mission arabe censée vérifier le respect par Damas d’un protocole recomman- dant un arrêt des violences, le retrait des chars des villes et le déplacement libre des médias étrangers. «La Ligue arabe devrait publiquement reconnaître que la Syrie n’a pas respecté le plan de la Ligue», a estimé encore HRW. «La crédibilité de la mission a été ternie depuis son com- mencement par son manque de transparence et d’indé- pendance», a observé HRW, regrettant notamment que les critères de sélection des observateurs n’aient pas été pas disponibles. Elle a relevé les inquiétudes croissantes de capitales étrangères ou d’opposants quant à une «ma- nipulation» de la mission par les autorités syriennes. «Seule une évaluation transparente de la mission d’observation

peut déterminer si les obser- vateurs doivent rester dans le pays», indique l’organisation. Dans sa lettre, elle a recom- mandé la Ligue arabe «à travailler avec le Conseil de sécurité pour imposer un em- bargo à la Syrie sur les ar- mes et des sanctions contre les individus responsables de graves violations, demander un accès libre au pays pour les humanitaires, journalistes étrangers, et ONG indépen- dantes de défense des droits de l’homme». R. I.

dantes de défense des droits de l’homme». R. I. APRÈS L’ATTAQUE DE TROIS VILLES PAR DES

APRÈS L’ATTAQUE DE TROIS VILLES PAR DES REBELLES AU MALI

L’armée reprend le contrôle

L ’armée malienne a repris, dans la nuit de jeudi à vendredi, le contrôle des trois villes

du nord-est du Mali attaquées mardi et mercredi par des rebelles touareg, selon l’AFP citant des sources concordantes. «L’armée malienne a repris le contrôle des villes de Ménaka, de Tessalit et d’Aguelhok. Des renforts sont venus sur place», a déclaré une source militaire régionale. «Il n’y a aucun doute», a-t-elle assuré. Les combats ont fait 47 morts, soit 45 rebelles et deux soldats, selon le ministère malien de la Défense. Selon ce ministère, 35 rebelles ont été tués à Aguelhok, 10 à Tessalit. Deux soldats ont été tués dans ces deux localités, selon le ministère, qui parle également de «nombreux blessés» chez les rebelles et de 10 soldats blessés (7 à Aguelhok, 3 à Tessalit). Le gouvernement a indiqué mardi que «plusieurs» rebelles touareg et un soldat ont été tués à Ménaka. Des rebelles touareg maliens ont attaqué mercredi Aguelhok et Tessalit, près de la frontière algérienne, après un assaut la veille sur Ménaka, autre ville du nord-est. Ils ont affirmé vouloir s’attaquer à d’autres villes. Dans un discours à la Nation prononcé à l’occasion du 51 e anniversaire de l’armée, le président malien Amadou Toumani Touré n’a

pas évoqué directement ces attaques ni la situation sur le terrain. «Le maintien de l’intégrité territoriale du Mali reste l’une des missions de notre armée», a-t-il dit. Il s’est félicité de «la formation et la préparation des troupes, la réhabilitation du matériel majeur et l’implication toujours plus marquée des forces armées et de sécurité dans les grands chantiers de développement». Le chef de l’Etat a affirmé qu’en 2006, «les événements survenus à Kidal» (nord-est), ville où des rebelles touareg avaient repris les armes, «ont été un bon révélateur de l’efficacité d’une gestion de crise qui combine la négociation politique et l’initiative militaire sur le terrain». Il n’a pas précisé si c’était la stratégie qu’il entendait adopter concernant les dernières attaques des rebelles touareg. Les rebelles ont été présentés par le gouvernement comme des combattants rentrés récemment de Libye et des membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Le MNLA est un mouvement politico-militaire né fin 2011 de la fusion de groupes rebelles, dont le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM) d’Ibrahim Ag Bahanga, mort officiellement dans un accident de la route

AFP

l’an dernier.

PHOTO: EL WATAN

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 10

RÉGION

EST

LOGEMENT SOCIAL À SOUK AHRAS

Desattributionsqui provoquent la polémique

Toutes les opérations ont été marquées par des protestations et des sit-in contre des listes qui comptent de nombreux indus bénéficiaires.

des listes qui comptent de nombreux indus bénéficiaires. La campagne de démolition des baraques se poursuit

La campagne de démolition des baraques se poursuit

D ’inextricables pro- blèmes liés à la crise du logement

émergent, depuis quelques semaines, du lot des pré- occupations majeures des habitants de Souk Ahras. Les sit-in, les regroupe- ments devant les sièges de la wilaya et de la daïra sont devenus quotidiens, notamment depuis l’attri- bution des 999 logements que la commission com- pétente a voulu fractionner pour gérer les humeurs des mécontents. Il est utile de rappeler qu’aucun citoyen, comme d’ailleurs la presse,

n’est au courant du nombre d’indus attributaires rete- nus par la commission des recours, encore moins des dérogations faites au profit de personnes non concer- nées par le barème de nota- tion national. Si la majorité des contestataires déchaî- nés réclament seulement un gîte, pour d’autres, la chose est plus compliquée que cela. Au moins une cen- taine de bénéficiaires, clés en main, refusent de quit- ter leurs baraques ou leurs constructions menaçant ruine, prétextant l’absence des propriétaires légaux ou

la vacuité des terrains qui, en fait, appartiennent soit à la commune, soit à la direction des domaines. Les bulldozers ont ratissé large, la semaine écoulée, et des hectares ont été récupérés suite à une opération de démolition des baraques dans les quartiers de Reb- bahi, Diar Ezzerga, Akli et Ibn Rochd. Voici les pro- pos d’un élu communal:

«Pour éviter le retour des bénéficiaires des logements sociaux aux bidonvilles ou aux bâtisses menaçant ruine, nous avons lancé une opération d’envergure

OUM EL BOUAGHI

73 cas d’hépatite « C » diagnostiqués

Q uelles soient de type A, B ou C, les hépatites connaissent une effarante recrudescence dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, notamment dans les villes

de Aïn M’Lila, Aïn Beïda et Meskiana, selon les services de la santé.

Pour la seule hépatite C, la plus virulente, puisque mortelle et sans vaccin, les mêmes services ont diagnostiqué 73 cas en 2011, ce qui est fort inquiétant. Le seul moyen de parer à cette pernicieuse pathologie reste la prévention. L’autre maladie qui fait rage dans la région, est la tuberculose avec 230 cas recensés. Presque toutes les personnes qui en sont atteintes résident dans les

grands centres urbains.

L. Baâziz

BORDJ BOU ARRÉRIDJ

Second décès par asphyxie au gaz

A près trois jours de lutte contre la mort, suite à une asphyxie au monoxyde de carbone qui a emporté son époux, une jeune mariée, H.H., 27 ans, est

décédée, la nuit du jeudi à vendredi. Victime d’inhalation de gaz toxique, le

couple, de nouveaux mariés, avait été découvert dans son appartement, sis

à El Anasser, à 10 km de Bordj Bou Arréridj. L’homme, D.S., âgé de 35 ans, était déjà mort, alors que sa femme, encore vivante, mais gravement intoxiquée, avait été évacuée aux urgences de l’hôpital Bouzidi Lakhdar de Bordj Bou Arréridj, où elle a rendu l’âme. Les causes de ce drame sont dues à un chauffage défectueux,

a-t-on appris de source crédible.

A. B.

qui a donné des résultats satisfaisants. Plusieurs ba- raques ont été démolies et des constructions vétustes ont été interdites d’accès aux anciens locataires». Cela s’est passé sans heurts grâce à la présence des forces de l’ordre et des responsables communaux. Mais qu’en est-il des pro- priétés privées ? «Je n’ar- rive pas à récupérer mon bien ou même prévenir un sinistre pour mes six appar- tements qui sont en totale décrépitude, et pour cause, mes ex-locataires, tous bé- néficiaires de logements refusent de les quitter», nous dit un propriétaire du centre-ville qui reconnaît un vide dans l’application des textes juridiques. Ce problème est aussi posé par rapport aux erreurs commi- ses dans le traitement des dossiers d’étude et d’attri- bution, voire lors de la ven- tilation des bénéficiaires. Nouasria Hafsia est un cas parmi d’autres. Inscrite en 2005 au nom de son époux décédé avant l’opération d’étude des dossiers, elle a eu du mal à faire valoir son droit à cause d’une situa- tion corrigée par elle-même mais non achevée adminis- trativement au niveau de la daïra. Après une pous- sée d’adrénaline, elle n’a eu droit qu’à un F2, alors qu’elle détient encore les clés d’un F3. «Est-ce une sanction pour une erreur qu’elle n’a pas commise ? Ou se venge-t-on sur ceux qui réclament légalement leur droit ?» se demande son frère. A. Djafri

leur droit ? » se demande son frère. A. Djafri CONSTANTINE 1,5 milliard de dinars pour

CONSTANTINE

1,5 milliard de dinars pour l’aménagement du centre-ville

P lusieurs questions liées aux programmes de développement ont été débat- tues jeudi dernier, par le wali de Constantine, Noureddine Bedoui, et les re- présentants des médias, lors d’une conférence de presse donnée par le chef

de l’exécutif au siège de la wilaya. Les dossiers relatifs au logement et à l’amélio-

ration du cadre de vie des Constantinois ont été abordés lors de cette rencontre.

A ce propos, le wali a annoncé qu’avant la fin du mois en cours les demandeurs,

inscrits dans la première tranche du programme du logement promotionnel aidé (LPA), seront convoqués pour régler le premier versement. «Nous avons engagé plus de 15 000 aides pour le logement rural, un programme d’éradication de plus de 9 000 logements précaires, 15 000 unités pour le LPA et 10 000 aides de réha- bilitation des chalets», a-t-il affirmé. Par ailleurs, il a ajouté que l’année 2012 sera consacrée au développement de la ville de Constantine. Et de poursuivre: «1,5 mil- liard de dinars sera réservé pour des opérations de conservation et de réaména- gement dont les travaux seront entamés dans les prochaines semaines.» Il a aussi dénoncé la bureaucratie qui retarde la réalisation des projets de développement local, et déclaré: «L’APC de Constantine n’est pas à la hauteur de ses responsabi- lités, ni en matière d’assainissement, ni en amélioration urbaine, et ce, malgré la disponibilité de tous les moyens nécessairesRatiba B.

Hausse du crime organisé et des accidents de la route

S elon le bilan annuel du groupement territoriale de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Constantine, communiqué jeudi dernier par le nouveau com-

mandant Mohamed Haben, une hausse sensible du crime organisé a été enregis- trée par ses services, lesquels ont enregistré, en 2011, 1 407 affaires criminelles, soit une augmentation de plus de 74 % par rapport à 2010. Par ailleurs, les mêmes services ont procédé à l’arrestation de 1 337 personnes, dont 252 ont été placées sous mandat de dépôt et 1007 mises en liberté provisoire.

Par contre, la lutte contre la drogue a révélé une baisse de l’activité ayant trait à ce fléau. Il a été comptabilisé 102 affaires ayant permis la saisie de plus de 11 kg de kif traité et 5 958 comprimés de psychotropes, ainsi que l’arrestation de 153 indi- vidus. Les services de la sécurité routière ont enregistré, quant à eux, une hausse

du nombre d’accidents de la circulation. «Les 598 accidents recensés ont fait 78

morts et 1070 blessés, avec un taux de deux décès et 35 blessés par jour», a annon-

le commandant du groupement, qui a pointé du doigt le non- respect du code de

la

route parmi les principales causes des drames. R. B.

CITÉ DU 19 JUIN À GUELMA

Des habitants veulent récupérer leur rue

E n autorisant, dans un passé récent, un particulier à construire sur une route ca- dastrée à la cité du 19 Juin, n°1, l’APC de Guelma a provoqué la zizanie entre voisins. Situé à l’abri des regards, entre l’avenue Bounar Salah et la rue Khalla Mohamed, c’est un pan entier d’une rue suivie d’une ruelle, le tout en forme de L sur une cinquantaine de mètres de long, qui a disparu du paysage urbain pour don-

ner place à une bâtisse. Pour ceux qui on connu ces rue et ruelle, ils seront surpris,

en voulant les emprunter, de buter d’une part sur un portail, et à l’autre bout sur

une façade d’habitation. La réaction du voisinage, face à ce qu’ils appellent «une

construction illicite sur une servitude publique», bien qu’exprimée tardivement, en mai 2011, en faisant appel à un huissier de justice pour un constat et par là même

de saisir par écrit le wali de Guelma, est restée sans échos probant à nos jours. Et

pourtant, il s’agit bien d’une demande d’intervention pour arrêt de travaux. Les

trois voisins, qui ont eu le courage de dénoncer cette situation, n’ont pas été au bout

de leurs peines, puisqu’ils ont assisté, impuissants, à la fermeture de leurs accès,

côté jardin, sur ladite rue et même vu une canalisation d’eau potable détruite puis détournée à leur insu, comme l’atteste un PV d’huissier de justice, dont une copie nous a été remise. Aujourd’hui ils veulent récupérer leurs rue et ruelle. En effet, l’imbroglio est de taille car si l’on se réfère à un plan du cadastre datant de 2005 et

d’un plan parcellaire de la direction de l’urbanisme et de l’habitat, datant du 28 juin 2011, le passage en question existe bel et bien, «mais sur les documents !» s’ex- clament les plaignants, sachant pertinemment que le permis de construire de leur voisin qui a été délivré le 26 décembre 2007 est non-conforme, en réalité. En effet, leur vis-à-vis réclame, nous dit-on, depuis le mois de mars 2011, la régularisation

de sa situation auprès des services concernés. Ainsi, va la ville de Guelma. C’est la

course effrénée aux lots de terrain, et les constructions illicites alimentent les dis-

cussions au quotidien. Des dizaines d’habitations sont détruites en une journée et d’autres poussent le lendemain. Karim Dadci

REMERCIEMENT

REMERCIEMENT

Madame veuve ZAABOUB née MAHBOUB Khadija et ses fils remercient tous ceux qui ont compati à leur douleur suite au décès du défunt, ZAABOUB Ali, retraité CASOREC Skikda , survenu le 21 décembre 2011 à l’âge de 81 ans suite à une très longue maladie. Puisse Dieu Le Tout Puissant l’accueillir en Son vaste paradis.

