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Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle

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I. GARO | « L’INFÂME DIALECTIQUE » : LE REJET DE LA DIALECTIQUE DANS LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE DE LA SECONDE MOITIÉ DU 20E SIÈCLE
Textes/Thématiques
Écrit par Garo (Isabelle)

« L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle
Le titre de cet exposé reprend une formule de Gilles Deleuze : « l’infâme dialectique ». Faisant écho à la maxime de Voltaire, « écraser l’infâme », qui visait le fanatisme religieux, elle donne une idée de la violence de ce rejet de la dialectique en France au cours du 20e siècle. La cause est aisée à identifier : composante du marxisme, la dialectique et sa critique fonctionnent ici comme indicateur d’un rapport à Marx et plus largement d’un rapport au Parti communiste, force politique alors centrale et dont le relatif affaiblissement va se jouer au cours de cette période. Mais elle indique aussi un déplacement du débat politique sur le terrain philosophique, qui va produire des effets complexes. En effet, chez les philosophes du moment qui manifestent leur détestation de la dialectique, on peut relever un certain nombre de thématiques communes qui toutes ont une portée politique, mais une portée politique indirecte et qui va se déployer sur le terrain philosophique : critique de l’humanisme et du sujet, tournant linguistique, critique de la rationalité et de la représentation, dénonciation de la dialectique et anti-hégélianisme virulent, théorisations du désir et de la sexualité, promotion de l’autonomie, montée des thématiques autogestionnaires et de la critique de l’État, redéfinition des exploités en tant qu’exclus, promotion d’une analyse moléculaire et de la micropolitique, critique généralisée de l'engagement traditionnel ainsi que des organisations politiques et syndicales, esthétisation et sophistication croissante du discours philosophique. Ce type très particulier de convergence, allant de pair avec une grande diversité des thèses produites, et aussi avec des divergences fondamentales, sont l’indice que ces philosophies se raccordent toutes par diverses médiations au vif débat public du moment, où elles puisent certaines de leurs préoccupations théoriques. C’est la thèse que je voudrais défendre ici, en faisant de la question dialectique une question stratégique, située à l’exact point de rencontre du politique et du théorique. C’est en ce point que se joue de façon à la fois manifeste et décalée, la confrontation au marxisme et au parti communiste, dans le contexte d’une rénovation de la gauche et de la montée de la « deuxième gauche ». En ce sens, la question dialectique souvent synonyme d’extrême abstraction, voire de rhétorique plus ou moins creuse, se révèle ici un terrain d’affrontement majeur, doté d’enjeux concrets mais qui pourtant ne sont pas théorisés comme tels. Devenue lieu et symbole, la dialectique cesse d’être une culture théorique, mis à part chez les auteurs marxistes qui persistent à s’en revendiquer. Pour le montrer, je vais procéder à une analyse régressive, en partant des thèses, bien connues, de Foucault et Deleuze sur le sujet, pour remonter, à travers Althusser, à la mise en place de la question dialectique comme question théorique et politique dès la fin de la guerre. La dénonciation commune de la dialectique en France, devenue aujourd’hui une évidence indiscutable, occulte les causes complexes de sa diffusion. I. Michel Foucault On peut affirmer que la question dialectique, dans sa double dimension ontologique et épistémologique, est l’un de ses fils constants mais peu apparents et qui courent à travers les écrits de Foucault. Très tôt, elle va concentrer contre elle toute l’hostilité de Foucault à l’encontre de la philosophie de l’histoire prêtée au marxisme et de l’humanisme qui lui est associé, alors même que Foucault avait commencé par employer le terme de « dialectique » positivement dans Maladie mentale et psychologie[1]. Il faut rappeler qu’il a été membre du PCF jusqu’en 1953 et que la relation vigoureusement critique au marxisme et au parti communiste sera au centre de toute son œuvre ultérieure. Dans un entretien de 1978 avec des étudiants de Los Angeles, alors qu’un interlocuteur lui reproche son résumé partial du marxisme en tant que détermination unilatérale des superstructures par une base, les « forces productives », et rappelle « qu’il s’agit d’un rapport réciproque, d’un rapport dialectique », Foucault explose : « je n’accepte pas ce mot de dialectique. Non et non ! Il faut que les choses soient bien claires. Dès que l’on prononce le mot « dialectique », on commence à accepter, même si on ne le dit pas, le schéma hégélien de la thèse et de l’antithèse »[2]. Le débat autour de la dialectique concerne toujours en même temps Hegel et il s’inscrit dans l’histoire de la difficile et tumultueuse réception de Hegel en France. A travers Hegel, le rapport Marx-Hegel est visé, et ce rapport se trouve par ailleurs surpolitisé, je vais y revenir. Cette politisation explique la virulence du rapport à Hegel et à la dialectique en général au cours de la période 19601990. D’une part, le traitement de la question dialectique se présente pour Foucault comme un défi, celui de l’élaboration d’un récit historique alternatif qui sache, avec une force identique, penser ensemble continuités et ruptures, unité et dispersion. Mais d’autre
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et l'infâme dialectique ? »[6] répétera douze ans plus tard Deleuze. son avatar conceptuel aberrant : « destituée de sa prétention à rendre compte de la différence. renversement confus de la généalogie »[5]. en tout premier lieu. il est frappant qu’aucun des travaux majeurs sur ce terrain ne soient pris en compte. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 part. La contradiction est une catégorie. et par là même à toute pensée dialectique. « Qui d'entre nous n'a pas à faire mourir Hegel et Marx en lui-même. II. Deleuze se focalise pour sa part sur son ontologie de la vie en tant que pure puissance d'affirmation. celle de la vie notamment. c’est à un marxisme devenu symbole de sectarisme que s’en prend Foucault. que se mettent en place tous les éléments du parcours ultérieur. C'est ce que va confirmer et préciser la rédaction de sa thèse significativement intitulée Différence et répétition. et notamment les éléments d’un rapport critique à Marx et au marxisme. C'est dans ce texte en effet que Deleuze mentionne pour la première fois Marx et qu'il l'inscrit dans la descendance de Hegel. La question que. Nietzsche permet à Deleuze de construire le hégélianisme comme repoussoir. envisageant la contradiction et la différence en tant qu’attributs de l'Etre et non en premier lieu comme des catégories de l’analyse historique. La généalogie de la dialectique rassemble pourtant tous les poncifs d'une lecture partisane de Hegel. Pourtant. Dans le cadre de cette critique. parce que la contradiction serait moins que la différence et non plus ? »[3]. Le jeune Deleuze y procède à la critique acérée de ce qu’il juge être l’orthodoxie dialectique d’Hyppolite. à l'époque. est la suivante : « ne peut-on faire une ontologie de la différence qui n'aurait pas à aller jusqu'à la contradiction. la contradiction apparaît telle qu'elle est : contresens perpétuel sur la différence elle-même. qu’évoquent les dernières lignes de l’Histoire de la folie. confirmant ainsi ses préoccupations politiques du moment. comme synonyme de pensée naïve et doctrinaire de l’histoire. et par simple référence implicite à un marxisme stalinisé. et d’abord sur son versant politique. chez le Foucault de la maturité bien plus qu’un effet de style. ne parvenant plus à conserver ce pouvoir d’intervention dont s’emparent ses adversaires. depuis longtemps établie. à la différence de certains des représentants du néo-nietzschéisme. riposte directe aux notions de négation et de contradiction et offensive clairement dirigée contre la dialectique qui les mobilise.fr/index. mais toujours affleurantes. qui emprunte à Nietzsche non pas directement des thèses ou des concepts mais plutôt une inspiration et certaines thématiques. consacré à la logique hégélienne.I. Dans le même temps. présent également chez Gilles Deleuze et chez bien d’autres théoriciens du moment : le terme de dialectique tend alors à être considéré sans examen. Sans rien dire des enjeux théoriques et politiques déterminants de l'hostilité qui fut celle de Nietzsche à l’égard de Hegel. pour sa part. Foucault cite d’autant moins ses références qu’il en épouse certains thèmes. Dans le contexte théorique et politique du moment. D’une façon générale. à un goût du négatif et à une propension au ressentiment. ni ceux d’Henri Lefebvre. avec une hargne intacte. Logique et existence. ici frontalement opposé à Nietzsche. Et Nietzsche est en effet une référence introduite en France. se déploie autour de Hegel et Marx. entre en crise et se trouve dorénavant sur la défensive. c’est de façon latérale que Foucault élabore lui aussi une anti-dialectique. il devient alors pertinent et novateur d’objecter aux tenants de la dialectique ses premiers adversaires anti-hégéliens : Nietzsche.