Déterminants des avortements à Kinshasa
ULK
Que ton âme repose en paix et que la terre de nos ancêtres soit douce et légère
à votre égard.
Idriss MULUMBA N.
DEDICACE
Pour vos conseils ainsi que votre soutien inconditionnel, à la fois moral et
économique, qui m’a permis de réaliser ce parcours que je voulais et par
conséquent ce travail. Que le bon Dieu vous bénisse abondamment.
Idriss MULUMBA N.
REMERCIEMENTS
C’est pour moi un moment favorable de présenter, de témoigner et de
marquer un signe de sincère reconnaissance aux personnalités qui m’ont
aidé d’une manière ou d’une autre afin d’atteindre ce niveau de
formation.
Monsieur le Professeur Docteur John DITEKEMENA DINANGA qui, en
dépit de ses lourdes occupations et charges des responsabilités, a bien
accepté la direction de ce mémoire. Monsieur trouvez ici l’expression de
notre profond remerciement et que le bon Dieu vous comble de beaucoup
de sagesse et de simplicité.
A l’assistant Dr Samuel BIDUAYA BAMUE nous disons grand merci pour
la disponibilité et l’amour avec lesquels vous avez accepté de codiriger ce
travail.
Mes sincères gratitudes s’adressent à Mon père Fidèle NGALAMULUME
K. à mes grands frères Jojo KASONGA, Jean-Paul KASONGA, à mes
Grandes sœurs Brigitte KAPINGA, Jolie ILUNGA, Gisèle NKAYA, à mes
jeunes sœurs Monique MPUTU, Sidonie CIAMBILA, Grace NKAYA, à mon
jeune frère Emmanuel BAKANIZE.
A tous mes maitres et encadreurs de la Faculté de Médecine de
l’Université Libre de Kinshasa (ULK) et de l’hôpital Militaire centrale
(HMC) nous disons grand Merci.
Mes remerciements et compliments s’adressent plus particulièrement aux
familles : TUBOYI KATOMPWA, MISENGA, ILUNGA KABANGU, pour leur
accueil, pour leurs soutiens moraux, réconfort, et matériels qu’elles ont
manifestés tout le long de ces deux dernières années de notre cycle de
doctorat.
Je saisi de cette occasion pour remercier aussi les amis de
lutte et les connaissances qui ont été utiles pour un bon
accomplissement de notre cycle de doctorat. Il s’agit entre autres de :
Naomi KITOKO BALENDA, Moise MUTOMBO KABEYA, Fiston NFUAMBA
MPOYI, Christian BADIBANGA, Espoir MULUMBA, Philippes LUBASU
MAMPUTU, Bienvenu MUSOIKI MBOMBI, Egidia MWAKA, Yanncik
LUKUSA, Yannick CIBANGU, Annita CILOMBO, Destin LELO MBUNGU,
Noel CIABOL et autres…pour des moments de joie et de peine passés
ensemble.
A tous ceux qui m’ont rendu service dans ma vie, trouvez ici
le couronnement de votre bonne volonté.
Idriss MULUMBA N.
LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES ET SYMBOLES
% : Pourcentage
/ : Par (division)
+- : Plus ou moins
g : gramme
mm : Millimètre
AD : Ayant Droit
AMIU : Aspiration Manuelle Intra-utérine
ATCD : Antécédent
APC : Avortement provoqué clandestin
CDE : convention relative aux droits de l’enfant
CEDEF : Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à
l’égard des femmes
CMCMBL : Centre Médicochirurgical militaire Maman BOBILA DAWA
DDR : Date des Dernières Règles
DUDH : Déclaration universelle des droits de l’homme
EDS : Enquête Démographique de santé
ET : écart-type
FCS : Fausses Couches Spontanées
FARDC : Forces armées de la république démocratique du congo
FUG : Fistule Uro-génitale
[Link]ématique
Aujourd’hui, la santé des femmes, et particulièrement la réduction
des morbidités et des mortalités maternelles évitables, reste un domaine
d’intervention sur lequel l’action ne peut que renforcer le niveau de
développement du pays. Beaucoup de progrès ont été réalisés en matière de
santé maternelle et néonatale mais demeurent fragiles.
