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E d i t o r i a l S o m m a i r

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Au début, une simple idée. Presqu’un souhait. Quelques rencontres et des encouragements ré- pétés de la part, notamment, de praticiens ren- contrés lors d’évènements ou rencontres scientifiques, ont eu raison de nos dernières hé- sitations. Mais, il nous fallait trouver un concept différent pour pouvoir nous insérer dans un en- vironnement qui compte déjà, de nombreuses publications de bonne facture, éditées par des sociétés savantes et entièrement animées par des praticiens. Pourquoi, donc, ne pas faire les choses autrement en pratiquant, simplement, notre métier de spécialistes de l’information et de la communication et créer un espace ouvert aux différents acteurs du secteur de la santé. Restituer, mensuellement et le plus fidèlement possible, les préoccupations, les contraintes et aussi les espoirs de tous ceux qui œuvrent pour faire sortir ce secteur de ses contradictions constitue, pour nous, une ligne de conduite. Santé-Mag est né de cette idée. Il a pour am- bition de paraître chaque mois à date fixe et ceci n’est pas un pari, mais, plutôt un engagement. Le pari pour nous est, par contre, de faire mieux à chaque numéro S a n t é- Ma g .

de faire mieux à chaque numéro • S a n t é- Ma g . •

Insuffisance rénale chronique. > P. 02

Colloque international sur le don d’organes en Algérie. > P. 03

Polémique autour de la prise en charge du cancer. > P. 04

Grippe : une maladie courante mais, potentiellement grave”. > P. 11

Professeur Kamel BOUZID " Le plan cancer existe…". > P. 14

Cancer du poumon : 3500 nouveaux cas par an, en algérie”. > P. 15

Le Professeur Salim NAFTI, " La BPCO est une maladie méconnue, sous diagnostiquée et sous traitée". > P. 16

Le Professeur Abdelkrim SOUKEHAL, Le pneumo 23 est disponible,

en permanence, dans mon service”. > P. 20

Entretien réalisé avec le Dr. Khalil AMRANI, pneumo - allergologue :

“ Syndrome d’apnées obstructives du sommeil “. > P. 22

Diabète : “le tsunami du 21ème siècle”. > P. 24

Diabète : “12 % des constantinois sont diabétiques”. > P. 27

Entretien réalisé avec le Pr Luc DOUAY, médecin-biologiste médical :

“ les 1 eres transfusions sangines à partir de cellules souches”. > P. 30

Prévalence du diabète en Algérie : La valse des chiffres. > P. 31

Sida : Selon une enquête effectuée par l'unité Sida au CHU de Constantine :

“Les étudiants en médecine sont très mal informés sur cette pathologie”. > P. 32

Sida : “Plus de 6.500 cas recensés, actuellement, en Algérie”. > P. 33

Sida : Entretien avec le Pr Djamel Eddine ABDENOUR, " Les malades sont

soumis à une grande discrimination ". > P. 36

Cancer : Professeur Djillali LOUAFI : Cancer, lAlgérie classée

à la 5 ème position par rapport aux pays européens”. > P. 39

Cancer : ASSOCIATION EL BADR : présentation . > P. 42

Greffe rénale : Dr. Mustapha BOUKHELOUA,

" Notre plus grand défi est de réussir à développer la transplantation, à partir de donneurs décédés ". > P. 43

Phytothérapie : Entretien à Santé-mag.

de Mme Meriem YOUSFI HAMADA, psychologue. > P. 46

Agenda. > P. 47

• • • • Chakib M.

• Chakib M.

• HARCHA Maia

Santé-Mag / Magazine mensuel de la santé / décembre 2011/ N° 01. édité par Média Pub Santé.

• RIF Nahla

• ZAHAF Loubna

• BOUGHAZI Malika

• NOUR Djazairi

• FORTAS Nadjia

Iconographie :

• OULD BABAALI Liès

Conception : TRI-EVENT Correction : GHARNAOUT Amar

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ALAHOUM Amina

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ACTUALITÉ

ACTUALITÉ

Insuffisance rénale chronique

Près de 16 000 malades sont traités par hémodialyse dans plus de 250 unités spécialisées publiques et privées, à travers le territoire national

M ettre en place un registre national des insuffisants rénaux, organiser les soins

et surtout faciliter l’accès à la transplanta- tion, tels sont les principaux point débattus par le Dr Mustapha Boukheloua, président de la Fédération nationale des insuffisants rénaux (FNIR), lors de la journée de sensi- bilisation organisée hier à l’hôtel « Mas des planteurs » de Zeralda. S’agissant des cen- tres d’hémodialyse, le Dr Boukheloua a sou- ligné «la nécessité d’obliger les centres relevant du privé à inscrire leurs patients pour la transplantation rénale.» Quant aux enfants dialysés, l’intervenant

a affirmé qu’ « un seul centre de dialyse pé- diatrique existe en Algérie ». Outre celui d’Oran, « il faut des centres

de dialyse pédiatrique au centre, à l’est et au

sud du pays » a-t-il précisé

difficiles, « ils méritent plus d’attention », a- t-il affirmé.

Pour sa part, M. Mohamed Boukhers, porte-parole de la Fédération nationale des insuffisants rénaux, a précisé que «les en- fants hémodialysés ne bénéficient pas de l’hormone de croissance ainsi que du suivi psychologique». Il a également soulevé le problème du personnel «non qualifié» au niveau des hô- pitaux. «Les hôpitaux sont dépourvus de personnel spécialisé en dialyse et de per- sonnel chargé de la maintenance de l’appa- reillage de l’hémodialyse », a-t-il encore souligné. Le président de la FNIR a rappelé qu’ac- tuellement, près de 16 000 malades sont traités par hémodialyse dans plus de 250 unités spécialisées publiques et privées à tra- vers tout le territoire. «Comme il n’existe pas de prévention ni de suivi de cette pathologie, aucune statis- tique, ni prévalence sur les nouveaux cas ne peuvent être élaborées», dit-il, avant d’ajou- ter que «seuls 1 000 insuffisants rénaux ont

Ces cas étant

que «seuls 1 000 insuffisants rénaux ont Ces cas étant bénéficié d’une greffe en Algérie et

bénéficié d’une greffe en Algérie et à l’étran- ger depuis 1986.» Le professeur en dermatologie, ancien ministre des Affaires religieuses, M. M'ha- med Benredouane, a indiqué pour sa part, qu’il est nécessaire de créer un centre natio- nal de recherche pour permettre aux déci- deurs de prendre les bonnes dispositions, et cela afin de mieux connaître l’état des lieux et sensibiliser l’opinion publique. De son côté, et sur un tout autre registre, même s’il concerne le don d’organes, le Dr Achour Karima, chirurgien au CHU Mus- tapha-Bacha d’Alger, a estimé que « la trans- plantation pulmonaire peut démarrer pour peu qu’on développe les services thora- ciques en Algérie.» Selon elle, la greffe des poumons est une chirurgie qui reste au stade embryonnaire alors qu’elle est très avancée à l’étranger. « Elle n’existe pas en Algérie » a-t-elle précisé avant d’ajouter que la greffe reste la seule option pour beaucoup de malades, notamment pour les enfants qui faute d’une greffe décèdent. Pourtant, selon elle, les compétences et les moyens sont dis- ponibles : « Nous sommes de nombreux chirurgiens algériens à pratiquer des trans- plantations de poumons en France. Nous pouvons donc lancer ces opérations chez nous à partir de donneurs cadavériques », a-

t-elle dit signalant toutefois que la seule so- lution pour la greffe des poumons reste celle du don d’un des deux parents pour sauver la vie de l’enfant. « On a un manque de moyens et de structures. On n’a pas de problème sur le plan juridique ou religieux » a-t-elle fait savoir. De son côté, le profes- seur Chaouche Hocine a lancé un appel aux autorités du pays à prendre en charge le pro- blème de don d’organes. Le professeur a ex- pliqué qu’il y a un manque d’évaluation au niveau du secteur de la santé. «Jusqu’à aujourd’hui et avec tous les moyens qui existent, certains responsables ont des services qui ne fonctionnent prati- quement pas», explique-t-il, avant d’ajouter qu’« au niveau de l’hôpital Mustapha, on fait une greffe par semaine, on fait aussi des greffes ailleurs.» Le professeur a mis en avant le manque de médicaments et de matériel de trans- plantation. Selon lui, «c’est une preuve concrète d’absence de volonté de travail par les concernés.» A cet effet, le professeur Chaouche a dé- claré qu’il faut établir une politique contrac- tuelle entre « l’Etat et les gens qui veulent vraiment travailler. » •

-- MMaaiiaa HHaarrcchhaa

INNOTECH S’IMPLANTE EN ALGÉRIE

vestissement avec un partenaire algérien. Cette dé- marche s'inscrit dans le cadre de la stratégie et de la vo- lonté d'innotech de s'implanter d'une manière perenne, en Algérie, en se dotant d'un outil de fabrication. D’au- tant plus que les dispositifs de loi et la politique en fa- veur de l'investissement, dans ce secteur d'activité, sont encourageants.

Une délégation industrielle du laboratoire français In- notech a sejourné en Algérie, au mois de novembre der- nier. L'objectif de cette visite était de travailler sur le projet industriel de fabrication des produits Innotech, en Algérie, à travers l'acquisition, la modernisation et l'in-

Santé-mag >ACTUALITÉ

Plaidoyer pour des prélèvements d’organes et tissus sur patients en mort encéphalique

Colloque international sur le don d’organes en Algérie

Sous le thème, « don d’organes, don de vie, don de soi » un colloque in- ternational a été organisé, à la fin du mois d’octobre, à la faculté de mé- decine de Tlemcen.

C ette rencontre a réuni des person- nalités algériennes et étrangères,

cumulant une grande expérience dans le domaine de la transplantation d’or- ganes. Le Professeur BENMAN- SOUR, chef de service de néphrologie du centre hospitalo-universitaire de cette ville et président du colloque a in- diqué, d’emblée, que la greffe «est une thérapeutique efficace et constitue la seule chance de survie d’un nombre croissant de malades, de tous âge et re- présente, ainsi, un formidable espoir, dans le sens ou les personnes greffées parlent d’une seconde naissance». Tributaire d’un donneur vivant ou dé- cédé, la transplantation d’organes de- meure dans notre pays une activité sporadique par rapport aux besoins de la population. Quelle en est la raison? C’est à cette question principalement que sont attelés à répondre les partici- pants à cette rencontre, tout en tentant de trouver des moyens et des solutions pour la promotion effective de cette médecine transgressive. Le Professeur Farid HADDOUM, chef de service néphrologie au CHU Neffissa Hamoud de Hussein Dey Alger (ex Parnet) et président de la so- ciété algérienne de néphrologie, dialyse et transplantation (SANDT) a soutenu que : « par son importance numérique, sa dimension de santé publique et son impact économique, la transplantation rénale ( deux-tiers des transplantations d’ organes dans le monde ), représente

le terrain d’ expérimentation de ces mo- dèles organisationnels exemplaires en médecine ». Selon lui, dans la majorité des pays qui ont développé l’activité de transplantation, des systèmes nationaux de transplantation, des agences natio-

nales de transplantation ou des Fonda- tions pour le don d‘organes, tissus et cellules se sont progressivement mis en place. «Tout est-il fait, dans notre pays, pour informer les malades de l’alternative fa- vorable que représente la greffe d’or- ganes ? Quels sont les obstacles ? Peut-on parler de droit au choix bafoué, voire du droit à la greffe ignoré ?» s’est interrogé le Professeur HADDOUM. Plus de 15.000 patients sont, actuel- lement, traités par une méthode de sup- pléance en Algérie. Le nombre de cas incidents est estimé à 3500 nouveaux cas, par an. En revanche, le nombre de greffes réalisées ne dépasse pas une centaine de cas, par an. 7000 patients «habitent» les listes d’attentes. Pour la greffe de foie, les besoins du pays, étaient, en 2009, de l’ordre de 15 greffes par million d’habitants ; soit 450 greffes par an. Selon les spécialistes, pour pro- mouvoir l’activité de la greffe rénale, le cercle des donneurs vivants, circonscrit actuellement aux parents de 1er degré (père et mère, enfants et frères et sœurs), doit être élargi aux conjoints, aux tantes et oncles et aux cousins ger- mains. Mais aussi, un programme na- tional de promotion du don d’organes,

à partir de donneur en mort encépha-

lique, doit être élaboré rapidement. D’autant que l’islam ne s’oppose guère

à cette pratique. En effet, ce type de prélèvement a fait l’objet d’une “fetwa” favorable de la part du cheikh HAMANI, qui s’est ré- féré à un verset coranique qui dit, dans

le sens « les morts servent les vivants ». Sadek BELOUCIF, dans sa commu- nication «Religions et concept de mort encéphalique» a soutenu qu’« en accord avec les données actuelles de la science, le concept de mort encéphalique est re- connu. Une personne est “légalement décédée quand il y a arrêt total et jugé irréversible par les médecins, soit des contractions cardiaques et des mouve- ments respiratoires, soit des fonctions vitales cérébrales avec début de des- truction du cerveau”. Afin de garantir la prééminence et le caractère sacré de la vie, le don d'organe est en conséquence reconnu et valorisé comme une bonne action, à condition d'un consentement, du respect de la personne et d'une non-commercialisa- tion ». Qu’en n’est t-il de l’effet d’un tel don sur le plan psychologique ? L’équipe du service de chirurgie thora- cique et transplantation d’organes du CHU Mustapha a tenté d’étudier l’im- pact psychologique du prélèvement de rein chez le donneur vivant, à travers une analyse rétrospective entre 2003 et 2009 portant sur 122 patients prélevés. Conclusion de cette étude : «Les bilans clinique et biologique des donneurs étaient globalement satisfaisants. Les re- lations entre donneur et receveur ont été souvent renforcées, rarement dété- riorées, avec le sentiment de refaire le don, si besoin est ; par ailleurs, la qua- lité de vie n’a pas été altérée par le pré- lèvement rénal ». A la lumière de ces données, l’équipe du Professeur Chaouch conclue qu’«en l’absence d’obstacles culturels, la transplantation à partir d’un donneur vivant est une al- ternative globalement positive, médi- calement s a t i s f a i s a n t e et psychologiquement valorisante» •

Santé-mag >ACTUALITÉ

Au cœur de l’actualité nationale Polémique autour de la prise en charge du cancer

Le cancer n’est pas la maladie qui tue le plus en Algérie. En matière de causes de mortalité, certaines études le classent, en troisième position après les affections cardiovasculaires et les atteintes périnatales, avec un taux de 9,5%. Il n’en demeure que c’est la pathologie dont on parle beaucoup en raison de la mauvaise prise en charge thérapeutique des cancéreux.