Puisse Dieu Le Tout Puissant l’accueillir en Son vaste paradis. A Dieu nous appartenons et à

A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 10

     
 

KABYLIE INFO

 

WILAYA DE BOUMERDÈS

 

HAMMADI

 

L’ANSEJ satisfaite de son bilan

3 000 dossiers ont été déposés l’année dernière à l’agence Ansej de Boumerdès. Un projet sur deux a reçu le crédit bancaire.

D urant l’année 2011,

l’antenne ANSEJ de

Boumerdès a connu un

rush sans précédent de jeunes chômeurs en quête d’appui pour la création de leurs pro- pres petites entreprises. Quel- que 3000 dossiers ont été déposés dont 2500 ont été va- lidés par le comité de sélection et. Parmi les dossiers acceptés, 1400 ont déjà obtenu l’accord bancaire et sont en voie de finalisation. 948 projets ont été financés, selon le directeur de l’antenne, M. Koriche. Ce responsable trouve ce «bilan nettement meilleur que ce- lui des années précédentes car ces résultats représentent l’équivalent des exercices des

car ces résultats représentent l’équivalent des exercices des Le chômage chez les jeunes n’a pas connu

Le chômage chez les jeunes n’a pas connu de recul

 

DES RIVERAINS RÉCLAMENT LA FERMETURE D’UNE USINE

L es habitants du quartier El Raya, situé près de la localité d’Ouled Brahim, dans la commune de Hammadi, deman-

dent la fermeture d’une usine de transformation de l’acier se trouvant à une centaine de mètres de leur cité. Les habitants justifient leur demande par les nuisances sonores et autres désagréments qui leur sont causés à longueur d’année en raison des activités effectuées à l’intérieur de ladite firme. Ils se plaignent du bruit et du tapage nocturne dû aux va-et-vient incessants des camions de gros tonnage. Comme ils redoutent les conséquences pouvant être générées par la pollution atmos- phérique et les poussières nocives projetées journellement par ladite usine. Les habitants dénoncent, en outre, la non-exécution de l’arrêté de fermeture signé par le SG de la wilaya le 4 juillet 2011 et la signature d’un autre arrêté le 15 septembre de la même année pour sa réouverture. Difficile de satisfaire une telle revendication, surtout lorsque l’on sait que de nombreux chefs de famille de la région sont employés dans cette manufacture. La fermeture de l’usine équi- vaut, pour eux, à la perte de leur gagne pain. R. K.

BOUDOUAOU

PHOTO: EL WATAN

GARE ROUTIÈRE DÉPASSÉE

 

quatre précédentes années réunies». Cette progression «a été le résultats d’efforts consentis par tout le person- nel de l’agence de Boumerdès

qui subit, faut-il le souligner, une grande pression». Au su- jet des secteurs d’activités soutenus par l’agence de sou- tien à l’emploi, M. Koriche explique que le financement est affecté aux activités arti- sanales et celles issues de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur. «Nous avons organisé, tout

jeune investisseur. Malheu- reusement, les jeunes ne nous écoutent pas toujours», ex- plique-t-il. M. Koriche cite, à titre d’exemple, ceux qui ont déposé des dossiers pour des activités de transport (de voyageurs ou de marchandi- ses). «Cette activité, relancée au début de l’année, a été de nouveau gelée au mois d’août dernier. Ceux qui avaient dé- posé des dossiers et dont les projets n’ont pas pu être exa-

tes les activités, sans excep- tion aucune, sous la pression de la rue, les bureaux de l’Ansej étaient littéralement pris d’assaut. L’Ansej est plutôt favorable à desactivitésartisanales, indus- trielles et agricoles. On cite, par exemple, la plomberie, la menuiserie, la maçonnerie, le tournage, la fabrication de produits chimiques et l’éleva- ge ovin et bovin. Elle accorde également des «mesures in- citatives» pour les «fourgons ateliers» et les cabinets grou- pés pour les avocats, médecins et autres. Pour les fourgons ateliers, les postulants béné- ficient, en plus du véhicule,

de tout le matériel nécessaire à l’exerce de l’activité. «Cela peut intéresser tous ceux qui présentent des qualifications pour les métiers manuels et dont l’exercice demande un

certain matériel comme la plomberie, la mécanique et l’électricité automobile». L’Ansej de Boumerdès a ainsi créé 15000 postes d’emploi

directs depuis le lancement de

L a gare routière de Boudouaou devient, au fil des ans, une source de nuisances multiples pour les habitants de la ville.

Située au centre de l’agglomération, elle est d’accès difficile aux bus de transport de voyageurs. «Les habitants de la ville ne peuvent plus respirer car des bus assurant la desserte de Bou- merdès, Bordj Menaiel,Thenia, Ouled Moussa,Alger, Boumati,

Rouiba et Reghaia en plus des communes de la daïra (Kharou- ba et Keddara) y marquent des arrêts,» nous dit un cafetier. En

ses

activités, dont 4000 durant

l’année 2011, soit près du tiers.

 

souligner cependant que

malgré l’apport de l’agence étatique, le chômage demeure

A

effet, sur place, nous avons constaté que l’espace est trop exigu pour accueillir un nombre aussi important de véhicules et de voyageurs. «Les bus sont pour la plupart usés et vieux et donc polluants. Les délinquants profitent de ce désordre pour se

livrer au vol. Plusieurs fois, des cas d’agressions et de vols ont été enregistrés. Parfois des bagarres éclatent entre les bandes de voyous, notamment le soir. D’ailleurs, cet endroit est à éviter dès la tombée de la nuit», ajoute un chauffeur de taxi. Les autorités ont annoncé la construction d’une gare intermo- dale près de la voie ferrée il y a plusieurs années, mais le projet

demeure encore une promesse sans lendemain. Y. O.

très élevé dans cette wilaya

dispose pourtant de réelles

potentialités de création d’em- ploi. Les terres agricoles, le littoral et les montagnes pour-

qui

raient être d’un apport certain dans la création d’emplois si

long de l’année 2011, des

campagnes de sensibilisation pour les activités économi- quement viables.A chaque fois qu’un candidat se présente

le

chez nous, nous l’orientons vers des créneaux compétitifs

minés sont appelés à choisir d’autres activités, mais cela crée parfois des incidents. Il y a quelques jours, un jeune a commis des actes de saccage dans nos locaux», ajoute-t-il. Pourtant, depuis les émeutes

ces

créneaux d’investissement

étaient valorisés. On constate

qu’au contraire les pouvoirs publics n’ont jamais songé à

 

et

minimale de réussite. Car il

représentant une garantie

de janvier 2011, la police est constamment présente de-

 

RN24

encourager, soutenir et inciter

LES TRAVAUX

 

a des activités totalement

saturées et qui ne peuvent être d’aucun apport pour un

y

vant les bureaux de l’ANSEJ. Lorsque les pouvoirs publics avaient décidé de relancer tou-

les

jeunes à investir dans le

domaine du tourisme.

 
 

Yacine Omar

 

L’éradication des bidonvilles en suspens

Djinet, avec 9 sites constitués de plus de 600 habitants. Khemis El Khechna, Bou- merdès, Bordj Menaïel et Zemmouri ont aussi leur lot de bidonvilles et de misère. La situation est d’autant plus dramatique que ces bidonvilles occupent des terres agricoles ou se situent dans les centres urbains. À Boudouaou El Bahri, des exploitations agricoles sont squattées et sont ainsi détournées de leur vocation. Cela dénote le laxisme des responsables locaux face à ce fléau. «Les bidonvilles continuent de s’étendre et les autorités ne prennent aucune mesure pour arrêter le massa- cre», dit un habitant de Boumerdès qui cite l’exemple de Boukaroucha. Notre interlocuteur parle en outre d’un «véri- table business» qui se forme autour de ces espaces. «Des baraques sont cédées contre quatre à six millions de centimes» ajoute-t-il.

L es autorités locales à Boumerdès avaient annoncé il y a trois années

leur détermination pour venir à bout du problème des bidonvilles qui pullulent dans la wilaya. Une enquête a même été réalisée sur le terrain afin de pouvoir ar- rêter des actions concrètes à entreprendre pour d’éradiquer ce fléau. Il a été recensé 261 sites répartis sur 27 communes de la wilaya. C’est dire que le problème n’épargne qu’une infime partie des com- munes (cinq seulement). Ces bidonvilles renferment 7200 habita- tions occupées par près de 8000 familles. Boudouaou El Bahri vient en tête des communes les plus atteintes par ce fléau. Elle comptait, en 2010, 13 sites où vivo- taient quelque 700 familles. Pourtant elle est destinée à être une «région touristi- que». En effet, il y est projeté une impor- tante zone d’expansion touristique dont le lancement des travaux de réalisation

bidonvilles continue d’augmenter. Au contraire, certains occupants ont même bénéficié des aides destinées aux sinis- trés du séisme de mai 2003 pour «réha- biliter leurs habitations». Contre 72000 taudis et baraques recensés ainsi sur le territoire de la wilaya, les pouvoirs pu- blics n’ont dégagé que quelques milliers de logements (4000) dans le cadre de la

résorption de l’habitat précaire. Ce qui n’est pas fait pour aider à résoudre le problème. En outre, ce programme a touché seulement la moitié des com- munes concernées par le problème des bidonvilles. Dans le meilleur des cas, elles ont bénéficié de 300 logements seulement. Lorsque quelques centaines de logements sont attribuées à des com- munes qui comptent des milliers d’ha- bitations dans des bidonvilles, comme Khemis-El Khechna, Boudouaou El Bahri, Cap Djinet et Bordj Menaiel, il ne faut pas s’étonner de voir les problèmes

 

DE MODERNISATION PIÉTINENT

L es travaux de modernisation de la RN24 peinent à avancer au niveau de la wilaya de Boumerdès. En effet, seule une petite

partie a été réalisée entre Boudouaou El Bahri et Corso, et entre

Boumerdès et Figuier (pas plus de 10 km en tout) depuis que le programme a été lancé, il y a plus de cinq ans. Pourtant, l’importance de cet important axe routier qui court le long du littoral d’Alger jusqu’à Bejaia en passant par Bou- merdès et Tizi Ouzou est connue et reconnue de tous. Mais les responsables en charge de ce secteur sont défaillants et pour le moins très lents à agir pour améliorer le quotidien du citoyen et doter la région d’infrastructures modernes. Y. O.

OULED MOUSSA

ANARCHIE DANS LE COMMERCE

L a population de la commune de Ouled Moussa attend depuis des années la réalisation d’un marché au niveau du chef-lieu.

«Notre commune ne dispose pas d’espace aménagé pour servir de marché. Pourtant, les habitants en ont toujours exprimé le besoin». La vente des fruits et légumes se fait actuellement au milieu d’une cité du centre-ville. Ceci provoque moult désagré- ments aux habitant et incommode les marchands. Ces derniers

sont obligés de se déplacer à chaque fois pour satisfaire leur clientèle. S’ils disposaient de stands fixes, couverts et protégés, ils travailleraient certainement dans de meilleures conditions»,

nous dit un habitant.

Y. O.

semble imminent. Une autre commune du littoral vient en 2e position : Cap

Aujourd’hui, aucune mesure concrète n’a encore été prise. Et le nombre de

s’aggraver.

 

Y. O.

PHOTO : DR

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 10

RÉGION

OUEST

MOSTAGANEM

La RN 11 bloquée par les parents d’élèves

De nombreux professeurs et parents d’élèves ont bloqué, jeudi, la RN 11 suite au grave accident de circulation sur- venu à proximité de l’école

de Kharrouba, située à la sortie Est de la ville. La vic- time était un collégien qui voulait traverser la route. Par cette action, les protes- tataires veulent dénoncer le problème qui guette leurs progénitures au niveau de la route qui longe cette infras- tructure scolaire. Ces der- niers interpellent le premier responsable de la wilaya pour qu’il intervienne afin de trouver une solution rapide. Les élus locaux, à leur tête le chef de la daïra, se sont dépêchés sur les lieux pour calmer les esprits et trouver des solutions rapides. Ils ont promis des ralentisseurs

dans l’immédiat.

