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Compatibilité électromagnétique Eté 2004 Notes de cours

La foudre et ses effets électromagnétiques

Notes de cours La foudre et ses effets électromagnétiques F. Rachidi École Polytechnique Fédérale de Lausanne

F. Rachidi

École Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFL-DE-LRE CH-1015 Lausanne

Farhad.Rachidi@epfl.ch

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Introduction

Les surtensions induites par une décharge orageuse peuvent provoquer d’importantes perturbations électromagnétiques dans les réseaux électriques de distribution d’énergie électrique et de télécommunications.

La protection correcte et efficace des systèmes électriques et électroniques contre ces perturbations nécessite la caractérisation du champ électromagnétique rayonné par la foudre et la prévision des phénomènes perturbateurs.

Mécanisme de la formation de l’orage

La foudre est définie comme une décharge électrique d'une longueur de plusieurs kilomètres associée à une impulsion de courant transitoire de très forte amplitude. La source la plus commune de la foudre est la séparation des charges dans les nuages d'orage, les cumulo-nimbus. Les orages les plus fréquents font suite à des fronts froids. A l'arrivée d'un de ceux-ci, la masse d'air froid s'infiltre sous l'air chaud et le soulève; ceci engendre des turbulences dans l'air chaud rejeté en altitude: ainsi se forment les nuages d'orage ou les cumulo-nimbus. L'électrisation de ces nuages résulte d'un processus complexe, dont l'étude approfondie ne fait pas l'objet de ce chapitre. La distribution des charges dans un nuage d’orage est présentée dans la figure ci-dessous. La partie supérieure, constituée de glace, est chargée positivement (région P), tandis que la partie inférieure constituée de gouttelettes d'eau est chargée négativement (région N). Souvent, un îlot de charges positives (région p) est enserré dans cette masse de charges négatives. A l'approche d'un nuage orageux, le champ électrique atmosphérique au sol qui est de l'ordre d'une centaine de volts par mètre par beau temps commence par s'inverser, puis croît dans de fortes proportions. Lorsqu'il atteint 10 à 20 kV/m, une décharge au sol est imminente.

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Catégories de coups de foudre Bien que les décharges inter- et intra-nuages constituent plus de

Catégories de coups de foudre

Bien que les décharges inter- et intra-nuages constituent plus de la moitié des décharges de foudre, ce sont surtout les décharges nuage- sol qui ont été l'objet d'études les plus poussées; ceci dû essentiellement aux raisons d'ordre pratique (cause de blessure et mort, incendies de forêts, et perturbations des systèmes électriques de télécommunication et de transport), et aussi du fait qu'il est plus facile de mesurer les caractéristiques optiques et électriques des décharges nuage-sol. Les décharges de foudre nuage-sol ont été subdivisées en quatre catégories. Ces catégories sont définies selon d'une part la direction, ascendante ou descendante, du traceur (leader en anglais) qui déclenche

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la décharge, et d'autre part le signe de la charge portée par le traceur, positive ou négative. La figure ci-dessous illustre les quatre catégories des décharges nuage-sol.

illustre les quatre catégories des décharges nuage-sol. 1. Descendant négatif 3. Descendant positif 2. Ascendant

1. Descendant négatif

des décharges nuage-sol. 1. Descendant négatif 3. Descendant positif 2. Ascendant positif 4 . A s

3. Descendant positif

nuage-sol. 1. Descendant négatif 3. Descendant positif 2. Ascendant positif 4 . A s c e

2. Ascendant positif

négatif 3. Descendant positif 2. Ascendant positif 4 . A s c e n d a

4. Ascendant négatif

Dans les régions tempérées, plus de 90% des coups de foudre nuage- sol sont de la catégorie 1. Ce type de décharges, appelées décharges négatives, peuvent par conséquent être considérées comme la forme la plus commune des décharges nuage-sol. Cette forme de décharge est déclenchée par un traceur descendant chargé négativement.

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Les coups de foudre appartenant à la 3ème catégorie sont aussi déclenchés par un traceur descendant, mais chargé positivement (décharge dite positive). Cette catégorie regroupe moins de 10% des décharges nuage-sol. Enfin, les décharges des catégories 2 et 4 qui sont déclenchées par des traceurs ascendants, sont relativement rares et apparaissent généralement aux sommets des montagnes ou des longues structures.