L e professeur Kamel Bouzid, chef du service d’oncologie

médicale au centre Pierre et Marie Curie d’Alger (CPMC) a été le pre- mier à interpeller les consciences, en ce mois d’octobre, sur la prise en charge précaire des cancéreux. Centre fermé pour maintenance, rupture de stock des médicaments et de réactifs, rendez-vous dérai- sonnables… Ce spécialiste, a brossé un tableau sombre de la si- tuation du CPMC et plus générale- ment des malades cancéreux en Algérie. Il nous apprend que sur 44000 nouveaux cas de cancer en- registrés chaque année en Algérie, 28000 nécessitent un traitement par radiothérapie. Sur ces 28 000, seuls 8 000 malades sont traités par radiothérapie, faute de moyens. Le professeur Bouzid ajoute sur les ondes de la chaine III que les ren- dez-vous de radiothérapie sont fixés au mois de juin 2012 pour les malades qui se présentent au mois d’octobre, en raison de la grande pression exercée sur les cinq cen- tres anticancéreux, opérationnels à travers le pays et les temps impar- tis à la maintenance. Lui emboitant

et les temps impar- tis à la maintenance. Lui emboitant Par : Chakib M. le pas,

Par : Chakib M.

le pas, le collectif autonome des médecins résidents a organisé un sit in de solidarité avec les malades cancéreux. Les députés interpellent à leur tour, quelques jours plus tard, le ministre de la santé sur ce problème. Lors de leurs inces- santes sorties publiques, les anima- trices de l’association Amel, n’ont pas, elles aussi, manqué de dénon- cer, les défaillances dans la prise en charge des cancers, qui tuent 50 Algériens chaque jour dont 10 femmes atteintes de tumeur du sein. Au centre de l’actualité nationale, ce dossier fait réagir le premier res- ponsable du secteur, qui dans un premier temps, s’en prend au mé- decins résidents, les accusant de faire de cette maladie « un fonds de commerce et d’instrumentaliser la

détresse des gens et le malheur des familles des cancéreux à des fins ina- vouées ». Devant les parlemen- taires, le ministre de la santé s’interroge : « Le cancer a toujours existé, ce n’est pas en 2011

qu’on a découvert le cancer. Il y a quelques années des malades algé- riens mouraient dans la totale dis- crétion. Pourquoi aujourd’hui on crie au cancer ? » Cette mise au point faite, il tente de se faire ras- surant en soutenant que sept cen- tres de radiothérapie sont répartis au niveau national pour répondre aux besoins des malades et que 13 machines supplémentaires seront fonctionnelles au niveau de ces centres avant la fin de l’année 2011. Ould Abbes déplore, toute- fois, l’absence de dépistage pré- coce. Selon lui, le nombre de cancéreux en Algérie s’élève à plus de 40 000 nouveaux cas par an. 50% des femmes atteintes du can- cer du sein décèdent, car elles sont diagnostiquées à un stade avancé, atteste-t-il •

