Déterminants des avortements à Kinshasa

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET


UNIVERSITAIRE
FACULTE DE MEDECINE

ULK

DETERMINANTS DES AVORTEMENTS A


L’HOPITAL MILITAIRE CENTRAL
KOKOLO /KINSHASA DU 1er JANVIER 2021
AU 1er JANVIER 2024

MULUMBA NGALAMULUME Idriss


Gradué en Sciences Biomédicales

Mémoire présenté et défendu en vue de


L’obtention du titre de Docteur en Médecine,
Chirurgie et accouchement

Directeur : Prof Dr. JOHN DITEKEMENA

Année Académique 2023-2024


EPIGRAPHE

« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme


pour le seigneur et non pour des hommes ».
Colossiens 3 :23
IN MEMORIAM

Hommage à vous ma belle regretté très chère Maman Nicole NKAYA


KASONGA, pour m’avoir mis au monde, Orienté, conseillé et protégé tout au
long de mon jeune âge
Voilà aujourd’hui les fruits de votre effort lequel vous ne consommez pas.

Je garderai vos sages conseils et vos bonnes manières

Que ton âme repose en paix et que la terre de nos ancêtres soit douce et légère
à votre égard.

Trouve ici notre reconnaissance et à nous revoir le dernier jour

Votre fils Idriss MULUMBA N.

Idriss MULUMBA N.
DEDICACE

A l’Eternel Dieu tout puissant, le Dieu des alliances de l’apôtre Léopold


MUTOMBO KALOMBO pour la vie et la grâce qu’il ne cesse de m’offrir.

A mon père, NGALAMULUME KASAMBU Fidèle

Pour vos conseils ainsi que votre soutien inconditionnel, à la fois moral et
économique, qui m’a permis de réaliser ce parcours que je voulais et par
conséquent ce travail. Que le bon Dieu vous bénisse abondamment.

A Vous mes très chers grands parents POTIEN KASONGA BETU


KUMESU ET Monique MPUTU TSHOWA pour l’amour, le dévouement, la
confiance, le sacrifice que vous ne cessez de faire preuve pour moi.

Idriss MULUMBA N.
REMERCIEMENTS
C’est pour moi un moment favorable de présenter, de témoigner et de
marquer un signe de sincère reconnaissance aux personnalités qui m’ont
aidé d’une manière ou d’une autre afin d’atteindre ce niveau de
formation.
Monsieur le Professeur Docteur John DITEKEMENA DINANGA qui, en
dépit de ses lourdes occupations et charges des responsabilités, a bien
accepté la direction de ce mémoire. Monsieur trouvez ici l’expression de
notre profond remerciement et que le bon Dieu vous comble de beaucoup
de sagesse et de simplicité.
A l’assistant Dr Samuel BIDUAYA BAMUE nous disons grand merci pour
la disponibilité et l’amour avec lesquels vous avez accepté de codiriger ce
travail.
Mes sincères gratitudes s’adressent à Mon père Fidèle NGALAMULUME
K. à mes grands frères Jojo KASONGA, Jean-Paul KASONGA, à mes
Grandes sœurs Brigitte KAPINGA, Jolie ILUNGA, Gisèle NKAYA, à mes
jeunes sœurs Monique MPUTU, Sidonie CIAMBILA, Grace NKAYA, à mon
jeune frère Emmanuel BAKANIZE.
A tous mes maitres et encadreurs de la Faculté de Médecine de
l’Université Libre de Kinshasa (ULK) et de l’hôpital Militaire centrale
(HMC) nous disons grand Merci.
Mes remerciements et compliments s’adressent plus particulièrement aux
familles : TUBOYI KATOMPWA, MISENGA, ILUNGA KABANGU, pour leur
accueil, pour leurs soutiens moraux, réconfort, et matériels qu’elles ont
manifestés tout le long de ces deux dernières années de notre cycle de
doctorat.
Je saisi de cette occasion pour remercier aussi les amis de
lutte et les connaissances qui ont été utiles pour un bon
accomplissement de notre cycle de doctorat. Il s’agit entre autres de :
Naomi KITOKO BALENDA, Moise MUTOMBO KABEYA, Fiston NFUAMBA
MPOYI, Christian BADIBANGA, Espoir MULUMBA, Philippes LUBASU
MAMPUTU, Bienvenu MUSOIKI MBOMBI, Egidia MWAKA, Yanncik
LUKUSA, Yannick CIBANGU, Annita CILOMBO, Destin LELO MBUNGU,
Noel CIABOL et autres…pour des moments de joie et de peine passés
ensemble.
A tous ceux qui m’ont rendu service dans ma vie, trouvez ici
le couronnement de votre bonne volonté.
Idriss MULUMBA N.
LISTE DES ABREVIATIONS, ACRONYMES ET SYMBOLES
% : Pourcentage
/ : Par (division)
+- : Plus ou moins
g : gramme
mm : Millimètre
AD : Ayant Droit
AMIU : Aspiration Manuelle Intra-utérine
ATCD : Antécédent
APC : Avortement provoqué clandestin
CDE : convention relative aux droits de l’enfant
CEDEF : Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à
l’égard des femmes
CMCMBL : Centre Médicochirurgical militaire Maman BOBILA DAWA
DDR : Date des Dernières Règles
DUDH : Déclaration universelle des droits de l’homme
EDS : Enquête Démographique de santé
ET : écart-type
FCS : Fausses Couches Spontanées
FARDC : Forces armées de la république démocratique du congo
FUG : Fistule Uro-génitale

HMC : Hôpital Militaire Central

HTA : Hypertension artérielle

IVG : Interruption Volontaire de Grossesse

NAD : Non ayant droit


OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ORL : otorhino laryngologie
PF : Planification Familiale
PNSR : Programme national de la santé de la réproduction
PIRDH : Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme
RDC : République démocratique du congo
SA : Semaine d'Aménorrhée

TDR : Test de diagnostic rapide

SAA : Soins Après Avortement


SIDA : Syndrome Immuno Déficience Acquise
SONU : Soins Obstétricaux et Néonataux Urgences
USAID: United States Agency for International Development
VIH : Virus d'lmmuno déficience Humain
INTRODUCTION

[Link]ématique
Aujourd’hui, la santé des femmes, et particulièrement la réduction
des morbidités et des mortalités maternelles évitables, reste un domaine
d’intervention sur lequel l’action ne peut que renforcer le niveau de
développement du pays. Beaucoup de progrès ont été réalisés en matière de
santé maternelle et néonatale mais demeurent fragiles.
Selon l’OMS, l’avortement est l’expulsion d’un produit de conception
de moins de 22 semaines d’aménorrhée à compter du premier jour des dernières
règles. Lorsque l’âge gestationnel est inconnu l’avortement est défini comme
étant l’expulsion d’un produit de conception de poids inférieur à 500g(1). C’est
une pratique ancienne et universelle qui se décline de manière différente selon
les époques et les contextes politiques, sociaux et culturels. (2)
A travers le Monde, les législations sont variables, allant de
l’autorisation à la demande de la femme jusqu’à l’interdiction totale, la
libéralisation de l’avortement fait objet de polémique intenses, et une fois acquise
elle est parfois remise en question. Certains revendiquent l’accès à l’avortement
comme un droit humain, un droit des femmes, un droit sexuel et reproductif,
mais aussi comme un droit à la santé face aux conséquences des avortements
illégaux. D’autres le condamne au nom du Droit à la vie de l’embryon(3).
En Afrique subsaharienne, la légalité de l’avortement s’inscrit le long
d’un continuum, allant de l’interdiction absolue à l’autorisation sans restriction
de motivation. En 2019, 92% des femmes en âge de procréer de la région vivaient
dans les 43 pays dotés de lois fortement ou modérément restrictives (c’est-à-dire
allant de l’interdiction totale de l’avortement à son autorisation pour sauver la vie
d’une femme ou préserver sa santé). (4)
Le Protocole de Maputo de 2003 de l’union africaine, seul instrument
d’affirmation des droits humains formulé de manière prescriptive sur les critères
d’admission à l’avortement, a probablement contribué, ces 20 dernières années à
l’élargissement des bases légales de l’avortement dans 21 Pays. (5)
En RDC, l’avortement reste interdit selon les dispositifs de l’article
165 du code pénal, Pourtant le pays fait partie des Etats signataires de la charte
africaine des droits de l’Homme et des peuples dit Protocole de Maputo entré en
vigueur après sa publication au journal Officiel de la RDC en Mars 2018, cet
accord se présente comme un instrument juridique qui autorise l’avortement
médicalisé pour certains cas notamment en cas de viol, d’inceste, lorsque la vie
ou la santé physique et mentale de la femme est menacée ainsi que dans le cas
malformation fœtale grave.(6) Nonobstant ces dispositions, les contradictions
demeurent avec les prescrits de l’article 165 du code Pénal (7).

Dans le monde, selon l’OMS, on estime que 13% de tous les décès
maternels dans les pays en développement sont dus aux avortements
clandestins, 40% des avortements à risque concernent une jeune femme de 15 à
24 ans, 8 Millions de femmes par an souffrent de complications liées à un
avortement à risque. Selon les estimations, 33 avortements pour 1000 femmes
âgées de 15 à 49 ans se produisent chaque année, sans grande variation entre
l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. (8)
En RDC, précisément à Kinshasa la capitale, l’avortement est un
phénomène très courant avec environ 146 700 le nombre d’avortements ayant eu
lieu en 2016. Ce taux correspondant à 56 interruptions pour 1000 femmes
âgées de 15 à 49 ans. (Selon Guttmacher instute en collaboration le département
des sciences de la population et du développement et l’école de santé publique de
l’université de Kinshasa) (9).
Cependant, l’avortement a souvent des conséquences de santé
graves, en 2016 on estimait à 37.870 le nombre des kinoises qui auraient reçu
des soins pour les complications suite à l’avortement, 34% des femmes ayant
présenté vraisemblablement des complications suffisamment graves pour justifier
un traitement dans une formation sanitaire, dans ce groupe de femmes 77%
avaient obtenu les soins dont elles avaient besoin et 23% se seraient faites
soigner en dehors des formations sanitaires ou pas du tout Sur l’ensemble des
patientes qui ayant reçu les soins après un avortement, 5% ne présentaient
aucun signe de complications, 33% présentaient de légères complications, 46%
des complications de gravité moyenne et 16% des complications graves telles que
l’état de choc, la défaillance d’organe, la péritonite généralisée ou la mort. (Selon
Guttmacher instute en collaboration le département des sciences de la
population et du développement et l’école de santé publique de l’université de
Kinshasa). (10)

Ainsi que face à la recrudescence des cas des avortements dans


notre contré, nous avons jugé opportun d’entreprendre la présente étude afin de
contribuer à l’identification des déterminants des avortements dans nos milieux.