Décharges négatives nuage-sol

Une décharge négative (nuage-sol) typique apporte une quantité de charge négative de quelques dizaines de Coulomb à la terre. La décharge totale est appelée éclair et a une durée de l'ordre de 0.5 seconde. Chaque éclair est constitué de plusieurs composantes de décharge dont typiquement trois ou quatre impulsions de courant de forte amplitude dites arcs en retour. Chaque arc en retour dure environ 1 ms, la séparation entre deux arcs en retour successifs étant typiquement plusieurs dizaines de millisecondes. La figure ci-dessous illustre le processus d'un éclair négatif; plusieurs phases peuvent y être distinguées:

La décharge préliminaire (preliminary breakdown, en anglais) intervient à l'intérieur du nuage, très probablement entre les régions N et p. Cette décharge déclenche le développement d'un canal chargé négativement vers le sol appelé traceur par pas (stepped leader). La progression de ce canal s'effectue par une série de bonds (ou pas) lumineux successifs, chaque bond ayant une longueur de quelques dizaine de mètres et une durée d'environ 1 microseconde; deux bonds successifs sont séparés par une pause de l'ordre de 50 microsecondes. Le traceur apporte une quantité de charges négatives de l'ordre de 10 Coulomb vers le sol avec une vitesse moyenne de 2 . 10 5 m/s. A chaque pas du traceur correspond une impulsion de courant d'amplitude supérieure à 1 kA. Ces dernières sont associées à des impulsions de champs électrique et magnétique d'une durée d'environ 1 microseconde et des temps de montée inférieurs à 0.1 microseconde.

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A l'approche du sol, le traceur dont le potentiel par rapport à la terre est environ -10 MV provoque une intensification du champ électrique et initie une ou plusieurs décharges ascendantes (upward-connecting leader): cette phase est appelée le processus d'attachement (attachment process). La jonction entre une des décharges ascendantes et le traceur par pas s'effectue à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol. Le canal du traceur est alors déchargé lorsqu'une onde de potentiel de sol, le premier arc en retour (first return stroke), se propage vers le nuage et neutralise le canal chargé par le traceur avec une vitesse décroissante en fonction de la hauteur de l'ordre de 1/3 de la vitesse de la lumière. Le premier arc en retour produit un courant au niveau du sol d'une valeur de pic typique de 30 kA et d'un temps de montée de l'ordre de quelques microsecondes. La durée de l'impulsion du courant (à la mi-hauteur) est de l'ordre de 50 microsecondes. Durant cette phase, la température du canal s'élève rapidement pour atteindre des valeurs jusqu'à 30'000 o K qui génère un canal de haute pression provoquant une onde de choc appelée tonnerre. Après la phase de l'arc en retour, l'éclair peut disparaître. Néanmoins, si une quantité résiduelle de charges est encore présente au sommet du canal, il se développe dans le canal précédemment tracé un traceur obscur (dart leader) à une vitesse de l'ordre de 3 . 10 6 m/s apportant une charge d'environ 1 Coulomb associée à un courant de 1 kA. Entre la fin du premier arc en retour et le début du traceur obscur, une activité électrique, désignée par les processus J et K [1], se manifeste; il existe cependant un doute quant à l'influence de cette activité et le déclenchement du traceur obscur. Le traceur obscur déclenche enfin l'arc en retour subséquent (subsequent return stroke). Le courant des arcs en retour subséquents mesurés à la base du canal ont généralement un temps de montée plus rapide que le courant du premier arc en retour. De nouvelles séquences traceur-arc peuvent ensuite se produire, donnant parfois jusqu'à 15 arcs en retour. Le dernier arc en retour est souvent à l'origine d'un fort courant de l'ordre de 100 A (continuing current) qui draine la charge résiduelle de la cellule orageuse.

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(a)
(b)
(c)
(d) (e)

Fig. a. Développement du traceur par pas (stepped leader).

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+ +
+
++
+ +
(f) (g)
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+
+
+ +

+ +

+ + +

(h) (i)

(l)

Fig. b. Développement de l’arc en retour (return stroke)

- - + + + + + + + + (m) (n)
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+
+
+
+
+
+
(m)
(n)
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- - - - + +
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+
+

(o)

(p) (q)

Fig. c. Traceur obscur (dart leader) et arc en retour subséquent (subsequent return stroke)

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Séquence taceur descendant – arc en retour dans un éclair Photographie (technique strie) d’un éclair

Séquence taceur descendant – arc en retour dans un éclair

Séquence taceur descendant – arc en retour dans un éclair Photographie (technique strie) d’un éclair comportant

Photographie (technique strie) d’un éclair comportant 12 arcs en retour (séquence temporelle : de gauche à droite). Le premier est à gauche et comporte des branches.