Selon l’OMS, l’avortement est l’expulsion d’un produit de conception
de moins de 22 semaines d’aménorrhée à compter du premier jour des dernières
règles. Lorsque l’âge gestationnel est inconnu l’avortement est défini comme
étant l’expulsion d’un produit de conception de poids inférieur à 500g(1). C’est
une pratique ancienne et universelle qui se décline de manière différente selon
les époques et les contextes politiques, sociaux et culturels. (2)
A travers le Monde, les législations sont variables, allant de
l’autorisation à la demande de la femme jusqu’à l’interdiction totale, la
libéralisation de l’avortement fait objet de polémique intenses, et une fois acquise
elle est parfois remise en question. Certains revendiquent l’accès à l’avortement
comme un droit humain, un droit des femmes, un droit sexuel et reproductif,
mais aussi comme un droit à la santé face aux conséquences des avortements
illégaux. D’autres le condamne au nom du Droit à la vie de l’embryon(3).
En Afrique subsaharienne, la légalité de l’avortement s’inscrit le long
d’un continuum, allant de l’interdiction absolue à l’autorisation sans restriction
de motivation. En 2019, 92% des femmes en âge de procréer de la région vivaient
dans les 43 pays dotés de lois fortement ou modérément restrictives (c’est-à-dire
allant de l’interdiction totale de l’avortement à son autorisation pour sauver la vie
d’une femme ou préserver sa santé). (4)
Le Protocole de Maputo de 2003 de l’union africaine, seul instrument
d’affirmation des droits humains formulé de manière prescriptive sur les critères
d’admission à l’avortement, a probablement contribué, ces 20 dernières années à
l’élargissement des bases légales de l’avortement dans 21 Pays. (5)
En RDC, l’avortement reste interdit selon les dispositifs de l’article
165 du code pénal, Pourtant le pays fait partie des Etats signataires de la charte
africaine des droits de l’Homme et des peuples dit Protocole de Maputo entré en
vigueur après sa publication au journal Officiel de la RDC en Mars 2018, cet
accord se présente comme un instrument juridique qui autorise l’avortement
médicalisé pour certains cas notamment en cas de viol, d’inceste, lorsque la vie
ou la santé physique et mentale de la femme est menacée ainsi que dans le cas
malformation fœtale grave.(6) Nonobstant ces dispositions, les contradictions
demeurent avec les prescrits de l’article 165 du code Pénal (7).
Dans le monde, selon l’OMS, on estime que 13% de tous les décès
maternels dans les pays en développement sont dus aux avortements
clandestins, 40% des avortements à risque concernent une jeune femme de 15 à
24 ans, 8 Millions de femmes par an souffrent de complications liées à un
avortement à risque. Selon les estimations, 33 avortements pour 1000 femmes
âgées de 15 à 49 ans se produisent chaque année, sans grande variation entre
l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. (8)
En RDC, précisément à Kinshasa la capitale, l’avortement est un
phénomène très courant avec environ 146 700 le nombre d’avortements ayant eu
lieu en 2016. Ce taux correspondant à 56 interruptions pour 1000 femmes
âgées de 15 à 49 ans. (Selon Guttmacher instute en collaboration le département
des sciences de la population et du développement et l’école de santé publique de
l’université de Kinshasa) (9).
Cependant, l’avortement a souvent des conséquences de santé
graves, en 2016 on estimait à 37.870 le nombre des kinoises qui auraient reçu
des soins pour les complications suite à l’avortement, 34% des femmes ayant
présenté vraisemblablement des complications suffisamment graves pour justifier
un traitement dans une formation sanitaire, dans ce groupe de femmes 77%
avaient obtenu les soins dont elles avaient besoin et 23% se seraient faites
soigner en dehors des formations sanitaires ou pas du tout Sur l’ensemble des
patientes qui ayant reçu les soins après un avortement, 5% ne présentaient
aucun signe de complications, 33% présentaient de légères complications, 46%
des complications de gravité moyenne et 16% des complications graves telles que
l’état de choc, la défaillance d’organe, la péritonite généralisée ou la mort. (Selon
Guttmacher instute en collaboration le département des sciences de la
population et du développement et l’école de santé publique de l’université de
Kinshasa). (10)
2. 2. Objectif
2.2.1. Objectif Général
5. Subdivision du travail
Hormis l’introduction, la conclusion et les recommandations, ce présent travail
comporte quatre chapitres :
CHAPITRE 1 : GENERALITES ;
CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES ;
CHAPITRE 3 : RESULTATS ;
CHAPITRE 4 : DISCUSSION
CHAPITRE I : GENERALITES
I.1 Définition
L'avortement est l'interruption de la grossesse avec
expulsion du produit de conception avant 180 jours d'aménorrhée soit 28
semaines, date à partir de laquelle l'enfant viable né vivant est supposé pouvoir
se développer et vivre jusqu'à un âge avancé.