2. But et Objectif du travail


2.1. But

Le But de ce travail est de contribuer à l’identification des déterminants des


avortements dans notre milieu

2. 2. Objectif
2.2.1. Objectif Général

L’objectif général de ce travail est l’étude des déterminants des avortements à


l’hôpital militaire central kokolo/Kinshasa de 1er janvier 2021 au 1er janvier
2024

2.2.2. Objectifs spécifiques

Pour atteindre notre objectif général, nous nous sommes assignés


Plusieurs objectifs spécifiques suivants :
 Déterminer la fréquence des avortements à l’Hôpital Militaire
Central/KOKOLO
 Déterminer le profil socio démographique, épidémio-clinique de la
population d’étude ;
 Identifier les principaux facteurs étiologiques des avortements à l’Hôpital
Militaire Central /KOKOLO;
 Déterminer l’évolution thérapeutique des patientes ayant subi l’avortement
à l’Hôpital Militaire Central/Camp KOKOLO
 Formuler les recommandations

3. choix et intérêt du sujet


L’avortement est un problème très majeur de santé publique non négligeable
dans notre milieu, notre intérêt est de comprendre les facteurs qui sont à la base
de la recrudescence des avortements clandestins et de la mortalité liée ce
phénomène dans notre société malgré les lois restrictives.
4. Délimitation du Sujet
Notre travail sera réalisé à l’hôpital militaire central Kokolo/Kinshasa durant une
période allant du 1er Janvier 2021 au 1er Janvier 2023

5. Subdivision du travail
Hormis l’introduction, la conclusion et les recommandations, ce présent travail
comporte quatre chapitres :

 CHAPITRE 1 : GENERALITES ;
 CHAPITRE 2 : MATERIEL ET METHODES ;
 CHAPITRE 3 : RESULTATS ;
 CHAPITRE 4 : DISCUSSION
CHAPITRE I : GENERALITES
I.1 Définition
L'avortement est l'interruption de la grossesse avec
expulsion du produit de conception avant 180 jours d'aménorrhée soit 28
semaines, date à partir de laquelle l'enfant viable né vivant est supposé pouvoir
se développer et vivre jusqu'à un âge avancé.

Avec l'évolution des connaissances médicales et


l'amélioration de la prise en charge des patientes la définition de l'avortement a
évolué. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) l’avortement est
l’expulsion d’un produit de conception de moins de 22 SA à compter du premier
jour des dernières règles. Lorsque l’âge gestationnel est ignoré l'avortement est
défini comme l'expulsion ou l'extraction hors de la mère du produit de conception
pesant moins de 500 grammes ; ce qui correspond à 20-22 semaines
d'aménorrhée.

Selon le mécanisme de survenue on distingue deux types


d’avortements :
2. Classification
Les avortements peuvent être classés selon l’âge de la grossesse, selon le
mécanisme de survenue et selon les conditions de réalisations
Classification selon l’âge de la grossesse
On distingue :
 Avortement ultra-précoce ou infra-clinique : désigne tout avortement au
Cours des sept à dix jours suivant l'implantation ovulaire ce qui
Correspond 8 à 17 jours post-conceptionnel.
 Avortement précoce : c’est un avortement survenu au cours des 12
Premières semaines d'aménorrhée.
 Avortement tardif : expulsion d'un fœtus dont l’âge gestationnel est
Compris entre 13 et 27 semaines + 6 jours d’aménorrhée

Classification selon le mécanisme de survenue

On distingue :
a) L’avortement spontané
L'avortement spontané survient de lui-même en dehors
de toute entreprise locale ou générale volontaire ; En effet, la nature dispose de
son propre mécanisme de régulation et beaucoup de fœtus et d’embryons
porteurs d’anomalies incompatibles avec la vie sont spontanément avortés.

b) L’avortement provoqué
L'avortement provoqué survient suite à des manœuvres
quelconques destinées à interrompre la grossesse. Il est classique de distinguer :
 L’avortement provoqué clandestin ou avortement à risque : lorsqu’il
est autorisé ou non par la législation en vigueur dans le pays mais
pratiqué par des personnes non qualifiées à cet effet; dans ce cas, il est
également appelé avortement criminel ;
 L’avortement thérapeutique : il s'agit d'un avortement provoqué réalisé
dans le but de soustraire la vie de la mère à un danger potentiel que la
grossesse est censée lui faire courir. Il est décidé lorsque l'évolution de la
grossesse met en danger la vie de la mère ;
 L’avortement eugénique : l'avortement eugénique est un avortement
provoqué réalisé lorsque le fœtus est reconnu porteur d'une tare génétique
ou héréditaire incompatible avec la vie, ou suspecté de l’être;
 Les avortements sociaux : les avortements sociaux sont réalisés lorsqu'il
existe une raison sociale grave : viol, inceste.
 Légal : Autorisé par la loi dans certains pays. On distingue :

 L’avortement médical qui comporte


 L’avortement thérapeutique lorsque les motivations sont de
soustraire la mère d’un danger que la grossesse pourrait lui faire
courir,

 L’avortement eugénique en cas de forte probabilité que l'enfant à


naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue
comme incurable au moment du diagnostic.
 Les avortements sociaux qui concernent :
 Une grossesse issue d’un viol,
 Une grossesse incestueuse
 L’interruption volontaire de la grossesse.
La loi dans certains pays comme la France, permet à la femme d’accéder à
une interruption de grossesse normo-évolutive jusqu’à 12 semaines
d’aménorrhée. L’interruption volontaire de grossesse est interdite en RDC.
 Avortement illégal ou avortement provoqué clandestin (APC) :
C’est l’interruption volontaire de la grossesse non autorisée par la
Loi. Il est encore appelé avortement criminel.
Selon les conditions de réalisation

Selon les conditions dans lesquelles ils sont réalisés on a :

 L’avortement médicalisé ou sécurisé : c’est l’avortement pratiqué par un


prestataire de soins formé qui utilise une technique correcte répondant
aux normes sanitaires rigoureuses.
 L’avortement non sécurisé : c’est un avortement pratiqué soit par des
personnes qui ne possèdent pas les compétences nécessaires, soit dans un
contexte où les conditions sanitaires minimales n’existent pas, ou les deux
à la fois.
I.2 Fréquence :
On estime que 13% de tous les décès maternels dans les pays en développement
sont dûs aux avortements clandestins ; 40 % des avortements à risque
concernent une jeune femme de 15 à 24 ans ; 8 millions de femmes par an
souffrent de complications liées à un avortement à risque. Cette estimation se fait
de façon rétrospective et consiste à comparer dans un service de gynécologie
obstétrique le nombre des avortements à celui des accouchements. Cela ne peut
être qu’une approche de la réalité car certains avortements coïncident avec la
date des règles et restent totalement méconnus des patientes. D’autre part
l’expulsion d’une grossesse arrêtée peut-être tardive et se produire plusieurs
après la mort du fœtus. Ces avortements risquent alors d’être classés parmi les
accouchements prématurés. L’idéal est une étude prospective sur un échantillon
de population féminine donnée à l’avance et contrôlée pendant toute la période
de sa fertilité. Cela est impossible en pratique. La plupart des statistiques sont
donc probablement en dessous de la réalité. L’aspect le plus important révélé par
l’étude de la fréquence est celui des avortements dits habituels ou à répétition.
L’OMS estime que les complications de la grossesse et de l’accouchement sont la
deuxième cause de mortalité au monde chez les jeunes filles de 15 à 19 ans, En
effet, 11% du total des naissances dans le monde sont imputables à des filles de
15 à 19 ans, Dont la majorité vit dans des pays à revenus faibles. Environ 10
millions de filles se marient chaque année avant leur 18ème anniversaire, Dans les
pays en développement, une fille sur sept est mariée avant l’âge de 15 ans. En
Asie du sud et en Afrique subsaharienne, plus de 40% des filles sont mariées
avant l’âge de 18 ans.

Au Maroc :
- Les études disponibles indiquent que la structure de la Mortalité maternelle est
composée de 4 causes principales :
 Hémorragie (54%), troubles hypertensifs (24,2%), infection (8,1%) et
l'avortement (5,6%) (Source: Enquête confidentielle Sur les décès maternels
survenus en 2010 au Maroc).