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L’énergie de la foudre

Est-il intéressant de capter l’énergie de la foudre ? C’est là une question souvent posée. On pourrait croire en effet que l’énergie électrique dissipée par les orages est importante. En réalité, s’il est exact que la puissance instantanée de la foudre est énorme (10 6 à 10 7 MW), la puissance moyenne reste relativement modeste. Pour s’en convaincre,

il suffit d’intégrer l’énergie dissipée annuellement par l’ensemble des

coups de foudre frappant le territoire français. En se basant sur une différence de potentiel nuage-sol de 100 MV et une charge moyenne par éclair de 20 C, on arrive à une puissance permanente de moins de 100 MW, soit moins du dixième d’une tranche nucléaire moderne. De plus, on imagine les difficultés techniques qu’il faudrait résoudre pour capter une énergie aussi diffuse et aléatoire que celle de la foudre.

Observations expérimentales

Coups de foudre naturels

- Mesure du courant à la base du canal

- Mesure du champ électromagnétique

Coups de foudre déclenchés artificiellement

- Mesures simultanées du courant à la base du canal, champs électrique et magnétique, vitesse de l’arc en retour, tensions induites sur une ligne expérimentale, etc.

Déclenchement artificiel de la foudre

A l’approche d’un nuage orageux, on lance en direction du nuage une

petite fusée qui déroule derrière elle un mince fil métallique s’échappant d’une bobine. Lorsque la fusée atteint une certaine

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hauteur, typiquement 200 à 300 m, un traceur ascendant est déclenché du sommet de la fusée. Le courant de foudre s’écoule alors le long du fil métallique, tout en le volatilisant.

alors le long du fil métallique, tout en le volatilisant. Les séquences traceurs-arc en retour obtenues
alors le long du fil métallique, tout en le volatilisant. Les séquences traceurs-arc en retour obtenues
alors le long du fil métallique, tout en le volatilisant. Les séquences traceurs-arc en retour obtenues

Les séquences traceurs-arc en retour obtenues par cette techniques sont très similaires à celles correspondant à des décharges naturelles.

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Paramètre

Décharge naturelle (arc en retour subséquent)

Décharge déclenchée (Floride et Alabama)

I crête (kA)

12

13

Temps de montée 10-90% (µs)

0.6

0.32

di/dt max (kA/µs)

15

34

Durée de l’impulsion (µs)

32

20

Courant à la base du canal

Depuis les années 50, plusieurs campagnes expérimentales ont été réalisées afin de caractériser le courant de foudre. La description la plus complète du courant de l'arc en retour est donnée par l'équipe du Professeur Berger (ETHZ), qui durant les années 1950-1970 a exploité une station expérimentale au Mont San Salvatore près de Lugano. La mesure du courant a été effectuée au sommet de deux tours de 55 m de haut situées au sommet du Mont San Salvatore. Les figures ci-dessous illustre les formes moyennes des courants typiques correspondant aux arcs en retour premier et subséquent d'une décharge négative. La distribution statistique des principaux paramètres du courant est présentée dans le tableau ci-dessous.

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Forme moyenne normalisée du courant des arcs en retour premier (dessus) et subséquent (dessous). -

Forme moyenne normalisée du courant des arcs en retour premier (dessus) et subséquent (dessous).

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Paramètres du courant des décharges négatives

nombre

pourcentage de cas dépassant la valeur indiquée

d'événements

Paramètre

Unité

95%

50%

5%

 

courant de crête

101

premier arc en retour

kA

14

30

80

135

arc en retour subséquent

kA

4.6

12

30

di/dt maximal

92

premier arc en retour

kA/µs

5.5

12

32

122

arc en retour subséquent

kA/µs

12

40

120

temps de montée (2 kA-crête)

89

premier arc en retour

µs

1.8

5.5

18

118

arc en retour subséquent

µs

0.22

1.1

4.5

durée de l'impulsion (2 kA-mi-amplitude)

90

premier arc en retour

µs

30

75

200

115

arc en retour subséquent

µs

6.5

32

140

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Vitesse de l’arc en retour

La vitesse moyenne des arc en retour est de l’ordre du tiers de la vitesse de la lumière. La vitesse des arcs en retour subséquents est en général plus grande que celle des arcs en retour premiers. D'autre part, il a été mis en évidence que la vitesse de l'arc en retour, tant pour les premiers que pour les subséquents, décroît en fonction de la hauteur; cette décroissance est plus marquée pour les premiers arcs en retour.

Champ électromagnétique

Le champ électromagnétique présente pour toute distance (entre 1 km et 200 km) un premier pic dont l'intensité est approximativement inversement proportionnelle à la distance. A des distances relativement proches, le champ magnétique présente une bosse ("hump") à environ 30 µs, alors que le champ électrique a une croissance en rampe après son pic initial. Les champs électrique et magnétique lointains (distance supérieure à environ 50 km) ont essentiellement la même forme d'onde, et présentent une inversion de polarité. Les variations à l'échelle microseconde et sous-microseconde du champ électrique vertical et de sa dérivée temporelle ont été l'objet de plusieurs études. Ces études ont montré que les premiers arcs en retour produisent un champ électrique vertical avec un front qui monte en 2 à 8 µs à environ la mi-amplitude, suivi par une transition rapide jusqu'à la valeur de pic en un temps de l'ordre de 90 ns. Les arcs en retour subséquents, quant à eux, présentent aussi des transitions très rapides précédées d'un front qui dure seulement 0.5 à 1 µs, durant lequel l'intensité du champ monte à environ 20 % de la valeur de pic.