décèdent, car elles sont diagnostiquées à un stade avancé, atteste-t-il • Santé-Mag - N° 01 Décembre
Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS LA PNEUMONIE PREMIÈRE CAUSE DES DÉCÈS INFANTILES EN ALGÉRIE ET DANS
Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS
LA PNEUMONIE PREMIÈRE CAUSE DES DÉCÈS
INFANTILES EN ALGÉRIE ET DANS LE MONDE
La pneumonie reste la première cause
des décès infantiles en Algérie et dans le
monde ont relevé jeudi à Alger les par-
ticipants à une journée scientifique or-
ganisée par la Société algérienne de
microbiologie clinique (SAMIC). Selon
le professeur Jean-Paul Grangaud, pé-
diatre qui exerce dans plusieurs établis-
sements hospitaliers en Algérie, le taux
de mortalité du à la pneumonie reste
"relativement élevé malgré les efforts et
les moyens mis en place par l'Algérie".
En milieu hospitalier, le nombre de
décès reste ainsi "relativement élevé", a-
t-il dit, regrettant l'absence de chiffres
et de statistiques concernant les enfants
qui décèdent en dehors des hôpitaux.
Il a indiqué que l'Algérie n'a pu gagner
qu'"un seul point" entre 2004 et 2009
dans le cadre de la lutte contre la mor-
talité infantile (causée par le pneumo-
nie) chez les moins de cinq ans et "0,9
point " en milieu juvénile. Les pre-
mières mesures à prendre pour lutter
contre cette mortalité consistent, selon
le Pr Grangaud sur la visite médicale du
nourrisson au 7 ème jour de sa naissance,
suivie de la vaccination, a-t-il recom-
mandé. Il a également insisté la forma-
tion des praticiens en ce qui concerne
notamment la prescription des antibio-
tiques ainsi que le renforcement des la-
boratoires biologiques en moyens et
matériel nécessaires. De son côté, la
présidente de l'Association algérienne
de pédiatrie, le Pr Rachida Boukari a
noté que les infections respiratoires
aiguës (IRA) restent la première cause
des décès chez les enfants de moins de
cinq ans avant la diarrhée, ajoutant que
les IRA représentent 25% de morbidité
et d'hospitalisation en Algérie. Selon le
Pr Boukari, deux millions de décès chez
les moins de 5 ans sont déplorés chaque
année dans le monde, ce qui représente
18 à 20 % de l'ensemble des décès au
niveau planétaire. Elle a précisé que
selon des données de l'Unicef, 90% des
décès d'enfants atteints d'IRA, sont en-
registrés dans les pays en développe-
ment et 50% en Afrique. Le Pr Boukari,
qui est également chef de service pé-
diatrie à l'hôpital de Blida, a indiqué que
l'objectif du Fonds des Nations unies
pour l'enfance (UNICEF) est de ré-
duire le taux de mortalité de par le
monde à 65% en luttant contre les
risques associées à cette maladie, par la
vaccination, l'allaitement maternel et
l'hygiène •
DES SPÉCIALISTES APPELLENT À CLASSER
LE GLAUCOME COMME MALADIE CHRONIQUE
Le glaucome, deuxième cause de cécité
en Algérie après la cataracte, devrait
être classé "maladie chronique", a re-
commandé samedi à Alger la Société al-
gérienne du glaucome (SAG) lors de sa
3ème journée scientifique consacrée à
ce thème.
"Nous lançons un appel aux pouvoirs
publics, notamment le ministère du
Travail et la direction de la Sécurité so-
ciale pour que le glaucome soit inscrit
comme maladie chronique et permet-
tre ainsi aux patients de se fournir en
médicaments", a indiqué la présidente
de la SAG, le Pr Malika Tiar, observant
que "le malade (démuni) n’a pas à at-
tendre le remboursement des médica-
ments, au risque de voir son cas
s’aggraver et perdre carrément la vue".
Le traitement médical, à vie, est jugé,
par des spécialistes, "onéreux" et coûte
entre 2.000 et 4.000 DA, d’où la re-
commandation d’inscrire le glaucome
comme maladie chronique afin de per-
mettre aux personnes atteintes d’avoir
accès, "plus facilement", aux soins.
Le glaucome est une maladie "silen-
cieuse et insidieuse" du nerf optique
(nerf de la vision) qui commence à se
manifester dès l’âge de 40 ans sans
aucun signe. Si elle n’est pas dépistée à
temps, elle risque de provoquer une cé-
cité irréversible.
En ce sens, il est conseillé de consulter,
après 40 ans, un ophtalmologiste pour
subir des examens mesurant la tension
oculaire et subir, aussi, l’examen du
fond d’œil. Une forte myopie pourrait
aussi provoquer le glaucome.
"Le malade atteint du glaucome ne res-
sent absolument rien et son œil ne pré-
sente aucun signe extérieur. Toutefois,
cette maladie évoluera avec le temps et
lorsque le patient commencera à res-
sentir des douleurs, il aura atteint un
stade avancé pouvant provoquer une
cécité irrémédiable", a expliqué le Pr
Tiar.
Elle a cité, dans ce cadre, l’enquête ef-
fectuée en 2008 par les ophtalmolo-
gistes au niveau national, sous l’égide du
ministère de la Santé, de la Population
et de la Réforme hospitalière, faisant
ressortir qu’il y avait entre 450.000 et
500.000 glaucomateux en Algérie.
Une enquête menée dans la région d’El
Oued (sud-est de l’Algérie) par le ser-
vice d’ophtalmologie du CHU Moha-
med DEBAGHINE (Bab El Oued) a
révélé que la moitié des malades ne sa-
vaient pas qu’ils étaient atteints du glau-
come, alors qu’ils étaient à des stades
"très avancés".
Les personnes à la peau brune foncée
et noire sont "génétiquement" les plus
exposées au glaucome et cela est valable
de par le monde entier, ce qui explique
le nombre élevé de glaucomateux dans
le sud algérien.
Les gros facteurs de risque consistent
notamment en l’hypertonie oculaire
(tension du nerf optique) et la consan-
guinité familiale, a expliqué encore le Pr
Tiar.
"Toutefois, tous les glaucomes ne sont
pas héréditaires et il est préférable
qu’une personne âgée de 40 ans, voire
moins, ayant eu dans sa famille un glau-
comateux, se fasse examiner", a-t-elle
préconisé.
Afin de prévenir le glaucome, la SAG a
mené des campagnes de dépistage, no-
tamment dans le sud du pays, a indiqué
la présidente de cette association qui
déplore par ailleurs, un "manque de
moyens".
"Nous souhaitons être aidés et soute-
Santé-Mag - N° 01 Décembre 2011
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Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS nus car les populations habitant dans des zones éloignées et enclavées
Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS
nus car les populations habitant dans
des zones éloignées et enclavées ne se
déplacent pas pour consulter", a-t-elle
dit, estimant qu’il appartient aux spé-
cialistes "aidés par les pouvoirs publics"
d’aller vers les populations et mener des
campagnes de dépistage.
En marge de cette journée, un hom-
mage a été rendu à feu Mohamed
AOUCHICHE, décédé le mois de juin
dernier à l’âge de 95 ans. Le défunt qui
a été un des premiers professeurs agré-
gés en Algérie, a été qualifié de "père de
la médecine et de l’ophtalmologie en
Algérie" •
LES MALADIES CARDIOVASCULAIRES,
PREMIÈRE CAUSE DE MORTALITÉ EN ALGÉRIE
Les maladies cardiovasculaires repré-
sentent la première cause de mortalité
en Algérie et sont responsables d’un
décès sur quatre, selon une récente
étude réalisée par l’Institut national de
Santé publique (INSP) et l’Organisa-
tion mondiale de la santé (OMS), a-t-
on appris, mercredi, auprès de la
Société algérienne de cardiologie
(SAC).
L’étude épidémiologique internationale
sur l’évaluation de la prise en charge de
l’hypercholestérolémie, menée récem-
ment à Tlemcen (Ouest de l’Algérie)
auprès de 1.000 patients a permis de
mieux comprendre la répartition des
principaux facteurs favorisant les ma-
ladies cardiovasculaires, à savoir l’hy-
pertension artérielle (HTA), la
sédentarité (40% de la population), le
tabagisme (17%), le diabète (6,8%),
l’obésité et l’hypercholestérolémie.
L’étude a révélé que ces facteurs de
risque étaient sous-estimés chez la po-
pulation algérienne, citant à ce titre la
dyslipidémie (taux de graisse trop élevé
dans le sang), découverte fortuitement
chez 3 patients sur 4 au cours d’un exa-
men systématique.
L’obésité touche 51% de la population
adulte, soit plus d’un Algérien sur deux,
selon la même étude qui révèle en
outre que 40% d’hommes et 66% de
femmes sont obèses ou en surpoids.
L’hypertension artérielle, méconnue
chez deux patients sur trois, atteint
36% de la population adulte et dépasse
50% chez les patients de plus 55 ans.
Les dyslipidémies, c’est-à-dire l’excès de
cholestérol ou de triglycérides dans le
sang, sont dominées par l’hypercholes-
térolémie (excès de cholestérol) qui at-
teint, en moyenne, près d’un adulte sur
six (plus de 1,5 million d’algériens) et
29% de la population après 65 ans.
La même source note que les dyslipidé-
mies sont dépistées trois fois sur quatre
au cours d’une enquête systématique.
L’hypercholestérolémie qui est l’une des
principales causes de l’athérosclérose,
une accumulation de graisse (surtout le
cholestérol) et d’autres substances sur
les parois intérieures des artères, en-
traîne une diminution du flux sanguin
pouvant aboutir à une occlusion com-
plète, explique cette étude.
Lorsque l’artère est bouchée, cela pour-
rait entraîner une crise cardiaque ou une
attaque cérébrale.
Pour lutter contre les facteurs de risque
des pathologies cardiovasculaires, il est
recommandé d’arrêter le tabac, avoir de
bonnes habitudes alimentaires, réduire
la consommation d’alcool, pratiquer
une activité physique régulière et avoir
une bonne observance des prescrip-
tions médicales, est-il préconisé •
RENCONTRE SUR L’HEMOPHILIE
Le traitement des hémophiles connaît
une amélioration significative en Algé-
rie grâce au Kogenate qui a été intro-
duit sur le marché local en 2009. Ce
médicament faut-il le préciser a fait ses
preuves à travers le monde après une
vingtaine d’années d’utilisation.
Les dernières avancées en matière de
recherche relative au traitement de l’hé-
mophilie étaient au centre d’intérêt
d’une conférence d’Hématologie orga-
nisée à Alger. Lors de cette rencontre
consacrée aux progrès enregistrés dans
le domaine de la lutte contre l’hémo-
philie, les spécialistes ont insisté sur
l’administration de ce médicament anti-
hémophilique «recombinant», c’est-à-
dire issu du génie génétique et non pas
dérivé du plasma sanguin qui réduit les
risques de contamination des malades
et du rejet. Cette manifestation scienti-
fique qui est organisée par le laboratoire
Bayer Schering pharma a regroupé plus
de 250 praticiens spécialistes en héma-
tologie, pédiatrie, orthopédie, pharma-
cie et des infirmiers et a été encadrée
par des experts de renommée mon-
diale.
Les défis de l’hémophilie en 2011, at-
teintes musculo-squelettiques de l’Hé-
mophile et leur traitement, les actualités
sur la prise en charge médicale en 2011
des hémophiles et le rôle de l’infirmier
ainsi que l’expérience d’un hémophile
sévère ont été les principaux points dé-
veloppés.
L’Algérie compte quelque 1600 ma-
lades recensés par l’Association algé-
rienne des hémophiles (AAH), mais ils
seraient plus de 3000 à souffrir de cette
maladie orpheline qui touche – sauf cas
très rares – les garçons et qui se carac-
térise par une grave insuffisance dans la
coagulation du sang.
L’hémophilie, qui est causée par un dé-
faut de production d’un agent de co-
agulation – le facteur VIII (hémophilie
A) et le facteur IX (hémophilie B) –,
peut être à l’origine de handicaps graves
pour les patients.
Dans le domaine de la recherche, le la-
boratoire Bayer Schering Pharma est
actuellement en train d’améliorer la
prise en charge par le Kogenate en vue
d’arriver à une seule injection par se-
maine pour améliorer le confort et la
qualité de vie des malades.
Un produit à administration orale est
par ailleurs envisagé et les essais en
cours sont prometteurs, notent les
chercheurs •
LA RAGE : UNE MALADIE MORTELLE
Selon l’organisation mondiale de la
santé 55 000 cas de rage sont enregis-
trés annuellement dans le monde, avec
un décès toutes les dix minutes.
L’Algérie continue d’enregistrer des cas
de rage malgré de gros efforts fournis
par les autorités sanitaires. Elle a enre-
gistre ces dix dernières années en
moyenne 2O deces par an. Alors que le
dernier cas de rage enregistré en France
remonte à 1924. La rage continue de
tuer en Algérie, par négligence, le plus
Santé-Mag - N° 01 Décembre 2011
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Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS souvent et par ignorance du risque vital. 60% des cas de
Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS
souvent et par ignorance du risque vital.
60% des cas de rage humaine ne
consultent qu'aprés l'apparition des
signes cliniques, seuls 20% des 40%
restant consultent immédiatement, 8%
consultent aprés 24 heures, et les autres
tardivement au delà de 48 heures.
En Algérie comme dans le monde les
vecteurs de la rage sont le chien dans
presque 90% des cas.
le Dr. SOUFI Abderrezak chef d’unité
épidemiologie d’intervention et vacci-
novigilance de l'Institut Pasteur d’Algé-
rie qui est un
expert dans ce
domaine affirme
que la rage est
une maladie mor-
telle à 100 % et
qu’une vaccina-
tion ou une séro-
vaccination après
des morsures oc-
casionnées par un
animal suspect de
rage doit être
strictement ob-
servée.
Les 13 cas recen-
sés cette année en
Algérie sont dus
aux morsures des
chiens errants. laisse entendre notre in-
terlocuteur qui a présenté une commu-
nication intitulee la prise en charge des
personnes exposés au risque rabique
lors de la célébration de la journée
mondiale de la rage.
En 2010 l’Algérie a enregistré 20 cas re-
partis à travers 12 wilayas du centre et
du nord du pays, en raison de la forte
densité canine ; autrement dit, la plu-
part des foyers où on a recensé de plus
en plus de chiens errants.
Toutefois, environ 120 000 morsures
ont été enregistrées en 2010 apprend-
on, auprès du Dr. SOUFI Abelrezak.
Et d’ajouter que ce nombre ne cesse
d‘augmenter puiqu il est passe de 58000
en 2000 a 80000 en 2005 et pratique-
ment 120000 en 2010.
La rage qui demeure un problème de
santé publique «nécessite une large
campagne informative et une collabo-
ration etroite entre les departements de
la santé de l’agriculture et des collecti-
vites locales » insiste le Dr. SOUFI.
La vaccination ou la sérovaccination
sont les seules armes pour éviter de
mourir de la rage.
Malheureusement, «Il y a, parfois, un
retard dans la prise en charge de la rage
et l’abandon de la vaccination, sachant
que le mordu doit se soumettre à une
série de vaccinations suivies par des
rappels. Il faudrait entreprendre des ac-
tions dans les écoles et les mosquées
pulation et de la Réforme hospitalière,
M. Djamel OULD ABBÈS.
"Le nombre de professionnels en santé
buccodentaire s’est sensiblement amé-
lioré, en passant en 10 ans (2000-2010)
de 8300 à 10.106 chirurgiens dentistes,
dont 530 spécialistes", a déclaré M.
Ould Abbès au deuxième congrès de
l’association d’implantologie orale,
placé sous le thème "Apport de l’im-
plantologie en chirurgie dentaire".
Le ministre de la Santé a relevé, cepen-
dant, que des efforts "restent à faire
pour répondre aux
besoins et attentes de
la
population, notam-
ment en matière de
soins de haut niveau".
Il
a ajouté que "des
efforts considérables
sont consentis par
l’Etat pour le déve-
loppement des struc-
tures de proximité et
d’hospitalisation".
A
ce propos M. Ould
Abbès a mentionné
l’existence de 27 ser-
vices de chirurgie
dentaire repartis à tra-
vers les 15 centres
hospitalo-universi-
pour l’éducation et l'information de la
population sur ce fléau qui dans cer-
tains pays appartient déjà au passé.» a
indiqué le Dr. SOUFI Il convient de si-
gnaler qu en 1885 Louis Pasteur reussit
la première vaccination antirabique
chez l’homme. Par ailleurs durant les 20
taires du pays et de 3 cliniques dentaires
ainsi que de nombreux cabinets den-
dernières années plus de 20 millions de
personnes ont ete traitées contre la rage
a
l aide de vaccins de Sanofi Pasteur.
Depuis 2007 la journée mondiale de la
rage est célébrée chaque année, le 28
septembre, sur initiative de l’alliance
mondiale contre la rage •
-- MMaaiiaa HHaarrcchhaa
SANTÉ BUCCODENTAIRE : PLUS DE 10.000
CHIRURGIENS DENTISTES EN ALGÉRIE
Le nombres de chirurgiens dentistes en
Algérie a dépassé les 10.000 en 2010,
dont 530 spécialistes, a indiqué samedi
à
Alger le ministre de la Santé, de la Po-
taires.
Concernant les structures privées, il
existe 4.803 cabinets dentaires et 03 cli-
niques privées. Evoquant l’importance
de la santé buccodentaire, le ministre a
estimé que la réhabilitation prothétique,
en général, et l’implantologie orale, en
particulier, constituent, aujourd’hui, une
"réponse médicale adaptée et néces-
saire".
"L’implant dentaire est considéré
comme une solution pour la conserva-
tion du capital osseux de la mâchoire et
la préservation des dents restantes", a-
t-il expliqué. Le président de l’associa-
tion d’implantologie orale de la wilaya
d’Alger, le Pr Rachid Sekfali, a précisé,
pour sa part, que le but de cette ren-
contre était de sensibiliser davantage les
spécialistes à la pratique de l’implanto-
Santé-Mag - N° 01 Décembre 2011
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Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS logie et mettre l’accent sur les progrès accomplis depuis une décennie
Santé-mag >ACTUALITÉ > INFOS
logie et mettre l’accent sur les progrès
accomplis depuis une décennie dans ce
domaine.
Notant les "importants progrès" réali-
"
L’Algérie recelait des compétences et
des expériences inestimables, mais, a-t-
il
déploré, "nous ne somme pas encore
arrivé à les capitaliser au profit des ma-
système de la sécurité sociale avaient
atteint 176 milliards de DA en 2010
dont 95 milliards de DA injectés dans
le remboursement des médicaments.
sés
partout dans le monde en matière
d’implantologie orale, le Pr Sekfali a af-
firmé que cette spécialité est "en pleine
évolution" en Algérie, indiquant que
lades, et beaucoup d’insuffisances sont
encore à signaler" .
M.
LOUH invité d’une émission de la
"
L’Etat a investi des sommes colos-
plus de 80 spécialistes activent actuelle-
ment au niveau de la capitale.
Plusieurs communications scientifiques
ont été présentées lors de cette rencon-
sales pour la création de centres de
soins et d’établissements hospitaliers
munis des moyens les plus modernes.
Toutefois les urgences orthopédiques
et traumatologiques ne sont toujours
tre
autour de l’évolution des concepts
chaîne I de la radio nationale, a indiqué
que le maintien des équilibres finan-
ciers du système de la sécurité sociale
impliquait la réforme du financement
du système à travers la conclusion de
conventions avec les médecins traitants
sans compter sur les cotisations des as-
surés sociaux uniquement.
en
implantologie et l’apport de cette
M.
LOUH qui a rappelé que la réforme
dernière en chirurgie dentaire.
Créée depuis deux ans, l’association, qui
active pour faire progresser la spécialité
pas traités sur place au niveau des po-
lycliniques et centres de soins de proxi-
mité, mais transférés vers les CHU
précisément, et c’est ce qui est appelé
facteur de gravité de ces pathologies",
de
l’implantologie orale en Algérie, am-
a
expliqué le Pr MAZA.
bitionne de revêtir un caractère natio-
nal, selon son président •
PATHOLOGIES ORTHOPÉDIQUES,
TRAUMATOLOGIQUES EN 2E POSITION APRÈS
LA TENSION ARTÉRIELLE
Les pathologies orthopédiques et trau-
matologiques en Algérie occupent la
deuxième position après l’hyper ten-
sion artérielle, a souligné le Pr Rabah
MAZA, chef de service orthopédie du
CHU de Constantine et président du
18ème congrès national de la société
national de chirurgie orthopédique et
traumatologique, vendredi, à Oran.
S’exprimant en marge de cette rencon-
tre, le Pr Maza, président du congrès,
a insisté sur l’importance d’une bonne
prise en charge "rapide et efficace" de
ces pathologies qui connaissent "une
grande propagation" au sein de la so-
ciété algérienne.
"En traumatologie et en matière d’ac-
cidents, notre pays occupe la troisième
place au niveau mondial, et trois (3) ur-
gences sur quatre (4) appartiennent à
la traumatologie d’où la gravité de ces
pathologies qui doivent être traitées ra-
pidement et efficacement", a-t-il dit à
l’APS.
"Les textes juridiques concernant l’in-
terdiction de ces transferts internes et
la fourniture de soins aux malades sur
place existent mais leur application sur
le terrain fait défaut ", a-t- estimé.
Le 18ème congrès national de la so-
ciété algérienne de chirurgie orthopé-
dique et traumatologique (SACOT)
organisé du 2 au 4 décembre connaitra
la participation de pas moins de 300
chirurgiens de tous les CHU et établis-
sements hospitaliers du pays. Plusieurs
conférences sont au programme de
cette rencontre dont des thèmes inhé-
rents à "Le pied diabétique : approche
orthopédique", "Les prothèses totales
du genou difficile", "Le chondrosar-
come", "L’épaule douloureuse : chro-
nique du sportif", "La reprise sportive
après chirurgie des laxités du genou" et
"Arthroscopie du poignet : quoi de
neuf".
Une quarantaine de communications
libres seront présentées, trois jours du-
rant, à l’exemple de "La faiblesse mus-
culaire et la fatigabilité", "prise en
charge d’une atteinte neuro-orthopé-
dique", "Orthopédie pédiatrique" •
A
ce titre, l’Algérie " dispose des
moyens les plus adéquats pour une
bonne prise en charge, toutefois, ce qui
fait défaut est l’organisation" , a-t-il es-
timé.
LES DÉPENSES DE SANTÉ
EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ SOCIALE SONT
DE 176 MILLIARDS DE DA EN 2010
Le ministre du travail, de l’emploi et
de la sécurité sociale, M. Tayeb Louh a
affirmé que les dépenses de la santé au
du système de la sécurité sociale
visait l’amélioration des prestations et
la modernisation et le maintien des
équilibres financiers, l’importance de
poursuivre la construction de ce sys-
tème sur la base du principe du partage
et de la solidarité.
Il a indiqué à ce propos, que l’institu-
tion de la carte électronique CHIFA a
permis à plus de 22 millions de per-
sonnes de bénéficier des prestations
offertes par cette dernière dont plus
d’un 1 400 000 de personnes souffrant
de maladies chroniques et de retraités.
Le ministre du travail a tenu à faire re-
marquer que ce qui a été réalisé par
L’Algérie dans ce domaine "n’est pas
moins important que ce qui est réalisé
dans les pays avancés", soulignant l’éla-
boration en cours d’un projet de décret
exécutif pour la prise en charge des au-
tres catégories sociales.
Concernant les retraités, M. LOUH a
annoncé qu’un "dispositif exception-
nel" sera pris lors de la prochaine réu-
nion du conseil des ministres prévue
avant la fin de l’année en cours et qui
consacre l’augmentation des pensions
de cette catégorie sans pour autant en
révéler le taux.
Evoquant l’emploi et la résorption du
chômage, M. LOUH a souligné la né-
cessité d’encourager l’investissement
productif générateur d’emploi, ajou-
tant que les mécanismes créés dans ce
domaine avaient permis depuis janvier
2011 de créer 39 000 petites entreprises
dans différents domaines créant ainsi
près de 87000 emplois •
Santé-Mag - N° 01 Décembre 2011 10

Santé-mag >ACTUALITÉ

Santé-mag >ACTUALITÉ LA GRIPPE UNE MALADIE COURANTE MAIS, POTENTIELLEMENT, GRAVE La grippe saisonnière est une

LA GRIPPE

UNE MALADIE COURANTE MAIS, POTENTIELLEMENT, GRAVE

La grippe saisonnière est une infection virale aigüe qui se transmet facilement d’une personne à l’autre, et qui circule toute l’année à travers le monde. Lorsqu’elle ne fait pas l’objet de complications, l’infection se manifeste par l’apparition soudaine de fièvre, de maux de gorge, de céphalées, de myalgies, de frissons, d’anorexie, d’une fatigue intense et d’une sensation de malaise. Généralement, la fièvre dure 3 à 5 jours et s’accompagne d’une toux sèche et de rhinorrhée. La maladie guérit, habituellement, en une semaine, mais la toux et la sensation de ma- laise peuvent persister.