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 2 sur 8 . Dans un premier temps. Un tel procédé devient. Foucault va s’employer à produire une contre-théorisation. et plus manifestement que Foucault. participant ainsi et avant tout à la production de l’effigie qui va dominer les décennies suivantes. mais comme sa caricature. et qui constitue à l'évidence la matrice de ce premier livre original : il s'agit d'un compte-rendu de l'ouvrage de Jean Hyppolite. un anti-académisme efficace. notamment au sein de la tradition du syndicalisme révolutionnaire de la fin du 19e et du début du 20e siècle. elle est d'abord reliée à une psychologie. qui se présente avant tout comme une anti-dialectique. Ce marxisme caricatural est d’autant plus facile à produire et à dénoncer que le marxisme lui-même. Mais elle indique aussi une orientation d'emblée parente et d'emblée distincte de ce que sera la voie foucaldienne : il s'agit pour Deleuze de situer sur le terrain savant d'une nouvelle ontologie. et le soin apporté par Gilles Deleuze à l'analyse de la pensée de Nietzsche contraste avec la façon dont Hegel se trouve ici « malmené et http://www. pour ne mentionner que ces deux auteurs. avec des côtés anarchisants »[4]. Deleuze prend soin de souligner que Nietzsche a été introduit en France « non par la « droite » mais par Charles Andler et Henri Albert qui représentaient toute une tradition socialiste. Jamais référée à la réalité du monde. paru en 1954. la contradiction étant présentée non comme l'aboutissement logique de la différence. Foucault retrouve un trait d’époque. L’ontologie deleuzienne sera dans un second temps reversée au compte d’une théorie de l’histoire. Une telle question est bien entendu largement surdéterminée par le débat qui. tant il donne la première place à des objets d’étude jusque-là déconsidérés par la philosophie.marxau21. C'est sans doute dans son Nietzsche et la philosophie. Mais c'est surtout dans le livre consacré à Nietzsche que Deleuze précise son propre terrain de recherche ici en cours de définition. ni ceux de Sartre. afin de réviser Marx et le marxisme et de les épurer de leur supposé étatisme. il adresse à Hegel à travers Hyppolite. Mais il faut s’arrêter auparavant sur un texte plus ancien. jamais directes. Gilles Deleuze Gilles Deleuze met lui aussi. enveloppée dans une théorie de l'Etre. l’Anti-Œdipe et Mille Plateaux. la confrontation à Marx et la critique de la dialectique au centre de son œuvre. paru en 1962. faisant office d’alternative au marxisme sur laquelle je n’ai pas le temps de m’étendre ici. et qui va devenir une contre-référence puissante pour une partie des philosophes français de la période. dans deux des livres rédigés avec Felix Guattari.

. En outre. de la mauvaise conscience. Jeannette Colombel qui a quitté le Parti communiste peu de temps auparavant.marxau21. encore moins une disposition psychologique. les « beatniks ». Et il ajoute. mais. Cessant d'être une figure transitoire de la dialectique. je ne sais pas ». dans le contexte de l'époque. Une de ses rares interventions publiques consistera à s'opposer avec force à l'entreprise des « nouveaux philosophes ». s'inscrivant à ce titre dans la généalogie de la dialectique telle que Nietzsche lui-même la conçoit : une telle lecture nietzschéenne de Marx interdit. Derrière cette série d’affirmations. une critique de Marx qui s'esquisse sur ce mode semble aux lecteurs d’alors prometteuse de grands bouleversements et elle présente une force de séduction sans équivalent. sur sa possible contribution à une « pratique révolutionnaire ». Hegel. Dans ses articles et ses entretiens. le Parti communiste français et l’engagement de type classique. pour reprendre les mots de Fredric Jameson[7]. l'entreprise du ressentiment et de la mauvaise conscience s'incarne philosophiquement dans Hegel »[10]. feront œuvre de cette seule détestation. moment propre de la chose et donc principe de sa concrétude. la lecture deleuzienne oublie -ou feint d'oublier. En revanche. comme descendant de Hegel. elle permet aussi et notamment de situer Marx non comme adversaire direct de Nietzsche. lui reproche de taire « les aspects conservateurs de la pensée de Bergson » et d'être à l'inverse « impitoyable pour Hegel ». de l'accabler de tous les fardeaux. une lecture marxiste de Nietzsche. Pour sa part. il écrit : « ce que je détestais avant tout. la dimension stratégique apparaît plus nettement. http://www. Deleuze s’arrête en particulier sur une figure de la Phénoménologie de l’Esprit. Le filtre nietzschéen est précisément ce qui permet cette lecture. le portrait fidèle du dialecticien tourmenté : « la découverte chère à la dialectique est la conscience malheureuse. Deleuze défend la « résistance au présent ». Ce faisant. ni à des perspectives concrètes. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 maltraité ». aveuglé par ses préjugés : « la dialectique se nourrit d'oppositions parce qu'elle ignore les mécanismes différentiels autrement subtils et souterrains »[8]. l'entretien avec Jeannette Colombel est d'autant plus parlant qu'il est de peu postérieur à Mai 68 et à sa mobilisation politique exceptionnelle : à la dernière question de son interlocutrice.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 3 sur 8 . Son interlocutrice. « mais pourquoi je ne le fais pas pour Hegel ? Il faut bien que quelqu'un tienne le rôle du traître. A cet égard. Deleuze ne fait pas et ne fera jamais partie de ceux qui détestent Marx et qui. Deleuze lui répond qu'il s'est efforcé de dégager d'une pensée conservatrice des singularités qui ne le sont pas. pour qui le lien entre Hegel avec le marxisme est bien sûr évident. l'amitié et l'amour. au travers desquelles se définit aussi un nouveau rapport à Marx et au marxisme. Jouant du rapport complexe des idées au réel. lui. Elle est la pensée dans la perspective du nihilisme et du point de vue des forces réactives. au nombre des rapports humains qui sont « révolutionnaires pour leur compte ».fr/index.que la négation hégélienne n'est aucunement une mystérieuse puissance négatrice à l'action dissolvante. l'entreprise monstrueuse de la soumettre au négatif. celle de la mauvaise conscience. comme étant tout simplement anachronique. Ce sont les forces réactives qui s'expriment dans l'opposition. La dialectique est l'idéologie naturelle du ressentiment. dans un entretien de 1969. en profite pour interroger aussitôt Deleuze sur la dialectique marxienne et sur la raison pour laquelle il n'en parle qu' « allusivement ». pense en effet pis que pendre de la dialectique : il s'agit d'une opération bien plus élaborée. Dans un texte de 1973. L'entreprise de « charger » la vie.[12] sans que cette « résistance » ne soit jamais directement liée à des options politiques définies. c'était le hégélianisme et la dialectique »[11]. tel que Sartre l’avait défini. Ainsi. la glorification de la conscience malheureuse et de ses ressources. le « bouddhisme zen »[13]. d'autant plus virulente qu'elle n'est nulle part véritablement argumentée. sans la moindre citation à l'appui. opter pour Nietzsche revient de facto à combattre Hegel sans cesser de songer à Marx. d'y inscrire la mort. quelques années plus tard. la « vie poétique ». Deleuze ne fait pas de l'anti-hégélianisme l'antichambre ou le masque de l'antimarxisme. En somme. philosophie qui est couramment imputée à Marx. mais négation déterminée. assure Deleuze. qu’il retourne contre son auteur. alors que Foucault salue pour sa part leurs publications. Dans les conditions d'alors. Il mentionne quand même. Pour définir la dialectique. on peut lire en filigrane que la dialectique est indissociable d’une philosophie idéaliste de l’histoire. c'est la volonté de néant qui s'exprime dans le travail du négatif. Gilles Deleuze répond qu'Althusser « opère admirablement » la libération de Marx à l'égard de Hegel. Etrange charge. qui participe à la promotion collective d'un nouvel arsenal de références philosophiques. Hegel se trouve en effet réduit à la figure réactive et nihiliste du penseur du ressentiment. elle est. et tout spécialement pour simplement s'éloigner du marxisme et de ce qui est son corollaire politique immédiat. qui l'interroge sur le caractère politique de sa pensée. l'approfondissement de la conscience malheureuse. la solution de la conscience malheureuse. en amont. D'un bout à l'autre elle est pensée fondamentalement chrétienne »[9]. réitérée ad nauseam. ironique. Mais il s'en sert pour frayer une voie divergente par rapport à tous les courants théoriques et idéologiques existant alors. En effet. sans qu'on puisse lui reprocher ses défauts. Deleuze répond : « C'est une question gênante. On aurait tort de voir dans ces lignes péremptoires le produit d'une lecture un peu hâtive dans un livre somme toute consacré à un autre auteur que Hegel et qui. de la réconcilier avec l'Etat et la religion.I.