Ainsi BARDOT.J et COLL estiment que :


- 20 à 30% des femmes qui avortent une fois, avortent à nouveau
- 30 à 40% des femmes qui ont avorté 2 fois, avortent à nouveau
- 75% des femmes qui ont avorté 3 fois, avortent à nouveau

En République Démocratique du Congo (RDC) la situation de la Santé de la mère


et de l’enfant préoccupe à un haut niveau. Elle est caractérisée par la morbidité
et la mortalité élevées qui touchent essentiellement les femmes, les adolescentes
et les nouveau-nés. On enregistre, selon les statistiques données par le
Programme National de la santé de la Reproduction (PNSR) chaque année, 23
725 femmes qui meurent par le fait de la grossesse, de l’accouchement ou après
celui-ci, de causes pourtant évitables, soit 65 femmes meurent chaque jour
;Chaque jour, 380 enfants de moins d’un an meurent, soit 16 enfants par heure
;On compte 251 160 adolescentes de 10 à 19 ans qui avortent chaque année et
beaucoup y perdent leur vie, contribuant à l’échelle de 20% de la mortalité
maternelle. Il est à noter qu’à côté de ces chiffres, il faut relever d’autres cas
similaires, liés à la Santé sexuelle, notamment 40.000 cas de fistule uro-génitale
(FUG) liés aux accouchements précoces et compliqués, dénombrés en 2006 au
point que la RD Congo demeure le principal réservoir de ce fléau, Plus d’un
million de femmes de 15 à 49 ans désireuses d’espacer ou retarder les
naissances n’ont pas accès à l’information, aux services ou méthodes
contraceptives de leur choix à cause des obstacles socio culturels, juridiques ou
financiers.
En outre, il faut souligner également que La RDC demeure un pays à indice de
fécondité élevée avec une mortalité maternelle et néonatale importante. Elle
figure parmi les quelques pays au monde qui portent 50% de la charge de décès
maternels.
Les données ci-dessous décrivent l’état des lieux de la Santé de la Reproduction
(SR) en République Démocratique du Congo:

• Le niveau de fécondité est élevé en moyenne 6,3 enfants par femme (EDS-RDC
2007) et environ 26% des grossesses interviennent dans des intervalles inter
génésiques inférieurs à 24 mois ;
• Le taux d’accouchements assistés par un personnel qualifié est de 74 % (MICS,
2010)
• Le taux d’utilisation de la consultation prénatale (CPN) est de 87 % (MICS,
2010) ;
• Le ratio de mortalité maternelle est de 540 pour 100.000 (cent mille en
2011),La mortalité infanto juvénile est 158 décès pour 1000 naissances vivantes
(MICS 2010), et la mortalité infantile est de 97décès pour 1000 Naissances
Vivantes (MICS,2010),La prévalence des méthodes contraceptives modernes est
en baisse et se situe à 5,4% (MICS 2010). L’accès aux soins obstétricaux et
néonatals d’urgence demeure encore faible : seulement 7% des centres de santé
dans les provinces de Bas-Congo, de Kinshasa et de Bandundu et 6% des
hôpitaux généraux de référence offrent un paquet complet des soins maternels et
néonataux d’urgence. Les structures de soins, aussi bien de base que de
référence disposent de moyens d’intervention limités. Le personnel de santé
qualifié est encore insuffisant. La prévalence des méthodes contraceptives
modernes demeure faible tandis que les besoins non satisfaits en planification
familiale sont encore énormes.
La RDC s’est dotée également d’un certain nombre d’instruments juridiques, en
conformité avec les textes internationaux et régionaux en lien avec les questions
de santé de la reproduction. On peut citer à ce sujet : la Constitution du 18
février 2006, le Code du Travail de 2002, les Lois 06/018 et 06/019 du 20 Juillet
2006 sur les violences sexuelles, la Loi du 14 Juillet 2008 portant protection de
la personne vivant avec le VIH ainsi que la Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009
portant protection des droits de l’enfant. A ce dispositif législatif s’ajoutent des
instruments juridiques internationaux et régionaux dûment ratifiés par la RDC.
Il s’agit notamment de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH),
des deux Pactes Internationaux Relatifs aux Droits de l’Homme (PIRDH), de la
Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des
Femmes (CEDEF), du Protocole de Maputo, de la Convention relative aux droits
de l’enfant (CDE), du Protocole à la Charte Africaine aux Droits de l’Homme et
des Peuples relatif aux Droits de Femmes(PROTOCOLEDEMAPUTO).
Cependant, plus d’une décennie après, de nombreuses barrières : culturelles,
religieuses, sociales, juridiques, et coutumières persistent et continuent à
maintenir la femme dans un état qui ne favorise pas son épanouissement. Les
différentes législations nationales en vigueur sus mentionnées ne donnent pas
une réponse globale et efficace à l’épineux.

Il s’avère donc impérieux de légiférer sur les questions relatives à la Santé de la


Reproduction pour d’une part, doter la RDC d’un instrument juridique de
référence en la matière ; et d’autre part, renforcer la cohérence dans l’application
des dispositions existantes.
I.3 Etiologie
En cas d’avortement, l’enquête étiologique rencontre des nombreuses difficultés :
Cause des avortements spontanés :
Les causes sont variées, et peuvent être maternelles ou ovulaires.

1. Causes maternelles :
- Les causes générales sont essentiellement les maladies : rénales, cardiaques,
hypertensives, carentielles, métaboliques et endocriniennes (hyper ou
hypothyroïdie, déficience en œstrogènes, insuffisance lutéale, hyper androgénie),
immunologiques: incompatibilité sanguine fœto-maternelle dans le système
rhésus, syndrome des anti-phospholipides.

- Les causes infectieuses :


Au cours des infections, l’avortement peut survenir par deux mécanismes :
 L’hyperthermie qui déclenche les contractions utérines aboutissant au
décollement et à l’expulsion de l’œuf ;
 La traversée du placenta par les agents pathogènes.

- Ces infections peuvent être :


 Bactériennes : syphilis, infections urinaires, listériose, rickettsiose,
infections à chlamydiae et à mycoplasme…
 Parasitaires : toxoplasmose, paludisme ;
 Virales : toute virose est susceptible d’entraîner un avortement.

- Les causes toxiques sont essentiellement


 le tabagisme, l’alcoolisme
 les radiations ionisantes ;
 certains médicaments et certaines plantes.

- Les causes utérines sont représentées par les anomalies


Congénitales ou acquises du corps utérin :
 Les malformations : utérus bicorne, unicorne, cloisonné, cordiforme, à
éperon, hypoplasies utérines ;
 Les tumeurs en particulier, les myomes sous muqueux, interstitiels, intra
cavitaires ;
 Les malpositions utérines en particulier les retro déviations fixées de
l’utérus ;
 Les synéchies utérines ;
 Les anomalies du col utérin congénitales ou acquises : les béances cervico-
isthmiques, les hypoplasies et les agénésies cervicales.

- Les causes traumatiques :


les traumatismes abdominopelviens violents, sont des causes rares avant 10
semaines de grossesse en raison de la situation pelvienne de l’utérus.
2. Causes ovulaires :

Elles sont essentiellement représentées par les aberrations chromosomiques :


- de nombre : monosomie, trisomie, tétraploïdie ;
- de structure : translocations, chromosomes en anneau, mosaïques ;
- La môle hydatiforme, les anomalies de la greffe de l’œuf, les grossesses
multiples.

 Cause des avortements provoqués :


1. D’ordre socio-économique :
- Viol, inceste ;
- Précarité, niveau socio-économique bas, pauvreté ;
- Jeune âge, célibat ;
- Refus de paternité ;
- Grossesse illégitime ;
- Grande multiparité.

2. D’ordre moral :
- L’individualisme par relâchement du lien familial ;
- Le relâchement du lien conjugal (adultère, absence temporaire ou définitive du
conjoint) ;
- La séduction ;
- Le discrédit des familles nombreuses ;
- La pression du partenaire ou de la famille ;
- La sélection du sexe des enfants.

3. Étude clinique et évolution de l’avortement


L’avortement spontané se déroule en deux étapes : la menace d’avortement et
l’avortement proprement dit :

[Link]. Menace d’avortement


Elle est caractérisée par de petites métrorragies, parfois minimes indolores tantôt
de sang rouge, tantôt de sang noir, tantôt rosé mêlées de sérosités, toujours
répétées. La femme peut se plaindre de discrètes douleurs à type de contractions
utérines. A l’examen, le col reste long et fermé et la région isthmique est normale
; il faut compléter cet examen par une échographie pelvienne.

[Link]. Avortement proprement dit


Il est annoncé par l’importance des pertes sanguines et par l’apparition de
douleurs ou par leur augmentation en fréquence, en intensité et en régularité. A
l’examen, le col est ouvert, de longueur variable; la partie basse de l’utérus
évasée est distendue par l’œuf.

L’avortement spontané a dans son évolution, les particularités suivantes :

 Il est naturel et en général complet. Il s’opère :


Soit en un temps, au cours des deux premier mois. L’œuf expulsé, quand il est
très jeune, est du volume d’une châtaigne. Vers deux mois le placenta, localisé à
l’un des pôles, est empli en général d’un liquide limpide.
L’embryon est souvent absent, dissous. On parle d’œuf clair.
Soit en deux temps, vers le troisième ou quatrième mois, fœtus d’abord puis
placenta. Lorsque le fœtus est mort in utero et qu’il a été retenu un certain
temps, il peut naître momifié ou même macéré suivant l’âge de la grossesse.

Dans tous les cas, la caduque peut être expulsée en un temps séparé.

 Il est peu hémorragique, rarement compliqué d’infection.


Cependant des complications sont possibles surtout hémorragiques.
Après l’avortement, l’involution utérine est rapide. Une montée laiteuse peut
survenir après l’avortement de plus de trois mois. Les règles surviennent quatre
semaines environ après l’accident. Une autre évolution peut se voir en cas de
certaines grossesses très jeunes. C’est la résorption complète de l’œuf après sa
mort. Les métrorragies persistent mais elles sont en général discrètes. Les cycles
se rétablissent par la suite.
1. Traitement
Le traitement est fonction du stade.
I.8.1. La menace d’avortement
Apres s’être assuré de la vitalité fœtale par échographie, on doit :
- Mettre la femme au repos
- Administrer des antispasmodiques
- Administrer la progestérone à partir du 3e mois dans un but tocolytique pour
certains auteurs.
I.8.2. L’avortement proprement dit
 Avant 8 semaines d’aménorrhée, on peut attendre l’expulsion spontanée
évitant ainsi la dilatation forcée (pas toujours nécessaire), nécessitant des
saignements inferieurs à des règles. Si le produit d’expulsion est complet
attesté par la vacuité utérine à l’échographie, une simple prescription de
Methylergometrine (METHERGIN*) suffit.
 De 8 à 12 semaines d’aménorrhée : il est licite d’attendre sous surveillance
de la coagulation l’expulsion spontanée du fœtus. Souvent une aspiration
est nécessaire pour assurer l’évacuation utérine dans la salle d’AMIU (unité
de prise en charge des avortements spontanés).
 Apres 12 semaines d’aménorrhée : s’il y a une rétention ovulaire, il faut
envisager l’évacuation préalable par prostaglandine suivie d’un contrôle de
l’évacuation par curage digital ou l’aspiration du produit.