A. T.

Ils ont promis des ralentisseurs dans l’immédiat. A. T. ADRAR Perturbations atmosphériques Adrar a vécu, ces

ADRAR

Perturbations

atmosphériques

Adrar a vécu, ces dernières quarante huit heures, une vague de froid sans précé- dent. Celle-ci a été accom- pagnée d’une importante perturbation atmosphérique caractérisée par des rafales de pluies et des vents violents de dominance de Nord-est appelés communément par les autochtones le «chergui». En effet, ce facteur météoro- logique est très redouté par les autochtones, notamment

les fellahs car il laisse souvent des traces après son passage. Il est toujours couplé avec du sable qui réduit intensément la visibilité et paralyse les activités économiques et, surtout, qui perturbe la circu- lation routière. Dans la plupart des cas, il isole la wilaya des autres parties du territoire national. Pour cette fois, selon les services de Météo Algérie, ce vent a atteint une vitesse de 70 km/h et a entraîné près de 30 mm de pluie dans cer- taines localités surtout celle du Nord de la wilaya. C’est ainsi que Tinerkouk et Zaouiet Debagh, situées à 75 km de latitude de Timimoun, ont été fortement arrosées durant ces deux jours au point où tous les mouvements ont été réduits à zéro. Pour sa part, la pro- tection civile a déclaré avoir intervenu sur l’effondrement d’un mur qui s’est abattu sur un véhicule en stationnement sur une artère de la ville ainsi que sur un arbre qui, dans sa chute, a bloqué temporaire- ment la circulation au niveau de la rue principale «Bouda». Toutefois, on nous a signalé qu’une femme a été sérieuse- ment blessée au visage suite à un autre effondrement d’un mur dans le Ksar Djedid à Fe-

A. A.

noughil.

AÏN TÉMOUCHENT

Chaotique gestion du port de Béni-Saf

Le plan d’eau du port est saturé alors que sa capacité théorique d’accueil est loin d’être atteinte en raison de l’anarchie dans l’amarrage des embarcations.

raison de l’anarchie dans l’amarrage des embarcations. Port de pêche de Béni-Saf L ’implantation d’une gla-

Port de pêche de Béni-Saf

L ’implantation d’une gla- cière au niveau du port a été dénoncée par le

ministre de la Pêche en visite à Béni-Saf, cela bien que son département ait approuvé sa réalisation. De la sorte, il a signifié à ses hôtes de ne pas l’entretenir des autres pro- jets programmés en faveur d’autres activités qui peuvent s’exercer en dehors de l’infras- tructure portuaire. C’est que la gestion de cette dernière s’est révélée des plus cahotiques. Ainsi, répondant cette fois à la nécessité d’investissements, non plus privés, mais publics, le ministre a répondu par un niet catégorique: «maximisez d’abord l’exploitation de ce qui a été investi». En effet, le plan d’eau du port est saturé alors que sa capacité théori- que d’accueil est loin d’être atteinte en raison de l’anarchie dans l’amarrage des embar- cations. Cette sous-utilisation des appontements s’explique par l’absence d’un plan d’ac- costage dont la confection

revient à l’EGPP Ghazaouet qui est en charge de la ges- tion du port. Par ailleurs, un conflit est pendant devant la justice entre la SARL qui gère la halle à marée et l’EGPP. Cette dernière réclame curieu- sement le versement d’une taxe de transit d’un montant de 400 000DA/mois alors que le transit du poisson est inter- dit, sa vente devant s’effectuer obligatoirement au sein de la halle à marée.

ANARCHIE Cette pratique de ventes en gros hors de la halle à marée, en plus de l’absence de traça- bilité des produits commercia- lisés qu’elle implique, ne passe pas par le contrôle du vétéri- naire. Elle n’est également pas comptabilisée, ce qui fausse les statistiques des quantités capturées. En outre, elle gé- nère un manque à gagner pour la SARL mais aussi pour le fisc. Par ailleurs, il existe un second sujet de fâcherie entre la SARL et l’EGPP à propos

du loyer pour l’occupation du domaine portuaire. Il lui est fixé à 1 260 000DA. Ce montant s’est révélé au double de ce qu’il doit être au regard de la réglementation, selon la SARL. Enfin, le dernier accroc dans la gestion du port a trait au refus des arma- teurs de prendre livraison des caisses en plastique imposées réglementairement en rempla- cement des caisses en bois. Le président de la chambre de pê- che soutient leur refus arguant que ces caisses n’ont pas été usinées selon les normes fixées par la loi. De la sorte, la sardine étant un poisson qui se détériore plus rapidement que le poisson blanc, il se trouve contaminé par les produits toxiques contenus dans la ma- tière composant les caisses en plastique: «Voyez-vous, même si ces caisses étaient alimen- taires, personne n’en voudrait également parce qu’il n’existe ni eau au niveau du port ni lave-caisses». M. Kali

BAB EL ASSA (TLEMCEN)

Arrestationdescambrioleurs de l’agence postale

L es services de la police judiciaire de Tlem- cen ont réussi, en l’espace de 48 heures, à

arrêter, hier en fin de matinée, cinq personnes ayant un lien avec le cambriolage de l’agence postale de Bab El Assa, à l’ouest de Tlemcen, survenu dans la nuit de mercredi à jeudi der- nier. Il s’agit du receveur, de son frère, de son beau-frère et de deux agents de la poste. 10 millions de dinars ont été subtilisés, avant-hier, dans la nuit de mercredi à jeudi, du coffre-fort de l’agence postale de Bab El Assa. Selon les premiers éléments de l’enquête diligentée par la police judiciaire, le bureau de poste est situé au rez-de-chaussée du logement de fonction du receveur, absent de son domicile la nuit des faits. La même source indique, également, que

cette structure ne dispose «étrangement» pas d’un gardien. «Ce n’est que jeudi, à 8h15 du matin, à l’ouverture des bureaux, que l’alerte a été donnée», a-t-on ajouté. Les enquêteurs, dès l’enclenchement de l’enquête, estiment qu’il existait beaucoup de zones d’ombres dans cette affaire au vu de la facilité des malfaiteurs à accéder à la poste et d’ouvrir le coffre-fort, sans que quiconque n’ait entendu ou remarqué quoi que ce soit. Le chef de la sûreté de la wilaya, qui était sur les lieux avant-hier, avait confié que «l’enquête finira rapidement par dissiper cette extraordinaire affaire». Chose faite. Ce vol, le premier dans les annales de cette région fron- talière, avait suscité beaucoup d’interrogations mais, aussi, des inquiétudes. C. B.

ORAN

20 pays présents au forum Asie-Arabes

O ran accueillera la deuxième édition du forum Asie-Arabes

sur les énergies durables les 15 et 16 mai prochain. Vingt

pays, une dizaine de pays arabes et autant d’asiatiques,

ont déjà confirmé leur participation à cette manifestation dédiée

à l’énergie durable, à la protection de l’environnement et à la

coopération régionale. Initiée par l’université Mohamed Boudiaf, ce forum coïncidera, selon nos sources, avec le 4ème workshop international sur le programme algéro-nippon «Sahara Solar Beeder» consacré au développement des technologies solaires. Pour rappel, ce projet de coopération a été entamé en janvier 2011 en partenariat avec un consortium de six universités et de deux agences japonaises (JICA et JSTA). L’on saura, par ailleurs, qu’outre la participation d’éminents scientifiques, la participa- tion japonaise sera marquée par la présence d’acteurs du secteur

énergétique, tels ceux spécialisés dans l’élaboration du silicium à partir du sable et les nouvelles technologies de dessalement d’eau de mer, entre autres. La participation algérienne sera marquée par

la présence de sociétés telles que la Sonatrach, la Sonelgaz et de

nombreux organismes spécialisés tels que le Centre de dévelop- pement des énergies renouvelables (CDER), l’Unité de dévelop- pement des technologies solaires (UDTS), etc. Dans ce même contexte, l’on apprendra que l’USTO bénéficiera de la création d’un centre de recherche sur les technologies solaires alors que le centre d’Adrar bénéficiera, quant à lui, d’une plate-forme technologique pour la construction de cellules photovoltaïques et l’exploitation de l’énergie produite. Saou Boudjemâa

RUE SAHRAOUI ABDELHADI

8 habitants menacés d’expulsion

U ne quarantaine de personnes totalisant 8 familles de l’im- meuble sis à Haï Miramar, au 8 rue Sahraoui Abdelhadi

(Ex-Guillaume Apollinaire), sont sous la menace d’une décision d’expulsion. Dans une lettre – dont une copie a été adressée à la rédaction du journal -, les chefs de famille sollicitent la justice dans un but humanitaire à surseoir cette décision afin d’examiner leurs doléances. Ils indiquent que ces locataires, des retraités et d’anciens cadres du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, occupent pour certains ces logements depuis plus de deux décennies.

Après avoir passé leur carrière dans le sérieux et l’abnégation to- tale au service du pays, à présent des personnes âgées qui, à l’épo- que, pouvaient bénéficier des avantages (lots de terrain à bâtir ou logements) octroyés au profit des cadres de l’administration, ils vivent actuellement de leur retraite avec des parents à leur charge et/ou des enfants scolarisés. En guise de remerciements pour services rendus à la Nation, au moment où les enfants de l’Algérie souveraine s’apprêtent à fêter

le 50ème anniversaire de l’Indépendance, les occupants de l’im-

meuble, en plein hiver, vivent sous le stress. Ils sont dans l’attente d’être jetés à la rue comme de «vulgaires parias». La requête, qui

a été transmise à la justice, comporte un dossier bien ficelé avec,

à l’appui, des documents officiels et des P.-V. des services des do-

maines quant à la situation juridique de cet immeuble sis au 8, rue

Sahraoui Abdelhadi.

T. K.

PETIT LAC

Chute mortelle de trois personnes dans une tranchée

T rois personnes sont mortes, jeudi, dans une tranchée à Haï Daya (ex-Petit Lac). Le drame s’est produit lorsqu’un employé d’une

entreprise privée chargée de réaliser le réseau d’assainissement au niveau du lotissement n°68 à Haï Daya a chuté dans une crevasse

de près de 4 mètres de profondeur. Trois autres personnes, dont un employé de la même entreprise, ont voulu le secourir. Les quatre hommes ont été ensevelis. Après l’in-

tervention des éléments de la protection civile, une seule personne

a pu être sauvée, les trois autres sont décédées sous les remblais.

Âgées de 21, 28 et 45 ans, les dépouilles des trois victimes ont été déposées à la morgue de l’hôpital 1er Novembre. Une enquête a été

ouverte.

Cherifa K.

PHOTO : SAMI K.

El Watan

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Samedi 21 janvier 2012 - 11

ARTS

LETTRES

Watan & & Samedi 21 janvier 2012 - 11 ARTS LETTRES FRONTON La «chikhitude» PAR AMEZIANE
Watan & & Samedi 21 janvier 2012 - 11 ARTS LETTRES FRONTON La «chikhitude» PAR AMEZIANE

FRONTON

La «chikhitude»

PAR AMEZIANE FERHANI L’exposition «Nouba», en hommage aux maîtres de la musique andalouse algérienne (lire ci-contre), que je vous invite à visiter, est une source de découvertes sur un pan admirable de notre patrimoine musical, d’émotions aussi sur la destinée et l’acharnement de musiciens et de chanteurs, et enfin d’interrogations passionnantes. Comment, par exemple, sans transcription musicale, les douze (ou presque) noubas encore existantes ont réussi à traverser tant de temps et de bouleversements ? Mais aussi, celles-ci : comment devient-on cheikh ? Qui décide de l’élévation à cette dignité ? Quels peuvent être les critères de la «chikhitude» ? Vous lirez à côté (si vous le voulez bien), que je considère le choix des concepteurs de l’exposition comme «raisonné et raisonnable», en l’absence d’un système académique décernant titres et rangs. Non pas pour souhaiter qu’il en soit institué un, car ce patrimoine, comme tous ceux d’Algérie, a peut-être survécu justement par son caractère vivant, sans protocoles figés, ni procédures contraignantes, échappant quelque peu aux diktats et aux déculturations. En fait, qu’est-ce qu’un cheikh dans le monde de l’art ? Finalement un artiste émérite se distinguant par la maîtrise de sa discipline, sa capacité créative ou d’exécution, sa connaissance du répertoire et des codes culturels liés à son art. On peut donc supposer que la question de la «chikhitude» est soluble dans celle de «l’artistitude». De là, se poser la question de la qualité d’artiste dans un pays où l’on confond, plus que souvent, et dans tous les domaines, l’expérience avec l’ancienneté. De là, relever que l’autoproclamation demeure le système le plus répandu, un tel décidant un beau matin de se nommer lui-même. Les bons usages dans le monde veulent que ce soit les autres, les publics, les critiques, la réputation et, en tout cas, des éléments extérieurs à un artiste, qui lui attribuent ce statut. On y voit rarement des cartes de visite avec le libellé «artiste» mais des mentions de la spécialité, telles que musicien, chanteur, miniaturiste, comédien, etc. Petite exception pour les peintres auxquels est accordée la mention «artiste- peintre» du fait de la confusion possible avec leurs homonymes du bâtiment, qui, cependant, ont rarement des cartes de visite ! Dans le patrimoine traditionnel, la chose se complique car le mot «cheikh» est synonyme de «vieux». Elle se corse aussi car cette notion n’est pas seulement attachée à une excellence artistique, mais se trouve connotée par des valeurs d’exemplarité morale, d’influence positive, etc. La sagesse populaire a réglé le problème par l’adage «li maândouch cheikh, mahou cheikh» (celui qui n’a pas de maître ne peut en être un). C’est donc dans la relation de maître à disciple, puis de disciple devenant maître, que le critère s’établit, soit par la transmission. Sinon, il est quand même temps de rappeler que les vrais créateurs utilisent leur ego pour créer et leur humilité pour sortir en ville.