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Formes typiques des champs électrique vertical et magnétique azimutale en fonction de la distance -

Formes typiques des champs électrique vertical et magnétique azimutale en fonction de la distance

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Formes typiques des champs électrique vertical et magnétique azimutal en fonction de la distance -

Formes typiques des champs électrique vertical et magnétique azimutal en fonction de la distance

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Formes détaillées du champ électrique rayonné normalisé à une distance de 100 km. Les petites
Formes détaillées du champ électrique rayonné normalisé à une distance de 100 km. Les petites

Formes détaillées du champ électrique rayonné normalisé à une distance de 100 km. Les petites impulsions L correspondant au traceur par pas sont suivies d'un front lent F et une transition rapide R. Après la transition rapide, on distingue un petit pic secondaire α et les pics subsidiaires plus marqués a, b, et c. a) premier arc en retour b) arc en retour subséquent précédé d'un traceur obscur.

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Champs électriques à des distances proches

Campagne expérimentale, été 1991, NASA Kennedy Space Center

55 5 m mm 30 30 m m 20 20 m m Sol Sol 500
55 5
m
mm
30 30
m
m
20 20
m
m
Sol
Sol
500 500
m
m

Eau

Eau

Capteur de champ

Capteur de champ

électrique (sphérique)

électrique (sphérique)

Antenne capacitive

Antenne capacitive

(champ électrique vertical)

(champ électrique vertical)

Capteur de champ Capteur de champ
Capteur de champ
Capteur de champ

électrique (sphérique)

électrique (sphérique)

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Champs électriques à 500 m (la flèche représente le début de l’arc en retour) -

Champs électriques à 500 m (la flèche représente le début de l’arc en retour)

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Champs électriques à 30 m (la flèche représente le début de l’arc en retour) -

Champs électriques à 30 m (la flèche représente le début de l’arc en retour)

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Tensions induites

Les surtensions induites sur une ligne aérienne par une décharge de foudre naturelle indirecte ont été l'objet de plusieurs études expérimentales, notamment au Japon, aux Etats-Unis et au Mexique. Concernant les éclairs déclenchés artificiellement, plusieurs travaux ont présenté des mesures de surtensions induites sur des lignes expérimentales situées à quelques centaines de mètres du canal de foudre. Mexique: Mesures des tensions induites par des éclairs naturels sur une ligne 13 kV

du canal de foudre. Mexique : Mesures des tensions induites par des éclairs naturels sur une

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USA : Déclenchement artificiel de la foudre

USA : Déclenchement artificiel de la foudre - 22 -
USA : Déclenchement artificiel de la foudre - 22 -

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Effets d’un coup de foudre direct sur un réseau électrique

Lorsqu’un coup de foudre frappe un conducteur d’une ligne, tout se

passe comme si l’arc en retour se comportait comme un courant injecté dans le conducteur. Ce courant se répartit par moitié de part et d’autre du point d’impact, et chacune de ces moitiés va se propager le long du conducteur. Les lois de propagation des ondes mobiles enseignent qu’à toute onde de courant est nécessairement associé une onde de tension, et réciproquement. Dans le cas d’un foudroiement direct d’un conducteur d’une ligne aérienne, compte tenu des fortes intensités des courants de foudre, l’onde de tension associée se caractérise par des amplitudes considérables, de l’ordre de quelques

MV.

Aucune isolation économiquement acceptable ne peut supporter de pareilles surtensions : dans le cas des lignes, ce sont les chaînes d’isolateurs, auxquelles sont suspendus les conducteurs, qui constituent les points d’isolement les plus faibles, de sorte qu’un amorçage va immanquablement se produire au niveau de la première chaîne rencontrée par l’onde de tension. Cet amorçage est une violente étincelle, qui n’est autre chose qu’un canal ionisé conducteur, et par lequel va pouvoir passer le courant d’arc en retour, puis un intense courant alimenté par le réseau : ce courant que l’on désigne par « courant de suite », est en fait un courant de court-circuit, et le seul moyen dont on dispose pour l’éliminer est l’ouverture des disjoncteurs aux deux extrémités de la ligne.