On distingue :
a) L’avortement spontané
L'avortement spontané survient de lui-même en dehors
de toute entreprise locale ou générale volontaire ; En effet, la nature dispose de
son propre mécanisme de régulation et beaucoup de fœtus et d’embryons
porteurs d’anomalies incompatibles avec la vie sont spontanément avortés.
b) L’avortement provoqué
L'avortement provoqué survient suite à des manœuvres
quelconques destinées à interrompre la grossesse. Il est classique de distinguer :
L’avortement provoqué clandestin ou avortement à risque : lorsqu’il
est autorisé ou non par la législation en vigueur dans le pays mais
pratiqué par des personnes non qualifiées à cet effet; dans ce cas, il est
également appelé avortement criminel ;
L’avortement thérapeutique : il s'agit d'un avortement provoqué réalisé
dans le but de soustraire la vie de la mère à un danger potentiel que la
grossesse est censée lui faire courir. Il est décidé lorsque l'évolution de la
grossesse met en danger la vie de la mère ;
L’avortement eugénique : l'avortement eugénique est un avortement
provoqué réalisé lorsque le fœtus est reconnu porteur d'une tare génétique
ou héréditaire incompatible avec la vie, ou suspecté de l’être;
Les avortements sociaux : les avortements sociaux sont réalisés lorsqu'il
existe une raison sociale grave : viol, inceste.
Légal : Autorisé par la loi dans certains pays. On distingue :
Au Maroc :
- Les études disponibles indiquent que la structure de la Mortalité maternelle est
composée de 4 causes principales :
Hémorragie (54%), troubles hypertensifs (24,2%), infection (8,1%) et
l'avortement (5,6%) (Source: Enquête confidentielle Sur les décès maternels
survenus en 2010 au Maroc).
• Le niveau de fécondité est élevé en moyenne 6,3 enfants par femme (EDS-RDC
2007) et environ 26% des grossesses interviennent dans des intervalles inter
génésiques inférieurs à 24 mois ;
• Le taux d’accouchements assistés par un personnel qualifié est de 74 % (MICS,
2010)
• Le taux d’utilisation de la consultation prénatale (CPN) est de 87 % (MICS,
2010) ;
• Le ratio de mortalité maternelle est de 540 pour 100.000 (cent mille en
2011),La mortalité infanto juvénile est 158 décès pour 1000 naissances vivantes
(MICS 2010), et la mortalité infantile est de 97décès pour 1000 Naissances
Vivantes (MICS,2010),La prévalence des méthodes contraceptives modernes est
en baisse et se situe à 5,4% (MICS 2010). L’accès aux soins obstétricaux et
néonatals d’urgence demeure encore faible : seulement 7% des centres de santé
dans les provinces de Bas-Congo, de Kinshasa et de Bandundu et 6% des
hôpitaux généraux de référence offrent un paquet complet des soins maternels et
néonataux d’urgence. Les structures de soins, aussi bien de base que de
référence disposent de moyens d’intervention limités. Le personnel de santé
qualifié est encore insuffisant. La prévalence des méthodes contraceptives
modernes demeure faible tandis que les besoins non satisfaits en planification
familiale sont encore énormes.
La RDC s’est dotée également d’un certain nombre d’instruments juridiques, en
conformité avec les textes internationaux et régionaux en lien avec les questions
de santé de la reproduction. On peut citer à ce sujet : la Constitution du 18
février 2006, le Code du Travail de 2002, les Lois 06/018 et 06/019 du 20 Juillet
2006 sur les violences sexuelles, la Loi du 14 Juillet 2008 portant protection de
la personne vivant avec le VIH ainsi que la Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009
portant protection des droits de l’enfant. A ce dispositif législatif s’ajoutent des
instruments juridiques internationaux et régionaux dûment ratifiés par la RDC.
