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TENSEURS

Dans le calcul tensoriel, on veut exprimer la façon dont se transforment dans un changement de base les composantes des éléments d'un espace vectoriel et d'un produit d'espace vectoriel. En fait, on recherche systématiquement les valeurs intrinsèques. On exprimera des relations qui seront indépendantes du système de coordonnées utilisé pour les expliciter. En effet, seules ces relations pourront exprimer une réalité physique. La puissance galiléenne d'une force ne peut en aucun cas être dépendante du repère de calcul choisit.

Convention d'écriture

Déjà dans un seul espace vectoriel à dimension peu élevée, le formulaire de changement de base est lourd. On conçoit donc des difficultés d'écriture pour des cas un peu complexes. Il est important de condenser les écritures afin les rendre plus maniables.

Convention d'Einstein

Souvent nous devrons exprimer des sommes de monômes. L'habitude veut qu'alors on utilise des indices de valeurs variables. La variation de ces indices est essentiellement fonction de la dimension de l'espace vectoriel concerné. La convention d'Einstein permet une simplification supplémentaire.

Tout monôme où certains indices littéraux figurent chacun deux fois, en position supérieure dans un facteur et en position inférieure dans un autre, représente la somme de tous les monômes analogues, avec chacun de ces indices répétés prenant n valeurs.

Un indice répété est appelé indice muet.

u

i

n

Â

v =

i

i = 1

i

u v

i

1

=u v +u

1

i

a x y

ij

j

=

n

n

ÂÂ

1

i =

j

1

=

a

ij

i

x y

j

2

v

2

Un indice non muet est dit libre.

+

L

+u

n

v

n

Toute égalité où figurent certains indices libres, à la même hauteur aux deux membres, s'entendra comme valables pour toutes les valeurs de 1 à n de ces indices.

Une telle équation représentera en réalité un système de

n

p égalités si elle comporte p indices libres.

a

h

i

i

x

=

y

h

¤

1

Ï a

Ô

Ì

Ô

Ó

x

x

a x

a

1

1

2

1

3

1

1

1

+

+

+

a

a

a

1

2

2

2

3

2

x

x

x

2

2

2

+

+

+

a

a

a

1

3

2

3

3

3

x

x

x

3

3

3

=

y

=

y

=

y

1

2

3

pour

3

n =

Remarques

* L'emploi d'indices supérieurs peut créer un risque de confusion avec l'écriture des puissances.

la

Aussi en écriture indicielle, on convient d'une notation particulière pour les puissances. On désignera par

a

p

p ième

puissance de a.

* Un monôme reste inchangé lorsqu'on change la lettre qui désigne un indice muet:

i

u v =u

i

h

v

h

a

j

i

x

j

i

y =a

m

l

l

y x

m

a

ijk

i

x y

j

a

lmn

l

x y

m

w

k

ij

i

x v

j

w

n

lm

x

m

v

l

* Pour désigner un monôme par une lettre unique, on devra la munir des mêmes indices libres

que le monôme :

i

u v =p a

i

j

i

x

j

i

y = f a

ijk

i

x y

j

=w

k

l

opq

lm

i

x d

o

l

i

=g

pq

m

* Il est impératif de ne pas tripler les indices muets. En effet, l'écriture

sens, les écritures

a

j

i

x

j

l

y

l

et a x

i

j

y

j ayant chacune un sens différent.

* Si on veut dire

i

a b

j =1

i

a b

si

j est égal à 1 si i est égal à j, il faut écrire :

i

=

j

i

En effet, la formule condensée a b i =1 représente tout autre chose.

Règles de calcul

a

j

i

x

j

y

j

n'a aucun

Dans la convention d'Einstein, on peut traiter les opérations suivant les règles de calcul des opérateurs utilisés. On obtient ainsi :

Les additions sont associatives et commutatives. Les multiplications sont associatives et distributives, à droite comme à gauche, par rapport aux additions.

p

i =

a

s

i

i

j x

=

j

i

q

p

+

=

a

q

i

m

i

i

p t

jk

b

=

i

+

x

m

.