I.8.3. La chirurgie
Le cerclage du col à la grossesse suivante s’il y a une béance cervico- isthmique.
La myomectomie : elle s’adresse aux myomes intra cavitaire source de stérilité.
L’hystéroscopie avec une cure dans les synéchies utérines si elles existent.
I.8.4. L’antibiothérapie
Si une infection est diagnostiquée par des examens de laboratoire, on doit mettre
en route une antibiothérapie adaptée, cas de la toxoplasmose, de la syphilis ou
des infections urinaires.
I.8.5. L’induction de l’ovulation en cas d’insuffisance lutéale
I.8.6. Equilibrer les syndromes endocriniens sources d’avortement
spontanés : Diabète, Hypothyroïdie, Hyperthyroïdie, Hypercorticisme.

I.8.7. Cas d’avortement immunologiques


 Corticoïde
 Transfusion de lymphocytes paternels ou hétérologues
2. les modalités de prise en charge de l’avortement incomplet
Les méthodes d’évacuation utérine en cas d’avortement incomplet sont :
1. Curage digital :
- C’est une méthode d’évacuation de l’utérus qui n’est réalisable que lorsque le
canal cervical est perméable pour permettre le passage d’un ou de deux doigts ;
- L’évacuation est souvent incomplète et le risque d’infection est grand du fait du
non-respect des règles de la prévention des infections.
2. Curetage hémostatique :
- C’est la technique qui consiste à évacuer le contenu utérin, à l’aide d’une
curette. Elle s’effectue sous anesthésie.
- Les complications du curetage sont :
 La perforation utérine est favorisée par mauvaise traction du col sur un
utérus retro versé ou fortement antéversé ;
 Les traumatismes de la vessie ou de l’intestin ;
 L’infection.
3. Aspiration électrique :
- Cette méthode utilise une canule reliée à un appareil muni d’un tuyau de
raccord qui provoque une dépression d’environ 600 mm de mercure (hg)
permettant ainsi l’aspiration ;
- La technique d’aspiration est la même que l’aspiration manuelle avec la canule
de Karman (AMIU)
2.1.4. Complications de l’avortement
On distingue les complications précoces et tardives.
[Link]. Les complications précoces
Elles se subdivisent en :
 Complications immédiates
Elles sont fréquentes au cours de l’avortement à risque et engagent très souvent
le pronostic vital de la patiente. Ce sont :
 L’hémorragie, d’abondance variable pouvant être responsable d’anémie
voire de choc hypovolémique.
 La rétention ovulaire
 La perforation utérine souvent associée à des lésions cervicales et
viscérales.
 L’embolie gazeuse et amniotique cause souvent une mort brutale
 La mort peut survenir dans un tableau de choc hémorragique, toxique ou
réflexe. La mort par réflexe cervico-bulbaire s’observe dans les cas
d’avortement par manœuvre endo-utérine. C’est un accident paroxystique
imprévisible.
 Complications secondaires
Elles sont infectieuses. On peut citer :
 L’endométrite, la salpingite, l’abcès du cul de sac de Douglas, le phlegmon
des ligaments larges, de la gaine hypogastrique, la pelvipéritonite, et
souvent la péritonite.
 Le tétanos
 La septicémie
 L’hépatonéphrite toxique et ou infectieuse responsable d’insuffisance
rénale aigue.
 La phlébite, la thrombophlébite.
[Link]. Les complications tardives
Elles comportent :
 la stérilité secondaire
 les grossesses extra-utérines
 les fausses couches
 le placenta prævia ou accreta
 les douleurs pelviennes chroniques
 les séquelles neuropsychiques : névrose dépressive, complexe de
culpabilité ou d’indignité.
CHAPITRE II. MATERIEL ET METHODES

II.1. Type, période et cadre d’étude

II.1.1. Type d’étude


Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive basée sur la récolte et le traitement
des données antérieures et contenues dans les registres, réalisée à l’Hôpital
Militaire Central KOKOLO (HMCK) du 1e Janvier 2021 au 1e Décembre 2023.

II.1.2. Période d’étude


Elle a couvert la période allant du 1e Janvier 2021 au 1e Décembre 2023, soit
une durée de 3 ans.

II.1.3. Description du cadre d’étude


A. Historique de l’hôpital militaire central de Kinshasa (HMC/Kin)
Toute institution quel que soit son genre ou sa dimension se caractérise par son
histoire, il est de même pour l’HMC.
L’hôpital militaire central (HMC) est une propriété de l’Etat congolais, sous tutelle
du Ministère de la Défense Nationale, Implanté dans l’enceinte du camp
Lieutenant-colonel KOKOLO, situé dans la partie nord de la commune de
Bandalungwa, dans la ville province de KINSHASA, capitale de la République
Démocratique du Congo.
Né de la simple infirmerie de la force publique du Congo Belge avant notre
indépendance, ne disposant alors que d’un seul bâtiment : Le bâtiment
administratif actuel, il est devenu aujourd’hui l’hôpital militaire central, avec 11
bâtiments, dont 3 pavillons d’hospitalisation. Il est prévu la construction d’un
bâtiment pour la pédiatrie, que nous attendons encore.

Au cours de temps, cette institution a connu plusieurs dénominations à savoir :


En 1920 : infirmerie de la force publique
En 1972 : centre de santé pilote
En 1985 : Centre Médico-chirurgical militaire Maman BOBILA DAWA
(CMCMBL) qui devient peu après l’hôpital militaire de référence
En 1997 : Hôpital militaire Régional (HMR), embryon de l’Hôpital militaire central
(HMC).
De 2007 à ce jour : Hôpital Militaire central. A ce titre, il est l’hôpital Général de
la Zone de santé KOKOLO.

Cette étude est effectuée au Département de Gynéco-obstétrique de l’Hôpital


Militaire Central HMC/KOKOLO, ayant 4 départements actuellement (gynéco-
obstétrique, chirurgie, médecine interne, et pédiatrie) et 7 services
(neuropsychiatrie, anesthésie et réanimation, dermatologie, kinésithérapie,
ophtalmologie, ORL et stomatologie).

Le choix de cette institution est basé non seulement sur la disponibilité des
dossiers portant sur les avortements étant donné sa position géostratégique qui
le situe dans un camp militaire, mais aussi par le fait que nous y étions présent
durant notre stage de fin d’études de Médecine. En outre, il s’agit d’un Hôpital de
niveau secondaire en se référant à la pyramide des soins en République
Démocratique du Congo.
B. Situation Géographique
L’HMC est situé dans la commune de Bandalungwa.
 Au nord : Commune de Bandalungwa
 Au sud : Commune de Lingwala
 A L’Est : Eglise Centenaire Protestante
 A l’Ouest : Commune de Kintambo

C. Situation socio-économique
L’HMC/ Kinshasa est une institution de l’armée. Elle fonctionne sous les frais de
l’armée ; Tout est presque gratuit pour le personnel de l’armée.
Pour le non ayant droit (NAD), il y a un comptable chargé pour la perception et
l’achat de quelques outils. Le personnel est payé au frais de l’Etat
D. Mandat/Mission/Fonction
 Prise en charge des militaires et leurs dépendants ainsi que la population
civile
 Assurer la prise en charge médicale de 4e Échelon (soins spécialisés de
dernier degré)
 Servir d’hôpital d’instruction
 Impulser et développer la recherche médicale au sein des FARDC
 Assurer l’évacuation sanitaire de dernier degré
E. Organisation structurelle
1. Fonctionnement
Au quotidien, l’hôpital militaire central est dirigé par le commandant hôpital
(Médecin Directeur) et ses adjoints
Le comité de Gestion de l’hôpital Militaire est composé de :
 Médecin chef de Zone
 Médecin Directeur (commandant hôpital)
 Médecin Directeur Adjoint Chargé des études et Techniques
 Médecin Directeur adjoint chargé de l’administration et logistique
 Médecin chef de staff Médical
 Administrateur Gestionnaire (Directeur administratif)
 Directeur Logistique
II.2. Population d’étude
La présente étude a eu pour cible, toutes les patientes ayant consulté le
Département de Gynéco-Obstétrique et traitées pour avortement durant la
période d’étude.

II.2.1. Echantillonnage de l’étude


Cette étude a opté pour un échantillonnage exhaustif avec recrutement
consécutif de tous les dossiers des femmes ayant consulté et traitées pour
avortement durant la période d’étude.
II.2.2. Critères de sélection

 Critères d’inclusion
Cette étude a inclus :
 Toutes les patientes ayant consulté le Département de Gynéco-Obstétrique
dont le diagnostic retenu portait sur l’avortement durant la période de
notre étude ;
 Toutes les patientes ayant un dossier médical complet et exploitable
contenant toutes les variables d’intérêt.
 Critères de non inclusion
La présente étude n’a pas inclus :
 Toutes les patientes dont le diagnostic était autre chose que l’avortement;
 Toutes patientes ayant consulté en dehors de la période d’étude.
 Critères d’exclusion
 Toutes patientes dont le diagnostic était l’avortement, mais ayant un
dossier médical incomplet ne contenant pas toutes les variables d’étude.