C es symptômes ne sont toutefois pas propres à la grippe et peuvent

apparaître suite à d’autres infections des voies respiratoires. C’est pourquoi on confond souvent la grippe avec un banal rhume ou une autre infection bé- nigne des voies respiratoires. Contrai- rement au rhume, la grippe est une maladie qui peut être grave et peut en- traîner des complications qui mettent en jeu le pronostic vital, comme des in- fections virales ou bactériennes secon- daires, ou être responsable de l’aggravation d’une maladie sous-ja- cente, par exemple une insuffisance cardiaque ou un diabète. La grippe affecte les individus de n’importe quel âge. Les plus vulnéra- bles sont les adultes âgés de 65 ans et plus et les enfants de moins de 2 ans, ainsi que les personnes souffrant de certaines maladies chroniques (affec- tions cardiaques, pulmonaires, rénales, hépatiques, maladies du sang, diabète) ou ayant un système immunitaire affai- bli. Les infirmités catastrophiques, consécutives aux hospitalisations liées à la grippe, représentent un fardeau si- gnificatif dans la population de sujets âgés dont le système immunitaire est affaibli et chez qui les maladies chro- niques sont fréquentes. Par ailleurs,

plus de 90% des décès associés à la grippe surviennent dans les groupes à haut risque et chez les personnes âgées. Chez les adultes, le risque de décès et complications médicales augmente dès l’âge de 50 ans.

cause majeure de complications et de décès, la grippe représente un problème de santé publique à l’échelle mondiale L’OMS estime qu’au cours des épi- démies annuelles de grippe saisonnière, 5 à 15% de la population est touchée par des infections des voies respira- toires supérieures (les taux annuels d’attaque de la grippe au niveau mon- dial sont estimés à 5-10% chez les adultes et 20-30% chez les enfants). Dans le monde, les épidémies an- nuelles de grippe saisonnière sont res- ponsables de trois à cinq millions de cas de maladie grave et de 250 000 à 500 000 décès.

La grippe est une maladie virale aigüe très contagieuse Les virus de la grippe sont très infec- tieux. Ils peuvent facilement se trans- mettre d’une personne à une autre par l’intermédiaire de gouttelettes projetées lors d’une toux ou d’un éternuement. Le virus peut aussi se propager

lorsqu’on serre la main ou que l’on touche des surfaces contaminées. La période d’incubation est en géné- ral de 2 jours (entre 1 et 4 jours). Chez les adultes, la grippe est contagieuse dès le jour précédant l’apparition des symptômes et jusqu’à 5 jours après le début de la maladie. Les personnes gra- vement immunodéprimées peuvent transmettre le virus pendant des se- maines ou des mois. Les enfants peuvent être infectieux pendant plus de 10 jours après l’appa- rition des symptômes. Les enfants gar- dés en crèche ou scolarisés en primaire transmettent souvent le virus chez eux et au sein de leur communauté car ce sont des vecteurs très efficaces pour les virus grippaux. Typiquement, les en- fants âgés de 5 à 9 ans présentent les taux les plus élevés d’infection et de maladie. Jusqu’à 59% des professionnels de santé souffrent d’infections grippales sans manifester les symptômes clas- siques et peuvent néanmoins trans- mettre le virus à leurs patients.

La grippe pose un problème économique significatif Les coûts indirects de la grippe re- présentent 80-90% des coûts totaux et

proviennent essentiellement de l’ab- sentéisme, de l’interruption des activi- tés et de la perte de productivité. Aux Etats-Unis, en 2004, on a estimé à 2,2 milliards de dollars les coûts directs liés à la grippe, incluant les hospitalisations, les visites chez le médecin, les traite- ments etc., et à 8,8 milliards de dollars les coûts indirects. Chez les adultes non vaccinés en bonne santé âgés de 50 à 64 ans, il a été montré que la grippe était responsable de 39% de l’ensemble des jours d’arrêt de travail pour raison médicale et de 49% de la baisse de productivité pour cette même raison. Aux Etats-Unis, on estime que 44 millions de jours de pro- ductivité sont perdus chaque année à cause de la grippe. Le coût annuel total des épidémies de grippe, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, varie entre 1 million et 6 millions de dollars pour 100 000 habitants. La grippe est la cause la plus fré- quente de maladie respiratoire aigüe nécessitant une intervention médicale, car elle touche tous les groupes d’âge et peut affecter plusieurs fois la même personne.

La vaccination est le moyen le plus efficace d’alléger le poids de la grippe Afin de prévenir autant que possible la transmission du virus, les personnes infectées doivent se couvrir la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir jetable lorsqu’elles toussent ou éternuent. Il est, aussi, indéniablement important de se laver les mains régulièrement. La vaccination annuelle reste, toutefois, à ce jour, le moyen le plus efficace de prévenir l’infection ou les complica- tions de la maladie, et d’alléger le poids de la maladie. La vaccination est parti- culièrement importante pour les per- sonnes risquant de développer de graves complications et pour les per- sonnes vivant avec ou s’occupant de personnes à haut risque. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) insiste, de ce fait, pour souli- gner l’importance de sensibiliser le pu- blic sur la grippe et ses complications, et rappelle les effets bénéfiques de la

Santé-mag >ACTUALITÉ

vaccination contre la grippe. L’OMS travaille en partenariat étroit avec les autorités de santé dans le monde, afin d’augmenter les capacités nationales et régionales en termes de diagnostic

grippal, de surveillance de la maladie et de réponse aux épidémies. En 2003, l’Assemblée mondiale de la santé a exhorté les Etats membres à adopter des politiques de vaccination contre la grippe visant à augmenter la couverture vaccinale chez toutes les personnes à risque, y compris les se- niors et les personnes souffrant de ma- ladies chroniques (avec comme objectif une couverture d’au moins 75% chez les seniors en 2010). Cette approche pour le contrôle de la grippe

a pour objectif de réduire les consé-

quences de la maladie, principalement en vaccinant les personnes âgées, qui

présentent le risque le plus important de décès liés à la grippe. Dans les faits, pour les patients les plus âgés, on considère que la vaccination peut ré- duire de 60% la morbidité (infections graves et complications) et de 80% la mortalité dues à la grippe. La vaccination contre la grippe confère une protection d’environ 70 à 90% contre la maladie clinique chez les adultes en bonne santé âgés de 18 à 59 ans, sous réserve d’une bonne concor- dance entre les antigènes du vaccin et le(s) virus en circulation. Les bénéfices de la vaccination grippale dans ce groupe de sujets adultes en bonne santé– y compris le personnel soignant

– en justifient les coûts, puisqu’elle pré- vient l’absentéisme et la perte de pro- ductivité en réduisant l’incidence et le poids de la maladie.

Des vaccins sûrs et efficaces sont disponibles et doivent être adaptés chaque année Des vaccins inactivés contre la grippe, sûrs et efficaces, sont disponi- bles et utilisés depuis plus de 60 ans. Les vaccins contre la grippe de Sanofi Pasteur contiennent des fragments inactivés de virus qui ne peuvent pas provoquer de grippe mais qui induisent une réponse immunitaire protégeant

contre la maladie ou ses complications. Les vaccins contre la grippe saison- nière sont formulés chaque année, d’après les recommandations émises deux fois par an par l’OMS, et contien- nent les antigènes HA et NA de deux types de virus influenza A (H3N2 et H1N1) et d’un virus influenza B. Les virus de la grippe sont capables d’échapper au système immunitaire de l’organisme grâce à des modifications génétiques continues. Ils peuvent être différents d’une saison à une autre. Les individus sont sensibles aux nouvelles souches même s’ils ont déjà été infec- tés par d’autres virus de la grippe. La population peut être partiellement pro- tégée contre les nouveaux virus en cir- culation C’est la raison pour laquelle la modification des souches vaccinales d’une année à l’autre est souvent ren- due nécessaire et pour laquelle aussi l’administration annuelle d’un vaccin contre la grippe est recommandée par les autorités de santé. Chaque année, le réseau mondial de surveillance de l’OMS analyse des mil- liers d’échantillons de virus en prove- nance du monde entier pour identifier les souches de grippe saisonnière les plus susceptibles de menacer la santé humaine, la saison suivante. Les recommandations des souches grippales entrant dans la composition des vaccins contre la grippe sont dé- terminées deux fois par an (en février pour l’hémisphère nord et en septem- bre pour l’hémisphère sud) par l’OMS, d’après les données rapportées par les centres collaborateurs grippe de l’OMS disséminés dans le monde. Chaque année, les producteurs de vaccin for- mulent un nouveau vaccin contre la grippe selon ces prévisions •

-- NNaaddjjiiaa FFOORRTTAASS

selon ces prévisions • - - N N a a d d j j i i

Santé-mag >ACTUALITÉ

Professeur Kamel Bouzid

Président de la SAOM et chef de service oncologie médicale au CPMC Alger

" Le plan cancer existe…"

U n comité d’experts en cancérologie a travaillé

sur un consensus thérapeu- tique pour chaque type de cancer, sous l’égide de la SAOM. « J’attends le feu vert du ministère de la Santé pour les mettre en pratique » rap- porte le président de la société savante.

« Nous, nous l’avons vu le plan na- tional de lutte contre le cancer » af- firme Professeur Kamel Bouzid, médecin en chef du service oncologie du Centre Pierre et Marie Curie et pré- sident de la Société algérienne d’onco- logie médicale (Saom). Il contredit, ainsi, les praticiens qui émettent des doutes sur la réelle existence de ce pro- gramme, dont parle souvent le ministre de la Santé, de la Population et de la ré- forme hospitalière. Selon Pr Bouzid, le plan cancer se base sur la prévention primaire et secondaire, le dépistage précoce, ainsi que la prise en charge ef- ficiente des personnes souffrant d’un cancer notamment par la construction de 14 nouveaux centre anticancéreux à travers le pays et l’acquisition de 52 ac- célérateurs à horizon 2014. « Une éva- luation de ce plan est prévue pour la fin 2014 ou début 2015 » indique notre in- terlocuteur. Un Fond spécial, dédié à ce projet, a d’ores et déjà reçu une do- tation de 37 millions de dinars. Un budget spécial a été, en outre, dégagé récemment par un Conseil interminis- tériel, pour régler en urgence le pro-

Conseil interminis- tériel, pour régler en urgence le pro- blème de manque de médicament, dont ceux

blème de manque de médicament, dont ceux indiqués dans le traitement des cancers. « Les contraintes liées à la loi de Finances (crédit documentaire, ndlr) devront être levées pour le médi- caments. Nous avons eu des assu- rances» rapporte Pr Bouzid. Pour lui, la volonté politique de mieux faire en matière de lutte contre le cancer est manifeste. « Il manque encore la moti- vation des exécutants et des directeurs d’établissements » souligne-t-il. Il es- time que le ministère du travail et la Caisse nationale de sécurité sociale doi- vent s’impliquer davantage dans ce cré- neau. A ce titre, il informe que 70% des actes chirurgicaux relevant de l’on- cologie, sont pratiqués dans les struc- tures privées. « Ils sont pourtant remboursés à un taux virtuel ». Il re- grette, dans le sillage, que la Cnas soit si réticente à signer des conventions avec les cliniques privées, disposées à investir dans les traitements en radio- thérapie. «70% des hémodialyses se font dans le privé. Je ne comprends pas pourquoi on bloque sur le cancer » lance-t-il perplexe. D’autant que le be-

sur le cancer » lance-t-il perplexe. D’autant que le be- Par Rania Hamdi soin en radiothérapie

Par Rania Hamdi

soin en radiothérapie se fait sentir avec acuité dans le pays. La pression est trop forte sur les cinq services opération- nels à travers le pays. Sur les 28 000 malades éligibles aux traitements adju- dantes, les deux tiers n’obtiennent pas de rendez-vous dans les délais théra- peutiques requis. «Je reste persuadé qu’il faut transférer, de manière transi- toire, à l’étranger pour soins en radio- thérapie. Il n’existe pas, à mon avis, d’autres solutions que celle-là » mar- tèle-t-il. La Jordanie, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et Cuba peuvent re- cevoir, selon lui, les patients algériens. « Ces pays n’exigent pas le visa pour les ressortissants algériens. Ce qui facili-

tent le transfert » ajoute-t-il. En dehors de la radiothérapie, il n’y a aucune rai- son de donner des prises en charge pour soins en oncologie à l’étranger, depuis 1995, d’après le Professeur Bouzid. « Tout se fait en Algérie » at- teste-t-il. Pourtant 36% des transferts

à l’étranger, validé par la commission

nationale y afférente, relèvent de l’on- cologie. Quelque 200 personnes, at- teintes d’un cancer à un stade précoce,

ont été traitées en dehors du pays au frais de la Cnas. Il soutient, par ailleurs, qu’il est né- cessaire de mettre au point un consen- sus thérapeutique pour chaque type de cancer. Un collège d’experts en cancé- rologie, de tout le territoire national, y

a travaillé sous l’égide de la SAOM.

«J’attends le feu vert du ministère de la Santé, auquel j’ai soumis les résultats de ce travail, pour les mettre en pratique »

rapporte le président de la société sa- vante •

Santé-mag >ACTUALITÉ
Santé-mag >ACTUALITÉ

CANCER DU POUMON :