j

i

j x

r

i

=

a

c

jh

y

l

x

j

i

a

i

l b

b

=

r

j

i

x

j

j

+

i

j x

j

+

a

t

h

k

Ê

= Á

Ë

n

Â

m =

1

a

i

m

x

m

jk

i

l b

˜ ˆ . Á Ê

¯ Ë

i

p t

ik

=

a

i

m

x

m

c

ih

y

h

k

Ê

Á

Ë

=

n

n

n

ÂÂÂ

1

i =

m

1

=

h

1

=

a

i

m

x

Remarques

=

c

jh

j

l

j x

y

h

k

(

=

a

i

j +

b

j +

j

a

n ˆ

Â

h =

1

c

jh

m

c

ih

y

h

k

y

h

k

˜

¯

ˆ

˜=

¯

n

Â

i

1

=

i

p t

i

l b

l

j )

ik

=

u

k

x

j

* Le calcul formel ne permet pas toutes les opérations classiques. En particulier, les opérations de simplifications par division doivent être menées avec précautions.

i

b ¸

˝

˛

=

x

a

i

a 0

i

fi/

i

x

b

=

a

i

* Les règles de calcul nécessitent d'être très rigoureux sur l'emploi des indices. En effet, il ne

faut pas confondre le produit

est représenté par

u

i

x w

l

l

.

u

i

x

i

par

w

i qui est représenté par

u

l

x w

l

i avec le produit de

u

i

par

i

x w qui

i

Applications aux matrices

le

terme représ entant l'élément de la ligne i et de la colonne j. On utilisera ainsi la convention de notation o -li-ba-co (haut=ligne, bas=colonne). Nous écrirons donc :

Pour une matrice carrée A à n lignes et n colonnes, nous désignerons souvent par

a

i

j

au lieu de

a

ij

(

A= a

i

j

)

Pour l'expression du déterminant, on aura :

Det ( A)= a

i

j

Avec ces notations, le produit de deux matrices s'exprime très facilement :

AB=C¤a b =c

j

k

i

j

i

k

En particulier, si les deux matrices sont inverses l'une de l'autre, le produit doit nous donner la matrice

identité :

AB=I ¤a b =d

j

k

i

j

i

k

On voit ainsi apparaître le symbole de KRONECKER :

d

i

k

d

=

ik

d

=

ik

Ï 1si i

Ì

Ó

0 si i

=

k = / k

=

On peut pressentir la résolution d'un système :

a

i

j x

j

=y

i

¤

x

j

=b

i

j

i

y

Le calcul du déterminant permet de faire apparaître le pseudo-tenseur de LEVI-CIVITA appelé parfois le deuxième symbole de KRONECKER :

avec :

e

i i

1 2

L

i

n

Det(

A

e

=

i i

1 2

L

i

n

)=e

i i

1 2

L

i

n

a

i

1

1

a

i

2

2

La

i

n

n

=e

i i

1 2

L

i

n

a

1

i

1

a

2

i

2

La

n

i

n

Ï 0 si deux des indices sont égaux

Ô 1si

Ì

Ô 1si

Ó

=

-

,

i i

1

2

i

1

,

i

2

,

,

L

L

,

i

n

est une permutatio n paire de1,2,

L

,

i

n

est une permutatio n impaire de1,2,

,

n

L

,

n

En fait on peut obtenir aussi des écritures intéressantes en faisant intervenir les cofacteurs des éléments

de la matrice A. En notant

D

i

j

( D

i

j

(

= -

D

i

j

1)

a

j

k

i

+

j

=d

D

i

k

ij

) le cofacteur de

Det(A)

a

i

j

, on a :

Si le déterminant de la matrice A est non nul, on peut retrouver les éléments de la matrice B inverse de A

:

D

i

j

b

i

j

=

A

n

)

Det(

La valeur du déterminant devient :

Det(

A

Â

) =

1

i =

D

a

i

j

j

i

D

= -

(

1)

i

i

j

n

Â

=

j

=

1

+

j

a

D

j

i

D

ij

i

j

Application aux formes quadratiques

Considérons la forme quadratique, à coefficients symétriques ( a

(

)

g x =a

ij

i

x x

j

ij

=a

ji

), définie par :

Les termes

commutatifs.

a

12

x

1

x

2

+a

Cette

21

x

1

x

2

.

a

ij

sont des constantes scalaires, et les

x

commutativité

permet

d'écrire

tout

terme

i

sont

des variables scalaires à produits

du

type

2a

12

1

x x

2

comme

la

somme

Le calcul de la différentielle de la forme quadratique nous donne :

d g=a

ij

(

i

x dx

j

j

+x dx

i

)