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La figure ci-dessous montre un exemple de surtensions calculées à une distance de 600 m

La figure ci-dessous montre un exemple de surtensions calculées à une distance de 600 m du point de foudroiement de la ligne. Cette figure montre la forme typique des surtensions qui comportent une série d’impulsions rapides, suivies par une forme d’onde plus lisse. Les impulsions initiales rapides sont dues à l’amorçage des isolateurs se trouvant sur les pylônes les plus proches du point d’impact. La forme d’onde plus lisse a une forme similaire à celle du courant de foudre et son amplitude est égale à la tension d’isolement de la ligne.

forme similaire à celle du courant de foudre et son amplitude est égale à la tension

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Les techniques de protection des lignes

Pour éviter ces interruptions d’alimentation, on place au-dessus des conducteurs des lignes un ou deux conducteurs supplémentaires, que l’on fixe directement au sommet des pylônes, sans aucun isolateur. Ces conducteurs, appelés câbles ou conducteurs de garde, ont pour rôle de capter les impacts et d’écouler les courants de foudre à la terre par l’intermédiaire des pylônes.

de foudre à la terre par l’intermédiaire des pylônes. Mais la pose de câbles de garde

Mais la pose de câbles de garde ne garantit pas à elle seule la suppression des courts-circuits. En effet, les courants de foudre qui s’écoulent à la terre doivent traverser la résistance des prises de terre des pylônes. L’élévation de potentiel par rapport à la terre lointaine qui en résulte se reporte à la tête du pylône concerné, et finalement se retrouve entre les deux extrémités des chaînes d’isolateurs. Lorsque cette élévation de potentiel est suffisante, elle provoque un amorçage d’une ou des chaînes de pylône, suivi d’un court-circuit, et on est ramené au cas précédent de l’impact direct : on désigne ce mécanisme par « amorçage en retour ».

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En ce qui concerne les lignes à moyenne et à basse tension, dont la tension de tenues aux surtensions atmosphériques ne dépasse pas respectivement 150 kV et 15 kV, tous les impacts directs conduisent à des amorçages en retour ; il est donc inutile d’équiper ces lignes de câbles de garde. En résumé, la protection par câbles de garde est efficace si

- il y a un niveau d’isolation suffisant entre le câble de garde et les conducteurs de phase, et

- la résistance de mise à la terre des pylônes sont faibles (inférieure à quelques Ohms).

Pour diminuer les risques d’amorçages, on peut utiliser des dispositifs de protection non linéaires, tels que les parafoudres (line arresters). Le câble de garde conduit le courant de foudre à la terre et le parafoudre protège l’isolation et par conséquent la performance du câble de garde devient moins dépendant de la tension d’isolement et la résistance de mise à la terre.

Effets des coups de foudre indirects sur un réseau électrique

Lorsqu’un coup de foudre tombe à proximité d’une ligne, le champ électromagnétique intense généré par l’arc en retour induit des surtensions, qui peuvent dans certains cas provoquer un amorçage. Les coups de foudre indirects représentent un danger plus important du fait que ce mécanisme de production de surtensions est bien plus fréquent que celui qui résulte des impacts directs.

Le calcul des surtensions induites par une décharge de foudre indirect nécessite :

- la définition de la distribution spatio-temporelle du courant de foudre le long du canal,

- le calcul du champ électromagnétique résultant,

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l’évaluation de l’interaction entre le champ électromagnétique et une ligne de transmission.

Expressions du champ électromagnétique

Pour le calcul du champ électromagnétique rayonné par une décharge de foudre sol-nuage, la géométrie communément adoptée est celle présentée à la Figure ci-dessous. Le canal de foudre est considéré comme une antenne verticale unidimensionnelle de hauteur H placée au-dessus d'un plan conducteur. L'arc en retour se propage verticalement à partir du sol avec une vitesse v. Il est parcouru par un courant dont la distribution spatio-temporelle i(z',t) détermine le champ électromagnétique en un point quelconque de l'espace.

v v dz' dz' i(z',t) i(z',t) H H R R Point d’observation Point d’observation E
v
v
dz'
dz'
i(z',t)
i(z',t)
H
H
R
R
Point d’observation
Point d’observation
E
z'
z'
r r
E r
r
E
E
E z
E
EE
z z
Plan conducteur
Plan conducteur
R'
R'
a
a
a
y
y
y
P
P
P
a z
a
a
z z
Image
Image
a
a
a
a
a
a
a
a
φ
φ
φ
φ
r
r r r
a
a
a
a
φ
φ
φ
x
x
x
x

Pour le cas général d’un sol de conductivité finie, l’application des équations de Maxwell à la géométrie ci-dessus permet d’obtenir les

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équations du champ électromagnétique. Ces équations font intervenir les intégrales de Sommerfeld dont l'évaluation numérique est une tâche délicate. En supposant un sol parfaitement conducteur, des expressions plus simples des composantes verticale et horizontale du champ électrique et la composante azimutale du champ magnétique peuvent être développées. Ces expressions s'écrivent dans le domaine temporel :