Althusser inversera ce rapport d’inclusion et. rigide. devançant Marx.marxau21. cette fois. renouant avec l’esprit de la thèse pionnière d’Auguste Cornu. le débat sur Hegel. inauguré par Jean Wahl. d’un courant néo-hégélien. ce qu'il nommera par la suite une micropolitique moléculaire du quotidien correspond très exactement au rejet des perspectives politiques globales. En concurrence directe avec l'approche sartrienne. dans la mesure où ce dernier n’a pas « réalisé concrètement l’accord des conditions de la pensée avec la pensée ». III. qui explique le changement de cap radical dont cet article témoigne. on comprend mieux pourquoi la question dialectique devient un enjeu politique crucial à partir de l’après-guerre sans être pour autant le lieu d’une élaboration novatrice. en particulier dans les pages de la revue communiste La Nouvelle Critique. directement reliée à la ligne politique de l’heure. dont les travaux vont inspirer Jean Hippolyte et Alexandre Kojève. qui évite l’invective et commence à explorer sérieusement le problème sans en effacer pour autant les enjeux politiques. L’une des premières publications d’Althusser est un article à nouveau consacré à Hegel. rédigé en 1947 par Louis Althusser au retour de sa captivité en Allemagne. il paraît en novembre 1950 dans la revue communiste La Nouvelle Critique. Derrière cette version althussérienne du retournement matérialiste. tant il a des enjeux nombreux qui sont ravivés. va rendre possible une première opération de marginalisation institutionnelle du marxisme[15]. mais son œuvre est aussi le lieu où s’exerce de façon croissante leur influence et c’est pourquoi je l’aborde en dernier lieu. qui aborde la politique sous l’angle et sur le terrain de la philosophie. c’est le marxisme englobera le hégélianisme. qui voit des interprètes catholiques. le déclenchement de la Guerre froide.I. en rapport étroit et direct cette fois avec le contexte politique. Intitulé : « Le retour à Hegel.fr/index. Son élaboration de la question dialectique. Althusser se révèle excellent connaisseur de son auteur. l’occasion de clivages politiques d’autant plus vifs qu’ils ne sont pas directement élaborés comme tels. par exemple. qu’il lit en même temps qu’il découvre Marx[14]. Dans ce contexte. soutenue en 1934. le mémoire d’études supérieures. et comme cette idéologie dont seul Marx est en mesure de rendre compte. donne lieu à une discussion plus argumentée. en tant que pensée immature. Ultérieurement. A partir de l’après-guerre. tout en autorisant le maintien et le développement d’une thématique religieuse. Ses textes les plus universitaires en portent la trace et si l’on reconstitue son itinéraire. Gaston Fessard ou Marcel Régnier. cette relecture de Hegel se veut apte à rendre compte de l’expérience individuelle et du devenir collectif. mais aussi colonisés par les débats politiques du moment. Louis Althusser Louis Althusser est le seul des trois auteurs que j’aborde ici à être marxiste et membre du Parti communiste. est-il consacré à Hegel. dernier mot du révisionnisme universitaire ». mais surtout l’englobant. soudainement surpolitisée. La réaction de repli adoptée par le Parti communiste dans ces circonstances conduit les intellectuels communistes à s’aligner sur une position théorique défensive. se pencher à leur tour favorablement sur une œuvre dont la réception en France est depuis toujours tumultueuse et complexe. Et surtout. Et c’est ce qui apparente profondément Althusser aux autres théoriciens de sa génération. éclaire en retour la façon dont Foucault et Deleuze l’abordent de leur côté. les questions qui traversent le marxisme français vont souvent prendre la forme de débats philosophiques classiques. A partir de 1953. l’interprétation de la philosophie hégélienne est devenue une question brûlante. Dans le contexte singulier de la fin des années 1960. Entre-temps. au lendemain de la Libération. c’est dans le cadre du Parti communiste qu’il va inscrire sa trajectoire philosophique et militante. comparé au mémoire de 1947. auteur pour lequel l’intérêt renaît alors en France. La question du rapport Marx-Hegel est bien entendue aussi ancienne que l’œuvre marxienne elle-même.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 4 sur 8 . Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 Si Deleuze vise bien à réaccorder théorie et pratique. Parallèlement. cet article est d’une tonalité bien différente. la réaction anti-néohégélienne adopte parfois un vocabulaire politique d’une rare violence. mais elle prend un sens nouveau dans le contexte français d’émergence. Mais. fournissant pourtant. mais c’est un événement de nature paradoxale. qui avait proposé une analyse à http://www. Pour le dire vite : l’intervention althussérienne est à l’évidence un événement politique. même si. Dans ce mémoire. demeure donc ce qui se révèle comme l’axe même du renversement d’une philosophie à l’autre : la conviction que tout se joue du côté de la philosophie. le débat entre néo-hégéliens et marxistes devient soudain intense. Ainsi. pour sa part. il s’y affirme hégélien : la formule a été plusieurs fois relevée où il attribue à Hegel la capacité à n’être pas captif de son temps.