II.3. Déroulement et technique de collecte des données


Cette étude a utilisé une revue documentaire pour la collecte des données.
Nous avons procédé au préalable par l’élaboration du protocole de recherche;
lequel a été soumis au Directeur dirigeant le présent travail. Après l’obtention de
la version finale du protocole, nous avons procédé à la collecte des données
proprement dite en passant par la transcription des données médicales aux
fiches de collecte des données.

II.4. Matériel
Les matériels suivants ont servi à la réalisation de notre étude :
 Registre du Département de Gynéco-obstétrique ;
 Fiches de collecte des données ;
 Fiches de consultation médicales ;
 Ordinateur portable.

II.5. Variables d’intérêt


Nous avons étudié les variables suivantes :
 Caractéristiques sociodémographiques : âge, profession, adresse de
provenance, niveau, situation matrimoniale, confession religieuse, âge du
géniteur, son niveau d’étude, sa profession
 Caractéristiques cliniques :
 Données Anamnestiques : parité, geste, avortement antérieur (nombre,
 type), comorbidités, motif d’admission,
 Données cliniques : âge gestationnel, usage des méthodes contraceptives,
causes d’avortement ultérieur, complications des avortements ultérieurs,
moyen utilisé pour avorter ultérieurement.
 Données para cliniques : échographie, bilan infectieux.
 Traitement : Médicamenteux, Curetage, AMIU.
 Evolution : Suites post abortum
II.6. Traitement et analyse des données
Les données recueillies ont été saisies, codifiées et enregistrées sur ordinateur à
l’aide du logiciel Microsoft Office Excel 2016, ensuite exportées vers le logiciel
SPSS version 20.0 pour analyses.
Une analyse descriptive a été appliquée sur l’ensemble des données. Elles ont été
exprimées sous formes des moyennes et écart-types pour les variables
quantitatives. Les variables qualitatives ont été exprimées sous forme des
fréquences relatives et pourcentages.

I. Difficultés rencontrées
Les difficultés rencontrées dans la réalisation de cette étude sont
les suivantes :
 Mauvaise tenue de certains dossiers ; notamment l’insuffisance
d’informations sur les antécédents et le niveau socio-économique, la réligion
des certaines patientes.
 Contraintes financières

II.7. Considérations éthiques


Au cours de cette étude, la confidentialité et l’anonymat étaient garantis, nous
étions détenteurs d’une attestation de recherche délivrée par l’université libre de
Kinshasa et d’une autorisation de collecte des données délivrée par les autorités
de l’hôpital militaire central HMC/KOKOLO.
CHAPITRE III. RESULTATS

III.1. Fréquence des avortements spontanés à l’HMC KOKOLO


Durant la période allant du 1er Janvier 2021 au 1er Janvier 2024, nous avons
colligé au total 6680 patientes ayant consulté pour toutes causes confondues au
Département de Gynéco-Obstétrique de l’hôpital militaire central de Kinshasa;
parmi lesquelles 5840 ont consulté pour autres problèmes soit 87% et 840
patientes l’ont été pour les avortements de tout type, ce qui représente une
fréquence de 13%. Sur 840 cas où nous avons tiré un échantillon de 100 cas soit
11,9%.

III.2. Caractéristiques sociodémographiques de la population d’étude


III.2.1. Intervalle d’âge des patientes
Tableau I. Répartition des patientes selon leur âge

Variables Effectif Pourcentage


(n=100)
Age
Moyenne ± ET (ans) 36+-8ans
Extrêmes
12-20 16 16%
21-30 56 56%

31-40 28 28%

En observant le tableau ci-haut, nous constatons que : 16% des femmes ayant
Recouru à l’avortement avaient un âge compris entre 12 et 20 ans, 56% avaient un
âge compris entre 21 et 30 ans, 28% avaient un âge compris entre 31 et 40 ans.
Aucune avortée n’avait un âge supérieur à 40 ans L’âge moyen des femmes ayant
recouru à l’avortement était de 36 ans avec des extrêmes d’âge de …………….
III.2.2. Situation matrimoniale des patientes
Tableau II. Répartition des patientes selon leur état civil

Variables Effectif(n=100) Pourcentage

État civil
Célibataire 56 56
Mariée 33 33
Divorcée 9 9

Veuve 2 2

Il se dégage des résultats de ce tableau que 56% des femmes ayant avorté étaient
des célibataires ; 33% des mariées ; 9% des divorcées et 2% des veuves

III.2.3. Niveau d’étude des patientes


Tableau III. Répartition des patientes selon leur niveau d’étude

Variables Effectif (n=100) Pourcentage


Niveau d’étude
Analphabet 0 0
Primaire 9 9

Sécondaire 26 26
Diplomé d’Etat 46 46
Graduée 6 6
Licenciée 8 8

A partir des résultats du tableau ci-haut, nous constatons que 9% de femmes ayant
avorté étaient de niveau primaire ; 26% étaient de niveau secondaire ; 46% de
niveau des diplômées d’Etat; 6% fréquentaient encore l’université et 8% avaient
déjà terminé leurs études universitaires.
III.2.3. statut socio-professionnel des patientes
Tableau IV. Répartition des statuts socio-professionnels des patientes

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Profession
Commercante 11 11
Salariée 6 6
Ménagère 59 59
Étudiante 24 24
Non determinée 0 0

Nous constatons, à partir de ce tableau, que 11% des femmes ayant recouru à
l’avortement étaient des commerçantes ; 6% étaient des salariées ; 59% étaient des
femmes ménagères; 24% étaient des étudiantes.
III.1.1. Adresse des patientes
Tableau V. Répartition des patientes selon leurs communes de provenance

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Commune

Bandalungwa 42 42
Kalamu 9 9
Ngaliema 5 5
Limété 2 2
Matete 3 3
Masina 9 9
Kinshasa 2 2
Barumbu 0 0
Lingwala 3 3
Kintambo 8 8
4 4
Ndjili
2 2
Mont-ngafula
0 0
Maluku
0 0
Gombé
6 6
Kasa-vubu
1 1
Kimbanseke
1 1
Kisenso
2 2
Ngaba 0 0
Makala 1 1
Selembao 0 0
Bumbu 0 0
Ngiri-Ngiri 0 0
Les résultats dans ce tableau montrent que 42% des femmes ayant recouru à
l’avortement habitent la commune Bandalungwa ; 9%, la commune de Kalamu ,9%
la commune de Masina, 6% la commune de kasa-vubu, 8% la commune de Kintambo,
5% la commune de Ngaliema, 4% la commune de ND’Jili,3% provait de lingwala,
2% provenait de Mont-ngafula, Kisenso,limété,commune de kinshasa et 1%
provenait de selembao,kisenso,kimbanseke.
III.2.3. Intervalle d’âge du géniteur
Tableau VI. Répartition des grossesses qui se sont soldées par un avortement selon
l’intervalle d’âge du géniteur

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Age
Moyenne ± ET (ans)
Extrêmes
10-17 8 8
18-30 66 66
31-40 22 22
41-plus 4 4

A la lumière de ce tableau, il en ressort que 8% est la tranche d’âge des géniteurs


dont l’âge varie entre 10 et 17ans, 66% ceux dont l’âge varie entre 18 et 30 ans,
22% ceux dont l’âge varie entre 31 et 40ans et 4% représente la tranche d’âge des
géniteurs ayant 41ans révolus.

III.2.3. statut socio-professionnel du géniteur


Tableau VII. Répartition des grossesses qui se sont soldées par un avortement
selon la profession du géniteur

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Profession
Commercant 37 37
Salarié 33 33
Étudiant 13 13
Chomeur 17 17
Non determine 0 0

Nous constatons à partir de ce tableau, que 37% des géniteurs étaient


des commerçants, ici nous incluons des motards, des chauffeurs de
taxis, des débrouilleurs, 33% étaient des salariés ; 13% étaient encore
sur le banc des études;17% des géniteurs étaient sans profession et
certains leur profession n’était pas déterminée.
III.2.3. Situation matrimoniale du géniteur
Tableau VIII. Répartition des grossesses qui se sont soldées par un avortement
selon l’état civil du géniteur

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

État civil
Célibataire 66 66
Marié 24 24

Divorcé 8 8
Veuf 2 2
Non identifié 0 0

Il ressort des résultats dans ce tableau que 66% des géniteurs étaient
célibataires ; 24% étaient mariés ; 8% avaient déjà divorcé d’avec
leurs épouses et 2% étaient des jeunes veufs.

III.2.3. Niveau d’étude du géniteur


Tableau IX. Répartition des grossesses qui se sont soldées par un avortement selon
le niveau d’étude du géniteur

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Niveau d’étude
Analphabet 5 5
Primaire 18 18
Sécondaire 10 10
Diplomé d’Etat 28 28
Gradué 16 16
Licencié 23 23

A partir des résultats présentés dans le tableau ci-haut, 5% des géniteurs étaient
analphabètes ; 18% avaient un niveau d’étude primaire ; 10% avaient un niveau
secondaire. 28% des géniteurs avaient déjà obtenu leur diplôme d’Etat, 16% avaient
déjà obtenu leur diplôme de graduat, 23% avaient déjà obtenu leur diplôme de
Licence.
III.2. Renseignements cliniques de la population d’étude
IV III.2.1. Année et Mois de consultation
V Tableau X. Répartition des patientes selon les années et les mois de
consultation
Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Année
2021 49 49
2022 47 47
2023 52 52
2024 4 4

Mois
Janvier 15 15
Février 4 4
Mars 9 9
Avril 3 3
Mai 3 3
Juin 3 3
Juillet 6 6
Aout 11 11
Septembre 8 8
Octobre 6 6
10 10
Novembre
22 22
Décembre

Nous constatons dans ce tableau que les années ayant constituées notre périodé
d’étude avaient la proportion des consultations pour les avortements comme suite :
49% des cas d’avortement pour l’année 2021, 47% de cas pour l’année 2022, 54%
pour l’année 2023 et 4% de cas pour l’année 2024 puisque nous nous étions limité
juste au mois de janvier.