ZESTE D'ÉCRITURE

 

«Ces concerts ou Sama’s n’étaient pas contrôlés par des hommes de religion et en scandalisaient certains. C’est pourtant le grand cadi de Séville, Abou Bakr Ibn el Arabi, qui, en pleine période almoravide, publie une justification de cette pratique, à l’instar de son maître, Abou Hamid el Ghazali». Fatima Zohra Bouzina-Oufriha

Sidi Boumediene, Ibn Rochd

EXPOSITION

LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE

Rochd EXPOSITION LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE La chaîne de la "Nouba" O n ne

La chaîne de la "Nouba"

O n ne mesure jamais assez

le miracle de la transmis-

sion de la musique anda-

louse à travers les boule-

versements survenus dans

le monde depuis le 15e

siècle, et, particulièrement

cette date-charnière de

1492 qui voit Grenade tomber, ache- vant ainsi la reconquête de l’Andalou- sie par les rois catholiques, tandis que Christophe Colomb ouvre la porte de l’Amérique et que l’Occident, dès lors, assoit sa domination sur le monde. L’Inquisition et l’exode andalou des musulmans et des juifs vers le Ma- ghreb, les tentatives de l’empereur Charles Quint d’accaparer totalement cette région, la contre-offensive de l’Empire ottoman vers l’ouest de la Méditerranée, l’apparition de la Course algéroise et ses enjeux géostratégiques, les grandes batailles navales, les fami- nes, les butins, la peste, les tremble- ments de terre, la colonisation, les dé- culturations, les Guerres mondiales, la guerre d’indépendance, le délaisse- ment du patrimoine, etc. On ne peut vraiment apprécier la musique anda- louse sans considérer qu’elle ait pu sur- vivre à ces énormes événements sur

une durée de plus d’un demi-millénai- re. On doit même s’étonner que le legs de Zyriab (Mossoul, 789 - Cordoue, 857) qui a codifié cette musique, fai- sant œuvre de synthèse et d’améliora- tion, nous soit parvenu, sans doute pas entièrement, ni de manière totalement fidèle, mais cependant dans la forme d’un patrimoine à la fois beau, divers et important. La transmission de cette musique dans l’état que nous lui connaissons

de cette musique dans l’état que nous lui connaissons Un hommage en forme de voyage passionnant

Un hommage en forme de voyage passionnant dans le patrimoine musical.

aujourd’hui, est d’autant plus admira- ble qu’il s’agit d’une musique non écri- te, empruntant les chemins du patri- moine oral pour se perpétuer dans le temps et s’étendre dans l’espace. C’est donc le fil humain qui a servi de conducteur, dans une interminable chaîne initiatique entre maîtres et disci- ples, ces derniers devenant maîtres à

leur tour et ainsi de suite… D’où la dé- marche empruntée par l’exposition «Nouba», consacrée à la musique an- dalouse et conçue en «hommage aux maîtres». Organisée par le départe- ment Patrimoine immatériel de «Tlem- cen, 2011, capitale de la culture islami- que», elle a occupé les cimaises de cette cité durant un trimestre (sept.-nov. 2011), rencontrant un grand succès po- pulaire. Elle est depuis cette semaine à Alger, au Palais de la culture Moufdi Zakaria, et ce, jusqu’au 9 février 2012. Conçue à partir d’un scénario de notre confrère Abdelkrim Djilali, elle a mo- bilisé une dizaine de contributeurs où figurent des spécialistes commeAbdel- kader Bendameche, Abdelmadjid Mer- daci ou Manuela Cortès Garcia et des praticiens comme Noureddine Saoudi. Sa scénographie, signée Areski Larbi et Djamel Matari, tente d’allier au mieux les principes de visibilité et d’es- thétique en vigueur dans le monde, bien qu’ayant été conçue à l’origine pour un autre espace. En tout cas, ce transfert n’a pas altéré le contenu de l’exposi- tion qui reste agréable à visiter du point de vue de l’esthétique, de l’agencement et de la circulation. Suite page 12

MAIS ENCORE
MAIS ENCORE

À L’AFFICHE

Suite exposition : les maîtres de la musique andalouse

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À LA VOLÉE

Casablanca livre/Ciné espagnol/Musique AARC/Danse Belaza/Feraoun/Benanteur

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À VRAI DIRE

Hamsi Boubeker, artiste polyvalent : «L’idée d'endosser le rôle d'un artisan»

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À LA PAGE

Parution : poésie andalouse féminine / Abécédarius

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À SUIVRE

France : regards sur le cinéma algérien / Radio : une jeune chaîne pour les jeunes

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Pour écrire à Arts & Lettres, bienvenue sur notre adresse email : arts-lettres@elwatan.com

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 21 janvier 2012 - 12

PHOTOS : SAMI K.

À L'AFFICHE

EXPOSITION

LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE

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LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE ●●● On ne peut vraiment apprécier la musique andalouse sans

On ne peut vraiment apprécier la musique andalouse sans considérer qu’elle ait pu survivre à d’énormes événements sur plus de 500 ans. LES MAÎTRES DE LA MUSIQUE ANDALOUSE ●●● N ouba» propose donc un voyage dans la musi-

N ouba» propose donc un voyage dans la musi-

que andalouse à partir de la chaîne des grands

maîtres qui se sont succédé à travers les épo-

ques – parfois en coexistant durant la même

– et ont joué le rôle de passeurs de ce patri-

moine. L’exposition donne à découvrir 47 maîtres, dont 11 rattachés à l’Ecole de Tlemcen, 17 à celle d’Alger et 19 à celle de Constantine. Nous avons compté en outre 21 d’entre eux qui sont nés au 19e siècle et 26 au 20e siècle, le plus éloigné dans le temps étant le Maâlem Mohamed Sfindja, né en 1834 et dé- cédé en 1908. Cela signifie que nous ne disposons d’aucune information sur leurs prédécesseurs depuis l’exode andalou, soit depuis plus de cinq siècles ! Fau- te d’archives disponibles, la transmission de la musi- que andalouse, avec ses nombreux maillons man- quants, reste un mystère. On se souvient de l’anecdote rapportée dans ces colonnes (Arts & Lettres, El Watan, 17 oct. 2008) dans une contribution de la chanteuse Fazilet Diff : «Lors d’une soirée privée, quelqu’un aurait dit à cheikh El Anka que son interprétation d’une pièce ne respectait pas la règle. Le cheikh lui aurait répondu : ''Que celui qui a reçu l’héritage di-

rectement de Ziryab vienne me faire face !''». L’exposition doit donc se contenter de citer les grandes figures contemporaines, ou presque, de Zyriab aux- quelles nous devons des contributions fondatrices en musique ou en textes : Ibn Baja, Aqil Ibn Naçr, Abbas Ibn Firnas, Muqaddam Ibn Wafa Al Qabri, Ahmed Al Tifashi, Ibn Zeydoun, Wallada Bint Al Moustakfi, princesse érudite, poétesse et amante du précédent, et enfin Abou Mediène. Entre ceux-ci et les 47 cheikhs

et enfin Abou Mediène. Entre ceux-ci et les 47 cheikhs AUX ORIGINES… Historiquement,
AUX ORIGINES…
AUX ORIGINES…

Historiquement, cettemusiquemillénairereprésente une mosaïque de styles venus d’horizons culturels différents, des prémices du chant arabe ancien jusqu’au chant élaboré de la cour de Baghdad, à la grande nouba actuelle. C’est le résultat d’un long travail qui a fédéré des générations de musiciens et de poètes sur les deux rives de l’Occident musulman. La musique qui s’écoutait à Al Andalus pendant les premières années de la présence musulmane était un mélange de chants chrétiens wisigoths, arabes et berbères… Ces chants devinrent une musique plus épurée, reflet fidèle de ce que l’on écoutait dans les cours omeyyades et abbassides.Plustard, unepartiedespoèmeschantés furent pris du Kitab Al Aghani (Le livre des chants) du persan Al Isfahani (Isfahan 897- Baghdad 967) pour l’acquisition duquel le khalife de Cordoue, El Hakam II, aurait offert à l’auteur mille monnaies en or. Les sources documentaires arabes montrent que la musique d’Al Andalus du début de l’émirat de Cordoue était profondément enracinée dans la tradition musicale arabe de l’Ecole classique du Hijaz, de l’école Omeyyade et de l’école Abbasside. L’influence de la culture de l’Orient fut déterminante dans le processus d’acculturation de l’Occident musulman et dans la création d’une nouvelle culture musicale. (Source : Catalogue de l’exposition «Nouba»).

musicale. (Source : Catalogue de l’exposition «Nouba»). de l’exposition, un vide sidéral qui, certes, nourrit des

de l’exposition, un vide sidéral qui, certes, nourrit des fantasmes, mais nuit à la connaissance tout en souli- gnant l’importance vitale de recherches historiques culturelles. Il faut souligner, de plus, que dans la belle élite artisti- que algérienne, il ne reste plus que cinq maîtres qui soient parmi nous : Ahmed Serri (né en 1926), Moha- med Darsouni (1927), Mohamed Khaznadji (1929), Mohamed Tahar Fergani (1928) et Hadj Mohamed Ghaffour (1930). C’est dire combien leur présence est précieuse et combien est fragile le lien dont ils sont les insignes dépositaires. C’est dire aussi combien il faut entourer de soutien et de sollicitude leurs efforts de transmission, à l’image d’Ahmed Serri qui vient d’en- registrer une série de CD, contribution émérite à la préservation de ce patrimoine. Signalons que sur les 47 maîtres de l’exposition, on ne peut compter que deux femmes, Cheikha Tetma (1891-1962) et Maalma Yamna (1859-1933). Il faut croire que les portes de la gloire se sont ensuite fermées à la gent féminine. L’ex- position a retenu trois maîtres de confession hébraï- que : Maâlem Chaouel (Saül) Durand, dit Mouzino (1865-1928), Edmond Nathan Yafil (1874-1928) et Raymond Leyris (1916-1961). En ne signalant pas leur origine, d’ailleurs évidente par leurs noms, les or- ganisateurs ont centré le propos sur leur apport artisti- que, démentant avec élégance qu’il ne soit pas reconnu en Algérie. Ont-ils oublié des noms de cheikhs ? On pourrait peut- être citer quelques uns qui auraient éventuellement pu prétendre (ou qui prétendent, ou dont les ayants droit prétendent) à figurer dans cette galerie. Mais, outre que cela n’a jamais existé dans le genre de système institutionnel de hiérarchisation, type académie, les rédacteurs des textes de l’exposition ont pris la précau- tion de citer, dans la biographie des «nominés», de nombreux autres noms dont le talent est ainsi mis en valeur. Sinon, faute de compétence pour trancher, il semble qu’ils aient opéré ainsi un choix raisonné et raisonnable. Les maîtres cités disposent bien d’une notoriété et d’une reconnaissance qui s’étendent à ce jour. De cette passionnante galerie d’itinéraires, il ressort que les maîtres de la musique andalouse ne se sont pas contentés de transmettre en l’état. Inévitablement, ils ont dû composer avec les «trous» du patrimoine anté- rieur et les altérations dues aux transmissions succes- sives. Ils ont dû aussi adapter leurs interprétations et styles aux goûts et aux conditions de leur époque et, étant artistes avant tout, laisser leur créativité donner un ton particulier aux pièces anciennes. Seules des re- cherches de musicologie pourraient un jour trancher sur ces questions. Les éminentes personnalités qui, sans être des maîtres, se sont consacrées ardemment à l’enseignement et à la transmission, ont vu leur rôle honoré à travers la bio- graphie de huit d’entre eux. Musiciens, mais avant tout

pédagogues, dirigeants ou animateurs, parfois aussi mécènes, ces «instituteurs de la musique andalouse» méritaient cette présence, même si l’on peut regretter que les associations les plus anciennes n’aient pas oc- cupé un panneau de l’exposition. A-t-on voulu éviter des querelles de minaret ? Ce sont ces creusets de ré- sistance à l’acculturation qui ont permis la préserva-

tion, vaille que vaille, de ce patrimoine. Sans les asso- ciations, les maîtres n’auraient pas pu voir le jour. Ce- pendant, les biographies de chacun d’entre eux souli- gnent les associations qui les ont initiés ou qu’ils ont créées ou animées. Le parcours de l’exposition présente, en préambule, de nombreux éléments de connaissance de ce patrimoine en le situant dans son contexte historique et géographi- que d’origine, en présentant des graphismes et des ta- bleaux explicitant des concepts-clés comme celui de la nouba (définition, structures…), en dressant un inven- taire des pièces existantes et de celles données comme perdues… L’exposition comprend en outre un volet instrumental matérialisé par des instruments anciens et des informations sur la typologie des instruments utilisés. Plusieurs découvertes attendent les visiteurs, comme les informations sur les tentatives de transcrip- tion musicale, les recherches effectuées, ou encore le caractère original de la musique andalouse maghrébi- ne. Tous les lycées devraient organiser des visites de cette exposition, mais ils semblent préoccupés par d’autres questions ! «Nouba» est cependant une expo- sition enrichissante pour toute personne en quête de

«vraies richesses». A. F. LEGENDAIRE ZYRIAB
«vraies richesses».
A. F.
LEGENDAIRE ZYRIAB

A Cordoue, l’accueil que reçoit Ziryab est à la hauteur de

sa réputation et de son talent. Il entre bientôt dans l’intimité du khalife et est comblé de ses bienfaits. Il devient l’indiscutable référence en matière de bon goût et de savoir-vivre.