En jouant sur la permutation des indices muets et la symétrie de la forme quadratique, on peut écrire :

a

Ce qui nous donne :

ij

i

x dx

d g =2a

j

ij

=a

ji

x

x

j

dx

i

j

dx

i

=a

ij

x

j

dx

i

On peut ainsi obtenir la dérivée partielle de la forme quadratique par rapport à la variable

g =2 a

x

i

ij

x

j

x

i

:

La notation de cette dérivée partielle peut être aussi abrégée :

g

x

i

=

g

, i

= 2

a

ij

x

j

Le calcul précédent permet de retrouver l'identité d'Euler pour les fonctions homogènes de degré 2 :

i

x g

, i

= 2

g

Espaces vectoriels affines. Espaces vectoriels métriques

Les propriétés des tenseurs seront très différentes suivant la nature des espaces dans lesquels ils seront définis. L'usage impose de distinguer deux cas : l'espace vectoriel affine et l'espace métrique qui contient les espaces vectoriels euclidien. La distinction est importante car si certaines formules tensorielles prennent des formes simples dans un espace euclidien, il est parfois nécessaire d'employer des espaces vectoriels affines.

Espaces vectoriels affines

Dans ce type d'espace, on admet les postulats qui permettent de définir des vecteurs. L'espace à n dimensions comportera n axes de coordonnées ayant à priori chacun une unité particulière. Un vecteur arbitraire

v r sera représenté par ses composantes

préalable défini des unités

e r

v r

e r

2

i

1

,

=

,

v e r

L

i

,

r

e

n

.

La longueur absolue du vecteur

entre les différentes composantes

v

1

,v

2

,

v

1

,v

2

L

,

,v

n suivant les différents axes sur lesquels nous aurons au

v r

ne peut pas être définie puisqu'il n'y a aucune commune mesure

L

,v

n . La distance de deux points ne peut pas être mesurée.

De prime abord, ces notions surprennent et on comprend mal l'utilité de ce type d'espace. Toutefois en physique on fait souvent usage de figures ou de diagrammes tracés en géométrie affine. En thermodynamique par exemple, on trace des diagrammes d'états faisant intervenir les variables pression, volume et température. Pour le mécanicien, la loi de comportement d'un matériau peut parfois être représenté dans un espace affine des variables contraintes et déformations. Dans un espace affine, c'est une pure convention que de tracer des axes orthogonaux. En effet, si on ne peut pas définir une longueur, il est impossible de parler d'angle.

Dans ce type d'espace, une fonction

x

2

(

= f x

1

)

se représentera par une courbe. Mais, suivant les

conventions d'unités et d'axes, cette courbe se déformera. Par contre certaines relations conserveront un sens invariant. Ainsi en thermodynamique, une loi d'évolution d'un gaz peut être représentée dans le diagramme de Clapeyron (pression, volume). Ce diagramme représente évidemment un espace affine, mais pour une évolution quelconque, le produit des variables pression-volume représente une énergie qui doit être indépendante du mode de représentation utilisé. C'est en jouant sur cette notion importante d'invariant que le mécanicien trouve certaines formules de loi de comportement d'un matériau.

Espaces vectoriels métriques

En géométrie métrique, on ajoute une condition supplémentaire, qui permet de définir la distance entre deux points ou la longueur d'un vecteur. Dans le cas le plus simple, celui de l'espace euclidien, on se défini un repère orthogonal, dont les vecteurs ont tous un même module égal à une unité choisie arbitrairement. On peut ensuite construire une infinité d'autres repères rectilignes ou curvilignes, au moyen d'un changement de coordonnées. Dans ce changement, toute longueur doit rester invariante. Bien entendu, la notion de longueur permettra ensuite de définir la notion d'angle.

Le problème associé à l'algèbre tensorielle, c'est que nous ne commençons pas par ce type de géométrie, contrairement à ce qui est fait en géométrie élémentaire. Cette algèbre tensorielle, bien plus générale que la petite géométrie d'arpentage a la prétention de devenir la géométrie générale de la physique, en généralisant les phénomènes physiques.

