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L’usage d’internet en Afrique est différent de celui en Europe, où il apparaît essentiellement comme un moyen d'améliorer et d'enrichir les possibilités de communication déjà existantes. Dans les pays en développement, au contraire, il s'agit de remédier à une pénurie de moyens de communication, voire à une absence totale, c'est pourquoi Internet doit avant tout être vu comme un outil élémentaire de communication en permettant l'accès aux informations les plus vitales (santé, transport, économie, etc). C’est aussi une nécessité pour ne pas accentuer davantage le fossé entre pays riches et pauvres. Dans un monde mondialisé, les NTIC apparaissent comme une nécessité et un avantage concurrentiel. Nous vivons dans un monde qui tend à se dématérialiser. Le secteur des TIC est le secteur le plus porteur. Pour éviter une fracture Nord/Sud plus grande, il faut que les pays africains investissent dans ce secteur. Voyons, à présent, les différents intérêts du point de vue gestionnaire de l’internet pour un pays d’Afrique de l’Ouest.

  • 1. L’amélioration des conditions de vie en générale

1.1.L’amélioration des questions de santé

L’Afrique de l’Ouest est encore une région rurale, constituée de milliers de petits villages éparpillés de manière anarchique. De plus ils sont éloignés des centres de soins, situés dans la cambrousse, avec des infrastructures quasi inexistantes. Ainsi les populations ont un accès aux soins difficiles. D’où la faible espérance de vie et le fort taux de mortalité. L’instauration dans ces villages d’ordinateurs connectés à internet permettrait un accès à l’information médicale et à la TV médecine.

1.1.1.L’information médicale

L’OMS a lancé en 2002 une bibliothèque médicale en ligne. Son objet est de permettre aux experts médicaux des pays en développement d’avoir accès, via l’Internet, à la littérature médicale qu’ils ne pouvaient obtenir jusque là qu'en payant un ou des abonnements à prix élevés. Abonnement qui était donc inaccessible par le moyen du seul salaire des médecins africains ou par celui des ressources financières de leur organisme national de rattachement.

1.1.2.La TV médecine

La science médicale s’est appropriée les NTIC à travers une intervention médicale nouvelle :

la télé-médecine. Ceci regroupe : la télé-consultation, le télé- diagnostic, la télésurveillance, la télé-expertise, la télé-formation, la création de réseaux de télé- médecine, la télé-chirurgie (permet de manipuler du matériel à distance et d’avoir une action du praticien sur le patient). L’Afrique connaît actuellement diverses expériences pilotes de télé-médecine. Certaines visent à pallier l’isolement médical de certaines populations. Elles consistent à implanter des réseaux de télé-médecine par satellite sur sites isolés afin de mettre à la disposition des populations les plus éloignées les compétences des meilleurs experts, notamment en matière de prévention de la mortalité maternelle et infantile. Cela a été le cas au Sénégal en janvier 2002 dans un projet associant la FISSA (Force d’intervention sanitaire satellitaire autoportée)

et le CNES (Centre national d'études spatiales) sur les sites de Ninéfesha (district de Kédougou) et Bala (district de Goudiri). Au cours de cette expérience, des patients à risques, situés dans des zones isolées, enclavées et dépourvues de structure de santé, ont été examinés grâce à une station portable de télé-médecine mise au point par le Médès (Institut français de médecine et de physiologie spatiale). Les données recueillies étaient transmises par satellite vers le Centre Hospitalier régional de Tambacounda et vers la clinique gynécologique et obstétricale du CHU Le Dantec, à Dakar. Les spécialistes dans les diverses disciplines sécurisaient ainsi le diagnostic à distance et renvoyaient les résultats des données vers le médecin traitant ou l'auxiliaire de santé (infirmier, sage-femme) qui avait pratiqué l'examen. D'autres expériences visent à pallier l'inégale répartition du personnel médical sur le territoire national. C'est le cas en Ouganda depuis août 2000 avec le Programme de télé-médecine reliant l'hôpital universitaire de Mulago en province et l'hôpital Mengo de la capitale Kampala. Il s'agit avec cette expérience d'installer un système de liaison point par point entre les deux hôpitaux pour permettre au personnel médical d'échanger rapidement des connaissances, des données d'expérience et des renseignements.