3500 nouveaux cas par an en algérie

L e tabac est la principale cause de cette maladie. Il n’existe pas, ac-

tuellement de moyens d’exploration fiables pour dépister, précocement, le cancer du poumon, souvent découvert fortuitement à un stade avancé de la maladie. La survie est alors limitée à douze mois, avec un bon pronostic. La lutte contre le tabagisme demeure la meilleure prévention contre ce mal. Lors du workshop sur le cancer du poumon, organisé hier au Sheraton d’Alger conjointement par l’Associa- tion des médecins arabes de lutte contre le cancer (AMAAC) la Société algérienne d’oncologie médicale (SAOM), il a été établi que ce type de cancer atteint essentiellement les hommes et en premier lieu ceux qui fu- ment plus d’un paquet de cigarettes de- puis quinze ans et plus. « 25% des adolescents de 13 à 15 ans sont des fu- meurs, dans le monde arabe. A l’âge de 30 ans, ils sont déjà exposés au cancer du poumon » a noté le Dr. Sami Kha- tib, Secrétaire Général de l’AMAAC. Le tabagisme provoque aussi le cancer du larynx, de l’estomac, de la sphère ORL, de la vessie… Mais quand c’est le poumon qui est atteint, les chances de survie sont très minces pour la sim- ple raison que la maladie est décou- verte, dans 80% des cas selon les spécialistes, aux stades 3 ou 4. En clair, quand la médecine n’y peut plus rien ou très peu. « Si la prise en charge thé- rapeutique est mise en place tôt, c’est à-dire la chirurgie associé à un traite- ment par adjuvant, les chances de sur- vie augmentent sensiblement» a

expliqué le Pr AMEUR Karima, chi- rurgien thoracique à l’hôpital Musta- pha. «Il n’y a pas actuellement de moyens d’exploration fiable pour le dé- pistage précoce du cancer du poumon» a attesté le Dr. Adda BOUNEDJAR, du Centre anticancéreux de Blida. Gé- néralement, c’est fortuitement à l’occa- sion d’une consultation pour une tout autre pathologie, que le cancer du pou- mon, qui évolue insidieusement sans signes cliniques, est découvert. Si la chance est du côté du patient, la mala- die est encore à ses débuts. La chirur- gie est alors la première indication. Au stade avancé du cancer du poumon, il n’y a pratiquement rien à faire pour le malade, qui décède dans les douze mois, avec un bon pronostic. «La pré- vention contre ce type de cancer est dans la lutte antitabac » a martelé le Dr. BOUNEDJAR. «Le tabagisme consti- tue une épidémie en pleine expansion en Algérie. C’est pourquoi, il a appelé au renforcement des moyens de lutte antitabac en impliquant toutes les par- ties concernées» a-t-il poursuivi. Ac-

tuellement, 3500 nouveaux cas de can- cer de poumon sont recensés, annuel- lement, en Algérie. Il est classé, dans les pays du nord de l’Afrique, numéro 1 chez l’homme et à la douzième place chez la femme, moins exposée au ta- bagisme dans cette région du monde, bien que, selon le Dr. Bounedjar, la tendance augmente chez les femmes et les enfants, notamment dans notre pays, à cause des effets du tabagisme passif. Le professeur Kamel BOUZID, pré- sident de la SAOM a présenté les nou- veaux schémas thérapeutiques et notamment les thérapies ciblées, «qui constituent un véritable espoir pour certains types de cancer, dont celui du poumon ». Un vaccin contre ce cancer, actuellement en phase des essais cli- niques, suscite l’intérêt des oncologues et autres praticiens spécialisés. Le ministre de la Santé, de la Popu- lation et de la Réforme hospitalière, qui a participé au cérémonial de l’ouver- ture des travaux de la rencontre scien- tifique, a égrené quelques statistiques sur l’évolution de l’incidence des can- cers, toutes formes confondues. Il a ainsi indiqué que l’incidence de la ma- ladie était, en 2002, de 22 772 nou- veaux cas chez l’adulte. En 2009, la proportion a augmenté au niveau de 39 713 nouveaux cas, dont plus de la moi- tié sont des femmes. Selon le premier responsables du secteur, il est attendu qu’en 2012, plus de 43 000 algériens, théoriquement sains en ce moment, se- ront diagnostiqués avec un cancer. Il a ensuite exposé, de manière très suc- cincte, les sept éléments du plan natio- nal de lutte contre le cancer •

- Rania HAMDI

sept éléments du plan natio- nal de lutte contre le cancer • - Rania HAMDI Santé-Mag

EVENEMENT

EVENEMENT

le Professeur Salim NAFTI,

Chef de service pneumologie à l’Hôpital Mustapha, Président de la SAAP :

"La BPCO est une maladie méconnue, sous diagnostiquée et sous traitée"

Elle est invalidante, à l’origine de milliers de décès par an et affecte d’abord les tabagiques. Dans cet entretien, le Professeur Salim Nafti, Chef de service pneumologie à l’Hôpital Mustapha, Président de la SAAP à l’origine de la création du premier Centre anti-tabac, Léon Bernard revient en détails sur ce qu’est la broncho-pneumopathie chronique obstructive.

LLaa bbrroonncchhoo--ppnneeuummooppaatthhiiee cchhrroo--

néraux à

nniiqquuee oobbssttrruuccttiivvee ((oouu BBPPCCOO)) eesstt uunnee

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ppaarr lloobbssttrruuccttiioonn pprrooggrreessssiivvee ddeess

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L a broncho-pneumopathie chro- nique obstructive est une maladie

r a t i o n

m u

-

chronique et lentement progressive, ca- ractérisée par une diminution, non complètement réversible, des débits aé- riens. Le diagnostic est fondé sur la spi- rométrie qui implique la mesure du volume expiratoire maximal par se- conde (VEMS) et la capacité vitale lente (CVL). Il est fondé sur un rap- port VEMS/CV inférieur à 70%. Les symptômes de la maladie sont à re- chercher surtout chez les sujets à risque fumeur chronique (plus de 10 PA) âgé de plus de 40 ans. Les symptômes les plus révélateurs et qui permettent de déceler la maladie sont : Une toux répétitive ou intermit- tente souvent négligée par le malade ; une expectoration, quel que soit le type, une dyspnée parfois méconnue car le malade « s’adapte » à sa dyspnée persistante ou apparaissant à l’effort ou lors des exacerbations d’une exacerba- tion. En plus des éléments cités plus haut, on peut retrouver des signes gé-

cités plus haut, on peut retrouver des signes gé- q u e u s e ou

q u e u s e ou mu-

copuru-

lente, plus ou moins abondante et aggravation de la dyspnée. Néanmoins, la maladie évolue dans

le temps surtout si le sujet continue de fumer. Ceci est dû au déclin accéléré de

son VEMS. C’est ainsi que la maladie

présente divers stades de sévérité cor-

rélé avec la valeur du VEMS. Il existe

quatre stades qui passent de peu sévère à très sévère. La détermination du stade de la maladie est indispensable car elle conditionne le traitement et le pronostic.

QQuueenn eesstt--iill ddee ssaa pprréévvaalleennccee ?? Quelles sont les personnes à risque, voire celles qui sont les plus à même de contracter cette maladie, mis à part les tabagiques ? (chiffres, statistiques, sexes…). La prévalence estimée de la BPCO

Propos recueillis par Nahla Rif

Propos recueillis par Nahla Rif

varie de 4 à 6% chez les hommes et de

1 à 3% chez les femmes. Ces chiffres

ne sont pas exhaustifs vu qu’il est éta- bli que la malade est sous-évaluée car sous diagnostiquée. En Algérie, l’on es- time que le nombre de sujets atteints de BPCO avoisine les 800.000 per- sonnes. Bien sûr ces chiffres sont également en-deçà de la réalité vu que 44% de la population masculine de plus de 15 ans fume, ce qui représente l’équivalent d’

1 homme sur 2. Il est à noter que le ta-

bagisme féminin est de l’ordre de 9% soit une femme sur 10 de plus de 15 ans. Tous ces fumeurs sont donc des su- jets potentiels à développer une BPCO. De plus, il y a ce qu’on appelle les effets délétères du tabac auxquels s’ajoutent ceux de la pollution atmosphérique. En effet, 80% des habitants de la capitale seront affectés de maladies respiratoires dans la décennie à venir. En substance , les sujets à risque sont d’abord les fumeurs puis les sujets ex- posés à la pollution atmosphérique en milieu urbain, en raison de tous les pol- luants dégagés dans l’atmosphère par les unités industrielles (SO2) et la circula- tion automobile. Il faut souligner le rôle des infections respiratoires de l’enfance (rougeole, co-

Santé-mag >EVENEMENT

queluche, bronchiolites ou bronchites ou pneumonies) qui surviennent avant l’âge de 2 ans et qui diminuent de ma- nière significative le VEMS à l’âge adulte. Un déficit génétique heureusement rare (mois de 1%) est aussi incriminé dans la survenue de BPCO, il s’agit du déficit en alpha 1 antitrypsine. Enfin, l’hyperréactivité bronchique ou HRB est aussi reconnue comme étant un facteur de risque de la mala- die. L’HRB est responsable d’une ac- célération du déclin annuel du VEMS.

EEnn pplluuss dduu ttrraaiitteemmeenntt,, iill eesstt aauussssii qquueessttiioonn ddee ssuuiivvii,, ddee qquueellllee nnaattuurree eesstt--iill ?? Comme pour toutes les maladies chroniques le traitement prescrit dans la BPCO est pratiquement à vie, d’où la nécessité d’un suivi pour évaluer l’évo- lution de la maladie (aggravation, sta- bilisation,…) et la réponse au traitement. Il faut noter un élément ca- pital dans la BPCO : Il ne s’agit pas uniquement d’une maladie respiratoire, mais « d’une maladie générale à point de départ respiratoire » (Ch. Prefaut). Aussi le traitement vise bien sûr l’ap- pareil respiratoire mais aussi et surtout les conséquences générales de la mala- die. Le suivi a pour objectif de s’assu- rer de la bonne observance du traitement, d’éviter ou de réduire les er- reurs de prescriptions observées sur- tout s’il y a une automédication (fréquente dans les maladies chro- niques). Il faut surtout un programme d’éducation sanitaire pour procéder à un sevrage tabagique indispensable lors de la BPCO. L’éviction, si possible, de toute pollution domestique ou profes- sionnelle, le traitement précoce de tout épisode d’infection bronchique qui peut être responsable d’exacerbation et la prévention des infections virales (vaccin antigrippal) ou bactériennes (vaccin contre les pneumocoques) le malade est également suivi pour lui ap- pliquer une kinésithérapie et des exer- cices ventilatoires qui améliorent sensiblement la qualité de vie. Un programme de réentrainement à l’effort doit être instauré. Ce pro- gramme de réentrainement consiste à

pratiquer une activité physique quoti- dienne d’endurance adaptée au patient quel que soit le stade de la maladie. En général, ces patients souffrent de dé- nutrition qui altère profondément la masse musculaire. Aussi cette ré nutri- tion est un impératif thérapeutique. Enfin, à un stade évolué de la mala- die un apport d’oxygène devient indis- pensable. C’est une oxygénothérapie à long terme ou OLT qui augmente l’es- pérance de vie, et ce, de façon propor- tionnelle à la durée quotidienne de l’oxygénothérapie. La qualité de vie et les performances intellectuelles sont nettement améliorées chez les sujets BPCO mis sous OLT.

QQuuee ppoouuvveezz--vvoouuss aa pprriioorrii nnoouuss ddiirree ssuurr lleennqquuêêttee ééppiiddéémmiioollooggiiqquuee ddee pprréé-- vvaalleennccee ssuurr llaa BBPPCCOO eenn AAllggéérriiee ?? QQuueell eesstt lliinnttéérrêêtt ddee ssaa rrééaalliissaattiioonn àà lléécchheellllee mmaagghhrréébbiinnee ?? L’Algérie participe avec 10 pays (Egypte, Jordanie, Liban, Maroc, Pa- kistan, Syrie, Tunisie, Turquie, les Emi- rats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite) à une étude multicentrique internationale sur la prévalence du tabagisme et de la BPCO. Cette enquête menée en population générale concerne tous les sujets des 2 sexes de plus de 40 ans, dont la sélec- tion se fait sur la base d’un question- naire dit de secreening pour identifier les « sujets potentiels BPCO ». Le ques- tionnaire collecte des données démo- graphiques et sur les symptômes respiratoires ainsi que les habitudes ta- bagiques surtout pour les sujets fu- meurs à plus de 10 PA. Le diagnostic de BPCO repose sur un deuxième questionnaire pour les « sujets potentiels » qui précise les symptômes de la maladie et en parti- culier la dyspnée. Une fois les sujets sélectionnés ils sont invités à subir une spirométrie pour me- surer leur degré d’obstruction bron- chique. Le trouble ventilatoire obstructif est l’élément clé du diagnostic de la BPCO. Sont rapportés ici, uniquement les ré- sultats préliminaires concernant l’Algérie. A la fin de la phase de screening 3714 personnes ont été contactés par

un call center. Parmi ces 3714 per- sonnes, 4,5% présentent des symp- tômes respiratoires chroniques à type de toux et d’expectoration plus ou moins associés à une dyspnée. Au deuxième questionnaire, le pour- centage de sujets « potentiels BPCO » est de 2,8%. Ces 2 phases qui ont été achevées en aout 2011, ont été immé- diatement suivies par la phase spiro- métrie (en cours). L’analyse de résultats de la phase spi- rométrique permettra d’avoir une idée précise sur la prévalence de la BPCO en Algérie. Cette étude comporte plusieurs ob- jectifs secondaires parmi lesquels l’ana- lyse des habitudes tabagiques qui seront publiés prochainement. L’intérêt d’une telle étude à l’échelle du Maghreb et du Moyen Orient per- mettra de comparer la prévalence de la BPCO retrouvée dans les pays en voie de développement à celle des pays dé- veloppés où la prévalence de la BPCO est de 2,6%. Sur la base de ces résultats on pourra mener des actions pour mieux lutter contre le tabagisme et tous les facteurs de risque de la BPCO, car seule la prévention permettra de ré- duire les coûts, les handicaps et les décès engendrés par cette terrible ma- ladie.

QQuueellllee eesstt llaa ppoolliittiiqquuee ddee llééttaatt eenn mmaattiièèrree ddee pprriissee eenn cchhaarrggee ddee cceettttee mmaallaaddiiee vvuu qquuiill nneexxiissttee,, àà ccee jjoouurr,, qquuee llee CCeennttrree AAnnttii--ttaabbaacc LLééoonn BBeerr-- nnaarrdd àà AAllggeerr ?? ((llee pprroojjeett ddeess 5500 cceenn-- ttrreess,,)) QQuuee pprrééccoonniisseezz--vvoouuss eenn ttaanntt qquuee PPrrééssiiddeenntt ddee llaa SSoocciiééttéé AAllggéé-- rriieennnnee ddee PPnneeuummoo--pphhttiissiioollooggiiee ?? Il n’y a malheureusement pas de pro- gramme national de prise en charge de la BPCO en Algérie. Cette maladie est méconnue, sous diagnostiquée et sous traitée. Sur les 800.000 cas « identi- fiées »en Algérie il en meurt chaque année plus de 10% lors des exacerba- tions de la maladie soit une moyenne de 8000 cas par an !! On connait la cause principale de cette maladie dont la prévalence ne cesse d’augmenter, en raison du taba- gisme en population générale. Si nous n’agissons pas rapidement, nous ris-

quons dans les 10 à 20 prochaines an- nées d’être débordés et nos profes- sionnels de santé et nos structures deviendraient inadaptés à la prise en charge de la BPCO. Il faut souligner

que c’est l’une de pathologie qui coûte

le plus cher, elle représentera dans les

dix prochaines années, un surcoût

considérable pour la caisse de sécurité sociale. Seule la prévention et l’éduca-

tion de la population générale peut in-

fluer sur la prévalence de la maladie. La Société Algérienne de Pneu- mophtisiologie (SAPP) a tenté de pal- lier à ces insuffisances en rédigeant un « guide de pratique à l’usage des prati- ciens » en 2004 et que nous venons de réviser et mettre en jour en octobre

2011 et qui sera bientôt sur le site de la société. La SAPP a, donc, commencé par former et informer les profession-

nels de santé sur cette pathologie grave

et invalidante en leur procurant les sup- ports par une meilleure compréhen-

sion de la maladie.