Espaces vectoriels mixtes

Entre les deux cas purs (affine et métrique), il convient de noter qu'il existe des espaces mixtes, qui seraient affines vis -à-vis de certaines coordonnées et métriques pour d'autres. Ainsi la représentation d'une

répartition de pression sur une surface peut être représentée dans un espace (

dans le plan ( )

p, x , x . Cet espace est métrique

1

2

)

x

1

, x

2

mais pas dans les autres plans.

Algèbre tensorielle en espace affine

Contravariance

Soit

E

n

un espace vectoriel de dimension n sur un corps K de scalaires. Dans la suite du cours, nous

considérerons que la dimension de E n est finie et que le corps K est commutatif.

Dans ce chapitre, nous supposerons que E est doté simplement d'une structure affine. C'est-à-dire que ,

seront l'addition et la multiplication par

n

outre l'égalité, les seules relations envisagées entre les éléments de

un scalaire.

E

n

Soit

(

r

e i

)

= (

e r

1

,

e r

2

,

r

L e

,

n

)

une base de

combinaison linéaire des vecteurs de la base :

E

n

. Un vecteur

r quelconque de

v

E

n

Soit (

r

E

I

v r

i

v e r

=

i

) une nouvelle base de

r =

v V

I

r

E

I

E

n

. On aura alors de nouvelles composantes pour v r :

est alors une

D'autre part, la nouvelle base est reliée à l'ancienne par les formules de changement de base et la matrice A associée :

r

E

I

= a

j

I

r

e

j

Ce qui nous donne :

v

i

=

i

a V

I

I

Mais de plus la matrice de changement de base est inversible et on peut lui associer son inverse B :

On aura donc :

B=A

r

e

i

=

b

I

i

-1

r

E

=

I

(

b

I

i

)

et

V

I

=

I

b v

i

i

Les formules précédentes amènent la remarque suivante :

Alors que la nouvelle base a été définie en fonction de l'ancienne à l'aide des éléments de la matrice A, les nouvelles composantes du vecteur s'expriment en fonction des anciennes à l'aide de la matrice inverse B.

On exprime ce fait en disant que les composantes d'un vecteur de

E

n

sont contravariantes dans un

changement de base sur cet espace. On dit qu'un vecteur de

E

n

est un tenseur contravariant du premier ordre sur

E

n

.

Pour plus de clarté dans les formules, nous avons employé des lettres majuscules pour

tout ce qui se rapporte au second système de coordonnée, même pour les indices. Il est évident que ce genre de notation ne pourra être maintenu dans la suite où nous pourrons être amené à considérer plusieurs changements de base consécutif.

Remarque :

Forme linéaire et covariance

Dans le chapitre portant les espaces vectoriels nous avons défini les applications linéaires.

Nous appellerons forme linéaire toute application linéaire de

E

n

sur le corps des scalaires K.

Une telle forme linéaire est donc un opérateur du type :

Œ

r

v

E

n

a

f (v)

r

Œ

K

La notion de linéarité imposant :

f ( v r

a

+b

u)

r

=a

f (v)

r

On obtient donc dans une base (

f

(

)

v r = f

(

i

v e r

i

)

r

e

)

i

=v

i

:

f

+b

(

e r

i

f (u)

r

)

i

=v f

i

f (v )

r

On constate que

E

n

.

apparaît comme une combinaison linéaire des

v i . Toutefois, d'après sa

utilisée

v f i représente un scalaire intrinsèque, c'est à dire indépendant de la base (

i

r

e

i

)

définition, l'expression

dans

De fait, un changement de base (

r

e

i

)

a

f

(

r

)

v =v

i

f =V

i

I F

I

On obtient aussi :

f

i

=

b

i

I

F

I

(

r

E

I

) nous conduit aux relations :

avec

F =f

I

(

r

E

I

)

= f

(

i

a e r

I

i

)

=a

i f

I

(

e r

i

)

=a

i f

I

i

Ces formules nous montrent que les coefficients f i de notre forme linéaire varient dans le même sens que les vecteurs de base dans un changement de base. Nous dirons qu'ils sont covariants dans un changement de base.

On peut remarquer la notation employée. Arbitrairement, les vecteurs de base sont notés avec des indices inférieurs. Les vecteurs contravariants ont donc des indices supérieurs, alors que les coefficients covariants sont notés aces des indices inférieurs. Ce type de notation est celui que nous allons employer dans la suite.

