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Changement climatique

Impact sur les cycles


biologiques des cultures
Ce n’est plus à prouver, l’aug-
mentation notable de la concen-
tration des gaz à effet de serre
dans l’atmosphère entraîne
des changements climatiques :
hausse des températures, modi-
fication du régime des pluies,
instabilité du climat… Evidem-
ment, cela ne va pas sans consé-
quences pour le monde agricole.
Tour d’horizon des bouleverse-
ments à venir.

S
elon l’Institut national de la
Avec le changement climatique, les cycles biologiques vont recherche agronomique (Inra), un
évoluer. Le calendrier des semis, des traitements et des récol- réchauffement de 1°C équivaut
tes sera modifié. à un déplacement vers le nord de l’or-
dre de 180 km et en altitude de l’ordre
de 150 m. Même si à l’heure actuelle, rien n’est encore observé concernant les déplacements géo-
graphiques des différentes cultures, l’hypothèse d’une modification profonde de la géographie du
paysage est à retenir. On peut légitimement envisager, avec un réchauffement accru, une remontée
de certaines productions et, pourquoi pas, l’introduction de cultures nouvelles dans le sud.

Raccourcissement des cycles de culture


Le développement des grandes cultures étant avant tout lié aux températures, une modification de la
vitesse de développement des plantes sera sans aucun doute observée.
De même que le calendrier des semis, des traitements et des récoltes
sera modifié.
Point positif, la hausse des températures stimulerait l’élaboration de
biomasse grâce à la photosynthèse. Cela se traduirait par une aug-
mentation notable des rendements. A la condition majeure de disposer
Changement climatique

d’une quantité d’eau suffisante.


Point Météo
Au contraire, pour les céréales
Pierre-Etienne Bisch, président de Météo France
d’hiver, l’insuffisance de froid
pénaliserait fortement la pré-
“En France métropolitaine, la température a augmenté d’en-
paration hivernale de la germi-
viron 1 °C au cours du XXe siècle, contre + 0,74 °C à l’échelle
nation (plus scientifiquement
planétaire, sachant que la température moyenne est de
appelée période de vernalisa-
15°C. Cette hausse est d’autant plus marquée dans le sud du
tion).
pays. Cette progression de la température moyenne s’ac-
En arboriculture, on a déjà
compagne d’une hausse des extrêmes. Ainsi, les jours de gel
observé une floraison plus
en plaine sont moins nombreux alors que les températures
précoce en moyenne, d’une à
estivales les plus élevées augmentent. Les précipitations
trois semaines. Paradoxe : cette
augmentent en hiver mais diminuent en été. Deux éléments
avancée de la floraison risque
prouvent à tout un chacun l’évolution du climat : le recul
d’augmenter les dégâts causés
des glaciers alpins et la date de début des vendanges qui se
par le gel printanier. L’exposi-
décale. Quant aux événements extrêmes comme les cyclo-
tion des arbres au gel corres-
nes et les tempêtes, des études sont en cours pour confir-
pondant à des stades sensibles
mer ou non les tendances pressenties.”
des organes de fructification.
Le monde agricole dispose déjà
de bons outils pour s’adapter au mieux. La génétique devrait permettre le développement de plantes
au cycle plus long ou plus tardif, pouvant résister à la sécheresse.

Développement de nouvelles maladies ou de nouveaux ravageurs


Le stress dû au changement climatique entraînera une plus grande vulnérabilité des plantes et des
arbres à certains ravageurs et maladies. Les aires de répartition de certains ravageurs s’agrandiront.
C’est le cas par exemple de la chenille processionnaire.