Il s’agit notamment de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH),
des deux Pactes Internationaux Relatifs aux Droits de l’Homme (PIRDH), de la
Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des
Femmes (CEDEF), du Protocole de Maputo, de la Convention relative aux droits
de l’enfant (CDE), du Protocole à la Charte Africaine aux Droits de l’Homme et
des Peuples relatif aux Droits de Femmes(PROTOCOLEDEMAPUTO).
Cependant, plus d’une décennie après, de nombreuses barrières : culturelles,
religieuses, sociales, juridiques, et coutumières persistent et continuent à
maintenir la femme dans un état qui ne favorise pas son épanouissement. Les
différentes législations nationales en vigueur sus mentionnées ne donnent pas
une réponse globale et efficace à l’épineux.
1. Causes maternelles :
- Les causes générales sont essentiellement les maladies : rénales, cardiaques,
hypertensives, carentielles, métaboliques et endocriniennes (hyper ou
hypothyroïdie, déficience en œstrogènes, insuffisance lutéale, hyper androgénie),
immunologiques: incompatibilité sanguine fœto-maternelle dans le système
rhésus, syndrome des anti-phospholipides.
2. D’ordre moral :
- L’individualisme par relâchement du lien familial ;
- Le relâchement du lien conjugal (adultère, absence temporaire ou définitive du
conjoint) ;
- La séduction ;
- Le discrédit des familles nombreuses ;
- La pression du partenaire ou de la famille ;
- La sélection du sexe des enfants.
Dans tous les cas, la caduque peut être expulsée en un temps séparé.
I.8.3. La chirurgie
Le cerclage du col à la grossesse suivante s’il y a une béance cervico- isthmique.
La myomectomie : elle s’adresse aux myomes intra cavitaire source de stérilité.
L’hystéroscopie avec une cure dans les synéchies utérines si elles existent.
I.8.4. L’antibiothérapie
Si une infection est diagnostiquée par des examens de laboratoire, on doit mettre
en route une antibiothérapie adaptée, cas de la toxoplasmose, de la syphilis ou
des infections urinaires.
I.8.5. L’induction de l’ovulation en cas d’insuffisance lutéale
I.8.6. Equilibrer les syndromes endocriniens sources d’avortement
spontanés : Diabète, Hypothyroïdie, Hyperthyroïdie, Hypercorticisme.
Le choix de cette institution est basé non seulement sur la disponibilité des
dossiers portant sur les avortements étant donné sa position géostratégique qui
le situe dans un camp militaire, mais aussi par le fait que nous y étions présent
durant notre stage de fin d’études de Médecine. En outre, il s’agit d’un Hôpital de
niveau secondaire en se référant à la pyramide des soins en République
Démocratique du Congo.
B. Situation Géographique
L’HMC est situé dans la commune de Bandalungwa.
Au nord : Commune de Bandalungwa
Au sud : Commune de Lingwala
A L’Est : Eglise Centenaire Protestante
A l’Ouest : Commune de Kintambo
C. Situation socio-économique
L’HMC/ Kinshasa est une institution de l’armée. Elle fonctionne sous les frais de
l’armée ; Tout est presque gratuit pour le personnel de l’armée.
Pour le non ayant droit (NAD), il y a un comptable chargé pour la perception et
l’achat de quelques outils. Le personnel est payé au frais de l’Etat
D. Mandat/Mission/Fonction
Prise en charge des militaires et leurs dépendants ainsi que la population
civile
Assurer la prise en charge médicale de 4e Échelon (soins spécialisés de
dernier degré)
Servir d’hôpital d’instruction
Impulser et développer la recherche médicale au sein des FARDC
Assurer l’évacuation sanitaire de dernier degré
E. Organisation structurelle
1. Fonctionnement
Au quotidien, l’hôpital militaire central est dirigé par le commandant hôpital
(Médecin Directeur) et ses adjoints
Le comité de Gestion de l’hôpital Militaire est composé de :
Médecin chef de Zone
Médecin Directeur (commandant hôpital)
Médecin Directeur Adjoint Chargé des études et Techniques
Médecin Directeur adjoint chargé de l’administration et logistique
Médecin chef de staff Médical
Administrateur Gestionnaire (Directeur administratif)
Directeur Logistique
II.2. Population d’étude
La présente étude a eu pour cible, toutes les patientes ayant consulté le
Département de Gynéco-Obstétrique et traitées pour avortement durant la
période d’étude.