En terme de variation des cas pour les Mois nous avons 15% des cas pour le mois
de janvier, 4% février,9%mars, 3% Avril, 3% Mai,3%juin,6% juillet, 11% aout,
8%septembre, 6% octobre, 10% Novembre, Et 22% Décembre.
V.1.1. Mode d’admission et motifs d’admission

V.1.2. XI. Répartition des patientes selon leur mode d’admission et

le motif de consultation

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Mode d’admission
Transférée 26 26
Accompagnée 10 10

Seule 64 64
Motif de consultation
Douleur pelvienne 14 14
Saignément genital 56 56
Fièvre 18 18
Syncope 6 6
Asthénie physique 6 6
Autres 0 0

Il se dégage des résultats de ce tableau que 26% des femmes étaient de cas transférés,
10% se sont faites accompagner de leur proche (mari, cousine, amie, sœur, parents)
et 64% se sont amenés seules consulter.

Pour ce qui est du motif de consultation 14% ont consulté pour de douleur pelvienne,
56% pour un saignement génital, 18% pour la fièvre, 6% pour une syncope, et 6%
pour une asthénie physique.
V.1.3. Antécédents de la population d’étude
Tableau XII. Répartition des patientes selon leurs antécédents gynéco-
obstétricaux et médico-chirurgicaux.

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

ATCDS gynéco-obstétricaux
Parité
Nullipare 17 17
Pauci pare 27 27
Multipare 47 47
Grande multipare 9 9
Gestité
Primigeste 48 48
Multigeste 52 52
Avortement
Nbre d’avortements
0 68 68
1 18 18
2 12 12
3 2 2
Nombre d’avortements provoqués
0 67 67
Nombre d’avortements spontanés
1 33 33
ATCD médico-chirurgicaux
Médicaux
HTA 36 36
Aucune 64 64
Chirurgicaux
Césarienne 16 16
Appendicite 14 14
Aucune 60 60
En observant ce tableau, nous constatons que 17% de femmes ayant recouru à
l’avortement étaient des Nullipares, 27% des pauci pares, 47% des multipares, 9%
des grandes multipares.

En rapport avec la Gestité, 48% étaient des primigestes, 52% étaient des Multipares.

Pour les avortements, 68% représentent les femmes qui n’avaient pas d’antécédents
d’avortement, 18% celles qui avaient avortés une fois, 12% celles qui ont avorté
deux fois, Et 2% celles qui ont avorté 3 fois.
Les avortements provoqués, représentaient 67% et 33% étaient des avortements
spontanés.
Pour ce qui est des antécédents médicaux, 36% représentent les HTA, 64% pour des
cas dont les antécédents étaient ignorés. Pour les antécédents chirurgicaux, 16% de
cas des césarisées, 14% des appendicites, 60% des cas non identifiés.

[Link] GESTATIONNEL DE LA GROSSESSE INTERROMPUE


Tableau XIII. Intervalle d’âge de la grossesse interrompue
Intervalle d’age Effectif (n=100) Pourcentage

Moins de Cinq SA 26 26
Cinq SA à neuf SA 51 51
Dix SA à Quartoze SA 19 19
Quinz SA à Dix-neuf SA 4 4
Vingt SA à plus 0 0
Ignoré 0 0

Il ressort des résultats dans ce tableau que 26% de grossesses interrompues


avaient un âge gestationnel inférieur à cinq semaines d’aménorrhée ; 51% de
grossesses étaient interrompues à l’âge de cinq à neuf SA ; 19% à l’âge de dix à
quatorze SA ; 4% à quinze à dix-neuf SA et pas de cas pour les grossesses d’âge
supérieur Vingt SA ou plus.
IV.1. MOTIFS D’AVORTEMENT
Tableau IVX : Motifs d’avortement évoqués

Motifs d’avortement Effectif(n=100 ) Pourcentage


Poursuite des etudes 35 35
Crainte des parents 40 40
Fuite des responsabilités du géniteur 16 16

Grossesses rapprochées 3 3
Non identification du père biologique 4 4

Infidélité 2 2
Autres 0 0

Nous constatons, à partir de ce tableau que les principaux motifs évoqués avaient été
les raisons scolaires (35%), la crainte des parents (40%), la fuite des responsabilités
du géniteur (16%), les grossesses rapprochées (3%), la non identification du père
biologique (4%), l’infidélité (2%).
I.2. Eventuelles étiologies de l’avortement et les complications développées
Tableau VIII. Répartition des patientes selon les é t i o l o g i e s des
avortements

Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Causes organiques
Paludisme grave 8 8
HTA 13 13
Diabète sucré 24 24
Non élucidées 55 55

Causes non organiques


Pauvrété 53 53
Viol 16 16
0
Selection du sexe des 0
enfants
Refus de maternité 15 15
Grossesse rapprochée 16 16

Pour ce tableau, nous observons que pour les étiologies des avortements, des causes
organiques telles que : 8% pour le paludisme grave, 13% pour l’HTA, 24% pour le
diabète sucré, 55% pour des causes élucidées.
Pour des causes non organiques : 53% de cas étaient dus à la pauvreté, 16%
consécutifs au viol, 15% de refus de maternité, Et 16% de Grossesses rapprochées.
IV.2. PRATIQUES ABORTIVES
Tableau XV. Procédures utilisées pour interrompre la grossesse

Procédures utilisées Effectif (n=100) Pourcentage

Curetage instrumental 31 31
Aspiration 11 11
Rupture des membranes 9 9
Désinsertion de l’œuf 3 3
Sondes métalliques 23 23
Tiges des plantes 2 2
Lavement 2 2
Prise des médicaments 15 15
Irrigation vaginale 1 1
KMnO4 Intra-vaginal 0 0
Autres 3 3

A la lumière de ce tableau, nous remarquons que les méthodes abortives utilisées


étaient diverses : Comme moyens mécaniques, le curetage instrumental a été utilisé
chez 31% d’avortées ; Aspiration manuelle 11%, la rupture des membranes chez 9%,
la désinsertion de l’œuf chez 3% ; le sondage utérin chez 23% ; les tiges des plantes
chez 2% ; le lavement a été utilisé chez 2% d’avortées , 15% la prise des
médicaments, l’irrigation vaginale chez 1%, Autres moyens utilisés 3%.

o QUALIFICATION DES AVORTEURS


Tableau XVI : Qualification des avorteurs

Avorteurs Effectif (n=100) Pourcentage


Médecins 5 5
Paramédicaux 58 58
Femmes elles-mêmes 6 6
Tradipraticiens 4 4
Etudiants en Médecine 4 4
Elèves infirmiers ou étudiants 12 12
infirmiers
Non identifié 11 11

En observant le tableau ci-haut, nous constatons que les manœuvres abortives ont été
pratiquées dans 5% des cas par les médecins ; dans 58% des cas par les
paramédicaux ; dans 6% des cas par les femmes elles-mêmes ; dans 4% des cas par
les matrones ; dans 4% des étudiants en Médecine ; dans 12% des cas par les élèves
infirmiers ou les étudiants infirmiers. Dans 11% des cas, les avorteurs n’ont pas été
identifiés.

o DELAIS D’APPARITION DES COMPLICATIONS


Tableau XVI : Délais d’apparition des complications

Délais Effectif (n=100) Pourcentage


Moins d’un mois 89 89
Un à trois mois 7 7
Quatre à sept mois 3 3
Huit à onze mois 1 1
Douze mois ou plus 0 0
Durée ignore 0 0

Nous constatons, à partir de ce tableau, que les complications


apparaissaient dans moins d’un mois chez 89% des avortées, après
un à quatre mois chez 7%, après quatre à huit mois chez 3% et après
huit à douze mois chez 1%.
o LES COMPLICATIONS POST-ABORTUM

Tableau XVII : Complications post-abortum

Complications Effectif (n=100) Pourcentage


Rétention placentaire 36 36
Perforation uterine 6 6
Abcès du Douglas 0 0
Phlegmon du ligament large 0 0
Pyosalpinx 0 0
Salpingite 8 8
Pelvipéritonite 2 2
Péritonite généralisée 2 2
Thrombophlébite 0 0
Septicémie 12 12
Tétanos 3 3
Endométrite 9 9
Anémie aiguë 11 11
Plaies cervico-vaginales 11 11
Plaies intestinales 0 0
Paraplégies 0 0
Hémiplégies 0 0
Monoplégies 0 0
Trauma psychique 0 0
Autres 0 0

Il ressort des résultats dans ce tableau que deux types de complications avaient
été identifiées :
- Les complications hémorragiques, dues aux rétentions placentaires
(85%) ; aux perforations utérines (6%) et aux plaies cervico-
vaginales (13%), entraînant une anémie aiguë (11%).
- Les complications infectieuses à type d’endométrite (13%) ; de
péritonite généralisée (2%) ; de pelvi- péritonite (2%) ; de tétanos (3%) ;
de septicémie (23%) ou de salpingite (12%).
III.1. SEQUELLES
Tableau XVIII : Séquelles post-abortum

Séquelles Effectif(n=100) Pourcentage


Salpingite chronique 0 0
Stérilité secondaire 2 2
Algies pelviennes chroniques 18 18
Métrorragies 10 10
Aménorrhée 12 12
Psychose dépressive 2 2
Aucune séquelle 56 56

A partir des résultats dans le tableau ci-haut, nous constatons que parmi les 20
avortées interrogées, 4 seulement, soit 20% n’ont pas présenté des séquelles
post-abortum. 80% des avortées avaient présenté des séquelles dont les algies
pelviennes chroniques (60%), les métrorragies (30%), la psychose dépressive
ou sentiment de culpabilité (55%), la stérilité secondaire ( 15%).