Espace dual

Considérons l'ensemble des formes linéaires sur

E

n

. Nous admettons que muni des lois de composition

suivantes, cet ensemble est un espace vectoriel :

Addition de deux formes linéaires Produit d'une forme linéaire par un scalaire

p

= l

f

On admet la notion d'égalité entre deux formes linéaires :

g

=

f

¤

"

v r

Œ

E

n

On aura en particulier la forme nulle :

f

=

O

¤

"

v r

Œ

E

n

g

f

(

v r

)

(

v r

)

=

=

f

(

O

v r

)

=

¤ "

s

g

f

+

v r

Œ

E

n

¤

p

(

"

v r

Œ

= l

v r

)

E

f

n

(

v r

s

)

(

v r

)

=

f

(

v r

)

+

g

(

v r

)

L'ensemble des formes linéaires sur K est un espace vectoriel appelé espace dual de

E

n

noté

E

n

¥

.

Recherche d'une base de

E

n

¥

E

n

¥

étant un espace vectoriel, on peut toujours définir une base de cet espace vectoriel. Toutefois nous

allons rechercher une base particulière de

commodes.

E

n

¥

présentant des propriétés simples et rendant les calculs plus

Considérons comme éléments particuliers de

e

* i

(

r

e

j

)

=d

i

j

E

n

¥

les n formes linéaires définies par :

On démontre sans difficulté que pour toute forme linéaire f on a :

De plus la suite

conclusions suivantes :

f

e

(

f e

=

i

* i

*

i

)

est libre. De fait elle constitue une base de

E

n

¥

. Ce qui nous amène aux

¥

L'espace E dual de E a la même dimension que

n

n

E .

n

Il admet la base ( ) appelée base duale de la base ( )

Les coefficients d'une forme linéaire f, relativement à la base ( )

 

*

i

r

E .

n

e

e

i

de

r

de E

n

 

e

i

ne sont que les

composantes de f suivant la base (

e

¥

.

*

i ) de

E

n

Dual de l'espace dual

En recherchant l'espace vectoriel dual de l'espace vectoriel

E

n

¥

, on obtient un espace vectoriel de

lui-même. La dualité est une

dimension n qui par correspondance peut être assimilé à l'espace vectoriel

relation réciproque. Dans la dualité, la covariance devient la contravariance si nous adoptons E au lieu de

E

n

n

¥

E

n

comme espace initial. Il est alors évident que les notions de variance seront étroitement dépendantes de l'espace vectoriel initial.

Multiplication tensorielle

Soient

E

n

et

E'

m deux espaces vectoriels, distincts ou non, de dimensions finies n et m sur le même

corps commutatif K de scalaires.

On rappelle que l'ensemble des couples (V ,V ') tels que

r

r

r

V ΠE

n

et

r

V'ΠE'

m est noté E n ¥ E' m .

On appelle produit tensoriel de E par E' m et on le note E ƒE'
On appelle produit tensoriel de
E
par
E'
m et on le note E
ƒE'
, un troisième espace
n
n
m
vectoriel
de
dimension
nm
sur
le
corps
K
muni
d'une
application
de
E
¥ E'
dans
n
m
ƒE'
E n
satisfaisant aux propriétés ci-après :
m
* La multiplication tensorielle est distributive, à droite comme à gauche, par rapport à
l'addition .
* La multiplication tensorielle est associative avec la multiplication par un scalaire.
r
r
r
* Si p vecteurs V r sont linéairement indépendants et si q vecteurs V ' , les produits V
ƒ
V '
le
sont aussi.

A partir d'une telle loi de composition, il est possible d'établir une table d'opération. Considérons (

e' r

j

) ] une base de

E

n

[resp. de

E'

m

]. D'après la troisième propriété, on obtient une base de

r

e

E ƒE'

i )

m

n

Cette base (

p

ij

)

p

ij

= r

e

i

ƒ

e' r

j

est appelée base associée dans E

n

avec i = 1,2,

, n

ƒ E'

m

aux bases (

et j = 1,2,

r

e

i

)

de

E

n

, m

et (

e' r

j

)

de

E'

m .