Critères d’inclusion
Cette étude a inclus :
Toutes les patientes ayant consulté le Département de Gynéco-Obstétrique
dont le diagnostic retenu portait sur l’avortement durant la période de
notre étude ;
Toutes les patientes ayant un dossier médical complet et exploitable
contenant toutes les variables d’intérêt.
Critères de non inclusion
La présente étude n’a pas inclus :
Toutes les patientes dont le diagnostic était autre chose que l’avortement;
Toutes patientes ayant consulté en dehors de la période d’étude.
Critères d’exclusion
Toutes patientes dont le diagnostic était l’avortement, mais ayant un
dossier médical incomplet ne contenant pas toutes les variables d’étude.
II.4. Matériel
Les matériels suivants ont servi à la réalisation de notre étude :
Registre du Département de Gynéco-obstétrique ;
Fiches de collecte des données ;
Fiches de consultation médicales ;
Ordinateur portable.
I. Difficultés rencontrées
Les difficultés rencontrées dans la réalisation de cette étude sont
les suivantes :
Mauvaise tenue de certains dossiers ; notamment l’insuffisance
d’informations sur les antécédents et le niveau socio-économique, la réligion
des certaines patientes.
Contraintes financières
31-40 28 28%
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que : 16% des femmes ayant
Recouru à l’avortement avaient un âge compris entre 12 et 20 ans, 56% avaient un
âge compris entre 21 et 30 ans, 28% avaient un âge compris entre 31 et 40 ans.
Aucune avortée n’avait un âge supérieur à 40 ans L’âge moyen des femmes ayant
recouru à l’avortement était de 36 ans avec des extrêmes d’âge de …………….
III.2.2. Situation matrimoniale des patientes
Tableau II. Répartition des patientes selon leur état civil
État civil
Célibataire 56 56
Mariée 33 33
Divorcée 9 9
Veuve 2 2
Il se dégage des résultats de ce tableau que 56% des femmes ayant avorté étaient
des célibataires ; 33% des mariées ; 9% des divorcées et 2% des veuves
Sécondaire 26 26
Diplomé d’Etat 46 46
Graduée 6 6
Licenciée 8 8
A partir des résultats du tableau ci-haut, nous constatons que 9% de femmes ayant
avorté étaient de niveau primaire ; 26% étaient de niveau secondaire ; 46% de
niveau des diplômées d’Etat; 6% fréquentaient encore l’université et 8% avaient
déjà terminé leurs études universitaires.
III.2.3. statut socio-professionnel des patientes
Tableau IV. Répartition des statuts socio-professionnels des patientes
Profession
Commercante 11 11
Salariée 6 6
Ménagère 59 59
Étudiante 24 24
Non determinée 0 0
Nous constatons, à partir de ce tableau, que 11% des femmes ayant recouru à
l’avortement étaient des commerçantes ; 6% étaient des salariées ; 59% étaient des
femmes ménagères; 24% étaient des étudiantes.
III.1.1. Adresse des patientes
Tableau V. Répartition des patientes selon leurs communes de provenance
Commune
Bandalungwa 42 42
Kalamu 9 9
Ngaliema 5 5
Limété 2 2
Matete 3 3
Masina 9 9
Kinshasa 2 2
Barumbu 0 0
Lingwala 3 3
Kintambo 8 8
4 4
Ndjili
2 2
Mont-ngafula
0 0
Maluku
0 0
Gombé
6 6
Kasa-vubu
1 1
Kimbanseke
1 1
Kisenso
2 2
Ngaba 0 0
Makala 1 1
Selembao 0 0
Bumbu 0 0
Ngiri-Ngiri 0 0
Les résultats dans ce tableau montrent que 42% des femmes ayant recouru à
l’avortement habitent la commune Bandalungwa ; 9%, la commune de Kalamu ,9%
la commune de Masina, 6% la commune de kasa-vubu, 8% la commune de Kintambo,
5% la commune de Ngaliema, 4% la commune de ND’Jili,3% provait de lingwala,
2% provenait de Mont-ngafula, Kisenso,limété,commune de kinshasa et 1%
provenait de selembao,kisenso,kimbanseke.