Il faut aussi s’adresser à la population pour montrer les dangers du tabac (mais ceci tout le monde le connait à l’heure actuelle !) et surtout qu’il existe

des praticiens susceptibles de les aider à arrêter de fumer. Nous avons pro- cédé à l’ouverte de la première consul- tation antitabac en Alger en mai 2003. Cette structure fonctionne toujours et

nos résultats sont très encourageants !

La SAPP a fait mieux : nous formons chaque année entre 50 à 60 praticiens pour faire du sevrage tabagique. Le prochain module se déroulera à Alger à la mi-novembre avec …90 pra- ticiens ! Nous avons en 5 ans formé

plus de 300 médecins venant de toutes

les régions du pays à la lutte antitabac. Mais ceci n’aura pas de répercussion sanitaires, si on n’institualise pas la lutte antitabac dans les activités de santé. Il faut ouvrir ces centres et les faire fonctionner. Le Ministère de la

Santé est en train d’initier avec l’aide de l’OMS un programme d’ouverture de 50 centres à travers le pays ! Mais en ma qualité de Président de la SAPP j’interpelle les autorités pour « traquer » le fumeur et le sanctionner, je dis bien sanctionner ! La phase de sensibilisa-

tion est terminée, il faut passer à une

Santé-mag >EVENEMENT

étape supérieure comment ? En multipliant par 2 le prix du pa- quet de cigarettes, en, interdisant la vente au détail des cigarettes sur les trottoirs ! En infligeant une amende à tout fumeur pris en flagrant délit de fumer dans un lieu public et enfin en traquant les contrebandiers qui nous importent des cigarettes contrefaites, qui ne répondent à aucune norme ad- mise.

QQuueell eesstt eennffiinn vvoottrree sseennttiimmeenntt ddéécchheecc (( ??)) qquuaanntt aauuxx rrééssuullttaattss oobbtteennuuss aauu nniivveeaauu dduu DDAATT LLééoonn BBeerrnnaarrdd ?? QQuueell eesstt llee ttaauuxx ddee ssuucc-- ccèèss ?? La consultation d’aide au sevrage ta- bagique à l’Unité de Contrôle de la Tu- berculose et des Maladies Respiratoires du CHU Musta-

pha fonctionne depuis plus de 8 ans. Nous recevons en m o y e n n e entre 300 et 400 fumeurs qui dési- rent a r r ê t e r. Nous obtenons un pourcentage d’arrêt définitif de l’ordre de 20% soit une moyenne de 80 arrêts par an. Il ne s’agit pas à proprement par- ler d’échec mais de r é s u l t a t s

moyens. Pour mémoire, les meilleurs centres de sevrage dans les pays déve- loppés ne dépassent pas le 30 à 35% avec toute la logistique dont ils dispo- sent. Les 80% qui ne réussissent par leur sevrage le doivent à plusieurs fac- teurs : Une motivation faible, une forte dépendance, des conditions socio-éco- nomiques difficiles (coûts élevé des substitutifs nicotiques, pas de soutien de la caisse de sécurité sociale), à un en- vironnement défavorable et à l’absence de sanctions contre les vendeurs, les trafiquants et les consommateurs de tabac. On peut agir au moins sur les 3 der- niers points sur lesquels repose toute politique contre le tabagisme dans les pays développés et qui sont inexis- tantes chez nous ! •

LES STADES DE L’EVOLUTION DE LA BPCO

 

toux, expectoration,

toux, expectoration,

1 : peu sévère

dyspnée (symptômes

dyspnée (symptômes

d’intensité variable).

d’intensité variable).

2 : modérée

Toux, expectoration et dyspnée (symptômes permanents).

VEMS/CV < 70% VEMS entre 30% et 50%

3 : sévère

Dyspnée de repos, avec exacerbations fré- quentes diminuant la qualité de vie

VEMS/CV < 70% VEMS entre 30% et 50%

 

Invalidité respiratoire

 

4 : très sévère

Pronostic vital

VEMS/CV < 30%

La BPCO est une maladie méconnue, sous diagnostiquée et sous traitée. 800.000 cas identifiés en Algérie. 8000 décès par an soit plus de 10% lors des exacer- bations de la maladie. C’est l’une des pathologies qui coute le plus cher. Elle représentera dans les dix prochaines années, un surcoût considérable pour la caisse de sécurité sociale. Les praticiens dénoncent l’inexistence de programme national de prise en charge de la BPCO en Algérie. Elaboration par La Société Algérienne de Pneumo-phtisiologie (SAPP) d’un « guide de pra- tique à l’usage des praticiens » en 2004, révisé et mis à jour en octobre 2011 bientôt dis- ponible sur le site de la société. La SAPP forme chaque année entre 50 à 60 praticiens pour faire du sevrage tabagique. 300 médecins formés à la lutte anti-tabac à l’échelle nationale en 5 ans.

pour faire du sevrage tabagique. 300 médecins formés à la lutte anti-tabac à l’échelle nationale en

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le professeur Abdelkrim SOUKEHAL,

chef de service d’épidémiologie et de médecine préventive au CHU de Béni Messous :

“ Le pneumo 23 est disponible en permanence dans mon service”

Responsable d’infections variées, le Streptococcus pneumoniæ, communément appelé pneumo- coque, constitue un problème majeur de santé publique à l'échelle mondiale. En effet, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les infections à pneumocoque, qui causeraient jusqu’à un million de décès d’en- fants par année, sont la princi- pale cause de décès évitable par la vaccination chez les en- fants de moins de cinq ans à l’échelle mondiale (1) .

de moins de cinq ans à l’échelle mondiale ( 1 ) . Les infections à pneumocoque

Les infections à pneumocoque en- globent plusieurs affections causées par le Streptococcus pneumoniæ (2) . Elles regroupent des infections invasives telles que la bactériémie et la ménin- gite, ou même la pneumonie et l’otite (3) . Elles touchent les nourris- sons, les personnes âgées et les im- munodéprimés, les affections occasionnées variant selon l’âge. Pour lutter contre ces infections, les professionnels de la santé préconi- sent une vaccination au Pneumo 23 ® , un vaccin pour l'adulte et les enfants de plus de 5 ans avec rappel tous les 5 ans. Le service d’épidémiologie et de

médecine préventive du CHU de Béni Messous est l’un des services pionniers dans le domaine de la vac- cination contre le pneumocoque. C’est le premier service au niveau na- tional à s’être doté du vaccin Pneumo 23 ® du laboratoire Sanofi Pasteur. In- terrogé à ce sujet, le Pr Abdelkrim Soukehal, chef du service épidémio- logie et médecine préventive au CHU de Béni Messous nous dira que le vaccin est disponible en permanence depuis plusieurs années. "Cela fait 15 ans que nous l’avons introduit", a as- suré l’épidémiologiste estimant que "jusqu’à il y a une année, c’était le seul service à l’avoir intégré en Algérie". Et d’ajouter : "Notre service est également un centre agréé pour les vaccinations internationales (vaccina- tion destinées aux voyageurs)". Le spécialiste a par ailleurs précisé que "Le service d’épidémiologie du CHU de Bab El Oued a emboîté le pas au notre, en procédant il y a une année, à l’acquisition de ce vaccin". Le pneumocoque est une bactérie enveloppée d’une capsule, structure composée de sucres complexes (dits polyosides ou polysaccharides), ex- pliquant pour partie sa virulence. Selon la nature de ces polysaccha- rides, plusieurs sortes de pneumo- coques sont définies et appelées sérotypes ou valences. Il existe environ une centaine de sé- rotypes du pneumocoque, dont l'im- portance est variable en médecine humaine. Ces sérotypes sont désignés par des chiffres parfois suivis de let-

Propos recueillis par : Nour Djazairi

Propos recueillis par : Nour Djazairi

tres (exemple : pneumocoque de sé- rotype 1 ou de sérotype 19F. Il y existe deux types de vaccin contre le pneumoccoque : le vaccin polyosaccaridique (PSPV, tel le Pneumo 23 ® à vingt-trois valences) réservé aux adultes et aux enfants de plus de 5 ans et le vaccin conjugué (CPV, tel le Prevenar 13 ® à treize va- lences) destiné aux nourrissons et non disponible en Algérie. "Le Prevenar 13 ® (fabriqué par les laboratoires Pfizer) n’est pas encore disponible dans notre service" in- dique t-il. "Son introduction traîne depuis deux ans, mais elle devrait in- tervenir prochainement", nous a-t-il encore expliqué. Il est recommandé pour l’immunisation active des en- fants âgés de six semaines à cinq ans contre les sérotypes 1, 3, 4, 5, 6A, 6B, 7F, 9V, 14, 18C, 19A, 19F et 23F pour prévenir les otites et plus de 80% des méningites bactériennes. Quant au Pneumo 23 ® , disponible en Algérie, il tire son nom du fait qu’il contienne les vingt-trois valences les plus importantes et les plus fréquem- ment impliquées dans les infections invasives, notamment celles résistant aux antibiotiques : 1, 2, 3, 4, 5, 6B, 7F, 8, 9N, 9V, 10A, 11A, 12F, 14, 15B, 17F, 18C, 19A, 19F, 20, 22F, 23F et 33F. Grâce à cette couverture séroty- pique large, le Pneumo 23 ® confère une protection contre la plupart des infections à pneumocoque et protège des pneumonies à pneumocoque graves. Il est bien toléré et présente peu d’effets indésirables.

7000 patients vaccinés au Pneumo 23

Abordant ses avantages, le Pr A. Soukehal dira qu’il est recommandé dans certaines indications. La vacci- nation contre le pneumocoque est vi- vement recommandée pour les patients présentant un risque élevé d’infection invasive à pneumocoque. "Il est préconisé, entres autres, aux enfants de plus de cinq ans, aux per- sonnes âgées, aux sujets fragiles et aux malades chroniques. Le Pneumo 23 ® est également très efficace chez les sujets splénectomisés (ayant subi une ablation de la rate). La vaccina- tion de ces sujets est d’ailleurs une in- dication essentielle", signale t-il, en insistant sur la nécessité de vacciner contre le pneumocoque tous les pa- tients splénectomisés. Le Pneumo 23 ® est également préconisé à titre préventif pour les patients atteints de syndrome néphrotique, insuffisants respiratoires, insuffisants cardiaques, ayant des antécédents d’infection pul- monaire ou invasive à pneumocoque et chez les sujets susceptibles d’être fréquemment hospitalisés, tout parti- culièrement les insuffisants respira- toires et patients ayant un terrain alcoolo-tabagique. "Le Pneumo 23 ® est généralement bien toléré chez les patients vacci- nés", nous apprend le Pr A. Souke- hal, qui rappelle que 7 000 patients

Santé-mag >EVENEMENT

ont été vaccinés au Pneumo 23 ® et sont actuellement suivis dans son ser- vice notamment pour le rappel 5 ans après primo-vaccination. Et de pré- ciser, que "le vaccin rencontre beau- coup de succès, beaucoup de malades viennent le réclamer pour son effica- cité et ses effets bénéfiques".

Le Pneumo 23 en association avec le vaccin antigrippal

Le Pr A. Soukehal a par ailleurs in- diqué que son service dispose d’une cohorte de près de 500 patients à qui le Pneumo 23 ® a été administré concomitamment au vaccin antigrip- pal saisonnier, avec rappel tous les ans. "Les patients sont suivis réguliè- rement et répondent très bien au trai- tement. Aucun effet secondaire n’a été enregistré" dit-il. Dans le contexte de pandémie grip- pale, la vaccination contre le pneu- mocoque a été recommandée comme moyen efficace, bien toléré et bien

supporté pour protéger les patient à risque contre des conséquences par- fois très graves voire mortelles, d’une infection ou surinfection à pneumo- coque. Rappelons que la pneumonie à pneumocoque fait encore chaque année plusieurs milliers de victimes, notamment parmi les personnes à risque et les personnes âgées de plus de 65 ans •

(1) - OMS/2007/94/c/7-10. (2) - cdc pink book/2008/chapitre 15/218/f et 219/m.

(3) - Coalition canadienne pour la sensibilisa- tion et la promotion de la vaccination.

http://www.immunize.cpha.ca/fr/diseases-

vaccines/pneumococcal.aspx

vaccines/pneumococcal.aspx Pour l'utilisation du PPSV23 (vaccin anti-pneumocoque

Pour l'utilisation du PPSV23 (vaccin anti-pneumocoque polysaccharidique, à 23 valences) l'Advisory Committee on Immunization Prac- tices, ACIP (Etats-Unis) recommande :

• Son utilisation chez les enfants de 2-18 ans à risque majoré d’infection invasive à pneumocoque.

• En plus d’une vaccination au PCV13 (Vaccin anti-pneumocoque conjugué, à 13 valences), les enfants à risque majoré d’infection invasive à pneumocoque, doivent recevoir du Pneumo 23 dès l’âge de 2 ans ou alors, dès que le diagnostic de maladie chronique est établi, si l’enfant à plus de 2 ans.

• La vaccination au PCV13 doit être effectuée avant la vaccination au PPSV23.

• La vaccination au PPSV23 doit être effectuée au moins 8 semaines après la dernière dose de PCV13.

• Les enfants déjà vaccinés au PPSV23 devraient, également, recevoir les doses PCV13 recommandées.

• Une deuxième dose de PPSV23 est recommandée, 5 ans après la première dose de PPSV23, pour les enfants présentant une asplénie fonctionnelle ou anatomique, une infection au VIH ou d'autres maladies d’immunodéficience.

• Il est recommandé de ne pas utiliser plus de deux doses PPSV23.

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Syndrome d’apnées obstructives du sommeil Silencieux mais ravageur

Entretien avec le Dr. Khalil AMRANI, pneumo-allergologue

Propos recueillis par Nahla Rif

Propos recueillis par Nahla Rif

Le nombre de malades allant crescendo, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil doit être reconnu, par les pouvoirs publics, comme un problème de santé publique. Jusque-là, la méconnais- sance de cette affection dévastatrice a desservi les malades. Il est, selon le Docteur Khalil Amrani, pneumo-allergologue, temps de lever le voile sur cette pernicieuse maladie.

L'apnée étant une maladie silencieuse et à l'origine de plusieurs pathologies, elle de- meure pourtant méconnue chez nous. Pourquoi ?

L ’apnée du sommeil est mécon- nue chez nous, pour deux rai-

sons essentielles, qui sont le manque de formation et le manque d’information. Je m’explique :

Le manque de formation des mé- decins est inhérent au fait que l’ap- née du sommeil est citée dans le

cursus médical, sans détails pra- tiques, alors que des cours de FMC pour les spécialistes, et surtout le médecin généraliste pour le dépis- tage de cette maladie, sont néces- saires. D’autre part, il faut savoir que la maladie est méconnue du grand public. Pourtant, elle concerne un nombre important et croissant de personnes dans le monde et en Algérie, notamment. Malheureusement, l’apnée obstruc- tive du sommeil est sous-diagnos- tiquée faute d’information de la population générale : revues, jour-

naux, émissions de santé télévi- suelles, radio, etc.