E

r

(

r z t

,

,

) =

E

z

(

r z t

,

,

⎡ ⎢ H t 1 3 r z ( − z ') ∫ ∫ i
H
t
1
3
r z
(
− z
')
i z
(
',
τ −
R c d τ dz
/
)
'
5
4 πε
R
o
− H
0
H
3
r z
(
− z
')
+ ∫
i z
(
',
t
− R c dz
/
)
'
4
cR
− H
H
r 2 ∂
i z
(
',
t
R c
/
)
dz '
2
3
c R
t
− H
1
H
2
2
t
2(
z
z
')
− r
) =
i z
(
',
τ −
R c d τ dz
/
)
5
4 πε
R
o ⎣
− H
0
2
2
+
H 2(
z
z
')
r
i z
(
',
t
R c dz
/
)
'
4
cR
− H
H
r z
(
z
')
i z
(
',
t
R c
/
)
dz '
2
3
c R
t
− H
µ
H
r
o
B
(
r , z , t
) =
i ( z
',
t
R
/
c ) dz
'
φ
3
4
π
R
− H
H
r
i ( z
',
t
R / c
)
+
dz '
2
cR
t
− H

'

(1)

(2)

(3)

Les trois termes intervenant dans les équations (1) et (2) représentent respectivement les champs électrostatique, d'induction et de rayonnement, tandis que le premier terme de l'équation (3) représente le champ d'induction et le second est le champ de rayonnement.

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Alors que le champ électrique vertical et le champ magnétique sont pratiquement indépendants de la hauteur z du point d'observation (pour z variant de 0 à environ 30 m), le champ électrique horizontal qui est nul au niveau du sol, augmente quasi-linéairement avec z.

L’influence de la conductivité finie du sol

Concernant le champ électrique vertical et le champ magnétique azimutal, Il a été montré que, jusqu'à des distances de l'ordre de quelques km, ces composantes sont très peu influencées par la conductivité finie du sol; en d'autres termes, elles peuvent être déterminées avec une bonne approximation en utilisant les équations (2) et (3). Pour des distances supérieures à plusieurs km, la propagation au-dessus d'un sol de conductivité finie n'est plus négligeable et a pour conséquence majeure une atténuation des composantes hautes fréquences, qui se traduit par une diminution de la valeur de pic et de la raideur du front du champ. A titre d'exemple, il a été trouvé que les temps de montée des champs électriques verticaux mesurés en Floride augmentaient en moyenne de 1 µs après une propagation de 200 km au-dessus du sol. Quant à la composante horizontale du champ électrique, elle est beaucoup plus affectée par la conductivité finie du sol. Cooray et Rubinstein ont proposé une approche selon laquelle le champ horizontal à une hauteur z au-dessus du sol peut se décomposer en deux termes: est le champ horizontal calculé pour un sol de conductivité infinie. Et le second représente l'effet de la conductivité finie du sol. Le champ horizontal total est donné par la relation suivante dans le domaine fréquentiel :

(

E r , z , j

r

ω

)

=

E

rp

(

r , z , j

ω

)

c µ o H ( r ,0, j ω ) φ p ε + σ
c
µ
o
H
(
r
,0,
j
ω
)
φ
p
ε
+ σ
/ j
ωε
rg
g
o

(4)

sont respectivement les transformées

de Fourier du champ magnétique azimutal au niveau du sol et du

E ( r , z , j ω)

rp

et

H

φ

p

(

r

,0,

j

ω)

- 29 -

champ électrique horizontal à l'altitude z; ces deux grandeurs sont calculées en supposant un sol parfaitement conducteur.

Modélisation de l’arc en retour

Afin de protéger d'une manière efficace les systèmes électriques et électroniques contre les perturbations engendrées par la foudre, il est nécessaire de connaître et de caractériser son champ électromagnétique impulsionnel. Les variations les plus brutales et de grandes amplitudes du champ électromagnétique émis par une décharge de foudre ont lieu lors de la phase de l'arc en retour. C’est pourquoi durant ces dernières années, plusieurs modèles de l'arc en retour, avec différents degrés de complexité, ont été développés afin de permettre d'évaluer son rayonnement électromagnétique. L'une des difficultés majeures liée à la modélisation du canal de foudre réside dans le fait que le courant ne peut être mesuré qu'à la base du canal; or, pour déterminer les champs électrique et magnétique rayonnés, il est nécessaire de connaître la distribution du courant le long du canal. Les modèles de l'arc en retour proposés diffèrent essentiellement l'un de l'autre par cette description des distributions spatiale et temporelle du courant le long du canal de foudre i(z’,t). Dans ce qui suit, on va considérer deux modèles de l’arc en retour souvent adoptés dans la littérature scientifique.