Rapport des nouvelles technologies de l'information et de la communication au service de la santé en Afrique dans le cadre du nepad (nouveau partenariat pour le développement de l’afrique), elisabeth grebot, 2008

1.2.L’amélioration de la scolarisation

L’Afrique est le continent contenant le plus d’analphabètes. L'analphabétisme concerne 35 % des hommes et 55 % des femmes de plus de 15 ans. Le taux moyens de scolarisation en Afrique est de 78 % au primaire, de 32 % au secondaire, et de 6 % dans le supérieur. La principale cause est le faible investissement des pouvoirs publics dans le secteur de l’éducation. D’où le faible nombre d’écoles, des classes surchargées. Internet permettrait d’inverser cette tendance et de former une population moderne et à l’aise avec les nouveaux moyens de communications. Voyons les moyens les plus utilisés :

1.2.1.La formation universitaire par voir de vidéo-conférence

L'Université virtuelle africaine (UVA) est illustrative de cet usage. Il s'agit d'un programme d’enseignement à distance dont le siège est à Washington. Ce programme porte sur les formations scientifiques et techniques. L’UVA a été créée par la Banque mondiale en 1997 et forme en 4 ans des ingénieurs dans les filières de l’informatique, du génie informatique et du génie électrique. Les diplômes sont délivrés par l’institution et les enseignants appartiennent à des universités américaines, européennes et africaines. Les cours, reçus par satellite, sont dispensés à la fois en anglais et en français. Ils sont également enregistrés sur cassette pour permettre aux étudiants de suivre à nouveau le même cours en cas de nécessité. Les étudiants ont accès à une bibliothèque virtuelle. Ils peuvent interrompre le professeur en ligne pendant le cours, lui poser des questions et, à tout moment, échanger avec lui par courrier électronique. En 2001 l’UVA comptait 24 000 étudiants inscrits et diffusait près de 3500 heures de cours.

Source :

Panorama

représentatif

NASCIMENTO, 2008

des

usages

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NTIC

en

Afrique,

José

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1.2.2.La consultation documentaire via l’internet

Ce moyen est très utilisé par les universitaires africains. Prenons l’exemple de l’INTIF, qui permettent à ces personnes d’accéder à des informations scientifiques qui leurs étaient jusque là fermés. Ceci permet d’élargir le portefeuille de connaissances des étudiants africains.

Source : Société de l’information en francophonie, Danielle Bouhajeb, groupe de travail gestion de l’information de l’EADI, 2004

Source : Panorama représentatif NASCIMENTO, 2008 des usages des NTIC en Afrique, José DO 1.2.2.La consultationhttp://www.afriquespoir.com/ae45/index_fichiers/dossier.htm 1.4. L’amélioration de l’accès aux informations dans le secteur marchand 1.4.1. L’information agricole 3 " id="pdf-obj-2-32" src="pdf-obj-2-32.jpg">

1.3.Les conséquences de l’amélioration de la santé et de la scolarisation

En 2007, la Journée internationale de l’alphabétisation avait mis l’accent sur la relation vitale entre l’alphabétisation et la santé. L’alphabétisation renforce la capacité des personnes à tirer parti des possibilités qui leur sont ouvertes sur la santé et l’éducation. Dans des familles alphabétisées, il est, par exemple, plus facile de mettre en place une petite pharmacie à la maison pour des affections bénignes, surtout si l’on est loin d’un centre hospitalier, ou d’adopter des mesures préventives, cas de vaccinations, sida, paludisme, etc.

1.4.L’amélioration de l’accès aux informations dans le secteur marchand

1.4.1.L’information agricole

Il existe depuis 2002 un réseau d’échange d’informations sur les marchés agricole d’Afrique de l’Ouest. Il s’appelle Afamin, et couvre le Bénin, le Burkina Fasso, le Cameroun, le Sénégal, le Togo, et le Nigéria. Son objectif est de fournir des informations fiables et récentes sur les marchés et commerce dans le secteur agricole à différents acteurs agricoles : paysans, commerçants, fournisseurs, institutions financières, etc). Ces informations sont par exemple :

un répertoire détaillé des différents acteurs. Ce réseau permet aux acteurs de prendre les décisions les plus optimales en fonction des données. Le secteur agricole se rationnalise et se modernise.