Soussoninfluence, lesAndaloustransformentleurs usages domestiques, leurs coutumes, leur mobilier et leur cuisine. Ils adoptent de nouvelles modes vestimentaires, ils s’habillent avec élégance et se parfument avec subtilité. Ils s’imprègnent de nouveaux plats et de nouvelles pâtisseries. MaisZiryabestavanttoutmusicien.Douéd’unemémoire prodigieuse, il sait par cœur plus de dix mille chansons,

aghâni, avec leurs airs, alhân. Parmi les réformes dont il estl’auteur, outrelesinnovationsqu’ilapporteasonoud,

il remplace l’ancien plectre, midhrâb, de bois, par un

autre, découpé dans une plume d’aigle, afin de rendre le jeu plus aisé et d’enrichir l’intensité des sons.

Il invente plusieurs procédés p&pédagogiques relatifs à l’enseignement de la musique et du chant selon une méthoderationnelleopérantpardegrés.Atraversson «Conservatoire» de musique et ses élèves qui compterontparmilesgloiresd’AlAndalus, tousles aspects de cet art atteignent un développement sans précédent.(Source:Idem).

El Watan - Arts &Lettres - Samedi 21 janvier 2012 - 13

PHOTOS : D. R

À LA VOLÉE

BRÈVES…

…ET AUTRES NOUVELLES

CONSEILS EXPOS

Fins de séries

Deux expositions à Alger ne sont pas loin de fermer leurs portes. C’est le moment de les visiter avant leur décrochage. Si vous êtes modernes en gardant quand même le goût du figuratif, rendez-vous au Palais de la culture Moufdi Zakaria (Plateau des Anassers, Kouba) où se tient encore le 4e Salon d’Automne qui vous propose, jusqu’au 31 janvier, les œuvres de 61 artistes de tout le territoire national et de l’émigration. Si vous êtes contemporains et portés sur l’innovation et la découverte, alors c’est le Festival international d’art contemporain (Mama, 25, rue Larbi Ben Mhidi) qui mérite votre attention. Si vous aimez l’art pour l’art, allez aux deux. En hiver, les expos sont de bons plans de sortie.

CASABLANCA

Salon du livre

sont de bons plans de sortie. CASABLANCA Salon du livre La capitale économique du Maroc prépare

La capitale économique du Maroc prépare activement la dix-huitième édition du SIEL (Salon international de l’édition et du livre) qui se tiendra du 10 au 18 février 2012 dans les pavillons de l’Office des foires et expositions de Casablanca. A la différence, par exemple, du Salon international du livre d’Alger qui réserve ses stands aux éditeurs, cet événement annuel, organisé par le ministère de la Culture, concerne les acteurs nationaux et internationaux de plusieurs secteurs, liés directement ou indirectement au livre : édition, librairie, presse, diffusion, distribution, bibliothèques, photogravure, lithographie, matériel d’imprimerie, arts graphiques, papier, encres, reliure, matériel de documentation, publicité, micro édition électronique, édition et diffusion de produits multimédias.Avec une telle amplitude sectorielle, il n’est pas étonnant que 800 exposants se soient déjà inscrits à cette rencontre, un chiffre record obtenu en dépit d’un appel au boycott lancé par l’Association des éditeurs marocains qui accusent, selon le quotidien marocain, Le Matin (édition du 7 janvier 2012), le ministère de la Culture de ne pas avoir tenu ses engagements vis-à- vis de la profession.

CINÉMA

Exotismeespagnol

vis-à- vis de la profession. CINÉMA Exotismeespagnol Les films orientalistes du cinéma espagnol qui, lui aussi,

Les films orientalistes du cinéma espagnol qui, lui aussi, a participé à l’exotisme européen par le film. Ce genre très populaire, qui a accompagné celui des péplums, a marqué la distribution jusque dans les années 1960. C’est ce que vous proposera l’Institut Cervantès dans un cycle à la Cinémathèque d’Alger, du 23 au 26 janvier 2012. Quatre longs métrages sont programmés dans ce petit cycle passionnant : La Chanson de Aïcha de Floriàn Rey (1939), Les Amants du désert de quatre réalisateurs (1957), L’Esclave du paradis de José Maria Ellorietta (1967) et Requiem pour Grenade de Vicente Escrivà (1990) qui se passe aux ultimes moments précédant la chute de cette dernière cité musulmane d’Andalousie. Cette manifestation est la première d’une programmation cinématographique soutenue de l’Institut.

MUSIQUE

Tiràl’AARC

soutenue de l’Institut. MUSIQUE Tiràl’AARC L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel a

L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel a annoncé sa prochaine saison musicale intitulée «Des racines et des airs» pour souligner son contenu axé sur le rapport des musiques entre leur enracinement et leur migration. Durant tout le premier semestre 2012, quatre rendez-vous seront proposés, chacun étant composé de trois concerts donnés par des artistes et groupes différents sur une thématique particulière. Le premier rendez-vous (salle Ibn Zeydoun, 24 au 26 janvier), «Andalousie, Maghreb, terres d’accueil» proposera l’ex-leader de l’ONB, Aziz Sahmaoui et le groupe University of Gnawa, puis le grand guitariste Louis Winsberg (jazz et flamenco) et, enfin, le virtuose Calle Cerezo dans un spectacle de musique et de danse flamenco et indiennes. Les trois prochains rendez-vous porteront aussi sur des musiques issues de plusieurs patrimoines et interprétées de manière moderne. Un programme alléchant en perspective. Réservation : Centre de Doc. AARC, à l'entrée de Riadh El Feth.

DANSE

NaceraBelaza

AARC, à l'entrée de Riadh El Feth. DANSE NaceraBelaza La compagnie Nacera Belaza, propose aujourd’hui, à

La compagnie Nacera Belaza, propose aujourd’hui, à partir de 17 heures, une performance dansée au Mama, parmi les œuvres du Festival international d’art contemporain. Organisée en partenariat avec le musée et les services culturels de l’ambassade de France, cette performance de la chorégraphe et danseuse Nacera Belaza consistera en deux pièces en cours de création, programmées pour le prochain festival d’Avignon en France. A l’issue de la représentation, il est prévu une rencontre avec le public. Entrée libre.

MOULOUD FERAOUN

Cinquante ans en mars…

Né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel, l’écrivain algérien, Mouloud Feraoun, a été assassiné par un commando de l’OAS, le 15 mars 1962 à Ben Aknoun, à la veille de l’indépendance, avec cinq de ses collègues,. Pour marquer ce cinquantenaire, le directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah), Hachi Slimane, a annoncé à l’APS qu’un colloque international lui sera consacré en mars prochain à Alger.

Des universitaires algériens, maghrébins et européens se pencheront sur le parcours de l’écrivain, son œuvre, son action pédagogique et le contexte historique de l’époque. Mouloud Feraoun est l’auteur de romans marquants : Le fils du pauvre, La terre et le sang, Les chemins qui montent, ainsi que d’un journal écrit durant la guerre d’indépendance et d’un essai-recueil sur les poèmes de Si Mohand U M’hand.

CULTURE DU MÉTRO

Etat stationnaire

Sauf erreur, depuis l’inauguration du métro d’Alger, aucune institution, entreprise, collectivité locale ou autre entité se trouvant sur sa ligne, n’a cru bon de mentionner sur ses imprimés, documents, cartes de visites ou sites Internet la station de métro la plus proche de son adresse. Est-ce un effet de lassitude dû au retard immense de son chantier ? Est-ce parce qu’elles craignent qu’on ne leur rende visite plus facilement ? Est-ce une question de culture urbaine ? En tout cas, à ce jour, seul l’Institut français (ex-CCF) a pris la peine de noter la plus proche station sur ses documents d'information.

PARIS

Benanteurtoujourslumineux

Parmi les pionniers de l’art moderne algérien, Abdallah Benanteur est né en 1931 à Mostaganem. Son père était enseignant, imam et passionné de poésie arabe classique et de mystique soufie et son oncle, membre d’un orchestre de musique andalouse. «Un peintre ne naît pas de rien», affirme l’artiste. Après l’Ecole des beaux-arts d’Oran, il s’installe à Paris en 1953. Ses œuvres lui valent une grande notoriété, notamment auprès des musées et des collectionneurs. Typographe, maquettiste et graveur de génie, il a créé plus de 1000 livres (souvent uniques) qu’il conçoit et réalise entièrement à la main. Ses toiles, entre abstraction et figuration, sont «transparentes, irisées de couleurs multiples». Benanteur, un itinéraire de 1957 à 2011. Galerie Claude Lemand, 6 rue Littré, Paris, 75006. Du 19 janvier au 25 février 2012.

Littré, Paris, 75006. Du 19 janvier au 25 février 2012. Prix littéraires français : prestige et

Prix littéraires français : prestige et voltige

Relevé sur le site Slate.fr, un article passionnant sur l’effet financier des prix littéraires en France. On y apprend que certains prix, pourtant prestigieux, ne sont pas de «bonnes affaires» pour leurs auteurs et éditeurs. A souligner, cette note en fin d’article sur le rapport d’activité 2004 du service central de prévention de la corruption : «Il est difficile de faire la part des choses entre les membres des jurys, généralement tous auteurs d'œuvres littéraires, et les maisons qui les éditent. Il y a là un risque évident de conflits d'intérêts. Or, les conditions dans lesquelles sont recrutés,

voire cooptés, les jurés, souvent désignés à vie, sont peu claires, ce qui les rend a priori suspectes (…). Quant au choix qui est effectué par les jurys, il ne manque pas de laisser perplexe, certaines maisons d'édition paraissant monopoliser, directement ou indirectement, les prix au détriment des autres, jamais ou rarement récompensées, sauf peut- être épisodiquement pour détourner l'attention.» Il est reconnu en tout cas que le système français des prix littéraires est l’un des moins transparents au monde.

EXPO ICI

Algérie-Italie

Pour retracer 50 ans d’amitié entre les deux pays, l’ambassade d’Italie et l’Institut culturel italien d’Alger, en collaboration avec le journal El Moudjahid, présentent une exposition de photos reflétant diverses époques et aspects de cette relation. La manifestation s’inscrit dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de l’Unité italienne et du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. A partir de demain et jusqu’au 5 février 2012, à l’ICI, 4 bis rue Yahia Mazouni, El Biar, Alger.

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 21 janvier 2012 - 14

PHOTO : D. R.

À VRAI DIRE

HAMSI BOUBEKEUR
HAMSI BOUBEKEUR

ARTISTE POLYVALENT

«L’idée d’endosser le rôle d’un artisan»

Le créateur nous parle de son exposition à Bruxelles, prévue à Alger en mai prochain.

PAR NADIA AGSOUS

Dans quel contexte cette nouvelle forme ar- tistique a-t-elle été créée ? L'idée des bannières a émergé lors d’une pério- de particulièrement difficile de mon existence, quand je dirigeais l’association Afous, créée dans le cadre de l'opération internationale "Les Mains de l'Espoir", en faveur de la paix dans le monde. Les agissements d’une personne, un ancien mem- bre du Front national de Belgique, ont sabordé nos actions. Cette situation a beaucoup affecté mon moral. Je me suis isolé et j’ai même arrêté de pein- dre durant plusieurs mois. Après ce passage à vide,

j’ai réalisé que je n’avais aucun pouvoir de chan- ger le monde. Mais j’ai pris conscience de la né- ger le monde. Mais j’ai pris conscience de la né-

chan- ger le monde. Mais j’ai pris conscience de la né- Des motifs similaires aux symboles

Des motifs similaires aux symboles berbères ont été retrouvés sur des poteries de plusieurs pays du bassin méditerranéen.

des poteries de plusieurs pays du bassin méditerranéen. REPERES Les bannières de Hamsi Boubeker feront

REPERES

REPERES Les bannières de Hamsi Boubeker feront l’objet d’une exposition à la Maison des Cultures de
Les bannières de Hamsi Boubeker feront l’objet d’une exposition à la Maison des Cultures de