l’opposition entre Garaudy et Althusser sur la question de l’humanisme est tranchée par la direction du Parti et par son secrétaire général d’alors. choisissent alors de réactiver les thèses des années 1930 sur la paupérisation. par la suite. Ainsi. Après le Congrès d’Argenteuil de 1966. article moins virulent. D’autre part. chez Mao. et en dépit des apparences. rédigé en 1937. Tandis que le débat fait rage autour de Hegel et Marx. celle de la condamnation sans nuance de l’hégélianisme. D’une part. doit fonder théoriquement le principe d’une révolution culturelle. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 la fois circonstanciée et partisane du rapport entre Hegel et Marx. la politique. Althusser y défend la spécificité. Althusser sera un lecteur attentif de ce travail. qui met l’accent sur sa singularité concrète. qui semble donc faire écho à sa rupture personnelle d’alors. Dès lors. la thèse de la rupture entre Marx et Hegel. qui. http://www. Louis Althusser opte pour la ligne dure. visant selon lui à rénover les « aspects réactionnaires de la philosophie hégélienne ». en dépit de cette lecture et de ses propres travaux passés. cette surpolitisation momentanée du débat philosophique va alimenter une paradoxale et relative dépolitisation du marxisme français. la fabrication de toutes pièces d’un nouveau Marx « pour que les communistes aient tort ». Waldeck Rochet. mais renvoyant aussi ses lecteurs à l’article de Mao Zedong. on peut considérer que la faillite de ce type de confrontation théorique est inscrite dans ses procédés même : l’imputation d'intentions politiques malfaisantes à l'adversaire. de la critique de l’économie politique à l’analyse historique et stratégique. les choix stratégiques communistes restent en effet soustraits à la discussion collective. c’est l’importance des superstructures et l’autonomie relative des luttes qui s’y déroulent qui se trouvent soulignées par Althusser. avec ce que fut son propre hégélianisme chrétien des années de formation. au PCF.fr/index. destinée à se développer et surtout à se bloquer. la singularité irréductible des contradictions réelles contre toutes les généralisations. Pourtant. en accélérant l’enlisement d’une partie de celui-ci dans des discussions byzantines. Althusser dénonce dans le retour à Hegel « un révisionnisme de caractère fasciste »[16]. tout à la fois techniques et doctrinaires. l’auto-réfenrentialité croissante de l’œuvre traduisant son manque de prise sur ce qui est son cœur même. En 1953. Althusser développe une analyse critique radicale du retour à Hegel. dans la Revue de l’Enseignement Philosophique cette fois. abandonnée aux spécialistes des sciences économiques et sociales et surtout aux responsables politiques.I. En effet. l’orientation strictement interprétative de la discussion et son enracinement dans l’histoire de la philosophie accompagnent la désertion de l'analyse économique et sociale contemporaine.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 5 sur 8 . La référence à Mao et à la révolution culturelle chinoise. pour avoir judicieusement banni la catégorie de « négation de la négation ». il publie un nouvel article sur ce thème. Dans son article de 1950. mais où il réaffirme cependant la rupture entre Hegel et Marx. saluant au passage Staline. Par-delà l’intervention althussérienne. plaçant à un niveau théorique très élevé la discussion politique. A partir de ce moment. « Sur la contradiction ». c’est surtout à son propre itinéraire que se confrontera Althusser et à son échec de plus en plus manifeste. Le corollaire de cette thèse est que la promotion conjoncturelle de Hegel vise en réalité la révision de Marx. Il n’abandonnera plus.marxau21. tandis qu’Althusser esquisse par ailleurs une conception philosophique alternative de la contradiction. S’appuyant sur la thèse du « développement inégal des contradictions » qui. utilisée abstraction faite de sa réalité historique. dans le sens d’un abandon définitif de toute ligne philosophique officielle. qui peine à investir en tant que tels ses terrains traditionnels. l’objet d’un tel débat autant que ses modalités vont contribuer à déclencher la crise spécifique du marxisme français de la période. Certains des articles de Pour Marx et plus particulièrement les articles qui portent sur la dialectique se font d’ores et déjà la chambre d’écho de cette contradiction précise. le débat intellectuel se trouve libéré au moment même où il perd son impact : la sécession althussérienne se trouve alors condamnée à la marginalité politique.