o CONNAISSANCE DES METHODES CONTRACEPTIVES


Tableau I XX: Connaissance des méthodes contraceptives par les avortées

Méthode connue Effectif (n=100) Pourcentage


Aucune 22 22
Pilules 20 20
Dépo-provera 5 5
Norplant 8 8
DIU 5 5
Préservatif ou condom 10 10
Ligature des trompes 3 3
Méthode du calendrier 22 22
Méthode de température 3 3
Autre 2 2

Le tableau ci-haut montre que 22% des avortées ne connaissaient aucune méthode
contraceptive ; 20% utilisaient les pilules oestro progestatives, le dépo-provera était
connu de 5% ; le Norplant de 8% ; le DIU de 5%, le préservatif de 10% ; la ligature
des trompes de 3% ; la méthode du calendrier de 22%, la méthode de température de
3%, 2% étaient pour des méthodes non élucidées.
V.2. Renseignements paracliniques de la population d’étude

Tableau XX. Répartition des patientes selon les examens paracliniques


Variables Effectif (n=100) Pourcentage

Résultat échographie
Non réalisée 28 28
Grossesse arrêtée 3 3
Avortement incomplet 66 66
Vacuité de la cavité utérine 3 3

TDR (Grossesse)
Positif 76 76
Non realizer 24 24

La majeure partie des patientes n’ont pas réalisé d’échographie. Les avortements
incomplets étaient retrouvés chez 23% des patientes.
Le test de diagnostic rapide était positif chez 15.4% des cas, et la majorité de femme
n’avaient pas réalisé cet examen.
CHAPITRE 4. DISCUSSION
1. Fréquence
Au cours de la présente étude, nous avons colligé au total 6680 patientes
ayant consulté pour toutes causes confondues au Département de Gynéco-
Obstétrique; parmi lesquelles 5840 ont consulté pour autres problèmes soit
87% et 840 patientes l’ont été pour l’avortement, ce qui représente une
fréquence de 13%.
Cette fréquence est supérieure par rapport à celle trouvée par Mamadou
BREHIMA DOUMBIA [35] qui a trouvé une fréquence de 4.07% sur l'ensemble
des grossesses. Cheick Ahmed Touré [39] a recensé 153 cas d'avortement sur
1109 admissions en salle d'accouchement soit une fréquence de 13,79 % de
toutes les admissions.

2. Caractéristiques socio démographiques


1. Selon l’âge des patientes
L’avortement peut survenir à tout âge de la vie génitale active de la femme.
Dans notre étude, l’âge moyen des patients était de 29±6,8 ans avec des
extrêmes de 13 et 39 ans. Les patientes dans la tranche d’âge allant de 21 à 30
ans étaient les plus représentées (53.9 %).
Ces résultats corroborent ceux de BALAYARA [1], qui a trouvé dans
sa série à l’hôpital Gabriel Toure 46,26% dans la tranche d’âge 20-29 ans. Par
contre ils s’éloignent de ceux de Touré A (Thèse ENMP) [32] qui a trouvé dans
sa série que 47,7% de ses patientes avaient entre 15-24 ans tandis que Mme
DIANCOUMBA Mariam retrouve 56,6% des cas pour la tranche d'âge de 20 à
34 ans [34].

1. Selon le statut matrimonial


L’avortement clandestin est plus fréquent chez les célibataires. Ceci peut
s’expliquer par la peur d’avoir des enfants hors mariage que ressentent beaucoup
de filles.
En effet, la maternité avant le mariage confère à la fille le nom
de « fille mère » qui réduit sensiblement sa chance de trouver un mari. D’où
l’interruption volontaire des grossesses contractées en dehors du mariage.
Des résultats semblables aux nôtres ont été obtenus au Togo où une étude sur la
connaissance et pratique de la contraception par les patientes admises pour
avortement provoqué clandestin à la clinique de gynécologie-obstétrique du CHU
Tokoin-Lomé a montré que 83,33% de patientes étaient célibataires (2).

2. Niveau d’étude des patientes


Le niveau d’étude n’influence donc pas la décision d’une gestante vis-à-vis de
sa grossesse.
Le taux élevé des avortées parmi les élèves de l’école secondaire s’explique
par le fait que les filles adolescentes sont exposées aux grossesses non
désirées pour des raisons citées plus haut. Mais aussi ceci traduit
l’ignorance des méthodes contraceptives pouvant les aider à éviter les
grossesses non désirées.

3. Selon la profession des patientes


Dans notre étude, les ménagères étaient les plus représentées avec un
pourcentage de 34,6. H BALAYARA [1] a trouvé dans sa série 78,7% des
ménagères. Toure A. Note 83% des ménagères en 1982 [32]. La population des
ménagères reste toujours supérieure.
4. Selon la provenance
La majorité de patientes provenaient de la commune de BANDALUNGWA, soit
69,2% des cas. Ceci pourrait s’expliquer par des raisons de proximités compte
tenu du fait que l’HMC/KOKOLO se trouve dans la commune de
BANDALUNGWA.

5. Age du géniteur
L’âge du géniteur n’a pas d’impact sur l’issue d’une grossesse non désirée. Si
nous observons le tableau 37, nous remarquons que de tous les motifs
d’avortement évoqués, un seul était lié au géniteur à savoir la fuite des
responsabilités de ce dernier. L’irresponsabilité est un caractère qui peut
exister aussi bien chez un homme en deçà de 35 ans que chez celui au-delà de
35 ans.

6. Statut socio-professionnel du géniteur


Une grossesse non désirée ayant pour géniteur un étudiant ou un motard a
moins de chance d’évoluer jusqu’à une naissance vivante.
La plupart de ces grossesses sont interrompues après un accord entre le
géniteur et l’avortée. L’étudiant, vivant encore sous le toit paternel et dépendant
de ses parents, considère la grossesse comme un handicap à la poursuite de
ses études. Le motard, quant à lui, panique devant une grossesse hors mariage
et non désirée. Les motards sont, pour la plupart, des jeunes qui n’ont pas
encore acquis le sens de responsabilité.

7. Situation matrimoniale du géniteur


Une grossesse ayant pour géniteur un célibataire a plus de risque d’aboutir à
un avortement criminel que celle dont le géniteur n’est pas un célibataire. En
effet, le rapport sexuel, pour un célibataire, a pour but la satisfaction charnelle
et ne vise pas la procréation. Toute grossesse pouvant en découler est donc
indésirable et doit être interrompue.

8. Niveau d’étude du géniteur


Le niveau d’étude du géniteur n’influence pas l’issue d’une grossesse non
désirée.
En effet, comme nous l’avons souligné plus haut, l’irresponsabilité du géniteur
est le seul motif d’avortement évoqué lié à ce premier.
Accepter de supporter les conséquences de ses actes ne s’apprend pas à l’école
: pour être responsable, il faut avoir la conscience et non la science.

9. Selon le mode d’admission et motif de consultation


Nous avons constaté que 92.3% de nos patientes avaient consulté seules
l’hôpital sans être transférées.
La majorité des patientes avaient consulté pour hémorragie génitale et douleurs
pelviennes représentant ainsi 88.5% de motif de consultation. La moyenne d’âge
gestationnel dans notre étude était de 13.5±5.01 semaine avec les extrêmes de 6
et 26 semaines, et la tranche d’âge la plus représentée était celle comprise entre
11-20 semaines avec 61.5%.

10. Selon les antécédents


Les multipares représentaient 38.5%, les multigestes 65.4% ; 88.5% des
patientes n’avaient pas d’antécédents d’avortement et 96,2% des patientes
n’avaient pas non plus d’antécédents d’IVG.
La majorité des patientes n’avaient pas de comorbidité et 88.5% n’avaient pas
non plus d’antécédents chirurgicaux.
Nos résultats sont inférieurs à ceux de Mamadou BREHIMA [35] qui a trouvé
que les multigestes et les multipares étaient les plus représentées avec
respectivement 50,8% et 29,2%. BALAYARA [1] trouve dans sa série une
fréquence élevée des avortements soit un pourcentage de 32,7%, ce qui s’éloigne
de nos résultats.

11. Âge gestationnel de la grossesse interrompue


La majorité de grossesses (79%) étaient interrompues à l’âge de cinq à quatorze
SA.
En effet, c’est à partir de la 5e SA qu’une aménorrhée devient inquiétante chez
une femme sexuellement active et entraîne une suspicion de la grossesse. De
plus, comme la femme a l’intention de cacher sa grossesse, elle préfère
l’interrompre avant que les signes de la grossesse ne soient visibles chez elle.

12. Motifs d’avortement


Nous constatons, à partir du tableau 37 que les principaux motifs évoqués
avaient été les raisons scolaires (35%), la crainte des parents (40%), la fuite des
responsabilités du géniteur (16%), les grossesses rapprochées (3%), la non
identification du père biologique (4%), l’infidélité (2%).
Une situation semblable à celle de notre étude a été observée à Goma où les
raisons d’avortement les plus évoquées étaient l’impossibilité de poursuivre les
études (83,3%), la crainte des parents (77,8%) et le refus de l’auteur de la
grossesse d’en assumer la responsabilité (61,1%) (27).

Ces résultats prouvent que beaucoup de femmes ne connaissent pas ou


connaissent mal la lourdeur des conséquences des avortements clandestins. En
effet, on ne peut pas comparer la santé avec les études. Ne peut bien étudier
que celui qui est en bonne santé.

Aucun de tous les motifs évoqués ne nous paraît fondé pour justifier un
avortement clandestin. La colère des parents, l’infidélité dans la vie conjugale,...
sont moins graves et donc plus faciles à supporter qu’une septicémie, une
stérilité secondaire ou un décès.

13. Selon l’étiologique probable


La cause mise en évidence était le paludisme grave avec 15,5% tandis que pour
le reste de cas les causes n’ont pas été mises en évidence faute de réalisation de
certains bilans.