Les bannières de Hamsi Boubeker feront l’objet d’une exposition à la Maison des Cultures de Saint-Gilles (Bruxelles) et ce, du 26 janvier au 12 février 2012. Né en 1952 à Mezgoug (w. de Bejaïa), Hamsi Boubeker vit depuis 1979 en Belgique. A 11 ans, il est l’élève du maître Sadek El Bedjaoui qui l’initie au répertoire andalou, kabyle et chaabi. Sa première carrière fut celle de la musique et de la chanson. Choriste, chef de cœur, co-fondateur de la Chorale Polyphonique d’Alger, il a enregistré de nombreux albums. Lors de son service national, il est affecté au CRAPE dont le directeur, Mouloud Mammeri, lui confie un travail de collecte des chants folkloriques d’Algérie. A partir des années ‘80, ses peintures commencent à être connues et il participe à plusieurs expositions, tout en continuant à chanter. Il est aussi l’auteur de livres de contes. Engagé pour la paix et la tolérance, il conçoit plusieurs manifestations artistiques. En 1998, il collecte des empreintes de mains de plus de 50 pays, dont celles de Prix Nobel de la Paix, pour créer «Les Mains de l’Espoir» qui connaît un succès mondial et est labellisé par l’Unesco. Sur le même thème, il compose un hymne à la paix chanté par des enfants. En 2009, il achève la décoration de la station de métro Lemonnier de Bruxelles. Il reçoit la même année, la haute distinction d’Officier de l’Ordre de la Couronne. Voir : www.hamsi.be

cessité de recommencer à peindre. Je me souviens encore de ce jour. J’étais à Béjaïa, ma ville natale. Il me semble que l’idée d’endosser le rôle d’un ar- tisan qui puise dans le fond symbolique berbère était enfouie dans mon subconscient. C’était pour moi un retour vers l’époque où je vivais à Alger, chez ma sœur, Khedidja Hamsi, connue pour ses créations vestimentaires ornementées de motifs berbères qu’elle brode sur du tissu. Et, dès mon retour à Bruxelles, j’ai acheté du papier spécial et j’ai commencé à dessiner, tracer, colorer, imagi- ner… En plein ouvrage, je devenais un artisan, un peu comme les potières, les tisseuses, les décora- trices des murs des maisons. Vous vous inspirez du fond pictural artisanal berbère. Que représentent ces symboles ? C’est notamment en Kabylie que j’ai découvert ces motifs géométriques. D’ailleurs, il existe plu- sieurs écrits qui analysent la signification et le sens de ces symboles dont «Les grands symboles médi- terranéens dans la poterie algérienne» de Jean- Bernard Moreau (Alger, 1976) et «Peintures mu- rales et pratiques magiques dans la tribu des Ouadhias» de M. Devulder (1958). Ces motifs, qui revêtent une dimension symbolique significa- tive, sont omniprésents dans la vie sociale et do- mestique en Kabylie. Ils ornent les poteries, les bijoux, les tapis, les couvertures en laine. Ils sont également utilisés dans une perspective décorative domestique, notamment sur les murs des maisons kabyles d’antan. Certains ont une fonction ésotéri- que et magique. Ils portent bonheur et sont utilisés pour répandre le bien et éloigner le mauvais sort. Cet art graphique revêt également une dimension esthétique. Les formes et les couleurs sont agréa- bles à contempler. Cette démarche est-elle en rupture avec vos créations précédentes ou représente-t-elle une continuité, voire un renouvellement ? Je considère ces bannières comme la continuité d'une démarche entamée il y a plus de vingt ans. A travers mes peintures, j'ai voulu mettre en scène la vie quotidienne des hommes et des femmes dans leur environnement naturel, en l'occurrence la Ka- bylie, ses champs, ses maisons, son soleil, ses cou- tumes et ses modes d'organisation sociale et spa- tiale. La création des bannières poursuit un double objectif. D'une part, elle vise à poursuivre ce récit pictural de la vie sociale en Kabylie représentée à travers mes toiles. J’ai voulu également mettre en exergue la dimension ethnographique de ces mo- tifs. J’ai demandé à Daniel Laroche, directeur de la Maison de la Francité à Bruxelles, de produire un écrit sur la signification de ces symboles. Ce texte sera publié dans le catalogue de l’exposition qui permettra au public bruxellois de découvrir la culture berbère et de se familiariser avec son art et sa symbolique. D'autre part, ces nouvelles créa- tions s'inscrivent dans la continuité du travail mené autour de la thématique des mains couvertes de symboles berbères et de motifs crées par mon imaginaire. Contrairement aux mains qui consti- tuent des petits supports, les bannières permettent de réaliser de grandes œuvres. En tant qu'artiste, je cherche à «poursuivre» l’œuvre des artisans, tout en lui conférant une dimension originale, un ca- chet propre et une destinée nouvelle qui se forgera au fil du temps. En m’inspirant de l’existant, je m’engage dans une démarche qui m’oblige à la réinterprétation de leur sens et de leur fonction et favorise la création de mes propres symboles. Je contribue ainsi à l’enrichissement, voire au renou- vellement, du champ pictural symbolique kabyle et berbère qui existe depuis l’Antiquité et repré-

sente un art millénaire caractéristique de la culture berbère. Les motifs graphiques sur bannières sont ré- putés comme un moyen d'expression et un sa- voir-faire des femmes. Est-ce un hommage que vous leur rendez là ? Oui, c’est avant tout un hommage que je rends aux femmes de Kabylie et d'autres régions de la

Berbérie. Leur rôle, à travers les âges, a notam- ment consisté à sauvegarder et à immortaliser les symboles d’une culture millénaire. A travers leurs gestes créateurs sur les poteries, les tissages ou les murs, une partie de la culture berbère et de sa ri- chesse picturale et graphique s'est transmise de génération en génération. Dans la tradition, les femmes ont la vocation de rester au village. Contrairement aux hommes qui sont contraints de migrer pour trouver du travail et nourrir leur fa- mille, les femmes ne se déplacent pas. Elles sont sédentaires et ont la mission quasi naturelle de veiller à la reproduction de l'ordre des choses dans l'organisation sociale, y compris dans l'art artisa- nal. En sus de la fonction de l'entretien physique de la famille qui incombe à la femme, celle-ci est, selon Moreau, «seule maîtresse du foyer, gardien- ne des dieux, prêtresse du rituel traditionnel». Quelle est votre part de créativité au plan de la forme et du contenu ? Les motifs que j’ai reproduits sont notamment ceux dont la symbolique est très répandue : la fé- condité, la générosité, la bénédiction des dieux et

des saints

Mais une grande partie des motifs est

le produit de ma propre invention, par exemple les poissons, l’horloge des saisons, le tournesol ou encore les danseuses. Pour certaines bannières, j’ai innové en utilisant les motifs berbères comme décors du sujet. Des motifs similaires aux symbo- les berbères ont été retrouvés sur des poteries de plusieurs pays du bassin méditerranéen. Cela prouve qu’il y a eu des rencontres et des échanges entre les peuples de cette région du monde. Partant de ce constat, j’ai conçu mes bannières comme le symbole du lien entre les peuples et les cultures. L'une des plus grandes bannières intitulée Ma ter- re est formée de neuf bannières (53 x 210 cm). Elle est l'illustration du rêve que je porte en moi : ériger un monde sans frontière, sans guerre, ni haine. Un monde dans lequel chaque être sera porteur de bien pour l'humanité entière. La figure représentée sur l’affiche est une «déesse-mère» qui symbolise la fécondité, le partage, la générosité, le bien- être… Le corps de ce personnage féminin du nom de Lya est couvert de symboles berbères. Elle tient dans ses deux mains deux instruments de la paix :

un épi de blé et une bougie dont la fonction est d’éclairer le chemin qu’elle parcourra lors de sa traversée de la Méditerranée pour répandre le blé récolté de sa terre baignée de soleil et qu’elle a soigneusement entreposé dans la coupe d’offrande qu’elle porte sur sa tête. Lya qui joue le rôle d’un lien entre deux espaces géographiques et ses po- pulations, émerge comme la messagère de Dame Nature qui gratifie le monde de ses semences, symboles de la vie et de l’immortalité. Quels sont vos projets d'exposition ? En mai 2012, ces bannières seront exposées à Alger et, en novembre, au grand-duché de Luxem- bourg. Une exposition à Paris, organisée par la Mairie de Paris, est prévue en septembre ou octo- bre 2012, et ce, dans le cadre du cinquantième an- niversaire de l'indépendance de l'Algérie (sous ré- serve). D'autres pays ont été contactés pour expo- ser ces bannières.

N. A

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 21 janvier 2012 - 15

ŒUVRE DE J. F. PORTAELS

À LA PAGE

PARUTION

POÉSIE ANDALOUSE FÉMININE

Corpus parfumé

Un ouvrage d’un raffinement et d’une érudition remarquables.

Ces poétesses se distinguent par une expression audacieuse, clamant leurs amours, évoquant les plaisirs, les tortures de l’attente, du désir et de l’absence.

L es éditions Barzakh vien-

nent de publier un véritable

petit écrin de bijouterie

dont les pièces sont com-

posées de poèmes de da-

mes et jeunes filles qui ne sont, hélas, plus de ce monde, puisqu’elles ont vécu à l’époque mythique de l’Andalousie mu- sulmane. Un écrin, car l’ouvrage, d’un graphisme et d’une impression impeccables, vient nous rappe- ler que le livre est aussi un objet d’art. Nulle illustration, ni cou- leurs, mais un papier propre, lé- gèrement ivoire, un encrage par- fait, des tranches nettes, une re- liure qui mérite son nom, un li- vre qui tient bien en main. Fran- chement bravo aux artisans de l’imprimerie Mauguin de Blida ! Et il fallait un écrin pour ac- cueillir les textes que contient ce «Florilège de la poésie anda- louse au féminin» de Hamdane Hadjadji, lequel a entrepris une longue recherche pour réunir, sous sa plume précise et agréa- ble, sept poétesses de ces temps bien révolus. On retrouve ainsi

Pour chacune d’elles, l’auteur s’est attaché à inventorier tous les éléments disponibles, et, autant que possible, validés, n’hésitant pas à nuancer ses pro- pos, voire à exprimer ses doutes sur une information tenue jus- que-là pour crédible. Les vers de chaque poétesse sont tous précé- dés d’une partie intitulée «Sa vie, son milieu, sa poésie» re- groupant les éléments retenus par l’auteur. Dans son introduc- tion qui permet de contextualiser cette production poétique, Hamdane Hadjadi signale :

«Nous ne disposons d’aucune étude exhaustive qui nous per- mettrait d’apprécier la place, sans doute importante, de la femme poétesse dans cette so- ciété au niveau culturel élevé. Ces poétesses ont été nombreu- ses, mais leur production poéti- que ne nous a pas été transmise dans les mêmes proportions que celles des hommes poètes». Il re- lève, en effet, que les chroni- queurs et rapporteurs ont, pour la plupart, œuvré à réduire cette production féminine ou à la né- gliger. L’auteur se demande ain- si, peut-être naïvement, mais méthodiquement : «Il est permis

de se demander pourquoi ces historiens de la littérature anda- louse, ces anthropologues pres-

ti tigieux, à l’exception de Maqqa-

ri ri, à qui nous devons beaucoup

d du peu que nous connaissons,

o ont agit de cette manière discri-

m minatoire. Les réponses à ce

q questionnement ne peuvent être

q que des hypothèses. Nous remar-

q quons en premier lieu que, parmi

to tous les transmetteurs de cette

poésie féminine, il n’y a aucune

femme. C’est donc une histoire

é établie par des hommes qui ont

r réservé la part du lion au sexe

d dit fort ». Il ressort de ces remar-

q ques que les sept poétesses res-

c capées des archives et de l’oubli,

n n’étaient sans doute qu’un infi-

m me échantillon du nombre de

fe femmes qui écrivaient. Celles-ci

a appartiennent toutes à des mi-

li lieux aristocratiques et Hamdane

H Hadjadji rapporte des auteurs

q qui signalent le haut niveau

d d’instruction et la maîtrise des

la langues dont elles jouissaient

a aussi. Il nous apprend que dans

Outre le Festival culturel européenqu’elleorganise chaque année, la Délégation de l’Union européenne en Algérie a institué, cesdernièresannées, unenouvelletradition d’évènementlittéraire.Pour 2012, ellearetenuune rencontreeuro-algériennedes écrivains autour du thème des «Identitésplurielles».Mercredi 25 et jeudi 26 janvier, à l’hôtel El Djazaïr(ex.Saint-Georges)à Alger.Surinvitationseulement.

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dans son florilège, la fameuse Wallâda, princesse de Cordoue ; Nazhûn Al Qal’iyya ; Hafsa Bint Al Hadj Ar Rakûniyya ; Buthay- na, autre princesse ; Hamda Bint Ziyâd Al Wâdi Ashiyya ; Qas- mûna Bint Ism’ail Al Yahuddiya et enfin Ummu Lhana’. Pour la plupart inconnues ou méconnues, ces femmes n’ont laissé que peu de traces de leur vie, sinon des poèmes ou des lé- gendes en guise de biographies.

le quartier est de Cordoue, exer- çait 170 femmes copistes et qu’il existait des femmes scientifi- ques, médecins, chirurgiens, spécialistes des sciences de la nature (Ibn Fayâd cité par Ibn Zaydûn). A cet accès au savoir et au savoir-faire, que l’on retrou- vait même chez des femmes es- claves, correspondait aussi une liberté de pensée qui touchait aux mœurs, notamment durant la période des Mulûk Al Tawaif. Aussi, ces poétesses se distin- guent-elles par une expression audacieuse, clamant leurs amours, dédicaçant leurs vers à leurs compagnons ou amants, évoquant les plaisirs, les tortures de l’attente, du désir et de l’ab- sence. Certaines sont plus har- dies que d’autres, mais toutes mettent en avant leur droit au bonheur, entrevu autant dans la sphère affective que dans l’ac- complissement physique. Et, el- les sont amenées à user en la ma- tière, de métaphores, parfois de double sens ou de sous-enten- dus, bien plus que dans la tradi- tion masculine de la poésie arabe enrobant à peine les transgres- sions de symboles pudiques. Nous ne sommes donc pas dans un univers de luxure débridé et Hamdane Hadjadji défend l’hy- pothèse que des transmetteurs et

chroniqueurs se sont focalisés

sur quelques vers osés pour

compromettre cette poésie fémi-

nine. Ainsi, la sémillante prin-

cesse Wallâda, fille du calife Al

Mustakfi Billâh née à Cordoue

en 1001 et qui fut liée à Ibn Zay-

dûn, tient-elle à mettre en garde

ses détracteurs dans un poème

où elle défend sa liberté en invo-

quant sa morale : «Si les hommes

admirent ma beauté, qu’ils sa-

chent que je suis telle ces antilo-

pes de La Mecque dont la chasse

est illicite./ La douceur de leur

propos les faisait prendre pour

des filles de joie, mais l’Islam les

avait éloignées d’une telle dé-

bauche». Le lecteur jugera par

lui-même mais il est sûr, s’il

aime la poésie, qu’il se laissera

emporter par le verbe capiteux

de ces belles dames du passé. En

nous faisant découvrir le plaisir

de ce corpus parfumé, Hamdane

Hadjadji, nous offre la rigueur d’une meilleure connaissance de la société andalouse. Ce brillant universitaire algérien, docteur es-lettres en langue et littérature arabes, spécialiste de la civilisa- tion et de la poésie andalouse ainsi que de la didactique de la langue arabe moderne mériterait que ses œuvres et travaux soient plus connus.