[resp. (

en formant les nm produits :

L'élément générique de

E

n

ƒE'

m

r

"V=v e ŒE ,"V '=v' e' ŒE'

i

n

j

i

r

r

j

r

m

Propriétés

est défini par :

ij

T=t p

ij

r =V ƒV'=v v' e r ƒe' r =v v'

r

i

j

i

j

i

j

p

ij

ŒE

n

ƒ E'

m

1- Avec les propriétés de définition, on peut dire que la multiplication tensorielle des éléments de

E

n

par les éléments de

E'

m

est une application bilinéaire de

E

n

¥ E'

m

dans E ƒE'

n

m

.

Attention, il faut bien distinguer une application dans

E

n

ƒ E'

m

et non pas une application sur

E n

t

ij

ƒ E'

m

de E

n

. En effet, dans le cas général on ne peut pas associer un couple (V ,V ')

r

r

de

E

n

¥ E'

m

à tout élément

ƒ E'

m

. Ceci nous conduirait à rechercher

n+m inconnues

(

i

v ,v' par partir de nm équations

j

)

(

i

v v'

j

= t

ij

)

.

r

r

Ainsi l'ensemble des produits V

ƒ

V '

n'est en général qu'une partie de E

n

ƒ E'

m

. On dit que les

r

r

V

ƒ

V'

sont les éléments décomposés de

E ƒE'

n

m

.

2- Le produit tensoriel de deux vecteurs n'est pas commutatif en général. Considérons en effet la

m . Il faut tout d'abord noter que le problème

est

multiplication tensorielle d'un élément de

e r

j

ƒ

e r

i

E

n

par un élément de

et p

E'

de la commutativité ne peut se poser que si les deux espaces sont identiques. Dans ce cas, le produit

distinct du produit

e r

i

ƒ

e r

j

puisque les deux éléments p

ij

ji

appartiennent à une base de

E ƒE

n

n

.

Définition générale des tenseurs

On remarque que la définition de la multiplication tensorielle permet un calcul en cascade. En effet la

multiplication tensorielle de deux espaces vectoriels

ƒ E'' à partir

d'un espace vectoriel

Toutefois, afin d'éviter des difficultés complémentaires, nous imposerons une quatrième propriété à la multiplication tensorielle.

E

n

et

E'

m nous donne un troisième espace vectoriel

(

E

n

ƒ E'

m

)

o

E

n

ƒ E'

m

. Ce dernier peut à nouveau servir à la définition d'un espace vectoriel

E'' . On imagine aisément la généralisation qui peut être faite.

o

La multiplication tensorielle des éléments de plusieurs espaces vectoriels est associative.

Pour assurer cette associativité, il suffit de se l'imposer sur les vecteurs de base.

e r

i

ƒ

(

e' r

j

ƒ

e" r

k

)

(

=

e r

i

ƒ

e' r

j

)

ƒ

e" r

k

= r

e

i

ƒ

e' r

j

ƒ

e" r

k

On peut donc maintenant donner une définition générale des tenseurs.

Nous appellerons tenseurs sur E ¥ E' ¥ E'' , tout élément de l'espace n
Nous
appellerons
tenseurs
sur
E
¥ E'
¥ E''
,
tout
élément
de
l'espace
n
m
m
)
vectoriel (
ƒ E'
ƒ E''
=E
ƒE'
ƒ E''
E n
.
m
o
n
m
o

L'expression générale de ces tenseurs est donc :

T=

t

ijk

e r

i

ƒ

e' r

j

ƒ

e" r

k

Les termes t ijk représentent les composantes de T suivant la base (

ces composantes sont fonctions des bases.

e r

i

ƒ

e' r

j

ƒ

e" r

k

)

. Il est évident que

Considérons les changements de base suivants :

r

E I

r

E

"

r

E

'

J

K

r

= a e

'

"

i

I

j

i

r '

e

= a

= a

J

k e

K

r

Dans la nouvelle base, les composantes ce tenseur dans tous changement de base :

j

"

T

k

r

¸ E

Ï

Ô i

˝ ¤

r

Ô

˛ Ó e

Ô

r

r

e

I

=

i

b

'

"

Ô

I

J

"

K

Ì e

j

'

= b

j

"

k

=

b

k

'

r

K E

r

J E

IJK

du tenseur T sont définies par la notion d'invariance de

T=

t

ijk

e r

i

ƒ

e' r

j

ƒ

e" r

k

T

=

IJK

r

E

I

ƒ

r

E'

J

ƒ

r

E"

K

On peut alors en déduire les relations fondamentales suivantes :

T

IJK

I

= b b'

i

J

j

b"

K

k

t

ijk

¤ t

ijk

i

= a a'

I

j

J

a"

k

K

T

IJK

En fait, en général, les tenseurs employés sont plus restrictifs car ils ne sont définis qu'à partir d'un

espace vectoriel

E

n

et de son dual

E

n

¥

.