Modèle "ligne de transmission" (Transmission Line, TL)

Ce modèle assimile le canal de foudre à une ligne de transmission sans pertes où une impulsion de courant se propage à partir du sol à la vitesse de l'arc en retour v. Ce modèle fut proposé par Uman et McLain en 1969 et est largement utilisé jusqu'à ce jour. La distribution du courant est définie par :

- 30 -

t

i i

(

z

',

)

=

(0,

t

z

'/

v

)

z

'

vt

i 0

(

z

',

t

)

=

'

z

>

vt

(5)

Etant donné que l'intensité du courant le long du canal reste constante, le modèle TL ne permet aucun transfert de charge entre le traceur et l'arc en retour. Or, les mesures des variations du champ électrique associé au traceur ont mis en évidence que le traceur est bel et bien porteur d'une certaine densité de charge.

Modèle "ligne de transmission modifié" (Modified Transmission Line, MTL)

Afin de pallier les défauts du modèle TL tout en gardant sa simplicité qui permet une utilisation aisée dans les calculs de couplage, une modification au modèle de TL a été proposée. La distribution spatio-temporelle du courant i(z',t) est définie par :

t

i i

(

z

',

)

=

(0,

t

z

' /

v

) exp(

z

' /

λ

)

z

'

vt

i 0

(

z

',

t

)

=

'

z

>

vt

(6)

Le paramètre λ représente le taux de décroissance de l'intensité du courant le long du canal; sa valeur, entre 1.5 et 2 km, a été déterminée en utilisant des enregistrements simultanés de champs électromagnétiques à plusieurs distances. La figure suivante présente un exemple de comparaison entre les calculs effectués en adoptant les deux modèles TL et MTL avec des enregistrements expérimentaux obtenus grâce à la technique de déclenchement artificiel de la foudre en Floride. Les champs électriques ont été calculés en partant du courant à la base du canal et de la vitesse de l’arc en retour, mesurés simultanément avec le champ électrique rayonné.

- 31 -

Un exemple de comparaison entre les calculs obtenus en adoptant les deux modèles TL et

Un exemple de comparaison entre les calculs obtenus en adoptant les deux modèles TL et MTL et les enregistrements expérimentaux.

Simulation des surtensions induites par la foudre

Le calcul des surtensions induites par la foudre comprend deux

étapes : (1) en partant du courant de l’arc en retour à la base du canal

et en adoptant un modèle qui décrit la distribution spatio-temporelle

du courant de long du canal, on calcule le champ électromagnétique le long de la ligne ; (2) Le champ électromagnétique étant déterminé, on peut calculer les surtensions induites sur une ligne en partant de la géométrie de la ligne et en adoptant un modèle de couplage. Le programme de simulation LIOV (Lightning-Induced OverVoltage), développé par l’Université de Bologne et l’EPFL, permet de simuler les surtensions induites par une décharge orageuse sur un réseau électrique. Une version simplifiée de ce programme (pour une ligne aérienne à un seul conducteur au-dessus d’un sol parfaitement conducteur) est disponible sur le web à l’adresse :

http://www.ing.unibo.it/die/liov

A titre d’exemple, considérons une ligne aérienne de 1 km de long à 10

m d’un sol parfaitement conducteur, adaptée à ses deux extrémités. Le point d’impact de la foudre est à 50 m du centre de la ligne et

- 32 -

équidistant des deux terminaisons. Il s’agit d’un arc en retour subséquent typique (12 kA crête, 40 kA/µs pente max.).

U

U

U

1 1 km km 0 0 0 50 50 m m 500 500 m m
1 1
km
km
0
0 0
50 50
m
m
500 500
m
m
max.). U U U 1 1 km km 0 0 0 50 50 m m 500

Point d’impact

Point d’impact

Vue de dessus

Vue de dessus

La tension induite à l’extrémité de la ligne est calculée en adoptant le modèle MTL pour l’arc en retour (avec λ = 2 km) et le modèle d’Agrawal pour le couplage (voir le schéma équivalent ci-dessous). Les équations de couplage sont résolues à l’aide de la méthode des différences finies points centrés.

h h h

E

E

E

o

o

o

e

e

e

z z

z

e e e ' ' ' E E E (x (x (x ,h)dx ,h)dx ,h)dx
e e
e
' ' '
E E E
(x
(x
(x
,h)dx
,h)dx
,h)dx
L L
L dx
dx
dx
I(x)
I(x)
x
x x
I(x + dx)
I(x + dx)
, , ,
- -
+
+
+ +
h h h
+ +
h h h
(0,z)dz
(0,z)dz
(0,z)dz
∫ E
∫E
E
- -
o
o o
s s
s s s
- -
U s (x)
U U
(x)
(x)
C' dx
C' dx
U U
U
(x + dx)
(x (x
+ dx)
+ dx)
Z Z
Z
Z
Z Z
A A
A
B B
B
0 0
x
x
x+d x
x+d x
L
L

e

e

e

z z

z

(L,0)dz

(L,0)dz

(L,0)dz

La figure suivante montre la tension induite totale, ainsi que la contribution des deux composantes horizontale et verticale du champ électrique.