III.2.3. Intervalle d’âge du géniteur
Tableau VI. Répartition des grossesses qui se sont soldées par un avortement selon
l’intervalle d’âge du géniteur
Age
Moyenne ± ET (ans)
Extrêmes
10-17 8 8
18-30 66 66
31-40 22 22
41-plus 4 4
Profession
Commercant 37 37
Salarié 33 33
Étudiant 13 13
Chomeur 17 17
Non determine 0 0
État civil
Célibataire 66 66
Marié 24 24
Divorcé 8 8
Veuf 2 2
Non identifié 0 0
Il ressort des résultats dans ce tableau que 66% des géniteurs étaient
célibataires ; 24% étaient mariés ; 8% avaient déjà divorcé d’avec
leurs épouses et 2% étaient des jeunes veufs.
Niveau d’étude
Analphabet 5 5
Primaire 18 18
Sécondaire 10 10
Diplomé d’Etat 28 28
Gradué 16 16
Licencié 23 23
A partir des résultats présentés dans le tableau ci-haut, 5% des géniteurs étaient
analphabètes ; 18% avaient un niveau d’étude primaire ; 10% avaient un niveau
secondaire. 28% des géniteurs avaient déjà obtenu leur diplôme d’Etat, 16% avaient
déjà obtenu leur diplôme de graduat, 23% avaient déjà obtenu leur diplôme de
Licence.
III.2. Renseignements cliniques de la population d’étude
IV III.2.1. Année et Mois de consultation
V Tableau X. Répartition des patientes selon les années et les mois de
consultation
Variables Effectif (n=100) Pourcentage
Année
2021 49 49
2022 47 47
2023 52 52
2024 4 4
Mois
Janvier 15 15
Février 4 4
Mars 9 9
Avril 3 3
Mai 3 3
Juin 3 3
Juillet 6 6
Aout 11 11
Septembre 8 8
Octobre 6 6
10 10
Novembre
22 22
Décembre
Nous constatons dans ce tableau que les années ayant constituées notre périodé
d’étude avaient la proportion des consultations pour les avortements comme suite :
49% des cas d’avortement pour l’année 2021, 47% de cas pour l’année 2022, 54%
pour l’année 2023 et 4% de cas pour l’année 2024 puisque nous nous étions limité
juste au mois de janvier.
En terme de variation des cas pour les Mois nous avons 15% des cas pour le mois
de janvier, 4% février,9%mars, 3% Avril, 3% Mai,3%juin,6% juillet, 11% aout,
8%septembre, 6% octobre, 10% Novembre, Et 22% Décembre.
V.1.1. Mode d’admission et motifs d’admission
le motif de consultation
Mode d’admission
Transférée 26 26
Accompagnée 10 10
Seule 64 64
Motif de consultation
Douleur pelvienne 14 14
Saignément genital 56 56
Fièvre 18 18
Syncope 6 6
Asthénie physique 6 6
Autres 0 0
Il se dégage des résultats de ce tableau que 26% des femmes étaient de cas transférés,
10% se sont faites accompagner de leur proche (mari, cousine, amie, sœur, parents)
et 64% se sont amenés seules consulter.
Pour ce qui est du motif de consultation 14% ont consulté pour de douleur pelvienne,
56% pour un saignement génital, 18% pour la fièvre, 6% pour une syncope, et 6%
pour une asthénie physique.
V.1.3. Antécédents de la population d’étude
Tableau XII. Répartition des patientes selon leurs antécédents gynéco-
obstétricaux et médico-chirurgicaux.
ATCDS gynéco-obstétricaux
Parité
Nullipare 17 17
Pauci pare 27 27
Multipare 47 47
Grande multipare 9 9
Gestité
Primigeste 48 48
Multigeste 52 52
Avortement
Nbre d’avortements
0 68 68
1 18 18
2 12 12
3 2 2
Nombre d’avortements provoqués
0 67 67
Nombre d’avortements spontanés
1 33 33
ATCD médico-chirurgicaux
Médicaux
HTA 36 36
Aucune 64 64
Chirurgicaux
Césarienne 16 16
Appendicite 14 14
Aucune 60 60
En observant ce tableau, nous constatons que 17% de femmes ayant recouru à
l’avortement étaient des Nullipares, 27% des pauci pares, 47% des multipares, 9%
des grandes multipares.