Dans la conjoncture du moment.I. étendu à la perspective concrète de transformation sociale et à la politique en général. telle qu’elle a été conçue par son fondateur et interprétée. contre ses propres thèses antérieures. Althusser va affirmer qu’il n’existe d’ailleurs pas de théorisation de l’Etat chez Marx[19]. sont significatives d’un certain régime d’alliance entre théorie et politique. Alors que la situation semblait fournir l’occasion idéale de souligner la pertinence de la notion althussérienne d’idéologie. pour reprendre le titre du livre de Merleau-Ponty. s’alignant toujours davantage sur les thèses de ses cadets et notamment celles de Deleuze : on trouve la marque de ce réalignement notamment au sujet de la dialectique puisqu’Althusser va finir lui aussi par la répudier. à orienter l’histoire communiste qui est affirmée et qui se trouve finalement retournée par Althusser contre Marx lui-même. En fin de compte. qu’il faut rechercher aussi de quoi rendre compte. par ses successeurs. Althusser affirme ici.marxau21. dans les conjonctures les plus variées. c’est l’incapacité du marxisme. en montrant à la fois l’intensité de la « lutte des classes dans la théorie » et l’ampleur du soutien d’Appareils institutionnels à l’opération c’est. tandis que chez Deleuze et Foucault la disparition des perspectives politiques classiques est explorée comme autant d’opportunités historiques et théoriques. mais cette fois sur le mode de l’échec. échec s’élargissant aux dimensions d’une gigantesque déroute historique. affirmation suscitant de vives réactions en Italie.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 6 sur 8 . que « tout est politique » et qu’il n’y a donc pas de « sphère de la politique »[20]. mais d’une alliance qui n’est pas analysée en tant que telle et qui se trouve déportée sur le terrain de la philosophie elle-même. le communisme ne sera rien d’autre que l’échec de la philosophie. mais plus radicalement que jamais. Dorénavant. Echo retardé de 1968 dans la pensée althussérienne ? On peut plutôt émettre l’hypothèse qu’Althusser se rapproche alors des choix politiques italiens mais aussi et avant tout de thématiques philosophico-politiques montantes que Michel Foucault et Gilles Deleuze. ont contribué à élaborer dans le contexte politique français qui précède et qui suit Mai. Cette impuissance théorique concerne. associé à la médiatisation des « nouveaux philosophes ». Dans la foulée. C’est du même mouvement qu’il dénonce l’ambition totalisatrice et qu’il affirme.fr/index. http://www. que Marx n’est le fondateur d’aucune science et que la critique de l’économie politique qu’il inaugure en est la preuve. cette proclamation de crise coïncide avec la montée d’un antimarxisme virulent. Le texte le plus significatif de ce point de vue est « Marx dans ses limites ». Marx lui-même : « N’est-ce pas dans la théorie marxiste elle-même. Althusser y revient sur la nécessité d’une analyse marxiste du marxisme. puis en France. s’autorisant de Gramsci. en tant que procédure sans fin de rectification critique. qui eussent dû servir d’expérimentations théoriques. à l’inverse. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 permet avant tout à Althusser d’affirmer le rôle majeur de la philosophie. Au cours de la dernière partie de son œuvre Althusser va théoriser les limites du marxisme. l’axe de sa propre critique du stalinisme se trouve maintenu et il désigne à nouveau l’impuissance théorique comme la cause principale de l’incapacité des marxistes et des communistes à « rendre compte de leur propre histoire ». tel qu’il souhaite le promouvoir dans le contexte intellectuel et politique français. qui inclut la fameuse intervention d’Althusser lors du colloque de Venise de 1977. intitulée « Enfin la crise du marxisme ! ». qui s’en prennent violemment à l’althussérisme. la pensée althussérienne se conclut sur l’aveu de son propre échec. Conclusion Ces « aventures de la dialectique ». parmi d’autres. Mais. des faits qui lui demeurent obscurs ?[17] ». cette fois encore. rédigé en 1978. Pourtant. en partie. d’un écho intériorisé de l’attaque que témoignent les textes de 1977 et 1978[18].