14. Pratiques abortives


En totalisant les effectifs et les pourcentages du tableau 36, nous constatons
que deux ou plusieurs méthodes abortives étaient, dans certains cas, utilisées
chez une même femme. Par exemple le sondage utérin et la prise des
médicaments.

Ces méthodes sont dangereuses car elles sont pratiquées par un personnel
incompétent, dans des locaux inappropriés, avec du matériel inadéquat et très
septique.

Le curetage instrumental étant la méthode la plus couramment utilisée (60%),


la plupart des adolescentes ayant fait un avortement clandestin sont, il est
vrai, candidates à des synéchies utérines et, par conséquent, à une stérilité
secondaire. La majorité des médicaments ingérés n’ont pas de propriétés
abortives, sauf s’ils sont pris à des doses létales.
Des résultats semblables aux nôtres ont été trouvés par d’autres chercheurs :
HIJAZI (15) rapporte 63,33% de curetage et TOURE (34) 21% de sondage
utérin. Chez NLOME NZE et ses collaborateurs (28), l’utilisation de comprimés
de permanganate de potassium introduits dans le vagin a été révélée dans
32,52% des cas.

15. Qualification des avorteurs


Les avortements criminels sont plus facilités par les paramédicaux que par les
autres avorteurs.

58% des avorteurs étaient des paramédicaux. Cela peut s’expliquer en partie
par le chômage de nombreux d’entre eux.
A la fin de leurs études, la plupart se retrouvent sans emploie et certains se
lancent alors dans les activités illicites d’interruption des grossesses non
désirées.

Un constat semblable à celui fait par notre étude avait été fait à Brazzaville.
Une étude sur les complications chirurgicales des avortements provoqués
clandestins au CHU de Brazzaville a révélé que 89,9% des avortements étaient
pratiqués par les paramédicaux (6).
Les avortements identifiés sont ceux qui se compliquent et aboutissent aux
hôpitaux généraux de référence pour la prise en charge des complications. Ce
qui signifie que les infirmiers travaillent mal et dans de mauvaises conditions
qui entraînent des complications.

16. Délais d’apparition des complications


Ce sont donc, en cas d’avortement criminel comme en cas d’accouchement,
les complications immédiates qui sont souvent observées.
En effet, ce sont les complications à court terme qui constituent le motif
principal, si pas unique, de consultation chez les avortées. En outre, l’enquête
pour la récolte des données a été menée chez les accouchées pendant leur
séjour à l’hôpital pour la majorité c’est-à-dire en post-partum immédiat.
Ces complications étaient dues aux différentes manœuvres abortives
pratiquées par les avorteurs :
1. Un curetage trop appuyé entraînant une perforation utérine,
2. L’introduction des instruments métalliques dans le vagin et/ou dans
l’utérus, par des opérateurs inexpérimentés, entraînant une perforation utérine
ou des plaies cervico- vaginales,
3. Les conditions septiques dans lesquelles se font les avortements
clandestins ne laisseront pas l’avortée à l’abri des infections de tout genre.

La situation similaire a été décrite par certains auteurs. TSHIBANGU a


trouvé, dans une étude sur les avortements clandestins à Kinshasa, 5,6% de
cas de perforation utérine après curetage (35).

DOUMBIA et ses collaborateurs, en Côte d’Ivoire, ont trouvé une fréquence


des perforations utérines de 1,34%. Selon leur étude rétrospective descriptive
d’une durée de 3ans, portant sur les perforations utérines au cours des
avortements provoqués, réalisée au service des urgences de Gynécologie du
CHU de Cocody, 8,03% des avortements se compliquent en perforation utérine
(11).
Dans les études d’AKAKNTA, d’AKINGBA et d’OTO, les lésions traumatiques
du vagin ou du col ont été retrouvées dans un très grand nombre de cas et
étaient généralement l’œuvre d’opérateurs inexpérimentés, souvent des
paramédicaux, mais aussi de médecins (1).

En revanche des résultats contraires aux nôtres ont été trouvés par d’autres
chercheurs. LAPPLE , dans une étude menée dans un centre d’orthogénie de
l’hôpital Avicenne en France sur 66 femmes, note très peu de complications
gynéco-obstétricales malgré le grand nombre d’IVG répétées (23).

D’autres études, comme celles de ROTH sur 3877 femmes japonaises, ne


montrent pas de survenue de complications gynécologiques à la suite d’IVG
(31).
Ils concluent que l’avortement effectué dans de bonnes conditions
n’engendre pas de complications, mais que les risques sont plus élevés après
une intervention tardive effectuée dans de mauvaises conditions et surtout par
un personnel non qualifié et inexpérimenté.
STEVEN et ses collaborateurs, aux Etats-Unis, avec une série de 612
avortements provoqués faits par aspiration et curetage, ne signalent aucun cas
de traumatisme du col ou du vagin grâce à la bonne préparation des femmes
(32).

1. Séquelles
Dans certains cas, on retrouvait deux ou trois séquelles chez une même
femme. Les séquelles observées sont dues aux différentes manœuvres
abortives. C’est ainsi que la stérilité secondaire est due aux synéchies post-
curetages ou aux infections des voies génitales. La psychose dépressive, quant
à elle, est liée au sentiment de culpabilité qu’éprouve la femme après avoir
commis cet acte criminel.

Ces séquelles ne sont pas négligeables. Elles assombrissent le pronostic


obstétrical de la femme et doivent donc être évitées à tout prix. Signalons que
les séquelles n’ont pas été retrouvées chez les accouchées.

2. Connaissance des méthodes contraceptives


Il apparaît clairement que les méthodes les plus connues sont le préservatif
(34%), la méthode du calendrier (31%) et la méthode de température (28%). Or
si le condom, bien utilisé, permet d’obtenir des résultats satisfaisants, les deux
autres méthodes sont moins efficaces (10 à 30 grossesses pour 100
utilisatrices par an) (17). D’où la fréquence élevée des grossesses non désirées
chez les adolescentes.
L’ignorance des méthodes contraceptives constitue donc un facteur de risque
des grossesses non désirées et par conséquent des avortements criminels.

3. Selon les examens para cliniques


La majeure partie des patientes n’ont pas réalisé d’échographie. Les
avortements incomplets étaient retrouvés chez 23% des patientes qui avaient
réalisé l’échographie. Le test de diagnostic rapide du paludisme était positif chez
15.4% des cas, et la majorité de femme n’avaient pas réalisé cet examen. La
non réalisation de certains bilans étaient probablement due à la situation
socio-économique des patientes.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

En République Démocratique du Congo, en général, et à Kinshasa, en


particulier, l’avortement est restreint par la loi qui est très stricte à cet égard et
par considérations philosophiques et théoriques sur l’avortement.

Les admissions hospitalières pour complications d’avortement provoqués et


spontanés ne représentent que la partie visible de l’iceberg.
Nonobstant, notre étude a révélé que ce sont les adolescentes célibataires,
scolaires, chrétiennes, primigestes et nullipares qui sont des candidates
potentielles aux avortements criminels.
Les grossesses interrompues sont issues d’un rapport sexuel imposé à la
femme par son partenaire ou par les conditions socio-économiques
défavorables. Les géniteurs sont des adultes, célibataires, étudiants ou
commerçants, avec un niveau d’étude secondaire ou universitaire. Les
grossesses non désirées, se soldant par un avortement, sont favorisées par la
non pratique de la contraception due à l’ignorance ou à la négligence.
L’avortement criminel a lieu entre cinq et quinze semaines d’aménorrhée et elle
est facilitée par des paramédicaux qui utilisent les moyens chimiques ou un
curetage instrumental septique.
Les complications immédiates qui en résultent sont de nature hémorragique ou
infectieuse. Leur prise en charge est coûteuse et leur évolution se fait vers la
guérison, mais avec un taux de mortalité élevée. Les séquelles de cet acte
criminel sont des algies pelviennes chroniques et un sentiment de culpabilité de
la part de l’avortée.

En définitive, lorsqu’il n’entraîne pas la mort, l’avortement provoqué ou


spontané a comme conséquence une morbidité importante. Il assombrit le
pronostic obstétrical de la femme et constitue donc un fléau à combattre. C’est
pourquoi nous recommandons :

1. Aux autorités politico administratives du Ministère de la santé:


1. Équiper les hôpitaux de l’état, renforcer les moyens pour le bien-être des
personnels soignants et bon fonctionnement de l’hôpital.
2. La création des emplois a l’intention des médicaux des paramédicaux

3. Aux ONG œuvrant dans le domaine de la santé :

1. La formation des médecins et sages-femmes aux techniques de l’aspiration


endo- utérine en vue d’améliorer le traitement des avortements incomplets.
2. Le renforcement des services de planification familiale
3. L’équipement des hôpitaux en matériel pour l’aspiration manuelle endo-
utérine.
4.
4. A l’Hôpital militaire central de Kinshasa KOKOLO
1. Au service d’archive
2. Bien structurer, conserver et ordonner les dossiers des malades pour faciliter
les recherches et rendre numérique toutes les données en utilisant des logiciels
d’archivage et créer une base des données.
3. Munir tous les services d’un registre bien conservé avec les informations
complètes afin de faciliter les recherches.
4. Au service de laboratoire :
5. Disponibiliser les résultats à temps afin de bien suivre les patientes
6. Au service de gynéco-obstétrique :
7. Equiper le service des matériels appropriés pour prendre en charge plus de 2
femmes en cas d’urgence ou plusieurs patientes
8. Disponibiliser des matériels pour le bon fonctionnement du service
9. Aux médecins :
10. Remplir correctement le dossier médical pour faciliter les recherches
11. Rechercher les étiologies après chaque cas d’avortement spontané
12. Demander le bilan systématique après chaque cas d’avortement
13. S’assurer de la réalisation de ces bilans demandés ainsi que l’interprétation de
ses résultats.
14. Faire le suivi post-abortum
15. A Tous
Le respect de la dignité de la femme.

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