En rapport avec la Gestité, 48% étaient des primigestes, 52% étaient des Multipares.
Pour les avortements, 68% représentent les femmes qui n’avaient pas d’antécédents
d’avortement, 18% celles qui avaient avortés une fois, 12% celles qui ont avorté
deux fois, Et 2% celles qui ont avorté 3 fois.
Les avortements provoqués, représentaient 67% et 33% étaient des avortements
spontanés.
Pour ce qui est des antécédents médicaux, 36% représentent les HTA, 64% pour des
cas dont les antécédents étaient ignorés. Pour les antécédents chirurgicaux, 16% de
cas des césarisées, 14% des appendicites, 60% des cas non identifiés.
Moins de Cinq SA 26 26
Cinq SA à neuf SA 51 51
Dix SA à Quartoze SA 19 19
Quinz SA à Dix-neuf SA 4 4
Vingt SA à plus 0 0
Ignoré 0 0
Grossesses rapprochées 3 3
Non identification du père biologique 4 4
Infidélité 2 2
Autres 0 0
Nous constatons, à partir de ce tableau que les principaux motifs évoqués avaient été
les raisons scolaires (35%), la crainte des parents (40%), la fuite des responsabilités
du géniteur (16%), les grossesses rapprochées (3%), la non identification du père
biologique (4%), l’infidélité (2%).
I.2. Eventuelles étiologies de l’avortement et les complications développées
Tableau VIII. Répartition des patientes selon les é t i o l o g i e s des
avortements
Causes organiques
Paludisme grave 8 8
HTA 13 13
Diabète sucré 24 24
Non élucidées 55 55
Pour ce tableau, nous observons que pour les étiologies des avortements, des causes
organiques telles que : 8% pour le paludisme grave, 13% pour l’HTA, 24% pour le
diabète sucré, 55% pour des causes élucidées.
Pour des causes non organiques : 53% de cas étaient dus à la pauvreté, 16%
consécutifs au viol, 15% de refus de maternité, Et 16% de Grossesses rapprochées.
IV.2. PRATIQUES ABORTIVES
Tableau XV. Procédures utilisées pour interrompre la grossesse
Curetage instrumental 31 31
Aspiration 11 11
Rupture des membranes 9 9
Désinsertion de l’œuf 3 3
Sondes métalliques 23 23
Tiges des plantes 2 2
Lavement 2 2
Prise des médicaments 15 15
Irrigation vaginale 1 1
KMnO4 Intra-vaginal 0 0
Autres 3 3
En observant le tableau ci-haut, nous constatons que les manœuvres abortives ont été
pratiquées dans 5% des cas par les médecins ; dans 58% des cas par les
paramédicaux ; dans 6% des cas par les femmes elles-mêmes ; dans 4% des cas par
les matrones ; dans 4% des étudiants en Médecine ; dans 12% des cas par les élèves
infirmiers ou les étudiants infirmiers. Dans 11% des cas, les avorteurs n’ont pas été
identifiés.
Il ressort des résultats dans ce tableau que deux types de complications avaient
été identifiées :
- Les complications hémorragiques, dues aux rétentions placentaires
(85%) ; aux perforations utérines (6%) et aux plaies cervico-
vaginales (13%), entraînant une anémie aiguë (11%).
- Les complications infectieuses à type d’endométrite (13%) ; de
péritonite généralisée (2%) ; de pelvi- péritonite (2%) ; de tétanos (3%) ;
de septicémie (23%) ou de salpingite (12%).
III.1. SEQUELLES
Tableau XVIII : Séquelles post-abortum
A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que parmi les 20
avortées interrogées, 4 seulement, soit 20% n’ont pas présenté des séquelles
post-abortum. 80% des avortées avaient présenté des séquelles dont les algies
pelviennes chroniques (60%), les métrorragies (30%), la psychose dépressive
ou sentiment de culpabilité (55%), la stérilité secondaire ( 15%).