38)2.-. Que peut-on en conclure sur un mode non plus négatif et rétrospectif mais positif et prospectif ? Le retour d’une analyse historique dialectique présente des enjeux théoriques qui sont immédiatement stratégiques.//."9 !"7#$RS9$*. d’historiens.2&30 %. l’analyse des dominations croisées et combinées : domination des femmes ou rapports sociaux de genre plus largement.#$>&**)3$B)*)-C)0$567#&'$3..2&30$>.$)/$89$7<9 !:#$%&'()*$+.2@0$:.&3$%.2)3$2&8.0+/%B8&..-'.*/(-33G2&)D30$3)2.*E.*/&?.0$89$"79 !":#$>&**)3$B)*)-C)0$+)*&Q$>-.2&30$14+0$"5E:0$89$"<59 !6#$=>%$90$89$"F"9 !E#$>&**)3$B)*)-C)0$567#&'$3. la dialectique devient ici l’enjeu politique d’un débat strictement théorique.:0$89$:A9 !7#$>&**)3$B)*)-C)0$:%&*.4%*.&4*&'&*'"8*4&.3/)3$.2&)$S&D&)$L0$I0#%*8$&'$&'!"./()2.'-?)D/G$@)$%&'(.**&?.-&3$N*/(-33)20$I$*)$?. est de nature à rouvrir la question du rapport entre philosophie et politique.0$G@9$'&/90$89$:.-2/0$2%.-'.&'B8&'#"'+/%#0.2Q&3?)$'.'WX=%MR0$"5570$89$"A9 !"6#$Y.fr/index.&'08'43A0#8*%0)'H0$1..D0$I$*)3$@-. du moins une théorie des contradictions du réel qui ouvre à l’intervention politique son champ propre.php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 7 sur 8 .-2@K(-&$L0$%)'?'@%##&./'!"49%.(D$`.&2$*)$*&Z2)$/2[3$@. qui ne prend plus en charge l’histoire réelle.0+/%&<$G@9$'&/90$89$"F"9 !5#'=>%$90$89$"FA9 !".'*&9*&.2a-?)D/G)30$@-$'b/G$@)3$. de géographes ou de sociologues.2&30$14+0$"5670$89$:.0$/9$==0$1. mais assez largement aussi sur celui des sciences humaines. En ce sens.&4*&'&*'"8*4&./&.-*/0$!"#"$%&'(&)*"#&'&*'+. balisent ce champ d’une intervention dialectique qu’il importe de revivifier.'+/%#0.'&*'+0#%*%B8&.2&30$%&D-&/0$:.2$B.$82.4%*./&'&*'#"'+/%#0. Pour le dire autrement.. !"#$%&'()*$+./0#01%&0$1. domination coloniale et néo-coloniale./&'&*'#"'+/%#0./%"A&#0$1.)*$\)**]0$!0$&4)'G4&). Il s’agit de réoccuper le terrain de cette analyse dialectique du réel en vue de renouveler la question de l’engagement intellectuel d’une part.8W&D3$4D&Z)23&/]$12)330$"5F:9 !"E#$O.2&30$O)3$)?8P'()-23$@)$8)D3)2 )D$2.0$1.0$"5<F9 !"5#$O.%$&). réactivant un type d’analyse historico-politique qui intègre pleinement sa dimension politique constitutive.79 !"A#$>&**)3$B)*)-C)0$567#&'$3.4%*.3G)$8.marxau21.DT. Et que le retour de la dialectique sera la preuve de cette affirmation et l’indice que s’ouvre une nouvelle séquence.2&30$14+0$"55F0$89$7A69 http://www. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 Pour le dire autrement.??)$/(G.'2&#&8."0$89$7<"9 !A#$>&**)3$B)*)-C)0$567#&'$3. et rapports de domination capitaliste.-&3$N*/(-33)20$F..D$@)$+2.'&*'+0#%*%B8&.(0$^.0+/%&0$1.2)0$_()$H.0+/%B8&0$@&29$M2&'$N**&)C0$1.0$/9$"0$1.?&D&c-)$O)'.0$G@9$'&/90$89$A559 !<#$+2)@2&'$H.&4*&'&*'"8*4&.-J..?)3.'+/%#0.I.&4*&'&*'"8*4&. alors que la dialectique était chez Marx une « méthode » de l’analyse historique -le terme de « méthode » restant à discuter-.2&30$%&D-&/0$"55"0$89$".'*&9*&. je me risquerai à affirmer que la répudiation de la dialectique est la marque d’une séquence théorico-politique qui se referme.'&*'3.9 !""#$>&**)3$B)*)-C)0$C084+"4#&4.0+/%B8&.$82G3)D/. Néanmoins la discussion autour de la dialectique conserve sa portée politique indirecte : elle va contribuer à littéralement interdire un certain type d’approche historique. Les questions contemporaines des classes et de la lutte des classes.*&3?)3$.. mais aussi de philosophes.2&0$D86&. d’autre part. du moins sur le terrain de la philosophie.0+/%&<$1.D@0$"55F0$89$A<59 !F#$>&**)3$B)*)-C)0$:%&*.D0$%)'U$O.0$1. qu’on rencontre aujourd’hui du côté d’économistes marxistes par exemple.8.-&3$N*/(-33)20$F..0$/9$"0$G@9$'&/90$89$:E79 !"<#$=>%$90$89$A<"9 !"F#$4D)$@)3$2.0$G@9$'&/90$89$:.-*/0$2%*. l’analyse reconduite des contradictions du capitalisme.'*&9*&.&<'8)&'A%&'+/%#0.2&30$V/.'*&9*&.2&30$%&D-&/0$"55. mais aussi en vue de réintervenir sur le terrain politique.

php?view=article&catid=63%3Aphilos…onent&print=1&layout=default&page=&option=com_content&Itemid=86 Page 8 sur 8 .marxau21.#$=>%$90$89$:FF9 http://www. Garo | « L’infâme dialectique » : le rejet de la dialectique dans la philosophie française de la seconde moitié du 20e siècle 05/12/11 23:45 !:.I.fr/index.

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