- Qu'y a-t-il lieu de faire, mises à part

les actions de sensibilisation, pour mieux

)

la prendre en charge ? (sécurité sociale,

Pour mieux la prendre en charge il faut, à mon avis, s’organiser en as- sociations de malades apnéiques et en associations de médecins pneu- mologues, hospitaliers et libéraux, qui s’intéressent de près à cette ma- ladie, qui constitue un réel pro- blème de santé publique, en vue de la faire connaître et sensibiliser, par la même, les pouvoirs publics. Il faut ajouter que la prise en charge de cette pathologie et son traite- ment sont lourds et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Aujourd’hui un recensement s’im- pose. Nous devons élaborer des sta- tistiques sur les apnéiques.

- Comment peut-on définir l'apnée du sommeil ? Le syndrome SAOS est défini par

la survenue, durant le sommeil, d’épisodes anormalement fréquents d’obstruction complète ou partielle des voies aériennes supérieures, res- ponsables d’interruptions (apnées) ou de réductions significatives (hy- popnées) de la ventilation, et asso- ciés à des manifestations cliniques, le plus souvent dominées par une somnolence diurne excessive avec, parfois, des endormissements in- coercibles. En plus clair, l’apnée du sommeil se traduit par des arrêts in- volontaires de la respiration, durant le sommeil. Elle concerne, en pre- mier lieu, les personnes en surpoids, âgées ou qui ronflent de façon im- portante et bruyante, jusqu’à gêner la personne qui partage la chambre de l’apnéique. Le syndrome SAOS est même, souvent, à l’origine de conflits conjugaux. L’usage de som- nifères, de narcotiques ou d’alcool

de conflits conjugaux. L’usage de som- nifères, de narcotiques ou d’alcool Santé-Mag - N° 01 Décembre

Santé-mag >EVENEMENT

sont des facteurs de risque à ne pas occulter. Ce qui est dangereux pour le malade c’est que ces pauses res- piratoires qui durent entre 10 se- condes et 30 sec sont répétitives et se produisent plusieurs fois par nuit. L’apnée du sommeil, par défi- nition, est problématique quand ces arrêts sont supérieurs à 5 par heure. Elle devient plus grave quand ils dé- passent les 30 fois par heure. Ce qu’il y a lieu de relever, c’est que ces apnées affectent le fonctionnement du cerveau. Pour ce qui est des symptômes, sachez que les malades qui en souffrent éprouvent le plus souvent une fatigue au réveil, des maux de tête et une somnolence durant la journée. Et parfois, même quand elle est diagnostiquée à temps mais mal traitée, il faut savoir que la maladie peut engendrer des troubles cardio-vasculaires, une hy- pertension artérielle, des accidents de la circulation (dus à l’endormis-

sement au volant) et au travail, une dépression et parfois même la mort. Cette affection génère également des troubles de la mémoire et de l'attention, des troubles du caractère à type d'irritabilité, une baisse de la libido. On relève, parfois, aussi une augmentation de la production d'urine au cours du sommeil (poly- urie), avec le besoin d'aller aux toi- lettes une ou plusieurs fois par nuit.

- Comment la dépiste-t-on chez les ma- lades qui en souffrent ? Le dépistage se fait par le méde- cin traitant ou le médecin de famille lors de l’interrogatoire d’un sujet qui ronfle et qui somnole dans la journée, et ce, tout particulièrement s’il existe d’autres facteurs de risques cardiovasculaires. Le SAOS touche une population hétéroclite des patients diabétiques aux ma- lades cardiaques. Le diagnostic du Syndrome d’Ap-

née du Sommeil se fait au cours d'une nuit d’enregistrement du sommeil ou polygraphie ventilatoire qui se passe à domicile ou dans un laboratoire du sommeil qui peut être complété par une polysomno- graphie

• En quoi consiste le traitement ? Il existe des mesures hygiéno-dié- tétiques (perte de poids, arrêt de la consommation d’alcool ou de séda- tifs), on recourt à la chirurgie ORL en cas d’obstacle et aux traitements instrumentaux (orthèses d’avance- ment lingual ou mandibulaire) dans le SAHOS léger à modéré avec une efficacité de 50%. Mais le traite- ment de référence reste la ventila- tion en pression positive continue (PPC ou CPAP). Elle maintient ou- verte à tous les stades du cycle res- piratoire, les voies aériennes supérieures. Le seul bémol c’est que ce traitement est coûteux •

Le seul bémol c’est que ce traitement est coûteux • H I S T O I
Le seul bémol c’est que ce traitement est coûteux • H I S T O I
Le seul bémol c’est que ce traitement est coûteux • H I S T O I

H I S T O I R E

D E

L A

R E C H E R C H E

C L I N I Q U E

1753

: James LIND réalise un essai compa- ratif sur les traitements du Scorbut.

1834

: Charles ALEXANDRE LOUIS établit les bases des essais épidémiologiques et les méthodes d’évaluation.

1906

: FOOD &DRUGS ACT est la première autorité à réglementer la consommation alimentaire et médicamenteuse.

1915

: GRENWOOD &YULE suggèrent les formulaires de randomisation dans les études comparatives.

1927

: FERGUSSON est la première per- sonne à introduire le principe de l’aveu- gle dans les essais cliniques.

1931 : U.S FOOD and DRUG Administration (FDA) a été installée.

1937

: 107 patients décèdent après consom- mation de l’élixir sulfanilamide (médi- cament jamais (contrôlé)

1939

: Federal Food drug & Cosmetic Act (FD&C) encourage les études de tolé- rance avant la mise sur le marché des produits.

1948

: Sir Austin BRADFORD conduit pro- prement une étude comparative.

1960

: Le désastre de la thalidomide impose

en 1962 la règle d’une étude d’efficacité et de tolérance avant chaque autorisa- tion de commercialisation (Amende- ment de KEFAUFER&HARRIS).

1963

: Premier comité de sûreté des drogues en G.B.

1968

: Premier comité de sûreté des drogues en médecine.

1977

: Guide de bonnes pratiques cliniques est adopté aux USA.

1987

: Guide de bonnes pratiques cliniques est adopté en Europe.

1987 : IND, INVESTIGATION NEW DRUGS &NDA (NEW DRUGS ASSO- CIATION).

1991 : Guide I.C.H (International Conference Harmonisation).

1997 : Nouveau guide I.C.H.

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LE D IA B ÈTE,

le tsunami du 21 ème siècle

Le diabète est en plein progression dans le monde entier et curieusement il progresse plus rapidement dans les pays en voie de développement que dans les pays développés. Alors que dans le passé on disait que le diabète est la maladie des riches. C’est faux. Le professeur Mohamed Belhadj, chef de service médecine interne, diabétologie à l’EHU 1er no- vembre d’Oran. Il nous parle dans cet entretien de ce qu’il appelle le tsu- nami du 21ème siècle qui est le diabète, ses complications et les moyens de prévention.

diabète, ses complications et les moyens de prévention . Interview réalisée par : Loubna Zahaf Santé
Interview réalisée par : Loubna Zahaf

Interview réalisée par : Loubna Zahaf

Santé Mag : Pourquoi l progresse - t - il rapide-

sent pas sa signification exacte. Comment assurer

est

le plus fréquent. Il peut toucher aussi

ment ? Pr Mohamed BELHADJ : Premièrement parce que les gens se nourrissent de plus en plus mal. Ils ne respectent plus l’équilibre alimentaire. Ils mangent plus de sucreries et boivent plus de limonade. Deuxième- ment, la sédentarité. Les gens ne marchent plus. Ils prennent le transport pour se dé- placer. Ils ont des véhicules individuels. Ils

un équilibre alimentaire dans ce monde où le fast- food est devenu le repas n°1 ? Pr Mohamed BELHADJ :Il faut manger beaucoup de légumes et fruits par jour. Evi- ter les produits trop sucrés, les produits trop gras, les produits trop riches en calories, ayant une teneur calorique très importante. Il faut donc revenir à une alimentation de nos grands-parents avec beaucoup de lé-

bien l’adulte que l’enfant. Avant, on disait le diabète de l’adulte. Maintenant, ce type de diabète peut toucher même l’enfant. Il touche entre 80 et 90% de la population. Quels sont ses caractéristiques ? Il y a toujours un antécédent familial. Le père est diabétique ou la mère. Le poids est toujours présent. Ce type de diabète n’a pas besoin d’insuline au début mais au bout de

passent leur temps en face de la télé. Le fait

gumes, de la salade…

dix

ans, ils auront besoin d’insuline.

de passer 3h assis en face de la télé, c’est un

Mais maintenant les fast-food on les trou-

L’autre diabète, est le diabète de type 1 qui

facteur de risque. Or quelle est la personne

vent partout dans le monde et qu’est ce qu’il

dès

le départ, il a besoin d’insuline et le sujet

qui ne passe pas 3h devant un écran télé ?

servent ? Que des aliments trop gras.

est

maigre. Il touche préférentiellement les

Les enfants maintenant avec les jeux car il faut aussi parler du diabète de l’enfant qui est aussi en progression. Avant, on parlait du diabète de l’adulte, actuellement, il touche même les enfants. L’enfant gros sé- dentaire. Il y a le diabète de type 2 qu’on peut retrouver chez les enfants. Cela veut dire qu’on a une sonnette d’alarme à tirer et

Santé Mag : Est-ce que l’obésité conduit automa- tiquement au diabète ? Pr Mohamed BELHADJ : 80% des dia- bétiques de type 2 sont obèses. L’obésité mène tout droit vers le diabète. Maintenant on parle de syndrome métabolique où vous avez l’obésité, l’hypertension, une distipénie,

enfants, les jeunes. Mais il peut toucher tout âge. Pour ce type de diabète, l’insuline est vi- tale. Vous donnez au début de l’insuline à petite doses mais au bout de quelques mois, l’insuline devient absolue. Si le sujet n’a pas sa dose d’insuline, Il peut faire un coma parce que le pancréas ne fonctionne plus. Alors pour les autres types de diabète, il y

il

faut que des mesures de prévention soient

les lipides qui sont en augmentation. Le dé-

a

les diabètes mono- géniques qui sont dus

prises. Dans ces mesures de prévention, il y

nominateur commun qu’on voit à l’œil nu

au disfonctionnement d’un seul gène. Il est

a

l’équilibre alimentaire et puis il y a l’acti-

c’est le gros ventre. Le tour de taille. Vous

rare. Il ya de diabète auto-humain qui sont

vité physique.

Santé Mag : On entend beaucoup parler de l’équi-

n’avez pas besoin de faire un bilan lorsque

dus

aux anti-corps. Il y a des diabètes asso-

Troisièmement, la longévité. On vit plus longtemps et plus on vit, plus on est exposé

vous avez un tour de taille important pour l’homme ou la femme. Celà veut dire qu’il y

ciés à une mal formation qu’on découvre surtout en pédiatrie. Il s sont dus aux ma-

au diabète. En Algérie, on est passé d’une

a déjà un problème. Lorsque la femme a un

ladies du pancréas. Il y a le diabète qui est

moyenne de vie de 50 ans à 78 ans, actuel-

tour de taille supérieur à 80 cm et l’homme

en

relation avec l’accouchement. C’est le

lement. C’est l’espérance de vie à la nais- sance. Tous ces facteurs doivent être pris en charge, ils doivent être réfléchis pour mener

supérieur à 94 cm, le risque de diabète est déjà là. Le tour de taille est le pourvoyeur d’hypertension et du diabète parce que la

diabète gestationnel. Il est important de le souligner car ce type de diabète est pour- voyeur de macrosomies. De gros enfants à

une politique de prévention. Prévention pri-

graisse abdominale est une graisse active qui

la

naissance qui pèsent plus de 4 kilos et des

maire parce qu’on sait que le diabète on peut

va secréter certains produits, des hormones

problèmes de dystocie au moment de l’ac-

le prévenir. Beaucoup d’études l’on prou- vées. Comment ? Et bien en mangeant cor-

pratiquement. On les appelle des adipocito- quies qui peuvent influer sur l’hypertension

couchement ; dystocie qui signifie des com- plications au moment de l’accouchement.

rectement et en ayant une activité physique.

artérielle et sur le diabète.

Ce

type de diabète, doit être dépisté. Il peut

Il faut lutter contre l’obésité. Il faut lutter

être décelé, pour la première fois, pendant

contre la sédentarité. Les mesures sont sim-

Santé Mag : Quels sont les différents types de dia-

la

grossesse. Il peut évoluer n’importe com-

ples et ne coûtent pas cher.

libre alimentaire mais, beaucoup de gens ne connais-

bète qui existent ? Pr Mohamed BELHADJ : Il y a des di- zaines de types de diabète. Il y a deux types de diabète les plus connus et le type 2 qui

ment après. Dès que la femme tombe en- ceinte, elle devrait avoir une glycémie pour savoir son état de santé parce qu’il y a beau- coup de diabétiques qui sont méconnus.

Dans le diabète de type 2 un diabétique sur 2 est méconnu. Il faut donc le dépister. S’il n’est pas dépisté, il passe inaperçu. Le pro- blème du diabète est qu’il est silencieux.

Santé Mag : Quelles sont les complications du dia- bète ? Pr Mohamed BELHADJ : Tous les dia- bètes de type1 ou type2 ont les mêmes com- plications. Il y a les complications nerveuses qui touchent les nerfs, la neuropathie qui se manifeste par des douleurs au niveau des jambes, au niveau des pieds, sous forme de sensations de brulures et des picotements. On peut avoir aussi l’atteinte rétinienne qui peut conduire à la cécité. C’est la raison pour laquelle, il faut dépister tous les ans chez un ophtalmologue et faire un fond d’œil. Il y a aussi les problèmes rénaux tels que l’insuffisance rénale qui peut mène à la dialyse. Donc il y a un bilan régulier à faire. Dans le suivi du diabète, il est recom- mandé de faire des glycémies à jeun. Il faut faire des glycémies post-frondiales, deux heures après les repas. Il faut faire aussi tous les trois mois une hémoglobine gliquée qui va nous renseigner sur l’équilibre des trois mois précédents. Pour le rythme, c’est le médecin qui va vous indiquer s’il faut faire ça tous les jours pour les malades qui sont sous insuline ou bien une fois ou deux fois par semaine. C’est en fonction des traite- ments.