Le tableau ci-haut montre que 22% des avortées ne connaissaient aucune méthode
contraceptive ; 20% utilisaient les pilules oestro progestatives, le dépo-provera était
connu de 5% ; le Norplant de 8% ; le DIU de 5%, le préservatif de 10% ; la ligature
des trompes de 3% ; la méthode du calendrier de 22%, la méthode de température de
3%, 2% étaient pour des méthodes non élucidées.
V.2. Renseignements paracliniques de la population d’étude
Résultat échographie
Non réalisée 28 28
Grossesse arrêtée 3 3
Avortement incomplet 66 66
Vacuité de la cavité utérine 3 3
TDR (Grossesse)
Positif 76 76
Non realizer 24 24
La majeure partie des patientes n’ont pas réalisé d’échographie. Les avortements
incomplets étaient retrouvés chez 23% des patientes.
Le test de diagnostic rapide était positif chez 15.4% des cas, et la majorité de femme
n’avaient pas réalisé cet examen.
CHAPITRE 4. DISCUSSION
1. Fréquence
Au cours de la présente étude, nous avons colligé au total 6680 patientes
ayant consulté pour toutes causes confondues au Département de Gynéco-
Obstétrique; parmi lesquelles 5840 ont consulté pour autres problèmes soit
87% et 840 patientes l’ont été pour l’avortement, ce qui représente une
fréquence de 13%.
Cette fréquence est supérieure par rapport à celle trouvée par Mamadou
BREHIMA DOUMBIA [35] qui a trouvé une fréquence de 4.07% sur l'ensemble
des grossesses. Cheick Ahmed Touré [39] a recensé 153 cas d'avortement sur
1109 admissions en salle d'accouchement soit une fréquence de 13,79 % de
toutes les admissions.
5. Age du géniteur
L’âge du géniteur n’a pas d’impact sur l’issue d’une grossesse non désirée. Si
nous observons le tableau 37, nous remarquons que de tous les motifs
d’avortement évoqués, un seul était lié au géniteur à savoir la fuite des
responsabilités de ce dernier. L’irresponsabilité est un caractère qui peut
exister aussi bien chez un homme en deçà de 35 ans que chez celui au-delà de
35 ans.
Aucun de tous les motifs évoqués ne nous paraît fondé pour justifier un
avortement clandestin. La colère des parents, l’infidélité dans la vie conjugale,...
sont moins graves et donc plus faciles à supporter qu’une septicémie, une
stérilité secondaire ou un décès.
Ces méthodes sont dangereuses car elles sont pratiquées par un personnel
incompétent, dans des locaux inappropriés, avec du matériel inadéquat et très
septique.
58% des avorteurs étaient des paramédicaux. Cela peut s’expliquer en partie
par le chômage de nombreux d’entre eux.
A la fin de leurs études, la plupart se retrouvent sans emploie et certains se
lancent alors dans les activités illicites d’interruption des grossesses non
désirées.
Un constat semblable à celui fait par notre étude avait été fait à Brazzaville.
Une étude sur les complications chirurgicales des avortements provoqués
clandestins au CHU de Brazzaville a révélé que 89,9% des avortements étaient
pratiqués par les paramédicaux (6).
Les avortements identifiés sont ceux qui se compliquent et aboutissent aux
hôpitaux généraux de référence pour la prise en charge des complications. Ce
qui signifie que les infirmiers travaillent mal et dans de mauvaises conditions
qui entraînent des complications.
En revanche des résultats contraires aux nôtres ont été trouvés par d’autres
chercheurs. LAPPLE , dans une étude menée dans un centre d’orthogénie de
l’hôpital Avicenne en France sur 66 femmes, note très peu de complications
gynéco-obstétricales malgré le grand nombre d’IVG répétées (23).
1. Séquelles
Dans certains cas, on retrouvait deux ou trois séquelles chez une même
femme. Les séquelles observées sont dues aux différentes manœuvres
abortives. C’est ainsi que la stérilité secondaire est due aux synéchies post-
curetages ou aux infections des voies génitales. La psychose dépressive, quant
à elle, est liée au sentiment de culpabilité qu’éprouve la femme après avoir
commis cet acte criminel.