Sources : afamin, brochure pdf : https://docs.google.com/viewer?

1.4.2.L’information commerciale via e-mail

Il existe depuis 1992 un réseau regroupant plus de 400 entreprises dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest. Il se nomme REAO (Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest), et a pour objectif de faciliter les échanges d’informations en reliant ses membres via le mailing. Les informations données sont par exemple : les prix, les volumes, les prix du transport. Il permet aussi de communiquer avec le monde entier, et donc de trouver de nouveaux marchés/clients.

1.4.3.La promotion commerciale via Web

Internet permet à de petits entrepreneurs de s’ouvrir au marché mondial et d’atteindre de nouveaux clients. On peut prendre l’exemple du site internet SenArtisanat, site internet regroupant des artisans du Sénégal. Ce site propose des produits africains : boucle d’oreille, bijoux, etc. Ceci a permis d’enrichir les artisans, et de continuer à vivre de leur métier.

Source :

Panorama

représentatif

NASCIMENTO, 2008

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en

Afrique, José DO

1.5.La prévention météorologique

Les NTIC permettent de transmettre des informations instantanées quant aux risques métérologiques. Le système Ranet est une bonne illustration de ce type d'usage. Il s'agit d'un réseau innovateur de transmission d'informations météo en zone rurale grâce à Internet. Il a été créé en Ouganda. Ranet donne la possibilité aux météorologistes d'annoncer le climat aux villageois. L'information est relayée par les Centres Ranet, équipés en ordinateurs pour télécharger les prévisions. Des stations de FM sont aussi contactées pour diffuser les

prévisions en anglais, voire les traduire en langues locales. Cette utilisation combinée de la radio et d'Internet permet aux paysans et pêcheurs de zones rurales reculées d'anticiper sur leur travail journalier. Par exemple, les pêcheurs peuvent savoir si les conditions climatiques sont idéales pour pêcher ou non.

prévisions en anglais, voire les traduire en langues locales. Cette utilisation combinée de la radio ethttp://www.agrhymet.ne/RANET_intro.htm http://www.fao.org/docrep/003/x6721f/x6721f24.htm 1.6. L’amélioration du secteur public En Afrique, les formules d’accès public aux NTIC sont encouragées pour des raisons diverses tenant tant à la sociologie qu’à l’économie des pays. Les cybercafés et les télécentres constituent des exemples types de ce genre de formule. L’Afrique connaît actuellement une explosion des cybercafés dans les centres urbains. L'Algérie compte désormais plus de 4000 cybercafés. L’attraction pour le cybercafé est directement liée à un besoin de communication (échanges avec l’extérieur : courrier électronique) mais surtout à un besoin d’informations (consultation de sites qui informent sur les cursus scolaires, les opportunités d’émigration etc.). En Afrique de l'Ouest la fréquentation des cybercafés est d’une telle ampleur que les bureaux de poste subissent une perte de recettes en ce qui concerne le courrier et les mandats postaux. Source : Panorama représentatif NASCIMENTO, 2008 des usages des NTIC en Afrique, José DO 5 " id="pdf-obj-4-4" src="pdf-obj-4-4.jpg">

1.6.L’amélioration du secteur public

En Afrique, les formules d’accès public aux NTIC sont encouragées pour des raisons diverses tenant tant à la sociologie qu’à l’économie des pays. Les cybercafés et les télécentres constituent des exemples types de ce genre de formule. L’Afrique connaît actuellement une explosion des cybercafés dans les centres urbains. L'Algérie compte désormais plus de 4000 cybercafés. L’attraction pour le cybercafé est directement liée à un besoin de communication (échanges avec l’extérieur : courrier électronique) mais surtout à un besoin d’informations (consultation de sites qui informent sur les cursus scolaires, les opportunités d’émigration etc.). En Afrique de l'Ouest la fréquentation des cybercafés est d’une telle ampleur que les bureaux de poste subissent une perte de recettes en ce qui concerne le courrier et les mandats postaux.

Source :

Panorama

représentatif

NASCIMENTO, 2008

des

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NTIC

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Afrique,

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