Santé Mag : Dernièrement, il y a eu une campagne de dépistage du diabète, quels sont les résultats de cette campagne ? Pr Mohamed BELHADJ : Les cam- pagnes de dépistage révèlent toujours une progression du diabète. Actuellement, le nombre des diabétiques tourne autour de 1,5 millions à 2 millions mais c’est très dif- ficile d’avoir un nombre exact de malades. Dans les pays développés, on ne compte pas les diabétiques. Ils sont recensés en fonction des médicaments qu’ils consomment. Tout est connu par les caisses de sécurité sociale. Même avec cette méthode, on n’a qu’une idée du nombre réels des diabétiques. Je crois qu’il n’existe pas un pays au monde où l’on sache réellement quel est le nombre de malades diabétiques parce qu’il y a des gens diabétiques qui passent inaperçus, des ma- lades qui se sachent diabétiques et qui ne se traitent pas. Beaucoup de malades restent dans le déni pendant très longtemps. Ils re- fusent d’admettre qu’ils sont diabétiques.

Santé Mag : Vous avez crée dernièrement le réseau des diabétiques. Quel est le rôle de ce réseau ? Pr Mohamed BELHADJ : Un réseau re- groupe pratiquement tous les professionnels

Santé-mag >EVENEMENT

de la santé dans une ville donnée ou dans une région donnée. Son premier objectif est de faciliter l’accès aux soins aux malades. Si le malade va chez un généraliste, ce dernier sait que dans le réseau il y a un spécialiste, alors il l’oriente. Deuxièmement, au sein d’un réseau, les gens parlent le même lan- gage. Ils appliquent les mêmes recomman- dations car, souvent, les malades sont ballottés et ils ont différents sons de cloche. En dehors d’un réseau, un médecin qui n’est pas à jour, peut raconter n’importe quoi. Donc uniformiser le message, c’est très im- portant. Notre réseau se construit tout dou- cement. Il y a de la formation et de l’éducation thérapeutique qui est un acte médical et thérapeutique destiné aux ma- lades. Sans cette éducation thérapeutique, le traitement peut vouer à l’échec. On ne peut pas mettre un médecin ou un infirmier der- rière chaque malade. Le malade doit se pren- dre en charge. C’est un véritable permis de conduire. Un guide.

Santé Mag : Comment adhérer à ce réseau ? Pr Mohamed BELHADJ : Chaque mé- decin fait adhérer ses malades. Le réseau est en commun aussi avec un document partagé qui est un livret où il y a tous les renseigne- ments sur le malade, sur sa maladie et n’im- porte quel médecin peut le consulter.

Santé Mag : Quels conseils donnez-vous aux ma- lades qui délaissent le traitement médical et s’orien- tent vers la les charlatans pour des soins avec des herbes ? Il faut faire la guerre à cette médecine. On sait qu’il y a beaucoup d’herbes qui font baisser les sucres. Mais le risque avec ces herbes est qu’ils peuvent faire baisser le sucre plus qu’il n’en faut. Elles peuvent donner des hypoglycémies graves ou bien elles peuvent agir sur d’autres organes Elles peuvent être toxiques si on dépasse un cer- tain seuil. Chez-nous, la phytothérapie n’est pas structurée. Beaucoup de médicaments sont fabriqués avec ces herbes là mais la dif- férence est que les médicaments sont pesés, dosés et étudiés. En Algérie, il y a tous les médicaments sur le diabète. Il y a pratique- ment toutes les classes. Il manque peut- être deux classes nouvelles. Mais toutes les classes qui traitent le diabète sont disponi- bles. Dans notre pays, il y a l’un des meil- leurs systèmes de prise en charge des malades chroniques. Nous avons une mé- decine qui n’est pas totalement gratuite mais qui vous permet d’avoir accès aux soins. Vous êtres assuré social, vous ne payez rien du tout. Vous n’êtes pas assuré social, vous avez une carte qui vous donne accès à des médicaments qui vous font vivre. Le ma-

lade chez nous ne meure pas du diabète. Nous avons un système bien fait mais mal- heureusement, il y a des disfonctionne- ments.

Santé Mag : Quel est le repas idéal ? Pr Mohamed BELHADJ : Le petit dé- jeuner est un moment important de la jour- née. On a dormi 8h et on va attaquer une journée avec une certaine énergie. Cette énergie est celle que nous donnera le petit déjeune. Donc, il faut un bon petit déjeuner équilibré avec un bout de pain, un yaourt, un verre de lait et un fruit plus un thé ou café, c’est un bon petit déjeuner. Il faut évi- ter les gâteaux, c’est sucré. A midi, il faut manger léger pour ne pas avoir cette sensa- tion de sommeil et le soir il faut un repas riche. Si vous avez mangé léger à midi, vous allez avoir faim tôt dans la soirée. Un bon diner alors vers 18h30 ou 19h, c’est bien puisque vous allez avoir le temps de digérer. Mais malheureusement les gens ne prennent pas de petits déjeuners . Ils prennent juste un café. A midi, ils ont faim, ils se jettent sur la nourriture. Ils mangent n’importe quoi et ils consomment de la limonade. C’est du remplissage. Puis dans l’après midi, ils ont sommeil, ils ne peuvent pas travailler. Le soir, comme ils ont bien mangé dans l’après midi, ils n’ont pas envie de manger à 19h. Ils mangent, plus tard, à 20h ou21h. S’ils dorment tôt, ils n’ont même pas eu le temps de digérer. C’est de cette façon qu’on prend des kilos. Selon des études qui ont été faites, 25% des diabétiques perdent du poids pendant le ramadhan. Tandis que 25% prennent du poids et 50% gardent le même poids. Donc certains auront un bénéfice du jeun parce qu’ils auront perdu du poids. Une chose est sûre et des études l’ont prouvé, avec une ali- mentation équilibrée et activité physique, le risque du diabète est réduit jusqu’à 60% sur cinq ans et c’est énorme.

Santé Mag : Un dernier mot ? Pr Mohamed BELHADJ : Les média ont un rôle important à jouer. Avec des mes- sages en boucle qu’on fait passer peuvent sensibiliser sur le diabète. Comme c’est le cas en Tunisie ou en France. Par exemple, « manger, bouger » ou alors, « manger cinq fruits et légumes par jour ». Des messages simples mais à force de les écouter, on finira par compter combien on a mangé des fruits et légumes par jour. Le diabète est appelé le tsunami du 21ème siècle. Le 20 septembre, il y a eu une réu- nion à l’ONU pour discuter justement du diabète qui représente, actuellement, une menace pour l’humanité •

Santé-mag >EVENEMENT

12% des constantinois sont diabétiques

Les adolescents sont les plus touchés

Douaa Belmahi

Les adolescents sont les plus touchés Douaa Belmahi A Constantine, on dénombre plus de 15000 diabétiques

A Constantine, on dénombre plus de 15000 diabétiques et 12% de la population

constantinoise est atteinte de diabète. les chif- fres sont en constante augmentation selon le professeur Lezzar Kacem, chef de service en- docrinologue du centre hospitalo-universitaire (CHU) qui s'est exprimé à l'occasion de la cé- lébration de la Journée mondiale du diabète. Il est vrai que le nombre des diabétiques s’est alourdi durant ces dernières années et devrait, encore, accroître si des mesures préventives et de sensibilisation ne sont pas prises, sachant qu’en matière de médicaments, notre pays de- meure fragile. Cette affection appelle un dé- pistage précoce. Le régime est le maître mot pour maintenir son glucose équilibré.

De son coté le Dr Bouteldja Malika spéci- liste des maladies chroniques a précisé que les enfants et plus précisément les adolescents sont les plus exposés à cette maladie avec un taux de 20% notamment parmi les nouveaux nés. Elle ajoutera qu'en Algérie, le nombre d'amputations annuel est à 1300 et que 40% peuvent étre évités par la bonne information. Une seule amputation coûte 900.000 DA. Sur un autre volet,.les causes de la progres- sion de cette pathologie, sont à chaque fois dues à un manque de prise de conscience des citoyens et à l'insuffisance des campagnes de prévention et de dépistage précoce. A ce pro- pos, le professeur Lezzar a affirmé que les dia- bétiques algériens souffrent présentement du manque de réactifs pour effectuer les analyses périodiques recommandées par les instances sanitaires internationales. Les journées portes ouvertes sur cette pa- thologie ont constitué une occasion pour de nombreux malades pour raconter leur diffu- culés rencontrés au quotidien afin d'effectuer les analyses de l'hémoglobine glyquée. La pé- nurie des réactifs occasionne donc des com- plications aux malades et des dépenses onéreuses, parce qu'ils seront dans l'obligation de s'orienter vers le privé. Quant à la prise en charge des patients, «la majorité des malades qui arrivent à un stade critique ont fait fi des mesures prodiguées par leurs médecins traitants ou tout simplement ils n’ont pas respecté la prise de médicaments à des heures précises. Et comme la maladie n’est pas isolée, elle entraîne moult complica- tions dont le fatidique pied du diabétique qui conduit malheureusement au bloc opératoire, outre des problèmes cardiovasculaires, cécité, HTA» a-t-on expliqué aux citoyens.

Du côté de la DSP, l'organisation d'une campagne de dépistage au profit de la popu- lation à la maison du diabète de Boumerzoug durant une semaine pour permettre aux ci-

toyens d’effectuer un dépistage, ne sera pas la

Concernant les hôpitaux du

jour, les maisons du diabète, dont la mission est de prendre en charge le suivi et le dépis- tage de la population atteinte, il ne fait aucun doute que Constantine aura franchi un pas, mais qui demande à être consolidé par la réa- lisation d’autres espaces du genre face à l’im- portante prévalence du diabète. Les deux maisons du diabète de Bellevue et de la cité

Boumerzoug accueillent plus de 100 malades par jour de 8 heures à 18 heures. Ces deux centres disposent des moyens nécessaires pour la prise en charge des patients, selon les responsables locaux de la santé. «En plus des spécialistes et endocrinologues qui y activent, les deux maisons de diabète possèdent des la- borantins, des ophtalmologistes, des chirur- giens dentistes et des infirmiers spécialisés dans le traitement du pied diabétique"a-t-on encore indiqué •

seule occasion

LE DIABÈTE : MISE EN GARDE CONTRE LES COMPLICATIONS Les diabétologues ont mis en garde

LE DIABÈTE :

MISE EN GARDE CONTRE LES COMPLICATIONS

Les diabétologues ont mis en garde contre les complications du diabète qui atteint les organes nobles (l’œil, le cœur et les reins) de l’être humain. Le Pr Zahida Merad Boudia, spécialiste en ophtalmologie à l’hôpital Lamine Debaghine (Ex-Maillot), a indiqué, à la veille de la jour- née mondiale de lutte contre le diabète célé- brée le 14 novembre de chaque année, que "l’œil est l’organe noble le plus exposé aux complications du diabète après l’atteinte de la cornée, pouvant engendrer ainsi la cécité à long terme".

Parmi les autres complications du diabète, les spécialistes évoquent l’hypertension ar- térielle qui engendre l’obstruction des vais- seaux dont souffrent 30 % des diabétiques. Etant exposé à une obstruction des artères, le rein nécessite une bonne prise en charge chez les diabétiques qui, à long terme, sont sujets à l’insuffisance rénale, estiment les néphrologues. Le Pr Tahar Riane, spécialiste en néphro- logie à l’établissement hospitalier Nefissa Hamoud (ex Parnet) a souligné que 30 % des diabétiques sont atteints d’insuffisance rénale 10 ans après l’apparition de la mala- die. Quelque 25 % des sujets diabétiques souffrent de pathologies vasculaires au ni- veau des membres inférieurs. S’agissant des patients souffrant de patho- logies vasculaires au niveau des membres inférieurs, le Pr Fouzia Sekkal, spécialiste en diabétologie à l’hôpital Lamine Deba- ghine, a affirmé "qu’un diabétique sur qua- tre est amputé de la jambe". Une enquête menée par le ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière en collaboration avec l’Office national des statistiques (ONS) et des agences onusiennes à Alger, relève que le taux de prévalence de cette maladie aug- mente de manière significative avec l’âge avec des taux de 0,3% chez les moins de 35 ans, de 4,1% chez les personnes âgées entre 35 et 59 ans et de 12,5% chez les su- jets de plus de 60 ans. Outre les facteurs héréditaires, cette préva- lence s’explique notamment par le dés- équilibre du régime alimentaire composé en grande partie de corps gras et de sucre- ries ainsi que le manque de d’exercice phy- sique. Selon Djamila Nadir, chargée du dossier des maladies chroniques au ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, l’Etat a mis à la disposition des malades tous les types de médicaments né- cessaires à cette maladie afin de veiller sur le bien-être des malades. Par ailleurs, la tutelle a arrêté plusieurs pro- grammes de lutte contre le diabète afin de réduire le taux de prévalence notamment à travers la formation de médecins et le diag- nostic précoce et une meilleure prise en charge des malades ainsi que le renforce- ment des structures sanitaires de proximité en impliquant le secteur privé. Selon les chiffres du ministère, quelque 1,5 million de personnes seraient atteintes du diabète alors que les associations évoquent 3 millions de malades sachant qu’un diabé- tique sur trois ignore sa maladie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) célèbre depuis 2009 jusqu’en 2013 la journée mondiale de lutte contre le dia- bète sous le thème "l’éducation sanitaire et la prévention" •

ENTRETIEN REALISE AVEC LE Pr LUC DOUAY,

MEDECIN BIOLOGISTE MEDICAL

Directeur de l'équipe "Prolifération et différenciation des cellules souches", Centre de recherches Saint Antoine, Université Pierre et Marie Curie

C’est « une percée majeure pour la médecine transfusionnelle ». En septembre dernier, des chercheurs français, à leur tête le professeur Luc DOUAY, ont réussi la première transfusion humaine à partir de cellules souches. Une découverte qui précède la création de banques de sang artificiel. Un autre chal- lenge pour l’équipe du Professeur Douay qui nous explique dans cet entretien la portée scientifique de cette expérience cruciale.

-- LLaa dduurrééee ddee vviiee eett llee ttaauuxx ddee ssuurr-- vviiee ddeess cceelllluulleess ccuullttiivvééeess ssoonntt ssiimmii-- llaaiirreess àà cceeuuxx ddeess gglloobbuulleess rroouuggeess ««ccllaassssiiqquueess»» -- LLeess gglloobbuulleess rroouuggeess aarrt