- 33 -

Formulation E

AGRAWAL, PRICE, GURBAXANI

80 Total 60 contribution Ex 40 20 0 contribution Ez -20 -40 -60 Tension induite
80
Total
60
contribution
Ex
40
20
0
contribution Ez
-20
-40
-60
Tension induite (kV)

012345678

Temps (microsec)

Le résultat ci-dessus peut être expliqué en considérant une discrétisation de la ligne en 4 segments :

a) a)

Point d’impact Point d’impact R R 1 1 R R 2 2 i i i
Point d’impact
Point d’impact
R R 1 1
R
R 2
2
i i
i i
E E 1 1
E
E 4
4
i i
E E
i i
2 2
E E
3 3
∆ x
∆∆ xx
∆ ∆
x
x
∆ x
x
∆ x
∆ x
1 1
23
23
4
4
∆ ∆
x
x
x
x x
∆∆ xx
x
x
3
3 3
3
5
5 5
∆∆ xx
∆ ∆
x
x
x x
x
τ τ τ τ 1 =
τ τ τ 2 =
7 7
7
∆ ∆
∆ x
τ τ τ 3 =
τ τ τ 4 =
= =
= =
= =
= =
1 1 1
2 2
3 3
4 4
2 2
2
2 c
c c c
2
2
2 2
2 c
c c c c
2
2
2
2 c
c c c
2 2
22 cc
c c

- 34 -

Le schéma équivalent (uniquement pour la composante horizontale du champ électrique) est donné par

b)

u 0

i i i i ∆ x ∆ x E ∆ x ∆ x E E
i
i
i
i
∆ x
∆ x
E
∆ x
∆ x
E
E x 1
x 2
E x 3
x 4
R 0
u 1
u 2
R L

En supposant des champs électriques de forme trapézoidale et en ajoutant les contributions des 4 sources de tensions, en tenant compte des temps de propagation respectifs, on obtient la tension induite due à la composante horizontale du champ électrique:

c)

τ 4 u 0 ∆x E 2 x 2 R /c 1 τ 1 ∆x
τ 4
u 0
∆x E
2 x
2
R /c
1
τ
1
∆x E
R /c
2
2 x
1
t
τ 2
∆x E
2 x
4
τ
3
∆x E
2
x 3

- 35 -

Références

M.A. Uman, Lightning discharge, Academic Press, International Geophysical Series, 1987.

C.

Gary, La foudre, Masson, Paris, 1995.

C.

A. Nucci, G. Diendorfer, M. A. Uman, F. Rachidi, M. Ianoz, C. Mazzetti,

"Lightning return stroke current models with specified channel-base current: a review and comparison", Journal of Geophysical Research, Vol. 95, pp. 20395- 20408, Nov. 1990.

F. Rachidi, C. A. Nucci, "On the Master, Lin, Uman, Standler and the Modified

Transmission Line lightning return stroke current models", Journal of Geophysical Research, Vol. 95, pp. 20389-20394, Nov. 1990.

C. A. Nucci, F. Rachidi, M. Ianoz, C. Mazzetti, "Lightning-induced voltages on

overhead power lines", IEEE Trans. on Electromagnetic Compatibility, vol. 35, no 1, Feb. 1993.

C.A. Nucci, "Lightning-induced voltages on overhead power lines. Part I:

return stroke current models with specified channel-base current for the evaluation of the return stroke electromagnetic fields", Electra, No. 161, pp. 74- 102, August 1995.

C.A. Nucci, "Lightning-induced voltages on overhead power lines. Part II:

Coupling models for the evaluation of the induced voltages", Electra, No. 162,

pp. 121-145, October 1995.

F. Rachidi, C.A. Nucci, M. Ianoz, C. Mazzetti, "Influence of a lossy ground on

lightning-induced voltages on overhead lines", IEEE Trans. on Electromagnetic Compatibility, Vol. 38, No. 3, August 1996.

M. Rubinstein, F. Rachidi, M.A. Uman, R. Thottappillil, V.A. Rakov, C.A.

Nucci, "Characterization of vertical electric fields 500 m and 30 m from triggered lightning", Journal of Geophysical Research, Vol. 100, No D5, pp. 8863- 8872, May 1995.

- 36 -