Slimane Brada

* Hamdane Hadjadji, «Florilège de la poésie andalouse au féminin, poèmes». Ed. Barzakh, Alger. Déc. 2011, 152 p. (Poèmes en version arabe originale et dans leur traduction en français).

ABECEDARIUS
ABECEDARIUS

Mozart a triomphé

PAR MERZAC BAGTACHE

Un sage d’antan avait coutume de dire à son entourage direct :

«Méfiez-vous de l’impact de toute légende. Celle-ci reste indélébile dans l’esprit de l’être humain !» Est-ce à dire que la légende, en tant que telle, se suffit à elle-même, que son statut si spécifique l’autorise à évoluer à sa guise à travers les âges et les sociétés ? Le poète François Villon(1431-1463), très avisé sur ce sujet, voulant à coup sûr se soustraire aux effets de tout ce qui fut colporté sur son compte avant de disparaître volontairement, invita la postérité à se montrer compréhensive à son égard et à celui de tous ceux qui furent rattrapés par des légendes, tissées à tort ou à raison, contre eux. «Frères humains, chante-t-il dans la Ballade des pendus, qui, après nous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis…». Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), se saisissant du même thème, a voulu contourner celui-ci tout en sachant que la postérité aurait le dernier mot en ce qui le concerne. Diminué physiquement, alors qu’il n’avait pas plus de 35 ans, endetté et délaissé par la société viennoise, il composa sa Marche funèbre. Vérité vérifiable, selon certains de ses biographes, ou légende fabriquée par d’autres auteurs, le requiem de Mozart en l’honneur de sa propre personne est là, joué et rejoué à travers le monde depuis plus de deux siècles. Finalement, c’est Mozart qui a triomphé, non seulement de sa légende, mais aussi de ses contemporains pour l’avoir abandonné comme s’il n’avait pas été la coqueluche de Vienne durant toute sa vie. Ce besoin pressant de rectifier le tir et de se forger une image personnelle, viable et acceptable par la postérité, on le retrouve, esthétiquement et intelligemment agencé, chez le poète Malik Ibn Eayb, du premier siècle de l’Hégire. Il serait, selon ses biographes, l’auteur d’un seul poème, mais quel poème ! En fait, il fit sa propre élégie qui, au-delà de toute autre considération, s’inscrivit dans le panthéon de la poésie arabe et devint, par sa métrique et sa sonorité, le modèle d’excellence à suivre par tous ceux qui ont eu quelque prétention de chanter leurs exploits guerriers en affrontant la mort dévastatrice. Poète, bandit d’honneur et grand buveur au nord de l’Arabie, de noble souche de surcroît, il fut emprisonné à plusieurs reprises avant de se décider à revenir à de bons sentiments à l’égard de la société. Il prit alors la décision de faire partie de l’armée qui s’apprêtait à conquérir la citadelle de Khorasan. Mais, avant d’atteindre les remparts de cette ville, il fut piqué par un serpent venimeux sous sa propre tente. Voyant la mort s’approcher, il ne put s’empêcher de fondre en larmes dans quelques strophes qui ont fait depuis partie de ce qu’on a appelé, El yatimate, dont les auteurs ne sont connus que par un seul poème. Si le requiem de Mozart, à l’image de toute sa composition musicale, n’a souffert d’aucune altération, défiant ainsi la postérité elle-même, l’élégie de Malik Ibn Rayb, elle, est devenue presqu’unpoème apocryphe puisque plusieurs versificateurs y ont mis leur grain de sel, sans la moindre gêne, ni intelligence. Du reste, le fonds de cette élégie est décelable pour ceux qui sont en mesure de dégager le grain de l’ivraie. Notre poète, pour le commun de ses lecteurs, fait face à la postérité comme L’albatros de Baudelaire qui traîne sur le pont du navire des ailes piteuses devant des marins dénués de toute pitié à son égard. Ainsi donc, il coulera de l’eau sous les ponts avant qu’un consensus soit établi entre les hommes, tout particulièrement parmi les poètes, les musiciens et les différents créateurs artistiques, sur la manière d’appréhender la mort, même si cette dernière se montrera jusqu’à la fin du temps toujours hideuse et récalcitrante à la fois. En attendant, consolons- nous en répétant à la suite du poète métaphysicien anglais, John Donne (1572-1631) : «Ô mort, cesse d’exhiber ta fierté. Toi, aussi, tu connaîtras la mort un jour !».

toyour1@yahoo.fr

(1572-1631) : «Ô mort, cesse d’exhiber ta fierté. Toi, aussi, tu connaîtras la mort un jour

El Watan - Arts & Lettres - Samedi 21 Janvier 2012 - 16

PHOTOS : D. R.

À SUIVRE

FRANCE

REGARDS SUR LE CINÉMA ALGÉRIEN

Ecrans du cinquantenaire

Organisée dans le Sud-Ouest, cette cinquième édition durera tout un trimestre.

cette cinquième édition durera tout un trimestre. "La baie d’Alger" de Merzak Allouache, adapté du

"La baie d’Alger" de Merzak Allouache, adapté du roman éponyme et autobiographique de Louis Gardel, replonge le spectateur dans la guerre d’indépendance. cette cinquième édition durera tout un trimestre. L a manifestation «Regards sur le film algé- rien»

L a manifestation «Regards sur le film algé-

rien» continue sa formidable aventure dans le

département français de l’Hérault, et ce, sur

une période de trois mois, entre le 30 janvier

et le 30 mars 2012. Plusieurs grandes villes

de la région y participent, comme Narbonne, Men- de, Perpignan, Mèze et bien entendu Montpellier qui reste la ville pivot de la manifestation. Un évé- nement qui en est à sa cinquième édition et qui, comme le souligne son président, Nadir Bettache, offre «une programmation reflétant 50 années de l’Algérie indépendante avec des films mythiques comme Chroniques des années de braise, Omar Gatlato ou encore La montagne de Baya». Le pu- blic aura aussi l’occasion de rencontrer différents

intervenants et professionnels qui ont fait de ce ci- néma un moyen de rapprocher les deux rives de la Méditerranée. Chaque année, des milliers de ciné- philes, amateurs de films algériens, viennent aux projections et attendent avec impatience les débats qui permettent à toutes les paroles d’avoir droit au chapitre. Pour rester dans la symbolique du cin- quantenaire de l’indépendance, l’association "Re- gards" sur le cinéma algérien organise une grande exposition de cinquante affiches de films algériens à la Maison des relations internationales de Mont- pellier. En fait, comme le rappelle Nadir Bettache, «ces affiches racontent la formidable épopée du ci- néma algérien sur un demi-siècle de production et de créations». Même si les nouveautés se comptent sur les doigts d’une main, le public va découvrir Normal la nouvelle production de Merzak Alloua- che et des œuvres un peu plus anciennes, comme la

comédie musicale La place ou encore Mimezrane.

A quelques jours de l’ouverture officielle, le public

de Montpellier a eu un avant-goût de la program- mation, ce dimanche 15 janvier, lors de la projec- tion de l’avant-première du film La baie d’Alger de Merzak Allouache, adapté du roman éponyme et autobiographique de Louis Gardel. Ce film, destiné

à la télévision, replonge le spectateur dans l’am-

biance de la guerre d’Algérie. La voix off de Louis Gardel racle le fond de ses souvenirs pour relater un épisode de son adolescence. Tout de suite, le spec-

tateur se retrouve sur la plage de Surcouf, proche d’Alger, en compagnie de la jeunesse dorée pied noir qui semble insouciante. Mais la guerre est là et

la presse rapporte les différentes opérations des ré-

sistants algériens. Le jeune Louis trouve en Boua- rab le pêcheur, chef local du FLN, un interlocuteur qui essaye de le rassurer et de le mettre en garde contre les périls qui le guettent. Au lycée, les débats entre pro et anticolonialistes sont vifs, surtout quand

entre pro et anticolonialistes sont vifs, surtout quand le père Sintès est arrêté pour avoir aidé
entre pro et anticolonialistes sont vifs, surtout quand le père Sintès est arrêté pour avoir aidé

le père Sintès est arrêté pour avoir aidé la résistance algérienne. Le jeune Louis n’arrive pas à prendre une position claire car il a des amis dans les deux camps. La jeune Michelle, une voisine qu’il retrou- ve sur les sables chauds de la plage, le trouble et semble le détourner des questions qu’il se pose. Mais la littérature et son professeur d’histoire, d’obédience communiste, le ramènent à chaque fois

à la réalité d’un pays en guerre. Le succès au bacca-

lauréat le conduit à Paris où il deviendra éditeur lit- téraire aux éditions du Seuil. Enfin, pour clore ce mois riche en festivités, l’asso- ciation "Identités et Partage" organise, le 21 janvier

à la salle des rencontres de la mairie de Montpellier

la commémoration de Yennayer. Ce rendez-vous convivial, devenu incontournable dans la région, draine chaque année une assistance nombreuse qui vient découvrir les richesses et les multiples facet- tes de la culture algérienne. Slimane Aït Sidhoum

RADIO

UNE JEUNE CHAÎNE POUR LES JEUNES

Djil FM, go !

Depuis moins d’une semaine, l’espace sonore accueille une nouvelle station.

semaine, l’espace sonore accueille une nouvelle station. Cette nouvelle chaîne de la Radio algérienne compte

Cette nouvelle chaîne de la Radio algérienne compte beaucoup sur l’interactivité offerte par les relais Internet.

sur l’interactivité offerte par les relais Internet. L e paysage radiophonique algérien vient de s’enri- chir

L e paysage radiophonique algérien vient de s’enri-

chir d’une nouvelle chaîne, Djil FM, qui s’affiche

d’emblée «100 % jeune». C’est donc une radio

spécialisée et ciblée quand la plupart des stations

algériennes sont soit territoriales (pour les radios

locales), soit linguistiques (chaînes nationales). Dirigée par l’ancienne animatrice, Maya Zerrouki, Djil FM affi- che avec enthousiasme ses ambitions. Elle émet depuis dimanche dernier, sept jours sur sept et 24/24 h, sur le point 94.7 FM pour le centre et sur ondes moyennes pour le reste du pays, en attendant la généralisation de la fréquence moyenne à toutes les régions. Mais elle peut être captée également sur le satellite Nil Sat 3 sous l’in- titulé Radio Jeunesse ainsi que sur Internet. La pro- grammation s’articule essentiellement autour de la mu- sique, et, spécialisation oblige, sur les genres de prédi- lection des jeunes. On suppose ainsi que les 3 R (rap, raï et rock) auront une place de choix sur ses ondes. Mais la chaîne entend brasser plus large en suscitant des décou- vertes dans le monde musical. Des émissions spéciali- sées sur des genres donnés contribueront à leur connais- sance et leur appréciation par le public ciblé. La tranche matinale s’ouvre en fanfare sur Djil Morning, un cock- tail d’informations, d’humour, de sketchs, de conseils de sorties et de loisirs, etc. La tranche nocturne propose, comme chez les grands, une émission d’appels animée

comme chez les grands, une émission d’appels animée par Imad, déjà connu à travers l’émission de

par Imad, déjà connu à travers l’émission de télévision Djil Chabab et qui, outre ses qualités radiophoniques, est psychologue de formation, ce qui ne gâche rien. Les jeunes auditeurs disposeront ainsi d’un espace d’ex- pression radiophonique directe, ouvert à leurs témoi- gnages, points de vue et idées pour recevoir, en retour, une écoute attentive mais aussi des conseils et orienta- tions relatifs aux problèmes posés. La chaîne mise beaucoup sur ces deux moments forts entre lesquels se

structureront bientôt d’autres émissions, entre jeux, re- portages, débats de société, etc.