On appelle tenseur d'ordre p sur

chacun est identique à E

E

n

tout tenseur sur un produit de p espaces vectoriels dont

n

ou à son dual

E

n

¥

.

Ce tenseur est dit affine si l'espace vectoriel

E

n

est dotée d'une structure affine.

Les conventions de notation pour un tenseur T de l'espace vectoriel

E n

ƒ

E

n

ƒ

E

*

n

ƒ L

sont les suivantes :

(

e *

i

)

.

- Tous les facteurs E du produit

n

E

- Tous les facteurs

E

n

¥

du produit

n

ƒ

E n

E

ƒ

n

ƒ

E

n

E

ƒ

*

n

ƒ L

seront rapportés à une même base (

r

e

i

) .

E

*

n

ƒ L

seront rapportés à une même base duale

correspond une base (

Nous dirons que les composantes de T suivant cette base sont les composantes de T suivant la base (

Ainsi à toute base (

r

e

i

) de

e r

i

ƒ

e r

j

ƒ

e

* k

L)

E

n

ƒ

de

E

n

ƒ

E

n

ƒ

E

*

n

e i ) .

r

ƒL

.

Ces composantes seront notées

facteur de base pris dans

base correspondants.

E

n

(resp.

E

n

t

ij

k

¥

L

L

. Un indice supérieur (resp. inférieur) correspondra donc à chaque

) et les rangs latéraux des indices reproduiront l'ordre des facteurs de

Exemples

1- Considérons que

E

n

soit en fait

R

3

. L'ensemble des formes linéaires sur

R

3

est

l'espace vectoriel dual

espaces vectoriels dont la dimension est 9 :

R 3¥

. Avec une seule multiplication tensorielle, nous pouvons faire apparaître quatre

T

T

T

T

Œ

Œ

Œ

Œ

R

R

R

R

3

3

3

3

ƒ

ƒ

¥

¥

ƒ

ƒ

R

R

3

3

¥

R

R

3

3

¥

T

T

T

T

t

=

ij

e r

i

i

=

r

t e

j

i

*

i

ƒ

ƒ

ƒ

t e

=

ij

j

t e

=

i

* i

j

e

e

r

e

=

ƒ

e r

ij

p

* j

*

j

t

=

i

t

j

t

=

i

ij

j

j

t

=

ij

p

p

p

j

i

ij

i

j

2- Un élément de

T =

t

E

n

l

jk

i

e r

i

Changement de base

*

n

*

ƒ E

ƒ

e

j

ƒ E

*

n

ƒ

e

*

k

ƒ E

n

ƒ

e r

l

sera noté :

T

=

I

JK

L

r

E

I ƒ

E

*

J

ƒ

E

*

K

ƒ

r

E

L

Un changement de base est défini par les relations suivantes :

r

E

I

r

E

I

=

=

i

a e ¸

˝

˛

a e r

I

i

r

i

¤

I

i

¤

{

e r

i

r

e

i

=

=

I

b

i

I

b

i

r

E

r

E

I

I

Dans l'exemple ci-dessus, les nouvelles composantes du tenseur T sont :

T =

Ce qui nous donne :

T

I

JK

L

t

l

jk

i

e r

i

= b

I

i

ƒ

a

j

J

e

a

*

j

ƒ

k

K

L

b

l

t

*

e

i l

jk

k

ƒ

¤

e r

l

t

T

=

i l

jk

I

JK

L

r

E

I

i

=a b

I

J

j

ƒ

b

K

k

E

*

J

l

a T

L

ƒ

I

JK

L

E

*

K

ƒ

r

E

L

Les formules précédentes montrent bien l'intérêt d'une notation qui de prime abord semble un peu

lourde.

Réciprocité

Inversement donnons-nous à priori une suite

t

i l

jk

de

n

4

composantes de

E .