La formule globale de Djil FM se répartit entre 60 % de

musique (diffusion et émissions), 20 % sur les questions d’études, de formation professionnelle et d’emploi. En- viron 15 % sont réservés à la culture et à la vie culturelle

tandis que 5 % portent sur l’information. La radio pro- pose en effet quatre flashes d’information qui devraient présenter l’actualité nationale et internationale selon des formats et un langage accessible aux jeunes et en mesure de les intéresser. Comme attendu, cette nouvelle chaîne de la Radio algérienne compte beaucoup sur l’interactivité offerte par les relais Internet auquel son public cible est accoutumé. En deux jours à peine, le compte de Djil FM sur un réseau connu a enregistré 700 abonnés. Il est certain aussi que ce nouveau média atti- rera les annonceurs dont les produits concernent les jeu-

nes. Il est probable également que les anciennes chaînes devront adapter leurs programmes jeunes en fonction de cette nouvelle venue. Bon départ à toute l’équipe ! Othmane Djendir

PHOTOS : D. R.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 18

MODE

IMANE AYISSI. Styliste camerounais

«Je revendique une totale liberté d’inspiration»

Artiste multidisciplinaire, mannequin, danseur, écrivain et styliste, Imane Ayissi sublime le monde de la mode avec ses collections raffinées et contemporaines. En février, il organisera un défilé à Yaoundé, au bénéfice de l’association Almoha, qui s’occupe des maladies rares des enfants d’Afrique.

Propos recueillis par Faten Hayed

Aujourd’hui, vous êtes reconnu au ni- veau international. Parlez-nous un peu de votre parcours. Je me suis intéressé à la mode très tôt. Enfant, j’essayais de dessiner et je transformais des vêtements de ma mère. Plus tard, j’ai travaillé pour Blaz Design, une des marques textiles importantes du

Cameroun et pour la créatrice Madé Jong. Parallèlement, je faisais de la danse, parce que cela faisait partie de la culture fami- liale, mon grand-père maternel était un grand danseur. J’ai donc intégré, avec ma sœur Chantal Ayissi, qui est aujourd’hui une chanteuse très populaire en Afrique, le ballet familial que mon frère Ayissi Le Duc, qui est toujours danseur et chorégra- phe, avait créé. Ensuite, nous nous som- mes tous retrouvés dans le ballet national du Cameroun. C’est là que j’ai commencé

à voyager en Europe. J’ai ensuite dansé

avecYannick Noah sur son tube Saga Afri- ca, à la même époque, je m’installais à Paris. J’ai aussi dansé avec Touré Kounda, Kassav, Baaba Maal, j’ai tourné dans des clips avec Sting et Mylène Farmer, je suis parti en tournée à travers le monde avec Patrick Dupond Comment était la vie parisienne ? Quand je me suis installé à Paris, j’ai essayé de faire du mannequinat, bien sûr, un peu pour gagner de l’argent, mais surtout pour rentrer dans le monde de la mode qui me fascinait. Les débuts n’ont pas été faciles, mais peu à peu, j’ai défilé pour Yves Saint-Laurent, Claude Mon- tana, Dior Homme, Valentino et Roméo Gigli. J’ai également travaillé de manière plus «artistique» avec des photographes, des peintres, des scénographes… En même temps, je me suis remis à créer des vêtements, puis de vraies collections, que je vendais uniquement sur commande à des clientes fidèles. J’ai rapidement voulu montrer mon travail à travers des défilés, comme les grandes maisons de couture. Mon premier défilé à Paris s’est déroulé en 1993, je n’avais aucun moyen à l’épo-

que, mais je voulais y arriver et j’en ai mis plein la vue avec plus d’une centaine de robes à pois, ce qui, rétrospectivement, me fait encore rire. Aujourd’hui, je continue

à créer des collections couture, mais aussi

du prêt-à-porter de luxe, et je crois que je suis un peu plus inséré dans le circuit pro- fessionnel de la mode internationale. Comment passe-t-on de mannequin à styliste ? Cela n’a rien d’évident, et c’est assez rare, peu de mannequins, même des top models, ont réussi une reconversion dans la mode. On peut citer Katoucha ou Ines

de la Fressange. Quand on est mannequin, bien sûr, on connaît mieux les vêtements

à force de les porter, le milieu de la mode,

les vêtements à force de les porter, le milieu de la mode, Le styliste Imane Ayissi

Le styliste Imane Ayissi entouré de deux mannequins

ses règles, son fonctionnement, mais

moderne. Puisque souvent trop lourds,

cela ne veut pas dire que l’on est créatif

trop

épais, non lavables, sans parler des

ni même que l’on aime vraiment les vê-

problèmes de fixation de coloris, d’ir-

tements. Si je suis devenu styliste après avoir été mannequin, c’est que j’avais

régularité des fils et des tissages, des problèmes d’approvisionnement… Il y a

envie de le devenir depuis longtemps.

sans

doute un travail à faire pour adapter

Que pensez-vous justement des per-

ces

tissus toujours très artisanaux à un

sonnes qui se reconvertissent dans l’or-

usage contemporain. En ce qui concerne

ganisation d’évènements, alors qu’elles sont mannequins ou stylistes ? Dans une bonne partie de l’Afrique,

le wax et ce genre de tissus imprimés, qui paraissent presque obligatoires, quand on parle de mode africaine et qui ont inondé

les stylistes sont obligés de s’improviser

les

marchés en Afrique, tout d’abord, je

organisateurs d’événements mode, parce qu’il n’y a pas de structures pour le faire

revendique une totale liberté d’inspiration comme tous les créateurs, quelle que soit

à leur place : pas de fédérations, pas de

leur

nationalité, et le wax ne correspond

Fashion Week structurées comme en Eu-

pas

vraiment à mon style. En outre, ces

rope…etc. Et on peut saluer ceux qui ont

tissus ne sont pas des tissus africains, mais

pris ces initiatives Mais cela n’est pas forcément une bonne chose. Il est difficile d’être à la fois créatif et organisateur, et je pense que c’est compliqué pour un styliste de promouvoir son travail en même temps que celui d’autres stylistes. Les stylistes du conti- nent devraient s’organiser en fédérations, syndicats et confier ces évènements à des professionnels, pour en faire non pas des spectacles mais de vrais rendez-vous entre les créateurs et les acheteurs, la presse… L’Afrique du Sud avec la Fashion Week de Johannesburg en est le parfait exemple de ce que l’on pourrait faire ailleurs. Vous êtes issu d’une grande famille d’artistes. Est-ce que cela a influencé votre univers artistique ? Si oui, en quoi ? Le fait d’être issu d’une famille d’artis- tes m’a sans doute aidé, dans le sens où ma famille n’attendait pas forcément de moi que je devienne médecin ou avocat comme dans beaucoup de familles. Personne dans ma famille n’a essayé de me décourager. En revanche, quand tout le monde dans votre famille est artiste ou sportif de haut niveau, donc connu du public, il est plus difficile de trouver sa place et de se faire son propre nom. D’un point de vue artistique, la per- sonne qui a le plus influencé mon univers

est ma mère. C’est une personne très élé- gante, qui portait des vêtements de gran- des marques parisiennes, quand j’étais enfant, et qui reste une référence de chic pour moi. Dans vos créations, vous n’utilisez pas les tissus africains, pourquoi ? Il m’est arrivé d’utiliser, dans certaines collections ou pour des pièces excep- tionnelles, de vrais tissus traditionnels africains, comme les tissus ashanti, ou lendop par exemple. Le problème c’est

que ces tissus sont peu adaptés à la vie

des tissus qui sont vendus aux Africains.

Ce sont des tissus d’origine indonésienne, importés par les marchands hollandais au

XIX e siècle, qui aujourd’hui sont toujours

produits en Europe, en Europe de l’Est, voire en Chine. Quelle idée de la mode voulez-vous exprimer ? Pour moi, la mode est une manière d’être, un moyen de s’exprimer et de com- muniquer avec les autres, c’est aussi un

discours culturel avec des références, des concepts. Avec ma mode, j’essaie de don-

ner l’image d’une créativité qui s’inspire

de l’Afrique, mais qui est contemporaine,

ouverte sur le monde. Comment le continent africain in- fluence-t-il vos créations ?

L’Afrique traditionnelle authentique comme l’Afrique contemporaine m’ins- pirent. Visiter les musées européens avec

tous ces chefs-d’œuvres africains, sculp-

tures, masques, statuettes est toujours pour moi un grand plaisir et une source constante d’inspiration. Mais, j’ai la

chance de me rendre régulièrement dans différents pays africains, et l’énergie, la débrouillardise de la rue africaine sont

pour moi toujours très inspirants. Ensuite,

il est difficile d’expliquer précisément comment ces ambiances, ces corps, ces

attitudes, cette vie de tous les jours, si par- ticuliers et riches en Afrique, se retrouvent dans mon travail, c’est le mystère de la créativité, mais ils m’accompagnent dans toutes mes créations Quels sont vos projets de mode ou littéraires ? Les collections s’enchaînent, à peine

une collection finie, il faut commencer la

suivante. C’est le rythme de ce secteur en Europe. Quand aux projets littéraires, je travaille sur un 3 e livre de contes, mais là, je ne suis tenu à aucun délai… F. H.

LES DERNIÈRES NEWS

Fashion Week au Brésil

délai… F. H. LES DERNIÈRES NEWS Fashion Week au Brésil C’est dans des entrepôts du port

C’est dans des entrepôts du port de Rio de Janeiro que la 20 e édition de la Fashion Week bat son plein. Le Brésil renforce ainsi sa position de grande destination de mode : les maisons Fendi, Bottega Veneta et Yves Saint-Laurent vont amorcer, dès cette année, leur expansion dans le pays. Pour Esther Bauman, la conceptrice de la marque Acquastudio, un seul défilé au Brésil serait plus efficace : «Je pense que les organisateurs devraient réellement associer les évènements

mode. L’été se fait ici et l’hiver à Sao Paulo : c’est dommage d’avoir tant de défilés pour présenter des créateurs qui innovent. Nous devrions tous les associer comme cela se fait à Paris, Milan, Londres et New York. Un seul grand événement de mode au Brésil».Couleurs sombres et denim, cheveux bouclés et maquillage naturel pour la seconde collection du très célèbre designer brésilien, Alexandre Herchcovitch. C’est sa ligne la moins chère, elle s’adresse surtout aux jeunes. Une collection inspirée par les artistes new-yorkais des années

1980.

Les foulards de Marni

Marni rend une fois de plus hommage aux foulards. Nouvelle collection Marni Foulard de la maison italienne, les imprimés graphiques et colorés reviennent égayer le printemps/été 2012. Cette collection d’accessoires et de prêt-à-porter, Marni Foulard puise dans l’ADN de la maison et célèbre les mélanges spontanés et audacieux d’imprimés, iniative chère

à Consuel Castiglioni, directrice artistique de Marni. Une

explosion visuelle, un clash inattendu de couleurs et de cultures, les robes en coton et en soie, les jupes, tops, pantalons, bijoux, sacs et pochettes qui composent la ligne se veulent un clin d’œil joyeux aux archives et au savoir-faire technique de la marque. Patchwork de multiples influences

qui mélange PVC, nylon, soie, cuir ou vinyle fait à partir de disques vinyles recyclés, cette nouvelle édition fait dialoguer, avec chic et charme, des motifs audacieux pour un résultat

explosif.

Atol, nouvelle ligne de montures

Les opticiens Atol célèbrent la nouvelle année avec une collection de montures destinées aux fashionistas. Baptisée D’CLIP, cette nouvelle ligne est composée de nombreux modèles disponibles en 25 coloris et 4 motifs différents, aux branches interchangeables. La collection D’CLIP comprend des modèles aux couleurs acidulées pour hommes et femmes. Les branches interchangeables ont cette particularité de se clipper et de se déclipper à volonté, grâce à un procédé inspiré du système de la barrette à cheveux. Pour mettre en

avant cette ligne de montures inédite, les opticiens Atol ont

choisi le chanteur M. Pokora pour la publicité de cette collection. «Les lunettes D’CLIP vont plaire à tous ceux qui trouvent les lunettes d’ordinaire tristes, car cette collection est pop et dynamique. Le principe du clip est très simple et permet d’adapter ses lunettes à son look ou à son humeur», confie M. Pokora dans un communiqué.

EAU DE TOILETTE DE LA SEMAINE

M. Pokora dans un communiqué. EAU DE TOILETTE DE LA SEMAINE Un nouveau parfum pour Louis
M. Pokora dans un communiqué. EAU DE TOILETTE DE LA SEMAINE Un nouveau parfum pour Louis

Un nouveau parfum pour Louis Vuitton

La maison Louis Vuitton a confirmé les rumeurs sur la préparation d’un parfum à son nom. On se souvient d’Eau de Voyage, Heures d’Absence et Je, tu, il, les seules et uniques fragrances créées par la maison Louis Vuitton, dans les années1920-1930. Prèsd’unsiècleplustard, Louis Vuitton tient à la réussite de sa nouvelle fragrance. La maison fait alors appel à l’un des plus grands nez, JacquesCavallier-Belletrud, créateur desplusgrandsjuscomme L’eau d’Issey, Jean Paul Gaultier Classique, Dior Addict, Poème de Lancôme, Cinéma d’Yves Saint-Laurent ou autres centaines d’essences qui ont connu un succès mondial. La maison n’a pas encore précisé de date pour la sortie du parfum, mais a déjà indiqué qu’ilseraitdisponibleuniquementdanslesboutiquesVuitton, c’est- à-dire 461 points de vente dans le monde.

PHOTO : D. R.

El Watan - Samedi 21 janvier 2012 - 19